{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "7e ANNÉE. TOME VI, N° I.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 347, "texte": "7e ANNÉE.                      TOME VI, N° I.                   5 JANVIER 1887.\n\n\n\n\n        NUMÉRO DU NOUVEL AN\n                    PRIX : FR. 1-20\n\n\n\n\n                                      ORNE D'UN DESSIN\n                                                DE\n\n\n                                    Xavier      MELLERY\n\n\n\n                            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 347, "fin_caractere_exclue": 1268, "texte": "SOMMAIRE:\n La fête des SS. Pierre et P a u l . . . .      GEORGES EEKHOUD.\n Sonnets                                        EMILE VAN ARENBERGH.\n Jules Destrée et ses « Lettres à Jeanne ».     ALBERT GIRAUD.\n Vers                                           EMILE VERHAEREN.\n Léon Bloy      . .                             J. B.\n O ù s'en vont les chemins                      GRÉGOIRE LE ROY.\n Instantanés                                    FLORENT VURGEY.\n Chronique     I. L'Abbesse de Jouarre . .      FRANCIS NAUTET.\n  littéraire I I . Les œuvres et les hommes.    JosÉPHIN PELADAN.\n Chronique musicale : Lakmé                     HENRY MAUBEL.\n Memento                                        ***\n\n\n\n\n                               BRUXELLES\n            ADMINISTRATION :                         RÉDACTION :\n       26, RUE DE L'INDUSTRIE, 26               80, RUE BOSQUET, 80\n\n                                      1887\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "À nos lecteurs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "A NOS LECTEURS", "ancre_fin": "la couverture du tome cinquième", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "BOITE AUX LETTRES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 575, "fin_caractere_exclue": 1474, "texte": "A NOS LECTEURS\n  Le Renouvellement De Nos Abonnements A Été Au Delà\nDe Nos Espoirs, et Nous Remercions Bien Cordialement\nLes Nombreux Fidèles Qui Restent Les Protecteurs et Les\nSoutiens De Notre Œuvre. Quelque Jour, Nous Publierons,\nAvec Leur Autorisation, L a Liste De Leurs Noms, et Aucun\nNe Pourra Reprocher. A La Direction D'y Être En Mau­\nvaise Compagnie. Cette Liste Sera Notre Précieux Livre\nD'Or Où L'On Se Trouvera Fier de Figurer. Il Y A Eu Quel­\nques Abandons, Mais Aucun N'est Définitif, Espérons-Nous,\net La Seconde Requête De Notre Administration Ramènera\nLes Amis Perdus. Nous En Avons L'Intime Certitude Et\nCommençons La Nouvelle Campagne Avec L'Appui De Tous\nLes Lettrés De L a Première Heure. Le Frontispice Sera\nEnvoyé Avec Le Prochain Numéro, A Tous Ceux Dont L a\nQuittance Aura Été Payée.\n\n  A ce numéro est jointe la couverture du tome cinquième.\n\n\n                            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "c est donné", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1474, "fin_caractere_exclue": 3172, "texte": "BOITE AUX LETTRES\n   1. Voici un an que le cher Paul Wauwermans reçut un coup de pied magistral donné\navec grâce, et que nous nous vîmes condamné à payer quelques centaines de francs pour\navoir pris cette innocente privauté. Depuis, nous n'avons pas cessé de rappeler ce léger\névénement qui marque dans les hauts faits de notre Histoire, et cet excellent petit Paul\npourrait réunir les souvenirs que nous lui avons dédiés sous forme de charades. Ce serait\nla Guirlande à Pauline. Nous n'ignorons pas que ces babioles font la joie de la Cour\nd'appel et, comme nous comptons parmi nos amis beaucoup de jeunes avocats, nous ne\nvoulon spas les priver d'un passe-temps mensuel, auquel d'aucuns ont collaboré. Ric-Rac\na, au Palais, il est vrai, quelques sympathies, notamment celle des gardiens, des\ngendarmes, des balayeurs de salle et du grenadier de garde, mais ceux là, peu lettrés, ne\nnous en voudront pas de couronner leur jeune ami des pampres et des lauriers de notre\nbienveillante sollicitude. Comme étrennes à Paul, voici deux sonnets-acrostiches qu'il ne\nmanquera pas de déguster avec recueillement :\n                 Jamais on ne te vit, jamais ! tirer l'é                P\n                 Tu crains trop les duels : en horreur tu les           A\n                 Mais bravant les méchants, qui sans cesse te           U\n                 T u te ris de leur zwanze et tu n'as pas peur d        L\n                 L'aspect d'un revolver te fait mal te trou             V\n                 Tomber en pâmoison et pousser un faible                A\n                 Mais la plume à la main, alors tu mords et r           U\n                 Fais le tranche-montagne et prétends tout bra          V\n"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4725, "texte": "                  Lorsqu'on te met le poing, ô héros, sous le n              E\n                  Ou qu'on vient te toiser, et ce, d'un certain              R\n                  Hélas ! pourquoi faut-il que tu deviennes bl               M\n                  Quand, ainsi que toi, Paul, tant de venin l'on             A\n                  Que par chaque pore on distille tant de                    N\n                  Pourquoi, devant les coups, être si mal à 1'               S\n                                                                                     BAZOEF.\n                Pourquoi me souris-tu, Paul, et pourquoi tes yeux\n                Aux miens sont-ils fixés pleins de douceur candide?\n                Un baiser, le veux-tu?... Mais ton regard se vide...\n                L'éclair a disparu de tes cils radieux...\n                Will you? tu ne veux pas répondre à ma voix tendre?\n                Au sourire succède un sombre désespoir\n                Un chagrin t'a-t-il donc martyrisé ce soir?\n                Vers toi la voix des Nuits s'est-elle fait entendre?\n                Elle est là ton épée, ô Bayard! ô mon Paull\n                Réponds ! cours à l'assaut de mon Sébastopol...\n                Soi je donnerais tout pour cette heure guerrière.\n                Avec mon dernier souffle et mes torts expiés,\n                Note que je mettrais mon derrière à tes pieds,\n                Si je n'avais pas mis mon pied à ton derrière !\n                                                                                      SIEBEL\n\n   2. ALBERT DE N O . . . Nous trouvons, par hasard, votre nom au bas d'une étude littéraire\nintéressante, mais insérée dans un journal absolument taré. Force nous est de vous\nprier de choisir entre cette feuille, dont vous ignorez certes les tenants malpropres, et la\nJeune Belgique. Les deux collaborations sont incompatibles. Nous comptons sur vous,\nn'est-ce pas ?\n  Votre nouvelle, la Mort vive, est des meilleures et nous serions désolés de ne pouvoir\nla donner.\n   3.. H..DE W., Gand. Nous avons promis de donner votre sonnet; nous n'avons pas dit\noù. La boîte aux lettres est faite pour l'irrésistible drôlerie de ces quatorze vers. Que\nPéladan nous pardonne, ainsi que nous vous pardonnons, ô fumiste !\n\n                                 A JOSÉPHIN PÉLADAN\n                                                 Les idées au il formule sont réalisées de toute\n                                                    éternité dans le monde    supérieur.\n                                                                               J.   PÉLADAN.\n                  J'élève en exultant ton œuvre grandiose,\n                  O Mage de la Foi que Dieu nous révéla.\n                  Tu marches sans recul vers la Suprême Gnose,\n                  Tu nous convoques à la Sancta Kabbalal\n                  L'Avenir s'embrunit, la France est à l'automne,\n                  Et son peuple perdu se saoûle pour l'hiver.\n                  Flagellante, ta voix par la France résonne :\n                  « Grise-toi, si tu veux, de ton désir de chair.\n                  « Je goûterai tout seul l'idéal de mon Ame,\n                  « Et me coupant dans l'Art un linceul glorieux,\n                  « Je monterai chantant dans l'Absolu des Cieux! »\n                  Seul dans ce Paris qui nage en le vice infâme,\n                  Tu dresses, fier Nabi, ton corps d'orgueil vêtu,\n                  Car plus dense est le Mal, plus haute est ta Vertu !\n  4. A. J. QUAREGNON. Nous avons lu soigneusement vos Commencements d'amour, Il y\nen a des parties excellentes, mais aucune n'est complètement bonne. Nous vous en prions,\nlaissez là ces essais un peu maladroits et renoncez à livrer au public une pièce impar­\nfaite, qui suffit pourtant à démontrer que vous pouvez faire tout à fait bien. Quelques\nchevilles pour la rime, des termes impropres, des hardiesses qui manquent leur but, en\nun mot, une facilité trop grande qui vous fait négliger le détail, voilà le bilan de ces\nstrophes qui, répétons-le, vous posent déjà comme un vrai poète, dont l'inexpérience\nseule arrête l'essor. A vous en notre mère la Littérature.\n   5. UN ÉLÈVE DE 4e LATINE. VOUS avez parfaitement raison et c'est nous qui avons parlé\nà la légère sur la foi de la dernière édition du Dictionnaire de l'Académie, qui est l'arbitre\nsuprême. Seulement, il est incomplet, et Littré vaut mieux. Quant à Bescherelle, ce n'est\nplus une autorité En tous cas, nous acceptons votre reproche ; il est absolument mérité.\nVous verrez au Memento que nous en convenons avec franchise.\n   6. JULES G. Un peu de patience, et tout à la propagande, n'est-ce pas? La prospérité de\nla maison est aux mains de ses habitants. A vous bien.\n"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 605, "texte": "  7. CHARLES SL., Anvers. Nous avons soigneusement étudié votre Chapelle ardente, qui\nne manque pas de belle envolée, mais fourmille de fautes de français et de prosodie. Le\nmanuscrit annoté vous sera envoyé si vous le désirez. Travaillez sans faiblir, nous vous\naiderons avec joie, et vous deviendrez des nôtres. Et vous aussi, n'est-ce pas, un coup de\npropagande pour nous permettre d'embellir le temple ! Bien à vous. M. W.\n  8 G. VAN SICHEM, Anvers. St-Mallarmé est édité par l'imprimeur de la Revue indépen-\ndante, 79, rue Blanche, à Paris. Complètes, les œuvres coûteront 200 francs ; c'est donné 1\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 5, "page_fin": 18, "titre_corps": "La Fête des SS. Pierre et Paul", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Eekhoud", "ancre_debut": "LA FETE", "ancre_fin": "GEORGES EEKHOUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SONNETS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": 5, "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 1686, "texte": "LA FETE\n            DES SS. P I E R R E                     ET PAUL(l)\n\n                                           I\n\n\n                                   Au pays campinois, le vingt-neuf juin, jour\n                            ' des SS. Pierre et Paul, tous les contrats entre\n                                maîtres et valets sont abrogés; les uns recou­\n                                vrent la liberté de remplacer leurs serviteurs,\n                                les autres, de changer de patrons.\n                                  Cette séparation ne s'opère point à l'impro­\n                                  viste.\n                                     A la fin de mars, le fermier et la fermière\n                                  ont posé cette question, lui à ses hommes,\n                 elle à ses femmes : « Restez-vous ? »\n                    Suivant la réponse de leurs gens, les chefs les engagent\n                pour une autre année ou avisent à leur remplacement.\n                D'ordinaire le baes accorde au sujet actif et entendu la\n                grosse paie que celui-ci gagnerait chez le voisin et pour peu\n                qu'elle tienne à sa servante, la baezine lui assure un plus\n              haut gage, tant en numéraire qu'en aunes de grosse et de fine\n              toile filée aux veillées d'hiver.\n                 Quant aux aides à demeure, que les maîtres n'interrogent\n              pas sur leurs intentions, ils sont avertis par ce silence même\nd'avoir à se pourvoir ailleurs. Tel garçon ou telle fille de ferme, dont le\n\n  (1) Cette nouvelle fait partie d'une deuxième série de Kermesses qui paraîtront cette\nannée.\n"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": 6, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2700, "texte": "                                  — 6 —\n\ncaractère ne subira aucune atteinte s'ils quittent leur service à la Saint-\nPierre, seraient fort mal notés si leur patron ne leur avait point permis\nd'attendre la date traditionnelle pour faire leurs paquets.\n    Ces mutations générales de domestiques servent tous les ans de prétexte\nà l'une de ces fêtes si topiques, presque païennes, que n'oublient jamais\nceux qui y ont assisté.\n    Pour ma part, chaque été, à l'approche de la Saint-Pierre, je me sens\npris, où que je sois, d'un désir effréné de retourner au pays. Il suffit de\nl'odeur des seringats et des sureaux pour me représenter le cadre et les\nacteurs de ces pompes rustiques. Mais cette évocation irrite ma fièvre au\nlieu de la calmer et je ne trouve de soulagement qu'après avoir été respirer,\nquelques bouffées de l'air natal :\n    Un beau soleil active les fragrances des haies et des bosquets. La caille,\nblottie dans les blés, piaule sensuellement. Personne ne travaille aux\nchamps. Dans leur empressement à prendre du plaisir, les hommes ont\n abandonné çà et là la faux et la serpe. Si les cultures sont désertes, par\n contre, le long des routes vicinales, c'est une procession de voitures maraî­\n chères bâchées de blanc, chargées non point, comme les vendredis, de\n légumes et de laitage, mais peintes à neuf, tapissées de fleurs, les cerceaux\n tressés de rubans, menées grand train par des chefs d'attelage endimanchés,\n ébaudis et fanfarons, et au fond desquelles se trémoussent des dirnes non\n moins réjouies et parées de leurs plus coquets atours.\n   Ce sont des valets qui ont été chercher le matin, en cérémonie, les ser­\nvantes à leur ancienne résidence pour les conduire chez leurs nouveaux\nmaîtres, et comme les gars ne doivent être rendus à destination que le soir,\nils profiteront de la longue journée estivale pour lier connaissance avec\nleurs futures compagnes de charrue et d'étable.\n   Souvent les journaliers d'une même paroisse, les salariés de petits\npaysans, empruntent un char à foin à un gros fermier et se cotisent pour la\nlocation de l'attelage. Toute la coterie, batteurs en grange, vanneurs, aoûte­\nrons, vachères, faneuses, prennent place sur ce chariot transformé en un\nverger ambulant, où les faces rouges et joufflues éclatent dans les branches\ncomme de rondes pommes luisantes.\n    L'émouchette caparaçonne les forts chevaux, car les taons font rage le\n long des chênayes; seulement les mailles du filet disparaissent sous les bou­\ntons d'or, les marguerites et les roses.\n   Des cavalcades se forment. Les voitures se rendant aux mêmes villages\nou revenues des mêmes clochers, cahotent à la file, trimbalent de compagnie\nleur nouvelle légion de servantes.\n"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": 7, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2673, "texte": "                                     — 7—\n\n   Défilé éblouissant et tapageur; apothéose des œuvres de la glèbe par ses\naffiliés. Sur leur passage l'air vibre de parfum, de lumière et de musique.\n   Bouviers et garçons de charrue, le sarrau festonné d'un ruban écarlate, la\ncasquette ceinte d'un rameau feuillu, une branche pour aiguillon, précèdent\nle cortège en manière de piqueurs, ou caracolent sur les accotements;\nd'aucuns affourchés à la genette, les jambes très écartées, tant leurs mon­\ntures ont le dos large; d'autres assis en travers de la selle, les jambes bal­\nlant du côté du montoir, comme on les rencontre au crépuscule, par les\nchemins, après le labeur.\n   Leurs voix éclatantes se répercutent d'un village à l'autre.\n   « Voilà encore un rozenland ! un « pays de roses » ! disent les gamins\nque leur approche ameute près de l'église. Car on a dénommé a pays de\nroses » ces chars de joie, à cause du refrain de la ballade que les compa­\ngnons ne chantent que ce jour-là :\n                  Nous irons au pays des roses,\n                  A u pays des roses d'un jour !\n               Nous faucherons comme foin les fleurs trop belles\n                  Et en tresserons des meules si hautes et si odorantes,\n                       Qu'elles éborgneront la lune\n                  Et feront éternuer le soleil !\n   Des sarabandes se nouent à la porte des cabarets. Les « pays de roses »\nenvahissent la salle en vacarmant comme un sabbat.\n   A chaque étape on emplit de bière et de sucre un énorme arrosoir, et\naprès en avoir détaché la gerbe, on le fait circuler à la ronde, de couple en\ncouple. La fille, aidée par son galant, trempe la première les lèvres au\nbreuvage, puis, d'un geste retrouvé des temps druidiques, elle se cambre,\nson bras nu, presque aussi robuste que celui des mâles de la bande, saisit\nl'anse de l'original vaisseau, le brandit, le soulève au dessus de sa tête, puis\nl'incline vers son cavalier. Un genou en terre, le soiffard embouche le tuyau\ndu réservoir et pompe sans relâche avec des mines béates de chrétien qui\nreçoit son Dieu.\n   Les coteries se sont fait accompagner d'un ménétrier ou d'un joueur\nd'orgue; mais, indifférents à la mélodie et au rythme raclés ou moulus, c'est\ntoujours la même sabotière que dansent les drilles, c'est le même chœur que\nbraillent leurs voix psalmodiantes :\n                   Nous irons au pays des roses\n                   Au pays des roses d'un jour !\n                Nous faucherons comme foin les fleurs trop belles\n                   Et en tresserons des meules si hautes et si odorantes\n                        Qu'elles éborgneront la lune\n                   Et feront éternuer le soleil !\n"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": 8, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2641, "texte": "                                   — 8 —\n\n    Les serfs sont les seigneurs et les pauvres sont les riches ! Le salaire\nde toute une année sonne contre leurs genoux dans les poches profondes\ncomme les semoirs.\n    Jour de frairie, jour de kermesse révolutionnant les prêtres résignés de la\nterre ! Chaudes matinées qui font éclore les idylles; soirs orageux instiga­\nteurs de carnages !\n    Ce n'est pas sans raison que les gendarmes surveillent à distance les cara­\nvanes de « pays de roses ».\n    Ils sont pâles et tortillent nerveusement leur moustache, les gendarmes,\ncar, vers le tard, à l'heure des réactions sournoises, les farouches et les\njaloux leur en font voir de rouges. Ces bons drilles qui trinquent avec\neffusion sont prêts pour un rien à se jeter les pintes à la tête et à se déchi­\nqueter comme des coqs. A force d'accoler son voisin cet expansif compère\na fini par le presser si étroitement contre sa poitrine qu'il l'a terrassé et un\npeu meurtri.\n    Tous ces festoyeurs ne s'ébaudissent pas mais tous s'étourdissent. Ils\nnoient leur souci dans la bière et l'étouffent dans le tapage. Ils boivent, les\nuns pour oublier, peut-être pour calmer le regret du toit et des visages\nfamiliers qu'ils délaissent; les autres, au contraire, pour célébrer leur\naffranchissement du joug ancien et saluer, pleins de confiance, le foyer\nnouveau.\n    La plupart fraternisent d'emblée avec leurs camarades de demain et se\ndéclarent sur-le-champ aux pataudes embauchées avec eux.\n    Et ces excellentes pâtes, ces irresponsables que la pensée fatiguerait,\nsavourent sans se défier et sans se ménager, jusqu'à la licence, à corps\nperdu, le charme puissant de cette journée de trêve où ils sont libres de\nleurs paroles, de leurs mouvements et de leur chair. Ils ont des frénésies de\nchien qu'on détache, ce vertige que doivent éprouver, à leur premier essor\nvers l'espace, les oiseaux nés dans une cage; et l'infini de leur bonheur rend\ncelui-ci presque aussi poignant qu'une extrême souffrance. On ne sait par\nmoments s'ils pleurent ou s'ils rient aux larmes, s'ils se trémoussent d'aise\nou s'ils se cabrent dans les convulsions.\n    Comme le voyage est long et la journée pleine, vers le midi, on arrête\ndevant la principale herberge de la bourgade, et l'on dételle. Les blousiers\n s'abattent sur les bancs de la grande salle, devant les platées fumantes.\n Mais malgré leurs fringales et l'ivresse de leur émancipation qui se traduit\nle jour durant par des défis d'une crudité féroce envoyés à Dieu, à ses Saints\net à sa Vierge, ils n'omettront pas, entre deux signes de croix, de rapprocher\nquelques secondes leurs larges mains calleuses,\n"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": 9, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2344, "texte": "                                    — 9 —\n\n   Après la ventrée lorsque repus et trop paresseux pour retirer de sitôt\nleurs gros poteaux de dessous la table, les gars allument leurs pipes et\nruminent silencieusement, souvent sur l'invitation d'une commère, l'un ou\nl'autre ancien berce la torpeur des digestions par quelques souvenirs des\nféries d'autrefois.\n\n                                       II\n   C'est la fête des SS. Pierre et Paul.\n   Deux carrioles fleuries se croisent à l'aube sur la grand'route. Les con­\n ducteurs se hèlent :\n   — Bonjour, l'ami ! Bonne Saint-Pierre ! Est-il permis de savoir à quelle\n paroisse tu te rends ?\n   — Je suis de Rostal et vais me charger d'une servante à Plink.\n   — Et moi je viens de Plink et roule vers Rostal pour en ramener une\ngénisse du même poil.\n   — Trinquons, veux-tu, à la bonne qualité de la viande ? Et tout à l'heure\nlorsque nous nous rencontrerons, riches, chacun, d'une paroissienne dodue,\nnous leur paierons un arrosoir de bière au sucre et une couple de quadrilles.\n   — Oui. Et taisons jusque-là le nom et le foyer des deux commères.\n   Ils ont mis pied à terre, le temps de s'humecter le gosier, puis repartent\nen se disant de nouveau : « Bonne chance ! »\n   Dans l'après-midi les deux carrioles s'abordent à peu près au même\nendroit. Les conducteurs joviaux se sont reconnus.\n   Et voyez le hasard : Frans, chef d'attelage de maître Kobus de la ferme\nla « Chapelle Brûlée », à Plink, est allé prendre Stanne, fille d'étable chez\nbaes Van Brée, à Rostal, en même temps que Dwyn, le batteur en grange\nde ce dernier prenait livraison de la petite Willie, manouvrière de baes\nKobus.\n   Stanne, déjà apprivoisée par Frans, salue gaîment le digne Dwyn, et\nWillie faite à son camarade des jours futurs, envoie de son côté un sonore\nbonjour à son compagnon d'antan;\n   Ces gars ne sont pas des songe-creux. Ils n'ont rien compris à la fin\nmélancolique de Luik de Bouwel qui languit et se dessécha comme un\nhareng fumé du jour où, pris dans les filets de la conscription on le trans­\nporta de ses bruyères natales dans la grande, grande ville. Pour eux un\nclocher vaut l'autre, toutes les fermes sont semblables, la caserne les a pincés\nou les pincera sans qu'ils se rongent l'âme et poussent jusqu'à leur dernier\nsoupir; ils dorment, peinent, mâchent bien partout et n'ont jamais aimé\n"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": 10, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2627, "texte": "                                  —   10 —\n\n\nqu'à la façon des oiseaux sans y mettre de leur cœur ou seulement de leur\npensée.\n   De même les deux servantes ne distinguent pas entre les galants, pourvu\nqu'ils soient membrus, solides et de bon caractère. Elles changent aussi faci­\nlement de coucheurs que de peautres.\n   N'est-ce pas leur destinée à eux, pauvres domestiques, de s'accoupler\ncomme les halbrans au hasard des migrations ?\n   Les voilà engagés, à quatre, dans un quadrille furieux. Les chasses-\ncroisés de cette danse symbolisent leur vie au jour le jour : les deux rus­\ntaudes passent indifféremment des bras de Frans dans ceux de Dwyn et les\ndeux boulots se les cèdent quitte à les reprendre avec la même complai­\nsance et la même sérénité, avec la même provision de gaillardises, d'œil-\nlades, de baisers et d'étreintes, la même ample mesure d'amour.\n   Après chaque figure ils choquent fraternellement les verres, se rajustent,\net s'essuient le front du revers de la manche comme lorsqu'ils labeurent au\nchamp. Pas de jalousie, pas de regret. Ils jouissent de ce temps de répit et\nse débrident sans vergogne, mais aussi sans malice et sans arrière-pensée.\nDes instincts merveilleux, pas l'ombre de sentiment; superbes brutes, outils\nsolides, vrais enfants de la Nature à la fois dévergondée et indifférente.\nDemain il leur faudra de nouveau battre en grange, tirer les vaches, motter\nles brebis, clapoter dans la noue. Aujourd'hui ils ont le temps de chif­\nfonner les filles et ils y vont avec la même vigueur et le même entrain qu'à\nla tâche journalière.\n   Allons, encore un quadrille, le dernier, puis en route, chaque couple de\nson côté, pour les bordes de Plink et de Rostal !\n   Ils se séparent, rieurs, comme ils se sont rencontrés. Après avoir mordu\nles lèvres et pincé la croupe à son ancienne voisine de soupente, après une\nallusion polissonne et reconnaissante au plaisir pris ensemble, chaque\ngarçon guinde sur sa charrette sa nouvelle commère. Ils démèlent les\nbrides et se souhaitent un bon retour, non sans mettre dans cet adieu une\nintention gaillarde : « Ne perds pas ton temps, camarade ! »\n   Et fouette cocher ! Hue les roussins ! Les deux carrioles se séparent au\ngrand trot.\n   Mais, au sortir du village, les garnements ralentissent l'allure des bêtes.\n   La nuit tombe. L'air si tiède chatouille et picote les dermes échauffés.\nTravaillé depuis des heures, le désir s'exaspère. Les valets entendent bruire\nderrière eux, et sentent courir sur leur nuque comme une énervante brise\nd'équinoxe. C'est la respiration chaude de leurs danseuses dépoitraillées.\nElles soupirent, ils halètent.\n"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": 11, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "                                 — 11—\n\n\n   — Il fait trop bon pour se hâter, n'est-ce pas ? dit chacun des galants en\nse tournant vers sa compagne.\n   O combien elles sont de cet avis !\n   Alors ils plantent le fouet dans la douille et abandonnent la longe.\n   Ils causent, balbutient, cherchent leurs mots et leur salive, et se com­\nprennent encore mieux lorsqu'ils se taisent !\n   Le cheval va de plus en plus lentement, digérant à l'aise un double\npicotin.\n   Sous la bâche fleurie les jeunes rustres se rapprochent; les mains se\ncherchent, puis les bouches...\n   Et c'est à présent sur la grand'route entre Dwyn et Willie, Stanne et\nFrans, la même scène que jouaient il y a un an, à pareille heure, dans la\nnuit comme parfumée par ses floraisons d'étoiles, Dwyn et Stanne, Frans\net Willie !\n\n                                    III\n\n   C'est la fête des SS. Pierre et Paul.\n   Deux carrioles bâchées de blanc et tapissées de roses se croisent sur la\ngrand'route, entre Oostmalle et Rykevorsel, à la porte d'un cabaret.\n   Les deux conducteurs, muets et renfrognés, descendent pour boire un\ndemi-litre. Mais ils avalent sans soif et même sans gourmandise, car ils.\nn'ont pas le cœur à la fête. S'ils ont pavoisé et fleuri leur véhicule, c'est\nparce que le veut l'usage et qu'ils en ont reçu l'ordre de leurs baes.\n   — Parbleu ! leur dit le cabaretier, à chacun en particulier, en les ser­\nvant, vous ne me semblez pas gai, mon garçon !\n   — Och ! dit Maris de Wortel, je vais à Halle chercher une autre servante\npour notre baezine et à cette heure un étranger emmènera Lise, mon amie,\nsous un toit inconnu !\n   — Las ! geint Ariaan de Halle, je me rends à Wortel pour en rapporter\nla remplaçante de notre pauvre Trine qu'un faraud de là-bas doit venir\nenlever aujourd'hui.\n   Les deux pitoyables blousiers ne se parlent pas. Ils remontent sur leur\nsiège en se dévisageant, et froncent les sourcils à l'idée commune que celui\nqu'ils viennent de rencontrer pourrait être le ravisseur de leur amie.\n   Dans l'après-midi les deux charrettes se recroisent à Rykevorsel; chacune\ncontient deux personnes à présent, mais elles n'en sont pas moins mornes\npour cela. Au fond de chaque carriole se blottit une femme boudeuse et\ndolente. Et les deux conducteurs, non moins moroses, ne s'occupent pas\n"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": 12, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2494, "texte": "                                  —   12 —\n\n\nplus de ces femelles que des poules et des canards qu'ils charrient, au mar­\nché, le vendredi.\n   Cependant, comme les véhicules vont s'accoster, les rêveurs tressaillent\nen se retrouvant, et leur second mouvement est de se pencher anxieux\npour scruter l'ombre et dévisager réciproquement la villageoise que voiture\nle paroissien suspect rencontré le matin. Et voilà que chacun des défiants\ngarçons a reconnu la silhouette aimée :\n   — Lise !\n   — Trine !\n   Se sont-ils écriés à la fois.\n   Et les deux servantes de sursauter et de s'exclamer en même temps :\n   — Maris !\n   — Ariaan !\n   Les quatre dégringolent à présent de l'échelette. Lise a volé dans les bras\nde Maris et Trine dans ceux d'Ariaan. Eux, le geste fier et protecteur, les\nnarines frémissantes; elles, rouges et satinées comme des pivoines à l'aube,\nsurtout que des larmes tremblent à leurs joues ainsi que des gouttes de\nrosée.\n   Rassurés du coup sur la constance de leurs dirnes, les gars ne se toisent\nplus avec la hargne de ce matin; ces farouches se sont apprivoisés et, un peu\nconfus, après s'être observés, ils s'avancent l'un vers l'autre, se sourient et\nse tapent rondement dans la main. Puis, afin de sceller cette amitié par des\nlibations, ils entrent de compagnie dans l'estaminet du cantonnier. Là, ils\nse confient, en les raillant, leurs défiances et leur antipathie premières.\n   De leur côté les femmes, édifiées sur la fidélité de leurs hommes, se sont\nrapprochées et babillent comme d'anciennes connaissances.\n   Ils se mêlent aux déduits d'un « pays de roses » qui met en trépidation\nles mûrs de l'herberge. Ils ne sont plus désespérés, mais leur gaîté est\nmoins forcénée, moins démonstrative que celle des lurons et des luronnes\nqui fringuent et se déhanchent autour d'eux comme poulains et pouliches\nen prairie. Ils dansent avec une mélancolie douce et attendrie, le cœur gros,\nla gorge serrée, un sourire mouillé dans les yeux et aux lèvres, et parlent\nen soupirant, et s'essoufflent vite.\n   Quand apparaît, entre deux quadrilles, le traditionnel arrosoir, salué par\nles hourrahs et les trépignements de toute la coterie, Ariaan et Maris\nmettent galamment la main au gousset et paient leur écot. Lise et Trine\nboivent à petites gorgées, et s'interrompent pour sourire à leurs danseurs,\npuis elles les aident à s'abreuver, et ne s'impatientent pas du temps qu'ils\nmettent à cette opération : on dirait de deux mères qui donnent à téter à\nleurs nourrissons.\n"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": 13, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2461, "texte": "                                   — 13 —\n\n   Avant de se rendre chez leurs nouveaux fermiers en compagnie de leurs\nnouveaux camarades, les deux filles ont tenu à cheminer au dehors, en\ntête à tête avec le promis.\n   La promenade à petits pas, les haltes fréquentes sous les arbres, derrière\ndes mamelons de sable, par les sentes bordées de genévriers et de jeunes\nrouvres, se prolonge bien après le lever de la lune. Le bruit du bal lointain\nles accompagne, mais va s'assourdissant et leur devient une musique com­\npatissante qu'ils n'oublieront plus jamais.\n   Combien de fois se jurent-ils de toujours s'appartenir ? Ils se rencontre­\nront tous les ans aux kermesses de leurs deux paroisses; au moins...\n   Après une station plus longue et plus décisive que les autres, ils\nregagnent lentement, — oh si lentement ! — l'auberge où les « pays de\nroses » continuent de baller, de chanter et de s'arroser la luette. Mais ils\nne rentrent plus dans la salle; ils veulent se séparer sous l'impression du\n tendre entretien qu'ils eurent là-bas, à l'orée du bois.\n   Un dernier baiser d'adieu qu'ils prolongent aussi longtemps que dure le\nrefrain de la ballade :\n                       Nous irons au pays des roses !...\n\n   Les deux gars se donnent une énergique poignée de main dans laquelle\nils se promettent franchise et loyauté.\n    Et les kermesses retrouvent Maris et Lise, Ariaan et Trine aussi étroite­\nment unis, aussi fidèles.\n   Avant que le jour des SS. Pierre et Paul soit revenu quatre fois, nos\ndeux paires d'amants se sont mariés et établis. Chaque ménage a sa ferme\net son lopin de terre, l'un à Wortel, l'autre à Halle. Baes à leur tour; ils\nprospèrent si bien que toute une brigade de serviteurs mangent et gîtent\nsous leur chaume.\n   Au jour traditionnel ils goûtent un certain charme à se rappeler les\nangoisses et les crève-cœur de la séparation d'autrefois. Et souvent à la\nveillée, en filant son rouet, la jeune baezine fredonne la ballade aux sons\n de laquelle ils se faisaient de si pantelants adieux !\n    A lencontre de ce qui arrive pour le commun des parvenus, le souvenir\n des épreuves lointaines a rendu ces deux couples très humains pour leurs\n aides, surtout très sympathiques aux saines amours des plus jeunes de leur\n monde.\n    Si bien que dans la contrée on dit proverbialement : « Bienheureux les\n humbles que les pays de roses déposent à la porte de ces dignes baes : ils\n descendent du char pour ne plus jamais y remonter ! »\n"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": 14, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2296, "texte": "                                  — 14 —\n\n\n\n\n                                      IV\n    C'est la fête des SS. Pierre et Paul.\n    Deux carrioles, dont la bâche blanche disparaît sous des arceaux de\nfeuillage et des guirlandes de roses, roulent à la rencontre l'une de l'autre,\nsur la grand'route.\n    L'une, qui vient de Sassenhout, va grand train, arrache des étincelles\naux pavés de la chaussée et menace même d'accrocher l'autre, aussi lente\nqu'un fardier, qui vient de Vorsselaer. Tandis que le conducteur de la pre­\nmière siffle et fait claquer sans cesse son fouet, celui de la seconde, absorbé\ndans sa rêverie, n'a eu juste que le temps de se garer, au cri d'avertissement\ndu casse-cou.\n    Le gars de Vorsselaer se réveille de mauvaise humeur et invective celui\nde Sassenhout.\n    — Mille excuses ! » fait le vivant gaillard lorsqu'il est enfin parvenu à\n maîtriser son cheval presque emballé, « quoique c'était à vous de me céder\nle pavé... Sans rancune, pourtant... On ne se querelle pas aujourd'hui...\n Faisons la paix en trinquant... Et où allions-nous avec si peu d'empresse­\n ment?\n    — Cela ne te regarde pas... Quand tu sauras que je me rends à mon\n malheur en seras-tu plus avancé ?\n    — Peste, le lugubre pèlerin. C'est qu'il y tient à sa bile. Il se croit au\n jour des Morts plutôt qu'à la Saint-Pierre... Dis donc, l'ami, ce sont des\n immortelles et des branches de cyprès que tu aurais dû attacher à ta guim­\n barde. Que n'as-tu enduit en même temps de poix ta bâche trop blanche\n pour ton humeur ?... Allons, viens... Trève de taquineries... Trinquons, te\n dis-je... Moi je cours au hasard, c'est-à-dire à la nouveauté, à la surprise...\n  Mais au fait, ne viendrais-tu pas de Vorsselaer ? Tu pourrais me renseigner\n alors sur la petite Isa de pachter Goris et me dire si c'est un présent\n acceptable que me font les grands saints Pierre et Paul ?\n     Le gars atrabilaire s'est dressé vivement sur son siège et a pris une atti­\n tude de défi :\n     — Comment, tu serais toi ce Wim de Sassenhout, qui viens nous enlever\n  notre Isa ?\n     — Lui-même. Et voilà du dépit qui te nomme en même temps qu'il me\n  vante la paroissienne en question. Ah, ah ! c'est toi ce bon Roel de Vorsse­\n  laer qui vas me remplacer auprès de notre Lotje, et qui devras t'en con­\n  tenter...\n"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": 15, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2405, "texte": "                                  —   15   —\n\n\n    — M'en contenter ! Comment dis-tu cela ?\n    — Comme tu viens de l'entendre ?...\n    — Eh bien ! je prends à témoins les deux grands saints du jour que tu\n ne toucheras pas à notre Isa...\n   — Oho ! On est jaloux alors...\n   — On aime; donc on est prêt pour la haine...\n   — Compris...\n   — Arrive...\n   Et les deux valets dégringolent du marche pied. Mais se ravisant :\n   — Roel, camarade, dit Wim, ne brusquons rien. Comme nous devons\nnous rencontrer cette après-midi, allons d'abord dénicher nos poules, et si\nta jalousie tient encore, nous aurons tout le temps de nous trouer la peau\navant le soir. Nous ne nous comporterons que mieux devant elles.\n   Roel a eu un instant l'envie de rebrousser chemin et d'empêcher que sa\nmaîtresse accompagne cet esbrouffeur, mais il dévore sa rage, consent à la\ntrève proposée et pousse même la courtoisie jusqu'à trinquer avec son rival.\nAu départ ils se saluent cérémonieusement de la main.\n   Trois heures après, les attelages se recroisent. Chevaux et conducteurs\nont la même allure qu'à l'aube. On est même plus gai et plus turbulent dans\nla voiture de Wim et dans celle de Roel plus morne, plus lugubre si\npossible.\n   Le garçon de Vorsselaer a reconnu de loin le rire perlé d'Isa, et il se\nprend décidément à haïr l'enjôleur qui est parvenu déjà à la consoler du\ndépart de son amoureux.\n   De même, Lotje voiturée par Roel, a distingué la voix conquérante de\nce Wim qu'elle aime de toute son exigeante nature et qu'elle n'a pas fini\nd'aimer. Malgré une année entière vécue côte à côte, ses jupes toujours\ncollées à ses bragues, elle n'a pas encore son saoûl du copieux gaillard et\nmaintenant qu'il lui échappe, elle le désire, elle le reveut éperdûment.\nDepuis Sassenhout elle n'a pas plus accordé d'attention à son nouveau\ncompagnon que celui-ci ne lui a témoigné d'intérêt. Et cependant sous le\nrapport des avantages, Roel n'a rien à envier à Wim ou Lotje à Isa.\n   En revanche, dès son arrivée à Vorsselaer, le galant Wim n'a cessé de\ns'occuper de la grosse Isa. Il lui a raconté, le malin, la mauvaise humeur\nde Roel, et sa verve et ses charges ont paru beaucoup amuser la pécore.\n   — Ah ! ah ! ah ! fait le déluré compère de Sassenhout, lorsqu'il arrive à\nportée de voix de son quidam du matin... Et comment vont les amours ?\nUne gentille capture que Lotje, pas vrai ? Potelée et ronde à souhait. De\n"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": 16, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2884, "texte": "                                   —   16 —\n\n\nquoi occuper les mains; dis ? Ah ! ah ! ah ! Descendons. J'ai des fourmis\ndans les jambes et le gosier sec comme plusieurs lieues de bruyères...\n   Roel et Lotje, suivent machinalement dans l'auberge Isa et Wim. Roel\nse rappelle les paroles de son ennemi : « Nous aurons tout le temps de nous\ntrouer la peau avant ce soir ». Certain de soulager tout à l'heure sa rage,\nil se contient à présent. Il consent même avec la pauvre Lotje à leur faire\nvis-à-vis dans le quadrille. Il observe, stoïque en apparence, le manège des\ndeux inconstants.\n   Isa témoigne une insultante indifférence à Roel, et lorsque les figures de\nla danse veulent qu'elle tourne avec lui, la mauvaise se rebiffe et se roidit\ndans ses bras, tandis qu'elle s'abandonne et se pâme, la tête renversée,\ncontre la poitrine du gars de Sassenhout. Dans ces moments où elle se\ndérobe et fait la mijaurée avec lui qu'elle adorait il y a deux jours, le\npauvre Roel a des envies de l'étrangler sur le coup et, à la ritournelle sui­\nvante, de ne plus rendre qu'un cadavre à son danseur préféré.\n   Wim a trouvé, pour torturer ses anciennes amours, un moyen peut-être\nplus cruel encore que celui employé par Isa. Lorsque c'est son tour de faire\nsauter Lotje, le mauvais sujet affecte de l'aimer toujours, il enchérit de\ngalanteries, prend des poses de soupirant, l'accable de déclarations ironi­\nques, risque de temps en temps une caresse timide, un baiser furtif; il\nparodie, le vilain, le prélude de la comédie amoureuse qu'il joua à la Saint-\nPierre passée avec la pauvresse. Et ces pantalonnades sont d'autant plus\ncruellement ressenties par la malheureuse Lô qu'elle y retrouve en même\ntemps la satire du sentiment sincère et ardent du perfide pour sa nouvelle\naimée. Elle est prête à pleurer d'humiliation et de rage, la benoite délaissée,\nsous ces baisers grimaçants et ces étreintes extravagantes. Elle comprend qu'il\ns'est détaché d'elle pour toujours, qu'il s'est repris pour se donner complè­\ntement à l'autre. Tout ce qu'elle souhaite, c'est que l'an prochain cette\nvoleuse soit moquée et abandonnée à son tour pour la grande joie d'une\ntroisième amante...\n   Elle ne peut s'empêcher de se reporter, attendrie, même en ce moment,\nà cette époque bénie de moisson, où le crâne faucheur s'approchait d'elle,\nla gerbeuse, et la retenait longtemps sous prétexte de retirer de ses pauvres\ndoigts les barbes pointues qui s'y étaient logées. C'était là trop d'attentions.\nElle en convenait alors. Mais c'était bien trop de mépris, à présent !...\n   Cette situation crispante ne peut se prolonger. Tous n'ont pas ta\nrésignation et ta timidité, petite Lô, et ne s'en remettent pas à la Provi­\ndence du soin de les venger dans l'avenir !\n   Roel est las de souffrir. Voilà un quart d'heure qu'il grince les dents,\nqu'il renâcle et qu'il tourmente son couteau au fond de sa poche.\n"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": 17, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2461, "texte": "   Wim, encouragé par la coquette, s'enhardit au point de lui plaquer un\nsonore baiser sur la bouche.\n   Attention, petite Lô, on va vous venger, tous les deux ! Roel lâche brus­\nquement sa compagne et n'a fait qu'un bond vers le provocateur.\n   — Halte-là ! Camarade ! Nos conventions du matin tiennent toujours,\nhein ? A nous deux, alors.\n   En un instant, le bal est sens dessus dessous. L'orgue s'arrête court, au\nmilieu d'une ritournelle, avec un couac prolongé. Les hommes écartent\nles femmes et font cercle autour des batailleurs pour leur ménager une lice.\nLe baes du cabaret a voulu protester. C'est tout au plus si les « pays de\nroses » lui ont permis de répandre du sable, afin de nettoyer plus facile­\nment le carrelage après la tuerie.\n   — Franc jeu ! Franc jeu ! Laissez faire ! crient-ils, alléchés.\n   La soirée est orageuse et incite au carnage.\n   Wim a de suite fait passer Isa derrière lui. Parbleu ! S'il comprend de\nquoi il s'agit ! Beau buveur, bel amoureux, il est non moins beau batail­\nleur. En un rien de temps, il a le couteau au poing et se trouve comme\nRoel en posture de combat.\n   D'abord ils balafrent d'une croix la chaux de la muraille. Kriss ! kriss !\nEt les voilà partis ! La joute sera chaude. On trouverait difficilement com­\npagnons plus dignes de se mesurer, mieux bâtis, plus nerveux et plus\nrobustes.\n   Le partie est chaude en effet. Plusieurs coups ont déjà été portés. Les\nsarraux enroulés en guise de bourrelet autour du bras gauche, s'ensan­\nglantent, mais cela ne compte pas encore. Ce sang, les batailleurs ne le\nvoient pas. C'est tout au plus s'ils en hument l'odeur affolante. Il faut que\nl'un des deux reste sur le carreau... Les voilà qui s'agrippent, s'acharnent,\nne se lachent plus, roulent ensemble par terre. Qui se relèvera ? Halte ! Ne\nfrappe plus, Wim ! L'autre a son compte.\n   Tous se précipitent à présent pour désarmer le vainqueur et secourir le\nblessé. Trop tard. Il n'y a déjà plus de blessé. C'est un mort qu'ils\nramassent, la gorge ouverte. Il n'y a pas à dire, le coup a été loyalement\nporté !\n   Isa repentante de sa coquetterie, se jette en sanglotant au cou de Lô.\n Mais celle-ci la repousse durement du côté du mort et vole vers son Wim,\n son Wim ingrat et criminel, et s'accroche à lui, et lui a tout pardonné.\n   N'est-il pas son premier homme, son seul amour, son baes ?\n   — Ah Wim ! cher Wim ! mon Wim !...\n\n                                                                      2\n"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": 18, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 529, "texte": "                                  — 18 —\n\n   Ce pendant que, là-bas, un « pays de roses » attardé, cahote sur la route,\net roule plein de clameurs vers le cabaret du crime :\n             Nous faucherons comme du foin les fleurs trop belles,\n                Et en tresserons des meules si hautes et si odorantes\n                   Qu'elles éborgneront la lune\n                Et feront éternuer le soleil !\n\n  Novembre 1886.\n                                                   GEORGES      EEKHOUD\n\n\n\n\n                             "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 18, "page_fin": 20, "titre_corps": "Sonnets", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Émile Van Arenbergh", "ancre_debut": "SONNETS", "ancre_fin": "EMILE VAN ARENBERGH", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "JULES DESTRÉE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": 18, "debut_caractere": 529, "fin_caractere_exclue": 1434, "texte": "SONNETS\n                                       1\n\n                                NOCTURNE\n\n                                                 A MON CHER J O S É DE   COPPIN.\n\n\n    La nuit plane, roulant les mondes dans ses voiles.\n    L'astre aux noirs rameaux d'ombre ouvre son fruit               vermeil.\n    Le ciel est tout de feu, comme si le soleil,\n    Y volant en éclats, l'éclaboussait d'étoiles.\n\n    Là-bas fleurit la lune en corbeille de flammes.\n    — Comme la poudre d'or qui danse en un rayon,\n    La poussière des morts, en muet tourbillon,\n    Monte en la nuit vivante et m'enveloppe d'âmes.\n\n    Homme ! tandis qu'alors tes vains bruits ont cessé,\n    Et que l'heure t'emporte, en ton sommeil lassé,\n    Du gouffre d'où tu sors au gouffre où tu retombes,\n\n     Devant cet Infini qui vit et resplendit,\n     Le poète pieux écoute ce que dit\n     Le silence du ciel au silence des tombes.\n"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": 19, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1419, "texte": "                          — 19 —\n\n\n\n                             II\n\n                      LE REMORDS\n                                                 A EDDY LEVIS.\n\n Caïn fuyait : — des voix emplissaient le ciel pâle,\n Epouvantant son cœur inquiet et subtil;\n Il sentait dans le vent, qui l'assiégeait d'un râle,\n D'inexorables mains le poussant vers l'exil.\n\n Il fuyait, — et vers lui des sanglots, des huées\n Montaient dans la clameur des forêts et des mers;\n Il fuyait, — écoutant les meutes des nuées\n Gronder déjà là-bas sous le fouet des éclairs.\n\n Il fuyait, — et soudain il se cacha la face,\n Quand le soleil, de meurtre empourprant tout l'espace,\n Roula, tête sanglante, au fond du gouffre noir;\n\n Et le ciel écarlate, éclaboussé du crime,\n Semblait teindre Caïn du sang de sa victime,\n — Et le Maudit fuyait, tout rouge dans le soir.\n\n\n                             III\n\n                        CANTILÈNE\n\nO mon cœur, faible cœur, ô cœur né de la femme,\nTu t'éclaires parfois d'un jour surnaturel,\nTout rayonnant d'amour, fait de soleil et d'âme :\nCest comme une aube d'or qui rêve au bord du ciel.\n\nEt tu vibres alors d'une intime musique,\nQui te berce d'ivresse ainsi qu'un vin subtil;\nTu sens en toi fleurir une rose mystique,\nQui t'embaume soudain et t'apporte l'avril.\n\nCette pure lumière en ta nuit infinie,\nC'est le reflet en toi de la blanche beauté,\nSon souffle est ton parfum, sa voix ton harmonie;\n"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": 20, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 319, "texte": "                                    — 20 —\n\n\n      Pour que tu sois ainsi chant, arome et clarté,\n      Il suffit, ô mon cœur, cœur qui te crois rebelle,\n      D'une vierge qui passe, — et tu te remplis d'elle !\n                                               E M I L E VAN A R E N B E R G H .\n\n\n\n\n                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 20, "page_fin": 24, "titre_corps": "Jules Destrée et ses « Lettres à Jeanne »", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "JULES DESTRÉE", "ancre_fin": "ALBERT GlRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": 20, "debut_caractere": 319, "fin_caractere_exclue": 2139, "texte": "JULES DESTRÉE\n           ET SES « L E T T R E S A J E A N N E »\n\n\n                       Lettre au cousin de l'auteur\n                Mon cher ami,\n\n              Oui, c'est à toi, et non à un autre, que j'adresse cette lettre.