{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "6e ANNÉE. 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Prix:   60 CENT.                      5 AVRIL 1 8 8 6 .\n\n\n\n\n                                                         LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                                                   T r i b u n , prophète ou baladin,\n                                                                   Toujours fuyant avec dédain\n                                                                   Ces pavés que te passant foule,\n                                                                   Il marche sur les fiers sommets\n                                                                    Ou sur la corde ignoble, mais\n                                                                   Au dessus des fronts de la foule,\n                                                                                T H É O D O R E DE BANVILLE.\n\n\n\n                                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE: Happe-Chair", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 228, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 945, "fin_caractere_exclue": 1958, "texte": "SOMMAIRE:\n    Happe-Chair .                                                     GEORGES RODENBACH.\n    Vers                                        . , . . . . . -       ALBERT GIRAUD.\n    Baisers                                                    .      KISS.\n    Chronique littéraire                                              MAX WALLER.\n    Airs de                                    flûte                  SIEBEL.\n    Chronique artistique                                              EMILE VERHAEREN.\n    Pépins                                                            S. MÉDARD.\n    Chronique musicale                                                HENRY MAUBEL.\n    L a chambre hantée                                                RAOUL RUSSEL.\n    Memento\n\n\n\n\n                                                   BRUXELLES\n                  ADMINISTRATION :                                     RÉDACTION :\n              26, R U E D E L ' I N D U S T R I E , 26              80, R U E B O S Q U E T , 80\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "jeux de mots plus complètement idiots", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 229, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 893, "fin_caractere_exclue": 3060, "texte": "BOITE AUX LETTRES\n    104. Kiss. A titre d'encouragement, nous donnons votre pièce, parce qu'elle est courte;\n mais c'est mince et nous comptons sur mieux que cela pour l'avenir.\n    105. LÉO TRÉZENIK, à « Lutèce ». Vous annoncez, cher confrère un tas de livres, les\n vôtres: Proses décadentes, celui du complexe L.-G. Mostrailles : Le Venin, Les Par-\nfums, et Les Mots, de Robert Caze, Les Intermèdes, de Peyrefort, d'autres encore.\n Pourquoi diable ne dites vous pas à « l'éditeur des jeunes » de nous envoyer tout\n cela? C'est dans les revues jeunes que vous aurez le plus de publicité efficace, et je\n suppose que vous écrivez des livres avec l'intention de les vendre! Confraternellement à\n vous. M. W.\n    106. PIERRE D'OTR. Vous goûtez les contes d'Alphonse Allais. Il serait fort simple\n de vous abonner au Chat noir, qui les perpètre. Cependant, comme les lecteurs de la\n J. B. semblent goûter également ces emprunts, qui manquent peut-être d'honnêteté,\n voici une nouvelle découpure qui vous et leur fera plaisir, grands enfants que vous\n êtes tous !\n                                   LE BON PEINTRE\n                                                                          A LUIGI LOIR.\n   Il était à ce point préoccupé de l'harmonie des tons, que certaines couleurs mal\narrangées dans des toilettes de provinciales ou sur des toiles de membres de l'Institut le\nfaisaient grincer douloureusement, comme un musicien en proie à des faux accords.\n   A ce point, que pour rien au monde, il ne buvait du vin rouge en mangeant des œufs\nsur le plat, parce que ça lui aurait fait un sale ton dans l'estomac.\n   Une fois que, marchant vite, il avait poussé un jeune gommeux à pardessus mastic sur\nune devanture verte fraîchement peinte (Prenez garde à la peinture, S. V. P.) et que\nle jeune gommeux lui avait dit :\n   — Vous pourriez faire attention...\n   Il avait répondu en clignant, à la façon des peintres qui font de l'œil à leur peinture :\n   — De quoi vous plaignez-vous?... C'est bien plus japonais comme ça.\n   L'autre jour, il a reçu de Java la carte d'un vieux camarade en train de chasser la\n panthère noire pour la Grande Maison de Fauves de Trieste.\n"}, {"page_pdf": 262, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2259, "texte": "   Un attendrissement lui vint que quelqu'un pensât à lui, si loin et de si longtemps, et\nil écrivit à son vieux camarade une bonne et longue lettre, une bonne lettre très lourde\ndans une grande enveloppe.\n   Comme Java est loin et que la lettre était lourde, l'affranchissement lui coûta les yeux\nde la tête.\n   L'employé des Poste et Télégraphe lui avança, hargneux, cinq ou six timbres dont la\ncouleur variait avec le prix.\n   Alors, tranquillement, en prenant son temps, il colla les timbres sur la grande enve­\nloppe, verticalement, en prenant grand soin que les tons s'arrangeassent — pour que ça\nne gueule pas trop.\n   Presque content, il allait enfoncer sa lettre dans la fente béante de ('étranger, quand\nun dernier regard cligné le fit rentrer précipitamment.\n   — Encore un timbre de trois sous ?\n   — Voilà, monsieur.\n   Et il le colla sur l'enveloppe au bas des autres.\n   — Mais, monsieur, fit sympathiquement remarquer l'employé, votre correspondance\nétait suffisamment affranchie.\n   — Ça ne fait rien, dit-il.\n   Puis très complaisamment :\n   — C'est pour f aire un rappel de bleu.\n   107. JULES C . Bruxelles. Paul Veau continue à se porter bien; il compte sur le 13 juin\npour faire planter nos tètes au bout de nombreuses piques; seulement qu'il y prenne\ngarde; ce n'est pas au talon qu'il est vulnérable, et nous serions vengés par les pieds de\nl'avenir s'il venait à accomplir son criminel attentat,\n    108. ENIGME.          Mon premier est pro\n                          Mon deuxième ne s'appartient pas\n                          Mon troisième est un signe maçonnique\n                          Mon tout écrit en volapük.\n   Personne n'a deviné le mot de notre dernière charade, le voici : mon premier est VEAU,\nil est ce qu'il est : du veau, mais quand il n'en est pas, parfois on dirait du veau — mon\ndeuxième a douze pieds c'est VERS, mon troisième est MANS, réputé pour ses poulardes.\n   Donnons tout de suite la solution de l'énigme d'aujourd'hui. Mon premier est pro\nparce que pro c'est VEAU radieux, mon deuxième ne s'appartient pas; en effet VER à soi,\nmais, lui ne peut pas s'asseoir; mon troisième est MANS, parce que menstruelle ! — J'ai\nrarement entendu jeux de mots plus complètement idiots.\n\n\n\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 203, "page_fin": 206, "titre_corps": "Happe-Chair", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Rodenbach", "ancre_debut": "HAPPE CHAIR", "ancre_fin": "GEORGES RODENBACH", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 230, "page_imprimee": 203, "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "HAPPE-CHAIR\n\n                                   Au moment où tout le pays wallon est secoué\n                             par la crise ouvrière, où les verriers, les pudd­\n                                leurs, les houilleurs se sont levés dans un\n                                coup de misère et de folie, refusant le travail,\n                                détruisant, incendiant les usines qui ont\n                             flambé comme des bûchers de vengeance dans\n                                   la campagne, à cette heure tragique où l'on\n                                   cache en hâte dans la terre les cadavres de\n                                 :\n                                   ceux qui sont tombés, non pas sous les\n                 balles ennemies, mais tués par l'armée de leur pays, un\n                douloureux intérêt d'actualité s'attache à Happe-Chair, le\n                nouveau roman de Camille Lemonnier.\n                   Par une sorte d'instinct prophétique, il a deviné, pres­\n                senti, raconté dans son livre toute la détresse présente : du\n                reste, c'est précisément au cœur des grèves actuelles, à Mar­\n              cinelle et à Gouillet, que l'artiste alla, il y a déjà deux ans,\n              étudier sur place la vie de pauvretés, de luttes, de bruta­\n             lités et de péché des ouvriers du laminoir.\n                Pendant des semaines, dans les villages noircis et tristes, il\nfréquenta les ateliers, les forges, échauffant sa pensée aux brasiers des\nfours, écoutant sangloter le métal sous le choc des marteaux, se mêlant\naux groupes des travailleurs, surprenant leurs attitudes si fières, leurs gestes\nsi grands   un mouvement utile est toujours gracieux, nous disait un pein­\ntre — épinglant dans sa mémoire des noms, des détails de mœurs curieux,\ncomme des coléoptères rares, et surtout se familiarisant avec leur patois\n                                                                     13\n"}, {"page_pdf": 231, "page_imprimee": 204, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2837, "texte": "                                  — 204 —\n\n\n  wallon, dont nous retrouvons dans le volume une si habile transposition —\n  tandis qu'avec lui, compagnon de voyage et d'impression, le peintre Con­\n  stantin Meunier croquait çà et là des types d'ouvriers et de femmes.\n     Ce sont ces dessins que Lemonnier rapporta dans son intime ermitage de\n  La Hulpe, qu'il fixa au mur en inscrivant un nom sous chacun d'eux, afin\n d'avoir ainsi devant lui, presque vivants et réels, les personnages du livre\n qu'il allait écrire.\n    C'est ainsi que Happe-Chair fut préparé, vaste tableau, fresque énorme\n et tragique, composé avec toutes ces esquisses brossées d'après nature.\n    Ainsi s'explique la couleur maintenue de ce livre, le même accent gardé\n d'un bout à l'autre, la même lumière baignant tous les personnages. Car\n c'est là tout l'idéal et toute la théorie d'art de Lemonnier : être atmosphé­\n riste. Cela équivaut à la tonalité dans un tableau. L'écrivain répugne aux\n procédés d'analyse méthodiques et minutieux ; ceux-ci font songer aux por­\n traitistes qui peindraient un à un les cheveux de leurs ; modèles ou aux\n peintres de paysage qui peindraient une par une les feuilles de leurs arbres.\n    Lui est avant tout l'homme des ensembles ou du moins il veut l'être et\nil est regrettable qu'il ne réalise pas plus complètement sa théorie d'art.\n    Il y réussirait en s'affranchissant tout à fait des influences naturalistes\nqui le portent à noter trop exactement certains détails négligeables, mal­\npropres, choquants, qui, pour être curieux dans la réalité, n'ont pas d'intérêt\nlittéraire.\n    Il est poète avant tout, si bien que ses livres de chevet sont des poètes :\n Hugo, Leconte de Lisle, Baudelaire. Il a l'image facile et pompeuse, la\ndescription ample, sonore ; il est lyrique, avec un grandissement de vision\net des souffles d'épopée, comme dans le premier tableau du livre où l'on\nentend le grondement farouche du laminoir, vaste comme une cathédrale\navec le bruit d'orgue des machines, la gravité de prêtres officiants des\ntravailleurs et l'énorme appareil du marteau-pilon qui semble un autel où\nle bloc incandescent brûle comme une hostie incendiée. On dirait la messe\nrouge.\n    Cette allure épique on la retrouve dans les chapitres de l'accident, les\nmeilleurs du livre. Quelles admirables pages, quelle émotion éclaboussée de\nsang dans le récit de l'explosion nocturne, roulant son bruit de tonnerre sur\nla campagne endormie : un volant a sauté, les murs ont croulé, toute lan­\nterne s'est éteinte; puis, les secours s'organisent, on pénètre dans le bâti­\nment noyé d'ombre, on extrait les braises en feu hors de la gueule des\nfours ; on relève les morts, les mourants, avec peur et angoisse, car, tou­\njours au fond de l'usine, gronde et tourne, comme un soleil désorbité,\nl'autre volant qui ne s'est pas arrêté.\n"}, {"page_pdf": 232, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2817, "texte": "                                   — 205 —\n\n\n     Tout cela est grand, traversé d'un beau souffle, et d'une puissante émo­\n tion, surtout quand les familles réveillées au bruit accourent au village,\n se ruent aux grilles pour avoir quelque nouvelle des leurs. Écoutez cette\n lamentation d'une mère sur le cadavre retrouvé de son fils.\n     « Pou' quoi qu't'es parti, Martin? T'avais coûté tant d'peine à no venir.\n « A quat'ans, t'étais si misérable qu'les gens i disaient : Pou sûr, el' femme\n « à Culisse n' gardera nin s' p'tit. Et j'tai gardé to d'même, j ' t'ai repris au\n « bon Dieu qui volait t'ravoir. J' m'disais : J'lui mettrai tant de baisers\n « d'sus l'peau que la mort é n'saura pu par où l'prendre. Et maintenant pu\n « rien ! T'es là en miettes, pi qu'si une bête t'avait magni. Martin, Martin,\n « Martin, Martin! m'fils Martin! m' doux chéri! C'est ben toi, dis,\n « qu'es là! Martin ! M' s'yeux et ma vie ! A c' t'heure qu' t'es pu là,\n « quoé qu' j'vas d'venir? M'faudra r'aller aussi et qu' j'iaisse l'homme to\n « seul ! T'allais d'sus tes dix-huit ans ; n'y avait pon d'pu beau gars dans\n « l'village. Et d'belles journées qu'ti gagnais déjà ! T'aurais été puddleur,\n « contre-maître, cor ben aut' chose ! Et t'aurais ren été du tout qu' t'aurais\n « cor été m'fils ! »\n     Tu aurais encore été mon fils! comme ce mot de mère est beau, humain,\n émouvant ! Il n'y a que de grands artistes pour inventer de pareils cris !\n     Voilà pour le fond ; et pour la forme, on trouvera assurément curieux\n ce patois wallon, non pas reproduit, mais créé par l'écrivain ; car c'est une\n véritable création ; ce n'est pas tout à fait la langue parlée, peu transpo­\n sable dans le livre, c'est un idiome composite greffé, combiné avec un art\n qui a su triompher de toute la difficulté.\n     C'est là sans doute ce qui donne au livre d'un bout à l'autre son accent\npeuple, selon l'esthétique de Millet, qui disait : « Il faut faire servir le\n trivial à l'expression du sublime, c'est la vraie force ».\n     Cette pensée s'appliquerait aussi à la composition des caractères et se\nréalise ici dans le personnage de Huriaux qui, malgré les trivialités de sa\nbasse existence, apparaît grand et touchant — c'est le type de l'ouvrier\nhonnête, loyal, bon enfant, héroïque par instinct, grandi comme il\nconvient pour réaliser un type artistement vrai.\n   Au lieu que Clarinette n'a pas autour d'elle ce halo d'art ; elle apparaît\nvulgaire dans la notation trop exacte de ses vices et son type, photogra­\nphié en quelque sorte, est cependant — et pour cela même — artificiel\ndans le livre, car la vérité artistique, la vérité supérieure est toujours une\nexagération de la vérité littérale. L'art c'est le spectacle de la vie, vu avec\ndes jumelles.\n    Il y a d'autres choses encore bien rendues dans le roman : la scène de\n"}, {"page_pdf": 233, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2716, "texte": "                                  —   206   —\n\n\n la grande Félicité suivant de force le convoi de Lerminia, la grève, la\n lutte de Jamioul, un beau caractère d'ingénieur, défendant les ouvriers\n contre les administrateurs et contre Poncelet, le directeur, un type vivant\n d'égoïsme et de cruauté inconsciente.\n    A ce point de vue, le livre est plus qu'une œuvre d'art ; il a une portée\n sociale; il est un cri de guerre dans la grande bataille du travail et du\ncapital dont nous voyons en ce moment les premières escarmouches déjà\ntragiques et sanglantes.\n    L'œuvre aurait même gagné à ce que ces côtés-là fussent accentués, de\nmanière à symboliser toute la vie de lutte, de misère, d'abandon et de vice\nfatal de la classe ouvrière — au lieu de se borner à transcrire l'histoire d'un\nménage qui n'offre guère de complications et ne peut pas non plus retenir\nl'attention par une analyse d'âme.\n    Quant à la langue du livre, elle est chaude, violente, colorée — en ceci\nLemonnier est un vrai Flamand — si colorée qu'on lui en fait même un\nreproche. Tandis que Zola renie la recherche de la phrase, la poursuite du\nrythme, le choix et la ciselure du mot, Lemonnier reste un triomphant\nvirtuose de la forme. Il a un vocabulaire étonnant, nouveau, déroutant\npour ceux qui vivent sur un vieux fonds de mots connus que la langue\nclassique et romantique leur a fournis. — Mais ne peut-on pas oser,\nhasarder, créer, inventer son style. Hugo le disait déjà dans sa préface de\nCromwell : « La langue française n'est point fixée et ne se fixera point. C'est\nen vain que nos Josué littéraires crient à la langue de s'arrêter ; les langues\nni le soleil ne s'arrêtent plus. Le jour où elles se fixent, c'est qu'elles meu­\nrent. Voilà pourquoi le français de certaine école contemporaine est une\nlangue morte ! »\n   Cela est vieux comme le monde et déjà Horace comparaît la langue à\nune forêt ou beaucoup de feuilles sont tombées, où d'autres feuilles\nrenaîtront. Or, puisque l'époque nouvelle est complexe, mobile, raffinée,\nsensible aux sourdines, aux demi-teintes de la sensation, aux nuances de\nl'âme, il est clair qu'à ce progrès de la sensibilité devenue plus aiguë, doit\ncorrespondre une écriture plus nerveuse, plus souple, plus compliquée —\nune attaque de nerfs sur du papier, a-t-on dit fort joliment.\n   Mais je me demande si l'idéal n'est pas, dans chaque langue nouvelle,\nd'arriver à une forme simplifiée qui reste alors la forme classique de cette\nlangue nouvelle et c'est peut-être dans ce sens que Madame Ackermann,\nle poète pessimiste, avait raison de dire un jour devant nous : « Il faut\nécrire dans une langue qui ne saurait pas vieillir ».\n                                                GEORGES RODENBACH."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 207, "page_fin": 210, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "VERS", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "BAISERS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 234, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 1330, "texte": "VERS\n                     S I LENCE\n\nNul n'entendra jamais, ô douceur! ô mystère!\nOrgueil mélancolique et fier renoncement,\nO toi, ma chère joie, ô toi, mon cher tourment,\nLe nom que te donnaient les enfants de la terre.\n\nJe mourrai loin de toi, nocturne et solitaire,\nTon image en mes yeux, fidèle à mon serment ;\nJe conduirai tout bas mon propre enterrement :\nLe silence m'enivre et mon cœur sait se taire.\n\nMais ce mutisme même et cette obscurité\nSeront comme un concert et comme une clarté\nQui rendront dans l'oubli ta mémoire éternelle;\n\nCar j'aurai fait chanter pour la race à venir,\nAu rythme d'une messe ardente et solennelle,\nComme un orgue pieux ton vaste souvenir!\n\n\n                  LA VOIX BRISÉE\n\nLorsque j'entends mourir ta voix crépusculaire,\nPleine d'espoirs déchus, d'angoisse et de rancœur,\nJe comprends que l'hiver est entré dans ton cœur;\nEt ta parole étrange, à la fois sombre et claire,\nOù se parle tout bas un douloureux secret,\nRessuscite pour moi les immenses murmures\nQu'aux premiers soirs du monde exhalaient les ramures\nD'une mystérieuse et lointaine forêt ;\nEt son timbre m'évoque une eau triste et lassée\nQui regarde sans voir, à travers le brouillard,\nSouvenir de printemps dans l'âme d'un vieillard,\nLa morne assomption d'une lune glacée.\n"}, {"page_pdf": 235, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1379, "texte": "                          — 208 —\n\n\n\n\n                        TES YEUX\n\n  Tes yeux verts sont pareils à des eaux printanières\n Où rit le rire vaste et sauvage du vent;\n J'y regarde passer, ainsi que des bannières,\n De beaux rêves d'or vierge et de soleil levant.\n\n Mais parfois la science y met sa solitude,\n Et l'on y voit penser dans l'ombre avec terreur,\n Captives à jamais de la même attitude,\n De hautaines douleurs de mage et d'empereur.\n\nPrintemps splendide et pur ! Hiver farouche et blême !\n Tourment toujours accru du malheureux qui l'aime,\nJe ne puis oublier tes clairs et tristes yeux.\n\nTes yeux ! ô tes chers yeux ! ô jeunesse ! ô vieillesse !\nO le regard si jeune et si vieux qui me laisse\nLe regret d'être jeune et celui d'être vieux !\n\n\n           QUAND TU        LIRAS CES VERS\n\nQuand tu liras ces vers où coule comme un fleuve\nLa saignante splendeur d'un soir rose et charnel,\nTon âme comprendra pourquoi mon âme est veuve\nEt ton cœur frémira d'un frisson   maternel.\n\nTu pencheras alors sur ma tendresse usée\nL'immense charité de ton corps jeune et beau,\nEt par toi ma douleur saintement abusée\nGlissera de ton lit dans la paix du tombeau.\n\n\n                     CRÉPUSCULE\n\nMalgré tes chers aveux, ton rire qui s'étonne,\nEt ta bouche crédule où dorment des baisers,\nAdieu! L'heure est venue et nos corps sont brisés;\nL'horizon nous regarde avec un œil atone.\n"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1427, "texte": "                       — 209 —\n\n\nLa fin de notre amour, crépuscule d'automne !\nAdieu ! Suprême adieu de nos espoirs passés!\nVois tournoyer là-bas nos rêves épuisés\nComme un vol de corbeaux dans un ciel monotone.\n\nCest la nuit souveraine et cest l'oubli profond;\nTout s'en va, tout est noir, tout pleure et se confond;\nLongue, une cloche râle au loin, cœur solitaire.\n\nAdieu! Car c'est en vain que nous aurons cherché,\nPar delà notre chair et les voix de la terre,\nQuelque chose de nous dans ce soleil couché.\n\n                    RENAISSANCE\n                                         A ANDRÉ FONTAINAS.\n\nAvec le rêve ardent de ton regard cuivré\nOù l'âme des clartés rit de se voir plus belle,\nAvec ta bouche en f eu dans le duvet ambré\n      De ta lèvre rebelle;\n\nAvec ta peau hâlée où l'orgueil de ton sang\nAllume une étincelle héroïque et méchante,\nTon opulente voix au timbre éblouissant\n      Comme de l'or qui chante;\n\nTon nez d'oiseau rapace et ton masque indompté,\nLa force de tes mains féminines et minces,\nAux ongles acérés et pleins de volonté\n       Comme en portaient les princes,\n\nIl te suffit de faire un geste aventureux\nPour qu'il ait à mes yeux la soudaine puissance\nD'évoquer en mon cœur, sous un ciel amoureux,\n       Toute la Renaissance!\n\nEt j'imagine alors un vaste palais clair\nOù des lacs de soleil dorment au pied des arbres\nEt font à leurs reflets roser comme une chair\n       La chasteté des marbres.\n"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 811, "texte": "                       —   210   —\n\n\nJe vois se dérouler de larges horizons\nOù, parmi les jardins baignés de vapeurs bleues.\nSur la riche émeraude en flammes des gazons,\n       Les paons ouvrent leurs queues.\n\nVoici les cardinaux avec leurs familiers,\nSous un dais de brocart tendu par des esclaves,\nEt leurs rouges manteaux sur les blancs escaliers\n       Coulent comme des laves.\n\nLà, devant un vitrail aux lueurs d'ostensoir,\nSur le balcon vermeil et dans des ombres roses,\nLes princesses en fleur hument le vent du soir\n       Qui leur parle des roses.\n\nEt l'essaim chatoyant des mimes et des flous\nEclate, s'éparpille et ricoche en cadence,\nEt l'on voit au travers des grands feuillages roux\n       Cet arc-en-ciel qui danse !\n                                         ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n\n                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 210, "page_fin": 211, "titre_corps": "Baisers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Kiss", "ancre_debut": "BAISERS", "ancre_fin": "Kiss", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 237, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 811, "fin_caractere_exclue": 1366, "texte": "BAISERS\n                                             To   MARY   L.\n        O, my darling, encor, encor,\n        Serrons-nous, les lèvres unies\n        Dans les étreintes infinies,\n        Ineffables des baisers d'or !\n\n        Viens, sur les lèvres demi-closes\n        Les baisers d'or sont les plus doux ;\n        Viens, mon amante, embrassons-nous\n        Dans le rêve doré des choses.\n\n        Enlace-moi dans tes bras blancs,\n        Avec des soubresauts immenses,\n        Nous aurons les douceurs intenses\n        Des rythmes lascifs et tremblants.\n"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 547, "texte": "                                       — 211 —\n\n\n                   Dans nos tressaillements    extrêmes,\n                   Longs tressaillements    amoureux,\n                   Tes baisers chauds et langoureux\n                   Me diront tout bas que tu m'aimes!\n\n                   O, my darling, encor, encor,\n                   Serrons-nous, les lèvres unies\n                   Dans les étreintes infimes,\n                   Ineffables des baisers dor !\n                                                                  Kiss.\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 211, "page_fin": 215, "titre_corps": "Chronique littéraire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Max Waller", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "MAX WALLER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "AIRS DE FLUTE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 238, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 547, "fin_caractere_exclue": 2315, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\nI. Théâtre en liberté, par Victor Hugo. Un vol. Paris. Hetzel et Quantin. Prix : fr. 7-50.\n   — II. L'Œuvre, par Emile Zola. Un vol. Paris, Charpentier. Prix : fr. 3-50. —\n   III. Mademoiselle Corvin, par Jean Fusco. Un vol. Paris, Ollendorf. Prix : fr. 3-50.\n\n\n                                            I\n\n              Deux ouvrages à retentissement ont paru le même jour (1er avril)\n               à Paris. Ce sont : le Théâtre en liberté, de Victor Hugo et\n               l'Œuvre, d'Emile Zola, celle-ci débordante de vie et de pas­\n               sion, celui-là pâle comme un revenant.\n   Le Théâtre en liberté contient huit fragments datés de 1865, de 1867,\nde 1869, de 1872, de 1873, de 1874, l'un même de 1854; tout cela rapporté\nsoigneusement et pouvant, par le genre, être compris dans le cycle de la\nLégende des siècles.\n   D'aucuns ont admiré cette pensée du vieux poète de vouloir se survivre,\nenvoyer du fond de la tombe l'émanation de son génie et forcer les hommes\nà l'admirer chaque année dans un livre nouveau.\n   J'aurais plutôt compris le contraire : que chaque année l'on émondât la\nvégétation de ce chêne touffu dont tant de branches ont la sève immortelle,\nmais dont tant de rameaux sont morts irrémédiablement. Les œuvres com­\nplètes de Victor Hugo, si minutieusement publiées que pas une variante,\nmême enfantine, n'échappe à la perspicacité des éditeurs, sont déjà comme\ncelles de Voltaire, un encombrement de bibliothèque. Qui relira jamais le\ngalimatias tonitruant de l'Ane, de la Pitié suprême, de Religions et reli-\ngion, du Pape?\n   Qui relira le Théâtre en liberté?\n   Les journaux, qui, lorsqu'ils donnent les bonnes feuilles d'un livre à\nparaître, choisissent souvent les plus mauvaises, sont tombés bien cette\n"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2889, "texte": "                                     — 212 —\n\n\nfois. Ils n'ont donné que deux fragments : Etre aimé et Sur la lisière d'un\nbois. C'est encore du fatras, mais la griffe du génie à son crépuscule marque\ncertains vers :\n              Soyej Pierre-le-Grand, épousez des servantes ;\n              Ayez tout de l'amour, même les épouvantes,\n              Mais ayez l'amour. Dieu sans l'amour serait seul,\n              Et le ciel étoile ne serait qu'un linceul.\n              Les ténèbres mettraient sur Dieu leurs plis sans nombre.\n              L'oubli c'est du silence, et la haine est de l'ombre.\n              Je veux, pour mon bonheur comme pour mon souci,\n              Retrouver dans un autre un moi-même adouci.\n     Mais, à côté de ces envolées de grand lyrisme, reviennent les antithèses\n  connues, les hyperboles gigantesques, les énumérations qui tirent à la\n  ligne, ressemblant à quelque dictionnaire encyclopédique qui se serait tout\n. à coup liquéfié et se précipiterait, comme un torrent, dans un encrier\n  énorme !\n     Parfois, après les essoufflantes tirades, qui font s'éponger le lecteur,\n  viennent des strophes douces et charmantes ainsi qu'une caresse d'éven­\n  tail; c'est alors l'éternel chant d'amour panthéiste s'épanouissant de l'être\n  aux choses :\n              Le bonheur fait l'effet, ne réprouves-tu pas ?\n              Qu'on est chaque matin remariés tout bas ;\n              On sent quelqu'un, très loin et tout près, qui dans l'ombre\n              Met sur vous en silence une grande main sombre,\n              On chante, on rit, on sent que l'âme est à genoux,\n              Et l'on a sur le front je ne sais quoi de doux,\n              L'air, le printemps, le ciel, l'amour profond des choses,\n              Des bénédictions faites avec les roses.\n   Il y a peut-être quatre pages de cette valeur dans Théâtre en liberté, le\nreste n'est que l'écume de la poésie hugolienne, mais c'est mal servir son\nimmortalité que la couvrir de ces broussailles desséchées.