{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "5e ANNÉE. T O M E IV", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE: Les soirs", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 570, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 216, "texte": "5e ANNÉE.                 T O M E IV,   N ° 11.              P R I X : 60 CENT.       5 NOVEMBRE 1885.\n\n\n\n\n                                                  LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE: Les soirs", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 570, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 216, "fin_caractere_exclue": 1269, "texte": "SOMMAIRE:\n   Les soirs                                                        EMILE VERHAEREN.\n   Souvenirs de la vie d'étudiant (suite) .                   .     FRITZ ROTIERS.\n   Sonnets                                                          GEORGES RODENBACH.\n   Le beuglant                                                      CHARLES BUET.\n   Lohengrin                                                        ALBERT GIRAUD.\n   Vers                                                             GEORGES       KHNOPFF.\n   Airs de                         flûte                            SIEBEL.\n   Incertitude                                                      FRANTZ V A N PETEGHEM.\n   Chronique théâtrale                                   .          W.\n   Memento\n\n\n\n\n                                        BRUXELLES\n               ADMINISTRATION :                                         REDACTION :\n            20. RUE DE L'INDUSTRIE, 26                               80, RUE BOSQUET, 80\n\n                                                  1885\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "Litanies idem idem", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 571, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1639, "fin_caractere_exclue": 2477, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n  78. NESTOR LÉA. En une page : taisait, paraissait, était, entendait, rentrait, commen­\nçait, éclataient, venait, mêlait, empoignaient, avaient, tordait, étendait, tenaient, gar­\ndaient, détachaient, étaient, clapotait, glissait, montait, heurtait, découpait, disparais­\nsaient, dessinaient, fendaient, s'avançait, semblait, était, débattaient, croyait, mugissait.\nhurlait. En une page trente deux imparfaits! Ça l'est!\n   79 AUG. V., Namur. Je ne connais pas un seul des jeunes écrivains allemands. Bien à\nregret, ne puis vous être utile.\n   80. RENÉ D'Y. VOUS annoncez un livre : Amours sales. Avez tort. Le propre du cochon\nc'est d'être sale, mais le propre de l'écrivain c'est de l'être. Amitiés.\n   81. HENRI M. Vieux maîtres au prochain numéro. Merci.\n   82. ALFRED POUTHIER, Tunis. Litanies, idem, idem.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 521, "page_fin": 524, "titre_corps": "Les Soirs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Émile Verhaeren", "ancre_debut": "LES SOIRS", "ancre_fin": "EMILE VERHAEREN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOUVENIRS DE LA VIE D ÉTUDIANT", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 572, "page_imprimee": 521, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 1029, "texte": "LES SOIRS\n                             I\n\n                      LES ARBRES\nQuand les terreaux, déjà roussis et purpurins,\nFlamboient sous les couchants mortuaires d'automne,\nOn voit, d'un carrefour livide et monotone,\nPartir pour l'infini les arbres pèlerins ;\n\nLes pèlerins s'en vont, grands de mélancolie,\nPensifs, pieux et lents, par les routes du soir,\nLes pèlerins géants et lourds et laissant choir\nLeur feuillage de pleurs, de tristesse et de lie ;\n\nLes pèlerins, qui vont mystérieusement,\nToujours sur double rang, depuis combien d'années?\nToujours vers l'horizon et ses gloires fanées,\nEt son insurmontable et despotique aimant;\n\nLes pèlerins, dont les manteaux tout en lumière,\nMordus par le soleil vespéral qui s'endort,\nApparaissent ainsi que des vêtements d'or,\nTraînés dans un chemin d'encens et de poussière;\n\nLes pèlerins, aux vieux sommets houleux et fous,\nQue regardent passer le long de leurs voyages,\nDe mystiques hameaux et de fervents   villages,\nCourbés dans la prière et jetés à genoux.\n"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 522, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1328, "texte": "                        — 522 —\n\n\n\n\n                            II\n\n                        LE CRI\nSur un étang désert où stagne une eau brunie,\nUn rai du soir s'accroche au sommet d'un roseau,\nUn cri s'écoute, un cri désespéré d'oiseau,\nUn cri grêle, qui pleure au loin une agonie.\n\nComme il est faible, et mince, et timide, et fluet !\nEt comme avec tristesse il se traîne et s'écoute,\nEt comme il se prolonge, et comme, avec la route,\nIl s'enfonce et se perd dans l'horizon muet !\n\nEt comme il scande l'heure au rythme de son râle,\nEt comme en son accent minable et souffreteux,\nEt comme en son écho languissant et boiteux,\nSe plaint peureusement la douleur vespérale !\n\nIl est si lent parfois qu'on ne le saisit pas,\nEt néanmoins, toujours, et sans fatigue, il tinte\nL'obscur et frêle adieu de quelque vie éteinte ;\nIl dit les pauvres morts et les pauvres trépas :\n\nLa mort des /leurs, la mort des insectes, la douce\nMort des ailes et des tiges et des parfums;\nIl dit les vols lointains et clairs, qui sont défunts\nEt reposent cassés dans l'herbe et dans la mousse.\n\n\n\n                           III\n\n                      LA PLAINE\n\nDepuis que dans la plaine immense il s'est fait soir,\nAvec de lourds marteaux et des blocs taciturnes,\nL'ombre bâtit ses murs et ses donjons nocturnes\nComme un Escurial revêtu d'argent noir.\n"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 523, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1436, "texte": "                        — 523 —\n\nLe ciel prodigieux domine, embrasé d'astres,\n— Voûte d'ébène et d'or où fourmillent des yeux      —\nEt s'érigent, d'un jet vers ce plafond de feux,\nLes chênes et les pins, pareils à des pilastres.\n\nComme de blancs linceuls éclairés de flambeaux,\nLes lacs brillent, frappés de lumières stellaires,\nLes champs, ils sont coupés par clos quadrangulaires,\nEt miroitent, ainsi que d'énormes tombeaux.\n\nEt telle, avec ses coins et ses salles funèbres,\nTout entière bâtie en mystère, en terreur,\nLa nuit paraît le noir palais d'un empereur\nAccoudé quelque part, au loin, dans les ténèbres.\n\n\n\n                            IV\n                      LE MOULIN\n\nLe moulin tourne au fond du soir, très lentement,\nSur un ciel de tristesse et de mélancolie,\nIl tourne, et tourne, et sa voile, couleur de lie,\nEst triste, et faible, et lente, et lasse, infiniment.\n\nDepuis l'aube, ses bras, comme des bras de plainte,\nSe sont tendus et sont tombés; et les voici\nQui retombent encor, là-bas, dans l'air noirci\nEt le silence entier de la nature éteinte.\n\nLes champs sont détrempés. De lourds nuages tors\nEclaboussent les loins de leurs voyages sombres,\nEt le long des taillis, qui ramassent leurs ombres,\nLes ornières s'en vont vers les horizons morts.\n\nSous un ourlet de sol, deux cassines de hêtre\nTrès misérablement sont assises en rond;\nUne lampe de cuivre est pendue au plafond\nEt patine de feu le mur et la fenêtre.\n"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 340, "texte": "                                 — 524 —\n\n\n       Et dans la plaine immense et le vide dormeur,\n       Elles fixent — les très souffreteuses bicoques —\n       Avec les pauvres yeux de leurs carreaux en loques,\n              Le vieux moulin qui tombe et meurt.\n                                               EMILE VERHAEREN.\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 524, "page_fin": 532, "titre_corps": "Souvenirs de la vie d’étudiant (suite)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fritz Rotiers", "ancre_debut": "SOUVENIRS DE LA VIE D ÉTUDIANT", "ancre_fin": "FRITZ ROTIERS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SONNETS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 575, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 340, "fin_caractere_exclue": 1976, "texte": "SOUVENIRS DE LA VIE D'ETUDIANT\n                                     IV\n                            LES SAUVAGES\n\n                Au grand mouvement des Rossards succéda une période de\n                 calme absolu. Il se forma bien par-ci par-là quelques petits\n                 cercles, mais chacun mourut de sa belle mort après quelques\n                 mois d'une vie placide : on allait du Ballon au cours tran­\nquillement, on se cuitait bourgeoisement, on dansait le lundi plus ou moins\ncorrectement, vers juin on travaillait avec acharnement, les professeurs\nétaient dans l'étonnement et les parents dans le ravissement.\n   L'âge d'or.\n   Cela dura jusqu'en 1866, époque à laquelle cinq étudiants des écoles\nspéciales fondèrent le Club des Sauvages : club tout intime, mais dont on\nparla beaucoup au dehors.\n   Comme tant d'autres, il n'avait d'autre but que de réunir quelques amis\ndans un local déterminé où leurs noces ne devaient avoir d'autres témoins\nqu'eux-mêmes.\n   Les cinq membres primitifs prirent naturellement des noms sauvages.\nCe furent : le Bison Courageux, le Bélier Sanglant, Chingackook, le\nGrand Aigle blanc et le Camembert Puant; ce dernier nom n'était emprunté\nni à Gustave Aymard ni à Fenimore Cooper, mais son titulaire y tenait\nd'une façon spéciale.\n   Le règlement, d'une simplicité primitive, était conçu comme suit :\n   Art. 1 er . — L'égalité la plus complète doit régner au sein du club.\n   Art. 2. — Tout philistin qui s'introduirait au local d'une façon subrep­\ntice aura son chapeau dévoré.\n   Ce règlement, malgré sa simplicité, donna lieu aux discussions les plus\ninsensées pendant les séances.\n"}, {"page_pdf": 576, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2580, "texte": "                                  — 525 —\n\n    Les jours de gala, c'est-à-dire lorsqu'on admettait des civilisés aux Sau-\n vages, les séances étaient présidées par un cérémonial de grande allure.\n   Le Sauvage le plus rapproché de l'armoire aux archives ouvrait icelle\n avec gravité et en tirait le grand calumet de paix, qui consistait en une\n queue de billard perforée de bout en bout, et insérée dans un mortier\nrempli de tabac. Le Sauvage allumait ce monument, dont le gros bout\ndevait être fourré dans l'orifice buccal, aspirait quelques bouffées de fumée\net poussait un hurlement terrible.\n   La pipe faisait le tour des fondateurs, chaque aspiration était accom­\npagnée d'un cri farouche et un dernier hurlement énorme, tonitruant et\npoussé avec ensemble, annonçait que la séance était ouverte.\n   Quand les séances étaient tempétueuses — et la non application rigou­\nreusement sévère de l'art. I er du règlement en était cause, — on réintégrait\ndans son armoire le calumet de paix et l'on déterrait la hache de guerre.\n Cet instrument de torture rétablissait l'ordre malgré le mauvais caractère\ndu Camembert Puant.\n   Ces discussions énormes, que Salomon eût enviées, faisaient la joie des\ncabarets universitaires.\n   Un jour, et ce fut la seule fois, l'art. 2 faillit être appliqué :\n   Un individu de Nivelles, de joyeuse humeur, s'était fait condamner en\nCorrectionnelle à un mois de prison pour s'être, en temps de carnaval,\ndéguisé en sauvage, déguisement qu'il avait réalisé par une absence com­\nplète de costume.\n   On lui fit immédiatement envoi, aux Petits-Carmes, où il résidait, d'une\nlettre de félicitations avec le texte du règlement et d'un diplôme de membre\nd'honneur, dans lequel on lui décernait le titre de Sachem Grand-Nu.\n   Un soir, à l'inexprimable horreur des Sauvages, un philistin avait, avant\nleur entrée, pris possession de la hutte sociale et, profanation insigne,\ntenait entre ses lèvres le grand calumet sacré.\n   Ils se précipitèrent sur son chapeau, mais il les arrêta d'un geste et tira\nde sa poche le diplôme qui lui avait été envoyé. C'était le Grand-Nu qui,\ndans un discours fort galamment tourné et du Fenimore Cooper le plus\npur, les assurait de sa considération la plus distinguée.\n   Ce jour-là, la hache de guerre ne fut pas déterrée. Au bout d'une heure,\nl'égalité la plus complète régnait dans le cercle, et les Sauvages, qui avaient\nfait moult libations sacrées, dansaient un pas apache dans le costume\nadopté par le Grand-Nu à Nivelles.\n   Ce fut la dernière cérémonie des Sauvages; le baes du caboulot les\nflanqua à la porte.\n"}, {"page_pdf": 577, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2298, "texte": "                                 — 526 —\n\n  Aujourd'hui, le Bison Courageux, le Bélier Sanglant, Chingachook, le\nGrand Aigle Blanc et le Camembert Puant sont établis, mariés et ont\nbeaucoup d'enfants.\n  Le Grand Esprit les garde !\n\n\n                                     V\n\n              CANARDS, WALLONS E T               AGATHES\n\n   En l'an de grâce 1868, le jour de la rentrée des cours, se rencontrèrent\nA l'Impératrice, petit cabaret situé en face de l'Université, quelques nou­\nveaux qui, pour faire connaissance, s'offrirent mutuellement une tournée\nde mêlé-raspail, liqueur baptisée par le mastroquet du nom de Canard.\n   Les susdits nouveaux prirent goût à la chose et, tous les matins, se\nretrouvèrent devant le comptoir, faisant honneur à l'impérial élixir.\n   C'était une bande de joyeux lurons, bien faits pour s'entendre ; aussi\nadoptèrent-ils avec enthousiasme la proposition de se constituer en cercle.\n   Le Club des Canards fut fondé séance tenante et, avec le produit d'une\ncollecte, l'Archi-Palmipède envoya une dépêche à Pie IX lui demandant\nde bénir le sacré club.\n   Les Canards, barbotant dans des océans de joie, ne sortirent que le\nlendemain de l'Impératrice, dans un état voisin de la plus extrême\nPologne.\n   Il ne fallut pas longtemps aux gais copains pour se trouver à la tête du\nmouvement universitaire et révolutionner les masses par leurs excentri­\ncités et leurs fumisteries de haut goût.\n   Continuant la tradition des Quétards, ils prirent l'habitude de se réunir\nchaque soir au Palais Royal de la rue Bodenbroeck, d'où ils allaient vers\ndeux heures du matin achever la soirée, chez De Geneffe, baes d'un caba­\nret-musée dont les « peintures » tintamaresques, brossées par Edmond\nGuillaume, le crocodile, ahurissaient les rares bourgeois égarés dans cet\nantre bizarre.\n   Et souvent, l'aurore aux doigts de rose avait depuis longtemps tiré le\ncordon de l'Orient vermeil, qu'on pouvait encore y rencontrer, discutant\nde omnire scibili et quibusdam aliis : De Neubourg, dit Sancho (Benja,\npour les dames) ; Prosper Van Cappellen, dit Polycarpe; Coenraets, dit\nMéphisto; Lavergne, dit Léonidas; Léopold Fagnard, Van Caubergh,\nLandrien, Hallet, De Lancey, Vandenbroeck, Charlier, Franqui, Kelecom,\nStorms, et leurs douces compagnes, le tout présidé par Charlotte, un\n"}, {"page_pdf": 578, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "                                 — 527 —\n\nlaideron qui abusait despotiquement de sa situation de sultane en com­\nmandite des présidents des sociétés universitaires.\n   Depuis, Sancho, Polycarpe, Léonidas et Méphisto, Fagnard, Landrien\n et Van Caubergh, sont devenus avocats, à cette qualité, Méphisto a même\njugé bon de joindre celle d'échevin à Molenbeek; Storms est banquier,\nHallet, commissaire d'arrondissement ; De Laney, parti pour l'Amérique,\net Vandenbroeck ont passé la sombre rive en compagnie de Charlier et\ndu pauvre Franqui dont chaque apparition était saluée de ce cantique\nsolennel :\n                         V'la Franqui le bancal\n                           Cal qui s'avance!\n                           Cal qui s'avance !\n\n   Quant à Kelecom, étudiant en sciences, qui, un jour d'hiver, se jeta tout\nhabillé dans le canal pour sauver un affreux toutou, il est également parti\npour l'Amérique, où il exerça successivement les fonctions de photographe,\nd'astronome, de médecin et de vétérinaire. Il a maintenant du foin dans\nles bottes.\n   Les Canards officiels ne pouvaient, de par la convention, être que douze,\net quoiqu'on tentât, le nombre ne fût pas dépassé la première année, —\nVan Caubergh et Hallet n'étant que Canards honoraires.\n   Mais l'année suivante, les demandes d'admission furent si nombreuses et\nsi pressantes, que les fondateurs résolurent d'organiser la société sur des\nbases sérieuses et d'admettre vingt membres effectifs et onze honoraires, on\nrédigea un règlement et, moyennant 5 francs par mois, on loua, comme\nlocal provisoire, une chambre d'un cabaret de la rue des Bouchers, à la\nCroix de fer. Cette salle étant bientôt devenue trop petite et les ressources\nde la société ayant considérablement accru, les Canards s'installèrent avec\nsolennité dans un cabaret de la rue de Ligne, au prix fastueux de 10 francs\npar mois.\n   C'est là que, le 4 décembre 1869, eut lieu la première grande fête des\n Canards : un concert « avec le concours de Mlle Isabelle, du Casino » et un\nbal où l'on distribua aux danseuses les « Commandements de l'étudiante »,\nque voici :\n                      Un seul étudiant choisiras\n                      Et l'aimeras fidèlement.\n                      A tous ses rendez-vous viendras\n                      Et l'attendras patiemment.\n                       Sa pipe tu respecteras\n                       Et garderas précieusement.\n"}, {"page_pdf": 579, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2436, "texte": "                                 — 528 —\n\n\n                      Sa bourse tu ménageras\n                      Et ses forces pareillement.\n                      A tous les bals cancaneras\n                      Et ne danseras autrement.\n                      Les bocks point ne mépriseras\n                      Et les pomperas décemment.\n                      Des cigares ne fumeras,\n                      Le cigarette seulement.\n                      A la fin du mois jeûneras\n                      Sans protester aucunement.\n                      Des moutards jamais tu n'auras\n                      Ni d'autres choses mêmement.\n                      Ces commandements tu sauras\n                      Et réciteras fréquemment.\n\n   Cette fête pour laquelle on avait royalement ouvert au trésorier du cercle\nun crédit de soixante francs — y compris le coût du bouquet de M lle Isa­\nbelle — bouleversa Bruxelles.\n   Alors se groupèrent autour des Canards, tout ce que l'Université\ncomptait d'êtres bizarres, tels que Tafque Limbourg, qui, en sortant la\nnuit de chez De Geneffe,. avait la manie d'étudier sa botanique sous une\nlanterne, ce qui lui permit, après de longues années de rigolade, de passer\nson examen de' pharmacien ; Richard Vanderschueren, étudiant en méde­\ncine, qui formait avec Tafque un groupe sympathique, connu sous le\nnom des DeuxEponges, et cet autre noceur, depuis professeur dans un col­\nlège du Hainaut, qui, n'ayant pas de domicile, se baladait tout le temps\navec sa valise et couchait plus souvent sur un banc que dans son lit;\nAuguste Bull, de Chièvres, ex-séminariste qui avait jeté le froc aux orties,\nà qui l'on fit la mauvaise farce, un jour qu'il était malade et sans le sou,\nd'envoyer en même temps le notaire Le Roy d'Ixelles, pour rédiger son tes­\ntament, le loueur de voitures de deuil, le fabricant de cercueils, le sonneur\nde cloches, un pasteur protestant et autres accessoires funèbres qui, se\nvoyant victimes d'une fumisterie se prirent aux cheveux, tandis que Bull\nriait aux éclats; le joyeux Camille Laduron, élève en sciences, un des\ntypes les plus connus de l'Université, dont les examens furent célèbres par\nleur drôlerie et qui avait la manie de se promener toujours avec un traité\nde chimie qu'il avait mis en vers; et puis la bande wallonne comprenant\nMarissens; Bouvier, bourgmestre d'Hensies; Saunier, médecin à Anvers;\nBatkin, pharmacien à Bruxelles ; André, mort médecin à Charleroi ;\n"}, {"page_pdf": 580, "page_imprimee": 529, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2619, "texte": "                                   — 529 —\n\nRaymaeckers ; le grand et le petit Steppe, rouleurs attitrés et soiffeurs\némérites; Erculisse, docteur à Belœil, et son frère, surnommé Sanchez —\nbande folle, habitant le « Quartier Latin », c'est-à-dire, la maison située à\nl'angle de la rue de la Violette et de l'impasse des Veaux, et menant là\ndedans, avec le singe de la maison, un sabbat infernal.\n   Un jour Erculisse reçut de chez lui un panier de vingt bouteilles de vin,\net, comme il en parlait avec mystère, les copains résolurent de lui jouer\nun tour. Ils allèrent chez lui en son absence, lampèrent le tout, puis, avant\nde déguerpir, pavoisèrent la façade de la maison avec tout le linge sale\nqu'on put trouver.\n   La population se rassembla et quand Erculisse s'en retourna chez lui,\ntout heureux à l'idée de déguster le bourgogne paternel, il trouva le pro­\npriétaire furieux qui lui signifia illico son congé.\n   Le soir, la bande revint et, en grand cortège, opéra le déménagement non\nsans avoir administré une jolie dose de jalap au sapajou du Quartier Latin.\n                                          *\n\n   Canards et Wallons fraternisaient le plus gaiement du monde et s'invi­\ntaient réciproquement dans leurs « bocaux » respectifs, pour de là se rendre\nen groupe soit au concert du Lièvre Lancé, rue de l'Homme-Chrétien,\nsoit au concert de Jean-Louis La Meert, rue des Alexiens, soit au concert\nde la petite rue Sainte-Anne, où les étudiants flanquaient la troupe à la\nporte, après l'avoir indemnisée, et faisaient seuls les frais du programme\ndevant un public composé exclusivement d'étudiants et d'étudiantes.\n   C'est là que Sancho déclamait, aux applaudissements de l'assemblée, les\nfables wallonnes de Bernus, le poète crocodilien. Un de ses plus grands\nsuccès fut :\n             LES BIESSES MALADES DU COLORA-MORBUS!\n                In mau qui fout l'vesse à lés Geins !\n                Que l'Bon Diœu dain in moé momint.\n           Invina a pou puni tous nos p'tits coups d'Jônnesse !\n           EU' Colora-Môrbus ! ! mot qui vo fai frumi,\n           Pa qui s'qué l'cimintierre, aurêt sti rade rimpli,\n                     Estét chêu sû les Paufes é Biesses !\n           I n'crévint né t'tertous, mai tcrtous bin Jôndus\n                Il avint l'aire si bin pierdus,\n                Qui n'cachint né seûlemin à s'soulagi n miette,\n                     Et il estint tertous à l'diette!\n                Les R'naus n'montint pu leû plans,\n                Pou d'esplômer lés crasses é pouyes !\n                     Les Arondes foutint leû camp,\n                 T'aussi péneuses que dés Guernouyes .'\n"}, {"page_pdf": 581, "page_imprimee": 530, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2789, "texte": "                         — 530 —\n\n    — EU Lion bat l'rappel ! i dit : « Choutet vî Stos,\n          « L'Bon Diœu fai chaire su nô dos,\n          « Pou nô puni, enne moeche histoire!\n          « Que l'pu Arsouye dé tout l'payi,\n« Aye ess'rinde au Bon Diœu, pou fai s'capper l'zamis,\n« Et p'tette qué nô s'ront d'ja, tout rapopiis au Soère!\n          « Et m'pa Françoet m'a dit : que dain les pû durs tins,\n          « C'est s'tainsi qu'on fiét l'pû Souvint.\n« Ainsi n'couyonnons né! et d'sons comme à confesse,\n          « Les péchés q'nô z' avons dain l'tiesse :\n« Pour mi, pou rapôgi dé tins-zin-tins m'foim d'sot,\n          « J'ai strannét copu d'cint Bédots !\n          « Quoé s'qui m'avint fai? né l'moinde poène!\n« Quéquefoés, jé n'mé su né même ginnét pou mingi\n               « Ell Biergi ! !\n    « Jé su contint d'môri, si i faut, mai i m'chenne,\n    « Que comme mi, I faurét q'tout l'monde fuche intindu,\n    « Pasqué vo sintét bin, q'pou iesse Jusse i fau pinde :\n          « EU pu Grand Vaurin d'toute ell'Binde ! »\n— Lé Rnau respond : « Vô stét in Roé comme i n'dia pu !\n    « On coéret q'vô woétét tout ça pou n'saquoé d'rare,\n    « Et bin winget Bédot, pourchat, ou bin canare,\n    « Fû rnau pou ça? Non fai, i doive nu iésse Contints,\n         « Dé s'sinti machi pa vô dints.'\n          « Et pou l'Biergi i m'chenne, à m'noye :\n          « Qvô z'avét bin fai d'I'amanchi,\n    « Pasqué c'estét co inn, qui n'savét s'impéchi\n    « D'fai brére lés paufes é Biesses in leu foutant dés douyes! »\n     — La d'sû tout l'monde s'adaye, à fel clachi des moins !\n               On n'ousét ni woéti brammin,\nLés farces du Tique et d'VOurse, eiét des autes é Biesses,\n               Qu'on n'sintét ne volti leû gesses !\n     Les sins qu'avint dés Broques, eiét même tous lés chins,\n     Passint co pou iesses bin saches, quoé q'cestét dés Vaurins !\n     Arrife in Vî Baudet, qui v'nét       d'Monseûrmarciennes,\n               Il estét copu Vi q'ies chimoins !\n     Il avét travayi, quinze ans, Kerchint d'espennes,\n               Il estét boigne, eiét sain dints :\n« — Je m'souvins bin, disti, qu'in r'vénant dé l'ducasse,\n               « Paû pachi du Mayeure          Tâhon,\n     « Je crévét d'foim et d'soef, eiét j'estét silasse,\n                  Et p'tette du Diâle    ell'tintâtion,\n     « J'ai coudu deux toés zieppes, mai né pu d'enne pougnie,\n     « Pou ça faurét pu iesse, rmoinnét à Châleroét ! »\n     — La d'sû lés Biesses crie nu : Qu'on apougne ell'Baudet !\n     Et mouton Cigognî, l'pufin dé l'compagnie,\n     Qu'estét r'vénu d'Boufiou, ousqu'il avét studii,\n     A pârlet copu roét q'l'avocat Toéscoupri.\n   a sti r'quai d'zartiques, pou miceu moustrer q'l'affaire\n« Estét brammin pu moéche, qu'on avét l'aire dél'coère !\n  Qu'on d'vét absolument sacrifi l'vî Baudet!\n"}, {"page_pdf": 582, "page_imprimee": 531, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2613, "texte": "                                     — 531 -\n\n            « S'cé n'estét qu'in pouyieux, pou qui s'qué l'monde crevét ! »\n            — On l'l'a rade condannét a avoé s'tiesse coupée!\n            « Mingi l'ieppe du Mayeure! qué crime! enne do Nénée? »\n                 On l'l'a guiyiotinét, ell l'ed'moin au matin,\n                 Dain tcour Bobo Lionard ! eiét d'vant n'masse dé Geins.\n                 C'esti même Pierre Chiau qu'a sti sachi l'ficelle,\n                 Pou sés poènes il a ieu enne belle paire dé burtelles!\n\n                                       MORALE\n\n                C'est pou vu dire Françoét : que quand on z'est n'saquoé,\n                On pou/ai tout s'qu'on vout, on n'est né rade pincét !\n                Mai, quand on z'est sain liards, et r'vingi par personne,\n                On a toudi pierdu, quand l'affaire srét co bonne.\n\n    C'est encore dans ce musico de la rue Sainte-Anne que le même Sancho,\n dansant un jour la gigue, fit céder sous son poids le plancher de la scène\n et dégringola dans la cave, à cheval sur un tonneau de lambic.\n    Et puis, les ripailles du commencement du mois et les repas philosophi­\nques de la fin, tels que ce banquet fait dans un petit cabaret situé près de\nl'abattoir de Molenbeek, où l'on ne mangea que du rat, vrai banquet d'as­\nsiégés, qui se termina par une noce polonaise, payée à l'aide de la dernière\nmontre des Canards, noce dont Bull, le chien du groupe et un danois\nappartenant à Vyon, étudiant français, prirent une si large part, que trois\njours après ils n'étaient pas encore dégrisés ; et les bals du Navalorama, et\nles excursions champêtres, et les kermesses des environs, dont les Canards\nétaient la terreur !\n   Bref, ils en firent tant et tant, qu'Altmeyer se résolut à y mettre le holà.\n    Il fit comparoir chacun des Canards en son cabinet, les tança vertement,\net leur fit solennellement promettre de dissoudre le club.\n   Les Canards tinrent parole, mais suivant l'exemple des aînés, consti­\ntuèrent immédiatement le Cercle des Agathes dont le nombre des membres\nétait illimité.\n   C'est alors que le Navalorama et le Casino d'Ixelles, eurent leur plus\ngrande vogue.\n   Ce fut une série de bals absolument fous, où Van J Caubergh excitait\nl'admiration publique par sa façon remarquable d'exécuter « l'aile de\npigeon ».\n   Les Agathes recommencèrent la vie fantastique des Canards, et\nBruxelles se souvient encore de l'effet prodigieux qu'ils firent au bal du\nCirque, aujourd'hui l'Alhambra (Tunnel national), lorsqu'ils y apparurent\ncostumés en Gilles virginalement blancs, le chef coiffé du colback des gre­\nnadiers.\n"}, {"page_pdf": 583, "page_imprimee": 532, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1742, "texte": "                                 — 532 —\n\n   En ce même carnaval ils firent beaucoup parler d'eux ; je citerai notam­\n ment l'épisode que voici :\n   On se préoccupait beaucoup alors du crime de la rue de Brabant. Il était\nde mode de « chercher l'assassin » que l'on ne parvenait pas à trouver,\ncomme plus tard on cherchait « le chat » ou « le sultan ».\n   Les Agathes crurent de leur devoir de mettre fin à cette sinistre scie, et,\nle jour du cours, louèrent une charrette de déménagement sur les côtés de\nlaquelle était accrochée une longue bande de toile portant : « Ils sont\ntrouvés ! »\n   La voiture fit le cours, et, au fur et à mesure que les gens de l'escorte\nrencontraient des camarades, ils les fourraient dans la charrette pour figurer\nles assassins.\n   Derrière marchaient Sancho en gendarme, Méphisto en agent de police,\nLéonidas en garde-champêtre, Tafque Limbourg en juge et Kelecom en\ngeôlier.\n   Le char eut un succès d'autant plus retentissant, que sur la plate-forme\nde ce nouveau panier à salade gesticulait un étudiant déguisé en singe dont\nles gambades insensées et les discours extravagants faisaient la joie du\npublic.\n   Ce singe, orateur attitré des Agathes, était Camille Laduron, le meilleur\ndes copains, le plus fumiste des étudiants, l'auteur du poème épique : le\nCabriolet dégraissé ou l'Eléphant sans le savoir, mort l'an dernier à\nVirton, professeur au collège de cette ville et docteur en sciences physiques\net mathématiques.\n   Ce fut le chagrin d'avoir dû quitter Bruxelles qui lentement a tué ce\nchimiste poète dont le souvenir s'est transmis parmi les étudiants de\nBruxelles de génération en génération.\n     (A continuer).                                    FRITZ ROTIERS.\n\n\n\n                            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 532, "page_fin": 533, "titre_corps": "Sonnets", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Rodenbach", "ancre_debut": "SONNETS", "ancre_fin": "GEORGES RODENBACH", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 583, "page_imprimee": 532, "debut_caractere": 1742, "fin_caractere_exclue": 2043, "texte": "SONNETS\n                               I\n                    LA MORT DE LA JEUNESSE\n         Chacun voit arriver des jours de deuil profond\n         Où sa jeunesse blanche est à jamais finie,\n         Et chuchote, en pleurant, des adieux d'agonie,\n         Avec le geste doux des aimés qui s'en vont.