{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "9e ANNÉE. TOME VIII, N° 4", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 180, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 522, "texte": "9e ANNÉE.   TOME VIII, N° 4        PRIX: FR. 0-.75                  MAI 1889.\n\n\n\n\n                                         BRUXELLES\n                                REDACTION :           ADMINISTRATION :\n                              72, RUE DE TRÊVES,      26, RUE DE L'INDUSTRIE.\n\n                                             PARIS\n                                    LÉON    V A N I E R , ÉDITEUR\n                                           10, Quai Saint-Michel\n\n                                                   1889\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-017", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "travaillez et au revoir", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La direction rappelle", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 181, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2279, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n   17. Avons reçu invitation à visiter l'exposition d'un peintre anonyme, rue perdue,\nnuméro inconnu. Envoyons remercîments et regrets à l'adresse susdite.\n   18. CHÉRIE. Seriez-vous la fille de M. de Goncourt? Votre nouvelle est exquise... et ne\nvaut pas le diable, bien qu'il y ait collaboré. Qui ça, IL? — le diable parbleu, celui des\npetites jeunes filles qui rêvent d'écrire leur folle confession. Venez nous voir un de ces\njours. .. avec votre miss gouvernante. — Il faut sauvegarder les convenances. — Pendant\nqu'elle lira les journaux de mode nous causerons de littérature pour embêter le gouver­\nnement.\n   19. UN LECTEUR ASSIDU. Si vous voulez bien nous continuer votre assiduité. Monsieur,\nvous pourrez lire au Memento la mention de l'article que vous nous signalez obligeam­\nment. On nous l'avait signalé et adressé d'autre part déjà, mais trop tard pour qu'il nous\nfût possible de le citer dans le précédent numéro. Merci à vous.\n   20. H. V., ST-GILLES. Nous finirons par devoir acheter un panier spécial pour y jeter\nles fautes de français que vous nous envoyez. Ça du français! Allons donc! C'est du\nprussien japonisant. Faites de la politique !\n   21. LILI. Est-ce que le dernier envoi est une parodie ? Si c'est une parodie, elle n'est\npas drôle. Et si c'est une     odie, elle l'est trop, — drôle.\n   22. PANURGE. Merci pour l'assurance de votre sympathie. Quant aux vers, dont l'inten­\ntion est excellente, ils sont malheureusement trop vieux jeu pour nous. Vous voyez que\nnous sommes francs. Retournez à vos moutons, Panurge, et s'ils bêlent mieux, revenez.\nS'ils sont trop vieux pour bêler mieux, consolez vous en nous traitant d'imbéciles. Nous\ny sommes habitués. N.B Le mouton fait : bêêê. Voir la farce de Maître Pathelin. Merci\nencore, et salamalecs.\n   23. GEORGES LIED. Votre poème en prose ne manque pas de qualités, et vous non plus,\nprobablement. Mais il est long, long... Et puis cette façon de répéter trente fois le même\nmot, nous paraît un peu puérile. C'est du spasme grammatical. On dirait une traduction\nd'un poème d'Edgar Poë récitée par un bègue. Au fond de cette critique qui a les pieds\ndans votre plat, il y a encore un éloge. L'appréciez-vous? Si oui, travaillez, et au revoir.\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-018", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis de la direction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "La direction rappelle", "ancre_fin": "l Exposition des Aquarellistes", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ABONNEMENT GRATUIT", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 181, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 2279, "fin_caractere_exclue": 3949, "texte": "La direction rappelle aux lecteurs de La Jeune Belgique qu'elle assume\nseule la responsabilité des articles qui paraissent sans signature dans la\nrevue. Ils n'ont en aucune façon un caractère collectif ou anonyme.\n   Elle prie ses collaborateurs de lui adresser la copie au plus tard le 20\ndu mois afin d'assurer la publication régulière de la revue.\n   La Jeune Belgique inaugure son P E T I T SALON D E TIR.\n  N O T R E NUMÉRO 2 est à peu près épuisé.\n  Afin de satisfaire aux nombreuses demandes d'abonnement qui nous\nparviennent, nous prions les personnes qui ne collectionnent pas la Jeune\nBelgique de vouloir bien nous renvoyer ce numéro dont le prix leur sera\nremboursé.\n   On demande un critique musical très jeune et très injuste qui n'ait\nencore servi dans aucun journal quotidien. Pas de gages, mais des égards.\n   Se présenter muni de certificats aux bureaux de la Jeune Belgique, tous\nles jours, de 2 à 4 heures.\n   L'abondance des chroniques nous force à remettre au prochain numéro,\ndes pages de Prose de M. Maurice Desombiaux, des Vers de M. Boels, une\nétude de M. Francis Nautet sur Ibsen, qui attend son tour de publication\ndepuis plusieurs semaines, ainsi qu'un article sur le livre que notre colla­\nborateur, Grégoire Le Roy, vient de faire paraître en une édition merveil­\nleuse, avec un admirable dessin de Fernand Khnopff.\n   Nous aurons à dire un mot, aussi, de l'Anthologie que dirige M. Albert\nde Nocée et qui a inauguré ses Feuillets de luxe par une nouvelle de\nCamille Lemonnier: Le Riddijck. Au prochain, aussi, le compte-rendu des\nLégendes de la Meuse, des Japoneries d'automne et celui de l'Exposition\ndes Aquarellistes.\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 157, "page_fin": 165, "titre_corps": "La Jeune Belgique à la Chambre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE A LA CHAMBRE", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 182, "page_imprimee": 157, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 1944, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE\n                          A LA CHAMBRE\n\n\n              Il nous manquait encore une consécration,\n                                 venant d'en haut, de très haut, dans ce pays\n                                 de la médiocrité triomphante, où tout ce qui\n                                    est mesquin brille au pinacle, où tout ce\n                                 qui est fier est condamné aux bas-fonds, à\n                                 perpétuité. Il nous manquait, dans ce pays qui,\n                                   selon l'admirable expression de M. Taine,\n                                   marche sur sa tête et pense par ses pieds, il\n                                   nous manquait la consécration indélébile\n                   que peut donner l'outrage officiel, lancé de la tribune\n                   parlementaire, au nom de la nauséabonde pruderie laïque,\n                   gratuite et obligatoire, à ceux qui ont le souci de penser\n                   plus haut que leur ventre, et de ne pas laisser tomber aux\n                   pourceaux l'héritage artistique de notre race. Il nous man­\n                   quait d'être vilipendés, calomniés, bafoués, et dénoncés\n                    au parquet par les solennels grotesques qui gardent\n                   précieusement le trésor de la bêtise nationale, par les\n                 vestales du sexe auquel on doit les représentants et les séna­\n                 teurs, et qui, depuis 1830, veillent avec un soin jaloux sur le\n              feu sacré de la nullité belge.\n                 La Jeune Belgique a eu l'honneur d'être insultée et ridi­\n              culisée à la Chambre. Elle va faire ce qu'elle peut pour trans­\nmettre aux artistes de l'avenir les noms de ses détracteurs. Ces plaisanteries\net ces insultes, qui risquaient de moisir oubliées dans le fatras des Annales\nparlementaires, elle tient à leur communiquer une étincelle de sa vitalité\n"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 158, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2572, "texte": "                                        158\n\n et de sa force. Elle leur fait l'aumône d'un peu de sa gloire certaine.. Et ce\n sont les Béotiens du Parlement qui resteront ses obligés.