\n   Emile Zola disait hautement son avis au Maître lorsque celui-ci vivait\nencore. A propos de l'Ane, il écrivait ces lignes qui s'appliquent aussi bien\nau Théâtre :\n   « Nous pataugeons en plein rabâchage. Seulement le poète intervient et\nnous donne du rabâchage sublime. Les choses les plus plates prennent des\nallures tonitruantes. Calino se double d'Isa'ie. Cela serait très médiocre, si\nc'était dit simplement ; mais comme le poète dit les choses avec une enflure\nextraordinaire, cela devient absolument illisible. C'est consternant. J'ai\ncru entendre Malbrough s'en va-t-en guerre joué dans les trompettes du\njugement dernier! »\n                                          II\n   L'Œuvre est le quatorzième volume des Rougon-Macquart;        sans se\nlaisser abattre, Emile Zola poursuit lentement son étude de la société\nmoderne, abordant tous les milieux l'un après l'autre, comme fit Balzac.\n"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 213, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3150, "texte": "                                  — 213 —\n\n\nLes haines se sont tues autour de son œuvre, les critiques les plus hostiles\nont désarmé, Germinal a emporté la redoute.\n   Aujourd'hui, le livre nouveau est plus intime, il nous intéresse davantage,\nnous, écrivains qui voyons une partie des douleurs qu'il saigne ; on sent\nque Pierre Sandoz c'est Zola lui-même, que Claude Lantier c'est un peu\nManet, que Zola défendit dès la première heure, et de ces deux autobiogra­\nphies, arrangées pour l'affabulation dramatique du roman, s'élèvent toutes\nles amertumes venues de l'Art combattu, mal compris, vilipendé.\n   L'Œuvre est un livre d'observation psychologique ; comme dans Ger-\nminal, le côté extérieur et descriptif des choses emplit de nombreuses\npages, mais le décor n'est qu'accessoire ici, c'est l'âme divine et humaine\nde l'artiste que Zola observe sur lui-même, avec la clairvoyance du penseur.\n   Ceci n'est que l'histoire fort simple et sans nulle complication d'un\npeintre hardi, novateur, que la grosse bêtise publique empêche de vivre. Le\npremier, il a tenté le plein air, avec le rayonnement vrai de la nature qui\nfait les arbres violets parfois et parfois roses. Au premier tableau qu'il\nexpose, un cri de surprise lui répond dans les ateliers ; Claude fait une\nimpression profonde ; il dessille les yeux, il fait école ; mais ses amis ont\npeur de la foule; ils appliquent les idées de Claude à leurs idées acadé­\nmiques et font applaudir Paris. Lantier, lui, ne concède rien, n'accorde\nrien, travaille, lutte, s'accroche désespérément à l'œuvre qu'il a rêvée, qu'il\nne trouve jamais assez grande, assez belle, assez radieusement lumineuse,\net finit par se pendre la face tournée vers la création inachevée.\n   Emile Zola écrivait un jour son rêve de voir son style débarrassé du\njargon romantique, de retourner à la langue ferme du dix-septième siècle ;\nce rêve, il le réalise peu à peu ; bien que dans certaines des causeries d'ate­\nlier qui reviennent de loin en loin dans le livre comme la phrase-type d'un\ndrame lyrique, il prête à ses artistes un langage imagé, solennel comme une\nprière à Apollon, avec des périodes d'une éloquence de chaire, un langage\nimpossible autant que romantique, lorsqu'il décrit, la phrase se simplifie,\ns'apaise pour ainsi dire, et devient d'une nette correction.\n   L'impression que nous fait l'Œuvre est grande; nous retrouvons la puis­\nsance de ce vigoureux charpentier du verbe, et, ce qui nous émeut davan­\ntage, nous trouvons le Lamma Sabacthani ! du Calvaire des Lettres, jeté\naux espaces et noté dans la forme durable d'un beau livre.\n\n                                     III\n         MADAME,\n                                                              A JEAN FUSCO.\n   Mais voilà — vous signez d'un nom d'homme et c'est peut-être pour\nqu'on ne vous reconnaisse pas. Oh ! n'ayez pas peur cependant, je ne\ndirai pas que vous êtes Mme X... de Monceau-sur-Sambre et de Montigny-\nles-Tilleuls, et personne, pas même moi, n'aura la perspicacité de vous\nreconnaître — on est si bête, que voulez-vous? Je reçois votre livre aujour­\nd'hui 27 mars, en même temps que les journaux du soir qui m'apprennent\n"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 214, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3251, "texte": "                                  -   214 —\n\nles frasques des ouvriers de votre pays. Tubleu! on brûle les châteaux, on\npille les usines et l'on tue les propriétaires ; j'ai le frisson quand je songe\nque l'on pourrait faire flamber aussi votre hôtel si parisien et si hospita­\nlier, vos œuvres d'art : ce prestigieux portrait de femme de Dubois, le\nmystérieux faciès de Poulet-Malassis du même, et les Smits et les Boulen-\nger et les Van Camp et les Pantazis, et toutes les merveilles d'art que vous\ncollectionnez avec tant de goût et de tact! Mais vous êtes... homme à\nprendre les armes pour les défendre, n'est-ce pas, Madame, et vous qui\njouez de l'épée comme d'Artagnan ou la Maupin, vous ne laisserez pas\nsaccager ces trésors, dont vous êtes le plus précieux d'ailleurs.\n   Donc, Madame, c'est dans votre élégant boudoir de « bourgeoise repue »\nde « buveuse de sueur populaire » que vous vous permettez de faire de la\nlittérature, comme s'il ne vous suffisait pas d'absorber le capital aux\ndépens de l'ouvrier; c'est une conduite inqualifiable qui vous vaudra tôt\nou tard le sort de Madame de Lamballe. A vrai dire, j'envie le sort de la\npique qui portera votre tête, cette pique-là elle sera désencanaillée. Car,\nc'est triste à dire, nous sommes singulièrement crottés par toute cette\npolitique qui se déchaîne. Il est impossible de faire quatre pas sans entendre\ndes mots de démocratie et de prolétariat. La question sociale a l'air de se\nprendre au sérieux, la voyoute! et des gens graves en parlent avec un air\nd'intérêt. Cela se résout par des grèves, des sacs et des meurtres, puis, tout\nrentre dans le silence et vous savez bien, n'est-ce pas, ce qui en reste,\nMadame?\n  LA LITTÉRATURE !\n   En elle, par elle, pour elle ! c'est notre devise, à vous comme à nous, et\nce ne sont pas des poignées de gens malpropres, à l'accent lourdaud, au\ngeste vulgaire, qui empêcheront la littérature de planer, ailes grandes,\nau dessus de toute cette boue éclaboussée.\n    Votre livre en est la preuve; lorsque je songe qu'il a été écrit dans\nl'affreux pays des usines, des houillères, des laminoirs, où les cheminées\ncoupent l'horizon, où tout est noir sauf souvent le ciel qui défie les\nfumées, je me demande comment vous avez pu vous absorber dans la dou­\nloureuse idylle d'amour qu'il décrit. Car c'est bien une idylle que Made-\nmoiselle Corvin, une idylle toujours neuve quoiqu'ancienne de toujours.\nUn vicomte de grande souche a rencontré une jeune fille de la bourgeoisie;\nil l'aime, lui demande sa main, mais le comte, son père, s'oppose à cette\nmésalliance et le jeune homme se tue dans la mort, tandis que la fiancée se\ntue dans un mariage de convenance.\n   Voilà tout, sans complication, sans trucs, sans coups de théâtre — mais\navec des nuances, et n'est-ce pas là qu'excelle l'écriture féminine?\n    Lorsque, dans la cordialité de votre table où vous nous aviez si gracieu­\nsement conviés, Georges Rodenbach et moi, vous nous parliez de vos\nprojets littéraires, d'un livre que vous écririez sur le peuple usinier qui\nvous entoure, je regardais vos fines mains de châtelaine et je doutais —\nfaut-il vous l'avouer — que ces mains-là s'astreignissent jamais à de tels\nlabeurs. A lire vos pages sur les bains de mer, vos silhouettes de danseurs\n"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 215, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1162, "texte": "                                 — 2l5     —\n\n\noù le trait d'ironie est si délicatement touché, celles de sentiment qui sem­\nblent mouillées de discrètes larmes, il me paraît que vous avez, Madame,\nla mission de laver, à l'aquarelle du style, des Keepsake d'élégance senti­\nmentale, tels que Mademoiselle Corvin ou Vaincu, mais non d'empoigner\nla grosse brosse et le couteau à palette qui font des taches aux robes et\nsalissent les doigts. Lorsque George Sand a chanté les paysans, c'était sur\nla flûte d'Anacréon ; quand elle les a peints, c'est avec le pinceau de Frago­\nnard, mais jamais elle ne nous a fait humer les senteurs d'étables, et ses\ncampagnards parlent la langue de... George Sand. Je ne connais pas\nMme Georges de Peyrebrunne, mais je gage qu'elle a de la moustache; quant\nà Rachilde, elle est femme dans ses plus sadiques romans.\n   Vous me répondrez sans doute qu'il n'y a pas de monopoles en art et je\nn'aurai rien à dire. Ou plutôt si ; je vous dirai de confiance que même en\nforçant votre talent, vous ne pourrez manquer de le faire avec grâce.\n                                                         MAX    WALLER.\n\n\n\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 215, "page_fin": 220, "titre_corps": "Airs de flûte", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Siebel", "ancre_debut": "AIRS DE FLUTE", "ancre_fin": "SIEBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 242, "page_imprimee": 215, "debut_caractere": 1162, "fin_caractere_exclue": 1990, "texte": "AIRS DE FLUTE\n                                    XIII\n                               SUN SHINE\n                                       P O U R CELLE QUI DEMANDE UN AIR DE FLUTE.\n\n              How do you do '! mon cœur a faim\n              De votre regard qui dédaigne ;\n              Et depuis l'autre jour il saigne,\n              Viendrez-vous le soigner enfin?\n\n              Car, bien que le printemps commence\n              A dorer les longs boulevards,\n              Il fait très froid sans vos regards\n              Et ma solitude est immense.\n\n              Little beauty ! venez, venez,\n              C'est si triste et si navrant d'être\n              Les yeux braqués à la fenêtre\n              Pendant les doux après-dîners,\n\n              Attendant toujours la chérie\n              En songeant qu'elle n'aime plus,\n"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 216, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1003, "texte": "                   — 216   —\n\n\n  Et c'est ridicule au surplus,\n  Et c'est naturel qu'on en rie.\n\n  Mais voilà! my heartl on est fou,\n  On sait bien qu'elle est infidèle,\n  Et pourtant lorsqu'on rêve d'elle,\n  On devient maigre comme un clou.\n\n  On se dit : la folle sur l'heure\n  Est avec un nouvel amant,\n  Oh! c'est son droit assurément,\n  Mais ça n'empêche qu'on en pleure.\n\n Si le soleil n'était pas là,\n Lui qui contre tous nos spleens lutte,\n Je me tuerais, tra la la la !\n En sanglotant un air de flûte !\n\n\n\n\n                    XIV\n\nLA COMPLAINTE DES BOISSONS BUES\n\n                                   POUR FRITZ ROTIERS.\n\n En cette nuit d'écœurements,\n Où rien ne bouge que ma plume,\n Et l'étincelle qui s'allume\n Au fond du poële par moments,\n\nEn ce soir de spleen lamentable,\nIl me semble que c'est la Mort\nQui, comprenant mon mauvais sort,\nPrend gravement place à ma table.\n\nElle me donne, sans parler,\nUne petite poudre blanche,\nEt, comme un serin de sa branche,\nJe vois mon âme s'envoler !\n"}, {"page_pdf": 244, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1098, "texte": "                 —   217   —\n\n\nElle s'envole et se balance\nEn l'air, sans disparaître encor,...\nAvez-vous entendu le cor\nHurler au cœur de la distance?\n\nO spleen! c'est l'appel des boissons,\nDes lourdes boissons avalées,\nDes tristes heures envolées,\nEt des hoquetantes chansons.\n\nC'est le flot des longues ivresses\nTrès tard, dans la nuit du café,\nOù, par l'atmosphère étouffé,\nJe faisais boire mes détresses ;\n\n Sur ce fleuve au reflet dormant\n Empli d'essences parfumées,\n Roulent, tristes étrangement,\n Les yeux des anciennes aimées,\n\n Des yeux verts d'absinthe, des yeux\n Noirs de stout, plus sombres que l'aile\n Du corbeau, des yeux au pale-ale,\n Ivres, hagards,    mystérieux;\n\n Des yeux qui pleurent l'existence\n Roulée à boire encor, toujours,\n Les heures, les heures, les jours\n Où, tel qu'un navire en partance,\n\n  On n'attendait, dans la boisson,\n  Qu'une solennelle arrivée,\n  Tandis qu'à la rive rivée,\n  L'âme grelottait d'un frisson.\n\n  Mon âme! il fait froid, levons l'ancre!\n  Allons nous en vers les lointains\n  Où l'on trouve les doux matins\n  Loin des horizons couleur d'encre;\n"}, {"page_pdf": 245, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1043, "texte": "                   — 218 —\n\n\n Allons nous en incognito\n Sans rien en dire aux journalistes,\n Mon âme ! ne soyons plus tristes,\n Et m'aide à passer mon manteau!\n\n\n                     XV\n              NUITS D'AVRIL\n                               POUR CHARLES SAINCTELETTE.\n\n Du temps où je roulais partout,\n J'entrevis un homme posthume,\n Qui, bien qu'il singeât mon costume,\n Ne me ressemblait pas du tout.\n\nIl n'était pas trop mal, en somme,\nDroit comme un canon de fusil;\nPour camarade il me choisit,\nPuis je n'ai plus revu cet homme.\n\nUn soir — je jouais pique — atout !\nIl tricha pour mon partenaire,\nMais son visage débonnaire,\nNe me ressemblait pas du tout.\n\nIl m'ennuyait, doisje le dire ?\nMais enfin, il était poli,\nSi bien que, me glissant au lit,\nGravement je me mis à rire.\n\nJe devins vieux et mon matou\nSeul consolait ma solitude;\nLui parut — mais, par habitude\nNe me ressemblait pas du tout.\n\nCette fois, je pris la parole,\n Tandis que lui tournait ses doigts,\nIl frémit au son de ma voix :\n« Sais-tu bien que tu n'es pas drôle !\n"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1093, "texte": "                 — 219 —\n\n\n« Tu m'as poursuivi Dieu sait où,\nPlus rasant que le rasoir même,\nMais ton masque, visiteur blême,\nNe me ressemble pas du tout. »\n\nAlors son verbe aux accents tristes,\nTraînant sur le mode mineur\nMe dit : « Toi qui fis mon bonheur,\nJe suis le dernier des fumistes. »\n\n\n                   XVI\n            AMOUR-HOTEL\n                                  POUR LÉON FURNÉMONT.\nMon cœur est comme un Grand-Hôtel\nOù descendent les bien-aimées,\nEt sur leurs valises fermées\nJe vois des Amours au pastel.\n\nJe les reçois sans leur rien dire,\nPorte leurs malles doucement,\nPuis elles suivent mon aimant\nMon aimant aimant : le sourire!\n\nJe leur murmure : « Très longtemps\n Vous habiterez cette chambre,\nEt votre taille qui se cambre\nSera mienne jusqu'au printemps;\n\n« Vos yeux seront miens, votre lèvre\nSera mienne, et vos longues mains\nParcoureront tous les chemins\nDe mon corps éperdu de fièvre\n\n« Nous épuiserons les douceurs\nDes frais baisers, et des caresses,\nEt savourerons les ivresses\nCoupables de deux lèvres sœurs.\n                                                   14\n"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 828, "texte": "                                 — 220 —\n\n\n             « Nous n'éteindrons pas la veilleuse\n             Pour voir notre crime éclairé,\n             Et le boudoir sera doré\n             De lumière mystérieuse.\n\n              « Le matin, très tard, le valet\n              Nous servira des liqueurs roses,\n              De la confiture de roses,\n              Et des pralines dans du lait ;\n\n              « Nous ne verrons pas les musées\n              Ni les monuments publics, ni\n              Les églises — mais l'infini\n              Des voluptés inapaisées;\n\n              « Et quand nous aurons bien tout vu.\n              Epuisé la table servie,\n              S'il n'arrive rien d'imprévu,\n              Nous nous quitterons pour la vie ! »\n                                                            SIEBEL.\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 220, "page_fin": 222, "titre_corps": "Chronique artistique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Émile Verhaeren", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "EMILE VERHAEREN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PÉPINS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 247, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 828, "fin_caractere_exclue": 1899, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n\n             EXPOSITIONS AGNEESSENS ET BARON\n\n              Agneessens et Baron, deux noms allumés d'art, deux peintres à\n               tendances réalistes d'il y a quinze ans. Leurs deux expositions,\n               l'une au Palais des Beaux-Arts, l'autre au Cercle, permet­\n               tent de les classer, grâce à la mise en présence de leurs œuvres\n es plus anciennes et les plus récentes. Ce qui leur est particulier, c'est le\ngrand souci de réalité qui dominait l'esthétique de leur temps. Ils sont\nobjectifs, tous les deux. Ils demandent, l'un au modèle, l'autre au paysage,\nles éléments principaux de l'œuvre ; ils reçoivent plus qu'ils ne donnent ; ils\ncherchent le caractère dans l'objet qu'ils représentent bien plus qu'en eux-\nmêmes; ils le suivent, le scrutent, le rendent, l'exploitent, le serrent. De\npeur de dérailler dans la composition et la convention, ils s'acharnent après\nle morceau, et s'ils synthétisent jamais, c'est avec réserve, avec prudence,\navec crainte. Agneessens s'en est presque toujours défendu. Quant à Baron,\n"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 221, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3159, "texte": "                                      221\n\n\nil y a réussi certes : il a donné quelques sublimés remarquables. On peut\naffirmer qu'il a typé la dune, les sables, les marais.\n    Et d'abord au Palais des Beaux-Arts.\n    Trop de portraits et surtout trop de petits portraits. A première vue, les\nmurs paraissent des cartes à échantillons ; impossible de regarder une œuvre\nsans être distrait par sa voisine.\n    Tableaux hors de pair?\n    Une esquisse : Dans la loge. Cette peinture ébauchée avec des sûretés si\nmaîtresses, caractérise Agneessens. On y sent décisivement le portrait ; elle\na cette flamande distinction bien portante et aussi ce je ne sais quoi de\ndélicatement mystérieux, si féminin et si attirant dans le portrait également\nsuperbe de Mme P.... Pour les chercheurs de beaux morceaux de chair,\nvoici un bras d'une venue parfaite et une gorge et des épaules exquises. La\nmain est admirable. On peut regretter que l'étude ne soit poussée jusqu'au\ntableau, bien que pour le vrai dilettante cette question semble mince.\n Ebauche ou tableau, qu'importe, si l'œuvre est de premier ordre.\n    Le portrait de Mme D...- peinture grasse, avec des luisances de beurre\nsur le front, peinture reposée, interprétant la femme bourgeoise, sans qu'il\ny ait une tare de vulgarité, ni dans l'allure, ni dans le dessin, ni dans la\ncouleur. Difficulté ardue supérieurement tournée.\n    Pétroleuse. Toute une fureur de misère y est étudiée. Tête de mégère,\n tête d'hystérique, tête de sorcière du XIXe siècle, qui si elle n'apparaît plus\n dans des sabbats et des messes noires se tourne encore vers les incendies et\n les massacres révolutionnaires. Nos pétroleuses d'aujourd'hui sont de cette\n race de femmes qui ensinistrait le XIV0 siècle et que Michelet a immor­\n talisées.\n    Restent à signaler aussi, les portraits de l'avoué Claes, des docteurs\n Desmeth et Lavisée et la magistrale ébauche de la famille Nypels.\n    A défalquer de l'actif du peintre, Java. Tableau surfait, tout au plus\n d'une grâce de ligne.\n    Agneessens a fait d'admirables études de nu. A preuve les deux académies\n exposées l'une sur chevalet, l'autre au fond de la grande salle. J'ai parlé lon­\n guement de la première et je renvoie à mon compte-rendu de l'Exposition\n  d'Anvers. La deuxième plus sèche, plus classique, étonne néanmoins par\n  son audace de réalité et par sa pose spéciale. Ce cou rouge d'homme désha­\n  billé qui prouve non pas le vulgaire modèle peint d'après recette, mais\n  d'après vue directe sur chair et peau, devait dérouter quelque peu les juges\n  au concours de Rome de 1870. C'était belle franchise de les offusquer si\n  fermement.\n     Baron a été un des premiers, si pas le premier, des paysagistes sincères\n  et émus. Il a sonné en Belgique la résurrection de l'art mis en terre jadis et\n  maintenu dans le noir du sépulcre, sous la pierre tombale académique, avec\n  tous les Ommeganck, Van Assche et Verboeckhoven assis dessus.\n     Il fallait une belle et naturaliste organisation pour culbuter tant de culs-\n  de-plomb. La poigne devait être implacable et solide. Elle le fut.\n     Joseph Heymans, un de nos maîtres paysagistes et l'un des plus clairs,\n"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 222, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1361, "texte": "                                 — 222 —\n\n\nm'a parlé longuement de cette belle lutte et de cette belle victoire. Baron\nétait âpre, décidé, foncièrement convaincu. Il combatit tout seul d'abord.\nOn le suivit et bientôt l'audace fut bien portée, le mépris de la routine fut\nde mise et l'on se targua de révolutionnarisme comme d'une manière de\ndandysme artistique.\n   C'est à ses débuts que Baron a produit ses meilleures toiles. Il a rendu\nl'âpreté des solitudes et la désolation muette des sables et le sommeil\nflasque des marais mieux que personne. Il avait le secret d'une belle\nharmonie de bruns et de verts profonds. Parfois, on se croyait en présence\nd'un Daubigny ou d'un Rousseau\n   Au Cercle on remarque quelques spécimens de cette première et triom­\nphale manière: Le Petit chemin brun dans un paysage de neige, les Dunes\net le Chevreuil mort.\n   Depuis, l'artiste a voulu se renouveler et comme tant d'autres peintres il\na été ébloui de lumière. Ebloui au point de ne la point voir sans crudité. Il\ntravaille, néanmoins, à la distinguer plus exacte et plus fine et déjà il y\nréussit par ci par là.\n   Oh! s'il pouvait, avec ses nouvelles idées et sa nouvelle vision des\nchoses nous synthétiser l'Ardenne comme il nous a synthétisé la Campine,\njadis!\n                                                  EMILE VERHAEREN.\n\n\n\n\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 222, "page_fin": 223, "titre_corps": "Pépins", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "S. 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Et sourdement l'alpaga pluvieux\n"}, {"page_pdf": 250, "page_imprimee": 223, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1117, "texte": "                                     — 223 —\n\n\n       Comme un tambour voilé bat des marches funèbres.\n       Soudain, frappé par un invisible bourreau,\n       Je suis guillotiné d'un coup de goutte d'eau.\n\n\n                                        II\n                                    PÉPIN GAI\n\n       Couvercle naturel du Philistin, qui craint\n       D'abîmer son chapeau, sa femme ou son caniche,\n       Guenille d'alpaga coiffant un bâton peint,\n       Le parapluie est bête et le rapin s'en fiche.\n\n       Sous l'averse, on dirait d'un gros ventre, qui geint,\n       Empalé qu'il est d'une arête de stockfische.\n       — Peut-être ce bedon bombant est-il enceint\n       Et va-t-il mettre bas un glorieux derviche ?\n\n       Frère du casque à mèche et du bonnet chinois,\n       Le parapluie a l'air, porté par son bourgeois.\n       D'un éteignoir en deuil sur un bout de chandelle.\n\n       Et Gribouille sourit dans sa gloire éternelle\n       Pour avoir dignement préféré le ruisseau\n       A la feuille de vigne énorme du cerveau.\n                                                     S. MÉDARD.\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 223, "page_fin": 226, "titre_corps": "Pierrot macabre", "titre_sommaire": "Chronique musicale", "rubrique": "Chronique musicale", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 250, "page_imprimee": 223, "debut_caractere": 1117, "fin_caractere_exclue": 1644, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n                          PIERROT MACABRE (I)\n              On dirait que les hommes ont fait un échange avec Pierrot et\n                qu'ils ont depuis quelques jours, quelques ans, quelques\n                siècles peut-être, troqué leur âme d'homme contre l'âme du\n                pantin. C'est pourquoi, depuis lors, nos sympathies se repor­\ntent à l'être 'fantaisiste qui demeure, au milieu de nos réalités, comme la\ncaricature mélancolique des souffrances humaines.\n\n (1) Partition éditée chez Cranz.\n"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3319, "texte": "                                  —        224\n\n\n\n    Théo Hannon vient de ressusciter une fois de plus, parmi nous, le vieux\n mimodrame habillé de fantaisie lyrique, le rêve bleu, la chimère en perruque\n poudrée et, d'un joli coup de plume, le coloriste japonisant des Rimes de\njoie tant fardées a redressé sur la scène la figure pâle et glabre du Pierrot de\n Bergame.\n    Pierrot est triste. Pierrot ne peut se consoler de la perte de Colombine,\n et des heures et des heures durant, dans le cimetière où rôdent les morts\n d'antan, Pierrot « givre sa face de pleurs ». Quand survient Laetitia, la fée\n de joyeuse vie, qui verse au malheureux la liqueur de l'oubli. Dès lors,\n Pierrot, redevenu le follichon des heureux jours, se met à aimer Laetitia\n pour rire et s'enfuit avec elle dans un jardin féerique, le Mabille de\n Bergame, où se trémousse la plus jolie moitié du monde qu'on puisse rêver :\n Pierrettes blanches, bleues, roses ; arlequines bariolées, polichinelles à deux\n bosses de satin, le bicorne coquettement échafaudé sur leurs perruques\n poudrées. Mais voilà que d'outre-tombe, où elle n'était qu'en léthargie,\n Colombine revient, flanquée à son tour de deux chevaliers polichinelles,\n forts comme quatre et canailles comme dix. Pierrot, dégrisé, se fâche ; de\n querelle en duel tombe frappé d'un coup d'épée, et tout serait fini sans le\n secours de la charmante fée ex machina, Laetitia-Rossi : car l'amour\n quelquefois ressuscite les morts. Un baiser de Colombine va ranimer\n Pierrot et les amants revivront encore de longues nuits de rêve à s'aimer\n « au clair de la lune ».\n    Cette féerie, imaginée d'un tour d'esprit si délicat et construite de main\n preste et légère, exigeait une scrupuleuse interprétation, une minutie infinie\n d'exécution ; mais le poète a compté sans les hommes de théâtre qui con­\n naissent en fait de poésie bergamasque le manteau d'Arlequin et sont plus\n habitués à manier des portants de coulisse que de la fantaisie. La fantaisie\n de Pierrot, jolie aquarelle lavée de larmes, avec un sourire d'ironie au bord\n de toutes ses souffrances, avec ses mouvements, ses expressions à peine, ses\n gestes à demi, pleine de choses mystérieuses et voilées qui se glissent en frô­\n lant du vague, le doigt sur les lèvres... Chut!... à pas de loup.... cette fan­\n taisie est si fragile qu'à la moindre fausse nuance, éveillée de son rêve ainsi\n qu'une somnambule, elle peut faire la pirouette et les fausses nuances,\n malheureusement, ne manquent point dans la mise en scène et l'interpréta­\n tion de Pierrot.\n    Son côté macabre, assez grassement réalisé, n'échappe pas au grotesque.\n Une seconde fausse nuance, et la plus grosse, est le divertissement qui\n coupe l'action et tache, de la meilleure volonté du monde, un ravissant\n poème. Une autre fausse nuance est le costume de M. Sarraco qui, ne com­\n prenant pas l'Arlequin, a pris un déguisement de saltimbanque, jugeant\n qu'il lui irait mieux. Une autre fausse nuance enfin, l'interprétation du rôle\n de Pierrot, qu'aucun des deux interprètes n'a senti. M. Hansen le laissait\n inexpressif, M. Duchamp le grimace et le grossit. Son Pierrot boit des\n bocks et va en omnibus. Entre ces deux là, il y à place pour l'interprétation\n juste, à la fois expressive et sobre, d'un vrai mime encore à venir.\n    Ohé ! les Hanlon-Lees !\n"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3266, "texte": "                                  — 225 —\n\n   Et voilà pourquoi il faut cligner fort des yeux et de l'imagination pour\nretrouver, dans son originalité de vie sur la scène de la Monnaie, la panto­\nmime de Théo Hannon.\n   M. Lanciani, qui est artiste un peu plus que M. Hansen, en a autrement\ncompris le sens humain : il s'est pris de sympathie pour Pierrot, et toute\npetite qu'elle fut, il a stylé son œuvrette amoureusement, comme une\ngrande. Il s'est pénétré de son sujet musical, l'a conçu d'une pièce avant de\nl'écrire; il en est résulté, au lieu d'un ballet vu du côté des jambes, un\npoème vu du côté du cœur ; un drame de psychologie à fleur d'âme, mon­\ntrant en esquisse ce que deviendrait, sous sa plume, un drame plus sérieux.\nOh ! n'y cherchez pas de traits saillants ni de relief; tout cela s'indique et\ntransparait, à peine, comme des nervures délicates au plus fin épidémie ;\nce sont des riens observés ; des minuties de sensations que l'appendice ou\ndivertissement (pages 36 à 56) écrase de sa lourde banalité.\n   Il y a, en effet, deux choses dans la partition de Pierrot. D'abord ce que\nje viens d'indiquer, de la page 1 à la page 36, et qui est de M. Lanciani,\npour les artistes. Ensuite, un cahier de danses qui prend les pages 36 à 56\net qui est de tout le monde, sauf de M. Lanciani. Ceci est pour les abonnés,\nc'est le côté des jambes.\n   Qu'on reprenne, maintenant, ces trente-six premières pages, qu'on les\nsuive mesure à mesure, et l'on verra comme cela est scrupuleusement tissé\nà même le drame, et comme la musique très fine en attise les drôleries d'une\npointe de malice.