{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "8e ANNEE. TOME V I I . N° 6.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 210, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 197, "texte": "8e ANNEE.       TOME V I I . 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ALBERT GIRAUD.\n Croquis.                                                 HENRY MAUBEL.\n L'Illusoire                                              CHARLES VAN LERBERGHE\n Poème en prose                                           HECTOR C H A I N A Y E .\n Vers                                                     VALÈRE G I L L E .\n Saphiques (traduction de Swinburne) .                  . GEORGES D E S T R É E .\n Vers                                                     ADOLPHE     FRÈRES.\n Le Penseur                                               GABRIEL MOUREY.\n Chronique littéraire                                      G. D .\n Chronique d'art                                        . JULES DESTRÉE.\n Chronique théâtrale                                       M. 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mes pas machinais m'entraînèrent\n                                     à la remorque d'une foule endimanchée\n                                     dont le but m'était inconnu.\n                                        J'arrivai ainsi, après une marche très\n                                     longue, dans l'odorant vacarme d'un\n                                     champ de foire.\n                     J'allais fuir, car les kermesses ont cessé de me plaire\n                  dès le jour où les amusants et na'ifs bateleurs se sont avisés\n                  d'illuminer leurs tréteaux de cordons de gaz et de foyers\n                  électriques; depuis que leurs théâtres sont de vrais\n                  théâtres, sur lesquels l'on joue de vraies pièces, écrites\n                  par des auteurs sérieux et authentiques, qui touchent des\n                  droits; — mais, en rebroussant chemin, la pittoresque\n                  parade d'une baraque de minime importance, m'attira.\n                  Là, dans la vapeur résineuse de torches fichées à des\n                  piquets, le directeur et le pitre habillé à la française et\n                  portant perruque, jouaient l'immortel et toujours char­\n                  mant tabarinage, égayé de calembours lourds et substan­\ntiels. — Le valet annonça enfin, à l'aide d'un porte-voix, les exploits\nnon-pareils du très audacieux et illustre dompteur Kremo.\n   Séduit par la prescience incertaine d'un spectacle nouveau, j'entrai.\n"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 182, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "                                 -   182    —\n\n    La représentation commença par quelques exercices insapides. Des\nours énervés et endormis, dodelinant leurs corps disgracieux ; des loups\ngaleux et serviles comme des chiens ; des singes travestis imitant l'homme,\n— quel enviable modèle! — passèrent devant mes yeux désintéressés.\n    Une déception nouvelle, pensai-je, me reprochant, une fois de plus, mon\nincorrigible confiance que la belle apparence extérieure des choses captive,\nirrésistiblement.\n    Mais, à cet instant, on roula sur la scène une massive cage qu'un royal\net majestueux lion parcourait de long en large, de ce pas nostalgique, de\ncette tout à la fois lente et hâtive allure des fauves prisonniers. Frémissant\nde l'électricité ambiante, il tournait parfois son regard impérial vers la\nsalle et, superbe, toisait les misérables et chétifs humains qui s'y entas­\nsaient.\n    — Le Bestiaire parut, et, rapide, pénétra dans la cage : la bête s'accula\nà un angle, avec un sourd grondement. Caressant, Kremo approcha; —\n son formidable adversaire se piéta, résolu. Le maître lança un ordre; — un\n rugissement lui répondit. D'une voix déjà saccadée par l'angoisse, le domp­\nteur réitéra l'injonction ; — vain effort.\n    Une lutte silencieuse s'engageait, alors. Le belluaire, haletant, appré­\nhendant sa perte au geste le plus furtif, se tint, telle une muette cariatide,\nplongeant son regard dans les yeux étincelant d'une sanguinaire vision de\n l'animal. — Anxieux, hypnotisé par l'espoir d'un drame imprévu, le public\n s'immobilisait à la contemplation.\n    Soudain, l'homme, sans détourner le visage, se pencha imperceptible­\n ment et, tâtonnante, sa main chercha à ouvrir la grille. Mais le généreux\n carnassier veillait ; affranchi de sa magnétique servitude, il bondit et, d'un\n coup de patte solennel et terrible, étendit Kremo la face contre terre, sans\n daigner l'achever, car — maintenant, n'était-il pas son incontestable\n pâture?\n    Un enthousiasme délirant me transporta ; je me levai et, les mains bien\n haut, applaudis le très noble et indomptable LION !\n\n                                       II\n\n   Parcourant tous les cercles de la hiérarchie sociale, cherchons où et avec\nqui nous serions heureux de vivre, dans quelle sphère nous trouverons un\nsursis à la douleur d'être.\n  Sera-ce parmi le peuple, aux émotions frustes et saines, mais bestial et\ninculte, jugulé par les instincts barbares, accablé sous le faix des travaux?\n"}, {"page_pdf": 214, "page_imprimee": 183, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "                                  — 183 -\n\n   Au milieu de la bourgeoisie, peut-être? — Les bourgeois, à moitié\ninstruits, à moitié éduqués, leurs jalousies potinières, leurs préjugés et leur\nmorale opportuniste, vous répugnent.\n   Allons donc nous réfugier chez ces hommes simples, droits et probes :\nles marchands. Hélas ! leurs idées rancies, la sordide bassesse de leurs cal­\nculs vous apparaissent ; la lésine et le négoce ont desséché le cœur et l'intel­\nligence de ces gens-là.\n   La société des prêtres nous sera plus propice, sans doute, car quelle soif\nnous tourmente, et inétanchable, d'amour divin et de justice... Non, non,\nceux-ci ne sont point les disciples du Maître miséricordieux : Abîmés en un\nmignard et byzantin culte d'hyperdulie, — ces iconodules ont perdu le\nsens des symboles; ils trafiquent des mortelles angoisses et du sang du\nSauveur. Leur Paraclet est le satanique veau d'or...\n   La noblesse? Laissons cette caste forlignée des vertus et des grâces\nataviques; ces bipèdes ridicules, crétinisés par la débauche bête et sans\ngrandeur.\n   Voici le hâvre! Confions-nous en l'unique aristocratie de ce temps : les\nartistes!... Mais, que voyons-nous? Eux aussi sont divisés en factions et\ndérobent derrière d'apparentes et belles convictions, des intérêts et des ran­\ncunes personnels...\n   Fuyons ! Où nous cacherons-nous pour pleurer, car le monde rirait\nde nos larmes; — en quel asile inviolé irons-nous nous coucher pour\nmourir ?\n  — Et à quoi bon reporter nos regrets vers les époques primitives que\nnous nous illusionnons plus sereines. — L'Inde, l'Egypte, la Grèce même,\nRome étaient-elles plus favorables et maternelles aux rêveurs? Les hommes\nne furent-ils toujours les mêmes animaux positifs, stupides et rapaces?\n  Cette aspiration vers une illusoire Terre de promission est vaine. —\nOtons-nous toute foi, tout espoir.\n\n                                      III\n\n                          LES SPECTRES VIVANTS\n\n   Dans le cadre prestigieux d'un sombre et riche décor, à l'évocation du\nmagicien, surgissent des êtres affublés d'oripeaux éclatants et bizarres, qui\nvalsent silencieusement, puis s'asseyent au bord d'une table et raclent sur\ndes instruments discordants, je ne sais quelle mélopée spleenétique et\ncriarde. Soudain, à un signe du nécroman, la grinçante mélodie s'éteint,\n"}, {"page_pdf": 215, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2402, "texte": "                                 -   184   -\n\net les dernières vibrations musicales semblent avoir emporté les virtuoses\navec elles. Tour à tour, ceux-ci — dociles aux ordres du sorcier — parais­\nsent et s'évanouissent, reprenant ou interrompant leur fantasmatique con­\ncert. — Et, malgré l'explication fort simple du phénomène, me fournie\npar ma mémoire, ce spectacle singulièrement m'impressionne, m'effraye,\npresque.\n   Car, n'est-ce là un peu le décalque de cette Vie? et chacun de nous ne\ndisparaît-il pas le jour marqué subitement et comme au souffle d'un vent\ninconnu qui nous surprend, insouciants et jouant encore notre petite\nmusique?\n                                     IV\n\n   Le parc dévêt sa parure des jours ensoleillés; ses larges et bruissants\npanaches de verdure se dessèchent et, tourbillonnantes, les feuilles tombent\ndans les allées désertes. Les grands chênes, les frêles bouleaux, les ormes\nmajestueux profilent, maintenant, leurs troncs tordus et rigides sur l'horizon\nplus terne. Comme la trame fuselée de quelque gigantesque canevas, les\nbranches effilées et légères s'enchevêtrent et dessinent des arabesques fines,\nrelevées ici et là par la pourpre, le carmin, les teintes érugineuses, chaudes\net mordorées des feuillages jaunissants. Les bosquets, certes plus charmeurs\nainsi, colorés de tons chatoyants et, aux confins, noyés en un brouillard\nlaiteux — qu'à l'heure des floraisons estivales, sont bien dignes de tenter\nun pinceau délicat et subtil, amoureux de lumineuses dégradations.\n   Et, pour extravagante qu'elle puisse peut-être sembler, l'idée n'en serait\npas moins séduisante de donner — en ce jardin dénudé et agonisant — des\nconcerts spéciaux.\n   Aux fanfaronnades, — aux symphonies un peu brutales des pompiers,\nconsonnantes d'ailleurs au cadre insolent de l'été, Vendémiaire verrait suc­\ncéder des orchestres plus raffinés.\n   Nous rêvons d'entendre là une musique douce, apaisante, presque mou­\nrante et très mélancolique ; des harmonies monophones, funéraifes, endo­\nlories que la chute ininterrompue des feuilles rhythmerait... Ou bien, vou­\ndrions-nous qu'on installât, en un coin perdu, un vieil orgue de Berbery\nusé, décrépit, versant d'archaïques ballades, des fugues démodées, avec ce\ntremblement et ces saccades d'une si requérante tristesse, et qui ressus­\ncitent les ancêtres, fredonnant d'une voix cassée et chevrotante, des gavottes\nsurannées...\n"}, {"page_pdf": 216, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1235, "texte": "                                   — 185 —\n\n\n                                        V\n\n    Sous la neige qui, mollement, tombe, le Parc s'endort. La paix, l'aime\n douceur s'étendent, enveloppent les choses, repoussent les bruits et les\n rumeurs de la cité. Le Parc s'est endormi.\n    Les allées poudrées à frimas, les arbres abdiquant leurs attitudes farou­\nches, recouverts d'un douillet manteau givré, s'assoupissent aussi... Pous­\n siéreuse, cristalline et légère, distraitement, la neige voltige, s'éparpille et\nnoie en un brouillard rayonnant les allées, les plantes et les frileuses statues\nde marbre...\n   Et je m'illusionne voir errer dans ce virginal décor, des ombres furtives\naux albes visages, aux yeux limpides et tendrement soumis, — des ombres\nfurtives dont les pas menus, effleurant le sol, laissent immaculé son tapis\néphémère.\n   Cordélia et Elsa, Juliette et Ophélie, Desdémone, fantômes gracieux et ter­\nribles défilent lentement, deux à deux, — et guidant ce cortège adorable, la\ntête auréolée d'un orbe de pureté et de lumière, plane Marie, la divine\nmère du Sauveur!\n                                                         ARNOLD GOFFIN.\n\n\n\n\n                                 VERS\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 185, "page_fin": 188, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "LE MISSEL", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CROQUIS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 216, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1235, "fin_caractere_exclue": 1694, "texte": "LE     MISSEL\n\n                                                     A MAURICE DESOMBIAUX\n\n\n    Vous êtes, ô ma sœur! un missel profané,\n   Un missel byzantin fleuri de fleurs obscènes,\n   Historié naguère en des veilles malsaines,\n   Au fond d'un couvent grec, par un moine damné.\n\n   O missel du péché suave qui m'est cher!\n   Garde à mon seul désir ta caresse féline,\n   Ta féline caresse, astucieuse et fine,\n   Et le soyeux baiser de ton vélin de chair !\n"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1547, "texte": "                          — 186 —\n\nGarde-moi la ferveur de ton texte pieux\nOù des roses de feu, saignantes et cruelles,\nMêlent avidement leurs lèvres sensuelles\nEt l'haleine de leurs secrets silencieux;\n\nTes bourreaux lamés d'or de la nuque à l'orteil\nQui s'enivrent de voir, sous le vol de leurs flèches,\nLes seins martyrisés mûrir comme des pêches\nSur de grands crucifix d'ébène et de soleil;\n\nTes anges, et leur grâce ambiguë, à genoux\nPour la communion érotique, si frêles\nQu'ils laissent retomber le luxe de leurs ailes\nSur la honte d'un spasme invisible et très doux ;\n\nEl tes vierges marchant vers de pâles berceaux,\nLevant au ciel naïf les yeux de leur faiblesse,\nSans même se douter quelles tiennent en laisse\nAu lieu de leurs brebis d'équivoques pourceaux!\n\n                     PROSTITUTION\n\n                                               A ANDRÉ FONTAINAS\n\n\nCe sont tes yeux meurtris aux paupières lassées,\nTes yeux comme un combat par un soir ténébreux,\nTes yeux sombres pareils à des fleurs offensées\nQui me sont les plus chers et les plus dangereux.\n\nTes yeux, et vous, son rire et ses folles gencives,\nFières des baisers bus et des rêves tués.\nVous, les cruelles sœurs de mes lèvres lascives,\nVous, frères de mes yeux, ses yeux prostitués !\n\nRegards pleins d'autres yeux, lèvres sous d'autres bouches,\nSilencieux tourment de mes lèvres farouches,\nMuette volupté de mes yeux    envieux!\n\nRegarder tous ces yeux dans tes prunelles vides,\nBaiser tous ces baisers sur tes lèvres avides,\nO l'amour de ma bouche et la peur de mes yeux !\n"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1699, "texte": "                         -   187   -\n\n\n\n\n                      PENTECOTE\n\n                                            A GEORGES LEMMEN\n\n\nDans l'église nocturne et magique, aux lumières\nDe la nef d'argent vert et rose où les verrières\nEnfièvrent la splendeur d'un peuple de joyaux,\nUn groupe énigmatique et blond d'enfants royaux,\nTrès pâle, s'alanguit dans une longue attente.\nRien de la vie en fête autour d'eux ne les tente,\nRien du baiser soyeux des heures, rien des jeux.\nFrèles servants d'un culte ignoré, l'orageux\nTourbillon d'aigles noirs de leur âme s'élance\nVers un cruel soleil d'extase et de silence,\nVers le soleil que nul n'a fixé sans mourir;\nEt fébriles dans leur attente de souffrir,\nContemplent sur l'autel impérieux et sombre\nS'ouvrir et se fermer les yeux rouges de l'ombre\nAu caprice vermeil des flambeaux     palpitants.\nEt voici que sur les étranges pénitents,\nTrès lointaine, ruisselle une musique aiguë\nAvec des voix d'enfants dont l'ivresse ambiguë\nOppresse de tendresse et caresse le cœur,\nEt que du groupe évangélique, dans le chœur,\nSe lève an bel apôtre à figure de femme,\nMince, agile, ondulant et fier comme une flamme,\nUn Messie aux cheveux douloureux et sanglants,\nDont les regards pensifs et les gestes troublants\nFont éclore, du haut des voûtes phosphoreuses,\nUn vol éblouissant de langues amoureuses;\nEt l'essaim d'or de ces 'abeilles du désir\nParesseusement tourne, avant d'oser choisir.\nAutour des lys de feu qui fleuronnent les cierges,\nPuis, effleurant le front des héros et des vierges,\nLente, chacune élit un doux enfant pâmé,\nEnsorcelle sa chair du songe parfumé\nD'un voyage au pays des étoiles fleuries,\nEl se pose, en mourant, sur ses lèvres meurtries.\n"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1005, "texte": "                                  — 188 —\n\n\n\n                        AVERTISSEMENT\n\n                                                           A   ARNOLD   GOFFIN\n\n\n\n    J'ai rencontré mon âme au détour du chemin,\n    Lente et grave, au milieu de très blanches ténèbres,\n    Sous un manteau de lune ocellé d'yeux funèbres,\n    Et la fleur de ma mort fleurissait dans sa main.\n\n     Ombre plus pâle encor d'une ombre pâle, un grêle\n     Et beau lévrier blanc la suivait doucement,\n     La suivait, pas à pas, d'un étrange aboîment\n     Dont la plainte expirait dans le silence frêle.\n\n     J'ai marché vers mon âme : elle a levé ses yeux,\n     Elle a levé sur moi ses yeux  mystérieux,\n     M'a regardé longtemps, mais sans me reconnaître;\n\n     Puis, ramenant son voile aux plis chastes et froids,\n     Elle a fait dans le vide, avant de disparaître,\n     D'un long geste endormi, le signe de la croix.\n                                                      ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n\n                             "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 188, "page_fin": 190, "titre_corps": "Croquis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "CROQUIS", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L ILLUSOIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 219, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1005, "fin_caractere_exclue": 1677, "texte": "CROQUIS\n                                       I\n             Tu sors?\n                 — Oui, ma petite Maggy, j'ai quelques courses; il faut que\n              j'aille au cimetière ; je dirai un bonjour à Berthe en passant ;\n              c'est demain le Jour des âmes, s'il n'y avait pas de fleurs sur la\ntombe de ce pauvre René, ce semblerait drôle... Trouves-tu pas?\n  Maggy, la regardant d'un long regard triste, répondit simplement : Oui.\n  Deux secondes... elle entendit un roulement sous la porte cochère, un\nchoc, puis le clair fracas de i'attelage en plein pavé sous un soleil de gelée\ndouce : le coupé de Marthe enfilait le boulevard. Alors, bien sûre qu'on ne\n"}, {"page_pdf": 220, "page_imprimee": 189, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2690, "texte": "                                     -    189   -\n\n\n  viendrait pas troubler sa prière, elle dénicha de sa commode un caisson\n  plat et carré, d'aspect massif, dont le large couvercle en bois de rose semé\n  d'appliques de métal emboîtait le fond comme une cloche ; c'était le reli­\n  quaire, l'éternel, aux brimborions dont chacun a son histoire et rappelle une\n  bribe d'amour et elle se mit à exhumer lentement : des fleurs sèches, des\n lettres; deux lettres; une seule échappée au bonheur de jadis et que Maggy\n relisait chaque jour ; l'autre, un billet banal du temps où il lui disait vous.\n  Un caillou roulé marqué d'une minuscule tache qui les avait rapprochés\n dans une discussion de science creuse au fond de laquelle il y avait un\n baiser pris... et laissé prendre... C'était par un retour de campagne, au\n jour tombant; le ciel crépusculeux déteignait à la terre; les amoureux, en\n arrière-garde, avaient doucement lâché la bande au détour d'un chemin...\n    Puis des bouquets de cotillons faits de violettes et de camélias, recroque­\n villés, jaunes comme les fleurs jaunies qu'on retrouve sur les tombes et des\n liasses de carnets de bal croqués, déchirés, souillés de noms illisibles. Tous\nportaient à plusieurs numéros de valse, en gros traits, l'initiale R; parfois\nune marque au verso, un signe ou quelque phrase comme celles-ci : Noël !\nnous avons fait notre souper ensemble; depuis ce vingt-cinq décembre, une\nheure du matin, j'adore les truffes! — Les chrysanthèmes du dernier bal\nne sont pas encore toutes fanées. — Pourquoi Marthe ne l'aime-t-elle pas?\n— Il m'a pressé la main moins longuement, ce soir; il paraissait triste et\ndétournait le regard... — Enfin, sur le dernier, griffonnés à peine, ces mots\nen lettres tremblées : Il l'épouse; soit... je l'aimerai pour elle.\n    Et pour tout le temps qu'elle s'était promis d'aimer, Maggy avait emmi­\ntouflé là, ces riens, son poème et les chrysanthèmes, une à une, s'étaient\nfanées. Un matin, elle avait rouvert la boîte en sanglotant pour y déposer\nune lettre de mort au nom de René; dans la chambre attenante on venait\nde fermer le cercueil.\n    Maintenant gardait-elle à son aimé cette petite tombe sans croix, faite de\nfleurs mortes et de souvenir.\n\n                                         II\n   — Marguerite, viens-tu?\n   — Oui, mère.\n   Et elle s'attarde à saisir du regard ce regard qui vient de s'arrêter pour\nelle parmi le fouillis des tombes et des branches jaunies.\n   Une dernière levée de soleil dans le brouillard, après la pluie d'automne qui\nfait ruisseler les saules ; le cimetière, au flanc de la côte, se décollette de ses\nmurs bas comme pour mêler ses flots de terre enflés de tombes aux flots de\n"}, {"page_pdf": 221, "page_imprimee": 190, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1203, "texte": "                                — 190 —\n\nterre de la campagne immense dont les dernières collines, dans le paysage\ndoré, semblent toucher le soleil tombant et le ciel, au couchant, devient de\nce rose brumeux dont sont roses les nuages.\n    Rien de sa vie ingénue comme son amour ne s'en est encore allé dans la\nmort.\n    La mort est un objet de recueillement qu'elle ne comprend pas et ne\ncherche pas à comprendre. Elle sait qu'on parle bas dans les cimetières et\nqu'on s'agenouille devant les tombes ; mais pour aimer, aussi, l'on s'age­\nnouille et l'on parle bas ; dans cette fin de vie universelle que ramène la\nchute du jour, elle ne pressent qu'une défaillance très douce qui l'enve­\nloppe déjà toute. Oh! si c'était la mort, comme elle y inclinerait mollement\nla tête !\n    Cédant de tout son corps à un léger mouvement de recul, au moment de\n s'enfuir, elle accroche à travers le feuillage, une dernière parcelle de ce\nregard ; ses yeux que voile une moiteur chaude s'y apposent tandis que ses\nlèvres ont un remuement machinal dont on ne saurait dire si c'est le geste\n d'une parole ou d'un baiser.\n                                                    HENRY    MAUBEL.\n\n\n\n\n                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 190, "page_fin": 191, "titre_corps": "L’Illusoire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Van Lerberghe", "ancre_debut": "L ILLUSOIRE", "ancre_fin": "CHARLES VAN LERBERGHE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 221, "page_imprimee": 190, "debut_caractere": 1203, "fin_caractere_exclue": 1757, "texte": "L'ILLUSOIRE\n              Douce, est celle dont vous êtes\n              Sœurs et dont vos yeux sont doux;\n              Quelle est celle d'entre vous,\n              Dont vos bouches sont en fêtes?\n\n\n               Quelle est celle dont vous êtes\n               Si farouches et jalouses,\n               Quelle est celle dont vos seins\n               Sont fleuris comme d'épouses?\n\n\n               — Pâle, sur nos cœurs malsains\n               En l'obscurité des songes,\n               Nos caresses de mensonges\n               S'endorment sur ses baisers;\n"}, {"page_pdf": 222, "page_imprimee": 191, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 660, "texte": "                 —   191    —\n\n\nSur nos têtes insoumises\nSes mains blanches elle a mises\nEt nos désirs apaisés\nS'endorment à ses yeux sombres;\n\n\nBlanche, elle a fait dans le soir\nDe nos chevelures d'ombre\nUne robe d'azur noir,\nEt son corps est blanc de lune;\n\n\nSon cœur est fallacieux;\nD'entre nous quelle est cette une?\nElle habite dans nos yeux\nComme un doux matin de roses;\n\n\nVa, Désolateur jaloux,\nDes doigts sur nos bouches closes,\nNous ne ferons que pour nous\nLe signe de son visage;\n\n\nElle est seule, et dans ses sœurs\nComme un chaste paysage\nDe colombes et de fleurs,\nEt c'est une vierge sage.