{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "8e ANNÉE. TOME VII. N° 5.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 166, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 202, "texte": "8e ANNÉE.         TOME VII. 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PRIX : FR. 0-60.                           1ER MAI 1888.\n\n\n                                              LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 166, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 202, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "SOMMAIRE:\n  Lettres pour les illettrés                                       GEORGES EEKHOUD.\n  Soir de Race.                                                    FERNAND SÉVERIN.\n  Les Poètes Baudelairiens                                         ALBERT GIRAUD.\n  Nox Benigna                                                      PAUL VERLAINE.\n  Chronique musicale.                                              HENRY MAUBEL.\n  Chronique d'art : L'Essor                                        JULES DESTRÉE.\n                   .         I. Du Silence.            .     .     ALBERT GIRAUD.\n  Chronique littéraire                                             XX\n                          II. La Belgique              .     .     XX.\n  Memento\n\n\n\n\n                                       BRUXELLES\n                  ADMINISTRATION :                                 REDACTION :\n            26,   RUE DE L'INDUSTRIE, 26                     80,   RUE BOSQUET. 80\n\n                                             PARIS\n                                    L É O N V A N I E R , ÉDITEUR\n                                           19, Quai Saint-Michel\n\n                                                1888\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Le Nommé Fabrice", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Alphonse Allais", "ancre_debut": "LE NOMMÉ FABRICE", "ancre_fin": "ALPHONSE ALLAIS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 167, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 437, "fin_caractere_exclue": 4353, "texte": "L E N O M M É FABRICE\n                                                                       A Octave Mirbeau.\n        Hé! là-bas, le vieux rigolo! Qu'est-ce que vous demandez?\n    Le vieux rigolo ainsi interpellé ne répondit pas, mais, comme en proie à une indicible\nstupeur, il regardait les bâtiments neufs à peine terminés, une petite maisonnette en\nbriques, les hangars, les écuries, une immense bascule destinée à peser les voitures de\nbetteraves.\n   — Tout de même, fit-il, faut être bougrement effronté !\n       De quoi donc, mon brave?\n   — Faut avé un rude toupet !\n   Fatigué sans doute de cette conversation, le contremaître demanda brusquement au\npaysan :\n   — Enfin, qui êtes-vous? que voulez-vous ?\n   — Qui que je sis? Vous me demandez qui que je sis? Je sis le nommé Fabrice, et je\nsis cheu mé, et vous n'êtes pas cheu vous.\n   — Comment, vous êtes chez vous?\n   — Je sis cheu mé, et vous allez me faire le plaisi de foutre le camp, avec vos gens et\ntoutes vos saloperies de bâtisses, et pis je vous demanderai trois mille francs de dom­\nmages et intérêts.\n   Sur ces entrefaites, l'architecte arrivait au chantier. La dernière phrase du vieux cam­\npagnard le fit légèrement pâlir.\n    Si c'était vrai, pourtant, qu'on eût bâti sur son champ!\n   Le plus comique, c'est que la chose était parfaitement exacte.\n   Le pauvre architecte s'était trompé de terrain, et il avait construit sur le champ du\nnommé Fabrice pour cinquante mille francs de bâtiments, au compte d'une grande\nsucrerie voisine.\n    On allait en faire une tête, à l'administration, quand on apprendrait ça!\n    L'architecte esquissa le geste habituel des architectes qui n'en mènent pas large : il se\ngratta la tête et le nez, alternativement.\n    L'indignation du campagnard allait croissant.\n    — Je sis le nommé Fabrice, et personne n'a le droit de bâti sur mon bien, personne!\n    — Effectivement, balbutiait l'architecte, il y a erreur, mais elle es! facilement répa­\n rable... Nous allons vous donner l'autre champ, le nôtre. Il est d'égale surface, et...\n    — J'n'en veux point, d'votre champ. C'est le mien qu'il me faut. Vous n'avez pas le\n droit de bâti sur mon bien, ni vous ni personne J'vous donne huit jours pour démoli\n tout ça et remettre mon champ en état, et pis, je demande trois mille francs de dommages\n et intérêts.\n    La discussion continua sur ce ton.\n     Le pauvre architecte, qui en menait de moins en moins large, s'efforçait de convaincre\n le nommé Fabrice. Le vieux paysan ne voulait rien savoir. Il lui fallait son champ, débar­\n rassé des saloperies de bâtisses, et en plus, trois mille francs d'indemnité.\n    Le propriétaire de la sucrerie, informé de cet étrange malentendu, arriva vite et voulut\n transiger. Le nommé Fabrice était buté.\n    On marchanda. Cinq mille francs d'indemnité!\n    — Non, ma terre!\n    — Dix mille !\n    — Non, ma terre!\n      - Vingt mille !\n    — Non, ma terre!\n    — Ah! zut ! nous plaiderons, alors !\n    Malgré la bonne volonté des juges, on ne put découvrir dans le Code le plus mince\n article de loi autorisant un sucrier à bâtir sur le champ d'autrui, même en l'indemnisant\naprès.\n    Le sucrier fut condamné à remettre le bien du nommé Fabrice dans l'état où il l'avait\n pris.\n    Les considérants du jugement blâmaient la légèreté de l'architecte, et surtout la mau­\n vaise foi évidente et la rapacité du nommé Fabrice.\n    Le nommé F'abrice riait sous cape. Il alla trouver le sucrier.\n    — Ecoutez, fit-il, je ne sis pas un méchant homme. Donnez-moi votre champ et qua­\n rante mille francs... et j'vous tous la paix.\n    Plus tard, le caissier raconta que le nommé Fabrice, en signant son reçu de quarante\n mille francs, avait murmuré :\n    — C'est égal, faut avé un rude toupet, tout de même!\n    On ne sut jamais si c'était de lui qu'il voulait parler, ou d'un autre.\n                                                                      ALPHONSE ALLAIS."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 141, "page_fin": 147, "titre_corps": "Lettres pour les illettrés : Passionnette", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Lettres pour les illettrés", "signature_source": "Georges Eekhoud", "ancre_debut": "LETTRES POUR LES ILLETTRÉS", "ancre_fin": "GEORGES EEKHOUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 168, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 2, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "LETTRES POUR LES ILLETTRÉS\n\n                            PASSIONNETTE\n\n                                 Allions, Monsieur Jules... Un petit tour de\n                                   jardin... Il est dans son beau à présent...\n                                   Fille, ouvre donc la porte à monsieur,...\n                             car il a l'air de ne pas savoir le chemin\n                                    Ah ! oui, le jardin !\n                                    Il s'enfonçait, oblong et assez vaste, der­\n                                rière la maison sans étage. On poussait une\n                              petite claire voie peinte en vert qui le séparait\n                                   de la cour et empêchait les poules d'y péné­\n                                  trer. Par dessus la haie vive émergeaient\n                                  le clocher du village et la plus haute croix\n                 du cimetière. Une gloriette tressée de liserons, de capu­\n                 cines, d'aristoloches et de pois de senteur, occupait un des\n                 angles du fond.\n                    C'est pourtant dans cet enclos rustique, trop régulier,\n                 à la fois courtil, jardin et potager, tracé au cordeau ; pro­\n                 pret et symétrique jusqu'à la manie, semé de plantes\n               prolifiques et voyantes, arborant de gros fruits rubiconds\n               et peu délicats, fleuri de roses perpétuelles, de dahlias, de\n               tournesols, de pivoines ; des carrés de choux alternant avec\n               des buissons de groseilliers ; c'est dans ce jardin vulgaire\nque vaguent obstinément mes souvenirs, à chaque printemps, quand il\nfait très doux, et que cet air tiède vous serre tendrement la gorge et vous\ndonne envie de pleurer\n"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2751, "texte": "                                  —    142   —\n\n\n   Avec ses légumes violets, ses poiriers taillés en pyramides, à la fois\nluisant et haut en couleur il me faisait l'effet d'un pataud endimanché,\nfaraud et guindé, cachant sous des étoffes trop caties et peu coûteuses son\ngrand corps charnu et taillé à grands coups.\n   En fîmes-nous souvent le tour, dans tous les sens; l'avons-nous parcouru\nde toutes façons; me suis-je extasié, pour flatter ton brave homme de père,\ndevant les puériles arabesques de buis et d'oeillets nains, devant ces petits\nchemins en spirale, et cette statuette en plâtre portant sur la tête un vase\nde clématites, — dis, ma bien-aimée d'alors, ma plantureuse idole d'autre­\nfois, ma taure bénigne aux fortes hanches, aux yeux confiants, aux joues\nframboisées !....\n   Si ce jardin d'un mauvais goût si recherché et si barbare, avait quelque\nchose de toi, mon fruste animal rose, à la fois vulgaire et appétissant !\n   Les grandes fleurs rondes s'y épanouissaient glorieusement; roses et giro­\nflées embaumaient à outrance ; cerises et groseilles y foisonnaient ; et les\nabeilles gloutonnes le pillaient sans vergogne.\n   Jardin radieux et candide ! Comme toi, chère enfant, il éclatait d'un rire\nsonore, que d'aucuns eussent trouvé canaille. Et dans ton corsage de\ncotonnade, étreignant ta taille opulente, tu me semblais ces gros boutons\nde pivoines au moment de s'ouvrir à l'humidité de la rosée fraîche. Qui\nme définira ta beauté copieuse et tes charmes si bien ordonnés, Jardin\nélu des sèves! Du jour où tu connus le jeu d'amour, mon aimée, tu le jouas\navec la conscience que tu apportais à un beau travail profitable, aux fonc­\ntions saines et rémunératrices de la vie rurale.\n   Autant que toi ce jardin faisait l'orgueil de ton père le cabaretier :\n   — Allons, Monsieur Jules, un petit tour de jardin!....\n   Et tu m'y pilotais et m'en montrais les métamorphoses progressives, ô\nma Chair non pareille !\n   Je m'intéressais, avec toi, aux végétations les plus discréditées. Charme\ndu temps, atrocement cru mais point banal, où fleurissent les pommes de\nterre! Temps humide, temps de gésine, temps gros, où la glèbe transpire\net sent la luxure. Oh ! je n'oublie pas, l'odeur fétide et pourtant irritante de\nces fleurs, ce parfum de racines qui tètent... C'est par un jour de pluie\nchaude de juin que tu te ployais pour me cueillir des fraises et en te rele­\nvant ta croupe craquait et ondulait, comme chez une pouliche qui se\ntrémousse, et je me penchai, et ton visage frôla le mien, si à propos, que,\nbouche à bouche, nous confondîmes longtemps nos souffles, éperdus\n   Baiser sain, savoureux, abondant... Mais si tes lèvres avaient le goût\nambrosiaque de la fraise, elles avaient aussi l'arôme un peu terreux et suret\n"}, {"page_pdf": 170, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2738, "texte": "                                    — 143 —\n\n  des fleurs dédaignées, des fleurs de la pomme de terre... Parfum de touf­\n  feur, d'orage et de sol détrempé\n    Combien de fois dans la gloriette me suis-je promené autour de toi, avec\n des haltes fréquentes, après avoir fait le tour du jardin ! Amour reposant et\n sur, viriles débondes, harmonieuse et pleine réfection des sens.\n    Cela devint une habitude.\n    Jamais de jalousie, de bouderie ou d'humeur. Je te retrouvais toujours\n secourable et complaisante comme je t'avais laissée la veille\n    C'est à peine si au mois des sureaux ou vers la chute des feuilles nos\n prostrations normales, longues, absolues, sans subterfuges et sans artifices,\n dignes de la Nature qui n'entend pas malice en ses œuvres, furent un peu\n plus violentes, ton rire moins joyeux et ta prunelle plus fiévreuse !\n    Une année, une pleine année de totales et copieuses possessions, ma\n sœur, ma libre et candide maîtresse!\n    Pourquoi ne me demandas-tu ni promesses, ni gages ? Il ne me fallut\n rien te jurer. Tu t'étais donnée comme je t'avais prise, tacitement, après\n quelques visites, sans préambule apparent, sans que nous ayons parlé de\ncela... Je crois même que nous parlions de bien autre chose : de la vieille\nservante du curé, si bavarde; de ton voisin, le fils du charron, ce rou­\ngeaud dont tu te moquais de si bonne foi, ou d'objets moins notables\nencore, de la voiture du baron d'Armelbrang, qui venait de passer avec un\nfracas despotique sur la grand'route silencieuse... Midi. Les mouches\npâmées et moribondes battent des ailes au bord de la vitre. Tu me tends\nune allumette enflammée pour rallumer ma pipe, tu ris de ma\nmaladresse et de ma distraction, je prends tes mains, je les presse, tu ris\ntoujours, mes dents crissent, j'ai froid dans le dos, et comme tu te recules,\nderrière le comptoir, je te renverse et hume, cueille, et m'approprie les irri­\ntantes prémices de ta jeunesse...\n    Damnation!... A ce seul souvenir mon sang s'insurge et se cabre comme\nun coursier de guerre dresse l'oreille à la fanfare de la charge... Et ce jour-là,\nje revins te voir, au crépuscule... Et comment se fait-il que rien de ce jour\nne me fut indifférent, que je revois jusqu'au sarrau bleu de ton polisson de\nfrère, qui rentra ce soir, un peu éméché, son foulard rouge sortant de la\npoche, et qui crut devoir me distraire en me proposant une partie de bil­\nlard... Le brave garçon !\n    D'où vient que je te regrette, ma blonde potelée, crême de femme, fraîche\net moelleuse, ferme et tendre, douce à respirer comme les simples, sapide\ncomme une mûre sauvage mordue à même les buissons, d'une saveur\npresque fraternelle, aussi caressante au toucher que l'étoffe satinée des mar­\ntagons du jardin !\n"}, {"page_pdf": 171, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2853, "texte": "                                  144\n\n   Me faut-il apprécier seulement aujourd'hui ton amour sûr et reposant,\nle seul qui ne me laissa ni rancœur, ni déboire? Dis, faut-il que ce soit seu­\nlement aujourd'hui? Et le sentiment de cet amour qui ne me démolit point,\nqui m'assouplit et me fortifia même comme un massage, qui n'eut rien\nd'artificiel et de corrodant, se met à fermenter maintenant dans mon cœur.\nAinsi l'anodine et rafraîchissante bière blanche du pays devient capiteuse\net traîtresse dans les cruchons de grès, hermétiquement clos.\n   Lorsque je partis pour la ville, tu ne te plaignis même pas, fille incom­\nparable. Devant les tiens ta main secoua cordialement la mienne. Demeurés\nseuls, un instant, ton baiser ne fut ni plus exaspéré ni moins balsamique\nque de coutume... Tu demeuras bonne, rieuse, accorte, comme toujours.\n   C'était pourtant en mai, amie point comédienne, et le jardin que me\nvantait ton père, serait si glorieux cette année et recommencerait avec tant\nd'exubérance et de prodigalité sa carrière, dont nous avions suivi les progrès\navec tant de sympathie l'autre été .. Et tu n'avais point démérité, tu n'avais\npoint vieilli.\n   Pas une allusion à la vie nouvelle qui commençait pour moi et aux\nconséquences de notre séparation... Nous nous quittions bons camarades,\ncomme nous nous étions rapprochés...\n   Les premiers mois de l'absence, je m'échappai, de loin en loin, de la ville,\npour te faire visite. Heureux, dans mon égoïsme, de te trouver toujours\nrose, rieuse et vaillante.\n   La dernière fois, c'est d'un air très simple, et avec une pudique rougeur,\nbien loyale, nullement affectée, que tu te levas à mon entrée... J'interrom­\npais ton tête-à-tête avec le fils du charron... Vous étiez attablés près de\nla fenêtre... Assis à ma place habituelle, le gars me tira gauchement sa\ncasquette... Et devant ton bon sourire, et devant la façon dont tes yeux\nclairs me désignaient, pour ton fiancé, le ferme et crâne gaillard dont les\ngrosses cuisses et le visage de pleine lune te mettaient en gaieté autrefois, je\nfus sur le point d'oublier que rien ne se fut passé entre nous, de croire, mon\nenfant, à ton innocence, bien entendu à cette innocence de la chair, dont\nparlent le catéchisme et la poésie surannée — car pour celle de ton cœur, de\nton bon cœur, je n'en ai jamais douté...\n   Cette fois, pourtant, profitant d'une sortie de ton futur baes, le mâle de\nmine prolifique, je voulus t'embrasser, et te traiter comme devant. C'était\nmal, pervers cela, et sortait de notre honnête commerce des jours passés.\nAussi tu ne me dis rien, tu ne te rebiffas pas avec colère, mais sans effarou­\nchement, sans pruderie affectée, sans colère, tu me regardas d'un air surpris,\nd'un air indifférent, de l'air inconsciemment cruel dans son affabilité même\nd'une personne renseignant un visiteur qui se trompe d'adresse...\n"}, {"page_pdf": 172, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2777, "texte": "                                   -   145   -\n\n\n     Pas d'autre changement en toi. Tu restais mon bon camarade, ma blonde\n  réjouie. Tu te laissas embrasser, tu te laissas embrasser... : si passive, que\n  je n'eus plus envie de recommencer. Et sans qu'il y eut eu reproche ou\n  autre explication, toute velléité de renouveau amoureux avec toi me\n  passa...\n     Cela fut si simple, si digne, si dépourvu de mise en scène et de posture\n  que dans le moment je fus conquis à la situation nouvelle, sans un regret,\n  sans un dépit, même pris de vénération pour l'extraordinaire fille. Je fus\n  même de belle humeur, je riais et te racontai, un peu en hâbleur et en\n gascon, des histoires merveilleuses de la grande ville, et le soir, quand ton\n frère rentra, accompagné du charron membru, je perdis royalement, au\n billard, deux tournées de bière blanche; et tu pus croire, — oh! le complé­\n ment suave de ma chair ! — que je te perdais, toi, avec autant de résigna­\n tion et de sérénité que le reste de l'enjeu...\n    Vois, la contagion de ton insouciance et de ton tempérament peu roma­\n nesque; l'après-midi, je ne songeai pas même à faire un tour au jardin, ou\n à aller seul m'asseoir, élégiaquement, sous la tonnelle... J'entrevoyais, au\n delà de la cour, les rouges pivoines enrichies de diamants par la dernière\n averse et je respirais des bouffées de terre humide et de fleurs potagères...\n    — Allons, Monsieur Jules, un petit tour de jardin?...\n    — Tout à l'heure, baes, tout à l'heure !...\n    Mais à présent, rentré à la ville, ce n'est plus la même chose. C'en est\n fait de mon beau calme, de mon indifférence, de mon dédain, de mon\n renoncement. Veux tu croire, ô succulente fille, amoureuse au ragoût\ninoubliable, que je souffre à l'idée de ton mariage avec ce rustre aux\n étreintes victorieuses! Je me le représente à l'œuvre, le gaillard expéditif.\n Un voile passe devant mes yeux. Vrai, s'il était ici, je lui chercherais que­\nrelle, moi qui l'ai complimenté sincèrement, moi qui ai mis, et sans arrière-\npensée, alors, vos mains l'une dans l'autre, et qui ai promis d'assister à la\nnoce...\n    Pardonne, cette déclaration, la première, mais, depuis, je commence à\ncroire que je t'ai aimé. C'était donc de la passion pour du vrai, et non de\nla bagatelle, du simple plaisir, de l'amusement corps à corps que nous pre­\nnions sous la tonnelle du banal jardin... Heureusement, positive campa­\ngnarde, que tu n'as jamais lu de livres et d'autres bêtises où des gens, sous\nprétexte qu'ils se voient volontiers de près, se lamentent, rêvassent, péro­\nrent, se rongent le cœur, se boudent, se jalousent au lieu de profiter de\nl'occasion et du temps, et de s'accoler, et de se mêler...\n    D'ailleurs, tu n'y comprendrais rien. C'est la ville qui réveille et entre-\n"}, {"page_pdf": 173, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2683, "texte": "                                  -      146-\n\ntient chez nous, ces lubies, ces chimères d'enfant gâté, ces recherches de\nmidi à quatorze heures, et qui nous fait regretter, — oh ! ne ris pas trop !\n— comme des trésors de bonheur, des périodes culminants de béatitude,\ndes paroxysmes de félicité, l'habitude, le passe-temps, le plaisir machinal,\nle pis-aller d'autrefois...\n   Tu ne ressasseras pas le passé, toi, ma placide et simplice compagne des\nfrancs jeux, tu ne rumineras point ta vie morte et ne connaîtras jamais les\nlancinantes nostalgies, ma simple et rose femelle, quand des enfants, beau­\ncoup d'enfants, te seront venus...\n   — Un tour de jardin, Monsieur Jules...\n   Ah ! baes, je ne hausserais plus les épaules et ne ferais plus le fort,\nl'homme raisonnable à présent. Le jardin! Je m'y précipiterais, j'y courrais\n en fanatique, je m'y plongerais, comme dans un sanctuaire, miraculeux ;\n à la fin d'un mélancolique et fervent pèlerinage...\n   Ah ! ce jardin ! Ce que je m'y promène, d'ici, en pensée ; ce que j'en hume\nles parfums violents, ce que j'en admire les fleurs barbares, ce que j'en\n croque les fruits rêches. Autant ces objets étaient passifs, couchants, effacés,\n tout à ma dévotion, là-bas, au temps de ma liaison avec ta fille, digne baes,\n autant à présent ils me hantent, m'obsèdent, me bourrèlent, impérieux,\n narquois, désirables.\n    Pas un détail que ma mémoire ne me rabache. Les plus futiles sont les\n plus acharnés. Le revers de la main dont le charron s'essuie le front et\n rejette en arrière sa casquette de soie; la couleur saurette de ses bragues\n rapiécées, la camisole rose de la petite, les turquoises de ses boucles\n d'oreille. Une touffe de pensées qui expiraient, dans un verre d'eau, sur le\n comptoir. L'odeur de la pipe. L'orteil qui passe par le bas troué du pacant,\n mon rival, lorsque, assis en balançant les jambes, il a laissé choir son\n sabot. Et l'air de petite ménagère en perspective, de petite femme qui soi­\n gnera bien son homme, l'air un peu dégoûté mais compatissant et pro­\n metteur aussi, dont elle a regardé l'orteil du robuste ouvrier. Les bouffées\n lourdes qui soufflent du jardin... Le clapotis de l'eau dans le bac où elle\n rince les verres; le glouglou du robinet... Leurs yeux d'une bêtise si affo­\n lante, le claquement de lèvres luron du gaillard, sa façon de se caler sur\n ses hanches, et de se cambrer... et l'ostensible appétence de la fiancée,\n devant ce prochain coucheur.\n  Toutes ces choses, toutes, toutes, bien d'autres encore, me suffoquent,\ncompactes et pesantes, et se résolvent en larmes contre les parois de mon\ncœur.\n  Et je rapproche de ces scènes récentes, les choses anciennes, celles de\n"}, {"page_pdf": 174, "page_imprimee": 147, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1607, "texte": "                                  — 147 —\n\n mon règne, de mon pouvoir sur elle. Minutes incomprises, minutes mécon­\n nues, minutes si chères à présent ! Riens que je voudrais revivre au prix du\n restant de ma vie.\n   Au jardin du cabaret sur la grand'route de Hollande, mes souvenirs\n butinent comme des abeilles ; mais le miel qu'ils en rapportent, tourne à\nl'amertume.\n   C'est une assiettée de soupe au lard que tu mis un soir d'hiver devant ton\nlendore de frère et que tu plantes à présent devant ton baes fessu, aux\ncheveux filasses, aux yeux d'enfant, aux bras terribles... Et le chemin bordé\nde saules, qui me conduisait à ta porte; l'accotement étroit et poudreux,\nlongeant le fossé stagnant, et, par delà les blés, l'éclair d'une faux qui fait\nlever les sauterelles. Et le soir qui tombe, et la cloche du village qui te fait\ndire : « Déjà neuf heures! » ; et la nuit fermée, sans un réverbère, sans une\nlanterne, quand je sors du cabaret. Et nos mains et nos lèvres qui se con­\ncertent une dernière fois dans l'ombre, après que tu as poussé les volets...\n   Et les longs silences, quand tu te penchais sur ta couture avec, pour les\nscander, cet éternel : « Oui, Monsieur Jules, ainsi vont les choses de ce\nmonde! »\n   O chère béte qui me manque !...\n   Dire que je sais même à présent, à quel moment tu soupirais ! Dire que\ntout cela est passé, bien passé; que tu ne me seras jamais plus ce que tu\nm'as été, que je vieillirai, que je vieillis...\n   — Allons, Monsieur Jules, un petit tour de jardin!...\n   Ah oui ! Le JARDIN!...\n                                                     GEORGES EEKHOUD."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 148, "page_fin": 158, "titre_corps": "Soir de Race", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "SOIR DE RACE", "ancre_fin": "FERNAND SEVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 175, "page_imprimee": 148, "debut_caractere": 71, "fin_caractere_exclue": 1730, "texte": "SOIR DE RACE\n                                                               A   PAUL VERLAINE\n\n\n\n   Un antique parterre seigneurial d'une folle et confuse végétation; dans le fond, un\nchâteau et une chapelle; au couchant, une haute forêt. Sur toutes choses, la douce\n lumière des fins d'après-midi.\n\n                                        IRÈNE\n\n\n     Que les heures m'étaient légères dans ce lieu,\n     Et quel grave entretien de mon âme avec Dieu!\n     Ces tombes! c'est le seul orgueil oit je me plaise,\n     Et c'est d'elles que rentre en mon âme mauvaise\n     Un peu de l'âme magnifique des dieux.\n     Quelle absolution rassérène les yeux,\n     Quel cœur impatient tout à coup de lui-même\n     Enlace éperdûment les fantômes qu'il aime !\n     L'airain familial secouant notre tour\n     Sonnait comme autrefois les heures de l'amour,\n     Et les yeux souriants de nos saintes images\n     Semblaient fixer au loin des cortèges de mages.\n     Des rameaux verts entraient par les vitraux brisés\n     Avec je ne sais quel arôme de baisers\n     Mis sur des mains d'enfant par des lèvres de vierges,\n     Et le cloître, où déjà mouraient mes pâles cierges,\n     O nos dieux! s'emplit des souffles du printemps.\n     Je sortis ; il semblait que le parc eut vingt ans,\n     Et que la puberté nouvelle de la terre\n     Nous fut plus grandiose en ce coin solitaire.\n     Hélénus ! ô mon seul et dolent Hélénus,\n     Rappelle-toi ! les jours annoncés sont venus\n     Où l'amour sauvera les derniers de la race.\n     Va-t'en, mon fils, vers ta Vierge pleine de grâce,\n     O toi, beau comme un autre archange Gabriel,\n     Avec les majestés de qui descend du ciel,\n"}, {"page_pdf": 176, "page_imprimee": 149, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1594, "texte": "                          — 149 —\n\nVa, fais-lui don des lys de ton adolescence.\nEt ce printemps ravi de notre renaissance\nMêlera ses matins au renouveau des fleurs.\n\n\n               HÉLÉNUS (En longue robe flottante)\n\n\nQuel beau jour, en effet! — Mais je me sens ailleurs.\nJe me sens trop sous les arbres roux de l'automne,\nMère, et quand tu souris, j'ai peur et je m'étonne.\nMe voilà l'incurable et lent convalescent\nDont le jeune soleil cherche à chauffer le sang.\nBien en vain ! Et je vais, irrité dans mon rêve\nPar les obsessions trop vives de la sève.\nTous ces baisers posés sur mon front me font mal,\nEt c'est je ne sais quoi d'impur et d'animal,\nUne autre puberté pire que la première,\nQui trouble étrangement ma langueur coutumière.\nO les lointains d'un cœur stérile et virginal!\nMon âme est ce profond paysage automnal\nDont un calme couchant dore les feuilles mortes.\nLes tumultes humains aux voix rauques et fortes\nOnt de cruels échos dans la paix de mon air.\nJe me souhaite un clair, un radieux hiver\nOù les arbres givrés rosiront dans l'aurore,\n Un hiver qui, dans l'air métallique et sonore,\nMe comblera les sens d'âpres sensations.\nMes dieux au sang noir eurent des passions\nEt, jusque dans la mort, crurent à leurs chimères,\nLeurs fils ont rêvé d'eux sous les baisers des mères,\nMoi, le dernier venu, qui n'ai rien espéré.\nJe rêve seulement des rêves que j'aurai.\n\n\n                            IRÈNE\n\n\nNe m'as-tu pas comprise? Ou fuis-tu ma pensée?\nNe vois-tu pas venir la douce fiancée\nDont le triste sourire illumine les soirs,\nLa vierge toujours vierge, inconnue aux espoirs,\n"}, {"page_pdf": 177, "page_imprimee": 150, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1719, "texte": "                          — 150 —\n\nQui nous fait du bonheur un éternel mystère?\nCelle qui te sera le tranquille parterre\nOù les chastes désirs s'en vont timidement,\nEt, dans les longs loisirs de leur enchantement,\nCueillent sans se hâter les pures fleurs de l'âme?\nQuand elle te viendra vers le cœur, cette femme,\nLes fleurs te fleureront plus douces dans ses pas.\n\n                          HÉLÉNUS\n\nEt tu m'amèneras Rolande, n'est-ce pas?\n Tu jetteras ce cœur qui bondit et qui crie\nAu travers de mon deuil et de ma rêverie?\nAh! si mon cœur jamais s'éprit d'un autre cœur,\n C'est que la parenté d'une même langueur\nMena fatalement ces fières solitudes\nDans les sentiers couverts de mes sollicitudes.\nLa douce Esther n'osa me faire ses aveux\nPour avoir deviné dans mes tristes cheveux\nL'indélébile pli des couronnes portées!\nEt parmi tant de cœurs et d'âmes révoltées\nQue les vaines amours n'avaient pu vaincre encor,\nElle m'aurait gardé le douloureux trésor\nDe sa virginité chrétienne, aux lèvres pâles !\nMais j'étais cet enfant qui vint après les mâles\nSur le trône vacant des farouches anciens,\nEt qui n'ose affronter les yeux fixes des siens,\nLe blond Carolingien morose et lymphatique\nQui, puni dans sa chair de l'orgueil    dynastique,\nS'entoure avec ennui du vieux faste romain.\nLe globe impérial qui pesait à ma main\nA tué dans mes bras la force des étreintes,\nEt j'ai vécu jadis parmi trop d'amours feintes\nPour croire maintenant aux candeurs du désir.\nDieu sait, pourtant, hélas! quand je la vois venir\nToute pâle et les yeux baissés sous ses longs voiles,\nRêveuse comme un soir sans lune et plein d'étoiles,\nDieu sait si les phénix de mes souhaits lointains\nNe se réveillent pas dans leurs bûchers éteints.\n"}, {"page_pdf": 178, "page_imprimee": 151, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1701, "texte": "                         —    151    —\n\n\nRowena, l'enfant pâle aux paroles amères,\nM'appelait un rêveur plus beau que ses chimères.\nHélas ! elle l'était comme un adolescent,\nEt son sang et le mien étaient un même sang;\nMais ses yeux contemplaient les lointains de la vie\nSans que leur gravité se mêlât d'une envie,\nEt je n'ai pas trouvé dans mon royal Eden\n Un être aussi comblé de joie et de dédain !\nSi tu m'as vu souvent fouler sur ma colline\nLes manteaux oubliés du soleil qui décline,\nC'est que sur les fonds d'or d'un couchant plein de moi\nJ'ai vu se dérouler ce funèbre convoi :\nLes saintes de l'amour, dans une même plainte,\nPortaient l'enfant Eros aux cheveux d'hyacinthe.\nJe l'ai vul Ce martyr du séculaire ennui\nReposait sur un lit de lys moins blancs que lui,\n Toujours triste, toujours les lèvres entr'ouvertes\nDans le sourire saint des victimes offertes,\nEt sur qui voletaient les doux ramiers payais.\nQuelle musique, en l'air, de cantiques anciens,\nEt vers l'humilité de ce grand mort qui passe\nLe merveilleux concours d'archanges dans l'espace!\nIl est parti, le doux convoi silencieux,\nIl s'en est longuement allé sous d'autres cieux,\nAvec l'adieu de quelque amante qui s'attarde,\nToute seule, et dont le sourire vous regarde.\n\n                             IRÈNE\n\nSilence! car voici Rolande, pauvre       cœur.\n                                                 (Entre Rolande.)\n\nPourquoi si pâle, enfant! Quel midi de douleur\nAveugla de ses feux tes prunelles célestes?\nLe parfum de la terre et des bouquets agrestes\nN'environne donc plus tes bras adolescents,\nEt tu fouilles aussi tes pensers innocents?\nUne mélancolique après-midi de fête\nOuvre enfin la carrière à la sève inquiète ;\n"}, {"page_pdf": 179, "page_imprimee": 152, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1357, "texte": "                             102\n\n\nVois ma forêt sous les premiers baisers du soir :\nL'arc-en ciel s'y serait tout à coup laissé choir\nQu'elle emplirait les yeux d'une moindre merveille!\n\n\n                         ROLANDE\n\n\nOui! c'est l'âme des vieux printemps qui se réveille;\nLa huit de tes halliers est pleine de frissons,\nEt de profonds parfums y chantent leurs chansons.\nL'homme triste s'en va de l'humide chaumière,\nEt, dans l'enivrement de la jeune lumière,\nRetourne éperdûment le terreau maternel.\nLes spectres toujours là du mal originel\nOnt eu leur point du jour, ainsi que les nuits vaines,\nEt la sève des fleurs cherche le sang des veines.\n\n\n\n                           IRÈNE\n\nHélénus,   entends-tu?\n\n\n\n                         HÉLÉNUS\n\n\n                      Mère, ce que j'entends,\nCe n'est pas cet ancien cantique du printemps,\nBanal à mes dégoûts comme un épithalame,\nEt les cerfs altérés qui me bramaient dans l'âme\nOnt clos leurs nobles yeux dans des ravins d'ennui.\nIl ne me reste rien, ô cœurs nés d'aujourd'hui,\nDes purs aveuglements qui firent notre race,\nEt rien ne me ferait endosser la cuirasse,\nRien! pas même le bruit des drapeaux déployés,\nO toi, Rolande, toi dont les yeux   effrayés\nTentent en vain de m' être une autre conscience.\nCeux qui m'ont précédé m'ont laissé leur science,\nEt j'ai le cœur fané de tout ce que je sais.\n"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 153, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1596, "texte": "                         — 153 —\n\n\n                         ROLANDE\n\nHélas! et je venais en hâte, je pensais\nQue les bonds effrénés d'une sainte colère\nSoulèveraient ton cœur à ce seul nom de guerre.\nAvais-tu deviné mon secret dans mes yeux\"!\nSache que l'horizon natal est soucieux,\nQue des peuples nouveaux s'avancent sur nos marches,\nAssourdissant les deux du tumulte des marches.\nDéjà les nôtres, ceux du moins dont la fierté\nGrandit dans les déclins de la triste cité,\nCeux-là sont accourus sous les saintes bannières,\nEt de vieilles chansons les mènent aux frontières.\nAh! les éphèbes vus d'en haut et qui mourront\nAvec le grand baiser des dieux sur le front,\nJe les ai vu marcher à d'autres Thermopyles!\nEt les vieillards, debout sur les portes des villes,\nRegardaient ce réveil du passé belliqueux,\nEt leurs cœurs de jadis s'en allaient avec eux!\n\n                          IRÈNE\n\nAh! Rolande, merci! car tu combles mon rêve.\nJe veux le délivrer de sa gaine, le glaive\nQue les graves dieux sacrèrent dans le sang.