{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "8e ANNÉE. TOME VII. N° 8.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 282, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 177, "texte": "8e ANNÉE.       TOME VII. N° 8. - PRIX: FR. 0-60.            1er          AOÛT 1888.\n\n\n                                         LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 282, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 177, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "SOMMAIRE:\n L'Anthologie subsidiée                              ALBERT GIRAUD.\n Vers                                                MAURICE MAETERLINCK.\n  Lettres de mon Cottage                              MAX W A L L E R .\n Vers.                                               VALERE GILLE.\n Rédemption . . . . . . . . . .                      JULES VAN DER BRUGGHEN.\n Calme                                               FERNAND ROUSSEL.\n La Mer.                                             JEAN GAUCHER.\n                    I. Impressions et sensations.     IWAN GILKIN.\n                 II. Quillebœuf . . . . .             GEORGES KAïSER.\n Chronique III. L'Immortel                            FRANCIS NAUTET.\n  littéraire : IV. Journal de Stendhal . .           ARNOLD GOFFIN.\n                 V. Madame Lupar          . . .      FERNAND SEVERIN.\n               VI. Livres divers        . . . .\n Memento\n\n\n\n\n                                BRUXELLES\n              ADMINISTRATION :                         RÉDACTION :\n            26, RUE DE L'INDUSTRIE, 26              80 RUE BOSQUET, 80\n                                           I\n                                      PARIS\n                             L É O N V A N I E R , ÉDITEUR\n                                    19, Quai Saint-Michel\n\n                                         l888\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-015", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis de la direction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "En l absence de M Max Waller", "ancre_fin": "caractère collectif ou anonyme", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "BOITE AUX LETTRES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 283, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 640, "fin_caractere_exclue": 1017, "texte": "En l'absence de M. Max Waller, M. Henry Maubel a bien voulu\n accepter la direction par intérim de la Jeune Belgique.\n\n\n\n\n   La direction rappelle aux lecteurs de La Jeune Belgique qu'elle assume\n seule la responsabilité des articles qui paraissent sans signature dans la\n revue. 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Vos Cris de l'âme, vos Légendes avec leur\n confusion de gens et de verbes de tous les temps, sont aussi fantastiques dans la forme\n que dans le fond. Revenez-nous quand vous serez en seconde ou en rhétorique et laissez\n votre professeur sur le palier\n   22. HIPPOLYTE B.... Votre Angoisse de l'absence ne vaut pas lourd. Espérons que le\n retour de votre « Météore dont le sein résiste ainsi qu'un bouclier », vous apportera\n quelqu'inspiration plus profitable.\n   23. RENÉ D'Y.... VOUS rendrions avec plaisir vos Coups de trique, mais le panier les\n réclame.\n   24. CHARLES B.... Merci pour les Treize pendus. Avec votre permission nous ne les\n dépendrons pas de peur d'abîmer la couverture du manuscrit qui est superbe.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 245, "page_fin": 248, "titre_corps": "L’Anthologie subsidiée", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "L ANTHOLOGIE SUBSIDIÉE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 284, "page_imprimee": 245, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 1781, "texte": "L'ANTHOLOGIE SUBSIDIÉE(1)\n\n\n\n                              Les auteurs de cette publication subsidiée\n                               avaient deux partis à prendre : ou bien écrire\n                               une œuvre générale reflétant l'essor intellec­\n                               tuel du pays dans toutes les manifestations\n                               de la pensée, ou bien se borner à réunir sous\n                                 le titre exact d'Anthologie, les meilleurs\n                                   morceaux de prose littéraire écrits en Bel­\n                                     gique depuis 1830 jusqu'aujourd'hui.\n                     Ou bien une espèce de dictionnaire, de répertoire des\n                  efforts non seulement littéraires, mais encore des efforts\n                  historiques, philosophiques, juridiques, archéologiques,\n                  numismatiques, etc. Les Pandectes de la pensée belge.\n                     Ou bien une Anthologie digne de ce nom, où l'on\n                  n'eût admis que les écrivains artistes, pour qui la prose\n                française n'a pas été un simple moyen de vulgarisation,\n                ceux, en un mot, qui ont élevé la langue à la hauteur du\n                style.\n                   Placés dans cette alternative,'les auteurs de l'Anthologie\n                subsidiée ont eu le tort de ne pas choisir.\n                   Ils ont produit une œuvre sans sexe, qui, par certains\n\n  (1) Anthologie des prosateurs belges, publiée avec l'appui du Gouvernement, par\nC. Lemonnier, E. Picard, G. Rodenbach, E. Verhaeren. Un volume grand in-8°, jésus,\nde 365 pages; Bruxelles, Mme V e Monnom, éditeur, rue de l'Industrie, 26. Tirage :\n1230 exemplaires numérotés: 10 Japon, 20 Hollande, 1200 vélin.\n"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 246, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2466, "texte": "                                      — 246 —\n\n côtés, ressemble au répertoire intellectuel que nous définissions plus haut,\n et qui, par certains autres, se rapproche de la conception d'une Anthologie\n littéraire.\n     Les auteurs de l'Anthologie subsidiée reproduisent quelques lignes de\n M. de Gerlache, un magistrat qui écrivait correctement le français, de M. Jules\n Van Praet, un historien qui, d'après les anthologistes eux-mêmes, « préoc­\n cupé de la vérité intime avant tout, néglige souvent de l'orner d'art » (1),\n de Mgr Dechamps, dont l'œuvre est « un monument de solide démonstra­\n tion », de M. Eugène Gens, un professeur qui eut avec l'art des « relations\n pas trop intimes », de M. Kervyn de Lettenhove, qui « écrit en français\n clair, net, propre », de M. le général Brialmont, « connu partout pour sa\n science militaire », de M. Goblet dAlviella, « un talent laborieux et grave\n qui s'égaie peu aux sourires de la forme », de M. Godefroid Kurth, pour\nqui « les lettres semblent avoir été la distraction du professorat », etc., etc.\n    Mais alors, pourquoi éliminer des noms comme ceux de Quetelet, de\nVande Weyer, de Defacqz, de Devaux, de Discailles, de Gachard, de Lau­\nrent, de Namêche, de Perrin, d'autres encore? Ceux-là, certes, méritaient\nde figurer dans l'Anthologie, au même titre que les noms de MM. Kurth,\nde Gerlache et Goblet.\n    Les auteurs de l'Anthologie subsidiée ne parviendront jamais à justifier\nces exclusions.\n    Il y a plus : pourquoi, dans le coin de l'œuvre où se trouvent les écri­\nvains du journalisme, pourquoi, à côté de M. Lucien Solvay, ne voit-on\npas M. Edmond Cattier, à côté de M. de Haulleville, M. Charles Tar­\ndieu, etc., etc. ? Pourquoi M. Hymans, et non pas M. Vauthier? Pourquoi\nM. Coomans et non pas le Petrus de la Galette : M. Renson? Pourquoi\nles uns et non les autres?\n    Questions embarrassantes auxquelles les auteurs de l'Anthologie sub­\nsidiée ne répondront pas.\n    L'œuvre officielle porte donc la peine d'avoir été conçue d'une manière\nillogique, et d'avoir été confiée à des mains passionnées et partiales, et que\nle désir de flatter tel ou tel personnage influent semble avoir étrangement\nassouplies.\n    Quand on examine, non plus la liste des auteurs cités, mais la physio­\nnomie même de l'œuvre, on s'aperçoit qu'elle est, au point de vue littéraire,\nd'une absolue nullité.\n    Le procédé qui consiste à découper, — le plus souvent au hasard, — une\n\n  (1) Très musical : l'orner d'art.\n"}, {"page_pdf": 286, "page_imprimee": 247, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2547, "texte": "                                 — 247 —\n\ncentaine de lignes dans une œuvre considérable, dans l'Histoire de Liége\nde M. de Gerlache, dans l'Essai sur l'histoire politique des derniers siècles\nde M. Van Praet, dans les œuvres scientifiques de M. Houzeau, dans les\npublications spéciales de M. Brialmont, est un procédé absurde et anti­\nlittéraire au premier chef.\n    L'historien, le savant et le général peuvent être des hommes de grand\ntalent. L'extrait n'en sera pas moins une chose sans valeur, sans accent,\nsans vie propre. C'est comme si je me mettais à brandir un morceau\nd'écorce en criant : « Voyez le bel arbre ! » ou comme si j'enlevais un doigt\nà une statue grecque pour faire admirer à mes amis le génie de Phidias\nou de Praxitèle !\n    Une Anthologie de prose — absolument comme un Parnasse — ne doit\ncontenir que des œuvres complètes, harmonieuses, formant un tout, petit\nou grand, depuis le poème en prose qui tient une page jusqu'à la nouvelle\nde longue haleine qui en tient cinquante. Est-ce que je pourrai apprécier\n Charles De Coster, quand j'aurai lu la fin et le commencement d'Ulen­\nspiegel? Pourquoi n'a-t-on pas choisi une de ses nouvelles? Avait-on peur\n de compromettre le... subside?\n    Est-ce que je me ferai une idée du talent de Caroline Gravière quand\n j'aurai lu deux ou trois chapitres de roman décapités? Et puisque l'on cite\n Caroline Gravière, pourquoi ne cite-t-on pas M Ile Vande Wiele?\n    Est-ce une gageure ou une plaisanterie?\n    Un seul prosateur belge est représenté dignement : c'est M. Georges\n Eekhoud, avec l'Ex-Voto, un chef-d'œuvre.\n    Et puis, que signifie cette mystification de donner deux pages à\n M. Camille Lemonnier?\n    Modestie, me dira-t-on. M. Lemonnier est un des auteurs du livre, et...\n    M. Lemonnier n'ignore pas la place qu'il occupe dans la littérature belge.\n Il a le droit d'être largement représenté. Il s'en excuse en alléguant le pré­\n texte de modestie. Modestie, dans ce cas-là, s'écrit avec un grand M !\n     Même observation pour M. Picard qui, pour l ' M , a évidemment droit\n au caractère d'affiche.\n    Telle est cette publication subsidiée, annoncée avec tant d'emphase, et\n qui n'est qu'un avortement de 365 pages.\n    A une page par jour, il faudra un an pour la lire, et 365,000 lecteurs !\n    Un mot maintenant des notices placées en tête de chaque extrait.\n    Elles sont écrites, avec un bâton de voyage trempé dans l'encre, en une\n langue vide, prétentieuse et macaronique.\n    M. de Haulleville y est dépeint de bien étrange façon : « Dans sa jeunesse,\n"}, {"page_pdf": 287, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2387, "texte": "                                   -   248    -\n\n\n il subit deux grandes impressions : Lacordaire et Rachel.(sic)... Ainsi se\nfleurit en chapiteaux cet esprit distingué qui a une base d'études solides. »\n    Les quatre auteurs de l'Anthologie subsidiée ont taillé des chapiteaux\ndans la pierre de l'ours.\n    M. Célestin Demblon est encore plus favorisé que M. de Haulleville.\nQuand on lit M. Demblon, « on songe à ces chats fiers et mélancoliques\nqui ont cette originalité de deux yeux différents : l'un rouge, d'un rouge de\ndrapeau, l'autre bleu, couleur de ciel et de myosotis ».\n    Ce lyrisme de province est fort ridicule ; et « chats fiers » est d'une\nmusique adorable.\n    En somme, une œuvre hybride et nulle, abritant un tas de médiocrités,\nimpuissante à faire admirer les De Coster et les Pirmez, — qu'elle cite —\nmais qui réussit ironiquement à mettre en évidence les noms de MM. Max\nWaller, James Vandrunen, Henry Maubel, Arnold Goffin et Hector\nChainaye, — qui n'y figurent pas.\n    Œuvre mauvaise et morte, qui n'est pas un miroir de la littérature de 1830\net où l'on chercherait en vain un étincellement de nouveauté ou une palpi­\ntation de jeunesse.\n    Œuvre anti-littéraire, menée à travers des polémiques d'un goût douteux,\npar des rancunes et des appétits de coterie ; œuvre destinée à calomnier les\nprosateurs belges, non seulement en Belgique, mais à l'étranger.\n    Œuvre d'antichambre qui ne fera honneur qu'à la maison Monnom, qui\nl'a éditée et imprimée — comme elle ne méritait pas de l'être !\n    Œuvre publiée avec l'appui du Gouvernement, cette béquille des infirmes\net des épuisés !\n    Quant à moi, si j'étais riche, j'achèterais toute l'édition, et j'en ferais un\nauto-da-fé, c'est-à-dire un acte de foi littéraire. De cette façon, je ne bles­\nserais pas les auteurs de l'Anthologie dans leurs intérêts pécuniaires, et je\nserais certain d'avoir servi leurs intérêts artistiques.\n    Car l'Anthologie des prosateurs belges a, comme le disait naguère\nM. Picard au banquet Lemonnier, augmenté notre mépris pour toutes ces\ndistinctions officielles : les prix, les médailles, les décorations, les subsides\net les faveurs.\n    Et la Jeune Belgique, restée intacte et fière, et vierge de tout flirtage\nofficiel, a le droit d'apprécier, comme elle le fait, une fausse couche\nd'Anthologie.\n                                                           ALBERT GIRAUD."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 249, "page_fin": 250, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Maeterlinck", "ancre_debut": "ORAISON", "ancre_fin": "MAURICE MAETERLINCK", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 288, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 857, "texte": "ORAISON\n\nA y e z pitié de mon absence\nAu seuil de mes intentions!\nMon âme est pâle d'impuissance\nEt de blanches inactions.\n\nMon âme aux œuvres délaissées,\nMon âme pâle de sanglots,\nRegarde en vain ses mains lassées\nTrembler à fleur de l'inéclos.\n\nEt tandis que mon cœur expire\nLes bulles des songes lilas,\nMon âme, aux frêles mains de cire,\nArrose un clair de lune las;\n\nUn clair de lune où transparaissent\nLes lys jaunis des lendemains;\nUn clair de lune où seules naissent\nLes ombres tristes de ses mains.\n\n\n             AME CHAUDE\n\nO mes yeux que l'ombre élucide\nA travers mes désirs divers,\nEt mon cœur aux rêves ouverts,\nEt mes nuits dans mon âme humide!\n\nJ'ai trempé dans mon esprit bleu\nLes roses des attentes mortes;\nEt mes cils ont fermé les portes\nSur des vœux qui n'auront plus lieu.\n"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 890, "texte": "                    250\n\nMes doigts aux pâles indolences\nÉlèvent eh vain, chaque soir,\nLes cloches vertes de l'espoir\nSur Vherbe mauve des absences.\n\nEt mon âme impuissante a peur\nDes songes aigus de ma bouche\nAu milieu des lys que j'attouche;\nEclipse aux moires de mon cœur!...\n\n\n              INTENTIONS\n\nA y e z pitié des yeux moroses\nOù l'âme entr'ouvre ses espoirs,\nA y e z pitié des inécloses\nEt de l'attente au bord des soirs!\n\nEmois des eaux spirituelles !\nEt lys mobiles sous leurs flots\nAu fil de moires éternelles;\nEt ces vertus sous mes yeux clos !\n\nMon Dieu ! mon Dieu ! des fleurs étranges,\nMontent aux cols des nénufars,\nEt les vagues mains de vos anges\nAgitent l'eau de mes regards;\n\nEt leurs fleurs s'éveillent aux signes\nÉpars au milieu des flots bleus ;\nEt mon âme ouvre au vol des cygnes\nLes blanches ailes de mes yeux.\n\n                          MAURICE    MAETERLINCK."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 251, "page_fin": 254, "titre_corps": "Lettres de mon cottage", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Max Waller", "ancre_debut": "LETTRES DE MON COTTAGE", "ancre_fin": "MAX WALLER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 290, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 2308, "texte": "LETTRES DE MON COTTAGE\n                                      II\n\nA                certaines heures perdues, je relis les Confessions, qui me\n                 firent une grosse impression, voilà douze ans, en Allemagne.\n                 Suis-je devenu plus difficile, mais ce Rousseau me semble\n                 être une fameuse canaille, dont l'outrecuidance n'égale pas la\nmalpropreté. Quelle œuvre de vieux Chariot épuisé ! et comme il l'avoue !\nUn fish de consolation, cette Mme de Warens qui, par bonté pure, lui\napprend la manière vraie de s'en servir, trompant M. de Tavel, son premier\namant, qui « fut son maître de philosophie », pour le ministre Perret, son\nn° 2 ; item celui-ci pour un valet botaniste, Claude Anet, son n° 3 ; Jean-\nJacques arrivant bon quatrième chez cette « honneste » dame qu'il ran­\nçonne avec sérénité, appelle maman et trouve un modèle de sagesse! J'ai,\naussitôt relue cette ordure, été me rafraîchir aux bords du Rother, la jolie\npetite rivière qui, à deux lieues d'ici, sépare le comté de Sussex de celui de\nKent, et j'ai mieux aimé cela que la mort de Mme de Vercellis, dont les\nderniers mots, que doit connaître Armand-Crepitus Silvestre, ont vraiment\nun charme original\n   La rivière coule au pied d'un exquis village nommé Newenden, que\ncouronne une église pas plus grande que cela, ravissante de légèreté et de\ngrâce. Entourant l'église : un cimetière fleuri où l'on permet aux troupeaux\ndu clergyman de paître les marguerites et l'herbe haute poussées des morts,\ncomme si la religion voulait affirmer le renouvellement sans cesse des\nchoses, ou bien égayer ceux qui dorment d'un murmure de blanche ber­\ngerie.\n   J'ai fait le tour de ce jardin : les tombes d'enfants y sont indiquées seule­\nment par le renflement du sol, comme si les corps fussent à fleur de terre,\net le gazon remué par la brise imite doucement, retombant et redressé, la\n respiration de quelqu'un qui dormirait. De proche en proche, des pierres\n tombales, mais le plus souvent des couronnes, ou encore, de petits pots\n remplis d'eau renouvelée chaque dimanche et, y plongeant, des roses sau­\n vages fleuries aux murs des chaumières. Drôlerie touchante : une mère,\n n'ayant sans doute pas de récipient de verre, a mis des fleurs dans une boîte\n"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1901, "texte": "                                    — 252 —\n\n\nen fer-blanc, dont un papier mal arraché indique encore la destination :\nColman's mustard!\n   C'est dans ce même village de Newenden que j'ai appris la plus bizarre\nchanson du monde. Il paraît que ce n'est que dans les moments les plus\nfolâtres qu'on se risque à la fredonner. Chaque dimanche, au prêche, le\npasteur vitupère contre cette ballade grossière. Je vous la traduis, en tâchant\nde rendre le plus possible le ton « calembour » du texte anglais :\n\n               A l'heure adorable, où tout chante,\n               Ils allaient, les deux  amoureux.\n               Zigzaguant vers le bois ombreux,\n               Et cette scène était touchante.\n\n               Ils avaient bien bu, oui; ce qui\n               Leur faisait cette marche émue,\n               Mais elle, par lui soutenue,\n               Pensait toujours au bon whisky.\n\n               — Il était si doux, une crème.'\n               Allons en reboire, ô chéri!\n               — Non, je préfère le sherry!\n               Et puis c'est assez, car je t'aime!\n\n               Et ces boissons dans ces bois sont\n               Très nuisibles à ma tendresse...\n               Elle répondit : — Rien ne presse.\n               Ce mot le glaça d'un frisson.\n\n              Il dit : — Oiseau! j'ai coupé l'aile\n              De mon désir incandescent,\n              Ne t'envoie point quand descend\n              Le nuage blond du pale-ale !\n\n              Froide, elle reprit : — Est-ce tout?\n              — Non, répondit-il, ô mon rêve.'\n              Buvons encor, buvons sans trève!\n              — Quoi? — Half and half : pale-ale et stout!\n\n              Et ce fut une douce orgie\n              (Je te le dis tout bas, écho !),\n              Grâce à la troublante magie\n              De ton triangle   : BASS & O ! ! !\n\n\n Et les bons pochards chantent cette folichonnante réclame lorsque le\n"}, {"page_pdf": 292, "page_imprimee": 253, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2422, "texte": "                                 — 253 —\n\nbrandy du samedi leur dit : dimanche demain. (Pardon si la rime m'entraîne\nà des euphonies bizarres.)\n  Que si vous me demandiez si ceci est vraiment un trait de mœurs\nanglaises, je vous dirais que ce n'est pas vrai.\n\n\n                                      III\n\n    J'ai quelque peu quitté mon cottage, et « tiré une bordée » de quatre\njours à Hastings, qui en est à 12 miles. Là, c'est la mer, l'estacade achevant\nune digue immense, le mouvement, les petites misses habillées d'une façon\nextraordinaire : pas de jupons sous des robes blanches qui, flottant au\nvent, font ressembler ces demoiselles à des torses montés sur fil de fer ;\ncomme chapeaux, des Gainsborough rehaussés de fleurs mal posées, ou\n bien de simples casquettes rondes à petite visière ; tailles mal prises dans\n des corsets mal faits, et puis des pieds ! oh ! des pieds ! La tradition n'a\nrien exagéré.\n     Les hommes, débraillés dans un pantalon de flanelle blanche, une veste\n de canotier; les casquettes traditionnelles des Rowing, la pipe au bec...\n Presque tous cagneux.\n     Et malgré la laideur du détail, ce bariolage rit bien dans le soleil, avec,\n comme fond, la mer, ses barques, ses canots, ses yachts de plaisance, la\n svelte lame des périssoires...\n     Lorsque l'on tourne le coin du Queen's Road, une des grandes artères,\n à la place où se trouve le monument épouvantable dit Prince's Albert,\n on est étourdi par les cris des camelots les plus têtus. Des êtres épileptiques\n vous proposent de cirer vos souliers with the best blacking; on Vous offre\n des journaux, des lacets, des allumettes ; on vous hurle les avantages de la\n religion anglicane, vous êtes assourdi, fourbu, brisé, avant d'arriver à la\n ligne des bateaux qui sont échoués dans le sable et n'attendent que les\n  chalands pour glisser en flèche vers la mer.\n      Un cri domine là : Skylarkl Skylarkl C'est le nom d'un yacht qui fait\n  en mer trois promenades par jour, et dont les matelots vous accrochent au\n  gilet pour vous démontrer que le Skylark est bien plus confortable que\n  l'Albertine amarrée à côté!\n      Continuez, les cris redoublent. Des orchestres se plantent à chaque pas,\n  on ne sait comment ni d'où ils sortent ; des guignols nasillent au bas de la\n  digue, et lorsque, enfin, vous arrivez au pier, vos oreilles sont assassinées\n  par le cri strident, horrible de la sirène du steamboat Grimsby, qui va\n"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 254, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1886, "texte": "                                   — 254 —\n\n décaler en excursion. Continuez encore votre route sur l'estacade (pier) et\n vous arrivez au bout, — ce qui est très beau et peu naturel, parce qu'elle\n est très longue.\n    Là se dresse un pavillon, mauresque à la manière anglaise, où l'on peut\n manger et boire, mais non fumer. Une salle de spectacle nous requiert.\nTrois shillings, c'est pour rien. Le théâtre n'est pas énorme, mais il est, lui\naussi, mauresque à la façon anglaise. Le rideau représente Shakespeare\naccoudé sur un fût de colonne, avec un jonchement de livres à ses pieds.\nIl a absolument l'air du garçon coiffeur d'Ophélie.\n   On joue une ouverture bien anglaise : En r'venant de la r'vue; puis\nShakespeare s'enroule, et une dame habillée comme une madone de Bon-\nSecours, coiffée à la chien — non! à la dog! — vient roucouler une\nromancé qui ravit la salle.\n   Shakespeare se déroule ; je m'en vais, prends le train et reviens à mon\ncottage.\n\n                                      IV\n\n                   // fait dimanche et, sans répit,\n                   Je vois passer des robes blanches,\n                   Les petits oiseaux font pipi\n                   Au son des cloches, dans les branches.\n\n                  Un merle est venu se percher\n                  Juste en face de ma fenêtre;\n                  Ses petits yeux semblent chercher\n                  Quel pays lointain m'a fait naître.\n\n                  Tandis qu'en la campagne, au loin,\n                  En cantiques s'ouvrent les gerbes,\n                  Le vent très doux courbant les herbes,\n                  Je reste placide en mon coin,\n\n                  Avec une secrète envie\n                  D'aller prier aussi — pour voir.\n                  Et de m'éteindre dans le soir\n                  Sans aucun regret de la vie!\n\n   (A finir).                                               MAX WALLER."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 255, "page_fin": 255, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "VERS", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 294, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 64, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "VERS\n                                              A ADOLPHE FRÈRES.\n\n\nA mes rêves d'enfant j'ai souri dans Tes yeux,\nO lacs d'or où glissaient les cygnes de l'aurore,\nSemant le chant divin de leur aile sonore\nParmi les frais roseaux qui caressent les cieux.\n\nT'aimer! ô seul désir! laisse-moi l'espérance\nSi douce d'ignorer et d'être on ne sait où\nDans ces bois enchantés, ces fontaines et tout\nCet azur ruisselant où chante le silence.\n\nJe craindrais d'offenser les ailes des enfants\nQui tressent sur nos fronts des couronnes de roses\nEt baignent dans nos songes leurs nudités roses,\nEnlaçant nos regrets de leurs bras caressants.\n\nOh pars ! et que ta barque incline au loin ses voiles\nVers les ciels endormis d'étoiles sous les eaux,\nEt laisse-moi sous la candeur de ces berceaux\nOù je veille mon cœur couché parmi les voiles.