{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "7e ANNÉE. TOME VI, N° 6.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 208, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "7e ANNÉE.      TOME VI, N° 6.        PRIX : FR. 0-60.                         6 JUIN 1887.\n\n\n\n\n                                         LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 208, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 187, "fin_caractere_exclue": 957, "texte": "SOMMAIRE:\n Maître E d m o n d Picard                                   MAX WALLER.\n Vers                                                        FERNAND      SEVERIN.\n Visions                                                     ARNOLD GOFFIN.\n Airs de flûte                                               SIEBEL.\n On en m e u r t . . . . . . . . . . . .                     H E N R Y MAUBEL.\n Chronique littéraire : Pierrot Narcisse . . .               IWAN GILKIN.\n Memento                                                      ***\n\n\n\n\n                                'BRUXELLES\n            ADMINISTRATION :                              RÉDACTION :\n        26, RUE DE L'INDUSTRIE, 26                      80, RUE BOSQUET, 80\n                                          1887\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis de la direction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "La direction tient à rappeler", "ancre_fin": "caractère collectif ou anonyme", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "BOITE AUX LETTRES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 209, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 660, "fin_caractere_exclue": 909, "texte": "La direction tient à rappeler aux lecteurs de La Jeune Belgique qu'elle\nassume seule la responsabilité des articles qui paraissent non signés dans la\nrevue. 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Idem.\n   27. MAURICE D E S . . . Charleroi. Idem.\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Mœurs de ce temps-ci", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Alphonse Allais", "ancre_debut": "MŒURS DE CE TEMPS CI", "ancre_fin": "ALPHONSE ALLAIS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 209, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1077, "fin_caractere_exclue": 2845, "texte": "MŒURS DE CE TEMPS-CI\n  A la fois très travailleur et très bohème, il partage son temps entre l'atelier et la\nbrasserie, entre son vaste atelier du boulevard Clichy et les gais cabarets du quartier\nRochechouart.\n  Aussi sa mondanité est-elle restée des plus embryonnaires.\n   Dernièrement, il a eu un portrait à faire, le portrait d'une dame, d'une bien grande\ndame, une haute baronne de la finance doublée d'une Parisienne exquise.\n   Et il s'en est admirablement tiré.\n   Elle est venue sur la toile comme elle est dans la vie, c'est-à-dire charmante et savou­\nreuse avec ce je ne sais quoi d'éperdu.\n  Au prochain Salon, après avoir consulté un décevant livret, chacun murmurera, un peu\ntroublé :\n   « Je voudrais bien savoir quelle est cette baronne. »\n  Et elle a été si contente de son portrait, qu'elle a donné en l'honneur de son peintre un\ndîner, un grand dîner.\n  Au commencement du repas, il a bien été un peu gêné dans sa redingote inaccoutumée,\nmais il s'est remis peu à peu.\n  Au dessert, s'il avait eu sa pipe, sa bonne pipe, il aurait été tout à fait heureux.\n   On a servi le café dans la serre, une merveille de serre où l'industrie de l'Orient semble\navoir donné rendez-vous à la nature des Tropiques.\n   Il est tout à fait à son aise maintenant, et il lâche les brides à ses plus joyeux para­\ndoxes que les convives écoutent gravement, avec un rien d'ahurissement.\n   Puis tout en causant, pendant que la baronne remplit son verre d'un infiniment vieux\ncognac, il saisit les soucoupes de ses voisins et les dispose en pile devant lui.\n  Et comme la baronne contemple ce manège, non sans étonnement, il lui dit, très gra­\ncieux :\n  — Laissez, baronne, c'est ma tournée.\n                                                                ALPHONSE ALLAIS."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 179, "page_fin": 183, "titre_corps": "Maître Edmond Picard", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Max Waller", "ancre_debut": "MAITRE EDMOND PICARD", "ancre_fin": "MAX WALLER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS I LES RÊVEURS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 210, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "MAITRE EDMOND PICARD\n                                                         ... sur un arbre perché\n                                                              (LA FONTAINE).\n\n\n\n                                     Vient de donner à l'Art moderne, à propos\n                                     d'un excellent ouvrage de M. Léon de\n                                     Monge : Epopées et romans chevale­\n                                     resques, un de ces articles amènes dont il\n                                   a la spécialité, Sarah Saint-Bernard, il a\n                                 éprouvé le besoin de japper, autour de ce beau\n                               livre, des variations qui prétendent, et toutes\n                            ses vieilles rancunes d'esthète affolé suintent par\n                       les pores d'un style plus ou moins scato...illogique.\n                     C'est ce qu'il appelle : « Un cas à ajouter au Traité de\n                     pathologie littéraire ».\n                        Nous ne sommes pas fâché de faire justice une bonne\n                     fois de ce singulier « gendelettre » qui, non content de\n                     braver l'opinion par des actes d'hercule forain, la presse\n                     par des mots d'insulte, le bon sens par des contradic­\n                    tions de ventilateur, se permet de juger l'Art et les\n                   , Lettres du haut d'on ne sait quelle Tour-prends-garde\n                     dont il menace de nous écraser.\n                        Maintes fois, il nous est arrivé d'attaquer Maître Picard\n              avec toute la véhémence que nous suggère sa propagande\nen faveur d'idées enlevées à M. Cladel ou à M. Jean-Bernard; toujours,\nnous l'avons fait loyalement et franchement ; de quoi ou de qui aurions-\nnous eu peur? On nous a répondu par de petits mots dissimulés aux\n                                                                        13\n"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "                                   — 180 —\n\n  coins des phrases, cachés aux carrefours des sous-entendus. Une attaque\n directe, jamais ! Maître Picard ne fait cela que dans la rue, avec un frater­\n nel renfort en cas de défaite. Ou encore, il prie ses bons amis de vous dire\n votre fait à l'occasion, fût-ce à la barre du tribunal, dans l'exercice profes­\n sionnel.\n    Les insinuations sont toujours pareilles. Ici, legalant polémiste parle de\n « l'onanisme intellectuel », là, de « vice contre nature », de « virilités atro­\n phiées », et cela à l'adresse des fidèles de « l'art pour l'art ». Ses mots ont\ntoujours la même saveur de déboutonnement, et tout se réduit pour lui à\nl'examen des haut-de-chausses. Plus il vieillit, plus cette question de puis­\nsance génésique le préoccupe, et ce souci, qui pour d'aucuns semblerait\nun vague regret, revient à chaque instant, comme une formule de serment\ndans la bouche du brave Schifflaers.\n    C'est ce qu'on nomme l'érotisme d'arrière-saison.\n    Peu nous importe que M. Picard puisse ou non, même en se transfor­\nmant en mouche, exécuter les exploits virils de Jupiter et féconder tout un\nOlympe; en fût-il capable, cela ne déformerait pas une seule des réjouis­\nsantes chevilles des Rêveries d'un stagiaire, cela ne changerait pas d'une\nligne le cabotinage enfantin du Juré, et nous verrions M. Picard sous les\ncisailles d'un Fulbert, que les Pandectes belges ne perdraient rien de leur\nvaleur.\n    Le procédé critique est à la portée de tout le monde et, franchement,\nM. Picard ne peut exiger que nous nous mettions tout nus pour lui répondre\npar des arguments ad mulierem.\n    Ces colères sont cependant logiques. Peu élevé, jeté très tard dans le monde\noù l'on ne se mouche pas dans ses doigts, il n'a jamais eu l'esprit du polé­\nmiste. Veut-il plaisanter, il tombe dans une trivialité sans finesse; veut-il\nriposter à quelque mot bien pointu qui le pique gentiment, il voit rouge,\nse fâche, et met les pieds dans son plus beau plat de Chine.\n    Ce plat de Chine, c'est son Art moderne, où périodiquement il nous sert\nses extrémités, à la farce, à la sauce Robert, à la maître d'hôtel, à la\nSainte-Menehould, jamais à la vinaigrette, — le mot est trop joli.\n    Et c'est lui qui se mange ; à l'instar de la grande Virginie de l'Assommoir\n « dont on aurait dit qu'elle avait avalé ses pieds, tant elle trouillotait du\ngoulot ».\n    La polémique de M. Picard est, dans son genre, une polémique « trouil­\n lotante ».\n    J'ai toujours respecté les vieillards qui, régulièrement, vous racontent\n la même histoire, ou vous esquissent le même mot à double sens ; ce serait\n"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 181, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2436, "texte": "                                   — 181 —\n\n\ncruauté de leur dire : « Vous m'avez répété cela dix fois », et mieux vaut\nécouter; mais, lorsque cet aïeul écrit et publie son rabâchage, je me\nrévolte.\n   M. Picard en est là, sans être un aïeul, et nous pouvons lui être moins\npatient encore. Obstinément, il nous appelle ignorants, lui qui a pénétré,\ngrâce à nous, dans la littérature contemporaine ; lui qui découvrit\nvoilà deux ans Leconte de Lisle, et découvre aujourd'hui Léon Bloy, comme\nLéon de Monge, notre professeur de littérature d'il y a sept années! Lui qui\nappelle Taine un « ramasseur de crottins ». Ignorants! Ignorants du\nBarreau, soit, comme il est ignorant des Lettres, lui qui fait des livres pour\nla vulgarisation du Droit et découpe M. Poelaert en contes à dormir\ndebout.\n   Pro arte, ce pavé, est le plus beau spécimen d'ignorance qui soit. Il n'est\npas possible d'accumuler, en moins de pages, plus d'appréciations fausses, à\nl'encontre de l'évolution moderne. Ce ne sont qu'erreurs entassées à plaisir ;\nM. Picard y prend Adoré Floupette au sérieux et tance vertement l'école\ndécadente. Et Khnopff, votre collaborateur, et Verhaeren qui tombe avec\nlui dans la déliquescence finale des Ecrits pour l'Art? Vous nous prenez\nle poète sain des Flamandes, et aussitôt, chez vous, à l'Art moderne, cet\négaré tourne au « mallarmisme » ; c'est jouer de malheur, vraiment ;\nKhnopff nous échappe, vous suit, et à peine a-t-il franchi votre seuil, qu'il\nfait le même écart, comme pour vous contredire. Du poète exquis des Chi-\nnoiseries et du Dix-huitième siècle, il reste un rêveur désorbité qui\nfait les cantates jubilaires de votre famille et écrit sereinement de ces vers :\n\n               Les choses, c'était-il si pâle que ces roses\n               Et si vites, ces ciels, et ces légers moulins\n               Etaient-ce âmes ainsi, blanches en ces déclins\n               De crépuscule d'âme entre ces arbres roses ?\n\n               Les villes, soyez loin, despérés (1) affairés,\n               Et ce tumulte, et ce criard et dans ces rues\n               Vagues obsessions de choses disparues,\n               Et ce soudain souffrir ce que vous souffrirez !\n\n   Du charabia triple !\n   Votre journal, où vous tonniez contre une école, devient l'organe officiel\n(pour toute la Belgique) de cette école. C'est là que l'on encense René Ghil\net que l'on se pâme devant les strophes infantiles de M. Vielé-Griffin.Vous\n\n (I) ?\n"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 182, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2841, "texte": "                                         —    182 —\n\n\n  êtes fondateur-patron de la Revue indépendante où sévissent, de ci de là,\n  tous ceux dont vous déploriez les tendances il y a deux ans. Tout ce que\n  vous avez écrit contre nous vous retombe sur le nez. Vous nous dites :\n  « Ne devenez pas décadents »,à nous qui ne l'avons jamais été, et d'emblée\n vous le devenez vous-même ! Vous nous annoncez que nous allons bientôt\n mourir, que nous vieillissons, et subitement, comme par miracle, notre\n arrière-garde reçoit des renforts d'écrivains jeunes et pleins de sève (1).\n    Alors, comme tout vous fond dans la main, votre belle science des Let­\n tres et vos pronostics de bookmaker, vous lâchez les grands mots, périodi­\n ques chez vous : Journalistes et piliers de tavernes !\n    Journalistes, vous qui avez fait l'article de tête au National, au Peuple,\n où sais-je, au Progrès peut-être? Journalistes, vous qui vouliez être du\n Sénat ! Je regrette que vous n'ayez pas réussi ; c'eût été le summum jus.\n    Piliers de taverne, vous qui avez promené votre robe d'avocat et votre\n surnom d'écrivain dans les meetings de cabarets et de guinguettes. Voyons !\n voyons ! grelot progressiste !\n    Et puis, personnalité pour personnalité, que vous mêlez-vous de notre\nvie! Elle n'est pas à vous, et vous n'avez droit qu'à considérer nos œuvres\nsi elles vous intéressent (2). La presse est notre métier, la littérature notre art.\n La presse, c'est notre barreau à nous. Est-ce que nous vous reprochons de\nplaider pour des vidangeurs ? ou bien vivez-vous de la vente de vos livres ?\nNous n'avons jamais songé à écrire le Paradoxe sur le journaliste pour\njustifier de nos compromissions, pas plus que nous ne nous sommes faits\nles échos des potins qui couraient sur vous ou les vôtres. La presse, elle a\nbon dos maintenant que vous n'avez plus besoin d'elle pour vous pousser à\nla députation ; sur nous retombent vos déboires politiques et vos avorte-\nments littéraires, ceux que vous déploriez si amèrement dans votre inénar­\nrable lettre à M. Victor Hallaux, membre de la presse (votre cher\nHallaux, pour la circonstance). La presse, vous lui en voulez d'avoir\naccueilli votre Juré par un sourire sans méchanceté comme sans intérêt,\nde ne pas vous avoir appelé le Molière du Barreau, auteur et acteur tout\nensemble, et de n'avoir pensé qu'au tapissier, troisième incarnation.\n    Lorsque, dans le fatras de vos dissertations juridiques, nous découvrions\nquelque vigoureuse page descriptive, nous n'avons pas hésité à le dire,\n\n\n  (1) Hector Chainaye, Maurice Maeterlinck, Jules Van der Brugghen, Arnold Goffin,\nFernand Séverin, Grégoire Le Roy, Jules Frédéric.\n  (2) « Les esprits inférieurs attaquent les gens, les esprits supérieurs n'attaquent que les\nchoses. »                                                         (ALEX. DUMAS fils).\n"}, {"page_pdf": 214, "page_imprimee": 183, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1499, "texte": "                                    -   183    -\n\n respectant, pour le reste, votre marotte professionnelle; a fortiori ne son­\n gions-nous pas à vous demander si vous passiez vos soirées au Jardin\njoyeux, au Moriaan ou dans les coulisses d'un théâtre. Que nous importe\n votre vie privée, si vous nous faites de beaux livres, et, si vous n'en faites pas,\n que nous importe-t-elle davantage?\n    Nous ne vous avons pas voulu comme chef et cela vous irrite au point de\n vous faire oublier toute retenue. Vous voulez être le général Boulanger de\n quelque chose et cela ne réussit pas, même à l'Art moderne où les articles,\n surtout les vôtres, vous rient au nez. Ce que vous écriviez hier vous détruit\n aujourd'hui; vous n'êtes pas Monsieur Picard, mais Maître Sisyphe, et\n le pavé, que vous voulez absolument rouler en haut de votre montagne,\n c'est le monolithe de l'ours.\n    Il écrasera votre cor aux pieds littéraire; et ce lui sera facile.\n    Et maintenant, en face de cette exécution sommaire jetée à un triste\n homme de lettres, que l'homme privé, pour qui nous gardons tout respect\n  chronologique, se fâche s'il le veut. J'aurai les rieurs pour moi. Vous\n  avez, comme ressource encore, de vous taire, ce sera votre Ne daigne,\n Ô Rohan ! Il vous reste aussi le : « Et vous donc? » qui élude; mais, quant\n  à répondre spirituellement et victorieusement, je vous en défie.\n                                                             MAX W A L L E R .\n\n\n\n\n                                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 183, "page_fin": 189, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "VERS I LES RÊVEURS", "ancre_fin": "FERNAND SÉVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 214, "page_imprimee": 183, "debut_caractere": 1499, "fin_caractere_exclue": 1897, "texte": "VERS\n                                          I\n                                LES RÊVEURS\n\n      Combien chères en vous, bouquets élus d'enfance,\n      Frères en rêve pur qui n'oserez mourir,\n      Ces blessures du cœur si lentes à guérir!\n\n      Suaves patients embellis par l'offense,\n      D'où rayonne sur vous ce charme des douleurs\n      Et fleurit en vos yeux l'angoisse en pâles fleurs?\n"}, {"page_pdf": 215, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "                         — 184 —\n\nAh! d'où, surtout, vous vient cette beauté de l'âme\nEt sur votre chair pâle où le mal est inscrit,\nQuelle haine drapa le blanc manteau du Christ?\n\nNous ne savons qui c'est de l'homme ou de la femme\nDont la jeune beauté vous voisine le plus,\nEt nous songeons au fruit des couples dissolus\n\nMais non, chère langueur, si douce et si fluide,\nTu dérives de mieux que du vain ici-bas,\nEt ta sérénité ne s'en ouvrira pas.\n\nEt tu te feras jour à travers notre vide,\nReléguant loin de toi les rares empressés\nDu geste de te taire et de tes yeux baissés.\n\nIl est vrai que la chair niera tes auréoles,\nEt que tu passeras par des landes d'ennui,\nEt pourtant nous voilà contents en notre nuit !\n\nCar nous t'avons surpris de timides paroles,\nEt, si vile que soit la terre à ta beauté,\nTu n'oseras t'ouvrir l' « au delà » souhaité.\n\n\n\n                             II\n\n                        LE VALLON\n\nJe revois en esprit de calmes paysages\nQui comprirent jadis les soucis de nos cœurs,\nDes sites distingués des souffrants et des sages\nEt qui font l'âme encline à de douces langueurs.\n\nIls veulent être vus à cette heure indécise\nOù se teignent de soir les blonds après-midis,\nEt non dans les matins que l'aurore opalise,\nEt non dans la rougeur des couchants refroidis.\n"}, {"page_pdf": 216, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1421, "texte": "                          — 185 —\n\nIls semblent, ces vallons de muettes feuillées,\nL'abri prédestiné des dolentes amours,\nLes discrets confidents des plaintes alliées,\nL'alcôve des meurtris qui s'aimeront toujours.\n\nMais c'est le gîte aussi d'un étrange silence,\nQuand parfois les aimés s'en viennent enlacés,\nEt, les yeux se fuyant, rêve d'intelligence\nDe renaître peut-être aux doux frissons passés.\n\nEt nous-mêmes, nous deux, aux jours d'angoisse humaine\nPâles soudainement du vide de la chair,\nSincères pèlerins émus de foi sereine,\nNous avons révélé notre âme au vallon cher.\n\nLors il nous a guéri du mal et de ses causes,\nEt les feuilles chantaient si bien dans le ciel d'or,\nEt les lèvres des fleurs disaient de telles choses,\nQue nos yeux consolés s'osaient chercher encor!\n\nEt si longtemps, enfin, que nos yeux et nos bouches\nMarieront en l'amour le sourire et les pleurs,\nLaisse, ô notre vallon, dans tes grâces farouches\nLes blonds après-midis s'alanguir sur tes fleurs!\n\n\n                              III\n\n                    LES MORTES-NÉES\n\nMes rêves, ces ailés d'ailes douces et frêles,\nA qui rien n'est fermé de la céleste geôle,\nSe promènent au son de pâles chanterelles\nPar les jardins aimés du maître de Fiésole.\n\n Voici naître soudain de molles plaintes d'âmes,\n Ainsi les blancs regrets des timides enfances,\n L'ineffable parler des voix faibles et femmes\n Nous prier à venger d'anciennes offenses!\n"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1318, "texte": "                         — 186 —\n\nL'oubli divin leur fit les nulles destinées\nDes graines que tua le gel à peine vertes,\nEt c'est triste à mourir ces chères mortes-nées\nQui promirent en vain les corolles ouvertes.\n\n« Nous vous eussions donné les rares amoureuses\nDont l'absence rend vains les désirs et les rêves,\nEt des baisers câlins aux passions peureuses\nEt d'autres à vider les races de leurs sèves.\n\n« Nous eussions inventé quelque idéal étrange\nQui hâtât l'agonie ineffable du vôtre,\nEt lâché le frisson de ses ailes d'archange\nSur les hontes où l'âme éternelle se vautre.\n\n« Mais de cruelles mains nous permirent à peine\nD'exister un instant aux entrailles des mères,\nEt sans doute l'oubli du Seigneur ou sa haine,\nFit mourir en bourgeons nos feuilles éphémères. »\n\n\n                             IV\n\n                     L'AMOUR CRUEL\n        Par l'âme ignorante et ses lys.\n        Par nos chairs closes sous les plis\n        Des amples tuniques d'opale;\n\n        Nous voulons, être aimés d'amour\n        Et laisser dans la mort du jour\n        Aux baisers notre beauté pâle.\n\n         Lors voici venir jusqu'à nous\n         Le charme des aveux plus doux\n         Dans le mystère des vesprées,\n\n         Et jusqu'à nous mourir encor\n         Les vaines plaintes sonnant d'or\n         Des amoureuses éplorées.\n"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1332, "texte": "                         -   187   -\n\n        Leurs cheveux nous baignent les pieds\n        Et leurs passés sont expiés,\n        Tant nous aiment ces pécheresses.\n\n        Bien tristement, des yeux  meurtris,\n        Des mains, des lèvres et des ris,\n        Elles implorent nos caresses.\n\n        Mais nous restons froids et sereins,\n        Levant nos regards souverains\n        Vers d'autres yeux que ceux des femmes,\n\n        Tandis que donne notre chair,\n        En l'ennui dit plaisir amer,\n        La mort irrémissible aux âmes.\n\n\n                              V\n                          L'OUBLI\nAux jours bien morts, hélas! du rêve enviolé,\nQuand vacillait en nous la suprême espérance,\nN'avions-nous plus, du moins, l'attente et la souffrance\nEt cet acre jouir de vivre immaculé?\n\nN'était-ce pas très doux encor cette blessure\nPar où se dissipa le sang de notre orgueil,\nEt ces râles jaillis du cœur même et ce deuil\nDe s'écouter descendre en une tombe obscure !\n\nEt n'était-ce pas doux ce dernier souvenir,\nPâle ou sanglant parfois de la vie écoulée,\nEt ces regrets, enfin, de l'audace en allée\nEt l'orgueil du néant méprisant l'avenir ?\n\nCétait mélancolique et cher comme d'entendre\nAu lointain le plus bleu des vespéraux halliers,\nVibrer d'âme navrée et s'éteindre oubliés\nLes vains appels du cor harmonieux et tendre.\n"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1397, "texte": "                          — 188 —\n\nVoici l'heure venue où se penchent les cœurs\nVers les fuyants échos des vibrances dernières,\nEt de la mort des sons dans la mort des lumières\nSe sentent défaillir en d'immenses rancœurs !\n\nBientôt s'élèveront les silences funèbres,\nEt nous saurons alors, mais alors seulement,\nQuel mal c'est que l'oubli d'un ancien tourment\nEt nous voudrons, en Vain, mourir dans nos ténèbres.\n\n\n                             VI\n\n                 LA MORT DES POÈTES\n\nLe soir où nous mourrons des affres de la chair\nVaguement consolés de prières pleurées,\nPour nous ravir, enfin, les âmes en l'éther,\nLes hymnes deviendront des calmes empyrées.\n\nLe cher soleil qui vit nos premiers pas joyeux\nPressentira d'amour venir notre agonie.\nEt, plus doux cette fois au baiser de nos yeux,\nAttardera sur nous sa caresse infinie.\n\nPeu nous importera que la vaine cité\nS'inquiète un instant de notre fin prochaine,\nEt que jusques au seuil de notre éternité\nBlasphèment nos passés, sa folie et sa haine.\n\nCar nous saurons, pour lors, tous les pardons du Christ,\nImités au travers des traîtrises de vivre,\nEt souffrir sera doux, puisque c'était écrit,\nEt que les cieux, d'ailleurs, nous sont promis, au Livre.\n\nDe seuls péchés d'amour nous pèseront au cœur,\nEt nous pourrons mourir dans cette certitude\nDe doux enfants tombés en faute par langueur\nA l'heure où les tenta l'esprit de solitude,\n"}, {"page_pdf": 220, "page_imprimee": 189, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1517, "texte": "                           — 189 —\n\nEt les hymnes d'en haut, dans un immense accord,\nTresseront sur nos fronts la gloire des victimes,\nEt ce sera l'annonce, en dépit de la mort,\nD'une vie éternelle et pure sur les cimes!\n\n\n\n                              VII\n                    LE DERNIER RÊVE\n                                               A HENRI DECROUX.\n\nAu fond endolori des suprêmes vesprées\nOù meurent en silence et les yeux s'évitant\nLes débris à leur fin des races ulcérées, .\nIls l'ont crucifié dans le rose Occident.