{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "6 e ANNÉE. 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PRIX ; 60    CENT.                          5 MAI 1886.\n\n\n\n\n                                                        LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                                        II m'est fort malaise, quant à moi, de. comprendre.\n                                                        Qu'un lutteur puisse avoir un motif de se rendre,\n                                                        Je n'ai jamais connu fart de désespérer ;\n                                                        Il faut pour reculer, Pour trembler, Pour    pleurer,\n                                                        Pour être lâche et faire avec l'honneur   divorce,\n                                                        Se donner une peine au dessus de ma force.\n                                                                                       VICTOR H U G O .\n\n\n\n                                             "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE: La Jeunesse blanche", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 264, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 977, "fin_caractere_exclue": 2273, "texte": "SOMMAIRE:\n    L a Jeunesse blanche                                                        ALBERT GIRAUD.\n    Châtiment.   . .                                                            IWAN GILKIN.\n    Ballade des réverbères mélancoliques . . . .                                JULES D E S T R É E .\n    Airs de                   flûte                                             SIEBEL.\n    Yo-Tse                                                                      LOUISE DESBORDES.\n    Chronique littéraire                                                        JOSÉPHIN PÉLADAN.\n    M. Coquelin sifflé                                                          MAX WALLER.\n    Obsession                                                                   ALBERT CHAPAUX.\n    Chronique artistique                                                        EMILE VERHAEREN.\n    Chronique musicale                                                           HENRY MAUBEL.\n     Memento\n\n\n\n\n                                                  BRUXELLES\n                 ADMINISTRATION :                                             REDACTION :\n             26, R U E D E L ' I N D U S T R I E , 26                     80, R U E B O S Q U E T , 80\n\n                                                        1886\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "Et toi donc", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "GIL BLAS", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 265, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3974, "texte": "                             BOITE AUX LETTRES\n  109. ENIGME.      Mon premier est un hilarion célèbre.\n                    Mon deuxième assassine des légumes.\n                    Mon troisième n'apprendra jamais le Volapük.\n                    Mon tout est fameux par une lésion idéale à l'éphédrane.\nSOLUTION. Mon premier est veau, parce que les ris-de-veau sont universellement connus.\n           Mon deuxième est ver, parce que vertuchoux.\n           Mon troisième est mans, parce que mansuétude.\n           Mon tout est Wauvermans, parce que...\n   110. GÉNÉRAL VANDERSMISSEN. Un avocat timide désire s'engager dans l'artillerie pour\nce service des arrière-trains. Y a-t-il moyen ?\n   111. ALBERT CH... Merci pour toute la peine que vous vous donnez. Travaillez ferme\net devenez des nôtres. A vous.\n  112.   PIERRE D'OTR. Voilà, monsieur!\n\n                                    LE BON AMANT\n                                                   A RACHILDE, auteur de Queue de Poisson.\n    En fumant des cigarettes, il l'attendait sur le balcon. Il faisait un temps froid et sec\ncomme un coup de trique, mais il était tellement comburé par la fièvre de l'attente, que\nla température lui importait peu.\n    Enfin une voiture s'arrêta. Une masse noire sur le fond gris-perle du trottoir passa\ncomme un éclair et s'engouffra dans la porte.\n    C'était elle.\n    Un peu suffoquée par les deux escaliers qu'elle venait de grimper comme une folle,\nelle entra, et fut aussitôt gloutonnement baisée sur ses petites mains et sur ses grandes\npaupières.\n    Puis alors il pensa à la regarder.\n    Elle était vraiment charmante, d'un charme troublant et inoubliable.\n    Sa petite tête fine et brune, émergeant des fourrures, était coiffée d'un chapeau tyro­\nlien, en feutre gris, de jeune garçon. Les bords en étaient abattus très bas sur le front.\n Ses grands yeux semblaient avoir de plus longs regards qu'à l'ordinaire, et elle s'était\n fait, ce soir-là, de mignons accroche-cœurs, non pas à la manière des Espagnoles, mais\n de vraies petites guiches de jeune dos.\n    Après les premières effusions, quand elle se fut désemmitouflée :\n    — Mais il fait un froid de loup chez vous, mon cher !\n    Alors, très désespéré, il chercha fébrilement chez lui de vagues combustibles, mais\n en vain.\n    Vivant constamment au dehors, il avait toujours négligé ce détail de la vie domes­\n tique.\n    Alors elle devint furieuse et cruelle.\n    — Mais c'est idiot, mon cher! Brûlez vos chaises, mais de grâce faites du feu. J'ai les\n pieds gelés.\n    Il refusa net. Son mobilier lui venait de l'héritage de sa mère, et le brûler lui parais­\n sait un odieux sacrilège.\n    Il prit un moyen terme.\n    Il la rit se déshabiller et coucher.\n    Lui-même se dévêtit complètement.\n    Avec un canif qu'il avait préalablement bien affilé, il s'ouvrit le ventre verticalement,\n du nombril au pubis, en prenant soin que la peau seule fût coupée.\n    Elle, un peu étonnée le regardait faire, ne sachant où il voulait en venir.\n    Puis, tout à coup, comprenant son idée, elle eut un éclat de rire, et une bonne parole.\n    — Ah! ça c'est gentil, mon cher.\n     L'opération était finie.\n    Comprimant de ses deux mains les intestins qui s'échappaient, il se coucha.\n    Elle, très amusée de ce jeu, enfouit ses petits petons roses dans la masse irisée des\n entrailles fumantes, et poussa un petit cri.\n    Elle n'aurait jamais cru que ce fût si chaud là-dedans.\n    Lui, de son côté, souffrit cruellement de ce contact intime très froid, mais l'idée qu'elle\n était bien le réconforta, et ils passèrent ainsi la nuit.\n     Bien qu'elle fût réchauffée depuis longtemps, elle laissa ses pieds dans le ventre de\n  son ami.\n     Et c'était un spectacle adorable de voir ces petits pieds bien cambrés, dont la glaucité\n verdâtre des intestins faisait valoir la roseur exquise.\n    Au matin, il était un peu fatigué, et même de légères coliques le tourmentaient.\n     Mais comme il fut délicieusement récompensé!\n"}, {"page_pdf": 298, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3619, "texte": ":\n   Elle voulut absolument recoudre elle même cette chaufferette physiologique.\n   Comme une bonne petite femme de ménage, elle descendit, en cheveux, acheta une\nbelle aiguile d'acier et de la soie verte.\n ' Puis, avec mille précautions, comprimant de sa petite main gauche les intestins qui ne\ndemandaient qu'à déborder, elle recousit de sa petite main droite les deux bords de la\nplaie de son bon ami.\n   A tous les deux, cette nuit est restée comme le meilleur souvenir.\n   113. PIERRE D'OTR. Et en voilà encore une, toujours d'Alphonse Allais :\n\n                          UN MOYEN COMME UN AUTRE.\n                                                        Conte a GUY CROS (6 ans .\n   Il y avait une fois un oncle et un neveu...\n  — Lequel qu'était l'oncle?\n   — Comment lequel? C'était le plus gros, parbleu !\n   — C'est donc gros, les oncles ?\n   — Souvent.\n   — Pourtant, mon oncle Henri n'est pas gros.\n   — Ton oncle Henri n'est pas gros parce qu'il est artiste.\n   — C'est donc pas gros les artistes.\n   — Tu m'embêtes... Si tu m'interromps tout le temps, je ne pourrai pas continuer mon\nhistoire.\n       Je ne vais plus t'interrompre, va.\n       11 y avait une fois un oncle et un neveu. L'oncle était très riche, très riche...\n     — Combien qu'il avait d'argent?\n    — Dix-sept cents milliards de rente, et puis des maisons, des voitures, des cam­\npagnes...\n   — Et des chevaux?\n        Parbleu ! puisqu'il avait des voitures.\n   — Des bateaux... Est-ce qu'il avait des bateaux !\n    — Oui, quatorze.\n    — A vapeur?\n    — Il y en avait trois à vapeur, les autres étaient à voiles.\n    — Et son neveu, est-ce qu'il allait sur les bateaux?\n    — Fiche-moi la paix! Tu m'empêches de raconter l'histoire.\n    — Raconte-la, va, je ne vais plus t'empêcher.\n        Le neveu, lui, n'avait pas le sou, et ça l'embêtait énormément...\n    — Pourquoi que son oncle lui en donnait pas{\n    — Parce que son oncle était un vieil avare qui aimait mieux garder tout son argent\n pour lui. Seulement,comme le neveu était le seul héritier du bonhomme...\n    — Qu'est ce que c'est « héritier ni\n    — Ce sont les gens qui vous prennent votre argent, vos meubles, tout ce que vous\n avez, quand vous êtes mort...\n     — Alors, pourquoi qu'il ne tuait pas son oncle, le neveu?\n    — Eh bien ! tu es joli, toi! I1 ne tuait pas son oncle parce qu'il ne faut pas tuer son\n oncle dans aucune circonstance, même pour hériter.\n     — Pourquoi qu'il ne faut pas tuer son oncle?\n     — A cause des gendarmes.\n     — Mais si les gendarmes le savent pas?\n     — Les gendarmes le savent toujours, le concierge va les prévenir. Et puis, du reste,\n tu vas voir que le neveu a été plus malin que ça. Il avait remarqué que son oncle, après\n chaque repas, était rouge.\n     — Peut être qu'il était saoul.\n     — Non, c'était son tempérament comme ça. Il était apoplectique..\n     — Qu'est- ce que c'est « aplopecpite » ?\n     — Apoplectique... Ce sont des gens qui ont le sang à la tête et qui peuvent mourir\n  d'une forte émotion...\n     — Moi, je suis-t-y apoplectique?\n     — Non, et tu ne le seras jamais. Tu n'as pas une nature à ça. Alors le neveu avait\n  remarqué que surtout les grandes rigolades rendaient son oncle malade, et même une\n  fois il avait failli mourir à la suite d'un éclat de rire trop prolongé.\n     — Ça fait donc mourir, de rire?\n         Oui, quand on est apoplectique. . Un beau jour, voilà que le neveu arrive chez son\n  oncle, juste au moment où il sortait de table. Jamais il n'avait si bien dîné. Il était rouge\n  comme un coq et soufflait comme un phoque...\n     — Comme les phoques du Jardin d'acclimatation '.\n"}, {"page_pdf": 299, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 823, "texte": "   — Ce ne sont pas des phoques, d'abord, ce sont des olaries. Le neveu se dit : « Voilà\nle bon moment », et il se met à raconter une histoire drôle, drôle...\n   — Raconte-la moi, dis?\n   - - Attends un instant, je vais te la dire à la fin... L'oncle écoutait l'histoire, et il riait\nil riait à se tordre, si bien qu'il était mort avant que l'histoire fût complètement ter­\nminée.\n   — Quelle histoire donc qu'il lui a racontée ?\n   — Attends une minute... Alors, quand l'oncle a été mort, on l'a enterré, et le neveu a\nhérité...\n   — Il a pris aussi les bateaux?\n   — Il a tout pris puisqu'il était seul héritier.\n   — Mais quelle histoire qu'il lui avait racontée à son oncle?\n   — Eh bien !... celle que je viens de te raconter.\n   — Laquelle?\n   — Celle de l'oncle et du neveu.\n   — Fumiste, va !\n   — Et toi, donc?\n\n\n\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 235, "page_fin": 240, "titre_corps": "La Jeunesse blanche : Lettre à Georges Rodenbach", "titre_sommaire": "La Jeunesse blanche", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "LA JEUNESSE BLANCHE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHATIMENT", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 266, "page_imprimee": 235, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1746, "texte": "LA JEUNESSE BLANCHE\n\n                      Lettre à Georges Rodenbâch.\n\n\n                                        MON CHER AMI,\n\n\n                                 Ainsi, c'est donc vrai, ce n'est pas une chi­\n                              mère, ton livre a paru. Ta douce Jeunesse blan­\n                                  che, la belle chez Lemerre dormant, s'est donc\n                                  réveillée, et revêtue de sa belle robe pâle,\n                                  s'est montrée à nous. Elle est désormais évi­\n                              dente et incontestable. Ses ennemis pourront\n                                    critiquer sa démarche, plaisanter sa coiffure,\n                                    blâmer sa toilette,' mais ils ne peuvent plus\n                                    nier son existence. C'est un résultat. Je dirai\n                 plus : c'est le seul résultat enviable pour un poète. Le reste,\n                 c'est-à-dire la mort ou la vie définitives de l'œuvre, ne\n                 dépend de personne, ni des ennemis, ni des amis, ni même\n                 des indifférents, s'il y en avait. Qu'importe si un livre est\n                 traîné dans la boue, ou lancé jusqu'aux étoiles? Ce sont là\n                des accidents qui ne méritent pas un instant d'attirer notre\n              attention, à nous, qui par nécessité, et peut-être aussi par\n              nature, sommes revenus d'une foule de choses, surtout de\n              celles où nous n'avons pas été.\n                 Qu'un livre soit excellent ou détestable, qu'il soit destiné à\nl'immortalité humaine, ou condamné d'avance au néant absolu, cela tte\"\ndépend de personne, si ce n'est de son auteur. Après cela, des mortels quel-'\n"}, {"page_pdf": 267, "page_imprimee": 236, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2973, "texte": "                                   — 236 —\n\n conques peuvent, à leur gré, le couronner de lauriers, ou le lapider de\n pommes cuites, cela est au sens le plus philosophique du mot, relatif et\ncontingent. Qu'une comédie soit mauvaise, et tous les spectateurs des deux\n mondes, qu'un destin cruel réunit le soir dans des théâtres, auront beau\n battre des mains, taper des pieds, acclamer l'auteur, ces démonstrations\nvaines, qui n'ont d'autre résultat que de fatiguer ceux qui s'y livrent, ne\ncommuniqueront pas l'étincelle de la vie à ce qui est mort, et n'arrive­\nront à faire en sorte que le nom de M. Scribe se prononce Shakespeare.\nEt de même, ils auront beau siffler, huer, imiter des cris d'animaux et\nmême, hélas! calomnier un peu les animaux, ils n'arriveront jamais à ce\nrésultat chimérique : empêcher un chef-d'œuvre d'être un chef-d'œuvre, et\ndécréter que le nom d'Alfred de Musset doit se prononcer Ernest Legouvé.\n   Car là, mon cher poète, gît précisément la grande, l'unique difficulté de\nl'esthétique. La foule est encore plus ignorante que bête. Elle a eu de mau­\nvais instituteurs, et on lui a enseigné une prononciation vicieuse. Il y a des\ngens qui disent : colidor et qui, si on leur fait observer qu'il faut dire corri-\ndor, répondent avec effusion : « En effet, vous avez raison, c'est colidor ! »\n   Il y aura sans doute des critiques qui prononceront mal ton nom, et celui\nde ton livre. Mais, Dieu merci, ces erreurs n'ont pas la vie plus longue que\nles éphémères, et il ne convient pas de s'en occuper. Je t'écris ces choses,\nqui ont l'air de n'avoir avec la Jeunesse blanche que des rapports très loin­\ntains, mais qui, en réalité, me sont suggérées par elle, parce qu'il est bon\nd'épousseter un peu les toiles d'araignées qui déshonorent le Parnasse.\n   Le poète lyrique, qui commence toujours par être un enfant gâté, et qui\nest à la fois plus tard le plus méfiant, le plus soupçonneux, le plus candide\net le plus naïf des hommes, très jeune et très vieux, très savant et très igno­\nrant, se trouve à son entrée dans l'art, comme Hercule à son entrée dans la\nvie, dans un carrefour. Et il s'y trouve, non pas entre le Vice et la Vertu\n— le sucre et le vitriol de Taine, — mais entre la Vanité et l'Orgueil, la\nVanité, sœur du bruit, et l'Orgueil, frère du silence.\n   S'il ne choisit pas d'une façon irrévocable entre l'une et l'autre, il est\ndestiné à être la proie du malheur. S'il choisit vaillamment, sans arrière-\npensée, tout le calme du ciel bleu descend immédiatement dans son cœur.\nS'imagine-t-il, sur la foi de la Vanité, que le métier de poète lyrique con­\nduit à la célébrité, aux applaudissements, aux apothéoses, et aussi aux\ndignités et aux honneurs, il se prépare une vie atroce et des insomnies per­\npétuelles sur de durs matelas hérissés de pointes d'épingles. La Muse veut\nêtre aimée pour elle-même, et n'a que des dédains pour ceux qui convoitent\nsa dot. Mais si, au contraire, renonçant à ces calculs dérisoires, le poète se\n"}, {"page_pdf": 268, "page_imprimee": 237, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "                                   — 237 —\n\n\nrésigne à accomplir sa fonction, c'est-à-dire à écrire de beaux vers, s'il ne\ndemande à la Muse d'autre récompense qu'elle-même, et s'il a horreur de\nmettre sa gloire en viager, son âme sera désormais sereine et tranquille. Et\nil édifiera son œuvre sans attirer l'attention sur sa personne, persuadé que\nsi ses vers sont médiocres, rien ne saurait les forcer à vivre, et que s'ils sont\nbons, rien non plus ne saurait les obliger à mourir. Il faut être fataliste en\nart, de cette façon-là. Je suis très Turc, mon cher ami, et je te convie à te\nfaire naturaliser Turc au plus tôt, si tu ne l'es pas encore.\n   Mais je suis tranquille : tu l'es autant que moi. Et plus que moi, tu as\nraison de l'être.\n\n\n\n  Il y a longtemps, mon cher ami, que tu as renoncé à voir la mer à travers\nton élégance, et l'hiver à travers ta mondanité. Et si j'avais encore conservé\ndes doutes, depuis notre dernière entrevue, je n'en aurais plus. T'en sou­\nvient-il? C'était chez toi, à la veille de ton départ pour Paris. J'emportais\nun de tes manuscrits, afin de le savourer à l'aise, dans ma chambre d'étude,\npendant ton absence. Et comme je suis très respectueux des beaux manus­\ncrits, je te priai de le rouler et de l'envelopper avec soin. Tu te levas, et tu\nparcourus l'appartement. Je m'attendais à quelque faveur bleue ou rose, à\nun ruban couleur d'aurore ou de crépuscule, et je vis dans tes mains, quoi?\nUne corde !\n   Une corde, hélas! Une vraie corde. Pas même une ficelle : une corde!\n   La mer élégante était morte.\n   Ta nostalgie du dandysme n'était d'ailleurs pas aussi frivole, ni aussi\nsuperficielle qu'on s'est complu à le dire. Il y avait là je ne sais quel vague\nbesoin de fleurir et de parfumer tes mélancolies. Tes tristesses se mettaient\nen toilette de bal, par pudeur et pour ne pas être reconnues. Il y avait en\ntoi une espèce de résignation à l'opoponax.\n   Rappelle-toi ces vers de L'Hiver mondain :\n                    J'ai voulu taire mes douleurs ;\n                    J'ai voulu cacher ma tristesse\n                    Et mon ennui profond. Etait-ce\n                    La peine de montrer mes pleurs ?\n\n                    Sur toutes mes rancœurs anciennes.\n                    Sur les oublis et les dédains,\n                    J'ai descendu mes goûts mondains\n                    Comme on abaisse des persiennes.\n\n   Malheureusement, — ou heureusement — tes jolies persiennes ne nous\n"}, {"page_pdf": 269, "page_imprimee": 238, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2574, "texte": "                                    — 238 —\n\n ont rien caché du tout. Elles ont eu beau descendre sur tes rancœurs, et sur\n les oublis et sur les dédains, elles n'ont pas accompli leur mission.\n    Tu relevas les persiennes, et tu ouvris tes fenêtres. Et tu te montras\n enfin, au balcon de ton art, tel que tu es dans la vie.\n    Et nous t'avons revu enfant, penché sur la limpidité de tes strophes,\n pareilles à des miroirs magiques qui gardent fidèlement les images du passé.\nTu as été élevé par des femmes, et parmi les femmes. Et comme le dit\nmagnifiquement Baudelaire, « le bercement des nourrices, les câlineries\nmaternelles, les chatteries des sœurs, surtout des sœurs aînées, espèces de\nmères diminutives, transforment pour ainsi dire, en la pétrissant, la pâte\nmasculine. L'homme qui, dès le commencement, a été longtemps baigné\ndans la molle atmosphère de la femme, dans l'odeur de ses mains, de son\nsein, de ses genoux, de sa chevelure, de ses vêtements souples et flottants, y\na contracté une délicatesse d'épiderme et une distinction d'accent, une\nespèce d'androgynéité sans lesquelles le génie le plus âpre et le plus viril\nreste, relativement à la perfection dans l'art, un être incomplet. »\n  Cette tendresse qui vient de la femme, elle chante partout, à mi-voix,\ndans tes vers.\n           Car dans nos jours de haine et nos temps de combats,\n           Tu fus de ces souffrants que leur langueur isole,\n           Sans qu'ils aient pu trouver la Femme qui console\n           Et vous remplit le cœur rien qu'à parler tout bas.\n\n           Tu fus de ces songeurs douloureux et timides !\n           Ils ont tout dépensé, sans avoir rien reçu,\n           Mais leur mal glorieux, personne ne l'a su :\n           Le mal des cœurs naïfs et des âmes candides.\n\n   C'est ce mal, — ce mal dont tu ne guériras jamais, mon cher ami — que\ntu es appeié à célébrer par ton art. C'est la chanterelle de ton violon. Fais\nla pleurer doucement, dans le clair-obscur de l'âme, et cette musique\ncrépusculaire vaudra plus d'un Carnaval de Venise.\n   C'est elle qui fait le charme secret de ces beaux vers :\n           L'âme des bons, fragile et douce étrangement,\n           Ne veut pas croire à des trahisons incessantes\n           Et qu'il faille toujours douter des voix absentes\n           Et voir sur toute lèvre un silence qui ment.\n           Les bons, ceux qui n'ont pas la science de vivre !\n           Pauvres âmes, en qui le moindre mot aimant\n           Résonne en frissons d'or et tinte longuement\n           Ainsi qu'une humble aumône au fond d'un tronc de cuivre.\n"}, {"page_pdf": 270, "page_imprimee": 239, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2266, "texte": "                                   — 239 —\n\n   C'est elle qui te fait chanter la maison paternelle, le collège lointain, le\ndrame de la messe, l'émoi des premiers beaux vers, l'éveil de la puberté qui\ns'ignore.\n   Et c'est alors que tu penses ces vers, écrits plus tard, ces vers d'une équi­\nvoque charmante, amour pour une femme, ou encens pour la mère de\nDieu ?\n                   A ses yeux purs je veux n'offrir\n                   Que des choses douces et blanches.\n                   Résumant ce qui peut fleurir\n                   Des fleurs pascales sur les branches.\n\n                   Je rêve tout ce qu'il y a\n                   De plus délicat autour d'elle :\n                   Des blancheurs de magnolia\n                   Et des hymens de tourterelle.\n\n                   Car son âme au parfum     troublant,\n                   Sa grande âme que je devine,\n                   Est aussi comme un bouquet blanc\n                   Fleuri dans la serre divine.\n\n                   Et pour ses chemins d'ici bas\n                   Un désir raffiné m'obsède\n                   De pouvoir mettre sous ses pas\n                   Une neige qui serait tiède.\n\n                   A l'heure exquise des aveux\n                   Et des lèvres appesanties,\n                   Je veux pour la charmer, je veux,\n                   Des mots blancs comme des hosties.\n\n   Et toute cette tendresse éparse, qui vient de la Femme, et qui y retourne\nun peu trop, se répand en strophes plaintives et traînantes.\n   C'est alors que tu te réfugies dans l'Art. Comme le disait Sainte-Beuve\nd'Alfred de Vigny, tu te retires dans ta tour d'ivoire. Certes, de temps en\ntemps, tu montes jusqu'au sommet, et là tu fais comme sœur Anne, tu\nregardes si tu ne vois rien venir. Mais ces dernières révoltes de l'enfant\nsont rares, et elles n'enlèvent à ta Mélancolie de l'Art, rien de sa dignité\nni de son orgueil.\n               Seigneur! J'entends hurler une foule barbare!\n               Déjà plus d'un Judas m'a baisé sur le front\n               Et je sens dans mon cœur que ma Croix se prépare.\n\n               Mais pour souffrir la haine et supporter l'affront.\n               Seigneur, donnez-moi donc cet espoir de revivre-\n               Dans la mélancolique éternité du Livre.\n"}, {"page_pdf": 271, "page_imprimee": 240, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 370, "texte": "                                — 240 —\n\n\n  Cette dernière partie de ton œuvre est poignante et cruelle. Je veux y\nvoir aussi une promesse de dédain encore plus écrasant et de passion encore\nplus silencieuse. Tu es au seuil du calme suprême où s'enfantent les vers\nsouverains.\n                                                   ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 240, "page_fin": 241, "titre_corps": "Châtiment", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "CHATIMENT", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "BALLADE DES RÉVERBÈRES MÉLANCOLIQUES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 271, "page_imprimee": 240, "debut_caractere": 370, "fin_caractere_exclue": 1606, "texte": "CHATIMENT\n                                             A   MON   AMI   LÉON   DARDENNE.\n\n\n                Mes yeux tristes, mes yeux coupables,\n                Mes yeux qui violaient les yeux\n                Et sondaient les reins impalpables\n                De leurs longs regards vicieux;\n\n                Mes yeux, ô convives sans joie\n                Des soirs où les toasts libertins\n                Font lever les jupes de soie\n                Au rire des flambeaux éteints;\n\n               Mes yeux, lents visiteurs des salles\n               De la morgue, amis du grabat\n               Où, sous les couvertures sales,\n               La mort du pauvre se débat ;\n\n               Mes yeux, fiers des secrets farouches\n               Qu'ils tiraient des cœurs ténébreux\n               Malgré le mutisme des bouches;\n               Mes yeux savants et malheureux,\n\n               Mes yeux, mélancoliques urnes\n               Pleines de pleurs et de péchés,\n               L'Archange des Terreurs Nocturnes\n               Les a méchamment arrachés,\n\n               Et, dans les sinistres ténèbres,\n               Gonflés, monstrueux et pareils\n               A d'énormes lunes funèbres\n               Qui ne verront plus les soleils,\n"}, {"page_pdf": 272, "page_imprimee": 241, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 704, "texte": "                                   — 241 —\n\n                 De Ses mains jamais assoupies\n                 Il les fouette, l'ange irrité,\n                 — O pâles, souffrantes toupies,\n                 Où tournent pour l'éternité\n\n                 La fuite errante des nuages,\n                 Le regret des étoiles d'or,\n                 Et, — loin des calmes paysages\n                 Où le cœur fatigué s'endort, —\n\n                 Le désespoir des chairs fleuries,\n                 Des chairs, ah! trop avidement,\n                 Trop douloureusement chéries\n                 Dans leur extase et leur tourment !\n                                                        IWAN GILKIN.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 241, "page_fin": 242, "titre_corps": "Ballade des réverbères mélancoliques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "BALLADE DES RÉVERBÈRES MÉLANCOLIQUES", "ancre_fin": "JULES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 272, "page_imprimee": 241, "debut_caractere": 704, "fin_caractere_exclue": 1941, "texte": "BALLADE DES RÉVERBÈRES MÉLANCOLIQUES\nO              vieux réverbère des romantiques coupe-gorgés, balançant\n               comme une âme souffreteuse ta pauvre lumière jaune dans\n               l'horreur d'une impasse, grinçant lamentablement au bout de\n               ta chaîne rouillée qui crie sous l'effort âpre des bises d'hiver !\nTa clarté est blafarde et triste ainsi qu'une chandelle en une cave et les\nmaisons t'écrasent d'obscurité gluante et sinistré. Des forfaits et des abjec­\ntions t'entourent, vieux pendu qui gémis dans l'ombre!... Et tu évoques\nd'obscènes amours et des baisers immondes, les hoquets de l'ivrogne bavant\ndans le ruisseau, les combats déloyaux et sourds, les soupirs rauques des\nvictimes traîtreusement frappées, — sur lesquels, âme souffreteuse de ces\nténèbres de CRIME, tu pleuras ta pauvre lumière jaune,— Réverbère mélan­\ncolique !\n\n   O réverbère prétentieux des cités de ce siècle, ornement monotone des\nboulevards réguliers et larges, spectateur indifférent de la multitude qui\ns'écoule et du mouvement qui s'apaise ! Tu as remplacé la vieille lanterne\noù l'aristocratie des jours anciens est morte, mais tu as conservé — pour­\nquoi ? — deux branches mystérieuses qui se tendent, comme des menaces\n"}, {"page_pdf": 273, "page_imprimee": 242, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2084, "texte": "                                 — 243 —\n\npour les bourgeois des jours présents... O réverbère des boulevards, as-tu\ndéjà, dans le tumulte des fêtes, des cris et des drapeaux claquants, alors\nque les gamins curieux t'escaladaient en grappes, vu la foule ondoyer autour\nde toi ainsi qu'une mer? As-tu entendu, gronder en tempête, sa formi­\ndable colère? Et verras-tu la RÉVOLUTION dans son horreur splendide,\ngrandir autour de toi, au milieu des paroles vaines et du sang désespéré,\nRéverbère des boulevards, — Réverbère mélancolique?\n\n   Et toi, pauvre et fruste réverbère des campagnes et des banlieues, plus\nmélancolique encore ! A peine équarri, seule végétation des parages mornes,\ntu portes ta grossière lanterne comme une tête énorme et ridicule sur un\ncorps grêle, et ta silhouette maigre, bizarre, mais si attirante par sa moder­\nnité profonde et sa parfaite correspondance aux désolations des banlieues\ncontemporaines, est chère au rêveur qu'elle fait étrangement, douloureuse­\nment rêver!... — Impassible témoin des irréparables tristesses, des misé­\nrables aux métiers obscurs, des bêtes surmenées, des chiens errants et\nfaméliques, du vieux cheval blanc qui meurt sous le fouet brutal et les\ncharges écrasantes, des arbres pelés et roussâtres, des habitations sordides\néchouées comme des épaves aux confins de la ville, de l'étendue sans joie\net de la terre malade, silencieux révélateur de ces DÉTRESSES lentes\nd'hommes, d'animaux, de feuilles et de pierres, Réverbère des banlieues, —\nRéverbère mélancolique !\n\n\n                                  ENVOI.\n                                                        A PAUL TIBERGHIEN.\n\n   Ami, — il est inévitable et doux, ce Rêve de Tristesses! Combien déjà\nsouvent il m'a bercé, mollement, jusqu'à l'inconscience, en leur contem­\nplation, jusqu'à les voir s'en aller par rangées décroissantes vers des loin­\ntains infinis ou tourbillonner, noires épingles à tête d'or, en une ronde\nfantastique et pénible, les réverbères! — les RÉVERBÈRES MÉLANCO­\nLIQUES...\n                                                     JULES DESTRÉE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 243, "page_fin": 243, "titre_corps": "Airs de flûte", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Siebel", "ancre_debut": "AIRS DE FLUTE", "ancre_fin": "SIEBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 274, "page_imprimee": 243, "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 907, "texte": "AIRS DE FLUTE\n                   XVII\n               PURETÉ\n                              POUR GEORGES RODENBACH\n\nUn parfum doux et discret traîne\nDans l'alcôve de l'ange aimé ;\nOn n'entend au réduit fermé\nQue l'heure lente qui s'égrène.\n\nTout est vague comme une mort,\nL'enfant blonde de ma pensée,\nPar le silence caressée\nFerme ses grands yeux et s'endort.\n\nSon visage a la candeur calme\nD'une immuable chasteté,\nEt son sourire est éventé\nPar une occulte et lente palme;\n\nMais soudain un profond baiser\nDoit avoir entr'ouvert son rêve,\nEt dans une secousse brève\nQui semble la martyriser,\n\nElle se tord et s'abandonne\nAvec un long geste d'aimer,\nUn geste attendri de madone,\nEt ses bras veulent se fermer ;\n\nCar elle rêve qu'elle est nue\nAux lèvres d'une vierge sœur,\nEt sous la caresse inconnue\nElle agonise de douceur !\n                                         SIEBEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 244, "page_fin": 245, "titre_corps": "Yo-Tse", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louise Desbordes", "ancre_debut": "YO TSE", "ancre_fin": "LOUISE DESBORDES", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 275, "page_imprimee": 244, "debut_caractere": 77, "fin_caractere_exclue": 2324, "texte": "YO-TSE\n                                  (FANTAISIE)\n                                                         A ALFRED STEVENS.