{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1887-03-05-n3-4", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-03-05-n3-4-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "7e A N N É E . 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BARBEY D'AURÈVILLY.\n\n\n\n\n                                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-03-05-n3-4-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAI", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 104, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 644, "fin_caractere_exclue": 1281, "texte": "SOMMAI R E :\n    Pierrot Narcisse                                                  ALBERT GIRAUD.\n    Chronique artistique (Les XX) . . . .                             JULES D E S T R É E .\n    Chronique musicale (La Walkiire) . . .                            HENRY MAUBEL.\n    Memento                                                            ***\n\n\n\n\n                                            \"BRUXELLES\n                  ADMINISTRATION :                                      RÉDACTION :\n              26, RUE DE L'INDUSTRIE, 26           J                  80, RUE BOSQUET, 80\n\n                                                 KS87\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-03-05-n3-4-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "avocat léporiforme", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 105, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1491, "fin_caractere_exclue": 3342, "texte": "BOITE AUX             LETTRES\n   13. A. J. QUAREGNON. Bravo ; voilà qui est infiniment mieux; vous tenez la facture et\nla tenez solide et franche. Votre pièce Les Madones est pleine de qualités, mais beaucoup\ntrop délayée et trop longue. Concentrez davantage. Toute la pièce pouvait tenir en un\nsonnet.\n   14. K. S. La Charogne vous obsède, cher poète, mais il faut être Baudelaire pour\nmagnifier les miasmes et les fientes. Votre pièce, assez soignée comme forme, donne la\nnausée. Tenez-vous; il y a des dames, et envoyez-nous des réalités moins microbiques.\n   15. JACQUES FÈRE. Pas trop mal vos Dires d'une belle pécheresse, mais un peu naïve­\nment pervers ; vous l'avouerai-je, cela m'a rappelé les Confessions d'une courtisane et\nJulie ou J'ai sauvé ma rose. Ce n'est pas de la psychologie féminine, mais une gerbe de\nréflexions assez banales et peu intéressantes. Votre belle pécheresse dit à un certain\nmoment : « la fête ou les conviait mon corps de fille La dernière des dernières traînées\nne se souffleté pas de ce mot là, camarade. C'est faux et sans charme. Vos scabreuses\n« Oscillations » nous faisaient espérer mieux.\n   16. EMILE V. D. B.\n                              Le printemps radieux verdissait la campagne\n                              Les échos redisaient les chants des amoureux\n                              Ah ! seul je demeurais et restais sans compagne,\n                              Quoique plein de désirs, quoique jeune comme eux....\n  Pauvre jeune homme, vous demeuriez et vous restiez sans compagne; vous ne voulez\npas cependant que nous vous en cherchions une ! Restez et demeurez, quoi qu'il advienne\nou qu'il arrive, sans compagne, ou bien prenez en une, celle que vous voudrez, sauf la\nMuse; elle vous ferait cocu avec les poètes !\n  17. JACK O'KADY. Votre philosophique page Les malheureux ferait assez bien dans\n"}, {"page_pdf": 170, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 666, "texte": "l'Art moderne où l'on aime la littérature philanthropico-esthétique. Nous n'ignorons pas\nque c'est une chose fort désagréable que la panne, mais cette vérité n'est pas neuve.\nVous avez du style, et de plus une écriture fort belle. Vous réussirez dans la tenue des\nlivres.\n                                     A PAULINE :\n   Mon premier a la forme d'un derrière, car il est rond, ce veau.\n   Mon deuxième est inutile ; un poète n'a-t-il pas dit :\n                        \" Faisons des vers pour rien, pour le plaisir ! \"\n  Mon troisième a la valeur de mon deuxième, puisqu'il est convenu qu'il vaut ver, mans.\n  Mon tout est le chevalier Bayard (avocat léporiforme).\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-03-05-n3-4-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 83, "page_fin": 129, "titre_corps": "Pierrot Narcisse : Songe d’hiver, comédie fiabesque", "titre_sommaire": "Pierrot Narcisse", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "PIERROT NARCISSE", "ancre_fin": "Décembre 1886", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 106, "page_imprimee": 83, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 709, "texte": "P I E R R O T NARCISSE\n            SONGE D'HIVER\n\n       COMÉDIE FIABESQUE\n\n\n\n             DÉDICACE\n                                    A    IWAN GlLKIN.\n\n Voici bien trois ans et demi\n Que j'ai rimé « Pierrot Lunaire    ».\n Je suis encore ton ami :\n C'est vraiment   extraordinaire.\n\n C'est pourquoi, — puisque c'est mon sort,\n Captif de la rime et du nombre,\n D'avoir Pierrot jusqu'à la mort\n A côté de moi, comme une ombre, —\n\n Ces vers frêles, tout blancs de lui,\n Ces vers où j'ai baisé de givre.\n Loin des bassesses d'aujourd'hui,\n Tous les chers yeux qui me font vivre,\n\n Ce poème triste et moqueur,\n Qui sautille au rhythme fantasque,\n Au rhythme fantasque d'un cœur\n Qui serait un tambour de basque,\n"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": 84, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1323, "texte": "                                    -   84    -\n\n                  Ce doux lys d'hiver, pâle et pur,\n                  O fleur de douleur et de joie !\n                  Ce lys de silence et d'azur,\n                  Ce lys de lune, je l'envoie\n\n                  D'un seul geste fier et tremblant,\n                  Malgré les ânes qui vont braire,\n                  Vers un Pierrot vêtu de blanc\n                  Qui me ressemble comme un frère!\n                                                                       A. G.\n\n\n\n\n                                 PERSONNAGES\n       PIERROT, sans profession.\n       ARLEQUIN, neveu de Cassandre.\n       CASSANDRE, oncle d'Arlequin, député de Bergame.\n       MEZZETIN, malade imaginaire,\n                                              PREMIER ABBÉ,\n                                                  amis de Pierrot.\n       DEUXIEME ABBE,\n       T R O I S I È M E ABBÉ,\n       LE   SOMMELIER.\n       ELIANE, nièce de Cassandre.\n\n\n\n\n  PIERROT, en costume moderne. Tenue de soirée, en satin blanc. Col très haut. Gibus\nblanc. Paletot à pèlerine blanc. 25 ans.\n  ARLEQUIN. Maillot noir et blanc. 16 ans.\n  CASSANDRE, Habit de sénateur. 60 ans.\n  MEZZETIN. Complet de fourrure. 30 ans.\n  ELIANE. Robe couleur feuille morte, cheveux noirs. 23 ans.\n  Les trois abbés en satin violet.\n"}, {"page_pdf": 108, "page_imprimee": 85, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1314, "texte": "                          SCÈNE PREMIÈRE\n  A Bergame. Une nuit de carnaval. L'intérieur d'un grand café, fleuri de glaces et de\ndorures. Groupes de masques ça et là, Musiques lointaines et contradictoires.\n\n\n                                 PREMIER ABBÉ\n\n     Hé! Garçon! du café!\n\n                                DEUXIÈME ABBÉ\n\n                                   De la Chartreuse!\n\n                                TROISIÈME ABBÉ\n\n                                                A boire!\n     Pierrot, monte à l'autel, et voici mon ciboire,\n     Et chante Alléluia, Pierrot, et bénis nous :\n     Chante! Les desservants vont plier les genoux.\n\n                                DEUXIÈME ABBÉ\n\n     Eh bien!      Qu'attends-tu?\n\n                                  PREMIER ABBÉ\n\n                             Chante : accomplis ta promesse!\n     Oh! fi du prêtre blanc qui ne sait plus sa messe.\n\n                                TROISIÈME ABBÉ\n\n     L'église est belle, vois! L'encens rêve dans l'air,\n     Le cher encens du kirsch, du kummel, du bitter.\n     Je surprends la saveur des prières latines\n     Dans le cantique en fleur que les bénédictines\n     Murmurent doucement dans les flacons pieux.\n\n                                  PREMIER ABBÉ\n\n        Chante ! Ou bien nous croirons que Pierrot devient vieux !\n"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": 86, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1439, "texte": "                           -    86   -\n\n                      DEUXIÈME ABBÉ\nChante! c'est l'heure folle et divine, ô ma pinte!\nL'heure qui danse, l'heure amoureuse qui tinte\nComme un grelot d'argent au cou d'un épagneul.\nChante! cette heure est folle.\n\n                      PREMIER ABBÉ\n                                  Un jour tu seras seul.\n\n                      TROISIÈME ABBE\nChante ! cette heure est frêle et pleine de gavottes.\nRegarde ces flacons : on dirait des, dévotes !\nUne cave à liqueurs, pour nous, c'est un couvent\nTrès doux et très béat, onctueux et fervent.\nLa chartreuse vous a des airs de pénitente\nQui veut vous convertir, et dont la chair vous tente.\nElle a le charme obscur d'un amour interdit,\nSucre et velours, impie, et quelque peu maudit.\nOn boit! c'est comme si l'on baisait une abbesse...\nOn éprouve un besoin de courir à confesse!\nEt de se faire absoudre, et de recommencer!\n\n                      DEUXIÈME ABBÉ\nIl ne nous entend pas, à quoi peut-il penser?\n\n                      TROISIÈME ABBÉ\nFais un signe au jubé! Des musiques dormantes\nSévaderont pour nous des cumins et des menthes,\nEt le riche plain-chant mystique des liqueurs\nComme un orgue puissant réchauffera nos cœurs!\n\n                          PREMIER ABBÉ\n Je crois qu'on l'a bouché!\n\n                       DEUXIÈME ABBÉ\n                               Pierrot   mélancolique!\n\n                       TROISIÈME ABBÉ\n Pierrot devient athée!\n"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": 87, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1205, "texte": "                             -   87   -\n\n\n                          PREMIER ABBÉ\n                          Il n'est plus catholique !\nUn soir de    carnaval!\n\n                          DEUXIÈME ABBÉ\n                      Mécréant! Apostat!\nCrime contre la soif! Crime contre l'État!\n\n                          TROISIÈME ABBÉ\nHorreur ! Demeurer sourd aux conseils de l'absinthe !\n\n                          PREMIER ABBÉ\nA la diète,   Luther!\n                          DEUXIÈME ABBÉ\n                     Va-t-en ! Père Hyacinthe !\nA la place d'un cygne il nous reste un oison.\nDéfroqué de la joie, à la porte!\n\n                          TROISIÈME ABBÉ\n                                      En prison !\n\n                          PREMIER ABBÉ\nAllons! il en est temps : pour juger ce fossile\nNous nous réunissons tous les trois en concile,\nEt nous l'abandonnons au pouvoir séculier!\nHé! Monsieur le bourreau!\n\n                          DEUXIÈME ABBÉ\n                                 Monsieur le sommelier !\n\n                          LE SOMMELIER\nBon!\n                          TROISIÈME ABBÉ\n       Vous allez, d'après l'us ecclésiastique,\nMettre à la question cet infâme hérétique.\nVeux-tu boire? Une fois!\n"}, {"page_pdf": 111, "page_imprimee": 88, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1278, "texte": "                               — 88 —\n\n\n               PREMIER ABBÉ (saississant Pierrot)\n                               Veux-tu       boire?\n\n                   TROISIÈME ABBÉ (même jeu)\n                                                      Deux Jois !\n                          DEUXIÈME ABBÉ\nVeux-tu   boire?\n\n                          TROISIÈME ABBÉ\n                   Trois fois !\n\n                       PIERROT (se dégageant)\n                           Eh! Laissez-moi,   je bois\nDepuis des heures, des heures, je bois à pleine\nBouche, depuis des jours, depuis une semaine,\nJe ne sais, mais je bois, mais je suis ivre-mort !\n\n                          PREMIER ABBÉ\n\nMais   tu n'as rien bu,    rien!\n\n                          DEUXIÈME ABBÉ\n\n                                    Ivre ! c'est un peu fort !\n\n                               PIERROT\n\nVous ne le voyez pas? Je dis que je suis                ivre!\n\n                          TROISIÈME ABBÉ\n\nIl est ivre? Et de     quoi?\n\n                          DEUXIÈME ABBÉ\n                               De    quoi?\n\n                                PIERROT\n                                        De quoi? Du             givre,\nDe cet hiver soudain,      si lucide et si clair,\nEt de la transparence       adorable de l'air!\n"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": 89, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1537, "texte": "                            -   89   -\n\n                        DEUXIÈME ABBÉ\nIl est fol!\n                        TROISIÈME ABBÉ\n              A lier!\n                           PIERROT\n                     Je suis ivre, vous dis-je !\nIvre du mâle hiver, du grésil, du vertige\nDe toutes ces blancheurs qui songent sous l'azur.\nLe ciel chaste est plus grand, plus limpide, plus pur;\nLe seul bruit de mon pas sonore sur l'asphalte\nMe saoule éperdûment de ma force et m'exalte.\n0 ces acres baisers du vent dans mes cheveux!\nMon sang bout. Je suis beau. Je sais. Je puis. Je veux.\nD'énergiques parfums dilatent ma narine ;\nEt portant haut la tête, et bombant la poitrine,\nLe cerveau pavoisé de glorieux projets,\nToisant tous les passants comme un roi ses sujets,\nEt cinglant du manteau cette race servile,\nImpétueusement je traverse la ville\nEt la campagne, en fête, ayant je ne sais quoi\nDe viril et de fer soufflant derrière moi!\n\n                        PREMIER ABBÉ\nSi tu veux de l'hiver, Pierrot, je te conseille\nLe Champagne frappé : c'est l'hiver en bouteille,\nC'est le seul qui me rie!...\n\n                           PIERROT\n                               Oh! la neige me rit!\nElle a je ne sais quel mystérieux esprit\nQui semble un paradoxe exquis de la nature.\nElle est la fantaisie, elle est la fioriture\nDe ce inonde banal, uniforme et malsain :\nLa neige me ressemble, et je suis son cousin!\n\n                        DEUXIÈME ABBÉ\nLa neige est ta cousine'? Eh! c'est un fier lignage!\nNous ne te savions pas ce nouveau cousinage !\n"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": 90, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1518, "texte": "                                 —    90   —\n\n\n\n                            TROISIÈME ABBÉ\nElle est blanche; il est gris : le cousinage             est   clair!\nDis « ma tante » à la lune!\n\n                            PREMIER ABBÉ\n                                           Et « mon oncle » à           l'hiver!\n\n                            TROISIÈME ABBÉ\n\nLà-bas,     au Pôle Nord,      n'as-tu point   de   petites\nSœurs?\n                            PREMIER ABBÉ\n\n            Ni de belle-mère      avec des stalactites     ?\n\n                             DEUXIÈME ABBÉ\n\nPour      boire à leur santé débouchons        ces flacons !\n\n                                 PIERROT\n\n Vos concetti sont lourds à côté des flocons\nDe la neige qui tourne et qui valse et qui chante!\nTombe, hermine des c i e u x , sur la cité   méchante,\nTombe comme un pardon sur ces êtres épais !\nCouvre-les de candeur, de silence et de paix!\nEt quand tous dormiront     de leur sommeil       stupide,\nLe page Fleur-d'Hiver    prendra son vol      limpide,\nLoin de leur rêve impur, vers la pâle forêt\nOù les lys de l'azur éternel, en secret,\nPleureront   doucement, un à un, sur sa tête.\nEt pour le consoler de votre ivresse bête,\nA travers les rameaux     des vieux ormes       frileux,\nLa lune penchera ses rayons        fabuleux,\nEt mon cœur chantera dans ces flûtes d'ivoire !\n\n                             PREMIER ABBÉ\n\nUne dernière fois, mon ami, veux-tu boire 1\nLa moutarde finit par me monter au nez !\nVeux-tu boire, à la fin, ou je...\n"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": 91, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "                              — 91 —\n\n\n                              PIERROT\n                                     Vous y tenez ?\nEh bien, oui! je boirai. Holà! le plus grand verre!\nClarence! ton tonneau! Ta botte, Bassompierre!\nUn verre musical et profond comme un puits!\n             (Il se précipite au dehors et revient avec sa coupe pleine de neige.)\n\n                          PREMIER ABBÉ\n\nHé! garçon, du     Pomard!\n\n                        DEUXIÈME ABBÉ\n\n                                 Holà! garçon, du Nuits!\n\n                              PIERROT\n\nNon ! mais un vin plus fort que toutes vos tisanes,\nA igu, brillant et froid comme les pertuisanes,\nUn vin couleur du temps, un vin couleur de l'air,\nEt ce vin, c'est la neige, et je bois à l'hiver!\n                               (Pendant ce toast, entrent Arlequin et Mezzetin.)\n\n                             ARLEQUIN\n\nLe toast est, sur ma foi, le plus galant du monde,\nMais il n'est pas certain que l'hiver te réponde.\nMoi, je bois au printemps, car je suis amoureux !\n\n                         PIERROT (étonné)\n\nAmoureux!\n                             LES ABBÉS\n\n               Il est fou !\n                      MEZZETIN (avec intérêt)\n\n                                Mais non : il est         fiévreux.\n\n                         PREMIER ABBÉ\n\nSavez-vous d'où lui vient ce bel enthousiasme?\nDe la neige!\n                              ARLEQUIN\n\n               Il a    bu!\n"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": 92, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "                              — 92 —\n\n\n                              MEZZETIN\n                          Qui sait? C'est un miasme,\nC'est une maladie inédite, un nouveau\nTrouble de l'estomac, du foie ou du cerveau.\nEst-ce contagieux?\n                              PIERROT\n                       Pas du tout : prends un siège.\n\n                           MEZZETIN (pensif)\nSi c'était un remède?...    Oh! garçon, de la neige!\n\n                              PIERROT\nCe n'est pas un    remède!...\n\n                      MEZZETIN (se ravisant)\n\n                          Ah!... garçon, du Kumme\nCest pour me réchauffer, car je souffre du gel.\nComme remède, hélas! ce Kummel est bien fade!\n\n                              PIERROT\n\nHélas! non, Mezzetin : je ne suis point        malade.\n\n                              ARLEQUIN\n\nNi malade, ni fou, mes amis! — Amoureux !\nJe m'y connais; c'est comme moi : je suis heureux.\nJe rougis, je frémis, je sens mon cœur éclore.\nL'amour se lève en moi rose comme une aurore,\nEt je suis fou des fleurs qui fleuriront demain.\nJ'aime. Je vais aimer. On dirait qu'une main\nMystérieuse et frêle et pleine de paresse\nS'alanguit sur mon front pensif, et le caresse,\nEt c'est une douceur dont f ai peur de mourir.\n\n                   MEZZETIN (observant Arlequin)\n\nDe quoi diable Arlequin peut-il bien se nourrir?\nSes yeux sont frétillants et ses oreilles roses.\n"}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": 93, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1788, "texte": "                           -   93   -\n\n                       PREMIER ABBÉ\nPierrot boit de la neige, et lui broute des roses!\nCe sont là deux façons neuves de s'affamer !\n\n                          ARLEQUIN\nEcoute-moi, Pierrot! J'aime, je vais aimer!\nEt mon âme se fond dans cette rêverie.\nElle est pure, elle est fraîche, et c'est une prairie\nEnfantine, couleur de songe et de matin,\nUne prairie humide, où l'haleine du thym\nEt le profond parfum des herbes écrasées\nEmbaument le riant exil de mes pensées.\nDis-moi, Pierrot, mon cher Pierrot, dis-moi pourquoi\nQuelqu'un est là, tout près de moi, derrière moi,\nQui me regarde et dont je sens les yeux nocturnes\nM'ensorceler la chair de baisers taciturnes,\nEt que je ne vois pas, et dont le cœur aimant\nPalpite sur mon cœur, et vient obscurément,\nComme un écho lointain de la houle marine,\nS'apaiser et s'éteindre, ici, dans ma poitrine !\n— Ton cœur, n'est-il pas vrai, ressent le même émoi ?\n Tu ne dis rien... Pierrot, je t'ai blessé...\n                       PIERROT (à Arlequin)\n(A part)                                        Tais-toi!\nCet Arlequin me trouble. Amoureux! Je l'envie,\nEt sa douceur m'irrite. On dirait que la Vie\nSe sert de cet enfant cruel pour m'assiéger.\n(A Arlequin) — Taisez-vous, Arlequin ! Pierrot, c'est l'étranger,\n C'est le passant qu'on ne connaît jamais, l'avare\nDe son cœur orageux et fou, c'est le barbare\n Qui pleure de ce qui vous fait rire, et qui rit\nDe tout ce qui vous fait pleurer, c'est un esprit,\n Une lumière espiègle et pensive qui vibre\n Un peu plus haut que votre amour! Pierrot est libre!\n— Et ne me parlez plus, car vous m'offenseriez!\n\n                           ARLEQUIN\n Comme vous aimeriez, Pierrot, si vous aimiez!\n                                        (Entrent Cassandre et Eliane.)\n"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 94, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1473, "texte": "                          — 94 —\n\n                        CASSANDRE\n\nTout beau! Que disait-on, et pourquoi ce tapage?\nVous parliez politique ?\n\n                         ARLEQUIN\n\n                          Oh ! non !\n\n                      ELIANE (à Arlequin)\n\n                                       Bonsoir, mon page!\nBonsoir, Monsieur Pierrot!...   Vous ne dites plus rien\nMaintenant ; c'est très mal. Messieurs, savez-vous bien\nQue c'est inconvenant, et que je pourrais croire\nQue vous parliez de moi?\n\n                       PREMIER ABBÉ\n\n                              C'est une sotte histoire,\nMadame. Mezzetin est malade et se plaint\nDe battements de cœur quand son broc n'est pas plein,\nEt puis ne souffle mot jusqu'à ce qu'il soit vide.\nArlequin, votre page, est devenu candide\nEt chante des sonnets dignes d'un écolier\nAmoureux de sa bonne; et quant au chevalier\nDe la blanche figure, il mange de la neige,\nBoit à la santé de l'hiver, du gel, que sais-je!\nIls sont fous, archifous, refous, et contrefaits ! !\n\n                         CASSANDRE\n\nEh quoi? Vous n'avez pas de passe-temps plus     doux?\n\n                      DEUXIÈME ABBÉ\n\nIls sont là tous les trois, mornes, défaits, lugubres,\nComme de lourds pédants et des pions insalubres !\nPierrot, croque-mort blanc, essence de vieillard,\nOn va te saluer ainsi qu'un corbillard!\n\n                      TROISIÈME ABBÉ\n\nEnterreur de la joie, échanson des ténèbres,\nTu feras ton chemin dans les pompes funèbres !\n"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 95, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1719, "texte": "                                -     95     -\n\n\n                             PREMIER ABBÉ\n\nTu ressembles autant à ton blanc     devancier\nQue le fils d'une reine au fils d'un épicier !\n\n                     DEUXIÈME ABBÉ (à Arlequin)\n\nPareils à des serpents, souples et       mirifiques,\nLes premiers Arlequins    étaient moins       pacifiques.\nLeur perfidie exquise ondulait et sifflait ;\nEt le spectre solaire en fleur les habillait.\n Toi tu n'es pas leur fils : regarde ton costume!\nCar tu n'es même pas un Arlequin posthume !\nNon, tu n'es pas le fils des fils de l'arc-en-ciel :\n Ton habit noir et blanc a l'air officiel;\nEt je songe, en pleurant sur ces couleurs           austères,\nA quelque vieux damier souillé par des notaires !\n                                  (Pierrot se voit dans la glace et jette un cri.)\n\n                                ARLEQUIN\nPierrot,    qu'as-tu ?\n                                    ELIANE\n\n                         Pierrot,     vous       souffrez     ..\n\n                                MEZZETIN\n                                                                   Qu'est-ce ?\n                 PIERROT (étendant la main vers la glace)\n                                                                                 Là!\n Là!...      Quelqu'un....\n                                                            (Il s'évanouit.)\n\n                                    MEZZETIN\n\n                          Il est    mort!...\n                      ELIANE (se penchant sur Pierrot)\n                                                        O la bigarre,          ô la\n Douce figure pâle !...\n\n                                    ARLEQUIN\n\n                                Il va        mieux.\n"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 96, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1330, "texte": "                              -        96-\n\n                             CASSANDRE\n                                               . Une crise\nLégère....\n                              ELIANE\n              II est sauvé.\n                             ARLEQUIN\n                                    C'est fini.\n                            PREMIER ABBÉ\n                                                    Ça     dégrise\nDésagréablement.\n                             CASSANDRE\n                   Messieurs, ma nièce et moi,\nPour vous dédommager     de cet instant d'émoi,\nNous vous invitons tous à venir, vers onze heures,\nSouper demain chez    nous...\n\n                            PREMIER ABBÉ\n                                       Il faudra    que tu      meures\n Encor plus   d'une fois,   Mezzetin      !...\n\n                              CASSANDRE\n                                               Est-ce fait ?\n\n                            PREMIER ABBÉ\n Accepté!\n                            DEUXIÈME ABBÉ\n              De grand      cœur.\n\n                              CASSANDRE\n                                     On sera       satisfait.\n\n                                    ELIANE\n  Vous viendrez,      Mezzetin?\n\n                                  MEZZETIN\n                                      C'est un honneur          extrême.\n"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": 97, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1774, "texte": "                                    — 97 —\n\n                                     ELIANE\n\n    Amenez donc Pierrot!... (à Arlequin) Et si tu veux qu'on t'aime,\n    Amène ton Pierrot... A demain.\n\n                                  CASSANDRE\n\n                                             A demain !\n\n\n\n\n                              SCÈNE DEUXIÈME\nL'avenue qui mène à la villa d'EUane. Paysage de neige, et de grands arbres givrés\n                             Bourrasque et clair d'étoiles.\n\n\n                                    PIERROT\n\n    Suis-je encor loin? Oh! oui! Tant mieux! Si ce chemin\n    Où je marche voulait marcher en sens inverse,\n    Je marcherais ainsi, toujours... Il neige à verse,\n    Le ciel est aussi noir qu'un nègre, et le vent fou\n    M'échevèle et me plie en deux, et dans le cou,\n    M'applique éperdûment ses froides lèvres blanches!\n    Comme un oiseau blessé je bats l'air de mes manches,\n    Et j'ai peur d'arriver où l'on m'attend.\n    (Il fait quelques pas.)                           Mon   sort\n    Se jouera cette nuit, et je me sens moins fort\n    Qu'avant ce maudit soir de carnaval!... Je tremble.\n    Quelque danger lointain me menace...\n                                        (Ecoutant.)\n                                                      ... Il me semble\n    Qu'on me parle tout bas...\n                                 ...« Pierrot, dis-moi pourquoi\n    Quelqu'un est là, tout près de moi, derrière moi,\n    Qui me regarde et dont je sens les yeux nocturnes\n    M'ensorceler la chair de baisers taciturnes.\n    Et qui »...\n              Je ne sais plus... Arlequin m'a fait mal.\n    J'ai peur de cet enfant : il me sera fatal...\n    ...Je sens des roses sous la neige...\n                                             ...« Une paresse\n"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1448, "texte": "                                   - 98 -\n   S'alanguit sur mon front pensif et le caresse !\n   — Et ne me parlez plus, car vous m'offenseriez !\n   — Comme vous aimeriez, Pierrot, si vous aimiez! »\n   ... O ce bel Arlequin, je crois que je l'envie!\n   Arlequin cependant, ce n'est rien que la vie,\n   Que la jeunesse... hélas! ce n'est rien que cela!\n   Rien que cela!...\n                             ARLEQUIN (de loin)\n\n                         Tra là! La hi là. La ho là!\n\n                                   PIERROT\n   Faut-il rester Pierrot, ou bien cesser de l'être ?\n   Pourquoi vais-je là-bas ? Je ne suis plus mon maître,\n   Et j'obéis. A qui? Je ne sais.\n\n                             ARLEQUIN (de loin)\n\n                                       La ho là!\n\n                                  PIERROT\n\n   C'est la jeunesse. Rien que cela, que cela!\n   Le rêve le plus fier vaut-il que l'on dédaigne\n   La naïve douleur d'un cœur jeune et qui saigne ?\n   Vivre et rêver? Rêver ou vivre? Il faut choisir.\n                                                   (Il sonne à la porte d'Eliane.)\n\n\n\n\n                       SCÈNE TROISIÈME\nLe boudoir d'Eliane, couleur lilas mourant. Une psyché. Des fleurs. Une haleine\n                 d'ambre traîne dans les rideaux. Arlequin danse.\n\n                                 ARLEQUIN\n\n  La hi la! La ho la! — Pierrot!\n\n                                  PIERROT\n\n                                           Vous\n"}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1432, "texte": "                                — 99 —\n\n                                ARLEQUIN\n                                          Que! plaisir\nDe te revoir avant les autres!... Ma cousine\n Va venir : elle est là, dans la villa voisine,\nEt m'a prié de te distraire en attendant. .\nMon oncle est en affaire avec son intendant :\nIl déguste les vins destinés à la fête,\nEt ses préparatifs lui font tourner la tête !\n\n                            PIERROT (contraint)\n\nJe ne vous retiens pas,         Arlequin.\n\n                                ARLEQUIN\n\n                                            Tu m'en veux?\nJe t'ai   froissé...\n                                 PIERROT\n\n                       Du tout... Je suis un peu    nerveux;\n\n                               ARLEQUIN\nBien vrai?\n                                PIERROT\n             Mais oui!\n                               ARLEQUIN\n\n                        Tant mieux!... Tourne, que je te voie!\nEncore! Ton habit est beau.. C'est de la soie...\nCassandre ne veut pas que je m'habille ainsi.\nIl est laid, n'est-ce pas, mon oncle? Il est aussi\nGrognon et déplaisant que mon maître d'école...\nC'est mal ce que j'ai dit ?\n\n                               PIERROT\n\n                                 Très mal, ô tête jolie !\nCar iu pourrais        très bien lui ressembler plus tard!\n\n                               ARLEQUIN\nMoi!\n                                                               7\n"}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1355, "texte": "                                  100\n\n\n                                PIERROT\n      Toi!\n                             ARLEQUIN\n             Moi ressembler à Cassandre, un       vieillard!\n\n                              PIERROT\n Cette flamme : Arlequin! Cassandre : cette cendre!\nLe plus bel Arlequin fait le plus froid    Cassandre.\nBeau page imberbe et blond, charmant petit coquin,\n Vous aurez quelque jour aussi votre Arlequin,\nAuquel vous prêcherez l'abstinence et le jeûne !\nIl aura ce grand tort à vos yeux d'être jeune,\nEt vous aurez aux siens ce grand tort d'être vieux!\n\n                             ARLEQUIN\nVieillir? Mourir un peu tous les jours! J'aime        mieux\nVieillir en une fois d'un coup de carabine!\n\n                             PIERROT\nBravo! Bravissimo! Bayard!        Mais Colombine\nMais Eliane? Mais...\n                             ARLEQUIN\n                       Mais elle m'aimera\nAvant !\n                             PIERROT\n          Peste! Et sinon?\n                             ARLEQUIN\n                             Sinon? Elle   attendra\nSous l'orme!\n                             PIERROT\n               Sous le saule!\n\n                             ARLEQUIN\n                          Elle vient! Je m'esquive!...\nTa main?... A la bonne heure!... Et vive Pierrot! Vive\nArlequin! Vive nous! Vive tout le monde! (Il sort.)\n"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": 101, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1594, "texte": "                                     —    101 —\n\n\n(Entre Eliane; elle porte au poing une perruche attachée par une chaînette d'argent.)\n                               PIERROT (à Eliane)\n\n     Saute comme un pantin qu'on tire par un fil.\n     A ses talons légers je crois qu'il a des ailes.\n     Et c'est un tourbillon d'oiseaux joyeux et frêles\n     Qui scintille et qui neige et qui fuse en jasant.\n     Il ne courberait pas un brin d'herbe en dansant.\n      Votre cousin devient un jeune homme, Madame.\n     Il ne s'en doute pas, mais je crois, sur mon âme,\n     Que vos jolis yeux pers l'ont métamorphosé.\n\n                                      ELIANE\n\n     Arlequin? cet enfant!... Il serait bien osé\n     Et bien impertinent, n'est-ce pas?\n\n                                     PIERROT\n\n                                         Mais, Madame,\n     S'il est impertinent, ce sentiment là, dame!\n     Tous mes concitoyens sont des impertinents.\n\n                                      ELIANE\n\n     Vous vous trompez : tous ne sont pas inconvenants\n     A ce degré...\n                                     PIERROT\n\n                         Vraiment?\n                                         ELIANE\n                                 La surprise est flatteuse!\n      Je ne vous savais pas l'humeur complimenteuse\n      A ce point. Cher Monsieur, vous êtes fort galant;\n      Et vous ne sauriez pas vous montrer insolent\n      De cette façon, vous!\n                                      PIERROT\n\n                           Arlequin vous adore,\n      Il vous aime, Madame, et n'en sait rien encore...\n"}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": 102, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "                            — 102 —\n\n\n                                 ELIANE\n\nVous plairait-il,   Monsieur, d'avancer ce fauteuil?\n\n                        PIERROT (obéissant)\n\nIl vous parle : sa voix chante comme un bouvreuil\n Tout au fond de son âme, et lorsqu'il vous regarde,\nIl a les yeux fleuris...\n                                 ELIANE\n\n                        Monsieur, prenez donc garde.\nIl vient par cette porte un affreux vent-coulis.\nFermez à double tour...\n\n                        PIERROT (même jeu)\n\n                             Il vous aime, je lis\nSi bien dans sa pensée...\n                         ELIANE (nerveuse)\n\n                       Oh! la plaisante histoire,\nQue vous me chantez là, Monsieur. Je pourrais croire\nQue vous venez ici me demander ma main...\n\n                          PIERROT (étonné)\nMoi,    Madame?\n                                 ELIANE\n\n              Attendez!... au nom de ce gamin.\nTâchez donc d'écouter avec intelligence.\n\n                                 PIERROT\n\nMais, Madame, je       vous...\n\n                          ELIANE (piquée)\n\n                          Vous êtes d'une agence ?\nVous plaidez avec feu pour les autres, mais quand\nCest pour vous, cher Monsieur, êtes vous éloquent\nAussi? Vous jouez bien les menuets des autres,\nTrop bien ; mais à présent jouez moi donc les vôtres ;\n"}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": 103, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "                            — 103 —\n\nVotre musique, à vous, doit avoir des appas...\nJ'écoute...\n                           PIERROT (sec)\n\n           Excusez-moi     : je ne compose pas!\n\n                         ELIANE (minaudant)\n\nQue regardez-vous là, Monsieur? est-ce ma ruche?\nElle est du bon faiseur... ma guimpe?\n\n                             PIERROT\n\n                                               La perruche!\n                              ELIANE\n\nComment la trouvez-vous?\n\n                             PIERROT\n\n                           Adorable! Or et feu.\nUn vrai rubis qui vole... oh! c'est pour elle un jeu\nCharmant que d'être ainsi sur votre doigt perchée...\n\n                         ELIANE (riant faux)\n\nVous enviez son sort?\n                             PIERROT\n\n                          Non! Elle est attachée!\n\n                  ELIANE (s'animant peu à peu)\n\nA merveille! Monsieur Pierrot! le tour est fin,\nDélicat, transparent, et je comprends enfin\nLe rébus!... Vous aimez les perchoirs sans chaînettes!\nJe ne prise pas fort, pour moi, vos devinettes :\nQui vous donne le droit de me parler ainsi?\nLe perchoir ne veut pas d'un perroquet transi.\nDispensez-moi, Monsieur, d'écouter ces sornettes!\n\n                PIERROT (avec un salut ironique)\n\nVous m'offrez le perchoir, mais avec les chaînettes !\n"}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": 104, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1437, "texte": "                          — 104 —\n\n\n                            ELIANE\n\nMais vous êtes un fat, Monsieur, un malappris!\nQui pensiez vous entendre et qu'aviez vous compris ?\nJe vous connais très peu. Mon oncle vous invite.\nJe vous reçois. On cause, on plaisante, et puis, vite,\nSur un mot, sur un seul, Monsieur Pierrot sourit\nAvantageusement, et se met dans l'esprit\nQu'on l'aime, et puis ce soir il ira, par la ville,\nDans l'âme des badauds mirer son âme vile,\nEt leur dire : « Eliane? Elle m'aime, mais moi,\nMoi, je ne l'aime pas! »\n\n              PIERROT (regardant longuement Eliane)\n                           Non certes ! Sur ma foi,\nCette aventure-là doit demeurer secrète.\nEt l'on sera discret, si vous êtes discrète!\n\n                            ELIANE\nDiscret! Discrète! Ah! c'est ineffable! Je vous\nSais gré, Monsieur, de vous montrer si doux!\nVotre impromptu n'est point d'un comique ordinaire.\nVous pourriez le nommer : « L'Amant Imaginaire »\nEt nous en amuser à souper aujourd'hui !\n\n                            PIERROT\nVous vous contenterez de « L'Amant       malgré lui! »\n\n                     ELIANE (toisant Pierrotj\n\nAlors vous êtes sûr, Monsieur, que je vous aime?\n\n                     PIERROT (simplement)\nMais oui!\n                            ELIANE\n            Qui vous l'a dit?\n\n                            PIERROT\n                             Hermione elle-même!\nDu Racine tout pur ! C'est un fort bon auteur !\n"}, {"page_pdf": 128, "page_imprimee": 105, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1582, "texte": "                              — 103 —\n\n\n                          ELIANE (s'oubliant)\n\nDu Racine arrangé par un contrefacteur!\nIl se pourrait, Monsieur, qu'on sifflât votre pièce.\nCassandre est un puriste; il adore sa nièce.\nConvenez qu'il aurait le droit, si je voulais,\nDe vous faire chasser d'ici par ses valets,\nComme un lâche insulteur de femmes que vous êtes,\nA grands coups de balai sur votre échine!\n\n                               PIERROT\n                                            Faites.\n Vous m'aimez, Eliane!... Eh bien? Et vos valets?\nJe voudrais bien les voir, ainsi que vos balais'!\nVous ne balayez pas !\n\n ELIANE (courant vers la porte, puis soudain dans les bras de Pierrot)\n\n                         Je t'aime! J'étais folle!...\nPardonne-moi : j'ai tant souffert! Je suis frivole,\nCoquette'; je n'avais jamais aimé, j'avais\nL'âme sèche, l'esprit vide, le cœur mauvais.\nTétais la Célimène inconstante et légère;\nAu véritable amour je restais étrangère,\nEt je riais des pleurs que l'on versait pour moi ;\nMais maintenant je suis une autre femme; toi,\nTu comprendras cela, tu seras secourable\nA la femme vaincue, à l'être misérable\nEn qui tu fais éclore un lys surnaturel,\nUn beau lys aussi blanc que la neige et le gel!\n\n                              PIERROT\n\nJe n'aimerai qu'un lys du jardin de la Lune,\nEt qui se fanerait sous vos doigts.\n\n                               ELIANE\n                                    Je suis une\nMalheureuse qui t'aime, oh! qui t'aime! Depuis\nCe jour, ce jour cruel où je t'ai vu, je suis\nUne autre femme! Je me hais, je me renie !\n"}, {"page_pdf": 129, "page_imprimee": 106, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1783, "texte": "                             — 106 —\n\nPitié! Pitié de moi. Toute mon ironie\nEst mortel C'est par toi que j'appris la douceur!\nJe veux être à la fois ta maîtresse et ta sœur.\nPitié! Ne marche pas sur mon cœur! c'est impie\nD'écraser celle qui s'abdique, qui s'expie\nElle même, et qui couche à tes pieds son orgueil.\n Tu ne peux plus sortir de ma pensée en deuil,\nTu me hantes, tu me possèdes, je n'existe\nQu'en toi, par toi, pour toi... Je t'ai vu pâle, triste,\nSouffrant du mal obscur de n'être pas aimé!...\n                                                        (La perruche s'envole.)\n\n                     P I E R R O T (secouant la tête)\n\nEliane lit mal dans un livre        fermé.\n                        ELIANE (hors d'elle)\n\nFrappe-moi, meurtris-moi, mais parle. Ton silence\nMe tue. Oh ! par pitié, vois ce cœur qui s'élance\nFrileusemement vers toi comme un oiseau mouillé.\nIl saigne, si la vie amère l'a souillé,\nIl saigne, mais ce sang lave comme un baptême.\nSois bon, ne raille pas, aime celle qui t'aime.\n Calme-la, guéris la d'un baiser tiède et pur!\nRéapprends lui, Pierrot, la lumière et l'azur!\nJe t'aime... Ecoute-moi!... Je connais ta souffrance,\nEt je la guérirai! Laisse cette espérance\n Voltiger dans mon cœur comme un parfum subtil!\nN'est-il pas vrai que tu souffrais hier, n'est-il\n Pas vrai? Rappelle-toi, Pierrot, ce soir de fête...\n\n                          PIERROT (à part)\n\n Je me rappelle tout!... O cette étrange tête\n Fraternelle et si douce, et qui me ressemblait!\n Cette tête pensive et pâle qui voulait\n Partager ma chimère et ma mélancolie!...\n La reverrais-je encor si j'aimais l'autre?... (à Eliane) Oublie,\n O pauvre âme en tumulte ! Oublie ! Cet amour\n Qui te métamorphose et t'éclaire, le jour\n Où j'en aurais pitié, deviendrait de la haine !\n"}, {"page_pdf": 130, "page_imprimee": 107, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1464, "texte": "                            — 107 —\n\nEcoute... C'est la fin de toute ivresse humaine,\nEt ce serait la fin de la nôtre, vois-tu!\nSi je refuse, va ! ce n'est point par vertu,\nNi par orgueil, ni par vanité, ni par feinte,\nNon...\n                              ELIANE\n\n         Mais alors, pourquoi? Dis-moi pourquoi?\n\n                              PIERROT\n\n                                                      Par   crainte!\n                               ELIANE\nPar   crainte?\n                             PIERROT\n\n              Je me sens, moi le fou, le railleur,\nLâche devant l'épreuve et devant la douleur.\nTu connais peu la femme, ô femme trois fois femme !\nMais nous serions demain la fable de Bergame.\nCrois-moi. Ce bel amour vient d'une vanité\nDe femme : je n'ai pas, comme d'autres, été,\nLamentable et piteux, languir sous ta fenêtre.