\n"}, {"page_pdf": 584, "page_imprimee": 533, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "                     — 533 —\n\nDes fermoirs d'éternel silence ont clos sa bouche,\nMais tandis qu'on l'a mise en terre, tristement,\nDans la maison de l'âme — après l'enterrement —\nComme on se trouve seul, douloureux et farouche !\n\nOn sent qu'on a perdu tout le meilleur de soi!\nC'est elle, la jeunesse aux yeux noyés d'extases,\nQui mettait des bouquets de lis dans tous les vases.\n\nVoici les passions qui vont faire la loi,\nServantes à la voix impérieuse et forte\nQui grognent en usant les robes de la morte!\n\n\n                         II\n\n                   LA PASSION\nJe dis comme le Christ au Jardin des Olives :\n« 0 Seigneur, mon âme est triste jusqu'à la mort! »\nAyant beaucoup souffert, je n'ai pas de remord\nQuand je trouve, le soir, que mes mains sont fautives.\n\nParfums de Madeleine, où vous répandez-vous ?\nIl est enfui le temps où ma belle jeunesse\nPassait, comme Jésus monté sur une ânesse\nEt sentant des rameaux caresser ses genoux !\n\nSeigneur! j'entends hurler une foule barbare!\nDéjà plus d'un Judas m'a baisé sur le front\nEt je sens dans mon cœur que ma croix se prépare.\n\nMais pour souffrir la haine et supporter l'affront,\nSeigneur, donnez-moi donc cet espoir de revivre\nDans la mélancolique éternité du Livre !\n                               G E O R G E S RODENBACH."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 534, "page_fin": 542, "titre_corps": "Le Beuglant", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Buet", "ancre_debut": "LE BEUGLANT", "ancre_fin": "Septembre 1885", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LOHENGRIN", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 585, "page_imprimee": 534, "debut_caractere": 70, "fin_caractere_exclue": 2343, "texte": "LE BEUGLANT\n                   ÉTUDE N A T U R A L I S T E\n               Louis Veuillot se donna le plaisir, un jour, de baptiser Thérésa\n                la Patti de la chope. Le mot, fort joli, fit fortune. Je ne\n                sais quel immoraliste a dit que le café-concert est l'opéra du\n                peuple. Ceci est moins vrai, partant, plaît moins. Rien n'est\n plus absurde qu'une comparaison. Aujourd'hui le concert veut être une\n école : on y chante les gloires de la République. C'est toujours pour la\n République autant de gagné.\n   Il y a dans Paris trente cavernes où l'on crie. Ce serait la caverne d'Ali­\n Baba, s'ils n'étaient là plus de quarante.\n   Les auteurs y gagnent de l'argent, les artistes y boivent le peu qu'ils\ngagnent, le patron se fait des rentes ; il est électeur, éligible, professe l'opi­\nnion du centre gauche et prétend que la République protège les arts libé­\nraux. Pour un peu, il mettrait sur sa porte : Succursale de l'Académie\nnationale de musique.\n   Il ne lui manquerait que le groupe des demoiselles Carpeaux, mais elles\nsont chez lui, en chair et en os, en os surtout, ou bien trop dodues. Elles\ndansent sur ses planches, et quelques-unes même donnent de la voix.\n   Elles ont leurs coulisses, leur foyer, leur habilleuse, leurs adorateurs :\non leur jette des bouquets à peine fanés, elles se prélassent en robes de\nsatin tailladées à la mode, et celui qui paie la couturière vient là aussi,\nganté, pimpant, souriant, tout aussi aisé que s'il « affichait » une mar-\ncheuse de l'Opéra.\n   Rien ne fault à la gloire du café-concert. Il y a le grandiose Alcazar\n« délice des Rois maures ! » et l'Eldorado — qui n'est pas le Pérou. — La\nmère y mène sa fille. Ce n'est pas là que nous irons, mais dans une « gaîté »\nquelconque de la barrière, où nous pourrons nous esbaudir aux joies du\npeuple souverain, qui est bien là chez lui, — et en goguette.\n   La gaîté est un peu partout : il y a la Gaîté-Rochechouart et la Gaîté-\nMontparnasse. Il y en a une au moins dans chaque quartier de Paris. On\ns'y amuse beaucoup pour peu qu'on ait la foi. Dans l'une de ces Gaîtés, il y\na des « artistes » aussi « distingués » que ceux de la Comédie-Française, au\ndire d'un de mes amis. Si vous y allez, je vous recommande surtout l'in­\ngénue.\n"}, {"page_pdf": 586, "page_imprimee": 535, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2737, "texte": "                                  — 535 —\n\n   On disait de Bassompierre et de Roquelaure : « Qui toque l'un, toque\nl'autre ». Des Gaîtés on peut dire : : « Qui voit l'une voit l'autre. C'est\nlamentable. Il faut être bien hypocondre, pour y chercher le plaisir, et bien\nennuyé de notre ennui bête et plat pour s'y égayer.\n   C'est toujours la même salle, sempiternellement rouge, d'un rouge qui\nn'est ni le pourpre, ni l'écarlate, ni le nacarat, ni l'incarnadin, ni le cra­\nmoisi, ni le grenat, mais rappelle les tons de brique du champ des fresques\npompéiennes.\n   Ces pseudo-magnificences, ces fioritures qui s'écaillent, éblouissent\nl'apprenti menuisier et la petite brocheuse : les dorures sont ternies, les\nattributs de Melpomène, de Terpsichore, de Thalie et de la demi-douzaine\nde muses qui complète ce groupe pendent tristement, verdâtres et souillées,\nsur le rouge cru qui badigeonne les murailles.\n   Ce ne sont qu'astragales et rosaces ! Du plâtre et du carton, des arabes­\nques étranges, des velours éraillés, des boiseries crasseuses. Mais le faux\nluxe de ce clinquant réjouit les habitants des mansardes voisines, qui n'y\nregrettent point leurs murs et leur carrelage saccagé.\n   La scène est coquette. L'ouvrier parisien aime le paysage. On lui offre\nun parterre de roses embaumant un quinconce de lilas. Des fleurs à foison,\net le feuillage vert-pré, léger, ouvré de dentelles sur azur, qu'on rêve en\npataugeant sur l'asphalte boueux.\n   Ce cadre est charmant, gai, joli, éclairé par le gaz vacillant et empuanté\nde cette salle qu'empoisonnent les émanations de la multitude.\n   L'atmosphère est fétide, lourde. La lumière aveugle, jaillissant en reflets\nardents sur l'écarlate qui saigne des balcons à panse rebondie. Un nuage de\nfumée bleue, zébrée de spirales grises, ondoie en tournoyant sous la voûte,\npeinte des éternelles rosaces d'or sur un champ de pourpre assombrie.\n   Le spectacle est curieux : c'est le caboulot fastueux, mélange d'oripeaux\ncriards, de tentures flétries, d'ornements de pacotille, où tout est camelotte,\nle public, les acteurs, la salle, — sauf la riche fortune du patron, créancier\nde l'Etat.\n   A la voûte, peinte et dorée, pendent des lustres sans cristaux, étoiles à six\nbecs de gaz, répandant une lumière ardente, jaune et crue.\n   Les sièges sont des bancs de bois, huilés de crasse, vernis de sueur. En\nbas, on a des chaises, et juste assez de place pour ne pas être écrasé entre ses\nvoisins. Et du monde!... A rendre jaloux Messieurs des théâtres subven­\ntionnés.\n   Ces maisons-là donnent cent francs par jour à l'assistance publique et\ntrois cents francs par mois à l'Agence des auteurs. Mais comme on crie sur\nle droit des pauvres ! et quelle capilotade des auteurs trop rapaces !\n"}, {"page_pdf": 587, "page_imprimee": 536, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2656, "texte": "                                   — 536 —\n\n   Les directeurs de ces boîtes à musique n'en gagnent pas moins plus\nd'argent que n'en gagna feu Harel à la Porte-Saint-Martin. Signe des temps\nque ces fortunes singulières ! Nos mœurs se démocratisent : la foule va où\nl'on fume en buvant, où l'on boit en fumant, où l'on garde son chapeau\nsur la tête, où nos dames les ouvreuses n'exercent pas leur tyrannie. Panent\net circences. On a le pain sous forme de « consommations » et le cirque,\noù les bêtes sont des bipèdes, sans plumes. Il manque encore des gladia­\nteurs.\n   Donc, la vaste salle or et rouge flamboie. Le rouge est plâtré, l'or est\ndouteux. Mais c'est plus beau que le mur décrépit de la mansarde : on peut\nbien se payer pour douze sous d'illusions, après une semaine laborieuse. Le\nrideau n'est pas levé. Un rideau à temples grecs, sous le ciel opalisé\nd'Athènes, œuvre de Robecchi, Poisson ou Chéret, en leurs jeunes années,\ncar les plus beaux talents « ont battu la dèche ».\n   Le public envahit peu à peu la salle, déjà surchauffée. Les musiciens\ngagnent leurs pupitres. Le premier violon commente un article de la\nFrance, le chef d'orchestre discute, la contrebasse gémit, le piston est\nopportuniste, la clarinette collectiviste, la petite flûte se souvient des splen­\ndeurs d'antan, et tient pour le NEVEU de L'AUTRE. Toute la soirée, la dis­\ncussion durera, abandonnée, reprise, lachée, et quelqu'un, de colère, en cas­\nsera son archet.\n   Quelle rage ont-ils de causer politique ? N'est-ce pas assez de la musique\npour jeter la discorde parmi les musiciens?\n   Cet indulgent public, qui a dîné frugalement, mais de bon appétit, attend\navec patience. Il se renouvelle tous les jours.\n   Le lundi, c'est l'ouvrier qui n'a pas chômé la veille, et se dispose à se\nreposer le lendemain.\n   Le mardi, jour d'abonnement, comme aux Français, la haute bourgeoi­\nsie du quartier se prélasse aux bonnes places : tout le monde se connaît.\nOn ne fait pas de visites faute d'espace, mais on s'interpelle d'un rang à\nl'autre, on échange force poignées de mains, on s'excuse d'être là : « C'est\ndans le quartier ; — il y a des artistes amusants, spirituels, aimables, au\ncachet, presque célèbres ; — il pleut ; — tous les omnibus sont complets ;\ncourir Paris : c'est si loin ! »\n   Mercredi, on pourrait conter la parabole des vierges folles, en donnant\nraison à celles-ci, car elles y sont toutes, et celles-là n'y sont pas. Jour de\ncongé dont on profite gaiement. Le docteur a renouvelé la patente.\n   La recette est en baisse le jeudi ; ce ne sont que collégiens et écoliers, la\ncigarette au bec, très pâles d'oser une escapade et naïvement heureux de\n"}, {"page_pdf": 588, "page_imprimee": 537, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2531, "texte": "                                  - 5 3 7 -\n\nl'avoir osée. La salle pue la pommade. On pourrait éteindre le gaz, il y a\nassez de flamme dans les yeux.\n   Le vendredi est aux familles juives. Des gens riches, qui seront israélites\ndès qu'ils atteindront le million. Car on est juif au dessous du million et\nisraélite au dessus. Un monde à part. Des beautés de la Bible, çà et là éga­\nrées au milieu d'horribles mégères\n               Dont le menton fleurit et dont le nez trognonne !\n\n    Des visages aquilins, des nez busqués, des barbiches rousses, des cheve­\nlures violacées, des teints couleur d'orange, d'olive ou de safran.\n    Un baragouin mirifique : hébreu mâtiné d'allemand, de polonais et peut-\nêtre d'arabe. Des robes sordides et des diamants superbes ; des habits sales\ndoublés de billets de banque. Il se débite, ce soir-là, des quantités de bière,\nde kummel, de kirsch et de Kouètch, — une abominable eau-de-vie de pru­\nnelle, qui vient des bords du Rhin.\n    Samedi, jour des commis, des apprentis, des artistes, des bohêmes, qui\nauront la grasse matinée du lendemain pour dormir.\n    Toute cette jeunesse rit volontiers.\n    D'autant que c'est jour de première : le baryton change sa ritournelle, et\nles dames lancent des romances à la mode de la semaine.\n    Quelques-unes risquent des toilettes inédites, et ce cri court de bouche en\n bouche : « Mince de chic ! » Les meilleurs philologues ajoutent : « Elle\n est rien bath ! »\n    Enfin, le dimanche est le jour du monarque, c'est-à-dire de tout le\n monde. Tous les rangs sont confondus, et la blanchisseuse ne dédaigne pas\n s'asseoir à côté de la marchande des quatre saisons.\n    On vient alors en famille ; le père, la mère, les enfants. Les tout petits\n rient sans comprendre, et les grands parce qu'ils comprennent trop. Ce\n n'est pas à ceux-là qu'il faut reprocher un plaisir qui n'est pas fait pour eux\n et qu'ils prennent en contrebande.\n    Ils s'amuseraient mieux ailleurs, si ailleurs il y avait.\n    Tel est le calendrier hebdomadaire du café-concert, où chaque jour offre\n un aspect différent, ce qui trahit le respect inné et inconscient des hiérar­\n chies.\n    La foule parisienne n'est pas bruyante là plus qu'ailleurs. Sauf quelque\n loustic vociférant un bis d'une voix tonitruante, sauf les éclats de rire trop\n  bruyants des nouveaux initiés, les commentaires administratifs des rares\n  gobeurs, les rires perlés des fillettes, on n'entend qu'un murmure discret. Il\n  se fait plus de tapage à la Fenice et à la Pergola. Ici on cause, là-bas on\n"}, {"page_pdf": 589, "page_imprimee": 538, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2754, "texte": "                                  — 538 —\n\n crie. Ce peuple se divertit tranquillement. Un étranger voyant cela, disait :\n « Qu'il faut être inhabile pour ne pas gouverner les Français! »\n    Cette foule, ce peuple, c'est l'ouvrier qui travaille, et l'ouverrier qui ne\n travaille pas. Compagnons charpentiers, zingueurs, plombiers, artisans de\ntous métiers, en cotte bleue, en blouse, en bourgeron, ou avec la redingote\n ample, à larges plis dans le dos, et la casquette à visière, ou le chapeau mou\nplus ou moins flambard.\n    Un jour, Frederick Lemaître avait joué le rôle d'un prolétaire de ce galbe,\nen présence de Sa Gracieuse Majesté la reine d'Angleterre.\n    — Quoi ! dit Victoria au superbe comédien quand elle se le fit présenter,\naprès la pièce ; quoi ! vous avez en France des hommes ainsi vêtus, hâves,\ndéguenillés et pauvres... Ce sont là vos ouvriers ?...\n    — Non, Madame, répondit-il, avec son accent inimitable et roulant des\nyeux féroces. Ceux-là, c'est nos Irlandais !\n    Bourgeois, travailleurs, petites brocheuses en rupture d'assemblage, tail­\nleuses à la journée, blanchisseuses de fin, un tas de fillettes blondasses,\nprétentieuses, coquettes, attifées d'un ruban rose sur une robe sale, accos­\ntant les gosses dont elles sont les « connaissances », regardent tout d'un\nœil vicieux, rient effrontément, le nez en l'air, la mine impertinente...\n    Là les gamins, gavroches, gosses, groussepains et mômes, de diverses\nencolures traînent sur les bancs poisseux leurs culottes effrangées par le bas,\nn'ayant à douze ans plus d'âge, et sachant applaudir aux bons endroits,\ncar ils sont la claque et ils ont élu des étoiles.\n    Tout ce monde fume, qui la vieille bouffarde noire, à court tuyau, qui,\nla pipe élégante, ou le cigare d'un sou, âcre et nauséabond, ou l'aristocra­\ntique cigarette, roulée d'un coup de pouce, de ce pouce ambré par le tabac,\net poli par le contact de l'outil.\n    Tout ce monde boit : bière, café, liqueurs, bavaroises, choses innomées,\nqui seraient innommables, car, sauf la couleur, tout se ressemble par le\ngoût. Poison patenté dont le contrôleur défalque la valeur réelle du total\ndu droit des pauvres. Car, l'autre paie son impôt à la mendicité, — et cet\nargent-là n'est vraiment pas digne d'être l'argent de la charité.\n    C'est donc ici une école : on y vient apprendre à vénérer les institutions\nque l'Europe nous envie. On y célèbre la République et la Patrie, on y\nchante les grands hommes de tous les temps, Béranger est un dieu de ce\ntemple, et vous verrez tout à l'heure la grosse femme qui gigotte sur les\ntréteaux apparaître habillée du drapeau tricolore, — singulière façon\nd'honorer l'étendard national !\n    Les prêtresses du sanctuaire et les corybantes qui les complètent, défilent\n"}, {"page_pdf": 590, "page_imprimee": 539, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "                                — 539 —\n\ndeux par deux sur la scène, les unes en atours magnifiques, les autres\ndéguisées en monsieur en habit noir ou en paysan d'opérette.\n   L'ouvrier est flatté quand on se moque du paysan, et tout rural pour lui\nest Janot ou Gribouille.\n   Cette littérature a son académie. On s'enrichit plus à rimer Ipsiboé qu'à\nécrire un bon livre, et l'Amant d'Amanda a mis vingt mille livres, se\ndit-on, dans la poche de son auteur. Passons.\n   Le spectacle que l'on sert au public de toutes les gaîtés est à peu près\npartout le même : une douzaine de chanteurs, ou plutôt de chansons, plus\nun vaudeville en un acte, parfois en deux, joué par ces mêmes chanteurs\ndéguisés en comédiens.\n   Le répertoire du « beuglant » est invariable. Grivoiseries équivoques à\ndouble entente, avec un refrain bien lancé, des onomatopées caressantes,\ndes gestes à l'avenant. Romances d'un sentimentalisme ridicule, qui font\npleurer les bichettes que leurs jolis jeunes gens contemplent avec tendresse.\nChants patriotiques, débités avec emphase, solennellement, par des benêts\nqui, pontifient et qu'une triple salve d'applaudissements interrompt dès que\nle mot République sort de leur bouche ouverte en gueule de four. Plaisan­\nteries risquées, douceâtres bergeries, hymnes populaciers découlent du\nmême tonneau. C'est faux, discordant, âpre, mauvais, malpropre et, par\ndessus tout, c'est bête. On applaudit.\n   La censure a des indulgences à revendre pour toutes ces rhapsodies,\ndestinées à faire l'éducation du peuple. Ces chansons ont un parfum d'offi-\nciel : on dirait de la prose, rimée, de ministère.\n   Il n'est pas sûr que l'un des chansonniers ne soit pas décoré, et quelque\njour on décorera les divas de la chope...\n   Tout cela serait grotesque, si l'on n'y sentait le système.\n   Évidemment le pouvoir accorde une paternelle bienveillance au beuglant\net à ce qu'on y beugle. On se rappelle la Convention faisant du théâtre une\n« école » pour les vrais républicains : on sent que les descendants de 92 —\nsi descendus — aspirent aux lauriers de Rousselin, censeur de l'esprit\npublic.\n   Il ne faut pas oublier la chansonnette, ancien jeu, retour de province\npeu goûtée; la scie des assonances, le Camélia qu'Amélie a, l'Amant\nd'Amanda, ou Gugusse et Titine, en train de passer à la postérité; la\npaysannerie qui ravit l'ouvrier, assez et même toujours antipathique au\nrural, ainsi que nous l'avons dit plus haut; la grivoiserie où se pâment les\ntrès vieux et les très jeunes, et que les demoiselles se font expliquer par\nleurs « connaissances ».\n"}, {"page_pdf": 591, "page_imprimee": 540, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2595, "texte": "                                 — 540 —\n\n   Vient aussi la chanson patriotique, une chose fort bonne en soi, mais\nqui n'a que faire entre deux couplets, flagellant les épouses infidèles, rail­\nlant les maris... battus et contents, fustigeant les belles-mères acariâtres.\nLa chanson patriotique est réservée au baryton, ordinairement doué d'une\nvoix puissante, d'un ventre pyriforme et d'une tête léonine couronnée d'une\nchevelure mérovingienne. Cet honnête homme, qui méprise Faure et Mau­\nrel, brise les vitres quand il peut et nettoie le tympan de ses auditeurs.\nMais son habit a essuyé bien des revers, et sa chaîne de montre égale en\ngrosseur l'aussière d'un vaisseau de haut rang.\n                                      *\n\n   Le concert est fini. On joue la « Revue ». Il se donne là une Revue,\navec compère, commère et le reste. La troupe y figure. Le ténor est un\ncomique, et la contralto glousse, et la soprano se trémousse.\n   Un peu partout en ce temps-ci on permet la plus immonde exhibition :\nla scène du jésuite expulsé.\n   Voici le jésuite. Un pauvre hère, mal à l'aise sous le chapeau de Basile;\nil parodie grotesquement le signe de la croix. Il grimace tandis qu'on\nexpulse ses élèves : une collection de cages, sur la scène, représente une\ncollection de serins. On chante une petite vilenie de Béranger. Puis on\nemporte Basile, qui se débat et se démène. On le jette à la porte, il rentre\npar la fenêtre. Il se met à genoux. On le chasse. Il va, vient, se désespère.\nCela dure longtemps.\n   Vous croyez qu'on applaudit? Point. Quelques voyous font du tapage.\nLe plus grand nombre des spectateurs est gêné. Il y a des enfants, des\njeunes filles. On les envoyait le matin au catéchisme. Ils refuseront d'y\nretourner demain. Et quand la mère, emportée par l'habitude, ou battue\npar son mari, ou sanglotant près d'un berceau vide, murmurera une prière,\nla petite brocheuse, sa fille, glapira.\n   — Des bêtises ! Mince de patenôtres ? As-tu fini de faire ta béguine? Des\njésuites, on les a f...us la gueule dans le fossé !\n   Revenons à notre énumération, au personnel du sexe faible, à ces Jua­\nnitas, ces Claudines, ces Rosas. Ainsi qu'on le remarque, toutes ont de jolis\nnoms, grâce au martyrologe, et de jolis visages, grâce à la chimie des\nmodernes parfumeurs. Quelques-unes ont vraiment l'air de figurines en por­\ncelaine. Elles en ont la fragilité.\n   Leur ramage ressemble à leur plumage, ce qui ne les rend pas moins les\nphénix des hôtes de ces lieux. Phénix qui brûlent sans trève et ne se consu­\nment point. Ce ne sont que langoureuses rhapsodies, valses énervantes, airs\n"}, {"page_pdf": 592, "page_imprimee": 541, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2587, "texte": "                                  -    541   -\n\nbachiques, ou bêtises d'opérettes, serinés tant (que) bien que mal : des per­\nruches élevées par un savant oiselier.\n   D'où viennent-elles? Celle-ci cuisinait les ragoûts d'un bourgeois, hier,\net celle-là ravaudait les bas de la bourgeoise. Il en est une qui m'a rappelé\nla Consuelo, de Georges Sand : laide, bohême, vagabonde, mais vraiment\nartiste et musicienne; elle est marquise, marquise à vieux parchemins\namplement blasonnés ; elle garde la particule. Où donc ai-je vu naguère\nces yeux de braise éclairant cette peau tannée? La pauvre fille a dérogé,\ntant pis pour... lui.\n   Une autre est une brave mère de famille, dont la méchante robe d'éta­\nmine à lambeaux de dentelles trahit l'indigence. Son fils aîné, un bambin\nde dix ans, vient l'entendre tous les soirs. A cause de lui, elle n'est jamais\ndécolletée. Ils s'en vont de compagnie : elle a gagné de quoi payer le col­\nlège ; elle vit de pain et de lait. Mais la clef de son logis reste dans sa poche\ndepuis qu'elle est veuve.\n   En voici une qui fut mère... très peu. Elle garrottait son enfant dans son\nberceau, pour qu'il ne tombât point, et le laissait tout seul à la maison de\nsept heures à minuit, le biberon aux lèvres. Un jour elle le trouva, cet\ninnocent, endormi de l'éternel sommeil... La Providence lui avait fait grâce\ndes jours qu'il devait couler...\n   Elle pleura tout juste assez pour ne pas ternir ses paupières.\n   Le lendemain, on menait l'enfant au cimetière, et la mère venait jouer\nun vaudeville fort gai, de crainte que son rôlet ne fût donné à sa rivale.\n   Bref, il y en a de toutes sortes.\n                          Des blondes et des brunes,\n                          Et des châtain's aussi!\n   Toutes, au surplus, richement nippées. Satin, moire, velours, falbalas et\nfanfreluches, plumes et fleurs, de quoi payer cinq cents francs les cent écus\nqu'elles gagnent. Elles ne vénèrent pas plus sainte Mousseline qu'elles ne\ncoiffent sainte Catherine.\n   Et, quand le bas comique, en haillons, a fini de strider sa complainte de\npochard, elles viennent bravement, toutes voiles au vent, roucouler les\nstrophes sentimentales où rossignol rime avec violette.\n   Et si messire public se tord aux joyeusetés de Séraphin ou de Poivrol,\nil pleure de longues larmes aux élégies de ces demoiselles, car, il faut enfin\nle dire, le peuple ne s'amuse que quand il pleure beaucoup : il veut le drame,\nil adore le pathétique, et les cœurs sensibles sont à la mode comme avant\nthermidor.\n   Ce tirelaine qui vous demandera la bourse ou la vie, s'il vous rencontre\n"}, {"page_pdf": 593, "page_imprimee": 542, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1014, "texte": "                                 -   542   -\n\n\ndans une ruelle obscure, s'attendrit aux soupirs de l'ingénue, et la grosse\ncommère qui bat son mari, son gosse et son chien, l'un après l'autre ou\ntous ensemble, gémit volontiers sur la rupture de Célinette avec son amou­\nreux. Ces âmes tendres aiment ces bluettes platoniques où Roméo en\ndétresse clame après sa Juliette inconsolable. C'est une façon de sortir de\nla vie réelle et de vivre un moment l'enivrante vie factice du rêve. On est\npoète comme on peut.\n   On peut bien l'être pour le café-concert ! car tout un Parnasse vit de ces\ncouplets chantés là. On se rappelle Rubempré, écrivant une gaillarde chan­\nson à boire, près du cadavre de Coralie.\n   Que de perles éparpillées aux quatre vents de la misère!\n   Avoir rêvé la gloire de Lamartine ou de Musset, et rimer des versiculets\npour Anastasie ! La vie est décidément une ironie amère !\n                                                 CHARLES B U E T .\n    Septembre 1885.\n\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 542, "page_fin": 543, "titre_corps": "Lohengrin", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "LOHENGRIN", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 593, "page_imprimee": 542, "debut_caractere": 1014, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "LOHENGRIN\n                                                  A   HECTOR   CHAINAYE.\n\n\n          O douce voix d'enfant, pleine de chanterelles,\n          Chante dans la lumière autour de mon chevet !\n          Ton rire, comme un vol soyeux de tourterelles,\n          Laisse neiger en moi son tiède et blanc duvet.\n          O douce voix d'enfant, pleine de chanterelles,\n          Chante dans la lumière autour de mon chevet !\n\n          Regards sablés d'argent, couleur d'ardoise humide,\n          Semblables à des lacs sous des deux violets,\n          Egayez lentement de votre azur timide\n          La candeur du matin qui bleuit mes volets,\n          Regards sablés d'argent, couleur d'ardoise humide,\n          Semblables à des lacs sous des deux violets!\n\n          Rafraîchissez mon sang, lèvres! Roses mousseuses\n          Qui parfumez le cœur en fleurissant les yeux!\n          Éclairez-moi du jour de vos chairs paresseuses!\n          J'ai trop pensé, la nuit, et je me sens très vieux.\n"}, {"page_pdf": 594, "page_imprimee": 543, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1265, "texte": "                    -   543   -\n\nRafraîchissez mon sang, lèvres! Roses mousseuses\nQui parfumez le cœur en fleurissant les yeux !\n\nComme un rouge brasier qu'attriste la chimère\nDe voir jaillir un lys de ses tisons flambants,\nJe t'appelle du fond de ma joie éphémère,\nTête royale et pâle aux longs cheveux tombants,\nComme un rouge brasier qu'attriste la chimère\nDe voir jaillir un lys de ses tisons flambants !\n\nC'est Lohengrin enfant qui, traîné par des cygnes,\nVogue vers ma douleur comme vers son Elsa.\nBannissant à jamais les souvenirs indignes\nDes cœurs tumultueux que la vie épuisa,\nC'est Lohengrin enfant qui, traîné par des cygnes,\nVogue vers ma douleur comme vers son Elsa.\n\nToi qui ne connais pas, mais dont l'âme devine\nLe vague et pur amour de Ca'in pour Abel,\nOuvre-moi le berceau de ta blancheur divine,\nEnfant miraculeux, cher enfant maternel,\nToi qui ne connais pas, mais dont l'âme devine\nLe vague et pur amour de Caïn pour Abel,\n\nRépands sur l'incrédule et sur le misérable\nLes pardons ignorants qui tombent de tes mains !\nJ'écoute la chanson de ta bouche adorable\nComme si f entendais d'invisibles jasmins.\nRépands sur l'incrédule et sur le misérable\nLes pardons ignorants qui tombent de tes mains!\n                                   ALBERT GIRAUD."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 544, "page_fin": 547, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Khnopff", "ancre_debut": "VERS", "ancre_fin": "GEORGES KHNOPFF", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "AIRS DE FLUTE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 595, "page_imprimee": 544, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 1329, "texte": "VERS\n                          I\n                               A   MON BIEN CHER AMI J .   MASSENET.\n\n\nL'encens diaphanise et raffine ta main,\nO prieuse attendrie à la flamme des cierges,\nO vierge la plus douce entre toutes les vierges,\nArchange dont les yeux n'ont plus de rêve humain !\n\nLaisse l'amour, ô vierge, à ces belles rieuses\nEn cette allée, au loin, lasse de blanc soleil,\nDes papillons vibrants sur leur calme sommeil\nOù des paresses d'eau songent, mystérieuses :\n\nL'enfance se souvient que sa candeur apprit\nA murmurer des mots d'azur et de lumière,\nDes mots que la souffrance angélise en prière,\nDans le temple où s'éteint la lampe de l'Esprit !\n\n\n                         II\nJe ne veux rien de toi que t'entendre pleurer\nQuand ton cœur souffrira de peines anciennes,\nCar toutes tes douleurs, mon âme les fait siennes :\nJe suis la harpe d'or que tes doigts font vibrer.\n\nDans le calme du ciel, musicale, se lève\nLa lune, en longs accords fluides et soyeux.\nNe sont-ce point tes pleurs, ô Phyllis, et son rêve\nTous les rêves éteints dans le bleu de mes yeux ?\n\n\n                         III\n\n    Son svelte éventail agite en cadence\n    Ses blancs agnelets, son matin si pur,\n    Et le tourbillon neigeux de la danse\n    Envolée au fond d'un parc bleu d'azur ;\n"}, {"page_pdf": 596, "page_imprimee": 545, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1261, "texte": "                     -   545   -\n\n    Et pour affiner cette triste joie,\n    Le peintre effleura sur de calmes eaux,\n    Atténuant l'or pâle de la soie,\n    Deux hérons lointains parmi les roseaux.\n\n\n                         IV\nLes rosiers qui rampaient tout le long des allées\nSont brûlés par le gel, Marquise ! les rosiers\nD'amour ! Et les oiseaux chanteurs extasiés\nCélèbrent tristement les roses en allées.\n\nO marquise ! jadis, languissantes, les roses\nEcoutaient nos baisers qui parfumaient le vent\nSonore, traverser leur feuillage  mouvant\nEt monter au ciel d'or près des nuages roses.\n\nSur le sentier poudré, les branches frémissantes\nBalancent leur grésil vers les roses, absentes\nHélas ! au clair de lune amoureusement beau,\n\nEt, tandis qu'un oiseau perle sa vocalise,\nEros, casqué de givre, a senti son flambeau\nS'éteindre sous la neige, ô belle Cydalise !\n\n\n                         V\n    Dans les profondeurs vaporeuses\n    Des jardins bleu de ciel, le soir\n    Poudré d'étoiles vient s'asseoir,\n    Triste, sous les branches pleureuses.\n\n    Pierrot, Suzette et Mezzetin,\n    Blêmes sous le blanc de la soie,\n    Appellent des yeux le matin\n    Qui parfume leur triste joie.\n\n    Mais dans le grand songe des cieux,\n    La lune d'or émerge, lente;\n"}, {"page_pdf": 597, "page_imprimee": 546, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1113, "texte": "                      — 546 —\n\n     La lune, prunelle sanglante\n     D'un visage silencieux.