\n\n Un peu souffrir de ce départ... un peu d'amour,\n Un peu d'illusion noyés dans le sillage...\n Laisse, enfant, se blottir, craintif, sous le feuillage\n Mon rêve qu'éblouit le Triomphe du jour.\n\n T'aimer! O cher mirage! Aimer à la dérive,\n A la fraîcheur du chant des sources sous les fleurs,\n Tandis qu'enguirlandant leurs mensonges, mes sœurs\n M'appellent de leurs bras d'ivoire sur la rive.\n\n                                              VALÈRE GILLE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 256, "page_fin": 260, "titre_corps": "Rédemption", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jules Van der Brugghen", "ancre_debut": "RÉDEMPTION", "ancre_fin": "JULES VANDER BRUGGHEN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CALME", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 295, "page_imprimee": 256, "debut_caractere": 71, "fin_caractere_exclue": 2538, "texte": "RÉDEMPTION\n                Marie-Magdeleine, la vierge au corps blanc, prise de rêve, atten­\n                 dait, accroupie, près la fontaine publique, que quelqu'un vînt\n                 satisfaire l'âpre et imprécis désir qui fouillait son sang et\n                 obsédait son esprit; elle attendait la réalisation d'une presque\n  irréalisable conception encore toute vague, intangible, noyée dans une\n  brume opaque, traversée de rares éclaircies — décevantes toujours.\n     Et il y avait une telle indécision dans son vouloir qu'au moindre mou­\n  vement tenté vers le but chimérique — pressenti seulement — sa volonté\n  éperdue, en détresse, s'immobilisa de l'inertie de sa chair. Et si puissante\n  était sa rêverie que, ni les filles puisant de l'eau en chantant, ni les cris\n d'aigles cinglant l'espace où vibrait la lumière, ne parvinrent à la distraire,\n à rompre le charme suggestif et intense de sa vision abstraite et fugitive\n avec ténacité poursuivie.\n     Fixes et grand ouverts, ses yeux bleus et limpides sympathisaient avec\n le firmament, son front auréolé de cheveux fauves rayonnait, tandis que\n ses lèvres, pareilles à deux feuilles de rose tremblantes, balbutiaient les\n impénétrables mystères de son cœur.\n     Comme ces navires livrés sans gréements aux jeux des vagues capri­\n cieuses, elle sentait son âme chaste emportée au gré des flots houleux de\nl'incommensurable mer du Désir. A cette heure germaient en elle des pen­\nsées si nouvelles et si troublantes, qu'elle n'en pouvait définir le sens, ne\nsachant exactement les penser.\n    Un chamelier vint. Il la trouva belle, d'une beauté mystique de jeune\nvierge qui ignore, une beauté enfant impatiente d'être femme. L'homme la\nregarda, supputa le plaisir qu'elle offrait. Marie-Magdeleine tressaillit sous\nle rayon lubrique qui l'enveloppait, la conquérait; et le chamelier s'étant\napproché, lui dit les lèvres humides : « Viens ». Et la belle fille sourit ce\nsourire des innocents devant le mal, parce qu'il apparaît paré de joies et\nde splendeurs, et répondit : « Me voici » ! Elle ouvrit les bras. Il la prit....\n    Le crime consommé, elle se releva avec dégoût; le corps frissonnait,\ndans ses prunelles une lueur acérée de haine fulgurait et, toisant le mâle aux\nbaisers impurs, elle le chassa d'un geste impérieux et menaçant. L'homme\néclata de rire et continua sa route avec l'insouciance d'une bête repue.\n    Alors Marie-Magdeleine demeura pensive; et, après une longue médita-\n"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2830, "texte": "tion, elle lava son corps meurtri et sali ; et, navrée, elle murmura :\n« Non, ce n'est pas cela... » Et elle reprit sa rêverie. Et ni les filles puisant\nde l'eau en chantant, ni les cris d'aigles cinglant l'espace où vibrait la\nlumière ne l'en pouvaient distraire.\n\n   Maintenant l'esprit de Marie-Magdeleine savait ce que désirait sa chair,\nmais la chair ignorait ce que souhaitait l'esprit. Les flancs mordus de la\nfemme voulaient à nouveau être mordus. L'esprit cherchait sans trève la solu­\ntion de cet insondable problème, entrevu et incompris. La fontaine publique\nattirait Marie-Magdeleine et le regard lubrique de l'homme la poursuivait,\nla couvait irrésistiblement. L'incube marchait à ses côtés, lui soufflait, à\ntravers un mauvais rire nerveux, de concupiscentes effluences qu'elle écou­\ntait ravie, le sang titillé. Le suborneur invisible s'acharnait, faisait claquer à\n ses pudiques oreilles des bruits de baisers incitants qui la remuaient toute.\n Et la femme, sourdement travaillée du désir de réaliser son rêve, de con­\n naître cette jouissance suprême, d'atteindre ce but chimérique — pressenti\n seulement — se donnait à celui qui la convoitait ; car elle espérait une fin\n à ses aspirations, suppliciantes de n'être point précises, d'être du domaine\n de l'inconnu, du terrifiant et désirable inconnu... Et à chaque chute nou­\n velle elle se disait : « peut-être M, et se livrait confiante; mais toujours elle\n dut laver son corps souillé et insatisfait, triste d'un plaisir imparfait,\n écœurée du mâle qu'elle reprendrait tantôt, curieuse, obstinée et avide\n aussi. Et à la centième fois comme à la première, Marie-Magdeleine, la\n  pécheresse, se releva, douloureusement déçue et répéta : « Non, ce n'est\n  pas cela... pas encore cela... »\n   Mais bientôt les rares révélations de cette existence voluptueuse s'ar­\n rêtèrent, ne donnèrent plus une nouveauté tendant à assouvir sa frénésie de\n voir l'idéal auquel elle aspirait. Les baisers lui devinrent insipides avec la\n rancoeur du déjà vu, du déjà senti ; ce n'était point tout cela qui lui pro­\n curerait la grande sensation tant recherchée qu'elle sentait être là-bas..,\n là-bas... mais où?... Et elle inventa des péchés plus fous, des lascivités\n plus longues, plus compliquées ; trouva des raffinements d'indécence, des\n extases dans l'alanguissement ; puis elle multiplia ses amants et organisa\n des orgies pour arriver à ce paroxysme des sensations et effacer d'elle cette\n frénésie persistante qui la poussait à chaque heure plus avant dans la vie\n passionnelle. Et le matin la vit éreintée des spasmes, convulsionnée encore,\n les lèvres brûlantes, sèches, les yeux cernés et les reins brisés, qu'elle quit­\n tait, furtive et honteuse, le théâtre de ses débauches charnelles.\n    Peu à peu une mélancolie s'était répandue sur ses traits ; son humeur,\n"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2880, "texte": "                                   — 258 —\n\n  atrabilaire, ne montra plus que de loin en loin une lueur de joie. Elle dut\n  se faire violence pour plaire, et c'est maussadement qu'elle allait à ses\n excès, contrainte en quelque sorte, mais elle y allait et les réitérait avec une\n renaissante ardeur, sollicitée par l'opiniâtre besoin de savoir, de se vaincre,\n de se comprendre mieux afin de se satisfaire. Ce fut en vain. Nombreux les\n jours qui suivirent celui de la première chute, et aujourd'hui comme alors,\n Marie-Magdeleine, accablée de fatigue physique, ne pouvait que redire :\n « ce n'est pas cela », comme si elle répondait à une interrogation lanci­\n nante et tyrannique. Et la femme se tordait les bras d'impuissance, pleura sa\n virginité jetée à la brutalité d'un passant. Et pourquoi? Pour être livrée\n à une inassouvissable tentation!... Ah! combien puérils ses désespoirs,\n stériles ses larmes!... Subissant l'emprise du mâle, toujours, malgré les\n décevances, elle se donna avec rage, révoltée mais résolue. Et de même\n qu'on demande au Nepenthès consolateur l'ivresse de l'oubli, elle demanda\n des baisers aux hommes de toutes les races, de toutes les sociétés ; puis les\n abandonna et prit des femmes, des adolescents. Et Marie-Magdeleine,\n assouvie jusqu'au délire, mourante sous les étreintes, restait inapaisée pour­\n tant.\n    Vile de corps, mais vierge d'esprit — car il n'avait été effleuré d'une\n souillure — elle poursuivait son idéal à travers la fange où la traînait sa\n chair, cette suppliciée, esclave d'un amour trop grand qui l'épouvantait.\n Et les femmes la montraient du doigt et l'appelaient : « prostituée », et les\nhommes lui souriaient avec aménité ou désir.\n    Le repos ne vint plus. Le corps avait besoin d'attouchements, les lèvres\n mendiaient des caresses de lèvres, les nuitées se succédaient folles, extra­\nvagantes, perversement ignobles. Et l'aube la trouvait abattue, avec en elle\nle vague troublant, tentateur, la prescience d'une ivresse inouïe dont tous\nles baisers multiples et variés depuis si longtemps échangés ne parvenaient\npas à donner une idée, une nuance.\n    Et c'était avec un identique dégoût qu'elle quittait ses complices de plai­\nsir, avec le même mépris qu'elle flagellait ceux dont l'infâme caresse assou­\npissait à peine ses nerfs lassés, car tous laissaient subsister, plus vivace et\nplus despotique, la pensée d'aboutir à cette jouissance aiguë pour laquelle\nelle s'immolait sur l'autel des dieux luxurieux! Parfois, dans un accès de\ndémence, elle s'écriait d'une voix rauque et lamentable, où l'on sentait\naccumulées toute sa douleur et toute sa haine : « Mais qu'y a-t-il donc?\nA quel degré d'ignominie faut-il descendre pour découvrir le mystère de\ncette joie non révélée? Qu'on me le montre, le gouffre, afin que je m'y pré­\ncipite — on verra avec quel sombre bonheur! » Et elle restait atterrée devant\n"}, {"page_pdf": 298, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2835, "texte": "                                  -   259   -\n\nl'effroyable chose accomplie sans résultat et devant tout ce qu'il faudrait\nencore accomplir !\n    Mais, soumise à la persistance du rêve, cette pénitente des sens se redres­\nsait reconquise par le démon qui la narguait : « Ce sera pour la prochaine\nfois, sans doute ». Et son corps reprenait de subites vigueurs, comme ces\nguerriers exténués, meurtris et sanglants, qui veulent combattre quand\nmême jusqu'au dernier souffle et vaincre! Et Marie-Magdeleine, consciente\nde son avilissement, retournait à la débauche qui l'asservissait, livrait son\n beau corps blanc aux morsures irritantes des ruts, involontairement, par\n la luxure envoûtée, damnée. « Et ce n'était pas encore cela ; toujours pas\n cela ! » Ah! ce secret terrible, qui le lui révélera? qui lui enseignera cette\n volupté exquise, et si forte, et si apaisante aussi ? Oh ! ce rêve — douloureux\n de son obscurité! Des cauchemars la torturaient, des visions pleines d'un\n charme excitant la visitaient. Elle essaya le jeûne passionnel; mais ses\n flancs crièrent bientôt famine et de rechef elle succomba plus affolée, ivre de\n  prestigieux horizons fertiles en promesses, qui l'attiraient invinciblement...\n\n   Or, un jour les rues s'emplirent d'une foule agitée et bruyante : On\nattendait la venue de Jésus de Nazareth. Accroupie près la fontaine\npublique, Marie-Magdeleine, la fille perdue au corps blanc, prise de rêve,\nà cette rumeur se leva. Ses yeux soudainement brillèrent, elle sourit et sous\nla laine de sa robe ses seins se soulevèrent puissamment, turgescents d'un\ndésir nouveau, immense, contenu à grande peine. Elle se mira, lissa ses\nlongs cheveux fauves et, s'étant trouvée belle, elle fendit la foule et alla au\ndevant du fils de Marie. « Peut-être sera-ce celui-là », se dit-elle. Et de si\nloin qu'elle aperçut Jésus, une indéfinissable émotion lui étreignit le cœur ;\ndes râles d'ivresse l'étranglèrent, une félicité nouvelle la pénétra. Elle se sen­\ntait comme purifiée des péchés anciens à ce souffle ineffable qui la possé­\n dait toute, et qui paraissait un rayon, de la lumière dans laquelle Christ\n s'avançait. Des larmes coulèrent, bienfaisantes et douces, sur ses joues\n enflammées d'un plaisir pur et inéprouvé encore. Et de toutes choses s'éle­\n vaient des harmonies suaves et troublantes qui la grisaient et lui mettaient\n des prières dans les prunelles. O volupté des voluptés! ô extase! Et toute à\n sa jouissance cérébrale, elle tomba à genoux, se prosterna et posa son front\n serein dans la poussière : car elle ne put, sans s'humilier, soutenir le regard\n régénérateur du Sauveur. Jésus s'étant approché d'elle, avec bonté la releva,\n sourit à cette femme en pleurs, que la foule repoussait ; et il lui tendit les\n mains.\n    Et subitement la grande Amoureuse se sentit renaître sous la chaste\n"}, {"page_pdf": 299, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 708, "texte": "                                 —   260    —\n\n\net enveloppante caresse de l'Amant divin, sa pensée ascensionna vers des\nhauteurs vertigineuses, les voiles de son esprit se déchirèrent, une rédemp­\ntion s'opéra : Elle avait trouvé ! Cette volupté suprême était là, charmante\net parfumée, et lumineuse dans le sourire des lèvres de l'Envoyé de Dieu.\nEt Marie-Magdeleine, les traits illuminés d'un bonheur rayonnant, sanglo­\ntait avec délices. Jésus alors lui dit : « Viens ». Et elle répondit : « Me\nvoici ». Et la Repentie lui donna, à la face de tous, la virginité de son\nâme enfant — immaculée.\n                                           J U L E S VANDER B R U G G H E N .\n\n\n\n\n                             "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 260, "page_fin": 260, "titre_corps": "Calme", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Roussel", "ancre_debut": "CALME", "ancre_fin": "FERNAND ROUSSEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 299, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 708, "fin_caractere_exclue": 1577, "texte": "CALME\n                                                            A   ALBERT   GIRAUD\n\n\n\n    Calme, l'église rêve en la paix de ses vierges,\n    Et l'air qui vacille aux caresses des encens\n    Estompe d'un secret frôlant le feu des cierges\n    Qui tapissent les nefs de tentures de sangs.\n\n    Les ombres en frissons noirs dansent sur les dalles,\n    Et l'orgue qui somnole a d'étranges soupirs\n    Qui s'en viennent gémir sur les pierres tombales\n    Et semblent le murmure affaibli des martyrs.\n\n   L'encens des passions mystiquement dépose\n   Dans l'âme les oublis d'un lent passé morose,\n   Et douce, en des candeurs de lys, elle s'endort.\n\n   La neige des chagrins qui ruisselle au fond d'elle,\n   En frissonnant se gaze à la trame si frêle\n   Des extases où chante un doux archange d'or!\n\n                                                   FERNAND       ROUSSEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 261, "page_fin": 261, "titre_corps": "La Mer", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Gaucher", "ancre_debut": "LA MER", "ancre_fin": "JEAN GAUCHER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 300, "page_imprimee": 261, "debut_caractere": 77, "fin_caractere_exclue": 926, "texte": "LA MER\n                                                                A IWAN GILKIN\n\n   Hiératiquement de ses atones yeux\n   Métalliques de sphynx où rêve le silence,\n   Sanglée aux reins de sa royale somnolence,\n   La mer regardait rire infiniment les deux.\n\n    Et lascive, sous la rouge flambée astrale\n    Qui de fluides sangs tigrait ses yeux félins,\n    Elle, tordait son ventre en des remous câlins.\n    Lointainement enflait la houle, comme un râle.\n\n    Dans tes yeux où toujours l'ennui bâille et s'étire,\n    Une flamme couvait longuement cette mer\n    Dont la beauté de gouffre, ô Perverse ! t'attire.\n\n    Et même un chaud frisson alluma sur ta chair,\n    Dans une paix de tombe à tout jamais glacée,\n    Un rose éveil de vie où riait la Pensée!\n                                                          JEAN    GAUCHER.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 261, "page_fin": 263, "titre_corps": "Chronique littéraire : Impressions et sensations", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "II Quillebœuf", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 300, "page_imprimee": 261, "debut_caractere": 926, "fin_caractere_exclue": 1798, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                         I\n\nImpressions et sensations, par ARNOLD GOFFIN. — Un vol. Paris, Léon Vanier, éditeur.\n\n              Dans le cercle étroit des amis et des écrivains à qui seul il com­\n               muniquait ses premiers ouvrages, demeurés Hors du com­\n               merce, M. Arnold Goffin s'est promptement acquis une\n               réputation d'artiste méditatif et scrupuleux, méticuleux même,\n               cherchant le mot rare qui doit faire jaillir la sensation toute\nvive. Le Journal d'André, suivi bientôt de Delzire Morris, révélait des\nqualités brillantes encore enfermées dans une gangue. Voici que M. Goffin\npublie sous ce titre : Impressions et Sensations, un volume nouveau que\nl'éditeur Vanier présente cette fois au public.\n                                                                            10\n"}, {"page_pdf": 301, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2907, "texte": "                                   —   262   —\n\n\n   Le style de M. Goffin s'est éclairci et raffermi. Il emploie toujours des\nmots un peu étranges, des épithètes bizarres, des termes empruntés à des\ntechniques diverses, mais avec une précision plus habile et plus heureuse.\nIls sont soigneusement choisis et sertis à leur exacte place. L'auteur les\ndispose comme les rehauts des peintres et en tire les mêmes effets.\n   La phrase de M. Arnold Goffin était, au début, proche parente de la\nphrase en honneur dans l'école naturaliste; une masse assez pesante, mal\ncimentée avec ses voisines. Il y a telle page de MM. Zola et Huysmans où\nl'on croit entendre, au bout de chaque phrase, une lourde porte de prison\nqui se referme Dans son nouveau livre, M. Goffin a sensiblement assoupli\nson verbe : il a conscience de la valeur musicale des périodes et il en manie\nsavamment les ressources rhythmiques. Nous transcrivons ici le morceau\nqui porte le n° 33.\n\n\n   « Dans un haut siège de pierre obsidiane, environné de noirs miroirs\npolis où un rayon acéré du soleil se diffracte comme un flamboiement de\nglaives, — la jolie Démone aux yeux spéculaires, au sourire carnassier et\nambigu, dont le petit cœur de panthère bat sous une souple poitrine\nd'éphèbe, — la jolie Satané admire longuement et curieusement son image\nréfléchie à l'infini, essaie ses moues vénéficieuses, se complait à la félinité de\nsa maigreur acide, — distille l'aqua-tofana qui humecte ses lèvres avides.\n   « Sur sa tête volontaire, un diadème de froides et cruelles joailleries\nmiroite et sa main gauche arbore sceptralement une fleur de lotus frigide,\n— la fleur phallique aux lobes rigides. »\n\n\n\n   Impressions et Sensations, comme le Journal d'André, comme Delzire\nMorris, est une sorte de journal intime, habité par un seul personnage,\nqui note, sans aucun plan visible, des pensées détachées et des « impres­\nsions ».\n   C'est du subjectivisme à outrance. Avec une sincérité qu'il faut honorer,\nM. Goffin a analysé son sujet dans ses replis les plus intimes, jusqu'aux\ninévitables tares du tréfond de sa nature; il ne cache aucun défaut et va\njusqu'à exhiber quelques vices. Il n'a pas un instant cherché à flatter son\npersonnage, et, certes, s'il a dissimulé quelque chose, ce sont les qualités.\nSignalons que pour en agir ainsi, il faut un certain courage, alors que l'on\nsait par maint exemple que les lecteurs, toujours si bénévoles ! jugeront\ninfailliblement l'auteur d'après cette image et son talent d'après je ne sais\nquelles grossières estimations morales.\n   A ce subjectivisme, M. Goffin doit ces intuitions soudaines qui pénètrent\njusqu'au fond d'un objet. Mais, chose singulière! M. Goffin n'exerce cette\nvue perçante que dans la description de ses sensations. Nous ne pouvons\nlouer au même degré ses pensées; quand il ratiocine sur tel sujet, générale­\nment banal : ainsi le Nouvel-An, — Napoléon III et Victor Hugo, — les\n"}, {"page_pdf": 302, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1135, "texte": "                                       — 263 —\n\nGermains et les Latins, — il perd une partie de son originalité. C'est que\nprésentés en raccourci, sans les développements d'une ample conception,\nces motifs, un peu faits-divers, veulent être rehaussés par une expression\nparadoxale; pour intéresser, ils doivent étonner et même blesser le juge­\nment du lecteur. C'est ainsi que les Goncourt, beaucoup plus artistes que\npenseurs (1), ont rendu supportables plusieurs apophthegmes vieux comme\nle monde ou parfaitement vides de sens.\n   A la suite des Impressions et Sensations, le volume de M. Goffin ren­\nferme quelques pièces réunies sous ce titre : Visions. Ce sont, à nos yeux,\nles meilleures du recueil. Ici M. Goffin entre plus hardiment dans ses sujets\net montre une vigueur d'exécution que dans les autres morceaux, d'une\ndimension plus restreinte, il a dû contenir. Signalons particulièrement : la\nDestruction symbolique de Paris, page touffue, puissante et nette comme\nune gravure d'Albert Durer.\n                                                                 IWAN G I L K I N .\n\n\n                                             "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 263, "page_fin": 266, "titre_corps": "Chronique littéraire : Quillebœuf", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Georges Kaïser", "ancre_debut": "II Quillebœuf", "ancre_fin": "GEORGES KAÏSER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "III L Immortel", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 302, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1135, "fin_caractere_exclue": 3031, "texte": "II\n\nQuillebœuf, vieillerie en bleu et noir, par JAMES VANDRUNEN. Un vol. in-8°, Bruxelles. —\n      Viennoiseries, par le même. Une plaquette in-8°, Bruxelles, Veuve Monnom.\n\n   Nous découvrîmes James Vandrunen vers l'an 1883.\n   Une après-midi que nous buvions, chez Coulomb, l'algarve quotidien,\nMax Waller nous lut Flemm-Oso. Ces notes sur la vie contemporaine\nfurent admises à l'unanimité comme étant une bonne fortune pour la Jeune\nBelgique. Depuis lors, Vandrunen a bien voulu choisir dans ses inépui­\nsables tiroirs — c'est un infatigable travailleur — quelques pages : Elles, les\nForêts, plus récemment : Viennoiseries et Quillebœuf, et leur donner la\nvolée, — une volée à trente exemplaires.\n  J'ai mission de parler ici des deux derniers envolés et je risque tout\nd'abord un petit portrait de leur père.\n   James Vandrunen, un grand et solide garçon, appartient à la race des\ntimides déconcertants. Dès la première rencontre, on sent dans cet homme\nla volonté de ne se livrer qu'à bon escient, en même temps qu'une faculté\nd'observation pénétrante, dont on appréhende un peu l'exercice. Sa timi­\ndité, qui est plus exactement une propension à l'effarouchement, ne va pas\nsans quelques audaces accidentelles. Elle ne l'a point empêché de produire\nbeaucoup et de se produire un peu. Elle a laissé voir assez de lui pour que,\ndans les deux mondes où il vit, celui des savants et celui des gens de lettres,\non l'apprécie hautement. C'est un ingénieur de mérite et c'est un écrivain\nde valeur. Il est l'auteur de sérieuses études sur des questions techniques\net de plusieurs écrits d'observation piquante et de séduisante fantaisie.\nQuand il n'est pas d'humeur chagrine et quand il s'anime à parler de choses\n\n   (1) Cela éclate dans Idées et Sensations, où les Idées paraîtraient bien pauvres à côté de\nla magique beauté des Sensations, si elles n'étaient travesties en charmants paradoxes.\n"}, {"page_pdf": 303, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3246, "texte": "                                   — 264 —\n\n  qui l'intéressent, il s'exprime rapidement, par petites phrases pressées,\n scandées de brefs élans, avec des regards où défilent les curiosités. Ce taci­\n  turne est parfois bavard.\n     En littérature, il a été jusqu'à présent l'homme du détail et de la nuance.\n  Quillebœuf montre davantage et trahit par endroits le rêveur naïf que les\n hasards de l'expansion avaient indiqué certains jours. Son observation est\n juste, parfois profonde et pénétrante, mais sans largeur. Les vues d'en­\n semble, les considérations vagues et générales, sont rares, sinon absentes\n dans ce que nous connaissons de lui. Mais les petits coins, les reliefs imper­\n ceptibles, les menus accidents, sont notés avec une exactitude et une\n minutie remarquables.\n     Et comme c'est, dans l'observation, l'homme du détail, c'est, dans la\n phrase, l'homme de l'adjectif.\n    Etant donnée l'idée simple exprimée par le substantif, il la déforme, la\n modifie, la détermine, l'augmente, la restreint, la contrarie jusqu'à ce qu'il\n obtienne, enfin, le mélange de densité et de nuance qu'il a voulu pour\n figurer exactement son impression. Aux premières touches indiquant le\n fond du tableau, il ajoute mille petits coups de pinceau. Il est la Provi­\n dence des adjectifs sans emploi. Il en mettra deux, trois et jusqu'à quatre,\n deux devant et deux derrière, et décrira des « jolis, mignons bonnets blancs,\nproprets ». Pour « rendre » une nuance il se servira volontiers de néolo­\ngismes et ses néologismes seront logiques comme ceux d'un ingénieur,\névocatifs comme ceux d'un poète.\n    Il animera les abstractions et donnera ainsi à certains tableaux une inten­\nsité de vie extraordinaire. Parfois aussi l'effet sera raté, comme lorsque\nl'écrivain écrit, dans son chapitre des chapeaux : « Une bien séduisante\ndiversité de chapeaux se promène dans la circulation des rues ».\n    Il a, avant tout, l'horreur des banalités et des lieux communs, la haine des\n« voix plus autorisées », et des « on ne saurait trop le redire », le mépris\ndes formules administratives. Il est harcelé par l'impérieux besoin de renou­\nveler les expressions courantes et ces tentatives de rajeunissement, souvent\nheureuses, sont parfois assez enfantines, — c'est ainsi qu'il parle dans ses\n Viennoiseries d'une « pièce jouée dans un décor torché » — Dieu ne sait\npas comme !