{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "7e ANNÉE. TOME VI, N° 11.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 384, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 205, "texte": "7e ANNÉE.         TOME VI,   N°   11.     PRIX:   F R . 0-60.            1er        NOVEMBRE   1887.\n\n\n\n\n                                              LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 384, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 205, "fin_caractere_exclue": 1487, "texte": "SOMMAIRE:\n  L'âme des choses .                                                HECTOR CHA1NAYE.\n  Quelques vers                                                     IWAN GILKIN.\n  Proses lyriques                                                   ARNOLD GOFFIN.\n  Sonnets calmes                                                    THÉODORE HANNON.\n  La Mort des yeux                           :    .    .        .   MAURICE MAETERLINCK.\n  Airs de                         flûte                             SIEBEL.\n  Madelon. .                                                        LÉON MONTENAEKEN.\n  Vers                                                              VALÈRE G I L L E .\n  Chronique littéraire                                              MAX WALLER.\n  Memento                                         . . . .\n\n\n\n\n                                        \"BRUXELLES\n               ADMINISTRATION :                                        RÉDACTION :\n            26, RUE DE L'INDUSTRIE, 26                              80, RUE BOSQUET, 80\n\n                                             PARIS\n                                  L É O N V A N I E R , ÉDITEUR\n                                         ig. Quai Saint-Michel\n\n\n                                                  1887\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis de la direction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "La direction rappelle", "ancre_fin": "caractère collectif ou anonyme", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VIENT DE PARAITRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 385, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 450, "fin_caractere_exclue": 690, "texte": "La direction rappelle aux lecteurs de La Jeune Belgique qu'elle assume\nseule la responsabilité des articles qui paraissent sans signature dans la\nrevue. 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Vous seriez la victime d'une erreur grave si vous vous\nfiguriez que nous avons conservé vos vers incorrects. Ils sont au panier. Ne tentez pas de\nretaper des choses mal venues. Cela se sent toujours. Nous serions heureux de vous voir\npour vous serrer la main et vous dire quelques vérités désagréables. Vers 2 1/2 heures\ntous les jours on vous attend. Salve.\n   43. GEO LA SAMBRE.\n                             Qui demandent le soir au seuil des brasseries.\nFrançais de marocain.\n   Toute la pièce est, en dehors de cela (mauvais), royalement médiocre. Panierus,\npaniera, panierum, comme dirait Francis.\n   44. X. Z. Votre femme « accroupie » est d'un détestable effet et d'un « trouilleux »\nexemple. La Jeune Belgique a de ces pudeurs. Envoyez votre copie à l'Artmoderne, cela\npassera pour du Fénéon fils.\n   45. JULES G. Erreur, cher monsieur. M. Paul Wauwermans, avocat à la cour d'appel\nde Bruxelles, est actuellement arrêté : 1° Pour avoir livré au Figaro le projet de mobili-\nsation ; 2° pour s'être affilié à M me Limousin et à M. Caffarel ; 3° pour avoir, sous le nom\nusurpé de Somzé, provoqué en duel M. Victor Arnould.\n   46. T . Votre dialogue, où se prélasse cette jolie gaffe de français : « Si madame se\nretourne, je suis quitte de mon service », votre dialogue est tout simplement idiot. D'au-\ntrès expressions, moins amènes, sont à votre disposition.\n  47. Me VVE M. Cinq centimes pour que le porte-manteau soit accroché.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 335, "page_fin": 344, "titre_corps": "L’Âme des choses", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Hector Chainaye", "ancre_debut": "L AME DES CHOSES", "ancre_fin": "HECTOR CHAINAYE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 386, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1866, "texte": "L'AME DES CHOSES\n\n                                                  A MON AMI ALBERT MOCKEL.\n\n\n\n                                  Le store est mi-baissé, entre les franges qui\n                              étincellent comme les pendeloques prisma­\n                              tiques d'un lustre et le moite appui de fenêtre\n                              qui se chauffe au soleil dans la pose étirée\n                              d'un chat, un rayon se glisse avec une volupté\n                                 précieuse, enveloppé de tournoyantes pous­\n                                 -sières, et s'étend sur le tapis à larges fleurs\n                                     rouges. Les timides barbiches du tapis\n                laineux câlinent le rayon las de son âme de lumière. « Oh !\n                le divin adolescent! » soupirent les choses. Taquiné de\n                toute part, le rayon se retourne nerveusement, frémit satiné\n                de frissons électriques, sous lui les fleurs entr'ouvrent leurs\n                lèvres saignantes, affolé par leurs souffles ardents, pris lui-\n                même au mensonge des rêves qui le supplient, il baise les\n              fleurs, et ses baisers chantent au fond des corolles. Voilé\n              d'ombres flottantes, le plafond sommeille. Et les ébattements\n              du rayon et les délicieuses ténèbres se reflètent dans la glace,\n              qui s'élève tranquille au dessus de la cheminée en marbre\n              blanc. Au milieu du miroir, au centre d'un arc-en-ciel aux\n              nuances grisâtres, ardoisées, bleuies, violettées qui marie la\nlumière à l'ombre, brille un œil fauve, nocturne et clignotant comme l'œil\naugurai d'une chouette, cerclé d'or brûlé, dont les cils pleurent de fines\net longues larmes de feu ; d'autres yeux s'éveillent aussi qui étendent des-\n"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2887, "texte": "                                  — 336 —\n\n regards énigmatiques lointains comme s'ils sortaient d'un rêve de cent ans,\n et las et tristes comme s'ils avaient tout appris. « Oh ! l'énorme plume de\n paon! » exclament les choses.\n    En face de la fenêtre repose un lit que de hauts rideaux blancs envelop­\npent avec les plis solennels et religieux des tentures autour d'un autel. Au\nchevet de la couche, la vieille comtesse d'Isoeil égrène un chapelet. Les\nscintillements qui brûlent dans l'argent des chaînettes fatiguent ses yeux et\nles susurrements de ses lèvres endorment sa pensée. Et besoin a-t-elle\nd'échapper à ses angoisses et à elle-même, la pauvre dame, et de repuiser\ndans la silencieuse irréflexion de nouvelles forces pour continuer à souffrir ;\ncar elle soigne sa fille, qui est malade depuis la mort de son époux, et n e\nveut pas la quitter, passe de longues nuits à ses côtés. — Elle seule au\nmonde, lui semble-t-il, peut la sauver !\n   Entre les rideaux, sur l'oreiller moelleux, la figure d'Yolande s'éclaire\nd'une lumière affaiblie, pâle non de la pâleur mate des chairs assoupies,\nmais d'une pâleur fiévreuse, phosphorescente, aux dessous mystérieux, trou­\nblants, qui reflète les lueurs sépulcrales d'une âme déchirée, les rayonne­\nments funèbres d'un esprit en peine. Les troubles du cerveau emplissent les\ngrands yeux d'Yolande, son visage étrange tend à s'immatérialiser, un cou­\nrant de fébrile maigreur fouille les tempes, creuse les joues, amincit les\nmaxillaires, le crâne même semble avoir été resserré par un mal impitoyable\ncomme par un étau. Et sa tête, qui rappelle à l'esprit le masque fermé aux\nhommes des déesses hindoues et l'extatique hypnotisme des vierges gothi­\nques, est nimbée d'une atmosphère astrale, tristement douce et résignée —\nauréole de paradisiaques blancheurs qui sanctifie les agonisants. « Oh! le\nbeau lys qui s'éteint ! » se disent les choses.\n   Yolande regarde entre les franges et l'appui de fenêtre malgré les vibra­\ntions aveuglantes de la lumière, mais ses yeux semblent encore ne pas lui\nappartenir. A travers le rayon, dans une buée poussiéreuse finement rosée,\napparaît le lac du domaine d'Isoeil. Les flamboiements du soleil filtrent par\nles interstices des noirs feuillages et les tragiques entrecroisements des\nénormes troncs moussus, et se réverbèrent au fond du lac sous les eaux grises.\nLe lac brille intérieurement de ces feux scintillants, comme des regards\nmagnétiques de poissons invisibles. Un pont en marbre blanc s'arrondit\nentre une île et les prairies sombres de la rive, et dessine dans les eaux un\ncroissant d'une neigeuse blancheur, qui trompe les rossignols et les fait\nchanter là jour et nuit. Yolande regarde. Et le mystère sauvage des bois, et\nl'eau intérieurement dorée, et l'éclat du marbre évoquent en elle la vision\nd'une contrée déjà rêvée. Le ciel tressaille des féeries d'une vie irrévélée et\n"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2661, "texte": "                                   -   337   -\n\nlui donne la sensation d'avoir été enlevée dans un pays lointain, fabuleux.\nLors un cygne fendit l'eau qui s'endormait. Il glissait sur le silence, le col\nmajestueusement ployé, ses yeux fixaient la nuit énigmatique des bois, et\nsa blancheur illuminait plus que celle du marbre et des nénufars.\n    « Oh! soupira la malade, que je voudrais voguer comme ce cygne! »\nYolande chanta ces mots de la voix musicale des enfants, dont l'âme n'est\npas encore fêlée par la vie. Et voilà qu'un second cygne surgit des eaux et\nregarde pensivement le premier.\n    La comtesse d'Isoeil ne put s'empêcher de frissonner. « Yolande devien­\ndrait folle? Mon Dieu ! les craintes du médecin se confirmeraient? Voilà\ndeux mois que sa fille n'avait parlé, et ses premiers mots étaient déraison­\n nables! »\n    Yolande regarde toujours le lac, dont les eaux se couvrent d'ombre. Main­\n tenant les deux cygnes plus blancs, paraissent, dans la nuit qui bruine,\n s'éclairer d'une lumière qui leur est propre; ils glissent au milieu des roseaux\n aux sifflements métalliques, projetant un sillage de feu ; et le lac se satine\n de rides phosphorescentes comme s'il conservait en lui le souvenir du\n soleil.\n    Dans le cerveau d'Yolande, la lutte entre l'humain et l'impossible se pro­\n longe.\n    Son époux gravement malade, Yolande transportant toute son âme en\n lui, l'avait empli de sa tendresse et défendu contre les souffrances; et lui,\n s'abandonnant à sa garde, s'était réfugié en elle. Ainsi ils vivaient l'un dans\n l'autre.\n    La mort dut sonner. Et l'âme qu'elle croyait posséder à jamais, l'avait\n abandonnée dans un adieu rayonnant d'infinie, douleur. Et, dès que son\n époux ne fut plus, elle aussi voulut ne plus être. Son esprit à elle, laissée sur\n la terre par le mourant, voulait rentrer en son être; Yolande s'était fermée\n à tout; et il ne put reprendre assez possession d'elle que pour la conserver\n en vie et non pour sauver sa raison.\n    Le médecin fit tout pour combattre la folie menaçante. Sa vieille mère ne\n l'avait pas quittée, mais Yolande ne la regardait pas ; elle s'était étendue\n dans une effrayante impassibilité, ses yeux hypnotisés par une idée fixe ne\n voyaient plus, et ses lèvres ne se desserraient pas ; sa mère lui parlait, elle\n  ne répondait pas. L'entendait-elle? A plusieurs reprises on avait approché\n  de son lit son fils, le petit Ivan, l'enfant pleurait en l'embrassant, Yolande\n  restait insensible. A la vue de son enfant, sa révolte contre la vie s'était\n  accrue. — Elle devait donc vivre maintenant pour son fils ; il allait rem­\n  placer l'âme perdue, la lui faire oublier peut-être?\n"}, {"page_pdf": 389, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2743, "texte": "                                   — 338 —\n\n      Non ! elle voulait reprendre son époux à la mort ! Que ne doit oser\n  l'amour? Et, dans son cerveau déséquilibré, s'échaufaudaient les pensées\n  les plus impossibles. Elle le pouvait rappeler sur terre, croyait-elle, en\n  l'évoquant longtemps et puissamment ! A cette œuvre surhumaine elle tra­\n  vaillait en son âme. Les sentiments les plus forts, les plus élevés, ne nous\n  trompent-ils pas sur notre infériorité ? Les anges rebelles se sont soulevés\n  contre Dieu. Leur esprit chercheur et sceptique niait, le besoin misérable de\n  connaître les tournait contre leur Maître. La science ennemie de la foi causa\n  leur malheur, ils furent précipités du ciel. Yolande se révoltait aussi contre\n  Dieu ; mais, elle, y était poussée par le culte despotique d'un homme. Elle\n  donnerait d'autres lois au monde, dont son amour devait être le principe.\n  Et tout lui obéirait ! S'élevant au dessus de ce qui est, elle allait à la mort\n  ou à la folie. Mais Dieu, qui ne pardonna pas aux anges, eut pitié d'une\n  femme.\n     Pour accomplir son œuvre de charité, le Seigneur tout-puissant et très\n  doux ne se servit pas des hommes faibles et très orgueilleux. Il ne sauva\n pas Yolande par le secours d'êtres aussi inférieurs qu'elle. L'homme n'est\n plus assez croyant pour que Dieu puisse encore s'adresser à lui, l'homme a\n étouffé le divin en son âme : Dieu n'est plus attiré par lui-même en sa\n créature.\n     Le miracle se fit par les choses.\n    Yolande s'étant condamnée à rester étrangère au dehors, sembla, dès le\n début de sa maladie, écouter dans le vague. Et d'abord insensible, la voix\n des choses l'avait approuvée dans l'audacieux projet de rappeler son époux\n à la vie et de vouloir un monde subordonné à son existence. Les choses\n n'avaient donc pas tenté, comme les hommes, de lutter brutalement contre\nla folie. Yolande vécut alors dans son rêve. Et le médecin comprit, enfin,\n qu'il se livrait en cette pauvre âme un duel désespéré entre le terrestre et le\nmystérieux, et que lui, homme, ne pouvait être d'aucun secours ; il devait\n se résigner, envelopper la malade de silence et remettre son sort entre les\nmains de l'Inconnu.\n    Les choses paraissent divines à ceux qui peuvent comprendre leur infinie\ntendresse ; elles pénètrent en eux naturellement par leur force même et cor­\nrespondent à tous les besoins de leur esprit. Croire que c'est nous qui prê­\ntons une âme aux choses : quel blasphème !\n    Et elles avaient parlé d'une voix si douce, si étrangement nouvelle, qu'à\nles entendre Yolande s'était crue enlevée au monde. Mais cette voix, céles­\ntement fuyante, devint terrestre, et si insensiblement que la folle ne com­\nprît pas qu'elle ressuscitait à la vie réelle.\n"}, {"page_pdf": 390, "page_imprimee": 339, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2775, "texte": "                                  — 339 —\n\n   Après avoir entendu les choses, bientôt elle les vit; elle les observait\nmaintenant, les interrogeait. Yolande ressentait un inexplicable besoin de\nles aimer et allait à elles. Son état mental s'améliorait, l'impossible était\nvaincu.\n   Et quel aide l'homme aurait-il apporté en cette œuvre mystérieuse, lui\nqui raisonne, veut tout savoir et ne sait se contenter d'aimer, d'aimer, qui\nest la science suprême?\n   Longtemps Yolande avait attaché ses rêveries à ce qu'elle voyait de sa\nfenêtre. Oh! combien le ciel lui semblait haut, combien il lui paraissait\ndoux et profondément généreux, toujours ouvert comme une main qui\ndonne. Il répandait sur le monde son magnétisme d'amour, l'enveloppant\nde poétiques mirages. Et ses yeux perdus dans la lumière, Yolande se\ndemandait quelle signification symbolique pouvaient avoir ces longs\nnuages indolents? Elle sentait une vie puissante et mystérieuse frissonner à\ntravers l'espace, et cette électricité l'enivrait de désirs insensés de s'élever\nbien haut dans les airs. Ainsi elle rêvait longuement, tandis que la fenêtre\nlui montrait un second ciel, découpé par la croisée, adouci, rendu rêveur\ndans les vitres polies, comme dans une eau dormante.\n   Par ces journées interminables où son esprit divaguait, elle avait compris\net pénétré toute la poésie de la fenêtre. La fenêtre est l'œil du mur, pensait\nYolande, elle lui donne son expression, comme l'œil anime la figure et\nl'éclaire d'une vie spéciale... Telles fenêtres font penser à tels regards et\ncertains murs rappellent certains visages... La fenêtre joyeuse aux flammes\nde jeunesse doit encadrer la tête blonde d'une vierge ; la fenêtre mélanco­\nlique aux regards pensifs, le chef branlant d'une vieille... Et les croisées\n muettement dramatiques n'évoquent-elles pas la subite et déjà fuyante\napparition d'une figure, déjà vue dans le malheur et prédisant de nouvelles\ninfortunes?      O vitres glorieusement incendiées des premiers rayons du\nsoleil! n'exaltez-vous pas en vos crépitations les orgueilleux espoirs, les\n brûlants désirs de vivre et les enthousiasmes flamboyants de la jeunesse?\n O vitres douloureusement éclairées des derniers feux du jour ! Ne dites-vous\n pas les sourds regrets, les souvenirs nostalgiques et les longues tristesses\n des vieux ans? Et vous, vitres nocturnes, languissamment allumées des\n féminines clartés de la lune, vitres de rêve qui frissonnez de visions amou­\n reuses, blanches de la neige d'épaules nues, miroitantes des éclairs fuyants\n de regards éperdus, argentées de l'éclat de bras qui s'enlacent, ne chantez-\n vous pas religieusement l'indicible des nuits passionnées, les râles et les\n pâmoisons des folles étreintes, où l'homme perd la voix, oublie et doit\n fermer les yeux?\n"}, {"page_pdf": 391, "page_imprimee": 340, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2864, "texte": "                                  — 340 —\n\n   Yolande s'attendrissait aussi à penser combien d'âmes partageaient ses\nimpressions, combien de malades regardaient comme elle de leur fenêtre\net n'avaient plus que cette consolation. Elle se souvenait qu'enfant elle\npassait des journées sans fin près d'une croisée, comme un oiselet qui, de son\nnid, observe curieusement avant d'oser voler. Plus tard, dans la vie, c'était\nla tristesse qui la rappelait près de la fenêtre. Assise là, elle avait rêvé les\nrêveries de jeune fille ; et là elle avait espéré son amant, comme s'il devait\ndescendre des airs. Elle comprenait maintenant pourquoi les enfants, les\nfemmes, les vieillards, les pauvres gens, les malades et les artistes aiment\ntant la fenêtre; — les enfants qui vivent dans l'attente de l'avenir, les\nfemmes qui vivent passivement, les vieillards qui vivent de souvenir, les\nhumbles qui sont écrasés dans la lutte, les malades qui vivent d'une vie\n brisée, les artistes, eux, les aimants, les doux. Et l'homme, celui qu'on\nappelle l'homme, l'homme fait, qui vit de la vie présente active, rendu\nbrutal par le monde, qui ne voit et n'entend plus que ce qu'il voit et\nentend, l'homme sans foi et sans amour, ne peut aimer la fenêtre. Car elle\n dit à tous : « Regardez, observez à travers le mirage songeur et la dédai­\n gneuse tranquillité de mes vitres, mais ne vous mêlez point aux hommes ».\n Et seuls l'écoutent les faibles et les malheureux, qui ne peuvent « vivre »,\n et les artistes, qui ne le veulent.\n   Yolande observait aussi les meubles de sa chambre, qui, aux heures som­\nnolentes de la soirée impatiemment attendues, lui paraissaient des êtres.\nElle trouvait matérielle et menteuse la lumière éclatante du milieu de la\njournée qui contourne brutalement les choses, emprisonne leur âme en\nl'obligeant au silence, et leur donne une trompeuse expression d'insensibi­\nlité. Mais l'ombre vespérale les enveloppait d'une atmosphère pieusement\namoureuse, les silhouettes devenaient incertaines, et l'âme des choses osait\nparler dans le mystère frissonnant.\n   A contre-jour, devant un blanc crucifix, se trouvait un prie-Dieu en vieux\nbois noir. Quand la nuit approchait, un personnage d'ombre venait s'age­\nnouiller et psalmodiait tête courbée. Qui pouvait être cet étrange prieur? Il\nne lui rappelait personne, et cependant pourquoi lui semblait-il l'avoir\nconnu ou devoir le connaître? Qui était-il? Oh! que lui importait d'ignorer\nson nom et son pays sans doute enchanté, puisqu'il priait saintement. Et\ndans la nuit, elle l'entendait encore psalmodier.\n    Le tapis du parquet, en laine épaisse et profonde, recélant un monde\ntièdement fluidique de pensées tristes et tendres d'une naïve et douloureuse\ngaucherie, assourdissait les pas, étouffait les bruits comme pour mieux faire\nentendre des voix lointaines ; — parlait des blanches jeunes filles qui\n"}, {"page_pdf": 392, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2815, "texte": "                                 — 341 —\n\n s'éteignent langoureusement d'un amour malheureux, et des jeunes conva­\n lescents qui s'éclairent de nouveau comme avec résignation des feux de là\n vie ; — disait les secrets farouches des âmes trop délicates fatalement\n éprouvées sur la terre ; — révélait l'énigme du silence sacré qui enveloppe\n la gestation, la fécondation des êtres et leur mort, leur retour au principe\n de l'existence; révélait l'horrible et inexplicable recueillement qui prépare\n et suit l'existence.\n    Ecouter les plaintes du vent dans la cheminée la plongeait parfois en de\nprofondes rêveries. La fenêtre lui semblait l'œil du mur et la cheminée\nl'oreille, mais une oreille harmonique, toujours résonnante des bruits de\nl'air, comme un coquillage concentre en lui les voix éplorées, continues et\ninfinies de la mer. Combien ces résonances éperdues étaient évocatrices !\nLa nuit, à entendre le vent hurleur, elle voyait sous les rages de la bour­\nrasque, les arbres se courber et plein de révolte se redresser le branchage\nfrémissant. Les feuilles tombaient avec des chocs métalliques et tourbillon­\nnaient en trombes vertigineuses. L'eau fouettée sonnait étrangement avec\nde tragiques appels de gong. Seules, immobiles et muettes, les montagnes\nnoires s'étendaient au loin, comme d'énormes animaux endormis. O quel\npaysage de souffrance ! Le vent moins violent l'attristait plus encore. Alors\ntransportant en lui des gémissements, il pleurait dans la cheminée et sou­\npirait avec une voix humaine. Et dans la fièvre de son émotion, elle se\ndemandait quelle âme pleurait ainsi, de quelles désolations longtemps con­\ntenues pouvait être fait son malheur pour l'exprimer en des plaintes aussi\ntroublantes.\n   Déjà les choses avaient su vaincre la folie d'Yolande et graduellement\nétablir une nouvelle vie entre elle et le monde, lorsqu'elle pressentit qu'un\névénement allait subitement changer son existence. Elle ne pouvait prévoir\nde façon précise. Ce serait comme un miracle ! Le travail en son âme avait\nété trop surnaturel pour lui laisser la force de raisonner humainement.\n    Un soir, son cerveau fut électriquement envahi d'une peur inexplicable.\n   Ce devait arriver la nuit même !\n    Pour chasser cette obsédante pensée, Yolande regarde entre les franges et\nl'appui de fenêtre, malgré les vibrations aveuglantes de la lumière ; mais\nses yeux semblent encore ne pas lui appartenir... A travers le rayon, appa­\nraît le lac du domaine d'Isoeil... Les eaux brillent intérieurement... Les\nrossignols chantent, voyant se dessiner un frêle croissant de lune sous le\npont en marbre blanc... Le ciel féerique lui donne la sensation d'avoir été\nenlevée dans un pays lointain, fabuleux... Lors un cygne fendit l'eau qui\ns'endormait. Il glissait sur le silence, le col majestueusement ployé, ses\n"}, {"page_pdf": 393, "page_imprimee": 342, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2434, "texte": "                                    — 342 —\n\n  yeux fixaient la nuit énigmatique des bois, et sa blancheur illuminait plus\n  que celle du marbre et des nénufars.\n     « Oh ! soupira la malade, que je voudrais voguer comme ce cygne ! »\n  Et voilà qu'un second cygne surgit des eaux et regarde pensivement le pre­\n  mier.\n    Yolande regarde toujours, mais combien elle a été troublée par la musique\n de sa voix. Pour la première fois depuis sa maladie, elle avait parlé. Et\n elle n'osait parler de nouveau. Ces premiers cris lui avaient été arrachés.\n Et leurs sons étranges chantaient à ses oreilles, l'emplissant d'une crainte\n enfantine.\n    Soudain elle comprit qu'elle guérissait, qu'elle renaissait à la vie, et se\n révolta profondément. Elle ferma les yeux et ne voulut plus regarder; puis\n resserra brusquement les lèvres, se refusant à respirer encore, et souhaita\n mourir.\n    Bientôt cependant, elle repense à la vision qui lui a arraché ces paroles.\n Car elle a parlé — parlé ! Et le son de sa voix revibre délicieusement à ses\n oreilles.\n    — Le son? se demande-t-elle. Quel est cet enchanteur qui me supplie de\n vivre encore?\n    Elle est tentée de regarder encore.\n    Maintenant une ombre plus épaisse recouvre le lac, mais le soleil irradie\n à l'horizon. Oh ! combien l'effraie cette opposition du ciel encore illuminé\n avec la terre enténébrée déjà ! Il va donc faire noir partout ! L'obscurité\n s'abat ! Car, enfin, le soleil disparaît, et elle doit se résoudre à vivre encore,\n à vivre cette nuit.\n    Comme en un cauchemar, elle est hypnotisée par une idée fixe :\n    — Comment échapper à cette nuit? — Et puis elle va être seule, face à\nface avec l'horrible mystère! — Et c'est elle seule qui doit souffrir ! — Elle\nseule !\n    — Se suicider? Cette pensée fit perler son front à gouttelettes froides.\nTout son corps frémit. Doucement elle serra le foulard de soie qui lui\nentourait le cou. Déjà elle respirait plus difficilement. Mais subitement elle\nécarta les bras.\n   — « Non, elle ne peut se suicider. Son être ne lui appartient pas. Tout\nest à Dieu. Elle subira la vie, puisque telle est sa destinée. »\n   Abattue, soumise, elle regarde encore le lac avant de s'endormir. Du som­\nmeil des eaux s'élève craintivement une fleur à la corolle allumée d'un bai­\nser silencieux de la lune, et magiquement blanche au milieu des eaux noires.\nYolande comprend que la fleur de cristal appartient aussi au mystère, et\n"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "                                  — 343 —\n\nque blanche d'effroi elle exprime la poésie dramatique du fond des eaux;\ncomme elle, pauvre femme, est condamnée à exprimer, dans son horreur\nmuette, l'incompréhensible caché au fond de la vie. Oh! la fleur avait sans\ndoute rêvé d'échapper au lac magnétique, et de voler, grand papillon de\nrêve, de ses larges pétales vers la lune maternelle. Mais la fleur avait aussi\ndû se résigner.\n   Yolande s'endormit.