\nEliane vaincue a rencontré son maître.\nTon âme de coquette a bondi sous l'affront,\nEt c'est par vanité que tu courbes le front !\nVanité! Vanité! Voilà toute l'histoire.\nTu me ferais payer bien cher cette victoire,\nEt tu te vengerais, chaque jour, en détail.\nJ'ai peur du vent qui souffle à travers l'éventail,\nC'est le même qui souffle à travers la montagne.\nSigné : Gastibelza.\n      ELIANE (comme au sortir d'un rêve et se calmant peu à peu)\n\n                      Pauvre amour en Espagne!\n\n                              PIERROT\n\nTu n'y penseras plus, demain, à ton réveil.\n\n                               ELIANE\nHélas!\n"}, {"page_pdf": 131, "page_imprimee": 108, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1243, "texte": "                                — 108 —\n\n\n                                PIERROT\n         Comme la neige aux baisers du soleil\nTu te réveilleras froide et rose, étonnée,\nDisant : « J'avais rêvé que je m'étais donnée ! »\n\n                                 ELIANE\nAinsi, je     t'oublierai?\n                                PIERROT\n                   Sans peine, et tu riras\nDe toi même et de moi quand tu me reverras.\n\n                             ELIANE (pensive)\nPeut   être...\n                                PIERROT\n           Ton amour était une amourette.\nLa femme de Pierrot doit être une Pierrette.\nEs-tu Pierrette?\n                                 ELIANE\n                     Hélas 1\n                                PIERROT\n                               Tu n'es pas de mon sang,\nEliane !...\n                                 ELIANE\n          Et pourtant, tu tiens le même rang\nQue nous, et tes aïeux aimèrent mes aïeules!\n\n                                PIERROT\nMais les uns sont morts seuls, les autres mortes seules,\nSéparés par le sang dont ils étaient sortis,\nPunis de s'être aimés et de s'être assortis!\n\n                             ELIANE (étonnée)\nJe ne te comprends plus, Pierrot : tu m'embarrasses !\nEs-tu bien sûr de vivre?\n"}, {"page_pdf": 132, "page_imprimee": 109, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1615, "texte": "                          —    109   —\n\n\n                       PIERROT (grave)\n\n                            Ecoute : il est deux races\nVieilles comme l'azur et comme la clarté :\nL'une éprise de force et de réalité,\nBelle, luxuriante, héroïque, ravie\nPar la banalité splendide de la vie.\nEt cette race-là c'est celle des heureux !\nL'autre est la race des rêveurs, des songe-creux,\nEt de ceux qui, nés sous le signe de Saturne,\nOnt un lever d'étoile en leur cœur taciturne !\nC'est la race farouche et douce des railleurs\nQui traînent par le monde un désir d'être ailleurs,\nEt que tue à jamais la chimérique envie\nDe vivre à pleine bouche et d'observer la vie.\nC'est la race de ceux dont les rêves blasés\nSe meurent du regret d'être réalisés!\nL'une est pleine de joie, et l'autre de rancune,\nL'une vient du soleil, et l'autre de la lune;\nEt l'on fait mieux d'unir l'antilope au requin\nQue les fils de Pierrot aux filles d'Arlequin!\n\n                      ELIANE (souriant)\n\nLa chose est vraisemblable, hélas! mais peu galante,\nEt votre métaphore est par trop violente!\nOh! vous auriez bien pu, sans vous en trouver mal,\nChoisir, pour être juste, un plus bel animal!\nRequin me paraît dur!... (Elle rit)\n\n                       PIERROT (vivement)\n\n                          Ah! cet éclat de rire\nSonore, frémissant, et qui s'enfuit à tire\nD'ailes, comme un oiseau délivré vers le jour,\nCe beau rire, Eliane, emporte votre amour !\n\n                     ELIANE (riant plus fort)\n\nCette comparaison semble moins familière.\nRequin m'avait déplu : j'aime assez la volière.\nC'est d'un style plus noble, et vous avez du tact.\n"}, {"page_pdf": 133, "page_imprimee": 110, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1389, "texte": "                                    — 110 —\n\n\n                                    PIERROT\n\nVolière, plus j'y pense, est bien le terme exact!\nVous ne tarderez pas à confirmer l'image :\nCar votre âme déjà s'emplit d'un doux ramage;\nUne colombe en rêve y murmure : « Arlequin! »\n\n                                     ELIANE\n\nArlequin,      après vous? Non! Ce serait            mesquin...\n\n                                    PIERROT\n\nCe sera le plus fol oiseau de la volière !\n\n                                    ELIANE\n\nArlequin?...     Un     enfant...\n\n                                    PIERROT\n\n                         Et vous en serez fière\nPlus tard, après bien des étés et des printemps,\nQuand vous aurez trois fois ou quatre fois vingt ans !\n\n                                    ELIANE\n\nIl se peut faire. . Dieu ! j'ai perdu ma perruche !\nMa perruche!\n                           PIERROT (cherchant)\n\n                  Là?\n                                    ELIANE\n\n                         Non!\n\n                                    PIERROT\n\n                              Je la vois : elle juche\nLà-haut...     Chut!... Je la tiens!\n                                              (Rattachant l'oiseau au poing d'Eliane).\n                          — Désormais, parlez bas,\nQuand vous direz des mots qu'elle ne comprend pas!\n\n                          ARLEQUIN (du dehors)\nEliane !\n"}, {"page_pdf": 134, "page_imprimee": 111, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1456, "texte": "                                   —      111   —\n\n\n\n                                     ELIANE\n             On    attend...\n                    PIERROT (avec une politesse détachée)\n                               Prenez mon bras,      Madame.\n\n                               ELIANE (même jeu)\nAvec plaisir,       Monsieur.\n\n                               ARLEQUIN (entrant)\n\n                            Vene\\! On vous réclame\nDepuis tantôt...      mon oncle et nos amis sont là...\n\n                                   PIERROT\nQuoi ! tu ne chantes plus la hi la, la ho la ?\n\n                        ARLEQUIN (faisant la moue)\n\nOn chante quand on             veut...\n\n                                    ELIANE\n\n                                         Quelle métamorphose\nSoudaine!...\n                                   PIERROT\n\n                  Eh bien qu'as-tu? Te voilà tout morose...\n\n                           ARLEQUIN (contraint)\nMais non.\n                                   PIERROT\n                  Je t'ai blessé?\n\n                                  ARLEQUIN\n                                     Je ne vous retiens pas,\nPierrot...\n                                                    (Pierrot et Eliane sortent).\n           Il m'a joué!... C'est infâme! c'est bas!\nPierrot que j'aimais tant!... 0 la figure blanche!\nTu me le payeras cher, et j'aurai ma revanche !\n                                                    (Il se regarde dans la glace).\n"}, {"page_pdf": 135, "page_imprimee": 112, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1365, "texte": "                                 —    112     —\n\n\nA toi, Pierrot, deux mots! — Parle! — Je connais deux\nAmoureux d'Eliane, et sur l'honneur, l'un d'eux\nEst de trop!... Bien!... Très bien!... C'est superbe!\n\n                      ELIANE (entrant et se mirant)\n                                                    Une mouche\nAu coin de l'œil... une autre, ici, près de la bouche...\nOh! comme je suis rose!...\n\n                                 ARLEQUIN\n\n                                 Eliane!\n\n                                  ELIANE\n                                              Arlequin !\n\n                               ARLEQUIN\n\nQue fais-tu   là,    méchante?...\n\n                                  ELIANE\n\n                                     Et toi, petit coquin ?\n\n                         ARLEQUIN (tragique)\nJe me vengeais!\n                                  ELIANE\n                     De qui?\n\n                                 ARLEQUIN\n                                 De Pierrot !\n\n                                  ELIANE\n                                                  Ah!   Devine\nCe qu'il me demandait'/...       Ma main!\n\n                         ARLEQUIN (éclatant)\n                                                  Bonté divine !\nMais je le tuerai,     mais...\n                                  ELIANE\n\n                                     Non...\n"}, {"page_pdf": 136, "page_imprimee": 113, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1547, "texte": "                                     — 113 —\n\n\n                                     ARLEQUIN\n                                              Mais...\n\n                              ELIANE (très doucement)\n                                                           J'ai   refusé,\n     Moi!...\n                                     ARLEQUIN\n                Vrai !\n                                       ELIANE\n                         J'en aime un     autre...\n\n                               ARLEQUIN (menaçant)\n                                                     Oh!\n\n                             ELIANE (soulignant les mots)\n                                                           Qui n'a pas osé\n     Me le     dire...\n                                ARLEQUIN (fébrile)\n                         Son nom?\n                                      ELIANE\n                                      Tu le sauras...        Adieu!\n                                                               (Elle le baise au front.)\n                                     ARLEQUIN\n     Oh ! je suis fou !... Mon front !... A l'incendie ! Au feu !\n\n\n\n\n                          SCÈNE QUATRIÈME\nLa salle à manger, sombre, avec toute la lumière sur la joie du dessert. En face de la\n               grande fenêtre qui regarde le parc, une glace de Venise.\n\n                             PREMIER ABBÉ (à Eliane)\n     Mille grâces!       Vraiment,   cette fête est     charmante!\n\n                                      ELIANE\n     Un soupçon de kummel? Ou bien un doigt de menthe?\n"}, {"page_pdf": 137, "page_imprimee": 114, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1362, "texte": "                                 — 114 —\n\n\n                           PREMIER ABBÉ\nUn   doigt...\n                PIERROT (avec une galanterie dédaigneuse)\n\n            Un doigt, l'abbé, ce n'est guère, on le voit\nEn regardant les doigts de madame... Un seul doigt]\nAllez-y de la main tout entière!...\n\n                           DEUXIÈME ABBÉ\n\n                                            Adorable !\nLe voilà bien       galant!...\n\n                             ELIANE (piquée)\n\n                                 Il l'est toujours...    à table!\n\n                            PREMIER ABBÉ\nTouché!\n                                  PIERROT\n\n          C'est là surtout qu'il faut        l'être. .\n\n                                   ELIANE\n                                                         A   regret!\n                                  PIERROT\n\nA moins d'être certain d'avoir le vin discret!\n\n                                   ELIANE\n\nJe vous attendais là : cette heure est opportune!\nVous allez raconter quelque bonne fortune?\nSept hommes, au dessert, cela nous promet bien\nDeux cents confessions!...\n\n                                  PIERROT\n\n                               Sept hommes, oui; mais rien\nQu'une femme,       et ce nombre en devient dérisoire!\n\n                                   ELIANE\n\nVous avez de la femme            une idée un peu noire!\n"}, {"page_pdf": 138, "page_imprimee": 115, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1462, "texte": "                         — 115 —\n\n\n                          PIERROT\n\nNoire? Oh! non! je le jure ! Et cependant le noir\nVous va si bien!\n                           ELIANE\n\n                 Et mon idée, à moi, ce soir,\nLa croyez-vous très... blanche?\n\n                          PIERROT\n\n                                  Oh! non! mais, en revanche,\nElle pourrait bien être à la fois noire et blanche\nComme le bel habit de votre beau cousin...\nOu verte, s'il vous plaît, la couleur du raisin\nTrop haut!\n                      PREMIER ABBÉ\n\n        Assez, mon cher! à propos de ce chiffre\nEt de cette couleur vous nous joueriez du fifre?\nAssez! Et vous, Monsieur Cassandre, dites-nous,\nUne parole sage, et qui nous rende fous.\nOu bien toi, Mezzetin, chante nous ta ballade\nEn l'honneur d'Hippocrate !...\n\n                         MEZZETIN\n\n                                  Oh! fil cette salade\nM absorbe .. et je l'absorbe, et cela me plaît mieux\nQue de chanter des vers en roulant de grands yeux,\nEt de m'écerveler à raffiner des pointes !\nO salade! On devrait te manger, les mains jointes,\nSi l'on avait deux autres mains pour te manger!\n\n                      PREMIER ABBÉ\n\nMange donc, Mezzetin... (à part) Je saurai me venger!\n(à Mezzetin) Comment te portes-tu depuis tantôt, cher maître ?\n\n                         MEZZETIN\n\nPas trop mal : un moment fugitif    de bien-être,\nTrop fugitif, hélas !\n                                                             8\n"}, {"page_pdf": 139, "page_imprimee": 116, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1270, "texte": "                                  — 116 —\n\n                              PREMIER ABBÉ\n                       Et cependant tes yeux\nSont vifs, ton teint est rose...\n\n                        MEZZETIN (s'attristant peu à peu)\n\n                                         Oh ! je ne vais pas mieux\nPourtant...\n                               PREMIER ABBÉ\n\n           Regardez-le, mes amis, ses oreilles\nA travers ses cheveux semblent des fleurs vermeilles!\n\n                                  MEZZETIN\n\nOh! je me sens plus            mal!...\n\n                               PREMIER ABBÉ\n\n                                         Ta narine    frémit...\n\n                                  MEZZETIN\n\nHélas! J'ai le vertige, et j'ai           peur...\n\n                           CASSANDRE (à part)\n\n                                                Il blêmit !\n\n                               PREMIER ABBÉ\n\nTon ventre glorieux, après tant de batailles,\nN'a rien à redouter des plus vastes futailles !\n\n                    MEZZETIN (de plus en plus anxieux)\n\nMon cœur bat...\n                                PREMIER ABBÉ\n\n                Et ton nez, ardent comme un fanal,\nSemble un évêque en train de passer cardinal !\n\n                                   MEZZETIN\n Oh!     j'expire!...\n"}, {"page_pdf": 140, "page_imprimee": 117, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1223, "texte": "                              117\n\n\n\n\n                           PREMIER ABBÉ\n\n                Expirer ! La bonne comédie!\nTa face éblouissante a l'air d'un incendie!\nLes pompiers vont te suivre!\n\n                           DEUXIÈME ABBÉ\n\n                             Et demain, les lourdauds\nDe notre Observatoire apprendront aux badauds\nQu'ils ont vu quelqu'immense aurore boréale!\n\n                           PREMIER ABBÉ\n\nQuelle santé superbe !\n\n                          DEUXIÈME ABBÉ\n\n                           Effrayante!\n\n                              ARLEQUIN\n\n                                          Idéale !\n\n                              MEZZETIN\n\nJe meurs... la terre tourne... à l'aide! un médecin!\nJe suis mort!...   (Il tombe sur la table.)\n\n                            CASSANDRE\n\n                  Il suffit. On le fait à dessein.\nIl ne parlera plus, s'il est mort!... Allons, vite,\nRanimez-le...\n                         TROISIÈME ABBÉ\n\n                Veut-on que je le ressuscite?\nC'est facile : voyez plutôt!... Cher Mezzetin,\nCes rieurs sont obtus, et je te crois atteint\nBeaucoup plus gravement que tu ne veux le dire !\n\n                             MEZZETIN\n\nToi, du moins, tu      comprends!...\n"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 118, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1280, "texte": "                                  118\n\n\n                          TROISIEME ABBE\n                                Comment pouvez-vous            rire?\nNe voyez-vous donc pas qu'il est malade?\n\n                              MEZZETIN\n                                                    Oh! oui!\n                          TROISIÈME ABBÉ\n\nMalade! Très malade!... Il s'est évanoui\nDeux ou trois fois pendant qu'il mangeait la salade !\n\n                           MEZZETIN (attendri)\n\nO cet ami! comme il est bon! Je suis malade!\n\n                          CASSANDRE (à part)\nIl renaît!\n                            ELIANE (à part)\n             Il sourit!\n\n                          TROISIÈME ABBÉ\n\n                          Malade serait peu...\n\n                          MEZZETIN (souriant)\n\nOh! oui, très peu, fort       peu!...\n\n                           TROISIÈME ABBÉ\n\n                                 J'affirme, tête-bleu !\nQu'il est encor plus bas qu'il ne dit!...\n\n                              ARLEQUIN\n                                                 Son haleine\nEst   courte!\n                          TROISIÈME ABBÉ\n\n            Sa prunelle inquiétante est pleine\nD'une étrange lueur...\n                          . MEZZETIN (riant)\n\n                             C'est cela!\n"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 119, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1267, "texte": "                            —    119—\n\n\n\n                       TROISIÈME ABBÉ\n\n                                 C'est certain :\nTu n'as plus qu'un moment à vivre!...   Mezzetin!\nTu m'as l'air d'être mort!...\n\n                MEZZETIN (se jetant dans ses bras)\n\n                                 Tu me sauves la vie!\n\n                             ELIANE\n\nSi vous mourez ainsi, Monsieur, j'en suis ravie!\n\n                        PREMIER ABBÉ\n\nO ce cher Mezzetin! Pardonne : j'avais tort!\nEt maintenant, Messieurs, un cri : « Vive le mort! »\n\n                             TOUS\nVive le mort!\n                        PREMIER ABBÉ\n\n               Pierrot! tu gardes le silence!\nPourquoi ne ris-tu pas?\n\n                         PIERROT (béat)\n\n                         O divine indolence!\nCéleste nonchaloir de la fin des repas !\nJ'écoute la chanson du Kirsch : ne parlez pas.\nOh! taisons-nous : causer est une impolitesse.\nEcoutons le discours que nous tient Son Altesse\nLe Kirsch, prince allemand de très vieille maison,\nLe Kirsch, âpre seigneur de cette âpre saison,\nBeau margrave givré d'argent pâle et d'hermine,\nTraînant derrière lui l'odeur puissante et fine\nDes profondes forêts où se grise le vent!\n\n                           ARLEQUIN\n\nTout cela dans un verre'!\n"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 120, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1275, "texte": "                            —    120 —\n\n\n\n                             ELIANE\n\n                           Oh! vous êtes savant!\nVous avez le palais pédant. Voulez-vous boire\nEncore un petit brin de cette forêt noire ?\n\n                      DEUXIÈME ABBÉ\n\nRegarde? le fumer son havane, passant\nEt repassant, l'œil clos, sous son nez frémissant,\nComme une fleur de feu le rubis du cigare!\n\n                      TROISIÈME ABBÉ\n\nOh! prends garde,     Pierrot!\n\n                      DEUXIÈME ABBÉ\n                                 Tu vas te brûler!   Gare!\n                  PIERROT (aspirant son cigare)\n\nDessert! ô cher instant qu'il faut éterniser!\nO la folle chaleur! C'est plus doux qu'un baiser,\nEt j'ai l'illusion d'une lèvre amoureuse\nQui me cherche et me fuit! Quelle est donc la chartreuse\nQui pourrait m'inspirer ce rêve d'être aimé?\nEt ce rêve, ô délice, est très vite fumé!\n\n                            CASSANDRE\n\nMais à de vains propos c'est assez       condescendre!\n\n                             ELIANE\n\nDevisons d'autre chose...\n\n                            MEZZETIN\n\n                         A votre tour, Cassandre!\nVotre groupe, le centre, est-il pour le rejet\nDu budget?...\n                            ARLEQUIN\n\n               Mezzetin qui parle du budget!\n"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 121, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1138, "texte": "                                —   121 —\n\n\n                          PREMIER ABBÉ\n\nIl est fort compétent : il est lui-même un centre,\nEt ne cesse d'enfler certain budget : son ventre!\n\n                       CASSANDRE (important)\n\nLe centre, hier encor, penchait pour le rejet;\nMais je l'ai supplié de voter le budget.\nSeulement, pour porter un coup au ministère,\n— Vous n'en soufflerez mot : c'est encore un mystère! —\nNous devons proposer, tout au dernier moment,\nUn petit, très petit, petit amendement\nPar lequel on verra soudainement par terre\nLe budget côte à côte avec le ministère!\n\n                                MEZZETIN\n\nPeut-on vous demander un éclaircissement ?\n\n                            CASSANDRE\n\nFaites !\n                                MEZZETIN\n\n           Qu'entendez-vous par un amendement'!\n\n                            CASSANDRE\n\nDiable!\n                                MEZZETIN\n\n           Je vous   attends!\n\n                          PREMIER ABBÉ\n\n                                Je brûle de comprendre!\n\n                       CASSANDRE (embarrassé)\n\nCe que j'entends     par là ? Comment le leur apprendre ?\n"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 122, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1255, "texte": "                                      — 122 ——\n\n\n\n                                 ARLEQUIN (lancé)\n\n   Je vous l'expliquerais        d'un mot, si je       voulais!\n\n                                    PREMIER ABBÉ\n\n   Bravo!\n\n                                 TROISIÈME ABBÉ\n\n             Vive       Arlequin!\n\nARLEQUIN (plongeant sous la table et ramenant les mollets postiches de son oncle)\n\n                                     Voyez ces faux       mollets!\n\n                                    MEZZETIN (riant)\n   Le    drôle!\n\n                               CASSANDRE (furieux)\n\n                  L'insolent !\n\n                                      ARLEQUIN\n\n                                 Eh bien! c'est ce qu'on nomme\n    Un    amendement!!\n\n                              CASSANDRE (se levant)\n\n                            Monstre!       Assassin!\n\n                                        ELIANE\n\n                                                       Le pauvre     homme!\n\n            CASSANDRE (poursuivant Arlequin autour de la table)\n\n    Ma canne!\n\n                    ARLEQUIN (sautant par dessus sa chaise)\n\n                   Le     Derby!\n\n                                    PREMIER ABBÉ\n\n                                     Hourrah !\n"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 123, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1306, "texte": "                                    —   123 —\n\n\n                               DEUXIÈME ABBÉ\n\n                                                Très bien sauté!\n\n                                  CASSANDRE\n\n  Te voilà, pour le coup, pendard,             déshérité!\n\n                   ARLEQUIN (revenant derrière Cassandre)\n\n  Cest de la politique!...       Et puis cette perruque,\n\n                                  CASSANDRE\n\n  Le    gueux!\n\n                              TROISIÈME ABBE\n\n                 O le genou!\n\n                      ARLEQUIN (enlevant la perruque)\n\n                                  ...Qui couvre votre        nuque...\n\n                          CASSANDRE (apoplectique)\n\n Je te tûrai!\n\n                             ARLEQUIN (fuyant)\n\n              De loin!... Eh bien! cet ornement,\n Dans le jargon du crû, c'est un amendement!\n\n                     CASSANDRE (poursuivant Arlequin)\n\n Arrêtez!...      Arrêtez!\n\n                          ARLEQUIN (disparaissant)\n\n                             A bas le ministère !!\n(Tous les convives se lèvent pour s'interposer et suivent la chasse. Pierrot seul\n                        reste absorbé, devant son kirsch.)\n\n                       PIERROT (accoudé sur la table)\n\n Les voilà donc partis.,.        Je vais pouvoir me         taire,,,\n"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 124, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1839, "texte": "                         —   124 —\n\n\nJ'ai trop vécu depuis ce soir... Je veux rêver,\nRedevenir enfin mon maître, et me sauver\nDans le silence auguste et fier de ma pensée!...\nJe suis content de moi : cette fête est passée,\nEt je sens que mon âme en garde le meilleur...\nEliane, Eliane ! ô cher caprice ! ô fleur\nCapiteuse et maligne ! ô fleur cueillie en songe !\n Tu seras le plus fol et le plus beau mensonge\nDes mensonges cruels qui font la vérité,\nEt tu n'as rien souffert de la réalité!\nEt toi, son Arlequin, cœur d'enfant, cœur de soufre,\nO flamme qui fais mal, sourire dont on souffre,\nPetit cierge amoureux brûlant par les deux bouts,\nArlequin, Eliane, évanouissez-vous !\n                                                           (Il se lève.)\nCombien j'en ai déjà, pâles, coiffés de nimbes,\nCombien de ces profils féeriques, dans les limbes\nDe ma mémoire, et dans le vague clair-obscur\nDe mon âme! ô profils de tendresse et d'azur,\nAimés avant de vivre, et morts avant de naître.\nQue je n'ai pas aimés, et que j'aimais peut-être !\n                                                 (Se croisant les bras.)\nComme on devient mauvais, implacable et moqueur,\nA se pencher ainsi sur les gouffres du cœur!\nEt comme le cristal de la divine enfance\nSe fêle étrangement à la première offense!\nOn en garde à jamais un sourire attristé,\nOù la peur de souffrir semble de la fierté!\n                                                   (Regardant le parc.)\n0 la belle nuit claire! La neige au loin, la neige\nTombe sur les rumeurs du monde sacrilège,\nDouce sœur du silence et des esprits plaintifs,\nLa lune se promène, et ses rayons furtifs\nPassant et repassant sur les herbes glacées.\nCe sont les chers désirs et les chères pensées\nDe quelqu'un qui m'appelle et que je ne vois pas ...\n\n                  ARLEQUIN (entrant essoufflé)\n\nPersonne!...\n"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 125, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1611, "texte": "                            — 125 —\n\n\n                             PIERROT\n\n            Les voici : j'entends le bruit d'un pas...\nJe ne veux plus les voir... Fuyons!... Ah! (Il se voit dans la glace.)\n\n                        ARLEQUIN (à part)\n\n                                            Quelle chasse!\nCassandre renaclait comme une contre-basse;\nEliane riait; un des abbés cherchait\nA retenir la contre-basse, et moi, l'archet\nDe ce gros instrument orageux et classique,\nJ'allais comme le vent, de peur de la musique!\nTiens! Je ne suis pas seul... Pierrot!... Que fait-il là?\nOn dirait qu'il répète un menuet!...\n\n                  P I E R R O T (regardant son image)\n\n                                        O la\nDouce apparition, ô la lumière en fête!\nJe la revois... c'est elle, elle-même, la tête\nFraternelle et si pure, et qui me ressemblait ;\nCette tête pensive et pâle qui voulait\nPartager ma chimère et ma mélancolie!\nElle bouge... Elle vit...\n\n                        ARLEQUIN (à part)\n\n                         Si l'on croit que j'oublie\nLe bon tour que Pierrot a voulu me jouer,\nJe consens, sur mon âme, à me laisser rouer !\nEcoutons... cet écran peut avoir des oreilles! (Il se cache.)\n\n                     P I E R R O T (se contemplant)\n\nC'est un autre, et c'est moi... ses lèvres sont pareilles\nA u sang vierge d'un cygne assassiné, ses yeux\nProfonds comme des cieux, ses yeux        mystérieux\nSont deux lacs de tristesse et de candeur où sombre\nLe soir silencieux de mes yeux, et dans l'ombre\nPlus lointain qu'un espoir et plus pur qu'un regret,\nSon visage éploré me suit comme un portrait.\n"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1377, "texte": "                             — 126 —\n\n\n                            ARLEQUIN\n\nA qui parle-t-il   donc de sa voix lente et basse?\nPersonne!...\n                      PIERROT (à son reflet)\n\n              Parle ! oh ! parle !\n\n                            ARLEQUIN\n\n                                     Il regarde la   glace!...\n\n                        PIERROT (s'exaltant)\n\nJe comprends maintenant!... Cétait toi, cher absent,\nCher fantôme à la fois invisible et présent,\nQui me gonflais le cœur de cette étrange ivresse!\n\n                            ARLEQUIN\n\nIl parle à son reflet...\n                             PIERROT\n\n                         Cette immense tendresse\nEparse autour de moi, ce besoin de souffrir,\nCette soif de te voir, et la peur d'en mourir,\nCes roses sous le gel, ces roses mensongères\nDont le parfum tout bas, comme des voix légères,\nM'ensorcelait la chair, ces roses folles, ces\nRoses qui fleurissaient à mes tempes, à mes\nNarines, à mes yeux, toute cette jeunesse,\nTout cela me venait de toi, n'est-ce pas ? N'est-ce\nPas? Tout cela venait de toi!!\n\n                            ARLEQUIN\n\n                                     Bon ! j'ai compris !\nLe cousin de la neige à la fin s'est épris\nDe son image!... Ah! Ah! Pierrot! nous allons rire!\nEt je me vengerai!. .\n                              PIERROT\n\n                           Tu ne veux rien me dire?\n"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1201, "texte": "    (Lent et presque chanté)\n  O cœur plein de mon cœur, vaste comme les mers,\n  Espoir inexaucé de mes lèvres hautaines,\n  Qui nous a révélé ces ivresses lointaines,\n  Par delà l'heure triste et les baisers amers?\n\n                               ARLEQUIN (répétant)\n\n  Espoir inexaucé de mes lèvres hautaines,\n\n                                      PIERROT\n\n  Mes yeux       tendres et las fleurissent         tes yeux     chers,\n\n                              ARLEQUIN (même jeu)\n\n  Par delà l'heure triste et les baisers amers,\n\n                                      PIERROT\n\n  Purs comme un ciel enfant, bons comme les fontaines!\n\n                               ARLEQUIN (même jeu)\n\n  Mes yeux       tendres et bas fleurissent         tes yeux     chers !\n\n                                      PIERROT\n\n  Quel silence enivré d'étoiles incertaines !\n\n                               ARLEQUIN (même jeu)\n\n  Pur comme un ciel enfant, bon comme les fontaines,\n\n                                  PIERROT (éperdu)\n\n   Un baiser de la lune a fiancé nos chairs !\n(Il se précipite, les bras tendus, vers la glace, qu'il brise, et tombe, son habit blanc\n                                     rouge de sang.)\n"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1152, "texte": "                               — 138 —\n\n\n\n                     SCÈNE FINALE\nPIERROT, ARLEQUIN, CASSANDRE, ELIANE, MEZZETIN\n               LES TROIS ABBÉS\n\n                               PIERROT\n\n Oh ! je me suis tué!!         (Il reste absorbé.)\n\n                            CASSANDRE\n\n                           Pourquoi tout ce tapage?\n\n                          PREMIER ABBÉ\n\n Pierrot se trouve   mal!...\n\n                                ELIANE\n                               Qu'il y a-t-il, mon page?\n\n                         DEUXIÈME ABBÉ\n\n Est-ce un assassinat?\n                            CASSANDRE\n\n                         O mon pauvre         miroir!\n\n                               MEZZETIN\n\n Que s'est-il donc passé?...\n\n                     ARLEQUIN (triomphant)\n\n                          Pierrot, fou de se voir\n De trop près dans la glace, a baisé son image!\n Et voilà, mes amis, d'où vient tout ce tapage!\n\n                         TROISIÈME ABBÉ\n\n Donnez-lui donc à boire; il me paraît               soufrant!\n\n                         CASSANDRE (solennel)\n\n Et voilà ce que c'est que d'être       indifférent\n Aux choses de l'Etat!\n"}, {"page_pdf": 152, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 795, "texte": "                           — 129 —\n\n\n                               ELIANE\n\n                        Au charme d'une       œillade!\n\n                           MEZZETIN\n\n Et voilà ce que c'est de n'être pas malade!\n\n                           ARLEQUIN\n\nHé! seigneur du grésil!\n                               ELIANE\n\n                            O marquis de l'hiver!\n Vous ne dites plus   rien!...\n\n                           MEZZETIN\n\n                               Il est mort! ô mon cher\nPierrot, serais-tu mort ?...\n\n                 CASSANDRE (secouant Pierrot)\n\n                               Holà! prince du    givre!\n\n                      PIERROT (se relevant)\n\nOui, je me suis tué: mais comme je vais vivre!\n\n                                                ALBERT GIRAUD.\n\nDécembre 1886."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-03-05-n3-4-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 130, "page_fin": 134, "titre_corps": "Chronique artistique : L’Exposition des XX", "titre_sommaire": "Chronique artistique (Les XX)", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "JULES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 153, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2891, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n\n                      L'EXPOSITION DES XX\n                                           Se fortifier dans l'admiration de quelques\n                                         rares artistes et dans un dédain vaste de la\n                                        foule.\n                                                                     (INCONNU.)\n\n\n    Je leur ai une très vive et sincère gratitude, à ces XX, de contribuer\n chaque an, pendant quelques jours, à montrer le bourgeois dans toute\n la splendeur de sa naïveté. J'adore le bourgeois, le pur sang; ce m'est\n une inépuisable source de délectations profondes. Mais il devient timide\n et difficile à confesser; cela l'a effarouché de se voir parfois si hautai­\n nement méprisé; il a maintenant la pudeur de son incompréhension et\n un vague sentiment de son grotesque lui fait adopter, en matière d'art,\n quelques opinions courantes, apprises par les relations mondaines et par\n elles dictées comme la coupe d'un veston ou la cassure d'un col. Ainsi,\n maintes fois, sont salis d'admirations convenues des maîtres de dilection.\n Mais du moins, aux XX, quelle revanche ! Comme elle s'épanouit la mon­\n strueuse fleur de goujaterie! Devant cette peinture qui a toutes les audaces,\n il a, Lui, cette audace plus grande de se montrer tel qu'il est, lâchant la\n bonde à toutes les sottises, dans l'intégrale ineptie de son goût, enfin sincère,\net si curieux alors à observer, si réjouissant à entendre. Il y a des apprécia­\ntions d'une platitude ineffable, impossibles à inventer, et des cuistreries\n majestueuses qui révèlent la foncière vilénie de certanies âmes...\n    Je leur suis reconnaissant encore, à ces XX, pour m'avoir donné à\nadmirer l'un des plus gracieux tableaux modernes qui se puisse rêver. Au\njour de l'ouverture, les Salons, malgré tout l'esprit des détracteurs qui\n« zwanzent » et l'hostilité de la critique qui pontifie, étaient remplis,\nremplis à s'étouffer. Ce fut une solennité mondaine d'un caractère char­\nmant. Dans cette foule animée, bruyante, où s'apercevaient tant de physio­\nnomies intéressantes, au milieu des saluts, des rires, des conversations où\npétillait l'esprit comme la mousse en une coupe de Champagne, dans la tur­\nbulente joie de cette fête, la Femme de ce temps apparaissait. Elle apparais­\nsait dans le caprice et l'attrait de la toilette moderne, en une infinie diver­\nsité d'élégances, non l'élégance banale imposée par le couturier, mais celle\ninspirée à la femme par ce prodigieux instinct d'art qui lui fait inventer\npour sa mise des combinaisons inattendues et captivantes de lignes, des\narrangements séducteurs de nuances, cette exquise fleur de fantaisie, ce je\nne sais quoi, impossible à préciser, qui donne du style à certaines robes et\nde l'esprit à certains chapeaux! Oh! que de jolis mouvements, d'adorables\n"}, {"page_pdf": 154, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3399, "texte": "                                  — 131 —\n\n gestes, d'inoubliables attitudes furtivement surprises ce jour-là, et dans\n l'entrain général, que d'expression en les sourires et d'éclat dans les yeux !\n — Ce tableau-là était signé OCTAVE MAUS. Il faut l'en féliciter, car pour\n être éphémère, il n'en était pas moins ravissant.\n    On n'en pourrait autant dire, à mon grand regret, des plus réels tableaux\n appendus au long des murs. Toute ma bienveillance ne m'empêchera\n pas de trouver qu'il y a de bien piètres choses à l'exposition actuelle. Le\n mouvement d'art qu'elle indique est moins accentué et moins intéressant\n qu'aux années précédentes. Car enfin, soyons francs, que nous ont-ils\n appris de nouveau, soit sur eux-mêmes, soit sur la nature, ces prétendus\n apporteurs de neuf? La plupart sont restés stationnaires et piétinent sur\n place, donnant toujours la même note; il y a même plusieurs de ces nova­\n teurs qui ne font que du vieux.\n    Et tout d'abord les invités — dont on se sert généralement pour accabler\n les Vingtistes de comparaisons désagréables — sont particulièrement infé­\n rieurs. Que dire du Norwégien THAULOW et de l'Anglais SICKERT? Leurs\n noms ne sont point à retenir. Mais j'éprouve le besoin d'exprimer tout mon\n mépris pour RENAN, un bas faiseur de sèches et prétentieuses chromoli­\n thographies, s'efforçant à pasticher Cazin, juste assez pour être trouvé\n délicatement sentimental et poétique par de tout petits épiciers de Mont-\n rouge et d'ailleurs. Mais je dois dire la tristesse ressentie en constatant la\n déchéance de RAFFAËLLI. Cet artiste, qui d'une manière plus éloquente\n que nul autre avait exprimé l'âpre mélancolie des modernes banlieues, s'est\n aveuli dans le succès. Son talent, châtré de toutes ses audaces passées, a\n perdu l'envolée de son si personnel accent de tristesse et est descendu à la\n caricature méprisable, parfois même ordurière, comme en cette immonde\n Café-concert à soldats. Non pas que le sujet m'offusque, loin de là, mais\n parce que tout art y manque et que je n'y vois qu'une repoussante et\ngrossière image, pensée par un « vitrier » et destinée seulement à réjouir\nquelques vieux bourgeois libidineux. La Place de la Trinité est la seule\nchose de valeur dans son exposition. LEBOURG a un envoi trop peu impor­\ntant pour être apprécié.\n    SEURAT et PISSARRO ne me paraissent pas non plus mériter de longues\ndiscussions. Bien qu'on l'ait annoncé aux populations, on ne s'est pas du\ntout fichu de claques à leur propos. Ils peignent d'après une théorie scien­\ntifique, c'est tout dire et cela les juge. Ce sont des expériences et non des\ntableaux auxquelles ils nous convient. Ils démontrent par des équations\ncomment peut s'obtenir, presque mécaniquement, un chef-d'œuvre. Comme\nexpérience, leur peinture est à signaler; ils ont prouvé, en effet, quelle\nlumière intense on pouvait obtenir en décomposant le ton sur la toile et\nplus d'un enseignement est à retirer de leurs œuvres. En principe, cette\nvérité avait été déjà établie avant eux, au reste, par Claude Monet avec\nmoins de mathématique peut-être, mais avec plus d'art à coup sûr. Et enfin,\nla Promenade des Nounous, de THÉO VAN RYSSELBERGHE, ne\ndémontre-t-elle pas que l'on peut obtenir d'aussi éclatants effets par d'autres\nmoyens? Alors, pourquoi veut-on que je me passionne pour ces tours de\n                                                                      10\n"}, {"page_pdf": 155, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3237, "texte": "                                   132\n\n\nforce? Heureusement que le novateur laisse, chez SEURAT, malgré tout,\npercer l'artiste : voir la petite marine, à droite de la Grande Jatte, d'une\nexquise délicatesse de tons et toute vibrante d'air.\n   Avec moins de prétentions, les études de M1le BERTHE MORISOT m'ont\nretenu. Art inférieur, comme tout art de femme, nécessairement, mais per­\nsonnalité bien accusée et qualités bien françaises : la grâce, la légèreté,\nl'esprit, avec une bien pénétrante modernité, caractéristiques de toute une\nfamille d'artistes de France, de Lancret à Forain, ces deux grands petits-\n« maîtres ». M'ont requis aussi les beaux dessins de Mme MARIE CAZIN et\nson bronze : Jeunes filles, d'une pureté et d'une sérénité de lignes, d'une\ncandeur d'expression qui rappellent un peu les adorables sculpteurs floren­\ntins primitifs. Chez RODIN c'est, au contraire, la vigueur emportée, la\nfougue, l'entrain, l'ampleur, l'exubérance, avec une nervosité passionnée\net une modernité profonde, qui font la haute valeur de son oeuvre, fort\nsupérieure à tout ce que je connais de la sculpture française contemporaine.\n   Parmi les Hollandais, VANDER MAAREL a deux toiles quelconques,\nindignes de lui, que je sais être un chercheur et un délicat ; WILLEM MARIS,\ndes Vaches à l'eau et une Impression superbes, d'une opulente couleur,\navec des ruissellements nacrés de lumière ; MATHIEU MARIS, quatre petits\ntableaux, qui font désirer un envoi plus important, surtout cette admirable\nRêverie, si chaudement colorée dans une gamme de tons bruns et roux,\navec toute une poésie de mystère en ces fouillis profonds, et une grâce énig-\nmatique et inquiétante en l'enfant qui songe.... PHILIPPE ZILCKEN, enfin,\na des eaux-fortes absolument remarquables et quelques bons tableaux :\nentre autres un paysage de soir aux harmonies de lumière chaude et de\ntaillis sombres moelleusement fondus.\n   Sauf MEUNIER, les invités belges ne sont guère parmi les apporteurs de\nneuf. VERHAEREN et SMITS sont d'estimables talents, mais fort peu\nintransigeants, on nous le concèdera. ARTAN et DE BRAEKELEER n'ont\nrien non plus de bien révolutionnaire. Valeurs depuis longtemps reconnues\net classées. De DE BRAEKELEER on nous montre des choses très médiocres ;\nest-ce là la nouveauté? De lui, cependant, deux chefs-d'œuvre, deux mer­\nveilles ; les tableaux avec les prestigieux cuirs, les cuirs\n             . Où la lourde splendeur des jours passés s'endort,\n               Mystérieux et roux comme de grands lacs d'or!\n               O cuirs en qui survit l'âme des vieux soleils !\n\n   D'ARTAN, une œuvre d'élite aussi : une Inondation : dans une rue de\nvillage, la nuit, avec l'horreur des eaux fangeuses qui glougloutent, le déses­\npoir des maisons basses abandonnées, une demi-obscurité pleine d'angoisse.\n   CONSTANTIN MEUNIER, au moins, tente des efforts d'art nouveau et\nson talent s'affirme avec une ampleur qu'il n'avait point atteinte jusqu'ici.