\n\n\n                         VI\n     Dans le bleu de ciel angélique\n     De ce triste parc de Watteau,\n     Où se vaporise un jet d'eau\n     En poussière mélancolique,\n\n    Madrigalisants,   joliets,\n    Sous les arabesques des grilles\n    Passent Mores et Mascarilles,\n    Petits abbés et cavaliers ;\n\n    Et les rires des clavecins\n    Aigrelets aux blondes marquises\n    Chuchotent des faveurs exquises\n    Sur la morbidesse des seins.\n\n    Princes Charmants et Cendrillons\n    Sur leurs chars de lune trottinent :\n    Le jour s'effeuille; au loin tintinnent,\n    Tintinnent les grinçants grillons,\n\n    Et sous la ramure épuisée\n    De calme soleil et d'ennui,\n    Les doux oiselets dans la nuit\n    Vocalisent de la rosée.\n\n\n                        VII\nPomponnés de rubans et caressés de fards,\nPoupins, mignards, soyeux d'élégance fleurie,\nMezetins amoureux, frêles Pierrots blafards,\nAmynthes souriant avec affèterie\nA leurs bonbons, à leur miroir, à leur carmin,\nAux ramiers bleu de ciel qui becquètent leur main,\n"}, {"page_pdf": 598, "page_imprimee": 547, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1012, "texte": "                    — 547 —\n\nA rien, pour le sourire et pour frôler la joue\nD'une fossette rose où le baiser se joue\nEn souriant, rêveurs frivoles et galants,\nBattant l'air épuisé de gestes indolents,\nIls passèrent, joyeux ou tristes, par milliers\nDans le calme plaintif de ces blancs escaliers.\nUn peu de leur sourire, un peu de leurs pensées,\nParfume le secret des chambres délaissées.\nOh! si la nostalgie aux jardins éplorés\nTe ramène, pensif, lorsque les paons givrés\nDe lune, en piaulant, hument le bleu du soir,\nEntends autour de toi le silence s'asseoir,\nPoète : dans le deuil des anciens salons\nLes heures lentement sonnent des jours plus longs,\nÉcoute!.... Et c'est le soir où le triste Watteau\nAuréolait d'azur les plis de son manteau,\nC'est le soir bourdonnant de libellules roses,\nO marquise! le soir, où, l'amour triomphant,\nAux captifs alanguis sous leurs chaînes de roses,\nLes heures pardonnaient comme des pleurs d'enfant!\n                                    GEORGES K H N O P F F .\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 547, "page_fin": 550, "titre_corps": "Airs de flûte", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Siebel", "ancre_debut": "AIRS DE FLUTE", "ancre_fin": "SIEBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 598, "page_imprimee": 547, "debut_caractere": 1012, "fin_caractere_exclue": 1442, "texte": "AIRS DE FLUTE\n                       IV\n                   BABOLAIN\n                               Au   PROFESSEUR WAGENER.\n\n      Dans le boudoir où rien ne bouge\n      Il fait d'un doux à défaillir;\n      Elle me dit : Il va venir!\n      Qui? — « Babolain, le diable rouge!\n\n      « J'ai fait mettre au lit parfumé\n      Des draps couleur moisson prochaine,\n      Les coquelicots, mon aimé,\n      Vont tomber toute une semaine.\n"}, {"page_pdf": 599, "page_imprimee": 548, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1263, "texte": "                      — 548 —\n\n       « Sur la neige il pleuvra du sang,\n       Du sang comme en une bataille;\n       Non, ne me prends pas par la taille,\n       Dit-elle encore — en rougissant.\n\n       « Va-t-en, rentre chez toi, sois sage,\n       Tu reviendras dans quelques jours\n       Voir si le diable est là toujours,\n       Et tu déferas mon corsage.\n\n      « Et ce sera si bon d'avoir\n      Rassemblé des économies,\n      Mais n'en souffle rien aux amies,\n      Je pourrais m'en apercevoir. . »\n\n      Dans le boudoir où rien ne bouge\n      Qu'un tic-tac très clair et très gai,\n      Je suis revenu fatigué\n      Du passage de la Mer Rouge.\n\n\n                         V\n               DIURNES LITANIES\n                             A   LA MÉMOIRE D ' E M I L E   VALENTIN.\n\nVous qui m'aimez autant que j'aime, moi, l'absinthe,\nFemme vierge, femme stérile, femme enceinte,\n             Écoutez-moi !\n\nVous qui n'avez pas mis de jupon de dessous\nEt dont le bas de laine est rempli de gros sous,\n            Gilkinez-moi !\n\nVous dont l'âme s'arrête avec indifférence,\nSur le poète doux dans son incohérence,\n             Khnopffisez-moi !\n\nCaractère léger comme une bulle d'air,\nQui n'avez jamais mis les pieds dans le Polder ?\n             Eekhoudez-moi !\n"}, {"page_pdf": 600, "page_imprimee": 549, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "                                  — 549 —\n\n        Vous, l'Ignorante de tout ordre alphabétique,\n        Lisez, lisez encor les Notes d'un critique\n                      Nautêtez-moi !\n\n        Fleur du Rhin, pleurs de sucre et zutisme éhonté,\n        Ne posez pas ainsi pour la postérité !\n                     Wallèrez-moi !\n\n        Poudre de riz, gant long, très long, infinissable\n        Long de Gand-l'Ouvrière à l'Ostende de sable,\n                    Bellacquez-moi !\n\n        Vous qui contre la Presse aviez mis à la voile,\n        Et qui depuis deux mois écrivez à L'Étoile,\n                     Giraudez-moi !\n\n                                                            •(I)\n\n\n\n\n        Révélateur cruel des anciennes fredaines,\n        Des petits ventres devenus grosses bedaines,\n                     Rotiersez-moi !\n\n        Bec de gaz des ketjes et bâton des farceurs,\n        Vous qui séduisez les cocottes — et leurs sœurs,\n                    Hannonez-moi !\n\n                                  PRIÈRE\n        Être indéfinissable et fou, jeune Belgique,\n        Chantant des airs de flûte en un « buccin tragique »,\n\n        Girhoud, Eekhaud, Gilket, Nautin, Rodenmaus, rois\n        Martyrs qui faites des calembours sur la croix,\n        Siebel vous salue au nom des Lettres saintes,\n             Absinthes ! Absinthes ! Absinthes !\n\n(1) Strophe en flamand pour Verhaeren.\n"}, {"page_pdf": 601, "page_imprimee": 550, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 905, "texte": "                  550\n\n\n\n                  VI\n             BERCEUSE\n                                   POUR HÉLÈNE.\n\n    Je suis triste, ma reine,\nQue mon cœur, mon cœur a de peine,\n   Je suis triste, ma reine,\n    D'être si loin de vous.\n\n   Je vous ai vue à peine,\nQue mon cœur, mon cœur a de peine,\n    Je vous ai vue à peine\n   Près du Fossé-aux-Loups.\n\n    Mon âme est pleine, pleine,\nQue mon cœur, mon cœur a de peine,\n   Mon âme est pleine, pleine\n   De vers aux rimes d'or.\n\n   Je veille, Hélène, Hélène\nQue mon cœur, mon cœur a de peine,\n   Je veille, Hélène, Hélène,\n    C'est le lecteur qui dort.\n\n   La chose est souveraine\nQue mon cœur, mon cœur a de peine,\n   La chose est souveraine\n   Et ça ne coûte rien.\n\n   Dors tranquille et sereine,\nQue mon cœur, mon cœur a de peine,\n    Dors tranquille et sereine.\nDors, mon enfant, c'est pour ton bien.\n\n                                     SIEBEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 551, "page_fin": 551, "titre_corps": "Incertitude", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Frantz Van Peteghem", "ancre_debut": "INCERTITUDE", "ancre_fin": "FRANTZ VAN PETEGHEM", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE THÉÂTRALE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 602, "page_imprimee": 551, "debut_caractere": 68, "fin_caractere_exclue": 771, "texte": "INCERTITUDE\n                Parmi les myrthes et les roses,\n                Sous le lierre aux frêles sarments,\n                Seule, triste, les yeux  dormants,\n                Elle rêve, les lèvres closes.\n\n                Elle médite les serments\n                Et toutes les visions roses\n                Parmi les myrthes et les roses\n                Sous le lierre aux frêles sarments.\n\n                Et les mystérieux tourments\n                Aux soudaines métamorphoses,\n                Sombres, dessinent par moments\n                Le rêve douloureux des choses\n                Parmi les myrthes et les roses.\n\n                                           FRANTZ VAN PETEGHEM.\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 551, "page_fin": 555, "titre_corps": "Chronique théâtrale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "W.", "ancre_debut": "CHRONIQUE THÉÂTRALE", "ancre_fin": "W", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 602, "page_imprimee": 551, "debut_caractere": 771, "fin_caractere_exclue": 1665, "texte": "CHRONIQUE THÉÂTRALE\n\n                             LA MONNAIE\n\n              Quoi qu'il advienne ou qu'il arrive, comme on dit dans les\n               Huguenots, il faut avoir le caractère fait à rebrousse-poil\n               pour ne pas défendre mordicus, envers et contre tous les\n               abonnés jeunes et vieux, gommeux et cacochymes, elkans\nchagrins et crombez grincheux, le martyr qui a nom Verdhurt.\n   Sa chasse au ténor prend des proportions héroïques ; Dereims s'en va,\nvoici Gallois ; Gallois renonce, voilà Devilliers ; Devilliers échoue, on nous\ndonne un Villaret, ténor de vieille race, comédien hors ligne ayant des\nrestes puissants, parfois admirables, d'une voix qui a eu tous les triomphes,\net à côté de laquelle la voix de M. Jourdain et celle de M. Verhees ne sont\nque fifres et faussets.\n   Bérardi laisse loin derrière lui Seguin ; Soulacroix n'est plus rien à côté\n"}, {"page_pdf": 603, "page_imprimee": 552, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3018, "texte": "                                  — 552 —\n\n de Boyer, et Mme Vaillant-Couturier, si charmante à ses heures, est oubliée\n depuis le jour où, pour la première fois, dans Roméo et Juliette, Cécile\n Mézeray a fait frissonner de jalousie les tourterelles et les rossignols.\n    M. Verdhurt commence l'année, comme il est d'usage, par le répertoire\nconnu : A l'Africaine succèdent Rigoletto, les Huguenots, le Trouvère,\nla Juive; se passent tour à tour l'affiche : Si j'étais roi! le Pré-aux-Clercs,\nRoméo et Juliette, le Chalet, la Fille du Régiment, la Traviata, Joconde,\nexécutés avec la plus parfaite troupe que la Monnaie aie vue depuis des\nannées, et dont la perfection même réhabilite l'opéra-comique de nos pères.\n   Assurément, nous ne raffolons de rien de tout cela ; les vieilles formules\nn'ont plus le don de nous charmer et nous n'avons plus pour elles que le\nrespect dû aux aieules dont la beauté s'est envolée, mais puisqu'il est con­\nvenu qu'il faut contenter les anciens avant les jeunes, nous comprenons les\nconcessions que M. Verdhurt fait assurément à contre-cœur. Au reste, il\nnous promet des compensations. A entendre les indiscrétions des inter­\nprètes, le Saint-Mégrin, des frères Hillemacher, qui a été lu le 29 octobre,\nest une œuvre moderne dans les données wagnériennes et appelée à renou­\nveler les batailles des Maîtres-Chanteur s. Les Templiers, de Litolff, sont\npleins de pages superbes, et la Gwendoline, de Chabrier, s'annonce comme\nœuvre de maître.\n   Aurons-nous Tristan et Isolde, Lohengrin ou Tannhäuser? Au moins\nun de ces chefs-d'œuvre, le premier probablement, où M me Montalba s'est\nfait tant acclamer à Paris, lorsqu'elle le chanta avec le ténor anversois\nErnest Van Dyck.\n   M. Verdhurt remontera encore Aïda, Manon, Hérodiade, sans compter\nles œuvres de répertoire courant telles que Carmen, Mireille et le Timbre\nd'argent. Le Mefistofele, de Boïto, peut se fouiller le haut-de-chausse.\n   Le nouveau directeur tâtonnera encore avant de trouver tous les oiseaux\nrares qu'il cherche; dès aujourd'hui, si l'on oublie Mme Caron, sa troupe est\nabsolument supérieure à celle que firent supporter MM. Stoumon et Cala­\nbrési. Que l'on en place vis-à-vis l'un de l'autre les deux tableaux, on\npourra, si l'on a suivi les représentations ou la critique quotidienne, s'en\nconvaincre :\n              1884-85.                                 1885-86.\n             TÉNORS :                                 TÉNORS :\n  Jourdain, Rodier.                        Villaret, Furst.\n            BARYTONS :                              BARYTONS :\n  Seguin, Soulacroix, Renaud.              Bérardi, Boyer, Renaud.\n             BASSES :                                 BASSES :\n  Gresse, Durât, Schmidt.                  Dubulle, Devriès, Séguier.\n          CANTATRICES :                            CANTATRICES :\n  Rose Caron, Hamann, Blanche             Silvia Montalba, Thuringer,\nDeschamps, Vaillant-Couturier, An­      Jeanne H u r é , Cécile Mézeray,\ngèle Legault.                           Wolf.\n"}, {"page_pdf": 604, "page_imprimee": 553, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2933, "texte": "                                  — 553 —\n\n  Ajoutons que les danseuses nouvelles, surtout Mme Adelina Rossi, font\noublier et Mme Brambilla et Mme Ricci Poigny.\n\n\n                                       II\n\n                                  LE PARC\n   Après la Petite Marquise, le Train de Minuit, la Cigale, après Clara\nSoleil, Une Femme qui se jette par la fenêtre, les Sonnettes, et surtout les\n Faux bonshommes, le théâtre du Parc a risqué la fortune d'une première :\n La duchesse Lyly, de Ch.-M. Flor O'Squarr, un écrivain nouveau pour le\n théâtre, mais connu cependant. Il a écrit un roman : Chrétienne, dont\n nous apprécions peu la valeur, et un recueil de nouvelles, les Fantômes,\n études cruelles, où l'écrivain a mis une ironie froide à la Villiers-de-1'Isle-\nAdam, et dans lesquelles maintes pages sont d'un artiste de premier ordre.\n   — On se rappelle encore l'affaire de Chaulnes dont les péripéties se\ndéroulèrent à Paris en 1882. Quelques lignes suffiront pour la remettre en\nmémoire.\n   La duchesse de Chevreuse — un des plus grands noms de France —\navait marié son fils, le duc de Chaulnes, être malingre et souffreteux, aux\nseize ans épanouis de la princesse Galitzin.\n   A peine les noces furent-elles terminées, que la vieille duchesse s'installa\nprès du nouveau ménage, accablant sa belle-fille de mépris et de soupçons.\nLes nouveaux mariés s'enfuient en Belgique; elle les suit, elle circonvient\nson fils, martyrise la jeune femme, la livre aux avanies des laquais, l'accuse\nd'adultère, la force à s'accuser elle-même. Cela dure des années; la jeune\nduchesse a deux enfants qu'elle adore; un soir, les enfants disparaissent;\nc'est la duchesse de Chevreuse qui les a enlevés à leur mère. Celle-ci se\nrévolte alors, réclame le bien chéri qu'on lui dérobe : rien n'y fait, ni la\njustice, ni les supplications ; aujourd'hui la duchesse de Chaulnes est morte.\n   — L'affaire de Chaulnes était un drame comme jamais écrivain n'en\npouvait rêver. Il s'en trouva plusieurs pour y puiser des éléments :\nM. Pierre Barbier, avec une comédie : Indigne; M. Clovis Hugues, avec\nun poème; M. Alexis Bouvier, avec un mauvais roman, et M. Albert Del­\npit, avec la médiocre Solange de Croix-Saint-Luc, qui sera bientôt conver­\ntie en pièce pour le Gymnase.\n   Voici M. Ch.-M. Flor O'Squarr qui l'accommode à sa manière dans la\nDuchesse Lyly; hâtons-nous de le dire, il n'en a pas pris à la lettre toutes\nles situations, et si nous avons tenu à résumer en quelques lignes le procès\nde 1882, c'est précisément pour faire toucher du doigt la part d'originalité\nqui revient à l'écrivain. Quelque grande que soit cette part, il faut bien\nreconnaître que la Duchesse Lyly n'est pas une pièce; l'auteur a-t-il voulu,\ncomme Concourt dans Henriette Maréchal ou Becque dans les Corbeaux,\nsortir des formules connues du drame et camper seulement en quatre actes\nla réalité brutale, toujours est-il que son oeuvre est un simple procès-verbal\n"}, {"page_pdf": 605, "page_imprimee": 554, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3086, "texte": "                                  -   5 5 4 -\n\n de Cours et Tribunaux, avec des points intéressants et des longueurs inévita­\n bles. Le premier acte est une exposition bien faite, d'un sujet que l'on espé­\n rait plus palpitant ; il est même une page littéraire pleine de choses déli­\n cates, que le docteur Planobat débite avec une poétique bonhomie. Mais le\n deuxième, mais le troisième continuent à être l'exposition d'un drame qui\n ne vient pas, qu'on attend, et le rideau se baisse sans que l'on songe à s'en\n aller.\n    Au résumé, pas assez d'intérêt et trop souvent la note sensiblâtre expri­\n mée dans ce mot : mes enfants! que la duchesse de Plèves répète avec une\n obstination désespérante.\n    On applaudit ces situations faites et refaites, mais on ne peut les\n approuver littérairement.\n    Le dernier acte a été vu quelque part; il y a là un peu de Dame aux\n Camélias, un brin de Froufrou, qui ont fait dire à quelqu'un le mot du\njour : « Je m'emmaître de forges! »\n    Enfin, certains mots, d'une banalité inutile, déflorent des situations inté­\nressantes ; tel ce mot du docteur : « Vous êtes fiévreuse, fébrile ; l'air de la\ncampagne vous guérira ». Telle encore une phrase dont nous n'avons pas\nretenu le texte, où le même docteur explique physiologiquement à la vieille\nduchesse pourquoi son fils est un crétin : « la duchesse meurt de se sentir\nsi vieille en ce château si vieux ».\n    En réalité, l'insuccès de la Duchesse Lyly est simplement attribuable aux\nlongueurs, aux thèses qui s'y dévident avec uniformité; de bonnes cou­\npures, quelques mots piqués çà et là eussent changé complètement la pièce\net lui eussent donné le mouvement qui lui manquait.\n    Le drame a été bien joué; les rôles, sauf ceux du comte Camerati et d'Al­\nbert de Verrion, étaient tenus avec autorité. Mme Devoyod, qui a joué plus\nde quatre cents fois la duchesse du Monde où l'on s'ennuie, a le physique et\nla tenue qui conviennent au rôle à la fois cruel et maternel de Madame de\nChevennes; c'est à elle et à Mmc Sarah Rambert surtout que la pièce aura dû\nde ne pas être tombée plus violemment. Nous avons vu cette dernière, il n'y\na pas bien longtemps, dans le rôle de Claire du Maître de forges, où elle\nne fut dépassée que par la créatrice, Jane Hading. Elle fait une jeune mère\ntouchante, et sauve, par beaucoup de talent, les faiblesses du rôle.\n   M. Charles Pascal se montre pour la première fois dans un rôle impor­\ntant, difficile, et cela de maîtresse façon ; M. Durand est, de même, excel­\nlent. Pour M. Esquier, il lui suffirait d'un peu de talent pour donner du\ncaractère à un rôle qui n'en a pas beaucoup; il lé joue avec une allure de\nvidé qui se replierait avant de passer son pardessus, et se mettrait lui-même\nsous son bras. M. Esquier peut difficilement être plus détestable. Nous\nn'en dirons pas moins à M. Luguet qui, lui, n'est pas déliquescent, oh!\nnon! mais, au contraire, semble articulé comme un pantin-ficelle. Ses\nentrées et ses sorties du deuxième acte, entrées maladroitement exécutées,\nsorties mal comprises, ont fait un doux effet de joie sur le public.\n"}, {"page_pdf": 606, "page_imprimee": 555, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1337, "texte": "                                  — 555 —\n\n   Avant la Duchesse Lily, on jouait le Dépit amoureux pour les débuts\nde M. Chomé. Ce n'est pas toujours amusant, Molière, même lorsque de\ncinq actes on a fait un Liebig classique de deux tableaux, mais joué au Parc,\ncela tourne au chloral de Follet. Malgré M. Huguenet, qui joue bien Gros-\nRené, ces vers déroulés comme une pièce de madapolam donnent des\nimpressions plus que rêveuses — mettons endormantes.\n   M. Camis, qui ne manque pas de talent, rappelle par une stature mal­\nheureuse les géants de la cavalcade bruxelloise bien connue; M. Paul Léon\nnettoie le plancher avec une humilité consternante; enfin, M lle Dangeville,\nfagotée comme on ne l'est pas, et qui, jouant un rôle d'ingénue, s'afflige\nd'une traîne de duègne, finit par horripiler étrangement. Elle a ou se donne\nun air de perruche en colère qui modifie beaucoup le caractère d'un dépit\nqu'elle change en piaillement d'oiseau sinistre.\n   Du haut des nues où sont les vieilles lunes et les vieux classiques, ce bon\nMolière a dû être content du jeune Chomé. Il a de bonnes traditions, étant\nnon seulement premier prix du Conservatoire de Bruxelles, mais encore un\ndes élèves préférés de Delaunay ; il joue le rôle transi d'Eraste avec sobriété\net talent.\n                                                                  W."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 556, "page_fin": 560, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "RENÉ D Y", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 88, "fin_caractere_exclue": 99, "texte": "MEMENTO\n   "}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 137, "texte": "Une nouvelle consœur nous est née sous"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 188, "fin_caractere_exclue": 232, "texte": "le titre de Matinées littéraires, revue men­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 275, "fin_caractere_exclue": 282, "texte": "suelle."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 340, "fin_caractere_exclue": 381, "texte": "Qu'elle soit bienvenue, qu'elle grandisse"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 420, "fin_caractere_exclue": 443, "texte": "en force et en sagesse."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 637, "fin_caractere_exclue": 679, "texte": "M. Albert Savine, un artiste et un érudit,"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 723, "fin_caractere_exclue": 766, "texte": "qui a déjà à son actif des livres remarqua­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 814, "fin_caractere_exclue": 858, "texte": "bles dont nous avons eu l'occasion de parler"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 906, "fin_caractere_exclue": 950, "texte": "déjà, ses traductions de l'Atlantide de Ver­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1000, "fin_caractere_exclue": 1037, "texte": "daguer, du Commandeur Mendoza de Juan"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1092, "fin_caractere_exclue": 1135, "texte": "Valera, ses études de littérature étrangère"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1187, "fin_caractere_exclue": 1234, "texte": "réunies dans les Etapes d'un       Naturaliste,"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1244, "fin_caractere_exclue": 1281, "texte": "nous adresse un nouvel ouvrage sur le"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1337, "fin_caractere_exclue": 1375, "texte": "Naturalisme en Espagne, un naturalisme"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1432, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "qui grandira."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1531, "fin_caractere_exclue": 1572, "texte": "Nous y trouvons l'histoire d'une littéra­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1607, "fin_caractere_exclue": 1647, "texte": "ture contemporaine peu connue et qui mé­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1700, "fin_caractere_exclue": 1744, "texte": "rite de l'être. Œuvre excellente et artiste."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1810, "fin_caractere_exclue": 1813, "texte": "***"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1849, "fin_caractere_exclue": 1890, "texte": "Travaux de la classe des lettres à l'Aca­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1921, "fin_caractere_exclue": 1961, "texte": "démie royale de Belgique, en sa dernière"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2016, "fin_caractere_exclue": 2059, "texte": "séance : I. Note sur M. Colinet et La théo­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2107, "fin_caractere_exclue": 2148, "texte": "dicée de la Bhagavadgitâ étudiée en elle-"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2198, "fin_caractere_exclue": 2238, "texte": "même et dans ses origines, lue par M. Le"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2290, "fin_caractere_exclue": 2294, "texte": "Roy."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2387, "fin_caractere_exclue": 2424, "texte": "II. Programme du concours pour 1887 :"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2494, "fin_caractere_exclue": 2512, "texte": "Première question."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2575, "fin_caractere_exclue": 2615, "texte": "Quelle fut l'attitude des souverains des"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2665, "fin_caractere_exclue": 2703, "texte": "Pays-Bas à l'égard du pays de Liège au"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2758, "fin_caractere_exclue": 2770, "texte": "XVIe siècle?"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2954, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "Deuxième question."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3035, "fin_caractere_exclue": 3075, "texte": "Quelle a été, en Flandre, avant l'avène­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3125, "fin_caractere_exclue": 3162, "texte": "ment de Guy de Dampierre, l'influence"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3217, "fin_caractere_exclue": 3259, "texte": "politique des grandes villes, el de quelle"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3309, "fin_caractere_exclue": 3336, "texte": "manière s'est-elle exercée?"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3411, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "Troisième question."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3434, "fin_caractere_exclue": 3478, "texte": "Faire l'histoire de la littérature française"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3479, "fin_caractere_exclue": 3506, "texte": "en Belgique de 1800 à 1830."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3573, "fin_caractere_exclue": 3612, "texte": "(Les concurrents consulteront utilement"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3666, "fin_caractere_exclue": 3708, "texte": "la bibliothèque léguée à l'Académie par le"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3757, "fin_caractere_exclue": 3776, "texte": "baron de Stassart.)"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3952, "fin_caractere_exclue": 3976, "texte": "Quatrième      question."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 4035, "fin_caractere_exclue": 4070, "texte": "On demande sur Jean Van Boendale un"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 146, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "travail analogue à celui du docteur J. Te"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 238, "fin_caractere_exclue": 274, "texte": "Winkel sur Maerlant (Maerlant's wer­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 325, "fin_caractere_exclue": 336, "texte": "ken, enz.)."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 400, "fin_caractere_exclue": 419, "texte": "Cinquième question."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 497, "fin_caractere_exclue": 537, "texte": "Quel est l'effet des impôts de consomma­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 588, "fin_caractere_exclue": 633, "texte": "tion sur la valeur vénale des produits taxés?"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 684, "fin_caractere_exclue": 722, "texte": "En d'autres termes, dans quelle mesure"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 773, "fin_caractere_exclue": 813, "texte": "cet impôt pèse-t-il sur le consommateur?"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 867, "fin_caractere_exclue": 905, "texte": "Exposer et discuter, à l'aide de docu­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 956, "fin_caractere_exclue": 999, "texte": "ments statistiques, les résultats des expé­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1050, "fin_caractere_exclue": 1091, "texte": "riences récemment faites à cet égard dans"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1142, "fin_caractere_exclue": 1186, "texte": "les divers pays et plus spécialement en Bel­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1237, "fin_caractere_exclue": 1243, "texte": "gique."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1297, "fin_caractere_exclue": 1336, "texte": "III. Rapport de M. Wagener (pas Félxi ;"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1387, "fin_caractere_exclue": 1431, "texte": "celui de Gand, le muffie) sur : Une inscrip­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1482, "fin_caractere_exclue": 1527, "texte": "lion latine où il est question d'un magistrat"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1578, "fin_caractere_exclue": 1606, "texte": "romain de la Gaule Belgique."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1660, "fin_caractere_exclue": 1699, "texte": "Et il y a des gens qui trouvent que les"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1750, "fin_caractere_exclue": 1788, "texte": "Lettres sont dans le marasme. Ohé! les"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1839, "fin_caractere_exclue": 1846, "texte": "genoux!"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1917, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "***"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 1974, "fin_caractere_exclue": 2015, "texte": "Le Journal des Gens de lettres belges n'a"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2066, "fin_caractere_exclue": 2106, "texte": "pas survécu à son directeur. Il vient de"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2157, "fin_caractere_exclue": 2197, "texte": "pousser son dernier numéro, après avoir,"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2248, "fin_caractere_exclue": 2289, "texte": "depuis cinq ans, lutté, timidement il est"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2340, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "vrai, pour la littérature. Rendons-lui cette"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2435, "fin_caractere_exclue": 2480, "texte": "justice qu'il était, en 1880, avec l'Artiste,"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2531, "fin_caractere_exclue": 2572, "texte": "un des premiers journaux de la génération"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2623, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "nouvelle, ayant des idées jeunes. Lorsque"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2715, "fin_caractere_exclue": 2757, "texte": "nous parûmes, il ne tarda pas à s'eflarou­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2808, "fin_caractere_exclue": 2849, "texte": "cher de nos allures combattantes et finit"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2900, "fin_caractere_exclue": 2941, "texte": "par tomber dans une note incolore qui l'a"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "perdu. Il avait pris dans son comité MM."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3083, "fin_caractere_exclue": 3124, "texte": "Clesse et Benoît Quinet qui achevèrent sa"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3175, "fin_caractere_exclue": 3216, "texte": "phtisie. Ne pleurons pas sur sa tombe et,"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3267, "fin_caractere_exclue": 3308, "texte": "pour ne pas lui donner le coup de pied de"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3359, "fin_caractere_exclue": 3397, "texte": "l'âne, envoyons-lui le pavé de l'ours."