{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1886-07-05-n7", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-07-05-n7-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "6e ANNÉE. TOME V, N° 7.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 340, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "6e ANNÉE.        TOME V, N° 7.        PRIX : 60 CENT. ÉTRANGER : 75 CENT.                 5 JUILLET 1886.\n\n\n\n\n                                             LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                           Quand tout s'ébranle et meurt, l ' A r t est là qui se plante,\n                                           Nocturnement bâti comme un monument d'or.\n                                           Et chaque soir que dans la paix, le jour s'endort.\n                                           Sa muraille en miroir jaillit ètincelante,\n                                           El d'un reflet rejette au ciel te firmanent;\n                                           Les poètes venus trop tard pour être prêtres\n                                           Marchent vers les lueurs qui tombent des fenêtres\n                                           Et reluisent ainsi que des plaques d'aimant.\n                                                                             EMILE VERHÀEREN.\n\n\n\n                                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-07-05-n7-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 340, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1034, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "SOMMAIRE;\n   Les Moines                                                       ALBERT GIRAUD.\n   Rimes de printemps                                               ANDRÉ FONTAINAS.\n   T r o i s nouveaux poètes                                        GEORGES RODENBACH.\n   F l u x et reflux                                                HENRY MAUBEL.\n   Ballades en prose .                                              JULES DESTRÉE.\n   Chronique artistique                                             UN FLANEUR.\n   Memento\n\n\n\n\n                                      BRUXELLES\n              ADMINISTRATION :                                       RÉDACTION :\n            26, RUE DE L'INDUSTRIE,                              80, RUE BOSQUET,\n\n                                          PARIS\n                         ALPHONSE LEMERRE,                       ÉDITEUR\n                                 27-31, PASSAGE CHOISEUL, 27-31.\n                                               1886\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-07-05-n7-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "Vaux vers Mans", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 341, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 737, "fin_caractere_exclue": 3848, "texte": "BOITE AUX LETTRES\n   121. A LA BASOCHE. Seriez bien aimable nous envoyer votre dernier numéro qui\nmanque à notre collection. Merci. — A LA SOCIÉTÉ NOUVELLE. Id. le numéro de\ndécembre 1885. Merci. — A GEORGES R... Id. les n os 3, 7 (t. I), 12 (t. II), 6 (t. III) de la\nRevue contemporaine, qui ont servi, dans le procès, à fourrer le museau de Paul Veau\ndans sa.... — A LA WALLONIE. Nous n'avons de l'Elan littéraire que 10 numéros\n1re année (1 r e et 2 e livraisons manquent) et les 4 premiers numéros 2 e année. Seriez bien\ngracieux compléter.\n   122. Du Chat noir; pour faire enrager les aquarellistes :\n                                       LA BELLE IDA.\n   On l'appelle la belle Ida, et on a bien raison, car pour une jolie fille, certes, on peut\ndire que c'est une jolie fille.\n   Mais, si elle est belle comme un astre, la Providence a voulu qu'elle fût spirituelle\ncomme la lune, et dame! vous savez qu'à cet égard la lune a une de ces réputations !\n   Ida, ne cherchons pas à le dissimuler, est lamentablement lunaire.\n   A ce point, que ce sera l'éternelle stupéfaction de ses interlocuteurs de considérer\ncombien peu de mots sont nécessaires à Ida pour entasser tant de luneries malencon­\ntreuses.\n   Et tout ça, avec des airs roublards, subtils et bien informés !\n   Vous-même, moi-même, n'est-ce pas, si nous étions jolis comme ça, et si candides, on\npourrait s'en tirer.\n   Moi, je me contenterais de jouer un rôle exclusivement décoratif, et n'ouvrirais la\nbouche que pour les besoins usuels de la vie.\n   Avec Ida, ça n'est pas la même chose.\n   Autant elle est belle, autant elle est bavarde, et elle aimerait mieux, Ophélie moderne,\nse jeter dans le bassin Pigalle, que de rater l'occasion d'étonner ses contemporains par\nses aperçus bizarroldes.\n   Au fait, je ne vous ai pas encore dévoilé sur quel degré de l'échelle sociale on risque de\nrencontrer la belle Ida.\n   Elle est modèle. — vous l'aviez deviné, peut-être? Tous les peintres du quartier\nVilliers et des Ternes la connaissent bien, car elle fait à la fois les délices et la terreur de\nleurs ateliers.\n   Les délices, à cause de l'éternel imprévu de ses trouvailles ; la terreur, pour sa terrible\nmanie de colporter, d'atelier à atelier, des potins souvent mal interprétés.\n   On n'ose plus rien dire, devant elle, que des paroles vagues et sans portée. Parfois, de\njeunes peintres fumistes lui avancent gravement des assertions folichonnes, qu'elle\nrecueille comme paroles d'Evangile, et qui reçoivent, du coup, l'énorme publicité de sa\npetite bouche rose.\n  Et voilà comment, sans s'en douter, elle causa tant de joie, la semaine dernière, à tra­\nvers tous les ateliers où elle pose.\n  Elle était chez le jeune peintre A...\n   Le jeune peintre A... est payé pour connaître Ida. Aussi, n'a-t-il avec elle que des con­\nversations d'où le bon sens est soigneusement banni.\n  — Ah ! s'écria Ida en minaudant, j'ai vu hier chez Jacquot une bien jolie aquarelle..,\n  — De qui donc?\n  — Mais... de lui.\n  — Fichez-moi donc la paix avec votre Jacquot. Je sais bien, moi, comment il les fait,\nses aquarelles.\n  — Comment donc les fait-il?\n"}, {"page_pdf": 378, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3998, "texte": "       Non, ma petite amie, c'est trop grave à raconter; parce que, si ça venait à se\nsavoir!...\n   — Vous pouvez bien me le dire, à moi. Vous savez que je ne suis pas bavarde.\n   — Si vous voulez me promettre de ne pas le répéter, je vous le dirai.\n   — Je vous donne ma parole.\n   — Eh bien, Jacquot...\n   Puis, comme se ravisant, A... ajouta :\n   — Non, c'est trop grave !\n   Sur les instances d'Ida, pourtant, et lui faisant jurer le secret le plus absolu, il se\npencha vers son oreille, et tout bas :\n   — Eh bien, dit-il, Jacquot met de l'eau dans ses aquarelles !...\n   Ida se récria... Comment, Jacquot!... Jamais elle n'aurait cru ça de lui.\n   Le soir même, A... rencontra son confrère B... et lui raconta l'histoire. Justement, Ida\ndevait poser chez B... le lendemain.\n   Ce que B... avait prévu arriva\n   Ida fit habilement tomber la conversation sur Jacquot.\n   — C'est égal, fit sérieusement B..., cet animal-là fait de bien jolies aquarelles.\n   Ida leva les épaules imperceptiblement, et avec une moue charmante :\n   — Ah ! oui, les aquarelles de Jacquot ! on sait comment il les fait!...\n   B... n'eut pas besoin d'insister beaucoup pour arracher le terrible secret : Jacquot met­\ntait de l'eau dans ses aquarelles.\n   Huit jours après, tout le quartier était au courant des inqualifiables procédés artis­\ntiques de Jacquot.\n   Jacquot, lui-même, en avait été avisé, dans les premiers.\n    Un jour que la belle Ida posait chez A..., et que, selon l'habitude, on jasait sur l'aqua­\nrelle de Jacquot, A... prit une figure sérieuse :\n   — Savez-vous, Ida, ce que vous devriez faire?\n   — Non...\n   — Vous devriez avertir Jacquot.\n   — Mais je n'oserai jamais.\n   — Allons donc ! Il vous aime beaucoup et il acceptera très bien ça de votre part.\n   Au fond, Ida était enchantée.\n   Elle alla trouver le peintre, et avec des petites mines, des réticences, des protestations\nd'amitié, elle finit partout dire.\n   Jacquot parut atterré.\n   Visiblement ému, il prit les mains d'Ida dans ses mains.\n   — Comment, ça se sait?\n   — Mais on ne parle que de ça !\n   — Ah! merci, Ida, merci du service que vous me rendez en venant m'avertir. C'est\nl'honneur artistique, la vie, peut-être, que vous me sauvez !\n    Et maintenant, quand on parle devant la belle Ida du grand peintre Jacquot, elle se\n donne un air supérieur :\n    — Jacquot?... Encore un qui me doit une belle chandelle !\n    123. CH. M... Merci pour votre intéressante suite de vers. Pour vous encourager à\n travailler, nous insérerons prochainement votre Carte de visite, avec cette observation\n cependant que cette pièce et les autres sont loin d'être parfaites. Vous avez une facilité\n qui vous fait négliger un peu la facture; tâchez de trouver le mot juste en même temps\n que sonore, supprimez les flambeau, contacts ravissants, essaim, etc., qui ont un air de\n rime amenée; en un mot. ciselez davantage et jetez vingt pièces à votre panier avant d'en\n accepter une seule comme bonne.\n    124.      ENIGME. Mon premier est un époux de valeur.\n                        C'est veau, parce que Marivaux.\n                        Mon deuxième a eu la foi.\n                        C'est ver, parce que Veracruz.\n                        Mon troisième est une loque.\n                        C'est mans, parce que mansarde.\n                        Mon tout a des callosités fessières.\n    125. Encore une : L'hirondelle de mon premier sommeille.\n                       Mon second est la conséquence d'abus de laitage.\n                       Quand mon troisième est désarçonné, on ordonne de le tuer.\n                       Mon tout est l'inscription qu'on lit sur les anciennes gravures repré­\n                         sentant les bords de la Sarthe.\n  SOLUTION. Mon premier est veau. En effet, l'aronde du veau dort.\n              Mon second est ver, parce qu'on dit de certains hommes qu'ils sont verdelets.\n              Mon troisième est mans quand on dit : Tu m'ensorcelles.\n              Mon tout est Wauvermans : Vaux vers Mans.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-07-05-n7-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 303, "page_fin": 309, "titre_corps": "Les Moines", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "LES MOINES", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "RIMES DE PRINTEMPS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 342, "page_imprimee": 303, "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1974, "texte": "LES MOINES (*)\n                                                          A EMILE VERHAEREN.\n\n               MON CHER POÈTE,\n\n\n\n                               Si je n'étais pas Jeune-Belgique, c'est-à-dire si\n                             j'étais capable d'être étonné, embarrassé, arrêté\n                             par quelqu'un ou par quelque chose, j'userais et\n                             j'abuserais de ce droit de l'homme : être perplexe.\n                                Sais-tu ce que c'est qu'un dilemme? C'est une\n                             espèce de raisonnement à deux branches : les\n                                ciseaux de la logique. On met le patient entre\n                                les deux branches; puis on les rapproche. Le\n                                patient est généralement coupé en deux.\n                        Or voici les deux branches épouvantablement aigui­\n                     sées entre lesquelles je me trouve : Si je te loue, je suis\n                     un complaisant, un encenseur, un enfant de chœur de la\n                     petite chapelle, et je suis perdu. Si je te critique un peu\n                  vertement, je suis un mauvais camarade, un enfant de\n                  chœur faisant des polissonneries dans l'encensoir, que sais­\n                 ­e? un envieux peut-être, et je suis perdu.\n                  Eh bien ! puisque je suis perdu, dans les deux cas, quoi\n              'qu'il arrive, il me plaît de me perdre le plus follement possi­\n           ble. Je te louerai sans réserve, et je te blâmerai sans détours. Je\n           te ferai passer, doucement, très doucement l'encensoir sous les\n           narines, et puis tout à coup, sans te prévenir, je te le casserai\nsur la tête. Quant à la galerie, mon cher poète, j'ai cette vieille habitude\n\n\n (1) Les Moines, par Emile Verhaeren. Paris, Alphonse Lemerre.\n                                                                       19\n"}, {"page_pdf": 343, "page_imprimee": 304, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2898, "texte": "                                  — 304 —\n\n d'agir absolument comme si elle n'existait pas. Et pour ce qui est de son\n dilemme, si coupant qu'il soit, je crois que ce sera lui qui sera coupé.\n     Et ainsi se vérifiera une fois de plus l'exquis et savoureux proverbe\n russe : « Je t'aime comme mon âme, mais je te secoue comme un poirier ! »\n     Si quelqu'un des nôtres, mon vieux camarade d'Université, de vie folle\n et de plume au vent, a reçu, dès le berceau, par la grâce des Fées bienfai­\n santes, ce don rare et perfide qu'on appelle le don de Poésie, c'est bien-\n toi, l'auteur des Flamandes et des Moines. Toutes les facultés innées\n du poète, tu les réunis avec prodigalité. Tu as la sensibilité foudroyante,\n l'étincelle électrique et divine qui permet à ceux qu'elle frappe de vivre en\n une seconde tous les hommes et tous les siècles à la fois, d'évoquer tous les\nciels, tous les paysages, tous les décors, bref, d'être quand il leur plaît, un\nmonde distinct du monde, différent du monde et semblable au monde. Tu\nas une imagination d'aigle, et l'or des soleils ne te fait pas peur. Tu détiens\nla clef magique des symboles, sans laquelle il n'est point de poésie, c'est à\ndire d'essence. Tu as l'image imprévue, véhémente, originale, décorative\ncomme un arc de triomphe et comme un lit de parade. Tu as la volonté\npuissante et désordonnée, les mains impatientes et nerveuses des forts. Tu\ndébutas, il y a trois ans, par une orgie écrite, — faut-il dire écrite? — une\ndébauche de couleurs, de rimes et de mots, une priapée littéraire : Les Fla­\nmandes. C'était jeune, violent, exaspéré, fou ! Rouge et or, avec des fracas\nde cuivres forains, de grosses caisses publiques, de trombones populaires.\nUn Jordaens ivre, trempant les balais et les cuillers à pot de Goya dans des\ncuves de vermillon, d'ocre et de garance, et jurant qu'il en barbouillerait la\nterre, les cieux et les étoiles, c'était toi. Cuisine féroce, en plein air, au\nson de musiques enragées, où, cuisinier pantagruélique et toujours agité,\ntu cuisais, sur d'énormes feux de joie, des taureaux et des bœufs que tu\nessayais, avec des hurlements de sauvage, de dévorer à moitié crus. Tu\nétais un cannibale de l'art; un cannibale plein d'avenir et de promesses,\nmais un cannibale.\n    Malheureusement pour toi, cette poésie rabelaisienne et flamande, qui\navait juré d'être plantureuse, avait les yeux, et les rimes, plus grands que le\nventre. Elle était vouée à l'indigestion finale. La crise éclata. Pantagruel\nfit une retraite à La Trappe. Et au lieu du poète ventripotent, exubérant,\nfou de son corps, de son estomac, de sa bouche, au lieu du virulent adepte\ndu lard pour lard, nous vîmes revenir, qui? Un être ascétique, maigre,\ntout en profil, un peu grincheux, bizarre, suivi d'un vol de coquecigrues,\net qui avait l'air, tant il était déshabillé de sa chair et de sa joie, d'avoir\nmarché sur Zurbaran et sur Ribeira.\n"}, {"page_pdf": 344, "page_imprimee": 305, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2566, "texte": "                                   — 305 —\n\n   De même que tu vis naguère les Flamands à travers Jordaens et Steen,\ntu vois aujourd'hui les moines à travers les peintres espagnols, amoureux\nde sang et de carnage. Tu les contemples, plutôt dans le passé que dans le\nprésent, dans la légende que dans l'histoire, surhumains, d'un seul bloc, en\ndes attitudes éternelles. Tu les imagines hagards, fous du crucifix, affamés\nde supplice, prêts à retourner le signe rédempteur pour en faire un glaive.\nOu des ascètes brûlés par la foi, prophétisant dans les déserts bibliques, ou\ndes Torquemada plantant, de force, la croix sanglante dans le cœur pante­\nlant des martyrs. Tes moines, peu divers, et qui peuvent se ramener à ces\ndeux types, sont au fond des moines romantiques. Petrus Borel leur dirait :\n« Mon frère! » Quant aux gavroches du naturalisme, ils sont capables de\nleur crier : « Et ta sœur? »\n   Les moines dont je parle, tu les a incarnés dans des vers superbes,\nrugueux, fauves, traînants comme des litanies, pieux comme des pénitents,\norgueilleux comme des chapes et comme des bannières :\n\n                                 LES MOINES\n             Je vous invoque ici, Moines   apostoliques,\n             Chandeliers d'or, flambeaux de foi, porteurs de feu,\n             Astres versant le jour aux siècles catholiques,\n             Constructeurs éblouis de la maison de Dieu ;\n             Solitaires assis sur les montagnes blanches,\n             Marbres de volonté, de force et de courroux,\n             Prêcheurs tenant levés vos bras à longues manches\n             Sur les remords ployés des peuples à genoux ;\n             Vitraux avivés d'aube et de matin candides,\n             Vases de chasteté ne tarissant  jamais,\n             Miroirs réverbérant comme des lacs lucides\n             Des rives de douceur et des vallons de paix ;\n             Voyants dont l'âme était la mystique    habitante\n             Longtemps avant la mort d'un monde        extra-humain,\n             Torses incendiés de ferveur  haletante,\n             Rocs barbares debout sur l'empire romain ;\n             Etendards embrasés, armures de l'Eglise,\n             A batteurs d'hérésie à larges coups de croix,\n             Géants chargés d'orgueil que Rome     immortalise,\n             Glaives sacrés pendus sur la tête des rois ;\n             Arches dont le haut cintre arquait sa vastitude\n             Avec de lourds piliers d'argent comme soutiens\n             Du côté de l'aurore et de la solitude\n             D'où sont venus vers nous les grands fleuves   chrétiens;\n"}, {"page_pdf": 345, "page_imprimee": 306, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "                                   — 306 —\n\n             Clairons sonnant le Christ à belles claironnées,\n             Tocsins battant l'alarme à mornes glas tombants,\n             Tours de soleil de loin en loin illuminées\n             Qui poussez dans le ciel vos crucifix  flambants.\n\n  Ton livre est plein de vers spontanés, d'un seul jet, frémissants comme\ndes javelines, qui s'enfoncent dans la cible avec une tranquille et fou­\ndroyante rapidité :\n             Il en est dont les reins se ceinturent d'orties,\n             Et qui marchent hagards, par les sentiers étroits,\n             Le dos raidi, les flancs creusés, les bras en croix,\n             La bouche effrayamment ouverte aux prophéties.\n             D'autres, la gorge sèche et la poitrine en feu,\n             Sont les suppliciés de jeûne et de prière\n             Dont le corps s'éternise en des gestes de pierre\n             Et qui dans les déserts hurlent après leur Dieu !\n\n  J'admire aussi, sans arrière-pensée ni restrictions, cette belle apostrophe\naux moines :\n             Moines grandis parmi l'exil et les défaites,\n            Moines chassés, mais dont les vêtements vermeils\n            Illuminent la nuit du monde et dont les têtes\n            Passent dans la clarté des suprêmes soleils,\n            Nous vous magnifions, nous les poètes calmes,.\n            Et puisque rien défier n'est aujourd'hui    vainqueur,\n            Puisqu'on a déchiré les lauriers et les palmes,\n            Moines, grands isolés de pensée et de cœur,\n            Avant que la dernière âme ne soit tuée,\n            Mes vers vous bâtiront de mystiques    autels,\n            Sous le velum errant d'une chaste nuée,\n            Afin qu'un jour cette âme aux désirs éternels,\n            Pensive et seule et triste au fond de la nuit blême,\n            De votre gloire éteinte allume encore le feu,\n            Et songe à vous encor quand le dernier blasphème\n            Comme une épée immense aura transpercé Dieu !\n\n   Cela est parfait, achevé. Cela ne peut être exprimé autrement. Cela est\nde la grande et forte poésie.\n   Mais ce que je n'admire plus du tout, mon cher ami, ce que je réprouve\navec horreur, ce qui m'encolère et m'énerve, c'est ton dédain d'improvisa­\nteur pour la forme du vers, ton ignorance profonde et vertigineuse de la\nprosodie et de la langue, tes manies enfantines et baroques de réformateur\nsans réformes. Comment veux-tu que j'apprécie des strophes comme\ncelles-ci :\n"}, {"page_pdf": 346, "page_imprimee": 307, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2023, "texte": "                                        — 307 —\n\n               Avec leur manteau blanc, ouvert ainsi qu'une aile,\n               On les voit tout à coup illuminer la nuit\n               Dont le barbare et grand moyen âge crénèle\n               L'Europe, où rien d'humain ni de juste ne luit.\n\nou bien encore :\n               Ces temps passaient de fer et de splendeur vêtus,\n               Et le progrès n'avait encore de sa racloire\n               Rien enlevé de grand, de féroce et de gourd\n               Au monde\nou encore :\n              Les fleurs lui parfumaient la vie et le sommeil,\n              Et pour elles c'était qu'il aimait le soleil.\n\n   Comment veux-tu que j'apprécie ces vers, l'un de onze, l'autre de\ntreize pieds :\n               Toi tu fus conquis par     l'immobilité\n\n              A sa très douce Dame et Mère           Sainte-Marie.\n\n\n  Tu me diras que Paul Verlaine aussi a écrit des vers de onze et de treize\npieds. Je veux bien. Mais quand il l'a fait, il le savait.\n  Et comment peux-tu exiger que je me contienne devant des alexandrins\nde cette espèce :\n              Front nu, torse en hauteur, allures        attaquantes\n\n              Des cuissots roux dont une odeur d'ambre et de myrrhe\n              Fume à travers les dents de longs plats crénelés.\n\n                                     Les grands moines enluminés\n              Qui par dessus les plats des lourdes victuailles\n              Penchent leur face énorme et leurs sens tisonnés.\n\n                                                Leurs attelages\n              Sont amenés fringants     sous les ormes trapus.\n              On LES Y voit monter\n\n              Ils n'avaient cure et soin jamais   que de leur fief.\n\n              Après secours portés aux malades des bourgs\n                                        des tryptiques funèbres,\n              Oit des crucifiements pendent écartelés.\n\n              Ils vivent sans sortir de leur rêve infécond,\n              Mais ce rêve est si haut qu'on ne voit pas leur front.\n"}, {"page_pdf": 347, "page_imprimee": 308, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "                                   — 308 —\n\n\n\n              Et les femmes traînaient leurs robes en écumes.\n              ... Et le vide du cloître et les poids de silence\n              Qui pesant sur le cœur lèvent la volonté.\n\n    C'est un congrès international de fautes de français, de vers boiteux, de\ntournures baroques, d'images fausses, de métaphores incompréhensibles.\nC'est, dans toute son horreur, l'effroyable jargon du critique d'art et du\npilier de panorama. C'est du Savoyard, de l'Auvergnat, de l'Apache, du\nMalgache, du Huron, du Commanche, du Patagon. C'est la danse du\nscalp autour de la grammaire, de la logique et du bon sens. On dirait\ndes mots qui courent dans des sacs.\n    Qu'en résulte-t-il? C'est qu'à part deux ou trois pièces entièrement belles,\noù l'expression est adéquate à la pensée, et de nombreux beaux vers épar­\npillés dans le livre, ton œuvre est, au point de vue de la réalisation plas­\ntique, au point de vue de l'art, presque inexistante. Tu n'as pas fait un\npas en avant depuis les Flamandes. En poésie, il ne suffit pas d'avoir\nle don, mon cher ami. Il faut avoir, outre le génie naturel, une chose\nindispensable, et qui s'acquiert : le talent. Et tu dissipes follement, sans\n profit pour toi ni pour ta gloire, un des plus beaux patrimoines d'art qu'il\nait été donné à un rimeur de posséder ici bas.\n    On raconte, est-ce vrai? que tu n'aimes d'ailleurs pas ce livre, et qu'il\ncontient, à ton avis, beaucoup trop « de vers bellement faits ». Si c'est pour\ncela que tu ne l'aimes pas, tu as grand tort, mon vieux camarade, et tu\ndevrais au contraire l'aimer beaucoup.\n    Oh! je sais bien que tu te bâtis en ce moment un art étrange, dont tout\nl'effort et tout le succès consiste à tirer des cris de fureur de la gorge de ceux\n que tu appelles les bourgeois, et que tu te crois naïvement un révolution­\n naire poétique ; je sais que tu subis en ce moment l'influence d'un poète de\ngrand talent, original malgré ses imitations de Verlaine, et que j'ai été l'un\ndes premiers, le premier peut être, à saluer comme il convient. Mais, outre\nqu'à trouver une chose belle, non pas parce qu'elle est belle, mais parce\nqu'elle horripile le « bourgeois », on verse tout simplement dans le comble\nde la bourgeoisie, dans la bourgeoisie à rebours; outre que les révolutions\nartistiques sont plus apparentes que réelles, Corneille donnant aujourd'hui\nla main à Hugo, et Hugo devant la tendre bientôt à Zola, l'influence du\npoète dont je parle ne t'est pas bonne. Tu te perdrais à lui emprunter ses\nrhythmes et sa manière, ou même ses manières. C'est comme si le câble\ntransatlantique avait envie de devenir fil de la Vierge.\n  Tous les grands poètes, révolutionnaires ou non, sont au fond des con-\n"}, {"page_pdf": 348, "page_imprimee": 309, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 519, "texte": "                                 — 309 —\n\ntinuateurs, et deviennent fatalement des classiques. Et c'est précisément\nparce que, en ces temps d'anarchie littéraire, la forme plastique de la pensée\nest méprisée et blasphémée, que nous devons garder fidèlement, jalouse­\nment, encore plus ici en Belgique qu'en France, le dépôt sacré de cet outil\nennobli par les maîtres, de cet outil souple et fort comme une épée : La\nLangue artiste.\n                                                        ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-07-05-n7-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 309, "page_fin": 312, "titre_corps": "Rimes de printemps", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "André Fontainas", "ancre_debut": "RIMES DE PRINTEMPS", "ancre_fin": "ANDRÉ FONTAINAS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 348, "page_imprimee": 309, "debut_caractere": 519, "fin_caractere_exclue": 1762, "texte": "RIMES DE PRINTEMPS\n                                              A la très chère, à la très belle\n                                              Qui remplit mon cœur de clarté.\n                                                               BAUDELAIRE.\n\n\n                           LE SANCTUAIRE\n\n      Vierge, par la beauté, par la grâce et l'esprit,\n      Vous vous montrez semblable aux déesses antiques\n      Dont la céleste chair avec orgueil fleurit.\n\n      Vous avez la splendeur de leurs contours plastiques,\n      Et parmi les Amours rayonnants et joyeux\n      Sur vos lèvres se jouent les abeilles attiques.\n\n      Les plus chastes désirs illuminent vos yeux;\n      Vous êtes le poème idéal de la Femme;\n      Les hommes devant vous tremblent d'amour pieux;\n\n       Vous avez la candeur et la noblesse d'âme ;\n      Il semble à votre aspect sous l'horizon lointain\n      Que le ciel endormi se réveille et s'enflamme :\n\n      L'aube n'a pas l'éclat vermeil de votre teint;\n      Le soleil n'a pas l'or de votre chevelure;\n      Il n'a pas votre rire adorable et mutin.\n\n      Et je veux vous chanter — ô vierge calme et pure ! —\n      Je veux vous consacrer un autel où les fleurs\n      Par milliers égaieront la mousse et la verdure,\n"}, {"page_pdf": 349, "page_imprimee": 310, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1344, "texte": "                        — 310 —\n\nEt parmi les clartés de leurs vives couleurs,\nJe mettrai, d'une main exercée et légère,\nPour préserver l'autel des impures chaleurs,\n\nDes guirlandes   de myrte au front   du   sanctuaire.\n\n\n                    LE PRINTEMPS\nA midi le soleil et les astres la nuit\nDispersent la toison de leur lumière blonde;\nLe rire des cieux clairs épanouit le monde\nEt la Nature au feu de leurs baisers reluit.\n\nVoici donc reparu le Printemps ! Il poursuit,\nHaletant, enivré de sa vigueur féconde,\nTout vibrant d'harmonie ineffable et profonde,\nLa saison pluvieuse et froide qui s'enfuit.\n\nLa Terre, jeune, avec l'orgueil de l'innocence\n(C'est la toujours nouvelle et même renaissance),\nMurmure aux vents légers ses secrets palpitants.\n\nMais Vous — ô toujours belle, ô toujours bonne Aimée,\nVous êtes à jamais la saison embaumée :\nVotre fraîche beauté résume le Printemps.\n\n\n                      LANGUEUR\n\nComme sur la mer qu'un soleil d'été dore\nVolent les rires innombrables des flots,\nDans vos yeux clairs, à travers vos cils mi-clos,\nDansent des lueurs d'espérance et d'aurore,\nComme sur la mer qu'un soleil d'été dore.\n\nLentement un songe occupe votre esprit;\n Vous abaissez vos paupières alourdies\nAux échos des voix lointaines et hardies,\nDont le souvenir en votre cœur fleurit.\nLentement un songe occupe votre esprit.\n"}, {"page_pdf": 350, "page_imprimee": 311, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1388, "texte": "                       — 311 —\n\nSur votre lèvre humide hésite un sourire\nImmobile, — un sourire d'extasié\nQui, par son divin amour supplicié,\nCuverait avec volupté son martyre;\nSur votre lèvre humide hésite un sourire.\n\nO Vierge ! est-ce à moi que vous rêvez parfois\nLorsque le rêve habite votre pensée ?\nQuand je vous aperçois, la tête baissée,\nToute rêveuse, sans regard et sans voix,\nDites, est-ce à moi que vous rêvez parfois ?\n\n\n                     ADORATION\n\nLys et roses, visage épanoui, chair fraîche,\nPrunelles aux regards de f eu si caressants,\nLèvres où le jour luit, palpitantes d'accents\nLents comme la Musique ou prompts comme la flèche,\nBrûlez en mon esprit, vision rose et fraîche !\n\nChevelure où se jouent les frisons du soleil\nQue mes regards n'ont pu supporter sans brûlure,\nO molle, étourdissante et blonde chevelure,\nFoyer d'astres ardents, torrent d'amour vermeil,\nOh ! submergez mon cœur, tumultueux soleil !\n\nOngles resplendissants de nacre et de lumière,\nMains fines aux douceurs étranges, bras sculptés\nPar un artiste dieu, modeleur de beautés,\nGrâce du corps passant la grâce coutumière,\nAveuglez mes yeux, flots de vivante lumière!\n\nO f orme impérissable, ô buste harmonieux,\nIdéale poitrine aux lignes impassibles,\n Taille onduleuse ainsi que les vagues flexibles,\nJ'ai pour vous un amour violent et pieux :\nFraîcheurs, soleil, lumière, ô corps harmonieux !