{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1886-08-01-n8", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-08-01-n8-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "6e ANNÉE. TOME V, N° 8.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 380, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1383, "texte": "6e ANNÉE.        TOME V, N° 8.       PRIX : 60 CENT. ÉTRANGER : 75 CENT.                    1er     AOÛT 1886.\n\n\n\n\n                                              LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                           Ce soleil qui, il y a quelques heures, écrasait toutes choses de sa\n                                        lumière droite et blanche, va bientôt inonder l'horizon      occidental\n                                        de couleurs variées. Dans les jeux de ce soleil agonisant,         cer-\n                                        tains esprits Poétiques trouveront des délices nouvelles ; ils y\n                                        découvriront   des colonnades éblouissantes, des cascades de métal\n                                       fondu, des Paradis de feu, une splendeur triste, la volupte du\n                                        regret, toutes les magies du rêve, tous les souvenirs de l'opium,\n                                        El le coucher du soleil leur apparaîtra, en effet, comme la mer-\n                                        veilleuse allégorie d'une âme chargée de vie, qui descend der-\n                                        rière l'horizon avec une magnifique Provision de pensées et de\n                                        rêves.                                           BAUDELAIRE.\n\n\n                                  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-08-01-n8-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 380, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1383, "fin_caractere_exclue": 2484, "texte": "SOMMAIRE:\n    L'Art                                                                  MAX WALLER.\n    Airs de flûte . .                                                       SIEBEL.\n    Poèmes en prose                                                        HECTOR CHAINAYE.\n    Vieux Maîtres                                                          HENRY MÉRICOT.\n    Rembrandt                                                              JOSÉPHIN PÉLADAN.\n    Carte de visite                                                        EUGÈNE MONSEUR.\n    Toujours                                                               G.\n    Memento\n\n\n\n\n                                     'BRUXELLES\n               ADMINISTRATION :                                        RÉDACTION :\n            ,6. 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A TOI, BAYARD! :\n             Mon premier entre dans le saucisson.\n              Mon second est la moitié de mon entier.\n              Mon troisième ne sculpte qu'une minime partie du corps.\n  SOLUTION. Mon premier c'est Vo, parce qu'on dit Volaille.\n              Mon second c'est Ver, parce qu'on dit Vermisseau\n             Mon troisième c'est Mans, parce qu'on dit Mansfeldois.\n  127. JULES G. Peuh!... très peuh !\n  128. NESTOR O. Louvain. Sourir est inacceptable et sans précédent. Vision a trois\npieds et non deux (sans précédent) ; de plus il se trouve à deux vers qui se suivent ;\n                     « Qui m'enchante,! me fascine et me rend tout timide. »\n  A treize pieds, pas de césure et une cheville.\n                     « En silence je prie, contempler c'est prier. »\n   A treize pieds et pas de césure.\n                     « Qu'elle était belle, si belle et si cruelle ! »\n   A treize pieds et pas de césure.                                            *\n                     a Qui l'eût cru? Personne pas même elle. »\n  A onze pieds.\n                       « Mais quoi ! elle pâlit, à sa bouche du sang ! »\n   A un hiatus : « quoi elle » etc., etc. Nous comptons encore huit fautes analogues;\nc'est un peu beaucoup, pas vrai?\n   12g. Aug. V. Saint-Hubert.\n                         « Une heure oublions la funeste arène\n                         Que nos cœurs meurtris ont ensanglantés. »\n  Il faut ensanglantée et alors hanté qui suit ne rime plus. C'est dommage, la pièce est\nbonne; amitiés.\n  130. Du Chat noir :\n                                     OBSTINATION.\n   Vous les avez souvent rencontrés, dans leur voiture, au Bois, mais vous ne les verrez\nplus.\n   C'est dommage, parce qu'ils constituaient à eux deux un bien joli échantillon de la\nrace Taquouère la plus pure, lui pas beau, très brun, elle très brune, pas laide.\n   Maintenant qu'ils sont retournés dans leur Guatemala, je peux bien vous le dire : ils\nn'étaient pas mariés.\n   C'était tout un roman d'amour que je vous conterai, dès que j'aurai une minute.\n   Leurs noms : le général Timéo Danaos et dona Ferentes.\n   L'aventure qui détermina le départ du général m'a paru assez piquante et point indigne\nde ma plume. La voici dans sa touchante simplicité.\n   Timéo est doué d'une énergie qui, mieux appliquée, aurait pu en faire un des hommes\nles plus remarquables de cette fin de siècle. Cette énergie se manifeste dans les plus petits\nactes de sa vie, dans ses défauts comme dans ses qualités.\n"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3765, "texte": "   Parmi ces dernières, je me plairai à citer le respect du contrôle administratif, l'amour\nde son prochain et une sage économie de ses deniers.\n   Quand je dis qu'il a le respect du contrôle, je pourrais dire qu'il en a l'idolâtrie. Pour\nTiméo, les contrôleurs sont les rois de la création.\n   Les contrôleurs de quoi? me dites-vous?\n   Les contrôleurs de toute espèce, les contrôleurs, quoi ?\n   Timéo aime son prochain comme il respecte les contrôleurs, avec toute sa furia ras­\ntaquouera.\n   Le malheur des autres lui arrache des torrents de larmes, et, pour sa part, il ne ferait\npas de mal à une mouche cantharide.\n   Timéo n'est pas avare, mais il lui répugnerait singulièrement de payer 1,700 francs un\nobjet qu'il pourrait se procurer ailleurs pour quinze sous.\n   Maintenant que vous connaissez Timéo, son aventure va vous sembler moins\nétrange.\n   Bien que l'histoire se passe dans un chalet, vous pouvez écarter de votre esprit toute\nidée d'Helvétie. C est un de ces chalets où l'on est accueilli par cette phrase hospitalière :\nAvec toilette, Monsieur?\n   Timéo, dont c'était le début dans ce genre d'établissement, avait répondu non, à tout\nhasard.\n   Sa mission accomplie, il se préparait à se retirer, quand ses yeux tombèrent (c'est une\nfaçon de parler) sur une plaque émaillée où, sur un fond bleu, s'enlevaient des lettres\nblanches formant ce texte :\n   « Afin d'assurer le contrôle et d'éviter la révocation de la gardienne, le public est pré­\nvenu qu'une fois le verrou fermé, on ne doit plus l'ouvrir, sans quoi l'on s'expose à payer\nle doube. »\n   Ainsi donc, il ressortait de cet avis, que si le verrou était ouvert :\n   i° Le contrôle ne serait plus assuré;\n   2° La gardienne serait révoquée;\n   3° Timéo Danaos paierait double.\n   — Et pourtant, se disait le général, je voudrais bien m'en aller.\n   Il essaya d'ouvrir la porte sans toucher au verrou.\n   Ce fut un four.\n   Toute tentative d'évasion dut être écartée, dès le principe.\n   11 eût fallu briser des vitres et exécuter une impossible gymnastique.\n   Timéo se rassit très découragi.\n   Au bout d'une heure, la préposée — une bien brave femme, ma foi — conçut des\ninquiétudes.\n   — J'ai vu des gens longs quelquefois, se disait-elle, mais jamais de si longs.\n   Elle frappa à la porte.\n   — Qui est là? demanda Timéo.\n   — C'est moi, la veuve Henry Mangis, gardienne du chalet.\n   — Pauvre femme !\n   — Ouvrez donc, vous devez avoir fini !\n   — Si j'ouvre, vous serez révoquée, malheureuse!\n   — Mais non !... ouvrez donc !\n   — Si j'ouvre, le contrôle ne sera plus assuré...\n  — Mais si!... ouvrez donc!\n   — Si j'ouvre, je paierai double...\n   — Mais non !... ouvrez donc !\n   Timéo n'ouvrit pas, préférant souffrir mille morts que piétiner un seul de ses principes.\n   La veuve Henry Mangis, désolée, lui expliquait à travers la porte que ses principes\nn'avaient rien à craindre.\n   — En v'là un ostiné ! clamait-elle.\n   De guerre lasse, on dut aller chercher trois employés supérieurs de l'administration.\n   Le chef du contrôle déclara solennellement que le contrôle ne risquait rien.\n   Le chef du personnel s'engagea non seulement à ne pas révoquer la gardienne, mais\nencore à la faire passer de première classe et à l'appeler à un poste plus important.\n   Le caissier jura qu'on ne réclamerait que le sou réglementaire.\n   Alors, seulement, Timéo se décida à tirer le verrou.\n   Il sortit content de lui, mais écrasé par l'émotion.\n   Rentré chez lui, il dit à dona Ferentes, d'un ton qui n'admettait pas de réplique :\n— Fais ta malle, nous filons !\n   Et ils sont partis retrouver dans leurs pampas les grands gynerium argentcum qui\nsont l'ornement de ces vastes étendues de terrain.\n                                                                   ALPHONSE ALLAIS.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-08-01-n8-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 339, "page_fin": 344, "titre_corps": "L’Art au-dessus des révolutions", "titre_sommaire": "L’Art", "rubrique": "", "signature_source": "Max Waller", "ancre_debut": "L ART", "ancre_fin": "MAX WALLER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "AIRS DE FLUTE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 382, "page_imprimee": 339, "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1867, "texte": "L'ART\n             AU DESSUS DES RÉVOLUTIONS\n\n\n                               Sous ce titre discord : L'Art et la Révolution,\n                             nous arrive une étude curieuse de l'Art Moderne\n                             sur deux livres antipodiques, l'un du prince Pierre\n                             Kropotkine : Paroles d'un Révolté, l'autre de\n                             Jules Vallès, L'Insurgé.\n                               Nous y trouvons matière, non à une nouvelle\n                               polémique — l'Art Moderne ne souffre pas la\n                               discussion passionnée — mais à un nouvel\n                               exposé de nos idées en matière d'art social.\n                     Nous ne pourrons jamais assez revenir sur les théories\n                     dont nous avons pris la défense de main ferme.\n                        Nous voulons, en outre, défendre Vallès contre les\n                     fanatiques qui veulent affilier ce grand mort à leur franc-\n                 maçonnerie, et tenons à revendiquer son œuvre et son nom\n                  au profit de la littérature contre la sociologie.\n                     En vérité, nous nous demandons quel rapport il y a\n               entre le livre de Kropotkine et celui de Vallès? entre celui\n               d'un sectaire à plaindre et celui d'un artiste à admirer?\n              Vallès a-t-il exprimé des idées sociales dans son œuvre? Non;\n          il n'a fait qu'aboyer les paradoxes que lui soufflait sa misère d'au­\n          trefois. Le jour où il cria : Mais tu nous le paieras, société bête\nqui affames les instruits et les courageux quand ils ne veulent pas être tes\nlaquais'. Va! tu ne perdras rien pour attendre! le jour où il écrivit cela,\n                                                                      21\n"}, {"page_pdf": 383, "page_imprimee": 340, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2731, "texte": "                                     — 340 —\n\nil disait tout son système « politique » : la volonté d'être heureux', lui; de\nmanger, lui; de jouir lui ; il s'apitoie sur lui, pleure sur lui et veut venger,\nnon pas une société qu'il croit mal répartie dans le partage universel, mais\nLUI. Est-ce là de la science économique? Dans le Bachelier, Vallès raconte\nson histoire, il dépeint la vie de Bohême avec son cortège de misères hon­\nteuses, de soufflets reçus, de déboires sans nombre. Est-ce de l'art social?\nquelque chose qui soit susceptible de frapper par une portée utilitaire quel­\nconque? Mais alors, Mürger avec sa Vie couleur de rose, où toutes les\ndouleurs sont « mensongées » par une ineffable bonne humeur, était un\nréactionnaire politique; Flaubert dans l'Education sentimentale était\npresque un bourgeois repu, et les Goncourt dans Demailly, une paire\nd'aristocrates dignes des lanternes de l'Art Modernel Portée sociale. Mais\ntout a une portée sociale évidemment; la Vénus de Milo et la victoire de\nSamothrace peuvent agir sur le mouvement des idées ; en les voyant, un\nMonsieur qui avait l'intention d'aller voter, peut manquer l'heure du scrutin\net faire échouer à une voix près la candidature d'un ouvrier.\n   Vous ne connaissez pas Jules Vallès, celui dont Henri Fouquier a dit\navec une grande justesse :\n   « Vallès, grand lettré, n'eut pas le cœur-peuple. Il parlait constamment\n« de la misère, il est vrai : mais on sentait bien, même au faubourg, qu'en\n« écrivant ses articles ornés et travaillés, il regardait en haut avec envie,\n« plutôt qu'en bas avec pitié ! » (*)\n   Et si l'on veut se faire une idée de ce que fut Vallès comme sectaire, que\nl'on se rappelle la jolie anecdote de la Commune que racontait Emile\nBergerat (Caliban) dans le Figaro :\n   « On vient un jour à la place, racontait Vallès, m'annoncer une sinistre\nnouvelle :\n   « Commandant Vallès, me dit un fédéré, le citoyen Benoît vient d'être\ntué sur les remparts par un obus versaillais. Le bataillon lui fera demain\ndes funérailles pompeuses auxquelles assistera la famille. On compte sur\nun discours de vous. — Il fallait m'exécuter, quoique je ne connusse pas ce\nbrave Benoît. Qui était Benoît? Je l'ignorais absolument. Mais l'éloquence\nn'a pas été inventée pour des prunes. Arrivé au cimetière, je me dirige vers\nle bord de la tombe, et je commence. Mais j'avais totalement oublié le\nnom du héros, de telle sorte que, n'osant pas le demander à la famille, je\nm'écriai : Bertrand, adieu! Dors en paix, brave Bertrand!... Si tu avais\nvu la tête des patriotes!... Il paraît que ce Bertrand était célèbre » (**).\n\n  (*) HENRY FOUQUIER : La Sagesse parisienne,   p. 158.\n  (**) EMILE BERGERAT : Vie et aventures du sieur Caliban, p. 244.\n"}, {"page_pdf": 384, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2320, "texte": "                                         -   341   -\n\n   Voilà le socialiste. Mettez à côté l'écrivain DE LETTRES, que reste-t-il\nde ce boule-dogue qui dans la Rue de 1879 gonflait son aboiement et\ngueulait :\n    « Laissez pénétrer dans vos cafés tout l'air de la cité, si vous voulez avoir\nla grande santé et la belle fièvre du Paris nouveau ! J'entends le pas de\ncharge des idées marqué non seulement par la bottine du journaliste, mais\npar la chaussure trouée du déclassé, par le soulier ferré de l'ouvrier et même\npar le sabot du paysan » (*).\n    Oh ! le bon fatras et la bonne blague que ces mots d'enfilée, et comme\nVingtras dut en rire plus tard, lors de l'amnistie, lorsque, poing tendu,\nregard féroce, voix tonitruante, il nous disait : « Nous allons ramener un\npeu de sang en France, nom de Dieu ! et les bourgeois verront bien ! »\n    C'était à la Taverne royale, au Passage Saint-Hubert; les bocks sau­\ntèrent sur la table de marbre, nous eûmes une grosse frayeur, mais quelle\n joie ! lorsqu'il ajouta, d'une voix presque douce :\n    — Il y a encore de beaux livres à faire!\n    Les beaux livres, il les a faits, mais tandis qu'il dort dans la terre, le\n peuple attend encore ses rénovations et ses exploits.\n\n\n\n  Voilà quatre ans que l'Insurgé de Vallès est connu (**) ; c'est aujourd'hui\nqu'on le découvre sans y voir le cas « ingénéralisable » de toute autobio­\ngraphie.\n  L'Enfant, le Bachelier, l'Insurgé sont, en trois parties, l'histoire d'un\nhomme de talent — de génie presque — qui faillit être un raté. Le dénoue­\nment seul du deuxième volume est un mensonge de ces mémoires :\n   Vingtras, il s'est fait pion.\n   — Sacré lâche !\n   Eh non, Vingtras ne s'était pas fait pion, il était devenu grand écrivain,\nvivant bien de sa plume, et lorsqu'il fut porté en tombe, ce n'est pas par\nquatre officiers de la Sociale, mais par des artistes qui, ne voulaient voir\nen lui que le poète assez poète pour ne pas toucher, autrement qu'avec une\nbrutalité d'inconscient et de dévoyé, à la bonne femme démocrate.\n   L'Art moderne a l'incommensurable naïveté d'avouer ceci : Déjà nous\navons signalé le mouvement irrésistible qui ramène l'Art vers les mouve-\nments sociaux qui deviennent l'obsédante préoccupation de cette fin de\nsiècle.\n\n  (*) La Rue, 7 déc. 1879, n° 2, p. 2.\n  (**} Nouvelle Revue, mars 1882.\n"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 342, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2589, "texte": "                                   — 342 —\n\n    Où a-t-il vu ce mouvement et cette préoccupation ? Est-ce dans les livres\nde Cladel qui se sont carapaces de mauvais style et calfatés de mince écriture,\ndepuis qu'ils socialisent, jean-patientent, kerkadecquent et n'a-qu'un-\nœillent?\n   Est-ce dans les œuvres d'un Constantin Meunier? Œuvres plastiques qui\némeuvent parce qu'elles sont belles, non parce qu'elles évoquent l'ouvrier.\nLe bourgeron et la blouse ont leur style — comme le nu,— le nu comme la\ntoge, et la toge comme le veston moderne.\n   Les mouvements sociaux, en cette fin de siècle, deviennent l'obsession des\naffamés de réclame ou des ratés de la politique; ils ont quelques travail­\nleurs sincères, mais n'en avaient-ils pas davantage sous la Révolution?\n   Aujourd'hui, en quelles mains est tombée la défense du peuple? A part\nquelques orateurs convaincus, elle n'a que des illuminés qui rêvent de se\nmettre à la tête des armées populaires, de renverser quelque chose, de\nchanger les inscriptions des lieux publics, de mettre rue Citoyen Laurent\nau lieu de rue Saint-Laurent, rue du Compagnon Népomucène à la place\nde rue Saint-Jean-Népomucène, de pendre aux coins des places les gens\nqui ont les mains propres. Cela s'est vu en 1789 et en 1871. Cela se verra\nencore, mais dire que les artistes, c'est-à-dire tous ceux qui se prosternent\nà deux genoux devant les œuvres que méprisent ces destructeurs de musées,\nont un seul instant la préoccupation de ces vilenies, de ces petitesses, de\nces cogitations inférieures, dire cela lorsque Leconte de Lisle, lorsque Ban­\nville, lorsque toute une littérature hautaine et méprisante regardent le siècle\ndu faîte de leur génie, c'est se méprendre étrangement sur les vues actuelles\nde l'art.\n    Que l'on se souvienne de la réponse des Goncourt :\n   — A quoi ça sert-il vos vers, vos ciselures?...\n   — A être beau, crétin !\n    Et cela suffit, surtout à notre pauvre époque, trop faible pour ne pas\nprendre à leur aune les préoccupations sociales. Laissons aux commissions\ncompétentes le soin d'améliorer si c'est possible, — et nous le souhaitons\n— le sort des travailleurs; laissons au progrès — oh! le mot bête! —\nle travail de la régénération et de l'éducation de ceux qui souffrent et\ngeignent, mais ce sont là besognes de Joseph Proudhon, comme disait,\nje crois, Rochefort, besognes de croyants qui se dévouent ; l'artiste n'a pas\nle temps de s'occuper à ces labeurs, il est égoïste à sa manière, si l'on veut,\net il fusillerait volontiers un million de prolétaires plutôt que de voir brûler\nles Fêtes galantes de Watteau.\n"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2535, "texte": "                                  343\n\n   Nous avons lu les Paroles d'un Révolté du prince Kropotkine, aussitôt\n après avoir reçu l'article de l'Art moderne, et vraiment nous avons été\n renversé.\n   Vous parlez de ça dans un journal d'art? C'est vrai? Vous l'avez lu?\n   Mais qu'est-ce que cela peut avoir à faire avec la littérature? C'est torché\ndans un style de chaudronnier en délire, quelque chose comme un manuel\ndu parfait poncif. Non, mais lisez donc :\n   « A chaque grand événement de l'histoire correspond une certaine évolu­\ntion dans la morale humaine. Certes, la morale des égaux n'est pas la\nmême que celle du riche charitable et du pauvre reconnaissant. A un nou­\nveau monde il faut une nouvelle foi (patatras!) Qui remplacera la foi naïve\nsi ce n'est l'individu libre? (attrape!) »\n   Je cite encore :\n   « Il y a des époques dans la vie de l'humanité, (bing!) où la nécessité\nd'une secousse formidable, d'un cataclysme qui vienne remuer la société\njusque dans ses entrailles (ça y est!) s'impose sous tous les rapports à la\nfois (bone Deus!). A ces époques, tout homme de cœur (ohé!) commence\nà se dire que les choses ne peuvent plus marcher ainsi (ave, littérature !)\nqu'il faut de grands événements qui (bis) viennent rompre brusquement le\nfil de l'histoire (neuf!) jeter l'humanité hors de l'ornière où elle s'est\nembourbée (paf!) et la lancer dans des voies nouvelles (oh! l'idiot!).\n   Il y en a comme cela 342 pages moins un peu de place — la bonne —\npour le mot : Fin. On dirait le Petit Savoyard tiré à 342 exemplaires ou\nle Forgeron de la... guerre seringue dans un irrigateur. Mais de la litté­\nrature ! de l'art ! du style ! mais quelque chose de neuf! Ouvrez le Peuple,\nouvrez la Réforme, tous les jours ils refont le bouquin du prince Kropotkine\n— en mieux, et ce n'est même pas un compliment !\n\n                                   **\n  Pauvre Vallès ! le comparer à Kropotkine, c'est une violation de cadavre.\nLa justice informe.\n                                      **\n   « Le temps n'est plus aux chansons, dit l'Art moderne ». Il esta cela,\nau contraire. Chantons, d'une voix très haute et très douce, pour couvrir le\nmurmure des masses, affamées non tant de pain que de gloriole, parfumons,\nen balançant nos encensoirs ciselés, l'atmosphère empestée par la puanteur\npopulaire, et s'il fout qu'un jour l'aristocratie artiste soit écrasée par les\nsouliers à clous des ouvriers, des ignorants, des misérables, qu'elle ait sur\nles lèvres le sourire qui dédaigne et dans les mains, ouvertes en un « geste\n"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 240, "texte": "                               — 344 —\n\nauguste de semeur » les œuvres qui sont belles pour être belles et durent\ncomme le ciel et comme les étoiles.\n                                                     MAX   WALLER.\n\n\n\n\n                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-08-01-n8-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 344, "page_fin": 345, "titre_corps": "Airs de flûte", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Siebel", "ancre_debut": "AIRS DE FLUTE", "ancre_fin": "SIEBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "POEMES EN PROSE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 387, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 240, "fin_caractere_exclue": 1422, "texte": "AIRS DE FLUTE\n                                  XIX\n                            SANS F L U T E\n                II s'est traîné jusqu'à l'église,\n                Le vieux prêtre du Sacré-Cœur,\n                Et, les yeux tournés vers le chœur,\n                Pieusement il agonise.\n\n                Les flammes des cierges ont l'air\n                De larmes d'or piquant de l'ombre ;\n                Tandis qu'en la nef il fait sombre,\n                Dans l'âme du prêtre il f ait clair;\n\n                Le vieillard, les mains jointes, prie\n                Pour les vierges qui ne sont plus,\n                Pour les cœurs chastes qu'il a lus;\n                Et c'est comme une rêverie,\n\n                Tous ces aveux qui n'osent pas,\n                Ces confessions qui frémissent...\n                Depuis trente ans ses mains bénissent,\n                Ses lèvres absolvent tout bas;\n\n                Il aimait les pensionnaires\n                Qui lui confiaient leurs secrets;\n                Quelques-unes, à longs regrets!\n                Depuis, sont mortes poitrinaires !\n\n                Il les aimait, le confesseur,\n                Et c'était sa blanche famille,\n"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1019, "texte": "                                    -   345    -\n\n                  Il disait aux unes : ma fille !\n                  Aux autres il disait : ma sœur!\n\n                  Il murmurait : soyez bénies\n                  Mes enfants, mais pour vous punir,\n                  Récitez avant de dormir\n                  Deux pater et trois litanies.\n\n                  Et c'est à lui d'aller en paix\n                  Loin des brebis immaculées,\n                  Vers les profondeurs reculées\n                  Où voguent les azurs épais.\n\n                 Vers les azurs où sont les âmes\n                 Dans les paradis éclatants,\n                 Et dont les doux yeux, au printemps,\n                 Sont étoiles au ciel en flammes.\n\n                 Dans l'église du Sacré-Cœur,\n                 La nuit douloureusement tombe,\n                 L'obscurité comme une tombe\n                 Met son couvercle au fond du chœur.\n                                                                    SIEBEL.\n\n\n\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-08-01-n8-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 345, "page_fin": 349, "titre_corps": "Poèmes en prose", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Hector Chainaye", "ancre_debut": "POEMES EN PROSE", "ancre_fin": "HECTOR CHAINAYE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 388, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1019, "fin_caractere_exclue": 1823, "texte": "POEMES EN PROSE\n                                LES INVITÉS\n\n               ne fine pluie lumineuse tombe paresseusement dans la chaude\n                et blanche poussière des chemins qui n'ose la boire. La pous­\n                sière étincelle. Le vent trop recueilli, trop faible pour inquiéter\n                les brindilles de la plaine, chante dans les feuilles qui\nbruissent, se soulèvent d'elles-mêmes, n'osant résister à la faiblesse du vent.\nLes arbres frissonnent d'harmonies. Les derniers rayons fatigués, tristes,\nreligieux, filtrent à travers les épaisses tentures des fenêtres, qui n'osent les\nen empêcher, tant ils sont fatigués, tristes, religieux. Et le salon, plein\nde rêves soyeux, où je me trouve seul, s'éclaire de dormantes clartés,\ncomme un autel, sous de hauts vitraux magiques.\n"}, {"page_pdf": 389, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "                                  — 346 —\n\n   Le tapis moelleux trouve le parquet très lisse, et lui donne de silencieux\nbaisers de ses franges frémissantes. Les lourdes chaises, les fauteuils plus\nlourds, aux silhouettes sévères, n'osent appuyer, craignant de faire mal au\ntapis, au parquet. La lumière, qui le jour a su pénétrer dans les grands\nvases de l'étagère et se glisser dans les fleurs des bouquets, n'ose en sortir\nmaintenant que le jour s'éteint ; l'ombre l'épeure vaguement, et puis les\nvases sont de si doux reposoirs, les calices de si doux nids. Et à travers le\ncristal prismatique, et à travers les corolles embrasées de phosphorescences,\nla lumière regarde la nuit qui s'étend sur le tapis moelleux et le parquet\ntrès lisse. L'horloge s'est arrêtée, elle n'ose faire du bruit, et veut oublier\nque le temps passe.\n   Et je n'ose bouger. Cependant je devrais sortir, ma place n'est pas ici.\nAi-je été convié? Et à mesure que le jour se retire, un personnage d'ombre\nentre mystérieusement, s'assied sur une chaise ou prend un fauteuil. Et les\ninvités font cercle, ils se parlent. Le tapis comprend, l'horloge écoute. Oh !\npourquoi suis-je homme? Je ne puis soupçonner leur conversation, je suis\ntrop brutal pour deviner leur âme d'infinie tendresse. Si je parlais ils s'en­\nfuiraient, si même je leur disais de ma voix la plus caressante — « restez, je\nvous en supplie, restez » — ils partiraient, tant ma voix leur semblerait\ngrossière. Et je le sens, ma présence les gêne. Et cependant, je ne bouge\npas, je n'ose...\n\n\n\n                                 LES AMIS\n\n   Perdu dans la nuit, un voyageur frappe à la porte d'une chaumière.\n   « Ouvrez, dit-il, je grelotte, de la fumée s'élève du toit; ouvrez, que\nje me réchauffe au foyer. »\n   Une voix lui répond : « Malheureux, continue ta route, dans ma chau­\nmière il fait plus froid qu'au dehors. Tu ne peux voir de fumée, mon foyer\nest sans feu ».\n   Et le mendiant : « Ouvrez, dans l'atroce obscurité des monstres me pour­\nsuivent, qui en veulent à ma vie. Ils vont m'atteindre. Mon cerveau divague\nd'effroi. De la lumière glisse sous votre porte ; ouvrez, que mes yeux se\nreposent de leurs troublantes visions à la lueur calme de la lampe ».\n   « Visionnaire, ma chaumière n'est pas éclairée. C'est ton imagination\naffolée qui allume une raie de lumière sous la porte, comme elle crée des\nchimères dans le ciel vide. »\n   « Sans âme ! vous me laisserez donc tuer ! Les monstres approchent à\n"}, {"page_pdf": 390, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2130, "texte": "                                  — 347 —\n\ntravers le vent! Cependant votre voix me dit que vous êtes charitable.\nOuvrez, je n'ai plus d'espoir qu'en vous, mon frère! »\n   « Pauvre perdu, est-il bien vrai que tu voies de la fumée s'échapper du\ntoit, et de la lumière filtrer sous la porte? Regarde encore, ne te trompes-tu\npas ? »\n   « Je vous le jure, j'ai bien vu. »\n   « Puisqu'il en est ainsi, pardonne-moi, mon frère. J'ignorais jouir de ce\nbien-être. Entre et partageons. »\n   Mais il n'y avait ni feu, ni lumière.\n   « Tu m'as trompé, dit aussitôt le voyageur. Ton foyer est aussi froid\nque le seuil du mauvais riche, et je me crois aveugle tant il fait noir. »\n   L'autre lui répondit alors : « Pourquoi es-tu venu frapper à ma porte,\npourquoi m'as-tu parlé de feu et de lumière, pourquoi m'y as-tu fait\ncroire? Avant ton arrivée, je ne connaissais que le froid et la nuit. Mainte­\nnant, je désire plus que toi le feu et la lumière. Tu m'as rendu malheu­\nreux ».\n   Et à bout de reproches, ils se turent, ayant plus peur de leur voix\namère, que du froid, et de l'ombre, et de la tristesse du ciel.\n\n                       LA LUNE VENGERESSE\n\n   La nuit était fatalement dramatique.' La lune se tenait cachée. D'impéné­\ntrables ténèbres emplissaient la forêt. Le vent n'osait la parcourir, et cepen­\ndant les arbres grelottaient de peur ; et, chassées par la frayeur, les bêtes\ns'enfuyaient.\n   L'homme s'avança.\n   Les arbres lui dirent : « Recule, malheureux ».\n   Le vent essaya de l'arrêter.\n   L'homme, ne voulant pas avoir peur, entra dans la forêt.\n   Mais subitement il frissonne d'effroi, lorsqu'il entend au loin le vent\nchanter lugubrement comme s'il va mourir.\n   Il regarde. De sombres géants l'enveloppent. Terrible, il se rue sur eux,\net de sa hache les abat. Les formidables ennemis tombent sur le sol avec de\nlongs bruits sourds.\n   Quand il les a tués, il se voit cerné par d'innombrables yeux phospho­\nrescents qui lui reprochent son crime.\n   Il s'élance sur ces nouveaux ennemis qui meurent en poussant des cris\nterribles.\n   Quand il les a exterminés, le vent s'élève furieux et lui crie : « Tu viens\n"}, {"page_pdf": 391, "page_imprimee": 348, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2204, "texte": "                                  — 348 —\n\nd'abattre la forêt, plus un arbre n'est debout! Tu viens de massacrer les\nanimaux ! Tu en veux donc à toute la nature ! »\n   Et, sans répondre, l'homme se jette à travers le vent, croyant le tuer.\n   Mais, augustement vengeresse, la lune sortit du ciel en courroux, et, sans\nregarder l'homme, le transperça d'un rayon.\n\n\n                        T O U T E S LES LARMES\n\n   Emu des plaintes qui s'élevaient jusqu'à lui, Dieu dit à l'ange des\ndouleurs de descendre en hâte sur la terre et d'apprendre pourquoi les\nhommes gémissaient tant.\n   L'ange partit et bientôt revint.\n    « Seigneur, dit-il, je n'aurais pu me souvenir de tous les maux des\nhommes, si je ne m'étais fait ce chapelet. Et montrant un lourd chapelet\nde larmes cristallisées, il l'égrèna, et conta toutes les larmes — larmes de\nl'homme à sa naissance et à sa mort, larmes des enfants, larmes des mères,\ndes vieillards, larmes des malades, larmes des amants ; larmes d'amour, de\ncolère, de repentir, de désespoir, de haine ; larmes incomprises que verse\nl'assassin en l'amour de l'homme qu'il va tuer — toutes les larmes. »\n   Dieu pleura comme son fils au Calvaire.