\nUn frisson inconnu saisit l'adolescent\nQui l'osa soulever de ses mains inexpertes,\nIl rit! le souvenir des misères souffertes,\nLui f ait un pâle front d'archange révolté.\nL'ouragan d'une irrésistible lâcheté\nRefoule dans leurs morts les héros de naguère.\nL'enfant s'en va, n'ayant pour fanfare de guerre\nQue les vertigineux cantiques de son cœur,\nEt s'il meurt sous le nombre, il succombe vainqueur,\nEt son nom lui survit dans une autre épopée.\n\n                         HÉLÉNUS\n\nNon, ma mère, eh bien non! Je laisserai l'épée\nDans les bras de granit du héros qui l'étreint,\n"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 154, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1666, "texte": "                                — 134 —\n\n\nL'acier s'émousserait contre le jeune airain.\nEt l'orgueil des vaincus défendant des reliques\nSerait mal célébré dans de rudes chroniques.\nNon, ma mère, à cette heure où je me sens mourir,\nJe ne me dresse pas dans un beau souvenir;\nLes barbares viendront, et je tendrai la gorge\nSans faire seulement au sabre qui m'égorge.\nL'hommage généreux d'un vaillant désespoir.\nMais je leur râlerai l'ironique au revoir\nQue fit à ses vainqueurs la cité d'Augustule,\nEt plus tard, quelque jour! lorsque leur crépuscule\nAura mis ces heureux sur un même déclin,\nIls reverront l'enfant aux tuniques de lin\nQui se rêve une vie et la vit dans les fables,\nEt nul n'en comprendra les grâces ineffables\nNi que son pur dédain le suive dans la mort.\n\n\n                                ROLANDE\n\nEt c'est tout, Hélénus? Eh! quoi, le fier transport\nQui soulevait tantôt ce profond cœur de mère\nNe t'aurait donc pas fait mourir pour sa chimère ?\nMais c'en est fait, enfant! Il se meurt dans mes bras,\nCe cœur, et tes remords ne le guériraient pas ;\nIl se meurt en un long sanglot qui le déchire,\nEt nul pleur dans les yeux n'annonce ce martyre,\nIl se meurt. — Et pourtant, Dieu sait si je t'aimais!\n\n    (Rolande s'en va, soutenant Irène qui, de plus en plus, défaille dans ses bras'.\n\n\n                                HÉLÉNUS\n\nAh! meurs aussi, mon cœur, et n'écoute jamais\nLes douces voix, toujours lointaines, de la femme !\nElles sonnent du cor dans les forêts de l'âme,\nEt d'un cor bien mourant et qui navre les soirs;\nLaisse désespérer loin de toi ces espoirs\nComme des orphelins perdus dans une lande.\nQu'importe la jeunesse aimable de Rolande ?\n"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 155, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1645, "texte": "                             —   155 —\n\n\nQu'importe Rowena ? Qu'importe, enfin, Esther ?\nElles vont doucement, chastes comme l'éther.\n\n              (Esther et Rowena passent, dans le fond du parterre, en silence).\n\n\nRegarde-les passer : ces belles esseulées\nCueillent, sans se pencher, les lys de mes allées,\nEt tout en elles même est beau comme les lys.\nMais elles sombreront dans de profonds oublis,\nCes âmes qui parfois traversèrent mes songes,\nVaines comme l'espoir et comme les mensonges,\nEt seul et grandissant avec la nuit qui vient,\nLes cris intérieurs du cœur qui se souvient\nMe ramènent sans cesse à ma mère expirée.\nDe poignants souvenirs teintent cette vesprée,\nEt le sombre soleil se couche dans mes yeux !\nLe tranquille occident du soir religieux\nS'emplit de plus en plus d'un combat de nuées,\nEt d'effrayants lointains de forêts remuées\nHonorent les sanglots de ma race qui meurt\nD'une mystérieuse et splendide rumeur.\nRêvé-je, ou n'est-ce là que la chanson des sèves ?\nJ'entends là-bas sonner des clairons et des glaives.\nQue ferai-je ? Mourir tout seul et sans apprêts,\nC'est beau comme un couchant derrière des forêts,\nMais mourir en luttant, comme dans la légende !\n\n                                                         (Rentre Rolande).\n\n\nQuelles sont ces rumeurs à l'horizon, Rolande ?\n\n\n                             ROLANDE\n\n\nCe sont des enfants nus qui frappent des tambours,\nTout un peuple vêtu de saignantes peaux d'ours\nQui traîne autour de nous la joyeuse aventure !\nIls vaguent sans effroi, beaux comme la nature,\nEt chantent des combats livrés sous d'autres cieux,\nSans mêler à leurs faits de légende d'aïeux ;\n"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 156, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1804, "texte": "                                      -    156    -\n\n      Car ils sont les premiers de leur nom, fils d'eux-même,\n     Et, quand ils vont lutter, la terre qui les aime\n      Tremble sous leurs pieds nus comme un sein maternel.\n      Oh! l'empire excédé qui s'est dit éternel!\n     Le sang des nations reflue au cœur des villes,\n     Et ce cœur de la race est plein de choses viles.\n     Ce sont des enfants nus qui soufflent dans des cors !\n     D'impétueux chevaux impatients du mors\n     Refoulent du poitrail les vagues de nos fleuves.\n     Ils s'en viennent, parmi les bras tendus des veuves,\n     Dans des confusions de belliqueux fracas,\n     Et le jeune Orient déferle dans leurs pas !\n     Il semble qu'un fléau comblant les mers humaines\n     En veuille refouler l'écume dans nos plaines,\n     Ils passent : en voici d'autres sur l'horizon !\n     Ce sont des enfants nus qui chantent leur chanson !\n     Et ces beaux derniers nés de la terre mourante\n     Nous apportent du fond de leur Asie errante\n     Les hymnes oubliés du cycle de l'amour.\n\n                                       HÉLÉNUS\n\n     Ah! Rolande, je veux mourir avec le jour !\n     Je veux mourir là-bas, dans un peu d'épopée ;\n     Emmène-moi.\n\n                                       ROLANDE\n\n\n                       C'est bien, enfant, voici l'épée.\n\n  Exeunt. Bruits de chars et de chevaux s'éloignant, fracas guerriers, clairons mourants.\nLe soleil s'est couché. Lent et définitif Angelus. Puis, dans le silence et les dernières\npourpres, s'avancent Esther et Rowena.\n\n\n                                       ROWENA\n\n     Voici que les derniers angelus ont tinté !\n     Les roses, qui gardaient un reste de clarté,\n     Nos roses, ô ma sœur, se sont toutes recloses,\n     Et les fleurs de ton sang ont f ait comme les roses.\n"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 157, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1519, "texte": "                         —   157   -\n\nTa pâleur me remplit d'un invincible effroi;\nIl est doux de laisser mourir un peu de soi\nDans l'oubli qui descend aux heures vespérales,\nMais les étangs du soir sont pour moi pleins de râles,\nEt le mystérieux peuple des aïeux morts\nY traîne autour de nous ses nocturnes remords.\n\n                          ESTHER\n\nToujours c'est le passé qui revit dans les femmes,\nEt les anciennes peurs, fidèles à nos âmes,\nNe cesseront d'aller à tâtons par les soirs!\nBien des regrets courbés, peu de jeunes espoirs,\nDont un Dieu sans pitié fit ma vie et mes rêves,\nSe sont contre mon cœur tournés comme des glaives,\nEt je me sens, parmi les ivresses de mai,\nMater dolorosa de tout ce que j'aimai.\n\n                         ROWENA\n\nTu ne sais pas, ma sœur, les élans du cœur ivre\nQui dans de vains espoirs se contente de vivre,\nEt je mourrai baisant le seuil de l'avenir,\nO ma sœur déjà morte à trop te souvenir!\nJ'aspire au soir, tu fais ton regret de l'aurore;\nChacune a son tourment d'aimer que l'autre ignore,\nMais nous ensanglantons du sang de nos genoux\nDes calvaires semés de semblables cailloux.\n\n                          ESTHER\n\nEn vérité, ce soir m'est cruel; je m'évade\nTraînant derrière moi tout mon passé malade.\nC'est en vain! Car voici que je me ressouviens\nEt que l'essaim flétri de mes désirs anciens\nVient se poser encor sur mes lèvres fanées.\nO mes souhaits, ô mes chimères surmenées\nQui tentiez de vains vols vers les mornes amours!\nJe revois en arrière un horizon de jours\n"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 158, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1749, "texte": "                            — 158 —\n\n    Qui sont des saharas ennuyés et livides\n    Où l'antique douleur met ses piscines vides,\n   Et l'espoir insensé, son mirage éternel.\n   Me suis-je trop complue en mon rêve charnel\n   Comme un lys qui voudrait vainement une rose,\n   Et les vraiment heureux vivent-ils l'âme close ?\n   Où bien es-tu maudit dans tout ce que tu veux,\n   0 mon sang, pauvre sang pur et las des dieux\n   Dont j'expie en mon cœur les révoltes passées ?\n    Tous nos pareils sont morts, jusque dans nos pensées,\n   Et toi qui n'aimas pas et moi qu'on n'aime plus,\n   Nous qui traînons un peu des siècles révolus,\n   Comme une ombre du soir, sur la terre distraite,\n   Quelle foi jusqu'au bout nous fait dresser la tête,\n    Toute de vanité, de colère et d'ennui?\n   Il n'est rien qui tressaille encore dans la nuit,\n   Que la nuit de pensers dont sont faites nos âmes,\n   Et sur les reins courbés des lamentables femmes\n   Un même deuil a mis les crêpes de la fin.\n\n                             ROWENA\n\n   Mon espoir me consume, et ton regret t'est vain,\n   Et le sang, mort en nous, des ancêtres barbares\n   Teindra prochainement de ses pourpres avares\n   Les glaives recourbés des barbares nouveaux.\n   Nous dormirons alors dans de profonds tombeaux\n   Oubliés sous les pieds dorés de la victoire,\n   Et les temps oublieux verront une autre histoire\n   Entourer quelque jeune et généreux vainqueur !\n\n  Mais les restes, toujours saignants, de l'ancien cœur,\n  Entrés par les écrits dans ces pures cervelles,\n  Mûriront longuement pour les moissons nouvelles\n  Les peuples confiants et vains qui nous liront,\n  Et ce dernier déclin vengera notre affront.\n\nFévrier 1888.\n                                             FERNAND SEVERIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 159, "page_fin": 165, "titre_corps": "Les Poètes baudelairiens", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "LES POÈTES BAUDELAIRIENS", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 186, "page_imprimee": 159, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 2362, "texte": "LES POÈTES BAUDELAIRIENS\n              Le vieil héritage de la poésie française, le patrimoine de Hugo et\n               de Baudelaire, en quelles mains est-il aujourd'hui? Aux\n               mains de ceux qui ont pour Coran la Légende des Siècles,\n               ou bien aux mains de ceux pour qui les Fleurs du Mal sont\nl'Évangile noir? Quels sont les princes de la poésie française en ces vingt\ndernières années, les fils de Charles Baudelaire ou les fils de Victor Hugo?\n    N'est-ce pas André Gil qui, un jour, à la belle époque de la caricature,\ndessina cette amusante silhouette de M. Spuller : le profil de cet homme\npolitique, quelconque, sans exagération d'aucune sorte, et derrière, comme\nson ombre même le profil de Léon Gambetta?\n    Regardez le profil de nos poètes d'aujourd'hui : quel est le profil que\nleur ombre dessine, celui de Baudelaire ou celui de Hugo?\n    Je ne connais guère d'élèves de Victor Hugo qui soient devenus des\nmaîtres. Je ne vois son ombre derrière le profil d'aucun poète absolu.\n    Certes, quelques maîtres de la seconde génération romantique furent\narmés chevaliers par lui. Certes, derrière le Gautier d'Albertus et de\nLa Comédie de la mort on distingue le masque de Hugo. Certes, il fut\nl'initiateur de cet extraordinaire poète de la joie: M. Théodore de Banville.\nMais sur tous les deux, quoique leur piété filiale en ait dit ou en dise\nencore, l'influence de Hugo ne fut ni profonde, ni durable. Le Grec d'Asie\nqui fut Théophile Gautier, et le Grec d'Athènes qui est M. de Banville,\ndoivent, littérairement, très peu au monstrueux poète panthéiste des\nQuatre vents de l'Esprit.\n    Léviathan reste seul, sans postérité.\n    Et si déjà les maîtres de la seconde génération romantique échappent à\nl'empreinte de Victor Hugo, n'est-il pas inutile de la rechercher dans les\npoètes de la fin du siècle?\n   Autre est la destinée de Charles Baudelaire. Hugo avait chanté l'opti­\nmisme de la fin du XVIIIe siècle, et les illusions du commencement du XIXe.\nBaudelaire, lui, fut le poète de la réaction intellectuelle et morale contre\nles idées de Hugo. Devant l'aveugle sourire de l'optimisme, il dressa\nl'effigie de la désespérance moderne. Il fut le grand Pessimiste, il fut\nl'annonciateur des générations désabusées, et il bouleversa l'axe de la poésie\ncontemporaine.\n"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 160, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2392, "texte": "                                   — 160 —\n\n   Il fut le poète de la fin du siècle, comme Hugo avait été le poète de son\naurore. Et il éclaira l'art contemporain d'un crépuscule splendide, d'une\nrichesse douloureuse, et dont les maîtres d'aujourd'hui ont tous, sur le\nfront, le dernier reflet.\n   Les deux fils les plus directs de Charles Baudelaire, pour ne citer que\ndes maîtres, sont : M. Paul Verlaine et M. Stéphane Mallarmé.\n\n\n                                        I\n\n                         M. PAUL VERLAINE\n\n   Comment le poète des Fêtes galantes, des Romances sans paroles, de\ntant d'œuvres nuancées et frêles, comment le pénitent de Sagesse et\nd'Amour, de tant de poèmes résignés et doux, peut être le descendant\nlégitime de Baudelaire, cela ne doit pas être expliqué à ceux qui savent lire,\net ne peut pas l'être aux autres.\n\n               Le soir tombait, un soir équivoque d'automne :\n               Les belles, se pendant rêveuses à nos bras,\n               Dirent alors des mots si spécieux, tout bas,\n               Que notre âme, depuis ce temps, tremble et s'étonne.\n\n   Cette strophe des Ingénus, entre beaucoup d'autres, suffit.\n   Comme Baudelaine, M. Paul Verlaine est un poète d'analyse doublé\nd'un poète de sensation. Comme Baudelaire, M. Paul Verlaine s'est penché\nsur les phénomènes de la troublante et savoureuse décadence. Comme\nBaudelaire, il a chanté l'amour et le néant de l'empire charnel.. Comme\nBaudelaire, il est, malgré tout, un poète latin et catholique. Comme Bau­\ndelaire enfin, il est un artiste de pure et légitime lignée française.\n   Mais si, comme Baudelaire, M. Paul Verlaine est à la fois un poète\nd'analyse et de sensation, il ne l'est point comme lui, ni de la même\nmanière. Baudelaire a rimé des poèmes de structure sèche, inflexible, puri­\ntaine presque, d'où les prestiges de la couleur sont impitoyablement exilés,\nsquelettes noirs et mornes que rien n'enflamme, auxquels rien ne prête la\nsensualité de la vie. Parmi ces poèmes d'une signification amère et cruelle,\nnous pourrions citer le Vampire, le Revenant, la Sépulture d'un Poète\nmaudit, l'Examen de minuit, l'Avertisseur. L'analyse psychologique y est\ndessinée à grands traits sombres, et la sensation en est bannie. C'est de la\npsychologie presque géométrique à force d'être précise. Elle pénètre par\nl'esprit, non par les sens. D'autres fleurs du mal, au contraire, surgissent\n"}, {"page_pdf": 188, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2708, "texte": "                                   —   I6I   —\n\nde la sensation. Elles sont d'un rouge obscur ou d'un violet ténébreux,\nelles parlent par leurs couleurs et par leur feuillage, et l'analyse ne s'en\nexhale que peu à peu, comme un parfum. Parmi ces poèmes, il en est\nd'inoubliables, comme les Phares, Harmonie du soir, A celle qui est\ntrop gaie, Delphine et Hippolyte, les Femmes damnées.\n   M. Paul Verlaine, au contraire, ne sépare jamais l'analyse de la sensa­\ntion. Toujours dans ses poèmes, comme dans certaines fleurs du mal,\nl'analyse est cachée sous l'image et le luxe des formes. Il n'a point le côté\n« eau-forte » de Baudelaire. Même dans l'admirable sonnet analytique\nintitulé Langueur, le poète sensationnel se dénonce à chaque instant.\n\n                    Je suis l'Empire à la fin de la décadence\n                    Qui regarde passer les grands barbares blancs\n                    En composant des acrostiches indolents\n                    D'un style d'or où la langueur du soleil danse.\n\n   M. Paul Verlaine est, à l'égal de Baudelaire, un artiste de décadence,\nc'est-à-dire d'extrême civilisation. Mais malgré leur parenté littéraire, quel\nabîme entre eux ! Baudelaire nous apparaît comme un poète de haute et\nforte santé intellectuelle. Il regarde la décadence latine d'un œil aigu de\ncurieux. Il l'évoque et la célèbre dans des strophes essentiellement volon­\ntaires. Et il s'étonne d'elle un peu comme les « grands barbares blancs » de\nM. Paul Verlaine.\n   Le poète de Sagesse ne possède ni cette santé, ni cette vigueur. En face\nde Baudelaire, il semble un de ces Romains à l'agonie de leur volonté et de\nleur richesse, pour qui toute dépense de force, même physique, devient un\nennui et une douleur, et qui se bercent, eux et leur incapacité de vivre, dans\nje ne sais quelles subtilités sentimentales, dans je ne sais quelles étranges\npuérilités de cœur. La paralysie de la volonté devient une jouissance amer­\ntumée. L'âme n'est plus seule, elle est « seulette ». Et cette grâce fardée des\ndiminutifs est un indice d'affaiblissement. On compose des « acrostiches\nindolents », on invente un art à la fois naïf et roué, enfantin et sournois,\nprimitif et raffiné, dont le style d'or est indifférent à tout, même aux objets\nqui le font reluire, de même que le cœur est indifférent aux êtres qui le font\nde moins en moins battre. Baudelaire nous apparaît maintenant comme un\nbarbare de trente ans, et M. Paul Verlaine comme un jeune Romain d'une\nenfance persistante et faisandée.\n   Baudelaire a chanté l'amour charnel, charnel jusqu'au mysticisme.\nM. Paul Verlaine aussi, mais sur le mode mineur, et d'une façon entre\ntoutes personnelle. Que Baudelaire exalte « la Madone », ou la méprise,\n"}, {"page_pdf": 189, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2530, "texte": "                                    —   162   —\n\n\nqu'il lui dédie de langoureuses litanies ou qu'il la flagelle de dédaigneuses\ncrudités, il aime ou il hait d'un cœur puissant et fort, d'une âme énergique\net fière, en des strophes où la vie rebondit après chaque blessure.\n\n               Ce qu'il faut à ce cœur profond comme un abîme\n               C'est toi, lady Macbeth, âme puissante au crime,\n               Rêve d Eschyle éclos au pays des autans,\n\n                Ou bien toi, grande Nuit, fille de  Michel-Ange,\n                Qui tords paisiblement dans une pose étrange\n                Tes appas façonnés aux bouches des Titans !\n\n\n   L'amour, chez M. Paul Verlaine, n'a pas ces élans désordonnés. Ces\nressorts tragiques lui sont étrangers. Il ne recherche ni la force, ni la dou­\nceur — forte malgré tout — de Baudelaire. Il aime d'une manière plus\natténuée, plus assourdie; il descend jusqu'aux nuances imperceptibles,\njusqu'aux décolorations fugitives. Ni foi robuste, ni volonté armée. Seul,\nun amour — ou un ennui — d' « on ne sait quoi qui vous afflige ».\n\n                Tout en chantant sur le mode mineur\n                L'amour vainqueur et la vie opportune,\n                Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur...\n\n   Non, ils n'ont pas l'air d'y croire, ils n'y croient guère, pas plus que les\namants de l'Embarquement pour Cythère; ils souffrent de n'y pas croire,\net ils en jouissent, et l'amour devient chez eux un libertinage exquis, à la\nfois puéril et douloureux.\n    Comme Baudelaire, M. Paul Verlaine est un poète d'inspiration latine\net catholique. S'il y a plus d'un lys d'Eglise dans le ténébreux bouquet des\nFleurs du mal, il y a plus d'un œillet de sacristie entre les pages de ce\nbizarre missel qui s'appelle Sagesse. Mais ici encore, comme partout,\nM. Paul Verlaine a cueilli sa gerbe personnelle et fine.\n    Baudelaire eut la vision d'un catholicisme somptueux et sévère, d'une\ndévotion espagnole, à la Sainte-Thérèse. Jeté dans un siècle de foi, il eût\nété un catholique militant et belliqueux, un de ceux pour qui la croix,\n retournée, se change en glaive. Il eût été un observateur fanatique de la\nrègle, un esclave de la discipline religieuse. Et cette vocation sans objet se\nretrouve dans ses révoltes mêmes, dans ses poèmes blasphématoires, qui ne\n sont que les cris de douleur d'une piété qui s'affirme en se déchirant.\n    M. Paul Verlaine est un catholique plus doux, plus timide, plus hésitant.\nC'est en naufragé, en naufragé du cœur et des sens, qu'il joint les mains\n"}, {"page_pdf": 190, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2732, "texte": "                                   — 163 —\n\nvers l'étoile des mers. Son Ave, maris Stella n'est pas un élancement de\nl'esprit, un désir de l'intelligence, c'est encore l'appel désespéré de la chair\nmeurtrie, une prière malgré tout sensuelle, un pèlerinage vaguement inté­\nressé vers des douceurs et des voluptés plus voluptueuses et plus douces. Sa\npiété hésite entre des souvenirs physiques de première communiante et des\npratiques machinales de vieille dévote. C'est à la fois d'une jeunesse décon­\ncertante et d'une étonnante vieillesse de cœur ; c'est frais et fané, avec des\nparfums de fleurs de mai et l'haleine très mûre des roses de novembre.\nL'âpre charité de Baudelaire offusquerait son catholicisme na'if et sans\nvolonté.\n   Autant que Baudelaire, mais tout autrement, M. Paul Verlaine est un\npoète de race latine et éminemment française. Baudelaire est un artiste de\nla branche mâle; M. Paul Verlaine est un artiste de la branche femelle.\n L'un eût été reconnu deCorneille et l'autre avoué de Racine. L'un a joué en\nmaître de l'instrument énergique et viril sur lequel s'essayèrent les écrivains\nde la France rude ; l'autre a fait pleurer, d'une main féminine et flexible, les\nchanterelles plaintives qui vibrent si tendrement dans le cœur des poètes de\nla France douce.\n    M. Paul Verlaine — et c'est là un des points sur lesquels il faut insister\n— est un écrivain de sève très française. Il est français d'une façon exquise\net profonde, par son intuition des nuances et des délicatesses de la langue.\n    Il l'est, miraculeusement, par sa netteté dans les imaginations les plus\nvagues, et par sa finesse dans les évocations les plus colorées. Relisez les\n Fêtes galantes et vous vous défendrez, difficilement de penser que M. Paul\nVerlaine est, en pleine modernité, le poète que le XVIIIe siècle nous devait,\n et ne nous a pas donné. Il est français — aristocratiquement — jusqu'au\nbout des ongles. Comme Watteau, il a trouvé l'infini dans la douceur\ntriste et dans la joie incertaine. Il est le grand poète d'un Embarquement\npour Cythère qui, — juste revanche — n'a pas trouvé de peintre aujour­\nd'hui. Et quoiqu'il s'éloigne du XVIIIe siècle par une soif de souffrir très\ncontemporaine, même ses retours de Cythère ont gardé quelque chose de\nl'essence ambrée qui parfume les rêves de Watteau.\n   Français, il l'est à tel point qu'il est retourné à la chanson populaire,\nqu'il en a tiré un art poétique, et des Romances sans paroles d'une nou­\nveauté renouvelée qu'on ne saurait assez admirer.\n                       C'est le chien de Jean de Nivelle\n                       Qui mord sous l'œil même du guet\n                       Le chat de la mère Michel;\n                       François-les-bas-bleus s'en égaie.\n"}, {"page_pdf": 191, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2113, "texte": "                                  — 164 —\n\n   Les réminiscences de la vieille et charmante chanson populaire traversant\nl'œuvre de M. Verlaine, comme un fil de soie surannée. C'est elle-même, la\nchanson, la « bonne chanson », pittoresque et naïve, avec ses rires et ses\nlarmes, ses négligences cordiales et ses préciosités si naturelles, c'est la\nchanson, chantée par un maître.\n   M. Paul Verlaine est allé à elle, simplement, sans le savoir peut-être, à\ncause de ce don, qu'il a au suprême degré, d'être le « poète enfant ». Il y a\nchez M. Verlaine un étonné de la vie, un étonné qui la regarde, les yeux\nclairs et grands. Et ce regard persiste, malgré Jadis et Naguère, malgré\ntoutes les traverses d'une existence saturnienne, ce regard vous interroge\nentre deux strophes, entre deux vers, et cette naïveté devient parfois dou­\nloureuse et poignante.\n\n               Soyons deux enfants, soyons deux jeunes filles,\n               Eprises de rien et de tout étonnées,\n               Qui s'en vont pâlir sous les chastes charmilles\n               Sans même savoir qu'elles sont pardonnées.\n\n\n   Là où le poète d'Amour règne absolument, c'est dans je ne sais quelle\nespèce de sensation sentimentale, difficile à définir, et pour laquelle il\nfaudrait inventer des mots étranges. Ici la critique a le devoir d'abdiquer,\npuisqu'elle ne peut pas expliquer ce qui l'intrigue. Dans l'œuvre entière\nde M. Paul Verlaine, depuis les Poèmes saturniens jusqu'au dernier recueil\nintitulé Amour, les vers de sensation sentimentale abondent, surgissent,\njaillissent avec une facilité qui surprend et qui arrête.\n   C'est, pour en venir aux exemples, dans le poème Kaléidoscope, ce vers\nsi simple et si troublant :\n\n               Ce sera comme quand on a déjà vécu...\n\n\n   Et cet autre, plus magnifique encore :\n\n               Les choses seront plus les mêmes qu'autrefois.\n\n\n   Ces vers volent, comme un éclair, d'un pôle à l'autre de la sensation. Ils\nsont d'un évocateur sans égal dans la littérature française de toutes les\népoques. Celui qui les a rêvés y vit à jamais avec son rêve. De tels vers sont\nd'un poète absolu.\n"}, {"page_pdf": 192, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1936, "texte": "                                  — 165 —\n\n  C'est encore, dans les Romances sans paroles, ces strophes inquiétantes :\n\n                           Corneille poussive.\n                           El vous, les loups inaigres,\n                           Par ces bises aigres,\n                           QUOI DONC VOUS ARRIVE ?\n\n\n                           Le ciel est de cuivre,\n                           Sans lueur aucune.\n                           ON CROIRAIT VOIR VIVRE\n                           ET MOURIR LA LUNE.\n\n\n\n  Telle aussi, dans Amour, cette strophe merveilleuse :\n\n               Pourtant j'étais né pour plaire aux nobles âmes,\n               Pour les consoler un peu d'un monde impur,\n               CIMIER D'OR CHANTEUR ET TUNIQUE DE FLAMMES,\n               MOI LE CHEVALIER QUI SAIGNE SUR AZUR !\n\n\n\n   Ces vers sont immenses, et je défie les poètes de volonté pure d'en\ninventer qui exhalent ce magnétisme et ce vertige.\n   Faut-il, après cela, descendre jusqu'aux subtilités de métier, et faut-il\nsignaler M. Paul Verlaine comme ouvrier personnel et comme inventeur de\nrhythmes? Je ne le pense pas. Chacun sait qu'il a élargi, distendu et sensi­\nbilisé le vers français. Personne n'ignore qu'il a trouvé des harmonies\nneuves, d'une ténuité et d'une fluidité inconnues. Les vers de neuf, de onze,\nde treize syllabes acquièrent, sous ses mains savantes, une musique inusitée.\nA quoi bon dire ce que tout le monde sait? Et à quoi bon mettre en lumière\nce qui, tout d'abord, chez M. Paul Verlaine, éblouit les très jeunes poètes?\nCes rhythmes-là, nouveaux ou renouvelés, ne sont que la clef de son œuvre.\nIl faut user de cette clef pour y pénétrer ; mais, quand on est entré, grâce\nà elle, dans le palais mystérieux que M. Paul Verlaine s'est dédié, on admire\nvoluptueusement, silencieusement, sans plus penser à la clef qui vous a\nouvert les portes.\n                                                          ALBERT GIRAUD."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 166, "page_fin": 166, "titre_corps": "Nox Benigna", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paul Verlaine", "ancre_debut": "NOX BENIGNA", "ancre_fin": "PAUL VERLAINE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 193, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 824, "texte": "NOX BENIGNA\nLa cathédrale est majestueuse\nQue j'imagine en pleine campagne\nSur quelque affluent de quelque Meuse\nNon loin de l'Océan qu'il regagne;\n\n\nL'Océan pas vu que je devine\nPar l'air chargé de sels et d'arômes.\nLa croix est d'or dans la nuit divine\nD'entre l'envol des tours et des dômes;\n\n\nDes angelus font aux campaniles\nUne couronne d'argent qui chante;\nDe blattes hibous aux longs cris graciles\nTournent sans fin de sorte charmante;\n\n\nDes processions jeunes et claires\nVont et viennent de porches sans nombre,\nSoie et perles de vivants rosaires,\nRogations pour de chers fruits    d'ombre.\n\n\nCe n'est pas un rêve ni la vie,\nC'est ma belle et ma chaste pensée,\nSi vous voulez, ma philosophie,\nMa mort choisie ainsi déguisée.\n\n                                      P A U L VERLAINE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 167, "page_fin": 167, "titre_corps": "Chronique musicale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 194, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 64, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n                 Le petit défilé d'auteurs français à la Monnaie s'est terminé un\n                  peu mieux qu'il n'avait commencé.\n                    Après ce pauvre Jocelyn — prononcez Godard — qui a\n                  suivi de près dans l'oubli sa grand'maman Gioconda, est venu,\n  tout en sourire, ce bon M. Delibes. Laissez venir à nous les petits auteurs !\n  car parmi eux, il en est de délicieux, pleins de charme, de grâce et d'esprit.\n  Tel le musicien-calligraphe qui a écrit Le Roi l'a dit, cette œuvrette dont les\n  pensées ont la profondeur d'un battement de cils, d'un sourire ou d'une\n  chiquenaude ; cette opérette classique qui n'a que le style du vêtement mais\n  qui a ce style là.\n     Parmi les autres, parmi ceux qui deviendront grands, peut-être, retenez\n  pour la seconde fois le nom des auteurs de Saint-Mégrin et d'Une aven­\n  ture d'Arlequin dont la dualité intrigue tant de monde : P.-L. Hillema-\n  cher ; car ils n'ont pas failli aux promesses de leur début et leur personna­\n lité, qui descend héréditairement de Bach, Schumann, Berlioz, Saint-Saëns,\n s'accentue.\n    L'arlequin dont ils nous décrivent musicalement l'aventure dans cet acte\n en deux tableaux, est un arlequin du dix-septième siècle sans parenté\n aucune avec les arlequins pompadours de M. Poise. Un arlequin du siècle\n sombre, italianisé par les Médicis, où les têtes aux visages secs et jaunes,\n aux yeux perfides, aux barbiches acérées sortaient de lourdes fraises\n pareilles à des carcans. C'est l'arlequin authentique de cette triste comédie\n italienne dont la bouffonnerie est comme Scaramouche, toute vêtue de\n noir. Mais ce genre moral plus qu'humoristique convient à leur esprit\n sérieux. L'époque surtout, très voisine encore du moyen-âge, convient à\n leur nature avec ses tons épais et sombres, ses tons âcres, ses tons acides,\n ses tons d'eau-forte qui s'adoucissent par lueurs pour prendre la tendresse\nnaïve des vieux français du seizième siècle.\n    Cette œuvre ne trahit plus autant que Saint-Mégrin, le travail acharné,\nparfois pénible des ardents techniciens. A travers le paysage symphonique,\ntoujours chaud et touffu, la lumière de leur âme de poète circule plus libre­\nment..\n    Les partitions de MM. Delibes et Hillemacher ont eu pour interprètes\nprincipaux Mme Landouzy et M. Isnardon. Il est juste de noter le nom de\ndeux artistes de valeur qui, fort heureusement, nous restent et dont le\ntalent a soutenu les deux rares œuvres de cette saison d'opéra-comique.\n                                                     HENRY MAUBEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 168, "page_fin": 171, "titre_corps": "Chronique d’art : L’Essor", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique d’art", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "CHRONIQUE D ART", "ancre_fin": "JULES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 195, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 2866, "texte": "CHRONIQUE D'ART\n                                  L'ESSOR\n\n              Dans les salles que viennent de quitter les XX, l'Essor installe\n               sa XII e exposition annuelle. Forcément des comparaisons\n               s'imposent : la transition est trop brusque pour ne pas être\n               vivement sentie. D'un cercle à l'autre, l'intellectuel niveau\nbaisse d'un degré ; l'artistique, de plusieurs. Nous étions dans la bonne\nbataille des tentatives discutées, dans la fièvre des coups d'audace, dans la\ndiversité des originalités s'affirmant, nous revoici dans l'uniforme banalité\ndes vieilles choses connues. J'oublie le procédé monotone et pédant, la\nmédiocrité des protagonistes de la peinture à base de punaises multicolores\nqui, cette année, prédominait aux XX, pour ne me souvenir que de sa nou­\nveauté, de son intéressant souci d'art progressif et « autre». Il y a plus d'essor\nvéritable chez ceux qui n'ont pas arboré ce beau titre sonore, et l'exposition\nprésente désaffectionne quelque peu d'un groupe où pas un effort n'est tenté\nde vol plus large vers des régions inexplorées.\n   Des jeunes, ceux qui ont abouti à cette placidité navrante? Toutes les\nquerelles récentes, les modernes recherches de lumière, les préoccupations\nactuelles, l'impressionnisme ancien ou nouveau, ils semblent tout ignorer,\nou tout dédaigner, ce qui serait pis. Des jeunes, allons donc ! Plus j'y pense,\nplus je me les figure pareils à de pauvres petits vieillards, ratatinés et con­\nservés en l'alcool, dans le repos et le calme de rayons isolés où ne pénètre\njamais le soleil.\n   Trois exposants valent une critique spéciale : MM. FRÉDÉRIC, DEL-\nVILLE et D E BIÈVRE. Ce sont les fleurs d'art qui émergent, malheureuse­\nment pas bien haut, de ce marais. Les autres sont dignes de l'éloge banal\nqu'on distribue au hasard, comme d'inconscientes poignées de main dans\nune foule.\n    Quelques-uns, dont par convenance il faut taire les noms, sont atteints\nd'un bourgeoisisme fétide et incurable ; à quoi bon débiner leur petit com­\nmerce? Leur industrie peut s'exercer par le pinceau et les couleurs; ils n'ont\nrien de commun avec l'Art. Les bourgeois peuvent leur porter leurs mon­\nnaies et leurs bravos; ces succès sont leur récompense et... leur condamna­\ntion. De nous, ils ne peuvent attendre qu'une énorme indifférence, à peine\nun léger mépris.