\n"}, {"page_pdf": 351, "page_imprimee": 312, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 888, "texte": "              — 3l2 —\n\n\n\n              ARIETTE\n\n  Rythmes sautillants, fluets\n  Et pimpants des menuets\n       Et des pavanes ;\n  Fraîcheurs de fleurs de pêcher\n  Qu'ont les nymphes de Boucher,\n      Si diaphanes;\n\n  Pétales des roses-thé,\n  Chairs de lys et de clarté\n      Blanches et roses;\n  Timides, frêles couleurs,\n  Charmes pâles des langueurs\n      Et des chloroses;\n\n Chairs qui parfument les airs,\n Doux regards tendres et clairs\n     Des Amoureuses;\n Cheveux lumineux, épars\n Sur le front de toutes parts,\n     Boucles fiévreuses ;\n\nLèvre babillarde où rit\nEt s'épanouit l'esprit\n     Qui nous captive\nDans la lumière des dents;\nEnthousiasmes ardents ;\n    Fierté native;\n\nTout ce qu'on aime : candeur,\nHarmonieuse     splendeur,\n     Grâce charnelle,\nRires de l'âme et du corps,\nVoix sereine aux purs accords,\n     Tout est en Elle !\n\n                        ANDRÉ FONTAINAS."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-07-05-n7-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 313, "page_fin": 322, "titre_corps": "Trois nouveaux poètes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Rodenbach", "ancre_debut": "TROIS NOUVEAUX POÈTES", "ancre_fin": "GEORGES RODENBACH", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "FLUX ET REFLUX", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 352, "page_imprimee": 313, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 2288, "texte": "TROIS NOUVEAUX POÈTES\n\nCharles Van Lerberghe. — Grégoire Le Roy. — Maurice                  Maeterlinck.\n\n              Un dimanche de mai, l'an dernier, j'étais à Gand, flânant sur\n               la place d'Armes, une grande place entourée d'arbres, où les\n               gens de la ville ont cette curieuse habitude de se rassembler\n               les dimanches midi, en été, pour entendre des musiques mili­\ntaires, ces concerts « riches de cuivre » dont parle Baudelaire, qui versent\nun peu d'héro'isme dans l'âme éparse des foules.\n   Je me promenais seul, hanté par l'architecture compliquée des vieilles\nfaçades, intéressé à la gaîté des arbustes et des bouquets — il s'y tient un\nmarché — qui fleurissaient, tout autour, les bancs et des étagères.\n   Tout à coup je vis deux jeunes gens s'approcher de moi, l'air timide, et\nl'un d'eux, en s'excusant, me demanda si la Jeune-Belgique se proposait de\nse rendre en corps aux funérailles de Victor Hugo, qui précisément était\nmort trois jours auparavant.\n   On juge de mon étonnement. Ce fut à mon tour de questionner : ils\nconnaissaient donc la Jeune-Belgique, ils s'intéressaient à elle? ils aimaient,\neux aussi, la poésie pour avoir le si vif désir d'escorter le convoi du grand\npoète?\n   J'appris bientôt que j'avais affaire à des amis inconnus, à ceux dont parle\nSully-Prudhomme avec qui notre esprit, inconsciemment, se mêle et com­\nmunie\n                                         ... en l'invisible monde\n                Oit les fiers et les doux se sont fait leur cité !\n   Tous nos livres leur étaient familiers, tous les poètes leur étaient connus\net bientôt nous parlâmes délicieusement de cette si curieuse ville où ils\nvivaient ensemble, où j'avais vécu moi-même, du charme silencieux des\nvieux murs, des eaux dormantes et lasses, des quais dont les pignons\nnoircis ont des airs de cagoules par dessus les maisons, — toute cette cité\nd'automne et de veuvage où s'effeuillent de quart d'heure en quart d'heure\nles pétales de fer du carillon.\n   Après avoir longtemps causé, ils m'avouèrent — presque en rougissant\n— qu'eux aussi faisaient des vers, ce qui ne laissa pas que de m'inquiéter un\npeu. Je craignais de recevoir quelques-unes de ces poésies banalement cor-\n"}, {"page_pdf": 353, "page_imprimee": 314, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2397, "texte": "                                      -   314    -\n\nrectes sur les champs ou sur l'amour, comme on en écrit partout en pro­\nvince, à Verviers et ailleurs, avec une naïveté presque     touchante.\n   Des vers de 183o, dans le sens ridicule de l'expression, des vers dont les\nrimes pendraient comme de longues boucles, des strophes amples et vides,\nde la poésie en crinoline.\n   Néanmoins j'e les engageai à m'envoyer quelque chose ; ils répondirent\nqu'ils n'oseraient pas, qu'ils commençaient à peine. J'insistai beaucoup,\npiqué au jeu; ils promirent; et quelques jours après je reçus d'un d'eux un\ncahier, un gros cahier de sonnets avec le nom de l'auteur, Charles Van\nLerberghe, et un vers d'Horace comme épigraphe, ce qui indiquait la\nmodestie du poète : « Delere licebit quod non edideris ; il sera permis de\ndétruire ce qu'on n'aura pas publié ».\n  Dès la première page, je fut conquis :\n                    Soyez, mes vers, comme les roses,\n                    Comme les lys et les lilas,\n                    Bouches sans voix, parfums sans causes.\n                    Soyez comme des courtisanes\n                    Sous les longs voiles diaphanes\n                    Cambrant leurs seins aux baisers chers.\n                    Brunes aux yeux de flammes blondes,\n                    Aux yeux d'aurore, dont les chairs\n                    Sont superbement infécondes.\n\n  C'était donc un pur poète ! L'art pour l'art, dans le sens d'art dégagé,\nhautain, rêvé, — sans cesser d'être humain ; mais aucune tare politique,\naucune manie d'apostolat social ou philosophique.\n  Rien de banal donc, comme inspiration, et à toute page des vers superbes\ncomme ceux-ci à propos des navires dans un sonnet intitulé le Port :\n            Mais l'eau limpide et calme où leur ombre s'allonge\n            Endort les grands vaisseaux assoupis et lassés\n            Et la voix de la mer passe en eux comme un songe!\n\n  Ailleurs, dans un sonnet sur un château en ruines, il dit, en parlant des\nhiboux :\n           Sombres méditateurs de ces temps glorieux,\n           Ils écoutent en paix dans la cour solitaire\n           La plainte sur les eaux des joncs au bruit subtil.\n\n   Comme ce dernier vers est d'un impressionnisme charmant, et comme il\nest coupé avec un art très sûr et très fin. C'est de la besogne de bon ouvrier,\ntgut à fait en possession de l'outil, qui a damasquiné l'épée vierge de ce\nbeau vers.\n"}, {"page_pdf": 354, "page_imprimee": 315, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2347, "texte": "                                     — 315 —\n\n   Et partout, au hasard, j'en cueille de pareils :\n            Les buissons nous jetaient leurs rires d'aubépines\n\n            Oh ! sa bouche rieuse où rit tout un matin !\n\n\n   Ce sont ces vers-là que je préfère, ces vers doux, frais, émus de la vraie\n émotion humaine, avec ce je ne sais quoi de rêveur, d'atténué, enveloppant\nla floraison des images — comme un brouillard frileux dans une aube de\n Corot.\n   Ce côté mélancolique, résigné, est la caractéristique de ce livre de sonnets\net s'exprime très bien dans une pièce où le poète suit des yeux un convoi\nmagnifique, fleuri de couronnes et de regrets, escorté de drapeaux, de\n musiques, de soldats, de tambours dont les battements racontent dans les\n faubourgs la grandeur morte du défunt, — tandis que le poète rêve pour\nlui-même un départ solitaire, triste et lent comme un effeuillement, comme\nla chute d'or des feuilles dans les soirs pâles d'octobre.\n   A côté de cela, il y a des « crépuscules opaques, » des « gouffres sans\nrive », des « outrances de baisers livides ». Une inspiration qui s'habille\nde toute une défroque de macabrerie déplaisante qu'on croirait enlevée au\nvestiaire des diablotins de Rollinat.\n   Bien des sonnets aussi auraient besoin d'être revus, serrés, émondés des\nlieux communs; mais l'auteur le sait mieux que personne et devra\ns'astreindre tôt ou tard à ce travail de correction acharnée, si ennuyeux,\nmais si essentiel. D'ailleurs, qu'importe ! Ce que j'ai voulu faire ici, c'est\nsignaler un nouveau poète, un jeune poète qui s'affirme déjà comme un\nvrai — quelques vers suffisent pour cela — et qui déjà parfois a réussi un\nsonnet d'un bout à l'autre, lequel se dresse alors comme un beau vase sans\nfêlure, avec peu de ciselures et d'ornements, mais d'une courbe harmonieuse\ndans la noblesse d'un pur marbre blanc :\n\n                                QUI PATIUNTUR\n           Ils sont humbles et bons et quoique l'injustice\n           Du sort les ait vêtus de deuil illimité,\n           On ne sait quelle joie étrange, en vérité,\n           Déborde de ces cœurs voués au sacrifice.\n           On ne sait quel rayon du ciel, quel vin propice,\n           Quelle douceur et quelle immense charité,\n           La Souffrance aux yeux bleus, en sa bénignité,\n           Verse avec l'amertume au fond de leur calice !\n"}, {"page_pdf": 355, "page_imprimee": 316, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2721, "texte": "                                     — 316 —\n\n            Aussi plus d'un d'entre eux qui n'eût, martyr   constant,\n            Pas un sourire au cœur, pas un rêve chantant\n            A l'heure oit tous les deux s'ouvraient sur son Calvaire,\n            La regrette en son âme et la pleure en partant,\n            Sen étant fait de jour en jour dans sa misère\n            Comme une sœur plaintive et triste et pourtant chère !\n\n\n                                          II\n     Celui qui accompagnait Charles Van Lerberghe, le jour de notre pre­\n  mière rencontre, c'était Grégoire Le Roy. Tout jeune encore, avec une\n  physionomie ouverte, des yeux bleus comme étonnés de la vie, une barbe\n  naissante allumée çà et là d'une touffe d'or ; à ce moment-là, il s'adonnait\n  un peu à la peinture, qu'il trouvait le plus facile des arts; il venait d'aban­\n  donner ses études de droit et paraissait décidé, avec cette belle ignorance\n  des vingt ans, à faire de la littérature et même à en vivre.\n     Depuis, il est parti pour Paris, en octobre, avec un autre jeune homme\n  de Gand, son camarade habituel, Maurice Maeterlinck, qu'on m'avait signalé\n  aussi comme écrivant des vers — et de superbes !\n     Je les rejoignis tous les deux, un soir du mois dernier, sur le boulevard,\n  à Paris.\n     Ils se trouvaient enchantés de leur séjour là-bas; ils y étaient tombés au\n  milieu d'un groupe littéraire accueillant, et ensemble avaient fondé une\n  jeune revue, la Pléiade, avec d'autres poètes : Ephraïm Mikhael, un somp­\n  tueux, Rodolphe Darzens, un suggestif, Pierre Quillard, un mystique.\n     Nous allâmes dans une brasserie de Montmartre où ils avaient l'habitude\n' de se réunir le soir autour du comte Villiers de l'Isle-Adam ; le splendide\n  écrivain des Contes cruels était déjà là, attablé devant une large pinte de\n  bière allemande, feuilletant les épreuves de l'Eve future qui allait paraître.\n  Je fus frappé de cette tète curieuse : des yeux insinuants malgré le rêve et le\n  vague qui les mouillent, des yeux magnétiques qui allument la figure un\n  peu pâle, fânée, à laquelle des moustaches et une barbiche à la Van Dyck\n  conservent une aristocratie d'ancien portrait. Le maître — comme l'appe­\n  laient les jeunes poètes — parla seul presque tout le temps, d'un ton de voix\n brouillé, avec des phrases confuses où, par moments, éclatent des observa­\n  tions brillantes ou des idées géniales.\n     Il nous raconta des projets de livres, des sujets de poésies, indiquant tous\n cette préoccupation du mystérieux, du fatal, de l'au-delà qui est dans son\n oeuvre. D'ailleurs, ajoutait Villiers, l'artiste moderne veut en vain se\n soustraire à l'obsession mystique, religieuse : quand il travaille, il entend\n"}, {"page_pdf": 356, "page_imprimee": 317, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2663, "texte": "                                   -    317-\n\ncogner au mur, lève la tête et s'étonne. Un instant après il recommence à\nécrire, le bruit reprend, sourd mais obstiné. Il ne veut pas entendre, il se\nremet à la tâche. Les coups aux murs se répètent, battant ses oreilles, lui\nentrant dans la tête, malgré lui. Ce bruit aux murs, ces coups invisibles\ntambourinant sur les cloisons, à l'obsession desquels on ne peut échapper\n— ce sont les bruits de l'Infini.\n   Après Villiers de l'Isle-Adam, l'admiration de nos jeunes poètes allait\nsurtout à Verlaine, le poète musical et vaporeux des Romances sans\nparoles, le lyrique éteint et résigné de Sagesse. Ce n'est pas qu'ils eussent\nla joie de l'approcher, lui aussi ; Verlaine, paraît-il, est malade et se dérobe,\nloin de tous, assez tristement logé au fond d'une banlieue, chez un mar­\nchand de vin.\n   Mais ils avaient tous ses livres, ils rassemblaient des portraits de lui, tout\nun petit reliquaire du poète aimé qu'ils complétaient avec un culte fervent.\n   Je ne fus donc pas surpris, quand, le lendemain, mes jeunes amis vinrent\n me lire leurs derniers vers, d'y retrouver un peu de l'influence de Verlaine.\n Mais ce qui m'étonna, à part cela, ce fut l'inspiration émue, la vision origi­\n nale de ces deux adolescents encore presque imberbes qui m'apparaissaient,\n dès ce moment là, comme de vrais poètes. Quelle jouissance exquise d'en­\n tendre des vers inconnus, des vers jeunes, frais, bariolés — surtout quand\n on sait que les nouveaux poètes seront de glorieuses recrues pour le combat\n d'art qu'on va aller reprendre dans son pays !\n    Heure exquise, aux doux retentissements dans la mémoire, cette heure\n des commencements de mai, dans une chambre riante ouvrant sur le jardin\n en fleur de la place Louvois; des cris d'enfants, le bruit mouillé de la fon­\n taine voisine montant dans le soir comme un accompagnement en sourdine,\n tandis que l'un d'eux, Grégoire Le Roy, nous lisait à mi-voix ces doux vers.\n\n                              LE PASSÉ QUI F I L E\n                    La vieille file et son rouet\n                    Parle de vieilles, vieilles choses ;\n                    La vieille a les paupières closes,\n                    Et croit bercer un vieux jouet.\n                    Le chanvre est blond, la vieille est blanche,\n                    La vieille file lentement,\n                    Et pour mieux l'écouter, se penche\n                    Sur le rouet bavard qui ment.\n                     Sa vieille main tourne la roue,\n                     L'autre file le chanvre blond,\n                     La vieille tourne, tourne en rond,\n                     Se croit petite et qu'elle joue.\n"}, {"page_pdf": 357, "page_imprimee": 318, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2442, "texte": "                                    — 318 —\n\n                    Le chanvre qu'elle file est blond,\n                    Elle le voit et se voit blonde;\n                    La vieille tourne, tourne en rond,\n                    Et la vieille danse la ronde.\n                    Le rouet tourne doucement,\n                    Et le chanvre file de même;\n                    Elle écoute un ancien amant,\n                    Murmurer doucement qu'il l'aime.\n\n                    Le rouet tourne un dernier tour,\n                    Les mains s'arrêtent désolées,\n                    Car les souvenances d'amour\n                    Avec le chanvre étaient fiées.\n\n   C'était vraiment exquis, de pareils vers, évocateurs comme un livre de\nlégendes allemandes, musicaux comme une ronde où passent des a'ieules\nmêlées aux amoureuses. Vers de souvenirs d'enfance et de mélancolie où\n1 on croit retrouver un reste de chansons de nourrices ! Vers simples, émus,\nprofondément humains, avec des trouvailles de sentiment comme cette\nillusion de la vieille aux idées brouillées qui « croit bercer un vieux jouet »\net des trouvailles d'expression comme « le rouet bavard qui ment ! »\n   Après Le Roy ce fut au tour de Maurice Maeterlinck, un garçon de\nvingt-deux ans tout au plus, imberbe, les cheveux courts, le front proémi­\nnent, les yeux clairs, nets, regardant droit, la figure durement modelée —\ntout un ensemble indiquant la volonté, la décision, l'entêtement, une vraie\ntête de flamand avec des dessous de rêverie et des sensibilités de couleur.\n   Au fond, un silencieux, qui ne se livre pas facilement, mais dont l'amitié\ndoit être sûre et dont le talent, logiquement, sera sûr aussi, égal, maîtrisé,\ncalculé comme par un savant ingénieur ès-rimes, disposant ses vers et ses\nstrophes, ainsi que des écluses régulières où puisse chanter et miroiter une\ninspiration toujours égale.\n   Voici les deux pièces curieuses qu'il nous fit entendre, l'une après l'autre :\n\n                                     VISIONS\n                        Je vois passer tous mes baisers,\n                        Toutes mes larmes dépensées;\n                        Je vois passer dans mes pensées\n                        Tous mes baisers désabusés.\n                        C'est des fleurs sans couleur aucune,\n                        Des jets d'eau bleus à l'horizon,\n                        De la lune sur le gazon\n                        Et des 1ysfanés dans la lune.\n"}, {"page_pdf": 358, "page_imprimee": 319, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2671, "texte": "                                   — 319 —\n\n                        Lasses et lourdes de sommeil,\n                        Je vois sous mes paupières closes\n                        Les corbeaux au milieu des roses\n                        Et les malades au soleil.\n                        Et lent sur mon âme indolente\n                        L'ennui de ces vagues amours\n                        Luire immobile et pour toujours\n                        Comme une lune pâle et lente.\n\n                                         II\n               Ces baisers épuisés sont calmes et moroses,\n               Ils ont perdu leurs lys, leurs torches et leurs roses.\n               Ces baisers ne sont plus des lions ou des loups,\n               Mais des troupeaux très lents, indolents et très doux,\n               Qui se traînent à peine et mornes dans les plaines\n               Lointaines de leur rêve, et dont les brebis pleines\n               De lassitude blanche, entre-closent les yeux\n               Et voudraient bien mourir en voyant que les c i e u x ,\n               Et les flammes des cieux, ne sont plus à leur place,\n               Et que la lune luit sous elles dans l'eau lasse.\n               Ils ne savent plus où se poser ces baisers,\n               Ces lèvres sur des yeux aveugles et glacés;\n               Désormais endormis dans leur songe superbe,\n               Ils regardent rêveurs, comme des chiens dans l'herbe,\n               La foule des brebis grises, à l'horizon,\n               Brouter le clair de lune épars sur le gazon,\n               Aux caresses du ciel, vague comme leur vie ;\n               Indifférents et sans une flamme d'envie\n               Pour ces roses de joie écloses sous leurs pas\n               Et ce long calme vert qu'ils ne comprennent pas.\n\n   Voilà assurément de bien curieux poèmes et des vers de vrai poète, des\nvers subtils et suggestifs, surtout celui où l'on voit les brebis lasses des\nbaisers « brouter le clair de lune épars sur le gazon ! »\n   Certes, on sent beaucoup l'influence de Verlaine dans ces vers qui s'allon­\ngent, s'alanguissent, s'étirent, s'enlacent l'un à l'autre comme dans un\nbâillement, avec des langueurs de belles nymphes qui mêleraient leurs\ngestes en un peu d'aube.\n   Mais le poète est original dans sa vision : il a une très spéciale rétine,\naffectée seulement par les reflets des lumières, les végétations froides, aqua­\ntiques, les choses frêles, factices, fausses, qui miroitent dans le mensonge\ndes eaux stagnantes et dans le mirage des nuées, et tout cela vu sous\nune lumière artificielle de lune — comme à travers le verre d'une serre\nbien close où le poète se serait enfermé à jamais.\n"}, {"page_pdf": 359, "page_imprimee": 320, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "                                       320 —\n\n\n  Voilà l'impression que donne ses poèmes : un paysage lunaire contemplé\nderrière les vitres bleu-pâle d'une véranda.\n\n\n   Aujourd'hui, Maurice Maeterlinck et Grégoire Le Roy sont revenus à\nGand, temporairement ou définitivement, eux-mêmes l'ignorent. Ils ont\nrejoint leur ancien camarade Charles Van Lerberghe, lequel est entré dans\nle même courant de poésie fluide et semble renier les sonnets fermes et\nplastiques que je signalais en commençant.\n   C'est ainsi qu'il m'écrivait il y a peu de temps : « Je m'essaie à subtiliser\n« ma pensée, à la noter d'une façon un peu délicate et rare ; je m'occupe à\n« des songeries de paresseux ; je médite le mystère des adorables Diabo­\n« ligues de Barbey d'Aurevilly, des « Célestes » et la fine trame étrange de\n« leurs pensées. Méditations informes que je ne parviens pas à fixer,\n« d'autant plus que j'ai la tête pleine des Parnassiens et de leurs moules de\n« bronze, et que ces choses légères y périssent fatalement. »\n   L'évolution est complète aujourd'hui, car le dernier numéro de la Pléiade\nque je viens de recevoir contient des vers de lui qui sont absolument dans\nles formules de l'école nouvelle.\n   Il y a des trouvailles de vision vaporeuse et mystique comme cette fin\nde la poésie intitulée : Souvenir de berceuse :\n                     Et c'était doux jusqu'à la démence\n                     Toute cette ombre et ce reposoir\n                     Dans cette vague fuite du soir\n                     Ce calme avec ce mystère    immense.\n                     Des anges venus du fond des deux\n                     Descendent alors dans l'ombre brune\n                     Les blanches échelles de la lune\n                     Avec des gestes   silencieux.\n                     El d'autres remontent. Toits sont roses\n                     Ailés d'or et si resplendissants\n                     Qu'ils les contemplent, divins passants,\n                     Au travers de leurs paupières closes.\n\n   C'est exquis, diaphane, subtilisé, vaporisé et si ceux qui suivent Ver­\nlaine s'en tenaient là, je serais le dernier à ne pas les aimer, moi qu'a\nséduit toujours la grâce des teintes fanées, la pâleur des choses blondes\net les harmonies en sourdine :\n                       Qui transcrira le bruit charmeur\n                       Des musiques atténuées\n                       S'évaporant vers les nuées\n                       Douces, dans un accord mineur!\n"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 321, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2573, "texte": "                                  — 321 —\n\n\n   Mais si la poésie moderne doit s'attacher maintenant plutôt aux subti­\nlités de la sensation qu'aux sentiments généraux, plutôt aux nuances qu'à\nla couleur des choses — il faut, quant à la forme, prémunir les jeunes\npoètes contre les absurdités de ceux qu'on a appelés les Décadents. Il n'y a\nqu'à lire la Vogue, une revue qu'ils ont fondée récemment. Sous prétexte\nde rompre les lignes rigides de l'alexandrin, on arrive à faire une chose\ninforme, cassée, cahotante, comme si Hugo, en respectant l'hémistiche,\nn'avait pas su varier à l'infini l'architecture compliquée de son vers. C'est\npresque naïf, cette imitation à outrance du poète de Sagesse dans la coupe\nde ses vers et la combinaison de ses rythmes : parce qu'il a vanté quelque\npart l'allure impaire, on ne fait plus que des vers de sept pieds, de neuf\npieds, de onze pieds, et dans l'alexandrin on place la césure après le cin­\nquième ou le septième pied — jamais après le sixième pied comme le veut\nla tradition constante du vers français depuis Agrippa d'Aubigné et Villon\njusqu'à Hugo ou Baudelaire.\n   C'est comme cela qu'on écrit des vers pareils à celui-ci de Jean Moréas,\nque quelques-uns ont le tort d'admirer :\n                  Le Burg immémori — al, de ses meurtrières\n                  Semble darder un œil dur.....\n                                       *\n\n   J'espère que les trois jeunes poètes flamands que je me suis plu à signaler\nici, éviteront de tomber en de pareils excès. Qu'ils restent eux-mêmes et\nse gardent de cette naïveté d'imiter des tentatives qui ne sont pas même\nnouvelles — puisque Verlaine, un grand poète que j'admire, au reste —\nles a commencées il y a près de vingt ans.\n   Qu'ils fassent mou, tant qu'ils voudront — ce sera exquis! qu'ils fassent\nbrumeux, effacé, et que leurs vers se distendent et se fondent en longues\nbandes de brouillard pâle.\n   Qu'ils se plaisent aux cadences énervées, mourantes, et répercutées à la fois\ncomme une âme de cloche éteinte!\n   Mais gardons la tradition respectable, de la Langue et du Vers français\ndont bien des génies se sont contentés pour faire des chefs-d'oeuvres et au\nlieu de tant chercher de nouvelles césures et de nouveaux mètres, tâchons\navant tout de vivre dans le sens glorieux du verbe, de vivre par la haute vie\nde l'émotion et du sentiment, tâchons de vibrer, de haïr, d'aimer — c'est\nencore le moyen le plus sûr pour faire de beaux vers, selon le sublime mot\ndu grand Shakespeare : « Nul ne sera écrivain s'il n'a d'abord versé dans son\nencrier les larmes de l'amour! »\n"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 322, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 780, "texte": "                                        322 —\n\n\n\n\n     Et maintenant, salut à ces trois nouveaux poètes ! Ouvrons à larges bat­\n  tants pour eux les portes de la Petite Chapelle. Tirons de leurs écrins les\n encensoirs d'argent, allumons les cierges de cire pâle, balançons les casso­\n lettes odorantes et que l'orgue, au jubé, retentisse.\n    C'est une joie pour nous, entrés dans le temple d'où nous avons chassé\n les vendeurs, c'est une joie que la venue de nouveaux diacres, en surplis de\n strophes blanches, qui viennent officier avec nous, parer de fleurs nou­\n velles l'autel de la Madone des Vers et mettre sur sa beauté leur poésie\n fluide — comme un voile de dentelle.\n                                                      G E O R G E S RODENBACH.\n\n\n\n\n                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-07-05-n7-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 322, "page_fin": 328, "titre_corps": "Flux et reflux", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "FLUX ET REFLUX", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "BALLADES EN PROSE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 361, "page_imprimee": 322, "debut_caractere": 780, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "FLUX ET REFLUX\n                                                           A   MAX   WALLER.\n\n                                       Voici le soir qui tombe et le couchant vermeil\n                                       Comme un rideau de pourpre où rutilent des flammes\n                                       Se détachant des cieux s'écroule dans les lames\n                                       En les éclaboussant de rubis de soleil.\n                                                             EMILE VAN ARENBERGH.\n\n\n                                         I\n               Le soir qui tombe! J'entends les cloches d'hôtel carillonnant à\n                toutes volées l'appel aux affamés. De larges trouées se sont\n                faites dans cette foule confuse, bariolée, babillarde, qui s'en\n                est allée, morceau par morceau, peu à peu refluant vers la\n ville, à mesure que, derrière elle, le soleil s'inclinait. Au Kursaal, aux cafés,\n les terrasses sont vides. L'heure qui passe a balayé lentement le monde et\n ne laisse, après lui, qu'un mobilier désordonné de tables salies, de chaises\n bousculées comme après une cohue. Du kiosque roulant, la fanfare s'est\n éclipsée vers Bruges, hormis le chef et son piston solo. Le chef: grand,\nsec, nerveux, taillant sa petite promenade en famille, à coups d'enjambées\nénormes, le chapeau dans la nuque, des lunettes écarquillées sur son nez\nau vent. L'autre, humble piston, rouge encore d'efforts ou de honte, en\ntrain de tuer, à coups de bocks, les canards de sa dernière polka.\n   Le jour s'est fait plus pâle, l'atmosphère plus fraîche. Dans cette accal­\nmie, des groupes s'attardent à des « au revoir » sans fin ; pêle-mêle vivace\net joyeux de vieillards rajeunis, d'hommes graves qui s'amusent, de toilettes\ncoquettes, de coiffures friponnes, de minois jolis allumés de plaisir :\n"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 323, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2811, "texte": "                                   — 323 —\n\n     — Au Kursaal ! — A Venise ! — A l'estacade ! — Juliette, la première\n  valse. — Il fera clair de lune. — Retenez-nous des places. — Tu crois? —\n  C'est entendu. — A tantôt ! — Oui, bonsoir!...\n      D'incohérents propos s'échangent ainsi, des projets, des promesses ; de\n   furtifs serrements de mains après le flirtage des longs après-midi; de ces\n  demi-sourires soulignant un regard et qui disent tant de choses... Et\n  remonte, en file, de son paradis de sable, le troupeau des babys roses,\n  blancs, blonds ou bruns, grands ou petits, de toutes les tailles et de tous\n  les âges, qui s'appendent aux mains des mamans et des bonnes en geignant\n  qu'ils ont faim et râclent de leurs petites pelles de fer, le perré.\n     Et je me souviens, mignonne, que nous aussi, des soirs, revenions\n comme eux, les joues avivées, l'estomac creux ; inondés, bourrés de ce sable\n doux et blanc, notre sable, que le bon dieu Neptune fait pour les petits\n enfants ; et, comme eux, un peu las d'y avoir creusé des forts et des trous,\n de nous en être battus, de nous y être roulés tout le jour.\n     Il y a longtemps, n'est-ce pas? Les mioches ont poussé; leurs fronts\n agrandis se sont mis à penser; les yeux de leur esprit, pour la première fois,\n ont vu d'un profond regard bleu ; et, déjà, les adolescents, après avoir à\n deux, pendant un si long temps, aimé les mêmes choses, s'entr'adoraient\nen elles sans en avoir conscience. Ce fut à l'heure paisible du couchant,\n que les ennemis de la petite guerre en plage signèrent d'un baiser chaste,\n la trève éternelle. L'entrevue se prolongea durant quinze soirs !\n     O Maggy ! Quinze soirs, qui valent bien en bonheur une grosse moitié\nde notre existence.\n     Rappelle-toi la plage nue et proprette ; ses tentes et ses cabines bien ran­\ngées, bien closes et les pavillons minuscules qu'arbore chaque nid, tous ces\ndrapelets fanfarons qui claquaient au vent, roulés en berne maintenant,\nleur tête repliée d'oisillons qui sommeillent, et la mer elle-même retombée\nen son lit et s'y applanissant.\n     Toi et moi, dans une fossette tiède, au sommet de la dune, côte à côte,\nà plat ventre, tête droite face au ciel, l'œil fixe et muets comme deux\nsphynx ; à notre dos la campagne, les clochers de Bruges, et Lisseweghe\nplus proche dressant d'un massif vert son carré de tour en ruine. Devant\nnous du sable, de l'eau, du ciel. Un prêtre parfois remontait de la mer en\nlisant son bréviaire. Une caravane grotesque attrotant au cahot de ses bau­\ndets, jetait un éclat de joie bru vante à notre ermitage d'amour, et puis,\nplus rien et, dans cet apaisement, le soleil descendait.