\n\n\n\n   C'est M. Charles Woeste qui, à propos d'une publication que nous avons\nappréciée naguère, et sur le mérite de laquelle nous n'avons pas à revenir,\na mis la torche au feu d'artifice de sottises tiré par la Chambre en l'honneur\nde sa propre indignité.\n\n   Voici, d'après les Annales parlementaires,     l'origine de l'incident :\n   M. WOESTE. — Nous possédons ici une petite école qui s'appelle la\nJeune Belgique.\n   Elle use certes de son droit en essayant de convertir le public à ses idées ;\nmais il est certain qu'elle est très exclusive : c'est en quelque sorte une école\nd'admiration mutuelle !\n   M. SCOUMANNE. — Il n'y en a pas d'autres.\n   M. WOESTE. — Or, à la suite des observations présentées ici, il se trouve\n que quatre représentants de cette jeune école ont demandé au gouverne­\nment de subsidier une anthologie des écrivains belges.\n   Le gouvernement eût dû être défiant, car cette œuvre devait être fatale­\nment partiale. Le premier volume a paru — celui des prosateurs — et on\nn'y voit même pas figurer notre éminent collègue, M. Thonissen, dont les\nœuvres sont connues de l'Europe entière !\n   M. NOTHOMB. — M. J.-B. Nothomb n'y figure pas non plus!\n   M. WOESTE. — En effet, M. J.-B. Nothomb n'y figure pas non plus, lui\nqui a élevé un monument à la gloire des hommes de 1830!\n   M. NOTHOMB. — Je vous remercie.\n   M. WOESTE. — Cette école cherche à introduire en Belgique un style\nheurté, exagéré, vraiment incompréhensible...\n   M. DE KERCHOVE DE DENTERGHEM.— On appelait cela naguère style\npicaresque. (On rit.)\n   M. WOESTE. — Les notices de l'Anthologie, dont je parlais, n'ont\nguère d'intérêt et elles sont écrites en un style véritablement inintelligible.\n   Dans leur préface, les auteurs déclarent qu'ils ont choisi parmi les œuvres\ndes écrivains « les pages évocatives du plus notoire scrupule littéraire ». Je\nserai peut-être traité demain de Béotien, mais je dois avouer que je n'ai\nrien compris à ces mots et je partage l'avis d'un écrivain qui a traité cette\nfaçon d'écrire de « Belgimatias ».\n   Il m'arrive, du reste, souvent de ne pas comprendre ces auteurs...\n   M. NOTHOMB. — Vous n'êtes pas le seul!\n   M. WOESTE. — Je ne suis pas seul à être traité ainsi de Béotien, et j'en\nsuis heureux; mais il est certain que je suis souvent obligé de relire plu­\nsieurs fois le même fragment pour essayer de comprendre, et je n'y parviens\npas toujours!\n"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 159, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "                                 — 159 —\n\n\n    Si donc le gouvernement a le devoir d'encourager nos jeunes écrivains,\nj'estime qu'il ne doit pas le faire les yeux fermés et entrer ainsi dans une\nvoie dont le dernier terme me paraît être le ridicule.\n   J'ai une dernière observation à présenter.\n    Il y a quelque temps, a paru dans un journal de Paris une nouvelle d'un\nauteur belge, intitulée l'Enfant du Crapaud. On s'en est ému à Paris, où\ncependant la littérature a des allures très libres ; une poursuite correction­\nnelle s'ensuivit et elle s'est terminée par la condamnation de l'écrivain, qui\ns'est fait justice lui-même, car il n'a pas appelé de ce jugement.\n   Or, en Belgique l'écrit condamné a été publié ensuite dans une revue\nhebdomadaire. Le fait a été signalé par la presse et l'on croyait que le par­\nquet belge imiterait le parquet français. Grande a été ma surprise en voyant\nl'inaction du parquet. La reproduction de cette véritable ordure était\nd'autant plus grave qu'il y avait condamnation antérieure. Nous avons\ncependant dans le Code pénal un article qui punit ces choses-là.\n   Ce n'est pas que je veuille pousser à des poursuites exagérées : en matière\nlittéraire, comme en toute chose, il faut être prudent. Mais il s'agissait ici\nd'un travail outrageant gravement la pudeur publique : tout le monde\nle reconnaîtra et on ne comprend pas que le parquet n'ait pas poursuivi.\nEst-ce donc qu'il y aurait deux Code pénal et deux poids et deux mesures?\nJe pose la question au gouvernement.\n   J'espère que quand de pareils défis à l'honnêteté publique se représente­\nront, ils ne seront plus indemnes de poursuites. La société doute de sa force\nquand elle ne sait pas faire respecter les mœurs publiques et on a donné là\nun déplorable exemple à nos écrivains. Aussi, serai-je charmé d'entendre les\nexplications du gouvernement et j'espère qu'elles nous donneront satisfac­\ntion, sinon pour le présent au moins pour l'avenir.\n\n   Les réponses faites à M. Woeste par M. de Moreau, ex-ministre des\nbeaux-arts, et par M. Devolder, son successeur, sont convenables, et ne\nméritent donc pas, au point de vue spécial où nous nous plaçons, qu'on\nles reproduise.\n   Il n'en est pas ainsi des explications fournies par M. Le Jeune, ministre\nde la justice :\n\n   M. LE JEUNE, ministre de la justice. — L'honorable M. Woeste a\ndemandé que le gouvernement voulût s'expliquer au sujet d'un article\npublié dans un journal de Bruxelles, l'Art moderne, reproduisant un\nextrait de la Terre, de Zola, et un écrit intitulé : l'Enfant du Crapaud,\n— ce dernier récemment condamné en police correctionnelle à Paris.\n   Je donnerai ces explications en peu de mots, sur ce sujet que l'on a hâte\nde quitter. Il est toujours pénible d'avoir à provoquer des poursuites ou\nd'avoir à en discuter la nécessité.\n   Je pense qu'il y avait lieu d'exercer des poursuites contre le journal\n"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 160, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2957, "texte": "                                  — 160 —\n\n   français qui a répandu en Belgique la Terre, de Zola, et l'Enfant du Cra-\n  paud. C'est dire ce que je pense de la publication de l'Art moderne.\n      Si le Gil Blas n'a pas été poursuivi à propos de l'Enfant du Crapaud,\n  c'est parce que cette publication a échappé à l'attention du parquet au\n  moment où elle s'est produite en Belgique. (Exclamations.)\n      M. WOESTE. — Je demande la parole. (Bruit.)\n      M. LE PRÉSIDENT. —'Pas d'interruptions, s'il vous plaît, messieurs!\n  Veuillez continuer, monsieur le ministre.\n      M. L E JEUNE, ministre de la justice. — On me demande d'expliquer\n  pourquoi le parquet n'a pas agi et je l'explique. Je ne puis pas faire un\n  reproche au parquet de ne pas lire régulièrement le Gil Blas. (Hilarité.)\n     A GAUCHE : Et le Journal des Tribunaux!\n      M. LE JEUNE, ministre de la justice. — Le Journal des Tribunaux n'a\n  parlé de la Terre, de Zola, et de l'Enfant du Crapaud que longtemps après\n  que le Gil Blas eût répandu en Belgique la Terre, de Zola, et l'Enfant du\n  Crapaud et il en a parlé peu de jours avant l'Art moderne.\n     Je ne puis pas reprocher au parquet de n'avoir pas eu par lui-même con­\n naissance des deux publications à raison desquelles des poursuites auraient\n dû être exercées contre le Gil Blas.\n     Quant à moi, je n'ai connu l'Enfant du Crapaud que par l'article de\n l'Art moderne sur lequel mon attention a été appelée sur le champ. C'est\n ainsi que je suis à même de fournir en ce moment les explications que\n l'honorable M. Woeste a demandées.\n     A propos de l'article de l'Art moderne, j'ai réclamé, à cette époque, les\n explications que je viens de reproduire en ce qui concerne la publication de\n l'Enfant du Crapaud par le Gil Blas.\n     Maintenant, pourquoi l'Art moderne n'a-t-il pas été poursuivi? Le par­\n quet a pensé que l'Art moderne comme le Journal des Tribunaux, n'ayant\n reproduit l'écrit en question que dans le compte-rendu d'un procès, l'ap­\n préciation du jury serait vraisemblablement dans le sens d'un acquittement.\n     Cette éventualité présentait le grand inconvénient d'exposer le parquet\n de Bruxelles à affaiblir par ses poursuites le salutaire effet de la condam­\n nation qui venait d'être prononcée à Paris.\n     Puis, pour des publications de ce genre, même quand il en doit\n coûter quelque argent, une poursuite est, en général, une bonne fortune.\n La poursuite leur taille une réclame.\n     Dans cet état de choses, le parquet a pensé que mieux valait ne pas\n renouveler par une poursuite le bruit qui s'était fait autour de l'écrit con­\n damné à Paris.\n     M. WOESTE. — Alors, il ne faut pas poursuivre les écrits pornogra­\n phiques?\n     M. LE JEUNE, ministre de la justice. — Cela dépend.