\n    Qu'importent d'ailleurs ces vétilles, la tendance est intéressante. Puis, ces\nfautes sont rares et la langue est le plus souvent aussi précise qu'elle est\nimagée. Quand, au cours d'une description, sa mémoire d'ingénieur lui\nsuggère un mot technique, il le prend, emprunte ses termes à la stéréotomie\nou à.la géologie et parle de 1' « intrados », d'un porche, et d'un rocher\nqui plante en un point sa masse de « glauconie ».\n    Il décrit aussi quelque part des gaillardes bien étoffées et crânement\nétablies dans 1' « orographie » violente de leur encombrante personne.\n    Les Viennoiseries sont une série de croquis brefs, nets et parlants, le\ncinquième notamment, où l'auteur nous montre les malheureux de tous les\ncoins et de tous les repaires venant chaque jour lire gratis les annonces du\nTagblatt, dès l'apparition du numéro, derrière le grillage d'une valve, à la\n"}, {"page_pdf": 304, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3318, "texte": "                                   — 265 —\n\nporte des bureaux. Ce sont, sur des pages d'album, des pastels impression­\nnistes, évoquant avec une merveilleuse précision les divers aspects de\nVienne.\n   Quillebœuf sollicite plus l'attention. C'est une légende normande dont\nl'affabulation bleue et noire, d'une douceur virginale et d'une diablerie\nricaneuse et féroce, a été brodée par Vandrunen sur un canevas du pays.\nCette légende a des coins bleus qui retiennent délicieusement et des trous\nnoirs qui épouvantent terriblement. Mais le récit si attachant soit-il, n'est\nqu'un prétexte que prend l'auteur pour réaliser le but qu'il nous expose en\nces quelques lignes de son introduction :\n    « J'ai voulu écrire cette apparition d'un temps mort, réveillé un instant\nsous la mélancolie des rayons éteints du passé. Ce serait une grande histoire\nà bibelots, une scène de légende, candide et diabolique, enchâssant ce que\nj'ai admiré en cette région, meubles et joyaux rares et anciennes coutumes ;\net cela décrit et dessiné avec des mots patients, fouillant le détail, avec des\nmanies de colectionneurs et des minuties qui retournent et soupèsent. »\n    M. Vandrunen a atteint son but. Cet essai de résurrection de la fin du\nXVe siècle est d'une naïveté sincère qui attire. Les descriptions sont d'une\nrichesse exubérante et quand, la tête levée et le livre fermé, on revoit les\n tableaux que l'on vient d'admirer, on se sent pris d'un certain effroi en son­\ngeant au travail de bénédictin auquel l'auteur a dû se livrer, aux vieux\nlivres et manuscrits qu'il a fallu compulser, aux musées qu'il a fallu\n fouiller, aux catalogues qu'il a fallu dépouiller, aux gravures et dessins\nqu'il a fallu déchiffrer pour évoquer cette époque lointaine avec une si\nminutieuse précision. C'est d'une érudition stupéfiante et d'un art très\nraffiné. J'avouerai que cette érudition fatigue un peu à la longue et que la\nlecture du récit devient difficile. On comprend l'auteur qui a recueilli cette\nabondante et curieuse moisson à petites gerbes, découvrant chaque jour un\nnouveau détail, notant une coutume ignorée et appliquant une à une, au\nfond légendaire, ces précieuses incrustations. Mais le lecteur profane qui\ndoit absorber, en une fois, le résultat de recherches longues et distancées\neût été reconnaissant à l'artiste d'avoir été moins savant.\n    Je n'écris pas cela pour moi, qui n'avouerai jamais être un lecteur pro­\nfane, mais bien pour tous les autres. Cette remarque faite, je m'empresse\nd'ajouter que le récit de M. Vandrunen est d'un vif intérêt et que les\ntableaux attachants s'y déroulent sans interruption.\n    C'est la description du château et de son propriétaire le sire de Bourre-\npierre, haut et redouté seigneur, turlupin, mangeant chair en vendredi,\ngras à lard, ivrogne, aventurier, se souciant autant de Dieu que du diable.\n    C'est la visite du diable en personne qui s'est épris d'Yvette, la fille du\nchâtelain, pure et fraîche comme la lumière et douce comme une belle\nprière, d'Yvette dont l'image lui fait tout oublier au point qu'il embrouille\ntoutes les affaires du royaume diabolique et qu'il achète les âmes à un prix\nridicule et bas.\n    C'est la description des meubles du temps, des vêtements, des cuisines,\nde la vaisselle : « le mobilier de la bouche », des lois et règlements de la table.\n"}, {"page_pdf": 305, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2211, "texte": "                                   — 266 —\n\n\n   C'est le songe d'Yvette, un éblouissement, une vision d'une douceur fan­\ntastique avec le voyage de l'étoile glissant sur son rayon, comme sur une\ntringle de lumière.\n   C'est la grand'route et le tableau des petits métiers. Ce sont les repas aux\nmenus savamment ordonnés, le narré d'exploits d'épées et de brocs, enfin\nl'apothéose finale et la chute dans la Seine du rocher de Quillebœuf écra­\nsant le diable noir.\n   Tout cela est décrit avec des mots du temps, — un château est rapiécé\ncomme le rochet d'un franc taupin, — avec des incidentes d'un archaïsme\ntouchant, avec de naïves explications de conteurs des veillées.\n   Il y a là des considérations industrielles d'ingénieur et d'homme positif\nsur la prospérité du commerce en Normandie au temps de Louis-le-\nOnzième.\n   Il y a aussi des tableaux admirablement animés, celui d'une grand'route\npar exemple, où l'on voit le processionnel défilé des rouliers et où la\nmarche des bandes et des groupes est interrompue par ce détail pittoresque\net descriptif :\n   « Un tueur de loups passe, promenant au bout de son bâton une tête de\nloup et les gens en signe de remerciement lui donnent du fromage ».\n   En certains passages le souci de la figuration et de la mise en scène\nme font penser aux Meininger et à M. Gronegck.\n   Il y a enfin, et surtout, des phrases délicieuses : « . . . un château triste\ncomme la devise d'un glaive de justice et autour duquel le vent enroule ses\nlamentations... »\n   «... Les paroles de la Rille sont si doucement dites qu'on croirait entendre\nremuer des perles... »\n   L'eau est décrite avec des mots fluides, elle semble une fraîcheur qui\ncoule : « ... l'onde se hâte à petits plis... les petits flots chatouilleux se\npoursuivent par jeu sur les cailloux... »\n   Il faudrait citer beaucoup encore et je dois m'arrêter, un peu confus déjà\nd'être sorti des limites qui m'ont été assignées. Le plaisir que j'ai eu à parler\nun peu plus longuement de mon ami Vandrunen, se double d'ailleurs\nd'une petite vengeance. Ah ! l'on a imprimé que j'étais un paresseux !\n\n                                                      G E O R G E S KAÏSER.\n\n\n                                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 266, "page_fin": 270, "titre_corps": "Chronique littéraire : L’Immortel", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Francis Nautet", "ancre_debut": "III L Immortel", "ancre_fin": "FRANCIS NAUTET", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "IV Journal de Stendhal", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 305, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2211, "fin_caractere_exclue": 2727, "texte": "III\n       L'Immortel,   par ALPHONSE DAUDET. — Un volume. Paris. Lemerre.\n\n  Lorsque les personnes sentimentales s'avisent d'être mauvaises, elles\ndeviennent féroces. Lorsque des écrivains comme M. Alphonse Daudet,\nécrivain tendre, fin, nerveux, un peu femme, s'avisent de se mettre en\ncolère, ils donnent au lecteur une impression désagréable et fausse qui se\npeut comparer à la saveur du miel rance et du lait tourné. L'Immortel a ce\ngoût d'une chose hybride, à la fois vinaigre et sucre, impuissante et criarde,\n"}, {"page_pdf": 306, "page_imprimee": 267, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3294, "texte": "                                 — 267 —\n\npénible et si drôle pourtant qu'on pense à un cacatoès mis dans tous ses •\nétats par des agaceries.\n    J'ignore si l'Académie française a agacé M. Alphonse Daudet ou si sim­\nplement la façade morne de l'Institut et sa paisible coupole suffisent pour\nqu'il voie rouge les jours où il franchit le Pont-des-Arts. Ce qu'il y a de\ncertain et de patent, c'est qu'il a voué à l'Académie une haine implacable et\nil faut croire que c'est par générosité toute pure. On ne l'a pas évincé, puis­\nqu'il ne s'est pas présenté, et, si on ne lui a pas accordé de prix, c'est qu'il\nn'en a pas demandé. Sinon l'auteur de l'Evangéliste avait toutes les quali­\ntés requises pour porter la palme. Sapho et quelque ouvrage à clefs indis­\ncrets ne constituaient, en somme, aucune hardiesse impardonnable, ces\nouvrages représentant, au point de vue académique, des écarts infiniment\nmoindres que les écarts des nombreux Mérimée qui se sont succédés à l'Ins­\n titut.\n     Donc, aucun motif apparent de rancune. Et pourtant il n'est pas une\n page du livre qui ne soit haineuse. Ce n'est pas par chic, par bravade, par\n une sorte de chevalerie littéraire que M. Alphonse Daudet se présente tout\n seul, devant les Quarante, pour leur jeter le défi comme un jeune héros. S'il\n s'y était pris ainsi, bravement, il est probable que les académiciens, gens\n sceptiques et revenus de bien des choses, surtout de la chevalerie, eussent\n  envoyé se moucher le jeune téméraire. Mais aussi on eut applaudi la har­\n  diesse du chevalier, on eut admiré son allure, sa candeur, sa franchise et\n  même sa naïveté, car qu'est-ce que cela peut bien faire à l'art qu'il y ait une\n  académie ou qu'il n'y en ait pas?\n      Etant donné que l'homme est enclin à fonder des « institutions » de tous\n  genres et à ériger des sociétés de toutes espèces rien que pour satisfaire la\n  manie de constituer des bureaux avec un président et des assesseurs, je ne\n  vois pas pourquoi, étant donné ce doux et inoffensif besoin, on s'en pren­\n  drait à l'Institut plus qu'à toute autre institution de decorum ou d'agrément\n  existante?\n      A considérer les choses justement, l'Académie est demeurée, de tous les\n   Salons, l'un des plus convenables; l'on y rencontre même encore des gens\n   de choix comme M. Taine, M. Renan et quelques autres; on y prononce,\n   en moyenne tous les lustres, un discours charmant de finesse et d'esprit et\n   qui ne devrait déranger personne, pas même les artistes, due si l'Académie\n   offre quelques ridicules, il était permis de les bafouer avec verve et humour\n   et même de s'égayer un peu aux dépens de quelques personnalités. Mais\n   traiter tous ces gens à palme comme des croquants et des sots, sans excep­\n   ter un seul des Quarante, c'est bizarre et c'est maladroitement frapper à\n   côté.\n       Aussi les gens que l'Académie intéresse peuvent-ils dormir tranquillles :\n   malgré l'Immortel, l'Institut tiendra bon. Quant à nous que l'Académie\n   intéresse moins, il nous est indifférent que les coups de M. Daudet aient\n    porté ou n'aient pas porté. Seulement, si nous devions nous prononcer entre\n    le salon littéraire et l'officine à roman transformée en loge de concierge où\n    aboutissent tous les potins, les vrais comme les faux, et plus souvent les\n"}, {"page_pdf": 307, "page_imprimee": 268, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3384, "texte": "                                    — 268 —\n\n    grossiers que les fins, nous dirions que nous préférons encore l'Académie et\n    son inertie et sa vétusté aux efforts et au travail de M. Daudet.\n      Depuis quelque temps, en effet, il s'est mis aux écoutes et a ouvert clan­\n    destinement une agence où se recueillent tous les mauvais bruits littéraires.\n   Je m'imagine cela : quelques écrivains ratés, quelques méridionaux éche­\n   velés, quelques femmes bavardes, une collection de mauvaises langues mâles\n   et femelles et, au milieu de la collection, M. Daudet piquant des notes,\n   notant les racontars en se disant : tous ces potins font de la copie et il est\n   bien plus facile de faire un roman comme cela !\n      D'observateur qu'il était, M. Daudet est ainsi devenu colporteur d'anec­\n   dotes médiocres, souvent triviales, qui ont un certain piquant lorsqu'on les\n   raconte toutes chaudes, mais qui n'ont pas assez de caractère pour qu'on\n  leur fasse les honneurs du livre. S'il fallait défalquer de l'Immortel l'élé­\n  ment potin, il ne resterait rien ou presque rien ayant plus ou moins de\n  valeur littéraire.\n      D'ailleurs, depuis le Nabab, tous les ouvrages de l'auteur du Petit Chose\n  se ressemblent, avec cette différence que les qualités s'en vont et que les\n  défauts restent. Le procédé est devenu si transparent que l'on parierait\n  d'écrire quasi exactement un roman-spécimen de ses œuvres, lesquelles\n  tournent à la gazette perfectionnée.\n     La même ficelle, toujours, les mêmes effets, les mêmes moyens de com­\n position ; la même irréprochable vraisemblance dans la succession des évé­\n nements ; le même style soigné, court, mince, propre, coquet, très sur­\n veillé; le même infaillible assemblage de parisiens et de rastaquouères et,\n quand il n'y a pas de rastaquouères, de méridionaux ; la même disposition\n du décor, le plus souvent Paris, mais inévitablement quelque scène de cam­\n pagne comme motifs à descriptions; les mêmes lettres invariablement, un\n peu niaises toujours et qui servent à l'auteur de véhicule à médisances ou lui\n permettent d'esquiver une situation en la faisant conter épistolairement;\n enfin, même allusion au ménage Daudet et à l'artiste qu'il est, lui!\n     Dans l'Immortel, M. Daudet, c'est apparemment Védrine, le marquis\n de Védrine, qui ne veut pas porter son titre parce qu'il est artiste. Vous\n avez bien lu : parce qu'il est artiste. Comme s'il n'était pas naturel qu'un\nartiste qui doit avoir le sens aristocratique, même inconsciemment, même\ns'il a des convictions rouges, se réclame de sa race. Sinon c'est un politi­\nquard égaré dans la littérature, ignorant que l'art est inséparable de l'ex­\nception. Ce Védrine, qui fait de l'art en tous genres, est, au reste, un\npersonnage bien insupportable. On nous le représente constamment\naccompagné de sa femme qui, d'une main, retient dans son bras un mioche\nqu'elle allaite et, de l'autre, pousse une petite voiture où se trouve une\nautre progéniture. Védrine sort toujours dans cette société-là, à la ville\ncomme à la campagne, et cela lui fait un auditoire soumis pour des tirades\ninterminables qu'il débite en faveur de l'art jeune, un art jeune — on ne\nsait pas lequel — car il ne précise pas.\n    En disant tantôt que Védrine représentait M. Daudet, j'allais trop loin.\nM. Daudet est encore Parisien, j'imagine, c'est-à-dire spirituel et désinvolte\n"}, {"page_pdf": 308, "page_imprimee": 269, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3396, "texte": "                                  269\n\n\net il n'est pas tombé encore dans la contemplation des vertus bourgeoises.\nNon qu'il faille proscrire de la littérature la mère et l'enfant, mais il ne faut\ntoucher à ce sujet qu'avec du génie, une simplicité qui ne s'apprend pas et\ndont M. Daudet est loin. Je parle ici bien entendu de la mère et non de la\nfemme, de la mère accomplissant la mission qui lui est dévolue. Quand un\nroman met en scène une famille pour honorer les vertus domestiques et\nfamiliales et que la peinture n'est pas absolument réussie, il n'y a pas de\nmilieu : le tableau, s'il est mauvais, ne représente rien de plus qu'un couple\nde reproducteurs avec, auprès, les produits. Dans ce dernier sens, le ménage\nVédrine est exactement rendu.\n   Au demeurant, c'est, je crois, la première fois que pareils types de chro­\nmolithographie figurent dans un des romans de l'auteur de l'Artésienne.\nL'Arlésienne! ce titre me fait penser aux œuvres de grâce, d'ingénuité,\nd'observation menue, mais juste et sincère que l'on attendait de M. Daudet.\nC'est à peine si, dans l'Immortel, nous retrouvons quelques-unes des apti­\ntudes originelles ; le sens de la femme, le tour d'esprit parisien, le joli coup\nd'ceil net et sûr qui permet d'évoquer en un trait heureux le physique d'un\npersonnage; enfin, la fidélité d'une oreille exercée qui retient justement un\nbout de phrase que la plume reproduit exactement. Pas plus d'observation\nque cela, mais c'était suffisant pour coter honorablement un écrivain qu'on\npeut appeler de genre, comme il y a des peintres de genre, et qui a su réus­\nsir de très intéressantes ébauches.\n   Maintenant, ces aptitudes sont devenues lourdes et ont perdu leur spon­\ntanéité et leur légèreté et surtout leur fraîcheur et leur nouveauté. La\nlangue est demeurée attiffée sans aucun nouvel accent et sans être devenue\nlarge et pleine. Il n'y a plus d'art; à peine une lueur artistique brille dans\nle vague d'un incertain fatalisme qui nous était inconnu chez M. Daudet ;\nil n'y a également plus de vérité. M. Daudet travaille aujourd'hui dans le\nfaux habilement. Il y a des détails vrais, vrais chacun séparément, juxta­\nposés ensemble ; la façon irréprochable dont les circonstances modifient des\névénements qu'on attendait indique encore que M. Daudet connaît son\nmétier et se surveille; tout ce qu'il raconte est incontestablement possible\net c'est archi-faux, on en est sûr. Avez-vous remarqué que des œuvres appa­\nremment vraies, vraies par la possibilité du fait, vous laissent dans l'esprit\nune impression de faux, et que d'autres, pleines d'invraisemblances, ont un\nsurprenant accent de vérité humaine?\n   Pour être juste; cependant, envers l'auteur de l'Immortel, accordons-lui\nqu'il a assez ingénieusement substitué à l'intrigue proprement dite des\nmachinations développées avec adresse. Puis mettons à son actif les per­\nsonnages, je veux dire les silhouettes deMmeAstier, de Paul Astier, de la\nduchesse, bien esquissées, et enfin mentionnons cette observation, qui est\nd'une pénétration assez rare et assez subtile : « Il rentrait les griffes de son\nesprit blagueur, sachant que la femme comme le peuple, comme l'enfant et\ntous les êtres de naïveté et de spontanéité, déteste l'ironie qui la déconcerte\net qu'elle sent l'antagoniste des enthousiasmes, des rêveries de l'amour ».\n   Je ne peux pas terminer sans dire l'intention du livre. Il a été écrit en\n"}, {"page_pdf": 309, "page_imprimee": 270, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 605, "texte": "                                      — 270 —\n\n\nfaveur de l'art jeune, en faveur de l'art qui « se casse les reins », comme\ndit Védrine avec exaltation. M. Alphonse Daudet se figure qu'il s'est\n« cassé les reins », et c'est bien possible, car il est courbaturé; il se figure\naussi qu'il représente l'art jeune.\n   L'art jeune c'est, je crois, tout autre chose ; et puissent les jeunes ne\njamais être influencés par une littérature comme celle de l'Immortel, —\ndut l'Académie rester debout.\n                                                         FRANCIS NAUTET.\n\n                                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 270, "page_fin": 271, "titre_corps": "Chronique littéraire : Journal de Stendhal", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "IV Journal de Stendhal", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "V Madame Lupar", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 309, "page_imprimee": 270, "debut_caractere": 605, "fin_caractere_exclue": 2944, "texte": "IV\n\n               Journal de Stendhal,    1 volume. Paris, Charpentier.\n\n    M. R. Colomb, l'exécuteur testamentaire de Beyle, publia jadis, une\n biographie de l'auteur du Rouge et du Noir, empreinte d'ailleurs, de la\n plus amicale malveillance et dans laquelle il citait des fragments inédits\n d'un journal intime.\n    C'est ce journal qu'impriment, aujourd'hui, MM. Stryienski et Gnon.\n    Ce dernier a jugé congruant d'agrémenter le volume d'une préface de sa\n façon qui contient des choses bien extraordinaires. Cet Auvergnat — bien\nportant, sans aucun doute, — exécute, autour de ce qu'il appelle les déca­\ndents, une fantasia hippopotamesque : — « On raffine, déplore-t-il, sur une\nidée, mince comme un cheveu, jusqu'à la couper en quatre ou on nous\ninitie, pendant tout un volume, aux extravagances d'un monomane qui\nfinit par prendre ses aliments du mauvais côté ».\n    On prendrait volontiers la préface de M. François Gnon — de la même\nmanière !\n    Suivent des considérations bizarres, couronnées enfin, par cette ahuris­\nsante conclusion — à citer, intégralement :\n    — « Cela un jeune maître l'a dit récemment avec une autre autorité que\nla nôtre et bien mieux que nous ne saurions le faire et ce n'a pas été une\nmédiocre satisfaction pour nous d'avoir trouvé Stendhal cité entre tant de\nnoms illustres dans la Préface de Pierre et Jean. Il y a, en effet, moins loin\nque l'on ne pourrait le croire, entre le caractère si fouillé, si menu, si en\ndedans de l'auteur du Rouge et du Noir et le talent clair, logique et\nrobuste de l'auteur de Bel-Ami. Tous deux savent tailler en pleine chair\nun personnage, l'entourer d'une atmosphère personnelle où il se meut et se\ndétermine sous de multiples impressions, — avec cette différence capitale\nque Beyle en détaille les origines quand Maupassant les fait apercevoir.\n L'un comme l'autre ils ne se donnent pas tout entiers, et leur pensée, tou­\njours limpide, laisse transparaître tout un ordre d'idées dont l'éveil est un\nplaisir pour les délicats; tous deux ont au suprême degré cette impercep­\ntible ironie qui court insensiblement comme une mélodie bouffe au long de\nla trame d'un récit, - ce qui est le véritable genre français, — tous deux,\nen un mot, appartiennent à cette même et noble famille de romanciers dont\nle premier et le plus grand aussi est LESAGE. »\n   !!!!!!...\n"}, {"page_pdf": 310, "page_imprimee": 271, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1982, "texte": "                                 — 271 —\n\n\n   — Certains océans sont hantés par de très incommodes mollusques qui\ns'agrippent aux flancs des navires : Les commentateurs et les éxégètes, se\nfaisant remorquer à la postérité par les grands écrivains, leurs victimes, ne\nsont-ils pas un peu les cirrhopodes des lettres?\n\n\n\n   Au rebours de ce qui se produit pour Gautier, les Goncourt, Zola, —\npour Flaubert, même, — l'admiration pour Stendhal se corrobore par des\nlectures réitérées. La raison en paraît être, qu'outre une pâture intellec­\ntuelle certaine et toujours nouvelle, au point de vue de la forme, aucune\ndéception ne se peut craindre.\n   On connaît la célèbre boutade : — « Je lis quatre ou cinq pages du\nCode... » — Mais « un peu de charlatanerie est toujours permis au génie ».\n   Il y a évidemment un synchronisme de l'idée et de l'expression ; Stendhal\nl'ignorait moins que personne et son style nous semble singulièrement corré­\nlatif aux nécessités de la psychologie, — en parfait unisson avec sa manière\nde penser.\n    L'on rencontre, chez lui, des phrases qui sont comme les soudaines et\ninvolontaires coulées de lave d'un volcan qui s'efforcerait de se réfréner : —\n « Je voudrais écrire en une langue sacrée ». — « Mon âme est un feu qui\nsouffre lorsqu'il ne flambe pas ! »\n    Ce Journal ne modifie guère la physionomie intellectuelle de Beyle.\n C'est bien — dans la haute acception du terme, — un sentimental ; — et\n un sentimental dont la sensibilité ne s'émoussa jamais à cette perpétuelle\n analyse, — qui jouit jusqu'au bout, de la plus étonnante jeunesse de\n cœur.\n    Comme Baudelaire, Stendhal a eu sa légende : — « Et ma réputation\n de roué, d'homme déjà blasé, écrit-il, avec cette âme si tendre, si timide et\n si mélancolique... » — et plus loin : — « On se venge de l'esprit que les\n autres ont de plus que nous, sur leur caractère ».\n\n                                                       ARNOLD G O F F I N .\n\n\n                                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 271, "page_fin": 272, "titre_corps": "Chronique littéraire : Madame Lupar", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "V Madame Lupar", "ancre_fin": "FERNAND SEVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VI Croquis d écolier", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 310, "page_imprimee": 271, "debut_caractere": 1982, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "V\n Madame Lupar,   par C. Lemonnier, 1 volume, Paris, Charpentier. — En   Allemagne,\n                 par le même, 1 volume. Paris, Librairie illustrée.\n\n   Madame Lupar, nous l'espérons, n'aura été que l'erreur passagère d'un\n admirable écrivain. On nous avait annoncé ce roman, longtemps avant qu'il\n parût, comme une psychologie de femme bruxelloise, et nous en attendions\n ce que nous étions en droit d'en attendre : de la psychologie féminine et des\n tableaux bruxellois.\n    Pourquoi ne pas l'avouer au probe artiste que nous aimons? Nous avons\n été déçus. Nous trouvons ce livre pauvre de fond et étrange de forme.\n"}, {"page_pdf": 311, "page_imprimee": 272, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2483, "texte": "                                        272\n\n\n   Il y a là des choses trop simples exprimées dans une langue qui ne l'est pas\n  assez.\n      La femme d'un commis au ministère se prostitue, pour vivre dans le luxe.\n  Le mari l'ignore longtemps et admire l'habileté de sa femme, qui parvient,\n  à force d'économies, à mettre un certain comfort dans sa maison d'em­\n  ployé. Quand il apprend son infamie, il s'écrie d'abord qu'il se tuera, et\n  finit par admettre la honte d'une telle vie, qui continue.\n     Ce n'est pas fait par un analyste d'âme! Le grand peintre de chair et de\n  matière ne trouve pas les détours des cœurs et des cerveaux, il est dépaysé,\n  il semble qu'on lui ait imposé ce roman comme une tâche. Rien, en effet,\n  ne prouve la spontanéité, la fatalité de cette œuvre.\n     Et quelle langue! La recherche du mot rare, le grandiloque voulu en\n  tout, l'habitude de distinguer la forme du fond et d'en faire une partie de\n  l'œuvre qu'on puisse admirer seule, tout cela a produit une langue de\n poème, picturale, chargée de vaines épithètes et qui ne trouve pas les\n choses de l'âme assez intéressantes en elles-mêmes pour les dire simplement.