\n    D'autres sont moins repoussants. Ils font proprement leur petite besogne\n et le pion avait jadis au collège un mot pour caractériser leur application :\n satisfaisant. Médiocrités bien sages, pas remuantes et modestement mar­\n chant, le plus souvent, dans l'ombre de quelque maître, exerçant un peu la\n peinture comme un métier, et en sachant généralement tout ce qu'on peut\n en apprendre sans trop de peine, bons élèves réservés aux bons points pour\n"}, {"page_pdf": 196, "page_imprimee": 169, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3400, "texte": "                                    -   169   -\n\n  qui on aurait tort d'être trop sévère, car ils peinent avec obstination et\n  patience. On dit d'eux : « pas mal! » sans enthousiasme, mais quand ils\n  sont si nombreux, on se lasse à la longue et l'on se sent glacé devant tout\n  ce labeur que ne réchauffe aucune flamme. Camille Lemonnier disait dans\n  ses Médailles qu'on ne sentait pas suffisamment vibrer la petite bête chez\n  les peintres belges; chez les Essoriens, la petite bête est morte, si jamais elle\n  a vécu.\n     A des degrés divers, et sous réserve de ces observations, nous citerons\n  ainsi : LAGAE, pour une excellente étude, Adam et Eve, pleine de fougue\n et de style, où l'on retrouve l'inspiration de son maître, Jef Lambeaux ;\n  MARCETTE, qui nous semble moins heureux dans les paysages joyeux et\n ensoleillés du Midi qu'en sa belle impression mélancolique du dernier Salon\n de Bruxelles, à féliciter cependant pour une Venise rose et vaporeuse;\n HANOTEAU, avec des dessins qui rappellent trop Mellery, et BAERTSOEN,\n avec un Soir de Novembre qui rappelle trop Mauve; WOLLES, qui a un\n petit coin de verdure absolument charmant; JELLEY, qui expose un Soir\n d'Impasse avec de délicats contrastes de tons saumâtres et noirs; GEORGE,\n dont l'œil paraît sensible aux chansons de la couleur; DARDENNE, qui a\n des paysages un peu lourds, mais réussit dans les Toits de Bruxelles,\n d'une jolie harmonie de lignes capricieuses et de tons gris ; MAYNÉ, pour\n sa bonne volonté de réalisme et d'observation, un peu vulgaire; DIERICKX,\n perdant toute vigueur en des décorations hâtives; LYNEN, l'illustrateur\n connu, qui paraît en décadence. Un panneau, Sorcellerie, est particulière­\nment lamentable d'exécution et de concept; puis COPPENS, qui a des eaux-\n fortes intéressantes; ALBERT DILLENS, dont les paysages discrets et bru­\n meux m'attirent plus que l'envoi de JULIEN DlLLENS, le sculpteur, un\n talenteux, certes, celui-là, mais ne le prouvant guère cette année.\n    En résumé, pas une révélation; aucun début à applaudir, aucun effort à\n encourager, aucune affirmation nouvelle à constater. Nous connaissions\nces artistes, et la plupart ont déjà donné mieux.\n    Le « clou » auquel on s'est efforcé d'accrocher le succès du Salon, a été\nl'importante exposition de LÉON FRÉDÉRIC : une suite de fusains sur une\ndes industries nationales : le Lin; des dessins et des pastels. J'avoue que je\nne peux comprendre l'enthousiasme qu'elle a excitée ni m'associer à l'apo­\nthéose décernée au « jeune maître \". Léon Frédéric est, à coup sûr, parmi\nles jeunes, l'un des artistes les plus intéressants, et il a assez de précieuses\nqualités pour mériter bien des éloges. Il serait injuste de méconnaître la\nsincérité de son émotion. Il se penche plein de compassion et de bienveil­\nlance vers les humbles, les enfants, les pauvres gens, et il les observe avec\nune rare justesse dans leurs placidités malingres ou dans les difformités de\nleurs corps écrasés ou chétifs. Malheureusement, il ne va pas au delà. Il\ns'arrête à la réalité, et à une réalité toute extérieure qui, reproduite avec\nscrupule, sans déformation d'art, aboutit à la sécheresse et à la froideur de\nla photographie. Dans ses compositions les plus réussies, les personnages\nposent comme devant un objectif; on les sent raides, guindés, en bois, nulle\natmosphère ne les environne et rien de leur âme, de leur vie ne s'indique en\n"}, {"page_pdf": 197, "page_imprimee": 170, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3472, "texte": "                                      170\nces cartons mélancoliques, mélancoliques à force de paraître voulus, labo­\nrieux, humbles eux-mêmes. Pour peindre les pauvres, il n'est pas nécessaire\nque la peinture soit ainsi nue et misérable, presque avare. L'art de M. Fré­\ndéric a l'air de demander l'aumône. Parfois ses mannequins glacés tombent\ndans la caricature, et les laideurs naturelles s'exagèrent en charge. De\nmême, ses petits paysages (je n'aime guère le grand pastel porcelaineux)\nsont de très exactes notations de verdures et de ciels, mais je cherche en\nvain quelle interprétation nouvelle ils nous donnent de la nature. Toujours\nla petite bête qu'on n'entend pas assez !\n    Les dessins de M. DE BIÈVRE m'ont plu. Ce sont pour la plupart des\ntranscriptions plastiques de passages de l'Apocalypse. Et au milieu des pla­\ntitudes de l'Essor, ils sont soulageants à rencontrer, comme témoignant de\nsoucis un peu supérieurs. Comme ces dessins ne sont pas œuvre d'obser­\nvation et qu'une culture littéraire est nécessaire pour les comprendre,\non n'a rien trouvé de mieux que de les comparer à ceux de Redon, ce qui\nest une grosse ânerie. Redon procède par déformations imprévues des traits\net pour des significations étranges obtient des effets de profondeur et de rêve\nénorme. M. De Bièvre, au contraire, cherche l'élégance des lignes, et ses\n dessins sont uniquement décoratifs. L'obscurité, qui chez Redon est un\n infini de mystère où grouillent les songes, est chez M. De Bièvre un moyen\n facile d'esquiver des difficultés. Une influence est autrement évidente, c'est\n celle de Rops dans les figures de femme et les modelés des corps. Les dessins\n de M. De Bièvre manquent d'intensité, ce qui est l'essentielle condition de\n ce genre; très habiles sans doute, mais tout à fait insuffisants. Ils peuvent\n être le résultat d'heureuses trouvailles du crayon ; ils ne prouvent pas assez\n le travail élevé de pensée qui les aurait inspirés et, par conséquent, tout en\n charmant l'œil, ils n'enlèvent pas l'esprit en de vastes songeries. Que M. De\n Bièvre aille voir, s'il ne les connaît déjà, les merveilleuses illustrations que\n Albert Durer fit pour V Apocalypse ; il comprendra alors combien grande\n fut l'audace de recommencer cette œuvre, et combien ses dessins à lui sont\n pâles, vides, insignifiants! N'importe! l'audace est belle — il y en a tant\n qui n'en ont point — et j'applaudis! Quand on a fait la Vision de la femme\n enceinte, avec le bel enroulement du dragon, on n'est pas banal et bien des\n hardiesses sont justifiées.\n     M. DELVILLE a débuté l'année passée par des toiles tapageuses destinées\n à forcer l'attention. Lui, au moins, en cette bande de vieillards, est jeune, il\n se remue ; il crispe sur un lit de douleur une femme qui va accoucher, et la\n montre nue, pourquoi? petit scandale facile qui n'a pas manqué d'attirer\n  le public; pour les bonnes âmes, il ne craint pas le sentimentalisme ridi­\n  cule d'un petit môme affamé regardant avec envie les fenêtres d'une cui­\n  sine; pour les amateurs d'excentricités, il cabosse des coins de toits, pêle-\n  mêle, en un grand cadre ; mais il fait preuve là et partout, d'une facilité\n  prodigieuse, d'une sensibilité vraiment artiste de la couleur, ainsi certains\n  paysages : la Neige et l'Automne, aux tons violâtres sont réellement bien. Ce\n  sont d'harmonieuses impressions, savoureusement rendues par une belle\n  palette. J'aime mieux encore ses dessins; il a un Soir, avec des paysannes\n"}, {"page_pdf": 198, "page_imprimee": 171, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 682, "texte": "                                     — 171 —\n\n\nen silhouette d'un accent pénétrant. Mais tout cela est si contradictoire et\nquand je me rappelle l'exposition de l'année passée, tout cela me paraît tel­\nlement heurté, divers, confus que je suis en défiance. M. Delville a du talent,\nbeaucoup; il a trop de talents, et pas assez le sien. Les influences les plus\nopposées ont agi sur lui et sa personnalité ne s'est pas jusqu'ici nettement\naccusée. Mais il est jeune et bien doué et nous espérons beaucoup de lui,\ns'il se garde de l'art facile et lâché, dont il paraît trop aisément se contenter.\n                                                          JULES DESTRÉE.\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 171, "page_fin": 173, "titre_corps": "Chronique littéraire : Du Silence", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 198, "page_imprimee": 171, "debut_caractere": 682, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                           I\n\nDu Silence, par M. GEORGES RODENIIACII.— Paris, Lemcrre, 1887, 1 vol. Prix fr. 1-50.\n\n\n              Carlyle demandait naguère qu'on élevât une statue au Silence.\n                M. Georges Rodenbach, en attendant, lui dédie une statuette,\n                une jolie statuette pensive, modelée par des mains d'artiste\n                sentimental et mélancolique.\n   Confidences d'amour murmurées à peine, secrets à voix basse, charme\ndoucement amer de la solitude, mutisme résigné du poète au milieu des\nfoules brutales, dédain sans révolte et taciturne des joies banales de la vie,\ntristesse vague de l'artiste que son idéal isole, paysages de banlieue où\nagonise le tumulte des cités, évocations nostalgiques des petites villes endor­\nmies du pays natal, où seul le carillon semble vivre, tout cela est chuchoté\ndans cette frêle musique de chambre, écho prolongé des « Soirs de province »\nde la Jeunesse blanche.\n   Du Silence a donc son unité, unité sans doute un peu monotone, mais\nunité profonde et sérieuse. Le livre fait valoir son titre :\n\n               Silence : c'est la voix qui se traîne, un peu lasse,\n               De la dame de mon silence, à très doux pas\n               Effeuillant les lys blancs de son teint dans la glace ;\n               Convalescente à peine, et qui voit tout là-bas\n               Les arbres, les passants, des ponts, une rivière\n               Où cheminent de grands nuages de lumière,\n               Mais qui, trop faible encore, est prise tout à coup\n               D'un ennui de la vie et comme d'un dégoût,\n               Et, — plus subtile, étant malade — mi-brisée,\n               Demande doucement qu'on ferme la croisée.\n\n\n  Cette fois, M. Georges Rodenbach a su éviter les disparates qui nous\nchoquaient dans la Jeunesse blanche. Il n'excite plus sa poésie douce,\n"}, {"page_pdf": 199, "page_imprimee": 172, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3007, "texte": "                                    —    172   —\n\n\nélégiaque et lymphatique à prendre des poses d'héroisme et des attitudes\nvéhémentes. Il semble avoir reconnu ce qu'elles avaient de pénible et de\nfactice, et il ne tente plus de changer en lions irrités les tendres brebis et\nles chèvres sentimentales dont il est, depuis longtemps, le légitime et\nmièvre berger. Aussi, depuis que ces ouailles ne font plus semblant de\nrugir, sont-elles moins mordues par les mauvais loups de la critique.\n   M. Georges Rodenbach est en progrès. Et nous sommes très heureux de\npouvoir le reconnaître.\n   Nous n'en voulons pour preuve que le beau début de la pièce XXIII,\nd'ailleurs belle tout entière, mais trop longue pour que nous la reprodui­\nsions ici :\n               Mon rêve s'en retourne en souvenir tranquilles\n               Vers votre humilité, vieilles petites villes,\n               Villes de mon passé, villes élégiaques\n               Si dolentes les soirs de Noël et de Pâques,\n               Villes aux noms si doux : Audenarde,        Malines,\n               Pieuses qui priez comme des Ursulines\n               En rhythmant des avé sur les carillons tristes .\n               O villes de couvents, villes de catéchistes\n               Avec la sainte odeur des encens et des cires,\n               Villes s'assoupissant, si doucement martyres\n               De n'avoir pas été suffisamment      aimées!...\n\n   Comme on peut le voir, M. Georges Rodenbach a fait un effort — un\neffort qui a réussi — pour renouveler son vocabulaire poétique et pour\nrajeunir la flore de ses images d'autrefois. Il a cherché — et trouvé — des\nrimes inattendues et neuves, et il a eu le tact de briser et de distendre le\nrhythme dans la mesure qui convenait à son sujet. La volonté, une volonté\ncette fois bien dirigée, a secondé en cette recherche l'instinct du poète.\nNous le répétons, M. Rodenbach est en grand progrès.\n   Mais le poète nous en voudrait si nous n'allions pas jusqu'au bout de\nnotre pensée, tant dans la critique que dans l'éloge. Tout ne nous plaît pas\négalement dans sa nouvelle œuvre. Nous en avons énuméré sincèrement\nles mérites : nous allons en énumérer, avec la même sincérité, les défauts.\n   M. Georges Rodenbach est un poète de veine facile, trop facile, hélas!\nIl a des dons d'improvisateur à qui les beaux alexandrins ne coûtent pas\nplus que les strophes banales; et sa discipline manque un peu de sévérité.\nIl appartient à cette communauté d'art où les règles ont perdu leur rigueur,\nà cette abbaye de Thélème où les poètes n'ont d'autre devise que de rimer\nà leur aise, avec abondance.\n   Cette façon de produire ne va point sans des faiblesses, ni sans des incor­\nrections. M. Rodenbach se contente souvent de l'a peu près, et l'on pour­\nrait citer bien des endroits de son livre où sa vigilance est fort endormie.\nPar exemple ces vers :\n               Douceur de ce silence et de ne plus savoir\n               S'analyser et d'être à ce point qu'on croit voir\n               Des fils d'ombre...\n"}, {"page_pdf": 200, "page_imprimee": 173, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "                                    -   173    -\n\n   Les mots inutiles et les locutions redondantes foisonnent. Il semble,\neût-on dit, sont comme, toutes ces tournures vaines usurpent souvent les\ndeux tiers de l'alexandrin. Le génie de la langue est parfois un peu chif­\nfonné. M. Rodenbach abuse, autant qu'on peut abuser, de l'adjectif sub-\nstantivé, artifice très antifrançais, et que les bons poètes n'ont employé\nqu'avec des précautions infinies :\n\n               Il entre dans du noir et du noir entre en lui\n\n               Et tous les autres blancs du passé qu'on évoque.\n               Et du triste dans l'air comme un jour de Toussaint.\n\n  Il lui arrive aussi de brutaliser les mots, et d'écrire étourdîment :\n                                                   Vépres qui geint,\n\nsans se douter que ce substantif au pluriel et ce verbe au singulier ont quel­\nques raisons de se gourmer. « Qu'ils s'accordent ensemble où se gourment,\nqu'importe! » dit Martine. Et M. Rodenbach applique, sans motif, la bou­\ntade de cette servante de Molière.\n  Mais laissons là ces chicanes, dont les critiques à vol d'oiseau nous ont\ndéshabitués, mais dont leurs ancêtres du grand siècle étaient si friands. Et\nvenons-en à des objections plus sérieuses.\n  M. Georges Rodenbach manque parfois de goût. Il ne pèse pas ses\nvocables dans les justes balances des peseurs d'or, et il ne choisit pas tou­\njours le mot qui est réclamé par l'atmosphère du poème. C'est ainsi que\ndans une évocation très douce et très éteinte, il nous montre une\n               Aïeule aux cheveux blancs avec sa voix qui tousse,\n\nsans s'apercevoir que ce mot est infiniment trop lourd et trop matériel.\nC'est ainsi encore que dans une pièce de couleur gracieuse et en poussière,\nil risque\n               Des papillons fripés mourant sur des rosiers,\n\nsans se douter que fripés écorche méchamment l'oreille, et dissonne vilai­\nnement dans le vers.\n   Ajoutons à ces faiblesses et à ces infractions au goût, quelques réminis­\ncences par trop évidentes, et nous aurons dit, le plus équitablement pos­\nsible, le bien et le mal que nous pensons de ce livricule exquis, où la per­\nsonnalité du poète s'accentue, et qui fait honneur à M. Georges Rodenbach\net au Parnasse belge.\n                                                               ALBERT GIRAUD."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 174, "page_fin": 174, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Belgique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "XX.", "ancre_debut": "II La Belgique", "ancre_fin": "XX", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 201, "page_imprimee": 174, "debut_caractere": 88, "fin_caractere_exclue": 3078, "texte": "II\n        La Belgique, par Camille Lemonnier. — 1 vol., chez Hachette, à Paris.\n\n    De M. Camille Lemonnier on a dit qu'il est un peintre de haute race\n flamande, maniant d'une plume prodigieusement habile les pâtes grasses et\n lumineuses d'où jaillit la gloire des Rubens et des Jordaens. Parenté illustre\n et authentique. Certes, si la vision éblouie des formes exubérantes et des\n couleurs à la fois véhémentes et fines constitue le tempérament propre des\n princes de la palette flamande, M. Lemonnier parmi ceux-là, est des pre­\n miers. Il est un œil d'une délicatesse et d'une puissance merveilleuses.\n L'éclat des pourpres claironnant les sacres et les massacres, la splendeur\n des ors ruisselant des richesses et de la lumière, la subtile tendresse des\n mauves et des roses qui raffinent les vagues lointains des rêveries, la mâle\n pureté des bleus célestes et royaux, la divine virginité des blancs vibrant\n comme des prières harpées, toute la splendide symphonie des couleurs\n résonne tour à tour triomphale et féminine dans ses phrases qui semblent\nécrites au pinceau.\n    Il est puéril d'insinuer, comme on l'a fait, que la vocation de M. Lemon­\n nier est plutôt picturale que littéraire. Si la magique vision d'un Rubens\n s'est réveillée de nos jours dans les. yeux d'un maître écrivain, sachons\nadmirer les miracles de style par lesquels il est parvenu à transposer ses\n sensations et ses conceptions et à tirer de l'outil littéraire des effets spéciaux\net puissants qui semblaient réservés à l'art des peintres.\n    Ce tempérament de coloriste flamand devait contempler avec une\nlarge sympathie le sol natal tout gonflé du bouillonnement des sèves.\nM. Lemonnier a parcouru la Belgique un peu comme un pèlerin exalté\nvisite les Lieux Saints. Aussi a-t-il été récompensé de ce patriotique amour.\nLa terre maternelle a déroulé pour lui ses tableaux les plus magnifiques,\net il a vu ce que tant d'honnêtes citoyens ne verront jamais, la Belgique\ntelle qu'elle apparaît aux yeux éblouis d'un grand artiste.\n    C'est ce panorama grandiose qui se déploie dans ce beau livre : La Bel­\ngique.\n    Est-ce la Belgique vraie, demandent les gens exacts? Qu'importe! Il y a\nla Belgique vraie des guides Conty, la Belgique vraie des commissaires\nd'arrondissement et des gardes-champêtres, la Belgique vraie des statisti­\nciens et des négociants; le point de vue de M. Lemonnier est autre assuré­\nment et l'on aurait tort de confondre son livre avec un tome de la collection\nJoanne.\n    Notre Revue a analysé les successives parties de la Belgique de\nM. Lemonnier au fur et à mesure de leur publication dans le Tour du\nMonde. Bornons-nous aujourd'hui à signaler tout spécialement l'admirable\nchapitre consacré à Bruges: ce sont-là peut-être les plus belles pages\nqu'ait composées l'auteur. La phrase y atteint une souplesse, une douceur,\nun brillant d'ardoises mouillées, un miroitement d'eaux calmes au soleil,\nd'un effet vraiment prodigieux.                                           XX."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 175, "page_fin": 180, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "J y porte un toast", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 91, "fin_caractere_exclue": 98, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "Camille Lemonnier vient d'obtenir, pour"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 188, "fin_caractere_exclue": 229, "texte": "la Belgique, le prix quinquennal. 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Mais cette tac­"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 1165, "fin_caractere_exclue": 1209, "texte": "tique est désormais percée à jour et ne nuit"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 1259, "fin_caractere_exclue": 1296, "texte": "plus qu'aux petits qui l'emploient. »"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 1349, "fin_caractere_exclue": 1393, "texte": "Or, l'article de M. Fétis sur l'Essor est..."}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 1443, "fin_caractere_exclue": 1482, "texte": "de M. Charles Tardieu à qui nous adres­"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 1532, "fin_caractere_exclue": 1576, "texte": "sons nos excuses pour l'avoir capiliairement"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 1626, "fin_caractere_exclue": 1634, "texte": "blanchi."}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 1772, "fin_caractere_exclue": 1811, "texte": "Le nègre blanc qui donne les«bonàtirer»"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 1861, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "de l'Art moderne, sévit actuellement au Gil"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 1954, "fin_caractere_exclue": 1988, "texte": "Blas sous le pseudonyme de JEAN DE"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 2038, "fin_caractere_exclue": 2076, "texte": "BRUXELLES. Le chasseur de M. Picard ne"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 2126, "fin_caractere_exclue": 2169, "texte": "se contente pas de faire les courses du pa­"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 2219, "fin_caractere_exclue": 2263, "texte": "tron, il a encore le toupet d'être le phono­"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 2313, "fin_caractere_exclue": 2358, "texte": "graphe international de toutes les amirautés."}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 2408, "fin_caractere_exclue": 2434, "texte": "Ecoutez moi ces finesses :"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 2487, "fin_caractere_exclue": 2527, "texte": "« On s'étonne de voir l'Etat si parcimo­"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 2577, "fin_caractere_exclue": 2621, "texte": "nieux pour l'œuvre d'un artiste laborieux et"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 2671, "fin_caractere_exclue": 2715, "texte": "méritant. En différentes circonstances, dans"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 2765, "fin_caractere_exclue": 2805, "texte": "ces derniers temps, il a montré beaucoup"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 2855, "fin_caractere_exclue": 2897, "texte": "de bienveillance en faveur de l'art jeune."}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 2947, "fin_caractere_exclue": 2990, "texte": "Exemple : le prix quinquennal offert par le"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 3040, "fin_caractere_exclue": 3079, "texte": "gouvernement à l'auteur du meilleur ou­"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 3129, "fin_caractere_exclue": 3176, "texte": "vrage littéraire, vient d'être décerné à M. Ca­"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 3226, "fin_caractere_exclue": 3268, "texte": "mille Lemonnier pour le beau livre qu'il a"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 3318, "fin_caractere_exclue": 3351, "texte": "écrit à la gloire de la Belgique."}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 3404, "fin_caractere_exclue": 3448, "texte": "« Il y a cinq ans, ce prix lui avait été re­"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 3498, "fin_caractere_exclue": 3545, "texte": "fusé, bien qu'il eût, dès lors, des titres suf­"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 3595, "fin_caractere_exclue": 3639, "texte": "fisants pour l'obtenir. Il y eut, dans toute"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 3689, "fin_caractere_exclue": 3731, "texte": "la jeunesse littéraire, un mouvement d'in­"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 3781, "fin_caractere_exclue": 3822, "texte": "dignation superbe, traduit par un banquet"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 3872, "fin_caractere_exclue": 3913, "texte": "de protestation qui réunit au Grand-Hôtel"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 3963, "fin_caractere_exclue": 3991, "texte": "plus de deux cents convives."}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "« Avec mélancolie, Camille Lemonnier"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 150, "fin_caractere_exclue": 194, "texte": "assiste aujourd'hui à la fin de la lutte. Le"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 243, "fin_caractere_exclue": 281, "texte": "voici admis, consacré. Avec mélancolie"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 334, "fin_caractere_exclue": 376, "texte": "aussi, il voit ceux dont il encouragea les"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 396, "fin_caractere_exclue": 440, "texte": "débuts et qu'il réchauffa de sa belle ardeur"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 441, "fin_caractere_exclue": 480, "texte": "au travail, dispersés, s'employant à de"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 481, "fin_caractere_exclue": 522, "texte": "basses besognes et ne gardant pas même la"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 523, "fin_caractere_exclue": 564, "texte": "fierté des années de lutte. Le poison des"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 657, "fin_caractere_exclue": 698, "texte": "rancunes et des basses envies a désagrégé"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 792, "fin_caractere_exclue": 837, "texte": "cette Jeune Belgique, il y a cinq ans si flo­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 931, "fin_caractere_exclue": 975, "texte": "rissante et si hautaine, aujourd'hui frappée"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1068, "fin_caractere_exclue": 1106, "texte": "de consomption et agonisante. Ceux qui"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1193, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "prirent la parole au banquet Lemonnier"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1306, "fin_caractere_exclue": 1352, "texte": "sont restés fidèles à l'auteur de la Belgique:"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1353, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "Edmond Picard, Emile Verhaeren, Georges"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1393, "fin_caractere_exclue": 1436, "texte": "Rodenbach et leur groupe s'affermit d'année"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1437, "fin_caractere_exclue": 1479, "texte": "en année, tandis que s'en vont à la déban­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1480, "fin_caractere_exclue": 1522, "texte": "dages les forces éparses sur lesquelles on"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1614, "fin_caractere_exclue": 1656, "texte": "avait cru pouvoir compter et qu'une direc­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1752, "fin_caractere_exclue": 1798, "texte": "tion maladroite a jetées dansles tourbières. »"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1897, "fin_caractere_exclue": 1935, "texte": "Nous ne voyons pas très bien la mélan­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1991, "fin_caractere_exclue": 2032, "texte": "colie de M. Camille Lemonnier, mélancolie"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2087, "fin_caractere_exclue": 2131, "texte": "dont le jeune Octave parle avec tant d'amer­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2183, "fin_caractere_exclue": 2221, "texte": "tume. Que nous chante ce Camembert, de"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2278, "fin_caractere_exclue": 2321, "texte": "rancunes et de basses envies? Où a-t-il été"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2345, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "chercher ces mots-là? Franchement, lui qui,"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2437, "fin_caractere_exclue": 2479, "texte": "dans le mouvement littéraire, a eu tout au"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2530, "fin_caractere_exclue": 2571, "texte": "plus les fonctions de copie-lettres et de"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2623, "fin_caractere_exclue": 2666, "texte": "biblioraphte, qui fut empalé naguère sur le"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2711, "fin_caractere_exclue": 2756, "texte": "sucre d'orge d'honneur que lui offrit M. Fré-"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2803, "fin_caractere_exclue": 2843, "texte": "dérix, devrait se tenir un peu plus dans"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2897, "fin_caractere_exclue": 2937, "texte": "sa sphère. Qu'il soit secrétaire des XX,"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2991, "fin_caractere_exclue": 3035, "texte": "c'est parfait, étant données ses incontesta­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3080, "fin_caractere_exclue": 3122, "texte": "bles qualités de comptable; qu'il serve de"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3172, "fin_caractere_exclue": 3215, "texte": "serviette aux dossiers de son maître, c'est"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3262, "fin_caractere_exclue": 3302, "texte": "encore son droit, mais où il dépasse les"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3352, "fin_caractere_exclue": 3395, "texte": "limites du ridicule permis, c'est lorsqu'il"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3445, "fin_caractere_exclue": 3489, "texte": "formule les âneries qu'on vient de lire. 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Lemonnier,"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3896, "fin_caractere_exclue": 3931, "texte": "Rodenbach ne sont plus des nôtres ?"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3993, "fin_caractere_exclue": 4031, "texte": "Mais ils existaient avant nous, et les"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4079, "fin_caractere_exclue": 4121, "texte": "vrais nôtres sont sans cesse les nouveaux-"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4172, "fin_caractere_exclue": 4215, "texte": "venus étayés par les anciens. La Jeune Bel­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4264, "fin_caractere_exclue": 4305, "texte": "gique est fatalement destinée à se renou­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4361, "fin_caractere_exclue": 4405, "texte": "veler sans cesse, ce qu'elle fait d'ailleurs"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4458, "fin_caractere_exclue": 4491, "texte": "avec quelque succès, nous semble."}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4646, "fin_caractere_exclue": 4671, "texte": "(1) A moi celle-là. M. W."}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 109, "fin_caractere_exclue": 148, "texte": "Vrai, le stagiaire-quand-même oublie sa"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 199, "fin_caractere_exclue": 242, "texte": "casquette galonnée et fait mal ses courses."}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 293, "fin_caractere_exclue": 333, "texte": "Que l'amiral prenne un petit nègre, noir"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 384, "fin_caractere_exclue": 395, "texte": "cette fois."}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 618, "fin_caractere_exclue": 656, "texte": "Un monsieur qui signe E. L. à la Fédé­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 749, "fin_caractere_exclue": 791, "texte": "ration artistique, lâche les mêmes doléan­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 888, "fin_caractere_exclue": 930, "texte": "ces pleurardes en un articulet mystérieux."}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1029, "fin_caractere_exclue": 1067, "texte": "Nous nous attaquons à la tête, quelque"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1157, "fin_caractere_exclue": 1192, "texte": "pelée qu'elle soit, non à la queue."}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1284, "fin_caractere_exclue": 1305, "texte": "Donc rien à répondre."}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1576, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "En une étude sur Maître Edmond Picard"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1708, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "dont nos lecteurs se souviennent peut-être,"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1849, "fin_caractere_exclue": 1893, "texte": "nous disions de lui en juin 1887 : « Veut-il"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 1945, "fin_caractere_exclue": 1990, "texte": "plaisanter, il tombe dans une trivialité sans"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2041, "fin_caractere_exclue": 2086, "texte": "finesse ; veut-il riposter à quelque mot bien"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2137, "fin_caractere_exclue": 2182, "texte": "pointu qui le pique justement, il voit rouge,"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2233, "fin_caractere_exclue": 2277, "texte": "se fâche et met les pieds dans son plus beau"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2328, "fin_caractere_exclue": 2344, "texte": "plat de Chine »."}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2398, "fin_caractere_exclue": 2436, "texte": "Nous croyions qu'un voyage distrayant,"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2487, "fin_caractere_exclue": 2529, "texte": "quoique diplomatique, aurait modifié cette"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2580, "fin_caractere_exclue": 2622, "texte": "tendance à la platitude dans la polémique;"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2673, "fin_caractere_exclue": 2710, "texte": "nous nous trompions. En une polémique"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2761, "fin_caractere_exclue": 2802, "texte": "engagée de façon piquante — et cinglante,"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2853, "fin_caractere_exclue": 2896, "texte": "il est vrai — par l'Etoile belge, relative­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2947, "fin_caractere_exclue": 2990, "texte": "ment à la participation de l'Art moderne au"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3041, "fin_caractere_exclue": 3079, "texte": "banquet Lemonnier, cette feuille d'art"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3130, "fin_caractere_exclue": 3171, "texte": "reprend ses coups de gueule avec toute la"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3222, "fin_caractere_exclue": 3261, "texte": "brutalité d'un ivrogne qui bat sa femme"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3312, "fin_caractere_exclue": 3351, "texte": "pour ne pas être accusé d'avoir bu. Les"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3402, "fin_caractere_exclue": 3444, "texte": "mots de coup de canne, de roquet (toute la"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3495, "fin_caractere_exclue": 3537, "texte": "lyre) reviennent avec leur monotonie d'ar­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3588, "fin_caractere_exclue": 3608, "texte": "guments charretiers."