\n     Rappelle-toi, par certaine fin de jour, l'éblouissement de cette carcasse\nsans rayon, dégageant d'un amas de nuages épais sa tache éclatante d'or\n"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 324, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2340, "texte": "                                  — 324 —\n\njaune. Des barques, la voile plate se déplaçant à peine sur l'horizon pâli,\nrentraient au port à longs battements de rames, et tandis qu'une à une,\nelles passaient dans ce coup de feu mourant, leurs avirons en croix se\nhaussaient vers le ciel comme deux bras tendus, dont les mains s'ouvri­\nraient pour semer du soleil.\n   Un soir, je revins seul à notre cachette aimée; j'avais la pensée vague de\nt'y revoir. Aux herbes encore froissées de la veille je reconnus ta place vide\nà côté de la mienne. La journée avait été torride et toute bleue de ce bleu\nd'Adriatique, implacablement dur. L'astre rougeoyant au déclin du ciel\navait troué l'eau de son bolide énorme et, pour combler la fosse, des\nvaguettes blanches retombaient l'une sur l'autre, en pelletées d'écume. Les\nflots se plombèrent de teintes froides. Leur masse gourde, allant et venant\nde son éternel balancement, semblait niveler la mer sur le corps du soleil...\net si seul, Maggy, pendant cette minute de crépuscule que nous aimions\ntant, un invincible désir me prit de céder de tout mon être à l'anéantisse­\nment des choses d'alentour. Il me sembla que ces ténèbres se faisant pour\ntous et pour toujours, allaient nous ensevelir en leur ombre et dans leur\npaix.\n   Mais, alors qu'une tache d'obscurité partie du nord et se faisant plus\nintense, envahissait peu à peu le reste de l'océan, à l'horizon mystérieux,\ns'alluma toute une vie nouvelle d'outre-mer : des feux de navires en marche\nvacillèrent comme des falots parmi les étoiles et Wielingen, au loin,\npointa son phare dont l'œil rouge, sans cesse tourne aux quatre vents,\ninterroge l'espace et plonge dans la nuit.\n\n\n                                      II\n   — Personne ! dit Maggy redressée, la main en visière pour explorer de\nses yeux de chatte, les lointains vibrants de soleil ; ils seront rentrés, Mar­\nton devait refrisoter « ses chiens ». — Elle se laissa retomber à plat-dos\ndans le sable :\n  — Tant pis, moi je reste, et toi?\n   C'était en pleine dune, par une accablante matinée de juillet; Maggy,\naprès le bain, grillait ses longs cheveux de cendre dénoués, une main dans\ncelle de Max, à son côté; la droite écoulant distraitement du sable fin entre\nses doigts encore tout diaphanes du froid de l'eau.\n  — Quelle heure?\n  — Midi.\n  — Flûte! Nous avons le temps..\n"}, {"page_pdf": 364, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "   — Et t'habiller?\n   — Dormir! dit-elle, en câlinant de sa tête humide l'épaule de Max;\nd'abord, c'est vendredi ; il y aura des moules. Je n'aime pas ça. Écoute,\nquand nous serons en voyage\n   — Nous ne mangerons pas de moules, je te le jure là-dessus, fit Max,\nen lui caressant le bout du nez tout froid.\n   Mais elle restait sans rire; il y eut un silence; son regard coulait à la\nmer sans voile, au ciel bleu, d'où le soleil, sur toute cette eau bleue chaude,\ntombait d'aplomb.\n   — Quand! demanda-t-elle alors, d'une voix si basse que Max dût le lui\nfaire répéter.\n   — Quand? N'est-ce pas convenu, le sept...\n   — C'est vrai, le sept... Jeudi cinq, vendredi six, samedi...\n   Et sans bouger la tête :\n   — L'as-tu dit à Charles?\n   — Justement, hier je l'ai vu à la gare.\n   — Ah! Pauvre lui!\n   — Pourquoi?\n   — Il est amoureux.\n   — De qui?\n   — Oh ! — Elle amena lentement le visage à Max et lui planta un regard\nau fond du sien : — Je ne sais pas, seulement\n   — Seulement, reprit-elle, chatouillée d'un petit rire malicieux qui n'osait\npas éclater, c'est ridicule, quand on est si laid !\n   Elle se pelotonnait plus mollement dans sa couchette et sa frimousse\nrenversée, toute fraîche et rieuse de se voir aimée, s'ouvrait au gazouillis de\nbaisers qu'elle sentait en l'air :\n   — Méchante! dit Max, en l'embrassant sur les yeux.\n\n\n                                      III\n\n   Une mousseline de brume fondait sous le soleil bas. Elle monta de la\nterre, flotta, s'amollit, se dissipa goutte à goutte dans un ciel atone, bleuis­\nsant vers le zénith et d'or à l'Orient, et sous cette enlevée lente se dévoilait\nla mer ensommeillée. C'était une mer plate, épaisse, lourde, coulée dans\ndu mercure ; une mer qui, paresseusement, s'étire et bâille, et retombe\nen son lit comme engourdie encore par la frigidité de sa longue nuit\nd'automne et mordant, rongeant le sable,, un ourlet de bave à son bord,\nelle rampait :\n"}, {"page_pdf": 365, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2405, "texte": "                                   — 326     -\n\n   — Maggy.\n   — ?\n    — Vois-tu, là-bas, là-bas?\n    La plage était déserte. Contre le ciel du fond, trois points noirs\n remuaient, que Maggy prit pour des ânes. A droite, les dunes allongeaient\n en courbes leur corps de reptile énorme, et tout au loin, pour tête mignonne\nau monstre, un morceau d'architecture rose, dénouant son brouillard, sur­\n gissait en un poudroiement de vapeur blanche et de soleil.\n    — Vois-tu?\n    Max avait pris Maggy par les épaules et l'amenait doucement au point :\n    — Heyst! s'écria-t-elle joyeuse en se retournant vers lui. Oh! je recon­\n nais maintenant. Elle indiquait une à une des choses indistinctes qu'elle\n seule revoyait en imagination : le phare, le Kursaal, leur hôtel, et jusqu'au\n banc, ce banc fameux où il lui avait fait un soir sa déclaration gauche,\n après un de ces angoisseux silences qui précèdent les catastrophes...\n    — Et tu te souviens, dis?\n   — Oh ! oui, fît-elle, amenant à lui son visage affraichi de rosée.\n   — Veux-tu y venir?\n    Elle hésita un peu, et pensive, après une pause :\n   — Asseyons-nous, dit-elle, en lui montrant une place au soleil, — là.\n    Haussé dans le ciel, ce bon soleil picotait, chatouillait, pailletait la mer\nqui, toujours plate et douce, sans heurt, sans fracas, sans colère, de son\nallure calme de colosse, montait tout d'une masse ondoyante, gonflée par\ndessus l'horizon. Et Maggy se ressouvenait tout haut de son passé, leur\npassé d'une année, si court, et qui avait emporté tant de bonnes choses ;\nleurs bains, leurs jeux, leurs promenades, et les retours au couchant,\nlorsque dans l'accalmie de tout, la joie bruyante se tait, les groupes s'espa­\n cent, les tête-à-tête se resserrent, les pas s'alentissent comme au regret de\nne pouvoir aller toujours, toujours...\n   Enfin cet autre soir la petite scène du banc où Maggy était tombée si\némue...\n   Puis des mois de fiançailles passés à décompter les jours...\n   — Et alors Baby?...\n   Et alors Maggy mit sa petite tête à l'épaule de Max; et il mordit à\npleines lèvres dans du rose qui lui montait au front.\n   Tout à coup elle se leva; Max la suivit machinalement. A ce moment\npassaient les trois points noirs de tantôt : c'étaient trois femmes, allant\npieds-nus, ployées sous leurs fagots; elles grommelèrent des mots flamands\nen leur jetant un regard de côté. Maggy ne les vit pas. Elle était descendue\n"}, {"page_pdf": 366, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1722, "texte": "                                 — 327 —\n\nau bord de l'eau; son regard, fixe au brise-lames, semblait couver un\ninvisible crabe et lentement, sans lever les yeux, poursuivant haut l'idée\nde son rêve :\n  — Tu ne sais pas?\n      ?...\n  — J'ai une envie... une envie... folle!\n      «...\n  — De moules!\n  — De moules?...\n  — Crues !\n   Elle lui jeta ce mot dans un cri d'affamée avec, au visage, un tel rayon­\nnement d'enthousiasme, qu'il la regarda brusquement...\n   Elle rougit.\n  — Qu'as-tu à me regarder ainsi?\n  — Mais il la saisit dans ses bras, l'amena à lui et, d'un baiser pointant\nchaque parole!\n  — Oh! rien, mignonne, rien, rien !\n  Et d'un bond, sur les galets, fut à lui cueillir des petites moules fraîches\ndans leurs coquilles bien closes.\n   La mer montait toujours ; ses flots plus nombreux et pressés venaient,\nen glougloutant, s'évanouir aux pieds de Max : le soleil ardait de haut,\nmaintenant, dans un ciel bleu sans tache.\n  Max se retourna vers Maggy :\n  — Est-ce bon?\n  Elle souriait, l'œil brillant, la bouche pleine et, lui tendant d'un air\ncâlin, sa menotte vide :\n  — Mon petit mari... encore!\n                                     IV\n  Bien des flux ont passé sur ce petit coin de plage, et des reflux.\n\n                                      V\n   Le soleil jaune, recroquevillé dans ses nuages ainsi qu'un tison froid,\nvient de trébucher à l'horizon, tirant la nuit sur l'eau. Un dernier reflet de\nla lumière enfouie, comme une petite mare d'argent pâle, se résorbe, goutte\nà goutte, par le couchant mal comblé. Ce soir la mer calme n'a plus que\ncette force inerte que lui donne la marée : ses vaguettes viennent molle­\nment, de leur clapotis froid, lécher les piliers de l'estacade et retomber à\n"}, {"page_pdf": 367, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1196, "texte": "                                   — 328 —\n\n leur pied, l'une sur l'autre, épuisées; derrière elles l'eau noire, poussée du\n Nord et coulant tout d'un fil, semble couler entre des rives à pic.\n   — Regarde ! un marsouin, dit Max.\n    Maggy cherche des yeux cette tête grise qu'on lui montre, haussée entre\n des flots plombés.\n   — Je ne vois pas, dit-elle, et tournant le dos à la mer : Partons !\n    Sur le ciel net, à la place du soleil, une mouette passe, les ailes en croix,\nd'une allure si unie, qu'elle semble planer immobile, tandis que la masse\nd'eau, sous elle, remonte lentement le courant de son vol.\n   — Max, partons, répète Maggy.\n   Alors Maggy et Max reviennent, lui, marchant lentement pour ne pas la\nfatiguer. Un groupe de jeunes gens, à leur rencontre, se range pour les\nsaluer ; Maggy, passée en avant, leur répond par un sourire et reprend le\nbras de Max sans un mot.\n   Un instant, la sentant grelotter, il lui dit :\n   — As-tu froid?\n   Elle fait « non » de la tête et lui lâche le bras pour s'enserrer plus étroi­\ntement dans son châle dont le vent lui relève un pan sur la poitrine.\n                                                    HENRY     MAUBEL.\n\n\n\n\n              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-07-05-n7-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 328, "page_fin": 330, "titre_corps": "Les Trains qui passent dans la nuit", "titre_sommaire": "Ballades en prose", "rubrique": "Ballades en prose", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "BALLADES EN PROSE", "ancre_fin": "JULES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 367, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 1196, "fin_caractere_exclue": 2062, "texte": "BALLADES EN PROSE\n                                      II\n\n     LES TRAINS QUI PASSENT DANS LA NUIT\n               De ma fenêtre, dans le grand paysage du soir, très sombre, très\n                moelleux, et si profond : — l'énorme ciel d'un bleu obscur où\n                scintille un poudroiement d'étoiles claires, la terre immense\n                et noire, toute frémissante de labeur humain qui s'apaise, avec\nles petits éclats jaunes des croisées qui veillent et des réverbères au long des\nroutes, avec les larges rayonnements bleuâtres des fanaux électriques des\nusines lointaines, dans cette Nuit royale, je les vois parfois, les trains qui\npassent... Ainsi que de monstrueuses et rapides bêtes de feu, ils filent,\nsecouant, en une ligne brillante, les carreaux confondus des wagons\néclairés ; et une longue traînée de vapeur blanche, légèrement empourprée\n"}, {"page_pdf": 368, "page_imprimee": 329, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2779, "texte": "                                  — 329 —\n\nà la base par la fournaise de la locomotive, se recourbe en crinière au dessus\ndu train qui fuit! — Au loin, des lanternes, vertes et rouges, le regardent\nvenir. Et, dans l'étendue sombre, dans ce noir piqueté de clartés immo­\nbiles, cela fait un ruissellement de fugitives LUEURS, une courte et merveil­\nleuse flambaison d'incendie qui passe, passe et s'enfonce dans la Nuit!...\n\n    De ma fenêtre, dans le grand paysage du soir, très calme, très silencieux,\n et si doux : — l'énorme ciel désert d'où pas un chant ne tombe, la terre\n mystérieuse et noire qui s'endort et se repose, aux bruits familiers et\nrythmiques de l'incessante industrie, dans cette paix solennelle où, par\ninstants, pleure lamentablement un chien dans une cour de ferme, dans ce\nsilence vaste et plein de vie, je les entends parfois, les trains qui passent...\n Ils font en s'approchant, monstrueuses et rapides bêtes de fer, comme un\nfrissonnement croissant de brise dans de hautes feuillées, puis plus fort,\nainsi que des eaux jaillissantes en cataractes ronflantes, et passent enfin\ndans un grondant cahotis, monotonément saccadé et si particulier! —\npassent en s'apaisant, en redevenant des eaux qui se précipitent, des\nverdures qui tremblent, puis ronronnent imperceptiblement et s'éteignent\nen la nuit. Ils s'en vont avec de longs sifflets déchirants, comme des appels\ndésespérés, ils s'en vont éperdus, fascinés, irréparablement entraînés vers\nles lanternes, vertes et rouges, qui semblent des yeux fixes de monstres\naccroupis dans l'ombre... Et dans l'étendue, où plane, épars, le grand\nrecueillement nocturne, cela fait une RUMEUR et un cri qui passent,\npassent, et s'étouffent en la Nuit !...\n\n   De ma fenêtre, qui s'ouvre sur le grand paysage du soir comme sur un\ngouffre d'ombre attirante et douce, les regards perdus et flottants dans\nl'immensité silencieuse et sombre, dans le charme noir et or et la majesté\nsereine de l'horizon sans fin, où l'imagination tour à tour reconstitue les\nréalités familières et évoque les songes fantasques peuplant le mystère de\nla Nuit, souvent je les admire, les trains qui passent... Et je reste à rêver\nlongtemps ; longtemps après qu'ils sont disparus, je suis des yeux leur éclair\net j'écoute leur bruit. Pendant des heures', des heures insensibles et lentes,\neux seuls viennent harmonieusement traverser l'obscure tranquillité du\npaysage et dans le sommeil des êtres et des choses, rappeler le temps, la vie\nqui fuit... Oh! combien avec eux ils emportent de rêves, les trains qui\npassent ainsi dans la nuit!... Mélancolie de la corne qui clame, des sifflets\naigus, prolongés et très lointains, navrant comme des agonies sans espoir!\nEt l'on songe à ceux ainsi emportés, précipités vers l'Inconnu, et l'intermi-\n"}, {"page_pdf": 369, "page_imprimee": 330, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 875, "texte": "                                   — 330 —\n\nnable défilé des motifs et des causes s'allonge, s'allonge en suppositions\nmultiformes, changeantes, infinies : affaires, amours, deuils, ambitions ou\nplaisirs... Oh! combien avec eux ils emportent de RÊVES, les trains qui\npassent, passent et s'enfoncent en la Nuit....\n\n                                    ENVOI\n                                                      A GEORGES DESTRÉE.\n\n   Ami, — l'on songe aussi, t'en souvient-il? à ceux qui sont partis, à tous\nles absents chers qui sont loin, que l'on regrette et que l'on aime, à tous\nceux qui vous ont quitté, amis anciens, maîtresses perdues, que vous ont\npris la Mort, la Distance ou l'Oubli, tandis que, comme la Vie même, LES\nTRAINS PASSENT, PASSENT ET S'ENFONCENT DANS LA N U I T . . . .\n\n                                                    JULES DESTRÉE.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-07-05-n7-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 330, "page_fin": 333, "titre_corps": "Notes très incomplètes sur le Salon de Paris", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Un Flâneur", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "UN FLANEUR", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 369, "page_imprimee": 330, "debut_caractere": 875, "fin_caractere_exclue": 2157, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n             MON CHER AMI,\n\n    Je vous envoie ci-joint les quelques notes promises sur le Salon de\n Paris. Sapristi, si j'avais su! Ce n'est pas gai du tout, savez-vous, mon\n ami, par le temps merveilleux qu'il faisait là-bas, d'aller respirer les\n émanations malsaines de toutes ces peintures accrochées dans ce bazar\n des Champs-Elysées. Le malheur, c'est que, comme vous le verrez dans\n mes notes, il y a un tas de très bonnes choses dans cet exécrable Salon,\n dans ce mauvais lieu ; mais c'est un travail d'Hercule, et encore je ne\n sais si ce portefaix aurait eu le courage de les découvrir ; l'horrible\n besogne quand l'on est pour quelques jours seulement à Paris, au prin-\n temps, qui était là dans toute sa splendeur. — Mais c'était chose promise,\n et je me suis résigné; ce n'est pas bien important, il est vrai, ce que je vous\n envoie et fait à la diable, et par dessus le marché par un peintre qui\npréfère de beaucoup, pour s'exprimer, un crayon à une plume. Aussi,\n faites en ce que vous voulez; si vous me trouvez trop bête, jetez au panier,\nje n'y mets absolument pas d'amour-propre, et surtout ne me dévoilez\npas; il ne me manquerait plus que cela auprès des confrères, et vous me\n désobligeriez énormément.\n    Sur ce, je vous serre la, main.\n"}, {"page_pdf": 370, "page_imprimee": 331, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3205, "texte": "                                  — 331 —\n\n  NOTES TRÈS INCOMPLÈTES SUR LE SALON DE PARIS\n   Le Salon de cette année, est-il supérieur où plus faible que ceux qui\nl'ont précédé? Difficile à dire, ou plutôt, cela dépend comment on veut\nl'entendre. Généralement, la première impression est détestable, attendu\nque les meilleures places, les centres de panneaux, sont généralement\noccupées par les machines officielles, fabriquées par des peintres encore\nplus officiels. Toujours les mêmes, et par leurs nombreux petits, comme\ndes lapins, ces gens-là multiplient déplorablement ce qui fait que les\nBouguereau, les Cabanel, les Lévy, les Benjamin Constant, etc., e t c . , se\ncontinueront dans leur progéniture pendant bien longtemps encore. Ce qui\nfait que les Salons de Paris se suivent et se ressemblent lamentablement !\n   Cette première impression, je l'ai presque toujours ressentie, et, cette\nannée, le Salon, vu sous ce jour-là, n'a rien à envier aux précédents, pour\nautant que je m'en souvienne ; mais de là à dire qu'il n'y a plus d'efforts,\nplus de vrais talents, plus d'artistes sincères, faisant de l'art l'unique souci\nde leur existence, c'est injuste, car vous trouverez cette année comme\ntoujours en cherchant bien (il faut avoir ce grand courage), au moins\n5o très bonnes toiles certainement, et une centaine d'autres très méri­\ntantes; prenez ces 150 tableaux, mettez-les bien à leur place, sous une\nbonne lumière, faites que l'on ne puisse voir les autres, et vous ne direz\nplus que l'art est en décadence, et que la France, qui nous a donné de\nsi grands artistes, est impuissante à l'heure qu'il est.\n   J'ai donc vu et revu ce pauvre Salon, et je vais, au courant de la plume,\nà tort et à travers, vous parler des bonnes choses que j'y ai notées, et qui\nsont presque toujours mal placées. D'abord, saluons un grand artiste,\nPuvis de Chavannes, qui expose une immense peinture décorative, un\ntriptyque: vision antique, inspiration chrétienne, le Rhône et la Saône.\nArt superbe, fier et serein, un mélange d'idéalisme et de naturalisme, de\nbelles figures chastes et blanches se mouvant dans de beaux paysages aux\ngrandes et belles lignes ; — la foi chrétienne, exprimée admirablement par\nun coin de cloître blanc avec des percées sur un coin de nature, où des\nartistes sont absorbés dans leur œuvre toute de foi. Voilà du grand art, et\nqui console, je vous assure, des plates et atroces peintures plus où moins\nofficielles, déposées aux plus belles places et horripilant le regard. Puvis\nde Chavannes seul mérite le voyage au Salon.\n   Un très beau Fantin-Latour nous attire en passant : un portrait\nd'homme, simplement posé, creusé très avant dans l'intimité de l'expres­\nsion.\n   Scarbina : Chiffonnier, d'un très beau caractère et d'une impression de\ncouleur très remarquable ; du même, deux petits intérieurs de pêcheurs des\nCôtes du Nord ; excellent, très bonne peinture. Pelez : Victime, une jeune\nfemme étendue à plat, près d'elle un réchaud; peinture mauvaise, mais quel\ngrand et beau caractère dans la forme ! Dagnan-Bouveret : Femmes à\nl'église, très bien. Maufra : Bateaux de pêche, plein soleil, ravissant.\nMelchers : la Pêche, un très bon tableau d'un beau caractère. Le beau\n"}, {"page_pdf": 371, "page_imprimee": 332, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2967, "texte": "                                   —   332   —\n\n\n portrait de Sarasate, par Whistier, déjà vu aux Vingtistes à Bruxelles,\n  atrocement placé. Un délicieux tableau de M11e Feugard : Deux jeunes\n  filles, plein air.\n      Un très bon tableau de Mlle Breslau : portrait, plein air très réussi.\n      Dinet : Figures sous bois, d'un très beau dessin, très expressif.\n      Kroyer : Départ pour la pêche de nuit, d'un très beau caractère dans le\n ton et dans la forme, — et un pastel ravissant, une Tête de femme. Le\n portrait de Miss Wite, par Stott, très belle peinture, simplement vue, et\n un pastel, un Bout de plage, superbe.\n      Harrison : en Arcadie; dans un beau paysage ensoleillé, au printemps,\n de belles figures nues debout et couchées, d'une adorable fraîcheur.\n     Jeanniot: la Ligne de feu, une terrible impression de bataille d'un mou­\n vement furieux et tragique, quoique d'une peinture terne et grise.\n     Un portrait de Pasteur, par Bonnat, d'un beau caractère, mais d'une\n peinture brutale et dure et l'éternel fond bitumineux et lourd.\n     Je lui préfère comme sentiment, celui d'Edelfeld.\n     Du même, un très beau pastel, très habilement fait et plein de charme,\n le Sculpteur.\n     Un tableau d'un très beau caractère, quoique d'une affreuse peinture et\n dont le nom de l'auteur m'échappe malheureusement, : un Paysan blessé;\n il y a là une femme d'une expression de douleur terriblement poignante.\n     Un très amusant tableau de Willette : la Veuve de Pierrot; de l'opérette\n en peinture mais vraiment drôle.\n     Besnard : portrait de femme en pied, plein de mouvement et de vie,\n malheureusement gâté par un affreux effet de chrome d'un côté, et de bleu\n de l'autre ; c'est là, et c'est dommage, une excentricité picturale qui est peu\n supportable.\n     Mes notes étant très incomplètes, je cite au hasard de la plume; j'en\n passe et des bons.\n     J'oubliais une Neige (Auvergne), par Lebourg. Grande toile superbe,\nd'une belle impression hivernale.\n     Un très beau pastel, le Repriseur de tapisserie, fort de ton, comme une\npeinture à l'huile, de Gilbert.\n     Les bons pastels, du reste, sont en assez grand nombre; c'est un genre\nauquel les artistes français reviennent avec bonheur, et cette partie du\nSalon mérite une attention spéciale.\n     En sculpture, à part quelques très honorables exceptions, nous remar­\nquons peu de chose véritablement en dehors ; dans ce genre, il semble que\nle jury accepte tout ce qui lui est présenté. Aussi quelle collection de têtes\nde pipes, — pardon, je connais des têtes de pipes qui sont mieux faites; —\nà remarquer au milieu des Vénus sortant où entrant au bain, des amours,\nvainqueurs, vaincus, de petits Cupidons et autres rengaines ; un groupe de\nFalguières, un Combat de femmes, très vivant, mais fait trop hâtivement,\nune statue équestre de Dubois, un groupe en bronze de Godebski : Persua-\nsion, un Marteleur, d'un artiste dont le nom m'échappe, tentative assez\nréussie de naturalisme.\n"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1245, "texte": "                                 — 333 —\n\n   Un groupe : Mars et Vénus, dont l'idée est très drôle mais d'une\nmisérable exécution; un projet de monument à Victor Hugo, par\nDalou, composition très vaste mais très compliquée et manquant de\nvéritable grandeur ; remarquons en passant ce que l'on a fait de ce pauvre\ngrand poète au Salon de Paris, en peinture, en sculpture, en gravure, dans\ntous les genres, voilà donc où conduit l'immortalité !!!\n   Il faut cependant vous dire, avant de terminer, quelque chose des artistes\nbelges au Salon de Paris ; ils ont peu exposé il me semble; un des meilleurs\ntableaux est celui de Courtens : le Port d'Anvers, grande toile d'une belle\nallure mais dont la peinture m'a semblé un peu lourde surtout dans le ciel\noù ce défaut se fait sentir. Marie Colard, expose un bon paysage déjà vu à\nBruxelles.\n   Claus : le Passage d'eau, très intéressant mais petitement vu.\n   Je vois au catalogue, Coosemans et Vander Hecht, mais je n'ai pu\ndécouvrir leurs tableaux. Maintenant, je crois avoir rempli la tâche que je\nm'étais imposée, très mal certainement, mais en toute sincérité. Que celui\nqui ne s'est jamais trompé me jette la première toile.\n                                                         UN FLANEUR."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-07-05-n7-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 334, "page_fin": 338, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "loin de là", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 90, "fin_caractere_exclue": 98, "texte": "MEMENTO\n"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 115, "fin_caractere_exclue": 123, "texte": "BELGIQUE"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 281, "fin_caractere_exclue": 304, "texte": "PRO      ARTE       (*)"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 371, "fin_caractere_exclue": 411, "texte": "Après des incidents — ou plutôt des dis­"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 468, "fin_caractere_exclue": 508, "texte": "sidents — que nous ne voulons pas rappe­"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 565, "fin_caractere_exclue": 607, "texte": "ler, nous avions cru n'être désormais plus"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 662, "fin_caractere_exclue": 696, "texte": "jamais amené à parler de M. 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Pour l'art! ce livre qui prend"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3282, "fin_caractere_exclue": 3322, "texte": "l'art comme une distraction qui caresse,"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3375, "fin_caractere_exclue": 3419, "texte": "qui devant le Beau vient parler d'on ne sait"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3472, "fin_caractere_exclue": 3516, "texte": "quel stupide devoir social, qui se contredit"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3569, "fin_caractere_exclue": 3611, "texte": "à vingt pages de distance, qui confond les"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3664, "fin_caractere_exclue": 3706, "texte": "écoles littéraires, en ignore l'évolution,"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3759, "fin_caractere_exclue": 3799, "texte": "saute par dessus les noms illustres sans"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3852, "fin_caractere_exclue": 3895, "texte": "ouvrir les œuvres qu'ils signent, s'attarde"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3948, "fin_caractere_exclue": 3989, "texte": "aux fumisteries d'Adoré Floupette, « qui,"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4042, "fin_caractere_exclue": 4086, "texte": "dans quelques lustres, sera l'une des curio­"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4139, "fin_caractere_exclue": 4187, "texte": "sités de l'histoire littéraire de ce temps » !!!"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4240, "fin_caractere_exclue": 4282, "texte": "Ce livre qui pontifie, drapé dans son man­"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4385, "fin_caractere_exclue": 4424, "texte": "teau de papier raisin chromo, qui, par­"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4477, "fin_caractere_exclue": 4515, "texte": "lant des Flamandes de Verhaeren, donne"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 88, "texte": "comme chef-d'œuvre La Vachère, le seul"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 182, "texte": "mauvais morceau du recueil, ce livre dont"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 233, "fin_caractere_exclue": 278, "texte": "les citations traînent, veuves de leurs guil­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 307, "fin_caractere_exclue": 353, "texte": "lemets. 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Contre            l'art,"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 354, "fin_caractere_exclue": 396, "texte": "Mépris de l'art, Envie de l'art et surtout"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 432, "fin_caractere_exclue": 451, "texte": "Ignorance de l'art."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 530, "fin_caractere_exclue": 568, "texte": "C'est d'ailleurs un volume de famille."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 620, "fin_caractere_exclue": 660, "texte": "L'auteur ne l'a tiré qu'à quelques exem­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 716, "fin_caractere_exclue": 757, "texte": "plaires, pour conserver, par un sentiment"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 810, "fin_caractere_exclue": 853, "texte": "fort légitime, les articles curieux qu'il a"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 870, "fin_caractere_exclue": 912, "texte": "donnés à l'Art Moderne, en les fixant dans"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 963, "fin_caractere_exclue": 1006, "texte": "la forme durable du livre. Celui-ci se pré­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1053, "fin_caractere_exclue": 1092, "texte": "sente proprement, bien que nous en vou­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1146, "fin_caractere_exclue": 1187, "texte": "lions a l'imprimeur de s'être servi, dans"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1223, "fin_caractere_exclue": 1267, "texte": "le titre par exemple, de caractères ébréchés"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1315, "fin_caractere_exclue": 1353, "texte": "ou mal venus. Un auteur un peu biblio­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1406, "fin_caractere_exclue": 1448, "texte": "phile aurait renvoyé tous les volumes avec"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1499, "fin_caractere_exclue": 1538, "texte": "des injures. Tel quel cependant, il est"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1590, "fin_caractere_exclue": 1631, "texte": "encore d'un beau luxe, que les amis à qui"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1681, "fin_caractere_exclue": 1723, "texte": "l'auteur l'offrira goûteront certainement."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1778, "fin_caractere_exclue": 1819, "texte": "Nous espérons, pour la littérature, qu'il"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1864, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "ne sortira pas de ce cercle sympathique."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1961, "fin_caractere_exclue": 1995, "texte": "M. Edmond Picard nous dit dans son"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2053, "fin_caractere_exclue": 2096, "texte": "livre ce qu'il appelle nos vérités; il nous"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2147, "fin_caractere_exclue": 2186, "texte": "pardonnera de lui avoir dit ce que nous"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2207, "fin_caractere_exclue": 2228, "texte": "appelons les siennes."