\n                Puisque c'est toi qui es le cousin, continue ! Or, le cousin,\n                dans le sens noble du mot, c'est l'être à la fois bienveillant et\n                juste, parent de Platon mais ami de la vérité. Et plus j'y\n songe, plus il me paraît évident que c'est ta vocation d'être le cousin.\n Grand jouisseur d'art, à qui des admirations excessives pour de rapides\n génies ont enseigné la mesure et le tact, tu passes tes jours dans les Ile\n Fortunées du dilettantisme. De tes balcons et de tes vérandahs, tu savoures\nce bonheur insolent et rare : ne pas écrire. Et tu contemples de loin, en\nt'inspirant des vers égoïstes de Lucrèce, pareilles à des voiles que tour­\nmente une mer orageuse, un millier de plumes d'oie, ivres d'elles-mêmes,\ndanser la danse de Saint-Guy sur un millier de feuilles de papier qui n'y\npeuvent mais. Tu les connais toutes : celles qui crachent, celles qui crient,\nles grosses et les fines, les fières et les douces, celles qui sont cruelles comme\ndes épées, et celles qui sont caressantes comme des ailes de grèbe, et aussi\ncelles qui, accablées d'une nostalgie bizarre, font inévitablement penser à\nl'oiseau qui les a portées. Tu les connais, et tu n'y touches pas. Tu es le\ndésintéressé par excellence. Et c'est pourquoi il m'a plu de t'envoyer cette\népître, et de rechercher avec toi ce que l'on peut dire des Lettres à Jeanne.\nLa vraie, la seule critique, c'est une œuvre d'art vue à travers le tempéra­\nment du cousin de l'auteur.\n  Le chapitre IV de l'Irréparable, une des Lettres à Jeanne qui ne sont\npas adressées à Jeanne, débute ainsi :\n"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": 21, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2919, "texte": "                                  —   21   —\n\n\n   « Cette idée : l'Irréparable, Georges la retrouvait jusque dans les choses\nles plus futiles. Ainsi souvent, en mettant une lettre à la poste, il éprouvait\nun petit frisson en la lâchant, et l'écoutait tomber dans la boîte, avec un\nbruit étouffé. Il songeait aux difficultés sans nombre qu'il aurait à vaincre\npour réparer cette action si simple et si rapide, à toutes les volontés adverses\navec lesquelles il faudrait discuter pour remettre en son pouvoir ce carré de\npapier qu'il tenait en main, une minute avant... D'autres fois, en se pro­\nmenant en désœuvré dans les rues, et surtout quand quelque tracas d'argent\nle préoccupait, il avait eu des désirs exaspérés d'entrer dans un magasin,\nd'y choisir ce qu'il pourrait trouver de plus beau et de plus cher, d'y jeter\nson dernier pécule, sans retour; et son imagination lui montrait tous les\nfuturs déboires, les tristesses probables, les démarches vaines, et il jouissait\ndélicieusement, et malgré lui, de cette incertitude fièvreuse au bord du\nmalheur... »\n   Nous conclurons de ce passage, mon cher ami, que Jules Destrée, le jour\noù, après avoir corrigé les épreuves de son livre, surveillé la mise en pages\net revu les premières feuilles, il a signé le « bon à tirer », a dû éprouver\nau plus haut degré le sentiment de l'irréparable. Publier un livre c'est plus\ngrave que de jeter une lettre à la poste. La borne-poste qui s'appelle le\npublic est une borne méchante et sournoise, et qui ne bouge pas quand on\nveut. Et pour plus d'un livre elle se fait une joie d'être une poste restante.\nL'auteur des Lettres à Jeanne a donc dû trembler, et feuilleter d'une main\nfébrile ce volume... irréparable. Je gage même qu'à certain moment il a\nregretté de l'avoir publié.\n   Eh bien, non ! Il a eu tort. Et ton devoir de cousin, mon cher ami, est\nde te joindre à moi pour le lui dire. L'irréparable était nécessaire. Et tant\nmieux, s'il n'y a rien à réparer ! Jules Destrée a eu raison, superbement\nraison, de jeter ses premières pages par portes et fenêtres. Le patrimoine\nintellectuel des vingt ans a besoin d'être dissipé. Je plains les thésauriseurs\nqui l'économisent. Ils sont les captifs d'un or qui n'est pas à leur effigie, et\nils sont appauvris par leurs stériles richesses.\n   Il faut toujours se hâter de publier un premier livre, le premier livre. Et\n Destrée, s'il a eu un tort, a même trop tardé à le publier. Tu le sais aussi\nbien que moi, mon cher ami, l'écrivain, quel qu'il soit, qu'il le veuille ou\nnon, est condamné, de par une fatallité naturelle, à publier au moins un\npremier livre. Il n'y a pas d'exemple du contraire. On m'objectera Baude­\nlaire, et les Fleurs du mal. Je répondrai en disant : lisez donc La Fan-\nfarlo. Oui, il faut immédiatement, plus tôt même s'il est possible, publier\nson maiden book. Et le motif en est. bien simple : c'est alors seulement\nqu'on peut en publier un second.\n"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": 22, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2840, "texte": "                                   —   22   —\n\n\n    Il faut écumer le bouillon, disent les ménagères. Cette pensée profonde,\ndigne d'être mise en vers par un Ponsard ou un Augier, à moins que ce ne\nsoit par un Coppée, s'applique admirablement aux écrivains.\n   Je m'explique, pas pour toi, puisque tu es le cousin, c'est-à-dire puisque\ntu comprends, mais pour les autres.\n   Si l'histoire de l'art, à certaines époques, nous présente quelques exem­\nples de l'artiste inconscient, purement instinctif, portant des chefs-d'œuvre\ncomme un pommier des pommes, sans le savoir, et comme par l'accom­\nplissement d'une fonction physique, nous n'en sommes plus là, et depuis\nlongtemps. Outre que je me méfie un peu de l'érudition des gens qui vous\nconfient que Rubens était une espèce de boucher, ces floraisons d'art spon­\ntanées, presqu'animales, ne sont plus possibles aujourd'hui. L'écrivain\nmoderne est, malgré lui, un héritier. Il est le légataire universel des artistes\nqui le précédèrent. Il a sur les épaules, comme une cariatide pensive, le\ntrésor pesant des livres qu'il a lus, des marbres qui luisent dans sa mémoire,\net des toiles qui lui ont fleuri les yeux. Il est même, et ne crions pas au\nparadoxe, l'héritier de livres, de marbres, de tableaux qu'il ne connaît pas.\nIl est traversé par des courants magnétiques qu'il ignore; des paroles qu'il\nn'a pas entendues chantent dans ses oreilles. Ces éléments divers, s'il a\nl'étincelle, doivent se fondre en lui. Et ce travail sourd opéré, il reste un\ntrop plein, une écume obscure, curieuse et attirante pour l'analyste. Cette\nécume, il doit la rejeter, et il ne peut le faire que dans un livre, le premier\nlivre.\n   Quand je vis Jules Destrée, c'était, je m'en souviens, sur les bancs de\nl'Université de Bruxelles. Je conserve le souvenir d'un adolescent sérieux,\ntrop sérieux pour ne pas être très jeune, petit, vigoureux et taciturne. La\ntête était d'une pâleur chaude, enflammée çà et là par des afflux de sang.\nLes yeux, d'un gris vert, vous regardaient lourdement, comme à travers un\nrêve. Le nez droit et charnu, les lèvres nettes et vibrantes, de ces lèvres\npleines de paroles comme en ont les orateurs et les tribuns, et le menton\ndéterminé, d'une cassure puissante, dénonçaient des appétits d'homme\nd'action, et démentaient le songe des prunelles. Une chevelure brune, ora­\ngeuse et révoltée, coiffait cette tête qui m'attira.\n   Étudiant alors, avocat le lendemain, et bientôt, sans doute, homme poli­\ntique, ce fut ainsi que m'apparut l'auteur des Lettres à Jeanne. Il ne par­\nlait guère, connaissait peu d'étudiants, et ne s'anima qu'une ou deux fois.\nTout bouillonnant encore de la lecture d'Emile Zola, qui passionnait les\njeunes cervelles, Jules Destrée avait, devant lui, un fanatique de Victor\nHugo, une espèce de grand diable remuant et plein de verve, qui s'appelait\n"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": 23, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2841, "texte": "                                   — 23 —\n\n\nLéon Furnémont. A plusieurs reprises, ils se lancèrent leurs grands\nhommes à la tête, et la lutte m'amusa beaucoup. Destrée et moi, nous ne\ncausions guère. Nous ne nous connaissions pas même de nom. Et toutes\nnos relations se bornèrent, je pense, à des demandes d'encre et à des\néchanges de porte-plumes. Echange symbolique qui aurait pu faire dire\nà un fantaisiste, prophète comme tous les fantaisistes, que nos plumes amies\nécriraient des livres et se noirciraient dans le même combat.\n   Quand je le revis, plus tard, Jules Destrée était avocat. Il me le dit, je le\ncrus. Et les comptes-rendus du procès Falleur m'ont démontré récem­\nment que j'avais eu raison de le croire. Mais, en dépit de quelques velléités\npolitiques et de sa pratique du barrreau, Destrée était devenu un passionné\nd'art, un liseur acharné, un fureteur de curiosités, un chasseur de bibelots\net d'objets rares, un bibliophile dangereux, un japonisant redoutable. Il\ns'enivrait de Baudelaire, de Poë, de Quincey, de Villiers de l'Isle-Adam,\nde Mallarmé, de Verlaine. Il était capable d'enlever, comme un hildago sa\ndame, au risque d'être écharpé, une eau-forte de Rops, une lithographie de\nRedon, une aquarelle ou un tableau de Gustave Moreau. Il avait des\nengouements terribles, des hostilités implacables. Génie ou crétin, grand\nhomme ou macaque, telle était l'enseigne du carrefour où il guettait les\nartistes. Toutes ces admirations, toutes ces répugnances se battaient dans\nsa tête éperdûment. Et le cœur aussi battait, à se rompre, comme un tambour,\net Jeanne, car elle a existé, cette Jeanne! recevait chaque jour des lettres\nardentes, folles, jeunes d'une jeunesse, longtemps concentrée, et qui son­\nnaient le carillon des amours fleuries. Souvent Jules Destrée parlait d'une\nfemme sculptée ou peinte, d'une édition rare, d'une musique profonde,\nd'un livre attirant, comme si la statue, le tableau, l'Elzévir, la symphonie\nou le poème eussent été sa Jeanne; et je gage qu'il a dû quelquefois parler\nà sa Jeanne comme à un marbre, à une toile, à un Plantyn, à un drame\nlyrique ou à un sonnet.\n   C'est pendant cette période de fougue et d'expansion qu'il écrivit les\nLettres à Jeanne, un premier livre.\n   L'auteur est jeune ? Tant mieux. Inexpérimenté ? Je l'en félicite. Je le\nplaindrais s'il en était autrement. Les Lettres à Jeanne ont paru banales ?\nElles ont fait sourire ? J'ai pitié de l'écrivain qui ne les a pas écrites, ces\nlettres là, ou d'autres lettres semblables. S'il ne les écrit pas avant, il les\nécrira après, non pas à vingt ans, mais à soixante. Et mieux vaut rester\njeune pendant la jeunesse, que de rajeunir tout à coup, quand on est vieux !\n   Et puis, mon cher ami, il n'y a pas que Jeanne dans ces lettres. Il y a\nl'art, l'Art des arts, dont Jules Destrée est un dévôt et un amoureux. Les\n"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": 24, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1142, "texte": "                                 — 24 —\n\nCroquis d'Italie, la bizarre nouvelle intitulée Rouge sur Blanc sont remar­\nquables par une belle furie esthétique, que je souhaite à plus d'un écrivain\nmûr ou blet. La première partie du Cauchemar est une page pénétrante,\nde haute allure et qui suffirait, seule, à dénoncer un artiste.\n   Dieu me préserve de finir par un conseil. Mais toi, mon cher ami, tu\npeux le faire, puisque tu es le cousin. Tu connais sans doute la première\nébauche de ce Bon-Dieu-des-Gaulx qui nous est promis. Eh bien ! mets\nl'auteur des Lettres à Jeanne en garde contre la grimace et le recommen­\ncement de lui-même. Dis-lui qu'un écrivain ne doit pas se confiner dans\nun genre, dans une spécialité. Un artiste contemporain doit s'essayer à\ntout. Sinon, il s'immobilise, et l'immobilité c'est la mort. Et n'imite point\nBilboquet disant au jeune Gringalet, possesseur d'un trombone : « Tu ne\nferas qu'une note, toujours la même note, et les gens qui aiment cette\nnote-là seront transportés de joie ! »\n   Et les autres ?\n                                                    ALBERT GlRAUD.\n\n\n\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 24, "page_fin": 26, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Émile Verhaeren", "ancre_debut": "VERS 1 SOUS LES PRÉTORIENS", "ancre_fin": "EMILE VERHAEREN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": 24, "debut_caractere": 1142, "fin_caractere_exclue": 1855, "texte": "VERS\n                                      1\n\n                       SOUS LES PRÉTORIENS\n          Mon rêve, enfermons-nous dans les choses lointaines,\n                 Comme en de tragiques tombeaux\n                Pleins de métaux et de flambeaux\n          Et de faisceaux tendus sous des lances hautaines.\n\n         Les soirs ! voici les soirs de pourpre, évocateurs\n               De carnages et de victoires,\n               Quand se hèlent dans les mémoires\n         Les clairons fabuleux et les buccins menteurs.\n\n         Et regardez ! Dans la mobile obscurité\n               D'une salle immense — personne.\n               Le bronze plangue et l'acier sonne\n         A travers l'ombre rouge avec mordacité\n"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": 25, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1387, "texte": "                          — 25 —\n\n\n    Contre des murs de nuit voyez de grands soleils\n          Soudains arborer des trophées :\n          Les colonnes sont attifées\n    De cartouches soyeux et de lauriers vermeils.\n\n    L'orgueil des étendards coiffés d'alerions,\n           Vaguement remue et flamboie.\n           Un bas relief se déploie\n    Où le granit se crispe en mufles de lions.\n\n    Un bruit de pas guerriers multiplié s'entend\n          Derrière un grand rideau livide :\n           Un tronc est là, sanglant et vide...\n    Et le silence brusque et volontaire attend.\n\n    Mon rêve, enfermons-nous dans les choses lointaines,\n           Comme en de tragiques tombeaux\n           Pleins de métaux et de flambeaux\n    Et de faisceaux tendus sous des lances hautaines.\n\n\n                             II\n\n                      LES ORIENTS\n\nLes anciens Orients immensément défunts\nEt couchés dans la mort ainsi que des armées,\nMe fixent à travers leurs paupières fermées\nEt m'obèrent du cadavre de leurs parfums.\n\nIls s'entassent : soleils sur des marbres, tiares\nSur des granits, bronzes sur des soubassements\nDe porphyres, escarboucles et diamants\nObscurement larmés sur des manteaux barbares.\n\nEt l'immuable et ténébreux désert construit\n— Après avoir éteint ses derniers incendies —\nConstruit, sur cet amas de ruines grandies,\nComme un immortel sphinx d'ébène et d'or, sa nuit.\n"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": 26, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1632, "texte": "                          — 26 —\n\nL'ombre est définitive — et néanmoins les têtes\nDes plus grands souvenirs montent comme des feux :\nJadis on a pu voir des vaisseaux fabuleux\nPar dessus les flots noirs brûler dans les tempêtes.\n\nLes anciens Orients immensément défunts\nEt couchés dans la mort ainsi que des armées,\nMe fixent à travers leurs paupières fermées\nEt m'obèrent du cadavre de leurs parfums.\n\nEt je resonge à ces villes théogoniques\nA ces prêtres, à ces tyrans, à ces bourreaux\nSoudains, obliquement éclairés de flambeaux.\nDans le fantôme roide et pur de leurs tuniques.\n\nBabylone, Ninive, Orphyr, Persépolis\nAu dessus d'eux dardaient l'éternité des pierres,\nEt les lions dormaient près d'eux et les prières\nDes cinnames montaient vers eux et les grands lys.\n\nLeurs masques reposés de toute chose humaine\nN'avaient plus que les yeux qui ne fussent pas morts;\nLeurs doigts étaient trop vieux pour compter leurs remords;\nEt leurs cœurs trop usés pour s'imposer la haine.\n\nIls persistaient au fond de colossaux palais,\nLassés de leur mémoire et la sentant s'éteindre :\nEt leur désir était de voir l'oubli les ceindre\nAu point de n'avoir plus le souci des souhaits.\n\nLeur règne escarbouclé de célèbres victoires,\nCassé, gisait. Leurs pieds se reposaient dessus :\nEt rien n'y remuait. Leurs pieds n'éprouvaient plus\nMême quelque chaleur au toucher de leurs gloires.\n\nLeurs fronts illuminés de merveilleux charbons\nEt de joyaux, brillaient comme des fronts   d'ancêtre.\nEt tous s'en sont allés — et quelques-uns peut-être\nUn soir, très doucement, sont morts comme des bons.\n                                        EMILE VERHAEREN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 27, "page_fin": 28, "titre_corps": "Léon Bloy", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "J. 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Bloy, en effet, dévoilait dans le Désespéré les turpitudes de la presse et\ndes lettres parisiennes, et le commerçant craignit que le livre n'attirât sur\nlui les vengeances de ceux qui tiennent la critique. C'est alors que nous\nécrivîmes à Léon Bloy, lui demandant de nous donner son manuscrit. Il\nnous en envoya quelques pages que nous donnerons dans notre prochain\nnuméro, inscrivant aujourd'hui son nom parmi ceux de nos féaux.\n   « Bloy est encore un de ceux qui, venus du Midi, veulent conquérir les\nGaules; il tomba du faîte de son rêve. Ayant publié quelques articles dans\nl'Univers, il ne put s'y maintenir, trop indépendant qu'il était pour qu'on\nsupportât longtemps ses libres allures. Il écrivit ensuite quelques articles\npour le Foyer. Mais ce fut le Chat Noir qui révéla à la presse parisienne ce\ntalent extraordinaire, qu'on ne sait à quoi comparer, et qui s'est enfin\naffirmé d'une façon éclatante dans le Figaro.\n   Entre temps, Léon Bloy publiait un livre, le Révélateur du Globe, où\nse décèlent de solides études d'exégèse, de théologie, de philosophie histo­\nrique. Telle page de ce livre est un chef-d'œuvre de pensée : les idées y foi­\nsonnent, et le mépris accablant des petitesses humaines s'y montre à chaque\nligne. C'est que Bloy, en effet, est un méprisant : le monde fait de préjugés,\nde mensonges, de bassesses, de compromissions lâches, d'opinions surme­\nnées, de convictions affaiblies, de goûts morbides, d'exigences malsaines,\nce monde contemporain où tout semble factice, où le convenu et le\nmédiocre, et le sentimentalisme bête, prédominent, il l'a en horreur. Est-ce\nvous et moi qui lui en ferons un crime ?\n   Aussi de quelle raillerie impitoyable, de quel scepticisme social effréné,\nde quelle virulence d'expression, de quelle noire, profonde et mélancolique\nironie, son dernier livre n'est-il pas empreint ! Le titre même est un défi,\nune moquerie, presque une injure adressée à cette société qui vilipende ses\n"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": 28, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 797, "texte": "                                   — 28 —\n\nanciennes idoles et se crée de nouveaux faux dieux : Propos d'un entrepre-\nneur de démolitions ! »\n   Au Révélateur du Globe et aux Propos, ajoutons le Pal, un journal\nd'une sanglante satire qui vécut quatre numéros, et nous aurons achevé la\nliste des œuvres de Léon Bloy. Hélas ! elles ne l'ont pas fait vivre, et ce hau­\ntain se débat encore contre la cruelle vie de chaque jour. Tout ce que l'on\npeut souffrir, il l'a souffert pour conserver vierge son renom littéraire. Nous\nsommes heureux de lui tendre la main et de lui donner notre amitié. Puisse\nle Désespéré, qui paraîtra malgré tout, être reçu en Belgique, puisque la\nFrance méconnaît ceux qui la grandissent.\n                                                                     J. B.\n\n\n\n\n     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 28, "page_fin": 29, "titre_corps": "Où s’en vont les chemins", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Grégoire Le Roy", "ancre_debut": "OU S EN VONT LES CHEMINS", "ancre_fin": "GRÉGOIRE LE ROY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "INSTANTANES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": 28, "debut_caractere": 797, "fin_caractere_exclue": 1857, "texte": "OU S'EN VONT LES CHEMINS\n                                                        A GUSTAVE VANAISE.\n\n            Par le vitrail du haut de son manoir,\n            La belle enfant, la douce châtelaine,\n            Voit, là-bas, sur les routes, dans les plaines,\n            Un peu d'automne pourpre, un peu de soir.\n\n           O ces chemins, et ces routes lointaines !\n           Les bien-aimés s'en sont allés par là...\n           O les chemins ! Tout ce qui s'en alla,\n           Laissant ici les regrets et les peines.\n\n           La douce enfant ! Dans son regard profond,\n           Si lointain de regrets et de pensées,\n           C'est la douceur des pauvres délaissées,\n           Et leur douleur pour ceux-là qui s'en vont...\n\n           O les chemins ! Ils s'en vont de notre âme\n           Et s'enfoncent là-bas dans le passé...\n           Comme on est seul, comme on est délaissé...\n           La souvenance appelle et nous réclame.\n\n           La pauvre enfant ! Dans le soir de ses yeux,\n           Comme une étoile, un pleur vient d'apparaître;\n"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": 29, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 643, "texte": "                                — 29 —\n\n\n           O ces chemins ! Et c'est dans tout son être,\n           Comme un qui part et comme des adieux.\n\n           O les chemins ! Les routes désolées !\n           On voit toujours quelqu'un du souvenir\n           A l'horizon s'en aller et partir,\n           Partir au loin des heures envolées.\n\n           La pauvre enfant ! Dans ses yeux il fait noir,\n           Le soir tombé, rêve de l'heure morte...\n           Tous les aimés ont dépassé la porte...\n           Et dans son cœur il tombe un peu de soir.\n                                                GRÉGOIRE L E ROY.\n\n\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 29, "page_fin": 29, "titre_corps": "Instantanés", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "F. 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Condamnés aux\nmêmes pensées répétées, aux mêmes choses revues, ils doivent m'envier,\nélève d'antan qui ai « monté », et souhaiter d'être déracinés pour marcher\naussi vers l'avenir.\n                              AUTOMNE\n   Le vent a donné un long coup de peigne dans les arbres, et le ciel est\nbardé d'acier. Le soleil s'exile, laissant de son or écumer sur la crête des\nforêts. Un train, là-bas, déchire l'horizon, longuement, et son cri aigu\na sonné pour mon âme l'âge des déserts fanés.\n                                                         F. 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Paris, Calmann-Lévy. Prix : 4 francs.\n\n\n               Après avoir écrit le Prêtre de Némi, M. Ernest Renan, qui a\n                la production active, nous a donné l'Abbesse de Jouarre. En\n                lisant dans les journaux les comptes-rendus malintentionnés\n                de ce nouveau drame, on put croire qu'il offrirait une sensa­\ntion neuve et vive. Penser ainsi, c'était prêter à M. Renan, et, à la lecture,\nil n'a pas rendu. Les journaux disaient que l'œuvre était pornographique,\net cela paraissait invraisemblable. On peut ne pas tenir, au rang où l'on\ns'est placé, la place qu'il faudrait que l'on tînt, mais il y a des déchéances\nqui sont impossibles.\n    L'Abbesse de Jouarre ne renferme effectivement aucune des basses\nlicences dont l'accusent les gazetiers. Le livre indique une chute purement\nspirituelle, non morale. Elle n'est pas indécente, elle est pire : elle est\nimpuissante. On pouvait se figurer qu'après s'être maintenu toujours dans\nle domaine élevé des idées abstraites, générales et métaphysique, l'acadé­\n micien éprouverait le besoin violent de rentrer un moment dans la vie et de\n confesser généreusement quelques-unes de ces profondes sensations du\n cœur, que tous n'expriment pas, mais que tous ont ressenties. Le thème de\n son drame, c'est l'amour. Le philosophe allait donc se détendre, ôter son\n masque, reprendre une figure humaine et nous montrer une âme vivante; il\n allait nous prouver que ses agitations n'avaient pas uniquement été des\n agitations de cerveau, qu'il avait eu aussi des agitations de cœur, des\n espoirs, des tendresses, des bouleversements, et que, s'il avait tant pensé,\n c'était par lassitude d'avoir beaucoup aimé. La pensée raisonnante ne peut\n s'expliquer, ou du moins se justifier, autrement que par une certaine désil­\n lusion des ressources de la vie naturelle. Et encore, quand arrive cette\n amère désillusion, qu'il faut peu de chose pour sentir de nouveau battre\n vivement ce cœur que la raison a tenté de paralyser ! A Faust, la science et\n les livres n'importent plus, le jour où d'aimants effluves le sollicitent,\n raniment la sève et le rendent à la nature.\n\n\n   Dans l'Abbesse de Jouarre, malheureusement, il n'y a pas une seule\nvibration humaine. M. Renan est désormais une momie, la critique l'a\ndesséché. S'il fallait prendre vulgairement à la lettre l'idée maîtresse de\nson drame, il en résulterait cette confession : « Si j'avais été libre, si je\nn'avais tant sacrifié à la convenance sociale, au désir de paraître saint, si je\nn'avais eu peur, si la surveillance incessante de ma vanité m'avait laissé libre,\n"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": 31, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3173, "texte": "                                   —   31   —\n\n\nje me serais vautré dans les jouissances animales ». Cela peut ressortir du\nlivre : « Supposez, dit d'Arcy à son amante, le monde, à la veille de finir,\nl'amour seul règnerait sans loi, sans limites ». Mais cet aveu, qui reste\ndélicat sous sa plume et qu'il formule comme une vérité métaphysique\nabsolument générale, est au moins étrange de la part d'un homme qui a si\nsouvent partagé les doctrines sceptiques de Schopenhauer. Schopenhauer\nne nous représente que comme étant les jouets de la Nature. Nous sommes\ndes pantins dont elle tire la ficelle, et chacun de nos actes réalise une de ses\nintentions. Tout ce que nous faisons, nous est de la sorte dicté en vue d'un\nbut qu'elle veut atteindre.\n   C'est très spécieux et vraiment adroit comme logique, mais c'est peut-être\nmoins convaincant que les symboles religieux et assurément plus étroit.\nN'importe, c'est une hypothèse qui « tient ensemble » et qui a si bien\nséduit M. Renan, qu'il s'en est inspiré fréquemment pour ses déductions\nphilosophiques. Seulement, s'il est vrai que la nature a réellement un but,\nce n'est qu'à la condition de perpétuer la vie. Et si, comme le dit l'auteur\nde la Vie de Jésus, les hommes avaient la certitude de mourir endéans\nquelques heures, ils est évident qu'ils n'auraient pas de désirs d'amour,\npuisqu'on nous assure que ces désirs n'ont d'autre raison d'être que la\nprocréation et la continuation de notre espèce ?\n   M. Renan s'est donc contredit foncièrement, et ce n'est plus une erreur\nde jeunesse ! On lui pardonnerait plus volontiers de s'être trompé dans le\nsens large que dans le sens mesquin où sa pensée se perd.\n   Au reste, si j'invoque ces raisons, c'est par esprit de précision. Pour juger\nde pareils livres, il pourrait suffire d'employer le criterium infiniment haut\n et toujours sûr de l'art. On y trouve une raison, une justice instinctives,\n absolument infaillibles. A-t-on remarqué que toutes les philosophies se\n contredisent, mais que les œuvres d'art de sommet ne se contredisent pas ?\n L'œuvre de Leconte de Lisle ne contredit pas celle de Victor Hugo, et\n Baudelaire n'est pas en contradiction avec Shakespeare. L'art moyen seul\nse livre à des luttes intestines. Lorsque l'on gagne certaines hauteurs, le\ncombat cesse, et on ne les atteint, ces hauteurs, qu'après avoir vaincu les\ndoutes et assuré le jugement. Ce triomphe n'est pas de toutes les heures,\nmais il est de quelques heures, et il suffit, sinon pour sa gloire, au moins\npour sa conscience, que ces instants soient ceux où l'on a le livre à la main\npour le juger.\n\n\n   Les lecteurs de l'Abbesse de Jouarre ont dû éprouver une répugnance\nallant grandissante. L'art conseille ne n'écouter aucune doctrine et de ne se\nlivrer que sur une preuve d'humanité; on la chercherait en vain dans ces\npages académiques. Je ne parle même pas de noblesse de sentiment. La\nréalité admet aisément une abbesse facile à la chute et un d'Arcy subor­\nneur. Seulement, ce n'est pas même cette réalité là que M. Renan est\nparvenu à nous montrer, puisque ses héros ne vivent pas. Et non seulement\nils n'ont aucune apparence de vie, mais, en les créant, l'auteur n'a pu\n"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": 32, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3374, "texte": "s'empêcher une fois de plus de les faire servir sa propre cause. Julie est\nune nouvelle incarnation du philosophe, elle formule toutes ses théories et\nprésente sa défense. Pourquoi a-t-il tant besoin de se défendre ?\n    « Julie pensait, dit d'Arcy, que pour aider au progrès de l'esprit, il faut\nêtre irréprochable sur les mœurs. Avec les plus libres opinions et la plus\nferme (!) raison, elle fut aussi pure que les saintes du moyen-âge, dominées\npar la foi la plus absolue. C'était plaisir de la voir discuter du ton le moins\nalarmé, tous les problèmes du temps, soutenir les droits du peuple, appeler\nde ses vœux un christianisme libéral qui eût appliqué des institutions sécu­\nlaires et des richesses devenues nationales à l'éducation du peuple. On eût\ndit sainte Fare ou sainte Bathilde ayant lu Voltaire et commentant\nRousseau... »\n   N'est-ce pas que le portrait est joli et que M. Renan a su, cette fois\nencore, se dessiner lui-même avec une exactitude prévenante ? Ce n'est pas\ntout, le portrait continue dans cette confession de Julie l'apostate :\n    « J'ai l'assurance, dit-elle, d'avoir accompli ma tâche. J'ai voulu l'amé­\nlioration du sort de l'humanité; j'ai bien servi la nation envers laquelle ma\nnaissance m'avait assigné des devoirs. J'ai enseigné le devoir comme l'en­\ntendait le passé, en pénétrant mes leçons de l'esprit de mon siècle. J'ai fait\nle bien dans ma mesure. Je n'ai rien à me reprocher; je mourrai en paix. »\n(Il est vraisemblable que lorsqu'on le crie si haut, si fort et si souvent, on a\nde terribles doutes). Julie poursuit : « Je l'avoue, j'aimais la vie. Dieu fut\ntoujours prodigue pour moi de lumière et de grâce. Il m'entoura, dès ma\nnaissance, d'êtres bienveillants. J'héritai de tout ce qu'il y a de bon dans\nl'ancien esprit de la France, en le corrigeant par la sagesse du temps présent.\nJ'ai connu les hommes les meilleurs et les plus grands de mon siècle. Si\nl'œuvre de l'humanité est sérieuse (cette réflexion est charmante de finesse),\nj'ai compté pour un bon anneau dans cette chaîne sans fin. »\n    On ne peut mieux dire. Ah ! M. Renan n'a pas la vanité maladive, souf­\nfrante, honteuse, qui se cache par pudeur. Sa vanité se porte bien, elle\ns'affirme et s'étale en plein soleil. Julie, en fille reconnaissante, balance\nl'encensoir sous le nez du Dieu qui l'a inventée à son image. Et elle l'in­\ncarne si parfaitement, que le jour où elle accorde sa main au naïf La Fresmais,\nelle lui tient un discours de réception à l'Académie :\n    « Vous avez appris, Monsieur, le mot d'une énigme qui a dû longtemps\nvous sembler inexplicable. J'ai lutté contre les sentiments les plus profonds\nde mon cœur; pendant sept ans, j'ai dû vous paraître ingrate, obstinée dans\nmes refus. Je ne sais, Monsieur, si nous reverrons jamais la pleine joie,\ncelle qui suppose l'inexpérience et la naïveté, mais je vous aime, Monsieur,\nd'un amour que des années de silence ont concentré, non affaibli. »\n   Cette déclaration d'amour philosophique est singulièrement artificielle.\nOn croit entendre le baiser morne, moite et glacé de deux automatiques\ncréatures de cire. De sorte que là où nous espérions trouver un germe de\nvie, nous n'avons entendu que des paroles mortes. Plus rien ne bat dans\ncette poitrine d'où sont sortis tant d'aimables soupirs de satisfaction, et\njamais un souffle fort. Sur le tard, M. Ernest Renan a voulu effeuiller une\n"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": 33, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2030, "texte": "                                    — 33 —\n\nmarguerite et le vent qui passait en a emporté les pétales, tandis qu'il mur­\nmurait de sa voix blanche : « Je n'aime rien, je m'aime, je n'aime rien,\nje m'aime! »\n\n\n   Mais si le cœur est mort, le cerveau continue à vivre. Les Idées y sont\ntoujours nombreuses. Au temps de la fleuraison, elles dansèrent d'abord\ndes danses sacrées, puis, la gavotte et le menuet avec des grâces, des révé­\nrences qui attirèrent sur elles la curiosité de tous les esprits délicats. Elles\nétaient si parfaitement cérémonieuses ces Idées, même lorsqu'elles sautil­\nlaient et se butaient les unes contre les autres, elles étaient si joliment\nvêtues et se présentaient si bien qu'on n'en avait vu jamais d'aussi noble­\nment éduquées. Souvent, il est vrai, après avoir dansé en mesure la gavotte\net le menuet, elles dansaient à contre-temps la sarabande et le quadrille, et\ntout était brouillé. Mais elles avaient encore très bonne mine dans le\ndésordre et on les suivait avec le même plaisir.\n   Aujourd'hui, elles ont vieilli, les parures sont fanées, les dents n'ont plus\nd'émail, les yeux sont éteints, rien qu'un reflet, qu'un scintillement pour\nrappeler les belles grâces d'antan. Elles ne dansent plus, elles boitent, sont\nruinées et vivent inconsidérées dans un salon de tolérance philosophique.\nEt cependant, elles continuent à sourire, à saluer le passant qui n'y prend\ngarde. Elles mourront ainsi en se croyant toujours belles et s'estimant\njusqu'au dernier jour parfaitement heureuses.\n   M. Renan a eu le sort de ses Idées. Il a passé du temple au salon et du\nsalon n'importe où. Il se croit toujours beau. Il se targue d'avoir été com­\nplètemen heureux, de n'avoir jamais souffert, parce qu'il n'a jamais aimé.\nIl a brillé, mais il n'a pas allumé une âme à son contact. Enfin, son rôle n'a\npas été celui de l'artiste qui, pareil à une torche, incendie et éclaire en se\nconsumant.\n                                                      FRANCIS     NAUTET.\n\n                                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 33, "page_fin": 35, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Œuvres et les Hommes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Joséphin Péladan", "ancre_debut": "II Les Œuvres et les Hommes", "ancre_fin": "JOSÉPHIN PÉLADAN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE MUSICALE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": 33, "debut_caractere": 2030, "fin_caractere_exclue": 2947, "texte": "II\n\nLes Œuvres et les Hommes, tome VIII et dernier de la première série : Sensations\n    d'histoire, par J. BARBEY D'AURÉVILLY. Un vol. in-8° de luxe. Paris, Frinzine.\n\n\n             Si la gloire du romancier des Diaboliques et du Prêtre marié\n              est incontestée et resplendissante, la valeur transcendentale\n              de l'homme d'Etat qui est aussi en M. d'Aurévilly n'a jamais\n              paru certaine aux lettrés, et je suis presque seul à insister\nfréquemment sur les qualités de gouverneur et commandeur d'hommes du\nduc de la Normandie littéraire. Voici les Sensations d'histoire qui viennent\nme donner raison contre tout le monde. En ce livre-là, il ne faut pas voir\nseulement la critique des historiens de ce temps. MM. Michelet, la Vallée,\nVillari, Jung, Legeay, Topin, etc., ne sont que des occasions saisies par\n                                                                          3\n"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": 34, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3282, "texte": "                                   -   34   -\n\nM. d'Aurévilly pour donner son personnel avis sur les hommes et les événe­\nments du passé politique. Mais avant de poser lés secrets de l'admiration à\ntravers ses cinq cents pages, je dois avouer la tristesse du premier feuillet. Il\nporte le nom d'un cuistre protestant, helléniste distingué, directeur des\nconsciences athées, le Trenmor de Lelia-Ackerman. Et comme cette pré­\ntendue penseuse se recommande à la postérité par cette assertion « que\nl'humanité gagnerait beaucoup à se débarrasser de l'idée de Dieu »,\nM. Ernest Havet se recommande aux siècles futurs par ce dilemme :\n« Jésus-Christ était ou un fumiste ou un aliéné atteint de la monomanie des\ngrandeurs ». Comme les lettrés ne lisent pas l'ennuyeux pédant, j'ai voulu\nle présenter pour ce qu'il est « le cuistre du blasphème ».\n   Puisque M. d'Aurevilly le met orgueilleusement dans le Décaméron de\nses amis, il est certain que dans le privé c'est un noble caractère; mais dans\nle public il a craché sur Monseigneur Jésus-Christ et il a bavé plutôt la\nsalive luthérienne sur le crucifié; et j'avertis que ses livres sont semblables\nà des limaces sur un évangéliaire.\n   L'étude qui ouvre la série et redresse la haute figure du roi catholique\navant tout, Jacques VI, a toute l'importance, non seulement d'un arrêt de\ncassation frappant sur l'opinion reçue, mais encore d'une profession de\ndoctrine. M. d'Aurévilly y témoigne son adhésion aux conceptions poli­\ntiques de MM. de Bonald et de Maistre, à la doctrine du droit divin telle\nque Bossuet l'a formulée dans ses Maximes politiques, tirées de l'Ecriture-\nSainte. Louis XI, ensuite, y est vu d'un œil autrement puissant que celui\ndont l'a regardé un autre romancier, Walter Scott, et Louis XIII, dégagé\ndans sa vraie personnalité du rayonnement absorbant de son cardinal-\nministre. Après avoir lavé la responsabilité romaine des éclaboussures de\nla Saint-Barthélemy, il passe de la guerre de Trente ans à Gustave\nAdolphe, recondamne Savonarole au nom de l'obéissance hiérarchique,\ntout en l'admirant, exalte et le pape guerrier Jules II et le sublime Hilde-\nbrand.\n   Catherine d'Aragon, « cette Marie Stuart sans une faute », la mégère\nElisabeth d'Angleterre, Henriette de France, La Vallière, succèdent à\nHenri IV et au cardinal de Retz. Puis viennent Catherine II, Dupleix et\nPitt, Napoléon le thug et Henri VI le podagre, et le livre se ferme sur la\nplus fine, la plus incise pièce d'ironie historique : Grandeur et Décadence,\ndu Journal des Débats.\n   J'ai sèchement dit ce sommaire, parce que ici un nom évoque tout un\ntemps, tout un peuple, et que l'intérêt s'augmente de la variété. Rare unité\nde jugement, sur tous ces points si disparates, M. d'Aurévilly promène une\ncritique toujours logique et toujours concordante, quelle que soit la succes­\nsion de la matière. Cette belle ordonnance du principe restant inébranlable\nchez un écrivain aussi passionné, présente un caractère qu'on ne rencontre­\nrait pas ailleurs : et comme si, en devenant historien, il s'était inconsciem­\nment solennisé, le styliste a atteint à une beauté sereine d'exécution, à une\nrationalité de l'expression, à une mesure qui ne sont pas les qualités car­\ndinales, mais qui surprennent, chez un poète en prose dont la réputation se\n"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": 35, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "                                    — 35 —\n\n base sur le lyrisme de la psychologie et une écriture toute passionnelle et\n enflammée.\n    Ces Sensations d'histoire ne sont pas seulement intenses dans leur vérité,\n lumineuses dans leur couleur étonnante, elles sont surtout les dernières\n d'une race éteinte et qui ne renaîtra pas.\n    Il y a encore et il y aura toujours, même en face de l'Antéchrist, des\n catholiques romains; mais M. d'Aurévilly ferme le cycle des grands pen­\n seurs qui ont poussé la foi jusque sur la personne royale. Aujourd'hui le\n catholique le plus orthodoxe ne croit plus au droit divin des races, et de\nmême qu'il se déprend de l'amour du sol, il se déprend aussi du gouverne­\n ment de ce sol.\n    Le fait culminant de l'évolution chrétienne, à cette heure, apparaît dans\nla scission définitive des choses temporelles et spirituelles; le Concordat,\nqui liait le sujet du pape au roi très chrétien, est déchiré. Je n'ai pas à\némettre ici mon propre sentiment d'humaniste; je convie simplement à\nlecture d'un livre prodigieux pour le talent et prodigieux encore pour le\ndéfi qu'il porte au rationalisme ambiant.\n   On reconnaît la sexualité morale d'un historien à voir ou son enthou­\nsiasme de la grandeur quand même ou sa tendresse abaissant et mouillant\nson regard d'aile. Eh bien ! M. Barbey d'Aurévilly, lui qui est androgyne\ndans ses romans, apparaît exclusivement mâle en ces discours sur l'histoire.\nDans l'hécatombe napoléonienne, il ne voit pas le charnier de quinze mil­\nlions de cadavres; sa force de personnalité s'éblouit à la monstrueuse per­\nsonnalité du thug, et il en oublie la charité. Même comme œuvre critique,\nce volume a l'imprévu d'une révélation soudaine, et la mise en lumière,\npour qui sait voir d'un côté singulièrement imposant de ce connétable des\nlettres françaises. J'ai vu l'homme d'action surgir sous l'homme de juge­\nment : et dans un autre temps, avec une circonstance où il eût pu jeter le\ngrappin d'un fils de Rollon, Jules Barbey d'Aurévilly aurait agi de l'his­\ntoire, et ce qu'il aurait fait eût été, j'en jure, aussi grand que ce qu'il a écrit.\n                                                  JOSÉPHIN PÉLADAN.\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 35, "page_fin": 38, "titre_corps": "Chronique musicale : Lakmé", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique musicale", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": 35, "debut_caractere": 2195, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n                                   LAKMÉ\n          Quel succès !\n            — Quelle chute !\n            — Charmant, n'est-pas?\n            — Peuh !\n — C'est donc mauvais ?\n — Oh ! non ! Mauvais ! M. Delibes n'aurait pas pu. C'est bien pis, c'est\nmédiocre.\n"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": 36, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3166, "texte": "                                   — 36 —\n\n   Sur une petite histoire d'orientalisme en redingote, une histoire qui se\n passe aux Indes, et qui pourrait tout aussi bien se passer à Paris ou à\n Bruxelles, si Lakmé voulait seulement s'appeler Lisette ou Margot, et\n coudre à sa fenêtre ouverte à l'ombre d'un pot de fleurs pendant que le\n régiment « s'en va-t-à l'exercice », sur cette histoire, mal mise en scène,\n M. Delibes a écrit l'œuvre la plus impersonnelle que l'on connaisse de lui.\n   Après le Roi l'a dit, une partitionnette ancienne, après Jean de Nivelles,\n dont les mélodies fraîches dans leur simplesse de vieux français, semblaient\n avoir été composées au temps ingénu de la Pléiade; après, surtout, les airs\nde ballet de Coppelia et Sylvia, on pouvait croire qu'il lui resterait un peu\nd'orchestration pittoresque, d'inspiration fine et tendre et qu'il rendrait en\nartiste un peu d'amour à cette Lakmé voluptueuse et aimante.\n   Delibes n'a jamais eu de nature bien accentuée. Sa musique n'a jamais\noublié qu'elle devait vivre dans le monde. Si elle avait quelquefois effleuré\nla banalité, elle s'était presque toujours sauvée de la vulgarité par son\nexquise distinction de forme. C'était de la musique très « comme il faut »,\nd'une propreté excessive, dont on eût dit qu'elle venait d'être transcrite au\nnet.\n   Cette fois, son manuscrit a encore été remis au net; il n'y a pas de pâtés\nni de bavures harmoniques; c'est écrit d'une belle écriture de pensionnaire\net pour qu'il n'y ait pas de trous entre les morceaux, on a eu bien soin de\nmettre : « enchaînez, » au bas de chaque numéro; mais la propreté,\nn'est plus que toute matérielle, se limite à la surface; l'esprit s'est fané,\ns'est relâché et, à beaucoup de pages, l'auteur, fatigué de soutenir ses\nidées ou celles des autres, les a laissé tomber dans le lieu commun mélo­\ndique.\n   Il y a encore de ces phrases souples et ondoyantes qui se ployent, s'en­\nroulent et se déroulent longuement en nous enlaçant l'esprit et les sens\ncomme des lianes. Mais, hélas ! les lianes ne sont plus vierges. Ce qui n'a\npas empêché le public de répéter « quel charmeur », parce que le public\nsait que M. Delibes est un musicien très bien et que « charmeur ! » est son\nétiquette.\n   Charmeur ! Ce n'est pas difficile quand les serpents sont empaillés ! Il est\nvrai qu'à défaut de serpents il y avait des sonnettes, et les sonnettes et les\nclochettes ding, ding, dong, font du bonheur à toute une salle quand elles\nviennent en ritournelle à un air comme la légende de la jeune Hindoue,\ndans lequel il y a beaucoup de vocalises, beaucoup de notes piquées et\nbeaucoup de points d'orgue.\n   « Où va la jeune Hindoue, fille des Parias ? »\n   Voulez-vous que je vous le dise, M. Delibes ? Les pères sont souvent\naveugles à l'égard de leurs enfants. Eh ! bien, elle va faire tirer son air à\ncinquante mille exemplaires, qu'elle distribuera dans les familles honnêtes,\net le dimanche, devant les oncles, les tantes, les cousines et les cousins\némerveillés, des enfants le joueront et le chanteront, en s'arrêtant quelque­\nfois pour arranger les doigts sur un accord ou reprendre la note juste après\nune note fausse.\n"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": 37, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3184, "texte": "                                  - 3 7 -\n\n    Et beaucoup de pages de cette partition 'suivront le même chemin. Tel\nle Quintette, l'horrible quintette d'opérette du premier acte. Telle la marche\n des petits soldats qui passe et repasse comme dans Carmen et qui empoigne\n la banalité à pleins fifres et tambours, ce que la marche de Jean de Nivelles\nn'avait pas osé faire, car il faut ajouter qu'il y a une marche comme cela\n dans tous les opéras de M. Delibes.\n    Est-ce dire que l'œuvre ne se relève pas, çà et là, par quelques fragmenta\nde musique bien gentille? Non. On ne se dépouille pas ainsi, en une fois,\nde ses plus précieuses qualités ; il reste un peu de Delibes dans le ravissant\nduo-barcarolle du second acte, une des plus jolies choses de la partition ; il\nen reste un peu dans l'air de la fantaisie, dit par le ténor, et peut-être ail­\nleurs, je cite à vol de souvenirs. Mais à côte de ces pages là, combien\nd'autres sur lesquelles plane l'esprit de tout le monde!\n   Un phénomène esthétique curieux, qui s'indiquait dans les premières\nœuvres, s'accentue dans celle-ci. Bien que Lakmé porte encore sa marque\nde fabrique en façade, la trace d'une patte spéciale ; l'originalité n'y est\nplus guère que dans la facture. On dirait que c'est une originalité de\nseconde main, qui ne consiste que dans la façon particulière de s'assimiler\ndes éléments puisés à un fonds commun d'inspiration. S'approprier le bien\nd'autrui en le transformant, il semble que ce soit aujourd'hui toute la\nfaculté de M. Delibes, de façon qu'on se dit à l'audition de Lakmé : « Je\nsuis bien sûr d'avoir entendu cela quelque part », mais qu'il est absolument\nimpossible de savoir où.\n   Sans doute, cette faculté s'exerce de façon parfaitement inconsciente et\nhonnête, mais le fait n'en est pas moins de nature à diminuer la valeur du\ncompositeur. Son mérite, dès lors, ne réside plus que dans la mise en\nœuvre. Quand il croit créer, il ne fait qu'exprimer, en l'interprétant, cette\npensée latente qui lui vient de son milieu et dont il s'est tout imprégné sans\nle savoir.\n   C'est un peu l'histoire du dilettantisme tuant la faculté créatrice. Mal­\nheureusement, le dilettante est descendu de son aristocratie très éclectique\npour crotter sa musique à des vulgarités. Pouah ! Il s'est laissé tomber à\ndes fautes de goût au point de gâter, par une interprétation fausse de lui-\nmême, les meilleurs éléments de son œuvre, comme si — par une anomalie\nautrement phénoménale — il ne comprenait pas sa musique. C'est très\nsérieux. Un exemple : le thème amoureux de Gérald et Lakmé, au second\nacte. Ce thème passe dans l'introduction ; mais écoutez de quelle singulière\nallure. C'est un thème mystique, large. Ne fallait-il pas le phraser ? le\nphraser dans un mouvement lent et recueilli, avec d'imperceptibles pauses\npour permettre aux sons de propager leurs vibrations. Au lieu de cela, on\nle joue en mouvement pressé, en marquant à coups de contrebasse les\nquatre périodes de la phrase, comme si l'on récitait un quatrain de cara­\nmel.\n   Il paraît que c'est M. Delibes qui l'a voulu ainsi. J'ai de la peine à le\ncroire ou je n'y comprends plus rien, car ceci est d'une esthétique hors de\nma portée.\n"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": 38, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2292, "texte": "                                   — 38 —\n\n    Lakmé a bien voulu s'appeler ici M lle Vuillaume, et c'est, sans doute, ce\n qui l'a sauvée de l'antipathie des artistes ; car M1le Vuillaume — la petite\n Vuillaume — met tant de spontanéité, tant de grâce et de jeunesse, tant\n de fine intelligence jusque dans les traits qu'elle rate et les notes qu'elle\n fausse, que tous ses petits défauts de femme et d'artiste deviennent presque\ndes qualités, comme souvent chez ces natures dont la personnalité est très\naccusée. Le bout de rôle de Hadji marque un progrès de M. Gandubert.