}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3662, "fin_caractere_exclue": 3702, "texte": "M. Picard n'est pourtant plus à l'âge où"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3753, "fin_caractere_exclue": 3796, "texte": "l'on se livre à tant de gymnastique. Il est"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3847, "fin_caractere_exclue": 3895, "texte": "des faits: c'estque l ' A r t moderne n'a adhéré"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 3946, "fin_caractere_exclue": 3989, "texte": "à notre manifestation qu'au jour où il a vu"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4040, "fin_caractere_exclue": 4078, "texte": "dans cette fête un succès certain, que"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4129, "fin_caractere_exclue": 4171, "texte": "M. Picard n'y a parlé qu'en sous-ordre (en"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4222, "fin_caractere_exclue": 4263, "texte": "un remarquable discours, d'ailleurs), que"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4314, "fin_caractere_exclue": 4360, "texte": "dans sa plaidoirie pour la liberté extra-offi­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4411, "fin_caractere_exclue": 4457, "texte": "cielle, il a affiché le plus beau des désinté­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4508, "fin_caractere_exclue": 4550, "texte": "ressements (avant l'Anthologie!) et qu'au­"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4601, "fin_caractere_exclue": 4644, "texte": "jourd'hui, il prétend, à l'encontre de tous"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 4695, "fin_caractere_exclue": 4735, "texte": "ses actes, n'avoir pas changé d'opinion."}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "Qu'il discute ces choses que tout le"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 149, "fin_caractere_exclue": 188, "texte": "monde sait, et maudisse ses juges, mais"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 244, "fin_caractere_exclue": 286, "texte": "qu'il le fasse sur un ton qui ne fasse pas"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 334, "fin_caractere_exclue": 354, "texte": "rougir le vieux boy."}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 431, "fin_caractere_exclue": 473, "texte": "Nous l'avons dit : c'est si joli, la polé­"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 523, "fin_caractere_exclue": 560, "texte": "mique de bonne humeur, qui houspille,"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 616, "fin_caractere_exclue": 658, "texte": "qui pince, qui ne se fâche pas, une Croix-"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 712, "fin_caractere_exclue": 754, "texte": "de-Berny de controverses, où la galerie se"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 805, "fin_caractere_exclue": 849, "texte": "plaît à l'assaut des ripostes, mais c'est si"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 897, "fin_caractere_exclue": 938, "texte": "facile de retourner à sa nature et d'être"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 990, "fin_caractere_exclue": 1012, "texte": "maquignon de lettres !"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1266, "fin_caractere_exclue": 1305, "texte": "La Wallonie continue à ne pas être con­"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1355, "fin_caractere_exclue": 1400, "texte": "tente. Le supplément mensuel de l ' A r t mo­"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1449, "fin_caractere_exclue": 1492, "texte": "derne vitupère et vaticine avec une louable"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1545, "fin_caractere_exclue": 1587, "texte": "obstination. Il est entendu, pour l'organe"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1608, "fin_caractere_exclue": 1648, "texte": "des potaches liégeois, que la Jeune Bel­"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1701, "fin_caractere_exclue": 1746, "texte": "gique est une vieille fille qui glousse (phé­"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1790, "fin_caractere_exclue": 1830, "texte": "nomène pathologique fort rare, mais ori­"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1881, "fin_caractere_exclue": 1888, "texte": "ginal)."}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1976, "fin_caractere_exclue": 2016, "texte": "La candeur insigne du jeune Mockel, dont"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2063, "fin_caractere_exclue": 2103, "texte": "la majorité approche, se matamorise avec"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2140, "fin_caractere_exclue": 2180, "texte": "fureur. Ce petiot se gobe extrêmement et"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2181, "fin_caractere_exclue": 2222, "texte": "'1 n'a pas tort, puisque l'on nous assure"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2223, "fin_caractere_exclue": 2267, "texte": "qu'il passe tous ses examens avec les grades"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2315, "fin_caractere_exclue": 2359, "texte": "les plus élevés. Mais lorsqu'il pontifie, il"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2410, "fin_caractere_exclue": 2450, "texte": "nous fait l'effet du gamin de Duquesnoy,"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2495, "fin_caractere_exclue": 2534, "texte": "rue du Chêne. 11 fait pipi de bonne eau"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2567, "fin_caractere_exclue": 2607, "texte": "claire, MAIS il domine l'humble passant."}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2611, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "Les Anglaises iront le voir."}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2827, "fin_caractere_exclue": 2863, "texte": "Notre prochain numéro contiendra des"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2892, "fin_caractere_exclue": 2928, "texte": "vers de MM. Adolphe Frères et Valère"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2981, "fin_caractere_exclue": 3016, "texte": "Gille, et des proses de MM. Georges"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3054, "fin_caractere_exclue": 3093, "texte": "Destrée, Arnold Goffin et Henry Maubel,"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3094, "fin_caractere_exclue": 3135, "texte": "dont l'abondance des matières nous a fait"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3136, "fin_caractere_exclue": 3160, "texte": "différer la publication."}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3361, "fin_caractere_exclue": 3362, "texte": "*"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3434, "fin_caractere_exclue": 3476, "texte": "Voici le texte d'une carte postale envoyée"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3523, "fin_caractere_exclue": 3566, "texte": "à un journal de cette ville qui, naturelle­"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3620, "fin_caractere_exclue": 3662, "texte": "ment, n'a pas trouvé drôle de l'insérer et"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3709, "fin_caractere_exclue": 3749, "texte": "s'est abstenu. Nous ne voulons pas faire"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3799, "fin_caractere_exclue": 3844, "texte": "perdre à nos lecteurs les irisations de cette"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3874, "fin_caractere_exclue": 3881, "texte": "perle :"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3935, "fin_caractere_exclue": 3972, "texte": "AIMABLE JEUNESSE 1 — Dumont d'Urville"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 4023, "fin_caractere_exclue": 4068, "texte": "raconte qu'aux Vitis, dans l'Océan pacifique,"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 4069, "fin_caractere_exclue": 4115, "texte": "on abat, à coups de massue, lesvieillards dont"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 148, "texte": "le décès tarde trop, au gré de leurs succes­"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 199, "fin_caractere_exclue": 243, "texte": "seurs. Le récit de l'illustre voyageur a été"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 294, "fin_caractere_exclue": 333, "texte": "recueilli dans un des volumes : l'Homme"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 384, "fin_caractere_exclue": 427, "texte": "sauvage, de la Bibliothèque des merveilles,"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 478, "fin_caractere_exclue": 522, "texte": "si recherchée pour l'instruction et l'arran­"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 573, "fin_caractere_exclue": 615, "texte": "gement de la jeunesse. Il a singulièrement"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 666, "fin_caractere_exclue": 711, "texte": "profité à la nôtre, semble-t-il. En effet, on"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 762, "fin_caractere_exclue": 804, "texte": "lit dans la dernière livraison de la Jeune"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 855, "fin_caractere_exclue": 896, "texte": "Belgique : « Il faut que nous réagissions"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 947, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "contre le réenvahissement des cadavres qui"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1040, "fin_caractere_exclue": 1085, "texte": "récalcitrent (les vieux qui vivent trop long­"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1136, "fin_caractere_exclue": 1172, "texte": "temps). Sans nommer personne pour le"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1223, "fin_caractere_exclue": 1262, "texte": "moment, nous tenons à annoncer des aba-"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1313, "fin_caractere_exclue": 1354, "texte": "tages prochains, à commencer par certains"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1405, "fin_caractere_exclue": 1448, "texte": "vieux bonzes de la critique, dont la désin­"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1499, "fin_caractere_exclue": 1544, "texte": "volture sénile nous déplaît. Qui vivra verra,"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1595, "fin_caractere_exclue": 1607, "texte": "Vera-Cruz. »"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1661, "fin_caractere_exclue": 1700, "texte": "L'allusion à la Croix du Christ est ici"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1751, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "d'un à propos charmant. La livraison a"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1840, "fin_caractere_exclue": 1880, "texte": "paru sous une couverture du rose le plus"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 1931, "fin_caractere_exclue": 1972, "texte": "tendre. Férocité et élégance mêlées. Gare"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2023, "fin_caractere_exclue": 2062, "texte": "aux vieux! qu'ils se hâtent de mourir !"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2113, "fin_caractere_exclue": 2139, "texte": "C'est gaga, ah ! ah ! ah !"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2277, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "M. Désiré Nisard, doyen de l'Académie"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2366, "fin_caractere_exclue": 2408, "texte": "française, est mort le dimanche 25 mars, à"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2460, "fin_caractere_exclue": 2493, "texte": "San-Remo. Il était âgé de 82 ans."}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2548, "fin_caractere_exclue": 2565, "texte": "C'est un chiffre."}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2692, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "Voilà trente jours que les Lettres de"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2780, "fin_caractere_exclue": 2823, "texte": "Belgique de Jean de Bruxelles ne paraissent"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2874, "fin_caractere_exclue": 2891, "texte": "plus au Gil Bias."}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2944, "fin_caractere_exclue": 2980, "texte": "O my old boy ! Already blackballed !"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3033, "fin_caractere_exclue": 3053, "texte": "I love you, darling!"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3213, "fin_caractere_exclue": 3251, "texte": "Le numéro du 8 avril de l'Art moderne,"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3302, "fin_caractere_exclue": 3341, "texte": "en un article mémorable sur le cas bien"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3392, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "connu de la fabrique de faux-vrais Van"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3481, "fin_caractere_exclue": 3522, "texte": "Beers, trouve que désormais le peintre de"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3573, "fin_caractere_exclue": 3619, "texte": "LA SIRÈNE est grandi par ce trafic, trafic qui"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3670, "fin_caractere_exclue": 3708, "texte": "prouve que M. Van Beers est « un satan"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3759, "fin_caractere_exclue": 3798, "texte": "révolté qui prend la revanche de la dé­"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3849, "fin_caractere_exclue": 3873, "texte": "chéance qui le frappe »."}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3926, "fin_caractere_exclue": 3932, "texte": "! !! !"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 3985, "fin_caractere_exclue": 4022, "texte": "Charenton ! Charenton ! Charentaine !"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 90, "texte": "Le nouveau Cercle des Arts et de la"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 142, "fin_caractere_exclue": 185, "texte": "Presse, dont nous parlions en notre dernier"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 238, "fin_caractere_exclue": 280, "texte": "numéro, a donné sa première fête intime le"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 328, "fin_caractere_exclue": 371, "texte": "mardi 3 avril, dans les salons de laTaverne"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 418, "fin_caractere_exclue": 460, "texte": "royale. Petit souper modeste rehaussé d'un"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 505, "fin_caractere_exclue": 545, "texte": "concert improvisé, où l'on a pu entendre"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 596, "fin_caractere_exclue": 636, "texte": "MM. Mauras, de la Monnaie, Nerval (id.),"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 687, "fin_caractere_exclue": 729, "texte": "Rouyer (id.). Raquez, Galesloot et Crabbe,"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 776, "fin_caractere_exclue": 820, "texte": "dans d'importantes pages de Faust ; M . Mau­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 864, "fin_caractere_exclue": 903, "texte": "rice Lefèvre, le compositeur du Trésor;"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 953, "fin_caractere_exclue": 995, "texte": "d'autres encore, qui ont partagé le succès"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1040, "fin_caractere_exclue": 1081, "texte": "de la soirée avec M. Huysmans, le capell-"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1131, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "meister, MM. Bahier, Chomé, Lortheur,"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1217, "fin_caractere_exclue": 1252, "texte": "Robert, Monvel, du théâtre du Parc."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1310, "fin_caractere_exclue": 1345, "texte": "Etaient présents : MM. Théo Hannon,"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1401, "fin_caractere_exclue": 1442, "texte": "président du Cercle, Victor Reding, vice-"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1492, "fin_caractere_exclue": 1532, "texte": "président ; les peintres: Broerman, Ber­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1581, "fin_caractere_exclue": 1618, "texte": "trand, Courtens, Toorop, Vandenpeere-"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1671, "fin_caractere_exclue": 1710, "texte": "boom; les sculpteurs : Jef Lambeaux, De"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1761, "fin_caractere_exclue": 1801, "texte": "Rudder ; les compositeurs Alfred Tilman,"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1853, "fin_caractere_exclue": 1894, "texte": "Georges Weiler; quelques gens de lettres,"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1933, "fin_caractere_exclue": 1968, "texte": "Francis Nautet, Luc Malpertuis, Max"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2021, "fin_caractere_exclue": 2065, "texte": "Waller, etc., etc.; nous notons de souvenir,"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2066, "fin_caractere_exclue": 2103, "texte": "oubliant sans doute quelques noms. La"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2104, "fin_caractere_exclue": 2144, "texte": "soirée suivante donnée le 24 n'a pas été"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2177, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "moins charmante, égayée qu'elle était par"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2268, "fin_caractere_exclue": 2307, "texte": "une exquise causerie à bâtons rompus de"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2326, "fin_caractere_exclue": 2343, "texte": "M. Pierre Elzéar."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2660, "fin_caractere_exclue": 2702, "texte": "Cueilli dans le dernier numéro (1-15 avril"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2729, "fin_caractere_exclue": 2768, "texte": "1888) du Décadent: « M. René Ghil s'est"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2820, "fin_caractere_exclue": 2859, "texte": "vanté dans la Wallonie d'avoir repoussé"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2902, "fin_caractere_exclue": 2947, "texte": "des avances que je lui aurais faites au sujet"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3018, "texte": "de ma revue : Le Décadent."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3085, "fin_caractere_exclue": 3114, "texte": "M. Ghil a effrontément menti."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3176, "fin_caractere_exclue": 3183, "texte": "A. B. »"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3234, "fin_caractere_exclue": 3276, "texte": "A. B., c'est Anatole Baju, qui ne fait pas"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3318, "fin_caractere_exclue": 3360, "texte": "encore partie de la rédaction de l'Art mo­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3407, "fin_caractere_exclue": 3413, "texte": "derne."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3563, "fin_caractere_exclue": 3602, "texte": "La campagne d'été de M. Bahier au théâ­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3650, "fin_caractere_exclue": 3691, "texte": "tre du Parc, que nous avons annoncée pré­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3740, "fin_caractere_exclue": 3782, "texte": "cédemment, promet d'offrir un réel intérêt"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3831, "fin_caractere_exclue": 3873, "texte": "artistique. La troupe est presque entière­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3892, "fin_caractere_exclue": 3932, "texte": "ment formée et les répétitions de Cacha­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3982, "fin_caractere_exclue": 4024, "texte": "près, le drame en quatre actes que Camille"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 4071, "fin_caractere_exclue": 4111, "texte": "Lemonnier vient de tirer de son roman Un"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 4163, "fin_caractere_exclue": 4203, "texte": "mâle, vont commencer sous peu. L'ouvrage"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "passera vers le 15 mai. Le rôle de Cacha­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 237, "texte": "près sera tenu par l'excellent artiste Chelles,"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 286, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "engagé spécialement pour créer le person­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 376, "fin_caractere_exclue": 417, "texte": "nage dramatique et superbe du braconnier."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 466, "fin_caractere_exclue": 504, "texte": "Mlle Sylviac jouera celui de Germaine."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 553, "fin_caractere_exclue": 595, "texte": "M mes Dorchy et Regnier sont chargées res­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 644, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "pectivement des rôles de la Cougnole et de"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 735, "fin_caractere_exclue": 775, "texte": "Gadelette, qui ont une grande importance"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 824, "fin_caractere_exclue": 863, "texte": "dans la pièce ; Mme Besnier, du rôle de"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 912, "fin_caractere_exclue": 952, "texte": "Célina. M. Lortheur incarnera le fermier"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1001, "fin_caractere_exclue": 1039, "texte": "Hayot; M. Murray, le garde-chasse Bas­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1088, "fin_caractere_exclue": 1130, "texte": "togne ; M. Chomé, Warnant, le fils du fer­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1179, "fin_caractere_exclue": 1216, "texte": "mier Hulotte; M. Crommelinck, Grigol."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1268, "fin_caractere_exclue": 1306, "texte": "Le premier acte se passe au cabaret du"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1355, "fin_caractere_exclue": 1400, "texte": "« Soleil », un jour de ducasse, dans la salle"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1449, "fin_caractere_exclue": 1491, "texte": "voisine de la salle de danse. Le deuxième,"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1540, "fin_caractere_exclue": 1580, "texte": "à la ferme des Hayot. Le troisième, dans"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1629, "fin_caractere_exclue": 1670, "texte": "une clairière aux environs de la hutte où"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1719, "fin_caractere_exclue": 1760, "texte": "habite la Cougnole. Le quatrième acte ra­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1809, "fin_caractere_exclue": 1852, "texte": "mène le spectateur chez Hayot où se déroule"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1901, "fin_caractere_exclue": 1932, "texte": "l'émouvant dénouement du drame."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2004, "fin_caractere_exclue": 2020, "texte": "(L'Art moderne.)"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2154, "fin_caractere_exclue": 2176, "texte": "Viennent de paraître :"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2227, "fin_caractere_exclue": 2267, "texte": "Les Lauriers sont coupés, par M. Edouard"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2316, "fin_caractere_exclue": 2325, "texte": "Dujardin."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2376, "fin_caractere_exclue": 2414, "texte": "La Correspondance d'Afrique du lieute­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2463, "fin_caractere_exclue": 2503, "texte": "nant Charles Warlomont, avec une préface"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2552, "fin_caractere_exclue": 2567, "texte": "par Max Waller."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2618, "fin_caractere_exclue": 2657, "texte": "Nous rendrons compte de ces livres dans"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2706, "fin_caractere_exclue": 2728, "texte": "notre numéro prochain."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2779, "fin_caractere_exclue": 2819, "texte": "Amour, de Paul Verlaine. Un vol.: 3 frs."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2870, "fin_caractere_exclue": 2901, "texte": "Episodes, par Henri de Régnier."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 2952, "fin_caractere_exclue": 2991, "texte": "Va paraître (ça immine, Fénéon !) : Une"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3040, "fin_caractere_exclue": 3082, "texte": "mesure pour rien, un acte de Henry Maubel,"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3131, "fin_caractere_exclue": 3143, "texte": "chez Monnom."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3194, "fin_caractere_exclue": 3231, "texte": "Prochainement paraîtra chez l'éditeur"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3280, "fin_caractere_exclue": 3317, "texte": "Kistemaeckers, le roman dès longtemps"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3366, "fin_caractere_exclue": 3406, "texte": "annoncé de Georges Eekhoud : La nouvelle"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3455, "fin_caractere_exclue": 3465, "texte": "Cartilage."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3519, "fin_caractere_exclue": 3559, "texte": "Une note pour l'étude qui serait à faire"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3608, "fin_caractere_exclue": 3649, "texte": "sur cette aimable race des biographes : —"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3698, "fin_caractere_exclue": 3739, "texte": "Ici le biographe se multiplie d'une femme"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3788, "fin_caractere_exclue": 3830, "texte": "et, pour comble, d'une poétesse! Il s'agit"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3879, "fin_caractere_exclue": 3891, "texte": "d'Edgar Poë."}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 3943, "fin_caractere_exclue": 3981, "texte": "Al'époque où Mrs Weiss connut le poète"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 4030, "fin_caractere_exclue": 4070, "texte": "d'Eurèka, elle était, selon sa gracieuse"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 4119, "fin_caractere_exclue": 4162, "texte": "expression, « une jeune fille timide et rê­"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 4211, "fin_caractere_exclue": 4251, "texte": "veuse, encore une enfant », L'ingénieuse"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "authoress raconte sa première entrevue avec"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 181, "texte": "lui en ce style spongieux, duisant parfaite­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 214, "fin_caractere_exclue": 248, "texte": "ment à la finesse de ses aperçus :"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 311, "fin_caractere_exclue": 346, "texte": "« Comme il m'apparut chez moi et en"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 401, "fin_caractere_exclue": 444, "texte": "société, Poê était essentiellement un gent­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 493, "fin_caractere_exclue": 535, "texte": "leman... Son maintien, spécialement envers"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 587, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "les étrangers, était tranquille, digne, d'une"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 681, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "réserve approchant quelquefois inconsciem­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 774, "fin_caractere_exclue": 795, "texte": "ment de la hauteur..."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 868, "fin_caractere_exclue": 907, "texte": "« Vraiment, je puis dire que, depuis le"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 954, "fin_caractere_exclue": 997, "texte": "moment de notre rencontre, il ne fut jamais"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1046, "fin_caractere_exclue": 1089, "texte": "pour moi l'être inexplicable qu'il semblait"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1142, "fin_caractere_exclue": 1182, "texte": "aux autres. Malgré ma jeunesse, une per­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1239, "fin_caractere_exclue": 1284, "texte": "ception instinctive m'avait révélé ce qu'il y"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1333, "fin_caractere_exclue": 1368, "texte": "a de meilleur et de plus élevé dans"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1422, "fin_caractere_exclue": 1463, "texte": "l'homme; ... sa propre perspicacité était"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1510, "fin_caractere_exclue": 1553, "texte": "rapide, intuitive, MAIS PAS PROFONDE; et ce"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1599, "fin_caractere_exclue": 1643, "texte": "qui me frappa alors, en dépit de ma juvénile"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1692, "fin_caractere_exclue": 1735, "texte": "inexpérience, ce fut de voir qu'en connais­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1782, "fin_caractere_exclue": 1826, "texte": "sance de la nature humaine, Poe' était, pour"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1872, "fin_caractere_exclue": 1908, "texte": "un homme de génie, TOUT A FAIT IGNO­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1956, "fin_caractere_exclue": 1968, "texte": "RANT ! ! ! »"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2238, "fin_caractere_exclue": 2278, "texte": "Le Cercle de la Librairie et de l'Impri­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2327, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "merie de Bruxelles a décidé de participer"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2385, "fin_caractere_exclue": 2428, "texte": "par une exposition collective au grand Con­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2479, "fin_caractere_exclue": 2519, "texte": "cours des Sciences et de l'Industrie qui"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2570, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "aura lieu à Bruxelles cette année."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2664, "fin_caractere_exclue": 2704, "texte": "Sa participation consistera entre autres"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2753, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "en l'exposition d'un volume qui contiendra"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2841, "fin_caractere_exclue": 2883, "texte": "des spécimens d'impressions de tout genre,"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2929, "fin_caractere_exclue": 2969, "texte": "élaborés et exécutés par ses membres. Le"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3003, "fin_caractere_exclue": 3048, "texte": "texte: articles, notices, poésies, etc., sera"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3089, "fin_caractere_exclue": 3131, "texte": "inédit et sera exclusivement l'œuvre d'au­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3179, "fin_caractere_exclue": 3220, "texte": "teurs nationaux. Titre : L E LIVRE BELGE."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3268, "fin_caractere_exclue": 3310, "texte": "Il constituera dans l'esprit de ses promo­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3355, "fin_caractere_exclue": 3394, "texte": "teurs un monument typographique de pre­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3447, "fin_caractere_exclue": 3491, "texte": "mier ordre, tel qu'il n'en a pas été fait en"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3537, "fin_caractere_exclue": 3548, "texte": "notre pays."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3614, "fin_caractere_exclue": 3648, "texte": "Afin de donner au LIVRE BELGE tout"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3701, "fin_caractere_exclue": 3746, "texte": "l'éclat qu'il comporte, il a été décidé de le"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3791, "fin_caractere_exclue": 3835, "texte": "revêtir d'une reliure spéciale, appropriée à"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3883, "fin_caractere_exclue": 3928, "texte": "son contenu. Le relieur chargé de la toilette"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3948, "fin_caractere_exclue": 3986, "texte": "extérieure du LIVRE BELGE, désireux de"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 4040, "fin_caractere_exclue": 4085, "texte": "réaliser une œuvre d'art, a pensé qu'il était"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 4121, "fin_caractere_exclue": 4163, "texte": "équitable de convier à un concours les ar­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 4204, "fin_caractere_exclue": 4250, "texte": "tistes belges : peintres, dessinateurs, archi­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 4290, "fin_caractere_exclue": 4336, "texte": "tectes, graveurs, etc., à l'effet d'obtenir le"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 4380, "fin_caractere_exclue": 4422, "texte": "croquis d'un dessin propre à servir de mo­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 4423, "fin_caractere_exclue": 4465, "texte": "dèle pour la gravure d'une plaque destinée"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 95, "fin_caractere_exclue": 136, "texte": "à l'ornementation par la dorure du dos et"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 186, "fin_caractere_exclue": 213, "texte": "du plat de devant du livre."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 266, "fin_caractere_exclue": 307, "texte": "Le croquis devra reproduire les attributs"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 357, "fin_caractere_exclue": 400, "texte": "et allégories représentant les arts graphi­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 450, "fin_caractere_exclue": 492, "texte": "ques : imprimerie typo- et lithographique,"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 542, "fin_caractere_exclue": 586, "texte": "gravure, fonderie de caractères, fabrication"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 636, "fin_caractere_exclue": 680, "texte": "du papier, reliure, etc., etc., en un mol ce"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 730, "fin_caractere_exclue": 773, "texte": "qui d'après le jugement de l'artiste pourra"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 823, "fin_caractere_exclue": 864, "texte": "rehausser la valeur artistique du volume."