\n   Après l'introduction s'ouvrant sur un « au clair de la lune » dont la tierce\nainsi altérée fait une mine si pitoyable au thème de Pierrot, se déroule\nle paysage du cimetière : un paysage nocturne et dormant, coupé seulement\npar les heurts de pioche du fossoyeur, les pépiements, les cris, les froisse­\nments d'ailes des oiseaux de nuit, pour arriver par une marche d'har­\nmonie très naturelle à l'éclaircie du chant rustique fait d'une mélodie\nfranche qui sent bon la terre. Le fossoyeur a fini sa besogne, il se redresse\nde la tombe creusée pour ressaisir, aux chants joyeux des camarades, un\nbout de vie joyeuse, quand le cri du hibou qui coupait la phrase de Pierrot\ndans l'introduction reparaît tout-à-coup. A l'appel de l'oiseau de nuit, les\nmorts quittent leur tombe, nouent une ronde macabre autour du monument\nde Colombine. La ronde, dont le rythme grossier se déhanche aux timbres\ncriards et nasillards de l'orchestre, propage de loin en loin ses appels plus\npressants ; force le trait, hausse le ton et monte de quarte en quarte, se\nramassant un instant en tonalités mineures, pour se déchaîner plus violem­\nment sur le double forte de la fin.\n   Cette ronde, d'un caractère autrement macabre que la danse des sque­\nlettes, termine évocativement le paysage des deux premières scènes.\n   Vient alors la marche funèbre de Pierrette et la cérémonie des funé­\nrailles qui renferme encore de bien jolis détails de dessin. C'est d'abord ce\nfragment du thème goguenard : « J'ai du bon tabac », qui se glisse vite\nentre deux membres de phrase martelés en octaves, pour exprimer le geste\nfurtif du prêtre pinçant une prise de tabac au milieu de sa prière. Malheu-\n"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3351, "texte": "                                   — 226 —\n\n\nreusement, ce trait échappe à l'orchestre. Il ferait rire s'il était mieux sou­\nligné.\n   C'est ensuite l'oraison déroulée en trois temps sur le thème de l'Ami\nPierrot : monotonement, ce thème se psalmodie, coupé bientôt par les ron­\nflements graves des contrebasses pendant que les violons râclent en manière\nde scie une progression ascendante; puis les violons s'arrêtent; tout se\ncalme, l'orateur balbutie encore une ou deux fois : « Au clair de la lune...\nau clair de... », et tandis que Colombine, sortant de sa léthargie, se dresse\nlentement de son lit funèbre derrière Pierrot qui pleure et les deuillants qui\nronflent, un chœur mystérieux, comme un écho dans la coulisse, répète :\n« Au clair de la lune... » Colombine hésite, fait un pas, s'enfuit... pendant\nque le thème se développe tout entier en pianissimo, pour la première fois,\ncarrément rythmé dans une tonalité franche.\n   Enfin, je souligne encore la courte rêverie du monomime qui suit, où le\nthème repasse à travers une suite d'harmonies délicates tout imprégnées de\nla blanche mélancolie du personnage.\n   Ces bouts d'analyse suffisent à indiquer le style peintre de cette musique,\nla finesse de son dessin, la souplesse de sa modulation, et comme l'auteur\nse rend compte du coloris spécial de chaque tonalité et de la façon d'éclairer\nsa mélodie. C'est ainsi qu'après avoir écrit le thème de la marche originai­\nrement dans une tonalité bémolisée (mi) il le remet vers la fin, à la résurrec­\ntion de Pierrot, dans la tonalité plate de sol majeur, pour exprimer la joie\nbrutale un peu peuple du bonhomme.\n   On pourrait caractériser d'un mot la musique de M. Lanciani : elle est\n« spirituelle ». Non pas, toutefois, dans le vilain sens qu'on attache parfois\nà ce mot. Ce n'est pas, comme on pourrait le croire, une de ces musiques\npimpantes dont la mélodie se trémousse et blague en faisant des jeux de\nnotes, comme des jeux de mots. Son esprit loge un peu plus haut que cela\nCe n'est pas de l'esprit de vaudeville, je l'ai dit, c'est de l'esprit de poème ;\nesprit très vivant, très humain, dont les étincelles sont comme des paillettes\nd'âme. Vraie musique de mimodrame, effaçant les paroles pour n'en laisser\nque le geste et l'expression physionomique. Musique à l'aquarelle, mais\navant tout sincère et trahissant le souci constant de la teinte et du ton juste\nà mettre à telle place, pas à telle autre. M. Lanciani a écrit sa partition­\nnette avec l'image de Pierrot devant l'esprit. Il a « filé » Pierrot et son\nthème à travers toute la trame de son drame-miniature ; voilà pourquoi sa\nfrêle construction harmonique a l'unité de jet qui lui donne un air de per­\nsonnalité et d'indépendance : personnalité pas du tout broussailleuse, ni\nsauvage, ni intransigeante;, personnalité d'un joli monde coquet et spirituel\noù l'on ne perd point sa sincérité d'artiste, voilà tout.\n   On a traité M. Lanciani en amateur et avec beaucoup trop d'indulgence.\nJe lui trouve assez de talent pour lui dire des vérités.\n   Si M. Lanciani voulait abandonner la partie dansée du ballet, la succes­\nsion des Strauss et des Métra, pour faire de la comédie musicale, parlée ou\nmimée, peu importe, je crois qu'il la ferait très fine... à condition que les\ncabotins n'y collaborent pas.\n                                                       HENRY MAUBEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 227, "page_fin": 227, "titre_corps": "La Chambre hantée", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Raoul Russel", "ancre_debut": "LA CHAMBRE HANTÉE", "ancre_fin": "RAOUL RUSSEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1101, "texte": "LA CHAMBRE HANTÉE\n                            ... Une chambre qui ressemble à une rêverie,\n                         une chambre véritablement « spirituelle » où\n                         l'atmosphère stagnante est légèrement teintée\n                         de rose et de bleu.\n                                                    (C.   BAUDELAIRE).\n\nUne chambre où l'odeur du musc et des verveines,\nDans le mélange exquis des parfums raffinés,\nSe mêle à la langueur des vieux bouquets fanés\nS'effeuillant tout autour des blanches porcelaines.\n\nUne chambre où, parmi le frisson des haleines,\nEffleurant le sommeil des rêves surannés,\nPlane l'obsession des désirs obstinés\nHantant le cœur épris des tendres châtelaines...\n\nUne chambre où tout parle, où tout chante et prédit\nUn Songe fait d'extase et d'amour engourdi.\nUne chambre où les lis parlent avec les roses,\n\nDurant la paix des Nuits et le vague des Jours,\nLe langage muet des âmes et des choses :\n— Une chambre où survit l'air des premiers amours\n                                              RAOUL RUSSEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-04-05-n4-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 228, "page_fin": 234, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "amateurs d esprit", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 92, "fin_caractere_exclue": 100, "texte": "MEMENTO\n"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 117, "fin_caractere_exclue": 125, "texte": "BELGIQUE"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 288, "fin_caractere_exclue": 329, "texte": "Le vendredi, 26 mars, a eu lieu au Cercle"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 333, "fin_caractere_exclue": 376, "texte": "artistique et littéraire une séance de haut"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 422, "fin_caractere_exclue": 463, "texte": "intérêt. 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Ruelens, qui s'est"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2000, "fin_caractere_exclue": 2042, "texte": "toujours mis à l'arrière-plan du vivant de"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2090, "fin_caractere_exclue": 2127, "texte": "sa compagne Caroline Gravière, est un"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2174, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "érudit du livre et du manuscrit. Les ser­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2258, "fin_caractere_exclue": 2300, "texte": "vices qu'il rend à notre bibliothèque sont"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2344, "fin_caractere_exclue": 2385, "texte": "considérables. Comme poète, il a peu pro­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2429, "fin_caractere_exclue": 2470, "texte": "duit. 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Caractère et colère, dédain et"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3180, "fin_caractere_exclue": 3225, "texte": "main, dis et avis, effet et n'est, je n'ai et"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3323, "fin_caractere_exclue": 3368, "texte": "vrai (!), disait et projet, cent autres rimes"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3462, "fin_caractere_exclue": 3502, "texte": "pareilles avouent leur pauvreté dans ces"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3595, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "saynètes où cependant l'on peut constater"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3734, "fin_caractere_exclue": 3768, "texte": "un effort littéraire très louable."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4025, "fin_caractere_exclue": 4062, "texte": "Alfred Stevens, le broyeur de perles,"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4117, "fin_caractere_exclue": 4159, "texte": "vient de donner à la librairie des Biblio­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4201, "fin_caractere_exclue": 4245, "texte": "philes un recueil d'Impressions sur la pein­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4286, "fin_caractere_exclue": 4325, "texte": "ture auquel de grands journaux ont fait"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4366, "fin_caractere_exclue": 4406, "texte": "une ovation désordonnée. 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La bonne peinture,"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1602, "fin_caractere_exclue": 1647, "texte": "il l'a prouvé, est le résultat d'un organisme"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1692, "fin_caractere_exclue": 1730, "texte": "sensible : les nerfs communiquent à la"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1778, "fin_caractere_exclue": 1818, "texte": "touche une vibration; l'œil, la main, le"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1868, "fin_caractere_exclue": 1912, "texte": "cerveau sont à ce point tendus pour l'élabo­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1956, "fin_caractere_exclue": 1997, "texte": "ration mystérieuse des tons, qu'il y a un"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2043, "fin_caractere_exclue": 2087, "texte": "tableau dans un centimètre carré : c'est que"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2128, "fin_caractere_exclue": 2171, "texte": "partout l'effort recommence, que la moindre"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2216, "fin_caractere_exclue": 2255, "texte": "touche est une opération de l'esprit et"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2301, "fin_caractere_exclue": 2341, "texte": "qu'une œuvre d'art se cisèle morceau par"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2386, "fin_caractere_exclue": 2427, "texte": "morceau, comme une orfèvrerie délicate et"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2471, "fin_caractere_exclue": 2484, "texte": "compliquée. »"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2538, "fin_caractere_exclue": 2574, "texte": "« Mais la rareté de l'œuvre d'Alfred"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2618, "fin_caractere_exclue": 2660, "texte": "Stevens n'est pas uniquement dans l'exécu­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2700, "fin_caractere_exclue": 2741, "texte": "tion : il est du petit nombre de ceux qui"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2789, "fin_caractere_exclue": 2835, "texte": "serviront dans l'avenir à l'intelligence de la"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2876, "fin_caractere_exclue": 2918, "texte": "société actuelle. 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Je"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3291, "fin_caractere_exclue": 3331, "texte": "l'ignore. Pour moi, je ne la connais pas"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3379, "fin_caractere_exclue": 3422, "texte": "pareille, mais c'est pareille que l'a rêvée"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3470, "fin_caractere_exclue": 3511, "texte": "Stevens et que nous la rêvons, sans souci"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3562, "fin_caractere_exclue": 3605, "texte": "de la réalité relative dont ne se préoccupe"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3654, "fin_caractere_exclue": 3698, "texte": "pas l'artiste, s'il rend, malgré le mensonge"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3744, "fin_caractere_exclue": 3782, "texte": "de son œuvre, une impression émouvante"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3832, "fin_caractere_exclue": 3873, "texte": "et durable. Peu m'importe la vérité si la"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3921, "fin_caractere_exclue": 3965, "texte": "fiction me transporte et me ravit; la mer de"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 4018, "fin_caractere_exclue": 4063, "texte": "Stevens appartient-elle à l'une ou h l'autre?"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 4110, "fin_caractere_exclue": 4152, "texte": "Qui l'affirmera, d'ailleurs, en songeant à"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 4200, "fin_caractere_exclue": 4241, "texte": "cette nature toujours changeante qui par­"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 4293, "fin_caractere_exclue": 4339, "texte": "fois dépasse tout ce que l'invention eût rêvé."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "Pourquoi cet admirable artiste a-t-il"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 192, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "voulu formuler son art? Les Impressions"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 282, "fin_caractere_exclue": 324, "texte": "sur la peinture sont la collection de tous"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 375, "fin_caractere_exclue": 417, "texte": "les lieux communs qui traînent depuis tou­"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 468, "fin_caractere_exclue": 493, "texte": "jours dans les ateliers :"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 547, "fin_caractere_exclue": 581, "texte": "— On ne comprend bien son art qu'à"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 632, "fin_caractere_exclue": 647, "texte": "un certain âge."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 701, "fin_caractere_exclue": 736, "texte": "— La grandeur d'une œuvre ne se me­"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 787, "fin_caractere_exclue": 811, "texte": "sure pas à sa dimension."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 865, "fin_caractere_exclue": 903, "texte": "— Plus on s'élève dans l'art, moins on"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 954, "fin_caractere_exclue": 966, "texte": "est compris."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1020, "fin_caractere_exclue": 1057, "texte": "— L'opinion d'un connaisseur est plus"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1108, "fin_caractere_exclue": 1153, "texte": "flatteuse que les suffrages de la foule igno­"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1204, "fin_caractere_exclue": 1210, "texte": "rante."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1264, "fin_caractere_exclue": 1305, "texte": "Il y a trois cents aphorismes de ce cali­"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1356, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "bre dans l'ouvrage de M. Stevens. Le"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1443, "fin_caractere_exclue": 1483, "texte": "moindre coup de son pinceau ferait beau­"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1534, "fin_caractere_exclue": 1559, "texte": "coup mieux notre affaire."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1701, "fin_caractere_exclue": 1737, "texte": "Les lecteurs de la Jeune Belgique se"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1788, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "souviennent sans doute d'une certaine"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1876, "fin_caractere_exclue": 1915, "texte": "Revue moderne, qui parut en 1882-1883 ;"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1966, "fin_caractere_exclue": 2011, "texte": "la pauvre n'avait pas les reins assez solides"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2062, "fin_caractere_exclue": 2102, "texte": "et mourut au bout de neuf mois — au lieu"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2153, "fin_caractere_exclue": 2194, "texte": "de naître! Le recueil aujourd'hui totale­"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2245, "fin_caractere_exclue": 2283, "texte": "ment épuisé ne renfermait pas moins de"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2334, "fin_caractere_exclue": 2377, "texte": "600 pages où l'on remarquait d'intéressants"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2428, "fin_caractere_exclue": 2468, "texte": "articles de Victor Arnould, Léon Cladel,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2519, "fin_caractere_exclue": 2559, "texte": "des fragments inédits du Kees Doorik, de"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2610, "fin_caractere_exclue": 2646, "texte": "Georges Eekhoud ; le Pamphlet contre"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2697, "fin_caractere_exclue": 2737, "texte": "l'amour, nouvelle inédite et posthume de"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2788, "fin_caractere_exclue": 2827, "texte": "Caroline Gravière ; La vie bête, de Max"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2878, "fin_caractere_exclue": 2920, "texte": "Waller ; Mathusalem        Cox, de Camille"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2972, "fin_caractere_exclue": 3013, "texte": "Lemonnier, de la prose et des vers d'Iwan"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3064, "fin_caractere_exclue": 3107, "texte": "Gilkin, d'Albert Giraud, des frères de Gon-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3158, "fin_caractere_exclue": 3198, "texte": "court, d'Henry Gréville, de Théo Hannon,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3249, "fin_caractere_exclue": 3290, "texte": "de Clovis Hugues, de G. Khnopff, de Maus,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3342, "fin_caractere_exclue": 3378, "texte": "Nève, Nizet, Edm. Picard, Rodenbach,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3430, "fin_caractere_exclue": 3469, "texte": "Van Arenberg, Verhaeren, Fernand Icres,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3520, "fin_caractere_exclue": 3561, "texte": "Eugène Robert. C'est le volume de M. Paul"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3613, "fin_caractere_exclue": 3653, "texte": "Hagemans : Les Nuits du garde, paru hier"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3705, "fin_caractere_exclue": 3743, "texte": "chez Félix Callewaert (M me V° Monnom,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3795, "fin_caractere_exclue": 3831, "texte": "successeur), qui nous rappelle notre"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3883, "fin_caractere_exclue": 3920, "texte": "brillante mais défunte Revue moderne."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3972, "fin_caractere_exclue": 4017, "texte": "C'est là, en effet, que parut la première des"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 4069, "fin_caractere_exclue": 4109, "texte": "quatre nouvelles qui composent le volume"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 4161, "fin_caractere_exclue": 4199, "texte": "de M. Hagemans; d'autres parurent dans"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 4251, "fin_caractere_exclue": 4291, "texte": "l'Europe du dimanche, non moins défunte."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 4343, "fin_caractere_exclue": 4384, "texte": "Nous avons retrouvé dans le livre complet"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "ce que nous avions trouvé dans les frag­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 142, "fin_caractere_exclue": 183, "texte": "ments épars; une touchante religion de la"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 209, "fin_caractere_exclue": 249, "texte": "nature, une sorte de chant mélancolique,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 250, "fin_caractere_exclue": 291, "texte": "d'hymne silvestre transposé dans un style"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 292, "fin_caractere_exclue": 332, "texte": "très simple et doux. Nous ne pouvons pas"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 381, "fin_caractere_exclue": 420, "texte": "mieux comparer Les Nuits du garde qu'au"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 474, "fin_caractere_exclue": 516, "texte": "Forestier, de Jules de Glouvet, beau livre"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 568, "fin_caractere_exclue": 610, "texte": "également et non moins empreint d'origina­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 661, "fin_caractere_exclue": 676, "texte": "lité véritable."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 945, "fin_caractere_exclue": 986, "texte": "La Basoche donne dans sa dernière livrai­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1037, "fin_caractere_exclue": 1081, "texte": "son un extrait fort intéressant du volume de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1134, "fin_caractere_exclue": 1163, "texte": "M. Jean Lorrain : Très russe-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1387, "fin_caractere_exclue": 1424, "texte": "La Ligne de Saint-Macaire, par Edmond"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1476, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "Cattier. Un vol., Lebègue, fr. 0-60."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1572, "fin_caractere_exclue": 1610, "texte": "Un tout petit livre très facile à com­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1660, "fin_caractere_exclue": 1693, "texte": "prendre et très simplement écrit."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1759, "fin_caractere_exclue": 1803, "texte": "M. Cattier appartient à cette classe d'écri­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1849, "fin_caractere_exclue": 1892, "texte": "vains que le journalisme a trop tôt circon­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1941, "fin_caractere_exclue": 1980, "texte": "venus. L'œuvre, qu'il a certainement dû"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2033, "fin_caractere_exclue": 2080, "texte": "avoir en lui il y a longtemps, a été éparpillée"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2127, "fin_caractere_exclue": 2171, "texte": "en faits-divers fort bien faits, quelquefois"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2216, "fin_caractere_exclue": 2254, "texte": "même corrects, si bien que, lorsque le"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2311, "fin_caractere_exclue": 2352, "texte": "moment est venu de produire, il n'y avait"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2404, "fin_caractere_exclue": 2446, "texte": "plus chez le jeune journaliste que de quoi"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2493, "fin_caractere_exclue": 2536, "texte": "remplir de petites pages pour la récréation"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2586, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "des enfants. Les Bêtes du professeur Meta-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2678, "fin_caractere_exclue": 2726, "texte": "phus et la Ligne de Saint-Macaire           font"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2771, "fin_caractere_exclue": 2816, "texte": "honneur à M. Cattier. Il sait avec tant d'ha­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2863, "fin_caractere_exclue": 2904, "texte": "bileté prendre le ton des petits lecteurs"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2953, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "auxquels il s'adresse, qu'on dirait entendre"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3048, "fin_caractere_exclue": 3092, "texte": "une conversation d'enfant a enfants, et cela"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3142, "fin_caractere_exclue": 3177, "texte": "donne du charme à un livre qui nous"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3222, "fin_caractere_exclue": 3263, "texte": "repose de tous les bouquins de talent que"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3264, "fin_caractere_exclue": 3304, "texte": "publient les jeunes auteurs. Etre imper­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3340, "fin_caractere_exclue": 3382, "texte": "sonnel, sans couleur, est plus difficile à"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3433, "fin_caractere_exclue": 3475, "texte": "atteindre qu'on ne le croit et nous devons"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3528, "fin_caractere_exclue": 3568, "texte": "féliciter M. Cattier d'avoir violenté sa"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3620, "fin_caractere_exclue": 3661, "texte": "nature pour y arriver si parfaitement. La"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3712, "fin_caractere_exclue": 3749, "texte": "littérature peu connue , mais du même"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3807, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "genre de son directeur à la             Galette,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3900, "fin_caractere_exclue": 3942, "texte": "M. Georges Vautier, doit être pour quelque"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3994, "fin_caractere_exclue": 4035, "texte": "chose dans ce résultat curieux ; le livre"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4092, "fin_caractere_exclue": 4133, "texte": "n'est pas disparate dans la collection de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4186, "fin_caractere_exclue": 4227, "texte": "l'Office de publicité pas plus qu'elle ne"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4279, "fin_caractere_exclue": 4319, "texte": "l'eût été dans la Bibliothèque Gilon, et"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4374, "fin_caractere_exclue": 4416, "texte": "c'est quelque chose de pouvoir entrer dans"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "deux grandes familles sans y trouver de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 208, "texte": "frères ennemis."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 346, "fin_caractere_exclue": 380, "texte": "L'Almanach de l'Université de Gand"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 432, "fin_caractere_exclue": 473, "texte": "(2e année), vient de paraître chez Hoste,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 525, "fin_caractere_exclue": 567, "texte": "éditeur, sous la forme d'un élégant volume"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 619, "fin_caractere_exclue": 660, "texte": "de 256 pages imprimées sur papier teinté;"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 712, "fin_caractere_exclue": 751, "texte": "nous recommandons vivement cette publi­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 803, "fin_caractere_exclue": 846, "texte": "cation à tous ceux qu'intéresse la vie uni­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 898, "fin_caractere_exclue": 942, "texte": "versitaire. Ils y trouveront l'historique de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 994, "fin_caractere_exclue": 1036, "texte": "la jeunesse estudiantine, sans compter des"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1088, "fin_caractere_exclue": 1133, "texte": "pages littéraires qui prouvent par le progrès"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1185, "fin_caractere_exclue": 1227, "texte": "de la perfection styliste, combien le goût"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1279, "fin_caractere_exclue": 1320, "texte": "des Lettres augmente de jour en jour chez"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1372, "fin_caractere_exclue": 1383, "texte": "nos cadets."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1438, "fin_caractere_exclue": 1475, "texte": "Il y a là un Final d'amour, de Petrus"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1528, "fin_caractere_exclue": 1567, "texte": "Pirus, qui est comme une mélodie écrite"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1619, "fin_caractere_exclue": 1658, "texte": "avec une plume de cygne trempée dans du"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1710, "fin_caractere_exclue": 1754, "texte": "ciel bleu; c'est mince et c'est exquis ainsi"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1806, "fin_caractere_exclue": 1848, "texte": "que tout récit des amours naïves d'antan ;"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1900, "fin_caractere_exclue": 1939, "texte": "nous ne reprocherons à l'auteur que ses"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1991, "fin_caractere_exclue": 2031, "texte": "néologismes souvent trop cherchés et mal"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2083, "fin_caractere_exclue": 2126, "texte": "trouvés, tels que enlinceullés, perdure (?)"