\n   Et l'ange des douleurs lui dit : « Seigneur, vous pleurez pour les\nhommes ; et cependant les hommes vous ont tué en eux, vous leur Père, et\nils ne vous pleurent pas. »\n\n\n                            LA FIN DU MONDE\n   Les parfums :\n   « Oh! pourquoi sommes-nous enfermés dans les fleurs, derrière les\nlourds pétales? Pourquoi nos prisons s'entrouvrant, un magnétisme fatal\nnous retient-il invinciblement à la terre ? Seigneur, laissez-nous remonter au\nciel, derrière le soleil, d'où vous nous avez chassés! Si, pour un crime\nignoré nous avons mérité notre déchéance, par nos douleurs nous méritons\nd'être rappelés à vous. Nous haïssons cette vie matérielle, les fleurs sirudes,\nles pesants papillons. Nous aviez-vous créés pour la terre? Oh ! nous élever\nlà-haut ! glisser entre deux chants d'église ! »\n   Les sons :\n   « Oh! pourquoi sommes-nous attachés à la matière? Le vent nous\nentraîne dans ses courses affolées, la mer nous dispute au vent. Nous\nrestons suspendus aux lèvres des hommes qui nous font mentir à leur âme.\n"}, {"page_pdf": 392, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2038, "texte": "                                   — 349 —\n\nLes moindres choses ne peuvent se mouvoir sans nous rappeler à notre\nesclavage. Et l'écho nous répercute, prolonge notre martyr. Seigneur,\nrappelez-nous dans votre royaume. Avez-vous créé les sons pour les donner\nau monde? Nous haïssons cette vie matérielle, la terre imparfaite où le\nmystère étouffe sous la chair. Les sons ne doivent appartenir qu'au ciel.\nOh! remonter là haut ! glisser dans les lumières trépidantes. «\n   Les lumières :\n   « Oh! pourquoi sommes-nous précipitées des astres sur le monde?\nQuitter le ciel pour tomber à la matière ! Eclairer la terre et l'éclairer toute !\nSeigneur, nous avons tant souffert, d'avoir connu le monde, et de lui avoir\ndonné de se connaître. Rappelez-nous près de vous. Nous haïssons cette\nvie matérielle, et les hommes qui ne voient en nous que lumières. N'avons\nnous pas été créées pour votre royaume. Oh ! remonter là-haut, glisser au\nmilieu des formes célestes ! »\n   Les formes :\n   « Oh ! pourquoi sommes-nous condamnées à envelopper, à modeler la\nmatière ? Devoir emprisonner les choses et les êtres, alors que nous vou­\ndrions leur échapper ! Les formes ont été créées pour le royaume fluidique..\nSeigneur, rappelez-nous. Nous haïssons cette vie brutale, la matière qui\ncroit les formes matérielles, et ne pénètre pas notre essence divine. Oh !\nremonter au ciel, au milieu des esprits. »\n   Les esprits :\n   « Oh ! pourquoi sommes-nous emprisonnés dans les choses. Seigneur,\nne nous laissez pas souffrir plus longtemps. Vous nous aviez envoyés sur la\nterre pour l'animer de votre souffle, la terre nous étouffera. Nos douleurs\nsont les vôtres, puisque nous participons de vous, Principe créateur. Rap­\npelez-nous de l'exil. Nous haïssons cette vie matérielle, et les hommes qui\nne croient qu'à la chair. Oh ! remonter au ciel, au milieu de parfums, des\nsons, des lumières, et des formes divines ! »\n   La Terre :\n   « Seigneur, délivrez-les. Ils ont assez souffert. »\n\n                                                     HECTOR CHAINAYE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-08-01-n8-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 350, "page_fin": 350, "titre_corps": "Vieux maîtres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry Mériot", "ancre_debut": "VIEUX MAITRES", "ancre_fin": "HENRY MÉRIOT", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 393, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 1451, "texte": "VIEUX MAITRES\nIls dorment dans la paix des grandes galeries,\nSuperbes ouvriers que possédait leur Art.\nChacun d'eux ne quittait ses toiles que bien tard,\nOublieux de la gloire et des palmes fleuries.\n\nIls trouvaient le bonheur chez eux dans la maison\nCalme, où, vivant leur vie humble et laborieuse,\nIls élevaient sans bruit l'œuvre silencieuse,\nEt le bout de l'enclos fermait leur horizon\n\nMais la grande chimère illusionnait ces âmes !\nDes poèmes divins naissaient sous leurs pinceaux ;\nEt vieux saints chevelus, et vierges aux roseaux\nJaillissaient de leurs fronts, nimbés d'or et de flammes.\n\nC'était aussi, vêtu de somptueux brocart,\nLe portrait triste et doux d'une patricienne\nQue le sang appauvri de sa race ancienne\nFaisait mélancolique et vivant à l'écart.\n\nOu bien encore de grands et sobres paysages ;\nLe moulin et l'étang auprès du seuil natal,\nOu, sous l'armure lourde et de luisant métal,\nQuelque reître flamand témoin de rudes âges.\n\nO Maîtres ! vous gardiez pour d'austères amours\nVotre âme que l'élève ouvrait comme un beau livre;\nEt quand venait la Mort, votre âme allait revivre\nDans la hautaine paix des radieux contours !\n\nAh! ceux qui parmi vous dans la splendeur des marbres\nVaillants, avaient tordu leur rêve surhumain,\nCeux-là qui s'endormaient le ciseau dans la main,\nAvec respect, on les couchait sous les grands arbres.\n                                       HENRY    MÉRIOT."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-08-01-n8-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 351, "page_fin": 360, "titre_corps": "Rembrandt", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Joséphin Péladan", "ancre_debut": "REMBRANDT", "ancre_fin": "JOSÉPHIN PÉLADAN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CARTE DE VISITE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 394, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 69, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "REMBRANDT\n               Aupremier aspect, la Hollande paraît plate et terne; les\n                 Hollandais apathiques et grotesques. Cependant une profonde\n                 poésie sommeille dans cette nature calme et grise; de belles\n                âmes habitent ces corps lourds.\n   Elle n'est pas sans grandeur, cette contrée dont l'existence même est une\nperpétuelle victoire sur la mer, qui menace sans cesse de faire ses habitants\nBataves et ichthyophages. Ils ne sont pas sans valeur, ceux qu'on appelle\nErasme, Spinosa, Grotius, Koornshert, Dathenus, le Taciturne et Sainte-\nAldegonde.\n   Tout un monde de lyrisme était là, à l'état latent et comme à découvrir.\nIl fallait, pour l'honneur du pays de Hooft, de Cats et de Vondel, qu'un\ngénie vînt, qui lui fît prendre corps. Ce génie ce fut Rembrandt.\n   Tous les chants sublimes qui se taisaient sous une brume de prose, il les\na fait jaillir, étincelants ou sombres, de son pinceau sur la toile, de son\nburin sur le cuivre. Rembrandt est l'Homère de la Hollande.\n   Sous sa main, les saules et les peupliers rêveurs défilent en montrant le\nciel ; les canaux déroulent leur ruban d'acier moiré ; les moulins agitent\nleurs grands bras dans le vide; et les plaines monotones se mettent à fuir,\nchantant l'hymne des horizons sans fin, des tristesses sans but, de la mélan­\ncolie infinie. Il mêle le merveilleux à la nature, fait pousser ses nuages par\ndes lutins et sans amincir ses bourgmestres poussahs, il les monte jusqu'au\nstyle par le caractère. Il dégage la beauté morale de la chair épaisse qui en\nest la gangue et la peint à fleur de peau, en projetant une lumière qui\néclaire l'être intérieur.\n   Rembrandt est le grand poète du pays des tulipes et des polders. Nim­\nbant de mystère la laideur, drapant de sérieux le trivial, atteignant le\nsublime par l'étrange, il a fait la Hollande épique.\n   A travers sa nébuleuse patrie dont il est la note suprême, il a vu l'éternel\nhumain. Il est de cette race d'Immortels qui renferme en quelques hommes\nla synthèse de l'idéal, et où un seul nom dit tout un côté de l'art.\n   L'individualisme n'a pas de représentant plus absolu. Il est lui, ipsissi-\nmus et en toute rencontre. Loin de se plier au sujet, il le plie à sa fantaisie\net modifie tout ce qu'il peint selon sa propre personnalité. C'est pour lui\nque cette définition de l'art semble être écrite « homo additus natura ». Il\n"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2758, "texte": "                                  — 352 —\n\ns'ajoute, en effet, à la nature en la transfigurant, et son œuvre est le reflet\nde son âme.\n   Par son sentiment rentrant, concentré, sans expansion, il est aussi\nprotestant que l'épanoui, l'exubérant Rubens est catholique. Il tient aussi\nau moyen-âge, par son enchâssement du beau moral dans le laid physique.\nLes Quasimodo, les Triboulet, les Sachette, les Giliatt semblent sortir de\nson oeuvre. Il est recueilli, profond, insaisissable. Il saute aux yeux, non\nau cœur. Il faut faire comme antichambre devant sa pensée, et la commu­\nnion intellectuelle établie, vous vous sentez mal à l'aise, anxieux, et, ce\nsemble, oppressé. Il vous force à vous replier sur vous-même et vous laisse\ndans l'esprit quelque chose de ses noirs si profonds.\n   En sa qualité d'anabaptiste ou plutôt de mennonite, il ignore la grâce. A\nce point que je ne connais dans tout son œuvre qu'une figure de femme\nqui soit belle. Son mépris ou son ignorance de l'élégance va si loin que\nmême dans les Sujets libres, dans le lit à la française et la femme aux quatre\nbras, il ne peut rendre la note voluptueuse qui en ressort. Les belles\neurythmies du corps humain sont lettres mortes pour lui. Hors des règles,\nhors du goût, hors des traditions, sans filiation aucune avec ses devanciers,\nil est une anomalie dans cette école hollandaise, si bourgeoise, si bon­\nhomme.\n   Ce qui caractérise surtout Van Ryn, c'est un mélange perpétuel et anti­\nthétique d'une réalité qui passe le trivial et d'une poésie qui va au fantasti­\nque. Cela vit et cela tient du rêve : du rêve et du cauchemar.\n   Au lieu d'être noble il est expressif. A la place du style, il met le senti­\nment, et ce que perd l'idéalité, le pittoresque le gagne. La grande nature\ndes pays froids, chante dans son œuvre, humide et sombre. Il l'a rendue\nhéroïque en la faisant pensante et s'est sauvé du bas par l'étrange.\n   Le temps naïf n'est plus où l'on intentait aux maîtres des procès archéo­\nlogiques. Il est convenu que Van Ryn, sous les rubriques de la Bible, n'a\npeint que des juifs d'Amsterdam, des ribaudes de Leyde, des portes-balle;\nou plutôt, grand Coësre de l'art, il a ouvert tout grands ses cadres à la\nCour des Miracles. Ses personnages ont l'air de gens de la petite flambe et\nde la courte épée, de courtauds de boutage. Cagoux et archi-suppôts,\npiètres et rifodés, marcandriers et malingreux, francs-mitoux et coquillards,\ncollots et hubains, sabouleux et drilles, grouillent dans son œuvre, comme\ndans un Panthéon et la truanderie.\n   Il serait du reste, grand dommage de noyer d'ombre des formes pures et\nparfaites, et Rembrandt, qui ne vise qu'à l'effet expressif, sacrifie toujours\nune moitié de sa toile aux ténèbres pour inonder l'autre de cette chaude\n"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2828, "texte": "                                  — 353 —\n\nlumière d'or qui manque à la Hollande et qu'elle ne peut contempler que\nsur les panneaux de son premier peintre.\n    C'est la mission du ge'nie d'être le réalisateur, ou du moins l'interprète\ndes aspirations de son milieu. Or, la Hollande toute emmitoufflée de brouil­\nlards, se tourne comme l'héliotrope vers le soleil. Depuis que ses colonies\nasiatiques lui ont envoyé dans les plis de leurs étoffes féeriques, les reflets\nde la clarté splendide de Ceylan, elle aspire à la lumière par un effort\ndésespéré.\n    Aussi Van Ryn ne cherchera-t-il et n'atteindra-t-il que cela, et ce sera\nsa magie. Comme André Guignet, qui a peint l'Egypte sans l'avoir vue, il\neut une divination confuse du soleil de l'Inde. On dirait d'une « réverbéra­\ntion » de Java sur Amsterdam.\n    Presque seul des peintres Néerlandais, Van Ryn a traité les grands sujets\nbibliques, et il l'a fait avec une telle exactitude topographique qu'il paraît\navoir passé sa vie en Palestine. La grotte de Béthanie, où fut enseveli\nLazare, semble faite d'après nature, et je crois fermement qu'il eut entre les\nmains l'album de quelque artiste voyageur.\n    On a beaucoup parlé de la foi de Van Ryn : elle est grave, triste, émue,\nmais elle n'a pas d'ailes. Dieu s'est fait homme, Rembrandt le fait gueux.\nVoyez l'Ecce homo de Vienne et le Noli me tangere, où le Christ est un\nvrai jardinier appuyé sur sa bêche et coiffé d'un véritable chapeau de paille.\nAu lieu de l'œil mystique du saint, Van Ryn n'a que l'œil simple. Il oublie\nque Dieu est le sommet des aspirations humaines, et que celles-ci, dans leur\ngravitation ascendante, ne peuvent se rapprocher de lui qu'à force d'idéal.\nLe Christ de Léonard et de Raphaël tient trop à la nature divine ; il veut le\nsien bien humain, bien réel. Or, tout réalisme est une impuissance. On ne\nreste pas sur terre quand on peut s'envoler au ciel.\n    Il n'est pas de maître qui ait pris plus de soin de conserver son image à\nla postérité. Sans compter bon nombre de ses personnages qui ont un grand\nair de famille avec lui, il s'est pourtraituré à tous les âges, avec une com­\nplaisance singulière et dans les accoutrements les plus divers. Tantôt, il se\nprésente en cavalier, la plume au feutre, le hausse-col au cou, tantôt\nembossé dans sa cape et toque en tête, ou bien le sabre au poing. Dans un\ntableau de Dresde, il s'est peint, l'œil allumé, la lèvre luxurieuse, le verre\nen main et embrassant sa femme Saskia qu'il tient assise sur ses genoux.\nMais qu'il se cravate d'une fraise godronnée ou d'une collerette de dentelle,\nc'est toujours la même face triviale et puissante où la couperose du teint\nmet ses rehauts vermillonnés. Sa rutilante chevelure rousse s'éparpille\n frisée; ses petits yeux pers plongent dans les vôtres. Le front est bien celui\n des imaginants purs.\n"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2833, "texte": "                                  — 354 —\n\n    Chenavard, l'extraordinaire penseur des fameux cartons de Panthéon,\n ce peintre qui ne peint pas, cet idéologue palingénésien qui égale à lui seul\n Pierre de Cornélius, Kaulbach et toute l'école catholique de Dusseldorf, a\n toujours dédaigné d'écrire. Heureusement Gustave Planche a été sa boîte\n aux lettres ; et le critique grincheux de la Revue des Deux-Mondes a voulu,\n on ne sait pourquoi, faire de Rembrandt l'Harpagon de la peinture. Har­\n pagon, cet artiste qui se ruinait en objets d'art, et qui est mort insolvable.\n Harpagon ! lui qui couvrait de bijoux sa femme Saskia Van Uyleng, au\ngrand scandale des bourgmestres. Charles Blanc a anéanti cette inculpation\ndans son admirable ouvrage sur le peintre de la Ronde de nuit.\n    En dépit de cet individualisme qui le menait à celluliser ses élèves, de\npeur que leur originalité ne s'émoussât par le travail en commun, Van Ryn\npoussait assez loin l'éclectisme du goût, lorsqu'il s'associait avec Pierre de\nla Tombe pour acheter à demi un Giorgione, un Raphaël. Comprenait-il\nl'immortelle antiquité et l'harmonie italienne? Non. Il est du moyen-âge.\nSes antiques sont des curiosités. Son atelier, pandémonium de bric à brac,\nest percé de tous côtés, et à toute hauteur, de nombreuses fenêtres, ce qui\nlui permet d'éclairer son modèle à sa guise.\n    Ce réformé est fou de luxe et de couleur. Il entasse les étoffes cha­\ntoyantes et ramagées, les brocarts et les orfrois, les kriss malais et les yata­\ngans filigranes aux pommeaux constellés de pierreries. Il ne recherche que\nla rutilance, la luxuriance, la truculance et le bizarre par dessus tout ! A le\nvoir s'entourer de tout ce qui vient de l'Orient, « il semble », me disait un\ncritique très connu pour ses paradoxes et sa croyance à la métempsycose,\n« il semble que, dans ses avatars, Van Ryn ait été un Hindou ; comme\neux, d'une grande douceur, puisque la secte à laquelle il appartenait, celle\nde Simon Mennon, qui s'intitulait chrétien, sans défense, et puis... cette\nlumière qu'il mêle à sa brume, cette lumière ne peut être qu'un ressouvenir\nde ses existences antérieures ».\n  . La vie du Christ, ce poème si sublime que tous les lyrismes deviennent\ndes proses en y touchant, avait eu ses trois pages surhumaines dans le\nCenacolo, le Spasimo et la Transfiguration, les trois grands coups d'ailes\ndu pinceau italien.\n    Rembrandt, qui avait les instincts iconographiques d'un saint Cyrille,\npeignit degrosses paysannes du Kalverstraat pour des Marie, des maritornes\npour des Magdeleine, des gueux pour des apôtres. — Qu'on se figure une\nscène religieuse de Van Ryn gravée au simple trait! Mais s'il n'avait pas\nl'idéal, il avait le clair-obscur et le sentiment de la nature. Avec ces deux\nchoses, il a écrit, lui aussi, le drame trois fois saint qui se déroule de la\n"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2831, "texte": "                                  — 355 —\n\n crèche de Bethléem au gibet du Golgotha; il l'a écrit avec du jour et de la\n nuit, il l'a commenté avec des paysages. — Le paysage est sa poésie, et ses\nfonds les notes vives de ses poèmes.\n   Dans la Crucifixion, où les bourreaux semblent des Esquimaux habillés\nà la turque, où est la poésie? Elle est dans ce rayon éblouissant qui descend\nsur le divin crucifié, en déchirant les ténèbres, comme un baiser de clarté,\nde Dieu le père à Dieu le fils. Elle est dans cette nature où le nuage pleure,\noù le vent se lamente, où l'ombre s'effare, où l'air se désole.\n   Tandis que les Italiens, plus près de l'homme, font tout exprimer aux\npersonnages et comptent pour peu leurs fonds, Van Ryn, plus près de la\nnature, néglige ses figures; sa pensée est au troisième plan. Il associe toute\nla nature à la suprême tragédie du Calvaire, et l'effet produit est tel que les\nlaideurs s'évanouissent et que l'émotion naît, poignante et profonde. Dans\nses Ascensions, le Sauveur rayonne divinement : la lumière vient de lui,\nqui vient du ciel et y retourne. — Quelle clarté de foi dans ses Résurrec-\ntions ! Il rend le miracle visible, a dit Charles Blanc, dont l'Histoire des\npeintres est « la Somme » de la critique d'art. Comme il a compris le côté\nmerveilleux du christianisme dans ce siège vide et rayonnant des Pèlerins\nd'Emmails, et quel chef-d'œuvre du fantastique religieux que ce grand Christ\nqui élève les mains dans la Résurrection de Lazare, tandis que son ami se\nsoulève à sa voix, encore enveloppé du linceul. Quelle variété d'effets de la\ntorche des Nativités, de la lanterne des Fuites en Egypte, jusqu'à cet\nhymne du crépuscule qu'on appelle le Bon Samaritain du Louvre ; jusqu'à\nces Philosophes méditant, tandis que dans la pénombre, leurs femmes font\nle ménage : ce qui a inspiré à Michelet une démonstation du bonheur con­\njugal.\n   Il est peu de maîtres, même italiens, qui entendent aussi bien l'ordon­\nnance d'un tableau. Ses compositions sont toujours d'une admirable unité\nd'effet et d'action. Le piètement et la mimique de ses personnages sont\ntoujours la nature même. Mais sa chose, c'est la lumière. Il la manie à\nson gré. Au contraire de Rubens, imitateur des Vénitiens, qui emploient\nplusieurs lumières subordonnées, Van Ryn n'a jamais dans sa composition\nqu'un seul foyer lumineux dont il sait distribuer les rayons comme nul\nautre. Il les veut éclatants ; aussi les condense-t-il pour les projeter brus­\nquement à travers son bitume, comme du battant brusquement ouvert\nd'une lanterne sourde. Il transfigure ainsi toutes les trivialités de ses\nformes, comme le soleil tombant sur un tas de paille en fait un tas d'or, sur\nune goutte d'eau, la change en diamant. Exemple : l'eau-forte du Cochon\nmort dont Baudelaire s'est souvenu en écrivant la Charogne. Il n'y a, en\n"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2832, "texte": "                                   — 356 —\n\n somme, que trois personnages dans tout l'œuvre du maître : la lumière et\n l'ombre qui luttent, et la nature qui s'associe à l'action, comme le chœur\n antique, par une splendide symphonie, où, de la foudre à l'arbre, tout fait\n sa partie.\n    L'antiquité veut le plasticisme, exige le style, réclame la noblesse ; elle\n ne s'accommode pas du beau moral comme l'art moderne. Aussi, lorsque\n Van Ryn a touché aux belles fables Ioniennes s'est-il fourvoyé. Fait-il ren­\n contrer Diane et Endymion, il est impossible de mettre plus de vie dans\n plus de laideur. La Danaë de l'Ermitage n'eut pas même séduit Duclos.\n Dans son Enlèvement de Ganymède, le bel éphèbe est un poupard criard\n et pleurard qui, tandis que l'aigle Olympien l'emporte par un pan de sa\n chemise, se laisse aller à travers l'espace à ce que fait le Manneken-Pis de\n Bruxelles, la Vache de Potter et certains ivrognes de Teniers.\n    Si nous venons maintenant aux scènes domestiques, quel repentir dans\n son Retour de l'Enfant prodigue ; que de confusion dans la Femme adul-\n tère; quelle belle page morale que son Ménage du menuisier et quelle\n vérité d'accent dans le Duc de Gueldre menaçant son vieux père.\n    Une partie de la notoriété dont a toujours joui Rembrandt vient de ses\n inimitables eaux-fortes. Elles valent ses toiles en un sens ; car on peut faire\n du clair-obscur avec du blanc et du noir : le clair-obscur n'étant que\n l'entente de l'intensité lumineuse des diverses parties d'un tableau.\n    A l'inverse des peintres graveurs, Albert Dürer et Marc Antoine, qui ont\n été dépassés, Rembrandt est resté sans partage le roi des aqua-fortistes, et\n Piranèse seul l'a suivi de près par ses hallucinations architecturales. Rien de\n curieux comme d'étudier certaines séries du graveur de la Pièce aux cent\nflorins, sur le même sujet. Comme la nature, il peut s'égaler, mais il ne\n peut se répéter sans devenir inférieur à lui-même. On suit les formes et la\n gradation de sa pensée : tantôt du griffonnement elle va à l'achèvement,\n tantôt, comme dans l'Ensevelissement, la première planche est précise;\n puis dans les suivantes tout va s'affaiblissant, et dans la dernière, il n'y a\n plus que le silence de la mort et l'ombre du tombeau.\n    La hauteur d'une œuvre, est en raison de l'infini qu'elle contient. C'est\n ce critérium, le seul absolu, qui place si haut dans la hiérarchie de l'art,\n Léonard et Rembrandt qui en sont les deux pôles.\n    Tandis que Vinci, le plus grand génie des temps modernes, met le sou­\nrire sphinxique de Monna Lisa la florentine, sur les lèvres grecques de\nsaint Jean, Van Ryn, privé de la forme plastique, sait mettre cependant\ndans une bouche entr'ouverte, dans la fixité d'un regard, ce sentiment\nmoderne si profond, si complexe, si plein de sous-entendus et de réticences\n"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2706, "texte": "                                  — 357 —\n\nsi chargés d'émotions cachées et de pensées au repos. Dans la manière\nd'ombrer et de modeler les têtes, le gentilhomme et le manant de l'art se\nrencontrent encore.\n    « Chez les primitifs l'incorrection est poétique, parce qu'elle est une\nforme naturelle et parlante de l'émotion », a dit Georges Lafenestre, le\ngrand critique des Ecoles Lombardes. Rembrandt, avec son faire tour­\nmenté de décadent, n'a pas cette excuse. Sa ligne est agissante, mais incor­\nrecte. Son contour tourne bien à l'œil, mais il est parfois difforme. Le\nmoindre profil est vivant, mais vulgaire. Ce qui est sans égal chez lui, c'est\nle modelé; on n'en imagine pas de plus puissant. Une anecdote en sera la\npreuve. Van Ryn avait une servante très bavarde ; il la peignit un jour dans\nsa pose habituelle et adapta avec soin la toile au châssis de la fenêtre. Aus­\nsitôt toutes les commères du quartier de s'arrêter et de parler à la servante\nqui cette fois ne répondit point.\n    La distribution de la lumière, voilà le grand secret que personne n'a pu\nlui ravir, voilà ce qui donne tant d'étrange sublimité à son Sacrifice\nd'Abraham, à son Ange de Tobie, disparaissant. C'est le principal person­\nnage qui est d'ordinaire le point lumineux, comme dans son Adoration des\nMages, comme dans ses Crèches, où l'enfant Dieu éclaire jusqu'aux anges\neux-mêmes.\n    Quant à son coloris, qu'en dire pour qui a vu ce Bœuf éventré que son\npinceau a changé en un écrin de pierres précieuses! Il peut faire fondu, s'il\nveut, et dans une gamme calme et dorée. Mais sa touche ordinaire est\ngrenue, raboteuse; il plaque des clairs qui sont des reliefs, truelle et maçonne\nses tons, prodiguant les rehauts et les touches de vigueur; et chose qui con­\n fond, unissant toutes ces discordances en une harmonie souveraine, par de\n simples glacis.\n    Ceux qui aiment la solidité et la pastosità de la touche, peuvent s'y\n délecter ; mais qu'ils se souviennent du mot du maître : « que la peinture\n ne doit pas être flairée » ; et de juste, il faut du champ pour ne pas être\n blessé par ces empâtements endiablés, qu'il est allé en exagérant de plus en\n plus, car cet artiste étrange, au lieu de se calmer, s'exalte en vieillissant.\n On a dit que la meilleure peinture était celle qui arrivait le plus au relief.\n En ce cas, Rembrandt serait pour le relief de la couleur ce qu'est le Dante\n de la Sixtine pour le relief du dessin.\n    Van Ryn est le rusé du procédé; il sait tous les chics, tous les desssous du\n métier. Ainsi, dans les nappes d'ombre qu'il masse aux coins de ses toiles,\n il a soin de ménager des points brillants, sorte de rappels où la lumière\n puisse accrocher ses paillettes diamantées.\n"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2829, "texte": "                                   — 358 —\n\n    Deux choses sont très à lui : l'effet, l'expression. D'où, deux manières,\n l'une tapageuse et dite rembranesque dont le type est la Ronde de nuit,\n l'autre sereine, à son plus haut point dans la Leçon d'anatomie.\n    La Ronde de nuit est le feu d'artifice de la peinture, la plus étonnante\n clownerie de la palette. Cela éblouit, cela aveugle, cela hébète.\n    D'abord, c'est une cohue, un pêle-mêle. Les gardes nationaux Anversois\nqui se hâtent pour le tir à la cible, l'un mettant ses gants de buffle, l'autre\nflambant la mèche de son arquebuse, tandis qu'une sorte de Falstaff, d'un\nair farouche, bat le rappel sur sa caisse cloutée d'argent. Quand l'œil s'est\nfait à la fulgurance de la couleur et à l'étrangeté de l'éclairage, car en dépit\ndu titre, c'est en plein midi que l'action a lieu, tout se débrouille, et l'on\nvoit la scène telle qu'elle a dû se passer, et si réelle et si vivante qu'on ne\npeut se la figurer autrement. Une merveille de mouvement vrai et qui ferait\ncroire que Van Ryn a plus dédaigné qu'ignoré le dessin, c'est le jeune\nhomme en rouge, qui, tout en marchant, se courbe pour tirer la baguette\nde son mousquet. Mais le meilleur morceau de cette toile, qui en contient\nbeaucoup d'excellents, puisque toutes les têtes sont des portraits, c'est la\njeune fille qu'on aperçoit à travers un fouillis de jambes, vêtue de moire\nblanche, ses cheveux d'or épars comme des rayons de soleil, et qui semble,\ndans sa splendeur, une apparition orientale.\n   Jamais on n'a tant empâté. Certains nez sont hors du cadre.\n   Toute autre est la Leçon d'anatomie, l'œuvre la plus sereine du maître\net qu'il peignit à vingt-six ans. On s'attend à voir une amplification du\nProméthée de Salvator. Point. Sur une table de bois, un cadavre est étendu\nen raccourci'. Le docteur Tulp, coiffé d'un sombrero, tient avec une pince\nles muscles fléchisseurs du bras. Sept étudiants, tête nue, tous en noir, tous\n blonds, écoutent la démonstration. Leurs têtes intelligentes et douces\ns'enlèvent sur un fond gris sombre, avec un relief étonnant. L'exécution est\nsereine comme l'œuvre. Pas un rehaut. Beaucoup de tons fins, gris,\nargentés. On ne sent pas la trace des soies du pinceau.\n   Au même musée d'Amsterdam, on voit les Syndics de la Halle aux\ndraps. Six bons marchands, vêtus de noir, colletés de blanc, qui font des\ncomptes sur un tapis rouge. Jamais têtes n'ont été peintes avec une telle\nintensité de vie, et ce tableau, autant que son voisin le célèbre Banquet, de\nVan der Helst, mérite le titre de diamant de la Hollande. Au reste, pour\nqui a vu Ephraïm Bonus, le Juif à la Rampe, Jacob Cats, et le Bourg-\nmestre Six, adossé à une fenêtre et lisant un livre dont les feuillets lui\néclairent le visage, Rembrandt possède un rendu de portraitiste égal à celui\nde Velasquez.\n"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2816, "texte": "                                  — 359 —\n\n    La Chaumière au grand arbre, le Moulin vu à l'aurore et au crépuscule,\n le Paysage aux trois arbres, sont des poèmes uniques dans l'art. Ni le\n mélancolique Ruysdaël, ni l'agreste Hobbema, ni Berghem, ni Cuyp, ni\n Van de Velde, ne l'égalent. Il faut, pour lui trouver des équivalents, arriver\nà cette splendide école française où Corot peint la nature telle qu'on la rêve,\n Théodore Rousseau, telle qu'on la voit, Karl Bodmer, telle qu'elle est,\n Daubigny, telle qu'on se la rappelle. Et toute cette glorieuse et incompa­\nrable pléiade : Millet, le hiérophante de la nature, le Pérugin des paysans ;\nTroyon,le bouvier; Fiers, le Normand; Aligny, le styliste; Huet, ce Words-\nwordt ; Diaz, ce Théophile Gautier ; Cabat, l'ami des grenouilles ; la ber­\ngère Rosa Bonheur; Courbet, l'élève de Giorgion ; Doré, le fantasque;\nDupré, le flamboyant ; Français, le bien nommé ; Chintreuil, qui a peint\nl'Espace; et enfin le trio des orientalistes, Decamps, Marilhat, Fromentin.\n    La mode est aux parallèles, je le sais; mais l'embarras est grand de\ntrouver un pendant à Van Ryn. On peut accoter Marivaux et Watteau,\n Raphaël et Mozart; mais Rembrandt?\n    Quinet l'a comparé à Rabelais. Où a-t-il vu, chez le Hollandais, le\n« Carimary Carymara » du curé de Meudon et son thélémisme? Bien plus\nprès de Young que de Swift, Rembrandt n'a rien de l'humour surhumain\nd'Orcagna ; il n'a jamais ri. Ce n'est point un lettré qui raille et pantagrué­\nlise, c'est un lugubre réformé qui n'a d'autre Bible que celle de Marnix, la\nBible des « pôvres gueux » et qui n'a pas oublié les luttes sanglantes de ses\nfrères contre Philippe II et le Conseil des troubles du duc d'Albe. Relisez\nStrada, Bentivoglio et Hugo Grotius, et vous entendrez voltiger sur les\nlèvres de ses Colporteurs comme un refrain du Wilhelmus-lied.\n   M. Coquerel s'est trompé plus encore en mettant Rembrandt en face de\nShakespeare. Faites dire à Van Ryn : « Love is my sin », c'est un non-sens.\nCherchez dans son œuvre quelque chose d'analogue au paganisme de feu\nd'Adonis, à la note mussétique des Sonnets. Trouvez-y l'équivalent de la\ntirade d' « As you like it » sur la comédie humaine et de celle de Mercutio\nsur la reine Mab. Est-ce dans la bouche des graves élèves du professeur\nTulpius que vous mettrez ces roulades de rossignols qui sortent, comme une\ncascade de diamants, des lèvres adorables de Rosalinde, de Béatrice, de\nBenedict?\n   On a dit que la femme était la moitié de la poésie. Où est l'éternel féminin\ndans Van Ryn? Desdemone, Miranda, Titania, Ophélie, Cordelia, Imo­\ngène, Viola, ces pures idéalités, les placerez-vous à côté des Frisonnes qu'il\nnous donne pour des Bethsabées et des Dianes, comme pour rendre inex­\ncusables et ridicules, David et Actéon. Antoine et Brutus, ces natures pure-\n"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1847, "texte": "                                  — 360 —\n\nment esthétiques; Hamlet et Roméo, ces pâles figures de Van Dyck; Iago,\nce Méphistophélès humain plus effrayant que l'autre, ce dillettante de la\nscélératesse; Cléopâtre, « le serpent du vieux Nil », cette charmeuse aussi\nterriblement belle que l'Hérodiade de Heine, tout cela est bien à Shakespeare\net n'est qu'à lui. Ce qui pourrait être à Rembrandt, ce n'est ni Ariel ni\nProspero, c'est Caliban; ce n'est ni Obéron ni Puck, c'est Bottom, c'est\nPolonius, c'est Shylock; ce sont surtout les sorcières de Macbeth.\n   Vous souvenez-vous, Messieurs, de cette eau-forte appelée le « Docteur\nFaust » où un vieil alchimiste, chercheur de l'absolu, se lève de son fau­\nteuil, les yeux fixés sur le penthacle étincelant qui illumine son laboratoire?\nCe souffleur hermétique est un allégorisme du génie de Rembrandt.\n   Voyez ces effets anormaux, cette lumière de l'autre monde.\n   Voyez ce peintre qui n'a copié personne et que personne n'a pu copier,\nqui est un problème pour l'artiste et pour le penseur ; qui a tout créé, son\ndessin, sa couleur, sa lumière, son idéal; qui, comme l'a dit Gautier, a mis\nde l'âme dans un paquet de chiffons et le soleil dans une cave ; qui a opéré\ndes merveilles, qui a fait des prodiges; mais par des procédés si mystérieux\net tellement en dehors des lois naturelles que l'admiration effrayée, par un\nrecul intellectuel, se reporte au temps des Raymond Lulle, des Paracelse,\ndes Cornelius Agrippa, et songe à la possibilité d'un pacte avec Satan.