\nL'un de nos grands peintres, chez lequel malheureusement l'exécution était\nsouvent restée en dessous de la conception, il est devenu, depuis deux\nans, l'un de nos grands sculpteurs. Et ses œuvres dernières attestent\nl'incroyable énergie de son talent audacieux et s'efforçant encore, malgré la\n"}, {"page_pdf": 156, "page_imprimee": 133, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3233, "texte": "                                 — 133 —\n\ngloire acquise, comme un débutant. Son œuvre, c'est le rude et grandiose\npoème du Travail. L'un des premiers, il a compris la saisissante beauté de\nl'industrie moderne, et il est allé dans les charbonnages sinistres, dans les\nlaminoirs sombres où courent des traits de feu, où l'homme incessam­\nment lutte pour dompter la matière. Et c'est un de ces broyeurs de\nfeu, un de ces Marteleurs qu'il a campé, sauvagement énergique et fier,\ncomme un chevalier des temps anciens, avec, en plus, la morne résignation\npensive du prolétaire courbé sous le fardeau de ses fatales douleurs. Exposé\nl'an passé au Salon de Paris, le Marteleur fut acclamé par Mirbeau, on\ns'en souvient ; comme on comprend son enthousiasme!\n   Des Vingtistes, CHAINAYE, TOOROP et KHNOPFF n'exposent pas.\nCHARLET et FINCH n'exposent qu'à moitié et WYTSMAN, CHARLIER et\nVAN STRYDONCK eussent mieux fait de ne pas exposer du tout. VAN\nSTRYDONCK est d'un vulgaire qui fait frémir; ses couleurs, férocement\ntriviales, hurlent dans ses tableaux aux sujets bêtes. Plus bêtes encore sont\nles sujets de CHARLIER; je n'ai jamais rien vu de plus commun et de plus\nbanalement théâtral que son Semeur du m a l ! Oh! ce n'est pas lui — ni\nmême DUBOIS, un talent autrement nerveux et élégant, cependant — qui\nferont oublier JEF LAMBEAUX, le robuste artiste que les XX avaient avec\neux au début!\n   Une seule révélation : HENRI DE GROUX. Inconnu presque avant l'ou­\nverture, célèbre maintenant. Le dernier arrivé parmi les XX, l'un des\npremiers déjà. Nous avons ici un grand sensitif auquel il ne manque plus\nque du travail et l'expérience technique du métier pour devenir un grand\nartiste. Personnel extraordinairement, il a déjà débarrassé son talent de\nl'influence paternelle, — cet autre grand artiste, méconnu de son vivant\net qui, à côté du triomphe de son fils, triomphait, lui aussi, au milieu du\nmusée moderne réinstallé ! On a cherché de suite des comparaisons pour\nclasser ce nouveau venu ; et c'est à Delacroix qu'il a fallu remonter pour\nretrouver un correspondant enthousiasme de la couleur, une semblable\nfurie de tons éclatants et farouches ! DE GROUX a encore fort à faire ; sa\npalette, trop noire, doit s'éclaircir et se garder des tons ternes et sales ;\nmais quelle ampleur tragique, dès maintenant, dans les deux tableaux inspi­\nrés par Kees Doorik. Oh! l'admirable emportement, romantique si l'on\nveut, mais d'une horreur splendide dans ces deux corps confondus : le\nmeurtrier accroupi sur sa victime, dégrisé de l'ivresse du meurtre par le\nregard qui s'immobilise dans l'œil vitreux de l'assassiné ! Et cet Assassiné\nensuite, seul, perdu au milieu du solennel paysage du soir, le repos de la\nmort et du crépuscule descendu sur cette lutte, avec l'herbe rouge de sang\net le grand horizon au loin majestueux et serein ! — Après ces scènes de\ncarnage, j'admire fort ce Vieillard, assis raidement sur sa chaise, d'une si\nétonnante intimité, si plein de pensées, de songeries lentes et rusées de\nvieux paysan se reposant du labeur d'une vie. — Les autres esquisses,\nconfirment ces précieuses qualités. Muses! réjouissez-vous : un artiste nous\nest né !\n  JAMES ENSOR est toujours le merveilleux poète des pâtes savoureuses,\n"}, {"page_pdf": 157, "page_imprimee": 134, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2882, "texte": "                                 — 134 —\n\nle chercheur épris des chansons de la lumière et des tons vigoureux. Son\nPortrait, ses Natures mortes si crânement brossées, sa Vue de ville, affir­\nment à nouveau le puissant coloriste que nous connaissions. Mais il semble\nvouloir chercher maintenant autre chose et tenter un nouvel effort. Dans\nses Visions, ces dessins extraordinaires où trop souvent réapparaît le souve­\nnir de Rembrandt, il y a toute une nouvelle voie ouverte pour lui. L'Entrée\nà Jérusalem, qui a si fort étonné, est, à peu de chose près, superbe; c'est\ncomme un carnaval gigantesque, symbolisant la Rue moderne.\n  ANNA BOCH. Is. V E R H E Y D E N , W.   SCHLOBACH, T H . VAN RYSSEL­\nBERGHE ne m'attirent qu'à demi. Les deux premiers sont en décadence mar­\nquée; les deux derniers indiquent un léger progrès, surtout dans leurs por­\ntraits (portrait de M. De la Hault, portrait de dame en blanc). Tous quatre\nsont d'excellents peintres, talents honnêtes et sympathiques auxquels on\ns'intéresse, connaissant bien leur métier, mais, disons-le franchement, trop\nsages et desquels on désirerait moins de perfection et plus d'originalité.\nLes critiques sont si grincheux que je serais presque tenté de faire le sou­\nhait contraire à DARIO DE REGOYOS ; il a tant de qualités et les fait si mal\nvaloir !\n   Plus je vois de tableaux de GUILLAUME VOGELS, plus me subjugue\nson admirable talent. C'est certainement l'un des grands paysagistes que\nnous ayons eus en Belgique. Les huit toiles qui forment son envoi de cette\nannée sont toutes de haute valeur et je n'ose faire un choix : l'Estacade\ndans le brouillard me plaît surtout. Comme il sait faire chanter les joies\nde la couleur, les délicatesses des nuances, l'infinie variété des tons, le\nmaître peintre! Mais je l'aime non seulement pour sa prestigieuse palette,\nmais aussi pour son interprétation si personnelle et si captivante de la\nnature! Il sait mettre, en ses harmonies de couleur, tout un monde de flot­\ntantes songeries; la vie partout bruit et se révèle; les frissons des arbres,\nles craquements des sèves, les murmures des sources, les palpitations des\nvapeurs et des nuées, et dans les taillis sombres, près des canaux placides\net redoutables, dans les neiges solitaires, dans les soleils couchants où\nsaigne la rouge lumière, toujours palpite un mystère, se pressent une tra­\ngique histoire, comme des souvenirs de crime caché ou de méfait lugubre!\n   FÉLICIEN ROPS a trois dessins merveilleux : la Dame à la fourrure,\nperverse et féline, Une Gueuse, déchéance affreuse de la fille, et le Guéris-\nseur de fièvres, ce dernier le meilleur des trois.\n   Je parlerai, dans un prochain article sur ODILON REDON, en même\ntemps que de l'album la Nuit et de Profil de lumière, œuvres récentes,\ndes admirables dessins destinés à illustrer le Juré.\n                                                     JULES DESTRÉE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-03-05-n3-4-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 135, "page_fin": 138, "titre_corps": "Chronique musicale : La Walküre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique musicale", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 158, "page_imprimee": 135, "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n\n                            LA WALKÜRE\n                Le sept mars 1885, MM. Stoumon et Calabresi faisaient repré­\n                 senter, au théâtre de la Monnaie, les Maîtres-Chanteurs.\n                    Le neuf mars 1887, MM. Dupont et Lapissida y donnaient,\n                 pour la première fois, la Walküre ; je dis, pour la première\n fois, car les représentations tout accidentelles d'une troupe allemande n'ont\n eu aucune importance au point de vue de l'acclimatation de l'œuvre en\n Belgique.\n    Ainsi, à deux ans de distance, voici, à peu de jours près, la même date à\n retenir. Après un long hiver de somnolence, il semble qu'un grand souffle,\n venu on ne sait d'où, passe et nous emplisse l'âme de parfums et nous éveille\n à une vie artistique nouvelle.\n    Pour qui a été à Bayreuth, c'est une réminiscence de sensations; l'illu­\nsion de se trouver tout à coup à des distances d'oubli du pays qu'on quitte\nen communion avec un être qu'on aime et qui vous aime; quelque chose\ncomme un retour au pays natal de l'âme. Quand on en sort, c'est un éveil\ndans la stupeur; on sort d'un rêve. On regarde, hébété, la vie, qui vous\nregarde avec l'air de se dire : cet homme est fou ! La vie qui passe ration­\nnelle et pratique, court à une échéance, à une vente publique et joue aux\ndominos en buvant des bocks et l'on cherche à s'enfuir, à rentrer dans le\nrêve.\n    Mais où prendre maintenant les mots pour l'exprimer?\n    Mme Judith Gauthier, parlant de sa première visite à Wagner, dit : « Ce\nqui m'a le plus frappé dans cette tête puissante et volontaire, après l'éclat\nextraordinaire des prunelles et l'intensité du regard, c'est l'expression d'in­\nfinie bonté qui flottait sur ses lèvres ». Cette bonté, cette tendresse d'un\ncœur qui n'aspirait qu'à la paix suprême de Wahnfried, dominent l'œuvre\nde Wagner.\n   On a, bien des fois, raconté la légende de ses drames, mais sans en faire\nressortir assez le sens philosophique. On l'a montrée du côté des faits plus\nque du côté de l'âme ; c'est pourquoi le public s'ennuie à ne voir encore dans\nces légendes qu'un fatras mythiqne, un mécanisme embrouillé de faits sur­\nnaturels très éloignés de nous. Wagner n'a pas prétendu illustrer une his­\ntoire de géants et de nains. S'il a raconté une épopée, c'est que les épopées\nse développent à l'âge des races où la nature est le plus entière. Sa légende\ndes Niebelungen n'est que le branchage où viendra s'épanouir la passion\nhumaine dont il anime ses sujets ; car rien n'est plus près qu'eux de l'hu­\nmanité.\n   Les faits, dont est tramée la Tétralogie, se groupent surtout dans le\n"}, {"page_pdf": 159, "page_imprimee": 136, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3421, "texte": "                                  — 136 —\n\nprologue : le Rheingold. C'est là qu'il expose la légende de l'Or du Rhin\nqui doit mettre en mouvement tout le drame ; mais si le prodigieux sym­\nphoniste a fait de cette partition l'un des plus riches fragments de l'œuvre\nmusicale, la Walküre, seulement, en dégage la passion douloureuse. C'est\nici que les dieux et leurs descendants deviennent une humanité grandie par\nla souffrance, c'est ici, dans son chant premier, que la Tétralogie apparaît\ncomme un fervent acte de foi en la religion d'amour.\n   Nous sommes loin des héros de Corneille vivant droits dans leur huma­\nnité de pierre sans au delà. Dans Corneille, la toute-puissance vient des\nhommes et se limite à leurs vertus. Dans Wagner, la morale esthétique puri­\nfiée de la morale sociale, permet aux hommes-dieux de faiblir, car la force\nqui les écrase est fatale; elle vient de plus haut que la terre, de cette région\nmystérieuse inexplorée qui nous enveloppe de fleurs, de ciel, de parfums et\ndont les voix nous disent : tout véritable amour contient de la souffrance.\nCeux qui ont péché par amour trouveront leur rédemption dans cette souf­\nfrance.\n   Wotan, comme Sachs dans les Maîtres-Chanteurs,              représente cette\nforce mâle de l'œuvre qui trouve son expression plastique dans le motif\ndu Walhall. C'est lui, le symbole de cette bonté puissante, de cette uni­\nverselle pitié qui amène la fin des dieux submergés par leur création et\nBrunnhilde, « fille de son désir », ne fait que trahir ses aspirations secrètes\nlorsque, saisie d'une admirable compassion, elle protège Siegmound coupable\ndont le dieu a juré la mort. Aussi n'est-il rien de plus douloureux que la\nscène du Châtiment et des Adieux, de plus énorme par l'effroyable fatalité\nqu'on sent peser sur ces deux êtres unis dans un suprême embrassement. Le\ndieu est las de sa déité. C'est le père qui vient clore d'un long baiser les\npaupières et pleurer sur sa fille perdue avec de vraies larmes d'homme, des\nlarmes qui creusent.\n   Ces adieux de Wotan, cette scène finale synthétique de l'œuvre préparant\nle réveil de la femme amoureuse par le héros Siegfried, dépasse en puis­\nsance de réalisation ce qu'on peut imaginer de plus émotionnant.\n   Depuis cette dégradation lente d'harmonies chromatiques qui fait pres­\nsentir à Brunnhilde « les ombres du sommeil » et qui repasseront tantôt en\nvibrations plus immatérielles sur ses paupières abaissées ; depuis la scène\nde supplication où les thèmes de la Walküre, de Siegfried, de l'épée,\nmêlés au thème du sommeil, font frémir en elle la révolte de sa race\nhéroïque, jusqu'au moment où le thème de la justification éclate, tandis que\nWotan la relève et l'attire en ses bras, la tendresse épandue par toute l'œuvre\ns'amoncelle enfin, déborde du cœur et des lèvres et dépasse les mots dont\non voudrait l'exprimer, et les sentiments apparaissent d'une simplicité\nprofondément triste dans le cœur de ce dieu paternel comme dans celui de\nl'amazone héroïque devenue cette jeune fille, cette femme-enfant à qui la\ndésaffection, l'abandon arrachent des supplications désolées. Aussi, quand\nelle a compris qu'on l'aime encore, lorsque les bras de Wotan l'enveloppent\nde pardon et qu'un baiser lui ferme les yeux pour le sommeil terrestre, la\nsérénité retransparaît à son visage béatifié. Elle peut dormir maintenant, en\nrêvant de Siegfried, car les flammes sacrées qui lèchent sa couche, se tordent\n"}, {"page_pdf": 160, "page_imprimee": 137, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3136, "texte": "                                 — 137 —\n\nà ses pieds, se ploient, s'enlacent, ondulent en s'élevant de plus en plus\nautour d'elle, la protègent de leur immense et pure caresse.\n   A évoquer de pareilles scènes, la plume nous tombe des mains. Nous tou­\nchons à un monde de sensations métaphysiques intraduisibles.\n    Comment donner un nom? comment traduire par des phrases, l'inten­\nsité de la passion qui anime ces marbres grecs? l'éblouissement de ces\npages heurtées, pleines d'oppositions violentes, qui laissent à l'esprit des\ntaches noires comme aux yeux quand on a trop regardé le soleil. Telles\nles pages de la Chevauchée et de la colère de Wotan.\n   Comment traduire le sublime cantique d'amour qui semble lancer son\nhymne à la joie des profondeurs de la forêt de Siegfried, toute bruissante\nde frisselis de feuilles et de battements d'ailes et qui passe de l'envelop­\npante mélodie orchestrale phrasée par les archets aux éclats sonores du\nthème de l'épée ; des sentiments ignorés, contenus, dont la compassion de\nSieglinde déplie un à un les voiles, à ce déchaînement de passion où\nl'affolé d'amour arrache avec un cri de détresse, l'épée du frène, où les\namants unis dans un paroxysme d'exaltation semblent ouvrir leur âme à\nla lumière du ciel.\n    Et songer que tout cela n'est encore qu'une gigantesque ébauche de\n Tristan !\n    Comment dire la grandeur hiératique du second acte, vivant surtout par\nl'intensité dramatique des scènes de Wotan, notamment avec Brunnhilde;\ncomme aussi de la scène angoissée, de doute, de terreur, de désespoir, suc­\ncédant, entre Siegmound et Sieglinde, aux élans du premier acte.\n    Et quels saisissants bouts de symphonie pendant ces silences où le drame\nquintessencié dans le jeu psychologique des personnages trahit les affres\nqui leur tordent l'âme.\n    Enfin, pour nimber ce fragment d'une lueur d'outre-terre, l'apparition\nde la Walküre venant annoncer à Siegmound sa mort prochaine.\n   A l'abri d'un roc, Sieglinde épuisée, s'est endormie aux pieds de son\nhéros et devant eux, Brunnhilde se dresse, la main gauche sur son bou­\nclier, la main droite appuyée à la crinière de son cheval Grane.\n    Les thèmes de l'apparition funèbre, de l'élection des héros, du Walhall\nse phrasent avec une expression de tristesse infinie, coupés de très longs\nsilences où tombent lugubrement de sourds battements de timbales.\nD'une voix lente et triste, elle apprend à Siegmound qu'elle le conduira\nbientôt au séjour éternel des guerriers héroïques. Mais Sieglinde hélas !\nla bien-aimée ne l'y suivra pas. Et le motif fatidique et sombre évoquant\ndes lointains, les splendeurs du Walhall, revient sans cesse accentuer la\nprophétie implacable. Oh ! tout est immobile et calme autour d'eux. La\nlutte est inutile. L'heure de la séparation a sonné, Siegmound mourra.\nLa fatalité s'appesantit et l'écrase et l'on dirait, au caractère poignant de\nce thème qui fait songer à la marche funèbre de Siegfried, on dirait qu'on\nsent déjà la mort approcher.\n   Qu'est-ce donc que ce drame lyrique prodigieux fait de thèmes trans­\nformés, confondus dans le tissu d'une action pour ainsi dire poly-passion-\nnelle?\n"}, {"page_pdf": 161, "page_imprimee": 138, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2867, "texte": "                                  — 138 —\n\n    Qu'est-ce qu'un art qui renouvelle les tempéraments au point de les\nentraîner à une abnégation artistique comme on n'en avait vu qu'en Alle­\nmagne.\n    Mmes Litvinne, Balensi, Martini, —Martini surtout, — une révélation !\nMM. Séguin, Engel, Bourgeois, ces deux derniers, malgré des défaillances\nde voix, n'ont-ils pas arraché des applaudissements enthousiastes au silence\nreligieux d'un public métamorphosé lui-même.\n    Et les Walküres dans leurs appels sauvages et leurs cris d'inspirées !\n    Est-ce de la musique encore, ces vibrations d'être, ces harmonies pas­\nsionnelles; cela qui se jette sur vous, vous prend, vous heurte, vous ter­\nrasse, et où demeure quelque chose d'inattendu qui déconcerte et fait\nqu'on a besoin de se ressaisir.\n    A Bayreuth, après les émotions secouantes du premier acte de Tristan,\ntandis que se vidait la salle au jour tombant sur cette colline boisée qui\ndomine la vallée du Mein Rouge, j'ai vu des yeux d'hommes pleurer.\n    L'autre soir, à la répétition générale de la Walküre, au milieu de cette\nsalle obscure rappelant Bayreuth par bien des dispositions matérielles', par\nla mise en scène et aussi par je ne sais quelle transformation de l'atmo­\nsphère artistique, quand à la fin du troisième acte, la symphonie du feu\ns'est élevée, enveloppant d'harmonies voluptueuses la Walküre endormie,\n je sais bien des yeux qui se sont mouillés, des mains qui ont tremblé, des\n cœurs qui ont battu dans les poitrines oppressées...\n    Le lendemain, il y avait bien un peu trop d'or et de brillants, un peu\n trop de lumière encore pour conserver aussi intacte l'impression de recueil­\n lement parmi les bruits inévitables, les toussaillements, les craquements\n d'une foule de curieux qui s'écrase en silence, mais cette foule elle-même\n s'était faite attentive et religieuse. Elle mérite du respect pour le respect\n qu'elle a donné à l'œuvre, et ce n'est pas un des moindres miracles de\n Wagner de l'avoir captivée et secouée d'enthousiasme.\n    Oh ! sentir ce qui nous trouble et ne savoir comment cela nous vient ;\n Rester pendant des heures en prière muette devant cette chose dont les\n impressions lumineuses, sonores, vivantes se lèvent en nous; sentir notre\n être envahi d'un parfum d'être ; une âme qui nous trouble l'âme et ne pou­\n voir la saisir et la fixer. Retourner encore, et sans cesse à cette adoration ;\n  nous en pénétrer, nous en béatifier; puis, à bout de forces avoir envie\n  d'arracher un sanglot de nos poitrines en nous écriant : C'est trop !\n     Heureux ceux qui après avoir essayé en vain d'exprimer cela, peuvent\n  briser leur plume et déchirer les pages écrites en renonçant à dire avec des\n  mots ce que c'est que de pareilles œuvres et pourquoi leur auteur est mort\n  d'amour et de génie !\n                                                       HENRY MAUBEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-03-05-n3-4-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 139, "page_fin": 146, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "L Art moderne", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 92, "fin_caractere_exclue": 99, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 117, "fin_caractere_exclue": 124, "texte": "LETTRES"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 292, "fin_caractere_exclue": 330, "texte": "Prochainement reparaîtra l'Artiste, le"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 427, "fin_caractere_exclue": 467, "texte": "journal que dirigea naguère Théo Hannon,"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 561, "fin_caractere_exclue": 604, "texte": "et qu'un groupe de jeunes écrivains reprend"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 698, "fin_caractere_exclue": 741, "texte": "aujourd'hui. 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Son article"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4464, "fin_caractere_exclue": 4506, "texte": "pourrait s'intituler : Essai de mercuriale"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4559, "fin_caractere_exclue": 4599, "texte": "par un fils d'avocat général qui veut se"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4752, "fin_caractere_exclue": 4795, "texte": "faire aussi grand que son père et se fourre"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4838, "fin_caractere_exclue": 4863, "texte": "la mercuriale dans l'œil."}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 153, "fin_caractere_exclue": 192, "texte": "Le jeune Cujas y a tant et tant remonté"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 243, "fin_caractere_exclue": 288, "texte": "son éloquence qu'il en a cassé le ressort. Il"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 381, "fin_caractere_exclue": 426, "texte": "est allé à fond avec la grâce du plongeur qui"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 518, "fin_caractere_exclue": 560, "texte": "fait un épouvantable plat ventre. Claque !"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 655, "fin_caractere_exclue": 697, "texte": "Sa polémique est émaillée de personnalités"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 792, "fin_caractere_exclue": 836, "texte": "qui tâchent d'être désobligeantes et dégrin­"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 930, "fin_caractere_exclue": 971, "texte": "golent dans la plus inoffensive des mala­"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 1068, "fin_caractere_exclue": 1111, "texte": "dresses.. Exemple : Il m'importe peu qu'une"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 1210, "fin_caractere_exclue": 1255, "texte": "classification littéraire vous plaise ou vous"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 1347, "fin_caractere_exclue": 1384, "texte": "déplaise. — Paf! On demande un tombe­"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 1435, "fin_caractere_exclue": 1475, "texte": "reau de pavés de Quenast pour attacher à"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 1526, "fin_caractere_exclue": 1550, "texte": "la lancette de monsieur."}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 1604, "fin_caractere_exclue": 1643, "texte": "Puis ailleurs : Je m'étonne de vous en-"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 1694, "fin_caractere_exclue": 1736, "texte": "tendre critiquer les écrivains qui se can-"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 1787, "fin_caractere_exclue": 1832, "texte": "tonnent dans la littérature judiciaire, alors"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 1883, "fin_caractere_exclue": 1926, "texte": "que dans vos « Croquis funèbres » vous avez"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 1977, "fin_caractere_exclue": 2018, "texte": "cantonné votre maîtresse, la littérature,"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 2069, "fin_caractere_exclue": 2114, "texte": "dans l'enceinte des cimetières les plus éter-"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 2165, "fin_caractere_exclue": 2184, "texte": "nellement lugubres."}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 2238, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "Comme avec de pareils arguments la"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 2323, "fin_caractere_exclue": 2365, "texte": "discussion s'élève tout de suite, n'est-ce"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 2416, "fin_caractere_exclue": 2420, "texte": "pas?"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 2474, "fin_caractere_exclue": 2516, "texte": "Il faut dire à sa louange que le jeune dé­"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 2567, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "fenseur mélot-dramatique qui a un peu"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 2655, "fin_caractere_exclue": 2699, "texte": "plus de vingt ans à l'état-civil, porte très"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 2750, "fin_caractere_exclue": 2789, "texte": "gravement ses cinquante années de nour­"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 2883, "fin_caractere_exclue": 2888, "texte": "rice."}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 2970, "fin_caractere_exclue": 3011, "texte": "Il n'y a pas trace d'un sourire dans tout"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 3062, "fin_caractere_exclue": 3107, "texte": "son article et pourtant, s'il s'était regardé"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 3158, "fin_caractere_exclue": 3203, "texte": "seulement une fois en l'écrivant, il n'aurait"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 3254, "fin_caractere_exclue": 3293, "texte": "pas manqué de s'éclater de rire au nez."}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 3347, "fin_caractere_exclue": 3388, "texte": "Qu'il nous permette de le faire pour lui."}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 3495, "fin_caractere_exclue": 3533, "texte": "Voici que Chariot a pondu. La dernière"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 3584, "fin_caractere_exclue": 3625, "texte": "Revue de Belgique donne l'œuf. Le voici :"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 3736, "fin_caractere_exclue": 3748, "texte": "CRI DE DEUIL"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 3799, "fin_caractere_exclue": 3844, "texte": "Je vomirais leur crier un adieu, je ne puis :"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 3895, "fin_caractere_exclue": 3944, "texte": "Je les vois là, tisons humains, au fond des puits"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4004, "fin_caractere_exclue": 4044, "texte": "Je vois leur cendre au vent qui flotte ;"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4137, "fin_caractere_exclue": 4184, "texte": "Je vois la mère en pleurs et l'enfant orphelin."}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4244, "fin_caractere_exclue": 4275, "texte": "J'entends le pays qui se plaint"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4335, "fin_caractere_exclue": 4362, "texte": "Et l'humanité qui sanglote."}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4413, "fin_caractere_exclue": 4463, "texte": "Je dis qu'à ces horreurs il est temps de pourvoir,"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4514, "fin_caractere_exclue": 4558, "texte": "Qu'il faut songer enfin à ee premier devoir,"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4609, "fin_caractere_exclue": 4655, "texte": "Qu'il ne suffira, point d'alléger des misères."}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4706, "fin_caractere_exclue": 4750, "texte": "La science n'est pas si nulle dans nos mains"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4810, "fin_caractere_exclue": 4836, "texte": "Que ces sacrifices humains"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 4887, "fin_caractere_exclue": 4931, "texte": "A nos prospérités soient encor nécessaires :"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 112, "texte": "Jamais on n'eut ce droit ! Mais ces obscure lutteurs"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 165, "fin_caractere_exclue": 215, "texte": "Sont une part de nous, de nos bras, de nos cœurs !"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 266, "fin_caractere_exclue": 313, "texte": "De nos cœurs, de nos biens, nous leur devons la"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 366, "fin_caractere_exclue": 372, "texte": "[dîme]"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 419, "fin_caractere_exclue": 474, "texte": "L'or n'est pas tout ; il faut l'école, il faut la loi ;"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 525, "fin_caractere_exclue": 576, "texte": "11 faut, puisque ce peuple est traqué par l'effroi,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 627, "fin_caractere_exclue": 675, "texte": "Qu'il se sente autre chose enfin qu'une victime."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 729, "fin_caractere_exclue": 778, "texte": "Aux entrailles du globe est son affreux bercail ;"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 834, "fin_caractere_exclue": 875, "texte": "Il se fait le démon des enfers du travail"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 936, "fin_caractere_exclue": 984, "texte": "Et la femme l'y suit, loin desfleursde la berge."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1039, "fin_caractere_exclue": 1084, "texte": "Et quand la foudre éclate au cratère profond,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1085, "fin_caractere_exclue": 1129, "texte": "Ce tronçon calciné, c'était un enfant blond,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1189, "fin_caractere_exclue": 1235, "texte": "Cette horrible scorie, hélas ! fut une vierge."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1260, "fin_caractere_exclue": 1314, "texte": "Ah ! le peuple est un frère ! Et, s'il devient martyr,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1357, "fin_caractere_exclue": 1402, "texte": "L'éciio de sa tor.ture en nous doit retentir;"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1459, "fin_caractere_exclue": 1507, "texte": "II faut, alors, il faut, a notre angoisse amère,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1558, "fin_caractere_exclue": 1595, "texte": "0 de notre industre éternel crucifix,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1596, "fin_caractere_exclue": 1640, "texte": "Que chacun, que le plus délaissé de tes fils"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1700, "fin_caractere_exclue": 1729, "texte": "Sente en sa patrie une mère !"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1764, "fin_caractere_exclue": 1817, "texte": "L'or n'y suffit ! Donnons toujours ! quêtons partout!"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1849, "fin_caractere_exclue": 1896, "texte": "II faut des lois : La loi de justice peut tout!"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1949, "fin_caractere_exclue": 1993, "texte": "La science : On a bien désarmé le tonnerre !"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1994, "fin_caractere_exclue": 2040, "texte": "Des lois ! N'attendons plus un martyre nouveau"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2099, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "Pour savoir qu'on ne fait rien contre le fléau"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2206, "fin_caractere_exclue": 2241, "texte": "Tant qu'il reste une chose à faire."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2324, "fin_caractere_exclue": 2335, "texte": "CH. POTVIN."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2339, "fin_caractere_exclue": 2376, "texte": "Recommandons le tronçon calciné et la"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2431, "fin_caractere_exclue": 2473, "texte": "scorie avec tout ce qui est autour. Bravo,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2517, "fin_caractere_exclue": 2534, "texte": "mon vieux lapin !"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2813, "fin_caractere_exclue": 2853, "texte": "Reçu le 1 \" mars ceci : « Cher confrère,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2855, "fin_caractere_exclue": 2896, "texte": "« nous vous prions d'assister à la confé-"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2944, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "« rence que donnera M. Edm. Picard le"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3026, "fin_caractere_exclue": 3070, "texte": "« mercredi 9 mars à 2 h..., etc. Sujet : LES"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3100, "fin_caractere_exclue": 3138, "texte": "« DESSOUS D'UNE ŒUVRE LITTERAIRE (COm­"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3322, "fin_caractere_exclue": 3349, "texte": "ment a été fait le Juré) »."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3440, "fin_caractere_exclue": 3476, "texte": "Nous saurons sans doute ensuite com­"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3573, "fin_caractere_exclue": 3619, "texte": "ment ont été faits Les dessous..., etc., et il"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3620, "fin_caractere_exclue": 3663, "texte": "n'y a pas 'de raison pour que cela finisse."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3809, "fin_caractere_exclue": 3846, "texte": "Avis au père du Juré : L'Eden-Théâtre"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3937, "fin_caractere_exclue": 3968, "texte": "est à louer (trapèzes compris)."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4153, "fin_caractere_exclue": 4192, "texte": "A la séance en question, le dit père du"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4200, "fin_caractere_exclue": 4243, "texte": "Juré (Juré avocalyptique qui n'a encore été"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4293, "fin_caractere_exclue": 4335, "texte": "lu ni dans la colonne du Congrès, ni place"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4380, "fin_caractere_exclue": 4423, "texte": "des Martyrs, ni aux chauffoirs économiques,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4465, "fin_caractere_exclue": 4509, "texte": "ni à la morgue, ni au jardin d'acclimatation"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4554, "fin_caractere_exclue": 4596, "texte": "de Madame Bodinus), a trouvé bon d'appeler"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4639, "fin_caractere_exclue": 4675, "texte": "Max Waller gamin, sur un ton presque"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4718, "fin_caractere_exclue": 4761, "texte": "paternel d'ailleurs. M. Picard se doute peu"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4803, "fin_caractere_exclue": 4847, "texte": "du plaisir que cela a fait à M. W. Alors que"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4883, "fin_caractere_exclue": 4921, "texte": "l'âge de M. Edm. P. ne lui permet plus"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4966, "fin_caractere_exclue": 5006, "texte": "d'être gamin que dans de rares bals mas­"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 121, "fin_caractere_exclue": 164, "texte": "qués, M. W. se vante de l'être toujours; il"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 226, "fin_caractere_exclue": 265, "texte": "adore la gaminerie comme une forme spé­"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 375, "fin_caractere_exclue": 418, "texte": "ciale et charmante de la conversation et de"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 480, "fin_caractere_exclue": 524, "texte": "l'écriture, la gaminerie qui envoie des cas­"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 586, "fin_caractere_exclue": 626, "texte": "cades de rire aux amiraux, aux juriscon­"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 688, "fin_caractere_exclue": 728, "texte": "sultes et aux jurés monodramatiques, qui"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 790, "fin_caractere_exclue": 833, "texte": "raffole des farces de tréteaux lorsqu'elles"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 895, "fin_caractere_exclue": 935, "texte": "ne se cachent pas dans un pli de robe ou"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 997, "fin_caractere_exclue": 1038, "texte": "dans une bouffe de toque, et qui se drape"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1146, "fin_caractere_exclue": 1188, "texte": "avec impertinence dans sa chère et joyeuse"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1250, "fin_caractere_exclue": 1259, "texte": "jeunesse."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1328, "fin_caractere_exclue": 1356, "texte": "Combien de jurés en ce monde"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1423, "fin_caractere_exclue": 1458, "texte": "Ne pourraient pas en dire autant! »"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1522, "fin_caractere_exclue": 1557, "texte": "Allons, mes enfants, tous en chœur!"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1662, "fin_caractere_exclue": 1690, "texte": "« Combien de jurés... etc. «"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1754, "fin_caractere_exclue": 1763, "texte": "Pit ouit!"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1845, "fin_caractere_exclue": 1848, "texte": "***"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1912, "fin_caractere_exclue": 1948, "texte": "A rapprocher, à propos d'un incident"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2055, "fin_caractere_exclue": 2098, "texte": "que tout le inonde sait, la curieuse lettre"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2160, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "que voici, adressée à la Chronique :"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2264, "fin_caractere_exclue": 2283, "texte": "« Mon cher HALLAUX,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2387, "fin_caractere_exclue": 2429, "texte": "« Beaumarchais, je crois (ce pourrait bien"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2474, "fin_caractere_exclue": 2515, "texte": "être Piron), cuisant une omelette au lard"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2564, "fin_caractere_exclue": 2602, "texte": "un vendredi-saint, un orage effroyable"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2651, "fin_caractere_exclue": 2694, "texte": "éclata. Il jeta son plat par la fenêtre, en"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2768, "fin_caractere_exclue": 2809, "texte": "disant : Que de bruit pour une omelette !"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2905, "fin_caractere_exclue": 2943, "texte": "« Je pourrais dire : Que de bruit pour"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 2982, "fin_caractere_exclue": 3024, "texte": "un prix de beauté ! Je regrette de n'avoir"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3071, "fin_caractere_exclue": 3099, "texte": "rien à jeter par la fenêtre."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3190, "fin_caractere_exclue": 3229, "texte": "« Cette joyeuse cérémonie de bal masqué"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3278, "fin_caractere_exclue": 3318, "texte": "était permise assurément à qui travaille"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3398, "fin_caractere_exclue": 3436, "texte": "plus souvent la nuit qu'il ne s'amuse."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3528, "fin_caractere_exclue": 3571, "texte": "« C'EST LA GLOIRE, ce tapage-là, me dit-on."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3671, "fin_caractere_exclue": 3713, "texte": "« C'est la gloire! Moi qui croyais en con­"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3762, "fin_caractere_exclue": 3805, "texte": "quérir un peu par le Paradoxe sur l'avocat,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 3895, "fin_caractere_exclue": 3936, "texte": "la Forge Roussel, l'Amiral, voire le Juré"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4017, "fin_caractere_exclue": 4061, "texte": "(monodrame, ne pas l'oublier). C'est à peine"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4110, "fin_caractere_exclue": 4149, "texte": "si on daigne s'apercevoir que je les ai"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4193, "fin_caractere_exclue": 4199, "texte": "faits."}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4251, "fin_caractere_exclue": 4292, "texte": "« Mais qu'un jour de gaieté et d'entrain,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4336, "fin_caractere_exclue": 4379, "texte": "dans une fête de bienfaisance, à la demande"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4424, "fin_caractere_exclue": 4464, "texte": "d'une alerte jeunesse, je marche sur les"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4510, "fin_caractere_exclue": 4553, "texte": "brisées de ceux qui s'imaginent avoir droit"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4597, "fin_caractere_exclue": 4638, "texte": "au monopole des présidences, et voilà que"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4676, "fin_caractere_exclue": 4717, "texte": "je passe GRAND HOMME, en un tour de main,"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4762, "fin_caractere_exclue": 4802, "texte": "grâce à la réclame endiablée que me fait"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4848, "fin_caractere_exclue": 4882, "texte": "leur mauvaise humeur. Grand homme!"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 4922, "fin_caractere_exclue": 4965, "texte": "dans un pays où la consigne est de n'en pas"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 5007, "fin_caractere_exclue": 5016, "texte": "admettre."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 101, "texte": "« Convenez, mon cher Hallaux, que c'est à"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 152, "fin_caractere_exclue": 194, "texte": "la fois vexant et charmant, et obligez-moi"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 250, "fin_caractere_exclue": 291, "texte": "en mettant dans votre journal ces humbles"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 347, "fin_caractere_exclue": 386, "texte": "remarques douces-amères comme les maca­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 443, "fin_caractere_exclue": 448, "texte": "rons."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 541, "fin_caractere_exclue": 569, "texte": "« Une bonne poignée de main."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 754, "fin_caractere_exclue": 770, "texte": "« EDMOND PICARD."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 773, "fin_caractere_exclue": 793, "texte": "« 15 février 1887. »"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 959, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "Ceci, Amiral, n'est pas mal troussé, et"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1048, "fin_caractere_exclue": 1088, "texte": "prouve un esprit encore assez vert, mais"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1145, "fin_caractere_exclue": 1182, "texte": "vous avez oublié d'indiquer le nom du"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1232, "fin_caractere_exclue": 1274, "texte": "libraire où l'on peut se procurer le Para-"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1275, "fin_caractere_exclue": 1318, "texte": "doxe, la Forge, etc. (voir ci-dessus) et le"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1354, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "prix de ces volumes. C'eût été unir la"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1448, "fin_caractere_exclue": 1493, "texte": "réclame intelligente à la protestation spiri­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1539, "fin_caractere_exclue": 1579, "texte": "tuelle. Une autre fois, n'est-ce pas?..,"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1636, "fin_caractere_exclue": 1675, "texte": "N. B. Après le bulletin des spectacles,"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1729, "fin_caractere_exclue": 1772, "texte": "cela ne coûte à la Chronique qu'un franc la"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1821, "fin_caractere_exclue": 1827, "texte": "ligne."