\n\nPâle de plus en plus des fuites de la sève,\nAvec, dans le lointain des beaux yeux       mi-fermés,\nLe solitaire orgueil d'être le dernier rêve,\nIl revoit par l'esprit les siècles bien-aimés.\n\nIl penche du fardeau de la proche agonie,\nSous l'or vague et soyeux des cheveux ruisselants,\nLa mystique beauté de sa face bénie,\nEt voici pénétrer la lance dans ses flancs !\n\nEt c'est sur la muette et coupable indolence\nDes peuples assoupis à l'ombre de la croix,\nLe rouge épuisement des veines par la lance,\nEt les derniers frissons des membres déjà froids.\n\nSoudain il s'est raidi sur son arbre de honte\nAvec de longs sanglots et des yeux révulsés,\nEt maintenant le corps s'affaisse, et l'âme monte\nRejoindre dans l'Ether les rêves trépassés.\n\nEt désormais la nuit pèsera sur la terre\nDe jour en jour plus dense aux hommes plus méchants,\nEt cette pourpre éteinte en un ciel de mystère\nC'est le dernier reflet du dernier des couchants.\n                                          FERNAND SÉVERIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 190, "page_fin": 193, "titre_corps": "Visions", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "VISIONS", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 221, "page_imprimee": 190, "debut_caractere": 76, "fin_caractere_exclue": 2439, "texte": "VISIONS\n\n                          A Georges Khnopff.\n                                                      O this gloomy world !\n                                                 (WEBSTER. — Duchess of Malfi),\n\n              Ce matin, après le déjeuner, servi avec cette minutie anglaise et\n               dans ces porcelaines légères que j'aime, on m'a assis devant\n               la verrière nimbée de rideaux blancs et d'où coulait un jour\n               limpide, folâtre, espiègle... Et c'est singulier la clarté qui se\nfit en ma pauvre tête si lasse de poursuivre des idées qui ne s'achèvent\njamais... Une masse de souvenirs se présentaient, non à mon esprit mais à\nmes yeux, ils semblaient affluer extérieurement; des paysages, des rues,\ndes individus à moi connus, naguère, se dessinaient au milieu de la lumière\nirradiée par la fenêtre, me remémorant des séries de faits liées à ces visions...\nJ'étais si heureux; — depuis bien longtemps, de vilains et grossiers nuages\nvoilaient mon intelligence. Et enfin, je puis presque réfléchir, arrêter une\nperception au passage, la préciser, m'y complaire. Guère de cohésion,\nencore ; ma pensée plie, se dérobe quelquefois, va un peu à l'aventure et\naussi, je crains de trop travailler, de surmener le mécanisme délicat qui\nlentement reprend le mouvement normal, — peur, surtout, de retomber\nau chaos, au délire.\n   C'est pareil à une marée continue, bruissante mélodieusement, sans\nhoule ni furie, — chantante, — dont les lames alanguies déferleraient sur\nune très paresseuse plage. Les accords allongés, mourants de Tristan\net Yseult diraient mieux ma sensation. — Un flux incessant, une submer­\ngeante affusion de songes colorés — que je voudrais bien retenir, — mais\ndéjà, du fond de mon cerveau, arrive une vague nouvelle qui brise,\n éparpille et noie le flot précédent, — puis, à son tour, expire. — Je ne\nrésiste plus et les eaux berceuses m'emportent, me caressent, glissent le\nlong de mon corps, avec des clapotis argentins, — jouent, me roulent au\ncreux de leurs ondulations, — s'éloignent, m'abandonnant sur le sable\ndoré, — et, rieuses, minaudières, raccourent avec une feinte colère pour\n m'engloutir dans leurs profondeurs rêveuses et dormantes...\n   — Ah ! ce site... doux et suave ! On grimpait au haut de cette éminence\net tout d'un coup, c'était un ravissement... La plaine, la paisible rivière,\n"}, {"page_pdf": 222, "page_imprimee": 191, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2902, "texte": "                                   —    191   —\n\n\n\nles forêts là-bas, — loin, — le petit village, près du pont, — et tout cela\nestompé, fondu en teintes fines, atténuées. Chaque fois la même impression\ns'imposait : Il me paraissait voir un panorama chimérique, trop beau pour\nêtre vrai, un mirage qui allait s'évanouir sous mes yeux, me dévoiler\nl'horreur des ténèbres, de la sombre et mystérieuse et épeurante Nuit.\n    Les soirs, de la terrasse surplombant la vallée, nous contemplions le ciel\npur, miroir d'ébène chatoyant et il me disait : — « Vois tous ces Mondes...\nVénus, Mars, le maléficieux Saturne... Ils brûlent de flammes inextin­\nguibles; — et la poussière stellaire, cette Voie lactée; cette vie fourmillante\ndans l'Ether répandue... » — Et je me retournais en moi-même, je me\ntendais de toutes mes forces, je voulais savoir, savoir encore, embrasser la\nsublimité des sphères, m'élever jusqu'au Concert universel, jusqu'à l'Eternel\n Seigneur, atteindre le Destin magnifique et impénétrable, — comprendre,\ncomprendre, comprendre...\n     Quel dédain m'inspiraient les perspectives terrestres, alors ! Je sentais\n monter en moi un ample mépris pour ce qui m'intéressait, jadis : — les\n livres, les beaux livres, les poètes, — moi-même !... Une pitié ! nous nous\n occupons, — avec quel risible sérieux! — de niaiseries, tandis que, de\n toutes parts, l'illimité nous opprime... — Une intime satisfaction de ma\n propre clairvoyance s'insinuait peu à peu et, au chaud soleil de l'égoïsme,\n hâtivement fructifiait. Mais, aussitôt — les rayons des divins flambeaux\n s'aiguisent, incisifs et perçants comme un coup d'œil chargé de froid cour­\n roux et ironique ; les chères paupières se ferment, tristement se détournent\n et s'éteignent les scintillations joyeuses... Plus rien! — un rideau de mena­\n çante obscurité, où des pâleurs sombres passent... Et le rideau s'enfonce\n dans les vastes étendues, recule, recule, repoussant derrière lui les constel­\n  lations — puis, sans bruit, brusquement, il redescend, se rapproche, vite —\n  s'abaisse, m'enveloppe d'une terreur confuse... Et cela m'apparaissait pareil\n  à une immense draperie funèbre, agitée et plissée par un vent calme —\n  subitement impétueux et sauvage... Cependant, accompagnée de larmes\n  lénitives, la certitude me revenait de l'inanité de nos volontés, de nos efforts,\n  mais cette pensée n'était plus âpre, hautaine, blasphématoire, mais miséri­\n  cordieuse et tendre... Alors, les incommensurables Espaces cessèrent de\n  me terrifier, de timides et chétives Etoiles percèrent la Ténèbre, et leurs\n  clignotements semblaient me faire signe, — de n'avoir point d'effroi... La\n  splendeur des Pléiades se déroula de nouveau au nébuleux firmament ; —\n  j'entendis un pas furtif et doux et une voix harmonieuse, remplie toute\n  d'inflexions diaphanes et effleurante : — « Laissez, — laissez venir à Moi\n  les petits enfants !... »\n"}, {"page_pdf": 223, "page_imprimee": 192, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2859, "texte": "                                   — 192 —\n\n     Et je me réjouissais en mon cœur prosterné, défaillant d'une inexprimable\n  délice : — « Quel bonheur nous est donné et à tous, car, voici, ne sommes-\n  nous pas, pauvres et riches, simples et savants, — de crédules et naïfs\n  petits enfants? »\n     — Et celui qui m'accompagnait en ces réconfortantes promenades,\n  celui... — Mon Dieu! la gaieté radieuse a disparu, tout pâlit, s'engrisaille\n  autour de moi...\n     — Oh ! oui, j'ai aimé de grands et fertiles génies, — des phrases dont les\n  mots étaient de feu et de lumière, — des phrases joyeuses qui me faisaient\n  palpiter d'une longue épouvante... Et quelquefois, un mot, un mot\n  fulgurait d'un éclat diabolique, — accroupi au milieu d'une page comme\n  un Sphinx redoutable — énigmatique et redoutable... Je m'épuisais\n  à surprendre le sens de ces mots prestigieux, hiératiques, solennels, —\n  énigmatiques et redoutables... Oui, ils brillaient là ainsi qu'un feu follet,\n errant dans les campagnes, aux confins de l'horizon, qu'on poursuit avec\n  fièvre et que jamais, on ne pourra rejoindre... Non, écoutez! Ils ont la\n semblance de ces Astres, symboles mystiques, dont le rayonnement s'éclipse\n parfois et rejaillit plus fort — et pour lesquels, fous insignes, nous sommes\n saisis d'un amour éperdu, auxquels nous aspirons et voudrions confier les\n choses que nous devons taire.,. — Oh! je me rappelle, à présent, ce livre...\n Rirent-ils assez de moi! J'avais des amis, de précieux et sincères amis, —\n qui n'en a pas, d'ailleurs? — et souvent, — car tout cela m'étouffait, —\n j'essayai de me confesser à eux... Mais, quel dégoût ! ils ne me comprirent,\n ne m'écoutèrent même pas... Perfidement, ils souriaient et ils pensaient —\n et leur air poliment lassé disait : — « Pourquoi me raconte-t-il ces\n ennuyeuses choses qui me sont si parfaitement égales?... » — Je me tus,\n enfin... Mais cela m'oppressait; un besoin d'épanchement immédiat et\n complet. Me désaltérer à une source de bonté sereine. Quelque banale\n consolation m'eût peut-être suffi, — je ne pus l'obtenir... Et, à cette heure\n maudite, j'écrivis ce livre, j'ouvris mon cœur largement, — ainsi qu'une\n maison de plaisir où, sous des oripeaux bariolés, les Madeleines attendent\n en vain toujours, la main divine qui les relèvera, les lèvres chastes qui, d'un\nbaiser fraternel purifieront leurs lèvres... « Or, celui à qui il est moins\npardonné, aime moins... » Nulle rémission pour moi... Je profanai les\nsecrets de mon âme; histrion avili, comparse ignoré, je me prostituai...\nDieu! ils raillèrent encore... Ma sincérité, ils ne la sentirent pas — et que\nj'avais tremblé en écrivant 1 Comme je les détestais ces pages, — un écœure­\nment sans nom... Une haine démente, chaque jour exaspérée — et malgré\nelle, à cause d'elle — qui sait? — l'infâme besogne s'achevait. Ah I justicière\n"}, {"page_pdf": 224, "page_imprimee": 193, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2539, "texte": "                                   — 193 —\n\nleur dérision et raisonnable. — Quelle témérité : se couronner soi-même —\nd'épines !\n   — Toute couronne nous gêne et nous insulte!\n   — ... Mon esprit étourdi, enivré, chancelle ; — il se roidit, le malheureux\nveut marcher quand même, traîner l'instrument de son prochain supplice\nmais comme Lui — sa croix l'écrase. Il fléchit, glisse, tombe... Les sages\néclatent. .\n\n                                          Topass away the time, l'il tell your Grace\n                                          A dream I had last night...\n   Je vaguais parmi une multitude qui allait je ne sais où... Un homme\ntombe devant moi, subitement — les badauds s'attroupent et imitant tout\nce monde, je m'arrête,..\n   Trois plaies béantes, énormes, lui trouaient la poitrine et le sang jaillissait\net se caillait sur ses habits... Et soudain, un frisson me secoua, j'arrachai\nmon attention de ce spectacle et je vis, — je vis les regards de tous ces gens\nfixés sur moi et dans leurs yeux et leur sourire narquois et plein de doute\n— comme si je protestais ! — et de défiance je lisais, oh ! clairement et\nirrécusablement qu'ils m'accusaient, que silencieusement, ils me condam­\nnaient... Longtemps, pétrifié par l'angoisse, tremblant et soumis déjà à\nl'inexorable Destin, je restai immobile auprès d'eux, attendant l'imminent\ntumulte, la clameur vengeresse, les gendarmes qui m'emmèneraient... Mais,\nrien... Ils me considéraient toujours, et sur leurs visages éclatait de plus\nen plus fort leur détestable conviction, mêlée d'indifférence, de mépris et\nd'une haine sans bornes...\n\n   Seigneur ! Quelle soudaine obscurité ! L'ombre rapide dévore les clartés,\n— ces nuées chargées de fureur et grondantes, — l'azur se plombe... Des\nglaives sulfureux flamboient... Un éclair ! Quel bruit étrange, — si lointain\net si proche, en même temps... Ça rebondit!... Pensons encore; c'est si\namusant de s'exercer à revivre. — Renaître!... Que disais-je donc?— Je\nne sais plus ; j'ai tout oublié... Si je pouvais, seulement, retrouver le nom...\nQui portait ce nom?,.. Ah! — Ce n'est pas çà!... Le brouillard, — ces\nvapeurs qui entrent en ma tête... L'envoûtement recommence, l'In pace\ns'ouvre; l'ingénieux bourreau imagine une torture nouvelle; il te fascine,\nl'Astucieux... Tout sombre dans la brume... La croix! — la croix s'appe­\nsantit, m'accable... Notre Père qui êtes aux deux... Ah! non, non, — je\nne veux pas ! Je veux — je veux penser!... Penser!...\n                                                         ARNOLD GOFFIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 194, "page_fin": 196, "titre_corps": "Airs de flûte", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Siebel", "ancre_debut": "AIRS DE FLUTE", "ancre_fin": "Me tromper à ton aise amour", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 225, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 886, "texte": "AIRS DE FLUTE\n\n                  xx\n            T R I S T E ZUT\n\nJ'ai vu la chère tout à l'heure,\nElle m'a dit des mots en l'air,\nMais cela n'était pas bien clair...\nComment se fait-il que je pleure ?\n\nElle me disait : c'est un leurre\nQue s'aimer éternellement;\nCelui qu'on aime est... l'autre amant...\nComment se fait-il que je pleure ?\n\nQue l'amour trop prolongé fleure\nLes lilas longtemps enfermés,\nOui, nous nous sommes trop aimés !\nComment se fait-il que je pleure ?\n\nLorsque dans le doux soleil clair\nOù la rosée en perles pleure,\nJ'ai vu la chère tout à l'heure,\nElle prenait un air en l'air ;\n\nElle souriait, c'est un leurre,\nLe sourire ainsi souri ment.\nOn sourit éternellement\nEt c'est au dedans que l'on pleure.\n\nOui, nous nous sommes trop aimés,\nPetit cœur que mon cœur effleure\nEt tout seul, chère que je pleure\nJ'ouvre mes amours mal fermés.\n"}, {"page_pdf": 226, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 840, "texte": "                —195 —\n\n\n\n\n                  XXI\n\n             CATALEPSIE\n\nLe magnétiseur, l'œil rivé\nDans l'œil bleu de celle que j'aime,\nL'a rendue immobile et blême...\nJ'ai cru que c'était arrivé.\n\nElle tomba sans un murmure,\nSon dolent regard disparut.\nUn espoir en mon cœur courut :\nMon Dieu! pourvu que cela dure!\n\nQue ce soit un vrai cauchemar,\nQu'elle soit morte de ma vie!\nJe l'appellerai, sans envie :\n« Mademoiselle Valdemar ».\n\nJe l'aimerai tant disparue\nA tout jamais de mon chemin ;\nAlors je lui tendrai la main\nSans la rencontrer dans la rue.\n\nJ'emporterai son corps défunt\nDans une bière en porcelaine\nDe Sèvres ou de Saxe, pleine\nD'un inaltérable parfum ;\n\nPuis pour que rien ne la réveille\nDe son rêve doux et berceur,\nA pas de loup, j'irai la veille\nEgorger le magnétiseur !\n\n\n\n\n                                       14\n"}, {"page_pdf": 227, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 852, "texte": "              — 196 —\n\n\n\n\n               XXII\n\n          EN MI-BÉBÊTE\n\nVeux-tu venir avec moi? Viens\nDans la langueur du crépuscule,\nNous nous dirons des tas de riens\nSur un ton doux et ridicule.\n\nLes lilas là-bas sont tout blancs,\nAu fond du parc l'étang s'allonge,\nEt dans l'eau langoureuse plonge\nLe cœur des nénuphars dolents...\n\nTout est blancheur et tout mystère,\nEn la nuit qui va frissonner.\nSept! huit, neuf! entends-tu sonner\nL'heure où va se coucher la terre ?\n\nLes voix doucement se tairont,\nAmoureuses, comme épuisées,\nEt de leurs palmes irisées\nLes rameaux neufs t'éventeront.\n\nAlors, yeux noyés, mains unies,\nNous irons rêver tous les deux,\nSous la garde des bergers bleus\nEt des houlettes infinies.\n\nPuis quand viendra le vilain jour,\nJe me jetterai dans l'eau claire...\nEt tu pourras, sans me déplaire,\nMe tromper, à ton aise, amour !\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 197, "page_fin": 199, "titre_corps": "On en meurt", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "ON EN MEURT", "ancre_fin": "Septembre 1886", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 228, "page_imprimee": 197, "debut_caractere": 69, "fin_caractere_exclue": 2526, "texte": "ON EN MEURT\n               Une histoire simple et triste : l'histoire de Renée d'Anges, fiancée\n                à seize ans. Seize ans ! un âge tout blanc de voiles jetés sur la\n                pudeur et sur la vie. Lui, dont les épaulettes étaient encore\n                neuves, venait d'être un enfant, car ils avaient grandi ensemble,\nen même temps et, prédestinés l'un à l'autre par leurs mères dès le berceau,\nils avaient joué souvent à se marier en s'appelant « ma petite femme » et\n« mon petit mari ».\n   Cependant, ces deux mères, prenant pour un instinct secret ce qui n'était\nqu'un laisser-aller de leur tendresse, le capricieux désir de mêler leurs joies\nen unissant ce qu'elles aimaient le plus au monde, continuaient d'oublier\nque les cœurs s'unissent d'eux-mêmes et qu'on ne les unit point, parce qu'il\nfaut laisser à l'acte le plus humain de la vie, le plus de libre arbitre.\n   Sans doute, ils s'aimaient étroitement, de l'affection fraternelle de ceux\nqui ont aimé les mêmes choses sous le même ciel, pendant toute une\nenfance; mais, lorsque l'adolescent, devenu physiquement un homme,\nsongeant à ce mariage et à ce qu'il exigeait d'eux, se fût mis face à face avec\ncette communion de deux êtres dans l'avenir et jusqu'au bout d'une vie\nqu'on ne recommence pas, il se sentit avoir peur moins du malheur qui\npourrait lui en venir que du bonheur à tout jamais perdu pour sa petite\nsœur de seize années.\n   Renée lui avait dit un jour qu'elle l'aimait à en mourir. Il ne l'avait pas\ncru. Est-ce qu'on meurt d'aimer? Pourtant il se souvint de ses larmes\nd'enfant tant de fois mêlées au rire de leurs jeux et il pleura tout seul de\nrongeantes larmes d'homme en songeant au mal qu'il allait lui faire.\n   Néanmoins pensa-t-il en pleine conscience que c'était son devoir. Même,\ncomme c'était cruel, il se dit qu'il y aurait de l'héroïsme à le faire et il le fit\npour cela dans l'inconscient élan de sa jeunesse, qui n'avait pas encore\nappris à douter.\n    Il s'enrôla pour un long terme dans une de ces compagnies d'exploration\nqui partaient alors pour l'Afrique.\n    Dans sa peine, un mal fut ainsi épargné à Renée, celui de le voir à une\n autre. Elle ne connut pas la jalousie atroce dont on retombe abattu bruta­\n lement en s'arrachant soi-même du cœur tout ce qu'on aimait. Elle put le\n croire toujours à elle et que le seul espace matériel les séparait. Elle passa\n des semaines, des mois à l'attendre, comme s'il devait lui revenir un jour;\n"}, {"page_pdf": 229, "page_imprimee": 198, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "                                   -   198   -\n\n  Mais la faible lueur qui brillait en espérance au bout de cette attente ne\n suffit pas à la soutenir et elle s'épuisa plus vite encore par l'effort de vivre\n quand même et de lutter\n    Oh ! le supplice horrible du prisonnier que des années séparent d'un\n renouveau de liberté ; des années pareilles à des murailles de granit entassées\nl'une devant l'autre, où l'on va se cogner le front, se ruer de tout le corps,\n s'arracher les dents et les ongles avec des lambeaux de chair. Le supplice\n du vivant écrasé sous la terre et qui s'épuise en efforts déchirants à revivre,\n jusqu'à ce qu'il en meure. Et celui de l'étouffé qui se débat dans un spasme\n de tout l'être en appelant un peu d'air\n    Aimer à faux, aimer à vide, c'est tout cela transporté dans la souffrance\n morale. Aimer désespérément et chercher en vain l'être aimé, sans que rien\n de lui, ni jour, ni nuit ne s'offre à notre baiser, sans rien de lui que nous\n puissions serrer entre nos bras qui se tordent\n    Et, des jours — comme il ne revenait toujours pas — succombant à la\n perpétuelle contention d'un amour qui avait fini par l'étouffer, il arrivait à\n Renée de se prendre la poitrine à deux mains pour en enlever un poids réel\n qui l'écrasait, puis, à bout de forces, de fermer les yeux, espérant effacer\ntout d'un trait de paupières et, ne voyant plus, ne plus être.\n    Aux convulsions de cette force morale destructive, le corps s'usa vite. Les\nmédecins déclarèrent que c'était de l'anémie. Renée commençait à vivre\nd'une vie presqu'immatérielle où l'on eût dit qu'elle respirait par l'âme et\nqui allait décroître avec la souffrance, jusqu'au jour où la souffrance\nfinirait\n    C'était cette toute simple histoire d'amour et de mort qui se dénouait\nmaintenant dans la splendeur silencieuse d'un soir lunaire, au bord de la\nmer, comme si la pauvre Renée trop lasse, enfin, de soutenir sa vie, l'eût\nlaissé choir inconsciemment dans le vide immense de cette nuit.\n    Une nuit usée aux pâmoisons chaudes du mois d'août et qui se préparait\nà l'automne par sa clarté plus claire, plus limpide, plus fraîche ; où la lune\népandait plus de rayons, afin de la réchauffer d'un frisson tiède.\n    Une nuit dépouillée de ses touffes d'obscurité profonde, effacée de cou­\nleur, pâle d'une pâleur polaire et si ténue qu'on croyait voir le jour au\ntravers.\n    Une de ces nuits fantômales et longvoilées dont tout le mystère vient des\nlueurs, non des ténèbres, où l'on dirait que c'est l'ombre qui se voile de\nlumière.\n    Une nuit dans ce demi-jour qui semble annoncer l'aube et où il doit faire\nbon mourir pour ceux qui pensent que de la mort naît la lumière.\n"}, {"page_pdf": 230, "page_imprimee": 199, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2456, "texte": "                                   — 199 —\n\n   La vénitienne était restée de ses deux battants ouverte à l'air frais du\nlarge et Renée, dans un fauteuil, au bord du seuil. Elle l'avait voulu ainsi :\n   — Tout au bord, demandait-elle, plus près encore, plus près de la mer\net du ciel!\n   — Oh ! le froid, Renée, prends garde au froid ! répétait une voix désolée\nde la supplier en vain.\n   Mais l'insistance de son regard, où brillait une lueur lointaine au dessus\nde toute raison, signifiait qu'on ne devait rien lui refuser, puisqu'elle n'atten­\ndait plus de mal de nulle part. Et il se fit, dans un coin de la chambre, des\nsanglots qu'elle n'entendit pas, car elle semblait ne plus bien entendre déjà\nla vie de la terre.\n   La lune fauchait l'ombre par dessus la tête des villas jusques à l'horizon,\nqui noyait une masse sans fin dans sa clarté. Cette masse, un peu d'infini,\ndemeurait sans bruit, sans mouvement, sans forme, sans rien qu'un regard\nimmense qui était une lumière et qui semblait attendre en regardant le\nnéant. Il n'y avait plus là, ni terre, ni ciel. La mer, on ne la distinguait\nplus à des feux de navires en marche vacillant parmi les étoiles, car le ciel\neffacé n'avait plus d'étoiles dans cette nuit mystérieuse entr'ouverte sur l'au\ndelà, et la mer n'était plus qu'une harmonie bruissante, un chant, une prière\nsans paroles que le ciel écoutait.\n   Renée demeurait immobile, les yeux grands ouverts, fixant une petite\ntache bleuâtre par où le soleil paraissait devoir revenir à l'horizon. Se\ndisait-elle, peut-être, qu'elle allait le revoir avant les vivants, ce soleil qui\ntardait tant à remonter sur la terre ?\n   Tout à coup, comme si elle eût été saisie par le premier attouchement de\nla lumière froide qui entrait en elle, elle frissonna longuement.\n   On l'enveloppa d'un châle épais, dont les franges lui traînaient aux che­\nvilles. Elle l'amena de la main, en murmurant d'un son de voix qui\nn'exprimait que du bien-être :\n   — Ce n'est rien.\n   Puis elle ajouta, levant son visage en sourire vers une tête mâle, souffrante\net toute blanche qui se penchait :\n   — Docteur!... je suis bien!...\n   Alors, lui, reposant doucement le bras maigre où le pouls battait à peine,\nrevint à l'écart vers tous ceux qui l'épiaient en pleurant et leur dit :\n   — Veillez-la bien, car la mort peut lui venir cette nuit sans qu'elle s'en\naperçoive.\n                                                        H E N R Y MAUBEL.\n    Septembre 1886."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 200, "page_fin": 204, "titre_corps": "Chronique littéraire : Pierrot Narcisse", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 231, "page_imprimee": 200, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 2430, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n\n                  Pierrot Narcisse, par Albert Giraud.\n\n               Dans les dernières années de ce siècle, qui étale avec une volupté\n                croissante l'effroyable et cruelle splendeur de sa décomposition,\n                l'art est devenu un hymne de douleur, une vaste et solennelle\n                symphonie où se croisent, comme les thèmes fondamentaux\nd'une composition musicale, l'angoisse, l'horreur, la haine et le dégoût. Le\ndégoût surtout. Car tous les yeux sont offusqués des laideurs de la vie.\nMais c'est en vain qu'ils se tournent vers les clartés de l'azur : les monstres\naperçus ont laissé, comme de hideux soleils de boue, une tache affreuse sur\nleur rétine, et désormais ils ne peuvent voir les douceurs des cieux printa­\nniers avec la candeur de la lumière et la grâce enfantine des frais nuages,\nqu'à travers un brouillard de fange et de sang.