\n M. Renaud est toujours bon dans les grands-prêtres quand il peut les faire\ntrès grands et très gros. Mlle Wolf, malade, a été remplacée successivement\npar M1les Castagne et Martini. Quant à M. Engel, il est en baisse.\n   Au début, M. Engel avait plu par son style correct, très français, sa jolie\nvoix; mais comme tout artiste qui ne se renouvelle plus, qui ne crée plus,\nvoilà qu'il se gâte peu à peu. Au lieu de chercher à varier et à raviver son\njeu un peu conventionnel, il s'y est figé. Il avait acquis quelques gestes et\nquelques expressions de figure, il les a fait clicher de peur de les perdre et\nil est en train de se faire une petite pelote de ficelles pour le jour où il\nn'aura plus rien d'autre à nous offrir. On dirait qu'il est fatigué de se faire\ndu mal et songe à la retraite. Rien ne pouvait nous faire prévoir qu'il en\nfût là, bien que sa voix eût depuis longtemps besoin d'être époussetée.\n   M. Engel n'a guère aidé Mlle Vuillaume à poétiser l'œuvre de Delibes. Il\nn'a fait qu'en accentuer l'aspect terre-à-terre, ce mil-huit-cent-trentisme\nbourgeois, qui nous a fait songer tant de fois au vieil opéra-comique\nd'Auber et d'Adam.\n   O ! ma pauvre petite Lakmé ! Ame de lumière, chair de volupté, rien\nqu'à t'imaginer de loin, je ne sais pourquoi j'avais cru que je t'aimerais.\nJ'en veux à M. Delibes, qui vient de m'enlever cette illusion de plus,\n   Qu'a-t-il fait de cette jolie enfant baignée de soleil, qu'a-t-il fait de\nLakmé, bon Dieu ! Une œuvre d'artiste ? Une œuvre d'amuseur, à peine,\nEt encore, je vous avoue que j'y ai bâillé tout un soir.\n   On dira que j'exagère. Pardon, je trouve que c'est M. Delibes qui\nexagère.\n                                                     HENRY MAUBEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-01-05-n1-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 39, "page_fin": 50, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "en a jugé autrement", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 104, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 226, "fin_caractere_exclue": 227, "texte": "1"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 315, "fin_caractere_exclue": 322, "texte": "LETTRES"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 490, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "L'Art moderne est de plus en plus fort. 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La Jeune Bel-"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 4375, "fin_caractere_exclue": 4418, "texte": "gique tout entière prend part à ses doulou­"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 4472, "fin_caractere_exclue": 4485, "texte": "reux regrets."}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 4580, "fin_caractere_exclue": 4620, "texte": "Un de nos principaux collaborateurs nous"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 4674, "fin_caractere_exclue": 4713, "texte": "promet pour un numéro très prochain une"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 4767, "fin_caractere_exclue": 4809, "texte": "étude sur M. Gustave Frédérix, le critique"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 4863, "fin_caractere_exclue": 4898, "texte": "littéraire de l'Indépendance belge."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 159, "fin_caractere_exclue": 199, "texte": "M. 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A bientôt une étude sur l'œuvre au"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 753, "fin_caractere_exclue": 793, "texte": "complet qui, d'ores et déjà, fait parler"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 944, "fin_caractere_exclue": 951, "texte": "d'elle."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1153, "fin_caractere_exclue": 1194, "texte": "Le Juré       n'a été lu nulle part cette"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1295, "fin_caractere_exclue": 1303, "texte": "semaine."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1490, "fin_caractere_exclue": 1523, "texte": "Prochainement, nous donnerons une"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1525, "fin_caractere_exclue": 1567, "texte": "étude sur l'enseignement de la littérature"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1621, "fin_caractere_exclue": 1634, "texte": "dans l'armée."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1820, "fin_caractere_exclue": 1858, "texte": "Le prochain volume de vers de M. Geor­"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1912, "fin_caractere_exclue": 1952, "texte": "ges Rodenbach s'intitulera : Le livre de"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2009, "fin_caractere_exclue": 2048, "texte": "Jésus. D'après le peu de pages que nous"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2098, "fin_caractere_exclue": 2140, "texte": "en connaissons, ce sera une véritable sur­"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2142, "fin_caractere_exclue": 2159, "texte": "prise littéraire."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2342, "fin_caractere_exclue": 2379, "texte": "Viennent de paraître chez Dreyfous, à"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2440, "fin_caractere_exclue": 2482, "texte": "Paris, les Conférences et Lettres de M. de"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2539, "fin_caractere_exclue": 2577, "texte": "Brazza, réunies par M. Napoléon Ney et"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2632, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "la 2e édition des Cinq années au Congo, de"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2715, "fin_caractere_exclue": 2755, "texte": "Stanley, traduites par notre confrère de"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2758, "fin_caractere_exclue": 2790, "texte": "l'Indépendance, M. Gérard Harry."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2890, "fin_caractere_exclue": 2928, "texte": "M. Napoléon Ney a réuni dans un volume"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3028, "fin_caractere_exclue": 3069, "texte": "documentaire tout ce qui concerne l'œuvre"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3141, "fin_caractere_exclue": 3183, "texte": "de M. de Brazza. Il a pris dans ses confé­"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3292, "fin_caractere_exclue": 3335, "texte": "rences, dans ses rapports, dans ses lettres"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3446, "fin_caractere_exclue": 3491, "texte": "privées, les points les plus saillants de ses"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3543, "fin_caractere_exclue": 3587, "texte": "explorations dans l'ouest africain, et appe­"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3641, "fin_caractere_exclue": 3686, "texte": "lant à lui les dessinateurs, il a donné ainsi"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3849, "fin_caractere_exclue": 3896, "texte": "un travail qui semble définitif sur les t r a ­"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3955, "fin_caractere_exclue": 3991, "texte": "vaux du fondateur du Congo français."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4061, "fin_caractere_exclue": 4100, "texte": "M. Gérard Harry, de son côté, a traduit"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4162, "fin_caractere_exclue": 4205, "texte": "l'ouvrage de Stanley, Cinq années au Congo,"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4361, "fin_caractere_exclue": 4406, "texte": "où le rival de M. de Brazza fait assister aux"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4408, "fin_caractere_exclue": 4454, "texte": "luttes et aux efforts qui ont abouti à l'exis­"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4514, "fin_caractere_exclue": 4558, "texte": "tence de l'Etat libre dont le roi des Belges"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4598, "fin_caractere_exclue": 4637, "texte": "est devenu le souverain nominal. Roi du"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4696, "fin_caractere_exclue": 4737, "texte": "Congo ! Autrefois, on eût souri un peu de"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4779, "fin_caractere_exclue": 4824, "texte": "ce titre, mais Léopold II a bravé les raille­"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4871, "fin_caractere_exclue": 4910, "texte": "ries de l'opinion. Ces deux ouvrages se"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4933, "fin_caractere_exclue": 4976, "texte": "complètent l'un par l'autre et montrent, en"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4977, "fin_caractere_exclue": 5017, "texte": "tous cas, l'opiniâtreté des explorateurs"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 5183, "fin_caractere_exclue": 5233, "texte": "européens.                                       |"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 115, "fin_caractere_exclue": 154, "texte": "Le dernier est traduit avec beaucoup de"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 211, "fin_caractere_exclue": 253, "texte": "scrupule en une langue très littéraire qui"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 310, "fin_caractere_exclue": 357, "texte": "en fait une lecture plus palpitante et curieuse"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 414, "fin_caractere_exclue": 456, "texte": "que toutes les Verneries du monde. On sait"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 513, "fin_caractere_exclue": 554, "texte": "d'ailleurs, que M. Harry n'est pas seule­"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 611, "fin_caractere_exclue": 654, "texte": "ment un traducteur habile, mais un écrivain"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 711, "fin_caractere_exclue": 751, "texte": "nouvelliste dont les feuilletons ont été"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 808, "fin_caractere_exclue": 846, "texte": "remarqués. Il réunira prochainement en"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 903, "fin_caractere_exclue": 942, "texte": "volume une série de petits romans d'une"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1008, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "fine et délicate observation que nous p o u ­"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1110, "fin_caractere_exclue": 1149, "texte": "vons recommander à l'avance comme étant"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1251, "fin_caractere_exclue": 1293, "texte": "de littérature vraiment solide et moderne."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1360, "fin_caractere_exclue": 1397, "texte": "Le livre aura, nous en sommes sûr, un"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1454, "fin_caractere_exclue": 1486, "texte": "grand succès auprès des Lettrés."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1583, "fin_caractere_exclue": 1619, "texte": "Une déception cependant. La première"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1676, "fin_caractere_exclue": 1717, "texte": "édition du livre de Stanley, imprimée par"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1774, "fin_caractere_exclue": 1815, "texte": "Lefebvre, était une merveille de typogra­"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1872, "fin_caractere_exclue": 1910, "texte": "phie; la deuxième, due à Weissenbruch,"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 1967, "fin_caractere_exclue": 2007, "texte": "est ce que l'on nomme en argot de métier"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2064, "fin_caractere_exclue": 2096, "texte": "« cochonnée » C'est regrettable."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2199, "fin_caractere_exclue": 2235, "texte": "L'Art moderne a le toupet volumineux"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2291, "fin_caractere_exclue": 2336, "texte": "de prétendre que le mot esthète, qui, dit-il,"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2392, "fin_caractere_exclue": 2437, "texte": "a fait fortuné (!!!!), est de son crû. Or, il"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2493, "fin_caractere_exclue": 2536, "texte": "vient en droite ligne d'Angleterre. Voir le"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2592, "fin_caractere_exclue": 2629, "texte": "volume de M. Gabriel Sarrazin sur les"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2685, "fin_caractere_exclue": 2712, "texte": "Poètes de l'Angleterre (1)."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2847, "fin_caractere_exclue": 2884, "texte": "Racine décadent, d'après une communi­"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 2982, "fin_caractere_exclue": 3025, "texte": "cation mallarmiste recueillie par M. Scholl"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3123, "fin_caractere_exclue": 3138, "texte": "dans le Matin :"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3237, "fin_caractere_exclue": 3289, "texte": "Oui, je viens. Dansons. Temps. Plat doré. Les Terne."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3436, "fin_caractere_exclue": 3443, "texte": "[Elle !"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3492, "fin_caractere_exclue": 3540, "texte": "Je viens seul. On l'use. Agent. Ticket solennel."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3588, "fin_caractere_exclue": 3639, "texte": "C'est laid, braire. Avec vous la femme. Meuse Jour-"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3741, "fin_caractere_exclue": 3746, "texte": "[Nez."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3800, "fin_caractere_exclue": 3847, "texte": "Que l'étançon. Champs. Geai si toc. Queue deux."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 3945, "fin_caractere_exclue": 3953, "texte": "[Ce jour"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4007, "fin_caractere_exclue": 4055, "texte": "La trompette, ça crée. Ah ! non, c'est l'Heureux"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4155, "fin_caractere_exclue": 4160, "texte": "[Tour"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4206, "fin_caractere_exclue": 4253, "texte": "Du Temple. Or né partout. Deux fez, tons magni­"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4352, "fin_caractere_exclue": 4359, "texte": "fiques."}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4462, "fin_caractere_exclue": 4512, "texte": "Arsène    Houssaye,     qui a fait une  série   de"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4559, "fin_caractere_exclue": 4596, "texte": "conférences en Belgique, a éprouvé le"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4649, "fin_caractere_exclue": 4694, "texte": "besoin, à son retour à Paris, de confier à un"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4738, "fin_caractere_exclue": 4778, "texte": "journal du boulevard ses impressions sur"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4831, "fin_caractere_exclue": 4870, "texte": "les bons Belges. Nous relevons dans son"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 4911, "fin_caractere_exclue": 4932, "texte": "article cette perle :"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 5031, "fin_caractere_exclue": 5077, "texte": "(1) Que nous prions M. Georges R... à qui nous"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 5129, "fin_caractere_exclue": 5182, "texte": "l'avons prêté de vouloir bien nous restituer, avec le"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 5234, "fin_caractere_exclue": 5274, "texte": "reste; ceci sans reproche naturellement."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "« La Belgique a aussi, comme la France,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 140, "fin_caractere_exclue": 185, "texte": "ses naturalistes et ses décadents; toutefois,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 233, "fin_caractere_exclue": 277, "texte": "l'école qui s'intitule « la Jeune Belgique »"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 326, "fin_caractere_exclue": 367, "texte": "n'est pas étroite comme la nouvelle école"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 421, "fin_caractere_exclue": 466, "texte": "française qui pourrait s'intituler « les pré­"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 511, "fin_caractere_exclue": 551, "texte": "cieux débraillés » ou encore « le fumier"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 594, "fin_caractere_exclue": 635, "texte": "littéraire ». Les maîtres pour « la Jeune"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 684, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "Belgique » sont : Baudelaire en poésie,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 780, "fin_caractere_exclue": 821, "texte": "Flaubert en prose. Ils oublient seulement"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 871, "fin_caractere_exclue": 913, "texte": "que Flaubert n'est qu'un disciple de Théo­"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 962, "fin_caractere_exclue": 1020, "texte": "phile Gautier et Baudelaire un disciple de       Capitaine"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1054, "fin_caractere_exclue": 1095, "texte": "Sainte-Beuve, avec d'autres horizons mais"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1147, "fin_caractere_exclue": 1171, "texte": "avec moins de variété. »"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1242, "fin_caractere_exclue": 1282, "texte": "Flaubert disciple de Théophile Gautier !"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1339, "fin_caractere_exclue": 1376, "texte": "Baudelaire disciple de Sainte-Beuve !"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1435, "fin_caractere_exclue": 1459, "texte": "Avec d'autres horizons !"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1508, "fin_caractere_exclue": 1536, "texte": "Mais avec moins de variété !"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1539, "fin_caractere_exclue": 1569, "texte": "Laisse-nous respirer, Arsène !"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1572, "fin_caractere_exclue": 1610, "texte": "T u ne sais plus du tout... où c'est !"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1848, "fin_caractere_exclue": 1884, "texte": "Le Chevalier des Touches. — Les ama­"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1939, "fin_caractere_exclue": 1980, "texte": "teurs de bons et beaux livres ne pourront"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2011, "fin_caractere_exclue": 2054, "texte": "que féliciter la Librairie des Bibliophiles"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2103, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "(Jouaust et Sigaux) d'avoir fait entrer le"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2194, "fin_caractere_exclue": 2237, "texte": "Chevalier des Touches, l'œuvre la plus fine"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2264, "fin_caractere_exclue": 2306, "texte": "et la plus délicate de Barbey d'Aurevilly,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2355, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "dans sa Bibliothèque artistique moderne, où"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2399, "fin_caractere_exclue": 2439, "texte": "elle veut réunir les meilleurs contes et"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2440, "fin_caractere_exclue": 2480, "texte": "romans contemporains, faisant ainsi pour"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2531, "fin_caractere_exclue": 2574, "texte": "les auteurs de notre siècle ce qu'elle a si"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2602, "fin_caractere_exclue": 2640, "texte": "heureusement entrepris, avec sa Petite"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2695, "fin_caractere_exclue": 2736, "texte": "Bibliothèque    artistique, pour ceux des"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2784, "fin_caractere_exclue": 2826, "texte": "siècles passés. Cet ouvrage si attachant a"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2874, "fin_caractere_exclue": 2915, "texte": "encore le mérite de pouvoir être mis dans"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2967, "fin_caractere_exclue": 3009, "texte": "toutes les mains; aussi sera-t-il le livre"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3056, "fin_caractere_exclue": 3099, "texte": "d'étrennes favori dans le monde des biblio­"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3146, "fin_caractere_exclue": 3153, "texte": "philes."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3213, "fin_caractere_exclue": 3249, "texte": "La nouvelle édition est, d'ailleurs,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3300, "fin_caractere_exclue": 3341, "texte": "attrayante à tous égards. Au mérite d'une"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3392, "fin_caractere_exclue": 3429, "texte": "exécution typographique des plus soi­"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3451, "fin_caractere_exclue": 3491, "texte": "gnées vient se joindre le charme de très"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3541, "fin_caractere_exclue": 3584, "texte": "belles eaux-fortes, gravées par Champollion"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3617, "fin_caractere_exclue": 3661, "texte": "d'après des compositions de Julien Le Blant,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3705, "fin_caractere_exclue": 3747, "texte": "dont la suite de dessins pour Servitude et"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3798, "fin_caractere_exclue": 3839, "texte": "Grandeur militaires a eu l'année dernière"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3885, "fin_caractere_exclue": 3930, "texte": "un si grand succès. C'était bien, d'ailleurs,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3946, "fin_caractere_exclue": 3988, "texte": "au peintre attitré des scènes de la Vendée"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 4041, "fin_caractere_exclue": 4087, "texte": "qu'il fallait demander l'interprétation de cet"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 4099, "fin_caractere_exclue": 4134, "texte": "émouvant épisode de la chouannerie."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 4192, "fin_caractere_exclue": 4230, "texte": "Le Chevalier des Touches forme un beau"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "volume, du format in-8° écu, l'un des plus"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 232, "texte": "appréciés des bibliophiles. Le prix est de"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 283, "fin_caractere_exclue": 325, "texte": "fr. 27-50. Il y a aussi un tirage en grand"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 376, "fin_caractere_exclue": 420, "texte": "papier, in-8° raisin, sans compter les exem­"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 471, "fin_caractere_exclue": 510, "texte": "plaires en papiers de Chine, Whatman et"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 561, "fin_caractere_exclue": 593, "texte": "du Japon, dans les deux formats."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 647, "fin_caractere_exclue": 683, "texte": "Nous rappelons aux amateurs que dans"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 734, "fin_caractere_exclue": 779, "texte": "la même collection ont déjà paru : les Contes"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 830, "fin_caractere_exclue": 870, "texte": "d'Alphonse Daudet, 1 vol., 30 francs; le"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 921, "fin_caractere_exclue": 961, "texte": "Roi des Montagnes, 1 vol., 30 francs; le"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1021, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "Fracasse, 3 vol., 75 francs; Une"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1104, "fin_caractere_exclue": 1146, "texte": "Page d'Amour, 2 vol., 45 francs; Servitude"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1197, "fin_caractere_exclue": 1239, "texte": "et Grandeur militaires, 1 vol., 30 francs;"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1290, "fin_caractere_exclue": 1336, "texte": "Jocelyn, 1 vol., 30 francs; Graziella, 1 vol.,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1387, "fin_caractere_exclue": 1432, "texte": "25 francs. — A la Librairie des Bibliophiles,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1483, "fin_caractere_exclue": 1505, "texte": "rue Saint-Honoré, 338."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1623, "fin_caractere_exclue": 1659, "texte": "Nous faisions erreur à propos du mot"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1710, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "torpide que nous reprochions à M. Picard."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1802, "fin_caractere_exclue": 1844, "texte": "Le mot n'est pas au Dictionnaire de l'Aca-"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1895, "fin_caractere_exclue": 1938, "texte": "démie, mais il figure dans celui de Littré,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 1989, "fin_caractere_exclue": 2010, "texte": "avec ce commentaire :"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2064, "fin_caractere_exclue": 2102, "texte": "« Néologisme. Engourdi, engourdissant."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2153, "fin_caractere_exclue": 2193, "texte": "Il y a des journées calmes, molles, tor-"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2244, "fin_caractere_exclue": 2263, "texte": "pides. (Toppfer) »."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2317, "fin_caractere_exclue": 2354, "texte": "Notre remarque était donc mal fondée."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2492, "fin_caractere_exclue": 2530, "texte": "Une rectification de journal. Emprunté"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2580, "fin_caractere_exclue": 2601, "texte": "au Birmingham Times :"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2654, "fin_caractere_exclue": 2694, "texte": "L'autre jour, un journal de la localité,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2744, "fin_caractere_exclue": 2783, "texte": "après avoir annoncé qu'un de ses adver­"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2833, "fin_caractere_exclue": 2873, "texte": "saires, le farouche radical, M. Maguère,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 2923, "fin_caractere_exclue": 2966, "texte": "venait d'être élu sheriff, ajoutait; « Nous"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3016, "fin_caractere_exclue": 3055, "texte": "croyons savoir que M. Maguère se lavera"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3105, "fin_caractere_exclue": 3145, "texte": "avant d'étrenner ses nouvelles fonctions"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3195, "fin_caractere_exclue": 3209, "texte": "municipales. »"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3262, "fin_caractere_exclue": 3299, "texte": "Le lendemain, M. Maguère se présenta,"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3349, "fin_caractere_exclue": 3391, "texte": "armé d'une cravache, chez l'ironique jour­"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3441, "fin_caractere_exclue": 3450, "texte": "naliste :"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3503, "fin_caractere_exclue": 3540, "texte": "— Vous allez rétracter cette mauvaise"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3590, "fin_caractere_exclue": 3616, "texte": "plaisanterie ! lui dit-il."}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3669, "fin_caractere_exclue": 3704, "texte": "— Je ne demande pas mieux, répondit"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3754, "fin_caractere_exclue": 3797, "texte": "l'obligeant directeur du journal; j'ai tou­"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3847, "fin_caractere_exclue": 3884, "texte": "jours été accommodant, moi. Voilà mon"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3934, "fin_caractere_exclue": 3945, "texte": "caractère !"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 3998, "fin_caractere_exclue": 4040, "texte": "Et le lendemain, il insère les lignes sui­"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 4090, "fin_caractere_exclue": 4098, "texte": "vantes :"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 4151, "fin_caractere_exclue": 4188, "texte": "« M. Maguère nous prie de démentir le"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 4238, "fin_caractere_exclue": 4283, "texte": "bruit suivant lequel il aurait l'intention de"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 98, "texte": "se laver avant d'étrenner ses fonctions."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 344, "fin_caractere_exclue": 386, "texte": "Le général Francis Pittié est mort le mois"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 434, "fin_caractere_exclue": 476, "texte": "dernier à Paris. II était l'auteur de plu­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 489, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "sieurs volumes de vers dont le principal de"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 583, "fin_caractere_exclue": 627, "texte": "date récente : A travers la vie, contient ce"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 676, "fin_caractere_exclue": 720, "texte": "que l'auteur a fait de mieux. Poésie simple,"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 768, "fin_caractere_exclue": 810, "texte": "parfois touchante, mais qui ne dépasse pas"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 866, "fin_caractere_exclue": 904, "texte": "une modeste moyenne. Le général Pittié"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 956, "fin_caractere_exclue": 1000, "texte": "était plus soldat que poète et s'est signalé"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1053, "fin_caractere_exclue": 1096, "texte": "par sa bravoure en Crimée et à la guerre de"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1294, "fin_caractere_exclue": 1323, "texte": "Il était né à Nevers en 1829."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1616, "fin_caractere_exclue": 1653, "texte": "Nous avons dit dans notre dernier Me­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1706, "fin_caractere_exclue": 1745, "texte": "mento, que M. Emile Sigogne est Suisse."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1844, "fin_caractere_exclue": 1887, "texte": "Il paraît qu'il n'en est rien. Le conféren­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1991, "fin_caractere_exclue": 2037, "texte": "cier à piston est d'Angers, ainsi qu'il appert"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2118, "fin_caractere_exclue": 2164, "texte": "d'une rectification envoyée par lui à l'Etoile"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2259, "fin_caractere_exclue": 2302, "texte": "belge. Celle-ci insère la réponse et ajoute"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2404, "fin_caractere_exclue": 2419, "texte": "judicieusement."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2495, "fin_caractere_exclue": 2534, "texte": "« Soit, M. Sigogne est Angevin; ce sont"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2637, "fin_caractere_exclue": 2673, "texte": "ses conférences qui sont suisses ! »"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2843, "fin_caractere_exclue": 2874, "texte": "Dans son très artistique numéro"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2915, "fin_caractere_exclue": 2955, "texte": "d'étrennes, la Revue illustrée contient,"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2967, "fin_caractere_exclue": 3011, "texte": "entre autres friandises littéraires, un bien"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3066, "fin_caractere_exclue": 3110, "texte": "joli petit récit de M. Ludovic Halévy. C'est"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3122, "fin_caractere_exclue": 3161, "texte": "l'histoire de Lambescasse, ancien grand"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3218, "fin_caractere_exclue": 3256, "texte": "premier rôle de province, que l'auteur"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3301, "fin_caractere_exclue": 3335, "texte": "retrouve dans un théâtre parisien."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3505, "fin_caractere_exclue": 3544, "texte": "L'ancien Buridan du théâtre de Toulouse"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3640, "fin_caractere_exclue": 3681, "texte": "joue maintenant dans une féerie idiote un"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3779, "fin_caractere_exclue": 3822, "texte": "rôle des plus sacrifiés, celui de Karikari,"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3895, "fin_caractere_exclue": 3928, "texte": "serviteur du rajah de Mitoupoulo."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4029, "fin_caractere_exclue": 4067, "texte": "Pendant qu'il raconte ses mésaventures"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4165, "fin_caractere_exclue": 4204, "texte": "à M. Ludovic Halévy dans les coulisses,"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4300, "fin_caractere_exclue": 4341, "texte": "entre deux portants, le rajah, qui est en"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4420, "fin_caractere_exclue": 4457, "texte": "scène, appelle Karikari de toutes ses"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4458, "fin_caractere_exclue": 4465, "texte": "forces."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4652, "fin_caractere_exclue": 4685, "texte": "Ici, un joli croquis de théâtre :"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4783, "fin_caractere_exclue": 4820, "texte": "« Pendant ce temps, dans la coulisse,"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4916, "fin_caractere_exclue": 4961, "texte": "Lambescasse préparait son entrée... il devait"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 5034, "fin_caractere_exclue": 5077, "texte": "arriver en retard, en courant, tout essouf­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 5156, "fin_caractere_exclue": 5198, "texte": "flé... Alors il commençait à haleter, pour"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 5199, "fin_caractere_exclue": 5243, "texte": "se couper la respiration; puis il se contor-"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 5244, "fin_caractere_exclue": 5287, "texte": "sionnait la figure, afin de se donner d'af-"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 5339, "fin_caractere_exclue": 5379, "texte": "reùx tics dans la bouche, dans les yeux,"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 157, "texte": "»           par tout le visage. Il laissa le rajah répéter"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 214, "fin_caractere_exclue": 235, "texte": "une dizaine de fois :"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 294, "fin_caractere_exclue": 334, "texte": "— Où est-il, ce Karikari ? Il ne viendra"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 386, "fin_caractere_exclue": 428, "texte": "' donc pas, ce Karikari ! Karikari ! Kari­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 477, "fin_caractere_exclue": 483, "texte": "kari !"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 542, "fin_caractere_exclue": 577, "texte": "Enfin, Lambescasse entra, tirant la"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 628, "fin_caractere_exclue": 670, "texte": "jambe et grimaçant horriblement... Il alla"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 721, "fin_caractere_exclue": 762, "texte": "se courber jusqu'à terre devant le rajah."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 821, "fin_caractere_exclue": 860, "texte": "— Ah ! ah ! te voilà enfin, misérable !"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 919, "fin_caractere_exclue": 951, "texte": "— Oui, grande lumière des Indes."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1010, "fin_caractere_exclue": 1048, "texte": "— Eh bien ! écoute-moi et réponds-moi."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1155, "fin_caractere_exclue": 1194, "texte": "— Je vous écoute, soleil du grand e m ­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1261, "fin_caractere_exclue": 1286, "texte": "pire arrosé par le Gange."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1381, "fin_caractere_exclue": 1420, "texte": "— Et ne fais plus de grimaces. Je t'or­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1475, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "donne de ne plus faire de grimaces..."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1570, "fin_caractere_exclue": 1608, "texte": "Les grimaces de Karikari devenaient de"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1654, "fin_caractere_exclue": 1701, "texte": "plus en plus violentes. On riait dans la salle."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1803, "fin_caractere_exclue": 1839, "texte": "— Allons ! réponds-moi maintenant..."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 1942, "fin_caractere_exclue": 1987, "texte": "Sais-tu bien, Karikari, ce qui fait le déses­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2092, "fin_caractere_exclue": 2114, "texte": "poir des teinturiers ?"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2222, "fin_caractere_exclue": 2255, "texte": "— Des teinturiers, grand prince ?"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2360, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "— Oui, des teinturiers... Cherche, Kari­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2474, "fin_caractere_exclue": 2488, "texte": "kari, cherche."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2592, "fin_caractere_exclue": 2633, "texte": "Karikari cherchait, cherchait et ne trou­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2727, "fin_caractere_exclue": 2736, "texte": "vait pas."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2793, "fin_caractere_exclue": 2836, "texte": "— C'est la lune, Karikari, c'est la lune..."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2875, "fin_caractere_exclue": 2912, "texte": "Sais-tu pourquoi ? Cherche, Karikari,"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 2956, "fin_caractere_exclue": 2964, "texte": "cherche."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3021, "fin_caractere_exclue": 3063, "texte": "Karikari continuait à chercher et à ne pas"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3111, "fin_caractere_exclue": 3119, "texte": "trouver."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3176, "fin_caractere_exclue": 3215, "texte": "— Eh bien ! s'écriait triomphalement le"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3257, "fin_caractere_exclue": 3298, "texte": "rajah, c'est parce que les teinturiers ne"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3352, "fin_caractere_exclue": 3397, "texte": "peuvent pas l'atteindre, la lune... l'attein­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3451, "fin_caractere_exclue": 3498, "texte": "dre... la teindre . . T u ne comprends pas ?..."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3597, "fin_caractere_exclue": 3638, "texte": "Tu ne comprends pas ?... Il n'y a rien de"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3734, "fin_caractere_exclue": 3777, "texte": "plus bête que ce Karikari. Sauve-toi, misé­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3875, "fin_caractere_exclue": 3893, "texte": "rable, sauve-toi !"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 3985, "fin_caractere_exclue": 4023, "texte": "Sur quoi, le rajah de Mitoupoulo lance"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4120, "fin_caractere_exclue": 4163, "texte": "un formidable coup de pied à l'ancien grand"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4257, "fin_caractere_exclue": 4299, "texte": "fort premier rôle, qui vient tomber devant"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4394, "fin_caractere_exclue": 4419, "texte": "M. Halévy en lui disant :"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4513, "fin_caractere_exclue": 4549, "texte": "— Vous avez vu ! vous avez entendu !"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4602, "fin_caractere_exclue": 4646, "texte": "Voilà ce qu'ils me font jouer à moi, Lambes­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4738, "fin_caractere_exclue": 4778, "texte": "casse, à moi qui a dominé Bocage dans la"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 4873, "fin_caractere_exclue": 4915, "texte": "soirée du 6 janvier 1846 ! Voilà les rôles"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 5014, "fin_caractere_exclue": 5033, "texte": "qu'ils me donnent !"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 5133, "fin_caractere_exclue": 5155, "texte": "Grandeur et décadence."}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 5299, "fin_caractere_exclue": 5337, "texte": "Voici le sommaire de la Wallonie (jan­"}, {"page_pdf": 57, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 5380, "fin_caractere_exclue": 5385, "texte": "vier)"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 59, "fin_caractere_exclue": 100, "texte": "Un chapitre inédit de La Belgique (Saint-"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 150, "fin_caractere_exclue": 186, "texte": "Trond), par Camille Lemonnier. — Des"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 245, "fin_caractere_exclue": 283, "texte": "sonnets, par Aug. Vierset. — Fragments"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 335, "fin_caractere_exclue": 376, "texte": "d'une nouvelle fantaisiste, par Pierre-M."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 427, "fin_caractere_exclue": 467, "texte": "Olin.— Dansede Gourais, par Octave Maus."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 523, "fin_caractere_exclue": 562, "texte": "— Un conte, par Paul Reivax. — Le Vieux"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 619, "fin_caractere_exclue": 662, "texte": "Miroir, La Fille des vieillards, Tentation,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 710, "fin_caractere_exclue": 751, "texte": "Une Vierge, Pervers, par Fernand Severin."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 805, "fin_caractere_exclue": 843, "texte": "— Un conte, par Hector Chainaye. — Luc"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 878, "fin_caractere_exclue": 919, "texte": "Robert, nouvelle campagnarde, par G. Gir-"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 972, "fin_caractere_exclue": 1013, "texte": "ran. — Claire... (fin), par Aug. Henrotay"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1064, "fin_caractere_exclue": 1100, "texte": "— Divita, par Armand Hanotieau. — Un"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1153, "fin_caractere_exclue": 1192, "texte": "conte ardennais, par Maurice Siville. —"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1246, "fin_caractere_exclue": 1287, "texte": "L'Essor du Rêve, par Albert Mockel. — Une"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1342, "fin_caractere_exclue": 1384, "texte": "chronique littéraire, par Ernest Mahaim. —"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1438, "fin_caractere_exclue": 1478, "texte": "Une chronique musicale, par Ludwig Ghel­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1535, "fin_caractere_exclue": 1564, "texte": "dre, et une petite chronique."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1717, "fin_caractere_exclue": 1754, "texte": "M. Sutter Laumann, qui publia naguère"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1755, "fin_caractere_exclue": 1795, "texte": "Les Meurt-de-faim, un volume de poésies,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1836, "fin_caractere_exclue": 1875, "texte": "chez M. Kistemaeckers, en donne un nou­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1929, "fin_caractere_exclue": 1972, "texte": "veau à Lemerre aujourd'hui, sous ce titre :"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2085, "fin_caractere_exclue": 2128, "texte": "Par les routes. L'auteur, qui, dans la Jus-"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2129, "fin_caractere_exclue": 2171, "texte": "tice, compte parmi les meilleurs écrivains"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2172, "fin_caractere_exclue": 2213, "texte": "de chroniques, semble mal fait à la forme"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2265, "fin_caractere_exclue": 2312, "texte": "versifiée. Il doit avoir peu cultivé le rythme,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2354, "fin_caractere_exclue": 2399, "texte": "et son livre paraît composé de pièces ancien­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2443, "fin_caractere_exclue": 2483, "texte": "nes. Beaucoup, au demeurant, sont datées"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2532, "fin_caractere_exclue": 2571, "texte": "de 187...; depuis ce temps, nous sommes"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2626, "fin_caractere_exclue": 2671, "texte": "devenus plus exigeants dans la question lapi­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2684, "fin_caractere_exclue": 2721, "texte": "daire; nous souffrons avec humeur les"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2768, "fin_caractere_exclue": 2811, "texte": "strophes d'une allure facile, s'accommodant"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2813, "fin_caractere_exclue": 2854, "texte": "d'un à-peu-près de rimes, et de chevilles"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2903, "fin_caractere_exclue": 2946, "texte": "trop visibles. Il y a, dans Par les routes,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2995, "fin_caractere_exclue": 3029, "texte": "nombre de pages campagnardes d'une"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3086, "fin_caractere_exclue": 3129, "texte": "grande fraîcheur et d'un aimable sentiment,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3178, "fin_caractere_exclue": 3221, "texte": "mais l'émotion y est distraite par des ima­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3276, "fin_caractere_exclue": 3319, "texte": "ges faciles ou banales, dont le ton « vieux"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3366, "fin_caractere_exclue": 3409, "texte": "jeu » démonte le lecteur. C'est, en un mot,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3456, "fin_caractere_exclue": 3498, "texte": "un livre proprement fait, honorable, plein"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3550, "fin_caractere_exclue": 3588, "texte": "de pensées heureuses et même délicates"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3627, "fin_caractere_exclue": 3660, "texte": "que l'on feuillette avec plaisir."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3841, "fin_caractere_exclue": 3875, "texte": "Nous recevons de M. Maurice Frison"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3932, "fin_caractere_exclue": 3974, "texte": "une plaquette délicate, intitulée : Fin de"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 4029, "fin_caractere_exclue": 4071, "texte": "race, sorte d'étude de décadence bien con­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 4218, "fin_caractere_exclue": 4256, "texte": "çue et gracieusement écrite. M. Frison"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 4348, "fin_caractere_exclue": 4388, "texte": "était l'un des bons écrivains de feue La"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 4448, "fin_caractere_exclue": 4485, "texte": "Basoche, et nous avons l'espoir qu'il"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 149, "texte": "deviendra des nôtres. Fin de race est une"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 201, "fin_caractere_exclue": 244, "texte": "lettre de crédit qui en vaut beaucoup d'au­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 296, "fin_caractere_exclue": 334, "texte": "tres; cette nouvelle est pleine de ces"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 386, "fin_caractere_exclue": 426, "texte": "nuances de psychologie subtile qui d é ­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 478, "fin_caractere_exclue": 522, "texte": "notent un artiste sincère, épris de la forme"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 574, "fin_caractere_exclue": 618, "texte": "et pénétré de la moëlle esthétique. Ce n'est"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 670, "fin_caractere_exclue": 709, "texte": "pas un essai de débutant, mais une page"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 761, "fin_caractere_exclue": 804, "texte": "solidement établie dont l'auteur mérite nos"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 856, "fin_caractere_exclue": 877, "texte": "plus cordiaux éloges."