\n              C'était nuit. Dans ma chambre toute noire s'éveilla subitement\n               une lueur rose.\n                  Etonnée, je regardai, et je vis ma nouvelle amie, ma belle\n              Japonaise, sourire dans son cadre en tenant sa lanterne\n allumée.\n    « Tu allais dormir, dit-elle : que tes rêves soient de fleurs; mais avant,\nlaisse-moi te lire une page du livre que j'ai écrit là-bas.\n   « Là-bas où j'embrassais ma mère, là-bas où je n'étais pas étrangère. »\n   Elle se pencha et ouvrit son manuscrit. Dans son joli mouvement se\ndéroulèrent les plis de sa robe, et des fleurs s'épanouirent sur sa poitrine, —\ndes fleurs semblables à des violettes.\n   Si mince et si svelte, elle ondulait dans sa merveilleuse robe : le vert, le\nviolet, le blanc, le rouge éclatant et le jaune d'or, le bleu foncé du ciel la\nnuit, et le bleu d'azur au matin, nuançaient les riches dessins, les splendides\nornements de cette robe qui lui donnait l'apparence d'une tulipe animée.\n   La pâleur de son fin visage me rappelait les teintes blanches et laiteuses\ndes magnolias unies à la nuance de chair des roses de la Malmaison.\n   D'une douce petite voix, elle lisait :\n   « La prairie est bleue de mille fleurettes épanouies qui, toutes réunies,\nforment un petit ciel parfumé.\n   Dans toutes ces mignonnes des papillons volent. Comme elles, ils sont\nbleu d'azur, et si la brise agite les petits calices, les frêles tiges, on ne dis­\ntingue plus les fleurs des papillons.\n   L'un d'eux disait à une petite :\n   « Ma jolie reine, ma divine Yo-Tse, écoute-moi. Tu es la seule, la rare\net précieuse beauté que j'avais rêvée. Si tu pouvais savoir ce que sont mes\nrêves, combien tu serais fière de ta royauté !\n   « Je suis un très honnête papillon, et le mensonge est loin de mon cœur.\nCrois-moi, Yo-Tse, quand je te dis :\n   « Tu es ma fleur bleue, ma seule idole. Si ma pensée m'apporte le sou­\nvenir des palais, des richesses, des écrins où sont les turquoises et les\nsaphirs ;\n   « Si mon caprice m'entraîne vers tes compagnes, tes sœurs ; si mes ailes\nm'élèvent dans l'infini et que mes yeux s'enivrent du bleu céleste;\n"}, {"page_pdf": 276, "page_imprimee": 245, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "                                   — 245 —\n\n   « Je pense à toi, Yo-Tse, et dans le saphir, dans la fleur, dans le ciel, je\nvois à peine un reflet, pâle imitation de ton idéale beauté. »\n   Ce papillon, pensa Yo-Tse, est un papillon artiste. Je connais cette sorte\nd'écervelés. Les mondes, dans leurs discours, pour moi brillent en étoiles,\net n'existent que pour cela. C'est poétique, mais je préfère un coléoptère plus\nsensé.\n   Le papillon disait toujours :\n   « Ecoute, écoute encore! Je t'aime, je ne suis point un volage papillon,\nmais arrache-moi les ailes si tu ne me prends en pitié.\n   « Mes ailes qui me font semblable à un joyau dans les airs, je te les sacri­\nfierai.\n   « O Yo-Tse, sois douce, sois bonne ; arrache-moi les ailes, et donne-moi\ntes pétales pour les remplacer.\n   « Ah ! je souffre et je pleure ; j'irai tantôt consulter les idoles, le monstre\naux yeux verts et la chimère de jade. Je saurai si d'autres osent te parler\nd'amour.\n   « Pour ta vertu, ne les crois pas : ce sont des insectes légers, frivoles,\nmenteurs, qui volent du bleu au rose; et s'ils te disent : « Je t'adore », c'est\nqu'ils se sont grisés de thé vert.\n   « Leurs paroles, pareilles aux perles fausses, se ternissent au moindre\nsouffle, et s'écrasent en vile poussière.\n   « Je suis jaloux à en mourir : tu ne voudrais point ma mort.\n   « Pour toi, dans mon cœur, est un trésor inépuisable où ta beauté est\néternelle et toujours bleue.\n   « Mon âme est un sylphe qui s'est attaché à toi et qui vit de ta sève.\n   « Yo-Tse, puisque mon cœur seul me reste et que toi tu as deux âmes,\n   « Yo-Tse, ma douce aimée, accepte aussi mon pauvre cœur, afin que tu\naies deux cœurs et deux âmes.\n   — Je suis promise au coléoptère », répondit Yo-Tse, et elle se détourna.\n   Alors on vit, chose rare et curieuse, le papillon pleurer.\n   Si abondantes étaient les larmes qui coulaient de ses yeux qu'elles en bai­\ngnèrent ses ailes.\n   Il pleura si longtemps qu'il en mourut. Ses ailes étaient devenues blan­\nches, mais ses larmes étaient bleues.\n   Une fée en teignit son écharpe. J'ai ouï dire que l'écharpe fut apportée en\nFrance par distraction. Nul ne savait qu'elle était enchantée et que celui\nqui la posséderait serait protégé.\n   C'est un peintre, dit-on, qui l'a eue; il s'en est fait une cravate, et ne se\ndoute pas qu'elle fut trempée des précieuses larmes du papillon.\n                                                      L O U I S E DESBORDES."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 246, "page_fin": 252, "titre_corps": "Chronique littéraire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Joséphin Péladan", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "JOSÉPHIN PÉLADAN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 277, "page_imprimee": 246, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 3112, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n    I. JULES BARBEY D'AUREVILLY : Sensations d'art, nouvelle série de les Œuvres et les\n ffommes, in-8° de luxe. Paris, Frinzine. — II. ARMAND HAYEM : Le Don Juanisme in-12,\n Paris, Lemerre. — III. FÉLICIEN ROPS : Neuf eaux-fortes pour les Diaboliques. Paris,\n Lemerre. — IV. ARSÈNE HOUSSAYE : les Confessions, mémoires d'un demi-siècle.\n 1830-1880. 4 vol. in-8°, fig. Paris, Dentu.\n\n\n                                           I\n     Malgré les pharisiens et les eunuques, malgré les venimeuses baves\n  d'Armand de Pontmartin, et la négation de M. Buloz; en dépit du silence\n  catholique et de la gouaillerie boulevardière, la gloire de Barbey d'Aure­\n  villy monte, grandiose et enflammée, à une hauteur d'où elle ne descendra\n  plus : et ce ne sont pas des romans nouveaux, toujours plus passionnants\n que les didactismes, qui grandissent l'auteur des Diaboliques, c'est le\n critique, le rival de Sainte-Beuve qui, pour l'heure, étonne les lettrés, et\n exhausse le pavois du grand Normand.\n     Le volume d'aujourd'hui, septième de cette épopée critique, les Œuvres et\n les Hommes, éveille une curiosité particulière : Sensations d'art. On se\n souvient de cet ignorant au Salon, qui faisait un chef-d'œuvre de prose, à\n propos d'un tableau estimable : ce jour-là, M. Bonnat fut grand peintre,\n de par la thaumaturgie de M. d'Aurevilly. Car, l'écrivain du Chevalier\n Destouches, escarboucle ce qu'il regarde et l'intensité de sa sensation est\n telle, qu'il nous donne une transfiguration au lieu d'une description. C'est\n le propre du génie de teindre tout à son prisme et le lord Byron français,\n a des yeux lyriques, qui mettent l'intensité du poème là où ils se posent.\n En critique littéraire, M. d'Aurevilly refait le livre qu'il juge; en art, il\n repeint, des couleurs resplendissantes de son âme, le tableau qu'il critique;\n et l'éclat ou le clair obscur de sa sensation dépasse l'objet qui l'a causé. Je\n veux tout de suite faire ma réticence — elle est unique du reste — et con­\n damne bien plus le technicien Charles Blanc, qu'un poète se jouant à de\n Ja critique d'art. Il s'agit de Paul Delaroche, ce père Gigogne des Cabanel\n et de toute la clique des peintres d'histoire et de Meissonier et autres\n fripiers de palette. Quand M. d'Aurevilly écrit l'empereur à Fontaine-\n bleau, « toile qui ne vaut ni plus ni moins qu'une page d'Homère », dites-\n vous, la page d'Homère, c'est ce qu'a pensé M. d'Aurevilly, et non ce\n qu'il a vu. « A part les manières et l'inspiration des sujets, c'était à Balzac\net non à Delavigne qu'il était possible de comparer Paul Delaroche » Or,\npour qui connaît l'enthousiasme de M. d'Aurevilly, et ses exultations, au\nseul nom prononcé du Dante de la Comédie Humaine, il est clair qu'il a\nvu dans la chambre noire de son cerveau, un Delaroche qui n'a jamais\nété ailleurs. Ce formidable écart d'imagination est la seule erreur du livre ;\non pourrait relever encore sur Théodore Rousseau : « c'était, dans son art,\nle premier homme de son siècle et peut-être de tous les siècles ». A part\n"}, {"page_pdf": 278, "page_imprimee": 247, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3257, "texte": "                                   — 247 —\n\n ces excessivités d'impression, l'ouvrage apparaît extraordinaire par la\n multiplicité des matières abordées et traitées à fond. Proudhon, ce sosie\n de Socrate « ce désintéressé et cet indépendant » est loué comme libre\n esprit et raillé comme théoricien d'art. « La carpe plonge dans sa bourbe\n avec volupté; Proudhon se vautra dans Courbet » et c'est Camille Lemon»\n nier qui, par son livre sur le peintre d'Ornans fut occasion à M. d'Aure­\n villy « c'est à se demander, chose étrange ! qui déshonore le plus Courbet,\n ou de l'admiration de M. Lemonnier ou de mon mépris, quand ils disent\n tous deux la même chose « le virtuose de la bestialité ». Théophile Silvestre\n  qui fut l'ami de M. d'Aurevilly, peut se reposer sur l'étude qui lui est\n consacrée, c'est une mise en lumière qui ne s'obombrera jamais et qui\n indiquera aux lettrés de toujours l'écrivain qui aurait pu dire : « Moi, j'ai\n fait les artistes vivants, » comme Piron, disait : « Moi, j'ai fait la métro-\n manie » il faut lire la double et parallèle évocation du Radeau de la\n Méduse de Géricault et du Naufrage dans le Don Juan de Byron, pour\n avoir idée de ces sensations d'art, véritables odes d'intensité. Puis viennent\n Millet, mis à l'antipode mais sur la même ligne que le Poussin, ce qui est\nmerveilleusement vu ; et Gavarni « que ce benêt de temps qui est philanthrope\net égalitaire aurait lapidé, s'il n'eut pas eu, ce misanthrope, cruel et froid, la\nforce subjuguante de sa misanthropie, et cet aristocrate, le charme de sa\ndistinction ». Après les belles pages sur le saint François d'Assise d'Alonzo\nCano, copié par Zacharie Astruc, et la Jeanne d'Arc, ridicule de M. Fremiet,\nMozart nous amène à deux études, l'une sur Berlioz, l'autre sur Remenyi,\nle grand violon hongrois, qui sont du chef-d'œuvre. Enfin, le livre se ferme\npar le Salon de 1872 qui parut au Gaulois dont j'ai cité des pages dans\nl'Artiste, et qui n'a que le magnifique défaut de donner des ailes à qui n'a\nque des pieds. Ces Sensations d'art, relèvent du Songe d'une nuit d'été;\nc'est de la féerie poétique, la Muse de d'Aurevilly, sa Titania, voit Oberon\ntoujours, où que ses yeux se posent. Théophile Gautier, dans une admi­\nrable poésie, nous peint Michel Ange, descendu de l'échafaudage de la\nSixtine, et ne pouvant de tout un mois baisser les yeux et regarder à ses\n pieds; il y a de cette sublime infirmité dans les Sensations d'art, comme il\n y a de l'âme florentine dans le génie normand.\n\n                                       II\n   La fin du XIXe siècle se caractérise par l'absence de toute synthèse en\nmatière scientifique, et de toute métaphysique dans le domaine esthétique.\nLe savant entasse fiévreusement des faits, sans les couronner par des lois,\net l'écrivain, descendu au niveau de l'artiste, ne produit plus que des\ntableaux : le positivisme de Comte triomphant, met en fuite la psychologie\nelle-même, et l'on chercherait vainement dans le roman contemporain, ces\npages si fréquentes chez Balzac, qui, dépassant le personnage et le type,\nexpriment l'espèce, c'est-à-dire l'éternel humain.\n   Eh bien! c'est un homme politique, un sociologue, qui nous donne un\nlivre de psychologie générale. Ceux qui ont déjà lu l'Être social et le-Prin--\n"}, {"page_pdf": 279, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3291, "texte": "                                  — 248 —\n\n cipe des nationalités de M. Armand Hayem, s'attendent à quelque œuvre\n sévère, profonde mais rêche, comme celles qu'inspirent ces fausses sciences\n appelées sciences de gouvernement! Non, ce livre ne pèse pas plus que les\nMaximes, de Larochefoucauld, et dans un autre sens, il ne pèse peut-être\n pas moins. Œuvre dandye, et même pendant au Dandysme, le Don\nJuanisme est dédié à l'auteur des Diaboliques. Le format, la marque d'édi­\ntion forcent le bibliophile à un rapprochement que souligne la dédicace.\n « A qui cette dédicace pourrait-elle revenir si ce n'est au plus « grand » de\nmes amis et à l'un des meilleurs! Car votre cœur est inconnu à ceux qui\nn'ont pu l'éprouver. C'est un de vos dandysmes, à vous, l'auteur de ce livre\nsi profond, si vif, si personnel, et peut-être le plus parfait de vos ouvrages :\n « le Dandysme ».\n    « Le Dandysme appelait le Don Juanisme. A cette psychologie si particu­\nlière j'ai voulu en ajouter une autre d'ordre plus universel et que j'appelle\nle Don Juanisme. »\n    Il y avait de l'audace à affronter un Don Juan à Brummel, mais quand\nl'audace réussit, il la faut applaudir, et l'attente au lieu d'être déçue se\ntrouve dépassée.\n    Dans le petit nombre de ceux auxquels l'idée fut venue, pas un qui n'eut\ncommencé par l'étude érudite et minutieuse du personnage légendaire,\ndepuis Tirso de Molina jusqu'à Mallefille, en s'attardant à la partition de\nMozart. M. Armand Hayem a laissé aux patients des DÉBATS, l'inven­\ntaire des modes dont le livre ou le théâtre ont affublé Don Juan; il a visé\ndès la seconde page, la race juanesque, race éternelle et éternellement dis­\ntincte au milieu des autres portées humaines. « Dès qu'un homme témé­\nraire, quelques femmes crédules et sensibles se trouvent aux prises, il y a\nplace pour le juanisme. » — « Le bonheur par l'amour, l'amour par la\nconquête ; la conquête dans le mépris de tout obstacle et partant de toute\nmorale, » tel est Don Juan ; mais l'auteur a bien conscience que sa théorie\nest presque l'oraison funèbre de Juan. « Désormais, il n'y a pas une affaire\nd'amour qui ne puisse devenir un embarras de toute la vie. Risquer la\nmort ne serait rien : l'amour et la mort sont sœurs, et le rapt, la séduc­\ntion suivis d'un duel heureux, c'est la poésie de l'amour Mais la\nlourde main de policiers et justiciers dans les affaires de cœur, le nivelle­\nment social qui abaisserait un brillant Don Juan au rang de héros d'un\n« fait divers », met l'obstacle mortel au libre cours, bondissant et joyeux, de\nla vie amoureuse. Cet état de mœurs ne laisse plus de place qu'à la prosti­\ntution ou au mariage. » En donnant ainsi la parole à l'auteur je ferai mieux\nvoir quel psychologue sort des rangs politiques pour se mettre d'emblée\npresque au premier de la littérature. Don Juan est donc « l'homme\nd'amour : sa vanité est aussi intéressée à être regretté qu'à être accueilli, et\nc'est au moment où il va être le plus aimé qu'il a le plus de jouissance à se\ndérober. Les cœurs seuls comprennent les cœurs : pour être senti, l'amour\ndoit être partagé; mais quand vous le sentez, il vous retient : voilà pour­\nquoi Don Juan n'est jamais retenu... Sa volupté est dans la nouveauté de\nla sensation et non dans son intensité... La femme vertueuse n'est que celle\n"}, {"page_pdf": 280, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3417, "texte": "                                   — 249 —\n\nqui n'a pas rencontré son Don Juan. Car toute femme voit l'homme juanes­\nquement. — Est-ce lui par qui j'aurais aimé d'être forcée? est la question\nque se pose la plus simple des femmes devant l'inconnu qu'elle croise » Et\npuisque je prends le parti de laisser le livre se présenter lui-même, je vais\nciter quelques pensées qui ne jureraient pas au dessus des plus célèbres\nsignatures de psychographes.\n   « Pour Don Juan, en toute femme, il y a plus ou moins une Manon,\nil s'agit de n'en être pas dupe. — Dès qu'elle cesse d'être un plaisir, la\nfemme devient un embarras. Tout au rebours, la malheureuse commence\nà s'attacher sincèrement au moment où l'homme se détache. — Ce qui fait\nle mérite des femmes en amour est de le concevoir infini et immortel. C'est\naussi ce qui les prépare inévitablement au rôle de dupes. Les hommes en\ngénéral n'ont à offrir que le plaisir, et c'est ce qui est le plus différent à la\nplupart des femmes, c'est ce qui est inconnu aux jeunes filles. — Les sensa­\ntions que cause une possession de quelques mois ne sont pas du tout celles\nque cause une possession de quelques moments : le plaisir a son zénith\ndans une femme. — La soif de l'inconnu nous donne souvent autant d'ar­\ndeur à sortir du bonheur qu'à y entrer. — L'honneur qu'une femme a\nà défendre n'est jamais que celui d'un autre : la jeune fille s'appartient,\nl'épouse apartient au mari, c'est l'honneur du mari dont elle a la garde.\nSi, infidèle, elle livre ce dépôt sacré, elle perd l'honneur du mari où était\naussi le sien; mais l'homme reste entier, il n'a qu'à se reprendre. — Le\ncœur d'un homme est toujours ouvert à quelqu'un, il n'y entre jamais\nlui même que le second. — Les cœurs « de pierre » ne sont parfois que la\npierre d'un tombeau. — Nos qualités et nos défauts sont des êtres avec qui\nnous habitons. En amour, il faut savoir sortir, il faut sortir à temps, car, qui\nne sort pas à temps, le plus souvent, ne sort plus.— Quand l'homme s'élève,\nil s'isole. — Le mystère est le voile des choses les plus hautes : ce qui se\ndevine est supérieur à ce que l'on découvre. — La moralité, c'est la règle\ndes autres et une garantie pour nous. — Le souffle d'irresponsabilité et\nd'innocentement qui va des laboratoires s'étendant sur la justice et le\nmonde moral, les caresse en passant, leur jette les chaudes haleines, de\ncuriosités malsaines auxquelles elles ne sauraient résister sans faire mentir\nla science. — Le vice devient innocent à force d'être répandu et l'on excuse\nvolontiers celui que l'on partage. — Le Dandysme est la science de la\nfatuité, le Juanisme, celle de la séduction. Les Dandys visent à l'effet, les\nDon Juans à la jouissance; tous veulent paraître supérieurs aux autres\nhommes, les autres n'en veulent imposer qu'aux femmes. »\n   Et je n'ai ni choisi, ni cherché ; tout le livre est de la même venue, et la\nprofondeur de la vue et la prestesse de tour ne faiblissent pas. M. Armand\nHayem tout en profitant de l'expérience éthologique la plus récente, a retrouvé\nici un grand goût, une mesure, et la saveur même de ce XVIIe siècle qui restera,\nquoi qu'on dise, la belle époque de la langue française. C'est entre les pages\nde l'Initiation sentimentale, que j'ai ouvert et lu le Don Juanisme, et ma\ndisposition d'esprit tendue à cet ordre d idées, me rendait à la fois plus\ncompétent et plus sévère qu'à un autre instant : et ne sachant pas envier,\n"}, {"page_pdf": 281, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3204, "texte": "                                  — 150 —\n\nj'ai admiré tout simplement. Quant à communiquer au lecteur mon juge­\nment, je ne saurais que le renvoyer à l'œuvre. On peut caractériser aisé­\nment, un drame, un roman. Ainsi M. Georges Eekhoud donne en trois\nmots la mesure de Curieuse dans l'Étoile belge « faux et grotesque » ;\nmais si le public accepte les dépréciations sans commentaires ; il exige qu'un\néloge soit épaulé de considérants très spécieux : or, le Don Juanisme est un\ndiscours, un ruban de pensées prismatiques qui se déroule varié et toujours\ncharmant : toute la bobine est semblable au bout que j'en ai montré. La\ndésirable impression que puisse laisser un auteur, c'est qu'on ne refera pas\nce qu'il a fait, et certes, la monographie de l'homme d'amour, est ici ne\nvarietur. Stendhal a donné le livre de l'amour-passion, d'Aurevilly le livre\nde la fatuité, Armand Hayem celui de l'amour-goût ou de la séduction ;\net j'estime que le Don Juanisme complète les deux autres et qu'il les\ncoudoyera toujours sur le rayon et dans l'estime des lettrés.\n\n\n                                     III\n\n    Ceux qui, pour l'expiation des péchés du monde, sont condamnés à la\n fréquentation des éditeurs, ont tous entendu, les impresarii du livre,\n demander à cris désespérés « un illustrateur, un crayon qui comprenne un\n texte et qui le rende dans son esprit « . M . Lemerre, le plus heureux des\n éditeurs, le distributeur des lauriers contemporains a été exaucé le premier;\n depuis beau temps il entassait les Boilvin sur les Lalauze, les Los Rios sur\n les Pille, et les Leloir sur les Hedouin. Enfin, Félicien Rops vint, passage\n Choiseul ; il y vint avec neuf estampes pour les Diaboliques, et ce fut dans\n le monde bibliophile une exclamation que M. Mirbeau a claironnée dans\n une chronique vibrante d'enthousiasme : Barbey d'Aurevilly était le seul\n écrivain que Félicien Rops put consentir à illustrer dans le sens strict du\n mot ; et il fallait un texte inouï comme celui des Diaboliques, pour asservir\n la pointe formidable des Sataniques : aussi les estampes nées de cette\n rencontre puissante, sont-elles des merveilles d'intensité Le frontispice : la\n femme écoutée par le diable et confiant son secret à la chimère; et le\n double post face, l'usurier et la fille dominant le monde, feraient à elles\n seules la réputation d'une pointe; mais le maître du Bout du sillon, du\nFinis Latinorum, est connu de tous comme grand frontispicier, et symbo­\nliste rare. Le jour nouveau où ce carton nous le montre est celui de l'illus­\ntrateur, du crayon paraphrasant et pentaculant en forme plastique, un\ndrame ou un sentiment : or, je ne sais rien dans tout ce qui a été publié\ndepuis trente ans, de plus intensément beau que ce bonheur dans le crime\noù la morte griffe de ses mains de squelette la gaine à tête de Méduse qui\nporte l'enlacement et le baiser ivre du bonheur criminel ! Quelle intradui­\nsible vision que le plus bel amour de Don Juan, le cachetage du Dîner\nd'athée, le grand artiste l'a sauvé sans l'éluder. Avec quelle force l'horreur\nde la vengeance d'une femme se profile sous les traits de cette catin qui se\ntrousse d'un geste de reine dans l'encadrement de sa porte banale où deux-\n"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3265, "texte": "                                   — 251 —\n\n torchères éclaboussent de lumière et de honte les blasons appendus de\nl'orgueil castillan. Le souffle même du récit soulève-t-il pas ce rideau\ncramoisi, et cette femme aux mains ramenées sur la bouche et cadenassées\nne dit-elle pas à l'imagination les dessous d'une partie de whist, Félicien\nRops a autant d'imagination que Doré, mais il a de plus que lui : la pensée\nd'un écrivain et le dessin à la fois le plus savant et le plus actuel. Un jour\nviendra, où, de l'admiration des initiés, il passera à la plus éclatante\ngloire : sa compréhension de la femme, de l'accouplement et du péché,\nn'a point d'analogue dans l'Art du passé, il a créé son domaine, concep­\ntion et procédés ; et puisqu'il n'a pas de précédent, j'estime qu'il n'aura pas\nde suivant, authocthone de lui-même!\n\n\n                                       IV\n     Arsène Houssaye a été l'homme le plus aimé de son temps ; j'entends à la\n  fois que nul de ses contemporains n'a eu plus d'amantes, ni plus d'amis.\n  Etre Richelieu de 1830 à 1880 est déjà un destin assez enviable; mais celui\n qui se confesse aujourd'hui au public, accuse autant de poignées de main\n célèbres que de baisers parfumés : et c'est sous ce double rayonnement de\n viriles affections et de flatteuses défaillances, entre ces deux lignes, l'une\n illustre et l'autre exquise, qu'Arsène Houssaye se présente à nous et à la\n postérité.\n    Avant de moraliser sur une prétention, il faut s'informer et en vérifier la\n légitimité ; or, la presse comme l'opinion ont certifié la véracité de l'asser­\n tion ; comme Labruyère, j'ai interrogé et recueilli les voix, il n'y a rien à\n rabattre, et les amours-propres jaloux doivent en prendre leur parti. Quant\n à la correction de cette attitude autobiographie, je suis de l'avis de Théo­\n dore de Banville ; cet air là n'irait à personne, mais il va bien à Houssaye.\n Ce qu'il fallait de grâce et de délicatesse de touche pour égrener le chapelet\n impie d'innumérables bonnes fortunes, l'auteur l'a eu ; après avoir séduit tant\n de femmes, voilà qu'il séduit encore le liseur : il faut céder à ses lois, comme\n on le chante dans Zampa; elles sont celles mêmes de Thélème, au reste.\n Arsène Houssaye ignore la grande notion catholique du péché : suivant le\nmot d'Armand Hayem, « il a cherché la Manon qui est dans toute femme »;\nil l'a trouvée, mais ne l'a pas suivie en Amérique! Car, tout mélancolique\nqu'il est au fond, l'auteur des Grandes Dames s'égaie au premier sourire\nqui promet un baiser, et c'est le souvenir ou l'attente du baiser qui le rend\noptimiste. Nature bien plus complexe qu'on ne croit, il juge très à fond les\nfemmes, et la preuve en est. qu'aucune n'a barré sa vie heureuse de jupité-\nrien. Ce paresseux et ce jouisseur a produit autant que ceux qui se sont mis\ndes oreillères pour ne voir que l'œuvre à faire, et ce prétendu superficiel a\neu des paroles de philosophe sur les destinées de l'âme. Il y a chez Arsène\nHoussaye la volonté de ne pas s'appesantir; la désinvolture de sa pensée\nlui a fait tort, il a toujours eu un talon rouge, et ce talon-là a paru scanda­\nleux sur les terrains graves; et puis cet homme né coiffé a été étiqueté à\n                                                                        16\n"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2669, "texte": "                                  — 252 —\n\n\n tort, et en France on ne décolle pas l'étiquette collée par le public. Or,\n Houssaye, déclaré charmant, n'a pas été cru quand il s'est fait grave! Il a\n écrit, par exemple, avec beaucoup de documents et de soin l'histoire de\n Léonard, et on lui a dit : vous avez fait là un conte. Cette déconvenue ne\n l'a pas beaucoup attristé; avec sa résolution de cueillir les roses en évitant\n les épines, il a cherché le mieux, et il l'a suivi. Or, le mieux pour Arsène\n Houssaye, c'est la femme dans l'art ou l'art dans la femme : enfin, pour\n surcharge à ces traits disparates et cependant tous essentiels, un parti-pris\n d'être heureux, malgré la vie même qui est psychologiquement un avatar\nionien et qui donne à cette confession un sourire désarmant de grâce\npaïenne !\n    A peine baptisé, et avec de l'eau de l'Eurotas, Arsène Houssaye n'a pas\nla grande notion catholique du péché. Il croit que les pêches rappellent la\nmorsure et la femme le baiser, et que plus on mord et plus on aime, plus on\nacquiert de mérites. A côté de la religion du plaisir, il y a à toutes pages de\nces Confessions celle de l'art; l'une corrige l'autre; chez Houssaye le sens\nesthétique se substitue au sens moral.\n    Cette belle inconscience prodigue les absolutions à tous les impénitents;\net à parler de pénitence, on semblerait un pédant menacer Chérubin. Les\npéchés d'Arsène Houssaye ont eu les plus extraordinaires acolytes, il a été\nl'intime de toutes les gloires d'un demi siècle, et du dernier bien avec toutes\nles étoiles de la rampe et du ciel de lit. On n'analyse pas ce tissu d'anec­\ndotes, dont les Goncourt de l'avenir tireront la Femme et la Société fran-\nçaise au XIXe siècle. Une particularité notable, c'est la série de fac-similés\ngraphologiques qui servent de pièces justificatives à chacun des quatre\nvolumes. Michon et Louis Mond ont vulgarisé la science de l'abbé Flandrin\nà tel point que cette branche d'étude psychique trouve un attrait spécial en\nces Confessions ; et chose à étonner, Houssaye en donnant la vraie physio­\nnomie de tous les personnages de la comédie humaine de 1830 à 1880, n'a\ncertainement pas blessé un survivant, ni attristé des mânes. Cette délica­\ntesse en une matière si épineuse n'est pas le moindre mérite de cette oeuvre\nd'optimisme absolu, qui finit par cette assertion : « Je recommencerais la\nvie avec plaisir ».\n    En voisin du Quoheleth, j'ai droit à proclamer l'extrême originalité de ce\n« contentus sua suorte », et je crois que la Postérité traitera Arsène\nHoussaye comme a fait la Vie. C'est là un destin doublement beau.\n                                                  JOSÉPHIN PÉLADAN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 253, "page_fin": 254, "titre_corps": "M. Coquelin sifflé", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Max Waller", "ancre_debut": "M COQUELIN SIFFLÉ", "ancre_fin": "MAX WALLER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "OBSESSION", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 284, "page_imprimee": 253, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "M. COQUELIN SIFFLÉ\n               Les journaux français ont commenté d'une façon inexacte la\n                bordée de sifflets qui a, le samedi de Pâques, accueilli\n                M. Constant Coquelin à son entrée dans le rôle de Chamillac,\n                au théâtre des Galeries Saint-Hubert.\n   L'un d'eux, le Voltaire, écrivait ceci :\n   « L'incident des sifflets de Chamillac, samedi soir, à Bruxelles ? —\nM. Coquelin se contente de dire que les deux représentations de la pièce de\nM. Feuillet ont beaucoup plu aux spectateurs belges. Les sifflets prove­\nnaient de quelques adeptes de la jeune école littéraire bruxelloise. »\n   Le groupe que veut désigner M. Français, le signataire de l'article, est,\nparaît-il, celui des Jeunes-Belgique.\n   C'est nous qui' aurions organisé une cabale contre le sociétaire de la\nComédie-Française, pour venger la Belgique offensée par M. Coquelin en\nla personne de M lle Dulait.\n   Il est inutile que nous rappelions l'incident Dudlay, autrement que pour\ndéclarer que cet incident ne nous a pas émus du tout, et l'on mettrait\nla jeune tragédienne belge à la porte de la maison de Molière sans que\ncela nous fît la moindre peine. Les affaires de M. Claretie ne nous\nregardent pas. Même, si nous parlons ici de cette petite échauffourée, c'est\nque l'on a mis sur notre compte le désagrément qu'a essuyé M Coquelin.\n   La Jeune Belgique n'est pas un cours de sifflet et n'organise pas de\ncabales. Nous avons une autre franc-maçonnerie, celle des Lettres avec\nlesquelles M. Coquelin n'a que des rapports fort tendus.\n   Un ou deux d'entre nous ont sifflé ce comédien, parce que ce comédien\nleur déplaît et que leur droit est de manifester leur déplaisir. Si M. Buls a\ntenté d'empêcher cette libre manifestation par un déploiement inusité de\npolice, M. Buls a commis une faute doublée d'une illégalité.\n   L'an dernier, il nous souvient d'avoir vu M. l'architecte Wynand Jans-\nsens, siffler les Maîtres Chanteurs, de Richard Wagner. Personne ne l'a\narrêté parce que personne n'avait le droit de l'arrêter, et l'eût-on fait, nous\naurions protesté. Chose étrange, cela se passait dans la loge de M. Bérardi,\nle directeur de l'Indépendance, du journal qui nous est tombé le plus\ncarrément dessus en la circonstance actuelle. M. Frédérix a éprouvé le\nbesoin d'écrire quelques-unes des phrases à manchettes dont Bachaumont.\na le secret, pour nous envoyer l'expression de son mépris. Malgré ses\nphrases, malgré son dépit mal déguisé et fort inopportun, il ne nous empê-\n"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 254, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1656, "texte": "                                   -   354    -\n\n chera pas de resiffler M. Coquelin et de raréfier un peu les représentations\n chroniques de ce Mascarille qui finira, croyons-nous, par renoncer à la\n lutte.\n    Nous ne nous irritons pas contre M. Frédérix qui nous a vexé en applau­\n dissant; pourquoi s'irrite-t-il contre nous qui l'avons vexé en sifflant?\n Nous sommes quittes, et les colères sont fort inutiles.\n    Que s'il désire avoir le plaisir que nous avons fait à beaucoup de gens\n artistes, lorsqu'ils ont appris que l'on avait fait justice du pître en question,\n il pourra interroger là dessus tous les groupes qui s'occupent d'art à\n Bruxelles.\n    Nous lui dirons ensuite qu'il est trop facile de prononcer les mots :\ndésarmant, enfantin et autres, comme il serait très simple et de fort\nmauvais goût d'articuler : gaga ou vieille savate. M. Frédérix nous\ntraitera en enfants toute sa vie et toute notre vie — s'il le pouvait — nous\n aurons beau dire, nous ne serons jamais que des galopins, des empêcheurs\nde dormir en rond. Soit, mais le procédé ne trompera personne; il n'em­\npêchera pas que l'on voie à nos mentons que nous avons un peu grandi\net à notre effort constant que nous voulons grandir. M. Frédérix a dépassé\nl'âge de la croissance, tant pis pour lui.\n    Que l'on nous pardonne d'être tombé de Coquelin-Charybde en Frédérix-\nSylla, véritable coq à l'âne s'il en fût, mais ces deux comédiens, pardon,\nces deux critiques sont tellement unis qu'on les confond — ailleurs dans\nles applaudissements, ici dans les sifflets.\n                                                           MAX W A L L E R .