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1990, "fin_caractere_exclue": 2014, "texte": "Découpé dans le Peuple :"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2083, "fin_caractere_exclue": 2123, "texte": "« La Petite bibliothèque populaire vient"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2178, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "de faire paraître un nouveau volume : le"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2276, "fin_caractere_exclue": 2316, "texte": "Vicaire de Noirval. Ce livre est dû à la"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2369, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "plume d'un professeur de l'Université de"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2465, "fin_caractere_exclue": 2497, "texte": "Bruxelles, M. Hermann Pergameni."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2560, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "« Livre très intéressant et qui plaira beau­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2648, "fin_caractere_exclue": 2687, "texte": "coup, nous en avons l'assurance, à tous"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2744, "fin_caractere_exclue": 2786, "texte": "ceux de nos lecteurs qui suivent le mouve-"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2816, "fin_caractere_exclue": 2862, "texte": "ment littéraire belge et s'intéressent à l'in­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2863, "fin_caractere_exclue": 2912, "texte": "telligente initiative prise par la Petite biblio-"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2939, "fin_caractere_exclue": 2958, "texte": "thèque populaire. »"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3039, "fin_caractere_exclue": 3077, "texte": "Outre que nous ne sommes pas très sûrs"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3129, "fin_caractere_exclue": 3171, "texte": "que les lecteurs du Peuple suivent un mou­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3221, "fin_caractere_exclue": 3258, "texte": "vement littéraire quelconque, nous ne"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3315, "fin_caractere_exclue": 3353, "texte": "voyons pas bien M. Pergameni représen­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3389, "fin_caractere_exclue": 3428, "texte": "tant de ce mouvement. Il en sera certes"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3469, "fin_caractere_exclue": 3485, "texte": "étonné lui-même."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3649, "fin_caractere_exclue": 3689, "texte": "M. Arnold Goffin, qui fut de ta Basoche,"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3738, "fin_caractere_exclue": 3779, "texte": "publie en plaquette une curieuse étude de"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3832, "fin_caractere_exclue": 3872, "texte": "psychologie sentimentale, Delzire Moris."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3925, "fin_caractere_exclue": 3969, "texte": "C'est une page de la vie d'artiste, avec ses"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 4020, "fin_caractere_exclue": 4060, "texte": "minuties de froissements et ses sondages"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 4109, "fin_caractere_exclue": 4151, "texte": "délicats de blessures, page d'une intimité"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 4203, "fin_caractere_exclue": 4247, "texte": "subtile où l'écrivain s'épanche tout entier,"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 4265, "fin_caractere_exclue": 4306, "texte": "autobiographie de craintif, sensible jus­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 4354, "fin_caractere_exclue": 4395, "texte": "qu'au suraigu des sensations intérieures."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 4448, "fin_caractere_exclue": 4488, "texte": "Delzire Moris nous rappelle Le Scribe de"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 110, "fin_caractere_exclue": 151, "texte": "Giraud ; c'est, de même, un premier livre"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 204, "fin_caractere_exclue": 249, "texte": "lâché dans la crise de la pensée et du style,"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 302, "fin_caractere_exclue": 346, "texte": "plein de morgue et d'orgueil dans la genèse,"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 399, "fin_caractere_exclue": 442, "texte": "plein de puérils tarabiscotages dans l'exé­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 495, "fin_caractere_exclue": 538, "texte": "cution. Nous avons tous plus ou moins dit :"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 591, "fin_caractere_exclue": 631, "texte": "albe caséine pour fromage blanc. Ce sont"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 684, "fin_caractere_exclue": 728, "texte": "là faciles enfantillages dont on se corrige,"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 823, "fin_caractere_exclue": 860, "texte": "mais ce que nous aimons en M. Goffin,"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 913, "fin_caractere_exclue": 955, "texte": "c'est l'artiste complet, rempli de son art"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1008, "fin_caractere_exclue": 1047, "texte": "dont il possède toute la gamme avec, en"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1100, "fin_caractere_exclue": 1144, "texte": "plus, quelques notes pincées aux fibres ner­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1197, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "veuses et d'une infinie vibration."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1351, "fin_caractere_exclue": 1353, "texte": "**"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1409, "fin_caractere_exclue": 1447, "texte": "Camille Lemonnier donne à Alp. Piaget,"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1500, "fin_caractere_exclue": 1538, "texte": "le successeur de de Brünhoff, son beau"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1591, "fin_caractere_exclue": 1632, "texte": "livre, Le Mort, augmenté de quelques nou­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1685, "fin_caractere_exclue": 1728, "texte": "velles, entre autres, Le doigt de Dieu, une"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1781, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "des pages les plus impressionnantes qui"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1873, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "soient et dont la première idée revient à"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 1937, "fin_caractere_exclue": 1986, "texte": "***                           Charles Baudelaire."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2042, "fin_caractere_exclue": 2079, "texte": "Le Mort marque la période la plus cu­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2132, "fin_caractere_exclue": 2177, "texte": "rieuse du talent de Lemonnier; c'est là qu'il"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2230, "fin_caractere_exclue": 2274, "texte": "aura été le plus personnel, avec une netteté"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2327, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "de style que nous ne lui avons jamais re­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2421, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "trouvée; il a fait plus ample dans Un Mâle,"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2517, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "mais moins sombrement grand ; plus sym­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2609, "fin_caractere_exclue": 2647, "texte": "phonique, moins pénétrant. Ceci est de"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2700, "fin_caractere_exclue": 2743, "texte": "forte et durable littérature dont nous pou­"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2796, "fin_caractere_exclue": 2815, "texte": "vons avoir orgueil."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2935, "fin_caractere_exclue": 2938, "texte": "***"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2994, "fin_caractere_exclue": 3035, "texte": "Le 19 février a été célébré le mariage de"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3088, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "notre ami Georges Eekhoud avec Mlle Anna"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3181, "fin_caractere_exclue": 3220, "texte": "VanCamp, d'Anvers. Les témoins du marié"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3273, "fin_caractere_exclue": 3314, "texte": "étaient MM. Georges Kaiser et Max Waller,"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3367, "fin_caractere_exclue": 3388, "texte": "de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3465, "fin_caractere_exclue": 3468, "texte": "***"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3524, "fin_caractere_exclue": 3562, "texte": "Prochainement paraîtra, chez Mme veuve"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3585, "fin_caractere_exclue": 3646, "texte": "***                           Monnom, un nouveau volume de M."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3699, "fin_caractere_exclue": 3737, "texte": "Georges Eekhoud : Nouvelles Kermesses."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3790, "fin_caractere_exclue": 3831, "texte": "L'ouvrage sera tiré à petit nombre : deux"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3884, "fin_caractere_exclue": 3924, "texte": "cents exemplaires seulement, plus trente"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 3977, "fin_caractere_exclue": 4019, "texte": "exemplaires d'amateurs tirés sur papier de"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 4072, "fin_caractere_exclue": 4108, "texte": "luxe. Nouvelles Kermesses comprendra"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 4161, "fin_caractere_exclue": 4202, "texte": "environ 500 pages. Il sera mis en vente à"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 4255, "fin_caractere_exclue": 4264, "texte": "5 francs."}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 4337, "fin_caractere_exclue": 4350, "texte": "*   ■   *   *"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 4408, "fin_caractere_exclue": 4447, "texte": "Vient de paraître une amusante parodie-"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 4500, "fin_caractere_exclue": 4539, "texte": "éclair de la Walküre, par Théo Hannon :"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 100, "texte": "titre : La Valkirigole.       Recommandé aux"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 146, "fin_caractere_exclue": 158, "texte": "hypocondres."}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 334, "fin_caractere_exclue": 368, "texte": "Reçu d'Alphonse Lemerre : Légendes"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 409, "fin_caractere_exclue": 452, "texte": "bretonnes, par Louis d'Isolé ; Cris d'amour"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 503, "fin_caractere_exclue": 546, "texte": "et d'orgueil, par Hippolyte Buffenoir; Pro­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 601, "fin_caractere_exclue": 642, "texte": "vensa ! par J. Boissière ; La Lampe d'ar-"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 699, "fin_caractere_exclue": 743, "texte": "gile, par Georges Plessis ; L'Inde à fond de"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 762, "fin_caractere_exclue": 805, "texte": "train, par J. de Pontevès-Sabran — à analy­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 806, "fin_caractere_exclue": 820, "texte": "ser plus tard."}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1069, "fin_caractere_exclue": 1109, "texte": "Vient de paraître : Les Notes d'un Vaga-"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1151, "fin_caractere_exclue": 1190, "texte": "bond, par Léon D&mmartin, avec frontis­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1239, "fin_caractere_exclue": 1280, "texte": "pice de Rops et dessins de Gassiers. Nous"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1332, "fin_caractere_exclue": 1376, "texte": "attendons le volume pour en faire l'analyse."}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1605, "fin_caractere_exclue": 1641, "texte": "Lire dans La Revue indépendante : La"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1699, "fin_caractere_exclue": 1739, "texte": "Genèse, de Camille Lemonnier et la Chro­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1794, "fin_caractere_exclue": 1833, "texte": "nique d'art (Les XX) d'Emile Verhaeren."}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2078, "fin_caractere_exclue": 2113, "texte": "Encore chez Lemerre : Poésies poin-"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2166, "fin_caractere_exclue": 2207, "texte": "tons, d'Anaïs Ségalas, où nous retrouvons"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2208, "fin_caractere_exclue": 2240, "texte": "le sixain : A une tête de mort :"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2387, "fin_caractere_exclue": 2421, "texte": "Squelette qu'as-tu fait de l'âme ?"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2429, "fin_caractere_exclue": 2462, "texte": "Foyer, qu'as-tu fait de taflamme?"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2522, "fin_caractere_exclue": 2548, "texte": "Cage muette, qu'as-tu fait"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2618, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "De ton bel oiseau qui chantait?"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2708, "fin_caractere_exclue": 2741, "texte": "Volcan, qu'as-tu fait de ta lave?"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2749, "fin_caractere_exclue": 2786, "texte": "Qu'as-tu fait de ton maître esclave ?"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2980, "fin_caractere_exclue": 3019, "texte": "Ce sixain fut cité par Dumas père, dans"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3067, "fin_caractere_exclue": 3110, "texte": "la préface d'un livre de Roger de Beauvoir,"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3157, "fin_caractere_exclue": 3200, "texte": "et attribué à Victor Hugo. L'erreur n'a ja­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3248, "fin_caractere_exclue": 3291, "texte": "mais été rectifiée et presque tout le monde"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3341, "fin_caractere_exclue": 3368, "texte": "y tombe. La voici dissipée."}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3530, "fin_caractere_exclue": 3572, "texte": "Ce n'est pas un petit mérite, par ce temps"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3597, "fin_caractere_exclue": 3640, "texte": "de décadences de toutes sortes, d'écrire un"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3688, "fin_caractere_exclue": 3732, "texte": "livre sain. Il faut louer M. Louis Tiercelin"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3783, "fin_caractere_exclue": 3826, "texte": "de nous avoir donné ce livre : Les Anniver-"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3876, "fin_caractere_exclue": 3915, "texte": "saires, un recueil de poèmes nationaux,"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3968, "fin_caractere_exclue": 4009, "texte": "auxquels on peut appliquer cette devise :"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4058, "fin_caractere_exclue": 4099, "texte": "Mens sana in corpore sano. La forme irré­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4156, "fin_caractere_exclue": 4197, "texte": "prochable, d'ailleurs, n'a rien du manié­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4248, "fin_caractere_exclue": 4285, "texte": "risme que quelques poètes essaient en"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4344, "fin_caractere_exclue": 4387, "texte": "vain de mettre à la mode, et les titres des"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4440, "fin_caractere_exclue": 4481, "texte": "pièces : Jeanne d'Arc, Corneille, Le Rire"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4534, "fin_caractere_exclue": 4572, "texte": "de Molière, Mirabeau, Lamartine, etc.,"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4627, "fin_caractere_exclue": 4674, "texte": "disent assez que le poète a chan té les gloires"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4718, "fin_caractere_exclue": 4758, "texte": "de la France ; il l'a fait avec bonheur."}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 109, "fin_caractere_exclue": 145, "texte": "Le joli volume, imprimé en italiques"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 197, "fin_caractere_exclue": 240, "texte": "elzéviriens, a été édité par Albert Savine,"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 264, "fin_caractere_exclue": 330, "texte": "***                         18, rue Drouot, à Paris. (Communiqué.)"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 405, "fin_caractere_exclue": 408, "texte": "***"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 463, "fin_caractere_exclue": 502, "texte": "La question à l'ordre du jour, qui con­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 554, "fin_caractere_exclue": 600, "texte": "siste à décider si un mari a le droit d'ouvrir"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 652, "fin_caractere_exclue": 698, "texte": "les lettres de sa tendre épouse, a fait éclore"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 750, "fin_caractere_exclue": 761, "texte": "ce sonnet :"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 860, "fin_caractere_exclue": 890, "texte": "LE MARI, LA FEMME ET LA LETTRE"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 950, "fin_caractere_exclue": 976, "texte": "Une femme avait un amant ;"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1032, "fin_caractere_exclue": 1065, "texte": ".   La chose est assez ordinaire."}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1125, "fin_caractere_exclue": 1150, "texte": "Le mari — naturellement —"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1210, "fin_caractere_exclue": 1238, "texte": "Est jaloux de son caractère."}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1298, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "Il ricane, et d'un air charmant :"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1391, "fin_caractere_exclue": 1424, "texte": "— Vous avez lu, dit-il, ma chère,"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1484, "fin_caractere_exclue": 1510, "texte": "Qu'un mari peut impunément"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1570, "fin_caractere_exclue": 1602, "texte": "— Et ni brutal et nous déplaire,"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1662, "fin_caractere_exclue": 1698, "texte": "Non, monsieur, ce n'est point écrit."}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1758, "fin_caractere_exclue": 1793, "texte": "— Paix ! fait le mari qui bougonne,"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1853, "fin_caractere_exclue": 1886, "texte": "C'est de vos poulets qu'il s'agit"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 1946, "fin_caractere_exclue": 1982, "texte": "Et que je puis — la cour l'ordonne —"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2042, "fin_caractere_exclue": 2074, "texte": "Tous décacheter       Il sortit."}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2134, "fin_caractere_exclue": 2165, "texte": "— Halo ! fit-elle au téléphone."}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2282, "fin_caractere_exclue": 2285, "texte": "***"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2340, "fin_caractere_exclue": 2379, "texte": "Paul Féval vient de mourir. Il était un"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2473, "fin_caractere_exclue": 2514, "texte": "des derniers représentants d'un genre qui"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2566, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "disparaît chaque jour, et où il avait trouvé"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2662, "fin_caractere_exclue": 2700, "texte": "cependant succès et fortune. Le roman-"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2838, "fin_caractere_exclue": 2880, "texte": "feuilleton, tel que le comprenait Paul Fé­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 2932, "fin_caractere_exclue": 2976, "texte": "val, était une œuvre littéraire, par la con­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3028, "fin_caractere_exclue": 3066, "texte": "ception et la puissance d'imagination,"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3118, "fin_caractere_exclue": 3156, "texte": "comme aussi, en plus d'un endroit, par"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3208, "fin_caractere_exclue": 3247, "texte": "la valeur réelle du style. Aujourd'hui,"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3299, "fin_caractere_exclue": 3340, "texte": "ces sortes de productions, composées dans"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3392, "fin_caractere_exclue": 3431, "texte": "un moule exclusif, toujours le même, ne"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3456, "fin_caractere_exclue": 3526, "texte": "***                        sont plus que le résultat d'une fabrication"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3578, "fin_caractere_exclue": 3596, "texte": "toute commerciale."}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3651, "fin_caractere_exclue": 3687, "texte": "Paul Féval, né en 1817, avait eu des"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3739, "fin_caractere_exclue": 3782, "texte": "débutsassez pénibles. Reçu avocat à Rennes,"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3834, "fin_caractere_exclue": 3875, "texte": "il vint à Paris, ses examens passés, et y"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 3927, "fin_caractere_exclue": 3967, "texte": "exerça le modeste et peu intéressant em­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4019, "fin_caractere_exclue": 4057, "texte": "ploi de commis de banque. Son imagina­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4109, "fin_caractere_exclue": 4155, "texte": "tion avait rêvé autre chose : il voulut entrer"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4207, "fin_caractere_exclue": 4247, "texte": "dans le journalisme et commença par être"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4299, "fin_caractere_exclue": 4343, "texte": "simple correcteur. C'est là qu'il débuta par"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4395, "fin_caractere_exclue": 4439, "texte": "quelques vaudevilles, puis un récit, le Club"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4491, "fin_caractere_exclue": 4533, "texte": "des Phoques, et enfin un roman très orig-i"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4585, "fin_caractere_exclue": 4626, "texte": "nal, les Chevaliers dit Firmament lui ou­"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4678, "fin_caractere_exclue": 4717, "texte": "vrit, comme on dit, les rez-de-chaussée"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 4769, "fin_caractere_exclue": 4808, "texte": "d'un certain nombre de petits journaux."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 123, "texte": "Mais sa r é p u t a t i o n ne d a t e g u è r e q u e d e s"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 174, "fin_caractere_exclue": 233, "texte": "Mystères         de Londres,        r o m a n considérable,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 387, "fin_caractere_exclue": 445, "texte": "qui n'a p a s c o m p t é m o i n s de vingt v o l u m e s"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 496, "fin_caractere_exclue": 551, "texte": "et qui eut a u t a n t d ' é d i t i o n s — ce qui est"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 609, "fin_caractere_exclue": 647, "texte": "énorme p o u r l ' é p o q u e (1844)."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 848, "fin_caractere_exclue": 900, "texte": "Il p u b l i a e n s u i t e les Fils du Diable, les"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 901, "fin_caractere_exclue": 956, "texte": "Amours de Paris,                les Belles de nuit, les"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 957, "fin_caractere_exclue": 1014, "texte": "Parvenus, les Compagnons                      du silence."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1085, "fin_caractere_exclue": 1139, "texte": "Au t h é â t r e , P a u l Féval n'eut à c o m p t e r"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1207, "fin_caractere_exclue": 1269, "texte": "que d e u x t e n t a t i v e s h e u r e u s e s : le Fils du"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1327, "fin_caractere_exclue": 1385, "texte": "Diable (1847) q u i e u t cent v i n g t r e p r é s e n ­"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1445, "fin_caractere_exclue": 1490, "texte": "tations, et le Bossu, qu'il signa avec Anicet"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1547, "fin_caractere_exclue": 1595, "texte": "Bourgeois en 1863, m a i s a u q u e l Victorien"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1596, "fin_caractere_exclue": 1650, "texte": "Sardou c o l l a b o r a . Il y e u t m ê m e à ce su­"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1694, "fin_caractere_exclue": 1755, "texte": "jet une assez v i o l e n t e p o l é m i q u e e n t r e lui"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1808, "fin_caractere_exclue": 1824, "texte": "et S a r d o u ."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2040, "fin_caractere_exclue": 2095, "texte": "Une a m u s a n t e OCCIDENTALE,               dédiée à"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2146, "fin_caractere_exclue": 2183, "texte": "Léon J e h i n d a n s la Casserole :"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2267, "fin_caractere_exclue": 2313, "texte": "Un jour Léon passait : les têtes des choristes"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2390, "fin_caractere_exclue": 2442, "texte": "Se courbaient au niveau du \" zinc \" des liquoristes."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2473, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "L'orchestre disait : Le voila !"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2617, "fin_caractere_exclue": 2660, "texte": "Un abonné soudain, bonhomme à tête blanche,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2662, "fin_caractere_exclue": 2707, "texte": "Fendit la foule, prit son habit par la manche"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2792, "fin_caractere_exclue": 2821, "texte": "Et voici comme il lui parla :"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2906, "fin_caractere_exclue": 2952, "texte": "\" Léon, auteur d'Esther, lumière des lumières,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3022, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "Qui ne conduis jamais aux brillantes premières"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3142, "fin_caractere_exclue": 3170, "texte": "Et les reprises peu souvent,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3259, "fin_caractere_exclue": 3301, "texte": "Ecoute-moi, pacha des violons sans nombre."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3303, "fin_caractere_exclue": 3350, "texte": "Ombre de Jef Dupont qui de Gevaert est l'ombre,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3426, "fin_caractere_exclue": 3464, "texte": "Tu n'est qu'un mufle et qu'un savant !"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3542, "fin_caractere_exclue": 3587, "texte": "- Sur tes musiciens que le pétrole éclaire, ."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3657, "fin_caractere_exclue": 3703, "texte": "Comme un vase trop plein tu répands ta colère,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3838, "fin_caractere_exclue": 3868, "texte": "Gourmandant flûtes et bassons;"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3871, "fin_caractere_exclue": 3918, "texte": "Tu brilles sur leurs fronls comme une faux dans"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4031, "fin_caractere_exclue": 4039, "texte": "[l'herbe"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4103, "fin_caractere_exclue": 4149, "texte": "Et tu les fais marcher sous ton bâton superbe,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4232, "fin_caractere_exclue": 4262, "texte": "Quand tu nous inondes de sons."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4354, "fin_caractere_exclue": 4400, "texte": "\" Mais ton jour vient. Il faut que la Walkütre"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4449, "fin_caractere_exclue": 4456, "texte": "[tombe."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4513, "fin_caractere_exclue": 4565, "texte": "Que sous nos chuts enfin croule et s'ouvre sa tombe!"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4639, "fin_caractere_exclue": 4671, "texte": "Qu'on n'entende plus du Wagner !"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4742, "fin_caractere_exclue": 4791, "texte": "Par nos sifflets vengeurs, que Wolan et sa lance,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4794, "fin_caractere_exclue": 4841, "texte": "Brunehilde et Fricka soient réduits au silence,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4918, "fin_caractere_exclue": 4947, "texte": "Eux et leur musique d'enfer !"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5027, "fin_caractere_exclue": 5071, "texte": "» Complice de Dupont, au livre de tes crimes"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5164, "fin_caractere_exclue": 5206, "texte": "Un démon te lira les noms de tes victimes;"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5293, "fin_caractere_exclue": 5321, "texte": "Tu les verras autour de toi,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5405, "fin_caractere_exclue": 5457, "texte": "Ces abonnés, qui n'ont plus de sang dans les veines,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5460, "fin_caractere_exclue": 5509, "texte": "Se presser, plus nombreux que les paroles vaines,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5582, "fin_caractere_exclue": 5608, "texte": "Que balbutiera ton effroi."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5681, "fin_caractere_exclue": 5727, "texte": "« Ceci t'arrivera sans que nul dans la presse,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5791, "fin_caractere_exclue": 5836, "texte": "Pas même Dommartin, puisse, dans ta détresse,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5923, "fin_caractere_exclue": 5957, "texte": "T'aider en nous traitant d'idiots;"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 6080, "fin_caractere_exclue": 6124, "texte": "Quand même Kufferath, ce \"Wagnérien immonde."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 6128, "fin_caractere_exclue": 6173, "texte": "Et Bazoef et Waller, qui se fichent du monde,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 6246, "fin_caractere_exclue": 6287, "texte": "Diraient : — Vous n'êtes que des sots ! „"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 128, "fin_caractere_exclue": 173, "texte": "Léon dans sa main droite avait la « Walkyrie,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 239, "fin_caractere_exclue": 286, "texte": "Dans la gauche, un motet, un Tantuni, un Kyrie,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 360, "fin_caractere_exclue": 386, "texte": "Avec les Adieux de Wotan :"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 452, "fin_caractere_exclue": 495, "texte": "Il écouta le birbe et lui laissa tout dire."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 561, "fin_caractere_exclue": 608, "texte": "Pencha son front rêveur, puis avec un sourire ;"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 682, "fin_caractere_exclue": 719, "texte": "Fit : \" Nous allons monter Tristan!-\""}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 835, "fin_caractere_exclue": 844, "texte": "LETOCHÈS."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1026, "fin_caractere_exclue": 1081, "texte": "N o u s a v o n s t r o u v é , en fouillant, la lettre"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1147, "fin_caractere_exclue": 1206, "texte": "suivante, q u e la Revue                  anecdotique     a"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1272, "fin_caractere_exclue": 1326, "texte": "r e p r o d u i t e d'ailleurs, il y a q u e l q u e s"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1392, "fin_caractere_exclue": 1444, "texte": "a n n é e s . Elle est de Gustave F l a u b e r t et"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1510, "fin_caractere_exclue": 1546, "texte": "n'a rien p e r d u de sa curiosité :"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1671, "fin_caractere_exclue": 1693, "texte": "MON     CHER CONFRÈRE,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1763, "fin_caractere_exclue": 1807, "texte": "J'ai bien peu de t e m p s à vous consacrer,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1873, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "car je pars lundi p o u r la régence de T u n i s ,"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 1990, "fin_caractere_exclue": 2037, "texte": "et je suis fort a h u r i par mille courses, et"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2103, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "mille préparatifs. Je voudrais vous écrire"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2211, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "u n e t r è s l o n g u e lettre, relativement à votre"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2331, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "r é s o l u t i o n d'être t o u t à fait un h o m m e de"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2454, "fin_caractere_exclue": 2462, "texte": "lettres."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2574, "fin_caractere_exclue": 2615, "texte": "Si v o u s sentez u n irrésistible besoin"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2726, "fin_caractere_exclue": 2781, "texte": "d'écrire et q u e v o u s ayez un t e m p é r a m e n t"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2847, "fin_caractere_exclue": 2904, "texte": "d ' H e r c u l e , v o u s avez bien fait ; sinon, non !"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 2970, "fin_caractere_exclue": 3020, "texte": "Je connais le métier ; il n'est pas d o u x , mais"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3086, "fin_caractere_exclue": 3131, "texte": "c'est parce qu'il n'est pas d o u x qu'il est"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3197, "fin_caractere_exclue": 3257, "texte": "b e a u . L e j o u r n a l i s m e ne v o u s m è n e r a à"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3367, "fin_caractere_exclue": 3415, "texte": "rien, qu'à vous e m p ê c h e r de faire de lon­"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3481, "fin_caractere_exclue": 3540, "texte": "g u e s œ u v r e s et de longues é t u d e s . P r e n e z"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3606, "fin_caractere_exclue": 3655, "texte": "g a r d e à lui, c'est u n a b î m e qui a dévoré"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3769, "fin_caractere_exclue": 3827, "texte": "les p l u s fortes o r g a n i s a t i o n s ! J e connais"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3934, "fin_caractere_exclue": 3983, "texte": "des gens de génie, d e v e n u s par lui en quel­"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4049, "fin_caractere_exclue": 4100, "texte": "q u e sorte des bêtes de s o m m e . P a r d o n du"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4167, "fin_caractere_exclue": 4220, "texte": "conseil, si je froisse u n e s y m p a t h i e , mais"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4329, "fin_caractere_exclue": 4351, "texte": "j'ai raison cependant."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4471, "fin_caractere_exclue": 4510, "texte": "Faites d e grandes lectures suivies, et"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4577, "fin_caractere_exclue": 4627, "texte": "prenez u n sujet long et c o m p l e x e ; relisez"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4694, "fin_caractere_exclue": 4739, "texte": "tous les classiques, non p l u s c o m m e au"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4858, "fin_caractere_exclue": 4906, "texte": "collège, mais p o u r vous, et jugez-les d a n s"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 4973, "fin_caractere_exclue": 5024, "texte": "v o t r e conscience c o m m e v o u s jugeriez les"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5091, "fin_caractere_exclue": 5161, "texte": "m o d e r n e s , l a r g e m e n t et s c r u p u l e u s e m e n t ."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5232, "fin_caractere_exclue": 5281, "texte": "P u i s q u e v o u s v o u s intéressez à ce qui"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5348, "fin_caractere_exclue": 5402, "texte": "m e r e g a r d e , je vous dirai q u e si m o n roman"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5524, "fin_caractere_exclue": 5570, "texte": "n'a pas été mis s u r la scène, c'est q u e je"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5637, "fin_caractere_exclue": 5678, "texte": "m'y suis opposé formellement. J'ai trouvé"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5745, "fin_caractere_exclue": 5788, "texte": "la spéculation — et elle était fort bonne —"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 5855, "fin_caractere_exclue": 5911, "texte": "p e u d i g n e de m o i . P l u s i e u r s théâtres en"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 6024, "fin_caractere_exclue": 6076, "texte": "voulaient ; ç'a été u n e m a n i e p e n d a n t un"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 6191, "fin_caractere_exclue": 6233, "texte": "instant, m a i s tout est fini maintenant."}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 6304, "fin_caractere_exclue": 6356, "texte": "Ce livre de m o i , a n n o n c é d a n s la Presse."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "est bien loin d'être fait, puisque c'est pour"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 148, "fin_caractere_exclue": 189, "texte": "le faire que je me transporte à Carthage."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 236, "fin_caractere_exclue": 280, "texte": "J'espère pourtant, cet été, l'avancer consi­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 297, "fin_caractere_exclue": 339, "texte": "dérablement, mais je trouve à la chose des"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 390, "fin_caractere_exclue": 434, "texte": "difficultés prodigieuses. Soyez bien sûr que"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 460, "fin_caractere_exclue": 501, "texte": "je vous enverrai un de mes premiers exem­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 533, "fin_caractere_exclue": 541, "texte": "plaires."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 628, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "Au revoir donc ; travaillez de toutes vos"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 717, "fin_caractere_exclue": 761, "texte": "forces, de toute votre âme, et croyez que je"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 811, "fin_caractere_exclue": 850, "texte": "vous serre les mains très cordialement."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 931, "fin_caractere_exclue": 948, "texte": "GUSTAVE FLAUBERT."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1097, "fin_caractere_exclue": 1104, "texte": "MUSIQUE"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1253, "fin_caractere_exclue": 1291, "texte": "Deux auditions musicales intéressantes"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1385, "fin_caractere_exclue": 1430, "texte": "ont eu lieu depuis l'apparition de notre der­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1431, "fin_caractere_exclue": 1472, "texte": "nière numéro; l'une, donnéepar M. Heusch­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1547, "fin_caractere_exclue": 1589, "texte": "ling, audition de mélodies signées : Schu­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1681, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "bert, Schumann, Berlioz, Aug. Dupont,"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1808, "fin_caractere_exclue": 1847, "texte": "Tchaïkowski, Jean Blockx. M. Heuschling"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1941, "fin_caractere_exclue": 1984, "texte": "qui phrase toujours avec style et sentiment"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2025, "fin_caractere_exclue": 2067, "texte": "s'attarde à des choses connues et ne varie"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2116, "fin_caractere_exclue": 2161, "texte": "pas assez son répertoire; ainsi y a-t-il dans"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2203, "fin_caractere_exclue": 2242, "texte": "la musique russe tant appréciée mainte­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2294, "fin_caractere_exclue": 2336, "texte": "nant, des choses plus caractéristiques que"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2384, "fin_caractere_exclue": 2412, "texte": "ces mélodies de Tchaïkowski."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2480, "fin_caractere_exclue": 2519, "texte": "La 2e audition, a été donnée au commen­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2565, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "cement de ce mois par Mme Cornélis-Ser­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2658, "fin_caractere_exclue": 2698, "texte": "vais avec le concours de Mlle Cary Mess,"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2716, "fin_caractere_exclue": 2758, "texte": "violoniste, MM. Edouard Jacobs et Degreef."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2808, "fin_caractere_exclue": 2850, "texte": "Elle avait attiré à la Grande-Harmonie une"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2899, "fin_caractere_exclue": 2941, "texte": "foule énorme qui a fait un succès mérité à"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2989, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "nos artistes bruxellois et particulièrement"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3076, "fin_caractere_exclue": 3121, "texte": "à M lle Mess, cette toute jeune violoniste de"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3162, "fin_caractere_exclue": 3204, "texte": "la classe de M. Colyns que nous avons trop"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3250, "fin_caractere_exclue": 3281, "texte": "rarement l'occasion d'entendre."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3553, "fin_caractere_exclue": 3588, "texte": "Si le grand succès de la Walküre se"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3679, "fin_caractere_exclue": 3719, "texte": "double de ce succès pécuniaire indispen­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3797, "fin_caractere_exclue": 3838, "texte": "sable à la vie d'un théâtre, nous pouvons"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3839, "fin_caractere_exclue": 3882, "texte": "espérer voir Siegfried l'année prochaine et"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3914, "fin_caractere_exclue": 3955, "texte": "la tétralogie complète en 1889. On donne­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3998, "fin_caractere_exclue": 4042, "texte": "rait alors pendant l'été, à l'instar de Bay-"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4088, "fin_caractere_exclue": 4128, "texte": "reuth, des représentations de l'œuvre de"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4178, "fin_caractere_exclue": 4185, "texte": "Wagner."