\n                           CHARLES VAN L E R B E R G H E ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 192, "page_fin": 192, "titre_corps": "Poème en prose : Le Premier Rêve", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Poème en prose", "signature_source": "Hector Chainaye", "ancre_debut": "POÈME EN PROSE", "ancre_fin": "HECTOR CHAINAYE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 223, "page_imprimee": 192, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 1863, "texte": "POÈME EN PROSE\n                           LE PREMIER RÊVE\n\n              Le premier homme dormait au pied d'un arbre géant.\n                  Le ciel ne s'était pas encore séparé de la création, et la terre\n                semblait pénétrée d'une douce et molle clarté d'amour. Du\n                fond des herbes baignées de tendresse s'allumaient les\ncorolles des fleurs comme des regards qui s'entr'ouvrent. Les oiseaux chan­\ntaient sous les feuilles des chants qui ne devaient point cesser. Là, un\nfleuve large et limpide coulait sur des cailloux d'argent. Dans le fil de\nl'eau glissaient d'étincelants poissons qui jouissaient du bonheur épandu\nen toutes choses. Des forêts profondes et hospitalières montaient les bruits\nde vie des animaux vivant en paix. Au loin, les monts et les rochers\npresque transparents s'élevaient sans orgueil.\n   Et l'homme qui venait d'être créé, vit passer dans son sommeil le res­\nplendissant mirage du paradis terrestre. Et son âme frémit. « Tout s'aimait.\nLui seul apportait la haine ». Soudain, son rêve changeant, il vit sous un\nciel sombre où claquait un vol de vautours, des hommes marcher les\nuns contre les autres les armes à la main. « Seigneur, murmura-t-il effrayé,\nrappelez-moi, je viens détruire votre oeuvre ».\n   Mais sa prière ne fut pas exaucée, et sur le commandement de Dieu\nl'homme ouvrit les yeux. Et malgré la douceur de ses premiers regards, un\ngrand frisson de peur secoua le monde. Le ciel se retira de la terre qui se\n durcit et devint noire. Les fleurs se fanèrent. Le chant des oiseaux n'eut\nplus qu'un temps. Et les animaux se fuirent.\n   Et l'homme, se sentant maudit par la nature, baissa la tête ; et, acceptant\nla lutte fatale, pleura du malheur d'être homme.\n\n                                                    H E C T O R CHAINAYE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 193, "page_fin": 195, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "MARTYRE", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SAPPHIQUES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 224, "page_imprimee": 193, "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 1129, "texte": "MARTYRE\n                                              A ANDRÉ FONTAINAS\n\n\nAu fil de l'onde, à la dérive, l'enfantine\nMartyre, fleur de l'onde à la dérive et neiges\nDe lumière autour d'elle et sourdine d'arpèges\nQui frôlent comme un frêle oiseau l'onde argentine.\n\n\nOh ! pourquoi sur ses seins ses pâles mains meurtries\nPar les liens, ses mains en prières, si fraîche\nElle, à bercer l'Enfant endormi dans la crèche,\nEt comme en rêve ces appels de voix chéries?\n\n\nAu fil de l'onde, à la dérive, calme cygne,\nAux timides baisers des fleurs elle résigne\nSes bras endoloris de candeur orpheline.\n\n\nLa douce endormie en ses songes de lumière,\nAu fil de l'onde, à la dérive, elle décline\nVers le ciel mauve et rose au fond de la rivière.\n\n\n                         II\n\n                    ENFANCE\n                                               A MADAME E.   V.\n\n\n        Je vais les mains pleines de roses,\n        Les tempes ceintes de verveines,\n        Effeuillant la clarté des roses\n        Dans la fontaine de mes peines.\n"}, {"page_pdf": 225, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1045, "texte": "            — 194 —\n\nDe la lumière et des sourires,\nLe chant lointain d'une voix douce,\nDes baisers d'or et des sourires,\nDes violettes dans la mousse.\n\nEt tout légèrement il neige\nSur les fleurs de mes doigts glissées :\nC'est du soleil et de la neige\nDans les jardins de mes pensées.\n\nEt la neige au lointain sommeille\nLumineusement   endormie\nSur mon enfance qui sommeille\nComme au cœur triste d'une amie.\n\n                III\n\n       ENCHANTEMENT\n                              A CHARLES VAN LERBERGHE\n\n\nCest le jardin bleu des lumières :\nDes opales, des perles blanches,\nDes lacs d'azur dans les clairières,\nDes gerbes de fleurs sous les branches.\n\n Tentends chanter des voix chéries,\n Des ailes d'or me f ont cortège,\n Et mes tristesses sont fleuries\n De gracieuses perce-neige.\n\n Sous les feuillages de mes songes\n Soupirent des colombes roses,\n Et je cueille les beaux mensonges\n Qui reposent au cœur des roses.\n\n Et vers des plaines éveillées\n De roses blanches et d'étoiles,\n Timidement ensommeillées\n Sous des guirlandes et des voiles,\n"}, {"page_pdf": 226, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1198, "texte": "                                — 195 —\n\n\n                   De jeunes vierges sont couchées\n                   Souriant à leur doux sommeil\n                   En leurs robes lilas jonchées\n                   De fleurs tremblantes de soleil.\n\n\n                                    IV\n\n                        PROFIL DE LUMIÈRE\n                                                 A MONSIEUR ODILON REDON.\n\n\n         En l'effroi des ténèbres, si consolante\n         Elle ouvre sa blancheur de fleur nivéale,\n         O frêle vision, frêle et réginale\n         Qui se profile au loin timide et dolente!\n\n         C'est sur les eaux de la lumière endormie\n         Qu'attriste la pureté blanche des lys,\n         C'est de la neige qu'une main chère émie\n         Sur nos regrets dans les nuits ensevelis.\n\n         O silence des cœurs clos dans la prière!\n         C'est la fin de la bataille meurtrière,\n         L'espérance d'une lueur sur la grève,\n\n         C'est dans l'orage une goutte de soleil...\n         — Oh! ne faites pas envoler le beau rêve\n         Qui s'est doucement posé sur son sommeil!\n                                                      VALÈRE G I L L E .\n\n\n\n\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 195, "page_fin": 198, "titre_corps": "Sapphiques [Saphiques]", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Destrée", "ancre_debut": "SAPPHIQUES", "ancre_fin": "GEORGES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CLÉOPATRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 226, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1198, "fin_caractere_exclue": 1442, "texte": "SAPPHIQUES\nToute la nuit, le sommeil ne vint pas sur mes paupières,\nNe répandit point de rosée, ne secoua et n'ouvrit pas une plume,\nMais les lèvres silencieuses fermées, et avec des yeux de fer\n               Se tint debout en me contemplant.\n"}, {"page_pdf": 227, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1781, "texte": "                                 — 196 —\n\nAlors que j'étais ainsi couché surgit une vision.\nElle vint sans sommeil par dessus les mers et me toucha\nDoucement toucha mes paupières et mes lèvres; et moi aussi,\n               Rempli de la vision,\n\nJe vis la blanche implacable Aphrodite\nJe vis ses cheveux dénoués et ses pieds sans chaussures\nBriller comme le feu des soleils couchants sur les eaux occidentales ;\n               Je vis ses pieds\n\nHésitants — les plumes étendues des colombes qui la conduisaient,\nRegardant toujours, regardant leurs cols retournés\nEn arrière vers Lesbos, en arrière vers les collines entre lesquelles\n              Brillait Mitylène ;\n\nJ'entendis le vol des pieds des Amours derrière Elle\nFaire un soudain tonnerre sur les eaux,\nComme le tonnerre en produit lorsque s'élèvent robustes\n               Les ailes d'un grand vent.\n\nAinsi la Déesse s'enfuit de sa place avec un prodigieux\nBruit de pieds, et un tonnerre d'ailes autour d'elle\nPendant que derrière, une clameur de femmes chantant\n              Traversa le crépuscule.\n\nAh le chant ! ah le charme, la passion !\nTous les Amours pleuraient à l'écouter; malades d'angoisse\nSe tenaient auprès d'Apollon les neuf muses couronnées ;\n         La crainte était sur elles,\n\nPendant que la dixième chantait les choses merveilleuses qu'elles ne con­\n                                                              naissaient pas.\nAh ! la dixième, la Lesbienne ! les Neuf étaient silencieuses\nAucune ne supportait les sons du chant sans pleurer ;\n              Laurier par laurier\n\nTombaient toutes leurs couronnes ; mais au dessus de son front,\nAutour de ses cheveux enroulés, et de ses tempes de cendre,\nBlanches comme de la neige morte — plus pâles que le sol en été,\n              Ravagées de baisers,\n"}, {"page_pdf": 228, "page_imprimee": 197, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1808, "texte": "                                  —   107   —\n\n\n Brillait une lumière de feu, comme une couronne éternelle.\n Alors oui, l'implacable Aphrodite réfléchit presque\n Et presque pleura ; un tel chant était ce chant,\n                Oui, par son nom aussi\n\n Elle l'appela disant : « Tourne-toi vers moi, ô ma Sappho » ;\n Alors Elle détourna son visage des Amours, mais ne vit pas\n Les larmes au lieu du rire assombrir les immortelles paupières,\n                N'entendit pas autour d'Elle,\n\n Les craintives ailes vacillantes des colombes s'en allant\n Ne vit pas combien le sein d'Aphrodite\n Etait agité par les larmes, ne vit point son vêtement secoué\n                Ne vit point se tordre les mains ;\n\n Elle vit les Lesbiennes se baiser aux accords de leurs\n Luths, avec des lèvres plus douces que le son des cordes de luth,\n Bouche sur bouche, la main dans la main, leur élite,\n                Plus belle que tous les hommes ;\n\nElle vit seulement les lèvres superbes et les doigts\nPleins de chansons, et de baisers et de légers murmures\nPleins de musique — perçut seulement parmi elles\n              S'envoler comme un oiseau.\n\nFraîchement garni de plumes — son chant visible — une merveille\nFait de sons parfaits et d'excessive passion\nDoucement formé, terrible plein de tonnerres\n              Habillé des ailes du vent.\n\nAlors Elle se réjouit, riant avec amour et clairsema\nLes roses, les merveilleuses roses de sa poitrine sacrée ;\nTristement les amours se réfugièrent en foule, se voilant la face\n               Autour d'Aphrodite.\n\nAlors les muses frappées au cœur furent silencieuses\nEt les Dieux devinrent pâles — un tel chant était ce chant.\nTous hésitants, tous avec une vive aversion.\n              S'enfuirent de devant Elle.\n                                                                     14\n"}, {"page_pdf": 229, "page_imprimee": 198, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 922, "texte": "                                — 198 —\n\nTous s'étaient retirés depuis, et le pays était stérile\nRempli de femmes stériles et de musique seulement.\nMaintenant parfois, lorsque les vents sont apaisés au coucher du soleil\n              Endormis à la tombée de la rosée\n\nLe long du rivage gris de la mer, inapaisées, inconnues\nNon aimées, inaperçues dans la tombée du crépuscule,\nDes ombres de femmes exilées reviennent se lamenter\n              Non purifiées par le Léthé,\n\nVêtues de flammes et de larmes, et chantant\nDes chants qui remuent le cœur des cieux ébranlés,\nDes chants qui fendent de pitié le cœur de la terre,\n              Attentive à les entendre.\n\n  ALGERNON CHARLES SWINBURNE. — Poèmes et      ballades.\n\n                             (Traduction littérale).\n\n\n                                                           GEORGES DESTRÉE.\n\n\n\n\n                                 VERS\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 198, "page_fin": 199, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Adolphe Frères", "ancre_debut": "CLÉOPATRE", "ancre_fin": "ADOLPHE FRÈRES", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 229, "page_imprimee": 198, "debut_caractere": 922, "fin_caractere_exclue": 1453, "texte": "CLÉOPATRE\n                                                             A MADEMOISELLE L.\n\n\nLa reine calme, aux mains blanches et lentes, la reine nue\nFoule et caresse la panthère qui se traîne\nSur la terrasse baignée d'ennui; la reine\nS'enchante au bruit du flot blond qui rêve et danse et s'exténue.\n\n\n Pleine de nonchaloir et toujours dans l'attente\n D'un bonheur qui l'étonné, elle voit le ciel d'or qui ruisselle\n Dans le fleuve et bien loin l'aile frêle d'une balancelle\n Qui glisse et fuit au fil de l'onde un peu chantante.\n"}, {"page_pdf": 230, "page_imprimee": 199, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1137, "texte": "                             — 199 —\n\n— Gémissements d'amants et leur douce agonie,\nSangs, splendeurs, chers poisons : éphémères mensonges !\nMon désir est plus grand que l'infini des songes...\n\n0 se mourir un peu! Mourir la mort de l'heure,\nDe la vague qui murmure et meurt! Moi, je pleure,\nJe pleure d'être lasse et jamais assouvie\n\n\n                           HERODIADE\n                                                      A   IWAN   GILKIN.\n\n\n\n       Au flot des rhythmes et des ivresses,\n       Bercée indolemment, elle semble,\n       En l'or fané d'un rayon qui tremble,\n       Faite de lumière et de caresses.\n\n       Ses mains lasses au jeu des crotales,\n       Rêvent; la douce âme agonisante\n       Des flambeaux, si pâle, râle et chante.\n       L'ombre s'agenouille sur les dalles.\n\n       Elle rit au futile mensonge\n       De songer; et sa langueur se plonge\n       En un bain d'extase et de paresse...\n\n       O ces clameurs ! Voilà qu'en l'air fleure\n       Du sang... Pourquoi ces yeux clos ? et qu'est-ce\n       En mon sein qui se déchire et pleure ?\n\n                                               ADOLPHE F R È R E S ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 200, "page_fin": 200, "titre_corps": "Le Penseur", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Gabriel Mourey", "ancre_debut": "LE PENSEUR", "ancre_fin": "GABRIEL MOUREY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 231, "page_imprimee": 200, "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 818, "texte": "LE PENSEUR\n                                         A JOSÉPHIN   PÉLADAN.\n\n\n\nIl marche, grand et fier, vers un astre invisible,\nLes yeux lourds d'infini, le cœur chaud de bonté;\nIl a la foi profonde et la sérénité\nDes héros et des saints, martyrs de l'Impossible.\n\n\nIl a lu dans le Livre auguste des secrets\nLa révélation de l'éternel mystère;\nIl parle et sa voix a l'ampleur d'une prière :\nSon rêve intérieur habite les sommets.\n\n\nL'Art et la Foi l'ont pris; les puissances astrales\nL'enferment à jamais dans leurs cercles de feu ;\nElles ont préservé des souillures fatales\n\n\nSon cœur d'apôtre et, les regards tournés vers Dieu,\nIl suit au fond du Ciel sa vision bénie,\nMage par la pensée, et par le cœur génie.\n\n                                     GABRIEL M O U R E Y ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 201, "page_fin": 202, "titre_corps": "Chronique littéraire : Chants des jours lointains", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "G. 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Les volumes de début ne sont point faits\n pour être distribués à la foule, mais pour être lus des artistes,' qui,\n percevant mieux que personne les défauts inévitables de l'œuvre, les com­\n prennent et les pardonnent plus aisément et seuls aussi saisissent les\n qualités qui formeront plus tard la personnalité de l'écrivain.\n    Les Chants des jours lointains ne sont point un volume de début banal,\n loin de là. Ces proses intitulées : « Souvenir », « Pour la seule », sont d'un\n poète délicat en même temps que d'un décorateur de goût et nous considé­\n rons « les Trépassés » comme un fort bon poème en prose, bien écrit, exact\n d'images et, à coup sûr, le meilleur du volume. Nous n'en citerons que les\n dix lignes qui terminent le poème, formant à elles seules un tableau remar­\n quable, vague et sombre, comme certaines aquarelles du pays basque\n qu'exposa naguère Dario de Regoyos :\n    « Au cimetière les cierges allumés mettent leurs feux d'étoiles, dans la\n nuit sombre, sur les tombes, près des croix blanches.\n    « Des formes noires à genoux sur la neige prient, étendant des ombres\n immenses sur la campagne silencieuse.\n    « Des lueurs phosphorescentes courent et voltigent comme de petites\nâmes inquiètes.\n    « Puis les flammes, une à une, çà et là décroissent jusqu'à n'être plus que\ndes points de lumière, vascillent et s'éteignent.\n    « Et le champ de la mort rentre lentement dans les ténèbres. »\n    I1 nous paraît que M. des Ombiaulx doit avoir beaucoup lu, et quelque­\nfois, peut-être, un peu trop retenu ; mais ces « souvenances » ne sont point\nchez lui un défaut capital car elles viennent d'auteurs si différents, d'artistes\nsi opposés, qu'elles constituent plutôt encore une originalité à son livre.\nUn défaut qui paraîtra plus sérieux c'est la monotonie du livre, employant\nsouvent les mêmes images, le même tour de phrase et les mêmes comparai­\nsons.\n   Mais n'importe, tels qu'ils sont, les Chants des jours lointains sont de\nceux qu'on aime à « entendre » et constituent un fort bon premier volume.\nPour être répétées les images n'en sont pas moins belles, les sombres\nlégendes du « Tri d'Auwaigne » et de « la Roche de sang » sont d'un beau\n"}, {"page_pdf": 233, "page_imprimee": 202, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 566, "texte": "                                  — 202 —\n\n\nromantisme et le style surtout est personnel et d'un écrivain soigneux qui\nnous fait espérer le plus grand bien des œuvres annoncées : le Banquet de\nl'agneau et le Poème des lumières.\n   Féliciterons-nous Mme Monnom du luxe et du goût de l'édition? Ceci\ndevient un usage et nous avons l'habitude de manquer toujours à ces prin­\ncipes de convenance. Mais enfin, quand c'est mérité, comme dirait Mon­\nsieur Grandpié ! Donc c'est fait !\n                                                              G. D.\n\n\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 202, "page_fin": 207, "titre_corps": "Chronique d’art", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "CHRONIQUE D ART", "ancre_fin": "JULES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE THEATRALE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 233, "page_imprimee": 202, "debut_caractere": 566, "fin_caractere_exclue": 2709, "texte": "CHRONIQUE D'ART\n    AUX ARTS DÉCORATIFS.\n\n\n               L'Union des Arts décoratifs avait ouvert, le mois passé, dans\n                les salles de l'Ancien Musée, sa première exposition annuelle.\n                L'idée était quelque peu nouvelle et osée, de convier le public\n                à examiner des projets d'appartement, des plans d'édifices,\ndes verrières, des tapisseries, voire même des imitations de marbre et de\nbois. Néanmoins, après un court étonnement, on a généralement applaudi\net le jeune cercle peut avoir belle confiance en l'avenir.\n   Nulle tentative n'était plus digne d'encouragement. Il convenait d'ap­\npeler l'attention sur l'effroyable décadence des arts décoratifs en ce\nXIXe siècle, et de provoquer des réflexions dont la lénifiante croyance au\nprogrès continu dispense bien des gens. La plupart de nos contemporains\naiment, en effet, à penser, avec une inconsciente fatuité, qu'ils sont fort supé­\nrieurs aux hommes peu civilisés des siècles défunts. M. Prudhomme fait\nadmirer à ses fils les miracles de la vapeur et leur enseigne qu'une nation\nsans chemins de fer est nécessairement plongée dans la plus profonde igno­\nrance, aux bas degrés de l'échelle des races.\n   Or, il arrive cette chose déconcertante : c'est que notre temps si célébré,\nsi fier de lui-même n'aura pas su marquer d'une personnelle empreinte la\npage qui lui était réservée dans l'histoire de l'art.\n   Certes, il est des noms flamboyants qui rayonneront longtemps, toujours,\nà côté des plus fameux; mais cette particulière expression de l'âme collec­\ntive d'un peuple ou d'une époque, qui se révèle dans l'architecture, dans le\nmobilier, dans tout ce qui entoure la vie ordinaire de l'homme et en fait le\ncadre, en reflète les mœurs et les fondamentales préoccupations, cette\ninfluence générale que subissent un grand nombre d'ouvriers obscurs, nous\naura manqué. Le XIXe siècle n'aura pas eu de style.\n   Ceci devient évident en parcourant l'exposition actuelle. En son ensemble,\nelle représente, d'une manière très exacte et même favorable, les arts déco­\nratifs tels qu'ils existent aujourd'hui. De ces productions au caractère plus\n"}, {"page_pdf": 234, "page_imprimee": 203, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3314, "texte": "                                  — 203 —\n\n\n  ou moins industriel, l'art, cette flamme de vie ennoblissante et parlicula­\n  riste, disparaît de plus en plus.\n     Les décorateurs sont des habiles et des érudits, jamais des inspirés. Tous\n  les styles sont étudiés, connus, imités, reproduits, quelquefois avec talent,\n et souvent aussi avec une incompréhension rare; et défilent l'un après\n  l'autre, le\" genre Louis XV, le genre Renaissance, le genre gothique, le\n japonais, l'anglais, l'allemand, le Gobelins, etc. Le défaut absolu de nou­\n veauté, de recherche même non réussie, est navrant. Dans les projets d'ap­\n partement, misères banalement somptueuses, cette pauvreté est particuliè­\n rement sensible.\n     L'art décoratif se meurt. Pourra-t-on jamais lui rendre la gloire de la vie\n et la splendeur de la santé? Je ne le crois pas.\n     Cette décadence tient à des causes profondes qui, loin de disparaître ou\n de s'affaiblir, deviendront plus impérieuses et plus décisives dans l'avenir.\n  Elle se lie à la constitution même de notre société. A mesure que s'accom­\n plira l'évolution démocratique, l'Art, me semble-t-il, doit dans ses parties\n hautes se spécialiser, s'affilier, s'éloigner chaque jour davantage de la foule\n pour se réserver à une élite d'esprits spécialement préparés et délicats, et\n dans ses parties basses, nécessairement se banaliser, se fabriquer selon des\n formules données, partant disparaître. Ce sera comme un arbre immense\n dont les racines plongeront toujours en la masse humaine, et qui produira\n en ses branches suprêmes quelques fleurs merveilleuses, si élevées que peu\n pourront en admirer l'éclat et en respirer les parfums, mais dont toute la\n frondaison touffue sera flétrie, et le vent y pleurera dans les feuilles mortes,\n sèches et toutes pareilles.\n     Tandis que la Révolution détruisant les anciennes valeurs sociales, ne\n laissant triomphante et despotique que la seule force de l'argent, poussait le\nnégoce à une concurrence plus âpre que jamais et à une croissante recherche\nde bon marché, l'introduction des machines bouleversait l'industrie et ame­\nnait une division extrême du travail: plusieurs individus furent occupés à\nconcourir, mécaniquement, à la production d'une épingle ou d'une plume.\n Dès cet instant, l'art était fatalement supprimé de l'industrie.\n     Plus de jurandes, plus de corporations, plus de « chefs-d'œuvre » à faire\npour obtenir la maîtrise. Abolition définitive de tout accent personnel.\nComment l'inspiration individuelle pourrait-elle encore se manifester? Des\nefforts rivaux de chacun naissait autrefois ce que nous appelons le style, et\nun serrurier pouvait, dans une clef ou dans une sonnette, attester une ten­\ndance d'art, de même qu'un menuisier sculptant une armoire, ou courbant\nle bras d'un fauteuil, pouvait leur donner une signification personnelle. Je\nsais bien que les sonnettes ou les fauteuils étaient moins communs qu'à\ncette heure, et que beaucoup en étaient privés. Mais, à cette transforma­\ntion, ce que l'utilitarisme a gagné, l'art l'a perdu.