\n    M. WOESTE. — Comment? cela dépend. Le Code pénal ne dit pas :\nCela dépend !\n    M. LE JEUNE, ministre de la justice. — Evidemment, mais il y a tou­\njours, en pareil cas, une question d'opportunité.\n"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2695, "texte": "                                  — 161 —\n\n   Voilà les explications que j'avais à donner au sujet de l'absence de pour­\nsuites contre la publication primitive par le Gil Blas de la Tere, de Zola,\net de l'Enfant du Crapaud.\n   J'ai pensé, comme le parquet, que, au moment où des poursuites auraient\npu être exercées contre le journal l'Art moderne, ces poursuites n'eussent\npas été opportunes.\n\n   M. Woeste étant revenu à la charge, M. Le Jeune, ministre de la jus­\ntice, a expliqué ses explications, et a terminé son discours par la phrase\nsuivante :\n\n   Du reste, de telles poursuites sont difficiles. Le procureur général me\ndira qu'il ne lit pas ces écrits; qu'il faut qu'on les lui renseigne. Et, si tout\nle monde se plaint en cette matière, PERSONNE CEPENDANT N'AIDÉ LE\nPARQUET POUR RÉPRIMER LA PORNOGRAPHIE !\n   Il est donc facile de comprendre que le parquet n'ait pas poursuivi ayant,\nété averti tardivement : en ces matières, les poursuites immédiates sont la\ncondition d'une répression salutaire.\n\n  Dans la même séance, M. Melot, représentant de Namur, et rapporteur\nde la section centrale, a prononcé une harangue qui mérite de passer à la\nplus extrême postérité.\n  Voici le passage le plus auvergnat de cette élucubration parlementaire,\ndigne en tous points du Tribulat Bonhomet qui, dans son rapport, a\ncomparé l'art à la grande voirie :\n\n   Ce qui s'est accru surtout au budget, ce sont les dépenses qui ont un\ncaractère personnel : ainsi les crédits pour le personnel des différentes insti­\ntutions artistiques et scientifiques, pour des commandes et des subsides.\n   C'est ici qu'une seconde comparaison se présente. Les artistes et les litté­\nrateurs seraient injustes s'ils se plaignaient de notre budget. On se garderait\nbien de les négliger : leur plume ou leur pinceau ne peut-il donner la répu­\ntation et la célébrité?\n   Des écoles, des académies ont été établies pour eux ; des bourses leur sont\nallouées pour leurs études; on leur fournit le moyen, par des allocations\nbudgétaires, de continuer ces études dans les contrées étrangères ; on achète\nensuite leurs œuvres, et nul n'ignore à quelles critiques ont souvent donné\nlieu ces achats. Sous le nom de missions, on paye parfois leurs voyages ; on\nles secourt quand ils sont pauvres, que leur pinceau ou leur plume,\ndédaigné par d'ingrats contemporains, n'a pas assuré la subsistance de leur\nvieillesse, et, après leur mort, la main généreuse de l'Etat soutient encore\nleur veuve et leurs enfants;\n   Dans nulle autre carrière, l'Etat ne suit et ne protège les citoyens, de la\njeunesse à la tombe, avec une si libérale sollicitude; IL NE PROTÈGE AINSI\nNI LES AVOCATS, QUI SONT LES AUXILIAIRES DE LA JUSTICE; NI LES\n"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "                                    —    162   —\n\n\n\nMÉDECINS, QUI VEILLENT A LA SANTÉ PUBLIQUE, NI LES INDUSTRIELS,\nQUI ENRICHISSENT LE PAYS, NI LES AGRICULTEURS, QUI FONT SORTIR\nDU SOL LA N O U R R I T U R E DU P E U P L E .\n\n  Mais, à chaque chose, Messieurs, sa place et son rang; l'homme vit avant\ntout de pain :\n                    Je vis de bonne soupe et non de beau langage.\n\n   Et si la crise agricole se prolonge, aussi intense, aussi rigoureuse, la faim\nrégnera dans nos campagnes, comme elle règne dans d'autres pays de\nl'Europe ; la faim tranchera la question et obligera les citoyens et l'Etat à\ndiriger d'un même côté toutes leurs ressources. Devant cette terrible néces­\nsité, l'éclat des lettres et des arts pâlit et s'efface, et je redis l'impression que\nm'a fait éprouver cette comparaison : que, dans ce temps où la détresse\nagricole exige de si prompts et si efficaces secours, le budget des beaux-arts\ndépasse les subsides inscrits au chapitre de l'agriculture et à celui de la\nvoirie vicinale.\n   Au surplus, pourquoi me tairais-je et ne dirais-je pas toute ma pensée?\nCette comparaison ne me paraît pas blessante et je préfère l'honnête labou­\nreur qui, de l'aube au coucher du soleil, a travaillé la terre pour la forcer à\nporter des moissons et qui, le soir, retourne joyeux près de sa femme et de\nses enfants, à maint poète d'une école nouvelle qui torture le langage pour\nchanter en vers inintelligibles ses passions et ses plaisirs.\n\n   Et ce n'est pas tout : le Cercle des XX n'a rien à envier à la Jeune Bel-\ngique. M. Anspach-Puissant a recommandé, en ces termes, nos jeunes\npeintres à la bienveillance du gouvernement :\n\n   Au risque de passer aussi pour un Béotien, je veux pousser ces observa­\ntions dans un autre ordre d'idées et parler à M. le ministre de l'intéreur non\nplus uniquement de littérature, mais de beaux-arts.\n   On a, il y a quelques années, voté de très grandes dépenses pour élever à\nBruxelles un palais des beaux-arts : ce palais a été détourné de sa destination\npremière; il sert de musée aujourd'hui ; mais le musée d'alors est devenu le\nlocal des expositions périodiques.\n   Je me demande si, dans le désir d'impartialité que le gouvernement\naffiche en matière d'art, il ne va pas trop loin et si, en mettant à la dispo­\nsition de certain groupe tapageur et turbulent, qui semble n'avoir d'autre\nbut que d'exploiter la naïveté des badauds, les salons de l'ancien musée, il\nn'emploie pas les deniers des contribuables à un objet pour lequel ils ne\ndevraient pas être dépensés? Les quelques peintres de talent qui se sont\nfourvoyés par là commencent à s'abstenir de prendre part à ces exhibitions.\nLe gouvernement ne devrait-il pas s'abstenir aussi ?\n   Des expositions se sont succédé et, chaque année, elles sont devenues de\nplus en plus ridicules. Les premières fois, elles avaient cela de bon qu'elles\n"}, {"page_pdf": 188, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2469, "texte": "                                 — 163 —\n\nfaisaient rire et que les visiteurs y passaient au moins quelques instants de\ngaieté.\n   Mais, à force de tomber dans l'exagération, on en est arrivé à ne plus\nmême être drôle. Les visiteurs qui, les premières années, allaient voir ces\ncharges pour se dérider se sont lassés et n'y vont plus.\n   Il y a là un abus auquel il importe de remédier. J'engage le gouvernement\nà réfléchir et à examiner soigneusement s'il doit continuer à donner, en\nquelque sorte, l'estampille officielle à ces mauvaises plaisanteries.\n   Enfin, dans une interruption, à propos de M. Camille Lemonnier et\nd'une de ses œuvres, M. Eeman, représentant de Gand, s'est permis de crier\nà la « cochonnerie ».\n\n\n   Voilà comment, quand, par hasard, il leur arrive de parler de l'art et des\nartistes, s'expriment, avec la conscience de leur infaillibilité, les brasseurs\nde lois qui siègent à la Chambre!\n   Avocats de quatorzième ordre, qu'un long stage de sentinelle au pied du\nmur mitoyen a rendus aptes aux basses besognes de la politique; mar­\nchands de bestiaux, qui contemplent une œuvre littéraire de la même façon\nque leurs bœufs et leurs vaches regardent les locomotives ; industriels\négoïstes, digéreurs de fortunes ; financiers toisés par les yeux de la con­\nscience des pauvres ; fleurs d'ignorance et de nullité, nénuphars fétides éclos\ndes mares électorales, — cela s'avise de renifler l'art, et de s'ériger en\njuge de ce qui peut être jugé par tous, sauf par eux !\n   D'où viennent ces gens-là, pour s'introniser critiques littéraires? Où leur\nmandat? D'où leur compétence?\n   De quel droit ces écorcheurs de français, dont le jargon offusquerait\nM. Georges Ohnet lui-même, de quel droit ces législateurs incapables de\nrédiger correctement un texte de loi, et qui, grâce à leurs patois divers,\ntransforment le Palais de la Nation en une tour de Babel, — moins la\nhauteur — de quel droit viennent-ils censurer les écrivains, les écrivains\nqu'ils ne connaissent pas, et les rappeler, au nom de l'hypocrisie officielle,\nà l'on ne sait quelle poétique bourgeoise, dont ils accrochent les règles\ncaduques aux vieux récits de Théramène qui leur tiennent lieu de litté­\nrature ?