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 932, "fin_caractere_exclue": 971, "texte": "Fin de race est orné d'un dessin de Jan"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1023, "fin_caractere_exclue": 1063, "texte": "Toorop, reproduit avec une habileté rare"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1115, "fin_caractere_exclue": 1152, "texte": "par le procédé Evely. La composition,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1204, "fin_caractere_exclue": 1245, "texte": "poussée au noir, en est peu précise; elle"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1297, "fin_caractere_exclue": 1341, "texte": "est traitée à larges taches merveilleusement"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1393, "fin_caractere_exclue": 1437, "texte": "posées, et faisant valoir de façon remarqua­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1489, "fin_caractere_exclue": 1534, "texte": "ble, les blancs lumineux. Telle quelle, cette"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1586, "fin_caractere_exclue": 1628, "texte": "brochure est un petit trésor que goûteront"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1680, "fin_caractere_exclue": 1712, "texte": "les bibliophiles et les artistes"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1808, "fin_caractere_exclue": 1835, "texte": "Une définition de Caliban :"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1889, "fin_caractere_exclue": 1928, "texte": "Le vers est le cri de joie du mammifère"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 1980, "fin_caractere_exclue": 1986, "texte": "jeune."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2067, "fin_caractere_exclue": 2084, "texte": "(EMILE BERGERAT)."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2226, "fin_caractere_exclue": 2264, "texte": "On vient de jouer à Munich la trilogie"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2316, "fin_caractere_exclue": 2353, "texte": "sophocléenne : Œdipe roi, Antigone et"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2405, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "Œdipe à Colonne. A propos de la pre­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2493, "fin_caractere_exclue": 2530, "texte": "mière tragédie, nous trouvons dans un"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2582, "fin_caractere_exclue": 2624, "texte": "journal allemand cette ineffable apprécia­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2676, "fin_caractere_exclue": 2682, "texte": "tion :"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2737, "fin_caractere_exclue": 2766, "texte": "— La pièce a un peu vieilli !"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2865, "fin_caractere_exclue": 2901, "texte": "L'Education populaire du joyeux Clé­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 2953, "fin_caractere_exclue": 2993, "texte": "ment Lyon de Charleroi, donne à ses lec­"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3045, "fin_caractere_exclue": 3084, "texte": "teurs deux sonnets signés Emile Baudry,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3136, "fin_caractere_exclue": 3176, "texte": "qui valent plusieurs mondes. Les abonnés"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3228, "fin_caractere_exclue": 3274, "texte": "de la démocratique revue et l ' A r t baderne,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3326, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "goûteront certainement ces vers que le"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3416, "fin_caractere_exclue": 3454, "texte": "facétieux Cl. L., donne pour de petits"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3506, "fin_caractere_exclue": 3548, "texte": "bijoux, en un préambule de haute drôlerie."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3600, "fin_caractere_exclue": 3625, "texte": "La parole est à la Lyre :"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3729, "fin_caractere_exclue": 3741, "texte": "LE TÉLESCOPE"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3793, "fin_caractere_exclue": 3837, "texte": "Merveille de l'optique, admirable instrument"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3889, "fin_caractere_exclue": 3931, "texte": "Qui pour un œil avide, abrège la distance,"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 3983, "fin_caractere_exclue": 4028, "texte": "Que ne devons-nous pas à ta toute puissance ?"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 4080, "fin_caractere_exclue": 4123, "texte": "Que de secrets déjà surpris aufirmament!..."}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 4175, "fin_caractere_exclue": 4217, "texte": "Quand, avec la raison, sera venu l'instant"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 4308, "fin_caractere_exclue": 4347, "texte": "De mettre de côté le fusil et la lance;"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 4399, "fin_caractere_exclue": 4447, "texte": "Quand, au lieu du canon et de l'obus qu'il lance"}, {"page_pdf": 58, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 4499, "fin_caractere_exclue": 4544, "texte": "On coulera plus pur l'objectif plus puissant;"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 64, "fin_caractere_exclue": 112, "texte": "Quand, rapprochant encore les planètes voisines."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 166, "fin_caractere_exclue": 220, "texte": "Nous pourrons distinguer leurs villes, leurs collines."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 268, "fin_caractere_exclue": 321, "texte": "Que n'apprendrons-nous pas, les voyant de plus près ?"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 323, "fin_caractere_exclue": 361, "texte": "Ce desideratum, dernier mot du Progrès"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 458, "fin_caractere_exclue": 506, "texte": "Que vous cherchez aussi, courageux philanthrope,"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 562, "fin_caractere_exclue": 608, "texte": "Peut être bien est-il au bout d'un télescope !"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 759, "fin_caractere_exclue": 767, "texte": "LA TERRE"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 875, "fin_caractere_exclue": 913, "texte": "Un énorme boulet, sur lui-même roulant"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 914, "fin_caractere_exclue": 959, "texte": "Dans l'espace d'un jour, et mettant une année"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1067, "fin_caractere_exclue": 1107, "texte": "A circuler autour de son foyer brûlant ;"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1171, "fin_caractere_exclue": 1212, "texte": "Sur notre astre voici la première donnée."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1273, "fin_caractere_exclue": 1323, "texte": "Le soleil qui l'entraîne, éclaire en l'échauffant,"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1380, "fin_caractere_exclue": 1424, "texte": "Ce globe où notre vie est à peine ébauchée ;"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1478, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "Les regards de Phœbus pour l'atteindre employant"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1625, "fin_caractere_exclue": 1666, "texte": "Huit minutes au moins à cette chevauchée."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1667, "fin_caractere_exclue": 1708, "texte": "Supposez ce boulet percé de part en part."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1791, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "Eh bien, vous compterez entre les deux fenêtres"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1895, "fin_caractere_exclue": 1943, "texte": "Douze mille sept cent et quelques kilomètres!..."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2001, "fin_caractere_exclue": 2046, "texte": "Voilà notre séjour... Si ce bloc, par hasard,"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2107, "fin_caractere_exclue": 2152, "texte": "Dans ces dimensions vous semblait respectable"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2213, "fin_caractere_exclue": 2269, "texte": "Je vous dirais tout bas : Ce n'est qu'un grain de sable."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2376, "fin_caractere_exclue": 2425, "texte": "(La Science en famille).            EMILE BAUDRY."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2556, "fin_caractere_exclue": 2559, "texte": "***"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2632, "fin_caractere_exclue": 2667, "texte": "Le chroniqueur du Temps a découvert"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2730, "fin_caractere_exclue": 2775, "texte": "quelque part la circulaire d'un libraire qui,"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2817, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "avec l'approbation de l'archevêché de Paris,"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2920, "fin_caractere_exclue": 2961, "texte": "annonce une nouvelle traduction des Evan­"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3024, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "giles.. Il y explique qu'on lit trop peu les"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3129, "fin_caractere_exclue": 3173, "texte": "Evangiles, parce qu'ils ont toujours été pu­"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3235, "fin_caractere_exclue": 3274, "texte": "bliés dans des formats incommodes, dans"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3338, "fin_caractere_exclue": 3380, "texte": "une langue pleine d'archaïsmes et avec des"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3443, "fin_caractere_exclue": 3484, "texte": "caractères d'imprimerie si mal distribués"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3542, "fin_caractere_exclue": 3587, "texte": "que rien n'invite les fidèles à lire, puis il"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3641, "fin_caractere_exclue": 3649, "texte": "ajoute :"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3714, "fin_caractere_exclue": 3752, "texte": "« Je me suis donc, dans cette présente"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3805, "fin_caractere_exclue": 3847, "texte": "édition, appliqué à traduire les Evangiles"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3908, "fin_caractere_exclue": 3950, "texte": "sinon en y introduisant des termes d'argot"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4010, "fin_caractere_exclue": 4049, "texte": "et des néologismes, du moins dans cette"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4115, "fin_caractere_exclue": 4158, "texte": "langue courante que parlent les journaux et"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4214, "fin_caractere_exclue": 4258, "texte": "les salons. De plus, par une habile disposi­"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4316, "fin_caractere_exclue": 4361, "texte": "tion des chapitres, par la multiplication des"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4421, "fin_caractere_exclue": 4466, "texte": "guillemets, des « à la ligne » et des blancs,"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4493, "fin_caractere_exclue": 4533, "texte": "je me suis évertué à donner à ma traduc­"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4599, "fin_caractere_exclue": 4640, "texte": "tion l'aspect séduisant aux yeux d'un ro­"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4698, "fin_caractere_exclue": 4738, "texte": "man, au moins d'un livre frivole. Désor­"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4786, "fin_caractere_exclue": 4828, "texte": "mais, ceux qui ne liront pas les Evangiles"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4863, "fin_caractere_exclue": 4888, "texte": "n'auront plus d'excuse. »"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4971, "fin_caractere_exclue": 5010, "texte": "Ce boniment n'est-il pas bien plaisant?"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 5056, "fin_caractere_exclue": 5096, "texte": "Du moment qu'on entre dans cette voie où"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 5150, "fin_caractere_exclue": 5193, "texte": "s'arrêtera-t-on? Pour tenir tête aux roman­"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 5194, "fin_caractere_exclue": 5241, "texte": "ciers il faudra tôt ou tard en arriver à accom­"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 5242, "fin_caractere_exclue": 5282, "texte": "moder les Evangiles d'après les formules"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 125, "fin_caractere_exclue": 164, "texte": "littéraires en vogue. Le chroniqueur du"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 227, "fin_caractere_exclue": 266, "texte": "Temps nous donne un avant-goût de cette"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 424, "fin_caractere_exclue": 456, "texte": "manière nouvelle de traduction :"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 522, "fin_caractere_exclue": 560, "texte": "Pour les disciples de Flaubert. — On y"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 622, "fin_caractere_exclue": 628, "texte": "lira :"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 694, "fin_caractere_exclue": 736, "texte": "« La fille d'Hérodiade entra dans la salle"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 829, "fin_caractere_exclue": 873, "texte": "et elle se mit à danser. Ses pieds passaient"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1021, "fin_caractere_exclue": 1066, "texte": "l'un devant l'autre, au rythme de la flûte et"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1128, "fin_caractere_exclue": 1170, "texte": "d'une paire de crotales. Ses bras arrondis"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1232, "fin_caractere_exclue": 1272, "texte": "appelaient quelqu'un qui s'enfuyait tou­"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1334, "fin_caractere_exclue": 1379, "texte": "jours. Elle le poursuivait, plus légère qu'un"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1441, "fin_caractere_exclue": 1477, "texte": "papillon, comme une Psyché curieuse,"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1588, "fin_caractere_exclue": 1624, "texte": "comme une âme vagabonde, et semblait"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1770, "fin_caractere_exclue": 1790, "texte": "prête à s'envoler. »"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1855, "fin_caractere_exclue": 1894, "texte": "Autre : Pour les lecteurs de M. Ohnet ;"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1959, "fin_caractere_exclue": 2000, "texte": "« Après de très brillantes études, Ponce-"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2062, "fin_caractere_exclue": 2106, "texte": "Pilate était sorti le premier de l'Ecole des"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2167, "fin_caractere_exclue": 2212, "texte": "proconsuls. Beau, bien fait, les mains et les"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2330, "fin_caractere_exclue": 2373, "texte": "pieds aristocratiques, il avait produit une"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2486, "fin_caractere_exclue": 2529, "texte": "vive sensation à Rome, par l'élégance de sa"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2590, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "tournure, la grâce de son visage et le"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2689, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "charme de sa conversation. Recherché des"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2790, "fin_caractere_exclue": 2816, "texte": "mères de famille... etc. »"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2881, "fin_caractere_exclue": 2919, "texte": "Autre : Pour les lecteurs de M. Zola :"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 2984, "fin_caractere_exclue": 3023, "texte": "« Survint alors un lépreux qui se pros­"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3084, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "terna en adoration et dit : « Guérissez-moi,"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3189, "fin_caractere_exclue": 3234, "texte": "Seigneur ! » Ce lépreux, en se traînant,lais­"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3295, "fin_caractere_exclue": 3337, "texte": "sait sur la terre une humeur rougeâtre qui"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3398, "fin_caractere_exclue": 3442, "texte": "infectait l'air. Et sa peau, semée de taches"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3503, "fin_caractere_exclue": 3541, "texte": "brunes, était tendue sur son squelette"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3602, "fin_caractere_exclue": 3640, "texte": "maigre comme sur une carcasse de chien"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3701, "fin_caractere_exclue": 3710, "texte": "noyé... »"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3775, "fin_caractere_exclue": 3803, "texte": "Autre : Pour les décadents :"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3868, "fin_caractere_exclue": 3907, "texte": "« ...Et ce fut en des doigts féminins ô"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 3968, "fin_caractere_exclue": 4009, "texte": "quels! l'inclinaison d'albâtre d'une urne"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4070, "fin_caractere_exclue": 4114, "texte": "hiératique, lentement, sur l'éclat divin des"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4175, "fin_caractere_exclue": 4213, "texte": "pieds d'où s'exhalèrent les parfums du"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4274, "fin_caractere_exclue": 4315, "texte": "musc pénétratif, du musc érotificateur. »"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4380, "fin_caractere_exclue": 4420, "texte": "Autre enfin : Pour les lecteurs de M. du"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4481, "fin_caractere_exclue": 4492, "texte": "Boisgobey :"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4557, "fin_caractere_exclue": 4598, "texte": "« Un soldat entra dans la prison de Jean."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4663, "fin_caractere_exclue": 4697, "texte": "« On entendit un bruit de chaînes."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4762, "fin_caractere_exclue": 4785, "texte": "« Un sourd gémissement."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4850, "fin_caractere_exclue": 4862, "texte": "« Puis rien."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 4927, "fin_caractere_exclue": 4967, "texte": "« Et le sicaire sortit en tenant par les"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 5028, "fin_caractere_exclue": 5055, "texte": "cheveux une tête sanglante."}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 5120, "fin_caractere_exclue": 5149, "texte": "« Quelle était cette tête ? »"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 5306, "fin_caractere_exclue": 5345, "texte": "M. Edmond de Goncourt avait pris l'ini-"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 101, "texte": "tiative d'une souscription nationale dans le"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 188, "texte": "but de réunir les capitaux nécessaires pour"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 224, "fin_caractere_exclue": 261, "texte": "élever une statue à Gustave Flaubert."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 316, "fin_caractere_exclue": 353, "texte": "Le capital n'a pu être recueilli chez"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 405, "fin_caractere_exclue": 442, "texte": "MM. les Français. Et l'on a trouvé le"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 473, "fin_caractere_exclue": 513, "texte": "double de ce qu'il fallait pour le vieux"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 558, "fin_caractere_exclue": 577, "texte": "gâteux de Chevreuil"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 651, "fin_caractere_exclue": 694, "texte": "Félicitations à nos chers voisins, c'est du"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 737, "fin_caractere_exclue": 744, "texte": "propre."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 996, "fin_caractere_exclue": 1028, "texte": "L'Art moderne donne une amusante"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1086, "fin_caractere_exclue": 1125, "texte": "Physiologie du Criticule. Nous en déta­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1160, "fin_caractere_exclue": 1176, "texte": "chons ce trait :"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1180, "fin_caractere_exclue": 1221, "texte": "S'il essaie de produire, ses efforts sont"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1222, "fin_caractere_exclue": 1260, "texte": "des communions blanches. Il évacue des"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1261, "fin_caractere_exclue": 1302, "texte": "romans qu'on croirait écrits dans un pen-"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1353, "fin_caractere_exclue": 1397, "texte": "sionnat de demoiselles ou des versiculets de"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1446, "fin_caractere_exclue": 1488, "texte": "chansonnettes. Après ces exercices, il de-"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1538, "fin_caractere_exclue": 1569, "texte": "meure courbaturé pour six mois."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1723, "fin_caractere_exclue": 1760, "texte": "L'auteur de La Jeunesse blanche et de"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1849, "fin_caractere_exclue": 1886, "texte": "La Vie morte, qui est un peu de l'Art"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1977, "fin_caractere_exclue": 2015, "texte": "moderne, a-t-il accepté gaiement cette"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2108, "fin_caractere_exclue": 2152, "texte": "petite pointe? On n'est jamais trahi... etc."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2221, "fin_caractere_exclue": 2231, "texte": "pantoufle."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2345, "fin_caractere_exclue": 2348, "texte": "***"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2421, "fin_caractere_exclue": 2462, "texte": "Le même article, signé par le haut, parle"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2512, "fin_caractere_exclue": 2553, "texte": "de Coppieters, l'auteur des Posthuma, que"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2609, "fin_caractere_exclue": 2650, "texte": "l'on pourrait définir : « Un monsieur qui"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2698, "fin_caractere_exclue": 2743, "texte": "n'est pas parvenu à être bon peintre et s'est"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2762, "fin_caractere_exclue": 2804, "texte": "vengé en ne parvenant pas à être bon écri­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2858, "fin_caractere_exclue": 2888, "texte": "vain ». Pas heureux, confrère."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3030, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "II"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3148, "fin_caractere_exclue": 3152, "texte": "ARTS"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3248, "fin_caractere_exclue": 3284, "texte": "Le gouvernement vient de mettre à la"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3340, "fin_caractere_exclue": 3379, "texte": "disposition de l'Association des XX une"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3417, "fin_caractere_exclue": 3459, "texte": "partie des locaux du Musée de peinture, le"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3513, "fin_caractere_exclue": 3550, "texte": "Palais des Beaux-Arts ayant, comme on"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3604, "fin_caractere_exclue": 3632, "texte": "sait, changé de destination."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3701, "fin_caractere_exclue": 3739, "texte": "Le quatrième Salon annuel des XX s'ou­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3789, "fin_caractere_exclue": 3825, "texte": "vrira donc, comme précédemment, dans"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3883, "fin_caractere_exclue": 3925, "texte": "les premiers jours de février. Nous ferons"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3974, "fin_caractere_exclue": 4016, "texte": "connaître sous peu la liste des exposants,"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 4064, "fin_caractere_exclue": 4105, "texte": "tous choisis parmi les apporteurs de neuf"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 4154, "fin_caractere_exclue": 4193, "texte": "et dont le plus grand nombre n'a jamais"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 4244, "fin_caractere_exclue": 4277, "texte": "participé aux expositions belges."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 4322, "fin_caractere_exclue": 4365, "texte": "Voici la liste des artistes choisis par les"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 107, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "XX pour prendre part à leur quatrième"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 223, "texte": "salon international annuel :"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 276, "fin_caractere_exclue": 312, "texte": "Belgique : MM. Artan, Henri de Brae-"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 363, "fin_caractere_exclue": 404, "texte": "keleer, Constantin Meunier, Eugène Smits,"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 455, "fin_caractere_exclue": 472, "texte": "Alfred Verhaeren."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 525, "fin_caractere_exclue": 557, "texte": "France : MM. Albert Lebourg, Ary"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 608, "fin_caractere_exclue": 647, "texte": "Renan, J. F . Raftaëlli, Auguste Rodin,"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 698, "fin_caractere_exclue": 736, "texte": "Camille Pissaro, Georges Seurat, M mes"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 787, "fin_caractere_exclue": 817, "texte": "Berthe Morisot et Marie Cazin."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 870, "fin_caractere_exclue": 901, "texte": "Angleterre : M. Walter Sickert."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 954, "fin_caractere_exclue": 992, "texte": "Hollande: MM. Mathieu et Willem Maris,"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1043, "fin_caractere_exclue": 1085, "texte": "Marius Van der Maarel et Philippe Zilcken."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1138, "fin_caractere_exclue": 1159, "texte": "Norwege : M. Thaulow."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1314, "fin_caractere_exclue": 1352, "texte": "Un nouveau cercle de peintres vient de"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1403, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "se former à Bruxelles sous la devise Voor­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1496, "fin_caractere_exclue": 1537, "texte": "waarts (En avant). Il a parmi ses membres"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1588, "fin_caractere_exclue": 1626, "texte": "MM. Bertrand, De Bats, De Freyne, Hoo­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1677, "fin_caractere_exclue": 1719, "texte": "rickx, Ludwig, Massaux, Meerts, Middeleer,"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1811, "fin_caractere_exclue": 1848, "texte": "Ovyn, Rimbout, Jan Stobbaerts, Pieter"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 1937, "fin_caractere_exclue": 1976, "texte": "Stobbaerts, Surinx, Van Acker, Wauters,"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2066, "fin_caractere_exclue": 2107, "texte": "Cardon, M lles Rutteau et Van Ham, MM. De"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2203, "fin_caractere_exclue": 2220, "texte": "Rudder et Ludwig."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2285, "fin_caractere_exclue": 2323, "texte": "La première exposition du Cercle Voor­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2374, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "waarts, dans le local ce l'ancienne Galerie"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2468, "fin_caractere_exclue": 2511, "texte": "Léonard, est faite de tableaux et de sculp­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2562, "fin_caractere_exclue": 2608, "texte": "tures connus pour la plupart, et c'est simple­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2659, "fin_caractere_exclue": 2697, "texte": "ment pour prendre date que les membres"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2748, "fin_caractere_exclue": 2761, "texte": "l'ont réunie."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2815, "fin_caractere_exclue": 2857, "texte": "A l'an prochain un petit Salon inédit, au­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 2908, "fin_caractere_exclue": 2949, "texte": "quel à l'avance nous souhaitons chance et"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3000, "fin_caractere_exclue": 3007, "texte": "succès."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3086, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "Dix compositions à l'eau-forte pour illus­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3203, "fin_caractere_exclue": 3244, "texte": "trer les Fleurs du Mal, de Charles Baude­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3295, "fin_caractere_exclue": 3339, "texte": "laire, dessinées par Alex. Hannoteau. (Louis"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3390, "fin_caractere_exclue": 3416, "texte": "De Meuleneere, Bruxelles)."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3470, "fin_caractere_exclue": 3512, "texte": "« Compositions (?) pour illustrer (?) des­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3563, "fin_caractere_exclue": 3603, "texte": "sinées (?)... » Quel toupet! Nous avions"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3654, "fin_caractere_exclue": 3697, "texte": "déjà rencontré, à la dernière exposition du"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3748, "fin_caractere_exclue": 3788, "texte": "Cercle des Aquarellistes et des Aquafor­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3839, "fin_caractere_exclue": 3882, "texte": "tistes : Als ik kan ! « trois illustrations"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 3933, "fin_caractere_exclue": 3973, "texte": "pour les Fleurs du Mal de Charles Baude­"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 4024, "fin_caractere_exclue": 4063, "texte": "laire ». Et, — ce qui est désolant — la"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 4114, "fin_caractere_exclue": 4153, "texte": "moins mauvaise de ces trois planches ne"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 4204, "fin_caractere_exclue": 4243, "texte": "figure plus dans l'album que son auteur"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 4294, "fin_caractere_exclue": 4319, "texte": "fait publier aujourd'hui."}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 4373, "fin_caractere_exclue": 4410, "texte": "Tous ces rébus sont d'une originalité"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "des plus négatives. La lourde hantise de"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 139, "fin_caractere_exclue": 178, "texte": "certains Rops et le souvenir malheureux"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 225, "fin_caractere_exclue": 267, "texte": "de motifs académiques s'entrecroisent avec"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 313, "fin_caractere_exclue": 350, "texte": "une gaucherie obstinée qu'on retrouve"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 396, "fin_caractere_exclue": 436, "texte": "jusque dans l'exécution matérielle de la"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 447, "fin_caractere_exclue": 484, "texte": "gravure. M. Hannoteau, pour se donner"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 539, "fin_caractere_exclue": 581, "texte": "une personnalité, a élevé la maladresse et"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 627, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "l'impuissance à la hauteur d'institutions."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 714, "fin_caractere_exclue": 758, "texte": "Il y a dans son album des pages qui feraient"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 803, "fin_caractere_exclue": 846, "texte": "assez bien dans une exposition d'arts inco­"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 894, "fin_caractere_exclue": 902, "texte": "hérents."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1099, "fin_caractere_exclue": 1102, "texte": "III"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1282, "fin_caractere_exclue": 1289, "texte": "MUSIQUE"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1447, "fin_caractere_exclue": 1481, "texte": "Lakmé a été le plus gros événement"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1523, "fin_caractere_exclue": 1568, "texte": "musical de cette fin d'année. C'est peu dire."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1616, "fin_caractere_exclue": 1657, "texte": "1887 nous amènera-t-il enfin la Valkyrie?"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1672, "fin_caractere_exclue": 1710, "texte": "L'Association des artistes musiciens a"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1801, "fin_caractere_exclue": 1839, "texte": "donné en novembre et décembre ses deux"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1934, "fin_caractere_exclue": 1977, "texte": "premiers concerts, de pure virtuosité. Nous"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2065, "fin_caractere_exclue": 2102, "texte": "n'avons noté à son programme que deux"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2191, "fin_caractere_exclue": 2226, "texte": "ou trois morceaux symphoniques nou­"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2317, "fin_caractere_exclue": 2355, "texte": "veaux : L'Ouverture Ecossaise de Niels"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2450, "fin_caractere_exclue": 2489, "texte": "Gade; une ouverture de Rietz et le Car-"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2578, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "naval Romain de Hans Hûbner."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2702, "fin_caractere_exclue": 2739, "texte": "M. Kefery a joué le Concerto de Beet­"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2831, "fin_caractere_exclue": 2867, "texte": "hoven, le Nocturne de Borodine et la"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2955, "fin_caractere_exclue": 2980, "texte": "Chevauchée des Valkyries."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3093, "fin_caractere_exclue": 3096, "texte": "***"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3253, "fin_caractere_exclue": 3287, "texte": "A la première matinée des Concerts"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3327, "fin_caractere_exclue": 3368, "texte": "populaires nous avons entendu l'Ouverture"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3388, "fin_caractere_exclue": 3427, "texte": "tragique de Brahms; une page de facture"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3428, "fin_caractere_exclue": 3468, "texte": "serrée, mais qui n'occupera qu'une place"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3514, "fin_caractere_exclue": 3555, "texte": "très modeste dans l'œuvre du maître alle­"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3682, "fin_caractere_exclue": 3687, "texte": "mand."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3769, "fin_caractere_exclue": 3807, "texte": "Thompson, l'admirable violoniste moins"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3850, "fin_caractere_exclue": 3889, "texte": "classique peut être qu'Isaye, mais plus"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4018, "fin_caractere_exclue": 4057, "texte": "vibrant, plus passionné, plus humain, y"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4102, "fin_caractere_exclue": 4148, "texte": "a joué ce Concerto, inspiré d'un souffle aussi"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4149, "fin_caractere_exclue": 4191, "texte": "puissant que les plus belles symphonies de"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4236, "fin_caractere_exclue": 4246, "texte": "Beethoven."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4439, "fin_caractere_exclue": 4442, "texte": "***"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4507, "fin_caractere_exclue": 4547, "texte": "Une des auditions les plus intéressantes"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4591, "fin_caractere_exclue": 4634, "texte": "a été, au Cercle artistique la soirée Franz"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4677, "fin_caractere_exclue": 4685, "texte": "Servais."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4771, "fin_caractere_exclue": 4811, "texte": "Nous avions entendu de lui, l'hiver der­"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4834, "fin_caractere_exclue": 4878, "texte": "nier; le Jet d'eau, une page qui le révélait"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 137, "texte": "' comme un symphoniste de premier ordre."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 179, "fin_caractere_exclue": 223, "texte": ": Son Chant ossianique de Musset et le Poème"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 268, "fin_caractere_exclue": 311, "texte": "en six chants sur les Contemplations gagne­"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 351, "fin_caractere_exclue": 394, "texte": "raient en coloris à être soutenus par l'or­"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 437, "fin_caractere_exclue": 445, "texte": "chestre."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 497, "fin_caractere_exclue": 537, "texte": "M. Servais a beaucoup lu avant d'écrire."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 586, "fin_caractere_exclue": 625, "texte": "Son romantisme touche à tous les roman­"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 670, "fin_caractere_exclue": 712, "texte": "tismes du siècle, à commencer par Schubert"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 759, "fin_caractere_exclue": 801, "texte": "pour finir par Wagner, qui lui a légué ses"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 847, "fin_caractere_exclue": 892, "texte": "procédés modernistes. C'est un esprit lettré,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 941, "fin_caractere_exclue": 982, "texte": "éclectique, aristocrate, qui garde jusque"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1031, "fin_caractere_exclue": 1075, "texte": "dans ses pages les moins originales le style"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1124, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "élevé de sa pensée. Là est, surtout, sa per­"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1217, "fin_caractere_exclue": 1263, "texte": "sonnalité, et c'est ce qui la fait supérieure,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1312, "fin_caractere_exclue": 1353, "texte": "dans son essence, à bien d'autres. Sur un"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1402, "fin_caractere_exclue": 1442, "texte": "fond vieux romantique qui perce souvent,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1482, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "il cultive une forme extraordinairement"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1569, "fin_caractere_exclue": 1614, "texte": "ciselée et raffinée qui le rapproche des par­"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1658, "fin_caractere_exclue": 1667, "texte": "nassiens."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1761, "fin_caractere_exclue": 1799, "texte": "Ce n'est pas sans raison qu'il a écrit"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 1887, "fin_caractere_exclue": 1932, "texte": "VApollonide ; il y a dans l'allure hiératique"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2025, "fin_caractere_exclue": 2063, "texte": "et dans l'aspect lumineux de ses pages"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2150, "fin_caractere_exclue": 2190, "texte": "quelque chose de Leconte de Lisle. Et ce"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2274, "fin_caractere_exclue": 2316, "texte": "fait de ne jamais unir sa musique qu'à des"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2403, "fin_caractere_exclue": 2448, "texte": "vers de poète ne prouve-t-il pas, avant tout,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2537, "fin_caractere_exclue": 2577, "texte": "l'élévation de son sentiment d'artiste î"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2657, "fin_caractere_exclue": 2697, "texte": "A cette audition de salon, les pièces de"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2787, "fin_caractere_exclue": 2830, "texte": "délicatesse et de douceur nous ont le mieux"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 2915, "fin_caractere_exclue": 2954, "texte": "plu ; notamment le Chant 2e des Contem-"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3028, "fin_caractere_exclue": 3070, "texte": "plations, puis parmi les mélodies exquise-"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3118, "fin_caractere_exclue": 3160, "texte": "ment dites par M me Cornélis et M. Engel :"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3208, "fin_caractere_exclue": 3248, "texte": "Eternelles amours, sur des vers d'Armand"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3288, "fin_caractere_exclue": 3326, "texte": "Sylvestre, et cette ballade de Georges"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3369, "fin_caractere_exclue": 3387, "texte": "Khnopff, Ophélie :"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3485, "fin_caractere_exclue": 3513, "texte": "Vois, comme un blême calice,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3571, "fin_caractere_exclue": 3593, "texte": "S'ériger la lune d'or;"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3651, "fin_caractere_exclue": 3681, "texte": "L'onde froide, glauque, glisse"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3739, "fin_caractere_exclue": 3764, "texte": "Dans le silence qui dort."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3821, "fin_caractere_exclue": 3849, "texte": "Oh ! mourir ! blanche folie,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3906, "fin_caractere_exclue": 3934, "texte": "De cueillir au fil des eaux,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 3991, "fin_caractere_exclue": 4017, "texte": "Four tes cheveux, Ophélie,"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4075, "fin_caractere_exclue": 4101, "texte": "La lune dans les roseaux !"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4199, "fin_caractere_exclue": 4235, "texte": "Enfin, pour un petit nombre, ç'a été"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4283, "fin_caractere_exclue": 4324, "texte": "un véritable événement musical aussi, que"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4372, "fin_caractere_exclue": 4416, "texte": "cette reprise de l'Arlésienne avec les déli­"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4464, "fin_caractere_exclue": 4502, "texte": "cats feuillets symphoniques de Georges"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4548, "fin_caractere_exclue": 4590, "texte": "Bizet, — ouverture, entr'actes, musique de"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4635, "fin_caractere_exclue": 4676, "texte": "scène, chœurs dans la coulisse — que nous"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4724, "fin_caractere_exclue": 4766, "texte": "n'avions encore entendus que par fragments"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4812, "fin_caractere_exclue": 4833, "texte": "au Concert populaire."}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 4884, "fin_caractere_exclue": 4924, "texte": "Et quelle surprise agréable que l'exécu-"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 98, "texte": "tion relativement parfaite de cette musique"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 152, "fin_caractere_exclue": 195, "texte": "si joliment, si délicate et si profondément"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 246, "fin_caractere_exclue": 286, "texte": "inspirée, pourtant, de l'admirable drame"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 343, "fin_caractere_exclue": 353, "texte": "de Daudet."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 442, "fin_caractere_exclue": 477, "texte": "Ces fragments pourraient résumer en"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 533, "fin_caractere_exclue": 573, "texte": "une impression l'œuvre de Georges Bizet,"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 627, "fin_caractere_exclue": 671, "texte": "car il a mis là tout ce qu'il avait de cœur,"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 723, "fin_caractere_exclue": 763, "texte": "l'auteur passionnément triste de Carmen."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 839, "fin_caractere_exclue": 842, "texte": "***"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 918, "fin_caractere_exclue": 955, "texte": "Le Guide musical nous fait part d'une"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1006, "fin_caractere_exclue": 1051, "texte": "bien joyeuse aventure ; l'histoire est signée"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1100, "fin_caractere_exclue": 1119, "texte": "Maurice Kufferath :"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1292, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "« Un coup d'Etat ! Le 12 décembre, pour"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1429, "fin_caractere_exclue": 1451, "texte": "faire suite au 2 idem!"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1552, "fin_caractere_exclue": 1590, "texte": "« Dimanche dernier, les abonnés et pa­"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1691, "fin_caractere_exclue": 1730, "texte": "trons des concerts du Conservatoire ont"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1826, "fin_caractere_exclue": 1854, "texte": "reçu le petit avis suivant :"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1953, "fin_caractere_exclue": 1990, "texte": "« Le premier concert du Conservatoire"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2087, "fin_caractere_exclue": 2128, "texte": "« ne pourra avoir lieu cette année, comme"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2212, "fin_caractere_exclue": 2252, "texte": "« d'habitude, le dimanche avant la Noël."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2255, "fin_caractere_exclue": 2298, "texte": "« Le directeur se voit dans l'obligation de"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2355, "fin_caractere_exclue": 2394, "texte": "« l'ajourner indéfiniment, par suite de"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2443, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "« l'impossibilité où il se trouve actuelle­"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2539, "fin_caractere_exclue": 2574, "texte": "ment de former un orchestre complet"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2616, "fin_caractere_exclue": 2659, "texte": "« pour l'exécution des œuvres classiques. »"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2689, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "« Grand étonnement! Profond émoi!"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2786, "fin_caractere_exclue": 2830, "texte": "« Que signifiait ce poulet tout à fait inat­"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2875, "fin_caractere_exclue": 2915, "texte": "tendu ? Quelle intrigue ou quel accident"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2959, "fin_caractere_exclue": 2998, "texte": "cachaient ces brèves et trop laconiques"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3043, "fin_caractere_exclue": 3088, "texte": "explications? Les professeurs de l'établisse­"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3131, "fin_caractere_exclue": 3174, "texte": "ment — qui sont tenus, on le sait, de faire"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3218, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "leur partie dans l'orchestre — avaient-ils"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3293, "fin_caractere_exclue": 3334, "texte": "menacé de faire grève? Ou bien les élèves"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3385, "fin_caractere_exclue": 3428, "texte": "qu'on force à chanter, même s'ils n'ont pas"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3471, "fin_caractere_exclue": 3523, "texte": "de voix, refusaient-ils de continuer à faire chestre"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3558, "fin_caractere_exclue": 3612, "texte": "partie des chœurs?                                