\n    Cela peut-il changer? On proposera et on a déjà tenté d'exciter ou d'en­\ncourager, dans la grande industrie, ces soucis artistiques qu'avait la petite\nindustrie disparue, mais vainement!\n    D'abord, la grande fabrication moderne, devenue complètement imper-\n"}, {"page_pdf": 235, "page_imprimee": 204, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3325, "texte": "                                  — 204 —\n\n\nsonnelle, ne recherche qu'un bénéfice et s'abstiendra soigneusement de\ntoute dépense inutile, étant parfaitement indifférente à la monnaie de félici­\ntations, derenommée, de satisfaction d'amour-propre qu'ambitionnait, outre\nl'argent, l'artisan ancien pour le payer de son travail.\n    Ensuite, l'inspiration décorative ne peut venir d'en haut. Imposée, elle\nse glace et ne produit rien. Sa source est en bas, dans les couches profondes\ndu peuple, chez les ouvriers auxquels il faut avoir recours pour réaliser le\nmoindre projet. Ce sont eux qui, par des riens, des détails en apparence\ninsignifiants, réussiront spontanément un ensemble artistique ou défigure­\nront les plus ingénieuses conceptions. Et chez eux, le goût a été tué par\n notre fureur du bon marché.\n    — Aux conséquences de l'extrême division du travail, où s'étouffe toute\n tentative isolée, — à l'influence des milieux, à l'action des choses coutu­\n mières dont s'entoure l'existence d'une banalité croissante, — qu'on ajoute\n enfin les résultats des facilités de communication : la presse et les chemins\n de fer, confondant les races, annihilant le sentiment national, l'esprit de\n clocher, étroits mais féconds, uniformisant les vêtements, les paysages,\n bientôt les idées, et l'on comprendra que plus jamais en l'âme de l'ouvrier\n ne renaîtra la petite fleur d'art dont on fit, aux époques passées, de si odo­\n rants bouquets!\n     Mais il y a encore, en cette déchéance des arts décoratifs, un autre facteur\n  à considérer. Une impulsion eût dû venir aux ouvriers qui décorent des\n  classes riches qui font décorer. Nulle, sinon mauvaise, ne se remarque.\n  L'argent, vite gagné dans les spéculations, devenu la seule puissance\n  sociale, a pu mettre ses possesseurs aux premiers rangs, mais il ne leur en\n  a pas donné la dignité. Le luxe s'apprend comme toutes choses et il n'est\n  pas surprenant de constater qu'un cloutier enrichi manque de correction\n  dans ses manières et de distinction dans ses goûts. Et le nombre des clou-\n  tiers enrichis, de gens dont la fortune est la seule justification, est incal­\n  culable.\n      Manants, promus bourgeois et trop rapidement transformés en grands\n  seigneurs, quand ils ont voulu étaler leurs richesses, ont dévoilé la\n   vileté foncière de leur nature en s'éprenant de décorations tapageuses,\n  criardes, et très coûteuses ; il y a des intérieurs écœurants de vanité\n  repue qui font pitié pour la pauvreté de sensations esthétiques qu'ils\n  révèlent. Et que sont les dépenses retentissantes de notre époque, les\n   plus fastueuses démonstrations de courtisanes éphémères ou de finan­\n   ciers qui durent autant qu'étoiles filantes, que sacrifient-elles à l'art déco­\n   ratif les immenses, les colossales fortunes de notre temps, en comparaison\n   d'Elag-Abal marchant dans de la poudre d'or, ou des Médicis sculptés par\n   Michel-Ange et se bâtissant pour tombeau, sur leur cassette particulière,\n   une chapelle de plus de 25 millions ?\n      Bien piètres, les prodigues modernes ! Et extrêmement rares, de plus.\n   L'immense majorité de nos gens riches est, à l'égard de l'art, d'une indiffé­\n   rence à laquelle il faut réfléchir pour s'en rendre compte. Sous prétexte de\n   chercher un logis, visitez une vingtaine de maisons bourgeoises à Bruxelles,\n"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3013, "texte": "                                   —   203   —\n\n\ncomptez les œuvres d'art, notez l'arrangement des salles, la décoration des\nappartements, et vous serez stupéfié. Et voyez non seulement les chambres\nd'apparat, où pour l'épate, sont étalés les objets précieux, allez en les\nbureaux et les chambres à coucher, celles où l'on vit, celles dont les murs\nracontent les goûts de leurs habitants, et puis descendez encore en frisson­\nnant, et devinez la province.\n   Oh ! bien disparus ces aristocrates qui faisaient peindre sur les murailles\nde leurs palais des fresques triomphantes! Aujourd'hui, de cité en cité, la\nvie vous traîne, l'habitation change à chaque détour de l'existence; qui\ndonc encore connaît l'affection d'une maison dans laquelle, après les\nancêtres, on a grandi et où l'on doit mourir? A quoi bon, alors, l'embellir\nd'ceuvres d'art et la peupler de souvenirs?\n   Les arts décoratifs pourraient encore avoir de beaux jours, si dans les\nfamilles riches, il était compris que le budget des dépenses d'art, doit, au\nmoins, et simplement par dignité, être égal à celui de la table, de l'écurie\nou de la cave. O crétinerie des adorateurs du veau d'or, qui ne com­\nprennent que leurs richesses ont si besoin d'excuses et qu'ils auraient à\nreprendre cette devise de la classe par eux abolie : « Richesse oblige ! »\n   A citer, à l'exposition actuelle, les esquisses de décor pour la Monnaie,\nde LYNEN et DEVIS, les applications du Sylvain-Décor, de CHARLES\nDEWITTE, dérivant de l'art japonais, mais réellement intéressantes, les\nsuperbes verrières de J.-G. DRIESEN, des plafonds (la Terrent l'Eau), de\nJ. VAN DYCK, et les sculptures gracieuses et élégantes de VERHEYDEN et\nde WIOT.\n\n\n       AU CERCLE ARTISTIQUE.\n\n   On a été pour cette exposition d'une sévérité que je ne comprends guère.\nIl faut être extraordinairement naïf ou malintentionné pour vouloir au\nCercle artistique découvrir des chefs-d'œuvre. Etant donné le caractère\nspécial de ces salonnets, réduction des Salons officiels, avec tous leursdéfauts,\nen plus les complaisances multiples pour les parents et amis des sociétaires,\non sait d'avance ce que l'on doit y trouver. Pas de toiles de maîtres ni d'œu vres\ndécisives; pas de hardiesses ou de tentatives de jeunes, pas de manifesta­\ntions à discuter passionnément, c'est ailleurs que nous les rencontrons.\n   S'il en est ainsi, pourquoi le prendre de si haut, avec des airs dégoûtés\net des lamentations gourmées? Quelques envois valent-ils d'être mention­\nnés, il serait plus juste de le faire, simplement, sans ces récriminations par\ntrop faciles.\n   M'ont agacé surtout ces fureurs unanimes contre les amateurs, fureurs\noù la mesquinerie de notre petit pays et de notre petite critique s'aperçoit\ntout entière. Je voudrais que l'on s'habituât davantage à juger une œuvre\nen elle-même, en s'abstenant de considérations sur la profession de son\nauteur. Mais allez obtenir ceci, en cet étroit coin de terre, où tout le\nmonde se connaît ! Sotte manie, cependant, que de déclarer mauvaise la\n"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3124, "texte": "                                  — 206 —\n\npeinture d'un banquier ou de sa femme, sous cet étonnant prétexte que\nleur œuvre n'est pas le résultat de leur profession habituelle!\n    Car enfin, qu'est-ce qu'un amateur? Et faut-il vraiment être étiqueté,\ntant pour ses droits électoraux que pour son portier, artiste peintre ou\nhomme de lettres pour faire des œuvres d'art! A ce compte, Rubens, cet\nambassadeur, qui se délassait en brossant des toiles énormes, ou Stendhal,\ndiplomate, ou Renan, professeur, ou Huysmans, employé dans un minis­\ntère, ou Loti, officier de marine, et d'autres à l'infini, tous des amateurs?\n    Amateurs plutôt ceux qui ne voient dans l'art qu'un délassement frivole,\nou le moyen de se procurer les ressources nécessaires, qui n'y mettent rien\nde leur cœur, de leur sang, de leur âme, qui l'abaissent en n'en comprenant\n pas la grandeur, qui n'en font pas le but primordial de leur vie, avec le\n courage de souffrir et de se dévouer pour la réalisation du rêve conçu, —\n et chassez-les des expositions avec de grandes menaces et des fouets aux\ncruelles lanières, comme Jésus les vendeurs du temple, ce sera tant mieux,\n mais parmi les artistes de profession, n'en trouverez pas de ces « ama­\n teurs »-là? Il serait temps de renoncer une bonne fois à ces indignations\n aisées et à ces querelles de mots qui ne signifient rien.\n    Même observation pour la peinture des dames et des jeunes filles. Oh !\n je ne veux pas la défendre, je la sais le plus souvent très banale et médiocre,\n je sais aussi que l'histoire de l'art est là prouvant que jamais une femme ne\n fut un artiste supérieur; mais s'ensuit-il qu'une condamnation globale, pré­\nventive soit justifiée? Il y a au Cercle même, dans cette peu brillante exhi­\n bition, des œuvres démontrant des qualités qu'on souhaiterait à plus d'une\n palette masculine. MM. les critiques pourraient donc s'abstenir aussi de ces\n débinages collectifs et de ces éloges particuliers, octroyés avec une galan­\n terie insultante; on traiterait en artistes celles qui ont du talent et la galan­\n terie serait de ne pas parler des autres.\n    Appréciez l'œuvre, l'œuvre seule, voilà ce que je réclame, et que l'opi­\n  nion ne résulte pas de l'examen de la signature (qu'on se souvienne de la\n leçon terrible donnée aux acquéreurs des produits de l'usine Van Beers),\n  non plus que du sexe, de l'âge, ou de la profession de l'auteur! Futilités et\n mesquineries à laisser définitivement aux reporters!\n     Ce dit : notons une savoureuse Etable de JAN STOBBAERTS, deux\n  paysages de COURTENS, les excellentes Natures mortes de Mlle ART, le\n  grand tableau de Mme PHILIPPSON, et les Fleurs de Mlle MEUNIER, les\n  délicates interprétations de nature de M. BINJÉ, un petit paysage de DEN\n  DUYTS, un dessin allégorique de FRÉDÉRIC : la Terre, un pastel et une\n  statue de DE LALAING, une Caserne d'ABRY, etc.\n\n\n        EXPOSITION VERHEYDEN.\n\n    ISIDORE VERHEYDEN a réuni au foyer de l'Alhambra une trentaine de\n toiles importantes qui nous renseignent sur son labeur fécond et opiniâtre.\n    Verheyden est des artistes qui, sans en être à leurs débuts, se classent\n"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 858, "texte": "                                  — 207 —\n\n\n encore parmi les jeunes, l'un des plus sympathiques par l'obstination de\n son travail et la sincérité de son émotion. Quelques excellents portraits en\n ont fait un des portraitistes en vogue, mais il ne nous semble pas en\n progrès. C'est toujours très vivant et ressemblant, mais l'accent personnel\n en est bien faible. Les fonds, d'un ton mastic peu heureux, sont déplai­\n sants.\n    Je préfère ses paysages où se retrouve son talent vigoureux, avec ses\n rudesses et son souci de restitution exacte des aspects de la nature. Avril\n est l'un des meilleurs.\n\n\n\n    D ' O D I L O N REDON paraissent ce mois dix dessins pour la Tentation de\n saint Antoine et un autre pour A Rebours. Nous en parlerons dans une\n prochaine chronique.\n                                                      JULES DESTRÉE.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 207, "page_fin": 208, "titre_corps": "Chronique théâtrale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "M. 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Bahier et Dubois — n'a pas fait son drame sur un patron connu.\nIl a découpé le livre en quatre tranches, a cherché en chacune d'elles ce\nqui supporterait la rampe, et voilà. Du théâtre libre, une pièce de vie,\nfinissant malheureusement par un mot de mélodrame, celui de l'Affaire\nClémenceau : « J'ai tué le monstre ».\n   Ces quatre actes, où vraiment il y a peu d'action, ont servi de démon­\nstration. Ils prouvent que le nœud, le fameux nœud, n'est pas indispen­\nsable, que le spectateur s'intéresse au simple déroulement des scènes\n"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2933, "texte": "                                    — 208 —\n\n\nhumaines filtrées par une âme artiste. A ce titre, le premier acte du Mâle,\ncelui de la kermesse, est une merveille d'évocation.\n   Pour la langue, M. Lemonnier a adopté le wallon conventionnel, qui\nn'est ni de Liége, ni de Charleroi, ni de Lille, mais que tout le monde\ncomprend. Mme Herdies, créant le rôle de la Cougnole, a, la première,\nsauvé ces aspérités d'idiome, et c'est à elle surtout qu'est allé l'enthousiasme\nde la soirée. PourMlleSylviac, elle a vaguement oublié qu'elle n'était pas à\nBougival et la couleur locale s'en est ressentie, mais elle a composé son\nrôle avec une extrême sagacité et une intelligence rare — pas chez elle.\n   On a beaucoup parlé de l'interprétation et nous ne nous étendrons pas\nsur les grands mérites de MM. Chelles, Chomé et Crommelinck, de\nM me Besnier, etc. C'est la pièce qui nous intéresse, et, à ce sujet, disons\nqu'un seul journal, se mettant au dessus de la banalité du compte-rendu, a\nfait du drame une étude de haute et bonne critique. Rendant hommage au\ntalent de Camille Lemonnier, M.Victor Arnould, dans la Nation, a expliqué\nde façon sérieuse, ses sévérités.\n   Examinant la littérature contemporaine, il a conclu qu'un roman tiré\nd'une pièce ou vice-versa, n'est-jamais œuvre complète, que l'on doit penser\net écrire roman, écrire et penser pièce — faute de quoi l'on obtient une\ngreffe, sans plus.\n   Cela est très juste, et comme M. Arnould, nous estimons que M. Lemon­\nnier n'a pas besoin de veiller aux moutures ; il a la végétation littéraire\nassez variée et assez brillante, mais il a fait ici une tentative plus sérieuse\nque Zola avec son Assommoir pour citer le principal, et pour-ceux qui ont\n lu le roman : Un Mâle, la pièce est vraiment et vigoureusement belle.\n\n                                          II\n\n        Au   T H É Â T R E L I B R E DE B R U X E L L E S , LE 3 I MAI   1888.\n\n   Rarement avons-nous assisté à pareille tape, pour parler argot de théâtre.\nOn comptait trouver une tentative audacieuse et jeune, et le public n'a pu\nconstater que la lamentable chute de trois pièces aussi mauvaises qu'iné­\ndites.\n   Ce n'est pas encore au théâtre de M. Adam que nous découvrirons une\nformule dramatique nouvelle. Le jeune directeur s'est embarqué sans\nbagages, a pris ce qui lui est tombé sous la main, et je constate que j'ai eu\nl'air excessivement bête en me faisant garant de cette sotte aventure. Jus­\nqu'ici personne ne me l'a dit avec cette sévérité.\n   En Rupture de banc, le Missionnaire et le Signalement se sont partagé\nla folâtrerie de la soirée.\n    Les noms des auteurs nous en sont fort inconnus et nous ne tenons pas\nà les savoir; disons que ces pièces sont strictement aussi banales les unes\nque les autres, qu'aucune n'est mauvaise, — ce serait un adjectif trop flat­\nteur — et que M. Adam peut fermer boutique avec sérénité.\n                                                              M. W."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 209, "page_fin": 212, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "expose cette année au Salon", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 94, "fin_caractere_exclue": 101, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 105, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "Georges Eekhoud vient de faire paraître"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 194, "fin_caractere_exclue": 233, "texte": "chez l'éditeur Kistemacckers un nouveau"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 281, "fin_caractere_exclue": 321, "texte": "livre la Nouvelle Cartilage. 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Georges Eekhoud, Quillebœuf            de"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2108, "fin_caractere_exclue": 2147, "texte": "M. James Vandrunen, Impressions et Sen­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2247, "fin_caractere_exclue": 2288, "texte": "sations, de M. Arnold Goffin, etc., etc.,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2384, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "forment une récolte dont la jeune école"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2520, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "belge a le droit de se montrer fîère. Ajou­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2656, "fin_caractere_exclue": 2697, "texte": "tons-y trois pièces de théâtre, Poison de"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2793, "fin_caractere_exclue": 2831, "texte": "M. Max Waller, Une Mesure pour rien de"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2924, "fin_caractere_exclue": 2962, "texte": "M. Henry Maubel, et Un Mâle de MM. Ca­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2963, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "mille Lemonnier, Bahier et Dubois."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3001, "fin_caractere_exclue": 3041, "texte": "Ne vont pas tarder à paraître : la Flûte"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3042, "fin_caractere_exclue": 3081, "texte": "à Siebel de M. Max Waller, les Chimères"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3136, "fin_caractere_exclue": 3176, "texte": "de M. Jules Destrée, les Nouvelles notes"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3227, "fin_caractere_exclue": 3267, "texte": "sur la littérature de M. Francis Nautet,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3317, "fin_caractere_exclue": 3355, "texte": "et le Sang des Fleurs de M. André Fon­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3410, "fin_caractere_exclue": 3417, "texte": "tainas."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3508, "fin_caractere_exclue": 3551, "texte": "Et dire qu'il y a des gens qui passent leur"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3595, "fin_caractere_exclue": 3640, "texte": "existence de vieille fille à nous enterrer, —"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3686, "fin_caractere_exclue": 3698, "texte": "en elligie !"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3953, "fin_caractere_exclue": 3988, "texte": "A lire, dans le numéro de mai de la"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 4043, "fin_caractere_exclue": 4085, "texte": "Société Nouvelle, la traduction, par notre"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 153, "fin_caractere_exclue": 193, "texte": "collaborateur M. 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Swinburne : Anac­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 332, "fin_caractere_exclue": 338, "texte": "toria."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 510, "fin_caractere_exclue": 551, "texte": "Pour paraître le 15 juin : Anthologie des"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 603, "fin_caractere_exclue": 645, "texte": "prosateurs belges, un volume de 450 pages."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 697, "fin_caractere_exclue": 735, "texte": "Soixante-quinze auteurs ont collaboré."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 790, "fin_caractere_exclue": 828, "texte": "Le volume, luxueusement imprimé par la"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 880, "fin_caractere_exclue": 920, "texte": "maison Monnom, sera mis en vente au prix"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 972, "fin_caractere_exclue": 1015, "texte": "de 5 francs. 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Georges Rosmel — lisez Rahlenbeck"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1655, "fin_caractere_exclue": 1697, "texte": "— nous envoie ses Histoires estudiantines,"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1790, "fin_caractere_exclue": 1830, "texte": "coquet volume plein de bonne humeur lié­"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 1921, "fin_caractere_exclue": 1966, "texte": "geoise, de jeunesse et de gaieté. 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Xhipette, un conte local"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 2883, "fin_caractere_exclue": 2923, "texte": "d'une drôlerie rabelaisienne délicieuse."}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3096, "fin_caractere_exclue": 3135, "texte": "A lire, dans l'Art moderne, une joyeuse"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3187, "fin_caractere_exclue": 3226, "texte": "polémique sur le sixième et le septième"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3278, "fin_caractere_exclue": 3316, "texte": "sens. Chacun sait que les esthètes ont"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3368, "fin_caractere_exclue": 3408, "texte": "plusieurs sens supplémentaires, inconnus"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 3460, "fin_caractere_exclue": 3504, "texte": "des simples artistes. 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Péladan"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2282, "fin_caractere_exclue": 2321, "texte": "commence par maudire la Société des ar­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2376, "fin_caractere_exclue": 2419, "texte": "tistes français, parce qu'elle ne lui a pas"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2464, "fin_caractere_exclue": 2506, "texte": "donné son entrée au vernissage (détail qui"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2556, "fin_caractere_exclue": 2597, "texte": "importe peu au lecteur), puis, entrant en"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2614, "fin_caractere_exclue": 2656, "texte": "une intéressante et vive discussion esthé­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2701, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "tique où l'on rencontre des absurdités de"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2796, "fin_caractere_exclue": 2840, "texte": "ce genre : « Les natures mortes ou vivantes,"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2887, "fin_caractere_exclue": 2929, "texte": "fleurs, victuailles, bibelots, relèvent de"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2983, "fin_caractere_exclue": 3023, "texte": "l'abrutissement — non de l'art. » — Plu­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3077, "fin_caractere_exclue": 3118, "texte": "sieurs hérésies systématiques déparent un"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3174, "fin_caractere_exclue": 3218, "texte": "livre, où, dans la langue rare qu'il possède"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3268, "fin_caractere_exclue": 3309, "texte": "et n'exhibe pas sans quelque affectation,"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3361, "fin_caractere_exclue": 3400, "texte": "M. Péladan se montre défenseur de l'art"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3456, "fin_caractere_exclue": 3494, "texte": "symbolique et termine par un salut aux"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3550, "fin_caractere_exclue": 3590, "texte": "absents, Puvis de Chavannes, Gustave Mo-"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3620, "fin_caractere_exclue": 3663, "texte": "reau et Félicien Rops, qui sont ses maîtres"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3755, "fin_caractere_exclue": 3799, "texte": "exclusifs. Parti des Primitifs et de Fra An-"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3893, "fin_caractere_exclue": 3931, "texte": "gelico — dont il a admirablement para­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 4023, "fin_caractere_exclue": 4067, "texte": "phrasé l'art divin — l'ami Péladan est d'une"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 4159, "fin_caractere_exclue": 4198, "texte": "ignorance crasse en ce qui concerne les"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 4294, "fin_caractere_exclue": 4335, "texte": "maîtres flamands. Il connaît son Musée du"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 4425, "fin_caractere_exclue": 4463, "texte": "Louvre à coup sûr, mais n'a jamais été"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 4553, "fin_caractere_exclue": 4597, "texte": "bien au delà, et de là ses partis-pris basés"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 4598, "fin_caractere_exclue": 4638, "texte": "sur des admirations monopolisées... sans"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 153, "texte": "adjudication. Quoi qu'il en soit, la brochure"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 205, "fin_caractere_exclue": 249, "texte": "dont nous parlons n'est point banale et vaut"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 301, "fin_caractere_exclue": 312, "texte": "d'être lue."