\n   Un Sarcey suffit à la France. Et pour la Belgique, cent trente-huit\nSarcey, c'est trop!\n   Mais ne calomnions personne : M. Sarcey lit pour ne pas comprendre,\ntandis que nos cent trente-huit Sarcey ne lisent même pas. Le Sarcey de\nM. Bergerat ne vaut pas les nôtres !\n"}, {"page_pdf": 189, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2696, "texte": "                                  — 164 —\n\n   M. Woeste critique ce qu'il appelle le style de la Jeune Belgique, et,\ndans une lettre adressée à notre directeur, il confesse ignorer l'existence de\nnotre revue. Il parlait donc de la Jeune Belgique sans l'avoir lue, d'après\nles ineptes plaisanteries de certains journaux qui ne l'ont pas lue davan­\ntage. M. Woeste peut être fier : il a inventé l'ignorance à deux degrés !\n   Mais M. Woeste a été distancé, si c'est possible, par un jeune représen­\ntant stagiaire, dont le stage ne sera pas long, car cet Eliacin parlementaire\nnous paraît digne de figurer à côté des plus vieux et des plus repoussants\nJoad de la Chambre, M. Anspach-Puissant, député de Thuin.\n   M. Anspach, — Puissant par alliance — a supplié le gouvernement de\nne plus ouvrir les locaux du Musée aux Jeunes-Belgique de la peinture.\n   Il va falloir que les écrivains et les peintres aillent prendre le mot d'ordre\nchez les élus de la bêtise à 42 francs 32 centimes !\n   Ces Sarcey en Chambre rêvent d'instituer un art officiel, avec brevet de\nsagesse et de beau langage. Un énorme éclat de rire a salué leur prétention,\net à cette seule idée, dans nos vergers littéraires, les pommes ont poussé sur\nles arbres, toutes cuites, à leur intention.\n   Se flatter de régenter l'art, c'est comme si l'on envoyait des convocations\nde garde civique aux étoiles de la Voie lactée.\n\n\n   Ce n'est pas tout : il a fallu encore que la pruderie parlementaire accusât\nM. Camille Lemonnier d'être un vendeur de cartes transparentes, et que\nM. Eeman le traitât, sans le nommer, de cochon. Et pour couronner digne­\nment cette belle aventure, M. Le Jeune, ministre de la justice, un homme\nde talent, un érudit et un lettré, malheureusement embauché dans la poli­\ntique, n'a pas protesté. M. Le Jeune au lieu de relever, comme elle le méri­\ntait, la grossière et sotte incartade de M. Eeman, a fait appel aux dénon­\nciateurs. Il s'est plaint que personne n'aidât le parquet en lui signalant les\nœuvres d'art qui sont dignes des mouchoirs de M. Tartufe !\n   Et tous les orateurs, depuis M. Woeste jusqu'à M. Le Jeune, ont craint\nde se salir les lèvres en prononçant le nom de M. Camille Lemonnier !\n   Pornographe et cochon, cet artiste, qui, depuis plus de vingt ans, travaille\nà excuser sa] patrie, devant l'Europe, de la médiocrité demi-séculaire où\nnous a plongés ce Parlement ! Pornographe et cochon , l'auteur de la\nBelgique, du Mâle, du Mort, des Charniers, et de tant d'autres œuvres\nqui font honneur au génie de notre race! Pornographe et cochon, pour­\nquoi? Pour quelques peintures violentes, pour quelques mots crus?\n   Est-ce ainsi qu'on parle d'un écrivain? Qu'importent les descriptions\n"}, {"page_pdf": 190, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1949, "texte": "                                    — 165 —\n\nvives et les phrases nues, — cela relève de la critique littéraire, et du juge­\nment des écrivains eux-mêmes ! Une seule question était à poser : Sommes-\nnous en présence d'un allumeur de curiosités ou d'un artiste qui a voulu\nfaire une œuvre d'art?\n   L'auteur du Mort est de ceux qui ont droit, sinon à l'admiration, au\nmoins au respect de tous. Chapeau bas devant ce nom-là, M. Eeman !\n   Quant à l'appel lancé par M. Le Jeune aux mouchards littéraires et aux\nVidocq des sentines où grouille Léo Taxil, nous souhaitons qu'il soit\nécouté. M. le ministre se rendra compte, alors, de ce que pèse, dans les\nbalances faussées de certaines consciences, une phrase odieuse, qui n'aurait\njamais dû échapper à un garde des sceaux.\n\n\n\n   Il est temps de conclure. Les cent trente-huit Sarcey de la Chambre, en\nnous insultant, et en nous laissant insulter, nous ont fait le plus enviable\nhonneur auquel des artistes puissent prétendre, en cette fin de siècle, dans\nun pays de mœurs parlementaires. Ces gens là, quand il s'agit d'art, ont un\ninstinct infaillible qui les porte à ridiculiser ce qui est fier, et à salir ce qui\nest beau. Nous les remercions de ce suffrage à rebours, qui recevra l'appro­\nbation universelle, celle des Melot, et aussi la nôtre. Cette unanimité ne\nnous déplaît pas.\n   Les vrais, les seuls représentants de la pensée, en Belgique, ce sont ces\nartistes qu'on a outragés. Les cent trente-huit Sarcey ne sont qu'une coagu­\nlation d'intérêts alvins. Nos écrivains, nos peintres, nos sculpteurs et nos\nmusiciens, voilà le cerveau du pays. Et leur œuvre continuera notre patrie,\nen dehors de toute fiction géographique, malgré les démembrements mêmes,\nalors que les noms de MM. Woeste, Melot et Anspach seront oubliés, et\nque les miasmes de la grande Charogne politique seront depuis longtemps\névaporés sous le ciel.\n                                                  LA J E U N E BELGIQUE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 166, "page_fin": 170, "titre_corps": "Poèmes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "POÈMES", "ancre_fin": "FERNAND SEVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "NOTRE PETIT SALON DE TIR", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 191, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 1299, "texte": "POÈMES\n                             I\n\n          LA CRUAUTÉ DU P R I N T E M P S\n\n Oh! l'enfantin veuvage insulté par les fleurs!\n Mon cœur de délaissé promène ses malades,\n Hélas! et trop de fleurs jonchent ses promenades.\n\n Refermez-vous, lilas, que j'eusse aimés ailleurs,\n Et toi, l'orgueilleux lys, qu'égalera ma dame,\n Epargne tes parfums au vierge qui se pâme.\n\n Précédez-vous l'enfant que je n'espérais plus ?\n Oh! parfumez alors le sentier qui l'amène;\n Effeuillez-vous, lilas, sous les pieds d'une reine.\n\n Mais ne me rouvrez pas de paradis perdus\n Si j'en dois cueillir seul les fleurs pour elle écloses;\n Le souris qu'elle aura me navre dans les roses.\n\n Qu'il en soit de mon cœur comme tu le voudras,\nIgnore seulement le deuil que je te voue;\nTrop de roses, hélas! m'ont évoqué ta joue.\n\nToujours entre les bras, toujours fuyant les bras,\nTon fantôme trop beau m'a dévasté l'aurore;\nAh! vois les yeux perdus dont le regard t'implore\n\nEnfant, tu m'as fait mal; j'en châtierai les fleurs.\nJe vous effeuillerai, roses des rosiers mièvres,\nVos lèvres, trop souvent, mont parlé de ses lèvres.\n\nPauvre courroux d'enfant que trahiront les pleurs!\nTu m'as brisé le cœur, cher cœur de l'inconnue,\nMais je n'ai pas cessé d'espérer sa venue.\n"}, {"page_pdf": 192, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1427, "texte": "                           — 167 —\n\n\n                               II\n\n                            L'AINÉ\n\nVous souvient-il parfois du frère qui vous pleure,\nPauvre sœur de jadis, lasse de mes pareils ?\nJe suis l'aîné pensif qui veilla vos sommeils.\n\nOit sont-ils, vos frissons de grand lys qu'on effleure ?\nEt ces soirs fraternels, qui fleuraient le tilleul?\nAutant d'obscurs bonheurs dont je me souviens seul.\n\nCar je me les rappelle avec les mêmes larmes.\nVous ne connaîtrez pas l'extase des regards :\nJe vous ai vu dormir en vos cheveux épars.\n\nEt la douce ombre, alors, qui nous tombait des charmes!\nEt qu'ils fleurent longtemps au fond du souvenir,\nCes bouquets que vos mains n'avaient pu retenir!\n\nMains gauches à souhait, encor vierges d'échanges,\nEt qui, lasses des jeux et des bouquets cueillis,\nAvaient, en s'endormant, laissé tomber ces lys.\n\nO sourire endormi d'enfant qui rit aux anges,\nSouffle digne des fleurs, parfums d'un sang bien né,\nPremier et seul amour des lèvres de l'aîné,\n\nPauvres riens qu'elle oublie, hélas! comme on s'oublie,\nVivez dans ce seul cœur mort de son seul espoir,\nQu'il souffre bien par vous, en ses heures de soir.\n\nJe me suis enfermé dans ma mélancolie :\nSi quelqu'un de mortel vit pleurer mes vingt ans\nCe sont de fières fleurs mortes depuis longtemps.