\n   Soudain, dans la nuit, son cerveau trembla d'une peur sacrée. Lors elle\nvit s'illuminer, d'une clarté douce, argentée, un grand monument qui se\nsilhouettait sur un ciel noir. Elle le reconnut. C'était le château d'Isoeil, sa\ndemeure seigneuriale, qui l'appelait au fond de l'horizon. Et l'air frissonna\nde voix attirantes :\n   « Venez, blanche comtesse. De votre lointain voyage vous êtes sans doute\nbien lasse ! Oh ! que vos regards sont pesants de morne tristesse ! Vous n'es­\npérez donc plus en la vie? Venez, fluidique châtelaine, vous apprendrez à\naimer de nouveau la terre, car tout ici est plein d'amour ! »\n   Yolande marchait à pas tremblants, comme une somnambule elle monta\nles marches du perron et la haute porte s'ouvrit lentement.\n   Devant elle, le grand escalier s'élevait majestueux et solennel jusqu'au\nfaîte de l'édifice. Il lui apparaissait couvert de nuit au rez-de-chaussée,\nmais, plus il s'élevait, plus les marches s'engrisaillaient ; puis enfin, rayon­\nnant d'éclat, se perdait dans une lumière aveuglante. Il lui semblait être\nl'échelle reliant la terre au ciel, que Jacob vit dans son rêve. Soudain,\ncomme une harpe immense, l'escalier frémit d'harmonies qui éclatèrent\norgueilleusement célestes au faîte et s'assourdissaient sombrement farouches\nvers la terre. Tout l'escalier vibrait de résonances électriques. C'était le\nchant d'espoir des âmes qui aspirent à s'élever au ciel, l'éternelle symphonie\nde la déperdition des êtres au milieu des excessives jouissances spirituelles\nde l'autre monde. Ainsi, à une certaine hauteur, les sons fusaient si inhu­\nmainement étranges, qu'à les entendre elle perdit un instant la notion de\nl'existence. Mais insensiblement la symphonie se tut, et la lumière s'adoucit.\n   Puis elle eut comme la sensation que des gens s'empressaient autour\nd'elle. Elle se retourna, ne vit personne.\n   Elle se promena lentement dans le château, qui était toujours éclairé\nd'une douce lumière blanche si pénétrante, qu'elle pouvait regarder à tra­\nvers les murailles. Mais n'était-ce pas elle plutôt que toutes choses regar­\ndaient.\n   Au fond des vastes salons, elle entendait de vagues chuchotements, mais\nécoutait-elle plus attentivement? tout se taisait.\n"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2516, "texte": "                                  — 344 —\n\n   Le fluide de regards interrogateurs pesait sur elle. Mais qui la regardait\nainsi?\n   Des êtres étaient autour d'elle ! Yolande le sentait. Ils se rapprochèrent !\nElle se vit enveloppée de toutes parts. Les choses l'avaient déjà sauvée de la\nfolie, maintenant l'humanité l'enveloppait de son magnétisme de vie. Elle\nne pouvait plus échapper à l'existence.\n   Lorsque de la foule sortit une vieille dame. C'était sa mère, qui vint la\nbaiser sur le front. Et ce baiser la fit frissonner. Et s'avança vers elle un\nhomme jeune et beau; son cœur se resserra. Son époux! Et ses lèvres fré­\nmirent sous un long baiser, dans lequel Yolande sentit passer une âme. Et\nelle entendit un cri d'enfant, et son cou fut entouré de deux petits bras.\nEt les trois êtres, auxquels appartenait sa vie d'amour, la fixèrent avec des\nsupplications dans le regard.\n   La poitrine haletante, Yolande s'éveilla.\n   Devant elle s'étendait une forêt fantastique, dont le sol disparaissait sous\nune épaisse floraison de fougères arrondissant leurs feuilles énormes. S'élan­\nçaient des arbres géants au tronc argenté, aux feuillages dentelés, capri­\ncieux. Une lumière aveuglante noyait tout, comme si le paysage entier était\nenfermé dans un immense bloc de glace exposé à un blanc soleil d'hiver.\nDes oiseaux de diamant sautaient de branche en branche. Mille regards\nétincelaient. Une vie intense respirait en toutes choses, faisant craquer les\ntroncs sourdement et bruire étrangement les feuillages. Des serpents de feu\nglissaient sous les fougères, et leurs sifflements mettaient en fuite les\noiseaux.\n   Ne comprenant pas, énervée, Yolande pleura.\n   Déjà il faisait jour, il avait gelé pendant la nuit, et les vitres étaient\ntapissées de lumineuses végétations de givre. La vieille comtesse se tenait\nau chevet du lit, attendant le réveil d'Yolande.\n   Pour ne pas être entendue, Yolande étouffa ses sanglots dans l'oreiller,\nqu'elle mordillait nerveusement. Elle pleura longtemps, la tête recouverte\nde son épaisse chevelure, et le grondement cadencé de ses gémissements\nsonnait à ses oreilles. Et elle sentait confusément qu'elle était sauvée.\n   Et Dieu, puissant et très doux, avait eu pitié de sa pauvre créature, et pour\nla sauver s'était servi de l'âme des choses.\n   Mais la vieille mère entendit ses sanglots. Elle s'approcha toute trem­\nblante. Et la comtesse Yolande, l'entourant de ses bras, lui demanda son fils.\n                                                 H E C T O R CHAINAYE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 345, "page_fin": 347, "titre_corps": "Quelques vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "QUELQUES VERS", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PROSES LYRIQUES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 396, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 1388, "texte": "QUELQUES VERS\n                  I\n                       LE VIVIER\nMon livre est un vivier profond de marbre noir,\nOù parfois, te penchant plein d'horreur, tu peux voir,\nOr et flamme] onduler dans la fange et l'eau noire\nUne murène comme un long éclair de moire.\n\nDans l'ébène affamé de ce boueux miroir\nLe soleil, qui s'y voit noir d'un deuil sans espoir,\nBoit les baisers glaireux d'une flore illusoire\nOù s'ouvre, au lieu de fleurs, mainte lente mâchoire.\n\nToi, qui viens te mirer dans ces traîtreux remous,\nRegarde, ô cher visage hypocrite et si doux,\nSous ton reflet tremblant glisser des monstres mous.\n\nPour repaître à la fois mes amours et mes haines,\nTous les jours, de mes mains, je nourris mes murènes\nDe beaux yeux frais d'enfants et d'entrailles humaines.\n\n                             II\n                       INVOCATION\nDu fond d'un gouffre infect en pleurant je t'invoque,\nMuse des désespoirs, Reine des insurgés,\nToi qui verses la haine au cœur des affligés,\nMère du spleen bizarre et de l'horreur baroque.\n\nAmante des bijoux, du luxe et de la loque,\nRose des paradis dans l'opium songés,\nMaîtresse des beaux vers par la douleur forgés,\nViens à moi dans la boue où mon âme suffoque!\n\n De tes noires clartés je nourrirai mes yeux.\n Je veux repaître en toi tous mes sens furieux\n De plaisirs incréés et d'amours impossibles.\n"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1373, "texte": "                         — 346 —\n\nSoûle-moi de baisers ! Soûle-moi de poison !\nEt jusque dans l'azur des cieux inaccessibles\nComme un soleil levant fais sauter ma raison!\n\n                            III\n                     CONFARREATIO\n\nMuse, te souvient-il du hideux galetas\nOù, par la lucarne entr'ouverte, nous jetâmes\nDes regards révoltés sur ces cultes infâmes?\n— Un tout jeune homme est nu, prosterné sur les bras ;\n\nSa fraîche et blonde chair qui grelotte aux frimas\nDe la crainte, supporte un réchaud qui flamboie;\nCependant qu'une vieille, hystérique de joie\nObscène, en grommelant son grimoire très bas,\n\nVole d'un poing osseux sa chétive innocence,\nMêle du froment vierge à sa vivante essence\nEt sur ses reins mouvants cuit le gâteau d'amour.\n\nFuis la communion immonde et sacrilège,\nMuse! L'ange gardien nous préserve qu'un jour\nNous mordions au puissant et mortel sortilège\n\n                            IV\n                     SUR LE LOTUS\nSur le lotus assise, elle songe, Maya,\n           — Et l'eau coule, l'eau coule, —\nSes larges yeux baissés, qu'en leur ombre voila\nSon sourire de vierge éternelle. Et voilà\n           Que l'eau coule, l'eau coule.\n\nLes mains jointes ainsi qu'un lys encor fermé,\n            Par pétales en foule\nVoit-elle s'effeuiller dans le fleuve affamé\nEt renaître aussitôt son lotus parfumé\n            Et couler l'eau qui coule?\n"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 639, "texte": "                                   -   347   -\n\n     Elle songe le monde et sourit. Et l'ancien\n                Rêve fou se déroule.\n     Les formes viennent, vont et se confondent. Rien,\n     Rien n'est vrai, rien n'est faux, rien n'est mal, rien n'est bien!\n                Et l'eau coule, l'eau coule.\n\n     Rien ne vit, rien ne meurt! Sans cesse l'Univers\n                Se soulève et s'écroule\n     Informe comme l'eau sans forme aux longs flots verts.\n     0 Maya, tu souris à ces néants divers,\n                Et l'eau coule, l'eau coule.\n                                                        IWAN GILKIN.\n\n\n\n                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 347, "page_fin": 350, "titre_corps": "Proses lyriques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "PROSES LYRIQUES", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 398, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 639, "fin_caractere_exclue": 2182, "texte": "PROSES LYRIQUES\n                                       I\n\n                                   ADIEU!\n\n               C'est le charme dolent, la grâce languide des choses qui se fanent\n                et se décolorent; le parfum évaporé, expirant des douces\n                amours enfantines, sans cruels déchirements, sans angoisses\n                profondes. C'est la tiédeur des amitiés qui s'étiolent, se\n dénouent... Ni heurts, ni reproches. — L'horloge constate, à voix claire,\n froidement, essaie de mesurer l'Eternité, se raille un tantinet elle-même, de\n sa vaine diligence... — Le dernier pétale hésite et tombe; — la triste et\n jaunissante feuille, restée seule sur la branche, soupire, se remémore, lente­\n ment se penche, tourbillonne, glisse et tombe : — Adieu !\n    Adieu ! — la pression abandonnée des mains, les regards qui s'attardent,\n le sourire un peu navré, les lèvres si légèrement frémissantes ; — le bonheur\n dont on est bien las, la satiété des caresses et des paroles toujours trop\ntendres... — Mais, des heures vibrèrent triomphantes et joyeuses entière­\nment qui sont passées et un regret nostalgique embaume le soulagement de\nl'Adieu!\n   Adieu ! Adieu ! C'est l'appel pressant, rude, sauvage de la cloche brutale;\n— à coups saccadés sonne, sonne, sonne le bronze funéraire... Dans la\ntempête et la tourmente, au milieu des rafales et des cinglantes bises, tinte,\nlugubre et suppliante, l'infatigable cloche préservatrice ; et les sirènes\nlâchent leur rauque, discordante et tragique clameur qui s'élève ainsi qu'un\n"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 348, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2422, "texte": "                                 — 348 —\n\nbarbare cri de guerre, au dessus des incantations de l'ouragan... Semblable\nà une hyène affamée et rugissante, le vent bondit, s'élance en sifflant,\nrevient, bouscule les eaux, les emporte, les projette en trombes stridentes...\n— La cloche entonne de lents De Profundis ; les éternels chants de\nMariande roulent à la crète des vagues, s'éparpillent, sourds et lourds\nmeurent à l'écho... Les ténèbres s'amoncellent et dans la-nuit les flots se\nlivrent des batailles meurtrières. — Pour les chiens d'Yama mugit un réjouis­\nsant, un féroce et sanguinaire hallali! L'océan bave, écume, râle... —\nDevant les lames qui les traquent, fuient les chétifs navires ; mais les\nfurieuses s'acharnent, se rapprochent toujours, toujours plus près, se suc­\ncèdent sans trêve, prennent un dernier et formidable élan, écrasent, enfin,\nleur victime sous un suaire pesant et implacable...\n   Et cloches et sirènes crient et chantent l'Adieu de la Terre, de la Patrie\nlointaine, — envoient jusqu'aux confins de l'horizon, au marin désespéré\net agonisant l'Adieu de la Terre et des Hommes, — de la Patrie loin­\ntaine!\n\n                                      II\n\n                             IN MEMORIAM\n\n                                  Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons,\n                                                                        C. B.\n\n   Chère Ame fraternelle, hautaine et discrète, sans plaintes vaines, tu es\nallée en un coin désert, hors des sites accoutumés, prendre l'investiture de\nla Vie Eternelle. — La haine du passé, de l'ignominieux combat pour l'exis­\ntence, — le pâle effroi du long avenir morose, ont triomphé de ton énergie\naltière.\n   Tu as trouvé le Port, — le Port du Ciel, le Hâvre doux et pacifique,\nhospitalier aux Rêveurs téméraires, — à ces ambitieux de vertu et de gloire,\n— de limpide candeur. Cœur altissime, cher jumeau spirituel, altéré de\nchimères, dans l'iris de tes yeux pleurait l'espoir inexaucé d'une Terre plus\nnoble et plus clémente... — Tu as trouvé le Port, — le Hâvre doux et\npacifique...\n   Repose, ô Pèlerin de la Mort, héroïque et fier, dors en cette nouvelle et\nplus charitable patrie, — repose loin des larmes feintes et des prières viles,\nsous l'humble croix de ce village obscur.\n   Ton Esprit, vierge de tout calcul cupide, éperdu. d'allégresse et de joie,\nplane, maintenant, — parmi la Flamme et la Lumière incorruptibles !\n"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2509, "texte": "                                  — 349 —\n\n\n                                      III\n   Oh I ces yeux si longtemps familiers, — lucides, transparents et clairs !\n   Ils me fascinent, me subjuguent et lorsqu'esseulé, en proie aux réflexions\namères, je relève pesamment la tête, cherchant l'appui d'un regard chari­\ntable, ils sont là, devant moi, qui me contemplent, me versent dans le cœur\nleur douceur et leur flamme; — ils sont là, persuasifs et tendres, les chers\nyeux, les yeux pâles et rêveurs.\n   Ils m'ensorcellent et me domptent car ils m'appellent à la Paix, à la Séré­\nnité et me disent : — Lève-toi, — viens, — il suffit de vouloir !\n   Et docile, je les suis, ces magiciens songeurs et ils m'emmènent vers les\nbrouillards et les grises contrées du Nord. Nous errons jusqu'au déclin du\njour, le long des promontoires, des mornes estuaires, sur des falaises rébar­\nbatives où se déchirent et hurlent les eaux glaciales... Et, tout à coup alors,\nles Yeux, resplendissant de Joie et d'un surnaturel Espoir, me délaissent,\ns'éloignent de la côte et me font signe et me supplient d'avoir pitié de moi-\nmême. Ils disparaissent dans les brumes marines et toujours je suis trop\nlâche pour obéir à leur ardente exhortation...\n   Harcelé d'angoisses et incrédule, maudissant ma chair pusillanime, je\nm'endors, enfin, au milieu de la nuit livide et le matin, au réveil, — pareils\nà la divine annonciatrice, — au fond de mon âme brûlent et fulgurent, de\nnouveau, les yeux si longtemps familiers, — lucides, transparents et clairs.\n\n                                      IV\n                      LE NAVIRE MYSTÉRIEUX\n   Je suis le plus taciturne passager de ce navire mystérieux.\n   Au milieu du fleuve, aux rives incertaines et stériles, dont les eaux mono­\ntones, huileuses et lentes coulent sous un nébuleux firmament que nul astre\nn'éclaire, — depuis des ans, depuis toujours le vaisseau est arrêté. Les\nondes limoneuses et noirâtres roulent et se renouvellent sans l'entraîner\ndans leur course somnolente ; l'ancre, en d'autres temps, fût peut-être jetée\nou quelque infranchissable écueil entrave sa marche.\n   Mais, abandonnant la manœuvre, l'équipage rit et chante et joue dans\nl'entrepont, insoucieux de saluer jamais le port... Et, moutonnantes,\npassent les vagues, incessamment; ternes, muettes, elles traversent les\nbrouillards de cette contrée énigmatique, se précipitent, oh! vers quels\nsoleils, vers quelles Amériques?\n   Quelquefois, une rixe s'engage entre les marins grossiers et sanguinaires\n"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2128, "texte": "                                   — 350 —\n\net le vaincu, lancé par les sabords, emporté en son mouvant linceul, va,\nsolitaire et morne, découvrir la bienheureuse patrie, les rades lointaines qui\nnous furent promises...\n   Et, moi seul, parmi cette foule indifférente, ne puis me résigner à cette\nquarantaine indéfinie, ne sais m'attabler avec les autres, persifler, boire et\nme divertir, — oublier le destin lamentable de ce navire mystérieux. Tris­\ntement je parcours ma prison et, accoudé aux bastingages, contemplant le\nmol et sournois luisarnement des eaux, guettant un illusoire secours, la\nvoile rédemptrice, — je songe et pleure les rivages, l'océan de mes rêves.\n\n                                       V\n\n   J'ambitionne faire de mon style un glaive généreux et terrible, un acier\nsouple, nerveux, impitoyable, forgé sur l'enclume de la fureur et de la haine,\ntrempé dans des larmes amères et sanglantes, — une Durandal étincelante\net vengeresse et magnanime.\n   Et point ne m'amuserais-je à d'inutiles et vaniteuses parades, à de tumul­\ntuaires fanfares d'escrime, aux passes élégantes des salles d'armes. — Ma\nvictorieuse lame cinglerait, cravacherait les glabres et ternes visages des\ntièdes et des médiocres; perdu au plus dru de la mêlée, je me baignerais en\nun réfrigérant carnage. J'éclabousserais la poussière des chemins de la\ncervelle des Gentils ; et mon épée, mon épée loyale et chère, tuerait, tortion-\nnerait, distillerait pour les ennemis de ma Foi de lentes et pénibles agonies.\n   Ainsi qu'un nouvel Attila, balayeur de la décadence, Messie farouche de\nla colère divine, je noierais les impuretés, les blasphèmes et les infamies du\nsiècle sous une marée de pourpre, pour régénérer le monde épuisé, — lui\nrestituer sa force et sa grâce primitives, nourrir et faire fructifier les germes\nde la prochaine moisson du Seigneur !\n   Et alors, je m'en irais à la conquête du Saint-Graal de mes rêves, vers\nla terre de Chanaan de mes espérances, me reposer de mon labeur accompli\ndans la Paix et la Gloire et l'Amour infini et miséricordieux.\n                                                    ARNOLD GOFFIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 351, "page_fin": 352, "titre_corps": "Sonnets calmes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Théo Hannon", "ancre_debut": "SONNETS CALMES", "ancre_fin": "THÉO HANNON", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA MORT DES YEUX", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 402, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1233, "texte": "SONNETS CALMES\n                         I\n\nJe pourrais vous aimer comme un autre, mieux même !\nL'amour, qu'au fond du cœur je garde emmailloté,\nSe réveillerait, certe, avec joie et fierté\nA votre grand œil noir où je lis ce mot : Aime !\n\n\nMais pour mon doux repos je n'irai point chercher,\nEstimant que l'amour est un bien éphémère,\nA nouer de mes poings les crins de la chimère.\nJe veux qu'en vous l'ami, seul, me vienne toucher.\n\n\nCependant c'est mon cœur tout entier que je. donne,\nMon cœur qui vous réserve un culte de madone,\nMoins le fiel, l'égoïsme et les pleurs de l'amour...\n\n\nQuand les amants — bien tard — auront fui sans retour\nVous trouverez, valant leur troupeau haïssable,\nMon Amitié pour vous brûlant impérissable!\n\n\n                         II\n\nLe tram nous invitait de sa verte prunelle.\nJoyeux nous prîmes place et fouette! ô bon cocher!\nNous volions vers le Bois à l'heure criminelle,\nA cette heure idéale où d'autres vont coucher.\n\n\nLes paysages noirs, mais pas du tout funèbres,\nSe déroulaient, piqués de réverbères fous.\nSoudain parut le Bois en robe de ténèbres\nQue la lune frangeait de jais... Souvenez-vous !\n                                                       24\n"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 426, "texte": "                          —   352   —\n\n\n    Savourant cette nuit superbe d'où s'élance\n    Le chœur mystérieux dont est fait le silence,\n    Je me taisais... grisé par un parfum troublant      .\n\n    En passant au travers de votre crêpe blanc,\n    La brise avait un fleur que je ne sentis onques...\n    Et mon rêve s'enfuit là-bas, — où sont les jonques!\n                                          THÉO    HANNON.\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 352, "page_fin": 353, "titre_corps": "La Mort des yeux", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Maeterlinck", "ancre_debut": "LA MORT DES YEUX", "ancre_fin": "MAURICE MAETERLINCK", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS I Les yeux tristes", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 403, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 426, "fin_caractere_exclue": 1359, "texte": "LA MORT DES YEUX\n Vous allez devenir des flammes absolues.\nEntre vos rêves nus que vous verrez alors,\nSur une herbe analogue à vos œuvres élues,\nJailliront au delà les lys bleus du dehors.\n\n\nNe vous entr'ouvrez plus sur vos mauvais ouvrages;\nRestez clos au soleil où flottaient vos ennuis ;\nOuvrez-vous à présent au dessus des images\nEt ne revenez plus cligner au seuil des nuits.\n\n\nAu dedans vous verrez une mer enflammée,\nDes repas de malade épars aux horizons,\nDe jeunes enfants morts sous la lune alarmée,\nToutes vos vanités! toutes vos oraisons!\n\n\nVous vous éleverez au bord de l'ombre lasse;\nMon Dieu, voilà des nuits et des nuits que j'attends!\nLaissez les noyés seuls s'endormir sous la glace,\nVous n'allez plus revoir l'hôpital au printemps!\n\n\nEt vous confluerez dans l'inépuisable pluie,\nEt vos cils blanchiront sous des pleurs sans raisons,\nDes mares couleront sur la lune bleuie,\nEt vous nagerez sur l'océan des rançons.\n"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1084, "texte": "                          — 353 —\n\nEt vous pourrez alors pleurer dans l'ignorance,\nQuand la mort, entr'ouvrant ses nocturnes chemins,\nVous baignera des eaux vertes de la souffrance\nEt posera sur vous la fraîcheur de ses mains.\n\n\nEn fermant votre rêve entre leurs gestes graves,\nElles vous montreront, sans tristesse et sans bruit,\nLes brebis dans la neige et les lys dans les caves\nEt les morts se lavant aux sources de la nuit.\n\n\nVous tremperez dans le silence vos prunelles,\nLes abreuvant de lune et d'astrales torpeurs;\nEn effusant enfin vos œuvres virtuelles,\nVos globes seront nus dans l'excès des terreurs.\n\n\nEt vous éclairerez les soirs de votre voie,\nEn effluant sur vous l'ancestral ennui bleu,\nVos bulles s'enfleront au delà de la joie,\nEt vous deviendrez noirs en jaillissant vers Dieu.\n\n\nVous éteindrez enfin l'alcool vert des luxures.\nTandis que sur les eaux stagnantes des grands      froids,\nDe leurs linges d'azur étanchant vos blessures,\nVous effeuillerez vos paupières d'autrefois.\n                                   MAURICE MAETERLINCK.\n\n\n\n\n                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 353, "page_fin": 356, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "VERS I Les yeux tristes", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "MADELON", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 404, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1084, "fin_caractere_exclue": 1299, "texte": "VERS\n                          I\n    Les yeux tristes d'amour inavoué, Vestale\n    Dont l'âme languissante attriste le regret\n    D'être seule, elle songe au barbare décret\n    Qui l'a vouée à la règle sacerdotale.\n"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1036, "texte": "                       — 334 —\n\nS'a lâche chevelure aux reflets bleus s'étale\nEn fleurs sur son col blanc, et sa main qui distrait\nLes papillons de nuit, écarte l'indiscret\nRegard mourant des fleurs dont le parfum s'exhale !\n\n\nTout le passé désert, où traîne la langueur\nDes soirs inoubliés, repasse! 0 la rigueur!\nEt nul espoir n'endort cette âme qui s'afflige !\n\n\n Et la lune là-haut pleure ses rais frileux\nDans le silence de l'azur sur son cœur lige.\nEt rêveuse, elle voit s'aimer les oiseaux bleus.\n\n\n\n\n                         II\n\n        Pourquoi pleurer, pourquoi rire\n        Sous ta mousseline d'or?\n        Pourquoi, chère et douce martyre,\n        Au ciel, lorsque l'ange dort,\n\n\n       Rêver, triste amante encor\n       Dans l'azur cruel qui mire\n       Sournoisement le trésor\n       De tes yeux qu'un rêve attire?\n\n\n       Pourquoi chanter? ô chanson\n       Si limpide que le son\n       Semble être de la lumière!\n\n\n       Pourquoi parfois, sot délire\n       Ricaner notre prière?\n       Pourquoi pleurer, pourquoi rire?\n"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1209, "texte": "                       — 335 —\n\n\n\n                           III\n\nVoix du plain-chant! voix de l'amour, voix secourable!\nDe l'azur tout en fleur neigent de blancs pardons!\nCloche d'appel dans la nuit déserte! Tendons\nNos mains jointes, nos mains tremblantes de coupables.\n\nLe fardeau d'un passé criminel nous accable,\nSeigneur! Et nul salut n'a lui! nous n'entendons\nQue nos remords, nous ne voyons que des chardons\nHérissés sous nos pas dans des plaines de sable !\n\nVoix de clarté! Voix d'espérance! En nous descend\nQuelque chose de doux comme des yeux d'enfant,\nEt la crainte de ceux qui s'en vont est bannie!\n\nVoix du devoir! Ecoutons-la nous avertir,\nSi maternelle! Et pour que soit le repentir,\nLe Christ semble revivre encor son agonie.\n\n\n                          IV\n\n            Larmes d'argent sur les eaux\n            Que pleura la lune blême\n            Si vague et si triste emblême\n            Où se ravivent nos maux.\n\n            Nympheas sanglotants! sème,\n            O Lune, sur mes yeux clos\n            Tes pleurs ; là-bas sur les flots\n            J'entends ta plainte suprême!\n\n            O ces sanglots lumineux\n            Qui tombent silencieux\n            Si lentement sur mon âme!\n"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 844, "texte": "                     — 356 —\n\n           Et dans mon cœur anxieux\n           J'écoute perler la gamme\n           Des larmes glissant des cieux!\n\n                          V\nSur l'herbe, où nonchalante elle rêve, elle cueille\nDistraite, les lychnis parsemés quelle effeuille,\nEt suit de son regard mutin le vol dans l'air\nDes pétales que sa main disperse; et le clair\nFriselis des rameaux qu'échevèle la brise\nLa berce et le parfum mourant du soir la grise\nSi vaguement quelle ose à peine encor songer.\nEt belle d'indolence et glissant un léger\nSourire sur sa lèvre, elle arrache à la gerbe\nQu'elle a cueillie et qui se fane là dans l'herbe\nLa marguerite blanche et compte de son doigt\nMignon ce que la fleur devineresse doit\nRaconter — et sourit au mensonge des fleurs.\n                                         VALÈRE GILLE.\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 356, "page_fin": 357, "titre_corps": "Madelon", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon 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laine\n« Et l'on se fait fille de peine,\n         « Madeleine... »\n    Ce ne fut pas long,\n         Madelon!...