}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 519, "fin_caractere_exclue": 557, "texte": "M. Zénon Etienne nous a convié derniè­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 609, "fin_caractere_exclue": 647, "texte": "rement à l'audition d'un poème sympho­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 699, "fin_caractere_exclue": 739, "texte": "nique d'après la nouvelle de Camille Le­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 791, "fin_caractere_exclue": 827, "texte": "monnier : La Noël du petit joueur de"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 879, "fin_caractere_exclue": 886, "texte": "violon."}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 941, "fin_caractere_exclue": 980, "texte": "Le milieu d'art où cette audition avait"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 1032, "fin_caractere_exclue": 1077, "texte": "lieu, l'auditoire d'artistes dont s'était en­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 1129, "fin_caractere_exclue": 1170, "texte": "touré le compositeur, le sujet même qu'il"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 1222, "fin_caractere_exclue": 1263, "texte": "s'est appliqué à traduire en langue musi­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 1315, "fin_caractere_exclue": 1351, "texte": "cale, tout cela indique que M. Zénon"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 1403, "fin_caractere_exclue": 1444, "texte": "Etienne ne se classe pas parmi les « ama­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 1496, "fin_caractere_exclue": 1541, "texte": "teurs » et qu'il tend à faire autre chose que"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 1593, "fin_caractere_exclue": 1623, "texte": "de la ce musique d'agrément »."}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 1678, "fin_caractere_exclue": 1719, "texte": "Il serait, en effet, peu convenable d'as­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 1771, "fin_caractere_exclue": 1814, "texte": "sembler cinquante musiciens, peintres, lit­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 1866, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "térateurs et des dames pour leur faire"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 1956, "fin_caractere_exclue": 1998, "texte": "entendre ces petites élucubrations que des"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2050, "fin_caractere_exclue": 2091, "texte": "amateurs composent pour se distraire pen­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2143, "fin_caractere_exclue": 2185, "texte": "dant les longues soirées d'hiver, comme on"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2237, "fin_caractere_exclue": 2281, "texte": "découpe du bois. Ceci soit dit pour préciser"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2333, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "ma pensée. M. Zénon Etienne est un artiste"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2427, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "suivant de près le mouvement, vivant"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2515, "fin_caractere_exclue": 2555, "texte": "dans notre atmosphère, ayant nos aspira­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2607, "fin_caractere_exclue": 2613, "texte": "tions."}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2668, "fin_caractere_exclue": 2700, "texte": "Supposez un instant que M. Zénon"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2752, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "Etienne, pour aller de la place Royale à la"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2847, "fin_caractere_exclue": 2886, "texte": "porte de Namur, se mette à descendre la"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 2938, "fin_caractere_exclue": 2982, "texte": "Montagne de la Cour. Si je lui fais observer"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3034, "fin_caractere_exclue": 3076, "texte": "qu'il se trompe de chemin, peut-être trou-"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3128, "fin_caractere_exclue": 3173, "texte": "vera-t-il que je suis un âne, — tous les iti­"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3225, "fin_caractere_exclue": 3267, "texte": "néraires sont respectables. Mais peut-être"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3319, "fin_caractere_exclue": 3360, "texte": "aussi attachera-t-il quelque valeur à mon"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3412, "fin_caractere_exclue": 3455, "texte": "impression, et, dans ce cas, ne pourra-t-il"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3507, "fin_caractere_exclue": 3549, "texte": "pas lui dénier le mérite d'une profonde et"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3601, "fin_caractere_exclue": 3619, "texte": "pénible sincérité."}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3718, "fin_caractere_exclue": 3754, "texte": "Que M. Zénon Etienne remonte au plus"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3851, "fin_caractere_exclue": 3892, "texte": "vite la Montagne de la Cour; qu'il prenne"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 3983, "fin_caractere_exclue": 4022, "texte": "son manuscrit, qu'il le déchire en très"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 4119, "fin_caractere_exclue": 4158, "texte": "petits morceaux... Et puis, après avoir"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 4250, "fin_caractere_exclue": 4293, "texte": "beaucoup voyagé et changé d'air... qu'il en"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 4387, "fin_caractere_exclue": 4424, "texte": "recommence un autre... si ça l'amuse."}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 4548, "fin_caractere_exclue": 4552, "texte": "H. M"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 69, "fin_caractere_exclue": 107, "texte": "On nous annonce, pour le mois de juin,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 158, "fin_caractere_exclue": 201, "texte": "la publication d'un nouveau recueil de com­"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 203, "fin_caractere_exclue": 247, "texte": "positions pour chant et piano, de M. Georges"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 297, "fin_caractere_exclue": 304, "texte": "Weiler."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 422, "fin_caractere_exclue": 458, "texte": "Cet album, luxueusement édité par la"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 527, "fin_caractere_exclue": 571, "texte": "maison Schott frères, paraîtra sous le titre"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 635, "fin_caractere_exclue": 674, "texte": "« Mélancolies » et comprendra ces douze"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 676, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "mélodies :"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 884, "fin_caractere_exclue": 923, "texte": "Sonnet à la nuit. — Qui sait? — Aubade."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1043, "fin_caractere_exclue": 1082, "texte": "— Ton rire et tes yeux. — Pourquoi dire"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1149, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "non?... — Les Etoiles. — Le mal d'aimer."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1190, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "— Rose fanée. — Mon triste coeur. — Dors,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1412, "fin_caractere_exclue": 1447, "texte": "enfant! — Nocturne. — Douleur de la"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1521, "fin_caractere_exclue": 1527, "texte": "morte."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1628, "fin_caractere_exclue": 1664, "texte": "Poésies de André Theuriet, Léon Mon­"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1665, "fin_caractere_exclue": 1701, "texte": "tenaeken, Emile Van Arenbergh, Emma­"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1885, "fin_caractere_exclue": 1910, "texte": "nuel Vossaert, etc., etc."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1996, "fin_caractere_exclue": 2035, "texte": "Prix net : 5 francs. - Adresser les de­"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2036, "fin_caractere_exclue": 2077, "texte": "mandes à l'auteur, rue Fossé-au-Loups,27,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2146, "fin_caractere_exclue": 2156, "texte": "Bruxelles."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2359, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "Du même, en préparation : Les      Soirs,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2401, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "quatre mélodies ; Chansons de jadis, six"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2442, "fin_caractere_exclue": 2451, "texte": "mélodies."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2607, "fin_caractere_exclue": 2627, "texte": "ANTOINE ET CLÉOPATRE"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2858, "fin_caractere_exclue": 2904, "texte": "Dans te Figaro,           ces beaux sonnels de"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2965, "fin_caractere_exclue": 2974, "texte": "Hérédia :"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3185, "fin_caractere_exclue": 3213, "texte": "ANTOINE ET C L É O P A T R E"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3421, "fin_caractere_exclue": 3422, "texte": "I"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3549, "fin_caractere_exclue": 3558, "texte": "LE CYDNUS"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3760, "fin_caractere_exclue": 3797, "texte": "\" A ses côtés se tenaient les Eros. »"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3881, "fin_caractere_exclue": 3891, "texte": "PLUTARQUE."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3999, "fin_caractere_exclue": 4044, "texte": "Sous l'azur triomphal, au soleil qui flamboie"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4108, "fin_caractere_exclue": 4151, "texte": "La trirème d'argent blanchit le fleuve noir"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4217, "fin_caractere_exclue": 4262, "texte": "Et son sillage y laisse un parfum d'encensoir"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4263, "fin_caractere_exclue": 4312, "texte": "Avec des chants de flûte et des frissons de soie."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4473, "fin_caractere_exclue": 4517, "texte": "A la proue éclatante où l'épervier s'éploie,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4581, "fin_caractere_exclue": 4632, "texte": "Hors de son dais royal se penchant pour mieux voir;"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4691, "fin_caractere_exclue": 4734, "texte": "Cléopatre debout dans la splendeur du soir."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4735, "fin_caractere_exclue": 4791, "texte": "Semble un grand oiseau d'or qui guette au loin sa proie."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4793, "fin_caractere_exclue": 4838, "texte": "Voici Tarse où l'attend le guerrier désarmé ;"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4839, "fin_caractere_exclue": 4881, "texte": "Et la brune Logide ouvre dans l'air charmé"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4941, "fin_caractere_exclue": 4996, "texte": "Ses bras d'ambre où la pourpre a mis des reflets roses,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 5099, "fin_caractere_exclue": 5145, "texte": "Et ses yeux n'ont pas vu, présages de son sort"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 5146, "fin_caractere_exclue": 5200, "texte": "Auprès d'elle, effeuillant sur l'eau sombre des roses,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 5201, "fin_caractere_exclue": 5247, "texte": "Les deux enfants divins, le Désir et la Mort !"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 154, "fin_caractere_exclue": 156, "texte": "II"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 279, "fin_caractere_exclue": 295, "texte": "SOIR DE BATAILLE"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 388, "fin_caractere_exclue": 418, "texte": "«   O heureux cheval chargé du"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 506, "fin_caractere_exclue": 525, "texte": "Poids d'Antoine ! »"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 621, "fin_caractere_exclue": 633, "texte": "SHAKESPEARE,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 737, "fin_caractere_exclue": 777, "texte": "Le choc avait été très rude. Les tribuns"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 840, "fin_caractere_exclue": 880, "texte": "Et les centurions ralliant les cohortes,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 986, "fin_caractere_exclue": 1042, "texte": "Humaient encor dans l'air où vibraient leurs voix fortes"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1105, "fin_caractere_exclue": 1148, "texte": "La chaleur du carnage et ses âcres parfums."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1251, "fin_caractere_exclue": 1300, "texte": "D'un œil morne, comptant leurs compagnons défunts"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1362, "fin_caractere_exclue": 1411, "texte": "Les soldats regardaient comme des feuilles mortes"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1473, "fin_caractere_exclue": 1520, "texte": "Tourbillonner au loin des archers de Phraortes,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1582, "fin_caractere_exclue": 1625, "texte": "Et la sueur coulait de leurs visages bruns."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1726, "fin_caractere_exclue": 1774, "texte": "C'est alors qu'apparut, tout hérissé de flèches,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1836, "fin_caractere_exclue": 1884, "texte": "Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 1946, "fin_caractere_exclue": 1993, "texte": "Sous la pourpre flottante et l'airain rutilant,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2097, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2207, "fin_caractere_exclue": 2251, "texte": "Superbe, maîtrisant son cheval qui s'effare,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2313, "fin_caractere_exclue": 2356, "texte": "Sur le ciel enflammé, l'Imperator sanglant!"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2529, "fin_caractere_exclue": 2532, "texte": "III"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2710, "fin_caractere_exclue": 2743, "texte": "« Nous avons perdu en baisers des"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2827, "fin_caractere_exclue": 2856, "texte": "royaumes et des provinces., »"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 2951, "fin_caractere_exclue": 2963, "texte": "SHAKESPEARE."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3026, "fin_caractere_exclue": 3072, "texte": "Tous deux ils regardaient de la haute terrasse"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3134, "fin_caractere_exclue": 3176, "texte": "L'Egypte s'endormir sous un ciel étouffant"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3238, "fin_caractere_exclue": 3286, "texte": "Et le fleuve, a travers le Delta noir qu'il fend"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3348, "fin_caractere_exclue": 3392, "texte": "Vers Bubaste ou Sais rouler son onde grasse."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3484, "fin_caractere_exclue": 3528, "texte": "Et le Romain sentait sous la lourde cuirasse"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3590, "fin_caractere_exclue": 3635, "texte": "Soldat captif berçant le sommeil d'un enfant,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3697, "fin_caractere_exclue": 3740, "texte": "Ployer et défaillir sur son cœur triomphant"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3802, "fin_caractere_exclue": 3848, "texte": "Le corps voluptueux que son étreinte embrasse."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 3953, "fin_caractere_exclue": 3998, "texte": "Tournant sa tête pâle entre ses cheveux bruns"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4060, "fin_caractere_exclue": 4107, "texte": "Vers celui qu'enivraient d'invincibles parfums,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4169, "fin_caractere_exclue": 4216, "texte": "Elle tendît sa bouche et ses prunelles claires;"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4324, "fin_caractere_exclue": 4362, "texte": "Et sur elle courbé, l'ardent Imperator"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4424, "fin_caractere_exclue": 4472, "texte": "Vit dans ses larges yeux étoiles de points d'or,"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4534, "fin_caractere_exclue": 4580, "texte": "Toute une mer immense où fuyaient des galères."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4668, "fin_caractere_exclue": 4690, "texte": "JOSÉ MARIA DE HBREDIA."}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 4901, "fin_caractere_exclue": 4940, "texte": "M, Charles Monselet est mort. Le sonnet"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 5057, "fin_caractere_exclue": 5098, "texte": "Au Cochon voudrait-il bien faire de même?"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 95, "texte": "Le Baiser de Théodore de Banville, vient"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 149, "fin_caractere_exclue": 194, "texte": "de paraître en librairie, sans Antoine hélas!"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 242, "fin_caractere_exclue": 283, "texte": "Voici une continuation des rimes à double"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 338, "fin_caractere_exclue": 380, "texte": "détente de cette idylle bergamasque. L'au­"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 434, "fin_caractere_exclue": 478, "texte": "teur de Florise la donne à la Vie pour rire."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 500, "fin_caractere_exclue": 528, "texte": "C'est dédié au pâle Mendès :"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 700, "fin_caractere_exclue": 732, "texte": "Très souvent, las des Philistins"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 796, "fin_caractere_exclue": 831, "texte": "Et les yeux brouillés, chez Catulle"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 839, "fin_caractere_exclue": 872, "texte": "Par les cheveux des Philis teints"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 935, "fin_caractere_exclue": 967, "texte": "Je voudrais aller jusqu'à Tulle."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1123, "fin_caractere_exclue": 1147, "texte": "Car, ami Catulle Mendès,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1220, "fin_caractere_exclue": 1251, "texte": "Peut-être qu'on est encore aise"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1259, "fin_caractere_exclue": 1285, "texte": "D'oublier notre noir Hadès"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1383, "fin_caractere_exclue": 1414, "texte": "Bien loin d'ici dans la Corèze."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1456, "fin_caractere_exclue": 1488, "texte": "Et de ne plus voir sur des seins"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1496, "fin_caractere_exclue": 1530, "texte": "Blanchir des poudres de riz mates."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1538, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "Et de suivre en leurs fiers desseins"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1582, "fin_caractere_exclue": 1619, "texte": "Tous les beaux vers que vous rimâtes."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1716, "fin_caractere_exclue": 1745, "texte": "Si je fuyais nos singes laids"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1753, "fin_caractere_exclue": 1778, "texte": "Et le macadam où va Lise,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1848, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "Il est bien certain que je les"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1940, "fin_caractere_exclue": 1967, "texte": "Emporterais dans ma valise."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2122, "fin_caractere_exclue": 2147, "texte": "Même je voudrais en crier"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2155, "fin_caractere_exclue": 2187, "texte": "De vos chansons que l'écho cite,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2248, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "Quand penché sur mon encrier"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2343, "fin_caractere_exclue": 2373, "texte": "j e puise dans ce noir Cocyte,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2864, "fin_caractere_exclue": 2904, "texte": "Marthe (C. Dalou, éditeur, 17, quai Vol­"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2955, "fin_caractere_exclue": 3002, "texte": "taire, Paris), un vol. in-18, fr. 3-50, le nou­"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3049, "fin_caractere_exclue": 3088, "texte": "veau roman de G. Le Faure obtient en ce"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3140, "fin_caractere_exclue": 3175, "texte": "moment un succès d'attendrissement."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3232, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "Toutes les jolies lectrices pleurent sur le"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3327, "fin_caractere_exclue": 3363, "texte": "malheur de la pauvre Marthe, victime"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3418, "fin_caractere_exclue": 3426, "texte": "d'amour."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3430, "fin_caractere_exclue": 3471, "texte": "Vallet, le dessinateur hardi et gracieux,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3472, "fin_caractere_exclue": 3511, "texte": "contribue pour une bonne part au succès"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3512, "fin_caractere_exclue": 3556, "texte": "du livre, il y a une intensité de vie remar­"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3557, "fin_caractere_exclue": 3600, "texte": "quable dans les croquis qui suivent l'affa­"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3601, "fin_caractere_exclue": 3622, "texte": "bulation page à page."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3626, "fin_caractere_exclue": 3665, "texte": "Beau livre, qui peut prendre place dans"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3666, "fin_caractere_exclue": 3709, "texte": "la bibliothèque à côté du Cavalier Miserey,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3710, "fin_caractere_exclue": 3754, "texte": "dont Vallet a dessiné les scènes principales"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3755, "fin_caractere_exclue": 3789, "texte": "qu'il expose cette année au Salon."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 109, "fin_caractere_exclue": 148, "texte": "M. Maurice Barrès, l'auteur du beau ro­"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 202, "fin_caractere_exclue": 239, "texte": "man Sous l'œil des Barbares, commence"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 293, "fin_caractere_exclue": 337, "texte": "chez l'éditeur Dalou une série de brochures,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 391, "fin_caractere_exclue": 433, "texte": "dont la première, le Quartier latin, vient"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 487, "fin_caractere_exclue": 499, "texte": "de paraître."