\n     Nous réapprenons aujourd'hui une langue pure et toute spirituelle, une\n langue où rien ne subsiste que de viable et d'éternel. Il s'agit de deviner ce\n que nos descendants admireront et de ne point faire un vain et étroit art de\n mode. Nous avons été avertis de ceci par les Russes, par l'admirable Tolstoï,\n surtout, qui sait si bien ce qu'il faut dire, ni plus ni moins, et comment il\n faut le dire.\n     Par contre, la langue que nous blâmons à propos de Madame Lupar,\n a mieux servi l'auteur dans cet autre livre : En Allemagne. Bien des pué­\nrilités et des vanités de forme n'empêchent pas ces notes de voyage d'être\nsuperbes. Mais ce sont les notes de voyage d'un visionnaire; les chapitres\nrelatifs à Cologne et à Nuremberg sont étonnants. Il y a là des magies\ndescriptives qui saisissent encore, dans notre finale lassitude des formes et\ndes couleurs.\n    Et à propos de la Pinacothèque de Munich M. Lemonnier parle de\nRubens, Jordaens, Van Dyck, Rembrandt, Hals, à la Taine, d'une manière\nsupérieure qui l'égale à ces maîtres, un instant. Et nous sommes heureux\nde pouvoir admirer ici comme nous l'admirions jadis, à la première lecture\nde ses œuvres, le lyrique de la Belgique et du Mâle.\n\n                                                    F E R N A N D SEVERIN.\n\n\n\n                                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 272, "page_fin": 273, "titre_corps": "Chronique littéraire : Livres divers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "VI Croquis d écolier", "ancre_fin": "ne réveilleront pas", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 311, "page_imprimee": 272, "debut_caractere": 2483, "fin_caractere_exclue": 2787, "texte": "VI\n\n           Croquis d'écolier, par Louis DELATTRE. Bruxelles, Manceaux.\n\n  Un volume très jeune, qu'il ne faut pas juger sur la mine, qui est déplo­\nrable. Hideuse couverture jaune, illustrations naïves, air Bibliothèque\nGilon. Mais quand on lit, on ne peut se défendre d'un étonnement très\nagréable.\n"}, {"page_pdf": 312, "page_imprimee": 273, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1475, "texte": "                                   — 273 —\n\n  Figurez-vous la vie de l'écolier wallon décrite simplement, minutieuse­\nment, et bien joliment, par un écrivain qui a encore l'air d'être un enfant, et\nqui en a les grâces et les trouvailles. Beaucoup de wallonismes, mais un\ninstinct remarquable de ce que doit être la prose. Une observation menue,\npas triviale, spirituelle, pleine de sourires au bout des phrases. Quelque\nchose comme une bouffée de vent, cordiale et fraîche. Le début de quelqu'un\nqui ne débutera pas longtemps, s'il le veut bien.\n\n               L'ApolIonide,   par LECONTE DE LISLE. Paris, Lemerre.\n\n   Cette nouvelle oeuvre n'ajoutera rien à la gloire de l'auteur des Poèmes\nbarbares. C'est en vers très beaux et très sonores, trop également beaux\net sonores, un drame lyrique, une tragédie, si l'on préfère.\n   Il nous est difficile de nous intéresser bien vivement à ces personnages\nqui parlent tous la langue des Dieux et dont les caractères uniformes et\nsans relief appréciable ne laissent qu'un souvenir éblouissant et confus.\n   Le Leconte de Lisle que nous aimons et admirons est ailleurs que dans\nces essais de résurrections grecques, froids et académiques presque, malgré\nleurs couleurs éclatantes.\n   Le poète splendide de l'Incantation du Loup, de la Prière védique,\ns'efforce en vain de galvaniser ces mythes réfractaires ; ce sont choses mortes,\n— mortes de ne point avoir vécu, — et que des poèmes tels que l'Apollo­\nnide ne réveilleront pas.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1888-08-01-n8-014", "volume": "ELB-ULB-516421-1888-001-007_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1888-001-007_f.pdf", "ocr_sha256": "87fb914db3d32954795dacffc76e7ac393e5cc7a308c41ed5db881e818e2e3d7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 274, "page_fin": 276, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Théodore de Banville", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 87, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 224, "texte": "Henri De Braekeleer, un de nos plus"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 277, "fin_caractere_exclue": 314, "texte": "illustres peintres, vient de mourir à"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 317, "fin_caractere_exclue": 352, "texte": "Anvers. 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Le Titien, la barbé' de Fran­"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 1445, "fin_caractere_exclue": 1489, "texte": "çois I e r ; Rubens, un chien altéré tiré du"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 1538, "fin_caractere_exclue": 1577, "texte": "Martyre de Saint-Liévin, et une pelisse"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 1626, "fin_caractere_exclue": 1665, "texte": "détachée du portrait d'Hélène Fourment;"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 1714, "fin_caractere_exclue": 1754, "texte": "Rembrandt, le trophée de la Résurrection"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 1803, "fin_caractere_exclue": 1845, "texte": "de Lazare, et Steen, le hareng et les deux"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 1894, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "oignons de l'Offre galante."}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 1972, "fin_caractere_exclue": 2010, "texte": "C'est l'ex-aveugle du Pont-des-Arts qu"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 2059, "fin_caractere_exclue": 2083, "texte": "surveillera les travaux."}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 2234, "fin_caractere_exclue": 2273, "texte": "Le journal ha Paix a publié l'articulet"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 2323, "fin_caractere_exclue": 2332, "texte": "suivant :"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 2385, "fin_caractere_exclue": 2422, "texte": "« Nous n'avons garde de nous associer"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 2472, "fin_caractere_exclue": 2512, "texte": "aux félicitations que des confrères amis"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 2561, "fin_caractere_exclue": 2600, "texte": "adressent au gouvernement pour l'emploi"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 2649, "fin_caractere_exclue": 2694, "texte": "qu'il fait des subsides littéraires et artis­"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 2744, "fin_caractere_exclue": 2788, "texte": "tiques. A part la couleur de parti que beau­"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 2837, "fin_caractere_exclue": 2880, "texte": "coup de ces subsides revêtent, l'utilité en"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 2929, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "est douteuse, souvent nulle et l'on ne sau­"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 3021, "fin_caractere_exclue": 3063, "texte": "rait excuser un tel emploi des deniers des"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 3112, "fin_caractere_exclue": 3153, "texte": "contribuables. Par exemple les 24,000 fr."}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 3202, "fin_caractere_exclue": 3243, "texte": "donnés aux auteurs de l'Anthologie Belge,"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 3292, "fin_caractere_exclue": 3334, "texte": "constituent un des gaspillages de ce genre"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 3383, "fin_caractere_exclue": 3426, "texte": "les moins excusables gui se produisent dans"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 3475, "fin_caractere_exclue": 3499, "texte": "le domaine budgétaire. »"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 3550, "fin_caractere_exclue": 3589, "texte": "On sait que le directeur de La Paix est"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 3638, "fin_caractere_exclue": 3677, "texte": "M. Coomans, qui figure parmi les prosa­"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 3726, "fin_caractere_exclue": 3748, "texte": "teurs de l'Anthologie."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "Justice bien ordonnée commence par soi-"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 92, "fin_caractere_exclue": 97, "texte": "même."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "De nombreux confrères de La           Paix,"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 232, "texte": "jugeant qu'un article rappelant par autant"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 281, "fin_caractere_exclue": 322, "texte": "de points le sacrifice d'Abraham, ne pou­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 372, "fin_caractere_exclue": 417, "texte": "vait être suspect de partialité, l'ont repro­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 460, "fin_caractere_exclue": 498, "texte": "duit mais en y ajoutant une variante à"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 542, "fin_caractere_exclue": 583, "texte": "laquelle M. Coomans n'aurait pas songé et"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 584, "fin_caractere_exclue": 625, "texte": "qui consiste à attribuer l'Anthologie des"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 626, "fin_caractere_exclue": 663, "texte": "prosateurs... à la Jeune Belgique !!!"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 667, "fin_caractere_exclue": 702, "texte": "Nous leur avons adressé en guise de"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 758, "fin_caractere_exclue": 804, "texte": "poteau indicateur, la lettre suivante, qui les"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 845, "fin_caractere_exclue": 883, "texte": "empêchera désormais de se fourvoyer au"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 941, "fin_caractere_exclue": 968, "texte": "carrefour des Anthologies :"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1108, "fin_caractere_exclue": 1138, "texte": "Bruxelles, le 20 juillet 1888."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1197, "fin_caractere_exclue": 1221, "texte": "« Monsieur le Directeur,"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1382, "fin_caractere_exclue": 1422, "texte": "« Votre journal, reproduisant un article"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1516, "fin_caractere_exclue": 1557, "texte": "de la Paix dirigé contre l'Anthologie des"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1652, "fin_caractere_exclue": 1688, "texte": "prosateurs belges, commet une grosse"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1780, "fin_caractere_exclue": 1821, "texte": "erreur en nous attribuant la paternité de"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1882, "fin_caractere_exclue": 1894, "texte": "cette œuvre."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1898, "fin_caractere_exclue": 1938, "texte": "« La Jeune Belgique, qui a publié récem­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1985, "fin_caractere_exclue": 2024, "texte": "ment, sans l'appui de personne et à ses"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2081, "fin_caractere_exclue": 2124, "texte": "frais, une anthologie de ses poètes sous ce"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2173, "fin_caractere_exclue": 2214, "texte": "litre : Le Parnasse de la Jeune Belgique,"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2236, "fin_caractere_exclue": 2278, "texte": "n'est absolument pour rien dans la confec­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2332, "fin_caractere_exclue": 2376, "texte": "tion de l'Anthologie officielle et subsidiée"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2406, "fin_caractere_exclue": 2428, "texte": "qui vient de paraître."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2504, "fin_caractere_exclue": 2548, "texte": "« Veuillez, je vous prie, publier cette rec­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2597, "fin_caractere_exclue": 2643, "texte": "tification et agréer l'expression de nos meil­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2693, "fin_caractere_exclue": 2710, "texte": "leurs sentiments."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2873, "fin_caractere_exclue": 2903, "texte": "« Pour la Jeune      Belgique,"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3021, "fin_caractere_exclue": 3038, "texte": "« HENRY MAUBEL. »"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3121, "fin_caractere_exclue": 3158, "texte": "Quelques journaux ont reproduit cette"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3212, "fin_caractere_exclue": 3257, "texte": "lettre. D'autres chez lesquels la loyauté n'a"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3286, "fin_caractere_exclue": 3327, "texte": "pas plus cours que les faux billets de la"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3386, "fin_caractere_exclue": 3425, "texte": "banque de France se sont abstenus de la"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3482, "fin_caractere_exclue": 3520, "texte": "publier, ce qui démontre clairement la"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3580, "fin_caractere_exclue": 3613, "texte": "malveillance de leur insinuation."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3670, "fin_caractere_exclue": 3697, "texte": "Mal joué, mes petits amis !"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 4018, "fin_caractere_exclue": 4057, "texte": "Notre directeur, M. Max Waller, a reçu,"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 4107, "fin_caractere_exclue": 4150, "texte": "dans son cottage, un exemplaire de l'Antho­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 4165, "fin_caractere_exclue": 4209, "texte": "logie des prosateurs belges. La blessure est"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 4259, "fin_caractere_exclue": 4302, "texte": "assez grave, dans la région de la rate. Des"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 4353, "fin_caractere_exclue": 4393, "texte": "soins empressés lui ont été prodigués, —"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 4449, "fin_caractere_exclue": 4468, "texte": "pas à l'exemplaire!"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 150, "fin_caractere_exclue": 189, "texte": "Vient de paraître chez l'éditeur Edmond"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 240, "fin_caractere_exclue": 280, "texte": "Deman, rue d'Arenberg : Les poèmes d'Ed­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 331, "fin_caractere_exclue": 371, "texte": "gar Poë, traduits par Stéphane Mallarmé."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 424, "fin_caractere_exclue": 459, "texte": "Nous publierons dans notre prochain"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 510, "fin_caractere_exclue": 541, "texte": "numéro un article sur ce livre."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 717, "fin_caractere_exclue": 756, "texte": "Attention!!!     — Lire dans un journal"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 807, "fin_caractere_exclue": 843, "texte": "bruxellois — que nous ne nommons pas"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 894, "fin_caractere_exclue": 939, "texte": "afin de laisser aux amateurs le plaisir de la"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 990, "fin_caractere_exclue": 1031, "texte": "trouvaille — des articles de critique (!)"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1082, "fin_caractere_exclue": 1094, "texte": "signés E. L."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1149, "fin_caractere_exclue": 1188, "texte": "« En Belgique, où de détestables usages"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1239, "fin_caractere_exclue": 1287, "texte": "ont altéré presque irrémédiablement           In"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1338, "fin_caractere_exclue": 1378, "texte": "pureté du débit... » En Belgique où l'on"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1473, "fin_caractere_exclue": 1515, "texte": "prononce droll, Fost, et pâté à la crinme,"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1608, "fin_caractere_exclue": 1651, "texte": "on connaissait le marollien de Bazoef et le"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1739, "fin_caractere_exclue": 1779, "texte": "charabia de Casteleyn : Voici le schaer-"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1872, "fin_caractere_exclue": 1881, "texte": "beekois !"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 1949, "fin_caractere_exclue": 1984, "texte": "Ce nouvel idiome a fait de nombreux"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2035, "fin_caractere_exclue": 2080, "texte": "adeptes. Il aura bientôt ses journaux... tout"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2131, "fin_caractere_exclue": 2172, "texte": "entiers, son théâtre, son académie, voire"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2223, "fin_caractere_exclue": 2235, "texte": "ses députés."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2290, "fin_caractere_exclue": 2331, "texte": "Pour ce qui est des députés, nous croyons"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2383, "fin_caractere_exclue": 2405, "texte": "même qu'il les a déjà."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2460, "fin_caractere_exclue": 2500, "texte": "Comme on va le voir, le schaerbeekois ne"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2552, "fin_caractere_exclue": 2596, "texte": "manque ni de couleur, ni de saveur ; il pos­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2648, "fin_caractere_exclue": 2691, "texte": "sède, en propre, quelques expressions qu'on"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2743, "fin_caractere_exclue": 2788, "texte": "a eu le tort d'attribuer jusqu'à ce jour à la"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2840, "fin_caractere_exclue": 2857, "texte": "langue française."}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 2958, "fin_caractere_exclue": 3000, "texte": "Nous citons des fragments de lignes cueil­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3090, "fin_caractere_exclue": 3116, "texte": "lis à droite et à gauche :"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3171, "fin_caractere_exclue": 3210, "texte": "« Pour peu qu'on ait fréquenté dans les"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3262, "fin_caractere_exclue": 3284, "texte": "milieux littéraires. »"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3339, "fin_caractere_exclue": 3384, "texte": "« S'il fallait s'arrêter à tous les scrupules"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3436, "fin_caractere_exclue": 3480, "texte": "de convenance et de discrétion, on ne ferait"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3532, "fin_caractere_exclue": 3578, "texte": "jamais rien        et les ridicules majestueux"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3630, "fin_caractere_exclue": 3665, "texte": "ou caducs l'auraient trop facile. »"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3721, "fin_caractere_exclue": 3764, "texte": "« Il est à craindre quelle ne servira guère"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3816, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "et que l'expérience de vendredi restera"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3908, "fin_caractere_exclue": 3917, "texte": "unique. »"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 3973, "fin_caractere_exclue": 4013, "texte": "« M llcs ... ont fait preuve de tempéra­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 4066, "fin_caractere_exclue": 4105, "texte": "ment et ne demandent qu'à acquérir... »"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 4158, "fin_caractere_exclue": 4163, "texte": "Quoi?"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 4219, "fin_caractere_exclue": 4257, "texte": "« M. X..., qui fut lui-même beau comé­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 4310, "fin_caractere_exclue": 4351, "texte": "dien, a, dans son enseignement, de l'élé­"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 4404, "fin_caractere_exclue": 4446, "texte": "gance et une liberté dans l'allure qui est"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 4499, "fin_caractere_exclue": 4540, "texte": "très louable si l'on songe que la plupart"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 99, "texte": "de ses élèves concouraient pour la première"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 152, "fin_caractere_exclue": 159, "texte": "fois. »"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 273, "fin_caractere_exclue": 303, "texte": "(La suite au prochain numéro)."}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 308, "fin_caractere_exclue": 339, "texte": "La Jeune Belgique ouvre un con­"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 434, "fin_caractere_exclue": 477, "texte": "cours de schaerbeekois. Ses lecteurs, ainsi"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 573, "fin_caractere_exclue": 613, "texte": "que leurs parents, amis et connaissances"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 710, "fin_caractere_exclue": 754, "texte": "sont invités à y prendre part. Elle insérera"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 845, "fin_caractere_exclue": 887, "texte": "les pièces qui lui paraîtront le plus con­"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 987, "fin_caractere_exclue": 1020, "texte": "formes au génie du nouvel idiome."}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1152, "fin_caractere_exclue": 1186, "texte": "M. Max Waller termine en ce moment"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1243, "fin_caractere_exclue": 1284, "texte": "un roman dont l'action se passe en Angle­"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1339, "fin_caractere_exclue": 1345, "texte": "terre."}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1716, "fin_caractere_exclue": 1756, "texte": "Découpé dans la « Chronique littéraire »"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1848, "fin_caractere_exclue": 1869, "texte": "d'une Revue sociale :"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1936, "fin_caractere_exclue": 1974, "texte": "« Voici à peine un siècle que la bour­"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1975, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "geoisie est maîtresse du monde et déjà, de"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2068, "fin_caractere_exclue": 2112, "texte": "tous côtés, se font entendre les signes pré­"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2142, "fin_caractere_exclue": 2173, "texte": "curseurs de sa fin prochaine. »"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2237, "fin_caractere_exclue": 2262, "texte": "Le chant du signe, alors?"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2634, "fin_caractere_exclue": 2670, "texte": "Dans la même Revue sociale, à propos"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2822, "fin_caractere_exclue": 2863, "texte": "de l'exposition des dessins et des manus­"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2910, "fin_caractere_exclue": 2951, "texte": "crits de Victor Hugo, un M. Albert Michel"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 3010, "fin_caractere_exclue": 3051, "texte": "s'exprime en ces termes, qui mériteraient"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 3108, "fin_caractere_exclue": 3122, "texte": "d'être dieux :"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 3205, "fin_caractere_exclue": 3244, "texte": "« Je me permets de ne pas aimer le Vic­"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 3285, "fin_caractere_exclue": 3326, "texte": "tor Hugo des dernières années, le voyant,"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 3381, "fin_caractere_exclue": 3425, "texte": "l'inspiré, le prophète, qui me porte sur les"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 3454, "fin_caractere_exclue": 3498, "texte": "nerfs... il y a deux Victor Hugo : celui qui"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 3499, "fin_caractere_exclue": 3544, "texte": "ne pose pas et qui se borne à noter pittores-"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 3545, "fin_caractere_exclue": 3587, "texte": "quement les choses, et celui qui se perche"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 3588, "fin_caractere_exclue": 3635, "texte": "[sic) et qui pontifie, l'artiste des Orientales"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 3728, "fin_caractere_exclue": 3762, "texte": "et le voyant de Pitié suprême... »"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 3858, "fin_caractere_exclue": 3894, "texte": "Cette mère Michel, qui se permet ces"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 3948, "fin_caractere_exclue": 3992, "texte": "choses, et qui se perche sur le perchoir des"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 4018, "fin_caractere_exclue": 4057, "texte": "Sarcey, a évidemment perdu son chat. 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Victor Janlet, avocat près la Cour"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 530, "fin_caractere_exclue": 571, "texte": "d'appel de Bruxelles, continue ses études"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 666, "fin_caractere_exclue": 708, "texte": "sur La protection des œuvres de la Pensée."}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 807, "fin_caractere_exclue": 843, "texte": "Le volume qui vient de paraître chez"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 940, "fin_caractere_exclue": 985, "texte": "Moens, porte le sous-litre : Créations litté­"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1038, "fin_caractere_exclue": 1079, "texte": "raires. 