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2178, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "religiosés qui détonnent au milieu de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2267, "fin_caractere_exclue": 2310, "texte": "phrases fluides et musicales; notons encore"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2362, "fin_caractere_exclue": 2403, "texte": "deux sonnets de notre confrère Aug. Vier-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2455, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "set, de charmantes piécettes de Sapho"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2544, "fin_caractere_exclue": 2585, "texte": "(Paul Berlier), une nouvelle un peu beau­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2637, "fin_caractere_exclue": 2677, "texte": "coup \" Mendès \", de Luc Malper, un conte"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2729, "fin_caractere_exclue": 2770, "texte": "drôlatique de Charles Magniette, et beau­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2822, "fin_caractere_exclue": 2862, "texte": "coup d'autres choses, vers et prose, qui"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2914, "fin_caractere_exclue": 2952, "texte": "font de l'Almanach un recueil vraiment"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3004, "fin_caractere_exclue": 3047, "texte": "artistique et jeune. N'était la désagréable"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3099, "fin_caractere_exclue": 3141, "texte": "tête de M. Wagener qui en est le plus laid"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3193, "fin_caractere_exclue": 3221, "texte": "ornement, ce serait parfait."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3336, "fin_caractere_exclue": 3339, "texte": "***"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3393, "fin_caractere_exclue": 3432, "texte": "Les luttes de la vie, par Georges Dela­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3484, "fin_caractere_exclue": 3527, "texte": "croix. Un vol., Verviers, Gilon, 2 francs.—"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3579, "fin_caractere_exclue": 3619, "texte": "Des vers de jeune qui a beaucoup lu Mus­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3671, "fin_caractere_exclue": 3711, "texte": "set. Le poète ne manque pas de talent et"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3763, "fin_caractere_exclue": 3806, "texte": "mérite d'être encouragé. Son livre renferme"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3858, "fin_caractere_exclue": 3899, "texte": "souvent de beaux vers solidement frappés,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3951, "fin_caractere_exclue": 3993, "texte": "mais où la rime est un peu pauvre, le vers"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4045, "fin_caractere_exclue": 4091, "texte": "parfois un peu... long et le français pas tou­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4143, "fin_caractere_exclue": 4185, "texte": "jours correct. Tel qu'il est, le volume de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4237, "fin_caractere_exclue": 4278, "texte": "M. Delacroix est cependant une excellente"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4330, "fin_caractere_exclue": 4373, "texte": "indication, et lorsque le poète aura moder­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4425, "fin_caractere_exclue": 4469, "texte": "nisé sa forme, en lisant les parnassiens, il"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 70, "fin_caractere_exclue": 110, "texte": "nous donnera une œuvre forte et durable."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 306, "fin_caractere_exclue": 308, "texte": "**"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 383, "fin_caractere_exclue": 421, "texte": "La seconde séance de l'Union de jeunes"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 483, "fin_caractere_exclue": 523, "texte": "compositeurs belges, a été plus intéres­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 583, "fin_caractere_exclue": 622, "texte": "sante que la première. Mlle Flament y a"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 684, "fin_caractere_exclue": 725, "texte": "phrasé d'une remarquable voix, quatre mé­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 785, "fin_caractere_exclue": 829, "texte": "lodies de Blockx, d'une si jolie harmonie de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 858, "fin_caractere_exclue": 943, "texte": "couleurs, d'un accent si personnel ; nous                                         ***"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 945, "fin_caractere_exclue": 988, "texte": "avons déjà dit ici et ailleurs, à propos de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1093, "fin_caractere_exclue": 1135, "texte": "l'exécution des danses flamandes à l'Asso-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1238, "fin_caractere_exclue": 1279, "texte": "ciation, tout le bien que nous pensons de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1381, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "Jan Blockx."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1494, "fin_caractere_exclue": 1537, "texte": "A côté de lui, l'œuvre la plus intéressante"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1557, "fin_caractere_exclue": 1598, "texte": "était celle de Dubois : Un air de ballet,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1705, "fin_caractere_exclue": 1747, "texte": "pour instruments à vent, harpes et violon­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1824, "fin_caractere_exclue": 1865, "texte": "celle; page soigneusement écrite en style"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1866, "fin_caractere_exclue": 1951, "texte": "archaïque rappelant Rameau.                                                       ***"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1956, "fin_caractere_exclue": 1995, "texte": "Puis des mélodies un peu surchargées de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2055, "fin_caractere_exclue": 2098, "texte": "Degreef; une gentillette de Flon, dites par"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2160, "fin_caractere_exclue": 2194, "texte": "M. Heuschling. Une chanson d'Emile"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2246, "fin_caractere_exclue": 2275, "texte": "Agniez, jouée par M. Degreef."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2280, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "Tout cela — Blockx à part — n'est inté­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2320, "fin_caractere_exclue": 2360, "texte": "ressant que comme œuvre d'étude et d'es­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2422, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "sai ; notre sympathie pour les jeunes com­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2525, "fin_caractere_exclue": 2566, "texte": "positeurs et notre confiance en eux, nous"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2626, "fin_caractere_exclue": 2651, "texte": "font espérer autre chose."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2800, "fin_caractere_exclue": 2839, "texte": "L'avant-dernier Concert populaire de la"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2899, "fin_caractere_exclue": 2940, "texte": "saison nous a fait entendre des fragments"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3001, "fin_caractere_exclue": 3042, "texte": "d'œuvres de Franz Servais : Un extrait de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3106, "fin_caractere_exclue": 3149, "texte": "l''Apollonide, enfin ! et le Jet d'eau, duo"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3210, "fin_caractere_exclue": 3245, "texte": "composé sur le poème de Baudelaire."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3314, "fin_caractere_exclue": 3353, "texte": "Tout cela est d'un grand souffle, d'une"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3354, "fin_caractere_exclue": 3393, "texte": "harmonie superbe, d'une facture instru­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3438, "fin_caractere_exclue": 3473, "texte": "mentale bien moderne. La musique de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3570, "fin_caractere_exclue": 3608, "texte": "Servais fortement imprégnée du coloris"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3692, "fin_caractere_exclue": 3732, "texte": "Wagnérien, est une musique palpitante de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3842, "fin_caractere_exclue": 3879, "texte": "vie, passionnée, vibrante, jeune Nous"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3985, "fin_caractere_exclue": 4022, "texte": "pouvons compter en lui un compositeur"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4125, "fin_caractere_exclue": 4166, "texte": "belge de plus et de sérieuse valeur. Nous"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4271, "fin_caractere_exclue": 4311, "texte": "réclamons toute l'Apollonide maintenant,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4420, "fin_caractere_exclue": 4458, "texte": "ou au moins un fragment plus important"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4541, "fin_caractere_exclue": 4556, "texte": "de cette œuvre."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4666, "fin_caractere_exclue": 4702, "texte": "Rien d'autre à signaler à ce concert"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4810, "fin_caractere_exclue": 4849, "texte": "panaché, sinon, la symphonie en fa maj."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4954, "fin_caractere_exclue": 4979, "texte": "de Brahms, déjà entendue."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 5105, "fin_caractere_exclue": 5118, "texte": "*   ■   *   *"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 5188, "fin_caractere_exclue": 5242, "texte": "Le dernier Concert                 de   l'Association,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 130, "fin_caractere_exclue": 171, "texte": "repentant des belles auditions du commen­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 233, "fin_caractere_exclue": 276, "texte": "cement de l'hiver, s'est rabattu pour finir"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 338, "fin_caractere_exclue": 378, "texte": "sur un programme de virtuoses et de ros­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 440, "fin_caractere_exclue": 481, "texte": "signols. On y a entendu entre autres, les"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 543, "fin_caractere_exclue": 581, "texte": "Variations sur le Carnaval de Venise !"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 643, "fin_caractere_exclue": 682, "texte": "Sans le prélude de Lohengrin, on aurait"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 744, "fin_caractere_exclue": 783, "texte": "pu croire que la musique était en grève"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 845, "fin_caractere_exclue": 856, "texte": "ce soir-là."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1052, "fin_caractere_exclue": 1091, "texte": "Signalons l'intéressante avant-dernière"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1197, "fin_caractere_exclue": 1237, "texte": "séance du Quatuor Herrmann, avec le con­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1341, "fin_caractere_exclue": 1380, "texte": "cours de M. Degreef. Séance russe (Cui,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1454, "fin_caractere_exclue": 1489, "texte": "Glozounow, Rimski-Korsakof et Boro-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1551, "fin_caractere_exclue": 1556, "texte": "dine."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1662, "fin_caractere_exclue": 1704, "texte": "La dernière aura lieu le 20 avec Mailly et"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1809, "fin_caractere_exclue": 1823, "texte": "M lle Uhlmann."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2015, "fin_caractere_exclue": 2054, "texte": "Rappelons aussi les trois auditions Ru-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2116, "fin_caractere_exclue": 2159, "texte": "binstein, qui commencent le trente courant,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2221, "fin_caractere_exclue": 2245, "texte": "par la séance Beethoven."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2384, "fin_caractere_exclue": 2421, "texte": "Une dernière fournée de concerts (Gu-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2483, "fin_caractere_exclue": 2524, "texte": "rickx, Vandooren, etc.), ont été annoncés"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2586, "fin_caractere_exclue": 2625, "texte": "pour ce mois-ci. Nous en parlerons dans"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2687, "fin_caractere_exclue": 2709, "texte": "notre numéro prochain."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2861, "fin_caractere_exclue": 2898, "texte": "Pardon au sympathique baryton Heusch­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2960, "fin_caractere_exclue": 3000, "texte": "ling, dont nous n'avons pas mentionné le"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3062, "fin_caractere_exclue": 3105, "texte": "dernier concert. L'omission est toute invo­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3167, "fin_caractere_exclue": 3209, "texte": "lontaire, mais n'est-elle pas un peu réci­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3271, "fin_caractere_exclue": 3310, "texte": "proque 'I                         H. M."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3431, "fin_caractere_exclue": 3437, "texte": "FRANCE"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3537, "fin_caractere_exclue": 3569, "texte": "Le Cœur, par Félicien Champsaur,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3669, "fin_caractere_exclue": 3691, "texte": "Paris, Havard éditeur."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3796, "fin_caractere_exclue": 3841, "texte": "Joli, joli, joli, le Cœur, tellement joli que"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3940, "fin_caractere_exclue": 3984, "texte": "c'est tout ce qu'on en peut dire, car ce qui"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4083, "fin_caractere_exclue": 4124, "texte": "manque à l'art de Champsaur, c'est l'émo­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4227, "fin_caractere_exclue": 4270, "texte": "tion vraie ; la sensation aiguë des extases"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4372, "fin_caractere_exclue": 4419, "texte": "qu il veut peindre ne l'étreint pas, il raconte"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4519, "fin_caractere_exclue": 4540, "texte": "plus qu'il n'analyse."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4620, "fin_caractere_exclue": 4662, "texte": "Variations mièvres sur la chair, son livre"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4763, "fin_caractere_exclue": 4809, "texte": "n'est pas autre chose. Vue à travers le moder-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4910, "fin_caractere_exclue": 4953, "texte": "nisme qu'il affectionne jusqu'à la scie, la"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 5040, "fin_caractere_exclue": 5083, "texte": "nature apparaît à l'auteur de Dinah Samuel,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 5144, "fin_caractere_exclue": 5185, "texte": "sous un jour qui n'est pas le bon; affiné"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 5246, "fin_caractere_exclue": 5285, "texte": "par la blague du boulevard, parisianisé"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "par l'incessant coudoiement de la cohue de"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 142, "fin_caractere_exclue": 181, "texte": "l'asphalte, son talent, fait d'exquises"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 233, "fin_caractere_exclue": 272, "texte": "nuances, est comme sa langue, charmeur,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 326, "fin_caractere_exclue": 369, "texte": "mignard, peu viril. Chez lui, le vice est à"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 420, "fin_caractere_exclue": 463, "texte": "peine un défaut, l'amour à peine le contact"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 494, "fin_caractere_exclue": 534, "texte": "de deux épidermes ; on s'y baise du bout"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 586, "fin_caractere_exclue": 626, "texte": "des lèvres — languissamment, — l'embras­"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 679, "fin_caractere_exclue": 719, "texte": "sement de deux êtres est celui d'un mâle"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 773, "fin_caractere_exclue": 804, "texte": "savant et d'une femelle câline."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 868, "fin_caractere_exclue": 906, "texte": "De l'affabulation du roman je parlerai"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 960, "fin_caractere_exclue": 1007, "texte": "peu. 11 n'y en a point. C'est le récit éternel­"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1050, "fin_caractere_exclue": 1091, "texte": "lement ressassé d'une liaison de quelques"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1141, "fin_caractere_exclue": 1179, "texte": "mois. Raconté par un quelconque, c'est"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1233, "fin_caractere_exclue": 1272, "texte": "rossignolant et bête. Champsaur a rendu"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1326, "fin_caractere_exclue": 1367, "texte": "presque attrayante son histoire — en par­"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1419, "fin_caractere_exclue": 1457, "texte": "lant d'autre chose les trois-quarts du"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1508, "fin_caractere_exclue": 1514, "texte": "temps."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1583, "fin_caractere_exclue": 1620, "texte": "Beaucoup de vers là-dedans. L'auteur,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1668, "fin_caractere_exclue": 1706, "texte": "qui fort gratuitement — ce me semble —"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1764, "fin_caractere_exclue": 1809, "texte": "s'attribue le qualificatif de poète, se pren­"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1856, "fin_caractere_exclue": 1897, "texte": "drait-il pour un nourrisson des Muses? On"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1953, "fin_caractere_exclue": 1997, "texte": "le croirait à l'entêtement qu'il met à mâti­"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2043, "fin_caractere_exclue": 2084, "texte": "ner de poésies sa prose. Toutes mauvaises"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2137, "fin_caractere_exclue": 2175, "texte": "à fendre l'âme, ces élucubrations sous"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2227, "fin_caractere_exclue": 2264, "texte": "forme de sonnets. Lieux-communs rimés"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2320, "fin_caractere_exclue": 2341, "texte": "— avec des chevilles."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2416, "fin_caractere_exclue": 2453, "texte": "Il s'excuse quelque part auprès de sa"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2507, "fin_caractere_exclue": 2546, "texte": "brune aimée d'être méchant dans ses en­"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2601, "fin_caractere_exclue": 2637, "texte": "vois poétiques. — Pas si méchant que"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2697, "fin_caractere_exclue": 2737, "texte": "cela. Je lui demande en grâce de ne plus"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2779, "fin_caractere_exclue": 2820, "texte": "ressortir sous aucun prétexte ses contem-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2821, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "plations. Déjà dans Dinah Samuel il nous"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2862, "fin_caractere_exclue": 2903, "texte": "en avait déballé en nombre suffisant pour"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2951, "fin_caractere_exclue": 2996, "texte": "rendre le livre insupportable, ici c'est plus"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3037, "fin_caractere_exclue": 3078, "texte": "raide encore ; chaque chapitre en apporte"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3128, "fin_caractere_exclue": 3166, "texte": "un paquet. 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Champsaur qui, dans une récente"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1718, "fin_caractere_exclue": 1763, "texte": "chronique, traitait avec la désinvolture d'un"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1814, "fin_caractere_exclue": 1855, "texte": "talon rouge Joséphin Péladan de « provin­"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1906, "fin_caractere_exclue": 1952, "texte": "cial! », fera bien de méditer ce qu'il lui dit"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2003, "fin_caractere_exclue": 2042, "texte": "— fort courtoisement — pour ne pas imi­"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2093, "fin_caractere_exclue": 2136, "texte": "ter ses procédés de critique. Il sait qu'en"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2187, "fin_caractere_exclue": 2226, "texte": "beaucoup de points je suis en communion"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2277, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "d'idées avec lui, que comme lui j'aspire à"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2370, "fin_caractere_exclue": 2412, "texte": "rendre la vie telle qu'elle est, que comme"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2463, "fin_caractere_exclue": 2506, "texte": "lui je suis ennemi du charlatanisme en lit­"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2557, "fin_caractere_exclue": 2600, "texte": "térature ; aussi comprendra-t-il, j'en suis"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2651, "fin_caractere_exclue": 2696, "texte": "sûr, pourquoi je lui répète ici que faire des"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2747, "fin_caractere_exclue": 2778, "texte": "préfaces est peu... moderniste."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2915, "fin_caractere_exclue": 2950, "texte": "Monsieur Parent, par Guy de Maupas­"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3001, "fin_caractere_exclue": 3036, "texte": "sant; 1 volume. — Ollendorf, Paris."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3090, "fin_caractere_exclue": 3127, "texte": "Tous les six mois environ, Maupassant"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3178, "fin_caractere_exclue": 3220, "texte": "met en circulation un volume de nouvelles;"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3271, "fin_caractere_exclue": 3315, "texte": "la critique fait bon accueil aux productions"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3366, "fin_caractere_exclue": 3409, "texte": "multiples de l'écrivain à la mode, le livre"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3460, "fin_caractere_exclue": 3501, "texte": "se vend bien. Auteur et éditeur exultent."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3552, "fin_caractere_exclue": 3595, "texte": "Tant mieux pour eux et pour l'art. Ce n'est"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3646, "fin_caractere_exclue": 3690, "texte": "certes pas moi qui songerai à m'en plaindre,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3741, "fin_caractere_exclue": 3783, "texte": "tout en regrettant qu'un écrivain de cette"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3834, "fin_caractere_exclue": 3874, "texte": "trempe gâche son temps et use sa plume à"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3925, "fin_caractere_exclue": 3967, "texte": "ciseler pour le Gil Blas, de petits bijoux"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4018, "fin_caractere_exclue": 4062, "texte": "de philosophie sensuelle, fort jolis assuré­"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4113, "fin_caractere_exclue": 4156, "texte": "ment et fort bien payés, mais sur lesquels,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4207, "fin_caractere_exclue": 4252, "texte": "à notre époque travailleuse, il est difficile"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4303, "fin_caractere_exclue": 4346, "texte": "de se bâtir une renommée littéraire solide."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4400, "fin_caractere_exclue": 4438, "texte": "Monsieur Parent, le nouveau venu et le"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4489, "fin_caractere_exclue": 4530, "texte": "onzième recueil de contes, est du Maupas-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "sant de la bonne manière, du Maupassant"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 190, "texte": "fait sans gros mots, subtil, sans afféterie ni"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 235, "fin_caractere_exclue": 274, "texte": "mignardise, débarrassé des enguirlande­"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 322, "fin_caractere_exclue": 363, "texte": "ments fantaisistes et des saloperies gra­"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 364, "fin_caractere_exclue": 402, "texte": "tuites des premières œuvres du Maupas­"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 403, "fin_caractere_exclue": 441, "texte": "sant parfait. Il y a beaucoup à louer,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 498, "fin_caractere_exclue": 544, "texte": "certes; sans parler de Monsieur        Parent,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 593, "fin_caractere_exclue": 635, "texte": "qui domine les esquisses qui la suivent de"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 685, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "toute la supériorité d'une observation"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 772, "fin_caractere_exclue": 813, "texte": "achevée, finement conduite, tels morceaux"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 864, "fin_caractere_exclue": 909, "texte": "comme A vendre, l'Inconnue,       Imprudence,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 954, "fin_caractere_exclue": 990, "texte": "permettent d'apprécier en leur forme"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1046, "fin_caractere_exclue": 1089, "texte": "impeccable un des côtés les plus attrayants"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1138, "fin_caractere_exclue": 1178, "texte": "du talent de ce Normand si Flaubertiste."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1227, "fin_caractere_exclue": 1265, "texte": "Lui, le sceptique habitué à considérer"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1319, "fin_caractere_exclue": 1358, "texte": "l'homme sous un aspect morose, porté de"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1411, "fin_caractere_exclue": 1449, "texte": "par son tempérament ou un parti-pris à"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1503, "fin_caractere_exclue": 1548, "texte": "voir en tout individu, un être passif — idiot"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1594, "fin_caractere_exclue": 1636, "texte": "doublé d'un filou — lui, l'enragé satineur"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1682, "fin_caractere_exclue": 1724, "texte": "d'idéal, s'enflamme dès qu'il ausculte les"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1771, "fin_caractere_exclue": 1816, "texte": "sensations féminines ; le dilettante du plai­"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1859, "fin_caractere_exclue": 1901, "texte": "sir reparaît en lui et il enfante de verve"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2034, "fin_caractere_exclue": 2073, "texte": "des pages pleines de chaleur, de gaieté"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2160, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "presque. Comme cela nous repose des"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2290, "fin_caractere_exclue": 2332, "texte": "attristantes rêveries où il s'appesantit !"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2427, "fin_caractere_exclue": 2466, "texte": "J'aime moins ses prétendues scènes rus­"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2560, "fin_caractere_exclue": 2601, "texte": "tiques. Les magots qui s'y démènent, sont"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2697, "fin_caractere_exclue": 2743, "texte": "des charges et j'aimerai fort à ce qu'il évite"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2834, "fin_caractere_exclue": 2878, "texte": "ces reconstitutions de types villageois très"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2879, "fin_caractere_exclue": 2921, "texte": "convenus. Il le sait mieux que tout autre,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2971, "fin_caractere_exclue": 3015, "texte": "l'outré n'est pas le réel, la vie des champs"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3061, "fin_caractere_exclue": 3081, "texte": "n'est pas grotesque."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3156, "fin_caractere_exclue": 3197, "texte": "Ceci dit sur une minime portion du livre,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3229, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "je ne trouve plus qu'à admirer."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3369, "fin_caractere_exclue": 3382, "texte": "RENÉ D'... Y."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3632, "fin_caractere_exclue": 3670, "texte": "Les Lèvres roses, poésie par Alexandre"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3712, "fin_caractere_exclue": 3721, "texte": "Tanchard."