loin"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3656, "fin_caractere_exclue": 3707, "texte": "« Rien de tout cela !                         toute"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3754, "fin_caractere_exclue": 3796, "texte": "« Autant de suppositions, autant d'er­ son"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3837, "fin_caractere_exclue": 3894, "texte": "reurs.                                            puisque"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3934, "fin_caractere_exclue": 3988, "texte": "« Ni grève des professeurs, ni mauvais        d'année,"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4024, "fin_caractere_exclue": 4076, "texte": "gré des élèves, ni accident d'aucune sorte. trombone"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4114, "fin_caractere_exclue": 4151, "texte": "« Il y a simplement ceci : M. Gevaert"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4206, "fin_caractere_exclue": 4250, "texte": "boude. Il boude comme une jolie femme. parce"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4292, "fin_caractere_exclue": 4340, "texte": "« Et qui boude-t-il ? — Le Ministre des trombone"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4352, "fin_caractere_exclue": 4389, "texte": "Beaux-Arts, M. le chevalier de Moreau"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4443, "fin_caractere_exclue": 4502, "texte": "d'Andoy.                                           l'époque"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4541, "fin_caractere_exclue": 4603, "texte": "« A quel propos!                               antédiluvienne,"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4629, "fin_caractere_exclue": 4681, "texte": "« En deux mots, voici l'affaire :              comme"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4720, "fin_caractere_exclue": 4764, "texte": "« Lorsque M. Gevaert prit au Conserva­ sile."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4804, "fin_caractere_exclue": 4857, "texte": "toire la succession de Fétis, son premier changement;"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 106, "fin_caractere_exclue": 149, "texte": "soin fut d'éliminer, dans la mesure du pos­"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 202, "fin_caractere_exclue": 243, "texte": "sible, quelques professeurs insuffisants."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 297, "fin_caractere_exclue": 341, "texte": "Les uns furent mis simplement à la retraite,"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 394, "fin_caractere_exclue": 437, "texte": "d'autres, n'ayant pas l'âge et les états de"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 490, "fin_caractere_exclue": 531, "texte": "service requis pour avoir droit à la pen­"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 584, "fin_caractere_exclue": 625, "texte": "sion, furent simplement mis en disponibi­"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 678, "fin_caractere_exclue": 721, "texte": "lité, avec traitement complet, en attendant"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 774, "fin_caractere_exclue": 815, "texte": "que l'heure de la retraite eût sonné pour"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 868, "fin_caractere_exclue": 910, "texte": "eux. Par la suite, à mesure que M. Gevaert"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 962, "fin_caractere_exclue": 1002, "texte": "éprouva le besoin d'améliorer, ou seule­"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1054, "fin_caractere_exclue": 1096, "texte": "ment de modifier son corps professoral, il"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1148, "fin_caractere_exclue": 1187, "texte": "eut recours au même procédé. Un profes­"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1239, "fin_caractere_exclue": 1285, "texte": "seur lui déplaisait-il, s'agissait-il de faire"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1383, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "une petite place à un candidat découvert à"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1503, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "Paris ou ailleurs à l'étranger, M. Gevaert"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1642, "fin_caractere_exclue": 1687, "texte": "mettait en disponibilité le titulaire, en lui"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1782, "fin_caractere_exclue": 1823, "texte": "maintenant son traitement, afin de ne pas"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 1906, "fin_caractere_exclue": 1946, "texte": "provoquer de trop vives réclamations; et"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2042, "fin_caractere_exclue": 2084, "texte": "le nouveau professeur entrait en fonctions"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2180, "fin_caractere_exclue": 2209, "texte": "avec un traitement d'attente."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2308, "fin_caractere_exclue": 2352, "texte": "« C'est ainsi qu'il y a deux ans, M. Gevaert"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2395, "fin_caractere_exclue": 2440, "texte": "se débarrassa (c'est le mot) de M. Pletinckx,"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2487, "fin_caractere_exclue": 2532, "texte": "l'excellent hautboïste que l'on sait, qui fut"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2575, "fin_caractere_exclue": 2613, "texte": "du même coup congédié à l'orchestre du"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2660, "fin_caractere_exclue": 2682, "texte": "théâtre de la Monnaie."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2738, "fin_caractere_exclue": 2779, "texte": "« Cette année, il paraît qu'il s'agissait"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2831, "fin_caractere_exclue": 2872, "texte": "d'exécuter de la même façon un autre pro­"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2916, "fin_caractere_exclue": 2956, "texte": "fesseur, l'honorable M. Paque. Mais quel"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 2999, "fin_caractere_exclue": 3040, "texte": "prétexte invoquer? On trouva ceci : c'est"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3089, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "que les infirmités de l'âge empêchaient"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3175, "fin_caractere_exclue": 3216, "texte": "M. Paque de faire sa partie de trombone à"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3261, "fin_caractere_exclue": 3291, "texte": "l'orchestre dans les concerts."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3346, "fin_caractere_exclue": 3383, "texte": "« Notez que depuis longtemps M. Paque"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3429, "fin_caractere_exclue": 3469, "texte": "ne tenait pas le premier pupitre à l'or­"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3524, "fin_caractere_exclue": 3556, "texte": "du Conservatoire, quoiqu'il soit"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3613, "fin_caractere_exclue": 3650, "texte": "d'être un invalide! M. Paque est dans"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3708, "fin_caractere_exclue": 3748, "texte": "la force de l'âge, et il faut croire que"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3797, "fin_caractere_exclue": 3835, "texte": "enseignement ne laisse rien à désirer,"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3895, "fin_caractere_exclue": 3928, "texte": "tous les ans, aux concours de fin"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 3992, "fin_caractere_exclue": 4022, "texte": "le jury décerne à sa classé de"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4077, "fin_caractere_exclue": 4108, "texte": "force premiers et seconds prix."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4163, "fin_caractere_exclue": 4205, "texte": "« Seulement M. Gevaert voulait l'éliminer,"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4251, "fin_caractere_exclue": 4287, "texte": "qu'il avait un candidat à placer, un"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4341, "fin_caractere_exclue": 4350, "texte": "de Paris."}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4405, "fin_caractere_exclue": 4442, "texte": "« M. Paque datant au Conservatoire de"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4503, "fin_caractere_exclue": 4536, "texte": "de Fétis, autant dire de l'époque"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4604, "fin_caractere_exclue": 4624, "texte": "M. Gevaert éprouvait"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4682, "fin_caractere_exclue": 4715, "texte": "un malaise en présence de ce fos­"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 4765, "fin_caractere_exclue": 4803, "texte": "Il avait assez vu M. Paque. Il aime le"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 90, "texte": "« Or, voici où l'affaire se corse."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 186, "texte": "« Se souvenant des observations que l'an­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 229, "fin_caractere_exclue": 273, "texte": "née dernière avait formulées la section cen­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 320, "fin_caractere_exclue": 359, "texte": "trale de la Chambre des représentants à"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 414, "fin_caractere_exclue": 453, "texte": "propos du Conservatoire et de l'omnipo­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 504, "fin_caractere_exclue": 547, "texte": "tence du directeur, M. de Moreau fit obser­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 559, "fin_caractere_exclue": 601, "texte": "ver que le système en usage grevait singu­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 651, "fin_caractere_exclue": 689, "texte": "lièrement le budget. Deux professeurs,"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 745, "fin_caractere_exclue": 783, "texte": "pourquoi faire ? Un seul, c'était bien"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 836, "fin_caractere_exclue": 843, "texte": "assez 1"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 897, "fin_caractere_exclue": 933, "texte": "« Et le Ministre refusa de nommer un"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 986, "fin_caractere_exclue": 1028, "texte": "nouveau titulaire, après avoir mis en dis­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1078, "fin_caractere_exclue": 1109, "texte": "ponibilité le titulaire actuel."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1174, "fin_caractere_exclue": 1211, "texte": "« Vous vous demandez quel rapport les"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1248, "fin_caractere_exclue": 1288, "texte": "concerts du Conservatoire ont avec cette"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1344, "fin_caractere_exclue": 1373, "texte": "question d'administration?..."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1439, "fin_caractere_exclue": 1463, "texte": "« Rien, absolument rien."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1529, "fin_caractere_exclue": 1571, "texte": "« Mais il faut savoir que M. Gevaert, s'il"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1582, "fin_caractere_exclue": 1619, "texte": "dépend du Ministre comme directeur du"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1676, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "Conservatoire, est absolument le maître en"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1734, "fin_caractere_exclue": 1775, "texte": "ce qui concerne les concerts. Il peut les"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1828, "fin_caractere_exclue": 1871, "texte": "diriger ou ne pas les diriger, personne n'a"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1900, "fin_caractere_exclue": 1944, "texte": "rien à y voir. Et il s'est fait ce raisonne­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1991, "fin_caractere_exclue": 2029, "texte": "ment, très ingénieux comme tout ce que"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2083, "fin_caractere_exclue": 2123, "texte": "combine l'éminent directeur du Conserva­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2174, "fin_caractere_exclue": 2216, "texte": "toire : Ou l'on me donnera le trombone que"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2264, "fin_caractere_exclue": 2309, "texte": "j'aime, ou je ne joue pas ! Aussitôt fait que"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2360, "fin_caractere_exclue": 2364, "texte": "dit."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2454, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "« Et voilà pourquoi le premier concert"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2543, "fin_caractere_exclue": 2582, "texte": "est ajourné et pourquoi, vraisemblable­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2584, "fin_caractere_exclue": 2625, "texte": "ment, il n'y aura pas de concerts au Con­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2627, "fin_caractere_exclue": 2648, "texte": "servatoire cet hiver."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2705, "fin_caractere_exclue": 2747, "texte": "« Il s'agit de forcer la main au Ministre."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2826, "fin_caractere_exclue": 2863, "texte": "« M. Gevaert a compté sans doute pro­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2865, "fin_caractere_exclue": 2909, "texte": "voquer contre les résistances de celui-ci un"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2959, "fin_caractere_exclue": 2990, "texte": "mouvement public d'indignation."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3059, "fin_caractere_exclue": 3096, "texte": "« Mais il pourrait avoir fait un faux"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3147, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "calcul."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3240, "fin_caractere_exclue": 3277, "texte": "« Le public n'épouse pas sa querelle."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3325, "fin_caractere_exclue": 3360, "texte": ". « Le prétexte choisi a fait rire."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3418, "fin_caractere_exclue": 3456, "texte": "« On ne fera accroire à personne qu'il"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3505, "fin_caractere_exclue": 3548, "texte": "n'y a pas à Bruxelles un artiste capable de"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3596, "fin_caractere_exclue": 3634, "texte": "jouer les dix mesures du trombone solo"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3691, "fin_caractere_exclue": 3732, "texte": "dans le finale de la symphonie rhénane de"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3781, "fin_caractere_exclue": 3815, "texte": "Schumann qui était au programme de"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3842, "fin_caractere_exclue": 3859, "texte": "dimanche dernier."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3939, "fin_caractere_exclue": 3974, "texte": "« De deux choses l'une, se dit-on :"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 4028, "fin_caractere_exclue": 4064, "texte": "« Ou bien l'on nous a bernés en nous"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 4112, "fin_caractere_exclue": 4155, "texte": "vantant sans cesse le merveilleux enseigne­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 4207, "fin_caractere_exclue": 4245, "texte": "ment du Conservatoire de Bruxelles, le"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "plus beau, le mieux installé, le mieux"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 191, "fin_caractere_exclue": 228, "texte": "organisé, le plus fort du continent ;"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 282, "fin_caractere_exclue": 319, "texte": "« Ou bien M. Gevaert n'a en tout ceci"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 370, "fin_caractere_exclue": 413, "texte": "qu'un but, c'est de faire une niche à M. de"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 464, "fin_caractere_exclue": 503, "texte": "Moreau, en indisposant le public contre"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 554, "fin_caractere_exclue": 558, "texte": "lui."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 612, "fin_caractere_exclue": 650, "texte": "« Rappelez-vous les observations désa­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 701, "fin_caractere_exclue": 744, "texte": "gréables de la section centrale à propos de"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 795, "fin_caractere_exclue": 835, "texte": "l'organisation des concerts du Conserva­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 886, "fin_caractere_exclue": 892, "texte": "toire."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 946, "fin_caractere_exclue": 985, "texte": "« Il y a longtemps que l'éminent direc­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1036, "fin_caractere_exclue": 1077, "texte": "teur du Conservatoire méditait une petite"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1128, "fin_caractere_exclue": 1169, "texte": "vengeance, — sans se presser, car il aime"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1220, "fin_caractere_exclue": 1247, "texte": "ce plat qui se mange froid."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1301, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "« L'occasion cherchée s'est enfin offerte."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1397, "fin_caractere_exclue": 1434, "texte": "« Et voilà pourquoi M. Gevaert boude,"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1485, "fin_caractere_exclue": 1524, "texte": "voilà pourquoi il boude comme une jolie"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1575, "fin_caractere_exclue": 1581, "texte": "femme."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1635, "fin_caractere_exclue": 1674, "texte": "« Cette petite comédie pourrait s'inti­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1725, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "tuler :"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1786, "fin_caractere_exclue": 1826, "texte": "« Un coup d'Etat dans une coulisse, ou :"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1877, "fin_caractere_exclue": 1898, "texte": "le Trombone malade. »"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 1952, "fin_caractere_exclue": 1989, "texte": "Puisque nous citons le Guide musical,"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2040, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "signalons cette publication aux artistes."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2132, "fin_caractere_exclue": 2172, "texte": "Elle est seule à suivre avec scrupule et"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2224, "fin_caractere_exclue": 2262, "texte": "vigueur le mouvement musical du monde,"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2313, "fin_caractere_exclue": 2358, "texte": "et l'année qui s'ouvre sera le signal de nou­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2409, "fin_caractere_exclue": 2448, "texte": "veaux progrès dans son organisation. Le"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2499, "fin_caractere_exclue": 2541, "texte": "prix d'abonnement est de 10 francs par an."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2697, "fin_caractere_exclue": 2699, "texte": "IV"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2814, "fin_caractere_exclue": 2821, "texte": "THÉÂTRE"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 2917, "fin_caractere_exclue": 2957, "texte": "Le théâtre de la Bourse, après un succès"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3008, "fin_caractere_exclue": 3053, "texte": "de féerie tout à fait extraordinaire, à voulu"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3104, "fin_caractere_exclue": 3145, "texte": "terminer l'année avec le drame. Des comé­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3196, "fin_caractere_exclue": 3234, "texte": "diens de premier ordre, parmi lesquels"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3285, "fin_caractere_exclue": 3321, "texte": "nous remarquons surtout M. Paul Des­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3372, "fin_caractere_exclue": 3412, "texte": "hayes et Mme Lemercier, y ont interprété"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3463, "fin_caractere_exclue": 3503, "texte": "avec succès le drame de Sardou : Patrie!"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3554, "fin_caractere_exclue": 3594, "texte": "La pièce n'a pas soulevé à Bruxelles les"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3645, "fin_caractere_exclue": 3689, "texte": "polémiques qu'elle suscita lorsqu'elle y fut"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3740, "fin_caractere_exclue": 3779, "texte": "jouée pour la première fois le 12 juil­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3830, "fin_caractere_exclue": 3839, "texte": "let 1869."}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3893, "fin_caractere_exclue": 3933, "texte": "A cette époque, on brisa force lances en"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 3984, "fin_caractere_exclue": 4022, "texte": "son honneur. M. Louis Hymans dirigeait"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 4073, "fin_caractere_exclue": 4110, "texte": "alors l'Echo du Parlement, ayant pour"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 4161, "fin_caractere_exclue": 4204, "texte": "critique dramatique de son journal M. Geor­"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 4255, "fin_caractere_exclue": 4295, "texte": "ges Vautier, aujourd'hui directeur de la"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "Galette. Aussitôt après la représentation,"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 149, "fin_caractere_exclue": 195, "texte": "celui-ci écrivit d'un seul jet un article très"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 239, "fin_caractere_exclue": 278, "texte": "élogieux qu'il envoya à la direction de"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 333, "fin_caractere_exclue": 377, "texte": "l'Echo. Le lendemain, le feuilleton ne parut"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 425, "fin_caractere_exclue": 468, "texte": "pas; en revanche, il était remplacé par une"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 520, "fin_caractere_exclue": 561, "texte": "page d'éloges très atténués, signée Louis"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 579, "fin_caractere_exclue": 586, "texte": "Hymans."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 677, "fin_caractere_exclue": 713, "texte": "En dépit de la réclame du lendemain,"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 764, "fin_caractere_exclue": 808, "texte": "disait-il, formulée par les mécontents de la"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 857, "fin_caractere_exclue": 900, "texte": "veille, en dépit d'une mise en scène splen­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 949, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "dide, en dépit de quelques scènes pathé­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1046, "fin_caractere_exclue": 1086, "texte": "tiques et de quelques artistes remarqua­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1140, "fin_caractere_exclue": 1183, "texte": "bles ; en dépit d'une bienveillance univer­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1231, "fin_caractere_exclue": 1274, "texte": "selle que justifient les nombreux succès de"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1324, "fin_caractere_exclue": 1362, "texte": "Sardou, il est impossible de placer ce"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1424, "fin_caractere_exclue": 1462, "texte": "drame à la hauteur du bruit qu'on en a"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1519, "fin_caractere_exclue": 1565, "texte": "fait et, si le théâtre doit devenir l'école du"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1613, "fin_caractere_exclue": 1653, "texte": "patriotisme, je demande qu'on nous donne"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1704, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "la Muette ou Guillaume Tell."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1801, "fin_caractere_exclue": 1837, "texte": "Le lendemain du jour où parurent ces"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1890, "fin_caractere_exclue": 1928, "texte": "sévérités, M. Vautier quitta l'Echo du"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1984, "fin_caractere_exclue": 2024, "texte": "Parlement ; quelques mois après, on ven­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2073, "fin_caractere_exclue": 2115, "texte": "dait dans les rues le premier numéro de la"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2164, "fin_caractere_exclue": 2200, "texte": "Galette. Détail piquant : M. Hymans,"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2255, "fin_caractere_exclue": 2294, "texte": "dans le même feuilleton, disait que les"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2347, "fin_caractere_exclue": 2392, "texte": "écrivains belges suffisaient pour faire revi­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2439, "fin_caractere_exclue": 2481, "texte": "vre l'histoire nationale dans les composi­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2530, "fin_caractere_exclue": 2570, "texte": "tions dramatiques, — et personne n'igno­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2620, "fin_caractere_exclue": 2660, "texte": "rait que M. Hymans avait en portefeuille"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2713, "fin_caractere_exclue": 2751, "texte": "une composition de ce genre, intitulée"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2810, "fin_caractere_exclue": 2833, "texte": "l'Argentier de la Cour."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3001, "fin_caractere_exclue": 3040, "texte": "C'est au théâtre de la Monnaie, sous la"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3137, "fin_caractere_exclue": 3180, "texte": "direction Vachot, qu'eut lieu, à Bruxelles,"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3273, "fin_caractere_exclue": 3315, "texte": "la première représentation de Patrie ! Les"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3408, "fin_caractere_exclue": 3449, "texte": "artistes venaient tous de la Porte-Saint-"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3546, "fin_caractere_exclue": 3587, "texte": "Martin. Le rôle de Dolorès était tenu par"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3678, "fin_caractere_exclue": 3723, "texte": "Mlle Fargueil, celui de Rafaële par Mlle Léo­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3816, "fin_caractere_exclue": 3854, "texte": "nide Leblanc, celui du comte de Rysoor"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3932, "fin_caractere_exclue": 3971, "texte": "par M. Dumaine, celui du duc d'Albe par"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3972, "fin_caractere_exclue": 4014, "texte": "M. Charly et enfin celui de Karloo van der"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4066, "fin_caractere_exclue": 4095, "texte": "Noot par M. Charles Lemaître."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4163, "fin_caractere_exclue": 4200, "texte": "Ce n'est qu'en avril 1886, que M. Du­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4253, "fin_caractere_exclue": 4291, "texte": "quesnel rendit Patrie! au public de la"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4348, "fin_caractere_exclue": 4390, "texte": "Porte-Saint-Martin. Il y avait des chances"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4439, "fin_caractere_exclue": 4484, "texte": "que la pièce eût un peu perdu à vieillir dix-"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4531, "fin_caractere_exclue": 4575, "texte": "sept années et l'on avait à lutter contre le"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4627, "fin_caractere_exclue": 4670, "texte": "souvenir d'interprètes célèbres. Le rôle de"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4717, "fin_caractere_exclue": 4759, "texte": "Dolorès fut donné à Mlle Tessandier, celui"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4810, "fin_caractere_exclue": 4852, "texte": "de Rafaële à Mlle Real, l'ingénue que nous"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4902, "fin_caractere_exclue": 4943, "texte": "avions applaudie au théâtre du Parc, dans"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 105, "fin_caractere_exclue": 146, "texte": "le Monde où l'on s'ennuie; celui du comte"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 200, "fin_caractere_exclue": 236, "texte": "de Rysoor à M. Dumaine, celui du duc"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 290, "fin_caractere_exclue": 330, "texte": "d'Albe à M. Cosset, et celui de Karloo à"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 384, "fin_caractere_exclue": 422, "texte": "M. Marais, l'Andréas de Thêodora On le"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 476, "fin_caractere_exclue": 517, "texte": "voit, M. Dumaine seul restait de la créa­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 571, "fin_caractere_exclue": 576, "texte": "tion."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 633, "fin_caractere_exclue": 671, "texte": "Les représentations de la Porte-Saint-"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 725, "fin_caractere_exclue": 761, "texte": "Martin sont trop rapprochées de nous"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 814, "fin_caractere_exclue": 855, "texte": "pour que l'on ne se rappelle pas ce qu'en"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 908, "fin_caractere_exclue": 947, "texte": "dirent les journaux lorsqu'ils enregis­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1000, "fin_caractere_exclue": 1044, "texte": "trèrent le succès de Patrie! Ils rappelaient"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1097, "fin_caractere_exclue": 1138, "texte": "les intéressantes origines du drame, com­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1191, "fin_caractere_exclue": 1229, "texte": "ment M. Gevaert, le directeur de notre"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1282, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "Conservatoire, ayant demandé à M. Sardou"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1375, "fin_caractere_exclue": 1422, "texte": "un livret d'opéra, celui-ci lui avait répondu :"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1475, "fin_caractere_exclue": 1517, "texte": "« Soit, mais faites les recherches! » com­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1570, "fin_caractere_exclue": 1611, "texte": "ment M. Gevaert avait trouvé dans les Ne-"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1664, "fin_caractere_exclue": 1702, "texte": "derlandsche Oorlogen, de Peter Bor, et"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1755, "fin_caractere_exclue": 1797, "texte": "dans l'Histoire de la révolution des Pays-"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1849, "fin_caractere_exclue": 1888, "texte": "Bas, de John Lothrop Motley, sans comp­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 1941, "fin_caractere_exclue": 1983, "texte": "ter les chroniques néerlandaises de Hooft,"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2036, "fin_caractere_exclue": 2072, "texte": "Viglius, Opperus, les éléments d'une"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2124, "fin_caractere_exclue": 2162, "texte": "action dramatique; comment M. Sardou y"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2215, "fin_caractere_exclue": 2254, "texte": "avait ajouté des clous tirés d'un vieux"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2307, "fin_caractere_exclue": 2346, "texte": "drame oublié : le Siège de Toulouse, de"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2399, "fin_caractere_exclue": 2438, "texte": "Méry ; comment, enfin, il avait fait un"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2490, "fin_caractere_exclue": 2529, "texte": "livret d'opéra pour... M. Paladilhe, un"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2581, "fin_caractere_exclue": 2619, "texte": "drame pour M. Raphaël Félix et rien du"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2671, "fin_caractere_exclue": 2712, "texte": "tout pour M. Gevaert. Complétons ces sou­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2764, "fin_caractere_exclue": 2809, "texte": "venirs en signalant ce fait que, depuis 1869,"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2861, "fin_caractere_exclue": 2905, "texte": "Paris ne revit qu'une fois Patrie! C'était à"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 2957, "fin_caractere_exclue": 2996, "texte": "la fin de septembre 1872, au théâtre du"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3092, "fin_caractere_exclue": 3135, "texte": "Châtelet. Le rôle de Dolorès était confié à"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3232, "fin_caractere_exclue": 3271, "texte": "M11» Duguéret, celui de Rysoor à M. Du­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3367, "fin_caractere_exclue": 3406, "texte": "maine, celui du duc d'Albe à M. Charly,"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3501, "fin_caractere_exclue": 3544, "texte": "celui de la Trémouille à M. Angelo et celui"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3639, "fin_caractere_exclue": 3676, "texte": "de Karloo à M. Paul Deshayes, qui, au"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3775, "fin_caractere_exclue": 3815, "texte": "théâtre de la Bourse, tient en ce moment"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 3906, "fin_caractere_exclue": 3931, "texte": "celui du comte de Rysoor."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4026, "fin_caractere_exclue": 4064, "texte": "A Bruxelles, on reprit Patrie! en sep­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4116, "fin_caractere_exclue": 4159, "texte": "tembre 1880. C'était à l'occasion des fêtes"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4211, "fin_caractere_exclue": 4252, "texte": "nationales, et la a Société dramatique et"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4304, "fin_caractere_exclue": 4347, "texte": "chorale » en donna, tant bien que mal, huit"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4399, "fin_caractere_exclue": 4438, "texte": "représentations à l'AIhambra. La pièce,"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4490, "fin_caractere_exclue": 4530, "texte": "montée par M. Rey, avait une partie cho­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4582, "fin_caractere_exclue": 4626, "texte": "rale et orchestrale de M. Flon, le troisième"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4678, "fin_caractere_exclue": 4716, "texte": "chef d'orchestre actuel de la Monnaie."}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4768, "fin_caractere_exclue": 4809, "texte": "M me Pazza faisait Dolorès, et le rôle de"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4861, "fin_caractere_exclue": 4901, "texte": "Rysoor était tenu, avec beaucoup d'auto­"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 4953, "fin_caractere_exclue": 4994, "texte": "rité, par M. Vermandele, aujourd'hui pro-"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "fesseur de déclamation à notre Conserva­"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 151, "texte": "toire."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 240, "fin_caractere_exclue": 280, "texte": "En 1884 enfin, le théâtre des Nouveautés"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 328, "fin_caractere_exclue": 372, "texte": "Bain-Royal) tenta, lui aussi, de faire revi­"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 416, "fin_caractere_exclue": 457, "texte": "vre le drame de M. SarJou. Hélas ! il est"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 510, "fin_caractere_exclue": 549, "texte": "bien mort à présent, le pauvre théâtre!"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 593, "fin_caractere_exclue": 635, "texte": "Les décors en ont été vendus, et l'on peut"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 637, "fin_caractere_exclue": 679, "texte": "bien dire, n'est-ce pas? que cette reprise"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 779, "fin_caractere_exclue": 824, "texte": "fut de la famille de celles que l'on fait aux"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 921, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "vieux bas! Dolorès (Mme d'Alzon , n'était"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1059, "fin_caractere_exclue": 1098, "texte": "pas bien imposante, et M. Joissant, qui"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1200, "fin_caractere_exclue": 1243, "texte": "jouait Rysoor, manquait un peu d'autorité ;"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1346, "fin_caractere_exclue": 1389, "texte": "un M. Cholet, non sans talent, faisait Kar­"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1490, "fin_caractere_exclue": 1531, "texte": "loo, et les décors n'étaient d'aucun Rubé"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1630, "fin_caractere_exclue": 1674, "texte": "connu. Seul, celui de l'Hôtel de Ville avait"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1770, "fin_caractere_exclue": 1810, "texte": "belle mine. Dans ces conditions, Patrie!"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1875, "fin_caractere_exclue": 1918, "texte": "tint l'affiche moins longtemps que la revue"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2000, "fin_caractere_exclue": 2045, "texte": "Boum-Boum!       qui l'avait précédé, et l'on"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2143, "fin_caractere_exclue": 2184, "texte": "joua de nouveau les bons vieux « mélos »,"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2283, "fin_caractere_exclue": 2322, "texte": "le Courrier de Lyon, Paillasse, le Mar-"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2377, "fin_caractere_exclue": 2419, "texte": "chand d'habits, pour expirer tristement, à"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2475, "fin_caractere_exclue": 2514, "texte": "la fin de janvier 1886, en compagnie de"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2572, "fin_caractere_exclue": 2609, "texte": "Marceau, de Pot-Bouille, de Latude et"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2672, "fin_caractere_exclue": 2687, "texte": "des Misérables."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 107, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "Le Grand Mogol d'Audran a, le 7 jan­"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 234, "texte": "vier succedé à Patrie! sur l'affiche du"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 286, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "théâtre de la Bourse, et c'est un nouveau"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 379, "fin_caractere_exclue": 415, "texte": "succès pour M. Maurice Simon. Détail"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 467, "fin_caractere_exclue": 509, "texte": "curieux, le rôle de Bengaline a été créé à"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 561, "fin_caractere_exclue": 591, "texte": "Marseille par Mme Jane Hading."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 737, "fin_caractere_exclue": 778, "texte": "Bien que la chose théâtrale préoccupe peu"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 880, "fin_caractere_exclue": 920, "texte": "notre lecteur, signalons le grand succès"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1018, "fin_caractere_exclue": 1057, "texte": "de la revue qui se joue en ce moment au"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1154, "fin_caractere_exclue": 1198, "texte": "théâtre des Galeries et qui est signée Théo­"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1299, "fin_caractere_exclue": 1344, "texte": "dore Hannon. Bruxelles-Attractions     est un"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1445, "fin_caractere_exclue": 1488, "texte": "grand succès de drôlerie et nous félicitons"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1587, "fin_caractere_exclue": 1627, "texte": "notre ami Théo de savoir être un amuseur"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1730, "fin_caractere_exclue": 1767, "texte": "spirituel en même temps qu'un délicat"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 1866, "fin_caractere_exclue": 1872, "texte": "poète."}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2104, "fin_caractere_exclue": 2140, "texte": "On repète en ce moment au théâtre du"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2240, "fin_caractere_exclue": 2280, "texte": "Parc : Par téléphone, un acte de MM. Ed­"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2336, "fin_caractere_exclue": 2374, "texte": "mond Cattier et James Van Drunen. Nous"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2430, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "n'aurions pas donné cette nouvelle si elle"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2528, "fin_caractere_exclue": 2569, "texte": "n'avait été ébruitée déjà. M. Van Drunen,"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2625, "fin_caractere_exclue": 2669, "texte": "considérant cette saynète comme un essai eût"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2725, "fin_caractere_exclue": 2769, "texte": "souhaité l'incognito, mais son collaborateur"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 2792, "fin_caractere_exclue": 2845, "texte": "***                              en a jugé autrement."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 18, "texte": "7e ANNÉE.                      TOME VI, N° I.                   5 JANVIER 1887.\n\n\n\n\n        NUMÉRO DU NOUVEL AN\n                    PRIX : FR. 1-20\n\n\n\n\n                                      ORNE D'UN DESSIN\n                                                DE\n\n\n                                    Xavier      MELLERY\n\n\n\n                            SOMMAIRE:\n La fête des SS. Pierre et P a u l . . . .      GEORGES EEKHOUD.\n Sonnets                                        EMILE VAN ARENBERGH.\n Jules Destrée et ses « Lettres à Jeanne ».     ALBERT GIRAUD.\n Vers                                           EMILE VERHAEREN.\n Léon Bloy      . .                             J. B.\n O ù s'en vont les chemins                      GRÉGOIRE LE ROY.\n Instantanés                                    FLORENT VURGEY.\n Chronique     I. L'Abbesse de Jouarre . .      FRANCIS NAUTET.\n  littéraire I I . Les œuvres et les hommes.    JosÉPHIN PELADAN.\n Chronique musicale : Lakmé                     HENRY MAUBEL.\n Memento                                        ***\n\n\n\n\n                               BRUXELLES\n            ADMINISTRATION :                         RÉDACTION :\n       26, RUE DE L'INDUSTRIE, 26               80, RUE BOSQUET, 80\n\n                                      1887\n"}, {"page_pdf": 19, "texte": "                 LA JEUNE BELGIQUE\n    Belgique.     .   7 francs par an. — Union postule.             .       fr. 8 - 5 0 .\n\n   NOS DEUX NUMÉROS PROCHAIN CONTIENDRONT : Pierrot Narcisse,\nun acte en vers de M. Albert Giraud. — Primeroses, souvenirs d'enfance,\npar Iwan Gilkin. — Poèmes en prose, par Hector Chainaye. — Le péché\nirrémissible, par Léon Bloy. — Hilda, nouvelle de M. Jules Van der\nBrugghen. — Un Lied, M. Fernand Severin. — Des Vers, de MM. J. Fré­\ndéric, G. le Roy, R. Russel, Jules Destrée. — Une chronique littéraire de\nPéladan.\n\n                            A NOS LECTEURS\n  Le Renouvellement De Nos Abonnements A Été Au Delà\nDe Nos Espoirs, et Nous Remercions Bien Cordialement\nLes Nombreux Fidèles Qui Restent Les Protecteurs et Les\nSoutiens De Notre Œuvre. Quelque Jour, Nous Publierons,\nAvec Leur Autorisation, L a Liste De Leurs Noms, et Aucun\nNe Pourra Reprocher. A La Direction D'y Être En Mau­\nvaise Compagnie. Cette Liste Sera Notre Précieux Livre\nD'Or Où L'On Se Trouvera Fier de Figurer. Il Y A Eu Quel­\nques Abandons, Mais Aucun N'est Définitif, Espérons-Nous,\net La Seconde Requête De Notre Administration Ramènera\nLes Amis Perdus. Nous En Avons L'Intime Certitude Et\nCommençons La Nouvelle Campagne Avec L'Appui De Tous\nLes Lettrés De L a Première Heure. Le Frontispice Sera\nEnvoyé Avec Le Prochain Numéro, A Tous Ceux Dont L a\nQuittance Aura Été Payée.\n\n  A ce numéro est jointe la couverture du tome cinquième.\n\n\n                            BOITE AUX LETTRES\n   1. Voici un an que le cher Paul Wauwermans reçut un coup de pied magistral donné\navec grâce, et que nous nous vîmes condamné à payer quelques centaines de francs pour\navoir pris cette innocente privauté. Depuis, nous n'avons pas cessé de rappeler ce léger\névénement qui marque dans les hauts faits de notre Histoire, et cet excellent petit Paul\npourrait réunir les souvenirs que nous lui avons dédiés sous forme de charades. Ce serait\nla Guirlande à Pauline. Nous n'ignorons pas que ces babioles font la joie de la Cour\nd'appel et, comme nous comptons parmi nos amis beaucoup de jeunes avocats, nous ne\nvoulon spas les priver d'un passe-temps mensuel, auquel d'aucuns ont collaboré. Ric-Rac\na, au Palais, il est vrai, quelques sympathies, notamment celle des gardiens, des\ngendarmes, des balayeurs de salle et du grenadier de garde, mais ceux là, peu lettrés, ne\nnous en voudront pas de couronner leur jeune ami des pampres et des lauriers de notre\nbienveillante sollicitude. Comme étrennes à Paul, voici deux sonnets-acrostiches qu'il ne\nmanquera pas de déguster avec recueillement :\n                 Jamais on ne te vit, jamais ! tirer l'é                P\n                 Tu crains trop les duels : en horreur tu les           A\n                 Mais bravant les méchants, qui sans cesse te           U\n                 T u te ris de leur zwanze et tu n'as pas peur d        L\n                 L'aspect d'un revolver te fait mal te trou             V\n                 Tomber en pâmoison et pousser un faible                A\n                 Mais la plume à la main, alors tu mords et r           U\n                 Fais le tranche-montagne et prétends tout bra          V\n"}, {"page_pdf": 20, "texte": "                               LA FETE\n            DES SS. P I E R R E                     ET PAUL(l)\n\n                                           I\n\n\n                                   Au pays campinois, le vingt-neuf juin, jour\n                            ' des SS. Pierre et Paul, tous les contrats entre\n                                maîtres et valets sont abrogés; les uns recou­\n                                vrent la liberté de remplacer leurs serviteurs,\n                                les autres, de changer de patrons.\n                                  Cette séparation ne s'opère point à l'impro­\n                                  viste.\n                                     A la fin de mars, le fermier et la fermière\n                                  ont posé cette question, lui à ses hommes,\n                 elle à ses femmes : « Restez-vous ? »\n                    Suivant la réponse de leurs gens, les chefs les engagent\n                pour une autre année ou avisent à leur remplacement.\n                D'ordinaire le baes accorde au sujet actif et entendu la\n                grosse paie que celui-ci gagnerait chez le voisin et pour peu\n                qu'elle tienne à sa servante, la baezine lui assure un plus\n              haut gage, tant en numéraire qu'en aunes de grosse et de fine\n              toile filée aux veillées d'hiver.\n                 Quant aux aides à demeure, que les maîtres n'interrogent\n              pas sur leurs intentions, ils sont avertis par ce silence même\nd'avoir à se pourvoir ailleurs. Tel garçon ou telle fille de ferme, dont le\n\n  (1) Cette nouvelle fait partie d'une deuxième série de Kermesses qui paraîtront cette\nannée.\n"}, {"page_pdf": 21, "texte": "                                  — 6 —\n\ncaractère ne subira aucune atteinte s'ils quittent leur service à la Saint-\nPierre, seraient fort mal notés si leur patron ne leur avait point permis\nd'attendre la date traditionnelle pour faire leurs paquets.\n    Ces mutations générales de domestiques servent tous les ans de prétexte\nà l'une de ces fêtes si topiques, presque païennes, que n'oublient jamais\nceux qui y ont assisté.