\n   Tel est le cas mental du poète de Pierrot Narcisse. Son premier livre,\nle Scribe, promenait un héros tout jeune, âme neuve dans un corps\nmaladif d'une sensibilité exaspérée, à travers les rues, les cafés et les appar­\ntements d'une ville moderne ; et cette ville, avec ses habitants, lui apparut\ncomme un cloaque de saletés et d'infamies. Ecœuré de cet immonde spec­\ntacle, le poète tourna ses regards vers les régions sereines du Rêve, que, du\nmoins, il pouvait peupler à sa guise de personnages heureux et libres, qui\nfussent ses amis et qui, loin de toute vie honteuse, accomplissent les seules\nactions permises par son autorité créatrice.\n   Il existe, là-bas, une cité de légende, aux architectures fugitives, habitée\nd'êtres bizarres et fous, qui sans cause, rient, chantent, pleurent, s'aiment,\nse taquinent, et se livrent à mille extravagances pendables ou pleines de\ngrâce, sans jamais heurter un code pénal ou une loi du bon sens, — car\ntoute raison pratique en a été pour jamais bannie. C'est Bergame, avec\nses gilles, ses pierrots, ses arlequins et ses cassandres. Heureuse Bergame,\noù il n'y a point de palais de justice, ni de magistrats, ni d'avocats, si ce\nn'est dans les coulisses, pour les besoins de la comédie ; — où les remèdes\nguérissent les malades malgré les médecins, — où l'on n'est même malade\nque pour mieux marier sa fille, ou pour servir les amours du beau Léandre\net de la tendre Cydalise ; — ville trois fois sainte du culte de la joie, où\n"}, {"page_pdf": 232, "page_imprimee": 201, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2353, "texte": "                                  — 201 —\n\n\ntout est beau et frais comme l'adolescence ; ville de sourires, où l'âme rose\net parfumée des roses fleurit les joues d'Eliane, d'Amynte, de Célie et de\nRosalinde.\n   Cité bénie, c'est elle que cherchait cette âme souffrante, qui se détournait\navec dégoût des hontes, des bassesses, des duretés de ce monde. Voici la\ngalère fleurie des Embarquements pour les pays du Rêve :\n                    Un rayon de lune est la rame;\n                    Un blanc nénuphar, la chaloupe.\n\n   Mais, à Bergame, en rimant les rondels de Pierrot Lunaire, le poète se\nsouvenait invinciblement de la cruelle ville et de la triste vie qu'il venait\nde quitter. En vain, dans le doux soir rouge, ne voudrait-il voir que l'effeuil­\nlement d'un céleste bouquet de roses : dans ses yeux germent des images\nfarouches et perverses :\n\n                   Comme après les hontes romaines,\n                   Un débauché plein de dégoûts,\n                   Laissant jusqu'aux sales égouts\n                   Saigner ses artères malsaines,\n                   Le soleil s'est ouvert les veines.\n\n    Il n'a pas impunément respiré les miasmes empestés de nos capitales.\nMême dans les boudoirs des belles Bergamasques, même dans le parc aux\ntilleuls parfumés et sur les berges de la saphirine rivière du Tendre, le\nfrisson des anciennes fièvres tout à coup l'agite et un rauque cri interrompt\nla galante sérénade.\n   Tel était l'auteur de Pierrot Lunaire, tel nous retrouvons le poète de\nPierrot Narcisse. Pierrot, à qui il a insufflé son âme, n'est pas le Pierrot\nde Watteau, ce joli gamin dont la mélancolie, si passagère! est encore un\nsourire. Pierrot Narcisse porte au sein une blessure mal fermée.\n                Comme on devient mauvais, implacable et moqueur,\n                A se pencher ainsi sur les gouffres du cœur !\n                Et comme le cristal de la divine enfance\n                Se fèle étrangement à la première offense !\n                On en garde à jamais un sourire attristé\n\n  Pierrot Narcisse est, au fond, fort pessimiste. Il trouve le monde « banal,\nuniforme et malsain ». Voulez-vous savoir ce qu'il pense de Bergame? Il\nsouhaite la voir ensevelie sous la neige, cette vilaine ville !\n                Tombe, hermine des deux, sur la cité méchante,\n                Tombe comme un pardon sur ces êtres épais.\n"}, {"page_pdf": 233, "page_imprimee": 202, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2697, "texte": "                                    — 202 —\n\n\n   Cité méchante! Êtres épais! Nous voilà loin de l'Embarquement pour\nCythère.\n   Vraiment, Bergame n'est pas autant qu'on le pense à l'abri des révolu­\ntions. Certes, les monuments sont restés debout, les parcs et les jardins y\nsont toujours disposés à souhait pour le plaisir des yeux, les modes n'ont\nguère varié, bien que Pierrot porte un gibus et qu'Arlequin ait abandonné\nson mirifique justaucorps couleur d'arc-en-ciel pour un maillot carrelé de\nnoir et de blanc, — comme s'il se savait, lui aussi, en deuil de quelque\nchose. Mais je gage que, avec les ménagements indispensables en si bonne\ncompagnie, il s'est fait là-bas un petit quatre-vingt-neuf, —; une république,\nque sais-je? J'y vois, à coup sûr, un parlement; car voici Cassandre qui\nparle politique, ministère et budget. Le XIXe siècle a passé là. Pierrot\ndélaisse sans doute la guitare. Il a l'âme triste de mes contemporains. Il\naime, je crois, Baudelaire, la musique allemande et la philosophie pessi­\nmiste. Comme mes contemporains encore, il sait lui-même, très bien, qu'il\nest malade et quelle est sa maladie. Il est « de la race des rêveurs, des\nsonge-creux »,\n\n                Et de ceux gui, nés sous le signe de Saturne,\n                Ont un lever d'étoile en leur cœur taciturne\n                C'est la race de ceux dont les rêves blasés\n                Se meurent du regret d'être réalisés.\n\n    C'est un Saturnien, — un hypocondriaque de l'esprit, — qui raisonne\n son mal et l'aiguise ; c'est un chercheur d'impossible, un voluptueux qui se\n plaint des épines des roses et qui oublie les roses pour les épines ; c'est un\n délicat, d'autant plus déchiré par les aspérités vulgaires des choses que sa\n délicatesse est plus subtile. Ah ! Pierrot, que vous êtes bien de ce temps !\n Et que vous avez appris à souffrir !\n  ' « Quand la créature humaine est très civilisée, elle demande aux choses\n d'être selon son cœur », dit Paul Bourget ; et il ajoute : « rencontre d'autant\n plus rare que le cœur est plus curieusement raffiné ; et l'irrémédiable\n malheur apparaît ». Quelle créature est plus raffinée et plus malheureuse\n que l'artiste rêveur et dilettante, — que lui, son fils de prédilection, lui,\n son essentiel symbole, le subtil et délicat Pierrot, qui voltige sur les civili­\nsations comme un grand papillon blanc, buveur de parfums? Nul être n'est\nautant que lui cruellement blessé dans ses tendresses, dans ses désirs, dans\nses goûts et dans ses songes. Mais si tout lui est buisson d'épines, il lui reste\nlui-même ; il lui reste sa douce tête fleurie de rêves vastes comme les mers\net les pays des tropiques, légers et scintillants comme les oiseaux mouches,\n"}, {"page_pdf": 234, "page_imprimee": 203, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "                                     — 203 —\n\n\nbizarres comme un bouquet d'extravagantes orchidées. Ah ! le monde ne\nveut pas être selon son cœur ? Eh bien, il retirera à jamais son cœur du\nmonde ; et puisque Pierrot seul est digne de Pierrot, c'est à lui-même, à lui-\nmême seul qu'il se donnera. Voici qu'il parle à son image :\n\n                C'est un autre et c'est moi... Ses lèvres sont pareilles\n                Au sang vierge d'un cygne assassiné ; ses yeux\n                Profonds comme des deux, ses yeux         mystérieux\n                Sont deux lacs de tristesse et de candeur oit sombre\n                Le soir silencieux de mes yeux, et dans l'ombre\n                Plus lointain qu'un espoir et plus pur qu'un regret,\n                Son visage éploré me suit comme un portrait.\n\n   Plus il se contemple, plus il reconnaît en lui-même l'unique source de\nses chers rêves et le seul être digne de son culte. Il s'exalte, il s'adore et\nformule enfin cette mystique prière :\n                O cœur plein de mon cœur, vaste comme les mers,\n                Espoir inexaucé de mes lèvres hautaines,\n                Qui nous a révélé ces ivresses lointaines,\n                Par delà l'heure triste et les baisers amers ?\n\n  Cette prière, qui éclate enfin en un baiser fou :\n                Un baiser de la lune a fiancé nos chairs !\n\n   Mais une fois encore, l'infortuné Pierrot, qui croyait étreindre son idéal,\na heurté la réalité, — l'inexorable réalité qui l'enveloppe comme le mur\nd'une prison. Il a brisé la glace où lui souriait sa claire image, et peu s'en\nest fallu qu'à ces cruels débris qui déchiraient sa chair, il ne laissât le dernier\nlambeau de sa vie. S'il n'est pas mort, c'est qu'il est éternel comme le\nmonde ; et toujours, soit dans les bassins des fontaines, soit sur les chemi­\nnées de Cassandre, soit dans les yeux d'Eliane, il trouvera des miroirs qui,.\nen dépit du cadre, lui montreront son unique amour : lui-même.\n   Etant donné Pierrot Narcisse, M. Giraud n'a eu qu'à écouter la logique\npour déterminer les personnages et l'intrigue de sa comédie. Pierrot seul\npossède un relief énergique; plus effacés, mais nets encore, apparaissent\nEliane et Arlequin, qui sont pour Pierrot les tentations de la vie; le reste,\nla vie banale, la vie indifférente, Cassandre, Mezzetin, les abbés, sont\nbrouillés et fongibles comme le fond d'un paysage galant de Watteau. Ces\npersonnages-là bourdonnent autour de Pierrot sans qu'il daigne s'aperce­\nvoir de leur présence. Bistournez vos concetti, messieurs les abbés, cassez\nles verres, grattez les guitares, Pierrot songe aux blancs flocons de la neige.\n"}, {"page_pdf": 235, "page_imprimee": 204, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2207, "texte": "                                  — 204 —\n\n\nSeuls Eliane et Arlequin, la jeunesse, la fleur rose et capiteuse de la vie,\npeuvent le tirer un instant de son rêve. Mais Pierrot ne peut sortir du rêve\nque pour souffrir. Il est de la race « que tue à jamais la chimérique envie\n— De vivre à pleine bouche et d'observer la vie ». Désirs ennemis! Si tu te\nregardes vivre, tu cesses de vivre. Pierrot ne peut vivre cinq minutes sans\nréfléchir, imaginer et désirer mieux. A-t-il un caprice d'un quart d'heure\ndevant les yeux pers d'Eliane? En se rendant chez elle, il analyse son\nmalaise, il a peur d'arriver ; il entend chanter Arlequin et il l'envie, il vou­\ndrait être Arlequin, car il pressent que ce joli gamin est mieux fait que lui\npour aimer Eliane. C'est dans cette belle humeur qu'il arrive chez Cas­\nsandre, querelle Arlequin à propos de bottes, et, à peine en tête-à-tête avec\nEliane, l'insulte, la martyrise, lui parle raison et la convainc — en même\ntemps qu'il se convainc lui-même — que leur amour serait la plus sotte\nchose du monde. Mécontent de cette excursion dans le Réel, Pierrot, durant\nun souper banal, se renferme en sa pierroterie comme un plongeur dans un\nscaphandre; jamais il n'a été plus étranger au monde ambiant. Ce monde\ns'évanouit bientôt pour lui. Il reste face à face avec lui-même, et jamais il\nne s'est autant aimé.\n   Parlerai-je de la langue poétique du Pierrot Narcisse? M. Giraud y a\nfondu en un parfait alliage ses deux manières, qui semblaient presque irré­\nductibles : le vers nerveux et saccadé de son Pierrot Lunaire, — vers de\ngeste et de tour de force, — véritable vers de pantomime; et le vers ample,\nchantant comme un violoncelle, de Hors du Siècle, — un vers de riche\ncontralto un peu tremblant, plein de chatoiements et de vibrations, ce vers\ndoux, rayonnant et mélancolique, dont je disais un jour : « il chante l'au­\ntomne des lumières ». La fusion est maintenant complète. Les larmes, où\nun parfait magicien a enchassé de beaux rires, éclatent comme l'escarboucle\nmerveilleuse que la Guivre, par les blanches nuits de lune, laissait dans\nl'herbe du fleuve avant de plonger dans le courant.\n\n                                                        IWAN GILKIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 205, "page_fin": 209, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "désire garder l anonyme", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 103, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "Au moment de mettre sous presse, on"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 185, "texte": "nous annonce la publication d'une Antho-"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 228, "fin_caractere_exclue": 268, "texte": "logie d'auteurs belges, subsidiée par le"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 325, "fin_caractere_exclue": 363, "texte": "gouvernement. 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Si notre gou­"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 2758, "fin_caractere_exclue": 2802, "texte": "vernement avait, par impossible, l'idée d'en"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 2857, "fin_caractere_exclue": 2899, "texte": "créer une similaire, le livre de Lemonnier"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 2923, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "***                            serait le premier en date et en valeur pour"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 3052, "fin_caractere_exclue": 3064, "texte": "y être reçu."}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 3122, "fin_caractere_exclue": 3163, "texte": "Seulement, comme c'est une belle œuvre,.."}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 3386, "fin_caractere_exclue": 3425, "texte": "L'Artiste est en plein succès, comme le"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 3480, "fin_caractere_exclue": 3519, "texte": "pauvre Art moderne en pleine décadence."}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 3574, "fin_caractere_exclue": 3616, "texte": "Nous devrions dire déliquescence. Voici la"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 3671, "fin_caractere_exclue": 3710, "texte": "fin d'un article sur Le Geste ingénu de"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 3817, "fin_caractere_exclue": 3828, "texte": "René Ghil :"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 3886, "fin_caractere_exclue": 3927, "texte": "« Un souffle large circule dans le poème;"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 4022, "fin_caractere_exclue": 4064, "texte": "« ici, des andante, plus loin, des presto,"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 4088, "fin_caractere_exclue": 4162, "texte": "***                            « enfin, des crescendo toujours plus larges"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 4217, "fin_caractere_exclue": 4238, "texte": "« jusqu'à cette fin :"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 4335, "fin_caractere_exclue": 4385, "texte": "« Menteuse au grand serment expira l'aurore ivre :"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 4440, "fin_caractere_exclue": 4480, "texte": "Et l'univoque sœur du vent en les hivers"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 4535, "fin_caractere_exclue": 4578, "texte": "Une voix vaine avant le la qui devait vivre"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 4633, "fin_caractere_exclue": 4677, "texte": "Pleure les mois perdus en le moment pervers."}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 4732, "fin_caractere_exclue": 4782, "texte": "Morts les yeux dans le nord et la grosse mer plane"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 4837, "fin_caractere_exclue": 4887, "texte": "Le Trois-Mâts aux grands Mâts dans l'Ile n'arriva."}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 102, "texte": "Mais longtemps morne aux pleurs impuissants et"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 159, "fin_caractere_exclue": 212, "texte": "Dans l'inouï de nous et dans l'inexprimé      [sonore"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 311, "fin_caractere_exclue": 356, "texte": "Monte de vague en vague aux rives et s'éplorc"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 357, "fin_caractere_exclue": 396, "texte": "Un égoïste deuil de nul phare allumé. »"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 539, "fin_caractere_exclue": 575, "texte": "« Il nous a été donné rarement d'en-"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 576, "fin_caractere_exclue": 619, "texte": "« tendre alexandrins où plus de solitude et"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 684, "fin_caractere_exclue": 724, "texte": "« de deuil et de définitive misère d'âme"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 783, "fin_caractere_exclue": 824, "texte": "« aient été condensés. Ces vers font voir"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 880, "fin_caractere_exclue": 921, "texte": "« combien l'image et la musique pénètrent"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 973, "fin_caractere_exclue": 1015, "texte": "« l'idée et l'émotion chez M. Ghil : De la"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1073, "fin_caractere_exclue": 1097, "texte": "« mer et du plain-chant."}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1178, "fin_caractere_exclue": 1217, "texte": "« A noter aussi dans cette situation la"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1272, "fin_caractere_exclue": 1302, "texte": "« typographie voulue du vers :"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1460, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "\" Le Trois-Mâts aux grands Mâts vers une Ile s'en va"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1588, "fin_caractere_exclue": 1631, "texte": "« d'une très délicate silhouette marine. Au"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1681, "fin_caractere_exclue": 1723, "texte": "« reste, de tels exemples abondent et sur­"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1815, "fin_caractere_exclue": 1854, "texte": "tout pour les yeux des nuages moirés et"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1945, "fin_caractere_exclue": 1983, "texte": "« miroitants correspondant aux instru­"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2073, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "ments. »"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2175, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "Au grand jamais, l'auteur de cet article"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2307, "fin_caractere_exclue": 2350, "texte": "et celui de ces vers ne parviendront à nous"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2412, "fin_caractere_exclue": 2453, "texte": "dire ce que leur bafouillage signifie. La"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2454, "fin_caractere_exclue": 2495, "texte": "« silhouette marine » et typographique du"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2546, "fin_caractere_exclue": 2588, "texte": "vers en question nous échappe tout à fait."}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2640, "fin_caractere_exclue": 2675, "texte": "Une mèche des cheveux de Wauwermans"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2723, "fin_caractere_exclue": 2740, "texte": "à qui comprendra."}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2817, "fin_caractere_exclue": 2856, "texte": "Décidément l'Artiste arrive à son heure"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2867, "fin_caractere_exclue": 2901, "texte": "pour drainer les abonnés du pauvre"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2957, "fin_caractere_exclue": 2996, "texte": "Art moderne. Ils y trouveront un organe"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3042, "fin_caractere_exclue": 3085, "texte": "excellent de notre art contemporain, en des"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3127, "fin_caractere_exclue": 3170, "texte": "articles où l'on n'anonymise pas. Signalons"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3203, "fin_caractere_exclue": 3241, "texte": "dans les premiers numéros les études :"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3242, "fin_caractere_exclue": 3285, "texte": "L'Impassibilité    littéraire, d'André Fon-"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3286, "fin_caractere_exclue": 3323, "texte": "tainas; Amédée Lynen, d'Eugène Demol­"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3376, "fin_caractere_exclue": 3420, "texte": "der ; Constantin Meunier, de Jules Destrée ;"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3465, "fin_caractere_exclue": 3501, "texte": "Le Théâtre naturaliste, de James Van"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3546, "fin_caractere_exclue": 3584, "texte": "Drunen ; le Xavier Mellery, de Georges"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3628, "fin_caractere_exclue": 3673, "texte": "Eekhoud, etc. L'Artiste a, d'ores et déjà, la"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3708, "fin_caractere_exclue": 3748, "texte": "vie assurée, et le public lui a fait bon"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3799, "fin_caractere_exclue": 3807, "texte": "accueil."}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3892, "fin_caractere_exclue": 3926, "texte": "La joyeuseté ci-dessus (Le Trois -"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3971, "fin_caractere_exclue": 4014, "texte": "Mâts, etc.), a été spirituellement « ramas­"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4059, "fin_caractere_exclue": 4096, "texte": "sée » dans l'Art moderne même, par un"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4140, "fin_caractere_exclue": 4182, "texte": "abonné qui signe Emilio. Voici un fragment"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4230, "fin_caractere_exclue": 4244, "texte": "de la charge :"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4320, "fin_caractere_exclue": 4359, "texte": "« Exemple de la nouvelle évolution Sym­"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4408, "fin_caractere_exclue": 4417, "texte": "boliste :"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4498, "fin_caractere_exclue": 4534, "texte": "Vous voulez, je suppose, exprimer de"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4581, "fin_caractere_exclue": 4622, "texte": "quelle cavalière façon un entrepreneur de"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 112, "fin_caractere_exclue": 158, "texte": "pavage en bois serait accueilli sur les « che­"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 269, "fin_caractere_exclue": 310, "texte": "mins de soleil », par les gens qui ont de"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 413, "fin_caractere_exclue": 450, "texte": "l'impressionnisme plein leurs bottes."}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 510, "fin_caractere_exclue": 536, "texte": "Ecoutez, ou plutôt voyez :"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 632, "fin_caractere_exclue": 683, "texte": "Comme une belle-mère au sein d'un jeu de   qUilles»"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 743, "fin_caractere_exclue": 782, "texte": "Quatre quilles sont encore debout, avec"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 839, "fin_caractere_exclue": 879, "texte": "la boule à côté. Les autres ? Renversées"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 936, "fin_caractere_exclue": 972, "texte": "dans la lutte contre la belle-mère !"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1032, "fin_caractere_exclue": 1072, "texte": "Et notez que cette formule idéographique"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1129, "fin_caractere_exclue": 1175, "texte": "peut s'adapter à l'ancien répertoire et à tous"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1232, "fin_caractere_exclue": 1271, "texte": "les idiomes, volapuk compris (enfin !),"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1328, "fin_caractere_exclue": 1362, "texte": "comme des galons aux vieux habits."}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1422, "fin_caractere_exclue": 1459, "texte": "Voici un vers du « Poète des cafés »,"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1570, "fin_caractere_exclue": 1587, "texte": "d'Eugène Manuel :"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1632, "fin_caractere_exclue": 1680, "texte": "Et les coups résonnaient sur les billes d'ivoire"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1774, "fin_caractere_exclue": 1811, "texte": "C'est d'une banalité navrante : on en"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 1902, "fin_caractere_exclue": 1944, "texte": "arrive à comprendre les rigueurs de l'Aca­"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2031, "fin_caractere_exclue": 2069, "texte": "démie française à l'égard de l'auteur."}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2132, "fin_caractere_exclue": 2171, "texte": "Mais croyez-vous que ces rigueurs tien­"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2263, "fin_caractere_exclue": 2306, "texte": "draient un fol instant devant le vers ainsi"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2398, "fin_caractere_exclue": 2411, "texte": "typographie !"