\n\n\n« Ils t'ont saisi ton lit de plume :\n« Tu peux coucher sur le bitume ;\n          « De l'aplomb,\n          « Madelon!... »\nMais, pour dormir, toujours hautaine\n Tu choisis le lit de la Seine,\n          Madeleine...\n      Ce ne fut pas long,\n           Madelon!...\n                             LÉON MONTENAEKEN.\n\n\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 357, "page_fin": 358, "titre_corps": "Airs de flûte", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Siebel", "ancre_debut": "AIRS DE FLUTE", "ancre_fin": "SIEBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 408, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 486, "fin_caractere_exclue": 806, "texte": "AIRS DE FLUTE\n\n                    XXV\n\n                 LORELEY\n\n  Dans le soleil, la nymphe nue\n  Déroule ses longs cheveux d'or,\n  Mon souvenir la voit encor,\n  C'est ma jeunesse revenue.\n\n\n  Dans le jour fluide qui meurt,\n  Le fleuve roule son eau blonde\n  Et la nymphe regarde l'onde\n  Traînant sa pensive rumeur ;\n"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 527, "texte": "                                 — 358 —\n\n               Et quand la nuit est revenue,\n               J'aperçois, j'aperçois encor\n               Une onde de longs cheveux d'or\n               Sur une blanche forme nue.\n\n\n\n              O Loreley, mon doux lointain\n              De fleur bleue et de Marguerite,\n              Dans ton rappel cher je m'abrite.\n              Und das ist lieblich,\n                                    C'est certain.\n                                                          SIEBEL.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 358, "page_fin": 360, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Pillage", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Max Waller", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "MAX WALLER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 409, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 527, "fin_caractere_exclue": 1814, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                              LE PILLAGE.\n\n\n              Une revue qui ne manque ni de verve ni de jeunesse, la Wallo-\n               nie, relève avec aigreur la phrase que nous imprimions récem­\n               ment : « Quant à M. Khnopff, il est de ceux que, littéraire-\n               ment on ne salue plus ».\n   La Wallonie aurait dû songer que pour prononcer d'aussi offensantes\nparoles, nous avons de graves raisons et que si nous attaquons la dignité\nlittéraire de M. Khnopff, c'est parce que celle-ci est attaquable. La Wallonie\nveut des explications. En voici.\n   Naguère un petit journal parisien, malheureusement mort aujourd'hui,\nLutèce, insinua que le XVIIIe siècle de M. Khnopff, paru dans la Jeune\nBelgique, n'était que le décalque des Fêtes galantes de Paul Verlaine, épui-\nsées alors en librairie. A l'aveuglette, nous nous indignâmes. Aucun de\nnous ne contrôla, n'ayant pas les œuvres rares de Verlaine en sa bibliothè­\nque. M. Khnopff les avait, sans doute.\n   Or, voici que M. Léon Vanier réédite coup sur coup ces œuvres, les\nRomances sans paroles, les Fêtes galantes, Jadis et naguère ; nous les\nlisons, épris de cette poésie exquise et musicienne, et, à mesure que les\nstrophes se déroulent, les vers de M. Khnopff nous reviennent en mémoire.\n"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 197, "texte": "                                           — 359 —\n\nM. Khnopff a tout copié, la coupe des vers, les mots rares, les rimes choi­\nsies, des hémistiches complets et des strophes entières !\n   Lisez :\n"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 211, "fin_caractere_exclue": 220, "texte": "VERLAINE."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 271, "fin_caractere_exclue": 315, "texte": "Un air bien vieux, bien faible et bien char­"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 397, "fin_caractere_exclue": 402, "texte": "mant."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 420, "fin_caractere_exclue": 444, "texte": "(Romances sans paroles)."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 445, "fin_caractere_exclue": 475, "texte": "Je devine à travers un murmure"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 527, "fin_caractere_exclue": 563, "texte": "Le contour subtil des voix anciennes"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 615, "fin_caractere_exclue": 649, "texte": "Et dans les lueurs musiciennes...."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 736, "fin_caractere_exclue": 741, "texte": "(Id.)"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 796, "fin_caractere_exclue": 817, "texte": "Mystiques barcarolles"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 886, "fin_caractere_exclue": 911, "texte": "Romances sans paroles...."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 995, "fin_caractere_exclue": 1012, "texte": "(Fêtes galantes)."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1157, "fin_caractere_exclue": 1197, "texte": "Le ciel si pâle et les arbres si grêles."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1289, "fin_caractere_exclue": 1294, "texte": "(Id.)"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1295, "fin_caractere_exclue": 1337, "texte": "Le vent de l'autre nuit a jeté bas l'Amour"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1388, "fin_caractere_exclue": 1433, "texte": "Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1482, "fin_caractere_exclue": 1529, "texte": "Souriait en bandant malignement son a r c . . ."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1610, "fin_caractere_exclue": 1615, "texte": "(Id.)"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 262, "fin_caractere_exclue": 270, "texte": "KHNOPFF."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 321, "fin_caractere_exclue": 358, "texte": "Un air bien vieux, grêle et charmant."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 499, "fin_caractere_exclue": 526, "texte": "Et les senteurs musiciennes"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 581, "fin_caractere_exclue": 614, "texte": "Cette âme qui se plaint tout bas,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 669, "fin_caractere_exclue": 705, "texte": "Ces frissons d'accords, n'est-ce pas"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 760, "fin_caractere_exclue": 788, "texte": "L'âme des extases anciennes?"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 839, "fin_caractere_exclue": 878, "texte": "Les brises des étangs, mystiques barca­"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 964, "fin_caractere_exclue": 971, "texte": "rolles,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1022, "fin_caractere_exclue": 1063, "texte": "S'enroulaient vaguement à vos mièvres pa­"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1150, "fin_caractere_exclue": 1156, "texte": "roles."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1207, "fin_caractere_exclue": 1255, "texte": "Et dans le ciel si pâle el les arbres si grêles."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1345, "fin_caractere_exclue": 1387, "texte": "Sous son frêle treillis, dans un recoin du"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1476, "fin_caractere_exclue": 1481, "texte": "[parc"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1532, "fin_caractere_exclue": 1576, "texte": "L'amour malicieux appuyé sur son a r c . . ."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1617, "fin_caractere_exclue": 2020, "texte": "   Nous pourrions continuer les citations; nous en avons une quantité,\ncueillies presque au hasard des rencontres, mais aujourd'hui nous voulons\nêtre bref, gardant pour plus tard une démonstration plus complète. Ce que\nnous en faisons à l'heure actuelle n'a d'autre but que de justifier le mot\ncruel infligé à M. Khnopff et si malencontreusement relevé par la Wallonie.\n   Voici deux documents encore :\n"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2034, "fin_caractere_exclue": 2044, "texte": "AQUARELLE."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2098, "fin_caractere_exclue": 2136, "texte": "(Extrait des Romances sans paroles, de"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2192, "fin_caractere_exclue": 2228, "texte": "Paul Verlaine, réimpr., Léon Vanier,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2282, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "1887, p. 57)."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2344, "fin_caractere_exclue": 2370, "texte": "O la rivière dans la rue !"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2372, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "Fantastiquement apparue"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2451, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "Derrière un mur haut de cinq pieds,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2535, "fin_caractere_exclue": 2561, "texte": "Elle roule sans un murmure"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2615, "fin_caractere_exclue": 2648, "texte": "Son onde opaque et pourtant pure,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2691, "fin_caractere_exclue": 2718, "texte": "Par les faubourgs pacifiés."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2720, "fin_caractere_exclue": 2756, "texte": "La chaussée est très large, en sorte"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2758, "fin_caractere_exclue": 2793, "texte": "Que l'eau jaune est comme une morte"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2837, "fin_caractere_exclue": 2870, "texte": "Dévale ample et sans nuls espoirs"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2924, "fin_caractere_exclue": 2954, "texte": "De rien refléter que la brume,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3003, "fin_caractere_exclue": 3033, "texte": "Même alors que l'aurore allume"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3087, "fin_caractere_exclue": 3116, "texte": "Les cottages jaunes et noirs."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2079, "fin_caractere_exclue": 2097, "texte": "L'EAU QUI SOUFFRE."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2148, "fin_caractere_exclue": 2189, "texte": "(Extrait des Vers, de M. Georges Khnopff,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2242, "fin_caractere_exclue": 2279, "texte": "à la page 552 du tome III de la Jeune"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2332, "fin_caractere_exclue": 2342, "texte": "Belgique)."}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2422, "fin_caractere_exclue": 2449, "texte": "Vers les lointains extasiés"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2501, "fin_caractere_exclue": 2533, "texte": "Lente et douce, sans un murmure,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2585, "fin_caractere_exclue": 2613, "texte": "Elle pousse son onde impure,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2665, "fin_caractere_exclue": 2689, "texte": "Entre les murs pacifiés,"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2808, "fin_caractere_exclue": 2835, "texte": "O la rivière jaune et morte"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2887, "fin_caractere_exclue": 2922, "texte": "Sous les ponts tristes, sans espoir"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2974, "fin_caractere_exclue": 3001, "texte": "De rien refléter de ce soir"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3053, "fin_caractere_exclue": 3085, "texte": "Que l'heure impitoyable emporte."}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 209, "texte": "                                           — 360 —\n\n  Voici, prise dans Les Poètes maudits de Paul Verlaine (Vanier, 1884,\np. 49), une pièce de M. Stéphane Mallarmé, dont M. Khnopff a enlevé\njusqu'au titre :\n\n"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 287, "fin_caractere_exclue": 333, "texte": "La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs,"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 381, "fin_caractere_exclue": 423, "texte": "Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 508, "fin_caractere_exclue": 519, "texte": "[des fleurs"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 538, "fin_caractere_exclue": 578, "texte": "Vaporeuses, tiraient de mourantes violes"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 579, "fin_caractere_exclue": 621, "texte": "De blancs sanglots glissant sur l'azur des"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 659, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "[corolles."}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 703, "fin_caractere_exclue": 748, "texte": "— C'était le jour béni de ton premier baiser."}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 784, "fin_caractere_exclue": 818, "texte": "Ma songerie aimant à me martyriser"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 867, "fin_caractere_exclue": 908, "texte": "S'enivraitsavammentdu parfum de tristesse"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 955, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "Que même sans regret et sans déboire laisse"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 999, "fin_caractere_exclue": 1040, "texte": "La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1081, "fin_caractere_exclue": 1090, "texte": "[cueilli."}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1125, "fin_caractere_exclue": 1171, "texte": "J'errais donc, l'œil rivé sur le pavé vieilli,"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1210, "fin_caractere_exclue": 1252, "texte": "Quand, avec du soleil aux cheveux, dans la"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1340, "fin_caractere_exclue": 1344, "texte": "[rue"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1376, "fin_caractere_exclue": 1418, "texte": "Et dans le soir, tu m\"es en riant apparue."}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1419, "fin_caractere_exclue": 1463, "texte": "Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1464, "fin_caractere_exclue": 1505, "texte": "Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1592, "fin_caractere_exclue": 1598, "texte": "[gâté,"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1638, "fin_caractere_exclue": 1682, "texte": "Passait, laissant toujours, de ses mains mal"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1765, "fin_caractere_exclue": 1773, "texte": "[fermées"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1809, "fin_caractere_exclue": 1849, "texte": "Neiger de blancs bouquets d'étoiles par­"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1888, "fin_caractere_exclue": 1895, "texte": "fumées."}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 224, "fin_caractere_exclue": 285, "texte": "APPARITION.                                       APPARITION."}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 339, "fin_caractere_exclue": 380, "texte": "(Extrait des Vers, de M. Georges Khnopff,"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 435, "fin_caractere_exclue": 472, "texte": "à la page 553 du tome III de la Jeune"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 527, "fin_caractere_exclue": 537, "texte": "Belgique)."}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 678, "fin_caractere_exclue": 702, "texte": "Telle glisse silencieuse"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 759, "fin_caractere_exclue": 783, "texte": "Sur un ciel de miniature"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 840, "fin_caractere_exclue": 866, "texte": "Une sainte gracile et pure"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 923, "fin_caractere_exclue": 954, "texte": "Dans le bleu de l'heure pieuse."}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1097, "fin_caractere_exclue": 1124, "texte": "Elle m'est soudain apparue,"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1181, "fin_caractere_exclue": 1209, "texte": "Rêve, forme à peine, nuance,"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1266, "fin_caractere_exclue": 1295, "texte": "Effleurant de subtile essence"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1352, "fin_caractere_exclue": 1375, "texte": "La vulgarité de la rue."}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1520, "fin_caractere_exclue": 1549, "texte": "Et de ses lèvres bien aimées,"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1606, "fin_caractere_exclue": 1637, "texte": "La vierge, de ses lèvres roses,"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1694, "fin_caractere_exclue": 1726, "texte": "Effeuilla sur mon cœur des roses"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1783, "fin_caractere_exclue": 1808, "texte": "Et des étoiles parfumées."}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1898, "fin_caractere_exclue": 1996, "texte": "   Cela suffit-il ?\n                                                                  MAX WALLER.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 361, "page_fin": 366, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Et de la tête que tu fis m amour", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 85, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 131, "texte": "La petite revue dont nous avons ré­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 188, "fin_caractere_exclue": 226, "texte": "cemment parlé , se blesse encore parce"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 281, "fin_caractere_exclue": 320, "texte": "que nous lui donnons le qualificatif de"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 375, "fin_caractere_exclue": 418, "texte": "« petite ». La Wallonie (c'est elle) a bien"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 455, "fin_caractere_exclue": 499, "texte": "tort, l'adjectif ne s'applique qu'au format,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 550, "fin_caractere_exclue": 590, "texte": "point du tout à l'œuvre. Nous reconnais­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 618, "fin_caractere_exclue": 658, "texte": "sons avec bonheur qu'il y a chez elle un"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 711, "fin_caractere_exclue": 754, "texte": "effort plus que louable, quoique assez bis­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 806, "fin_caractere_exclue": 847, "texte": "cornu, et lui envoyons toute notre sympa­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 896, "fin_caractere_exclue": 932, "texte": "thie, quelque dédain qu'elle en ait."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 993, "fin_caractere_exclue": 1029, "texte": "La Wallonie pourtant commet quelques"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1084, "fin_caractere_exclue": 1122, "texte": "gaffes. 1° D'abord elle défend Georges"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1175, "fin_caractere_exclue": 1212, "texte": "Khnopff — elle verra un peu plus haut"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1267, "fin_caractere_exclue": 1311, "texte": "pourquoi elle a tort; elle nous accuse, pau­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1364, "fin_caractere_exclue": 1404, "texte": "vre Max Waller, d'avoir, dans Lysiane de"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1445, "fin_caractere_exclue": 1485, "texte": "Lysias, pastiché Le Vice suprême, ce qui"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1540, "fin_caractere_exclue": 1580, "texte": "a été avoué (donc pardonné) par Max Wal­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1636, "fin_caractere_exclue": 1672, "texte": "ler lui-même avant que quiconque eût"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1732, "fin_caractere_exclue": 1774, "texte": "songé à le lui reprocher. Et il continue à"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1827, "fin_caractere_exclue": 1870, "texte": "croire que cette nouvelle peu originale est"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1921, "fin_caractere_exclue": 1959, "texte": "un simple hommage involontaire à l'ami"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2013, "fin_caractere_exclue": 2057, "texte": "Péladan; 3 0 elle nous affirme fort injuste­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2108, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "ment que nous oublions , négligeons et"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2182, "fin_caractere_exclue": 2219, "texte": "répudions Georges Rodenbach et Emilie"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2276, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "Verhaeren; 4 0 elle se met en colère — tout"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2369, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "cela en trente lignes. Wallonie que nous"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2464, "fin_caractere_exclue": 2511, "texte": "aimons et qui fait si souvent notre joie, lisez"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2556, "fin_caractere_exclue": 2581, "texte": "le paragraphe, qui suit :"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2763, "fin_caractere_exclue": 2766, "texte": "***"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2933, "fin_caractere_exclue": 2969, "texte": "Le 22 octobre a eu lieu à la Taverne"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3019, "fin_caractere_exclue": 3058, "texte": "Royale (1) un banquet intime où se sont"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3059, "fin_caractere_exclue": 3102, "texte": "réunis les collaborateurs du Parnasse de la"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3130, "fin_caractere_exclue": 3169, "texte": "Jeune Belgique. Citons parmi les toasts"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3218, "fin_caractere_exclue": 3239, "texte": "prononcés, celui-ci :"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3322, "fin_caractere_exclue": 3340, "texte": "« Chers bons amis,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3406, "fin_caractere_exclue": 3445, "texte": "« Etant heureux et content, on ne pour­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3500, "fin_caractere_exclue": 3544, "texte": "rait être solennel et je ne veux pas l'être."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3592, "fin_caractere_exclue": 3628, "texte": "Nous sommes arrivés aujourd'hui à la"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3685, "fin_caractere_exclue": 3726, "texte": "deuxième étape Jeune Belgique — et certes"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3782, "fin_caractere_exclue": 3820, "texte": "non à la seconde. Le banquet Lemonnier"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3873, "fin_caractere_exclue": 3914, "texte": "où, voilà longtemps déjà, les fervents de"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 4055, "fin_caractere_exclue": 4071, "texte": "(I)Ohlespiliers!"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "l'art se réunirent, fut notre premier relai."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 238, "fin_caractere_exclue": 280, "texte": "Nous nous arrêtions un instant à l'auberge"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 331, "fin_caractere_exclue": 374, "texte": "pour reprendre des forces et mener le coche"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 425, "fin_caractere_exclue": 454, "texte": "plus loin — loin des mouches."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 509, "fin_caractere_exclue": 549, "texte": "« Voici notre deuxième hôtellerie — loin"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 600, "fin_caractere_exclue": 617, "texte": "des coquecigrues."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 671, "fin_caractere_exclue": 710, "texte": "« La Jeune Belgique est déjà ancienne —"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 761, "fin_caractere_exclue": 805, "texte": "elle ne vieillit point — elle se renouvelle,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 856, "fin_caractere_exclue": 895, "texte": "tend la main à ceux qui viennent, comme"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 946, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "elle envoie un sourire de regret à ceux qui"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1040, "fin_caractere_exclue": 1083, "texte": "partent — et ceux-ci reviendront peut-être."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1135, "fin_caractere_exclue": 1174, "texte": "Leurs places sont là qui les attendent."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1226, "fin_caractere_exclue": 1266, "texte": "Comme on l'a dit jadis, rappelant le mot"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1318, "fin_caractere_exclue": 1363, "texte": "de Victor Hugo, « ils n'ont pas disparu ; ils"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1415, "fin_caractere_exclue": 1444, "texte": "sont simplement invisibles. »"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1499, "fin_caractere_exclue": 1538, "texte": "« Le Parnasse est le résultat d'un long"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1590, "fin_caractere_exclue": 1634, "texte": "effort. Il a fallu beaucoup d'amitiés, beau­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1686, "fin_caractere_exclue": 1731, "texte": "coup de conviction, beaucoup de joie d'écrire"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1783, "fin_caractere_exclue": 1826, "texte": "pour arriver à ce livre — notre livre d'or."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1878, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "Il y a eu bien des ouvrages de ce genre en"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1972, "fin_caractere_exclue": 2012, "texte": "Belgique, jamais un seul avant celui-ci,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2064, "fin_caractere_exclue": 2107, "texte": "écrit et publié librement, sans le concours"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2159, "fin_caractere_exclue": 2181, "texte": "des bureaux officiels."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2236, "fin_caractere_exclue": 2275, "texte": "» Nous ne voulons aujourd'hui ni défier"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2327, "fin_caractere_exclue": 2367, "texte": "ni médire. Aucune allusion ne détournera"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2419, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "notre allégresse et nous serons tout au bon­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2515, "fin_caractere_exclue": 2554, "texte": "heur d'avoir fait œuvre bonne et digne."