\n    Pour ma part, chaque été, à l'approche de la Saint-Pierre, je me sens\npris, où que je sois, d'un désir effréné de retourner au pays. Il suffit de\nl'odeur des seringats et des sureaux pour me représenter le cadre et les\nacteurs de ces pompes rustiques. Mais cette évocation irrite ma fièvre au\nlieu de la calmer et je ne trouve de soulagement qu'après avoir été respirer,\nquelques bouffées de l'air natal :\n    Un beau soleil active les fragrances des haies et des bosquets. La caille,\nblottie dans les blés, piaule sensuellement. Personne ne travaille aux\nchamps. Dans leur empressement à prendre du plaisir, les hommes ont\n abandonné çà et là la faux et la serpe. Si les cultures sont désertes, par\n contre, le long des routes vicinales, c'est une procession de voitures maraî­\n chères bâchées de blanc, chargées non point, comme les vendredis, de\n légumes et de laitage, mais peintes à neuf, tapissées de fleurs, les cerceaux\n tressés de rubans, menées grand train par des chefs d'attelage endimanchés,\n ébaudis et fanfarons, et au fond desquelles se trémoussent des dirnes non\n moins réjouies et parées de leurs plus coquets atours.\n   Ce sont des valets qui ont été chercher le matin, en cérémonie, les ser­\nvantes à leur ancienne résidence pour les conduire chez leurs nouveaux\nmaîtres, et comme les gars ne doivent être rendus à destination que le soir,\nils profiteront de la longue journée estivale pour lier connaissance avec\nleurs futures compagnes de charrue et d'étable.\n   Souvent les journaliers d'une même paroisse, les salariés de petits\npaysans, empruntent un char à foin à un gros fermier et se cotisent pour la\nlocation de l'attelage. Toute la coterie, batteurs en grange, vanneurs, aoûte­\nrons, vachères, faneuses, prennent place sur ce chariot transformé en un\nverger ambulant, où les faces rouges et joufflues éclatent dans les branches\ncomme de rondes pommes luisantes.\n    L'émouchette caparaçonne les forts chevaux, car les taons font rage le\n long des chênayes; seulement les mailles du filet disparaissent sous les bou­\ntons d'or, les marguerites et les roses.\n   Des cavalcades se forment. Les voitures se rendant aux mêmes villages\nou revenues des mêmes clochers, cahotent à la file, trimbalent de compagnie\nleur nouvelle légion de servantes.\n"}, {"page_pdf": 22, "texte": "                                     — 7—\n\n   Défilé éblouissant et tapageur; apothéose des œuvres de la glèbe par ses\naffiliés. Sur leur passage l'air vibre de parfum, de lumière et de musique.\n   Bouviers et garçons de charrue, le sarrau festonné d'un ruban écarlate, la\ncasquette ceinte d'un rameau feuillu, une branche pour aiguillon, précèdent\nle cortège en manière de piqueurs, ou caracolent sur les accotements;\nd'aucuns affourchés à la genette, les jambes très écartées, tant leurs mon­\ntures ont le dos large; d'autres assis en travers de la selle, les jambes bal­\nlant du côté du montoir, comme on les rencontre au crépuscule, par les\nchemins, après le labeur.\n   Leurs voix éclatantes se répercutent d'un village à l'autre.\n   « Voilà encore un rozenland ! un « pays de roses » ! disent les gamins\nque leur approche ameute près de l'église. Car on a dénommé a pays de\nroses » ces chars de joie, à cause du refrain de la ballade que les compa­\ngnons ne chantent que ce jour-là :\n                  Nous irons au pays des roses,\n                  A u pays des roses d'un jour !\n               Nous faucherons comme foin les fleurs trop belles\n                  Et en tresserons des meules si hautes et si odorantes,\n                       Qu'elles éborgneront la lune\n                  Et feront éternuer le soleil !\n   Des sarabandes se nouent à la porte des cabarets. Les « pays de roses »\nenvahissent la salle en vacarmant comme un sabbat.\n   A chaque étape on emplit de bière et de sucre un énorme arrosoir, et\naprès en avoir détaché la gerbe, on le fait circuler à la ronde, de couple en\ncouple. La fille, aidée par son galant, trempe la première les lèvres au\nbreuvage, puis, d'un geste retrouvé des temps druidiques, elle se cambre,\nson bras nu, presque aussi robuste que celui des mâles de la bande, saisit\nl'anse de l'original vaisseau, le brandit, le soulève au dessus de sa tête, puis\nl'incline vers son cavalier. Un genou en terre, le soiffard embouche le tuyau\ndu réservoir et pompe sans relâche avec des mines béates de chrétien qui\nreçoit son Dieu.\n   Les coteries se sont fait accompagner d'un ménétrier ou d'un joueur\nd'orgue; mais, indifférents à la mélodie et au rythme raclés ou moulus, c'est\ntoujours la même sabotière que dansent les drilles, c'est le même chœur que\nbraillent leurs voix psalmodiantes :\n                   Nous irons au pays des roses\n                   Au pays des roses d'un jour !\n                Nous faucherons comme foin les fleurs trop belles\n                   Et en tresserons des meules si hautes et si odorantes\n                        Qu'elles éborgneront la lune\n                   Et feront éternuer le soleil !\n"}, {"page_pdf": 23, "texte": "                                   — 8 —\n\n    Les serfs sont les seigneurs et les pauvres sont les riches ! Le salaire\nde toute une année sonne contre leurs genoux dans les poches profondes\ncomme les semoirs.\n    Jour de frairie, jour de kermesse révolutionnant les prêtres résignés de la\nterre ! Chaudes matinées qui font éclore les idylles; soirs orageux instiga­\nteurs de carnages !\n    Ce n'est pas sans raison que les gendarmes surveillent à distance les cara­\nvanes de « pays de roses ».\n    Ils sont pâles et tortillent nerveusement leur moustache, les gendarmes,\ncar, vers le tard, à l'heure des réactions sournoises, les farouches et les\njaloux leur en font voir de rouges. Ces bons drilles qui trinquent avec\neffusion sont prêts pour un rien à se jeter les pintes à la tête et à se déchi­\nqueter comme des coqs. A force d'accoler son voisin cet expansif compère\na fini par le presser si étroitement contre sa poitrine qu'il l'a terrassé et un\npeu meurtri.\n    Tous ces festoyeurs ne s'ébaudissent pas mais tous s'étourdissent. Ils\nnoient leur souci dans la bière et l'étouffent dans le tapage. Ils boivent, les\nuns pour oublier, peut-être pour calmer le regret du toit et des visages\nfamiliers qu'ils délaissent; les autres, au contraire, pour célébrer leur\naffranchissement du joug ancien et saluer, pleins de confiance, le foyer\nnouveau.\n    La plupart fraternisent d'emblée avec leurs camarades de demain et se\ndéclarent sur-le-champ aux pataudes embauchées avec eux.\n    Et ces excellentes pâtes, ces irresponsables que la pensée fatiguerait,\nsavourent sans se défier et sans se ménager, jusqu'à la licence, à corps\nperdu, le charme puissant de cette journée de trêve où ils sont libres de\nleurs paroles, de leurs mouvements et de leur chair. Ils ont des frénésies de\nchien qu'on détache, ce vertige que doivent éprouver, à leur premier essor\nvers l'espace, les oiseaux nés dans une cage; et l'infini de leur bonheur rend\ncelui-ci presque aussi poignant qu'une extrême souffrance. On ne sait par\nmoments s'ils pleurent ou s'ils rient aux larmes, s'ils se trémoussent d'aise\nou s'ils se cabrent dans les convulsions.\n    Comme le voyage est long et la journée pleine, vers le midi, on arrête\ndevant la principale herberge de la bourgade, et l'on dételle. Les blousiers\n s'abattent sur les bancs de la grande salle, devant les platées fumantes.\n Mais malgré leurs fringales et l'ivresse de leur émancipation qui se traduit\nle jour durant par des défis d'une crudité féroce envoyés à Dieu, à ses Saints\net à sa Vierge, ils n'omettront pas, entre deux signes de croix, de rapprocher\nquelques secondes leurs larges mains calleuses,\n"}, {"page_pdf": 24, "texte": "                                    — 9 —\n\n   Après la ventrée lorsque repus et trop paresseux pour retirer de sitôt\nleurs gros poteaux de dessous la table, les gars allument leurs pipes et\nruminent silencieusement, souvent sur l'invitation d'une commère, l'un ou\nl'autre ancien berce la torpeur des digestions par quelques souvenirs des\nféries d'autrefois.\n\n                                       II\n   C'est la fête des SS. Pierre et Paul.\n   Deux carrioles fleuries se croisent à l'aube sur la grand'route. Les con­\n ducteurs se hèlent :\n   — Bonjour, l'ami ! Bonne Saint-Pierre ! Est-il permis de savoir à quelle\n paroisse tu te rends ?\n   — Je suis de Rostal et vais me charger d'une servante à Plink.\n   — Et moi je viens de Plink et roule vers Rostal pour en ramener une\ngénisse du même poil.\n   — Trinquons, veux-tu, à la bonne qualité de la viande ? Et tout à l'heure\nlorsque nous nous rencontrerons, riches, chacun, d'une paroissienne dodue,\nnous leur paierons un arrosoir de bière au sucre et une couple de quadrilles.\n   — Oui. Et taisons jusque-là le nom et le foyer des deux commères.\n   Ils ont mis pied à terre, le temps de s'humecter le gosier, puis repartent\nen se disant de nouveau : « Bonne chance ! »\n   Dans l'après-midi les deux carrioles s'abordent à peu près au même\nendroit. Les conducteurs joviaux se sont reconnus.\n   Et voyez le hasard : Frans, chef d'attelage de maître Kobus de la ferme\nla « Chapelle Brûlée », à Plink, est allé prendre Stanne, fille d'étable chez\nbaes Van Brée, à Rostal, en même temps que Dwyn, le batteur en grange\nde ce dernier prenait livraison de la petite Willie, manouvrière de baes\nKobus.\n   Stanne, déjà apprivoisée par Frans, salue gaîment le digne Dwyn, et\nWillie faite à son camarade des jours futurs, envoie de son côté un sonore\nbonjour à son compagnon d'antan;\n   Ces gars ne sont pas des songe-creux. Ils n'ont rien compris à la fin\nmélancolique de Luik de Bouwel qui languit et se dessécha comme un\nhareng fumé du jour où, pris dans les filets de la conscription on le trans­\nporta de ses bruyères natales dans la grande, grande ville. Pour eux un\nclocher vaut l'autre, toutes les fermes sont semblables, la caserne les a pincés\nou les pincera sans qu'ils se rongent l'âme et poussent jusqu'à leur dernier\nsoupir; ils dorment, peinent, mâchent bien partout et n'ont jamais aimé\n"}, {"page_pdf": 25, "texte": "                                  —   10 —\n\n\nqu'à la façon des oiseaux sans y mettre de leur cœur ou seulement de leur\npensée.\n   De même les deux servantes ne distinguent pas entre les galants, pourvu\nqu'ils soient membrus, solides et de bon caractère. Elles changent aussi faci­\nlement de coucheurs que de peautres.\n   N'est-ce pas leur destinée à eux, pauvres domestiques, de s'accoupler\ncomme les halbrans au hasard des migrations ?\n   Les voilà engagés, à quatre, dans un quadrille furieux. Les chasses-\ncroisés de cette danse symbolisent leur vie au jour le jour : les deux rus­\ntaudes passent indifféremment des bras de Frans dans ceux de Dwyn et les\ndeux boulots se les cèdent quitte à les reprendre avec la même complai­\nsance et la même sérénité, avec la même provision de gaillardises, d'œil-\nlades, de baisers et d'étreintes, la même ample mesure d'amour.\n   Après chaque figure ils choquent fraternellement les verres, se rajustent,\net s'essuient le front du revers de la manche comme lorsqu'ils labeurent au\nchamp. Pas de jalousie, pas de regret. Ils jouissent de ce temps de répit et\nse débrident sans vergogne, mais aussi sans malice et sans arrière-pensée.\nDes instincts merveilleux, pas l'ombre de sentiment; superbes brutes, outils\nsolides, vrais enfants de la Nature à la fois dévergondée et indifférente.\nDemain il leur faudra de nouveau battre en grange, tirer les vaches, motter\nles brebis, clapoter dans la noue. Aujourd'hui ils ont le temps de chif­\nfonner les filles et ils y vont avec la même vigueur et le même entrain qu'à\nla tâche journalière.\n   Allons, encore un quadrille, le dernier, puis en route, chaque couple de\nson côté, pour les bordes de Plink et de Rostal !\n   Ils se séparent, rieurs, comme ils se sont rencontrés. Après avoir mordu\nles lèvres et pincé la croupe à son ancienne voisine de soupente, après une\nallusion polissonne et reconnaissante au plaisir pris ensemble, chaque\ngarçon guinde sur sa charrette sa nouvelle commère. Ils démèlent les\nbrides et se souhaitent un bon retour, non sans mettre dans cet adieu une\nintention gaillarde : « Ne perds pas ton temps, camarade ! »\n   Et fouette cocher ! Hue les roussins ! Les deux carrioles se séparent au\ngrand trot.\n   Mais, au sortir du village, les garnements ralentissent l'allure des bêtes.\n   La nuit tombe. L'air si tiède chatouille et picote les dermes échauffés.\nTravaillé depuis des heures, le désir s'exaspère. Les valets entendent bruire\nderrière eux, et sentent courir sur leur nuque comme une énervante brise\nd'équinoxe. C'est la respiration chaude de leurs danseuses dépoitraillées.\nElles soupirent, ils halètent.\n"}, {"page_pdf": 26, "texte": "                                 — 11—\n\n\n   — Il fait trop bon pour se hâter, n'est-ce pas ? dit chacun des galants en\nse tournant vers sa compagne.\n   O combien elles sont de cet avis !\n   Alors ils plantent le fouet dans la douille et abandonnent la longe.\n   Ils causent, balbutient, cherchent leurs mots et leur salive, et se com­\nprennent encore mieux lorsqu'ils se taisent !\n   Le cheval va de plus en plus lentement, digérant à l'aise un double\npicotin.\n   Sous la bâche fleurie les jeunes rustres se rapprochent; les mains se\ncherchent, puis les bouches...\n   Et c'est à présent sur la grand'route entre Dwyn et Willie, Stanne et\nFrans, la même scène que jouaient il y a un an, à pareille heure, dans la\nnuit comme parfumée par ses floraisons d'étoiles, Dwyn et Stanne, Frans\net Willie !\n\n                                    III\n\n   C'est la fête des SS. Pierre et Paul.\n   Deux carrioles bâchées de blanc et tapissées de roses se croisent sur la\ngrand'route, entre Oostmalle et Rykevorsel, à la porte d'un cabaret.\n   Les deux conducteurs, muets et renfrognés, descendent pour boire un\ndemi-litre. Mais ils avalent sans soif et même sans gourmandise, car ils.\nn'ont pas le cœur à la fête. S'ils ont pavoisé et fleuri leur véhicule, c'est\nparce que le veut l'usage et qu'ils en ont reçu l'ordre de leurs baes.\n   — Parbleu ! leur dit le cabaretier, à chacun en particulier, en les ser­\nvant, vous ne me semblez pas gai, mon garçon !\n   — Och ! dit Maris de Wortel, je vais à Halle chercher une autre servante\npour notre baezine et à cette heure un étranger emmènera Lise, mon amie,\nsous un toit inconnu !\n   — Las ! geint Ariaan de Halle, je me rends à Wortel pour en rapporter\nla remplaçante de notre pauvre Trine qu'un faraud de là-bas doit venir\nenlever aujourd'hui.\n   Les deux pitoyables blousiers ne se parlent pas. Ils remontent sur leur\nsiège en se dévisageant, et froncent les sourcils à l'idée commune que celui\nqu'ils viennent de rencontrer pourrait être le ravisseur de leur amie.\n   Dans l'après-midi les deux charrettes se recroisent à Rykevorsel; chacune\ncontient deux personnes à présent, mais elles n'en sont pas moins mornes\npour cela. Au fond de chaque carriole se blottit une femme boudeuse et\ndolente. Et les deux conducteurs, non moins moroses, ne s'occupent pas\n"}, {"page_pdf": 27, "texte": "                                  —   12 —\n\n\nplus de ces femelles que des poules et des canards qu'ils charrient, au mar­\nché, le vendredi.\n   Cependant, comme les véhicules vont s'accoster, les rêveurs tressaillent\nen se retrouvant, et leur second mouvement est de se pencher anxieux\npour scruter l'ombre et dévisager réciproquement la villageoise que voiture\nle paroissien suspect rencontré le matin. Et voilà que chacun des défiants\ngarçons a reconnu la silhouette aimée :\n   — Lise !\n   — Trine !\n   Se sont-ils écriés à la fois.\n   Et les deux servantes de sursauter et de s'exclamer en même temps :\n   — Maris !\n   — Ariaan !\n   Les quatre dégringolent à présent de l'échelette. Lise a volé dans les bras\nde Maris et Trine dans ceux d'Ariaan. Eux, le geste fier et protecteur, les\nnarines frémissantes; elles, rouges et satinées comme des pivoines à l'aube,\nsurtout que des larmes tremblent à leurs joues ainsi que des gouttes de\nrosée.\n   Rassurés du coup sur la constance de leurs dirnes, les gars ne se toisent\nplus avec la hargne de ce matin; ces farouches se sont apprivoisés et, un peu\nconfus, après s'être observés, ils s'avancent l'un vers l'autre, se sourient et\nse tapent rondement dans la main. Puis, afin de sceller cette amitié par des\nlibations, ils entrent de compagnie dans l'estaminet du cantonnier. Là, ils\nse confient, en les raillant, leurs défiances et leur antipathie premières.\n   De leur côté les femmes, édifiées sur la fidélité de leurs hommes, se sont\nrapprochées et babillent comme d'anciennes connaissances.\n   Ils se mêlent aux déduits d'un « pays de roses » qui met en trépidation\nles mûrs de l'herberge. Ils ne sont plus désespérés, mais leur gaîté est\nmoins forcénée, moins démonstrative que celle des lurons et des luronnes\nqui fringuent et se déhanchent autour d'eux comme poulains et pouliches\nen prairie. Ils dansent avec une mélancolie douce et attendrie, le cœur gros,\nla gorge serrée, un sourire mouillé dans les yeux et aux lèvres, et parlent\nen soupirant, et s'essoufflent vite.\n   Quand apparaît, entre deux quadrilles, le traditionnel arrosoir, salué par\nles hourrahs et les trépignements de toute la coterie, Ariaan et Maris\nmettent galamment la main au gousset et paient leur écot. Lise et Trine\nboivent à petites gorgées, et s'interrompent pour sourire à leurs danseurs,\npuis elles les aident à s'abreuver, et ne s'impatientent pas du temps qu'ils\nmettent à cette opération : on dirait de deux mères qui donnent à téter à\nleurs nourrissons.\n"}, {"page_pdf": 28, "texte": "                                   — 13 —\n\n   Avant de se rendre chez leurs nouveaux fermiers en compagnie de leurs\nnouveaux camarades, les deux filles ont tenu à cheminer au dehors, en\ntête à tête avec le promis.\n   La promenade à petits pas, les haltes fréquentes sous les arbres, derrière\ndes mamelons de sable, par les sentes bordées de genévriers et de jeunes\nrouvres, se prolonge bien après le lever de la lune. Le bruit du bal lointain\nles accompagne, mais va s'assourdissant et leur devient une musique com­\npatissante qu'ils n'oublieront plus jamais.\n   Combien de fois se jurent-ils de toujours s'appartenir ? Ils se rencontre­\nront tous les ans aux kermesses de leurs deux paroisses; au moins...\n   Après une station plus longue et plus décisive que les autres, ils\nregagnent lentement, — oh si lentement ! — l'auberge où les « pays de\nroses » continuent de baller, de chanter et de s'arroser la luette. Mais ils\nne rentrent plus dans la salle; ils veulent se séparer sous l'impression du\n tendre entretien qu'ils eurent là-bas, à l'orée du bois.\n   Un dernier baiser d'adieu qu'ils prolongent aussi longtemps que dure le\nrefrain de la ballade :\n                       Nous irons au pays des roses !...\n\n   Les deux gars se donnent une énergique poignée de main dans laquelle\nils se promettent franchise et loyauté.\n    Et les kermesses retrouvent Maris et Lise, Ariaan et Trine aussi étroite­\nment unis, aussi fidèles.\n   Avant que le jour des SS. Pierre et Paul soit revenu quatre fois, nos\ndeux paires d'amants se sont mariés et établis. Chaque ménage a sa ferme\net son lopin de terre, l'un à Wortel, l'autre à Halle. Baes à leur tour; ils\nprospèrent si bien que toute une brigade de serviteurs mangent et gîtent\nsous leur chaume.\n   Au jour traditionnel ils goûtent un certain charme à se rappeler les\nangoisses et les crève-cœur de la séparation d'autrefois. Et souvent à la\nveillée, en filant son rouet, la jeune baezine fredonne la ballade aux sons\n de laquelle ils se faisaient de si pantelants adieux !\n    A lencontre de ce qui arrive pour le commun des parvenus, le souvenir\n des épreuves lointaines a rendu ces deux couples très humains pour leurs\n aides, surtout très sympathiques aux saines amours des plus jeunes de leur\n monde.\n    Si bien que dans la contrée on dit proverbialement : « Bienheureux les\n humbles que les pays de roses déposent à la porte de ces dignes baes : ils\n descendent du char pour ne plus jamais y remonter ! »\n"}, {"page_pdf": 29, "texte": "                                  — 14 —\n\n\n\n\n                                      IV\n    C'est la fête des SS. Pierre et Paul.\n    Deux carrioles, dont la bâche blanche disparaît sous des arceaux de\nfeuillage et des guirlandes de roses, roulent à la rencontre l'une de l'autre,\nsur la grand'route.\n    L'une, qui vient de Sassenhout, va grand train, arrache des étincelles\naux pavés de la chaussée et menace même d'accrocher l'autre, aussi lente\nqu'un fardier, qui vient de Vorsselaer. Tandis que le conducteur de la pre­\nmière siffle et fait claquer sans cesse son fouet, celui de la seconde, absorbé\ndans sa rêverie, n'a eu juste que le temps de se garer, au cri d'avertissement\ndu casse-cou.\n    Le gars de Vorsselaer se réveille de mauvaise humeur et invective celui\nde Sassenhout.\n    — Mille excuses ! » fait le vivant gaillard lorsqu'il est enfin parvenu à\n maîtriser son cheval presque emballé, « quoique c'était à vous de me céder\nle pavé... Sans rancune, pourtant... On ne se querelle pas aujourd'hui...\n Faisons la paix en trinquant... Et où allions-nous avec si peu d'empresse­\n ment?\n    — Cela ne te regarde pas... Quand tu sauras que je me rends à mon\n malheur en seras-tu plus avancé ?\n    — Peste, le lugubre pèlerin. C'est qu'il y tient à sa bile. Il se croit au\n jour des Morts plutôt qu'à la Saint-Pierre... Dis donc, l'ami, ce sont des\n immortelles et des branches de cyprès que tu aurais dû attacher à ta guim­\n barde. Que n'as-tu enduit en même temps de poix ta bâche trop blanche\n pour ton humeur ?... Allons, viens... Trève de taquineries... Trinquons, te\n dis-je... Moi je cours au hasard, c'est-à-dire à la nouveauté, à la surprise...\n  Mais au fait, ne viendrais-tu pas de Vorsselaer ? Tu pourrais me renseigner\n alors sur la petite Isa de pachter Goris et me dire si c'est un présent\n acceptable que me font les grands saints Pierre et Paul ?\n     Le gars atrabilaire s'est dressé vivement sur son siège et a pris une atti­\n tude de défi :\n     — Comment, tu serais toi ce Wim de Sassenhout, qui viens nous enlever\n  notre Isa ?\n     — Lui-même. Et voilà du dépit qui te nomme en même temps qu'il me\n  vante la paroissienne en question. Ah, ah ! c'est toi ce bon Roel de Vorsse­\n  laer qui vas me remplacer auprès de notre Lotje, et qui devras t'en con­\n  tenter...\n"}, {"page_pdf": 30, "texte": "                                  —   15   —\n\n\n    — M'en contenter ! Comment dis-tu cela ?\n    — Comme tu viens de l'entendre ?...\n    — Eh bien ! je prends à témoins les deux grands saints du jour que tu\n ne toucheras pas à notre Isa...\n   — Oho ! On est jaloux alors...\n   — On aime; donc on est prêt pour la haine...\n   — Compris...\n   — Arrive...\n   Et les deux valets dégringolent du marche pied. Mais se ravisant :\n   — Roel, camarade, dit Wim, ne brusquons rien. Comme nous devons\nnous rencontrer cette après-midi, allons d'abord dénicher nos poules, et si\nta jalousie tient encore, nous aurons tout le temps de nous trouer la peau\navant le soir. Nous ne nous comporterons que mieux devant elles.\n   Roel a eu un instant l'envie de rebrousser chemin et d'empêcher que sa\nmaîtresse accompagne cet esbrouffeur, mais il dévore sa rage, consent à la\ntrève proposée et pousse même la courtoisie jusqu'à trinquer avec son rival.\nAu départ ils se saluent cérémonieusement de la main.\n   Trois heures après, les attelages se recroisent. Chevaux et conducteurs\nont la même allure qu'à l'aube. On est même plus gai et plus turbulent dans\nla voiture de Wim et dans celle de Roel plus morne, plus lugubre si\npossible.\n   Le garçon de Vorsselaer a reconnu de loin le rire perlé d'Isa, et il se\nprend décidément à haïr l'enjôleur qui est parvenu déjà à la consoler du\ndépart de son amoureux.\n   De même, Lotje voiturée par Roel, a distingué la voix conquérante de\nce Wim qu'elle aime de toute son exigeante nature et qu'elle n'a pas fini\nd'aimer. Malgré une année entière vécue côte à côte, ses jupes toujours\ncollées à ses bragues, elle n'a pas encore son saoûl du copieux gaillard et\nmaintenant qu'il lui échappe, elle le désire, elle le reveut éperdûment.\nDepuis Sassenhout elle n'a pas plus accordé d'attention à son nouveau\ncompagnon que celui-ci ne lui a témoigné d'intérêt. Et cependant sous le\nrapport des avantages, Roel n'a rien à envier à Wim ou Lotje à Isa.\n   En revanche, dès son arrivée à Vorsselaer, le galant Wim n'a cessé de\ns'occuper de la grosse Isa. Il lui a raconté, le malin, la mauvaise humeur\nde Roel, et sa verve et ses charges ont paru beaucoup amuser la pécore.\n   — Ah ! ah ! ah ! fait le déluré compère de Sassenhout, lorsqu'il arrive à\nportée de voix de son quidam du matin... Et comment vont les amours ?\nUne gentille capture que Lotje, pas vrai ? Potelée et ronde à souhait. De\n"}, {"page_pdf": 31, "texte": "                                   —   16 —\n\n\nquoi occuper les mains; dis ? Ah ! ah ! ah ! Descendons. J'ai des fourmis\ndans les jambes et le gosier sec comme plusieurs lieues de bruyères...\n   Roel et Lotje, suivent machinalement dans l'auberge Isa et Wim. Roel\nse rappelle les paroles de son ennemi : « Nous aurons tout le temps de nous\ntrouer la peau avant ce soir ». Certain de soulager tout à l'heure sa rage,\nil se contient à présent. Il consent même avec la pauvre Lotje à leur faire\nvis-à-vis dans le quadrille. Il observe, stoïque en apparence, le manège des\ndeux inconstants.\n   Isa témoigne une insultante indifférence à Roel, et lorsque les figures de\nla danse veulent qu'elle tourne avec lui, la mauvaise se rebiffe et se roidit\ndans ses bras, tandis qu'elle s'abandonne et se pâme, la tête renversée,\ncontre la poitrine du gars de Sassenhout. Dans ces moments où elle se\ndérobe et fait la mijaurée avec lui qu'elle adorait il y a deux jours, le\npauvre Roel a des envies de l'étrangler sur le coup et, à la ritournelle sui­\nvante, de ne plus rendre qu'un cadavre à son danseur préféré.\n   Wim a trouvé, pour torturer ses anciennes amours, un moyen peut-être\nplus cruel encore que celui employé par Isa. Lorsque c'est son tour de faire\nsauter Lotje, le mauvais sujet affecte de l'aimer toujours, il enchérit de\ngalanteries, prend des poses de soupirant, l'accable de déclarations ironi­\nques, risque de temps en temps une caresse timide, un baiser furtif; il\nparodie, le vilain, le prélude de la comédie amoureuse qu'il joua à la Saint-\nPierre passée avec la pauvresse. Et ces pantalonnades sont d'autant plus\ncruellement ressenties par la malheureuse Lô qu'elle y retrouve en même\ntemps la satire du sentiment sincère et ardent du perfide pour sa nouvelle\naimée. Elle est prête à pleurer d'humiliation et de rage, la benoite délaissée,\nsous ces baisers grimaçants et ces étreintes extravagantes. Elle comprend qu'il\ns'est détaché d'elle pour toujours, qu'il s'est repris pour se donner complè­\ntement à l'autre. Tout ce qu'elle souhaite, c'est que l'an prochain cette\nvoleuse soit moquée et abandonnée à son tour pour la grande joie d'une\ntroisième amante...\n   Elle ne peut s'empêcher de se reporter, attendrie, même en ce moment,\nà cette époque bénie de moisson, où le crâne faucheur s'approchait d'elle,\nla gerbeuse, et la retenait longtemps sous prétexte de retirer de ses pauvres\ndoigts les barbes pointues qui s'y étaient logées. C'était là trop d'attentions.\nElle en convenait alors. Mais c'était bien trop de mépris, à présent !...\n   Cette situation crispante ne peut se prolonger. Tous n'ont pas ta\nrésignation et ta timidité, petite Lô, et ne s'en remettent pas à la Provi­\ndence du soin de les venger dans l'avenir !\n   Roel est las de souffrir. Voilà un quart d'heure qu'il grince les dents,\nqu'il renâcle et qu'il tourmente son couteau au fond de sa poche.\n"}, {"page_pdf": 32, "texte": "   Wim, encouragé par la coquette, s'enhardit au point de lui plaquer un\nsonore baiser sur la bouche.\n   Attention, petite Lô, on va vous venger, tous les deux ! Roel lâche brus­\nquement sa compagne et n'a fait qu'un bond vers le provocateur.\n   — Halte-là ! Camarade ! Nos conventions du matin tiennent toujours,\nhein ? A nous deux, alors.\n   En un instant, le bal est sens dessus dessous. L'orgue s'arrête court, au\nmilieu d'une ritournelle, avec un couac prolongé. Les hommes écartent\nles femmes et font cercle autour des batailleurs pour leur ménager une lice.\nLe baes du cabaret a voulu protester. C'est tout au plus si les « pays de\nroses » lui ont permis de répandre du sable, afin de nettoyer plus facile­\nment le carrelage après la tuerie.\n   — Franc jeu ! Franc jeu ! Laissez faire ! crient-ils, alléchés.\n   La soirée est orageuse et incite au carnage.\n   Wim a de suite fait passer Isa derrière lui. Parbleu ! S'il comprend de\nquoi il s'agit ! Beau buveur, bel amoureux, il est non moins beau batail­\nleur. En un rien de temps, il a le couteau au poing et se trouve comme\nRoel en posture de combat.\n   D'abord ils balafrent d'une croix la chaux de la muraille. Kriss ! kriss !\nEt les voilà partis ! La joute sera chaude. On trouverait difficilement com­\npagnons plus dignes de se mesurer, mieux bâtis, plus nerveux et plus\nrobustes.\n   Le partie est chaude en effet. Plusieurs coups ont déjà été portés. Les\nsarraux enroulés en guise de bourrelet autour du bras gauche, s'ensan­\nglantent, mais cela ne compte pas encore. Ce sang, les batailleurs ne le\nvoient pas. C'est tout au plus s'ils en hument l'odeur affolante. Il faut que\nl'un des deux reste sur le carreau... Les voilà qui s'agrippent, s'acharnent,\nne se lachent plus, roulent ensemble par terre. Qui se relèvera ? Halte ! Ne\nfrappe plus, Wim ! L'autre a son compte.\n   Tous se précipitent à présent pour désarmer le vainqueur et secourir le\nblessé. Trop tard. Il n'y a déjà plus de blessé. C'est un mort qu'ils\nramassent, la gorge ouverte. Il n'y a pas à dire, le coup a été loyalement\nporté !\n   Isa repentante de sa coquetterie, se jette en sanglotant au cou de Lô.\n Mais celle-ci la repousse durement du côté du mort et vole vers son Wim,\n son Wim ingrat et criminel, et s'accroche à lui, et lui a tout pardonné.\n   N'est-il pas son premier homme, son seul amour, son baes ?\n   — Ah Wim ! cher Wim ! mon Wim !...\n\n                                                                      2\n"}, {"page_pdf": 33, "texte": "                                  — 18 —\n\n   Ce pendant que, là-bas, un « pays de roses » attardé, cahote sur la route,\net roule plein de clameurs vers le cabaret du crime :\n             Nous faucherons comme du foin les fleurs trop belles,\n                Et en tresserons des meules si hautes et si odorantes\n                   Qu'elles éborgneront la lune\n                Et feront éternuer le soleil !\n\n  Novembre 1886.\n                                                   GEORGES      EEKHOUD\n\n\n\n\n                             SONNETS\n                                       1\n\n                                NOCTURNE\n\n                                                 A MON CHER J O S É DE   COPPIN.\n\n\n    La nuit plane, roulant les mondes dans ses voiles.\n    L'astre aux noirs rameaux d'ombre ouvre son fruit               vermeil.\n    Le ciel est tout de feu, comme si le soleil,\n    Y volant en éclats, l'éclaboussait d'étoiles.\n\n    Là-bas fleurit la lune en corbeille de flammes.\n    — Comme la poudre d'or qui danse en un rayon,\n    La poussière des morts, en muet tourbillon,\n    Monte en la nuit vivante et m'enveloppe d'âmes.\n\n    Homme ! tandis qu'alors tes vains bruits ont cessé,\n    Et que l'heure t'emporte, en ton sommeil lassé,\n    Du gouffre d'où tu sors au gouffre où tu retombes,\n\n     Devant cet Infini qui vit et resplendit,\n     Le poète pieux écoute ce que dit\n     Le silence du ciel au silence des tombes.\n"}, {"page_pdf": 34, "texte": "                          — 19 —\n\n\n\n                             II\n\n                      LE REMORDS\n                                                 A EDDY LEVIS.\n\n Caïn fuyait : — des voix emplissaient le ciel pâle,\n Epouvantant son cœur inquiet et subtil;\n Il sentait dans le vent, qui l'assiégeait d'un râle,\n D'inexorables mains le poussant vers l'exil.\n\n Il fuyait, — et vers lui des sanglots, des huées\n Montaient dans la clameur des forêts et des mers;\n Il fuyait, — écoutant les meutes des nuées\n Gronder déjà là-bas sous le fouet des éclairs.\n\n Il fuyait, — et soudain il se cacha la face,\n Quand le soleil, de meurtre empourprant tout l'espace,\n Roula, tête sanglante, au fond du gouffre noir;\n\n Et le ciel écarlate, éclaboussé du crime,\n Semblait teindre Caïn du sang de sa victime,\n — Et le Maudit fuyait, tout rouge dans le soir.\n\n\n                             III\n\n                        CANTILÈNE\n\nO mon cœur, faible cœur, ô cœur né de la femme,\nTu t'éclaires parfois d'un jour surnaturel,\nTout rayonnant d'amour, fait de soleil et d'âme :\nCest comme une aube d'or qui rêve au bord du ciel.\n\nEt tu vibres alors d'une intime musique,\nQui te berce d'ivresse ainsi qu'un vin subtil;\nTu sens en toi fleurir une rose mystique,\nQui t'embaume soudain et t'apporte l'avril.\n\nCette pure lumière en ta nuit infinie,\nC'est le reflet en toi de la blanche beauté,\nSon souffle est ton parfum, sa voix ton harmonie;\n"}, {"page_pdf": 35, "texte": "                                    — 20 —\n\n\n      Pour que tu sois ainsi chant, arome et clarté,\n      Il suffit, ô mon cœur, cœur qui te crois rebelle,\n      D'une vierge qui passe, — et tu te remplis d'elle !\n                                               E M I L E VAN A R E N B E R G H .\n\n\n\n\n                      JULES DESTRÉE\n           ET SES « L E T T R E S A J E A N N E »\n\n\n                       Lettre au cousin de l'auteur\n                Mon cher ami,\n\n              Oui, c'est à toi, et non à un autre, que j'adresse cette lettre.\n                Puisque c'est toi qui es le cousin, continue ! Or, le cousin,\n                dans le sens noble du mot, c'est l'être à la fois bienveillant et\n                juste, parent de Platon mais ami de la vérité. Et plus j'y\n songe, plus il me paraît évident que c'est ta vocation d'être le cousin.\n Grand jouisseur d'art, à qui des admirations excessives pour de rapides\n génies ont enseigné la mesure et le tact, tu passes tes jours dans les Ile\n Fortunées du dilettantisme. De tes balcons et de tes vérandahs, tu savoures\nce bonheur insolent et rare : ne pas écrire. Et tu contemples de loin, en\nt'inspirant des vers égoïstes de Lucrèce, pareilles à des voiles que tour­\nmente une mer orageuse, un millier de plumes d'oie, ivres d'elles-mêmes,\ndanser la danse de Saint-Guy sur un millier de feuilles de papier qui n'y\npeuvent mais. Tu les connais toutes : celles qui crachent, celles qui crient,\nles grosses et les fines, les fières et les douces, celles qui sont cruelles comme\ndes épées, et celles qui sont caressantes comme des ailes de grèbe, et aussi\ncelles qui, accablées d'une nostalgie bizarre, font inévitablement penser à\nl'oiseau qui les a portées. Tu les connais, et tu n'y touches pas. Tu es le\ndésintéressé par excellence. Et c'est pourquoi il m'a plu de t'envoyer cette\népître, et de rechercher avec toi ce que l'on peut dire des Lettres à Jeanne.\nLa vraie, la seule critique, c'est une œuvre d'art vue à travers le tempéra­\nment du cousin de l'auteur.\n  Le chapitre IV de l'Irréparable, une des Lettres à Jeanne qui ne sont\npas adressées à Jeanne, débute ainsi :\n"}, {"page_pdf": 36, "texte": "                                  —   21   —\n\n\n   « Cette idée : l'Irréparable, Georges la retrouvait jusque dans les choses\nles plus futiles. Ainsi souvent, en mettant une lettre à la poste, il éprouvait\nun petit frisson en la lâchant, et l'écoutait tomber dans la boîte, avec un\nbruit étouffé. Il songeait aux difficultés sans nombre qu'il aurait à vaincre\npour réparer cette action si simple et si rapide, à toutes les volontés adverses\navec lesquelles il faudrait discuter pour remettre en son pouvoir ce carré de\npapier qu'il tenait en main, une minute avant... D'autres fois, en se pro­\nmenant en désœuvré dans les rues, et surtout quand quelque tracas d'argent\nle préoccupait, il avait eu des désirs exaspérés d'entrer dans un magasin,\nd'y choisir ce qu'il pourrait trouver de plus beau et de plus cher, d'y jeter\nson dernier pécule, sans retour; et son imagination lui montrait tous les\nfuturs déboires, les tristesses probables, les démarches vaines, et il jouissait\ndélicieusement, et malgré lui, de cette incertitude fièvreuse au bord du\nmalheur... »\n   Nous conclurons de ce passage, mon cher ami, que Jules Destrée, le jour\noù, après avoir corrigé les épreuves de son livre, surveillé la mise en pages\net revu les premières feuilles, il a signé le « bon à tirer », a dû éprouver\nau plus haut degré le sentiment de l'irréparable. Publier un livre c'est plus\ngrave que de jeter une lettre à la poste. La borne-poste qui s'appelle le\npublic est une borne méchante et sournoise, et qui ne bouge pas quand on\nveut. Et pour plus d'un livre elle se fait une joie d'être une poste restante.\nL'auteur des Lettres à Jeanne a donc dû trembler, et feuilleter d'une main\nfébrile ce volume... irréparable. Je gage même qu'à certain moment il a\nregretté de l'avoir publié.\n   Eh bien, non ! Il a eu tort. Et ton devoir de cousin, mon cher ami, est\nde te joindre à moi pour le lui dire. L'irréparable était nécessaire. Et tant\nmieux, s'il n'y a rien à réparer ! Jules Destrée a eu raison, superbement\nraison, de jeter ses premières pages par portes et fenêtres. Le patrimoine\nintellectuel des vingt ans a besoin d'être dissipé. Je plains les thésauriseurs\nqui l'économisent. Ils sont les captifs d'un or qui n'est pas à leur effigie, et\nils sont appauvris par leurs stériles richesses.\n   Il faut toujours se hâter de publier un premier livre, le premier livre. Et\n Destrée, s'il a eu un tort, a même trop tardé à le publier. Tu le sais aussi\nbien que moi, mon cher ami, l'écrivain, quel qu'il soit, qu'il le veuille ou\nnon, est condamné, de par une fatallité naturelle, à publier au moins un\npremier livre. Il n'y a pas d'exemple du contraire. On m'objectera Baude­\nlaire, et les Fleurs du mal. Je répondrai en disant : lisez donc La Fan-\nfarlo. Oui, il faut immédiatement, plus tôt même s'il est possible, publier\nson maiden book. Et le motif en est. bien simple : c'est alors seulement\nqu'on peut en publier un second.\n"}, {"page_pdf": 37, "texte": "                                   —   22   —\n\n\n    Il faut écumer le bouillon, disent les ménagères. Cette pensée profonde,\ndigne d'être mise en vers par un Ponsard ou un Augier, à moins que ce ne\nsoit par un Coppée, s'applique admirablement aux écrivains.\n   Je m'explique, pas pour toi, puisque tu es le cousin, c'est-à-dire puisque\ntu comprends, mais pour les autres.\n   Si l'histoire de l'art, à certaines époques, nous présente quelques exem­\nples de l'artiste inconscient, purement instinctif, portant des chefs-d'œuvre\ncomme un pommier des pommes, sans le savoir, et comme par l'accom­\nplissement d'une fonction physique, nous n'en sommes plus là, et depuis\nlongtemps. Outre que je me méfie un peu de l'érudition des gens qui vous\nconfient que Rubens était une espèce de boucher, ces floraisons d'art spon­\ntanées, presqu'animales, ne sont plus possibles aujourd'hui. L'écrivain\nmoderne est, malgré lui, un héritier. Il est le légataire universel des artistes\nqui le précédèrent. Il a sur les épaules, comme une cariatide pensive, le\ntrésor pesant des livres qu'il a lus, des marbres qui luisent dans sa mémoire,\net des toiles qui lui ont fleuri les yeux. Il est même, et ne crions pas au\nparadoxe, l'héritier de livres, de marbres, de tableaux qu'il ne connaît pas.\nIl est traversé par des courants magnétiques qu'il ignore; des paroles qu'il\nn'a pas entendues chantent dans ses oreilles. Ces éléments divers, s'il a\nl'étincelle, doivent se fondre en lui. Et ce travail sourd opéré, il reste un\ntrop plein, une écume obscure, curieuse et attirante pour l'analyste. Cette\nécume, il doit la rejeter, et il ne peut le faire que dans un livre, le premier\nlivre.\n   Quand je vis Jules Destrée, c'était, je m'en souviens, sur les bancs de\nl'Université de Bruxelles. Je conserve le souvenir d'un adolescent sérieux,\ntrop sérieux pour ne pas être très jeune, petit, vigoureux et taciturne. La\ntête était d'une pâleur chaude, enflammée çà et là par des afflux de sang.\nLes yeux, d'un gris vert, vous regardaient lourdement, comme à travers un\nrêve. Le nez droit et charnu, les lèvres nettes et vibrantes, de ces lèvres\npleines de paroles comme en ont les orateurs et les tribuns, et le menton\ndéterminé, d'une cassure puissante, dénonçaient des appétits d'homme\nd'action, et démentaient le songe des prunelles. Une chevelure brune, ora­\ngeuse et révoltée, coiffait cette tête qui m'attira.\n   Étudiant alors, avocat le lendemain, et bientôt, sans doute, homme poli­\ntique, ce fut ainsi que m'apparut l'auteur des Lettres à Jeanne. Il ne par­\nlait guère, connaissait peu d'étudiants, et ne s'anima qu'une ou deux fois.\nTout bouillonnant encore de la lecture d'Emile Zola, qui passionnait les\njeunes cervelles, Jules Destrée avait, devant lui, un fanatique de Victor\nHugo, une espèce de grand diable remuant et plein de verve, qui s'appelait\n"}, {"page_pdf": 38, "texte": "                                   — 23 —\n\n\nLéon Furnémont. A plusieurs reprises, ils se lancèrent leurs grands\nhommes à la tête, et la lutte m'amusa beaucoup. Destrée et moi, nous ne\ncausions guère. Nous ne nous connaissions pas même de nom. Et toutes\nnos relations se bornèrent, je pense, à des demandes d'encre et à des\néchanges de porte-plumes. Echange symbolique qui aurait pu faire dire\nà un fantaisiste, prophète comme tous les fantaisistes, que nos plumes amies\nécriraient des livres et se noirciraient dans le même combat.\n   Quand je le revis, plus tard, Jules Destrée était avocat. Il me le dit, je le\ncrus. Et les comptes-rendus du procès Falleur m'ont démontré récem­\nment que j'avais eu raison de le croire. Mais, en dépit de quelques velléités\npolitiques et de sa pratique du barrreau, Destrée était devenu un passionné\nd'art, un liseur acharné, un fureteur de curiosités, un chasseur de bibelots\net d'objets rares, un bibliophile dangereux, un japonisant redoutable. Il\ns'enivrait de Baudelaire, de Poë, de Quincey, de Villiers de l'Isle-Adam,\nde Mallarmé, de Verlaine. Il était capable d'enlever, comme un hildago sa\ndame, au risque d'être écharpé, une eau-forte de Rops, une lithographie de\nRedon, une aquarelle ou un tableau de Gustave Moreau. Il avait des\nengouements terribles, des hostilités implacables. Génie ou crétin, grand\nhomme ou macaque, telle était l'enseigne du carrefour où il guettait les\nartistes. Toutes ces admirations, toutes ces répugnances se battaient dans\nsa tête éperdûment. Et le cœur aussi battait, à se rompre, comme un tambour,\net Jeanne, car elle a existé, cette Jeanne! recevait chaque jour des lettres\nardentes, folles, jeunes d'une jeunesse, longtemps concentrée, et qui son­\nnaient le carillon des amours fleuries. Souvent Jules Destrée parlait d'une\nfemme sculptée ou peinte, d'une édition rare, d'une musique profonde,\nd'un livre attirant, comme si la statue, le tableau, l'Elzévir, la symphonie\nou le poème eussent été sa Jeanne; et je gage qu'il a dû quelquefois parler\nà sa Jeanne comme à un marbre, à une toile, à un Plantyn, à un drame\nlyrique ou à un sonnet.\n   C'est pendant cette période de fougue et d'expansion qu'il écrivit les\nLettres à Jeanne, un premier livre.\n   L'auteur est jeune ? Tant mieux. Inexpérimenté ? Je l'en félicite. Je le\nplaindrais s'il en était autrement. Les Lettres à Jeanne ont paru banales ?\nElles ont fait sourire ? J'ai pitié de l'écrivain qui ne les a pas écrites, ces\nlettres là, ou d'autres lettres semblables. S'il ne les écrit pas avant, il les\nécrira après, non pas à vingt ans, mais à soixante. Et mieux vaut rester\njeune pendant la jeunesse, que de rajeunir tout à coup, quand on est vieux !\n   Et puis, mon cher ami, il n'y a pas que Jeanne dans ces lettres. Il y a\nl'art, l'Art des arts, dont Jules Destrée est un dévôt et un amoureux. Les\n"}, {"page_pdf": 39, "texte": "                                 — 24 —\n\nCroquis d'Italie, la bizarre nouvelle intitulée Rouge sur Blanc sont remar­\nquables par une belle furie esthétique, que je souhaite à plus d'un écrivain\nmûr ou blet. La première partie du Cauchemar est une page pénétrante,\nde haute allure et qui suffirait, seule, à dénoncer un artiste.\n   Dieu me préserve de finir par un conseil. Mais toi, mon cher ami, tu\npeux le faire, puisque tu es le cousin. Tu connais sans doute la première\nébauche de ce Bon-Dieu-des-Gaulx qui nous est promis. Eh bien ! mets\nl'auteur des Lettres à Jeanne en garde contre la grimace et le recommen­\ncement de lui-même. Dis-lui qu'un écrivain ne doit pas se confiner dans\nun genre, dans une spécialité. Un artiste contemporain doit s'essayer à\ntout. Sinon, il s'immobilise, et l'immobilité c'est la mort. Et n'imite point\nBilboquet disant au jeune Gringalet, possesseur d'un trombone : « Tu ne\nferas qu'une note, toujours la même note, et les gens qui aiment cette\nnote-là seront transportés de joie ! »\n   Et les autres ?\n                                                    ALBERT GlRAUD.\n\n\n\n\n                                VERS\n                                      1\n\n                       SOUS LES PRÉTORIENS\n          Mon rêve, enfermons-nous dans les choses lointaines,\n                 Comme en de tragiques tombeaux\n                Pleins de métaux et de flambeaux\n          Et de faisceaux tendus sous des lances hautaines.\n\n         Les soirs ! voici les soirs de pourpre, évocateurs\n               De carnages et de victoires,\n               Quand se hèlent dans les mémoires\n         Les clairons fabuleux et les buccins menteurs.\n\n         Et regardez ! Dans la mobile obscurité\n               D'une salle immense — personne.\n               Le bronze plangue et l'acier sonne\n         A travers l'ombre rouge avec mordacité\n"}, {"page_pdf": 40, "texte": "                          — 25 —\n\n\n    Contre des murs de nuit voyez de grands soleils\n          Soudains arborer des trophées :\n          Les colonnes sont attifées\n    De cartouches soyeux et de lauriers vermeils.\n\n    L'orgueil des étendards coiffés d'alerions,\n           Vaguement remue et flamboie.\n           Un bas relief se déploie\n    Où le granit se crispe en mufles de lions.\n\n    Un bruit de pas guerriers multiplié s'entend\n          Derrière un grand rideau livide :\n           Un tronc est là, sanglant et vide...\n    Et le silence brusque et volontaire attend.\n\n    Mon rêve, enfermons-nous dans les choses lointaines,\n           Comme en de tragiques tombeaux\n           Pleins de métaux et de flambeaux\n    Et de faisceaux tendus sous des lances hautaines.\n\n\n                             II\n\n                      LES ORIENTS\n\nLes anciens Orients immensément défunts\nEt couchés dans la mort ainsi que des armées,\nMe fixent à travers leurs paupières fermées\nEt m'obèrent du cadavre de leurs parfums.\n\nIls s'entassent : soleils sur des marbres, tiares\nSur des granits, bronzes sur des soubassements\nDe porphyres, escarboucles et diamants\nObscurement larmés sur des manteaux barbares.\n\nEt l'immuable et ténébreux désert construit\n— Après avoir éteint ses derniers incendies —\nConstruit, sur cet amas de ruines grandies,\nComme un immortel sphinx d'ébène et d'or, sa nuit.\n"}, {"page_pdf": 41, "texte": "                          — 26 —\n\nL'ombre est définitive — et néanmoins les têtes\nDes plus grands souvenirs montent comme des feux :\nJadis on a pu voir des vaisseaux fabuleux\nPar dessus les flots noirs brûler dans les tempêtes.\n\nLes anciens Orients immensément défunts\nEt couchés dans la mort ainsi que des armées,\nMe fixent à travers leurs paupières fermées\nEt m'obèrent du cadavre de leurs parfums.\n\nEt je resonge à ces villes théogoniques\nA ces prêtres, à ces tyrans, à ces bourreaux\nSoudains, obliquement éclairés de flambeaux.\nDans le fantôme roide et pur de leurs tuniques.\n\nBabylone, Ninive, Orphyr, Persépolis\nAu dessus d'eux dardaient l'éternité des pierres,\nEt les lions dormaient près d'eux et les prières\nDes cinnames montaient vers eux et les grands lys.\n\nLeurs masques reposés de toute chose humaine\nN'avaient plus que les yeux qui ne fussent pas morts;\nLeurs doigts étaient trop vieux pour compter leurs remords;\nEt leurs cœurs trop usés pour s'imposer la haine.\n\nIls persistaient au fond de colossaux palais,\nLassés de leur mémoire et la sentant s'éteindre :\nEt leur désir était de voir l'oubli les ceindre\nAu point de n'avoir plus le souci des souhaits.