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 555, "fin_caractere_exclue": 595, "texte": "C'est une forte étude, de beaucoup d'es­"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 649, "fin_caractere_exclue": 692, "texte": "prit et d'une grande précision, sur l'amour"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 746, "fin_caractere_exclue": 788, "texte": "à vingt ans, sur le succès des brasseries,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 885, "fin_caractere_exclue": 927, "texte": "enfin une enquête d'artiste et de penseur,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 981, "fin_caractere_exclue": 1020, "texte": "vivement poussée sur le caractère de la"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1074, "fin_caractere_exclue": 1115, "texte": "nouvelle génération. Trente-deux croquis,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1169, "fin_caractere_exclue": 1212, "texte": "pris sur le vif par nos meilleurs artistes,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1339, "fin_caractere_exclue": 1375, "texte": "accompagnent joyeusement le texte de"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1429, "fin_caractere_exclue": 1447, "texte": "M. Maurice Barrès,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1673, "fin_caractere_exclue": 1708, "texte": "Vient de paraître chez M. E. Deman,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1796, "fin_caractere_exclue": 1840, "texte": "libraire-éditeur, rue d'Arenberg, Bruxelles,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1891, "fin_caractere_exclue": 1932, "texte": "la Tentation de Saint-Antoine, par Odilon"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1983, "fin_caractere_exclue": 2022, "texte": "Redon, album lithographique de 10 plan­"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2073, "fin_caractere_exclue": 2114, "texte": "ches in-fol. , avec couverture illustrée."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2198, "fin_caractere_exclue": 2240, "texte": "Tirage à 60 exemplaires (pierres barrées)."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2291, "fin_caractere_exclue": 2335, "texte": "Le prix de la souscription est de 44 francs."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2386, "fin_caractere_exclue": 2426, "texte": "A partir du jour de la mise en vente les"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2477, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "exemplaires qui resteraient seront portés à"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2571, "fin_caractere_exclue": 2581, "texte": "55 francs."}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2635, "fin_caractere_exclue": 2675, "texte": "Diverses œuvres ont fait apprécier déjà,"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2726, "fin_caractere_exclue": 2768, "texte": "du public artiste, les conceptions saisis­"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2819, "fin_caractere_exclue": 2860, "texte": "santes et profondes de M. O. Redon. L'in­"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 2911, "fin_caractere_exclue": 2954, "texte": "terprétation du livre magistral de Flaubert"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3005, "fin_caractere_exclue": 3048, "texte": "devait plaire tout spécialement aux si per­"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3099, "fin_caractere_exclue": 3139, "texte": "sonnelles tendances de l'artiste et nous"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3190, "fin_caractere_exclue": 3231, "texte": "croyons qu'à cette affection particulière"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3282, "fin_caractere_exclue": 3326, "texte": "doit être rapportée l'heureuse et large tra­"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 3377, "fin_caractere_exclue": 3417, "texte": "duction lithographique qu'il en a faite."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-06-01-n6-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "A tous les Artistes", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 244, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2296, "texte": "A         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n     de Block's Universal Wine C°\n                6, R U E P A U L DEVAUX PRÈS LA B O U R S E\n                       ET MONTAGNE DE LA C O U R\n\n\n\n\n E\n          n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, C H . - L É O N CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu­\n    cines, 16, à Paris; publie LE PAYSAN E T LA PAYSANNE\n    PERVERTIS, d'après RESTIF DE LA BRETONNE, par MAURICE\n    TALMEYR. Un numéro 2 0 centimes, abonnement 3 mois) 1 7 francs;\n    en vente partout.\n\n\n     ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                EPERNAY\n\n\n                                         Prix Courant\n                           Baron J. de Warnimont .     . . .                  . 2 25\n                           Marquis Armand de St-Hubert . . . .                  2 75\n                           R O S É E J E U N E BELGIQUE                        3 00\n                           Crème d'Ay         id.         . . . ., . . 3 50\n                           Bouzy extra        id.         Cuvée réservée. 4 50\n                           Bouzy Cristal      id.                         5 00\n                                       0.50 en plus par 2 2 bouteilles\n                                  EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 2 5 BOUTEILLES\n\n                           Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n           ENTREPOSITAIRE      : COULOMB-ROBIETS\n       19, B o u l e v a r d d u Nord, 19, à B r u x e l l e s\n"}, {"page_pdf": 245, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4468, "texte": "                                 EN       VENTE\n\n\nLIBRAIRIE LÉON VANIER\n                   19, Quai Saint-Michel, Paris\n\n\n        ENVOI FRANCO CONTRE T I M B R E S - P O S T E OU MANDAT\n                                                                                      Francs\n                           P A R N A S S E D E LA J E U N E B E L G I Q U E   .   .     7 50\nPaul ADAM                  Soi                                                         3 50\n      —                    Le Thé chez Miranda (en collaborat, avec Jean MORÉAS)     3 50\n       —         Les            Demoiselles Goubert.     —              —            3 50\n       —                   Etre                        .                             3 50\nJean AJALBERT . . .        Paysages de femmes (dessin de RAFFAELLI) . . . .          3 00\nMaurice BARBES . . .       Les Taches d'encre (les 4 numéros)                        4 00\n       —.                  Sous l'oeil des Barbares                                  3 50\nRobert CAZE . . . .        La foire aux peintres                                     1 00\nPhilibert DELORME . .      Arlequins de Macadam                                      3 50\nEdouard DUJARDIN . .       Les Hantises                                              3 50\nJ.-K. HUYSMANS . . .       Croquis parisiens (avec portrait)              fi            00\n       —                   Le Drageoir aux épices                                    5 00\n       —                   Un Dilemme                                                2 00\nGustave KAHN . . .         Les Palais nomades                                        3 50\nJules LAFORGUE . . .       Les Complaintes                                           3 00\n                           L'Imitation de. N. D. la Lune                             2 00\n                           Moralités légendaires                   6                    00\nStéphane MALLARMÉ ,        L'Après-midi d'un Faune (dessins de MANET) . . .          5 00\n       —                    Poème d'Edgard Poë (dessins de MANET)                   12 00\n       —                   Le Corbeau d'Edgard Poë (dessins de MANET) .          . 25 00\nStuart MERRILL . . .       Les Gammes                                                2 00\nJean MORÉAS . . . '.       Les Syrtes (épuisé)                                      10 00\n       —                   Les Cantilenes                                            3 50\n       —                   Les Demoiselles Goubert (en collab. avec Paul ADA.M) . ' 3 50\n       —                   Le Thé chez Miranda           —               —           3 50\nFrancis POICTEVIN . .      Seuls .                           3                          50\nErnest RAYNAUD . . .       Le Signe                                      . . . .      1 00\nHugues REBELL . . .        Etourdissements                                           4 00\nHenri DE RÉGNIER . .       Les Lendemains (épuisé)                                   5 00\n       —                   Apaisement                                                2 00\n       —                   Sites                                                     2 00\n       —                   Episodes                           6                         00\nPaul VERLAINE . . .        Fêtes galantes                                        .    3 00\n       —                   Sagesse                                            . .     3 00\n       —                    Romances sans paroles                                     3 00\n                            La bonne Chanson                                          2 00\n       —                   Jadis et naguère                                           3 00\n       —                   Amour . . . ,                                              3 00\n       —                   Mémoire d'un veuf (prose)                  ,       3         50\nJules VIDAL et BVL .   .    Sœur Philomène (pièce en deux actes, tirée du roman\n                              de MM. de Goncourt)                                .    1 00\nJules VIDAL . . . .        Le Jupon                                                   3 50\nFrancis VIELÉ-GRIFFIN.      Cueille d'Avril (épuisé)\n      —                     Les Cygnes                                                3.50\n       —                   Ancaeus                                                    3 50\n\n\n                  Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 20, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 210, "texte": "8e ANNEE.       TOME V I I . N°    6.    Prix   : FR.      0-60.       ler      JUIN 1888.\n\n\n\n\n                                                LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                   SOMMAIRE:\n Impressions et sensations                                ARNOLD GOFFIN.\n Vers.                                                    ALBERT GIRAUD.\n Croquis.                                                 HENRY MAUBEL.\n L'Illusoire                                              CHARLES VAN LERBERGHE\n Poème en prose                                           HECTOR C H A I N A Y E .\n Vers                                                     VALÈRE G I L L E .\n Saphiques (traduction de Swinburne) .                  . GEORGES D E S T R É E .\n Vers                                                     ADOLPHE     FRÈRES.\n Le Penseur                                               GABRIEL MOUREY.\n Chronique littéraire                                      G. D .\n Chronique d'art                                        . JULES DESTRÉE.\n Chronique théâtrale                                       M. W .\n Memento . . .                                            ***\n\n\n\n\n                                        BRUXELLES\n              ADMINISTRATION :                             RÉDACTION :\n            26, RUE DE L'INDUSTRIE, 26                   80, RUE BOSQUET, 80\n\n                                            PARIS\n                                  LÉON VANIER, ÉDITEUR\n                                      19, Quai Saint-Michel\n\n                                                1888\n"}, {"page_pdf": 211, "texte": "        LA JEUNE BELGIQUE\n                        REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\n\nparaissant    chaque mois et formant    au bout de l'année un superbe volume orné d'un\n                                         frontispice.\n\n   Bruxelles : Administration,   26, rue de l'Industrie, — Rédaction : 80, rue Bosquet\n\n\n\n\nDirecteur      : MAX WALLER. — Administrateur                 : HUBERT VAN DlJK.\n\n\n\n                                 ABONNEMENTS :\n\n   Belgique .       .   7 francs par an. — Union postale .            .    fr.       8-50\n\n             Les conditions pour les annonces se traitent à               forfait.\n\n\n\n\n                         VIENT DE PARAITRE\n\n\n\n LA NOUVELLE CARTHAGE\n                                             PAR\n\n\n                             GEORGES        EEKHOUD\n\n\n\n                         1 volume petit in-8\" de 326 pages\n\n                                       Prix : fr. 3.50\n\n               1 Bruxelles, chez HENRY KlSTEMAECERS, éditeur\n                           et dans toutes les librairies.\n"}, {"page_pdf": 212, "texte": "     IMPRESSIONS ET SENSATIONS\n\n\n                                    Un soir orageux de l'été défunt, la tête enser­\n                                     rée du carcan malaisé de la migraine, je\n                                     traînais mon humeur atrabilaire par les\n                                     rues; mes pas machinais m'entraînèrent\n                                     à la remorque d'une foule endimanchée\n                                     dont le but m'était inconnu.\n                                        J'arrivai ainsi, après une marche très\n                                     longue, dans l'odorant vacarme d'un\n                                     champ de foire.\n                     J'allais fuir, car les kermesses ont cessé de me plaire\n                  dès le jour où les amusants et na'ifs bateleurs se sont avisés\n                  d'illuminer leurs tréteaux de cordons de gaz et de foyers\n                  électriques; depuis que leurs théâtres sont de vrais\n                  théâtres, sur lesquels l'on joue de vraies pièces, écrites\n                  par des auteurs sérieux et authentiques, qui touchent des\n                  droits; — mais, en rebroussant chemin, la pittoresque\n                  parade d'une baraque de minime importance, m'attira.\n                  Là, dans la vapeur résineuse de torches fichées à des\n                  piquets, le directeur et le pitre habillé à la française et\n                  portant perruque, jouaient l'immortel et toujours char­\n                  mant tabarinage, égayé de calembours lourds et substan­\ntiels. — Le valet annonça enfin, à l'aide d'un porte-voix, les exploits\nnon-pareils du très audacieux et illustre dompteur Kremo.\n   Séduit par la prescience incertaine d'un spectacle nouveau, j'entrai.\n"}, {"page_pdf": 213, "texte": "                                 -   182    —\n\n    La représentation commença par quelques exercices insapides. Des\nours énervés et endormis, dodelinant leurs corps disgracieux ; des loups\ngaleux et serviles comme des chiens ; des singes travestis imitant l'homme,\n— quel enviable modèle! — passèrent devant mes yeux désintéressés.\n    Une déception nouvelle, pensai-je, me reprochant, une fois de plus, mon\nincorrigible confiance que la belle apparence extérieure des choses captive,\nirrésistiblement.\n    Mais, à cet instant, on roula sur la scène une massive cage qu'un royal\net majestueux lion parcourait de long en large, de ce pas nostalgique, de\ncette tout à la fois lente et hâtive allure des fauves prisonniers. Frémissant\nde l'électricité ambiante, il tournait parfois son regard impérial vers la\nsalle et, superbe, toisait les misérables et chétifs humains qui s'y entas­\nsaient.\n    — Le Bestiaire parut, et, rapide, pénétra dans la cage : la bête s'accula\nà un angle, avec un sourd grondement. Caressant, Kremo approcha; —\n son formidable adversaire se piéta, résolu. Le maître lança un ordre; — un\n rugissement lui répondit. D'une voix déjà saccadée par l'angoisse, le domp­\nteur réitéra l'injonction ; — vain effort.\n    Une lutte silencieuse s'engageait, alors. Le belluaire, haletant, appré­\nhendant sa perte au geste le plus furtif, se tint, telle une muette cariatide,\nplongeant son regard dans les yeux étincelant d'une sanguinaire vision de\n l'animal. — Anxieux, hypnotisé par l'espoir d'un drame imprévu, le public\n s'immobilisait à la contemplation.\n    Soudain, l'homme, sans détourner le visage, se pencha imperceptible­\n ment et, tâtonnante, sa main chercha à ouvrir la grille. Mais le généreux\n carnassier veillait ; affranchi de sa magnétique servitude, il bondit et, d'un\n coup de patte solennel et terrible, étendit Kremo la face contre terre, sans\n daigner l'achever, car — maintenant, n'était-il pas son incontestable\n pâture?\n    Un enthousiasme délirant me transporta ; je me levai et, les mains bien\n haut, applaudis le très noble et indomptable LION !\n\n                                       II\n\n   Parcourant tous les cercles de la hiérarchie sociale, cherchons où et avec\nqui nous serions heureux de vivre, dans quelle sphère nous trouverons un\nsursis à la douleur d'être.\n  Sera-ce parmi le peuple, aux émotions frustes et saines, mais bestial et\ninculte, jugulé par les instincts barbares, accablé sous le faix des travaux?\n"}, {"page_pdf": 214, "texte": "                                  — 183 -\n\n   Au milieu de la bourgeoisie, peut-être? — Les bourgeois, à moitié\ninstruits, à moitié éduqués, leurs jalousies potinières, leurs préjugés et leur\nmorale opportuniste, vous répugnent.\n   Allons donc nous réfugier chez ces hommes simples, droits et probes :\nles marchands. Hélas ! leurs idées rancies, la sordide bassesse de leurs cal­\nculs vous apparaissent ; la lésine et le négoce ont desséché le cœur et l'intel­\nligence de ces gens-là.\n   La société des prêtres nous sera plus propice, sans doute, car quelle soif\nnous tourmente, et inétanchable, d'amour divin et de justice... Non, non,\nceux-ci ne sont point les disciples du Maître miséricordieux : Abîmés en un\nmignard et byzantin culte d'hyperdulie, — ces iconodules ont perdu le\nsens des symboles; ils trafiquent des mortelles angoisses et du sang du\nSauveur. Leur Paraclet est le satanique veau d'or...\n   La noblesse? Laissons cette caste forlignée des vertus et des grâces\nataviques; ces bipèdes ridicules, crétinisés par la débauche bête et sans\ngrandeur.\n   Voici le hâvre! Confions-nous en l'unique aristocratie de ce temps : les\nartistes!... Mais, que voyons-nous? Eux aussi sont divisés en factions et\ndérobent derrière d'apparentes et belles convictions, des intérêts et des ran­\ncunes personnels...\n   Fuyons ! Où nous cacherons-nous pour pleurer, car le monde rirait\nde nos larmes; — en quel asile inviolé irons-nous nous coucher pour\nmourir ?\n  — Et à quoi bon reporter nos regrets vers les époques primitives que\nnous nous illusionnons plus sereines. — L'Inde, l'Egypte, la Grèce même,\nRome étaient-elles plus favorables et maternelles aux rêveurs? Les hommes\nne furent-ils toujours les mêmes animaux positifs, stupides et rapaces?\n  Cette aspiration vers une illusoire Terre de promission est vaine. —\nOtons-nous toute foi, tout espoir.\n\n                                      III\n\n                          LES SPECTRES VIVANTS\n\n   Dans le cadre prestigieux d'un sombre et riche décor, à l'évocation du\nmagicien, surgissent des êtres affublés d'oripeaux éclatants et bizarres, qui\nvalsent silencieusement, puis s'asseyent au bord d'une table et raclent sur\ndes instruments discordants, je ne sais quelle mélopée spleenétique et\ncriarde. Soudain, à un signe du nécroman, la grinçante mélodie s'éteint,\n"}, {"page_pdf": 215, "texte": "                                 -   184   -\n\net les dernières vibrations musicales semblent avoir emporté les virtuoses\navec elles. Tour à tour, ceux-ci — dociles aux ordres du sorcier — parais­\nsent et s'évanouissent, reprenant ou interrompant leur fantasmatique con­\ncert. — Et, malgré l'explication fort simple du phénomène, me fournie\npar ma mémoire, ce spectacle singulièrement m'impressionne, m'effraye,\npresque.\n   Car, n'est-ce là un peu le décalque de cette Vie? et chacun de nous ne\ndisparaît-il pas le jour marqué subitement et comme au souffle d'un vent\ninconnu qui nous surprend, insouciants et jouant encore notre petite\nmusique?\n                                     IV\n\n   Le parc dévêt sa parure des jours ensoleillés; ses larges et bruissants\npanaches de verdure se dessèchent et, tourbillonnantes, les feuilles tombent\ndans les allées désertes. Les grands chênes, les frêles bouleaux, les ormes\nmajestueux profilent, maintenant, leurs troncs tordus et rigides sur l'horizon\nplus terne. Comme la trame fuselée de quelque gigantesque canevas, les\nbranches effilées et légères s'enchevêtrent et dessinent des arabesques fines,\nrelevées ici et là par la pourpre, le carmin, les teintes érugineuses, chaudes\net mordorées des feuillages jaunissants. Les bosquets, certes plus charmeurs\nainsi, colorés de tons chatoyants et, aux confins, noyés en un brouillard\nlaiteux — qu'à l'heure des floraisons estivales, sont bien dignes de tenter\nun pinceau délicat et subtil, amoureux de lumineuses dégradations.\n   Et, pour extravagante qu'elle puisse peut-être sembler, l'idée n'en serait\npas moins séduisante de donner — en ce jardin dénudé et agonisant — des\nconcerts spéciaux.\n   Aux fanfaronnades, — aux symphonies un peu brutales des pompiers,\nconsonnantes d'ailleurs au cadre insolent de l'été, Vendémiaire verrait suc­\ncéder des orchestres plus raffinés.\n   Nous rêvons d'entendre là une musique douce, apaisante, presque mou­\nrante et très mélancolique ; des harmonies monophones, funéraifes, endo­\nlories que la chute ininterrompue des feuilles rhythmerait... Ou bien, vou­\ndrions-nous qu'on installât, en un coin perdu, un vieil orgue de Berbery\nusé, décrépit, versant d'archaïques ballades, des fugues démodées, avec ce\ntremblement et ces saccades d'une si requérante tristesse, et qui ressus­\ncitent les ancêtres, fredonnant d'une voix cassée et chevrotante, des gavottes\nsurannées...\n"}, {"page_pdf": 216, "texte": "                                   — 185 —\n\n\n                                        V\n\n    Sous la neige qui, mollement, tombe, le Parc s'endort. La paix, l'aime\n douceur s'étendent, enveloppent les choses, repoussent les bruits et les\n rumeurs de la cité. Le Parc s'est endormi.\n    Les allées poudrées à frimas, les arbres abdiquant leurs attitudes farou­\nches, recouverts d'un douillet manteau givré, s'assoupissent aussi... Pous­\n siéreuse, cristalline et légère, distraitement, la neige voltige, s'éparpille et\nnoie en un brouillard rayonnant les allées, les plantes et les frileuses statues\nde marbre...\n   Et je m'illusionne voir errer dans ce virginal décor, des ombres furtives\naux albes visages, aux yeux limpides et tendrement soumis, — des ombres\nfurtives dont les pas menus, effleurant le sol, laissent immaculé son tapis\néphémère.\n   Cordélia et Elsa, Juliette et Ophélie, Desdémone, fantômes gracieux et ter­\nribles défilent lentement, deux à deux, — et guidant ce cortège adorable, la\ntête auréolée d'un orbe de pureté et de lumière, plane Marie, la divine\nmère du Sauveur!\n                                                         ARNOLD GOFFIN.\n\n\n\n\n                                 VERS\n                              LE     MISSEL\n\n                                                     A MAURICE DESOMBIAUX\n\n\n    Vous êtes, ô ma sœur! un missel profané,\n   Un missel byzantin fleuri de fleurs obscènes,\n   Historié naguère en des veilles malsaines,\n   Au fond d'un couvent grec, par un moine damné.