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2341, "fin_caractere_exclue": 2346, "texte": "M. W."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2499, "fin_caractere_exclue": 2537, "texte": "Les concours du Conservatoire ont com­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2592, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "mencé le samedi 19 juin. Ont eu lieu les"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2685, "fin_caractere_exclue": 2725, "texte": "concours pour instruments de cuivre, in­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2784, "fin_caractere_exclue": 2827, "texte": "struments en bois, contre-basse, alto, vio­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2878, "fin_caractere_exclue": 2918, "texte": "loncelle, musique de chambre avec piano,"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2970, "fin_caractere_exclue": 3009, "texte": "musique de chambre pour archets, orgue,"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3066, "fin_caractere_exclue": 3104, "texte": "quatuor, violons et piano, concours de"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3162, "fin_caractere_exclue": 3204, "texte": "chant (demoiselles), de chant (hommes), de"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3258, "fin_caractere_exclue": 3297, "texte": "chant italien (duo de chambre), diplôme"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3355, "fin_caractere_exclue": 3398, "texte": "de capacité (violon); Jeudi 15 aura lieu le"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3446, "fin_caractere_exclue": 3470, "texte": "concours de déclamation."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3544, "fin_caractere_exclue": 3583, "texte": "Voici le résultat de la séance de chant"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3637, "fin_caractere_exclue": 3652, "texte": "(demoiselles) :"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3731, "fin_caractere_exclue": 3775, "texte": "1er prix aveedistinction : M lle Van Besten."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3815, "fin_caractere_exclue": 3837, "texte": "1\" prix : Mlle Gérard."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3908, "fin_caractere_exclue": 3948, "texte": "2e prix avec distinction : MMlles Urbain"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3996, "fin_caractere_exclue": 4008, "texte": "et Passmore."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4090, "fin_caractere_exclue": 4129, "texte": "2e prix : MMlles Lagye, Joostens. Neyt,"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4180, "fin_caractere_exclue": 4195, "texte": "Bass et Corroy."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4271, "fin_caractere_exclue": 4310, "texte": "Accessits : des grues, dindes et autres"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4342, "fin_caractere_exclue": 4356, "texte": "pensionnaires."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "A propos du Conservatoire, nous rece­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 192, "fin_caractere_exclue": 232, "texte": "vons la lettre suivante que nous donnons"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 284, "fin_caractere_exclue": 306, "texte": "sous toutes réserves :"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 414, "fin_caractere_exclue": 430, "texte": "CHER   MONSIEUR,"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 487, "fin_caractere_exclue": 526, "texte": "A propos des concours du Conservatoire,"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 578, "fin_caractere_exclue": 619, "texte": "je tiens à vous faire connaître certaines"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 671, "fin_caractere_exclue": 715, "texte": "petites choses très édifiantes concernant la"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 767, "fin_caractere_exclue": 809, "texte": "haute direction de notre première école de"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 861, "fin_caractere_exclue": 869, "texte": "musique."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 925, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "Vous croyez peut-être qu'il s'agit de"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1014, "fin_caractere_exclue": 1052, "texte": "M. Gevaert. Erreur complète; il s'agit"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1104, "fin_caractere_exclue": 1145, "texte": "d'une personnalité bien plus importante :"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1197, "fin_caractere_exclue": 1222, "texte": "le concierge-surveillant."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1278, "fin_caractere_exclue": 1314, "texte": "Ce monsieur fait la pluie et le beau"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1366, "fin_caractere_exclue": 1405, "texte": "temps dans l'établissement et à son gré"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1457, "fin_caractere_exclue": 1498, "texte": "inflige des suspensions de huit et quinze"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1550, "fin_caractere_exclue": 1589, "texte": "jours aux élèves qui ont commis la plus"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1641, "fin_caractere_exclue": 1679, "texte": "petite infraction au règlement. Gare à"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1731, "fin_caractere_exclue": 1774, "texte": "ceux ou à celles qui, soit par leur mine ou"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1826, "fin_caractere_exclue": 1863, "texte": "pour tout autre motif, lui ont déplu."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1919, "fin_caractere_exclue": 1957, "texte": "Comme il tient une cantine, les élèves"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2009, "fin_caractere_exclue": 2052, "texte": "qui ne sont pas des clients assidus ne sont"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2104, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "pas dans les bonnes grâces de ce trop zélé"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2198, "fin_caractere_exclue": 2206, "texte": "cerbère."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2262, "fin_caractere_exclue": 2305, "texte": "Voici un fait qui s'est passé, il y a quel­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2358, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "ques jours, au concours de solfège, classe"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2453, "fin_caractere_exclue": 2495, "texte": "de M llc Tordeus. Une jeune fille, une des"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2548, "fin_caractere_exclue": 2591, "texte": "meilleures élèves de la classe, ayant eu le"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2644, "fin_caractere_exclue": 2684, "texte": "malheur de demander à ce haut personnage"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2737, "fin_caractere_exclue": 2783, "texte": "si les questions étaient difficiles, celui-ci,"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2836, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "sans répondre, s'en va trouver le jury et"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2930, "fin_caractere_exclue": 2969, "texte": "lui dit que Mlle X... lui avait demandé"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3022, "fin_caractere_exclue": 3065, "texte": "quelles étaient les questions posées et que"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3118, "fin_caractere_exclue": 3161, "texte": "même elle lui avait offert de l'argent pour"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3214, "fin_caractere_exclue": 3257, "texte": "payer son indiscrétion ; qu'en conséquence,"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3310, "fin_caractere_exclue": 3354, "texte": "il espérait bien que Mlle X... n'obtiendrait"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3407, "fin_caractere_exclue": 3445, "texte": "aucune distinction. Le jury, ainsi que"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3498, "fin_caractere_exclue": 3540, "texte": "M\" 0 Tordeus, ajoutèrent foi aux racontars"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3593, "fin_caractere_exclue": 3635, "texte": "de ce monsieur et exclurent la jeune fille"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3688, "fin_caractere_exclue": 3726, "texte": "du concours. Ne trouvez-vous pas comme"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3779, "fin_caractere_exclue": 3810, "texte": "moi que cela est très édifiant?"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3865, "fin_caractere_exclue": 3904, "texte": "Les élèves, craignant l'influence de ce"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3956, "fin_caractere_exclue": 3994, "texte": "M.... Cardinal, n'osent pas réclamer à"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4046, "fin_caractere_exclue": 4086, "texte": "M. Gevaert, ni aux professeurs. Ces mes­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4138, "fin_caractere_exclue": 4178, "texte": "sieurs se rappelant leurs auteurs répon­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4230, "fin_caractere_exclue": 4267, "texte": "draient invariablement : « En mon bon"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4319, "fin_caractere_exclue": 4340, "texte": "droit j'ai confiance."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "M. Van Vinkeroy, capitaine au régiment"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "des carabiniers, vient de publier un très"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 236, "fin_caractere_exclue": 274, "texte": "intéressant Catalogue des armes et ar."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 334, "fin_caractere_exclue": 376, "texte": "mures du Musée royal d'antiquités et d'ar­"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 425, "fin_caractere_exclue": 466, "texte": "mures de la porte de Hal. Ce recueil con­"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 518, "fin_caractere_exclue": 563, "texte": "tient des détails historiques et des explica­"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 599, "fin_caractere_exclue": 642, "texte": "tions techniques que tout visiteur du Musée"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 690, "fin_caractere_exclue": 716, "texte": "sera heureux de connaître."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 969, "fin_caractere_exclue": 1009, "texte": "L'Union littéraire belge nous prie d'an­"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1023, "fin_caractere_exclue": 1065, "texte": "noncer la création dans son sein, d'un Co­"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1100, "fin_caractere_exclue": 1144, "texte": "mité syndical des gens de lettres. Ce comité"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1245, "fin_caractere_exclue": 1286, "texte": "a pour but la protection des intérêts des"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1383, "fin_caractere_exclue": 1399, "texte": "gens de lettres."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1464, "fin_caractere_exclue": 1479, "texte": "Il est chargé :"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1581, "fin_caractere_exclue": 1622, "texte": "1° De l'étude des questions se rattachant"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1719, "fin_caractere_exclue": 1743, "texte": "aux droits des auteurs ;"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1825, "fin_caractere_exclue": 1863, "texte": "2° De donner des avis et consultations"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1953, "fin_caractere_exclue": 1996, "texte": "sur les difficultés de fait et de droit que"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2090, "fin_caractere_exclue": 2136, "texte": "soulève l'application des lois et arrêtés con­"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2232, "fin_caractere_exclue": 2252, "texte": "cernant ces droits ;"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2351, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "3° D'indiquer la marche à suivre pour"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2479, "fin_caractere_exclue": 2517, "texte": "assurer le règlement ou la défense des"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2614, "fin_caractere_exclue": 2659, "texte": "droits des auteurs, en Belgique ou à l'étran-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2756, "fin_caractere_exclue": 2761, "texte": "gers;"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2765, "fin_caractere_exclue": 2805, "texte": "4° Des jugements, à titre d'amiable com­"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2807, "fin_caractere_exclue": 2849, "texte": "positeur, des différends qui lui sont sou­"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2900, "fin_caractere_exclue": 2904, "texte": "mis;"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2995, "fin_caractere_exclue": 3037, "texte": "5° Des arbitrages qui lui seraient déférés"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3077, "fin_caractere_exclue": 3115, "texte": "par les parties ou par les tribunaux ;"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3119, "fin_caractere_exclue": 3157, "texte": "6° De servir d'intermédiaire entre les"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3253, "fin_caractere_exclue": 3295, "texte": "auteurs, les éditeurs et la presse pour la"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3388, "fin_caractere_exclue": 3423, "texte": "publication des œuvres littéraires."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3523, "fin_caractere_exclue": 3560, "texte": "Les avis et consultations sont donnés"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3655, "fin_caractere_exclue": 3695, "texte": "gratuitement aux membres de l'Union lit-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3787, "fin_caractere_exclue": 3795, "texte": "téraire."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3890, "fin_caractere_exclue": 3928, "texte": "Prière d'adresser la correspondance au"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4024, "fin_caractere_exclue": 4068, "texte": "Secrétaire, 14, rue Saint-Jean, à Bruxelles."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4340, "fin_caractere_exclue": 4366, "texte": "On lit dans le Ménestrel :"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4464, "fin_caractere_exclue": 4500, "texte": "« Une grosse nouvelle nous arrive de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4590, "fin_caractere_exclue": 4631, "texte": "Rome. Il paraît que le pape Léon XIII au­"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4632, "fin_caractere_exclue": 4672, "texte": "rait décidé que dorénavant les chanteurs"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4726, "fin_caractere_exclue": 4770, "texte": "contralti (on sait ce que cela veut dire) de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4818, "fin_caractere_exclue": 4861, "texte": "la chapelle Sixtine, lorsqu'ils cesseraient"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4910, "fin_caractere_exclue": 4950, "texte": "leur service par suite de maladie, ou de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4998, "fin_caractere_exclue": 5038, "texte": "décès, ou d'âge avancé, ne seraient plus"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 5087, "fin_caractere_exclue": 5127, "texte": "remplacés. Déjà l'emploi à la Sixtine de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "ces malheureux, qu'on pourrait appeler"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 234, "texte": "des invalides vivants, avait été aboli en"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 287, "fin_caractere_exclue": 332, "texte": "1797, et ils avaient été l'objet d'un article"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 384, "fin_caractere_exclue": 423, "texte": "du traité de Tolentino, conclu entre le"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 475, "fin_caractere_exclue": 516, "texte": "général Bonaparte et Pie VI, mais ensuite"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 568, "fin_caractere_exclue": 597, "texte": "Pie VII les avait rétablis. »"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 652, "fin_caractere_exclue": 688, "texte": "Nous voilà à tout jamais empêchés de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 740, "fin_caractere_exclue": 781, "texte": "dire à notre cher Paul Veau qu'il n'a pas"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 833, "fin_caractere_exclue": 873, "texte": "que le derrière endommagé, et qu'il peut"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 925, "fin_caractere_exclue": 964, "texte": "aller le dire ou plutôt le chanter... à"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1016, "fin_caractere_exclue": 1021, "texte": "Rome."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1095, "fin_caractere_exclue": 1098, "texte": "***"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1200, "fin_caractere_exclue": 1243, "texte": "La Wallonie succédant à L'Elan       litté-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1339, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "raire, vient de pousser son premier vagis­"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1452, "fin_caractere_exclue": 1459, "texte": "sement."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1535, "fin_caractere_exclue": 1576, "texte": "L'enfant se porte bien. Nous lui trouvons"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1674, "fin_caractere_exclue": 1717, "texte": "des pères connus, parmi lesquels M. Adolphe"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1795, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "Goffin de feu La Basoche."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1919, "fin_caractere_exclue": 1951, "texte": "La revue annonce des articles de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2048, "fin_caractere_exclue": 2088, "texte": "MM. Hector Chainaye et Célestin Demblon."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2192, "fin_caractere_exclue": 2230, "texte": "Elle nous apprend encore, que La Revue"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2304, "fin_caractere_exclue": 2347, "texte": "littéraire de Bordeaux (directeur : le doux"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2440, "fin_caractere_exclue": 2477, "texte": "Fuster) annonce que la Jeune Belgique"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2569, "fin_caractere_exclue": 2612, "texte": "dégringole. C'est une erreur; elle s'assied"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2711, "fin_caractere_exclue": 2754, "texte": "tout au plus sur M. Fuster, déjà si aplati."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2859, "fin_caractere_exclue": 2899, "texte": "L'Exposition internationale et triennale"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2950, "fin_caractere_exclue": 2991, "texte": "des Beaux-Ans vient de s'ouvrir au Cercle"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3042, "fin_caractere_exclue": 3076, "texte": "artistique et littéraire de Namur."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3212, "fin_caractere_exclue": 3252, "texte": "La Basoche a cessé de paraître et c'est,"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3347, "fin_caractere_exclue": 3387, "texte": "dans notre petite monde des Lettres, une"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3475, "fin_caractere_exclue": 3519, "texte": "perte réelle. Cette jeune revue ignorait que"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3612, "fin_caractere_exclue": 3654, "texte": "le public amateur de revues d'art est très"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3746, "fin_caractere_exclue": 3786, "texte": "restreint chez nous II faut une tenacité"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3846, "fin_caractere_exclue": 3886, "texte": "rare pour garder pied. La Basoche nous a"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3979, "fin_caractere_exclue": 4023, "texte": "vaillamment assisté dans nos efforts et nous"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4119, "fin_caractere_exclue": 4156, "texte": "lui devons beaucoup. Espérons que les"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4207, "fin_caractere_exclue": 4248, "texte": "débris de ce bataillon viendra grossir le"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4299, "fin_caractere_exclue": 4336, "texte": "nôtre, persuadés que nous sommes tout"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4417, "fin_caractere_exclue": 4460, "texte": "prêts à les ravitailler. Nous avons déjà le"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4551, "fin_caractere_exclue": 4589, "texte": "délicat poète André Fontainas; que les"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4682, "fin_caractere_exclue": 4725, "texte": "autres ne s'arrêtent pas à des défiances ou"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4776, "fin_caractere_exclue": 4817, "texte": "à des susceptibilités ; les cadets seront"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4868, "fin_caractere_exclue": 4909, "texte": "reçus à bras ouverts et nous ne demandons"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4960, "fin_caractere_exclue": 4997, "texte": "pas mieux que de continuer l'œuvre de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 5048, "fin_caractere_exclue": 5086, "texte": "La Basoche en facilitant leurs débuts."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 5158, "fin_caractere_exclue": 5162, "texte": "* **"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 97, "texte": "Voici le jugement du tribunal correction­"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 149, "fin_caractere_exclue": 191, "texte": "nel (12 juin) par lequel M. Max Waller est"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 245, "fin_caractere_exclue": 287, "texte": "acquitté dans l'affaire Coquelin (voir nos"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 337, "fin_caractere_exclue": 361, "texte": "deux derniers numéros) :"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 432, "fin_caractere_exclue": 470, "texte": "« Attendu que le règlement de 1883 sur"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 519, "fin_caractere_exclue": 557, "texte": "la police des théâtres se borne en son"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 614, "fin_caractere_exclue": 659, "texte": "art. 22 à défendre de troubler le spectacle ;"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 692, "fin_caractere_exclue": 729, "texte": "« Attendu que les sifflets ne peuvent"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 780, "fin_caractere_exclue": 823, "texte": "tomber sous l'application de cette disposi­"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 872, "fin_caractere_exclue": 916, "texte": "tion que s'ils ont eu pour but et pour effet"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 963, "fin_caractere_exclue": 1008, "texte": "de troubler l'ordre en non s'ils ont été sim­"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1039, "fin_caractere_exclue": 1078, "texte": "plement une manifestation ou une marque"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1114, "fin_caractere_exclue": 1155, "texte": "de désapprobation à l'adresse d'un acteur"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1191, "fin_caractere_exclue": 1202, "texte": "déterminé ;"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1261, "fin_caractere_exclue": 1302, "texte": "« Qu'en fait, dans l'espèce, il n'est pas"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1335, "fin_caractere_exclue": 1380, "texte": "établi que les appelants aient eu l'intention"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1431, "fin_caractere_exclue": 1457, "texte": "de troubler le spectable ;"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1526, "fin_caractere_exclue": 1566, "texte": "« Que l'interruption du spectacle, qui a"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1616, "fin_caractere_exclue": 1660, "texte": "duré, au dire de la plupart des témoins, que"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1713, "fin_caractere_exclue": 1752, "texte": "quelques secondes seulement, et qui est"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1806, "fin_caractere_exclue": 1843, "texte": "due tant aux applaudissements qui ont"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1900, "fin_caractere_exclue": 1943, "texte": "répondu aux coups de sifflet qu'à ces coups"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1997, "fin_caractere_exclue": 2040, "texte": "de sifflet eux mêmes, ne peut être considé­"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2089, "fin_caractere_exclue": 2126, "texte": "rée comme le trouble du spectacle que"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2183, "fin_caractere_exclue": 2217, "texte": "l'art. 22 a pour but de réprimer ;"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2280, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "« Par ces motifs, recevant l'appel et y"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2371, "fin_caractere_exclue": 2412, "texte": "faisant droit, le tribunal met à néant le"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2456, "fin_caractere_exclue": 2496, "texte": "jugement a quo, renvoie les prévenus des"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2550, "fin_caractere_exclue": 2583, "texte": "tins des poursuites sans frais. »"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2648, "fin_caractere_exclue": 2692, "texte": "Inutile de dire que c'est à la plaidoirie de"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2736, "fin_caractere_exclue": 2772, "texte": "Georges Rodenbach que nous devons ce"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2831, "fin_caractere_exclue": 2846, "texte": "succès complet."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2929, "fin_caractere_exclue": 2968, "texte": "Le juge Hayoit, qui nous avait condamné"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3021, "fin_caractere_exclue": 3062, "texte": "à 5 francs d'amende doit faire une de ces"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3115, "fin_caractere_exclue": 3122, "texte": "têtes !"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3417, "fin_caractere_exclue": 3423, "texte": "FRANCE"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3499, "fin_caractere_exclue": 3533, "texte": "Le Salon des Refusées, par Georges"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3685, "fin_caractere_exclue": 3724, "texte": "Vautier. Un vol. Paris, Ghio, fr. 3-50."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3798, "fin_caractere_exclue": 3840, "texte": "Banville dit dans son Traité qu'il y a des"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3841, "fin_caractere_exclue": 3881, "texte": "gens, comme M. Scribe, qui ont le don de"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3882, "fin_caractere_exclue": 3925, "texte": "faire de mauvais vers et qui seraient inca­"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3926, "fin_caractere_exclue": 3967, "texte": "pables par nature d'en faire un seul bon."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4022, "fin_caractere_exclue": 4061, "texte": "Il y a de même des écrivains qui ont le"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4102, "fin_caractere_exclue": 4139, "texte": "don de faire de mauvais romans et des"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4199, "fin_caractere_exclue": 4238, "texte": "éditeurs qui ont le don de les publier."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4294, "fin_caractere_exclue": 4330, "texte": "M. Georges Vautier complète M. Ghio,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4384, "fin_caractere_exclue": 4430, "texte": "dont la librairie est le déversoir de tous les"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4477, "fin_caractere_exclue": 4515, "texte": "manuscrits médiocres dont personne n'a"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 147, "texte": "voulu; c'est dans son officine qu'arrivent,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 200, "fin_caractere_exclue": 243, "texte": "en cassation, exténués, découragés, les in­"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 296, "fin_caractere_exclue": 335, "texte": "fortunés que Lemerre ou Charpentier ont"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 388, "fin_caractere_exclue": 427, "texte": "mis poliment dehors. M. Ghio les reçoit"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 480, "fin_caractere_exclue": 517, "texte": "moyennant caution et les imprime pour"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 570, "fin_caractere_exclue": 612, "texte": "éviter des suicides. C'est ce qui fait que"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 665, "fin_caractere_exclue": 687, "texte": "M. Vautier vit encore."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 742, "fin_caractere_exclue": 778, "texte": "Le Salon des Refusées est le sixième"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 830, "fin_caractere_exclue": 870, "texte": "tome des Œuvres complètes de cette célé­"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 923, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "brité. Les cinq autres sont intitulés :"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1017, "fin_caractere_exclue": 1037, "texte": "La grève des femmes."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1092, "fin_caractere_exclue": 1112, "texte": "La revanche du mari."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1167, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "Le crime du substitut."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1244, "fin_caractere_exclue": 1256, "texte": "La marraine."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1311, "fin_caractere_exclue": 1333, "texte": "Le remords du docteur."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1388, "fin_caractere_exclue": 1429, "texte": "Il n'est pas inutile de donner ces titres"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1481, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "trop ignorés, afin de mesurer à son aune"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1573, "fin_caractere_exclue": 1614, "texte": "M. Georges Vautier. Celui-ci, d'ailieurs,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1666, "fin_caractere_exclue": 1712, "texte": "n'est pas sans être curieux. 