\n   Cette œuvre unique au monde, du fils du meunier de Leyde, n'est-elle\npas un grimoire aussi étrange que ceux des Kabbalistes et des Nécromans?\n   Et Rembrandt n'est-il pas le Mage de la peinture? N'est-il pas le Thau­\nmaturge de l'Art?\n                                                  JOSÉPHIN PÉLADAN.\n\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-08-01-n8-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 360, "page_fin": 361, "titre_corps": "Carte de visite", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Eugène Monseur", "ancre_debut": "CARTE DE VISITE", "ancre_fin": "EUGÈNE MONSEUR", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "TOUJOURS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 403, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1847, "fin_caractere_exclue": 2305, "texte": "CARTE DE VISITE\n    Je reviens d'un exil où j'ai beaucoup souffert\n    Et j'apprends que l'oubli de nos amours heureuses,\n    — Comme on fait des serments fous dans les nuits fiévreuses ! —\n    A planté dans ton cœur ses dix ongles de fer.\n\n    Ainsi tout est perdu : nos extases, nos brouilles\n    Qui donnaient la saveur du recommencement,\n    Le vieux bois aux sentiers perdus et pleins de rouilles\n    Où les baisers mordaient les lèvres plus crûment...\n"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 453, "texte": "                                  — 361 —\n\n    — Et moi qui revenais, espérant cette ivresse\n    De perdre dans tes bras alanguis de tendresse,\n    Le souvenir cuisant des soucis et des maux,\n\n     Comme l'arbuste ayant supporté les gelées,\n     Qui tressaille au soleil et sent de ses rameaux\n     Vibrer les bourgeons mûrs et les fleurs éloilées.\n\n                                                    EUGÈNE     MONSEUR.\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1886-08-01-n8-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1886-001-005_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1886-001-005_f.pdf", "ocr_sha256": "32a690db597b6cdc03231c6c4fc9b65ee577c36da78544e4898070612b301bf2", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 361, "page_fin": 362, "titre_corps": "Toujours", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "G.", "ancre_debut": "TOUJOURS", "ancre_fin": "G", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 404, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 453, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "TOUJOURS\n              Brusquement, elle lui prend les mains, les serre dans une étreinte\n               longue et douloureuse, et s'enfuit, lui disant :\n                  Toujours, toujours...\n                  Affolé, il crie, s'élance pour la suivre, mais ses forces le\ntrahissent; il veut résister, un anéantissement suprême l'arrête.\n   Rien, plus rien, elle s'enfuit, et avec elle disparaissent l'ultime consola­\ntion des inquiétudes épeurées, le songe éphémère de la sérénité des instants\nqu'ils ont passés ensemble, le mirage subtil et lumineux d'un premier bon­\nheur et d'un premier amour.\n   Et les souvenirs, les mots chuchotés tout bas, les ravissements des sou­\nhaits, les baisers des lèvres qui tremblent, tous les ineffables souvenirs de\nce bonheur et de cet amour l'attristent plus encore...\n   Longtemps, il reste sous une appréhension sinistre, dans un morne abat­\ntement de mélancolie; et, tandis qu'il veut comprendre, une sombre hantise\nde désespoirs, de murmures monotones lui apportent ses dernières paroles :\n   Toujours, toujours...\n\n  Il ne sait pas l'oublier et, taciturne, brisé par les sanglots, il cherche loin\ndes foules, en une solitude dont les horizons parlent d'avenir, l'apaisement\ndans l'inconnu des choses\n  Nul ne va à lui; on le croit jouant au Werther, et seul, immensément\nseul, sans un sourire, sans une larme de tendresse pour le consoler des\ndéceptions et des regrets, il poursuit les blanches ailes de ses rêves.\n   Faut-il donc à jamais joindre l'amour, les désillusions, les larmes?.. Ne\nreviendrait-elle plus?.. Oh! non, puisque... Mais alors, pourquoi, pour­\nquoi?..\n   Les yeux désolés, remués de frissons, il fixe là-bas l'uniformité des loin­\ntains, l'abîme vertigineux des tristesses ; et, tandis qu'il revoit dans un\nnéant de spleen ce regard mouillé qui lui a montré sa douce espérance\n"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1096, "texte": "                                   — 362 —\n\ncomprise et partagée, mille tourments d'amertume lui jettent ses dernières\nparoles :\n  Toujours, toujours...\n                                    *\n   La nuit couvre l'étendue assoupie; un silence infini plane dans les\nespaces, et la lune pensive et triste épand ses clartés rêveuses.\n   Seul, dans sa chambre élégiaque, comme loin du monde et de lui-même,\ncomme plongé dans un vague au delà crépusculaire, il pleure...\n   Et tout à coup un tremblement convulsif l'agite ; dans un rêve il vient de\nl'apercevoir... 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Sa préface est"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3244, "fin_caractere_exclue": 3284, "texte": "une lamentation qui ne peut provenir que"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3285, "fin_caractere_exclue": 3326, "texte": "d'une sérieuse gastrite; c'est un morceau"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3374, "fin_caractere_exclue": 3413, "texte": "non à lire mais à soigner; on dirait du"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3464, "fin_caractere_exclue": 3498, "texte": "Liebig de Schopenhauer mal digéré."}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3559, "fin_caractere_exclue": 3595, "texte": "Au demeurant, M. Goffin ne s'est pas"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3646, "fin_caractere_exclue": 3683, "texte": "mal rencontré avec M. Vander Brugghen"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3740, "fin_caractere_exclue": 3782, "texte": "qui, lui aussi broie du noir comme s'il en"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3829, "fin_caractere_exclue": 3869, "texte": "pleuvait. Je sais bien que le fond de la"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3920, "fin_caractere_exclue": 3962, "texte": "génération actuelle n'est pas à la « rigo­"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4009, "fin_caractere_exclue": 4049, "texte": "lade »; nous aimons bien pleurer dans le"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4099, "fin_caractere_exclue": 4143, "texte": "gilet du style, mais au moins faudrait-il de"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 179, "texte": "loin en loin un air de danse dans tous ces"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 228, "fin_caractere_exclue": 266, "texte": "Miserere (Dieu que ma voix implo-ore!)"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 318, "fin_caractere_exclue": 356, "texte": "M. Vander Brugghen ouvre son livre par"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 405, "fin_caractere_exclue": 444, "texte": "ces mots : « La vie est un fardeau trop"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 493, "fin_caractere_exclue": 533, "texte": "lourd pour mes frêles épaules ». Cela ne"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 582, "fin_caractere_exclue": 622, "texte": "manque certainement pas de piquant, mais"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 671, "fin_caractere_exclue": 712, "texte": "on pourrait conseiller sagement au pauvre"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 761, "fin_caractere_exclue": 801, "texte": "garçon de se débarrasser de ce fardeau à"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 850, "fin_caractere_exclue": 888, "texte": "l'aide d'un des nombreux moyens que la"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 937, "fin_caractere_exclue": 979, "texte": "balistique et la pharmacie mettent à notre"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1028, "fin_caractere_exclue": 1068, "texte": "disposition. Cela dispenserait M. Vander"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1118, "fin_caractere_exclue": 1158, "texte": "Brugghen d'avoir la triste conviction de"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1207, "fin_caractere_exclue": 1253, "texte": "l'inutilité matérielle de son livre, lorsqu'il"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1302, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "fera ses comptes de libraire. 11 n'aura plus,"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1396, "fin_caractere_exclue": 1441, "texte": "étant donné ses tristes dispositions, qu'à se"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1490, "fin_caractere_exclue": 1530, "texte": "pendre au sommet de la tour Eiffel, seul"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1579, "fin_caractere_exclue": 1618, "texte": "moyen pour lui d'être le plus élevé des"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1667, "fin_caractere_exclue": 1677, "texte": "écrivains."}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1729, "fin_caractere_exclue": 1766, "texte": "Non pas que ses Contes soient mauvais"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1815, "fin_caractere_exclue": 1851, "texte": "ou même quelconques. M. Vander Brug­"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1900, "fin_caractere_exclue": 1943, "texte": "ghen a certainement une nature d'artiste et"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1992, "fin_caractere_exclue": 2032, "texte": "nous le verrions avec plaisir honorer La"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2081, "fin_caractere_exclue": 2121, "texte": "Jeune Belgique d'un peu de sa prose déjà"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2170, "fin_caractere_exclue": 2216, "texte": "si « faite », si pittoresque et parfois si in­"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2265, "fin_caractere_exclue": 2308, "texte": "tense. Ses Contes ne sont pas des contes et"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2357, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "l'on n'en dormira pas debout. Ce sont des"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2447, "fin_caractere_exclue": 2494, "texte": "fantaisies rêveuses, tristes, avec de curieuses"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2543, "fin_caractere_exclue": 2583, "texte": "trouvailles de mots; des évocations noc­"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2632, "fin_caractere_exclue": 2675, "texte": "turnes, des spleens habilement sincères, et"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2724, "fin_caractere_exclue": 2760, "texte": "nous recommandons l'ouvrage comme un"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2809, "fin_caractere_exclue": 2850, "texte": "de ceux que l'on goûte avec une véritable"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2899, "fin_caractere_exclue": 2939, "texte": "jouissance d'art. Nous lui souhaitons le"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2988, "fin_caractere_exclue": 3030, "texte": "succès et désirons de tout cœur que M.Van­"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3079, "fin_caractere_exclue": 3112, "texte": "der Brugghen devienne des nôtres."}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3200, "fin_caractere_exclue": 3202, "texte": "W."}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3336, "fin_caractere_exclue": 3373, "texte": "Un ami de La Jeune Belgique, M. Oscar"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3422, "fin_caractere_exclue": 3462, "texte": "Colson, instituteur, nous adresse un Re-"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3511, "fin_caractere_exclue": 3555, "texte": "cueil de chants d'école qui, nous l'espérons"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3604, "fin_caractere_exclue": 3645, "texte": "bien, sera adopté dans notre enseignement"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3694, "fin_caractere_exclue": 3739, "texte": "officiel et autre. Ce sont des airs très sim­"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3788, "fin_caractere_exclue": 3827, "texte": "ples accommodés sur des poésies naïves,"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3876, "fin_caractere_exclue": 3919, "texte": "faciles à retenir pour les petits écoliers."}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3968, "fin_caractere_exclue": 4007, "texte": "Non que nous approuvions la méthode qui"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4056, "fin_caractere_exclue": 4097, "texte": "consiste à enseigner aux enfants des poé­"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4146, "fin_caractere_exclue": 4188, "texte": "sies qui ne soient pas de maîtres. Il nous"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 45, "texte": "souvient d'avoir vu, à Sèvres, la fillette de"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 91, "fin_caractere_exclue": 132, "texte": "Léon Cladel, Pochy, apprenant à lire dans"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 184, "fin_caractere_exclue": 225, "texte": "la Légende des Siècles. Nous croyons que,"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 280, "fin_caractere_exclue": 323, "texte": "n'en comprissent-ils que quelques mots, les"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 372, "fin_caractere_exclue": 413, "texte": "enfants gardent quelque chose de la musi­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 464, "fin_caractere_exclue": 503, "texte": "que harmonieuse et de la pensée infinie"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 535, "fin_caractere_exclue": 572, "texte": "des beaux vers, mais M. Colson a tenu"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 626, "fin_caractere_exclue": 668, "texte": "compte des exigences de l'enseignement tel"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 669, "fin_caractere_exclue": 710, "texte": "qu'il est compris en Belgique, et son re­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 711, "fin_caractere_exclue": 752, "texte": "cueil peut compter parmi les meilleurs du"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 801, "fin_caractere_exclue": 807, "texte": "genre."}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1101, "fin_caractere_exclue": 1130, "texte": "Enigme pour désabuser le veau"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1194, "fin_caractere_exclue": 1223, "texte": "Mon premier ne leurre jamais."}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1285, "fin_caractere_exclue": 1315, "texte": "Ce n'est pas veau, car voleur."}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1375, "fin_caractere_exclue": 1401, "texte": "Mon second ne cite jamais."}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1468, "fin_caractere_exclue": 1513, "texte": "Ce n'est pas Ver, car véracité (on sait qui)."}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1555, "fin_caractere_exclue": 1594, "texte": "Mon troisième n'a jamais reçu la visite"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1648, "fin_caractere_exclue": 1656, "texte": "du Veau."}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1741, "fin_caractere_exclue": 1780, "texte": "Ce n'est pas Mans, car nous connaissons"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1831, "fin_caractere_exclue": 1867, "texte": "un pied qui a envoyé Veau vers Mans."}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1924, "fin_caractere_exclue": 1955, "texte": "Mon tout n'est pas un imbécile."}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2020, "fin_caractere_exclue": 2039, "texte": "Ce n'est pas lui..."}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2393, "fin_caractere_exclue": 2432, "texte": "Le bulletin mensuel du Club Alpin fran­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2524, "fin_caractere_exclue": 2564, "texte": "çais a annoncé dernièrement que les con­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2659, "fin_caractere_exclue": 2702, "texte": "seils provinciaux du Salzkammergut et de la"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2796, "fin_caractere_exclue": 2842, "texte": "Styrie ont pris, pour la protection de l'Edel­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2934, "fin_caractere_exclue": 2975, "texte": "weiss, la fleur de velours des Alpes, des"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3051, "fin_caractere_exclue": 3091, "texte": "arrêtés qui punissent d'une amende de 10"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3092, "fin_caractere_exclue": 3137, "texte": "à 100 francs (200 francs en cas de récidive),"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3183, "fin_caractere_exclue": 3226, "texte": "l'extraction de la plante avec ses racines."}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3274, "fin_caractere_exclue": 3313, "texte": "Mesure louable, en tant surtout qu'elle"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3360, "fin_caractere_exclue": 3403, "texte": "témoigne d'une tendance à protéger les tré­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3453, "fin_caractere_exclue": 3496, "texte": "sors naturels du pittoresque. 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Le dom­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3950, "fin_caractere_exclue": 3992, "texte": "mage est déjà incalculable et irréparable."}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 4010, "fin_caractere_exclue": 4056, "texte": "D'autres brutes ont l'ait disparaître des bois"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 4100, "fin_caractere_exclue": 4139, "texte": "charmants ou des pièces d'eau. 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La très élé­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1242, "fin_caractere_exclue": 1282, "texte": "gante dame du monde que cache le pseudo­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1333, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "nyme de Fusco envoie au directeur de ce"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1423, "fin_caractere_exclue": 1465, "texte": "journal une lettre dans laquelle elle fait"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1516, "fin_caractere_exclue": 1552, "texte": "pressentir ce que sera l'œuvre. « En"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1603, "fin_caractere_exclue": 1647, "texte": "réponse, dit-elle, à tous les mensonges et à"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1698, "fin_caractere_exclue": 1738, "texte": "toutes les calomnies débitées contre les"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1789, "fin_caractere_exclue": 1830, "texte": "ouvriers et contre les patrons, sous pré­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1881, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "texte de naturalisme et tendant à démon­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1972, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "trer que le travailleur n'est qu'une brute et"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2068, "fin_caractere_exclue": 2109, "texte": "le gérant « un salarié mis là pour tondre"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2160, "fin_caractere_exclue": 2203, "texte": "l'ouvrier (Zola, Germinal) », je prépare un"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2254, "fin_caractere_exclue": 2296, "texte": "livre de protestation. A des œuvres d'ima­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2347, "fin_caractere_exclue": 2389, "texte": "gination faites de chic malgré leur vernis"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2483, "fin_caractere_exclue": 2523, "texte": "d'exactitude et qui pourraient s'appeler"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2615, "fin_caractere_exclue": 2658, "texte": "Chez les autres, je répondrai par une étude"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2753, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "de l'exactitude la plus scrupuleuse, où la"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2893, "fin_caractere_exclue": 2933, "texte": "fable n'aura pas la moindre place et qui"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3026, "fin_caractere_exclue": 3050, "texte": "s'appellera Chez nous. »"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3144, "fin_caractere_exclue": 3182, "texte": "Voilà qui nous semble bien dur et bien"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3233, "fin_caractere_exclue": 3270, "texte": "injuste pour Talmeyr. pour Zola, pour"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3321, "fin_caractere_exclue": 3359, "texte": "Lemonnier, et bien téméraire pour Jean"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3410, "fin_caractere_exclue": 3452, "texte": "Fusco. Quoi qu'il en soit, cette audace et"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3503, "fin_caractere_exclue": 3542, "texte": "ce défi nous plaisent et nous attendons"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3593, "fin_caractere_exclue": 3637, "texte": "à l'œuvre la gracieuse redresseuse de torts."}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3751, "fin_caractere_exclue": 3754, "texte": "***"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3808, "fin_caractere_exclue": 3853, "texte": "Voici les résultats du concours de callisChez"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3904, "fin_caractere_exclue": 3949, "texte": "thénie qui a eu lieu le 14 juillet au Conser­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 4000, "fin_caractere_exclue": 4009, "texte": "vatoire :"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 4063, "fin_caractere_exclue": 4099, "texte": "1er prix: MM. Hendrickx et Van Ruys-"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 4150, "fin_caractere_exclue": 4192, "texte": "kensvelde (2e prix de 1885); 2 e prix avec"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 4243, "fin_caractere_exclue": 4288, "texte": "distinction : M lles Van Besten et M. Danlée;"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 4339, "fin_caractere_exclue": 4382, "texte": "20 prix : Mlles Lagye et Duclos; 1er acces­"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 4433, "fin_caractere_exclue": 4473, "texte": "sit : Mlles Soyer et Duclos et M. Venne-"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 4524, "fin_caractere_exclue": 4529, "texte": "kens."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "La classe des demoiselles n'a pas pris"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "part cette année au concours de déclama­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 242, "fin_caractere_exclue": 278, "texte": "tion. Quant à celle des jeunes gens,"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 338, "fin_caractere_exclue": 376, "texte": "MM. Hendrickx et Camis ont obtenu cha­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 433, "fin_caractere_exclue": 473, "texte": "cun un premier prix. MM. Raquez, Danlée,"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 530, "fin_caractere_exclue": 563, "texte": "Knauff et Wyst, un deuxième prix."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 906, "fin_caractere_exclue": 944, "texte": "M. Adolphe Tabarant, rédacteur au Peu-"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1041, "fin_caractere_exclue": 1080, "texte": "ple, expulsé récemment de Belgique pour"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1174, "fin_caractere_exclue": 1214, "texte": "des raisons politiques, publie un roman,"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1309, "fin_caractere_exclue": 1352, "texte": "Virus d'amour, écrit dans le style connu de"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1448, "fin_caractere_exclue": 1464, "texte": "la queue à Zola."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1557, "fin_caractere_exclue": 1600, "texte": "C'est l'histoire de la maladie syphilitique"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1692, "fin_caractere_exclue": 1738, "texte": "d'une fille de brasserie qui finit, pourrie et"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1835, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "détruite, par s'empoisonner avec de l'atro­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1926, "fin_caractere_exclue": 1969, "texte": "pine. Ce livre peut avoir de l'intérêt pour"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2019, "fin_caractere_exclue": 2060, "texte": "un spécialiste, mais la description d'une"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2112, "fin_caractere_exclue": 2153, "texte": "affection vénérienne prise depuis la pre­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2206, "fin_caractere_exclue": 2245, "texte": "mière plaque muqueuse jusqu à la décom­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2301, "fin_caractere_exclue": 2346, "texte": "position finale, ne rime à rien dans un r o ­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2390, "fin_caractere_exclue": 2394, "texte": "man."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2486, "fin_caractere_exclue": 2522, "texte": "Le premier traité technique nous est"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2575, "fin_caractere_exclue": 2615, "texte": "moins suspect, et l'auteur n'ayant mis à"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2668, "fin_caractere_exclue": 2708, "texte": "côté de sa pathologie qu'une mince r e ­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2756, "fin_caractere_exclue": 2797, "texte": "cherche psychologique, nous aimerions au­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2848, "fin_caractere_exclue": 2891, "texte": "tant qu'il supprimât complètement celle-ci."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2943, "fin_caractere_exclue": 2989, "texte": "En vérité, c'est trop facile, et l'on pourrait"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3034, "fin_caractere_exclue": 3077, "texte": "aisément faire ainsi en 300 pages l'odyssée"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3096, "fin_caractere_exclue": 3142, "texte": "de la phtisie, de la gastrite, de la gravelle,"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3143, "fin_caractere_exclue": 3183, "texte": "du choléra nostras, comme qui dirait les"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3238, "fin_caractere_exclue": 3276, "texte": "Rougon-Macquart de la maladie humaine."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3338, "fin_caractere_exclue": 3375, "texte": "Et franchement, mettre la vérole à la"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3427, "fin_caractere_exclue": 3451, "texte": "portée des gens du monde"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3780, "fin_caractere_exclue": 3817, "texte": "Camille Lemonnier travaille en ce mo­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3910, "fin_caractere_exclue": 3948, "texte": "ment à un grand drame dont il prend le"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4046, "fin_caractere_exclue": 4084, "texte": "sujet dans son Happe-Chair. 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Au"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4906, "fin_caractere_exclue": 4948, "texte": "seuil du Mystère, par Stanislas de Guaita."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4966, "fin_caractere_exclue": 5009, "texte": "— Gr. in-8° elzev. Paris, Carré; Bruxelles,"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 5058, "fin_caractere_exclue": 5067, "texte": "Manceaux."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 105, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "Il y a au dessus des spécialités, une"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 194, "fin_caractere_exclue": 240, "texte": "science synthétique qui est à la fois le r é ­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 292, "fin_caractere_exclue": 336, "texte": "sultat des expériences et la corrélation des"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 388, "fin_caractere_exclue": 431, "texte": "hypothèses ; elle a constitué jusqu'à notre"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 483, "fin_caractere_exclue": 528, "texte": "ère une aristocratie intellectuelle fermée et"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 580, "fin_caractere_exclue": 624, "texte": "redoutable ; elle a été le sceptre de toutes"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 676, "fin_caractere_exclue": 715, "texte": "les royautés orientales; actuellement à"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 767, "fin_caractere_exclue": 808, "texte": "peine un petit nombre est assez conscient"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 860, "fin_caractere_exclue": 901, "texte": "de la magie pour l'honorer de quelque sé­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 996, "fin_caractere_exclue": 1039, "texte": "rieux. Aussi sera-ce pour les rares adeptes"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1132, "fin_caractere_exclue": 1172, "texte": "un étonnement que le très extraordinaire"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1266, "fin_caractere_exclue": 1306, "texte": "opuscule du marquis Stanislas de Guaita."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1407, "fin_caractere_exclue": 1446, "texte": "Connu par trois volumes de poésies, les"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1516, "fin_caractere_exclue": 1552, "texte": "Oiseaux de passage, la Muse Noire et"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1652, "fin_caractere_exclue": 1690, "texte": "Rosa Mystica, où la perfection parnas­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1790, "fin_caractere_exclue": 1833, "texte": "sienne du vers s'allie à une envergure à la"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1885, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "Leconte de Lisle, M. de Guaita commence"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1976, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "des Essais de sciences maudites, qui com­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2069, "fin_caractere_exclue": 2110, "texte": "prendront un traité complet de haute ini­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2161, "fin_caractere_exclue": 2204, "texte": "tiation. A juger du monument par le p r ô -"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2256, "fin_caractere_exclue": 2299, "texte": "nage, ce sera une œuvre grandiose. Le poète"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2350, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "de Rosa Mystica apporte la critique de"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2439, "fin_caractere_exclue": 2482, "texte": "l'école moderne dans l'étude du traditiona­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2533, "fin_caractere_exclue": 2574, "texte": "lisme; c'est en chimiste de premier ordre"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2625, "fin_caractere_exclue": 2667, "texte": "qu'il juge l'alchimie, en physiologiste le"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2718, "fin_caractere_exclue": 2755, "texte": "magnétisme. L'examen de la gnose sera"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2806, "fin_caractere_exclue": 2847, "texte": "basé ici sur les procédés même du scepti­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2898, "fin_caractere_exclue": 2942, "texte": "cisme, et cette nouvelle version de l'occul­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2993, "fin_caractere_exclue": 3033, "texte": "tisme, je ne crains de l'annoncer, comme"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3084, "fin_caractere_exclue": 3095, "texte": "magistrale."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3196, "fin_caractere_exclue": 3237, "texte": "En un seul discours de trente-deux pages,"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3288, "fin_caractere_exclue": 3334, "texte": "la chronologie des initiations et l'indication"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3385, "fin_caractere_exclue": 3426, "texte": "des grands arcanes sont formulés avec une"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3477, "fin_caractere_exclue": 3519, "texte": "forme très variée, tantôt ironique et d'un"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3570, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "dandysme mordant, tantôt enthousiaste et"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3661, "fin_caractere_exclue": 3682, "texte": "chaude de conviction."