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 914, "fin_caractere_exclue": 953, "texte": "Celui-ci contenant des spécimens et des"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1003, "fin_caractere_exclue": 1045, "texte": "épreuves d'impressions de tous les genres,"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1095, "fin_caractere_exclue": 1141, "texte": "de tous les styles, se rattachant à toutes les"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1191, "fin_caractere_exclue": 1237, "texte": "écoles, la plus entière liberté sera laissée à"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1287, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "l'artiste en ce qui concerne sa composition."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1381, "fin_caractere_exclue": 1420, "texte": "Le format du LIVRE BELGE est de 0m,35 X"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1470, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "0m,25. Le dos aura 0m,35 de hauteur sur"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1559, "fin_caractere_exclue": 1598, "texte": "0m,o6 de largeur. Un prix de 200 francs"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1648, "fin_caractere_exclue": 1691, "texte": "sera attribué au croquis qui sera jugé rem­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1741, "fin_caractere_exclue": 1781, "texte": "plir les conditions requises. Ce croquis"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1831, "fin_caractere_exclue": 1871, "texte": "devra être livré au net dix jours francs"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 1921, "fin_caractere_exclue": 1955, "texte": "après son approbation par le jury."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2008, "fin_caractere_exclue": 2047, "texte": "Un jury, composé du Président du Cercle"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2097, "fin_caractere_exclue": 2141, "texte": "de la Librairie, d'un architecte, d'un pein­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2191, "fin_caractere_exclue": 2234, "texte": "tre et d'un relieur expérimenté, jugera les"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2284, "fin_caractere_exclue": 2326, "texte": "croquis qui lui seront soumis et décernera"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2376, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "le prix."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2437, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "Les croquis devront être adressés franco,"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2528, "fin_caractere_exclue": 2569, "texte": "à M. HUBERT VAN DIJK, 26, rue de l'Indus­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2617, "fin_caractere_exclue": 2660, "texte": "trie, à Bruxelles. Ils porteront une devise"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2708, "fin_caractere_exclue": 2752, "texte": "qui devra être reproduite sur un billet por­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2800, "fin_caractere_exclue": 2840, "texte": "tant le nom de l'auteur enfermé dans une"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2888, "fin_caractere_exclue": 2928, "texte": "enveloppe cachetée avec la suscription :"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 2976, "fin_caractere_exclue": 3001, "texte": "« Concours Livre Belge »."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3052, "fin_caractere_exclue": 3088, "texte": "Le jury se réunira dans les premiers"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3136, "fin_caractere_exclue": 3178, "texte": "jours de mai à Bruxelles. Sa décision sera"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3226, "fin_caractere_exclue": 3264, "texte": "immédiatement communiquée aux intéres­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3312, "fin_caractere_exclue": 3354, "texte": "sés, et la prime sera remise à l'auteur du"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3402, "fin_caractere_exclue": 3446, "texte": "croquis primé, ausssitôt que celui-ci l'aura"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3494, "fin_caractere_exclue": 3536, "texte": "livré au net entre les mains d'un des mem­"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3584, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "bres du jury à ce désigné."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3661, "fin_caractere_exclue": 3700, "texte": "Tous les croquis seront exposés pendant"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3748, "fin_caractere_exclue": 3790, "texte": "cinq jours au Cercle de la Librairie et de"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3838, "fin_caractere_exclue": 3882, "texte": "l'Imprimerie, à Bruxelles, où le public sera"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3930, "fin_caractere_exclue": 3947, "texte": "admis à les voir."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 3998, "fin_caractere_exclue": 4039, "texte": "Après l'exposition les croquis non primés"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 4087, "fin_caractere_exclue": 4120, "texte": "seront restitués à leurs auteurs."}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 4171, "fin_caractere_exclue": 4203, "texte": "Pour plus amples renseignements,"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 4251, "fin_caractere_exclue": 4289, "texte": "s'adresser par lettres à M. HUBERT VAN"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 4337, "fin_caractere_exclue": 4379, "texte": "DIJK, 26, rue de l'Industrie, à Bruxelles."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 107, "texte": "Rollinat : dernière manière dans            le   sup­"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 150, "fin_caractere_exclue": 169, "texte": "plément du Figaro :"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 266, "fin_caractere_exclue": 288, "texte": "POÈMES       RUSTIQUES"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 452, "fin_caractere_exclue": 488, "texte": "La grosse anguille est dans sa phase"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 496, "fin_caractere_exclue": 526, "texte": "Torpîde : le soleil s'embrase."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 578, "fin_caractere_exclue": 608, "texte": "Au fond de l'onde qui s'épand."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 669, "fin_caractere_exclue": 702, "texte": "Huileuse et chaude, elle se case,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 768, "fin_caractere_exclue": 793, "texte": "A la manière du serpent :"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 848, "fin_caractere_exclue": 872, "texte": "Repliée en anse de vase,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 880, "fin_caractere_exclue": 905, "texte": "En forme de 8, en turban,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 973, "fin_caractere_exclue": 997, "texte": "En S, en Z : cela dépend"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1070, "fin_caractere_exclue": 1097, "texte": "Des caprices de son extase."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1246, "fin_caractere_exclue": 1277, "texte": "Vers le soir, se désembourbant,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1338, "fin_caractere_exclue": 1364, "texte": "Dans son aquatique gymnase"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1422, "fin_caractere_exclue": 1450, "texte": "Elle joue, elle va, grimpant"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1458, "fin_caractere_exclue": 1490, "texte": "De roche en roche, ou se suspend"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1554, "fin_caractere_exclue": 1588, "texte": "Aux grandes herbes qu'elle écrase,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1652, "fin_caractere_exclue": 1671, "texte": "La grosse anguille,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1830, "fin_caractere_exclue": 1862, "texte": "L'air fraîchit, la lune se gaze."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1957, "fin_caractere_exclue": 1988, "texte": "Moitié nageant, moitié rampant,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2075, "fin_caractere_exclue": 2103, "texte": "Alors elle chasse, elle rase"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2110, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "Sable, gravier, caillou coupant.,.."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2152, "fin_caractere_exclue": 2184, "texte": "Gare à vous, goujonneau pimpant!"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2247, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "Gentil véron couleur topaze !"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2339, "fin_caractere_exclue": 2366, "texte": "Voici l'ogresse de la vase,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2422, "fin_caractere_exclue": 2442, "texte": "La grosse anguille !"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2605, "fin_caractere_exclue": 2640, "texte": "C'est M. Albert Wolff qui a inventé"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2686, "fin_caractere_exclue": 2720, "texte": "M. Rollinat; ne l'oublions jamais."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2825, "fin_caractere_exclue": 2862, "texte": "Depuis que Boileau, dans son Art poé­"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2916, "fin_caractere_exclue": 2959, "texte": "tique, a proclamé ce principe que « la rime"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2996, "fin_caractere_exclue": 3039, "texte": "est une esclave et ne doit qu'obéir », tous"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3093, "fin_caractere_exclue": 3132, "texte": "les gens atteints de la démangeaison de"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3268, "fin_caractere_exclue": 3314, "texte": "versifier se sont appliqués à être les h u m ­"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3315, "fin_caractere_exclue": 3359, "texte": "bles et dociles serviteurs de cette esclave."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3363, "fin_caractere_exclue": 3403, "texte": "Or, il y a, dans la langue française, un"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3404, "fin_caractere_exclue": 3443, "texte": "certain nombre de mots qui n'ont pas de"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3444, "fin_caractere_exclue": 3487, "texte": "rime. Les choses représentées par ces idées"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3488, "fin_caractere_exclue": 3527, "texte": "semblaient donc exclues à perpétuité du"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3528, "fin_caractere_exclue": 3545, "texte": "langage poétique."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3549, "fin_caractere_exclue": 3591, "texte": "Un poète vient de se payer la fantaisie de"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3592, "fin_caractere_exclue": 3632, "texte": "les y introduire. Son poème ne rime pas,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3633, "fin_caractere_exclue": 3674, "texte": "mais on le lit sans trop s'en apercevoir."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 110, "fin_caractere_exclue": 149, "texte": "PETITE T R I S T E S S E      D'OLYMPIO"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 242, "fin_caractere_exclue": 255, "texte": "POÈME 1NRIME."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 316, "fin_caractere_exclue": 356, "texte": "Seigneur, Seigneur, quel est ton dogme ?"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 417, "fin_caractere_exclue": 444, "texte": "Ici le riche, là le pauvre,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 554, "fin_caractere_exclue": 570, "texte": "Partout le fisc!"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 631, "fin_caractere_exclue": 661, "texte": "C'est cela qui navre le peuple"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 722, "fin_caractere_exclue": 760, "texte": "Et qui souvent le pousseau meurtre!..."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 826, "fin_caractere_exclue": 840, "texte": "Voilà le nœud."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 933, "fin_caractere_exclue": 965, "texte": "Ne paraîtrait-il pas plus simple"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1026, "fin_caractere_exclue": 1062, "texte": "Que chacun, du fort jusqu'au faible,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1127, "fin_caractere_exclue": 1141, "texte": "Bût à sa soif,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1202, "fin_caractere_exclue": 1238, "texte": "Mangeât, s'il le faut, comme un ogre"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1299, "fin_caractere_exclue": 1330, "texte": "Et pût dormir dans son immeuble"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1395, "fin_caractere_exclue": 1414, "texte": "Comme un bon Turc ?"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1511, "fin_caractere_exclue": 1546, "texte": "Ah ! le genre humain, sombre genre!"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1607, "fin_caractere_exclue": 1644, "texte": "Tu vois cet homme? Il rit! un monstre"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1710, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "Est sous son poil !..."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1793, "fin_caractere_exclue": 1823, "texte": "Tantôt féroce et tantôt humble"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1923, "fin_caractere_exclue": 1950, "texte": "Il use le sol qu'il usurpe,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2053, "fin_caractere_exclue": 2068, "texte": "Jusques au tuf."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2206, "fin_caractere_exclue": 2240, "texte": "Il gâche tous ses biens, n'épargne"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2301, "fin_caractere_exclue": 2332, "texte": "Le sucre, le sel, ni le poivre,"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2397, "fin_caractere_exclue": 2415, "texte": "Ni le fenouil !..."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2476, "fin_caractere_exclue": 2508, "texte": "Que dis-je ? Il a ceci de propre"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2569, "fin_caractere_exclue": 2601, "texte": "Que l'amour lui dure une valse !"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2666, "fin_caractere_exclue": 2685, "texte": "Quel affreux bouc !"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2781, "fin_caractere_exclue": 2821, "texte": "Comme il se gonfle et comme il s'enfle !"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2882, "fin_caractere_exclue": 2915, "texte": "Ah ! que l'on tourne mon sépulcre"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2980, "fin_caractere_exclue": 2995, "texte": "Du nord au sud."}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3056, "fin_caractere_exclue": 3092, "texte": "O mer, fais de mon corps une algue !"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3153, "fin_caractere_exclue": 3182, "texte": "Que la loi de Darwin triomphe"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 3247, "fin_caractere_exclue": 3267, "texte": "J'y porte un toast !"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-05-01-n5-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "A tous les Artistes", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 208, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2304, "texte": "A\n          tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n   de Block's Universal Wine C°\n                6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA B O U R S E\n                       E T MONTAGNE DE LA C O U R\n\n\n\n\n E\n         n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n          MANDE par notre excellent décorateur, C H . - L É O N CARDON,\n          nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora\n   Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu­\n  cines, 16, à ' Paris; publie LE PAYSAN E T LA PAYSANNE\n  PERVERTIS, d'après RESTIF DE LA BRETONNE, par MAURICE\n  TALMEYR. Un numéro 2 0 centimes', abonnement (3 mois) 1 7 francs;\n  en vente partout.\n\n\n    ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                ÉPERNAY\n\n\n                                         Prix Courant\n                           Baron J. de Warnimont                               2 25\n                           Marquis Armand de St-Hubert . . . .                 2 75\n                           R O S É E J E U N E BELGIQUE. \" . . . . .           3 00\n                           Crème d'Ay           id.                            3 50\n                           Bouzy extra          id.     Cuvée réservée.        4 50\n                           Bouzy Cristal id.                                   5 00\n                                       0.50 en plus par 2 2 bouteilles\n                                  EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 2 5 BOUTEI1 LES\n\n                           Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n           ENTREPOSITAIRE      : COULOMB-ROBIETS\n       19, B o u l e v a r d du Nord, 19, à B r u x e l l e s\n"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4788, "texte": "                                 EN V E N T E\n                                            A LA\n\n\n\nLIBRAIRIE LÉON VANIER\n                   19, Quai Saint-Michel, Paris\n\n\n         ENVOI FRANCO CONTRE T I M B R E S - P O S T E OU MANDAT\n                                                                                         Francs.\n                          P A R N A S S E D E LA J E U N E B E L G I Q U E       .   .     7 30\nPaul ADAM                 Soi                                                              3 50\n       —                  Le Thé chez Miranda (en collaborat, avec Jean MORÉAS)            3 50\n       —                  Les Demoiselles Goubert.      —             —                   3 50\n       —                  Être                                                             350\nJean AJALBERT . _. .      Paysages de femmes (dessin de RAFFAELI.I) . . . .                3 00\nMaurice BARRES . . .      Les Taches d'encre (les 4 numéros)             4                   00\n       —                  Sous.l'œil des Barbares                                          3 50\nRobert CAZE . . . .       La foire aux peintres                                            1 00\nPhilibert DELORME . .     Arlequins de Macadam .                                           3.50\n Edouard DUJARDIN . .     Les Hantises                                                     3 50\nJ.-K. HUYSMANS . . .      Croquis parisiens (avec portrait)                                6 00\n       —                  Le Drageoir aux épices                                           5 00\n       —                  Un Dilemme                                                       2 00\nGustave KAHN . . .        Les Palais nomades                                               3 50\nJules LAFORGUE . . .      Les Complaintes                                                  3 00\n       —                  L'Imitation de N. D. la Lune                                     2 00\n        —                  Moralités légendaires . . .                                     6 00\n Stéphane MALLARMÉ .       L'Après-midi d'un Faune (dessins de MANET) . . .                5 00\n        —                  Poème d'Edgard Poë (dessins de MANET)                          12 00\n        —                 Le Corbeau d'Edgard Poë (dessins de MANET) . . .                25 00\n Stuart MERRILL . . .      Les Gammes                                                       2 00\n Jean MORÉAS . . . .      Les Syrtes (épuisé)                                             10 00\n        —                 Les Cantilènes                                                    3 50\n        —                  Les Demoiselles Goubert (en collab. avec Paul ADAM) .            3 50\n        —                  Le Thé chez Miranda          —              —                    3 50\n Francis POICTEVIN . .     Seuls                                                            3 50\n Ernest RAYNAUD . . .     Le Signe,                                     . . . .             1 00\n Hugues REBELL . . .       Etourdissements                      4                             00\n Henri DE RÉGNIER . .      Les Lendemains (épuisé)                                          5 00\n        —                  Apaisement                                                       2 00\n        —                  Sites                                                            2 00\n        —                  Episodes                                                         6 00\n  Paul VERLAINE . . .      Fêtes galantes                                                   3 00\n        —                  Sagesse                                                          3 00\n        —                  Romances sans paroles .                                          3 00\n                           La bonne Chanson                                                 2 00\n       —                   Jadis et naguère                                                 3 00\n        —                  Amour                                                            3 00\n        —                  Mémoire d'un veuf (prose)                 , . . . .              3 50\n Jules VIDAI, et BYL . .   Sœur Philomène (pièce en deux actes, tirée du roman\n                              de MM. de Goncourt)                               .           1 00\n Jules VIDAI               Le Jupon. -.                                                     3 50\n Francis VIF.I.É-GRIFFIN.  Cueille d'Avril (épuisé)\n        —                   Les Cygnes.                                                     3 50\n                           Ancaeus                                                          3 50\n\n\n                    Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 20, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 166, "texte": "8e ANNÉE.         TOME VII. N° 5.         PRIX : FR. 0-60.                           1ER MAI 1888.\n\n\n                                              LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                    SOMMAIRE:\n  Lettres pour les illettrés                                       GEORGES EEKHOUD.\n  Soir de Race.                                                    FERNAND SÉVERIN.\n  Les Poètes Baudelairiens                                         ALBERT GIRAUD.\n  Nox Benigna                                                      PAUL VERLAINE.\n  Chronique musicale.                                              HENRY MAUBEL.\n  Chronique d'art : L'Essor                                        JULES DESTRÉE.\n                   .         I. Du Silence.            .     .     ALBERT GIRAUD.\n  Chronique littéraire                                             XX\n                          II. La Belgique              .     .     XX.\n  Memento\n\n\n\n\n                                       BRUXELLES\n                  ADMINISTRATION :                                 REDACTION :\n            26,   RUE DE L'INDUSTRIE, 26                     80,   RUE BOSQUET. 80\n\n                                             PARIS\n                                    L É O N V A N I E R , ÉDITEUR\n                                           19, Quai Saint-Michel\n\n                                                1888\n"}, {"page_pdf": 167, "texte": "                        LA J E U N E BELGIQUE\n   paraissant chaque mois et formant au bout de l'année un superbe volume orné d'un froutispice.\n            Bruxelles : A dmimstration, 26, rue de l'Industrie. — Rédaction n : 80, rue Bosquet.\n\nDirecteur     : MAX WALLER. — Administrateur                        : HUBERT VAN DIJK.\n       ABONNEMENTS : Belgique, 7 francs par an. — Union postale, fr. 8 - 5 0\n\n\n                              L E N O M M É FABRICE\n                                                                       A Octave Mirbeau.\n        Hé! là-bas, le vieux rigolo! Qu'est-ce que vous demandez?\n    Le vieux rigolo ainsi interpellé ne répondit pas, mais, comme en proie à une indicible\nstupeur, il regardait les bâtiments neufs à peine terminés, une petite maisonnette en\nbriques, les hangars, les écuries, une immense bascule destinée à peser les voitures de\nbetteraves.\n   — Tout de même, fit-il, faut être bougrement effronté !\n       De quoi donc, mon brave?\n   — Faut avé un rude toupet !\n   Fatigué sans doute de cette conversation, le contremaître demanda brusquement au\npaysan :\n   — Enfin, qui êtes-vous? que voulez-vous ?\n   — Qui que je sis? Vous me demandez qui que je sis? Je sis le nommé Fabrice, et je\nsis cheu mé, et vous n'êtes pas cheu vous.\n   — Comment, vous êtes chez vous?\n   — Je sis cheu mé, et vous allez me faire le plaisi de foutre le camp, avec vos gens et\ntoutes vos saloperies de bâtisses, et pis je vous demanderai trois mille francs de dom­\nmages et intérêts.\n   Sur ces entrefaites, l'architecte arrivait au chantier. La dernière phrase du vieux cam­\npagnard le fit légèrement pâlir.\n    Si c'était vrai, pourtant, qu'on eût bâti sur son champ!\n   Le plus comique, c'est que la chose était parfaitement exacte.\n   Le pauvre architecte s'était trompé de terrain, et il avait construit sur le champ du\nnommé Fabrice pour cinquante mille francs de bâtiments, au compte d'une grande\nsucrerie voisine.\n    On allait en faire une tête, à l'administration, quand on apprendrait ça!\n    L'architecte esquissa le geste habituel des architectes qui n'en mènent pas large : il se\ngratta la tête et le nez, alternativement.\n    L'indignation du campagnard allait croissant.\n    — Je sis le nommé Fabrice, et personne n'a le droit de bâti sur mon bien, personne!\n    — Effectivement, balbutiait l'architecte, il y a erreur, mais elle es! facilement répa­\n rable... Nous allons vous donner l'autre champ, le nôtre. Il est d'égale surface, et...\n    — J'n'en veux point, d'votre champ. C'est le mien qu'il me faut. Vous n'avez pas le\n droit de bâti sur mon bien, ni vous ni personne J'vous donne huit jours pour démoli\n tout ça et remettre mon champ en état, et pis, je demande trois mille francs de dommages\n et intérêts.\n    La discussion continua sur ce ton.\n     Le pauvre architecte, qui en menait de moins en moins large, s'efforçait de convaincre\n le nommé Fabrice. Le vieux paysan ne voulait rien savoir. Il lui fallait son champ, débar­\n rassé des saloperies de bâtisses, et en plus, trois mille francs d'indemnité.\n    Le propriétaire de la sucrerie, informé de cet étrange malentendu, arriva vite et voulut\n transiger. Le nommé Fabrice était buté.\n    On marchanda. Cinq mille francs d'indemnité!\n    — Non, ma terre!\n    — Dix mille !\n    — Non, ma terre!\n      - Vingt mille !\n    — Non, ma terre!\n    — Ah! zut ! nous plaiderons, alors !\n    Malgré la bonne volonté des juges, on ne put découvrir dans le Code le plus mince\n article de loi autorisant un sucrier à bâtir sur le champ d'autrui, même en l'indemnisant\naprès.\n    Le sucrier fut condamné à remettre le bien du nommé Fabrice dans l'état où il l'avait\n pris.\n    Les considérants du jugement blâmaient la légèreté de l'architecte, et surtout la mau­\n vaise foi évidente et la rapacité du nommé Fabrice.\n    Le nommé F'abrice riait sous cape. Il alla trouver le sucrier.\n    — Ecoutez, fit-il, je ne sis pas un méchant homme. Donnez-moi votre champ et qua­\n rante mille francs... et j'vous tous la paix.\n    Plus tard, le caissier raconta que le nommé Fabrice, en signant son reçu de quarante\n mille francs, avait murmuré :\n    — C'est égal, faut avé un rude toupet, tout de même!\n    On ne sut jamais si c'était de lui qu'il voulait parler, ou d'un autre.\n                                                                      ALPHONSE ALLAIS.\n"}, {"page_pdf": 168, "texte": "  LETTRES POUR LES ILLETTRÉS\n\n                            PASSIONNETTE\n\n                                 Allions, Monsieur Jules... Un petit tour de\n                                   jardin... Il est dans son beau à présent...\n                                   Fille, ouvre donc la porte à monsieur,...\n                             car il a l'air de ne pas savoir le chemin\n                                    Ah ! oui, le jardin !\n                                    Il s'enfonçait, oblong et assez vaste, der­\n                                rière la maison sans étage. On poussait une\n                              petite claire voie peinte en vert qui le séparait\n                                   de la cour et empêchait les poules d'y péné­\n                                  trer. Par dessus la haie vive émergeaient\n                                  le clocher du village et la plus haute croix\n                 du cimetière. Une gloriette tressée de liserons, de capu­\n                 cines, d'aristoloches et de pois de senteur, occupait un des\n                 angles du fond.\n                    C'est pourtant dans cet enclos rustique, trop régulier,\n                 à la fois courtil, jardin et potager, tracé au cordeau ; pro­\n                 pret et symétrique jusqu'à la manie, semé de plantes\n               prolifiques et voyantes, arborant de gros fruits rubiconds\n               et peu délicats, fleuri de roses perpétuelles, de dahlias, de\n               tournesols, de pivoines ; des carrés de choux alternant avec\n               des buissons de groseilliers ; c'est dans ce jardin vulgaire\nque vaguent obstinément mes souvenirs, à chaque printemps, quand il\nfait très doux, et que cet air tiède vous serre tendrement la gorge et vous\ndonne envie de pleurer\n"}, {"page_pdf": 169, "texte": "                                  —    142   —\n\n\n   Avec ses légumes violets, ses poiriers taillés en pyramides, à la fois\nluisant et haut en couleur il me faisait l'effet d'un pataud endimanché,\nfaraud et guindé, cachant sous des étoffes trop caties et peu coûteuses son\ngrand corps charnu et taillé à grands coups.\n   En fîmes-nous souvent le tour, dans tous les sens; l'avons-nous parcouru\nde toutes façons; me suis-je extasié, pour flatter ton brave homme de père,\ndevant les puériles arabesques de buis et d'oeillets nains, devant ces petits\nchemins en spirale, et cette statuette en plâtre portant sur la tête un vase\nde clématites, — dis, ma bien-aimée d'alors, ma plantureuse idole d'autre­\nfois, ma taure bénigne aux fortes hanches, aux yeux confiants, aux joues\nframboisées !....\n   Si ce jardin d'un mauvais goût si recherché et si barbare, avait quelque\nchose de toi, mon fruste animal rose, à la fois vulgaire et appétissant !\n   Les grandes fleurs rondes s'y épanouissaient glorieusement; roses et giro­\nflées embaumaient à outrance ; cerises et groseilles y foisonnaient ; et les\nabeilles gloutonnes le pillaient sans vergogne.\n   Jardin radieux et candide ! Comme toi, chère enfant, il éclatait d'un rire\nsonore, que d'aucuns eussent trouvé canaille. Et dans ton corsage de\ncotonnade, étreignant ta taille opulente, tu me semblais ces gros boutons\nde pivoines au moment de s'ouvrir à l'humidité de la rosée fraîche. Qui\nme définira ta beauté copieuse et tes charmes si bien ordonnés, Jardin\nélu des sèves! Du jour où tu connus le jeu d'amour, mon aimée, tu le jouas\navec la conscience que tu apportais à un beau travail profitable, aux fonc­\ntions saines et rémunératrices de la vie rurale.\n   Autant que toi ce jardin faisait l'orgueil de ton père le cabaretier :\n   — Allons, Monsieur Jules, un petit tour de jardin!....\n   Et tu m'y pilotais et m'en montrais les métamorphoses progressives, ô\nma Chair non pareille !\n   Je m'intéressais, avec toi, aux végétations les plus discréditées. Charme\ndu temps, atrocement cru mais point banal, où fleurissent les pommes de\nterre! Temps humide, temps de gésine, temps gros, où la glèbe transpire\net sent la luxure. Oh ! je n'oublie pas, l'odeur fétide et pourtant irritante de\nces fleurs, ce parfum de racines qui tètent... C'est par un jour de pluie\nchaude de juin que tu te ployais pour me cueillir des fraises et en te rele­\nvant ta croupe craquait et ondulait, comme chez une pouliche qui se\ntrémousse, et je me penchai, et ton visage frôla le mien, si à propos, que,\nbouche à bouche, nous confondîmes longtemps nos souffles, éperdus\n   Baiser sain, savoureux, abondant... Mais si tes lèvres avaient le goût\nambrosiaque de la fraise, elles avaient aussi l'arôme un peu terreux et suret\n"}, {"page_pdf": 170, "texte": "                                    — 143 —\n\n  des fleurs dédaignées, des fleurs de la pomme de terre... Parfum de touf­\n  feur, d'orage et de sol détrempé\n    Combien de fois dans la gloriette me suis-je promené autour de toi, avec\n des haltes fréquentes, après avoir fait le tour du jardin ! Amour reposant et\n sur, viriles débondes, harmonieuse et pleine réfection des sens.\n    Cela devint une habitude.\n    Jamais de jalousie, de bouderie ou d'humeur. Je te retrouvais toujours\n secourable et complaisante comme je t'avais laissée la veille\n    C'est à peine si au mois des sureaux ou vers la chute des feuilles nos\n prostrations normales, longues, absolues, sans subterfuges et sans artifices,\n dignes de la Nature qui n'entend pas malice en ses œuvres, furent un peu\n plus violentes, ton rire moins joyeux et ta prunelle plus fiévreuse !\n    Une année, une pleine année de totales et copieuses possessions, ma\n sœur, ma libre et candide maîtresse!\n    Pourquoi ne me demandas-tu ni promesses, ni gages ? Il ne me fallut\n rien te jurer. Tu t'étais donnée comme je t'avais prise, tacitement, après\n quelques visites, sans préambule apparent, sans que nous ayons parlé de\ncela... Je crois même que nous parlions de bien autre chose : de la vieille\nservante du curé, si bavarde; de ton voisin, le fils du charron, ce rou­\ngeaud dont tu te moquais de si bonne foi, ou d'objets moins notables\nencore, de la voiture du baron d'Armelbrang, qui venait de passer avec un\nfracas despotique sur la grand'route silencieuse... Midi. Les mouches\npâmées et moribondes battent des ailes au bord de la vitre. Tu me tends\nune allumette enflammée pour rallumer ma pipe, tu ris de ma\nmaladresse et de ma distraction, je prends tes mains, je les presse, tu ris\ntoujours, mes dents crissent, j'ai froid dans le dos, et comme tu te recules,\nderrière le comptoir, je te renverse et hume, cueille, et m'approprie les irri­\ntantes prémices de ta jeunesse...