\n\nLeur règne escarbouclé de célèbres victoires,\nCassé, gisait. Leurs pieds se reposaient dessus :\nEt rien n'y remuait. Leurs pieds n'éprouvaient plus\nMême quelque chaleur au toucher de leurs gloires.\n\nLeurs fronts illuminés de merveilleux charbons\nEt de joyaux, brillaient comme des fronts   d'ancêtre.\nEt tous s'en sont allés — et quelques-uns peut-être\nUn soir, très doucement, sont morts comme des bons.\n                                        EMILE VERHAEREN,\n"}, {"page_pdf": 42, "texte": "                                 —   11   —\n\n\n\n\n                         LÉON BLOY\n             Un nouveau nom français s'ajoute à la liste de nos fidèles, celui\n              de Léon Bloy, nom peu connu comme le fut si longtemps\n              celui de Barbey d'Aurévilly, mais qui restera quelque jour\n              parmi ceux des initiateurs de notre époque. Récemment, nous\napprenions par les journaux français que le dernier livre de M. Bloy,\nle Désespéré, en voie de publication, avait été, au moment même de\nparaître, arrêté par l'éditeur effrayé soudain de l'audace de l'œuvre.\nM. Bloy, en effet, dévoilait dans le Désespéré les turpitudes de la presse et\ndes lettres parisiennes, et le commerçant craignit que le livre n'attirât sur\nlui les vengeances de ceux qui tiennent la critique. C'est alors que nous\nécrivîmes à Léon Bloy, lui demandant de nous donner son manuscrit. Il\nnous en envoya quelques pages que nous donnerons dans notre prochain\nnuméro, inscrivant aujourd'hui son nom parmi ceux de nos féaux.\n   « Bloy est encore un de ceux qui, venus du Midi, veulent conquérir les\nGaules; il tomba du faîte de son rêve. Ayant publié quelques articles dans\nl'Univers, il ne put s'y maintenir, trop indépendant qu'il était pour qu'on\nsupportât longtemps ses libres allures. Il écrivit ensuite quelques articles\npour le Foyer. Mais ce fut le Chat Noir qui révéla à la presse parisienne ce\ntalent extraordinaire, qu'on ne sait à quoi comparer, et qui s'est enfin\naffirmé d'une façon éclatante dans le Figaro.\n   Entre temps, Léon Bloy publiait un livre, le Révélateur du Globe, où\nse décèlent de solides études d'exégèse, de théologie, de philosophie histo­\nrique. Telle page de ce livre est un chef-d'œuvre de pensée : les idées y foi­\nsonnent, et le mépris accablant des petitesses humaines s'y montre à chaque\nligne. C'est que Bloy, en effet, est un méprisant : le monde fait de préjugés,\nde mensonges, de bassesses, de compromissions lâches, d'opinions surme­\nnées, de convictions affaiblies, de goûts morbides, d'exigences malsaines,\nce monde contemporain où tout semble factice, où le convenu et le\nmédiocre, et le sentimentalisme bête, prédominent, il l'a en horreur. Est-ce\nvous et moi qui lui en ferons un crime ?\n   Aussi de quelle raillerie impitoyable, de quel scepticisme social effréné,\nde quelle virulence d'expression, de quelle noire, profonde et mélancolique\nironie, son dernier livre n'est-il pas empreint ! Le titre même est un défi,\nune moquerie, presque une injure adressée à cette société qui vilipende ses\n"}, {"page_pdf": 43, "texte": "                                   — 28 —\n\nanciennes idoles et se crée de nouveaux faux dieux : Propos d'un entrepre-\nneur de démolitions ! »\n   Au Révélateur du Globe et aux Propos, ajoutons le Pal, un journal\nd'une sanglante satire qui vécut quatre numéros, et nous aurons achevé la\nliste des œuvres de Léon Bloy. Hélas ! elles ne l'ont pas fait vivre, et ce hau­\ntain se débat encore contre la cruelle vie de chaque jour. Tout ce que l'on\npeut souffrir, il l'a souffert pour conserver vierge son renom littéraire. Nous\nsommes heureux de lui tendre la main et de lui donner notre amitié. Puisse\nle Désespéré, qui paraîtra malgré tout, être reçu en Belgique, puisque la\nFrance méconnaît ceux qui la grandissent.\n                                                                     J. B.\n\n\n\n\n     OU S'EN VONT LES CHEMINS\n                                                        A GUSTAVE VANAISE.\n\n            Par le vitrail du haut de son manoir,\n            La belle enfant, la douce châtelaine,\n            Voit, là-bas, sur les routes, dans les plaines,\n            Un peu d'automne pourpre, un peu de soir.\n\n           O ces chemins, et ces routes lointaines !\n           Les bien-aimés s'en sont allés par là...\n           O les chemins ! Tout ce qui s'en alla,\n           Laissant ici les regrets et les peines.\n\n           La douce enfant ! Dans son regard profond,\n           Si lointain de regrets et de pensées,\n           C'est la douceur des pauvres délaissées,\n           Et leur douleur pour ceux-là qui s'en vont...\n\n           O les chemins ! Ils s'en vont de notre âme\n           Et s'enfoncent là-bas dans le passé...\n           Comme on est seul, comme on est délaissé...\n           La souvenance appelle et nous réclame.\n\n           La pauvre enfant ! Dans le soir de ses yeux,\n           Comme une étoile, un pleur vient d'apparaître;\n"}, {"page_pdf": 44, "texte": "                                — 29 —\n\n\n           O ces chemins ! Et c'est dans tout son être,\n           Comme un qui part et comme des adieux.\n\n           O les chemins ! Les routes désolées !\n           On voit toujours quelqu'un du souvenir\n           A l'horizon s'en aller et partir,\n           Partir au loin des heures envolées.\n\n           La pauvre enfant ! Dans ses yeux il fait noir,\n           Le soir tombé, rêve de l'heure morte...\n           Tous les aimés ont dépassé la porte...\n           Et dans son cœur il tombe un peu de soir.\n                                                GRÉGOIRE L E ROY.\n\n\n\n\n                     INSTANTANES\n                           RÉSURRECTION\n\n            La lumière est morte, et, dans son deuil l'homme repose.\n\n              Lugubre comme un fantôme, la lumière brille. Alors surgit\n            en nous le passé, et, sous le ciel resplendissant d'un éclat\nd'outre-tombe, notre âme est constellée de souvenirs et blanche de\nnostalgie.\n                            TOUJOURS\n   Je songe aux anciens magisters immobiles dans le cours d'une géné­\nration, comme les piliers plantés dans l'eau qui passe. Condamnés aux\nmêmes pensées répétées, aux mêmes choses revues, ils doivent m'envier,\nélève d'antan qui ai « monté », et souhaiter d'être déracinés pour marcher\naussi vers l'avenir.\n                              AUTOMNE\n   Le vent a donné un long coup de peigne dans les arbres, et le ciel est\nbardé d'acier. Le soleil s'exile, laissant de son or écumer sur la crête des\nforêts. Un train, là-bas, déchire l'horizon, longuement, et son cri aigu\na sonné pour mon âme l'âge des déserts fanés.\n                                                         F. VURGEY.\n"}, {"page_pdf": 45, "texte": "                                     — 30 —\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                          1\n     L'Abbesse   de Jouarre, 1 vol. in-8\". Paris, Calmann-Lévy. Prix : 4 francs.\n\n\n               Après avoir écrit le Prêtre de Némi, M. Ernest Renan, qui a\n                la production active, nous a donné l'Abbesse de Jouarre. En\n                lisant dans les journaux les comptes-rendus malintentionnés\n                de ce nouveau drame, on put croire qu'il offrirait une sensa­\ntion neuve et vive. Penser ainsi, c'était prêter à M. Renan, et, à la lecture,\nil n'a pas rendu. Les journaux disaient que l'œuvre était pornographique,\net cela paraissait invraisemblable. On peut ne pas tenir, au rang où l'on\ns'est placé, la place qu'il faudrait que l'on tînt, mais il y a des déchéances\nqui sont impossibles.\n    L'Abbesse de Jouarre ne renferme effectivement aucune des basses\nlicences dont l'accusent les gazetiers. Le livre indique une chute purement\nspirituelle, non morale. Elle n'est pas indécente, elle est pire : elle est\nimpuissante. On pouvait se figurer qu'après s'être maintenu toujours dans\nle domaine élevé des idées abstraites, générales et métaphysique, l'acadé­\n micien éprouverait le besoin violent de rentrer un moment dans la vie et de\n confesser généreusement quelques-unes de ces profondes sensations du\n cœur, que tous n'expriment pas, mais que tous ont ressenties. Le thème de\n son drame, c'est l'amour. Le philosophe allait donc se détendre, ôter son\n masque, reprendre une figure humaine et nous montrer une âme vivante; il\n allait nous prouver que ses agitations n'avaient pas uniquement été des\n agitations de cerveau, qu'il avait eu aussi des agitations de cœur, des\n espoirs, des tendresses, des bouleversements, et que, s'il avait tant pensé,\n c'était par lassitude d'avoir beaucoup aimé. La pensée raisonnante ne peut\n s'expliquer, ou du moins se justifier, autrement que par une certaine désil­\n lusion des ressources de la vie naturelle. Et encore, quand arrive cette\n amère désillusion, qu'il faut peu de chose pour sentir de nouveau battre\n vivement ce cœur que la raison a tenté de paralyser ! A Faust, la science et\n les livres n'importent plus, le jour où d'aimants effluves le sollicitent,\n raniment la sève et le rendent à la nature.\n\n\n   Dans l'Abbesse de Jouarre, malheureusement, il n'y a pas une seule\nvibration humaine. M. Renan est désormais une momie, la critique l'a\ndesséché. S'il fallait prendre vulgairement à la lettre l'idée maîtresse de\nson drame, il en résulterait cette confession : « Si j'avais été libre, si je\nn'avais tant sacrifié à la convenance sociale, au désir de paraître saint, si je\nn'avais eu peur, si la surveillance incessante de ma vanité m'avait laissé libre,\n"}, {"page_pdf": 46, "texte": "                                   —   31   —\n\n\nje me serais vautré dans les jouissances animales ». Cela peut ressortir du\nlivre : « Supposez, dit d'Arcy à son amante, le monde, à la veille de finir,\nl'amour seul règnerait sans loi, sans limites ». Mais cet aveu, qui reste\ndélicat sous sa plume et qu'il formule comme une vérité métaphysique\nabsolument générale, est au moins étrange de la part d'un homme qui a si\nsouvent partagé les doctrines sceptiques de Schopenhauer. Schopenhauer\nne nous représente que comme étant les jouets de la Nature. Nous sommes\ndes pantins dont elle tire la ficelle, et chacun de nos actes réalise une de ses\nintentions. Tout ce que nous faisons, nous est de la sorte dicté en vue d'un\nbut qu'elle veut atteindre.\n   C'est très spécieux et vraiment adroit comme logique, mais c'est peut-être\nmoins convaincant que les symboles religieux et assurément plus étroit.\nN'importe, c'est une hypothèse qui « tient ensemble » et qui a si bien\nséduit M. Renan, qu'il s'en est inspiré fréquemment pour ses déductions\nphilosophiques. Seulement, s'il est vrai que la nature a réellement un but,\nce n'est qu'à la condition de perpétuer la vie. Et si, comme le dit l'auteur\nde la Vie de Jésus, les hommes avaient la certitude de mourir endéans\nquelques heures, ils est évident qu'ils n'auraient pas de désirs d'amour,\npuisqu'on nous assure que ces désirs n'ont d'autre raison d'être que la\nprocréation et la continuation de notre espèce ?\n   M. Renan s'est donc contredit foncièrement, et ce n'est plus une erreur\nde jeunesse ! On lui pardonnerait plus volontiers de s'être trompé dans le\nsens large que dans le sens mesquin où sa pensée se perd.\n   Au reste, si j'invoque ces raisons, c'est par esprit de précision. Pour juger\nde pareils livres, il pourrait suffire d'employer le criterium infiniment haut\n et toujours sûr de l'art. On y trouve une raison, une justice instinctives,\n absolument infaillibles. A-t-on remarqué que toutes les philosophies se\n contredisent, mais que les œuvres d'art de sommet ne se contredisent pas ?\n L'œuvre de Leconte de Lisle ne contredit pas celle de Victor Hugo, et\n Baudelaire n'est pas en contradiction avec Shakespeare. L'art moyen seul\nse livre à des luttes intestines. Lorsque l'on gagne certaines hauteurs, le\ncombat cesse, et on ne les atteint, ces hauteurs, qu'après avoir vaincu les\ndoutes et assuré le jugement. Ce triomphe n'est pas de toutes les heures,\nmais il est de quelques heures, et il suffit, sinon pour sa gloire, au moins\npour sa conscience, que ces instants soient ceux où l'on a le livre à la main\npour le juger.\n\n\n   Les lecteurs de l'Abbesse de Jouarre ont dû éprouver une répugnance\nallant grandissante. L'art conseille ne n'écouter aucune doctrine et de ne se\nlivrer que sur une preuve d'humanité; on la chercherait en vain dans ces\npages académiques. Je ne parle même pas de noblesse de sentiment. La\nréalité admet aisément une abbesse facile à la chute et un d'Arcy subor­\nneur. Seulement, ce n'est pas même cette réalité là que M. Renan est\nparvenu à nous montrer, puisque ses héros ne vivent pas. Et non seulement\nils n'ont aucune apparence de vie, mais, en les créant, l'auteur n'a pu\n"}, {"page_pdf": 47, "texte": "s'empêcher une fois de plus de les faire servir sa propre cause. Julie est\nune nouvelle incarnation du philosophe, elle formule toutes ses théories et\nprésente sa défense. Pourquoi a-t-il tant besoin de se défendre ?\n    « Julie pensait, dit d'Arcy, que pour aider au progrès de l'esprit, il faut\nêtre irréprochable sur les mœurs. Avec les plus libres opinions et la plus\nferme (!) raison, elle fut aussi pure que les saintes du moyen-âge, dominées\npar la foi la plus absolue. C'était plaisir de la voir discuter du ton le moins\nalarmé, tous les problèmes du temps, soutenir les droits du peuple, appeler\nde ses vœux un christianisme libéral qui eût appliqué des institutions sécu­\nlaires et des richesses devenues nationales à l'éducation du peuple. On eût\ndit sainte Fare ou sainte Bathilde ayant lu Voltaire et commentant\nRousseau... »\n   N'est-ce pas que le portrait est joli et que M. Renan a su, cette fois\nencore, se dessiner lui-même avec une exactitude prévenante ? Ce n'est pas\ntout, le portrait continue dans cette confession de Julie l'apostate :\n    « J'ai l'assurance, dit-elle, d'avoir accompli ma tâche. J'ai voulu l'amé­\nlioration du sort de l'humanité; j'ai bien servi la nation envers laquelle ma\nnaissance m'avait assigné des devoirs. J'ai enseigné le devoir comme l'en­\ntendait le passé, en pénétrant mes leçons de l'esprit de mon siècle. J'ai fait\nle bien dans ma mesure. Je n'ai rien à me reprocher; je mourrai en paix. »\n(Il est vraisemblable que lorsqu'on le crie si haut, si fort et si souvent, on a\nde terribles doutes). Julie poursuit : « Je l'avoue, j'aimais la vie. Dieu fut\ntoujours prodigue pour moi de lumière et de grâce. Il m'entoura, dès ma\nnaissance, d'êtres bienveillants. J'héritai de tout ce qu'il y a de bon dans\nl'ancien esprit de la France, en le corrigeant par la sagesse du temps présent.\nJ'ai connu les hommes les meilleurs et les plus grands de mon siècle. Si\nl'œuvre de l'humanité est sérieuse (cette réflexion est charmante de finesse),\nj'ai compté pour un bon anneau dans cette chaîne sans fin. »\n    On ne peut mieux dire. Ah ! M. Renan n'a pas la vanité maladive, souf­\nfrante, honteuse, qui se cache par pudeur. Sa vanité se porte bien, elle\ns'affirme et s'étale en plein soleil. Julie, en fille reconnaissante, balance\nl'encensoir sous le nez du Dieu qui l'a inventée à son image. Et elle l'in­\ncarne si parfaitement, que le jour où elle accorde sa main au naïf La Fresmais,\nelle lui tient un discours de réception à l'Académie :\n    « Vous avez appris, Monsieur, le mot d'une énigme qui a dû longtemps\nvous sembler inexplicable. J'ai lutté contre les sentiments les plus profonds\nde mon cœur; pendant sept ans, j'ai dû vous paraître ingrate, obstinée dans\nmes refus. Je ne sais, Monsieur, si nous reverrons jamais la pleine joie,\ncelle qui suppose l'inexpérience et la naïveté, mais je vous aime, Monsieur,\nd'un amour que des années de silence ont concentré, non affaibli. »\n   Cette déclaration d'amour philosophique est singulièrement artificielle.\nOn croit entendre le baiser morne, moite et glacé de deux automatiques\ncréatures de cire. De sorte que là où nous espérions trouver un germe de\nvie, nous n'avons entendu que des paroles mortes. Plus rien ne bat dans\ncette poitrine d'où sont sortis tant d'aimables soupirs de satisfaction, et\njamais un souffle fort. Sur le tard, M. Ernest Renan a voulu effeuiller une\n"}, {"page_pdf": 48, "texte": "                                    — 33 —\n\nmarguerite et le vent qui passait en a emporté les pétales, tandis qu'il mur­\nmurait de sa voix blanche : « Je n'aime rien, je m'aime, je n'aime rien,\nje m'aime! »\n\n\n   Mais si le cœur est mort, le cerveau continue à vivre. Les Idées y sont\ntoujours nombreuses. Au temps de la fleuraison, elles dansèrent d'abord\ndes danses sacrées, puis, la gavotte et le menuet avec des grâces, des révé­\nrences qui attirèrent sur elles la curiosité de tous les esprits délicats. Elles\nétaient si parfaitement cérémonieuses ces Idées, même lorsqu'elles sautil­\nlaient et se butaient les unes contre les autres, elles étaient si joliment\nvêtues et se présentaient si bien qu'on n'en avait vu jamais d'aussi noble­\nment éduquées. Souvent, il est vrai, après avoir dansé en mesure la gavotte\net le menuet, elles dansaient à contre-temps la sarabande et le quadrille, et\ntout était brouillé. Mais elles avaient encore très bonne mine dans le\ndésordre et on les suivait avec le même plaisir.\n   Aujourd'hui, elles ont vieilli, les parures sont fanées, les dents n'ont plus\nd'émail, les yeux sont éteints, rien qu'un reflet, qu'un scintillement pour\nrappeler les belles grâces d'antan. Elles ne dansent plus, elles boitent, sont\nruinées et vivent inconsidérées dans un salon de tolérance philosophique.\nEt cependant, elles continuent à sourire, à saluer le passant qui n'y prend\ngarde. Elles mourront ainsi en se croyant toujours belles et s'estimant\njusqu'au dernier jour parfaitement heureuses.\n   M. Renan a eu le sort de ses Idées. Il a passé du temple au salon et du\nsalon n'importe où. Il se croit toujours beau. Il se targue d'avoir été com­\nplètemen heureux, de n'avoir jamais souffert, parce qu'il n'a jamais aimé.\nIl a brillé, mais il n'a pas allumé une âme à son contact. Enfin, son rôle n'a\npas été celui de l'artiste qui, pareil à une torche, incendie et éclaire en se\nconsumant.\n                                                      FRANCIS     NAUTET.\n\n                                       II\n\nLes Œuvres et les Hommes, tome VIII et dernier de la première série : Sensations\n    d'histoire, par J. BARBEY D'AURÉVILLY. Un vol. in-8° de luxe. Paris, Frinzine.\n\n\n             Si la gloire du romancier des Diaboliques et du Prêtre marié\n              est incontestée et resplendissante, la valeur transcendentale\n              de l'homme d'Etat qui est aussi en M. d'Aurévilly n'a jamais\n              paru certaine aux lettrés, et je suis presque seul à insister\nfréquemment sur les qualités de gouverneur et commandeur d'hommes du\nduc de la Normandie littéraire. Voici les Sensations d'histoire qui viennent\nme donner raison contre tout le monde. En ce livre-là, il ne faut pas voir\nseulement la critique des historiens de ce temps. MM. Michelet, la Vallée,\nVillari, Jung, Legeay, Topin, etc., ne sont que des occasions saisies par\n                                                                          3\n"}, {"page_pdf": 49, "texte": "                                   -   34   -\n\nM. d'Aurévilly pour donner son personnel avis sur les hommes et les événe­\nments du passé politique. Mais avant de poser lés secrets de l'admiration à\ntravers ses cinq cents pages, je dois avouer la tristesse du premier feuillet. Il\nporte le nom d'un cuistre protestant, helléniste distingué, directeur des\nconsciences athées, le Trenmor de Lelia-Ackerman. Et comme cette pré­\ntendue penseuse se recommande à la postérité par cette assertion « que\nl'humanité gagnerait beaucoup à se débarrasser de l'idée de Dieu »,\nM. Ernest Havet se recommande aux siècles futurs par ce dilemme :\n« Jésus-Christ était ou un fumiste ou un aliéné atteint de la monomanie des\ngrandeurs ». Comme les lettrés ne lisent pas l'ennuyeux pédant, j'ai voulu\nle présenter pour ce qu'il est « le cuistre du blasphème ».\n   Puisque M. d'Aurevilly le met orgueilleusement dans le Décaméron de\nses amis, il est certain que dans le privé c'est un noble caractère; mais dans\nle public il a craché sur Monseigneur Jésus-Christ et il a bavé plutôt la\nsalive luthérienne sur le crucifié; et j'avertis que ses livres sont semblables\nà des limaces sur un évangéliaire.\n   L'étude qui ouvre la série et redresse la haute figure du roi catholique\navant tout, Jacques VI, a toute l'importance, non seulement d'un arrêt de\ncassation frappant sur l'opinion reçue, mais encore d'une profession de\ndoctrine. M. d'Aurévilly y témoigne son adhésion aux conceptions poli­\ntiques de MM. de Bonald et de Maistre, à la doctrine du droit divin telle\nque Bossuet l'a formulée dans ses Maximes politiques, tirées de l'Ecriture-\nSainte. Louis XI, ensuite, y est vu d'un œil autrement puissant que celui\ndont l'a regardé un autre romancier, Walter Scott, et Louis XIII, dégagé\ndans sa vraie personnalité du rayonnement absorbant de son cardinal-\nministre. Après avoir lavé la responsabilité romaine des éclaboussures de\nla Saint-Barthélemy, il passe de la guerre de Trente ans à Gustave\nAdolphe, recondamne Savonarole au nom de l'obéissance hiérarchique,\ntout en l'admirant, exalte et le pape guerrier Jules II et le sublime Hilde-\nbrand.\n   Catherine d'Aragon, « cette Marie Stuart sans une faute », la mégère\nElisabeth d'Angleterre, Henriette de France, La Vallière, succèdent à\nHenri IV et au cardinal de Retz. Puis viennent Catherine II, Dupleix et\nPitt, Napoléon le thug et Henri VI le podagre, et le livre se ferme sur la\nplus fine, la plus incise pièce d'ironie historique : Grandeur et Décadence,\ndu Journal des Débats.\n   J'ai sèchement dit ce sommaire, parce que ici un nom évoque tout un\ntemps, tout un peuple, et que l'intérêt s'augmente de la variété. Rare unité\nde jugement, sur tous ces points si disparates, M. d'Aurévilly promène une\ncritique toujours logique et toujours concordante, quelle que soit la succes­\nsion de la matière. Cette belle ordonnance du principe restant inébranlable\nchez un écrivain aussi passionné, présente un caractère qu'on ne rencontre­\nrait pas ailleurs : et comme si, en devenant historien, il s'était inconsciem­\nment solennisé, le styliste a atteint à une beauté sereine d'exécution, à une\nrationalité de l'expression, à une mesure qui ne sont pas les qualités car­\ndinales, mais qui surprennent, chez un poète en prose dont la réputation se\n"}, {"page_pdf": 50, "texte": "                                    — 35 —\n\n base sur le lyrisme de la psychologie et une écriture toute passionnelle et\n enflammée.\n    Ces Sensations d'histoire ne sont pas seulement intenses dans leur vérité,\n lumineuses dans leur couleur étonnante, elles sont surtout les dernières\n d'une race éteinte et qui ne renaîtra pas.\n    Il y a encore et il y aura toujours, même en face de l'Antéchrist, des\n catholiques romains; mais M. d'Aurévilly ferme le cycle des grands pen­\n seurs qui ont poussé la foi jusque sur la personne royale. Aujourd'hui le\n catholique le plus orthodoxe ne croit plus au droit divin des races, et de\nmême qu'il se déprend de l'amour du sol, il se déprend aussi du gouverne­\n ment de ce sol.\n    Le fait culminant de l'évolution chrétienne, à cette heure, apparaît dans\nla scission définitive des choses temporelles et spirituelles; le Concordat,\nqui liait le sujet du pape au roi très chrétien, est déchiré. Je n'ai pas à\némettre ici mon propre sentiment d'humaniste; je convie simplement à\nlecture d'un livre prodigieux pour le talent et prodigieux encore pour le\ndéfi qu'il porte au rationalisme ambiant.\n   On reconnaît la sexualité morale d'un historien à voir ou son enthou­\nsiasme de la grandeur quand même ou sa tendresse abaissant et mouillant\nson regard d'aile. Eh bien ! M. Barbey d'Aurévilly, lui qui est androgyne\ndans ses romans, apparaît exclusivement mâle en ces discours sur l'histoire.\nDans l'hécatombe napoléonienne, il ne voit pas le charnier de quinze mil­\nlions de cadavres; sa force de personnalité s'éblouit à la monstrueuse per­\nsonnalité du thug, et il en oublie la charité. Même comme œuvre critique,\nce volume a l'imprévu d'une révélation soudaine, et la mise en lumière,\npour qui sait voir d'un côté singulièrement imposant de ce connétable des\nlettres françaises. J'ai vu l'homme d'action surgir sous l'homme de juge­\nment : et dans un autre temps, avec une circonstance où il eût pu jeter le\ngrappin d'un fils de Rollon, Jules Barbey d'Aurévilly aurait agi de l'his­\ntoire, et ce qu'il aurait fait eût été, j'en jure, aussi grand que ce qu'il a écrit.\n                                                  JOSÉPHIN PÉLADAN.\n\n\n\n\n            CHRONIQUE MUSICALE\n                                   LAKMÉ\n          Quel succès !\n            — Quelle chute !\n            — Charmant, n'est-pas?\n            — Peuh !\n — C'est donc mauvais ?\n — Oh ! non ! Mauvais ! M. Delibes n'aurait pas pu. C'est bien pis, c'est\nmédiocre.\n"}, {"page_pdf": 51, "texte": "                                   — 36 —\n\n   Sur une petite histoire d'orientalisme en redingote, une histoire qui se\n passe aux Indes, et qui pourrait tout aussi bien se passer à Paris ou à\n Bruxelles, si Lakmé voulait seulement s'appeler Lisette ou Margot, et\n coudre à sa fenêtre ouverte à l'ombre d'un pot de fleurs pendant que le\n régiment « s'en va-t-à l'exercice », sur cette histoire, mal mise en scène,\n M. Delibes a écrit l'œuvre la plus impersonnelle que l'on connaisse de lui.\n   Après le Roi l'a dit, une partitionnette ancienne, après Jean de Nivelles,\n dont les mélodies fraîches dans leur simplesse de vieux français, semblaient\n avoir été composées au temps ingénu de la Pléiade; après, surtout, les airs\nde ballet de Coppelia et Sylvia, on pouvait croire qu'il lui resterait un peu\nd'orchestration pittoresque, d'inspiration fine et tendre et qu'il rendrait en\nartiste un peu d'amour à cette Lakmé voluptueuse et aimante.\n   Delibes n'a jamais eu de nature bien accentuée. Sa musique n'a jamais\noublié qu'elle devait vivre dans le monde. Si elle avait quelquefois effleuré\nla banalité, elle s'était presque toujours sauvée de la vulgarité par son\nexquise distinction de forme. C'était de la musique très « comme il faut »,\nd'une propreté excessive, dont on eût dit qu'elle venait d'être transcrite au\nnet.\n   Cette fois, son manuscrit a encore été remis au net; il n'y a pas de pâtés\nni de bavures harmoniques; c'est écrit d'une belle écriture de pensionnaire\net pour qu'il n'y ait pas de trous entre les morceaux, on a eu bien soin de\nmettre : « enchaînez, » au bas de chaque numéro; mais la propreté,\nn'est plus que toute matérielle, se limite à la surface; l'esprit s'est fané,\ns'est relâché et, à beaucoup de pages, l'auteur, fatigué de soutenir ses\nidées ou celles des autres, les a laissé tomber dans le lieu commun mélo­\ndique.\n   Il y a encore de ces phrases souples et ondoyantes qui se ployent, s'en­\nroulent et se déroulent longuement en nous enlaçant l'esprit et les sens\ncomme des lianes. Mais, hélas ! les lianes ne sont plus vierges. Ce qui n'a\npas empêché le public de répéter « quel charmeur », parce que le public\nsait que M. Delibes est un musicien très bien et que « charmeur ! » est son\nétiquette.\n   Charmeur ! Ce n'est pas difficile quand les serpents sont empaillés ! Il est\nvrai qu'à défaut de serpents il y avait des sonnettes, et les sonnettes et les\nclochettes ding, ding, dong, font du bonheur à toute une salle quand elles\nviennent en ritournelle à un air comme la légende de la jeune Hindoue,\ndans lequel il y a beaucoup de vocalises, beaucoup de notes piquées et\nbeaucoup de points d'orgue.\n   « Où va la jeune Hindoue, fille des Parias ? »\n   Voulez-vous que je vous le dise, M. Delibes ? Les pères sont souvent\naveugles à l'égard de leurs enfants. Eh ! bien, elle va faire tirer son air à\ncinquante mille exemplaires, qu'elle distribuera dans les familles honnêtes,\net le dimanche, devant les oncles, les tantes, les cousines et les cousins\némerveillés, des enfants le joueront et le chanteront, en s'arrêtant quelque­\nfois pour arranger les doigts sur un accord ou reprendre la note juste après\nune note fausse.\n"}, {"page_pdf": 52, "texte": "                                  - 3 7 -\n\n    Et beaucoup de pages de cette partition 'suivront le même chemin. Tel\nle Quintette, l'horrible quintette d'opérette du premier acte. Telle la marche\n des petits soldats qui passe et repasse comme dans Carmen et qui empoigne\n la banalité à pleins fifres et tambours, ce que la marche de Jean de Nivelles\nn'avait pas osé faire, car il faut ajouter qu'il y a une marche comme cela\n dans tous les opéras de M. Delibes.\n    Est-ce dire que l'œuvre ne se relève pas, çà et là, par quelques fragmenta\nde musique bien gentille? Non. On ne se dépouille pas ainsi, en une fois,\nde ses plus précieuses qualités ; il reste un peu de Delibes dans le ravissant\nduo-barcarolle du second acte, une des plus jolies choses de la partition ; il\nen reste un peu dans l'air de la fantaisie, dit par le ténor, et peut-être ail­\nleurs, je cite à vol de souvenirs. Mais à côte de ces pages là, combien\nd'autres sur lesquelles plane l'esprit de tout le monde!\n   Un phénomène esthétique curieux, qui s'indiquait dans les premières\nœuvres, s'accentue dans celle-ci. Bien que Lakmé porte encore sa marque\nde fabrique en façade, la trace d'une patte spéciale ; l'originalité n'y est\nplus guère que dans la facture. On dirait que c'est une originalité de\nseconde main, qui ne consiste que dans la façon particulière de s'assimiler\ndes éléments puisés à un fonds commun d'inspiration. S'approprier le bien\nd'autrui en le transformant, il semble que ce soit aujourd'hui toute la\nfaculté de M. Delibes, de façon qu'on se dit à l'audition de Lakmé : « Je\nsuis bien sûr d'avoir entendu cela quelque part », mais qu'il est absolument\nimpossible de savoir où.\n   Sans doute, cette faculté s'exerce de façon parfaitement inconsciente et\nhonnête, mais le fait n'en est pas moins de nature à diminuer la valeur du\ncompositeur. Son mérite, dès lors, ne réside plus que dans la mise en\nœuvre. Quand il croit créer, il ne fait qu'exprimer, en l'interprétant, cette\npensée latente qui lui vient de son milieu et dont il s'est tout imprégné sans\nle savoir.\n   C'est un peu l'histoire du dilettantisme tuant la faculté créatrice. Mal­\nheureusement, le dilettante est descendu de son aristocratie très éclectique\npour crotter sa musique à des vulgarités. Pouah ! Il s'est laissé tomber à\ndes fautes de goût au point de gâter, par une interprétation fausse de lui-\nmême, les meilleurs éléments de son œuvre, comme si — par une anomalie\nautrement phénoménale — il ne comprenait pas sa musique. C'est très\nsérieux. Un exemple : le thème amoureux de Gérald et Lakmé, au second\nacte. Ce thème passe dans l'introduction ; mais écoutez de quelle singulière\nallure. C'est un thème mystique, large. Ne fallait-il pas le phraser ? le\nphraser dans un mouvement lent et recueilli, avec d'imperceptibles pauses\npour permettre aux sons de propager leurs vibrations. Au lieu de cela, on\nle joue en mouvement pressé, en marquant à coups de contrebasse les\nquatre périodes de la phrase, comme si l'on récitait un quatrain de cara­\nmel.\n   Il paraît que c'est M. Delibes qui l'a voulu ainsi. J'ai de la peine à le\ncroire ou je n'y comprends plus rien, car ceci est d'une esthétique hors de\nma portée.\n"}, {"page_pdf": 53, "texte": "                                   — 38 —\n\n    Lakmé a bien voulu s'appeler ici M lle Vuillaume, et c'est, sans doute, ce\n qui l'a sauvée de l'antipathie des artistes ; car M1le Vuillaume — la petite\n Vuillaume — met tant de spontanéité, tant de grâce et de jeunesse, tant\n de fine intelligence jusque dans les traits qu'elle rate et les notes qu'elle\n fausse, que tous ses petits défauts de femme et d'artiste deviennent presque\ndes qualités, comme souvent chez ces natures dont la personnalité est très\naccusée. Le bout de rôle de Hadji marque un progrès de M. Gandubert.\n M. Renaud est toujours bon dans les grands-prêtres quand il peut les faire\ntrès grands et très gros. Mlle Wolf, malade, a été remplacée successivement\npar M1les Castagne et Martini. Quant à M. Engel, il est en baisse.\n   Au début, M. Engel avait plu par son style correct, très français, sa jolie\nvoix; mais comme tout artiste qui ne se renouvelle plus, qui ne crée plus,\nvoilà qu'il se gâte peu à peu. Au lieu de chercher à varier et à raviver son\njeu un peu conventionnel, il s'y est figé. Il avait acquis quelques gestes et\nquelques expressions de figure, il les a fait clicher de peur de les perdre et\nil est en train de se faire une petite pelote de ficelles pour le jour où il\nn'aura plus rien d'autre à nous offrir. On dirait qu'il est fatigué de se faire\ndu mal et songe à la retraite. Rien ne pouvait nous faire prévoir qu'il en\nfût là, bien que sa voix eût depuis longtemps besoin d'être époussetée.\n   M. Engel n'a guère aidé Mlle Vuillaume à poétiser l'œuvre de Delibes. Il\nn'a fait qu'en accentuer l'aspect terre-à-terre, ce mil-huit-cent-trentisme\nbourgeois, qui nous a fait songer tant de fois au vieil opéra-comique\nd'Auber et d'Adam.\n   O ! ma pauvre petite Lakmé ! Ame de lumière, chair de volupté, rien\nqu'à t'imaginer de loin, je ne sais pourquoi j'avais cru que je t'aimerais.\nJ'en veux à M. Delibes, qui vient de m'enlever cette illusion de plus,\n   Qu'a-t-il fait de cette jolie enfant baignée de soleil, qu'a-t-il fait de\nLakmé, bon Dieu ! Une œuvre d'artiste ? Une œuvre d'amuseur, à peine,\nEt encore, je vous avoue que j'y ai bâillé tout un soir.\n   On dira que j'exagère. Pardon, je trouve que c'est M. Delibes qui\nexagère.\n                                                     HENRY MAUBEL.\n"}, {"page_pdf": 54, "texte": "                                            -       39   -\n\n\n                                    MEMENTO\n                                                     se roulant à terre avec une mimique débor­\n                         1                           dante. C'est la tradition de Shakespeare,\n                   LETTRES                           monsieur ! Le monodrame signifie la lec-\n                                                     ture à haute voix, comme les « Esthètes »\n     L'Art moderne est de plus en plus fort. En\n                                                     voulait dire les amateurs. M. Edm. P...\n  un seul numéro, il supprime le théâtre et\n                                                     invente ainsi une foule de choses, très con­\n  l'imprimerie. Il remplace l'un par le Juré de\n                                                     nues, qu'il rebaptise. Son monodrame, créé\n M. Edm. P..., l'autre par la photographie\n                                                     pour justifier les lectures gratuites du Juré,\n  inaltérable des fautes d'orthographe.\n                                                     est le dernier mot de ce cabotinage spécial :\n     La première invention s'appelle le Mono-\n                                                     l'inventionnite aiguë. Un de ces jours, nous\n drame; elle appartient exclusivement aux\n                                                     apprendrons que le roman est du théâtre\n Esthètes. Voici la chose :\n                                                     qui fait la Sainte-Nitouche, et que Shake­\n     « Imaginez qu'une seule personne, comme\n                                                     speare n'était qu'un reporter. Voyons,\n dans les Conférences, les Monologues et les\n                                                     voyons, Amiral !\n Lectures, tienne la redoutable estrade. L'ab­\n sence du décor ne choque déjà plus. Ima­               Venons à l'invention seconde; elle est de\n ginez que, déclamant un drame, au lieu de           notre ami Georges Khnopff. Les lauriers de\n dire seulement : Le théâtre représente une          Gutenberg empêchaient notre poète de dor­\nforêt, — le théâtre représente la Salle du           mir dans ses rêves, ô combien ! Flûte à\n trône, elle lise, avant de commencer le dia­        Faust et zut aux frères Elzevier. Plus de\n logue, une description vraiment      littéraire,    typographie, c'est laid, mais la reproduction\n mais à l'emporte pièce, de manière à faire          exacte du manuscrit; si l'écrivain a une\n tableau dans l'esprit des auditeurs, avec une       écriture indéchiffrable, cela ne fait rien;\n intensité qui les transporte au lieu où il          Stéphane Mallarmé a suivi le conseil de\n faut être. Imaginez qu'alors, le livret à la        notre ami Khnopff, et l'on annonce dans la\n main, debout, avec une mimique sobre mais           Revue indépendante qu'il s'est mis à reco-\n aussi saisissante que possible, avec une            pier ses livres pour le photographe. Fran­\n accentuation pénétrante,      elle rende la         chement, quel intérêt pourra présenter\n scène (1). Est-ce qu'il n'y aura pas là un          cette copie ? Je comprends que l'on regarde\n genre littéraire nouveau, masquant la bana­         avec curiosité le manuscrit de prime-jet\n lité des Lectures, des Monologues et des            d'une œuvre; si l'homme est quelqu'un, sa\n Conférences, sous l'animation de l'action se        façon de travailler peut n'être pas banale;\n développant dans le décor évoqué par l'ima­         mais recopier ses livres imprimés, c'est de\n gination, genre tenant à la fois de l'œuvre         l'ânerie pure qui fait hausser les épaules.\n écrite et de l'œuvre jouée, du Livre et du             L'Art moderne, à force de se préoccuper\n Théâtre, évitant les inconvénients du pre­          des déliquescents, est devenu d'un « esthé­\n mier qui sont surtout l'apparence terne, et         tisme » liquide qui désarme et qui navre.\n les inconvénients du second, qui sont la\n complication des moyens et la dépense, uti­            M. Camille Lemonnier vient de perdre\n lisant, en lui donnant une expression inat­         son plus jeune enfant Frédéric-Valentin-\n tendue, ce besoin d'entendre parler autrui,         Louis-Camille Lemonnier. La Jeune Bel-\n reprenant la tradition de Shakespeare, mais         gique tout entière prend part à ses doulou­\n l'adaptant à notre époque ? »                       reux regrets.\n   On s'imagine aisément M. Edm. P...\nlisant le Juré (description vraiment litté­             Un de nos principaux collaborateurs nous\nraire) avec une mimique sobre, et le public          promet pour un numéro très prochain une\n                                                     étude sur M. Gustave Frédérix, le critique\n   1) Le mal de mer scénique.                        littéraire de l'Indépendance belge.\n"}, {"page_pdf": 55, "texte": "                                                — 40 —\n\n                                                           Le dernier est traduit avec beaucoup de\n    M. Lucien Solvay vient de faire paraître            scrupule en une langue très littéraire qui\n à la librairie de l'Art (Rouam, à Paris), un           en fait une lecture plus palpitante et curieuse\n magnifique volume sur l'Art        Espagnol.           que toutes les Verneries du monde. On sait\n Nos lecteurs se souviennent des pages de               d'ailleurs, que M. Harry n'est pas seule­\n ce livre dont la Jeune Belgique eut la pri­            ment un traducteur habile, mais un écrivain\n meur. A bientôt une étude sur l'œuvre au               nouvelliste dont les feuilletons ont été\n complet qui, d'ores et déjà, fait parler               remarqués. Il réunira prochainement en\n                                                        volume une série de petits romans d'une\n d'elle.\n                                                        fine et délicate observation que nous p o u ­\n                                                        vons recommander à l'avance comme étant\n   Le Juré       n'a été lu nulle part cette\n                                                        de littérature vraiment solide et moderne.\n semaine.\n                                                        Le livre aura, nous en sommes sûr, un\n                                                        grand succès auprès des Lettrés.\n   Prochainement, nous donnerons une\n étude sur l'enseignement de la littérature                Une déception cependant. La première\n dans l'armée.                                          édition du livre de Stanley, imprimée par\n                                                        Lefebvre, était une merveille de typogra­\n    Le prochain volume de vers de M. Geor­              phie; la deuxième, due à Weissenbruch,\n ges Rodenbach s'intitulera : Le livre de               est ce que l'on nomme en argot de métier\n Jésus. D'après le peu de pages que nous                « cochonnée » C'est regrettable.\n en connaissons, ce sera une véritable sur­\n prise littéraire.                                        L'Art moderne a le toupet volumineux\n                                                       de prétendre que le mot esthète, qui, dit-il,\n     Viennent de paraître chez Dreyfous, à             a fait fortuné (!!!!), est de son crû. Or, il\n  Paris, les Conférences et Lettres de M. de           vient en droite ligne d'Angleterre. Voir le\n  Brazza, réunies par M. Napoléon Ney et               volume de M. Gabriel Sarrazin sur les\n  la 2e édition des Cinq années au Congo, de           Poètes de l'Angleterre (1).\n  Stanley, traduites par notre confrère de\n  l'Indépendance, M. Gérard Harry.\n                                                        Racine décadent, d'après une communi­\n     M. Napoléon Ney a réuni dans un volume\n                                                     cation mallarmiste recueillie par M. Scholl\n  documentaire tout ce qui concerne l'œuvre\n                                                     dans le Matin :\n  de M. de Brazza. Il a pris dans ses confé­\n                                                     Oui, je viens. Dansons. Temps. Plat doré. Les Terne.\n  rences, dans ses rapports, dans ses lettres\n                                                                                                    [Elle !\n  privées, les points les plus saillants de ses Je viens seul. On l'use. Agent. Ticket solennel.\n  explorations dans l'ouest africain, et appe­ C'est laid, braire. Avec vous la femme. Meuse Jour-\n lant à lui les dessinateurs, il a donné ainsi                                                       [Nez.\n                                                     Que l'étançon. Champs. Geai si toc. Queue deux.\n un travail qui semble définitif sur les t r a ­                                                 [Ce jour\n vaux du fondateur du Congo français.                La trompette, ça crée. Ah ! non, c'est l'Heureux\n     M. Gérard Harry, de son côté, a traduit                                                       [Tour\n l'ouvrage de Stanley, Cinq années au Congo, Du Temple. Or né partout. Deux fez, tons magni­\n                                                                                                  fiques.\n où le rival de M. de Brazza fait assister aux\n luttes et aux efforts qui ont abouti à l'exis­        Arsène    Houssaye,     qui a fait une  série   de\n tence de l'Etat libre dont le roi des Belges conférences en Belgique, a éprouvé le\n est devenu le souverain nominal. Roi du            besoin, à son retour à Paris, de confier à un\n Congo ! Autrefois, on eût souri un peu de journal du boulevard ses impressions sur\nce titre, mais Léopold II a bravé les raille­       les bons Belges. Nous relevons dans son\nries de l'opinion. Ces deux ouvrages se article cette perle :\ncomplètent l'un par l'autre et montrent, en\ntous cas, l'opiniâtreté des explorateurs              (1) Que nous prions M. Georges R... à qui nous\n                                                   l'avons prêté de vouloir bien nous restituer, avec le\neuropéens.                                       | reste; ceci sans reproche naturellement.\n"}, {"page_pdf": 56, "texte": "                                         —41—\n\n   « La Belgique a aussi, comme la France,        volume, du format in-8° écu, l'un des plus\nses naturalistes et ses décadents; toutefois,     appréciés des bibliophiles. Le prix est de\nl'école qui s'intitule « la Jeune Belgique »      fr. 27-50. Il y a aussi un tirage en grand\nn'est pas étroite comme la nouvelle école         papier, in-8° raisin, sans compter les exem­\nfrançaise qui pourrait s'intituler « les pré­     plaires en papiers de Chine, Whatman et\ncieux débraillés » ou encore « le fumier          du Japon, dans les deux formats.\nlittéraire ». Les maîtres pour « la Jeune            Nous rappelons aux amateurs que dans\nBelgique » sont : Baudelaire en poésie,           la même collection ont déjà paru : les Contes\nFlaubert en prose. Ils oublient seulement         d'Alphonse Daudet, 1 vol., 30 francs; le\nque Flaubert n'est qu'un disciple de Théo­        Roi des Montagnes, 1 vol., 30 francs; le\nphile Gautier et Baudelaire un disciple de       Capitaine Fracasse, 3 vol., 75 francs; Une\nSainte-Beuve, avec d'autres horizons mais         Page d'Amour, 2 vol., 45 francs; Servitude\navec moins de variété. »                          et Grandeur militaires, 1 vol., 30 francs;\n  Flaubert disciple de Théophile Gautier !        Jocelyn, 1 vol., 30 francs; Graziella, 1 vol.,\n  Baudelaire disciple de Sainte-Beuve !           25 francs. — A la Librairie des Bibliophiles,\n  Avec d'autres horizons !                        rue Saint-Honoré, 338.\n  Mais avec moins de variété !\n  Laisse-nous respirer, Arsène !\n  T u ne sais plus du tout... où c'est !             Nous faisions erreur à propos du mot\n                                                  torpide que nous reprochions à M. Picard.\n                                                  Le mot n'est pas au Dictionnaire de l'Aca-\n   Le Chevalier des Touches. — Les ama­           démie, mais il figure dans celui de Littré,\nteurs de bons et beaux livres ne pourront         avec ce commentaire :\nque féliciter la Librairie des Bibliophiles          « Néologisme. Engourdi, engourdissant.\n(Jouaust et Sigaux) d'avoir fait entrer le        Il y a des journées calmes, molles, tor-\nChevalier des Touches, l'œuvre la plus fine       pides. (Toppfer) ».\net la plus délicate de Barbey d'Aurevilly,           Notre remarque était donc mal fondée.\ndans sa Bibliothèque artistique moderne, où\nelle veut réunir les meilleurs contes et\nromans contemporains, faisant ainsi pour            Une rectification de journal. Emprunté\nles auteurs de notre siècle ce qu'elle a si      au Birmingham Times :\nheureusement entrepris, avec sa Petite              L'autre jour, un journal de la localité,\nBibliothèque    artistique, pour ceux des        après avoir annoncé qu'un de ses adver­\nsiècles passés. Cet ouvrage si attachant a       saires, le farouche radical, M. Maguère,\nencore le mérite de pouvoir être mis dans        venait d'être élu sheriff, ajoutait; « Nous\ntoutes les mains; aussi sera-t-il le livre       croyons savoir que M. Maguère se lavera\nd'étrennes favori dans le monde des biblio­      avant d'étrenner ses nouvelles fonctions\nphiles.                                          municipales. »\n   La nouvelle édition est, d'ailleurs,             Le lendemain, M. Maguère se présenta,\nattrayante à tous égards. Au mérite d'une        armé d'une cravache, chez l'ironique jour­\nexécution typographique des plus soi­            naliste :\ngnées vient se joindre le charme de très            — Vous allez rétracter cette mauvaise\nbelles eaux-fortes, gravées par Champollion      plaisanterie ! lui dit-il.\nd'après des compositions de Julien Le Blant,        — Je ne demande pas mieux, répondit\ndont la suite de dessins pour Servitude et       l'obligeant directeur du journal; j'ai tou­\nGrandeur militaires a eu l'année dernière        jours été accommodant, moi. Voilà mon\nun si grand succès. C'était bien, d'ailleurs,    caractère !\nau peintre attitré des scènes de la Vendée          Et le lendemain, il insère les lignes sui­\nqu'il fallait demander l'interprétation de cet   vantes :\némouvant épisode de la chouannerie.                 « M. Maguère nous prie de démentir le\n   Le Chevalier des Touches forme un beau        bruit suivant lequel il aurait l'intention de\n"}, {"page_pdf": 57, "texte": "                                               — 42 —\n\n   se laver avant d'étrenner ses fonctions. »           par tout le visage. Il laissa le rajah répéter\n                                                        une dizaine de fois :\n                                                          — Où est-il, ce Karikari ? Il ne viendra\n         Le général Francis Pittié est mort le mois' donc pas, ce Karikari ! Karikari ! Kari­\n     dernier à Paris. II était l'auteur de plu­ kari !