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3736, "fin_caractere_exclue": 3777, "texte": "Depuis la mort d'Eliphas Levi, le restau­"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3868, "fin_caractere_exclue": 3909, "texte": "rateur du sanctuaire cabalistique, aucune"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3999, "fin_caractere_exclue": 4045, "texte": "parole n'avait vibré, urbi et orbi, avec cette"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4135, "fin_caractere_exclue": 4172, "texte": "puissance d'orthodoxie. La Rose-Croix"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4265, "fin_caractere_exclue": 4306, "texte": "refleurit aux mains du marquis de Guaita,"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4396, "fin_caractere_exclue": 4440, "texte": "et les neuf mages ont enfin une intelligence"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4491, "fin_caractere_exclue": 4532, "texte": "qui va travailler au déblaiement du grand"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4583, "fin_caractere_exclue": 4601, "texte": "sphinx du mystère."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4655, "fin_caractere_exclue": 4692, "texte": "Ce déblaiement demande un autre génie"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4766, "fin_caractere_exclue": 4810, "texte": "que le percement d'un isthme : plusieurs s'y"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4861, "fin_caractere_exclue": 4905, "texte": "épuiseront; mais il y a là de la gloire pour"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4956, "fin_caractere_exclue": 4965, "texte": "beaucoup."}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 5018, "fin_caractere_exclue": 5057, "texte": "A part le marquis de Saint-Yves, qui en"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 5108, "fin_caractere_exclue": 5147, "texte": "formulant sa Synarchie a reconstitué la"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "formule magique de l'Etat, en des missions"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 188, "texte": "immortelles, j'ai été le plus provocateur des"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 236, "fin_caractere_exclue": 278, "texte": "adeptes, j'ai imposé au public du roman un"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 307, "fin_caractere_exclue": 346, "texte": "magisme aussi intolérant que mon catho­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 398, "fin_caractere_exclue": 440, "texte": "licisme; aussi ne puis-je cacher ma joie à"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 493, "fin_caractere_exclue": 537, "texte": "voir se lever un grand esprit, voué exclusi­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 587, "fin_caractere_exclue": 627, "texte": "vement à l'occultisme, et qui en portera"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 664, "fin_caractere_exclue": 701, "texte": "l'oriflamme fermement, même au milieu"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 758, "fin_caractere_exclue": 799, "texte": "des huées de la crapule intellectuelle de"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 812, "texte": "notre temps."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 877, "fin_caractere_exclue": 915, "texte": "Je convie les curieux et ceux de bonne"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 968, "fin_caractere_exclue": 1008, "texte": "foi Au seuil du Mystère; de grands éton-"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1059, "fin_caractere_exclue": 1100, "texte": "nements, la confusion et le changement de"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1137, "fin_caractere_exclue": 1165, "texte": "leurs idées les y attendent."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1169, "fin_caractere_exclue": 1212, "texte": "J'y convie les artistes et ceux qui rendent"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1213, "fin_caractere_exclue": 1257, "texte": "justice à la belle expression d'une idée, en"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1289, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "dehors de cette idée; un plaisir véritable"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1382, "fin_caractere_exclue": 1399, "texte": "les attend aussi."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1475, "fin_caractere_exclue": 1516, "texte": "Au reste, le marquis de Guaita écrit pour"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1567, "fin_caractere_exclue": 1608, "texte": "ses pairs: et ses pairs ne se nomment pas"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1657, "fin_caractere_exclue": 1702, "texte": "légion. Peu lui importe l'accueil : les idées"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1748, "fin_caractere_exclue": 1791, "texte": "qu'il formule sont réalisées de toute éter­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1842, "fin_caractere_exclue": 1883, "texte": "nité dans le monde supérieur; il n'allume"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1934, "fin_caractere_exclue": 1974, "texte": "ce flambeau que pour montrer la voie aux"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2023, "fin_caractere_exclue": 2067, "texte": "trois ou quatre prédestinés qui la cherchent"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2108, "fin_caractere_exclue": 2118, "texte": "peut-être."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2205, "fin_caractere_exclue": 2245, "texte": "Je n'ai voulu dire que sa prédestination"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2298, "fin_caractere_exclue": 2339, "texte": "à lui, et puisque beaucoup ne connaissent"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2389, "fin_caractere_exclue": 2432, "texte": "la magie que par mes livres, je devais pré­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2449, "fin_caractere_exclue": 2491, "texte": "senter à cette Jeune Belgique qui m'est si"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2541, "fin_caractere_exclue": 2585, "texte": "amie : le véritable ambassadeur de l'initia­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2632, "fin_caractere_exclue": 2667, "texte": "tion auprès de la décadence latine."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2747, "fin_caractere_exclue": 2764, "texte": "JOSÉPHIN PÉLADAN."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3030, "fin_caractere_exclue": 3069, "texte": "M. le comte de Villiers de l'Isle-Adam,"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3121, "fin_caractere_exclue": 3166, "texte": "l'auteur si applaudi de l'Eve future, de fan­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3211, "fin_caractere_exclue": 3254, "texte": "tastique et récente mémoire, vient de faire"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3255, "fin_caractere_exclue": 3295, "texte": "paraître chez de Brunhoff un nouveau vo­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3296, "fin_caractere_exclue": 3337, "texte": "lume qui sera certainement le gros succès"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3388, "fin_caractere_exclue": 3401, "texte": "de la saison."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3487, "fin_caractere_exclue": 3524, "texte": "Titre : l'Amour suprême. Ajoutons que"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3576, "fin_caractere_exclue": 3620, "texte": "les ravissantes illustrations de Gorguet qui"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3667, "fin_caractere_exclue": 3712, "texte": "émaillent le texte font de cet ouvrage, d'une"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3757, "fin_caractere_exclue": 3802, "texte": "forme littéraire très élevée, un régal de bi­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3853, "fin_caractere_exclue": 3893, "texte": "bliophile. — Nous analyserons prochaine­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3943, "fin_caractere_exclue": 3978, "texte": "ment cette œuvre très intéressante."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 4221, "fin_caractere_exclue": 4266, "texte": "Le 14e fascicule des Premières    illustrées,"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "le plus artistique des journaux s'occupant"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 235, "texte": "de questions théâtrales, vient de paraître"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 286, "fin_caractere_exclue": 306, "texte": "chez M. de Brunhoff."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 360, "fin_caractere_exclue": 397, "texte": "Ce numéro est consacré à Chamillac et"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 448, "fin_caractere_exclue": 492, "texte": "contient, outre les illustrations charmantes"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 543, "fin_caractere_exclue": 586, "texte": "de Gorguet, un très beau portrait de Feuil­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 637, "fin_caractere_exclue": 663, "texte": "let, tiré en taille-douce."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 717, "fin_caractere_exclue": 757, "texte": "M. Guy de Saint-Môr en a écrit le texte."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 870, "fin_caractere_exclue": 873, "texte": "***"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 926, "fin_caractere_exclue": 967, "texte": "Vient de paraître chez Jouaust, à Paris :"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1018, "fin_caractere_exclue": 1058, "texte": "Les Apaisements, poésies de notre ami et"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1109, "fin_caractere_exclue": 1136, "texte": "collaborateur Raoul Russel."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1266, "fin_caractere_exclue": 1288, "texte": "A Mort, chez Brunhoff."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1342, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "Cet étrange livre nouveau de Rachilde a"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1432, "fin_caractere_exclue": 1471, "texte": "éclaté aux portes de l'été comme un feu"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1522, "fin_caractere_exclue": 1566, "texte": "d'artifice. Adorné d'une extraordinaire pré­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1617, "fin_caractere_exclue": 1656, "texte": "face où l'auteur donne sur sa vie de si"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1707, "fin_caractere_exclue": 1747, "texte": "curieux détails que le public, friand de"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1798, "fin_caractere_exclue": 1841, "texte": "notes autobiographiques, accueille toujours"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1892, "fin_caractere_exclue": 1933, "texte": "avec délices, écrit en un style troublant"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1984, "fin_caractere_exclue": 2022, "texte": "comme une jolie femme de notre époque,"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2073, "fin_caractere_exclue": 2107, "texte": "charpenté dramatiquement comme une"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2158, "fin_caractere_exclue": 2201, "texte": "belle pièce littéraire, A Mort devait faire"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2252, "fin_caractere_exclue": 2297, "texte": "tapage. Il l'a fait, clama le cabotin Laforêt"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2348, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "dans l'Evénement et le Voltaire fut pro­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2439, "fin_caractere_exclue": 2448, "texte": "phétique."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2502, "fin_caractere_exclue": 2540, "texte": "Ce roman est une épopée décadente, fin"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2591, "fin_caractere_exclue": 2631, "texte": "de siècle et fin de race, d'une adorable"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2682, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "exquisité de langue et d'une finesse hau­"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2774, "fin_caractere_exclue": 2817, "texte": "taine. Les héros sont réels, bien qu'un peu"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2868, "fin_caractere_exclue": 2909, "texte": "grandis à la façon du théâtre antique, et"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2984, "fin_caractere_exclue": 3026, "texte": "conservent toujours la très belle attitude"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3077, "fin_caractere_exclue": 3120, "texte": "qu'il plaît à ceux de notre heure de rêver,"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3171, "fin_caractere_exclue": 3210, "texte": "de chercher, et, si rarement ! d'avoir."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3348, "fin_caractere_exclue": 3387, "texte": "Les Tendresses et les Cultes, par Emile"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3438, "fin_caractere_exclue": 3483, "texte": "Trolliet. 1 vol. in-32. Paris, Ghio, éditeur."}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3536, "fin_caractere_exclue": 3575, "texte": "Un volume de vers, plus de 300 pages, —"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3626, "fin_caractere_exclue": 3666, "texte": "mes premiers vers, — dit l'auteur! Merci"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3717, "fin_caractere_exclue": 3756, "texte": "bien, si la muse est enragée, qu'on lui"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3807, "fin_caractere_exclue": 3852, "texte": "mette la camisole de force ! mais c'est assez"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3903, "fin_caractere_exclue": 3942, "texte": "des premiers. Véritablement les vers ne"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 3993, "fin_caractere_exclue": 4037, "texte": "sont pas mauvais pour leur âge : ce sont les"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 4088, "fin_caractere_exclue": 4130, "texte": "vers d'un rhétoricien qui a lu en cachette"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 4181, "fin_caractere_exclue": 4218, "texte": "Lamarline et Musset. Il leur emprunte"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 4269, "fin_caractere_exclue": 4312, "texte": "volontiers des hémistiches et ne recule pas"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 101, "texte": "même devant l'audace de l'imitation. Par"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 157, "fin_caractere_exclue": 200, "texte": "exemple une imitation de la ballade fameuse"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 257, "fin_caractere_exclue": 284, "texte": "de Musset à Charles Nodier."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 554, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "Histoire de la peinture en France, par"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 651, "fin_caractere_exclue": 690, "texte": "Victor d'Halle. Paris, Dupret, éditeur."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 754, "fin_caractere_exclue": 792, "texte": "Ce n'est pas très malin de nous offrir"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 853, "fin_caractere_exclue": 894, "texte": "comme M. d'Halle une histoire de la pein­"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 946, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "ture française en 180 et quelques pages. On"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1042, "fin_caractere_exclue": 1081, "texte": "prend quelques paragraphes dans Charles"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1137, "fin_caractere_exclue": 1179, "texte": "Blanc, Théophile Gautier, voire dans Dide­"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1238, "fin_caractere_exclue": 1279, "texte": "rot; on ratifie ou on conteste; on ajoute"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1339, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "quelques rapides détails biographiques, et"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1440, "fin_caractere_exclue": 1474, "texte": "le tour est joué. Notons que quand"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1537, "fin_caractere_exclue": 1578, "texte": "M. d'Halle conteste il n'a pas de chance."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1638, "fin_caractere_exclue": 1683, "texte": "Encore qu'il soit permis de ne pas s'incliner"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1739, "fin_caractere_exclue": 1778, "texte": "devant le jugement de MM. Charles Blanc"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1840, "fin_caractere_exclue": 1879, "texte": "et Théophile Gautier, ils ont une autre"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1941, "fin_caractere_exclue": 1985, "texte": "autorité que celle de M. d'Halle. M. d'Halle"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2031, "fin_caractere_exclue": 2069, "texte": "raconte que ces messieurs admirent les"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2128, "fin_caractere_exclue": 2169, "texte": "œuvres de Le Sueur et de Le Brun; lui les"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2225, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "trouve affreuses comme peinture, et puis"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2325, "fin_caractere_exclue": 2366, "texte": "voilà. On est d'Halle ou on ne l'est pas."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2627, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "La Revue Wagnérienne publie ceci : La"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2721, "fin_caractere_exclue": 2763, "texte": "Mort de S. M. le roi Louis II de Bavière :"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2812, "fin_caractere_exclue": 2860, "texte": "Roi, le seul vrai roi de ce siècle, salut, Sire,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2908, "fin_caractere_exclue": 2949, "texte": "Qui voulûtes mourir vengeant votre raison"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3007, "fin_caractere_exclue": 3047, "texte": "Des choses de la politique, et du délire"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3102, "fin_caractere_exclue": 3142, "texte": "De cette science intruse dans la maison,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3240, "fin_caractere_exclue": 3278, "texte": "De cette science assassin de l'Oraison"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3279, "fin_caractere_exclue": 3323, "texte": "Et du Chant et de l'Art et de toute la Lyre,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3424, "fin_caractere_exclue": 3469, "texte": "Et simplement et plein d'orgueil en floraison"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3525, "fin_caractere_exclue": 3568, "texte": "Tuâtes en mourant, salut, Roi, bravo, Sire!"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3624, "fin_caractere_exclue": 3667, "texte": "Vous fûtes un poète, un soldat, le seul Roi"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3718, "fin_caractere_exclue": 3766, "texte": "De ce siècle où les rois se font si peu de chose"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3814, "fin_caractere_exclue": 3853, "texte": "Et le martyr de la Raison selon la Foi,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3953, "fin_caractere_exclue": 3989, "texte": "Salut à votre très unique apothéose,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4052, "fin_caractere_exclue": 4101, "texte": "Et que votre âme ait son fier cortège, or et fer."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4203, "fin_caractere_exclue": 4245, "texte": "Sur un air magnifique et joyeux de Wagner."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4281, "fin_caractere_exclue": 4295, "texte": "PAUL VERLAINE."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4345, "fin_caractere_exclue": 4382, "texte": "Eh bien, non, jamais nous ne goberons"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4441, "fin_caractere_exclue": 4460, "texte": "cela, n'est-ce pas?"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4665, "fin_caractere_exclue": 4668, "texte": "***"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4738, "fin_caractere_exclue": 4776, "texte": "L'Opium, récits d'un poète français au"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4801, "fin_caractere_exclue": 4831, "texte": "Tonkin, par M. Paul Bonnetain."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4911, "fin_caractere_exclue": 4949, "texte": "Molière disait que l'opium fait dormir"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 5009, "fin_caractere_exclue": 5049, "texte": "quia virtus habet dormitivam. Molière ne"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 5104, "fin_caractere_exclue": 5142, "texte": "connaissait, comme les médecins de son"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 117, "fin_caractere_exclue": 156, "texte": "temps, que les propriétés dormitives de"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 213, "fin_caractere_exclue": 256, "texte": "cette drogue, parce qu'ils ne connaissaient"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 314, "fin_caractere_exclue": 351, "texte": "ni le Tonkin, ni les fumeurs d'opium."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 409, "fin_caractere_exclue": 450, "texte": "Depuis, nous avons changé tout cela; nous"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 508, "fin_caractere_exclue": 550, "texte": "savons que l'opium a bien d'autres vertus;"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 607, "fin_caractere_exclue": 650, "texte": "non 'seulement il fait dormir, mais il fait"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 707, "fin_caractere_exclue": 750, "texte": "rêver; non seulement il produit le sommeil,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 808, "fin_caractere_exclue": 852, "texte": "mais il l'accompagne d'hallucinations, voire"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 910, "fin_caractere_exclue": 945, "texte": "même de cauchemars ; d'un désespéré"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1003, "fin_caractere_exclue": 1041, "texte": "d'amour, il fait un bienheureux ; d'un"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1098, "fin_caractere_exclue": 1136, "texte": "amoureux, un fou (pardon du pléonasme,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1194, "fin_caractere_exclue": 1237, "texte": "il paraît que l'un ne va pas sans l'autre);"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1295, "fin_caractere_exclue": 1338, "texte": "d'un indifférent, un ardent, et d'un simple"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1396, "fin_caractere_exclue": 1439, "texte": "journaliste, un héros. Si vous en prolongez"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1496, "fin_caractere_exclue": 1536, "texte": "l'usage, toujours à dose de plus en plus"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1594, "fin_caractere_exclue": 1637, "texte": "forte, il vous conduira dans la dyspepsie ;"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1695, "fin_caractere_exclue": 1738, "texte": "de la dyspepsie, dans la bradypepsie; de la"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1796, "fin_caractere_exclue": 1839, "texte": "bradypepsie, dans l'apepsie ; de l'apepsie,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1896, "fin_caractere_exclue": 1940, "texte": "dans l'anémie, et de l'anémie, dans la mort,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 1997, "fin_caractere_exclue": 2030, "texte": "où vous aura conduit votre folie."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2091, "fin_caractere_exclue": 2127, "texte": "Tout cela vous sera expliqué tout au"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2184, "fin_caractere_exclue": 2224, "texte": "long, si vous prenez la peine (je dis la"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2281, "fin_caractere_exclue": 2324, "texte": "peine comme je dirais le plaisir, puisqu'il"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2381, "fin_caractere_exclue": 2425, "texte": "n'y a pas de plaisir sans peine, et récipro­"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2482, "fin_caractere_exclue": 2525, "texte": "quement quand il s'agit d'un livre intéres­"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2582, "fin_caractere_exclue": 2625, "texte": "sant) de lire le nouveau livre que vient de"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2682, "fin_caractere_exclue": 2720, "texte": "publier M. P. Bonnetain. l'Opium. Vous"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2777, "fin_caractere_exclue": 2811, "texte": "y verrez comment on devient fumeur"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2868, "fin_caractere_exclue": 2907, "texte": "d'opium, comment on vit quand on a con­"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 2964, "fin_caractere_exclue": 3006, "texte": "tracté cette fâcheuse habitude, mille fois"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3063, "fin_caractere_exclue": 3101, "texte": "plus tyrannique que celle du tabac, et"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3199, "fin_caractere_exclue": 3239, "texte": "comment on finit par perdre, l'une après"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3380, "fin_caractere_exclue": 3423, "texte": "l'autre, toutes les brillantes qualités qui"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3480, "fin_caractere_exclue": 3524, "texte": "font un poète, jusqu'à la vie inclusivement."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3585, "fin_caractere_exclue": 3623, "texte": "La donnée du livre est très simple. Le"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3680, "fin_caractere_exclue": 3717, "texte": "poète Marcel Deschamps rompt avec une"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3774, "fin_caractere_exclue": 3813, "texte": "femme qu'il aimait; c'est un névropathe"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 3910, "fin_caractere_exclue": 3952, "texte": "d'ailleurs; il vit beaucoup par l'imagina­"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4009, "fin_caractere_exclue": 4051, "texte": "tion, il ne peut détacher sa pensée et ses"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4158, "fin_caractere_exclue": 4202, "texte": "désirs de l'objet aimé, et, pour oublier, il"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4302, "fin_caractere_exclue": 4342, "texte": "se fait envoyer au Tonkin, comme chance­"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4399, "fin_caractere_exclue": 4440, "texte": "lier par intérim du consulat de France, à"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4497, "fin_caractere_exclue": 4537, "texte": "Hanoï. En chemin, il cherche vainement à"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4594, "fin_caractere_exclue": 4637, "texte": "oublier ; son esprit lui retrace toutes les"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4694, "fin_caractere_exclue": 4735, "texte": "scènes les plus affectueuses de sa tendre"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4792, "fin_caractere_exclue": 4800, "texte": "liaison,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4860, "fin_caractere_exclue": 4908, "texte": "L'absence ni le temps ne font rien quand on aime"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 4965, "fin_caractere_exclue": 5008, "texte": "jusqu'au jour où il rencontre sur le paque­"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 5065, "fin_caractere_exclue": 5103, "texte": "bot une belle passagère qui accompagne"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 5160, "fin_caractere_exclue": 5194, "texte": "son mari au Tonkin. Un clou chasse"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "l'autre, et bientôt la photographie de"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 183, "texte": "Blanche efface jusqu'au dernier souvenir"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 231, "fin_caractere_exclue": 273, "texte": "de Claire. Mais Blanche s'arrête en route,"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 320, "fin_caractere_exclue": 362, "texte": "par suite d'un contre ordre donné au mari,"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 411, "fin_caractere_exclue": 452, "texte": "et Deschamps arrive au Tonkin seul, hanté"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 508, "fin_caractere_exclue": 550, "texte": "maintenant par le désir de voir et d'avoir"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 578, "fin_caractere_exclue": 617, "texte": "Blanche, car sur le paquebot tout s'est"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 671, "fin_caractere_exclue": 712, "texte": "passé en flirtations. 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Après l'écrou­"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 4042, "fin_caractere_exclue": 4083, "texte": "lement de ses illusions, le poète retombe"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 4133, "fin_caractere_exclue": 4173, "texte": "plus que jamais dans sa fumerie d'opium;"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 4223, "fin_caractere_exclue": 4269, "texte": "il veut quitter Hanoï, faire la guerre avec le"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 4319, "fin_caractere_exclue": 4363, "texte": "corps expéditionnaire, se faire tuer ; aussi"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 4413, "fin_caractere_exclue": 4454, "texte": "est-il d'une bravoure étonnante, d'autant"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 4504, "fin_caractere_exclue": 4545, "texte": "plus que la griserie de l'opium se mêle à"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 4595, "fin_caractere_exclue": 4639, "texte": "celle de la poudre, à la vue du carnage, des"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 4689, "fin_caractere_exclue": 4727, "texte": "morts, des blessés; il charge comme un"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 4777, "fin_caractere_exclue": 4817, "texte": "preux de l'ancien temps, à pied, en tête"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 4867, "fin_caractere_exclue": 4905, "texte": "d'une colonne, n'ayant pour toute arme"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 4955, "fin_caractere_exclue": 4997, "texte": "qu'un revolver qui lui sert de casse-tête,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "car il frappe les Chinois de la crosse ; il"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 142, "fin_caractere_exclue": 185, "texte": "entre le premier dans un fort emporté d'as­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 232, "fin_caractere_exclue": 276, "texte": "saut; on le félicite, on le met à l'ordre du"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 319, "fin_caractere_exclue": 360, "texte": "jour, on le décore; mais, l'excitation du"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 411, "fin_caractere_exclue": 449, "texte": "combat terminée, il se rejette sur son"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 504, "fin_caractere_exclue": 545, "texte": "opium, et fume tant, tant, qu'il est pris"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 583, "fin_caractere_exclue": 625, "texte": "d'accidents bizarres qui le mettent à deux"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 679, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "doigts de sa tombe. On le sauve, il refume ;"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 770, "fin_caractere_exclue": 809, "texte": "le temps passe; il voyage; il fume tou­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 861, "fin_caractere_exclue": 901, "texte": "jours, puis... le malheur n'a pas d'his­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 950, "fin_caractere_exclue": 987, "texte": "toire : de cauchemar en cauchemar, il"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1043, "fin_caractere_exclue": 1084, "texte": "tombe dans un réalisme dégoûtant, j u s ­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1133, "fin_caractere_exclue": 1172, "texte": "qu'au jour où un coup de pied de cheval"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1223, "fin_caractere_exclue": 1242, "texte": "lui casse la jambe."