\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 254, "page_fin": 255, "titre_corps": "Obsession", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Chapaux", "ancre_debut": "OBSESSION", "ancre_fin": "ALBERT CHAPAUX", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 285, "page_imprimee": 254, "debut_caractere": 1656, "fin_caractere_exclue": 2340, "texte": "OBSESSION\n                                                               AMmeD. W.\n\nA              la fin cela l'obsédait, de vivre ainsi, avec la continuelle déses­\n                pérance des ressouvenirs douloureux et des rêves anéantis...\n                Et ce soir-là, bien triste était sa chambrette, aux quatre murs\n                blancs, couverts de petits cadres en paille, avec, aux coins, de\nmignons nœuds roses et bleus, — des cadres qu'Elle avait faits...\n  Dans la monotone clarté d'une pauvre lampe, un silence lourdement\nplane...\n  Là-haut, au plafond, à un crochet faisant tache dans la nudité, une cor­\ndelette, de la grosseur du doigt, pas très longue, oscille...\n"}, {"page_pdf": 286, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1656, "texte": "                                   — 255     -\n\n    D'où elle provient, cette corde, il l'ignore; mais elle l'agace dans son per­\n pétuel ballottement...\n    Jeunesse, amour, — désillusion que tout cela...\n    Il n'en avait connu qu'une seule; Elle l'avait aimé de toute la force de\n son cœur naïf; — puis un jour, elle était partie tout doucement, doucement,\n comme un angelot, — et on l'avait enfouie là-bas, bien loin, dans un coin\nignoré du cimetière, avec, sur sa tombe, une simple croix blanche...\n    Il pleure, et, sinistre, ballotte la cordelette.\n    Jeunesse, amour, espoirs, — désillusion que tout cela...\n    Science, — une chose inutile dont on avait bourré sa cervelle; gloire, —\nun mot creux qui l'attristait; avenir, — un horizon d'automne, gris et\nmélancolique.\n   Jeunesse, amour, espoirs, — hélas, mensonges que tout cela!\n    Oh ! les premières années, sans soucis et sans peines, toujours ensoleillées\nde joie et de plaisir ; oh ! tous ceux qui vous ont entouré, qui vous ont aimé,\ndisparus à présent ; oh ! les soudaines tristesses incompréhensibles, le cœur\nqui s'ouvre à la poésie, l'âme qui sourit à l'amour...\n    Espoir, — mensonges...\n   Les gouttes de pluie claquent plus violentes contre les carreaux, avec des\ncoups secs...\n   Le vent souffle doucement dans les jointures des fenêtres...\n   Dans ce murmure long, pourquoi lui semble-t-il reconnaître la pleurante\nvoix de sa Mary qui l'appelle?...\n   Il regarde la cordelette, il n'en a plus peur : elle ne l'agace plus ; elle a\nl'air de lui sourire...\n   Pourquoi?...\n   Il s'y est pendu !...\n                                                     ALBERT CHAPAUX.\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 255, "page_fin": 258, "titre_corps": "Exposition du Cercle artistique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Émile Verhaeren", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "Huîtres de M Plateel", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE MUSICALE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 286, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 1656, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n             EXPOSITION DU CERCLE ARTISTIQUE\n\n            C'est M. Herbo qui règne céans! Lui, lui partout; il reçoit, il\n             trône, il s'étale dans le ventre bombé de M. Galesloot, prési-\n             dent de la Fraternelle belge, il fait des manières dans les\n             gestes arrangés de Mme D., il se prend au sérieux à s'entendre\nproclamer le peintre de la ressemblance et de la physionomie exacte, il se\n"}, {"page_pdf": 287, "page_imprimee": 256, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3344, "texte": "                                  — 256 —\n\nsent le Maître de ce Salon, il croit que c'est en son honneur qu'on met des\nplantes ornementales dans des pots et des cravates blanches au cou, le jour\nde l'ouverture. Et il a raison. Depuis M. Van Hammée jusqu'à M. De\nVriendt, depuis Mlle Van Ham jusqu'à Mlle de Villers, tous l'adorent ou\ndoivent logiquement l'adorer, car il est eux quintessencié, synthétisé, subli­\nmisé, ils ont sa couleur sur leur palette et ses brosses à leur pinceau. Aussi\nbien paraît-il presqu'artiste dans un tel milieu. Lorsqu'à pas traînants, avec\ndes haussements d'épaules multipliés on traverse les galeries de l'exposition,\nses œuvres, à lui, arrêtent tout à coup. Il est l'expression du genre. Il a ces\nbeaux tons jaunes de pus, bleus de coup de poing dans l'œil, gris de linge\nsale en famille, rouges de banquettes de café-concert, verts de pissotière et\nd'urinoir public. Il est parfait. Et, tout compte fait, il me semble qu'on s'est\nassez longtemps acharné après son art. Il n'a point lui, telles prétentions\nsereines de tel peintre plus médiocre et plus poseur. Qui le connaît,\nle sait bon et d'excellent commerce. Il n'affiche rien d'ex-cathedra. Tandis\nque certains barbouilleurs de clownesques Tentations de Saint-Antoine et\nde carnavalesques Fontaine de Jouvence se croient sortis de la cuisse de\nRubens ou de Van Dyck et simulent cette généalogie avec une moustache\nen croc et une barbiche en pointe. Oh ! le tas de teinturiers et de goudron-\nneurs qui, depuis quelque vingt ans, enduisent le vieux « sabot » acadé­\n mique, toujours sur l'eau, bien qu'il n'ait plus de jambes. Il ne marche\nplus, mais il surnage; à quand le dernier coup de tempête? On n'est pas\nplus usé, plus fini, plus décarcassé. Son mât est le manche à balai avec\nlequel Slingeneyer a peint Lepante; sa voile, cette immense loque : la\nPeste de Tournai. Aucun peintre n'y est monté depuis dix ans, il est\n délaissé comme un navire en quarantaine. Il ne compte plus que de rares\n amateurs, pourris du cerveau, qui, le nez à fleur d'eau, le regardent avec\n des yeux blancs de poissons pâmés. Public de phoques. Et il demeure !\n   En sortant du Salon on s'étonne qu'une telle exposition soit encore pos­\nsible. La presse tout entière, chaque année, est unanime à sabrer dans le\ntas. Personne n'ose aligner un franc éloge, même les plus hostiles aux idées\njeunes. On se rabat sur quelques tableaux pour exécuter les autres. Je ne\nme rappelle qu'une œuvre, celle de Courtens : le Dégel, qui ait attiré,\ndepuis quelques années, l'attention du public.\n   Tandis qu'on se bat autour des envois à l'Essor et aux XX, ici rien ne\nremue la règlementaire stagnation du marais. Calme fixe dans l'indiffé­\nrence.\n   Plus que jamais il est bon de constater par contraste ce que vaut la\nrecherche du neuf et l'audace. Il en est de la peinture moderne comme de la\nmusique. Ceux mêmes qui ne l'admettent pas ne peuvent néanmoins se\nplaire à ce qu'ils devraient prôner et soutenir. On hurle après les nouveaux\nvenus, mais les vieux sont par trop pourris pour qu'on les serve encore,\nmême en tête de veau, à la table des amateurs. Seul le Journal des Beaux-\nArts les débite en cervelas à deux sous.\n   Les noms les plus hottentots et les plus béotiens ne l'effraient point. Il est\nseul à les imprimer et encore le fait-il avec grâce, car ces noms appartien-\n"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3157, "texte": "                                 — 257 —\n\nnent souvent à des peintresses. Il est, en effet, surprenant de voir tant de\nces dames au Salon. Elles s'y pressent, se couchent le long de la rampe\ncomme sur un sofa. Et les visiteurs passent et examinent, le monocle dans\nl'œil, avec des « pas mal » ou « chameau » au bout des lèvres. Le roi lui-\nmême est venu voir, le jour de l'inauguration et a parlé de « pâte grasse »,\nde « jolie touche » et de « manque pas de chien ».\n   Ça été une vraie noce, ce jour-là. Le seul beau jour d'ailleurs. Car, dès\nle lendemain, les articles ont cinglé de corrosives douches d'encre toutes\nces charmantes choses bêtes et grotesques. On a fait entendre que rien ne\nvalait, que c'était faire injure aux gens que de les convoquer à l'exhibition\nde ces romances peintes, de ces rebus dessinés, de ces épinaleries encadrées,\nde ces pantoufles brodées sur toile et de ces bonnets grecs collés sur pan­\nneau.\n   Chose étonnante, c'est que des artistes de la valeur de Mellery, Heymans\net Courtens se soient égarés là. C'est presque se compromettre que de s'y\ncommettre. L'entourage est déshonorant. Voisiner avec Plateel, passer le\nbras à Fraters, suivre ou préceder Van Keirsblick n'est pas exquis. On\ncède, en ce cas, le pas à M. Roffiaen, le maître crétin, à M. Bossuet ou à\nM. Numans. Trinité choisie, triple tête sous un même bonnet de gâtisme,\ntrois fromages puants sous une seule cloche.\n   Mellery répète, dans son Hiver, la note si intimement mélancolique de\nson Coin de mon jardin. J'ai dit maintes fois toute l'archaïque et profonde\net discrète interprétation du peintre, que ces toiles, une à une, font de\nmieux en mieux sentir. Mellery est un isolé, plein de passé et de lointain,\nmême lorsqu'il peint ce qu'il voit aujourd'hui. Il est d'une pénétrance\nmélancolique, gravement doux et simple. Il penche son art sur les humbles :\nhommes et choses.\n   Heymans reste superbe et solide. A l'ombre des premières feuilles est\nune œuvre de haute puissance où s'épanouit toute une jeunesse de sève et\nde verdure. Les exquises touches de fraîcheur, de vie! Et comme tout est\nenveloppé, bien à son plan et baigné de légères vapeurs ! Ce qui stupéfie,\nc'est combien le faire est robuste et combien l'ensemble est aérien.\n   Courtens, lui aussi, domine au Cercle. Son Remorqueur, bien que trop\ncrayeux et trop matériel, témoigne d'une consciencieuse observation et\nd'une bonne vie esthétique avec la nature franche et crue.\n   Restent encore Cassiers, se complaisant dans la finesse des tons humides\net bleus; Frédéricx, consciencieux traducteur des misères, mais maladroit\namalgameur de teintes communes et odieusement tricolores...\n   Et rien.\n   Pour terminer, un souvenir.\n   Aux temps d'art préhistorique, lorsque Stallaert exposa Didon, — cette\ncélèbre Didon qui, au lieu d'être tout simplement une africaine bon teint\nmise en vers par Virgile, se gonfle, dondon patriotique, de quelque Wacht\nam Rhein — tout Bruxelles s'en fut voir. On ne payait pas.\n   Les bourgeois pintadisés gloussaient des éloges autour depuis le matin\ndix heures jusqu'au soir cinq heures, la salle d'exposition ne restant point\nouverte plus longtemps.\n"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1544, "texte": "                                  — 258 —\n\n    Le peintre Dubois s'en fut, à son tour, accompagné de deux amis. On\nexamine, on bouscule quelque peu la foule amassée devant l'œuvre.\n   — Eh bien Dubois, qu'en pensez-vous?\n   — Ce que j'en pense!\n    Le peintre s'approcha de la toile, et, devant les cinquante niais qui se\npâmaient, prunelle en l'air, devant le gardien majestueux qui ne parlait de\nl'œuvre qu'à mi-voix comme les prêtres parlent de Dieu, devant tels et tels\nofficiels qui regardaient, leurs menstrues de ruban rouge à la boutonnière,\nil leva la jambe à bonne hauteur et peta formidablement.\n   — Voilà ce que j'en pense! Et il sortit.\n   Quelqu'inconvenante qu'une telle « affirmation » parût, elle était bonne.\nIl est des exhibitions si atrocement ignobles, si scandaleusement antiartis­\ntiques, que l'expression du dédain la plus basse se légitime. Tant pis poul­\nies musqués bêtes qui s'en fâchent. Ils ne comptent pas. Ce sont gens du\nbel air, mais de petite cervelle.\n    Si Dubois vivait encore, il énoncerait, de non moins retentissante manière,\nson opinion sur l'exposition du Cercle. Seulement il ne pourrait l'émettre\ndevant chaque médiocrité peinte, la provision de pareils jugements étant\nforcément limitée. Il ne donnerait que son opinion sur l'ensemble et, celle-là,\nnous la donnons comme lui et aussi vigoureusement.\n                                                   EMILE VERHAEREN.\n\n  N. B. Il paraîtrait que Sa Majesté, à l'occasion du Vendredi-Saint,\naurait acheté les Huîtres de M. Plateel.\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 258, "page_fin": 261, "titre_corps": "Chronique musicale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1544, "fin_caractere_exclue": 2483, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n          Comment Messieurs Catulle Mendès, le tendre, et Emmanuel\n            Chabrier, le brutal, ont-ils communié en Gwendoline. C'est un\n            de ces mystères que le wagnérisme seul pourrait peut-être expli­\nquer, à condition toutefois qu'il ait bon dos, car ce pauvre wagnérisme,\nqu'on met à toutes sauces musicales, n'est encore une fois ici qu'un prête-\nnom.\n  La légende de M. Mendès est une légende vue à travers les Boudoirs de\nverre. On y sent bien des places à remailler où les mailles se sont cassées.\nCe sont les points où le Parisien, las de son voyage en ballon captif dans le\nbleu, s'est arraché de son rêve, pour aller fumer une cigarette au boulevard.\nElle n'est pas digne de l'auteur du Roi vierge et du paraphraseur superbe\ndes poèmes de Wagner.\n  Quant à la musique, M. Chabrier — parlons en, car je ne suis ici que\npour dire le sentiment étrange, complexe et indéfinissable qu'elle m'a pro-\n"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "                                     2 39\n\n\ncuré. Cette musique apparaît comme tellement hors pair et déconcertante;\nelle prend un tel relief sur toute l'œuvre congénère qu'on demande à ressaisir,\nson point de vue — ou son point d'ouïe — afin de mieux s'arc-bouter au\nchoc de ces violences et de ces rudesses inattendues.\n   Tout d'abord, c'est une impression de vide succédant à une impression\nde bruit, et l'on se souvient de cette baroque fabrication de quincaillerie\ninstrumentale : Espana. De là, un sentiment de défiance un peu préconçu\nmais justifié, qu'on en convienne; défiance de cette musique matérielle,\npleine de cris de voix et de cliquetis d'instruments qui vous fait heurter\nsans cesse à des pointes de terre ou de roc; musique de coup de poing et\nl'on pourrait dire de coup de poing américain, car il y a un peu d'américa­\nnisme aussi.\n   Cependant, ce formidable plaquage instrumental cache de réelles inspira­\ntions ; à mesure que l'oreille et le cerveau percent la masse orchestrale et y\npénètrent plus avant, les thèmes se dessinent, se dégagent; mais ils se déga­\ngent trop, bientôt, pour prendre, en se casant dans l'imagination, cet aspect\nde thèmes formulés et moulés qui se détachent de l'ensemble. C'est alors\nque l'œuvre apparaît telle qu'elle est réellement, faite de morceaux joints\npièce à pièce sans qu'une inspiration mère ait présidé à sa conception. On y\nvoit que M. Chabrier n'a rien sacrifié à Wagner du vieux système de ses\ncompatriotes et qu'il n'a pas plus qu'eux, en faisant du drame, essayé d'y\nintroduire les principes de la déclamation lyrique et des motifs typiques;\nM. Chabrier, passant parmi les siens pour un révolutionnaire, ou tout au\nmoins pour un évolutionniste, c'est une considération générale intéressante\nà noter.\n   Quelle est maintenant, indépendamment de tout système la valeur esthé­\ntique de cette musique? Voilà peut-être ce qu'il faudrait dire. Voilà pour­\ntant ce que je ne dirai pas, n'en déplaise à certaines gens pour lesquelles la\ncritique tient une cour de justice ou un bureau de renseignements.\n   A côté des prêcheurs et des pions qui administrent en haute presse, distri­\nbuant des prix de bonne conduite et d'encouragement ou des pensums,\nd'autres que, par une singulière erreur d'étymologie, l'on nomme aussi des\ncritiques, se sont fait cette idée que le mot à dire au sujet de l'œuvre d'un\nsemblable doit être, au lieu d'un mot de blâme ou de louange, un mot\nd'interprétation.\n   N'est-ce pas Albert Giraud qui, transposant la définition naturaliste du\nroman a dit que la critique consiste en ceci : Voir une œuvre d'art à travers\nnotre tempérament? — Ainsi comprise, la critique devient encore une créa­\ntion où ce créateur en seconde analyse verse le meilleur de sa personnalité.\n   Mais pour cela faut-il que l'émotion du critique, au moment de cette\ninterprétation, soit corrélative à l'émotion de l'auteur au moment de la\ncréation. Il faut que, toutes différences de milieu et de tempérament gardées,\nl'œuvre transmette au critique l'impression que la nature a donnée à\nl'auteur.\n   Or, cette impression ne me vient pas. J'ai eu beau m'efforcer de la lire,\nde l'entendre et de la réentendre, je ne sens pas l'œuvre de M. Chabrier et\n"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "                                   —   260   —\n\n\njamais je ne me suis trouvé plus impuissant à me fixer une impression\nesthétique. Je crois, de toute la force de ma raison, que c'est ce que l'on a\nfait récemment en France, de plus original comme forme, de plus fort\ncomme technique, de plus soutenu même ; comme inspiration ; je le crois\net je l'affirme, mais sans m'émouvoir assez à cette croyance pour admirer\nce que je constate. Ma croyance fondée en logique n'a pas cette flamme de\nfoi où brûle un peu d'amour et la logique, en fait d'art, n'obtient pas droit\nde cité.\n   Voilà pourquoi je ne dirai pas de Gwendoline ce qu'il faudrait peut-être\nque j'en dise, parce que je serais pareil à ces cabotins qui tâchent d'inter­\npréter de chic, à force de trucs et de ficelles, un rôle qu'ils ne peuvent\nincarner Dès lors, je me résigne à cette sorte de critique négative avec\nl'arrière-pensée que c'est, dans ce cas-ci, la bonne, puisque en ce faisant, je\nlivre, en somme, toute l'impression et la seule que m'ait procurée l'ouvrage\nde M. Chabrier.\n\n\n    Quel glorieux post-scriptum à Gwendoline que les représentations de\n Mme Caron. On ne nous fera pas un grief de comparer ces deux succès.\nL'interprétation devient création quand elle émane d'un talent aussi haute­\nment personnel que celui-là. Ses créations de Brunnhilde, Valentine, et\nsurtout Marguerite de Faust sont bien son œuvre.\n    Ce qu'elle a acquis de « planches n au lieu de banaliser son jeu, ne donne\nque plus de sûreté et de portée à ses effets de scène. Ses facultés créatrices\nont merveilleusement mis en oeuvre les qualités de voix de physionomie, de\ngeste, d'allure et de stature dont elle est douée, et cette sensitivité nerveuse\nqui fait la profonde psychologie de son jeu semble s'être affinée encore.\nDepuis son départ de Bruxelles, il y a un an, Mme Caron n'a fait que\ns'élever dans son art et l'on peut bien dire qu'elle est actuellement la plus\nsuperbe tragédienne lyrique de notre époque.\n                                        *\n\n    Pour finir la saison, les deux auditions Wagner (répétition et concert) et\n les séances Rubinstein se sont enchevêtrées.\n    Pendant cinq jours, nous avons cru au chef-d'oeuvre et un peu du génie\n des maîtres a passé dans nos rêves.\n    Qui donc disait qu'il y a une légende sur Rubinstein ? le roi du piano\nl'appelait-on et des gens traduisaient : le roi des tapeurs, le suprême\nacrobate du piano ; virtuose incomparable, inimitable à jamais, mais vir­\ntuose.\n   Tous ceux qui ont entendu ou réentendu et senti l'interprétation qu'il\ndonne des sonates en ut dièze et en fa mineur, de Beethoven, et de la\nprofonde fantaisie en ut mineur comme des autres pièces de Schumann\nsavent que Rubinstein n'est pas ce qu'en pense la foule; car, à côté des\nquelques effets symphoniques à coups de poigne qui font saillir les têtes et\nles regards tendus vers son clavier, il y a cette accalmie pleine, cette pureté,\n\n                                                 s\n"}, {"page_pdf": 292, "page_imprimee": 261, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1641, "texte": "                                —   261   —\n\n\ncette immense sérénité d'au delà qui domine en lui et fait oublier les notes,\nle clavier, le piano et le pianiste, pour ne laisser plus qu'une expression\npassionnelle au dessus de toute matière, l'indéfinissable expression de cette\ngrande âme chantante qui a du Beethoven en elle.\n   Nous étions encore sous le coup troublant des concerts Rubinstein,\nquand nous avons entendu au Populaire, le premier acte de Tristan et\n Yseult, dont le succès a été énorme.\n   L'ensemble de l'exécution a été très remarquable.\n   Mme von Edelsberg et Mme Flon, si elles ont parfois faibli, du côté de la\nvoix — accroc peu étonnant, vu l'accent déchirant de cette musique— en\nont au moins donné une interprétation fidèle et intelligente. La voix lumi­\nneuse de M lle Wolf a eu des inspirations de fraîcheur dans la scène de\nSiegfried. M. Renaud a très classiquement dit le rôle de Kourwenal et\nM. Van Dyck. a chanté d'une voix plus sobre que de coutume. Sa diction\na été admirable.\n   L'orchestre, sacrifiant le détail à l'ensemble, a eu de superbes élans de\nvie et de passion.\n   Il est regrettable seulement qu'on ait supprimé les voix dans la Chevau-\nchée; les voix en moins, c'est comme un instrument qui manque et c'est\nincomplet. Mais laissons les critiques de détail pour ne voir que le résultat\ngénéral. Remercions à commencer par M. Dupont, les interprètes de telles\nœuvres.\n   Admirons l'élan de foi qui les anime et découvrons-nous devant ceux qui\nnous invitent aussi ardemment à croire en la religion d'art, la meilleure\nqui soit.\n                                                    HENRY     MAUBEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-05-05-n5-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 262, "page_fin": 266, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "tion des XX", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 90, "fin_caractere_exclue": 98, "texte": "MEMENTO\n"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 116, "fin_caractere_exclue": 124, "texte": "BELGIQUE"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 228, "texte": "Une nouvelle édition de Kees Doorik"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 271, "fin_caractere_exclue": 317, "texte": "vient de paraître, édition définitive où l'au­"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 361, "fin_caractere_exclue": 405, "texte": "teur a parfait son œuvre, coupant les angles"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 447, "fin_caractere_exclue": 488, "texte": "et comblant les trous. 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Dès la pre­"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 703, "fin_caractere_exclue": 744, "texte": "mière heure, il fut des nôtres et n'a pas"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 793, "fin_caractere_exclue": 836, "texte": "cessé d'en être; il était arrivé avant nous"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 857, "fin_caractere_exclue": 898, "texte": "dans la lutte littéraire et c'est un aîné"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 944, "fin_caractere_exclue": 983, "texte": "qui, comme Lemonnier s'est spontanément"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1124, "fin_caractere_exclue": 1166, "texte": "uni à l'effort que nous avons tenté, pour­"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1212, "fin_caractere_exclue": 1253, "texte": "suivi, que nous pousserons jusqu'au bout."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1307, "fin_caractere_exclue": 1344, "texte": "Aujourd'hui, notre ami Eekhoud compte"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1484, "fin_caractere_exclue": 1524, "texte": "parmi les premiers; il a son originalité"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1574, "fin_caractere_exclue": 1620, "texte": "propre, faite de rudesse et de brutalité ; son"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1769, "fin_caractere_exclue": 1808, "texte": "amour pour ce qu'il nomme son « terroir"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1855, "fin_caractere_exclue": 1899, "texte": "d'élection » a fait éclore des oeuvres dura­"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1953, "fin_caractere_exclue": 1997, "texte": "bles telles que l'on n'en avait jamais bros­"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2149, "fin_caractere_exclue": 2192, "texte": "sées dans notre pays, et son chant de style"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2233, "fin_caractere_exclue": 2273, "texte": "est comme un bardit de guerre, aux sono­"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2322, "fin_caractere_exclue": 2351, "texte": "rités cruelles et obsédantes."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2515, "fin_caractere_exclue": 2554, "texte": "Quelle que soit notre indifférence pour"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2599, "fin_caractere_exclue": 2640, "texte": "les brocards de nos « petits amis », nous"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2688, "fin_caractere_exclue": 2766, "texte": "avons un certain scrupule à parler de                                      ***"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2768, "fin_caractere_exclue": 2806, "texte": "Georges Eekhoud et de ses livres; nous"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2900, "fin_caractere_exclue": 2940, "texte": "sommes trop liés pour que notre critique"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3036, "fin_caractere_exclue": 3077, "texte": "ne soit trop emballée et louangeuse; mais"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3170, "fin_caractere_exclue": 3211, "texte": "nous ne devons pas et ne voulons pas nous"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3271, "fin_caractere_exclue": 3311, "texte": "arrêter à cette considération, parce que"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3312, "fin_caractere_exclue": 3350, "texte": "notre amitié nous vient précisément de"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3351, "fin_caractere_exclue": 3394, "texte": "notre culte pour un talent si sincère et si"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3440, "fin_caractere_exclue": 3446, "texte": "large."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3533, "fin_caractere_exclue": 3568, "texte": "Kees Doorik est livre connu dans le"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3613, "fin_caractere_exclue": 3653, "texte": "monde des lettrés; nous n'avons donc pas"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3699, "fin_caractere_exclue": 3741, "texte": "à redire ce que la Jeune Belgique en a dit"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3786, "fin_caractere_exclue": 3825, "texte": "lors de l'apparition du volume. C'est à"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3867, "fin_caractere_exclue": 3908, "texte": "l'occasion des Milices de Saint-François,"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3914, "fin_caractere_exclue": 3947, "texte": "qui vont paraître chez Monnom, qu"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3998, "fin_caractere_exclue": 4035, "texte": "nous consacrerons une étude à Georges"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4090, "fin_caractere_exclue": 4113, "texte": "Eekhoud et à son œuvre."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4320, "fin_caractere_exclue": 4323, "texte": "***"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4484, "fin_caractere_exclue": 4519, "texte": "Nous recevons une curieuse brochure"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4576, "fin_caractere_exclue": 4619, "texte": "signée Mario Villes et intitulée Bruxelles-"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4666, "fin_caractere_exclue": 4708, "texte": "Satire. L'auteur, qui se cache sous le nom"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4842, "fin_caractere_exclue": 4887, "texte": "de Villes, est connu des lecteurs de la Jeune"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 148, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "Belgique, mais ne nous a pas autorisé à"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 229, "fin_caractere_exclue": 268, "texte": "ôter son masque. Au reste, nous n'avons"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 318, "fin_caractere_exclue": 358, "texte": "rien à dire de ce mince pamphlet dont le"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 406, "fin_caractere_exclue": 444, "texte": "caractère politique nous empêche de le"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 489, "fin_caractere_exclue": 530, "texte": "recommander à nos lecteurs; il y est fait"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 572, "fin_caractere_exclue": 616, "texte": "allusion, en dehors de cela, à des incidents"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 659, "fin_caractere_exclue": 700, "texte": "que nous voulons oublier, et nous ne pou­"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 745, "fin_caractere_exclue": 790, "texte": "vons citer qu'une pièce, bien faite : A quel-"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 837, "fin_caractere_exclue": 854, "texte": "qu'un qui pleure."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 899, "fin_caractere_exclue": 941, "texte": "Suffit-il de pleurer pour être malheureux?"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 984, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "Les larmes sont souvent de très savants mensonges."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1098, "fin_caractere_exclue": 1122, "texte": "Et tandis que tu songes."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1167, "fin_caractere_exclue": 1210, "texte": "Songe à la fixité des yeux larges et creux."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1254, "fin_caractere_exclue": 1302, "texte": "J'en sais qui n'ont jamais connu d'autre caresse"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1345, "fin_caractere_exclue": 1399, "texte": "Que celle de         l'orage et des vents en courroux."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1460, "fin_caractere_exclue": 1482, "texte": "Et sous un soleil roux"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1525, "fin_caractere_exclue": 1572, "texte": "N'ont pas même fermé leur paupière en détresse."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1621, "fin_caractere_exclue": 1669, "texte": "Songe à CPS malheureux qui n'ont pas de baisers."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1719, "fin_caractere_exclue": 1767, "texte": "Qui recherchent en vain des lèvres fraternelles,"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1828, "fin_caractere_exclue": 1853, "texte": "Et dont les mains fidèles"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 1903, "fin_caractere_exclue": 1951, "texte": "Ne  trouvent que néant pour étreindre et bercer."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2003, "fin_caractere_exclue": 2052, "texte": "ue l'on est bienheureux lorsque du fond de l'âme,"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2104, "fin_caractere_exclue": 2147, "texte": "n peut souffrir encore et se sentir meurtri"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2208, "fin_caractere_exclue": 2231, "texte": "Celui qui pousse un cri"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2274, "fin_caractere_exclue": 2320, "texte": "A senti dans son cœur quelque mordante flamme."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2370, "fin_caractere_exclue": 2414, "texte": "Et quelque douloureux que soit le coup reçu,"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2464, "fin_caractere_exclue": 2510, "texte": "Élevant son chagrin, y trouve d'âpres charmes."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2571, "fin_caractere_exclue": 2597, "texte": "Quand je verse des larmes,"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2641, "fin_caractere_exclue": 2687, "texte": "Je ressens mieux la vie et je suis moins déçu."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2859, "fin_caractere_exclue": 2899, "texte": "La dernière livraison de la Société Nou-"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 2990, "fin_caractere_exclue": 3034, "texte": "velle publie un remarquable article critique"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3127, "fin_caractere_exclue": 3168, "texte": "de notre confrère Francis Nautet sur Dos­"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3261, "fin_caractere_exclue": 3270, "texte": "TOIEVSKY."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3403, "fin_caractere_exclue": 3439, "texte": "Le n° 157 de la Casserole publie une"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3489, "fin_caractere_exclue": 3529, "texte": "parodie si franchement drôle d'un air de"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3569, "fin_caractere_exclue": 3612, "texte": "flûte de Siebel, que nous ne voulons pas en"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3654, "fin_caractere_exclue": 3698, "texte": "priver les lecteurs. L'auteur en est un hon­"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3742, "fin_caractere_exclue": 3785, "texte": "nête père de famille, aussi zwanzeur qu'ai­"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3826, "fin_caractere_exclue": 3866, "texte": "mable et dont nous respecterons l'anony­"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3909, "fin_caractere_exclue": 3913, "texte": "mat."