\n\n   O missel du péché suave qui m'est cher!\n   Garde à mon seul désir ta caresse féline,\n   Ta féline caresse, astucieuse et fine,\n   Et le soyeux baiser de ton vélin de chair !\n"}, {"page_pdf": 217, "texte": "                          — 186 —\n\nGarde-moi la ferveur de ton texte pieux\nOù des roses de feu, saignantes et cruelles,\nMêlent avidement leurs lèvres sensuelles\nEt l'haleine de leurs secrets silencieux;\n\nTes bourreaux lamés d'or de la nuque à l'orteil\nQui s'enivrent de voir, sous le vol de leurs flèches,\nLes seins martyrisés mûrir comme des pêches\nSur de grands crucifix d'ébène et de soleil;\n\nTes anges, et leur grâce ambiguë, à genoux\nPour la communion érotique, si frêles\nQu'ils laissent retomber le luxe de leurs ailes\nSur la honte d'un spasme invisible et très doux ;\n\nEl tes vierges marchant vers de pâles berceaux,\nLevant au ciel naïf les yeux de leur faiblesse,\nSans même se douter quelles tiennent en laisse\nAu lieu de leurs brebis d'équivoques pourceaux!\n\n                     PROSTITUTION\n\n                                               A ANDRÉ FONTAINAS\n\n\nCe sont tes yeux meurtris aux paupières lassées,\nTes yeux comme un combat par un soir ténébreux,\nTes yeux sombres pareils à des fleurs offensées\nQui me sont les plus chers et les plus dangereux.\n\nTes yeux, et vous, son rire et ses folles gencives,\nFières des baisers bus et des rêves tués.\nVous, les cruelles sœurs de mes lèvres lascives,\nVous, frères de mes yeux, ses yeux prostitués !\n\nRegards pleins d'autres yeux, lèvres sous d'autres bouches,\nSilencieux tourment de mes lèvres farouches,\nMuette volupté de mes yeux    envieux!\n\nRegarder tous ces yeux dans tes prunelles vides,\nBaiser tous ces baisers sur tes lèvres avides,\nO l'amour de ma bouche et la peur de mes yeux !\n"}, {"page_pdf": 218, "texte": "                         -   187   -\n\n\n\n\n                      PENTECOTE\n\n                                            A GEORGES LEMMEN\n\n\nDans l'église nocturne et magique, aux lumières\nDe la nef d'argent vert et rose où les verrières\nEnfièvrent la splendeur d'un peuple de joyaux,\nUn groupe énigmatique et blond d'enfants royaux,\nTrès pâle, s'alanguit dans une longue attente.\nRien de la vie en fête autour d'eux ne les tente,\nRien du baiser soyeux des heures, rien des jeux.\nFrèles servants d'un culte ignoré, l'orageux\nTourbillon d'aigles noirs de leur âme s'élance\nVers un cruel soleil d'extase et de silence,\nVers le soleil que nul n'a fixé sans mourir;\nEt fébriles dans leur attente de souffrir,\nContemplent sur l'autel impérieux et sombre\nS'ouvrir et se fermer les yeux rouges de l'ombre\nAu caprice vermeil des flambeaux     palpitants.\nEt voici que sur les étranges pénitents,\nTrès lointaine, ruisselle une musique aiguë\nAvec des voix d'enfants dont l'ivresse ambiguë\nOppresse de tendresse et caresse le cœur,\nEt que du groupe évangélique, dans le chœur,\nSe lève an bel apôtre à figure de femme,\nMince, agile, ondulant et fier comme une flamme,\nUn Messie aux cheveux douloureux et sanglants,\nDont les regards pensifs et les gestes troublants\nFont éclore, du haut des voûtes phosphoreuses,\nUn vol éblouissant de langues amoureuses;\nEt l'essaim d'or de ces 'abeilles du désir\nParesseusement tourne, avant d'oser choisir.\nAutour des lys de feu qui fleuronnent les cierges,\nPuis, effleurant le front des héros et des vierges,\nLente, chacune élit un doux enfant pâmé,\nEnsorcelle sa chair du songe parfumé\nD'un voyage au pays des étoiles fleuries,\nEl se pose, en mourant, sur ses lèvres meurtries.\n"}, {"page_pdf": 219, "texte": "                                  — 188 —\n\n\n\n                        AVERTISSEMENT\n\n                                                           A   ARNOLD   GOFFIN\n\n\n\n    J'ai rencontré mon âme au détour du chemin,\n    Lente et grave, au milieu de très blanches ténèbres,\n    Sous un manteau de lune ocellé d'yeux funèbres,\n    Et la fleur de ma mort fleurissait dans sa main.\n\n     Ombre plus pâle encor d'une ombre pâle, un grêle\n     Et beau lévrier blanc la suivait doucement,\n     La suivait, pas à pas, d'un étrange aboîment\n     Dont la plainte expirait dans le silence frêle.\n\n     J'ai marché vers mon âme : elle a levé ses yeux,\n     Elle a levé sur moi ses yeux  mystérieux,\n     M'a regardé longtemps, mais sans me reconnaître;\n\n     Puis, ramenant son voile aux plis chastes et froids,\n     Elle a fait dans le vide, avant de disparaître,\n     D'un long geste endormi, le signe de la croix.\n                                                      ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n\n                             CROQUIS\n                                       I\n             Tu sors?\n                 — Oui, ma petite Maggy, j'ai quelques courses; il faut que\n              j'aille au cimetière ; je dirai un bonjour à Berthe en passant ;\n              c'est demain le Jour des âmes, s'il n'y avait pas de fleurs sur la\ntombe de ce pauvre René, ce semblerait drôle... Trouves-tu pas?\n  Maggy, la regardant d'un long regard triste, répondit simplement : Oui.\n  Deux secondes... elle entendit un roulement sous la porte cochère, un\nchoc, puis le clair fracas de i'attelage en plein pavé sous un soleil de gelée\ndouce : le coupé de Marthe enfilait le boulevard. Alors, bien sûre qu'on ne\n"}, {"page_pdf": 220, "texte": "                                     -    189   -\n\n\n  viendrait pas troubler sa prière, elle dénicha de sa commode un caisson\n  plat et carré, d'aspect massif, dont le large couvercle en bois de rose semé\n  d'appliques de métal emboîtait le fond comme une cloche ; c'était le reli­\n  quaire, l'éternel, aux brimborions dont chacun a son histoire et rappelle une\n  bribe d'amour et elle se mit à exhumer lentement : des fleurs sèches, des\n lettres; deux lettres; une seule échappée au bonheur de jadis et que Maggy\n relisait chaque jour ; l'autre, un billet banal du temps où il lui disait vous.\n  Un caillou roulé marqué d'une minuscule tache qui les avait rapprochés\n dans une discussion de science creuse au fond de laquelle il y avait un\n baiser pris... et laissé prendre... C'était par un retour de campagne, au\n jour tombant; le ciel crépusculeux déteignait à la terre; les amoureux, en\n arrière-garde, avaient doucement lâché la bande au détour d'un chemin...\n    Puis des bouquets de cotillons faits de violettes et de camélias, recroque­\n villés, jaunes comme les fleurs jaunies qu'on retrouve sur les tombes et des\n liasses de carnets de bal croqués, déchirés, souillés de noms illisibles. Tous\nportaient à plusieurs numéros de valse, en gros traits, l'initiale R; parfois\nune marque au verso, un signe ou quelque phrase comme celles-ci : Noël !\nnous avons fait notre souper ensemble; depuis ce vingt-cinq décembre, une\nheure du matin, j'adore les truffes! — Les chrysanthèmes du dernier bal\nne sont pas encore toutes fanées. — Pourquoi Marthe ne l'aime-t-elle pas?\n— Il m'a pressé la main moins longuement, ce soir; il paraissait triste et\ndétournait le regard... — Enfin, sur le dernier, griffonnés à peine, ces mots\nen lettres tremblées : Il l'épouse; soit... je l'aimerai pour elle.\n    Et pour tout le temps qu'elle s'était promis d'aimer, Maggy avait emmi­\ntouflé là, ces riens, son poème et les chrysanthèmes, une à une, s'étaient\nfanées. Un matin, elle avait rouvert la boîte en sanglotant pour y déposer\nune lettre de mort au nom de René; dans la chambre attenante on venait\nde fermer le cercueil.\n    Maintenant gardait-elle à son aimé cette petite tombe sans croix, faite de\nfleurs mortes et de souvenir.\n\n                                         II\n   — Marguerite, viens-tu?\n   — Oui, mère.\n   Et elle s'attarde à saisir du regard ce regard qui vient de s'arrêter pour\nelle parmi le fouillis des tombes et des branches jaunies.\n   Une dernière levée de soleil dans le brouillard, après la pluie d'automne qui\nfait ruisseler les saules ; le cimetière, au flanc de la côte, se décollette de ses\nmurs bas comme pour mêler ses flots de terre enflés de tombes aux flots de\n"}, {"page_pdf": 221, "texte": "                                — 190 —\n\nterre de la campagne immense dont les dernières collines, dans le paysage\ndoré, semblent toucher le soleil tombant et le ciel, au couchant, devient de\nce rose brumeux dont sont roses les nuages.\n    Rien de sa vie ingénue comme son amour ne s'en est encore allé dans la\nmort.\n    La mort est un objet de recueillement qu'elle ne comprend pas et ne\ncherche pas à comprendre. Elle sait qu'on parle bas dans les cimetières et\nqu'on s'agenouille devant les tombes ; mais pour aimer, aussi, l'on s'age­\nnouille et l'on parle bas ; dans cette fin de vie universelle que ramène la\nchute du jour, elle ne pressent qu'une défaillance très douce qui l'enve­\nloppe déjà toute. Oh! si c'était la mort, comme elle y inclinerait mollement\nla tête !\n    Cédant de tout son corps à un léger mouvement de recul, au moment de\n s'enfuir, elle accroche à travers le feuillage, une dernière parcelle de ce\nregard ; ses yeux que voile une moiteur chaude s'y apposent tandis que ses\nlèvres ont un remuement machinal dont on ne saurait dire si c'est le geste\n d'une parole ou d'un baiser.\n                                                    HENRY    MAUBEL.\n\n\n\n\n                        L'ILLUSOIRE\n              Douce, est celle dont vous êtes\n              Sœurs et dont vos yeux sont doux;\n              Quelle est celle d'entre vous,\n              Dont vos bouches sont en fêtes?\n\n\n               Quelle est celle dont vous êtes\n               Si farouches et jalouses,\n               Quelle est celle dont vos seins\n               Sont fleuris comme d'épouses?\n\n\n               — Pâle, sur nos cœurs malsains\n               En l'obscurité des songes,\n               Nos caresses de mensonges\n               S'endorment sur ses baisers;\n"}, {"page_pdf": 222, "texte": "                 —   191    —\n\n\nSur nos têtes insoumises\nSes mains blanches elle a mises\nEt nos désirs apaisés\nS'endorment à ses yeux sombres;\n\n\nBlanche, elle a fait dans le soir\nDe nos chevelures d'ombre\nUne robe d'azur noir,\nEt son corps est blanc de lune;\n\n\nSon cœur est fallacieux;\nD'entre nous quelle est cette une?\nElle habite dans nos yeux\nComme un doux matin de roses;\n\n\nVa, Désolateur jaloux,\nDes doigts sur nos bouches closes,\nNous ne ferons que pour nous\nLe signe de son visage;\n\n\nElle est seule, et dans ses sœurs\nComme un chaste paysage\nDe colombes et de fleurs,\nEt c'est une vierge sage.\n                           CHARLES VAN L E R B E R G H E .\n"}, {"page_pdf": 223, "texte": "                                   192\n\n\n\n\n                  POÈME EN PROSE\n                           LE PREMIER RÊVE\n\n              Le premier homme dormait au pied d'un arbre géant.\n                  Le ciel ne s'était pas encore séparé de la création, et la terre\n                semblait pénétrée d'une douce et molle clarté d'amour. Du\n                fond des herbes baignées de tendresse s'allumaient les\ncorolles des fleurs comme des regards qui s'entr'ouvrent. Les oiseaux chan­\ntaient sous les feuilles des chants qui ne devaient point cesser. Là, un\nfleuve large et limpide coulait sur des cailloux d'argent. Dans le fil de\nl'eau glissaient d'étincelants poissons qui jouissaient du bonheur épandu\nen toutes choses. Des forêts profondes et hospitalières montaient les bruits\nde vie des animaux vivant en paix. Au loin, les monts et les rochers\npresque transparents s'élevaient sans orgueil.\n   Et l'homme qui venait d'être créé, vit passer dans son sommeil le res­\nplendissant mirage du paradis terrestre. Et son âme frémit. « Tout s'aimait.\nLui seul apportait la haine ». Soudain, son rêve changeant, il vit sous un\nciel sombre où claquait un vol de vautours, des hommes marcher les\nuns contre les autres les armes à la main. « Seigneur, murmura-t-il effrayé,\nrappelez-moi, je viens détruire votre oeuvre ».\n   Mais sa prière ne fut pas exaucée, et sur le commandement de Dieu\nl'homme ouvrit les yeux. Et malgré la douceur de ses premiers regards, un\ngrand frisson de peur secoua le monde. Le ciel se retira de la terre qui se\n durcit et devint noire. Les fleurs se fanèrent. Le chant des oiseaux n'eut\nplus qu'un temps. Et les animaux se fuirent.\n   Et l'homme, se sentant maudit par la nature, baissa la tête ; et, acceptant\nla lutte fatale, pleura du malheur d'être homme.\n\n                                                    H E C T O R CHAINAYE.\n"}, {"page_pdf": 224, "texte": "                      — 193 —\n\n\n\n\n                     VERS\n                          I\n\n                   MARTYRE\n                                              A ANDRÉ FONTAINAS\n\n\nAu fil de l'onde, à la dérive, l'enfantine\nMartyre, fleur de l'onde à la dérive et neiges\nDe lumière autour d'elle et sourdine d'arpèges\nQui frôlent comme un frêle oiseau l'onde argentine.\n\n\nOh ! pourquoi sur ses seins ses pâles mains meurtries\nPar les liens, ses mains en prières, si fraîche\nElle, à bercer l'Enfant endormi dans la crèche,\nEt comme en rêve ces appels de voix chéries?\n\n\nAu fil de l'onde, à la dérive, calme cygne,\nAux timides baisers des fleurs elle résigne\nSes bras endoloris de candeur orpheline.\n\n\nLa douce endormie en ses songes de lumière,\nAu fil de l'onde, à la dérive, elle décline\nVers le ciel mauve et rose au fond de la rivière.\n\n\n                         II\n\n                    ENFANCE\n                                               A MADAME E.   V.\n\n\n        Je vais les mains pleines de roses,\n        Les tempes ceintes de verveines,\n        Effeuillant la clarté des roses\n        Dans la fontaine de mes peines.\n"}, {"page_pdf": 225, "texte": "            — 194 —\n\nDe la lumière et des sourires,\nLe chant lointain d'une voix douce,\nDes baisers d'or et des sourires,\nDes violettes dans la mousse.\n\nEt tout légèrement il neige\nSur les fleurs de mes doigts glissées :\nC'est du soleil et de la neige\nDans les jardins de mes pensées.\n\nEt la neige au lointain sommeille\nLumineusement   endormie\nSur mon enfance qui sommeille\nComme au cœur triste d'une amie.\n\n                III\n\n       ENCHANTEMENT\n                              A CHARLES VAN LERBERGHE\n\n\nCest le jardin bleu des lumières :\nDes opales, des perles blanches,\nDes lacs d'azur dans les clairières,\nDes gerbes de fleurs sous les branches.\n\n Tentends chanter des voix chéries,\n Des ailes d'or me f ont cortège,\n Et mes tristesses sont fleuries\n De gracieuses perce-neige.\n\n Sous les feuillages de mes songes\n Soupirent des colombes roses,\n Et je cueille les beaux mensonges\n Qui reposent au cœur des roses.\n\n Et vers des plaines éveillées\n De roses blanches et d'étoiles,\n Timidement ensommeillées\n Sous des guirlandes et des voiles,\n"}, {"page_pdf": 226, "texte": "                                — 195 —\n\n\n                   De jeunes vierges sont couchées\n                   Souriant à leur doux sommeil\n                   En leurs robes lilas jonchées\n                   De fleurs tremblantes de soleil.\n\n\n                                    IV\n\n                        PROFIL DE LUMIÈRE\n                                                 A MONSIEUR ODILON REDON.\n\n\n         En l'effroi des ténèbres, si consolante\n         Elle ouvre sa blancheur de fleur nivéale,\n         O frêle vision, frêle et réginale\n         Qui se profile au loin timide et dolente!\n\n         C'est sur les eaux de la lumière endormie\n         Qu'attriste la pureté blanche des lys,\n         C'est de la neige qu'une main chère émie\n         Sur nos regrets dans les nuits ensevelis.\n\n         O silence des cœurs clos dans la prière!\n         C'est la fin de la bataille meurtrière,\n         L'espérance d'une lueur sur la grève,\n\n         C'est dans l'orage une goutte de soleil...\n         — Oh! ne faites pas envoler le beau rêve\n         Qui s'est doucement posé sur son sommeil!\n                                                      VALÈRE G I L L E .\n\n\n\n\n                       SAPPHIQUES\nToute la nuit, le sommeil ne vint pas sur mes paupières,\nNe répandit point de rosée, ne secoua et n'ouvrit pas une plume,\nMais les lèvres silencieuses fermées, et avec des yeux de fer\n               Se tint debout en me contemplant.\n"}, {"page_pdf": 227, "texte": "                                 — 196 —\n\nAlors que j'étais ainsi couché surgit une vision.\nElle vint sans sommeil par dessus les mers et me toucha\nDoucement toucha mes paupières et mes lèvres; et moi aussi,\n               Rempli de la vision,\n\nJe vis la blanche implacable Aphrodite\nJe vis ses cheveux dénoués et ses pieds sans chaussures\nBriller comme le feu des soleils couchants sur les eaux occidentales ;\n               Je vis ses pieds\n\nHésitants — les plumes étendues des colombes qui la conduisaient,\nRegardant toujours, regardant leurs cols retournés\nEn arrière vers Lesbos, en arrière vers les collines entre lesquelles\n              Brillait Mitylène ;\n\nJ'entendis le vol des pieds des Amours derrière Elle\nFaire un soudain tonnerre sur les eaux,\nComme le tonnerre en produit lorsque s'élèvent robustes\n               Les ailes d'un grand vent.\n\nAinsi la Déesse s'enfuit de sa place avec un prodigieux\nBruit de pieds, et un tonnerre d'ailes autour d'elle\nPendant que derrière, une clameur de femmes chantant\n              Traversa le crépuscule.\n\nAh le chant ! ah le charme, la passion !\nTous les Amours pleuraient à l'écouter; malades d'angoisse\nSe tenaient auprès d'Apollon les neuf muses couronnées ;\n         La crainte était sur elles,\n\nPendant que la dixième chantait les choses merveilleuses qu'elles ne con­\n                                                              naissaient pas.\nAh ! la dixième, la Lesbienne ! les Neuf étaient silencieuses\nAucune ne supportait les sons du chant sans pleurer ;\n              Laurier par laurier\n\nTombaient toutes leurs couronnes ; mais au dessus de son front,\nAutour de ses cheveux enroulés, et de ses tempes de cendre,\nBlanches comme de la neige morte — plus pâles que le sol en été,\n              Ravagées de baisers,\n"}, {"page_pdf": 228, "texte": "                                  —   107   —\n\n\n Brillait une lumière de feu, comme une couronne éternelle.\n Alors oui, l'implacable Aphrodite réfléchit presque\n Et presque pleura ; un tel chant était ce chant,\n                Oui, par son nom aussi\n\n Elle l'appela disant : « Tourne-toi vers moi, ô ma Sappho » ;\n Alors Elle détourna son visage des Amours, mais ne vit pas\n Les larmes au lieu du rire assombrir les immortelles paupières,\n                N'entendit pas autour d'Elle,\n\n Les craintives ailes vacillantes des colombes s'en allant\n Ne vit pas combien le sein d'Aphrodite\n Etait agité par les larmes, ne vit point son vêtement secoué\n                Ne vit point se tordre les mains ;\n\n Elle vit les Lesbiennes se baiser aux accords de leurs\n Luths, avec des lèvres plus douces que le son des cordes de luth,\n Bouche sur bouche, la main dans la main, leur élite,\n                Plus belle que tous les hommes ;\n\nElle vit seulement les lèvres superbes et les doigts\nPleins de chansons, et de baisers et de légers murmures\nPleins de musique — perçut seulement parmi elles\n              S'envoler comme un oiseau.\n\nFraîchement garni de plumes — son chant visible — une merveille\nFait de sons parfaits et d'excessive passion\nDoucement formé, terrible plein de tonnerres\n              Habillé des ailes du vent.\n\nAlors Elle se réjouit, riant avec amour et clairsema\nLes roses, les merveilleuses roses de sa poitrine sacrée ;\nTristement les amours se réfugièrent en foule, se voilant la face\n               Autour d'Aphrodite.\n\nAlors les muses frappées au cœur furent silencieuses\nEt les Dieux devinrent pâles — un tel chant était ce chant.\nTous hésitants, tous avec une vive aversion.\n              S'enfuirent de devant Elle.\n                                                                     14\n"}, {"page_pdf": 229, "texte": "                                — 198 —\n\nTous s'étaient retirés depuis, et le pays était stérile\nRempli de femmes stériles et de musique seulement.\nMaintenant parfois, lorsque les vents sont apaisés au coucher du soleil\n              Endormis à la tombée de la rosée\n\nLe long du rivage gris de la mer, inapaisées, inconnues\nNon aimées, inaperçues dans la tombée du crépuscule,\nDes ombres de femmes exilées reviennent se lamenter\n              Non purifiées par le Léthé,\n\nVêtues de flammes et de larmes, et chantant\nDes chants qui remuent le cœur des cieux ébranlés,\nDes chants qui fendent de pitié le cœur de la terre,\n              Attentive à les entendre.\n\n  ALGERNON CHARLES SWINBURNE. — Poèmes et      ballades.\n\n                             (Traduction littérale).\n\n\n                                                           GEORGES DESTRÉE.\n\n\n\n\n                                 VERS\n                              CLÉOPATRE\n                                                             A MADEMOISELLE L.\n\n\nLa reine calme, aux mains blanches et lentes, la reine nue\nFoule et caresse la panthère qui se traîne\nSur la terrasse baignée d'ennui; la reine\nS'enchante au bruit du flot blond qui rêve et danse et s'exténue.\n\n\n Pleine de nonchaloir et toujours dans l'attente\n D'un bonheur qui l'étonné, elle voit le ciel d'or qui ruisselle\n Dans le fleuve et bien loin l'aile frêle d'une balancelle\n Qui glisse et fuit au fil de l'onde un peu chantante.\n"}, {"page_pdf": 230, "texte": "                             — 199 —\n\n— Gémissements d'amants et leur douce agonie,\nSangs, splendeurs, chers poisons : éphémères mensonges !\nMon désir est plus grand que l'infini des songes...\n\n0 se mourir un peu! Mourir la mort de l'heure,\nDe la vague qui murmure et meurt! Moi, je pleure,\nJe pleure d'être lasse et jamais assouvie\n\n\n                           HERODIADE\n                                                      A   IWAN   GILKIN.\n\n\n\n       Au flot des rhythmes et des ivresses,\n       Bercée indolemment, elle semble,\n       En l'or fané d'un rayon qui tremble,\n       Faite de lumière et de caresses.\n\n       Ses mains lasses au jeu des crotales,\n       Rêvent; la douce âme agonisante\n       Des flambeaux, si pâle, râle et chante.\n       L'ombre s'agenouille sur les dalles.\n\n       Elle rit au futile mensonge\n       De songer; et sa langueur se plonge\n       En un bain d'extase et de paresse...\n\n       O ces clameurs ! Voilà qu'en l'air fleure\n       Du sang... Pourquoi ces yeux clos ? et qu'est-ce\n       En mon sein qui se déchire et pleure ?\n\n                                               ADOLPHE F R È R E S .\n"}, {"page_pdf": 231, "texte": "                         200\n\n\n\n\n             LE PENSEUR\n                                         A JOSÉPHIN   PÉLADAN.\n\n\n\nIl marche, grand et fier, vers un astre invisible,\nLes yeux lourds d'infini, le cœur chaud de bonté;\nIl a la foi profonde et la sérénité\nDes héros et des saints, martyrs de l'Impossible.\n\n\nIl a lu dans le Livre auguste des secrets\nLa révélation de l'éternel mystère;\nIl parle et sa voix a l'ampleur d'une prière :\nSon rêve intérieur habite les sommets.\n\n\nL'Art et la Foi l'ont pris; les puissances astrales\nL'enferment à jamais dans leurs cercles de feu ;\nElles ont préservé des souillures fatales\n\n\nSon cœur d'apôtre et, les regards tournés vers Dieu,\nIl suit au fond du Ciel sa vision bénie,\nMage par la pensée, et par le cœur génie.\n\n                                     GABRIEL M O U R E Y .\n"}, {"page_pdf": 232, "texte": "                                    — 201 —\n\n\n\n\n           CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n    Chants des jours lointains, par MAURICE DES OMBIAULX. — Bruxelles, imprimerie\n                                 Veuve Monnom, 1 vol.