11 a trouvé l'im­"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1764, "fin_caractere_exclue": 1805, "texte": "personnalité spontanée, ou plutôt, il est"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1857, "fin_caractere_exclue": 1899, "texte": "parvenu, sans être connu, à être à la fois"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1951, "fin_caractere_exclue": 1996, "texte": "plusieurs romanciers connus. Ici il est Droz,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2048, "fin_caractere_exclue": 2088, "texte": "ce qui dispense de lire son roman. Après"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2140, "fin_caractere_exclue": 2182, "texte": "un chapitre, on ferme le livre en disant :"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2234, "fin_caractere_exclue": 2275, "texte": "« C'est drôle, j'ai déjà lu cela, mais ça"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2327, "fin_caractere_exclue": 2370, "texte": "m'avait fait meilleur effet à première lec-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2422, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "ture. Comme les goûts changent! »"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2510, "fin_caractere_exclue": 2549, "texte": "Ces talents modestes qui ne s'affichent"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2601, "fin_caractere_exclue": 2643, "texte": "pas, qui dédaignent les succès faciles des"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2696, "fin_caractere_exclue": 2735, "texte": "Daudet, Zola, Goncourt et consorts, ont"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2787, "fin_caractere_exclue": 2830, "texte": "quelque chose de touchant et d'apostolique."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2882, "fin_caractere_exclue": 2925, "texte": "M. Vautier veut disparaître sans que jamais"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2977, "fin_caractere_exclue": 3020, "texte": "on prononce son nom ou celui de ses livres;"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3072, "fin_caractere_exclue": 3114, "texte": "il aime le volume vierge, non découpé, et,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3166, "fin_caractere_exclue": 3209, "texte": "avec une rare persévérance, il écrit de ma­"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3261, "fin_caractere_exclue": 3305, "texte": "nière à conserver à son œuvre cette inviola­"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3357, "fin_caractere_exclue": 3400, "texte": "ble pureté. Le Salon des Refusées n'a point"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3452, "fin_caractere_exclue": 3495, "texte": "failli; le vœu de M. Vautier, nous l'accom­"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3547, "fin_caractere_exclue": 3590, "texte": "plirons et nous vendrions plutôt vingt fois"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3642, "fin_caractere_exclue": 3684, "texte": "son Salon au Passage Bortier plutôt que de"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3776, "fin_caractere_exclue": 3794, "texte": "le lire une seule."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3979, "fin_caractere_exclue": 4018, "texte": "La Capitale de l'Art, par Albert Wolff."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4070, "fin_caractere_exclue": 4101, "texte": "Un vol Paris, Havard, fr. 3-50."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4156, "fin_caractere_exclue": 4198, "texte": "La capitale de l'art n'est point l'Athènes"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4250, "fin_caractere_exclue": 4290, "texte": "de Périclès, ni la Rome des papes; c'est"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4342, "fin_caractere_exclue": 4383, "texte": "Paris, seule capitale où les chroniqueurs"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4435, "fin_caractere_exclue": 4476, "texte": "économisent sur leurs chroniques des col­"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4528, "fin_caractere_exclue": 4573, "texte": "lections de tableaux. Ainsi traduit, le titre"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "adopté par M. Wolff s'entend fort bien. De"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 139, "fin_caractere_exclue": 182, "texte": "toute autre manière, il serait sans propor­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 232, "fin_caractere_exclue": 275, "texte": "tion avec l'œuvre, qui n'est que la réunion"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 325, "fin_caractere_exclue": 366, "texte": "en brochure d'une vingtaine de chroniques"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 423, "fin_caractere_exclue": 433, "texte": "du Figaro."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 522, "fin_caractere_exclue": 563, "texte": "Cette seule indication suffirait à donner"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 608, "fin_caractere_exclue": 648, "texte": "une idée très nette du volume. Une chro­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 697, "fin_caractere_exclue": 738, "texte": "nique du Figaro peut être médiocre et lue"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 793, "fin_caractere_exclue": 831, "texte": "tout de même pour quelque raison d'ac­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 832, "fin_caractere_exclue": 874, "texte": "tualité. Le lendemain, ce n'est plus qu'un"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 875, "fin_caractere_exclue": 916, "texte": "mauvais article, et quand il y en a vingt"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 968, "fin_caractere_exclue": 1010, "texte": "d'amassés l'un sur l'autre, chacun d'eux y"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1062, "fin_caractere_exclue": 1104, "texte": "perd encore et paraît vingt fois plus mau­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1155, "fin_caractere_exclue": 1200, "texte": "vais que s'il était seul. Alors on a un livre"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1247, "fin_caractere_exclue": 1288, "texte": "insupportable ; c'est en même temps creux"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1341, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "et indigeste, fatigant à lire et décevant. Le"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1432, "fin_caractere_exclue": 1476, "texte": "style de M. Wolff ajoute encore à cet ennui."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1525, "fin_caractere_exclue": 1566, "texte": "On sait que M. Wolff écrit péniblement le"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1594, "fin_caractere_exclue": 1639, "texte": "français, qui n'est pas sa langue maternelle,"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1640, "fin_caractere_exclue": 1686, "texte": "mais il a des prétentions littéraires égales à"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1719, "fin_caractere_exclue": 1763, "texte": "ses prétentions artistiques, et justifie les"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1764, "fin_caractere_exclue": 1803, "texte": "unes des autres par la même hardiesse :"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1857, "fin_caractere_exclue": 1897, "texte": "une aisance boulevardière qui tombe sou­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1947, "fin_caractere_exclue": 1988, "texte": "vent dans la familiarité, dans le mauvais"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2039, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "ton, et d'autres fois une emphase sans mo­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2129, "fin_caractere_exclue": 2174, "texte": "tif, des accès de solennité futile. M. Wolff,"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2224, "fin_caractere_exclue": 2270, "texte": "qui se croit un raffiné, serait surpris d'être"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2317, "fin_caractere_exclue": 2351, "texte": "trouvé prudhomme; prudhomme cepen­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2410, "fin_caractere_exclue": 2452, "texte": "dant est le mot : ce bouleyardier allemand"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2502, "fin_caractere_exclue": 2549, "texte": "qui fait le railleur et le dégourdi est affreu­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2596, "fin_caractere_exclue": 2613, "texte": "sement prudhomme."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2684, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "Le fond du livre vaut la forme. Tout le"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2724, "fin_caractere_exclue": 2765, "texte": "système de critique de M. Wolff se résume"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2766, "fin_caractere_exclue": 2807, "texte": "dans l'emploi varié de l'adjectif combiné"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2855, "fin_caractere_exclue": 2900, "texte": "avec l'anecdote et la question de la routine."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2945, "fin_caractere_exclue": 2987, "texte": "Par exemple, après nous avoir dit de Géri-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3038, "fin_caractere_exclue": 3080, "texte": "cault qu'il méprisa la routine académique,"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3129, "fin_caractere_exclue": 3171, "texte": "mourut jeune, fut la plus haute expression"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3189, "fin_caractere_exclue": 3228, "texte": "de l'art français et un des plus grands"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3229, "fin_caractere_exclue": 3273, "texte": "artistes qui aient existé, M. Wolff a épuisé"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3274, "fin_caractere_exclue": 3316, "texte": "son canevas, il pense nous avoir fait con­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3317, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "naître Géricault, et n'est pas loin, peut-être,"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3365, "fin_caractere_exclue": 3407, "texte": "de se croire aussi fort que Géricault lui-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3419, "fin_caractere_exclue": 3458, "texte": "même. Le même procédé est applicable et"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3514, "fin_caractere_exclue": 3553, "texte": "appliqué de même à tous les peintres, à"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3608, "fin_caractere_exclue": 3651, "texte": "tous les sculpteurs passés en revue jusqu'à"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 138, "texte": "concurrence de 380 pages. Si le volume"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "plaît, M. Wolff en fera un second, puis un"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 282, "fin_caractere_exclue": 324, "texte": "troisième, et toute une série si le public"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 375, "fin_caractere_exclue": 422, "texte": "veut en faire les frais. « Si, ce que j'espère,"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 473, "fin_caractere_exclue": 517, "texte": "cette première série trouve l'agrément (sic)"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 568, "fin_caractere_exclue": 607, "texte": "du lecteur, la même idée présidera à la"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 658, "fin_caractere_exclue": 696, "texte": "composition du second volume, dans le­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 747, "fin_caractere_exclue": 792, "texte": "quel, etc.... » Si cette histoire..., etc...."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 928, "fin_caractere_exclue": 967, "texte": "M. de Brunhoff, l'éditeur des Premières"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1018, "fin_caractere_exclue": 1061, "texte": "Illustrées, le plus artistique des journaux"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1112, "fin_caractere_exclue": 1154, "texte": "s'occupant de questions théâtrales, met en"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1205, "fin_caractere_exclue": 1246, "texte": "vente ce jour le douzième fascicule de sa"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1297, "fin_caractere_exclue": 1340, "texte": "collection, consacré à Joséphine vendue par"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1391, "fin_caractere_exclue": 1431, "texte": "ses sœurs. Les charmants dessins de Gor-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1482, "fin_caractere_exclue": 1524, "texte": "guet font de cette livraison une œuvre des"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1575, "fin_caractere_exclue": 1593, "texte": "plus remarquables."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1712, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": ".. *.."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1817, "fin_caractere_exclue": 1856, "texte": "La librairie Pion met en vente un roman"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1907, "fin_caractere_exclue": 1946, "texte": "de mœurs galiciennes : Pauvre Moschko !"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1997, "fin_caractere_exclue": 2038, "texte": "dû à la plume énergique de K.-E. Franzos."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2089, "fin_caractere_exclue": 2128, "texte": "et traduit fort élégamment par Louis de"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2179, "fin_caractere_exclue": 2223, "texte": "Hessem. C'est à la fois une histoire d'amour"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2274, "fin_caractere_exclue": 2316, "texte": "et une étude de mœurs où se trouvent oppo­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2367, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "sés de la plus curieuse façon les tempéra­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2460, "fin_caractere_exclue": 2501, "texte": "ments des juifs et des chrétiens. La nou­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2552, "fin_caractere_exclue": 2595, "texte": "veauté du décor achève de donner à ce récit"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2646, "fin_caractere_exclue": 2681, "texte": "dramatique un intérêt exceptionnel."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2819, "fin_caractere_exclue": 2854, "texte": "A lire dans le dernier numéro de la"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2905, "fin_caractere_exclue": 2944, "texte": "Revue Contemporaine : Le Grand inquisi-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2995, "fin_caractere_exclue": 3037, "texte": "teur , traduction par M. Derely d'un frag­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3088, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "ment des Frères Karamasoff       de Dos­"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3179, "fin_caractere_exclue": 3188, "texte": "toïewski."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3415, "fin_caractere_exclue": 3418, "texte": "***"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3472, "fin_caractere_exclue": 3513, "texte": "Vient de paraître : Contes, par Jules Van"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3564, "fin_caractere_exclue": 3607, "texte": "der Brugghen (?), avec une préface d'Arnold"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3658, "fin_caractere_exclue": 3703, "texte": "Goffin (?) et frontispice de Carolus Vos (?)."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3757, "fin_caractere_exclue": 3797, "texte": "Préface à se tordre, frontispice du même"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3848, "fin_caractere_exclue": 3886, "texte": "genre. Nous parlerons prochainement du"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 3937, "fin_caractere_exclue": 3980, "texte": "livre qui n'est pas quelconque, loin de là."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-07-05-n7-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "A tous les artistes", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 379, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 2149, "texte": "A tous les artistes, buveurs raffinés, amoureux des vins couleur de soleil,\ndes liqueurs exquises et de la verte empoisonneuse qui engourdit les peines\net calme le dégoût du mufflisme contemporain,, nous recommandons la\n\n   de Block's Universal Wine C°\n                  6, R U E P A U L D E V A U X , 6 (PRÈS LA B O U R S E )\n\n   En cette osteria décorée dans le style de la Renaissance flamande par notre\npremier décorateur, C H . - L É O N CARDON, nos amis Jeunes-Belgique,\nVingtistes, Essoriens, Hydrophiles et autres trouveront à déguster les vins\ndélicats de Xérès et d'Alicante, les vins de Portugal, d'Orange-Cap, le\nKalliste, le Misistra noir, le Moscato et VAchaja de Grèce, le Tokay de\nHongrie, le Syracuse, le Capri, le Malvasia de Lipari, et comme apéritifs\nles Vermouths Noilly-Prat et Fratelli Cora et l'absinthe Pernod.\n   (Prix modestes, et pour les jours de joyeuses beuveries, du vin de cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\n      LIE                 C H A T                                         NOIR,\n                     Directeur : RODOLPHE SALIS.\nSecrétaires de la rédaction : GEORGE AURIOL; ALBERT T I N C H A N T :\n                             PARAIT TOUS LES SAMEDIS\n            Abonnement pour la Belgique : Un an : 12 francs.\n                   Bureaux : à Paris, 12, rue de Laval, 12.\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris ; publie ZO-HAR, par CATULLE MENDÈS. Un\n  numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs ; en vente partout.\n\n\n\n    La Jeune Belgique recommande à ses lecteurs\nle nouvel atelier de photographie EMERA\n         Montagne de la Cour,\n             le plus artistique\n                     de\n                 Bruxelles.\n\n                                                                    Photographies\n                                                                 d'artistes en vogue.\n\n                                            Les costumes du cortège historique\n                                                   des chemins de fer.\n\n\n   Bruxelles. — Imprimerie Félix Callewaert père, Ve Monnom successeur, 20, rue de l'Industrie\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 340, "texte": "6e ANNÉE.        TOME V, N° 7.        PRIX : 60 CENT. ÉTRANGER : 75 CENT.                 5 JUILLET 1886.\n\n\n\n\n                                             LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                           Quand tout s'ébranle et meurt, l ' A r t est là qui se plante,\n                                           Nocturnement bâti comme un monument d'or.\n                                           Et chaque soir que dans la paix, le jour s'endort.\n                                           Sa muraille en miroir jaillit ètincelante,\n                                           El d'un reflet rejette au ciel te firmanent;\n                                           Les poètes venus trop tard pour être prêtres\n                                           Marchent vers les lueurs qui tombent des fenêtres\n                                           Et reluisent ainsi que des plaques d'aimant.\n                                                                             EMILE VERHÀEREN.\n\n\n\n                                   SOMMAIRE;\n   Les Moines                                                       ALBERT GIRAUD.\n   Rimes de printemps                                               ANDRÉ FONTAINAS.\n   T r o i s nouveaux poètes                                        GEORGES RODENBACH.\n   F l u x et reflux                                                HENRY MAUBEL.\n   Ballades en prose .                                              JULES DESTRÉE.\n   Chronique artistique                                             UN FLANEUR.\n   Memento\n\n\n\n\n                                      BRUXELLES\n              ADMINISTRATION :                                       RÉDACTION :\n            26, RUE DE L'INDUSTRIE,                              80, RUE BOSQUET,\n\n                                          PARIS\n                         ALPHONSE LEMERRE,                       ÉDITEUR\n                                 27-31, PASSAGE CHOISEUL, 27-31.\n                                               1886\n"}, {"page_pdf": 341, "texte": "        LA JEUNE BELGIQUE\n                        REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\nparaissant  le 1er de chaque mois en livraisons de 40 pages au moins et formant au bout\n                        de l'année un superbe volume de 600 pages.\n     Bruxelles : Administration,   26, rue l'Industrie. — Rédaction : 80, rue Bosquet.\n\n                           Directeur : MAX WALLER.\n                   Secrétaire de la rédaction : F. VURGEY.\n                     Administrateur   : HUBERT VAN DYK.\n                                  ABONNEMENTS :\n                Belgique : 7 francs par an. — Union postale : fr. 8-50.\n             Les conditions pour les annonces se traitent à                   forfait.\n\n                              BOITE AUX LETTRES\n   121. A LA BASOCHE. Seriez bien aimable nous envoyer votre dernier numéro qui\nmanque à notre collection. Merci. — A LA SOCIÉTÉ NOUVELLE. Id. le numéro de\ndécembre 1885. Merci. — A GEORGES R... Id. les n os 3, 7 (t. I), 12 (t. II), 6 (t. III) de la\nRevue contemporaine, qui ont servi, dans le procès, à fourrer le museau de Paul Veau\ndans sa.... — A LA WALLONIE. Nous n'avons de l'Elan littéraire que 10 numéros\n1re année (1 r e et 2 e livraisons manquent) et les 4 premiers numéros 2 e année. Seriez bien\ngracieux compléter.\n   122. Du Chat noir; pour faire enrager les aquarellistes :\n                                       LA BELLE IDA.\n   On l'appelle la belle Ida, et on a bien raison, car pour une jolie fille, certes, on peut\ndire que c'est une jolie fille.\n   Mais, si elle est belle comme un astre, la Providence a voulu qu'elle fût spirituelle\ncomme la lune, et dame! vous savez qu'à cet égard la lune a une de ces réputations !\n   Ida, ne cherchons pas à le dissimuler, est lamentablement lunaire.\n   A ce point, que ce sera l'éternelle stupéfaction de ses interlocuteurs de considérer\ncombien peu de mots sont nécessaires à Ida pour entasser tant de luneries malencon­\ntreuses.\n   Et tout ça, avec des airs roublards, subtils et bien informés !\n   Vous-même, moi-même, n'est-ce pas, si nous étions jolis comme ça, et si candides, on\npourrait s'en tirer.\n   Moi, je me contenterais de jouer un rôle exclusivement décoratif, et n'ouvrirais la\nbouche que pour les besoins usuels de la vie.\n   Avec Ida, ça n'est pas la même chose.\n   Autant elle est belle, autant elle est bavarde, et elle aimerait mieux, Ophélie moderne,\nse jeter dans le bassin Pigalle, que de rater l'occasion d'étonner ses contemporains par\nses aperçus bizarroldes.\n   Au fait, je ne vous ai pas encore dévoilé sur quel degré de l'échelle sociale on risque de\nrencontrer la belle Ida.\n   Elle est modèle. — vous l'aviez deviné, peut-être? Tous les peintres du quartier\nVilliers et des Ternes la connaissent bien, car elle fait à la fois les délices et la terreur de\nleurs ateliers.\n   Les délices, à cause de l'éternel imprévu de ses trouvailles ; la terreur, pour sa terrible\nmanie de colporter, d'atelier à atelier, des potins souvent mal interprétés.\n   On n'ose plus rien dire, devant elle, que des paroles vagues et sans portée. Parfois, de\njeunes peintres fumistes lui avancent gravement des assertions folichonnes, qu'elle\nrecueille comme paroles d'Evangile, et qui reçoivent, du coup, l'énorme publicité de sa\npetite bouche rose.\n  Et voilà comment, sans s'en douter, elle causa tant de joie, la semaine dernière, à tra­\nvers tous les ateliers où elle pose.\n  Elle était chez le jeune peintre A...\n   Le jeune peintre A... est payé pour connaître Ida. Aussi, n'a-t-il avec elle que des con­\nversations d'où le bon sens est soigneusement banni.\n  — Ah ! s'écria Ida en minaudant, j'ai vu hier chez Jacquot une bien jolie aquarelle..,\n  — De qui donc?\n  — Mais... de lui.\n  — Fichez-moi donc la paix avec votre Jacquot. Je sais bien, moi, comment il les fait,\nses aquarelles.\n  — Comment donc les fait-il?\n"}, {"page_pdf": 342, "texte": "                       LES MOINES (*)\n                                                          A EMILE VERHAEREN.\n\n               MON CHER POÈTE,\n\n\n\n                               Si je n'étais pas Jeune-Belgique, c'est-à-dire si\n                             j'étais capable d'être étonné, embarrassé, arrêté\n                             par quelqu'un ou par quelque chose, j'userais et\n                             j'abuserais de ce droit de l'homme : être perplexe.\n                                Sais-tu ce que c'est qu'un dilemme? C'est une\n                             espèce de raisonnement à deux branches : les\n                                ciseaux de la logique. On met le patient entre\n                                les deux branches; puis on les rapproche. Le\n                                patient est généralement coupé en deux.\n                        Or voici les deux branches épouvantablement aigui­\n                     sées entre lesquelles je me trouve : Si je te loue, je suis\n                     un complaisant, un encenseur, un enfant de chœur de la\n                     petite chapelle, et je suis perdu. Si je te critique un peu\n                  vertement, je suis un mauvais camarade, un enfant de\n                  chœur faisant des polissonneries dans l'encensoir, que sais­\n                 ­e? un envieux peut-être, et je suis perdu.\n                  Eh bien ! puisque je suis perdu, dans les deux cas, quoi\n              'qu'il arrive, il me plaît de me perdre le plus follement possi­\n           ble. Je te louerai sans réserve, et je te blâmerai sans détours. Je\n           te ferai passer, doucement, très doucement l'encensoir sous les\n           narines, et puis tout à coup, sans te prévenir, je te le casserai\nsur la tête. Quant à la galerie, mon cher poète, j'ai cette vieille habitude\n\n\n (1) Les Moines, par Emile Verhaeren. Paris, Alphonse Lemerre.\n                                                                       19\n"}, {"page_pdf": 343, "texte": "                                  — 304 —\n\n d'agir absolument comme si elle n'existait pas. Et pour ce qui est de son\n dilemme, si coupant qu'il soit, je crois que ce sera lui qui sera coupé.\n     Et ainsi se vérifiera une fois de plus l'exquis et savoureux proverbe\n russe : « Je t'aime comme mon âme, mais je te secoue comme un poirier ! »\n     Si quelqu'un des nôtres, mon vieux camarade d'Université, de vie folle\n et de plume au vent, a reçu, dès le berceau, par la grâce des Fées bienfai­\n santes, ce don rare et perfide qu'on appelle le don de Poésie, c'est bien-\n toi, l'auteur des Flamandes et des Moines. Toutes les facultés innées\n du poète, tu les réunis avec prodigalité. Tu as la sensibilité foudroyante,\n l'étincelle électrique et divine qui permet à ceux qu'elle frappe de vivre en\n une seconde tous les hommes et tous les siècles à la fois, d'évoquer tous les\nciels, tous les paysages, tous les décors, bref, d'être quand il leur plaît, un\nmonde distinct du monde, différent du monde et semblable au monde. Tu\nas une imagination d'aigle, et l'or des soleils ne te fait pas peur. Tu détiens\nla clef magique des symboles, sans laquelle il n'est point de poésie, c'est à\ndire d'essence. Tu as l'image imprévue, véhémente, originale, décorative\ncomme un arc de triomphe et comme un lit de parade. Tu as la volonté\npuissante et désordonnée, les mains impatientes et nerveuses des forts. Tu\ndébutas, il y a trois ans, par une orgie écrite, — faut-il dire écrite? — une\ndébauche de couleurs, de rimes et de mots, une priapée littéraire : Les Fla­\nmandes. C'était jeune, violent, exaspéré, fou ! Rouge et or, avec des fracas\nde cuivres forains, de grosses caisses publiques, de trombones populaires.\nUn Jordaens ivre, trempant les balais et les cuillers à pot de Goya dans des\ncuves de vermillon, d'ocre et de garance, et jurant qu'il en barbouillerait la\nterre, les cieux et les étoiles, c'était toi. Cuisine féroce, en plein air, au\nson de musiques enragées, où, cuisinier pantagruélique et toujours agité,\ntu cuisais, sur d'énormes feux de joie, des taureaux et des bœufs que tu\nessayais, avec des hurlements de sauvage, de dévorer à moitié crus. Tu\nétais un cannibale de l'art; un cannibale plein d'avenir et de promesses,\nmais un cannibale.\n    Malheureusement pour toi, cette poésie rabelaisienne et flamande, qui\navait juré d'être plantureuse, avait les yeux, et les rimes, plus grands que le\nventre. Elle était vouée à l'indigestion finale. La crise éclata. Pantagruel\nfit une retraite à La Trappe. Et au lieu du poète ventripotent, exubérant,\nfou de son corps, de son estomac, de sa bouche, au lieu du virulent adepte\ndu lard pour lard, nous vîmes revenir, qui? Un être ascétique, maigre,\ntout en profil, un peu grincheux, bizarre, suivi d'un vol de coquecigrues,\net qui avait l'air, tant il était déshabillé de sa chair et de sa joie, d'avoir\nmarché sur Zurbaran et sur Ribeira.\n"}, {"page_pdf": 344, "texte": "                                   — 305 —\n\n   De même que tu vis naguère les Flamands à travers Jordaens et Steen,\ntu vois aujourd'hui les moines à travers les peintres espagnols, amoureux\nde sang et de carnage. Tu les contemples, plutôt dans le passé que dans le\nprésent, dans la légende que dans l'histoire, surhumains, d'un seul bloc, en\ndes attitudes éternelles. Tu les imagines hagards, fous du crucifix, affamés\nde supplice, prêts à retourner le signe rédempteur pour en faire un glaive.\nOu des ascètes brûlés par la foi, prophétisant dans les déserts bibliques, ou\ndes Torquemada plantant, de force, la croix sanglante dans le cœur pante­\nlant des martyrs. Tes moines, peu divers, et qui peuvent se ramener à ces\ndeux types, sont au fond des moines romantiques. Petrus Borel leur dirait :\n« Mon frère! » Quant aux gavroches du naturalisme, ils sont capables de\nleur crier : « Et ta sœur? »\n   Les moines dont je parle, tu les a incarnés dans des vers superbes,\nrugueux, fauves, traînants comme des litanies, pieux comme des pénitents,\norgueilleux comme des chapes et comme des bannières :\n\n                                 LES MOINES\n             Je vous invoque ici, Moines   apostoliques,\n             Chandeliers d'or, flambeaux de foi, porteurs de feu,\n             Astres versant le jour aux siècles catholiques,\n             Constructeurs éblouis de la maison de Dieu ;\n             Solitaires assis sur les montagnes blanches,\n             Marbres de volonté, de force et de courroux,\n             Prêcheurs tenant levés vos bras à longues manches\n             Sur les remords ployés des peuples à genoux ;\n             Vitraux avivés d'aube et de matin candides,\n             Vases de chasteté ne tarissant  jamais,\n             Miroirs réverbérant comme des lacs lucides\n             Des rives de douceur et des vallons de paix ;\n             Voyants dont l'âme était la mystique    habitante\n             Longtemps avant la mort d'un monde        extra-humain,\n             Torses incendiés de ferveur  haletante,\n             Rocs barbares debout sur l'empire romain ;\n             Etendards embrasés, armures de l'Eglise,\n             A batteurs d'hérésie à larges coups de croix,\n             Géants chargés d'orgueil que Rome     immortalise,\n             Glaives sacrés pendus sur la tête des rois ;\n             Arches dont le haut cintre arquait sa vastitude\n             Avec de lourds piliers d'argent comme soutiens\n             Du côté de l'aurore et de la solitude\n             D'où sont venus vers nous les grands fleuves   chrétiens;\n"}, {"page_pdf": 345, "texte": "                                   — 306 —\n\n             Clairons sonnant le Christ à belles claironnées,\n             Tocsins battant l'alarme à mornes glas tombants,\n             Tours de soleil de loin en loin illuminées\n             Qui poussez dans le ciel vos crucifix  flambants.