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 3972, "fin_caractere_exclue": 3997, "texte": "AIRS DE P E T I T E FLUTE"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4055, "fin_caractere_exclue": 4089, "texte": "COMPLAINTE DES      BOISSONS BUES."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4195, "fin_caractere_exclue": 4208, "texte": "A MAX WALLER."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4263, "fin_caractere_exclue": 4298, "texte": "Ils étaient pochards tous les deux."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4353, "fin_caractere_exclue": 4393, "texte": "Mais ils marchaient droit comme un orme,"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4448, "fin_caractere_exclue": 4480, "texte": "N'ayant pas cette ivresse énorme"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4535, "fin_caractere_exclue": 4575, "texte": "Qu'on cueille aux bacs à schnick hideux."}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4630, "fin_caractere_exclue": 4665, "texte": "Qu'avaient-ils sifflé donc en somme"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4720, "fin_caractere_exclue": 4750, "texte": "Pour dans cet état s'être mis?"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4805, "fin_caractere_exclue": 4840, "texte": "Des bocks, des quarts ou des demis?"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 4895, "fin_caractere_exclue": 4928, "texte": "Avaient-ils pour trop forte somme"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 82, "texte": "Ingurgité du porto blanc,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 148, "fin_caractere_exclue": 178, "texte": "Bu du pale ale ou de la brune,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 181, "fin_caractere_exclue": 211, "texte": "Depuis l'aube jusqu'à la brune"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 274, "fin_caractere_exclue": 305, "texte": "Pour être si fort sur le flanc?"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 370, "fin_caractere_exclue": 401, "texte": "Avaient-ils flûte du champagne,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 461, "fin_caractere_exclue": 489, "texte": "Avale du Beaune ou du Nuits,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 492, "fin_caractere_exclue": 525, "texte": "Pour, avant que l'astre des nuits"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 586, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "Brille, ainsi battre la campagne ?"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 717, "fin_caractere_exclue": 743, "texte": "Est-ce de gin ou de whisky"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 747, "fin_caractere_exclue": 780, "texte": "Qu'ils s'étaient arrosé la dalle?"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 837, "fin_caractere_exclue": 866, "texte": "S'étaient-ils noyé i'amygdale"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 928, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "Sous les flots brûlants du brandy?"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1059, "fin_caractere_exclue": 1092, "texte": "Avaient-ils, exempts de vergogne."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1096, "fin_caractere_exclue": 1120, "texte": "Eté se gonfler le ballon"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1190, "fin_caractere_exclue": 1219, "texte": "Chez quelqu'amphytrion wallon"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1275, "fin_caractere_exclue": 1311, "texte": "Des meilleurs crus de la Bourgogne ?"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1315, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "Avaient-ils gobé de l'arack,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1348, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "ui fait dire des mots sans suite?"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1422, "fin_caractere_exclue": 1457, "texte": "on, ces pochards avaient leur cuite"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1461, "fin_caractere_exclue": 1494, "texte": "D'un cognac à l'eau sans cognac !"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1576, "fin_caractere_exclue": 1596, "texte": "MARTHE SCHWERDTLEIN."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1828, "fin_caractere_exclue": 1868, "texte": "Sous le titre Scherzando,       M. Sapho"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1919, "fin_caractere_exclue": 1959, "texte": "(pour les dames) Paul Berlier publie les"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2015, "fin_caractere_exclue": 2059, "texte": "rimes folles qu'il a collectionnées au cours"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2106, "fin_caractere_exclue": 2148, "texte": "de ses inspirations estudiantines. Ce sont"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2201, "fin_caractere_exclue": 2243, "texte": "comme un bouquet de fleurs très délicates,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2295, "fin_caractere_exclue": 2336, "texte": "aux pétales très minces, d'un parfum très"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2390, "fin_caractere_exclue": 2433, "texte": "léger, mais où l'on volt tout un printemps."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2491, "fin_caractere_exclue": 2527, "texte": "Poudrés, musqués tant qu'il se peut,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2583, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "Au son d'une musique un peu"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2626, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "Dolente,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2676, "fin_caractere_exclue": 2702, "texte": "Si nous dansions un menuet"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2710, "fin_caractere_exclue": 2738, "texte": "D'allure antique, ingénue et"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2809, "fin_caractere_exclue": 2820, "texte": "Troublante."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2884, "fin_caractere_exclue": 2927, "texte": "Et le livre est, comme il le dit, un menuet"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2974, "fin_caractere_exclue": 3016, "texte": "où les vers ainsi que des marquises, relè­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3065, "fin_caractere_exclue": 3104, "texte": "vent un brin leur robe fleurie avec une"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3131, "fin_caractere_exclue": 3150, "texte": "indécence parfumée."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3227, "fin_caractere_exclue": 3266, "texte": "Scherzando est orné d'un dessin macabre"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3267, "fin_caractere_exclue": 3306, "texte": "de Léon Dardenne, un jeune artiste dont"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3356, "fin_caractere_exclue": 3394, "texte": "nous aurons encore maintes fois à dire"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3540, "fin_caractere_exclue": 3582, "texte": "beaucoup de bien. Signalons de lui dans la"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3583, "fin_caractere_exclue": 3623, "texte": "dernière livraison de La Basoche une re­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3674, "fin_caractere_exclue": 3717, "texte": "marquable eau forte pour illustrer un conte"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3765, "fin_caractere_exclue": 3778, "texte": "de M. Goffin."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4026, "fin_caractere_exclue": 4066, "texte": "Un de nos anciens collaborateurs, M. Au­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4067, "fin_caractere_exclue": 4108, "texte": "guste Lavallé nous adresse un sien volume"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4109, "fin_caractere_exclue": 4155, "texte": "qu'il signe Louis de Hessem et qu'il intitule:"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4196, "fin_caractere_exclue": 4238, "texte": "Les Confessions d'une Comédienne. Il y est"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4283, "fin_caractere_exclue": 4326, "texte": "question de Mlle Caroline Bauer, qui aurait"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4374, "fin_caractere_exclue": 4416, "texte": "été la maîtresse de Léopold Ier, avant que"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4463, "fin_caractere_exclue": 4503, "texte": "celui-ci ne fût monté sur le trône. Nous"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4559, "fin_caractere_exclue": 4602, "texte": "goûtons peu cette sorte de littérature. Les"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4654, "fin_caractere_exclue": 4695, "texte": "déboires de la princesse de Sayn-Wittgen-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4747, "fin_caractere_exclue": 4787, "texte": "stein, de Cora Pearl ou de Mlle Bauer ne"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 105, "fin_caractere_exclue": 145, "texte": "nous intéressent pas et peu nous importe"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 229, "fin_caractere_exclue": 271, "texte": "que tel ou tel prince régnant ou non, leur"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 322, "fin_caractere_exclue": 367, "texte": "ait joué des tours. Ces linges lavés en p u ­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 418, "fin_caractere_exclue": 458, "texte": "blic ont une odeur écœurante, et nous le"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 540, "fin_caractere_exclue": 583, "texte": "déclarons net à M. Lavallé, si le besoin le"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 671, "fin_caractere_exclue": 713, "texte": "pousse à trafiquer dans la fange, qu'il se"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 794, "fin_caractere_exclue": 833, "texte": "dispense à l'avenir de nous communiquer"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 884, "fin_caractere_exclue": 924, "texte": "ses odeurs. Quand on a le talent qu'il a"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1013, "fin_caractere_exclue": 1055, "texte": "montré dans ses nouvelles, dans ses exqui­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1143, "fin_caractere_exclue": 1186, "texte": "ses traductions d'idylles allemandes, on ne"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1237, "fin_caractere_exclue": 1271, "texte": "se salit pas à de telles besognes."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1414, "fin_caractere_exclue": 1417, "texte": "***"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1511, "fin_caractere_exclue": 1551, "texte": "L'éditeur Rozez publie une nouvelle édi­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1602, "fin_caractere_exclue": 1643, "texte": "tion revue de l'Ardenne, le guide du tou­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1694, "fin_caractere_exclue": 1735, "texte": "riste, de M. Léon Dommartin. Nous croyons"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1758, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "***                         inutile de recommander longuement à nos"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1876, "fin_caractere_exclue": 1918, "texte": "lecteurs ce guide, dont ils ne pourront se"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1969, "fin_caractere_exclue": 2014, "texte": "passer s'ils entreprennent la pittoresque ex­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2065, "fin_caractere_exclue": 2105, "texte": "cursion qui s'y trouve décrite. Avant ce"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2156, "fin_caractere_exclue": 2200, "texte": "livre, il n'y avait que le Guide de l'Excur-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2251, "fin_caractere_exclue": 2294, "texte": "sionniste, de feu M. le professeur Van Bem­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2345, "fin_caractere_exclue": 2389, "texte": "mel, ouvrage mal écrit, inexact et incomplet"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2440, "fin_caractere_exclue": 2483, "texte": "(nous le savons d'expérience pour nous être"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2534, "fin_caractere_exclue": 2575, "texte": "fourvoyé pratiquement d'après ses indica­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2661, "fin_caractere_exclue": 2668, "texte": "tions)."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2756, "fin_caractere_exclue": 2792, "texte": "Celui de M. Dommartin est non seule­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2843, "fin_caractere_exclue": 2881, "texte": "ment plein de renseignements précieux,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2932, "fin_caractere_exclue": 2973, "texte": "mais encore — et c'est ce qui nous charme"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3024, "fin_caractere_exclue": 3064, "texte": "surtout — écrit avec humour par un écri­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3116, "fin_caractere_exclue": 3130, "texte": "vain d'esprit."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3319, "fin_caractere_exclue": 3355, "texte": "Nous recommandons aux amateurs l'ex­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3406, "fin_caractere_exclue": 3450, "texte": "cellente étude que vient de publier M. Louis"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3501, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "Cardon sur ALFRED STEVENS. Cette étude"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3633, "fin_caractere_exclue": 3673, "texte": "sera suivie d'autres portant comme titre"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3724, "fin_caractere_exclue": 3764, "texte": "général : LES MODERNISTES. La compétence"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3815, "fin_caractere_exclue": 3858, "texte": "et le dilettantisme de M. Louis Cardon sont"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3909, "fin_caractere_exclue": 3949, "texte": "trop connus pour que nous insistions sur"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3971, "fin_caractere_exclue": 4023, "texte": "***                          la valeur de l'ouvrage."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4161, "fin_caractere_exclue": 4195, "texte": "Les journaux nous apprennent qu'un"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4246, "fin_caractere_exclue": 4282, "texte": "M. Sigogne a donné une conférence au"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4333, "fin_caractere_exclue": 4373, "texte": "Palais des Académies. Cet orateur suisse"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4424, "fin_caractere_exclue": 4462, "texte": "devient, ce nous semble, un peu encom­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4513, "fin_caractere_exclue": 4558, "texte": "brant. Lorsque, il y a belle lurette déjà, il"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4609, "fin_caractere_exclue": 4653, "texte": "vint au Cercle parler autour de Victor Hugo,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4704, "fin_caractere_exclue": 4746, "texte": "nous l'écoutâmes avec résignation; c'était"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4797, "fin_caractere_exclue": 4838, "texte": "désarmant, comme dit M. Frédérix. Depuis,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "M. Sigogne semble vouloir naturaliser son"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 128, "fin_caractere_exclue": 170, "texte": "verbe, et Ton ne peut plus entrer dans une"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 225, "fin_caractere_exclue": 266, "texte": "salle où il y a quatre personnes, sans le"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 400, "fin_caractere_exclue": 441, "texte": "trouver au poste, armé de son verre d'eau"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 492, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "et prêt à discourir ; il s'épidémise lui"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 686, "fin_caractere_exclue": 691, "texte": "même."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 785, "fin_caractere_exclue": 824, "texte": "Par grâce, que l'on dépose M. Sigogne à"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 965, "fin_caractere_exclue": 1010, "texte": "la frontière; le virus qu'il inocule exige un"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1063, "fin_caractere_exclue": 1106, "texte": "cordon sanitaire, sinon, dans l'année, tout"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1143, "fin_caractere_exclue": 1183, "texte": "le pays sera peuplé de petits suisses en"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1328, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "quête de locaux à conférence — j'allais dire"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1514, "fin_caractere_exclue": 1556, "texte": "bocaux. En outre, il paraît que M. Sigogne"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1593, "fin_caractere_exclue": 1634, "texte": "est en instance pour obtenir une place de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1692, "fin_caractere_exclue": 1736, "texte": "professeur de littérature française; il peut"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1884, "fin_caractere_exclue": 1923, "texte": "évidemment se fouiller avec grâce et le"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1975, "fin_caractere_exclue": 2011, "texte": "gouvernement ne sera pas assez bête,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2059, "fin_caractere_exclue": 2101, "texte": "ignare et aliéné pour pêcher son enseigne­"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2248, "fin_caractere_exclue": 2289, "texte": "ment littéraire à la ligne dans le lac de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2436, "fin_caractere_exclue": 2477, "texte": "Genève, mais il faut y avoir l'œil cepen­"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2518, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "dant, d'autant plus que M. Sigogne, malgré"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2612, "fin_caractere_exclue": 2651, "texte": "un certain accent de Guillaume Tell, ne"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2799, "fin_caractere_exclue": 2836, "texte": "manque pas de charme et tient sous ce"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2899, "fin_caractere_exclue": 2937, "texte": "charme tout le sexe auquel nous devons"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2979, "fin_caractere_exclue": 3023, "texte": "l'amour. Il est d'une courtoisie poudrée qui"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3024, "fin_caractere_exclue": 3065, "texte": "captive et c'est avec des gants roses que"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3453, "fin_caractere_exclue": 3497, "texte": "nous le prions de vouloir bien aller voir si"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3599, "fin_caractere_exclue": 3638, "texte": "le chemin creux qui mène à Kusnacht n'a"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3702, "fin_caractere_exclue": 3743, "texte": "pas été comblé par les dernières neiges :"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3810, "fin_caractere_exclue": 3846, "texte": "Durch diese hohle Gasse muss er kom-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3847, "fin_caractere_exclue": 3852, "texte": "men !"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3947, "fin_caractere_exclue": 3982, "texte": "Es führt kein andrer Weg nach Küss­"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4076, "fin_caractere_exclue": 4106, "texte": "nacht. - Hier vollend' ich's !"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4202, "fin_caractere_exclue": 4246, "texte": "Du Schiller, s'il vous plaît ! De l'allemand"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4336, "fin_caractere_exclue": 4377, "texte": "en l'honneur d'un Suisse qui vient parler"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4471, "fin_caractere_exclue": 4493, "texte": "français en Belgique !"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4838, "fin_caractere_exclue": 4875, "texte": "Il a parlé; non, mais dégustez-moi ce"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4966, "fin_caractere_exclue": 5008, "texte": "petit bijou; c'est de la dernière fournée;"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5106, "fin_caractere_exclue": 5153, "texte": "voilà le véritable art national, le vers sonore"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5198, "fin_caractere_exclue": 5234, "texte": "qui entraîne les foules; tel Tyrtée."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5268, "fin_caractere_exclue": 5311, "texte": "Il a parlé, le travail a repris; la grève a"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5312, "fin_caractere_exclue": 5353, "texte": "clos sa bouche d'ombre et l'ordre règne à"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5354, "fin_caractere_exclue": 5397, "texte": "Varsovie. Il a parlé, et aussitôt de grands"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5450, "fin_caractere_exclue": 5492, "texte": "peintres sont venus lui demander l'honneur"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5546, "fin_caractere_exclue": 5588, "texte": "de le représenter dans un tableau apothéo­"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5640, "fin_caractere_exclue": 5680, "texte": "tique, droit, noble, calmant les masses."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5731, "fin_caractere_exclue": 5770, "texte": "Cela s'appellera la Tentation de Saint-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5824, "fin_caractere_exclue": 5860, "texte": "Antoine Clesse. Silence et Ré/orme :"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 127, "texte": "LA CHANSON PENDANT LA GRÈVE"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 181, "fin_caractere_exclue": 224, "texte": "Vous qui souillez ce mot saint t Liberté »."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 278, "fin_caractere_exclue": 313, "texte": "D e vos meneurs fuyez la perfidie ;"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 367, "fin_caractere_exclue": 399, "texte": "Ces grands amis de la fraternité"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 453, "fin_caractere_exclue": 491, "texte": "Vont au pillage, au vol, à l'incendie."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 547, "fin_caractere_exclue": 590, "texte": "J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier :"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 646, "fin_caractere_exclue": 685, "texte": "Peuple, écoutez la voix du chansonnier."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 739, "fin_caractere_exclue": 781, "texte": "Quand le pays doit p r e n d r e son fusil"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 835, "fin_caractere_exclue": 872, "texte": "P o u r s'opposer à la haine barbare."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 926, "fin_caractere_exclue": 964, "texte": "Cherchez-les donc, à l'heure du péril,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1018, "fin_caractere_exclue": 1062, "texte": "Tous ces brouillons dont la voix vous égare."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1119, "fin_caractere_exclue": 1141, "texte": "J'eus comme vous, etc."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1196, "fin_caractere_exclue": 1235, "texte": "D u drapeau rouge à bas l'épouvantail !"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1289, "fin_caractere_exclue": 1327, "texte": "A vos travaux vous pouvez faire trève,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1381, "fin_caractere_exclue": 1421, "texte": "Mais sans briser l'instrument du travail"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1475, "fin_caractere_exclue": 1513, "texte": "E t sans forcer vos frères à la grève."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1570, "fin_caractere_exclue": 1592, "texte": "J'eus comme vous, etc."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1646, "fin_caractere_exclue": 1691, "texte": "Songez-y bien, la grève a ses d a n g e r s :"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1745, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "Quand nos produits ne sortent plus de terre,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1843, "fin_caractere_exclue": 1883, "texte": "Vous faites place aux produits étrangers"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1937, "fin_caractere_exclue": 1974, "texte": "E t vous ouvrez la porte à la misère."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2031, "fin_caractere_exclue": 2057, "texte": "J ' e u s comme vous, etc."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2112, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "D e s insensés vous disent, à grand bruit."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2208, "fin_caractere_exclue": 2247, "texte": "D e dévaster les maisons, les usine:..."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2301, "fin_caractere_exclue": 2344, "texte": "Croyez-vous don*', quand tout sera détruit,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2398, "fin_caractere_exclue": 2435, "texte": "Trouver du pa:n au milieu des ruines?"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2491, "fin_caractere_exclue": 2517, "texte": "J ' e u s comme vous, etc."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2571, "fin_caractere_exclue": 2611, "texte": "Suivons ceux-là qui risquent leur trésor"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2665, "fin_caractere_exclue": 2707, "texte": "D a n s l'industrie aux luttes pacifiques;"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2761, "fin_caractere_exclue": 2798, "texte": "L e souverain qui, prodiguant son or."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2852, "fin_caractere_exclue": 2898, "texte": "N o u s ouvre au loin des marchés magnifiques."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2955, "fin_caractere_exclue": 2977, "texte": "J'eus comme vous, etc."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3119, "fin_caractere_exclue": 3168, "texte": "8 ue ma chanson ait des échos p u i s s a n t s !"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3224, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "ranrls par les arts et g r a n d s par l'industrie,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3329, "fin_caractere_exclue": 3363, "texte": "Soyons encor le peuple du bon sens"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3417, "fin_caractere_exclue": 3452, "texte": "Sous le drapeau sacré de la patrie."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3555, "fin_caractere_exclue": 3598, "texte": "J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier :"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3656, "fin_caractere_exclue": 3701, "texte": "P e u p l e , écoutez la voix du chansonnier."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3787, "fin_caractere_exclue": 3806, "texte": "ANTOINE     CLESSE."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3906, "fin_caractere_exclue": 3944, "texte": "L'Ecole de musique de Saint-Josse-ten-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4033, "fin_caractere_exclue": 4075, "texte": "Noode a exécuté le mois dernier, au Palais"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4157, "fin_caractere_exclue": 4198, "texte": "de toutes les Académies, une œuvre .. ? —"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4297, "fin_caractere_exclue": 4335, "texte": "Non — Quelque chose de M. Michotte, Un"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4428, "fin_caractere_exclue": 4470, "texte": "petit poème intitulé Myrto, où M. Michotte"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4544, "fin_caractere_exclue": 4585, "texte": "arefaitle fameux Crépuscule de Massenet :"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4636, "fin_caractere_exclue": 4677, "texte": "« les Coccinelles sont couchées ». Quelle"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4728, "fin_caractere_exclue": 4769, "texte": "malheureuse idée M. Michotte a-t-il eu de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4820, "fin_caractere_exclue": 4834, "texte": "les réveiller."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4929, "fin_caractere_exclue": 4965, "texte": "On dirait de sa musique que c'est du"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5059, "fin_caractere_exclue": 5105, "texte": "Massenet lavé à l'eau de javelle. Aussi est-ce"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5156, "fin_caractere_exclue": 5197, "texte": "propre et bien sage. Une vraie musique de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5248, "fin_caractere_exclue": 5264, "texte": "bête à bon Dieu."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5407, "fin_caractere_exclue": 5449, "texte": "A signaler à côté de ceci les audaces réi­"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5500, "fin_caractere_exclue": 5545, "texte": "térées du Cercle artistique... et littéraire,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5596, "fin_caractere_exclue": 5639, "texte": "où l'art prend décidément racine. La litté­"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5690, "fin_caractere_exclue": 5730, "texte": "rature y avait passé dans la personne de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5781, "fin_caractere_exclue": 5823, "texte": "M. Ruelens. La musique vient d'y faire son"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 5874, "fin_caractere_exclue": 5915, "texte": "entrée sous l'espèce originale de M. Léon"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 88, "texte": "Jouret. Ah ! si M. Jouret mettait autant"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 136, "fin_caractere_exclue": 178, "texte": "d'originalité dans sa musique que dans ses"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 225, "fin_caractere_exclue": 261, "texte": "houppelandes! Malheureusement sa mu­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 310, "fin_caractere_exclue": 349, "texte": "sique est bornée au Nord par l'Orphéon,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 403, "fin_caractere_exclue": 445, "texte": "au Sud par les Artisans réunis, à l'Est et"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 492, "fin_caractere_exclue": 533, "texte": "à l'Ouest par les Chœurs du Conservatoire"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 582, "fin_caractere_exclue": 623, "texte": "qui sont de charmants petits chœurs, mais"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 673, "fin_caractere_exclue": 702, "texte": "pas révolutionnaires du tout."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 765, "fin_caractere_exclue": 803, "texte": "Nous avons éprouvé beaucoup de plaisir"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 848, "fin_caractere_exclue": 892, "texte": "à les entendre et nous avons quitté la salle"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 936, "fin_caractere_exclue": 978, "texte": "sans attendre la distribution des prix qui"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1028, "fin_caractere_exclue": 1059, "texte": "clôturait évidemment la soirée."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1225, "fin_caractere_exclue": 1228, "texte": "***"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1287, "fin_caractere_exclue": 1325, "texte": "M lle Dratz a donné, la dernière avant"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1373, "fin_caractere_exclue": 1413, "texte": "Rubinstein, son concert à la Grande-Har­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1464, "fin_caractere_exclue": 1470, "texte": "monie."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1560, "fin_caractere_exclue": 1598, "texte": "Nons n'avons pu l'entendre que dans le"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1644, "fin_caractere_exclue": 1685, "texte": "Carnaval de Schumann. Elle l'a interprété"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1738, "fin_caractere_exclue": 1780, "texte": "avec toutes les qualités de nature que de­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1825, "fin_caractere_exclue": 1867, "texte": "vait y mettre sa personne délicate et gra­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1912, "fin_caractere_exclue": 1919, "texte": "cieuse."