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1320, "fin_caractere_exclue": 1361, "texte": "Cet accident servit de prétexte à son ami"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1411, "fin_caractere_exclue": 1453, "texte": "le docteur pour essayer de le faire renon­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1505, "fin_caractere_exclue": 1541, "texte": "cer à l'opium, suivant la méthode de"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1597, "fin_caractere_exclue": 1638, "texte": "Lewinstein, c'est-à-dire par la privation"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1692, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "brusque du poison. J'appris avec plaisir"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1788, "fin_caractere_exclue": 1828, "texte": "qu'après des accès de fureur terrible le"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1879, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "calme était revenu ; qu'au bout de trente-"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1971, "fin_caractere_exclue": 2013, "texte": "huit jours le malade ne songeait plus à sa"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2063, "fin_caractere_exclue": 2104, "texte": "pipe, et que, malgré le morphinisme chro­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2157, "fin_caractere_exclue": 2197, "texte": "nique et une anémie extrême, la fracture"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2250, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "avait parfaitement guéri dans le délai nor­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2341, "fin_caractere_exclue": 2382, "texte": "mal. Renvoyé à notre ami L.-H. Petit, qui"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2431, "fin_caractere_exclue": 2473, "texte": "a fait sur les blessures chez les morphio­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2520, "fin_caractere_exclue": 2557, "texte": "manes des études restées malheureuse­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2611, "fin_caractere_exclue": 2652, "texte": "ment incomplètes, faute de sujets. Marcel"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2702, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "pourra lui en servir. Autre parenthèse :"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2795, "fin_caractere_exclue": 2835, "texte": "tous les fumeurs d'opium n'ont pas aussi"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2883, "fin_caractere_exclue": 2924, "texte": "bien supporté la privation de leur drogue"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2974, "fin_caractere_exclue": 3016, "texte": "chérie, et précisément, pendant cette der­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3066, "fin_caractere_exclue": 3103, "texte": "nière campagne du Tonkin, des malheu­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3156, "fin_caractere_exclue": 3193, "texte": "reux condamnés à la prison et séparés"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3249, "fin_caractere_exclue": 3289, "texte": "brusquement de leur habitude, sont morts"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3345, "fin_caractere_exclue": 3387, "texte": "des suites du traitement de Lewinstein. Je"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3435, "fin_caractere_exclue": 3477, "texte": "le tiens de l'ami de Marcel Deschamps lui-"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3527, "fin_caractere_exclue": 3560, "texte": "même, le commandant de Pontailly."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3710, "fin_caractere_exclue": 3748, "texte": "Aussi bien, la guérison de notre héros"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3798, "fin_caractere_exclue": 3837, "texte": "n'est pas radicale : qui a fumé fumera,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3873, "fin_caractere_exclue": 3915, "texte": "aussi bien l'opium que le tabac. Après une"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3916, "fin_caractere_exclue": 3954, "texte": "période de guérison apparente, pendant"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4009, "fin_caractere_exclue": 4055, "texte": "laquelle il mène la vie de tous les officiers,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4099, "fin_caractere_exclue": 4138, "texte": "ses camarades de garnison ou de voyage,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4188, "fin_caractere_exclue": 4230, "texte": "il revient à ses anciennes habitudes, fume"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4280, "fin_caractere_exclue": 4321, "texte": "de plus en plus, mange de moins en moins,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4369, "fin_caractere_exclue": 4411, "texte": "maigrit de plus en plus, s'anémie de même,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4462, "fin_caractere_exclue": 4504, "texte": "et, comme il faut bien une dernière page à"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4552, "fin_caractere_exclue": 4589, "texte": "chaque livre, la dernière de celui de"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "M. Bonnetain nous fait part de la mort de"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 191, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "M. Marcel Deschamps. Le « regretté poète"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 281, "fin_caractere_exclue": 318, "texte": "a succombé à une anémie arrivée à son"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 368, "fin_caractere_exclue": 410, "texte": "dernier point et entretenue par l'usage de"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 460, "fin_caractere_exclue": 503, "texte": "l'opium, qu'il avait contracté au Tonkin la"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 553, "fin_caractere_exclue": 582, "texte": "fâcheuse habitude de fumer »."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 635, "fin_caractere_exclue": 678, "texte": "Tout ce qui est relatif à l'action lente de"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 728, "fin_caractere_exclue": 769, "texte": "l'opium sur le cerveau de Marcel est évi­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 819, "fin_caractere_exclue": 860, "texte": "demment écrit de main de maître, et cette"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 910, "fin_caractere_exclue": 949, "texte": "physiologie    du fumeur d'opium pourra"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 999, "fin_caractere_exclue": 1042, "texte": "être lue avec profit par plus d'un médecin."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1095, "fin_caractere_exclue": 1132, "texte": "Que dirai-je maintenant du livre lui-"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1182, "fin_caractere_exclue": 1222, "texte": "même? Que sa lecture m'a laissé une pro­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1272, "fin_caractere_exclue": 1316, "texte": "fonde tristesse, parce qu'il n'est pas gai ;"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1366, "fin_caractere_exclue": 1410, "texte": "que, d'autre part, les descriptions des hal­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1460, "fin_caractere_exclue": 1504, "texte": "lucinations du poète sont décrites bien lon­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1554, "fin_caractere_exclue": 1596, "texte": "guement : il lui faut 20 pages pour expri­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1646, "fin_caractere_exclue": 1691, "texte": "mer une idée; c'est ciselé, fouillé avec art,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1741, "fin_caractere_exclue": 1787, "texte": "il n'y a plus rien à ajouter, soit, mais c'est"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1837, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "trop long. Est-ce parce que M. Bonnetain,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 1928, "fin_caractere_exclue": 1970, "texte": "comme Mme de Sévigné, n'avait pas le temps"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2020, "fin_caractere_exclue": 2062, "texte": "d'être court? Alors, je lui pardonne, car,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2112, "fin_caractere_exclue": 2156, "texte": "au fond, je suis sûr que ses descriptions ne"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2206, "fin_caractere_exclue": 2249, "texte": "porteront pas nos officiers à imiter Marcel"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2299, "fin_caractere_exclue": 2340, "texte": "Deschamps ni les autres camarades qui ont"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2390, "fin_caractere_exclue": 2430, "texte": "succombé aux tentations de l'opium. Pire"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2480, "fin_caractere_exclue": 2519, "texte": "que le tabac, presque plus terrible que"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2569, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "l'alcool, l'opium, dit un des personnages"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2660, "fin_caractere_exclue": 2701, "texte": "du livre, anéantit le sens moral comme la"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2751, "fin_caractere_exclue": 2794, "texte": "volonté; un officier, resté honnête jusque-"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2844, "fin_caractere_exclue": 2882, "texte": "là, reçoit un pot-de-vin d'un Chinois,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 2932, "fin_caractere_exclue": 2973, "texte": "s'aperçoit trop tard de son infamie et se"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3023, "fin_caractere_exclue": 3065, "texte": "brûle la cervelle; un autre rend des comp­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3115, "fin_caractere_exclue": 3155, "texte": "tes inexacts, on va l'arrêter quand Des­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3205, "fin_caractere_exclue": 3248, "texte": "champs falsifie les comptes en sens inverse"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3298, "fin_caractere_exclue": 3344, "texte": "pour rétablir l'équilibre et comble le déficit"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3394, "fin_caractere_exclue": 3434, "texte": "de sa bourse. Si M. Bonnetain a assombri"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3484, "fin_caractere_exclue": 3526, "texte": "à dessein les couleurs de ces lugubres ta­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3576, "fin_caractere_exclue": 3616, "texte": "bleaux, dans le but de dégoûter nos com­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3666, "fin_caractere_exclue": 3706, "texte": "patriotes d'un nouveau vice qui pourrait"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3756, "fin_caractere_exclue": 3797, "texte": "baisser notre niveau moral, qu'il reçoive"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3847, "fin_caractere_exclue": 3872, "texte": "toutes nos félicitations."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 3968, "fin_caractere_exclue": 4008, "texte": "J'ai laissé dans l'oubli quelques-uns de"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4058, "fin_caractere_exclue": 4098, "texte": "ces tableaux, qui ont trait aux mœurs du"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4148, "fin_caractere_exclue": 4187, "texte": "Tonkin et qui rappellent trop certaines"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4237, "fin_caractere_exclue": 4279, "texte": "scènes de Chariot s'amuse : J'espère qu'on"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4329, "fin_caractere_exclue": 4368, "texte": "ne m'accusera pas de pruderie; ceux qui"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4418, "fin_caractere_exclue": 4461, "texte": "voudront les lire pourront le faire dans le"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4511, "fin_caractere_exclue": 4551, "texte": "livre. Tout au plus puis-je les indiquer"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 4601, "fin_caractere_exclue": 4638, "texte": "en un mot, qui sera le mot de la fin,"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "Un journal illustré représentait récem­"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 146, "fin_caractere_exclue": 185, "texte": "ment une jeune dame couchée tout de son"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 218, "fin_caractere_exclue": 260, "texte": "long à plat ventre sur son canapé (une ho­"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 312, "fin_caractere_exclue": 351, "texte": "rizontale, par conséquent, vue de dos),"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 404, "fin_caractere_exclue": 449, "texte": "accoudée et lisant un livre qui pourrait être"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 498, "fin_caractere_exclue": 539, "texte": "l'Opium, d'après les passages auxquels je"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 586, "fin_caractere_exclue": 610, "texte": "viens de faire allusion."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 669, "fin_caractere_exclue": 708, "texte": "« Décidément, dit-elle, le naturalisme,"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 761, "fin_caractere_exclue": 794, "texte": "c'est ce qui est contre nature. »"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1139, "fin_caractere_exclue": 1178, "texte": "Nous trouvons dans le Chat Noir, ce fin"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1214, "fin_caractere_exclue": 1223, "texte": "morceau :"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1409, "fin_caractere_exclue": 1422, "texte": "FANTASMAGORIE"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1520, "fin_caractere_exclue": 1560, "texte": "En agitant le grand éventail où Willette"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1601, "fin_caractere_exclue": 1644, "texte": "a peint dans du gris de délicieuses petites"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1696, "fin_caractere_exclue": 1734, "texte": "femmes mi-nues dégringolant, en bande,"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1785, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "sous l'œil béat d'un pierrot, tandis que"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1877, "fin_caractere_exclue": 1919, "texte": "courent à l'horizon les ailes du Moulin de"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1959, "fin_caractere_exclue": 2004, "texte": "la Galette, en l'agitant, sur les murs tendus"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2047, "fin_caractere_exclue": 2088, "texte": "de soie crème du boudoir de cette gamine,"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2135, "fin_caractere_exclue": 2171, "texte": "qu'entre deux coupes de champagne on"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2228, "fin_caractere_exclue": 2267, "texte": "baptisa Nini Pompette, la farandole des"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2319, "fin_caractere_exclue": 2361, "texte": "folles fillettes s'est déroulée, jetant de"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2411, "fin_caractere_exclue": 2426, "texte": "grandes ombres."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2507, "fin_caractere_exclue": 2549, "texte": "Assis tous deux : elle, la blondinette aux"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2598, "fin_caractere_exclue": 2641, "texte": "yeux de chatte; lui, le platonique bébé qui"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2694, "fin_caractere_exclue": 2732, "texte": "tourne de l'idéal à outrance, mains en"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2789, "fin_caractere_exclue": 2827, "texte": "mains, ils regardent, exquisement heu­"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2883, "fin_caractere_exclue": 2888, "texte": "reux."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3072, "fin_caractere_exclue": 3109, "texte": "Brandissant le tambourin, ses grosses"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3160, "fin_caractere_exclue": 3200, "texte": "lèvres couleur de cerise, ses cheveux au"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3247, "fin_caractere_exclue": 3290, "texte": "vent, c'est Toto Gavroche, la joie des ate­"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3291, "fin_caractere_exclue": 3333, "texte": "liers, une fillette de Montparnasse que le"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3382, "fin_caractere_exclue": 3422, "texte": "courant a remontée jusqu'aux Batignolles"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3467, "fin_caractere_exclue": 3501, "texte": "et qui se déshabille avec plaisir."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3563, "fin_caractere_exclue": 3603, "texte": "Remettant sa jarretière rose, pliée, les"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3653, "fin_caractere_exclue": 3696, "texte": "bras tendus vers la jambe, voilà Mariquita,"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3747, "fin_caractere_exclue": 3794, "texte": "une guitariste de la Villette qui brailla trois"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3835, "fin_caractere_exclue": 3875, "texte": "ans, dans les cours, des chansons de son"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3925, "fin_caractere_exclue": 3965, "texte": "pays jusqu'au jour où, improvisée déesse"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3983, "fin_caractere_exclue": 4027, "texte": "par Nisse, le grand sculpteur, elle trôna au"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 145, "texte": "comptoir de ce café célèbre : la Mandoline."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 197, "fin_caractere_exclue": 217, "texte": "boulevard de Clichy."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 272, "fin_caractere_exclue": 311, "texte": "Et, bâillante, un nichon d'albâtre hors"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 363, "fin_caractere_exclue": 403, "texte": "de sa chemise chiffonnée, en une pose de"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 455, "fin_caractere_exclue": 497, "texte": "tête molle et penchante, cette boulotte de"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 549, "fin_caractere_exclue": 585, "texte": "Nana va s'abandonnant, traînant avec"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 637, "fin_caractere_exclue": 665, "texte": "paresse ses savates éculées."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 720, "fin_caractere_exclue": 760, "texte": "Puis, chahutant, rieuse, ses trente-deux"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 812, "fin_caractere_exclue": 858, "texte": "dents blanchettes à l'air, la Goulue, retrous­"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 909, "fin_caractere_exclue": 949, "texte": "sant ses jupons neigeux, laisse voir ses"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1000, "fin_caractere_exclue": 1043, "texte": "admirables mollets, pendant que sa poitrine"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1094, "fin_caractere_exclue": 1137, "texte": "gonflée force le corsage de velours noir de"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1188, "fin_caractere_exclue": 1213, "texte": "son costume de pierrette."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1268, "fin_caractere_exclue": 1308, "texte": "Grille-d'Egout, jouant des bras, le cha­"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1359, "fin_caractere_exclue": 1396, "texte": "peau d'Arlequin crânement posé sur sa"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1473, "fin_caractere_exclue": 1516, "texte": "chevelure noire, caracole, jambes en avant,"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1567, "fin_caractere_exclue": 1600, "texte": "dans un cavalier seul prodigieux."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1654, "fin_caractere_exclue": 1694, "texte": "Louisette, les yeux fermés, la bouche en"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1745, "fin_caractere_exclue": 1784, "texte": "appel, tournoie aux sons d'un orchestre"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1835, "fin_caractere_exclue": 1876, "texte": "éthéré, entendant dans la brise le rythme"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 1927, "fin_caractere_exclue": 1958, "texte": "passionné d'une valse de Métra."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2012, "fin_caractere_exclue": 2046, "texte": "Mariette, serrée en son manteau de"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2097, "fin_caractere_exclue": 2134, "texte": "velours, plonge son regard voluptueux"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2185, "fin_caractere_exclue": 2227, "texte": "dans ce tas de nudités; son désir s'allume"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2278, "fin_caractere_exclue": 2318, "texte": "devant ces corpulences jeunes éclatantes"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2369, "fin_caractere_exclue": 2410, "texte": "de puberté. Et Blanche, et Sarah Diamant,"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2461, "fin_caractere_exclue": 2503, "texte": "et Jeanne la Loufe, et celles du Rat Mort,"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2554, "fin_caractere_exclue": 2597, "texte": "un peu vieillies, mais mûres encore pour la"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2648, "fin_caractere_exclue": 2693, "texte": "cueillette, ont un brin de mélancolie en face"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2744, "fin_caractere_exclue": 2788, "texte": "de cette joie exubérante qu'elles eurent, il"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2839, "fin_caractere_exclue": 2882, "texte": "y a déjà longtemps, alors que leurs bonnets"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 2933, "fin_caractere_exclue": 2976, "texte": "volaient au dessus des moulins de la Butte."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3030, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "Défilé brillant; vertigineuse cohorte."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3119, "fin_caractere_exclue": 3159, "texte": "Pierrot, les lèvres en cœur, allumé, les"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3210, "fin_caractere_exclue": 3246, "texte": "contemple s'en allant on ne sait où."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3344, "fin_caractere_exclue": 3381, "texte": "La théorie des vierges folles sur les"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3432, "fin_caractere_exclue": 3466, "texte": "murs tendus de soie crème passe en"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3517, "fin_caractere_exclue": 3559, "texte": "silhouettes drôles. Ils les nomment tour à"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3610, "fin_caractere_exclue": 3652, "texte": "tour, puis, quand c'est fini, — à cause de"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3703, "fin_caractere_exclue": 3746, "texte": "la fatigue, — ils s'embrassent goulûment et"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 3797, "fin_caractere_exclue": 3834, "texte": "vont se coucher. 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Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs;\n  en vente partout.\n\n\n    La Jeune Belgique recommande à ses lecteurs\nle nouvel atelier de photographie EMERA\n         Montagne de la Cour,\n            le plus artistique\n                     de\n                Bruxelles.\n\n                                                                  Photographies\n                                                               d'artistes en vogue.\n\n                                           Les costumes du cortège historique\n                                                  des chemins de fer.\n\n\n   Bruxelles. — Imprimerie Félix Callewaert père,VeMonnom successeur, 26, rue de l'Industrie\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 380, "texte": "6e ANNÉE.        TOME V, N° 8.       PRIX : 60 CENT. ÉTRANGER : 75 CENT.                    1er     AOÛT 1886.\n\n\n\n\n                                              LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                           Ce soleil qui, il y a quelques heures, écrasait toutes choses de sa\n                                        lumière droite et blanche, va bientôt inonder l'horizon      occidental\n                                        de couleurs variées. Dans les jeux de ce soleil agonisant,         cer-\n                                        tains esprits Poétiques trouveront des délices nouvelles ; ils y\n                                        découvriront   des colonnades éblouissantes, des cascades de métal\n                                       fondu, des Paradis de feu, une splendeur triste, la volupte du\n                                        regret, toutes les magies du rêve, tous les souvenirs de l'opium,\n                                        El le coucher du soleil leur apparaîtra, en effet, comme la mer-\n                                        veilleuse allégorie d'une âme chargée de vie, qui descend der-\n                                        rière l'horizon avec une magnifique Provision de pensées et de\n                                        rêves.                                           BAUDELAIRE.\n\n\n                                  SOMMAIRE:\n    L'Art                                                                  MAX WALLER.\n    Airs de flûte . .                                                       SIEBEL.\n    Poèmes en prose                                                        HECTOR CHAINAYE.\n    Vieux Maîtres                                                          HENRY MÉRICOT.\n    Rembrandt                                                              JOSÉPHIN PÉLADAN.\n    Carte de visite                                                        EUGÈNE MONSEUR.\n    Toujours                                                               G.\n    Memento\n\n\n\n\n                                     'BRUXELLES\n               ADMINISTRATION :                                        RÉDACTION :\n            ,6. RUE DE L'INDUSTRIE, =6            j                80, RUE BOSQUET, 80\n\n                                           PARIS\n                         ALPHONSE           LEMERRE,               ÉDITEUR\n                                 27-or, PASSAGE CHOISEUL, n-3x.\n                                                1886\n"}, {"page_pdf": 381, "texte": "        LA JEUNE BELGIQUE\n                        REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\nparaissant  le 1er de chaque mois en livraisons de 40 pages au moins et formant au bout\n                                 de l'année un superbe volume.\n     Bruxelles : Administration,    26, rue l'Industrie. — Rédaction : 80, rue Bosquet.\n\n                            Directeur : MAX WALLER.\n                    Secrétaire de la rédaction : F. VURGEY.\n                      Administrateur   : HUBERT VAN DYK.\n\n                                    ABONNEMENTS :\n                 Belgique : 7 francs par an. — Union postale : fr. 8-50.\n             Les conditions pour les annonces se traitent à                        forfait.\n\n                               BOITE AUX LETTRES\n   126. A TOI, BAYARD! :\n             Mon premier entre dans le saucisson.\n              Mon second est la moitié de mon entier.\n              Mon troisième ne sculpte qu'une minime partie du corps.\n  SOLUTION. Mon premier c'est Vo, parce qu'on dit Volaille.\n              Mon second c'est Ver, parce qu'on dit Vermisseau\n             Mon troisième c'est Mans, parce qu'on dit Mansfeldois.\n  127. JULES G. Peuh!... très peuh !\n  128. NESTOR O. Louvain. Sourir est inacceptable et sans précédent. Vision a trois\npieds et non deux (sans précédent) ; de plus il se trouve à deux vers qui se suivent ;\n                     « Qui m'enchante,! me fascine et me rend tout timide. »\n  A treize pieds, pas de césure et une cheville.\n                     « En silence je prie, contempler c'est prier. »\n   A treize pieds et pas de césure.\n                     « Qu'elle était belle, si belle et si cruelle ! »\n   A treize pieds et pas de césure.                                            *\n                     a Qui l'eût cru? Personne pas même elle. »\n  A onze pieds.\n                       « Mais quoi ! elle pâlit, à sa bouche du sang ! »\n   A un hiatus : « quoi elle » etc., etc. Nous comptons encore huit fautes analogues;\nc'est un peu beaucoup, pas vrai?\n   12g. Aug. V. Saint-Hubert.\n                         « Une heure oublions la funeste arène\n                         Que nos cœurs meurtris ont ensanglantés. »\n  Il faut ensanglantée et alors hanté qui suit ne rime plus. C'est dommage, la pièce est\nbonne; amitiés.\n  130. Du Chat noir :\n                                     OBSTINATION.\n   Vous les avez souvent rencontrés, dans leur voiture, au Bois, mais vous ne les verrez\nplus.\n   C'est dommage, parce qu'ils constituaient à eux deux un bien joli échantillon de la\nrace Taquouère la plus pure, lui pas beau, très brun, elle très brune, pas laide.\n   Maintenant qu'ils sont retournés dans leur Guatemala, je peux bien vous le dire : ils\nn'étaient pas mariés.\n   C'était tout un roman d'amour que je vous conterai, dès que j'aurai une minute.\n   Leurs noms : le général Timéo Danaos et dona Ferentes.\n   L'aventure qui détermina le départ du général m'a paru assez piquante et point indigne\nde ma plume. La voici dans sa touchante simplicité.\n   Timéo est doué d'une énergie qui, mieux appliquée, aurait pu en faire un des hommes\nles plus remarquables de cette fin de siècle. Cette énergie se manifeste dans les plus petits\nactes de sa vie, dans ses défauts comme dans ses qualités.\n"}, {"page_pdf": 382, "texte": "                                 L'ART\n             AU DESSUS DES RÉVOLUTIONS\n\n\n                               Sous ce titre discord : L'Art et la Révolution,\n                             nous arrive une étude curieuse de l'Art Moderne\n                             sur deux livres antipodiques, l'un du prince Pierre\n                             Kropotkine : Paroles d'un Révolté, l'autre de\n                             Jules Vallès, L'Insurgé.\n                               Nous y trouvons matière, non à une nouvelle\n                               polémique — l'Art Moderne ne souffre pas la\n                               discussion passionnée — mais à un nouvel\n                               exposé de nos idées en matière d'art social.\n                     Nous ne pourrons jamais assez revenir sur les théories\n                     dont nous avons pris la défense de main ferme.\n                        Nous voulons, en outre, défendre Vallès contre les\n                     fanatiques qui veulent affilier ce grand mort à leur franc-\n                 maçonnerie, et tenons à revendiquer son œuvre et son nom\n                  au profit de la littérature contre la sociologie.\n                     En vérité, nous nous demandons quel rapport il y a\n               entre le livre de Kropotkine et celui de Vallès? entre celui\n               d'un sectaire à plaindre et celui d'un artiste à admirer?\n              Vallès a-t-il exprimé des idées sociales dans son œuvre? Non;\n          il n'a fait qu'aboyer les paradoxes que lui soufflait sa misère d'au­\n          trefois. Le jour où il cria : Mais tu nous le paieras, société bête\nqui affames les instruits et les courageux quand ils ne veulent pas être tes\nlaquais'. Va! tu ne perdras rien pour attendre! le jour où il écrivit cela,\n                                                                      21\n"}, {"page_pdf": 383, "texte": "                                     — 340 —\n\nil disait tout son système « politique » : la volonté d'être heureux', lui; de\nmanger, lui; de jouir lui ; il s'apitoie sur lui, pleure sur lui et veut venger,\nnon pas une société qu'il croit mal répartie dans le partage universel, mais\nLUI. Est-ce là de la science économique? Dans le Bachelier, Vallès raconte\nson histoire, il dépeint la vie de Bohême avec son cortège de misères hon­\nteuses, de soufflets reçus, de déboires sans nombre. Est-ce de l'art social?\nquelque chose qui soit susceptible de frapper par une portée utilitaire quel­\nconque? Mais alors, Mürger avec sa Vie couleur de rose, où toutes les\ndouleurs sont « mensongées » par une ineffable bonne humeur, était un\nréactionnaire politique; Flaubert dans l'Education sentimentale était\npresque un bourgeois repu, et les Goncourt dans Demailly, une paire\nd'aristocrates dignes des lanternes de l'Art Modernel Portée sociale. Mais\ntout a une portée sociale évidemment; la Vénus de Milo et la victoire de\nSamothrace peuvent agir sur le mouvement des idées ; en les voyant, un\nMonsieur qui avait l'intention d'aller voter, peut manquer l'heure du scrutin\net faire échouer à une voix près la candidature d'un ouvrier.