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4272, "fin_caractere_exclue": 4309, "texte": "Sans éloigner de Bayreuth la masse de"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4357, "fin_caractere_exclue": 4401, "texte": "fervents qui s'y rendent et s'y rendront en­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4444, "fin_caractere_exclue": 4483, "texte": "core pendant longtemps comme en pèleri­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4515, "fin_caractere_exclue": 4560, "texte": "nage, les représentations françaises de l'œu­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4601, "fin_caractere_exclue": 4645, "texte": "vre, amèneraient ici tout un public spécial,"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 147, "texte": "et Bruxelles deviendrait, après les villes alle­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 196, "fin_caractere_exclue": 235, "texte": "mandes, le premier centre de propagande"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 284, "fin_caractere_exclue": 296, "texte": "wagnérienne."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 348, "fin_caractere_exclue": 389, "texte": "Voilà qui serait bien fait pour régénérer"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 438, "fin_caractere_exclue": 459, "texte": "notre vie artistique."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 529, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "***"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 584, "fin_caractere_exclue": 624, "texte": "M. Maurice Kufferath publie, chez Schott"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 673, "fin_caractere_exclue": 716, "texte": "un volume d'actualité sur la Walküre. L'au­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 765, "fin_caractere_exclue": 810, "texte": "teur, un ami et un jeune, y fait l'historique"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 859, "fin_caractere_exclue": 902, "texte": "des Niebelungen d'une façon très attachante"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 951, "fin_caractere_exclue": 992, "texte": "et très littéraire Tous les thèmes y sont"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1041, "fin_caractere_exclue": 1080, "texte": "notés avec soin, et l'ouvrage est comme"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1129, "fin_caractere_exclue": 1166, "texte": "le vade-mecum du Valkyrien profane ou"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1215, "fin_caractere_exclue": 1249, "texte": "non. Nous le recommandons comme le"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1340, "fin_caractere_exclue": 1384, "texte": "plus complet qui ait été fait en la matière."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1641, "fin_caractere_exclue": 1680, "texte": "Tandis qu'avaient lieu à la Monnaie les"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1767, "fin_caractere_exclue": 1807, "texte": "dernières répétitions de la Walküre, une"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1896, "fin_caractere_exclue": 1940, "texte": "triste nouvelle arrivée de Saint-Pétersbourg"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 1989, "fin_caractere_exclue": 2024, "texte": "a péniblement affecté les artistes."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2076, "fin_caractere_exclue": 2115, "texte": "Borodine y est mort subitement, à l'âge"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2164, "fin_caractere_exclue": 2202, "texte": "de 58 ans. Nous ne le connaissions que"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2251, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "d'hier et la première œuvre qu'on donna de"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2342, "fin_caractere_exclue": 2383, "texte": "lui fut sa 2e symphonie, exécutée au Con­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2432, "fin_caractere_exclue": 2476, "texte": "cert populaire, l'année dernière, et renfer­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2525, "fin_caractere_exclue": 2564, "texte": "mant cet admirable Andante d'une inspi­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2613, "fin_caractere_exclue": 2657, "texte": "ration pénétrante et troublante dans sa note"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2706, "fin_caractere_exclue": 2715, "texte": "mystique."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2767, "fin_caractere_exclue": 2807, "texte": "Nous avons vu Borodine, ici, aux répéti­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2856, "fin_caractere_exclue": 2898, "texte": "tions de sa symphonie; c'est un vrai Russe"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 2947, "fin_caractere_exclue": 2988, "texte": "du Nord, grand, de carrure large et puis­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3037, "fin_caractere_exclue": 3075, "texte": "samment campé avec, dans toute sa per­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3124, "fin_caractere_exclue": 3161, "texte": "sonne, quelque chose de modeste et de"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3210, "fin_caractere_exclue": 3249, "texte": "doux, et portant à son front ployé sous"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3298, "fin_caractere_exclue": 3340, "texte": "le poids des grands rêves cette expression"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3419, "fin_caractere_exclue": 3462, "texte": "d'infinie bonté qui rayonne dans son œuvre."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3514, "fin_caractere_exclue": 3549, "texte": "Puisse sa mort, comme pour beaucoup"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3637, "fin_caractere_exclue": 3678, "texte": "d'hommes de sa valeur, contribuer à pous­"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3768, "fin_caractere_exclue": 3796, "texte": "ser cet œuvre au grand jour."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3909, "fin_caractere_exclue": 3913, "texte": "* **"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 3965, "fin_caractere_exclue": 3997, "texte": "Nous lisons dans l'Art moderne :"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4049, "fin_caractere_exclue": 4087, "texte": "« Les journaux annoncent que M. Ernest"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4136, "fin_caractere_exclue": 4177, "texte": "Reyer fravaille en ce moment à un ouvrage"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4226, "fin_caractere_exclue": 4268, "texte": "tiré de Salammbô,      dont il a écrit les"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4317, "fin_caractere_exclue": 4356, "texte": "deux premiers actes, sur des paroles de"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4405, "fin_caractere_exclue": 4443, "texte": "M. Camille Dulocle et qu'il destine au"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4492, "fin_caractere_exclue": 4514, "texte": "théâtre de la Monnaie."}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4566, "fin_caractere_exclue": 4600, "texte": "« Nous avons annoncé déjà, et nous"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 4649, "fin_caractere_exclue": 4687, "texte": "ne croyons pas inutile de rappeler que"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 107, "texte": "M Georges Khnopff a terminé en novem­ arrivera"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 142, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "bre 1885 une partition sur le même sujet, pas"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 222, "fin_caractere_exclue": 271, "texte": "et qu'il en a écrit le poème et la musique. germe"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 308, "fin_caractere_exclue": 353, "texte": "La dernière scène seule a été exécutée au des"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 394, "fin_caractere_exclue": 458, "texte": "piano dans une réunion intime.                               Qui"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 479, "fin_caractere_exclue": 519, "texte": "« L'œuvre est divisée en quatre actes et"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 558, "fin_caractere_exclue": 601, "texte": "huit tableaux, dont voici la nomenclature :"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 602, "fin_caractere_exclue": 642, "texte": "ACTE I. A Mégara, dans les jardins d'Ha­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 688, "fin_caractere_exclue": 729, "texte": "milcar. ACTE II. Premier tableau : Sur la"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 792, "fin_caractere_exclue": 835, "texte": "terrasse du Palais d'Hamilcar. Deuxième sur"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 876, "fin_caractere_exclue": 924, "texte": "tableau : Camp des mercenaires. Troisième rieuse"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 959, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "tableau : Enlèvement du zaïmph (tableau"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1039, "fin_caractere_exclue": 1083, "texte": "mouvant). ACTE III. Premier tableau : Le Pa­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1130, "fin_caractere_exclue": 1170, "texte": "lais d'Hamilcar, (Hamilcar. — Salammbô.)"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1213, "fin_caractere_exclue": 1253, "texte": "Deuxième tableau : La terrasse du Palais"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1299, "fin_caractere_exclue": 1337, "texte": "d'Hamilcar. (Schahabarim. — Salammbô.)"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1382, "fin_caractere_exclue": 1420, "texte": "Troisième tableau : La tente de Mâtho."}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1465, "fin_caractere_exclue": 1502, "texte": "(Salammbô. — Mâtho.) La prise du camp"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1548, "fin_caractere_exclue": 1587, "texte": "des mercenaires, trahis par Narr Havas."}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1632, "fin_caractere_exclue": 1669, "texte": "ACTE IV. Carthage. Supplice de Mâtho."}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1738, "fin_caractere_exclue": 1779, "texte": "« Voici, enfin, les personnages, avec les"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1826, "fin_caractere_exclue": 1870, "texte": "voix résultant, dans la pensée de M. Georges"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1916, "fin_caractere_exclue": 1944, "texte": "Khnopff, de leur caractère :"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2025, "fin_caractere_exclue": 2062, "texte": "« Salammbô, contralto.— Mâtho, ténor."}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2109, "fin_caractere_exclue": 2148, "texte": "— Spendius, ténor. — Hamilcar, baryton."}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2193, "fin_caractere_exclue": 2229, "texte": "— Narr' Havas, ténor. — Schahabarim,"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2274, "fin_caractere_exclue": 2306, "texte": "basse (1). — Taanach, soprano. »"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2379, "fin_caractere_exclue": 2418, "texte": "Voilà qui nous fait grand plaisir, mais"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2464, "fin_caractere_exclue": 2505, "texte": "nous laisse un peu sceptique. Chacun sait"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2551, "fin_caractere_exclue": 2591, "texte": "que Georges Khnopff est un poète exquis,"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2601, "fin_caractere_exclue": 2642, "texte": "de grand talent; chacun sait encore qu'il"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2708, "fin_caractere_exclue": 2747, "texte": "est musicien de première force, mais on"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2795, "fin_caractere_exclue": 2838, "texte": "ignore assez généralement qu'il est fumiste"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2886, "fin_caractere_exclue": 2930, "texte": "des pieds à la tête C'est lui qui a inventé,"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2976, "fin_caractere_exclue": 3016, "texte": "après beaucoup d'autres, la vanité de la"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3065, "fin_caractere_exclue": 3104, "texte": "typographie, le manuscrit photographié,"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3156, "fin_caractere_exclue": 3201, "texte": "voilà l'idéal, et le comble de la joie serait"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3248, "fin_caractere_exclue": 3288, "texte": "que la photographie s'en effaçât rapide­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3334, "fin_caractere_exclue": 3372, "texte": "ment, de manière à laisser simplement,"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3420, "fin_caractere_exclue": 3458, "texte": "comme un reflet délicieux, le souvenir"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3502, "fin_caractere_exclue": 3541, "texte": "d'une œuvre disparue. M. Khnopff estime"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3569, "fin_caractere_exclue": 3609, "texte": "que les belles choses doivent durer peu."}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3663, "fin_caractere_exclue": 3697, "texte": "Nous le soupçonnons donc vaguement"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3766, "fin_caractere_exclue": 3807, "texte": "d'avoir écrit sa Salammbô avec de l'encre"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3850, "fin_caractere_exclue": 3892, "texte": "anémique (j'entends qui s'évanouit facile­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3937, "fin_caractere_exclue": 3972, "texte": "ment), et nous croyons que M. Reyer"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 4129, "fin_caractere_exclue": 4179, "texte": "(1) Schahabarim, ô Khnopff, est, d a n s Salammbô,"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 4231, "fin_caractere_exclue": 4284, "texte": "le chef des prêtres de Tanit, eunuques. E n faire une"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 4340, "fin_caractere_exclue": 4396, "texte": "basse, ô Khnopff ! U n e réhabilitation alors ! T u vois"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 4511, "fin_caractere_exclue": 4537, "texte": "bien que tu es un fumiste."}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "bon premier. Ce ne sera peut-être"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 188, "fin_caractere_exclue": 221, "texte": "aussi beau que le chef-d'œuvre en"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 272, "fin_caractere_exclue": 307, "texte": "chez notre ami Khnopff, mais il y a"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 354, "fin_caractere_exclue": 393, "texte": "chances pour que ce soit plus palpable."}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 459, "fin_caractere_exclue": 474, "texte": "vivra entendra."}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 539, "fin_caractere_exclue": 557, "texte": "Ou n'entendra pas."}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 682, "fin_caractere_exclue": 683, "texte": "*"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 752, "fin_caractere_exclue": 791, "texte": "Il est étonnant, presque douloureux que"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 836, "fin_caractere_exclue": 874, "texte": "une scène aussi importante, aussi glo­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 925, "fin_caractere_exclue": 957, "texte": "que la Monnaie, les compositeurs"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 999, "fin_caractere_exclue": 1037, "texte": "belges soient si rarement admis, quand"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1084, "fin_caractere_exclue": 1128, "texte": "ceux de France en ont l'accès facile et per­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1171, "fin_caractere_exclue": 1210, "texte": "manent. Nous avons chez nous des compo­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1254, "fin_caractere_exclue": 1297, "texte": "siteurs de talent et il importe de les pro­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1338, "fin_caractere_exclue": 1379, "texte": "duire. Nous ne parlons pas de M. Gevaert,"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1421, "fin_caractere_exclue": 1462, "texte": "un musicologue justement célèbre, mais un"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1503, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "compositeur inférieur dont, du reste, nous"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1588, "fin_caractere_exclue": 1629, "texte": "n'avons plus rien à attendre. Mais il y a"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1692, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "Peter Benoît, le robuste flamand qui in­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1780, "fin_caractere_exclue": 1823, "texte": "carne si bien la pesante vigueur de sa race"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1871, "fin_caractere_exclue": 1912, "texte": "dans sa musique décorative, sa musique de"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 1975, "fin_caractere_exclue": 2018, "texte": "plein air, la seule qui jusqu'à présent ait"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2063, "fin_caractere_exclue": 2105, "texte": "eu l'occasion de se bien faire connaître ;"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2149, "fin_caractere_exclue": 2189, "texte": "mais il y a un Benoît intime, subjectif,"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2230, "fin_caractere_exclue": 2270, "texte": "comme il dit lui-même, un Benoît tendre,"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2334, "fin_caractere_exclue": 2372, "texte": "ému, pénétrant qui se révèle en partie"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2419, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "dans Charlotte Corday et qui, au théâtre,"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2506, "fin_caractere_exclue": 2547, "texte": "pourrait s'attester dans des œuvres lyri­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2592, "fin_caractere_exclue": 2597, "texte": "ques."}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2665, "fin_caractere_exclue": 2704, "texte": "Il y a aussi Franz Servais, ce musicien"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2748, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "savant et inspiré qui a condensé en des an­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2839, "fin_caractere_exclue": 2882, "texte": "nées de labeur toute l'ampleur de sa grande"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 2931, "fin_caractere_exclue": 2971, "texte": "âme d'artiste — un oiseau de tempête qui"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3017, "fin_caractere_exclue": 3060, "texte": "a eu peine à restreindre l'envergure de son"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3105, "fin_caractere_exclue": 3151, "texte": "vol et à transcrire le cri de sa passion, il y"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3202, "fin_caractere_exclue": 3243, "texte": "a de lui un drame lyrique : l'Apollonide,"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3289, "fin_caractere_exclue": 3329, "texte": "sur un poème de Leconte de Lisle dont il"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3373, "fin_caractere_exclue": 3415, "texte": "faut que nous ayons la représentation, ici"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3459, "fin_caractere_exclue": 3497, "texte": "même, à la Monnaie, dans le pays de ce"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3542, "fin_caractere_exclue": 3563, "texte": "cher et vrai artiste."}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3632, "fin_caractere_exclue": 3653, "texte": "Que d'autres encore !"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3722, "fin_caractere_exclue": 3760, "texte": "Emile Mathieu, dont on nous avait pro­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3808, "fin_caractere_exclue": 3844, "texte": "mis pour cet hiver un nouvel opéra :"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3893, "fin_caractere_exclue": 3931, "texte": "Richilde, que nous avons vainement at­"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 3973, "fin_caractere_exclue": 4012, "texte": "tendu; Jan Van den Eeden, qui travaille"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 4078, "fin_caractere_exclue": 4120, "texte": "depuis des années sur Barberine de Musset,"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 4186, "fin_caractere_exclue": 4225, "texte": "dont Eugène Robert et Edmond Picard ont"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 4291, "fin_caractere_exclue": 4334, "texte": "tiré pour lui un poème d'opéra — s'il y met"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 4463, "fin_caractere_exclue": 4506, "texte": "une certaine lenteur elle s'explique par le"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "peu d'espoir de débouchés que nos produc­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 186, "texte": "teurs doivent avoir conservé; puis Raway,"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 222, "fin_caractere_exclue": 268, "texte": "l'original symphoniste des Scènes         Hin-"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 269, "fin_caractere_exclue": 307, "texte": "doues, qui écrira certainement pour le"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 363, "fin_caractere_exclue": 407, "texte": "théâtre, s'il a la certitude d'y être repré­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 452, "fin_caractere_exclue": 492, "texte": "senté; puis Huberti, un musicien rêveur,"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 544, "fin_caractere_exclue": 587, "texte": "fin, délicat, poète des demi-teintes et des"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 636, "fin_caractere_exclue": 676, "texte": "nuances harmoniques, qui doit avoir plus"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 711, "fin_caractere_exclue": 738, "texte": "d'un opéra en portefeuille."}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 792, "fin_caractere_exclue": 835, "texte": "Donc qu'on songe à ces vrais artistes, pour"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 878, "fin_caractere_exclue": 920, "texte": "qui le pays est. inhospitalier et marâtre,"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 967, "fin_caractere_exclue": 1010, "texte": "car ils [valent des Massenet et des Delibes"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1062, "fin_caractere_exclue": 1104, "texte": "qu'on applaudit à grands renforts de r é ­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1151, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "clames et qu'on proclame « citoyens du"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1239, "fin_caractere_exclue": 1281, "texte": "pays », quand les nôtres ont le décourage­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1327, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "ment au cœur et s'expatrieraient si une sorte"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1415, "fin_caractere_exclue": 1457, "texte": "d'instinct insurmontable ne les tenait ici"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1505, "fin_caractere_exclue": 1515, "texte": "enchaînés."}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1614, "fin_caractere_exclue": 1627, "texte": "(Le Progrès)."}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1770, "fin_caractere_exclue": 1774, "texte": "ARTS"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1942, "fin_caractere_exclue": 1981, "texte": "M. Aug. Delâtre, l'un des meilleurs im­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2032, "fin_caractere_exclue": 2075, "texte": "primeurs d'eau-fortes de Paris, publie sous"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2125, "fin_caractere_exclue": 2169, "texte": "ce titre : Eau forte, pointe sèche et vernis"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2218, "fin_caractere_exclue": 2262, "texte": "mou, un traité très complet sur ces procédés"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2309, "fin_caractere_exclue": 2350, "texte": "de gravure. Une lettre de Rops relève en­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2403, "fin_caractere_exclue": 2446, "texte": "core ce travail où sont exposées avec beau­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2497, "fin_caractere_exclue": 2538, "texte": "coup de soin les méthodes usitées aujour­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2586, "fin_caractere_exclue": 2625, "texte": "d'hui. Nous notons dans cette lettre un"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2675, "fin_caractere_exclue": 2695, "texte": "passage tapé ferme :"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2767, "fin_caractere_exclue": 2809, "texte": "« Avant tout et par dessus tout, j'ai hor­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2857, "fin_caractere_exclue": 2897, "texte": "reur des professeurs de tout poil, et dé"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2948, "fin_caractere_exclue": 2992, "texte": "toute médaille, des doctrinaires, des prédi­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 3042, "fin_caractere_exclue": 3085, "texte": "cants, des pontifes à toge et à toque, gens"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 3105, "fin_caractere_exclue": 3149, "texte": "qui d'habitude enseignent ce qu'ils ignorent"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 3205, "fin_caractere_exclue": 3248, "texte": "Les toges ne servent qu'à cacher les infir­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 3353, "fin_caractere_exclue": 3396, "texte": "mités professionnelles : Leshémorrhoïdes!!!"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 3499, "fin_caractere_exclue": 3544, "texte": "mes chers amis, qu'ils cachent sous les longs"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "voiles noirs (1) et les toques : les oreilles"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 194, "fin_caractere_exclue": 221, "texte": "d'ânes des institutaires. »"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 321, "fin_caractere_exclue": 362, "texte": "Le 12 mars s'est ouverte la onzième expo­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 412, "fin_caractere_exclue": 451, "texte": "sition de l'Essor. L'espace nous manque"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 501, "fin_caractere_exclue": 543, "texte": "pour dire tout le bien que nous pensons de"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 593, "fin_caractere_exclue": 635, "texte": "cette exhibition qui montre un énorme pro­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 685, "fin_caractere_exclue": 710, "texte": "grès. Nous y reviendrons."}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 785, "fin_caractere_exclue": 788, "texte": "***"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 841, "fin_caractere_exclue": 877, "texte": "Le 10 mars s'est ouverte à Anvers la"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 927, "fin_caractere_exclue": 966, "texte": "première exposition d'un nouveau cercle"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1016, "fin_caractere_exclue": 1061, "texte": "de jeunes peintres, sous le titre l'Art Indé-"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1111, "fin_caractere_exclue": 1150, "texte": "pendant. En sont : MM. Léon Abry, Flor."}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1200, "fin_caractere_exclue": 1238, "texte": "Crabeels, Maurice Hagemans, Alex. Mar­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1288, "fin_caractere_exclue": 1326, "texte": "cette, Is. Meyers, Henry Van de Velde;"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1376, "fin_caractere_exclue": 1414, "texte": "la première épreuve est bonne, et nous"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1464, "fin_caractere_exclue": 1504, "texte": "sommes heureux de saluer d'une bienvenue"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1554, "fin_caractere_exclue": 1584, "texte": "cordiale les jeunes Anversois."}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1659, "fin_caractere_exclue": 1662, "texte": "***"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1715, "fin_caractere_exclue": 1750, "texte": "On vient de déposer à la Chambre un"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1800, "fin_caractere_exclue": 1844, "texte": "projet de loi sur LE PASTICHE. La loi sur le"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1894, "fin_caractere_exclue": 1938, "texte": "droit d'auteur, votée l'an dernier, a frappé"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 1988, "fin_caractere_exclue": 2031, "texte": "la contrefaçon artistique. Les dispositions"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2081, "fin_caractere_exclue": 2124, "texte": "nouvelles frapperaient la tentative de con­"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 2174, "fin_caractere_exclue": 2217, "texte": "trefaçon, sous le nom de Pastiche. 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Seuls les\nvins qui ont des teintes d'ambre brûlé, les liqueurs, douces comme des\ncaresses, nous sauveront du teutonisme bachique. Chez\n\n             COULOMB-ROBIETS\n                           19, Boulevard        du Nord\n  Dégustez-les, ces baisers fluides et troubleurs. Le vermouth de Turin s'y\ndonne dans le cristal léger; l'Algarve perfide et joyeux, tout ce qui a la\ncouleur et l'arôme...\n A près les avoir savourés, votre cerveau vous dictera des vers amoureux\n    et fous, votre cœur aura des effusions infinies et, loin du monde brutal,\nplongé dans une rêverie lente, vous serez heureux.\n\nV   otre bonheur, sans hideuse ivresse, allez le boire chez Coulomb-\n    Robiets, le Lillas Pastia des artistes !\n\n\n                Bruxelles. — Imptimerie Ve Monnom, 26, me de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 104, "texte": " 7e A N N É E .     T O M E VI,   N OS 3 ET 4.   PRIX : FR.   1-20.           5 MARS ET 1ER AVRIL       1887.\n\n\nN u m é r o double.\n\n                                                 LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                                           ....si la théorie de l'Art pour l'Art est\n                                                         fausse, du moins le bonheur ABSOLU donné\n                                                         Par l'Art n'est Pas le rêve de l'Impossible.\n                                                                          J. BARBEY D'AURÈVILLY.\n\n\n\n\n                                         SOMMAI R E :\n    Pierrot Narcisse                                                  ALBERT GIRAUD.\n    Chronique artistique (Les XX) . . . .                             JULES D E S T R É E .\n    Chronique musicale (La Walkiire) . . .                            HENRY MAUBEL.\n    Memento                                                            ***\n\n\n\n\n                                            \"BRUXELLES\n                  ADMINISTRATION :                                      RÉDACTION :\n              26, RUE DE L'INDUSTRIE, 26           J                  80, RUE BOSQUET, 80\n\n                                                 KS87\n"}, {"page_pdf": 105, "texte": "        LA JEUNE BELGIQUE\n                              REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\n                     er\nparaissant    le 1de chaque mois- et formant au bout de l'année un superbe volume\n                                 orné d'un frontispice.\n   Bruxelles : Administration, 26, rue de l'Industrie. — Rédaction : 80, rue Bosquet.\n\n\n         Directeur            : MAX WALLER. — Secrétaire : F. VURGEY.\n                                Administrateur : H. VAN DIJK.\n\n\n                                         ABONNEMENTS                  :\n    Belgique.             .   7 francs par an. — Union postale.                      .. fr.   8-50.\n             Les conditions pour les annonces se traitent                            à   forfait.\n\n                     SOMMAIRE DE NOTRE PROCHAIN NUMÉRO :\nOn en meurt                                                      HENRY MAUBEL.\nPoèmes en prose                                                  HECTOR CHAINAYE.\nCauchemar-Actualité                                              C H . M. FLOR O'SQUARR.\nHilda                                                            J U L E S VAN DER B R U G G H E N .\nChronique littéraire : I.              L'Art Espagnol            MAX WALLER.\n                                  II. Le désespéré           .    IWAN GILKIN.\n                                  III. Don Juan d'Ar-\n                                         mana . . .               JOSÉPHIN PÉLADAN.\n\n                                     BOITE AUX             LETTRES\n   13. A. J. QUAREGNON. Bravo ; voilà qui est infiniment mieux; vous tenez la facture et\nla tenez solide et franche. Votre pièce Les Madones est pleine de qualités, mais beaucoup\ntrop délayée et trop longue. Concentrez davantage. Toute la pièce pouvait tenir en un\nsonnet.\n   14. K. S. La Charogne vous obsède, cher poète, mais il faut être Baudelaire pour\nmagnifier les miasmes et les fientes. Votre pièce, assez soignée comme forme, donne la\nnausée. Tenez-vous; il y a des dames, et envoyez-nous des réalités moins microbiques.\n   15. JACQUES FÈRE. Pas trop mal vos Dires d'une belle pécheresse, mais un peu naïve­\nment pervers ; vous l'avouerai-je, cela m'a rappelé les Confessions d'une courtisane et\nJulie ou J'ai sauvé ma rose. Ce n'est pas de la psychologie féminine, mais une gerbe de\nréflexions assez banales et peu intéressantes. Votre belle pécheresse dit à un certain\nmoment : « la fête ou les conviait mon corps de fille La dernière des dernières traînées\nne se souffleté pas de ce mot là, camarade. C'est faux et sans charme. Vos scabreuses\n« Oscillations » nous faisaient espérer mieux.\n   16. EMILE V. D. B.\n                              Le printemps radieux verdissait la campagne\n                              Les échos redisaient les chants des amoureux\n                              Ah ! seul je demeurais et restais sans compagne,\n                              Quoique plein de désirs, quoique jeune comme eux....\n  Pauvre jeune homme, vous demeuriez et vous restiez sans compagne; vous ne voulez\npas cependant que nous vous en cherchions une ! Restez et demeurez, quoi qu'il advienne\nou qu'il arrive, sans compagne, ou bien prenez en une, celle que vous voudrez, sauf la\nMuse; elle vous ferait cocu avec les poètes !\n  17. JACK O'KADY. Votre philosophique page Les malheureux ferait assez bien dans\n"}, {"page_pdf": 106, "texte": "P I E R R O T NARCISSE\n            SONGE D'HIVER\n\n       COMÉDIE FIABESQUE\n\n\n\n             DÉDICACE\n                                    A    IWAN GlLKIN.\n\n Voici bien trois ans et demi\n Que j'ai rimé « Pierrot Lunaire    ».\n Je suis encore ton ami :\n C'est vraiment   extraordinaire.\n\n C'est pourquoi, — puisque c'est mon sort,\n Captif de la rime et du nombre,\n D'avoir Pierrot jusqu'à la mort\n A côté de moi, comme une ombre, —\n\n Ces vers frêles, tout blancs de lui,\n Ces vers où j'ai baisé de givre.\n Loin des bassesses d'aujourd'hui,\n Tous les chers yeux qui me font vivre,\n\n Ce poème triste et moqueur,\n Qui sautille au rhythme fantasque,\n Au rhythme fantasque d'un cœur\n Qui serait un tambour de basque,\n"}, {"page_pdf": 107, "texte": "                                    -   84    -\n\n                  Ce doux lys d'hiver, pâle et pur,\n                  O fleur de douleur et de joie !\n                  Ce lys de silence et d'azur,\n                  Ce lys de lune, je l'envoie\n\n                  D'un seul geste fier et tremblant,\n                  Malgré les ânes qui vont braire,\n                  Vers un Pierrot vêtu de blanc\n                  Qui me ressemble comme un frère!\n                                                                       A. G.\n\n\n\n\n                                 PERSONNAGES\n       PIERROT, sans profession.\n       ARLEQUIN, neveu de Cassandre.\n       CASSANDRE, oncle d'Arlequin, député de Bergame.\n       MEZZETIN, malade imaginaire,\n                                              PREMIER ABBÉ,\n                                                  amis de Pierrot.\n       DEUXIEME ABBE,\n       T R O I S I È M E ABBÉ,\n       LE   SOMMELIER.\n       ELIANE, nièce de Cassandre.\n\n\n\n\n  PIERROT, en costume moderne. Tenue de soirée, en satin blanc. Col très haut. Gibus\nblanc. Paletot à pèlerine blanc. 25 ans.\n  ARLEQUIN. Maillot noir et blanc. 16 ans.\n  CASSANDRE, Habit de sénateur. 60 ans.\n  MEZZETIN. Complet de fourrure. 30 ans.\n  ELIANE. Robe couleur feuille morte, cheveux noirs. 23 ans.\n  Les trois abbés en satin violet.\n"}, {"page_pdf": 108, "texte": "                          SCÈNE PREMIÈRE\n  A Bergame. Une nuit de carnaval. L'intérieur d'un grand café, fleuri de glaces et de\ndorures. Groupes de masques ça et là, Musiques lointaines et contradictoires.\n\n\n                                 PREMIER ABBÉ\n\n     Hé! Garçon! du café!\n\n                                DEUXIÈME ABBÉ\n\n                                   De la Chartreuse!\n\n                                TROISIÈME ABBÉ\n\n                                                A boire!\n     Pierrot, monte à l'autel, et voici mon ciboire,\n     Et chante Alléluia, Pierrot, et bénis nous :\n     Chante! Les desservants vont plier les genoux.\n\n                                DEUXIÈME ABBÉ\n\n     Eh bien!      Qu'attends-tu?\n\n                                  PREMIER ABBÉ\n\n                             Chante : accomplis ta promesse!\n     Oh! fi du prêtre blanc qui ne sait plus sa messe.\n\n                                TROISIÈME ABBÉ\n\n     L'église est belle, vois! L'encens rêve dans l'air,\n     Le cher encens du kirsch, du kummel, du bitter.\n     Je surprends la saveur des prières latines\n     Dans le cantique en fleur que les bénédictines\n     Murmurent doucement dans les flacons pieux.\n\n                                  PREMIER ABBÉ\n\n        Chante ! Ou bien nous croirons que Pierrot devient vieux !\n"}, {"page_pdf": 109, "texte": "                           -    86   -\n\n                      DEUXIÈME ABBÉ\nChante! c'est l'heure folle et divine, ô ma pinte!\nL'heure qui danse, l'heure amoureuse qui tinte\nComme un grelot d'argent au cou d'un épagneul.\nChante! cette heure est folle.\n\n                      PREMIER ABBÉ\n                                  Un jour tu seras seul.\n\n                      TROISIÈME ABBE\nChante ! cette heure est frêle et pleine de gavottes.\nRegarde ces flacons : on dirait des, dévotes !\nUne cave à liqueurs, pour nous, c'est un couvent\nTrès doux et très béat, onctueux et fervent.\nLa chartreuse vous a des airs de pénitente\nQui veut vous convertir, et dont la chair vous tente.\nElle a le charme obscur d'un amour interdit,\nSucre et velours, impie, et quelque peu maudit.\nOn boit! c'est comme si l'on baisait une abbesse...\nOn éprouve un besoin de courir à confesse!\nEt de se faire absoudre, et de recommencer!\n\n                      DEUXIÈME ABBÉ\nIl ne nous entend pas, à quoi peut-il penser?\n\n                      TROISIÈME ABBÉ\nFais un signe au jubé! Des musiques dormantes\nSévaderont pour nous des cumins et des menthes,\nEt le riche plain-chant mystique des liqueurs\nComme un orgue puissant réchauffera nos cœurs!\n\n                          PREMIER ABBÉ\n Je crois qu'on l'a bouché!\n\n                       DEUXIÈME ABBÉ\n                               Pierrot   mélancolique!\n\n                       TROISIÈME ABBÉ\n Pierrot devient athée!\n"}, {"page_pdf": 110, "texte": "                             -   87   -\n\n\n                          PREMIER ABBÉ\n                          Il n'est plus catholique !\nUn soir de    carnaval!\n\n                          DEUXIÈME ABBÉ\n                      Mécréant! Apostat!\nCrime contre la soif! Crime contre l'État!\n\n                          TROISIÈME ABBÉ\nHorreur ! Demeurer sourd aux conseils de l'absinthe !\n\n                          PREMIER ABBÉ\nA la diète,   Luther!\n                          DEUXIÈME ABBÉ\n                     Va-t-en ! Père Hyacinthe !\nA la place d'un cygne il nous reste un oison.\nDéfroqué de la joie, à la porte!\n\n                          TROISIÈME ABBÉ\n                                      En prison !\n\n                          PREMIER ABBÉ\nAllons! il en est temps : pour juger ce fossile\nNous nous réunissons tous les trois en concile,\nEt nous l'abandonnons au pouvoir séculier!\nHé! Monsieur le bourreau!\n\n                          DEUXIÈME ABBÉ\n                                 Monsieur le sommelier !\n\n                          LE SOMMELIER\nBon!\n                          TROISIÈME ABBÉ\n       Vous allez, d'après l'us ecclésiastique,\nMettre à la question cet infâme hérétique.\nVeux-tu boire? Une fois!\n"}, {"page_pdf": 111, "texte": "                               — 88 —\n\n\n               PREMIER ABBÉ (saississant Pierrot)\n                               Veux-tu       boire?\n\n                   TROISIÈME ABBÉ (même jeu)\n                                                      Deux Jois !\n                          DEUXIÈME ABBÉ\nVeux-tu   boire?\n\n                          TROISIÈME ABBÉ\n                   Trois fois !\n\n                       PIERROT (se dégageant)\n                           Eh! Laissez-moi,   je bois\nDepuis des heures, des heures, je bois à pleine\nBouche, depuis des jours, depuis une semaine,\nJe ne sais, mais je bois, mais je suis ivre-mort !\n\n                          PREMIER ABBÉ\n\nMais   tu n'as rien bu,    rien!\n\n                          DEUXIÈME ABBÉ\n\n                                    Ivre ! c'est un peu fort !\n\n                               PIERROT\n\nVous ne le voyez pas? Je dis que je suis                ivre!\n\n                          TROISIÈME ABBÉ\n\nIl est ivre? Et de     quoi?\n\n                          DEUXIÈME ABBÉ\n                               De    quoi?\n\n                                PIERROT\n                                        De quoi? Du             givre,\nDe cet hiver soudain,      si lucide et si clair,\nEt de la transparence       adorable de l'air!\n"}, {"page_pdf": 112, "texte": "                            -   89   -\n\n                        DEUXIÈME ABBÉ\nIl est fol!\n                        TROISIÈME ABBÉ\n              A lier!\n                           PIERROT\n                     Je suis ivre, vous dis-je !\nIvre du mâle hiver, du grésil, du vertige\nDe toutes ces blancheurs qui songent sous l'azur.\nLe ciel chaste est plus grand, plus limpide, plus pur;\nLe seul bruit de mon pas sonore sur l'asphalte\nMe saoule éperdûment de ma force et m'exalte.\n0 ces acres baisers du vent dans mes cheveux!\nMon sang bout. Je suis beau. Je sais. Je puis. Je veux.\nD'énergiques parfums dilatent ma narine ;\nEt portant haut la tête, et bombant la poitrine,\nLe cerveau pavoisé de glorieux projets,\nToisant tous les passants comme un roi ses sujets,\nEt cinglant du manteau cette race servile,\nImpétueusement je traverse la ville\nEt la campagne, en fête, ayant je ne sais quoi\nDe viril et de fer soufflant derrière moi!