}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2606, "fin_caractere_exclue": 2646, "texte": "Cette œuvre est là. Donnons-nous rendez-"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2698, "fin_caractere_exclue": 2741, "texte": "vous à la prochaine station. Ce salon n'est"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2793, "fin_caractere_exclue": 2836, "texte": "qu'un guichet; la Jeune Belgique ne craint,"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2888, "fin_caractere_exclue": 2930, "texte": "elle prend ses coupons et, je vous le pro­"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2982, "fin_caractere_exclue": 3018, "texte": "mets, le. train ne déraillera pas. »"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3112, "fin_caractere_exclue": 3129, "texte": "Encore un toast :"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3182, "fin_caractere_exclue": 3217, "texte": "« Je vous propose de boire aux plus"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3268, "fin_caractere_exclue": 3311, "texte": "jeunes fils de la Jeune Belgique. Nous nous"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3362, "fin_caractere_exclue": 3403, "texte": "énorgueillissons d'avoir fait éclore dans"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3454, "fin_caractere_exclue": 3499, "texte": "notre pays, une riche floraison d'art ; il ne"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3550, "fin_caractere_exclue": 3591, "texte": "faut point que ces divines fleurs meurent"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3642, "fin_caractere_exclue": 3684, "texte": "avec nous. C'est aux plus jeunes poètes et"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3735, "fin_caractere_exclue": 3781, "texte": "aux poètes à venir, d'entretenir et d'embellir"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3832, "fin_caractere_exclue": 3872, "texte": "encore le jardin poétique que nous avons"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3923, "fin_caractere_exclue": 3966, "texte": "créé. En attendant les successeurs, qu'avec"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 4017, "fin_caractere_exclue": 4052, "texte": "son tempérament de mère Gigogne, la"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 4103, "fin_caractere_exclue": 4144, "texte": "Jeune Belgique ne tardera pas à leur don-"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "ner, MM. Valère Gille et Fernand Severin"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 146, "fin_caractere_exclue": 190, "texte": "exercent supérieurement les fonctions diffi­"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 236, "fin_caractere_exclue": 278, "texte": "ciles de Benjamins. Qu'il soit permis à un"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 332, "fin_caractere_exclue": 374, "texte": "mauvais jardinier de louer ici leurs char­"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 425, "fin_caractere_exclue": 467, "texte": "mants parterres de lys... et de roses-thé."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 524, "fin_caractere_exclue": 568, "texte": "Pourclore la série des toasts, je bois enfin"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 616, "fin_caractere_exclue": 660, "texte": "à nos principaux collaborateurs, à ceux qui,"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 706, "fin_caractere_exclue": 748, "texte": "par leur dévouement et leur habileté, nous"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 840, "texte": "ont aidé à faire du Parnasse de la Jeune"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 889, "fin_caractere_exclue": 927, "texte": "Belgique une véritable œuvre d'art ; à"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 985, "fin_caractere_exclue": 1019, "texte": "M me Monnom, à MM. Dewinter et Van"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 1078, "fin_caractere_exclue": 1121, "texte": "Dijk à qui nous voulons témoigner ici notre"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 1156, "fin_caractere_exclue": 1182, "texte": "plus cordiale gratitude. »"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 1254, "fin_caractere_exclue": 1293, "texte": "Quelqu'un a bu à la santé de Me Picard,"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 1346, "fin_caractere_exclue": 1388, "texte": "le véritable auteur du Parnasse, quelqu'un"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 1439, "fin_caractere_exclue": 1485, "texte": "à tous les collaborateurs du livre et tous ont"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 1532, "fin_caractere_exclue": 1573, "texte": "bu au bonheur de se sentir jeunes et unis"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 1627, "fin_caractere_exclue": 1661, "texte": "comme par le passé. Ja, mein Herr."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 1924, "fin_caractere_exclue": 1927, "texte": "***"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 2088, "fin_caractere_exclue": 2114, "texte": "Du Voltaire (24 octobre) :"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 2278, "fin_caractere_exclue": 2301, "texte": "« CHRONIQUE DE PARIS. »"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 2397, "fin_caractere_exclue": 2439, "texte": "« Le titre écrit au haut de la page, je me"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 2489, "fin_caractere_exclue": 2535, "texte": "prends à réfléchir, car, à la vérité, ce n'est"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 2582, "fin_caractere_exclue": 2624, "texte": "point de Paris qu'il sera parlé. 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Le Pari­"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 3831, "fin_caractere_exclue": 3874, "texte": "sien connaît mal la Belgique; à l'entendre,"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 3927, "fin_caractere_exclue": 3972, "texte": "ce serait un pays de contrefaçon où l'on fait"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 4016, "fin_caractere_exclue": 4053, "texte": "des révolutions quand le gouvernement"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 4108, "fin_caractere_exclue": 4148, "texte": "augmente le prix de la bière. 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Il aurait pu ajouter que la Bel­"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 2539, "fin_caractere_exclue": 2581, "texte": "gique est — après l'Afrique centrale et la"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 2632, "fin_caractere_exclue": 2670, "texte": "Terre de Feu — le pays où l'on vend le"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 2721, "fin_caractere_exclue": 2765, "texte": "moins de livres. 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C'est ainsi"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 3182, "fin_caractere_exclue": 3221, "texte": "que Camille Lemonnier est plus lu, plus"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 3272, "fin_caractere_exclue": 3311, "texte": "apprécié, plus largement admiré ici que"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 3362, "fin_caractere_exclue": 3369, "texte": "là-bas."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 3423, "fin_caractere_exclue": 3458, "texte": "\" Dans ces conditions, pour que des"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 3509, "fin_caractere_exclue": 3548, "texte": "jeunes gens entreprissent de former une"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 3599, "fin_caractere_exclue": 3644, "texte": "école belge de littérature, il fallait qu'ils"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 3695, "fin_caractere_exclue": 3736, "texte": "eussent véritablement le diable au corps."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 3787, "fin_caractere_exclue": 3830, "texte": "Ecrire pour un pays qui ne lit pas, rien de"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 3881, "fin_caractere_exclue": 3926, "texte": "plus téméraire ; surtout si l'on tient compte"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 3977, "fin_caractere_exclue": 4015, "texte": "qu'une moitié des habitants parlent un"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 4066, "fin_caractere_exclue": 4107, "texte": "patois flamand dérivé de l'allemand et du"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 4158, "fin_caractere_exclue": 4200, "texte": "hollandais, tandis que les autres s'expri­"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 4251, "fin_caractere_exclue": 4290, "texte": "ment dans un idiome dérivé du français."}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 4344, "fin_caractere_exclue": 4380, "texte": "Le Parnasse de la Jeune Belgique qui"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 4431, "fin_caractere_exclue": 4471, "texte": "vient de paraître chez Léon Vanier, con­"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 4522, "fin_caractere_exclue": 4566, "texte": "tient les œuvres choisies de dix-huit jeunes"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 4617, "fin_caractere_exclue": 4652, "texte": "poètes belges : M me Hélène Swarth,"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 90, "texte": "MM. Emile van Arenbergh, Paul Berlier,"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 146, "fin_caractere_exclue": 183, "texte": "André Fontainas, Georges Garnir, Iwan"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 243, "fin_caractere_exclue": 287, "texte": "Gilkin, Valère Gille, Octave Gillion, Albert"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 340, "fin_caractere_exclue": 377, "texte": "Giraud, Théodore Hannon, Paul Lamber,"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 400, "fin_caractere_exclue": 440, "texte": "Ch. van Lerberghe, Grégoire Le Roy, Mau­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 493, "fin_caractere_exclue": 533, "texte": "rice Maeterlinck, Léon Montenaeken, Fer­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 588, "fin_caractere_exclue": 627, "texte": "nand Severin, Lucien Solvay et Max Wal­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 681, "fin_caractere_exclue": 685, "texte": "ler."}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 772, "fin_caractere_exclue": 808, "texte": "« Ces messieurs ne sont pas tous des"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 860, "fin_caractere_exclue": 899, "texte": "débutants. Plusieurs appartiennent à la"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 954, "fin_caractere_exclue": 992, "texte": "presse belge, soit comme rédacteurs de"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1047, "fin_caractere_exclue": 1090, "texte": "journaux quotidiens, soit parce qu'ils col­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1142, "fin_caractere_exclue": 1181, "texte": "laborent à des revues. Ils sont là-bas,"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1238, "fin_caractere_exclue": 1276, "texte": "comme groupe, à peu près ce que furent"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1331, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "naguère les parnassiens de Paris, Mendès,"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1393, "fin_caractere_exclue": 1436, "texte": "Glatigny, Mallarmé, Paul Verlaine, Villiers"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1486, "fin_caractere_exclue": 1528, "texte": "de l'Isle-Adam. Au début, ils n'ont pas su"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1581, "fin_caractere_exclue": 1624, "texte": "résister — c'est bie'n naturel — au plaisir"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1680, "fin_caractere_exclue": 1726, "texte": "facile de faire du tapage, de naturaliser fla­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1772, "fin_caractere_exclue": 1813, "texte": "mand le gilet rouge de Théophile Gautier,"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1867, "fin_caractere_exclue": 1906, "texte": "d'arborer des chapeaux que l'on eût dit"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1963, "fin_caractere_exclue": 2001, "texte": "trouvés dans la garde-robe d'Alexandre"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2059, "fin_caractere_exclue": 2097, "texte": "Pothay ou dans la succession de Privat"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2152, "fin_caractere_exclue": 2188, "texte": "d'Anglemont. 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Ces jeunes"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3825, "fin_caractere_exclue": 3863, "texte": "hommes de lettres ont produit avec une"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3953, "fin_caractere_exclue": 3997, "texte": "sorte de hâte, qui des vers, qui des drames,"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4096, "fin_caractere_exclue": 4138, "texte": "qui des romans. Entre deux manuscrits, ils"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4231, "fin_caractere_exclue": 4276, "texte": "passaient volontiers la frontière et venaient"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4368, "fin_caractere_exclue": 4411, "texte": "s'attabler à Paris, pour bavarder sur l'art"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4502, "fin_caractere_exclue": 4546, "texte": "loin des estaminets de là-bas. Ainsi ils ont"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4641, "fin_caractere_exclue": 4681, "texte": "connu Coppée, Daudet, Zola, Léon Cladel,"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4776, "fin_caractere_exclue": 4815, "texte": "Théodore de Banville, Joséphin Péladan,"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4908, "fin_caractere_exclue": 4947, "texte": "Barbey d'Aurevilly, Edmond de Goncourt."}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 5037, "fin_caractere_exclue": 5079, "texte": "Peut-être que, grâce à la fréquentation de"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 5171, "fin_caractere_exclue": 5211, "texte": "nos écrivains, leur goût des lettres est"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 145, "texte": "devenu l'amour, la passion des lettres. Au­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 197, "fin_caractere_exclue": 242, "texte": "jourd'hui les voici naturalisés Parisiens par"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 294, "fin_caractere_exclue": 339, "texte": "droit d'édition et ayant fait bellement leurs"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 391, "fin_caractere_exclue": 399, "texte": "preuves."}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 454, "fin_caractere_exclue": 492, "texte": "« Dès maintenant il existe en Belgique"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 544, "fin_caractere_exclue": 587, "texte": "une littérature. Nos voisins n'en sont plus"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 639, "fin_caractere_exclue": 680, "texte": "à nous offrir un ou deux historiens comme"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 732, "fin_caractere_exclue": 768, "texte": "M. Laurent ou comme Louis Hymans, un"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 820, "fin_caractere_exclue": 859, "texte": "critique d'art seulement, Rousseau ; un"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 911, "fin_caractere_exclue": 953, "texte": "romancier, Camille Lemonnier. Je sais bien"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1005, "fin_caractere_exclue": 1046, "texte": "qu'en matière d'importance artistique, le"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1098, "fin_caractere_exclue": 1141, "texte": "nombre est à négliger, et que Camille L e ­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1193, "fin_caractere_exclue": 1237, "texte": "monnier, à lui tout seul, suffit à la gloire"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1289, "fin_caractere_exclue": 1330, "texte": "d'un pays, tant par son génie que par son"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1382, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "caractère."}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1447, "fin_caractere_exclue": 1485, "texte": "« Il était à prévoir que, dans un pays"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1537, "fin_caractere_exclue": 1580, "texte": "sans langage national et où la langue fran­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1632, "fin_caractere_exclue": 1679, "texte": "çaise n'est pas la seule officielle, puisque le"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1731, "fin_caractere_exclue": 1771, "texte": "roi Léopold est amené à parler tantôt en"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1823, "fin_caractere_exclue": 1866, "texte": "français, tantôt en patois hollandais, — ce"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 1918, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "qui le place à peu près dans la situation où"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2014, "fin_caractere_exclue": 2058, "texte": "serait M. Grévy s'il consentait à s'exprimer"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2110, "fin_caractere_exclue": 2151, "texte": "en breton devant les gens de Quimperlé et"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2203, "fin_caractere_exclue": 2247, "texte": "en auvergnat devant les gens de Saint-Flour,"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2299, "fin_caractere_exclue": 2343, "texte": "— il était à prévoir que toute manifestation"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2395, "fin_caractere_exclue": 2437, "texte": "littéraire accuserait un mouvement de sym­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2489, "fin_caractere_exclue": 2533, "texte": "pathie vers la France et vers la littérature"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 2585, "fin_caractere_exclue": 2629, "texte": "française. 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Je ne puis, par exemple, tenir pour"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3051, "fin_caractere_exclue": 3093, "texte": "un peintre belge, pour un artiste flamand,"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3145, "fin_caractere_exclue": 3189, "texte": "ce grand et puissant Alfred Stevens, dont la"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3241, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "magnifique carrière s'est commencée et"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3330, "fin_caractere_exclue": 3371, "texte": "achevée en France, et qui a observé, étu­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3422, "fin_caractere_exclue": 3468, "texte": "dié, traité la Française des villes aussi lar­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3519, "fin_caractere_exclue": 3555, "texte": "gement, aussi magiquement que Millet"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3649, "fin_caractere_exclue": 3690, "texte": "avait compris et traduit la Française des"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3782, "fin_caractere_exclue": 3824, "texte": "campagnes. Je ne suis pas bien certain que"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 3914, "fin_caractere_exclue": 3952, "texte": "Tourgueneff doive être considéré comme"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4048, "fin_caractere_exclue": 4095, "texte": "un écrivain russe par la postérité, et je r e ­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4189, "fin_caractere_exclue": 4230, "texte": "connais dans le général chinois Tchen-Ki-"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4327, "fin_caractere_exclue": 4367, "texte": "Tong un charmant et très fin chroniqueur"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4462, "fin_caractere_exclue": 4501, "texte": "du boulevard. Henri Heine, qui, le pre­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4597, "fin_caractere_exclue": 4640, "texte": "mier, a baptisé la femme galante de ce joli"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4732, "fin_caractere_exclue": 4775, "texte": "sobriquet d' « horizontale » dont les écho­"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4866, "fin_caractere_exclue": 4907, "texte": "tiers abusent aujourd'hui, Henri Heine me"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 4998, "fin_caractere_exclue": 5036, "texte": "semble autrement notre compatriote que"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 5130, "fin_caractere_exclue": 5170, "texte": "Charles Deulin, qui, tout Français qu'il"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "était, resta jusqu'à son dernier jour un Fla­"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 183, "texte": "mand des Flandres, un familier des d u -"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 280, "texte": "casses et des kermesses, un franc buveur de"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 293, "fin_caractere_exclue": 318, "texte": "blonde et de petite orge."}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 391, "fin_caractere_exclue": 428, "texte": "« A mon humble avis, ces messieurs de"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 484, "fin_caractere_exclue": 524, "texte": "la Jeune Belgique sont, en dépit de leur"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 577, "fin_caractere_exclue": 618, "texte": "raison sociale, des poètes français et du"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 669, "fin_caractere_exclue": 712, "texte": "meilleur crû. J'avais projeté de le prouver"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 765, "fin_caractere_exclue": 811, "texte": "à cette place par de larges citations, mais je"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 856, "fin_caractere_exclue": 898, "texte": "ne sais rien de laid comme des alexandrins"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 928, "fin_caractere_exclue": 971, "texte": "en petit texte, écrasés dans d'étroites co­"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1026, "fin_caractere_exclue": 1069, "texte": "lonnes de journal ; souvent les typographes"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1070, "fin_caractere_exclue": 1113, "texte": "sont obligés de reléguer la rime au dessous"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1145, "fin_caractere_exclue": 1186, "texte": "du vers, faute de place, et un vers ainsi"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1187, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "brisé ne me paraît plus tout à fait un vers."}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1283, "fin_caractere_exclue": 1326, "texte": "Il ne reste plus des belles lignes droites,"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1379, "fin_caractere_exclue": 1419, "texte": "fines et pures, comme les belles pensées"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1473, "fin_caractere_exclue": 1518, "texte": "qu'elles réflètent, que quelques-unes ; d'au­"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1561, "fin_caractere_exclue": 1604, "texte": "tres, aussi jolies, mais qui s'allongeaient"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1648, "fin_caractere_exclue": 1687, "texte": "avec plus de paresse, n'entrent dans le"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1737, "fin_caractere_exclue": 1778, "texte": "moule de la grosse prose qu'au prix d'une"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 1831, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "torture ou d'une mutilation. 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Je ne citerai donc rien de ce"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2099, "fin_caractere_exclue": 2141, "texte": "Parnasse, mais j'ai tenu à nommer les par­"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2193, "fin_caractere_exclue": 2202, "texte": "nassiens."}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2290, "fin_caractere_exclue": 2332, "texte": "« Je tiens surtout à n'être pas le dernier"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2378, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "à imprimer le nom d'un jeune poète d'un"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2470, "fin_caractere_exclue": 2512, "texte": "rare talent : M.Albert Giraud, qui a donné"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2566, "fin_caractere_exclue": 2608, "texte": "au Parnasse de nos voisins dix-sept pièces"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2658, "fin_caractere_exclue": 2700, "texte": "d'une forme admirable et d'une inspiration"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 2742, "fin_caractere_exclue": 2782, "texte": "superbe. 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J'en avais gardé cette im­"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3747, "fin_caractere_exclue": 3790, "texte": "pression que l'auteur était un Français, un"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3838, "fin_caractere_exclue": 3881, "texte": "bon et brave Français adorant sa patrie, un"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 3935, "fin_caractere_exclue": 3975, "texte": "tantinet chauvin, ambitieux de revanche,"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 4017, "fin_caractere_exclue": 4059, "texte": "épris de victoires futures. 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GEORGES EEKHOUD. »"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 411, "fin_caractere_exclue": 445, "texte": "Du Journal de Bruxelles une fin de"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 502, "fin_caractere_exclue": 540, "texte": "Salon que nous recommandons aux atten­"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 597, "fin_caractere_exclue": 627, "texte": "tions de ce cher Art moderne :"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 690, "fin_caractere_exclue": 730, "texte": "« Voilà, dite par le menu, notre impres­"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 774, "fin_caractere_exclue": 817, "texte": "sion sur le Salon de 1887. Un journal d'art"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 864, "fin_caractere_exclue": 907, "texte": "disait récemment qu'un salonnier ne devrait"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 929, "fin_caractere_exclue": 966, "texte": "juger que « d'ensemble », observation"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 967, "fin_caractere_exclue": 1010, "texte": "juste, mais idéale ! Un écrivain français a"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1041, "fin_caractere_exclue": 1086, "texte": "dit : « Il n'y a de juste que les idées géné­"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1131, "fin_caractere_exclue": 1175, "texte": "rales et de vrai que les synthèses », vérité"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1222, "fin_caractere_exclue": 1260, "texte": "absolue, dont ne s'accommodent pas les"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1314, "fin_caractere_exclue": 1354, "texte": "gazettes. Au journal, tel que le veut le"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1402, "fin_caractere_exclue": 1442, "texte": "public, s'impose un point de vue simple­"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1500, "fin_caractere_exclue": 1544, "texte": "ment objectif, le fait, toujours le fait, le"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1591, "fin_caractere_exclue": 1637, "texte": "fait politique, le fait divers, le fait artis­"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1684, "fin_caractere_exclue": 1724, "texte": "tique, l'énumération et la nomenclature."