\n   Vous ne connaissez pas Jules Vallès, celui dont Henri Fouquier a dit\navec une grande justesse :\n   « Vallès, grand lettré, n'eut pas le cœur-peuple. Il parlait constamment\n« de la misère, il est vrai : mais on sentait bien, même au faubourg, qu'en\n« écrivant ses articles ornés et travaillés, il regardait en haut avec envie,\n« plutôt qu'en bas avec pitié ! » (*)\n   Et si l'on veut se faire une idée de ce que fut Vallès comme sectaire, que\nl'on se rappelle la jolie anecdote de la Commune que racontait Emile\nBergerat (Caliban) dans le Figaro :\n   « On vient un jour à la place, racontait Vallès, m'annoncer une sinistre\nnouvelle :\n   « Commandant Vallès, me dit un fédéré, le citoyen Benoît vient d'être\ntué sur les remparts par un obus versaillais. Le bataillon lui fera demain\ndes funérailles pompeuses auxquelles assistera la famille. On compte sur\nun discours de vous. — Il fallait m'exécuter, quoique je ne connusse pas ce\nbrave Benoît. Qui était Benoît? Je l'ignorais absolument. Mais l'éloquence\nn'a pas été inventée pour des prunes. Arrivé au cimetière, je me dirige vers\nle bord de la tombe, et je commence. Mais j'avais totalement oublié le\nnom du héros, de telle sorte que, n'osant pas le demander à la famille, je\nm'écriai : Bertrand, adieu! Dors en paix, brave Bertrand!... Si tu avais\nvu la tête des patriotes!... Il paraît que ce Bertrand était célèbre » (**).\n\n  (*) HENRY FOUQUIER : La Sagesse parisienne,   p. 158.\n  (**) EMILE BERGERAT : Vie et aventures du sieur Caliban, p. 244.\n"}, {"page_pdf": 384, "texte": "                                         -   341   -\n\n   Voilà le socialiste. Mettez à côté l'écrivain DE LETTRES, que reste-t-il\nde ce boule-dogue qui dans la Rue de 1879 gonflait son aboiement et\ngueulait :\n    « Laissez pénétrer dans vos cafés tout l'air de la cité, si vous voulez avoir\nla grande santé et la belle fièvre du Paris nouveau ! J'entends le pas de\ncharge des idées marqué non seulement par la bottine du journaliste, mais\npar la chaussure trouée du déclassé, par le soulier ferré de l'ouvrier et même\npar le sabot du paysan » (*).\n    Oh ! le bon fatras et la bonne blague que ces mots d'enfilée, et comme\nVingtras dut en rire plus tard, lors de l'amnistie, lorsque, poing tendu,\nregard féroce, voix tonitruante, il nous disait : « Nous allons ramener un\npeu de sang en France, nom de Dieu ! et les bourgeois verront bien ! »\n    C'était à la Taverne royale, au Passage Saint-Hubert; les bocks sau­\ntèrent sur la table de marbre, nous eûmes une grosse frayeur, mais quelle\n joie ! lorsqu'il ajouta, d'une voix presque douce :\n    — Il y a encore de beaux livres à faire!\n    Les beaux livres, il les a faits, mais tandis qu'il dort dans la terre, le\n peuple attend encore ses rénovations et ses exploits.\n\n\n\n  Voilà quatre ans que l'Insurgé de Vallès est connu (**) ; c'est aujourd'hui\nqu'on le découvre sans y voir le cas « ingénéralisable » de toute autobio­\ngraphie.\n  L'Enfant, le Bachelier, l'Insurgé sont, en trois parties, l'histoire d'un\nhomme de talent — de génie presque — qui faillit être un raté. Le dénoue­\nment seul du deuxième volume est un mensonge de ces mémoires :\n   Vingtras, il s'est fait pion.\n   — Sacré lâche !\n   Eh non, Vingtras ne s'était pas fait pion, il était devenu grand écrivain,\nvivant bien de sa plume, et lorsqu'il fut porté en tombe, ce n'est pas par\nquatre officiers de la Sociale, mais par des artistes qui, ne voulaient voir\nen lui que le poète assez poète pour ne pas toucher, autrement qu'avec une\nbrutalité d'inconscient et de dévoyé, à la bonne femme démocrate.\n   L'Art moderne a l'incommensurable naïveté d'avouer ceci : Déjà nous\navons signalé le mouvement irrésistible qui ramène l'Art vers les mouve-\nments sociaux qui deviennent l'obsédante préoccupation de cette fin de\nsiècle.\n\n  (*) La Rue, 7 déc. 1879, n° 2, p. 2.\n  (**} Nouvelle Revue, mars 1882.\n"}, {"page_pdf": 385, "texte": "                                   — 342 —\n\n    Où a-t-il vu ce mouvement et cette préoccupation ? Est-ce dans les livres\nde Cladel qui se sont carapaces de mauvais style et calfatés de mince écriture,\ndepuis qu'ils socialisent, jean-patientent, kerkadecquent et n'a-qu'un-\nœillent?\n   Est-ce dans les œuvres d'un Constantin Meunier? Œuvres plastiques qui\némeuvent parce qu'elles sont belles, non parce qu'elles évoquent l'ouvrier.\nLe bourgeron et la blouse ont leur style — comme le nu,— le nu comme la\ntoge, et la toge comme le veston moderne.\n   Les mouvements sociaux, en cette fin de siècle, deviennent l'obsession des\naffamés de réclame ou des ratés de la politique; ils ont quelques travail­\nleurs sincères, mais n'en avaient-ils pas davantage sous la Révolution?\n   Aujourd'hui, en quelles mains est tombée la défense du peuple? A part\nquelques orateurs convaincus, elle n'a que des illuminés qui rêvent de se\nmettre à la tête des armées populaires, de renverser quelque chose, de\nchanger les inscriptions des lieux publics, de mettre rue Citoyen Laurent\nau lieu de rue Saint-Laurent, rue du Compagnon Népomucène à la place\nde rue Saint-Jean-Népomucène, de pendre aux coins des places les gens\nqui ont les mains propres. Cela s'est vu en 1789 et en 1871. Cela se verra\nencore, mais dire que les artistes, c'est-à-dire tous ceux qui se prosternent\nà deux genoux devant les œuvres que méprisent ces destructeurs de musées,\nont un seul instant la préoccupation de ces vilenies, de ces petitesses, de\nces cogitations inférieures, dire cela lorsque Leconte de Lisle, lorsque Ban­\nville, lorsque toute une littérature hautaine et méprisante regardent le siècle\ndu faîte de leur génie, c'est se méprendre étrangement sur les vues actuelles\nde l'art.\n    Que l'on se souvienne de la réponse des Goncourt :\n   — A quoi ça sert-il vos vers, vos ciselures?...\n   — A être beau, crétin !\n    Et cela suffit, surtout à notre pauvre époque, trop faible pour ne pas\nprendre à leur aune les préoccupations sociales. Laissons aux commissions\ncompétentes le soin d'améliorer si c'est possible, — et nous le souhaitons\n— le sort des travailleurs; laissons au progrès — oh! le mot bête! —\nle travail de la régénération et de l'éducation de ceux qui souffrent et\ngeignent, mais ce sont là besognes de Joseph Proudhon, comme disait,\nje crois, Rochefort, besognes de croyants qui se dévouent ; l'artiste n'a pas\nle temps de s'occuper à ces labeurs, il est égoïste à sa manière, si l'on veut,\net il fusillerait volontiers un million de prolétaires plutôt que de voir brûler\nles Fêtes galantes de Watteau.\n"}, {"page_pdf": 386, "texte": "                                  343\n\n   Nous avons lu les Paroles d'un Révolté du prince Kropotkine, aussitôt\n après avoir reçu l'article de l'Art moderne, et vraiment nous avons été\n renversé.\n   Vous parlez de ça dans un journal d'art? C'est vrai? Vous l'avez lu?\n   Mais qu'est-ce que cela peut avoir à faire avec la littérature? C'est torché\ndans un style de chaudronnier en délire, quelque chose comme un manuel\ndu parfait poncif. Non, mais lisez donc :\n   « A chaque grand événement de l'histoire correspond une certaine évolu­\ntion dans la morale humaine. Certes, la morale des égaux n'est pas la\nmême que celle du riche charitable et du pauvre reconnaissant. A un nou­\nveau monde il faut une nouvelle foi (patatras!) Qui remplacera la foi naïve\nsi ce n'est l'individu libre? (attrape!) »\n   Je cite encore :\n   « Il y a des époques dans la vie de l'humanité, (bing!) où la nécessité\nd'une secousse formidable, d'un cataclysme qui vienne remuer la société\njusque dans ses entrailles (ça y est!) s'impose sous tous les rapports à la\nfois (bone Deus!). A ces époques, tout homme de cœur (ohé!) commence\nà se dire que les choses ne peuvent plus marcher ainsi (ave, littérature !)\nqu'il faut de grands événements qui (bis) viennent rompre brusquement le\nfil de l'histoire (neuf!) jeter l'humanité hors de l'ornière où elle s'est\nembourbée (paf!) et la lancer dans des voies nouvelles (oh! l'idiot!).\n   Il y en a comme cela 342 pages moins un peu de place — la bonne —\npour le mot : Fin. On dirait le Petit Savoyard tiré à 342 exemplaires ou\nle Forgeron de la... guerre seringue dans un irrigateur. Mais de la litté­\nrature ! de l'art ! du style ! mais quelque chose de neuf! Ouvrez le Peuple,\nouvrez la Réforme, tous les jours ils refont le bouquin du prince Kropotkine\n— en mieux, et ce n'est même pas un compliment !\n\n                                   **\n  Pauvre Vallès ! le comparer à Kropotkine, c'est une violation de cadavre.\nLa justice informe.\n                                      **\n   « Le temps n'est plus aux chansons, dit l'Art moderne ». Il esta cela,\nau contraire. Chantons, d'une voix très haute et très douce, pour couvrir le\nmurmure des masses, affamées non tant de pain que de gloriole, parfumons,\nen balançant nos encensoirs ciselés, l'atmosphère empestée par la puanteur\npopulaire, et s'il fout qu'un jour l'aristocratie artiste soit écrasée par les\nsouliers à clous des ouvriers, des ignorants, des misérables, qu'elle ait sur\nles lèvres le sourire qui dédaigne et dans les mains, ouvertes en un « geste\n"}, {"page_pdf": 387, "texte": "                               — 344 —\n\nauguste de semeur » les œuvres qui sont belles pour être belles et durent\ncomme le ciel et comme les étoiles.\n                                                     MAX   WALLER.\n\n\n\n\n                   AIRS DE FLUTE\n                                  XIX\n                            SANS F L U T E\n                II s'est traîné jusqu'à l'église,\n                Le vieux prêtre du Sacré-Cœur,\n                Et, les yeux tournés vers le chœur,\n                Pieusement il agonise.\n\n                Les flammes des cierges ont l'air\n                De larmes d'or piquant de l'ombre ;\n                Tandis qu'en la nef il fait sombre,\n                Dans l'âme du prêtre il f ait clair;\n\n                Le vieillard, les mains jointes, prie\n                Pour les vierges qui ne sont plus,\n                Pour les cœurs chastes qu'il a lus;\n                Et c'est comme une rêverie,\n\n                Tous ces aveux qui n'osent pas,\n                Ces confessions qui frémissent...\n                Depuis trente ans ses mains bénissent,\n                Ses lèvres absolvent tout bas;\n\n                Il aimait les pensionnaires\n                Qui lui confiaient leurs secrets;\n                Quelques-unes, à longs regrets!\n                Depuis, sont mortes poitrinaires !\n\n                Il les aimait, le confesseur,\n                Et c'était sa blanche famille,\n"}, {"page_pdf": 388, "texte": "                                    -   345    -\n\n                  Il disait aux unes : ma fille !\n                  Aux autres il disait : ma sœur!\n\n                  Il murmurait : soyez bénies\n                  Mes enfants, mais pour vous punir,\n                  Récitez avant de dormir\n                  Deux pater et trois litanies.\n\n                  Et c'est à lui d'aller en paix\n                  Loin des brebis immaculées,\n                  Vers les profondeurs reculées\n                  Où voguent les azurs épais.\n\n                 Vers les azurs où sont les âmes\n                 Dans les paradis éclatants,\n                 Et dont les doux yeux, au printemps,\n                 Sont étoiles au ciel en flammes.\n\n                 Dans l'église du Sacré-Cœur,\n                 La nuit douloureusement tombe,\n                 L'obscurité comme une tombe\n                 Met son couvercle au fond du chœur.\n                                                                    SIEBEL.\n\n\n\n\n                 POEMES EN PROSE\n                                LES INVITÉS\n\n               ne fine pluie lumineuse tombe paresseusement dans la chaude\n                et blanche poussière des chemins qui n'ose la boire. La pous­\n                sière étincelle. Le vent trop recueilli, trop faible pour inquiéter\n                les brindilles de la plaine, chante dans les feuilles qui\nbruissent, se soulèvent d'elles-mêmes, n'osant résister à la faiblesse du vent.\nLes arbres frissonnent d'harmonies. Les derniers rayons fatigués, tristes,\nreligieux, filtrent à travers les épaisses tentures des fenêtres, qui n'osent les\nen empêcher, tant ils sont fatigués, tristes, religieux. Et le salon, plein\nde rêves soyeux, où je me trouve seul, s'éclaire de dormantes clartés,\ncomme un autel, sous de hauts vitraux magiques.\n"}, {"page_pdf": 389, "texte": "                                  — 346 —\n\n   Le tapis moelleux trouve le parquet très lisse, et lui donne de silencieux\nbaisers de ses franges frémissantes. Les lourdes chaises, les fauteuils plus\nlourds, aux silhouettes sévères, n'osent appuyer, craignant de faire mal au\ntapis, au parquet. La lumière, qui le jour a su pénétrer dans les grands\nvases de l'étagère et se glisser dans les fleurs des bouquets, n'ose en sortir\nmaintenant que le jour s'éteint ; l'ombre l'épeure vaguement, et puis les\nvases sont de si doux reposoirs, les calices de si doux nids. Et à travers le\ncristal prismatique, et à travers les corolles embrasées de phosphorescences,\nla lumière regarde la nuit qui s'étend sur le tapis moelleux et le parquet\ntrès lisse. L'horloge s'est arrêtée, elle n'ose faire du bruit, et veut oublier\nque le temps passe.\n   Et je n'ose bouger. Cependant je devrais sortir, ma place n'est pas ici.\nAi-je été convié? Et à mesure que le jour se retire, un personnage d'ombre\nentre mystérieusement, s'assied sur une chaise ou prend un fauteuil. Et les\ninvités font cercle, ils se parlent. Le tapis comprend, l'horloge écoute. Oh !\npourquoi suis-je homme? Je ne puis soupçonner leur conversation, je suis\ntrop brutal pour deviner leur âme d'infinie tendresse. Si je parlais ils s'en­\nfuiraient, si même je leur disais de ma voix la plus caressante — « restez, je\nvous en supplie, restez » — ils partiraient, tant ma voix leur semblerait\ngrossière. Et je le sens, ma présence les gêne. Et cependant, je ne bouge\npas, je n'ose...\n\n\n\n                                 LES AMIS\n\n   Perdu dans la nuit, un voyageur frappe à la porte d'une chaumière.\n   « Ouvrez, dit-il, je grelotte, de la fumée s'élève du toit; ouvrez, que\nje me réchauffe au foyer. »\n   Une voix lui répond : « Malheureux, continue ta route, dans ma chau­\nmière il fait plus froid qu'au dehors. Tu ne peux voir de fumée, mon foyer\nest sans feu ».\n   Et le mendiant : « Ouvrez, dans l'atroce obscurité des monstres me pour­\nsuivent, qui en veulent à ma vie. Ils vont m'atteindre. Mon cerveau divague\nd'effroi. De la lumière glisse sous votre porte ; ouvrez, que mes yeux se\nreposent de leurs troublantes visions à la lueur calme de la lampe ».\n   « Visionnaire, ma chaumière n'est pas éclairée. C'est ton imagination\naffolée qui allume une raie de lumière sous la porte, comme elle crée des\nchimères dans le ciel vide. »\n   « Sans âme ! vous me laisserez donc tuer ! Les monstres approchent à\n"}, {"page_pdf": 390, "texte": "                                  — 347 —\n\ntravers le vent! Cependant votre voix me dit que vous êtes charitable.\nOuvrez, je n'ai plus d'espoir qu'en vous, mon frère! »\n   « Pauvre perdu, est-il bien vrai que tu voies de la fumée s'échapper du\ntoit, et de la lumière filtrer sous la porte? Regarde encore, ne te trompes-tu\npas ? »\n   « Je vous le jure, j'ai bien vu. »\n   « Puisqu'il en est ainsi, pardonne-moi, mon frère. J'ignorais jouir de ce\nbien-être. Entre et partageons. »\n   Mais il n'y avait ni feu, ni lumière.\n   « Tu m'as trompé, dit aussitôt le voyageur. Ton foyer est aussi froid\nque le seuil du mauvais riche, et je me crois aveugle tant il fait noir. »\n   L'autre lui répondit alors : « Pourquoi es-tu venu frapper à ma porte,\npourquoi m'as-tu parlé de feu et de lumière, pourquoi m'y as-tu fait\ncroire? Avant ton arrivée, je ne connaissais que le froid et la nuit. Mainte­\nnant, je désire plus que toi le feu et la lumière. Tu m'as rendu malheu­\nreux ».\n   Et à bout de reproches, ils se turent, ayant plus peur de leur voix\namère, que du froid, et de l'ombre, et de la tristesse du ciel.\n\n                       LA LUNE VENGERESSE\n\n   La nuit était fatalement dramatique.' La lune se tenait cachée. D'impéné­\ntrables ténèbres emplissaient la forêt. Le vent n'osait la parcourir, et cepen­\ndant les arbres grelottaient de peur ; et, chassées par la frayeur, les bêtes\ns'enfuyaient.\n   L'homme s'avança.\n   Les arbres lui dirent : « Recule, malheureux ».\n   Le vent essaya de l'arrêter.\n   L'homme, ne voulant pas avoir peur, entra dans la forêt.\n   Mais subitement il frissonne d'effroi, lorsqu'il entend au loin le vent\nchanter lugubrement comme s'il va mourir.\n   Il regarde. De sombres géants l'enveloppent. Terrible, il se rue sur eux,\net de sa hache les abat. Les formidables ennemis tombent sur le sol avec de\nlongs bruits sourds.\n   Quand il les a tués, il se voit cerné par d'innombrables yeux phospho­\nrescents qui lui reprochent son crime.\n   Il s'élance sur ces nouveaux ennemis qui meurent en poussant des cris\nterribles.\n   Quand il les a exterminés, le vent s'élève furieux et lui crie : « Tu viens\n"}, {"page_pdf": 391, "texte": "                                  — 348 —\n\nd'abattre la forêt, plus un arbre n'est debout! Tu viens de massacrer les\nanimaux ! Tu en veux donc à toute la nature ! »\n   Et, sans répondre, l'homme se jette à travers le vent, croyant le tuer.\n   Mais, augustement vengeresse, la lune sortit du ciel en courroux, et, sans\nregarder l'homme, le transperça d'un rayon.\n\n\n                        T O U T E S LES LARMES\n\n   Emu des plaintes qui s'élevaient jusqu'à lui, Dieu dit à l'ange des\ndouleurs de descendre en hâte sur la terre et d'apprendre pourquoi les\nhommes gémissaient tant.\n   L'ange partit et bientôt revint.\n    « Seigneur, dit-il, je n'aurais pu me souvenir de tous les maux des\nhommes, si je ne m'étais fait ce chapelet. Et montrant un lourd chapelet\nde larmes cristallisées, il l'égrèna, et conta toutes les larmes — larmes de\nl'homme à sa naissance et à sa mort, larmes des enfants, larmes des mères,\ndes vieillards, larmes des malades, larmes des amants ; larmes d'amour, de\ncolère, de repentir, de désespoir, de haine ; larmes incomprises que verse\nl'assassin en l'amour de l'homme qu'il va tuer — toutes les larmes. »\n   Dieu pleura comme son fils au Calvaire.\n   Et l'ange des douleurs lui dit : « Seigneur, vous pleurez pour les\nhommes ; et cependant les hommes vous ont tué en eux, vous leur Père, et\nils ne vous pleurent pas. »\n\n\n                            LA FIN DU MONDE\n   Les parfums :\n   « Oh! pourquoi sommes-nous enfermés dans les fleurs, derrière les\nlourds pétales? Pourquoi nos prisons s'entrouvrant, un magnétisme fatal\nnous retient-il invinciblement à la terre ? Seigneur, laissez-nous remonter au\nciel, derrière le soleil, d'où vous nous avez chassés! Si, pour un crime\nignoré nous avons mérité notre déchéance, par nos douleurs nous méritons\nd'être rappelés à vous. Nous haïssons cette vie matérielle, les fleurs sirudes,\nles pesants papillons. Nous aviez-vous créés pour la terre? Oh ! nous élever\nlà-haut ! glisser entre deux chants d'église ! »\n   Les sons :\n   « Oh! pourquoi sommes-nous attachés à la matière? Le vent nous\nentraîne dans ses courses affolées, la mer nous dispute au vent. Nous\nrestons suspendus aux lèvres des hommes qui nous font mentir à leur âme.\n"}, {"page_pdf": 392, "texte": "                                   — 349 —\n\nLes moindres choses ne peuvent se mouvoir sans nous rappeler à notre\nesclavage. Et l'écho nous répercute, prolonge notre martyr. Seigneur,\nrappelez-nous dans votre royaume. Avez-vous créé les sons pour les donner\nau monde? Nous haïssons cette vie matérielle, la terre imparfaite où le\nmystère étouffe sous la chair. Les sons ne doivent appartenir qu'au ciel.\nOh! remonter là haut ! glisser dans les lumières trépidantes. «\n   Les lumières :\n   « Oh! pourquoi sommes-nous précipitées des astres sur le monde?\nQuitter le ciel pour tomber à la matière ! Eclairer la terre et l'éclairer toute !\nSeigneur, nous avons tant souffert, d'avoir connu le monde, et de lui avoir\ndonné de se connaître. Rappelez-nous près de vous. Nous haïssons cette\nvie matérielle, et les hommes qui ne voient en nous que lumières. N'avons\nnous pas été créées pour votre royaume. Oh ! remonter là-haut, glisser au\nmilieu des formes célestes ! »\n   Les formes :\n   « Oh ! pourquoi sommes-nous condamnées à envelopper, à modeler la\nmatière ? Devoir emprisonner les choses et les êtres, alors que nous vou­\ndrions leur échapper ! Les formes ont été créées pour le royaume fluidique..\nSeigneur, rappelez-nous. Nous haïssons cette vie brutale, la matière qui\ncroit les formes matérielles, et ne pénètre pas notre essence divine. Oh !\nremonter au ciel, au milieu des esprits. »\n   Les esprits :\n   « Oh ! pourquoi sommes-nous emprisonnés dans les choses. Seigneur,\nne nous laissez pas souffrir plus longtemps. Vous nous aviez envoyés sur la\nterre pour l'animer de votre souffle, la terre nous étouffera. Nos douleurs\nsont les vôtres, puisque nous participons de vous, Principe créateur. Rap­\npelez-nous de l'exil. Nous haïssons cette vie matérielle, et les hommes qui\nne croient qu'à la chair. Oh ! remonter au ciel, au milieu de parfums, des\nsons, des lumières, et des formes divines ! »\n   La Terre :\n   « Seigneur, délivrez-les. Ils ont assez souffert. »\n\n                                                     HECTOR CHAINAYE.\n"}, {"page_pdf": 393, "texte": "                        — 350 —\n\n\n\n\n           VIEUX MAITRES\nIls dorment dans la paix des grandes galeries,\nSuperbes ouvriers que possédait leur Art.\nChacun d'eux ne quittait ses toiles que bien tard,\nOublieux de la gloire et des palmes fleuries.\n\nIls trouvaient le bonheur chez eux dans la maison\nCalme, où, vivant leur vie humble et laborieuse,\nIls élevaient sans bruit l'œuvre silencieuse,\nEt le bout de l'enclos fermait leur horizon\n\nMais la grande chimère illusionnait ces âmes !\nDes poèmes divins naissaient sous leurs pinceaux ;\nEt vieux saints chevelus, et vierges aux roseaux\nJaillissaient de leurs fronts, nimbés d'or et de flammes.\n\nC'était aussi, vêtu de somptueux brocart,\nLe portrait triste et doux d'une patricienne\nQue le sang appauvri de sa race ancienne\nFaisait mélancolique et vivant à l'écart.\n\nOu bien encore de grands et sobres paysages ;\nLe moulin et l'étang auprès du seuil natal,\nOu, sous l'armure lourde et de luisant métal,\nQuelque reître flamand témoin de rudes âges.\n\nO Maîtres ! vous gardiez pour d'austères amours\nVotre âme que l'élève ouvrait comme un beau livre;\nEt quand venait la Mort, votre âme allait revivre\nDans la hautaine paix des radieux contours !\n\nAh! ceux qui parmi vous dans la splendeur des marbres\nVaillants, avaient tordu leur rêve surhumain,\nCeux-là qui s'endormaient le ciseau dans la main,\nAvec respect, on les couchait sous les grands arbres.\n                                       HENRY    MÉRIOT.\n"}, {"page_pdf": 394, "texte": "                                 — 351 —\n\n\n\n\n                        REMBRANDT\n               Aupremier aspect, la Hollande paraît plate et terne; les\n                 Hollandais apathiques et grotesques. Cependant une profonde\n                 poésie sommeille dans cette nature calme et grise; de belles\n                âmes habitent ces corps lourds.\n   Elle n'est pas sans grandeur, cette contrée dont l'existence même est une\nperpétuelle victoire sur la mer, qui menace sans cesse de faire ses habitants\nBataves et ichthyophages. Ils ne sont pas sans valeur, ceux qu'on appelle\nErasme, Spinosa, Grotius, Koornshert, Dathenus, le Taciturne et Sainte-\nAldegonde.\n   Tout un monde de lyrisme était là, à l'état latent et comme à découvrir.\nIl fallait, pour l'honneur du pays de Hooft, de Cats et de Vondel, qu'un\ngénie vînt, qui lui fît prendre corps. Ce génie ce fut Rembrandt.\n   Tous les chants sublimes qui se taisaient sous une brume de prose, il les\na fait jaillir, étincelants ou sombres, de son pinceau sur la toile, de son\nburin sur le cuivre. Rembrandt est l'Homère de la Hollande.\n   Sous sa main, les saules et les peupliers rêveurs défilent en montrant le\nciel ; les canaux déroulent leur ruban d'acier moiré ; les moulins agitent\nleurs grands bras dans le vide; et les plaines monotones se mettent à fuir,\nchantant l'hymne des horizons sans fin, des tristesses sans but, de la mélan­\ncolie infinie. Il mêle le merveilleux à la nature, fait pousser ses nuages par\ndes lutins et sans amincir ses bourgmestres poussahs, il les monte jusqu'au\nstyle par le caractère. Il dégage la beauté morale de la chair épaisse qui en\nest la gangue et la peint à fleur de peau, en projetant une lumière qui\néclaire l'être intérieur.\n   Rembrandt est le grand poète du pays des tulipes et des polders. Nim­\nbant de mystère la laideur, drapant de sérieux le trivial, atteignant le\nsublime par l'étrange, il a fait la Hollande épique.\n   A travers sa nébuleuse patrie dont il est la note suprême, il a vu l'éternel\nhumain. Il est de cette race d'Immortels qui renferme en quelques hommes\nla synthèse de l'idéal, et où un seul nom dit tout un côté de l'art.\n   L'individualisme n'a pas de représentant plus absolu. Il est lui, ipsissi-\nmus et en toute rencontre. Loin de se plier au sujet, il le plie à sa fantaisie\net modifie tout ce qu'il peint selon sa propre personnalité. C'est pour lui\nque cette définition de l'art semble être écrite « homo additus natura ». Il\n"}, {"page_pdf": 395, "texte": "                                  — 352 —\n\ns'ajoute, en effet, à la nature en la transfigurant, et son œuvre est le reflet\nde son âme.\n   Par son sentiment rentrant, concentré, sans expansion, il est aussi\nprotestant que l'épanoui, l'exubérant Rubens est catholique. Il tient aussi\nau moyen-âge, par son enchâssement du beau moral dans le laid physique.\nLes Quasimodo, les Triboulet, les Sachette, les Giliatt semblent sortir de\nson oeuvre. Il est recueilli, profond, insaisissable. Il saute aux yeux, non\nau cœur. Il faut faire comme antichambre devant sa pensée, et la commu­\nnion intellectuelle établie, vous vous sentez mal à l'aise, anxieux, et, ce\nsemble, oppressé. Il vous force à vous replier sur vous-même et vous laisse\ndans l'esprit quelque chose de ses noirs si profonds.\n   En sa qualité d'anabaptiste ou plutôt de mennonite, il ignore la grâce. A\nce point que je ne connais dans tout son œuvre qu'une figure de femme\nqui soit belle. Son mépris ou son ignorance de l'élégance va si loin que\nmême dans les Sujets libres, dans le lit à la française et la femme aux quatre\nbras, il ne peut rendre la note voluptueuse qui en ressort. Les belles\neurythmies du corps humain sont lettres mortes pour lui. Hors des règles,\nhors du goût, hors des traditions, sans filiation aucune avec ses devanciers,\nil est une anomalie dans cette école hollandaise, si bourgeoise, si bon­\nhomme.\n   Ce qui caractérise surtout Van Ryn, c'est un mélange perpétuel et anti­\nthétique d'une réalité qui passe le trivial et d'une poésie qui va au fantasti­\nque. Cela vit et cela tient du rêve : du rêve et du cauchemar.\n   Au lieu d'être noble il est expressif. A la place du style, il met le senti­\nment, et ce que perd l'idéalité, le pittoresque le gagne. La grande nature\ndes pays froids, chante dans son œuvre, humide et sombre. Il l'a rendue\nhéroïque en la faisant pensante et s'est sauvé du bas par l'étrange.\n   Le temps naïf n'est plus où l'on intentait aux maîtres des procès archéo­\nlogiques. Il est convenu que Van Ryn, sous les rubriques de la Bible, n'a\npeint que des juifs d'Amsterdam, des ribaudes de Leyde, des portes-balle;\nou plutôt, grand Coësre de l'art, il a ouvert tout grands ses cadres à la\nCour des Miracles. Ses personnages ont l'air de gens de la petite flambe et\nde la courte épée, de courtauds de boutage. Cagoux et archi-suppôts,\npiètres et rifodés, marcandriers et malingreux, francs-mitoux et coquillards,\ncollots et hubains, sabouleux et drilles, grouillent dans son œuvre, comme\ndans un Panthéon et la truanderie.\n   Il serait du reste, grand dommage de noyer d'ombre des formes pures et\nparfaites, et Rembrandt, qui ne vise qu'à l'effet expressif, sacrifie toujours\nune moitié de sa toile aux ténèbres pour inonder l'autre de cette chaude\n"}, {"page_pdf": 396, "texte": "                                  — 353 —\n\nlumière d'or qui manque à la Hollande et qu'elle ne peut contempler que\nsur les panneaux de son premier peintre.\n    C'est la mission du ge'nie d'être le réalisateur, ou du moins l'interprète\ndes aspirations de son milieu. Or, la Hollande toute emmitoufflée de brouil­\nlards, se tourne comme l'héliotrope vers le soleil. Depuis que ses colonies\nasiatiques lui ont envoyé dans les plis de leurs étoffes féeriques, les reflets\nde la clarté splendide de Ceylan, elle aspire à la lumière par un effort\ndésespéré.\n    Aussi Van Ryn ne cherchera-t-il et n'atteindra-t-il que cela, et ce sera\nsa magie. Comme André Guignet, qui a peint l'Egypte sans l'avoir vue, il\neut une divination confuse du soleil de l'Inde. On dirait d'une « réverbéra­\ntion » de Java sur Amsterdam.\n    Presque seul des peintres Néerlandais, Van Ryn a traité les grands sujets\nbibliques, et il l'a fait avec une telle exactitude topographique qu'il paraît\navoir passé sa vie en Palestine. La grotte de Béthanie, où fut enseveli\nLazare, semble faite d'après nature, et je crois fermement qu'il eut entre les\nmains l'album de quelque artiste voyageur.\n    On a beaucoup parlé de la foi de Van Ryn : elle est grave, triste, émue,\nmais elle n'a pas d'ailes. Dieu s'est fait homme, Rembrandt le fait gueux.\nVoyez l'Ecce homo de Vienne et le Noli me tangere, où le Christ est un\nvrai jardinier appuyé sur sa bêche et coiffé d'un véritable chapeau de paille.\nAu lieu de l'œil mystique du saint, Van Ryn n'a que l'œil simple. Il oublie\nque Dieu est le sommet des aspirations humaines, et que celles-ci, dans leur\ngravitation ascendante, ne peuvent se rapprocher de lui qu'à force d'idéal.\nLe Christ de Léonard et de Raphaël tient trop à la nature divine ; il veut le\nsien bien humain, bien réel. Or, tout réalisme est une impuissance. On ne\nreste pas sur terre quand on peut s'envoler au ciel.\n    Il n'est pas de maître qui ait pris plus de soin de conserver son image à\nla postérité. Sans compter bon nombre de ses personnages qui ont un grand\nair de famille avec lui, il s'est pourtraituré à tous les âges, avec une com­\nplaisance singulière et dans les accoutrements les plus divers. Tantôt, il se\nprésente en cavalier, la plume au feutre, le hausse-col au cou, tantôt\nembossé dans sa cape et toque en tête, ou bien le sabre au poing. Dans un\ntableau de Dresde, il s'est peint, l'œil allumé, la lèvre luxurieuse, le verre\nen main et embrassant sa femme Saskia qu'il tient assise sur ses genoux.\nMais qu'il se cravate d'une fraise godronnée ou d'une collerette de dentelle,\nc'est toujours la même face triviale et puissante où la couperose du teint\nmet ses rehauts vermillonnés. Sa rutilante chevelure rousse s'éparpille\n frisée; ses petits yeux pers plongent dans les vôtres. Le front est bien celui\n des imaginants purs.\n"}, {"page_pdf": 397, "texte": "                                  — 354 —\n\n    Chenavard, l'extraordinaire penseur des fameux cartons de Panthéon,\n ce peintre qui ne peint pas, cet idéologue palingénésien qui égale à lui seul\n Pierre de Cornélius, Kaulbach et toute l'école catholique de Dusseldorf, a\n toujours dédaigné d'écrire. Heureusement Gustave Planche a été sa boîte\n aux lettres ; et le critique grincheux de la Revue des Deux-Mondes a voulu,\n on ne sait pourquoi, faire de Rembrandt l'Harpagon de la peinture. Har­\n pagon, cet artiste qui se ruinait en objets d'art, et qui est mort insolvable.\n Harpagon ! lui qui couvrait de bijoux sa femme Saskia Van Uyleng, au\ngrand scandale des bourgmestres. Charles Blanc a anéanti cette inculpation\ndans son admirable ouvrage sur le peintre de la Ronde de nuit.\n    En dépit de cet individualisme qui le menait à celluliser ses élèves, de\npeur que leur originalité ne s'émoussât par le travail en commun, Van Ryn\npoussait assez loin l'éclectisme du goût, lorsqu'il s'associait avec Pierre de\nla Tombe pour acheter à demi un Giorgione, un Raphaël. Comprenait-il\nl'immortelle antiquité et l'harmonie italienne? Non. Il est du moyen-âge.\nSes antiques sont des curiosités. Son atelier, pandémonium de bric à brac,\nest percé de tous côtés, et à toute hauteur, de nombreuses fenêtres, ce qui\nlui permet d'éclairer son modèle à sa guise.