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René Ghil, où"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1575, "fin_caractere_exclue": 1618, "texte": "« la multitude des divers quadrupèdes finit"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1671, "fin_caractere_exclue": 1712, "texte": "devant les tourmentes éruptives, et où, à"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1809, "fin_caractere_exclue": 1847, "texte": "la fin, les premiers quadrumanes appa­"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1922, "fin_caractere_exclue": 1933, "texte": "raissent »."}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2030, "fin_caractere_exclue": 2067, "texte": "Et maintenant, comme dit Shakespeare,"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2120, "fin_caractere_exclue": 2141, "texte": "écoutons la musique :"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2193, "fin_caractere_exclue": 2234, "texte": "Mieux quadrupédant haut en des géométries"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2286, "fin_caractere_exclue": 2331, "texte": "Longipèdes et mal adroites... or, par stries,"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2383, "fin_caractere_exclue": 2429, "texte": "Et d'improviser monts et de monts permanents :"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2481, "fin_caractere_exclue": 2534, "texte": "En quels torrents de leurs lueurs en quels torrents !"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2586, "fin_caractere_exclue": 2629, "texte": "Qui des derniers levers ardents là luxurie,"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2681, "fin_caractere_exclue": 2728, "texte": "Le sommet loin multiple en heurts d'intempérie,"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2780, "fin_caractere_exclue": 2820, "texte": "Irrite l'horizon et ses heurts imminents"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2872, "fin_caractere_exclue": 2909, "texte": "De désastres parmi la tompête vivante"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 2961, "fin_caractere_exclue": 3008, "texte": "Irruants! 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BOURSE)\n                       ET   MONTAGNE DE LA C O U R\n\n\n\n\n E\n          n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\n\nGIL BLAS,                journal quotidien français, boulevard des Capu­\n    cines, 16, à Paris; publie F I L L E D'EMPEREUR, par OLIVIER DES\n    ARMOISES. Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs;\n    en vente partout.\n\n\n\n      ASSOCIATION VINIOOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                 EPERNAY\n\n\n                                          Prix Courant\n                            Baron J. de Warnimont                               2 25\n                            Marquis Armand de St-Hubert .             .   .   . 2 76\n                            R O S É E J E U N E BELGIQUE                        3 00\n                            Crême d'Ay         id.                              3 50\n                            Bouzy extra        id.         Cuvée réservée.      4 50\n                            Bouzy Cristal      id.         . . . . . .          5 00\n                                        0.50 en plus par 2/2 bouteilles\n                                   EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 2 5 BOUTEILLES\n\n                            Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n             ENTREPOSITAIRE         : COULOMB-ROBIETS\n       19,   B o u l e v a r d d u N o r d , 19, à B r u x e l l e s\n"}, {"page_pdf": 317, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4691, "texte": "                                   EN       VENTE\n                                            A LA\n\n\n\nLIBRAIRIE LÉON VANIER\n                        19, Quai Saint-Michel, Paris\n\n\n          ENVOI FRANCO CONTRE T I M B R E S - P O S T E OU MANDAT\n                                                                                        Francs.\n                             P A R N A S S E D E LA J E U N E B E L G I Q U E   .   .     7 50\nPaul ADAM. . . . .           Soi. . . . . . . . ;                                        3 50\n       —                     Le Thé chez Miranda (en collaborat, avec Jean MORÉAS)       3 50\n       —                     Les Demoiselles Goubert.      —             —               3 50\n       —                     Être                                                        3 50\nJean AJALBERT . . .          Paysages de femmes (dessin de RAFFAELLI) . . . .            3 00\nMaurice BARRÉS . . .         Les Taches d'encre (les 4 numéros)                          4 00\n       —                     Sous l'œil des Barbares                                     3 50\nRobert CAZE . . . .          La foire aux peintres                                       1 00\nPhilibert DELORME . .        Arlequins de Macadam                                        3 50\nEdouard DUJARDIN . .         Les Hantises                                                3 50\nJ.-K. HUYSMANS . . .         Croquis parisiens (avec portrait)                           6 00\n       —                     Le Drageoir aux épices                                      5 00\n       —                     Un Dilemme                                                  2 00\nGustave KAHN . . .           Les Palais nomades                                          3 50\nJules LAFORGUE . . .         Les Complaintes                                             3 00\n       —                     L'Imitation de N. D. la Lune                                2 00\n                             Moralités légendaires                                       6 00\nStéphane MALLARMÉ .          L'Après-midi d'un Faune (dessins de MANET) . . .            5 00\n       —                     Poème d'Edgard Poë (dessins de MANET)                      12 00\n       —                     Le Corbeau d'Edgard Poe' (dessins de MANET) . . .          25 00\nStuart MERRILL . . .         Les Gammes                                                  2 00\nJean MORÉAS . . . .          Les Syrtes (épuisé)                                        10 00\n    - —                      Les Cantilènes                                              3 50\n       —                     Les Demoiselles Goubert (en collab. avec Paul ADAM) .       3 50\n       —                     Le Thé chez Miranda           —       .     —               3 50\nFrancis POICTEVIN . .        Seuls                                                       3 50\nErnest RAYNAUD .    .        Le Signe                                     . . . .        1 00\nHugues REBELL . . .          Etourdissements                                             4 00\nHenri DE REGNIER . .         Les Lendemains (épuisé)                                     5 00\n       —                     Apaisement                                                  2 00\n       —                     Sites                                                       2 00\n       —                     Episodes                                                    6 00\nPaul VERLAINE . . .          Fêtes galantes                                              3 00\n      —                      Sagesse                                                     3 00\n       —                     Romances sans paroles                                       3 00\n                             La bonne Chanson                                            2 00\n       —                     Jadis et naguère                                            3 00\n       —                     Amour                                                       3 00\n       —                     Mémoire d'un veuf (prose)                                   3 50\nJules VIDAI, et BYL .    .   Sœur Philomène (pièce en deux actes, tirée du roman\n                               de MM. de Concourt)                                       1 00\nJules VIDAL . . . .          Le Jupon.                                            .      3 50\nFrancis VIELÉ-GRIFFIN.       Cueille d'Avril (épuisé)\n       —                     Les Cygnes                                                  3 50\n                             Ancaeus                                                     3 50\n\n\n                   Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 282, "texte": "8e ANNÉE.       TOME VII. N° 8. - PRIX: FR. 0-60.            1er          AOÛT 1888.\n\n\n                                         LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                              SOMMAIRE:\n L'Anthologie subsidiée                              ALBERT GIRAUD.\n Vers                                                MAURICE MAETERLINCK.\n  Lettres de mon Cottage                              MAX W A L L E R .\n Vers.                                               VALERE GILLE.\n Rédemption . . . . . . . . . .                      JULES VAN DER BRUGGHEN.\n Calme                                               FERNAND ROUSSEL.\n La Mer.                                             JEAN GAUCHER.\n                    I. Impressions et sensations.     IWAN GILKIN.\n                 II. Quillebœuf . . . . .             GEORGES KAïSER.\n Chronique III. L'Immortel                            FRANCIS NAUTET.\n  littéraire : IV. Journal de Stendhal . .           ARNOLD GOFFIN.\n                 V. Madame Lupar          . . .      FERNAND SEVERIN.\n               VI. Livres divers        . . . .\n Memento\n\n\n\n\n                                BRUXELLES\n              ADMINISTRATION :                         RÉDACTION :\n            26, RUE DE L'INDUSTRIE, 26              80 RUE BOSQUET, 80\n                                           I\n                                      PARIS\n                             L É O N V A N I E R , ÉDITEUR\n                                    19, Quai Saint-Michel\n\n                                         l888\n"}, {"page_pdf": 283, "texte": "        LA JEUNE BELGIQUE\n                        REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\n\nparaissant    chaque mois et formant   au bout de l'année un superbe volume orné d'un\n                                       frontispice.\n\n   Bruxelles : Administration,    26, rue de l'Industrie. — Rédaction : 80, rue Bosquet.\n\n\n\n\n                                  ABONNEMENTS :\n\n   Belgique.        .   7 francs par an. — Union postale .             .    fr.       8-50\n\n             Les conditions pour les annonces se traitent à                forfait.\n\n\n\n\nDirecteur       : MAX WALLER. — Administrateur                 : HUBERT VAN DIJK.\n\n\n\n   En l'absence de M. Max Waller, M. Henry Maubel a bien voulu\n accepter la direction par intérim de la Jeune Belgique.\n\n\n\n\n   La direction rappelle aux lecteurs de La Jeune Belgique qu'elle assume\n seule la responsabilité des articles qui paraissent sans signature dans la\n revue. Ils n'ont en aucune façon un caractère collectif ou anonyme.\n\n\n\n\n                                 BOITE AUX LETTRES\n\n\n   21. HENRI H.... Franchement : Non ! Vos Cris de l'âme, vos Légendes avec leur\n confusion de gens et de verbes de tous les temps, sont aussi fantastiques dans la forme\n que dans le fond. Revenez-nous quand vous serez en seconde ou en rhétorique et laissez\n votre professeur sur le palier\n   22. HIPPOLYTE B.... Votre Angoisse de l'absence ne vaut pas lourd. Espérons que le\n retour de votre « Météore dont le sein résiste ainsi qu'un bouclier », vous apportera\n quelqu'inspiration plus profitable.\n   23. RENÉ D'Y.... VOUS rendrions avec plaisir vos Coups de trique, mais le panier les\n réclame.\n   24. CHARLES B.... Merci pour les Treize pendus. Avec votre permission nous ne les\n dépendrons pas de peur d'abîmer la couverture du manuscrit qui est superbe.\n"}, {"page_pdf": 284, "texte": "      L'ANTHOLOGIE SUBSIDIÉE(1)\n\n\n\n                              Les auteurs de cette publication subsidiée\n                               avaient deux partis à prendre : ou bien écrire\n                               une œuvre générale reflétant l'essor intellec­\n                               tuel du pays dans toutes les manifestations\n                               de la pensée, ou bien se borner à réunir sous\n                                 le titre exact d'Anthologie, les meilleurs\n                                   morceaux de prose littéraire écrits en Bel­\n                                     gique depuis 1830 jusqu'aujourd'hui.\n                     Ou bien une espèce de dictionnaire, de répertoire des\n                  efforts non seulement littéraires, mais encore des efforts\n                  historiques, philosophiques, juridiques, archéologiques,\n                  numismatiques, etc. Les Pandectes de la pensée belge.\n                     Ou bien une Anthologie digne de ce nom, où l'on\n                  n'eût admis que les écrivains artistes, pour qui la prose\n                française n'a pas été un simple moyen de vulgarisation,\n                ceux, en un mot, qui ont élevé la langue à la hauteur du\n                style.\n                   Placés dans cette alternative,'les auteurs de l'Anthologie\n                subsidiée ont eu le tort de ne pas choisir.\n                   Ils ont produit une œuvre sans sexe, qui, par certains\n\n  (1) Anthologie des prosateurs belges, publiée avec l'appui du Gouvernement, par\nC. Lemonnier, E. Picard, G. Rodenbach, E. Verhaeren. Un volume grand in-8°, jésus,\nde 365 pages; Bruxelles, Mme V e Monnom, éditeur, rue de l'Industrie, 26. Tirage :\n1230 exemplaires numérotés: 10 Japon, 20 Hollande, 1200 vélin.\n"}, {"page_pdf": 285, "texte": "                                      — 246 —\n\n côtés, ressemble au répertoire intellectuel que nous définissions plus haut,\n et qui, par certains autres, se rapproche de la conception d'une Anthologie\n littéraire.\n     Les auteurs de l'Anthologie subsidiée reproduisent quelques lignes de\n M. de Gerlache, un magistrat qui écrivait correctement le français, de M. Jules\n Van Praet, un historien qui, d'après les anthologistes eux-mêmes, « préoc­\n cupé de la vérité intime avant tout, néglige souvent de l'orner d'art » (1),\n de Mgr Dechamps, dont l'œuvre est « un monument de solide démonstra­\n tion », de M. Eugène Gens, un professeur qui eut avec l'art des « relations\n pas trop intimes », de M. Kervyn de Lettenhove, qui « écrit en français\n clair, net, propre », de M. le général Brialmont, « connu partout pour sa\n science militaire », de M. Goblet dAlviella, « un talent laborieux et grave\n qui s'égaie peu aux sourires de la forme », de M. Godefroid Kurth, pour\nqui « les lettres semblent avoir été la distraction du professorat », etc., etc.\n    Mais alors, pourquoi éliminer des noms comme ceux de Quetelet, de\nVande Weyer, de Defacqz, de Devaux, de Discailles, de Gachard, de Lau­\nrent, de Namêche, de Perrin, d'autres encore? Ceux-là, certes, méritaient\nde figurer dans l'Anthologie, au même titre que les noms de MM. Kurth,\nde Gerlache et Goblet.\n    Les auteurs de l'Anthologie subsidiée ne parviendront jamais à justifier\nces exclusions.\n    Il y a plus : pourquoi, dans le coin de l'œuvre où se trouvent les écri­\nvains du journalisme, pourquoi, à côté de M. Lucien Solvay, ne voit-on\npas M. Edmond Cattier, à côté de M. de Haulleville, M. Charles Tar­\ndieu, etc., etc. ? Pourquoi M. Hymans, et non pas M. Vauthier? Pourquoi\nM. Coomans et non pas le Petrus de la Galette : M. Renson? Pourquoi\nles uns et non les autres?\n    Questions embarrassantes auxquelles les auteurs de l'Anthologie sub­\nsidiée ne répondront pas.\n    L'œuvre officielle porte donc la peine d'avoir été conçue d'une manière\nillogique, et d'avoir été confiée à des mains passionnées et partiales, et que\nle désir de flatter tel ou tel personnage influent semble avoir étrangement\nassouplies.\n    Quand on examine, non plus la liste des auteurs cités, mais la physio­\nnomie même de l'œuvre, on s'aperçoit qu'elle est, au point de vue littéraire,\nd'une absolue nullité.\n    Le procédé qui consiste à découper, — le plus souvent au hasard, — une\n\n  (1) Très musical : l'orner d'art.\n"}, {"page_pdf": 286, "texte": "                                 — 247 —\n\ncentaine de lignes dans une œuvre considérable, dans l'Histoire de Liége\nde M. de Gerlache, dans l'Essai sur l'histoire politique des derniers siècles\nde M. Van Praet, dans les œuvres scientifiques de M. Houzeau, dans les\npublications spéciales de M. Brialmont, est un procédé absurde et anti­\nlittéraire au premier chef.\n    L'historien, le savant et le général peuvent être des hommes de grand\ntalent. L'extrait n'en sera pas moins une chose sans valeur, sans accent,\nsans vie propre. C'est comme si je me mettais à brandir un morceau\nd'écorce en criant : « Voyez le bel arbre ! » ou comme si j'enlevais un doigt\nà une statue grecque pour faire admirer à mes amis le génie de Phidias\nou de Praxitèle !\n    Une Anthologie de prose — absolument comme un Parnasse — ne doit\ncontenir que des œuvres complètes, harmonieuses, formant un tout, petit\nou grand, depuis le poème en prose qui tient une page jusqu'à la nouvelle\nde longue haleine qui en tient cinquante. Est-ce que je pourrai apprécier\n Charles De Coster, quand j'aurai lu la fin et le commencement d'Ulen­\nspiegel? Pourquoi n'a-t-on pas choisi une de ses nouvelles? Avait-on peur\n de compromettre le... subside?\n    Est-ce que je me ferai une idée du talent de Caroline Gravière quand\n j'aurai lu deux ou trois chapitres de roman décapités? Et puisque l'on cite\n Caroline Gravière, pourquoi ne cite-t-on pas M Ile Vande Wiele?\n    Est-ce une gageure ou une plaisanterie?\n    Un seul prosateur belge est représenté dignement : c'est M. Georges\n Eekhoud, avec l'Ex-Voto, un chef-d'œuvre.\n    Et puis, que signifie cette mystification de donner deux pages à\n M. Camille Lemonnier?\n    Modestie, me dira-t-on. M. Lemonnier est un des auteurs du livre, et...\n    M. Lemonnier n'ignore pas la place qu'il occupe dans la littérature belge.\n Il a le droit d'être largement représenté. Il s'en excuse en alléguant le pré­\n texte de modestie. Modestie, dans ce cas-là, s'écrit avec un grand M !\n     Même observation pour M. Picard qui, pour l ' M , a évidemment droit\n au caractère d'affiche.\n    Telle est cette publication subsidiée, annoncée avec tant d'emphase, et\n qui n'est qu'un avortement de 365 pages.\n    A une page par jour, il faudra un an pour la lire, et 365,000 lecteurs !\n    Un mot maintenant des notices placées en tête de chaque extrait.\n    Elles sont écrites, avec un bâton de voyage trempé dans l'encre, en une\n langue vide, prétentieuse et macaronique.\n    M. de Haulleville y est dépeint de bien étrange façon : « Dans sa jeunesse,\n"}, {"page_pdf": 287, "texte": "                                   -   248    -\n\n\n il subit deux grandes impressions : Lacordaire et Rachel.(sic)... Ainsi se\nfleurit en chapiteaux cet esprit distingué qui a une base d'études solides. »\n    Les quatre auteurs de l'Anthologie subsidiée ont taillé des chapiteaux\ndans la pierre de l'ours.\n    M. Célestin Demblon est encore plus favorisé que M. de Haulleville.\nQuand on lit M. Demblon, « on songe à ces chats fiers et mélancoliques\nqui ont cette originalité de deux yeux différents : l'un rouge, d'un rouge de\ndrapeau, l'autre bleu, couleur de ciel et de myosotis ».\n    Ce lyrisme de province est fort ridicule ; et « chats fiers » est d'une\nmusique adorable.\n    En somme, une œuvre hybride et nulle, abritant un tas de médiocrités,\nimpuissante à faire admirer les De Coster et les Pirmez, — qu'elle cite —\nmais qui réussit ironiquement à mettre en évidence les noms de MM. Max\nWaller, James Vandrunen, Henry Maubel, Arnold Goffin et Hector\nChainaye, — qui n'y figurent pas.\n    Œuvre mauvaise et morte, qui n'est pas un miroir de la littérature de 1830\net où l'on chercherait en vain un étincellement de nouveauté ou une palpi­\ntation de jeunesse.\n    Œuvre anti-littéraire, menée à travers des polémiques d'un goût douteux,\npar des rancunes et des appétits de coterie ; œuvre destinée à calomnier les\nprosateurs belges, non seulement en Belgique, mais à l'étranger.\n    Œuvre d'antichambre qui ne fera honneur qu'à la maison Monnom, qui\nl'a éditée et imprimée — comme elle ne méritait pas de l'être !\n    Œuvre publiée avec l'appui du Gouvernement, cette béquille des infirmes\net des épuisés !\n    Quant à moi, si j'étais riche, j'achèterais toute l'édition, et j'en ferais un\nauto-da-fé, c'est-à-dire un acte de foi littéraire. De cette façon, je ne bles­\nserais pas les auteurs de l'Anthologie dans leurs intérêts pécuniaires, et je\nserais certain d'avoir servi leurs intérêts artistiques.\n    Car l'Anthologie des prosateurs belges a, comme le disait naguère\nM. Picard au banquet Lemonnier, augmenté notre mépris pour toutes ces\ndistinctions officielles : les prix, les médailles, les décorations, les subsides\net les faveurs.\n    Et la Jeune Belgique, restée intacte et fière, et vierge de tout flirtage\nofficiel, a le droit d'apprécier, comme elle le fait, une fausse couche\nd'Anthologie.\n                                                           ALBERT GIRAUD.\n"}, {"page_pdf": 288, "texte": "                — 249 —\n\n\n\n\n              VERS\n                ORAISON\n\nA y e z pitié de mon absence\nAu seuil de mes intentions!\nMon âme est pâle d'impuissance\nEt de blanches inactions.\n\nMon âme aux œuvres délaissées,\nMon âme pâle de sanglots,\nRegarde en vain ses mains lassées\nTrembler à fleur de l'inéclos.\n\nEt tandis que mon cœur expire\nLes bulles des songes lilas,\nMon âme, aux frêles mains de cire,\nArrose un clair de lune las;\n\nUn clair de lune où transparaissent\nLes lys jaunis des lendemains;\nUn clair de lune où seules naissent\nLes ombres tristes de ses mains.\n\n\n             AME CHAUDE\n\nO mes yeux que l'ombre élucide\nA travers mes désirs divers,\nEt mon cœur aux rêves ouverts,\nEt mes nuits dans mon âme humide!\n\nJ'ai trempé dans mon esprit bleu\nLes roses des attentes mortes;\nEt mes cils ont fermé les portes\nSur des vœux qui n'auront plus lieu.\n"}, {"page_pdf": 289, "texte": "                    250\n\nMes doigts aux pâles indolences\nÉlèvent eh vain, chaque soir,\nLes cloches vertes de l'espoir\nSur Vherbe mauve des absences.\n\nEt mon âme impuissante a peur\nDes songes aigus de ma bouche\nAu milieu des lys que j'attouche;\nEclipse aux moires de mon cœur!...\n\n\n              INTENTIONS\n\nA y e z pitié des yeux moroses\nOù l'âme entr'ouvre ses espoirs,\nA y e z pitié des inécloses\nEt de l'attente au bord des soirs!\n\nEmois des eaux spirituelles !\nEt lys mobiles sous leurs flots\nAu fil de moires éternelles;\nEt ces vertus sous mes yeux clos !\n\nMon Dieu ! mon Dieu ! des fleurs étranges,\nMontent aux cols des nénufars,\nEt les vagues mains de vos anges\nAgitent l'eau de mes regards;\n\nEt leurs fleurs s'éveillent aux signes\nÉpars au milieu des flots bleus ;\nEt mon âme ouvre au vol des cygnes\nLes blanches ailes de mes yeux.\n\n                          MAURICE    MAETERLINCK.\n"}, {"page_pdf": 290, "texte": "                                 — 25l     —\n\n\n\n\n     LETTRES DE MON COTTAGE\n                                      II\n\nA                certaines heures perdues, je relis les Confessions, qui me\n                 firent une grosse impression, voilà douze ans, en Allemagne.\n                 Suis-je devenu plus difficile, mais ce Rousseau me semble\n                 être une fameuse canaille, dont l'outrecuidance n'égale pas la\nmalpropreté. Quelle œuvre de vieux Chariot épuisé ! et comme il l'avoue !\nUn fish de consolation, cette Mme de Warens qui, par bonté pure, lui\napprend la manière vraie de s'en servir, trompant M. de Tavel, son premier\namant, qui « fut son maître de philosophie », pour le ministre Perret, son\nn° 2 ; item celui-ci pour un valet botaniste, Claude Anet, son n° 3 ; Jean-\nJacques arrivant bon quatrième chez cette « honneste » dame qu'il ran­\nçonne avec sérénité, appelle maman et trouve un modèle de sagesse! J'ai,\naussitôt relue cette ordure, été me rafraîchir aux bords du Rother, la jolie\npetite rivière qui, à deux lieues d'ici, sépare le comté de Sussex de celui de\nKent, et j'ai mieux aimé cela que la mort de Mme de Vercellis, dont les\nderniers mots, que doit connaître Armand-Crepitus Silvestre, ont vraiment\nun charme original\n   La rivière coule au pied d'un exquis village nommé Newenden, que\ncouronne une église pas plus grande que cela, ravissante de légèreté et de\ngrâce. Entourant l'église : un cimetière fleuri où l'on permet aux troupeaux\ndu clergyman de paître les marguerites et l'herbe haute poussées des morts,\ncomme si la religion voulait affirmer le renouvellement sans cesse des\nchoses, ou bien égayer ceux qui dorment d'un murmure de blanche ber­\ngerie.\n   J'ai fait le tour de ce jardin : les tombes d'enfants y sont indiquées seule­\nment par le renflement du sol, comme si les corps fussent à fleur de terre,\net le gazon remué par la brise imite doucement, retombant et redressé, la\n respiration de quelqu'un qui dormirait. De proche en proche, des pierres\n tombales, mais le plus souvent des couronnes, ou encore, de petits pots\n remplis d'eau renouvelée chaque dimanche et, y plongeant, des roses sau­\n vages fleuries aux murs des chaumières. Drôlerie touchante : une mère,\n n'ayant sans doute pas de récipient de verre, a mis des fleurs dans une boîte\n"}, {"page_pdf": 291, "texte": "                                    — 252 —\n\n\nen fer-blanc, dont un papier mal arraché indique encore la destination :\nColman's mustard!