\n\n                        PREMIER ABBÉ\nSi tu veux de l'hiver, Pierrot, je te conseille\nLe Champagne frappé : c'est l'hiver en bouteille,\nC'est le seul qui me rie!...\n\n                           PIERROT\n                               Oh! la neige me rit!\nElle a je ne sais quel mystérieux esprit\nQui semble un paradoxe exquis de la nature.\nElle est la fantaisie, elle est la fioriture\nDe ce inonde banal, uniforme et malsain :\nLa neige me ressemble, et je suis son cousin!\n\n                        DEUXIÈME ABBÉ\nLa neige est ta cousine'? Eh! c'est un fier lignage!\nNous ne te savions pas ce nouveau cousinage !\n"}, {"page_pdf": 113, "texte": "                                 —    90   —\n\n\n\n                            TROISIÈME ABBÉ\nElle est blanche; il est gris : le cousinage             est   clair!\nDis « ma tante » à la lune!\n\n                            PREMIER ABBÉ\n                                           Et « mon oncle » à           l'hiver!\n\n                            TROISIÈME ABBÉ\n\nLà-bas,     au Pôle Nord,      n'as-tu point   de   petites\nSœurs?\n                            PREMIER ABBÉ\n\n            Ni de belle-mère      avec des stalactites     ?\n\n                             DEUXIÈME ABBÉ\n\nPour      boire à leur santé débouchons        ces flacons !\n\n                                 PIERROT\n\n Vos concetti sont lourds à côté des flocons\nDe la neige qui tourne et qui valse et qui chante!\nTombe, hermine des c i e u x , sur la cité   méchante,\nTombe comme un pardon sur ces êtres épais !\nCouvre-les de candeur, de silence et de paix!\nEt quand tous dormiront     de leur sommeil       stupide,\nLe page Fleur-d'Hiver    prendra son vol      limpide,\nLoin de leur rêve impur, vers la pâle forêt\nOù les lys de l'azur éternel, en secret,\nPleureront   doucement, un à un, sur sa tête.\nEt pour le consoler de votre ivresse bête,\nA travers les rameaux     des vieux ormes       frileux,\nLa lune penchera ses rayons        fabuleux,\nEt mon cœur chantera dans ces flûtes d'ivoire !\n\n                             PREMIER ABBÉ\n\nUne dernière fois, mon ami, veux-tu boire 1\nLa moutarde finit par me monter au nez !\nVeux-tu boire, à la fin, ou je...\n"}, {"page_pdf": 114, "texte": "                              — 91 —\n\n\n                              PIERROT\n                                     Vous y tenez ?\nEh bien, oui! je boirai. Holà! le plus grand verre!\nClarence! ton tonneau! Ta botte, Bassompierre!\nUn verre musical et profond comme un puits!\n             (Il se précipite au dehors et revient avec sa coupe pleine de neige.)\n\n                          PREMIER ABBÉ\n\nHé! garçon, du     Pomard!\n\n                        DEUXIÈME ABBÉ\n\n                                 Holà! garçon, du Nuits!\n\n                              PIERROT\n\nNon ! mais un vin plus fort que toutes vos tisanes,\nA igu, brillant et froid comme les pertuisanes,\nUn vin couleur du temps, un vin couleur de l'air,\nEt ce vin, c'est la neige, et je bois à l'hiver!\n                               (Pendant ce toast, entrent Arlequin et Mezzetin.)\n\n                             ARLEQUIN\n\nLe toast est, sur ma foi, le plus galant du monde,\nMais il n'est pas certain que l'hiver te réponde.\nMoi, je bois au printemps, car je suis amoureux !\n\n                         PIERROT (étonné)\n\nAmoureux!\n                             LES ABBÉS\n\n               Il est fou !\n                      MEZZETIN (avec intérêt)\n\n                                Mais non : il est         fiévreux.\n\n                         PREMIER ABBÉ\n\nSavez-vous d'où lui vient ce bel enthousiasme?\nDe la neige!\n                              ARLEQUIN\n\n               Il a    bu!\n"}, {"page_pdf": 115, "texte": "                              — 92 —\n\n\n                              MEZZETIN\n                          Qui sait? C'est un miasme,\nC'est une maladie inédite, un nouveau\nTrouble de l'estomac, du foie ou du cerveau.\nEst-ce contagieux?\n                              PIERROT\n                       Pas du tout : prends un siège.\n\n                           MEZZETIN (pensif)\nSi c'était un remède?...    Oh! garçon, de la neige!\n\n                              PIERROT\nCe n'est pas un    remède!...\n\n                      MEZZETIN (se ravisant)\n\n                          Ah!... garçon, du Kumme\nCest pour me réchauffer, car je souffre du gel.\nComme remède, hélas! ce Kummel est bien fade!\n\n                              PIERROT\n\nHélas! non, Mezzetin : je ne suis point        malade.\n\n                              ARLEQUIN\n\nNi malade, ni fou, mes amis! — Amoureux !\nJe m'y connais; c'est comme moi : je suis heureux.\nJe rougis, je frémis, je sens mon cœur éclore.\nL'amour se lève en moi rose comme une aurore,\nEt je suis fou des fleurs qui fleuriront demain.\nJ'aime. Je vais aimer. On dirait qu'une main\nMystérieuse et frêle et pleine de paresse\nS'alanguit sur mon front pensif, et le caresse,\nEt c'est une douceur dont f ai peur de mourir.\n\n                   MEZZETIN (observant Arlequin)\n\nDe quoi diable Arlequin peut-il bien se nourrir?\nSes yeux sont frétillants et ses oreilles roses.\n"}, {"page_pdf": 116, "texte": "                           -   93   -\n\n                       PREMIER ABBÉ\nPierrot boit de la neige, et lui broute des roses!\nCe sont là deux façons neuves de s'affamer !\n\n                          ARLEQUIN\nEcoute-moi, Pierrot! J'aime, je vais aimer!\nEt mon âme se fond dans cette rêverie.\nElle est pure, elle est fraîche, et c'est une prairie\nEnfantine, couleur de songe et de matin,\nUne prairie humide, où l'haleine du thym\nEt le profond parfum des herbes écrasées\nEmbaument le riant exil de mes pensées.\nDis-moi, Pierrot, mon cher Pierrot, dis-moi pourquoi\nQuelqu'un est là, tout près de moi, derrière moi,\nQui me regarde et dont je sens les yeux nocturnes\nM'ensorceler la chair de baisers taciturnes,\nEt que je ne vois pas, et dont le cœur aimant\nPalpite sur mon cœur, et vient obscurément,\nComme un écho lointain de la houle marine,\nS'apaiser et s'éteindre, ici, dans ma poitrine !\n— Ton cœur, n'est-il pas vrai, ressent le même émoi ?\n Tu ne dis rien... Pierrot, je t'ai blessé...\n                       PIERROT (à Arlequin)\n(A part)                                        Tais-toi!\nCet Arlequin me trouble. Amoureux! Je l'envie,\nEt sa douceur m'irrite. On dirait que la Vie\nSe sert de cet enfant cruel pour m'assiéger.\n(A Arlequin) — Taisez-vous, Arlequin ! Pierrot, c'est l'étranger,\n C'est le passant qu'on ne connaît jamais, l'avare\nDe son cœur orageux et fou, c'est le barbare\n Qui pleure de ce qui vous fait rire, et qui rit\nDe tout ce qui vous fait pleurer, c'est un esprit,\n Une lumière espiègle et pensive qui vibre\n Un peu plus haut que votre amour! Pierrot est libre!\n— Et ne me parlez plus, car vous m'offenseriez!\n\n                           ARLEQUIN\n Comme vous aimeriez, Pierrot, si vous aimiez!\n                                        (Entrent Cassandre et Eliane.)\n"}, {"page_pdf": 117, "texte": "                          — 94 —\n\n                        CASSANDRE\n\nTout beau! Que disait-on, et pourquoi ce tapage?\nVous parliez politique ?\n\n                         ARLEQUIN\n\n                          Oh ! non !\n\n                      ELIANE (à Arlequin)\n\n                                       Bonsoir, mon page!\nBonsoir, Monsieur Pierrot!...   Vous ne dites plus rien\nMaintenant ; c'est très mal. Messieurs, savez-vous bien\nQue c'est inconvenant, et que je pourrais croire\nQue vous parliez de moi?\n\n                       PREMIER ABBÉ\n\n                              C'est une sotte histoire,\nMadame. Mezzetin est malade et se plaint\nDe battements de cœur quand son broc n'est pas plein,\nEt puis ne souffle mot jusqu'à ce qu'il soit vide.\nArlequin, votre page, est devenu candide\nEt chante des sonnets dignes d'un écolier\nAmoureux de sa bonne; et quant au chevalier\nDe la blanche figure, il mange de la neige,\nBoit à la santé de l'hiver, du gel, que sais-je!\nIls sont fous, archifous, refous, et contrefaits ! !\n\n                         CASSANDRE\n\nEh quoi? Vous n'avez pas de passe-temps plus     doux?\n\n                      DEUXIÈME ABBÉ\n\nIls sont là tous les trois, mornes, défaits, lugubres,\nComme de lourds pédants et des pions insalubres !\nPierrot, croque-mort blanc, essence de vieillard,\nOn va te saluer ainsi qu'un corbillard!\n\n                      TROISIÈME ABBÉ\n\nEnterreur de la joie, échanson des ténèbres,\nTu feras ton chemin dans les pompes funèbres !\n"}, {"page_pdf": 118, "texte": "                                -     95     -\n\n\n                             PREMIER ABBÉ\n\nTu ressembles autant à ton blanc     devancier\nQue le fils d'une reine au fils d'un épicier !\n\n                     DEUXIÈME ABBÉ (à Arlequin)\n\nPareils à des serpents, souples et       mirifiques,\nLes premiers Arlequins    étaient moins       pacifiques.\nLeur perfidie exquise ondulait et sifflait ;\nEt le spectre solaire en fleur les habillait.\n Toi tu n'es pas leur fils : regarde ton costume!\nCar tu n'es même pas un Arlequin posthume !\nNon, tu n'es pas le fils des fils de l'arc-en-ciel :\n Ton habit noir et blanc a l'air officiel;\nEt je songe, en pleurant sur ces couleurs           austères,\nA quelque vieux damier souillé par des notaires !\n                                  (Pierrot se voit dans la glace et jette un cri.)\n\n                                ARLEQUIN\nPierrot,    qu'as-tu ?\n                                    ELIANE\n\n                         Pierrot,     vous       souffrez     ..\n\n                                MEZZETIN\n                                                                   Qu'est-ce ?\n                 PIERROT (étendant la main vers la glace)\n                                                                                 Là!\n Là!...      Quelqu'un....\n                                                            (Il s'évanouit.)\n\n                                    MEZZETIN\n\n                          Il est    mort!...\n                      ELIANE (se penchant sur Pierrot)\n                                                        O la bigarre,          ô la\n Douce figure pâle !...\n\n                                    ARLEQUIN\n\n                                Il va        mieux.\n"}, {"page_pdf": 119, "texte": "                              -        96-\n\n                             CASSANDRE\n                                               . Une crise\nLégère....\n                              ELIANE\n              II est sauvé.\n                             ARLEQUIN\n                                    C'est fini.\n                            PREMIER ABBÉ\n                                                    Ça     dégrise\nDésagréablement.\n                             CASSANDRE\n                   Messieurs, ma nièce et moi,\nPour vous dédommager     de cet instant d'émoi,\nNous vous invitons tous à venir, vers onze heures,\nSouper demain chez    nous...\n\n                            PREMIER ABBÉ\n                                       Il faudra    que tu      meures\n Encor plus   d'une fois,   Mezzetin      !...\n\n                              CASSANDRE\n                                               Est-ce fait ?\n\n                            PREMIER ABBÉ\n Accepté!\n                            DEUXIÈME ABBÉ\n              De grand      cœur.\n\n                              CASSANDRE\n                                     On sera       satisfait.\n\n                                    ELIANE\n  Vous viendrez,      Mezzetin?\n\n                                  MEZZETIN\n                                      C'est un honneur          extrême.\n"}, {"page_pdf": 120, "texte": "                                    — 97 —\n\n                                     ELIANE\n\n    Amenez donc Pierrot!... (à Arlequin) Et si tu veux qu'on t'aime,\n    Amène ton Pierrot... A demain.\n\n                                  CASSANDRE\n\n                                             A demain !\n\n\n\n\n                              SCÈNE DEUXIÈME\nL'avenue qui mène à la villa d'EUane. Paysage de neige, et de grands arbres givrés\n                             Bourrasque et clair d'étoiles.\n\n\n                                    PIERROT\n\n    Suis-je encor loin? Oh! oui! Tant mieux! Si ce chemin\n    Où je marche voulait marcher en sens inverse,\n    Je marcherais ainsi, toujours... Il neige à verse,\n    Le ciel est aussi noir qu'un nègre, et le vent fou\n    M'échevèle et me plie en deux, et dans le cou,\n    M'applique éperdûment ses froides lèvres blanches!\n    Comme un oiseau blessé je bats l'air de mes manches,\n    Et j'ai peur d'arriver où l'on m'attend.\n    (Il fait quelques pas.)                           Mon   sort\n    Se jouera cette nuit, et je me sens moins fort\n    Qu'avant ce maudit soir de carnaval!... Je tremble.\n    Quelque danger lointain me menace...\n                                        (Ecoutant.)\n                                                      ... Il me semble\n    Qu'on me parle tout bas...\n                                 ...« Pierrot, dis-moi pourquoi\n    Quelqu'un est là, tout près de moi, derrière moi,\n    Qui me regarde et dont je sens les yeux nocturnes\n    M'ensorceler la chair de baisers taciturnes.\n    Et qui »...\n              Je ne sais plus... Arlequin m'a fait mal.\n    J'ai peur de cet enfant : il me sera fatal...\n    ...Je sens des roses sous la neige...\n                                             ...« Une paresse\n"}, {"page_pdf": 121, "texte": "                                   - 98 -\n   S'alanguit sur mon front pensif et le caresse !\n   — Et ne me parlez plus, car vous m'offenseriez !\n   — Comme vous aimeriez, Pierrot, si vous aimiez! »\n   ... O ce bel Arlequin, je crois que je l'envie!\n   Arlequin cependant, ce n'est rien que la vie,\n   Que la jeunesse... hélas! ce n'est rien que cela!\n   Rien que cela!...\n                             ARLEQUIN (de loin)\n\n                         Tra là! La hi là. La ho là!\n\n                                   PIERROT\n   Faut-il rester Pierrot, ou bien cesser de l'être ?\n   Pourquoi vais-je là-bas ? Je ne suis plus mon maître,\n   Et j'obéis. A qui? Je ne sais.\n\n                             ARLEQUIN (de loin)\n\n                                       La ho là!\n\n                                  PIERROT\n\n   C'est la jeunesse. Rien que cela, que cela!\n   Le rêve le plus fier vaut-il que l'on dédaigne\n   La naïve douleur d'un cœur jeune et qui saigne ?\n   Vivre et rêver? Rêver ou vivre? Il faut choisir.\n                                                   (Il sonne à la porte d'Eliane.)\n\n\n\n\n                       SCÈNE TROISIÈME\nLe boudoir d'Eliane, couleur lilas mourant. Une psyché. Des fleurs. Une haleine\n                 d'ambre traîne dans les rideaux. Arlequin danse.\n\n                                 ARLEQUIN\n\n  La hi la! La ho la! — Pierrot!\n\n                                  PIERROT\n\n                                           Vous\n"}, {"page_pdf": 122, "texte": "                                — 99 —\n\n                                ARLEQUIN\n                                          Que! plaisir\nDe te revoir avant les autres!... Ma cousine\n Va venir : elle est là, dans la villa voisine,\nEt m'a prié de te distraire en attendant. .\nMon oncle est en affaire avec son intendant :\nIl déguste les vins destinés à la fête,\nEt ses préparatifs lui font tourner la tête !\n\n                            PIERROT (contraint)\n\nJe ne vous retiens pas,         Arlequin.\n\n                                ARLEQUIN\n\n                                            Tu m'en veux?\nJe t'ai   froissé...\n                                 PIERROT\n\n                       Du tout... Je suis un peu    nerveux;\n\n                               ARLEQUIN\nBien vrai?\n                                PIERROT\n             Mais oui!\n                               ARLEQUIN\n\n                        Tant mieux!... Tourne, que je te voie!\nEncore! Ton habit est beau.. C'est de la soie...\nCassandre ne veut pas que je m'habille ainsi.\nIl est laid, n'est-ce pas, mon oncle? Il est aussi\nGrognon et déplaisant que mon maître d'école...\nC'est mal ce que j'ai dit ?\n\n                               PIERROT\n\n                                 Très mal, ô tête jolie !\nCar iu pourrais        très bien lui ressembler plus tard!\n\n                               ARLEQUIN\nMoi!\n                                                               7\n"}, {"page_pdf": 123, "texte": "                                  100\n\n\n                                PIERROT\n      Toi!\n                             ARLEQUIN\n             Moi ressembler à Cassandre, un       vieillard!\n\n                              PIERROT\n Cette flamme : Arlequin! Cassandre : cette cendre!\nLe plus bel Arlequin fait le plus froid    Cassandre.\nBeau page imberbe et blond, charmant petit coquin,\n Vous aurez quelque jour aussi votre Arlequin,\nAuquel vous prêcherez l'abstinence et le jeûne !\nIl aura ce grand tort à vos yeux d'être jeune,\nEt vous aurez aux siens ce grand tort d'être vieux!\n\n                             ARLEQUIN\nVieillir? Mourir un peu tous les jours! J'aime        mieux\nVieillir en une fois d'un coup de carabine!\n\n                             PIERROT\nBravo! Bravissimo! Bayard!        Mais Colombine\nMais Eliane? Mais...\n                             ARLEQUIN\n                       Mais elle m'aimera\nAvant !\n                             PIERROT\n          Peste! Et sinon?\n                             ARLEQUIN\n                             Sinon? Elle   attendra\nSous l'orme!\n                             PIERROT\n               Sous le saule!\n\n                             ARLEQUIN\n                          Elle vient! Je m'esquive!...\nTa main?... A la bonne heure!... Et vive Pierrot! Vive\nArlequin! Vive nous! Vive tout le monde! (Il sort.)\n"}, {"page_pdf": 124, "texte": "                                     —    101 —\n\n\n(Entre Eliane; elle porte au poing une perruche attachée par une chaînette d'argent.)\n                               PIERROT (à Eliane)\n\n     Saute comme un pantin qu'on tire par un fil.\n     A ses talons légers je crois qu'il a des ailes.\n     Et c'est un tourbillon d'oiseaux joyeux et frêles\n     Qui scintille et qui neige et qui fuse en jasant.\n     Il ne courberait pas un brin d'herbe en dansant.\n      Votre cousin devient un jeune homme, Madame.\n     Il ne s'en doute pas, mais je crois, sur mon âme,\n     Que vos jolis yeux pers l'ont métamorphosé.\n\n                                      ELIANE\n\n     Arlequin? cet enfant!... Il serait bien osé\n     Et bien impertinent, n'est-ce pas?\n\n                                     PIERROT\n\n                                         Mais, Madame,\n     S'il est impertinent, ce sentiment là, dame!\n     Tous mes concitoyens sont des impertinents.\n\n                                      ELIANE\n\n     Vous vous trompez : tous ne sont pas inconvenants\n     A ce degré...\n                                     PIERROT\n\n                         Vraiment?\n                                         ELIANE\n                                 La surprise est flatteuse!\n      Je ne vous savais pas l'humeur complimenteuse\n      A ce point. Cher Monsieur, vous êtes fort galant;\n      Et vous ne sauriez pas vous montrer insolent\n      De cette façon, vous!\n                                      PIERROT\n\n                           Arlequin vous adore,\n      Il vous aime, Madame, et n'en sait rien encore...\n"}, {"page_pdf": 125, "texte": "                            — 102 —\n\n\n                                 ELIANE\n\nVous plairait-il,   Monsieur, d'avancer ce fauteuil?\n\n                        PIERROT (obéissant)\n\nIl vous parle : sa voix chante comme un bouvreuil\n Tout au fond de son âme, et lorsqu'il vous regarde,\nIl a les yeux fleuris...\n                                 ELIANE\n\n                        Monsieur, prenez donc garde.\nIl vient par cette porte un affreux vent-coulis.\nFermez à double tour...\n\n                        PIERROT (même jeu)\n\n                             Il vous aime, je lis\nSi bien dans sa pensée...\n                         ELIANE (nerveuse)\n\n                       Oh! la plaisante histoire,\nQue vous me chantez là, Monsieur. Je pourrais croire\nQue vous venez ici me demander ma main...\n\n                          PIERROT (étonné)\nMoi,    Madame?\n                                 ELIANE\n\n              Attendez!... au nom de ce gamin.\nTâchez donc d'écouter avec intelligence.\n\n                                 PIERROT\n\nMais, Madame, je       vous...\n\n                          ELIANE (piquée)\n\n                          Vous êtes d'une agence ?\nVous plaidez avec feu pour les autres, mais quand\nCest pour vous, cher Monsieur, êtes vous éloquent\nAussi? Vous jouez bien les menuets des autres,\nTrop bien ; mais à présent jouez moi donc les vôtres ;\n"}, {"page_pdf": 126, "texte": "                            — 103 —\n\nVotre musique, à vous, doit avoir des appas...\nJ'écoute...\n                           PIERROT (sec)\n\n           Excusez-moi     : je ne compose pas!\n\n                         ELIANE (minaudant)\n\nQue regardez-vous là, Monsieur? est-ce ma ruche?\nElle est du bon faiseur... ma guimpe?\n\n                             PIERROT\n\n                                               La perruche!\n                              ELIANE\n\nComment la trouvez-vous?\n\n                             PIERROT\n\n                           Adorable! Or et feu.\nUn vrai rubis qui vole... oh! c'est pour elle un jeu\nCharmant que d'être ainsi sur votre doigt perchée...\n\n                         ELIANE (riant faux)\n\nVous enviez son sort?\n                             PIERROT\n\n                          Non! Elle est attachée!\n\n                  ELIANE (s'animant peu à peu)\n\nA merveille! Monsieur Pierrot! le tour est fin,\nDélicat, transparent, et je comprends enfin\nLe rébus!... Vous aimez les perchoirs sans chaînettes!\nJe ne prise pas fort, pour moi, vos devinettes :\nQui vous donne le droit de me parler ainsi?\nLe perchoir ne veut pas d'un perroquet transi.\nDispensez-moi, Monsieur, d'écouter ces sornettes!\n\n                PIERROT (avec un salut ironique)\n\nVous m'offrez le perchoir, mais avec les chaînettes !\n"}, {"page_pdf": 127, "texte": "                          — 104 —\n\n\n                            ELIANE\n\nMais vous êtes un fat, Monsieur, un malappris!\nQui pensiez vous entendre et qu'aviez vous compris ?\nJe vous connais très peu. Mon oncle vous invite.\nJe vous reçois. On cause, on plaisante, et puis, vite,\nSur un mot, sur un seul, Monsieur Pierrot sourit\nAvantageusement, et se met dans l'esprit\nQu'on l'aime, et puis ce soir il ira, par la ville,\nDans l'âme des badauds mirer son âme vile,\nEt leur dire : « Eliane? Elle m'aime, mais moi,\nMoi, je ne l'aime pas! »\n\n              PIERROT (regardant longuement Eliane)\n                           Non certes ! Sur ma foi,\nCette aventure-là doit demeurer secrète.\nEt l'on sera discret, si vous êtes discrète!\n\n                            ELIANE\nDiscret! Discrète! Ah! c'est ineffable! Je vous\nSais gré, Monsieur, de vous montrer si doux!\nVotre impromptu n'est point d'un comique ordinaire.\nVous pourriez le nommer : « L'Amant Imaginaire »\nEt nous en amuser à souper aujourd'hui !\n\n                            PIERROT\nVous vous contenterez de « L'Amant       malgré lui! »\n\n                     ELIANE (toisant Pierrotj\n\nAlors vous êtes sûr, Monsieur, que je vous aime?\n\n                     PIERROT (simplement)\nMais oui!\n                            ELIANE\n            Qui vous l'a dit?\n\n                            PIERROT\n                             Hermione elle-même!\nDu Racine tout pur ! C'est un fort bon auteur !\n"}, {"page_pdf": 128, "texte": "                              — 103 —\n\n\n                          ELIANE (s'oubliant)\n\nDu Racine arrangé par un contrefacteur!\nIl se pourrait, Monsieur, qu'on sifflât votre pièce.\nCassandre est un puriste; il adore sa nièce.\nConvenez qu'il aurait le droit, si je voulais,\nDe vous faire chasser d'ici par ses valets,\nComme un lâche insulteur de femmes que vous êtes,\nA grands coups de balai sur votre échine!\n\n                               PIERROT\n                                            Faites.\n Vous m'aimez, Eliane!... Eh bien? Et vos valets?\nJe voudrais bien les voir, ainsi que vos balais'!\nVous ne balayez pas !\n\n ELIANE (courant vers la porte, puis soudain dans les bras de Pierrot)\n\n                         Je t'aime! J'étais folle!...\nPardonne-moi : j'ai tant souffert! Je suis frivole,\nCoquette'; je n'avais jamais aimé, j'avais\nL'âme sèche, l'esprit vide, le cœur mauvais.\nTétais la Célimène inconstante et légère;\nAu véritable amour je restais étrangère,\nEt je riais des pleurs que l'on versait pour moi ;\nMais maintenant je suis une autre femme; toi,\nTu comprendras cela, tu seras secourable\nA la femme vaincue, à l'être misérable\nEn qui tu fais éclore un lys surnaturel,\nUn beau lys aussi blanc que la neige et le gel!\n\n                              PIERROT\n\nJe n'aimerai qu'un lys du jardin de la Lune,\nEt qui se fanerait sous vos doigts.\n\n                               ELIANE\n                                    Je suis une\nMalheureuse qui t'aime, oh! qui t'aime! Depuis\nCe jour, ce jour cruel où je t'ai vu, je suis\nUne autre femme! Je me hais, je me renie !\n"}, {"page_pdf": 129, "texte": "                             — 106 —\n\nPitié! Pitié de moi. Toute mon ironie\nEst mortel C'est par toi que j'appris la douceur!\nJe veux être à la fois ta maîtresse et ta sœur.\nPitié! Ne marche pas sur mon cœur! c'est impie\nD'écraser celle qui s'abdique, qui s'expie\nElle même, et qui couche à tes pieds son orgueil.\n Tu ne peux plus sortir de ma pensée en deuil,\nTu me hantes, tu me possèdes, je n'existe\nQu'en toi, par toi, pour toi... Je t'ai vu pâle, triste,\nSouffrant du mal obscur de n'être pas aimé!...\n                                                        (La perruche s'envole.)\n\n                     P I E R R O T (secouant la tête)\n\nEliane lit mal dans un livre        fermé.\n                        ELIANE (hors d'elle)\n\nFrappe-moi, meurtris-moi, mais parle. Ton silence\nMe tue. Oh ! par pitié, vois ce cœur qui s'élance\nFrileusemement vers toi comme un oiseau mouillé.\nIl saigne, si la vie amère l'a souillé,\nIl saigne, mais ce sang lave comme un baptême.\nSois bon, ne raille pas, aime celle qui t'aime.\n Calme-la, guéris la d'un baiser tiède et pur!\nRéapprends lui, Pierrot, la lumière et l'azur!\nJe t'aime... Ecoute-moi!... Je connais ta souffrance,\nEt je la guérirai! Laisse cette espérance\n Voltiger dans mon cœur comme un parfum subtil!\nN'est-il pas vrai que tu souffrais hier, n'est-il\n Pas vrai? Rappelle-toi, Pierrot, ce soir de fête...\n\n                          PIERROT (à part)\n\n Je me rappelle tout!... O cette étrange tête\n Fraternelle et si douce, et qui me ressemblait!\n Cette tête pensive et pâle qui voulait\n Partager ma chimère et ma mélancolie!...\n La reverrais-je encor si j'aimais l'autre?... (à Eliane) Oublie,\n O pauvre âme en tumulte ! Oublie ! Cet amour\n Qui te métamorphose et t'éclaire, le jour\n Où j'en aurais pitié, deviendrait de la haine !\n"}, {"page_pdf": 130, "texte": "                            — 107 —\n\nEcoute... C'est la fin de toute ivresse humaine,\nEt ce serait la fin de la nôtre, vois-tu!\nSi je refuse, va ! ce n'est point par vertu,\nNi par orgueil, ni par vanité, ni par feinte,\nNon...\n                              ELIANE\n\n         Mais alors, pourquoi? Dis-moi pourquoi?\n\n                              PIERROT\n\n                                                      Par   crainte!\n                               ELIANE\nPar   crainte?\n                             PIERROT\n\n              Je me sens, moi le fou, le railleur,\nLâche devant l'épreuve et devant la douleur.\nTu connais peu la femme, ô femme trois fois femme !\nMais nous serions demain la fable de Bergame.\nCrois-moi. Ce bel amour vient d'une vanité\nDe femme : je n'ai pas, comme d'autres, été,\nLamentable et piteux, languir sous ta fenêtre.\nEliane vaincue a rencontré son maître.\nTon âme de coquette a bondi sous l'affront,\nEt c'est par vanité que tu courbes le front !\nVanité! Vanité! Voilà toute l'histoire.\nTu me ferais payer bien cher cette victoire,\nEt tu te vengerais, chaque jour, en détail.\nJ'ai peur du vent qui souffle à travers l'éventail,\nC'est le même qui souffle à travers la montagne.\nSigné : Gastibelza.\n      ELIANE (comme au sortir d'un rêve et se calmant peu à peu)\n\n                      Pauvre amour en Espagne!\n\n                              PIERROT\n\nTu n'y penseras plus, demain, à ton réveil.\n\n                               ELIANE\nHélas!\n"}, {"page_pdf": 131, "texte": "                                — 108 —\n\n\n                                PIERROT\n         Comme la neige aux baisers du soleil\nTu te réveilleras froide et rose, étonnée,\nDisant : « J'avais rêvé que je m'étais donnée ! »\n\n                                 ELIANE\nAinsi, je     t'oublierai?\n                                PIERROT\n                   Sans peine, et tu riras\nDe toi même et de moi quand tu me reverras.\n\n                             ELIANE (pensive)\nPeut   être...\n                                PIERROT\n           Ton amour était une amourette.\nLa femme de Pierrot doit être une Pierrette.\nEs-tu Pierrette?\n                                 ELIANE\n                     Hélas 1\n                                PIERROT\n                               Tu n'es pas de mon sang,\nEliane !...\n                                 ELIANE\n          Et pourtant, tu tiens le même rang\nQue nous, et tes aïeux aimèrent mes aïeules!\n\n                                PIERROT\nMais les uns sont morts seuls, les autres mortes seules,\nSéparés par le sang dont ils étaient sortis,\nPunis de s'être aimés et de s'être assortis!\n\n                             ELIANE (étonnée)\nJe ne te comprends plus, Pierrot : tu m'embarrasses !\nEs-tu bien sûr de vivre?\n"}, {"page_pdf": 132, "texte": "                          —    109   —\n\n\n                       PIERROT (grave)\n\n                            Ecoute : il est deux races\nVieilles comme l'azur et comme la clarté :\nL'une éprise de force et de réalité,\nBelle, luxuriante, héroïque, ravie\nPar la banalité splendide de la vie.\nEt cette race-là c'est celle des heureux !\nL'autre est la race des rêveurs, des songe-creux,\nEt de ceux qui, nés sous le signe de Saturne,\nOnt un lever d'étoile en leur cœur taciturne !\nC'est la race farouche et douce des railleurs\nQui traînent par le monde un désir d'être ailleurs,\nEt que tue à jamais la chimérique envie\nDe vivre à pleine bouche et d'observer la vie.\nC'est la race de ceux dont les rêves blasés\nSe meurent du regret d'être réalisés!\nL'une est pleine de joie, et l'autre de rancune,\nL'une vient du soleil, et l'autre de la lune;\nEt l'on fait mieux d'unir l'antilope au requin\nQue les fils de Pierrot aux filles d'Arlequin!\n\n                      ELIANE (souriant)\n\nLa chose est vraisemblable, hélas! mais peu galante,\nEt votre métaphore est par trop violente!\nOh! vous auriez bien pu, sans vous en trouver mal,\nChoisir, pour être juste, un plus bel animal!\nRequin me paraît dur!... (Elle rit)\n\n                       PIERROT (vivement)\n\n                          Ah! cet éclat de rire\nSonore, frémissant, et qui s'enfuit à tire\nD'ailes, comme un oiseau délivré vers le jour,\nCe beau rire, Eliane, emporte votre amour !\n\n                     ELIANE (riant plus fort)\n\nCette comparaison semble moins familière.\nRequin m'avait déplu : j'aime assez la volière.\nC'est d'un style plus noble, et vous avez du tact.\n"}, {"page_pdf": 133, "texte": "                                    — 110 —\n\n\n                                    PIERROT\n\nVolière, plus j'y pense, est bien le terme exact!\nVous ne tarderez pas à confirmer l'image :\nCar votre âme déjà s'emplit d'un doux ramage;\nUne colombe en rêve y murmure : « Arlequin! »\n\n                                     ELIANE\n\nArlequin,      après vous? Non! Ce serait            mesquin...\n\n                                    PIERROT\n\nCe sera le plus fol oiseau de la volière !\n\n                                    ELIANE\n\nArlequin?...     Un     enfant...\n\n                                    PIERROT\n\n                         Et vous en serez fière\nPlus tard, après bien des étés et des printemps,\nQuand vous aurez trois fois ou quatre fois vingt ans !\n\n                                    ELIANE\n\nIl se peut faire. . Dieu ! j'ai perdu ma perruche !\nMa perruche!\n                           PIERROT (cherchant)\n\n                  Là?\n                                    ELIANE\n\n                         Non!\n\n                                    PIERROT\n\n                              Je la vois : elle juche\nLà-haut...     Chut!... Je la tiens!\n                                              (Rattachant l'oiseau au poing d'Eliane).\n                          — Désormais, parlez bas,\nQuand vous direz des mots qu'elle ne comprend pas!\n\n                          ARLEQUIN (du dehors)\nEliane !\n"}, {"page_pdf": 134, "texte": "                                   —      111   —\n\n\n\n                                     ELIANE\n             On    attend...\n                    PIERROT (avec une politesse détachée)\n                               Prenez mon bras,      Madame.\n\n                               ELIANE (même jeu)\nAvec plaisir,       Monsieur.\n\n                               ARLEQUIN (entrant)\n\n                            Vene\\! On vous réclame\nDepuis tantôt...      mon oncle et nos amis sont là...\n\n                                   PIERROT\nQuoi ! tu ne chantes plus la hi la, la ho la ?\n\n                        ARLEQUIN (faisant la moue)\n\nOn chante quand on             veut...\n\n                                    ELIANE\n\n                                         Quelle métamorphose\nSoudaine!...\n                                   PIERROT\n\n                  Eh bien qu'as-tu? Te voilà tout morose...\n\n                           ARLEQUIN (contraint)\nMais non.\n                                   PIERROT\n                  Je t'ai blessé?\n\n                                  ARLEQUIN\n                                     Je ne vous retiens pas,\nPierrot...\n                                                    (Pierrot et Eliane sortent).\n           Il m'a joué!... C'est infâme! c'est bas!\nPierrot que j'aimais tant!... 0 la figure blanche!\nTu me le payeras cher, et j'aurai ma revanche !\n                                                    (Il se regarde dans la glace).\n"}, {"page_pdf": 135, "texte": "                                 —    112     —\n\n\nA toi, Pierrot, deux mots! — Parle! — Je connais deux\nAmoureux d'Eliane, et sur l'honneur, l'un d'eux\nEst de trop!... Bien!... Très bien!... C'est superbe!\n\n                      ELIANE (entrant et se mirant)\n                                                    Une mouche\nAu coin de l'œil... une autre, ici, près de la bouche...\nOh! comme je suis rose!...\n\n                                 ARLEQUIN\n\n                                 Eliane!\n\n                                  ELIANE\n                                              Arlequin !\n\n                               ARLEQUIN\n\nQue fais-tu   là,    méchante?...\n\n                                  ELIANE\n\n                                     Et toi, petit coquin ?\n\n                         ARLEQUIN (tragique)\nJe me vengeais!\n                                  ELIANE\n                     De qui?\n\n                                 ARLEQUIN\n                                 De Pierrot !\n\n                                  ELIANE\n                                                  Ah!   Devine\nCe qu'il me demandait'/...       Ma main!\n\n                         ARLEQUIN (éclatant)\n                                                  Bonté divine !\nMais je le tuerai,     mais...\n                                  ELIANE\n\n                                     Non...\n"}, {"page_pdf": 136, "texte": "                                     — 113 —\n\n\n                                     ARLEQUIN\n                                              Mais...\n\n                              ELIANE (très doucement)\n                                                           J'ai   refusé,\n     Moi!...\n                                     ARLEQUIN\n                Vrai !\n                                       ELIANE\n                         J'en aime un     autre...\n\n                               ARLEQUIN (menaçant)\n                                                     Oh!\n\n                             ELIANE (soulignant les mots)\n                                                           Qui n'a pas osé\n     Me le     dire...\n                                ARLEQUIN (fébrile)\n                         Son nom?\n                                      ELIANE\n                                      Tu le sauras...        Adieu!\n                                                               (Elle le baise au front.)\n                                     ARLEQUIN\n     Oh ! je suis fou !... Mon front !... A l'incendie ! Au feu !\n\n\n\n\n                          SCÈNE QUATRIÈME\nLa salle à manger, sombre, avec toute la lumière sur la joie du dessert. En face de la\n               grande fenêtre qui regarde le parc, une glace de Venise.\n\n                             PREMIER ABBÉ (à Eliane)\n     Mille grâces!       Vraiment,   cette fête est     charmante!\n\n                                      ELIANE\n     Un soupçon de kummel? Ou bien un doigt de menthe?\n"}, {"page_pdf": 137, "texte": "                                 — 114 —\n\n\n                           PREMIER ABBÉ\nUn   doigt...\n                PIERROT (avec une galanterie dédaigneuse)\n\n            Un doigt, l'abbé, ce n'est guère, on le voit\nEn regardant les doigts de madame... Un seul doigt]\nAllez-y de la main tout entière!...\n\n                           DEUXIÈME ABBÉ\n\n                                            Adorable !\nLe voilà bien       galant!...\n\n                             ELIANE (piquée)\n\n                                 Il l'est toujours...    à table!\n\n                            PREMIER ABBÉ\nTouché!\n                                  PIERROT\n\n          C'est là surtout qu'il faut        l'être. .\n\n                                   ELIANE\n                                                         A   regret!\n                                  PIERROT\n\nA moins d'être certain d'avoir le vin discret!\n\n                                   ELIANE\n\nJe vous attendais là : cette heure est opportune!\nVous allez raconter quelque bonne fortune?\nSept hommes, au dessert, cela nous promet bien\nDeux cents confessions!...\n\n                                  PIERROT\n\n                               Sept hommes, oui; mais rien\nQu'une femme,       et ce nombre en devient dérisoire!\n\n                                   ELIANE\n\nVous avez de la femme            une idée un peu noire!\n"}, {"page_pdf": 138, "texte": "                         — 115 —\n\n\n                          PIERROT\n\nNoire? Oh! non! je le jure ! Et cependant le noir\nVous va si bien!\n                           ELIANE\n\n                 Et mon idée, à moi, ce soir,\nLa croyez-vous très... blanche?\n\n                          PIERROT\n\n                                  Oh! non! mais, en revanche,\nElle pourrait bien être à la fois noire et blanche\nComme le bel habit de votre beau cousin...\nOu verte, s'il vous plaît, la couleur du raisin\nTrop haut!\n                      PREMIER ABBÉ\n\n        Assez, mon cher! à propos de ce chiffre\nEt de cette couleur vous nous joueriez du fifre?\nAssez! Et vous, Monsieur Cassandre, dites-nous,\nUne parole sage, et qui nous rende fous.\nOu bien toi, Mezzetin, chante nous ta ballade\nEn l'honneur d'Hippocrate !...\n\n                         MEZZETIN\n\n                                  Oh! fil cette salade\nM absorbe .. et je l'absorbe, et cela me plaît mieux\nQue de chanter des vers en roulant de grands yeux,\nEt de m'écerveler à raffiner des pointes !\nO salade! On devrait te manger, les mains jointes,\nSi l'on avait deux autres mains pour te manger!\n\n                      PREMIER ABBÉ\n\nMange donc, Mezzetin... (à part) Je saurai me venger!\n(à Mezzetin) Comment te portes-tu depuis tantôt, cher maître ?\n\n                         MEZZETIN\n\nPas trop mal : un moment fugitif    de bien-être,\nTrop fugitif, hélas !\n                                                             8\n"}, {"page_pdf": 139, "texte": "                                  — 116 —\n\n                              PREMIER ABBÉ\n                       Et cependant tes yeux\nSont vifs, ton teint est rose...\n\n                        MEZZETIN (s'attristant peu à peu)\n\n                                         Oh ! je ne vais pas mieux\nPourtant...\n                               PREMIER ABBÉ\n\n           Regardez-le, mes amis, ses oreilles\nA travers ses cheveux semblent des fleurs vermeilles!\n\n                                  MEZZETIN\n\nOh! je me sens plus            mal!...\n\n                               PREMIER ABBÉ\n\n                                         Ta narine    frémit...\n\n                                  MEZZETIN\n\nHélas! J'ai le vertige, et j'ai           peur...\n\n                           CASSANDRE (à part)\n\n                                                Il blêmit !\n\n                               PREMIER ABBÉ\n\nTon ventre glorieux, après tant de batailles,\nN'a rien à redouter des plus vastes futailles !\n\n                    MEZZETIN (de plus en plus anxieux)\n\nMon cœur bat...\n                                PREMIER ABBÉ\n\n                Et ton nez, ardent comme un fanal,\nSemble un évêque en train de passer cardinal !\n\n                                   MEZZETIN\n Oh!     j'expire!...\n"}, {"page_pdf": 140, "texte": "                              117\n\n\n\n\n                           PREMIER ABBÉ\n\n                Expirer ! La bonne comédie!\nTa face éblouissante a l'air d'un incendie!\nLes pompiers vont te suivre!\n\n                           DEUXIÈME ABBÉ\n\n                             Et demain, les lourdauds\nDe notre Observatoire apprendront aux badauds\nQu'ils ont vu quelqu'immense aurore boréale!\n\n                           PREMIER ABBÉ\n\nQuelle santé superbe !\n\n                          DEUXIÈME ABBÉ\n\n                           Effrayante!\n\n                              ARLEQUIN\n\n                                          Idéale !\n\n                              MEZZETIN\n\nJe meurs... la terre tourne... à l'aide! un médecin!\nJe suis mort!...   (Il tombe sur la table.)\n\n                            CASSANDRE\n\n                  Il suffit. On le fait à dessein.\nIl ne parlera plus, s'il est mort!... Allons, vite,\nRanimez-le...\n                         TROISIÈME ABBÉ\n\n                Veut-on que je le ressuscite?\nC'est facile : voyez plutôt!... Cher Mezzetin,\nCes rieurs sont obtus, et je te crois atteint\nBeaucoup plus gravement que tu ne veux le dire !