}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3532, "fin_caractere_exclue": 3570, "texte": "Vient de paraître le volume de l'Union"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3621, "fin_caractere_exclue": 3665, "texte": "littéraire (1884-85) contenant le rapport de"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3716, "fin_caractere_exclue": 3756, "texte": "M. Edmond Picard sur le concours de poé­"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3807, "fin_caractere_exclue": 3849, "texte": "sie, des fragments de La jeunesse blanche,"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3900, "fin_caractere_exclue": 3939, "texte": "de M. Georges Rodenbach ; le rapport de"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 3990, "fin_caractere_exclue": 4032, "texte": "MlleVan de Wiele sur le concours de prose,"}, {"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 4083, "fin_caractere_exclue": 4125, "texte": "Les confessions d'un assassin, de M. Eugè-"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "ne Hins. Un volume élégant imprimé avec"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 170, "texte": "luxe par P. Weissenbruch."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 397, "fin_caractere_exclue": 435, "texte": "Les poésies de Catulle Mendès, augmen­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 436, "fin_caractere_exclue": 478, "texte": "tées de soixante-douze poèmes inédits, pa­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 529, "fin_caractere_exclue": 563, "texte": "raissent chez l'éditeur Ollendorf."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 624, "fin_caractere_exclue": 664, "texte": "Elles forment sept volumes : I. Philomé­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 711, "fin_caractere_exclue": 754, "texte": "la. — I I . Pantéleïa, Sérénades,   Pagode."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 802, "fin_caractere_exclue": 841, "texte": "— III. Soirs moroses. — IV. Intermède.—"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 892, "fin_caractere_exclue": 934, "texte": "V. Hespérus.      VI. Contes épiques.—VII."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 980, "fin_caractere_exclue": 1000, "texte": "Le soleil de minuit."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1072, "fin_caractere_exclue": 1110, "texte": "La nouvelle édition des poésies de Ca­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1111, "fin_caractere_exclue": 1153, "texte": "tulle Mendès est aujourd'hui complétée par"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1154, "fin_caractere_exclue": 1194, "texte": "la publication de Philoméla et de Panté-"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1250, "fin_caractere_exclue": 1278, "texte": "leïa, Sérénades,     Pagode."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1343, "fin_caractere_exclue": 1375, "texte": "Prix de chaque volume : 1 franc."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1520, "fin_caractere_exclue": 1533, "texte": "*   ■   *   *"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1630, "fin_caractere_exclue": 1665, "texte": "Nous remercions nos confrères de la"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1720, "fin_caractere_exclue": 1761, "texte": "presse et particulièrement L'Etudiant, La"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1810, "fin_caractere_exclue": 1849, "texte": "Fédération artistique et son cordial et"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1904, "fin_caractere_exclue": 1944, "texte": "confraternel rédacteur Victor Reding, La"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1999, "fin_caractere_exclue": 2037, "texte": "Chronique, Le Journal de Bruxelles, Le"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2090, "fin_caractere_exclue": 2133, "texte": "National et La Nation,         de l'aimable"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2186, "fin_caractere_exclue": 2231, "texte": "accueil qu'ils ont fait à nos Souvenirs de la"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2281, "fin_caractere_exclue": 2323, "texte": "Vie d'étudiant, en leur accordant quelques"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2368, "fin_caractere_exclue": 2386, "texte": "mots de sympathie."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2462, "fin_caractere_exclue": 2503, "texte": "Quant au Patriote, qui n'en est pas à ses"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2548, "fin_caractere_exclue": 2589, "texte": "premières aménités à notre égard, nous le"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2609, "fin_caractere_exclue": 2651, "texte": "remercions cependant aussi de la publicité"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2706, "fin_caractere_exclue": 2745, "texte": "qu'il nous a faite, en publiant sous ce"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2802, "fin_caractere_exclue": 2843, "texte": "titre : Détails indiscrets, un article de"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2896, "fin_caractere_exclue": 2933, "texte": "mauvaise foi et de mauvaise guerre Le"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3025, "texte": "monsieur PAUL WAUWERMANS, avocat,"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3087, "fin_caractere_exclue": 3129, "texte": "qui l'a signé RIC-RAC, est trop inexistant"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3180, "fin_caractere_exclue": 3224, "texte": "comme écrivain, il est trop raté de Lettres,"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3271, "fin_caractere_exclue": 3313, "texte": "trop abcès froid, pour que nous ramassions"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3364, "fin_caractere_exclue": 3404, "texte": "ses injures. Il envoyait naguère à notre"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3455, "fin_caractere_exclue": 3497, "texte": "revue de mauvaise copie qui fut régulière­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3548, "fin_caractere_exclue": 3587, "texte": "ment refusée malgré les recommandations"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3642, "fin_caractere_exclue": 3675, "texte": "dont M. PAUL WAUWERMANS, dit Paul"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3736, "fin_caractere_exclue": 3776, "texte": "de Fontanar, s'entoura pour prendre pied"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3828, "fin_caractere_exclue": 3870, "texte": "chez nous. Son échec plusieurs fois répété"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3895, "fin_caractere_exclue": 3938, "texte": "l'a aigri, ce jeune cancre. Aujourd'hui son"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3988, "fin_caractere_exclue": 4022, "texte": "fiel s'échappe. M. PAUL WAUWERMANS"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 4080, "fin_caractere_exclue": 4115, "texte": "qualifie La Jeune Belgique de revue"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 4145, "fin_caractere_exclue": 4188, "texte": "« archilibérale », alors que JAMAIS UN DRA­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 4238, "fin_caractere_exclue": 4279, "texte": "PEAU POLITIQUE N'A ÉTÉ LEVÉ CHEZ NOUS. IL"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 4330, "fin_caractere_exclue": 4366, "texte": "MENT, donc, et il le sait. Q U ' I L"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 4418, "fin_caractere_exclue": 4460, "texte": "R E Ç O I V E , avec tous les honneurs dus"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "à son rang de Sganarelle, U N C O U P D E"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 236, "texte": "P I E D A U D E R R I È R E de la part de"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 287, "fin_caractere_exclue": 302, "texte": "son tout dévoué"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 382, "fin_caractere_exclue": 393, "texte": "MAX WALLER."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 489, "fin_caractere_exclue": 528, "texte": "Pour paraître prochainement : Les Mili-"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 579, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "ces de Saint-François,   par Georges Eek­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 671, "fin_caractere_exclue": 710, "texte": "houd; Les Concubins, par Camille Lemon­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 761, "fin_caractere_exclue": 801, "texte": "nier; Hors du siècle, par Albert Giraud;"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 852, "fin_caractere_exclue": 891, "texte": "La Jeunesse blanche, par Georges Roden­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 942, "fin_caractere_exclue": 979, "texte": "bach; Les Moines, par Emile Verhaeren"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1030, "fin_caractere_exclue": 1068, "texte": "et, Lysiane de Lysias, par Max Waller."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1207, "fin_caractere_exclue": 1249, "texte": "Précis de l'Histoire des       Beaux-Arts,"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1300, "fin_caractere_exclue": 1339, "texte": "traduit de l'allemand du docteur Lübke,"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1390, "fin_caractere_exclue": 1430, "texte": "par M. Molle. Volume in-8° de 300 pages."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1481, "fin_caractere_exclue": 1499, "texte": "Merzbach, éditeur."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1587, "fin_caractere_exclue": 1625, "texte": "L'ouvrage rendra de grands services au"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1676, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "point de vue purement historique. C'est un"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1769, "fin_caractere_exclue": 1808, "texte": "exposé sommaire dont les appréciations,"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1859, "fin_caractere_exclue": 1902, "texte": "inutiles d'ailleurs, sont fort discutables,"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 1953, "fin_caractere_exclue": 1997, "texte": "mais où l'on trouvera des dates et des faits"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2048, "fin_caractere_exclue": 2088, "texte": "qu'il était bon de dresser de façon suc­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2139, "fin_caractere_exclue": 2185, "texte": "cincte. L'architecture, la sculpture, la pein­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2236, "fin_caractere_exclue": 2279, "texte": "ture et la musique y déroulent leurs fastes"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2330, "fin_caractere_exclue": 2367, "texte": "depuis les temps antiques jusqu'à nos"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2418, "fin_caractere_exclue": 2458, "texte": "jours; les renseignements sont exacts et"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2509, "fin_caractere_exclue": 2547, "texte": "l'ouvrage en acquiert une haute valeur"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2598, "fin_caractere_exclue": 2608, "texte": "d'utilité."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2662, "fin_caractere_exclue": 2705, "texte": "Pour la critique, en voici un échantillon ;"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2756, "fin_caractere_exclue": 2801, "texte": "il est question de Chopin : « Il réunit à une"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2852, "fin_caractere_exclue": 2895, "texte": "grande délicatesse de sentiment et beaucoup"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 2946, "fin_caractere_exclue": 2991, "texte": "de finesse d'expression, une véritable origi­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3042, "fin_caractere_exclue": 3086, "texte": "nalité ». Rien de plus; c'est peu pour l'ad­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3137, "fin_caractere_exclue": 3179, "texte": "mirable artiste de La Marche funèbre, sans"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3230, "fin_caractere_exclue": 3270, "texte": "compter l'incorrection de la phrase. Cet"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3321, "fin_caractere_exclue": 3363, "texte": "exemple de français malmené n'est pas uni­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3414, "fin_caractere_exclue": 3454, "texte": "que dans le livre. En voici un autre, il"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3505, "fin_caractere_exclue": 3547, "texte": "s'agit de Benoît. M. Molle perpètre ceci :"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3598, "fin_caractere_exclue": 3641, "texte": "« Cet artiste s'est fait connaître par plu­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3692, "fin_caractere_exclue": 3735, "texte": "sieurs oratorios distingués, et surtout par"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3786, "fin_caractere_exclue": 3827, "texte": "une œuvre magistrale d'une certaine gran-"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3878, "fin_caractere_exclue": 3894, "texte": "deur : Lucifer !"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 3947, "fin_caractere_exclue": 3987, "texte": "J'ai rarement ouï parler d'œuvres magis­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 4037, "fin_caractere_exclue": 4079, "texte": "trales qui n'eussent pas au moins une cer­"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 4129, "fin_caractere_exclue": 4144, "texte": "taine grandeur."}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 4197, "fin_caractere_exclue": 4237, "texte": "Ce n'est donc pas le français de l'Hôtel"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 4287, "fin_caractere_exclue": 4329, "texte": "de Rambouillet qu'il faut chercher dans le"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 4379, "fin_caractere_exclue": 4417, "texte": "Précis de M. Lübke, mais simplement le"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 4467, "fin_caractere_exclue": 4487, "texte": "document historique."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "Nous recommandons à nos lecteurs une"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 162, "fin_caractere_exclue": 201, "texte": "revue nouvelle et jeune : La Suisse ro-"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 270, "fin_caractere_exclue": 310, "texte": "mande, pleine de prose et de vers remar-"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 476, "fin_caractere_exclue": 484, "texte": "quables."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 488, "fin_caractere_exclue": 512, "texte": "En voici des spécimens :"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 693, "fin_caractere_exclue": 694, "texte": "I"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 774, "fin_caractere_exclue": 793, "texte": "PRINTEMPS CLASSIQUE"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 861, "fin_caractere_exclue": 907, "texte": "Debout contre un cippe, au pied d'un portique,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 957, "fin_caractere_exclue": 1000, "texte": "Dont un lierre étreint l'épais marbre roux»"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1051, "fin_caractere_exclue": 1094, "texte": "Ses doigts caressant sa flûte à sept trous,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1150, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "Un beau pâtre nu siffle un air antique."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1284, "fin_caractere_exclue": 1329, "texte": "Il siffle et les dieux, le ciel de l'Attique,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1383, "fin_caractere_exclue": 1420, "texte": "Et la mer Egée auxflotslents et doux,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1477, "fin_caractere_exclue": 1517, "texte": "Et la terre Hellas, dont il est l'époux,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1518, "fin_caractere_exclue": 1561, "texte": "Vivent dans son rêve et son chant rustique."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1717, "fin_caractere_exclue": 1758, "texte": "Il chante et là-bas sur les promontoires,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1759, "fin_caractere_exclue": 1809, "texte": "Dans leurs temples d'or, assis dans leurs gloires,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1860, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "Les dieux t'ont souri. Grec au iront pensif,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1957, "fin_caractere_exclue": 2002, "texte": "Et font sur la roche, où ta main les cueille,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2042, "fin_caractere_exclue": 2082, "texte": "Pour ta chèvre grasse et ton bouc lascif"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2083, "fin_caractere_exclue": 2122, "texte": "Fleurir le cythise et le chèvrefeuille."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2302, "fin_caractere_exclue": 2304, "texte": "II"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2391, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "PRINTEMPS MYSTIQUE"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2473, "fin_caractere_exclue": 2512, "texte": "Sous la lune bleue aux caresses molles,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2569, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "Par le clair obscur des boix épineux,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2662, "fin_caractere_exclue": 2701, "texte": "Le printemps s'avance aux sons lumineux"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2758, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "Desflûtesmêlés aux voix des citholes."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2896, "fin_caractere_exclue": 2937, "texte": "Entre des fronts blancs nimbés d'auréoles"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2993, "fin_caractere_exclue": 3030, "texte": "Et des yeux rieurs d'enfants curieux,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3031, "fin_caractere_exclue": 3065, "texte": "Il passe à pas lents et mystérieux"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3123, "fin_caractere_exclue": 3166, "texte": "Et sur ses pieds nus pleuvent des corolles."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3220, "fin_caractere_exclue": 3255, "texte": "CressoDs argentés, violettes flnes,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3320, "fin_caractere_exclue": 3353, "texte": "Primevères d'or, pâles aubépines,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3416, "fin_caractere_exclue": 3457, "texte": "Tombent sur ses pas en clairs encensoirs,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3513, "fin_caractere_exclue": 3547, "texte": "Et par les ravins l'odorante neige"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3607, "fin_caractere_exclue": 3651, "texte": "Des pommiers, fumant dans l'ombre des soirs,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3698, "fin_caractere_exclue": 3733, "texte": "Illumine Avril et son doux cortège."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3818, "fin_caractere_exclue": 3821, "texte": "III"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3913, "fin_caractere_exclue": 3925, "texte": "L'ÉTANG MORT"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3979, "fin_caractere_exclue": 4027, "texte": "Comme un lointain étang baigné de clair de lune,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4075, "fin_caractere_exclue": 4119, "texte": "Le passé m'apparalt dans l'ombre de l'oubli."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4172, "fin_caractere_exclue": 4214, "texte": "Mon âme, entre les joncs cadavre enseveli,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4215, "fin_caractere_exclue": 4260, "texte": "S'y corrompt lentement dans l'eau saumâtre et"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4412, "fin_caractere_exclue": 4457, "texte": "Les croyances d'an tan s'effritent une à une,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4513, "fin_caractere_exclue": 4551, "texte": "Tandis qu'à l'horizon, suavement pâli,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4590, "fin_caractere_exclue": 4632, "texte": "Un vague appel de cor, un murmure affaibli"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4688, "fin_caractere_exclue": 4731, "texte": "Fait vibrer le silence endormi sur la dune."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4831, "fin_caractere_exclue": 4867, "texte": "O blême vision, étang crépusculaire,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4929, "fin_caractere_exclue": 4944, "texte": "Songe en paix !"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4963, "fin_caractere_exclue": 4998, "texte": "Pleure en vain, olifant légendaire,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 5046, "fin_caractere_exclue": 5083, "texte": "O nostalgique écho des étés révolus !"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 113, "fin_caractere_exclue": 160, "texte": "Un trou saignant au front, les espérances fées,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 217, "fin_caractere_exclue": 268, "texte": "De longs glaïeuls flétris et de lys morts coiffées,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 325, "fin_caractere_exclue": 370, "texte": "Au son charmeur du cor ne s'éveilleront plus."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 461, "fin_caractere_exclue": 474, "texte": "JEAN LORRAIN."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 566, "fin_caractere_exclue": 569, "texte": "***"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 629, "fin_caractere_exclue": 666, "texte": "La disparition de l'Echo du Parlement"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 723, "fin_caractere_exclue": 761, "texte": "a donné naissance à un nouveau journal"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 818, "fin_caractere_exclue": 860, "texte": "quotidien, la Nation, auquel notre absence"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 917, "fin_caractere_exclue": 956, "texte": "de Bruxelles nous a empêchés d'adresser"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1013, "fin_caractere_exclue": 1050, "texte": "les vœux d'usage. Réparons donc cette"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1107, "fin_caractere_exclue": 1149, "texte": "omission, et souhaitons longue vie à notre"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1246, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "nouveau confrère. Le nom de M. Lucien"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1340, "fin_caractere_exclue": 1382, "texte": "Solvay, qui figure en qualité de rédacteur"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1439, "fin_caractere_exclue": 1476, "texte": "en chef dans la rédaction, nous donne"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1574, "fin_caractere_exclue": 1619, "texte": "l'assurance qu'une large part sera faite à la"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1676, "fin_caractere_exclue": 1716, "texte": "discussion des intérêts artistiques. Nul"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1815, "fin_caractere_exclue": 1859, "texte": "doute que ce soit dans le sens des idées que"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 1916, "fin_caractere_exclue": 1956, "texte": "nous défendons opiniâtrement nous-mêmes."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2038, "fin_caractere_exclue": 2041, "texte": "***"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2142, "fin_caractere_exclue": 2178, "texte": "Encore une nouvelle revue : La Revue"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2235, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "de Genève, avec une rédaction peu connue,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2333, "fin_caractere_exclue": 2377, "texte": "mais qui, si l'on en juge par le premier nu-"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2434, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "méro, renferme des éléments de premier"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2529, "fin_caractere_exclue": 2568, "texte": "ordre. Voici le sommaire de ce numéro :"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2628, "fin_caractere_exclue": 2661, "texte": "La psychologie de M. Edouard Rod,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2718, "fin_caractere_exclue": 2757, "texte": "Etude critique, Alexandre Médine. — Les"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2852, "fin_caractere_exclue": 2895, "texte": "baisers d'or, Conte, .Louis Tognetti. — Une"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 2952, "fin_caractere_exclue": 2992, "texte": "extase de Socrate, Essai antique, Adrien"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3087, "fin_caractere_exclue": 3122, "texte": "Wagnon. — Ballade musicale, Poésie,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3179, "fin_caractere_exclue": 3219, "texte": "Louis Duchosal. — Un naturaliste au fond"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3276, "fin_caractere_exclue": 3319, "texte": "de la mer, Essai scientifique, Emilie Yung."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3376, "fin_caractere_exclue": 3415, "texte": "— Le Salon suisse : la peinture, L. D.;"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3472, "fin_caractere_exclue": 3512, "texte": "Arts décoratifs, C. B. — Chronique pari-"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3569, "fin_caractere_exclue": 3606, "texte": "sienne, Mathias Morhardt. — Chronique"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3663, "fin_caractere_exclue": 3697, "texte": "romande : Genève, Emile Delphin. —"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3754, "fin_caractere_exclue": 3793, "texte": "Revue politique, Daniel d'Arthez. — Bi-"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3850, "fin_caractere_exclue": 3894, "texte": "bliographie : Les livres ; Revue des Revues."}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 3975, "fin_caractere_exclue": 3978, "texte": "***"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4038, "fin_caractere_exclue": 4074, "texte": "La Revue moderniste, qui vient de se"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4131, "fin_caractere_exclue": 4171, "texte": "fonder à Paris remplace avec avantage La"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4271, "fin_caractere_exclue": 4311, "texte": "Libre Revue et La Revue indépendante dé-"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4358, "fin_caractere_exclue": 4411, "texte": "[brune.   funtes. Nous y trouvons les curieuses notes"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4468, "fin_caractere_exclue": 4512, "texte": "suivantes sous ce titre : Esquisse d'un per-"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4569, "fin_caractere_exclue": 4589, "texte": "sonnage de comédie :"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4649, "fin_caractere_exclue": 4687, "texte": "Dans une visite que nous avons faite à"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4788, "fin_caractere_exclue": 4830, "texte": "M. Henry Becque, l'auteur de la Parisienne"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 4887, "fin_caractere_exclue": 4928, "texte": "a bien voulu nous montrer quelques notes,"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 5001, "fin_caractere_exclue": 5045, "texte": "quelques pensées plutôt, qu'il a rassemblées"}, {"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 5102, "fin_caractere_exclue": 5144, "texte": "et qui doivent lui servir pour la compost-"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 90, "texte": "tion d'un personnage paradoxal, d'un nou-"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 121, "fin_caractere_exclue": 164, "texte": "veau Desgenais, plus étendu et plus complet"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 206, "fin_caractere_exclue": 246, "texte": "que l'autre. Nous insérons quelques-unes"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 285, "fin_caractere_exclue": 323, "texte": "de ces pensées avec le consentement de"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 324, "fin_caractere_exclue": 336, "texte": "leur auteur."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 414, "fin_caractere_exclue": 415, "texte": "1"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 474, "fin_caractere_exclue": 514, "texte": "Il est bien difficile de dire si l'homme"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 546, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "naît méchant ou s'il le devient tout de suite."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 659, "fin_caractere_exclue": 660, "texte": "2"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 730, "fin_caractere_exclue": 771, "texte": "Quand tu ouvres ta porte, c'est un ennemi"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 801, "fin_caractere_exclue": 811, "texte": "qui entre."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 922, "fin_caractere_exclue": 923, "texte": "3"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 997, "fin_caractere_exclue": 1036, "texte": "Le juge n'a bien souvent à se prononcer"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1080, "fin_caractere_exclue": 1119, "texte": "qu'entre deux intérêts également délic-"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1120, "fin_caractere_exclue": 1126, "texte": "tueux."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1213, "fin_caractere_exclue": 1214, "texte": "4"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1286, "fin_caractere_exclue": 1326, "texte": "Toutes les idées sont justes, toutes les"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1374, "fin_caractere_exclue": 1395, "texte": "bouches sont fausses."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1474, "fin_caractere_exclue": 1475, "texte": "5"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1528, "fin_caractere_exclue": 1568, "texte": "L'homme simple, franc, ouvert, sera tou-"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1614, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "jours écouté avec attention; on le met"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1708, "fin_caractere_exclue": 1715, "texte": "dedans."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1801, "fin_caractere_exclue": 1802, "texte": "6"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1878, "fin_caractere_exclue": 1918, "texte": "Les grandes fortunes sont faites d'infa-"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2013, "fin_caractere_exclue": 2043, "texte": "mies; les petites, de saletés."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2121, "fin_caractere_exclue": 2122, "texte": "7"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2196, "fin_caractere_exclue": 2238, "texte": "Vivent les honnêtes gens ! Ils sont encore"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2279, "fin_caractere_exclue": 2310, "texte": "moins canailles que les autres."