}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1776, "fin_caractere_exclue": 1818, "texte": "C'est une nécessité sociale, au même titre"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1866, "fin_caractere_exclue": 1905, "texte": "que les boulangeries et les boucheries."}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1953, "fin_caractere_exclue": 1993, "texte": "Seulement, l'art demeure l'art en dehors"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2048, "fin_caractere_exclue": 2089, "texte": "et au dessus de tout, et il est puéril de"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2139, "fin_caractere_exclue": 2178, "texte": "jouer le Don Quichotte en écrasant avec"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2209, "fin_caractere_exclue": 2248, "texte": "solennité des mouches, en s'attaquant à"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2295, "fin_caractere_exclue": 2334, "texte": "des moulins à vent ou en ayant l'air de"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2352, "fin_caractere_exclue": 2396, "texte": "découvrir ce que chacun sait du reste depuis"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2443, "fin_caractere_exclue": 2481, "texte": "longtemps : que le journal est un écho"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2537, "fin_caractere_exclue": 2578, "texte": "public, qu'il a une optique particulière,"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2624, "fin_caractere_exclue": 2665, "texte": "moyenne, si l'on veut, mais aussi sincère"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2718, "fin_caractere_exclue": 2758, "texte": "que bien des déclamations présomptueuses"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2810, "fin_caractere_exclue": 2851, "texte": "qui n'aboutissent pas et bien des préten­"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2900, "fin_caractere_exclue": 2931, "texte": "tions qui, formulées, avortent."}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2995, "fin_caractere_exclue": 3033, "texte": "« Combien de journalistes déçus qui se"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3088, "fin_caractere_exclue": 3133, "texte": "vantent de n'être plus journalistes et qui en"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3181, "fin_caractere_exclue": 3221, "texte": "ont les mœurs mauvaises sans en avoir le"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3274, "fin_caractere_exclue": 3312, "texte": "désintéressement ! Pourquoi ceux-là ne"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3368, "fin_caractere_exclue": 3411, "texte": "démolissent-ils pas Shakespeare parce qu'il"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3462, "fin_caractere_exclue": 3503, "texte": "a été directeur de théâtre, et M. Un Tel,"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3553, "fin_caractere_exclue": 3593, "texte": "esthète célèbre, parce qu'il est avocat?"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3645, "fin_caractere_exclue": 3686, "texte": "L'art est étranger à toutes les exigences"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3734, "fin_caractere_exclue": 3746, "texte": "matérielles."}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3830, "fin_caractere_exclue": 3872, "texte": "« Il est facile à remplir, sans risque, le"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3919, "fin_caractere_exclue": 3960, "texte": "rôle d'un Matamore ; il est douloureux de"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4005, "fin_caractere_exclue": 4046, "texte": "sacrifier à la vie. Mais il est consolant"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4074, "fin_caractere_exclue": 4116, "texte": "d'ériger ses préférences, ses amours, dans"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4170, "fin_caractere_exclue": 4213, "texte": "une chapelle construite dans le coin de son"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4262, "fin_caractere_exclue": 4305, "texte": "cœur, pour soi seul, et où l'on se réfugie,"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "silencieusement, loin des clameurs hostiles,"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 192, "fin_caractere_exclue": 236, "texte": "loin des charlatans de l'art et des parvenus"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 286, "fin_caractere_exclue": 331, "texte": "qui étalent sottement leurs titres. » F . N ."}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 460, "fin_caractere_exclue": 501, "texte": "Une charmante jeune fille, Mlle Dora Zol­"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 551, "fin_caractere_exclue": 596, "texte": "likofer, vient de publier, en édition privée,"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 646, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "une exquise plaquette de vers allemands,"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 736, "fin_caractere_exclue": 773, "texte": "Bergfahrt, où nous trouvons nombre de"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 823, "fin_caractere_exclue": 863, "texte": "strophes d'un délicat sentiment et d'une"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 913, "fin_caractere_exclue": 928, "texte": "jolie féminité."}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1037, "fin_caractere_exclue": 1040, "texte": "***"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1094, "fin_caractere_exclue": 1130, "texte": "Sous le pseudonyme Amon, le frère de"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1181, "fin_caractere_exclue": 1221, "texte": "notre grand Jef Lambeaux publie Quelques"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1272, "fin_caractere_exclue": 1313, "texte": "idées éparses sur l'art flamand. Brochure"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1363, "fin_caractere_exclue": 1401, "texte": "curieuse que nous ne pouvons discuter."}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1452, "fin_caractere_exclue": 1499, "texte": "C'est de la critique personnelle, originale, et"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1550, "fin_caractere_exclue": 1590, "texte": "M. Lambeaux a ses idées comme nous avons"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1640, "fin_caractere_exclue": 1683, "texte": "les nôtres. Il accole, dans son admiration,"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1734, "fin_caractere_exclue": 1775, "texte": "MM. de Braekeleer, Stobbaerts et... Emile"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1825, "fin_caractere_exclue": 1865, "texte": "Wauters! ! Cela nous dépasse absolument,"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 1916, "fin_caractere_exclue": 1952, "texte": "mais M. Lambeaux a peut-être raison."}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2003, "fin_caractere_exclue": 2047, "texte": "Celui qui a commis le portrait de M me Somzé"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2098, "fin_caractere_exclue": 2138, "texte": "est un grand artiste que nous ne compre­"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2188, "fin_caractere_exclue": 2208, "texte": "nons sans doute pas."}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2262, "fin_caractere_exclue": 2294, "texte": "Autre part, M. Lambeaux prononce"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2345, "fin_caractere_exclue": 2351, "texte": "ceci :"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2405, "fin_caractere_exclue": 2442, "texte": "« Nous tenons à dire que nous ne som-"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2493, "fin_caractere_exclue": 2536, "texte": "mes pas d'accord avec le procédé « Pastel »"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2587, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "aussi bien traité qu'il puisse être."}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2677, "fin_caractere_exclue": 2717, "texte": "« Pourquoi préférer à la peinture grasse"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2768, "fin_caractere_exclue": 2809, "texte": "à l'huile et matériellement se conservant"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2860, "fin_caractere_exclue": 2899, "texte": "assez bien, préférer, disons-nous, « le"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 2950, "fin_caractere_exclue": 2992, "texte": "Pastel», espèce de poussière se gâtant tôt"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3043, "fin_caractere_exclue": 3087, "texte": "ou tard et ne pouvant jamais vous laisser la"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3138, "fin_caractere_exclue": 3180, "texte": "liberté ni les moyens de rendre l'illusion"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3231, "fin_caractere_exclue": 3273, "texte": "de la nature aussi fort que par le premier"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3324, "fin_caractere_exclue": 3367, "texte": "procédé. Non seulement le pastel est plutôt"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3418, "fin_caractere_exclue": 3461, "texte": "un moyen de vouloir faire «joli » et «neuf»"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3512, "fin_caractere_exclue": 3552, "texte": "à tout prix, mais nous rappelle l'époque"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3602, "fin_caractere_exclue": 3644, "texte": "française de la décadence et les portraits"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3695, "fin_caractere_exclue": 3733, "texte": "pastels si à la mode alors du temps de"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3784, "fin_caractere_exclue": 3827, "texte": "Mmes de Pompadour, La Vallière, etc., etc.,"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3878, "fin_caractere_exclue": 3918, "texte": "portraits élégants pour les gens riches,"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 3969, "fin_caractere_exclue": 4004, "texte": "mais restant loin des immortels Van"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4055, "fin_caractere_exclue": 4073, "texte": "Dyck, etc., etc. »"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4125, "fin_caractere_exclue": 4169, "texte": "Bigre, bigre ! Voilà de la critique bizarre,"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4219, "fin_caractere_exclue": 4261, "texte": "M. Amon, et qui fait tomber les bras. Nous"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4311, "fin_caractere_exclue": 4351, "texte": "voulions dire du bien de cette brochure."}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "Cela devient impossible ; des phrases énor­"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 139, "fin_caractere_exclue": 174, "texte": "mes comme celles que nous venons de"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 230, "fin_caractere_exclue": 273, "texte": "citer, c'est ce qu'on appelle du gâtisme de"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 318, "fin_caractere_exclue": 355, "texte": "Brard et Saint-Omer, et cela désarme."}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 482, "fin_caractere_exclue": 517, "texte": "Dimanche prochain, 6 novembre, aura"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 518, "fin_caractere_exclue": 558, "texte": "lieu la remise à M. Henry Warnots de son"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 605, "fin_caractere_exclue": 644, "texte": "buste exécuté par M. Paul Dubois. C'est"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 693, "fin_caractere_exclue": 732, "texte": "grâce à l'initiative de MM. Eddy Levis,"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 780, "fin_caractere_exclue": 821, "texte": "président, Danlée et Moréas, secrétaires,"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 867, "fin_caractere_exclue": 904, "texte": "M mes Rosa Bosman, Louise Van Besten,"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 954, "fin_caractere_exclue": 997, "texte": "que se fera cette cérémonie à laquelle tout"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1047, "fin_caractere_exclue": 1067, "texte": "le monde applaudira."}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1237, "fin_caractere_exclue": 1240, "texte": "***"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1308, "fin_caractere_exclue": 1342, "texte": "Puisque nous citons M. Eddy Levis,"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1396, "fin_caractere_exclue": 1440, "texte": "annonçons encore qu'il paraîtra de lui, dans"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1488, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "le courant du mois de novembre, un vo­"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1575, "fin_caractere_exclue": 1597, "texte": "lume de vers : Elaine."}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1777, "fin_caractere_exclue": 1780, "texte": "***"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1817, "fin_caractere_exclue": 1852, "texte": "On a joué, le 29 octobre au théâtre"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1905, "fin_caractere_exclue": 1943, "texte": "Molière, un drame inédit de MM. Armand"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1993, "fin_caractere_exclue": 2032, "texte": "Silvestre et Georges Maillard : La Tesi"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2083, "fin_caractere_exclue": 2125, "texte": "Tandis que le théâtre du Parc s'attarde en"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 138, "texte": "des reprises d'un intérêt souvent douteux,"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 186, "fin_caractere_exclue": 229, "texte": "voici une scène qui, sous une habile direc­"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 277, "fin_caractere_exclue": 317, "texte": "tion, tend à devenir notre petit Théâtre"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 365, "fin_caractere_exclue": 405, "texte": "Français où les Jeunes seront bienvenus."}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 568, "fin_caractere_exclue": 604, "texte": "M e Jules Lejeune vient de remplacer"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 653, "fin_caractere_exclue": 692, "texte": "M» Devolder au ministère de la justice."}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 740, "fin_caractere_exclue": 779, "texte": "Bravo. On se souvient du folâtre procès"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 827, "fin_caractere_exclue": 866, "texte": "Wauwermans. Après Me De Burlet, premier"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 914, "fin_caractere_exclue": 953, "texte": "défenseur du jeune Paul, Me Lejeune de­"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1001, "fin_caractere_exclue": 1046, "texte": "vait prendre la réplique. Il s'y refusa et le"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1094, "fin_caractere_exclue": 1130, "texte": "doux jeune homme dut se contenter de"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1178, "fin_caractere_exclue": 1216, "texte": "l'éloquence indignée de M e De Burlet."}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1264, "fin_caractere_exclue": 1304, "texte": "Me Lejeune resta cependant jusqu'au bout"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1352, "fin_caractere_exclue": 1395, "texte": "des débats et fut un des premiers à applau­"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1443, "fin_caractere_exclue": 1487, "texte": "dir la spirituelle plaidoirie de Georges Ro­"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1535, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "denbach. Il daigna même sourire lorsque"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1622, "fin_caractere_exclue": 1665, "texte": "M e De Burlet nous fit un succès en détail­"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1713, "fin_caractere_exclue": 1756, "texte": "lant, fort finement, ma foi, l'air de flûte"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1804, "fin_caractere_exclue": 1814, "texte": "Babolain !"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1865, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "Ajoutons que, le lendemain, M e Lejeune"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 1952, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "s'abonnait à notre revue. Il est donc un"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2040, "fin_caractere_exclue": 2082, "texte": "peu notre candidat. T'en souviens-tu, Pau­"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 2130, "fin_caractere_exclue": 2172, "texte": "line ? Et de la tête que tu fis, m'amour !"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1887-11-01-n11-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1887-001-006_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1887-001-006_f.pdf", "ocr_sha256": "0bc5512decbb160e86306f28bb794f4379ca1dbe5018548136b32c388ac43d89", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Aux amateurs de bières anglaises", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 418, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 2, "fin_caractere_exclue": 1459, "texte": "Aux amateurs de bières anglaises, nous recommandons la\n\n      TAVERNE BRITISH\ntenue par V A L A D E et située place du Musée. Dîners\net déjeuners à la carte et à prix fixe. Hôtel meublé des plus\nconfortables.\n\n\n\n\nA\n          tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n\n   de Block's Universal Wine C°\n                6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA BOURSE)\n\n                       ET M O N T A G N E D E LA C O U R\n\n\n\n\n E        n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal-\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie LE NOMMÉ PERREUX, par PAUL BONNE-\n  TAIN. Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois 1 7 francs; en\n  vente partout.\n"}, {"page_pdf": 419, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1460, "texte": "         POUR       PARAITRE            EN NOVEMBRE                    :\n\n\nHORS DU SIÈCLE\n                                POÉSIES\n                                     PAR\n\n\n                      ALBERT            GIRAUD\nÉditeur : M me Ve MONNOM, 26, rue de l'Industrie, Bruxelles\n\n\n\n\n                LA                   TESI\n        GRAND SUCCÈS AU THEATRE MOLIÈRE\n\n\n\nASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                               ÉPERNAY\n\n\n                                       Prix Courant\n                      Baron J. de Warnimont                                         2 25\n                      Marquis Armand de St-Hubert                  . . . .          2 75\n                      ROSÉE JEUNE BELGIQUE                                          3 00\n                      Crême d'Ay             id.                                    3 50\n                      Bouzy extra            id.          Cuvée réservée.           4 50\n                      Bouzy Cristal          id.                                    5 00\n                                     0.50 en plus par 2/2 bouteilles\n                               EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 2 5          BOUTEILLES\n\n                      Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n      ENTREPOSITAIRE       : COULOMB-ROBIETS\n19,   B o u l e v a r d d u N o r d , 19, à B r u x e l l e s\n\n          Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 384, "texte": "7e ANNÉE.         TOME VI,   N°   11.     PRIX:   F R . 0-60.            1er        NOVEMBRE   1887.\n\n\n\n\n                                              LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                   SOMMAIRE:\n  L'âme des choses .                                                HECTOR CHA1NAYE.\n  Quelques vers                                                     IWAN GILKIN.\n  Proses lyriques                                                   ARNOLD GOFFIN.\n  Sonnets calmes                                                    THÉODORE HANNON.\n  La Mort des yeux                           :    .    .        .   MAURICE MAETERLINCK.\n  Airs de                         flûte                             SIEBEL.\n  Madelon. .                                                        LÉON MONTENAEKEN.\n  Vers                                                              VALÈRE G I L L E .\n  Chronique littéraire                                              MAX WALLER.\n  Memento                                         . . . .\n\n\n\n\n                                        \"BRUXELLES\n               ADMINISTRATION :                                        RÉDACTION :\n            26, RUE DE L'INDUSTRIE, 26                              80, RUE BOSQUET, 80\n\n                                             PARIS\n                                  L É O N V A N I E R , ÉDITEUR\n                                         ig. Quai Saint-Michel\n\n\n                                                  1887\n"}, {"page_pdf": 385, "texte": "        LA JEUNE BELGIQUE\n                            REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\n                 er\nparaissant   le 1     de chaque mois et formant au bout de Vannée un superbe          volume\n                                   orné d'un frontispice.\n   Bruxelles : Administration,      26, rue de l'Industrie. — Rédaction : 80, rue Bosquet.\n\nDirecteur     : MAX WALLER. — Administrateur                           : HUBERT VAN DIJK.\n\n  La direction rappelle aux lecteurs de La Jeune Belgique qu'elle assume\nseule la responsabilité des articles qui paraissent sans signature dans la\nrevue. Ils n'ont en aucune façon un caractère collectif ou anonyme.\n\n\n                        VIENT              DE         PARAITRE\n\n  PARNASSE DE LA JEUNE BELGIQUE\n      Chez Léon VANIER, éditeur, 19, Quai St-Michel, Paris\n                UN VOLUME IN-8° DE LUXE. 300, PAGES\n                                      PRIX : FR. 7 - 5 0\n                me      e\n     Chez M           V M O N N O M , 26, rue de l'Industrie, Bruxelles\n  N. B. Le volume à été tiré à 500 exemplaires sur papier vélin, plus\n25 sur papier de Hollande. Six de ceux-ci seulement sont mis en vente\nau prix de 40 francs pour nos abonnés, de 50 francs pour le public.\n  L'administration de la Jeune Belgique informe, les souscripteurs au\nPARNASSE que les quittances en paiement des exemplaires seront présentées\nà partir du 1er novembre. Prière de leur réserver bon accueil.\n\n\n                                 BOITE AUX L E T T R E S\n   42. CHARLES DU ZAND, Anvers. Vous seriez la victime d'une erreur grave si vous vous\nfiguriez que nous avons conservé vos vers incorrects. Ils sont au panier. Ne tentez pas de\nretaper des choses mal venues. Cela se sent toujours. Nous serions heureux de vous voir\npour vous serrer la main et vous dire quelques vérités désagréables. Vers 2 1/2 heures\ntous les jours on vous attend. Salve.\n   43. GEO LA SAMBRE.\n                             Qui demandent le soir au seuil des brasseries.\nFrançais de marocain.\n   Toute la pièce est, en dehors de cela (mauvais), royalement médiocre. Panierus,\npaniera, panierum, comme dirait Francis.\n   44. X. Z. Votre femme « accroupie » est d'un détestable effet et d'un « trouilleux »\nexemple. La Jeune Belgique a de ces pudeurs. Envoyez votre copie à l'Artmoderne, cela\npassera pour du Fénéon fils.\n   45. JULES G. Erreur, cher monsieur. M. Paul Wauwermans, avocat à la cour d'appel\nde Bruxelles, est actuellement arrêté : 1° Pour avoir livré au Figaro le projet de mobili-\nsation ; 2° pour s'être affilié à M me Limousin et à M. Caffarel ; 3° pour avoir, sous le nom\nusurpé de Somzé, provoqué en duel M. Victor Arnould.\n   46. T . Votre dialogue, où se prélasse cette jolie gaffe de français : « Si madame se\nretourne, je suis quitte de mon service », votre dialogue est tout simplement idiot. D'au-\ntrès expressions, moins amènes, sont à votre disposition.\n  47. Me VVE M. Cinq centimes pour que le porte-manteau soit accroché.\n"}, {"page_pdf": 386, "texte": "                 L'AME DES CHOSES\n\n                                                  A MON AMI ALBERT MOCKEL.\n\n\n\n                                  Le store est mi-baissé, entre les franges qui\n                              étincellent comme les pendeloques prisma­\n                              tiques d'un lustre et le moite appui de fenêtre\n                              qui se chauffe au soleil dans la pose étirée\n                              d'un chat, un rayon se glisse avec une volupté\n                                 précieuse, enveloppé de tournoyantes pous­\n                                 -sières, et s'étend sur le tapis à larges fleurs\n                                     rouges. Les timides barbiches du tapis\n                laineux câlinent le rayon las de son âme de lumière. « Oh !\n                le divin adolescent! » soupirent les choses. Taquiné de\n                toute part, le rayon se retourne nerveusement, frémit satiné\n                de frissons électriques, sous lui les fleurs entr'ouvrent leurs\n                lèvres saignantes, affolé par leurs souffles ardents, pris lui-\n                même au mensonge des rêves qui le supplient, il baise les\n              fleurs, et ses baisers chantent au fond des corolles. Voilé\n              d'ombres flottantes, le plafond sommeille. Et les ébattements\n              du rayon et les délicieuses ténèbres se reflètent dans la glace,\n              qui s'élève tranquille au dessus de la cheminée en marbre\n              blanc. Au milieu du miroir, au centre d'un arc-en-ciel aux\n              nuances grisâtres, ardoisées, bleuies, violettées qui marie la\nlumière à l'ombre, brille un œil fauve, nocturne et clignotant comme l'œil\naugurai d'une chouette, cerclé d'or brûlé, dont les cils pleurent de fines\net longues larmes de feu ; d'autres yeux s'éveillent aussi qui étendent des-\n"}, {"page_pdf": 387, "texte": "                                  — 336 —\n\n regards énigmatiques lointains comme s'ils sortaient d'un rêve de cent ans,\n et las et tristes comme s'ils avaient tout appris. « Oh ! l'énorme plume de\n paon! » exclament les choses.