\n\n  Ton livre est plein de vers spontanés, d'un seul jet, frémissants comme\ndes javelines, qui s'enfoncent dans la cible avec une tranquille et fou­\ndroyante rapidité :\n             Il en est dont les reins se ceinturent d'orties,\n             Et qui marchent hagards, par les sentiers étroits,\n             Le dos raidi, les flancs creusés, les bras en croix,\n             La bouche effrayamment ouverte aux prophéties.\n             D'autres, la gorge sèche et la poitrine en feu,\n             Sont les suppliciés de jeûne et de prière\n             Dont le corps s'éternise en des gestes de pierre\n             Et qui dans les déserts hurlent après leur Dieu !\n\n  J'admire aussi, sans arrière-pensée ni restrictions, cette belle apostrophe\naux moines :\n             Moines grandis parmi l'exil et les défaites,\n            Moines chassés, mais dont les vêtements vermeils\n            Illuminent la nuit du monde et dont les têtes\n            Passent dans la clarté des suprêmes soleils,\n            Nous vous magnifions, nous les poètes calmes,.\n            Et puisque rien défier n'est aujourd'hui    vainqueur,\n            Puisqu'on a déchiré les lauriers et les palmes,\n            Moines, grands isolés de pensée et de cœur,\n            Avant que la dernière âme ne soit tuée,\n            Mes vers vous bâtiront de mystiques    autels,\n            Sous le velum errant d'une chaste nuée,\n            Afin qu'un jour cette âme aux désirs éternels,\n            Pensive et seule et triste au fond de la nuit blême,\n            De votre gloire éteinte allume encore le feu,\n            Et songe à vous encor quand le dernier blasphème\n            Comme une épée immense aura transpercé Dieu !\n\n   Cela est parfait, achevé. Cela ne peut être exprimé autrement. Cela est\nde la grande et forte poésie.\n   Mais ce que je n'admire plus du tout, mon cher ami, ce que je réprouve\navec horreur, ce qui m'encolère et m'énerve, c'est ton dédain d'improvisa­\nteur pour la forme du vers, ton ignorance profonde et vertigineuse de la\nprosodie et de la langue, tes manies enfantines et baroques de réformateur\nsans réformes. Comment veux-tu que j'apprécie des strophes comme\ncelles-ci :\n"}, {"page_pdf": 346, "texte": "                                        — 307 —\n\n               Avec leur manteau blanc, ouvert ainsi qu'une aile,\n               On les voit tout à coup illuminer la nuit\n               Dont le barbare et grand moyen âge crénèle\n               L'Europe, où rien d'humain ni de juste ne luit.\n\nou bien encore :\n               Ces temps passaient de fer et de splendeur vêtus,\n               Et le progrès n'avait encore de sa racloire\n               Rien enlevé de grand, de féroce et de gourd\n               Au monde\nou encore :\n              Les fleurs lui parfumaient la vie et le sommeil,\n              Et pour elles c'était qu'il aimait le soleil.\n\n   Comment veux-tu que j'apprécie ces vers, l'un de onze, l'autre de\ntreize pieds :\n               Toi tu fus conquis par     l'immobilité\n\n              A sa très douce Dame et Mère           Sainte-Marie.\n\n\n  Tu me diras que Paul Verlaine aussi a écrit des vers de onze et de treize\npieds. Je veux bien. Mais quand il l'a fait, il le savait.\n  Et comment peux-tu exiger que je me contienne devant des alexandrins\nde cette espèce :\n              Front nu, torse en hauteur, allures        attaquantes\n\n              Des cuissots roux dont une odeur d'ambre et de myrrhe\n              Fume à travers les dents de longs plats crénelés.\n\n                                     Les grands moines enluminés\n              Qui par dessus les plats des lourdes victuailles\n              Penchent leur face énorme et leurs sens tisonnés.\n\n                                                Leurs attelages\n              Sont amenés fringants     sous les ormes trapus.\n              On LES Y voit monter\n\n              Ils n'avaient cure et soin jamais   que de leur fief.\n\n              Après secours portés aux malades des bourgs\n                                        des tryptiques funèbres,\n              Oit des crucifiements pendent écartelés.\n\n              Ils vivent sans sortir de leur rêve infécond,\n              Mais ce rêve est si haut qu'on ne voit pas leur front.\n"}, {"page_pdf": 347, "texte": "                                   — 308 —\n\n\n\n              Et les femmes traînaient leurs robes en écumes.\n              ... Et le vide du cloître et les poids de silence\n              Qui pesant sur le cœur lèvent la volonté.\n\n    C'est un congrès international de fautes de français, de vers boiteux, de\ntournures baroques, d'images fausses, de métaphores incompréhensibles.\nC'est, dans toute son horreur, l'effroyable jargon du critique d'art et du\npilier de panorama. C'est du Savoyard, de l'Auvergnat, de l'Apache, du\nMalgache, du Huron, du Commanche, du Patagon. C'est la danse du\nscalp autour de la grammaire, de la logique et du bon sens. On dirait\ndes mots qui courent dans des sacs.\n    Qu'en résulte-t-il? C'est qu'à part deux ou trois pièces entièrement belles,\noù l'expression est adéquate à la pensée, et de nombreux beaux vers épar­\npillés dans le livre, ton œuvre est, au point de vue de la réalisation plas­\ntique, au point de vue de l'art, presque inexistante. Tu n'as pas fait un\npas en avant depuis les Flamandes. En poésie, il ne suffit pas d'avoir\nle don, mon cher ami. Il faut avoir, outre le génie naturel, une chose\nindispensable, et qui s'acquiert : le talent. Et tu dissipes follement, sans\n profit pour toi ni pour ta gloire, un des plus beaux patrimoines d'art qu'il\nait été donné à un rimeur de posséder ici bas.\n    On raconte, est-ce vrai? que tu n'aimes d'ailleurs pas ce livre, et qu'il\ncontient, à ton avis, beaucoup trop « de vers bellement faits ». Si c'est pour\ncela que tu ne l'aimes pas, tu as grand tort, mon vieux camarade, et tu\ndevrais au contraire l'aimer beaucoup.\n    Oh! je sais bien que tu te bâtis en ce moment un art étrange, dont tout\nl'effort et tout le succès consiste à tirer des cris de fureur de la gorge de ceux\n que tu appelles les bourgeois, et que tu te crois naïvement un révolution­\n naire poétique ; je sais que tu subis en ce moment l'influence d'un poète de\ngrand talent, original malgré ses imitations de Verlaine, et que j'ai été l'un\ndes premiers, le premier peut être, à saluer comme il convient. Mais, outre\nqu'à trouver une chose belle, non pas parce qu'elle est belle, mais parce\nqu'elle horripile le « bourgeois », on verse tout simplement dans le comble\nde la bourgeoisie, dans la bourgeoisie à rebours; outre que les révolutions\nartistiques sont plus apparentes que réelles, Corneille donnant aujourd'hui\nla main à Hugo, et Hugo devant la tendre bientôt à Zola, l'influence du\npoète dont je parle ne t'est pas bonne. Tu te perdrais à lui emprunter ses\nrhythmes et sa manière, ou même ses manières. C'est comme si le câble\ntransatlantique avait envie de devenir fil de la Vierge.\n  Tous les grands poètes, révolutionnaires ou non, sont au fond des con-\n"}, {"page_pdf": 348, "texte": "                                 — 309 —\n\ntinuateurs, et deviennent fatalement des classiques. Et c'est précisément\nparce que, en ces temps d'anarchie littéraire, la forme plastique de la pensée\nest méprisée et blasphémée, que nous devons garder fidèlement, jalouse­\nment, encore plus ici en Belgique qu'en France, le dépôt sacré de cet outil\nennobli par les maîtres, de cet outil souple et fort comme une épée : La\nLangue artiste.\n                                                        ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n\n            RIMES DE PRINTEMPS\n                                              A la très chère, à la très belle\n                                              Qui remplit mon cœur de clarté.\n                                                               BAUDELAIRE.\n\n\n                           LE SANCTUAIRE\n\n      Vierge, par la beauté, par la grâce et l'esprit,\n      Vous vous montrez semblable aux déesses antiques\n      Dont la céleste chair avec orgueil fleurit.\n\n      Vous avez la splendeur de leurs contours plastiques,\n      Et parmi les Amours rayonnants et joyeux\n      Sur vos lèvres se jouent les abeilles attiques.\n\n      Les plus chastes désirs illuminent vos yeux;\n      Vous êtes le poème idéal de la Femme;\n      Les hommes devant vous tremblent d'amour pieux;\n\n       Vous avez la candeur et la noblesse d'âme ;\n      Il semble à votre aspect sous l'horizon lointain\n      Que le ciel endormi se réveille et s'enflamme :\n\n      L'aube n'a pas l'éclat vermeil de votre teint;\n      Le soleil n'a pas l'or de votre chevelure;\n      Il n'a pas votre rire adorable et mutin.\n\n      Et je veux vous chanter — ô vierge calme et pure ! —\n      Je veux vous consacrer un autel où les fleurs\n      Par milliers égaieront la mousse et la verdure,\n"}, {"page_pdf": 349, "texte": "                        — 310 —\n\nEt parmi les clartés de leurs vives couleurs,\nJe mettrai, d'une main exercée et légère,\nPour préserver l'autel des impures chaleurs,\n\nDes guirlandes   de myrte au front   du   sanctuaire.\n\n\n                    LE PRINTEMPS\nA midi le soleil et les astres la nuit\nDispersent la toison de leur lumière blonde;\nLe rire des cieux clairs épanouit le monde\nEt la Nature au feu de leurs baisers reluit.\n\nVoici donc reparu le Printemps ! Il poursuit,\nHaletant, enivré de sa vigueur féconde,\nTout vibrant d'harmonie ineffable et profonde,\nLa saison pluvieuse et froide qui s'enfuit.\n\nLa Terre, jeune, avec l'orgueil de l'innocence\n(C'est la toujours nouvelle et même renaissance),\nMurmure aux vents légers ses secrets palpitants.\n\nMais Vous — ô toujours belle, ô toujours bonne Aimée,\nVous êtes à jamais la saison embaumée :\nVotre fraîche beauté résume le Printemps.\n\n\n                      LANGUEUR\n\nComme sur la mer qu'un soleil d'été dore\nVolent les rires innombrables des flots,\nDans vos yeux clairs, à travers vos cils mi-clos,\nDansent des lueurs d'espérance et d'aurore,\nComme sur la mer qu'un soleil d'été dore.\n\nLentement un songe occupe votre esprit;\n Vous abaissez vos paupières alourdies\nAux échos des voix lointaines et hardies,\nDont le souvenir en votre cœur fleurit.\nLentement un songe occupe votre esprit.\n"}, {"page_pdf": 350, "texte": "                       — 311 —\n\nSur votre lèvre humide hésite un sourire\nImmobile, — un sourire d'extasié\nQui, par son divin amour supplicié,\nCuverait avec volupté son martyre;\nSur votre lèvre humide hésite un sourire.\n\nO Vierge ! est-ce à moi que vous rêvez parfois\nLorsque le rêve habite votre pensée ?\nQuand je vous aperçois, la tête baissée,\nToute rêveuse, sans regard et sans voix,\nDites, est-ce à moi que vous rêvez parfois ?\n\n\n                     ADORATION\n\nLys et roses, visage épanoui, chair fraîche,\nPrunelles aux regards de f eu si caressants,\nLèvres où le jour luit, palpitantes d'accents\nLents comme la Musique ou prompts comme la flèche,\nBrûlez en mon esprit, vision rose et fraîche !\n\nChevelure où se jouent les frisons du soleil\nQue mes regards n'ont pu supporter sans brûlure,\nO molle, étourdissante et blonde chevelure,\nFoyer d'astres ardents, torrent d'amour vermeil,\nOh ! submergez mon cœur, tumultueux soleil !\n\nOngles resplendissants de nacre et de lumière,\nMains fines aux douceurs étranges, bras sculptés\nPar un artiste dieu, modeleur de beautés,\nGrâce du corps passant la grâce coutumière,\nAveuglez mes yeux, flots de vivante lumière!\n\nO f orme impérissable, ô buste harmonieux,\nIdéale poitrine aux lignes impassibles,\n Taille onduleuse ainsi que les vagues flexibles,\nJ'ai pour vous un amour violent et pieux :\nFraîcheurs, soleil, lumière, ô corps harmonieux !\n"}, {"page_pdf": 351, "texte": "              — 3l2 —\n\n\n\n              ARIETTE\n\n  Rythmes sautillants, fluets\n  Et pimpants des menuets\n       Et des pavanes ;\n  Fraîcheurs de fleurs de pêcher\n  Qu'ont les nymphes de Boucher,\n      Si diaphanes;\n\n  Pétales des roses-thé,\n  Chairs de lys et de clarté\n      Blanches et roses;\n  Timides, frêles couleurs,\n  Charmes pâles des langueurs\n      Et des chloroses;\n\n Chairs qui parfument les airs,\n Doux regards tendres et clairs\n     Des Amoureuses;\n Cheveux lumineux, épars\n Sur le front de toutes parts,\n     Boucles fiévreuses ;\n\nLèvre babillarde où rit\nEt s'épanouit l'esprit\n     Qui nous captive\nDans la lumière des dents;\nEnthousiasmes ardents ;\n    Fierté native;\n\nTout ce qu'on aime : candeur,\nHarmonieuse     splendeur,\n     Grâce charnelle,\nRires de l'âme et du corps,\nVoix sereine aux purs accords,\n     Tout est en Elle !\n\n                        ANDRÉ FONTAINAS.\n"}, {"page_pdf": 352, "texte": "                                     — 313 —\n\n\n\n\n       TROIS NOUVEAUX POÈTES\n\nCharles Van Lerberghe. — Grégoire Le Roy. — Maurice                  Maeterlinck.\n\n              Un dimanche de mai, l'an dernier, j'étais à Gand, flânant sur\n               la place d'Armes, une grande place entourée d'arbres, où les\n               gens de la ville ont cette curieuse habitude de se rassembler\n               les dimanches midi, en été, pour entendre des musiques mili­\ntaires, ces concerts « riches de cuivre » dont parle Baudelaire, qui versent\nun peu d'héro'isme dans l'âme éparse des foules.\n   Je me promenais seul, hanté par l'architecture compliquée des vieilles\nfaçades, intéressé à la gaîté des arbustes et des bouquets — il s'y tient un\nmarché — qui fleurissaient, tout autour, les bancs et des étagères.\n   Tout à coup je vis deux jeunes gens s'approcher de moi, l'air timide, et\nl'un d'eux, en s'excusant, me demanda si la Jeune-Belgique se proposait de\nse rendre en corps aux funérailles de Victor Hugo, qui précisément était\nmort trois jours auparavant.\n   On juge de mon étonnement. Ce fut à mon tour de questionner : ils\nconnaissaient donc la Jeune-Belgique, ils s'intéressaient à elle? ils aimaient,\neux aussi, la poésie pour avoir le si vif désir d'escorter le convoi du grand\npoète?\n   J'appris bientôt que j'avais affaire à des amis inconnus, à ceux dont parle\nSully-Prudhomme avec qui notre esprit, inconsciemment, se mêle et com­\nmunie\n                                         ... en l'invisible monde\n                Oit les fiers et les doux se sont fait leur cité !\n   Tous nos livres leur étaient familiers, tous les poètes leur étaient connus\net bientôt nous parlâmes délicieusement de cette si curieuse ville où ils\nvivaient ensemble, où j'avais vécu moi-même, du charme silencieux des\nvieux murs, des eaux dormantes et lasses, des quais dont les pignons\nnoircis ont des airs de cagoules par dessus les maisons, — toute cette cité\nd'automne et de veuvage où s'effeuillent de quart d'heure en quart d'heure\nles pétales de fer du carillon.\n   Après avoir longtemps causé, ils m'avouèrent — presque en rougissant\n— qu'eux aussi faisaient des vers, ce qui ne laissa pas que de m'inquiéter un\npeu. Je craignais de recevoir quelques-unes de ces poésies banalement cor-\n"}, {"page_pdf": 353, "texte": "                                      -   314    -\n\nrectes sur les champs ou sur l'amour, comme on en écrit partout en pro­\nvince, à Verviers et ailleurs, avec une naïveté presque     touchante.\n   Des vers de 183o, dans le sens ridicule de l'expression, des vers dont les\nrimes pendraient comme de longues boucles, des strophes amples et vides,\nde la poésie en crinoline.\n   Néanmoins j'e les engageai à m'envoyer quelque chose ; ils répondirent\nqu'ils n'oseraient pas, qu'ils commençaient à peine. J'insistai beaucoup,\npiqué au jeu; ils promirent; et quelques jours après je reçus d'un d'eux un\ncahier, un gros cahier de sonnets avec le nom de l'auteur, Charles Van\nLerberghe, et un vers d'Horace comme épigraphe, ce qui indiquait la\nmodestie du poète : « Delere licebit quod non edideris ; il sera permis de\ndétruire ce qu'on n'aura pas publié ».\n  Dès la première page, je fut conquis :\n                    Soyez, mes vers, comme les roses,\n                    Comme les lys et les lilas,\n                    Bouches sans voix, parfums sans causes.\n                    Soyez comme des courtisanes\n                    Sous les longs voiles diaphanes\n                    Cambrant leurs seins aux baisers chers.\n                    Brunes aux yeux de flammes blondes,\n                    Aux yeux d'aurore, dont les chairs\n                    Sont superbement infécondes.\n\n  C'était donc un pur poète ! L'art pour l'art, dans le sens d'art dégagé,\nhautain, rêvé, — sans cesser d'être humain ; mais aucune tare politique,\naucune manie d'apostolat social ou philosophique.\n  Rien de banal donc, comme inspiration, et à toute page des vers superbes\ncomme ceux-ci à propos des navires dans un sonnet intitulé le Port :\n            Mais l'eau limpide et calme où leur ombre s'allonge\n            Endort les grands vaisseaux assoupis et lassés\n            Et la voix de la mer passe en eux comme un songe!\n\n  Ailleurs, dans un sonnet sur un château en ruines, il dit, en parlant des\nhiboux :\n           Sombres méditateurs de ces temps glorieux,\n           Ils écoutent en paix dans la cour solitaire\n           La plainte sur les eaux des joncs au bruit subtil.\n\n   Comme ce dernier vers est d'un impressionnisme charmant, et comme il\nest coupé avec un art très sûr et très fin. C'est de la besogne de bon ouvrier,\ntgut à fait en possession de l'outil, qui a damasquiné l'épée vierge de ce\nbeau vers.\n"}, {"page_pdf": 354, "texte": "                                     — 315 —\n\n   Et partout, au hasard, j'en cueille de pareils :\n            Les buissons nous jetaient leurs rires d'aubépines\n\n            Oh ! sa bouche rieuse où rit tout un matin !\n\n\n   Ce sont ces vers-là que je préfère, ces vers doux, frais, émus de la vraie\n émotion humaine, avec ce je ne sais quoi de rêveur, d'atténué, enveloppant\nla floraison des images — comme un brouillard frileux dans une aube de\n Corot.\n   Ce côté mélancolique, résigné, est la caractéristique de ce livre de sonnets\net s'exprime très bien dans une pièce où le poète suit des yeux un convoi\nmagnifique, fleuri de couronnes et de regrets, escorté de drapeaux, de\n musiques, de soldats, de tambours dont les battements racontent dans les\n faubourgs la grandeur morte du défunt, — tandis que le poète rêve pour\nlui-même un départ solitaire, triste et lent comme un effeuillement, comme\nla chute d'or des feuilles dans les soirs pâles d'octobre.\n   A côté de cela, il y a des « crépuscules opaques, » des « gouffres sans\nrive », des « outrances de baisers livides ». Une inspiration qui s'habille\nde toute une défroque de macabrerie déplaisante qu'on croirait enlevée au\nvestiaire des diablotins de Rollinat.\n   Bien des sonnets aussi auraient besoin d'être revus, serrés, émondés des\nlieux communs; mais l'auteur le sait mieux que personne et devra\ns'astreindre tôt ou tard à ce travail de correction acharnée, si ennuyeux,\nmais si essentiel. D'ailleurs, qu'importe ! Ce que j'ai voulu faire ici, c'est\nsignaler un nouveau poète, un jeune poète qui s'affirme déjà comme un\nvrai — quelques vers suffisent pour cela — et qui déjà parfois a réussi un\nsonnet d'un bout à l'autre, lequel se dresse alors comme un beau vase sans\nfêlure, avec peu de ciselures et d'ornements, mais d'une courbe harmonieuse\ndans la noblesse d'un pur marbre blanc :\n\n                                QUI PATIUNTUR\n           Ils sont humbles et bons et quoique l'injustice\n           Du sort les ait vêtus de deuil illimité,\n           On ne sait quelle joie étrange, en vérité,\n           Déborde de ces cœurs voués au sacrifice.\n           On ne sait quel rayon du ciel, quel vin propice,\n           Quelle douceur et quelle immense charité,\n           La Souffrance aux yeux bleus, en sa bénignité,\n           Verse avec l'amertume au fond de leur calice !\n"}, {"page_pdf": 355, "texte": "                                     — 316 —\n\n            Aussi plus d'un d'entre eux qui n'eût, martyr   constant,\n            Pas un sourire au cœur, pas un rêve chantant\n            A l'heure oit tous les deux s'ouvraient sur son Calvaire,\n            La regrette en son âme et la pleure en partant,\n            Sen étant fait de jour en jour dans sa misère\n            Comme une sœur plaintive et triste et pourtant chère !\n\n\n                                          II\n     Celui qui accompagnait Charles Van Lerberghe, le jour de notre pre­\n  mière rencontre, c'était Grégoire Le Roy. Tout jeune encore, avec une\n  physionomie ouverte, des yeux bleus comme étonnés de la vie, une barbe\n  naissante allumée çà et là d'une touffe d'or ; à ce moment-là, il s'adonnait\n  un peu à la peinture, qu'il trouvait le plus facile des arts; il venait d'aban­\n  donner ses études de droit et paraissait décidé, avec cette belle ignorance\n  des vingt ans, à faire de la littérature et même à en vivre.\n     Depuis, il est parti pour Paris, en octobre, avec un autre jeune homme\n  de Gand, son camarade habituel, Maurice Maeterlinck, qu'on m'avait signalé\n  aussi comme écrivant des vers — et de superbes !\n     Je les rejoignis tous les deux, un soir du mois dernier, sur le boulevard,\n  à Paris.\n     Ils se trouvaient enchantés de leur séjour là-bas; ils y étaient tombés au\n  milieu d'un groupe littéraire accueillant, et ensemble avaient fondé une\n  jeune revue, la Pléiade, avec d'autres poètes : Ephraïm Mikhael, un somp­\n  tueux, Rodolphe Darzens, un suggestif, Pierre Quillard, un mystique.\n     Nous allâmes dans une brasserie de Montmartre où ils avaient l'habitude\n' de se réunir le soir autour du comte Villiers de l'Isle-Adam ; le splendide\n  écrivain des Contes cruels était déjà là, attablé devant une large pinte de\n  bière allemande, feuilletant les épreuves de l'Eve future qui allait paraître.\n  Je fus frappé de cette tète curieuse : des yeux insinuants malgré le rêve et le\n  vague qui les mouillent, des yeux magnétiques qui allument la figure un\n  peu pâle, fânée, à laquelle des moustaches et une barbiche à la Van Dyck\n  conservent une aristocratie d'ancien portrait. Le maître — comme l'appe­\n  laient les jeunes poètes — parla seul presque tout le temps, d'un ton de voix\n brouillé, avec des phrases confuses où, par moments, éclatent des observa­\n  tions brillantes ou des idées géniales.\n     Il nous raconta des projets de livres, des sujets de poésies, indiquant tous\n cette préoccupation du mystérieux, du fatal, de l'au-delà qui est dans son\n oeuvre. D'ailleurs, ajoutait Villiers, l'artiste moderne veut en vain se\n soustraire à l'obsession mystique, religieuse : quand il travaille, il entend\n"}, {"page_pdf": 356, "texte": "                                   -    317-\n\ncogner au mur, lève la tête et s'étonne. Un instant après il recommence à\nécrire, le bruit reprend, sourd mais obstiné. Il ne veut pas entendre, il se\nremet à la tâche. Les coups aux murs se répètent, battant ses oreilles, lui\nentrant dans la tête, malgré lui. Ce bruit aux murs, ces coups invisibles\ntambourinant sur les cloisons, à l'obsession desquels on ne peut échapper\n— ce sont les bruits de l'Infini.\n   Après Villiers de l'Isle-Adam, l'admiration de nos jeunes poètes allait\nsurtout à Verlaine, le poète musical et vaporeux des Romances sans\nparoles, le lyrique éteint et résigné de Sagesse. Ce n'est pas qu'ils eussent\nla joie de l'approcher, lui aussi ; Verlaine, paraît-il, est malade et se dérobe,\nloin de tous, assez tristement logé au fond d'une banlieue, chez un mar­\nchand de vin.\n   Mais ils avaient tous ses livres, ils rassemblaient des portraits de lui, tout\nun petit reliquaire du poète aimé qu'ils complétaient avec un culte fervent.\n   Je ne fus donc pas surpris, quand, le lendemain, mes jeunes amis vinrent\n me lire leurs derniers vers, d'y retrouver un peu de l'influence de Verlaine.\n Mais ce qui m'étonna, à part cela, ce fut l'inspiration émue, la vision origi­\n nale de ces deux adolescents encore presque imberbes qui m'apparaissaient,\n dès ce moment là, comme de vrais poètes. Quelle jouissance exquise d'en­\n tendre des vers inconnus, des vers jeunes, frais, bariolés — surtout quand\n on sait que les nouveaux poètes seront de glorieuses recrues pour le combat\n d'art qu'on va aller reprendre dans son pays !\n    Heure exquise, aux doux retentissements dans la mémoire, cette heure\n des commencements de mai, dans une chambre riante ouvrant sur le jardin\n en fleur de la place Louvois; des cris d'enfants, le bruit mouillé de la fon­\n taine voisine montant dans le soir comme un accompagnement en sourdine,\n tandis que l'un d'eux, Grégoire Le Roy, nous lisait à mi-voix ces doux vers.\n\n                              LE PASSÉ QUI F I L E\n                    La vieille file et son rouet\n                    Parle de vieilles, vieilles choses ;\n                    La vieille a les paupières closes,\n                    Et croit bercer un vieux jouet.\n                    Le chanvre est blond, la vieille est blanche,\n                    La vieille file lentement,\n                    Et pour mieux l'écouter, se penche\n                    Sur le rouet bavard qui ment.\n                     Sa vieille main tourne la roue,\n                     L'autre file le chanvre blond,\n                     La vieille tourne, tourne en rond,\n                     Se croit petite et qu'elle joue.\n"}, {"page_pdf": 357, "texte": "                                    — 318 —\n\n                    Le chanvre qu'elle file est blond,\n                    Elle le voit et se voit blonde;\n                    La vieille tourne, tourne en rond,\n                    Et la vieille danse la ronde.\n                    Le rouet tourne doucement,\n                    Et le chanvre file de même;\n                    Elle écoute un ancien amant,\n                    Murmurer doucement qu'il l'aime.\n\n                    Le rouet tourne un dernier tour,\n                    Les mains s'arrêtent désolées,\n                    Car les souvenances d'amour\n                    Avec le chanvre étaient fiées.\n\n   C'était vraiment exquis, de pareils vers, évocateurs comme un livre de\nlégendes allemandes, musicaux comme une ronde où passent des a'ieules\nmêlées aux amoureuses. Vers de souvenirs d'enfance et de mélancolie où\n1 on croit retrouver un reste de chansons de nourrices ! Vers simples, émus,\nprofondément humains, avec des trouvailles de sentiment comme cette\nillusion de la vieille aux idées brouillées qui « croit bercer un vieux jouet »\net des trouvailles d'expression comme « le rouet bavard qui ment ! »\n   Après Le Roy ce fut au tour de Maurice Maeterlinck, un garçon de\nvingt-deux ans tout au plus, imberbe, les cheveux courts, le front proémi­\nnent, les yeux clairs, nets, regardant droit, la figure durement modelée —\ntout un ensemble indiquant la volonté, la décision, l'entêtement, une vraie\ntête de flamand avec des dessous de rêverie et des sensibilités de couleur.\n   Au fond, un silencieux, qui ne se livre pas facilement, mais dont l'amitié\ndoit être sûre et dont le talent, logiquement, sera sûr aussi, égal, maîtrisé,\ncalculé comme par un savant ingénieur ès-rimes, disposant ses vers et ses\nstrophes, ainsi que des écluses régulières où puisse chanter et miroiter une\ninspiration toujours égale.\n   Voici les deux pièces curieuses qu'il nous fit entendre, l'une après l'autre :\n\n                                     VISIONS\n                        Je vois passer tous mes baisers,\n                        Toutes mes larmes dépensées;\n                        Je vois passer dans mes pensées\n                        Tous mes baisers désabusés.\n                        C'est des fleurs sans couleur aucune,\n                        Des jets d'eau bleus à l'horizon,\n                        De la lune sur le gazon\n                        Et des 1ysfanés dans la lune.\n"}, {"page_pdf": 358, "texte": "                                   — 319 —\n\n                        Lasses et lourdes de sommeil,\n                        Je vois sous mes paupières closes\n                        Les corbeaux au milieu des roses\n                        Et les malades au soleil.\n                        Et lent sur mon âme indolente\n                        L'ennui de ces vagues amours\n                        Luire immobile et pour toujours\n                        Comme une lune pâle et lente.\n\n                                         II\n               Ces baisers épuisés sont calmes et moroses,\n               Ils ont perdu leurs lys, leurs torches et leurs roses.\n               Ces baisers ne sont plus des lions ou des loups,\n               Mais des troupeaux très lents, indolents et très doux,\n               Qui se traînent à peine et mornes dans les plaines\n               Lointaines de leur rêve, et dont les brebis pleines\n               De lassitude blanche, entre-closent les yeux\n               Et voudraient bien mourir en voyant que les c i e u x ,\n               Et les flammes des cieux, ne sont plus à leur place,\n               Et que la lune luit sous elles dans l'eau lasse.\n               Ils ne savent plus où se poser ces baisers,\n               Ces lèvres sur des yeux aveugles et glacés;\n               Désormais endormis dans leur songe superbe,\n               Ils regardent rêveurs, comme des chiens dans l'herbe,\n               La foule des brebis grises, à l'horizon,\n               Brouter le clair de lune épars sur le gazon,\n               Aux caresses du ciel, vague comme leur vie ;\n               Indifférents et sans une flamme d'envie\n               Pour ces roses de joie écloses sous leurs pas\n               Et ce long calme vert qu'ils ne comprennent pas.\n\n   Voilà assurément de bien curieux poèmes et des vers de vrai poète, des\nvers subtils et suggestifs, surtout celui où l'on voit les brebis lasses des\nbaisers « brouter le clair de lune épars sur le gazon ! »\n   Certes, on sent beaucoup l'influence de Verlaine dans ces vers qui s'allon­\ngent, s'alanguissent, s'étirent, s'enlacent l'un à l'autre comme dans un\nbâillement, avec des langueurs de belles nymphes qui mêleraient leurs\ngestes en un peu d'aube.\n   Mais le poète est original dans sa vision : il a une très spéciale rétine,\naffectée seulement par les reflets des lumières, les végétations froides, aqua­\ntiques, les choses frêles, factices, fausses, qui miroitent dans le mensonge\ndes eaux stagnantes et dans le mirage des nuées, et tout cela vu sous\nune lumière artificielle de lune — comme à travers le verre d'une serre\nbien close où le poète se serait enfermé à jamais.\n"}, {"page_pdf": 359, "texte": "                                       320 —\n\n\n  Voilà l'impression que donne ses poèmes : un paysage lunaire contemplé\nderrière les vitres bleu-pâle d'une véranda.\n\n\n   Aujourd'hui, Maurice Maeterlinck et Grégoire Le Roy sont revenus à\nGand, temporairement ou définitivement, eux-mêmes l'ignorent. Ils ont\nrejoint leur ancien camarade Charles Van Lerberghe, lequel est entré dans\nle même courant de poésie fluide et semble renier les sonnets fermes et\nplastiques que je signalais en commençant.