\n     sieurs volumes de vers dont le principal de          Enfin, Lambescasse entra, tirant la\n     date récente : A travers la vie, contient ce jambe et grimaçant horriblement... Il alla\n     que l'auteur a fait de mieux. Poésie simple, se courber jusqu'à terre devant le rajah.\n     parfois touchante, mais qui ne dépasse pas           — Ah ! ah ! te voilà enfin, misérable !\n     une modeste moyenne. Le général Pittié               — Oui, grande lumière des Indes.\n    était plus soldat que poète et s'est signalé          — Eh bien ! écoute-moi et réponds-moi.\n    par sa bravoure en Crimée et à la guerre de\n                                                          — Je vous écoute, soleil du grand e m ­\n     1870.\n                                                       pire arrosé par le Gange.\n       Il était né à Nevers en 1829.\n                                                         — Et ne fais plus de grimaces. Je t'or­\n                                                      donne de ne plus faire de grimaces...\n                                                         Les grimaces de Karikari devenaient de\n       Nous avons dit dans notre dernier Me­ plus en plus violentes. On riait dans la salle.\n    mento, que M. Emile Sigogne est Suisse.\n                                                         — Allons ! réponds-moi maintenant...\n    Il paraît qu'il n'en est rien. Le conféren­\n                                                      Sais-tu bien, Karikari, ce qui fait le déses­\n   cier à piston est d'Angers, ainsi qu'il appert\n                                                      poir des teinturiers ?\n   d'une rectification envoyée par lui à l'Etoile\n                                                         — Des teinturiers, grand prince ?\n   belge. Celle-ci insère la réponse et ajoute\n                                                         — Oui, des teinturiers... Cherche, Kari­\n   judicieusement.\n                                                      kari, cherche.\n      « Soit, M. Sigogne est Angevin; ce sont\n                                                         Karikari cherchait, cherchait et ne trou­\n   ses conférences qui sont suisses ! »\n                                                     vait pas.\n                                                        — C'est la lune, Karikari, c'est la lune...\n      Dans son très artistique numéro Sais-tu pourquoi ? Cherche, Karikari,\n  d'étrennes, la Revue illustrée contient, cherche.\n  entre autres friandises littéraires, un bien          Karikari continuait à chercher et à ne pas\n  joli petit récit de M. Ludovic Halévy. C'est trouver.\n  l'histoire de Lambescasse, ancien grand               — Eh bien ! s'écriait triomphalement le\n  premier rôle de province, que l'auteur rajah, c'est parce que les teinturiers ne\n  retrouve dans un théâtre parisien.                 peuvent pas l'atteindre, la lune... l'attein­\n                                                     dre... la teindre . . T u ne comprends pas ?...\n      L'ancien Buridan du théâtre de Toulouse\n                                                    Tu ne comprends pas ?... Il n'y a rien de\n joue maintenant dans une féerie idiote un\n                                                    plus bête que ce Karikari. Sauve-toi, misé­\n rôle des plus sacrifiés, celui de Karikari,\n                                                    rable, sauve-toi !\n serviteur du rajah de Mitoupoulo.\n                                                        Sur quoi, le rajah de Mitoupoulo lance\n     Pendant qu'il raconte ses mésaventures\n                                                    un formidable coup de pied à l'ancien grand\n à M. Ludovic Halévy dans les coulisses,\n                                                    fort premier rôle, qui vient tomber devant\nentre deux portants, le rajah, qui est en\n                                                    M. Halévy en lui disant :\nscène, appelle Karikari de toutes ses\nforces.                                                — Vous avez vu ! vous avez entendu !\n                                                    Voilà ce qu'ils me font jouer à moi, Lambes­\n     Ici, un joli croquis de théâtre :\n                                                    casse, à moi qui a dominé Bocage dans la\n    « Pendant ce temps, dans la coulisse,\n                                                    soirée du 6 janvier 1846 ! Voilà les rôles\nLambescasse préparait son entrée... il devait\n                                                    qu'ils me donnent !\narriver en retard, en courant, tout essouf­\n                                                       Grandeur et décadence.\nflé... Alors il commençait à haleter, pour\nse couper la respiration; puis il se contor-\nsionnait la figure, afin de se donner d'af-            Voici le sommaire de la Wallonie (jan­\n reùx tics dans la bouche, dans les yeux, vier)\n"}, {"page_pdf": 58, "texte": "                                         -    43      -\n\n  Un chapitre inédit de La Belgique (Saint-        deviendra des nôtres. Fin de race est une\nTrond), par Camille Lemonnier. — Des               lettre de crédit qui en vaut beaucoup d'au­\nsonnets, par Aug. Vierset. — Fragments             tres; cette nouvelle est pleine de ces\nd'une nouvelle fantaisiste, par Pierre-M.          nuances de psychologie subtile qui d é ­\nOlin.— Dansede Gourais, par Octave Maus.           notent un artiste sincère, épris de la forme\n— Un conte, par Paul Reivax. — Le Vieux            et pénétré de la moëlle esthétique. Ce n'est\nMiroir, La Fille des vieillards, Tentation,        pas un essai de débutant, mais une page\nUne Vierge, Pervers, par Fernand Severin.          solidement établie dont l'auteur mérite nos\n— Un conte, par Hector Chainaye. — Luc             plus cordiaux éloges.\nRobert, nouvelle campagnarde, par G. Gir-             Fin de race est orné d'un dessin de Jan\nran. — Claire... (fin), par Aug. Henrotay          Toorop, reproduit avec une habileté rare\n— Divita, par Armand Hanotieau. — Un               par le procédé Evely. La composition,\nconte ardennais, par Maurice Siville. —            poussée au noir, en est peu précise; elle\nL'Essor du Rêve, par Albert Mockel. — Une          est traitée à larges taches merveilleusement\nchronique littéraire, par Ernest Mahaim. —         posées, et faisant valoir de façon remarqua­\nUne chronique musicale, par Ludwig Ghel­           ble, les blancs lumineux. Telle quelle, cette\ndre, et une petite chronique.                      brochure est un petit trésor que goûteront\n                                                   les bibliophiles et les artistes\n\n   M. Sutter Laumann, qui publia naguère\nLes Meurt-de-faim, un volume de poésies,             Une définition de Caliban :\nchez M. Kistemaeckers, en donne un nou­              Le vers est le cri de joie du mammifère\nveau à Lemerre aujourd'hui, sous ce titre :        jeune.\n                                                                                (EMILE BERGERAT).\nPar les routes. L'auteur, qui, dans la Jus-\ntice, compte parmi les meilleurs écrivains\nde chroniques, semble mal fait à la forme             On vient de jouer à Munich la trilogie\nversifiée. Il doit avoir peu cultivé le rythme,    sophocléenne : Œdipe roi, Antigone et\net son livre paraît composé de pièces ancien­      Œdipe à Colonne. A propos de la pre­\n nes. Beaucoup, au demeurant, sont datées          mière tragédie, nous trouvons dans un\n de 187...; depuis ce temps, nous sommes           journal allemand cette ineffable apprécia­\n devenus plus exigeants dans la question lapi­     tion :\n daire; nous souffrons avec humeur les                — La pièce a un peu vieilli !\n strophes d'une allure facile, s'accommodant\n d'un à-peu-près de rimes, et de chevilles           L'Education populaire du joyeux Clé­\n trop visibles. Il y a, dans Par les routes,       ment Lyon de Charleroi, donne à ses lec­\n nombre de pages campagnardes d'une                teurs deux sonnets signés Emile Baudry,\n grande fraîcheur et d'un aimable sentiment,       qui valent plusieurs mondes. Les abonnés\n mais l'émotion y est distraite par des ima­       de la démocratique revue et l ' A r t baderne,\n ges faciles ou banales, dont le ton « vieux       goûteront certainement ces vers que le\n jeu » démonte le lecteur. C'est, en un mot,       facétieux Cl. L., donne pour de petits\n un livre proprement fait, honorable, plein        bijoux, en un préambule de haute drôlerie.\n de pensées heureuses et même délicates            La parole est à la Lyre :\n que l'on feuillette avec plaisir.\n                                                                    LE TÉLESCOPE\n                                                   Merveille de l'optique, admirable instrument\n   Nous recevons de M. Maurice Frison              Qui pour un œil avide, abrège la distance,\nune plaquette délicate, intitulée : Fin de         Que ne devons-nous pas à ta toute puissance ?\nrace, sorte d'étude de décadence bien con­         Que de secrets déjà surpris aufirmament!...\n                                                   Quand, avec la raison, sera venu l'instant\nçue et gracieusement écrite. M. Frison\n                                                   De mettre de côté le fusil et la lance;\nétait l'un des bons écrivains de feue La           Quand, au lieu du canon et de l'obus qu'il lance\nBasoche, et nous avons l'espoir qu'il              On coulera plus pur l'objectif plus puissant;\n"}, {"page_pdf": 59, "texte": "                                                           44\n\n Quand, rapprochant encore les planètes voisines.             littéraires en vogue. Le chroniqueur du\n Nous pourrons distinguer leurs villes, leurs collines.       Temps nous donne un avant-goût de cette\n Que n'apprendrons-nous pas, les voyant de plus près ?\n Ce desideratum, dernier mot du Progrès\n                                                              manière nouvelle de traduction :\n Que vous cherchez aussi, courageux philanthrope,                Pour les disciples de Flaubert. — On y\n Peut être bien est-il au bout d'un télescope !              lira :\n                                                                 « La fille d'Hérodiade entra dans la salle\n                      LA TERRE\n                                                             et elle se mit à danser. Ses pieds passaient\n Un énorme boulet, sur lui-même roulant\nDans l'espace d'un jour, et mettant une année\n                                                             l'un devant l'autre, au rythme de la flûte et\nA circuler autour de son foyer brûlant ;                     d'une paire de crotales. Ses bras arrondis\nSur notre astre voici la première donnée.                    appelaient quelqu'un qui s'enfuyait tou­\nLe soleil qui l'entraîne, éclaire en l'échauffant,           jours. Elle le poursuivait, plus légère qu'un\nCe globe où notre vie est à peine ébauchée ;                 papillon, comme une Psyché curieuse,\nLes regards de Phœbus pour l'atteindre employant\n                                                             comme une âme vagabonde, et semblait\nHuit minutes au moins à cette chevauchée.\nSupposez ce boulet percé de part en part.\n                                                             prête à s'envoler. »\nEh bien, vous compterez entre les deux fenêtres                 Autre : Pour les lecteurs de M. Ohnet ;\nDouze mille sept cent et quelques kilomètres!...                « Après de très brillantes études, Ponce-\nVoilà notre séjour... Si ce bloc, par hasard,                Pilate était sorti le premier de l'Ecole des\nDans ces dimensions vous semblait respectable               proconsuls. Beau, bien fait, les mains et les\nJe vous dirais tout bas : Ce n'est qu'un grain de sable.\n                                                            pieds aristocratiques, il avait produit une\n  (La Science en famille).            EMILE BAUDRY.\n                                                            vive sensation à Rome, par l'élégance de sa\n                          ***                               tournure, la grâce de son visage et le\n   Le chroniqueur du Temps a découvert                      charme de sa conversation. Recherché des\nquelque part la circulaire d'un libraire qui,               mères de famille... etc. »\navec l'approbation de l'archevêché de Paris,                    Autre : Pour les lecteurs de M. Zola :\nannonce une nouvelle traduction des Evan­                       « Survint alors un lépreux qui se pros­\ngiles.. Il y explique qu'on lit trop peu les                terna en adoration et dit : « Guérissez-moi,\nEvangiles, parce qu'ils ont toujours été pu­                Seigneur ! » Ce lépreux, en se traînant,lais­\nbliés dans des formats incommodes, dans                     sait sur la terre une humeur rougeâtre qui\nune langue pleine d'archaïsmes et avec des                  infectait l'air. Et sa peau, semée de taches\ncaractères d'imprimerie si mal distribués                   brunes, était tendue sur son squelette\nque rien n'invite les fidèles à lire, puis il               maigre comme sur une carcasse de chien\najoute :                                                    noyé... »\n   « Je me suis donc, dans cette présente                       Autre : Pour les décadents :\n édition, appliqué à traduire les Evangiles                     « ...Et ce fut en des doigts féminins ô\nsinon en y introduisant des termes d'argot                  quels! l'inclinaison d'albâtre d'une urne\net des néologismes, du moins dans cette                     hiératique, lentement, sur l'éclat divin des\nlangue courante que parlent les journaux et                 pieds d'où s'exhalèrent les parfums du\nles salons. De plus, par une habile disposi­                musc pénétratif, du musc érotificateur. »\ntion des chapitres, par la multiplication des                   Autre enfin : Pour les lecteurs de M. du\nguillemets, des « à la ligne » et des blancs,               Boisgobey :\nje me suis évertué à donner à ma traduc­                        « Un soldat entra dans la prison de Jean.\ntion l'aspect séduisant aux yeux d'un ro­                       « On entendit un bruit de chaînes.\nman, au moins d'un livre frivole. Désor­                        « Un sourd gémissement.\nmais, ceux qui ne liront pas les Evangiles                      « Puis rien.\nn'auront plus d'excuse. »                                       « Et le sicaire sortit en tenant par les\n   Ce boniment n'est-il pas bien plaisant?                  cheveux une tête sanglante.\nDu moment qu'on entre dans cette voie où                        « Quelle était cette tête ? »\ns'arrêtera-t-on? Pour tenir tête aux roman­\nciers il faudra tôt ou tard en arriver à accom­\nmoder les Evangiles d'après les formules                        M. Edmond de Goncourt avait pris l'ini-\n"}, {"page_pdf": 60, "texte": "                                          -      45   -\n\ntiative d'une souscription nationale dans le      XX pour prendre part à leur quatrième\nbut de réunir les capitaux nécessaires pour       salon international annuel :\nélever une statue à Gustave Flaubert.               Belgique : MM. Artan, Henri de Brae-\n   Le capital n'a pu être recueilli chez          keleer, Constantin Meunier, Eugène Smits,\nMM. les Français. Et l'on a trouvé le             Alfred Verhaeren.\ndouble de ce qu'il fallait pour le vieux            France : MM. Albert Lebourg, Ary\ngâteux de Chevreuil                               Renan, J. F . Raftaëlli, Auguste Rodin,\n   Félicitations à nos chers voisins, c'est du    Camille Pissaro, Georges Seurat, M mes\npropre.                                           Berthe Morisot et Marie Cazin.\n                                                    Angleterre : M. Walter Sickert.\n                                                    Hollande: MM. Mathieu et Willem Maris,\n   L'Art moderne donne une amusante               Marius Van der Maarel et Philippe Zilcken.\nPhysiologie du Criticule. Nous en déta­             Norwege : M. Thaulow.\nchons ce trait :\n   S'il essaie de produire, ses efforts sont\ndes communions blanches. Il évacue des\nromans qu'on croirait écrits dans un pen-            Un nouveau cercle de peintres vient de\nsionnat de demoiselles ou des versiculets de      se former à Bruxelles sous la devise Voor­\nchansonnettes. Après ces exercices, il de-        waarts (En avant). Il a parmi ses membres\nmeure courbaturé pour six mois.                   MM. Bertrand, De Bats, De Freyne, Hoo­\n                                                  rickx, Ludwig, Massaux, Meerts, Middeleer,\n   L'auteur de La Jeunesse blanche et de\n                                                  Ovyn, Rimbout, Jan Stobbaerts, Pieter\nLa Vie morte, qui est un peu de l'Art\n                                                  Stobbaerts, Surinx, Van Acker, Wauters,\nmoderne, a-t-il accepté gaiement cette\n                                                  Cardon, M lles Rutteau et Van Ham, MM. De\npetite pointe? On n'est jamais trahi... etc.\n                                                  Rudder et Ludwig.\npantoufle.\n                                                     La première exposition du Cercle Voor­\n                     ***                          waarts, dans le local ce l'ancienne Galerie\n   Le même article, signé par le haut, parle      Léonard, est faite de tableaux et de sculp­\nde Coppieters, l'auteur des Posthuma, que         tures connus pour la plupart, et c'est simple­\nl'on pourrait définir : « Un monsieur qui         ment pour prendre date que les membres\nn'est pas parvenu à être bon peintre et s'est     l'ont réunie.\nvengé en ne parvenant pas à être bon écri­           A l'an prochain un petit Salon inédit, au­\nvain ». Pas heureux, confrère.                    quel à l'avance nous souhaitons chance et\n                                                  succès.\n\n                     II\n                                                     Dix compositions à l'eau-forte pour illus­\n                   ARTS\n                                                  trer les Fleurs du Mal, de Charles Baude­\n   Le gouvernement vient de mettre à la           laire, dessinées par Alex. Hannoteau. (Louis\ndisposition de l'Association des XX une           De Meuleneere, Bruxelles).\npartie des locaux du Musée de peinture, le           « Compositions (?) pour illustrer (?) des­\nPalais des Beaux-Arts ayant, comme on             sinées (?)... » Quel toupet! Nous avions\nsait, changé de destination.                      déjà rencontré, à la dernière exposition du\n   Le quatrième Salon annuel des XX s'ou­         Cercle des Aquarellistes et des Aquafor­\nvrira donc, comme précédemment, dans              tistes : Als ik kan ! « trois illustrations\nles premiers jours de février. Nous ferons        pour les Fleurs du Mal de Charles Baude­\nconnaître sous peu la liste des exposants,        laire ». Et, — ce qui est désolant — la\ntous choisis parmi les apporteurs de neuf         moins mauvaise de ces trois planches ne\net dont le plus grand nombre n'a jamais           figure plus dans l'album que son auteur\nparticipé aux expositions belges.                 fait publier aujourd'hui.\n  Voici la liste des artistes choisis par les        Tous ces rébus sont d'une originalité\n"}, {"page_pdf": 61, "texte": "                                         -    46    -\n\n des plus négatives. La lourde hantise de ' comme un symphoniste de premier ordre.\n certains Rops et le souvenir malheureux : Son Chant ossianique de Musset et le Poème\n de motifs académiques s'entrecroisent avec en six chants sur les Contemplations gagne­\n une gaucherie obstinée qu'on retrouve raient en coloris à être soutenus par l'or­\n jusque dans l'exécution matérielle de la chestre.\n gravure. M. Hannoteau, pour se donner             M. Servais a beaucoup lu avant d'écrire.\n une personnalité, a élevé la maladresse et     Son romantisme touche à tous les roman­\n l'impuissance à la hauteur d'institutions. tismes du siècle, à commencer par Schubert\n Il y a dans son album des pages qui feraient pour finir par Wagner, qui lui a légué ses\n assez bien dans une exposition d'arts inco­ procédés modernistes. C'est un esprit lettré,\n hérents.                                       éclectique, aristocrate, qui garde jusque\n                                                dans ses pages les moins originales le style\n                       III                      élevé de sa pensée. Là est, surtout, sa per­\n                                                sonnalité, et c'est ce qui la fait supérieure,\n                  MUSIQUE                       dans son essence, à bien d'autres. Sur un\n                                                fond vieux romantique qui perce souvent,\n    Lakmé a été le plus gros événement il cultive une forme extraordinairement\n musical de cette fin d'année. C'est peu dire. ciselée et raffinée qui le rapproche des par­\n 1887 nous amènera-t-il enfin la Valkyrie? nassiens.\n    L'Association des artistes musiciens a\n                                                  Ce n'est pas sans raison qu'il a écrit\n donné en novembre et décembre ses deux\n                                               VApollonide ; il y a dans l'allure hiératique\n premiers concerts, de pure virtuosité. Nous\n                                               et dans l'aspect lumineux de ses pages\n n'avons noté à son programme que deux\n                                               quelque chose de Leconte de Lisle. Et ce\nou trois morceaux symphoniques nou­\n                                               fait de ne jamais unir sa musique qu'à des\nveaux : L'Ouverture Ecossaise de Niels\n                                               vers de poète ne prouve-t-il pas, avant tout,\n Gade; une ouverture de Rietz et le Car-\n                                               l'élévation de son sentiment d'artiste î\nnaval Romain de Hans Hûbner.\n                                                  A cette audition de salon, les pièces de\n    M. Kefery a joué le Concerto de Beet­\n                                               délicatesse et de douceur nous ont le mieux\nhoven, le Nocturne de Borodine et la\n                                               plu ; notamment le Chant 2e des Contem-\nChevauchée des Valkyries.\n                                               plations, puis parmi les mélodies exquise-\n                      ***                      ment dites par M me Cornélis et M. Engel :\n                                               Eternelles amours, sur des vers d'Armand\n    A la première matinée des Concerts Sylvestre, et cette ballade de Georges\npopulaires nous avons entendu l'Ouverture Khnopff, Ophélie :\ntragique de Brahms; une page de facture\nserrée, mais qui n'occupera qu'une place                 Vois, comme un blême calice,\ntrès modeste dans l'œuvre du maître alle­                S'ériger la lune d'or;\n                                                         L'onde froide, glauque, glisse\nmand.                                                    Dans le silence qui dort.\n    Thompson, l'admirable violoniste moins              Oh ! mourir ! blanche folie,\nclassique peut être qu'Isaye, mais plus                 De cueillir au fil des eaux,\n                                                        Four tes cheveux, Ophélie,\nvibrant, plus passionné, plus humain, y                  La lune dans les roseaux !\na joué ce Concerto, inspiré d'un souffle aussi\npuissant que les plus belles symphonies de        Enfin, pour un petit nombre, ç'a été\nBeethoven.                                     un véritable événement musical aussi, que\n                                               cette reprise de l'Arlésienne avec les déli­\n                      ***                      cats feuillets symphoniques de Georges\n    Une des auditions les plus intéressantes Bizet, — ouverture, entr'actes, musique de\na été, au Cercle artistique la soirée Franz scène, chœurs dans la coulisse — que nous\nServais.                                       n'avions encore entendus que par fragments\n    Nous avions entendu de lui, l'hiver der­ au Concert populaire.\nnier; le Jet d'eau, une page qui le révélait      Et quelle surprise agréable que l'exécu-\n"}, {"page_pdf": 62, "texte": "                                             — 47 —\n\n  tion relativement parfaite de cette musique        soin fut d'éliminer, dans la mesure du pos­\n  si joliment, si délicate et si profondément       sible, quelques professeurs insuffisants.\n  inspirée, pourtant, de l'admirable drame           Les uns furent mis simplement à la retraite,\n de Daudet.                                         d'autres, n'ayant pas l'âge et les états de\n    Ces fragments pourraient résumer en             service requis pour avoir droit à la pen­\n une impression l'œuvre de Georges Bizet,           sion, furent simplement mis en disponibi­\n car il a mis là tout ce qu'il avait de cœur,       lité, avec traitement complet, en attendant\n l'auteur passionnément triste de Carmen.           que l'heure de la retraite eût sonné pour\n                       ***                          eux. Par la suite, à mesure que M. Gevaert\n       Le Guide musical nous fait part d'une       éprouva le besoin d'améliorer, ou seule­\n   bien joyeuse aventure ; l'histoire est signée   ment de modifier son corps professoral, il\n   Maurice Kufferath :                             eut recours au même procédé. Un profes­\n                                                   seur lui déplaisait-il, s'agissait-il de faire\n      « Un coup d'Etat ! Le 12 décembre, pour\n                                                   une petite place à un candidat découvert à\n   faire suite au 2 idem!\n                                                   Paris ou ailleurs à l'étranger, M. Gevaert\n      « Dimanche dernier, les abonnés et pa­\n                                                   mettait en disponibilité le titulaire, en lui\n   trons des concerts du Conservatoire ont\n                                                   maintenant son traitement, afin de ne pas\n  reçu le petit avis suivant :\n                                                   provoquer de trop vives réclamations; et\n      « Le premier concert du Conservatoire\n                                                   le nouveau professeur entrait en fonctions\n  « ne pourra avoir lieu cette année, comme\n                                                   avec un traitement d'attente.\n  « d'habitude, le dimanche avant la Noël.\n  « Le directeur se voit dans l'obligation de          « C'est ainsi qu'il y a deux ans, M. Gevaert\n  « l'ajourner indéfiniment, par suite de se débarrassa (c'est le mot) de M. Pletinckx,\n  « l'impossibilité où il se trouve actuelle­ l'excellent hautboïste que l'on sait, qui fut\n      ment de former un orchestre complet du même coup congédié à l'orchestre du\n  « pour l'exécution des œuvres classiques. » théâtre de la Monnaie.\n      « Grand étonnement! Profond émoi!                « Cette année, il paraît qu'il s'agissait\n      « Que signifiait ce poulet tout à fait inat­ d'exécuter de la même façon un autre pro­\n  tendu ? Quelle intrigue ou quel accident fesseur, l'honorable M. Paque. Mais quel\n  cachaient ces brèves et trop laconiques prétexte invoquer? On trouva ceci : c'est\n  explications? Les professeurs de l'établisse­ que les infirmités de l'âge empêchaient\n  ment — qui sont tenus, on le sait, de faire M. Paque de faire sa partie de trombone à\n leur partie dans l'orchestre — avaient-ils l'orchestre dans les concerts.\n menacé de faire grève? Ou bien les élèves            « Notez que depuis longtemps M. Paque\n qu'on force à chanter, même s'ils n'ont pas ne tenait pas le premier pupitre à l'or­\n de voix, refusaient-ils de continuer à faire chestre du Conservatoire, quoiqu'il soit\n partie des chœurs?                                loin d'être un invalide! M. Paque est dans\n     « Rien de tout cela !                         toute la force de l'âge, et il faut croire que\n     « Autant de suppositions, autant d'er­ son enseignement ne laisse rien à désirer,\n reurs.                                            puisque tous les ans, aux concours de fin\n     « Ni grève des professeurs, ni mauvais        d'année,    le jury décerne à sa classé de\n gré des élèves, ni accident d'aucune sorte. trombone force premiers et seconds prix.\n     « Il y a simplement ceci : M. Gevaert            « Seulement M. Gevaert voulait l'éliminer,\nboude. Il boude comme une jolie femme. parce qu'il avait un candidat à placer, un\n    « Et qui boude-t-il ? — Le Ministre des trombone de Paris.\n Beaux-Arts, M. le chevalier de Moreau                « M. Paque datant au Conservatoire de\nd'Andoy.                                           l'époque de Fétis, autant dire de l'époque\n    « A quel propos!                               antédiluvienne, M. Gevaert éprouvait\n    « En deux mots, voici l'affaire :              comme un malaise en présence de ce fos­\n    « Lorsque M. Gevaert prit au Conserva­ sile. Il avait assez vu M. Paque. Il aime le\ntoire la succession de Fétis, son premier changement;\n"}, {"page_pdf": 63, "texte": "                                          -   48 -\n\n    « Or, voici où l'affaire se corse.            plus beau, le mieux installé, le mieux\n    « Se souvenant des observations que l'an­     organisé, le plus fort du continent ;\nnée dernière avait formulées la section cen­         « Ou bien M. Gevaert n'a en tout ceci\ntrale de la Chambre des représentants à           qu'un but, c'est de faire une niche à M. de\npropos du Conservatoire et de l'omnipo­           Moreau, en indisposant le public contre\ntence du directeur, M. de Moreau fit obser­       lui.\nver que le système en usage grevait singu­           « Rappelez-vous les observations désa­\nlièrement le budget. Deux professeurs,            gréables de la section centrale à propos de\npourquoi faire ? Un seul, c'était bien            l'organisation des concerts du Conserva­\nassez 1                                           toire.\n    « Et le Ministre refusa de nommer un             « Il y a longtemps que l'éminent direc­\nnouveau titulaire, après avoir mis en dis­        teur du Conservatoire méditait une petite\nponibilité le titulaire actuel.                   vengeance, — sans se presser, car il aime\n    « Vous vous demandez quel rapport les         ce plat qui se mange froid.\nconcerts du Conservatoire ont avec cette             « L'occasion cherchée s'est enfin offerte.\nquestion d'administration?...                        « Et voilà pourquoi M. Gevaert boude,\n    « Rien, absolument rien.                      voilà pourquoi il boude comme une jolie\n    « Mais il faut savoir que M. Gevaert, s'il    femme.\ndépend du Ministre comme directeur du                « Cette petite comédie pourrait s'inti­\n Conservatoire, est absolument le maître en       tuler :\n ce qui concerne les concerts. Il peut les           « Un coup d'Etat dans une coulisse, ou :\n diriger ou ne pas les diriger, personne n'a      le Trombone malade. »\n rien à y voir. Et il s'est fait ce raisonne­        Puisque nous citons le Guide musical,\n ment, très ingénieux comme tout ce que           signalons cette publication aux artistes.\n combine l'éminent directeur du Conserva­         Elle est seule à suivre avec scrupule et\n toire : Ou l'on me donnera le trombone que        vigueur le mouvement musical du monde,\n j'aime, ou je ne joue pas ! Aussitôt fait que    et l'année qui s'ouvre sera le signal de nou­\n dit.                                             veaux progrès dans son organisation. Le\n     « Et voilà pourquoi le premier concert       prix d'abonnement est de 10 francs par an.\n est ajourné et pourquoi, vraisemblable­\n ment, il n'y aura pas de concerts au Con­\n servatoire cet hiver.                                                 IV\n     « Il s'agit de forcer la main au Ministre.\n                                                                  THÉÂTRE\n    « M. Gevaert a compté sans doute pro­\n voquer contre les résistances de celui-ci un        Le théâtre de la Bourse, après un succès\n mouvement public d'indignation.                  de féerie tout à fait extraordinaire, à voulu\n     « Mais il pourrait avoir fait un faux        terminer l'année avec le drame. Des comé­\n calcul.                                          diens de premier ordre, parmi lesquels\n     « Le public n'épouse pas sa querelle.        nous remarquons surtout M. Paul Des­\n   . « Le prétexte choisi a fait rire.            hayes et Mme Lemercier, y ont interprété\n     « On ne fera accroire à personne qu'il       avec succès le drame de Sardou : Patrie!\n n'y a pas à Bruxelles un artiste capable de      La pièce n'a pas soulevé à Bruxelles les\n jouer les dix mesures du trombone solo           polémiques qu'elle suscita lorsqu'elle y fut\n dans le finale de la symphonie rhénane de        jouée pour la première fois le 12 juil­\n Schumann qui était au programme de               let 1869.\n  dimanche dernier.                                  A cette époque, on brisa force lances en\n     « De deux choses l'une, se dit-on :          son honneur. M. Louis Hymans dirigeait\n     « Ou bien l'on nous a bernés en nous         alors l'Echo du Parlement, ayant pour\n vantant sans cesse le merveilleux enseigne­      critique dramatique de son journal M. Geor­\n  ment du Conservatoire de Bruxelles, le          ges Vautier, aujourd'hui directeur de la\n"}, {"page_pdf": 64, "texte": "                                            — 49 —\n\n  Galette. Aussitôt après la représentation,         le Monde où l'on s'ennuie; celui du comte\n  celui-ci écrivit d'un seul jet un article très     de Rysoor à M. Dumaine, celui du duc\n  élogieux qu'il envoya à la direction de            d'Albe à M. Cosset, et celui de Karloo à\n  l'Echo. Le lendemain, le feuilleton ne parut       M. Marais, l'Andréas de Thêodora On le\n  pas; en revanche, il était remplacé par une        voit, M. Dumaine seul restait de la créa­\n  page d'éloges très atténués, signée Louis          tion.\n  Hymans.                                               Les représentations de la Porte-Saint-\n     En dépit de la réclame du lendemain,            Martin sont trop rapprochées de nous\n  disait-il, formulée par les mécontents de la      pour que l'on ne se rappelle pas ce qu'en\n veille, en dépit d'une mise en scène splen­        dirent les journaux lorsqu'ils enregis­\n dide, en dépit de quelques scènes pathé­           trèrent le succès de Patrie! Ils rappelaient\n tiques et de quelques artistes remarqua­           les intéressantes origines du drame, com­\n bles ; en dépit d'une bienveillance univer­        ment M. Gevaert, le directeur de notre\n selle que justifient les nombreux succès de        Conservatoire, ayant demandé à M. Sardou\n Sardou, il est impossible de placer ce             un livret d'opéra, celui-ci lui avait répondu :\n drame à la hauteur du bruit qu'on en a             « Soit, mais faites les recherches! » com­\n fait et, si le théâtre doit devenir l'école du     ment M. Gevaert avait trouvé dans les Ne-\n patriotisme, je demande qu'on nous donne           derlandsche Oorlogen, de Peter Bor, et\n la Muette ou Guillaume Tell.                       dans l'Histoire de la révolution des Pays-\n   Le lendemain du jour où parurent ces            Bas, de John Lothrop Motley, sans comp­\n sévérités, M. Vautier quitta l'Echo du             ter les chroniques néerlandaises de Hooft,\nParlement ; quelques mois après, on ven­            Viglius, Opperus, les éléments d'une\ndait dans les rues le premier numéro de la         action dramatique; comment M. Sardou y\n Galette. Détail piquant : M. Hymans,               avait ajouté des clous tirés d'un vieux\ndans le même feuilleton, disait que les             drame oublié : le Siège de Toulouse, de\nécrivains belges suffisaient pour faire revi­       Méry ; comment, enfin, il avait fait un\nvre l'histoire nationale dans les composi­         livret d'opéra pour... M. Paladilhe, un\ntions dramatiques, — et personne n'igno­           drame pour M. Raphaël Félix et rien du\nrait que M. Hymans avait en portefeuille           tout pour M. Gevaert. Complétons ces sou­\nune composition de ce genre, intitulée             venirs en signalant ce fait que, depuis 1869,\nl'Argentier de la Cour.                            Paris ne revit qu'une fois Patrie! C'était à\n                                                   la fin de septembre 1872, au théâtre du\n    C'est au théâtre de la Monnaie, sous la\n                                                   Châtelet. Le rôle de Dolorès était confié à\n direction Vachot, qu'eut lieu, à Bruxelles,\n                                                   M11» Duguéret, celui de Rysoor à M. Du­\n la première représentation de Patrie ! Les\n                                                   maine, celui du duc d'Albe à M. Charly,\n artistes venaient tous de la Porte-Saint-\n                                                   celui de la Trémouille à M. Angelo et celui\n Martin. Le rôle de Dolorès était tenu par\n                                                   de Karloo à M. Paul Deshayes, qui, au\n Mlle Fargueil, celui de Rafaële par Mlle Léo­\n                                                   théâtre de la Bourse, tient en ce moment\nnide Leblanc, celui du comte de Rysoor\n                                                   celui du comte de Rysoor.\npar M. Dumaine, celui du duc d'Albe par\nM. Charly et enfin celui de Karloo van der            A Bruxelles, on reprit Patrie! en sep­\n Noot par M. Charles Lemaître.                     tembre 1880. C'était à l'occasion des fêtes\n   Ce n'est qu'en avril 1886, que M. Du­           nationales, et la a Société dramatique et\nquesnel rendit Patrie! au public de la             chorale » en donna, tant bien que mal, huit\nPorte-Saint-Martin. Il y avait des chances         représentations à l'AIhambra. La pièce,\nque la pièce eût un peu perdu à vieillir dix-      montée par M. Rey, avait une partie cho­\nsept années et l'on avait à lutter contre le       rale et orchestrale de M. Flon, le troisième\nsouvenir d'interprètes célèbres. Le rôle de        chef d'orchestre actuel de la Monnaie.\nDolorès fut donné à Mlle Tessandier, celui         M me Pazza faisait Dolorès, et le rôle de\nde Rafaële à Mlle Real, l'ingénue que nous         Rysoor était tenu, avec beaucoup d'auto­\navions applaudie au théâtre du Parc, dans          rité, par M. Vermandele, aujourd'hui pro-\n"}, {"page_pdf": 65, "texte": "                                                  50\n\nfesseur de déclamation à notre Conserva­             Le Grand Mogol d'Audran a, le 7 jan­\n toire.                                            vier succedé à Patrie! sur l'affiche du\n     En 1884 enfin, le théâtre des Nouveautés      théâtre de la Bourse, et c'est un nouveau\nBain-Royal) tenta, lui aussi, de faire revi­       succès pour M. Maurice Simon. Détail\nvre le drame de M. SarJou. Hélas ! il est          curieux, le rôle de Bengaline a été créé à\nbien mort à présent, le pauvre théâtre!            Marseille par Mme Jane Hading.\n Les décors en ont été vendus, et l'on peut\n bien dire, n'est-ce pas? que cette reprise\n                                                         Bien que la chose théâtrale préoccupe peu\nfut de la famille de celles que l'on fait aux\n                                                       notre lecteur, signalons le grand succès\nvieux bas! Dolorès (Mme d'Alzon , n'était\n                                                       de la revue qui se joue en ce moment au\n pas bien imposante, et M. Joissant, qui\n                                                       théâtre des Galeries et qui est signée Théo­\n jouait Rysoor, manquait un peu d'autorité ;\n                                                       dore Hannon. Bruxelles-Attractions     est un\n un M. Cholet, non sans talent, faisait Kar­\n                                                       grand succès de drôlerie et nous félicitons\n loo, et les décors n'étaient d'aucun Rubé\n                                                       notre ami Théo de savoir être un amuseur\n  connu. Seul, celui de l'Hôtel de Ville avait\n                                                       spirituel en même temps qu'un délicat\n  belle mine. Dans ces conditions, Patrie!\n                                                       poète.\n  tint l'affiche moins longtemps que la revue\n                                                                           ***\n  Boum-Boum!       qui l'avait précédé, et l'on\n                                                          On repète en ce moment au théâtre du\n  joua de nouveau les bons vieux « mélos »,\n                                                       Parc : Par téléphone, un acte de MM. Ed­\n  le Courrier de Lyon, Paillasse, le Mar-              mond Cattier et James Van Drunen. Nous\n  chand d'habits, pour expirer tristement, à           n'aurions pas donné cette nouvelle si elle\n  la fin de janvier 1886, en compagnie de              n'avait été ébruitée déjà. M. Van Drunen,\n  Marceau, de Pot-Bouille, de Latude et                considérant cette saynète comme un essai eût\n  des Misérables.                                      souhaité l'incognito, mais son collaborateur\n                      ***                              en a jugé autrement.\n"}, {"page_pdf": 66, "texte": "                  Lorsqu'on te met le poing, ô héros, sous le n              E\n                  Ou qu'on vient te toiser, et ce, d'un certain              R\n                  Hélas ! pourquoi faut-il que tu deviennes bl               M\n                  Quand, ainsi que toi, Paul, tant de venin l'on             A\n                  Que par chaque pore on distille tant de                    N\n                  Pourquoi, devant les coups, être si mal à 1'               S\n                                                                                     BAZOEF.\n                Pourquoi me souris-tu, Paul, et pourquoi tes yeux\n                Aux miens sont-ils fixés pleins de douceur candide?\n                Un baiser, le veux-tu?... Mais ton regard se vide...\n                L'éclair a disparu de tes cils radieux...\n                Will you? tu ne veux pas répondre à ma voix tendre?\n                Au sourire succède un sombre désespoir\n                Un chagrin t'a-t-il donc martyrisé ce soir?\n                Vers toi la voix des Nuits s'est-elle fait entendre?\n                Elle est là ton épée, ô Bayard! ô mon Paull\n                Réponds ! cours à l'assaut de mon Sébastopol...\n                Soi je donnerais tout pour cette heure guerrière.\n                Avec mon dernier souffle et mes torts expiés,\n                Note que je mettrais mon derrière à tes pieds,\n                Si je n'avais pas mis mon pied à ton derrière !\n                                                                                      SIEBEL\n\n   2. ALBERT DE N O . . . Nous trouvons, par hasard, votre nom au bas d'une étude littéraire\nintéressante, mais insérée dans un journal absolument taré. Force nous est de vous\nprier de choisir entre cette feuille, dont vous ignorez certes les tenants malpropres, et la\nJeune Belgique. Les deux collaborations sont incompatibles. Nous comptons sur vous,\nn'est-ce pas ?\n  Votre nouvelle, la Mort vive, est des meilleures et nous serions désolés de ne pouvoir\nla donner.\n   3.. H..DE W., Gand. Nous avons promis de donner votre sonnet; nous n'avons pas dit\noù. La boîte aux lettres est faite pour l'irrésistible drôlerie de ces quatorze vers. Que\nPéladan nous pardonne, ainsi que nous vous pardonnons, ô fumiste !\n\n                                 A JOSÉPHIN PÉLADAN\n                                                 Les idées au il formule sont réalisées de toute\n                                                    éternité dans le monde    supérieur.\n                                                                               J.   PÉLADAN.\n                  J'élève en exultant ton œuvre grandiose,\n                  O Mage de la Foi que Dieu nous révéla.\n                  Tu marches sans recul vers la Suprême Gnose,\n                  Tu nous convoques à la Sancta Kabbalal\n                  L'Avenir s'embrunit, la France est à l'automne,\n                  Et son peuple perdu se saoûle pour l'hiver.\n                  Flagellante, ta voix par la France résonne :\n                  « Grise-toi, si tu veux, de ton désir de chair.\n                  « Je goûterai tout seul l'idéal de mon Ame,\n                  « Et me coupant dans l'Art un linceul glorieux,\n                  « Je monterai chantant dans l'Absolu des Cieux! »\n                  Seul dans ce Paris qui nage en le vice infâme,\n                  Tu dresses, fier Nabi, ton corps d'orgueil vêtu,\n                  Car plus dense est le Mal, plus haute est ta Vertu !\n  4. A. J. QUAREGNON. Nous avons lu soigneusement vos Commencements d'amour, Il y\nen a des parties excellentes, mais aucune n'est complètement bonne. Nous vous en prions,\nlaissez là ces essais un peu maladroits et renoncez à livrer au public une pièce impar­\nfaite, qui suffit pourtant à démontrer que vous pouvez faire tout à fait bien. Quelques\nchevilles pour la rime, des termes impropres, des hardiesses qui manquent leur but, en\nun mot, une facilité trop grande qui vous fait négliger le détail, voilà le bilan de ces\nstrophes qui, répétons-le, vous posent déjà comme un vrai poète, dont l'inexpérience\nseule arrête l'essor. A vous en notre mère la Littérature.\n   5. UN ÉLÈVE DE 4e LATINE. VOUS avez parfaitement raison et c'est nous qui avons parlé\nà la légère sur la foi de la dernière édition du Dictionnaire de l'Académie, qui est l'arbitre\nsuprême. Seulement, il est incomplet, et Littré vaut mieux. Quant à Bescherelle, ce n'est\nplus une autorité En tous cas, nous acceptons votre reproche ; il est absolument mérité.\nVous verrez au Memento que nous en convenons avec franchise.\n   6. JULES G. Un peu de patience, et tout à la propagande, n'est-ce pas? La prospérité de\nla maison est aux mains de ses habitants. A vous bien.\n"}, {"page_pdf": 67, "texte": "  7. CHARLES SL., Anvers. Nous avons soigneusement étudié votre Chapelle ardente, qui\nne manque pas de belle envolée, mais fourmille de fautes de français et de prosodie. Le\nmanuscrit annoté vous sera envoyé si vous le désirez. Travaillez sans faiblir, nous vous\naiderons avec joie, et vous deviendrez des nôtres. Et vous aussi, n'est-ce pas, un coup de\npropagande pour nous permettre d'embellir le temple ! Bien à vous. M. W.\n  8 G. VAN SICHEM, Anvers. St-Mallarmé est édité par l'imprimeur de la Revue indépen-\ndante, 79, rue Blanche, à Paris. Complètes, les œuvres coûteront 200 francs ; c'est donné 1\n\n\n\n\n A\n          tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n    de Block's Universal Wine C°\n                    6, R U E P A U L DEVAUX, (PRÈS LA BOURSE)\n                            ET    M O N T A G N E DE LA C O U R\n\n\n\n\n E\n           n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n            MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n            nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\n autres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicaitte, les vins\n de Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\n vasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\n Cora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\n pagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie TOUSSAINT GALABRU, par FERDINAND\n  FABRE. Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en\n  vente partout.\n\n\n    L'ODIEUSE               bière de Munich répugne aux palais délicats.\nLaissons les enfants au lord maire et cette pâtée aux manants. Seuls les\nvins qui ont des teintes d'ambre b'rûlé, les liqueurs, douces comme des\ncaresses, nous sauveront du teutonisme bachique. Chez\n\n                COULOMB-ROBIETS\n                                 19, Boulevard        du Nord\n  Dégustez-les, ces baisers fluides et troubleurs. Le vermouth de Turin s'y\ndonne dans le cristal léger ; le rhum St-James, l'Algarve perfide et joyeux,\ntout ce qui a la couleur et l'arôme...\n\nA    près les avoir savourés, votre cerveau vous dictera des vers amoureux\n     et fous, votre cœur aura des effusions infinies et, loin du monde brutal,\nplongé dans une rêverie lente, vous serez heureux.\n\nV   otre bonheur, sans hideuse ivresse, allez le boire chez Coulomb-\n    Robiets, le Lillas Pastia des artistes !\n\n    Bruxelles. — Imprimerie Félix Callewaert père, Ve Monnom successeur, 26, rue de l'Industrie\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1887-01-05", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 18."}}