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2095, "fin_caractere_exclue": 2134, "texte": "La maison Breilkopf vient de publier la"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2181, "fin_caractere_exclue": 2221, "texte": "partition pour orchestre des Poëmes sym­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2266, "fin_caractere_exclue": 2307, "texte": "phoniques de Franz Liszt (trois cahiers),"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2355, "fin_caractere_exclue": 2392, "texte": "dont quelques-uns, notamment les Pré-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2446, "fin_caractere_exclue": 2489, "texte": "ludes (d'après Lamartine), ont été entendus"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2531, "fin_caractere_exclue": 2543, "texte": "à Bruxelles."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2624, "fin_caractere_exclue": 2662, "texte": "Quelques lignes de texte explicatif en"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2707, "fin_caractere_exclue": 2747, "texte": "allemand et en français précèdent chaque"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2798, "fin_caractere_exclue": 2805, "texte": "numéro."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2858, "fin_caractere_exclue": 2898, "texte": "Cette édition, conçue dans un style très"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2949, "fin_caractere_exclue": 2993, "texte": "classique, est exécutée avec les soins maté­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3020, "fin_caractere_exclue": 3064, "texte": "riels de clarté et de correction que la mai­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3111, "fin_caractere_exclue": 3155, "texte": "son Breitkopf et Härtel apporte à toutes ses"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3204, "fin_caractere_exclue": 3217, "texte": "publications."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3399, "fin_caractere_exclue": 3405, "texte": "FRANCE"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3477, "fin_caractere_exclue": 3516, "texte": "Curieuse! par Joséphin Péladan. Un vol."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3562, "fin_caractere_exclue": 3602, "texte": "Paris, librairie de la Presse (Laurent)."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3649, "fin_caractere_exclue": 3665, "texte": "Prix : fr. 3-50."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3743, "fin_caractere_exclue": 3779, "texte": "Grèle, un visage d'ascète encadré de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3829, "fin_caractere_exclue": 3871, "texte": "cheveux très longs et très noirs; des yeux"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3923, "fin_caractere_exclue": 3963, "texte": "profonds qui semblent noyés dans un rêve"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4014, "fin_caractere_exclue": 4053, "texte": "sans fin; une voix chaude de méridional"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4103, "fin_caractere_exclue": 4145, "texte": "avec des intonations qui vibrent, Joséphin"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4174, "fin_caractere_exclue": 4212, "texte": "Péladan apparaît comme un des derniers"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4265, "fin_caractere_exclue": 4300, "texte": "moines demeurés du moyen-âge. Comme"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4353, "fin_caractere_exclue": 4396, "texte": "ses pareils ont usé leur enveloppe mortelle"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 95, "fin_caractere_exclue": 135, "texte": "sur le parchemin des manuscrits, commen­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 183, "fin_caractere_exclue": 224, "texte": "tant les textes bibliques de leur pinceau"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 272, "fin_caractere_exclue": 309, "texte": "trempé dans du ciel, Péladan a marché"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 357, "fin_caractere_exclue": 402, "texte": "dans la vie le front penché sur la science et"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 450, "fin_caractere_exclue": 491, "texte": "sur la foi. Adorateur des Primitifs qu'il"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 539, "fin_caractere_exclue": 581, "texte": "connaît et qu'il dit avec une exquise fer­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 629, "fin_caractere_exclue": 672, "texte": "veur, il a doublé son esthétique du positi­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 720, "fin_caractere_exclue": 761, "texte": "visme moderne, et suivi les progrès de la"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 809, "fin_caractere_exclue": 847, "texte": "chimie comme ceux de la pe mure. Il se"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 895, "fin_caractere_exclue": 935, "texte": "met à genoux devant Cimabue et devant le"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 983, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "docteur Koch II vise à l'omniscience, et son"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1075, "fin_caractere_exclue": 1119, "texte": "cerveau, qu'il bourre de faits, doit être un"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1167, "fin_caractere_exclue": 1204, "texte": "chaos où le temps seulement mettra la"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1252, "fin_caractere_exclue": 1284, "texte": "sérénité pour des oeuvres mûres."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1335, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "Actuellement, M. Joséphin Péladan n'a"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1420, "fin_caractere_exclue": 1463, "texte": "rien fait, sauf ses études sur l'Orcagna et"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1511, "fin_caractere_exclue": 1557, "texte": "l'Angelico, qui soit acquis aux lettres pures."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1605, "fin_caractere_exclue": 1643, "texte": "Le Vice suprême et Curieuse! sont deux"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1691, "fin_caractere_exclue": 1737, "texte": "calices dans lesquels il a versé le trop plein"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1785, "fin_caractere_exclue": 1824, "texte": "de ses labeurs, mais les deux œuvres ne"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1872, "fin_caractere_exclue": 1911, "texte": "sont pas faites et démontrent seulement"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1959, "fin_caractere_exclue": 2001, "texte": "que Joséphin Péladan est un artiste doublé"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2049, "fin_caractere_exclue": 2091, "texte": "d'un savant; elles indiquent pour l'avenir"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2139, "fin_caractere_exclue": 2180, "texte": "des chefs-d'œuvre, mais n'en sont pas; on"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2228, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "y sent tout un remuement de matériaux"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2313, "fin_caractere_exclue": 2354, "texte": "jetés pêle-mêle, sans mesure, sans ordre,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2402, "fin_caractere_exclue": 2445, "texte": "un mélange de réalités cruelles el de rêves"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2493, "fin_caractere_exclue": 2530, "texte": "impossibles, un conte de fées dans un"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2578, "fin_caractere_exclue": 2620, "texte": "fait-divers, des airs de Cimarose dans des"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2668, "fin_caractere_exclue": 2706, "texte": "trompettes thébaines et des baisers de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2754, "fin_caractere_exclue": 2797, "texte": "harpe au milieu des vinaigres de l'orgue de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2845, "fin_caractere_exclue": 2854, "texte": "barbarie."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2904, "fin_caractere_exclue": 2948, "texte": "Curieuse!   est à lire à titre de curiosité."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3017, "fin_caractere_exclue": 3019, "texte": "**"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3070, "fin_caractere_exclue": 3110, "texte": "Heures noires et Nuits blanches, tel est"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3158, "fin_caractere_exclue": 3203, "texte": "le titre d'un livre bien curieux qui excitera"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3251, "fin_caractere_exclue": 3295, "texte": "au plus haut point la curiosité des lettrés,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3343, "fin_caractere_exclue": 3382, "texte": "et peut-être même celle du gros public,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3430, "fin_caractere_exclue": 3474, "texte": "bien que ce ne soit qu'un recueil de poésie."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3522, "fin_caractere_exclue": 3561, "texte": "Quand on saura, en effet, que l'auteur,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3609, "fin_caractere_exclue": 3648, "texte": "M. Adolphe Vard, inspiré de ces vers si"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3696, "fin_caractere_exclue": 3740, "texte": "jeunes et si vivants, a soixante ans aujour­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3788, "fin_caractere_exclue": 3828, "texte": "d'hui, et que pendant quarante années de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3876, "fin_caractere_exclue": 3922, "texte": "sa vie il a exercé sans se plaindre jamais, le"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3970, "fin_caractere_exclue": 4013, "texte": "plus infime des métiers, celui de graisseur"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4061, "fin_caractere_exclue": 4102, "texte": "de wagons, on ne pourra se défendre d'une"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4150, "fin_caractere_exclue": 4173, "texte": "émotion bien justifiée."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4224, "fin_caractere_exclue": 4264, "texte": "Nous souhaitons à l'éditeur, M. de Brun­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4312, "fin_caractere_exclue": 4352, "texte": "hoft, qui a procuré à cet humble la plus"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4400, "fin_caractere_exclue": 4443, "texte": "pure et la plus complète des joies, tout le"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "succès qu'il mérite, succès qui, nous en"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 186, "texte": "sommes convaincu, sera ratifié par le suf­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 233, "fin_caractere_exclue": 273, "texte": "frage de tous.                     (Co.)"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 400, "fin_caractere_exclue": 436, "texte": "Edouard Dujardin. Les Hantises. Léon"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 493, "fin_caractere_exclue": 523, "texte": "Vanter. Paris, 1 vol. fr. 3-50"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 581, "fin_caractere_exclue": 619, "texte": "C'est un beau livre que celui que nous"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 637, "fin_caractere_exclue": 679, "texte": "donne aujourd'hui le directeur de la Revue"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 680, "fin_caractere_exclue": 722, "texte": "wagnerienne, livre d'une grande unité dans"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 772, "fin_caractere_exclue": 814, "texte": "sa suite de chapitres, d'un intense senti­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 861, "fin_caractere_exclue": 899, "texte": "ment artistique dans sa description si"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 951, "fin_caractere_exclue": 994, "texte": "extraordinairement nette des états d'esprit"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1042, "fin_caractere_exclue": 1059, "texte": "les plus subtils."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1139, "fin_caractere_exclue": 1180, "texte": "Les chapitres intitulés la Vierge en fer,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1230, "fin_caractere_exclue": 1271, "texte": "le Kabbaliste, la future Démence, un Tes-"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1323, "fin_caractere_exclue": 1361, "texte": "tament, Bourreau de soi, sont les plus"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1411, "fin_caractere_exclue": 1448, "texte": "remarquables de ce volume d'une péné­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1502, "fin_caractere_exclue": 1541, "texte": "trante émotion. La forme seule nous dé­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1590, "fin_caractere_exclue": 1634, "texte": "plaît, non qu'elle soit négligée ou pédante,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1679, "fin_caractere_exclue": 1722, "texte": "mais elle est souvent laborieuse et parfois"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1774, "fin_caractere_exclue": 1814, "texte": "incorrecte. Nous admettons difficilement"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1858, "fin_caractere_exclue": 1900, "texte": "l'adverbe « enlacement », « vous causer »,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1951, "fin_caractere_exclue": 1991, "texte": "« envier à, respecter à », « vous m'avez"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2049, "fin_caractere_exclue": 2085, "texte": "promis m'écouter... je commence être"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2143, "fin_caractere_exclue": 2186, "texte": "persuadé .. je résolus tout faire... essayé"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2231, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "parler... s'étend jusque les étoiles... »"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2325, "fin_caractere_exclue": 2367, "texte": "M. Dujardin cherche visiblement à purifier"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2418, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "la langue, mais il casse trop de vitres. Nous"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2557, "fin_caractere_exclue": 2594, "texte": "lui passons volontiers sa douce manie"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2695, "fin_caractere_exclue": 2740, "texte": "d'écrire «en fin, sur-naturel, pour tant, par"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2815, "fin_caractere_exclue": 2858, "texte": "ce que, pour quoi, par fois », et peut-être"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2859, "fin_caractere_exclue": 2899, "texte": "aussi sa rage inoffensive de placer deux"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2934, "fin_caractere_exclue": 2976, "texte": "adjectifs sans conjonction devant beaucoup"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3023, "fin_caractere_exclue": 3031, "texte": "de mots."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3116, "fin_caractere_exclue": 3160, "texte": "Quoi qu'il en soit, les Hantises, de l'école"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3205, "fin_caractere_exclue": 3247, "texte": "de Poe ou de Villiers de l'Isle Adam, sont"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3297, "fin_caractere_exclue": 3337, "texte": "un livre de première force et qui mérite"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3388, "fin_caractere_exclue": 3429, "texte": "plus que la banalité des éloges courants."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3652, "fin_caractere_exclue": 3693, "texte": "Chez l'éditeur de Lutece : Les Gaffes des"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3742, "fin_caractere_exclue": 3784, "texte": "Journalistes, par L.-G. Mostrailles; docu­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3825, "fin_caractere_exclue": 3863, "texte": "ments curieux, mais ne prouvant qu'une"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3898, "fin_caractere_exclue": 3943, "texte": "chose, c'est que le journaliste, devant four­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 4035, "fin_caractere_exclue": 4078, "texte": "nir au jour le jour et rapidement sa copie,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 4167, "fin_caractere_exclue": 4207, "texte": "est naturellement exposé à commettre des"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 4297, "fin_caractere_exclue": 4339, "texte": "gaffes qu'il ne commettrait vraisemblable­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 4340, "fin_caractere_exclue": 4382, "texte": "ment pas dans le livre médité avant d'être"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 4415, "fin_caractere_exclue": 4421, "texte": "écrit."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 4598, "fin_caractere_exclue": 4635, "texte": "Reçu : Effets de théâtre, par Maurice"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "Vaucaire Un vol., Paris, Lemerre, 3 francs."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 232, "texte": "La Femme, essai de sociologie physio­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 282, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "logique, par le D r H Thulié. Un vol., Paris,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 377, "fin_caractere_exclue": 396, "texte": "Delahaye, 10 francs"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 448, "fin_caractere_exclue": 491, "texte": "Bluette. une petite nouvellette gentillette"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 541, "fin_caractere_exclue": 577, "texte": "de M. Charles Droupy. 20 pages, chez"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 627, "fin_caractere_exclue": 636, "texte": "Merzbach."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 732, "fin_caractere_exclue": 771, "texte": "Les Gaietés de l'Année, par Grosclaude,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 821, "fin_caractere_exclue": 860, "texte": "croquis par Caran d'Ache. — Ce charmant"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 910, "fin_caractere_exclue": 950, "texte": "volume est la véritable Revue de l'année"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1001, "fin_caractere_exclue": 1041, "texte": "1885, dont les principaux événements dé­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1091, "fin_caractere_exclue": 1135, "texte": "filent aux yeux du lecteur, sous cette forme"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1185, "fin_caractere_exclue": 1229, "texte": "si vive, d'une gaieté si franche et si fine,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1279, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "d'une fantaisie si étincelante, qui a placé"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1372, "fin_caractere_exclue": 1410, "texte": "Grosclaude au premier rang des chroni­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1460, "fin_caractere_exclue": 1501, "texte": "queurs parisiens. Un grand nombre de per­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1551, "fin_caractere_exclue": 1589, "texte": "sonnalités les plus en vue de tous les"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1639, "fin_caractere_exclue": 1678, "texte": "mondes y sont discrètement raillées par"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1728, "fin_caractere_exclue": 1773, "texte": "cette plume alerte et délicate, qui égratigne"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1823, "fin_caractere_exclue": 1857, "texte": "quelquefois mais ne blesse jamais."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1910, "fin_caractere_exclue": 1950, "texte": "Caran d'Ache, le dessinateur aimé du pu­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2000, "fin_caractere_exclue": 2048, "texte": "blic, dont l'art si fin et si personnel est fait"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2098, "fin_caractere_exclue": 2142, "texte": "d'observation et d'esprit, a souligné par de"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2192, "fin_caractere_exclue": 2230, "texte": "nombreux croquis les passages les plus"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2280, "fin_caractere_exclue": 2324, "texte": "humoristiques du texte ; on ne pouvait dési­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2374, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "rer une plus heureuse alliance que celle de"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2513, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "ces deux esprits si bien faits pour se com­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2644, "fin_caractere_exclue": 2694, "texte": "pléter l'un par l'autre. (1 vol. in-18 : fr. 3-50."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2790, "fin_caractere_exclue": 2814, "texte": "Librairie de la Presse)."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2930, "fin_caractere_exclue": 2933, "texte": "***"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2985, "fin_caractere_exclue": 3022, "texte": "Au moment de mettre sous presse, nous"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3072, "fin_caractere_exclue": 3113, "texte": "apprenons que le directeur de notre revue"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3163, "fin_caractere_exclue": 3204, "texte": "M. Max Waller, a reçu citation à « compa­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3256, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "raître le 12 mai 1886, à 9 1/2 heures du"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3346, "fin_caractere_exclue": 3387, "texte": "« matin, par devant le Tribunal de simple"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3437, "fin_caractere_exclue": 3480, "texte": "« police, siant à Bruxelles, nouveau Pilais"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3530, "fin_caractere_exclue": 3562, "texte": "« de justice, entrée rue Wynants"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3614, "fin_caractere_exclue": 3648, "texte": "« Prévenu d'avoir, à Bruxelles, le"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3698, "fin_caractere_exclue": 3741, "texte": "« 2 4 avril 1 8 8 6 , sifflé et ainsi trou­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3793, "fin_caractere_exclue": 3824, "texte": "blé le spectacle au théâtre des"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3874, "fin_caractere_exclue": 3897, "texte": "« Galeries St Hubert. »"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 3995, "fin_caractere_exclue": 4034, "texte": "C'est notre confrère en littérature, M."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 4128, "fin_caractere_exclue": 4166, "texte": "Georges Rodenbach, qui a bien voulu se"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 4257, "fin_caractere_exclue": 4296, "texte": "charger de la défense de M. Max Waller."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 4411, "fin_caractere_exclue": 4414, "texte": "***"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 4467, "fin_caractere_exclue": 4504, "texte": "Le dernier numéro de l'Artiste publie"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 4526, "fin_caractere_exclue": 4594, "texte": "***                         une étude de M. Max Waller sur l'Exposi­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 4644, "fin_caractere_exclue": 4656, "texte": "tion des XX."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 264, "texte": "6 e ANNÉE.                      TOME V, N° 5.                 PRIX ; 60    CENT.                          5 MAI 1886.\n\n\n\n\n                                                        LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                                        II m'est fort malaise, quant à moi, de. comprendre.\n                                                        Qu'un lutteur puisse avoir un motif de se rendre,\n                                                        Je n'ai jamais connu fart de désespérer ;\n                                                        Il faut pour reculer, Pour trembler, Pour    pleurer,\n                                                        Pour être lâche et faire avec l'honneur   divorce,\n                                                        Se donner une peine au dessus de ma force.\n                                                                                       VICTOR H U G O .\n\n\n\n                                             SOMMAIRE:\n    L a Jeunesse blanche                                                        ALBERT GIRAUD.\n    Châtiment.   . .                                                            IWAN GILKIN.\n    Ballade des réverbères mélancoliques . . . .                                JULES D E S T R É E .\n    Airs de                   flûte                                             SIEBEL.\n    Yo-Tse                                                                      LOUISE DESBORDES.\n    Chronique littéraire                                                        JOSÉPHIN PÉLADAN.\n    M. Coquelin sifflé                                                          MAX WALLER.\n    Obsession                                                                   ALBERT CHAPAUX.\n    Chronique artistique                                                        EMILE VERHAEREN.\n    Chronique musicale                                                           HENRY MAUBEL.\n     Memento\n\n\n\n\n                                                  BRUXELLES\n                 ADMINISTRATION :                                             REDACTION :\n             26, R U E D E L ' I N D U S T R I E , 26                     80, R U E B O S Q U E T , 80\n\n                                                        1886\n"}, {"page_pdf": 265, "texte": "                             BOITE AUX LETTRES\n  109. ENIGME.      Mon premier est un hilarion célèbre.\n                    Mon deuxième assassine des légumes.\n                    Mon troisième n'apprendra jamais le Volapük.\n                    Mon tout est fameux par une lésion idéale à l'éphédrane.\nSOLUTION. Mon premier est veau, parce que les ris-de-veau sont universellement connus.\n           Mon deuxième est ver, parce que vertuchoux.\n           Mon troisième est mans, parce que mansuétude.\n           Mon tout est Wauvermans, parce que...\n   110. GÉNÉRAL VANDERSMISSEN. Un avocat timide désire s'engager dans l'artillerie pour\nce service des arrière-trains. Y a-t-il moyen ?\n   111. ALBERT CH... Merci pour toute la peine que vous vous donnez. Travaillez ferme\net devenez des nôtres. A vous.\n  112.   PIERRE D'OTR. Voilà, monsieur!\n\n                                    LE BON AMANT\n                                                   A RACHILDE, auteur de Queue de Poisson.\n    En fumant des cigarettes, il l'attendait sur le balcon. Il faisait un temps froid et sec\ncomme un coup de trique, mais il était tellement comburé par la fièvre de l'attente, que\nla température lui importait peu.\n    Enfin une voiture s'arrêta. Une masse noire sur le fond gris-perle du trottoir passa\ncomme un éclair et s'engouffra dans la porte.\n    C'était elle.\n    Un peu suffoquée par les deux escaliers qu'elle venait de grimper comme une folle,\nelle entra, et fut aussitôt gloutonnement baisée sur ses petites mains et sur ses grandes\npaupières.\n    Puis alors il pensa à la regarder.\n    Elle était vraiment charmante, d'un charme troublant et inoubliable.\n    Sa petite tête fine et brune, émergeant des fourrures, était coiffée d'un chapeau tyro­\nlien, en feutre gris, de jeune garçon. Les bords en étaient abattus très bas sur le front.\n Ses grands yeux semblaient avoir de plus longs regards qu'à l'ordinaire, et elle s'était\n fait, ce soir-là, de mignons accroche-cœurs, non pas à la manière des Espagnoles, mais\n de vraies petites guiches de jeune dos.\n    Après les premières effusions, quand elle se fut désemmitouflée :\n    — Mais il fait un froid de loup chez vous, mon cher !\n    Alors, très désespéré, il chercha fébrilement chez lui de vagues combustibles, mais\n en vain.\n    Vivant constamment au dehors, il avait toujours négligé ce détail de la vie domes­\n tique.\n    Alors elle devint furieuse et cruelle.\n    — Mais c'est idiot, mon cher! Brûlez vos chaises, mais de grâce faites du feu. J'ai les\n pieds gelés.\n    Il refusa net. Son mobilier lui venait de l'héritage de sa mère, et le brûler lui parais­\n sait un odieux sacrilège.\n    Il prit un moyen terme.\n    Il la rit se déshabiller et coucher.\n    Lui-même se dévêtit complètement.\n    Avec un canif qu'il avait préalablement bien affilé, il s'ouvrit le ventre verticalement,\n du nombril au pubis, en prenant soin que la peau seule fût coupée.\n    Elle, un peu étonnée le regardait faire, ne sachant où il voulait en venir.\n    Puis, tout à coup, comprenant son idée, elle eut un éclat de rire, et une bonne parole.\n    — Ah! ça c'est gentil, mon cher.\n     L'opération était finie.\n    Comprimant de ses deux mains les intestins qui s'échappaient, il se coucha.\n    Elle, très amusée de ce jeu, enfouit ses petits petons roses dans la masse irisée des\n entrailles fumantes, et poussa un petit cri.\n    Elle n'aurait jamais cru que ce fût si chaud là-dedans.\n    Lui, de son côté, souffrit cruellement de ce contact intime très froid, mais l'idée qu'elle\n était bien le réconforta, et ils passèrent ainsi la nuit.\n     Bien qu'elle fût réchauffée depuis longtemps, elle laissa ses pieds dans le ventre de\n  son ami.\n     Et c'était un spectacle adorable de voir ces petits pieds bien cambrés, dont la glaucité\n verdâtre des intestins faisait valoir la roseur exquise.\n    Au matin, il était un peu fatigué, et même de légères coliques le tourmentaient.\n     Mais comme il fut délicieusement récompensé!\n"}, {"page_pdf": 266, "texte": "            LA JEUNESSE BLANCHE\n\n                      Lettre à Georges Rodenbâch.\n\n\n                                        MON CHER AMI,\n\n\n                                 Ainsi, c'est donc vrai, ce n'est pas une chi­\n                              mère, ton livre a paru. Ta douce Jeunesse blan­\n                                  che, la belle chez Lemerre dormant, s'est donc\n                                  réveillée, et revêtue de sa belle robe pâle,\n                                  s'est montrée à nous. Elle est désormais évi­\n                              dente et incontestable. Ses ennemis pourront\n                                    critiquer sa démarche, plaisanter sa coiffure,\n                                    blâmer sa toilette,' mais ils ne peuvent plus\n                                    nier son existence. C'est un résultat. Je dirai\n                 plus : c'est le seul résultat enviable pour un poète. Le reste,\n                 c'est-à-dire la mort ou la vie définitives de l'œuvre, ne\n                 dépend de personne, ni des ennemis, ni des amis, ni même\n                 des indifférents, s'il y en avait. Qu'importe si un livre est\n                 traîné dans la boue, ou lancé jusqu'aux étoiles? Ce sont là\n                des accidents qui ne méritent pas un instant d'attirer notre\n              attention, à nous, qui par nécessité, et peut-être aussi par\n              nature, sommes revenus d'une foule de choses, surtout de\n              celles où nous n'avons pas été.\n                 Qu'un livre soit excellent ou détestable, qu'il soit destiné à\nl'immortalité humaine, ou condamné d'avance au néant absolu, cela tte\"\ndépend de personne, si ce n'est de son auteur. Après cela, des mortels quel-'\n"}, {"page_pdf": 267, "texte": "                                   — 236 —\n\n conques peuvent, à leur gré, le couronner de lauriers, ou le lapider de\n pommes cuites, cela est au sens le plus philosophique du mot, relatif et\ncontingent. Qu'une comédie soit mauvaise, et tous les spectateurs des deux\n mondes, qu'un destin cruel réunit le soir dans des théâtres, auront beau\n battre des mains, taper des pieds, acclamer l'auteur, ces démonstrations\nvaines, qui n'ont d'autre résultat que de fatiguer ceux qui s'y livrent, ne\ncommuniqueront pas l'étincelle de la vie à ce qui est mort, et n'arrive­\nront à faire en sorte que le nom de M. Scribe se prononce Shakespeare.\nEt de même, ils auront beau siffler, huer, imiter des cris d'animaux et\nmême, hélas! calomnier un peu les animaux, ils n'arriveront jamais à ce\nrésultat chimérique : empêcher un chef-d'œuvre d'être un chef-d'œuvre, et\ndécréter que le nom d'Alfred de Musset doit se prononcer Ernest Legouvé.\n   Car là, mon cher poète, gît précisément la grande, l'unique difficulté de\nl'esthétique. La foule est encore plus ignorante que bête. Elle a eu de mau­\nvais instituteurs, et on lui a enseigné une prononciation vicieuse. Il y a des\ngens qui disent : colidor et qui, si on leur fait observer qu'il faut dire corri-\ndor, répondent avec effusion : « En effet, vous avez raison, c'est colidor ! »\n   Il y aura sans doute des critiques qui prononceront mal ton nom, et celui\nde ton livre. Mais, Dieu merci, ces erreurs n'ont pas la vie plus longue que\nles éphémères, et il ne convient pas de s'en occuper. Je t'écris ces choses,\nqui ont l'air de n'avoir avec la Jeunesse blanche que des rapports très loin­\ntains, mais qui, en réalité, me sont suggérées par elle, parce qu'il est bon\nd'épousseter un peu les toiles d'araignées qui déshonorent le Parnasse.