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2375, "fin_caractere_exclue": 2376, "texte": "8"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2448, "fin_caractere_exclue": 2485, "texte": "Seule, une femme est une femme ; avec"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2486, "fin_caractere_exclue": 2525, "texte": "d'autres femmes, ce sont toutes des co-"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2561, "fin_caractere_exclue": 2568, "texte": "quines."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2672, "fin_caractere_exclue": 2673, "texte": "9"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2729, "fin_caractere_exclue": 2763, "texte": "Le meilleur souvenir que garde une"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2818, "fin_caractere_exclue": 2864, "texte": "femme d'une liaison c'est l'infidélité qu'elle"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2905, "fin_caractere_exclue": 2917, "texte": "lui a faite."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3018, "fin_caractere_exclue": 3020, "texte": "10"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3090, "fin_caractere_exclue": 3126, "texte": "On manque une femme aussi facilement"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3259, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "qu'on l'obtient."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3299, "fin_caractere_exclue": 3300, "texte": "n"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3465, "fin_caractere_exclue": 3505, "texte": "Les femmes rentrent volontiers dans leur"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3594, "fin_caractere_exclue": 3633, "texte": "ménage aux approches de la quarantaine;"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3730, "fin_caractere_exclue": 3772, "texte": "c'est l'âge où les hommes en sortent. Nous"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3867, "fin_caractere_exclue": 3903, "texte": "ne parlons que des mariages heureux."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 4016, "fin_caractere_exclue": 4027, "texte": "12        ,"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 4089, "fin_caractere_exclue": 4128, "texte": "L'homme vraiment bien élevé vit chez sa"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 4181, "fin_caractere_exclue": 4214, "texte": "maîtresse et meurt chez sa femme."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 47, "texte": "— 55g —"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 118, "fin_caractere_exclue": 120, "texte": "•3"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 172, "fin_caractere_exclue": 205, "texte": "La femme et l'homme vont ensemble"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 255, "fin_caractere_exclue": 284, "texte": "comme la chaîne et le boulet."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 390, "fin_caractere_exclue": 391, "texte": "H"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 443, "fin_caractere_exclue": 471, "texte": "L'homme cherche son esclave."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 543, "fin_caractere_exclue": 545, "texte": "»5"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 598, "fin_caractere_exclue": 636, "texte": "En vieillissant, nous perdons nos qua-"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 686, "fin_caractere_exclue": 727, "texte": "lités : nons n'en gardons que l'habitude."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 798, "fin_caractere_exclue": 800, "texte": "16"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 864, "fin_caractere_exclue": 900, "texte": "Il y a deux époques dans la vie d'un"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 950, "fin_caractere_exclue": 994, "texte": "écrivain : la première où l'on parle de lui,"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1044, "fin_caractere_exclue": 1079, "texte": "la seconde où il en parle lui-même."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1189, "fin_caractere_exclue": 1191, "texte": "17"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1243, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "Les commerçants font leurs affaires avec"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1333, "fin_caractere_exclue": 1373, "texte": "ceux qui les paient et leur fortune avec"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1423, "fin_caractere_exclue": 1450, "texte": "ceux qui ne les paient pas."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1523, "fin_caractere_exclue": 1525, "texte": "18"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1577, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "Il faut peut-être entendre par démo-"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1663, "fin_caractere_exclue": 1707, "texte": "cratie les vices de quelques-uns à la portée"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1757, "fin_caractere_exclue": 1778, "texte": "du plus grand nombre."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1873, "fin_caractere_exclue": 1875, "texte": ">9"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 1970, "fin_caractere_exclue": 2012, "texte": "Si vous vivez dans la retraite, vous aurez"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2062, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "tout le monde contre vous. Les hommes"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2149, "fin_caractere_exclue": 2194, "texte": "exigent qu'on participe à leurs faiblesses et"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2244, "fin_caractere_exclue": 2278, "texte": "les femmes ne pardonnent pas qu'on"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2328, "fin_caractere_exclue": 2354, "texte": "échappe à leur domination."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2432, "fin_caractere_exclue": 2445, "texte": "HENRY BECQUE."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2557, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "***"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2613, "fin_caractere_exclue": 2651, "texte": "Le viol, par Emile Bergerat. — Un vol."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2701, "fin_caractere_exclue": 2725, "texte": "Paris, Havard, fr. 3-50."}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2778, "fin_caractere_exclue": 2817, "texte": "La carcasse d'un drame robuste, saisis-"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2867, "fin_caractere_exclue": 2904, "texte": "sant dans sa nouveauté dédaigneuse de"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 2954, "fin_caractere_exclue": 2995, "texte": "ficelles, serré, concis, développé par un"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3045, "fin_caractere_exclue": 3085, "texte": "artiste épris de son art, — médiocrement"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3135, "fin_caractere_exclue": 3172, "texte": "accommodée à une sauce de roman quel-"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3222, "fin_caractere_exclue": 3257, "texte": "conque, poignant quand même dans sa"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3325, "fin_caractere_exclue": 3363, "texte": "marmelade de phrases hâtivement fabri-"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3413, "fin_caractere_exclue": 3460, "texte": "quées, tel est le livre, j'hésite à dire roman—"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3555, "fin_caractere_exclue": 3592, "texte": "que M. Bergerat nous envoie. L'auteur"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3683, "fin_caractere_exclue": 3728, "texte": "aurait gagné, je crois, et l'œuvre aussi à ce"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3822, "fin_caractere_exclue": 3865, "texte": "quela forme primitive fût conservée.Puisque"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 3953, "fin_caractere_exclue": 3992, "texte": "aucun directeur n'avait osé porter à la"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 4042, "fin_caractere_exclue": 4086, "texte": "scène la scientifique brutalité du drame, on"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 4136, "fin_caractere_exclue": 4179, "texte": "eût aimé à le lire ce drame tel qu'il a été"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 4229, "fin_caractere_exclue": 4279, "texte": "écrit, tel qu'il est sorti de la tête du créateur,"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "tel que l'ont refusé les entrepreneurs"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 146, "fin_caractere_exclue": 188, "texte": "timorés de spectacles. M. Bergerat a voulu"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 235, "fin_caractere_exclue": 277, "texte": "lâcher sur sa donnée quelques centaines de"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 323, "fin_caractere_exclue": 362, "texte": "pages de prose quelconque et n'a abouti"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 415, "fin_caractere_exclue": 457, "texte": "qu'à décapiter son œuvre, qu'à l'affaiblir"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 503, "fin_caractere_exclue": 540, "texte": "dans cet entassement de chapitres. Je"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 596, "fin_caractere_exclue": 638, "texte": "soupçonne fort Ollendorf d'être pour quel­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 684, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "que chose dans cette détermination. Une"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 771, "fin_caractere_exclue": 808, "texte": "pièce imprimée quand elle n'a pas été"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 863, "fin_caractere_exclue": 903, "texte": "consacrée par un succès au théâtre ne se"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 956, "fin_caractere_exclue": 996, "texte": "vend pas ou se vend mal et Paul est pru­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1045, "fin_caractere_exclue": 1050, "texte": "dent."}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1141, "fin_caractere_exclue": 1179, "texte": "Si j'étais des amis de Bergerat je lui"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1232, "fin_caractere_exclue": 1266, "texte": "conseillerais d'imprimer sa pièce."}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1331, "fin_caractere_exclue": 1370, "texte": "M. Bergerat est un chroniqueur. Caliban"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1418, "fin_caractere_exclue": 1464, "texte": "est l'homme spirituel par excellence, au style"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1508, "fin_caractere_exclue": 1549, "texte": "bariolé, cherché quelquefois, trouvé tou­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1694, "fin_caractere_exclue": 1739, "texte": "jours ; il trousse dans le Figaro des potine-"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1830, "fin_caractere_exclue": 1873, "texte": "ries parisiennes qui sont des chefs-d'œuvre"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1965, "fin_caractere_exclue": 2008, "texte": "de grâce moqueuse et boulevardière. M. Ber­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2009, "fin_caractere_exclue": 2049, "texte": "gerat est un homme d'esprit. M. Bergerat"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2099, "fin_caractere_exclue": 2137, "texte": "était discuté comme homme de théâtre :"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2193, "fin_caractere_exclue": 2231, "texte": "à vrai dire son unique pièce— Le nom —"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2283, "fin_caractere_exclue": 2320, "texte": "vivement retiré de l'affiche après de"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2376, "fin_caractere_exclue": 2419, "texte": "rares représentations, tout en indiquant un"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2465, "fin_caractere_exclue": 2506, "texte": "tempérament robuste, particulièrement or­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2522, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "ganisé, ne faisait pressentir en somme"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2612, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "que de futures qualités; avec Le viol"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2702, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "mes doutes se dissipent. M. Bergerat est"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2758, "fin_caractere_exclue": 2797, "texte": "un dramaturge. Il s'est cassé le nez au"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2840, "fin_caractere_exclue": 2880, "texte": "roman, M. Bergerat, il a fait un mauvais"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2932, "fin_caractere_exclue": 2971, "texte": "livre où se trouve une pièce de premier"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "ordre. C'est sa faute aussi; on est quelque­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 233, "texte": "fois homme de théâtre ou romancier, on"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 283, "fin_caractere_exclue": 321, "texte": "est rarement les deux. Son analyse n'a"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 371, "fin_caractere_exclue": 413, "texte": "pas cette profondeur large, subtile, juste"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 463, "fin_caractere_exclue": 501, "texte": "qu'exige le roman; il lui manque cette"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 551, "fin_caractere_exclue": 594, "texte": "justesse, cette précision de physiologue et"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 644, "fin_caractere_exclue": 683, "texte": "de psychologue nécessaire au romancier,"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 733, "fin_caractere_exclue": 770, "texte": "tranché par l'optique grandissante du"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 820, "fin_caractere_exclue": 862, "texte": "théâtre où le portent ses tendances; il se"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 912, "fin_caractere_exclue": 955, "texte": "contente d'à peu près, brutalise la phrase,"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1005, "fin_caractere_exclue": 1044, "texte": "ampoule sa pensée et, habitué à compter"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1094, "fin_caractere_exclue": 1137, "texte": "par la portée, l'expression que donne l'ac­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1187, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "teur à sa prose, prend peu soin de la polir,"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1281, "fin_caractere_exclue": 1326, "texte": "la jette à la diable de l'inspiration. Faute,"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1376, "fin_caractere_exclue": 1417, "texte": "mais faute prévue par tous. Telle tirade,"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1467, "fin_caractere_exclue": 1507, "texte": "telle réflexion qui, lancée par une voix"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1557, "fin_caractere_exclue": 1602, "texte": "savante dans une salle de théâtre recueillie,"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1652, "fin_caractere_exclue": 1693, "texte": "produit un effet immense, se perd dans le"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1789, "fin_caractere_exclue": 1829, "texte": "tas de phrases d'un livre de trois cents"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1923, "fin_caractere_exclue": 1964, "texte": "pages et ne produit que peu d'impression."}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2061, "fin_caractere_exclue": 2098, "texte": "L'ouvrage de M. Bergerat est plein de"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2148, "fin_caractere_exclue": 2192, "texte": "jolies choses mais ses fins de conversation,"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2242, "fin_caractere_exclue": 2282, "texte": "ses fins de chapitre, toute l'œuvre même"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2332, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "donne l'idée intense d'une pièce de théâtre"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2425, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "racontée par un barnum à la langue bien"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2514, "fin_caractere_exclue": 2521, "texte": "fendue."}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2573, "fin_caractere_exclue": 2611, "texte": "N'importe, Le viol est un drame remar­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2661, "fin_caractere_exclue": 2701, "texte": "quable et c'est tout ce que veut M. Ber­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2751, "fin_caractere_exclue": 2757, "texte": "gerat."}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2810, "fin_caractere_exclue": 2839, "texte": "Le reste regarde son éditeur."}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2917, "fin_caractere_exclue": 2931, "texte": "RENÉ D'     Y."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-11-05-n11-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "DE LA PROSE, par Max WALLER", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 612, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1837, "texte": "DE LA PROSE, par Max WALLER; un fort volume elzévi-\n  rien, paraîtra le 15 novembre chez Félix Callewaert, éditeur.\n\nCHRONIQUE DES BEAUX-ARTS ET DE LA\n  LITTÉRATURE, revue mensuelle. Paraît le 10 de chaque mois,\n  en un fascicule de 64 pages de texte, accompagnées de 8 planches, photo-\n  typies hors texte. Directeur : Jos. MAES. Prix de l'abonnement : pour la\n  Belgique, 2 5 francs par an. Le fascicule, fr. 2 - 5 0 . Bureaux : 10, rue\nGramaye, Anvers.\n\nL'ARTISTE, revue de Paris, Histoire de l'Art contempo­\n  rain (54e année). Paraissant tous les mois en un volume in-8°, accom­\n  pagné de gravures. Prix de la souscription à Bruxelles, un an : 6 6 francs.\n  Prix de la livraison : 5 francs. Bureaux : Avenue de l'Opéra, 15,\n  à Paris. Directeur-gérant : Jean ALBOIZE. Correspondant pour la Bel­\n  gique : MAX W A L L E R .\n\nLE     P R O G R È S         A R T I S T I Q U E , musique, littéra­\n rature, Beaux-Arts. Paraît chaque vendredi. Victor SOUCHON, fonda­\n teur; BERTOL-GRAIVIL, rédacteur en chef; Marc SONAL, secrétaire de\n la rédaction. Abonnements pour la Belgique: 1 5 fr. l'an. Bureaux:\n Paris, 24, rue des Martyrs.\n\nLUTECE, journal hebdomadaire. Rédacteur en chef : Léo TRE­\n ZENIK, secrétaire de la rédaction : Georges RALL. Bureaux : boulevard\n Saint-Germain, 16, à Paris. Abonnements': Un an : 7 francs. Pour\n la Belgique : le port en sus.\n\nLA REVUE CONTEMPORAINE, littéraire,\n politique et philosophique. Directeur : Adrien REMACLE ; rédacteur en\n chef : Edouard ROD. Abonnement pour la Belgique : 2 2 fr. Paraît\n le 25 de chaque mois. Bureaux: Paris, 2, rue de Tournon.\n\n                      VIENT DE PARAITRE :\n\n                              NOTES\n\nLITTÉRATURE MODERNE\n                                    PAR\n\n                  F R A N C I S           N A U T E T\n                           Un vol. fr. 3 - 5 0 .\n"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1685, "texte": "LA REFORME, organe quotidien de la démocratie libérale.\n   Rédaction et administration : 18, rue des Sables, à Bruxelles. Seul\n   journal quotidien dont le prix d'abonnement soit le même pour la\n   province que pour la capitale, soit 1 2 francs par an. La Réforme\n   publie en ce moment La fille d'un autre, par Jules MARY.\n\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulei'ard des Capu-\n  cines, 16, à Paris ; publie LA VERTU DE M11e D R I C H E T . par\n  Iveling RAM BAUD. Un numéro 20 centimes, abonnement (3 mois)\n  1 7 francs-, en vente partout.\n\n\n    La Jeune Belgique recommande à ses lecteurs\nle nouvel atelier de photographie EMERA\n         Montagne de la Cour,\n            le plus artistique\n                     de\n                Bruxelles.\n\n                                                                      Photographies\n                                                                   d'artistes en vogue.\n\n                                               Les costumes du cortège historique\n                                                     des chemins de fer.\n\n\n\nLE VICE SUPREME, par.Joséphin PÉLADAN. Pré­\n face de Jules Barbey d'Aurevilly. Eau-forte de Félicien Rops (4e édition).\n Un volume, Paris, Thomas, 52, rue Croix des Petits-Champs, fr: 3 - 5 0 .\n\n\n\nLE PROGRAMME supplément littéraire paraissant tous\n les jeudis. Abonnement : 5 francs pour la saison. Bureaux : 9, rue de la\n Reine.\n\n\n\nLES        D R A M E S                   D U          C Œ U R ,              par Jeanne DU­\n CHARME. Préface d'Arsène Houssaye. Un volume, Bruxelles, Maheu,\n fr. 3 - 5 0 .\n\n  Bruxelles. — Imprimerie Félix Callewaert père, Ve Monnom, successeur, 26, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 570, "texte": "5e ANNÉE.                 T O M E IV,   N ° 11.              P R I X : 60 CENT.       5 NOVEMBRE 1885.\n\n\n\n\n                                                  LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                        SOMMAIRE:\n   Les soirs                                                        EMILE VERHAEREN.\n   Souvenirs de la vie d'étudiant (suite) .                   .     FRITZ ROTIERS.\n   Sonnets                                                          GEORGES RODENBACH.\n   Le beuglant                                                      CHARLES BUET.\n   Lohengrin                                                        ALBERT GIRAUD.\n   Vers                                                             GEORGES       KHNOPFF.\n   Airs de                         flûte                            SIEBEL.\n   Incertitude                                                      FRANTZ V A N PETEGHEM.\n   Chronique théâtrale                                   .          W.\n   Memento\n\n\n\n\n                                        BRUXELLES\n               ADMINISTRATION :                                         REDACTION :\n            20. RUE DE L'INDUSTRIE, 26                               80, RUE BOSQUET, 80\n\n                                                  1885\n"}, {"page_pdf": 571, "texte": "       LA JEUNE BELGIQUE\n                       REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\nparaissant   le 1er de chaque mois en livraisons de 40 pages au moins et formant    au bout\n                       de l'année un superbe volume de 600 pages.\n\n\n                MEMBRES FONDATEURS\n    MM. ANDRÉ COLLARD, à Herstal; OSCAR COLSON, à Vottem\n                 GEORGES D E S T R É E , à Bruxelles\n    EDOUARD DE W I N T E R , à Bruxelles; CH. GUILI.E, à Bruxelles\n       PETRUS PIRUS, à Gand; HUBERT VAN DIJK, à Bruxelles\n                                 ABONNEMENTS :\n              Belgique : Un an, 5 francs. — Etranger : Un an, 7 francs.\n   Bruxelles: Administration, 26, rue de l'Industrie. — Rédaction : 80, rue Bosquct.\n\n\n\n\n   Notre dernier numéro, avec les Souvenirs de la vie d'étudiant, a eu un\ntel succès, que, pour préserver nos collections, nous avons été forcés d'en\narrêter la vente en librairie. Nous ferons remarquer à nos lecteurs qu'ache­\ntant La Jeune Belgique au numéro, ils la paient fr. 7 - 2 0 au lieu de\nfr. 5 - 1 0 . Nous les engageons donc à s'abonner directement à l'Adminis­\ntration, 26, rue de l'Industrie, à Bruxelles. Les nouveaux abonnés pour\n 1886 recevront gratuitement tout ce qui a paru et paraîtra du travail de\nM. Fritz Rotiers, jusqu'à la fin de l'année courante.\n\n  Les Souvenirs de la vie d'étudiant prendront encore six ou sept livrai­\nsons. Ils seront immédiatement suivis des Souvenirs de la vie d'étudiant\nlouvaniste, par Max Waller.\n\n   Le premier numéro de notre tome V (1 er janvier) sera orné d'un frontis­\npice dessiné par un de nos meilleurs artistes flamands.\n\n\n                             BOITE AUX L E T T R E S .\n  78. NESTOR LÉA. En une page : taisait, paraissait, était, entendait, rentrait, commen­\nçait, éclataient, venait, mêlait, empoignaient, avaient, tordait, étendait, tenaient, gar­\ndaient, détachaient, étaient, clapotait, glissait, montait, heurtait, découpait, disparais­\nsaient, dessinaient, fendaient, s'avançait, semblait, était, débattaient, croyait, mugissait.\nhurlait. En une page trente deux imparfaits! Ça l'est!\n   79 AUG. V., Namur. Je ne connais pas un seul des jeunes écrivains allemands. Bien à\nregret, ne puis vous être utile.\n   80. RENÉ D'Y. VOUS annoncez un livre : Amours sales. Avez tort. Le propre du cochon\nc'est d'être sale, mais le propre de l'écrivain c'est de l'être. Amitiés.\n   81. HENRI M. Vieux maîtres au prochain numéro. Merci.\n   82. ALFRED POUTHIER, Tunis. Litanies, idem, idem.\n"}, {"page_pdf": 572, "texte": "                  LES SOIRS\n                             I\n\n                      LES ARBRES\nQuand les terreaux, déjà roussis et purpurins,\nFlamboient sous les couchants mortuaires d'automne,\nOn voit, d'un carrefour livide et monotone,\nPartir pour l'infini les arbres pèlerins ;\n\nLes pèlerins s'en vont, grands de mélancolie,\nPensifs, pieux et lents, par les routes du soir,\nLes pèlerins géants et lourds et laissant choir\nLeur feuillage de pleurs, de tristesse et de lie ;\n\nLes pèlerins, qui vont mystérieusement,\nToujours sur double rang, depuis combien d'années?\nToujours vers l'horizon et ses gloires fanées,\nEt son insurmontable et despotique aimant;\n\nLes pèlerins, dont les manteaux tout en lumière,\nMordus par le soleil vespéral qui s'endort,\nApparaissent ainsi que des vêtements d'or,\nTraînés dans un chemin d'encens et de poussière;\n\nLes pèlerins, aux vieux sommets houleux et fous,\nQue regardent passer le long de leurs voyages,\nDe mystiques hameaux et de fervents   villages,\nCourbés dans la prière et jetés à genoux.\n"}, {"page_pdf": 573, "texte": "                        — 522 —\n\n\n\n\n                            II\n\n                        LE CRI\nSur un étang désert où stagne une eau brunie,\nUn rai du soir s'accroche au sommet d'un roseau,\nUn cri s'écoute, un cri désespéré d'oiseau,\nUn cri grêle, qui pleure au loin une agonie.\n\nComme il est faible, et mince, et timide, et fluet !\nEt comme avec tristesse il se traîne et s'écoute,\nEt comme il se prolonge, et comme, avec la route,\nIl s'enfonce et se perd dans l'horizon muet !\n\nEt comme il scande l'heure au rythme de son râle,\nEt comme en son accent minable et souffreteux,\nEt comme en son écho languissant et boiteux,\nSe plaint peureusement la douleur vespérale !\n\nIl est si lent parfois qu'on ne le saisit pas,\nEt néanmoins, toujours, et sans fatigue, il tinte\nL'obscur et frêle adieu de quelque vie éteinte ;\nIl dit les pauvres morts et les pauvres trépas :\n\nLa mort des /leurs, la mort des insectes, la douce\nMort des ailes et des tiges et des parfums;\nIl dit les vols lointains et clairs, qui sont défunts\nEt reposent cassés dans l'herbe et dans la mousse.\n\n\n\n                           III\n\n                      LA PLAINE\n\nDepuis que dans la plaine immense il s'est fait soir,\nAvec de lourds marteaux et des blocs taciturnes,\nL'ombre bâtit ses murs et ses donjons nocturnes\nComme un Escurial revêtu d'argent noir.\n"}, {"page_pdf": 574, "texte": "                        — 523 —\n\nLe ciel prodigieux domine, embrasé d'astres,\n— Voûte d'ébène et d'or où fourmillent des yeux      —\nEt s'érigent, d'un jet vers ce plafond de feux,\nLes chênes et les pins, pareils à des pilastres.\n\nComme de blancs linceuls éclairés de flambeaux,\nLes lacs brillent, frappés de lumières stellaires,\nLes champs, ils sont coupés par clos quadrangulaires,\nEt miroitent, ainsi que d'énormes tombeaux.\n\nEt telle, avec ses coins et ses salles funèbres,\nTout entière bâtie en mystère, en terreur,\nLa nuit paraît le noir palais d'un empereur\nAccoudé quelque part, au loin, dans les ténèbres.\n\n\n\n                            IV\n                      LE MOULIN\n\nLe moulin tourne au fond du soir, très lentement,\nSur un ciel de tristesse et de mélancolie,\nIl tourne, et tourne, et sa voile, couleur de lie,\nEst triste, et faible, et lente, et lasse, infiniment.\n\nDepuis l'aube, ses bras, comme des bras de plainte,\nSe sont tendus et sont tombés; et les voici\nQui retombent encor, là-bas, dans l'air noirci\nEt le silence entier de la nature éteinte.\n\nLes champs sont détrempés. De lourds nuages tors\nEclaboussent les loins de leurs voyages sombres,\nEt le long des taillis, qui ramassent leurs ombres,\nLes ornières s'en vont vers les horizons morts.\n\nSous un ourlet de sol, deux cassines de hêtre\nTrès misérablement sont assises en rond;\nUne lampe de cuivre est pendue au plafond\nEt patine de feu le mur et la fenêtre.\n"}, {"page_pdf": 575, "texte": "                                 — 524 —\n\n\n       Et dans la plaine immense et le vide dormeur,\n       Elles fixent — les très souffreteuses bicoques —\n       Avec les pauvres yeux de leurs carreaux en loques,\n              Le vieux moulin qui tombe et meurt.\n                                               EMILE VERHAEREN.\n\n\n\n\n            SOUVENIRS DE LA VIE D'ETUDIANT\n                                     IV\n                            LES SAUVAGES\n\n                Au grand mouvement des Rossards succéda une période de\n                 calme absolu. Il se forma bien par-ci par-là quelques petits\n                 cercles, mais chacun mourut de sa belle mort après quelques\n                 mois d'une vie placide : on allait du Ballon au cours tran­\nquillement, on se cuitait bourgeoisement, on dansait le lundi plus ou moins\ncorrectement, vers juin on travaillait avec acharnement, les professeurs\nétaient dans l'étonnement et les parents dans le ravissement.\n   L'âge d'or.\n   Cela dura jusqu'en 1866, époque à laquelle cinq étudiants des écoles\nspéciales fondèrent le Club des Sauvages : club tout intime, mais dont on\nparla beaucoup au dehors.\n   Comme tant d'autres, il n'avait d'autre but que de réunir quelques amis\ndans un local déterminé où leurs noces ne devaient avoir d'autres témoins\nqu'eux-mêmes.\n   Les cinq membres primitifs prirent naturellement des noms sauvages.\nCe furent : le Bison Courageux, le Bélier Sanglant, Chingackook, le\nGrand Aigle blanc et le Camembert Puant; ce dernier nom n'était emprunté\nni à Gustave Aymard ni à Fenimore Cooper, mais son titulaire y tenait\nd'une façon spéciale.\n   Le règlement, d'une simplicité primitive, était conçu comme suit :\n   Art. 1 er . — L'égalité la plus complète doit régner au sein du club.\n   Art. 2. — Tout philistin qui s'introduirait au local d'une façon subrep­\ntice aura son chapeau dévoré.\n   Ce règlement, malgré sa simplicité, donna lieu aux discussions les plus\ninsensées pendant les séances.