\n    En face de la fenêtre repose un lit que de hauts rideaux blancs envelop­\npent avec les plis solennels et religieux des tentures autour d'un autel. Au\nchevet de la couche, la vieille comtesse d'Isoeil égrène un chapelet. Les\nscintillements qui brûlent dans l'argent des chaînettes fatiguent ses yeux et\nles susurrements de ses lèvres endorment sa pensée. Et besoin a-t-elle\nd'échapper à ses angoisses et à elle-même, la pauvre dame, et de repuiser\ndans la silencieuse irréflexion de nouvelles forces pour continuer à souffrir ;\ncar elle soigne sa fille, qui est malade depuis la mort de son époux, et n e\nveut pas la quitter, passe de longues nuits à ses côtés. — Elle seule au\nmonde, lui semble-t-il, peut la sauver !\n   Entre les rideaux, sur l'oreiller moelleux, la figure d'Yolande s'éclaire\nd'une lumière affaiblie, pâle non de la pâleur mate des chairs assoupies,\nmais d'une pâleur fiévreuse, phosphorescente, aux dessous mystérieux, trou­\nblants, qui reflète les lueurs sépulcrales d'une âme déchirée, les rayonne­\nments funèbres d'un esprit en peine. Les troubles du cerveau emplissent les\ngrands yeux d'Yolande, son visage étrange tend à s'immatérialiser, un cou­\nrant de fébrile maigreur fouille les tempes, creuse les joues, amincit les\nmaxillaires, le crâne même semble avoir été resserré par un mal impitoyable\ncomme par un étau. Et sa tête, qui rappelle à l'esprit le masque fermé aux\nhommes des déesses hindoues et l'extatique hypnotisme des vierges gothi­\nques, est nimbée d'une atmosphère astrale, tristement douce et résignée —\nauréole de paradisiaques blancheurs qui sanctifie les agonisants. « Oh! le\nbeau lys qui s'éteint ! » se disent les choses.\n   Yolande regarde entre les franges et l'appui de fenêtre malgré les vibra­\ntions aveuglantes de la lumière, mais ses yeux semblent encore ne pas lui\nappartenir. A travers le rayon, dans une buée poussiéreuse finement rosée,\napparaît le lac du domaine d'Isoeil. Les flamboiements du soleil filtrent par\nles interstices des noirs feuillages et les tragiques entrecroisements des\nénormes troncs moussus, et se réverbèrent au fond du lac sous les eaux grises.\nLe lac brille intérieurement de ces feux scintillants, comme des regards\nmagnétiques de poissons invisibles. Un pont en marbre blanc s'arrondit\nentre une île et les prairies sombres de la rive, et dessine dans les eaux un\ncroissant d'une neigeuse blancheur, qui trompe les rossignols et les fait\nchanter là jour et nuit. Yolande regarde. Et le mystère sauvage des bois, et\nl'eau intérieurement dorée, et l'éclat du marbre évoquent en elle la vision\nd'une contrée déjà rêvée. Le ciel tressaille des féeries d'une vie irrévélée et\n"}, {"page_pdf": 388, "texte": "                                   -   337   -\n\nlui donne la sensation d'avoir été enlevée dans un pays lointain, fabuleux.\nLors un cygne fendit l'eau qui s'endormait. Il glissait sur le silence, le col\nmajestueusement ployé, ses yeux fixaient la nuit énigmatique des bois, et\nsa blancheur illuminait plus que celle du marbre et des nénufars.\n    « Oh! soupira la malade, que je voudrais voguer comme ce cygne! »\nYolande chanta ces mots de la voix musicale des enfants, dont l'âme n'est\npas encore fêlée par la vie. Et voilà qu'un second cygne surgit des eaux et\nregarde pensivement le premier.\n    La comtesse d'Isoeil ne put s'empêcher de frissonner. « Yolande devien­\ndrait folle? Mon Dieu ! les craintes du médecin se confirmeraient? Voilà\ndeux mois que sa fille n'avait parlé, et ses premiers mots étaient déraison­\n nables! »\n    Yolande regarde toujours le lac, dont les eaux se couvrent d'ombre. Main­\n tenant les deux cygnes plus blancs, paraissent, dans la nuit qui bruine,\n s'éclairer d'une lumière qui leur est propre; ils glissent au milieu des roseaux\n aux sifflements métalliques, projetant un sillage de feu ; et le lac se satine\n de rides phosphorescentes comme s'il conservait en lui le souvenir du\n soleil.\n    Dans le cerveau d'Yolande, la lutte entre l'humain et l'impossible se pro­\n longe.\n    Son époux gravement malade, Yolande transportant toute son âme en\n lui, l'avait empli de sa tendresse et défendu contre les souffrances; et lui,\n s'abandonnant à sa garde, s'était réfugié en elle. Ainsi ils vivaient l'un dans\n l'autre.\n    La mort dut sonner. Et l'âme qu'elle croyait posséder à jamais, l'avait\n abandonnée dans un adieu rayonnant d'infinie, douleur. Et, dès que son\n époux ne fut plus, elle aussi voulut ne plus être. Son esprit à elle, laissée sur\n la terre par le mourant, voulait rentrer en son être; Yolande s'était fermée\n à tout; et il ne put reprendre assez possession d'elle que pour la conserver\n en vie et non pour sauver sa raison.\n    Le médecin fit tout pour combattre la folie menaçante. Sa vieille mère ne\n l'avait pas quittée, mais Yolande ne la regardait pas ; elle s'était étendue\n dans une effrayante impassibilité, ses yeux hypnotisés par une idée fixe ne\n voyaient plus, et ses lèvres ne se desserraient pas ; sa mère lui parlait, elle\n  ne répondait pas. L'entendait-elle? A plusieurs reprises on avait approché\n  de son lit son fils, le petit Ivan, l'enfant pleurait en l'embrassant, Yolande\n  restait insensible. A la vue de son enfant, sa révolte contre la vie s'était\n  accrue. — Elle devait donc vivre maintenant pour son fils ; il allait rem­\n  placer l'âme perdue, la lui faire oublier peut-être?\n"}, {"page_pdf": 389, "texte": "                                   — 338 —\n\n      Non ! elle voulait reprendre son époux à la mort ! Que ne doit oser\n  l'amour? Et, dans son cerveau déséquilibré, s'échaufaudaient les pensées\n  les plus impossibles. Elle le pouvait rappeler sur terre, croyait-elle, en\n  l'évoquant longtemps et puissamment ! A cette œuvre surhumaine elle tra­\n  vaillait en son âme. Les sentiments les plus forts, les plus élevés, ne nous\n  trompent-ils pas sur notre infériorité ? Les anges rebelles se sont soulevés\n  contre Dieu. Leur esprit chercheur et sceptique niait, le besoin misérable de\n  connaître les tournait contre leur Maître. La science ennemie de la foi causa\n  leur malheur, ils furent précipités du ciel. Yolande se révoltait aussi contre\n  Dieu ; mais, elle, y était poussée par le culte despotique d'un homme. Elle\n  donnerait d'autres lois au monde, dont son amour devait être le principe.\n  Et tout lui obéirait ! S'élevant au dessus de ce qui est, elle allait à la mort\n  ou à la folie. Mais Dieu, qui ne pardonna pas aux anges, eut pitié d'une\n  femme.\n     Pour accomplir son œuvre de charité, le Seigneur tout-puissant et très\n  doux ne se servit pas des hommes faibles et très orgueilleux. Il ne sauva\n pas Yolande par le secours d'êtres aussi inférieurs qu'elle. L'homme n'est\n plus assez croyant pour que Dieu puisse encore s'adresser à lui, l'homme a\n étouffé le divin en son âme : Dieu n'est plus attiré par lui-même en sa\n créature.\n     Le miracle se fit par les choses.\n    Yolande s'étant condamnée à rester étrangère au dehors, sembla, dès le\n début de sa maladie, écouter dans le vague. Et d'abord insensible, la voix\n des choses l'avait approuvée dans l'audacieux projet de rappeler son époux\n à la vie et de vouloir un monde subordonné à son existence. Les choses\n n'avaient donc pas tenté, comme les hommes, de lutter brutalement contre\nla folie. Yolande vécut alors dans son rêve. Et le médecin comprit, enfin,\n qu'il se livrait en cette pauvre âme un duel désespéré entre le terrestre et le\nmystérieux, et que lui, homme, ne pouvait être d'aucun secours ; il devait\n se résigner, envelopper la malade de silence et remettre son sort entre les\nmains de l'Inconnu.\n    Les choses paraissent divines à ceux qui peuvent comprendre leur infinie\ntendresse ; elles pénètrent en eux naturellement par leur force même et cor­\nrespondent à tous les besoins de leur esprit. Croire que c'est nous qui prê­\ntons une âme aux choses : quel blasphème !\n    Et elles avaient parlé d'une voix si douce, si étrangement nouvelle, qu'à\nles entendre Yolande s'était crue enlevée au monde. Mais cette voix, céles­\ntement fuyante, devint terrestre, et si insensiblement que la folle ne com­\nprît pas qu'elle ressuscitait à la vie réelle.\n"}, {"page_pdf": 390, "texte": "                                  — 339 —\n\n   Après avoir entendu les choses, bientôt elle les vit; elle les observait\nmaintenant, les interrogeait. Yolande ressentait un inexplicable besoin de\nles aimer et allait à elles. Son état mental s'améliorait, l'impossible était\nvaincu.\n   Et quel aide l'homme aurait-il apporté en cette œuvre mystérieuse, lui\nqui raisonne, veut tout savoir et ne sait se contenter d'aimer, d'aimer, qui\nest la science suprême?\n   Longtemps Yolande avait attaché ses rêveries à ce qu'elle voyait de sa\nfenêtre. Oh! combien le ciel lui semblait haut, combien il lui paraissait\ndoux et profondément généreux, toujours ouvert comme une main qui\ndonne. Il répandait sur le monde son magnétisme d'amour, l'enveloppant\nde poétiques mirages. Et ses yeux perdus dans la lumière, Yolande se\ndemandait quelle signification symbolique pouvaient avoir ces longs\nnuages indolents? Elle sentait une vie puissante et mystérieuse frissonner à\ntravers l'espace, et cette électricité l'enivrait de désirs insensés de s'élever\nbien haut dans les airs. Ainsi elle rêvait longuement, tandis que la fenêtre\nlui montrait un second ciel, découpé par la croisée, adouci, rendu rêveur\ndans les vitres polies, comme dans une eau dormante.\n   Par ces journées interminables où son esprit divaguait, elle avait compris\net pénétré toute la poésie de la fenêtre. La fenêtre est l'œil du mur, pensait\nYolande, elle lui donne son expression, comme l'œil anime la figure et\nl'éclaire d'une vie spéciale... Telles fenêtres font penser à tels regards et\ncertains murs rappellent certains visages... La fenêtre joyeuse aux flammes\nde jeunesse doit encadrer la tête blonde d'une vierge ; la fenêtre mélanco­\nlique aux regards pensifs, le chef branlant d'une vieille... Et les croisées\n muettement dramatiques n'évoquent-elles pas la subite et déjà fuyante\napparition d'une figure, déjà vue dans le malheur et prédisant de nouvelles\ninfortunes?      O vitres glorieusement incendiées des premiers rayons du\nsoleil! n'exaltez-vous pas en vos crépitations les orgueilleux espoirs, les\n brûlants désirs de vivre et les enthousiasmes flamboyants de la jeunesse?\n O vitres douloureusement éclairées des derniers feux du jour ! Ne dites-vous\n pas les sourds regrets, les souvenirs nostalgiques et les longues tristesses\n des vieux ans? Et vous, vitres nocturnes, languissamment allumées des\n féminines clartés de la lune, vitres de rêve qui frissonnez de visions amou­\n reuses, blanches de la neige d'épaules nues, miroitantes des éclairs fuyants\n de regards éperdus, argentées de l'éclat de bras qui s'enlacent, ne chantez-\n vous pas religieusement l'indicible des nuits passionnées, les râles et les\n pâmoisons des folles étreintes, où l'homme perd la voix, oublie et doit\n fermer les yeux?\n"}, {"page_pdf": 391, "texte": "                                  — 340 —\n\n   Yolande s'attendrissait aussi à penser combien d'âmes partageaient ses\nimpressions, combien de malades regardaient comme elle de leur fenêtre\net n'avaient plus que cette consolation. Elle se souvenait qu'enfant elle\npassait des journées sans fin près d'une croisée, comme un oiselet qui, de son\nnid, observe curieusement avant d'oser voler. Plus tard, dans la vie, c'était\nla tristesse qui la rappelait près de la fenêtre. Assise là, elle avait rêvé les\nrêveries de jeune fille ; et là elle avait espéré son amant, comme s'il devait\ndescendre des airs. Elle comprenait maintenant pourquoi les enfants, les\nfemmes, les vieillards, les pauvres gens, les malades et les artistes aiment\ntant la fenêtre; — les enfants qui vivent dans l'attente de l'avenir, les\nfemmes qui vivent passivement, les vieillards qui vivent de souvenir, les\nhumbles qui sont écrasés dans la lutte, les malades qui vivent d'une vie\n brisée, les artistes, eux, les aimants, les doux. Et l'homme, celui qu'on\nappelle l'homme, l'homme fait, qui vit de la vie présente active, rendu\nbrutal par le monde, qui ne voit et n'entend plus que ce qu'il voit et\nentend, l'homme sans foi et sans amour, ne peut aimer la fenêtre. Car elle\n dit à tous : « Regardez, observez à travers le mirage songeur et la dédai­\n gneuse tranquillité de mes vitres, mais ne vous mêlez point aux hommes ».\n Et seuls l'écoutent les faibles et les malheureux, qui ne peuvent « vivre »,\n et les artistes, qui ne le veulent.\n   Yolande observait aussi les meubles de sa chambre, qui, aux heures som­\nnolentes de la soirée impatiemment attendues, lui paraissaient des êtres.\nElle trouvait matérielle et menteuse la lumière éclatante du milieu de la\njournée qui contourne brutalement les choses, emprisonne leur âme en\nl'obligeant au silence, et leur donne une trompeuse expression d'insensibi­\nlité. Mais l'ombre vespérale les enveloppait d'une atmosphère pieusement\namoureuse, les silhouettes devenaient incertaines, et l'âme des choses osait\nparler dans le mystère frissonnant.\n   A contre-jour, devant un blanc crucifix, se trouvait un prie-Dieu en vieux\nbois noir. Quand la nuit approchait, un personnage d'ombre venait s'age­\nnouiller et psalmodiait tête courbée. Qui pouvait être cet étrange prieur? Il\nne lui rappelait personne, et cependant pourquoi lui semblait-il l'avoir\nconnu ou devoir le connaître? Qui était-il? Oh! que lui importait d'ignorer\nson nom et son pays sans doute enchanté, puisqu'il priait saintement. Et\ndans la nuit, elle l'entendait encore psalmodier.\n    Le tapis du parquet, en laine épaisse et profonde, recélant un monde\ntièdement fluidique de pensées tristes et tendres d'une naïve et douloureuse\ngaucherie, assourdissait les pas, étouffait les bruits comme pour mieux faire\nentendre des voix lointaines ; — parlait des blanches jeunes filles qui\n"}, {"page_pdf": 392, "texte": "                                 — 341 —\n\n s'éteignent langoureusement d'un amour malheureux, et des jeunes conva­\n lescents qui s'éclairent de nouveau comme avec résignation des feux de là\n vie ; — disait les secrets farouches des âmes trop délicates fatalement\n éprouvées sur la terre ; — révélait l'énigme du silence sacré qui enveloppe\n la gestation, la fécondation des êtres et leur mort, leur retour au principe\n de l'existence; révélait l'horrible et inexplicable recueillement qui prépare\n et suit l'existence.\n    Ecouter les plaintes du vent dans la cheminée la plongeait parfois en de\nprofondes rêveries. La fenêtre lui semblait l'œil du mur et la cheminée\nl'oreille, mais une oreille harmonique, toujours résonnante des bruits de\nl'air, comme un coquillage concentre en lui les voix éplorées, continues et\ninfinies de la mer. Combien ces résonances éperdues étaient évocatrices !\nLa nuit, à entendre le vent hurleur, elle voyait sous les rages de la bour­\nrasque, les arbres se courber et plein de révolte se redresser le branchage\nfrémissant. Les feuilles tombaient avec des chocs métalliques et tourbillon­\nnaient en trombes vertigineuses. L'eau fouettée sonnait étrangement avec\nde tragiques appels de gong. Seules, immobiles et muettes, les montagnes\nnoires s'étendaient au loin, comme d'énormes animaux endormis. O quel\npaysage de souffrance ! Le vent moins violent l'attristait plus encore. Alors\ntransportant en lui des gémissements, il pleurait dans la cheminée et sou­\npirait avec une voix humaine. Et dans la fièvre de son émotion, elle se\ndemandait quelle âme pleurait ainsi, de quelles désolations longtemps con­\ntenues pouvait être fait son malheur pour l'exprimer en des plaintes aussi\ntroublantes.\n   Déjà les choses avaient su vaincre la folie d'Yolande et graduellement\nétablir une nouvelle vie entre elle et le monde, lorsqu'elle pressentit qu'un\névénement allait subitement changer son existence. Elle ne pouvait prévoir\nde façon précise. Ce serait comme un miracle ! Le travail en son âme avait\nété trop surnaturel pour lui laisser la force de raisonner humainement.\n    Un soir, son cerveau fut électriquement envahi d'une peur inexplicable.\n   Ce devait arriver la nuit même !\n    Pour chasser cette obsédante pensée, Yolande regarde entre les franges et\nl'appui de fenêtre, malgré les vibrations aveuglantes de la lumière ; mais\nses yeux semblent encore ne pas lui appartenir... A travers le rayon, appa­\nraît le lac du domaine d'Isoeil... Les eaux brillent intérieurement... Les\nrossignols chantent, voyant se dessiner un frêle croissant de lune sous le\npont en marbre blanc... Le ciel féerique lui donne la sensation d'avoir été\nenlevée dans un pays lointain, fabuleux... Lors un cygne fendit l'eau qui\ns'endormait. Il glissait sur le silence, le col majestueusement ployé, ses\n"}, {"page_pdf": 393, "texte": "                                    — 342 —\n\n  yeux fixaient la nuit énigmatique des bois, et sa blancheur illuminait plus\n  que celle du marbre et des nénufars.\n     « Oh ! soupira la malade, que je voudrais voguer comme ce cygne ! »\n  Et voilà qu'un second cygne surgit des eaux et regarde pensivement le pre­\n  mier.\n    Yolande regarde toujours, mais combien elle a été troublée par la musique\n de sa voix. Pour la première fois depuis sa maladie, elle avait parlé. Et\n elle n'osait parler de nouveau. Ces premiers cris lui avaient été arrachés.\n Et leurs sons étranges chantaient à ses oreilles, l'emplissant d'une crainte\n enfantine.\n    Soudain elle comprit qu'elle guérissait, qu'elle renaissait à la vie, et se\n révolta profondément. Elle ferma les yeux et ne voulut plus regarder; puis\n resserra brusquement les lèvres, se refusant à respirer encore, et souhaita\n mourir.\n    Bientôt cependant, elle repense à la vision qui lui a arraché ces paroles.\n Car elle a parlé — parlé ! Et le son de sa voix revibre délicieusement à ses\n oreilles.\n    — Le son? se demande-t-elle. Quel est cet enchanteur qui me supplie de\n vivre encore?\n    Elle est tentée de regarder encore.\n    Maintenant une ombre plus épaisse recouvre le lac, mais le soleil irradie\n à l'horizon. Oh ! combien l'effraie cette opposition du ciel encore illuminé\n avec la terre enténébrée déjà ! Il va donc faire noir partout ! L'obscurité\n s'abat ! Car, enfin, le soleil disparaît, et elle doit se résoudre à vivre encore,\n à vivre cette nuit.\n    Comme en un cauchemar, elle est hypnotisée par une idée fixe :\n    — Comment échapper à cette nuit? — Et puis elle va être seule, face à\nface avec l'horrible mystère! — Et c'est elle seule qui doit souffrir ! — Elle\nseule !\n    — Se suicider? Cette pensée fit perler son front à gouttelettes froides.\nTout son corps frémit. Doucement elle serra le foulard de soie qui lui\nentourait le cou. Déjà elle respirait plus difficilement. Mais subitement elle\nécarta les bras.\n   — « Non, elle ne peut se suicider. Son être ne lui appartient pas. Tout\nest à Dieu. Elle subira la vie, puisque telle est sa destinée. »\n   Abattue, soumise, elle regarde encore le lac avant de s'endormir. Du som­\nmeil des eaux s'élève craintivement une fleur à la corolle allumée d'un bai­\nser silencieux de la lune, et magiquement blanche au milieu des eaux noires.\nYolande comprend que la fleur de cristal appartient aussi au mystère, et\n"}, {"page_pdf": 394, "texte": "                                  — 343 —\n\nque blanche d'effroi elle exprime la poésie dramatique du fond des eaux;\ncomme elle, pauvre femme, est condamnée à exprimer, dans son horreur\nmuette, l'incompréhensible caché au fond de la vie. Oh! la fleur avait sans\ndoute rêvé d'échapper au lac magnétique, et de voler, grand papillon de\nrêve, de ses larges pétales vers la lune maternelle. Mais la fleur avait aussi\ndû se résigner.\n   Yolande s'endormit.\n   Soudain, dans la nuit, son cerveau trembla d'une peur sacrée. Lors elle\nvit s'illuminer, d'une clarté douce, argentée, un grand monument qui se\nsilhouettait sur un ciel noir. Elle le reconnut. C'était le château d'Isoeil, sa\ndemeure seigneuriale, qui l'appelait au fond de l'horizon. Et l'air frissonna\nde voix attirantes :\n   « Venez, blanche comtesse. De votre lointain voyage vous êtes sans doute\nbien lasse ! Oh ! que vos regards sont pesants de morne tristesse ! Vous n'es­\npérez donc plus en la vie? Venez, fluidique châtelaine, vous apprendrez à\naimer de nouveau la terre, car tout ici est plein d'amour ! »\n   Yolande marchait à pas tremblants, comme une somnambule elle monta\nles marches du perron et la haute porte s'ouvrit lentement.\n   Devant elle, le grand escalier s'élevait majestueux et solennel jusqu'au\nfaîte de l'édifice. Il lui apparaissait couvert de nuit au rez-de-chaussée,\nmais, plus il s'élevait, plus les marches s'engrisaillaient ; puis enfin, rayon­\nnant d'éclat, se perdait dans une lumière aveuglante. Il lui semblait être\nl'échelle reliant la terre au ciel, que Jacob vit dans son rêve. Soudain,\ncomme une harpe immense, l'escalier frémit d'harmonies qui éclatèrent\norgueilleusement célestes au faîte et s'assourdissaient sombrement farouches\nvers la terre. Tout l'escalier vibrait de résonances électriques. C'était le\nchant d'espoir des âmes qui aspirent à s'élever au ciel, l'éternelle symphonie\nde la déperdition des êtres au milieu des excessives jouissances spirituelles\nde l'autre monde. Ainsi, à une certaine hauteur, les sons fusaient si inhu­\nmainement étranges, qu'à les entendre elle perdit un instant la notion de\nl'existence. Mais insensiblement la symphonie se tut, et la lumière s'adoucit.\n   Puis elle eut comme la sensation que des gens s'empressaient autour\nd'elle. Elle se retourna, ne vit personne.\n   Elle se promena lentement dans le château, qui était toujours éclairé\nd'une douce lumière blanche si pénétrante, qu'elle pouvait regarder à tra­\nvers les murailles. Mais n'était-ce pas elle plutôt que toutes choses regar­\ndaient.\n   Au fond des vastes salons, elle entendait de vagues chuchotements, mais\nécoutait-elle plus attentivement? tout se taisait.\n"}, {"page_pdf": 395, "texte": "                                  — 344 —\n\n   Le fluide de regards interrogateurs pesait sur elle. Mais qui la regardait\nainsi?\n   Des êtres étaient autour d'elle ! Yolande le sentait. Ils se rapprochèrent !\nElle se vit enveloppée de toutes parts. Les choses l'avaient déjà sauvée de la\nfolie, maintenant l'humanité l'enveloppait de son magnétisme de vie. Elle\nne pouvait plus échapper à l'existence.\n   Lorsque de la foule sortit une vieille dame. C'était sa mère, qui vint la\nbaiser sur le front. Et ce baiser la fit frissonner. Et s'avança vers elle un\nhomme jeune et beau; son cœur se resserra. Son époux! Et ses lèvres fré­\nmirent sous un long baiser, dans lequel Yolande sentit passer une âme. Et\nelle entendit un cri d'enfant, et son cou fut entouré de deux petits bras.\nEt les trois êtres, auxquels appartenait sa vie d'amour, la fixèrent avec des\nsupplications dans le regard.\n   La poitrine haletante, Yolande s'éveilla.\n   Devant elle s'étendait une forêt fantastique, dont le sol disparaissait sous\nune épaisse floraison de fougères arrondissant leurs feuilles énormes. S'élan­\nçaient des arbres géants au tronc argenté, aux feuillages dentelés, capri­\ncieux. Une lumière aveuglante noyait tout, comme si le paysage entier était\nenfermé dans un immense bloc de glace exposé à un blanc soleil d'hiver.\nDes oiseaux de diamant sautaient de branche en branche. Mille regards\nétincelaient. Une vie intense respirait en toutes choses, faisant craquer les\ntroncs sourdement et bruire étrangement les feuillages. Des serpents de feu\nglissaient sous les fougères, et leurs sifflements mettaient en fuite les\noiseaux.\n   Ne comprenant pas, énervée, Yolande pleura.\n   Déjà il faisait jour, il avait gelé pendant la nuit, et les vitres étaient\ntapissées de lumineuses végétations de givre. La vieille comtesse se tenait\nau chevet du lit, attendant le réveil d'Yolande.\n   Pour ne pas être entendue, Yolande étouffa ses sanglots dans l'oreiller,\nqu'elle mordillait nerveusement. Elle pleura longtemps, la tête recouverte\nde son épaisse chevelure, et le grondement cadencé de ses gémissements\nsonnait à ses oreilles. Et elle sentait confusément qu'elle était sauvée.\n   Et Dieu, puissant et très doux, avait eu pitié de sa pauvre créature, et pour\nla sauver s'était servi de l'âme des choses.\n   Mais la vieille mère entendit ses sanglots. Elle s'approcha toute trem­\nblante. Et la comtesse Yolande, l'entourant de ses bras, lui demanda son fils.\n                                                 H E C T O R CHAINAYE.\n"}, {"page_pdf": 396, "texte": "                        — 345 —\n\n\n\n            QUELQUES VERS\n                  I\n                       LE VIVIER\nMon livre est un vivier profond de marbre noir,\nOù parfois, te penchant plein d'horreur, tu peux voir,\nOr et flamme] onduler dans la fange et l'eau noire\nUne murène comme un long éclair de moire.\n\nDans l'ébène affamé de ce boueux miroir\nLe soleil, qui s'y voit noir d'un deuil sans espoir,\nBoit les baisers glaireux d'une flore illusoire\nOù s'ouvre, au lieu de fleurs, mainte lente mâchoire.\n\nToi, qui viens te mirer dans ces traîtreux remous,\nRegarde, ô cher visage hypocrite et si doux,\nSous ton reflet tremblant glisser des monstres mous.\n\nPour repaître à la fois mes amours et mes haines,\nTous les jours, de mes mains, je nourris mes murènes\nDe beaux yeux frais d'enfants et d'entrailles humaines.\n\n                             II\n                       INVOCATION\nDu fond d'un gouffre infect en pleurant je t'invoque,\nMuse des désespoirs, Reine des insurgés,\nToi qui verses la haine au cœur des affligés,\nMère du spleen bizarre et de l'horreur baroque.\n\nAmante des bijoux, du luxe et de la loque,\nRose des paradis dans l'opium songés,\nMaîtresse des beaux vers par la douleur forgés,\nViens à moi dans la boue où mon âme suffoque!\n\n De tes noires clartés je nourrirai mes yeux.\n Je veux repaître en toi tous mes sens furieux\n De plaisirs incréés et d'amours impossibles.\n"}, {"page_pdf": 397, "texte": "                         — 346 —\n\nSoûle-moi de baisers ! Soûle-moi de poison !\nEt jusque dans l'azur des cieux inaccessibles\nComme un soleil levant fais sauter ma raison!\n\n                            III\n                     CONFARREATIO\n\nMuse, te souvient-il du hideux galetas\nOù, par la lucarne entr'ouverte, nous jetâmes\nDes regards révoltés sur ces cultes infâmes?\n— Un tout jeune homme est nu, prosterné sur les bras ;\n\nSa fraîche et blonde chair qui grelotte aux frimas\nDe la crainte, supporte un réchaud qui flamboie;\nCependant qu'une vieille, hystérique de joie\nObscène, en grommelant son grimoire très bas,\n\nVole d'un poing osseux sa chétive innocence,\nMêle du froment vierge à sa vivante essence\nEt sur ses reins mouvants cuit le gâteau d'amour.