\n    Damnation!... A ce seul souvenir mon sang s'insurge et se cabre comme\nun coursier de guerre dresse l'oreille à la fanfare de la charge... Et ce jour-là,\nje revins te voir, au crépuscule... Et comment se fait-il que rien de ce jour\nne me fut indifférent, que je revois jusqu'au sarrau bleu de ton polisson de\nfrère, qui rentra ce soir, un peu éméché, son foulard rouge sortant de la\npoche, et qui crut devoir me distraire en me proposant une partie de bil­\nlard... Le brave garçon !\n    D'où vient que je te regrette, ma blonde potelée, crême de femme, fraîche\net moelleuse, ferme et tendre, douce à respirer comme les simples, sapide\ncomme une mûre sauvage mordue à même les buissons, d'une saveur\npresque fraternelle, aussi caressante au toucher que l'étoffe satinée des mar­\ntagons du jardin !\n"}, {"page_pdf": 171, "texte": "                                  144\n\n   Me faut-il apprécier seulement aujourd'hui ton amour sûr et reposant,\nle seul qui ne me laissa ni rancœur, ni déboire? Dis, faut-il que ce soit seu­\nlement aujourd'hui? Et le sentiment de cet amour qui ne me démolit point,\nqui m'assouplit et me fortifia même comme un massage, qui n'eut rien\nd'artificiel et de corrodant, se met à fermenter maintenant dans mon cœur.\nAinsi l'anodine et rafraîchissante bière blanche du pays devient capiteuse\net traîtresse dans les cruchons de grès, hermétiquement clos.\n   Lorsque je partis pour la ville, tu ne te plaignis même pas, fille incom­\nparable. Devant les tiens ta main secoua cordialement la mienne. Demeurés\nseuls, un instant, ton baiser ne fut ni plus exaspéré ni moins balsamique\nque de coutume... Tu demeuras bonne, rieuse, accorte, comme toujours.\n   C'était pourtant en mai, amie point comédienne, et le jardin que me\nvantait ton père, serait si glorieux cette année et recommencerait avec tant\nd'exubérance et de prodigalité sa carrière, dont nous avions suivi les progrès\navec tant de sympathie l'autre été .. Et tu n'avais point démérité, tu n'avais\npoint vieilli.\n   Pas une allusion à la vie nouvelle qui commençait pour moi et aux\nconséquences de notre séparation... Nous nous quittions bons camarades,\ncomme nous nous étions rapprochés...\n   Les premiers mois de l'absence, je m'échappai, de loin en loin, de la ville,\npour te faire visite. Heureux, dans mon égoïsme, de te trouver toujours\nrose, rieuse et vaillante.\n   La dernière fois, c'est d'un air très simple, et avec une pudique rougeur,\nbien loyale, nullement affectée, que tu te levas à mon entrée... J'interrom­\npais ton tête-à-tête avec le fils du charron... Vous étiez attablés près de\nla fenêtre... Assis à ma place habituelle, le gars me tira gauchement sa\ncasquette... Et devant ton bon sourire, et devant la façon dont tes yeux\nclairs me désignaient, pour ton fiancé, le ferme et crâne gaillard dont les\ngrosses cuisses et le visage de pleine lune te mettaient en gaieté autrefois, je\nfus sur le point d'oublier que rien ne se fut passé entre nous, de croire, mon\nenfant, à ton innocence, bien entendu à cette innocence de la chair, dont\nparlent le catéchisme et la poésie surannée — car pour celle de ton cœur, de\nton bon cœur, je n'en ai jamais douté...\n   Cette fois, pourtant, profitant d'une sortie de ton futur baes, le mâle de\nmine prolifique, je voulus t'embrasser, et te traiter comme devant. C'était\nmal, pervers cela, et sortait de notre honnête commerce des jours passés.\nAussi tu ne me dis rien, tu ne te rebiffas pas avec colère, mais sans effarou­\nchement, sans pruderie affectée, sans colère, tu me regardas d'un air surpris,\nd'un air indifférent, de l'air inconsciemment cruel dans son affabilité même\nd'une personne renseignant un visiteur qui se trompe d'adresse...\n"}, {"page_pdf": 172, "texte": "                                   -   145   -\n\n\n     Pas d'autre changement en toi. Tu restais mon bon camarade, ma blonde\n  réjouie. Tu te laissas embrasser, tu te laissas embrasser... : si passive, que\n  je n'eus plus envie de recommencer. Et sans qu'il y eut eu reproche ou\n  autre explication, toute velléité de renouveau amoureux avec toi me\n  passa...\n     Cela fut si simple, si digne, si dépourvu de mise en scène et de posture\n  que dans le moment je fus conquis à la situation nouvelle, sans un regret,\n  sans un dépit, même pris de vénération pour l'extraordinaire fille. Je fus\n  même de belle humeur, je riais et te racontai, un peu en hâbleur et en\n gascon, des histoires merveilleuses de la grande ville, et le soir, quand ton\n frère rentra, accompagné du charron membru, je perdis royalement, au\n billard, deux tournées de bière blanche; et tu pus croire, — oh! le complé­\n ment suave de ma chair ! — que je te perdais, toi, avec autant de résigna­\n tion et de sérénité que le reste de l'enjeu...\n    Vois, la contagion de ton insouciance et de ton tempérament peu roma­\n nesque; l'après-midi, je ne songeai pas même à faire un tour au jardin, ou\n à aller seul m'asseoir, élégiaquement, sous la tonnelle... J'entrevoyais, au\n delà de la cour, les rouges pivoines enrichies de diamants par la dernière\n averse et je respirais des bouffées de terre humide et de fleurs potagères...\n    — Allons, Monsieur Jules, un petit tour de jardin?...\n    — Tout à l'heure, baes, tout à l'heure !...\n    Mais à présent, rentré à la ville, ce n'est plus la même chose. C'en est\n fait de mon beau calme, de mon indifférence, de mon dédain, de mon\n renoncement. Veux tu croire, ô succulente fille, amoureuse au ragoût\ninoubliable, que je souffre à l'idée de ton mariage avec ce rustre aux\n étreintes victorieuses! Je me le représente à l'œuvre, le gaillard expéditif.\n Un voile passe devant mes yeux. Vrai, s'il était ici, je lui chercherais que­\nrelle, moi qui l'ai complimenté sincèrement, moi qui ai mis, et sans arrière-\npensée, alors, vos mains l'une dans l'autre, et qui ai promis d'assister à la\nnoce...\n    Pardonne, cette déclaration, la première, mais, depuis, je commence à\ncroire que je t'ai aimé. C'était donc de la passion pour du vrai, et non de\nla bagatelle, du simple plaisir, de l'amusement corps à corps que nous pre­\nnions sous la tonnelle du banal jardin... Heureusement, positive campa­\ngnarde, que tu n'as jamais lu de livres et d'autres bêtises où des gens, sous\nprétexte qu'ils se voient volontiers de près, se lamentent, rêvassent, péro­\nrent, se rongent le cœur, se boudent, se jalousent au lieu de profiter de\nl'occasion et du temps, et de s'accoler, et de se mêler...\n    D'ailleurs, tu n'y comprendrais rien. C'est la ville qui réveille et entre-\n"}, {"page_pdf": 173, "texte": "                                  -      146-\n\ntient chez nous, ces lubies, ces chimères d'enfant gâté, ces recherches de\nmidi à quatorze heures, et qui nous fait regretter, — oh ! ne ris pas trop !\n— comme des trésors de bonheur, des périodes culminants de béatitude,\ndes paroxysmes de félicité, l'habitude, le passe-temps, le plaisir machinal,\nle pis-aller d'autrefois...\n   Tu ne ressasseras pas le passé, toi, ma placide et simplice compagne des\nfrancs jeux, tu ne rumineras point ta vie morte et ne connaîtras jamais les\nlancinantes nostalgies, ma simple et rose femelle, quand des enfants, beau­\ncoup d'enfants, te seront venus...\n   — Un tour de jardin, Monsieur Jules...\n   Ah ! baes, je ne hausserais plus les épaules et ne ferais plus le fort,\nl'homme raisonnable à présent. Le jardin! Je m'y précipiterais, j'y courrais\n en fanatique, je m'y plongerais, comme dans un sanctuaire, miraculeux ;\n à la fin d'un mélancolique et fervent pèlerinage...\n   Ah ! ce jardin ! Ce que je m'y promène, d'ici, en pensée ; ce que j'en hume\nles parfums violents, ce que j'en admire les fleurs barbares, ce que j'en\n croque les fruits rêches. Autant ces objets étaient passifs, couchants, effacés,\n tout à ma dévotion, là-bas, au temps de ma liaison avec ta fille, digne baes,\n autant à présent ils me hantent, m'obsèdent, me bourrèlent, impérieux,\n narquois, désirables.\n    Pas un détail que ma mémoire ne me rabache. Les plus futiles sont les\n plus acharnés. Le revers de la main dont le charron s'essuie le front et\n rejette en arrière sa casquette de soie; la couleur saurette de ses bragues\n rapiécées, la camisole rose de la petite, les turquoises de ses boucles\n d'oreille. Une touffe de pensées qui expiraient, dans un verre d'eau, sur le\n comptoir. L'odeur de la pipe. L'orteil qui passe par le bas troué du pacant,\n mon rival, lorsque, assis en balançant les jambes, il a laissé choir son\n sabot. Et l'air de petite ménagère en perspective, de petite femme qui soi­\n gnera bien son homme, l'air un peu dégoûté mais compatissant et pro­\n metteur aussi, dont elle a regardé l'orteil du robuste ouvrier. Les bouffées\n lourdes qui soufflent du jardin... Le clapotis de l'eau dans le bac où elle\n rince les verres; le glouglou du robinet... Leurs yeux d'une bêtise si affo­\n lante, le claquement de lèvres luron du gaillard, sa façon de se caler sur\n ses hanches, et de se cambrer... et l'ostensible appétence de la fiancée,\n devant ce prochain coucheur.\n  Toutes ces choses, toutes, toutes, bien d'autres encore, me suffoquent,\ncompactes et pesantes, et se résolvent en larmes contre les parois de mon\ncœur.\n  Et je rapproche de ces scènes récentes, les choses anciennes, celles de\n"}, {"page_pdf": 174, "texte": "                                  — 147 —\n\n mon règne, de mon pouvoir sur elle. Minutes incomprises, minutes mécon­\n nues, minutes si chères à présent ! Riens que je voudrais revivre au prix du\n restant de ma vie.\n   Au jardin du cabaret sur la grand'route de Hollande, mes souvenirs\n butinent comme des abeilles ; mais le miel qu'ils en rapportent, tourne à\nl'amertume.\n   C'est une assiettée de soupe au lard que tu mis un soir d'hiver devant ton\nlendore de frère et que tu plantes à présent devant ton baes fessu, aux\ncheveux filasses, aux yeux d'enfant, aux bras terribles... Et le chemin bordé\nde saules, qui me conduisait à ta porte; l'accotement étroit et poudreux,\nlongeant le fossé stagnant, et, par delà les blés, l'éclair d'une faux qui fait\nlever les sauterelles. Et le soir qui tombe, et la cloche du village qui te fait\ndire : « Déjà neuf heures! » ; et la nuit fermée, sans un réverbère, sans une\nlanterne, quand je sors du cabaret. Et nos mains et nos lèvres qui se con­\ncertent une dernière fois dans l'ombre, après que tu as poussé les volets...\n   Et les longs silences, quand tu te penchais sur ta couture avec, pour les\nscander, cet éternel : « Oui, Monsieur Jules, ainsi vont les choses de ce\nmonde! »\n   O chère béte qui me manque !...\n   Dire que je sais même à présent, à quel moment tu soupirais ! Dire que\ntout cela est passé, bien passé; que tu ne me seras jamais plus ce que tu\nm'as été, que je vieillirai, que je vieillis...\n   — Allons, Monsieur Jules, un petit tour de jardin!...\n   Ah oui ! Le JARDIN!...\n                                                     GEORGES EEKHOUD.\n"}, {"page_pdf": 175, "texte": "                                    — 148 —\n\n\n\n\n                       SOIR DE RACE\n                                                               A   PAUL VERLAINE\n\n\n\n   Un antique parterre seigneurial d'une folle et confuse végétation; dans le fond, un\nchâteau et une chapelle; au couchant, une haute forêt. Sur toutes choses, la douce\n lumière des fins d'après-midi.\n\n                                        IRÈNE\n\n\n     Que les heures m'étaient légères dans ce lieu,\n     Et quel grave entretien de mon âme avec Dieu!\n     Ces tombes! c'est le seul orgueil oit je me plaise,\n     Et c'est d'elles que rentre en mon âme mauvaise\n     Un peu de l'âme magnifique des dieux.\n     Quelle absolution rassérène les yeux,\n     Quel cœur impatient tout à coup de lui-même\n     Enlace éperdûment les fantômes qu'il aime !\n     L'airain familial secouant notre tour\n     Sonnait comme autrefois les heures de l'amour,\n     Et les yeux souriants de nos saintes images\n     Semblaient fixer au loin des cortèges de mages.\n     Des rameaux verts entraient par les vitraux brisés\n     Avec je ne sais quel arôme de baisers\n     Mis sur des mains d'enfant par des lèvres de vierges,\n     Et le cloître, où déjà mouraient mes pâles cierges,\n     O nos dieux! s'emplit des souffles du printemps.\n     Je sortis ; il semblait que le parc eut vingt ans,\n     Et que la puberté nouvelle de la terre\n     Nous fut plus grandiose en ce coin solitaire.\n     Hélénus ! ô mon seul et dolent Hélénus,\n     Rappelle-toi ! les jours annoncés sont venus\n     Où l'amour sauvera les derniers de la race.\n     Va-t'en, mon fils, vers ta Vierge pleine de grâce,\n     O toi, beau comme un autre archange Gabriel,\n     Avec les majestés de qui descend du ciel,\n"}, {"page_pdf": 176, "texte": "                          — 149 —\n\nVa, fais-lui don des lys de ton adolescence.\nEt ce printemps ravi de notre renaissance\nMêlera ses matins au renouveau des fleurs.\n\n\n               HÉLÉNUS (En longue robe flottante)\n\n\nQuel beau jour, en effet! — Mais je me sens ailleurs.\nJe me sens trop sous les arbres roux de l'automne,\nMère, et quand tu souris, j'ai peur et je m'étonne.\nMe voilà l'incurable et lent convalescent\nDont le jeune soleil cherche à chauffer le sang.\nBien en vain ! Et je vais, irrité dans mon rêve\nPar les obsessions trop vives de la sève.\nTous ces baisers posés sur mon front me font mal,\nEt c'est je ne sais quoi d'impur et d'animal,\nUne autre puberté pire que la première,\nQui trouble étrangement ma langueur coutumière.\nO les lointains d'un cœur stérile et virginal!\nMon âme est ce profond paysage automnal\nDont un calme couchant dore les feuilles mortes.\nLes tumultes humains aux voix rauques et fortes\nOnt de cruels échos dans la paix de mon air.\nJe me souhaite un clair, un radieux hiver\nOù les arbres givrés rosiront dans l'aurore,\n Un hiver qui, dans l'air métallique et sonore,\nMe comblera les sens d'âpres sensations.\nMes dieux au sang noir eurent des passions\nEt, jusque dans la mort, crurent à leurs chimères,\nLeurs fils ont rêvé d'eux sous les baisers des mères,\nMoi, le dernier venu, qui n'ai rien espéré.\nJe rêve seulement des rêves que j'aurai.\n\n\n                            IRÈNE\n\n\nNe m'as-tu pas comprise? Ou fuis-tu ma pensée?\nNe vois-tu pas venir la douce fiancée\nDont le triste sourire illumine les soirs,\nLa vierge toujours vierge, inconnue aux espoirs,\n"}, {"page_pdf": 177, "texte": "                          — 150 —\n\nQui nous fait du bonheur un éternel mystère?\nCelle qui te sera le tranquille parterre\nOù les chastes désirs s'en vont timidement,\nEt, dans les longs loisirs de leur enchantement,\nCueillent sans se hâter les pures fleurs de l'âme?\nQuand elle te viendra vers le cœur, cette femme,\nLes fleurs te fleureront plus douces dans ses pas.\n\n                          HÉLÉNUS\n\nEt tu m'amèneras Rolande, n'est-ce pas?\n Tu jetteras ce cœur qui bondit et qui crie\nAu travers de mon deuil et de ma rêverie?\nAh! si mon cœur jamais s'éprit d'un autre cœur,\n C'est que la parenté d'une même langueur\nMena fatalement ces fières solitudes\nDans les sentiers couverts de mes sollicitudes.\nLa douce Esther n'osa me faire ses aveux\nPour avoir deviné dans mes tristes cheveux\nL'indélébile pli des couronnes portées!\nEt parmi tant de cœurs et d'âmes révoltées\nQue les vaines amours n'avaient pu vaincre encor,\nElle m'aurait gardé le douloureux trésor\nDe sa virginité chrétienne, aux lèvres pâles !\nMais j'étais cet enfant qui vint après les mâles\nSur le trône vacant des farouches anciens,\nEt qui n'ose affronter les yeux fixes des siens,\nLe blond Carolingien morose et lymphatique\nQui, puni dans sa chair de l'orgueil    dynastique,\nS'entoure avec ennui du vieux faste romain.\nLe globe impérial qui pesait à ma main\nA tué dans mes bras la force des étreintes,\nEt j'ai vécu jadis parmi trop d'amours feintes\nPour croire maintenant aux candeurs du désir.\nDieu sait, pourtant, hélas! quand je la vois venir\nToute pâle et les yeux baissés sous ses longs voiles,\nRêveuse comme un soir sans lune et plein d'étoiles,\nDieu sait si les phénix de mes souhaits lointains\nNe se réveillent pas dans leurs bûchers éteints.\n"}, {"page_pdf": 178, "texte": "                         —    151    —\n\n\nRowena, l'enfant pâle aux paroles amères,\nM'appelait un rêveur plus beau que ses chimères.\nHélas ! elle l'était comme un adolescent,\nEt son sang et le mien étaient un même sang;\nMais ses yeux contemplaient les lointains de la vie\nSans que leur gravité se mêlât d'une envie,\nEt je n'ai pas trouvé dans mon royal Eden\n Un être aussi comblé de joie et de dédain !\nSi tu m'as vu souvent fouler sur ma colline\nLes manteaux oubliés du soleil qui décline,\nC'est que sur les fonds d'or d'un couchant plein de moi\nJ'ai vu se dérouler ce funèbre convoi :\nLes saintes de l'amour, dans une même plainte,\nPortaient l'enfant Eros aux cheveux d'hyacinthe.\nJe l'ai vul Ce martyr du séculaire ennui\nReposait sur un lit de lys moins blancs que lui,\n Toujours triste, toujours les lèvres entr'ouvertes\nDans le sourire saint des victimes offertes,\nEt sur qui voletaient les doux ramiers payais.\nQuelle musique, en l'air, de cantiques anciens,\nEt vers l'humilité de ce grand mort qui passe\nLe merveilleux concours d'archanges dans l'espace!\nIl est parti, le doux convoi silencieux,\nIl s'en est longuement allé sous d'autres cieux,\nAvec l'adieu de quelque amante qui s'attarde,\nToute seule, et dont le sourire vous regarde.\n\n                             IRÈNE\n\nSilence! car voici Rolande, pauvre       cœur.\n                                                 (Entre Rolande.)\n\nPourquoi si pâle, enfant! Quel midi de douleur\nAveugla de ses feux tes prunelles célestes?\nLe parfum de la terre et des bouquets agrestes\nN'environne donc plus tes bras adolescents,\nEt tu fouilles aussi tes pensers innocents?\nUne mélancolique après-midi de fête\nOuvre enfin la carrière à la sève inquiète ;\n"}, {"page_pdf": 179, "texte": "                             102\n\n\nVois ma forêt sous les premiers baisers du soir :\nL'arc-en ciel s'y serait tout à coup laissé choir\nQu'elle emplirait les yeux d'une moindre merveille!\n\n\n                         ROLANDE\n\n\nOui! c'est l'âme des vieux printemps qui se réveille;\nLa huit de tes halliers est pleine de frissons,\nEt de profonds parfums y chantent leurs chansons.\nL'homme triste s'en va de l'humide chaumière,\nEt, dans l'enivrement de la jeune lumière,\nRetourne éperdûment le terreau maternel.\nLes spectres toujours là du mal originel\nOnt eu leur point du jour, ainsi que les nuits vaines,\nEt la sève des fleurs cherche le sang des veines.\n\n\n\n                           IRÈNE\n\nHélénus,   entends-tu?\n\n\n\n                         HÉLÉNUS\n\n\n                      Mère, ce que j'entends,\nCe n'est pas cet ancien cantique du printemps,\nBanal à mes dégoûts comme un épithalame,\nEt les cerfs altérés qui me bramaient dans l'âme\nOnt clos leurs nobles yeux dans des ravins d'ennui.\nIl ne me reste rien, ô cœurs nés d'aujourd'hui,\nDes purs aveuglements qui firent notre race,\nEt rien ne me ferait endosser la cuirasse,\nRien! pas même le bruit des drapeaux déployés,\nO toi, Rolande, toi dont les yeux   effrayés\nTentent en vain de m' être une autre conscience.\nCeux qui m'ont précédé m'ont laissé leur science,\nEt j'ai le cœur fané de tout ce que je sais.\n"}, {"page_pdf": 180, "texte": "                         — 153 —\n\n\n                         ROLANDE\n\nHélas! et je venais en hâte, je pensais\nQue les bonds effrénés d'une sainte colère\nSoulèveraient ton cœur à ce seul nom de guerre.\nAvais-tu deviné mon secret dans mes yeux\"!\nSache que l'horizon natal est soucieux,\nQue des peuples nouveaux s'avancent sur nos marches,\nAssourdissant les deux du tumulte des marches.\nDéjà les nôtres, ceux du moins dont la fierté\nGrandit dans les déclins de la triste cité,\nCeux-là sont accourus sous les saintes bannières,\nEt de vieilles chansons les mènent aux frontières.\nAh! les éphèbes vus d'en haut et qui mourront\nAvec le grand baiser des dieux sur le front,\nJe les ai vu marcher à d'autres Thermopyles!\nEt les vieillards, debout sur les portes des villes,\nRegardaient ce réveil du passé belliqueux,\nEt leurs cœurs de jadis s'en allaient avec eux!\n\n                          IRÈNE\n\nAh! Rolande, merci! car tu combles mon rêve.\nJe veux le délivrer de sa gaine, le glaive\nQue les graves dieux sacrèrent dans le sang.\nUn frisson inconnu saisit l'adolescent\nQui l'osa soulever de ses mains inexpertes,\nIl rit! le souvenir des misères souffertes,\nLui f ait un pâle front d'archange révolté.\nL'ouragan d'une irrésistible lâcheté\nRefoule dans leurs morts les héros de naguère.\nL'enfant s'en va, n'ayant pour fanfare de guerre\nQue les vertigineux cantiques de son cœur,\nEt s'il meurt sous le nombre, il succombe vainqueur,\nEt son nom lui survit dans une autre épopée.\n\n                         HÉLÉNUS\n\nNon, ma mère, eh bien non! Je laisserai l'épée\nDans les bras de granit du héros qui l'étreint,\n"}, {"page_pdf": 181, "texte": "                                — 134 —\n\n\nL'acier s'émousserait contre le jeune airain.\nEt l'orgueil des vaincus défendant des reliques\nSerait mal célébré dans de rudes chroniques.\nNon, ma mère, à cette heure où je me sens mourir,\nJe ne me dresse pas dans un beau souvenir;\nLes barbares viendront, et je tendrai la gorge\nSans faire seulement au sabre qui m'égorge.\nL'hommage généreux d'un vaillant désespoir.\nMais je leur râlerai l'ironique au revoir\nQue fit à ses vainqueurs la cité d'Augustule,\nEt plus tard, quelque jour! lorsque leur crépuscule\nAura mis ces heureux sur un même déclin,\nIls reverront l'enfant aux tuniques de lin\nQui se rêve une vie et la vit dans les fables,\nEt nul n'en comprendra les grâces ineffables\nNi que son pur dédain le suive dans la mort.\n\n\n                                ROLANDE\n\nEt c'est tout, Hélénus? Eh! quoi, le fier transport\nQui soulevait tantôt ce profond cœur de mère\nNe t'aurait donc pas fait mourir pour sa chimère ?\nMais c'en est fait, enfant! Il se meurt dans mes bras,\nCe cœur, et tes remords ne le guériraient pas ;\nIl se meurt en un long sanglot qui le déchire,\nEt nul pleur dans les yeux n'annonce ce martyre,\nIl se meurt. — Et pourtant, Dieu sait si je t'aimais!\n\n    (Rolande s'en va, soutenant Irène qui, de plus en plus, défaille dans ses bras'.\n\n\n                                HÉLÉNUS\n\nAh! meurs aussi, mon cœur, et n'écoute jamais\nLes douces voix, toujours lointaines, de la femme !\nElles sonnent du cor dans les forêts de l'âme,\nEt d'un cor bien mourant et qui navre les soirs;\nLaisse désespérer loin de toi ces espoirs\nComme des orphelins perdus dans une lande.\nQu'importe la jeunesse aimable de Rolande ?\n"}, {"page_pdf": 182, "texte": "                             —   155 —\n\n\nQu'importe Rowena ? Qu'importe, enfin, Esther ?\nElles vont doucement, chastes comme l'éther.\n\n              (Esther et Rowena passent, dans le fond du parterre, en silence).\n\n\nRegarde-les passer : ces belles esseulées\nCueillent, sans se pencher, les lys de mes allées,\nEt tout en elles même est beau comme les lys.\nMais elles sombreront dans de profonds oublis,\nCes âmes qui parfois traversèrent mes songes,\nVaines comme l'espoir et comme les mensonges,\nEt seul et grandissant avec la nuit qui vient,\nLes cris intérieurs du cœur qui se souvient\nMe ramènent sans cesse à ma mère expirée.\nDe poignants souvenirs teintent cette vesprée,\nEt le sombre soleil se couche dans mes yeux !\nLe tranquille occident du soir religieux\nS'emplit de plus en plus d'un combat de nuées,\nEt d'effrayants lointains de forêts remuées\nHonorent les sanglots de ma race qui meurt\nD'une mystérieuse et splendide rumeur.\nRêvé-je, ou n'est-ce là que la chanson des sèves ?\nJ'entends là-bas sonner des clairons et des glaives.\nQue ferai-je ? Mourir tout seul et sans apprêts,\nC'est beau comme un couchant derrière des forêts,\nMais mourir en luttant, comme dans la légende !\n\n                                                         (Rentre Rolande).\n\n\nQuelles sont ces rumeurs à l'horizon, Rolande ?\n\n\n                             ROLANDE\n\n\nCe sont des enfants nus qui frappent des tambours,\nTout un peuple vêtu de saignantes peaux d'ours\nQui traîne autour de nous la joyeuse aventure !\nIls vaguent sans effroi, beaux comme la nature,\nEt chantent des combats livrés sous d'autres cieux,\nSans mêler à leurs faits de légende d'aïeux ;\n"}, {"page_pdf": 183, "texte": "                                      -    156    -\n\n      Car ils sont les premiers de leur nom, fils d'eux-même,\n     Et, quand ils vont lutter, la terre qui les aime\n      Tremble sous leurs pieds nus comme un sein maternel.\n      Oh! l'empire excédé qui s'est dit éternel!\n     Le sang des nations reflue au cœur des villes,\n     Et ce cœur de la race est plein de choses viles.\n     Ce sont des enfants nus qui soufflent dans des cors !\n     D'impétueux chevaux impatients du mors\n     Refoulent du poitrail les vagues de nos fleuves.\n     Ils s'en viennent, parmi les bras tendus des veuves,\n     Dans des confusions de belliqueux fracas,\n     Et le jeune Orient déferle dans leurs pas !\n     Il semble qu'un fléau comblant les mers humaines\n     En veuille refouler l'écume dans nos plaines,\n     Ils passent : en voici d'autres sur l'horizon !\n     Ce sont des enfants nus qui chantent leur chanson !\n     Et ces beaux derniers nés de la terre mourante\n     Nous apportent du fond de leur Asie errante\n     Les hymnes oubliés du cycle de l'amour.\n\n                                       HÉLÉNUS\n\n     Ah! Rolande, je veux mourir avec le jour !\n     Je veux mourir là-bas, dans un peu d'épopée ;\n     Emmène-moi.\n\n                                       ROLANDE\n\n\n                       C'est bien, enfant, voici l'épée.\n\n  Exeunt. Bruits de chars et de chevaux s'éloignant, fracas guerriers, clairons mourants.\nLe soleil s'est couché. Lent et définitif Angelus. Puis, dans le silence et les dernières\npourpres, s'avancent Esther et Rowena.\n\n\n                                       ROWENA\n\n     Voici que les derniers angelus ont tinté !\n     Les roses, qui gardaient un reste de clarté,\n     Nos roses, ô ma sœur, se sont toutes recloses,\n     Et les fleurs de ton sang ont f ait comme les roses.\n"}, {"page_pdf": 184, "texte": "                         —   157   -\n\nTa pâleur me remplit d'un invincible effroi;\nIl est doux de laisser mourir un peu de soi\nDans l'oubli qui descend aux heures vespérales,\nMais les étangs du soir sont pour moi pleins de râles,\nEt le mystérieux peuple des aïeux morts\nY traîne autour de nous ses nocturnes remords.\n\n                          ESTHER\n\nToujours c'est le passé qui revit dans les femmes,\nEt les anciennes peurs, fidèles à nos âmes,\nNe cesseront d'aller à tâtons par les soirs!\nBien des regrets courbés, peu de jeunes espoirs,\nDont un Dieu sans pitié fit ma vie et mes rêves,\nSe sont contre mon cœur tournés comme des glaives,\nEt je me sens, parmi les ivresses de mai,\nMater dolorosa de tout ce que j'aimai.\n\n                         ROWENA\n\nTu ne sais pas, ma sœur, les élans du cœur ivre\nQui dans de vains espoirs se contente de vivre,\nEt je mourrai baisant le seuil de l'avenir,\nO ma sœur déjà morte à trop te souvenir!\nJ'aspire au soir, tu fais ton regret de l'aurore;\nChacune a son tourment d'aimer que l'autre ignore,\nMais nous ensanglantons du sang de nos genoux\nDes calvaires semés de semblables cailloux.\n\n                          ESTHER\n\nEn vérité, ce soir m'est cruel; je m'évade\nTraînant derrière moi tout mon passé malade.\nC'est en vain! Car voici que je me ressouviens\nEt que l'essaim flétri de mes désirs anciens\nVient se poser encor sur mes lèvres fanées.\nO mes souhaits, ô mes chimères surmenées\nQui tentiez de vains vols vers les mornes amours!\nJe revois en arrière un horizon de jours\n"}, {"page_pdf": 185, "texte": "                            — 158 —\n\n    Qui sont des saharas ennuyés et livides\n    Où l'antique douleur met ses piscines vides,\n   Et l'espoir insensé, son mirage éternel.\n   Me suis-je trop complue en mon rêve charnel\n   Comme un lys qui voudrait vainement une rose,\n   Et les vraiment heureux vivent-ils l'âme close ?\n   Où bien es-tu maudit dans tout ce que tu veux,\n   0 mon sang, pauvre sang pur et las des dieux\n   Dont j'expie en mon cœur les révoltes passées ?\n    Tous nos pareils sont morts, jusque dans nos pensées,\n   Et toi qui n'aimas pas et moi qu'on n'aime plus,\n   Nous qui traînons un peu des siècles révolus,\n   Comme une ombre du soir, sur la terre distraite,\n   Quelle foi jusqu'au bout nous fait dresser la tête,\n    Toute de vanité, de colère et d'ennui?\n   Il n'est rien qui tressaille encore dans la nuit,\n   Que la nuit de pensers dont sont faites nos âmes,\n   Et sur les reins courbés des lamentables femmes\n   Un même deuil a mis les crêpes de la fin.\n\n                             ROWENA\n\n   Mon espoir me consume, et ton regret t'est vain,\n   Et le sang, mort en nous, des ancêtres barbares\n   Teindra prochainement de ses pourpres avares\n   Les glaives recourbés des barbares nouveaux.\n   Nous dormirons alors dans de profonds tombeaux\n   Oubliés sous les pieds dorés de la victoire,\n   Et les temps oublieux verront une autre histoire\n   Entourer quelque jeune et généreux vainqueur !\n\n  Mais les restes, toujours saignants, de l'ancien cœur,\n  Entrés par les écrits dans ces pures cervelles,\n  Mûriront longuement pour les moissons nouvelles\n  Les peuples confiants et vains qui nous liront,\n  Et ce dernier déclin vengera notre affront.\n\nFévrier 1888.\n                                             FERNAND SEVERIN.\n"}, {"page_pdf": 186, "texte": "                                 —   159   —\n\n\n\n\n     LES POÈTES BAUDELAIRIENS\n              Le vieil héritage de la poésie française, le patrimoine de Hugo et\n               de Baudelaire, en quelles mains est-il aujourd'hui? Aux\n               mains de ceux qui ont pour Coran la Légende des Siècles,\n               ou bien aux mains de ceux pour qui les Fleurs du Mal sont\nl'Évangile noir? Quels sont les princes de la poésie française en ces vingt\ndernières années, les fils de Charles Baudelaire ou les fils de Victor Hugo?\n    N'est-ce pas André Gil qui, un jour, à la belle époque de la caricature,\ndessina cette amusante silhouette de M. Spuller : le profil de cet homme\npolitique, quelconque, sans exagération d'aucune sorte, et derrière, comme\nson ombre même le profil de Léon Gambetta?\n    Regardez le profil de nos poètes d'aujourd'hui : quel est le profil que\nleur ombre dessine, celui de Baudelaire ou celui de Hugo?\n    Je ne connais guère d'élèves de Victor Hugo qui soient devenus des\nmaîtres. Je ne vois son ombre derrière le profil d'aucun poète absolu.\n    Certes, quelques maîtres de la seconde génération romantique furent\narmés chevaliers par lui. Certes, derrière le Gautier d'Albertus et de\nLa Comédie de la mort on distingue le masque de Hugo. Certes, il fut\nl'initiateur de cet extraordinaire poète de la joie: M. Théodore de Banville.\nMais sur tous les deux, quoique leur piété filiale en ait dit ou en dise\nencore, l'influence de Hugo ne fut ni profonde, ni durable. Le Grec d'Asie\nqui fut Théophile Gautier, et le Grec d'Athènes qui est M. de Banville,\ndoivent, littérairement, très peu au monstrueux poète panthéiste des\nQuatre vents de l'Esprit.\n    Léviathan reste seul, sans postérité.\n    Et si déjà les maîtres de la seconde génération romantique échappent à\nl'empreinte de Victor Hugo, n'est-il pas inutile de la rechercher dans les\npoètes de la fin du siècle?\n   Autre est la destinée de Charles Baudelaire. Hugo avait chanté l'opti­\nmisme de la fin du XVIIIe siècle, et les illusions du commencement du XIXe.\nBaudelaire, lui, fut le poète de la réaction intellectuelle et morale contre\nles idées de Hugo. Devant l'aveugle sourire de l'optimisme, il dressa\nl'effigie de la désespérance moderne. Il fut le grand Pessimiste, il fut\nl'annonciateur des générations désabusées, et il bouleversa l'axe de la poésie\ncontemporaine.\n"}, {"page_pdf": 187, "texte": "                                   — 160 —\n\n   Il fut le poète de la fin du siècle, comme Hugo avait été le poète de son\naurore. Et il éclaira l'art contemporain d'un crépuscule splendide, d'une\nrichesse douloureuse, et dont les maîtres d'aujourd'hui ont tous, sur le\nfront, le dernier reflet.\n   Les deux fils les plus directs de Charles Baudelaire, pour ne citer que\ndes maîtres, sont : M. Paul Verlaine et M. Stéphane Mallarmé.\n\n\n                                        I\n\n                         M. PAUL VERLAINE\n\n   Comment le poète des Fêtes galantes, des Romances sans paroles, de\ntant d'œuvres nuancées et frêles, comment le pénitent de Sagesse et\nd'Amour, de tant de poèmes résignés et doux, peut être le descendant\nlégitime de Baudelaire, cela ne doit pas être expliqué à ceux qui savent lire,\net ne peut pas l'être aux autres.\n\n               Le soir tombait, un soir équivoque d'automne :\n               Les belles, se pendant rêveuses à nos bras,\n               Dirent alors des mots si spécieux, tout bas,\n               Que notre âme, depuis ce temps, tremble et s'étonne.\n\n   Cette strophe des Ingénus, entre beaucoup d'autres, suffit.\n   Comme Baudelaine, M. Paul Verlaine est un poète d'analyse doublé\nd'un poète de sensation. Comme Baudelaire, M. Paul Verlaine s'est penché\nsur les phénomènes de la troublante et savoureuse décadence. Comme\nBaudelaire, il a chanté l'amour et le néant de l'empire charnel.. Comme\nBaudelaire, il est, malgré tout, un poète latin et catholique. Comme Bau­\ndelaire enfin, il est un artiste de pure et légitime lignée française.\n   Mais si, comme Baudelaire, M. Paul Verlaine est à la fois un poète\nd'analyse et de sensation, il ne l'est point comme lui, ni de la même\nmanière. Baudelaire a rimé des poèmes de structure sèche, inflexible, puri­\ntaine presque, d'où les prestiges de la couleur sont impitoyablement exilés,\nsquelettes noirs et mornes que rien n'enflamme, auxquels rien ne prête la\nsensualité de la vie. Parmi ces poèmes d'une signification amère et cruelle,\nnous pourrions citer le Vampire, le Revenant, la Sépulture d'un Poète\nmaudit, l'Examen de minuit, l'Avertisseur. L'analyse psychologique y est\ndessinée à grands traits sombres, et la sensation en est bannie. C'est de la\npsychologie presque géométrique à force d'être précise. Elle pénètre par\nl'esprit, non par les sens. D'autres fleurs du mal, au contraire, surgissent\n"}, {"page_pdf": 188, "texte": "                                   —   I6I   —\n\nde la sensation. Elles sont d'un rouge obscur ou d'un violet ténébreux,\nelles parlent par leurs couleurs et par leur feuillage, et l'analyse ne s'en\nexhale que peu à peu, comme un parfum. Parmi ces poèmes, il en est\nd'inoubliables, comme les Phares, Harmonie du soir, A celle qui est\ntrop gaie, Delphine et Hippolyte, les Femmes damnées.