\n"}, {"page_pdf": 576, "texte": "                                  — 525 —\n\n    Les jours de gala, c'est-à-dire lorsqu'on admettait des civilisés aux Sau-\n vages, les séances étaient présidées par un cérémonial de grande allure.\n   Le Sauvage le plus rapproché de l'armoire aux archives ouvrait icelle\n avec gravité et en tirait le grand calumet de paix, qui consistait en une\n queue de billard perforée de bout en bout, et insérée dans un mortier\nrempli de tabac. Le Sauvage allumait ce monument, dont le gros bout\ndevait être fourré dans l'orifice buccal, aspirait quelques bouffées de fumée\net poussait un hurlement terrible.\n   La pipe faisait le tour des fondateurs, chaque aspiration était accom­\npagnée d'un cri farouche et un dernier hurlement énorme, tonitruant et\npoussé avec ensemble, annonçait que la séance était ouverte.\n   Quand les séances étaient tempétueuses — et la non application rigou­\nreusement sévère de l'art. I er du règlement en était cause, — on réintégrait\ndans son armoire le calumet de paix et l'on déterrait la hache de guerre.\n Cet instrument de torture rétablissait l'ordre malgré le mauvais caractère\ndu Camembert Puant.\n   Ces discussions énormes, que Salomon eût enviées, faisaient la joie des\ncabarets universitaires.\n   Un jour, et ce fut la seule fois, l'art. 2 faillit être appliqué :\n   Un individu de Nivelles, de joyeuse humeur, s'était fait condamner en\nCorrectionnelle à un mois de prison pour s'être, en temps de carnaval,\ndéguisé en sauvage, déguisement qu'il avait réalisé par une absence com­\nplète de costume.\n   On lui fit immédiatement envoi, aux Petits-Carmes, où il résidait, d'une\nlettre de félicitations avec le texte du règlement et d'un diplôme de membre\nd'honneur, dans lequel on lui décernait le titre de Sachem Grand-Nu.\n   Un soir, à l'inexprimable horreur des Sauvages, un philistin avait, avant\nleur entrée, pris possession de la hutte sociale et, profanation insigne,\ntenait entre ses lèvres le grand calumet sacré.\n   Ils se précipitèrent sur son chapeau, mais il les arrêta d'un geste et tira\nde sa poche le diplôme qui lui avait été envoyé. C'était le Grand-Nu qui,\ndans un discours fort galamment tourné et du Fenimore Cooper le plus\npur, les assurait de sa considération la plus distinguée.\n   Ce jour-là, la hache de guerre ne fut pas déterrée. Au bout d'une heure,\nl'égalité la plus complète régnait dans le cercle, et les Sauvages, qui avaient\nfait moult libations sacrées, dansaient un pas apache dans le costume\nadopté par le Grand-Nu à Nivelles.\n   Ce fut la dernière cérémonie des Sauvages; le baes du caboulot les\nflanqua à la porte.\n"}, {"page_pdf": 577, "texte": "                                 — 526 —\n\n  Aujourd'hui, le Bison Courageux, le Bélier Sanglant, Chingachook, le\nGrand Aigle Blanc et le Camembert Puant sont établis, mariés et ont\nbeaucoup d'enfants.\n  Le Grand Esprit les garde !\n\n\n                                     V\n\n              CANARDS, WALLONS E T               AGATHES\n\n   En l'an de grâce 1868, le jour de la rentrée des cours, se rencontrèrent\nA l'Impératrice, petit cabaret situé en face de l'Université, quelques nou­\nveaux qui, pour faire connaissance, s'offrirent mutuellement une tournée\nde mêlé-raspail, liqueur baptisée par le mastroquet du nom de Canard.\n   Les susdits nouveaux prirent goût à la chose et, tous les matins, se\nretrouvèrent devant le comptoir, faisant honneur à l'impérial élixir.\n   C'était une bande de joyeux lurons, bien faits pour s'entendre ; aussi\nadoptèrent-ils avec enthousiasme la proposition de se constituer en cercle.\n   Le Club des Canards fut fondé séance tenante et, avec le produit d'une\ncollecte, l'Archi-Palmipède envoya une dépêche à Pie IX lui demandant\nde bénir le sacré club.\n   Les Canards, barbotant dans des océans de joie, ne sortirent que le\nlendemain de l'Impératrice, dans un état voisin de la plus extrême\nPologne.\n   Il ne fallut pas longtemps aux gais copains pour se trouver à la tête du\nmouvement universitaire et révolutionner les masses par leurs excentri­\ncités et leurs fumisteries de haut goût.\n   Continuant la tradition des Quétards, ils prirent l'habitude de se réunir\nchaque soir au Palais Royal de la rue Bodenbroeck, d'où ils allaient vers\ndeux heures du matin achever la soirée, chez De Geneffe, baes d'un caba­\nret-musée dont les « peintures » tintamaresques, brossées par Edmond\nGuillaume, le crocodile, ahurissaient les rares bourgeois égarés dans cet\nantre bizarre.\n   Et souvent, l'aurore aux doigts de rose avait depuis longtemps tiré le\ncordon de l'Orient vermeil, qu'on pouvait encore y rencontrer, discutant\nde omnire scibili et quibusdam aliis : De Neubourg, dit Sancho (Benja,\npour les dames) ; Prosper Van Cappellen, dit Polycarpe; Coenraets, dit\nMéphisto; Lavergne, dit Léonidas; Léopold Fagnard, Van Caubergh,\nLandrien, Hallet, De Lancey, Vandenbroeck, Charlier, Franqui, Kelecom,\nStorms, et leurs douces compagnes, le tout présidé par Charlotte, un\n"}, {"page_pdf": 578, "texte": "                                 — 527 —\n\nlaideron qui abusait despotiquement de sa situation de sultane en com­\nmandite des présidents des sociétés universitaires.\n   Depuis, Sancho, Polycarpe, Léonidas et Méphisto, Fagnard, Landrien\n et Van Caubergh, sont devenus avocats, à cette qualité, Méphisto a même\njugé bon de joindre celle d'échevin à Molenbeek; Storms est banquier,\nHallet, commissaire d'arrondissement ; De Laney, parti pour l'Amérique,\net Vandenbroeck ont passé la sombre rive en compagnie de Charlier et\ndu pauvre Franqui dont chaque apparition était saluée de ce cantique\nsolennel :\n                         V'la Franqui le bancal\n                           Cal qui s'avance!\n                           Cal qui s'avance !\n\n   Quant à Kelecom, étudiant en sciences, qui, un jour d'hiver, se jeta tout\nhabillé dans le canal pour sauver un affreux toutou, il est également parti\npour l'Amérique, où il exerça successivement les fonctions de photographe,\nd'astronome, de médecin et de vétérinaire. Il a maintenant du foin dans\nles bottes.\n   Les Canards officiels ne pouvaient, de par la convention, être que douze,\net quoiqu'on tentât, le nombre ne fût pas dépassé la première année, —\nVan Caubergh et Hallet n'étant que Canards honoraires.\n   Mais l'année suivante, les demandes d'admission furent si nombreuses et\nsi pressantes, que les fondateurs résolurent d'organiser la société sur des\nbases sérieuses et d'admettre vingt membres effectifs et onze honoraires, on\nrédigea un règlement et, moyennant 5 francs par mois, on loua, comme\nlocal provisoire, une chambre d'un cabaret de la rue des Bouchers, à la\nCroix de fer. Cette salle étant bientôt devenue trop petite et les ressources\nde la société ayant considérablement accru, les Canards s'installèrent avec\nsolennité dans un cabaret de la rue de Ligne, au prix fastueux de 10 francs\npar mois.\n   C'est là que, le 4 décembre 1869, eut lieu la première grande fête des\n Canards : un concert « avec le concours de Mlle Isabelle, du Casino » et un\nbal où l'on distribua aux danseuses les « Commandements de l'étudiante »,\nque voici :\n                      Un seul étudiant choisiras\n                      Et l'aimeras fidèlement.\n                      A tous ses rendez-vous viendras\n                      Et l'attendras patiemment.\n                       Sa pipe tu respecteras\n                       Et garderas précieusement.\n"}, {"page_pdf": 579, "texte": "                                 — 528 —\n\n\n                      Sa bourse tu ménageras\n                      Et ses forces pareillement.\n                      A tous les bals cancaneras\n                      Et ne danseras autrement.\n                      Les bocks point ne mépriseras\n                      Et les pomperas décemment.\n                      Des cigares ne fumeras,\n                      Le cigarette seulement.\n                      A la fin du mois jeûneras\n                      Sans protester aucunement.\n                      Des moutards jamais tu n'auras\n                      Ni d'autres choses mêmement.\n                      Ces commandements tu sauras\n                      Et réciteras fréquemment.\n\n   Cette fête pour laquelle on avait royalement ouvert au trésorier du cercle\nun crédit de soixante francs — y compris le coût du bouquet de M lle Isa­\nbelle — bouleversa Bruxelles.\n   Alors se groupèrent autour des Canards, tout ce que l'Université\ncomptait d'êtres bizarres, tels que Tafque Limbourg, qui, en sortant la\nnuit de chez De Geneffe,. avait la manie d'étudier sa botanique sous une\nlanterne, ce qui lui permit, après de longues années de rigolade, de passer\nson examen de' pharmacien ; Richard Vanderschueren, étudiant en méde­\ncine, qui formait avec Tafque un groupe sympathique, connu sous le\nnom des DeuxEponges, et cet autre noceur, depuis professeur dans un col­\nlège du Hainaut, qui, n'ayant pas de domicile, se baladait tout le temps\navec sa valise et couchait plus souvent sur un banc que dans son lit;\nAuguste Bull, de Chièvres, ex-séminariste qui avait jeté le froc aux orties,\nà qui l'on fit la mauvaise farce, un jour qu'il était malade et sans le sou,\nd'envoyer en même temps le notaire Le Roy d'Ixelles, pour rédiger son tes­\ntament, le loueur de voitures de deuil, le fabricant de cercueils, le sonneur\nde cloches, un pasteur protestant et autres accessoires funèbres qui, se\nvoyant victimes d'une fumisterie se prirent aux cheveux, tandis que Bull\nriait aux éclats; le joyeux Camille Laduron, élève en sciences, un des\ntypes les plus connus de l'Université, dont les examens furent célèbres par\nleur drôlerie et qui avait la manie de se promener toujours avec un traité\nde chimie qu'il avait mis en vers; et puis la bande wallonne comprenant\nMarissens; Bouvier, bourgmestre d'Hensies; Saunier, médecin à Anvers;\nBatkin, pharmacien à Bruxelles ; André, mort médecin à Charleroi ;\n"}, {"page_pdf": 580, "texte": "                                   — 529 —\n\nRaymaeckers ; le grand et le petit Steppe, rouleurs attitrés et soiffeurs\némérites; Erculisse, docteur à Belœil, et son frère, surnommé Sanchez —\nbande folle, habitant le « Quartier Latin », c'est-à-dire, la maison située à\nl'angle de la rue de la Violette et de l'impasse des Veaux, et menant là\ndedans, avec le singe de la maison, un sabbat infernal.\n   Un jour Erculisse reçut de chez lui un panier de vingt bouteilles de vin,\net, comme il en parlait avec mystère, les copains résolurent de lui jouer\nun tour. Ils allèrent chez lui en son absence, lampèrent le tout, puis, avant\nde déguerpir, pavoisèrent la façade de la maison avec tout le linge sale\nqu'on put trouver.\n   La population se rassembla et quand Erculisse s'en retourna chez lui,\ntout heureux à l'idée de déguster le bourgogne paternel, il trouva le pro­\npriétaire furieux qui lui signifia illico son congé.\n   Le soir, la bande revint et, en grand cortège, opéra le déménagement non\nsans avoir administré une jolie dose de jalap au sapajou du Quartier Latin.\n                                          *\n\n   Canards et Wallons fraternisaient le plus gaiement du monde et s'invi­\ntaient réciproquement dans leurs « bocaux » respectifs, pour de là se rendre\nen groupe soit au concert du Lièvre Lancé, rue de l'Homme-Chrétien,\nsoit au concert de Jean-Louis La Meert, rue des Alexiens, soit au concert\nde la petite rue Sainte-Anne, où les étudiants flanquaient la troupe à la\nporte, après l'avoir indemnisée, et faisaient seuls les frais du programme\ndevant un public composé exclusivement d'étudiants et d'étudiantes.\n   C'est là que Sancho déclamait, aux applaudissements de l'assemblée, les\nfables wallonnes de Bernus, le poète crocodilien. Un de ses plus grands\nsuccès fut :\n             LES BIESSES MALADES DU COLORA-MORBUS!\n                In mau qui fout l'vesse à lés Geins !\n                Que l'Bon Diœu dain in moé momint.\n           Invina a pou puni tous nos p'tits coups d'Jônnesse !\n           EU' Colora-Môrbus ! ! mot qui vo fai frumi,\n           Pa qui s'qué l'cimintierre, aurêt sti rade rimpli,\n                     Estét chêu sû les Paufes é Biesses !\n           I n'crévint né t'tertous, mai tcrtous bin Jôndus\n                Il avint l'aire si bin pierdus,\n                Qui n'cachint né seûlemin à s'soulagi n miette,\n                     Et il estint tertous à l'diette!\n                Les R'naus n'montint pu leû plans,\n                Pou d'esplômer lés crasses é pouyes !\n                     Les Arondes foutint leû camp,\n                 T'aussi péneuses que dés Guernouyes .'\n"}, {"page_pdf": 581, "texte": "                         — 530 —\n\n    — EU Lion bat l'rappel ! i dit : « Choutet vî Stos,\n          « L'Bon Diœu fai chaire su nô dos,\n          « Pou nô puni, enne moeche histoire!\n          « Que l'pu Arsouye dé tout l'payi,\n« Aye ess'rinde au Bon Diœu, pou fai s'capper l'zamis,\n« Et p'tette qué nô s'ront d'ja, tout rapopiis au Soère!\n          « Et m'pa Françoet m'a dit : que dain les pû durs tins,\n          « C'est s'tainsi qu'on fiét l'pû Souvint.\n« Ainsi n'couyonnons né! et d'sons comme à confesse,\n          « Les péchés q'nô z' avons dain l'tiesse :\n« Pour mi, pou rapôgi dé tins-zin-tins m'foim d'sot,\n          « J'ai strannét copu d'cint Bédots !\n          « Quoé s'qui m'avint fai? né l'moinde poène!\n« Quéquefoés, jé n'mé su né même ginnét pou mingi\n               « Ell Biergi ! !\n    « Jé su contint d'môri, si i faut, mai i m'chenne,\n    « Que comme mi, I faurét q'tout l'monde fuche intindu,\n    « Pasqué vo sintét bin, q'pou iesse Jusse i fau pinde :\n          « EU pu Grand Vaurin d'toute ell'Binde ! »\n— Lé Rnau respond : « Vô stét in Roé comme i n'dia pu !\n    « On coéret q'vô woétét tout ça pou n'saquoé d'rare,\n    « Et bin winget Bédot, pourchat, ou bin canare,\n    « Fû rnau pou ça? Non fai, i doive nu iésse Contints,\n         « Dé s'sinti machi pa vô dints.'\n          « Et pou l'Biergi i m'chenne, à m'noye :\n          « Qvô z'avét bin fai d'I'amanchi,\n    « Pasqué c'estét co inn, qui n'savét s'impéchi\n    « D'fai brére lés paufes é Biesses in leu foutant dés douyes! »\n     — La d'sû tout l'monde s'adaye, à fel clachi des moins !\n               On n'ousét ni woéti brammin,\nLés farces du Tique et d'VOurse, eiét des autes é Biesses,\n               Qu'on n'sintét ne volti leû gesses !\n     Les sins qu'avint dés Broques, eiét même tous lés chins,\n     Passint co pou iesses bin saches, quoé q'cestét dés Vaurins !\n     Arrife in Vî Baudet, qui v'nét       d'Monseûrmarciennes,\n               Il estét copu Vi q'ies chimoins !\n     Il avét travayi, quinze ans, Kerchint d'espennes,\n               Il estét boigne, eiét sain dints :\n« — Je m'souvins bin, disti, qu'in r'vénant dé l'ducasse,\n               « Paû pachi du Mayeure          Tâhon,\n     « Je crévét d'foim et d'soef, eiét j'estét silasse,\n                  Et p'tette du Diâle    ell'tintâtion,\n     « J'ai coudu deux toés zieppes, mai né pu d'enne pougnie,\n     « Pou ça faurét pu iesse, rmoinnét à Châleroét ! »\n     — La d'sû lés Biesses crie nu : Qu'on apougne ell'Baudet !\n     Et mouton Cigognî, l'pufin dé l'compagnie,\n     Qu'estét r'vénu d'Boufiou, ousqu'il avét studii,\n     A pârlet copu roét q'l'avocat Toéscoupri.\n   a sti r'quai d'zartiques, pou miceu moustrer q'l'affaire\n« Estét brammin pu moéche, qu'on avét l'aire dél'coère !\n  Qu'on d'vét absolument sacrifi l'vî Baudet!\n"}, {"page_pdf": 582, "texte": "                                     — 531 -\n\n            « S'cé n'estét qu'in pouyieux, pou qui s'qué l'monde crevét ! »\n            — On l'l'a rade condannét a avoé s'tiesse coupée!\n            « Mingi l'ieppe du Mayeure! qué crime! enne do Nénée? »\n                 On l'l'a guiyiotinét, ell l'ed'moin au matin,\n                 Dain tcour Bobo Lionard ! eiét d'vant n'masse dé Geins.\n                 C'esti même Pierre Chiau qu'a sti sachi l'ficelle,\n                 Pou sés poènes il a ieu enne belle paire dé burtelles!\n\n                                       MORALE\n\n                C'est pou vu dire Françoét : que quand on z'est n'saquoé,\n                On pou/ai tout s'qu'on vout, on n'est né rade pincét !\n                Mai, quand on z'est sain liards, et r'vingi par personne,\n                On a toudi pierdu, quand l'affaire srét co bonne.\n\n    C'est encore dans ce musico de la rue Sainte-Anne que le même Sancho,\n dansant un jour la gigue, fit céder sous son poids le plancher de la scène\n et dégringola dans la cave, à cheval sur un tonneau de lambic.\n    Et puis, les ripailles du commencement du mois et les repas philosophi­\nques de la fin, tels que ce banquet fait dans un petit cabaret situé près de\nl'abattoir de Molenbeek, où l'on ne mangea que du rat, vrai banquet d'as­\nsiégés, qui se termina par une noce polonaise, payée à l'aide de la dernière\nmontre des Canards, noce dont Bull, le chien du groupe et un danois\nappartenant à Vyon, étudiant français, prirent une si large part, que trois\njours après ils n'étaient pas encore dégrisés ; et les bals du Navalorama, et\nles excursions champêtres, et les kermesses des environs, dont les Canards\nétaient la terreur !\n   Bref, ils en firent tant et tant, qu'Altmeyer se résolut à y mettre le holà.\n    Il fit comparoir chacun des Canards en son cabinet, les tança vertement,\net leur fit solennellement promettre de dissoudre le club.\n   Les Canards tinrent parole, mais suivant l'exemple des aînés, consti­\ntuèrent immédiatement le Cercle des Agathes dont le nombre des membres\nétait illimité.\n   C'est alors que le Navalorama et le Casino d'Ixelles, eurent leur plus\ngrande vogue.\n   Ce fut une série de bals absolument fous, où Van J Caubergh excitait\nl'admiration publique par sa façon remarquable d'exécuter « l'aile de\npigeon ».\n   Les Agathes recommencèrent la vie fantastique des Canards, et\nBruxelles se souvient encore de l'effet prodigieux qu'ils firent au bal du\nCirque, aujourd'hui l'Alhambra (Tunnel national), lorsqu'ils y apparurent\ncostumés en Gilles virginalement blancs, le chef coiffé du colback des gre­\nnadiers.\n"}, {"page_pdf": 583, "texte": "                                 — 532 —\n\n   En ce même carnaval ils firent beaucoup parler d'eux ; je citerai notam­\n ment l'épisode que voici :\n   On se préoccupait beaucoup alors du crime de la rue de Brabant. Il était\nde mode de « chercher l'assassin » que l'on ne parvenait pas à trouver,\ncomme plus tard on cherchait « le chat » ou « le sultan ».\n   Les Agathes crurent de leur devoir de mettre fin à cette sinistre scie, et,\nle jour du cours, louèrent une charrette de déménagement sur les côtés de\nlaquelle était accrochée une longue bande de toile portant : « Ils sont\ntrouvés ! »\n   La voiture fit le cours, et, au fur et à mesure que les gens de l'escorte\nrencontraient des camarades, ils les fourraient dans la charrette pour figurer\nles assassins.\n   Derrière marchaient Sancho en gendarme, Méphisto en agent de police,\nLéonidas en garde-champêtre, Tafque Limbourg en juge et Kelecom en\ngeôlier.\n   Le char eut un succès d'autant plus retentissant, que sur la plate-forme\nde ce nouveau panier à salade gesticulait un étudiant déguisé en singe dont\nles gambades insensées et les discours extravagants faisaient la joie du\npublic.\n   Ce singe, orateur attitré des Agathes, était Camille Laduron, le meilleur\ndes copains, le plus fumiste des étudiants, l'auteur du poème épique : le\nCabriolet dégraissé ou l'Eléphant sans le savoir, mort l'an dernier à\nVirton, professeur au collège de cette ville et docteur en sciences physiques\net mathématiques.\n   Ce fut le chagrin d'avoir dû quitter Bruxelles qui lentement a tué ce\nchimiste poète dont le souvenir s'est transmis parmi les étudiants de\nBruxelles de génération en génération.\n     (A continuer).                                    FRITZ ROTIERS.\n\n\n\n                            SONNETS\n                               I\n                    LA MORT DE LA JEUNESSE\n         Chacun voit arriver des jours de deuil profond\n         Où sa jeunesse blanche est à jamais finie,\n         Et chuchote, en pleurant, des adieux d'agonie,\n         Avec le geste doux des aimés qui s'en vont.\n"}, {"page_pdf": 584, "texte": "                     — 533 —\n\nDes fermoirs d'éternel silence ont clos sa bouche,\nMais tandis qu'on l'a mise en terre, tristement,\nDans la maison de l'âme — après l'enterrement —\nComme on se trouve seul, douloureux et farouche !\n\nOn sent qu'on a perdu tout le meilleur de soi!\nC'est elle, la jeunesse aux yeux noyés d'extases,\nQui mettait des bouquets de lis dans tous les vases.\n\nVoici les passions qui vont faire la loi,\nServantes à la voix impérieuse et forte\nQui grognent en usant les robes de la morte!\n\n\n                         II\n\n                   LA PASSION\nJe dis comme le Christ au Jardin des Olives :\n« 0 Seigneur, mon âme est triste jusqu'à la mort! »\nAyant beaucoup souffert, je n'ai pas de remord\nQuand je trouve, le soir, que mes mains sont fautives.\n\nParfums de Madeleine, où vous répandez-vous ?\nIl est enfui le temps où ma belle jeunesse\nPassait, comme Jésus monté sur une ânesse\nEt sentant des rameaux caresser ses genoux !\n\nSeigneur! j'entends hurler une foule barbare!\nDéjà plus d'un Judas m'a baisé sur le front\nEt je sens dans mon cœur que ma croix se prépare.\n\nMais pour souffrir la haine et supporter l'affront,\nSeigneur, donnez-moi donc cet espoir de revivre\nDans la mélancolique éternité du Livre !\n                               G E O R G E S RODENBACH.\n\n\n\n\n                                                       33\n"}, {"page_pdf": 585, "texte": "                                   — 534 —\n\n\n\n\n                       LE BEUGLANT\n                   ÉTUDE N A T U R A L I S T E\n               Louis Veuillot se donna le plaisir, un jour, de baptiser Thérésa\n                la Patti de la chope. Le mot, fort joli, fit fortune. Je ne\n                sais quel immoraliste a dit que le café-concert est l'opéra du\n                peuple. Ceci est moins vrai, partant, plaît moins. Rien n'est\n plus absurde qu'une comparaison. Aujourd'hui le concert veut être une\n école : on y chante les gloires de la République. C'est toujours pour la\n République autant de gagné.\n   Il y a dans Paris trente cavernes où l'on crie. Ce serait la caverne d'Ali­\n Baba, s'ils n'étaient là plus de quarante.\n   Les auteurs y gagnent de l'argent, les artistes y boivent le peu qu'ils\ngagnent, le patron se fait des rentes ; il est électeur, éligible, professe l'opi­\nnion du centre gauche et prétend que la République protège les arts libé­\nraux. Pour un peu, il mettrait sur sa porte : Succursale de l'Académie\nnationale de musique.\n   Il ne lui manquerait que le groupe des demoiselles Carpeaux, mais elles\nsont chez lui, en chair et en os, en os surtout, ou bien trop dodues. Elles\ndansent sur ses planches, et quelques-unes même donnent de la voix.\n   Elles ont leurs coulisses, leur foyer, leur habilleuse, leurs adorateurs :\non leur jette des bouquets à peine fanés, elles se prélassent en robes de\nsatin tailladées à la mode, et celui qui paie la couturière vient là aussi,\nganté, pimpant, souriant, tout aussi aisé que s'il « affichait » une mar-\ncheuse de l'Opéra.\n   Rien ne fault à la gloire du café-concert. Il y a le grandiose Alcazar\n« délice des Rois maures ! » et l'Eldorado — qui n'est pas le Pérou. — La\nmère y mène sa fille. Ce n'est pas là que nous irons, mais dans une « gaîté »\nquelconque de la barrière, où nous pourrons nous esbaudir aux joies du\npeuple souverain, qui est bien là chez lui, — et en goguette.\n   La gaîté est un peu partout : il y a la Gaîté-Rochechouart et la Gaîté-\nMontparnasse. Il y en a une au moins dans chaque quartier de Paris. On\ns'y amuse beaucoup pour peu qu'on ait la foi. Dans l'une de ces Gaîtés, il y\na des « artistes » aussi « distingués » que ceux de la Comédie-Française, au\ndire d'un de mes amis. Si vous y allez, je vous recommande surtout l'in­\ngénue.\n"}, {"page_pdf": 586, "texte": "                                  — 535 —\n\n   On disait de Bassompierre et de Roquelaure : « Qui toque l'un, toque\nl'autre ». Des Gaîtés on peut dire : : « Qui voit l'une voit l'autre. C'est\nlamentable. Il faut être bien hypocondre, pour y chercher le plaisir, et bien\nennuyé de notre ennui bête et plat pour s'y égayer.\n   C'est toujours la même salle, sempiternellement rouge, d'un rouge qui\nn'est ni le pourpre, ni l'écarlate, ni le nacarat, ni l'incarnadin, ni le cra­\nmoisi, ni le grenat, mais rappelle les tons de brique du champ des fresques\npompéiennes.\n   Ces pseudo-magnificences, ces fioritures qui s'écaillent, éblouissent\nl'apprenti menuisier et la petite brocheuse : les dorures sont ternies, les\nattributs de Melpomène, de Terpsichore, de Thalie et de la demi-douzaine\nde muses qui complète ce groupe pendent tristement, verdâtres et souillées,\nsur le rouge cru qui badigeonne les murailles.\n   Ce ne sont qu'astragales et rosaces ! Du plâtre et du carton, des arabes­\nques étranges, des velours éraillés, des boiseries crasseuses. Mais le faux\nluxe de ce clinquant réjouit les habitants des mansardes voisines, qui n'y\nregrettent point leurs murs et leur carrelage saccagé.\n   La scène est coquette. L'ouvrier parisien aime le paysage. On lui offre\nun parterre de roses embaumant un quinconce de lilas. Des fleurs à foison,\net le feuillage vert-pré, léger, ouvré de dentelles sur azur, qu'on rêve en\npataugeant sur l'asphalte boueux.\n   Ce cadre est charmant, gai, joli, éclairé par le gaz vacillant et empuanté\nde cette salle qu'empoisonnent les émanations de la multitude.\n   L'atmosphère est fétide, lourde. La lumière aveugle, jaillissant en reflets\nardents sur l'écarlate qui saigne des balcons à panse rebondie. Un nuage de\nfumée bleue, zébrée de spirales grises, ondoie en tournoyant sous la voûte,\npeinte des éternelles rosaces d'or sur un champ de pourpre assombrie.\n   Le spectacle est curieux : c'est le caboulot fastueux, mélange d'oripeaux\ncriards, de tentures flétries, d'ornements de pacotille, où tout est camelotte,\nle public, les acteurs, la salle, — sauf la riche fortune du patron, créancier\nde l'Etat.\n   A la voûte, peinte et dorée, pendent des lustres sans cristaux, étoiles à six\nbecs de gaz, répandant une lumière ardente, jaune et crue.\n   Les sièges sont des bancs de bois, huilés de crasse, vernis de sueur. En\nbas, on a des chaises, et juste assez de place pour ne pas être écrasé entre ses\nvoisins. Et du monde!... A rendre jaloux Messieurs des théâtres subven­\ntionnés.\n   Ces maisons-là donnent cent francs par jour à l'assistance publique et\ntrois cents francs par mois à l'Agence des auteurs. Mais comme on crie sur\nle droit des pauvres ! et quelle capilotade des auteurs trop rapaces !\n"}, {"page_pdf": 587, "texte": "                                   — 536 —\n\n   Les directeurs de ces boîtes à musique n'en gagnent pas moins plus\nd'argent que n'en gagna feu Harel à la Porte-Saint-Martin. Signe des temps\nque ces fortunes singulières ! Nos mœurs se démocratisent : la foule va où\nl'on fume en buvant, où l'on boit en fumant, où l'on garde son chapeau\nsur la tête, où nos dames les ouvreuses n'exercent pas leur tyrannie. Panent\net circences. On a le pain sous forme de « consommations » et le cirque,\noù les bêtes sont des bipèdes, sans plumes. Il manque encore des gladia­\nteurs.\n   Donc, la vaste salle or et rouge flamboie. Le rouge est plâtré, l'or est\ndouteux. Mais c'est plus beau que le mur décrépit de la mansarde : on peut\nbien se payer pour douze sous d'illusions, après une semaine laborieuse. Le\nrideau n'est pas levé. Un rideau à temples grecs, sous le ciel opalisé\nd'Athènes, œuvre de Robecchi, Poisson ou Chéret, en leurs jeunes années,\ncar les plus beaux talents « ont battu la dèche ».\n   Le public envahit peu à peu la salle, déjà surchauffée. Les musiciens\ngagnent leurs pupitres. Le premier violon commente un article de la\nFrance, le chef d'orchestre discute, la contrebasse gémit, le piston est\nopportuniste, la clarinette collectiviste, la petite flûte se souvient des splen­\ndeurs d'antan, et tient pour le NEVEU de L'AUTRE. Toute la soirée, la dis­\ncussion durera, abandonnée, reprise, lachée, et quelqu'un, de colère, en cas­\nsera son archet.\n   Quelle rage ont-ils de causer politique ? N'est-ce pas assez de la musique\npour jeter la discorde parmi les musiciens?\n   Cet indulgent public, qui a dîné frugalement, mais de bon appétit, attend\navec patience. Il se renouvelle tous les jours.\n   Le lundi, c'est l'ouvrier qui n'a pas chômé la veille, et se dispose à se\nreposer le lendemain.\n   Le mardi, jour d'abonnement, comme aux Français, la haute bourgeoi­\nsie du quartier se prélasse aux bonnes places : tout le monde se connaît.\nOn ne fait pas de visites faute d'espace, mais on s'interpelle d'un rang à\nl'autre, on échange force poignées de mains, on s'excuse d'être là : « C'est\ndans le quartier ; — il y a des artistes amusants, spirituels, aimables, au\ncachet, presque célèbres ; — il pleut ; — tous les omnibus sont complets ;\ncourir Paris : c'est si loin ! »\n   Mercredi, on pourrait conter la parabole des vierges folles, en donnant\nraison à celles-ci, car elles y sont toutes, et celles-là n'y sont pas. Jour de\ncongé dont on profite gaiement. Le docteur a renouvelé la patente.\n   La recette est en baisse le jeudi ; ce ne sont que collégiens et écoliers, la\ncigarette au bec, très pâles d'oser une escapade et naïvement heureux de\n"}, {"page_pdf": 588, "texte": "                                  - 5 3 7 -\n\nl'avoir osée. La salle pue la pommade. On pourrait éteindre le gaz, il y a\nassez de flamme dans les yeux.\n   Le vendredi est aux familles juives. Des gens riches, qui seront israélites\ndès qu'ils atteindront le million. Car on est juif au dessous du million et\nisraélite au dessus. Un monde à part. Des beautés de la Bible, çà et là éga­\nrées au milieu d'horribles mégères\n               Dont le menton fleurit et dont le nez trognonne !\n\n    Des visages aquilins, des nez busqués, des barbiches rousses, des cheve­\nlures violacées, des teints couleur d'orange, d'olive ou de safran.\n    Un baragouin mirifique : hébreu mâtiné d'allemand, de polonais et peut-\nêtre d'arabe. Des robes sordides et des diamants superbes ; des habits sales\ndoublés de billets de banque. Il se débite, ce soir-là, des quantités de bière,\nde kummel, de kirsch et de Kouètch, — une abominable eau-de-vie de pru­\nnelle, qui vient des bords du Rhin.\n    Samedi, jour des commis, des apprentis, des artistes, des bohêmes, qui\nauront la grasse matinée du lendemain pour dormir.\n    Toute cette jeunesse rit volontiers.\n    D'autant que c'est jour de première : le baryton change sa ritournelle, et\nles dames lancent des romances à la mode de la semaine.