\n   Le poète lyrique, qui commence toujours par être un enfant gâté, et qui\nest à la fois plus tard le plus méfiant, le plus soupçonneux, le plus candide\net le plus naïf des hommes, très jeune et très vieux, très savant et très igno­\nrant, se trouve à son entrée dans l'art, comme Hercule à son entrée dans la\nvie, dans un carrefour. Et il s'y trouve, non pas entre le Vice et la Vertu\n— le sucre et le vitriol de Taine, — mais entre la Vanité et l'Orgueil, la\nVanité, sœur du bruit, et l'Orgueil, frère du silence.\n   S'il ne choisit pas d'une façon irrévocable entre l'une et l'autre, il est\ndestiné à être la proie du malheur. S'il choisit vaillamment, sans arrière-\npensée, tout le calme du ciel bleu descend immédiatement dans son cœur.\nS'imagine-t-il, sur la foi de la Vanité, que le métier de poète lyrique con­\nduit à la célébrité, aux applaudissements, aux apothéoses, et aussi aux\ndignités et aux honneurs, il se prépare une vie atroce et des insomnies per­\npétuelles sur de durs matelas hérissés de pointes d'épingles. La Muse veut\nêtre aimée pour elle-même, et n'a que des dédains pour ceux qui convoitent\nsa dot. Mais si, au contraire, renonçant à ces calculs dérisoires, le poète se\n"}, {"page_pdf": 268, "texte": "                                   — 237 —\n\n\nrésigne à accomplir sa fonction, c'est-à-dire à écrire de beaux vers, s'il ne\ndemande à la Muse d'autre récompense qu'elle-même, et s'il a horreur de\nmettre sa gloire en viager, son âme sera désormais sereine et tranquille. Et\nil édifiera son œuvre sans attirer l'attention sur sa personne, persuadé que\nsi ses vers sont médiocres, rien ne saurait les forcer à vivre, et que s'ils sont\nbons, rien non plus ne saurait les obliger à mourir. Il faut être fataliste en\nart, de cette façon-là. Je suis très Turc, mon cher ami, et je te convie à te\nfaire naturaliser Turc au plus tôt, si tu ne l'es pas encore.\n   Mais je suis tranquille : tu l'es autant que moi. Et plus que moi, tu as\nraison de l'être.\n\n\n\n  Il y a longtemps, mon cher ami, que tu as renoncé à voir la mer à travers\nton élégance, et l'hiver à travers ta mondanité. Et si j'avais encore conservé\ndes doutes, depuis notre dernière entrevue, je n'en aurais plus. T'en sou­\nvient-il? C'était chez toi, à la veille de ton départ pour Paris. J'emportais\nun de tes manuscrits, afin de le savourer à l'aise, dans ma chambre d'étude,\npendant ton absence. Et comme je suis très respectueux des beaux manus­\ncrits, je te priai de le rouler et de l'envelopper avec soin. Tu te levas, et tu\nparcourus l'appartement. Je m'attendais à quelque faveur bleue ou rose, à\nun ruban couleur d'aurore ou de crépuscule, et je vis dans tes mains, quoi?\nUne corde !\n   Une corde, hélas! Une vraie corde. Pas même une ficelle : une corde!\n   La mer élégante était morte.\n   Ta nostalgie du dandysme n'était d'ailleurs pas aussi frivole, ni aussi\nsuperficielle qu'on s'est complu à le dire. Il y avait là je ne sais quel vague\nbesoin de fleurir et de parfumer tes mélancolies. Tes tristesses se mettaient\nen toilette de bal, par pudeur et pour ne pas être reconnues. Il y avait en\ntoi une espèce de résignation à l'opoponax.\n   Rappelle-toi ces vers de L'Hiver mondain :\n                    J'ai voulu taire mes douleurs ;\n                    J'ai voulu cacher ma tristesse\n                    Et mon ennui profond. Etait-ce\n                    La peine de montrer mes pleurs ?\n\n                    Sur toutes mes rancœurs anciennes.\n                    Sur les oublis et les dédains,\n                    J'ai descendu mes goûts mondains\n                    Comme on abaisse des persiennes.\n\n   Malheureusement, — ou heureusement — tes jolies persiennes ne nous\n"}, {"page_pdf": 269, "texte": "                                    — 238 —\n\n ont rien caché du tout. Elles ont eu beau descendre sur tes rancœurs, et sur\n les oublis et sur les dédains, elles n'ont pas accompli leur mission.\n    Tu relevas les persiennes, et tu ouvris tes fenêtres. Et tu te montras\n enfin, au balcon de ton art, tel que tu es dans la vie.\n    Et nous t'avons revu enfant, penché sur la limpidité de tes strophes,\n pareilles à des miroirs magiques qui gardent fidèlement les images du passé.\nTu as été élevé par des femmes, et parmi les femmes. Et comme le dit\nmagnifiquement Baudelaire, « le bercement des nourrices, les câlineries\nmaternelles, les chatteries des sœurs, surtout des sœurs aînées, espèces de\nmères diminutives, transforment pour ainsi dire, en la pétrissant, la pâte\nmasculine. L'homme qui, dès le commencement, a été longtemps baigné\ndans la molle atmosphère de la femme, dans l'odeur de ses mains, de son\nsein, de ses genoux, de sa chevelure, de ses vêtements souples et flottants, y\na contracté une délicatesse d'épiderme et une distinction d'accent, une\nespèce d'androgynéité sans lesquelles le génie le plus âpre et le plus viril\nreste, relativement à la perfection dans l'art, un être incomplet. »\n  Cette tendresse qui vient de la femme, elle chante partout, à mi-voix,\ndans tes vers.\n           Car dans nos jours de haine et nos temps de combats,\n           Tu fus de ces souffrants que leur langueur isole,\n           Sans qu'ils aient pu trouver la Femme qui console\n           Et vous remplit le cœur rien qu'à parler tout bas.\n\n           Tu fus de ces songeurs douloureux et timides !\n           Ils ont tout dépensé, sans avoir rien reçu,\n           Mais leur mal glorieux, personne ne l'a su :\n           Le mal des cœurs naïfs et des âmes candides.\n\n   C'est ce mal, — ce mal dont tu ne guériras jamais, mon cher ami — que\ntu es appeié à célébrer par ton art. C'est la chanterelle de ton violon. Fais\nla pleurer doucement, dans le clair-obscur de l'âme, et cette musique\ncrépusculaire vaudra plus d'un Carnaval de Venise.\n   C'est elle qui fait le charme secret de ces beaux vers :\n           L'âme des bons, fragile et douce étrangement,\n           Ne veut pas croire à des trahisons incessantes\n           Et qu'il faille toujours douter des voix absentes\n           Et voir sur toute lèvre un silence qui ment.\n           Les bons, ceux qui n'ont pas la science de vivre !\n           Pauvres âmes, en qui le moindre mot aimant\n           Résonne en frissons d'or et tinte longuement\n           Ainsi qu'une humble aumône au fond d'un tronc de cuivre.\n"}, {"page_pdf": 270, "texte": "                                   — 239 —\n\n   C'est elle qui te fait chanter la maison paternelle, le collège lointain, le\ndrame de la messe, l'émoi des premiers beaux vers, l'éveil de la puberté qui\ns'ignore.\n   Et c'est alors que tu penses ces vers, écrits plus tard, ces vers d'une équi­\nvoque charmante, amour pour une femme, ou encens pour la mère de\nDieu ?\n                   A ses yeux purs je veux n'offrir\n                   Que des choses douces et blanches.\n                   Résumant ce qui peut fleurir\n                   Des fleurs pascales sur les branches.\n\n                   Je rêve tout ce qu'il y a\n                   De plus délicat autour d'elle :\n                   Des blancheurs de magnolia\n                   Et des hymens de tourterelle.\n\n                   Car son âme au parfum     troublant,\n                   Sa grande âme que je devine,\n                   Est aussi comme un bouquet blanc\n                   Fleuri dans la serre divine.\n\n                   Et pour ses chemins d'ici bas\n                   Un désir raffiné m'obsède\n                   De pouvoir mettre sous ses pas\n                   Une neige qui serait tiède.\n\n                   A l'heure exquise des aveux\n                   Et des lèvres appesanties,\n                   Je veux pour la charmer, je veux,\n                   Des mots blancs comme des hosties.\n\n   Et toute cette tendresse éparse, qui vient de la Femme, et qui y retourne\nun peu trop, se répand en strophes plaintives et traînantes.\n   C'est alors que tu te réfugies dans l'Art. Comme le disait Sainte-Beuve\nd'Alfred de Vigny, tu te retires dans ta tour d'ivoire. Certes, de temps en\ntemps, tu montes jusqu'au sommet, et là tu fais comme sœur Anne, tu\nregardes si tu ne vois rien venir. Mais ces dernières révoltes de l'enfant\nsont rares, et elles n'enlèvent à ta Mélancolie de l'Art, rien de sa dignité\nni de son orgueil.\n               Seigneur! J'entends hurler une foule barbare!\n               Déjà plus d'un Judas m'a baisé sur le front\n               Et je sens dans mon cœur que ma Croix se prépare.\n\n               Mais pour souffrir la haine et supporter l'affront.\n               Seigneur, donnez-moi donc cet espoir de revivre-\n               Dans la mélancolique éternité du Livre.\n"}, {"page_pdf": 271, "texte": "                                — 240 —\n\n\n  Cette dernière partie de ton œuvre est poignante et cruelle. Je veux y\nvoir aussi une promesse de dédain encore plus écrasant et de passion encore\nplus silencieuse. Tu es au seuil du calme suprême où s'enfantent les vers\nsouverains.\n                                                   ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n                        CHATIMENT\n                                             A   MON   AMI   LÉON   DARDENNE.\n\n\n                Mes yeux tristes, mes yeux coupables,\n                Mes yeux qui violaient les yeux\n                Et sondaient les reins impalpables\n                De leurs longs regards vicieux;\n\n                Mes yeux, ô convives sans joie\n                Des soirs où les toasts libertins\n                Font lever les jupes de soie\n                Au rire des flambeaux éteints;\n\n               Mes yeux, lents visiteurs des salles\n               De la morgue, amis du grabat\n               Où, sous les couvertures sales,\n               La mort du pauvre se débat ;\n\n               Mes yeux, fiers des secrets farouches\n               Qu'ils tiraient des cœurs ténébreux\n               Malgré le mutisme des bouches;\n               Mes yeux savants et malheureux,\n\n               Mes yeux, mélancoliques urnes\n               Pleines de pleurs et de péchés,\n               L'Archange des Terreurs Nocturnes\n               Les a méchamment arrachés,\n\n               Et, dans les sinistres ténèbres,\n               Gonflés, monstrueux et pareils\n               A d'énormes lunes funèbres\n               Qui ne verront plus les soleils,\n"}, {"page_pdf": 272, "texte": "                                   — 241 —\n\n                 De Ses mains jamais assoupies\n                 Il les fouette, l'ange irrité,\n                 — O pâles, souffrantes toupies,\n                 Où tournent pour l'éternité\n\n                 La fuite errante des nuages,\n                 Le regret des étoiles d'or,\n                 Et, — loin des calmes paysages\n                 Où le cœur fatigué s'endort, —\n\n                 Le désespoir des chairs fleuries,\n                 Des chairs, ah! trop avidement,\n                 Trop douloureusement chéries\n                 Dans leur extase et leur tourment !\n                                                        IWAN GILKIN.\n\n\n\n\n          BALLADE DES RÉVERBÈRES MÉLANCOLIQUES\nO              vieux réverbère des romantiques coupe-gorgés, balançant\n               comme une âme souffreteuse ta pauvre lumière jaune dans\n               l'horreur d'une impasse, grinçant lamentablement au bout de\n               ta chaîne rouillée qui crie sous l'effort âpre des bises d'hiver !\nTa clarté est blafarde et triste ainsi qu'une chandelle en une cave et les\nmaisons t'écrasent d'obscurité gluante et sinistré. Des forfaits et des abjec­\ntions t'entourent, vieux pendu qui gémis dans l'ombre!... Et tu évoques\nd'obscènes amours et des baisers immondes, les hoquets de l'ivrogne bavant\ndans le ruisseau, les combats déloyaux et sourds, les soupirs rauques des\nvictimes traîtreusement frappées, — sur lesquels, âme souffreteuse de ces\nténèbres de CRIME, tu pleuras ta pauvre lumière jaune,— Réverbère mélan­\ncolique !\n\n   O réverbère prétentieux des cités de ce siècle, ornement monotone des\nboulevards réguliers et larges, spectateur indifférent de la multitude qui\ns'écoule et du mouvement qui s'apaise ! Tu as remplacé la vieille lanterne\noù l'aristocratie des jours anciens est morte, mais tu as conservé — pour­\nquoi ? — deux branches mystérieuses qui se tendent, comme des menaces\n"}, {"page_pdf": 273, "texte": "                                 — 243 —\n\npour les bourgeois des jours présents... O réverbère des boulevards, as-tu\ndéjà, dans le tumulte des fêtes, des cris et des drapeaux claquants, alors\nque les gamins curieux t'escaladaient en grappes, vu la foule ondoyer autour\nde toi ainsi qu'une mer? As-tu entendu, gronder en tempête, sa formi­\ndable colère? Et verras-tu la RÉVOLUTION dans son horreur splendide,\ngrandir autour de toi, au milieu des paroles vaines et du sang désespéré,\nRéverbère des boulevards, — Réverbère mélancolique?\n\n   Et toi, pauvre et fruste réverbère des campagnes et des banlieues, plus\nmélancolique encore ! A peine équarri, seule végétation des parages mornes,\ntu portes ta grossière lanterne comme une tête énorme et ridicule sur un\ncorps grêle, et ta silhouette maigre, bizarre, mais si attirante par sa moder­\nnité profonde et sa parfaite correspondance aux désolations des banlieues\ncontemporaines, est chère au rêveur qu'elle fait étrangement, douloureuse­\nment rêver!... — Impassible témoin des irréparables tristesses, des misé­\nrables aux métiers obscurs, des bêtes surmenées, des chiens errants et\nfaméliques, du vieux cheval blanc qui meurt sous le fouet brutal et les\ncharges écrasantes, des arbres pelés et roussâtres, des habitations sordides\néchouées comme des épaves aux confins de la ville, de l'étendue sans joie\net de la terre malade, silencieux révélateur de ces DÉTRESSES lentes\nd'hommes, d'animaux, de feuilles et de pierres, Réverbère des banlieues, —\nRéverbère mélancolique !\n\n\n                                  ENVOI.\n                                                        A PAUL TIBERGHIEN.\n\n   Ami, — il est inévitable et doux, ce Rêve de Tristesses! Combien déjà\nsouvent il m'a bercé, mollement, jusqu'à l'inconscience, en leur contem­\nplation, jusqu'à les voir s'en aller par rangées décroissantes vers des loin­\ntains infinis ou tourbillonner, noires épingles à tête d'or, en une ronde\nfantastique et pénible, les réverbères! — les RÉVERBÈRES MÉLANCO­\nLIQUES...\n                                                     JULES DESTRÉE.\n"}, {"page_pdf": 274, "texte": "               -    243   -\n\n\n\n\n   AIRS DE FLUTE\n                   XVII\n               PURETÉ\n                              POUR GEORGES RODENBACH\n\nUn parfum doux et discret traîne\nDans l'alcôve de l'ange aimé ;\nOn n'entend au réduit fermé\nQue l'heure lente qui s'égrène.\n\nTout est vague comme une mort,\nL'enfant blonde de ma pensée,\nPar le silence caressée\nFerme ses grands yeux et s'endort.\n\nSon visage a la candeur calme\nD'une immuable chasteté,\nEt son sourire est éventé\nPar une occulte et lente palme;\n\nMais soudain un profond baiser\nDoit avoir entr'ouvert son rêve,\nEt dans une secousse brève\nQui semble la martyriser,\n\nElle se tord et s'abandonne\nAvec un long geste d'aimer,\nUn geste attendri de madone,\nEt ses bras veulent se fermer ;\n\nCar elle rêve qu'elle est nue\nAux lèvres d'une vierge sœur,\nEt sous la caresse inconnue\nElle agonise de douceur !\n                                         SIEBEL.\n"}, {"page_pdf": 275, "texte": "                                   — 244 —\n\n\n\n                               YO-TSE\n                                  (FANTAISIE)\n                                                         A ALFRED STEVENS.\n              C'était nuit. Dans ma chambre toute noire s'éveilla subitement\n               une lueur rose.\n                  Etonnée, je regardai, et je vis ma nouvelle amie, ma belle\n              Japonaise, sourire dans son cadre en tenant sa lanterne\n allumée.\n    « Tu allais dormir, dit-elle : que tes rêves soient de fleurs; mais avant,\nlaisse-moi te lire une page du livre que j'ai écrit là-bas.\n   « Là-bas où j'embrassais ma mère, là-bas où je n'étais pas étrangère. »\n   Elle se pencha et ouvrit son manuscrit. Dans son joli mouvement se\ndéroulèrent les plis de sa robe, et des fleurs s'épanouirent sur sa poitrine, —\ndes fleurs semblables à des violettes.\n   Si mince et si svelte, elle ondulait dans sa merveilleuse robe : le vert, le\nviolet, le blanc, le rouge éclatant et le jaune d'or, le bleu foncé du ciel la\nnuit, et le bleu d'azur au matin, nuançaient les riches dessins, les splendides\nornements de cette robe qui lui donnait l'apparence d'une tulipe animée.\n   La pâleur de son fin visage me rappelait les teintes blanches et laiteuses\ndes magnolias unies à la nuance de chair des roses de la Malmaison.\n   D'une douce petite voix, elle lisait :\n   « La prairie est bleue de mille fleurettes épanouies qui, toutes réunies,\nforment un petit ciel parfumé.\n   Dans toutes ces mignonnes des papillons volent. Comme elles, ils sont\nbleu d'azur, et si la brise agite les petits calices, les frêles tiges, on ne dis­\ntingue plus les fleurs des papillons.\n   L'un d'eux disait à une petite :\n   « Ma jolie reine, ma divine Yo-Tse, écoute-moi. Tu es la seule, la rare\net précieuse beauté que j'avais rêvée. Si tu pouvais savoir ce que sont mes\nrêves, combien tu serais fière de ta royauté !\n   « Je suis un très honnête papillon, et le mensonge est loin de mon cœur.\nCrois-moi, Yo-Tse, quand je te dis :\n   « Tu es ma fleur bleue, ma seule idole. Si ma pensée m'apporte le sou­\nvenir des palais, des richesses, des écrins où sont les turquoises et les\nsaphirs ;\n   « Si mon caprice m'entraîne vers tes compagnes, tes sœurs ; si mes ailes\nm'élèvent dans l'infini et que mes yeux s'enivrent du bleu céleste;\n"}, {"page_pdf": 276, "texte": "                                   — 245 —\n\n   « Je pense à toi, Yo-Tse, et dans le saphir, dans la fleur, dans le ciel, je\nvois à peine un reflet, pâle imitation de ton idéale beauté. »\n   Ce papillon, pensa Yo-Tse, est un papillon artiste. Je connais cette sorte\nd'écervelés. Les mondes, dans leurs discours, pour moi brillent en étoiles,\net n'existent que pour cela. C'est poétique, mais je préfère un coléoptère plus\nsensé.\n   Le papillon disait toujours :\n   « Ecoute, écoute encore! Je t'aime, je ne suis point un volage papillon,\nmais arrache-moi les ailes si tu ne me prends en pitié.\n   « Mes ailes qui me font semblable à un joyau dans les airs, je te les sacri­\nfierai.\n   « O Yo-Tse, sois douce, sois bonne ; arrache-moi les ailes, et donne-moi\ntes pétales pour les remplacer.\n   « Ah ! je souffre et je pleure ; j'irai tantôt consulter les idoles, le monstre\naux yeux verts et la chimère de jade. Je saurai si d'autres osent te parler\nd'amour.\n   « Pour ta vertu, ne les crois pas : ce sont des insectes légers, frivoles,\nmenteurs, qui volent du bleu au rose; et s'ils te disent : « Je t'adore », c'est\nqu'ils se sont grisés de thé vert.\n   « Leurs paroles, pareilles aux perles fausses, se ternissent au moindre\nsouffle, et s'écrasent en vile poussière.\n   « Je suis jaloux à en mourir : tu ne voudrais point ma mort.\n   « Pour toi, dans mon cœur, est un trésor inépuisable où ta beauté est\néternelle et toujours bleue.\n   « Mon âme est un sylphe qui s'est attaché à toi et qui vit de ta sève.\n   « Yo-Tse, puisque mon cœur seul me reste et que toi tu as deux âmes,\n   « Yo-Tse, ma douce aimée, accepte aussi mon pauvre cœur, afin que tu\naies deux cœurs et deux âmes.\n   — Je suis promise au coléoptère », répondit Yo-Tse, et elle se détourna.\n   Alors on vit, chose rare et curieuse, le papillon pleurer.\n   Si abondantes étaient les larmes qui coulaient de ses yeux qu'elles en bai­\ngnèrent ses ailes.\n   Il pleura si longtemps qu'il en mourut. Ses ailes étaient devenues blan­\nches, mais ses larmes étaient bleues.\n   Une fée en teignit son écharpe. J'ai ouï dire que l'écharpe fut apportée en\nFrance par distraction. Nul ne savait qu'elle était enchantée et que celui\nqui la posséderait serait protégé.\n   C'est un peintre, dit-on, qui l'a eue; il s'en est fait une cravate, et ne se\ndoute pas qu'elle fut trempée des précieuses larmes du papillon.\n                                                      L O U I S E DESBORDES.\n"}, {"page_pdf": 277, "texte": "                                      — 246 —\n\n\n\n            CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n    I. JULES BARBEY D'AUREVILLY : Sensations d'art, nouvelle série de les Œuvres et les\n ffommes, in-8° de luxe. Paris, Frinzine. — II. ARMAND HAYEM : Le Don Juanisme in-12,\n Paris, Lemerre. — III. FÉLICIEN ROPS : Neuf eaux-fortes pour les Diaboliques. Paris,\n Lemerre. — IV. ARSÈNE HOUSSAYE : les Confessions, mémoires d'un demi-siècle.\n 1830-1880. 4 vol. in-8°, fig. Paris, Dentu.\n\n\n                                           I\n     Malgré les pharisiens et les eunuques, malgré les venimeuses baves\n  d'Armand de Pontmartin, et la négation de M. Buloz; en dépit du silence\n  catholique et de la gouaillerie boulevardière, la gloire de Barbey d'Aure­\n  villy monte, grandiose et enflammée, à une hauteur d'où elle ne descendra\n  plus : et ce ne sont pas des romans nouveaux, toujours plus passionnants\n que les didactismes, qui grandissent l'auteur des Diaboliques, c'est le\n critique, le rival de Sainte-Beuve qui, pour l'heure, étonne les lettrés, et\n exhausse le pavois du grand Normand.\n     Le volume d'aujourd'hui, septième de cette épopée critique, les Œuvres et\n les Hommes, éveille une curiosité particulière : Sensations d'art. On se\n souvient de cet ignorant au Salon, qui faisait un chef-d'œuvre de prose, à\n propos d'un tableau estimable : ce jour-là, M. Bonnat fut grand peintre,\n de par la thaumaturgie de M. d'Aurevilly. Car, l'écrivain du Chevalier\n Destouches, escarboucle ce qu'il regarde et l'intensité de sa sensation est\n telle, qu'il nous donne une transfiguration au lieu d'une description. C'est\n le propre du génie de teindre tout à son prisme et le lord Byron français,\n a des yeux lyriques, qui mettent l'intensité du poème là où ils se posent.\n En critique littéraire, M. d'Aurevilly refait le livre qu'il juge; en art, il\n repeint, des couleurs resplendissantes de son âme, le tableau qu'il critique;\n et l'éclat ou le clair obscur de sa sensation dépasse l'objet qui l'a causé. Je\n veux tout de suite faire ma réticence — elle est unique du reste — et con­\n damne bien plus le technicien Charles Blanc, qu'un poète se jouant à de\n Ja critique d'art. Il s'agit de Paul Delaroche, ce père Gigogne des Cabanel\n et de toute la clique des peintres d'histoire et de Meissonier et autres\n fripiers de palette. Quand M. d'Aurevilly écrit l'empereur à Fontaine-\n bleau, « toile qui ne vaut ni plus ni moins qu'une page d'Homère », dites-\n vous, la page d'Homère, c'est ce qu'a pensé M. d'Aurevilly, et non ce\n qu'il a vu. « A part les manières et l'inspiration des sujets, c'était à Balzac\net non à Delavigne qu'il était possible de comparer Paul Delaroche » Or,\npour qui connaît l'enthousiasme de M. d'Aurevilly, et ses exultations, au\nseul nom prononcé du Dante de la Comédie Humaine, il est clair qu'il a\nvu dans la chambre noire de son cerveau, un Delaroche qui n'a jamais\nété ailleurs. Ce formidable écart d'imagination est la seule erreur du livre ;\non pourrait relever encore sur Théodore Rousseau : « c'était, dans son art,\nle premier homme de son siècle et peut-être de tous les siècles ». A part\n"}, {"page_pdf": 278, "texte": "                                   — 247 —\n\n ces excessivités d'impression, l'ouvrage apparaît extraordinaire par la\n multiplicité des matières abordées et traitées à fond. Proudhon, ce sosie\n de Socrate « ce désintéressé et cet indépendant » est loué comme libre\n esprit et raillé comme théoricien d'art. « La carpe plonge dans sa bourbe\n avec volupté; Proudhon se vautra dans Courbet » et c'est Camille Lemon»\n nier qui, par son livre sur le peintre d'Ornans fut occasion à M. d'Aure­\n villy « c'est à se demander, chose étrange ! qui déshonore le plus Courbet,\n ou de l'admiration de M. Lemonnier ou de mon mépris, quand ils disent\n tous deux la même chose « le virtuose de la bestialité ». Théophile Silvestre\n  qui fut l'ami de M. d'Aurevilly, peut se reposer sur l'étude qui lui est\n consacrée, c'est une mise en lumière qui ne s'obombrera jamais et qui\n indiquera aux lettrés de toujours l'écrivain qui aurait pu dire : « Moi, j'ai\n fait les artistes vivants, » comme Piron, disait : « Moi, j'ai fait la métro-\n manie » il faut lire la double et parallèle évocation du Radeau de la\n Méduse de Géricault et du Naufrage dans le Don Juan de Byron, pour\n avoir idée de ces sensations d'art, véritables odes d'intensité. Puis viennent\n Millet, mis à l'antipode mais sur la même ligne que le Poussin, ce qui est\nmerveilleusement vu ; et Gavarni « que ce benêt de temps qui est philanthrope\net égalitaire aurait lapidé, s'il n'eut pas eu, ce misanthrope, cruel et froid, la\nforce subjuguante de sa misanthropie, et cet aristocrate, le charme de sa\ndistinction ». Après les belles pages sur le saint François d'Assise d'Alonzo\nCano, copié par Zacharie Astruc, et la Jeanne d'Arc, ridicule de M. Fremiet,\nMozart nous amène à deux études, l'une sur Berlioz, l'autre sur Remenyi,\nle grand violon hongrois, qui sont du chef-d'œuvre. Enfin, le livre se ferme\npar le Salon de 1872 qui parut au Gaulois dont j'ai cité des pages dans\nl'Artiste, et qui n'a que le magnifique défaut de donner des ailes à qui n'a\nque des pieds. Ces Sensations d'art, relèvent du Songe d'une nuit d'été;\nc'est de la féerie poétique, la Muse de d'Aurevilly, sa Titania, voit Oberon\ntoujours, où que ses yeux se posent. Théophile Gautier, dans une admi­\nrable poésie, nous peint Michel Ange, descendu de l'échafaudage de la\nSixtine, et ne pouvant de tout un mois baisser les yeux et regarder à ses\n pieds; il y a de cette sublime infirmité dans les Sensations d'art, comme il\n y a de l'âme florentine dans le génie normand.\n\n                                       II\n   La fin du XIXe siècle se caractérise par l'absence de toute synthèse en\nmatière scientifique, et de toute métaphysique dans le domaine esthétique.\nLe savant entasse fiévreusement des faits, sans les couronner par des lois,\net l'écrivain, descendu au niveau de l'artiste, ne produit plus que des\ntableaux : le positivisme de Comte triomphant, met en fuite la psychologie\nelle-même, et l'on chercherait vainement dans le roman contemporain, ces\npages si fréquentes chez Balzac, qui, dépassant le personnage et le type,\nexpriment l'espèce, c'est-à-dire l'éternel humain.\n   Eh bien! c'est un homme politique, un sociologue, qui nous donne un\nlivre de psychologie générale. Ceux qui ont déjà lu l'Être social et le-Prin--\n"}, {"page_pdf": 279, "texte": "                                  — 248 —\n\n cipe des nationalités de M. Armand Hayem, s'attendent à quelque œuvre\n sévère, profonde mais rêche, comme celles qu'inspirent ces fausses sciences\n appelées sciences de gouvernement! Non, ce livre ne pèse pas plus que les\nMaximes, de Larochefoucauld, et dans un autre sens, il ne pèse peut-être\n pas moins. Œuvre dandye, et même pendant au Dandysme, le Don\nJuanisme est dédié à l'auteur des Diaboliques. Le format, la marque d'édi­\ntion forcent le bibliophile à un rapprochement que souligne la dédicace.\n « A qui cette dédicace pourrait-elle revenir si ce n'est au plus « grand » de\nmes amis et à l'un des meilleurs! Car votre cœur est inconnu à ceux qui\nn'ont pu l'éprouver. C'est un de vos dandysmes, à vous, l'auteur de ce livre\nsi profond, si vif, si personnel, et peut-être le plus parfait de vos ouvrages :\n « le Dandysme ».\n    « Le Dandysme appelait le Don Juanisme. A cette psychologie si particu­\nlière j'ai voulu en ajouter une autre d'ordre plus universel et que j'appelle\nle Don Juanisme. »\n    Il y avait de l'audace à affronter un Don Juan à Brummel, mais quand\nl'audace réussit, il la faut applaudir, et l'attente au lieu d'être déçue se\ntrouve dépassée.\n    Dans le petit nombre de ceux auxquels l'idée fut venue, pas un qui n'eut\ncommencé par l'étude érudite et minutieuse du personnage légendaire,\ndepuis Tirso de Molina jusqu'à Mallefille, en s'attardant à la partition de\nMozart. M. Armand Hayem a laissé aux patients des DÉBATS, l'inven­\ntaire des modes dont le livre ou le théâtre ont affublé Don Juan; il a visé\ndès la seconde page, la race juanesque, race éternelle et éternellement dis­\ntincte au milieu des autres portées humaines. « Dès qu'un homme témé­\nraire, quelques femmes crédules et sensibles se trouvent aux prises, il y a\nplace pour le juanisme. » — « Le bonheur par l'amour, l'amour par la\nconquête ; la conquête dans le mépris de tout obstacle et partant de toute\nmorale, » tel est Don Juan ; mais l'auteur a bien conscience que sa théorie\nest presque l'oraison funèbre de Juan. « Désormais, il n'y a pas une affaire\nd'amour qui ne puisse devenir un embarras de toute la vie. Risquer la\nmort ne serait rien : l'amour et la mort sont sœurs, et le rapt, la séduc­\ntion suivis d'un duel heureux, c'est la poésie de l'amour Mais la\nlourde main de policiers et justiciers dans les affaires de cœur, le nivelle­\nment social qui abaisserait un brillant Don Juan au rang de héros d'un\n« fait divers », met l'obstacle mortel au libre cours, bondissant et joyeux, de\nla vie amoureuse. Cet état de mœurs ne laisse plus de place qu'à la prosti­\ntution ou au mariage. » En donnant ainsi la parole à l'auteur je ferai mieux\nvoir quel psychologue sort des rangs politiques pour se mettre d'emblée\npresque au premier de la littérature. Don Juan est donc « l'homme\nd'amour : sa vanité est aussi intéressée à être regretté qu'à être accueilli, et\nc'est au moment où il va être le plus aimé qu'il a le plus de jouissance à se\ndérober. Les cœurs seuls comprennent les cœurs : pour être senti, l'amour\ndoit être partagé; mais quand vous le sentez, il vous retient : voilà pour­\nquoi Don Juan n'est jamais retenu... Sa volupté est dans la nouveauté de\nla sensation et non dans son intensité... La femme vertueuse n'est que celle\n"}, {"page_pdf": 280, "texte": "                                   — 249 —\n\nqui n'a pas rencontré son Don Juan. Car toute femme voit l'homme juanes­\nquement. — Est-ce lui par qui j'aurais aimé d'être forcée? est la question\nque se pose la plus simple des femmes devant l'inconnu qu'elle croise » Et\npuisque je prends le parti de laisser le livre se présenter lui-même, je vais\nciter quelques pensées qui ne jureraient pas au dessus des plus célèbres\nsignatures de psychographes.\n   « Pour Don Juan, en toute femme, il y a plus ou moins une Manon,\nil s'agit de n'en être pas dupe. — Dès qu'elle cesse d'être un plaisir, la\nfemme devient un embarras. Tout au rebours, la malheureuse commence\nà s'attacher sincèrement au moment où l'homme se détache. — Ce qui fait\nle mérite des femmes en amour est de le concevoir infini et immortel. C'est\naussi ce qui les prépare inévitablement au rôle de dupes. Les hommes en\ngénéral n'ont à offrir que le plaisir, et c'est ce qui est le plus différent à la\nplupart des femmes, c'est ce qui est inconnu aux jeunes filles. — Les sensa­\ntions que cause une possession de quelques mois ne sont pas du tout celles\nque cause une possession de quelques moments : le plaisir a son zénith\ndans une femme. — La soif de l'inconnu nous donne souvent autant d'ar­\ndeur à sortir du bonheur qu'à y entrer. — L'honneur qu'une femme a\nà défendre n'est jamais que celui d'un autre : la jeune fille s'appartient,\nl'épouse apartient au mari, c'est l'honneur du mari dont elle a la garde.\nSi, infidèle, elle livre ce dépôt sacré, elle perd l'honneur du mari où était\naussi le sien; mais l'homme reste entier, il n'a qu'à se reprendre. — Le\ncœur d'un homme est toujours ouvert à quelqu'un, il n'y entre jamais\nlui même que le second. — Les cœurs « de pierre » ne sont parfois que la\npierre d'un tombeau. — Nos qualités et nos défauts sont des êtres avec qui\nnous habitons. En amour, il faut savoir sortir, il faut sortir à temps, car, qui\nne sort pas à temps, le plus souvent, ne sort plus.