\n    Ce réformé est fou de luxe et de couleur. Il entasse les étoffes cha­\ntoyantes et ramagées, les brocarts et les orfrois, les kriss malais et les yata­\ngans filigranes aux pommeaux constellés de pierreries. Il ne recherche que\nla rutilance, la luxuriance, la truculance et le bizarre par dessus tout ! A le\nvoir s'entourer de tout ce qui vient de l'Orient, « il semble », me disait un\ncritique très connu pour ses paradoxes et sa croyance à la métempsycose,\n« il semble que, dans ses avatars, Van Ryn ait été un Hindou ; comme\neux, d'une grande douceur, puisque la secte à laquelle il appartenait, celle\nde Simon Mennon, qui s'intitulait chrétien, sans défense, et puis... cette\nlumière qu'il mêle à sa brume, cette lumière ne peut être qu'un ressouvenir\nde ses existences antérieures ».\n  . La vie du Christ, ce poème si sublime que tous les lyrismes deviennent\ndes proses en y touchant, avait eu ses trois pages surhumaines dans le\nCenacolo, le Spasimo et la Transfiguration, les trois grands coups d'ailes\ndu pinceau italien.\n    Rembrandt, qui avait les instincts iconographiques d'un saint Cyrille,\npeignit degrosses paysannes du Kalverstraat pour des Marie, des maritornes\npour des Magdeleine, des gueux pour des apôtres. — Qu'on se figure une\nscène religieuse de Van Ryn gravée au simple trait! Mais s'il n'avait pas\nl'idéal, il avait le clair-obscur et le sentiment de la nature. Avec ces deux\nchoses, il a écrit, lui aussi, le drame trois fois saint qui se déroule de la\n"}, {"page_pdf": 398, "texte": "                                  — 355 —\n\n crèche de Bethléem au gibet du Golgotha; il l'a écrit avec du jour et de la\n nuit, il l'a commenté avec des paysages. — Le paysage est sa poésie, et ses\nfonds les notes vives de ses poèmes.\n   Dans la Crucifixion, où les bourreaux semblent des Esquimaux habillés\nà la turque, où est la poésie? Elle est dans ce rayon éblouissant qui descend\nsur le divin crucifié, en déchirant les ténèbres, comme un baiser de clarté,\nde Dieu le père à Dieu le fils. Elle est dans cette nature où le nuage pleure,\noù le vent se lamente, où l'ombre s'effare, où l'air se désole.\n   Tandis que les Italiens, plus près de l'homme, font tout exprimer aux\npersonnages et comptent pour peu leurs fonds, Van Ryn, plus près de la\nnature, néglige ses figures; sa pensée est au troisième plan. Il associe toute\nla nature à la suprême tragédie du Calvaire, et l'effet produit est tel que les\nlaideurs s'évanouissent et que l'émotion naît, poignante et profonde. Dans\nses Ascensions, le Sauveur rayonne divinement : la lumière vient de lui,\nqui vient du ciel et y retourne. — Quelle clarté de foi dans ses Résurrec-\ntions ! Il rend le miracle visible, a dit Charles Blanc, dont l'Histoire des\npeintres est « la Somme » de la critique d'art. Comme il a compris le côté\nmerveilleux du christianisme dans ce siège vide et rayonnant des Pèlerins\nd'Emmails, et quel chef-d'œuvre du fantastique religieux que ce grand Christ\nqui élève les mains dans la Résurrection de Lazare, tandis que son ami se\nsoulève à sa voix, encore enveloppé du linceul. Quelle variété d'effets de la\ntorche des Nativités, de la lanterne des Fuites en Egypte, jusqu'à cet\nhymne du crépuscule qu'on appelle le Bon Samaritain du Louvre ; jusqu'à\nces Philosophes méditant, tandis que dans la pénombre, leurs femmes font\nle ménage : ce qui a inspiré à Michelet une démonstation du bonheur con­\njugal.\n   Il est peu de maîtres, même italiens, qui entendent aussi bien l'ordon­\nnance d'un tableau. Ses compositions sont toujours d'une admirable unité\nd'effet et d'action. Le piètement et la mimique de ses personnages sont\ntoujours la nature même. Mais sa chose, c'est la lumière. Il la manie à\nson gré. Au contraire de Rubens, imitateur des Vénitiens, qui emploient\nplusieurs lumières subordonnées, Van Ryn n'a jamais dans sa composition\nqu'un seul foyer lumineux dont il sait distribuer les rayons comme nul\nautre. Il les veut éclatants ; aussi les condense-t-il pour les projeter brus­\nquement à travers son bitume, comme du battant brusquement ouvert\nd'une lanterne sourde. Il transfigure ainsi toutes les trivialités de ses\nformes, comme le soleil tombant sur un tas de paille en fait un tas d'or, sur\nune goutte d'eau, la change en diamant. Exemple : l'eau-forte du Cochon\nmort dont Baudelaire s'est souvenu en écrivant la Charogne. Il n'y a, en\n"}, {"page_pdf": 399, "texte": "                                   — 356 —\n\n somme, que trois personnages dans tout l'œuvre du maître : la lumière et\n l'ombre qui luttent, et la nature qui s'associe à l'action, comme le chœur\n antique, par une splendide symphonie, où, de la foudre à l'arbre, tout fait\n sa partie.\n    L'antiquité veut le plasticisme, exige le style, réclame la noblesse ; elle\n ne s'accommode pas du beau moral comme l'art moderne. Aussi, lorsque\n Van Ryn a touché aux belles fables Ioniennes s'est-il fourvoyé. Fait-il ren­\n contrer Diane et Endymion, il est impossible de mettre plus de vie dans\n plus de laideur. La Danaë de l'Ermitage n'eut pas même séduit Duclos.\n Dans son Enlèvement de Ganymède, le bel éphèbe est un poupard criard\n et pleurard qui, tandis que l'aigle Olympien l'emporte par un pan de sa\n chemise, se laisse aller à travers l'espace à ce que fait le Manneken-Pis de\n Bruxelles, la Vache de Potter et certains ivrognes de Teniers.\n    Si nous venons maintenant aux scènes domestiques, quel repentir dans\n son Retour de l'Enfant prodigue ; que de confusion dans la Femme adul-\n tère; quelle belle page morale que son Ménage du menuisier et quelle\n vérité d'accent dans le Duc de Gueldre menaçant son vieux père.\n    Une partie de la notoriété dont a toujours joui Rembrandt vient de ses\n inimitables eaux-fortes. Elles valent ses toiles en un sens ; car on peut faire\n du clair-obscur avec du blanc et du noir : le clair-obscur n'étant que\n l'entente de l'intensité lumineuse des diverses parties d'un tableau.\n    A l'inverse des peintres graveurs, Albert Dürer et Marc Antoine, qui ont\n été dépassés, Rembrandt est resté sans partage le roi des aqua-fortistes, et\n Piranèse seul l'a suivi de près par ses hallucinations architecturales. Rien de\n curieux comme d'étudier certaines séries du graveur de la Pièce aux cent\nflorins, sur le même sujet. Comme la nature, il peut s'égaler, mais il ne\n peut se répéter sans devenir inférieur à lui-même. On suit les formes et la\n gradation de sa pensée : tantôt du griffonnement elle va à l'achèvement,\n tantôt, comme dans l'Ensevelissement, la première planche est précise;\n puis dans les suivantes tout va s'affaiblissant, et dans la dernière, il n'y a\n plus que le silence de la mort et l'ombre du tombeau.\n    La hauteur d'une œuvre, est en raison de l'infini qu'elle contient. C'est\n ce critérium, le seul absolu, qui place si haut dans la hiérarchie de l'art,\n Léonard et Rembrandt qui en sont les deux pôles.\n    Tandis que Vinci, le plus grand génie des temps modernes, met le sou­\nrire sphinxique de Monna Lisa la florentine, sur les lèvres grecques de\nsaint Jean, Van Ryn, privé de la forme plastique, sait mettre cependant\ndans une bouche entr'ouverte, dans la fixité d'un regard, ce sentiment\nmoderne si profond, si complexe, si plein de sous-entendus et de réticences\n"}, {"page_pdf": 400, "texte": "                                  — 357 —\n\nsi chargés d'émotions cachées et de pensées au repos. Dans la manière\nd'ombrer et de modeler les têtes, le gentilhomme et le manant de l'art se\nrencontrent encore.\n    « Chez les primitifs l'incorrection est poétique, parce qu'elle est une\nforme naturelle et parlante de l'émotion », a dit Georges Lafenestre, le\ngrand critique des Ecoles Lombardes. Rembrandt, avec son faire tour­\nmenté de décadent, n'a pas cette excuse. Sa ligne est agissante, mais incor­\nrecte. Son contour tourne bien à l'œil, mais il est parfois difforme. Le\nmoindre profil est vivant, mais vulgaire. Ce qui est sans égal chez lui, c'est\nle modelé; on n'en imagine pas de plus puissant. Une anecdote en sera la\npreuve. Van Ryn avait une servante très bavarde ; il la peignit un jour dans\nsa pose habituelle et adapta avec soin la toile au châssis de la fenêtre. Aus­\nsitôt toutes les commères du quartier de s'arrêter et de parler à la servante\nqui cette fois ne répondit point.\n    La distribution de la lumière, voilà le grand secret que personne n'a pu\nlui ravir, voilà ce qui donne tant d'étrange sublimité à son Sacrifice\nd'Abraham, à son Ange de Tobie, disparaissant. C'est le principal person­\nnage qui est d'ordinaire le point lumineux, comme dans son Adoration des\nMages, comme dans ses Crèches, où l'enfant Dieu éclaire jusqu'aux anges\neux-mêmes.\n    Quant à son coloris, qu'en dire pour qui a vu ce Bœuf éventré que son\npinceau a changé en un écrin de pierres précieuses! Il peut faire fondu, s'il\nveut, et dans une gamme calme et dorée. Mais sa touche ordinaire est\ngrenue, raboteuse; il plaque des clairs qui sont des reliefs, truelle et maçonne\nses tons, prodiguant les rehauts et les touches de vigueur; et chose qui con­\n fond, unissant toutes ces discordances en une harmonie souveraine, par de\n simples glacis.\n    Ceux qui aiment la solidité et la pastosità de la touche, peuvent s'y\n délecter ; mais qu'ils se souviennent du mot du maître : « que la peinture\n ne doit pas être flairée » ; et de juste, il faut du champ pour ne pas être\n blessé par ces empâtements endiablés, qu'il est allé en exagérant de plus en\n plus, car cet artiste étrange, au lieu de se calmer, s'exalte en vieillissant.\n On a dit que la meilleure peinture était celle qui arrivait le plus au relief.\n En ce cas, Rembrandt serait pour le relief de la couleur ce qu'est le Dante\n de la Sixtine pour le relief du dessin.\n    Van Ryn est le rusé du procédé; il sait tous les chics, tous les desssous du\n métier. Ainsi, dans les nappes d'ombre qu'il masse aux coins de ses toiles,\n il a soin de ménager des points brillants, sorte de rappels où la lumière\n puisse accrocher ses paillettes diamantées.\n"}, {"page_pdf": 401, "texte": "                                   — 358 —\n\n    Deux choses sont très à lui : l'effet, l'expression. D'où, deux manières,\n l'une tapageuse et dite rembranesque dont le type est la Ronde de nuit,\n l'autre sereine, à son plus haut point dans la Leçon d'anatomie.\n    La Ronde de nuit est le feu d'artifice de la peinture, la plus étonnante\n clownerie de la palette. Cela éblouit, cela aveugle, cela hébète.\n    D'abord, c'est une cohue, un pêle-mêle. Les gardes nationaux Anversois\nqui se hâtent pour le tir à la cible, l'un mettant ses gants de buffle, l'autre\nflambant la mèche de son arquebuse, tandis qu'une sorte de Falstaff, d'un\nair farouche, bat le rappel sur sa caisse cloutée d'argent. Quand l'œil s'est\nfait à la fulgurance de la couleur et à l'étrangeté de l'éclairage, car en dépit\ndu titre, c'est en plein midi que l'action a lieu, tout se débrouille, et l'on\nvoit la scène telle qu'elle a dû se passer, et si réelle et si vivante qu'on ne\npeut se la figurer autrement. Une merveille de mouvement vrai et qui ferait\ncroire que Van Ryn a plus dédaigné qu'ignoré le dessin, c'est le jeune\nhomme en rouge, qui, tout en marchant, se courbe pour tirer la baguette\nde son mousquet. Mais le meilleur morceau de cette toile, qui en contient\nbeaucoup d'excellents, puisque toutes les têtes sont des portraits, c'est la\njeune fille qu'on aperçoit à travers un fouillis de jambes, vêtue de moire\nblanche, ses cheveux d'or épars comme des rayons de soleil, et qui semble,\ndans sa splendeur, une apparition orientale.\n   Jamais on n'a tant empâté. Certains nez sont hors du cadre.\n   Toute autre est la Leçon d'anatomie, l'œuvre la plus sereine du maître\net qu'il peignit à vingt-six ans. On s'attend à voir une amplification du\nProméthée de Salvator. Point. Sur une table de bois, un cadavre est étendu\nen raccourci'. Le docteur Tulp, coiffé d'un sombrero, tient avec une pince\nles muscles fléchisseurs du bras. Sept étudiants, tête nue, tous en noir, tous\n blonds, écoutent la démonstration. Leurs têtes intelligentes et douces\ns'enlèvent sur un fond gris sombre, avec un relief étonnant. L'exécution est\nsereine comme l'œuvre. Pas un rehaut. Beaucoup de tons fins, gris,\nargentés. On ne sent pas la trace des soies du pinceau.\n   Au même musée d'Amsterdam, on voit les Syndics de la Halle aux\ndraps. Six bons marchands, vêtus de noir, colletés de blanc, qui font des\ncomptes sur un tapis rouge. Jamais têtes n'ont été peintes avec une telle\nintensité de vie, et ce tableau, autant que son voisin le célèbre Banquet, de\nVan der Helst, mérite le titre de diamant de la Hollande. Au reste, pour\nqui a vu Ephraïm Bonus, le Juif à la Rampe, Jacob Cats, et le Bourg-\nmestre Six, adossé à une fenêtre et lisant un livre dont les feuillets lui\néclairent le visage, Rembrandt possède un rendu de portraitiste égal à celui\nde Velasquez.\n"}, {"page_pdf": 402, "texte": "                                  — 359 —\n\n    La Chaumière au grand arbre, le Moulin vu à l'aurore et au crépuscule,\n le Paysage aux trois arbres, sont des poèmes uniques dans l'art. Ni le\n mélancolique Ruysdaël, ni l'agreste Hobbema, ni Berghem, ni Cuyp, ni\n Van de Velde, ne l'égalent. Il faut, pour lui trouver des équivalents, arriver\nà cette splendide école française où Corot peint la nature telle qu'on la rêve,\n Théodore Rousseau, telle qu'on la voit, Karl Bodmer, telle qu'elle est,\n Daubigny, telle qu'on se la rappelle. Et toute cette glorieuse et incompa­\nrable pléiade : Millet, le hiérophante de la nature, le Pérugin des paysans ;\nTroyon,le bouvier; Fiers, le Normand; Aligny, le styliste; Huet, ce Words-\nwordt ; Diaz, ce Théophile Gautier ; Cabat, l'ami des grenouilles ; la ber­\ngère Rosa Bonheur; Courbet, l'élève de Giorgion ; Doré, le fantasque;\nDupré, le flamboyant ; Français, le bien nommé ; Chintreuil, qui a peint\nl'Espace; et enfin le trio des orientalistes, Decamps, Marilhat, Fromentin.\n    La mode est aux parallèles, je le sais; mais l'embarras est grand de\ntrouver un pendant à Van Ryn. On peut accoter Marivaux et Watteau,\n Raphaël et Mozart; mais Rembrandt?\n    Quinet l'a comparé à Rabelais. Où a-t-il vu, chez le Hollandais, le\n« Carimary Carymara » du curé de Meudon et son thélémisme? Bien plus\nprès de Young que de Swift, Rembrandt n'a rien de l'humour surhumain\nd'Orcagna ; il n'a jamais ri. Ce n'est point un lettré qui raille et pantagrué­\nlise, c'est un lugubre réformé qui n'a d'autre Bible que celle de Marnix, la\nBible des « pôvres gueux » et qui n'a pas oublié les luttes sanglantes de ses\nfrères contre Philippe II et le Conseil des troubles du duc d'Albe. Relisez\nStrada, Bentivoglio et Hugo Grotius, et vous entendrez voltiger sur les\nlèvres de ses Colporteurs comme un refrain du Wilhelmus-lied.\n   M. Coquerel s'est trompé plus encore en mettant Rembrandt en face de\nShakespeare. Faites dire à Van Ryn : « Love is my sin », c'est un non-sens.\nCherchez dans son œuvre quelque chose d'analogue au paganisme de feu\nd'Adonis, à la note mussétique des Sonnets. Trouvez-y l'équivalent de la\ntirade d' « As you like it » sur la comédie humaine et de celle de Mercutio\nsur la reine Mab. Est-ce dans la bouche des graves élèves du professeur\nTulpius que vous mettrez ces roulades de rossignols qui sortent, comme une\ncascade de diamants, des lèvres adorables de Rosalinde, de Béatrice, de\nBenedict?\n   On a dit que la femme était la moitié de la poésie. Où est l'éternel féminin\ndans Van Ryn? Desdemone, Miranda, Titania, Ophélie, Cordelia, Imo­\ngène, Viola, ces pures idéalités, les placerez-vous à côté des Frisonnes qu'il\nnous donne pour des Bethsabées et des Dianes, comme pour rendre inex­\ncusables et ridicules, David et Actéon. Antoine et Brutus, ces natures pure-\n"}, {"page_pdf": 403, "texte": "                                  — 360 —\n\nment esthétiques; Hamlet et Roméo, ces pâles figures de Van Dyck; Iago,\nce Méphistophélès humain plus effrayant que l'autre, ce dillettante de la\nscélératesse; Cléopâtre, « le serpent du vieux Nil », cette charmeuse aussi\nterriblement belle que l'Hérodiade de Heine, tout cela est bien à Shakespeare\net n'est qu'à lui. Ce qui pourrait être à Rembrandt, ce n'est ni Ariel ni\nProspero, c'est Caliban; ce n'est ni Obéron ni Puck, c'est Bottom, c'est\nPolonius, c'est Shylock; ce sont surtout les sorcières de Macbeth.\n   Vous souvenez-vous, Messieurs, de cette eau-forte appelée le « Docteur\nFaust » où un vieil alchimiste, chercheur de l'absolu, se lève de son fau­\nteuil, les yeux fixés sur le penthacle étincelant qui illumine son laboratoire?\nCe souffleur hermétique est un allégorisme du génie de Rembrandt.\n   Voyez ces effets anormaux, cette lumière de l'autre monde.\n   Voyez ce peintre qui n'a copié personne et que personne n'a pu copier,\nqui est un problème pour l'artiste et pour le penseur ; qui a tout créé, son\ndessin, sa couleur, sa lumière, son idéal; qui, comme l'a dit Gautier, a mis\nde l'âme dans un paquet de chiffons et le soleil dans une cave ; qui a opéré\ndes merveilles, qui a fait des prodiges; mais par des procédés si mystérieux\net tellement en dehors des lois naturelles que l'admiration effrayée, par un\nrecul intellectuel, se reporte au temps des Raymond Lulle, des Paracelse,\ndes Cornelius Agrippa, et songe à la possibilité d'un pacte avec Satan.\n   Cette œuvre unique au monde, du fils du meunier de Leyde, n'est-elle\npas un grimoire aussi étrange que ceux des Kabbalistes et des Nécromans?\n   Et Rembrandt n'est-il pas le Mage de la peinture? N'est-il pas le Thau­\nmaturge de l'Art?\n                                                  JOSÉPHIN PÉLADAN.\n\n\n\n\n                  CARTE DE VISITE\n    Je reviens d'un exil où j'ai beaucoup souffert\n    Et j'apprends que l'oubli de nos amours heureuses,\n    — Comme on fait des serments fous dans les nuits fiévreuses ! —\n    A planté dans ton cœur ses dix ongles de fer.\n\n    Ainsi tout est perdu : nos extases, nos brouilles\n    Qui donnaient la saveur du recommencement,\n    Le vieux bois aux sentiers perdus et pleins de rouilles\n    Où les baisers mordaient les lèvres plus crûment...\n"}, {"page_pdf": 404, "texte": "                                  — 361 —\n\n    — Et moi qui revenais, espérant cette ivresse\n    De perdre dans tes bras alanguis de tendresse,\n    Le souvenir cuisant des soucis et des maux,\n\n     Comme l'arbuste ayant supporté les gelées,\n     Qui tressaille au soleil et sent de ses rameaux\n     Vibrer les bourgeons mûrs et les fleurs éloilées.\n\n                                                    EUGÈNE     MONSEUR.\n\n\n\n\n                           TOUJOURS\n              Brusquement, elle lui prend les mains, les serre dans une étreinte\n               longue et douloureuse, et s'enfuit, lui disant :\n                  Toujours, toujours...\n                  Affolé, il crie, s'élance pour la suivre, mais ses forces le\ntrahissent; il veut résister, un anéantissement suprême l'arrête.\n   Rien, plus rien, elle s'enfuit, et avec elle disparaissent l'ultime consola­\ntion des inquiétudes épeurées, le songe éphémère de la sérénité des instants\nqu'ils ont passés ensemble, le mirage subtil et lumineux d'un premier bon­\nheur et d'un premier amour.\n   Et les souvenirs, les mots chuchotés tout bas, les ravissements des sou­\nhaits, les baisers des lèvres qui tremblent, tous les ineffables souvenirs de\nce bonheur et de cet amour l'attristent plus encore...\n   Longtemps, il reste sous une appréhension sinistre, dans un morne abat­\ntement de mélancolie; et, tandis qu'il veut comprendre, une sombre hantise\nde désespoirs, de murmures monotones lui apportent ses dernières paroles :\n   Toujours, toujours...\n\n  Il ne sait pas l'oublier et, taciturne, brisé par les sanglots, il cherche loin\ndes foules, en une solitude dont les horizons parlent d'avenir, l'apaisement\ndans l'inconnu des choses\n  Nul ne va à lui; on le croit jouant au Werther, et seul, immensément\nseul, sans un sourire, sans une larme de tendresse pour le consoler des\ndéceptions et des regrets, il poursuit les blanches ailes de ses rêves.\n   Faut-il donc à jamais joindre l'amour, les désillusions, les larmes?.. Ne\nreviendrait-elle plus?.. Oh! non, puisque... Mais alors, pourquoi, pour­\nquoi?..\n   Les yeux désolés, remués de frissons, il fixe là-bas l'uniformité des loin­\ntains, l'abîme vertigineux des tristesses ; et, tandis qu'il revoit dans un\nnéant de spleen ce regard mouillé qui lui a montré sa douce espérance\n"}, {"page_pdf": 405, "texte": "                                   — 362 —\n\ncomprise et partagée, mille tourments d'amertume lui jettent ses dernières\nparoles :\n  Toujours, toujours...\n                                    *\n   La nuit couvre l'étendue assoupie; un silence infini plane dans les\nespaces, et la lune pensive et triste épand ses clartés rêveuses.\n   Seul, dans sa chambre élégiaque, comme loin du monde et de lui-même,\ncomme plongé dans un vague au delà crépusculaire, il pleure...\n   Et tout à coup un tremblement convulsif l'agite ; dans un rêve il vient de\nl'apercevoir... Et attiré, éperdu par cette vision blonde qui paraît les unifier,\nainsi qu'autrefois, il dit les épanchements de son cœur, étend les bras, mais\nla vision se dissipe ; et, tandis que des soupirs tressaillent dans sa poitrine\noppressée, les derniers souffles haletants de sa vie sont ses dernières paroles :\n   Toujours, toujours...\n   Brusquement, elle entre, et le voyant inerte, le secoue, l'appelle, crie et\nses dernières paroles :\n   Je t'aimais toujours, toujours...\n                                                                  G.\n"}, {"page_pdf": 406, "texte": "                                       — 363 —\n\n\n                                MEMENTO\n              BELGIQUE                          loin en loin un air de danse dans tous ces\n                                                Miserere (Dieu que ma voix implo-ore!)\n   Contes, par Jules Vander Brugghen. pré­         M. Vander Brugghen ouvre son livre par\nface d'Arnold Goffin. Un vol., Bruxelles,       ces mots : « La vie est un fardeau trop\nimprimerie Avondstond.                          lourd pour mes frêles épaules ». Cela ne\n   Nos lecteurs connaissent de nom le           manque certainement pas de piquant, mais\nM. Goffin qui a écrit la préface de ces         on pourrait conseiller sagement au pauvre\nContes. C'est un jeune qui s'est essayé avec    garçon de se débarrasser de ce fardeau à\nbonheur dans la Basoche et de qui cer­          l'aide d'un des nombreux moyens que la\ntaines Visions sont choses à relire et à        balistique et la pharmacie mettent à notre\napprécier. Cela ne constitue pas cependant      disposition. Cela dispenserait M. Vander\nun bagage qui autorise à s'établir préfacier,    Brugghen d'avoir la triste conviction de\net nous avons eu un quart d'heure de joyeu-     l'inutilité matérielle de son livre, lorsqu'il\nseté en voyant la candeur avec laquelle le      fera ses comptes de libraire. 11 n'aura plus,\njeune M. Goffin prend ce rôle au sérieux. La    étant donné ses tristes dispositions, qu'à se\npréface raconte que M. Goffin a eu Les          pendre au sommet de la tour Eiffel, seul\nTablettes littéraires, revue oubliée, sous      moyen pour lui d'être le plus élevé des\nsa direction; que cette publication dura        écrivains.\nneuf mois et que les rédacteurs en écri­           Non pas que ses Contes soient mauvais\nvaient les bandes. Il n'y a certes aucun        ou même quelconques. M. Vander Brug­\ndéshonneur à cela, mais on peut hasarder        ghen a certainement une nature d'artiste et\ntimidement, semble-t-il, que ces détails        nous le verrions avec plaisir honorer La\ndouloureux manquent d'intérêt. M. Goffin        Jeune Belgique d'un peu de sa prose déjà\nnous fait ensuite la confession de ses ran­     si « faite », si pittoresque et parfois si in­\ncœurs :                                         tense. Ses Contes ne sont pas des contes et\n   « Au lieu, dit-il, de pleurer l'injustice    l'on n'en dormira pas debout. Ce sont des\nlâche de nos contempteurs et de les mau­        fantaisies rêveuses, tristes, avec de curieuses\ndire, au lieu d'étancher notre sang, fer­       trouvailles de mots; des évocations noc­\nmons les paupières, détournons les regards      turnes, des spleens habilement sincères, et\ndes ingrats qui nous injurient et nous          nous recommandons l'ouvrage comme un\nlapident ».                                     de ceux que l'on goûte avec une véritable\n   Il y a des règlements de police quant aux    jouissance d'art. Nous lui souhaitons le\ninjures, et la lapidation n'est plus dans nos   succès et désirons de tout cœur que M.Van­\nmœurs. M. Goffin est vraiment trop triste,      der Brugghen devienne des nôtres.\nil joue les Malfilâtre avec une conviction                                             W.\nbien grande pour son âge. Sa préface est\nune lamentation qui ne peut provenir que\nd'une sérieuse gastrite; c'est un morceau          Un ami de La Jeune Belgique, M. Oscar\nnon à lire mais à soigner; on dirait du         Colson, instituteur, nous adresse un Re-\n Liebig de Schopenhauer mal digéré.             cueil de chants d'école qui, nous l'espérons\n   Au demeurant, M. Goffin ne s'est pas         bien, sera adopté dans notre enseignement\nmal rencontré avec M. Vander Brugghen           officiel et autre. Ce sont des airs très sim­\nqui, lui aussi broie du noir comme s'il en      ples accommodés sur des poésies naïves,\n pleuvait. Je sais bien que le fond de la       faciles à retenir pour les petits écoliers.\ngénération actuelle n'est pas à la « rigo­      Non que nous approuvions la méthode qui\n lade »; nous aimons bien pleurer dans le       consiste à enseigner aux enfants des poé­\n gilet du style, mais au moins faudrait-il de   sies qui ne soient pas de maîtres. Il nous\n"}, {"page_pdf": 407, "texte": "souvient d'avoir vu, à Sèvres, la fillette de     Senne, le Bourgmestre de Bruxelles, pro­\nLéon Cladel, Pochy, apprenant à lire dans         pagateur de la verdure dans tous les coins\nla Légende des Siècles. Nous croyons que,         où elle est possible à Bruxelles, et qui nous\nn'en comprissent-ils que quelques mots, les       préservera, espérons-le, du Métropolitain\nenfants gardent quelque chose de la musi­         et de la transformation du quartier de la\nque harmonieuse et de la pensée infinie           Montagne de la Cour.\ndes beaux vers, mais M. Colson a tenu                                     (L'Art Moderne.)\ncompte des exigences de l'enseignement tel\nqu'il est compris en Belgique, et son re­\ncueil peut compter parmi les meilleurs du            Jean Fusco, l'auteur de Mademoiselle\ngenre.                                            Corvin et d'Isidore Pistolet, nous annonce\n                                                  la prochaine apparition d'un sien roman :\n                     *\n                                                  Chez nous, dont le Journal de Charleroi\n  Enigme pour désabuser le veau                   publie d'importants extraits. La très élé­\n  Mon premier ne leurre jamais.                   gante dame du monde que cache le pseudo­\n  Ce n'est pas veau, car voleur.                  nyme de Fusco envoie au directeur de ce\n  Mon second ne cite jamais.                      journal une lettre dans laquelle elle fait\n  Ce n'est pas Ver, car véracité (on sait qui).   pressentir ce que sera l'œuvre. « En\n  Mon troisième n'a jamais reçu la visite         réponse, dit-elle, à tous les mensonges et à\ndu Veau.                                          toutes les calomnies débitées contre les\n  Ce n'est pas Mans, car nous connaissons         ouvriers et contre les patrons, sous pré­\nun pied qui a envoyé Veau vers Mans.              texte de naturalisme et tendant à démon­\n  Mon tout n'est pas un imbécile.                 trer que le travailleur n'est qu'une brute et\n  Ce n'est pas lui...                             le gérant « un salarié mis là pour tondre\n                                                  l'ouvrier (Zola, Germinal) », je prépare un\n                                                  livre de protestation. A des œuvres d'ima­\n                                                  gination faites de chic malgré leur vernis\n   Le bulletin mensuel du Club Alpin fran­\n                                                  d'exactitude et qui pourraient s'appeler\nçais a annoncé dernièrement que les con­\n                                                  Chez les autres, je répondrai par une étude\nseils provinciaux du Salzkammergut et de la\n                                                  de l'exactitude la plus scrupuleuse, où la\nStyrie ont pris, pour la protection de l'Edel­\n                                                  fable n'aura pas la moindre place et qui\nweiss, la fleur de velours des Alpes, des\n                                                  s'appellera Chez nous. »\narrêtés qui punissent d'une amende de 10\nà 100 francs (200 francs en cas de récidive),       Voilà qui nous semble bien dur et bien\nl'extraction de la plante avec ses racines.       injuste pour Talmeyr. pour Zola, pour\n   Mesure louable, en tant surtout qu'elle        Lemonnier, et bien téméraire pour Jean\ntémoigne d'une tendance à protéger les tré­       Fusco. Quoi qu'il en soit, cette audace et\nsors naturels du pittoresque. Il est à sou­       ce défi nous plaisent et nous attendons\nhaiter que chez nous où tous les ans on           à l'œuvre la gracieuse redresseuse de torts.\ndétruit, où l'on gâte quelques-uns de nos\npaysages ardennais par la stupide industrie                            ***\ndes rochers qui met en coupe les plus belles         Voici les résultats du concours de callisChez\nvallées, un tel esprit se répande. Le dom­        thénie qui a eu lieu le 14 juillet au Conser­\nmage est déjà incalculable et irréparable.        vatoire :\nD'autres brutes ont l'ait disparaître des bois       1er prix: MM. Hendrickx et Van Ruys-\ncharmants ou des pièces d'eau. Il n'est           kensvelde (2e prix de 1885); 2 e prix avec\nvraiment en Belgique que deux hommes              distinction : M lles Van Besten et M. Danlée;\npublics qui se soient préoccupés de conser­       20 prix : Mlles Lagye et Duclos; 1er acces­\nver ou d'améliorer ses beautés : le Roi, à        sit : Mlles Soyer et Duclos et M. Venne-\nqui l'on doit la conservation des vues sur        kens.\nle Bas-Ixelles et sur les prairies de la\n                                                                       * *\n"}, {"page_pdf": 408, "texte": "                                          — 365 —\n\n    La classe des demoiselles n'a pas pris            Il y a au dessus des spécialités, une\n part cette année au concours de déclama­          science synthétique qui est à la fois le r é ­\n tion. Quant à celle des jeunes gens,              sultat des expériences et la corrélation des\n MM. Hendrickx et Camis ont obtenu cha­            hypothèses ; elle a constitué jusqu'à notre\n cun un premier prix. MM. Raquez, Danlée,          ère une aristocratie intellectuelle fermée et\n Knauff et Wyst, un deuxième prix.                 redoutable ; elle a été le sceptre de toutes\n                                                   les royautés orientales; actuellement à\n                                                   peine un petit nombre est assez conscient\n                                                   de la magie pour l'honorer de quelque sé­\n    M. Adolphe Tabarant, rédacteur au Peu-\n                                                   rieux. Aussi sera-ce pour les rares adeptes\n ple, expulsé récemment de Belgique pour\n                                                   un étonnement que le très extraordinaire\n des raisons politiques, publie un roman,\n                                                   opuscule du marquis Stanislas de Guaita.\n  Virus d'amour, écrit dans le style connu de\n                                                      Connu par trois volumes de poésies, les\n la queue à Zola.