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2496, "fin_caractere_exclue": 2545, "texte": "Et les coups résonnaient sur les billes d'ivoire."}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2596, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "On voit les deux queues et les trois billes"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2676, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "alignées, celles-ci pour un « coulé » superbe,"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2770, "fin_caractere_exclue": 2813, "texte": "le tout « d'une très délicate silhouette de"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2857, "fin_caractere_exclue": 2866, "texte": "« café. »"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2917, "fin_caractere_exclue": 2956, "texte": "Dans les éditions pour bibliophiles, et"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 2997, "fin_caractere_exclue": 3041, "texte": "afin de satisfaire « certaines âmes modernes"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3086, "fin_caractere_exclue": 3126, "texte": "infiniment sensibles », on teinterait de"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3171, "fin_caractere_exclue": 3202, "texte": "rouge l'une des trois billes. »"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3336, "fin_caractere_exclue": 3375, "texte": "Du réalisme dans la littérature contem-"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3421, "fin_caractere_exclue": 3464, "texte": "poraine. Lettres sur la « Jeune Belgique »,"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3502, "fin_caractere_exclue": 3544, "texte": "par Charles Tilman, docteur en droit, phi­"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3585, "fin_caractere_exclue": 3626, "texte": "losophie et lettres. — Un vol. Bruxelles,"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3675, "fin_caractere_exclue": 3706, "texte": "Ferd. Larcier. Prix : 3 francs."}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3757, "fin_caractere_exclue": 3797, "texte": "Trois cent vingt-sept pages serrées pour"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3846, "fin_caractere_exclue": 3887, "texte": "détruire à tout jamais la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 3927, "fin_caractere_exclue": 3969, "texte": "Un travail de bénédictin, avec entassement"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4015, "fin_caractere_exclue": 4057, "texte": "de notes minutieusement chiffrées et scru­"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4097, "fin_caractere_exclue": 4138, "texte": "puleusement transcrites, dont personne ne"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4183, "fin_caractere_exclue": 4228, "texte": "discutera l'exactitude. Il n'y a rien à dire,"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4277, "fin_caractere_exclue": 4315, "texte": "M. Tilman est un honnête batailleur et"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4360, "fin_caractere_exclue": 4406, "texte": "nous devons le féliciter de ses efforts ; mais"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4455, "fin_caractere_exclue": 4493, "texte": "le résultat de son énorme travail nous"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4535, "fin_caractere_exclue": 4579, "texte": "échappe tout à fait. Il a feuilleté page par"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 4623, "fin_caractere_exclue": 4665, "texte": "page notre revue, et c'est là-dessus qu'il"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 90, "texte": "part en guerre contre un mouvement d'art"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 138, "fin_caractere_exclue": 177, "texte": "dont il ne comprend pas le premier mot."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 233, "fin_caractere_exclue": 276, "texte": "Tel chapitre est intitulé : « Quelle est la"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 319, "fin_caractere_exclue": 361, "texte": "valeur humaine de la personnalité des jeu­"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 398, "fin_caractere_exclue": 442, "texte": "nes ? » et l'auteur conclut à une non valeur"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 485, "fin_caractere_exclue": 527, "texte": "en s'appuyant sur des textes de Paul Bour-"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 572, "fin_caractere_exclue": 614, "texte": "get, d'Emile Marcy, de Stéphane, sous pré­"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 661, "fin_caractere_exclue": 703, "texte": "texte que ces signatures ont paru sous des"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 751, "fin_caractere_exclue": 777, "texte": "articles publiés par nous."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 842, "fin_caractere_exclue": 881, "texte": "Parle-t-il de la morale Jeune-Belgique,"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 932, "fin_caractere_exclue": 975, "texte": "il cite Francis Melvil, Charles Mettange ou"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1024, "fin_caractere_exclue": 1062, "texte": "Célestin Demblon 1 il invoque Rodrigue"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1113, "fin_caractere_exclue": 1150, "texte": "Toulange, Louis de Casembroot, Hippo-"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1206, "fin_caractere_exclue": 1222, "texte": "lyte Devillers !"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1301, "fin_caractere_exclue": 1338, "texte": "L'amour Jeune-Belgique? il exhibe des"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1387, "fin_caractere_exclue": 1431, "texte": "phrases de Catulle Mendès,            Eugène"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1477, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "Tavernier, Josephin Péladan, Marius"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1568, "fin_caractere_exclue": 1607, "texte": "Réty, Octave Richard, Saïd (?), Auguste"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1657, "fin_caractere_exclue": 1693, "texte": "Lavallé, Léon Chomé, Edouard Ronval,"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1744, "fin_caractere_exclue": 1784, "texte": "Frédéric Bataille, Alfred Pouthier, Carl"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1832, "fin_caractere_exclue": 1861, "texte": "Maubray et Maurice Guillemot!"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1928, "fin_caractere_exclue": 1967, "texte": "Mais ce ne sont pas des Jeune-Belgique,"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2019, "fin_caractere_exclue": 2062, "texte": "ceux-là, M. Tilman, et voilà votre échafau­"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2110, "fin_caractere_exclue": 2151, "texte": "dage qui tombe ! Ils ont écrit chez nous,"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2165, "fin_caractere_exclue": 2208, "texte": "mais n'ont rien à voir au cénacle détesté ;"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2209, "fin_caractere_exclue": 2248, "texte": "autant vaudrait écraser M. Thonissen en"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2249, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "lui mettant à dos les lettres de M. Gautsch."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2340, "fin_caractere_exclue": 2380, "texte": "Vous donnez des coups à Pierre pour châ­"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2430, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "tier Paul, tandis que celui-ci ne se doute"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2524, "fin_caractere_exclue": 2542, "texte": "pas de la méprise."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2597, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "Voyez-vous d'ici que j'éreinte M. Van"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2688, "fin_caractere_exclue": 2724, "texte": "Driessche, professeur à l'Athénée de"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2778, "fin_caractere_exclue": 2818, "texte": "Bruxelles, pour démontrer que M. Tilman,"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2871, "fin_caractere_exclue": 2913, "texte": "professeur à celui de Louvain, n'est qu'un"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2961, "fin_caractere_exclue": 2965, "texte": "âne?"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3057, "fin_caractere_exclue": 3096, "texte": "Vous réunissez très habilement des pas­"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3150, "fin_caractere_exclue": 3194, "texte": "sages de tous les articles, de tous les vers"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3216, "fin_caractere_exclue": 3257, "texte": "parus durant six années à la Jeune Belgi-"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3297, "fin_caractere_exclue": 3339, "texte": "que, et cette marqueterie donne un tableau"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3340, "fin_caractere_exclue": 3378, "texte": "inattendu. Le procédé peut mener loin."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3414, "fin_caractere_exclue": 3454, "texte": "Supposez que je prenne les Evangiles, je"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3499, "fin_caractere_exclue": 3512, "texte": "trouve ceci :"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3595, "fin_caractere_exclue": 3632, "texte": "1. Jésus était donc né dans... (Saint"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3689, "fin_caractere_exclue": 3710, "texte": "Matthieu, ch. II, 1)."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3778, "fin_caractere_exclue": 3815, "texte": "2. ... du vin nouveau... (Saint Marc,"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3869, "fin_caractere_exclue": 3881, "texte": "ch. II, 22)."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3959, "fin_caractere_exclue": 3993, "texte": "3. ... possédé d'un démon impur..."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 4014, "fin_caractere_exclue": 4038, "texte": "(Saint Luc, ch. IV, 33)."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 4042, "fin_caractere_exclue": 4082, "texte": "4. ... afin que l'Ecriture fût accomplie"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 4083, "fin_caractere_exclue": 4096, "texte": "(Saint Jean)."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 137, "texte": "D'où il résulte que les évangélistes"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 187, "fin_caractere_exclue": 229, "texte": "déclarent que : Jésus était né dans du vin"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 279, "fin_caractere_exclue": 318, "texte": "nouveau, possédé d'un démon impur, afin"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 368, "fin_caractere_exclue": 397, "texte": "que l'Ecriture fût accomplie!"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 449, "fin_caractere_exclue": 484, "texte": "Vous accommodez la Jeune Belgique à"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 534, "fin_caractere_exclue": 571, "texte": "la même sauce, Monsieur Tilman, et je"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 621, "fin_caractere_exclue": 660, "texte": "comprends que les horreurs s'entassent."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 713, "fin_caractere_exclue": 750, "texte": "11 y a des gens mal tournés qui pour­"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 838, "texte": "raient trouver le procédé peu honnête,"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 888, "fin_caractere_exclue": 931, "texte": "mais nous ne saurions vous en vouloir, tant"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 981, "fin_caractere_exclue": 1023, "texte": "vous vous êtes donné de peine, ô montagne,"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1073, "fin_caractere_exclue": 1112, "texte": "pour accoucher de cette souris. Le plus"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1162, "fin_caractere_exclue": 1205, "texte": "enragé des archivistes n'aurait pas le cou­"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1255, "fin_caractere_exclue": 1297, "texte": "rage d'entreprendre pareille besogne et il"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1347, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "faut que vous soyez doué d'une patience"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1436, "fin_caractere_exclue": 1476, "texte": "inouïe. Votre livre est une charpie amu­"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1526, "fin_caractere_exclue": 1567, "texte": "sante dans laquelle nous nous sommes fort"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1617, "fin_caractere_exclue": 1656, "texte": "joyeusement roulés, et nous devons vous"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1706, "fin_caractere_exclue": 1743, "texte": "remercier, d'abord d'une réclame bien"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1793, "fin_caractere_exclue": 1831, "texte": "inattendue, ensuite de gais moments de"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1881, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "rire. A ces titres, vous êtes un homme tout"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 1974, "fin_caractere_exclue": 2018, "texte": "à fait extraordinaire et nous vous envoyons,"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2068, "fin_caractere_exclue": 2109, "texte": "avec notre admiration, toute notre grati­"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2159, "fin_caractere_exclue": 2164, "texte": "tude."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2301, "fin_caractere_exclue": 2339, "texte": "M. Camille Lemonnier est chargé par le"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2389, "fin_caractere_exclue": 2429, "texte": "gouvernement d'étudier le fonctionnement"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2479, "fin_caractere_exclue": 2523, "texte": "des écoles d'art industriel en Allemagne, en"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2573, "fin_caractere_exclue": 2593, "texte": "Suède et en Norwège."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2646, "fin_caractere_exclue": 2687, "texte": "Il écrira aussi un rapport sur les sculp­"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2737, "fin_caractere_exclue": 2777, "texte": "tures des maîtres flamands du XVIe et du"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2827, "fin_caractere_exclue": 2870, "texte": "XVIIe siècle qui se trouvent dans ces pays."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2923, "fin_caractere_exclue": 2960, "texte": "M. Camille Lemonnier termine en hâte,"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3010, "fin_caractere_exclue": 3053, "texte": "en vue de son départ, qui aura lieu au mois"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3103, "fin_caractere_exclue": 3149, "texte": "d'août prochain, les travaux littéraires qu'il"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3199, "fin_caractere_exclue": 3215, "texte": "a sur le métier."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3267, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "Son voyage durera trois mois."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3410, "fin_caractere_exclue": 3413, "texte": "***"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3465, "fin_caractere_exclue": 3498, "texte": "M. Emile Verhaeren vient de faire"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3548, "fin_caractere_exclue": 3590, "texte": "paraître chez M me Ve Monnom, une élégante"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3640, "fin_caractere_exclue": 3687, "texte": "plaquette tirée à 51 exemplaires et intitulée :"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3737, "fin_caractere_exclue": 3774, "texte": "Quelques notes sur l'œuvre de Fernand"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3824, "fin_caractere_exclue": 3868, "texte": "Khnopff. C'est la suite des curieux articles"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 3918, "fin_caractere_exclue": 3955, "texte": "que M. Verhaeren a publiés dans l'Art"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 4005, "fin_caractere_exclue": 4013, "texte": "moderne."}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 4134, "fin_caractere_exclue": 4172, "texte": "La Revue indépendante (juin) publie de"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 86, "texte": "beaux vers de Georges Rodenbach, des"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 87, "fin_caractere_exclue": 126, "texte": "poésies d'Emile Veihaeren et du Khnopff"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 127, "fin_caractere_exclue": 163, "texte": "que nous n'avons malheureusement pas"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 213, "fin_caractere_exclue": 221, "texte": "compris."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 394, "fin_caractere_exclue": 438, "texte": "Sous ce titre : Les fumistes        wallons,"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 468, "fin_caractere_exclue": 508, "texte": "M. L. Hemma (M. Siville) publie une pla­"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 558, "fin_caractere_exclue": 600, "texte": "quette humoristique qu'il dédie aux rédac­"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 649, "fin_caractere_exclue": 695, "texte": "teurs de la Wallonie. C'est l'histoire, joyeu­"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 742, "fin_caractere_exclue": 786, "texte": "sement dite, de la fondation de cette revue,"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 807, "fin_caractere_exclue": 848, "texte": "qui sera bien étonnée d'apprendre qu'elle"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 943, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "en a une (histoire). Pas méchante, très jeune,"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1083, "fin_caractere_exclue": 1123, "texte": "la distraction de M. Hemma mérite d'être"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1215, "fin_caractere_exclue": 1219, "texte": "lue."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1404, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "Nous recevons une plaquette très joliment"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1499, "fin_caractere_exclue": 1537, "texte": "imprimée en rouge par M. Vaillant-Car­"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1589, "fin_caractere_exclue": 1633, "texte": "manne l'excellent typographe liégeois. C'est"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1646, "fin_caractere_exclue": 1656, "texte": "intitulé :"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1834, "fin_caractere_exclue": 1844, "texte": "SCÈNE-SCIE"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1917, "fin_caractere_exclue": 1919, "texte": "en"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1937, "fin_caractere_exclue": 1947, "texte": "SIX SCÈNES"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2039, "fin_caractere_exclue": 2082, "texte": "et ne porte pas de nom d'auteur. Nous avons"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2173, "fin_caractere_exclue": 2214, "texte": "peu compris cette petite satire dialoguée"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2300, "fin_caractere_exclue": 2346, "texte": "qui a trait à des choses locales. Au reste, il"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2435, "fin_caractere_exclue": 2479, "texte": "n'y a que huit pages (non paginées, M. Vail­"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2557, "fin_caractere_exclue": 2599, "texte": "lant-Carmanne) dont quatre de caricatures,"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2600, "fin_caractere_exclue": 2644, "texte": "et comme il n'y a ni titre (M. Vaillant-Car­"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2677, "fin_caractere_exclue": 2716, "texte": "manne), ni sous-titre (M. Vaillant-Car­"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2809, "fin_caractere_exclue": 2850, "texte": "manne), cela prend peu de place (Monsieur"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2906, "fin_caractere_exclue": 2915, "texte": "Siville)."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3092, "fin_caractere_exclue": 3129, "texte": "La Wallonie, dans son dernier numéro,"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3131, "fin_caractere_exclue": 3172, "texte": "nous fait remarquer que la Jeune Belgique"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3209, "fin_caractere_exclue": 3248, "texte": "a reproduit un poème en prose qui avait"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3308, "fin_caractere_exclue": 3350, "texte": "déjà paru dans sa collection. Vérification"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3408, "fin_caractere_exclue": 3452, "texte": "faite, il est absolument exact que l'Infati-"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3596, "fin_caractere_exclue": 3635, "texte": "gable Pêcheur, de M. Hector Chainaye, a"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3732, "fin_caractere_exclue": 3769, "texte": "été donné en primeur à la Wallonie en"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3827, "fin_caractere_exclue": 3870, "texte": "1886, mais nous l'ignorions et M. Chainaye,"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3921, "fin_caractere_exclue": 3960, "texte": "qui nous l'a envoyé manuscrit ne nous a"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 4011, "fin_caractere_exclue": 4041, "texte": "pas prévenu qu'il se répétait."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 4104, "fin_caractere_exclue": 4142, "texte": "Nous sommes cependant en faute et ren­"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 4163, "fin_caractere_exclue": 4200, "texte": "dons, un peu tard, à César ce qui lui"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 4202, "fin_caractere_exclue": 4240, "texte": "revient, tout en vouant aux vengeances"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 4276, "fin_caractere_exclue": 4316, "texte": "célestes le fallacieux et abominable ami"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 4368, "fin_caractere_exclue": 4377, "texte": "Chainaye."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 179, "fin_caractere_exclue": 212, "texte": "A signaler dans le même numéro de"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 262, "fin_caractere_exclue": 303, "texte": "l'alerte revuette liégeoise, une curieuse"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 353, "fin_caractere_exclue": 390, "texte": "ballade en prose de M. Jules Destrée."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 464, "fin_caractere_exclue": 467, "texte": "***"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 519, "fin_caractere_exclue": 557, "texte": "M. Louis-Joseph Alvin, conservateur en"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 607, "fin_caractere_exclue": 648, "texte": "chef de la Bibliothèque royale, né à Cam­"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 698, "fin_caractere_exclue": 741, "texte": "brai le 18 mars 1806, est mort à Ixelles le"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 791, "fin_caractere_exclue": 806, "texte": "17 mai dernier."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 901, "fin_caractere_exclue": 942, "texte": "Il était l'auteur d'une tragédie : Sarda­"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1039, "fin_caractere_exclue": 1082, "texte": "napale, représentée sur le théâtre royal de"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1173, "fin_caractere_exclue": 1214, "texte": "Bruxelles le 11 janvier 1834, de nombreux"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1269, "fin_caractere_exclue": 1311, "texte": "travaux bibliographiques et d'une suite de"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1361, "fin_caractere_exclue": 1401, "texte": "parodies fort curieuses de Victor Hugo :"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1451, "fin_caractere_exclue": 1498, "texte": "Les Recontemplations ( p a r L. -Joseph Van II,"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1548, "fin_caractere_exclue": 1588, "texte": "1856. Un vol. Bruxelles, Bruylant-Chris­"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1638, "fin_caractere_exclue": 1645, "texte": "tophe)."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1698, "fin_caractere_exclue": 1736, "texte": "C'est M. Fétis qui remplacera M. Alvin"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1786, "fin_caractere_exclue": 1821, "texte": "comme conservateur en chef de notre"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1871, "fin_caractere_exclue": 1894, "texte": "Bibliothèque nationale."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1999, "fin_caractere_exclue": 2038, "texte": "On a inauguré le 8 mai, au cimetière de"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2132, "fin_caractere_exclue": 2172, "texte": "Saint-Josse-ten-Noode, le monument élevé"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2264, "fin_caractere_exclue": 2299, "texte": "à la mémoire de notre grand peintre"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2396, "fin_caractere_exclue": 2434, "texte": "Agneessens. MM. Lemonnier et Hennebicq"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2529, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "ont fait l'éloge du maître."