\n\n                             MEZZETIN\n\nToi, du moins, tu      comprends!...\n"}, {"page_pdf": 141, "texte": "                                  118\n\n\n                          TROISIEME ABBE\n                                Comment pouvez-vous            rire?\nNe voyez-vous donc pas qu'il est malade?\n\n                              MEZZETIN\n                                                    Oh! oui!\n                          TROISIÈME ABBÉ\n\nMalade! Très malade!... Il s'est évanoui\nDeux ou trois fois pendant qu'il mangeait la salade !\n\n                           MEZZETIN (attendri)\n\nO cet ami! comme il est bon! Je suis malade!\n\n                          CASSANDRE (à part)\nIl renaît!\n                            ELIANE (à part)\n             Il sourit!\n\n                          TROISIÈME ABBÉ\n\n                          Malade serait peu...\n\n                          MEZZETIN (souriant)\n\nOh! oui, très peu, fort       peu!...\n\n                           TROISIÈME ABBÉ\n\n                                 J'affirme, tête-bleu !\nQu'il est encor plus bas qu'il ne dit!...\n\n                              ARLEQUIN\n                                                 Son haleine\nEst   courte!\n                          TROISIÈME ABBÉ\n\n            Sa prunelle inquiétante est pleine\nD'une étrange lueur...\n                          . MEZZETIN (riant)\n\n                             C'est cela!\n"}, {"page_pdf": 142, "texte": "                            —    119—\n\n\n\n                       TROISIÈME ABBÉ\n\n                                 C'est certain :\nTu n'as plus qu'un moment à vivre!...   Mezzetin!\nTu m'as l'air d'être mort!...\n\n                MEZZETIN (se jetant dans ses bras)\n\n                                 Tu me sauves la vie!\n\n                             ELIANE\n\nSi vous mourez ainsi, Monsieur, j'en suis ravie!\n\n                        PREMIER ABBÉ\n\nO ce cher Mezzetin! Pardonne : j'avais tort!\nEt maintenant, Messieurs, un cri : « Vive le mort! »\n\n                             TOUS\nVive le mort!\n                        PREMIER ABBÉ\n\n               Pierrot! tu gardes le silence!\nPourquoi ne ris-tu pas?\n\n                         PIERROT (béat)\n\n                         O divine indolence!\nCéleste nonchaloir de la fin des repas !\nJ'écoute la chanson du Kirsch : ne parlez pas.\nOh! taisons-nous : causer est une impolitesse.\nEcoutons le discours que nous tient Son Altesse\nLe Kirsch, prince allemand de très vieille maison,\nLe Kirsch, âpre seigneur de cette âpre saison,\nBeau margrave givré d'argent pâle et d'hermine,\nTraînant derrière lui l'odeur puissante et fine\nDes profondes forêts où se grise le vent!\n\n                           ARLEQUIN\n\nTout cela dans un verre'!\n"}, {"page_pdf": 143, "texte": "                            —    120 —\n\n\n\n                             ELIANE\n\n                           Oh! vous êtes savant!\nVous avez le palais pédant. Voulez-vous boire\nEncore un petit brin de cette forêt noire ?\n\n                      DEUXIÈME ABBÉ\n\nRegarde? le fumer son havane, passant\nEt repassant, l'œil clos, sous son nez frémissant,\nComme une fleur de feu le rubis du cigare!\n\n                      TROISIÈME ABBÉ\n\nOh! prends garde,     Pierrot!\n\n                      DEUXIÈME ABBÉ\n                                 Tu vas te brûler!   Gare!\n                  PIERROT (aspirant son cigare)\n\nDessert! ô cher instant qu'il faut éterniser!\nO la folle chaleur! C'est plus doux qu'un baiser,\nEt j'ai l'illusion d'une lèvre amoureuse\nQui me cherche et me fuit! Quelle est donc la chartreuse\nQui pourrait m'inspirer ce rêve d'être aimé?\nEt ce rêve, ô délice, est très vite fumé!\n\n                            CASSANDRE\n\nMais à de vains propos c'est assez       condescendre!\n\n                             ELIANE\n\nDevisons d'autre chose...\n\n                            MEZZETIN\n\n                         A votre tour, Cassandre!\nVotre groupe, le centre, est-il pour le rejet\nDu budget?...\n                            ARLEQUIN\n\n               Mezzetin qui parle du budget!\n"}, {"page_pdf": 144, "texte": "                                —   121 —\n\n\n                          PREMIER ABBÉ\n\nIl est fort compétent : il est lui-même un centre,\nEt ne cesse d'enfler certain budget : son ventre!\n\n                       CASSANDRE (important)\n\nLe centre, hier encor, penchait pour le rejet;\nMais je l'ai supplié de voter le budget.\nSeulement, pour porter un coup au ministère,\n— Vous n'en soufflerez mot : c'est encore un mystère! —\nNous devons proposer, tout au dernier moment,\nUn petit, très petit, petit amendement\nPar lequel on verra soudainement par terre\nLe budget côte à côte avec le ministère!\n\n                                MEZZETIN\n\nPeut-on vous demander un éclaircissement ?\n\n                            CASSANDRE\n\nFaites !\n                                MEZZETIN\n\n           Qu'entendez-vous par un amendement'!\n\n                            CASSANDRE\n\nDiable!\n                                MEZZETIN\n\n           Je vous   attends!\n\n                          PREMIER ABBÉ\n\n                                Je brûle de comprendre!\n\n                       CASSANDRE (embarrassé)\n\nCe que j'entends     par là ? Comment le leur apprendre ?\n"}, {"page_pdf": 145, "texte": "                                      — 122 ——\n\n\n\n                                 ARLEQUIN (lancé)\n\n   Je vous l'expliquerais        d'un mot, si je       voulais!\n\n                                    PREMIER ABBÉ\n\n   Bravo!\n\n                                 TROISIÈME ABBÉ\n\n             Vive       Arlequin!\n\nARLEQUIN (plongeant sous la table et ramenant les mollets postiches de son oncle)\n\n                                     Voyez ces faux       mollets!\n\n                                    MEZZETIN (riant)\n   Le    drôle!\n\n                               CASSANDRE (furieux)\n\n                  L'insolent !\n\n                                      ARLEQUIN\n\n                                 Eh bien! c'est ce qu'on nomme\n    Un    amendement!!\n\n                              CASSANDRE (se levant)\n\n                            Monstre!       Assassin!\n\n                                        ELIANE\n\n                                                       Le pauvre     homme!\n\n            CASSANDRE (poursuivant Arlequin autour de la table)\n\n    Ma canne!\n\n                    ARLEQUIN (sautant par dessus sa chaise)\n\n                   Le     Derby!\n\n                                    PREMIER ABBÉ\n\n                                     Hourrah !\n"}, {"page_pdf": 146, "texte": "                                    —   123 —\n\n\n                               DEUXIÈME ABBÉ\n\n                                                Très bien sauté!\n\n                                  CASSANDRE\n\n  Te voilà, pour le coup, pendard,             déshérité!\n\n                   ARLEQUIN (revenant derrière Cassandre)\n\n  Cest de la politique!...       Et puis cette perruque,\n\n                                  CASSANDRE\n\n  Le    gueux!\n\n                              TROISIÈME ABBE\n\n                 O le genou!\n\n                      ARLEQUIN (enlevant la perruque)\n\n                                  ...Qui couvre votre        nuque...\n\n                          CASSANDRE (apoplectique)\n\n Je te tûrai!\n\n                             ARLEQUIN (fuyant)\n\n              De loin!... Eh bien! cet ornement,\n Dans le jargon du crû, c'est un amendement!\n\n                     CASSANDRE (poursuivant Arlequin)\n\n Arrêtez!...      Arrêtez!\n\n                          ARLEQUIN (disparaissant)\n\n                             A bas le ministère !!\n(Tous les convives se lèvent pour s'interposer et suivent la chasse. Pierrot seul\n                        reste absorbé, devant son kirsch.)\n\n                       PIERROT (accoudé sur la table)\n\n Les voilà donc partis.,.        Je vais pouvoir me         taire,,,\n"}, {"page_pdf": 147, "texte": "                         —   124 —\n\n\nJ'ai trop vécu depuis ce soir... Je veux rêver,\nRedevenir enfin mon maître, et me sauver\nDans le silence auguste et fier de ma pensée!...\nJe suis content de moi : cette fête est passée,\nEt je sens que mon âme en garde le meilleur...\nEliane, Eliane ! ô cher caprice ! ô fleur\nCapiteuse et maligne ! ô fleur cueillie en songe !\n Tu seras le plus fol et le plus beau mensonge\nDes mensonges cruels qui font la vérité,\nEt tu n'as rien souffert de la réalité!\nEt toi, son Arlequin, cœur d'enfant, cœur de soufre,\nO flamme qui fais mal, sourire dont on souffre,\nPetit cierge amoureux brûlant par les deux bouts,\nArlequin, Eliane, évanouissez-vous !\n                                                           (Il se lève.)\nCombien j'en ai déjà, pâles, coiffés de nimbes,\nCombien de ces profils féeriques, dans les limbes\nDe ma mémoire, et dans le vague clair-obscur\nDe mon âme! ô profils de tendresse et d'azur,\nAimés avant de vivre, et morts avant de naître.\nQue je n'ai pas aimés, et que j'aimais peut-être !\n                                                 (Se croisant les bras.)\nComme on devient mauvais, implacable et moqueur,\nA se pencher ainsi sur les gouffres du cœur!\nEt comme le cristal de la divine enfance\nSe fêle étrangement à la première offense!\nOn en garde à jamais un sourire attristé,\nOù la peur de souffrir semble de la fierté!\n                                                   (Regardant le parc.)\n0 la belle nuit claire! La neige au loin, la neige\nTombe sur les rumeurs du monde sacrilège,\nDouce sœur du silence et des esprits plaintifs,\nLa lune se promène, et ses rayons furtifs\nPassant et repassant sur les herbes glacées.\nCe sont les chers désirs et les chères pensées\nDe quelqu'un qui m'appelle et que je ne vois pas ...\n\n                  ARLEQUIN (entrant essoufflé)\n\nPersonne!...\n"}, {"page_pdf": 148, "texte": "                            — 125 —\n\n\n                             PIERROT\n\n            Les voici : j'entends le bruit d'un pas...\nJe ne veux plus les voir... Fuyons!... Ah! (Il se voit dans la glace.)\n\n                        ARLEQUIN (à part)\n\n                                            Quelle chasse!\nCassandre renaclait comme une contre-basse;\nEliane riait; un des abbés cherchait\nA retenir la contre-basse, et moi, l'archet\nDe ce gros instrument orageux et classique,\nJ'allais comme le vent, de peur de la musique!\nTiens! Je ne suis pas seul... Pierrot!... Que fait-il là?\nOn dirait qu'il répète un menuet!...\n\n                  P I E R R O T (regardant son image)\n\n                                        O la\nDouce apparition, ô la lumière en fête!\nJe la revois... c'est elle, elle-même, la tête\nFraternelle et si pure, et qui me ressemblait ;\nCette tête pensive et pâle qui voulait\nPartager ma chimère et ma mélancolie!\nElle bouge... Elle vit...\n\n                        ARLEQUIN (à part)\n\n                         Si l'on croit que j'oublie\nLe bon tour que Pierrot a voulu me jouer,\nJe consens, sur mon âme, à me laisser rouer !\nEcoutons... cet écran peut avoir des oreilles! (Il se cache.)\n\n                     P I E R R O T (se contemplant)\n\nC'est un autre, et c'est moi... ses lèvres sont pareilles\nA u sang vierge d'un cygne assassiné, ses yeux\nProfonds comme des cieux, ses yeux        mystérieux\nSont deux lacs de tristesse et de candeur où sombre\nLe soir silencieux de mes yeux, et dans l'ombre\nPlus lointain qu'un espoir et plus pur qu'un regret,\nSon visage éploré me suit comme un portrait.\n"}, {"page_pdf": 149, "texte": "                             — 126 —\n\n\n                            ARLEQUIN\n\nA qui parle-t-il   donc de sa voix lente et basse?\nPersonne!...\n                      PIERROT (à son reflet)\n\n              Parle ! oh ! parle !\n\n                            ARLEQUIN\n\n                                     Il regarde la   glace!...\n\n                        PIERROT (s'exaltant)\n\nJe comprends maintenant!... Cétait toi, cher absent,\nCher fantôme à la fois invisible et présent,\nQui me gonflais le cœur de cette étrange ivresse!\n\n                            ARLEQUIN\n\nIl parle à son reflet...\n                             PIERROT\n\n                         Cette immense tendresse\nEparse autour de moi, ce besoin de souffrir,\nCette soif de te voir, et la peur d'en mourir,\nCes roses sous le gel, ces roses mensongères\nDont le parfum tout bas, comme des voix légères,\nM'ensorcelait la chair, ces roses folles, ces\nRoses qui fleurissaient à mes tempes, à mes\nNarines, à mes yeux, toute cette jeunesse,\nTout cela me venait de toi, n'est-ce pas ? N'est-ce\nPas? Tout cela venait de toi!!\n\n                            ARLEQUIN\n\n                                     Bon ! j'ai compris !\nLe cousin de la neige à la fin s'est épris\nDe son image!... Ah! Ah! Pierrot! nous allons rire!\nEt je me vengerai!. .\n                              PIERROT\n\n                           Tu ne veux rien me dire?\n"}, {"page_pdf": 150, "texte": "    (Lent et presque chanté)\n  O cœur plein de mon cœur, vaste comme les mers,\n  Espoir inexaucé de mes lèvres hautaines,\n  Qui nous a révélé ces ivresses lointaines,\n  Par delà l'heure triste et les baisers amers?\n\n                               ARLEQUIN (répétant)\n\n  Espoir inexaucé de mes lèvres hautaines,\n\n                                      PIERROT\n\n  Mes yeux       tendres et las fleurissent         tes yeux     chers,\n\n                              ARLEQUIN (même jeu)\n\n  Par delà l'heure triste et les baisers amers,\n\n                                      PIERROT\n\n  Purs comme un ciel enfant, bons comme les fontaines!\n\n                               ARLEQUIN (même jeu)\n\n  Mes yeux       tendres et bas fleurissent         tes yeux     chers !\n\n                                      PIERROT\n\n  Quel silence enivré d'étoiles incertaines !\n\n                               ARLEQUIN (même jeu)\n\n  Pur comme un ciel enfant, bon comme les fontaines,\n\n                                  PIERROT (éperdu)\n\n   Un baiser de la lune a fiancé nos chairs !\n(Il se précipite, les bras tendus, vers la glace, qu'il brise, et tombe, son habit blanc\n                                     rouge de sang.)\n"}, {"page_pdf": 151, "texte": "                               — 138 —\n\n\n\n                     SCÈNE FINALE\nPIERROT, ARLEQUIN, CASSANDRE, ELIANE, MEZZETIN\n               LES TROIS ABBÉS\n\n                               PIERROT\n\n Oh ! je me suis tué!!         (Il reste absorbé.)\n\n                            CASSANDRE\n\n                           Pourquoi tout ce tapage?\n\n                          PREMIER ABBÉ\n\n Pierrot se trouve   mal!...\n\n                                ELIANE\n                               Qu'il y a-t-il, mon page?\n\n                         DEUXIÈME ABBÉ\n\n Est-ce un assassinat?\n                            CASSANDRE\n\n                         O mon pauvre         miroir!\n\n                               MEZZETIN\n\n Que s'est-il donc passé?...\n\n                     ARLEQUIN (triomphant)\n\n                          Pierrot, fou de se voir\n De trop près dans la glace, a baisé son image!\n Et voilà, mes amis, d'où vient tout ce tapage!\n\n                         TROISIÈME ABBÉ\n\n Donnez-lui donc à boire; il me paraît               soufrant!\n\n                         CASSANDRE (solennel)\n\n Et voilà ce que c'est que d'être       indifférent\n Aux choses de l'Etat!\n"}, {"page_pdf": 152, "texte": "                           — 129 —\n\n\n                               ELIANE\n\n                        Au charme d'une       œillade!\n\n                           MEZZETIN\n\n Et voilà ce que c'est de n'être pas malade!\n\n                           ARLEQUIN\n\nHé! seigneur du grésil!\n                               ELIANE\n\n                            O marquis de l'hiver!\n Vous ne dites plus   rien!...\n\n                           MEZZETIN\n\n                               Il est mort! ô mon cher\nPierrot, serais-tu mort ?...\n\n                 CASSANDRE (secouant Pierrot)\n\n                               Holà! prince du    givre!\n\n                      PIERROT (se relevant)\n\nOui, je me suis tué: mais comme je vais vivre!\n\n                                                ALBERT GIRAUD.\n\nDécembre 1886.\n"}, {"page_pdf": 153, "texte": "                                   — 130 —\n\n\n\n\n           CHRONIQUE ARTISTIQUE\n\n                      L'EXPOSITION DES XX\n                                           Se fortifier dans l'admiration de quelques\n                                         rares artistes et dans un dédain vaste de la\n                                        foule.\n                                                                     (INCONNU.)\n\n\n    Je leur ai une très vive et sincère gratitude, à ces XX, de contribuer\n chaque an, pendant quelques jours, à montrer le bourgeois dans toute\n la splendeur de sa naïveté. J'adore le bourgeois, le pur sang; ce m'est\n une inépuisable source de délectations profondes. Mais il devient timide\n et difficile à confesser; cela l'a effarouché de se voir parfois si hautai­\n nement méprisé; il a maintenant la pudeur de son incompréhension et\n un vague sentiment de son grotesque lui fait adopter, en matière d'art,\n quelques opinions courantes, apprises par les relations mondaines et par\n elles dictées comme la coupe d'un veston ou la cassure d'un col. Ainsi,\n maintes fois, sont salis d'admirations convenues des maîtres de dilection.\n Mais du moins, aux XX, quelle revanche ! Comme elle s'épanouit la mon­\n strueuse fleur de goujaterie! Devant cette peinture qui a toutes les audaces,\n il a, Lui, cette audace plus grande de se montrer tel qu'il est, lâchant la\n bonde à toutes les sottises, dans l'intégrale ineptie de son goût, enfin sincère,\net si curieux alors à observer, si réjouissant à entendre. Il y a des apprécia­\ntions d'une platitude ineffable, impossibles à inventer, et des cuistreries\n majestueuses qui révèlent la foncière vilénie de certanies âmes...\n    Je leur suis reconnaissant encore, à ces XX, pour m'avoir donné à\nadmirer l'un des plus gracieux tableaux modernes qui se puisse rêver. Au\njour de l'ouverture, les Salons, malgré tout l'esprit des détracteurs qui\n« zwanzent » et l'hostilité de la critique qui pontifie, étaient remplis,\nremplis à s'étouffer. Ce fut une solennité mondaine d'un caractère char­\nmant. Dans cette foule animée, bruyante, où s'apercevaient tant de physio­\nnomies intéressantes, au milieu des saluts, des rires, des conversations où\npétillait l'esprit comme la mousse en une coupe de Champagne, dans la tur­\nbulente joie de cette fête, la Femme de ce temps apparaissait. Elle apparais­\nsait dans le caprice et l'attrait de la toilette moderne, en une infinie diver­\nsité d'élégances, non l'élégance banale imposée par le couturier, mais celle\ninspirée à la femme par ce prodigieux instinct d'art qui lui fait inventer\npour sa mise des combinaisons inattendues et captivantes de lignes, des\narrangements séducteurs de nuances, cette exquise fleur de fantaisie, ce je\nne sais quoi, impossible à préciser, qui donne du style à certaines robes et\nde l'esprit à certains chapeaux! Oh! que de jolis mouvements, d'adorables\n"}, {"page_pdf": 154, "texte": "                                  — 131 —\n\n gestes, d'inoubliables attitudes furtivement surprises ce jour-là, et dans\n l'entrain général, que d'expression en les sourires et d'éclat dans les yeux !\n — Ce tableau-là était signé OCTAVE MAUS. Il faut l'en féliciter, car pour\n être éphémère, il n'en était pas moins ravissant.\n    On n'en pourrait autant dire, à mon grand regret, des plus réels tableaux\n appendus au long des murs. Toute ma bienveillance ne m'empêchera\n pas de trouver qu'il y a de bien piètres choses à l'exposition actuelle. Le\n mouvement d'art qu'elle indique est moins accentué et moins intéressant\n qu'aux années précédentes. Car enfin, soyons francs, que nous ont-ils\n appris de nouveau, soit sur eux-mêmes, soit sur la nature, ces prétendus\n apporteurs de neuf? La plupart sont restés stationnaires et piétinent sur\n place, donnant toujours la même note; il y a même plusieurs de ces nova­\n teurs qui ne font que du vieux.\n    Et tout d'abord les invités — dont on se sert généralement pour accabler\n les Vingtistes de comparaisons désagréables — sont particulièrement infé­\n rieurs. Que dire du Norwégien THAULOW et de l'Anglais SICKERT? Leurs\n noms ne sont point à retenir. Mais j'éprouve le besoin d'exprimer tout mon\n mépris pour RENAN, un bas faiseur de sèches et prétentieuses chromoli­\n thographies, s'efforçant à pasticher Cazin, juste assez pour être trouvé\n délicatement sentimental et poétique par de tout petits épiciers de Mont-\n rouge et d'ailleurs. Mais je dois dire la tristesse ressentie en constatant la\n déchéance de RAFFAËLLI. Cet artiste, qui d'une manière plus éloquente\n que nul autre avait exprimé l'âpre mélancolie des modernes banlieues, s'est\n aveuli dans le succès. Son talent, châtré de toutes ses audaces passées, a\n perdu l'envolée de son si personnel accent de tristesse et est descendu à la\n caricature méprisable, parfois même ordurière, comme en cette immonde\n Café-concert à soldats. Non pas que le sujet m'offusque, loin de là, mais\n parce que tout art y manque et que je n'y vois qu'une repoussante et\ngrossière image, pensée par un « vitrier » et destinée seulement à réjouir\nquelques vieux bourgeois libidineux. La Place de la Trinité est la seule\nchose de valeur dans son exposition. LEBOURG a un envoi trop peu impor­\ntant pour être apprécié.\n    SEURAT et PISSARRO ne me paraissent pas non plus mériter de longues\ndiscussions. Bien qu'on l'ait annoncé aux populations, on ne s'est pas du\ntout fichu de claques à leur propos. Ils peignent d'après une théorie scien­\ntifique, c'est tout dire et cela les juge. Ce sont des expériences et non des\ntableaux auxquelles ils nous convient. Ils démontrent par des équations\ncomment peut s'obtenir, presque mécaniquement, un chef-d'œuvre. Comme\nexpérience, leur peinture est à signaler; ils ont prouvé, en effet, quelle\nlumière intense on pouvait obtenir en décomposant le ton sur la toile et\nplus d'un enseignement est à retirer de leurs œuvres. En principe, cette\nvérité avait été déjà établie avant eux, au reste, par Claude Monet avec\nmoins de mathématique peut-être, mais avec plus d'art à coup sûr. Et enfin,\nla Promenade des Nounous, de THÉO VAN RYSSELBERGHE, ne\ndémontre-t-elle pas que l'on peut obtenir d'aussi éclatants effets par d'autres\nmoyens? Alors, pourquoi veut-on que je me passionne pour ces tours de\n                                                                      10\n"}, {"page_pdf": 155, "texte": "                                   132\n\n\nforce? Heureusement que le novateur laisse, chez SEURAT, malgré tout,\npercer l'artiste : voir la petite marine, à droite de la Grande Jatte, d'une\nexquise délicatesse de tons et toute vibrante d'air.\n   Avec moins de prétentions, les études de M1le BERTHE MORISOT m'ont\nretenu. Art inférieur, comme tout art de femme, nécessairement, mais per­\nsonnalité bien accusée et qualités bien françaises : la grâce, la légèreté,\nl'esprit, avec une bien pénétrante modernité, caractéristiques de toute une\nfamille d'artistes de France, de Lancret à Forain, ces deux grands petits-\n« maîtres ». M'ont requis aussi les beaux dessins de Mme MARIE CAZIN et\nson bronze : Jeunes filles, d'une pureté et d'une sérénité de lignes, d'une\ncandeur d'expression qui rappellent un peu les adorables sculpteurs floren­\ntins primitifs. Chez RODIN c'est, au contraire, la vigueur emportée, la\nfougue, l'entrain, l'ampleur, l'exubérance, avec une nervosité passionnée\net une modernité profonde, qui font la haute valeur de son oeuvre, fort\nsupérieure à tout ce que je connais de la sculpture française contemporaine.\n   Parmi les Hollandais, VANDER MAAREL a deux toiles quelconques,\nindignes de lui, que je sais être un chercheur et un délicat ; WILLEM MARIS,\ndes Vaches à l'eau et une Impression superbes, d'une opulente couleur,\navec des ruissellements nacrés de lumière ; MATHIEU MARIS, quatre petits\ntableaux, qui font désirer un envoi plus important, surtout cette admirable\nRêverie, si chaudement colorée dans une gamme de tons bruns et roux,\navec toute une poésie de mystère en ces fouillis profonds, et une grâce énig-\nmatique et inquiétante en l'enfant qui songe.... PHILIPPE ZILCKEN, enfin,\na des eaux-fortes absolument remarquables et quelques bons tableaux :\nentre autres un paysage de soir aux harmonies de lumière chaude et de\ntaillis sombres moelleusement fondus.\n   Sauf MEUNIER, les invités belges ne sont guère parmi les apporteurs de\nneuf. VERHAEREN et SMITS sont d'estimables talents, mais fort peu\nintransigeants, on nous le concèdera. ARTAN et DE BRAEKELEER n'ont\nrien non plus de bien révolutionnaire. Valeurs depuis longtemps reconnues\net classées. De DE BRAEKELEER on nous montre des choses très médiocres ;\nest-ce là la nouveauté? De lui, cependant, deux chefs-d'œuvre, deux mer­\nveilles ; les tableaux avec les prestigieux cuirs, les cuirs\n             . Où la lourde splendeur des jours passés s'endort,\n               Mystérieux et roux comme de grands lacs d'or!\n               O cuirs en qui survit l'âme des vieux soleils !\n\n   D'ARTAN, une œuvre d'élite aussi : une Inondation : dans une rue de\nvillage, la nuit, avec l'horreur des eaux fangeuses qui glougloutent, le déses­\npoir des maisons basses abandonnées, une demi-obscurité pleine d'angoisse.\n   CONSTANTIN MEUNIER, au moins, tente des efforts d'art nouveau et\nson talent s'affirme avec une ampleur qu'il n'avait point atteinte jusqu'ici.\nL'un de nos grands peintres, chez lequel malheureusement l'exécution était\nsouvent restée en dessous de la conception, il est devenu, depuis deux\nans, l'un de nos grands sculpteurs. Et ses œuvres dernières attestent\nl'incroyable énergie de son talent audacieux et s'efforçant encore, malgré la\n"}, {"page_pdf": 156, "texte": "                                 — 133 —\n\ngloire acquise, comme un débutant. Son œuvre, c'est le rude et grandiose\npoème du Travail. L'un des premiers, il a compris la saisissante beauté de\nl'industrie moderne, et il est allé dans les charbonnages sinistres, dans les\nlaminoirs sombres où courent des traits de feu, où l'homme incessam­\nment lutte pour dompter la matière. Et c'est un de ces broyeurs de\nfeu, un de ces Marteleurs qu'il a campé, sauvagement énergique et fier,\ncomme un chevalier des temps anciens, avec, en plus, la morne résignation\npensive du prolétaire courbé sous le fardeau de ses fatales douleurs. Exposé\nl'an passé au Salon de Paris, le Marteleur fut acclamé par Mirbeau, on\ns'en souvient ; comme on comprend son enthousiasme!\n   Des Vingtistes, CHAINAYE, TOOROP et KHNOPFF n'exposent pas.\nCHARLET et FINCH n'exposent qu'à moitié et WYTSMAN, CHARLIER et\nVAN STRYDONCK eussent mieux fait de ne pas exposer du tout. VAN\nSTRYDONCK est d'un vulgaire qui fait frémir; ses couleurs, férocement\ntriviales, hurlent dans ses tableaux aux sujets bêtes. Plus bêtes encore sont\nles sujets de CHARLIER; je n'ai jamais rien vu de plus commun et de plus\nbanalement théâtral que son Semeur du m a l ! Oh! ce n'est pas lui — ni\nmême DUBOIS, un talent autrement nerveux et élégant, cependant — qui\nferont oublier JEF LAMBEAUX, le robuste artiste que les XX avaient avec\neux au début!\n   Une seule révélation : HENRI DE GROUX. Inconnu presque avant l'ou­\nverture, célèbre maintenant. Le dernier arrivé parmi les XX, l'un des\npremiers déjà. Nous avons ici un grand sensitif auquel il ne manque plus\nque du travail et l'expérience technique du métier pour devenir un grand\nartiste. Personnel extraordinairement, il a déjà débarrassé son talent de\nl'influence paternelle, — cet autre grand artiste, méconnu de son vivant\net qui, à côté du triomphe de son fils, triomphait, lui aussi, au milieu du\nmusée moderne réinstallé ! On a cherché de suite des comparaisons pour\nclasser ce nouveau venu ; et c'est à Delacroix qu'il a fallu remonter pour\nretrouver un correspondant enthousiasme de la couleur, une semblable\nfurie de tons éclatants et farouches ! DE GROUX a encore fort à faire ; sa\npalette, trop noire, doit s'éclaircir et se garder des tons ternes et sales ;\nmais quelle ampleur tragique, dès maintenant, dans les deux tableaux inspi­\nrés par Kees Doorik. Oh! l'admirable emportement, romantique si l'on\nveut, mais d'une horreur splendide dans ces deux corps confondus : le\nmeurtrier accroupi sur sa victime, dégrisé de l'ivresse du meurtre par le\nregard qui s'immobilise dans l'œil vitreux de l'assassiné ! Et cet Assassiné\nensuite, seul, perdu au milieu du solennel paysage du soir, le repos de la\nmort et du crépuscule descendu sur cette lutte, avec l'herbe rouge de sang\net le grand horizon au loin majestueux et serein ! — Après ces scènes de\ncarnage, j'admire fort ce Vieillard, assis raidement sur sa chaise, d'une si\nétonnante intimité, si plein de pensées, de songeries lentes et rusées de\nvieux paysan se reposant du labeur d'une vie. — Les autres esquisses,\nconfirment ces précieuses qualités. Muses! réjouissez-vous : un artiste nous\nest né !\n  JAMES ENSOR est toujours le merveilleux poète des pâtes savoureuses,\n"}, {"page_pdf": 157, "texte": "                                 — 134 —\n\nle chercheur épris des chansons de la lumière et des tons vigoureux. Son\nPortrait, ses Natures mortes si crânement brossées, sa Vue de ville, affir­\nment à nouveau le puissant coloriste que nous connaissions. Mais il semble\nvouloir chercher maintenant autre chose et tenter un nouvel effort. Dans\nses Visions, ces dessins extraordinaires où trop souvent réapparaît le souve­\nnir de Rembrandt, il y a toute une nouvelle voie ouverte pour lui. L'Entrée\nà Jérusalem, qui a si fort étonné, est, à peu de chose près, superbe; c'est\ncomme un carnaval gigantesque, symbolisant la Rue moderne.\n  ANNA BOCH. Is. V E R H E Y D E N , W.   SCHLOBACH, T H . VAN RYSSEL­\nBERGHE ne m'attirent qu'à demi. Les deux premiers sont en décadence mar­\nquée; les deux derniers indiquent un léger progrès, surtout dans leurs por­\ntraits (portrait de M. De la Hault, portrait de dame en blanc). Tous quatre\nsont d'excellents peintres, talents honnêtes et sympathiques auxquels on\ns'intéresse, connaissant bien leur métier, mais, disons-le franchement, trop\nsages et desquels on désirerait moins de perfection et plus d'originalité.\nLes critiques sont si grincheux que je serais presque tenté de faire le sou­\nhait contraire à DARIO DE REGOYOS ; il a tant de qualités et les fait si mal\nvaloir !\n   Plus je vois de tableaux de GUILLAUME VOGELS, plus me subjugue\nson admirable talent. C'est certainement l'un des grands paysagistes que\nnous ayons eus en Belgique. Les huit toiles qui forment son envoi de cette\nannée sont toutes de haute valeur et je n'ose faire un choix : l'Estacade\ndans le brouillard me plaît surtout. Comme il sait faire chanter les joies\nde la couleur, les délicatesses des nuances, l'infinie variété des tons, le\nmaître peintre! Mais je l'aime non seulement pour sa prestigieuse palette,\nmais aussi pour son interprétation si personnelle et si captivante de la\nnature! Il sait mettre, en ses harmonies de couleur, tout un monde de flot­\ntantes songeries; la vie partout bruit et se révèle; les frissons des arbres,\nles craquements des sèves, les murmures des sources, les palpitations des\nvapeurs et des nuées, et dans les taillis sombres, près des canaux placides\net redoutables, dans les neiges solitaires, dans les soleils couchants où\nsaigne la rouge lumière, toujours palpite un mystère, se pressent une tra­\ngique histoire, comme des souvenirs de crime caché ou de méfait lugubre!\n   FÉLICIEN ROPS a trois dessins merveilleux : la Dame à la fourrure,\nperverse et féline, Une Gueuse, déchéance affreuse de la fille, et le Guéris-\nseur de fièvres, ce dernier le meilleur des trois.\n   Je parlerai, dans un prochain article sur ODILON REDON, en même\ntemps que de l'album la Nuit et de Profil de lumière, œuvres récentes,\ndes admirables dessins destinés à illustrer le Juré.\n                                                     JULES DESTRÉE.\n"}, {"page_pdf": 158, "texte": "                                 — 135 —\n\n\n\n\n            CHRONIQUE MUSICALE\n\n                            LA WALKÜRE\n                Le sept mars 1885, MM. Stoumon et Calabresi faisaient repré­\n                 senter, au théâtre de la Monnaie, les Maîtres-Chanteurs.\n                    Le neuf mars 1887, MM. Dupont et Lapissida y donnaient,\n                 pour la première fois, la Walküre ; je dis, pour la première\n fois, car les représentations tout accidentelles d'une troupe allemande n'ont\n eu aucune importance au point de vue de l'acclimatation de l'œuvre en\n Belgique.\n    Ainsi, à deux ans de distance, voici, à peu de jours près, la même date à\n retenir. Après un long hiver de somnolence, il semble qu'un grand souffle,\n venu on ne sait d'où, passe et nous emplisse l'âme de parfums et nous éveille\n à une vie artistique nouvelle.\n    Pour qui a été à Bayreuth, c'est une réminiscence de sensations; l'illu­\nsion de se trouver tout à coup à des distances d'oubli du pays qu'on quitte\nen communion avec un être qu'on aime et qui vous aime; quelque chose\ncomme un retour au pays natal de l'âme. Quand on en sort, c'est un éveil\ndans la stupeur; on sort d'un rêve. On regarde, hébété, la vie, qui vous\nregarde avec l'air de se dire : cet homme est fou ! La vie qui passe ration­\nnelle et pratique, court à une échéance, à une vente publique et joue aux\ndominos en buvant des bocks et l'on cherche à s'enfuir, à rentrer dans le\nrêve.\n    Mais où prendre maintenant les mots pour l'exprimer?\n    Mme Judith Gauthier, parlant de sa première visite à Wagner, dit : « Ce\nqui m'a le plus frappé dans cette tête puissante et volontaire, après l'éclat\nextraordinaire des prunelles et l'intensité du regard, c'est l'expression d'in­\nfinie bonté qui flottait sur ses lèvres ». Cette bonté, cette tendresse d'un\ncœur qui n'aspirait qu'à la paix suprême de Wahnfried, dominent l'œuvre\nde Wagner.\n   On a, bien des fois, raconté la légende de ses drames, mais sans en faire\nressortir assez le sens philosophique. On l'a montrée du côté des faits plus\nque du côté de l'âme ; c'est pourquoi le public s'ennuie à ne voir encore dans\nces légendes qu'un fatras mythiqne, un mécanisme embrouillé de faits sur­\nnaturels très éloignés de nous. Wagner n'a pas prétendu illustrer une his­\ntoire de géants et de nains. S'il a raconté une épopée, c'est que les épopées\nse développent à l'âge des races où la nature est le plus entière. Sa légende\ndes Niebelungen n'est que le branchage où viendra s'épanouir la passion\nhumaine dont il anime ses sujets ; car rien n'est plus près qu'eux de l'hu­\nmanité.\n   Les faits, dont est tramée la Tétralogie, se groupent surtout dans le\n"}, {"page_pdf": 159, "texte": "                                  — 136 —\n\nprologue : le Rheingold. C'est là qu'il expose la légende de l'Or du Rhin\nqui doit mettre en mouvement tout le drame ; mais si le prodigieux sym­\nphoniste a fait de cette partition l'un des plus riches fragments de l'œuvre\nmusicale, la Walküre, seulement, en dégage la passion douloureuse. C'est\nici que les dieux et leurs descendants deviennent une humanité grandie par\nla souffrance, c'est ici, dans son chant premier, que la Tétralogie apparaît\ncomme un fervent acte de foi en la religion d'amour.\n   Nous sommes loin des héros de Corneille vivant droits dans leur huma­\nnité de pierre sans au delà. Dans Corneille, la toute-puissance vient des\nhommes et se limite à leurs vertus. Dans Wagner, la morale esthétique puri­\nfiée de la morale sociale, permet aux hommes-dieux de faiblir, car la force\nqui les écrase est fatale; elle vient de plus haut que la terre, de cette région\nmystérieuse inexplorée qui nous enveloppe de fleurs, de ciel, de parfums et\ndont les voix nous disent : tout véritable amour contient de la souffrance.\nCeux qui ont péché par amour trouveront leur rédemption dans cette souf­\nfrance.\n   Wotan, comme Sachs dans les Maîtres-Chanteurs,              représente cette\nforce mâle de l'œuvre qui trouve son expression plastique dans le motif\ndu Walhall. C'est lui, le symbole de cette bonté puissante, de cette uni­\nverselle pitié qui amène la fin des dieux submergés par leur création et\nBrunnhilde, « fille de son désir », ne fait que trahir ses aspirations secrètes\nlorsque, saisie d'une admirable compassion, elle protège Siegmound coupable\ndont le dieu a juré la mort. Aussi n'est-il rien de plus douloureux que la\nscène du Châtiment et des Adieux, de plus énorme par l'effroyable fatalité\nqu'on sent peser sur ces deux êtres unis dans un suprême embrassement. Le\ndieu est las de sa déité. C'est le père qui vient clore d'un long baiser les\npaupières et pleurer sur sa fille perdue avec de vraies larmes d'homme, des\nlarmes qui creusent.\n   Ces adieux de Wotan, cette scène finale synthétique de l'œuvre préparant\nle réveil de la femme amoureuse par le héros Siegfried, dépasse en puis­\nsance de réalisation ce qu'on peut imaginer de plus émotionnant.\n   Depuis cette dégradation lente d'harmonies chromatiques qui fait pres­\nsentir à Brunnhilde « les ombres du sommeil » et qui repasseront tantôt en\nvibrations plus immatérielles sur ses paupières abaissées ; depuis la scène\nde supplication où les thèmes de la Walküre, de Siegfried, de l'épée,\nmêlés au thème du sommeil, font frémir en elle la révolte de sa race\nhéroïque, jusqu'au moment où le thème de la justification éclate, tandis que\nWotan la relève et l'attire en ses bras, la tendresse épandue par toute l'œuvre\ns'amoncelle enfin, déborde du cœur et des lèvres et dépasse les mots dont\non voudrait l'exprimer, et les sentiments apparaissent d'une simplicité\nprofondément triste dans le cœur de ce dieu paternel comme dans celui de\nl'amazone héroïque devenue cette jeune fille, cette femme-enfant à qui la\ndésaffection, l'abandon arrachent des supplications désolées. Aussi, quand\nelle a compris qu'on l'aime encore, lorsque les bras de Wotan l'enveloppent\nde pardon et qu'un baiser lui ferme les yeux pour le sommeil terrestre, la\nsérénité retransparaît à son visage béatifié. Elle peut dormir maintenant, en\nrêvant de Siegfried, car les flammes sacrées qui lèchent sa couche, se tordent\n"}, {"page_pdf": 160, "texte": "                                 — 137 —\n\nà ses pieds, se ploient, s'enlacent, ondulent en s'élevant de plus en plus\nautour d'elle, la protègent de leur immense et pure caresse.\n   A évoquer de pareilles scènes, la plume nous tombe des mains. Nous tou­\nchons à un monde de sensations métaphysiques intraduisibles.\n    Comment donner un nom? comment traduire par des phrases, l'inten­\nsité de la passion qui anime ces marbres grecs? l'éblouissement de ces\npages heurtées, pleines d'oppositions violentes, qui laissent à l'esprit des\ntaches noires comme aux yeux quand on a trop regardé le soleil. Telles\nles pages de la Chevauchée et de la colère de Wotan.\n   Comment traduire le sublime cantique d'amour qui semble lancer son\nhymne à la joie des profondeurs de la forêt de Siegfried, toute bruissante\nde frisselis de feuilles et de battements d'ailes et qui passe de l'envelop­\npante mélodie orchestrale phrasée par les archets aux éclats sonores du\nthème de l'épée ; des sentiments ignorés, contenus, dont la compassion de\nSieglinde déplie un à un les voiles, à ce déchaînement de passion où\nl'affolé d'amour arrache avec un cri de détresse, l'épée du frène, où les\namants unis dans un paroxysme d'exaltation semblent ouvrir leur âme à\nla lumière du ciel.\n    Et songer que tout cela n'est encore qu'une gigantesque ébauche de\n Tristan !\n    Comment dire la grandeur hiératique du second acte, vivant surtout par\nl'intensité dramatique des scènes de Wotan, notamment avec Brunnhilde;\ncomme aussi de la scène angoissée, de doute, de terreur, de désespoir, suc­\ncédant, entre Siegmound et Sieglinde, aux élans du premier acte.\n    Et quels saisissants bouts de symphonie pendant ces silences où le drame\nquintessencié dans le jeu psychologique des personnages trahit les affres\nqui leur tordent l'âme.\n    Enfin, pour nimber ce fragment d'une lueur d'outre-terre, l'apparition\nde la Walküre venant annoncer à Siegmound sa mort prochaine.\n   A l'abri d'un roc, Sieglinde épuisée, s'est endormie aux pieds de son\nhéros et devant eux, Brunnhilde se dresse, la main gauche sur son bou­\nclier, la main droite appuyée à la crinière de son cheval Grane.\n    Les thèmes de l'apparition funèbre, de l'élection des héros, du Walhall\nse phrasent avec une expression de tristesse infinie, coupés de très longs\nsilences où tombent lugubrement de sourds battements de timbales.\nD'une voix lente et triste, elle apprend à Siegmound qu'elle le conduira\nbientôt au séjour éternel des guerriers héroïques. Mais Sieglinde hélas !\nla bien-aimée ne l'y suivra pas. Et le motif fatidique et sombre évoquant\ndes lointains, les splendeurs du Walhall, revient sans cesse accentuer la\nprophétie implacable. Oh ! tout est immobile et calme autour d'eux. La\nlutte est inutile. L'heure de la séparation a sonné, Siegmound mourra.\nLa fatalité s'appesantit et l'écrase et l'on dirait, au caractère poignant de\nce thème qui fait songer à la marche funèbre de Siegfried, on dirait qu'on\nsent déjà la mort approcher.\n   Qu'est-ce donc que ce drame lyrique prodigieux fait de thèmes trans­\nformés, confondus dans le tissu d'une action pour ainsi dire poly-passion-\nnelle?\n"}, {"page_pdf": 161, "texte": "                                  — 138 —\n\n    Qu'est-ce qu'un art qui renouvelle les tempéraments au point de les\nentraîner à une abnégation artistique comme on n'en avait vu qu'en Alle­\nmagne.\n    Mmes Litvinne, Balensi, Martini, —Martini surtout, — une révélation !\nMM. Séguin, Engel, Bourgeois, ces deux derniers, malgré des défaillances\nde voix, n'ont-ils pas arraché des applaudissements enthousiastes au silence\nreligieux d'un public métamorphosé lui-même.\n    Et les Walküres dans leurs appels sauvages et leurs cris d'inspirées !\n    Est-ce de la musique encore, ces vibrations d'être, ces harmonies pas­\nsionnelles; cela qui se jette sur vous, vous prend, vous heurte, vous ter­\nrasse, et où demeure quelque chose d'inattendu qui déconcerte et fait\nqu'on a besoin de se ressaisir.\n    A Bayreuth, après les émotions secouantes du premier acte de Tristan,\ntandis que se vidait la salle au jour tombant sur cette colline boisée qui\ndomine la vallée du Mein Rouge, j'ai vu des yeux d'hommes pleurer.\n    L'autre soir, à la répétition générale de la Walküre, au milieu de cette\nsalle obscure rappelant Bayreuth par bien des dispositions matérielles', par\nla mise en scène et aussi par je ne sais quelle transformation de l'atmo­\nsphère artistique, quand à la fin du troisième acte, la symphonie du feu\ns'est élevée, enveloppant d'harmonies voluptueuses la Walküre endormie,\n je sais bien des yeux qui se sont mouillés, des mains qui ont tremblé, des\n cœurs qui ont battu dans les poitrines oppressées...