\n\n\n               Chants des jours lointains, — tel le titre de ce premier volume\n                qui paraît fièrement estampillé de l'écusson Jeune Belgique et\n                tiré seulement à soixante exemplaires.\n                   Disons d'abord que M. des Ombiaulx a eu raison en tirant à\n si petit nombre son premier livre. Les volumes de début ne sont point faits\n pour être distribués à la foule, mais pour être lus des artistes,' qui,\n percevant mieux que personne les défauts inévitables de l'œuvre, les com­\n prennent et les pardonnent plus aisément et seuls aussi saisissent les\n qualités qui formeront plus tard la personnalité de l'écrivain.\n    Les Chants des jours lointains ne sont point un volume de début banal,\n loin de là. Ces proses intitulées : « Souvenir », « Pour la seule », sont d'un\n poète délicat en même temps que d'un décorateur de goût et nous considé­\n rons « les Trépassés » comme un fort bon poème en prose, bien écrit, exact\n d'images et, à coup sûr, le meilleur du volume. Nous n'en citerons que les\n dix lignes qui terminent le poème, formant à elles seules un tableau remar­\n quable, vague et sombre, comme certaines aquarelles du pays basque\n qu'exposa naguère Dario de Regoyos :\n    « Au cimetière les cierges allumés mettent leurs feux d'étoiles, dans la\n nuit sombre, sur les tombes, près des croix blanches.\n    « Des formes noires à genoux sur la neige prient, étendant des ombres\n immenses sur la campagne silencieuse.\n    « Des lueurs phosphorescentes courent et voltigent comme de petites\nâmes inquiètes.\n    « Puis les flammes, une à une, çà et là décroissent jusqu'à n'être plus que\ndes points de lumière, vascillent et s'éteignent.\n    « Et le champ de la mort rentre lentement dans les ténèbres. »\n    I1 nous paraît que M. des Ombiaulx doit avoir beaucoup lu, et quelque­\nfois, peut-être, un peu trop retenu ; mais ces « souvenances » ne sont point\nchez lui un défaut capital car elles viennent d'auteurs si différents, d'artistes\nsi opposés, qu'elles constituent plutôt encore une originalité à son livre.\nUn défaut qui paraîtra plus sérieux c'est la monotonie du livre, employant\nsouvent les mêmes images, le même tour de phrase et les mêmes comparai­\nsons.\n   Mais n'importe, tels qu'ils sont, les Chants des jours lointains sont de\nceux qu'on aime à « entendre » et constituent un fort bon premier volume.\nPour être répétées les images n'en sont pas moins belles, les sombres\nlégendes du « Tri d'Auwaigne » et de « la Roche de sang » sont d'un beau\n"}, {"page_pdf": 233, "texte": "                                  — 202 —\n\n\nromantisme et le style surtout est personnel et d'un écrivain soigneux qui\nnous fait espérer le plus grand bien des œuvres annoncées : le Banquet de\nl'agneau et le Poème des lumières.\n   Féliciterons-nous Mme Monnom du luxe et du goût de l'édition? Ceci\ndevient un usage et nous avons l'habitude de manquer toujours à ces prin­\ncipes de convenance. Mais enfin, quand c'est mérité, comme dirait Mon­\nsieur Grandpié ! Donc c'est fait !\n                                                              G. D.\n\n\n\n                 CHRONIQUE D'ART\n    AUX ARTS DÉCORATIFS.\n\n\n               L'Union des Arts décoratifs avait ouvert, le mois passé, dans\n                les salles de l'Ancien Musée, sa première exposition annuelle.\n                L'idée était quelque peu nouvelle et osée, de convier le public\n                à examiner des projets d'appartement, des plans d'édifices,\ndes verrières, des tapisseries, voire même des imitations de marbre et de\nbois. Néanmoins, après un court étonnement, on a généralement applaudi\net le jeune cercle peut avoir belle confiance en l'avenir.\n   Nulle tentative n'était plus digne d'encouragement. Il convenait d'ap­\npeler l'attention sur l'effroyable décadence des arts décoratifs en ce\nXIXe siècle, et de provoquer des réflexions dont la lénifiante croyance au\nprogrès continu dispense bien des gens. La plupart de nos contemporains\naiment, en effet, à penser, avec une inconsciente fatuité, qu'ils sont fort supé­\nrieurs aux hommes peu civilisés des siècles défunts. M. Prudhomme fait\nadmirer à ses fils les miracles de la vapeur et leur enseigne qu'une nation\nsans chemins de fer est nécessairement plongée dans la plus profonde igno­\nrance, aux bas degrés de l'échelle des races.\n   Or, il arrive cette chose déconcertante : c'est que notre temps si célébré,\nsi fier de lui-même n'aura pas su marquer d'une personnelle empreinte la\npage qui lui était réservée dans l'histoire de l'art.\n   Certes, il est des noms flamboyants qui rayonneront longtemps, toujours,\nà côté des plus fameux; mais cette particulière expression de l'âme collec­\ntive d'un peuple ou d'une époque, qui se révèle dans l'architecture, dans le\nmobilier, dans tout ce qui entoure la vie ordinaire de l'homme et en fait le\ncadre, en reflète les mœurs et les fondamentales préoccupations, cette\ninfluence générale que subissent un grand nombre d'ouvriers obscurs, nous\naura manqué. Le XIXe siècle n'aura pas eu de style.\n   Ceci devient évident en parcourant l'exposition actuelle. En son ensemble,\nelle représente, d'une manière très exacte et même favorable, les arts déco­\nratifs tels qu'ils existent aujourd'hui. De ces productions au caractère plus\n"}, {"page_pdf": 234, "texte": "                                  — 203 —\n\n\n  ou moins industriel, l'art, cette flamme de vie ennoblissante et parlicula­\n  riste, disparaît de plus en plus.\n     Les décorateurs sont des habiles et des érudits, jamais des inspirés. Tous\n  les styles sont étudiés, connus, imités, reproduits, quelquefois avec talent,\n et souvent aussi avec une incompréhension rare; et défilent l'un après\n  l'autre, le\" genre Louis XV, le genre Renaissance, le genre gothique, le\n japonais, l'anglais, l'allemand, le Gobelins, etc. Le défaut absolu de nou­\n veauté, de recherche même non réussie, est navrant. Dans les projets d'ap­\n partement, misères banalement somptueuses, cette pauvreté est particuliè­\n rement sensible.\n     L'art décoratif se meurt. Pourra-t-on jamais lui rendre la gloire de la vie\n et la splendeur de la santé? Je ne le crois pas.\n     Cette décadence tient à des causes profondes qui, loin de disparaître ou\n de s'affaiblir, deviendront plus impérieuses et plus décisives dans l'avenir.\n  Elle se lie à la constitution même de notre société. A mesure que s'accom­\n plira l'évolution démocratique, l'Art, me semble-t-il, doit dans ses parties\n hautes se spécialiser, s'affilier, s'éloigner chaque jour davantage de la foule\n pour se réserver à une élite d'esprits spécialement préparés et délicats, et\n dans ses parties basses, nécessairement se banaliser, se fabriquer selon des\n formules données, partant disparaître. Ce sera comme un arbre immense\n dont les racines plongeront toujours en la masse humaine, et qui produira\n en ses branches suprêmes quelques fleurs merveilleuses, si élevées que peu\n pourront en admirer l'éclat et en respirer les parfums, mais dont toute la\n frondaison touffue sera flétrie, et le vent y pleurera dans les feuilles mortes,\n sèches et toutes pareilles.\n     Tandis que la Révolution détruisant les anciennes valeurs sociales, ne\n laissant triomphante et despotique que la seule force de l'argent, poussait le\nnégoce à une concurrence plus âpre que jamais et à une croissante recherche\nde bon marché, l'introduction des machines bouleversait l'industrie et ame­\nnait une division extrême du travail: plusieurs individus furent occupés à\nconcourir, mécaniquement, à la production d'une épingle ou d'une plume.\n Dès cet instant, l'art était fatalement supprimé de l'industrie.\n     Plus de jurandes, plus de corporations, plus de « chefs-d'œuvre » à faire\npour obtenir la maîtrise. Abolition définitive de tout accent personnel.\nComment l'inspiration individuelle pourrait-elle encore se manifester? Des\nefforts rivaux de chacun naissait autrefois ce que nous appelons le style, et\nun serrurier pouvait, dans une clef ou dans une sonnette, attester une ten­\ndance d'art, de même qu'un menuisier sculptant une armoire, ou courbant\nle bras d'un fauteuil, pouvait leur donner une signification personnelle. Je\nsais bien que les sonnettes ou les fauteuils étaient moins communs qu'à\ncette heure, et que beaucoup en étaient privés. Mais, à cette transforma­\ntion, ce que l'utilitarisme a gagné, l'art l'a perdu.\n    Cela peut-il changer? On proposera et on a déjà tenté d'exciter ou d'en­\ncourager, dans la grande industrie, ces soucis artistiques qu'avait la petite\nindustrie disparue, mais vainement!\n    D'abord, la grande fabrication moderne, devenue complètement imper-\n"}, {"page_pdf": 235, "texte": "                                  — 204 —\n\n\nsonnelle, ne recherche qu'un bénéfice et s'abstiendra soigneusement de\ntoute dépense inutile, étant parfaitement indifférente à la monnaie de félici­\ntations, derenommée, de satisfaction d'amour-propre qu'ambitionnait, outre\nl'argent, l'artisan ancien pour le payer de son travail.\n    Ensuite, l'inspiration décorative ne peut venir d'en haut. Imposée, elle\nse glace et ne produit rien. Sa source est en bas, dans les couches profondes\ndu peuple, chez les ouvriers auxquels il faut avoir recours pour réaliser le\nmoindre projet. Ce sont eux qui, par des riens, des détails en apparence\ninsignifiants, réussiront spontanément un ensemble artistique ou défigure­\nront les plus ingénieuses conceptions. Et chez eux, le goût a été tué par\n notre fureur du bon marché.\n    — Aux conséquences de l'extrême division du travail, où s'étouffe toute\n tentative isolée, — à l'influence des milieux, à l'action des choses coutu­\n mières dont s'entoure l'existence d'une banalité croissante, — qu'on ajoute\n enfin les résultats des facilités de communication : la presse et les chemins\n de fer, confondant les races, annihilant le sentiment national, l'esprit de\n clocher, étroits mais féconds, uniformisant les vêtements, les paysages,\n bientôt les idées, et l'on comprendra que plus jamais en l'âme de l'ouvrier\n ne renaîtra la petite fleur d'art dont on fit, aux époques passées, de si odo­\n rants bouquets!\n     Mais il y a encore, en cette déchéance des arts décoratifs, un autre facteur\n  à considérer. Une impulsion eût dû venir aux ouvriers qui décorent des\n  classes riches qui font décorer. Nulle, sinon mauvaise, ne se remarque.\n  L'argent, vite gagné dans les spéculations, devenu la seule puissance\n  sociale, a pu mettre ses possesseurs aux premiers rangs, mais il ne leur en\n  a pas donné la dignité. Le luxe s'apprend comme toutes choses et il n'est\n  pas surprenant de constater qu'un cloutier enrichi manque de correction\n  dans ses manières et de distinction dans ses goûts. Et le nombre des clou-\n  tiers enrichis, de gens dont la fortune est la seule justification, est incal­\n  culable.\n      Manants, promus bourgeois et trop rapidement transformés en grands\n  seigneurs, quand ils ont voulu étaler leurs richesses, ont dévoilé la\n   vileté foncière de leur nature en s'éprenant de décorations tapageuses,\n  criardes, et très coûteuses ; il y a des intérieurs écœurants de vanité\n  repue qui font pitié pour la pauvreté de sensations esthétiques qu'ils\n  révèlent. Et que sont les dépenses retentissantes de notre époque, les\n   plus fastueuses démonstrations de courtisanes éphémères ou de finan­\n   ciers qui durent autant qu'étoiles filantes, que sacrifient-elles à l'art déco­\n   ratif les immenses, les colossales fortunes de notre temps, en comparaison\n   d'Elag-Abal marchant dans de la poudre d'or, ou des Médicis sculptés par\n   Michel-Ange et se bâtissant pour tombeau, sur leur cassette particulière,\n   une chapelle de plus de 25 millions ?\n      Bien piètres, les prodigues modernes ! Et extrêmement rares, de plus.\n   L'immense majorité de nos gens riches est, à l'égard de l'art, d'une indiffé­\n   rence à laquelle il faut réfléchir pour s'en rendre compte. Sous prétexte de\n   chercher un logis, visitez une vingtaine de maisons bourgeoises à Bruxelles,\n"}, {"page_pdf": 236, "texte": "                                   —   203   —\n\n\ncomptez les œuvres d'art, notez l'arrangement des salles, la décoration des\nappartements, et vous serez stupéfié. Et voyez non seulement les chambres\nd'apparat, où pour l'épate, sont étalés les objets précieux, allez en les\nbureaux et les chambres à coucher, celles où l'on vit, celles dont les murs\nracontent les goûts de leurs habitants, et puis descendez encore en frisson­\nnant, et devinez la province.\n   Oh ! bien disparus ces aristocrates qui faisaient peindre sur les murailles\nde leurs palais des fresques triomphantes! Aujourd'hui, de cité en cité, la\nvie vous traîne, l'habitation change à chaque détour de l'existence; qui\ndonc encore connaît l'affection d'une maison dans laquelle, après les\nancêtres, on a grandi et où l'on doit mourir? A quoi bon, alors, l'embellir\nd'ceuvres d'art et la peupler de souvenirs?\n   Les arts décoratifs pourraient encore avoir de beaux jours, si dans les\nfamilles riches, il était compris que le budget des dépenses d'art, doit, au\nmoins, et simplement par dignité, être égal à celui de la table, de l'écurie\nou de la cave. O crétinerie des adorateurs du veau d'or, qui ne com­\nprennent que leurs richesses ont si besoin d'excuses et qu'ils auraient à\nreprendre cette devise de la classe par eux abolie : « Richesse oblige ! »\n   A citer, à l'exposition actuelle, les esquisses de décor pour la Monnaie,\nde LYNEN et DEVIS, les applications du Sylvain-Décor, de CHARLES\nDEWITTE, dérivant de l'art japonais, mais réellement intéressantes, les\nsuperbes verrières de J.-G. DRIESEN, des plafonds (la Terrent l'Eau), de\nJ. VAN DYCK, et les sculptures gracieuses et élégantes de VERHEYDEN et\nde WIOT.\n\n\n       AU CERCLE ARTISTIQUE.\n\n   On a été pour cette exposition d'une sévérité que je ne comprends guère.\nIl faut être extraordinairement naïf ou malintentionné pour vouloir au\nCercle artistique découvrir des chefs-d'œuvre. Etant donné le caractère\nspécial de ces salonnets, réduction des Salons officiels, avec tous leursdéfauts,\nen plus les complaisances multiples pour les parents et amis des sociétaires,\non sait d'avance ce que l'on doit y trouver. Pas de toiles de maîtres ni d'œu vres\ndécisives; pas de hardiesses ou de tentatives de jeunes, pas de manifesta­\ntions à discuter passionnément, c'est ailleurs que nous les rencontrons.\n   S'il en est ainsi, pourquoi le prendre de si haut, avec des airs dégoûtés\net des lamentations gourmées? Quelques envois valent-ils d'être mention­\nnés, il serait plus juste de le faire, simplement, sans ces récriminations par\ntrop faciles.\n   M'ont agacé surtout ces fureurs unanimes contre les amateurs, fureurs\noù la mesquinerie de notre petit pays et de notre petite critique s'aperçoit\ntout entière. Je voudrais que l'on s'habituât davantage à juger une œuvre\nen elle-même, en s'abstenant de considérations sur la profession de son\nauteur. Mais allez obtenir ceci, en cet étroit coin de terre, où tout le\nmonde se connaît ! Sotte manie, cependant, que de déclarer mauvaise la\n"}, {"page_pdf": 237, "texte": "                                  — 206 —\n\npeinture d'un banquier ou de sa femme, sous cet étonnant prétexte que\nleur œuvre n'est pas le résultat de leur profession habituelle!\n    Car enfin, qu'est-ce qu'un amateur? Et faut-il vraiment être étiqueté,\ntant pour ses droits électoraux que pour son portier, artiste peintre ou\nhomme de lettres pour faire des œuvres d'art! A ce compte, Rubens, cet\nambassadeur, qui se délassait en brossant des toiles énormes, ou Stendhal,\ndiplomate, ou Renan, professeur, ou Huysmans, employé dans un minis­\ntère, ou Loti, officier de marine, et d'autres à l'infini, tous des amateurs?\n    Amateurs plutôt ceux qui ne voient dans l'art qu'un délassement frivole,\nou le moyen de se procurer les ressources nécessaires, qui n'y mettent rien\nde leur cœur, de leur sang, de leur âme, qui l'abaissent en n'en comprenant\n pas la grandeur, qui n'en font pas le but primordial de leur vie, avec le\n courage de souffrir et de se dévouer pour la réalisation du rêve conçu, —\n et chassez-les des expositions avec de grandes menaces et des fouets aux\ncruelles lanières, comme Jésus les vendeurs du temple, ce sera tant mieux,\n mais parmi les artistes de profession, n'en trouverez pas de ces « ama­\n teurs »-là? Il serait temps de renoncer une bonne fois à ces indignations\n aisées et à ces querelles de mots qui ne signifient rien.\n    Même observation pour la peinture des dames et des jeunes filles. Oh !\n je ne veux pas la défendre, je la sais le plus souvent très banale et médiocre,\n je sais aussi que l'histoire de l'art est là prouvant que jamais une femme ne\n fut un artiste supérieur; mais s'ensuit-il qu'une condamnation globale, pré­\nventive soit justifiée? Il y a au Cercle même, dans cette peu brillante exhi­\n bition, des œuvres démontrant des qualités qu'on souhaiterait à plus d'une\n palette masculine. MM. les critiques pourraient donc s'abstenir aussi de ces\n débinages collectifs et de ces éloges particuliers, octroyés avec une galan­\n terie insultante; on traiterait en artistes celles qui ont du talent et la galan­\n terie serait de ne pas parler des autres.\n    Appréciez l'œuvre, l'œuvre seule, voilà ce que je réclame, et que l'opi­\n  nion ne résulte pas de l'examen de la signature (qu'on se souvienne de la\n leçon terrible donnée aux acquéreurs des produits de l'usine Van Beers),\n  non plus que du sexe, de l'âge, ou de la profession de l'auteur! Futilités et\n mesquineries à laisser définitivement aux reporters!\n     Ce dit : notons une savoureuse Etable de JAN STOBBAERTS, deux\n  paysages de COURTENS, les excellentes Natures mortes de Mlle ART, le\n  grand tableau de Mme PHILIPPSON, et les Fleurs de Mlle MEUNIER, les\n  délicates interprétations de nature de M. BINJÉ, un petit paysage de DEN\n  DUYTS, un dessin allégorique de FRÉDÉRIC : la Terre, un pastel et une\n  statue de DE LALAING, une Caserne d'ABRY, etc.\n\n\n        EXPOSITION VERHEYDEN.\n\n    ISIDORE VERHEYDEN a réuni au foyer de l'Alhambra une trentaine de\n toiles importantes qui nous renseignent sur son labeur fécond et opiniâtre.\n    Verheyden est des artistes qui, sans en être à leurs débuts, se classent\n"}, {"page_pdf": 238, "texte": "                                  — 207 —\n\n\n encore parmi les jeunes, l'un des plus sympathiques par l'obstination de\n son travail et la sincérité de son émotion. Quelques excellents portraits en\n ont fait un des portraitistes en vogue, mais il ne nous semble pas en\n progrès. C'est toujours très vivant et ressemblant, mais l'accent personnel\n en est bien faible. Les fonds, d'un ton mastic peu heureux, sont déplai­\n sants.\n    Je préfère ses paysages où se retrouve son talent vigoureux, avec ses\n rudesses et son souci de restitution exacte des aspects de la nature. Avril\n est l'un des meilleurs.\n\n\n\n    D ' O D I L O N REDON paraissent ce mois dix dessins pour la Tentation de\n saint Antoine et un autre pour A Rebours. Nous en parlerons dans une\n prochaine chronique.\n                                                      JULES DESTRÉE.\n\n\n\n\n          CHRONIQUE THEATRALE\n                                       I\n\n                                Un Mâle\n                       T H É Â T R E DU PARC, 19 MAI\n\n\n              Quand le public a vu s'étaler audacieusement sur nos murs\n               l'affiche de Un Mâle, il a eu un (cet hiatus image bien ma\n               pensée) il a eu un haut-le-corps. On parlait mystérieusement\n               de choses épouvantables, de scènes de rut énorme, de grivoi­\nseries, de saoûleries, de goinfreries, et pendant ce temps l'on envahissait le\ncontrôle.\n   La première a eu lieu — triomphante.\n   Camille Lemonnier — quelque peu aidé pour la machination scénique\npar MM. Bahier et Dubois — n'a pas fait son drame sur un patron connu.\nIl a découpé le livre en quatre tranches, a cherché en chacune d'elles ce\nqui supporterait la rampe, et voilà. Du théâtre libre, une pièce de vie,\nfinissant malheureusement par un mot de mélodrame, celui de l'Affaire\nClémenceau : « J'ai tué le monstre ».\n   Ces quatre actes, où vraiment il y a peu d'action, ont servi de démon­\nstration. Ils prouvent que le nœud, le fameux nœud, n'est pas indispen­\nsable, que le spectateur s'intéresse au simple déroulement des scènes\n"}, {"page_pdf": 239, "texte": "                                    — 208 —\n\n\nhumaines filtrées par une âme artiste. A ce titre, le premier acte du Mâle,\ncelui de la kermesse, est une merveille d'évocation.\n   Pour la langue, M. Lemonnier a adopté le wallon conventionnel, qui\nn'est ni de Liége, ni de Charleroi, ni de Lille, mais que tout le monde\ncomprend. Mme Herdies, créant le rôle de la Cougnole, a, la première,\nsauvé ces aspérités d'idiome, et c'est à elle surtout qu'est allé l'enthousiasme\nde la soirée. PourMlleSylviac, elle a vaguement oublié qu'elle n'était pas à\nBougival et la couleur locale s'en est ressentie, mais elle a composé son\nrôle avec une extrême sagacité et une intelligence rare — pas chez elle.\n   On a beaucoup parlé de l'interprétation et nous ne nous étendrons pas\nsur les grands mérites de MM. Chelles, Chomé et Crommelinck, de\nM me Besnier, etc. C'est la pièce qui nous intéresse, et, à ce sujet, disons\nqu'un seul journal, se mettant au dessus de la banalité du compte-rendu, a\nfait du drame une étude de haute et bonne critique. Rendant hommage au\ntalent de Camille Lemonnier, M.Victor Arnould, dans la Nation, a expliqué\nde façon sérieuse, ses sévérités.\n   Examinant la littérature contemporaine, il a conclu qu'un roman tiré\nd'une pièce ou vice-versa, n'est-jamais œuvre complète, que l'on doit penser\net écrire roman, écrire et penser pièce — faute de quoi l'on obtient une\ngreffe, sans plus.\n   Cela est très juste, et comme M. Arnould, nous estimons que M. Lemon­\nnier n'a pas besoin de veiller aux moutures ; il a la végétation littéraire\nassez variée et assez brillante, mais il a fait ici une tentative plus sérieuse\nque Zola avec son Assommoir pour citer le principal, et pour-ceux qui ont\n lu le roman : Un Mâle, la pièce est vraiment et vigoureusement belle.\n\n                                          II\n\n        Au   T H É Â T R E L I B R E DE B R U X E L L E S , LE 3 I MAI   1888.\n\n   Rarement avons-nous assisté à pareille tape, pour parler argot de théâtre.\nOn comptait trouver une tentative audacieuse et jeune, et le public n'a pu\nconstater que la lamentable chute de trois pièces aussi mauvaises qu'iné­\ndites.\n   Ce n'est pas encore au théâtre de M. Adam que nous découvrirons une\nformule dramatique nouvelle. Le jeune directeur s'est embarqué sans\nbagages, a pris ce qui lui est tombé sous la main, et je constate que j'ai eu\nl'air excessivement bête en me faisant garant de cette sotte aventure. Jus­\nqu'ici personne ne me l'a dit avec cette sévérité.\n   En Rupture de banc, le Missionnaire et le Signalement se sont partagé\nla folâtrerie de la soirée.\n    Les noms des auteurs nous en sont fort inconnus et nous ne tenons pas\nà les savoir; disons que ces pièces sont strictement aussi banales les unes\nque les autres, qu'aucune n'est mauvaise, — ce serait un adjectif trop flat­\nteur — et que M. Adam peut fermer boutique avec sérénité.\n                                                              M. W.\n"}, {"page_pdf": 240, "texte": "                                         —       209   —\n\n\n\n\n                                 MEMENTO\n   Georges Eekhoud vient de faire paraître         collaborateur M. Georges Destrée, du su­\nchez l'éditeur Kistemacckers un nouveau            perbe poème de M. Swinburne : Anac­\nlivre la Nouvelle Cartilage. Ce roman de           toria.