\n   C'est ainsi qu'il m'écrivait il y a peu de temps : « Je m'essaie à subtiliser\n« ma pensée, à la noter d'une façon un peu délicate et rare ; je m'occupe à\n« des songeries de paresseux ; je médite le mystère des adorables Diabo­\n« ligues de Barbey d'Aurevilly, des « Célestes » et la fine trame étrange de\n« leurs pensées. Méditations informes que je ne parviens pas à fixer,\n« d'autant plus que j'ai la tête pleine des Parnassiens et de leurs moules de\n« bronze, et que ces choses légères y périssent fatalement. »\n   L'évolution est complète aujourd'hui, car le dernier numéro de la Pléiade\nque je viens de recevoir contient des vers de lui qui sont absolument dans\nles formules de l'école nouvelle.\n   Il y a des trouvailles de vision vaporeuse et mystique comme cette fin\nde la poésie intitulée : Souvenir de berceuse :\n                     Et c'était doux jusqu'à la démence\n                     Toute cette ombre et ce reposoir\n                     Dans cette vague fuite du soir\n                     Ce calme avec ce mystère    immense.\n                     Des anges venus du fond des deux\n                     Descendent alors dans l'ombre brune\n                     Les blanches échelles de la lune\n                     Avec des gestes   silencieux.\n                     El d'autres remontent. Toits sont roses\n                     Ailés d'or et si resplendissants\n                     Qu'ils les contemplent, divins passants,\n                     Au travers de leurs paupières closes.\n\n   C'est exquis, diaphane, subtilisé, vaporisé et si ceux qui suivent Ver­\nlaine s'en tenaient là, je serais le dernier à ne pas les aimer, moi qu'a\nséduit toujours la grâce des teintes fanées, la pâleur des choses blondes\net les harmonies en sourdine :\n                       Qui transcrira le bruit charmeur\n                       Des musiques atténuées\n                       S'évaporant vers les nuées\n                       Douces, dans un accord mineur!\n"}, {"page_pdf": 360, "texte": "                                  — 321 —\n\n\n   Mais si la poésie moderne doit s'attacher maintenant plutôt aux subti­\nlités de la sensation qu'aux sentiments généraux, plutôt aux nuances qu'à\nla couleur des choses — il faut, quant à la forme, prémunir les jeunes\npoètes contre les absurdités de ceux qu'on a appelés les Décadents. Il n'y a\nqu'à lire la Vogue, une revue qu'ils ont fondée récemment. Sous prétexte\nde rompre les lignes rigides de l'alexandrin, on arrive à faire une chose\ninforme, cassée, cahotante, comme si Hugo, en respectant l'hémistiche,\nn'avait pas su varier à l'infini l'architecture compliquée de son vers. C'est\npresque naïf, cette imitation à outrance du poète de Sagesse dans la coupe\nde ses vers et la combinaison de ses rythmes : parce qu'il a vanté quelque\npart l'allure impaire, on ne fait plus que des vers de sept pieds, de neuf\npieds, de onze pieds, et dans l'alexandrin on place la césure après le cin­\nquième ou le septième pied — jamais après le sixième pied comme le veut\nla tradition constante du vers français depuis Agrippa d'Aubigné et Villon\njusqu'à Hugo ou Baudelaire.\n   C'est comme cela qu'on écrit des vers pareils à celui-ci de Jean Moréas,\nque quelques-uns ont le tort d'admirer :\n                  Le Burg immémori — al, de ses meurtrières\n                  Semble darder un œil dur.....\n                                       *\n\n   J'espère que les trois jeunes poètes flamands que je me suis plu à signaler\nici, éviteront de tomber en de pareils excès. Qu'ils restent eux-mêmes et\nse gardent de cette naïveté d'imiter des tentatives qui ne sont pas même\nnouvelles — puisque Verlaine, un grand poète que j'admire, au reste —\nles a commencées il y a près de vingt ans.\n   Qu'ils fassent mou, tant qu'ils voudront — ce sera exquis! qu'ils fassent\nbrumeux, effacé, et que leurs vers se distendent et se fondent en longues\nbandes de brouillard pâle.\n   Qu'ils se plaisent aux cadences énervées, mourantes, et répercutées à la fois\ncomme une âme de cloche éteinte!\n   Mais gardons la tradition respectable, de la Langue et du Vers français\ndont bien des génies se sont contentés pour faire des chefs-d'oeuvres et au\nlieu de tant chercher de nouvelles césures et de nouveaux mètres, tâchons\navant tout de vivre dans le sens glorieux du verbe, de vivre par la haute vie\nde l'émotion et du sentiment, tâchons de vibrer, de haïr, d'aimer — c'est\nencore le moyen le plus sûr pour faire de beaux vers, selon le sublime mot\ndu grand Shakespeare : « Nul ne sera écrivain s'il n'a d'abord versé dans son\nencrier les larmes de l'amour! »\n"}, {"page_pdf": 361, "texte": "                                        322 —\n\n\n\n\n     Et maintenant, salut à ces trois nouveaux poètes ! Ouvrons à larges bat­\n  tants pour eux les portes de la Petite Chapelle. Tirons de leurs écrins les\n encensoirs d'argent, allumons les cierges de cire pâle, balançons les casso­\n lettes odorantes et que l'orgue, au jubé, retentisse.\n    C'est une joie pour nous, entrés dans le temple d'où nous avons chassé\n les vendeurs, c'est une joie que la venue de nouveaux diacres, en surplis de\n strophes blanches, qui viennent officier avec nous, parer de fleurs nou­\n velles l'autel de la Madone des Vers et mettre sur sa beauté leur poésie\n fluide — comme un voile de dentelle.\n                                                      G E O R G E S RODENBACH.\n\n\n\n\n                   FLUX ET REFLUX\n                                                           A   MAX   WALLER.\n\n                                       Voici le soir qui tombe et le couchant vermeil\n                                       Comme un rideau de pourpre où rutilent des flammes\n                                       Se détachant des cieux s'écroule dans les lames\n                                       En les éclaboussant de rubis de soleil.\n                                                             EMILE VAN ARENBERGH.\n\n\n                                         I\n               Le soir qui tombe! J'entends les cloches d'hôtel carillonnant à\n                toutes volées l'appel aux affamés. De larges trouées se sont\n                faites dans cette foule confuse, bariolée, babillarde, qui s'en\n                est allée, morceau par morceau, peu à peu refluant vers la\n ville, à mesure que, derrière elle, le soleil s'inclinait. Au Kursaal, aux cafés,\n les terrasses sont vides. L'heure qui passe a balayé lentement le monde et\n ne laisse, après lui, qu'un mobilier désordonné de tables salies, de chaises\n bousculées comme après une cohue. Du kiosque roulant, la fanfare s'est\n éclipsée vers Bruges, hormis le chef et son piston solo. Le chef: grand,\nsec, nerveux, taillant sa petite promenade en famille, à coups d'enjambées\nénormes, le chapeau dans la nuque, des lunettes écarquillées sur son nez\nau vent. L'autre, humble piston, rouge encore d'efforts ou de honte, en\ntrain de tuer, à coups de bocks, les canards de sa dernière polka.\n   Le jour s'est fait plus pâle, l'atmosphère plus fraîche. Dans cette accal­\nmie, des groupes s'attardent à des « au revoir » sans fin ; pêle-mêle vivace\net joyeux de vieillards rajeunis, d'hommes graves qui s'amusent, de toilettes\ncoquettes, de coiffures friponnes, de minois jolis allumés de plaisir :\n"}, {"page_pdf": 362, "texte": "                                   — 323 —\n\n     — Au Kursaal ! — A Venise ! — A l'estacade ! — Juliette, la première\n  valse. — Il fera clair de lune. — Retenez-nous des places. — Tu crois? —\n  C'est entendu. — A tantôt ! — Oui, bonsoir!...\n      D'incohérents propos s'échangent ainsi, des projets, des promesses ; de\n   furtifs serrements de mains après le flirtage des longs après-midi; de ces\n  demi-sourires soulignant un regard et qui disent tant de choses... Et\n  remonte, en file, de son paradis de sable, le troupeau des babys roses,\n  blancs, blonds ou bruns, grands ou petits, de toutes les tailles et de tous\n  les âges, qui s'appendent aux mains des mamans et des bonnes en geignant\n  qu'ils ont faim et râclent de leurs petites pelles de fer, le perré.\n     Et je me souviens, mignonne, que nous aussi, des soirs, revenions\n comme eux, les joues avivées, l'estomac creux ; inondés, bourrés de ce sable\n doux et blanc, notre sable, que le bon dieu Neptune fait pour les petits\n enfants ; et, comme eux, un peu las d'y avoir creusé des forts et des trous,\n de nous en être battus, de nous y être roulés tout le jour.\n     Il y a longtemps, n'est-ce pas? Les mioches ont poussé; leurs fronts\n agrandis se sont mis à penser; les yeux de leur esprit, pour la première fois,\n ont vu d'un profond regard bleu ; et, déjà, les adolescents, après avoir à\n deux, pendant un si long temps, aimé les mêmes choses, s'entr'adoraient\nen elles sans en avoir conscience. Ce fut à l'heure paisible du couchant,\n que les ennemis de la petite guerre en plage signèrent d'un baiser chaste,\n la trève éternelle. L'entrevue se prolongea durant quinze soirs !\n     O Maggy ! Quinze soirs, qui valent bien en bonheur une grosse moitié\nde notre existence.\n     Rappelle-toi la plage nue et proprette ; ses tentes et ses cabines bien ran­\ngées, bien closes et les pavillons minuscules qu'arbore chaque nid, tous ces\ndrapelets fanfarons qui claquaient au vent, roulés en berne maintenant,\nleur tête repliée d'oisillons qui sommeillent, et la mer elle-même retombée\nen son lit et s'y applanissant.\n     Toi et moi, dans une fossette tiède, au sommet de la dune, côte à côte,\nà plat ventre, tête droite face au ciel, l'œil fixe et muets comme deux\nsphynx ; à notre dos la campagne, les clochers de Bruges, et Lisseweghe\nplus proche dressant d'un massif vert son carré de tour en ruine. Devant\nnous du sable, de l'eau, du ciel. Un prêtre parfois remontait de la mer en\nlisant son bréviaire. Une caravane grotesque attrotant au cahot de ses bau­\ndets, jetait un éclat de joie bru vante à notre ermitage d'amour, et puis,\nplus rien et, dans cet apaisement, le soleil descendait.\n     Rappelle-toi, par certaine fin de jour, l'éblouissement de cette carcasse\nsans rayon, dégageant d'un amas de nuages épais sa tache éclatante d'or\n"}, {"page_pdf": 363, "texte": "                                  — 324 —\n\njaune. Des barques, la voile plate se déplaçant à peine sur l'horizon pâli,\nrentraient au port à longs battements de rames, et tandis qu'une à une,\nelles passaient dans ce coup de feu mourant, leurs avirons en croix se\nhaussaient vers le ciel comme deux bras tendus, dont les mains s'ouvri­\nraient pour semer du soleil.\n   Un soir, je revins seul à notre cachette aimée; j'avais la pensée vague de\nt'y revoir. Aux herbes encore froissées de la veille je reconnus ta place vide\nà côté de la mienne. La journée avait été torride et toute bleue de ce bleu\nd'Adriatique, implacablement dur. L'astre rougeoyant au déclin du ciel\navait troué l'eau de son bolide énorme et, pour combler la fosse, des\nvaguettes blanches retombaient l'une sur l'autre, en pelletées d'écume. Les\nflots se plombèrent de teintes froides. Leur masse gourde, allant et venant\nde son éternel balancement, semblait niveler la mer sur le corps du soleil...\net si seul, Maggy, pendant cette minute de crépuscule que nous aimions\ntant, un invincible désir me prit de céder de tout mon être à l'anéantisse­\nment des choses d'alentour. Il me sembla que ces ténèbres se faisant pour\ntous et pour toujours, allaient nous ensevelir en leur ombre et dans leur\npaix.\n   Mais, alors qu'une tache d'obscurité partie du nord et se faisant plus\nintense, envahissait peu à peu le reste de l'océan, à l'horizon mystérieux,\ns'alluma toute une vie nouvelle d'outre-mer : des feux de navires en marche\nvacillèrent comme des falots parmi les étoiles et Wielingen, au loin,\npointa son phare dont l'œil rouge, sans cesse tourne aux quatre vents,\ninterroge l'espace et plonge dans la nuit.\n\n\n                                      II\n   — Personne ! dit Maggy redressée, la main en visière pour explorer de\nses yeux de chatte, les lointains vibrants de soleil ; ils seront rentrés, Mar­\nton devait refrisoter « ses chiens ». — Elle se laissa retomber à plat-dos\ndans le sable :\n  — Tant pis, moi je reste, et toi?\n   C'était en pleine dune, par une accablante matinée de juillet; Maggy,\naprès le bain, grillait ses longs cheveux de cendre dénoués, une main dans\ncelle de Max, à son côté; la droite écoulant distraitement du sable fin entre\nses doigts encore tout diaphanes du froid de l'eau.\n  — Quelle heure?\n  — Midi.\n  — Flûte! Nous avons le temps..\n"}, {"page_pdf": 364, "texte": "   — Et t'habiller?\n   — Dormir! dit-elle, en câlinant de sa tête humide l'épaule de Max;\nd'abord, c'est vendredi ; il y aura des moules. Je n'aime pas ça. Écoute,\nquand nous serons en voyage\n   — Nous ne mangerons pas de moules, je te le jure là-dessus, fit Max,\nen lui caressant le bout du nez tout froid.\n   Mais elle restait sans rire; il y eut un silence; son regard coulait à la\nmer sans voile, au ciel bleu, d'où le soleil, sur toute cette eau bleue chaude,\ntombait d'aplomb.\n   — Quand! demanda-t-elle alors, d'une voix si basse que Max dût le lui\nfaire répéter.\n   — Quand? N'est-ce pas convenu, le sept...\n   — C'est vrai, le sept... Jeudi cinq, vendredi six, samedi...\n   Et sans bouger la tête :\n   — L'as-tu dit à Charles?\n   — Justement, hier je l'ai vu à la gare.\n   — Ah! Pauvre lui!\n   — Pourquoi?\n   — Il est amoureux.\n   — De qui?\n   — Oh ! — Elle amena lentement le visage à Max et lui planta un regard\nau fond du sien : — Je ne sais pas, seulement\n   — Seulement, reprit-elle, chatouillée d'un petit rire malicieux qui n'osait\npas éclater, c'est ridicule, quand on est si laid !\n   Elle se pelotonnait plus mollement dans sa couchette et sa frimousse\nrenversée, toute fraîche et rieuse de se voir aimée, s'ouvrait au gazouillis de\nbaisers qu'elle sentait en l'air :\n   — Méchante! dit Max, en l'embrassant sur les yeux.\n\n\n                                      III\n\n   Une mousseline de brume fondait sous le soleil bas. Elle monta de la\nterre, flotta, s'amollit, se dissipa goutte à goutte dans un ciel atone, bleuis­\nsant vers le zénith et d'or à l'Orient, et sous cette enlevée lente se dévoilait\nla mer ensommeillée. C'était une mer plate, épaisse, lourde, coulée dans\ndu mercure ; une mer qui, paresseusement, s'étire et bâille, et retombe\nen son lit comme engourdie encore par la frigidité de sa longue nuit\nd'automne et mordant, rongeant le sable,, un ourlet de bave à son bord,\nelle rampait :\n"}, {"page_pdf": 365, "texte": "                                   — 326     -\n\n   — Maggy.\n   — ?\n    — Vois-tu, là-bas, là-bas?\n    La plage était déserte. Contre le ciel du fond, trois points noirs\n remuaient, que Maggy prit pour des ânes. A droite, les dunes allongeaient\n en courbes leur corps de reptile énorme, et tout au loin, pour tête mignonne\nau monstre, un morceau d'architecture rose, dénouant son brouillard, sur­\n gissait en un poudroiement de vapeur blanche et de soleil.\n    — Vois-tu?\n    Max avait pris Maggy par les épaules et l'amenait doucement au point :\n    — Heyst! s'écria-t-elle joyeuse en se retournant vers lui. Oh! je recon­\n nais maintenant. Elle indiquait une à une des choses indistinctes qu'elle\n seule revoyait en imagination : le phare, le Kursaal, leur hôtel, et jusqu'au\n banc, ce banc fameux où il lui avait fait un soir sa déclaration gauche,\n après un de ces angoisseux silences qui précèdent les catastrophes...\n    — Et tu te souviens, dis?\n   — Oh ! oui, fît-elle, amenant à lui son visage affraichi de rosée.\n   — Veux-tu y venir?\n    Elle hésita un peu, et pensive, après une pause :\n   — Asseyons-nous, dit-elle, en lui montrant une place au soleil, — là.\n    Haussé dans le ciel, ce bon soleil picotait, chatouillait, pailletait la mer\nqui, toujours plate et douce, sans heurt, sans fracas, sans colère, de son\nallure calme de colosse, montait tout d'une masse ondoyante, gonflée par\ndessus l'horizon. Et Maggy se ressouvenait tout haut de son passé, leur\npassé d'une année, si court, et qui avait emporté tant de bonnes choses ;\nleurs bains, leurs jeux, leurs promenades, et les retours au couchant,\nlorsque dans l'accalmie de tout, la joie bruyante se tait, les groupes s'espa­\n cent, les tête-à-tête se resserrent, les pas s'alentissent comme au regret de\nne pouvoir aller toujours, toujours...\n   Enfin cet autre soir la petite scène du banc où Maggy était tombée si\némue...\n   Puis des mois de fiançailles passés à décompter les jours...\n   — Et alors Baby?...\n   Et alors Maggy mit sa petite tête à l'épaule de Max; et il mordit à\npleines lèvres dans du rose qui lui montait au front.\n   Tout à coup elle se leva; Max la suivit machinalement. A ce moment\npassaient les trois points noirs de tantôt : c'étaient trois femmes, allant\npieds-nus, ployées sous leurs fagots; elles grommelèrent des mots flamands\nen leur jetant un regard de côté. Maggy ne les vit pas. Elle était descendue\n"}, {"page_pdf": 366, "texte": "                                 — 327 —\n\nau bord de l'eau; son regard, fixe au brise-lames, semblait couver un\ninvisible crabe et lentement, sans lever les yeux, poursuivant haut l'idée\nde son rêve :\n  — Tu ne sais pas?\n      ?...\n  — J'ai une envie... une envie... folle!\n      «...\n  — De moules!\n  — De moules?...\n  — Crues !\n   Elle lui jeta ce mot dans un cri d'affamée avec, au visage, un tel rayon­\nnement d'enthousiasme, qu'il la regarda brusquement...\n   Elle rougit.\n  — Qu'as-tu à me regarder ainsi?\n  — Mais il la saisit dans ses bras, l'amena à lui et, d'un baiser pointant\nchaque parole!\n  — Oh! rien, mignonne, rien, rien !\n  Et d'un bond, sur les galets, fut à lui cueillir des petites moules fraîches\ndans leurs coquilles bien closes.\n   La mer montait toujours ; ses flots plus nombreux et pressés venaient,\nen glougloutant, s'évanouir aux pieds de Max : le soleil ardait de haut,\nmaintenant, dans un ciel bleu sans tache.\n  Max se retourna vers Maggy :\n  — Est-ce bon?\n  Elle souriait, l'œil brillant, la bouche pleine et, lui tendant d'un air\ncâlin, sa menotte vide :\n  — Mon petit mari... encore!\n                                     IV\n  Bien des flux ont passé sur ce petit coin de plage, et des reflux.\n\n                                      V\n   Le soleil jaune, recroquevillé dans ses nuages ainsi qu'un tison froid,\nvient de trébucher à l'horizon, tirant la nuit sur l'eau. Un dernier reflet de\nla lumière enfouie, comme une petite mare d'argent pâle, se résorbe, goutte\nà goutte, par le couchant mal comblé. Ce soir la mer calme n'a plus que\ncette force inerte que lui donne la marée : ses vaguettes viennent molle­\nment, de leur clapotis froid, lécher les piliers de l'estacade et retomber à\n"}, {"page_pdf": 367, "texte": "                                   — 328 —\n\n leur pied, l'une sur l'autre, épuisées; derrière elles l'eau noire, poussée du\n Nord et coulant tout d'un fil, semble couler entre des rives à pic.\n   — Regarde ! un marsouin, dit Max.\n    Maggy cherche des yeux cette tête grise qu'on lui montre, haussée entre\n des flots plombés.\n   — Je ne vois pas, dit-elle, et tournant le dos à la mer : Partons !\n    Sur le ciel net, à la place du soleil, une mouette passe, les ailes en croix,\nd'une allure si unie, qu'elle semble planer immobile, tandis que la masse\nd'eau, sous elle, remonte lentement le courant de son vol.\n   — Max, partons, répète Maggy.\n   Alors Maggy et Max reviennent, lui, marchant lentement pour ne pas la\nfatiguer. Un groupe de jeunes gens, à leur rencontre, se range pour les\nsaluer ; Maggy, passée en avant, leur répond par un sourire et reprend le\nbras de Max sans un mot.\n   Un instant, la sentant grelotter, il lui dit :\n   — As-tu froid?\n   Elle fait « non » de la tête et lui lâche le bras pour s'enserrer plus étroi­\ntement dans son châle dont le vent lui relève un pan sur la poitrine.\n                                                    HENRY     MAUBEL.\n\n\n\n\n              BALLADES EN PROSE\n                                      II\n\n     LES TRAINS QUI PASSENT DANS LA NUIT\n               De ma fenêtre, dans le grand paysage du soir, très sombre, très\n                moelleux, et si profond : — l'énorme ciel d'un bleu obscur où\n                scintille un poudroiement d'étoiles claires, la terre immense\n                et noire, toute frémissante de labeur humain qui s'apaise, avec\nles petits éclats jaunes des croisées qui veillent et des réverbères au long des\nroutes, avec les larges rayonnements bleuâtres des fanaux électriques des\nusines lointaines, dans cette Nuit royale, je les vois parfois, les trains qui\npassent... Ainsi que de monstrueuses et rapides bêtes de feu, ils filent,\nsecouant, en une ligne brillante, les carreaux confondus des wagons\néclairés ; et une longue traînée de vapeur blanche, légèrement empourprée\n"}, {"page_pdf": 368, "texte": "                                  — 329 —\n\nà la base par la fournaise de la locomotive, se recourbe en crinière au dessus\ndu train qui fuit! — Au loin, des lanternes, vertes et rouges, le regardent\nvenir. Et, dans l'étendue sombre, dans ce noir piqueté de clartés immo­\nbiles, cela fait un ruissellement de fugitives LUEURS, une courte et merveil­\nleuse flambaison d'incendie qui passe, passe et s'enfonce dans la Nuit!...\n\n    De ma fenêtre, dans le grand paysage du soir, très calme, très silencieux,\n et si doux : — l'énorme ciel désert d'où pas un chant ne tombe, la terre\n mystérieuse et noire qui s'endort et se repose, aux bruits familiers et\nrythmiques de l'incessante industrie, dans cette paix solennelle où, par\ninstants, pleure lamentablement un chien dans une cour de ferme, dans ce\nsilence vaste et plein de vie, je les entends parfois, les trains qui passent...\n Ils font en s'approchant, monstrueuses et rapides bêtes de fer, comme un\nfrissonnement croissant de brise dans de hautes feuillées, puis plus fort,\nainsi que des eaux jaillissantes en cataractes ronflantes, et passent enfin\ndans un grondant cahotis, monotonément saccadé et si particulier! —\npassent en s'apaisant, en redevenant des eaux qui se précipitent, des\nverdures qui tremblent, puis ronronnent imperceptiblement et s'éteignent\nen la nuit. Ils s'en vont avec de longs sifflets déchirants, comme des appels\ndésespérés, ils s'en vont éperdus, fascinés, irréparablement entraînés vers\nles lanternes, vertes et rouges, qui semblent des yeux fixes de monstres\naccroupis dans l'ombre... Et dans l'étendue, où plane, épars, le grand\nrecueillement nocturne, cela fait une RUMEUR et un cri qui passent,\npassent, et s'étouffent en la Nuit !...\n\n   De ma fenêtre, qui s'ouvre sur le grand paysage du soir comme sur un\ngouffre d'ombre attirante et douce, les regards perdus et flottants dans\nl'immensité silencieuse et sombre, dans le charme noir et or et la majesté\nsereine de l'horizon sans fin, où l'imagination tour à tour reconstitue les\nréalités familières et évoque les songes fantasques peuplant le mystère de\nla Nuit, souvent je les admire, les trains qui passent... Et je reste à rêver\nlongtemps ; longtemps après qu'ils sont disparus, je suis des yeux leur éclair\net j'écoute leur bruit. Pendant des heures', des heures insensibles et lentes,\neux seuls viennent harmonieusement traverser l'obscure tranquillité du\npaysage et dans le sommeil des êtres et des choses, rappeler le temps, la vie\nqui fuit... Oh! combien avec eux ils emportent de rêves, les trains qui\npassent ainsi dans la nuit!... Mélancolie de la corne qui clame, des sifflets\naigus, prolongés et très lointains, navrant comme des agonies sans espoir!\nEt l'on songe à ceux ainsi emportés, précipités vers l'Inconnu, et l'intermi-\n"}, {"page_pdf": 369, "texte": "                                   — 330 —\n\nnable défilé des motifs et des causes s'allonge, s'allonge en suppositions\nmultiformes, changeantes, infinies : affaires, amours, deuils, ambitions ou\nplaisirs... Oh! combien avec eux ils emportent de RÊVES, les trains qui\npassent, passent et s'enfoncent en la Nuit....\n\n                                    ENVOI\n                                                      A GEORGES DESTRÉE.\n\n   Ami, — l'on songe aussi, t'en souvient-il? à ceux qui sont partis, à tous\nles absents chers qui sont loin, que l'on regrette et que l'on aime, à tous\nceux qui vous ont quitté, amis anciens, maîtresses perdues, que vous ont\npris la Mort, la Distance ou l'Oubli, tandis que, comme la Vie même, LES\nTRAINS PASSENT, PASSENT ET S'ENFONCENT DANS LA N U I T . . . .\n\n                                                    JULES DESTRÉE.\n\n\n\n\n          CHRONIQUE ARTISTIQUE\n             MON CHER AMI,\n\n    Je vous envoie ci-joint les quelques notes promises sur le Salon de\n Paris. Sapristi, si j'avais su! Ce n'est pas gai du tout, savez-vous, mon\n ami, par le temps merveilleux qu'il faisait là-bas, d'aller respirer les\n émanations malsaines de toutes ces peintures accrochées dans ce bazar\n des Champs-Elysées. Le malheur, c'est que, comme vous le verrez dans\n mes notes, il y a un tas de très bonnes choses dans cet exécrable Salon,\n dans ce mauvais lieu ; mais c'est un travail d'Hercule, et encore je ne\n sais si ce portefaix aurait eu le courage de les découvrir ; l'horrible\n besogne quand l'on est pour quelques jours seulement à Paris, au prin-\n temps, qui était là dans toute sa splendeur. — Mais c'était chose promise,\n et je me suis résigné; ce n'est pas bien important, il est vrai, ce que je vous\n envoie et fait à la diable, et par dessus le marché par un peintre qui\npréfère de beaucoup, pour s'exprimer, un crayon à une plume. Aussi,\n faites en ce que vous voulez; si vous me trouvez trop bête, jetez au panier,\nje n'y mets absolument pas d'amour-propre, et surtout ne me dévoilez\npas; il ne me manquerait plus que cela auprès des confrères, et vous me\n désobligeriez énormément.\n    Sur ce, je vous serre la, main.\n"}, {"page_pdf": 370, "texte": "                                  — 331 —\n\n  NOTES TRÈS INCOMPLÈTES SUR LE SALON DE PARIS\n   Le Salon de cette année, est-il supérieur où plus faible que ceux qui\nl'ont précédé? Difficile à dire, ou plutôt, cela dépend comment on veut\nl'entendre. Généralement, la première impression est détestable, attendu\nque les meilleures places, les centres de panneaux, sont généralement\noccupées par les machines officielles, fabriquées par des peintres encore\nplus officiels. Toujours les mêmes, et par leurs nombreux petits, comme\ndes lapins, ces gens-là multiplient déplorablement ce qui fait que les\nBouguereau, les Cabanel, les Lévy, les Benjamin Constant, etc., e t c . , se\ncontinueront dans leur progéniture pendant bien longtemps encore. Ce qui\nfait que les Salons de Paris se suivent et se ressemblent lamentablement !\n   Cette première impression, je l'ai presque toujours ressentie, et, cette\nannée, le Salon, vu sous ce jour-là, n'a rien à envier aux précédents, pour\nautant que je m'en souvienne ; mais de là à dire qu'il n'y a plus d'efforts,\nplus de vrais talents, plus d'artistes sincères, faisant de l'art l'unique souci\nde leur existence, c'est injuste, car vous trouverez cette année comme\ntoujours en cherchant bien (il faut avoir ce grand courage), au moins\n5o très bonnes toiles certainement, et une centaine d'autres très méri­\ntantes; prenez ces 150 tableaux, mettez-les bien à leur place, sous une\nbonne lumière, faites que l'on ne puisse voir les autres, et vous ne direz\nplus que l'art est en décadence, et que la France, qui nous a donné de\nsi grands artistes, est impuissante à l'heure qu'il est.\n   J'ai donc vu et revu ce pauvre Salon, et je vais, au courant de la plume,\nà tort et à travers, vous parler des bonnes choses que j'y ai notées, et qui\nsont presque toujours mal placées. D'abord, saluons un grand artiste,\nPuvis de Chavannes, qui expose une immense peinture décorative, un\ntriptyque: vision antique, inspiration chrétienne, le Rhône et la Saône.\nArt superbe, fier et serein, un mélange d'idéalisme et de naturalisme, de\nbelles figures chastes et blanches se mouvant dans de beaux paysages aux\ngrandes et belles lignes ; — la foi chrétienne, exprimée admirablement par\nun coin de cloître blanc avec des percées sur un coin de nature, où des\nartistes sont absorbés dans leur œuvre toute de foi. Voilà du grand art, et\nqui console, je vous assure, des plates et atroces peintures plus où moins\nofficielles, déposées aux plus belles places et horripilant le regard. Puvis\nde Chavannes seul mérite le voyage au Salon.\n   Un très beau Fantin-Latour nous attire en passant : un portrait\nd'homme, simplement posé, creusé très avant dans l'intimité de l'expres­\nsion.\n   Scarbina : Chiffonnier, d'un très beau caractère et d'une impression de\ncouleur très remarquable ; du même, deux petits intérieurs de pêcheurs des\nCôtes du Nord ; excellent, très bonne peinture. Pelez : Victime, une jeune\nfemme étendue à plat, près d'elle un réchaud; peinture mauvaise, mais quel\ngrand et beau caractère dans la forme ! Dagnan-Bouveret : Femmes à\nl'église, très bien. Maufra : Bateaux de pêche, plein soleil, ravissant.\nMelchers : la Pêche, un très bon tableau d'un beau caractère. Le beau\n"}, {"page_pdf": 371, "texte": "                                   —   332   —\n\n\n portrait de Sarasate, par Whistier, déjà vu aux Vingtistes à Bruxelles,\n  atrocement placé. Un délicieux tableau de M11e Feugard : Deux jeunes\n  filles, plein air.\n      Un très bon tableau de Mlle Breslau : portrait, plein air très réussi.\n      Dinet : Figures sous bois, d'un très beau dessin, très expressif.\n      Kroyer : Départ pour la pêche de nuit, d'un très beau caractère dans le\n ton et dans la forme, — et un pastel ravissant, une Tête de femme. Le\n portrait de Miss Wite, par Stott, très belle peinture, simplement vue, et\n un pastel, un Bout de plage, superbe.\n      Harrison : en Arcadie; dans un beau paysage ensoleillé, au printemps,\n de belles figures nues debout et couchées, d'une adorable fraîcheur.\n     Jeanniot: la Ligne de feu, une terrible impression de bataille d'un mou­\n vement furieux et tragique, quoique d'une peinture terne et grise.\n     Un portrait de Pasteur, par Bonnat, d'un beau caractère, mais d'une\n peinture brutale et dure et l'éternel fond bitumineux et lourd.\n     Je lui préfère comme sentiment, celui d'Edelfeld.\n     Du même, un très beau pastel, très habilement fait et plein de charme,\n le Sculpteur.\n     Un tableau d'un très beau caractère, quoique d'une affreuse peinture et\n dont le nom de l'auteur m'échappe malheureusement, : un Paysan blessé;\n il y a là une femme d'une expression de douleur terriblement poignante.\n     Un très amusant tableau de Willette : la Veuve de Pierrot; de l'opérette\n en peinture mais vraiment drôle.\n     Besnard : portrait de femme en pied, plein de mouvement et de vie,\n malheureusement gâté par un affreux effet de chrome d'un côté, et de bleu\n de l'autre ; c'est là, et c'est dommage, une excentricité picturale qui est peu\n supportable.\n     Mes notes étant très incomplètes, je cite au hasard de la plume; j'en\n passe et des bons.\n     J'oubliais une Neige (Auvergne), par Lebourg. Grande toile superbe,\nd'une belle impression hivernale.\n     Un très beau pastel, le Repriseur de tapisserie, fort de ton, comme une\npeinture à l'huile, de Gilbert.