\n   M. Paul Verlaine, au contraire, ne sépare jamais l'analyse de la sensa­\ntion. Toujours dans ses poèmes, comme dans certaines fleurs du mal,\nl'analyse est cachée sous l'image et le luxe des formes. Il n'a point le côté\n« eau-forte » de Baudelaire. Même dans l'admirable sonnet analytique\nintitulé Langueur, le poète sensationnel se dénonce à chaque instant.\n\n                    Je suis l'Empire à la fin de la décadence\n                    Qui regarde passer les grands barbares blancs\n                    En composant des acrostiches indolents\n                    D'un style d'or où la langueur du soleil danse.\n\n   M. Paul Verlaine est, à l'égal de Baudelaire, un artiste de décadence,\nc'est-à-dire d'extrême civilisation. Mais malgré leur parenté littéraire, quel\nabîme entre eux ! Baudelaire nous apparaît comme un poète de haute et\nforte santé intellectuelle. Il regarde la décadence latine d'un œil aigu de\ncurieux. Il l'évoque et la célèbre dans des strophes essentiellement volon­\ntaires. Et il s'étonne d'elle un peu comme les « grands barbares blancs » de\nM. Paul Verlaine.\n   Le poète de Sagesse ne possède ni cette santé, ni cette vigueur. En face\nde Baudelaire, il semble un de ces Romains à l'agonie de leur volonté et de\nleur richesse, pour qui toute dépense de force, même physique, devient un\nennui et une douleur, et qui se bercent, eux et leur incapacité de vivre, dans\nje ne sais quelles subtilités sentimentales, dans je ne sais quelles étranges\npuérilités de cœur. La paralysie de la volonté devient une jouissance amer­\ntumée. L'âme n'est plus seule, elle est « seulette ». Et cette grâce fardée des\ndiminutifs est un indice d'affaiblissement. On compose des « acrostiches\nindolents », on invente un art à la fois naïf et roué, enfantin et sournois,\nprimitif et raffiné, dont le style d'or est indifférent à tout, même aux objets\nqui le font reluire, de même que le cœur est indifférent aux êtres qui le font\nde moins en moins battre. Baudelaire nous apparaît maintenant comme un\nbarbare de trente ans, et M. Paul Verlaine comme un jeune Romain d'une\nenfance persistante et faisandée.\n   Baudelaire a chanté l'amour charnel, charnel jusqu'au mysticisme.\nM. Paul Verlaine aussi, mais sur le mode mineur, et d'une façon entre\ntoutes personnelle. Que Baudelaire exalte « la Madone », ou la méprise,\n"}, {"page_pdf": 189, "texte": "                                    —   162   —\n\n\nqu'il lui dédie de langoureuses litanies ou qu'il la flagelle de dédaigneuses\ncrudités, il aime ou il hait d'un cœur puissant et fort, d'une âme énergique\net fière, en des strophes où la vie rebondit après chaque blessure.\n\n               Ce qu'il faut à ce cœur profond comme un abîme\n               C'est toi, lady Macbeth, âme puissante au crime,\n               Rêve d Eschyle éclos au pays des autans,\n\n                Ou bien toi, grande Nuit, fille de  Michel-Ange,\n                Qui tords paisiblement dans une pose étrange\n                Tes appas façonnés aux bouches des Titans !\n\n\n   L'amour, chez M. Paul Verlaine, n'a pas ces élans désordonnés. Ces\nressorts tragiques lui sont étrangers. Il ne recherche ni la force, ni la dou­\nceur — forte malgré tout — de Baudelaire. Il aime d'une manière plus\natténuée, plus assourdie; il descend jusqu'aux nuances imperceptibles,\njusqu'aux décolorations fugitives. Ni foi robuste, ni volonté armée. Seul,\nun amour — ou un ennui — d' « on ne sait quoi qui vous afflige ».\n\n                Tout en chantant sur le mode mineur\n                L'amour vainqueur et la vie opportune,\n                Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur...\n\n   Non, ils n'ont pas l'air d'y croire, ils n'y croient guère, pas plus que les\namants de l'Embarquement pour Cythère; ils souffrent de n'y pas croire,\net ils en jouissent, et l'amour devient chez eux un libertinage exquis, à la\nfois puéril et douloureux.\n    Comme Baudelaire, M. Paul Verlaine est un poète d'inspiration latine\net catholique. S'il y a plus d'un lys d'Eglise dans le ténébreux bouquet des\nFleurs du mal, il y a plus d'un œillet de sacristie entre les pages de ce\nbizarre missel qui s'appelle Sagesse. Mais ici encore, comme partout,\nM. Paul Verlaine a cueilli sa gerbe personnelle et fine.\n    Baudelaire eut la vision d'un catholicisme somptueux et sévère, d'une\ndévotion espagnole, à la Sainte-Thérèse. Jeté dans un siècle de foi, il eût\nété un catholique militant et belliqueux, un de ceux pour qui la croix,\n retournée, se change en glaive. Il eût été un observateur fanatique de la\nrègle, un esclave de la discipline religieuse. Et cette vocation sans objet se\nretrouve dans ses révoltes mêmes, dans ses poèmes blasphématoires, qui ne\n sont que les cris de douleur d'une piété qui s'affirme en se déchirant.\n    M. Paul Verlaine est un catholique plus doux, plus timide, plus hésitant.\nC'est en naufragé, en naufragé du cœur et des sens, qu'il joint les mains\n"}, {"page_pdf": 190, "texte": "                                   — 163 —\n\nvers l'étoile des mers. Son Ave, maris Stella n'est pas un élancement de\nl'esprit, un désir de l'intelligence, c'est encore l'appel désespéré de la chair\nmeurtrie, une prière malgré tout sensuelle, un pèlerinage vaguement inté­\nressé vers des douceurs et des voluptés plus voluptueuses et plus douces. Sa\npiété hésite entre des souvenirs physiques de première communiante et des\npratiques machinales de vieille dévote. C'est à la fois d'une jeunesse décon­\ncertante et d'une étonnante vieillesse de cœur ; c'est frais et fané, avec des\nparfums de fleurs de mai et l'haleine très mûre des roses de novembre.\nL'âpre charité de Baudelaire offusquerait son catholicisme na'if et sans\nvolonté.\n   Autant que Baudelaire, mais tout autrement, M. Paul Verlaine est un\npoète de race latine et éminemment française. Baudelaire est un artiste de\nla branche mâle; M. Paul Verlaine est un artiste de la branche femelle.\n L'un eût été reconnu deCorneille et l'autre avoué de Racine. L'un a joué en\nmaître de l'instrument énergique et viril sur lequel s'essayèrent les écrivains\nde la France rude ; l'autre a fait pleurer, d'une main féminine et flexible, les\nchanterelles plaintives qui vibrent si tendrement dans le cœur des poètes de\nla France douce.\n    M. Paul Verlaine — et c'est là un des points sur lesquels il faut insister\n— est un écrivain de sève très française. Il est français d'une façon exquise\net profonde, par son intuition des nuances et des délicatesses de la langue.\n    Il l'est, miraculeusement, par sa netteté dans les imaginations les plus\nvagues, et par sa finesse dans les évocations les plus colorées. Relisez les\n Fêtes galantes et vous vous défendrez, difficilement de penser que M. Paul\nVerlaine est, en pleine modernité, le poète que le XVIIIe siècle nous devait,\n et ne nous a pas donné. Il est français — aristocratiquement — jusqu'au\nbout des ongles. Comme Watteau, il a trouvé l'infini dans la douceur\ntriste et dans la joie incertaine. Il est le grand poète d'un Embarquement\npour Cythère qui, — juste revanche — n'a pas trouvé de peintre aujour­\nd'hui. Et quoiqu'il s'éloigne du XVIIIe siècle par une soif de souffrir très\ncontemporaine, même ses retours de Cythère ont gardé quelque chose de\nl'essence ambrée qui parfume les rêves de Watteau.\n   Français, il l'est à tel point qu'il est retourné à la chanson populaire,\nqu'il en a tiré un art poétique, et des Romances sans paroles d'une nou­\nveauté renouvelée qu'on ne saurait assez admirer.\n                       C'est le chien de Jean de Nivelle\n                       Qui mord sous l'œil même du guet\n                       Le chat de la mère Michel;\n                       François-les-bas-bleus s'en égaie.\n"}, {"page_pdf": 191, "texte": "                                  — 164 —\n\n   Les réminiscences de la vieille et charmante chanson populaire traversant\nl'œuvre de M. Verlaine, comme un fil de soie surannée. C'est elle-même, la\nchanson, la « bonne chanson », pittoresque et naïve, avec ses rires et ses\nlarmes, ses négligences cordiales et ses préciosités si naturelles, c'est la\nchanson, chantée par un maître.\n   M. Paul Verlaine est allé à elle, simplement, sans le savoir peut-être, à\ncause de ce don, qu'il a au suprême degré, d'être le « poète enfant ». Il y a\nchez M. Verlaine un étonné de la vie, un étonné qui la regarde, les yeux\nclairs et grands. Et ce regard persiste, malgré Jadis et Naguère, malgré\ntoutes les traverses d'une existence saturnienne, ce regard vous interroge\nentre deux strophes, entre deux vers, et cette naïveté devient parfois dou­\nloureuse et poignante.\n\n               Soyons deux enfants, soyons deux jeunes filles,\n               Eprises de rien et de tout étonnées,\n               Qui s'en vont pâlir sous les chastes charmilles\n               Sans même savoir qu'elles sont pardonnées.\n\n\n   Là où le poète d'Amour règne absolument, c'est dans je ne sais quelle\nespèce de sensation sentimentale, difficile à définir, et pour laquelle il\nfaudrait inventer des mots étranges. Ici la critique a le devoir d'abdiquer,\npuisqu'elle ne peut pas expliquer ce qui l'intrigue. Dans l'œuvre entière\nde M. Paul Verlaine, depuis les Poèmes saturniens jusqu'au dernier recueil\nintitulé Amour, les vers de sensation sentimentale abondent, surgissent,\njaillissent avec une facilité qui surprend et qui arrête.\n   C'est, pour en venir aux exemples, dans le poème Kaléidoscope, ce vers\nsi simple et si troublant :\n\n               Ce sera comme quand on a déjà vécu...\n\n\n   Et cet autre, plus magnifique encore :\n\n               Les choses seront plus les mêmes qu'autrefois.\n\n\n   Ces vers volent, comme un éclair, d'un pôle à l'autre de la sensation. Ils\nsont d'un évocateur sans égal dans la littérature française de toutes les\népoques. Celui qui les a rêvés y vit à jamais avec son rêve. De tels vers sont\nd'un poète absolu.\n"}, {"page_pdf": 192, "texte": "                                  — 165 —\n\n  C'est encore, dans les Romances sans paroles, ces strophes inquiétantes :\n\n                           Corneille poussive.\n                           El vous, les loups inaigres,\n                           Par ces bises aigres,\n                           QUOI DONC VOUS ARRIVE ?\n\n\n                           Le ciel est de cuivre,\n                           Sans lueur aucune.\n                           ON CROIRAIT VOIR VIVRE\n                           ET MOURIR LA LUNE.\n\n\n\n  Telle aussi, dans Amour, cette strophe merveilleuse :\n\n               Pourtant j'étais né pour plaire aux nobles âmes,\n               Pour les consoler un peu d'un monde impur,\n               CIMIER D'OR CHANTEUR ET TUNIQUE DE FLAMMES,\n               MOI LE CHEVALIER QUI SAIGNE SUR AZUR !\n\n\n\n   Ces vers sont immenses, et je défie les poètes de volonté pure d'en\ninventer qui exhalent ce magnétisme et ce vertige.\n   Faut-il, après cela, descendre jusqu'aux subtilités de métier, et faut-il\nsignaler M. Paul Verlaine comme ouvrier personnel et comme inventeur de\nrhythmes? Je ne le pense pas. Chacun sait qu'il a élargi, distendu et sensi­\nbilisé le vers français. Personne n'ignore qu'il a trouvé des harmonies\nneuves, d'une ténuité et d'une fluidité inconnues. Les vers de neuf, de onze,\nde treize syllabes acquièrent, sous ses mains savantes, une musique inusitée.\nA quoi bon dire ce que tout le monde sait? Et à quoi bon mettre en lumière\nce qui, tout d'abord, chez M. Paul Verlaine, éblouit les très jeunes poètes?\nCes rhythmes-là, nouveaux ou renouvelés, ne sont que la clef de son œuvre.\nIl faut user de cette clef pour y pénétrer ; mais, quand on est entré, grâce\nà elle, dans le palais mystérieux que M. Paul Verlaine s'est dédié, on admire\nvoluptueusement, silencieusement, sans plus penser à la clef qui vous a\nouvert les portes.\n                                                          ALBERT GIRAUD.\n"}, {"page_pdf": 193, "texte": "                 — 166 —\n\n\n\n\n      NOX BENIGNA\nLa cathédrale est majestueuse\nQue j'imagine en pleine campagne\nSur quelque affluent de quelque Meuse\nNon loin de l'Océan qu'il regagne;\n\n\nL'Océan pas vu que je devine\nPar l'air chargé de sels et d'arômes.\nLa croix est d'or dans la nuit divine\nD'entre l'envol des tours et des dômes;\n\n\nDes angelus font aux campaniles\nUne couronne d'argent qui chante;\nDe blattes hibous aux longs cris graciles\nTournent sans fin de sorte charmante;\n\n\nDes processions jeunes et claires\nVont et viennent de porches sans nombre,\nSoie et perles de vivants rosaires,\nRogations pour de chers fruits    d'ombre.\n\n\nCe n'est pas un rêve ni la vie,\nC'est ma belle et ma chaste pensée,\nSi vous voulez, ma philosophie,\nMa mort choisie ainsi déguisée.\n\n                                      P A U L VERLAINE.\n"}, {"page_pdf": 194, "texte": "                                   -   167   -\n\n\n\n\n             CHRONIQUE MUSICALE\n                 Le petit défilé d'auteurs français à la Monnaie s'est terminé un\n                  peu mieux qu'il n'avait commencé.\n                    Après ce pauvre Jocelyn — prononcez Godard — qui a\n                  suivi de près dans l'oubli sa grand'maman Gioconda, est venu,\n  tout en sourire, ce bon M. Delibes. Laissez venir à nous les petits auteurs !\n  car parmi eux, il en est de délicieux, pleins de charme, de grâce et d'esprit.\n  Tel le musicien-calligraphe qui a écrit Le Roi l'a dit, cette œuvrette dont les\n  pensées ont la profondeur d'un battement de cils, d'un sourire ou d'une\n  chiquenaude ; cette opérette classique qui n'a que le style du vêtement mais\n  qui a ce style là.\n     Parmi les autres, parmi ceux qui deviendront grands, peut-être, retenez\n  pour la seconde fois le nom des auteurs de Saint-Mégrin et d'Une aven­\n  ture d'Arlequin dont la dualité intrigue tant de monde : P.-L. Hillema-\n  cher ; car ils n'ont pas failli aux promesses de leur début et leur personna­\n lité, qui descend héréditairement de Bach, Schumann, Berlioz, Saint-Saëns,\n s'accentue.\n    L'arlequin dont ils nous décrivent musicalement l'aventure dans cet acte\n en deux tableaux, est un arlequin du dix-septième siècle sans parenté\n aucune avec les arlequins pompadours de M. Poise. Un arlequin du siècle\n sombre, italianisé par les Médicis, où les têtes aux visages secs et jaunes,\n aux yeux perfides, aux barbiches acérées sortaient de lourdes fraises\n pareilles à des carcans. C'est l'arlequin authentique de cette triste comédie\n italienne dont la bouffonnerie est comme Scaramouche, toute vêtue de\n noir. Mais ce genre moral plus qu'humoristique convient à leur esprit\n sérieux. L'époque surtout, très voisine encore du moyen-âge, convient à\n leur nature avec ses tons épais et sombres, ses tons âcres, ses tons acides,\n ses tons d'eau-forte qui s'adoucissent par lueurs pour prendre la tendresse\nnaïve des vieux français du seizième siècle.\n    Cette œuvre ne trahit plus autant que Saint-Mégrin, le travail acharné,\nparfois pénible des ardents techniciens. A travers le paysage symphonique,\ntoujours chaud et touffu, la lumière de leur âme de poète circule plus libre­\nment..\n    Les partitions de MM. Delibes et Hillemacher ont eu pour interprètes\nprincipaux Mme Landouzy et M. Isnardon. Il est juste de noter le nom de\ndeux artistes de valeur qui, fort heureusement, nous restent et dont le\ntalent a soutenu les deux rares œuvres de cette saison d'opéra-comique.\n                                                     HENRY MAUBEL.\n"}, {"page_pdf": 195, "texte": "                                  — 168 —\n\n\n\n\n                 CHRONIQUE D'ART\n                                  L'ESSOR\n\n              Dans les salles que viennent de quitter les XX, l'Essor installe\n               sa XII e exposition annuelle. Forcément des comparaisons\n               s'imposent : la transition est trop brusque pour ne pas être\n               vivement sentie. D'un cercle à l'autre, l'intellectuel niveau\nbaisse d'un degré ; l'artistique, de plusieurs. Nous étions dans la bonne\nbataille des tentatives discutées, dans la fièvre des coups d'audace, dans la\ndiversité des originalités s'affirmant, nous revoici dans l'uniforme banalité\ndes vieilles choses connues. J'oublie le procédé monotone et pédant, la\nmédiocrité des protagonistes de la peinture à base de punaises multicolores\nqui, cette année, prédominait aux XX, pour ne me souvenir que de sa nou­\nveauté, de son intéressant souci d'art progressif et « autre». Il y a plus d'essor\nvéritable chez ceux qui n'ont pas arboré ce beau titre sonore, et l'exposition\nprésente désaffectionne quelque peu d'un groupe où pas un effort n'est tenté\nde vol plus large vers des régions inexplorées.\n   Des jeunes, ceux qui ont abouti à cette placidité navrante? Toutes les\nquerelles récentes, les modernes recherches de lumière, les préoccupations\nactuelles, l'impressionnisme ancien ou nouveau, ils semblent tout ignorer,\nou tout dédaigner, ce qui serait pis. Des jeunes, allons donc ! Plus j'y pense,\nplus je me les figure pareils à de pauvres petits vieillards, ratatinés et con­\nservés en l'alcool, dans le repos et le calme de rayons isolés où ne pénètre\njamais le soleil.\n   Trois exposants valent une critique spéciale : MM. FRÉDÉRIC, DEL-\nVILLE et D E BIÈVRE. Ce sont les fleurs d'art qui émergent, malheureuse­\nment pas bien haut, de ce marais. Les autres sont dignes de l'éloge banal\nqu'on distribue au hasard, comme d'inconscientes poignées de main dans\nune foule.\n    Quelques-uns, dont par convenance il faut taire les noms, sont atteints\nd'un bourgeoisisme fétide et incurable ; à quoi bon débiner leur petit com­\nmerce? Leur industrie peut s'exercer par le pinceau et les couleurs; ils n'ont\nrien de commun avec l'Art. Les bourgeois peuvent leur porter leurs mon­\nnaies et leurs bravos; ces succès sont leur récompense et... leur condamna­\ntion. De nous, ils ne peuvent attendre qu'une énorme indifférence, à peine\nun léger mépris.\n    D'autres sont moins repoussants. Ils font proprement leur petite besogne\n et le pion avait jadis au collège un mot pour caractériser leur application :\n satisfaisant. Médiocrités bien sages, pas remuantes et modestement mar­\n chant, le plus souvent, dans l'ombre de quelque maître, exerçant un peu la\n peinture comme un métier, et en sachant généralement tout ce qu'on peut\n en apprendre sans trop de peine, bons élèves réservés aux bons points pour\n"}, {"page_pdf": 196, "texte": "                                    -   169   -\n\n  qui on aurait tort d'être trop sévère, car ils peinent avec obstination et\n  patience. On dit d'eux : « pas mal! » sans enthousiasme, mais quand ils\n  sont si nombreux, on se lasse à la longue et l'on se sent glacé devant tout\n  ce labeur que ne réchauffe aucune flamme. Camille Lemonnier disait dans\n  ses Médailles qu'on ne sentait pas suffisamment vibrer la petite bête chez\n  les peintres belges; chez les Essoriens, la petite bête est morte, si jamais elle\n  a vécu.\n     A des degrés divers, et sous réserve de ces observations, nous citerons\n  ainsi : LAGAE, pour une excellente étude, Adam et Eve, pleine de fougue\n et de style, où l'on retrouve l'inspiration de son maître, Jef Lambeaux ;\n  MARCETTE, qui nous semble moins heureux dans les paysages joyeux et\n ensoleillés du Midi qu'en sa belle impression mélancolique du dernier Salon\n de Bruxelles, à féliciter cependant pour une Venise rose et vaporeuse;\n HANOTEAU, avec des dessins qui rappellent trop Mellery, et BAERTSOEN,\n avec un Soir de Novembre qui rappelle trop Mauve; WOLLES, qui a un\n petit coin de verdure absolument charmant; JELLEY, qui expose un Soir\n d'Impasse avec de délicats contrastes de tons saumâtres et noirs; GEORGE,\n dont l'œil paraît sensible aux chansons de la couleur; DARDENNE, qui a\n des paysages un peu lourds, mais réussit dans les Toits de Bruxelles,\n d'une jolie harmonie de lignes capricieuses et de tons gris ; MAYNÉ, pour\n sa bonne volonté de réalisme et d'observation, un peu vulgaire; DIERICKX,\n perdant toute vigueur en des décorations hâtives; LYNEN, l'illustrateur\n connu, qui paraît en décadence. Un panneau, Sorcellerie, est particulière­\nment lamentable d'exécution et de concept; puis COPPENS, qui a des eaux-\n fortes intéressantes; ALBERT DILLENS, dont les paysages discrets et bru­\n meux m'attirent plus que l'envoi de JULIEN DlLLENS, le sculpteur, un\n talenteux, certes, celui-là, mais ne le prouvant guère cette année.\n    En résumé, pas une révélation; aucun début à applaudir, aucun effort à\n encourager, aucune affirmation nouvelle à constater. Nous connaissions\nces artistes, et la plupart ont déjà donné mieux.\n    Le « clou » auquel on s'est efforcé d'accrocher le succès du Salon, a été\nl'importante exposition de LÉON FRÉDÉRIC : une suite de fusains sur une\ndes industries nationales : le Lin; des dessins et des pastels. J'avoue que je\nne peux comprendre l'enthousiasme qu'elle a excitée ni m'associer à l'apo­\nthéose décernée au « jeune maître \". Léon Frédéric est, à coup sûr, parmi\nles jeunes, l'un des artistes les plus intéressants, et il a assez de précieuses\nqualités pour mériter bien des éloges. Il serait injuste de méconnaître la\nsincérité de son émotion. Il se penche plein de compassion et de bienveil­\nlance vers les humbles, les enfants, les pauvres gens, et il les observe avec\nune rare justesse dans leurs placidités malingres ou dans les difformités de\nleurs corps écrasés ou chétifs. Malheureusement, il ne va pas au delà. Il\ns'arrête à la réalité, et à une réalité toute extérieure qui, reproduite avec\nscrupule, sans déformation d'art, aboutit à la sécheresse et à la froideur de\nla photographie. Dans ses compositions les plus réussies, les personnages\nposent comme devant un objectif; on les sent raides, guindés, en bois, nulle\natmosphère ne les environne et rien de leur âme, de leur vie ne s'indique en\n"}, {"page_pdf": 197, "texte": "                                      170\nces cartons mélancoliques, mélancoliques à force de paraître voulus, labo­\nrieux, humbles eux-mêmes. Pour peindre les pauvres, il n'est pas nécessaire\nque la peinture soit ainsi nue et misérable, presque avare. L'art de M. Fré­\ndéric a l'air de demander l'aumône. Parfois ses mannequins glacés tombent\ndans la caricature, et les laideurs naturelles s'exagèrent en charge. De\nmême, ses petits paysages (je n'aime guère le grand pastel porcelaineux)\nsont de très exactes notations de verdures et de ciels, mais je cherche en\nvain quelle interprétation nouvelle ils nous donnent de la nature. Toujours\nla petite bête qu'on n'entend pas assez !\n    Les dessins de M. DE BIÈVRE m'ont plu. Ce sont pour la plupart des\ntranscriptions plastiques de passages de l'Apocalypse. Et au milieu des pla­\ntitudes de l'Essor, ils sont soulageants à rencontrer, comme témoignant de\nsoucis un peu supérieurs. Comme ces dessins ne sont pas œuvre d'obser­\nvation et qu'une culture littéraire est nécessaire pour les comprendre,\non n'a rien trouvé de mieux que de les comparer à ceux de Redon, ce qui\nest une grosse ânerie. Redon procède par déformations imprévues des traits\net pour des significations étranges obtient des effets de profondeur et de rêve\nénorme. M. De Bièvre, au contraire, cherche l'élégance des lignes, et ses\n dessins sont uniquement décoratifs. L'obscurité, qui chez Redon est un\n infini de mystère où grouillent les songes, est chez M. De Bièvre un moyen\n facile d'esquiver des difficultés. Une influence est autrement évidente, c'est\n celle de Rops dans les figures de femme et les modelés des corps. Les dessins\n de M. De Bièvre manquent d'intensité, ce qui est l'essentielle condition de\n ce genre; très habiles sans doute, mais tout à fait insuffisants. Ils peuvent\n être le résultat d'heureuses trouvailles du crayon ; ils ne prouvent pas assez\n le travail élevé de pensée qui les aurait inspirés et, par conséquent, tout en\n charmant l'œil, ils n'enlèvent pas l'esprit en de vastes songeries. Que M. De\n Bièvre aille voir, s'il ne les connaît déjà, les merveilleuses illustrations que\n Albert Durer fit pour V Apocalypse ; il comprendra alors combien grande\n fut l'audace de recommencer cette œuvre, et combien ses dessins à lui sont\n pâles, vides, insignifiants! N'importe! l'audace est belle — il y en a tant\n qui n'en ont point — et j'applaudis! Quand on a fait la Vision de la femme\n enceinte, avec le bel enroulement du dragon, on n'est pas banal et bien des\n hardiesses sont justifiées.\n     M. DELVILLE a débuté l'année passée par des toiles tapageuses destinées\n à forcer l'attention. Lui, au moins, en cette bande de vieillards, est jeune, il\n se remue ; il crispe sur un lit de douleur une femme qui va accoucher, et la\n montre nue, pourquoi? petit scandale facile qui n'a pas manqué d'attirer\n  le public; pour les bonnes âmes, il ne craint pas le sentimentalisme ridi­\n  cule d'un petit môme affamé regardant avec envie les fenêtres d'une cui­\n  sine; pour les amateurs d'excentricités, il cabosse des coins de toits, pêle-\n  mêle, en un grand cadre ; mais il fait preuve là et partout, d'une facilité\n  prodigieuse, d'une sensibilité vraiment artiste de la couleur, ainsi certains\n  paysages : la Neige et l'Automne, aux tons violâtres sont réellement bien. Ce\n  sont d'harmonieuses impressions, savoureusement rendues par une belle\n  palette. J'aime mieux encore ses dessins; il a un Soir, avec des paysannes\n"}, {"page_pdf": 198, "texte": "                                     — 171 —\n\n\nen silhouette d'un accent pénétrant. Mais tout cela est si contradictoire et\nquand je me rappelle l'exposition de l'année passée, tout cela me paraît tel­\nlement heurté, divers, confus que je suis en défiance. M. Delville a du talent,\nbeaucoup; il a trop de talents, et pas assez le sien. Les influences les plus\nopposées ont agi sur lui et sa personnalité ne s'est pas jusqu'ici nettement\naccusée. Mais il est jeune et bien doué et nous espérons beaucoup de lui,\ns'il se garde de l'art facile et lâché, dont il paraît trop aisément se contenter.\n                                                          JULES DESTRÉE.\n\n\n\n\n           CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                           I\n\nDu Silence, par M. GEORGES RODENIIACII.— Paris, Lemcrre, 1887, 1 vol. Prix fr. 1-50.\n\n\n              Carlyle demandait naguère qu'on élevât une statue au Silence.\n                M. Georges Rodenbach, en attendant, lui dédie une statuette,\n                une jolie statuette pensive, modelée par des mains d'artiste\n                sentimental et mélancolique.\n   Confidences d'amour murmurées à peine, secrets à voix basse, charme\ndoucement amer de la solitude, mutisme résigné du poète au milieu des\nfoules brutales, dédain sans révolte et taciturne des joies banales de la vie,\ntristesse vague de l'artiste que son idéal isole, paysages de banlieue où\nagonise le tumulte des cités, évocations nostalgiques des petites villes endor­\nmies du pays natal, où seul le carillon semble vivre, tout cela est chuchoté\ndans cette frêle musique de chambre, écho prolongé des « Soirs de province »\nde la Jeunesse blanche.\n   Du Silence a donc son unité, unité sans doute un peu monotone, mais\nunité profonde et sérieuse. Le livre fait valoir son titre :\n\n               Silence : c'est la voix qui se traîne, un peu lasse,\n               De la dame de mon silence, à très doux pas\n               Effeuillant les lys blancs de son teint dans la glace ;\n               Convalescente à peine, et qui voit tout là-bas\n               Les arbres, les passants, des ponts, une rivière\n               Où cheminent de grands nuages de lumière,\n               Mais qui, trop faible encore, est prise tout à coup\n               D'un ennui de la vie et comme d'un dégoût,\n               Et, — plus subtile, étant malade — mi-brisée,\n               Demande doucement qu'on ferme la croisée.\n\n\n  Cette fois, M. Georges Rodenbach a su éviter les disparates qui nous\nchoquaient dans la Jeunesse blanche. Il n'excite plus sa poésie douce,\n"}, {"page_pdf": 199, "texte": "                                    —    172   —\n\n\nélégiaque et lymphatique à prendre des poses d'héroisme et des attitudes\nvéhémentes. Il semble avoir reconnu ce qu'elles avaient de pénible et de\nfactice, et il ne tente plus de changer en lions irrités les tendres brebis et\nles chèvres sentimentales dont il est, depuis longtemps, le légitime et\nmièvre berger. Aussi, depuis que ces ouailles ne font plus semblant de\nrugir, sont-elles moins mordues par les mauvais loups de la critique.\n   M. Georges Rodenbach est en progrès. Et nous sommes très heureux de\npouvoir le reconnaître.\n   Nous n'en voulons pour preuve que le beau début de la pièce XXIII,\nd'ailleurs belle tout entière, mais trop longue pour que nous la reprodui­\nsions ici :\n               Mon rêve s'en retourne en souvenir tranquilles\n               Vers votre humilité, vieilles petites villes,\n               Villes de mon passé, villes élégiaques\n               Si dolentes les soirs de Noël et de Pâques,\n               Villes aux noms si doux : Audenarde,        Malines,\n               Pieuses qui priez comme des Ursulines\n               En rhythmant des avé sur les carillons tristes .\n               O villes de couvents, villes de catéchistes\n               Avec la sainte odeur des encens et des cires,\n               Villes s'assoupissant, si doucement martyres\n               De n'avoir pas été suffisamment      aimées!...\n\n   Comme on peut le voir, M. Georges Rodenbach a fait un effort — un\neffort qui a réussi — pour renouveler son vocabulaire poétique et pour\nrajeunir la flore de ses images d'autrefois. Il a cherché — et trouvé — des\nrimes inattendues et neuves, et il a eu le tact de briser et de distendre le\nrhythme dans la mesure qui convenait à son sujet. La volonté, une volonté\ncette fois bien dirigée, a secondé en cette recherche l'instinct du poète.\nNous le répétons, M. Rodenbach est en grand progrès.\n   Mais le poète nous en voudrait si nous n'allions pas jusqu'au bout de\nnotre pensée, tant dans la critique que dans l'éloge. Tout ne nous plaît pas\négalement dans sa nouvelle œuvre. Nous en avons énuméré sincèrement\nles mérites : nous allons en énumérer, avec la même sincérité, les défauts.\n   M. Georges Rodenbach est un poète de veine facile, trop facile, hélas!\nIl a des dons d'improvisateur à qui les beaux alexandrins ne coûtent pas\nplus que les strophes banales; et sa discipline manque un peu de sévérité.\nIl appartient à cette communauté d'art où les règles ont perdu leur rigueur,\nà cette abbaye de Thélème où les poètes n'ont d'autre devise que de rimer\nà leur aise, avec abondance.\n   Cette façon de produire ne va point sans des faiblesses, ni sans des incor­\nrections. M. Rodenbach se contente souvent de l'a peu près, et l'on pour­\nrait citer bien des endroits de son livre où sa vigilance est fort endormie.\nPar exemple ces vers :\n               Douceur de ce silence et de ne plus savoir\n               S'analyser et d'être à ce point qu'on croit voir\n               Des fils d'ombre...\n"}, {"page_pdf": 200, "texte": "                                    -   173    -\n\n   Les mots inutiles et les locutions redondantes foisonnent. Il semble,\neût-on dit, sont comme, toutes ces tournures vaines usurpent souvent les\ndeux tiers de l'alexandrin. Le génie de la langue est parfois un peu chif­\nfonné. M. Rodenbach abuse, autant qu'on peut abuser, de l'adjectif sub-\nstantivé, artifice très antifrançais, et que les bons poètes n'ont employé\nqu'avec des précautions infinies :\n\n               Il entre dans du noir et du noir entre en lui\n\n               Et tous les autres blancs du passé qu'on évoque.\n               Et du triste dans l'air comme un jour de Toussaint.\n\n  Il lui arrive aussi de brutaliser les mots, et d'écrire étourdîment :\n                                                   Vépres qui geint,\n\nsans se douter que ce substantif au pluriel et ce verbe au singulier ont quel­\nques raisons de se gourmer. « Qu'ils s'accordent ensemble où se gourment,\nqu'importe! » dit Martine. Et M. Rodenbach applique, sans motif, la bou­\ntade de cette servante de Molière.\n  Mais laissons là ces chicanes, dont les critiques à vol d'oiseau nous ont\ndéshabitués, mais dont leurs ancêtres du grand siècle étaient si friands. Et\nvenons-en à des objections plus sérieuses.\n  M. Georges Rodenbach manque parfois de goût. Il ne pèse pas ses\nvocables dans les justes balances des peseurs d'or, et il ne choisit pas tou­\njours le mot qui est réclamé par l'atmosphère du poème. C'est ainsi que\ndans une évocation très douce et très éteinte, il nous montre une\n               Aïeule aux cheveux blancs avec sa voix qui tousse,\n\nsans s'apercevoir que ce mot est infiniment trop lourd et trop matériel.\nC'est ainsi encore que dans une pièce de couleur gracieuse et en poussière,\nil risque\n               Des papillons fripés mourant sur des rosiers,\n\nsans se douter que fripés écorche méchamment l'oreille, et dissonne vilai­\nnement dans le vers.\n   Ajoutons à ces faiblesses et à ces infractions au goût, quelques réminis­\ncences par trop évidentes, et nous aurons dit, le plus équitablement pos­\nsible, le bien et le mal que nous pensons de ce livricule exquis, où la per­\nsonnalité du poète s'accentue, et qui fait honneur à M. Georges Rodenbach\net au Parnasse belge.\n                                                               ALBERT GIRAUD.\n"}, {"page_pdf": 201, "texte": "                                     — 174 —\n\n                                          II\n        La Belgique, par Camille Lemonnier. — 1 vol., chez Hachette, à Paris.\n\n    De M. Camille Lemonnier on a dit qu'il est un peintre de haute race\n flamande, maniant d'une plume prodigieusement habile les pâtes grasses et\n lumineuses d'où jaillit la gloire des Rubens et des Jordaens. Parenté illustre\n et authentique. Certes, si la vision éblouie des formes exubérantes et des\n couleurs à la fois véhémentes et fines constitue le tempérament propre des\n princes de la palette flamande, M. Lemonnier parmi ceux-là, est des pre­\n miers. Il est un œil d'une délicatesse et d'une puissance merveilleuses.