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2673, "fin_caractere_exclue": 2676, "texte": "***"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2768, "fin_caractere_exclue": 2808, "texte": "M. Félix Coveliers est mort le mois der­"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 2900, "fin_caractere_exclue": 2905, "texte": "nier."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3045, "fin_caractere_exclue": 3088, "texte": "On distribue en ville la réclame suivante :"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3187, "fin_caractere_exclue": 3207, "texte": "LES PRINCES DU CONGO"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3258, "fin_caractere_exclue": 3306, "texte": "Voulez-vous d'un savon qui parfume et blanchisse"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3357, "fin_caractere_exclue": 3406, "texte": "Au point que votre peau, jaune ou brune, pâlisse,"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3457, "fin_caractere_exclue": 3501, "texte": "Imitant, en beauté, le nacre au doux reflet!"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3552, "fin_caractere_exclue": 3594, "texte": "Suivez notre conseil, vous serez satisfait"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3686, "fin_caractere_exclue": 3730, "texte": "Sans crainte d'épuiser votre bourse modeste,"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3781, "fin_caractere_exclue": 3825, "texte": "Interrogez merciers, parfumeurs et le reste,"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3876, "fin_caractere_exclue": 3919, "texte": "Exposez votre cas. — Tous diront aussitôt :"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 3970, "fin_caractere_exclue": 4009, "texte": "Recourez au Savon des Princes du Congo."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 4061, "fin_caractere_exclue": 4099, "texte": "Ces vers sont dus à la muse de ce cher"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 4150, "fin_caractere_exclue": 4161, "texte": "Wauwermans."}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 4271, "fin_caractere_exclue": 4274, "texte": "***"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 4327, "fin_caractere_exclue": 4366, "texte": "Sous le titre : « M. Barbey d'Aurevilly"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 4417, "fin_caractere_exclue": 4458, "texte": "au Jockey-Club », Caliban a donné dans le"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 59, "fin_caractere_exclue": 98, "texte": "Figaro un fin croquis du dandysme et de"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 154, "fin_caractere_exclue": 199, "texte": "l'aristocratisme de l'auteur des Diaboliques."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 249, "fin_caractere_exclue": 287, "texte": "Sur l'original du portrait de Barbey à"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 341, "fin_caractere_exclue": 380, "texte": "dix-sept ans qui orne le traité du Dan-"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 438, "fin_caractere_exclue": 478, "texte": "dysme, et qui appartient à Paul Bourget,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 533, "fin_caractere_exclue": 575, "texte": "est écrit en encre rouge et en encre verte"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 625, "fin_caractere_exclue": 655, "texte": "(sang de lézard) ce quatrain :"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 687, "fin_caractere_exclue": 738, "texte": "Ce fut moi, comme au soir le jour, ce fut l'aurore."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 739, "fin_caractere_exclue": 784, "texte": "Ivre de vie alors, je foulais tout aux pieds."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 867, "fin_caractere_exclue": 911, "texte": "Peut-être que mon front se reconnaît encore,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 966, "fin_caractere_exclue": 1004, "texte": "Mais mon cœur... si vous le voyiez!..."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1065, "fin_caractere_exclue": 1107, "texte": "Relevons quelques traits dans cet aperçu :"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1151, "fin_caractere_exclue": 1192, "texte": "« ...Qu'il soit ignoré du peuple, rien de"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1231, "fin_caractere_exclue": 1274, "texte": "plus naturel. Il le faut. Mais de son monde"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1314, "fin_caractere_exclue": 1355, "texte": "à lui, le monde des croisades, c'est plus"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1410, "fin_caractere_exclue": 1451, "texte": "dur. Passe pour le faubourg Antoine, mais"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1492, "fin_caractere_exclue": 1531, "texte": "le faubourg Germain? Là est sa blessure"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1571, "fin_caractere_exclue": 1612, "texte": "secrète, car les deux barbeaux sont abso­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1659, "fin_caractere_exclue": 1698, "texte": "lument adossés ! (Le comte Jules Barbey"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1744, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "d'Aurevilly a le blason d'azur à deux bar­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1833, "fin_caractere_exclue": 1850, "texte": "beaux adossés)..."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1943, "fin_caractere_exclue": 1979, "texte": "« Résignez-vous, vous ne serez ni de"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2025, "fin_caractere_exclue": 2066, "texte": "l'Académie, ni du Jockey-Club, et jusques"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2100, "fin_caractere_exclue": 2141, "texte": "au bout vous porterez des gilets clair de"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2206, "fin_caractere_exclue": 2249, "texte": "lune, car vos cousines ne savent plus lire."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2297, "fin_caractere_exclue": 2338, "texte": "« Il fallut le présenter aux plus blondes"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2383, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "arrogantes, — le comte d'Aurevilly, — et"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2466, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "dès qu'on l'eut nommé, toutes lui par­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2544, "fin_caractere_exclue": 2582, "texte": "lèrent de Valognes, pas une de ses ou­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2641, "fin_caractere_exclue": 2651, "texte": "vrages ! »"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2872, "fin_caractere_exclue": 2875, "texte": "***"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2945, "fin_caractere_exclue": 3000, "texte": "L'Anthologie            des poètes français          du"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3041, "fin_caractere_exclue": 3083, "texte": "XIXe siècle continue à paraître régulière­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3128, "fin_caractere_exclue": 3172, "texte": "ment chez Lemerre, en livraisons à fr. 0-50."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3216, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "Les 3 e , 4 e , 5 e , 6 e , 7°, 8 e , 9 e et 10e fascicules"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3317, "fin_caractere_exclue": 3354, "texte": "contiennent des fleurs de Guttinguer,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3391, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "Lebrun, Soumet, M me Desbordes-Valmore,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3492, "fin_caractere_exclue": 3530, "texte": "Lamartine, Emile Deschamps, Cas. Dela­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 113, "fin_caractere_exclue": 153, "texte": "vigne, M me Tastu, Reboul, Barthélémy et"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 208, "fin_caractere_exclue": 248, "texte": "Mery, de Vigny, Antoni Deschamps, Victor"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 303, "fin_caractere_exclue": 340, "texte": "Hugo, Brizeux, Sainte-Beuve, Pommier,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 395, "fin_caractere_exclue": 437, "texte": "Barbier, Stern, Arvers, Doualle, Bertrand,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 492, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "Legouvé, Norval, Mathieu, Borel, Peyrat,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 587, "fin_caractere_exclue": 624, "texte": "Lacroix, Gautier, Hégésippe Moreau et"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 679, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "Musset."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 929, "fin_caractere_exclue": 965, "texte": "Une observation juste et un souvenir"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1026, "fin_caractere_exclue": 1061, "texte": "amusant de Gustave Isambert dans la"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1108, "fin_caractere_exclue": 1148, "texte": "République française à propos des indis­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1193, "fin_caractere_exclue": 1230, "texte": "crétions posthumes dont on accable la"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1275, "fin_caractere_exclue": 1313, "texte": "mémoire de l'auteur de Madame Bovary :"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1376, "fin_caractere_exclue": 1409, "texte": "« Flaubert a peiné pour donner sa"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1452, "fin_caractere_exclue": 1491, "texte": "mesure à la postérité avec huit volumes"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1532, "fin_caractere_exclue": 1570, "texte": "dont la moitié risquait de demeurer en"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1613, "fin_caractere_exclue": 1658, "texte": "chemin ; on en fera quinze, on en fera vingt."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1699, "fin_caractere_exclue": 1743, "texte": "Ses cartons seront vidés, ses notes râclées,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1787, "fin_caractere_exclue": 1832, "texte": "ses brouillons dépecés; cet artiste tendu, si"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1893, "fin_caractere_exclue": 1939, "texte": "difficile sur la toilette de son style, compa­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1980, "fin_caractere_exclue": 2024, "texte": "raîtra, bon gré, mal gré, dans un déshabillé"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2067, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "qui n'est que tout juste décent."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2163, "fin_caractere_exclue": 2205, "texte": "« Les éditeurs constatent et glorifient la"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2250, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "terreur que causait à leur héros le moindre"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2339, "fin_caractere_exclue": 2382, "texte": "commérage, et ils ne lui font pas grâce des"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2424, "fin_caractere_exclue": 2465, "texte": "révélations les plus hasardées. Cela rap­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2505, "fin_caractere_exclue": 2543, "texte": "pelle une bonne naïveté d'un comédien."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2607, "fin_caractere_exclue": 2640, "texte": "« On jouait à Reims, en 1841, une"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2701, "fin_caractere_exclue": 2743, "texte": "comédie inédite, en cinq actes et en vers,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2804, "fin_caractere_exclue": 2841, "texte": "intitulée Dalcaire. Elle reçut un bon"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2902, "fin_caractere_exclue": 2941, "texte": "accueil et l'auditoire demanda avec une"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3001, "fin_caractere_exclue": 3040, "texte": "certaine insistance le nom de l'auteur,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3084, "fin_caractere_exclue": 3127, "texte": "Après quelques instants, la toile se releva"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3173, "fin_caractere_exclue": 3215, "texte": "au bruit des applaudissements, et l'acteur"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3276, "fin_caractere_exclue": 3316, "texte": "chargé du rôle principal — il s'appelait"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3355, "fin_caractere_exclue": 3390, "texte": "Allan — s'avança jusqu'à la rampe :"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3454, "fin_caractere_exclue": 3490, "texte": "« — Messieurs, dit-il, avec gravité,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3531, "fin_caractere_exclue": 3567, "texte": "M. Dessaint désire garder l'anonyme."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-06-06-n6-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Aux amateurs de bières anglaises", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 242, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 2, "fin_caractere_exclue": 1108, "texte": "Aux amateurs de bières anglaises, nous recommandons la\n\n     TAVERNE BRITISH\ntenue par VALADE et située place du Musée. Dîners\net déjeuners à la carte et à prix fixe. Hôtel meublé des plus\nconfortables.\n\n\n\n             LA LIBRAIRIE NOUVELLE\nvient de s'ouvrir au BOULEVARD ANSPACH. On y trouve tous\nles journaux français et les livres du jour. L'Artiste et La\nJeune Belgique, y sont en vente.\n   Située en plein mouvement de la ville, la Librairie nou­\nvelle est déjà devenue le centre des Lettres à Bruxelles.\n\n\n\n\n                    L'ARTISTE\n    REVUE HEBDOMADAIRE DES ARTS ET DES LETTRES\n\n                              10 francs par an\n             On    s'abonne   chez M . F I T C H S ,   architecte\n\n       94,        RUE    DU     PRINCE           ROYAL,             94\n                               BRUXELLES\n\n\n\n\n      LE GUIDE MUSICAL\n                         PARAISSANT TOUS LES JEUDIS\n\n                              10 francs par an\n                   On   s'abonne   chez   MM.    SCHOTT\n\n         32,            MONTAGNE          DE      LA      COUR\n                               BRUXELLES\n"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2156, "texte": " A         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n           de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n           qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\n porain, nous recommandons là\n\n     de Block's Universal Wine C0\n                6, R U E P A U L DEVAUX, (PRÈS LA BOURSE)\n\n                         ET M O N T A G N E D E LA C O U R\n\n\n\n\n E\n          n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA-\n           MANDEpar notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal-\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora. .\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie LA TERRE, par EMILE ZOLA. Un numéro\n  2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente partout.\n\n\n     L'ODIEUSE bière de Munich répugne aux palais délicats.\nLaissons les enfants au lord-maire et cette pâtée aux manants. Seuls les\nvins qui ont des teintes d'ambre brûlé, les liqueurs, douces comme des\ncaresses, nous sauveront du teutonisme bachique. Chez\n\n             COULOMB-ROBIETS\n                            19, Boulevard         du Nord\n\n  Dégustez-les, ces baisers fluides et troubleurs. Le vermouth de Turin s'y\ndonne dans le cristal léger; l'Algarve perfide et joyeux, tout ce qui a la\ncouleur et l'arôme...\n\nA   près les avoir savourés, votre cerveau vous dictera des vers amoureux\n    et fous, votre cœur aura des effusions infinies et, loin du monde brutal,\nplongé dans une rêverie lente, vous serez heureux.\n\nV   otre bonheur, sans hideuse ivresse, allez le boire chez Coulomb-\n    Robiets, le Lillas Pastia des artistes !\n\n\n                Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie,\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 208, "texte": "7e ANNÉE.      TOME VI, N° 6.        PRIX : FR. 0-60.                         6 JUIN 1887.\n\n\n\n\n                                         LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                SOMMAIRE:\n Maître E d m o n d Picard                                   MAX WALLER.\n Vers                                                        FERNAND      SEVERIN.\n Visions                                                     ARNOLD GOFFIN.\n Airs de flûte                                               SIEBEL.\n On en m e u r t . . . . . . . . . . . .                     H E N R Y MAUBEL.\n Chronique littéraire : Pierrot Narcisse . . .               IWAN GILKIN.\n Memento                                                      ***\n\n\n\n\n                                'BRUXELLES\n            ADMINISTRATION :                              RÉDACTION :\n        26, RUE DE L'INDUSTRIE, 26                      80, RUE BOSQUET, 80\n                                          1887\n"}, {"page_pdf": 209, "texte": "        LA JEUNE BELGIQUE\n                        REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\nparaissant le 1er de chaque mois et formant au bout de Vannée un superbe volume\n                                 orné d'un frontispice.\n   Bruxelles : Administration, 26, rue de l'Industrie. — Rédaction : 80, r u e Bosquet.\n\n         Directeur      : MAX WALLER. — Secrétaire : F . VURGEY.\n                          Administrateur : H . VAN DIJK.\n\n                                ABONNEMENTS :\n    Belgique.       .   7 francs par an. — Union postale.              .   fr. 8 - 5 0 .\n             Les conditions pour les annonces se traitent à                forfait.\n\n  La direction tient à rappeler aux lecteurs de La Jeune Belgique qu'elle\nassume seule la responsabilité des articles qui paraissent non signés dans la\nrevue. Ils n'ont en aucune façon un caractère collectif ou anonyme.\n\n                              BOITE AUX L E T T R E S\n  25. VALÈRE G. Très bon; au prochain.\n   26. JULES V. d. B. Idem.\n   27. MAURICE D E S . . . Charleroi. Idem.\n\n                                MŒURS DE CE TEMPS-CI\n  A la fois très travailleur et très bohème, il partage son temps entre l'atelier et la\nbrasserie, entre son vaste atelier du boulevard Clichy et les gais cabarets du quartier\nRochechouart.\n  Aussi sa mondanité est-elle restée des plus embryonnaires.\n   Dernièrement, il a eu un portrait à faire, le portrait d'une dame, d'une bien grande\ndame, une haute baronne de la finance doublée d'une Parisienne exquise.\n   Et il s'en est admirablement tiré.\n   Elle est venue sur la toile comme elle est dans la vie, c'est-à-dire charmante et savou­\nreuse avec ce je ne sais quoi d'éperdu.\n  Au prochain Salon, après avoir consulté un décevant livret, chacun murmurera, un peu\ntroublé :\n   « Je voudrais bien savoir quelle est cette baronne. »\n  Et elle a été si contente de son portrait, qu'elle a donné en l'honneur de son peintre un\ndîner, un grand dîner.\n  Au commencement du repas, il a bien été un peu gêné dans sa redingote inaccoutumée,\nmais il s'est remis peu à peu.\n  Au dessert, s'il avait eu sa pipe, sa bonne pipe, il aurait été tout à fait heureux.\n   On a servi le café dans la serre, une merveille de serre où l'industrie de l'Orient semble\navoir donné rendez-vous à la nature des Tropiques.\n   Il est tout à fait à son aise maintenant, et il lâche les brides à ses plus joyeux para­\ndoxes que les convives écoutent gravement, avec un rien d'ahurissement.\n   Puis tout en causant, pendant que la baronne remplit son verre d'un infiniment vieux\ncognac, il saisit les soucoupes de ses voisins et les dispose en pile devant lui.\n  Et comme la baronne contemple ce manège, non sans étonnement, il lui dit, très gra­\ncieux :\n  — Laissez, baronne, c'est ma tournée.\n                                                                ALPHONSE ALLAIS.\n"}, {"page_pdf": 210, "texte": "         MAITRE EDMOND PICARD\n                                                         ... sur un arbre perché\n                                                              (LA FONTAINE).\n\n\n\n                                     Vient de donner à l'Art moderne, à propos\n                                     d'un excellent ouvrage de M. Léon de\n                                     Monge : Epopées et romans chevale­\n                                     resques, un de ces articles amènes dont il\n                                   a la spécialité, Sarah Saint-Bernard, il a\n                                 éprouvé le besoin de japper, autour de ce beau\n                               livre, des variations qui prétendent, et toutes\n                            ses vieilles rancunes d'esthète affolé suintent par\n                       les pores d'un style plus ou moins scato...illogique.\n                     C'est ce qu'il appelle : « Un cas à ajouter au Traité de\n                     pathologie littéraire ».\n                        Nous ne sommes pas fâché de faire justice une bonne\n                     fois de ce singulier « gendelettre » qui, non content de\n                     braver l'opinion par des actes d'hercule forain, la presse\n                     par des mots d'insulte, le bon sens par des contradic­\n                    tions de ventilateur, se permet de juger l'Art et les\n                   , Lettres du haut d'on ne sait quelle Tour-prends-garde\n                     dont il menace de nous écraser.\n                        Maintes fois, il nous est arrivé d'attaquer Maître Picard\n              avec toute la véhémence que nous suggère sa propagande\nen faveur d'idées enlevées à M. Cladel ou à M. Jean-Bernard; toujours,\nnous l'avons fait loyalement et franchement ; de quoi ou de qui aurions-\nnous eu peur? On nous a répondu par de petits mots dissimulés aux\n                                                                        13\n"}, {"page_pdf": 211, "texte": "                                   — 180 —\n\n  coins des phrases, cachés aux carrefours des sous-entendus. Une attaque\n directe, jamais ! Maître Picard ne fait cela que dans la rue, avec un frater­\n nel renfort en cas de défaite. Ou encore, il prie ses bons amis de vous dire\n votre fait à l'occasion, fût-ce à la barre du tribunal, dans l'exercice profes­\n sionnel.\n    Les insinuations sont toujours pareilles. Ici, legalant polémiste parle de\n « l'onanisme intellectuel », là, de « vice contre nature », de « virilités atro­\n phiées », et cela à l'adresse des fidèles de « l'art pour l'art ». Ses mots ont\ntoujours la même saveur de déboutonnement, et tout se réduit pour lui à\nl'examen des haut-de-chausses. Plus il vieillit, plus cette question de puis­\nsance génésique le préoccupe, et ce souci, qui pour d'aucuns semblerait\nun vague regret, revient à chaque instant, comme une formule de serment\ndans la bouche du brave Schifflaers.\n    C'est ce qu'on nomme l'érotisme d'arrière-saison.\n    Peu nous importe que M. Picard puisse ou non, même en se transfor­\nmant en mouche, exécuter les exploits virils de Jupiter et féconder tout un\nOlympe; en fût-il capable, cela ne déformerait pas une seule des réjouis­\nsantes chevilles des Rêveries d'un stagiaire, cela ne changerait pas d'une\nligne le cabotinage enfantin du Juré, et nous verrions M. Picard sous les\ncisailles d'un Fulbert, que les Pandectes belges ne perdraient rien de leur\nvaleur.\n    Le procédé critique est à la portée de tout le monde et, franchement,\nM. Picard ne peut exiger que nous nous mettions tout nus pour lui répondre\npar des arguments ad mulierem.\n    Ces colères sont cependant logiques. Peu élevé, jeté très tard dans le monde\noù l'on ne se mouche pas dans ses doigts, il n'a jamais eu l'esprit du polé­\nmiste. Veut-il plaisanter, il tombe dans une trivialité sans finesse; veut-il\nriposter à quelque mot bien pointu qui le pique gentiment, il voit rouge,\nse fâche, et met les pieds dans son plus beau plat de Chine.\n    Ce plat de Chine, c'est son Art moderne, où périodiquement il nous sert\nses extrémités, à la farce, à la sauce Robert, à la maître d'hôtel, à la\nSainte-Menehould, jamais à la vinaigrette, — le mot est trop joli.\n    Et c'est lui qui se mange ; à l'instar de la grande Virginie de l'Assommoir\n « dont on aurait dit qu'elle avait avalé ses pieds, tant elle trouillotait du\ngoulot ».\n    La polémique de M. Picard est, dans son genre, une polémique « trouil­\n lotante ».\n    J'ai toujours respecté les vieillards qui, régulièrement, vous racontent\n la même histoire, ou vous esquissent le même mot à double sens ; ce serait\n"}, {"page_pdf": 212, "texte": "                                   — 181 —\n\n\ncruauté de leur dire : « Vous m'avez répété cela dix fois », et mieux vaut\nécouter; mais, lorsque cet aïeul écrit et publie son rabâchage, je me\nrévolte.