\n   C'est dans ce même village de Newenden que j'ai appris la plus bizarre\nchanson du monde. Il paraît que ce n'est que dans les moments les plus\nfolâtres qu'on se risque à la fredonner. Chaque dimanche, au prêche, le\npasteur vitupère contre cette ballade grossière. Je vous la traduis, en tâchant\nde rendre le plus possible le ton « calembour » du texte anglais :\n\n               A l'heure adorable, où tout chante,\n               Ils allaient, les deux  amoureux.\n               Zigzaguant vers le bois ombreux,\n               Et cette scène était touchante.\n\n               Ils avaient bien bu, oui; ce qui\n               Leur faisait cette marche émue,\n               Mais elle, par lui soutenue,\n               Pensait toujours au bon whisky.\n\n               — Il était si doux, une crème.'\n               Allons en reboire, ô chéri!\n               — Non, je préfère le sherry!\n               Et puis c'est assez, car je t'aime!\n\n               Et ces boissons dans ces bois sont\n               Très nuisibles à ma tendresse...\n               Elle répondit : — Rien ne presse.\n               Ce mot le glaça d'un frisson.\n\n              Il dit : — Oiseau! j'ai coupé l'aile\n              De mon désir incandescent,\n              Ne t'envoie point quand descend\n              Le nuage blond du pale-ale !\n\n              Froide, elle reprit : — Est-ce tout?\n              — Non, répondit-il, ô mon rêve.'\n              Buvons encor, buvons sans trève!\n              — Quoi? — Half and half : pale-ale et stout!\n\n              Et ce fut une douce orgie\n              (Je te le dis tout bas, écho !),\n              Grâce à la troublante magie\n              De ton triangle   : BASS & O ! ! !\n\n\n Et les bons pochards chantent cette folichonnante réclame lorsque le\n"}, {"page_pdf": 292, "texte": "                                 — 253 —\n\nbrandy du samedi leur dit : dimanche demain. (Pardon si la rime m'entraîne\nà des euphonies bizarres.)\n  Que si vous me demandiez si ceci est vraiment un trait de mœurs\nanglaises, je vous dirais que ce n'est pas vrai.\n\n\n                                      III\n\n    J'ai quelque peu quitté mon cottage, et « tiré une bordée » de quatre\njours à Hastings, qui en est à 12 miles. Là, c'est la mer, l'estacade achevant\nune digue immense, le mouvement, les petites misses habillées d'une façon\nextraordinaire : pas de jupons sous des robes blanches qui, flottant au\nvent, font ressembler ces demoiselles à des torses montés sur fil de fer ;\ncomme chapeaux, des Gainsborough rehaussés de fleurs mal posées, ou\n bien de simples casquettes rondes à petite visière ; tailles mal prises dans\n des corsets mal faits, et puis des pieds ! oh ! des pieds ! La tradition n'a\nrien exagéré.\n     Les hommes, débraillés dans un pantalon de flanelle blanche, une veste\n de canotier; les casquettes traditionnelles des Rowing, la pipe au bec...\n Presque tous cagneux.\n     Et malgré la laideur du détail, ce bariolage rit bien dans le soleil, avec,\n comme fond, la mer, ses barques, ses canots, ses yachts de plaisance, la\n svelte lame des périssoires...\n     Lorsque l'on tourne le coin du Queen's Road, une des grandes artères,\n à la place où se trouve le monument épouvantable dit Prince's Albert,\n on est étourdi par les cris des camelots les plus têtus. Des êtres épileptiques\n vous proposent de cirer vos souliers with the best blacking; on Vous offre\n des journaux, des lacets, des allumettes ; on vous hurle les avantages de la\n religion anglicane, vous êtes assourdi, fourbu, brisé, avant d'arriver à la\n ligne des bateaux qui sont échoués dans le sable et n'attendent que les\n  chalands pour glisser en flèche vers la mer.\n      Un cri domine là : Skylarkl Skylarkl C'est le nom d'un yacht qui fait\n  en mer trois promenades par jour, et dont les matelots vous accrochent au\n  gilet pour vous démontrer que le Skylark est bien plus confortable que\n  l'Albertine amarrée à côté!\n      Continuez, les cris redoublent. Des orchestres se plantent à chaque pas,\n  on ne sait comment ni d'où ils sortent ; des guignols nasillent au bas de la\n  digue, et lorsque, enfin, vous arrivez au pier, vos oreilles sont assassinées\n  par le cri strident, horrible de la sirène du steamboat Grimsby, qui va\n"}, {"page_pdf": 293, "texte": "                                   — 254 —\n\n décaler en excursion. Continuez encore votre route sur l'estacade (pier) et\n vous arrivez au bout, — ce qui est très beau et peu naturel, parce qu'elle\n est très longue.\n    Là se dresse un pavillon, mauresque à la manière anglaise, où l'on peut\n manger et boire, mais non fumer. Une salle de spectacle nous requiert.\nTrois shillings, c'est pour rien. Le théâtre n'est pas énorme, mais il est, lui\naussi, mauresque à la façon anglaise. Le rideau représente Shakespeare\naccoudé sur un fût de colonne, avec un jonchement de livres à ses pieds.\nIl a absolument l'air du garçon coiffeur d'Ophélie.\n   On joue une ouverture bien anglaise : En r'venant de la r'vue; puis\nShakespeare s'enroule, et une dame habillée comme une madone de Bon-\nSecours, coiffée à la chien — non! à la dog! — vient roucouler une\nromancé qui ravit la salle.\n   Shakespeare se déroule ; je m'en vais, prends le train et reviens à mon\ncottage.\n\n                                      IV\n\n                   // fait dimanche et, sans répit,\n                   Je vois passer des robes blanches,\n                   Les petits oiseaux font pipi\n                   Au son des cloches, dans les branches.\n\n                  Un merle est venu se percher\n                  Juste en face de ma fenêtre;\n                  Ses petits yeux semblent chercher\n                  Quel pays lointain m'a fait naître.\n\n                  Tandis qu'en la campagne, au loin,\n                  En cantiques s'ouvrent les gerbes,\n                  Le vent très doux courbant les herbes,\n                  Je reste placide en mon coin,\n\n                  Avec une secrète envie\n                  D'aller prier aussi — pour voir.\n                  Et de m'éteindre dans le soir\n                  Sans aucun regret de la vie!\n\n   (A finir).                                               MAX WALLER.\n"}, {"page_pdf": 294, "texte": "                          — 255 —\n\n\n\n\n                          VERS\n                                              A ADOLPHE FRÈRES.\n\n\nA mes rêves d'enfant j'ai souri dans Tes yeux,\nO lacs d'or où glissaient les cygnes de l'aurore,\nSemant le chant divin de leur aile sonore\nParmi les frais roseaux qui caressent les cieux.\n\nT'aimer! ô seul désir! laisse-moi l'espérance\nSi douce d'ignorer et d'être on ne sait où\nDans ces bois enchantés, ces fontaines et tout\nCet azur ruisselant où chante le silence.\n\nJe craindrais d'offenser les ailes des enfants\nQui tressent sur nos fronts des couronnes de roses\nEt baignent dans nos songes leurs nudités roses,\nEnlaçant nos regrets de leurs bras caressants.\n\nOh pars ! et que ta barque incline au loin ses voiles\nVers les ciels endormis d'étoiles sous les eaux,\nEt laisse-moi sous la candeur de ces berceaux\nOù je veille mon cœur couché parmi les voiles.\n\n Un peu souffrir de ce départ... un peu d'amour,\n Un peu d'illusion noyés dans le sillage...\n Laisse, enfant, se blottir, craintif, sous le feuillage\n Mon rêve qu'éblouit le Triomphe du jour.\n\n T'aimer! O cher mirage! Aimer à la dérive,\n A la fraîcheur du chant des sources sous les fleurs,\n Tandis qu'enguirlandant leurs mensonges, mes sœurs\n M'appellent de leurs bras d'ivoire sur la rive.\n\n                                              VALÈRE GILLE.\n"}, {"page_pdf": 295, "texte": "                                   — 256 —\n\n\n\n\n                        RÉDEMPTION\n                Marie-Magdeleine, la vierge au corps blanc, prise de rêve, atten­\n                 dait, accroupie, près la fontaine publique, que quelqu'un vînt\n                 satisfaire l'âpre et imprécis désir qui fouillait son sang et\n                 obsédait son esprit; elle attendait la réalisation d'une presque\n  irréalisable conception encore toute vague, intangible, noyée dans une\n  brume opaque, traversée de rares éclaircies — décevantes toujours.\n     Et il y avait une telle indécision dans son vouloir qu'au moindre mou­\n  vement tenté vers le but chimérique — pressenti seulement — sa volonté\n  éperdue, en détresse, s'immobilisa de l'inertie de sa chair. Et si puissante\n  était sa rêverie que, ni les filles puisant de l'eau en chantant, ni les cris\n d'aigles cinglant l'espace où vibrait la lumière, ne parvinrent à la distraire,\n à rompre le charme suggestif et intense de sa vision abstraite et fugitive\n avec ténacité poursuivie.\n     Fixes et grand ouverts, ses yeux bleus et limpides sympathisaient avec\n le firmament, son front auréolé de cheveux fauves rayonnait, tandis que\n ses lèvres, pareilles à deux feuilles de rose tremblantes, balbutiaient les\n impénétrables mystères de son cœur.\n     Comme ces navires livrés sans gréements aux jeux des vagues capri­\n cieuses, elle sentait son âme chaste emportée au gré des flots houleux de\nl'incommensurable mer du Désir. A cette heure germaient en elle des pen­\nsées si nouvelles et si troublantes, qu'elle n'en pouvait définir le sens, ne\nsachant exactement les penser.\n    Un chamelier vint. Il la trouva belle, d'une beauté mystique de jeune\nvierge qui ignore, une beauté enfant impatiente d'être femme. L'homme la\nregarda, supputa le plaisir qu'elle offrait. Marie-Magdeleine tressaillit sous\nle rayon lubrique qui l'enveloppait, la conquérait; et le chamelier s'étant\napproché, lui dit les lèvres humides : « Viens ». Et la belle fille sourit ce\nsourire des innocents devant le mal, parce qu'il apparaît paré de joies et\nde splendeurs, et répondit : « Me voici » ! Elle ouvrit les bras. Il la prit....\n    Le crime consommé, elle se releva avec dégoût; le corps frissonnait,\ndans ses prunelles une lueur acérée de haine fulgurait et, toisant le mâle aux\nbaisers impurs, elle le chassa d'un geste impérieux et menaçant. L'homme\néclata de rire et continua sa route avec l'insouciance d'une bête repue.\n    Alors Marie-Magdeleine demeura pensive; et, après une longue médita-\n"}, {"page_pdf": 296, "texte": "tion, elle lava son corps meurtri et sali ; et, navrée, elle murmura :\n« Non, ce n'est pas cela... » Et elle reprit sa rêverie. Et ni les filles puisant\nde l'eau en chantant, ni les cris d'aigles cinglant l'espace où vibrait la\nlumière ne l'en pouvaient distraire.\n\n   Maintenant l'esprit de Marie-Magdeleine savait ce que désirait sa chair,\nmais la chair ignorait ce que souhaitait l'esprit. Les flancs mordus de la\nfemme voulaient à nouveau être mordus. L'esprit cherchait sans trève la solu­\ntion de cet insondable problème, entrevu et incompris. La fontaine publique\nattirait Marie-Magdeleine et le regard lubrique de l'homme la poursuivait,\nla couvait irrésistiblement. L'incube marchait à ses côtés, lui soufflait, à\ntravers un mauvais rire nerveux, de concupiscentes effluences qu'elle écou­\ntait ravie, le sang titillé. Le suborneur invisible s'acharnait, faisait claquer à\n ses pudiques oreilles des bruits de baisers incitants qui la remuaient toute.\n Et la femme, sourdement travaillée du désir de réaliser son rêve, de con­\n naître cette jouissance suprême, d'atteindre ce but chimérique — pressenti\n seulement — se donnait à celui qui la convoitait ; car elle espérait une fin\n à ses aspirations, suppliciantes de n'être point précises, d'être du domaine\n de l'inconnu, du terrifiant et désirable inconnu... Et à chaque chute nou­\n velle elle se disait : « peut-être M, et se livrait confiante; mais toujours elle\n dut laver son corps souillé et insatisfait, triste d'un plaisir imparfait,\n écœurée du mâle qu'elle reprendrait tantôt, curieuse, obstinée et avide\n aussi. Et à la centième fois comme à la première, Marie-Magdeleine, la\n  pécheresse, se releva, douloureusement déçue et répéta : « Non, ce n'est\n  pas cela... pas encore cela... »\n   Mais bientôt les rares révélations de cette existence voluptueuse s'ar­\n rêtèrent, ne donnèrent plus une nouveauté tendant à assouvir sa frénésie de\n voir l'idéal auquel elle aspirait. Les baisers lui devinrent insipides avec la\n rancoeur du déjà vu, du déjà senti ; ce n'était point tout cela qui lui pro­\n curerait la grande sensation tant recherchée qu'elle sentait être là-bas..,\n là-bas... mais où?... Et elle inventa des péchés plus fous, des lascivités\n plus longues, plus compliquées ; trouva des raffinements d'indécence, des\n extases dans l'alanguissement ; puis elle multiplia ses amants et organisa\n des orgies pour arriver à ce paroxysme des sensations et effacer d'elle cette\n frénésie persistante qui la poussait à chaque heure plus avant dans la vie\n passionnelle. Et le matin la vit éreintée des spasmes, convulsionnée encore,\n les lèvres brûlantes, sèches, les yeux cernés et les reins brisés, qu'elle quit­\n tait, furtive et honteuse, le théâtre de ses débauches charnelles.\n    Peu à peu une mélancolie s'était répandue sur ses traits ; son humeur,\n"}, {"page_pdf": 297, "texte": "                                   — 258 —\n\n  atrabilaire, ne montra plus que de loin en loin une lueur de joie. Elle dut\n  se faire violence pour plaire, et c'est maussadement qu'elle allait à ses\n excès, contrainte en quelque sorte, mais elle y allait et les réitérait avec une\n renaissante ardeur, sollicitée par l'opiniâtre besoin de savoir, de se vaincre,\n de se comprendre mieux afin de se satisfaire. Ce fut en vain. Nombreux les\n jours qui suivirent celui de la première chute, et aujourd'hui comme alors,\n Marie-Magdeleine, accablée de fatigue physique, ne pouvait que redire :\n « ce n'est pas cela », comme si elle répondait à une interrogation lanci­\n nante et tyrannique. Et la femme se tordait les bras d'impuissance, pleura sa\n virginité jetée à la brutalité d'un passant. Et pourquoi? Pour être livrée\n à une inassouvissable tentation!... Ah! combien puérils ses désespoirs,\n stériles ses larmes!... Subissant l'emprise du mâle, toujours, malgré les\n décevances, elle se donna avec rage, révoltée mais résolue. Et de même\n qu'on demande au Nepenthès consolateur l'ivresse de l'oubli, elle demanda\n des baisers aux hommes de toutes les races, de toutes les sociétés ; puis les\n abandonna et prit des femmes, des adolescents. Et Marie-Magdeleine,\n assouvie jusqu'au délire, mourante sous les étreintes, restait inapaisée pour­\n tant.\n    Vile de corps, mais vierge d'esprit — car il n'avait été effleuré d'une\n souillure — elle poursuivait son idéal à travers la fange où la traînait sa\n chair, cette suppliciée, esclave d'un amour trop grand qui l'épouvantait.\n Et les femmes la montraient du doigt et l'appelaient : « prostituée », et les\nhommes lui souriaient avec aménité ou désir.\n    Le repos ne vint plus. Le corps avait besoin d'attouchements, les lèvres\n mendiaient des caresses de lèvres, les nuitées se succédaient folles, extra­\nvagantes, perversement ignobles. Et l'aube la trouvait abattue, avec en elle\nle vague troublant, tentateur, la prescience d'une ivresse inouïe dont tous\nles baisers multiples et variés depuis si longtemps échangés ne parvenaient\npas à donner une idée, une nuance.\n    Et c'était avec un identique dégoût qu'elle quittait ses complices de plai­\nsir, avec le même mépris qu'elle flagellait ceux dont l'infâme caresse assou­\npissait à peine ses nerfs lassés, car tous laissaient subsister, plus vivace et\nplus despotique, la pensée d'aboutir à cette jouissance aiguë pour laquelle\nelle s'immolait sur l'autel des dieux luxurieux! Parfois, dans un accès de\ndémence, elle s'écriait d'une voix rauque et lamentable, où l'on sentait\naccumulées toute sa douleur et toute sa haine : « Mais qu'y a-t-il donc?\nA quel degré d'ignominie faut-il descendre pour découvrir le mystère de\ncette joie non révélée? Qu'on me le montre, le gouffre, afin que je m'y pré­\ncipite — on verra avec quel sombre bonheur! » Et elle restait atterrée devant\n"}, {"page_pdf": 298, "texte": "                                  -   259   -\n\nl'effroyable chose accomplie sans résultat et devant tout ce qu'il faudrait\nencore accomplir !\n    Mais, soumise à la persistance du rêve, cette pénitente des sens se redres­\nsait reconquise par le démon qui la narguait : « Ce sera pour la prochaine\nfois, sans doute ». Et son corps reprenait de subites vigueurs, comme ces\nguerriers exténués, meurtris et sanglants, qui veulent combattre quand\nmême jusqu'au dernier souffle et vaincre! Et Marie-Magdeleine, consciente\nde son avilissement, retournait à la débauche qui l'asservissait, livrait son\n beau corps blanc aux morsures irritantes des ruts, involontairement, par\n la luxure envoûtée, damnée. « Et ce n'était pas encore cela ; toujours pas\n cela ! » Ah! ce secret terrible, qui le lui révélera? qui lui enseignera cette\n volupté exquise, et si forte, et si apaisante aussi ? Oh ! ce rêve — douloureux\n de son obscurité! Des cauchemars la torturaient, des visions pleines d'un\n charme excitant la visitaient. Elle essaya le jeûne passionnel; mais ses\n flancs crièrent bientôt famine et de rechef elle succomba plus affolée, ivre de\n  prestigieux horizons fertiles en promesses, qui l'attiraient invinciblement...\n\n   Or, un jour les rues s'emplirent d'une foule agitée et bruyante : On\nattendait la venue de Jésus de Nazareth. Accroupie près la fontaine\npublique, Marie-Magdeleine, la fille perdue au corps blanc, prise de rêve,\nà cette rumeur se leva. Ses yeux soudainement brillèrent, elle sourit et sous\nla laine de sa robe ses seins se soulevèrent puissamment, turgescents d'un\ndésir nouveau, immense, contenu à grande peine. Elle se mira, lissa ses\nlongs cheveux fauves et, s'étant trouvée belle, elle fendit la foule et alla au\ndevant du fils de Marie. « Peut-être sera-ce celui-là », se dit-elle. Et de si\nloin qu'elle aperçut Jésus, une indéfinissable émotion lui étreignit le cœur ;\ndes râles d'ivresse l'étranglèrent, une félicité nouvelle la pénétra. Elle se sen­\ntait comme purifiée des péchés anciens à ce souffle ineffable qui la possé­\n dait toute, et qui paraissait un rayon, de la lumière dans laquelle Christ\n s'avançait. Des larmes coulèrent, bienfaisantes et douces, sur ses joues\n enflammées d'un plaisir pur et inéprouvé encore. Et de toutes choses s'éle­\n vaient des harmonies suaves et troublantes qui la grisaient et lui mettaient\n des prières dans les prunelles. O volupté des voluptés! ô extase! Et toute à\n sa jouissance cérébrale, elle tomba à genoux, se prosterna et posa son front\n serein dans la poussière : car elle ne put, sans s'humilier, soutenir le regard\n régénérateur du Sauveur. Jésus s'étant approché d'elle, avec bonté la releva,\n sourit à cette femme en pleurs, que la foule repoussait ; et il lui tendit les\n mains.\n    Et subitement la grande Amoureuse se sentit renaître sous la chaste\n"}, {"page_pdf": 299, "texte": "                                 —   260    —\n\n\net enveloppante caresse de l'Amant divin, sa pensée ascensionna vers des\nhauteurs vertigineuses, les voiles de son esprit se déchirèrent, une rédemp­\ntion s'opéra : Elle avait trouvé ! Cette volupté suprême était là, charmante\net parfumée, et lumineuse dans le sourire des lèvres de l'Envoyé de Dieu.\nEt Marie-Magdeleine, les traits illuminés d'un bonheur rayonnant, sanglo­\ntait avec délices. Jésus alors lui dit : « Viens ». Et elle répondit : « Me\nvoici ». Et la Repentie lui donna, à la face de tous, la virginité de son\nâme enfant — immaculée.\n                                           J U L E S VANDER B R U G G H E N .\n\n\n\n\n                             CALME\n                                                            A   ALBERT   GIRAUD\n\n\n\n    Calme, l'église rêve en la paix de ses vierges,\n    Et l'air qui vacille aux caresses des encens\n    Estompe d'un secret frôlant le feu des cierges\n    Qui tapissent les nefs de tentures de sangs.\n\n    Les ombres en frissons noirs dansent sur les dalles,\n    Et l'orgue qui somnole a d'étranges soupirs\n    Qui s'en viennent gémir sur les pierres tombales\n    Et semblent le murmure affaibli des martyrs.\n\n   L'encens des passions mystiquement dépose\n   Dans l'âme les oublis d'un lent passé morose,\n   Et douce, en des candeurs de lys, elle s'endort.\n\n   La neige des chagrins qui ruisselle au fond d'elle,\n   En frissonnant se gaze à la trame si frêle\n   Des extases où chante un doux archange d'or!\n\n                                                   FERNAND       ROUSSEL.\n"}, {"page_pdf": 300, "texte": "                                       261\n\n\n\n\n                              LA MER\n                                                                A IWAN GILKIN\n\n   Hiératiquement de ses atones yeux\n   Métalliques de sphynx où rêve le silence,\n   Sanglée aux reins de sa royale somnolence,\n   La mer regardait rire infiniment les deux.\n\n    Et lascive, sous la rouge flambée astrale\n    Qui de fluides sangs tigrait ses yeux félins,\n    Elle, tordait son ventre en des remous câlins.\n    Lointainement enflait la houle, comme un râle.\n\n    Dans tes yeux où toujours l'ennui bâille et s'étire,\n    Une flamme couvait longuement cette mer\n    Dont la beauté de gouffre, ô Perverse ! t'attire.\n\n    Et même un chaud frisson alluma sur ta chair,\n    Dans une paix de tombe à tout jamais glacée,\n    Un rose éveil de vie où riait la Pensée!\n                                                          JEAN    GAUCHER.\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                         I\n\nImpressions et sensations, par ARNOLD GOFFIN. — Un vol. Paris, Léon Vanier, éditeur.\n\n              Dans le cercle étroit des amis et des écrivains à qui seul il com­\n               muniquait ses premiers ouvrages, demeurés Hors du com­\n               merce, M. Arnold Goffin s'est promptement acquis une\n               réputation d'artiste méditatif et scrupuleux, méticuleux même,\n               cherchant le mot rare qui doit faire jaillir la sensation toute\nvive. Le Journal d'André, suivi bientôt de Delzire Morris, révélait des\nqualités brillantes encore enfermées dans une gangue. Voici que M. Goffin\npublie sous ce titre : Impressions et Sensations, un volume nouveau que\nl'éditeur Vanier présente cette fois au public.\n                                                                            10\n"}, {"page_pdf": 301, "texte": "                                   —   262   —\n\n\n   Le style de M. Goffin s'est éclairci et raffermi. Il emploie toujours des\nmots un peu étranges, des épithètes bizarres, des termes empruntés à des\ntechniques diverses, mais avec une précision plus habile et plus heureuse.\nIls sont soigneusement choisis et sertis à leur exacte place. L'auteur les\ndispose comme les rehauts des peintres et en tire les mêmes effets.\n   La phrase de M. Arnold Goffin était, au début, proche parente de la\nphrase en honneur dans l'école naturaliste; une masse assez pesante, mal\ncimentée avec ses voisines. Il y a telle page de MM. Zola et Huysmans où\nl'on croit entendre, au bout de chaque phrase, une lourde porte de prison\nqui se referme Dans son nouveau livre, M. Goffin a sensiblement assoupli\nson verbe : il a conscience de la valeur musicale des périodes et il en manie\nsavamment les ressources rhythmiques. Nous transcrivons ici le morceau\nqui porte le n° 33.\n\n\n   « Dans un haut siège de pierre obsidiane, environné de noirs miroirs\npolis où un rayon acéré du soleil se diffracte comme un flamboiement de\nglaives, — la jolie Démone aux yeux spéculaires, au sourire carnassier et\nambigu, dont le petit cœur de panthère bat sous une souple poitrine\nd'éphèbe, — la jolie Satané admire longuement et curieusement son image\nréfléchie à l'infini, essaie ses moues vénéficieuses, se complait à la félinité de\nsa maigreur acide, — distille l'aqua-tofana qui humecte ses lèvres avides.\n   « Sur sa tête volontaire, un diadème de froides et cruelles joailleries\nmiroite et sa main gauche arbore sceptralement une fleur de lotus frigide,\n— la fleur phallique aux lobes rigides. »\n\n\n\n   Impressions et Sensations, comme le Journal d'André, comme Delzire\nMorris, est une sorte de journal intime, habité par un seul personnage,\nqui note, sans aucun plan visible, des pensées détachées et des « impres­\nsions ».\n   C'est du subjectivisme à outrance. Avec une sincérité qu'il faut honorer,\nM. Goffin a analysé son sujet dans ses replis les plus intimes, jusqu'aux\ninévitables tares du tréfond de sa nature; il ne cache aucun défaut et va\njusqu'à exhiber quelques vices. Il n'a pas un instant cherché à flatter son\npersonnage, et, certes, s'il a dissimulé quelque chose, ce sont les qualités.\nSignalons que pour en agir ainsi, il faut un certain courage, alors que l'on\nsait par maint exemple que les lecteurs, toujours si bénévoles ! jugeront\ninfailliblement l'auteur d'après cette image et son talent d'après je ne sais\nquelles grossières estimations morales.\n   A ce subjectivisme, M. Goffin doit ces intuitions soudaines qui pénètrent\njusqu'au fond d'un objet. Mais, chose singulière! M. Goffin n'exerce cette\nvue perçante que dans la description de ses sensations. Nous ne pouvons\nlouer au même degré ses pensées; quand il ratiocine sur tel sujet, générale­\nment banal : ainsi le Nouvel-An, — Napoléon III et Victor Hugo, — les\n"}, {"page_pdf": 302, "texte": "                                       — 263 —\n\nGermains et les Latins, — il perd une partie de son originalité. C'est que\nprésentés en raccourci, sans les développements d'une ample conception,\nces motifs, un peu faits-divers, veulent être rehaussés par une expression\nparadoxale; pour intéresser, ils doivent étonner et même blesser le juge­\nment du lecteur. C'est ainsi que les Goncourt, beaucoup plus artistes que\npenseurs (1), ont rendu supportables plusieurs apophthegmes vieux comme\nle monde ou parfaitement vides de sens.