\n\nElle dort en mon cœur, comme dans une châsse,\nLa Belle-au-bois-dormant que vous ave\\ été;\nJ'ai mêlé mes instants à son éternité.\n"}, {"page_pdf": 193, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1455, "texte": "                         — 168 —\n\nIl est trop tard! En vain au fond d'une voix lasse.\n Vous chercherez pour moi quelque accent triste et doux :\nVous n'aurez plus ce cœur qui ne pense qu'à vous.\n\n\n                            III\n\n         LES ADIEUX AU BORD DE LA MER\n\nDieu bénisse vos soirs, reine de mes tristesses.\nNous nous étions fait mal dans toutes nos caresses;\nQuels longs adieux, pourtant, nous avons échangés!\n\nJ'ai baisé dans mes pleurs vos doigts las de leurs bagues;\nTant mon cœur s'effarait devant ces pays vagues\nOù les soirs les plus beaux me seraient étrangers.\n\nLe départ attristait les mers occidentales.\nVous m'avez attiré jusqu'à vos lèvres pâles,\nSous vos cheveux royaux semés de fleurs des eaux.\n\nQue de sanglots d'enfant dans ce baiser suprême!\nAdieux, derniers adieux d'une reine qui m'aime,\nJ'ai bien souffert par vous dans les pays nouveaux!\n\nBeaux pays, et parés pour une bienvenue!\nHélas! et que m'était cette terre inconnue?\nJ'y portais votre amour comme un trophée amer.\n\nEt votre orgueil connut ces paroles bénignes :\n« Que vous ai-je donc f ait qui rappelle vos cygnes?\nAh! laissez-les, sans vous, retourner sur la mer.\n\nMais je sens s'attendrir mon cœur longtemps rebelle :\nCelle qui vous attend est sans doute bien belle?\nJe mourrai loin de vous dans mes pâles cheveux. »\n\nO ma sœur, ai-je dit, ne parlez pas de charmes.\nJe ne sais qui m'attend, et vous voyez mes larmes;\nDaignent les soirs d'été vous rendre vos aveux.\n"}, {"page_pdf": 194, "page_imprimee": 169, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "                         —   169   —\n\n\nLes soirs! pleins de rayons, de chansons et d'haleines,\nEt que j'explorerai sur de mornes carènes,\nCes soirs, tristes pour moi, Dieu vous les fasse doux !\n\nNous nous serons aimés, pourtant, cette seule heure!\nAh! navire trop lent, reçois un cœur qui pleure;\nFais le soir et la mer bien vastes entre nous.\n\n\n\n                             IV\n\n\n                    LA REINE MORTE\n\nVoilà donc les baisers que tu m'avais promis!\nFuis-moi dans le trépas, hautaine comme un cygne;\nTu n'auras pas vaincu ce cœur qui se résigne.\n\n\nLes beaux astres couchés que tes yeux    endormis!\nIls faisaient le matin dans les prés de mon âme :\nHeureux qui passera sous les yeux de ma dame.\n\n\nQuand la mort effeuilla tes roses, m'aimais-tu?\nAh! n'importe; que les ténèbres te soient douces!\nPleines de lits de fleurs, pleines de bancs de mousses.\n\n\nPlus douces que mon cœur, pauvre cœur qui s'est tu,\nEt qui suivit de loin ta noble rêverie,\nCœur plein d'humbles trésors qui t'eussent attendrie\n\nQu'il te soit pardonné; tu ne le savais pas.\nPuisse-ie, en ma prière, être écouté des anges ;\nTon linceul te sera léger comme des langes.\n\n\nHeureux les étrangers que tu regarderas!\nCalme vaisseau parti sur la mer des ténèbres\nLoin d'un culte ignoré, vogue à des cœurs célèbres.\n"}, {"page_pdf": 195, "page_imprimee": 170, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 435, "texte": "                                 —    170       —\n\n\n    Repose en ces cheveux qui défieront la mort.\n    Reine et belle parmi les reines éclipsées,\n    Tu régnas sur l'Ophir de mes bonnes pensées.\n\n    Je nai pas détrôné ton spectre casqué d'or :\n    Fuis-moi pour l'inconnu que la mort te fiance;\n    Je me plais dans la nuit qui répand sa présence.\n                                                         FERNAND   SEVERIN.\n\n\n\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 170, "page_fin": 172, "titre_corps": "Notre petit salon de tir", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Mouche", "ancre_debut": "NOTRE PETIT SALON DE TIR", "ancre_fin": "MOUCHE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 195, "page_imprimee": 170, "debut_caractere": 435, "fin_caractere_exclue": 2414, "texte": "NOTRE PETIT SALON DE TIR\n                               (D'APRÈS       FLOBERT)\n\n\n\n                                          I\n\n                           METEMPSYCHOSE\n\n              Dans le bruisseux silence de l'hémicycle où plane l'âme d'un\n               vieux lion décédé depuis cinquante-neuf ans, on entend comme\n               le bourdonnement d'une mouche qui serait la sœur de celle\n               du coche. Tous les jours on balaie le plancher en gradins\n               afin d'y remuer les microbes de l'éloquence; un peu de pous­\nsière de phrases tournoie à hauteur d'homme pendant qu'à tour de rôle\ndeux ou trois messieurs dévoués se tiennent debout, une main dans la\npoche du pantalon, l'autre faisant des gestes pour que la poussière ne\nretombe pas trop vite. Peu à peu, le tournoiement se fait plus lent, la pous­\nsière plus dense descend, s'amasse, se pose... des voix crient : à demain ! Le\nprésident se couvre. Le monsieur dévoué replie ses gestes et les remet dans\nson tiroir.\n   Or, un de ces lendemains qu'on avait balayé à fond le coin des agricul­\nteurs et que la poussière tournoyait, tournoyait en exhalant des parfums\nde carottes et de navets crus, le monsieur Vestale — un gros dont l'obésité\ntenait le coude en arrêt — qui était chargé de veiller à l'entretien de la\npoussière éloquencielle, et qui s'obstinait depuis un instant à tracer des\nronds dans le vide en pointant l'index dans la direction de quelque chose\navec l'air de dire : « Je parle tout le temps et celui-là ne fait rien. Bien sûr,\nil a payé le concierge pour l'empêcher de balayer son coin », une à une,\ninstinctivement, les têtes se tournèrent vers l'endroit désigné. L'assemblée\nvautrée en une variété de poses molles était dans cet état de somnolence\nqui émousse le regard et prédispose l'imagination aux plus insolites visions.\nElle ne vit d'abord qu'un être courbe aux yeux plisseux de myope dont le\nnez crochu furetait dans un tas de paperasses. Il en retirait quelques-unes,\n"}, {"page_pdf": 196, "page_imprimee": 171, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "                                   —   171   —\n\n\n\nles pliait en cassure, d'un mouvement sec. Puis, tandis qu'un sourire en\ncoup de rasoir étirait ses lèvres minces, de ses deux mains très blanches au\npetit doigt en retroussis — à la façon des femmes qui « pincent du tricot »\n— il amenait des carrés de papier blanc à hauteur de la bouche, sa langue\nacérée, se mettait à les lécher d'un mouvement saccadé, rapide, frénétique,\npresque gourmand : Une, deux, crac! Une, deux, crac!... pendant que les\nlèvres accentuaient le sourire.\n   Au bout de quelques minutes de contemplation, des bulles noires attirées\npar la fixité de tous ces regards, se mirent à voltiger dans l'hémicycle; elles\ngrossirent bientôt jusqu'à devenir de petites noisettes qui bondirent, se\ncroisèrent, tourbillonnèrent dans l'espace comme lancées par une multitude\nd'invisibles bilboquets, et l'on ne sait par quel phénomène d'hypnotisme, le\nmouvement incessant des deux mains crochues devant la langue acérée pre­\nnant tout à coup un relief outré, apparut comme le geste d'un singe affamé\nqui aurait happé les noisettes au bond et les aurait croquées, croquées à la\nhâte, par poignées dans un accès de frénésie gourmande. Alors, retentirent\nde tous côtés des cris perçants inarticulés et la cage entière possédée d'une\népouvantable danse de « Singe-Guy » se rua dans un désordre et un brou­\nhaha indescriptibles...\n   Un silence suivit cette mêlée, un silence profond dans une méditative\nimmobilité : les noisettes avaient cessé de tomber. On entendait maintenant\nle bruit doux de plusieurs centaines de mâchoires qui les croquaient avec\nrecueillement. Puis, le bruit diminua, se fondit en la vague rumeur d'une\ndigestion qui s'apaise... une poignée d'épluchures s'abattit sous un banc,\nune seconde là-bas, une troisième,... des ronflements montèrent çà et là\nramenant l'harmonie dans le silence... La poussière avait repris son tour­\nnoiement normal... Le geste avait changé d'orateur.