\n   M. Picard en est là, sans être un aïeul, et nous pouvons lui être moins\npatient encore. Obstinément, il nous appelle ignorants, lui qui a pénétré,\ngrâce à nous, dans la littérature contemporaine ; lui qui découvrit\nvoilà deux ans Leconte de Lisle, et découvre aujourd'hui Léon Bloy, comme\nLéon de Monge, notre professeur de littérature d'il y a sept années! Lui qui\nappelle Taine un « ramasseur de crottins ». Ignorants! Ignorants du\nBarreau, soit, comme il est ignorant des Lettres, lui qui fait des livres pour\nla vulgarisation du Droit et découpe M. Poelaert en contes à dormir\ndebout.\n   Pro arte, ce pavé, est le plus beau spécimen d'ignorance qui soit. Il n'est\npas possible d'accumuler, en moins de pages, plus d'appréciations fausses, à\nl'encontre de l'évolution moderne. Ce ne sont qu'erreurs entassées à plaisir ;\nM. Picard y prend Adoré Floupette au sérieux et tance vertement l'école\ndécadente. Et Khnopff, votre collaborateur, et Verhaeren qui tombe avec\nlui dans la déliquescence finale des Ecrits pour l'Art? Vous nous prenez\nle poète sain des Flamandes, et aussitôt, chez vous, à l'Art moderne, cet\négaré tourne au « mallarmisme » ; c'est jouer de malheur, vraiment ;\nKhnopff nous échappe, vous suit, et à peine a-t-il franchi votre seuil, qu'il\nfait le même écart, comme pour vous contredire. Du poète exquis des Chi-\nnoiseries et du Dix-huitième siècle, il reste un rêveur désorbité qui\nfait les cantates jubilaires de votre famille et écrit sereinement de ces vers :\n\n               Les choses, c'était-il si pâle que ces roses\n               Et si vites, ces ciels, et ces légers moulins\n               Etaient-ce âmes ainsi, blanches en ces déclins\n               De crépuscule d'âme entre ces arbres roses ?\n\n               Les villes, soyez loin, despérés (1) affairés,\n               Et ce tumulte, et ce criard et dans ces rues\n               Vagues obsessions de choses disparues,\n               Et ce soudain souffrir ce que vous souffrirez !\n\n   Du charabia triple !\n   Votre journal, où vous tonniez contre une école, devient l'organe officiel\n(pour toute la Belgique) de cette école. C'est là que l'on encense René Ghil\net que l'on se pâme devant les strophes infantiles de M. Vielé-Griffin.Vous\n\n (I) ?\n"}, {"page_pdf": 213, "texte": "                                         —    182 —\n\n\n  êtes fondateur-patron de la Revue indépendante où sévissent, de ci de là,\n  tous ceux dont vous déploriez les tendances il y a deux ans. Tout ce que\n  vous avez écrit contre nous vous retombe sur le nez. Vous nous dites :\n  « Ne devenez pas décadents »,à nous qui ne l'avons jamais été, et d'emblée\n vous le devenez vous-même ! Vous nous annoncez que nous allons bientôt\n mourir, que nous vieillissons, et subitement, comme par miracle, notre\n arrière-garde reçoit des renforts d'écrivains jeunes et pleins de sève (1).\n    Alors, comme tout vous fond dans la main, votre belle science des Let­\n tres et vos pronostics de bookmaker, vous lâchez les grands mots, périodi­\n ques chez vous : Journalistes et piliers de tavernes !\n    Journalistes, vous qui avez fait l'article de tête au National, au Peuple,\n où sais-je, au Progrès peut-être? Journalistes, vous qui vouliez être du\n Sénat ! Je regrette que vous n'ayez pas réussi ; c'eût été le summum jus.\n    Piliers de taverne, vous qui avez promené votre robe d'avocat et votre\n surnom d'écrivain dans les meetings de cabarets et de guinguettes. Voyons !\n voyons ! grelot progressiste !\n    Et puis, personnalité pour personnalité, que vous mêlez-vous de notre\nvie! Elle n'est pas à vous, et vous n'avez droit qu'à considérer nos œuvres\nsi elles vous intéressent (2). La presse est notre métier, la littérature notre art.\n La presse, c'est notre barreau à nous. Est-ce que nous vous reprochons de\nplaider pour des vidangeurs ? ou bien vivez-vous de la vente de vos livres ?\nNous n'avons jamais songé à écrire le Paradoxe sur le journaliste pour\njustifier de nos compromissions, pas plus que nous ne nous sommes faits\nles échos des potins qui couraient sur vous ou les vôtres. La presse, elle a\nbon dos maintenant que vous n'avez plus besoin d'elle pour vous pousser à\nla députation ; sur nous retombent vos déboires politiques et vos avorte-\nments littéraires, ceux que vous déploriez si amèrement dans votre inénar­\nrable lettre à M. Victor Hallaux, membre de la presse (votre cher\nHallaux, pour la circonstance). La presse, vous lui en voulez d'avoir\naccueilli votre Juré par un sourire sans méchanceté comme sans intérêt,\nde ne pas vous avoir appelé le Molière du Barreau, auteur et acteur tout\nensemble, et de n'avoir pensé qu'au tapissier, troisième incarnation.\n    Lorsque, dans le fatras de vos dissertations juridiques, nous découvrions\nquelque vigoureuse page descriptive, nous n'avons pas hésité à le dire,\n\n\n  (1) Hector Chainaye, Maurice Maeterlinck, Jules Van der Brugghen, Arnold Goffin,\nFernand Séverin, Grégoire Le Roy, Jules Frédéric.\n  (2) « Les esprits inférieurs attaquent les gens, les esprits supérieurs n'attaquent que les\nchoses. »                                                         (ALEX. DUMAS fils).\n"}, {"page_pdf": 214, "texte": "                                    -   183    -\n\n respectant, pour le reste, votre marotte professionnelle; a fortiori ne son­\n gions-nous pas à vous demander si vous passiez vos soirées au Jardin\njoyeux, au Moriaan ou dans les coulisses d'un théâtre. Que nous importe\n votre vie privée, si vous nous faites de beaux livres, et, si vous n'en faites pas,\n que nous importe-t-elle davantage?\n    Nous ne vous avons pas voulu comme chef et cela vous irrite au point de\n vous faire oublier toute retenue. Vous voulez être le général Boulanger de\n quelque chose et cela ne réussit pas, même à l'Art moderne où les articles,\n surtout les vôtres, vous rient au nez. Ce que vous écriviez hier vous détruit\n aujourd'hui; vous n'êtes pas Monsieur Picard, mais Maître Sisyphe, et\n le pavé, que vous voulez absolument rouler en haut de votre montagne,\n c'est le monolithe de l'ours.\n    Il écrasera votre cor aux pieds littéraire; et ce lui sera facile.\n    Et maintenant, en face de cette exécution sommaire jetée à un triste\n homme de lettres, que l'homme privé, pour qui nous gardons tout respect\n  chronologique, se fâche s'il le veut. J'aurai les rieurs pour moi. Vous\n  avez, comme ressource encore, de vous taire, ce sera votre Ne daigne,\n Ô Rohan ! Il vous reste aussi le : « Et vous donc? » qui élude; mais, quant\n  à répondre spirituellement et victorieusement, je vous en défie.\n                                                             MAX W A L L E R .\n\n\n\n\n                                     VERS\n                                          I\n                                LES RÊVEURS\n\n      Combien chères en vous, bouquets élus d'enfance,\n      Frères en rêve pur qui n'oserez mourir,\n      Ces blessures du cœur si lentes à guérir!\n\n      Suaves patients embellis par l'offense,\n      D'où rayonne sur vous ce charme des douleurs\n      Et fleurit en vos yeux l'angoisse en pâles fleurs?\n"}, {"page_pdf": 215, "texte": "                         — 184 —\n\nAh! d'où, surtout, vous vient cette beauté de l'âme\nEt sur votre chair pâle où le mal est inscrit,\nQuelle haine drapa le blanc manteau du Christ?\n\nNous ne savons qui c'est de l'homme ou de la femme\nDont la jeune beauté vous voisine le plus,\nEt nous songeons au fruit des couples dissolus\n\nMais non, chère langueur, si douce et si fluide,\nTu dérives de mieux que du vain ici-bas,\nEt ta sérénité ne s'en ouvrira pas.\n\nEt tu te feras jour à travers notre vide,\nReléguant loin de toi les rares empressés\nDu geste de te taire et de tes yeux baissés.\n\nIl est vrai que la chair niera tes auréoles,\nEt que tu passeras par des landes d'ennui,\nEt pourtant nous voilà contents en notre nuit !\n\nCar nous t'avons surpris de timides paroles,\nEt, si vile que soit la terre à ta beauté,\nTu n'oseras t'ouvrir l' « au delà » souhaité.\n\n\n\n                             II\n\n                        LE VALLON\n\nJe revois en esprit de calmes paysages\nQui comprirent jadis les soucis de nos cœurs,\nDes sites distingués des souffrants et des sages\nEt qui font l'âme encline à de douces langueurs.\n\nIls veulent être vus à cette heure indécise\nOù se teignent de soir les blonds après-midis,\nEt non dans les matins que l'aurore opalise,\nEt non dans la rougeur des couchants refroidis.\n"}, {"page_pdf": 216, "texte": "                          — 185 —\n\nIls semblent, ces vallons de muettes feuillées,\nL'abri prédestiné des dolentes amours,\nLes discrets confidents des plaintes alliées,\nL'alcôve des meurtris qui s'aimeront toujours.\n\nMais c'est le gîte aussi d'un étrange silence,\nQuand parfois les aimés s'en viennent enlacés,\nEt, les yeux se fuyant, rêve d'intelligence\nDe renaître peut-être aux doux frissons passés.\n\nEt nous-mêmes, nous deux, aux jours d'angoisse humaine\nPâles soudainement du vide de la chair,\nSincères pèlerins émus de foi sereine,\nNous avons révélé notre âme au vallon cher.\n\nLors il nous a guéri du mal et de ses causes,\nEt les feuilles chantaient si bien dans le ciel d'or,\nEt les lèvres des fleurs disaient de telles choses,\nQue nos yeux consolés s'osaient chercher encor!\n\nEt si longtemps, enfin, que nos yeux et nos bouches\nMarieront en l'amour le sourire et les pleurs,\nLaisse, ô notre vallon, dans tes grâces farouches\nLes blonds après-midis s'alanguir sur tes fleurs!\n\n\n                              III\n\n                    LES MORTES-NÉES\n\nMes rêves, ces ailés d'ailes douces et frêles,\nA qui rien n'est fermé de la céleste geôle,\nSe promènent au son de pâles chanterelles\nPar les jardins aimés du maître de Fiésole.\n\n Voici naître soudain de molles plaintes d'âmes,\n Ainsi les blancs regrets des timides enfances,\n L'ineffable parler des voix faibles et femmes\n Nous prier à venger d'anciennes offenses!\n"}, {"page_pdf": 217, "texte": "                         — 186 —\n\nL'oubli divin leur fit les nulles destinées\nDes graines que tua le gel à peine vertes,\nEt c'est triste à mourir ces chères mortes-nées\nQui promirent en vain les corolles ouvertes.\n\n« Nous vous eussions donné les rares amoureuses\nDont l'absence rend vains les désirs et les rêves,\nEt des baisers câlins aux passions peureuses\nEt d'autres à vider les races de leurs sèves.\n\n« Nous eussions inventé quelque idéal étrange\nQui hâtât l'agonie ineffable du vôtre,\nEt lâché le frisson de ses ailes d'archange\nSur les hontes où l'âme éternelle se vautre.\n\n« Mais de cruelles mains nous permirent à peine\nD'exister un instant aux entrailles des mères,\nEt sans doute l'oubli du Seigneur ou sa haine,\nFit mourir en bourgeons nos feuilles éphémères. »\n\n\n                             IV\n\n                     L'AMOUR CRUEL\n        Par l'âme ignorante et ses lys.\n        Par nos chairs closes sous les plis\n        Des amples tuniques d'opale;\n\n        Nous voulons, être aimés d'amour\n        Et laisser dans la mort du jour\n        Aux baisers notre beauté pâle.\n\n         Lors voici venir jusqu'à nous\n         Le charme des aveux plus doux\n         Dans le mystère des vesprées,\n\n         Et jusqu'à nous mourir encor\n         Les vaines plaintes sonnant d'or\n         Des amoureuses éplorées.\n"}, {"page_pdf": 218, "texte": "                         -   187   -\n\n        Leurs cheveux nous baignent les pieds\n        Et leurs passés sont expiés,\n        Tant nous aiment ces pécheresses.\n\n        Bien tristement, des yeux  meurtris,\n        Des mains, des lèvres et des ris,\n        Elles implorent nos caresses.\n\n        Mais nous restons froids et sereins,\n        Levant nos regards souverains\n        Vers d'autres yeux que ceux des femmes,\n\n        Tandis que donne notre chair,\n        En l'ennui dit plaisir amer,\n        La mort irrémissible aux âmes.\n\n\n                              V\n                          L'OUBLI\nAux jours bien morts, hélas! du rêve enviolé,\nQuand vacillait en nous la suprême espérance,\nN'avions-nous plus, du moins, l'attente et la souffrance\nEt cet acre jouir de vivre immaculé?\n\nN'était-ce pas très doux encor cette blessure\nPar où se dissipa le sang de notre orgueil,\nEt ces râles jaillis du cœur même et ce deuil\nDe s'écouter descendre en une tombe obscure !\n\nEt n'était-ce pas doux ce dernier souvenir,\nPâle ou sanglant parfois de la vie écoulée,\nEt ces regrets, enfin, de l'audace en allée\nEt l'orgueil du néant méprisant l'avenir ?\n\nCétait mélancolique et cher comme d'entendre\nAu lointain le plus bleu des vespéraux halliers,\nVibrer d'âme navrée et s'éteindre oubliés\nLes vains appels du cor harmonieux et tendre.\n"}, {"page_pdf": 219, "texte": "                          — 188 —\n\nVoici l'heure venue où se penchent les cœurs\nVers les fuyants échos des vibrances dernières,\nEt de la mort des sons dans la mort des lumières\nSe sentent défaillir en d'immenses rancœurs !\n\nBientôt s'élèveront les silences funèbres,\nEt nous saurons alors, mais alors seulement,\nQuel mal c'est que l'oubli d'un ancien tourment\nEt nous voudrons, en Vain, mourir dans nos ténèbres.\n\n\n                             VI\n\n                 LA MORT DES POÈTES\n\nLe soir où nous mourrons des affres de la chair\nVaguement consolés de prières pleurées,\nPour nous ravir, enfin, les âmes en l'éther,\nLes hymnes deviendront des calmes empyrées.\n\nLe cher soleil qui vit nos premiers pas joyeux\nPressentira d'amour venir notre agonie.\nEt, plus doux cette fois au baiser de nos yeux,\nAttardera sur nous sa caresse infinie.\n\nPeu nous importera que la vaine cité\nS'inquiète un instant de notre fin prochaine,\nEt que jusques au seuil de notre éternité\nBlasphèment nos passés, sa folie et sa haine.\n\nCar nous saurons, pour lors, tous les pardons du Christ,\nImités au travers des traîtrises de vivre,\nEt souffrir sera doux, puisque c'était écrit,\nEt que les cieux, d'ailleurs, nous sont promis, au Livre.\n\nDe seuls péchés d'amour nous pèseront au cœur,\nEt nous pourrons mourir dans cette certitude\nDe doux enfants tombés en faute par langueur\nA l'heure où les tenta l'esprit de solitude,\n"}, {"page_pdf": 220, "texte": "                           — 189 —\n\nEt les hymnes d'en haut, dans un immense accord,\nTresseront sur nos fronts la gloire des victimes,\nEt ce sera l'annonce, en dépit de la mort,\nD'une vie éternelle et pure sur les cimes!\n\n\n\n                              VII\n                    LE DERNIER RÊVE\n                                               A HENRI DECROUX.\n\nAu fond endolori des suprêmes vesprées\nOù meurent en silence et les yeux s'évitant\nLes débris à leur fin des races ulcérées, .\nIls l'ont crucifié dans le rose Occident.\n\nPâle de plus en plus des fuites de la sève,\nAvec, dans le lointain des beaux yeux       mi-fermés,\nLe solitaire orgueil d'être le dernier rêve,\nIl revoit par l'esprit les siècles bien-aimés.\n\nIl penche du fardeau de la proche agonie,\nSous l'or vague et soyeux des cheveux ruisselants,\nLa mystique beauté de sa face bénie,\nEt voici pénétrer la lance dans ses flancs !\n\nEt c'est sur la muette et coupable indolence\nDes peuples assoupis à l'ombre de la croix,\nLe rouge épuisement des veines par la lance,\nEt les derniers frissons des membres déjà froids.\n\nSoudain il s'est raidi sur son arbre de honte\nAvec de longs sanglots et des yeux révulsés,\nEt maintenant le corps s'affaisse, et l'âme monte\nRejoindre dans l'Ether les rêves trépassés.\n\nEt désormais la nuit pèsera sur la terre\nDe jour en jour plus dense aux hommes plus méchants,\nEt cette pourpre éteinte en un ciel de mystère\nC'est le dernier reflet du dernier des couchants.\n                                          FERNAND SÉVERIN.\n"}, {"page_pdf": 221, "texte": "                                  — 190 —\n\n\n\n\n                              VISIONS\n\n                          A Georges Khnopff.\n                                                      O this gloomy world !\n                                                 (WEBSTER. — Duchess of Malfi),\n\n              Ce matin, après le déjeuner, servi avec cette minutie anglaise et\n               dans ces porcelaines légères que j'aime, on m'a assis devant\n               la verrière nimbée de rideaux blancs et d'où coulait un jour\n               limpide, folâtre, espiègle... Et c'est singulier la clarté qui se\nfit en ma pauvre tête si lasse de poursuivre des idées qui ne s'achèvent\njamais... Une masse de souvenirs se présentaient, non à mon esprit mais à\nmes yeux, ils semblaient affluer extérieurement; des paysages, des rues,\ndes individus à moi connus, naguère, se dessinaient au milieu de la lumière\nirradiée par la fenêtre, me remémorant des séries de faits liées à ces visions...\nJ'étais si heureux; — depuis bien longtemps, de vilains et grossiers nuages\nvoilaient mon intelligence. Et enfin, je puis presque réfléchir, arrêter une\nperception au passage, la préciser, m'y complaire. Guère de cohésion,\nencore ; ma pensée plie, se dérobe quelquefois, va un peu à l'aventure et\naussi, je crains de trop travailler, de surmener le mécanisme délicat qui\nlentement reprend le mouvement normal, — peur, surtout, de retomber\nau chaos, au délire.\n   C'est pareil à une marée continue, bruissante mélodieusement, sans\nhoule ni furie, — chantante, — dont les lames alanguies déferleraient sur\nune très paresseuse plage. Les accords allongés, mourants de Tristan\net Yseult diraient mieux ma sensation. — Un flux incessant, une submer­\ngeante affusion de songes colorés — que je voudrais bien retenir, — mais\ndéjà, du fond de mon cerveau, arrive une vague nouvelle qui brise,\n éparpille et noie le flot précédent, — puis, à son tour, expire. — Je ne\nrésiste plus et les eaux berceuses m'emportent, me caressent, glissent le\nlong de mon corps, avec des clapotis argentins, — jouent, me roulent au\ncreux de leurs ondulations, — s'éloignent, m'abandonnant sur le sable\ndoré, — et, rieuses, minaudières, raccourent avec une feinte colère pour\n m'engloutir dans leurs profondeurs rêveuses et dormantes...\n   — Ah ! ce site... doux et suave ! On grimpait au haut de cette éminence\net tout d'un coup, c'était un ravissement... La plaine, la paisible rivière,\n"}, {"page_pdf": 222, "texte": "                                   —    191   —\n\n\n\nles forêts là-bas, — loin, — le petit village, près du pont, — et tout cela\nestompé, fondu en teintes fines, atténuées. Chaque fois la même impression\ns'imposait : Il me paraissait voir un panorama chimérique, trop beau pour\nêtre vrai, un mirage qui allait s'évanouir sous mes yeux, me dévoiler\nl'horreur des ténèbres, de la sombre et mystérieuse et épeurante Nuit.\n    Les soirs, de la terrasse surplombant la vallée, nous contemplions le ciel\npur, miroir d'ébène chatoyant et il me disait : — « Vois tous ces Mondes...\nVénus, Mars, le maléficieux Saturne... Ils brûlent de flammes inextin­\nguibles; — et la poussière stellaire, cette Voie lactée; cette vie fourmillante\ndans l'Ether répandue... » — Et je me retournais en moi-même, je me\ntendais de toutes mes forces, je voulais savoir, savoir encore, embrasser la\nsublimité des sphères, m'élever jusqu'au Concert universel, jusqu'à l'Eternel\n Seigneur, atteindre le Destin magnifique et impénétrable, — comprendre,\ncomprendre, comprendre...\n     Quel dédain m'inspiraient les perspectives terrestres, alors ! Je sentais\n monter en moi un ample mépris pour ce qui m'intéressait, jadis : — les\n livres, les beaux livres, les poètes, — moi-même !... Une pitié ! nous nous\n occupons, — avec quel risible sérieux! — de niaiseries, tandis que, de\n toutes parts, l'illimité nous opprime... — Une intime satisfaction de ma\n propre clairvoyance s'insinuait peu à peu et, au chaud soleil de l'égoïsme,\n hâtivement fructifiait. Mais, aussitôt — les rayons des divins flambeaux\n s'aiguisent, incisifs et perçants comme un coup d'œil chargé de froid cour­\n roux et ironique ; les chères paupières se ferment, tristement se détournent\n et s'éteignent les scintillations joyeuses... Plus rien! — un rideau de mena­\n çante obscurité, où des pâleurs sombres passent... Et le rideau s'enfonce\n dans les vastes étendues, recule, recule, repoussant derrière lui les constel­\n  lations — puis, sans bruit, brusquement, il redescend, se rapproche, vite —\n  s'abaisse, m'enveloppe d'une terreur confuse... Et cela m'apparaissait pareil\n  à une immense draperie funèbre, agitée et plissée par un vent calme —\n  subitement impétueux et sauvage... Cependant, accompagnée de larmes\n  lénitives, la certitude me revenait de l'inanité de nos volontés, de nos efforts,\n  mais cette pensée n'était plus âpre, hautaine, blasphématoire, mais miséri­\n  cordieuse et tendre... Alors, les incommensurables Espaces cessèrent de\n  me terrifier, de timides et chétives Etoiles percèrent la Ténèbre, et leurs\n  clignotements semblaient me faire signe, — de n'avoir point d'effroi... La\n  splendeur des Pléiades se déroula de nouveau au nébuleux firmament ; —\n  j'entendis un pas furtif et doux et une voix harmonieuse, remplie toute\n  d'inflexions diaphanes et effleurante : — « Laissez, — laissez venir à Moi\n  les petits enfants !... »\n"}, {"page_pdf": 223, "texte": "                                   — 192 —\n\n     Et je me réjouissais en mon cœur prosterné, défaillant d'une inexprimable\n  délice : — « Quel bonheur nous est donné et à tous, car, voici, ne sommes-\n  nous pas, pauvres et riches, simples et savants, — de crédules et naïfs\n  petits enfants? »\n     — Et celui qui m'accompagnait en ces réconfortantes promenades,\n  celui... — Mon Dieu! la gaieté radieuse a disparu, tout pâlit, s'engrisaille\n  autour de moi...\n     — Oh ! oui, j'ai aimé de grands et fertiles génies, — des phrases dont les\n  mots étaient de feu et de lumière, — des phrases joyeuses qui me faisaient\n  palpiter d'une longue épouvante... Et quelquefois, un mot, un mot\n  fulgurait d'un éclat diabolique, — accroupi au milieu d'une page comme\n  un Sphinx redoutable — énigmatique et redoutable... Je m'épuisais\n  à surprendre le sens de ces mots prestigieux, hiératiques, solennels, —\n  énigmatiques et redoutables... Oui, ils brillaient là ainsi qu'un feu follet,\n errant dans les campagnes, aux confins de l'horizon, qu'on poursuit avec\n  fièvre et que jamais, on ne pourra rejoindre... Non, écoutez! Ils ont la\n semblance de ces Astres, symboles mystiques, dont le rayonnement s'éclipse\n parfois et rejaillit plus fort — et pour lesquels, fous insignes, nous sommes\n saisis d'un amour éperdu, auxquels nous aspirons et voudrions confier les\n choses que nous devons taire.,. — Oh! je me rappelle, à présent, ce livre...\n Rirent-ils assez de moi! J'avais des amis, de précieux et sincères amis, —\n qui n'en a pas, d'ailleurs? — et souvent, — car tout cela m'étouffait, —\n j'essayai de me confesser à eux... Mais, quel dégoût ! ils ne me comprirent,\n ne m'écoutèrent même pas... Perfidement, ils souriaient et ils pensaient —\n et leur air poliment lassé disait : — « Pourquoi me raconte-t-il ces\n ennuyeuses choses qui me sont si parfaitement égales?... » — Je me tus,\n enfin... Mais cela m'oppressait; un besoin d'épanchement immédiat et\n complet. Me désaltérer à une source de bonté sereine. Quelque banale\n consolation m'eût peut-être suffi, — je ne pus l'obtenir... Et, à cette heure\n maudite, j'écrivis ce livre, j'ouvris mon cœur largement, — ainsi qu'une\n maison de plaisir où, sous des oripeaux bariolés, les Madeleines attendent\n en vain toujours, la main divine qui les relèvera, les lèvres chastes qui, d'un\nbaiser fraternel purifieront leurs lèvres... « Or, celui à qui il est moins\npardonné, aime moins... » Nulle rémission pour moi... Je profanai les\nsecrets de mon âme; histrion avili, comparse ignoré, je me prostituai...\nDieu! ils raillèrent encore... Ma sincérité, ils ne la sentirent pas — et que\nj'avais tremblé en écrivant 1 Comme je les détestais ces pages, — un écœure­\nment sans nom... Une haine démente, chaque jour exaspérée — et malgré\nelle, à cause d'elle — qui sait? — l'infâme besogne s'achevait. Ah I justicière\n"}, {"page_pdf": 224, "texte": "                                   — 193 —\n\nleur dérision et raisonnable. — Quelle témérité : se couronner soi-même —\nd'épines !\n   — Toute couronne nous gêne et nous insulte!\n   — ... Mon esprit étourdi, enivré, chancelle ; — il se roidit, le malheureux\nveut marcher quand même, traîner l'instrument de son prochain supplice\nmais comme Lui — sa croix l'écrase. Il fléchit, glisse, tombe... Les sages\néclatent. .\n\n                                          Topass away the time, l'il tell your Grace\n                                          A dream I had last night...\n   Je vaguais parmi une multitude qui allait je ne sais où... Un homme\ntombe devant moi, subitement — les badauds s'attroupent et imitant tout\nce monde, je m'arrête,..