\n     Les bons pastels, du reste, sont en assez grand nombre; c'est un genre\nauquel les artistes français reviennent avec bonheur, et cette partie du\nSalon mérite une attention spéciale.\n     En sculpture, à part quelques très honorables exceptions, nous remar­\nquons peu de chose véritablement en dehors ; dans ce genre, il semble que\nle jury accepte tout ce qui lui est présenté. Aussi quelle collection de têtes\nde pipes, — pardon, je connais des têtes de pipes qui sont mieux faites; —\nà remarquer au milieu des Vénus sortant où entrant au bain, des amours,\nvainqueurs, vaincus, de petits Cupidons et autres rengaines ; un groupe de\nFalguières, un Combat de femmes, très vivant, mais fait trop hâtivement,\nune statue équestre de Dubois, un groupe en bronze de Godebski : Persua-\nsion, un Marteleur, d'un artiste dont le nom m'échappe, tentative assez\nréussie de naturalisme.\n"}, {"page_pdf": 372, "texte": "                                 — 333 —\n\n   Un groupe : Mars et Vénus, dont l'idée est très drôle mais d'une\nmisérable exécution; un projet de monument à Victor Hugo, par\nDalou, composition très vaste mais très compliquée et manquant de\nvéritable grandeur ; remarquons en passant ce que l'on a fait de ce pauvre\ngrand poète au Salon de Paris, en peinture, en sculpture, en gravure, dans\ntous les genres, voilà donc où conduit l'immortalité !!!\n   Il faut cependant vous dire, avant de terminer, quelque chose des artistes\nbelges au Salon de Paris ; ils ont peu exposé il me semble; un des meilleurs\ntableaux est celui de Courtens : le Port d'Anvers, grande toile d'une belle\nallure mais dont la peinture m'a semblé un peu lourde surtout dans le ciel\noù ce défaut se fait sentir. Marie Colard, expose un bon paysage déjà vu à\nBruxelles.\n   Claus : le Passage d'eau, très intéressant mais petitement vu.\n   Je vois au catalogue, Coosemans et Vander Hecht, mais je n'ai pu\ndécouvrir leurs tableaux. Maintenant, je crois avoir rempli la tâche que je\nm'étais imposée, très mal certainement, mais en toute sincérité. Que celui\nqui ne s'est jamais trompé me jette la première toile.\n                                                         UN FLANEUR.\n"}, {"page_pdf": 373, "texte": "                                            — 334 —\n\n\n                                    MEMENTO\n                 BELGIQUE                            caresse sans absorber, les émotions du spec­\n                                                     tacle de la vie. »\n             PRO      ARTE       (*)                    C'est du haut de son esthétisme que l'au­\n     Après des incidents — ou plutôt des dis­        teur se permet de juger l'art et les artistes.\n  sidents — que nous ne voulons pas rappe­              Hélas! il le fait avec conviction et l'on\n ler, nous avions cru n'être désormais plus          n'a pas même la consolation de croire qu'il\n jamais amené à parler de M. Edmond                  a joué du paradoxe.\n Picard. Nous ne voulions pas nous plier à              Le ciel nous préserve des amateurs.\n des agenouillements en face d'un écrivain           L'amateur, celui qui « cueille en passant »\n qui, en littérature, n'est chronologique­           les fleurs du Beau, c'est ce Monsieur qui,\n ment que notre cadet, et à qui nous ne              après avoir attentivement regardé notre\n devons comme tel que la vérité dite ouver­          merveilleux Hôtel-de-Ville, disait :\n tement selon nos croyances artistiques.                — C'est mignon.\n     Le silence que nous tenions à garder les           L'amateur, c'est le démocrate qui voit un\n derniers, M. Edmond Picard le rompt en              paysage mirifique et soupire : « Ce n'est\n publiant la série d'articles qui donnèrent          pas encore ça le suffrage universel ».\n lieu naguère aux polémiques ardentes que               L'amateur, c'est le passant qui contemple\nl'on sait.                                          l'Art à travers la fente d'une urne électo­\n     Son volume Pro arte — ou mieux Pro             rale et formule : « C'est une distraction qui\n arte moderna — ou encore Pro rate —                caresse ».\n brise le pacte, et nous devons parler de ce            Un jour, parlant de M. Nerval, le chan­\n livre auquel la personnalité « éminente » de       teur de la Monnaie, nous demandions la\n son auteur ne pourra manquer de donner             définition exacte du « trial ».\n quelque retentissement.                               — C'est tout bêtement un mauvais ténor,\n    S'il eût été, comme l'Amiral ou Mon             nous répondit-on. L'esthète, c'est le trial de\noncle le jurisconsulte, un simple traité juri­      l'Art, et pour apprécier l'Art, il faut être\ndique à la portée des gens du monde, nous           artiste, RIEN QU'ARTISTE.\n nous serions contenté d'en signaler et d'en           Pro arte est un des livres les plus vides\nciter les grandes pages — celles où l'avocat        que nous connaissions; l'ignorance des\nôte sa robe pour parler une langue française,       choses littéraires y est telle, on y trouve\n— mais ici plus n'est question de science           des opinions si peu assises, que l'on est\n familière, mais de théorie et de critique.         stupéfait, abasourdi par cet étalage péda­\nLe débat se rouvre; nous tâcherons de ne            gogique sans fond, parfois sans forme.\nparler que de l'œuvre et d'oublier l'amateur           Pro arte! Pour l'art! ce livre qui prend\nqui l'a écrite.\n                                                    l'art comme une distraction qui caresse,\n    L'amateur, c'est bien la défense de l'ama­      qui devant le Beau vient parler d'on ne sait\nteur que prend M. Picard dans Pro arte,             quel stupide devoir social, qui se contredit\nl'amateur qu'il appelle esthète, par une            à vingt pages de distance, qui confond les\ncréation de mot bien inutile.                       écoles littéraires, en ignore l'évolution,\n    « L'esthète, dit-il, est un de ces hommes,      saute par dessus les noms illustres sans\ncomme on souhaiterait l'être, qui, sans être        ouvrir les œuvres qu'ils signent, s'attarde\nun artiste de profession, sans non plus             aux fumisteries d'Adoré Floupette, « qui,\nsacrifier à l'art ses devoirs sociaux, cueille      dans quelques lustres, sera l'une des curio­\nen passant, comme une distraction qui               sités de l'histoire littéraire de ce temps » !!!\n                                                    Ce livre qui pontifie, drapé dans son man­\n  (*) Pro A rte, par Edmond Picard ; un volume de\n400 pages tiré à 100 exemplaires pour la vente.     teau de papier raisin chromo, qui, par­\nBruxelles, F. Larcier. Prix : 20 francs.            lant des Flamandes de Verhaeren, donne\n"}, {"page_pdf": 374, "texte": "                                         — 335 —\n\ncomme chef-d'œuvre La Vachère, le seul               A propos du Conservatoire, nous rece­\nmauvais morceau du recueil, ce livre dont          vons la lettre suivante que nous donnons\nles citations traînent, veuves de leurs guil­      sous toutes réserves :\nlemets. Pro arte non. Contre            l'art,\nMépris de l'art, Envie de l'art et surtout                  CHER   MONSIEUR,\n\nIgnorance de l'art.                                    A propos des concours du Conservatoire,\n   C'est d'ailleurs un volume de famille.          je tiens à vous faire connaître certaines\nL'auteur ne l'a tiré qu'à quelques exem­           petites choses très édifiantes concernant la\nplaires, pour conserver, par un sentiment          haute direction de notre première école de\nfort légitime, les articles curieux qu'il a        musique.\ndonnés à l'Art Moderne, en les fixant dans             Vous croyez peut-être qu'il s'agit de\nla forme durable du livre. Celui-ci se pré­        M. Gevaert. Erreur complète; il s'agit\nsente proprement, bien que nous en vou­            d'une personnalité bien plus importante :\nlions a l'imprimeur de s'être servi, dans          le concierge-surveillant.\nle titre par exemple, de caractères ébréchés           Ce monsieur fait la pluie et le beau\nou mal venus. Un auteur un peu biblio­             temps dans l'établissement et à son gré\nphile aurait renvoyé tous les volumes avec         inflige des suspensions de huit et quinze\ndes injures. Tel quel cependant, il est            jours aux élèves qui ont commis la plus\nencore d'un beau luxe, que les amis à qui          petite infraction au règlement. Gare à\n l'auteur l'offrira goûteront certainement.        ceux ou à celles qui, soit par leur mine ou\n   Nous espérons, pour la littérature, qu'il       pour tout autre motif, lui ont déplu.\nne sortira pas de ce cercle sympathique.               Comme il tient une cantine, les élèves\n   M. Edmond Picard nous dit dans son              qui ne sont pas des clients assidus ne sont\nlivre ce qu'il appelle nos vérités; il nous        pas dans les bonnes grâces de ce trop zélé\npardonnera de lui avoir dit ce que nous            cerbère.\nappelons les siennes.                                  Voici un fait qui s'est passé, il y a quel­\n                                   M. W.            ques jours, au concours de solfège, classe\n                                                    de M llc Tordeus. Une jeune fille, une des\n   Les concours du Conservatoire ont com­           meilleures élèves de la classe, ayant eu le\nmencé le samedi 19 juin. Ont eu lieu les            malheur de demander à ce haut personnage\nconcours pour instruments de cuivre, in­            si les questions étaient difficiles, celui-ci,\nstruments en bois, contre-basse, alto, vio­         sans répondre, s'en va trouver le jury et\nloncelle, musique de chambre avec piano,            lui dit que Mlle X... lui avait demandé\nmusique de chambre pour archets, orgue,             quelles étaient les questions posées et que\nquatuor, violons et piano, concours de              même elle lui avait offert de l'argent pour\nchant (demoiselles), de chant (hommes), de          payer son indiscrétion ; qu'en conséquence,\nchant italien (duo de chambre), diplôme             il espérait bien que Mlle X... n'obtiendrait\nde capacité (violon); Jeudi 15 aura lieu le         aucune distinction. Le jury, ainsi que\nconcours de déclamation.                            M\" 0 Tordeus, ajoutèrent foi aux racontars\n   Voici le résultat de la séance de chant          de ce monsieur et exclurent la jeune fille\n (demoiselles) :                                    du concours. Ne trouvez-vous pas comme\n    1er prix aveedistinction : M lle Van Besten.    moi que cela est très édifiant?\n    1\" prix : Mlle Gérard.                            Les élèves, craignant l'influence de ce\n   2e prix avec distinction : MMlles Urbain        M.... Cardinal, n'osent pas réclamer à\n et Passmore.                                      M. Gevaert, ni aux professeurs. Ces mes­\n   2e prix : MMlles Lagye, Joostens. Neyt,         sieurs se rappelant leurs auteurs répon­\n Bass et Corroy.                                   draient invariablement : « En mon bon\n   Accessits : des grues, dindes et autres         droit j'ai confiance.\n pensionnaires.\n"}, {"page_pdf": 375, "texte": "                                          — 336 —\n\n    M. Van Vinkeroy, capitaine au régiment          ces malheureux, qu'on pourrait appeler\n des carabiniers, vient de publier un très         des invalides vivants, avait été aboli en\n intéressant Catalogue des armes et ar.             1797, et ils avaient été l'objet d'un article\n mures du Musée royal d'antiquités et d'ar­        du traité de Tolentino, conclu entre le\n mures de la porte de Hal. Ce recueil con­         général Bonaparte et Pie VI, mais ensuite\n tient des détails historiques et des explica­     Pie VII les avait rétablis. »\n tions techniques que tout visiteur du Musée          Nous voilà à tout jamais empêchés de\n sera heureux de connaître.                        dire à notre cher Paul Veau qu'il n'a pas\n                                                   que le derrière endommagé, et qu'il peut\n                                                   aller le dire ou plutôt le chanter... à\n    L'Union littéraire belge nous prie d'an­       Rome.\n noncer la création dans son sein, d'un Co­                              ***\n mité syndical des gens de lettres. Ce comité\n                                                       La Wallonie succédant à L'Elan       litté-\n a pour but la protection des intérêts des\n                                                    raire, vient de pousser son premier vagis­\n gens de lettres.\n                                                    sement.\n    Il est chargé :\n                                                       L'enfant se porte bien. Nous lui trouvons\n    1° De l'étude des questions se rattachant\n                                                   des pères connus, parmi lesquels M. Adolphe\n aux droits des auteurs ;\n                                                   Goffin de feu La Basoche.\n    2° De donner des avis et consultations\n                                                       La revue annonce des articles de\n sur les difficultés de fait et de droit que\n                                                   MM. Hector Chainaye et Célestin Demblon.\n soulève l'application des lois et arrêtés con­\n                                                       Elle nous apprend encore, que La Revue\n cernant ces droits ;\n                                                   littéraire de Bordeaux (directeur : le doux\n   3° D'indiquer la marche à suivre pour\n                                                   Fuster) annonce que la Jeune Belgique\n assurer le règlement ou la défense des\n                                                   dégringole. C'est une erreur; elle s'assied\n droits des auteurs, en Belgique ou à l'étran-\n                                                   tout au plus sur M. Fuster, déjà si aplati.\n gers;\n   4° Des jugements, à titre d'amiable com­\n positeur, des différends qui lui sont sou­          L'Exposition internationale et triennale\nmis;                                              des Beaux-Ans vient de s'ouvrir au Cercle\n   5° Des arbitrages qui lui seraient déférés     artistique et littéraire de Namur.\npar les parties ou par les tribunaux ;\n   6° De servir d'intermédiaire entre les\n                                                      La Basoche a cessé de paraître et c'est,\nauteurs, les éditeurs et la presse pour la\n                                                   dans notre petite monde des Lettres, une\npublication des œuvres littéraires.\n                                                   perte réelle. Cette jeune revue ignorait que\n   Les avis et consultations sont donnés\n                                                   le public amateur de revues d'art est très\ngratuitement aux membres de l'Union lit-\n                                                  restreint chez nous II faut une tenacité\ntéraire.\n                                                  rare pour garder pied. La Basoche nous a\n   Prière d'adresser la correspondance au\n                                                  vaillamment assisté dans nos efforts et nous\nSecrétaire, 14, rue Saint-Jean, à Bruxelles.\n                                                  lui devons beaucoup. Espérons que les\n                                                  débris de ce bataillon viendra grossir le\n                                                  nôtre, persuadés que nous sommes tout\n   On lit dans le Ménestrel :\n                                                  prêts à les ravitailler. Nous avons déjà le\n   « Une grosse nouvelle nous arrive de\n                                                  délicat poète André Fontainas; que les\nRome. Il paraît que le pape Léon XIII au­\nrait décidé que dorénavant les chanteurs          autres ne s'arrêtent pas à des défiances ou\ncontralti (on sait ce que cela veut dire) de      à des susceptibilités ; les cadets seront\nla chapelle Sixtine, lorsqu'ils cesseraient       reçus à bras ouverts et nous ne demandons\nleur service par suite de maladie, ou de          pas mieux que de continuer l'œuvre de\ndécès, ou d'âge avancé, ne seraient plus          La Basoche en facilitant leurs débuts.\nremplacés. Déjà l'emploi à la Sixtine de                               * **\n"}, {"page_pdf": 376, "texte": "                                           — 337 —\n\n    Voici le jugement du tribunal correction­       voulu; c'est dans son officine qu'arrivent,\n nel (12 juin) par lequel M. Max Waller est         en cassation, exténués, découragés, les in­\n acquitté dans l'affaire Coquelin (voir nos         fortunés que Lemerre ou Charpentier ont\n deux derniers numéros) :                           mis poliment dehors. M. Ghio les reçoit\n    « Attendu que le règlement de 1883 sur          moyennant caution et les imprime pour\n la police des théâtres se borne en son             éviter des suicides. C'est ce qui fait que\n art. 22 à défendre de troubler le spectacle ;      M. Vautier vit encore.\n    « Attendu que les sifflets ne peuvent             Le Salon des Refusées est le sixième\n tomber sous l'application de cette disposi­       tome des Œuvres complètes de cette célé­\n tion que s'ils ont eu pour but et pour effet       brité. Les cinq autres sont intitulés :\nde troubler l'ordre en non s'ils ont été sim­         La grève des femmes.\n plement une manifestation ou une marque              La revanche du mari.\n de désapprobation à l'adresse d'un acteur            Le crime du substitut.\n déterminé ;                                          La marraine.\n    « Qu'en fait, dans l'espèce, il n'est pas         Le remords du docteur.\n établi que les appelants aient eu l'intention        Il n'est pas inutile de donner ces titres\n de troubler le spectable ;                        trop ignorés, afin de mesurer à son aune\n    « Que l'interruption du spectacle, qui a       M. Georges Vautier. Celui-ci, d'ailieurs,\n duré, au dire de la plupart des témoins, que      n'est pas sans être curieux. 11 a trouvé l'im­\nquelques secondes seulement, et qui est            personnalité spontanée, ou plutôt, il est\ndue tant aux applaudissements qui ont              parvenu, sans être connu, à être à la fois\nrépondu aux coups de sifflet qu'à ces coups        plusieurs romanciers connus. Ici il est Droz,\nde sifflet eux mêmes, ne peut être considé­        ce qui dispense de lire son roman. Après\nrée comme le trouble du spectacle que              un chapitre, on ferme le livre en disant :\nl'art. 22 a pour but de réprimer ;                 « C'est drôle, j'ai déjà lu cela, mais ça\n    « Par ces motifs, recevant l'appel et y        m'avait fait meilleur effet à première lec-\nfaisant droit, le tribunal met à néant le          ture. Comme les goûts changent! »\njugement a quo, renvoie les prévenus des              Ces talents modestes qui ne s'affichent\ntins des poursuites sans frais. »                  pas, qui dédaignent les succès faciles des\n    Inutile de dire que c'est à la plaidoirie de    Daudet, Zola, Goncourt et consorts, ont\nGeorges Rodenbach que nous devons ce               quelque chose de touchant et d'apostolique.\nsuccès complet.                                    M. Vautier veut disparaître sans que jamais\n   Le juge Hayoit, qui nous avait condamné         on prononce son nom ou celui de ses livres;\nà 5 francs d'amende doit faire une de ces          il aime le volume vierge, non découpé, et,\ntêtes !                                            avec une rare persévérance, il écrit de ma­\n                                                   nière à conserver à son œuvre cette inviola­\n                                                   ble pureté. Le Salon des Refusées n'a point\n                FRANCE                             failli; le vœu de M. Vautier, nous l'accom­\n   Le Salon des Refusées, par Georges              plirons et nous vendrions plutôt vingt fois\n                                                   son Salon au Passage Bortier plutôt que de\nVautier. Un vol. Paris, Ghio, fr. 3-50.\n                                                   le lire une seule.\n   Banville dit dans son Traité qu'il y a des\ngens, comme M. Scribe, qui ont le don de\nfaire de mauvais vers et qui seraient inca­\npables par nature d'en faire un seul bon.            La Capitale de l'Art, par Albert Wolff.\n   Il y a de même des écrivains qui ont le         Un vol Paris, Havard, fr. 3-50.\ndon de faire de mauvais romans et des                 La capitale de l'art n'est point l'Athènes\néditeurs qui ont le don de les publier.            de Périclès, ni la Rome des papes; c'est\n   M. Georges Vautier complète M. Ghio,            Paris, seule capitale où les chroniqueurs\ndont la librairie est le déversoir de tous les     économisent sur leurs chroniques des col­\nmanuscrits médiocres dont personne n'a             lections de tableaux. Ainsi traduit, le titre\n"}, {"page_pdf": 377, "texte": "                                         — 338 —\n\nadopté par M. Wolff s'entend fort bien. De        concurrence de 380 pages. Si le volume\ntoute autre manière, il serait sans propor­       plaît, M. Wolff en fera un second, puis un\ntion avec l'œuvre, qui n'est que la réunion       troisième, et toute une série si le public\nen brochure d'une vingtaine de chroniques         veut en faire les frais. « Si, ce que j'espère,\ndu Figaro.                                        cette première série trouve l'agrément (sic)\n    Cette seule indication suffirait à donner     du lecteur, la même idée présidera à la\nune idée très nette du volume. Une chro­          composition du second volume, dans le­\nnique du Figaro peut être médiocre et lue         quel, etc.... » Si cette histoire..., etc....\ntout de même pour quelque raison d'ac­\ntualité. Le lendemain, ce n'est plus qu'un\nmauvais article, et quand il y en a vingt            M. de Brunhoff, l'éditeur des Premières\nd'amassés l'un sur l'autre, chacun d'eux y        Illustrées, le plus artistique des journaux\nperd encore et paraît vingt fois plus mau­        s'occupant de questions théâtrales, met en\nvais que s'il était seul. Alors on a un livre     vente ce jour le douzième fascicule de sa\ninsupportable ; c'est en même temps creux         collection, consacré à Joséphine vendue par\net indigeste, fatigant à lire et décevant. Le     ses sœurs. Les charmants dessins de Gor-\nstyle de M. Wolff ajoute encore à cet ennui.      guet font de cette livraison une œuvre des\nOn sait que M. Wolff écrit péniblement le         plus remarquables.\nfrançais, qui n'est pas sa langue maternelle,\nmais il a des prétentions littéraires égales à                          .. *..\nses prétentions artistiques, et justifie les\nunes des autres par la même hardiesse :              La librairie Pion met en vente un roman\nune aisance boulevardière qui tombe sou­          de mœurs galiciennes : Pauvre Moschko !\nvent dans la familiarité, dans le mauvais         dû à la plume énergique de K.-E. Franzos.\nton, et d'autres fois une emphase sans mo­        et traduit fort élégamment par Louis de\ntif, des accès de solennité futile. M. Wolff,     Hessem. C'est à la fois une histoire d'amour\nqui se croit un raffiné, serait surpris d'être    et une étude de mœurs où se trouvent oppo­\ntrouvé prudhomme; prudhomme cepen­                sés de la plus curieuse façon les tempéra­\ndant est le mot : ce bouleyardier allemand        ments des juifs et des chrétiens. La nou­\nqui fait le railleur et le dégourdi est affreu­   veauté du décor achève de donner à ce récit\nsement prudhomme.                                 dramatique un intérêt exceptionnel.\n  Le fond du livre vaut la forme. Tout le\nsystème de critique de M. Wolff se résume\ndans l'emploi varié de l'adjectif combiné            A lire dans le dernier numéro de la\navec l'anecdote et la question de la routine.     Revue Contemporaine : Le Grand inquisi-\nPar exemple, après nous avoir dit de Géri-        teur , traduction par M. Derely d'un frag­\ncault qu'il méprisa la routine académique,        ment des Frères Karamasoff       de Dos­\nmourut jeune, fut la plus haute expression        toïewski.\nde l'art français et un des plus grands\nartistes qui aient existé, M. Wolff a épuisé\nson canevas, il pense nous avoir fait con­\nnaître Géricault, et n'est pas loin, peut-être,\nde se croire aussi fort que Géricault lui-        ***\nmême. Le même procédé est applicable et              Vient de paraître : Contes, par Jules Van\nappliqué de même à tous les peintres, à           der Brugghen (?), avec une préface d'Arnold\ntous les sculpteurs passés en revue jusqu'à       Goffin (?) et frontispice de Carolus Vos (?).\n                                                     Préface à se tordre, frontispice du même\n                                                  genre. Nous parlerons prochainement du\n                                                  livre qui n'est pas quelconque, loin de là.\n"}, {"page_pdf": 378, "texte": "       Non, ma petite amie, c'est trop grave à raconter; parce que, si ça venait à se\nsavoir!...\n   — Vous pouvez bien me le dire, à moi. Vous savez que je ne suis pas bavarde.\n   — Si vous voulez me promettre de ne pas le répéter, je vous le dirai.\n   — Je vous donne ma parole.\n   — Eh bien, Jacquot...\n   Puis, comme se ravisant, A... ajouta :\n   — Non, c'est trop grave !\n   Sur les instances d'Ida, pourtant, et lui faisant jurer le secret le plus absolu, il se\npencha vers son oreille, et tout bas :\n   — Eh bien, dit-il, Jacquot met de l'eau dans ses aquarelles !...\n   Ida se récria... Comment, Jacquot!... Jamais elle n'aurait cru ça de lui.\n   Le soir même, A... rencontra son confrère B... et lui raconta l'histoire. Justement, Ida\ndevait poser chez B... le lendemain.\n   Ce que B... avait prévu arriva\n   Ida fit habilement tomber la conversation sur Jacquot.\n   — C'est égal, fit sérieusement B..., cet animal-là fait de bien jolies aquarelles.\n   Ida leva les épaules imperceptiblement, et avec une moue charmante :\n   — Ah ! oui, les aquarelles de Jacquot ! on sait comment il les fait!...\n   B... n'eut pas besoin d'insister beaucoup pour arracher le terrible secret : Jacquot met­\ntait de l'eau dans ses aquarelles.\n   Huit jours après, tout le quartier était au courant des inqualifiables procédés artis­\ntiques de Jacquot.\n   Jacquot, lui-même, en avait été avisé, dans les premiers.\n    Un jour que la belle Ida posait chez A..., et que, selon l'habitude, on jasait sur l'aqua­\nrelle de Jacquot, A... prit une figure sérieuse :\n   — Savez-vous, Ida, ce que vous devriez faire?\n   — Non...\n   — Vous devriez avertir Jacquot.\n   — Mais je n'oserai jamais.\n   — Allons donc ! Il vous aime beaucoup et il acceptera très bien ça de votre part.\n   Au fond, Ida était enchantée.\n   Elle alla trouver le peintre, et avec des petites mines, des réticences, des protestations\nd'amitié, elle finit partout dire.\n   Jacquot parut atterré.\n   Visiblement ému, il prit les mains d'Ida dans ses mains.\n   — Comment, ça se sait?\n   — Mais on ne parle que de ça !\n   — Ah! merci, Ida, merci du service que vous me rendez en venant m'avertir. C'est\nl'honneur artistique, la vie, peut-être, que vous me sauvez !\n    Et maintenant, quand on parle devant la belle Ida du grand peintre Jacquot, elle se\n donne un air supérieur :\n    — Jacquot?... Encore un qui me doit une belle chandelle !\n    123. CH. M... Merci pour votre intéressante suite de vers. Pour vous encourager à\n travailler, nous insérerons prochainement votre Carte de visite, avec cette observation\n cependant que cette pièce et les autres sont loin d'être parfaites. Vous avez une facilité\n qui vous fait négliger un peu la facture; tâchez de trouver le mot juste en même temps\n que sonore, supprimez les flambeau, contacts ravissants, essaim, etc., qui ont un air de\n rime amenée; en un mot. ciselez davantage et jetez vingt pièces à votre panier avant d'en\n accepter une seule comme bonne.\n    124.      ENIGME. Mon premier est un époux de valeur.\n                        C'est veau, parce que Marivaux.\n                        Mon deuxième a eu la foi.\n                        C'est ver, parce que Veracruz.\n                        Mon troisième est une loque.\n                        C'est mans, parce que mansarde.\n                        Mon tout a des callosités fessières.\n    125. Encore une : L'hirondelle de mon premier sommeille.\n                       Mon second est la conséquence d'abus de laitage.\n                       Quand mon troisième est désarçonné, on ordonne de le tuer.\n                       Mon tout est l'inscription qu'on lit sur les anciennes gravures repré­\n                         sentant les bords de la Sarthe.\n  SOLUTION. Mon premier est veau. En effet, l'aronde du veau dort.\n              Mon second est ver, parce qu'on dit de certains hommes qu'ils sont verdelets.\n              Mon troisième est mans quand on dit : Tu m'ensorcelles.\n              Mon tout est Wauvermans : Vaux vers Mans.\n"}, {"page_pdf": 379, "texte": "   A tous les artistes, buveurs raffinés, amoureux des vins couleur de soleil,\ndes liqueurs exquises et de la verte empoisonneuse qui engourdit les peines\net calme le dégoût du mufflisme contemporain,, nous recommandons la\n\n   de Block's Universal Wine C°\n                  6, R U E P A U L D E V A U X , 6 (PRÈS LA B O U R S E )\n\n   En cette osteria décorée dans le style de la Renaissance flamande par notre\npremier décorateur, C H . - L É O N CARDON, nos amis Jeunes-Belgique,\nVingtistes, Essoriens, Hydrophiles et autres trouveront à déguster les vins\ndélicats de Xérès et d'Alicante, les vins de Portugal, d'Orange-Cap, le\nKalliste, le Misistra noir, le Moscato et VAchaja de Grèce, le Tokay de\nHongrie, le Syracuse, le Capri, le Malvasia de Lipari, et comme apéritifs\nles Vermouths Noilly-Prat et Fratelli Cora et l'absinthe Pernod.\n   (Prix modestes, et pour les jours de joyeuses beuveries, du vin de cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\n      LIE                 C H A T                                         NOIR,\n                     Directeur : RODOLPHE SALIS.\nSecrétaires de la rédaction : GEORGE AURIOL; ALBERT T I N C H A N T :\n                             PARAIT TOUS LES SAMEDIS\n            Abonnement pour la Belgique : Un an : 12 francs.\n                   Bureaux : à Paris, 12, rue de Laval, 12.\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris ; publie ZO-HAR, par CATULLE MENDÈS. Un\n  numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs ; en vente partout.\n\n\n\n    La Jeune Belgique recommande à ses lecteurs\nle nouvel atelier de photographie EMERA\n         Montagne de la Cour,\n             le plus artistique\n                     de\n                 Bruxelles.\n\n                                                                    Photographies\n                                                                 d'artistes en vogue.\n\n                                            Les costumes du cortège historique\n                                                   des chemins de fer.\n\n\n   Bruxelles. — Imprimerie Félix Callewaert père, Ve Monnom successeur, 20, rue de l'Industrie\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1886-07-05", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 340."}}