\n\n                                        II\n\n                             LE M É L O P H O N E\n   Le Moniteur des intérêts bovins, dans un de ses derniers numéros, men­\ntionne une invention récente qui a passé trop inaperçue. C'est celle du\nMélophone, instrument à soufflets et en forme de guitare dont le nom\ns'écrit plus orthographiquement Mélot-Faune. L'auteur a expliqué son\ninvention comme suit :\n   Cet instrument a pour but d'approprier peu à peu les forces vives d'une\nnation aux travaux trop négligés de l'agriculture, d'appliquer aux travaux\nde la terre le principe du service obligatoire dont les bœufs — ces parias\nde l'humanité — sont demeurés, jusqu'à ce jour, les seules victimes.\n   En Belgique, surtout, s'est produite depuis quelques années on ne sait\nquelle émancipation qui tend à détourner les hommes de leur véritable\nfonction ; l'art démoralisateur s'est emparé des esprits, jetant le trouble dans\nles familles, éveillant l'âme dans des corps pesants de bien-être, faisant jaillir\nle feu de cette passion funeste qui signifie la décadence d'une race.\n"}, {"page_pdf": 197, "page_imprimee": 172, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2289, "texte": "                                  —    172   —\n\n\n   Des artistes, — le mot fait frémir! — des artistes, des anarchistes —\nc'est la même chose — sont venus, faisant tournoyer au bout de leurs pin­\nceaux et de leur plume, l'assiette, la vieille et saine assiette de notre Consti­\ntution. Oh ! les jongleurs, les saltimbanques, je ne sais ce qui me retient\nde... Mais non ! ce sont des malheureux qu'il faut plaindre, car la lèpre d'art\nles atteint à la fleur de l'âge. J'en sais qui font des vers et qui n'ont pas\nvingt ans. Vingt ans ! l'âge où nous allions à l'école avec, sous le bras, la\npetite ardoise, dont nous sucions mélancoliquement la touche.\n   Enfin, et pour vous dire toute la chose navrante, Messieurs, la Belgique,\nnotre pauvre Belgique ne digère plus comme en 1830. Vous m'aiderez à la\npréserver de la gastrite en achetant mon instrument dont une application\npersévérante ramènera notre peuple aux saines fonctions de nature et réta­\nblira l'harmonie parmi ce que je nommerai d'une appellation génerale, la\nfaune, c'est-à-dire l'ensemble des animaux de notre pays. L'instrument que\nje vous propose est à trois degrés et fournit un résultat définitif au bout de\nquelques jours. Au premier tour de vis le sujet tombe des folies et des chi­\nmères imaginatives de l'enthousiaste au raisonnement froid et positif de\nl'homme : un poète décadent pourrait construire des chemins de fer écono­\nmiques ou suivre un cours de droit commercial sans la moindre douleur.\n   Au second tour, le raisonnement se restreint aux choses indispensables\nde la vie domestique et l'homme manifeste une sympathie accusée pour les\nanimaux de basse-cour.\n   Au troisième tour, le cerveau n'est plus qu'un peu de matière molle qui\nconcourt à l'harmonie physiologique de l'individu, sans plus le distraire du\nrôle que la nature lui assigne et qui est de contribuer, pour sa part, à la\ncolossale digestion de la matière par la matière jusqu'à la fin des siècles.\n   Cette fin, j'estime qu'il est inutile de la précipiter.\n   Cette démonstration a été unanimement approuvée et nous avons tenu\nd'autant plus à la souligner que des expériences faites sur l'auteur lui-même\nont prouvé d'une façon péremptoire l'efficacité du nouvel engin.\n                                                                MOUCHE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 173, "page_fin": 174, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Sang des fleurs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 198, "page_imprimee": 173, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 2810, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                       I\n\n     Le Sang des fleurs, par M. ANDRÉ FONTAINAS. — Bruxelles, Monnom, 1889.\n\n\n              Dans ses premiers poèmes, M. André Fontainas nous apparaît\n                comme un artiste d'exception.\n                  Parmi les nombreuses fleurs de la jeune école belge, lys\n                mélancoliques, roses douloureuses, œillets équivoques, tulipes\nnoires de désespérance et de spleen, les fleurs de M. André Fontainas fleu­\nrent bon la jeunesse, la force et la santé. Dans ce jardin pessimiste, dont\nles philosophes allemands ont été les jardiniers, ces fleurs semblent exoti­\nques; et si elles saignent, leur sang est si beau, si riche, il coule avec tant\nd'harmonie tranquille, que sa pourpre devient une parure.\n   Parmi les poètes belges, M. André Fontainas est aussi anormal, aussi\nmonstrueux — au sens propre du mot — que M. Théodore de Banville le\nfut naguère parmi les chanteurs du Parnasse contemporain. Il nous fait\npenser à quelque poète de la Pléiade, conçu par Pierre de Ronsard ou\nJoachim du Bellay, et qui serait né, par ricochet, vers la fin du XIXe siècle.\nEt de même qu'un poète baudelairien couvé par un Décaméron d'artistes\ndu XVIe siècle eût été, à leurs yeux, un phénomène, de même M. André\nFontainas s'offre aux artistes de notre temps et de notre race comme un\nanachronisme vivant.\n   Et il ne s'agit pas ici d'un pastiche. L'imitation archaïque, si souple, si\ndéliée qu'elle soit, se trahit toujours par quelque naïveté, ou par quelque\nrouerie, et souvent même par les deux à la fois. Or, il suffit de lire trois\npages du Sang des fleurs pour abandonner toute méfiance, et pour se con­\nvaincre que M. André Fontainas est un poète essentiellement spontané.\n   Le Sang des fleurs est une succession d'odes à la joie, à la jeunesse, à la\nbeauté, à l'amour. Au bout de chacune des fortes rimes du poète, il y a un\nsourire et un baiser. La femme apparaît, gracieuse, certes, mais belle d'une\nbeauté calme, sereine, presque païenne. S'il se trouve, dans le recueil, quel­\nques strophes mélancoliques, elles n'ont rien de cette mélancolie moderne\nqu'on pourrait appeler la convalescence de l'amour. La mélancolie du Sang\ndes fleurs, si elle existe, est une mélancolie d'avant l'amour partagé. Elle\nn'est pas plus déchirante que celle de Ronsard, et comme elle émane d'un\njeune homme ivre de sa jeunesse et de son énergie, elle ne prévoit même\npas la vieillesse ou le renoncement.\n   On peut se demander, en présence d'une œuvre aussi déconcertante que\nle Sang des fleurs, comment M. André Fontainas 'a été amené à l'écrire.\nIl semble qu'à un jeune homme de sa trempe et de sa nature, la vie soit\nassez aventureuse et assez belle pour tuer en germe toute nostalgie d'art.\n"}, {"page_pdf": 199, "page_imprimee": 174, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2651, "texte": "                                  — 174 —\n\nC'est la question magnifiquement posée par Richard Wagner dans une de\nses lettres :\n    « ... Je ne puis m'empêcher de croire que si nous avions la vie véritable,\nnous n'aurions pas besoin de l'art. L'art commence juste où finit la vie, où\ntout cesse d'être présent; alors, nous hurlons par la bouche de l'art : « Je\ndésire ». Je ne comprends même pas comment un homme véritablement\nheureux pourrait avoir la pensée de faire de l'art ; vivre c'est tout, car c'est\npouvoir; l'art n'est-il pas l'aveu de notre impuissance? »\n   Le Sang des fleurs, comme toute œuvre poétique, répond à cette question\ndu maître allemand. Le bonheur n'est pas d'être heureux, mais d'être plus\nheureux. Le bonheur se dévore lui-même, et le poète du Sang des fleurs,\nadmirablement armé pour la vie, n'échappe, pas plus qu'un autre, à la\n fatalité de cette loi.\n    Ensuite, aux yeux d'un jeune homme doué de l'imagination particulière\nà M. André Fontainas, la vie actuelle doit sembler mesquine, peu conforme\n à son désir et à ses appétits. Et l'impuissance dont parle Richard Wagner\n éclate, l'impuissance à vivre soi-même et à faire vivre les autres comme on\n voudrait. De là, le désir, la nostalgie, l'œuvre d'art :\n\n            « ... Je vais résolument. Mon cœur est fort. Je veux\n            De chansons, de plaisirs, de regards et d'aveux\n            Réjouir sans effroi mon cœur toujours avide;\n            La mort est insondable, et la vie est si vide.\n            Oh ! les vases sacrés dont j'ai pu me saisir :\n            L'inaltérable rêve et l'éternel désir,\n            Je ne les rendrai pas à la voix du prophète.