— Quand l'homme s'élève,\nil s'isole. — Le mystère est le voile des choses les plus hautes : ce qui se\ndevine est supérieur à ce que l'on découvre. — La moralité, c'est la règle\ndes autres et une garantie pour nous. — Le souffle d'irresponsabilité et\nd'innocentement qui va des laboratoires s'étendant sur la justice et le\nmonde moral, les caresse en passant, leur jette les chaudes haleines, de\ncuriosités malsaines auxquelles elles ne sauraient résister sans faire mentir\nla science. — Le vice devient innocent à force d'être répandu et l'on excuse\nvolontiers celui que l'on partage. — Le Dandysme est la science de la\nfatuité, le Juanisme, celle de la séduction. Les Dandys visent à l'effet, les\nDon Juans à la jouissance; tous veulent paraître supérieurs aux autres\nhommes, les autres n'en veulent imposer qu'aux femmes. »\n   Et je n'ai ni choisi, ni cherché ; tout le livre est de la même venue, et la\nprofondeur de la vue et la prestesse de tour ne faiblissent pas. M. Armand\nHayem tout en profitant de l'expérience éthologique la plus récente, a retrouvé\nici un grand goût, une mesure, et la saveur même de ce XVIIe siècle qui restera,\nquoi qu'on dise, la belle époque de la langue française. C'est entre les pages\nde l'Initiation sentimentale, que j'ai ouvert et lu le Don Juanisme, et ma\ndisposition d'esprit tendue à cet ordre d idées, me rendait à la fois plus\ncompétent et plus sévère qu'à un autre instant : et ne sachant pas envier,\n"}, {"page_pdf": 281, "texte": "                                  — 150 —\n\nj'ai admiré tout simplement. Quant à communiquer au lecteur mon juge­\nment, je ne saurais que le renvoyer à l'œuvre. On peut caractériser aisé­\nment, un drame, un roman. Ainsi M. Georges Eekhoud donne en trois\nmots la mesure de Curieuse dans l'Étoile belge « faux et grotesque » ;\nmais si le public accepte les dépréciations sans commentaires ; il exige qu'un\néloge soit épaulé de considérants très spécieux : or, le Don Juanisme est un\ndiscours, un ruban de pensées prismatiques qui se déroule varié et toujours\ncharmant : toute la bobine est semblable au bout que j'en ai montré. La\ndésirable impression que puisse laisser un auteur, c'est qu'on ne refera pas\nce qu'il a fait, et certes, la monographie de l'homme d'amour, est ici ne\nvarietur. Stendhal a donné le livre de l'amour-passion, d'Aurevilly le livre\nde la fatuité, Armand Hayem celui de l'amour-goût ou de la séduction ;\net j'estime que le Don Juanisme complète les deux autres et qu'il les\ncoudoyera toujours sur le rayon et dans l'estime des lettrés.\n\n\n                                     III\n\n    Ceux qui, pour l'expiation des péchés du monde, sont condamnés à la\n fréquentation des éditeurs, ont tous entendu, les impresarii du livre,\n demander à cris désespérés « un illustrateur, un crayon qui comprenne un\n texte et qui le rende dans son esprit « . M . Lemerre, le plus heureux des\n éditeurs, le distributeur des lauriers contemporains a été exaucé le premier;\n depuis beau temps il entassait les Boilvin sur les Lalauze, les Los Rios sur\n les Pille, et les Leloir sur les Hedouin. Enfin, Félicien Rops vint, passage\n Choiseul ; il y vint avec neuf estampes pour les Diaboliques, et ce fut dans\n le monde bibliophile une exclamation que M. Mirbeau a claironnée dans\n une chronique vibrante d'enthousiasme : Barbey d'Aurevilly était le seul\n écrivain que Félicien Rops put consentir à illustrer dans le sens strict du\n mot ; et il fallait un texte inouï comme celui des Diaboliques, pour asservir\n la pointe formidable des Sataniques : aussi les estampes nées de cette\n rencontre puissante, sont-elles des merveilles d'intensité Le frontispice : la\n femme écoutée par le diable et confiant son secret à la chimère; et le\n double post face, l'usurier et la fille dominant le monde, feraient à elles\n seules la réputation d'une pointe; mais le maître du Bout du sillon, du\nFinis Latinorum, est connu de tous comme grand frontispicier, et symbo­\nliste rare. Le jour nouveau où ce carton nous le montre est celui de l'illus­\ntrateur, du crayon paraphrasant et pentaculant en forme plastique, un\ndrame ou un sentiment : or, je ne sais rien dans tout ce qui a été publié\ndepuis trente ans, de plus intensément beau que ce bonheur dans le crime\noù la morte griffe de ses mains de squelette la gaine à tête de Méduse qui\nporte l'enlacement et le baiser ivre du bonheur criminel ! Quelle intradui­\nsible vision que le plus bel amour de Don Juan, le cachetage du Dîner\nd'athée, le grand artiste l'a sauvé sans l'éluder. Avec quelle force l'horreur\nde la vengeance d'une femme se profile sous les traits de cette catin qui se\ntrousse d'un geste de reine dans l'encadrement de sa porte banale où deux-\n"}, {"page_pdf": 282, "texte": "                                   — 251 —\n\n torchères éclaboussent de lumière et de honte les blasons appendus de\nl'orgueil castillan. Le souffle même du récit soulève-t-il pas ce rideau\ncramoisi, et cette femme aux mains ramenées sur la bouche et cadenassées\nne dit-elle pas à l'imagination les dessous d'une partie de whist, Félicien\nRops a autant d'imagination que Doré, mais il a de plus que lui : la pensée\nd'un écrivain et le dessin à la fois le plus savant et le plus actuel. Un jour\nviendra, où, de l'admiration des initiés, il passera à la plus éclatante\ngloire : sa compréhension de la femme, de l'accouplement et du péché,\nn'a point d'analogue dans l'Art du passé, il a créé son domaine, concep­\ntion et procédés ; et puisqu'il n'a pas de précédent, j'estime qu'il n'aura pas\nde suivant, authocthone de lui-même!\n\n\n                                       IV\n     Arsène Houssaye a été l'homme le plus aimé de son temps ; j'entends à la\n  fois que nul de ses contemporains n'a eu plus d'amantes, ni plus d'amis.\n  Etre Richelieu de 1830 à 1880 est déjà un destin assez enviable; mais celui\n qui se confesse aujourd'hui au public, accuse autant de poignées de main\n célèbres que de baisers parfumés : et c'est sous ce double rayonnement de\n viriles affections et de flatteuses défaillances, entre ces deux lignes, l'une\n illustre et l'autre exquise, qu'Arsène Houssaye se présente à nous et à la\n postérité.\n    Avant de moraliser sur une prétention, il faut s'informer et en vérifier la\n légitimité ; or, la presse comme l'opinion ont certifié la véracité de l'asser­\n tion ; comme Labruyère, j'ai interrogé et recueilli les voix, il n'y a rien à\n rabattre, et les amours-propres jaloux doivent en prendre leur parti. Quant\n à la correction de cette attitude autobiographie, je suis de l'avis de Théo­\n dore de Banville ; cet air là n'irait à personne, mais il va bien à Houssaye.\n Ce qu'il fallait de grâce et de délicatesse de touche pour égrener le chapelet\n impie d'innumérables bonnes fortunes, l'auteur l'a eu ; après avoir séduit tant\n de femmes, voilà qu'il séduit encore le liseur : il faut céder à ses lois, comme\n on le chante dans Zampa; elles sont celles mêmes de Thélème, au reste.\n Arsène Houssaye ignore la grande notion catholique du péché : suivant le\nmot d'Armand Hayem, « il a cherché la Manon qui est dans toute femme »;\nil l'a trouvée, mais ne l'a pas suivie en Amérique! Car, tout mélancolique\nqu'il est au fond, l'auteur des Grandes Dames s'égaie au premier sourire\nqui promet un baiser, et c'est le souvenir ou l'attente du baiser qui le rend\noptimiste. Nature bien plus complexe qu'on ne croit, il juge très à fond les\nfemmes, et la preuve en est. qu'aucune n'a barré sa vie heureuse de jupité-\nrien. Ce paresseux et ce jouisseur a produit autant que ceux qui se sont mis\ndes oreillères pour ne voir que l'œuvre à faire, et ce prétendu superficiel a\neu des paroles de philosophe sur les destinées de l'âme. Il y a chez Arsène\nHoussaye la volonté de ne pas s'appesantir; la désinvolture de sa pensée\nlui a fait tort, il a toujours eu un talon rouge, et ce talon-là a paru scanda­\nleux sur les terrains graves; et puis cet homme né coiffé a été étiqueté à\n                                                                        16\n"}, {"page_pdf": 283, "texte": "                                  — 252 —\n\n\n tort, et en France on ne décolle pas l'étiquette collée par le public. Or,\n Houssaye, déclaré charmant, n'a pas été cru quand il s'est fait grave! Il a\n écrit, par exemple, avec beaucoup de documents et de soin l'histoire de\n Léonard, et on lui a dit : vous avez fait là un conte. Cette déconvenue ne\n l'a pas beaucoup attristé; avec sa résolution de cueillir les roses en évitant\n les épines, il a cherché le mieux, et il l'a suivi. Or, le mieux pour Arsène\n Houssaye, c'est la femme dans l'art ou l'art dans la femme : enfin, pour\n surcharge à ces traits disparates et cependant tous essentiels, un parti-pris\n d'être heureux, malgré la vie même qui est psychologiquement un avatar\nionien et qui donne à cette confession un sourire désarmant de grâce\npaïenne !\n    A peine baptisé, et avec de l'eau de l'Eurotas, Arsène Houssaye n'a pas\nla grande notion catholique du péché. Il croit que les pêches rappellent la\nmorsure et la femme le baiser, et que plus on mord et plus on aime, plus on\nacquiert de mérites. A côté de la religion du plaisir, il y a à toutes pages de\nces Confessions celle de l'art; l'une corrige l'autre; chez Houssaye le sens\nesthétique se substitue au sens moral.\n    Cette belle inconscience prodigue les absolutions à tous les impénitents;\net à parler de pénitence, on semblerait un pédant menacer Chérubin. Les\npéchés d'Arsène Houssaye ont eu les plus extraordinaires acolytes, il a été\nl'intime de toutes les gloires d'un demi siècle, et du dernier bien avec toutes\nles étoiles de la rampe et du ciel de lit. On n'analyse pas ce tissu d'anec­\ndotes, dont les Goncourt de l'avenir tireront la Femme et la Société fran-\nçaise au XIXe siècle. Une particularité notable, c'est la série de fac-similés\ngraphologiques qui servent de pièces justificatives à chacun des quatre\nvolumes. Michon et Louis Mond ont vulgarisé la science de l'abbé Flandrin\nà tel point que cette branche d'étude psychique trouve un attrait spécial en\nces Confessions ; et chose à étonner, Houssaye en donnant la vraie physio­\nnomie de tous les personnages de la comédie humaine de 1830 à 1880, n'a\ncertainement pas blessé un survivant, ni attristé des mânes. Cette délica­\ntesse en une matière si épineuse n'est pas le moindre mérite de cette oeuvre\nd'optimisme absolu, qui finit par cette assertion : « Je recommencerais la\nvie avec plaisir ».\n    En voisin du Quoheleth, j'ai droit à proclamer l'extrême originalité de ce\n« contentus sua suorte », et je crois que la Postérité traitera Arsène\nHoussaye comme a fait la Vie. C'est là un destin doublement beau.\n                                                  JOSÉPHIN PÉLADAN.\n"}, {"page_pdf": 284, "texte": "                                 — 253 —\n\n\n\n              M. COQUELIN SIFFLÉ\n               Les journaux français ont commenté d'une façon inexacte la\n                bordée de sifflets qui a, le samedi de Pâques, accueilli\n                M. Constant Coquelin à son entrée dans le rôle de Chamillac,\n                au théâtre des Galeries Saint-Hubert.\n   L'un d'eux, le Voltaire, écrivait ceci :\n   « L'incident des sifflets de Chamillac, samedi soir, à Bruxelles ? —\nM. Coquelin se contente de dire que les deux représentations de la pièce de\nM. Feuillet ont beaucoup plu aux spectateurs belges. Les sifflets prove­\nnaient de quelques adeptes de la jeune école littéraire bruxelloise. »\n   Le groupe que veut désigner M. Français, le signataire de l'article, est,\nparaît-il, celui des Jeunes-Belgique.\n   C'est nous qui' aurions organisé une cabale contre le sociétaire de la\nComédie-Française, pour venger la Belgique offensée par M. Coquelin en\nla personne de M lle Dulait.\n   Il est inutile que nous rappelions l'incident Dudlay, autrement que pour\ndéclarer que cet incident ne nous a pas émus du tout, et l'on mettrait\nla jeune tragédienne belge à la porte de la maison de Molière sans que\ncela nous fît la moindre peine. Les affaires de M. Claretie ne nous\nregardent pas. Même, si nous parlons ici de cette petite échauffourée, c'est\nque l'on a mis sur notre compte le désagrément qu'a essuyé M Coquelin.\n   La Jeune Belgique n'est pas un cours de sifflet et n'organise pas de\ncabales. Nous avons une autre franc-maçonnerie, celle des Lettres avec\nlesquelles M. Coquelin n'a que des rapports fort tendus.\n   Un ou deux d'entre nous ont sifflé ce comédien, parce que ce comédien\nleur déplaît et que leur droit est de manifester leur déplaisir. Si M. Buls a\ntenté d'empêcher cette libre manifestation par un déploiement inusité de\npolice, M. Buls a commis une faute doublée d'une illégalité.\n   L'an dernier, il nous souvient d'avoir vu M. l'architecte Wynand Jans-\nsens, siffler les Maîtres Chanteurs, de Richard Wagner. Personne ne l'a\narrêté parce que personne n'avait le droit de l'arrêter, et l'eût-on fait, nous\naurions protesté. Chose étrange, cela se passait dans la loge de M. Bérardi,\nle directeur de l'Indépendance, du journal qui nous est tombé le plus\ncarrément dessus en la circonstance actuelle. M. Frédérix a éprouvé le\nbesoin d'écrire quelques-unes des phrases à manchettes dont Bachaumont.\na le secret, pour nous envoyer l'expression de son mépris. Malgré ses\nphrases, malgré son dépit mal déguisé et fort inopportun, il ne nous empê-\n"}, {"page_pdf": 285, "texte": "                                   -   354    -\n\n chera pas de resiffler M. Coquelin et de raréfier un peu les représentations\n chroniques de ce Mascarille qui finira, croyons-nous, par renoncer à la\n lutte.\n    Nous ne nous irritons pas contre M. Frédérix qui nous a vexé en applau­\n dissant; pourquoi s'irrite-t-il contre nous qui l'avons vexé en sifflant?\n Nous sommes quittes, et les colères sont fort inutiles.\n    Que s'il désire avoir le plaisir que nous avons fait à beaucoup de gens\n artistes, lorsqu'ils ont appris que l'on avait fait justice du pître en question,\n il pourra interroger là dessus tous les groupes qui s'occupent d'art à\n Bruxelles.\n    Nous lui dirons ensuite qu'il est trop facile de prononcer les mots :\ndésarmant, enfantin et autres, comme il serait très simple et de fort\nmauvais goût d'articuler : gaga ou vieille savate. M. Frédérix nous\ntraitera en enfants toute sa vie et toute notre vie — s'il le pouvait — nous\n aurons beau dire, nous ne serons jamais que des galopins, des empêcheurs\nde dormir en rond. Soit, mais le procédé ne trompera personne; il n'em­\npêchera pas que l'on voie à nos mentons que nous avons un peu grandi\net à notre effort constant que nous voulons grandir. M. Frédérix a dépassé\nl'âge de la croissance, tant pis pour lui.\n    Que l'on nous pardonne d'être tombé de Coquelin-Charybde en Frédérix-\nSylla, véritable coq à l'âne s'il en fût, mais ces deux comédiens, pardon,\nces deux critiques sont tellement unis qu'on les confond — ailleurs dans\nles applaudissements, ici dans les sifflets.\n                                                           MAX W A L L E R .\n\n\n\n\n                           OBSESSION\n                                                               AMmeD. W.\n\nA              la fin cela l'obsédait, de vivre ainsi, avec la continuelle déses­\n                pérance des ressouvenirs douloureux et des rêves anéantis...\n                Et ce soir-là, bien triste était sa chambrette, aux quatre murs\n                blancs, couverts de petits cadres en paille, avec, aux coins, de\nmignons nœuds roses et bleus, — des cadres qu'Elle avait faits...\n  Dans la monotone clarté d'une pauvre lampe, un silence lourdement\nplane...\n  Là-haut, au plafond, à un crochet faisant tache dans la nudité, une cor­\ndelette, de la grosseur du doigt, pas très longue, oscille...\n"}, {"page_pdf": 286, "texte": "                                   — 255     -\n\n    D'où elle provient, cette corde, il l'ignore; mais elle l'agace dans son per­\n pétuel ballottement...\n    Jeunesse, amour, — désillusion que tout cela...\n    Il n'en avait connu qu'une seule; Elle l'avait aimé de toute la force de\n son cœur naïf; — puis un jour, elle était partie tout doucement, doucement,\n comme un angelot, — et on l'avait enfouie là-bas, bien loin, dans un coin\nignoré du cimetière, avec, sur sa tombe, une simple croix blanche...\n    Il pleure, et, sinistre, ballotte la cordelette.\n    Jeunesse, amour, espoirs, — désillusion que tout cela...\n    Science, — une chose inutile dont on avait bourré sa cervelle; gloire, —\nun mot creux qui l'attristait; avenir, — un horizon d'automne, gris et\nmélancolique.\n   Jeunesse, amour, espoirs, — hélas, mensonges que tout cela!\n    Oh ! les premières années, sans soucis et sans peines, toujours ensoleillées\nde joie et de plaisir ; oh ! tous ceux qui vous ont entouré, qui vous ont aimé,\ndisparus à présent ; oh ! les soudaines tristesses incompréhensibles, le cœur\nqui s'ouvre à la poésie, l'âme qui sourit à l'amour...\n    Espoir, — mensonges...\n   Les gouttes de pluie claquent plus violentes contre les carreaux, avec des\ncoups secs...\n   Le vent souffle doucement dans les jointures des fenêtres...\n   Dans ce murmure long, pourquoi lui semble-t-il reconnaître la pleurante\nvoix de sa Mary qui l'appelle?...\n   Il regarde la cordelette, il n'en a plus peur : elle ne l'agace plus ; elle a\nl'air de lui sourire...\n   Pourquoi?...\n   Il s'y est pendu !...\n                                                     ALBERT CHAPAUX.\n\n\n\n         CHRONIQUE ARTISTIQUE\n             EXPOSITION DU CERCLE ARTISTIQUE\n\n            C'est M. Herbo qui règne céans! Lui, lui partout; il reçoit, il\n             trône, il s'étale dans le ventre bombé de M. Galesloot, prési-\n             dent de la Fraternelle belge, il fait des manières dans les\n             gestes arrangés de Mme D., il se prend au sérieux à s'entendre\nproclamer le peintre de la ressemblance et de la physionomie exacte, il se\n"}, {"page_pdf": 287, "texte": "                                  — 256 —\n\nsent le Maître de ce Salon, il croit que c'est en son honneur qu'on met des\nplantes ornementales dans des pots et des cravates blanches au cou, le jour\nde l'ouverture. Et il a raison. Depuis M. Van Hammée jusqu'à M. De\nVriendt, depuis Mlle Van Ham jusqu'à Mlle de Villers, tous l'adorent ou\ndoivent logiquement l'adorer, car il est eux quintessencié, synthétisé, subli­\nmisé, ils ont sa couleur sur leur palette et ses brosses à leur pinceau. Aussi\nbien paraît-il presqu'artiste dans un tel milieu. Lorsqu'à pas traînants, avec\ndes haussements d'épaules multipliés on traverse les galeries de l'exposition,\nses œuvres, à lui, arrêtent tout à coup. Il est l'expression du genre. Il a ces\nbeaux tons jaunes de pus, bleus de coup de poing dans l'œil, gris de linge\nsale en famille, rouges de banquettes de café-concert, verts de pissotière et\nd'urinoir public. Il est parfait. Et, tout compte fait, il me semble qu'on s'est\nassez longtemps acharné après son art. Il n'a point lui, telles prétentions\nsereines de tel peintre plus médiocre et plus poseur. Qui le connaît,\nle sait bon et d'excellent commerce. Il n'affiche rien d'ex-cathedra. Tandis\nque certains barbouilleurs de clownesques Tentations de Saint-Antoine et\nde carnavalesques Fontaine de Jouvence se croient sortis de la cuisse de\nRubens ou de Van Dyck et simulent cette généalogie avec une moustache\nen croc et une barbiche en pointe. Oh ! le tas de teinturiers et de goudron-\nneurs qui, depuis quelque vingt ans, enduisent le vieux « sabot » acadé­\n mique, toujours sur l'eau, bien qu'il n'ait plus de jambes. Il ne marche\nplus, mais il surnage; à quand le dernier coup de tempête? On n'est pas\nplus usé, plus fini, plus décarcassé. Son mât est le manche à balai avec\nlequel Slingeneyer a peint Lepante; sa voile, cette immense loque : la\nPeste de Tournai. Aucun peintre n'y est monté depuis dix ans, il est\n délaissé comme un navire en quarantaine. Il ne compte plus que de rares\n amateurs, pourris du cerveau, qui, le nez à fleur d'eau, le regardent avec\n des yeux blancs de poissons pâmés. Public de phoques. Et il demeure !\n   En sortant du Salon on s'étonne qu'une telle exposition soit encore pos­\nsible. La presse tout entière, chaque année, est unanime à sabrer dans le\ntas. Personne n'ose aligner un franc éloge, même les plus hostiles aux idées\njeunes. On se rabat sur quelques tableaux pour exécuter les autres. Je ne\nme rappelle qu'une œuvre, celle de Courtens : le Dégel, qui ait attiré,\ndepuis quelques années, l'attention du public.\n   Tandis qu'on se bat autour des envois à l'Essor et aux XX, ici rien ne\nremue la règlementaire stagnation du marais. Calme fixe dans l'indiffé­\nrence.\n   Plus que jamais il est bon de constater par contraste ce que vaut la\nrecherche du neuf et l'audace. Il en est de la peinture moderne comme de la\nmusique. Ceux mêmes qui ne l'admettent pas ne peuvent néanmoins se\nplaire à ce qu'ils devraient prôner et soutenir. On hurle après les nouveaux\nvenus, mais les vieux sont par trop pourris pour qu'on les serve encore,\nmême en tête de veau, à la table des amateurs. Seul le Journal des Beaux-\nArts les débite en cervelas à deux sous.\n   Les noms les plus hottentots et les plus béotiens ne l'effraient point. Il est\nseul à les imprimer et encore le fait-il avec grâce, car ces noms appartien-\n"}, {"page_pdf": 288, "texte": "                                 — 257 —\n\nnent souvent à des peintresses. Il est, en effet, surprenant de voir tant de\nces dames au Salon. Elles s'y pressent, se couchent le long de la rampe\ncomme sur un sofa. Et les visiteurs passent et examinent, le monocle dans\nl'œil, avec des « pas mal » ou « chameau » au bout des lèvres. Le roi lui-\nmême est venu voir, le jour de l'inauguration et a parlé de « pâte grasse »,\nde « jolie touche » et de « manque pas de chien ».\n   Ça été une vraie noce, ce jour-là. Le seul beau jour d'ailleurs. Car, dès\nle lendemain, les articles ont cinglé de corrosives douches d'encre toutes\nces charmantes choses bêtes et grotesques. On a fait entendre que rien ne\nvalait, que c'était faire injure aux gens que de les convoquer à l'exhibition\nde ces romances peintes, de ces rebus dessinés, de ces épinaleries encadrées,\nde ces pantoufles brodées sur toile et de ces bonnets grecs collés sur pan­\nneau.\n   Chose étonnante, c'est que des artistes de la valeur de Mellery, Heymans\net Courtens se soient égarés là. C'est presque se compromettre que de s'y\ncommettre. L'entourage est déshonorant. Voisiner avec Plateel, passer le\nbras à Fraters, suivre ou préceder Van Keirsblick n'est pas exquis. On\ncède, en ce cas, le pas à M. Roffiaen, le maître crétin, à M. Bossuet ou à\nM. Numans. Trinité choisie, triple tête sous un même bonnet de gâtisme,\ntrois fromages puants sous une seule cloche.\n   Mellery répète, dans son Hiver, la note si intimement mélancolique de\nson Coin de mon jardin. J'ai dit maintes fois toute l'archaïque et profonde\net discrète interprétation du peintre, que ces toiles, une à une, font de\nmieux en mieux sentir. Mellery est un isolé, plein de passé et de lointain,\nmême lorsqu'il peint ce qu'il voit aujourd'hui. Il est d'une pénétrance\nmélancolique, gravement doux et simple. Il penche son art sur les humbles :\nhommes et choses.\n   Heymans reste superbe et solide. A l'ombre des premières feuilles est\nune œuvre de haute puissance où s'épanouit toute une jeunesse de sève et\nde verdure. Les exquises touches de fraîcheur, de vie! Et comme tout est\nenveloppé, bien à son plan et baigné de légères vapeurs ! Ce qui stupéfie,\nc'est combien le faire est robuste et combien l'ensemble est aérien.\n   Courtens, lui aussi, domine au Cercle. Son Remorqueur, bien que trop\ncrayeux et trop matériel, témoigne d'une consciencieuse observation et\nd'une bonne vie esthétique avec la nature franche et crue.\n   Restent encore Cassiers, se complaisant dans la finesse des tons humides\net bleus; Frédéricx, consciencieux traducteur des misères, mais maladroit\namalgameur de teintes communes et odieusement tricolores...\n   Et rien.\n   Pour terminer, un souvenir.\n   Aux temps d'art préhistorique, lorsque Stallaert exposa Didon, — cette\ncélèbre Didon qui, au lieu d'être tout simplement une africaine bon teint\nmise en vers par Virgile, se gonfle, dondon patriotique, de quelque Wacht\nam Rhein — tout Bruxelles s'en fut voir. On ne payait pas.\n   Les bourgeois pintadisés gloussaient des éloges autour depuis le matin\ndix heures jusqu'au soir cinq heures, la salle d'exposition ne restant point\nouverte plus longtemps.\n"}, {"page_pdf": 289, "texte": "                                  — 258 —\n\n    Le peintre Dubois s'en fut, à son tour, accompagné de deux amis. On\nexamine, on bouscule quelque peu la foule amassée devant l'œuvre.\n   — Eh bien Dubois, qu'en pensez-vous?\n   — Ce que j'en pense!\n    Le peintre s'approcha de la toile, et, devant les cinquante niais qui se\npâmaient, prunelle en l'air, devant le gardien majestueux qui ne parlait de\nl'œuvre qu'à mi-voix comme les prêtres parlent de Dieu, devant tels et tels\nofficiels qui regardaient, leurs menstrues de ruban rouge à la boutonnière,\nil leva la jambe à bonne hauteur et peta formidablement.\n   — Voilà ce que j'en pense! Et il sortit.\n   Quelqu'inconvenante qu'une telle « affirmation » parût, elle était bonne.\nIl est des exhibitions si atrocement ignobles, si scandaleusement antiartis­\ntiques, que l'expression du dédain la plus basse se légitime. Tant pis poul­\nies musqués bêtes qui s'en fâchent. Ils ne comptent pas. Ce sont gens du\nbel air, mais de petite cervelle.\n    Si Dubois vivait encore, il énoncerait, de non moins retentissante manière,\nson opinion sur l'exposition du Cercle. Seulement il ne pourrait l'émettre\ndevant chaque médiocrité peinte, la provision de pareils jugements étant\nforcément limitée. Il ne donnerait que son opinion sur l'ensemble et, celle-là,\nnous la donnons comme lui et aussi vigoureusement.\n                                                   EMILE VERHAEREN.\n\n  N. B. Il paraîtrait que Sa Majesté, à l'occasion du Vendredi-Saint,\naurait acheté les Huîtres de M. Plateel.\n\n\n\n\n            CHRONIQUE MUSICALE\n          Comment Messieurs Catulle Mendès, le tendre, et Emmanuel\n            Chabrier, le brutal, ont-ils communié en Gwendoline. C'est un\n            de ces mystères que le wagnérisme seul pourrait peut-être expli­\nquer, à condition toutefois qu'il ait bon dos, car ce pauvre wagnérisme,\nqu'on met à toutes sauces musicales, n'est encore une fois ici qu'un prête-\nnom.\n  La légende de M. Mendès est une légende vue à travers les Boudoirs de\nverre. On y sent bien des places à remailler où les mailles se sont cassées.\nCe sont les points où le Parisien, las de son voyage en ballon captif dans le\nbleu, s'est arraché de son rêve, pour aller fumer une cigarette au boulevard.\nElle n'est pas digne de l'auteur du Roi vierge et du paraphraseur superbe\ndes poèmes de Wagner.\n  Quant à la musique, M. Chabrier — parlons en, car je ne suis ici que\npour dire le sentiment étrange, complexe et indéfinissable qu'elle m'a pro-\n"}, {"page_pdf": 290, "texte": "                                     2 39\n\n\ncuré. Cette musique apparaît comme tellement hors pair et déconcertante;\nelle prend un tel relief sur toute l'œuvre congénère qu'on demande à ressaisir,\nson point de vue — ou son point d'ouïe — afin de mieux s'arc-bouter au\nchoc de ces violences et de ces rudesses inattendues.\n   Tout d'abord, c'est une impression de vide succédant à une impression\nde bruit, et l'on se souvient de cette baroque fabrication de quincaillerie\ninstrumentale : Espana. De là, un sentiment de défiance un peu préconçu\nmais justifié, qu'on en convienne; défiance de cette musique matérielle,\npleine de cris de voix et de cliquetis d'instruments qui vous fait heurter\nsans cesse à des pointes de terre ou de roc; musique de coup de poing et\nl'on pourrait dire de coup de poing américain, car il y a un peu d'américa­\nnisme aussi.\n   Cependant, ce formidable plaquage instrumental cache de réelles inspira­\ntions ; à mesure que l'oreille et le cerveau percent la masse orchestrale et y\npénètrent plus avant, les thèmes se dessinent, se dégagent; mais ils se déga­\ngent trop, bientôt, pour prendre, en se casant dans l'imagination, cet aspect\nde thèmes formulés et moulés qui se détachent de l'ensemble. C'est alors\nque l'œuvre apparaît telle qu'elle est réellement, faite de morceaux joints\npièce à pièce sans qu'une inspiration mère ait présidé à sa conception. On y\nvoit que M. Chabrier n'a rien sacrifié à Wagner du vieux système de ses\ncompatriotes et qu'il n'a pas plus qu'eux, en faisant du drame, essayé d'y\nintroduire les principes de la déclamation lyrique et des motifs typiques;\nM. Chabrier, passant parmi les siens pour un révolutionnaire, ou tout au\nmoins pour un évolutionniste, c'est une considération générale intéressante\nà noter.\n   Quelle est maintenant, indépendamment de tout système la valeur esthé­\ntique de cette musique? Voilà peut-être ce qu'il faudrait dire. Voilà pour­\ntant ce que je ne dirai pas, n'en déplaise à certaines gens pour lesquelles la\ncritique tient une cour de justice ou un bureau de renseignements.\n   A côté des prêcheurs et des pions qui administrent en haute presse, distri­\nbuant des prix de bonne conduite et d'encouragement ou des pensums,\nd'autres que, par une singulière erreur d'étymologie, l'on nomme aussi des\ncritiques, se sont fait cette idée que le mot à dire au sujet de l'œuvre d'un\nsemblable doit être, au lieu d'un mot de blâme ou de louange, un mot\nd'interprétation.\n   N'est-ce pas Albert Giraud qui, transposant la définition naturaliste du\nroman a dit que la critique consiste en ceci : Voir une œuvre d'art à travers\nnotre tempérament? — Ainsi comprise, la critique devient encore une créa­\ntion où ce créateur en seconde analyse verse le meilleur de sa personnalité.\n   Mais pour cela faut-il que l'émotion du critique, au moment de cette\ninterprétation, soit corrélative à l'émotion de l'auteur au moment de la\ncréation. Il faut que, toutes différences de milieu et de tempérament gardées,\nl'œuvre transmette au critique l'impression que la nature a donnée à\nl'auteur.\n   Or, cette impression ne me vient pas. J'ai eu beau m'efforcer de la lire,\nde l'entendre et de la réentendre, je ne sens pas l'œuvre de M. Chabrier et\n"}, {"page_pdf": 291, "texte": "                                   —   260   —\n\n\njamais je ne me suis trouvé plus impuissant à me fixer une impression\nesthétique. Je crois, de toute la force de ma raison, que c'est ce que l'on a\nfait récemment en France, de plus original comme forme, de plus fort\ncomme technique, de plus soutenu même ; comme inspiration ; je le crois\net je l'affirme, mais sans m'émouvoir assez à cette croyance pour admirer\nce que je constate. Ma croyance fondée en logique n'a pas cette flamme de\nfoi où brûle un peu d'amour et la logique, en fait d'art, n'obtient pas droit\nde cité.\n   Voilà pourquoi je ne dirai pas de Gwendoline ce qu'il faudrait peut-être\nque j'en dise, parce que je serais pareil à ces cabotins qui tâchent d'inter­\npréter de chic, à force de trucs et de ficelles, un rôle qu'ils ne peuvent\nincarner Dès lors, je me résigne à cette sorte de critique négative avec\nl'arrière-pensée que c'est, dans ce cas-ci, la bonne, puisque en ce faisant, je\nlivre, en somme, toute l'impression et la seule que m'ait procurée l'ouvrage\nde M. Chabrier.\n\n\n    Quel glorieux post-scriptum à Gwendoline que les représentations de\n Mme Caron. On ne nous fera pas un grief de comparer ces deux succès.\nL'interprétation devient création quand elle émane d'un talent aussi haute­\nment personnel que celui-là. Ses créations de Brunnhilde, Valentine, et\nsurtout Marguerite de Faust sont bien son œuvre.\n    Ce qu'elle a acquis de « planches n au lieu de banaliser son jeu, ne donne\nque plus de sûreté et de portée à ses effets de scène. Ses facultés créatrices\nont merveilleusement mis en oeuvre les qualités de voix de physionomie, de\ngeste, d'allure et de stature dont elle est douée, et cette sensitivité nerveuse\nqui fait la profonde psychologie de son jeu semble s'être affinée encore.\nDepuis son départ de Bruxelles, il y a un an, Mme Caron n'a fait que\ns'élever dans son art et l'on peut bien dire qu'elle est actuellement la plus\nsuperbe tragédienne lyrique de notre époque.\n                                        *\n\n    Pour finir la saison, les deux auditions Wagner (répétition et concert) et\n les séances Rubinstein se sont enchevêtrées.\n    Pendant cinq jours, nous avons cru au chef-d'oeuvre et un peu du génie\n des maîtres a passé dans nos rêves.\n    Qui donc disait qu'il y a une légende sur Rubinstein ? le roi du piano\nl'appelait-on et des gens traduisaient : le roi des tapeurs, le suprême\nacrobate du piano ; virtuose incomparable, inimitable à jamais, mais vir­\ntuose.