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3725, "fin_caractere_exclue": 3766, "texte": "Sous ce joli titre, dans le coquet format"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3767, "fin_caractere_exclue": 3808, "texte": "eliévirien, M. Alexandre Tanchard publie,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3900, "fin_caractere_exclue": 3941, "texte": "chez l'éditeur Giraud, un recueil de vers"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3992, "fin_caractere_exclue": 4035, "texte": "pleins de fougue, de jeunesse, de fraîcheur"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4081, "fin_caractere_exclue": 4117, "texte": "et de sentiment. La note amoureuse y"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4169, "fin_caractere_exclue": 4212, "texte": "sonne la chanson des vingt ans avec tant de"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4257, "fin_caractere_exclue": 4301, "texte": "franchise, que l'on ne songe pas à reprocher"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4346, "fin_caractere_exclue": 4385, "texte": "au poète ses inconstances à l'égard des"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4436, "fin_caractere_exclue": 4471, "texte": "charmantes pécheresses qu'il adore."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4546, "fin_caractere_exclue": 4549, "texte": "***"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4617, "fin_caractere_exclue": 4656, "texte": "Les journaux français nous annoncent la"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "mort de M. Robert Caze, le jeune auteur"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 234, "texte": "de l'Elève Gendrevin, de Femme à soldats,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 284, "fin_caractere_exclue": 321, "texte": "du Martyre d'Annil et de Grand'-mère."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 455, "fin_caractere_exclue": 497, "texte": "Voilà quatre ans passés que paraît à Paris"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 547, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "l'un des journaux littéraires des plus jeunes"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 642, "fin_caractere_exclue": 684, "texte": "et audacieux qui soient : Lutèce. S'il y a"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 734, "fin_caractere_exclue": 771, "texte": "là-bas quelque symptôme de mouvement,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 821, "fin_caractere_exclue": 863, "texte": "c'est dans Lutèce qu'on pourra le trouver."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 913, "fin_caractere_exclue": 953, "texte": "Un groupe peu nombreux s'y esbat, tapant"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1003, "fin_caractere_exclue": 1045, "texte": "à droite, cognant à gauche, attaquant avec"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1095, "fin_caractere_exclue": 1137, "texte": "une singulière fureur la grande presse. De"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1187, "fin_caractere_exclue": 1226, "texte": "ce groupe sont surtout MM. Léo Trézenik"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1276, "fin_caractere_exclue": 1318, "texte": "et Georges Rail, siamoises parfois sous la"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1368, "fin_caractere_exclue": 1410, "texte": "signature collective de L. G. Mostrailles."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1460, "fin_caractere_exclue": 1502, "texte": "M. Trézenik publie, seul, aujourd'hui chez"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1552, "fin_caractere_exclue": 1593, "texte": "l'éditeur Giraud un volume de nouvelles :"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1643, "fin_caractere_exclue": 1681, "texte": "Les Gens qui s'amusent, dont quelques-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1731, "fin_caractere_exclue": 1770, "texte": "unes sont d'une dépravation exquise. La"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1820, "fin_caractere_exclue": 1858, "texte": "voix du sang, Cocu, Un mariage de rai-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1908, "fin_caractere_exclue": 1946, "texte": "son, L'Allumeuse, sont des pages d'une"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1996, "fin_caractere_exclue": 2033, "texte": "originale modernité, d'un « parfum de"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2123, "fin_caractere_exclue": 2159, "texte": "décadence savoureuse » (comme dirait"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2245, "fin_caractere_exclue": 2289, "texte": "Paul Veau) qui donnent le la du talent déli­"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2382, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "cat de M. Trézenik. Tout n'y est que psy­"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2517, "fin_caractere_exclue": 2559, "texte": "chologie féminine, mais psychologie raffi­"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2652, "fin_caractere_exclue": 2696, "texte": "née au point d'être paradoxales, psychologie"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2794, "fin_caractere_exclue": 2833, "texte": "de fin de race, décadente si l'on veut."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2931, "fin_caractere_exclue": 2970, "texte": "Nous attendons avec impatience le roman"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3020, "fin_caractere_exclue": 3059, "texte": "que M. Trézenik annonce : La Jupe, dans"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3109, "fin_caractere_exclue": 3151, "texte": "lequel il ne pourra manquer de synthétiser"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3201, "fin_caractere_exclue": 3227, "texte": "l'esprit de ses nouvelles."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3331, "fin_caractere_exclue": 3339, "texte": "n.- .•.-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3449, "fin_caractere_exclue": 3450, "texte": "e"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3503, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "L'Artiste (56 année) publie dans son"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3589, "fin_caractere_exclue": 3629, "texte": "dernier numéro un article de M. Max Wal-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3679, "fin_caractere_exclue": 3711, "texte": "ler sur l'Exposition de l'Essor."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3860, "fin_caractere_exclue": 3899, "texte": "Deux nouvelles publications littéraires"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3949, "fin_caractere_exclue": 3991, "texte": "viennent de paraître à Paris : La Revue de"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4041, "fin_caractere_exclue": 4080, "texte": "demain (41, rue des Ecoles, mensuelle :"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4130, "fin_caractere_exclue": 4168, "texte": "15 francs l'an) et La Pléiade (99, rue"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4218, "fin_caractere_exclue": 4256, "texte": "Richelieu, mensuelle: 15 francs l'an)."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4308, "fin_caractere_exclue": 4345, "texte": "Toutes deux sont œuvres de jeunes. La"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4395, "fin_caractere_exclue": 4435, "texte": "Revue de demain part en guerre sans chef"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4485, "fin_caractere_exclue": 4524, "texte": "de file et nous donne un premier numéro"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4574, "fin_caractere_exclue": 4613, "texte": "plein de bonnes choses parmi lesquelles"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4663, "fin_caractere_exclue": 4704, "texte": "nous notons une nouvelle Deux sœurs, très"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 59, "fin_caractere_exclue": 103, "texte": "serrée, de notre collaborateur René D'...Y.,"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 150, "fin_caractere_exclue": 191, "texte": "une étude sur Jean Richepin, signée H. de"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 217, "fin_caractere_exclue": 261, "texte": "Tistenay, et des réflexions fort sensées sur"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 307, "fin_caractere_exclue": 329, "texte": "la question Lohengrin."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 405, "fin_caractere_exclue": 440, "texte": "La Pléiade, présentée au public par"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 487, "fin_caractere_exclue": 526, "texte": "Théodore de Banville, a pour soldats de"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 579, "fin_caractere_exclue": 622, "texte": "jeunes poètes de beaucoup de talent et bien"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 674, "fin_caractere_exclue": 714, "texte": "connus : MM. Paul Roux, Pierre Quillard,"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 765, "fin_caractere_exclue": 805, "texte": "Jean Ajalbert, Ephraïm Mikhaël et Rodol­"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 841, "fin_caractere_exclue": 879, "texte": "phe Darzens que La Basoche nous a fait"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 880, "fin_caractere_exclue": 895, "texte": "déjà connaître."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 898, "fin_caractere_exclue": 932, "texte": "Nous souhaitons la bienvenue à nos"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 933, "fin_caractere_exclue": 952, "texte": "nouvelles consœurs."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1148, "fin_caractere_exclue": 1153, "texte": "*   ■"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1213, "fin_caractere_exclue": 1254, "texte": "Sous ce titre : Amants et Maris, M. 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C'est le problème que se"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1968, "fin_caractere_exclue": 2006, "texte": "donnent les hommes d'esprit. Amants et"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2064, "fin_caractere_exclue": 2103, "texte": "Maris, est une des solutions mathémati­"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2159, "fin_caractere_exclue": 2200, "texte": "ques de ce problème essentiellement fran­"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2254, "fin_caractere_exclue": 2300, "texte": "çais. De jolies gravures ajoutent à l'élégance"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2345, "fin_caractere_exclue": 2390, "texte": "de ce volume finement écrit.            (Co.)"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2623, "fin_caractere_exclue": 2660, "texte": "Vient de paraître : Les Faunesses, un"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2716, "fin_caractere_exclue": 2759, "texte": "très curieux volume de vers de M. T h é o ­"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2812, "fin_caractere_exclue": 2857, "texte": "phile Feret (Paris, Giraud. Prix : 2 francs)."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2905, "fin_caractere_exclue": 2949, "texte": "Nous aurons l'occasion de parler de ce livre"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2999, "fin_caractere_exclue": 3038, "texte": "dans l'étude que nous préparons sur Les"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 3092, "fin_caractere_exclue": 3134, "texte": "jeunes poètes français, étude où nous ana­"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 3184, "fin_caractere_exclue": 3226, "texte": "lyserons les derniers recueils parus : Mo-"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 3278, "fin_caractere_exclue": 3321, "texte": "dernités, de Jean Lorrain ; Arc-en-ciel, de"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 3369, "fin_caractere_exclue": 3406, "texte": "M. Maurice Vaucaire; Rosa mystica, de"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 3459, "fin_caractere_exclue": 3503, "texte": "Stanislas de Guaita ; L'Idylle éternelle, de"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 3552, "fin_caractere_exclue": 3570, "texte": "Jacques Madelaine."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 3916, "fin_caractere_exclue": 3957, "texte": "Viennent de paraître à la Librairie de la"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 4050, "fin_caractere_exclue": 4058, "texte": "Presse :"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 4152, "fin_caractere_exclue": 4186, "texte": "La belle Judith, par G. Lefaure et"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 4279, "fin_caractere_exclue": 4308, "texte": "F. Steyne. Un vol., fr. 3-50."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 4399, "fin_caractere_exclue": 4434, "texte": "Mam'zelle Vertu, par Henri Lavedan."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 4466, "fin_caractere_exclue": 4484, "texte": "Un vol., fr. 3-50."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 112, "fin_caractere_exclue": 149, "texte": "L'Alpe homicide, par Paul Hervieu. Un"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 201, "fin_caractere_exclue": 216, "texte": "vol., fr. 3-50."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 270, "fin_caractere_exclue": 306, "texte": "Jambes folles, par Emile Testard. Un"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 358, "fin_caractere_exclue": 401, "texte": "vol., 10 francs (préface d'Arsène Houssaye."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 453, "fin_caractere_exclue": 486, "texte": "120 illustrations de Joseph Roy)."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 540, "fin_caractere_exclue": 578, "texte": "Les Gaîtés de l'année, par Grosclaude,"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 630, "fin_caractere_exclue": 673, "texte": "dessins de Caran d'Ache. Un vol., fr. 3-50."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 727, "fin_caractere_exclue": 764, "texte": "Nous parlerons prochainement de quel­"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 816, "fin_caractere_exclue": 840, "texte": "ques-uns de ces volumes."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 987, "fin_caractere_exclue": 1026, "texte": "Chez Giraud vient de paraître une sorte"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1078, "fin_caractere_exclue": 1117, "texte": "de chronique du temps jadis, accommodée"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1140, "fin_caractere_exclue": 1145, "texte": "*   *"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1169, "fin_caractere_exclue": 1209, "texte": "en roman et intitulée : Madame la Conné-"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1261, "fin_caractere_exclue": 1288, "texte": "table; auteur Charles Buet."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1403, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "* *"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1461, "fin_caractere_exclue": 1498, "texte": "Les signes du temps, par Henry Roche-"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1550, "fin_caractere_exclue": 1596, "texte": "fort. Un vol , Paris, Havard. Prix : fr. 3-50."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1651, "fin_caractere_exclue": 1692, "texte": "L'éditeur Havard a pris l'initiative d'un"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1744, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "travail excellent qui consiste à réunir en"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1838, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "volumes, les chroniques éparses dans les"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1930, "fin_caractere_exclue": 1967, "texte": "journaux et signées de grands noms. 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Certes,"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2395, "fin_caractere_exclue": 2433, "texte": "nous goûtons peu des ouvrages du genre"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2484, "fin_caractere_exclue": 2524, "texte": "des Mémoires de Cora Pearl où l'histoire"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2575, "fin_caractere_exclue": 2618, "texte": "est falsifiée par des aigreurs ou des réti­"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2669, "fin_caractere_exclue": 2714, "texte": "cences et galvaudée par un style de portière,"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2766, "fin_caractere_exclue": 2810, "texte": "mais lorsque nous avons affaire à Rochefort,"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2861, "fin_caractere_exclue": 2903, "texte": "nous trouvons un style pur et vif, enchas­"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2954, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "sant un esprit toujours incisif et railleur"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 3048, "fin_caractere_exclue": 3091, "texte": "qui n'a jamais abandonné le lanternier. 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Si l'on veut dire un drame lyrique taillé sur les patrons de Bayreuth,\nelle ne l'est pas davantage\n   Saint-Mégrin est un ouvrage complexe tout imprégné de l'esprit français, encombré\nmême, çà et là, des clichés et des rengaines poncives qui dorment au sein du vieil opéra.\nIl est cependant supérieur à la plupart des productions parisiennes par son travail har­\nmonique approfondi et par une tendance constante qu'on y perçoit, d'échapper à la bana­\nlité. Ses quelques scènes, vigoureusement dramatiques, font espérer que MM. Hille­\nmncher produiront une belle œuvre, quand ils la produiront complète, c'est-à-dire quand\nils auront dégagé leur personnalité des influences qui l'obsèdent.\n    L'interprétation de Saint-Mégrin est suffisante : Mlle Mezeray un peu frêle; M. Furst\nun peu gros mignon ; M. Boyer, chanteur de style, mais vocalisateur aussi insupportable\nqu'habile; M. Renaud trop mélodramatique; M. Nerval excellent comédien. Le succès du\npublic a été aux « rouloutourlourades » de Joyeuse ; le succès des artistes aux yeux de\nMlle Bolle et à la précieuse voix comme à la personnalité de plus en plus artiste de\nMlle Louise Wolf.\n   Gwendoline aura passé quand celte livraison paraîtra. Nous en parlerons, s'il y a lieu.\n    Le Théâtre de la Monnaie va fermer ses portes au nez de Lohengrin qui, après y avoir\nattendu tout l'hiver, aura la suprême ressource de retourner chez son frère Parsifal en\npassant par chez M me Adam pour voir si elle a changé d'avis.\n    Pendant que se livrait à Paris l'inconcevable campagne que l'on connaît, M. Verdhurt,\nou ceux qui l'entourent, n'ont pas cru opportun de jouer au troisième larron et d'affirmer\n"}, {"page_pdf": 263, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 410, "texte": "une fois de plus notre supériorité artistique sur la ville dont « toutes les lumières » ne\nservent qu'à mieux faire voir souvent toutes les insanités.\n  Soit. Nous ignorons les motifs mystérieux et multiples. Seulement, l'année prochaine,\nnous ne demanderons plus Lohengrin : nous réclamerons la Walkure.\n                                                                             H. M.\n\n\n                    "}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 228, "texte": "6e ANNÉE. \"                      TOME V, N° 4.           Prix:   60 CENT.                      5 AVRIL 1 8 8 6 .\n\n\n\n\n                                                         LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                                                   T r i b u n , prophète ou baladin,\n                                                                   Toujours fuyant avec dédain\n                                                                   Ces pavés que te passant foule,\n                                                                   Il marche sur les fiers sommets\n                                                                    Ou sur la corde ignoble, mais\n                                                                   Au dessus des fronts de la foule,\n                                                                                T H É O D O R E DE BANVILLE.\n\n\n\n                                              SOMMAIRE:\n    Happe-Chair .                                                     GEORGES RODENBACH.\n    Vers                                        . , . . . . . -       ALBERT GIRAUD.\n    Baisers                                                    .      KISS.\n    Chronique littéraire                                              MAX WALLER.\n    Airs de                                    flûte                  SIEBEL.\n    Chronique artistique                                              EMILE VERHAEREN.\n    Pépins                                                            S. MÉDARD.\n    Chronique musicale                                                HENRY MAUBEL.\n    L a chambre hantée                                                RAOUL RUSSEL.\n    Memento\n\n\n\n\n                                                   BRUXELLES\n                  ADMINISTRATION :                                     RÉDACTION :\n              26, R U E D E L ' I N D U S T R I E , 26              80, R U E B O S Q U E T , 80\n"}, {"page_pdf": 229, "texte": "        LA JEUNE BELGIQUE\n                    R E V U E MENSUELLE DE L I T T É R A T U R E\n                                        E T D'ART\n      ABONNEMENT. — Belgique : 7 francs par an. — Union postale : fr. 8-50.\n\n\n                                     A V I S\n   Un grand nombre de nos abonnés nous ayant écrit à l'effet de réclamer le\nn° de la Jeune Belgique du mois de janvier, nous les avertissons que le\nnuméro triple, paru le 20 décembre, remplace ceux des 1er décembre 1885\net 1er janvier 1886.\n\n                    V I E N T DE P A R A I T R E\n         chez Alph. Lemerre, éditeur, Passage Choiseul, à Paris.\n                               G E O R G E S RODENBACH\n\n\n\n\n  LA JEUNESSE BLANCHE\n                  Choses de l'Enfance — Premier amour —\n               Soirs de province — Les jours mauvais —\n                              Mélancolie de l'art.\n\n                             BOITE AUX LETTRES\n    104. Kiss. A titre d'encouragement, nous donnons votre pièce, parce qu'elle est courte;\n mais c'est mince et nous comptons sur mieux que cela pour l'avenir.\n    105. LÉO TRÉZENIK, à « Lutèce ». Vous annoncez, cher confrère un tas de livres, les\n vôtres: Proses décadentes, celui du complexe L.-G. Mostrailles : Le Venin, Les Par-\nfums, et Les Mots, de Robert Caze, Les Intermèdes, de Peyrefort, d'autres encore.\n Pourquoi diable ne dites vous pas à « l'éditeur des jeunes » de nous envoyer tout\n cela? C'est dans les revues jeunes que vous aurez le plus de publicité efficace, et je\n suppose que vous écrivez des livres avec l'intention de les vendre! Confraternellement à\n vous. M. W.\n    106. PIERRE D'OTR. Vous goûtez les contes d'Alphonse Allais. Il serait fort simple\n de vous abonner au Chat noir, qui les perpètre. Cependant, comme les lecteurs de la\n J. B. semblent goûter également ces emprunts, qui manquent peut-être d'honnêteté,\n voici une nouvelle découpure qui vous et leur fera plaisir, grands enfants que vous\n êtes tous !\n                                   LE BON PEINTRE\n                                                                          A LUIGI LOIR.\n   Il était à ce point préoccupé de l'harmonie des tons, que certaines couleurs mal\narrangées dans des toilettes de provinciales ou sur des toiles de membres de l'Institut le\nfaisaient grincer douloureusement, comme un musicien en proie à des faux accords.\n   A ce point, que pour rien au monde, il ne buvait du vin rouge en mangeant des œufs\nsur le plat, parce que ça lui aurait fait un sale ton dans l'estomac.\n   Une fois que, marchant vite, il avait poussé un jeune gommeux à pardessus mastic sur\nune devanture verte fraîchement peinte (Prenez garde à la peinture, S. V. P.) et que\nle jeune gommeux lui avait dit :\n   — Vous pourriez faire attention...\n   Il avait répondu en clignant, à la façon des peintres qui font de l'œil à leur peinture :\n   — De quoi vous plaignez-vous?... C'est bien plus japonais comme ça.\n   L'autre jour, il a reçu de Java la carte d'un vieux camarade en train de chasser la\n panthère noire pour la Grande Maison de Fauves de Trieste.\n"}, {"page_pdf": 230, "texte": "                       HAPPE-CHAIR\n\n                                   Au moment où tout le pays wallon est secoué\n                             par la crise ouvrière, où les verriers, les pudd­\n                                leurs, les houilleurs se sont levés dans un\n                                coup de misère et de folie, refusant le travail,\n                                détruisant, incendiant les usines qui ont\n                             flambé comme des bûchers de vengeance dans\n                                   la campagne, à cette heure tragique où l'on\n                                   cache en hâte dans la terre les cadavres de\n                                 :\n                                   ceux qui sont tombés, non pas sous les\n                 balles ennemies, mais tués par l'armée de leur pays, un\n                douloureux intérêt d'actualité s'attache à Happe-Chair, le\n                nouveau roman de Camille Lemonnier.\n                   Par une sorte d'instinct prophétique, il a deviné, pres­\n                senti, raconté dans son livre toute la détresse présente : du\n                reste, c'est précisément au cœur des grèves actuelles, à Mar­\n              cinelle et à Gouillet, que l'artiste alla, il y a déjà deux ans,\n              étudier sur place la vie de pauvretés, de luttes, de bruta­\n             lités et de péché des ouvriers du laminoir.\n                Pendant des semaines, dans les villages noircis et tristes, il\nfréquenta les ateliers, les forges, échauffant sa pensée aux brasiers des\nfours, écoutant sangloter le métal sous le choc des marteaux, se mêlant\naux groupes des travailleurs, surprenant leurs attitudes si fières, leurs gestes\nsi grands   un mouvement utile est toujours gracieux, nous disait un pein­\ntre — épinglant dans sa mémoire des noms, des détails de mœurs curieux,\ncomme des coléoptères rares, et surtout se familiarisant avec leur patois\n                                                                     13\n"}, {"page_pdf": 231, "texte": "                                  — 204 —\n\n\n  wallon, dont nous retrouvons dans le volume une si habile transposition —\n  tandis qu'avec lui, compagnon de voyage et d'impression, le peintre Con­\n  stantin Meunier croquait çà et là des types d'ouvriers et de femmes.\n     Ce sont ces dessins que Lemonnier rapporta dans son intime ermitage de\n  La Hulpe, qu'il fixa au mur en inscrivant un nom sous chacun d'eux, afin\n d'avoir ainsi devant lui, presque vivants et réels, les personnages du livre\n qu'il allait écrire.\n    C'est ainsi que Happe-Chair fut préparé, vaste tableau, fresque énorme\n et tragique, composé avec toutes ces esquisses brossées d'après nature.\n    Ainsi s'explique la couleur maintenue de ce livre, le même accent gardé\n d'un bout à l'autre, la même lumière baignant tous les personnages. Car\n c'est là tout l'idéal et toute la théorie d'art de Lemonnier : être atmosphé­\n riste. Cela équivaut à la tonalité dans un tableau. L'écrivain répugne aux\n procédés d'analyse méthodiques et minutieux ; ceux-ci font songer aux por­\n traitistes qui peindraient un à un les cheveux de leurs ; modèles ou aux\n peintres de paysage qui peindraient une par une les feuilles de leurs arbres.\n    Lui est avant tout l'homme des ensembles ou du moins il veut l'être et\nil est regrettable qu'il ne réalise pas plus complètement sa théorie d'art.\n    Il y réussirait en s'affranchissant tout à fait des influences naturalistes\nqui le portent à noter trop exactement certains détails négligeables, mal­\npropres, choquants, qui, pour être curieux dans la réalité, n'ont pas d'intérêt\nlittéraire.\n    Il est poète avant tout, si bien que ses livres de chevet sont des poètes :\n Hugo, Leconte de Lisle, Baudelaire. Il a l'image facile et pompeuse, la\ndescription ample, sonore ; il est lyrique, avec un grandissement de vision\net des souffles d'épopée, comme dans le premier tableau du livre où l'on\nentend le grondement farouche du laminoir, vaste comme une cathédrale\navec le bruit d'orgue des machines, la gravité de prêtres officiants des\ntravailleurs et l'énorme appareil du marteau-pilon qui semble un autel où\nle bloc incandescent brûle comme une hostie incendiée. On dirait la messe\nrouge.\n    Cette allure épique on la retrouve dans les chapitres de l'accident, les\nmeilleurs du livre. Quelles admirables pages, quelle émotion éclaboussée de\nsang dans le récit de l'explosion nocturne, roulant son bruit de tonnerre sur\nla campagne endormie : un volant a sauté, les murs ont croulé, toute lan­\nterne s'est éteinte; puis, les secours s'organisent, on pénètre dans le bâti­\nment noyé d'ombre, on extrait les braises en feu hors de la gueule des\nfours ; on relève les morts, les mourants, avec peur et angoisse, car, tou­\njours au fond de l'usine, gronde et tourne, comme un soleil désorbité,\nl'autre volant qui ne s'est pas arrêté.\n"}, {"page_pdf": 232, "texte": "                                   — 205 —\n\n\n     Tout cela est grand, traversé d'un beau souffle, et d'une puissante émo­\n tion, surtout quand les familles réveillées au bruit accourent au village,\n se ruent aux grilles pour avoir quelque nouvelle des leurs. Écoutez cette\n lamentation d'une mère sur le cadavre retrouvé de son fils.