\n   A la suite des Impressions et Sensations, le volume de M. Goffin ren­\nferme quelques pièces réunies sous ce titre : Visions. Ce sont, à nos yeux,\nles meilleures du recueil. Ici M. Goffin entre plus hardiment dans ses sujets\net montre une vigueur d'exécution que dans les autres morceaux, d'une\ndimension plus restreinte, il a dû contenir. Signalons particulièrement : la\nDestruction symbolique de Paris, page touffue, puissante et nette comme\nune gravure d'Albert Durer.\n                                                                 IWAN G I L K I N .\n\n\n                                             II\n\nQuillebœuf, vieillerie en bleu et noir, par JAMES VANDRUNEN. Un vol. in-8°, Bruxelles. —\n      Viennoiseries, par le même. Une plaquette in-8°, Bruxelles, Veuve Monnom.\n\n   Nous découvrîmes James Vandrunen vers l'an 1883.\n   Une après-midi que nous buvions, chez Coulomb, l'algarve quotidien,\nMax Waller nous lut Flemm-Oso. Ces notes sur la vie contemporaine\nfurent admises à l'unanimité comme étant une bonne fortune pour la Jeune\nBelgique. Depuis lors, Vandrunen a bien voulu choisir dans ses inépui­\nsables tiroirs — c'est un infatigable travailleur — quelques pages : Elles, les\nForêts, plus récemment : Viennoiseries et Quillebœuf, et leur donner la\nvolée, — une volée à trente exemplaires.\n  J'ai mission de parler ici des deux derniers envolés et je risque tout\nd'abord un petit portrait de leur père.\n   James Vandrunen, un grand et solide garçon, appartient à la race des\ntimides déconcertants. Dès la première rencontre, on sent dans cet homme\nla volonté de ne se livrer qu'à bon escient, en même temps qu'une faculté\nd'observation pénétrante, dont on appréhende un peu l'exercice. Sa timi­\ndité, qui est plus exactement une propension à l'effarouchement, ne va pas\nsans quelques audaces accidentelles. Elle ne l'a point empêché de produire\nbeaucoup et de se produire un peu. Elle a laissé voir assez de lui pour que,\ndans les deux mondes où il vit, celui des savants et celui des gens de lettres,\non l'apprécie hautement. C'est un ingénieur de mérite et c'est un écrivain\nde valeur. Il est l'auteur de sérieuses études sur des questions techniques\net de plusieurs écrits d'observation piquante et de séduisante fantaisie.\nQuand il n'est pas d'humeur chagrine et quand il s'anime à parler de choses\n\n   (1) Cela éclate dans Idées et Sensations, où les Idées paraîtraient bien pauvres à côté de\nla magique beauté des Sensations, si elles n'étaient travesties en charmants paradoxes.\n"}, {"page_pdf": 303, "texte": "                                   — 264 —\n\n  qui l'intéressent, il s'exprime rapidement, par petites phrases pressées,\n scandées de brefs élans, avec des regards où défilent les curiosités. Ce taci­\n  turne est parfois bavard.\n     En littérature, il a été jusqu'à présent l'homme du détail et de la nuance.\n  Quillebœuf montre davantage et trahit par endroits le rêveur naïf que les\n hasards de l'expansion avaient indiqué certains jours. Son observation est\n juste, parfois profonde et pénétrante, mais sans largeur. Les vues d'en­\n semble, les considérations vagues et générales, sont rares, sinon absentes\n dans ce que nous connaissons de lui. Mais les petits coins, les reliefs imper­\n ceptibles, les menus accidents, sont notés avec une exactitude et une\n minutie remarquables.\n     Et comme c'est, dans l'observation, l'homme du détail, c'est, dans la\n phrase, l'homme de l'adjectif.\n    Etant donnée l'idée simple exprimée par le substantif, il la déforme, la\n modifie, la détermine, l'augmente, la restreint, la contrarie jusqu'à ce qu'il\n obtienne, enfin, le mélange de densité et de nuance qu'il a voulu pour\n figurer exactement son impression. Aux premières touches indiquant le\n fond du tableau, il ajoute mille petits coups de pinceau. Il est la Provi­\n dence des adjectifs sans emploi. Il en mettra deux, trois et jusqu'à quatre,\n deux devant et deux derrière, et décrira des « jolis, mignons bonnets blancs,\nproprets ». Pour « rendre » une nuance il se servira volontiers de néolo­\ngismes et ses néologismes seront logiques comme ceux d'un ingénieur,\névocatifs comme ceux d'un poète.\n    Il animera les abstractions et donnera ainsi à certains tableaux une inten­\nsité de vie extraordinaire. Parfois aussi l'effet sera raté, comme lorsque\nl'écrivain écrit, dans son chapitre des chapeaux : « Une bien séduisante\ndiversité de chapeaux se promène dans la circulation des rues ».\n    Il a, avant tout, l'horreur des banalités et des lieux communs, la haine des\n« voix plus autorisées », et des « on ne saurait trop le redire », le mépris\ndes formules administratives. Il est harcelé par l'impérieux besoin de renou­\nveler les expressions courantes et ces tentatives de rajeunissement, souvent\nheureuses, sont parfois assez enfantines, — c'est ainsi qu'il parle dans ses\n Viennoiseries d'une « pièce jouée dans un décor torché » — Dieu ne sait\npas comme !\n    Qu'importent d'ailleurs ces vétilles, la tendance est intéressante. Puis, ces\nfautes sont rares et la langue est le plus souvent aussi précise qu'elle est\nimagée. Quand, au cours d'une description, sa mémoire d'ingénieur lui\nsuggère un mot technique, il le prend, emprunte ses termes à la stéréotomie\nou à.la géologie et parle de 1' « intrados », d'un porche, et d'un rocher\nqui plante en un point sa masse de « glauconie ».\n    Il décrit aussi quelque part des gaillardes bien étoffées et crânement\nétablies dans 1' « orographie » violente de leur encombrante personne.\n    Les Viennoiseries sont une série de croquis brefs, nets et parlants, le\ncinquième notamment, où l'auteur nous montre les malheureux de tous les\ncoins et de tous les repaires venant chaque jour lire gratis les annonces du\nTagblatt, dès l'apparition du numéro, derrière le grillage d'une valve, à la\n"}, {"page_pdf": 304, "texte": "                                   — 265 —\n\nporte des bureaux. Ce sont, sur des pages d'album, des pastels impression­\nnistes, évoquant avec une merveilleuse précision les divers aspects de\nVienne.\n   Quillebœuf sollicite plus l'attention. C'est une légende normande dont\nl'affabulation bleue et noire, d'une douceur virginale et d'une diablerie\nricaneuse et féroce, a été brodée par Vandrunen sur un canevas du pays.\nCette légende a des coins bleus qui retiennent délicieusement et des trous\nnoirs qui épouvantent terriblement. Mais le récit si attachant soit-il, n'est\nqu'un prétexte que prend l'auteur pour réaliser le but qu'il nous expose en\nces quelques lignes de son introduction :\n    « J'ai voulu écrire cette apparition d'un temps mort, réveillé un instant\nsous la mélancolie des rayons éteints du passé. Ce serait une grande histoire\nà bibelots, une scène de légende, candide et diabolique, enchâssant ce que\nj'ai admiré en cette région, meubles et joyaux rares et anciennes coutumes ;\net cela décrit et dessiné avec des mots patients, fouillant le détail, avec des\nmanies de colectionneurs et des minuties qui retournent et soupèsent. »\n    M. Vandrunen a atteint son but. Cet essai de résurrection de la fin du\nXVe siècle est d'une naïveté sincère qui attire. Les descriptions sont d'une\nrichesse exubérante et quand, la tête levée et le livre fermé, on revoit les\n tableaux que l'on vient d'admirer, on se sent pris d'un certain effroi en son­\ngeant au travail de bénédictin auquel l'auteur a dû se livrer, aux vieux\nlivres et manuscrits qu'il a fallu compulser, aux musées qu'il a fallu\n fouiller, aux catalogues qu'il a fallu dépouiller, aux gravures et dessins\nqu'il a fallu déchiffrer pour évoquer cette époque lointaine avec une si\nminutieuse précision. C'est d'une érudition stupéfiante et d'un art très\nraffiné. J'avouerai que cette érudition fatigue un peu à la longue et que la\nlecture du récit devient difficile. On comprend l'auteur qui a recueilli cette\nabondante et curieuse moisson à petites gerbes, découvrant chaque jour un\nnouveau détail, notant une coutume ignorée et appliquant une à une, au\nfond légendaire, ces précieuses incrustations. Mais le lecteur profane qui\ndoit absorber, en une fois, le résultat de recherches longues et distancées\neût été reconnaissant à l'artiste d'avoir été moins savant.\n    Je n'écris pas cela pour moi, qui n'avouerai jamais être un lecteur pro­\nfane, mais bien pour tous les autres. Cette remarque faite, je m'empresse\nd'ajouter que le récit de M. Vandrunen est d'un vif intérêt et que les\ntableaux attachants s'y déroulent sans interruption.\n    C'est la description du château et de son propriétaire le sire de Bourre-\npierre, haut et redouté seigneur, turlupin, mangeant chair en vendredi,\ngras à lard, ivrogne, aventurier, se souciant autant de Dieu que du diable.\n    C'est la visite du diable en personne qui s'est épris d'Yvette, la fille du\nchâtelain, pure et fraîche comme la lumière et douce comme une belle\nprière, d'Yvette dont l'image lui fait tout oublier au point qu'il embrouille\ntoutes les affaires du royaume diabolique et qu'il achète les âmes à un prix\nridicule et bas.\n    C'est la description des meubles du temps, des vêtements, des cuisines,\nde la vaisselle : « le mobilier de la bouche », des lois et règlements de la table.\n"}, {"page_pdf": 305, "texte": "                                   — 266 —\n\n\n   C'est le songe d'Yvette, un éblouissement, une vision d'une douceur fan­\ntastique avec le voyage de l'étoile glissant sur son rayon, comme sur une\ntringle de lumière.\n   C'est la grand'route et le tableau des petits métiers. Ce sont les repas aux\nmenus savamment ordonnés, le narré d'exploits d'épées et de brocs, enfin\nl'apothéose finale et la chute dans la Seine du rocher de Quillebœuf écra­\nsant le diable noir.\n   Tout cela est décrit avec des mots du temps, — un château est rapiécé\ncomme le rochet d'un franc taupin, — avec des incidentes d'un archaïsme\ntouchant, avec de naïves explications de conteurs des veillées.\n   Il y a là des considérations industrielles d'ingénieur et d'homme positif\nsur la prospérité du commerce en Normandie au temps de Louis-le-\nOnzième.\n   Il y a aussi des tableaux admirablement animés, celui d'une grand'route\npar exemple, où l'on voit le processionnel défilé des rouliers et où la\nmarche des bandes et des groupes est interrompue par ce détail pittoresque\net descriptif :\n   « Un tueur de loups passe, promenant au bout de son bâton une tête de\nloup et les gens en signe de remerciement lui donnent du fromage ».\n   En certains passages le souci de la figuration et de la mise en scène\nme font penser aux Meininger et à M. Gronegck.\n   Il y a enfin, et surtout, des phrases délicieuses : « . . . un château triste\ncomme la devise d'un glaive de justice et autour duquel le vent enroule ses\nlamentations... »\n   «... Les paroles de la Rille sont si doucement dites qu'on croirait entendre\nremuer des perles... »\n   L'eau est décrite avec des mots fluides, elle semble une fraîcheur qui\ncoule : « ... l'onde se hâte à petits plis... les petits flots chatouilleux se\npoursuivent par jeu sur les cailloux... »\n   Il faudrait citer beaucoup encore et je dois m'arrêter, un peu confus déjà\nd'être sorti des limites qui m'ont été assignées. Le plaisir que j'ai eu à parler\nun peu plus longuement de mon ami Vandrunen, se double d'ailleurs\nd'une petite vengeance. Ah ! l'on a imprimé que j'étais un paresseux !\n\n                                                      G E O R G E S KAÏSER.\n\n\n                                       III\n       L'Immortel,   par ALPHONSE DAUDET. — Un volume. Paris. Lemerre.\n\n  Lorsque les personnes sentimentales s'avisent d'être mauvaises, elles\ndeviennent féroces. Lorsque des écrivains comme M. Alphonse Daudet,\nécrivain tendre, fin, nerveux, un peu femme, s'avisent de se mettre en\ncolère, ils donnent au lecteur une impression désagréable et fausse qui se\npeut comparer à la saveur du miel rance et du lait tourné. L'Immortel a ce\ngoût d'une chose hybride, à la fois vinaigre et sucre, impuissante et criarde,\n"}, {"page_pdf": 306, "texte": "                                 — 267 —\n\npénible et si drôle pourtant qu'on pense à un cacatoès mis dans tous ses •\nétats par des agaceries.\n    J'ignore si l'Académie française a agacé M. Alphonse Daudet ou si sim­\nplement la façade morne de l'Institut et sa paisible coupole suffisent pour\nqu'il voie rouge les jours où il franchit le Pont-des-Arts. Ce qu'il y a de\ncertain et de patent, c'est qu'il a voué à l'Académie une haine implacable et\nil faut croire que c'est par générosité toute pure. On ne l'a pas évincé, puis­\nqu'il ne s'est pas présenté, et, si on ne lui a pas accordé de prix, c'est qu'il\nn'en a pas demandé. Sinon l'auteur de l'Evangéliste avait toutes les quali­\ntés requises pour porter la palme. Sapho et quelque ouvrage à clefs indis­\ncrets ne constituaient, en somme, aucune hardiesse impardonnable, ces\nouvrages représentant, au point de vue académique, des écarts infiniment\nmoindres que les écarts des nombreux Mérimée qui se sont succédés à l'Ins­\n titut.\n     Donc, aucun motif apparent de rancune. Et pourtant il n'est pas une\n page du livre qui ne soit haineuse. Ce n'est pas par chic, par bravade, par\n une sorte de chevalerie littéraire que M. Alphonse Daudet se présente tout\n seul, devant les Quarante, pour leur jeter le défi comme un jeune héros. S'il\n s'y était pris ainsi, bravement, il est probable que les académiciens, gens\n sceptiques et revenus de bien des choses, surtout de la chevalerie, eussent\n  envoyé se moucher le jeune téméraire. Mais aussi on eut applaudi la har­\n  diesse du chevalier, on eut admiré son allure, sa candeur, sa franchise et\n  même sa naïveté, car qu'est-ce que cela peut bien faire à l'art qu'il y ait une\n  académie ou qu'il n'y en ait pas?\n      Etant donné que l'homme est enclin à fonder des « institutions » de tous\n  genres et à ériger des sociétés de toutes espèces rien que pour satisfaire la\n  manie de constituer des bureaux avec un président et des assesseurs, je ne\n  vois pas pourquoi, étant donné ce doux et inoffensif besoin, on s'en pren­\n  drait à l'Institut plus qu'à toute autre institution de decorum ou d'agrément\n  existante?\n      A considérer les choses justement, l'Académie est demeurée, de tous les\n   Salons, l'un des plus convenables; l'on y rencontre même encore des gens\n   de choix comme M. Taine, M. Renan et quelques autres; on y prononce,\n   en moyenne tous les lustres, un discours charmant de finesse et d'esprit et\n   qui ne devrait déranger personne, pas même les artistes, due si l'Académie\n   offre quelques ridicules, il était permis de les bafouer avec verve et humour\n   et même de s'égayer un peu aux dépens de quelques personnalités. Mais\n   traiter tous ces gens à palme comme des croquants et des sots, sans excep­\n   ter un seul des Quarante, c'est bizarre et c'est maladroitement frapper à\n   côté.\n       Aussi les gens que l'Académie intéresse peuvent-ils dormir tranquillles :\n   malgré l'Immortel, l'Institut tiendra bon. Quant à nous que l'Académie\n   intéresse moins, il nous est indifférent que les coups de M. Daudet aient\n    porté ou n'aient pas porté. Seulement, si nous devions nous prononcer entre\n    le salon littéraire et l'officine à roman transformée en loge de concierge où\n    aboutissent tous les potins, les vrais comme les faux, et plus souvent les\n"}, {"page_pdf": 307, "texte": "                                    — 268 —\n\n    grossiers que les fins, nous dirions que nous préférons encore l'Académie et\n    son inertie et sa vétusté aux efforts et au travail de M. Daudet.\n      Depuis quelque temps, en effet, il s'est mis aux écoutes et a ouvert clan­\n    destinement une agence où se recueillent tous les mauvais bruits littéraires.\n   Je m'imagine cela : quelques écrivains ratés, quelques méridionaux éche­\n   velés, quelques femmes bavardes, une collection de mauvaises langues mâles\n   et femelles et, au milieu de la collection, M. Daudet piquant des notes,\n   notant les racontars en se disant : tous ces potins font de la copie et il est\n   bien plus facile de faire un roman comme cela !\n      D'observateur qu'il était, M. Daudet est ainsi devenu colporteur d'anec­\n   dotes médiocres, souvent triviales, qui ont un certain piquant lorsqu'on les\n   raconte toutes chaudes, mais qui n'ont pas assez de caractère pour qu'on\n  leur fasse les honneurs du livre. S'il fallait défalquer de l'Immortel l'élé­\n  ment potin, il ne resterait rien ou presque rien ayant plus ou moins de\n  valeur littéraire.\n      D'ailleurs, depuis le Nabab, tous les ouvrages de l'auteur du Petit Chose\n  se ressemblent, avec cette différence que les qualités s'en vont et que les\n  défauts restent. Le procédé est devenu si transparent que l'on parierait\n  d'écrire quasi exactement un roman-spécimen de ses œuvres, lesquelles\n  tournent à la gazette perfectionnée.\n     La même ficelle, toujours, les mêmes effets, les mêmes moyens de com­\n position ; la même irréprochable vraisemblance dans la succession des évé­\n nements ; le même style soigné, court, mince, propre, coquet, très sur­\n veillé; le même infaillible assemblage de parisiens et de rastaquouères et,\n quand il n'y a pas de rastaquouères, de méridionaux ; la même disposition\n du décor, le plus souvent Paris, mais inévitablement quelque scène de cam­\n pagne comme motifs à descriptions; les mêmes lettres invariablement, un\n peu niaises toujours et qui servent à l'auteur de véhicule à médisances ou lui\n permettent d'esquiver une situation en la faisant conter épistolairement;\n enfin, même allusion au ménage Daudet et à l'artiste qu'il est, lui!\n     Dans l'Immortel, M. Daudet, c'est apparemment Védrine, le marquis\n de Védrine, qui ne veut pas porter son titre parce qu'il est artiste. Vous\n avez bien lu : parce qu'il est artiste. Comme s'il n'était pas naturel qu'un\nartiste qui doit avoir le sens aristocratique, même inconsciemment, même\ns'il a des convictions rouges, se réclame de sa race. Sinon c'est un politi­\nquard égaré dans la littérature, ignorant que l'art est inséparable de l'ex­\nception. Ce Védrine, qui fait de l'art en tous genres, est, au reste, un\npersonnage bien insupportable. On nous le représente constamment\naccompagné de sa femme qui, d'une main, retient dans son bras un mioche\nqu'elle allaite et, de l'autre, pousse une petite voiture où se trouve une\nautre progéniture. Védrine sort toujours dans cette société-là, à la ville\ncomme à la campagne, et cela lui fait un auditoire soumis pour des tirades\ninterminables qu'il débite en faveur de l'art jeune, un art jeune — on ne\nsait pas lequel — car il ne précise pas.\n    En disant tantôt que Védrine représentait M. Daudet, j'allais trop loin.\nM. Daudet est encore Parisien, j'imagine, c'est-à-dire spirituel et désinvolte\n"}, {"page_pdf": 308, "texte": "                                  269\n\n\net il n'est pas tombé encore dans la contemplation des vertus bourgeoises.\nNon qu'il faille proscrire de la littérature la mère et l'enfant, mais il ne faut\ntoucher à ce sujet qu'avec du génie, une simplicité qui ne s'apprend pas et\ndont M. Daudet est loin. Je parle ici bien entendu de la mère et non de la\nfemme, de la mère accomplissant la mission qui lui est dévolue. Quand un\nroman met en scène une famille pour honorer les vertus domestiques et\nfamiliales et que la peinture n'est pas absolument réussie, il n'y a pas de\nmilieu : le tableau, s'il est mauvais, ne représente rien de plus qu'un couple\nde reproducteurs avec, auprès, les produits. Dans ce dernier sens, le ménage\nVédrine est exactement rendu.\n   Au demeurant, c'est, je crois, la première fois que pareils types de chro­\nmolithographie figurent dans un des romans de l'auteur de l'Artésienne.\nL'Arlésienne! ce titre me fait penser aux œuvres de grâce, d'ingénuité,\nd'observation menue, mais juste et sincère que l'on attendait de M. Daudet.\nC'est à peine si, dans l'Immortel, nous retrouvons quelques-unes des apti­\ntudes originelles ; le sens de la femme, le tour d'esprit parisien, le joli coup\nd'ceil net et sûr qui permet d'évoquer en un trait heureux le physique d'un\npersonnage; enfin, la fidélité d'une oreille exercée qui retient justement un\nbout de phrase que la plume reproduit exactement. Pas plus d'observation\nque cela, mais c'était suffisant pour coter honorablement un écrivain qu'on\npeut appeler de genre, comme il y a des peintres de genre, et qui a su réus­\nsir de très intéressantes ébauches.\n   Maintenant, ces aptitudes sont devenues lourdes et ont perdu leur spon­\ntanéité et leur légèreté et surtout leur fraîcheur et leur nouveauté. La\nlangue est demeurée attiffée sans aucun nouvel accent et sans être devenue\nlarge et pleine. Il n'y a plus d'art; à peine une lueur artistique brille dans\nle vague d'un incertain fatalisme qui nous était inconnu chez M. Daudet ;\nil n'y a également plus de vérité. M. Daudet travaille aujourd'hui dans le\nfaux habilement. Il y a des détails vrais, vrais chacun séparément, juxta­\nposés ensemble ; la façon irréprochable dont les circonstances modifient des\névénements qu'on attendait indique encore que M. Daudet connaît son\nmétier et se surveille; tout ce qu'il raconte est incontestablement possible\net c'est archi-faux, on en est sûr. Avez-vous remarqué que des œuvres appa­\nremment vraies, vraies par la possibilité du fait, vous laissent dans l'esprit\nune impression de faux, et que d'autres, pleines d'invraisemblances, ont un\nsurprenant accent de vérité humaine?\n   Pour être juste; cependant, envers l'auteur de l'Immortel, accordons-lui\nqu'il a assez ingénieusement substitué à l'intrigue proprement dite des\nmachinations développées avec adresse. Puis mettons à son actif les per­\nsonnages, je veux dire les silhouettes deMmeAstier, de Paul Astier, de la\nduchesse, bien esquissées, et enfin mentionnons cette observation, qui est\nd'une pénétration assez rare et assez subtile : « Il rentrait les griffes de son\nesprit blagueur, sachant que la femme comme le peuple, comme l'enfant et\ntous les êtres de naïveté et de spontanéité, déteste l'ironie qui la déconcerte\net qu'elle sent l'antagoniste des enthousiasmes, des rêveries de l'amour ».\n   Je ne peux pas terminer sans dire l'intention du livre. Il a été écrit en\n"}, {"page_pdf": 309, "texte": "                                      — 270 —\n\n\nfaveur de l'art jeune, en faveur de l'art qui « se casse les reins », comme\ndit Védrine avec exaltation. M. Alphonse Daudet se figure qu'il s'est\n« cassé les reins », et c'est bien possible, car il est courbaturé; il se figure\naussi qu'il représente l'art jeune.\n   L'art jeune c'est, je crois, tout autre chose ; et puissent les jeunes ne\njamais être influencés par une littérature comme celle de l'Immortel, —\ndut l'Académie rester debout.\n                                                         FRANCIS NAUTET.\n\n                                         IV\n\n               Journal de Stendhal,    1 volume. Paris, Charpentier.\n\n    M. R. Colomb, l'exécuteur testamentaire de Beyle, publia jadis, une\n biographie de l'auteur du Rouge et du Noir, empreinte d'ailleurs, de la\n plus amicale malveillance et dans laquelle il citait des fragments inédits\n d'un journal intime.\n    C'est ce journal qu'impriment, aujourd'hui, MM. Stryienski et Gnon.\n    Ce dernier a jugé congruant d'agrémenter le volume d'une préface de sa\n façon qui contient des choses bien extraordinaires. Cet Auvergnat — bien\nportant, sans aucun doute, — exécute, autour de ce qu'il appelle les déca­\ndents, une fantasia hippopotamesque : — « On raffine, déplore-t-il, sur une\nidée, mince comme un cheveu, jusqu'à la couper en quatre ou on nous\ninitie, pendant tout un volume, aux extravagances d'un monomane qui\nfinit par prendre ses aliments du mauvais côté ».\n    On prendrait volontiers la préface de M. François Gnon — de la même\nmanière !\n    Suivent des considérations bizarres, couronnées enfin, par cette ahuris­\nsante conclusion — à citer, intégralement :\n    — « Cela un jeune maître l'a dit récemment avec une autre autorité que\nla nôtre et bien mieux que nous ne saurions le faire et ce n'a pas été une\nmédiocre satisfaction pour nous d'avoir trouvé Stendhal cité entre tant de\nnoms illustres dans la Préface de Pierre et Jean. Il y a, en effet, moins loin\nque l'on ne pourrait le croire, entre le caractère si fouillé, si menu, si en\ndedans de l'auteur du Rouge et du Noir et le talent clair, logique et\nrobuste de l'auteur de Bel-Ami. Tous deux savent tailler en pleine chair\nun personnage, l'entourer d'une atmosphère personnelle où il se meut et se\ndétermine sous de multiples impressions, — avec cette différence capitale\nque Beyle en détaille les origines quand Maupassant les fait apercevoir.\n L'un comme l'autre ils ne se donnent pas tout entiers, et leur pensée, tou­\njours limpide, laisse transparaître tout un ordre d'idées dont l'éveil est un\nplaisir pour les délicats; tous deux ont au suprême degré cette impercep­\ntible ironie qui court insensiblement comme une mélodie bouffe au long de\nla trame d'un récit, - ce qui est le véritable genre français, — tous deux,\nen un mot, appartiennent à cette même et noble famille de romanciers dont\nle premier et le plus grand aussi est LESAGE. »\n   !!!!!!...\n"}, {"page_pdf": 310, "texte": "                                 — 271 —\n\n\n   — Certains océans sont hantés par de très incommodes mollusques qui\ns'agrippent aux flancs des navires : Les commentateurs et les éxégètes, se\nfaisant remorquer à la postérité par les grands écrivains, leurs victimes, ne\nsont-ils pas un peu les cirrhopodes des lettres?\n\n\n\n   Au rebours de ce qui se produit pour Gautier, les Goncourt, Zola, —\npour Flaubert, même, — l'admiration pour Stendhal se corrobore par des\nlectures réitérées. La raison en paraît être, qu'outre une pâture intellec­\ntuelle certaine et toujours nouvelle, au point de vue de la forme, aucune\ndéception ne se peut craindre.