\n L'éclat des pourpres claironnant les sacres et les massacres, la splendeur\n des ors ruisselant des richesses et de la lumière, la subtile tendresse des\n mauves et des roses qui raffinent les vagues lointains des rêveries, la mâle\n pureté des bleus célestes et royaux, la divine virginité des blancs vibrant\n comme des prières harpées, toute la splendide symphonie des couleurs\n résonne tour à tour triomphale et féminine dans ses phrases qui semblent\nécrites au pinceau.\n    Il est puéril d'insinuer, comme on l'a fait, que la vocation de M. Lemon­\n nier est plutôt picturale que littéraire. Si la magique vision d'un Rubens\n s'est réveillée de nos jours dans les. yeux d'un maître écrivain, sachons\nadmirer les miracles de style par lesquels il est parvenu à transposer ses\n sensations et ses conceptions et à tirer de l'outil littéraire des effets spéciaux\net puissants qui semblaient réservés à l'art des peintres.\n    Ce tempérament de coloriste flamand devait contempler avec une\nlarge sympathie le sol natal tout gonflé du bouillonnement des sèves.\nM. Lemonnier a parcouru la Belgique un peu comme un pèlerin exalté\nvisite les Lieux Saints. Aussi a-t-il été récompensé de ce patriotique amour.\nLa terre maternelle a déroulé pour lui ses tableaux les plus magnifiques,\net il a vu ce que tant d'honnêtes citoyens ne verront jamais, la Belgique\ntelle qu'elle apparaît aux yeux éblouis d'un grand artiste.\n    C'est ce panorama grandiose qui se déploie dans ce beau livre : La Bel­\ngique.\n    Est-ce la Belgique vraie, demandent les gens exacts? Qu'importe! Il y a\nla Belgique vraie des guides Conty, la Belgique vraie des commissaires\nd'arrondissement et des gardes-champêtres, la Belgique vraie des statisti­\nciens et des négociants; le point de vue de M. Lemonnier est autre assuré­\nment et l'on aurait tort de confondre son livre avec un tome de la collection\nJoanne.\n    Notre Revue a analysé les successives parties de la Belgique de\nM. Lemonnier au fur et à mesure de leur publication dans le Tour du\nMonde. Bornons-nous aujourd'hui à signaler tout spécialement l'admirable\nchapitre consacré à Bruges: ce sont-là peut-être les plus belles pages\nqu'ait composées l'auteur. La phrase y atteint une souplesse, une douceur,\nun brillant d'ardoises mouillées, un miroitement d'eaux calmes au soleil,\nd'un effet vraiment prodigieux.                                           XX.\n"}, {"page_pdf": 202, "texte": "                                        -      175   -\n\n\n\n\n                                MEMENTO\n   Camille Lemonnier vient d'obtenir, pour       dehors des querelles qui enlèvent toute\nla Belgique, le prix quinquennal. Le même        autorité aux appréciations de ceux qui\njury qui le lui refusa il y a cinq ans, est      sont en pleine bataille, a singulièrement dé­\nforcé de le lui accorder aujourd'hui. Nous       frisé et irrité les mystificateurs qui s'ima­\ny voyons une preuve éclatante de la vitalité     ginent qu'il suffit de s'entendre h plusieurs\nde notre mouvement littéraire.                   pour faire l'opinion avec l'aide des gazettes,\n   Nous félicitons Camille Lemonnier, dont       Aussi commence-t-on à l'égard de M. Fétis\nla réputation reçoit ainsi la consécration de    l'aimable boycottage par lequel ces mes­\nla foule.                                        sieurs essaient de terminer leurs querelles\n   Quant à nous, nous l'admirions avant;         quand on les laisse faire. Les menaces et\nnous l'admirons après. Il n'y a qu'un prix       les injures vont leur train. Mais cette tac­\nquinquennal de plus.                             tique est désormais percée à jour et ne nuit\n                                                 plus qu'aux petits qui l'emploient. »\n                                                    Or, l'article de M. Fétis sur l'Essor est...\n   L'Art moderne, dans un articulet aussi        de M. Charles Tardieu à qui nous adres­\nanonyme qu'emberlificoté, nous demande           sons nos excuses pour l'avoir capiliairement\npourquoi le nom de Camille Lemonnier             blanchi.\nfigure dans la liste de nos collaborateurs.\n   Réponse : Parce que Camille Lemonnier\na collaboré à la Jeune Belgique, et qu'il ne        Le nègre blanc qui donne les«bonàtirer»\nnous a jamais annoncé qu'il n'y collabore­       de l'Art moderne, sévit actuellement au Gil\nrait plus.                                       Blas sous le pseudonyme de JEAN DE\n   Et depuis quand l'Art moderne a-t-il          BRUXELLES. Le chasseur de M. Picard ne\nqualité pour parler au nom de Camille            se contente pas de faire les courses du pa­\nLemonnier?                                       tron, il a encore le toupet d'être le phono­\n   Il s'expose à recevoir un démenti de son      graphe international de toutes les amirautés.\nami.                                             Ecoutez moi ces finesses :\n                                                    « On s'étonne de voir l'Etat si parcimo­\n                                                 nieux pour l'œuvre d'un artiste laborieux et\n   L'Art moderne enregistre avec une douce       méritant. En différentes circonstances, dans\nsérénité la peu importante erreur commise        ces derniers temps, il a montré beaucoup\npar nous très récemment ; seulement, il la       de bienveillance en faveur de l'art jeune.\nretourne :                                       Exemple : le prix quinquennal offert par le\n   « M. Fétis, devant l'évidence lamentable      gouvernement à l'auteur du meilleur ou­\nde la « morose trivialité » de l'exposi­         vrage littéraire, vient d'être décerné à M. Ca­\ntion de l'Essor, a très sincèrement et avec      mille Lemonnier pour le beau livre qu'il a\nbeaucoup de fermeté mis le public en             écrit à la gloire de la Belgique.\ngarde contre les comptes-rendus élogieux,           « Il y a cinq ans, ce prix lui avait été re­\nstupéfiants de cynisme ou d'aveuglement,         fusé, bien qu'il eût, dès lors, des titres suf­\nque la presse des frères, amis et cama­          fisants pour l'obtenir. Il y eut, dans toute\nrades, a déclaqué depuis huit jours, à           la jeunesse littéraire, un mouvement d'in­\nla grande stupéfaction de la majorité des        dignation superbe, traduit par un banquet\nvisiteurs, disons-le à l'honneur de ceux-ci.     de protestation qui réunit au Grand-Hôtel\nCette leçon d'un critique absolument en          plus de deux cents convives.\n"}, {"page_pdf": 203, "texte": "                                         —       176 —\n\n\n   « Avec mélancolie, Camille Lemonnier             Vrai, le stagiaire-quand-même oublie sa\n assiste aujourd'hui à la fin de la lutte. Le     casquette galonnée et fait mal ses courses.\nvoici admis, consacré. Avec mélancolie            Que l'amiral prenne un petit nègre, noir\naussi, il voit ceux dont il encouragea les        cette fois.\ndébuts et qu'il réchauffa de sa belle ardeur\nau travail, dispersés, s'employant à de\nbasses besognes et ne gardant pas même la\nfierté des années de lutte. Le poison des\n                                                     Un monsieur qui signe E. L. à la Fédé­\nrancunes et des basses envies a désagrégé\n                                                  ration artistique, lâche les mêmes doléan­\ncette Jeune Belgique, il y a cinq ans si flo­\n                                                  ces pleurardes en un articulet mystérieux.\nrissante et si hautaine, aujourd'hui frappée\n                                                     Nous nous attaquons à la tête, quelque\nde consomption et agonisante. Ceux qui\n                                                  pelée qu'elle soit, non à la queue.\nprirent la parole au banquet Lemonnier\n                                                    Donc rien à répondre.\nsont restés fidèles à l'auteur de la Belgique:\nEdmond Picard, Emile Verhaeren, Georges\nRodenbach et leur groupe s'affermit d'année\nen année, tandis que s'en vont à la déban­\ndages les forces éparses sur lesquelles on\n                                                     En une étude sur Maître Edmond Picard\navait cru pouvoir compter et qu'une direc­\n                                                   dont nos lecteurs se souviennent peut-être,\ntion maladroite a jetées dansles tourbières. »\n                                                  nous disions de lui en juin 1887 : « Veut-il\n   Nous ne voyons pas très bien la mélan­          plaisanter, il tombe dans une trivialité sans\ncolie de M. Camille Lemonnier, mélancolie         finesse ; veut-il riposter à quelque mot bien\ndont le jeune Octave parle avec tant d'amer­      pointu qui le pique justement, il voit rouge,\ntume. Que nous chante ce Camembert, de            se fâche et met les pieds dans son plus beau\nrancunes et de basses envies? Où a-t-il été       plat de Chine ».\nchercher ces mots-là? Franchement, lui qui,          Nous croyions qu'un voyage distrayant,\ndans le mouvement littéraire, a eu tout au        quoique diplomatique, aurait modifié cette\nplus les fonctions de copie-lettres et de         tendance à la platitude dans la polémique;\nbiblioraphte, qui fut empalé naguère sur le       nous nous trompions. En une polémique\nsucre d'orge d'honneur que lui offrit M. Fré-     engagée de façon piquante — et cinglante,\ndérix, devrait se tenir un peu plus dans          il est vrai — par l'Etoile belge, relative­\nsa sphère. Qu'il soit secrétaire des XX,          ment à la participation de l'Art moderne au\nc'est parfait, étant données ses incontesta­      banquet Lemonnier, cette feuille d'art\nbles qualités de comptable; qu'il serve de        reprend ses coups de gueule avec toute la\nserviette aux dossiers de son maître, c'est       brutalité d'un ivrogne qui bat sa femme\nencore son droit, mais où il dépasse les          pour ne pas être accusé d'avoir bu. Les\nlimites du ridicule permis, c'est lorsqu'il       mots de coup de canne, de roquet (toute la\nformule les âneries qu'on vient de lire. Les      lyre) reviennent avec leur monotonie d'ar­\nbornes du doigt-dans-1'ceilisme existent.         guments charretiers.\n   « Débandades — forces éparses — tour­             M. Picard n'est pourtant plus à l'âge où\nbières — direction maladroite (1) », où le        l'on se livre à tant de gymnastique. Il est\ncandide boursouflé voit-il cela ? Lemonnier,      des faits: c'estque l ' A r t moderne n'a adhéré\nRodenbach ne sont plus des nôtres ?               à notre manifestation qu'au jour où il a vu\n   Mais ils existaient avant nous, et les         dans cette fête un succès certain, que\nvrais nôtres sont sans cesse les nouveaux-        M. Picard n'y a parlé qu'en sous-ordre (en\nvenus étayés par les anciens. La Jeune Bel­       un remarquable discours, d'ailleurs), que\ngique est fatalement destinée à se renou­         dans sa plaidoirie pour la liberté extra-offi­\nveler sans cesse, ce qu'elle fait d'ailleurs      cielle, il a affiché le plus beau des désinté­\navec quelque succès, nous semble.                 ressements (avant l'Anthologie!) et qu'au­\n                                                  jourd'hui, il prétend, à l'encontre de tous\n (1) A moi celle-là. M. W.                        ses actes, n'avoir pas changé d'opinion.\n"}, {"page_pdf": 204, "texte": "                                                 177\n\n   Qu'il discute ces choses que tout le           le décès tarde trop, au gré de leurs succes­\nmonde sait, et maudisse ses juges, mais           seurs. Le récit de l'illustre voyageur a été\nqu'il le fasse sur un ton qui ne fasse pas        recueilli dans un des volumes : l'Homme\nrougir le vieux boy.                              sauvage, de la Bibliothèque des merveilles,\n   Nous l'avons dit : c'est si joli, la polé­     si recherchée pour l'instruction et l'arran­\nmique de bonne humeur, qui houspille,             gement de la jeunesse. Il a singulièrement\nqui pince, qui ne se fâche pas, une Croix-        profité à la nôtre, semble-t-il. En effet, on\nde-Berny de controverses, où la galerie se        lit dans la dernière livraison de la Jeune\nplaît à l'assaut des ripostes, mais c'est si      Belgique : « Il faut que nous réagissions\nfacile de retourner à sa nature et d'être         contre le réenvahissement des cadavres qui\nmaquignon de lettres !                            récalcitrent (les vieux qui vivent trop long­\n                                                  temps). Sans nommer personne pour le\n                                                  moment, nous tenons à annoncer des aba-\n   La Wallonie continue à ne pas être con­        tages prochains, à commencer par certains\ntente. Le supplément mensuel de l ' A r t mo­     vieux bonzes de la critique, dont la désin­\nderne vitupère et vaticine avec une louable       volture sénile nous déplaît. Qui vivra verra,\nobstination. Il est entendu, pour l'organe        Vera-Cruz. »\ndes potaches liégeois, que la Jeune Bel­             L'allusion à la Croix du Christ est ici\ngique est une vieille fille qui glousse (phé­     d'un à propos charmant. La livraison a\nnomène pathologique fort rare, mais ori­          paru sous une couverture du rose le plus\nginal).                                           tendre. Férocité et élégance mêlées. Gare\n   La candeur insigne du jeune Mockel, dont       aux vieux! qu'ils se hâtent de mourir !\nla majorité approche, se matamorise avec          C'est gaga, ah ! ah ! ah !\nfureur. Ce petiot se gobe extrêmement et\n'1 n'a pas tort, puisque l'on nous assure\nqu'il passe tous ses examens avec les grades          M. Désiré Nisard, doyen de l'Académie\nles plus élevés. Mais lorsqu'il pontifie, il       française, est mort le dimanche 25 mars, à\n nous fait l'effet du gamin de Duquesnoy,          San-Remo. Il était âgé de 82 ans.\n rue du Chêne. 11 fait pipi de bonne eau              C'est un chiffre.\n claire, MAIS il domine l'humble passant.\n   Les Anglaises iront le voir.\n                                                    Voilà trente jours que les Lettres de\n                                                  Belgique de Jean de Bruxelles ne paraissent\n   Notre prochain numéro contiendra des           plus au Gil Bias.\nvers de MM. Adolphe Frères et Valère                O my old boy ! Already blackballed !\nGille, et des proses de MM. Georges                 I love you, darling!\nDestrée, Arnold Goffin et Henry Maubel,\ndont l'abondance des matières nous a fait\ndifférer la publication.\n                                                    Le numéro du 8 avril de l'Art moderne,\n                                                  en un article mémorable sur le cas bien\n                   *                              connu de la fabrique de faux-vrais Van\n   Voici le texte d'une carte postale envoyée     Beers, trouve que désormais le peintre de\nà un journal de cette ville qui, naturelle­       LA SIRÈNE est grandi par ce trafic, trafic qui\nment, n'a pas trouvé drôle de l'insérer et        prouve que M. Van Beers est « un satan\ns'est abstenu. Nous ne voulons pas faire          révolté qui prend la revanche de la dé­\nperdre à nos lecteurs les irisations de cette     chéance qui le frappe ».\nperle :                                             ! !! !\n  AIMABLE JEUNESSE 1 — Dumont d'Urville             Charenton ! Charenton ! Charentaine !\nraconte qu'aux Vitis, dans l'Océan pacifique,\non abat, à coups de massue, lesvieillards dont\n"}, {"page_pdf": 205, "texte": "                                       —    178 —\n\n\n   Le nouveau Cercle des Arts et de la          passera vers le 15 mai. Le rôle de Cacha­\nPresse, dont nous parlions en notre dernier     près sera tenu par l'excellent artiste Chelles,\nnuméro, a donné sa première fête intime le      engagé spécialement pour créer le person­\nmardi 3 avril, dans les salons de laTaverne     nage dramatique et superbe du braconnier.\nroyale. Petit souper modeste rehaussé d'un      Mlle Sylviac jouera celui de Germaine.\nconcert improvisé, où l'on a pu entendre        M mes Dorchy et Regnier sont chargées res­\nMM. Mauras, de la Monnaie, Nerval (id.),        pectivement des rôles de la Cougnole et de\nRouyer (id.). Raquez, Galesloot et Crabbe,      Gadelette, qui ont une grande importance\ndans d'importantes pages de Faust ; M . Mau­    dans la pièce ; Mme Besnier, du rôle de\nrice Lefèvre, le compositeur du Trésor;         Célina. M. Lortheur incarnera le fermier\nd'autres encore, qui ont partagé le succès      Hayot; M. Murray, le garde-chasse Bas­\nde la soirée avec M. Huysmans, le capell-       togne ; M. Chomé, Warnant, le fils du fer­\nmeister, MM. Bahier, Chomé, Lortheur,           mier Hulotte; M. Crommelinck, Grigol.\nRobert, Monvel, du théâtre du Parc.                Le premier acte se passe au cabaret du\n   Etaient présents : MM. Théo Hannon,          « Soleil », un jour de ducasse, dans la salle\nprésident du Cercle, Victor Reding, vice-       voisine de la salle de danse. Le deuxième,\nprésident ; les peintres: Broerman, Ber­        à la ferme des Hayot. Le troisième, dans\ntrand, Courtens, Toorop, Vandenpeere-           une clairière aux environs de la hutte où\nboom; les sculpteurs : Jef Lambeaux, De         habite la Cougnole. Le quatrième acte ra­\nRudder ; les compositeurs Alfred Tilman,        mène le spectateur chez Hayot où se déroule\nGeorges Weiler; quelques gens de lettres,       l'émouvant dénouement du drame.\nFrancis Nautet, Luc Malpertuis, Max                                    (L'Art moderne.)\nWaller, etc., etc.; nous notons de souvenir,\noubliant sans doute quelques noms. La\nsoirée suivante donnée le 24 n'a pas été          Viennent de paraître :\nmoins charmante, égayée qu'elle était par         Les Lauriers sont coupés, par M. Edouard\nune exquise causerie à bâtons rompus de         Dujardin.\nM. Pierre Elzéar.                                 La Correspondance d'Afrique du lieute­\n                                                nant Charles Warlomont, avec une préface\n                                                par Max Waller.\n                                                  Nous rendrons compte de ces livres dans\n  Cueilli dans le dernier numéro (1-15 avril    notre numéro prochain.\n1888) du Décadent: « M. René Ghil s'est           Amour, de Paul Verlaine. Un vol.: 3 frs.\nvanté dans la Wallonie d'avoir repoussé           Episodes, par Henri de Régnier.\ndes avances que je lui aurais faites au sujet     Va paraître (ça immine, Fénéon !) : Une\nde ma revue : Le Décadent.                      mesure pour rien, un acte de Henry Maubel,\n  M. Ghil a effrontément menti.                 chez Monnom.\n                                A. B. »           Prochainement paraîtra chez l'éditeur\n  A. B., c'est Anatole Baju, qui ne fait pas    Kistemaeckers, le roman dès longtemps\nencore partie de la rédaction de l'Art mo­      annoncé de Georges Eekhoud : La nouvelle\nderne.                                          Cartilage.\n\n\n                                                   Une note pour l'étude qui serait à faire\n   La campagne d'été de M. Bahier au théâ­      sur cette aimable race des biographes : —\ntre du Parc, que nous avons annoncée pré­       Ici le biographe se multiplie d'une femme\ncédemment, promet d'offrir un réel intérêt      et, pour comble, d'une poétesse! Il s'agit\nartistique. La troupe est presque entière­      d'Edgar Poë.\nment formée et les répétitions de Cacha­           Al'époque où Mrs Weiss connut le poète\nprès, le drame en quatre actes que Camille      d'Eurèka, elle était, selon sa gracieuse\nLemonnier vient de tirer de son roman Un        expression, « une jeune fille timide et rê­\nmâle, vont commencer sous peu. L'ouvrage        veuse, encore une enfant », L'ingénieuse\n"}, {"page_pdf": 206, "texte": "                                         179\n\nauthoress raconte sa première entrevue avec      à l'ornementation par la dorure du dos et\nlui en ce style spongieux, duisant parfaite­     du plat de devant du livre.\nment à la finesse de ses aperçus :                  Le croquis devra reproduire les attributs\n   « Comme il m'apparut chez moi et en           et allégories représentant les arts graphi­\nsociété, Poê était essentiellement un gent­      ques : imprimerie typo- et lithographique,\nleman... Son maintien, spécialement envers       gravure, fonderie de caractères, fabrication\nles étrangers, était tranquille, digne, d'une    du papier, reliure, etc., etc., en un mol ce\nréserve approchant quelquefois inconsciem­       qui d'après le jugement de l'artiste pourra\nment de la hauteur...                            rehausser la valeur artistique du volume.\n   « Vraiment, je puis dire que, depuis le       Celui-ci contenant des spécimens et des\nmoment de notre rencontre, il ne fut jamais      épreuves d'impressions de tous les genres,\npour moi l'être inexplicable qu'il semblait      de tous les styles, se rattachant à toutes les\naux autres. Malgré ma jeunesse, une per­         écoles, la plus entière liberté sera laissée à\n ception instinctive m'avait révélé ce qu'il y   l'artiste en ce qui concerne sa composition.\n a de meilleur et de plus élevé dans             Le format du LIVRE BELGE est de 0m,35 X\n l'homme; ... sa propre perspicacité était       0m,25. Le dos aura 0m,35 de hauteur sur\nrapide, intuitive, MAIS PAS PROFONDE; et ce      0m,o6 de largeur. Un prix de 200 francs\nqui me frappa alors, en dépit de ma juvénile     sera attribué au croquis qui sera jugé rem­\ninexpérience, ce fut de voir qu'en connais­      plir les conditions requises. Ce croquis\nsance de la nature humaine, Poe' était, pour     devra être livré au net dix jours francs\nun homme de génie, TOUT A FAIT IGNO­             après son approbation par le jury.\nRANT ! ! ! »                                        Un jury, composé du Président du Cercle\n                                                 de la Librairie, d'un architecte, d'un pein­\n                                                 tre et d'un relieur expérimenté, jugera les\n   Le Cercle de la Librairie et de l'Impri­      croquis qui lui seront soumis et décernera\nmerie de Bruxelles a décidé de participer        le prix.\npar une exposition collective au grand Con­         Les croquis devront être adressés franco,\ncours des Sciences et de l'Industrie qui         à M. HUBERT VAN DIJK, 26, rue de l'Indus­\naura lieu à Bruxelles cette année.             trie, à Bruxelles. Ils porteront une devise\n   Sa participation consistera entre autres    qui devra être reproduite sur un billet por­\nen l'exposition d'un volume qui contiendra     tant le nom de l'auteur enfermé dans une\ndes spécimens d'impressions de tout genre,     enveloppe cachetée avec la suscription :\nélaborés et exécutés par ses membres. Le       « Concours Livre Belge ».\n texte: articles, notices, poésies, etc., sera    Le jury se réunira dans les premiers\ninédit et sera exclusivement l'œuvre d'au­     jours de mai à Bruxelles. Sa décision sera\nteurs nationaux. Titre : L E LIVRE BELGE.      immédiatement communiquée aux intéres­\n   Il constituera dans l'esprit de ses promo­  sés, et la prime sera remise à l'auteur du\nteurs un monument typographique de pre­        croquis primé, ausssitôt que celui-ci l'aura\nmier ordre, tel qu'il n'en a pas été fait en   livré au net entre les mains d'un des mem­\nnotre pays.                                    bres du jury à ce désigné.\n   Afin de donner au LIVRE BELGE tout             Tous les croquis seront exposés pendant\nl'éclat qu'il comporte, il a été décidé de le  cinq jours au Cercle de la Librairie et de\nrevêtir d'une reliure spéciale, appropriée à   l'Imprimerie, à Bruxelles, où le public sera\nson contenu. Le relieur chargé de la toilette  admis à les voir.\nextérieure du LIVRE BELGE, désireux de            Après l'exposition les croquis non primés\nréaliser une œuvre d'art, a pensé qu'il était  seront restitués à leurs auteurs.\néquitable de convier à un concours les ar­        Pour plus amples renseignements,\ntistes belges : peintres, dessinateurs, archi­ s'adresser par lettres à M. HUBERT VAN\ntectes, graveurs, etc., à l'effet d'obtenir le DIJK, 26, rue de l'Industrie, à Bruxelles.\ncroquis d'un dessin propre à servir de mo­\ndèle pour la gravure d'une plaque destinée\n"}, {"page_pdf": 207, "texte": "                                               180\n\n  Rollinat : dernière manière dans            le   sup­   PETITE T R I S T E S S E      D'OLYMPIO\nplément du Figaro :\n                                                                        POÈME 1NRIME.\n          POÈMES       RUSTIQUES                            Seigneur, Seigneur, quel est ton dogme ?\n                                                            Ici le riche, là le pauvre,\n       La grosse anguille est dans sa phase\n       Torpîde : le soleil s'embrase.                            Partout le fisc!\n       Au fond de l'onde qui s'épand.                       C'est cela qui navre le peuple\n       Huileuse et chaude, elle se case,                    Et qui souvent le pousseau meurtre!...\n       A la manière du serpent :                                 Voilà le nœud.\n       Repliée en anse de vase,\n       En forme de 8, en turban,                            Ne paraîtrait-il pas plus simple\n       En S, en Z : cela dépend                             Que chacun, du fort jusqu'au faible,\n       Des caprices de son extase.                              Bût à sa soif,\n                                                            Mangeât, s'il le faut, comme un ogre\n       Vers le soir, se désembourbant,                      Et pût dormir dans son immeuble\n       Dans son aquatique gymnase                               Comme un bon Turc ?\n       Elle joue, elle va, grimpant\n       De roche en roche, ou se suspend                     Ah ! le genre humain, sombre genre!\n       Aux grandes herbes qu'elle écrase,                   Tu vois cet homme? Il rit! un monstre\n       La grosse anguille,                                       Est sous son poil !...\n                                                            Tantôt féroce et tantôt humble\n      L'air fraîchit, la lune se gaze.\n                                                            Il use le sol qu'il usurpe,\n      Moitié nageant, moitié rampant,\n                                                                Jusques au tuf.\n      Alors elle chasse, elle rase\n      Sable, gravier, caillou coupant.,..\n      Gare à vous, goujonneau pimpant!                      Il gâche tous ses biens, n'épargne\n      Gentil véron couleur topaze !                         Le sucre, le sel, ni le poivre,\n      Voici l'ogresse de la vase,                               Ni le fenouil !...\n      La grosse anguille !                                  Que dis-je ? Il a ceci de propre\n                                                            Que l'amour lui dure une valse !\n   C'est M. Albert Wolff qui a inventé                          Quel affreux bouc !\nM. Rollinat; ne l'oublions jamais.\n                                                            Comme il se gonfle et comme il s'enfle !\n   Depuis que Boileau, dans son Art poé­                    Ah ! que l'on tourne mon sépulcre\ntique, a proclamé ce principe que « la rime                     Du nord au sud.\nest une esclave et ne doit qu'obéir », tous                 O mer, fais de mon corps une algue !\nles gens atteints de la démangeaison de                     Que la loi de Darwin triomphe\n                                                                J'y porte un toast !\nversifier se sont appliqués à être les h u m ­\nbles et dociles serviteurs de cette esclave.\n   Or, il y a, dans la langue française, un\ncertain nombre de mots qui n'ont pas de\nrime. Les choses représentées par ces idées\nsemblaient donc exclues à perpétuité du\nlangage poétique.\n   Un poète vient de se payer la fantaisie de\nles y introduire. Son poème ne rime pas,\nmais on le lit sans trop s'en apercevoir.\n"}, {"page_pdf": 208, "texte": "A\n          tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n   de Block's Universal Wine C°\n                6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA B O U R S E\n                       E T MONTAGNE DE LA C O U R\n\n\n\n\n E\n         n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n          MANDE par notre excellent décorateur, C H . - L É O N CARDON,\n          nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora\n   Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu­\n  cines, 16, à ' Paris; publie LE PAYSAN E T LA PAYSANNE\n  PERVERTIS, d'après RESTIF DE LA BRETONNE, par MAURICE\n  TALMEYR. Un numéro 2 0 centimes', abonnement (3 mois) 1 7 francs;\n  en vente partout.\n\n\n    ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                ÉPERNAY\n\n\n                                         Prix Courant\n                           Baron J. de Warnimont                               2 25\n                           Marquis Armand de St-Hubert . . . .                 2 75\n                           R O S É E J E U N E BELGIQUE. \" . . . . .           3 00\n                           Crème d'Ay           id.                            3 50\n                           Bouzy extra          id.     Cuvée réservée.        4 50\n                           Bouzy Cristal id.                                   5 00\n                                       0.50 en plus par 2 2 bouteilles\n                                  EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 2 5 BOUTEI1 LES\n\n                           Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n           ENTREPOSITAIRE      : COULOMB-ROBIETS\n       19, B o u l e v a r d du Nord, 19, à B r u x e l l e s\n"}, {"page_pdf": 209, "texte": "                                 EN V E N T E\n                                            A LA\n\n\n\nLIBRAIRIE LÉON VANIER\n                   19, Quai Saint-Michel, Paris\n\n\n         ENVOI FRANCO CONTRE T I M B R E S - P O S T E OU MANDAT\n                                                                                         Francs.\n                          P A R N A S S E D E LA J E U N E B E L G I Q U E       .   .     7 30\nPaul ADAM                 Soi                                                              3 50\n       —                  Le Thé chez Miranda (en collaborat, avec Jean MORÉAS)            3 50\n       —                  Les Demoiselles Goubert.      —             —                   3 50\n       —                  Être                                                             350\nJean AJALBERT . _. .      Paysages de femmes (dessin de RAFFAELI.I) . . . .                3 00\nMaurice BARRES . . .      Les Taches d'encre (les 4 numéros)             4                   00\n       —                  Sous.l'œil des Barbares                                          3 50\nRobert CAZE . . . .       La foire aux peintres                                            1 00\nPhilibert DELORME . .     Arlequins de Macadam .                                           3.50\n Edouard DUJARDIN . .     Les Hantises                                                     3 50\nJ.-K. HUYSMANS . . .      Croquis parisiens (avec portrait)                                6 00\n       —                  Le Drageoir aux épices                                           5 00\n       —                  Un Dilemme                                                       2 00\nGustave KAHN . . .        Les Palais nomades                                               3 50\nJules LAFORGUE . . .      Les Complaintes                                                  3 00\n       —                  L'Imitation de N. D. la Lune                                     2 00\n        —                  Moralités légendaires . . .                                     6 00\n Stéphane MALLARMÉ .       L'Après-midi d'un Faune (dessins de MANET) . . .                5 00\n        —                  Poème d'Edgard Poë (dessins de MANET)                          12 00\n        —                 Le Corbeau d'Edgard Poë (dessins de MANET) . . .                25 00\n Stuart MERRILL . . .      Les Gammes                                                       2 00\n Jean MORÉAS . . . .      Les Syrtes (épuisé)                                             10 00\n        —                 Les Cantilènes                                                    3 50\n        —                  Les Demoiselles Goubert (en collab. avec Paul ADAM) .            3 50\n        —                  Le Thé chez Miranda          —              —                    3 50\n Francis POICTEVIN . .     Seuls                                                            3 50\n Ernest RAYNAUD . . .     Le Signe,                                     . . . .             1 00\n Hugues REBELL . . .       Etourdissements                      4                             00\n Henri DE RÉGNIER . .      Les Lendemains (épuisé)                                          5 00\n        —                  Apaisement                                                       2 00\n        —                  Sites                                                            2 00\n        —                  Episodes                                                         6 00\n  Paul VERLAINE . . .      Fêtes galantes                                                   3 00\n        —                  Sagesse                                                          3 00\n        —                  Romances sans paroles .                                          3 00\n                           La bonne Chanson                                                 2 00\n       —                   Jadis et naguère                                                 3 00\n        —                  Amour                                                            3 00\n        —                  Mémoire d'un veuf (prose)                 , . . . .              3 50\n Jules VIDAI, et BYL . .   Sœur Philomène (pièce en deux actes, tirée du roman\n                              de MM. de Goncourt)                               .           1 00\n Jules VIDAI               Le Jupon. -.                                                     3 50\n Francis VIF.I.É-GRIFFIN.  Cueille d'Avril (épuisé)\n        —                   Les Cygnes.                                                     3 50\n                           Ancaeus                                                          3 50\n\n\n                    Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 20, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1888-05-01", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 166."}}