\n     « Pou' quoi qu't'es parti, Martin? T'avais coûté tant d'peine à no venir.\n « A quat'ans, t'étais si misérable qu'les gens i disaient : Pou sûr, el' femme\n « à Culisse n' gardera nin s' p'tit. Et j'tai gardé to d'même, j ' t'ai repris au\n « bon Dieu qui volait t'ravoir. J' m'disais : J'lui mettrai tant de baisers\n « d'sus l'peau que la mort é n'saura pu par où l'prendre. Et maintenant pu\n « rien ! T'es là en miettes, pi qu'si une bête t'avait magni. Martin, Martin,\n « Martin, Martin! m'fils Martin! m' doux chéri! C'est ben toi, dis,\n « qu'es là! Martin ! M' s'yeux et ma vie ! A c' t'heure qu' t'es pu là,\n « quoé qu' j'vas d'venir? M'faudra r'aller aussi et qu' j'iaisse l'homme to\n « seul ! T'allais d'sus tes dix-huit ans ; n'y avait pon d'pu beau gars dans\n « l'village. Et d'belles journées qu'ti gagnais déjà ! T'aurais été puddleur,\n « contre-maître, cor ben aut' chose ! Et t'aurais ren été du tout qu' t'aurais\n « cor été m'fils ! »\n     Tu aurais encore été mon fils! comme ce mot de mère est beau, humain,\n émouvant ! Il n'y a que de grands artistes pour inventer de pareils cris !\n     Voilà pour le fond ; et pour la forme, on trouvera assurément curieux\n ce patois wallon, non pas reproduit, mais créé par l'écrivain ; car c'est une\n véritable création ; ce n'est pas tout à fait la langue parlée, peu transpo­\n sable dans le livre, c'est un idiome composite greffé, combiné avec un art\n qui a su triompher de toute la difficulté.\n     C'est là sans doute ce qui donne au livre d'un bout à l'autre son accent\npeuple, selon l'esthétique de Millet, qui disait : « Il faut faire servir le\n trivial à l'expression du sublime, c'est la vraie force ».\n     Cette pensée s'appliquerait aussi à la composition des caractères et se\nréalise ici dans le personnage de Huriaux qui, malgré les trivialités de sa\nbasse existence, apparaît grand et touchant — c'est le type de l'ouvrier\nhonnête, loyal, bon enfant, héroïque par instinct, grandi comme il\nconvient pour réaliser un type artistement vrai.\n   Au lieu que Clarinette n'a pas autour d'elle ce halo d'art ; elle apparaît\nvulgaire dans la notation trop exacte de ses vices et son type, photogra­\nphié en quelque sorte, est cependant — et pour cela même — artificiel\ndans le livre, car la vérité artistique, la vérité supérieure est toujours une\nexagération de la vérité littérale. L'art c'est le spectacle de la vie, vu avec\ndes jumelles.\n    Il y a d'autres choses encore bien rendues dans le roman : la scène de\n"}, {"page_pdf": 233, "texte": "                                  —   206   —\n\n\n la grande Félicité suivant de force le convoi de Lerminia, la grève, la\n lutte de Jamioul, un beau caractère d'ingénieur, défendant les ouvriers\n contre les administrateurs et contre Poncelet, le directeur, un type vivant\n d'égoïsme et de cruauté inconsciente.\n    A ce point de vue, le livre est plus qu'une œuvre d'art ; il a une portée\n sociale; il est un cri de guerre dans la grande bataille du travail et du\ncapital dont nous voyons en ce moment les premières escarmouches déjà\ntragiques et sanglantes.\n    L'œuvre aurait même gagné à ce que ces côtés-là fussent accentués, de\nmanière à symboliser toute la vie de lutte, de misère, d'abandon et de vice\nfatal de la classe ouvrière — au lieu de se borner à transcrire l'histoire d'un\nménage qui n'offre guère de complications et ne peut pas non plus retenir\nl'attention par une analyse d'âme.\n    Quant à la langue du livre, elle est chaude, violente, colorée — en ceci\nLemonnier est un vrai Flamand — si colorée qu'on lui en fait même un\nreproche. Tandis que Zola renie la recherche de la phrase, la poursuite du\nrythme, le choix et la ciselure du mot, Lemonnier reste un triomphant\nvirtuose de la forme. Il a un vocabulaire étonnant, nouveau, déroutant\npour ceux qui vivent sur un vieux fonds de mots connus que la langue\nclassique et romantique leur a fournis. — Mais ne peut-on pas oser,\nhasarder, créer, inventer son style. Hugo le disait déjà dans sa préface de\nCromwell : « La langue française n'est point fixée et ne se fixera point. C'est\nen vain que nos Josué littéraires crient à la langue de s'arrêter ; les langues\nni le soleil ne s'arrêtent plus. Le jour où elles se fixent, c'est qu'elles meu­\nrent. Voilà pourquoi le français de certaine école contemporaine est une\nlangue morte ! »\n   Cela est vieux comme le monde et déjà Horace comparaît la langue à\nune forêt ou beaucoup de feuilles sont tombées, où d'autres feuilles\nrenaîtront. Or, puisque l'époque nouvelle est complexe, mobile, raffinée,\nsensible aux sourdines, aux demi-teintes de la sensation, aux nuances de\nl'âme, il est clair qu'à ce progrès de la sensibilité devenue plus aiguë, doit\ncorrespondre une écriture plus nerveuse, plus souple, plus compliquée —\nune attaque de nerfs sur du papier, a-t-on dit fort joliment.\n   Mais je me demande si l'idéal n'est pas, dans chaque langue nouvelle,\nd'arriver à une forme simplifiée qui reste alors la forme classique de cette\nlangue nouvelle et c'est peut-être dans ce sens que Madame Ackermann,\nle poète pessimiste, avait raison de dire un jour devant nous : « Il faut\nécrire dans une langue qui ne saurait pas vieillir ».\n                                                GEORGES RODENBACH.\n"}, {"page_pdf": 234, "texte": "                       — 207 —\n\n\n\n\n                      VERS\n                     S I LENCE\n\nNul n'entendra jamais, ô douceur! ô mystère!\nOrgueil mélancolique et fier renoncement,\nO toi, ma chère joie, ô toi, mon cher tourment,\nLe nom que te donnaient les enfants de la terre.\n\nJe mourrai loin de toi, nocturne et solitaire,\nTon image en mes yeux, fidèle à mon serment ;\nJe conduirai tout bas mon propre enterrement :\nLe silence m'enivre et mon cœur sait se taire.\n\nMais ce mutisme même et cette obscurité\nSeront comme un concert et comme une clarté\nQui rendront dans l'oubli ta mémoire éternelle;\n\nCar j'aurai fait chanter pour la race à venir,\nAu rythme d'une messe ardente et solennelle,\nComme un orgue pieux ton vaste souvenir!\n\n\n                  LA VOIX BRISÉE\n\nLorsque j'entends mourir ta voix crépusculaire,\nPleine d'espoirs déchus, d'angoisse et de rancœur,\nJe comprends que l'hiver est entré dans ton cœur;\nEt ta parole étrange, à la fois sombre et claire,\nOù se parle tout bas un douloureux secret,\nRessuscite pour moi les immenses murmures\nQu'aux premiers soirs du monde exhalaient les ramures\nD'une mystérieuse et lointaine forêt ;\nEt son timbre m'évoque une eau triste et lassée\nQui regarde sans voir, à travers le brouillard,\nSouvenir de printemps dans l'âme d'un vieillard,\nLa morne assomption d'une lune glacée.\n"}, {"page_pdf": 235, "texte": "                          — 208 —\n\n\n\n\n                        TES YEUX\n\n  Tes yeux verts sont pareils à des eaux printanières\n Où rit le rire vaste et sauvage du vent;\n J'y regarde passer, ainsi que des bannières,\n De beaux rêves d'or vierge et de soleil levant.\n\n Mais parfois la science y met sa solitude,\n Et l'on y voit penser dans l'ombre avec terreur,\n Captives à jamais de la même attitude,\n De hautaines douleurs de mage et d'empereur.\n\nPrintemps splendide et pur ! Hiver farouche et blême !\n Tourment toujours accru du malheureux qui l'aime,\nJe ne puis oublier tes clairs et tristes yeux.\n\nTes yeux ! ô tes chers yeux ! ô jeunesse ! ô vieillesse !\nO le regard si jeune et si vieux qui me laisse\nLe regret d'être jeune et celui d'être vieux !\n\n\n           QUAND TU        LIRAS CES VERS\n\nQuand tu liras ces vers où coule comme un fleuve\nLa saignante splendeur d'un soir rose et charnel,\nTon âme comprendra pourquoi mon âme est veuve\nEt ton cœur frémira d'un frisson   maternel.\n\nTu pencheras alors sur ma tendresse usée\nL'immense charité de ton corps jeune et beau,\nEt par toi ma douleur saintement abusée\nGlissera de ton lit dans la paix du tombeau.\n\n\n                     CRÉPUSCULE\n\nMalgré tes chers aveux, ton rire qui s'étonne,\nEt ta bouche crédule où dorment des baisers,\nAdieu! L'heure est venue et nos corps sont brisés;\nL'horizon nous regarde avec un œil atone.\n"}, {"page_pdf": 236, "texte": "                       — 209 —\n\n\nLa fin de notre amour, crépuscule d'automne !\nAdieu ! Suprême adieu de nos espoirs passés!\nVois tournoyer là-bas nos rêves épuisés\nComme un vol de corbeaux dans un ciel monotone.\n\nCest la nuit souveraine et cest l'oubli profond;\nTout s'en va, tout est noir, tout pleure et se confond;\nLongue, une cloche râle au loin, cœur solitaire.\n\nAdieu! Car c'est en vain que nous aurons cherché,\nPar delà notre chair et les voix de la terre,\nQuelque chose de nous dans ce soleil couché.\n\n                    RENAISSANCE\n                                         A ANDRÉ FONTAINAS.\n\nAvec le rêve ardent de ton regard cuivré\nOù l'âme des clartés rit de se voir plus belle,\nAvec ta bouche en f eu dans le duvet ambré\n      De ta lèvre rebelle;\n\nAvec ta peau hâlée où l'orgueil de ton sang\nAllume une étincelle héroïque et méchante,\nTon opulente voix au timbre éblouissant\n      Comme de l'or qui chante;\n\nTon nez d'oiseau rapace et ton masque indompté,\nLa force de tes mains féminines et minces,\nAux ongles acérés et pleins de volonté\n       Comme en portaient les princes,\n\nIl te suffit de faire un geste aventureux\nPour qu'il ait à mes yeux la soudaine puissance\nD'évoquer en mon cœur, sous un ciel amoureux,\n       Toute la Renaissance!\n\nEt j'imagine alors un vaste palais clair\nOù des lacs de soleil dorment au pied des arbres\nEt font à leurs reflets roser comme une chair\n       La chasteté des marbres.\n"}, {"page_pdf": 237, "texte": "                       —   210   —\n\n\nJe vois se dérouler de larges horizons\nOù, parmi les jardins baignés de vapeurs bleues.\nSur la riche émeraude en flammes des gazons,\n       Les paons ouvrent leurs queues.\n\nVoici les cardinaux avec leurs familiers,\nSous un dais de brocart tendu par des esclaves,\nEt leurs rouges manteaux sur les blancs escaliers\n       Coulent comme des laves.\n\nLà, devant un vitrail aux lueurs d'ostensoir,\nSur le balcon vermeil et dans des ombres roses,\nLes princesses en fleur hument le vent du soir\n       Qui leur parle des roses.\n\nEt l'essaim chatoyant des mimes et des flous\nEclate, s'éparpille et ricoche en cadence,\nEt l'on voit au travers des grands feuillages roux\n       Cet arc-en-ciel qui danse !\n                                         ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n\n                   BAISERS\n                                             To   MARY   L.\n        O, my darling, encor, encor,\n        Serrons-nous, les lèvres unies\n        Dans les étreintes infinies,\n        Ineffables des baisers d'or !\n\n        Viens, sur les lèvres demi-closes\n        Les baisers d'or sont les plus doux ;\n        Viens, mon amante, embrassons-nous\n        Dans le rêve doré des choses.\n\n        Enlace-moi dans tes bras blancs,\n        Avec des soubresauts immenses,\n        Nous aurons les douceurs intenses\n        Des rythmes lascifs et tremblants.\n"}, {"page_pdf": 238, "texte": "                                       — 211 —\n\n\n                   Dans nos tressaillements    extrêmes,\n                   Longs tressaillements    amoureux,\n                   Tes baisers chauds et langoureux\n                   Me diront tout bas que tu m'aimes!\n\n                   O, my darling, encor, encor,\n                   Serrons-nous, les lèvres unies\n                   Dans les étreintes infimes,\n                   Ineffables des baisers dor !\n                                                                  Kiss.\n\n\n\n\n           CHRONIQUE LITTÉRAIRE\nI. Théâtre en liberté, par Victor Hugo. Un vol. Paris. Hetzel et Quantin. Prix : fr. 7-50.\n   — II. L'Œuvre, par Emile Zola. Un vol. Paris, Charpentier. Prix : fr. 3-50. —\n   III. Mademoiselle Corvin, par Jean Fusco. Un vol. Paris, Ollendorf. Prix : fr. 3-50.\n\n\n                                            I\n\n              Deux ouvrages à retentissement ont paru le même jour (1er avril)\n               à Paris. Ce sont : le Théâtre en liberté, de Victor Hugo et\n               l'Œuvre, d'Emile Zola, celle-ci débordante de vie et de pas­\n               sion, celui-là pâle comme un revenant.\n   Le Théâtre en liberté contient huit fragments datés de 1865, de 1867,\nde 1869, de 1872, de 1873, de 1874, l'un même de 1854; tout cela rapporté\nsoigneusement et pouvant, par le genre, être compris dans le cycle de la\nLégende des siècles.\n   D'aucuns ont admiré cette pensée du vieux poète de vouloir se survivre,\nenvoyer du fond de la tombe l'émanation de son génie et forcer les hommes\nà l'admirer chaque année dans un livre nouveau.\n   J'aurais plutôt compris le contraire : que chaque année l'on émondât la\nvégétation de ce chêne touffu dont tant de branches ont la sève immortelle,\nmais dont tant de rameaux sont morts irrémédiablement. Les œuvres com­\nplètes de Victor Hugo, si minutieusement publiées que pas une variante,\nmême enfantine, n'échappe à la perspicacité des éditeurs, sont déjà comme\ncelles de Voltaire, un encombrement de bibliothèque. Qui relira jamais le\ngalimatias tonitruant de l'Ane, de la Pitié suprême, de Religions et reli-\ngion, du Pape?\n   Qui relira le Théâtre en liberté?\n   Les journaux, qui, lorsqu'ils donnent les bonnes feuilles d'un livre à\nparaître, choisissent souvent les plus mauvaises, sont tombés bien cette\n"}, {"page_pdf": 239, "texte": "                                     — 212 —\n\n\nfois. Ils n'ont donné que deux fragments : Etre aimé et Sur la lisière d'un\nbois. C'est encore du fatras, mais la griffe du génie à son crépuscule marque\ncertains vers :\n              Soyej Pierre-le-Grand, épousez des servantes ;\n              Ayez tout de l'amour, même les épouvantes,\n              Mais ayez l'amour. Dieu sans l'amour serait seul,\n              Et le ciel étoile ne serait qu'un linceul.\n              Les ténèbres mettraient sur Dieu leurs plis sans nombre.\n              L'oubli c'est du silence, et la haine est de l'ombre.\n              Je veux, pour mon bonheur comme pour mon souci,\n              Retrouver dans un autre un moi-même adouci.\n     Mais, à côté de ces envolées de grand lyrisme, reviennent les antithèses\n  connues, les hyperboles gigantesques, les énumérations qui tirent à la\n  ligne, ressemblant à quelque dictionnaire encyclopédique qui se serait tout\n. à coup liquéfié et se précipiterait, comme un torrent, dans un encrier\n  énorme !\n     Parfois, après les essoufflantes tirades, qui font s'éponger le lecteur,\n  viennent des strophes douces et charmantes ainsi qu'une caresse d'éven­\n  tail; c'est alors l'éternel chant d'amour panthéiste s'épanouissant de l'être\n  aux choses :\n              Le bonheur fait l'effet, ne réprouves-tu pas ?\n              Qu'on est chaque matin remariés tout bas ;\n              On sent quelqu'un, très loin et tout près, qui dans l'ombre\n              Met sur vous en silence une grande main sombre,\n              On chante, on rit, on sent que l'âme est à genoux,\n              Et l'on a sur le front je ne sais quoi de doux,\n              L'air, le printemps, le ciel, l'amour profond des choses,\n              Des bénédictions faites avec les roses.\n   Il y a peut-être quatre pages de cette valeur dans Théâtre en liberté, le\nreste n'est que l'écume de la poésie hugolienne, mais c'est mal servir son\nimmortalité que la couvrir de ces broussailles desséchées.\n   Emile Zola disait hautement son avis au Maître lorsque celui-ci vivait\nencore. A propos de l'Ane, il écrivait ces lignes qui s'appliquent aussi bien\nau Théâtre :\n   « Nous pataugeons en plein rabâchage. Seulement le poète intervient et\nnous donne du rabâchage sublime. Les choses les plus plates prennent des\nallures tonitruantes. Calino se double d'Isa'ie. Cela serait très médiocre, si\nc'était dit simplement ; mais comme le poète dit les choses avec une enflure\nextraordinaire, cela devient absolument illisible. C'est consternant. J'ai\ncru entendre Malbrough s'en va-t-en guerre joué dans les trompettes du\njugement dernier! »\n                                          II\n   L'Œuvre est le quatorzième volume des Rougon-Macquart;        sans se\nlaisser abattre, Emile Zola poursuit lentement son étude de la société\nmoderne, abordant tous les milieux l'un après l'autre, comme fit Balzac.\n"}, {"page_pdf": 240, "texte": "                                  — 213 —\n\n\nLes haines se sont tues autour de son œuvre, les critiques les plus hostiles\nont désarmé, Germinal a emporté la redoute.\n   Aujourd'hui, le livre nouveau est plus intime, il nous intéresse davantage,\nnous, écrivains qui voyons une partie des douleurs qu'il saigne ; on sent\nque Pierre Sandoz c'est Zola lui-même, que Claude Lantier c'est un peu\nManet, que Zola défendit dès la première heure, et de ces deux autobiogra­\nphies, arrangées pour l'affabulation dramatique du roman, s'élèvent toutes\nles amertumes venues de l'Art combattu, mal compris, vilipendé.\n   L'Œuvre est un livre d'observation psychologique ; comme dans Ger-\nminal, le côté extérieur et descriptif des choses emplit de nombreuses\npages, mais le décor n'est qu'accessoire ici, c'est l'âme divine et humaine\nde l'artiste que Zola observe sur lui-même, avec la clairvoyance du penseur.\n   Ceci n'est que l'histoire fort simple et sans nulle complication d'un\npeintre hardi, novateur, que la grosse bêtise publique empêche de vivre. Le\npremier, il a tenté le plein air, avec le rayonnement vrai de la nature qui\nfait les arbres violets parfois et parfois roses. Au premier tableau qu'il\nexpose, un cri de surprise lui répond dans les ateliers ; Claude fait une\nimpression profonde ; il dessille les yeux, il fait école ; mais ses amis ont\npeur de la foule; ils appliquent les idées de Claude à leurs idées acadé­\nmiques et font applaudir Paris. Lantier, lui, ne concède rien, n'accorde\nrien, travaille, lutte, s'accroche désespérément à l'œuvre qu'il a rêvée, qu'il\nne trouve jamais assez grande, assez belle, assez radieusement lumineuse,\net finit par se pendre la face tournée vers la création inachevée.\n   Emile Zola écrivait un jour son rêve de voir son style débarrassé du\njargon romantique, de retourner à la langue ferme du dix-septième siècle ;\nce rêve, il le réalise peu à peu ; bien que dans certaines des causeries d'ate­\nlier qui reviennent de loin en loin dans le livre comme la phrase-type d'un\ndrame lyrique, il prête à ses artistes un langage imagé, solennel comme une\nprière à Apollon, avec des périodes d'une éloquence de chaire, un langage\nimpossible autant que romantique, lorsqu'il décrit, la phrase se simplifie,\ns'apaise pour ainsi dire, et devient d'une nette correction.\n   L'impression que nous fait l'Œuvre est grande; nous retrouvons la puis­\nsance de ce vigoureux charpentier du verbe, et, ce qui nous émeut davan­\ntage, nous trouvons le Lamma Sabacthani ! du Calvaire des Lettres, jeté\naux espaces et noté dans la forme durable d'un beau livre.\n\n                                     III\n         MADAME,\n                                                              A JEAN FUSCO.\n   Mais voilà — vous signez d'un nom d'homme et c'est peut-être pour\nqu'on ne vous reconnaisse pas. Oh ! n'ayez pas peur cependant, je ne\ndirai pas que vous êtes Mme X... de Monceau-sur-Sambre et de Montigny-\nles-Tilleuls, et personne, pas même moi, n'aura la perspicacité de vous\nreconnaître — on est si bête, que voulez-vous? Je reçois votre livre aujour­\nd'hui 27 mars, en même temps que les journaux du soir qui m'apprennent\n"}, {"page_pdf": 241, "texte": "                                  -   214 —\n\nles frasques des ouvriers de votre pays. Tubleu! on brûle les châteaux, on\npille les usines et l'on tue les propriétaires ; j'ai le frisson quand je songe\nque l'on pourrait faire flamber aussi votre hôtel si parisien et si hospita­\nlier, vos œuvres d'art : ce prestigieux portrait de femme de Dubois, le\nmystérieux faciès de Poulet-Malassis du même, et les Smits et les Boulen-\nger et les Van Camp et les Pantazis, et toutes les merveilles d'art que vous\ncollectionnez avec tant de goût et de tact! Mais vous êtes... homme à\nprendre les armes pour les défendre, n'est-ce pas, Madame, et vous qui\njouez de l'épée comme d'Artagnan ou la Maupin, vous ne laisserez pas\nsaccager ces trésors, dont vous êtes le plus précieux d'ailleurs.\n   Donc, Madame, c'est dans votre élégant boudoir de « bourgeoise repue »\nde « buveuse de sueur populaire » que vous vous permettez de faire de la\nlittérature, comme s'il ne vous suffisait pas d'absorber le capital aux\ndépens de l'ouvrier; c'est une conduite inqualifiable qui vous vaudra tôt\nou tard le sort de Madame de Lamballe. A vrai dire, j'envie le sort de la\npique qui portera votre tête, cette pique-là elle sera désencanaillée. Car,\nc'est triste à dire, nous sommes singulièrement crottés par toute cette\npolitique qui se déchaîne. Il est impossible de faire quatre pas sans entendre\ndes mots de démocratie et de prolétariat. La question sociale a l'air de se\nprendre au sérieux, la voyoute! et des gens graves en parlent avec un air\nd'intérêt. Cela se résout par des grèves, des sacs et des meurtres, puis, tout\nrentre dans le silence et vous savez bien, n'est-ce pas, ce qui en reste,\nMadame?\n  LA LITTÉRATURE !\n   En elle, par elle, pour elle ! c'est notre devise, à vous comme à nous, et\nce ne sont pas des poignées de gens malpropres, à l'accent lourdaud, au\ngeste vulgaire, qui empêcheront la littérature de planer, ailes grandes,\nau dessus de toute cette boue éclaboussée.\n    Votre livre en est la preuve; lorsque je songe qu'il a été écrit dans\nl'affreux pays des usines, des houillères, des laminoirs, où les cheminées\ncoupent l'horizon, où tout est noir sauf souvent le ciel qui défie les\nfumées, je me demande comment vous avez pu vous absorber dans la dou­\nloureuse idylle d'amour qu'il décrit. Car c'est bien une idylle que Made-\nmoiselle Corvin, une idylle toujours neuve quoiqu'ancienne de toujours.\nUn vicomte de grande souche a rencontré une jeune fille de la bourgeoisie;\nil l'aime, lui demande sa main, mais le comte, son père, s'oppose à cette\nmésalliance et le jeune homme se tue dans la mort, tandis que la fiancée se\ntue dans un mariage de convenance.\n   Voilà tout, sans complication, sans trucs, sans coups de théâtre — mais\navec des nuances, et n'est-ce pas là qu'excelle l'écriture féminine?\n    Lorsque, dans la cordialité de votre table où vous nous aviez si gracieu­\nsement conviés, Georges Rodenbach et moi, vous nous parliez de vos\nprojets littéraires, d'un livre que vous écririez sur le peuple usinier qui\nvous entoure, je regardais vos fines mains de châtelaine et je doutais —\nfaut-il vous l'avouer — que ces mains-là s'astreignissent jamais à de tels\nlabeurs. A lire vos pages sur les bains de mer, vos silhouettes de danseurs\n"}, {"page_pdf": 242, "texte": "                                 — 2l5     —\n\n\noù le trait d'ironie est si délicatement touché, celles de sentiment qui sem­\nblent mouillées de discrètes larmes, il me paraît que vous avez, Madame,\nla mission de laver, à l'aquarelle du style, des Keepsake d'élégance senti­\nmentale, tels que Mademoiselle Corvin ou Vaincu, mais non d'empoigner\nla grosse brosse et le couteau à palette qui font des taches aux robes et\nsalissent les doigts. Lorsque George Sand a chanté les paysans, c'était sur\nla flûte d'Anacréon ; quand elle les a peints, c'est avec le pinceau de Frago­\nnard, mais jamais elle ne nous a fait humer les senteurs d'étables, et ses\ncampagnards parlent la langue de... George Sand. Je ne connais pas\nMme Georges de Peyrebrunne, mais je gage qu'elle a de la moustache; quant\nà Rachilde, elle est femme dans ses plus sadiques romans.\n   Vous me répondrez sans doute qu'il n'y a pas de monopoles en art et je\nn'aurai rien à dire. Ou plutôt si ; je vous dirai de confiance que même en\nforçant votre talent, vous ne pourrez manquer de le faire avec grâce.\n                                                         MAX    WALLER.\n\n\n\n\n                    AIRS DE FLUTE\n                                    XIII\n                               SUN SHINE\n                                       P O U R CELLE QUI DEMANDE UN AIR DE FLUTE.\n\n              How do you do '! mon cœur a faim\n              De votre regard qui dédaigne ;\n              Et depuis l'autre jour il saigne,\n              Viendrez-vous le soigner enfin?\n\n              Car, bien que le printemps commence\n              A dorer les longs boulevards,\n              Il fait très froid sans vos regards\n              Et ma solitude est immense.\n\n              Little beauty ! venez, venez,\n              C'est si triste et si navrant d'être\n              Les yeux braqués à la fenêtre\n              Pendant les doux après-dîners,\n\n              Attendant toujours la chérie\n              En songeant qu'elle n'aime plus,\n"}, {"page_pdf": 243, "texte": "                   — 216   —\n\n\n  Et c'est ridicule au surplus,\n  Et c'est naturel qu'on en rie.\n\n  Mais voilà! my heartl on est fou,\n  On sait bien qu'elle est infidèle,\n  Et pourtant lorsqu'on rêve d'elle,\n  On devient maigre comme un clou.\n\n  On se dit : la folle sur l'heure\n  Est avec un nouvel amant,\n  Oh! c'est son droit assurément,\n  Mais ça n'empêche qu'on en pleure.\n\n Si le soleil n'était pas là,\n Lui qui contre tous nos spleens lutte,\n Je me tuerais, tra la la la !\n En sanglotant un air de flûte !\n\n\n\n\n                    XIV\n\nLA COMPLAINTE DES BOISSONS BUES\n\n                                   POUR FRITZ ROTIERS.\n\n En cette nuit d'écœurements,\n Où rien ne bouge que ma plume,\n Et l'étincelle qui s'allume\n Au fond du poële par moments,\n\nEn ce soir de spleen lamentable,\nIl me semble que c'est la Mort\nQui, comprenant mon mauvais sort,\nPrend gravement place à ma table.\n\nElle me donne, sans parler,\nUne petite poudre blanche,\nEt, comme un serin de sa branche,\nJe vois mon âme s'envoler !\n"}, {"page_pdf": 244, "texte": "                 —   217   —\n\n\nElle s'envole et se balance\nEn l'air, sans disparaître encor,...\nAvez-vous entendu le cor\nHurler au cœur de la distance?\n\nO spleen! c'est l'appel des boissons,\nDes lourdes boissons avalées,\nDes tristes heures envolées,\nEt des hoquetantes chansons.\n\nC'est le flot des longues ivresses\nTrès tard, dans la nuit du café,\nOù, par l'atmosphère étouffé,\nJe faisais boire mes détresses ;\n\n Sur ce fleuve au reflet dormant\n Empli d'essences parfumées,\n Roulent, tristes étrangement,\n Les yeux des anciennes aimées,\n\n Des yeux verts d'absinthe, des yeux\n Noirs de stout, plus sombres que l'aile\n Du corbeau, des yeux au pale-ale,\n Ivres, hagards,    mystérieux;\n\n Des yeux qui pleurent l'existence\n Roulée à boire encor, toujours,\n Les heures, les heures, les jours\n Où, tel qu'un navire en partance,\n\n  On n'attendait, dans la boisson,\n  Qu'une solennelle arrivée,\n  Tandis qu'à la rive rivée,\n  L'âme grelottait d'un frisson.\n\n  Mon âme! il fait froid, levons l'ancre!\n  Allons nous en vers les lointains\n  Où l'on trouve les doux matins\n  Loin des horizons couleur d'encre;\n"}, {"page_pdf": 245, "texte": "                   — 218 —\n\n\n Allons nous en incognito\n Sans rien en dire aux journalistes,\n Mon âme ! ne soyons plus tristes,\n Et m'aide à passer mon manteau!\n\n\n                     XV\n              NUITS D'AVRIL\n                               POUR CHARLES SAINCTELETTE.\n\n Du temps où je roulais partout,\n J'entrevis un homme posthume,\n Qui, bien qu'il singeât mon costume,\n Ne me ressemblait pas du tout.\n\nIl n'était pas trop mal, en somme,\nDroit comme un canon de fusil;\nPour camarade il me choisit,\nPuis je n'ai plus revu cet homme.\n\nUn soir — je jouais pique — atout !\nIl tricha pour mon partenaire,\nMais son visage débonnaire,\nNe me ressemblait pas du tout.\n\nIl m'ennuyait, doisje le dire ?\nMais enfin, il était poli,\nSi bien que, me glissant au lit,\nGravement je me mis à rire.\n\nJe devins vieux et mon matou\nSeul consolait ma solitude;\nLui parut — mais, par habitude\nNe me ressemblait pas du tout.\n\nCette fois, je pris la parole,\n Tandis que lui tournait ses doigts,\nIl frémit au son de ma voix :\n« Sais-tu bien que tu n'es pas drôle !\n"}, {"page_pdf": 246, "texte": "                 — 219 —\n\n\n« Tu m'as poursuivi Dieu sait où,\nPlus rasant que le rasoir même,\nMais ton masque, visiteur blême,\nNe me ressemble pas du tout. »\n\nAlors son verbe aux accents tristes,\nTraînant sur le mode mineur\nMe dit : « Toi qui fis mon bonheur,\nJe suis le dernier des fumistes. »\n\n\n                   XVI\n            AMOUR-HOTEL\n                                  POUR LÉON FURNÉMONT.\nMon cœur est comme un Grand-Hôtel\nOù descendent les bien-aimées,\nEt sur leurs valises fermées\nJe vois des Amours au pastel.\n\nJe les reçois sans leur rien dire,\nPorte leurs malles doucement,\nPuis elles suivent mon aimant\nMon aimant aimant : le sourire!\n\nJe leur murmure : « Très longtemps\n Vous habiterez cette chambre,\nEt votre taille qui se cambre\nSera mienne jusqu'au printemps;\n\n« Vos yeux seront miens, votre lèvre\nSera mienne, et vos longues mains\nParcoureront tous les chemins\nDe mon corps éperdu de fièvre\n\n« Nous épuiserons les douceurs\nDes frais baisers, et des caresses,\nEt savourerons les ivresses\nCoupables de deux lèvres sœurs.\n                                                   14\n"}, {"page_pdf": 247, "texte": "                                 — 220 —\n\n\n             « Nous n'éteindrons pas la veilleuse\n             Pour voir notre crime éclairé,\n             Et le boudoir sera doré\n             De lumière mystérieuse.