\nmœurs anversoises est œuvre trop considé­\nrable pour que nous y consacrions un\nsimple compte-rendu, et le temps nous\nmanque pour faire en ce numéro l'étude                Pour paraître le 15 juin : Anthologie des\nque nous désirons. Constatons simplement           prosateurs belges, un volume de 450 pages.\nle succès très grand du livre.                     Soixante-quinze auteurs ont collaboré.\n                                                      Le volume, luxueusement imprimé par la\n                                                   maison Monnom, sera mis en vente au prix\n                                                   de 5 francs. On souscrit dès à présent chez\n   La saison littéraire a été exceptionnelle­      Mme Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie.\nment féconde cette année. Le Parnasse de              Pour les tirages spéciaux (10 Japon —\nla Jeune Belgique, le Lys de M. Fernand            20 Hollande), s'adresser à M. Deman, 16,\nSeverin, la Belgique, les Peintres de la           rue d'Arenberg.\n Vie et l'Allemagne de M. Camille Lemon­\nnier, les Soirs de M. Emile Verhaeren,\nHors du Siècle de M. Albert Giraud, Du\n                                                      M. Georges Rosmel — lisez Rahlenbeck\nSilence de M. Georges Rodenbach, les\n                                                   — nous envoie ses Histoires estudiantines,\nChants des Jours lointains de M. Maurice\n                                                   coquet volume plein de bonne humeur lié­\nDes Ombiaulx, la Nouvelle Cartilage de\n                                                   geoise, de jeunesse et de gaieté. Si nos étu­\nM. Georges Eekhoud, Quillebœuf            de\n                                                   diants voulaient s'y mettre, nous aurions de\nM. James Vandrunen, Impressions et Sen­\n                                                   loin en loin un bon petit livre comme celui-ci,\nsations, de M. Arnold Goffin, etc., etc.,\n                                                   plein de ce joyeux je-m'en-foutisme univer­\nforment une récolte dont la jeune école\n                                                   sitaire qui fait rater les examens et tomber\nbelge a le droit de se montrer fîère. Ajou­\n                                                   les enseignes. A lire surtout l'Aventure\ntons-y trois pièces de théâtre, Poison de\n                                                   véridique de D. E. Xhipette, un conte local\nM. Max Waller, Une Mesure pour rien de\n                                                   d'une drôlerie rabelaisienne délicieuse.\nM. Henry Maubel, et Un Mâle de MM. Ca­\nmille Lemonnier, Bahier et Dubois.\n   Ne vont pas tarder à paraître : la Flûte\nà Siebel de M. Max Waller, les Chimères               A lire, dans l'Art moderne, une joyeuse\nde M. Jules Destrée, les Nouvelles notes           polémique sur le sixième et le septième\nsur la littérature de M. Francis Nautet,           sens. Chacun sait que les esthètes ont\net le Sang des Fleurs de M. André Fon­             plusieurs sens supplémentaires, inconnus\n tainas.                                           des simples artistes. On assure que, d'après\n   Et dire qu'il y a des gens qui passent leur     la prédiction de Théophile Gautier aux\nexistence de vieille fille à nous enterrer, —      disciples de Fourrier, plusieurs de nos\nen elligie !                                       amateurs ont déjà une longue et superbe\n                                                   queue, avec un œil au bout.\n                                                      Prière de remarquer, ô délice! que l'ar­\n  A lire, dans le numéro de mai de la              ticle sur le septième sens débute par un\nSociété Nouvelle, la traduction, par notre         éreintement en règle de l'amateur.\n"}, {"page_pdf": 241, "texte": "                                        —    210     —\n\n\n  Que voulez-vous, c'est la faute au prin­         adjudication. Quoi qu'il en soit, la brochure\ntemps, qui pousse l'organisme à des mani­          dont nous parlons n'est point banale et vaut\nfestations bizarres, selon le propos de            d'être lue.\nM. Stéphane Mallarmé.\n  Après cela, quand l ' A r t moderne n'a plus\npersonne à contredire, il se contredit lui-\nmême, royalement. Question d'habitude,\nvoilà tout.                                           M. Zénon Etienne nous a convié derniè­\n                                                   rement à l'audition d'un poème sympho­\n                                                   nique d'après la nouvelle de Camille Le­\n                                                   monnier : La Noël du petit joueur de\n  Nous parlerons dans notre prochain nu­           violon.\nméro de :                                             Le milieu d'art où cette audition avait\n  Quillebœuf, vieillerie en bleu et noir, de       lieu, l'auditoire d'artistes dont s'était en­\nJames Vandrunen.                                   touré le compositeur, le sujet même qu'il\n  Viennoiseries, du même.                          s'est appliqué à traduire en langue musi­\n  Yaga, roman de Marguerite Poradowska.            cale, tout cela indique que M. Zénon\nun volume Ollendorf.                               Etienne ne se classe pas parmi les « ama­\n                                                   teurs » et qu'il tend à faire autre chose que\n                                                   de la ce musique d'agrément ».\n                                                      Il serait, en effet, peu convenable d'as­\n   Notre ami \" rose-croix \" Joséphin Péladan,      sembler cinquante musiciens, peintres, lit­\npublie chez l'éditeur Dalou, à Paris, une          térateurs et des dames pour leur faire\nplaquette des plus curieuses à propos du           entendre ces petites élucubrations que des\nSalon de Paris. Il est encore de ceux qui          amateurs composent pour se distraire pen­\ncroient aux objurgations de la critique, et        dant les longues soirées d'hiver, comme on\nfustige à plume que veux-tu. M. Péladan            découpe du bois. Ceci soit dit pour préciser\ncommence par maudire la Société des ar­            ma pensée. M. Zénon Etienne est un artiste\ntistes français, parce qu'elle ne lui a pas        suivant de près le mouvement, vivant\ndonné son entrée au vernissage (détail qui         dans notre atmosphère, ayant nos aspira­\nimporte peu au lecteur), puis, entrant en          tions.\nune intéressante et vive discussion esthé­            Supposez un instant que M. Zénon\ntique où l'on rencontre des absurdités de          Etienne, pour aller de la place Royale à la\nce genre : « Les natures mortes ou vivantes,       porte de Namur, se mette à descendre la\nfleurs, victuailles, bibelots, relèvent de         Montagne de la Cour. Si je lui fais observer\nl'abrutissement — non de l'art. » — Plu­           qu'il se trompe de chemin, peut-être trou-\nsieurs hérésies systématiques déparent un          vera-t-il que je suis un âne, — tous les iti­\nlivre, où, dans la langue rare qu'il possède       néraires sont respectables. Mais peut-être\net n'exhibe pas sans quelque affectation,          aussi attachera-t-il quelque valeur à mon\nM. Péladan se montre défenseur de l'art            impression, et, dans ce cas, ne pourra-t-il\nsymbolique et termine par un salut aux             pas lui dénier le mérite d'une profonde et\nabsents, Puvis de Chavannes, Gustave Mo-           pénible sincérité.\nreau et Félicien Rops, qui sont ses maîtres\n                                                      Que M. Zénon Etienne remonte au plus\nexclusifs. Parti des Primitifs et de Fra An-\n                                                   vite la Montagne de la Cour; qu'il prenne\ngelico — dont il a admirablement para­\n                                                   son manuscrit, qu'il le déchire en très\nphrasé l'art divin — l'ami Péladan est d'une\n                                                   petits morceaux... Et puis, après avoir\nignorance crasse en ce qui concerne les\n                                                   beaucoup voyagé et changé d'air... qu'il en\nmaîtres flamands. Il connaît son Musée du\n                                                   recommence un autre... si ça l'amuse.\nLouvre à coup sûr, mais n'a jamais été\n                                                                                    H. M\nbien au delà, et de là ses partis-pris basés\nsur des admirations monopolisées... sans\n"}, {"page_pdf": 242, "texte": "                                                           211\n\n\n    On nous annonce, pour le mois de juin,                                               II\n la publication d'un nouveau recueil de com­\n positions pour chant et piano, de M. Georges                                SOIR DE BATAILLE\n Weiler.\n                                                                                   «   O heureux cheval chargé du\n   Cet album, luxueusement édité par la                                                Poids d'Antoine ! »\n maison Schott frères, paraîtra sous le titre                                                  SHAKESPEARE,\n « Mélancolies » et comprendra ces douze\n mélodies :                                                   Le choc avait été très rude. Les tribuns\n                                                              Et les centurions ralliant les cohortes,\n   Sonnet à la nuit. — Qui sait? — Aubade.\n                                                              Humaient encor dans l'air où vibraient leurs voix fortes\n— Ton rire et tes yeux. — Pourquoi dire                       La chaleur du carnage et ses âcres parfums.\nnon?... — Les Etoiles. — Le mal d'aimer.\n— Rose fanée. — Mon triste coeur. — Dors,                    D'un œil morne, comptant leurs compagnons défunts\n                                                             Les soldats regardaient comme des feuilles mortes\nenfant! — Nocturne. — Douleur de la                          Tourbillonner au loin des archers de Phraortes,\nmorte.                                                       Et la sueur coulait de leurs visages bruns.\n  Poésies de André Theuriet, Léon Mon­\ntenaeken, Emile Van Arenbergh, Emma­                         C'est alors qu'apparut, tout hérissé de flèches,\n                                                             Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches,\nnuel Vossaert, etc., etc.                                    Sous la pourpre flottante et l'airain rutilant,\n  Prix net : 5 francs. - Adresser les de­\nmandes à l'auteur, rue Fossé-au-Loups,27,                    Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare\nBruxelles.                                                   Superbe, maîtrisant son cheval qui s'effare,\n                                                             Sur le ciel enflammé, l'Imperator sanglant!\n  Du même, en préparation : Les      Soirs,\nquatre mélodies ; Chansons de jadis, six\nmélodies.                                                                              III\n\n                                                                         ANTOINE ET CLÉOPATRE\n\n                                                                                 « Nous avons perdu en baisers des\n                                                                                   royaumes et des provinces., »\n Dans te Figaro,           ces beaux sonnels de                                               SHAKESPEARE.\n\nHérédia :                                                    Tous deux ils regardaient de la haute terrasse\n                                                             L'Egypte s'endormir sous un ciel étouffant\n        ANTOINE ET C L É O P A T R E                         Et le fleuve, a travers le Delta noir qu'il fend\n                                                             Vers Bubaste ou Sais rouler son onde grasse.\n                            I\n                                                             Et le Romain sentait sous la lourde cuirasse\n                    LE CYDNUS                                Soldat captif berçant le sommeil d'un enfant,\n                                                             Ployer et défaillir sur son cœur triomphant\n                   \" A ses côtés se tenaient les Eros. »     Le corps voluptueux que son étreinte embrasse.\n                                PLUTARQUE.\n                                                             Tournant sa tête pâle entre ses cheveux bruns\nSous l'azur triomphal, au soleil qui flamboie                Vers celui qu'enivraient d'invincibles parfums,\nLa trirème d'argent blanchit le fleuve noir                  Elle tendît sa bouche et ses prunelles claires;\nEt son sillage y laisse un parfum d'encensoir\nAvec des chants de flûte et des frissons de soie.            Et sur elle courbé, l'ardent Imperator\n                                                             Vit dans ses larges yeux étoiles de points d'or,\nA la proue éclatante où l'épervier s'éploie,                 Toute une mer immense où fuyaient des galères.\nHors de son dais royal se penchant pour mieux voir;                                    JOSÉ MARIA DE HBREDIA.\nCléopatre debout dans la splendeur du soir.\nSemble un grand oiseau d'or qui guette au loin sa proie.\n\nVoici Tarse où l'attend le guerrier désarmé ;\nEt la brune Logide ouvre dans l'air charmé                    M, Charles Monselet est mort. Le sonnet\nSes bras d'ambre où la pourpre a mis des reflets roses,\n                                                            Au Cochon voudrait-il bien faire de même?\nEt ses yeux n'ont pas vu, présages de son sort\nAuprès d'elle, effeuillant sur l'eau sombre des roses,\nLes deux enfants divins, le Désir et la Mort !\n"}, {"page_pdf": 243, "texte": "                                               212\n\n\n  Le Baiser de Théodore de Banville, vient              M. Maurice Barrès, l'auteur du beau ro­\nde paraître en librairie, sans Antoine hélas!        man Sous l'œil des Barbares, commence\n  Voici une continuation des rimes à double          chez l'éditeur Dalou une série de brochures,\ndétente de cette idylle bergamasque. L'au­           dont la première, le Quartier latin, vient\nteur de Florise la donne à la Vie pour rire.         de paraître.\nC'est dédié au pâle Mendès :                           C'est une forte étude, de beaucoup d'es­\n                                                     prit et d'une grande précision, sur l'amour\n       Très souvent, las des Philistins              à vingt ans, sur le succès des brasseries,\n       Et les yeux brouillés, chez Catulle\n       Par les cheveux des Philis teints             enfin une enquête d'artiste et de penseur,\n       Je voudrais aller jusqu'à Tulle.              vivement poussée sur le caractère de la\n                                                     nouvelle génération. Trente-deux croquis,\n       Car, ami Catulle Mendès,                      pris sur le vif par nos meilleurs artistes,\n       Peut-être qu'on est encore aise\n       D'oublier notre noir Hadès\n                                                     accompagnent joyeusement le texte de\n       Bien loin d'ici dans la Corèze.               M. Maurice Barrès,\n\n       Et de ne plus voir sur des seins\n       Blanchir des poudres de riz mates.\n       Et de suivre en leurs fiers desseins\n       Tous les beaux vers que vous rimâtes.\n                                                     Vient de paraître chez M. E. Deman,\n       Si je fuyais nos singes laids\n       Et le macadam où va Lise,                  libraire-éditeur, rue d'Arenberg, Bruxelles,\n       Il est bien certain que je les             la Tentation de Saint-Antoine, par Odilon\n       Emporterais dans ma valise.                Redon, album lithographique de 10 plan­\n                                                  ches in-fol. , avec couverture illustrée.\n       Même je voudrais en crier\n       De vos chansons que l'écho cite,           Tirage à 60 exemplaires (pierres barrées).\n       Quand penché sur mon encrier               Le prix de la souscription est de 44 francs.\n       j e puise dans ce noir Cocyte,             A partir du jour de la mise en vente les\n                                                  exemplaires qui resteraient seront portés à\n                                                  55 francs.\n                                                     Diverses œuvres ont fait apprécier déjà,\n                                                  du public artiste, les conceptions saisis­\n                                                  santes et profondes de M. O. Redon. L'in­\n   Marthe (C. Dalou, éditeur, 17, quai Vol­       terprétation du livre magistral de Flaubert\ntaire, Paris), un vol. in-18, fr. 3-50, le nou­   devait plaire tout spécialement aux si per­\nveau roman de G. Le Faure obtient en ce           sonnelles tendances de l'artiste et nous\nmoment un succès d'attendrissement.               croyons qu'à cette affection particulière\nToutes les jolies lectrices pleurent sur le       doit être rapportée l'heureuse et large tra­\nmalheur de la pauvre Marthe, victime              duction lithographique qu'il en a faite.\nd'amour.\n   Vallet, le dessinateur hardi et gracieux,\ncontribue pour une bonne part au succès\ndu livre, il y a une intensité de vie remar­\nquable dans les croquis qui suivent l'affa­\nbulation page à page.\n   Beau livre, qui peut prendre place dans\nla bibliothèque à côté du Cavalier Miserey,\ndont Vallet a dessiné les scènes principales\nqu'il expose cette année au Salon.\n"}, {"page_pdf": 244, "texte": "A         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n     de Block's Universal Wine C°\n                6, R U E P A U L DEVAUX PRÈS LA B O U R S E\n                       ET MONTAGNE DE LA C O U R\n\n\n\n\n E\n          n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, C H . - L É O N CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu­\n    cines, 16, à Paris; publie LE PAYSAN E T LA PAYSANNE\n    PERVERTIS, d'après RESTIF DE LA BRETONNE, par MAURICE\n    TALMEYR. Un numéro 2 0 centimes, abonnement 3 mois) 1 7 francs;\n    en vente partout.\n\n\n     ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                EPERNAY\n\n\n                                         Prix Courant\n                           Baron J. de Warnimont .     . . .                  . 2 25\n                           Marquis Armand de St-Hubert . . . .                  2 75\n                           R O S É E J E U N E BELGIQUE                        3 00\n                           Crème d'Ay         id.         . . . ., . . 3 50\n                           Bouzy extra        id.         Cuvée réservée. 4 50\n                           Bouzy Cristal      id.                         5 00\n                                       0.50 en plus par 2 2 bouteilles\n                                  EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 2 5 BOUTEILLES\n\n                           Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n           ENTREPOSITAIRE      : COULOMB-ROBIETS\n       19, B o u l e v a r d d u Nord, 19, à B r u x e l l e s\n"}, {"page_pdf": 245, "texte": "                                 EN       VENTE\n\n\nLIBRAIRIE LÉON VANIER\n                   19, Quai Saint-Michel, Paris\n\n\n        ENVOI FRANCO CONTRE T I M B R E S - P O S T E OU MANDAT\n                                                                                      Francs\n                           P A R N A S S E D E LA J E U N E B E L G I Q U E   .   .     7 50\nPaul ADAM                  Soi                                                         3 50\n      —                    Le Thé chez Miranda (en collaborat, avec Jean MORÉAS)     3 50\n       —         Les            Demoiselles Goubert.     —              —            3 50\n       —                   Etre                        .                             3 50\nJean AJALBERT . . .        Paysages de femmes (dessin de RAFFAELLI) . . . .          3 00\nMaurice BARBES . . .       Les Taches d'encre (les 4 numéros)                        4 00\n       —.                  Sous l'oeil des Barbares                                  3 50\nRobert CAZE . . . .        La foire aux peintres                                     1 00\nPhilibert DELORME . .      Arlequins de Macadam                                      3 50\nEdouard DUJARDIN . .       Les Hantises                                              3 50\nJ.-K. HUYSMANS . . .       Croquis parisiens (avec portrait)              fi            00\n       —                   Le Drageoir aux épices                                    5 00\n       —                   Un Dilemme                                                2 00\nGustave KAHN . . .         Les Palais nomades                                        3 50\nJules LAFORGUE . . .       Les Complaintes                                           3 00\n                           L'Imitation de. N. D. la Lune                             2 00\n                           Moralités légendaires                   6                    00\nStéphane MALLARMÉ ,        L'Après-midi d'un Faune (dessins de MANET) . . .          5 00\n       —                    Poème d'Edgard Poë (dessins de MANET)                   12 00\n       —                   Le Corbeau d'Edgard Poë (dessins de MANET) .          . 25 00\nStuart MERRILL . . .       Les Gammes                                                2 00\nJean MORÉAS . . . '.       Les Syrtes (épuisé)                                      10 00\n       —                   Les Cantilenes                                            3 50\n       —                   Les Demoiselles Goubert (en collab. avec Paul ADA.M) . ' 3 50\n       —                   Le Thé chez Miranda           —               —           3 50\nFrancis POICTEVIN . .      Seuls .                           3                          50\nErnest RAYNAUD . . .       Le Signe                                      . . . .      1 00\nHugues REBELL . . .        Etourdissements                                           4 00\nHenri DE RÉGNIER . .       Les Lendemains (épuisé)                                   5 00\n       —                   Apaisement                                                2 00\n       —                   Sites                                                     2 00\n       —                   Episodes                           6                         00\nPaul VERLAINE . . .        Fêtes galantes                                        .    3 00\n       —                   Sagesse                                            . .     3 00\n       —                    Romances sans paroles                                     3 00\n                            La bonne Chanson                                          2 00\n       —                   Jadis et naguère                                           3 00\n       —                   Amour . . . ,                                              3 00\n       —                   Mémoire d'un veuf (prose)                  ,       3         50\nJules VIDAL et BVL .   .    Sœur Philomène (pièce en deux actes, tirée du roman\n                              de MM. de Goncourt)                                .    1 00\nJules VIDAL . . . .        Le Jupon                                                   3 50\nFrancis VIELÉ-GRIFFIN.      Cueille d'Avril (épuisé)\n      —                     Les Cygnes                                                3.50\n       —                   Ancaeus                                                    3 50\n\n\n                  Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 20, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1888-06-01", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 210."}}