\n   Trois plaies béantes, énormes, lui trouaient la poitrine et le sang jaillissait\net se caillait sur ses habits... Et soudain, un frisson me secoua, j'arrachai\nmon attention de ce spectacle et je vis, — je vis les regards de tous ces gens\nfixés sur moi et dans leurs yeux et leur sourire narquois et plein de doute\n— comme si je protestais ! — et de défiance je lisais, oh ! clairement et\nirrécusablement qu'ils m'accusaient, que silencieusement, ils me condam­\nnaient... Longtemps, pétrifié par l'angoisse, tremblant et soumis déjà à\nl'inexorable Destin, je restai immobile auprès d'eux, attendant l'imminent\ntumulte, la clameur vengeresse, les gendarmes qui m'emmèneraient... Mais,\nrien... Ils me considéraient toujours, et sur leurs visages éclatait de plus\nen plus fort leur détestable conviction, mêlée d'indifférence, de mépris et\nd'une haine sans bornes...\n\n   Seigneur ! Quelle soudaine obscurité ! L'ombre rapide dévore les clartés,\n— ces nuées chargées de fureur et grondantes, — l'azur se plombe... Des\nglaives sulfureux flamboient... Un éclair ! Quel bruit étrange, — si lointain\net si proche, en même temps... Ça rebondit!... Pensons encore; c'est si\namusant de s'exercer à revivre. — Renaître!... Que disais-je donc?— Je\nne sais plus ; j'ai tout oublié... Si je pouvais, seulement, retrouver le nom...\nQui portait ce nom?,.. Ah! — Ce n'est pas çà!... Le brouillard, — ces\nvapeurs qui entrent en ma tête... L'envoûtement recommence, l'In pace\ns'ouvre; l'ingénieux bourreau imagine une torture nouvelle; il te fascine,\nl'Astucieux... Tout sombre dans la brume... La croix! — la croix s'appe­\nsantit, m'accable... Notre Père qui êtes aux deux... Ah! non, non, — je\nne veux pas ! Je veux — je veux penser!... Penser!...\n                                                         ARNOLD GOFFIN.\n"}, {"page_pdf": 225, "texte": "               — 194 —\n\n\n\n\n   AIRS DE FLUTE\n\n                  xx\n            T R I S T E ZUT\n\nJ'ai vu la chère tout à l'heure,\nElle m'a dit des mots en l'air,\nMais cela n'était pas bien clair...\nComment se fait-il que je pleure ?\n\nElle me disait : c'est un leurre\nQue s'aimer éternellement;\nCelui qu'on aime est... l'autre amant...\nComment se fait-il que je pleure ?\n\nQue l'amour trop prolongé fleure\nLes lilas longtemps enfermés,\nOui, nous nous sommes trop aimés !\nComment se fait-il que je pleure ?\n\nLorsque dans le doux soleil clair\nOù la rosée en perles pleure,\nJ'ai vu la chère tout à l'heure,\nElle prenait un air en l'air ;\n\nElle souriait, c'est un leurre,\nLe sourire ainsi souri ment.\nOn sourit éternellement\nEt c'est au dedans que l'on pleure.\n\nOui, nous nous sommes trop aimés,\nPetit cœur que mon cœur effleure\nEt tout seul, chère que je pleure\nJ'ouvre mes amours mal fermés.\n"}, {"page_pdf": 226, "texte": "                —195 —\n\n\n\n\n                  XXI\n\n             CATALEPSIE\n\nLe magnétiseur, l'œil rivé\nDans l'œil bleu de celle que j'aime,\nL'a rendue immobile et blême...\nJ'ai cru que c'était arrivé.\n\nElle tomba sans un murmure,\nSon dolent regard disparut.\nUn espoir en mon cœur courut :\nMon Dieu! pourvu que cela dure!\n\nQue ce soit un vrai cauchemar,\nQu'elle soit morte de ma vie!\nJe l'appellerai, sans envie :\n« Mademoiselle Valdemar ».\n\nJe l'aimerai tant disparue\nA tout jamais de mon chemin ;\nAlors je lui tendrai la main\nSans la rencontrer dans la rue.\n\nJ'emporterai son corps défunt\nDans une bière en porcelaine\nDe Sèvres ou de Saxe, pleine\nD'un inaltérable parfum ;\n\nPuis pour que rien ne la réveille\nDe son rêve doux et berceur,\nA pas de loup, j'irai la veille\nEgorger le magnétiseur !\n\n\n\n\n                                       14\n"}, {"page_pdf": 227, "texte": "              — 196 —\n\n\n\n\n               XXII\n\n          EN MI-BÉBÊTE\n\nVeux-tu venir avec moi? Viens\nDans la langueur du crépuscule,\nNous nous dirons des tas de riens\nSur un ton doux et ridicule.\n\nLes lilas là-bas sont tout blancs,\nAu fond du parc l'étang s'allonge,\nEt dans l'eau langoureuse plonge\nLe cœur des nénuphars dolents...\n\nTout est blancheur et tout mystère,\nEn la nuit qui va frissonner.\nSept! huit, neuf! entends-tu sonner\nL'heure où va se coucher la terre ?\n\nLes voix doucement se tairont,\nAmoureuses, comme épuisées,\nEt de leurs palmes irisées\nLes rameaux neufs t'éventeront.\n\nAlors, yeux noyés, mains unies,\nNous irons rêver tous les deux,\nSous la garde des bergers bleus\nEt des houlettes infinies.\n\nPuis quand viendra le vilain jour,\nJe me jetterai dans l'eau claire...\nEt tu pourras, sans me déplaire,\nMe tromper, à ton aise, amour !\n"}, {"page_pdf": 228, "texte": "                                   — 197 —\n\n\n\n                       ON EN MEURT\n               Une histoire simple et triste : l'histoire de Renée d'Anges, fiancée\n                à seize ans. Seize ans ! un âge tout blanc de voiles jetés sur la\n                pudeur et sur la vie. Lui, dont les épaulettes étaient encore\n                neuves, venait d'être un enfant, car ils avaient grandi ensemble,\nen même temps et, prédestinés l'un à l'autre par leurs mères dès le berceau,\nils avaient joué souvent à se marier en s'appelant « ma petite femme » et\n« mon petit mari ».\n   Cependant, ces deux mères, prenant pour un instinct secret ce qui n'était\nqu'un laisser-aller de leur tendresse, le capricieux désir de mêler leurs joies\nen unissant ce qu'elles aimaient le plus au monde, continuaient d'oublier\nque les cœurs s'unissent d'eux-mêmes et qu'on ne les unit point, parce qu'il\nfaut laisser à l'acte le plus humain de la vie, le plus de libre arbitre.\n   Sans doute, ils s'aimaient étroitement, de l'affection fraternelle de ceux\nqui ont aimé les mêmes choses sous le même ciel, pendant toute une\nenfance; mais, lorsque l'adolescent, devenu physiquement un homme,\nsongeant à ce mariage et à ce qu'il exigeait d'eux, se fût mis face à face avec\ncette communion de deux êtres dans l'avenir et jusqu'au bout d'une vie\nqu'on ne recommence pas, il se sentit avoir peur moins du malheur qui\npourrait lui en venir que du bonheur à tout jamais perdu pour sa petite\nsœur de seize années.\n   Renée lui avait dit un jour qu'elle l'aimait à en mourir. Il ne l'avait pas\ncru. Est-ce qu'on meurt d'aimer? Pourtant il se souvint de ses larmes\nd'enfant tant de fois mêlées au rire de leurs jeux et il pleura tout seul de\nrongeantes larmes d'homme en songeant au mal qu'il allait lui faire.\n   Néanmoins pensa-t-il en pleine conscience que c'était son devoir. Même,\ncomme c'était cruel, il se dit qu'il y aurait de l'héroïsme à le faire et il le fit\npour cela dans l'inconscient élan de sa jeunesse, qui n'avait pas encore\nappris à douter.\n    Il s'enrôla pour un long terme dans une de ces compagnies d'exploration\nqui partaient alors pour l'Afrique.\n    Dans sa peine, un mal fut ainsi épargné à Renée, celui de le voir à une\n autre. Elle ne connut pas la jalousie atroce dont on retombe abattu bruta­\n lement en s'arrachant soi-même du cœur tout ce qu'on aimait. Elle put le\n croire toujours à elle et que le seul espace matériel les séparait. Elle passa\n des semaines, des mois à l'attendre, comme s'il devait lui revenir un jour;\n"}, {"page_pdf": 229, "texte": "                                   -   198   -\n\n  Mais la faible lueur qui brillait en espérance au bout de cette attente ne\n suffit pas à la soutenir et elle s'épuisa plus vite encore par l'effort de vivre\n quand même et de lutter\n    Oh ! le supplice horrible du prisonnier que des années séparent d'un\n renouveau de liberté ; des années pareilles à des murailles de granit entassées\nl'une devant l'autre, où l'on va se cogner le front, se ruer de tout le corps,\n s'arracher les dents et les ongles avec des lambeaux de chair. Le supplice\n du vivant écrasé sous la terre et qui s'épuise en efforts déchirants à revivre,\n jusqu'à ce qu'il en meure. Et celui de l'étouffé qui se débat dans un spasme\n de tout l'être en appelant un peu d'air\n    Aimer à faux, aimer à vide, c'est tout cela transporté dans la souffrance\n morale. Aimer désespérément et chercher en vain l'être aimé, sans que rien\n de lui, ni jour, ni nuit ne s'offre à notre baiser, sans rien de lui que nous\n puissions serrer entre nos bras qui se tordent\n    Et, des jours — comme il ne revenait toujours pas — succombant à la\n perpétuelle contention d'un amour qui avait fini par l'étouffer, il arrivait à\n Renée de se prendre la poitrine à deux mains pour en enlever un poids réel\n qui l'écrasait, puis, à bout de forces, de fermer les yeux, espérant effacer\ntout d'un trait de paupières et, ne voyant plus, ne plus être.\n    Aux convulsions de cette force morale destructive, le corps s'usa vite. Les\nmédecins déclarèrent que c'était de l'anémie. Renée commençait à vivre\nd'une vie presqu'immatérielle où l'on eût dit qu'elle respirait par l'âme et\nqui allait décroître avec la souffrance, jusqu'au jour où la souffrance\nfinirait\n    C'était cette toute simple histoire d'amour et de mort qui se dénouait\nmaintenant dans la splendeur silencieuse d'un soir lunaire, au bord de la\nmer, comme si la pauvre Renée trop lasse, enfin, de soutenir sa vie, l'eût\nlaissé choir inconsciemment dans le vide immense de cette nuit.\n    Une nuit usée aux pâmoisons chaudes du mois d'août et qui se préparait\nà l'automne par sa clarté plus claire, plus limpide, plus fraîche ; où la lune\népandait plus de rayons, afin de la réchauffer d'un frisson tiède.\n    Une nuit dépouillée de ses touffes d'obscurité profonde, effacée de cou­\nleur, pâle d'une pâleur polaire et si ténue qu'on croyait voir le jour au\ntravers.\n    Une de ces nuits fantômales et longvoilées dont tout le mystère vient des\nlueurs, non des ténèbres, où l'on dirait que c'est l'ombre qui se voile de\nlumière.\n    Une nuit dans ce demi-jour qui semble annoncer l'aube et où il doit faire\nbon mourir pour ceux qui pensent que de la mort naît la lumière.\n"}, {"page_pdf": 230, "texte": "                                   — 199 —\n\n   La vénitienne était restée de ses deux battants ouverte à l'air frais du\nlarge et Renée, dans un fauteuil, au bord du seuil. Elle l'avait voulu ainsi :\n   — Tout au bord, demandait-elle, plus près encore, plus près de la mer\net du ciel!\n   — Oh ! le froid, Renée, prends garde au froid ! répétait une voix désolée\nde la supplier en vain.\n   Mais l'insistance de son regard, où brillait une lueur lointaine au dessus\nde toute raison, signifiait qu'on ne devait rien lui refuser, puisqu'elle n'atten­\ndait plus de mal de nulle part. Et il se fit, dans un coin de la chambre, des\nsanglots qu'elle n'entendit pas, car elle semblait ne plus bien entendre déjà\nla vie de la terre.\n   La lune fauchait l'ombre par dessus la tête des villas jusques à l'horizon,\nqui noyait une masse sans fin dans sa clarté. Cette masse, un peu d'infini,\ndemeurait sans bruit, sans mouvement, sans forme, sans rien qu'un regard\nimmense qui était une lumière et qui semblait attendre en regardant le\nnéant. Il n'y avait plus là, ni terre, ni ciel. La mer, on ne la distinguait\nplus à des feux de navires en marche vacillant parmi les étoiles, car le ciel\neffacé n'avait plus d'étoiles dans cette nuit mystérieuse entr'ouverte sur l'au\ndelà, et la mer n'était plus qu'une harmonie bruissante, un chant, une prière\nsans paroles que le ciel écoutait.\n   Renée demeurait immobile, les yeux grands ouverts, fixant une petite\ntache bleuâtre par où le soleil paraissait devoir revenir à l'horizon. Se\ndisait-elle, peut-être, qu'elle allait le revoir avant les vivants, ce soleil qui\ntardait tant à remonter sur la terre ?\n   Tout à coup, comme si elle eût été saisie par le premier attouchement de\nla lumière froide qui entrait en elle, elle frissonna longuement.\n   On l'enveloppa d'un châle épais, dont les franges lui traînaient aux che­\nvilles. Elle l'amena de la main, en murmurant d'un son de voix qui\nn'exprimait que du bien-être :\n   — Ce n'est rien.\n   Puis elle ajouta, levant son visage en sourire vers une tête mâle, souffrante\net toute blanche qui se penchait :\n   — Docteur!... je suis bien!...\n   Alors, lui, reposant doucement le bras maigre où le pouls battait à peine,\nrevint à l'écart vers tous ceux qui l'épiaient en pleurant et leur dit :\n   — Veillez-la bien, car la mort peut lui venir cette nuit sans qu'elle s'en\naperçoive.\n                                                        H E N R Y MAUBEL.\n    Septembre 1886.\n"}, {"page_pdf": 231, "texte": "                                  — 200 —\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n\n                  Pierrot Narcisse, par Albert Giraud.\n\n               Dans les dernières années de ce siècle, qui étale avec une volupté\n                croissante l'effroyable et cruelle splendeur de sa décomposition,\n                l'art est devenu un hymne de douleur, une vaste et solennelle\n                symphonie où se croisent, comme les thèmes fondamentaux\nd'une composition musicale, l'angoisse, l'horreur, la haine et le dégoût. Le\ndégoût surtout. Car tous les yeux sont offusqués des laideurs de la vie.\nMais c'est en vain qu'ils se tournent vers les clartés de l'azur : les monstres\naperçus ont laissé, comme de hideux soleils de boue, une tache affreuse sur\nleur rétine, et désormais ils ne peuvent voir les douceurs des cieux printa­\nniers avec la candeur de la lumière et la grâce enfantine des frais nuages,\nqu'à travers un brouillard de fange et de sang.\n   Tel est le cas mental du poète de Pierrot Narcisse. Son premier livre,\nle Scribe, promenait un héros tout jeune, âme neuve dans un corps\nmaladif d'une sensibilité exaspérée, à travers les rues, les cafés et les appar­\ntements d'une ville moderne ; et cette ville, avec ses habitants, lui apparut\ncomme un cloaque de saletés et d'infamies. Ecœuré de cet immonde spec­\ntacle, le poète tourna ses regards vers les régions sereines du Rêve, que, du\nmoins, il pouvait peupler à sa guise de personnages heureux et libres, qui\nfussent ses amis et qui, loin de toute vie honteuse, accomplissent les seules\nactions permises par son autorité créatrice.\n   Il existe, là-bas, une cité de légende, aux architectures fugitives, habitée\nd'êtres bizarres et fous, qui sans cause, rient, chantent, pleurent, s'aiment,\nse taquinent, et se livrent à mille extravagances pendables ou pleines de\ngrâce, sans jamais heurter un code pénal ou une loi du bon sens, — car\ntoute raison pratique en a été pour jamais bannie. C'est Bergame, avec\nses gilles, ses pierrots, ses arlequins et ses cassandres. Heureuse Bergame,\noù il n'y a point de palais de justice, ni de magistrats, ni d'avocats, si ce\nn'est dans les coulisses, pour les besoins de la comédie ; — où les remèdes\nguérissent les malades malgré les médecins, — où l'on n'est même malade\nque pour mieux marier sa fille, ou pour servir les amours du beau Léandre\net de la tendre Cydalise ; — ville trois fois sainte du culte de la joie, où\n"}, {"page_pdf": 232, "texte": "                                  — 201 —\n\n\ntout est beau et frais comme l'adolescence ; ville de sourires, où l'âme rose\net parfumée des roses fleurit les joues d'Eliane, d'Amynte, de Célie et de\nRosalinde.\n   Cité bénie, c'est elle que cherchait cette âme souffrante, qui se détournait\navec dégoût des hontes, des bassesses, des duretés de ce monde. Voici la\ngalère fleurie des Embarquements pour les pays du Rêve :\n                    Un rayon de lune est la rame;\n                    Un blanc nénuphar, la chaloupe.\n\n   Mais, à Bergame, en rimant les rondels de Pierrot Lunaire, le poète se\nsouvenait invinciblement de la cruelle ville et de la triste vie qu'il venait\nde quitter. En vain, dans le doux soir rouge, ne voudrait-il voir que l'effeuil­\nlement d'un céleste bouquet de roses : dans ses yeux germent des images\nfarouches et perverses :\n\n                   Comme après les hontes romaines,\n                   Un débauché plein de dégoûts,\n                   Laissant jusqu'aux sales égouts\n                   Saigner ses artères malsaines,\n                   Le soleil s'est ouvert les veines.\n\n    Il n'a pas impunément respiré les miasmes empestés de nos capitales.\nMême dans les boudoirs des belles Bergamasques, même dans le parc aux\ntilleuls parfumés et sur les berges de la saphirine rivière du Tendre, le\nfrisson des anciennes fièvres tout à coup l'agite et un rauque cri interrompt\nla galante sérénade.\n   Tel était l'auteur de Pierrot Lunaire, tel nous retrouvons le poète de\nPierrot Narcisse. Pierrot, à qui il a insufflé son âme, n'est pas le Pierrot\nde Watteau, ce joli gamin dont la mélancolie, si passagère! est encore un\nsourire. Pierrot Narcisse porte au sein une blessure mal fermée.\n                Comme on devient mauvais, implacable et moqueur,\n                A se pencher ainsi sur les gouffres du cœur !\n                Et comme le cristal de la divine enfance\n                Se fèle étrangement à la première offense !\n                On en garde à jamais un sourire attristé\n\n  Pierrot Narcisse est, au fond, fort pessimiste. Il trouve le monde « banal,\nuniforme et malsain ». Voulez-vous savoir ce qu'il pense de Bergame? Il\nsouhaite la voir ensevelie sous la neige, cette vilaine ville !\n                Tombe, hermine des deux, sur la cité méchante,\n                Tombe comme un pardon sur ces êtres épais.\n"}, {"page_pdf": 233, "texte": "                                    — 202 —\n\n\n   Cité méchante! Êtres épais! Nous voilà loin de l'Embarquement pour\nCythère.\n   Vraiment, Bergame n'est pas autant qu'on le pense à l'abri des révolu­\ntions. Certes, les monuments sont restés debout, les parcs et les jardins y\nsont toujours disposés à souhait pour le plaisir des yeux, les modes n'ont\nguère varié, bien que Pierrot porte un gibus et qu'Arlequin ait abandonné\nson mirifique justaucorps couleur d'arc-en-ciel pour un maillot carrelé de\nnoir et de blanc, — comme s'il se savait, lui aussi, en deuil de quelque\nchose. Mais je gage que, avec les ménagements indispensables en si bonne\ncompagnie, il s'est fait là-bas un petit quatre-vingt-neuf, —; une république,\nque sais-je? J'y vois, à coup sûr, un parlement; car voici Cassandre qui\nparle politique, ministère et budget. Le XIXe siècle a passé là. Pierrot\ndélaisse sans doute la guitare. Il a l'âme triste de mes contemporains. Il\naime, je crois, Baudelaire, la musique allemande et la philosophie pessi­\nmiste. Comme mes contemporains encore, il sait lui-même, très bien, qu'il\nest malade et quelle est sa maladie. Il est « de la race des rêveurs, des\nsonge-creux »,\n\n                Et de ceux gui, nés sous le signe de Saturne,\n                Ont un lever d'étoile en leur cœur taciturne\n                C'est la race de ceux dont les rêves blasés\n                Se meurent du regret d'être réalisés.\n\n    C'est un Saturnien, — un hypocondriaque de l'esprit, — qui raisonne\n son mal et l'aiguise ; c'est un chercheur d'impossible, un voluptueux qui se\n plaint des épines des roses et qui oublie les roses pour les épines ; c'est un\n délicat, d'autant plus déchiré par les aspérités vulgaires des choses que sa\n délicatesse est plus subtile. Ah ! Pierrot, que vous êtes bien de ce temps !\n Et que vous avez appris à souffrir !\n  ' « Quand la créature humaine est très civilisée, elle demande aux choses\n d'être selon son cœur », dit Paul Bourget ; et il ajoute : « rencontre d'autant\n plus rare que le cœur est plus curieusement raffiné ; et l'irrémédiable\n malheur apparaît ». Quelle créature est plus raffinée et plus malheureuse\n que l'artiste rêveur et dilettante, — que lui, son fils de prédilection, lui,\n son essentiel symbole, le subtil et délicat Pierrot, qui voltige sur les civili­\nsations comme un grand papillon blanc, buveur de parfums? Nul être n'est\nautant que lui cruellement blessé dans ses tendresses, dans ses désirs, dans\nses goûts et dans ses songes. Mais si tout lui est buisson d'épines, il lui reste\nlui-même ; il lui reste sa douce tête fleurie de rêves vastes comme les mers\net les pays des tropiques, légers et scintillants comme les oiseaux mouches,\n"}, {"page_pdf": 234, "texte": "                                     — 203 —\n\n\nbizarres comme un bouquet d'extravagantes orchidées. Ah ! le monde ne\nveut pas être selon son cœur ? Eh bien, il retirera à jamais son cœur du\nmonde ; et puisque Pierrot seul est digne de Pierrot, c'est à lui-même, à lui-\nmême seul qu'il se donnera. Voici qu'il parle à son image :\n\n                C'est un autre et c'est moi... Ses lèvres sont pareilles\n                Au sang vierge d'un cygne assassiné ; ses yeux\n                Profonds comme des deux, ses yeux         mystérieux\n                Sont deux lacs de tristesse et de candeur oit sombre\n                Le soir silencieux de mes yeux, et dans l'ombre\n                Plus lointain qu'un espoir et plus pur qu'un regret,\n                Son visage éploré me suit comme un portrait.\n\n   Plus il se contemple, plus il reconnaît en lui-même l'unique source de\nses chers rêves et le seul être digne de son culte. Il s'exalte, il s'adore et\nformule enfin cette mystique prière :\n                O cœur plein de mon cœur, vaste comme les mers,\n                Espoir inexaucé de mes lèvres hautaines,\n                Qui nous a révélé ces ivresses lointaines,\n                Par delà l'heure triste et les baisers amers ?\n\n  Cette prière, qui éclate enfin en un baiser fou :\n                Un baiser de la lune a fiancé nos chairs !\n\n   Mais une fois encore, l'infortuné Pierrot, qui croyait étreindre son idéal,\na heurté la réalité, — l'inexorable réalité qui l'enveloppe comme le mur\nd'une prison. Il a brisé la glace où lui souriait sa claire image, et peu s'en\nest fallu qu'à ces cruels débris qui déchiraient sa chair, il ne laissât le dernier\nlambeau de sa vie. S'il n'est pas mort, c'est qu'il est éternel comme le\nmonde ; et toujours, soit dans les bassins des fontaines, soit sur les chemi­\nnées de Cassandre, soit dans les yeux d'Eliane, il trouvera des miroirs qui,.\nen dépit du cadre, lui montreront son unique amour : lui-même.\n   Etant donné Pierrot Narcisse, M. Giraud n'a eu qu'à écouter la logique\npour déterminer les personnages et l'intrigue de sa comédie. Pierrot seul\npossède un relief énergique; plus effacés, mais nets encore, apparaissent\nEliane et Arlequin, qui sont pour Pierrot les tentations de la vie; le reste,\nla vie banale, la vie indifférente, Cassandre, Mezzetin, les abbés, sont\nbrouillés et fongibles comme le fond d'un paysage galant de Watteau. Ces\npersonnages-là bourdonnent autour de Pierrot sans qu'il daigne s'aperce­\nvoir de leur présence. Bistournez vos concetti, messieurs les abbés, cassez\nles verres, grattez les guitares, Pierrot songe aux blancs flocons de la neige.\n"}, {"page_pdf": 235, "texte": "                                  — 204 —\n\n\nSeuls Eliane et Arlequin, la jeunesse, la fleur rose et capiteuse de la vie,\npeuvent le tirer un instant de son rêve. Mais Pierrot ne peut sortir du rêve\nque pour souffrir. Il est de la race « que tue à jamais la chimérique envie\n— De vivre à pleine bouche et d'observer la vie ». Désirs ennemis! Si tu te\nregardes vivre, tu cesses de vivre. Pierrot ne peut vivre cinq minutes sans\nréfléchir, imaginer et désirer mieux. A-t-il un caprice d'un quart d'heure\ndevant les yeux pers d'Eliane? En se rendant chez elle, il analyse son\nmalaise, il a peur d'arriver ; il entend chanter Arlequin et il l'envie, il vou­\ndrait être Arlequin, car il pressent que ce joli gamin est mieux fait que lui\npour aimer Eliane. C'est dans cette belle humeur qu'il arrive chez Cas­\nsandre, querelle Arlequin à propos de bottes, et, à peine en tête-à-tête avec\nEliane, l'insulte, la martyrise, lui parle raison et la convainc — en même\ntemps qu'il se convainc lui-même — que leur amour serait la plus sotte\nchose du monde. Mécontent de cette excursion dans le Réel, Pierrot, durant\nun souper banal, se renferme en sa pierroterie comme un plongeur dans un\nscaphandre; jamais il n'a été plus étranger au monde ambiant. Ce monde\ns'évanouit bientôt pour lui. Il reste face à face avec lui-même, et jamais il\nne s'est autant aimé.\n   Parlerai-je de la langue poétique du Pierrot Narcisse? M. Giraud y a\nfondu en un parfait alliage ses deux manières, qui semblaient presque irré­\nductibles : le vers nerveux et saccadé de son Pierrot Lunaire, — vers de\ngeste et de tour de force, — véritable vers de pantomime; et le vers ample,\nchantant comme un violoncelle, de Hors du Siècle, — un vers de riche\ncontralto un peu tremblant, plein de chatoiements et de vibrations, ce vers\ndoux, rayonnant et mélancolique, dont je disais un jour : « il chante l'au­\ntomne des lumières ». La fusion est maintenant complète. Les larmes, où\nun parfait magicien a enchassé de beaux rires, éclatent comme l'escarboucle\nmerveilleuse que la Guivre, par les blanches nuits de lune, laissait dans\nl'herbe du fleuve avant de plonger dans le courant.\n\n                                                        IWAN GILKIN.