\n\n              « Le matin, très tard, le valet\n              Nous servira des liqueurs roses,\n              De la confiture de roses,\n              Et des pralines dans du lait ;\n\n              « Nous ne verrons pas les musées\n              Ni les monuments publics, ni\n              Les églises — mais l'infini\n              Des voluptés inapaisées;\n\n              « Et quand nous aurons bien tout vu.\n              Epuisé la table servie,\n              S'il n'arrive rien d'imprévu,\n              Nous nous quitterons pour la vie ! »\n                                                            SIEBEL.\n\n\n\n\n         CHRONIQUE ARTISTIQUE\n\n             EXPOSITIONS AGNEESSENS ET BARON\n\n              Agneessens et Baron, deux noms allumés d'art, deux peintres à\n               tendances réalistes d'il y a quinze ans. Leurs deux expositions,\n               l'une au Palais des Beaux-Arts, l'autre au Cercle, permet­\n               tent de les classer, grâce à la mise en présence de leurs œuvres\n es plus anciennes et les plus récentes. Ce qui leur est particulier, c'est le\ngrand souci de réalité qui dominait l'esthétique de leur temps. Ils sont\nobjectifs, tous les deux. Ils demandent, l'un au modèle, l'autre au paysage,\nles éléments principaux de l'œuvre ; ils reçoivent plus qu'ils ne donnent ; ils\ncherchent le caractère dans l'objet qu'ils représentent bien plus qu'en eux-\nmêmes; ils le suivent, le scrutent, le rendent, l'exploitent, le serrent. De\npeur de dérailler dans la composition et la convention, ils s'acharnent après\nle morceau, et s'ils synthétisent jamais, c'est avec réserve, avec prudence,\navec crainte. Agneessens s'en est presque toujours défendu. Quant à Baron,\n"}, {"page_pdf": 248, "texte": "                                      221\n\n\nil y a réussi certes : il a donné quelques sublimés remarquables. On peut\naffirmer qu'il a typé la dune, les sables, les marais.\n    Et d'abord au Palais des Beaux-Arts.\n    Trop de portraits et surtout trop de petits portraits. A première vue, les\nmurs paraissent des cartes à échantillons ; impossible de regarder une œuvre\nsans être distrait par sa voisine.\n    Tableaux hors de pair?\n    Une esquisse : Dans la loge. Cette peinture ébauchée avec des sûretés si\nmaîtresses, caractérise Agneessens. On y sent décisivement le portrait ; elle\na cette flamande distinction bien portante et aussi ce je ne sais quoi de\ndélicatement mystérieux, si féminin et si attirant dans le portrait également\nsuperbe de Mme P.... Pour les chercheurs de beaux morceaux de chair,\nvoici un bras d'une venue parfaite et une gorge et des épaules exquises. La\nmain est admirable. On peut regretter que l'étude ne soit poussée jusqu'au\ntableau, bien que pour le vrai dilettante cette question semble mince.\n Ebauche ou tableau, qu'importe, si l'œuvre est de premier ordre.\n    Le portrait de Mme D...- peinture grasse, avec des luisances de beurre\nsur le front, peinture reposée, interprétant la femme bourgeoise, sans qu'il\ny ait une tare de vulgarité, ni dans l'allure, ni dans le dessin, ni dans la\ncouleur. Difficulté ardue supérieurement tournée.\n    Pétroleuse. Toute une fureur de misère y est étudiée. Tête de mégère,\n tête d'hystérique, tête de sorcière du XIXe siècle, qui si elle n'apparaît plus\n dans des sabbats et des messes noires se tourne encore vers les incendies et\n les massacres révolutionnaires. Nos pétroleuses d'aujourd'hui sont de cette\n race de femmes qui ensinistrait le XIV0 siècle et que Michelet a immor­\n talisées.\n    Restent à signaler aussi, les portraits de l'avoué Claes, des docteurs\n Desmeth et Lavisée et la magistrale ébauche de la famille Nypels.\n    A défalquer de l'actif du peintre, Java. Tableau surfait, tout au plus\n d'une grâce de ligne.\n    Agneessens a fait d'admirables études de nu. A preuve les deux académies\n exposées l'une sur chevalet, l'autre au fond de la grande salle. J'ai parlé lon­\n guement de la première et je renvoie à mon compte-rendu de l'Exposition\n  d'Anvers. La deuxième plus sèche, plus classique, étonne néanmoins par\n  son audace de réalité et par sa pose spéciale. Ce cou rouge d'homme désha­\n  billé qui prouve non pas le vulgaire modèle peint d'après recette, mais\n  d'après vue directe sur chair et peau, devait dérouter quelque peu les juges\n  au concours de Rome de 1870. C'était belle franchise de les offusquer si\n  fermement.\n     Baron a été un des premiers, si pas le premier, des paysagistes sincères\n  et émus. Il a sonné en Belgique la résurrection de l'art mis en terre jadis et\n  maintenu dans le noir du sépulcre, sous la pierre tombale académique, avec\n  tous les Ommeganck, Van Assche et Verboeckhoven assis dessus.\n     Il fallait une belle et naturaliste organisation pour culbuter tant de culs-\n  de-plomb. La poigne devait être implacable et solide. Elle le fut.\n     Joseph Heymans, un de nos maîtres paysagistes et l'un des plus clairs,\n"}, {"page_pdf": 249, "texte": "                                 — 222 —\n\n\nm'a parlé longuement de cette belle lutte et de cette belle victoire. Baron\nétait âpre, décidé, foncièrement convaincu. Il combatit tout seul d'abord.\nOn le suivit et bientôt l'audace fut bien portée, le mépris de la routine fut\nde mise et l'on se targua de révolutionnarisme comme d'une manière de\ndandysme artistique.\n   C'est à ses débuts que Baron a produit ses meilleures toiles. Il a rendu\nl'âpreté des solitudes et la désolation muette des sables et le sommeil\nflasque des marais mieux que personne. Il avait le secret d'une belle\nharmonie de bruns et de verts profonds. Parfois, on se croyait en présence\nd'un Daubigny ou d'un Rousseau\n   Au Cercle on remarque quelques spécimens de cette première et triom­\nphale manière: Le Petit chemin brun dans un paysage de neige, les Dunes\net le Chevreuil mort.\n   Depuis, l'artiste a voulu se renouveler et comme tant d'autres peintres il\na été ébloui de lumière. Ebloui au point de ne la point voir sans crudité. Il\ntravaille, néanmoins, à la distinguer plus exacte et plus fine et déjà il y\nréussit par ci par là.\n   Oh! s'il pouvait, avec ses nouvelles idées et sa nouvelle vision des\nchoses nous synthétiser l'Ardenne comme il nous a synthétisé la Campine,\njadis!\n                                                  EMILE VERHAEREN.\n\n\n\n\n                              PÉPINS\n                                     I\n\n                            PÉPIN        TRISTE\n       Une pluie implacable a noirci le trottoir.\n       A travers ma chair veule et mes os elle verse\n       Comme un vin corrosif, en mon âme perverse,\n       Les fermentations d'un fiévreux désespoir.\n\n       Evoquant du pavé l'odeur d'un cachot noir\n       Où pleurent les fongus et le nitre, l'averse\n       Trace devant mon œil horrifié la herse\n       Qui m'emprisonne au fond d'un sinistre manoir.\n\n       Des f ers visqueux et froids pèsent sur mes vertèbres,\n       L'obscure humidité, pleine de méchants yeux,\n       M'épie. Et sourdement l'alpaga pluvieux\n"}, {"page_pdf": 250, "texte": "                                     — 223 —\n\n\n       Comme un tambour voilé bat des marches funèbres.\n       Soudain, frappé par un invisible bourreau,\n       Je suis guillotiné d'un coup de goutte d'eau.\n\n\n                                        II\n                                    PÉPIN GAI\n\n       Couvercle naturel du Philistin, qui craint\n       D'abîmer son chapeau, sa femme ou son caniche,\n       Guenille d'alpaga coiffant un bâton peint,\n       Le parapluie est bête et le rapin s'en fiche.\n\n       Sous l'averse, on dirait d'un gros ventre, qui geint,\n       Empalé qu'il est d'une arête de stockfische.\n       — Peut-être ce bedon bombant est-il enceint\n       Et va-t-il mettre bas un glorieux derviche ?\n\n       Frère du casque à mèche et du bonnet chinois,\n       Le parapluie a l'air, porté par son bourgeois.\n       D'un éteignoir en deuil sur un bout de chandelle.\n\n       Et Gribouille sourit dans sa gloire éternelle\n       Pour avoir dignement préféré le ruisseau\n       A la feuille de vigne énorme du cerveau.\n                                                     S. MÉDARD.\n\n\n\n\n            CHRONIQUE MUSICALE\n                          PIERROT MACABRE (I)\n              On dirait que les hommes ont fait un échange avec Pierrot et\n                qu'ils ont depuis quelques jours, quelques ans, quelques\n                siècles peut-être, troqué leur âme d'homme contre l'âme du\n                pantin. C'est pourquoi, depuis lors, nos sympathies se repor­\ntent à l'être 'fantaisiste qui demeure, au milieu de nos réalités, comme la\ncaricature mélancolique des souffrances humaines.\n\n (1) Partition éditée chez Cranz.\n"}, {"page_pdf": 251, "texte": "                                  —        224\n\n\n\n    Théo Hannon vient de ressusciter une fois de plus, parmi nous, le vieux\n mimodrame habillé de fantaisie lyrique, le rêve bleu, la chimère en perruque\n poudrée et, d'un joli coup de plume, le coloriste japonisant des Rimes de\njoie tant fardées a redressé sur la scène la figure pâle et glabre du Pierrot de\n Bergame.\n    Pierrot est triste. Pierrot ne peut se consoler de la perte de Colombine,\n et des heures et des heures durant, dans le cimetière où rôdent les morts\n d'antan, Pierrot « givre sa face de pleurs ». Quand survient Laetitia, la fée\n de joyeuse vie, qui verse au malheureux la liqueur de l'oubli. Dès lors,\n Pierrot, redevenu le follichon des heureux jours, se met à aimer Laetitia\n pour rire et s'enfuit avec elle dans un jardin féerique, le Mabille de\n Bergame, où se trémousse la plus jolie moitié du monde qu'on puisse rêver :\n Pierrettes blanches, bleues, roses ; arlequines bariolées, polichinelles à deux\n bosses de satin, le bicorne coquettement échafaudé sur leurs perruques\n poudrées. Mais voilà que d'outre-tombe, où elle n'était qu'en léthargie,\n Colombine revient, flanquée à son tour de deux chevaliers polichinelles,\n forts comme quatre et canailles comme dix. Pierrot, dégrisé, se fâche ; de\n querelle en duel tombe frappé d'un coup d'épée, et tout serait fini sans le\n secours de la charmante fée ex machina, Laetitia-Rossi : car l'amour\n quelquefois ressuscite les morts. Un baiser de Colombine va ranimer\n Pierrot et les amants revivront encore de longues nuits de rêve à s'aimer\n « au clair de la lune ».\n    Cette féerie, imaginée d'un tour d'esprit si délicat et construite de main\n preste et légère, exigeait une scrupuleuse interprétation, une minutie infinie\n d'exécution ; mais le poète a compté sans les hommes de théâtre qui con­\n naissent en fait de poésie bergamasque le manteau d'Arlequin et sont plus\n habitués à manier des portants de coulisse que de la fantaisie. La fantaisie\n de Pierrot, jolie aquarelle lavée de larmes, avec un sourire d'ironie au bord\n de toutes ses souffrances, avec ses mouvements, ses expressions à peine, ses\n gestes à demi, pleine de choses mystérieuses et voilées qui se glissent en frô­\n lant du vague, le doigt sur les lèvres... Chut!... à pas de loup.... cette fan­\n taisie est si fragile qu'à la moindre fausse nuance, éveillée de son rêve ainsi\n qu'une somnambule, elle peut faire la pirouette et les fausses nuances,\n malheureusement, ne manquent point dans la mise en scène et l'interpréta­\n tion de Pierrot.\n    Son côté macabre, assez grassement réalisé, n'échappe pas au grotesque.\n Une seconde fausse nuance, et la plus grosse, est le divertissement qui\n coupe l'action et tache, de la meilleure volonté du monde, un ravissant\n poème. Une autre fausse nuance est le costume de M. Sarraco qui, ne com­\n prenant pas l'Arlequin, a pris un déguisement de saltimbanque, jugeant\n qu'il lui irait mieux. Une autre fausse nuance enfin, l'interprétation du rôle\n de Pierrot, qu'aucun des deux interprètes n'a senti. M. Hansen le laissait\n inexpressif, M. Duchamp le grimace et le grossit. Son Pierrot boit des\n bocks et va en omnibus. Entre ces deux là, il y à place pour l'interprétation\n juste, à la fois expressive et sobre, d'un vrai mime encore à venir.\n    Ohé ! les Hanlon-Lees !\n"}, {"page_pdf": 252, "texte": "                                  — 225 —\n\n   Et voilà pourquoi il faut cligner fort des yeux et de l'imagination pour\nretrouver, dans son originalité de vie sur la scène de la Monnaie, la panto­\nmime de Théo Hannon.\n   M. Lanciani, qui est artiste un peu plus que M. Hansen, en a autrement\ncompris le sens humain : il s'est pris de sympathie pour Pierrot, et toute\npetite qu'elle fut, il a stylé son œuvrette amoureusement, comme une\ngrande. Il s'est pénétré de son sujet musical, l'a conçu d'une pièce avant de\nl'écrire; il en est résulté, au lieu d'un ballet vu du côté des jambes, un\npoème vu du côté du cœur ; un drame de psychologie à fleur d'âme, mon­\ntrant en esquisse ce que deviendrait, sous sa plume, un drame plus sérieux.\nOh ! n'y cherchez pas de traits saillants ni de relief; tout cela s'indique et\ntransparait, à peine, comme des nervures délicates au plus fin épidémie ;\nce sont des riens observés ; des minuties de sensations que l'appendice ou\ndivertissement (pages 36 à 56) écrase de sa lourde banalité.\n   Il y a, en effet, deux choses dans la partition de Pierrot. D'abord ce que\nje viens d'indiquer, de la page 1 à la page 36, et qui est de M. Lanciani,\npour les artistes. Ensuite, un cahier de danses qui prend les pages 36 à 56\net qui est de tout le monde, sauf de M. Lanciani. Ceci est pour les abonnés,\nc'est le côté des jambes.\n   Qu'on reprenne, maintenant, ces trente-six premières pages, qu'on les\nsuive mesure à mesure, et l'on verra comme cela est scrupuleusement tissé\nà même le drame, et comme la musique très fine en attise les drôleries d'une\npointe de malice.\n   Après l'introduction s'ouvrant sur un « au clair de la lune » dont la tierce\nainsi altérée fait une mine si pitoyable au thème de Pierrot, se déroule\nle paysage du cimetière : un paysage nocturne et dormant, coupé seulement\npar les heurts de pioche du fossoyeur, les pépiements, les cris, les froisse­\nments d'ailes des oiseaux de nuit, pour arriver par une marche d'har­\nmonie très naturelle à l'éclaircie du chant rustique fait d'une mélodie\nfranche qui sent bon la terre. Le fossoyeur a fini sa besogne, il se redresse\nde la tombe creusée pour ressaisir, aux chants joyeux des camarades, un\nbout de vie joyeuse, quand le cri du hibou qui coupait la phrase de Pierrot\ndans l'introduction reparaît tout-à-coup. A l'appel de l'oiseau de nuit, les\nmorts quittent leur tombe, nouent une ronde macabre autour du monument\nde Colombine. La ronde, dont le rythme grossier se déhanche aux timbres\ncriards et nasillards de l'orchestre, propage de loin en loin ses appels plus\npressants ; force le trait, hausse le ton et monte de quarte en quarte, se\nramassant un instant en tonalités mineures, pour se déchaîner plus violem­\nment sur le double forte de la fin.\n   Cette ronde, d'un caractère autrement macabre que la danse des sque­\nlettes, termine évocativement le paysage des deux premières scènes.\n   Vient alors la marche funèbre de Pierrette et la cérémonie des funé­\nrailles qui renferme encore de bien jolis détails de dessin. C'est d'abord ce\nfragment du thème goguenard : « J'ai du bon tabac », qui se glisse vite\nentre deux membres de phrase martelés en octaves, pour exprimer le geste\nfurtif du prêtre pinçant une prise de tabac au milieu de sa prière. Malheu-\n"}, {"page_pdf": 253, "texte": "                                   — 226 —\n\n\nreusement, ce trait échappe à l'orchestre. Il ferait rire s'il était mieux sou­\nligné.\n   C'est ensuite l'oraison déroulée en trois temps sur le thème de l'Ami\nPierrot : monotonement, ce thème se psalmodie, coupé bientôt par les ron­\nflements graves des contrebasses pendant que les violons râclent en manière\nde scie une progression ascendante; puis les violons s'arrêtent; tout se\ncalme, l'orateur balbutie encore une ou deux fois : « Au clair de la lune...\nau clair de... », et tandis que Colombine, sortant de sa léthargie, se dresse\nlentement de son lit funèbre derrière Pierrot qui pleure et les deuillants qui\nronflent, un chœur mystérieux, comme un écho dans la coulisse, répète :\n« Au clair de la lune... » Colombine hésite, fait un pas, s'enfuit... pendant\nque le thème se développe tout entier en pianissimo, pour la première fois,\ncarrément rythmé dans une tonalité franche.\n   Enfin, je souligne encore la courte rêverie du monomime qui suit, où le\nthème repasse à travers une suite d'harmonies délicates tout imprégnées de\nla blanche mélancolie du personnage.\n   Ces bouts d'analyse suffisent à indiquer le style peintre de cette musique,\nla finesse de son dessin, la souplesse de sa modulation, et comme l'auteur\nse rend compte du coloris spécial de chaque tonalité et de la façon d'éclairer\nsa mélodie. C'est ainsi qu'après avoir écrit le thème de la marche originai­\nrement dans une tonalité bémolisée (mi) il le remet vers la fin, à la résurrec­\ntion de Pierrot, dans la tonalité plate de sol majeur, pour exprimer la joie\nbrutale un peu peuple du bonhomme.\n   On pourrait caractériser d'un mot la musique de M. Lanciani : elle est\n« spirituelle ». Non pas, toutefois, dans le vilain sens qu'on attache parfois\nà ce mot. Ce n'est pas, comme on pourrait le croire, une de ces musiques\npimpantes dont la mélodie se trémousse et blague en faisant des jeux de\nnotes, comme des jeux de mots. Son esprit loge un peu plus haut que cela\nCe n'est pas de l'esprit de vaudeville, je l'ai dit, c'est de l'esprit de poème ;\nesprit très vivant, très humain, dont les étincelles sont comme des paillettes\nd'âme. Vraie musique de mimodrame, effaçant les paroles pour n'en laisser\nque le geste et l'expression physionomique. Musique à l'aquarelle, mais\navant tout sincère et trahissant le souci constant de la teinte et du ton juste\nà mettre à telle place, pas à telle autre. M. Lanciani a écrit sa partition­\nnette avec l'image de Pierrot devant l'esprit. Il a « filé » Pierrot et son\nthème à travers toute la trame de son drame-miniature ; voilà pourquoi sa\nfrêle construction harmonique a l'unité de jet qui lui donne un air de per­\nsonnalité et d'indépendance : personnalité pas du tout broussailleuse, ni\nsauvage, ni intransigeante;, personnalité d'un joli monde coquet et spirituel\noù l'on ne perd point sa sincérité d'artiste, voilà tout.\n   On a traité M. Lanciani en amateur et avec beaucoup trop d'indulgence.\nJe lui trouve assez de talent pour lui dire des vérités.\n   Si M. Lanciani voulait abandonner la partie dansée du ballet, la succes­\nsion des Strauss et des Métra, pour faire de la comédie musicale, parlée ou\nmimée, peu importe, je crois qu'il la ferait très fine... à condition que les\ncabotins n'y collaborent pas.\n                                                       HENRY MAUBEL.\n"}, {"page_pdf": 254, "texte": "                       — 227 —\n\n\n\n\n    LA CHAMBRE HANTÉE\n                            ... Une chambre qui ressemble à une rêverie,\n                         une chambre véritablement « spirituelle » où\n                         l'atmosphère stagnante est légèrement teintée\n                         de rose et de bleu.\n                                                    (C.   BAUDELAIRE).\n\nUne chambre où l'odeur du musc et des verveines,\nDans le mélange exquis des parfums raffinés,\nSe mêle à la langueur des vieux bouquets fanés\nS'effeuillant tout autour des blanches porcelaines.\n\nUne chambre où, parmi le frisson des haleines,\nEffleurant le sommeil des rêves surannés,\nPlane l'obsession des désirs obstinés\nHantant le cœur épris des tendres châtelaines...\n\nUne chambre où tout parle, où tout chante et prédit\nUn Songe fait d'extase et d'amour engourdi.\nUne chambre où les lis parlent avec les roses,\n\nDurant la paix des Nuits et le vague des Jours,\nLe langage muet des âmes et des choses :\n— Une chambre où survit l'air des premiers amours\n                                              RAOUL RUSSEL.\n"}, {"page_pdf": 255, "texte": "                                             — 228 —\n\n\n\n                                    MEMENTO\n                 BELGIQUE                          de devoir dire tout ce que nous pensons\n                                                   de ce pauvre livre ; Stevens est un des\n      Le vendredi, 26 mars, a eu lieu au Cercle\n   artistique et littéraire une séance de haut artistes dont nous aimons le plus tout le\n   intérêt. Mlle Weber, de l'Odéon, venait y grand talent; c'est le grand peintre moderne\n   interpréter deux pièces en un acte et en dans toute la force du terme, le premier\n   vers, de M. Charles Ruelens. Depuis quel­ qui ait transposé, par la prestigieuse cou­\n   que temps le nom de la jeune tragédienne leur, le côté mondain, élégant, fastueux de\n   a rapidement grandi. On ne parle de rien notre vie contemporaine.\n   moins que d'une émule de Rachel, et                Camille Lemonnier l'a dit dans sa belle\n   Sarah Bernhardt est reléguée prématuré­ histoire de notre art belge, « Alfred Stevens\n   ment au rang d'étoile filante. Le temps et est de la famille des grands peintres. Comme\n   l'étude permettront peut-être à M11e Weber eux, il est préoccupé prodigieusement de\n   de justifier ces exagérations; jusqu'ici elle son exécution : il a l'amour des belles pâtes\n   ne mérite que la moitié des dithyrambes et des belles couleurs, et dans chaque coup\n  dont on la lapide. Belle, jeune, avec un de pinceau il frappe son empreinte ainsi\n   masque d'une étrange mobilité, elle a la que dans une médaille. La bonne peinture,\n   voix bien timbrée et le geste vraiment tragi­ il l'a prouvé, est le résultat d'un organisme\n   que; mais son jeu est encore désordonné, sensible : les nerfs communiquent à la\n  sans mesure : — c'est une sauvage de talent. touche une vibration; l'œil, la main, le\n      Les deux pièces interprétées par elle sont cerveau sont à ce point tendus pour l'élabo­\n  d'un auteur belge. M. Ruelens, qui s'est ration mystérieuse des tons, qu'il y a un\n  toujours mis à l'arrière-plan du vivant de tableau dans un centimètre carré : c'est que\n  sa compagne Caroline Gravière, est un partout l'effort recommence, que la moindre\n  érudit du livre et du manuscrit. Les ser­ touche est une opération de l'esprit et\n  vices qu'il rend à notre bibliothèque sont qu'une œuvre d'art se cisèle morceau par\n  considérables. Comme poète, il a peu pro­ morceau, comme une orfèvrerie délicate et\n duit. Nous nous rappelons bien douze son­ compliquée. »\n nets : Méridionales, d'un ton heureux et            « Mais la rareté de l'œuvre d'Alfred\n d'un joli sentiment, mais nous apprécions Stevens n'est pas uniquement dans l'exécu­\n peu La Gorgone et Dans un tombeau que tion : il est du petit nombre de ceux qui\n Mlle Weber nous a dits le 26. L'un et l'autre serviront dans l'avenir à l'intelligence de la\n sont des produits d'un romantisme à la société actuelle. Alors que la plupart des\n Musset, bien démodé, bien faible, et dont toiles de ce temps seront muettes sur nous-\n la forme prosodique a de singulières fai­ mêmes, son art dira notre faiblesse et notre\n blesses. Caractère et colère, dédain et passion. Toujours chez lui vous sentirez le\n main, dis et avis, effet et n'est, je n'ai et\n                                                 coup de pouce de l'artiste humain : il raconte\n vrai (!), disait et projet, cent autres rimes\n                                                 son temps en moraliste et en historien, et\n pareilles avouent leur pauvreté dans ces\n                                                 ses conceptions sont en accord direct avec\nsaynètes où cependant l'on peut constater\n                                                 l'esprit moderne. 11 a la concision, la netteté\nun effort littéraire très louable.\n                                                 du livre; il enseigne, il avertit; il est l'idéalité\n                                                 greffée sur la réalité : il est surtout la\n                                                 vie... »\n    Alfred Stevens, le broyeur de perles,           Je recopie ces lignes parce qu'elles disent\nvient de donner à la librairie des Biblio­ bien ce que je pense moi-même. En voyant\nphiles un recueil d'Impressions sur la pein­ Les Papillons qui ont figuré au dernier\nture auquel de grands journaux ont fait Salon de Bruxelles, on comprend tout ce\nune ovation désordonnée. Il nous répugne qu'un tel art a de durée.\n"}, {"page_pdf": 256, "texte": "                                         — 229 —\n\n\n  Ce parc mélancolique, cette enfant à la            Pourquoi cet admirable artiste a-t-il\npose admirablement gauche, et, au fond»           voulu formuler son art? Les Impressions\ncette femme mondaine rêvant dans le rêve          sur la peinture sont la collection de tous\nde la nature, forment une œuvre grande à          les lieux communs qui traînent depuis tou­\ncôté de laquelle tout s'efface, C'est l'aristo­   jours dans les ateliers :\ncratie de la couleur et celle de la vie ; c'est      — On ne comprend bien son art qu'à\ninfiniment distingué, et il est bien de la        un certain âge.\nfamille des grands peintres celui qui sait           — La grandeur d'une œuvre ne se me­\némouvoir à ce point.                              sure pas à sa dimension.\n   On se souvient des tableaux où Alfred             — Plus on s'élève dans l'art, moins on\nStevens épanche son beau rêve d'élégance          est compris.\net de modernité, de la Visite, par exemple,          — L'opinion d'un connaisseur est plus\ndans laquelle se groupent trois dames             flatteuse que les suffrages de la foule igno­\nhabillées à la mode d'il y a vingt-cinq ans,      rante.\navec la crinoline et les boucles. Qu'on              Il y a trois cents aphorismes de ce cali­\nrevoie l'œuvre, elle n'a point vieilli; ces       bre dans l'ouvrage de M. Stevens. Le\nmodes étalées n'ont pas le ridicule des           moindre coup de son pinceau ferait beau­\nchoses surannées, elles ne choquent pas;          coup mieux notre affaire.\nc'est que Stevens a réalisé la conception du\nBeau qui ne « passe » point, qui ne s'use\npoint, qui ne fait jamais sourire et fait             Les lecteurs de la Jeune Belgique se\nméditer.                                          souviennent sans doute d'une certaine\n  Et la mer! la mer comprise non comme            Revue moderne, qui parut en 1882-1883 ;\nArtan la comprenait avec sa rudesse su­           la pauvre n'avait pas les reins assez solides\nperbe de matelot-peintre, mais une mer qui        et mourut au bout de neuf mois — au lieu\nparticipe de la mondanité des plages, une         de naître! Le recueil aujourd'hui totale­\nmer qui est pareille à de la soie et à du         ment épuisé ne renfermait pas moins de\nsatin liquides, et dont on entend le mur­         600 pages où l'on remarquait d'intéressants\nmure comme s'il était un froufrou de robe.        articles de Victor Arnould, Léon Cladel,\nQue l'on se rappelle le Phare de la Hivre,        des fragments inédits du Kees Doorik, de\nune merveille. Dans une immensité sombre,         Georges Eekhoud ; le Pamphlet contre\nau fond de laquelle on entrevoit, parmi les       l'amour, nouvelle inédite et posthume de\nlueurs piquées çà et là, une longue sil­          Caroline Gravière ; La vie bête, de Max\nhouette de brise-lame, l'eau se convulsé et       Waller ; Mathusalem        Cox, de Camille\nbat la côte, tragique et douce à la fois,          Lemonnier, de la prose et des vers d'Iwan\nayant de l'élégance presque dans ses va­          Gilkin, d'Albert Giraud, des frères de Gon-\ngues crêtées d'écume...                           court, d'Henry Gréville, de Théo Hannon,\n   Le peintre l'a-t-il ainsi vue jamais? Je       de Clovis Hugues, de G. Khnopff, de Maus,\nl'ignore. Pour moi, je ne la connais pas           Nève, Nizet, Edm. Picard, Rodenbach,\npareille, mais c'est pareille que l'a rêvée        Van Arenberg, Verhaeren, Fernand Icres,\nStevens et que nous la rêvons, sans souci         Eugène Robert. C'est le volume de M. Paul\nde la réalité relative dont ne se préoccupe        Hagemans : Les Nuits du garde, paru hier\npas l'artiste, s'il rend, malgré le mensonge       chez Félix Callewaert (M me V° Monnom,\nde son œuvre, une impression émouvante             successeur), qui nous rappelle notre\net durable. Peu m'importe la vérité si la          brillante mais défunte Revue moderne.\nfiction me transporte et me ravit; la mer de       C'est là, en effet, que parut la première des\nStevens appartient-elle à l'une ou h l'autre?      quatre nouvelles qui composent le volume\nQui l'affirmera, d'ailleurs, en songeant à         de M. Hagemans; d'autres parurent dans\ncette nature toujours changeante qui par­          l'Europe du dimanche, non moins défunte.\n fois dépasse tout ce que l'invention eût rêvé.    Nous avons retrouvé dans le livre complet\n"}, {"page_pdf": 257, "texte": "                                          — 230 —\n\nce que nous avions trouvé dans les frag­           deux grandes familles sans y trouver de\nments épars; une touchante religion de la          frères ennemis.\nnature, une sorte de chant mélancolique,\nd'hymne silvestre transposé dans un style\ntrès simple et doux. Nous ne pouvons pas              L'Almanach de l'Université de Gand\nmieux comparer Les Nuits du garde qu'au            (2e année), vient de paraître chez Hoste,\nForestier, de Jules de Glouvet, beau livre         éditeur, sous la forme d'un élégant volume\négalement et non moins empreint d'origina­         de 256 pages imprimées sur papier teinté;\nlité véritable.                                    