\n\nFuis la communion immonde et sacrilège,\nMuse! L'ange gardien nous préserve qu'un jour\nNous mordions au puissant et mortel sortilège\n\n                            IV\n                     SUR LE LOTUS\nSur le lotus assise, elle songe, Maya,\n           — Et l'eau coule, l'eau coule, —\nSes larges yeux baissés, qu'en leur ombre voila\nSon sourire de vierge éternelle. Et voilà\n           Que l'eau coule, l'eau coule.\n\nLes mains jointes ainsi qu'un lys encor fermé,\n            Par pétales en foule\nVoit-elle s'effeuiller dans le fleuve affamé\nEt renaître aussitôt son lotus parfumé\n            Et couler l'eau qui coule?\n"}, {"page_pdf": 398, "texte": "                                   -   347   -\n\n     Elle songe le monde et sourit. Et l'ancien\n                Rêve fou se déroule.\n     Les formes viennent, vont et se confondent. Rien,\n     Rien n'est vrai, rien n'est faux, rien n'est mal, rien n'est bien!\n                Et l'eau coule, l'eau coule.\n\n     Rien ne vit, rien ne meurt! Sans cesse l'Univers\n                Se soulève et s'écroule\n     Informe comme l'eau sans forme aux longs flots verts.\n     0 Maya, tu souris à ces néants divers,\n                Et l'eau coule, l'eau coule.\n                                                        IWAN GILKIN.\n\n\n\n                   PROSES LYRIQUES\n                                       I\n\n                                   ADIEU!\n\n               C'est le charme dolent, la grâce languide des choses qui se fanent\n                et se décolorent; le parfum évaporé, expirant des douces\n                amours enfantines, sans cruels déchirements, sans angoisses\n                profondes. C'est la tiédeur des amitiés qui s'étiolent, se\n dénouent... Ni heurts, ni reproches. — L'horloge constate, à voix claire,\n froidement, essaie de mesurer l'Eternité, se raille un tantinet elle-même, de\n sa vaine diligence... — Le dernier pétale hésite et tombe; — la triste et\n jaunissante feuille, restée seule sur la branche, soupire, se remémore, lente­\n ment se penche, tourbillonne, glisse et tombe : — Adieu !\n    Adieu ! — la pression abandonnée des mains, les regards qui s'attardent,\n le sourire un peu navré, les lèvres si légèrement frémissantes ; — le bonheur\n dont on est bien las, la satiété des caresses et des paroles toujours trop\ntendres... — Mais, des heures vibrèrent triomphantes et joyeuses entière­\nment qui sont passées et un regret nostalgique embaume le soulagement de\nl'Adieu!\n   Adieu ! Adieu ! C'est l'appel pressant, rude, sauvage de la cloche brutale;\n— à coups saccadés sonne, sonne, sonne le bronze funéraire... Dans la\ntempête et la tourmente, au milieu des rafales et des cinglantes bises, tinte,\nlugubre et suppliante, l'infatigable cloche préservatrice ; et les sirènes\nlâchent leur rauque, discordante et tragique clameur qui s'élève ainsi qu'un\n"}, {"page_pdf": 399, "texte": "                                 — 348 —\n\nbarbare cri de guerre, au dessus des incantations de l'ouragan... Semblable\nà une hyène affamée et rugissante, le vent bondit, s'élance en sifflant,\nrevient, bouscule les eaux, les emporte, les projette en trombes stridentes...\n— La cloche entonne de lents De Profundis ; les éternels chants de\nMariande roulent à la crète des vagues, s'éparpillent, sourds et lourds\nmeurent à l'écho... Les ténèbres s'amoncellent et dans la-nuit les flots se\nlivrent des batailles meurtrières. — Pour les chiens d'Yama mugit un réjouis­\nsant, un féroce et sanguinaire hallali! L'océan bave, écume, râle... —\nDevant les lames qui les traquent, fuient les chétifs navires ; mais les\nfurieuses s'acharnent, se rapprochent toujours, toujours plus près, se suc­\ncèdent sans trêve, prennent un dernier et formidable élan, écrasent, enfin,\nleur victime sous un suaire pesant et implacable...\n   Et cloches et sirènes crient et chantent l'Adieu de la Terre, de la Patrie\nlointaine, — envoient jusqu'aux confins de l'horizon, au marin désespéré\net agonisant l'Adieu de la Terre et des Hommes, — de la Patrie loin­\ntaine!\n\n                                      II\n\n                             IN MEMORIAM\n\n                                  Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons,\n                                                                        C. B.\n\n   Chère Ame fraternelle, hautaine et discrète, sans plaintes vaines, tu es\nallée en un coin désert, hors des sites accoutumés, prendre l'investiture de\nla Vie Eternelle. — La haine du passé, de l'ignominieux combat pour l'exis­\ntence, — le pâle effroi du long avenir morose, ont triomphé de ton énergie\naltière.\n   Tu as trouvé le Port, — le Port du Ciel, le Hâvre doux et pacifique,\nhospitalier aux Rêveurs téméraires, — à ces ambitieux de vertu et de gloire,\n— de limpide candeur. Cœur altissime, cher jumeau spirituel, altéré de\nchimères, dans l'iris de tes yeux pleurait l'espoir inexaucé d'une Terre plus\nnoble et plus clémente... — Tu as trouvé le Port, — le Hâvre doux et\npacifique...\n   Repose, ô Pèlerin de la Mort, héroïque et fier, dors en cette nouvelle et\nplus charitable patrie, — repose loin des larmes feintes et des prières viles,\nsous l'humble croix de ce village obscur.\n   Ton Esprit, vierge de tout calcul cupide, éperdu. d'allégresse et de joie,\nplane, maintenant, — parmi la Flamme et la Lumière incorruptibles !\n"}, {"page_pdf": 400, "texte": "                                  — 349 —\n\n\n                                      III\n   Oh I ces yeux si longtemps familiers, — lucides, transparents et clairs !\n   Ils me fascinent, me subjuguent et lorsqu'esseulé, en proie aux réflexions\namères, je relève pesamment la tête, cherchant l'appui d'un regard chari­\ntable, ils sont là, devant moi, qui me contemplent, me versent dans le cœur\nleur douceur et leur flamme; — ils sont là, persuasifs et tendres, les chers\nyeux, les yeux pâles et rêveurs.\n   Ils m'ensorcellent et me domptent car ils m'appellent à la Paix, à la Séré­\nnité et me disent : — Lève-toi, — viens, — il suffit de vouloir !\n   Et docile, je les suis, ces magiciens songeurs et ils m'emmènent vers les\nbrouillards et les grises contrées du Nord. Nous errons jusqu'au déclin du\njour, le long des promontoires, des mornes estuaires, sur des falaises rébar­\nbatives où se déchirent et hurlent les eaux glaciales... Et, tout à coup alors,\nles Yeux, resplendissant de Joie et d'un surnaturel Espoir, me délaissent,\ns'éloignent de la côte et me font signe et me supplient d'avoir pitié de moi-\nmême. Ils disparaissent dans les brumes marines et toujours je suis trop\nlâche pour obéir à leur ardente exhortation...\n   Harcelé d'angoisses et incrédule, maudissant ma chair pusillanime, je\nm'endors, enfin, au milieu de la nuit livide et le matin, au réveil, — pareils\nà la divine annonciatrice, — au fond de mon âme brûlent et fulgurent, de\nnouveau, les yeux si longtemps familiers, — lucides, transparents et clairs.\n\n                                      IV\n                      LE NAVIRE MYSTÉRIEUX\n   Je suis le plus taciturne passager de ce navire mystérieux.\n   Au milieu du fleuve, aux rives incertaines et stériles, dont les eaux mono­\ntones, huileuses et lentes coulent sous un nébuleux firmament que nul astre\nn'éclaire, — depuis des ans, depuis toujours le vaisseau est arrêté. Les\nondes limoneuses et noirâtres roulent et se renouvellent sans l'entraîner\ndans leur course somnolente ; l'ancre, en d'autres temps, fût peut-être jetée\nou quelque infranchissable écueil entrave sa marche.\n   Mais, abandonnant la manœuvre, l'équipage rit et chante et joue dans\nl'entrepont, insoucieux de saluer jamais le port... Et, moutonnantes,\npassent les vagues, incessamment; ternes, muettes, elles traversent les\nbrouillards de cette contrée énigmatique, se précipitent, oh! vers quels\nsoleils, vers quelles Amériques?\n   Quelquefois, une rixe s'engage entre les marins grossiers et sanguinaires\n"}, {"page_pdf": 401, "texte": "                                   — 350 —\n\net le vaincu, lancé par les sabords, emporté en son mouvant linceul, va,\nsolitaire et morne, découvrir la bienheureuse patrie, les rades lointaines qui\nnous furent promises...\n   Et, moi seul, parmi cette foule indifférente, ne puis me résigner à cette\nquarantaine indéfinie, ne sais m'attabler avec les autres, persifler, boire et\nme divertir, — oublier le destin lamentable de ce navire mystérieux. Tris­\ntement je parcours ma prison et, accoudé aux bastingages, contemplant le\nmol et sournois luisarnement des eaux, guettant un illusoire secours, la\nvoile rédemptrice, — je songe et pleure les rivages, l'océan de mes rêves.\n\n                                       V\n\n   J'ambitionne faire de mon style un glaive généreux et terrible, un acier\nsouple, nerveux, impitoyable, forgé sur l'enclume de la fureur et de la haine,\ntrempé dans des larmes amères et sanglantes, — une Durandal étincelante\net vengeresse et magnanime.\n   Et point ne m'amuserais-je à d'inutiles et vaniteuses parades, à de tumul­\ntuaires fanfares d'escrime, aux passes élégantes des salles d'armes. — Ma\nvictorieuse lame cinglerait, cravacherait les glabres et ternes visages des\ntièdes et des médiocres; perdu au plus dru de la mêlée, je me baignerais en\nun réfrigérant carnage. J'éclabousserais la poussière des chemins de la\ncervelle des Gentils ; et mon épée, mon épée loyale et chère, tuerait, tortion-\nnerait, distillerait pour les ennemis de ma Foi de lentes et pénibles agonies.\n   Ainsi qu'un nouvel Attila, balayeur de la décadence, Messie farouche de\nla colère divine, je noierais les impuretés, les blasphèmes et les infamies du\nsiècle sous une marée de pourpre, pour régénérer le monde épuisé, — lui\nrestituer sa force et sa grâce primitives, nourrir et faire fructifier les germes\nde la prochaine moisson du Seigneur !\n   Et alors, je m'en irais à la conquête du Saint-Graal de mes rêves, vers\nla terre de Chanaan de mes espérances, me reposer de mon labeur accompli\ndans la Paix et la Gloire et l'Amour infini et miséricordieux.\n                                                    ARNOLD GOFFIN.\n"}, {"page_pdf": 402, "texte": "                     — 351 —\n\n\n\n\n       SONNETS CALMES\n                         I\n\nJe pourrais vous aimer comme un autre, mieux même !\nL'amour, qu'au fond du cœur je garde emmailloté,\nSe réveillerait, certe, avec joie et fierté\nA votre grand œil noir où je lis ce mot : Aime !\n\n\nMais pour mon doux repos je n'irai point chercher,\nEstimant que l'amour est un bien éphémère,\nA nouer de mes poings les crins de la chimère.\nJe veux qu'en vous l'ami, seul, me vienne toucher.\n\n\nCependant c'est mon cœur tout entier que je. donne,\nMon cœur qui vous réserve un culte de madone,\nMoins le fiel, l'égoïsme et les pleurs de l'amour...\n\n\nQuand les amants — bien tard — auront fui sans retour\nVous trouverez, valant leur troupeau haïssable,\nMon Amitié pour vous brûlant impérissable!\n\n\n                         II\n\nLe tram nous invitait de sa verte prunelle.\nJoyeux nous prîmes place et fouette! ô bon cocher!\nNous volions vers le Bois à l'heure criminelle,\nA cette heure idéale où d'autres vont coucher.\n\n\nLes paysages noirs, mais pas du tout funèbres,\nSe déroulaient, piqués de réverbères fous.\nSoudain parut le Bois en robe de ténèbres\nQue la lune frangeait de jais... Souvenez-vous !\n                                                       24\n"}, {"page_pdf": 403, "texte": "                          —   352   —\n\n\n    Savourant cette nuit superbe d'où s'élance\n    Le chœur mystérieux dont est fait le silence,\n    Je me taisais... grisé par un parfum troublant      .\n\n    En passant au travers de votre crêpe blanc,\n    La brise avait un fleur que je ne sentis onques...\n    Et mon rêve s'enfuit là-bas, — où sont les jonques!\n                                          THÉO    HANNON.\n\n\n\n\n         LA MORT DES YEUX\n Vous allez devenir des flammes absolues.\nEntre vos rêves nus que vous verrez alors,\nSur une herbe analogue à vos œuvres élues,\nJailliront au delà les lys bleus du dehors.\n\n\nNe vous entr'ouvrez plus sur vos mauvais ouvrages;\nRestez clos au soleil où flottaient vos ennuis ;\nOuvrez-vous à présent au dessus des images\nEt ne revenez plus cligner au seuil des nuits.\n\n\nAu dedans vous verrez une mer enflammée,\nDes repas de malade épars aux horizons,\nDe jeunes enfants morts sous la lune alarmée,\nToutes vos vanités! toutes vos oraisons!\n\n\nVous vous éleverez au bord de l'ombre lasse;\nMon Dieu, voilà des nuits et des nuits que j'attends!\nLaissez les noyés seuls s'endormir sous la glace,\nVous n'allez plus revoir l'hôpital au printemps!\n\n\nEt vous confluerez dans l'inépuisable pluie,\nEt vos cils blanchiront sous des pleurs sans raisons,\nDes mares couleront sur la lune bleuie,\nEt vous nagerez sur l'océan des rançons.\n"}, {"page_pdf": 404, "texte": "                          — 353 —\n\nEt vous pourrez alors pleurer dans l'ignorance,\nQuand la mort, entr'ouvrant ses nocturnes chemins,\nVous baignera des eaux vertes de la souffrance\nEt posera sur vous la fraîcheur de ses mains.\n\n\nEn fermant votre rêve entre leurs gestes graves,\nElles vous montreront, sans tristesse et sans bruit,\nLes brebis dans la neige et les lys dans les caves\nEt les morts se lavant aux sources de la nuit.\n\n\nVous tremperez dans le silence vos prunelles,\nLes abreuvant de lune et d'astrales torpeurs;\nEn effusant enfin vos œuvres virtuelles,\nVos globes seront nus dans l'excès des terreurs.\n\n\nEt vous éclairerez les soirs de votre voie,\nEn effluant sur vous l'ancestral ennui bleu,\nVos bulles s'enfleront au delà de la joie,\nEt vous deviendrez noirs en jaillissant vers Dieu.\n\n\nVous éteindrez enfin l'alcool vert des luxures.\nTandis que sur les eaux stagnantes des grands      froids,\nDe leurs linges d'azur étanchant vos blessures,\nVous effeuillerez vos paupières d'autrefois.\n                                   MAURICE MAETERLINCK.\n\n\n\n\n                        VERS\n                          I\n    Les yeux tristes d'amour inavoué, Vestale\n    Dont l'âme languissante attriste le regret\n    D'être seule, elle songe au barbare décret\n    Qui l'a vouée à la règle sacerdotale.\n"}, {"page_pdf": 405, "texte": "                       — 334 —\n\nS'a lâche chevelure aux reflets bleus s'étale\nEn fleurs sur son col blanc, et sa main qui distrait\nLes papillons de nuit, écarte l'indiscret\nRegard mourant des fleurs dont le parfum s'exhale !\n\n\nTout le passé désert, où traîne la langueur\nDes soirs inoubliés, repasse! 0 la rigueur!\nEt nul espoir n'endort cette âme qui s'afflige !\n\n\n Et la lune là-haut pleure ses rais frileux\nDans le silence de l'azur sur son cœur lige.\nEt rêveuse, elle voit s'aimer les oiseaux bleus.\n\n\n\n\n                         II\n\n        Pourquoi pleurer, pourquoi rire\n        Sous ta mousseline d'or?\n        Pourquoi, chère et douce martyre,\n        Au ciel, lorsque l'ange dort,\n\n\n       Rêver, triste amante encor\n       Dans l'azur cruel qui mire\n       Sournoisement le trésor\n       De tes yeux qu'un rêve attire?\n\n\n       Pourquoi chanter? ô chanson\n       Si limpide que le son\n       Semble être de la lumière!\n\n\n       Pourquoi parfois, sot délire\n       Ricaner notre prière?\n       Pourquoi pleurer, pourquoi rire?\n"}, {"page_pdf": 406, "texte": "                       — 335 —\n\n\n\n                           III\n\nVoix du plain-chant! voix de l'amour, voix secourable!\nDe l'azur tout en fleur neigent de blancs pardons!\nCloche d'appel dans la nuit déserte! Tendons\nNos mains jointes, nos mains tremblantes de coupables.\n\nLe fardeau d'un passé criminel nous accable,\nSeigneur! Et nul salut n'a lui! nous n'entendons\nQue nos remords, nous ne voyons que des chardons\nHérissés sous nos pas dans des plaines de sable !\n\nVoix de clarté! Voix d'espérance! En nous descend\nQuelque chose de doux comme des yeux d'enfant,\nEt la crainte de ceux qui s'en vont est bannie!\n\nVoix du devoir! Ecoutons-la nous avertir,\nSi maternelle! Et pour que soit le repentir,\nLe Christ semble revivre encor son agonie.\n\n\n                          IV\n\n            Larmes d'argent sur les eaux\n            Que pleura la lune blême\n            Si vague et si triste emblême\n            Où se ravivent nos maux.\n\n            Nympheas sanglotants! sème,\n            O Lune, sur mes yeux clos\n            Tes pleurs ; là-bas sur les flots\n            J'entends ta plainte suprême!\n\n            O ces sanglots lumineux\n            Qui tombent silencieux\n            Si lentement sur mon âme!\n"}, {"page_pdf": 407, "texte": "                     — 356 —\n\n           Et dans mon cœur anxieux\n           J'écoute perler la gamme\n           Des larmes glissant des cieux!\n\n                          V\nSur l'herbe, où nonchalante elle rêve, elle cueille\nDistraite, les lychnis parsemés quelle effeuille,\nEt suit de son regard mutin le vol dans l'air\nDes pétales que sa main disperse; et le clair\nFriselis des rameaux qu'échevèle la brise\nLa berce et le parfum mourant du soir la grise\nSi vaguement quelle ose à peine encor songer.\nEt belle d'indolence et glissant un léger\nSourire sur sa lèvre, elle arrache à la gerbe\nQu'elle a cueillie et qui se fane là dans l'herbe\nLa marguerite blanche et compte de son doigt\nMignon ce que la fleur devineresse doit\nRaconter — et sourit au mensonge des fleurs.\n                                         VALÈRE GILLE.\n\n\n\n                MADELON\n                                          A   HERMANN   BEMBERG.\n\n    Au temps où tu faisais envie,\n    Comme on te fêtait dans la vie,\n             Quel aplomb,\n             Madelon!...\n    Mais, le jour où vint la déveine,\n    Et lorsqu'à voir tu faisais peine,\n             Madeleine,\n        Ce ne fut pas long\n             Madelon!...\n\n    Alors, pauvre fille de joie,\n    Tu t'es dit .- « Plus de bas de soie,\n             « Pas d'aplomb,\n             « Madelon!...\n"}, {"page_pdf": 408, "texte": "               — 357 —\n\n« On remet ses vieux bas de laine\n« Et l'on se fait fille de peine,\n         « Madeleine... »\n    Ce ne fut pas long,\n         Madelon!...\n\n\n« Ils t'ont saisi ton lit de plume :\n« Tu peux coucher sur le bitume ;\n          « De l'aplomb,\n          « Madelon!... »\nMais, pour dormir, toujours hautaine\n Tu choisis le lit de la Seine,\n          Madeleine...\n      Ce ne fut pas long,\n           Madelon!...\n                             LÉON MONTENAEKEN.\n\n\n\n\n       AIRS DE FLUTE\n\n                    XXV\n\n                 LORELEY\n\n  Dans le soleil, la nymphe nue\n  Déroule ses longs cheveux d'or,\n  Mon souvenir la voit encor,\n  C'est ma jeunesse revenue.\n\n\n  Dans le jour fluide qui meurt,\n  Le fleuve roule son eau blonde\n  Et la nymphe regarde l'onde\n  Traînant sa pensive rumeur ;\n"}, {"page_pdf": 409, "texte": "                                 — 358 —\n\n               Et quand la nuit est revenue,\n               J'aperçois, j'aperçois encor\n               Une onde de longs cheveux d'or\n               Sur une blanche forme nue.\n\n\n\n              O Loreley, mon doux lointain\n              De fleur bleue et de Marguerite,\n              Dans ton rappel cher je m'abrite.\n              Und das ist lieblich,\n                                    C'est certain.\n                                                          SIEBEL.\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                              LE PILLAGE.\n\n\n              Une revue qui ne manque ni de verve ni de jeunesse, la Wallo-\n               nie, relève avec aigreur la phrase que nous imprimions récem­\n               ment : « Quant à M. Khnopff, il est de ceux que, littéraire-\n               ment on ne salue plus ».\n   La Wallonie aurait dû songer que pour prononcer d'aussi offensantes\nparoles, nous avons de graves raisons et que si nous attaquons la dignité\nlittéraire de M. Khnopff, c'est parce que celle-ci est attaquable. La Wallonie\nveut des explications. En voici.\n   Naguère un petit journal parisien, malheureusement mort aujourd'hui,\nLutèce, insinua que le XVIIIe siècle de M. Khnopff, paru dans la Jeune\nBelgique, n'était que le décalque des Fêtes galantes de Paul Verlaine, épui-\nsées alors en librairie. A l'aveuglette, nous nous indignâmes. Aucun de\nnous ne contrôla, n'ayant pas les œuvres rares de Verlaine en sa bibliothè­\nque. M. Khnopff les avait, sans doute.\n   Or, voici que M. Léon Vanier réédite coup sur coup ces œuvres, les\nRomances sans paroles, les Fêtes galantes, Jadis et naguère ; nous les\nlisons, épris de cette poésie exquise et musicienne, et, à mesure que les\nstrophes se déroulent, les vers de M. Khnopff nous reviennent en mémoire.\n"}, {"page_pdf": 410, "texte": "                                           — 359 —\n\nM. Khnopff a tout copié, la coupe des vers, les mots rares, les rimes choi­\nsies, des hémistiches complets et des strophes entières !\n   Lisez :\n              VERLAINE.                                          KHNOPFF.\nUn air bien vieux, bien faible et bien char­      Un air bien vieux, grêle et charmant.\n                                      mant.\n                 (Romances sans paroles).\nJe devine à travers un murmure                        Et les senteurs musiciennes\nLe contour subtil des voix anciennes                  Cette âme qui se plaint tout bas,\nEt dans les lueurs musiciennes....                    Ces frissons d'accords, n'est-ce pas\n                              (Id.)                   L'âme des extases anciennes?\n       Mystiques barcarolles                      Les brises des étangs, mystiques barca­\n       Romances sans paroles....                                                     rolles,\n                       (Fêtes galantes).          S'enroulaient vaguement à vos mièvres pa­\n                                                                                      roles.\nLe ciel si pâle et les arbres si grêles.          Et dans le ciel si pâle el les arbres si grêles.\n                                 (Id.)\nLe vent de l'autre nuit a jeté bas l'Amour        Sous son frêle treillis, dans un recoin du\nQui, dans le coin le plus mystérieux du parc,                                           [parc\nSouriait en bandant malignement son a r c . . .   L'amour malicieux appuyé sur son a r c . . .\n                                 (Id.)\n\n   Nous pourrions continuer les citations; nous en avons une quantité,\ncueillies presque au hasard des rencontres, mais aujourd'hui nous voulons\nêtre bref, gardant pour plus tard une démonstration plus complète. Ce que\nnous en faisons à l'heure actuelle n'a d'autre but que de justifier le mot\ncruel infligé à M. Khnopff et si malencontreusement relevé par la Wallonie.\n   Voici deux documents encore :\n              AQUARELLE.                                   L'EAU QUI SOUFFRE.\n(Extrait des Romances sans paroles, de            (Extrait des Vers, de M. Georges Khnopff,\n  Paul Verlaine, réimpr., Léon Vanier,              à la page 552 du tome III de la Jeune\n  1887, p. 57).                                     Belgique).\n O la rivière dans la rue !\n Fantastiquement apparue                           Vers les lointains extasiés\n Derrière un mur haut de cinq pieds,               Lente et douce, sans un murmure,\n Elle roule sans un murmure                        Elle pousse son onde impure,\n Son onde opaque et pourtant pure,                 Entre les murs pacifiés,\n Par les faubourgs pacifiés.\n La chaussée est très large, en sorte\n Que l'eau jaune est comme une morte               O la rivière jaune et morte\n Dévale ample et sans nuls espoirs                 Sous les ponts tristes, sans espoir\n De rien refléter que la brume,                    De rien refléter de ce soir\n Même alors que l'aurore allume                    Que l'heure impitoyable emporte.\n Les cottages jaunes et noirs.\n"}, {"page_pdf": 411, "texte": "                                           — 360 —\n\n  Voici, prise dans Les Poètes maudits de Paul Verlaine (Vanier, 1884,\np. 49), une pièce de M. Stéphane Mallarmé, dont M. Khnopff a enlevé\njusqu'au titre :\n\n               APPARITION.                                       APPARITION.\n\nLa lune s'attristait. Des séraphins en pleurs,      (Extrait des Vers, de M. Georges Khnopff,\nRêvant, l'archet aux doigts, dans le calme            à la page 553 du tome III de la Jeune\n                                   [des fleurs        Belgique).\nVaporeuses, tiraient de mourantes violes\nDe blancs sanglots glissant sur l'azur des\n                                     [corolles.         Telle glisse silencieuse\n— C'était le jour béni de ton premier baiser.           Sur un ciel de miniature\nMa songerie aimant à me martyriser                      Une sainte gracile et pure\nS'enivraitsavammentdu parfum de tristesse               Dans le bleu de l'heure pieuse.\nQue même sans regret et sans déboire laisse\nLa cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a\n                                        [cueilli.       Elle m'est soudain apparue,\nJ'errais donc, l'œil rivé sur le pavé vieilli,          Rêve, forme à peine, nuance,\nQuand, avec du soleil aux cheveux, dans la              Effleurant de subtile essence\n                                            [rue        La vulgarité de la rue.\nEt dans le soir, tu m\"es en riant apparue.\nEt j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté\nQui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant               Et de ses lèvres bien aimées,\n                                          [gâté,        La vierge, de ses lèvres roses,\nPassait, laissant toujours, de ses mains mal            Effeuilla sur mon cœur des roses\n                                      [fermées          Et des étoiles parfumées.\nNeiger de blancs bouquets d'étoiles par­\n                                      fumées.\n\n\n   Cela suffit-il ?\n                                                                  MAX WALLER.\n"}, {"page_pdf": 412, "texte": "                                         — 361 —\n\n\n\n                                 MEMENTO\n   La petite revue dont nous avons ré­            l'art se réunirent, fut notre premier relai.\ncemment parlé , se blesse encore parce            Nous nous arrêtions un instant à l'auberge\nque nous lui donnons le qualificatif de           pour reprendre des forces et mener le coche\n« petite ». La Wallonie (c'est elle) a bien       plus loin — loin des mouches.\ntort, l'adjectif ne s'applique qu'au format,          « Voici notre deuxième hôtellerie — loin\npoint du tout à l'œuvre. Nous reconnais­          des coquecigrues.