\n"}, {"page_pdf": 236, "texte": "                                               — 205 —\n\n\n\n                                      MEMENTO\n    Au moment de mettre sous presse, on\n nous annonce la publication d'une Antho-                                      ***\n logie d'auteurs belges, subsidiée par le                 Une nouvelle édition de l'Histoire des\n gouvernement. Collecteurs : MM. Edmond                Beaux-Arts        en Belgique, de Camille\n Picard, Georges Rodenbach, Emile Ver­                 Lemonnier, vient de paraître en un fort\n haeren et Camille Lemonnier. Subside :                volume, piteusement imprimé. La première,\n 24,000 francs.                                        qui parut en 1881, courait de 1830 à 1880;\n                                                       à celle-ci s'ajoutent les six années suivantes\n    Quelques canards cafards partent de là\n                                                       qui font du livre œuvre complète et remar­\n pour attaquer la Jeune Belgique. Nous\n                                                       quable. Camille Lemonnier a toujours une\n affirmons que la Jeune Belgique est abso­\n                                                       décision de critique qui étonne et saisit.\n lument étrangère à cette opération.\n    Nous reviendrons sur cet incident.                    A travers les virtuosités d'u n style large et\n                                                       pur, où l'on sent peut-être un peu trop les\n                                                       variations artistes qui modifient le thème\n   Le 22 mai ont paru, chez M me veuve Mon­           initial, on retrouve constamment la préoccu­\n nom, les Nouvelles Kermesses de Georges              pation de l'homme sincère, épris des ave­\n Eekhoud, en un superbe volume imprimé                nirs et respectueux des passés.\nde façon impeccable, et avec une couverture              Où il ne saurait admirer, il constate; où\ndessinée par Léon Dardenne et reproduite              il admire, il s'enthousiasme; c'est bien une\npar M. Evely, en photogravure (prix fr. 7-5o).        histoire durable à laquelle nous aurons\nLe dessin, représentant un paysan fauchant            tous recours et constamment. La part faite\ndans un paysage crépusculaire est un petit            aux jeunes y est belle et celle aux anciens —\nchef-d'œuvre, et certes, une des meilleures           et aux vieux — déférente.\nchoses qu'ait faites le jeune peintre. La                Il existe en ce moment à Paris une\ntypographie est absolument parfaite, et               Histoire générale de l'Art (Quantin) dont\nquant au livre, nous dirons bientôt ce qu'il          chaque volume a son intérêt. Si notre gou­\nnous inspire de grande admiration.                    vernement avait, par impossible, l'idée d'en\n                                                      créer une similaire, le livre de Lemonnier\n                       ***                            serait le premier en date et en valeur pour\n   La Gaule (tirage : 20,000 exemplaires)             y être reçu.\nnous annonce, dans son deuxième numéro                   Seulement, comme c'est une belle œuvre,..\nd'existence, qu'elle est « désarmée ». Elle\nest bien un peu désarmante aussi, mais\n                                                                              ***\nelle nous tuera, c'est clair. A signaler dans            L'Artiste est en plein succès, comme le\nce numéro un beau vers de M. Fernand                  pauvre Art moderne en pleine décadence.\nBaudoux (pseudonyme de Tintilaire, Jo­                Nous devrions dire déliquescence. Voici la\nseph) :                                               fin d'un article sur Le Geste ingénu de\nMais pour montrer à tous qu'il faut tenir ensemble.\n                                                      René Ghil :\n                                                         « Un souffle large circule dans le poème;\n  (N. B. On assure que c'est français).\n                                                      « ici, des andante, plus loin, des presto,\n                       ***                            « enfin, des crescendo toujours plus larges\n                                                      « jusqu'à cette fin :\n  Ejusdem farinœ. Un joyeux article de la\nGalette de Huy (18 mai) sur le livre de               « Menteuse au grand serment expira l'aurore ivre :\n                                                      Et l'univoque sœur du vent en les hivers\nM.Tilman. C'est signé L. S. (Lucien Sprin­            Une voix vaine avant le la qui devait vivre\nguel, juge de paix, à Huy, auteur des                 Pleure les mois perdus en le moment pervers.\nDistractions d'un juge de paix).                      Morts les yeux dans le nord et la grosse mer plane\n  On se tord à raison.                                Le Trois-Mâts aux grands Mâts dans l'Ile n'arriva.\n"}, {"page_pdf": 237, "texte": "                                               — 206 —\n\nMais longtemps morne aux pleurs impuissants et          pavage en bois serait accueilli sur les « che­\nDans l'inouï de nous et dans l'inexprimé      [sonore\n                                                        mins de soleil », par les gens qui ont de\nMonte de vague en vague aux rives et s'éplorc\nUn égoïste deuil de nul phare allumé. »                 l'impressionnisme plein leurs bottes.\n                                                           Ecoutez, ou plutôt voyez :\n  « Il nous a été donné rarement d'en-\n« tendre alexandrins où plus de solitude et             Comme une belle-mère au sein d'un jeu de   qUilles»\n« de deuil et de définitive misère d'âme                   Quatre quilles sont encore debout, avec\n« aient été condensés. Ces vers font voir               la boule à côté. Les autres ? Renversées\n« combien l'image et la musique pénètrent               dans la lutte contre la belle-mère !\n« l'idée et l'émotion chez M. Ghil : De la                 Et notez que cette formule idéographique\n« mer et du plain-chant.                                peut s'adapter à l'ancien répertoire et à tous\n  « A noter aussi dans cette situation la               les idiomes, volapuk compris (enfin !),\n« typographie voulue du vers :                          comme des galons aux vieux habits.\n                                                           Voici un vers du « Poète des cafés »,\n\" Le Trois-Mâts aux grands Mâts vers une Ile s'en va\n                                                         d'Eugène Manuel :\n« d'une très délicate silhouette marine. Au Et les coups résonnaient sur les billes d'ivoire\n« reste, de tels exemples abondent et sur­\n                                                  C'est d'une banalité navrante : on en\n   tout pour les yeux des nuages moirés et\n                                               arrive à comprendre les rigueurs de l'Aca­\n« miroitants correspondant aux instru­\n                                               démie française à l'égard de l'auteur.\n   ments. »\n                                                  Mais croyez-vous que ces rigueurs tien­\n   Au grand jamais, l'auteur de cet article\n                                               draient un fol instant devant le vers ainsi\net celui de ces vers ne parviendront à nous\n                                               typographie !\ndire ce que leur bafouillage signifie. La\n« silhouette marine » et typographique du Et les coups résonnaient sur les billes d'ivoire.\nvers en question nous échappe tout à fait.        On voit les deux queues et les trois billes\nUne mèche des cheveux de Wauwermans alignées, celles-ci pour un « coulé » superbe,\nà qui comprendra.                              le tout « d'une très délicate silhouette de\n   Décidément l'Artiste arrive à son heure « café. »\npour drainer les abonnés du pauvre                Dans les éditions pour bibliophiles, et\nArt moderne. Ils y trouveront un organe afin de satisfaire « certaines âmes modernes\nexcellent de notre art contemporain, en des infiniment sensibles », on teinterait de\narticles où l'on n'anonymise pas. Signalons rouge l'une des trois billes. »\ndans les premiers numéros les études :\nL'Impassibilité    littéraire, d'André Fon-\ntainas; Amédée Lynen, d'Eugène Demol­             Du réalisme dans la littérature contem-\nder ; Constantin Meunier, de Jules Destrée ; poraine. Lettres sur la « Jeune Belgique »,\nLe Théâtre naturaliste, de James Van par Charles Tilman, docteur en droit, phi­\n Drunen ; le Xavier Mellery, de Georges losophie et lettres. — Un vol. Bruxelles,\n Eekhoud, etc. L'Artiste a, d'ores et déjà, la  Ferd. Larcier. Prix : 3 francs.\n vie assurée, et le public lui a fait bon         Trois cent vingt-sept pages serrées pour\n accueil.                                       détruire à tout jamais la Jeune Belgique.\n    La joyeuseté ci-dessus (Le Trois - Un travail de bénédictin, avec entassement\n Mâts, etc.), a été spirituellement « ramas­ de notes minutieusement chiffrées et scru­\n sée » dans l'Art moderne même, par un puleusement transcrites, dont personne ne\n abonné qui signe Emilio. Voici un fragment discutera l'exactitude. Il n'y a rien à dire,\n de la charge :                                 M. Tilman est un honnête batailleur et\n    « Exemple de la nouvelle évolution Sym­ nous devons le féliciter de ses efforts ; mais\n boliste :                                      le résultat de son énorme travail nous\n    Vous voulez, je suppose, exprimer de échappe tout à fait. Il a feuilleté page par\n quelle cavalière façon un entrepreneur de page notre revue, et c'est là-dessus qu'il\n"}, {"page_pdf": 238, "texte": "                                        — 207 —\n\n\npart en guerre contre un mouvement d'art           D'où il résulte que les évangélistes\ndont il ne comprend pas le premier mot.          déclarent que : Jésus était né dans du vin\n   Tel chapitre est intitulé : « Quelle est la   nouveau, possédé d'un démon impur, afin\nvaleur humaine de la personnalité des jeu­       que l'Ecriture fût accomplie!\nnes ? » et l'auteur conclut à une non valeur       Vous accommodez la Jeune Belgique à\nen s'appuyant sur des textes de Paul Bour-       la même sauce, Monsieur Tilman, et je\nget, d'Emile Marcy, de Stéphane, sous pré­       comprends que les horreurs s'entassent.\ntexte que ces signatures ont paru sous des          11 y a des gens mal tournés qui pour­\narticles publiés par nous.                       raient trouver le procédé peu honnête,\n   Parle-t-il de la morale Jeune-Belgique,       mais nous ne saurions vous en vouloir, tant\nil cite Francis Melvil, Charles Mettange ou      vous vous êtes donné de peine, ô montagne,\nCélestin Demblon 1 il invoque Rodrigue           pour accoucher de cette souris. Le plus\nToulange, Louis de Casembroot, Hippo-            enragé des archivistes n'aurait pas le cou­\nlyte Devillers !                                 rage d'entreprendre pareille besogne et il\n   L'amour Jeune-Belgique? il exhibe des         faut que vous soyez doué d'une patience\nphrases de Catulle Mendès,            Eugène     inouïe. Votre livre est une charpie amu­\nTavernier, Josephin Péladan, Marius              sante dans laquelle nous nous sommes fort\nRéty, Octave Richard, Saïd (?), Auguste          joyeusement roulés, et nous devons vous\nLavallé, Léon Chomé, Edouard Ronval,             remercier, d'abord d'une réclame bien\nFrédéric Bataille, Alfred Pouthier, Carl         inattendue, ensuite de gais moments de\nMaubray et Maurice Guillemot!                    rire. A ces titres, vous êtes un homme tout\n   Mais ce ne sont pas des Jeune-Belgique,       à fait extraordinaire et nous vous envoyons,\nceux-là, M. Tilman, et voilà votre échafau­      avec notre admiration, toute notre grati­\ndage qui tombe ! Ils ont écrit chez nous,        tude.\nmais n'ont rien à voir au cénacle détesté ;\nautant vaudrait écraser M. Thonissen en\nlui mettant à dos les lettres de M. Gautsch.        M. Camille Lemonnier est chargé par le\nVous donnez des coups à Pierre pour châ­         gouvernement d'étudier le fonctionnement\ntier Paul, tandis que celui-ci ne se doute       des écoles d'art industriel en Allemagne, en\npas de la méprise.                               Suède et en Norwège.\n   Voyez-vous d'ici que j'éreinte M. Van            Il écrira aussi un rapport sur les sculp­\nDriessche, professeur à l'Athénée de             tures des maîtres flamands du XVIe et du\nBruxelles, pour démontrer que M. Tilman,         XVIIe siècle qui se trouvent dans ces pays.\nprofesseur à celui de Louvain, n'est qu'un          M. Camille Lemonnier termine en hâte,\nâne?                                             en vue de son départ, qui aura lieu au mois\n   Vous réunissez très habilement des pas­       d'août prochain, les travaux littéraires qu'il\nsages de tous les articles, de tous les vers     a sur le métier.\nparus durant six années à la Jeune Belgi-          Son voyage durera trois mois.\nque, et cette marqueterie donne un tableau\ninattendu. Le procédé peut mener loin.                                ***\nSupposez que je prenne les Evangiles, je           M. Emile Verhaeren vient de faire\ntrouve ceci :                                    paraître chez M me Ve Monnom, une élégante\n    1. Jésus était donc né dans... (Saint        plaquette tirée à 51 exemplaires et intitulée :\n Matthieu, ch. II, 1).                           Quelques notes sur l'œuvre de Fernand\n   2. ... du vin nouveau... (Saint Marc,         Khnopff. C'est la suite des curieux articles\nch. II, 22).                                     que M. Verhaeren a publiés dans l'Art\n   3. ... possédé d'un démon impur...            moderne.\n(Saint Luc, ch. IV, 33).\n   4. ... afin que l'Ecriture fût accomplie\n(Saint Jean).                                      La Revue indépendante (juin) publie de\n"}, {"page_pdf": 239, "texte": "                                        — 208 —\n\n\nbeaux vers de Georges Rodenbach, des\npoésies d'Emile Veihaeren et du Khnopff\nque nous n'avons malheureusement pas                A signaler dans le même numéro de\ncompris.                                         l'alerte revuette liégeoise, une curieuse\n                                                 ballade en prose de M. Jules Destrée.\n\n  Sous ce titre : Les fumistes        wallons,                          ***\nM. L. Hemma (M. Siville) publie une pla­           M. Louis-Joseph Alvin, conservateur en\nquette humoristique qu'il dédie aux rédac­       chef de la Bibliothèque royale, né à Cam­\nteurs de la Wallonie. C'est l'histoire, joyeu­   brai le 18 mars 1806, est mort à Ixelles le\nsement dite, de la fondation de cette revue,     17 mai dernier.\nqui sera bien étonnée d'apprendre qu'elle\n                                                    Il était l'auteur d'une tragédie : Sarda­\nen a une (histoire). Pas méchante, très jeune,\n                                                 napale, représentée sur le théâtre royal de\nla distraction de M. Hemma mérite d'être\n                                                 Bruxelles le 11 janvier 1834, de nombreux\nlue.\n                                                 travaux bibliographiques et d'une suite de\n                                                 parodies fort curieuses de Victor Hugo :\n  Nous recevons une plaquette très joliment      Les Recontemplations ( p a r L. -Joseph Van II,\nimprimée en rouge par M. Vaillant-Car­           1856. Un vol. Bruxelles, Bruylant-Chris­\nmanne l'excellent typographe liégeois. C'est     tophe).\nintitulé :                                          C'est M. Fétis qui remplacera M. Alvin\n                                                 comme conservateur en chef de notre\n            SCÈNE-SCIE                           Bibliothèque nationale.\n                      en\n                 SIX SCÈNES\n                                                   On a inauguré le 8 mai, au cimetière de\net ne porte pas de nom d'auteur. Nous avons\n                                                 Saint-Josse-ten-Noode, le monument élevé\npeu compris cette petite satire dialoguée\n                                                 à la mémoire de notre grand peintre\nqui a trait à des choses locales. Au reste, il\n                                                 Agneessens. MM. Lemonnier et Hennebicq\nn'y a que huit pages (non paginées, M. Vail­\n                                                 ont fait l'éloge du maître.\nlant-Carmanne) dont quatre de caricatures,\net comme il n'y a ni titre (M. Vaillant-Car­                             ***\nmanne), ni sous-titre (M. Vaillant-Car­\n                                                   M. Félix Coveliers est mort le mois der­\nmanne), cela prend peu de place (Monsieur\n                                                 nier.\nSiville).\n                     ***                                                 ***\n                                                    On distribue en ville la réclame suivante :\n   La Wallonie, dans son dernier numéro,\n nous fait remarquer que la Jeune Belgique               LES PRINCES DU CONGO\n a reproduit un poème en prose qui avait          Voulez-vous d'un savon qui parfume et blanchisse\n déjà paru dans sa collection. Vérification       Au point que votre peau, jaune ou brune, pâlisse,\n faite, il est absolument exact que l'Infati-     Imitant, en beauté, le nacre au doux reflet!\n                                                  Suivez notre conseil, vous serez satisfait\n gable Pêcheur, de M. Hector Chainaye, a\n                                                  Sans crainte d'épuiser votre bourse modeste,\n été donné en primeur à la Wallonie en            Interrogez merciers, parfumeurs et le reste,\n 1886, mais nous l'ignorions et M. Chainaye,      Exposez votre cas. — Tous diront aussitôt :\n qui nous l'a envoyé manuscrit ne nous a          Recourez au Savon des Princes du Congo.\n pas prévenu qu'il se répétait.                    Ces vers sont dus à la muse de ce cher\n    Nous sommes cependant en faute et ren­        Wauwermans.\n dons, un peu tard, à César ce qui lui\n revient, tout en vouant aux vengeances                               ***\n célestes le fallacieux et abominable ami           Sous le titre : « M. Barbey d'Aurevilly\n Chainaye.                                        au Jockey-Club », Caliban a donné dans le\n"}, {"page_pdf": 240, "texte": "                                                 — 209 —\n\n\nFigaro un fin croquis du dandysme et de               vigne, M me Tastu, Reboul, Barthélémy et\nl'aristocratisme de l'auteur des Diaboliques.         Mery, de Vigny, Antoni Deschamps, Victor\nSur l'original du portrait de Barbey à                Hugo, Brizeux, Sainte-Beuve, Pommier,\ndix-sept ans qui orne le traité du Dan-               Barbier, Stern, Arvers, Doualle, Bertrand,\ndysme, et qui appartient à Paul Bourget,              Legouvé, Norval, Mathieu, Borel, Peyrat,\nest écrit en encre rouge et en encre verte            Lacroix, Gautier, Hégésippe Moreau et\n(sang de lézard) ce quatrain :                        Musset.\nCe fut moi, comme au soir le jour, ce fut l'aurore.\nIvre de vie alors, je foulais tout aux pieds.\n                                                                              ***\nPeut-être que mon front se reconnaît encore,                  Une observation juste et un souvenir\nMais mon cœur... si vous le voyiez!...                      amusant de Gustave Isambert dans la\n   Relevons quelques traits dans cet aperçu : République française à propos des indis­\n  « ...Qu'il soit ignoré du peuple, rien de crétions posthumes dont on accable la\nplus naturel. Il le faut. Mais de son monde mémoire de l'auteur de Madame Bovary :\nà lui, le monde des croisades, c'est plus                     « Flaubert a peiné pour donner sa\ndur. Passe pour le faubourg Antoine, mais mesure à la postérité avec huit volumes\nle faubourg Germain? Là est sa blessure dont la moitié risquait de demeurer en\nsecrète, car les deux barbeaux sont abso­ chemin ; on en fera quinze, on en fera vingt.\nlument adossés ! (Le comte Jules Barbey Ses cartons seront vidés, ses notes râclées,\nd'Aurevilly a le blason d'azur à deux bar­ ses brouillons dépecés; cet artiste tendu, si\nbeaux adossés)...                                           difficile sur la toilette de son style, compa­\n   « Résignez-vous, vous ne serez ni de raîtra, bon gré, mal gré, dans un déshabillé\nl'Académie, ni du Jockey-Club, et jusques qui n'est que tout juste décent.\nau bout vous porterez des gilets clair de                      « Les éditeurs constatent et glorifient la\nlune, car vos cousines ne savent plus lire. terreur que causait à leur héros le moindre\n   « Il fallut le présenter aux plus blondes commérage, et ils ne lui font pas grâce des\narrogantes, — le comte d'Aurevilly, — et révélations les plus hasardées. Cela rap­\ndès qu'on l'eut nommé, toutes lui par­ pelle une bonne naïveté d'un comédien.\nlèrent de Valognes, pas une de ses ou­                         « On jouait à Reims, en 1841, une\nvrages ! »                                                  comédie inédite, en cinq actes et en vers,\n                                                            intitulée Dalcaire. Elle reçut un bon\n                              ***                           accueil et l'auditoire demanda avec une\n   L'Anthologie            des poètes français          du certaine insistance le nom de l'auteur,\nXIXe siècle continue à paraître régulière­ Après quelques instants, la toile se releva\nment chez Lemerre, en livraisons à fr. 0-50. au bruit des applaudissements, et l'acteur\nLes 3 e , 4 e , 5 e , 6 e , 7°, 8 e , 9 e et 10e fascicules chargé du rôle principal — il s'appelait\ncontiennent des fleurs de Guttinguer, Allan — s'avança jusqu'à la rampe :\nLebrun, Soumet, M me Desbordes-Valmore,                        « — Messieurs, dit-il, avec gravité,\n Lamartine, Emile Deschamps, Cas. Dela­ M. Dessaint désire garder l'anonyme.\n"}, {"page_pdf": 241, "texte": ""}, {"page_pdf": 242, "texte": "  Aux amateurs de bières anglaises, nous recommandons la\n\n     TAVERNE BRITISH\ntenue par VALADE et située place du Musée. Dîners\net déjeuners à la carte et à prix fixe. Hôtel meublé des plus\nconfortables.\n\n\n\n             LA LIBRAIRIE NOUVELLE\nvient de s'ouvrir au BOULEVARD ANSPACH. On y trouve tous\nles journaux français et les livres du jour. L'Artiste et La\nJeune Belgique, y sont en vente.\n   Située en plein mouvement de la ville, la Librairie nou­\nvelle est déjà devenue le centre des Lettres à Bruxelles.\n\n\n\n\n                    L'ARTISTE\n    REVUE HEBDOMADAIRE DES ARTS ET DES LETTRES\n\n                              10 francs par an\n             On    s'abonne   chez M . F I T C H S ,   architecte\n\n       94,        RUE    DU     PRINCE           ROYAL,             94\n                               BRUXELLES\n\n\n\n\n      LE GUIDE MUSICAL\n                         PARAISSANT TOUS LES JEUDIS\n\n                              10 francs par an\n                   On   s'abonne   chez   MM.    SCHOTT\n\n         32,            MONTAGNE          DE      LA      COUR\n                               BRUXELLES\n"}, {"page_pdf": 243, "texte": " A         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n           de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n           qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\n porain, nous recommandons là\n\n     de Block's Universal Wine C0\n                6, R U E P A U L DEVAUX, (PRÈS LA BOURSE)\n\n                         ET M O N T A G N E D E LA C O U R\n\n\n\n\n E\n          n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA-\n           MANDEpar notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal-\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora. .\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie LA TERRE, par EMILE ZOLA. Un numéro\n  2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente partout.\n\n\n     L'ODIEUSE bière de Munich répugne aux palais délicats.\nLaissons les enfants au lord-maire et cette pâtée aux manants. Seuls les\nvins qui ont des teintes d'ambre brûlé, les liqueurs, douces comme des\ncaresses, nous sauveront du teutonisme bachique. Chez\n\n             COULOMB-ROBIETS\n                            19, Boulevard         du Nord\n\n  Dégustez-les, ces baisers fluides et troubleurs. Le vermouth de Turin s'y\ndonne dans le cristal léger; l'Algarve perfide et joyeux, tout ce qui a la\ncouleur et l'arôme...\n\nA   près les avoir savourés, votre cerveau vous dictera des vers amoureux\n    et fous, votre cœur aura des effusions infinies et, loin du monde brutal,\nplongé dans une rêverie lente, vous serez heureux.\n\nV   otre bonheur, sans hideuse ivresse, allez le boire chez Coulomb-\n    Robiets, le Lillas Pastia des artistes !\n\n\n                Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie,\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1887-06-06", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 208."}}