\n   On connaît la célèbre boutade : — « Je lis quatre ou cinq pages du\nCode... » — Mais « un peu de charlatanerie est toujours permis au génie ».\n   Il y a évidemment un synchronisme de l'idée et de l'expression ; Stendhal\nl'ignorait moins que personne et son style nous semble singulièrement corré­\nlatif aux nécessités de la psychologie, — en parfait unisson avec sa manière\nde penser.\n    L'on rencontre, chez lui, des phrases qui sont comme les soudaines et\ninvolontaires coulées de lave d'un volcan qui s'efforcerait de se réfréner : —\n « Je voudrais écrire en une langue sacrée ». — « Mon âme est un feu qui\nsouffre lorsqu'il ne flambe pas ! »\n    Ce Journal ne modifie guère la physionomie intellectuelle de Beyle.\n C'est bien — dans la haute acception du terme, — un sentimental ; — et\n un sentimental dont la sensibilité ne s'émoussa jamais à cette perpétuelle\n analyse, — qui jouit jusqu'au bout, de la plus étonnante jeunesse de\n cœur.\n    Comme Baudelaire, Stendhal a eu sa légende : — « Et ma réputation\n de roué, d'homme déjà blasé, écrit-il, avec cette âme si tendre, si timide et\n si mélancolique... » — et plus loin : — « On se venge de l'esprit que les\n autres ont de plus que nous, sur leur caractère ».\n\n                                                       ARNOLD G O F F I N .\n\n\n                                       V\n Madame Lupar,   par C. Lemonnier, 1 volume, Paris, Charpentier. — En   Allemagne,\n                 par le même, 1 volume. Paris, Librairie illustrée.\n\n   Madame Lupar, nous l'espérons, n'aura été que l'erreur passagère d'un\n admirable écrivain. On nous avait annoncé ce roman, longtemps avant qu'il\n parût, comme une psychologie de femme bruxelloise, et nous en attendions\n ce que nous étions en droit d'en attendre : de la psychologie féminine et des\n tableaux bruxellois.\n    Pourquoi ne pas l'avouer au probe artiste que nous aimons? Nous avons\n été déçus. Nous trouvons ce livre pauvre de fond et étrange de forme.\n"}, {"page_pdf": 311, "texte": "                                        272\n\n\n   Il y a là des choses trop simples exprimées dans une langue qui ne l'est pas\n  assez.\n      La femme d'un commis au ministère se prostitue, pour vivre dans le luxe.\n  Le mari l'ignore longtemps et admire l'habileté de sa femme, qui parvient,\n  à force d'économies, à mettre un certain comfort dans sa maison d'em­\n  ployé. Quand il apprend son infamie, il s'écrie d'abord qu'il se tuera, et\n  finit par admettre la honte d'une telle vie, qui continue.\n     Ce n'est pas fait par un analyste d'âme! Le grand peintre de chair et de\n  matière ne trouve pas les détours des cœurs et des cerveaux, il est dépaysé,\n  il semble qu'on lui ait imposé ce roman comme une tâche. Rien, en effet,\n  ne prouve la spontanéité, la fatalité de cette œuvre.\n     Et quelle langue! La recherche du mot rare, le grandiloque voulu en\n  tout, l'habitude de distinguer la forme du fond et d'en faire une partie de\n  l'œuvre qu'on puisse admirer seule, tout cela a produit une langue de\n poème, picturale, chargée de vaines épithètes et qui ne trouve pas les\n choses de l'âme assez intéressantes en elles-mêmes pour les dire simplement.\n     Nous réapprenons aujourd'hui une langue pure et toute spirituelle, une\n langue où rien ne subsiste que de viable et d'éternel. Il s'agit de deviner ce\n que nos descendants admireront et de ne point faire un vain et étroit art de\n mode. Nous avons été avertis de ceci par les Russes, par l'admirable Tolstoï,\n surtout, qui sait si bien ce qu'il faut dire, ni plus ni moins, et comment il\n faut le dire.\n     Par contre, la langue que nous blâmons à propos de Madame Lupar,\n a mieux servi l'auteur dans cet autre livre : En Allemagne. Bien des pué­\nrilités et des vanités de forme n'empêchent pas ces notes de voyage d'être\nsuperbes. Mais ce sont les notes de voyage d'un visionnaire; les chapitres\nrelatifs à Cologne et à Nuremberg sont étonnants. Il y a là des magies\ndescriptives qui saisissent encore, dans notre finale lassitude des formes et\ndes couleurs.\n    Et à propos de la Pinacothèque de Munich M. Lemonnier parle de\nRubens, Jordaens, Van Dyck, Rembrandt, Hals, à la Taine, d'une manière\nsupérieure qui l'égale à ces maîtres, un instant. Et nous sommes heureux\nde pouvoir admirer ici comme nous l'admirions jadis, à la première lecture\nde ses œuvres, le lyrique de la Belgique et du Mâle.\n\n                                                    F E R N A N D SEVERIN.\n\n\n\n                                      VI\n\n           Croquis d'écolier, par Louis DELATTRE. Bruxelles, Manceaux.\n\n  Un volume très jeune, qu'il ne faut pas juger sur la mine, qui est déplo­\nrable. Hideuse couverture jaune, illustrations naïves, air Bibliothèque\nGilon. Mais quand on lit, on ne peut se défendre d'un étonnement très\nagréable.\n"}, {"page_pdf": 312, "texte": "                                   — 273 —\n\n  Figurez-vous la vie de l'écolier wallon décrite simplement, minutieuse­\nment, et bien joliment, par un écrivain qui a encore l'air d'être un enfant, et\nqui en a les grâces et les trouvailles. Beaucoup de wallonismes, mais un\ninstinct remarquable de ce que doit être la prose. Une observation menue,\npas triviale, spirituelle, pleine de sourires au bout des phrases. Quelque\nchose comme une bouffée de vent, cordiale et fraîche. Le début de quelqu'un\nqui ne débutera pas longtemps, s'il le veut bien.\n\n               L'ApolIonide,   par LECONTE DE LISLE. Paris, Lemerre.\n\n   Cette nouvelle oeuvre n'ajoutera rien à la gloire de l'auteur des Poèmes\nbarbares. C'est en vers très beaux et très sonores, trop également beaux\net sonores, un drame lyrique, une tragédie, si l'on préfère.\n   Il nous est difficile de nous intéresser bien vivement à ces personnages\nqui parlent tous la langue des Dieux et dont les caractères uniformes et\nsans relief appréciable ne laissent qu'un souvenir éblouissant et confus.\n   Le Leconte de Lisle que nous aimons et admirons est ailleurs que dans\nces essais de résurrections grecques, froids et académiques presque, malgré\nleurs couleurs éclatantes.\n   Le poète splendide de l'Incantation du Loup, de la Prière védique,\ns'efforce en vain de galvaniser ces mythes réfractaires ; ce sont choses mortes,\n— mortes de ne point avoir vécu, — et que des poèmes tels que l'Apollo­\nnide ne réveilleront pas.\n"}, {"page_pdf": 313, "texte": "                                         — 274 —\n\n\n\n\n                                  MEMENTO\n                                                maîtresses pages, loin d'être expurgées,\n     Henri De Braekeleer, un de nos plus        seront publiées dans toute leur intégrité.\n  illustres peintres, vient de mourir à\n  Anvers. Avec lui disparaît l'un des\n  maîtres de notre belle école flamande,\n  si plantureuse naguère, et si débile             Le vieux boy étudie en ce moment, —\n  aujourd'hui. En attendant qu'elle puisse      pas dans Gil Blas — un projet d'Antholo­\n  tresser au défunt la couronne à laquelle      gie des peintres qui nous paraît destiné à\n  il a droit, la Jeune Belgique salue res­      faire sensation, et auquel M. de Moreau se\n  pectueusement ce grand mort, qui n'est        montre, paraît-il, très favorable. Il s'agirait\n  pas mort tout entier, malgré l'incroyable     d'un riche album de photographies, exécu­\n  dédain où il fut tenu, non seulement par      tées par M. Braun, dont l'éloge n'est plus à\n  les Carthaginois de sa ville natale, mais     faire, et qui représenteraient les meilleurs\n  par les dispensateurs de la manne offi­       morceaux des grandes écoles. Le Vinci don­\n  cielle, qu'il eut le glorieux tort de mé­     nera le sourire de Monna Lisa, et le nez de\n  priser simplement, et profondément.           saint Jean. Le Titien, la barbé' de Fran­\n                                                çois I e r ; Rubens, un chien altéré tiré du\n                     ***                        Martyre de Saint-Liévin, et une pelisse\n     Notre confrère James, co-directeur de      détachée du portrait d'Hélène Fourment;\n  la Société Nouvelle vient d'être doulou­      Rembrandt, le trophée de la Résurrection\n  reusement frappé par la mort de son           de Lazare, et Steen, le hareng et les deux\n  père M. Edouard James, professeur à           oignons de l'Offre galante.\n  l'Université.                                   C'est l'ex-aveugle du Pont-des-Arts qu\n     Nous lui adressons nos plus vives          surveillera les travaux.\n  condoléances.\n     Ceux d'entre nous qui ont connu le\n  professeur James le regrettent sincère­\n  ment car c'était, parmi tant de pédago­           Le journal ha Paix a publié l'articulet\n  gues vaniteux, un homme modeste,               suivant :\n  affable et indulgent.                             « Nous n'avons garde de nous associer\n                                                 aux félicitations que des confrères amis\n                                                adressent au gouvernement pour l'emploi\n                                                qu'il fait des subsides littéraires et artis­\n   En présence du succès universel obtenu        tiques. A part la couleur de parti que beau­\npar l'Anthologie des prosateurs       belges,   coup de ces subsides revêtent, l'utilité en\nMM. Picard, Lemonnier, Rodenbach et             est douteuse, souvent nulle et l'on ne sau­\nVerhaeren ont décidé de publier immédia­        rait excuser un tel emploi des deniers des\ntement, — toujours avec l'appui du gouver­      contribuables. Par exemple les 24,000 fr.\nnement — un deuxième volume, consacré           donnés aux auteurs de l'Anthologie Belge,\naux orateurs. Une indiscrétion nous             constituent un des gaspillages de ce genre\npermet d'annoncer que les deux clous de         les moins excusables gui se produisent dans\nl'Anthologie des orateurs belges seront les     le domaine budgétaire. »\ndiscours centre l'art officiel prononcés au       On sait que le directeur de La Paix est\nbanquet Lemonnier par MM. Edmond                M. Coomans, qui figure parmi les prosa­\nPicard et Georges Rodenbach. Ces deux           teurs de l'Anthologie.\n"}, {"page_pdf": 314, "texte": "                                         — 275 —\n\n  Justice bien ordonnée commence par soi-\nmême.\n   De nombreux confrères de La           Paix,      Vient de paraître chez l'éditeur Edmond\njugeant qu'un article rappelant par autant        Deman, rue d'Arenberg : Les poèmes d'Ed­\nde points le sacrifice d'Abraham, ne pou­         gar Poë, traduits par Stéphane Mallarmé.\nvait être suspect de partialité, l'ont repro­       Nous publierons dans notre prochain\nduit mais en y ajoutant une variante à            numéro un article sur ce livre.\nlaquelle M. Coomans n'aurait pas songé et\nqui consiste à attribuer l'Anthologie des\nprosateurs... à la Jeune Belgique !!!\n   Nous leur avons adressé en guise de               Attention!!!     — Lire dans un journal\n poteau indicateur, la lettre suivante, qui les   bruxellois — que nous ne nommons pas\n empêchera désormais de se fourvoyer au           afin de laisser aux amateurs le plaisir de la\n carrefour des Anthologies :                      trouvaille — des articles de critique (!)\n                                                  signés E. L.\n             Bruxelles, le 20 juillet 1888.           « En Belgique, où de détestables usages\n        « Monsieur le Directeur,                  ont altéré presque irrémédiablement           In\n                                                  pureté du débit... » En Belgique où l'on\n   « Votre journal, reproduisant un article\n                                                  prononce droll, Fost, et pâté à la crinme,\nde la Paix dirigé contre l'Anthologie des\n                                                  on connaissait le marollien de Bazoef et le\nprosateurs belges, commet une grosse\n                                                  charabia de Casteleyn : Voici le schaer-\nerreur en nous attribuant la paternité de\n                                                  beekois !\ncette œuvre.\n   « La Jeune Belgique, qui a publié récem­           Ce nouvel idiome a fait de nombreux\nment, sans l'appui de personne et à ses           adeptes. Il aura bientôt ses journaux... tout\nfrais, une anthologie de ses poètes sous ce       entiers, son théâtre, son académie, voire\nlitre : Le Parnasse de la Jeune Belgique,         ses députés.\nn'est absolument pour rien dans la confec­            Pour ce qui est des députés, nous croyons\ntion de l'Anthologie officielle et subsidiée       même qu'il les a déjà.\nqui vient de paraître.                                Comme on va le voir, le schaerbeekois ne\n   « Veuillez, je vous prie, publier cette rec­    manque ni de couleur, ni de saveur ; il pos­\ntification et agréer l'expression de nos meil­     sède, en propre, quelques expressions qu'on\n leurs sentiments.                                 a eu le tort d'attribuer jusqu'à ce jour à la\n                                                   langue française.\n               « Pour la Jeune      Belgique,\n                                                      Nous citons des fragments de lignes cueil­\n                    « HENRY MAUBEL. »\n                                                   lis à droite et à gauche :\n    Quelques journaux ont reproduit cette             « Pour peu qu'on ait fréquenté dans les\n lettre. D'autres chez lesquels la loyauté n'a     milieux littéraires. »\n pas plus cours que les faux billets de la            « S'il fallait s'arrêter à tous les scrupules\n banque de France se sont abstenus de la           de convenance et de discrétion, on ne ferait\n publier, ce qui démontre clairement la            jamais rien        et les ridicules majestueux\n malveillance de leur insinuation.                 ou caducs l'auraient trop facile. »\n    Mal joué, mes petits amis !                        « Il est à craindre quelle ne servira guère\n                                                   et que l'expérience de vendredi restera\n                                                    unique. »\n                                                       « M llcs ... ont fait preuve de tempéra­\n    Notre directeur, M. Max Waller, a reçu,         ment et ne demandent qu'à acquérir... »\n dans son cottage, un exemplaire de l'Antho­        Quoi?\n logie des prosateurs belges. La blessure est          « M. X..., qui fut lui-même beau comé­\n assez grave, dans la région de la rate. Des        dien, a, dans son enseignement, de l'élé­\n soins empressés lui ont été prodigués, —           gance et une liberté dans l'allure qui est\n  pas à l'exemplaire!                               très louable si l'on songe que la plupart\n"}, {"page_pdf": 315, "texte": "                                                  276\n\n de ses élèves concouraient pour la première         derniers peintres modernes. » Nous autres,\n fois. »                                             gens du moyen-âge...\n  !    !    !    !    !    !    !    !    !\n    (La suite au prochain numéro).\n    La Jeune Belgique ouvre un con­\n                                                       M. Victor Janlet, avocat près la Cour\n cours de schaerbeekois. Ses lecteurs, ainsi\n                                                    d'appel de Bruxelles, continue ses études\n que leurs parents, amis et connaissances\n                                                    sur La protection des œuvres de la Pensée.\n sont invités à y prendre part. Elle insérera\n                                                    Le volume qui vient de paraître chez\n les pièces qui lui paraîtront le plus con­\n                                                    Moens, porte le sous-litre : Créations litté­\n formes au génie du nouvel idiome.                  raires. Nous en parlerons dans notre pro­\n                                                    chain numéro.\n\n\n    M. Max Waller termine en ce moment                 Lu dans les Ecrits pour l'Art, — qu'il\n un roman dont l'action se passe en Angle­          serait injuste de confondre avec une publi­\n terre.                                             cation subsidiée, ou Ecrits pour Lard —\n                                                    les instrumentations de M. René Ghil, où\n                                                    « la multitude des divers quadrupèdes finit\n                                                    devant les tourmentes éruptives, et où, à\n   Découpé dans la « Chronique littéraire »\n                                                    la fin, les premiers quadrumanes appa­\nd'une Revue sociale :\n                                                    raissent ».\n  « Voici à peine un siècle que la bour­\ngeoisie est maîtresse du monde et déjà, de             Et maintenant, comme dit Shakespeare,\ntous côtés, se font entendre les signes pré­        écoutons la musique :\ncurseurs de sa fin prochaine. »                    Mieux quadrupédant haut en des géométries\n  Le chant du signe, alors?                        Longipèdes et mal adroites... or, par stries,\n                                                   Et d'improviser monts et de monts permanents :\n                                                   En quels torrents de leurs lueurs en quels torrents !\n                                                   Qui des derniers levers ardents là luxurie,\n    Dans la même Revue sociale, à propos           Le sommet loin multiple en heurts d'intempérie,\n                                                   Irrite l'horizon et ses heurts imminents\n de l'exposition des dessins et des manus­         De désastres parmi la tompête vivante\ncrits de Victor Hugo, un M. Albert Michel          Irruants! Quand la mer de phosphores haut vente\n s'exprime en ces termes, qui mériteraient         Et le vent et le vent et le vent et le vent...\n d'être dieux :                                      Ce dernier vers réalise admirablement le\n    « Je me permets de ne pas aimer le Vic­        type de l'alexandrin économique.\ntor Hugo des dernières années, le voyant,            Après les quadrupèdes, il n'est pas facile\nl'inspiré, le prophète, qui me porte sur les       de Meilleur devenir !\nnerfs... il y a deux Victor Hugo : celui qui\nne pose pas et qui se borne à noter pittores-\nquement les choses, et celui qui se perche\n[sic) et qui pontifie, l'artiste des Orientales\n                                                     M. Henry Bauer, dans un article sur Le\net le voyant de Pitié suprême... »\n                                                   Wagnérisme publié dans Gil Blas, appelle\n   Cette mère Michel, qui se permet ces            notre compatriote, M. Ernest Van Dyck, un\nchoses, et qui se perche sur le perchoir des       chanteur français,\nSarcey, a évidemment perdu son chat. Ne\ndeviens pas vert, Michel !\n\n                                                      On annonce la mort de M. Emile Henne­\n                                                   quin, dont les critiques littéraires avaient été\n                                                   remarquées dans la Revue indépendante et\n  Piqué dans un article de la Nation :             dans la Revue contemporaine, — et la déco­\n  Henri De Braekeleer était l'un de nos            ration de M. Théodore de Banville.\n"}, {"page_pdf": 316, "texte": "A         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n     de Block's Universal Wine C°\n                 6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA. BOURSE)\n                       ET   MONTAGNE DE LA C O U R\n\n\n\n\n E\n          n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\n\nGIL BLAS,                journal quotidien français, boulevard des Capu­\n    cines, 16, à Paris; publie F I L L E D'EMPEREUR, par OLIVIER DES\n    ARMOISES. Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs;\n    en vente partout.\n\n\n\n      ASSOCIATION VINIOOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                 EPERNAY\n\n\n                                          Prix Courant\n                            Baron J. de Warnimont                               2 25\n                            Marquis Armand de St-Hubert .             .   .   . 2 76\n                            R O S É E J E U N E BELGIQUE                        3 00\n                            Crême d'Ay         id.                              3 50\n                            Bouzy extra        id.         Cuvée réservée.      4 50\n                            Bouzy Cristal      id.         . . . . . .          5 00\n                                        0.50 en plus par 2/2 bouteilles\n                                   EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 2 5 BOUTEILLES\n\n                            Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n             ENTREPOSITAIRE         : COULOMB-ROBIETS\n       19,   B o u l e v a r d d u N o r d , 19, à B r u x e l l e s\n"}, {"page_pdf": 317, "texte": "                                   EN       VENTE\n                                            A LA\n\n\n\nLIBRAIRIE LÉON VANIER\n                        19, Quai Saint-Michel, Paris\n\n\n          ENVOI FRANCO CONTRE T I M B R E S - P O S T E OU MANDAT\n                                                                                        Francs.\n                             P A R N A S S E D E LA J E U N E B E L G I Q U E   .   .     7 50\nPaul ADAM. . . . .           Soi. . . . . . . . ;                                        3 50\n       —                     Le Thé chez Miranda (en collaborat, avec Jean MORÉAS)       3 50\n       —                     Les Demoiselles Goubert.      —             —               3 50\n       —                     Être                                                        3 50\nJean AJALBERT . . .          Paysages de femmes (dessin de RAFFAELLI) . . . .            3 00\nMaurice BARRÉS . . .         Les Taches d'encre (les 4 numéros)                          4 00\n       —                     Sous l'œil des Barbares                                     3 50\nRobert CAZE . . . .          La foire aux peintres                                       1 00\nPhilibert DELORME . .        Arlequins de Macadam                                        3 50\nEdouard DUJARDIN . .         Les Hantises                                                3 50\nJ.-K. HUYSMANS . . .         Croquis parisiens (avec portrait)                           6 00\n       —                     Le Drageoir aux épices                                      5 00\n       —                     Un Dilemme                                                  2 00\nGustave KAHN . . .           Les Palais nomades                                          3 50\nJules LAFORGUE . . .         Les Complaintes                                             3 00\n       —                     L'Imitation de N. D. la Lune                                2 00\n                             Moralités légendaires                                       6 00\nStéphane MALLARMÉ .          L'Après-midi d'un Faune (dessins de MANET) . . .            5 00\n       —                     Poème d'Edgard Poë (dessins de MANET)                      12 00\n       —                     Le Corbeau d'Edgard Poe' (dessins de MANET) . . .          25 00\nStuart MERRILL . . .         Les Gammes                                                  2 00\nJean MORÉAS . . . .          Les Syrtes (épuisé)                                        10 00\n    - —                      Les Cantilènes                                              3 50\n       —                     Les Demoiselles Goubert (en collab. avec Paul ADAM) .       3 50\n       —                     Le Thé chez Miranda           —       .     —               3 50\nFrancis POICTEVIN . .        Seuls                                                       3 50\nErnest RAYNAUD .    .        Le Signe                                     . . . .        1 00\nHugues REBELL . . .          Etourdissements                                             4 00\nHenri DE REGNIER . .         Les Lendemains (épuisé)                                     5 00\n       —                     Apaisement                                                  2 00\n       —                     Sites                                                       2 00\n       —                     Episodes                                                    6 00\nPaul VERLAINE . . .          Fêtes galantes                                              3 00\n      —                      Sagesse                                                     3 00\n       —                     Romances sans paroles                                       3 00\n                             La bonne Chanson                                            2 00\n       —                     Jadis et naguère                                            3 00\n       —                     Amour                                                       3 00\n       —                     Mémoire d'un veuf (prose)                                   3 50\nJules VIDAI, et BYL .    .   Sœur Philomène (pièce en deux actes, tirée du roman\n                               de MM. de Concourt)                                       1 00\nJules VIDAL . . . .          Le Jupon.                                            .      3 50\nFrancis VIELÉ-GRIFFIN.       Cueille d'Avril (épuisé)\n       —                     Les Cygnes                                                  3 50\n                             Ancaeus                                                     3 50\n\n\n                   Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1888-08-01", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 282."}}