\nsons avec bonheur qu'il y a chez elle un             « La Jeune Belgique est déjà ancienne —\neffort plus que louable, quoique assez bis­       elle ne vieillit point — elle se renouvelle,\ncornu, et lui envoyons toute notre sympa­         tend la main à ceux qui viennent, comme\nthie, quelque dédain qu'elle en ait.              elle envoie un sourire de regret à ceux qui\n   La Wallonie pourtant commet quelques           partent — et ceux-ci reviendront peut-être.\ngaffes. 1° D'abord elle défend Georges             Leurs places sont là qui les attendent.\nKhnopff — elle verra un peu plus haut              Comme on l'a dit jadis, rappelant le mot\npourquoi elle a tort; elle nous accuse, pau­       de Victor Hugo, « ils n'ont pas disparu ; ils\nvre Max Waller, d'avoir, dans Lysiane de           sont simplement invisibles. »\nLysias, pastiché Le Vice suprême, ce qui              « Le Parnasse est le résultat d'un long\n a été avoué (donc pardonné) par Max Wal­          effort. Il a fallu beaucoup d'amitiés, beau­\n ler lui-même avant que quiconque eût              coup de conviction, beaucoup de joie d'écrire\nsongé à le lui reprocher. Et il continue à         pour arriver à ce livre — notre livre d'or.\ncroire que cette nouvelle peu originale est        Il y a eu bien des ouvrages de ce genre en\nun simple hommage involontaire à l'ami             Belgique, jamais un seul avant celui-ci,\nPéladan; 3 0 elle nous affirme fort injuste­       écrit et publié librement, sans le concours\nment que nous oublions , négligeons et             des bureaux officiels.\nrépudions Georges Rodenbach et Emilie                 » Nous ne voulons aujourd'hui ni défier\nVerhaeren; 4 0 elle se met en colère — tout        ni médire. Aucune allusion ne détournera\n cela en trente lignes. Wallonie que nous          notre allégresse et nous serons tout au bon­\naimons et qui fait si souvent notre joie, lisez    heur d'avoir fait œuvre bonne et digne.\n le paragraphe, qui suit :                         Cette œuvre est là. Donnons-nous rendez-\n                                                   vous à la prochaine station. Ce salon n'est\n                     ***                           qu'un guichet; la Jeune Belgique ne craint,\n                                                   elle prend ses coupons et, je vous le pro­\n  Le 22 octobre a eu lieu à la Taverne             mets, le. train ne déraillera pas. »\nRoyale (1) un banquet intime où se sont\nréunis les collaborateurs du Parnasse de la          Encore un toast :\nJeune Belgique. Citons parmi les toasts             « Je vous propose de boire aux plus\nprononcés, celui-ci :                             jeunes fils de la Jeune Belgique. Nous nous\n          « Chers bons amis,                      énorgueillissons d'avoir fait éclore dans\n  « Etant heureux et content, on ne pour­         notre pays, une riche floraison d'art ; il ne\nrait être solennel et je ne veux pas l'être.      faut point que ces divines fleurs meurent\nNous sommes arrivés aujourd'hui à la              avec nous. C'est aux plus jeunes poètes et\ndeuxième étape Jeune Belgique — et certes         aux poètes à venir, d'entretenir et d'embellir\nnon à la seconde. Le banquet Lemonnier            encore le jardin poétique que nous avons\noù, voilà longtemps déjà, les fervents de         créé. En attendant les successeurs, qu'avec\n                                                  son tempérament de mère Gigogne, la\n  (I)Ohlespiliers!                                Jeune Belgique ne tardera pas à leur don-\n"}, {"page_pdf": 413, "texte": "                                         — 362 —\n\n\nner, MM. Valère Gille et Fernand Severin           en fumant d'énormes pipes. En réalité, les\n exercent supérieurement les fonctions diffi­      domestiques et les paysans sont seuls à\nciles de Benjamins. Qu'il soit permis à un         parler « pour une fois, savez-vous ». Quant\n mauvais jardinier de louer ici leurs char­        à la bière, on est bien obligé d'en boire,\nmants parterres de lys... et de roses-thé.         puisque le pays ne produit pas de vin, si ce\n   Pourclore la série des toasts, je bois enfin    n'est un petit muscatel rosé, dont les pam­\nà nos principaux collaborateurs, à ceux qui,       pres roussissent sur les coteaux de la\npar leur dévouement et leur habileté, nous         Meuse. Mais où le Parisien a raison, c'est\nont aidé à faire du Parnasse de la Jeune           quand il répète le mot d'André Gill :\nBelgique une véritable œuvre d'art ; à                « J'aime aller en Belgique; je m'y trouve\nM me Monnom, à MM. Dewinter et Van                 « bien seul, même parmi la foule, car les\nDijk à qui nous voulons témoigner ici notre        « Belges ne pensent pas. »\nplus cordiale gratitude. »                            « Bien entendu, Gill voulait dire que le\n   Quelqu'un a bu à la santé de Me Picard,         pavé de Bruxelles manque d'artistes, et que\nle véritable auteur du Parnasse, quelqu'un         les passants ne semblent pas s'intéresser\nà tous les collaborateurs du livre et tous ont     aux choses d'art. Il en voyait une preuve\nbu au bonheur de se sentir jeunes et unis          dans le nombre toujours diminué des librai­\ncomme par le passé. Ja, mein Herr.                 ries et dans la multiplication constante,\n                                                   progressive des estaminets. Il rappelait le\n                                                  temps où la place de la Monnaie — qui\n                     ***                          entoure l'Opéra — comptait deux libraires,\n                                                  un marchand de tableaux, un marchand de\n  Du Voltaire (24 octobre) :                      musique, et il montrait à ses compagnons\n                                                  de voyage la place actuelle, où les cabarets,\n     « CHRONIQUE DE PARIS. »\n                                                  se soudent aux cabarets, sans solution de\n   « Le titre écrit au haut de la page, je me     continuité. Il aurait pu ajouter que la Bel­\nprends à réfléchir, car, à la vérité, ce n'est    gique est — après l'Afrique centrale et la\npoint de Paris qu'il sera parlé. Au demeu­        Terre de Feu — le pays où l'on vend le\nrant, comme il s'agit de lettres et de lettres    moins de livres. Il n'est point de sous-pré­\nfrançaises, le lecteur m'excusera de cher­        fecture chez nous où l'on ne lise plus que\ncher à appeler son attention sur un groupe        dans le chef-lieu du Brabant; les auteurs\nd'écrivains belges qui viennent de publier        belges eux-mêmes sont obligés de se\nà Paris, chez l'éditeur Léon Vanier, un           rabattre sur le marché français. C'est ainsi\nbeau volume de vers. Par ce temps de pré­         que Camille Lemonnier est plus lu, plus\ndilection pour les littératures étrangères        apprécié, plus largement admiré ici que\nqui pousse à la fureur des traductions, il        là-bas.\nest intéressant de constater comme une               \" Dans ces conditions, pour que des\nrenaissance littéraire chez des voisins qui       jeunes gens entreprissent de former une\nparlent et écrivent notre langue.                 école belge de littérature, il fallait qu'ils\n  « Je dois m'attendre à rencontrer quel­         eussent véritablement le diable au corps.\nques incrédules sur le boulevard. Le Pari­        Ecrire pour un pays qui ne lit pas, rien de\nsien connaît mal la Belgique; à l'entendre,       plus téméraire ; surtout si l'on tient compte\nce serait un pays de contrefaçon où l'on fait     qu'une moitié des habitants parlent un\ndes révolutions quand le gouvernement             patois flamand dérivé de l'allemand et du\naugmente le prix de la bière. Pour avoir          hollandais, tandis que les autres s'expri­\nécouté des Brabançons de vaudeville, il           ment dans un idiome dérivé du français.\ncroit fermement que les gens d'outre-Quié­           Le Parnasse de la Jeune Belgique qui\nvrain tutoient les voyageurs, disent :«savez-     vient de paraître chez Léon Vanier, con­\nvous », ou « pour une fois », plus sou­           tient les œuvres choisies de dix-huit jeunes\nvent qu'à leur tour et passent leur temps         poètes belges : M me Hélène Swarth,\n"}, {"page_pdf": 414, "texte": "                                          — 363 —\n\n MM. Emile van Arenbergh, Paul Berlier,            devenu l'amour, la passion des lettres. Au­\nAndré Fontainas, Georges Garnir, Iwan              jourd'hui les voici naturalisés Parisiens par\nGilkin, Valère Gille, Octave Gillion, Albert       droit d'édition et ayant fait bellement leurs\nGiraud, Théodore Hannon, Paul Lamber,              preuves.\nCh. van Lerberghe, Grégoire Le Roy, Mau­              « Dès maintenant il existe en Belgique\nrice Maeterlinck, Léon Montenaeken, Fer­           une littérature. Nos voisins n'en sont plus\nnand Severin, Lucien Solvay et Max Wal­            à nous offrir un ou deux historiens comme\nler.                                               M. Laurent ou comme Louis Hymans, un\n   « Ces messieurs ne sont pas tous des            critique d'art seulement, Rousseau ; un\ndébutants. Plusieurs appartiennent à la            romancier, Camille Lemonnier. Je sais bien\npresse belge, soit comme rédacteurs de             qu'en matière d'importance artistique, le\njournaux quotidiens, soit parce qu'ils col­        nombre est à négliger, et que Camille L e ­\nlaborent à des revues. Ils sont là-bas,            monnier, à lui tout seul, suffit à la gloire\ncomme groupe, à peu près ce que furent             d'un pays, tant par son génie que par son\nnaguère les parnassiens de Paris, Mendès,          caractère.\nGlatigny, Mallarmé, Paul Verlaine, Villiers           « Il était à prévoir que, dans un pays\nde l'Isle-Adam. Au début, ils n'ont pas su         sans langage national et où la langue fran­\nrésister — c'est bie'n naturel — au plaisir        çaise n'est pas la seule officielle, puisque le\nfacile de faire du tapage, de naturaliser fla­     roi Léopold est amené à parler tantôt en\nmand le gilet rouge de Théophile Gautier,          français, tantôt en patois hollandais, — ce\nd'arborer des chapeaux que l'on eût dit            qui le place à peu près dans la situation où\ntrouvés dans la garde-robe d'Alexandre             serait M. Grévy s'il consentait à s'exprimer\nPothay ou dans la succession de Privat             en breton devant les gens de Quimperlé et\nd'Anglemont. On s'est donné la peine               en auvergnat devant les gens de Saint-Flour,\nd'étonner les philistins avec des axiomes          — il était à prévoir que toute manifestation\nrenouvelés de Petrus Borel ou attribués à          littéraire accuserait un mouvement de sym­\nBaudelaire, on s'est érigé en petite cha­          pathie vers la France et vers la littérature\npelle, en association d'adoration mutuelle,        française. S'il est un cas où vraiment l'art\nd'admiration réciproque, gratuite et obliga­       n'ait point de patrie, c'est assurément lors­\ntoire ; on a polémiqué ferme en s'attaquant        qu'il demande à une nation voisine ses\naux puissances, aux grosses réputations ;          moyens d'expression et son inspiration\non a eu des passions voulues et des audaces        même. Je ne puis, par exemple, tenir pour\ncalculées ; enfin, on a tiré l'épée et guidonné    un peintre belge, pour un artiste flamand,\ndes pistolets en l'honneur de la littérature,      ce grand et puissant Alfred Stevens, dont la\n— ce qui est, paraît-il, le suprême bon ton        magnifique carrière s'est commencée et\nchez les parnassiens ambitieux de fonder          achevée en France, et qui a observé, étu­\nune école.                                        dié, traité la Française des villes aussi lar­\n                                                  gement, aussi magiquement que Millet\n   Ces accès de belle humeur une fois cal­\n                                                  avait compris et traduit la Française des\nmés, on s'est mis au travail. Ces jeunes\n                                                  campagnes. Je ne suis pas bien certain que\nhommes de lettres ont produit avec une\n                                                  Tourgueneff doive être considéré comme\nsorte de hâte, qui des vers, qui des drames,\n                                                  un écrivain russe par la postérité, et je r e ­\nqui des romans. Entre deux manuscrits, ils\n                                                  connais dans le général chinois Tchen-Ki-\npassaient volontiers la frontière et venaient\n                                                  Tong un charmant et très fin chroniqueur\ns'attabler à Paris, pour bavarder sur l'art\n                                                  du boulevard. Henri Heine, qui, le pre­\nloin des estaminets de là-bas. Ainsi ils ont\n                                                  mier, a baptisé la femme galante de ce joli\nconnu Coppée, Daudet, Zola, Léon Cladel,\n                                                  sobriquet d' « horizontale » dont les écho­\nThéodore de Banville, Joséphin Péladan,\n                                                  tiers abusent aujourd'hui, Henri Heine me\nBarbey d'Aurevilly, Edmond de Goncourt.\n                                                  semble autrement notre compatriote que\nPeut-être que, grâce à la fréquentation de\n                                                  Charles Deulin, qui, tout Français qu'il\nnos écrivains, leur goût des lettres est\n"}, {"page_pdf": 415, "texte": "                                          — 364 —\n\nétait, resta jusqu'à son dernier jour un Fla­     rappelé la première, celle de naguère, si\nmand des Flandres, un familier des d u -          belle de piété française et de lyrique dou­\ncasses et des kermesses, un franc buveur de       leur.\nblonde et de petite orge.                            « Quand je vous le disais que ces rimeurs\n   « A mon humble avis, ces messieurs de          sont des amis, des alliés recrutés à l'étran­\nla Jeune Belgique sont, en dépit de leur          ger par notre littérature, annexés à notre\nraison sociale, des poètes français et du         art plus sûrement qu'ils ne le seraient à\nmeilleur crû. J'avais projeté de le prouver       notre sol par aucun traité, et qui ne parlent\nà cette place par de larges citations, mais je    si bien notre langue que pour avoir aimé\nne sais rien de laid comme des alexandrins        ceux qui l'ont faite.\nen petit texte, écrasés dans d'étroites co­                        « C H . - M . FLOR O'SQUARR. »\nlonnes de journal ; souvent les typographes\nsont obligés de reléguer la rime au dessous                            ***\ndu vers, faute de place, et un vers ainsi\nbrisé ne me paraît plus tout à fait un vers.          Un article — bienveillant d'ailleurs — de\nIl ne reste plus des belles lignes droites,       L ' A r t moderne, à propos du Parnasse de la\nfines et pures, comme les belles pensées          Jeune Belgique, parle de l'absence, à notre\nqu'elles réflètent, que quelques-unes ; d'au­     ouvrage commun, de M. Georges Eekhoud\ntres, aussi jolies, mais qui s'allongeaient       comme poète. Notre ami Eekhoud, dont\navec plus de paresse, n'entrent dans le           tous nous admirons le grand et complet\nmoule de la grosse prose qu'au prix d'une         talent, avait été invité par nous à figurer\ntorture ou d'une mutilation. Un vers, ainsi       dans le livre. Avec raison, nous tenions à\nmis en page, me donne l'impression d'une          rendre hommage à d'aucunes pièces de\nidée blessée. Je ne citerai donc rien de ce       vers qui, comme le Semeur, l'Homme de\nParnasse, mais j'ai tenu à nommer les par­        l'Eglogue, la Guigne, d'autres encore, eus­\nnassiens.                                         sent fait belle figure au haut du Parnasse.\n   « Je tiens surtout à n'être pas le dernier     Le vigoureux et vibrant auteur des Ker-\n à imprimer le nom d'un jeune poète d'un          messes, avec une modestie que nous regret­\nrare talent : M.Albert Giraud, qui a donné        tons, en a jugé autrement, et voici la lettre\nau Parnasse de nos voisins dix-sept pièces        cordiale et fraternelle où nous trouvâmes\nd'une forme admirable et d'une inspiration        malheureusement son désistement :\nsuperbe. Par le temps de camaraderie qui\ncourt et étant donnée la décadence de la                       « Bruxelles, le 15 juillet 1887.\ncritique, je suis obligé d'ajouter que je ne             « Cher Comité de publication du\nconnais pas du tout M. Albert Giraud et                    Parnasse de la Jeune Belgique,\nqu'en louant ainsi son beau talent, j'ai la\nconscience de ne pas écrire un mot de trop.          « J'ai eu l'occasion d'exposer, il y a\nJ'ai lu ce nom d'Albert Giraud pour la pre­       quelques jours, à l'un des vôtres, Max\nmière fois il y a un peu plus de deux ans         Waller, les motifs pour lesquels je préfère\nau bas d'une pièce de vers écrite au lende­       ne pas figurer dans votre Parnasse, comme\nmain de la mort de Victor Hugo et que le          poète. Le Semeur et les autres vers que j'ai\npoète belge avait adressée aux petits en­         commis n'ont qu'un intérêt « historique » ;\nfants du maître. J'en avais gardé cette im­       ils détonneraient dans une publication\npression que l'auteur était un Français, un       annoncée comme le Parnasse, c'est-à-dire\nbon et brave Français adorant sa patrie, un       le fin du fin de la poésie éclose sous la cou­\ntantinet chauvin, ambitieux de revanche,          verture gris-perle de la Jeune.\népris de victoires futures. Cette pièce ne           « Veuillez, cher Comité, me considérer\nfigure pas au Parnasse; mais en lisant les        comme un des lecteurs impatients de ce\nautres, d'un sentiment si élevé, d'une no­        livre d'or de notre poésie contemporaine ;\nblesse si fière et si haute, je me suis surtout   et agréer l'assurance de ma solidarité la\n"}, {"page_pdf": 416, "texte": "                                        — 365 —\n\nplus affectueuse dans toute entreprise artis­    silencieusement, loin des clameurs hostiles,\ntique due à votre sympathique et très intel­     loin des charlatans de l'art et des parvenus\nligente initiative.    GEORGES EEKHOUD. »        qui étalent sottement leurs titres. » F . N .\n\n                      ***                                              ***\n   Du Journal de Bruxelles une fin de               Une charmante jeune fille, Mlle Dora Zol­\nSalon que nous recommandons aux atten­           likofer, vient de publier, en édition privée,\ntions de ce cher Art moderne :                   une exquise plaquette de vers allemands,\n   « Voilà, dite par le menu, notre impres­      Bergfahrt, où nous trouvons nombre de\nsion sur le Salon de 1887. Un journal d'art      strophes d'un délicat sentiment et d'une\ndisait récemment qu'un salonnier ne devrait      jolie féminité.\njuger que « d'ensemble », observation\njuste, mais idéale ! Un écrivain français a                           ***\ndit : « Il n'y a de juste que les idées géné­        Sous le pseudonyme Amon, le frère de\nrales et de vrai que les synthèses », vérité      notre grand Jef Lambeaux publie Quelques\nabsolue, dont ne s'accommodent pas les            idées éparses sur l'art flamand. Brochure\ngazettes. Au journal, tel que le veut le         curieuse que nous ne pouvons discuter.\npublic, s'impose un point de vue simple­          C'est de la critique personnelle, originale, et\nment objectif, le fait, toujours le fait, le      M. Lambeaux a ses idées comme nous avons\nfait politique, le fait divers, le fait artis­   les nôtres. Il accole, dans son admiration,\ntique, l'énumération et la nomenclature.          MM. de Braekeleer, Stobbaerts et... Emile\nC'est une nécessité sociale, au même titre       Wauters! ! Cela nous dépasse absolument,\nque les boulangeries et les boucheries.           mais M. Lambeaux a peut-être raison.\nSeulement, l'art demeure l'art en dehors          Celui qui a commis le portrait de M me Somzé\net au dessus de tout, et il est puéril de         est un grand artiste que nous ne compre­\njouer le Don Quichotte en écrasant avec          nons sans doute pas.\nsolennité des mouches, en s'attaquant à              Autre part, M. Lambeaux prononce\ndes moulins à vent ou en ayant l'air de           ceci :\ndécouvrir ce que chacun sait du reste depuis         « Nous tenons à dire que nous ne som-\nlongtemps : que le journal est un écho            mes pas d'accord avec le procédé « Pastel »\npublic, qu'il a une optique particulière,         aussi bien traité qu'il puisse être.\nmoyenne, si l'on veut, mais aussi sincère            « Pourquoi préférer à la peinture grasse\nque bien des déclamations présomptueuses          à l'huile et matériellement se conservant\nqui n'aboutissent pas et bien des préten­         assez bien, préférer, disons-nous, « le\ntions qui, formulées, avortent.                   Pastel», espèce de poussière se gâtant tôt\n  « Combien de journalistes déçus qui se          ou tard et ne pouvant jamais vous laisser la\nvantent de n'être plus journalistes et qui en     liberté ni les moyens de rendre l'illusion\nont les mœurs mauvaises sans en avoir le          de la nature aussi fort que par le premier\ndésintéressement ! Pourquoi ceux-là ne            procédé. Non seulement le pastel est plutôt\ndémolissent-ils pas Shakespeare parce qu'il       un moyen de vouloir faire «joli » et «neuf»\na été directeur de théâtre, et M. Un Tel,         à tout prix, mais nous rappelle l'époque\nesthète célèbre, parce qu'il est avocat?         française de la décadence et les portraits\nL'art est étranger à toutes les exigences         pastels si à la mode alors du temps de\nmatérielles.                                      Mmes de Pompadour, La Vallière, etc., etc.,\n  « Il est facile à remplir, sans risque, le      portraits élégants pour les gens riches,\nrôle d'un Matamore ; il est douloureux de         mais restant loin des immortels Van\nsacrifier à la vie. Mais il est consolant         Dyck, etc., etc. »\nd'ériger ses préférences, ses amours, dans         Bigre, bigre ! Voilà de la critique bizarre,\nune chapelle construite dans le coin de son      M. Amon, et qui fait tomber les bras. Nous\ncœur, pour soi seul, et où l'on se réfugie,      voulions dire du bien de cette brochure.\n"}, {"page_pdf": 417, "texte": "                                        — 366 —\n\nCela devient impossible ; des phrases énor­    des reprises d'un intérêt souvent douteux,\nmes comme celles que nous venons de            voici une scène qui, sous une habile direc­\nciter, c'est ce qu'on appelle du gâtisme de    tion, tend à devenir notre petit Théâtre\nBrard et Saint-Omer, et cela désarme.          Français où les Jeunes seront bienvenus.\n\n                                                                    ***\n   Dimanche prochain, 6 novembre, aura\nlieu la remise à M. Henry Warnots de son          M e Jules Lejeune vient de remplacer\nbuste exécuté par M. Paul Dubois. C'est         M» Devolder au ministère de la justice.\ngrâce à l'initiative de MM. Eddy Levis,        Bravo. On se souvient du folâtre procès\nprésident, Danlée et Moréas, secrétaires,      Wauwermans. Après Me De Burlet, premier\nM mes Rosa Bosman, Louise Van Besten,          défenseur du jeune Paul, Me Lejeune de­\nque se fera cette cérémonie à laquelle tout    vait prendre la réplique. Il s'y refusa et le\nle monde applaudira.                           doux jeune homme dut se contenter de\n                                               l'éloquence indignée de M e De Burlet.\n                    ***                        Me Lejeune resta cependant jusqu'au bout\n   Puisque nous citons M. Eddy Levis,          des débats et fut un des premiers à applau­\nannonçons encore qu'il paraîtra de lui, dans   dir la spirituelle plaidoirie de Georges Ro­\nle courant du mois de novembre, un vo­         denbach. Il daigna même sourire lorsque\nlume de vers : Elaine.                         M e De Burlet nous fit un succès en détail­\n                                               lant, fort finement, ma foi, l'air de flûte\n                    ***                        Babolain !\n  On a joué, le 29 octobre au théâtre             Ajoutons que, le lendemain, M e Lejeune\nMolière, un drame inédit de MM. Armand         s'abonnait à notre revue. Il est donc un\nSilvestre et Georges Maillard : La Tesi        peu notre candidat. T'en souviens-tu, Pau­\nTandis que le théâtre du Parc s'attarde en     line ? Et de la tête que tu fis, m'amour !\n"}, {"page_pdf": 418, "texte": "  Aux amateurs de bières anglaises, nous recommandons la\n\n      TAVERNE BRITISH\ntenue par V A L A D E et située place du Musée. Dîners\net déjeuners à la carte et à prix fixe. Hôtel meublé des plus\nconfortables.\n\n\n\n\nA\n          tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n\n   de Block's Universal Wine C°\n                6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA BOURSE)\n\n                       ET M O N T A G N E D E LA C O U R\n\n\n\n\n E        n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal-\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie LE NOMMÉ PERREUX, par PAUL BONNE-\n  TAIN. Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois 1 7 francs; en\n  vente partout.\n"}, {"page_pdf": 419, "texte": "         POUR       PARAITRE            EN NOVEMBRE                    :\n\n\nHORS DU SIÈCLE\n                                POÉSIES\n                                     PAR\n\n\n                      ALBERT            GIRAUD\nÉditeur : M me Ve MONNOM, 26, rue de l'Industrie, Bruxelles\n\n\n\n\n                LA                   TESI\n        GRAND SUCCÈS AU THEATRE MOLIÈRE\n\n\n\nASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                               ÉPERNAY\n\n\n                                       Prix Courant\n                      Baron J. de Warnimont                                         2 25\n                      Marquis Armand de St-Hubert                  . . . .          2 75\n                      ROSÉE JEUNE BELGIQUE                                          3 00\n                      Crême d'Ay             id.                                    3 50\n                      Bouzy extra            id.          Cuvée réservée.           4 50\n                      Bouzy Cristal          id.                                    5 00\n                                     0.50 en plus par 2/2 bouteilles\n                               EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 2 5          BOUTEILLES\n\n                      Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n      ENTREPOSITAIRE       : COULOMB-ROBIETS\n19,   B o u l e v a r d d u N o r d , 19, à B r u x e l l e s\n\n          Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1887-11-01", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 384."}}