nous recommandons vivement cette publi­\n                                                   cation à tous ceux qu'intéresse la vie uni­\n                                                   versitaire. Ils y trouveront l'historique de\n  La Basoche donne dans sa dernière livrai­        la jeunesse estudiantine, sans compter des\nson un extrait fort intéressant du volume de       pages littéraires qui prouvent par le progrès\nM. Jean Lorrain : Très russe-                      de la perfection styliste, combien le goût\n                                                   des Lettres augmente de jour en jour chez\n                                                   nos cadets.\n   La Ligne de Saint-Macaire, par Edmond              Il y a là un Final d'amour, de Petrus\nCattier. Un vol., Lebègue, fr. 0-60.                Pirus, qui est comme une mélodie écrite\n    Un tout petit livre très facile à com­         avec une plume de cygne trempée dans du\n prendre et très simplement écrit.                 ciel bleu; c'est mince et c'est exquis ainsi\n    M. Cattier appartient à cette classe d'écri­   que tout récit des amours naïves d'antan ;\nvains que le journalisme a trop tôt circon­        nous ne reprocherons à l'auteur que ses\n venus. L'œuvre, qu'il a certainement dû           néologismes souvent trop cherchés et mal\n avoir en lui il y a longtemps, a été éparpillée   trouvés, tels que enlinceullés, perdure (?)\nen faits-divers fort bien faits, quelquefois       religiosés qui détonnent au milieu de\nmême corrects, si bien que, lorsque le             phrases fluides et musicales; notons encore\nmoment est venu de produire, il n'y avait          deux sonnets de notre confrère Aug. Vier-\nplus chez le jeune journaliste que de quoi         set, de charmantes piécettes de Sapho\nremplir de petites pages pour la récréation        (Paul Berlier), une nouvelle un peu beau­\ndes enfants. Les Bêtes du professeur Meta-         coup \" Mendès \", de Luc Malper, un conte\nphus et la Ligne de Saint-Macaire           font   drôlatique de Charles Magniette, et beau­\nhonneur à M. Cattier. Il sait avec tant d'ha­      coup d'autres choses, vers et prose, qui\nbileté prendre le ton des petits lecteurs          font de l'Almanach un recueil vraiment\nauxquels il s'adresse, qu'on dirait entendre       artistique et jeune. N'était la désagréable\nune conversation d'enfant a enfants, et cela       tête de M. Wagener qui en est le plus laid\ndonne du charme à un livre qui nous                ornement, ce serait parfait.\nrepose de tous les bouquins de talent que\npublient les jeunes auteurs. Etre imper­                                ***\nsonnel, sans couleur, est plus difficile à           Les luttes de la vie, par Georges Dela­\natteindre qu'on ne le croit et nous devons         croix. Un vol., Verviers, Gilon, 2 francs.—\nféliciter M. Cattier d'avoir violenté sa           Des vers de jeune qui a beaucoup lu Mus­\nnature pour y arriver si parfaitement. La          set. Le poète ne manque pas de talent et\nlittérature peu connue , mais du même              mérite d'être encouragé. Son livre renferme\ngenre de son directeur à la             Galette,   souvent de beaux vers solidement frappés,\nM. Georges Vautier, doit être pour quelque         mais où la rime est un peu pauvre, le vers\nchose dans ce résultat curieux ; le livre          parfois un peu... long et le français pas tou­\nn'est pas disparate dans la collection de          jours correct. Tel qu'il est, le volume de\nl'Office de publicité pas plus qu'elle ne          M. Delacroix est cependant une excellente\nl'eût été dans la Bibliothèque Gilon, et           indication, et lorsque le poète aura moder­\nc'est quelque chose de pouvoir entrer dans         nisé sa forme, en lisant les parnassiens, il\n"}, {"page_pdf": 258, "texte": "                                                   —       231   —\n\n\n nous donnera une œuvre forte et durable.                    repentant des belles auditions du commen­\n                                                             cement de l'hiver, s'est rabattu pour finir\n                             **                              sur un programme de virtuoses et de ros­\n    La seconde séance de l'Union de jeunes                   signols. On y a entendu entre autres, les\n compositeurs belges, a été plus intéres­                    Variations sur le Carnaval de Venise !\n sante que la première. Mlle Flament y a                     Sans le prélude de Lohengrin, on aurait\n phrasé d'une remarquable voix, quatre mé­                   pu croire que la musique était en grève\n lodies de Blockx, d'une si jolie harmonie de                ce soir-là.\n couleurs, d'un accent si personnel ; nous                                         ***\n avons déjà dit ici et ailleurs, à propos de\n                                                               Signalons l'intéressante avant-dernière\n l'exécution des danses flamandes à l'Asso-\n                                                             séance du Quatuor Herrmann, avec le con­\nciation, tout le bien que nous pensons de\n                                                             cours de M. Degreef. Séance russe (Cui,\nJan Blockx.\n                                                             Glozounow, Rimski-Korsakof et Boro-\n    A côté de lui, l'œuvre la plus intéressante              dine.\nétait celle de Dubois : Un air de ballet,\n                                                               La dernière aura lieu le 20 avec Mailly et\npour instruments à vent, harpes et violon­\n                                                             M lle Uhlmann.\ncelle; page soigneusement écrite en style\narchaïque rappelant Rameau.                                                       ***\n    Puis des mélodies un peu surchargées de                    Rappelons aussi les trois auditions Ru-\nDegreef; une gentillette de Flon, dites par                  binstein, qui commencent le trente courant,\nM. Heuschling. Une chanson d'Emile                           par la séance Beethoven.\nAgniez, jouée par M. Degreef.\n    Tout cela — Blockx à part — n'est inté­\nressant que comme œuvre d'étude et d'es­                        Une dernière fournée de concerts (Gu-\nsai ; notre sympathie pour les jeunes com­                   rickx, Vandooren, etc.), ont été annoncés\npositeurs et notre confiance en eux, nous                    pour ce mois-ci. Nous en parlerons dans\nfont espérer autre chose.                                    notre numéro prochain.\n\n                    ***                                                           ***\n   L'avant-dernier Concert populaire de la                      Pardon au sympathique baryton Heusch­\nsaison nous a fait entendre des fragments                    ling, dont nous n'avons pas mentionné le\nd'œuvres de Franz Servais : Un extrait de                    dernier concert. L'omission est toute invo­\nl''Apollonide, enfin ! et le Jet d'eau, duo                  lontaire, mais n'est-elle pas un peu réci­\ncomposé sur le poème de Baudelaire.                          proque 'I                         H. M.\n   Tout cela est d'un grand souffle, d'une\nharmonie superbe, d'une facture instru­                                      FRANCE\nmentale bien moderne. La musique de\n                                                               Le Cœur, par Félicien Champsaur,\nServais fortement imprégnée du coloris\n                                                            Paris, Havard éditeur.\nWagnérien, est une musique palpitante de\n                                                               Joli, joli, joli, le Cœur, tellement joli que\nvie, passionnée, vibrante, jeune Nous\n                                                            c'est tout ce qu'on en peut dire, car ce qui\npouvons compter en lui un compositeur\n                                                            manque à l'art de Champsaur, c'est l'émo­\nbelge de plus et de sérieuse valeur. Nous\n                                                            tion vraie ; la sensation aiguë des extases\nréclamons toute l'Apollonide maintenant,\n                                                            qu il veut peindre ne l'étreint pas, il raconte\nou au moins un fragment plus important\n                                                            plus qu'il n'analyse.\nde cette œuvre.\n                                                               Variations mièvres sur la chair, son livre\n   Rien d'autre à signaler à ce concert\n                                                            n'est pas autre chose. Vue à travers le moder-\npanaché, sinon, la symphonie en fa maj.\n                                                            nisme qu'il affectionne jusqu'à la scie, la\nde Brahms, déjà entendue.\n                                                            nature apparaît à l'auteur de Dinah Samuel,\n                     *   ■   *   *                          sous un jour qui n'est pas le bon; affiné\n  Le dernier Concert                 de   l'Association,    par la blague du boulevard, parisianisé\n"}, {"page_pdf": 259, "texte": "                                              232\n\npar l'incessant coudoiement de la cohue de        Montelar — bien peu de gens avaient com­\nl'asphalte, son talent, fait d'exquises           pris la femme, rendu l'amour. Le lecteur\nnuances, est comme sa langue, charmeur,           bénévole qui croit trouver dans le leur du\nmignard, peu viril. Chez lui, le vice est à       vrai, du vécu, du tenté est floué, j'ai dit\npeine un défaut, l'amour à peine le contact       pourquoi en commençant.\nde deux épidermes ; on s'y baise du bout             On lui sert en revanche un plat savou­\ndes lèvres — languissamment, — l'embras­          reux de parisianisme faisandé, ce qui vaut\nsement de deux êtres est celui d'un mâle          bien autre chose, mais pour l'auteur le but\nsavant et d'une femelle câline.                   est manqué. Il aurait été prudent de sup­\n   De l'affabulation du roman je parlerai         primer la préface. Et puis est-il bien digne\npeu. 11 n'y en a point. C'est le récit éternel­   pour l'homme d'esprit qu'est Champsaur,\nlement ressassé d'une liaison de quelques         de crier un boniment en tête de tous ses\nmois. Raconté par un quelconque, c'est            livres, de vanter ses produits pour mieux\nrossignolant et bête. Champsaur a rendu           les vendre, d'arrêter le passant et de lui\npresque attrayante son histoire — en par­         glisser dans l'oreille — qualité première,\nlant d'autre chose les trois-quarts du            vrai garanti, — réalité — pur fil !...\ntemps.                                               Fil ou ficelle?...\n   Beaucoup de vers là-dedans. L'auteur,             M. Champsaur qui, dans une récente\nqui fort gratuitement — ce me semble —            chronique, traitait avec la désinvolture d'un\ns'attribue le qualificatif de poète, se pren­     talon rouge Joséphin Péladan de « provin­\ndrait-il pour un nourrisson des Muses? On         cial! », fera bien de méditer ce qu'il lui dit\nle croirait à l'entêtement qu'il met à mâti­      — fort courtoisement — pour ne pas imi­\nner de poésies sa prose. Toutes mauvaises         ter ses procédés de critique. Il sait qu'en\nà fendre l'âme, ces élucubrations sous            beaucoup de points je suis en communion\nforme de sonnets. Lieux-communs rimés             d'idées avec lui, que comme lui j'aspire à\n— avec des chevilles.                             rendre la vie telle qu'elle est, que comme\n   Il s'excuse quelque part auprès de sa          lui je suis ennemi du charlatanisme en lit­\nbrune aimée d'être méchant dans ses en­           térature ; aussi comprendra-t-il, j'en suis\nvois poétiques. — Pas si méchant que              sûr, pourquoi je lui répète ici que faire des\ncela. Je lui demande en grâce de ne plus          préfaces est peu... moderniste.\nressortir sous aucun prétexte ses contem-\nplations. Déjà dans Dinah Samuel il nous\nen avait déballé en nombre suffisant pour            Monsieur Parent, par Guy de Maupas­\nrendre le livre insupportable, ici c'est plus     sant; 1 volume. — Ollendorf, Paris.\nraide encore ; chaque chapitre en apporte            Tous les six mois environ, Maupassant\nun paquet. Je suis tenté de croire que            met en circulation un volume de nouvelles;\nChampsaur a dans ses tiroirs un stock iné­        la critique fait bon accueil aux productions\ndit de poésies décadentes, dont il veut, le       multiples de l'écrivain à la mode, le livre\nmalin, nous donner un avant-goût. Que             se vend bien. Auteur et éditeur exultent.\nVanier lui vienne en aide alors ! Ses rhap­       Tant mieux pour eux et pour l'art. Ce n'est\nsodies feront — je le lui prédis — un appen­      certes pas moi qui songerai à m'en plaindre,\ndice fort réussi aux Déliquescences de            tout en regrettant qu'un écrivain de cette\njoyeuse mémoire.                                  trempe gâche son temps et use sa plume à\n   L'auteur se croit poète; j'ai tout lieu de     ciseler pour le Gil Blas, de petits bijoux\npenser qu'il se prend, — de bonne foi —           de philosophie sensuelle, fort jolis assuré­\n pour plus ou mieux qu'il n'est, comme pro­       ment et fort bien payés, mais sur lesquels,\nsateur. Je remarque, en effet, chez lui, une      à notre époque travailleuse, il est difficile\ntendance au pontificat, et je n'en veux pour      de se bâtir une renommée littéraire solide.\npreuve que l'introduction, un tantinet               Monsieur Parent, le nouveau venu et le\nignare qu'avant lui, Champsaur, — aliàs           onzième recueil de contes, est du Maupas-\n"}, {"page_pdf": 260, "texte": "                                        — 233       -\n\nsant de la bonne manière, du Maupassant          mort de M. Robert Caze, le jeune auteur\nfait sans gros mots, subtil, sans afféterie ni   de l'Elève Gendrevin, de Femme à soldats,\nmignardise, débarrassé des enguirlande­          du Martyre d'Annil et de Grand'-mère.\nments fantaisistes et des saloperies gra­\ntuites des premières œuvres du Maupas­\nsant parfait. Il y a beaucoup à louer,              Voilà quatre ans passés que paraît à Paris\ncertes; sans parler de Monsieur        Parent,   l'un des journaux littéraires des plus jeunes\nqui domine les esquisses qui la suivent de       et audacieux qui soient : Lutèce. S'il y a\ntoute la supériorité d'une observation           là-bas quelque symptôme de mouvement,\nachevée, finement conduite, tels morceaux        c'est dans Lutèce qu'on pourra le trouver.\ncomme A vendre, l'Inconnue,       Imprudence,    Un groupe peu nombreux s'y esbat, tapant\npermettent d'apprécier en leur forme             à droite, cognant à gauche, attaquant avec\nimpeccable un des côtés les plus attrayants      une singulière fureur la grande presse. De\ndu talent de ce Normand si Flaubertiste.         ce groupe sont surtout MM. Léo Trézenik\nLui, le sceptique habitué à considérer           et Georges Rail, siamoises parfois sous la\nl'homme sous un aspect morose, porté de          signature collective de L. G. Mostrailles.\npar son tempérament ou un parti-pris à           M. Trézenik publie, seul, aujourd'hui chez\nvoir en tout individu, un être passif — idiot    l'éditeur Giraud un volume de nouvelles :\ndoublé d'un filou — lui, l'enragé satineur       Les Gens qui s'amusent, dont quelques-\nd'idéal, s'enflamme dès qu'il ausculte les       unes sont d'une dépravation exquise. La\nsensations féminines ; le dilettante du plai­    voix du sang, Cocu, Un mariage de rai-\nsir reparaît en lui et il enfante de verve       son, L'Allumeuse, sont des pages d'une\n                                                 originale modernité, d'un « parfum de\ndes pages pleines de chaleur, de gaieté\n                                                 décadence savoureuse » (comme dirait\npresque. Comme cela nous repose des\n                                                 Paul Veau) qui donnent le la du talent déli­\nattristantes rêveries où il s'appesantit !\n                                                 cat de M. Trézenik. Tout n'y est que psy­\n   J'aime moins ses prétendues scènes rus­\n                                                  chologie féminine, mais psychologie raffi­\ntiques. Les magots qui s'y démènent, sont\n                                                  née au point d'être paradoxales, psychologie\ndes charges et j'aimerai fort à ce qu'il évite\n                                                  de fin de race, décadente si l'on veut.\nces reconstitutions de types villageois très\nconvenus. Il le sait mieux que tout autre,          Nous attendons avec impatience le roman\nl'outré n'est pas le réel, la vie des champs     que M. Trézenik annonce : La Jupe, dans\n n'est pas grotesque.                            lequel il ne pourra manquer de synthétiser\n    Ceci dit sur une minime portion du livre,    l'esprit de ses nouvelles.\n je ne trouve plus qu'à admirer.\n                                                                      n.- .•.-\n                             RENÉ D'... Y.\n                                                                  e\n                                                    L'Artiste (56 année) publie dans son\n                                                 dernier numéro un article de M. Max Wal-\n  Les Lèvres roses, poésie par Alexandre         ler sur l'Exposition de l'Essor.\nTanchard.\n   Sous ce joli titre, dans le coquet format\neliévirien, M. Alexandre Tanchard publie,\n                                                   Deux nouvelles publications littéraires\nchez l'éditeur Giraud, un recueil de vers        viennent de paraître à Paris : La Revue de\npleins de fougue, de jeunesse, de fraîcheur      demain (41, rue des Ecoles, mensuelle :\net de sentiment. La note amoureuse y             15 francs l'an) et La Pléiade (99, rue\nsonne la chanson des vingt ans avec tant de      Richelieu, mensuelle: 15 francs l'an).\nfranchise, que l'on ne songe pas à reprocher       Toutes deux sont œuvres de jeunes. La\nau poète ses inconstances à l'égard des          Revue de demain part en guerre sans chef\ncharmantes pécheresses qu'il adore.              de file et nous donne un premier numéro\n                     ***                         plein de bonnes choses parmi lesquelles\n   Les journaux français nous annoncent la       nous notons une nouvelle Deux sœurs, très\n"}, {"page_pdf": 261, "texte": "                                         -       234   -\n\n\nserrée, de notre collaborateur René D'...Y.,         L'Alpe homicide, par Paul Hervieu. Un\nune étude sur Jean Richepin, signée H. de          vol., fr. 3-50.\nTistenay, et des réflexions fort sensées sur         Jambes folles, par Emile Testard. Un\nla question Lohengrin.                             vol., 10 francs (préface d'Arsène Houssaye.\n   La Pléiade, présentée au public par             120 illustrations de Joseph Roy).\nThéodore de Banville, a pour soldats de              Les Gaîtés de l'année, par Grosclaude,\njeunes poètes de beaucoup de talent et bien        dessins de Caran d'Ache. Un vol., fr. 3-50.\nconnus : MM. Paul Roux, Pierre Quillard,             Nous parlerons prochainement de quel­\nJean Ajalbert, Ephraïm Mikhaël et Rodol­           ques-uns de ces volumes.\nphe Darzens que La Basoche nous a fait\ndéjà connaître.\n  Nous souhaitons la bienvenue à nos\nnouvelles consœurs.                                   Chez Giraud vient de paraître une sorte\n                                                   de chronique du temps jadis, accommodée\n                      *   *   *   ■                en roman et intitulée : Madame la Conné-\n   Sous ce titre : Amants et Maris, M. Louis       table; auteur Charles Buet.\nUlbach vient de faire paraître chez l'édi­\nteur de Brunhoff, un recueil de nouvelles                              * *\npiquantes, dramatiques, morales dans leur             Les signes du temps, par Henry Roche-\ngaieté, avec un air de frivolité mondaine,         fort. Un vol , Paris, Havard. Prix : fr. 3-50.\nqui fait frissonner la vertu, sans l'offenser.        L'éditeur Havard a pris l'initiative d'un\nIl est impossible de mieux dire tout ce            travail excellent qui consiste à réunir en\nqu'on peut oser, en faisant deviner ce qu'on       volumes, les chroniques éparses dans les\nne dit pas. C'est le problème que se               journaux et signées de grands noms. A\ndonnent les hommes d'esprit. Amants et             notre sens, la chronique est un genre litté­\nMaris, est une des solutions mathémati­           raire qui a sa valeur, et n'en eût-elle pas,\nques de ce problème essentiellement fran­         elle serait encore le plus précieux document\nçais. De jolies gravures ajoutent à l'élégance    pour l'histoire de notre époque. Certes,\nde ce volume finement écrit.            (Co.)     nous goûtons peu des ouvrages du genre\n                                                  des Mémoires de Cora Pearl où l'histoire\n                                                  est falsifiée par des aigreurs ou des réti­\n    Vient de paraître : Les Faunesses, un         cences et galvaudée par un style de portière,\n très curieux volume de vers de M. T h é o ­       mais lorsque nous avons affaire à Rochefort,\n phile Feret (Paris, Giraud. Prix : 2 francs).    nous trouvons un style pur et vif, enchas­\n Nous aurons l'occasion de parler de ce livre     sant un esprit toujours incisif et railleur\n dans l'étude que nous préparons sur Les          qui n'a jamais abandonné le lanternier. Les\njeunes poètes français, étude où nous ana­        signes du temps datent de 1866. Il y est\n lyserons les derniers recueils parus : Mo-       parlé de tout, des pièces de théâtre et des\n dernités, de Jean Lorrain ; Arc-en-ciel, de      pastilles de Vichy, de Victor Hugo et de\n M. Maurice Vaucaire; Rosa mystica, de            Saint-Louis de Gonzague; l'auteur passe\n Stanislas de Guaita ; L'Idylle éternelle, de     par des transitions invraisemblables, d'un\n Jacques Madelaine.                               sujet à un autre, avec toujours le mot\n                                                  drôle planté comme une aiguille dans la\n                                                  phrase alerte et pimpante. Ce volume, avec\n                                                  les deux précédents : Les Français de la\n  Viennent de paraître à la Librairie de la\n                                                  décadence et la Grande Bohême, forment le\nPresse :\n                                                  récit anecdotique d'une des périodes les\n  La belle Judith, par G. Lefaure et\n                                                  plus brillantes du second empire, et nous\nF. Steyne. Un vol., fr. 3-50.\n                                                  ne saurions assez les recommander aux\n  Mam'zelle Vertu, par Henri Lavedan.             amateurs d'esprit.\nUn vol., fr. 3-50.\n"}, {"page_pdf": 262, "texte": "   Un attendrissement lui vint que quelqu'un pensât à lui, si loin et de si longtemps, et\nil écrivit à son vieux camarade une bonne et longue lettre, une bonne lettre très lourde\ndans une grande enveloppe.\n   Comme Java est loin et que la lettre était lourde, l'affranchissement lui coûta les yeux\nde la tête.\n   L'employé des Poste et Télégraphe lui avança, hargneux, cinq ou six timbres dont la\ncouleur variait avec le prix.\n   Alors, tranquillement, en prenant son temps, il colla les timbres sur la grande enve­\nloppe, verticalement, en prenant grand soin que les tons s'arrangeassent — pour que ça\nne gueule pas trop.\n   Presque content, il allait enfoncer sa lettre dans la fente béante de ('étranger, quand\nun dernier regard cligné le fit rentrer précipitamment.\n   — Encore un timbre de trois sous ?\n   — Voilà, monsieur.\n   Et il le colla sur l'enveloppe au bas des autres.\n   — Mais, monsieur, fit sympathiquement remarquer l'employé, votre correspondance\nétait suffisamment affranchie.\n   — Ça ne fait rien, dit-il.\n   Puis très complaisamment :\n   — C'est pour f aire un rappel de bleu.\n   107. JULES C . Bruxelles. Paul Veau continue à se porter bien; il compte sur le 13 juin\npour faire planter nos tètes au bout de nombreuses piques; seulement qu'il y prenne\ngarde; ce n'est pas au talon qu'il est vulnérable, et nous serions vengés par les pieds de\nl'avenir s'il venait à accomplir son criminel attentat,\n    108. ENIGME.          Mon premier est pro\n                          Mon deuxième ne s'appartient pas\n                          Mon troisième est un signe maçonnique\n                          Mon tout écrit en volapük.\n   Personne n'a deviné le mot de notre dernière charade, le voici : mon premier est VEAU,\nil est ce qu'il est : du veau, mais quand il n'en est pas, parfois on dirait du veau — mon\ndeuxième a douze pieds c'est VERS, mon troisième est MANS, réputé pour ses poulardes.\n   Donnons tout de suite la solution de l'énigme d'aujourd'hui. Mon premier est pro\nparce que pro c'est VEAU radieux, mon deuxième ne s'appartient pas; en effet VER à soi,\nmais, lui ne peut pas s'asseoir; mon troisième est MANS, parce que menstruelle ! — J'ai\nrarement entendu jeux de mots plus complètement idiots.\n\n\n\n                              LES        THÉÂTRES\n   Saint-Mégrin     nous est arrivé de Paris avec une réputation d'ceuvre farouche, intransi­\ngeante, wagnérienne, pour dire le mot terrible qui provoque là-bas les deroulèdades des\nanti-wagnériens selon Mme Adam.\n   Si l'on entend par wagnérienne une œuvre révolutionnaire, cette réputation n'est rien\nmoins que justifiée. Si l'on veut dire un drame lyrique taillé sur les patrons de Bayreuth,\nelle ne l'est pas davantage\n   Saint-Mégrin est un ouvrage complexe tout imprégné de l'esprit français, encombré\nmême, çà et là, des clichés et des rengaines poncives qui dorment au sein du vieil opéra.\nIl est cependant supérieur à la plupart des productions parisiennes par son travail har­\nmonique approfondi et par une tendance constante qu'on y perçoit, d'échapper à la bana­\nlité. Ses quelques scènes, vigoureusement dramatiques, font espérer que MM. Hille­\nmncher produiront une belle œuvre, quand ils la produiront complète, c'est-à-dire quand\nils auront dégagé leur personnalité des influences qui l'obsèdent.\n    L'interprétation de Saint-Mégrin est suffisante : Mlle Mezeray un peu frêle; M. Furst\nun peu gros mignon ; M. Boyer, chanteur de style, mais vocalisateur aussi insupportable\nqu'habile; M. Renaud trop mélodramatique; M. Nerval excellent comédien. Le succès du\npublic a été aux « rouloutourlourades » de Joyeuse ; le succès des artistes aux yeux de\nMlle Bolle et à la précieuse voix comme à la personnalité de plus en plus artiste de\nMlle Louise Wolf.\n   Gwendoline aura passé quand celte livraison paraîtra. Nous en parlerons, s'il y a lieu.\n    Le Théâtre de la Monnaie va fermer ses portes au nez de Lohengrin qui, après y avoir\nattendu tout l'hiver, aura la suprême ressource de retourner chez son frère Parsifal en\npassant par chez M me Adam pour voir si elle a changé d'avis.\n    Pendant que se livrait à Paris l'inconcevable campagne que l'on connaît, M. Verdhurt,\nou ceux qui l'entourent, n'ont pas cru opportun de jouer au troisième larron et d'affirmer\n"}, {"page_pdf": 263, "texte": "une fois de plus notre supériorité artistique sur la ville dont « toutes les lumières » ne\nservent qu'à mieux faire voir souvent toutes les insanités.\n  Soit. Nous ignorons les motifs mystérieux et multiples. Seulement, l'année prochaine,\nnous ne demanderons plus Lohengrin : nous réclamerons la Walkure.\n                                                                             H. M.\n\n\n                    EN V E N T E CHEZ TOUS LES LIBRAIRES\n\n\n  J E A N N E                                                BIJOU\n                                     pièce en 3 actes\n(représentée pour la première fois sur le Théâtre de « l'Alcazar royal\n                                   le 6 février 1886)\n\n\n                      M A X WA LL ER.\n                               Une brochure : 1 franc.\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie L'ŒUVRE, par EMILE ZOLA. Un numéro\n  2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs, en vente partout.\n\nPour paraître prochainement une nouvelle édition de luxe de KEES\n  DOORIK, par GEORGES EEKHOUD. Prix : 3 francs.\n\n\n    La Jeune Belgique recommande à ses lecteurs\nle nouvel atelier de photographie EMERA\n         Montagne de la Cour,\n             le plus artistique\n                     de\n                 Bruxelles.\n\n                                                                  Photographies\n                                                               d'artistes en vogue.\n\n                                            Les costumes du cortège historique\n                                                  des chemins de fer.\n\n\nLA REVUE CONTEMPORAINE, littéraire,\n  politique et philosophique. Directeur : Adrien REMACLE ; rédacteur en\n  chef : Edouard ROD. Abonnement pour la Belgique : 2 2 fr. Paraît\n  le 25 de chaque mois. Bureaux: Paris, 2, rue de Tournon.\n    Bruxelles. — Imprimerie Félix Callewaert père,VeMonnomsuccesseur, 26, rue de l'Industrie\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1886-04-05", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 228."}}