\n    Le lendemain, il y avait bien un peu trop d'or et de brillants, un peu\n trop de lumière encore pour conserver aussi intacte l'impression de recueil­\n lement parmi les bruits inévitables, les toussaillements, les craquements\n d'une foule de curieux qui s'écrase en silence, mais cette foule elle-même\n s'était faite attentive et religieuse. Elle mérite du respect pour le respect\n qu'elle a donné à l'œuvre, et ce n'est pas un des moindres miracles de\n Wagner de l'avoir captivée et secouée d'enthousiasme.\n    Oh ! sentir ce qui nous trouble et ne savoir comment cela nous vient ;\n Rester pendant des heures en prière muette devant cette chose dont les\n impressions lumineuses, sonores, vivantes se lèvent en nous; sentir notre\n être envahi d'un parfum d'être ; une âme qui nous trouble l'âme et ne pou­\n voir la saisir et la fixer. Retourner encore, et sans cesse à cette adoration ;\n  nous en pénétrer, nous en béatifier; puis, à bout de forces avoir envie\n  d'arracher un sanglot de nos poitrines en nous écriant : C'est trop !\n     Heureux ceux qui après avoir essayé en vain d'exprimer cela, peuvent\n  briser leur plume et déchirer les pages écrites en renonçant à dire avec des\n  mots ce que c'est que de pareilles œuvres et pourquoi leur auteur est mort\n  d'amour et de génie !\n                                                       HENRY MAUBEL.\n"}, {"page_pdf": 162, "texte": "                                          -   139      -\n\n\n                                 MEMENTO\n                 LETTRES                             Le jeune Cujas y a tant et tant remonté\n                                                  son éloquence qu'il en a cassé le ressort. Il\n   Prochainement reparaîtra l'Artiste, le\n                                                  est allé à fond avec la grâce du plongeur qui\njournal que dirigea naguère Théo Hannon,\n                                                  fait un épouvantable plat ventre. Claque !\net qu'un groupe de jeunes écrivains reprend\n                                                  Sa polémique est émaillée de personnalités\naujourd'hui. Ce ne sera pas l'organe de tel\n                                                  qui tâchent d'être désobligeantes et dégrin­\nou tel groupe, mais un journal D'ART, sans\n                                                  golent dans la plus inoffensive des mala­\nabus de toques ni de robes, et dont les arti­\n                                                  dresses.. Exemple : Il m'importe peu qu'une\ncles seront signés. Dès aujourd'hui, l'Artiste,\n                                                  classification littéraire vous plaise ou vous\ndont le premier numéro est annoncé poul­\n­e 3 avril, a la vie matérielle assurée pour      déplaise. — Paf! On demande un tombe­\nplus d'un an. Orné du frontispice de Rops         reau de pavés de Quenast pour attacher à\nque l'on se rappelle, il aura exactement le       la lancette de monsieur.\nmême aspect typographique qu'à son                   Puis ailleurs : Je m'étonne de vous en-\ndébut. Plusieurs des nôtres y collabore­          tendre critiquer les écrivains qui se can-\nront. M. Henry Maubel y fera la critique          tonnent dans la littérature judiciaire, alors\nmusicale, de concert (parfaitement) avec          que dans vos « Croquis funèbres » vous avez\nM. Lafontaine. le wagnériste           connu,     cantonné votre maîtresse, la littérature,\nM. Max Waller, la critique des expositions,       dans l'enceinte des cimetières les plus éter-\nM. Iwan Gilkin, celle des théâtres, et            nellement lugubres.\nM. Maurice Sulzberger celle des livres.              Comme avec de pareils arguments la\nL'Artiste se tiendra au courant du mouve­         discussion s'élève tout de suite, n'est-ce\nment général et s'occupera également de la        pas?\ndiffusion « commerciale » des œuvres, de             Il faut dire à sa louange que le jeune dé­\nfaçon à veiller aux intérêts pécuniaires des      fenseur mélot-dramatique qui a un peu\nartistes.                                         plus de vingt ans à l'état-civil, porte très\n                                                  gravement ses cinquante années de nour­\n   Inutile d'ajouter que la Jeune Belgique\n                                                  rice.\ntend la main au ressuscité.\n                                                     Il n'y a pas trace d'un sourire dans tout\n                                                  son article et pourtant, s'il s'était regardé\n   A signaler entre l'Art Moderne et le Pa-       seulement une fois en l'écrivant, il n'aurait\nlais, une intéressante polémique signée           pas manqué de s'éclater de rire au nez.\nMaus et Maubel. Thème : La littérature               Qu'il nous permette de le faire pour lui.\njudiciaire.\n   Le Journal des Tribunaux en ayant ras­\nsemblé les morceaux avec réplique et reré­          Voici que Chariot a pondu. La dernière\nplique, dans ses numéros du 27 février et         Revue de Belgique donne l'œuf. Le voici :\ndu 6 mars, on croyait l'incident clos, quand\nun jeune avocat M. Albert Mélot, « élevé                         CRI DE DEUIL\ndans l'intimité d'un vieillard de 75 ans »        Je vomirais leur crier un adieu, je ne puis :\nsurgit à la barre du Palais (V. le n° de          Je les vois là, tisons humains, au fond des puits\n                                                           Je vois leur cendre au vent qui flotte ;\nmars) pour défendre contre notre ami Mau­\n                                                  Je vois la mère en pleurs et l'enfant orphelin.\nbel la confrérie du barreau que personne                   J'entends le pays qui se plaint\nn'avait attaquée.                                          Et l'humanité qui sanglote.\n    Le comble du prodeïsme! Son article           Je dis qu'à ces horreurs il est temps de pourvoir,\npourrait s'intituler : Essai de mercuriale        Qu'il faut songer enfin à ee premier devoir,\npar un fils d'avocat général qui veut se          Qu'il ne suffira, point d'alléger des misères.\n                                                  La science n'est pas si nulle dans nos mains\n faire aussi grand que son père et se fourre               Que ces sacrifices humains\n la mercuriale dans l'œil.                        A nos prospérités soient encor nécessaires :\n"}, {"page_pdf": 163, "texte": "                                                   — 140 —\n\nJamais on n'eut ce droit ! Mais ces obscure lutteurs         qués, M. W. se vante de l'être toujours; il\nSont une part de nous, de nos bras, de nos cœurs !           adore la gaminerie comme une forme spé­\nDe nos cœurs, de nos biens, nous leur devons la\n                                                    [dîme]   ciale et charmante de la conversation et de\nL'or n'est pas tout ; il faut l'école, il faut la loi ;      l'écriture, la gaminerie qui envoie des cas­\n11 faut, puisque ce peuple est traqué par l'effroi,          cades de rire aux amiraux, aux juriscon­\nQu'il se sente autre chose enfin qu'une victime.             sultes et aux jurés monodramatiques, qui\nAux entrailles du globe est son affreux bercail ;            raffole des farces de tréteaux lorsqu'elles\nIl se fait le démon des enfers du travail                    ne se cachent pas dans un pli de robe ou\nEt la femme l'y suit, loin desfleursde la berge.             dans une bouffe de toque, et qui se drape\nEt quand la foudre éclate au cratère profond,\nCe tronçon calciné, c'était un enfant blond,                 avec impertinence dans sa chère et joyeuse\nCette horrible scorie, hélas ! fut une vierge.               jeunesse.\nAh ! le peuple est un frère ! Et, s'il devient martyr,              Combien de jurés en ce monde\nL'éciio de sa tor.ture en nous doit retentir;                     Ne pourraient pas en dire autant! »\nII faut, alors, il faut, a notre angoisse amère,               Allons, mes enfants, tous en chœur!\n0 de notre industre éternel crucifix,\nQue chacun, que le plus délaissé de tes fils                      « Combien de jurés... etc. «\n         Sente en sa patrie une mère !                         Pit ouit!\nL'or n'y suffit ! Donnons toujours ! quêtons partout!                            ***\nII faut des lois : La loi de justice peut tout!                A rapprocher, à propos d'un incident\nLa science : On a bien désarmé le tonnerre !\nDes lois ! N'attendons plus un martyre nouveau               que tout le inonde sait, la curieuse lettre\nPour savoir qu'on ne fait rien contre le fléau               que voici, adressée à la Chronique :\n         Tant qu'il reste une chose à faire.                       « Mon cher HALLAUX,\n                                        CH. POTVIN.\n   Recommandons le tronçon calciné et la           « Beaumarchais, je crois (ce pourrait bien\n scorie avec tout ce qui est autour. Bravo, être Piron), cuisant une omelette au lard\n mon vieux lapin !                              un vendredi-saint, un orage effroyable\n                                                éclata. Il jeta son plat par la fenêtre, en\n                      **\n                                                disant : Que de bruit pour une omelette !\n   Reçu le 1 \" mars ceci : « Cher confrère,\n « nous vous prions d'assister à la confé-         « Je pourrais dire : Que de bruit pour\n« rence que donnera M. Edm. Picard le un prix de beauté ! Je regrette de n'avoir\n « mercredi 9 mars à 2 h..., etc. Sujet : LES rien à jeter par la fenêtre.\n« DESSOUS D'UNE ŒUVRE LITTERAIRE (COm­\n                                                   « Cette joyeuse cérémonie de bal masqué\n                                                était permise assurément à qui travaille\n   ment a été fait le Juré) ».\n                                                plus souvent la nuit qu'il ne s'amuse.\n   Nous saurons sans doute ensuite com­\n                                                   « C'EST LA GLOIRE, ce tapage-là, me dit-on.\n ment ont été faits Les dessous..., etc., et il\nn'y a pas 'de raison pour que cela finisse.        « C'est la gloire! Moi qui croyais en con­\n                                                quérir un peu par le Paradoxe sur l'avocat,\n   Avis au père du Juré : L'Eden-Théâtre\n                                                la Forge Roussel, l'Amiral, voire le Juré\nest à louer (trapèzes compris).\n                                                (monodrame, ne pas l'oublier). C'est à peine\n                                                si on daigne s'apercevoir que je les ai\n   A la séance en question, le dit père du faits.\nJuré (Juré avocalyptique qui n'a encore été        « Mais qu'un jour de gaieté et d'entrain,\nlu ni dans la colonne du Congrès, ni place dans une fête de bienfaisance, à la demande\ndes Martyrs, ni aux chauffoirs économiques, d'une alerte jeunesse, je marche sur les\nni à la morgue, ni au jardin d'acclimatation brisées de ceux qui s'imaginent avoir droit\nde Madame Bodinus), a trouvé bon d'appeler au monopole des présidences, et voilà que\nMax Waller gamin, sur un ton presque je passe GRAND HOMME, en un tour de main,\npaternel d'ailleurs. M. Picard se doute peu grâce à la réclame endiablée que me fait\ndu plaisir que cela a fait à M. W. Alors que leur mauvaise humeur. Grand homme!\nl'âge de M. Edm. P. ne lui permet plus dans un pays où la consigne est de n'en pas\nd'être gamin que dans de rares bals mas­ admettre.\n"}, {"page_pdf": 164, "texte": "                                           —141       —\n\n\n  « Convenez, mon cher Hallaux, que c'est à         Giraud ; c'est, de même, un premier livre\nla fois vexant et charmant, et obligez-moi          lâché dans la crise de la pensée et du style,\nen mettant dans votre journal ces humbles           plein de morgue et d'orgueil dans la genèse,\nremarques douces-amères comme les maca­             plein de puérils tarabiscotages dans l'exé­\nrons.                                               cution. Nous avons tous plus ou moins dit :\n  « Une bonne poignée de main.                      albe caséine pour fromage blanc. Ce sont\n                                                    là faciles enfantillages dont on se corrige,\n                         « EDMOND PICARD.\n  « 15 février 1887. »                              mais ce que nous aimons en M. Goffin,\n                                                    c'est l'artiste complet, rempli de son art\n   Ceci, Amiral, n'est pas mal troussé, et          dont il possède toute la gamme avec, en\nprouve un esprit encore assez vert, mais            plus, quelques notes pincées aux fibres ner­\nvous avez oublié d'indiquer le nom du               veuses et d'une infinie vibration.\nlibraire où l'on peut se procurer le Para-\ndoxe, la Forge, etc. (voir ci-dessus) et le                                 **\nprix de ces volumes. C'eût été unir la                 Camille Lemonnier donne à Alp. Piaget,\nréclame intelligente à la protestation spiri­       le successeur de de Brünhoff, son beau\ntuelle. Une autre fois, n'est-ce pas?..,            livre, Le Mort, augmenté de quelques nou­\n   N. B. Après le bulletin des spectacles,          velles, entre autres, Le doigt de Dieu, une\ncela ne coûte à la Chronique qu'un franc la         des pages les plus impressionnantes qui\nligne.                                              soient et dont la première idée revient à\n                      ***                           Charles Baudelaire.\n   Découpé dans le Peuple :                            Le Mort marque la période la plus cu­\n   « La Petite bibliothèque populaire vient         rieuse du talent de Lemonnier; c'est là qu'il\nde faire paraître un nouveau volume : le            aura été le plus personnel, avec une netteté\n Vicaire de Noirval. Ce livre est dû à la           de style que nous ne lui avons jamais re­\nplume d'un professeur de l'Université de            trouvée; il a fait plus ample dans Un Mâle,\nBruxelles, M. Hermann Pergameni.                    mais moins sombrement grand ; plus sym­\n   « Livre très intéressant et qui plaira beau­     phonique, moins pénétrant. Ceci est de\ncoup, nous en avons l'assurance, à tous             forte et durable littérature dont nous pou­\nceux de nos lecteurs qui suivent le mouve-          vons avoir orgueil.\nment littéraire belge et s'intéressent à l'in­\ntelligente initiative prise par la Petite biblio-                       ***\nthèque populaire. »                                    Le 19 février a été célébré le mariage de\n   Outre que nous ne sommes pas très sûrs           notre ami Georges Eekhoud avec Mlle Anna\nque les lecteurs du Peuple suivent un mou­          VanCamp, d'Anvers. Les témoins du marié\nvement littéraire quelconque, nous ne               étaient MM. Georges Kaiser et Max Waller,\nvoyons pas bien M. Pergameni représen­              de la Jeune Belgique.\ntant de ce mouvement. Il en sera certes                                     ***\nétonné lui-même.                                       Prochainement paraîtra, chez Mme veuve\n                      ***                           Monnom, un nouveau volume de M.\n  M. Arnold Goffin, qui fut de ta Basoche,          Georges Eekhoud : Nouvelles Kermesses.\npublie en plaquette une curieuse étude de           L'ouvrage sera tiré à petit nombre : deux\npsychologie sentimentale, Delzire Moris.            cents exemplaires seulement, plus trente\nC'est une page de la vie d'artiste, avec ses        exemplaires d'amateurs tirés sur papier de\nminuties de froissements et ses sondages            luxe. Nouvelles Kermesses comprendra\ndélicats de blessures, page d'une intimité          environ 500 pages. Il sera mis en vente à\nsubtile où l'écrivain s'épanche tout entier,        5 francs.\nautobiographie de craintif, sensible jus­                               *   ■   *   *\n\n\n\nqu'au suraigu des sensations intérieures.             Vient de paraître une amusante parodie-\nDelzire Moris nous rappelle Le Scribe de            éclair de la Walküre, par Théo Hannon :\n"}, {"page_pdf": 165, "texte": "                                               — 142 —\n\ntitre : La Valkirigole.       Recommandé aux         Le joli volume, imprimé en italiques\nhypocondres.                                       elzéviriens, a été édité par Albert Savine,\n                       ***                         18, rue Drouot, à Paris. (Communiqué.)\n   Reçu d'Alphonse Lemerre : Légendes                                     ***\nbretonnes, par Louis d'Isolé ; Cris d'amour           La question à l'ordre du jour, qui con­\net d'orgueil, par Hippolyte Buffenoir; Pro­        siste à décider si un mari a le droit d'ouvrir\nvensa ! par J. Boissière ; La Lampe d'ar-          les lettres de sa tendre épouse, a fait éclore\ngile, par Georges Plessis ; L'Inde à fond de       ce sonnet :\ntrain, par J. de Pontevès-Sabran — à analy­\nser plus tard.                                        LE MARI, LA FEMME ET LA LETTRE\n                                                           Une femme avait un amant ;\n                                                       .   La chose est assez ordinaire.\n   Vient de paraître : Les Notes d'un Vaga-                Le mari — naturellement —\nbond, par Léon D&mmartin, avec frontis­                    Est jaloux de son caractère.\npice de Rops et dessins de Gassiers. Nous                  Il ricane, et d'un air charmant :\nattendons le volume pour en faire l'analyse.               — Vous avez lu, dit-il, ma chère,\n                                                           Qu'un mari peut impunément\n                                                           — Et ni brutal et nous déplaire,\n  Lire dans La Revue indépendante : La                     Non, monsieur, ce n'est point écrit.\nGenèse, de Camille Lemonnier et la Chro­                   — Paix ! fait le mari qui bougonne,\nnique d'art (Les XX) d'Emile Verhaeren.                    C'est de vos poulets qu'il s'agit\n                                                           Et que je puis — la cour l'ordonne —\n                                                           Tous décacheter       Il sortit.\n   Encore chez Lemerre : Poésies poin-                     — Halo ! fit-elle au téléphone.\ntons, d'Anaïs Ségalas, où nous retrouvons\nle sixain : A une tête de mort :                                          ***\n                                                      Paul Féval vient de mourir. Il était un\n       Squelette qu'as-tu fait de l'âme ?\n       Foyer, qu'as-tu fait de taflamme?           des derniers représentants d'un genre qui\n       Cage muette, qu'as-tu fait                  disparaît chaque jour, et où il avait trouvé\n       De ton bel oiseau qui chantait?             cependant succès et fortune. Le roman-\n       Volcan, qu'as-tu fait de ta lave?\n       Qu'as-tu fait de ton maître esclave ?\n                                                   feuilleton, tel que le comprenait Paul Fé­\n                                                   val, était une œuvre littéraire, par la con­\n   Ce sixain fut cité par Dumas père, dans         ception et la puissance d'imagination,\nla préface d'un livre de Roger de Beauvoir,        comme aussi, en plus d'un endroit, par\net attribué à Victor Hugo. L'erreur n'a ja­        la valeur réelle du style. Aujourd'hui,\nmais été rectifiée et presque tout le monde        ces sortes de productions, composées dans\ny tombe. La voici dissipée.                        un moule exclusif, toujours le même, ne\n                        ***                        sont plus que le résultat d'une fabrication\n   Ce n'est pas un petit mérite, par ce temps      toute commerciale.\nde décadences de toutes sortes, d'écrire un           Paul Féval, né en 1817, avait eu des\nlivre sain. Il faut louer M. Louis Tiercelin       débutsassez pénibles. Reçu avocat à Rennes,\nde nous avoir donné ce livre : Les Anniver-        il vint à Paris, ses examens passés, et y\nsaires, un recueil de poèmes nationaux,            exerça le modeste et peu intéressant em­\nauxquels on peut appliquer cette devise :          ploi de commis de banque. Son imagina­\nMens sana in corpore sano. La forme irré­          tion avait rêvé autre chose : il voulut entrer\nprochable, d'ailleurs, n'a rien du manié­          dans le journalisme et commença par être\nrisme que quelques poètes essaient en              simple correcteur. C'est là qu'il débuta par\nvain de mettre à la mode, et les titres des        quelques vaudevilles, puis un récit, le Club\npièces : Jeanne d'Arc, Corneille, Le Rire          des Phoques, et enfin un roman très orig-i\nde Molière, Mirabeau, Lamartine, etc.,             nal, les Chevaliers dit Firmament lui ou­\ndisent assez que le poète a chan té les gloires    vrit, comme on dit, les rez-de-chaussée\nde la France ; il l'a fait avec bonheur.           d'un certain nombre de petits journaux.\n"}, {"page_pdf": 166, "texte": "                                                      — 143 —\n\nMais sa r é p u t a t i o n ne d a t e g u è r e q u e d e s     Léon dans sa main droite avait la « Walkyrie,\nMystères         de Londres,        r o m a n considérable,      Dans la gauche, un motet, un Tantuni, un Kyrie,\n                                                                         Avec les Adieux de Wotan :\nqui n'a p a s c o m p t é m o i n s de vingt v o l u m e s       Il écouta le birbe et lui laissa tout dire.\net qui eut a u t a n t d ' é d i t i o n s — ce qui est          Pencha son front rêveur, puis avec un sourire ;\nénorme p o u r l ' é p o q u e (1844).                                   Fit : \" Nous allons monter Tristan!-\"\n                                                                                                                   LETOCHÈS.\n   Il p u b l i a e n s u i t e les Fils du Diable, les\nAmours de Paris,                les Belles de nuit, les\nParvenus, les Compagnons                      du silence.            N o u s a v o n s t r o u v é , en fouillant, la lettre\n   Au t h é â t r e , P a u l Féval n'eut à c o m p t e r        suivante, q u e la Revue                  anecdotique     a\nque d e u x t e n t a t i v e s h e u r e u s e s : le Fils du   r e p r o d u i t e d'ailleurs, il y a q u e l q u e s\nDiable (1847) q u i e u t cent v i n g t r e p r é s e n ­       a n n é e s . Elle est de Gustave F l a u b e r t et\ntations, et le Bossu, qu'il signa avec Anicet                    n'a rien p e r d u de sa curiosité :\nBourgeois en 1863, m a i s a u q u e l Victorien\nSardou c o l l a b o r a . Il y e u t m ê m e à ce su­                     MON     CHER CONFRÈRE,\njet une assez v i o l e n t e p o l é m i q u e e n t r e lui        J'ai bien peu de t e m p s à vous consacrer,\net S a r d o u .                                                 car je pars lundi p o u r la régence de T u n i s ,\n                                                                 et je suis fort a h u r i par mille courses, et\n  Une a m u s a n t e OCCIDENTALE,               dédiée à        mille préparatifs. Je voudrais vous écrire\nLéon J e h i n d a n s la Casserole :                            u n e t r è s l o n g u e lettre, relativement à votre\n Un jour Léon passait : les têtes des choristes                  r é s o l u t i o n d'être t o u t à fait un h o m m e de\n Se courbaient au niveau du \" zinc \" des liquoristes.            lettres.\n          L'orchestre disait : Le voila !\n                                                                     Si v o u s sentez u n irrésistible besoin\n Un abonné soudain, bonhomme à tête blanche,\n Fendit la foule, prit son habit par la manche                   d'écrire et q u e v o u s ayez un t e m p é r a m e n t\n          Et voici comme il lui parla :                          d ' H e r c u l e , v o u s avez bien fait ; sinon, non !\n \" Léon, auteur d'Esther, lumière des lumières,                  Je connais le métier ; il n'est pas d o u x , mais\n Qui ne conduis jamais aux brillantes premières                  c'est parce qu'il n'est pas d o u x qu'il est\n          Et les reprises peu souvent,                           b e a u . L e j o u r n a l i s m e ne v o u s m è n e r a à\n Ecoute-moi, pacha des violons sans nombre.\n Ombre de Jef Dupont qui de Gevaert est l'ombre,                 rien, qu'à vous e m p ê c h e r de faire de lon­\n          Tu n'est qu'un mufle et qu'un savant !                 g u e s œ u v r e s et de longues é t u d e s . P r e n e z\n - Sur tes musiciens que le pétrole éclaire, .                   g a r d e à lui, c'est u n a b î m e qui a dévoré\n Comme un vase trop plein tu répands ta colère,\n                                                                 les p l u s fortes o r g a n i s a t i o n s ! J e connais\n          Gourmandant flûtes et bassons;\n  Tu brilles sur leurs fronls comme une faux dans                des gens de génie, d e v e n u s par lui en quel­\n                                               [l'herbe          q u e sorte des bêtes de s o m m e . P a r d o n du\n  Et tu les fais marcher sous ton bâton superbe,                  conseil, si je froisse u n e s y m p a t h i e , mais\n           Quand tu nous inondes de sons.\n                                                                  j'ai raison cependant.\n  \" Mais ton jour vient. Il faut que la Walkütre\n                                                [tombe.               Faites d e grandes lectures suivies, et\n  Que sous nos chuts enfin croule et s'ouvre sa tombe!            prenez u n sujet long et c o m p l e x e ; relisez\n           Qu'on n'entende plus du Wagner !                       tous les classiques, non p l u s c o m m e au\n  Par nos sifflets vengeurs, que Wolan et sa lance,\n  Brunehilde et Fricka soient réduits au silence,                 collège, mais p o u r vous, et jugez-les d a n s\n           Eux et leur musique d'enfer !                          v o t r e conscience c o m m e v o u s jugeriez les\n  » Complice de Dupont, au livre de tes crimes                    m o d e r n e s , l a r g e m e n t et s c r u p u l e u s e m e n t .\n  Un démon te lira les noms de tes victimes;                          P u i s q u e v o u s v o u s intéressez à ce qui\n           Tu les verras autour de toi,                           m e r e g a r d e , je vous dirai q u e si m o n roman\n  Ces abonnés, qui n'ont plus de sang dans les veines,\n  Se presser, plus nombreux que les paroles vaines,               n'a pas été mis s u r la scène, c'est q u e je\n           Que balbutiera ton effroi.                             m'y suis opposé formellement. J'ai trouvé\n  « Ceci t'arrivera sans que nul dans la presse,                  la spéculation — et elle était fort bonne —\n  Pas même Dommartin, puisse, dans ta détresse,                   p e u d i g n e de m o i . P l u s i e u r s théâtres en\n           T'aider en nous traitant d'idiots;\n                                                                  voulaient ; ç'a été u n e m a n i e p e n d a n t un\n   Quand même Kufferath, ce \"Wagnérien immonde.\n   Et Bazoef et Waller, qui se fichent du monde,                  instant, m a i s tout est fini maintenant.\n            Diraient : — Vous n'êtes que des sots ! „                 Ce livre de m o i , a n n o n c é d a n s la Presse.\n"}, {"page_pdf": 167, "texte": "                                          — 144 —\n\nest bien loin d'être fait, puisque c'est pour   et Bruxelles deviendrait, après les villes alle­\nle faire que je me transporte à Carthage.       mandes, le premier centre de propagande\nJ'espère pourtant, cet été, l'avancer consi­    wagnérienne.\ndérablement, mais je trouve à la chose des         Voilà qui serait bien fait pour régénérer\ndifficultés prodigieuses. Soyez bien sûr que    notre vie artistique.\nje vous enverrai un de mes premiers exem­                            ***\nplaires.                                           M. Maurice Kufferath publie, chez Schott\n   Au revoir donc ; travaillez de toutes vos    un volume d'actualité sur la Walküre. L'au­\nforces, de toute votre âme, et croyez que je    teur, un ami et un jeune, y fait l'historique\nvous serre les mains très cordialement.         des Niebelungen d'une façon très attachante\n                            GUSTAVE FLAUBERT.   et très littéraire Tous les thèmes y sont\n                                                notés avec soin, et l'ouvrage est comme\n                MUSIQUE                         le vade-mecum du Valkyrien profane ou\n                                                non. Nous le recommandons comme le\n   Deux auditions musicales intéressantes\n                                                plus complet qui ait été fait en la matière.\nont eu lieu depuis l'apparition de notre der­\nnière numéro; l'une, donnéepar M. Heusch­\n                                                                      ***\nling, audition de mélodies signées : Schu­\n                                                   Tandis qu'avaient lieu à la Monnaie les\nbert, Schumann, Berlioz, Aug. Dupont,\n                                                dernières répétitions de la Walküre, une\nTchaïkowski, Jean Blockx. M. Heuschling\n                                                triste nouvelle arrivée de Saint-Pétersbourg\nqui phrase toujours avec style et sentiment     a péniblement affecté les artistes.\ns'attarde à des choses connues et ne varie         Borodine y est mort subitement, à l'âge\npas assez son répertoire; ainsi y a-t-il dans   de 58 ans. Nous ne le connaissions que\nla musique russe tant appréciée mainte­         d'hier et la première œuvre qu'on donna de\nnant, des choses plus caractéristiques que      lui fut sa 2e symphonie, exécutée au Con­\nces mélodies de Tchaïkowski.                    cert populaire, l'année dernière, et renfer­\n   La 2e audition, a été donnée au commen­      mant cet admirable Andante d'une inspi­\ncement de ce mois par Mme Cornélis-Ser­         ration pénétrante et troublante dans sa note\nvais avec le concours de Mlle Cary Mess,        mystique.\nvioloniste, MM. Edouard Jacobs et Degreef.         Nous avons vu Borodine, ici, aux répéti­\nElle avait attiré à la Grande-Harmonie une      tions de sa symphonie; c'est un vrai Russe\nfoule énorme qui a fait un succès mérité à      du Nord, grand, de carrure large et puis­\nnos artistes bruxellois et particulièrement     samment campé avec, dans toute sa per­\nà M lle Mess, cette toute jeune violoniste de   sonne, quelque chose de modeste et de\nla classe de M. Colyns que nous avons trop      doux, et portant à son front ployé sous\nrarement l'occasion d'entendre.                 le poids des grands rêves cette expression\n                    ■   *   *\n                                                d'infinie bonté qui rayonne dans son œuvre.\n                                                   Puisse sa mort, comme pour beaucoup\n   Si le grand succès de la Walküre se\n                                                d'hommes de sa valeur, contribuer à pous­\ndouble de ce succès pécuniaire indispen­\n                                                ser cet œuvre au grand jour.\nsable à la vie d'un théâtre, nous pouvons\nespérer voir Siegfried l'année prochaine et                           * **\nla tétralogie complète en 1889. On donne­          Nous lisons dans l'Art moderne :\nrait alors pendant l'été, à l'instar de Bay-       « Les journaux annoncent que M. Ernest\nreuth, des représentations de l'œuvre de        Reyer fravaille en ce moment à un ouvrage\nWagner.                                         tiré de Salammbô,      dont il a écrit les\n   Sans éloigner de Bayreuth la masse de        deux premiers actes, sur des paroles de\nfervents qui s'y rendent et s'y rendront en­    M. Camille Dulocle et qu'il destine au\ncore pendant longtemps comme en pèleri­         théâtre de la Monnaie.\nnage, les représentations françaises de l'œu­      « Nous avons annoncé déjà, et nous\nvre, amèneraient ici tout un public spécial,    ne croyons pas inutile de rappeler que\n"}, {"page_pdf": 168, "texte": "                                             -    145     -\n\nM Georges Khnopff a terminé en novem­ arrivera bon premier. Ce ne sera peut-être\nbre 1885 une partition sur le même sujet, pas aussi beau que le chef-d'œuvre en\net qu'il en a écrit le poème et la musique. germe chez notre ami Khnopff, mais il y a\nLa dernière scène seule a été exécutée au des chances pour que ce soit plus palpable.\npiano dans une réunion intime.                               Qui vivra entendra.\n    « L'œuvre est divisée en quatre actes et                    Ou n'entendra pas.\nhuit tableaux, dont voici la nomenclature :\nACTE I. A Mégara, dans les jardins d'Ha­                                        *\n\n\n\n\nmilcar. ACTE II. Premier tableau : Sur la                       Il est étonnant, presque douloureux que\nterrasse du Palais d'Hamilcar. Deuxième sur une scène aussi importante, aussi glo­\n tableau : Camp des mercenaires. Troisième rieuse que la Monnaie, les compositeurs\n tableau : Enlèvement du zaïmph (tableau belges soient si rarement admis, quand\n mouvant). ACTE III. Premier tableau : Le Pa­ ceux de France en ont l'accès facile et per­\n lais d'Hamilcar, (Hamilcar. — Salammbô.) manent. Nous avons chez nous des compo­\n  Deuxième tableau : La terrasse du Palais siteurs de talent et il importe de les pro­\n d'Hamilcar. (Schahabarim. — Salammbô.) duire. Nous ne parlons pas de M. Gevaert,\n  Troisième tableau : La tente de Mâtho. un musicologue justement célèbre, mais un\n  (Salammbô. — Mâtho.) La prise du camp compositeur inférieur dont, du reste, nous\n  des mercenaires, trahis par Narr Havas. n'avons plus rien à attendre. Mais il y a\n  ACTE IV. Carthage. Supplice de Mâtho.                       Peter Benoît, le robuste flamand qui in­\n     « Voici, enfin, les personnages, avec les carne si bien la pesante vigueur de sa race\n  voix résultant, dans la pensée de M. Georges dans sa musique décorative, sa musique de\n   Khnopff, de leur caractère :                               plein air, la seule qui jusqu'à présent ait\n      « Salammbô, contralto.— Mâtho, ténor. eu l'occasion de se bien faire connaître ;\n   — Spendius, ténor. — Hamilcar, baryton. mais il y a un Benoît intime, subjectif,\n   — Narr' Havas, ténor. — Schahabarim, comme il dit lui-même, un Benoît tendre,\n   basse (1). — Taanach, soprano. »                            ému, pénétrant qui se révèle en partie\n      Voilà qui nous fait grand plaisir, mais dans Charlotte Corday et qui, au théâtre,\n   nous laisse un peu sceptique. Chacun sait pourrait s'attester dans des œuvres lyri­\n   que Georges Khnopff est un poète exquis, ques.\n   de grand talent; chacun sait encore qu'il                       Il y a aussi Franz Servais, ce musicien\n   est musicien de première force, mais on savant et inspiré qui a condensé en des an­\n   ignore assez généralement qu'il est fumiste nées de labeur toute l'ampleur de sa grande\n   des pieds à la tête C'est lui qui a inventé, âme d'artiste — un oiseau de tempête qui\n    après beaucoup d'autres, la vanité de la a eu peine à restreindre l'envergure de son\n    typographie, le manuscrit photographié, vol et à transcrire le cri de sa passion, il y\n    voilà l'idéal, et le comble de la joie serait a de lui un drame lyrique : l'Apollonide,\n    que la photographie s'en effaçât rapide­ sur un poème de Leconte de Lisle dont il\n    ment, de manière à laisser simplement, faut que nous ayons la représentation, ici\n    comme un reflet délicieux, le souvenir même, à la Monnaie, dans le pays de ce\n    d'une œuvre disparue. M. Khnopff estime cher et vrai artiste.\n     que les belles choses doivent durer peu.                       Que d'autres encore !\n         Nous le soupçonnons donc vaguement                         Emile Mathieu, dont on nous avait pro­\n     d'avoir écrit sa Salammbô avec de l'encre mis pour cet hiver un nouvel opéra :\n     anémique (j'entends qui s'évanouit facile­ Richilde, que nous avons vainement at­\n     ment), et nous croyons que M. Reyer tendu; Jan Van den Eeden, qui travaille\n                                                                 depuis des années sur Barberine de Musset,\n        (1) Schahabarim, ô Khnopff, est, d a n s Salammbô,       dont Eugène Robert et Edmond Picard ont\n     le chef des prêtres de Tanit, eunuques. E n faire une       tiré pour lui un poème d'opéra — s'il y met\n     basse, ô Khnopff ! U n e réhabilitation alors ! T u vois\n                                                                  une certaine lenteur elle s'explique par le\n    bien que tu es un fumiste.\n"}, {"page_pdf": 169, "texte": "                                         — 146 —\n\npeu d'espoir de débouchés que nos produc­        voiles noirs (1) et les toques : les oreilles\nteurs doivent avoir conservé; puis Raway,        d'ânes des institutaires. »\nl'original symphoniste des Scènes         Hin-\ndoues, qui écrira certainement pour le              Le 12 mars s'est ouverte la onzième expo­\nthéâtre, s'il a la certitude d'y être repré­     sition de l'Essor. L'espace nous manque\nsenté; puis Huberti, un musicien rêveur,         pour dire tout le bien que nous pensons de\nfin, délicat, poète des demi-teintes et des      cette exhibition qui montre un énorme pro­\nnuances harmoniques, qui doit avoir plus         grès. Nous y reviendrons.\nd'un opéra en portefeuille.                                               ***\n   Donc qu'on songe à ces vrais artistes, pour      Le 10 mars s'est ouverte à Anvers la\nqui le pays est. inhospitalier et marâtre,       première exposition d'un nouveau cercle\ncar ils [valent des Massenet et des Delibes      de jeunes peintres, sous le titre l'Art Indé-\nqu'on applaudit à grands renforts de r é ­       pendant. En sont : MM. Léon Abry, Flor.\nclames et qu'on proclame « citoyens du           Crabeels, Maurice Hagemans, Alex. Mar­\npays », quand les nôtres ont le décourage­       cette, Is. Meyers, Henry Van de Velde;\nment au cœur et s'expatrieraient si une sorte    la première épreuve est bonne, et nous\nd'instinct insurmontable ne les tenait ici       sommes heureux de saluer d'une bienvenue\nenchaînés.                                       cordiale les jeunes Anversois.\n                             (Le Progrès).                                ***\n                                                    On vient de déposer à la Chambre un\n                   ARTS                          projet de loi sur LE PASTICHE. La loi sur le\n                                                 droit d'auteur, votée l'an dernier, a frappé\n   M. Aug. Delâtre, l'un des meilleurs im­       la contrefaçon artistique. Les dispositions\nprimeurs d'eau-fortes de Paris, publie sous      nouvelles frapperaient la tentative de con­\nce titre : Eau forte, pointe sèche et vernis     trefaçon, sous le nom de Pastiche. L'exposé\nmou, un traité très complet sur ces procédés     des motifs, que nous venons de parcourir,\nde gravure. Une lettre de Rops relève en­        et qui est dû à l'un de nos députés les plus\ncore ce travail où sont exposées avec beau­      spirituels, signale la manie d'imitation qui\ncoup de soin les méthodes usitées aujour­        déshonore notre époque et fait observer\nd'hui. Nous notons dans cette lettre un          avec raison que lorsqu'un grand artiste\npassage tapé ferme :                             (Baudelaire, Wagner, Zola, Mallarmé, Ma-\n  « Avant tout et par dessus tout, j'ai hor­     net) a révélé un art nouveau, il suffit de\nreur des professeurs de tout poil, et dé         posséder ses œuvres, et que la menue mon­\ntoute médaille, des doctrinaires, des prédi­     naie qu'en donnent lés imitateurs est super­\ncants, des pontifes à toge et à toque, gens      flue, Bravo !\nqui d'habitude enseignent ce qu'ils ignorent                                  ( L ' A r t moderne).\nLes toges ne servent qu'à cacher les infir­\n                                                   (1) Les mots en italiques ne sont pas imprimés, mais\nmités professionnelles : Leshémorrhoïdes!!!\n                                                 ajoutés au crayon par Rops, dans l'exemplaire que le\nmes chers amis, qu'ils cachent sous les longs    grand artiste nous a envoyé.\n"}, {"page_pdf": 170, "texte": "l'Art moderne où l'on aime la littérature philanthropico-esthétique. Nous n'ignorons pas\nque c'est une chose fort désagréable que la panne, mais cette vérité n'est pas neuve.\nVous avez du style, et de plus une écriture fort belle. Vous réussirez dans la tenue des\nlivres.\n                                     A PAULINE :\n   Mon premier a la forme d'un derrière, car il est rond, ce veau.\n   Mon deuxième est inutile ; un poète n'a-t-il pas dit :\n                        \" Faisons des vers pour rien, pour le plaisir ! \"\n  Mon troisième a la valeur de mon deuxième, puisqu'il est convenu qu'il vaut ver, mans.\n  Mon tout est le chevalier Bayard (avocat léporiforme).\n\n\n\n   Aux amateurs de bières anglaises, nous recommandons la\n\n       TAVERNE                                         BRITISH\ntenue par VALADE et située place du Musée. Dîners\net déjeuners à la carte et à prix fixe. Hôtel meublé des plus\nconfortables.\n\n                      AU THÉÂTRE DE LA BOURSE\n                                   GRAND SUCCÈS D'\n\n\n          ORPHÉE AUX ENFERS\n                           D'OFFENBACH\n\n\n                       L'ARTISTE\n      REVUE HEBDOMADAIRE DES ARTS ET DES LETTRES\n\n                                   10 francs par an\n                On. s ' a b o n n e chez M . F U C H S , a r c h i t e c t e\n           94,      RUE       DU       PRINCE R O Y A L ,                         94\n                                     BRUXELLES\n\n         LE GUIDE MUSICAL\n                             PARAISSANT TOUS LES JEUDIS\n\n                                   10 francs par an\n                     O n s ' a b o n n e chez M M . S C H O T T\n              32,     M O N T A G N E                D E L A                C O U R\n                                     BRUXELLES\n"}, {"page_pdf": 171, "texte": "A         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n   de Block's Universal Wine C°\n                6, R U E P A U L DEVAUX, (PRÈS LA BOURSE)\n\n                       ET MONTAGNE DE LA C O U R\n\n\n       En cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'AHcante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal-\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie VICES FRANÇAIS, par HECTOR MALOT.\n  Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\n  partout.\n\n\n    L'ODIEUSE               bière de Munich répugne aux palais délicats.\nLaissons les enfants au lord maire et cette pâtée aux manants. Seuls les\nvins qui ont des teintes d'ambre brûlé, les liqueurs, douces comme des\ncaresses, nous sauveront du teutonisme bachique. Chez\n\n             COULOMB-ROBIETS\n                           19, Boulevard        du Nord\n  Dégustez-les, ces baisers fluides et troubleurs. Le vermouth de Turin s'y\ndonne dans le cristal léger; l'Algarve perfide et joyeux, tout ce qui a la\ncouleur et l'arôme...\n A près les avoir savourés, votre cerveau vous dictera des vers amoureux\n    et fous, votre cœur aura des effusions infinies et, loin du monde brutal,\nplongé dans une rêverie lente, vous serez heureux.\n\nV   otre bonheur, sans hideuse ivresse, allez le boire chez Coulomb-\n    Robiets, le Lillas Pastia des artistes !\n\n\n                Bruxelles. — Imptimerie Ve Monnom, 26, me de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "intervalle", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1887-03-05", "preuve": "Couverture PDF 104 : n° 3 et 4, 5 mars et 1er avril 1887.", "date_fin": "1887-04-01"}}