\n                                                   Oiseaux de passage, la Muse Noire et\n    C'est l'histoire de la maladie syphilitique\n                                                   Rosa Mystica, où la perfection parnas­\n d'une fille de brasserie qui finit, pourrie et\n                                                   sienne du vers s'allie à une envergure à la\n détruite, par s'empoisonner avec de l'atro­       Leconte de Lisle, M. de Guaita commence\n pine. Ce livre peut avoir de l'intérêt pour       des Essais de sciences maudites, qui com­\n un spécialiste, mais la description d'une         prendront un traité complet de haute ini­\n affection vénérienne prise depuis la pre­        tiation. A juger du monument par le p r ô -\n mière plaque muqueuse jusqu à la décom­           nage, ce sera une œuvre grandiose. Le poète\n position finale, ne rime à rien dans un r o ­    de Rosa Mystica apporte la critique de\n man.                                             l'école moderne dans l'étude du traditiona­\n   Le premier traité technique nous est           lisme; c'est en chimiste de premier ordre\nmoins suspect, et l'auteur n'ayant mis à          qu'il juge l'alchimie, en physiologiste le\ncôté de sa pathologie qu'une mince r e ­          magnétisme. L'examen de la gnose sera\ncherche psychologique, nous aimerions au­         basé ici sur les procédés même du scepti­\ntant qu'il supprimât complètement celle-ci.       cisme, et cette nouvelle version de l'occul­\nEn vérité, c'est trop facile, et l'on pourrait    tisme, je ne crains de l'annoncer, comme\naisément faire ainsi en 300 pages l'odyssée       magistrale.\nde la phtisie, de la gastrite, de la gravelle,\ndu choléra nostras, comme qui dirait les             En un seul discours de trente-deux pages,\nRougon-Macquart de la maladie humaine.            la chronologie des initiations et l'indication\n   Et franchement, mettre la vérole à la          des grands arcanes sont formulés avec une\nportée des gens du monde                          forme très variée, tantôt ironique et d'un\n                                                  dandysme mordant, tantôt enthousiaste et\n                                                  chaude de conviction.\n                                                     Depuis la mort d'Eliphas Levi, le restau­\n  Camille Lemonnier travaille en ce mo­\n                                                  rateur du sanctuaire cabalistique, aucune\nment à un grand drame dont il prend le\n                                                  parole n'avait vibré, urbi et orbi, avec cette\nsujet dans son Happe-Chair. La pièce à\n                                                  puissance d'orthodoxie. La Rose-Croix\nlaquelle s'ajouterait de la musique d'Em­\n                                                  refleurit aux mains du marquis de Guaita,\nmanuel Chabrier, le puissant auteur de\n                                                  et les neuf mages ont enfin une intelligence\nGtvendoline, est destinée au théâtre de la        qui va travailler au déblaiement du grand\nBourse.                                           sphinx du mystère.\n                                                     Ce déblaiement demande un autre génie\n                FRANCE\n                                                  que le percement d'un isthme : plusieurs s'y\n  Essais de sciences maudites. — 1. Au            épuiseront; mais il y a là de la gloire pour\nseuil du Mystère, par Stanislas de Guaita.        beaucoup.\n— Gr. in-8° elzev. Paris, Carré; Bruxelles,         A part le marquis de Saint-Yves, qui en\nManceaux.                                         formulant sa Synarchie a reconstitué la\n"}, {"page_pdf": 409, "texte": "                                         — 366 —\n\nformule magique de l'Etat, en des missions        le plus artistique des journaux s'occupant\nimmortelles, j'ai été le plus provocateur des     de questions théâtrales, vient de paraître\nadeptes, j'ai imposé au public du roman un        chez M. de Brunhoff.\nmagisme aussi intolérant que mon catho­              Ce numéro est consacré à Chamillac et\nlicisme; aussi ne puis-je cacher ma joie à        contient, outre les illustrations charmantes\nvoir se lever un grand esprit, voué exclusi­      de Gorguet, un très beau portrait de Feuil­\nvement à l'occultisme, et qui en portera          let, tiré en taille-douce.\nl'oriflamme fermement, même au milieu                M. Guy de Saint-Môr en a écrit le texte.\ndes huées de la crapule intellectuelle de\nnotre temps.                                                          ***\n   Je convie les curieux et ceux de bonne           Vient de paraître chez Jouaust, à Paris :\nfoi Au seuil du Mystère; de grands éton-          Les Apaisements, poésies de notre ami et\nnements, la confusion et le changement de         collaborateur Raoul Russel.\nleurs idées les y attendent.\n   J'y convie les artistes et ceux qui rendent\njustice à la belle expression d'une idée, en         A Mort, chez Brunhoff.\ndehors de cette idée; un plaisir véritable           Cet étrange livre nouveau de Rachilde a\nles attend aussi.                                 éclaté aux portes de l'été comme un feu\n   Au reste, le marquis de Guaita écrit pour      d'artifice. Adorné d'une extraordinaire pré­\nses pairs: et ses pairs ne se nomment pas         face où l'auteur donne sur sa vie de si\nlégion. Peu lui importe l'accueil : les idées     curieux détails que le public, friand de\nqu'il formule sont réalisées de toute éter­       notes autobiographiques, accueille toujours\nnité dans le monde supérieur; il n'allume         avec délices, écrit en un style troublant\nce flambeau que pour montrer la voie aux          comme une jolie femme de notre époque,\ntrois ou quatre prédestinés qui la cherchent      charpenté dramatiquement comme une\npeut-être.                                        belle pièce littéraire, A Mort devait faire\n   Je n'ai voulu dire que sa prédestination       tapage. Il l'a fait, clama le cabotin Laforêt\nà lui, et puisque beaucoup ne connaissent         dans l'Evénement et le Voltaire fut pro­\nla magie que par mes livres, je devais pré­       phétique.\nsenter à cette Jeune Belgique qui m'est si           Ce roman est une épopée décadente, fin\namie : le véritable ambassadeur de l'initia­      de siècle et fin de race, d'une adorable\ntion auprès de la décadence latine.               exquisité de langue et d'une finesse hau­\n                       JOSÉPHIN PÉLADAN.          taine. Les héros sont réels, bien qu'un peu\n                                                  grandis à la façon du théâtre antique, et\n                     **\n                                                  conservent toujours la très belle attitude\n   M. le comte de Villiers de l'Isle-Adam,        qu'il plaît à ceux de notre heure de rêver,\nl'auteur si applaudi de l'Eve future, de fan­     de chercher, et, si rarement ! d'avoir.\ntastique et récente mémoire, vient de faire\nparaître chez de Brunhoff un nouveau vo­\nlume qui sera certainement le gros succès           Les Tendresses et les Cultes, par Emile\nde la saison.                                     Trolliet. 1 vol. in-32. Paris, Ghio, éditeur.\n   Titre : l'Amour suprême. Ajoutons que            Un volume de vers, plus de 300 pages, —\nles ravissantes illustrations de Gorguet qui      mes premiers vers, — dit l'auteur! Merci\némaillent le texte font de cet ouvrage, d'une     bien, si la muse est enragée, qu'on lui\nforme littéraire très élevée, un régal de bi­     mette la camisole de force ! mais c'est assez\nbliophile. — Nous analyserons prochaine­          des premiers. Véritablement les vers ne\nment cette œuvre très intéressante.               sont pas mauvais pour leur âge : ce sont les\n                                                  vers d'un rhétoricien qui a lu en cachette\n                                                  Lamarline et Musset. Il leur emprunte\n  Le 14e fascicule des Premières    illustrées,   volontiers des hémistiches et ne recule pas\n"}, {"page_pdf": 410, "texte": "                                                    — 367 —\n\nmême devant l'audace de l'imitation. Par                temps, que les propriétés dormitives de\nexemple une imitation de la ballade fameuse             cette drogue, parce qu'ils ne connaissaient\nde Musset à Charles Nodier.                              ni le Tonkin, ni les fumeurs d'opium.\n                                                         Depuis, nous avons changé tout cela; nous\n                                                         savons que l'opium a bien d'autres vertus;\n   Histoire de la peinture en France, par               non 'seulement il fait dormir, mais il fait\nVictor d'Halle. Paris, Dupret, éditeur.                 rêver; non seulement il produit le sommeil,\n   Ce n'est pas très malin de nous offrir                mais il l'accompagne d'hallucinations, voire\ncomme M. d'Halle une histoire de la pein­                même de cauchemars ; d'un désespéré\nture française en 180 et quelques pages. On              d'amour, il fait un bienheureux ; d'un\nprend quelques paragraphes dans Charles                 amoureux, un fou (pardon du pléonasme,\nBlanc, Théophile Gautier, voire dans Dide­               il paraît que l'un ne va pas sans l'autre);\nrot; on ratifie ou on conteste; on ajoute                d'un indifférent, un ardent, et d'un simple\nquelques rapides détails biographiques, et               journaliste, un héros. Si vous en prolongez\nle tour est joué. Notons que quand                      l'usage, toujours à dose de plus en plus\nM. d'Halle conteste il n'a pas de chance.                forte, il vous conduira dans la dyspepsie ;\nEncore qu'il soit permis de ne pas s'incliner            de la dyspepsie, dans la bradypepsie; de la\ndevant le jugement de MM. Charles Blanc                  bradypepsie, dans l'apepsie ; de l'apepsie,\net Théophile Gautier, ils ont une autre                 dans l'anémie, et de l'anémie, dans la mort,\nautorité que celle de M. d'Halle. M. d'Halle            où vous aura conduit votre folie.\nraconte que ces messieurs admirent les                      Tout cela vous sera expliqué tout au\nœuvres de Le Sueur et de Le Brun; lui les               long, si vous prenez la peine (je dis la\ntrouve affreuses comme peinture, et puis                peine comme je dirais le plaisir, puisqu'il\nvoilà. On est d'Halle ou on ne l'est pas.               n'y a pas de plaisir sans peine, et récipro­\n                                                        quement quand il s'agit d'un livre intéres­\n                                                        sant) de lire le nouveau livre que vient de\n La Revue Wagnérienne publie ceci : La                  publier M. P. Bonnetain. l'Opium. Vous\nMort de S. M. le roi Louis II de Bavière :              y verrez comment on devient fumeur\nRoi, le seul vrai roi de ce siècle, salut, Sire,        d'opium, comment on vit quand on a con­\nQui voulûtes mourir vengeant votre raison               tracté cette fâcheuse habitude, mille fois\nDes choses de la politique, et du délire                plus tyrannique que celle du tabac, et\nDe cette science intruse dans la maison,\n                                                        comment on finit par perdre, l'une après\nDe cette science assassin de l'Oraison\nEt du Chant et de l'Art et de toute la Lyre,\n                                                        l'autre, toutes les brillantes qualités qui\nEt simplement et plein d'orgueil en floraison           font un poète, jusqu'à la vie inclusivement.\nTuâtes en mourant, salut, Roi, bravo, Sire!                 La donnée du livre est très simple. Le\nVous fûtes un poète, un soldat, le seul Roi             poète Marcel Deschamps rompt avec une\nDe ce siècle où les rois se font si peu de chose        femme qu'il aimait; c'est un névropathe\nEt le martyr de la Raison selon la Foi,\n                                                        d'ailleurs; il vit beaucoup par l'imagina­\nSalut à votre très unique apothéose,                    tion, il ne peut détacher sa pensée et ses\nEt que votre âme ait son fier cortège, or et fer.\n                                                        désirs de l'objet aimé, et, pour oublier, il\nSur un air magnifique et joyeux de Wagner.\n                                   PAUL VERLAINE.       se fait envoyer au Tonkin, comme chance­\n  Eh bien, non, jamais nous ne goberons                 lier par intérim du consulat de France, à\ncela, n'est-ce pas?                                     Hanoï. En chemin, il cherche vainement à\n                                                        oublier ; son esprit lui retrace toutes les\n                           ***                          scènes les plus affectueuses de sa tendre\n  L'Opium, récits d'un poète français au                liaison,\nTonkin, par M. Paul Bonnetain.                             L'absence ni le temps ne font rien quand on aime\n  Molière disait que l'opium fait dormir                jusqu'au jour où il rencontre sur le paque­\nquia virtus habet dormitivam. Molière ne                bot une belle passagère qui accompagne\nconnaissait, comme les médecins de son                  son mari au Tonkin. Un clou chasse\n"}, {"page_pdf": 411, "texte": "                                         — 368 —\n\n l'autre, et bientôt la photographie de           quelques lignes d'un ouvrage de médecine.\n Blanche efface jusqu'au dernier souvenir         Marcel, épouvanté à la vue de quelque\n de Claire. Mais Blanche s'arrête en route,       chose, « d'une bête monstrueuse qui le\n par suite d'un contre ordre donné au mari,       regardait la gueule ouverte », s'écrie :\n et Deschamps arrive au Tonkin seul, hanté        « Ainsi, c'est cela, docteur! C'est vrai? Elle\n maintenant par le désir de voir et d'avoir       n'est plus femme? »\n Blanche, car sur le paquebot tout s'est             Qu'est-ce que cela peut bien être? Sans\n passé en flirtations. Dès lors, la vie de       doute, je ne puis blâmer M. Bonnetain,\n Deschamps n'est plus qu'un combat entre         puisqu'il avait à décrire quelque chose\nla pensée de Blanche et ses efforts pour         d'horrible, d'avoir jeté un voile épais sur\n l'oublier ; il appelle à son secours les        ces horreurs et de n'en laisser voir que de\ndistractions de la vie de garnison, l'ivresse,   vagues contours ; mais encore aurait-il dû\net, de guerre lasse, l'opium.                    en laisser apercevoir assez pour que les\n    La vie d'un fumeur d'opium, si nous en       gens du métier pussent comprendre de quoi\ncroyons le récit très minutieusement dé­         il s'agissait. Dans Pot-Bouille, Zola, qui\ntaillé, trop peut-être, de M. Bonnetain, n'a     pourtant ne craint pas de dépeindre la na­\n rien de bien gai ; toujours rêvant, toujours    ture dans toute sa nudité, avait déjà em­\nà côté de la vie réelle, cherchant dans la       ployé cet artifice pour nous expliquer une\n griserie de l'opium la réalisation de ses       particularité de la vie d'un de ses héros;\n rêves, toujours maussade, incapable d'au­       il avait fait appel également à une affection '\ncun travail sérieux, d'aucun effort pour         incurable survenue chez sa femme à la\ns'arracher à ses rêves ou à sa funeste habi­     suite d'un accouchement et dont la pro­\ntude, tel est M. Deschamps devenu opio-          priété était d'empêcher la malade d'être\nphile; il faut, pour l'arracher à l'opium,       encore une femme. Je me suis encore de­\nl'espoir de l'arrivée de son amie ; son es­      mandé alors quelle pouvait bien être cette\npoir est déçu, il retombe dans sa manie ;        maladie, qui d'ailleurs permettait à la\npuis l'amie arrive, et adieu la manie pour       femme de vivre sans que personne en aper­\nquelque temps. Alors, autre déception,           çut le moindre symptôme, et je n'ai pas été\nmais cette fois pour un motif que je n'ai        plus heureux dans mes recherches.\njamais pu deviner, quelque acharnement\n                                                    Mais, voilà : sans cette fiction, Marcel\nque j'aie mis à me creuser la cervelle. Au\n                                                 n'aurait pas été désespéré; n'étant pas dé­\ngrand désespoir des deux amants, leurs\n                                                 sespéré, il n'aurait pas fumé l'opium;\nrelations restent forcément platoniques.\n                                                 n'ayant pas fumé l'opium, il n'aurait pas eu\nMarcel, qui veut savoir pourquoi, inter­\n                                                 l'occasion d'analyser ses sensations, ni\nroge, mais « éperdu, navré, incapable de\n                                                 M. Bonnetain celle d'écrire son livre, ce\nréunir deux idées, plus troublé qu'elle, il\n                                                 qui eût été dommage. Donc, il fallait in­\ncomprenait mal, saisissait çà et là des allu­\n                                                 venter une catastrophe qui empêchât à tout\nsions vagues à l'inutile maternité qui avait\n                                                 jamais Blanche d'être femme.\nsuivi son mariage, la laissant prédisposée\nau mal... A Saïgon, l'épreuve la trouvait           Cette fois, c'est bien fini. Après l'écrou­\nanémiée... Elle ne s'était pas soignée au        lement de ses illusions, le poète retombe\ndébut... » Bref, à la suite d'un avortement,     plus que jamais dans sa fumerie d'opium;\nil est resté une affection qui empêche Blan­     il veut quitter Hanoï, faire la guerre avec le\nche d'appartenir à Marcel, celui-ci n'y          corps expéditionnaire, se faire tuer ; aussi\ncomprend rien, pas plus que moi d'ail­           est-il d'une bravoure étonnante, d'autant\nleurs, supplie le médecin de la malade, un       plus que la griserie de l'opium se mêle à\nvieil ami à lui, de trahir le secret profes­     celle de la poudre, à la vue du carnage, des\nsionnel; le médecin cède, dans l'espoir de       morts, des blessés; il charge comme un\nguérir radicalement l'amoureux de sa folie,      preux de l'ancien temps, à pied, en tête\net lui montre des gravures et lui fait lire      d'une colonne, n'ayant pour toute arme\n                                                 qu'un revolver qui lui sert de casse-tête,\n"}, {"page_pdf": 412, "texte": "                                        - 3 6 9 -\n\ncar il frappe les Chinois de la crosse ; il      M. Bonnetain nous fait part de la mort de\nentre le premier dans un fort emporté d'as­      M. Marcel Deschamps. Le « regretté poète\nsaut; on le félicite, on le met à l'ordre du     a succombé à une anémie arrivée à son\njour, on le décore; mais, l'excitation du        dernier point et entretenue par l'usage de\ncombat terminée, il se rejette sur son           l'opium, qu'il avait contracté au Tonkin la\nopium, et fume tant, tant, qu'il est pris        fâcheuse habitude de fumer ».\nd'accidents bizarres qui le mettent à deux          Tout ce qui est relatif à l'action lente de\ndoigts de sa tombe. On le sauve, il refume ;     l'opium sur le cerveau de Marcel est évi­\nle temps passe; il voyage; il fume tou­          demment écrit de main de maître, et cette\njours, puis... le malheur n'a pas d'his­         physiologie    du fumeur d'opium pourra\ntoire : de cauchemar en cauchemar, il            être lue avec profit par plus d'un médecin.\ntombe dans un réalisme dégoûtant, j u s ­           Que dirai-je maintenant du livre lui-\nqu'au jour où un coup de pied de cheval          même? Que sa lecture m'a laissé une pro­\nlui casse la jambe.                              fonde tristesse, parce qu'il n'est pas gai ;\n   Cet accident servit de prétexte à son ami     que, d'autre part, les descriptions des hal­\nle docteur pour essayer de le faire renon­       lucinations du poète sont décrites bien lon­\ncer à l'opium, suivant la méthode de             guement : il lui faut 20 pages pour expri­\nLewinstein, c'est-à-dire par la privation        mer une idée; c'est ciselé, fouillé avec art,\nbrusque du poison. J'appris avec plaisir         il n'y a plus rien à ajouter, soit, mais c'est\nqu'après des accès de fureur terrible le         trop long. Est-ce parce que M. Bonnetain,\ncalme était revenu ; qu'au bout de trente-       comme Mme de Sévigné, n'avait pas le temps\nhuit jours le malade ne songeait plus à sa       d'être court? Alors, je lui pardonne, car,\npipe, et que, malgré le morphinisme chro­        au fond, je suis sûr que ses descriptions ne\nnique et une anémie extrême, la fracture         porteront pas nos officiers à imiter Marcel\navait parfaitement guéri dans le délai nor­      Deschamps ni les autres camarades qui ont\nmal. Renvoyé à notre ami L.-H. Petit, qui        succombé aux tentations de l'opium. Pire\na fait sur les blessures chez les morphio­       que le tabac, presque plus terrible que\nmanes des études restées malheureuse­            l'alcool, l'opium, dit un des personnages\nment incomplètes, faute de sujets. Marcel        du livre, anéantit le sens moral comme la\npourra lui en servir. Autre parenthèse :         volonté; un officier, resté honnête jusque-\ntous les fumeurs d'opium n'ont pas aussi         là, reçoit un pot-de-vin d'un Chinois,\nbien supporté la privation de leur drogue        s'aperçoit trop tard de son infamie et se\nchérie, et précisément, pendant cette der­       brûle la cervelle; un autre rend des comp­\nnière campagne du Tonkin, des malheu­            tes inexacts, on va l'arrêter quand Des­\nreux condamnés à la prison et séparés            champs falsifie les comptes en sens inverse\nbrusquement de leur habitude, sont morts         pour rétablir l'équilibre et comble le déficit\ndes suites du traitement de Lewinstein. Je       de sa bourse. Si M. Bonnetain a assombri\nle tiens de l'ami de Marcel Deschamps lui-       à dessein les couleurs de ces lugubres ta­\nmême, le commandant de Pontailly.                bleaux, dans le but de dégoûter nos com­\n                                                 patriotes d'un nouveau vice qui pourrait\n   Aussi bien, la guérison de notre héros        baisser notre niveau moral, qu'il reçoive\nn'est pas radicale : qui a fumé fumera,          toutes nos félicitations.\naussi bien l'opium que le tabac. Après une\npériode de guérison apparente, pendant              J'ai laissé dans l'oubli quelques-uns de\nlaquelle il mène la vie de tous les officiers,   ces tableaux, qui ont trait aux mœurs du\nses camarades de garnison ou de voyage,          Tonkin et qui rappellent trop certaines\nil revient à ses anciennes habitudes, fume       scènes de Chariot s'amuse : J'espère qu'on\nde plus en plus, mange de moins en moins,        ne m'accusera pas de pruderie; ceux qui\nmaigrit de plus en plus, s'anémie de même,       voudront les lire pourront le faire dans le\net, comme il faut bien une dernière page à       livre. Tout au plus puis-je les indiquer\nchaque livre, la dernière de celui de            en un mot, qui sera le mot de la fin,\n"}, {"page_pdf": 413, "texte": "                                          — 370 —\n\n   Un journal illustré représentait récem­         comptoir de ce café célèbre : la Mandoline.\nment une jeune dame couchée tout de son            boulevard de Clichy.\nlong à plat ventre sur son canapé (une ho­            Et, bâillante, un nichon d'albâtre hors\nrizontale, par conséquent, vue de dos),            de sa chemise chiffonnée, en une pose de\naccoudée et lisant un livre qui pourrait être      tête molle et penchante, cette boulotte de\nl'Opium, d'après les passages auxquels je          Nana va s'abandonnant, traînant avec\nviens de faire allusion.                           paresse ses savates éculées.\n   « Décidément, dit-elle, le naturalisme,            Puis, chahutant, rieuse, ses trente-deux\nc'est ce qui est contre nature. »                  dents blanchettes à l'air, la Goulue, retrous­\n                                                  sant ses jupons neigeux, laisse voir ses\n                                                  admirables mollets, pendant que sa poitrine\n                                                  gonflée force le corsage de velours noir de\n Nous trouvons dans le Chat Noir, ce fin          son costume de pierrette.\nmorceau :                                             Grille-d'Egout, jouant des bras, le cha­\n                                                  peau d'Arlequin crânement posé sur sa\n            FANTASMAGORIE\n                                                  chevelure noire, caracole, jambes en avant,\n   En agitant le grand éventail où Willette       dans un cavalier seul prodigieux.\na peint dans du gris de délicieuses petites          Louisette, les yeux fermés, la bouche en\n femmes mi-nues dégringolant, en bande,           appel, tournoie aux sons d'un orchestre\nsous l'œil béat d'un pierrot, tandis que          éthéré, entendant dans la brise le rythme\ncourent à l'horizon les ailes du Moulin de        passionné d'une valse de Métra.\nla Galette, en l'agitant, sur les murs tendus        Mariette, serrée en son manteau de\nde soie crème du boudoir de cette gamine,         velours, plonge son regard voluptueux\nqu'entre deux coupes de champagne on              dans ce tas de nudités; son désir s'allume\nbaptisa Nini Pompette, la farandole des           devant ces corpulences jeunes éclatantes\nfolles fillettes s'est déroulée, jetant de        de puberté. Et Blanche, et Sarah Diamant,\ngrandes ombres.                                   et Jeanne la Loufe, et celles du Rat Mort,\n   Assis tous deux : elle, la blondinette aux     un peu vieillies, mais mûres encore pour la\nyeux de chatte; lui, le platonique bébé qui       cueillette, ont un brin de mélancolie en face\ntourne de l'idéal à outrance, mains en            de cette joie exubérante qu'elles eurent, il\nmains, ils regardent, exquisement heu­            y a déjà longtemps, alors que leurs bonnets\nreux.                                             volaient au dessus des moulins de la Butte.\n                                                     Défilé brillant; vertigineuse cohorte.\n   Brandissant le tambourin, ses grosses          Pierrot, les lèvres en cœur, allumé, les\nlèvres couleur de cerise, ses cheveux au          contemple s'en allant on ne sait où.\nvent, c'est Toto Gavroche, la joie des ate­\nliers, une fillette de Montparnasse que le           La théorie des vierges folles sur les\ncourant a remontée jusqu'aux Batignolles          murs tendus de soie crème passe en\net qui se déshabille avec plaisir.                silhouettes drôles. Ils les nomment tour à\n   Remettant sa jarretière rose, pliée, les       tour, puis, quand c'est fini, — à cause de\nbras tendus vers la jambe, voilà Mariquita,       la fatigue, — ils s'embrassent goulûment et\nune guitariste de la Villette qui brailla trois   vont se coucher. Et il y a comme deux\nans, dans les cours, des chansons de son          ombres chinoises qui se confondent dans\npays jusqu'au jour où, improvisée déesse          le lit.\npar Nisse, le grand sculpteur, elle trôna au                                   ADEL HAMEL\n"}, {"page_pdf": 414, "texte": "   Parmi ces dernières, je me plairai à citer le respect du contrôle administratif, l'amour\nde son prochain et une sage économie de ses deniers.\n   Quand je dis qu'il a le respect du contrôle, je pourrais dire qu'il en a l'idolâtrie. Pour\nTiméo, les contrôleurs sont les rois de la création.\n   Les contrôleurs de quoi? me dites-vous?\n   Les contrôleurs de toute espèce, les contrôleurs, quoi ?\n   Timéo aime son prochain comme il respecte les contrôleurs, avec toute sa furia ras­\ntaquouera.\n   Le malheur des autres lui arrache des torrents de larmes, et, pour sa part, il ne ferait\npas de mal à une mouche cantharide.\n   Timéo n'est pas avare, mais il lui répugnerait singulièrement de payer 1,700 francs un\nobjet qu'il pourrait se procurer ailleurs pour quinze sous.\n   Maintenant que vous connaissez Timéo, son aventure va vous sembler moins\nétrange.\n   Bien que l'histoire se passe dans un chalet, vous pouvez écarter de votre esprit toute\nidée d'Helvétie. C est un de ces chalets où l'on est accueilli par cette phrase hospitalière :\nAvec toilette, Monsieur?\n   Timéo, dont c'était le début dans ce genre d'établissement, avait répondu non, à tout\nhasard.\n   Sa mission accomplie, il se préparait à se retirer, quand ses yeux tombèrent (c'est une\nfaçon de parler) sur une plaque émaillée où, sur un fond bleu, s'enlevaient des lettres\nblanches formant ce texte :\n   « Afin d'assurer le contrôle et d'éviter la révocation de la gardienne, le public est pré­\nvenu qu'une fois le verrou fermé, on ne doit plus l'ouvrir, sans quoi l'on s'expose à payer\nle doube. »\n   Ainsi donc, il ressortait de cet avis, que si le verrou était ouvert :\n   i° Le contrôle ne serait plus assuré;\n   2° La gardienne serait révoquée;\n   3° Timéo Danaos paierait double.\n   — Et pourtant, se disait le général, je voudrais bien m'en aller.\n   Il essaya d'ouvrir la porte sans toucher au verrou.\n   Ce fut un four.\n   Toute tentative d'évasion dut être écartée, dès le principe.\n   11 eût fallu briser des vitres et exécuter une impossible gymnastique.\n   Timéo se rassit très découragi.\n   Au bout d'une heure, la préposée — une bien brave femme, ma foi — conçut des\ninquiétudes.\n   — J'ai vu des gens longs quelquefois, se disait-elle, mais jamais de si longs.\n   Elle frappa à la porte.\n   — Qui est là? demanda Timéo.\n   — C'est moi, la veuve Henry Mangis, gardienne du chalet.\n   — Pauvre femme !\n   — Ouvrez donc, vous devez avoir fini !\n   — Si j'ouvre, vous serez révoquée, malheureuse!\n   — Mais non !... ouvrez donc !\n   — Si j'ouvre, le contrôle ne sera plus assuré...\n  — Mais si!... ouvrez donc!\n   — Si j'ouvre, je paierai double...\n   — Mais non !... ouvrez donc !\n   Timéo n'ouvrit pas, préférant souffrir mille morts que piétiner un seul de ses principes.\n   La veuve Henry Mangis, désolée, lui expliquait à travers la porte que ses principes\nn'avaient rien à craindre.\n   — En v'là un ostiné ! clamait-elle.\n   De guerre lasse, on dut aller chercher trois employés supérieurs de l'administration.\n   Le chef du contrôle déclara solennellement que le contrôle ne risquait rien.\n   Le chef du personnel s'engagea non seulement à ne pas révoquer la gardienne, mais\nencore à la faire passer de première classe et à l'appeler à un poste plus important.\n   Le caissier jura qu'on ne réclamerait que le sou réglementaire.\n   Alors, seulement, Timéo se décida à tirer le verrou.\n   Il sortit content de lui, mais écrasé par l'émotion.\n   Rentré chez lui, il dit à dona Ferentes, d'un ton qui n'admettait pas de réplique :\n— Fais ta malle, nous filons !\n   Et ils sont partis retrouver dans leurs pampas les grands gynerium argentcum qui\nsont l'ornement de ces vastes étendues de terrain.\n                                                                   ALPHONSE ALLAIS.\n"}, {"page_pdf": 415, "texte": "   A tous les artistes,\"buveurs raffinés, amoureux des vins couleur de soleil,\ndes liqueurs exquises et de la verte empoisonneuse qui engourdit les peines\net calme le dégoût du mufflisme contemporain, nous recommandons la\n\n    de Block's Universal                                               Wine C°\n                 6, R U E P A U L D E V A U X , 6 (PRÈS LA BOURSE)\n\n   En cette osteria décorée dans le style de la Renaissance flamande par notre\nexcellent décorateur, C H . - L É O N CARDON, nos amis Jeunes-Belgique,\nVingtistes, Essoriens, Hydrophiles et autres trouveront à déguster les vins\ndélicats de Xérès et d'Alicante, les vins de Portugal, d'Orange-Cap, le\nKalliste, le Misistra noir, le Moscato et l'Achaja de Grèce, le Tokay de\nHongrie, le Syracuse, le Capri, le Malvasia de Lipari, et comme apéritifs\nles Vermouths Noilly-Prat et Fratelli Cora et l'absinthe Pernod.\n   (Prix modestes, et pour les jours de joyeuses beuveries, du vin de cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\n      LE                 CIHAT                                   NOIR,\n                         Directeur : RODOLPHE SALIS.\nSecrétaires de la rédaction : GEORGE AURIOL; ALBERT T I N C H A N T .\n                             PARAIT TOUS LES SAMEDIS\n            Abonnement pour la Belgique : Un an : 12 francs.\n                   Bureaux: à Paris, 12. rue de Laval, 12.\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie LA GRANDE BABYLONE, par EDGAR\n  MONTEIL. Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs;\n  en vente partout.\n\n\n    La Jeune Belgique recommande à ses lecteurs\nle nouvel atelier de photographie EMERA\n         Montagne de la Cour,\n            le plus artistique\n                     de\n                Bruxelles.\n\n                                                                  Photographies\n                                                               d'artistes en vogue.\n\n                                           Les costumes du cortège historique\n                                                  des chemins de fer.\n\n\n   Bruxelles. — Imprimerie Félix Callewaert père,VeMonnom successeur, 26, rue de l'Industrie\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1886-08-01", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 380."}}