\n            Nul ne viendra troubler la splendeur de la fête\n            Que l'amour impassible illumine      d'orgueil;\n            Nul ne m'entraînera dans la nuit de son deuil :\n            Je veux vivre. Je veux aimer. Je veux l'ivresse\n            De la voix qui commande et de l'œil qui caresse ;\n            Je veux aimer la femme et ses roses pâleurs\n            Où circule le sang héroïque des fleurs\n             Virginales, des fleurs farouches et hautaines  »\n\n    Ces vers suffisent pour donner un exemple caractéristique de la manière\n et du style de M. André Fontainas. Le Sang des fleurs est écrit tout entier\n dans cette langue vaillante, lumineuse et gracieuse, d'une grâce forte et\n mâle, qui transfigure les images les plus mignardes d'un trait de grandesse\n à la Renaissance. Tous les poèmes du recueil vivent d'une fière et belle vie\n française, où la force même est élégante et la douceur chevaleresque.\n\n                                                        ALBERT G I R A U D ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 175, "page_fin": 175, "titre_corps": "Chronique littéraire : Scènes de bal", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "II Scènes de Bal", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Jules Barbey", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 200, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 92, "fin_caractere_exclue": 1964, "texte": "II\n\n     Scènes de Bal, par ALBERT SAINT-PAUL. — 150 exemplaires, tous sur Japon,\n                      chez Edmond Deman, libraire, Bruxelles.\n\n   Tout une fête, blanc et or, la jolie plaquette de M. Saint-Paul, éditée\navec un goût exquis et une concordance parfaite. Ce n'est pas comme dans\nles Fêtes galantes, l'évocation ou la transcription d'une époque déter­\nminée, le XVIIIe siècle, si follement raisonneur d'amour et si gracieuse­\nment sentimental, mais ici l'impression gardée de quelque fête, sans déter­\nmination aucune, le résultat en quelque sorte. Aussi donc un vers musical\n— la chose ailée — évocatif et presqu'irréel, non pour l'intellect, car\nM. Saint-Paul délaisse l'art intellectuel et d'analyse qui emploie le vers\ngrave de Baudelaire. Le poète ne remonte pas aux sources des sensations,\nmais veut les traduire directement, les noter dans leur essence et que\ndélicate et frivole! Certains rhythmes gracieux de courbes vives et molles,\ntelle pièce :\n\n       Des rondes d'enfants, des rondes de fleurs, des rondes   frôleuses\n       Vont se pavanant et se déployant d'un élan soyeux.\n\n\net d'autres lestes, pétillantes ou joyeuses; mais parfois aussi l'effet veut être\nde musique pure et en cela jamais les mots et leurs sonorités ne pourront\négaler les gammes. C'est à la manière de Verlaine, mais un vers même plus\nsensibilisé, et parfois trop. Si Wagner a pu dire que l'œuvre la plus par­\nfaite du poète devrait être celle qui, dans son dernier achèvement, serait\nune parfaite musique, il l'a mis en garde contre l'incompréhensible, le\nbizarre et l'absurde dans lesquels il risque de tomber en dépassant la limite\nde son art. Mais des pièces telles que Mousmè, publiées dans les Écrits\npour l'art, nous font espérer que M. Saint-Paul est sur son chemin de\nDamas.\n                                                        VALÈRE G I L L E .\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 175, "page_fin": 175, "titre_corps": "Jules Barbey d’Aurévilly", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "Jules Barbey", "ancre_fin": "la puissance de son génie", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 200, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 1964, "fin_caractere_exclue": 2392, "texte": "Jules Barbey d'Aurévilly, l'auteur de Une Vieille Maîtresse,\n      le Prêtre marié, Ce qui ne meurt pas, les Diaboliques etc..\n      est mort à Paris le 23 avril. Il était né en 1808.\n         Nous publierons, dans notre prochain numéro, un article sur\n      cet écrivain que la littérature française vient de perdre et qui\n      était aussi remarquable par l'élévation de son caractère que par\n      la puissance de son génie.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 176, "page_fin": 176, "titre_corps": "Chronique artistique : Un carton de Jef Lambeaux", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Georges Destrée", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "titanesque projet de bas relief", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "II LA XVe EXPOSITION", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 201, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                                       I\n                 UN CARTON DE J E F LAMBEAUX.\n              Le glorieux auteur du Baiser, de la Folle chanson et de la\n                splendide et monumentale fontaine qui fait autant honneur\n                à la ville d'Anvers que le merveilleux puits de Quentin\n                Metsys, Jef Lambeaux, vient de terminer un immense carton\n                auquel il a consacré un travail de trois années. Les pas-\nsions de rhiimanité, tel est le titre de l'œuvre grandiose que Lambeaux\na conçue et exécutée avec une grandeur étonnante. Au sommet du carton,\ndominant tout, une Mort effrayante et blanche déchire son linceul écla­\ntant d'un geste calme et sûr, conscient de sa force — et farouchement\nredressée — sépare et réunit à la fois les groupes qui rient et vivent, et\nsouffrent et meurent sous elle. D'un côté, la joie, merveilleusement rendue\net fêtée par l'artiste en des troupes de jeunes femmes lumineusement\nblondes, au visage tout entier éclairé par le rire, au corps souple, puis­\nsant et ferme, emporté dans l'ivresse des danses et des caresses folles,\nl'essaim des femmes aux chairs rose-fleurie, l'exubérance et l'opulence des\nchairs flamandes, en ce carton mille fois mieux chantée pour nous, qu'en\ntous les tableaux de Jordaens; de l'autre, les douleurs, les misères, l'inévi­\ntable et désolée vieillesse, les maladies, les crimes, les souffrances, et parmi\ntous ces torses de vaincus, de maudits et de désespérés, la figure géante du\nChrist agonisant sur la croix, tandis qu'écrasé sous l'opprobre de son\ncrime, perdu dans la nuit noire de sa conscience trouble, comme anéanti\nsous le poids de tous ces corps meurtris qui se tordent au dessus lui, Caïn\nréfléchit et pleure sa faute irrémissible.\n   Pour avoir seulement conçu une œuvre aussi colossale, il fallait une\nfière audace et une belle imagination. L'exécution a dépassé pourtant\nencore la conception, surtout dans cette partie du carton célébrant la j'oie\net la chair, et nous ne pensons pas que depuis bien longtemps sous ce\nrapport, une œuvre aussi énorme et belle ait été produite en Belgique ou\nailleurs.\n   Notre respectueuse admiration donc à Jef Lambeaux, et l'espoir de voir\nquelque jour réalisé en bronze ce titanesque projet de bas relief.\n\n                                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 176, "page_fin": 177, "titre_corps": "Chronique artistique : La XVe Exposition du Cercle artistique", "titre_sommaire": "L’Exposition du Cercle", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Georges Destrée", "ancre_debut": "II LA XVe EXPOSITION", "ancre_fin": "GEORGES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "III L EXPOSITION WATTEAU", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 201, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 2384, "fin_caractere_exclue": 2657, "texte": "II\n        LA XVe EXPOSITION DU CERCLE ARTISTIQUE.\n  Des toilettes charmantes à l'ouverture de l'Exposition du Cercle. 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Pourquoi, diable, ces\nartistes exposants, s'ils jugent leur personne plus intéressante que leur\npeinture, ne se mettent-ils pas en sautoir le cartel de papier doré portant\nleur nom? Outre qu'on saurait ainsi exactement à qui l'on a affaire, ce serait\nd'un assez joli effet décoratif, et il se pourrait même trouver des « Grand-\npié » dont l'admiration, déjà large pour les tableaux exposés au Cercle,\nserait encore augmentée par la vue de ces grands cordons d'ordre étranger.