\n    Quelques-unes risquent des toilettes inédites, et ce cri court de bouche en\n bouche : « Mince de chic ! » Les meilleurs philologues ajoutent : « Elle\n est rien bath ! »\n    Enfin, le dimanche est le jour du monarque, c'est-à-dire de tout le\n monde. Tous les rangs sont confondus, et la blanchisseuse ne dédaigne pas\n s'asseoir à côté de la marchande des quatre saisons.\n    On vient alors en famille ; le père, la mère, les enfants. Les tout petits\n rient sans comprendre, et les grands parce qu'ils comprennent trop. Ce\n n'est pas à ceux-là qu'il faut reprocher un plaisir qui n'est pas fait pour eux\n et qu'ils prennent en contrebande.\n    Ils s'amuseraient mieux ailleurs, si ailleurs il y avait.\n    Tel est le calendrier hebdomadaire du café-concert, où chaque jour offre\n un aspect différent, ce qui trahit le respect inné et inconscient des hiérar­\n chies.\n    La foule parisienne n'est pas bruyante là plus qu'ailleurs. Sauf quelque\n loustic vociférant un bis d'une voix tonitruante, sauf les éclats de rire trop\n  bruyants des nouveaux initiés, les commentaires administratifs des rares\n  gobeurs, les rires perlés des fillettes, on n'entend qu'un murmure discret. Il\n  se fait plus de tapage à la Fenice et à la Pergola. Ici on cause, là-bas on\n"}, {"page_pdf": 589, "texte": "                                  — 538 —\n\n crie. Ce peuple se divertit tranquillement. Un étranger voyant cela, disait :\n « Qu'il faut être inhabile pour ne pas gouverner les Français! »\n    Cette foule, ce peuple, c'est l'ouvrier qui travaille, et l'ouverrier qui ne\n travaille pas. Compagnons charpentiers, zingueurs, plombiers, artisans de\ntous métiers, en cotte bleue, en blouse, en bourgeron, ou avec la redingote\n ample, à larges plis dans le dos, et la casquette à visière, ou le chapeau mou\nplus ou moins flambard.\n    Un jour, Frederick Lemaître avait joué le rôle d'un prolétaire de ce galbe,\nen présence de Sa Gracieuse Majesté la reine d'Angleterre.\n    — Quoi ! dit Victoria au superbe comédien quand elle se le fit présenter,\naprès la pièce ; quoi ! vous avez en France des hommes ainsi vêtus, hâves,\ndéguenillés et pauvres... Ce sont là vos ouvriers ?...\n    — Non, Madame, répondit-il, avec son accent inimitable et roulant des\nyeux féroces. Ceux-là, c'est nos Irlandais !\n    Bourgeois, travailleurs, petites brocheuses en rupture d'assemblage, tail­\nleuses à la journée, blanchisseuses de fin, un tas de fillettes blondasses,\nprétentieuses, coquettes, attifées d'un ruban rose sur une robe sale, accos­\ntant les gosses dont elles sont les « connaissances », regardent tout d'un\nœil vicieux, rient effrontément, le nez en l'air, la mine impertinente...\n    Là les gamins, gavroches, gosses, groussepains et mômes, de diverses\nencolures traînent sur les bancs poisseux leurs culottes effrangées par le bas,\nn'ayant à douze ans plus d'âge, et sachant applaudir aux bons endroits,\ncar ils sont la claque et ils ont élu des étoiles.\n    Tout ce monde fume, qui la vieille bouffarde noire, à court tuyau, qui,\nla pipe élégante, ou le cigare d'un sou, âcre et nauséabond, ou l'aristocra­\ntique cigarette, roulée d'un coup de pouce, de ce pouce ambré par le tabac,\net poli par le contact de l'outil.\n    Tout ce monde boit : bière, café, liqueurs, bavaroises, choses innomées,\nqui seraient innommables, car, sauf la couleur, tout se ressemble par le\ngoût. Poison patenté dont le contrôleur défalque la valeur réelle du total\ndu droit des pauvres. Car, l'autre paie son impôt à la mendicité, — et cet\nargent-là n'est vraiment pas digne d'être l'argent de la charité.\n    C'est donc ici une école : on y vient apprendre à vénérer les institutions\nque l'Europe nous envie. On y célèbre la République et la Patrie, on y\nchante les grands hommes de tous les temps, Béranger est un dieu de ce\ntemple, et vous verrez tout à l'heure la grosse femme qui gigotte sur les\ntréteaux apparaître habillée du drapeau tricolore, — singulière façon\nd'honorer l'étendard national !\n    Les prêtresses du sanctuaire et les corybantes qui les complètent, défilent\n"}, {"page_pdf": 590, "texte": "                                — 539 —\n\ndeux par deux sur la scène, les unes en atours magnifiques, les autres\ndéguisées en monsieur en habit noir ou en paysan d'opérette.\n   L'ouvrier est flatté quand on se moque du paysan, et tout rural pour lui\nest Janot ou Gribouille.\n   Cette littérature a son académie. On s'enrichit plus à rimer Ipsiboé qu'à\nécrire un bon livre, et l'Amant d'Amanda a mis vingt mille livres, se\ndit-on, dans la poche de son auteur. Passons.\n   Le spectacle que l'on sert au public de toutes les gaîtés est à peu près\npartout le même : une douzaine de chanteurs, ou plutôt de chansons, plus\nun vaudeville en un acte, parfois en deux, joué par ces mêmes chanteurs\ndéguisés en comédiens.\n   Le répertoire du « beuglant » est invariable. Grivoiseries équivoques à\ndouble entente, avec un refrain bien lancé, des onomatopées caressantes,\ndes gestes à l'avenant. Romances d'un sentimentalisme ridicule, qui font\npleurer les bichettes que leurs jolis jeunes gens contemplent avec tendresse.\nChants patriotiques, débités avec emphase, solennellement, par des benêts\nqui, pontifient et qu'une triple salve d'applaudissements interrompt dès que\nle mot République sort de leur bouche ouverte en gueule de four. Plaisan­\nteries risquées, douceâtres bergeries, hymnes populaciers découlent du\nmême tonneau. C'est faux, discordant, âpre, mauvais, malpropre et, par\ndessus tout, c'est bête. On applaudit.\n   La censure a des indulgences à revendre pour toutes ces rhapsodies,\ndestinées à faire l'éducation du peuple. Ces chansons ont un parfum d'offi-\nciel : on dirait de la prose, rimée, de ministère.\n   Il n'est pas sûr que l'un des chansonniers ne soit pas décoré, et quelque\njour on décorera les divas de la chope...\n   Tout cela serait grotesque, si l'on n'y sentait le système.\n   Évidemment le pouvoir accorde une paternelle bienveillance au beuglant\net à ce qu'on y beugle. On se rappelle la Convention faisant du théâtre une\n« école » pour les vrais républicains : on sent que les descendants de 92 —\nsi descendus — aspirent aux lauriers de Rousselin, censeur de l'esprit\npublic.\n   Il ne faut pas oublier la chansonnette, ancien jeu, retour de province\npeu goûtée; la scie des assonances, le Camélia qu'Amélie a, l'Amant\nd'Amanda, ou Gugusse et Titine, en train de passer à la postérité; la\npaysannerie qui ravit l'ouvrier, assez et même toujours antipathique au\nrural, ainsi que nous l'avons dit plus haut; la grivoiserie où se pâment les\ntrès vieux et les très jeunes, et que les demoiselles se font expliquer par\nleurs « connaissances ».\n"}, {"page_pdf": 591, "texte": "                                 — 540 —\n\n   Vient aussi la chanson patriotique, une chose fort bonne en soi, mais\nqui n'a que faire entre deux couplets, flagellant les épouses infidèles, rail­\nlant les maris... battus et contents, fustigeant les belles-mères acariâtres.\nLa chanson patriotique est réservée au baryton, ordinairement doué d'une\nvoix puissante, d'un ventre pyriforme et d'une tête léonine couronnée d'une\nchevelure mérovingienne. Cet honnête homme, qui méprise Faure et Mau­\nrel, brise les vitres quand il peut et nettoie le tympan de ses auditeurs.\nMais son habit a essuyé bien des revers, et sa chaîne de montre égale en\ngrosseur l'aussière d'un vaisseau de haut rang.\n                                      *\n\n   Le concert est fini. On joue la « Revue ». Il se donne là une Revue,\navec compère, commère et le reste. La troupe y figure. Le ténor est un\ncomique, et la contralto glousse, et la soprano se trémousse.\n   Un peu partout en ce temps-ci on permet la plus immonde exhibition :\nla scène du jésuite expulsé.\n   Voici le jésuite. Un pauvre hère, mal à l'aise sous le chapeau de Basile;\nil parodie grotesquement le signe de la croix. Il grimace tandis qu'on\nexpulse ses élèves : une collection de cages, sur la scène, représente une\ncollection de serins. On chante une petite vilenie de Béranger. Puis on\nemporte Basile, qui se débat et se démène. On le jette à la porte, il rentre\npar la fenêtre. Il se met à genoux. On le chasse. Il va, vient, se désespère.\nCela dure longtemps.\n   Vous croyez qu'on applaudit? Point. Quelques voyous font du tapage.\nLe plus grand nombre des spectateurs est gêné. Il y a des enfants, des\njeunes filles. On les envoyait le matin au catéchisme. Ils refuseront d'y\nretourner demain. Et quand la mère, emportée par l'habitude, ou battue\npar son mari, ou sanglotant près d'un berceau vide, murmurera une prière,\nla petite brocheuse, sa fille, glapira.\n   — Des bêtises ! Mince de patenôtres ? As-tu fini de faire ta béguine? Des\njésuites, on les a f...us la gueule dans le fossé !\n   Revenons à notre énumération, au personnel du sexe faible, à ces Jua­\nnitas, ces Claudines, ces Rosas. Ainsi qu'on le remarque, toutes ont de jolis\nnoms, grâce au martyrologe, et de jolis visages, grâce à la chimie des\nmodernes parfumeurs. Quelques-unes ont vraiment l'air de figurines en por­\ncelaine. Elles en ont la fragilité.\n   Leur ramage ressemble à leur plumage, ce qui ne les rend pas moins les\nphénix des hôtes de ces lieux. Phénix qui brûlent sans trève et ne se consu­\nment point. Ce ne sont que langoureuses rhapsodies, valses énervantes, airs\n"}, {"page_pdf": 592, "texte": "                                  -    541   -\n\nbachiques, ou bêtises d'opérettes, serinés tant (que) bien que mal : des per­\nruches élevées par un savant oiselier.\n   D'où viennent-elles? Celle-ci cuisinait les ragoûts d'un bourgeois, hier,\net celle-là ravaudait les bas de la bourgeoise. Il en est une qui m'a rappelé\nla Consuelo, de Georges Sand : laide, bohême, vagabonde, mais vraiment\nartiste et musicienne; elle est marquise, marquise à vieux parchemins\namplement blasonnés ; elle garde la particule. Où donc ai-je vu naguère\nces yeux de braise éclairant cette peau tannée? La pauvre fille a dérogé,\ntant pis pour... lui.\n   Une autre est une brave mère de famille, dont la méchante robe d'éta­\nmine à lambeaux de dentelles trahit l'indigence. Son fils aîné, un bambin\nde dix ans, vient l'entendre tous les soirs. A cause de lui, elle n'est jamais\ndécolletée. Ils s'en vont de compagnie : elle a gagné de quoi payer le col­\nlège ; elle vit de pain et de lait. Mais la clef de son logis reste dans sa poche\ndepuis qu'elle est veuve.\n   En voici une qui fut mère... très peu. Elle garrottait son enfant dans son\nberceau, pour qu'il ne tombât point, et le laissait tout seul à la maison de\nsept heures à minuit, le biberon aux lèvres. Un jour elle le trouva, cet\ninnocent, endormi de l'éternel sommeil... La Providence lui avait fait grâce\ndes jours qu'il devait couler...\n   Elle pleura tout juste assez pour ne pas ternir ses paupières.\n   Le lendemain, on menait l'enfant au cimetière, et la mère venait jouer\nun vaudeville fort gai, de crainte que son rôlet ne fût donné à sa rivale.\n   Bref, il y en a de toutes sortes.\n                          Des blondes et des brunes,\n                          Et des châtain's aussi!\n   Toutes, au surplus, richement nippées. Satin, moire, velours, falbalas et\nfanfreluches, plumes et fleurs, de quoi payer cinq cents francs les cent écus\nqu'elles gagnent. Elles ne vénèrent pas plus sainte Mousseline qu'elles ne\ncoiffent sainte Catherine.\n   Et, quand le bas comique, en haillons, a fini de strider sa complainte de\npochard, elles viennent bravement, toutes voiles au vent, roucouler les\nstrophes sentimentales où rossignol rime avec violette.\n   Et si messire public se tord aux joyeusetés de Séraphin ou de Poivrol,\nil pleure de longues larmes aux élégies de ces demoiselles, car, il faut enfin\nle dire, le peuple ne s'amuse que quand il pleure beaucoup : il veut le drame,\nil adore le pathétique, et les cœurs sensibles sont à la mode comme avant\nthermidor.\n   Ce tirelaine qui vous demandera la bourse ou la vie, s'il vous rencontre\n"}, {"page_pdf": 593, "texte": "                                 -   542   -\n\n\ndans une ruelle obscure, s'attendrit aux soupirs de l'ingénue, et la grosse\ncommère qui bat son mari, son gosse et son chien, l'un après l'autre ou\ntous ensemble, gémit volontiers sur la rupture de Célinette avec son amou­\nreux. Ces âmes tendres aiment ces bluettes platoniques où Roméo en\ndétresse clame après sa Juliette inconsolable. C'est une façon de sortir de\nla vie réelle et de vivre un moment l'enivrante vie factice du rêve. On est\npoète comme on peut.\n   On peut bien l'être pour le café-concert ! car tout un Parnasse vit de ces\ncouplets chantés là. On se rappelle Rubempré, écrivant une gaillarde chan­\nson à boire, près du cadavre de Coralie.\n   Que de perles éparpillées aux quatre vents de la misère!\n   Avoir rêvé la gloire de Lamartine ou de Musset, et rimer des versiculets\npour Anastasie ! La vie est décidément une ironie amère !\n                                                 CHARLES B U E T .\n    Septembre 1885.\n\n\n\n\n                         LOHENGRIN\n                                                  A   HECTOR   CHAINAYE.\n\n\n          O douce voix d'enfant, pleine de chanterelles,\n          Chante dans la lumière autour de mon chevet !\n          Ton rire, comme un vol soyeux de tourterelles,\n          Laisse neiger en moi son tiède et blanc duvet.\n          O douce voix d'enfant, pleine de chanterelles,\n          Chante dans la lumière autour de mon chevet !\n\n          Regards sablés d'argent, couleur d'ardoise humide,\n          Semblables à des lacs sous des deux violets,\n          Egayez lentement de votre azur timide\n          La candeur du matin qui bleuit mes volets,\n          Regards sablés d'argent, couleur d'ardoise humide,\n          Semblables à des lacs sous des deux violets!\n\n          Rafraîchissez mon sang, lèvres! Roses mousseuses\n          Qui parfumez le cœur en fleurissant les yeux!\n          Éclairez-moi du jour de vos chairs paresseuses!\n          J'ai trop pensé, la nuit, et je me sens très vieux.\n"}, {"page_pdf": 594, "texte": "                    -   543   -\n\nRafraîchissez mon sang, lèvres! Roses mousseuses\nQui parfumez le cœur en fleurissant les yeux !\n\nComme un rouge brasier qu'attriste la chimère\nDe voir jaillir un lys de ses tisons flambants,\nJe t'appelle du fond de ma joie éphémère,\nTête royale et pâle aux longs cheveux tombants,\nComme un rouge brasier qu'attriste la chimère\nDe voir jaillir un lys de ses tisons flambants !\n\nC'est Lohengrin enfant qui, traîné par des cygnes,\nVogue vers ma douleur comme vers son Elsa.\nBannissant à jamais les souvenirs indignes\nDes cœurs tumultueux que la vie épuisa,\nC'est Lohengrin enfant qui, traîné par des cygnes,\nVogue vers ma douleur comme vers son Elsa.\n\nToi qui ne connais pas, mais dont l'âme devine\nLe vague et pur amour de Ca'in pour Abel,\nOuvre-moi le berceau de ta blancheur divine,\nEnfant miraculeux, cher enfant maternel,\nToi qui ne connais pas, mais dont l'âme devine\nLe vague et pur amour de Caïn pour Abel,\n\nRépands sur l'incrédule et sur le misérable\nLes pardons ignorants qui tombent de tes mains !\nJ'écoute la chanson de ta bouche adorable\nComme si f entendais d'invisibles jasmins.\nRépands sur l'incrédule et sur le misérable\nLes pardons ignorants qui tombent de tes mains!\n                                   ALBERT GIRAUD.\n"}, {"page_pdf": 595, "texte": "                     — 544 —\n\n\n\n\n                     VERS\n                          I\n                               A   MON BIEN CHER AMI J .   MASSENET.\n\n\nL'encens diaphanise et raffine ta main,\nO prieuse attendrie à la flamme des cierges,\nO vierge la plus douce entre toutes les vierges,\nArchange dont les yeux n'ont plus de rêve humain !\n\nLaisse l'amour, ô vierge, à ces belles rieuses\nEn cette allée, au loin, lasse de blanc soleil,\nDes papillons vibrants sur leur calme sommeil\nOù des paresses d'eau songent, mystérieuses :\n\nL'enfance se souvient que sa candeur apprit\nA murmurer des mots d'azur et de lumière,\nDes mots que la souffrance angélise en prière,\nDans le temple où s'éteint la lampe de l'Esprit !\n\n\n                         II\nJe ne veux rien de toi que t'entendre pleurer\nQuand ton cœur souffrira de peines anciennes,\nCar toutes tes douleurs, mon âme les fait siennes :\nJe suis la harpe d'or que tes doigts font vibrer.\n\nDans le calme du ciel, musicale, se lève\nLa lune, en longs accords fluides et soyeux.\nNe sont-ce point tes pleurs, ô Phyllis, et son rêve\nTous les rêves éteints dans le bleu de mes yeux ?\n\n\n                         III\n\n    Son svelte éventail agite en cadence\n    Ses blancs agnelets, son matin si pur,\n    Et le tourbillon neigeux de la danse\n    Envolée au fond d'un parc bleu d'azur ;\n"}, {"page_pdf": 596, "texte": "                     -   545   -\n\n    Et pour affiner cette triste joie,\n    Le peintre effleura sur de calmes eaux,\n    Atténuant l'or pâle de la soie,\n    Deux hérons lointains parmi les roseaux.\n\n\n                         IV\nLes rosiers qui rampaient tout le long des allées\nSont brûlés par le gel, Marquise ! les rosiers\nD'amour ! Et les oiseaux chanteurs extasiés\nCélèbrent tristement les roses en allées.\n\nO marquise ! jadis, languissantes, les roses\nEcoutaient nos baisers qui parfumaient le vent\nSonore, traverser leur feuillage  mouvant\nEt monter au ciel d'or près des nuages roses.\n\nSur le sentier poudré, les branches frémissantes\nBalancent leur grésil vers les roses, absentes\nHélas ! au clair de lune amoureusement beau,\n\nEt, tandis qu'un oiseau perle sa vocalise,\nEros, casqué de givre, a senti son flambeau\nS'éteindre sous la neige, ô belle Cydalise !\n\n\n                         V\n    Dans les profondeurs vaporeuses\n    Des jardins bleu de ciel, le soir\n    Poudré d'étoiles vient s'asseoir,\n    Triste, sous les branches pleureuses.\n\n    Pierrot, Suzette et Mezzetin,\n    Blêmes sous le blanc de la soie,\n    Appellent des yeux le matin\n    Qui parfume leur triste joie.\n\n    Mais dans le grand songe des cieux,\n    La lune d'or émerge, lente;\n"}, {"page_pdf": 597, "texte": "                      — 546 —\n\n     La lune, prunelle sanglante\n     D'un visage silencieux.\n\n\n                         VI\n     Dans le bleu de ciel angélique\n     De ce triste parc de Watteau,\n     Où se vaporise un jet d'eau\n     En poussière mélancolique,\n\n    Madrigalisants,   joliets,\n    Sous les arabesques des grilles\n    Passent Mores et Mascarilles,\n    Petits abbés et cavaliers ;\n\n    Et les rires des clavecins\n    Aigrelets aux blondes marquises\n    Chuchotent des faveurs exquises\n    Sur la morbidesse des seins.\n\n    Princes Charmants et Cendrillons\n    Sur leurs chars de lune trottinent :\n    Le jour s'effeuille; au loin tintinnent,\n    Tintinnent les grinçants grillons,\n\n    Et sous la ramure épuisée\n    De calme soleil et d'ennui,\n    Les doux oiselets dans la nuit\n    Vocalisent de la rosée.\n\n\n                        VII\nPomponnés de rubans et caressés de fards,\nPoupins, mignards, soyeux d'élégance fleurie,\nMezetins amoureux, frêles Pierrots blafards,\nAmynthes souriant avec affèterie\nA leurs bonbons, à leur miroir, à leur carmin,\nAux ramiers bleu de ciel qui becquètent leur main,\n"}, {"page_pdf": 598, "texte": "                    — 547 —\n\nA rien, pour le sourire et pour frôler la joue\nD'une fossette rose où le baiser se joue\nEn souriant, rêveurs frivoles et galants,\nBattant l'air épuisé de gestes indolents,\nIls passèrent, joyeux ou tristes, par milliers\nDans le calme plaintif de ces blancs escaliers.\nUn peu de leur sourire, un peu de leurs pensées,\nParfume le secret des chambres délaissées.\nOh! si la nostalgie aux jardins éplorés\nTe ramène, pensif, lorsque les paons givrés\nDe lune, en piaulant, hument le bleu du soir,\nEntends autour de toi le silence s'asseoir,\nPoète : dans le deuil des anciens salons\nLes heures lentement sonnent des jours plus longs,\nÉcoute!.... Et c'est le soir où le triste Watteau\nAuréolait d'azur les plis de son manteau,\nC'est le soir bourdonnant de libellules roses,\nO marquise! le soir, où, l'amour triomphant,\nAux captifs alanguis sous leurs chaînes de roses,\nLes heures pardonnaient comme des pleurs d'enfant!\n                                    GEORGES K H N O P F F .\n\n\n\n\n         AIRS DE FLUTE\n                       IV\n                   BABOLAIN\n                               Au   PROFESSEUR WAGENER.\n\n      Dans le boudoir où rien ne bouge\n      Il fait d'un doux à défaillir;\n      Elle me dit : Il va venir!\n      Qui? — « Babolain, le diable rouge!\n\n      « J'ai fait mettre au lit parfumé\n      Des draps couleur moisson prochaine,\n      Les coquelicots, mon aimé,\n      Vont tomber toute une semaine.\n"}, {"page_pdf": 599, "texte": "                      — 548 —\n\n       « Sur la neige il pleuvra du sang,\n       Du sang comme en une bataille;\n       Non, ne me prends pas par la taille,\n       Dit-elle encore — en rougissant.\n\n       « Va-t-en, rentre chez toi, sois sage,\n       Tu reviendras dans quelques jours\n       Voir si le diable est là toujours,\n       Et tu déferas mon corsage.\n\n      « Et ce sera si bon d'avoir\n      Rassemblé des économies,\n      Mais n'en souffle rien aux amies,\n      Je pourrais m'en apercevoir. . »\n\n      Dans le boudoir où rien ne bouge\n      Qu'un tic-tac très clair et très gai,\n      Je suis revenu fatigué\n      Du passage de la Mer Rouge.\n\n\n                         V\n               DIURNES LITANIES\n                             A   LA MÉMOIRE D ' E M I L E   VALENTIN.\n\nVous qui m'aimez autant que j'aime, moi, l'absinthe,\nFemme vierge, femme stérile, femme enceinte,\n             Écoutez-moi !\n\nVous qui n'avez pas mis de jupon de dessous\nEt dont le bas de laine est rempli de gros sous,\n            Gilkinez-moi !\n\nVous dont l'âme s'arrête avec indifférence,\nSur le poète doux dans son incohérence,\n             Khnopffisez-moi !\n\nCaractère léger comme une bulle d'air,\nQui n'avez jamais mis les pieds dans le Polder ?\n             Eekhoudez-moi !\n"}, {"page_pdf": 600, "texte": "                                  — 549 —\n\n        Vous, l'Ignorante de tout ordre alphabétique,\n        Lisez, lisez encor les Notes d'un critique\n                      Nautêtez-moi !\n\n        Fleur du Rhin, pleurs de sucre et zutisme éhonté,\n        Ne posez pas ainsi pour la postérité !\n                     Wallèrez-moi !\n\n        Poudre de riz, gant long, très long, infinissable\n        Long de Gand-l'Ouvrière à l'Ostende de sable,\n                    Bellacquez-moi !\n\n        Vous qui contre la Presse aviez mis à la voile,\n        Et qui depuis deux mois écrivez à L'Étoile,\n                     Giraudez-moi !\n\n                                                            •(I)\n\n\n\n\n        Révélateur cruel des anciennes fredaines,\n        Des petits ventres devenus grosses bedaines,\n                     Rotiersez-moi !\n\n        Bec de gaz des ketjes et bâton des farceurs,\n        Vous qui séduisez les cocottes — et leurs sœurs,\n                    Hannonez-moi !\n\n                                  PRIÈRE\n        Être indéfinissable et fou, jeune Belgique,\n        Chantant des airs de flûte en un « buccin tragique »,\n\n        Girhoud, Eekhaud, Gilket, Nautin, Rodenmaus, rois\n        Martyrs qui faites des calembours sur la croix,\n        Siebel vous salue au nom des Lettres saintes,\n             Absinthes ! Absinthes ! Absinthes !\n\n(1) Strophe en flamand pour Verhaeren.\n"}, {"page_pdf": 601, "texte": "                  550\n\n\n\n                  VI\n             BERCEUSE\n                                   POUR HÉLÈNE.\n\n    Je suis triste, ma reine,\nQue mon cœur, mon cœur a de peine,\n   Je suis triste, ma reine,\n    D'être si loin de vous.\n\n   Je vous ai vue à peine,\nQue mon cœur, mon cœur a de peine,\n    Je vous ai vue à peine\n   Près du Fossé-aux-Loups.\n\n    Mon âme est pleine, pleine,\nQue mon cœur, mon cœur a de peine,\n   Mon âme est pleine, pleine\n   De vers aux rimes d'or.\n\n   Je veille, Hélène, Hélène\nQue mon cœur, mon cœur a de peine,\n   Je veille, Hélène, Hélène,\n    C'est le lecteur qui dort.\n\n   La chose est souveraine\nQue mon cœur, mon cœur a de peine,\n   La chose est souveraine\n   Et ça ne coûte rien.\n\n   Dors tranquille et sereine,\nQue mon cœur, mon cœur a de peine,\n    Dors tranquille et sereine.\nDors, mon enfant, c'est pour ton bien.\n\n                                     SIEBEL.\n"}, {"page_pdf": 602, "texte": "                                 — 331 —\n\n\n\n\n                       INCERTITUDE\n                Parmi les myrthes et les roses,\n                Sous le lierre aux frêles sarments,\n                Seule, triste, les yeux  dormants,\n                Elle rêve, les lèvres closes.\n\n                Elle médite les serments\n                Et toutes les visions roses\n                Parmi les myrthes et les roses\n                Sous le lierre aux frêles sarments.\n\n                Et les mystérieux tourments\n                Aux soudaines métamorphoses,\n                Sombres, dessinent par moments\n                Le rêve douloureux des choses\n                Parmi les myrthes et les roses.\n\n                                           FRANTZ VAN PETEGHEM.\n\n\n\n\n         CHRONIQUE THÉÂTRALE\n\n                             LA MONNAIE\n\n              Quoi qu'il advienne ou qu'il arrive, comme on dit dans les\n               Huguenots, il faut avoir le caractère fait à rebrousse-poil\n               pour ne pas défendre mordicus, envers et contre tous les\n               abonnés jeunes et vieux, gommeux et cacochymes, elkans\nchagrins et crombez grincheux, le martyr qui a nom Verdhurt.\n   Sa chasse au ténor prend des proportions héroïques ; Dereims s'en va,\nvoici Gallois ; Gallois renonce, voilà Devilliers ; Devilliers échoue, on nous\ndonne un Villaret, ténor de vieille race, comédien hors ligne ayant des\nrestes puissants, parfois admirables, d'une voix qui a eu tous les triomphes,\net à côté de laquelle la voix de M. Jourdain et celle de M. Verhees ne sont\nque fifres et faussets.\n   Bérardi laisse loin derrière lui Seguin ; Soulacroix n'est plus rien à côté\n"}, {"page_pdf": 603, "texte": "                                  — 552 —\n\n de Boyer, et Mme Vaillant-Couturier, si charmante à ses heures, est oubliée\n depuis le jour où, pour la première fois, dans Roméo et Juliette, Cécile\n Mézeray a fait frissonner de jalousie les tourterelles et les rossignols.\n    M. Verdhurt commence l'année, comme il est d'usage, par le répertoire\nconnu : A l'Africaine succèdent Rigoletto, les Huguenots, le Trouvère,\nla Juive; se passent tour à tour l'affiche : Si j'étais roi! le Pré-aux-Clercs,\nRoméo et Juliette, le Chalet, la Fille du Régiment, la Traviata, Joconde,\nexécutés avec la plus parfaite troupe que la Monnaie aie vue depuis des\nannées, et dont la perfection même réhabilite l'opéra-comique de nos pères.\n   Assurément, nous ne raffolons de rien de tout cela ; les vieilles formules\nn'ont plus le don de nous charmer et nous n'avons plus pour elles que le\nrespect dû aux aieules dont la beauté s'est envolée, mais puisqu'il est con­\nvenu qu'il faut contenter les anciens avant les jeunes, nous comprenons les\nconcessions que M. Verdhurt fait assurément à contre-cœur. Au reste, il\nnous promet des compensations. A entendre les indiscrétions des inter­\nprètes, le Saint-Mégrin, des frères Hillemacher, qui a été lu le 29 octobre,\nest une œuvre moderne dans les données wagnériennes et appelée à renou­\nveler les batailles des Maîtres-Chanteur s. Les Templiers, de Litolff, sont\npleins de pages superbes, et la Gwendoline, de Chabrier, s'annonce comme\nœuvre de maître.\n   Aurons-nous Tristan et Isolde, Lohengrin ou Tannhäuser? Au moins\nun de ces chefs-d'œuvre, le premier probablement, où M me Montalba s'est\nfait tant acclamer à Paris, lorsqu'elle le chanta avec le ténor anversois\nErnest Van Dyck.\n   M. Verdhurt remontera encore Aïda, Manon, Hérodiade, sans compter\nles œuvres de répertoire courant telles que Carmen, Mireille et le Timbre\nd'argent. Le Mefistofele, de Boïto, peut se fouiller le haut-de-chausse.\n   Le nouveau directeur tâtonnera encore avant de trouver tous les oiseaux\nrares qu'il cherche; dès aujourd'hui, si l'on oublie Mme Caron, sa troupe est\nabsolument supérieure à celle que firent supporter MM. Stoumon et Cala­\nbrési. Que l'on en place vis-à-vis l'un de l'autre les deux tableaux, on\npourra, si l'on a suivi les représentations ou la critique quotidienne, s'en\nconvaincre :\n              1884-85.                                 1885-86.\n             TÉNORS :                                 TÉNORS :\n  Jourdain, Rodier.                        Villaret, Furst.\n            BARYTONS :                              BARYTONS :\n  Seguin, Soulacroix, Renaud.              Bérardi, Boyer, Renaud.\n             BASSES :                                 BASSES :\n  Gresse, Durât, Schmidt.                  Dubulle, Devriès, Séguier.\n          CANTATRICES :                            CANTATRICES :\n  Rose Caron, Hamann, Blanche             Silvia Montalba, Thuringer,\nDeschamps, Vaillant-Couturier, An­      Jeanne H u r é , Cécile Mézeray,\ngèle Legault.                           Wolf.\n"}, {"page_pdf": 604, "texte": "                                  — 553 —\n\n  Ajoutons que les danseuses nouvelles, surtout Mme Adelina Rossi, font\noublier et Mme Brambilla et Mme Ricci Poigny.\n\n\n                                       II\n\n                                  LE PARC\n   Après la Petite Marquise, le Train de Minuit, la Cigale, après Clara\nSoleil, Une Femme qui se jette par la fenêtre, les Sonnettes, et surtout les\n Faux bonshommes, le théâtre du Parc a risqué la fortune d'une première :\n La duchesse Lyly, de Ch.-M. Flor O'Squarr, un écrivain nouveau pour le\n théâtre, mais connu cependant. Il a écrit un roman : Chrétienne, dont\n nous apprécions peu la valeur, et un recueil de nouvelles, les Fantômes,\n études cruelles, où l'écrivain a mis une ironie froide à la Villiers-de-1'Isle-\nAdam, et dans lesquelles maintes pages sont d'un artiste de premier ordre.\n   — On se rappelle encore l'affaire de Chaulnes dont les péripéties se\ndéroulèrent à Paris en 1882. Quelques lignes suffiront pour la remettre en\nmémoire.\n   La duchesse de Chevreuse — un des plus grands noms de France —\navait marié son fils, le duc de Chaulnes, être malingre et souffreteux, aux\nseize ans épanouis de la princesse Galitzin.\n   A peine les noces furent-elles terminées, que la vieille duchesse s'installa\nprès du nouveau ménage, accablant sa belle-fille de mépris et de soupçons.