\n   Tous ceux qui ont entendu ou réentendu et senti l'interprétation qu'il\ndonne des sonates en ut dièze et en fa mineur, de Beethoven, et de la\nprofonde fantaisie en ut mineur comme des autres pièces de Schumann\nsavent que Rubinstein n'est pas ce qu'en pense la foule; car, à côté des\nquelques effets symphoniques à coups de poigne qui font saillir les têtes et\nles regards tendus vers son clavier, il y a cette accalmie pleine, cette pureté,\n\n                                                 s\n"}, {"page_pdf": 292, "texte": "                                —   261   —\n\n\ncette immense sérénité d'au delà qui domine en lui et fait oublier les notes,\nle clavier, le piano et le pianiste, pour ne laisser plus qu'une expression\npassionnelle au dessus de toute matière, l'indéfinissable expression de cette\ngrande âme chantante qui a du Beethoven en elle.\n   Nous étions encore sous le coup troublant des concerts Rubinstein,\nquand nous avons entendu au Populaire, le premier acte de Tristan et\n Yseult, dont le succès a été énorme.\n   L'ensemble de l'exécution a été très remarquable.\n   Mme von Edelsberg et Mme Flon, si elles ont parfois faibli, du côté de la\nvoix — accroc peu étonnant, vu l'accent déchirant de cette musique— en\nont au moins donné une interprétation fidèle et intelligente. La voix lumi­\nneuse de M lle Wolf a eu des inspirations de fraîcheur dans la scène de\nSiegfried. M. Renaud a très classiquement dit le rôle de Kourwenal et\nM. Van Dyck. a chanté d'une voix plus sobre que de coutume. Sa diction\na été admirable.\n   L'orchestre, sacrifiant le détail à l'ensemble, a eu de superbes élans de\nvie et de passion.\n   Il est regrettable seulement qu'on ait supprimé les voix dans la Chevau-\nchée; les voix en moins, c'est comme un instrument qui manque et c'est\nincomplet. Mais laissons les critiques de détail pour ne voir que le résultat\ngénéral. Remercions à commencer par M. Dupont, les interprètes de telles\nœuvres.\n   Admirons l'élan de foi qui les anime et découvrons-nous devant ceux qui\nnous invitent aussi ardemment à croire en la religion d'art, la meilleure\nqui soit.\n                                                    HENRY     MAUBEL.\n"}, {"page_pdf": 293, "texte": "                                            — 262 —\n\n\n\n                                   MEMENTO\n                  BELGIQUE                        Belgique, mais ne nous a pas autorisé à\n     Une nouvelle édition de Kees Doorik ôter son masque. Au reste, nous n'avons\n  vient de paraître, édition définitive où l'au­ rien à dire de ce mince pamphlet dont le\n  teur a parfait son œuvre, coupant les angles caractère politique nous empêche de le\n  et comblant les trous. Les lecteurs de la recommander à nos lecteurs; il y est fait\n  Jeune Belgique savent en quelle estime allusion, en dehors de cela, à des incidents\n  nous avons Georges Eekhoud. Dès la pre­ que nous voulons oublier, et nous ne pou­\n  mière heure, il fut des nôtres et n'a pas vons citer qu'une pièce, bien faite : A quel-\n  cessé d'en être; il était arrivé avant nous qu'un qui pleure.\n  dans la lutte littéraire et c'est un aîné Suffit-il de pleurer pour être malheureux?\n  qui, comme Lemonnier s'est spontanément Les larmes sont souvent de très savants mensonges.\n                                                               Et tandis que tu songes.\n uni à l'effort que nous avons tenté, pour­ Songe à la fixité des yeux larges et creux.\n suivi, que nous pousserons jusqu'au bout. J'en sais qui n'ont jamais connu d'autre caresse\n    Aujourd'hui, notre ami Eekhoud compte Que celle de         l'orage et des vents en courroux.\n                                                            Et sous un soleil roux\n parmi les premiers; il a son originalité N'ont pas même fermé leur paupière en détresse.\n propre, faite de rudesse et de brutalité ; son Songe à CPS malheureux qui n'ont pas de baisers.\n                                                 Qui recherchent en vain des lèvres fraternelles,\n amour pour ce qu'il nomme son « terroir                    Et dont les mains fidèles\n d'élection » a fait éclore des oeuvres dura­    Ne  trouvent que néant pour étreindre et bercer.\n bles telles que l'on n'en avait jamais bros­      ue l'on est bienheureux lorsque du fond de l'âme,\n                                                   n peut souffrir encore et se sentir meurtri\n sées dans notre pays, et son chant de style                Celui qui pousse un cri\n est comme un bardit de guerre, aux sono­ A senti dans son cœur quelque mordante flamme.\n rités cruelles et obsédantes.                   Et quelque douloureux que soit le coup reçu,\n                                                 Élevant son chagrin, y trouve d'âpres charmes.\n    Quelle que soit notre indifférence pour                 Quand je verse des larmes,\n les brocards de nos « petits amis », nous Je ressens mieux la vie et je suis moins déçu.\navons un certain scrupule à parler de                                      ***\n Georges Eekhoud et de ses livres; nous\n                                                    La dernière livraison de la Société Nou-\nsommes trop liés pour que notre critique\n                                                 velle publie un remarquable article critique\n ne soit trop emballée et louangeuse; mais\n                                                 de notre confrère Francis Nautet sur Dos­\n nous ne devons pas et ne voulons pas nous\n                                                 TOIEVSKY.\narrêter à cette considération, parce que\nnotre amitié nous vient précisément de\nnotre culte pour un talent si sincère et si         Le n° 157 de la Casserole publie une\nlarge.                                           parodie si franchement drôle d'un air de\n   Kees Doorik est livre connu dans le flûte de Siebel, que nous ne voulons pas en\nmonde des lettrés; nous n'avons donc pas priver les lecteurs. L'auteur en est un hon­\nà redire ce que la Jeune Belgique en a dit nête père de famille, aussi zwanzeur qu'ai­\nlors de l'apparition du volume. C'est à mable et dont nous respecterons l'anony­\nl'occasion des Milices de Saint-François, mat.\nqui vont paraître chez Monnom, qu                         AIRS DE P E T I T E FLUTE\nnous consacrerons une étude à Georges                    COMPLAINTE DES      BOISSONS BUES.\nEekhoud et à son œuvre.\n                                                                                 A MAX WALLER.\n                                                      Ils étaient pochards tous les deux.\n                     ***                              Mais ils marchaient droit comme un orme,\n                                                      N'ayant pas cette ivresse énorme\n   Nous recevons une curieuse brochure                Qu'on cueille aux bacs à schnick hideux.\nsignée Mario Villes et intitulée Bruxelles-           Qu'avaient-ils sifflé donc en somme\nSatire. L'auteur, qui se cache sous le nom            Pour dans cet état s'être mis?\n                                                      Des bocks, des quarts ou des demis?\n de Villes, est connu des lecteurs de la Jeune        Avaient-ils pour trop forte somme\n"}, {"page_pdf": 294, "texte": "                                              — 263 —\n\n  Ingurgité du porto blanc,                       nous intéressent pas et peu nous importe\n  Bu du pale ale ou de la brune,\n  Depuis l'aube jusqu'à la brune                  que tel ou tel prince régnant ou non, leur\n  Pour être si fort sur le flanc?                 ait joué des tours. Ces linges lavés en p u ­\n  Avaient-ils flûte du champagne,                 blic ont une odeur écœurante, et nous le\n  Avale du Beaune ou du Nuits,\n  Pour, avant que l'astre des nuits               déclarons net à M. Lavallé, si le besoin le\n  Brille, ainsi battre la campagne ?\n                                                  pousse à trafiquer dans la fange, qu'il se\n   Est-ce de gin ou de whisky\n   Qu'ils s'étaient arrosé la dalle?              dispense à l'avenir de nous communiquer\n   S'étaient-ils noyé i'amygdale                  ses odeurs. Quand on a le talent qu'il a\n   Sous les flots brûlants du brandy?\n                                                  montré dans ses nouvelles, dans ses exqui­\n   Avaient-ils, exempts de vergogne.\n   Eté se gonfler le ballon                       ses traductions d'idylles allemandes, on ne\n   Chez quelqu'amphytrion wallon                  se salit pas à de telles besognes.\n   Des meilleurs crus de la Bourgogne ?\n   Avaient-ils gobé de l'arack,\n    ui fait dire des mots sans suite?                                 ***\n    on, ces pochards avaient leur cuite\n   D'un cognac à l'eau sans cognac !                 L'éditeur Rozez publie une nouvelle édi­\n                        MARTHE SCHWERDTLEIN.      tion revue de l'Ardenne, le guide du tou­\n                                                  riste, de M. Léon Dommartin. Nous croyons\n                      ***                         inutile de recommander longuement à nos\n  Sous le titre Scherzando,       M. Sapho        lecteurs ce guide, dont ils ne pourront se\n(pour les dames) Paul Berlier publie les          passer s'ils entreprennent la pittoresque ex­\nrimes folles qu'il a collectionnées au cours      cursion qui s'y trouve décrite. Avant ce\nde ses inspirations estudiantines. Ce sont        livre, il n'y avait que le Guide de l'Excur-\ncomme un bouquet de fleurs très délicates,        sionniste, de feu M. le professeur Van Bem­\naux pétales très minces, d'un parfum très         mel, ouvrage mal écrit, inexact et incomplet\nléger, mais où l'on volt tout un printemps.       (nous le savons d'expérience pour nous être\n       Poudrés, musqués tant qu'il se peut,       fourvoyé pratiquement d'après ses indica­\n       Au son d'une musique un peu\n               Dolente,                           tions).\n       Si nous dansions un menuet\n       D'allure antique, ingénue et                  Celui de M. Dommartin est non seule­\n                Troublante.                       ment plein de renseignements précieux,\n  Et le livre est, comme il le dit, un menuet     mais encore — et c'est ce qui nous charme\noù les vers ainsi que des marquises, relè­        surtout — écrit avec humour par un écri­\nvent un brin leur robe fleurie avec une            vain d'esprit.\nindécence parfumée.\n                                                                      ***\n  Scherzando est orné d'un dessin macabre\nde Léon Dardenne, un jeune artiste dont             Nous recommandons aux amateurs l'ex­\nnous aurons encore maintes fois à dire            cellente étude que vient de publier M. Louis\n                                                  Cardon sur ALFRED STEVENS. Cette étude\nbeaucoup de bien. Signalons de lui dans la\ndernière livraison de La Basoche une re­          sera suivie d'autres portant comme titre\nmarquable eau forte pour illustrer un conte       général : LES MODERNISTES. La compétence\nde M. Goffin.                                     et le dilettantisme de M. Louis Cardon sont\n                                                  trop connus pour que nous insistions sur\n                     ***                          la valeur de l'ouvrage.\n  Un de nos anciens collaborateurs, M. Au­\nguste Lavallé nous adresse un sien volume\nqu'il signe Louis de Hessem et qu'il intitule:      Les journaux nous apprennent qu'un\nLes Confessions d'une Comédienne. Il y est        M. Sigogne a donné une conférence au\nquestion de Mlle Caroline Bauer, qui aurait       Palais des Académies. Cet orateur suisse\nété la maîtresse de Léopold Ier, avant que        devient, ce nous semble, un peu encom­\ncelui-ci ne fût monté sur le trône. Nous          brant. Lorsque, il y a belle lurette déjà, il\ngoûtons peu cette sorte de littérature. Les       vint au Cercle parler autour de Victor Hugo,\ndéboires de la princesse de Sayn-Wittgen-         nous l'écoutâmes avec résignation; c'était\nstein, de Cora Pearl ou de Mlle Bauer ne          désarmant, comme dit M. Frédérix. Depuis,\n"}, {"page_pdf": 295, "texte": "                                         — 264 —\n\nM. Sigogne semble vouloir naturaliser son         LA CHANSON PENDANT LA GRÈVE\nverbe, et Ton ne peut plus entrer dans une           Vous qui souillez ce mot saint t Liberté ».\nsalle où il y a quatre personnes, sans le            D e vos meneurs fuyez la perfidie ;\n                                                     Ces grands amis de la fraternité\ntrouver au poste, armé de son verre d'eau            Vont au pillage, au vol, à l'incendie.\net prêt à discourir ; il s'épidémise lui               J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier :\n                                                       Peuple, écoutez la voix du chansonnier.\nmême.                                                Quand le pays doit p r e n d r e son fusil\n   Par grâce, que l'on dépose M. Sigogne à           P o u r s'opposer à la haine barbare.\n                                                     Cherchez-les donc, à l'heure du péril,\nla frontière; le virus qu'il inocule exige un        Tous ces brouillons dont la voix vous égare.\ncordon sanitaire, sinon, dans l'année, tout             J'eus comme vous, etc.\n\nle pays sera peuplé de petits suisses en             D u drapeau rouge à bas l'épouvantail !\n                                                     A vos travaux vous pouvez faire trève,\nquête de locaux à conférence — j'allais dire         Mais sans briser l'instrument du travail\n                                                     E t sans forcer vos frères à la grève.\nbocaux. En outre, il paraît que M. Sigogne              J'eus comme vous, etc.\nest en instance pour obtenir une place de            Songez-y bien, la grève a ses d a n g e r s :\nprofesseur de littérature française; il peut         Quand nos produits ne sortent plus de terre,\n                                                     Vous faites place aux produits étrangers\névidemment se fouiller avec grâce et le              E t vous ouvrez la porte à la misère.\ngouvernement ne sera pas assez bête,                    J ' e u s comme vous, etc.\n\nignare et aliéné pour pêcher son enseigne­           D e s insensés vous disent, à grand bruit.\n                                                     D e dévaster les maisons, les usine:...\nment littéraire à la ligne dans le lac de            Croyez-vous don*', quand tout sera détruit,\n                                                     Trouver du pa:n au milieu des ruines?\nGenève, mais il faut y avoir l'œil cepen­              J ' e u s comme vous, etc.\ndant, d'autant plus que M. Sigogne, malgré           Suivons ceux-là qui risquent leur trésor\nun certain accent de Guillaume Tell, ne              D a n s l'industrie aux luttes pacifiques;\n                                                     L e souverain qui, prodiguant son or.\nmanque pas de charme et tient sous ce                N o u s ouvre au loin des marchés magnifiques.\ncharme tout le sexe auquel nous devons                  J'eus comme vous, etc.\n\nl'amour. Il est d'une courtoisie poudrée qui\ncaptive et c'est avec des gants roses que\n                                                     8 ue ma chanson ait des échos p u i s s a n t s !\n                                                       ranrls par les arts et g r a n d s par l'industrie,\n                                                     Soyons encor le peuple du bon sens\n                                                     Sous le drapeau sacré de la patrie.\nnous le prions de vouloir bien aller voir si\n                                                         J'eus comme vous l'honneur d'être ouvrier :\nle chemin creux qui mène à Kusnacht n'a                  P e u p l e , écoutez la voix du chansonnier.\npas été comblé par les dernières neiges :                                            ANTOINE     CLESSE.\n\n  Durch diese hohle Gasse muss er kom-\nmen !\n                                                     L'Ecole de musique de Saint-Josse-ten-\n  Es führt kein andrer Weg nach Küss­\n                                                  Noode a exécuté le mois dernier, au Palais\nnacht. - Hier vollend' ich's !\n                                                  de toutes les Académies, une œuvre .. ? —\n   Du Schiller, s'il vous plaît ! De l'allemand\n                                                  Non — Quelque chose de M. Michotte, Un\nen l'honneur d'un Suisse qui vient parler\n                                                  petit poème intitulé Myrto, où M. Michotte\nfrançais en Belgique !\n                                                  arefaitle fameux Crépuscule de Massenet :\n                                                  « les Coccinelles sont couchées ». Quelle\n                                                  malheureuse idée M. Michotte a-t-il eu de\n                                                  les réveiller.\n   Il a parlé; non, mais dégustez-moi ce\n                                                     On dirait de sa musique que c'est du\npetit bijou; c'est de la dernière fournée;\n                                                  Massenet lavé à l'eau de javelle. Aussi est-ce\nvoilà le véritable art national, le vers sonore   propre et bien sage. Une vraie musique de\nqui entraîne les foules; tel Tyrtée.              bête à bon Dieu.\n   Il a parlé, le travail a repris; la grève a\nclos sa bouche d'ombre et l'ordre règne à\nVarsovie. Il a parlé, et aussitôt de grands          A signaler à côté de ceci les audaces réi­\npeintres sont venus lui demander l'honneur        térées du Cercle artistique... et littéraire,\nde le représenter dans un tableau apothéo­        où l'art prend décidément racine. La litté­\ntique, droit, noble, calmant les masses.          rature y avait passé dans la personne de\nCela s'appellera la Tentation de Saint-           M. Ruelens. La musique vient d'y faire son\nAntoine Clesse. Silence et Ré/orme :              entrée sous l'espèce originale de M. Léon\n"}, {"page_pdf": 296, "texte": "                                       — 265 —\n\nJouret. Ah ! si M. Jouret mettait autant       sur le parchemin des manuscrits, commen­\nd'originalité dans sa musique que dans ses     tant les textes bibliques de leur pinceau\nhouppelandes! Malheureusement sa mu­           trempé dans du ciel, Péladan a marché\nsique est bornée au Nord par l'Orphéon,        dans la vie le front penché sur la science et\nau Sud par les Artisans réunis, à l'Est et     sur la foi. Adorateur des Primitifs qu'il\nà l'Ouest par les Chœurs du Conservatoire      connaît et qu'il dit avec une exquise fer­\nqui sont de charmants petits chœurs, mais      veur, il a doublé son esthétique du positi­\npas révolutionnaires du tout.                  visme moderne, et suivi les progrès de la\n   Nous avons éprouvé beaucoup de plaisir      chimie comme ceux de la pe mure. Il se\nà les entendre et nous avons quitté la salle   met à genoux devant Cimabue et devant le\nsans attendre la distribution des prix qui     docteur Koch II vise à l'omniscience, et son\nclôturait évidemment la soirée.                cerveau, qu'il bourre de faits, doit être un\n                                               chaos où le temps seulement mettra la\n                    ***                        sérénité pour des oeuvres mûres.\n  M lle Dratz a donné, la dernière avant          Actuellement, M. Joséphin Péladan n'a\nRubinstein, son concert à la Grande-Har­       rien fait, sauf ses études sur l'Orcagna et\nmonie.                                         l'Angelico, qui soit acquis aux lettres pures.\n  Nons n'avons pu l'entendre que dans le       Le Vice suprême et Curieuse! sont deux\nCarnaval de Schumann. Elle l'a interprété      calices dans lesquels il a versé le trop plein\navec toutes les qualités de nature que de­     de ses labeurs, mais les deux œuvres ne\nvait y mettre sa personne délicate et gra­     sont pas faites et démontrent seulement\ncieuse.                                        que Joséphin Péladan est un artiste doublé\n                                               d'un savant; elles indiquent pour l'avenir\n   La maison Breilkopf vient de publier la     des chefs-d'œuvre, mais n'en sont pas; on\npartition pour orchestre des Poëmes sym­       y sent tout un remuement de matériaux\nphoniques de Franz Liszt (trois cahiers),      jetés pêle-mêle, sans mesure, sans ordre,\ndont quelques-uns, notamment les Pré-          un mélange de réalités cruelles el de rêves\nludes (d'après Lamartine), ont été entendus    impossibles, un conte de fées dans un\nà Bruxelles.                                   fait-divers, des airs de Cimarose dans des\n   Quelques lignes de texte explicatif en      trompettes thébaines et des baisers de\nallemand et en français précèdent chaque       harpe au milieu des vinaigres de l'orgue de\nnuméro.                                        barbarie.\n   Cette édition, conçue dans un style très      Curieuse!   est à lire à titre de curiosité.\nclassique, est exécutée avec les soins maté­                        **\nriels de clarté et de correction que la mai­      Heures noires et Nuits blanches, tel est\nson Breitkopf et Härtel apporte à toutes ses   le titre d'un livre bien curieux qui excitera\npublications.                                  au plus haut point la curiosité des lettrés,\n                                               et peut-être même celle du gros public,\n                FRANCE                         bien que ce ne soit qu'un recueil de poésie.\n  Curieuse! par Joséphin Péladan. Un vol.      Quand on saura, en effet, que l'auteur,\nParis, librairie de la Presse (Laurent).       M. Adolphe Vard, inspiré de ces vers si\nPrix : fr. 3-50.                               jeunes et si vivants, a soixante ans aujour­\n  Grèle, un visage d'ascète encadré de         d'hui, et que pendant quarante années de\ncheveux très longs et très noirs; des yeux     sa vie il a exercé sans se plaindre jamais, le\nprofonds qui semblent noyés dans un rêve       plus infime des métiers, celui de graisseur\nsans fin; une voix chaude de méridional        de wagons, on ne pourra se défendre d'une\navec des intonations qui vibrent, Joséphin     émotion bien justifiée.\nPéladan apparaît comme un des derniers            Nous souhaitons à l'éditeur, M. de Brun­\nmoines demeurés du moyen-âge. Comme            hoft, qui a procuré à cet humble la plus\nses pareils ont usé leur enveloppe mortelle    pure et la plus complète des joies, tout le\n"}, {"page_pdf": 297, "texte": "                                         — 266 —\n\n\nsuccès qu'il mérite, succès qui, nous en         Vaucaire Un vol., Paris, Lemerre, 3 francs.\nsommes convaincu, sera ratifié par le suf­         La Femme, essai de sociologie physio­\nfrage de tous.                     (Co.)         logique, par le D r H Thulié. Un vol., Paris,\n                                                 Delahaye, 10 francs\n   Edouard Dujardin. Les Hantises. Léon            Bluette. une petite nouvellette gentillette\n Vanter. Paris, 1 vol. fr. 3-50                  de M. Charles Droupy. 20 pages, chez\n   C'est un beau livre que celui que nous        Merzbach.\ndonne aujourd'hui le directeur de la Revue\nwagnerienne, livre d'une grande unité dans          Les Gaietés de l'Année, par Grosclaude,\nsa suite de chapitres, d'un intense senti­       croquis par Caran d'Ache. — Ce charmant\nment artistique dans sa description si           volume est la véritable Revue de l'année\nextraordinairement nette des états d'esprit       1885, dont les principaux événements dé­\nles plus subtils.                                filent aux yeux du lecteur, sous cette forme\n   Les chapitres intitulés la Vierge en fer,     si vive, d'une gaieté si franche et si fine,\nle Kabbaliste, la future Démence, un Tes-        d'une fantaisie si étincelante, qui a placé\ntament, Bourreau de soi, sont les plus           Grosclaude au premier rang des chroni­\nremarquables de ce volume d'une péné­            queurs parisiens. Un grand nombre de per­\ntrante émotion. La forme seule nous dé­          sonnalités les plus en vue de tous les\nplaît, non qu'elle soit négligée ou pédante,     mondes y sont discrètement raillées par\nmais elle est souvent laborieuse et parfois      cette plume alerte et délicate, qui égratigne\nincorrecte. Nous admettons difficilement         quelquefois mais ne blesse jamais.\nl'adverbe « enlacement », « vous causer »,          Caran d'Ache, le dessinateur aimé du pu­\n« envier à, respecter à », « vous m'avez         blic, dont l'art si fin et si personnel est fait\npromis m'écouter... je commence être             d'observation et d'esprit, a souligné par de\npersuadé .. je résolus tout faire... essayé      nombreux croquis les passages les plus\nparler... s'étend jusque les étoiles... »        humoristiques du texte ; on ne pouvait dési­\nM. Dujardin cherche visiblement à purifier       rer une plus heureuse alliance que celle de\nla langue, mais il casse trop de vitres. Nous\n                                                 ces deux esprits si bien faits pour se com­\nlui passons volontiers sa douce manie\n                                                 pléter l'un par l'autre. (1 vol. in-18 : fr. 3-50.\nd'écrire «en fin, sur-naturel, pour tant, par\n                                                 Librairie de la Presse).\nce que, pour quoi, par fois », et peut-être\naussi sa rage inoffensive de placer deux                               ***\nadjectifs sans conjonction devant beaucoup         Au moment de mettre sous presse, nous\nde mots.                                         apprenons que le directeur de notre revue\n  Quoi qu'il en soit, les Hantises, de l'école   M. Max Waller, a reçu citation à « compa­\nde Poe ou de Villiers de l'Isle Adam, sont         raître le 12 mai 1886, à 9 1/2 heures du\nun livre de première force et qui mérite         « matin, par devant le Tribunal de simple\nplus que la banalité des éloges courants.        « police, siant à Bruxelles, nouveau Pilais\n                                                 « de justice, entrée rue Wynants\n                                                   « Prévenu d'avoir, à Bruxelles, le\n   Chez l'éditeur de Lutece : Les Gaffes des     « 2 4 avril 1 8 8 6 , sifflé et ainsi trou­\nJournalistes, par L.-G. Mostrailles; docu­         blé le spectacle au théâtre des\nments curieux, mais ne prouvant qu'une           « Galeries St Hubert. »\nchose, c'est que le journaliste, devant four­\n                                                   C'est notre confrère en littérature, M.\nnir au jour le jour et rapidement sa copie,\n                                                 Georges Rodenbach, qui a bien voulu se\nest naturellement exposé à commettre des\n                                                 charger de la défense de M. Max Waller.\ngaffes qu'il ne commettrait vraisemblable­\nment pas dans le livre médité avant d'être                             ***\nécrit.                                              Le dernier numéro de l'Artiste publie\n                     ***                         une étude de M. Max Waller sur l'Exposi­\n   Reçu : Effets de théâtre, par Maurice         tion des XX.\n"}, {"page_pdf": 298, "texte": ":\n   Elle voulut absolument recoudre elle même cette chaufferette physiologique.\n   Comme une bonne petite femme de ménage, elle descendit, en cheveux, acheta une\nbelle aiguile d'acier et de la soie verte.\n ' Puis, avec mille précautions, comprimant de sa petite main gauche les intestins qui ne\ndemandaient qu'à déborder, elle recousit de sa petite main droite les deux bords de la\nplaie de son bon ami.\n   A tous les deux, cette nuit est restée comme le meilleur souvenir.\n   113. PIERRE D'OTR. Et en voilà encore une, toujours d'Alphonse Allais :\n\n                          UN MOYEN COMME UN AUTRE.\n                                                        Conte a GUY CROS (6 ans .\n   Il y avait une fois un oncle et un neveu...\n  — Lequel qu'était l'oncle?\n   — Comment lequel? C'était le plus gros, parbleu !\n   — C'est donc gros, les oncles ?\n   — Souvent.\n   — Pourtant, mon oncle Henri n'est pas gros.\n   — Ton oncle Henri n'est pas gros parce qu'il est artiste.\n   — C'est donc pas gros les artistes.\n   — Tu m'embêtes... Si tu m'interromps tout le temps, je ne pourrai pas continuer mon\nhistoire.\n       Je ne vais plus t'interrompre, va.\n       11 y avait une fois un oncle et un neveu. L'oncle était très riche, très riche...\n     — Combien qu'il avait d'argent?\n    — Dix-sept cents milliards de rente, et puis des maisons, des voitures, des cam­\npagnes...\n   — Et des chevaux?\n        Parbleu ! puisqu'il avait des voitures.\n   — Des bateaux... Est-ce qu'il avait des bateaux !\n    — Oui, quatorze.\n    — A vapeur?\n    — Il y en avait trois à vapeur, les autres étaient à voiles.\n    — Et son neveu, est-ce qu'il allait sur les bateaux?\n    — Fiche-moi la paix! Tu m'empêches de raconter l'histoire.\n    — Raconte-la, va, je ne vais plus t'empêcher.\n        Le neveu, lui, n'avait pas le sou, et ça l'embêtait énormément...\n    — Pourquoi que son oncle lui en donnait pas{\n    — Parce que son oncle était un vieil avare qui aimait mieux garder tout son argent\n pour lui. Seulement,comme le neveu était le seul héritier du bonhomme...\n    — Qu'est ce que c'est « héritier ni\n    — Ce sont les gens qui vous prennent votre argent, vos meubles, tout ce que vous\n avez, quand vous êtes mort...\n     — Alors, pourquoi qu'il ne tuait pas son oncle, le neveu?\n    — Eh bien ! tu es joli, toi! I1 ne tuait pas son oncle parce qu'il ne faut pas tuer son\n oncle dans aucune circonstance, même pour hériter.\n     — Pourquoi qu'il ne faut pas tuer son oncle?\n     — A cause des gendarmes.\n     — Mais si les gendarmes le savent pas?\n     — Les gendarmes le savent toujours, le concierge va les prévenir. Et puis, du reste,\n tu vas voir que le neveu a été plus malin que ça. Il avait remarqué que son oncle, après\n chaque repas, était rouge.\n     — Peut être qu'il était saoul.\n     — Non, c'était son tempérament comme ça. Il était apoplectique..\n     — Qu'est- ce que c'est « aplopecpite » ?\n     — Apoplectique... Ce sont des gens qui ont le sang à la tête et qui peuvent mourir\n  d'une forte émotion...\n     — Moi, je suis-t-y apoplectique?\n     — Non, et tu ne le seras jamais. Tu n'as pas une nature à ça. Alors le neveu avait\n  remarqué que surtout les grandes rigolades rendaient son oncle malade, et même une\n  fois il avait failli mourir à la suite d'un éclat de rire trop prolongé.\n     — Ça fait donc mourir, de rire?\n         Oui, quand on est apoplectique. . Un beau jour, voilà que le neveu arrive chez son\n  oncle, juste au moment où il sortait de table. Jamais il n'avait si bien dîné. Il était rouge\n  comme un coq et soufflait comme un phoque...\n     — Comme les phoques du Jardin d'acclimatation '.\n"}, {"page_pdf": 299, "texte": "   — Ce ne sont pas des phoques, d'abord, ce sont des olaries. Le neveu se dit : « Voilà\nle bon moment », et il se met à raconter une histoire drôle, drôle...\n   — Raconte-la moi, dis?\n   - - Attends un instant, je vais te la dire à la fin... L'oncle écoutait l'histoire, et il riait\nil riait à se tordre, si bien qu'il était mort avant que l'histoire fût complètement ter­\nminée.\n   — Quelle histoire donc qu'il lui a racontée ?\n   — Attends une minute... Alors, quand l'oncle a été mort, on l'a enterré, et le neveu a\nhérité...\n   — Il a pris aussi les bateaux?\n   — Il a tout pris puisqu'il était seul héritier.\n   — Mais quelle histoire qu'il lui avait racontée à son oncle?\n   — Eh bien !... celle que je viens de te raconter.\n   — Laquelle?\n   — Celle de l'oncle et du neveu.\n   — Fumiste, va !\n   — Et toi, donc?\n\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris ; publie COURONNE D'ÉPINES, par CLAUDE\n  VENTO. Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs ; en\n  vente partout.\n\n\nVient de paraître une nouvelle édition de luxe de KEES DOORIK,\n  par GEORGES E E K H O U D . Prix : 3 francs.\n\n\n    La Jeune Belgique recommande à ses lecteurs\nle nouvel atelier de photographie EMERA\n         Montagne de la Cour,\n             le plus artistique\n                     de\n                 Bruxelles.\n\n                                                                    Photographies\n                                                                 d'artistes en vogue.\n\n                                              Les costumes du cortège historique\n                                                    des chemins de fer.\n\n\nVient de paraître : LA JEUNESSE BLANCHE, par GEORGES RODEN-\n  BACH. Prix : 3 francs.\n\n\nMADEMOISELLE CORVIN, par JEAN FUSCO, I vol., se trouve chez\n Van Crombrugghe-Christiaens, libraire, Galerie Bortier, 3, 4, 8, 10.\n\n\n     Bruxelles. — Imprimerie Félix Callewaert père,VeMonnom successeur, 26 rue de l'Industrie\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1886-05-05", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 264."}}