\nLes nouveaux mariés s'enfuient en Belgique; elle les suit, elle circonvient\nson fils, martyrise la jeune femme, la livre aux avanies des laquais, l'accuse\nd'adultère, la force à s'accuser elle-même. Cela dure des années; la jeune\nduchesse a deux enfants qu'elle adore; un soir, les enfants disparaissent;\nc'est la duchesse de Chevreuse qui les a enlevés à leur mère. Celle-ci se\nrévolte alors, réclame le bien chéri qu'on lui dérobe : rien n'y fait, ni la\njustice, ni les supplications ; aujourd'hui la duchesse de Chaulnes est morte.\n   — L'affaire de Chaulnes était un drame comme jamais écrivain n'en\npouvait rêver. Il s'en trouva plusieurs pour y puiser des éléments :\nM. Pierre Barbier, avec une comédie : Indigne; M. Clovis Hugues, avec\nun poème; M. Alexis Bouvier, avec un mauvais roman, et M. Albert Del­\npit, avec la médiocre Solange de Croix-Saint-Luc, qui sera bientôt conver­\ntie en pièce pour le Gymnase.\n   Voici M. Ch.-M. Flor O'Squarr qui l'accommode à sa manière dans la\nDuchesse Lyly; hâtons-nous de le dire, il n'en a pas pris à la lettre toutes\nles situations, et si nous avons tenu à résumer en quelques lignes le procès\nde 1882, c'est précisément pour faire toucher du doigt la part d'originalité\nqui revient à l'écrivain. Quelque grande que soit cette part, il faut bien\nreconnaître que la Duchesse Lyly n'est pas une pièce; l'auteur a-t-il voulu,\ncomme Concourt dans Henriette Maréchal ou Becque dans les Corbeaux,\nsortir des formules connues du drame et camper seulement en quatre actes\nla réalité brutale, toujours est-il que son oeuvre est un simple procès-verbal\n"}, {"page_pdf": 605, "texte": "                                  -   5 5 4 -\n\n de Cours et Tribunaux, avec des points intéressants et des longueurs inévita­\n bles. Le premier acte est une exposition bien faite, d'un sujet que l'on espé­\n rait plus palpitant ; il est même une page littéraire pleine de choses déli­\n cates, que le docteur Planobat débite avec une poétique bonhomie. Mais le\n deuxième, mais le troisième continuent à être l'exposition d'un drame qui\n ne vient pas, qu'on attend, et le rideau se baisse sans que l'on songe à s'en\n aller.\n    Au résumé, pas assez d'intérêt et trop souvent la note sensiblâtre expri­\n mée dans ce mot : mes enfants! que la duchesse de Plèves répète avec une\n obstination désespérante.\n    On applaudit ces situations faites et refaites, mais on ne peut les\n approuver littérairement.\n    Le dernier acte a été vu quelque part; il y a là un peu de Dame aux\n Camélias, un brin de Froufrou, qui ont fait dire à quelqu'un le mot du\njour : « Je m'emmaître de forges! »\n    Enfin, certains mots, d'une banalité inutile, déflorent des situations inté­\nressantes ; tel ce mot du docteur : « Vous êtes fiévreuse, fébrile ; l'air de la\ncampagne vous guérira ». Telle encore une phrase dont nous n'avons pas\nretenu le texte, où le même docteur explique physiologiquement à la vieille\nduchesse pourquoi son fils est un crétin : « la duchesse meurt de se sentir\nsi vieille en ce château si vieux ».\n    En réalité, l'insuccès de la Duchesse Lyly est simplement attribuable aux\nlongueurs, aux thèses qui s'y dévident avec uniformité; de bonnes cou­\npures, quelques mots piqués çà et là eussent changé complètement la pièce\net lui eussent donné le mouvement qui lui manquait.\n    Le drame a été bien joué; les rôles, sauf ceux du comte Camerati et d'Al­\nbert de Verrion, étaient tenus avec autorité. Mme Devoyod, qui a joué plus\nde quatre cents fois la duchesse du Monde où l'on s'ennuie, a le physique et\nla tenue qui conviennent au rôle à la fois cruel et maternel de Madame de\nChevennes; c'est à elle et à Mmc Sarah Rambert surtout que la pièce aura dû\nde ne pas être tombée plus violemment. Nous avons vu cette dernière, il n'y\na pas bien longtemps, dans le rôle de Claire du Maître de forges, où elle\nne fut dépassée que par la créatrice, Jane Hading. Elle fait une jeune mère\ntouchante, et sauve, par beaucoup de talent, les faiblesses du rôle.\n   M. Charles Pascal se montre pour la première fois dans un rôle impor­\ntant, difficile, et cela de maîtresse façon ; M. Durand est, de même, excel­\nlent. Pour M. Esquier, il lui suffirait d'un peu de talent pour donner du\ncaractère à un rôle qui n'en a pas beaucoup; il lé joue avec une allure de\nvidé qui se replierait avant de passer son pardessus, et se mettrait lui-même\nsous son bras. M. Esquier peut difficilement être plus détestable. Nous\nn'en dirons pas moins à M. Luguet qui, lui, n'est pas déliquescent, oh!\nnon! mais, au contraire, semble articulé comme un pantin-ficelle. Ses\nentrées et ses sorties du deuxième acte, entrées maladroitement exécutées,\nsorties mal comprises, ont fait un doux effet de joie sur le public.\n"}, {"page_pdf": 606, "texte": "                                  — 555 —\n\n   Avant la Duchesse Lily, on jouait le Dépit amoureux pour les débuts\nde M. Chomé. Ce n'est pas toujours amusant, Molière, même lorsque de\ncinq actes on a fait un Liebig classique de deux tableaux, mais joué au Parc,\ncela tourne au chloral de Follet. Malgré M. Huguenet, qui joue bien Gros-\nRené, ces vers déroulés comme une pièce de madapolam donnent des\nimpressions plus que rêveuses — mettons endormantes.\n   M. Camis, qui ne manque pas de talent, rappelle par une stature mal­\nheureuse les géants de la cavalcade bruxelloise bien connue; M. Paul Léon\nnettoie le plancher avec une humilité consternante; enfin, M lle Dangeville,\nfagotée comme on ne l'est pas, et qui, jouant un rôle d'ingénue, s'afflige\nd'une traîne de duègne, finit par horripiler étrangement. Elle a ou se donne\nun air de perruche en colère qui modifie beaucoup le caractère d'un dépit\nqu'elle change en piaillement d'oiseau sinistre.\n   Du haut des nues où sont les vieilles lunes et les vieux classiques, ce bon\nMolière a dû être content du jeune Chomé. Il a de bonnes traditions, étant\nnon seulement premier prix du Conservatoire de Bruxelles, mais encore un\ndes élèves préférés de Delaunay ; il joue le rôle transi d'Eraste avec sobriété\net talent.\n                                                                  W.\n"}, {"page_pdf": 607, "texte": "                                          — 556 —\n\n\n\n                                   MEMENTO\n   Une nouvelle consœur nous est née sous         travail analogue à celui du docteur J. Te\nle titre de Matinées littéraires, revue men­      Winkel sur Maerlant (Maerlant's wer­\nsuelle.                                           ken, enz.).\n   Qu'elle soit bienvenue, qu'elle grandisse                   Cinquième question.\nen force et en sagesse.\n                                                     Quel est l'effet des impôts de consomma­\n                                                  tion sur la valeur vénale des produits taxés?\n   M. Albert Savine, un artiste et un érudit,     En d'autres termes, dans quelle mesure\nqui a déjà à son actif des livres remarqua­       cet impôt pèse-t-il sur le consommateur?\nbles dont nous avons eu l'occasion de parler         Exposer et discuter, à l'aide de docu­\ndéjà, ses traductions de l'Atlantide de Ver­      ments statistiques, les résultats des expé­\ndaguer, du Commandeur Mendoza de Juan             riences récemment faites à cet égard dans\nValera, ses études de littérature étrangère       les divers pays et plus spécialement en Bel­\nréunies dans les Etapes d'un       Naturaliste,   gique.\nnous adresse un nouvel ouvrage sur le                III. Rapport de M. Wagener (pas Félxi ;\nNaturalisme en Espagne, un naturalisme            celui de Gand, le muffie) sur : Une inscrip­\nqui grandira.                                     lion latine où il est question d'un magistrat\n   Nous y trouvons l'histoire d'une littéra­      romain de la Gaule Belgique.\nture contemporaine peu connue et qui mé­             Et il y a des gens qui trouvent que les\nrite de l'être. Œuvre excellente et artiste.      Lettres sont dans le marasme. Ohé! les\n                     ***                          genoux!\n  Travaux de la classe des lettres à l'Aca­                           ***\ndémie royale de Belgique, en sa dernière             Le Journal des Gens de lettres belges n'a\nséance : I. Note sur M. Colinet et La théo­       pas survécu à son directeur. Il vient de\ndicée de la Bhagavadgitâ étudiée en elle-         pousser son dernier numéro, après avoir,\nmême et dans ses origines, lue par M. Le          depuis cinq ans, lutté, timidement il est\nRoy.                                              vrai, pour la littérature. Rendons-lui cette\n  II. Programme du concours pour 1887 :           justice qu'il était, en 1880, avec l'Artiste,\n             Première question.                   un des premiers journaux de la génération\n  Quelle fut l'attitude des souverains des        nouvelle, ayant des idées jeunes. Lorsque\nPays-Bas à l'égard du pays de Liège au            nous parûmes, il ne tarda pas à s'eflarou­\nXVIe siècle?                                      cher de nos allures combattantes et finit\n                                                  par tomber dans une note incolore qui l'a\n            Deuxième question.                    perdu. Il avait pris dans son comité MM.\n  Quelle a été, en Flandre, avant l'avène­        Clesse et Benoît Quinet qui achevèrent sa\nment de Guy de Dampierre, l'influence             phtisie. Ne pleurons pas sur sa tombe et,\npolitique des grandes villes, el de quelle        pour ne pas lui donner le coup de pied de\nmanière s'est-elle exercée?                       l'âne, envoyons-lui le pavé de l'ours.\n             Troisième question.\n   Faire l'histoire de la littérature française\nen Belgique de 1800 à 1830.                          Vient de paraître le volume de l'Union\n  (Les concurrents consulteront utilement         littéraire (1884-85) contenant le rapport de\nla bibliothèque léguée à l'Académie par le        M. Edmond Picard sur le concours de poé­\nbaron de Stassart.)                               sie, des fragments de La jeunesse blanche,\n                                                  de M. Georges Rodenbach ; le rapport de\n            Quatrième      question.              MlleVan de Wiele sur le concours de prose,\n  On demande sur Jean Van Boendale un             Les confessions d'un assassin, de M. Eugè-\n"}, {"page_pdf": 608, "texte": "                                                557\n\nne Hins. Un volume élégant imprimé avec           à son rang de Sganarelle, U N C O U P D E\nluxe par P. Weissenbruch.                         P I E D A U D E R R I È R E de la part de\n                                                  son tout dévoué\n                                                                               MAX WALLER.\n   Les poésies de Catulle Mendès, augmen­\ntées de soixante-douze poèmes inédits, pa­           Pour paraître prochainement : Les Mili-\nraissent chez l'éditeur Ollendorf.                ces de Saint-François,   par Georges Eek­\n   Elles forment sept volumes : I. Philomé­       houd; Les Concubins, par Camille Lemon­\nla. — I I . Pantéleïa, Sérénades,   Pagode.       nier; Hors du siècle, par Albert Giraud;\n— III. Soirs moroses. — IV. Intermède.—           La Jeunesse blanche, par Georges Roden­\nV. Hespérus.      VI. Contes épiques.—VII.        bach; Les Moines, par Emile Verhaeren\nLe soleil de minuit.                              et, Lysiane de Lysias, par Max Waller.\n   La nouvelle édition des poésies de Ca­\ntulle Mendès est aujourd'hui complétée par\nla publication de Philoméla et de Panté-             Précis de l'Histoire des       Beaux-Arts,\nleïa, Sérénades,     Pagode.                      traduit de l'allemand du docteur Lübke,\n   Prix de chaque volume : 1 franc.               par M. Molle. Volume in-8° de 300 pages.\n                                                  Merzbach, éditeur.\n                    *   ■   *   *\n                                                     L'ouvrage rendra de grands services au\n    Nous remercions nos confrères de la           point de vue purement historique. C'est un\n presse et particulièrement L'Etudiant, La        exposé sommaire dont les appréciations,\n Fédération artistique et son cordial et          inutiles d'ailleurs, sont fort discutables,\n confraternel rédacteur Victor Reding, La         mais où l'on trouvera des dates et des faits\n Chronique, Le Journal de Bruxelles, Le           qu'il était bon de dresser de façon suc­\n National et La Nation,         de l'aimable      cincte. L'architecture, la sculpture, la pein­\naccueil qu'ils ont fait à nos Souvenirs de la     ture et la musique y déroulent leurs fastes\n Vie d'étudiant, en leur accordant quelques       depuis les temps antiques jusqu'à nos\nmots de sympathie.                                jours; les renseignements sont exacts et\n   Quant au Patriote, qui n'en est pas à ses      l'ouvrage en acquiert une haute valeur\npremières aménités à notre égard, nous le         d'utilité.\nremercions cependant aussi de la publicité           Pour la critique, en voici un échantillon ;\nqu'il nous a faite, en publiant sous ce           il est question de Chopin : « Il réunit à une\ntitre : Détails indiscrets, un article de         grande délicatesse de sentiment et beaucoup\nmauvaise foi et de mauvaise guerre Le             de finesse d'expression, une véritable origi­\nmonsieur PAUL WAUWERMANS, avocat,                 nalité ». Rien de plus; c'est peu pour l'ad­\nqui l'a signé RIC-RAC, est trop inexistant        mirable artiste de La Marche funèbre, sans\ncomme écrivain, il est trop raté de Lettres,      compter l'incorrection de la phrase. Cet\ntrop abcès froid, pour que nous ramassions        exemple de français malmené n'est pas uni­\nses injures. Il envoyait naguère à notre          que dans le livre. En voici un autre, il\nrevue de mauvaise copie qui fut régulière­        s'agit de Benoît. M. Molle perpètre ceci :\nment refusée malgré les recommandations           « Cet artiste s'est fait connaître par plu­\ndont M. PAUL WAUWERMANS, dit Paul                 sieurs oratorios distingués, et surtout par\nde Fontanar, s'entoura pour prendre pied          une œuvre magistrale d'une certaine gran-\nchez nous. Son échec plusieurs fois répété        deur : Lucifer !\nl'a aigri, ce jeune cancre. Aujourd'hui son         J'ai rarement ouï parler d'œuvres magis­\nfiel s'échappe. M. PAUL WAUWERMANS               trales qui n'eussent pas au moins une cer­\nqualifie La Jeune Belgique de revue              taine grandeur.\n« archilibérale », alors que JAMAIS UN DRA­         Ce n'est donc pas le français de l'Hôtel\nPEAU POLITIQUE N'A ÉTÉ LEVÉ CHEZ NOUS. IL        de Rambouillet qu'il faut chercher dans le\nMENT, donc, et il le sait. Q U ' I L             Précis de M. Lübke, mais simplement le\nR E Ç O I V E , avec tous les honneurs dus       document historique.\n"}, {"page_pdf": 609, "texte": "                                                — 558 —\n\n   Nous recommandons à nos lecteurs une                 Un trou saignant au front, les espérances fées,\n revue nouvelle et jeune : La Suisse ro-                De longs glaïeuls flétris et de lys morts coiffées,\n mande, pleine de prose et de vers remar-               Au son charmeur du cor ne s'éveilleront plus.\n                                                                                          JEAN LORRAIN.\n quables.\n   En voici des spécimens :                                                      ***\n                                                           La disparition de l'Echo du Parlement\n                          I                             a donné naissance à un nouveau journal\n            PRINTEMPS CLASSIQUE                         quotidien, la Nation, auquel notre absence\nDebout contre un cippe, au pied d'un portique,          de Bruxelles nous a empêchés d'adresser\nDont un lierre étreint l'épais marbre roux»             les vœux d'usage. Réparons donc cette\nSes doigts caressant sa flûte à sept trous,             omission, et souhaitons longue vie à notre\nUn beau pâtre nu siffle un air antique.\n                                                        nouveau confrère. Le nom de M. Lucien\nIl siffle et les dieux, le ciel de l'Attique,           Solvay, qui figure en qualité de rédacteur\nEt la mer Egée auxflotslents et doux,                   en chef dans la rédaction, nous donne\nEt la terre Hellas, dont il est l'époux,\nVivent dans son rêve et son chant rustique.             l'assurance qu'une large part sera faite à la\n                                                        discussion des intérêts artistiques. Nul\nIl chante et là-bas sur les promontoires,\nDans leurs temples d'or, assis dans leurs gloires,      doute que ce soit dans le sens des idées que\nLes dieux t'ont souri. Grec au iront pensif,            nous défendons opiniâtrement nous-mêmes.\nEt font sur la roche, où ta main les cueille,                                    ***\nPour ta chèvre grasse et ton bouc lascif\nFleurir le cythise et le chèvrefeuille.                    Encore une nouvelle revue : La Revue\n                                                        de Genève, avec une rédaction peu connue,\n                         II                             mais qui, si l'on en juge par le premier nu-\n             PRINTEMPS MYSTIQUE                         méro, renferme des éléments de premier\nSous la lune bleue aux caresses molles,                 ordre. Voici le sommaire de ce numéro :\nPar le clair obscur des boix épineux,                      La psychologie de M. Edouard Rod,\nLe printemps s'avance aux sons lumineux                 Etude critique, Alexandre Médine. — Les\nDesflûtesmêlés aux voix des citholes.\n                                                        baisers d'or, Conte, .Louis Tognetti. — Une\nEntre des fronts blancs nimbés d'auréoles               extase de Socrate, Essai antique, Adrien\nEt des yeux rieurs d'enfants curieux,\nIl passe à pas lents et mystérieux                      Wagnon. — Ballade musicale, Poésie,\nEt sur ses pieds nus pleuvent des corolles.             Louis Duchosal. — Un naturaliste au fond\nCressoDs argentés, violettes flnes,                     de la mer, Essai scientifique, Emilie Yung.\nPrimevères d'or, pâles aubépines,                       — Le Salon suisse : la peinture, L. D.;\nTombent sur ses pas en clairs encensoirs,               Arts décoratifs, C. B. — Chronique pari-\nEt par les ravins l'odorante neige                      sienne, Mathias Morhardt. — Chronique\nDes pommiers, fumant dans l'ombre des soirs,            romande : Genève, Emile Delphin. —\nIllumine Avril et son doux cortège.                     Revue politique, Daniel d'Arthez. — Bi-\n                        III                             bliographie : Les livres ; Revue des Revues.\n                  L'ÉTANG MORT                                                  ***\nComme un lointain étang baigné de clair de lune,           La Revue moderniste, qui vient de se\nLe passé m'apparalt dans l'ombre de l'oubli.            fonder à Paris remplace avec avantage La\nMon âme, entre les joncs cadavre enseveli,\nS'y corrompt lentement dans l'eau saumâtre et           Libre Revue et La Revue indépendante dé-\n                                              [brune.   funtes. Nous y trouvons les curieuses notes\nLes croyances d'an tan s'effritent une à une,           suivantes sous ce titre : Esquisse d'un per-\nTandis qu'à l'horizon, suavement pâli,                  sonnage de comédie :\nUn vague appel de cor, un murmure affaibli                 Dans une visite que nous avons faite à\nFait vibrer le silence endormi sur la dune.\n                                                        M. Henry Becque, l'auteur de la Parisienne\nO blême vision, étang crépusculaire,                    a bien voulu nous montrer quelques notes,\nSonge en paix !\n                  Pleure en vain, olifant légendaire,   quelques pensées plutôt, qu'il a rassemblées\nO nostalgique écho des étés révolus !                   et qui doivent lui servir pour la compost-\n"}, {"page_pdf": 610, "texte": "                                        — 55g —\n\ntion d'un personnage paradoxal, d'un nou-                            •3\nveau Desgenais, plus étendu et plus complet        La femme et l'homme vont ensemble\nque l'autre. Nous insérons quelques-unes         comme la chaîne et le boulet.\nde ces pensées avec le consentement de\nleur auteur.                                                      H\n                      1                            L'homme cherche son esclave.\n  Il est bien difficile de dire si l'homme                             »5\nnaît méchant ou s'il le devient tout de suite.      En vieillissant, nous perdons nos qua-\n                      2                          lités : nons n'en gardons que l'habitude.\n  Quand tu ouvres ta porte, c'est un ennemi                           16\nqui entre.\n                                                    Il y a deux époques dans la vie d'un\n                     3                           écrivain : la première où l'on parle de lui,\n  Le juge n'a bien souvent à se prononcer        la seconde où il en parle lui-même.\nqu'entre deux intérêts également délic-\ntueux.                                                               17\n                     4                             Les commerçants font leurs affaires avec\n  Toutes les idées sont justes, toutes les       ceux qui les paient et leur fortune avec\nbouches sont fausses.                            ceux qui ne les paient pas.\n\n                      5                                                18\n  L'homme simple, franc, ouvert, sera tou-         Il faut peut-être entendre par démo-\njours écouté avec attention; on le met           cratie les vices de quelques-uns à la portée\ndedans.                                          du plus grand nombre.\n                      6\n                                                                      >9\n  Les grandes fortunes sont faites d'infa-\n                                                   Si vous vivez dans la retraite, vous aurez\nmies; les petites, de saletés.                   tout le monde contre vous. Les hommes\n                     7                           exigent qu'on participe à leurs faiblesses et\n Vivent les honnêtes gens ! Ils sont encore      les femmes ne pardonnent pas qu'on\nmoins canailles que les autres.                  échappe à leur domination.\n                    8                                                        HENRY BECQUE.\n  Seule, une femme est une femme ; avec\nd'autres femmes, ce sont toutes des co-                                ***\nquines.                                             Le viol, par Emile Bergerat. — Un vol.\n                    9                            Paris, Havard, fr. 3-50.\n   Le meilleur souvenir que garde une               La carcasse d'un drame robuste, saisis-\nfemme d'une liaison c'est l'infidélité qu'elle   sant dans sa nouveauté dédaigneuse de\nlui a faite.                                     ficelles, serré, concis, développé par un\n                      10                         artiste épris de son art, — médiocrement\n    On manque une femme aussi facilement         accommodée à une sauce de roman quel-\n                                                 conque, poignant quand même dans sa\n qu'on l'obtient.\n                       n                         marmelade de phrases hâtivement fabri-\n                                                 quées, tel est le livre, j'hésite à dire roman—\n    Les femmes rentrent volontiers dans leur\n                                                 que M. Bergerat nous envoie. L'auteur\n ménage aux approches de la quarantaine;\n                                                 aurait gagné, je crois, et l'œuvre aussi à ce\n c'est l'âge où les hommes en sortent. Nous\n                                                 quela forme primitive fût conservée.Puisque\n ne parlons que des mariages heureux.\n                                                 aucun directeur n'avait osé porter à la\n                       12        ,               scène la scientifique brutalité du drame, on\n  L'homme vraiment bien élevé vit chez sa        eût aimé à le lire ce drame tel qu'il a été\n maîtresse et meurt chez sa femme.               écrit, tel qu'il est sorti de la tête du créateur,\n"}, {"page_pdf": 611, "texte": "                                         — 560 —\n\n tel que l'ont refusé les entrepreneurs           ordre. C'est sa faute aussi; on est quelque­\n timorés de spectacles. M. Bergerat a voulu       fois homme de théâtre ou romancier, on\n lâcher sur sa donnée quelques centaines de      est rarement les deux. Son analyse n'a\n pages de prose quelconque et n'a abouti         pas cette profondeur large, subtile, juste\n qu'à décapiter son œuvre, qu'à l'affaiblir      qu'exige le roman; il lui manque cette\n dans cet entassement de chapitres. Je           justesse, cette précision de physiologue et\n soupçonne fort Ollendorf d'être pour quel­      de psychologue nécessaire au romancier,\nque chose dans cette détermination. Une          tranché par l'optique grandissante du\npièce imprimée quand elle n'a pas été            théâtre où le portent ses tendances; il se\nconsacrée par un succès au théâtre ne se         contente d'à peu près, brutalise la phrase,\nvend pas ou se vend mal et Paul est pru­         ampoule sa pensée et, habitué à compter\ndent.                                            par la portée, l'expression que donne l'ac­\n   Si j'étais des amis de Bergerat je lui        teur à sa prose, prend peu soin de la polir,\nconseillerais d'imprimer sa pièce.               la jette à la diable de l'inspiration. Faute,\n    M. Bergerat est un chroniqueur. Caliban      mais faute prévue par tous. Telle tirade,\nest l'homme spirituel par excellence, au style   telle réflexion qui, lancée par une voix\nbariolé, cherché quelquefois, trouvé tou­        savante dans une salle de théâtre recueillie,\n                                                 produit un effet immense, se perd dans le\njours ; il trousse dans le Figaro des potine-\n                                                 tas de phrases d'un livre de trois cents\nries parisiennes qui sont des chefs-d'œuvre\n                                                 pages et ne produit que peu d'impression.\nde grâce moqueuse et boulevardière. M. Ber­\ngerat est un homme d'esprit. M. Bergerat            L'ouvrage de M. Bergerat est plein de\nétait discuté comme homme de théâtre :           jolies choses mais ses fins de conversation,\nà vrai dire son unique pièce— Le nom —           ses fins de chapitre, toute l'œuvre même\nvivement retiré de l'affiche après de            donne l'idée intense d'une pièce de théâtre\nrares représentations, tout en indiquant un      racontée par un barnum à la langue bien\ntempérament robuste, particulièrement or­        fendue.\nganisé, ne faisait pressentir en somme             N'importe, Le viol est un drame remar­\nque de futures qualités; avec Le viol            quable et c'est tout ce que veut M. Ber­\nmes doutes se dissipent. M. Bergerat est         gerat.\nun dramaturge. Il s'est cassé le nez au             Le reste regarde son éditeur.\nroman, M. Bergerat, il a fait un mauvais                                     RENÉ D'     Y.\nlivre où se trouve une pièce de premier\n"}, {"page_pdf": 612, "texte": "DE LA PROSE, par Max WALLER; un fort volume elzévi-\n  rien, paraîtra le 15 novembre chez Félix Callewaert, éditeur.\n\nCHRONIQUE DES BEAUX-ARTS ET DE LA\n  LITTÉRATURE, revue mensuelle. Paraît le 10 de chaque mois,\n  en un fascicule de 64 pages de texte, accompagnées de 8 planches, photo-\n  typies hors texte. Directeur : Jos. MAES. Prix de l'abonnement : pour la\n  Belgique, 2 5 francs par an. Le fascicule, fr. 2 - 5 0 . Bureaux : 10, rue\nGramaye, Anvers.\n\nL'ARTISTE, revue de Paris, Histoire de l'Art contempo­\n  rain (54e année). Paraissant tous les mois en un volume in-8°, accom­\n  pagné de gravures. Prix de la souscription à Bruxelles, un an : 6 6 francs.\n  Prix de la livraison : 5 francs. Bureaux : Avenue de l'Opéra, 15,\n  à Paris. Directeur-gérant : Jean ALBOIZE. Correspondant pour la Bel­\n  gique : MAX W A L L E R .\n\nLE     P R O G R È S         A R T I S T I Q U E , musique, littéra­\n rature, Beaux-Arts. Paraît chaque vendredi. Victor SOUCHON, fonda­\n teur; BERTOL-GRAIVIL, rédacteur en chef; Marc SONAL, secrétaire de\n la rédaction. Abonnements pour la Belgique: 1 5 fr. l'an. Bureaux:\n Paris, 24, rue des Martyrs.\n\nLUTECE, journal hebdomadaire. Rédacteur en chef : Léo TRE­\n ZENIK, secrétaire de la rédaction : Georges RALL. Bureaux : boulevard\n Saint-Germain, 16, à Paris. Abonnements': Un an : 7 francs. Pour\n la Belgique : le port en sus.\n\nLA REVUE CONTEMPORAINE, littéraire,\n politique et philosophique. Directeur : Adrien REMACLE ; rédacteur en\n chef : Edouard ROD. Abonnement pour la Belgique : 2 2 fr. Paraît\n le 25 de chaque mois. Bureaux: Paris, 2, rue de Tournon.\n\n                      VIENT DE PARAITRE :\n\n                              NOTES\n\nLITTÉRATURE MODERNE\n                                    PAR\n\n                  F R A N C I S           N A U T E T\n                           Un vol. fr. 3 - 5 0 .\n"}, {"page_pdf": 613, "texte": "LA REFORME, organe quotidien de la démocratie libérale.\n   Rédaction et administration : 18, rue des Sables, à Bruxelles. Seul\n   journal quotidien dont le prix d'abonnement soit le même pour la\n   province que pour la capitale, soit 1 2 francs par an. La Réforme\n   publie en ce moment La fille d'un autre, par Jules MARY.\n\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulei'ard des Capu-\n  cines, 16, à Paris ; publie LA VERTU DE M11e D R I C H E T . par\n  Iveling RAM BAUD. Un numéro 20 centimes, abonnement (3 mois)\n  1 7 francs-, en vente partout.\n\n\n    La Jeune Belgique recommande à ses lecteurs\nle nouvel atelier de photographie EMERA\n         Montagne de la Cour,\n            le plus artistique\n                     de\n                Bruxelles.\n\n                                                                      Photographies\n                                                                   d'artistes en vogue.\n\n                                               Les costumes du cortège historique\n                                                     des chemins de fer.\n\n\n\nLE VICE SUPREME, par.Joséphin PÉLADAN. Pré­\n face de Jules Barbey d'Aurevilly. Eau-forte de Félicien Rops (4e édition).\n Un volume, Paris, Thomas, 52, rue Croix des Petits-Champs, fr: 3 - 5 0 .\n\n\n\nLE PROGRAMME supplément littéraire paraissant tous\n les jeudis. Abonnement : 5 francs pour la saison. Bureaux : 9, rue de la\n Reine.\n\n\n\nLES        D R A M E S                   D U          C Œ U R ,              par Jeanne DU­\n CHARME. Préface d'Arsène Houssaye. Un volume, Bruxelles, Maheu,\n fr. 3 - 5 0 .\n\n  Bruxelles. — Imprimerie Félix Callewaert père, Ve Monnom, successeur, 26, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1885-11-05", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 570."}}