\n   Des tableaux aussi, beaucoup de tableaux, de mauvais tableaux surtout;\ndes tableaux nobles, peints par des dames de la « gentry », et des tableaux\nroturiers, brossés par des amateurs académiciens ou des académiciens ama­\nteurs, comme on voudra. Exposition, somme toute, fort peu intéressante\nau seul point de vue artistique, si l'on en excepte le fort beau paysage\nensoleillé de M. Heymans, des Bûcherons remarquables d'Isidore Verheyden,\nle grand tableau de Courtens, représentant l'Escaut devant Anvers, et\ndeux bons paysages de Binjé, naturellement très mal placés, il n'est rien\ndans le Cercle qui mérite attention respectueuse.\n   Une mention spéciale cependant — une mention très honorable comme\non dit en style de collège — à M. et Mme Wytsman et à Mlle Sylvia\nVan der Kindere, dont le buste, malheureusement un peu luisant, est un\ndes meilleurs envois de la statuaire à ce Salon. Nous avions déjà remarqué\nson envoi de l'année précédente et nous sommes heureux de renouveler\nnos félicitations à ce sculpteur d'avenir.\n   Un mot encore pour clore, touchant les façons étonnantes des huis­\nsiers, dont la grossièreté ferait reculer M. Eeman lui-même.\n                                                   GEORGES D E S T R É E .\n\n                                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 177, "page_fin": 178, "titre_corps": "Chronique artistique : L’Exposition Watteau à Lille", "titre_sommaire": "L’Exposition Watteau", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "III L EXPOSITION WATTEAU", "ancre_fin": "JULES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE DRAMATIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 202, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 2376, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "III\n\n                L'EXPOSITION WATTEAU A LILLE\n   Une exposition de Watteau! quelle fête, quelle excursion joyeuse au pays\ndes fantaisies chatoyantes et des suprêmes élégances ! Très loin, délicieuse­\nment, partir dans le rêve des parcs sombres où les grands jets d'eau san­\nglotent, souffrir des coquetteries subtiles de Colombine, rire de l'espièglerie\nleste d'Arlequin, mélancoliser avec de blancs Pierrots vêtus de soie : admi­\nrer longuement celui que les Goncourt ont si justement appelé le grand\npoète du XVIIIe siècle et qui fut, certes, le premier des artistes de France !\n   Malheureusement, il y a plus d'un peintre qui s'appelle Watteau. Le\n"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1375, "texte": "                                 -   178   -\n\nmaître exquis a laissé l'écrasant fardeau de son nom à une série de neveux\net petits-neveux qui végétèrent jusqu'au commencement de ce siècle et\nqui furent de détestables peintres. Ce sont ceux-là surtout que des amateurs\ntrop zélés ont actuellement réunis à Lille. Ils y ont ajouté des portraits de\nBoilly et des miniatures de Van Blarenberghe, le tout d'un médiocre au\ndessous de toute critique.\n   Mais, « comme des yeux dans l'ombre noire », des yeux souriants et\ncharmeurs, sont deux adorables petits tableaux d'Antoine Watteau : — en\nl'allée d'un parc aux ramures assombries, un Pierrot naïf en butte aux aga­\nceries de deux jeunes femmes, — et un concert champêtre, mandoline\nraclée sous des arbres, et le ronron des tambourins, tandis qu'un danseur\nen habit de satin entraîne dans ses pirouettes une belle dame dont la jupe\ngonflée a des chatoiements de nacre rose et des replis où se rit la lumière.\nTons moelleux et chauds de bleus exquisement passés et d'oranges défail­\nlants, grâce non pareille, c'est si merveilleux, ces fêtes galantes, qu'on\noublie vite la désillusion de toutes les platitudes circumvoisines pour ne\ngarder que de ceux-là seuls le radieux souvenir!\n    Puis encore quelques beaux dessins et, au Musée, un Goya obsédant!\n                                                   JULES DESTRÉE.\n\n\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 178, "page_fin": 180, "titre_corps": "Chronique dramatique : Matinée littéraire du Molière", "titre_sommaire": "La Matinée littéraire", "rubrique": "Chronique dramatique", "signature_source": "Francis Nautet", "ancre_debut": "CHRONIQUE DRAMATIQUE", "ancre_fin": "FRANCIS NAUTET", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA COMÉDIE FRANÇAISE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 203, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 1375, "fin_caractere_exclue": 2757, "texte": "CHRONIQUE DRAMATIQUE\n                                      I\n              MATINÉE LITTÉRAIRE DU MOLIÈRE\n         Le Moineau de Lesbie. — Le Vidame. — Le Dîner de Pierrot.\n\n              Vraisemblablement n'irons-nous plus aux Matinées du Molière.\n                Elles sont abolies. M. Paul Alhaiza, pris de découragement,\n               n'a eu ni la patience, ni l'activité qu'il fallait pour implanter\n               le genre. Il a cherché ailleurs des succès qui ne sont pas\n               venus, qui ne pouvaient lui venir, parce que le vieux réper­\ntoire et les nouveautés qui y ressemblent, sont en complet discrédit. Sauf\nquelques pièces entraînantes et quelques drames, qu'il faudra d'ailleurs\nlaisser reposer, pour qu'ils regagnent une jeunesse, c'est fini. Et non seule­\nment c'est fini comme répertoire, c'est aussi fini comme comédiens. Ceux-ci\nn'en peuvent mais : ils sont de leur temps ; le plus vulgaire cabot ressent\nà son insu l'influence ambiante. C'est pourquoi il vaut mieux jouer des\nœuvres inconnues ou nouvelles que des œuvres connues, pour cette raison\nque l'acteur ordinaire devant lutter contre des comparaisons à chaque reprise\nd'une pièce courante, ne subit pas l'entraînement d'une création person­\nnelle. C'est si vrai que les bons sujets du Molière : MM. Charvet, Nicolini,\nMlle Diska ont le talent plus souple, l'accent plus naturel et plus artiste\n"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3198, "texte": "                                  — 179 —\n\ntoutes les fois qu'ils présentent une primeur. Cela n'a été démenti par\naucune expérience et ne le sera pas.\n   Donc, tandis que le vieux répertoire agonise, languit et a perdu sa vertu,\nle nouveau se forme ; mais les directeurs n'ont pas en lui une foi suffisante.\nPourtant, les Matinées, l'an dernier, ont fait recettes ; elles furent animées,\npresque tapageuses, on en parlait beaucoup ; encore un peu, encore quel­\nque bruit et la vogue s'en serait mêlée, la foule serait venue.\n   Naturellement le système de représentation était mauvais et ne pouvait\npas aboutir fructueusement, non à cause du caractère de ces représenta­\ntions, mais à cause de ce que la direction prétendait attendre d'elles. Oui,\nle petit théâtre Molière a la prétention de vivre de la vie des théâtres\nd'autrefois, au temps des foules compactes, au temps où la concurrence\nétait insignifiante ; il est administré en vue de séries de vingt, trente et\ncinquante représentations consécutives. En dessous du nombre vingt, le\ndirecteur se considère comme volé, victime d'une mauvaise affaire. Avec sa\npetite troupe inégale il a plus d'exigences, il attend davantage du public\nque ne le font les directeurs du théâtre de la Monnaie avec leurs superbes\nartistes, leur riche et abondant répertoire, sans cesse renouvelé, et les\nattraits de mises en scène fastueuses.\n   A la Monnaie, depuis longtemps déjà, et Sigurd et la Valkyrie exceptés,\naucune œuvre, même parmi les plus belles, n'a fait recettes vingt fois en\nune campagne. Les meilleures ne se sont pas soutenues au delà de la\nquinzième. Passé ce nombre, la recette tombe en dessous de l'exigence des\nfrais.\n   Seulement, pour suppléer au manque de consistance de la faveur\npublique, les directeurs de la Monnaie dépensent une activité inouïe.\n   Or, c'est l'activité qui manque au Molière.\n   Le jour où M. Alhaiza composera avec intelligence et économie une\ntroupe à deux fins, qu'il se fera un répertoire, qu'il jouera alternative­\nment chaque semaine trois pièces, quitte à les jouer pendant beaucoup de\nsemaines, qu'il donnera l'avantage à l'inédit, qu'il ne couronnera plus de\nbustes, qu'il ne présentera plus de conférenciers français qui ne font pas\nvenir un chat, au détriment de conférenciers belges susceptibles tout au\nmoins de piquer la curiosité bienveillante ou maligne — quelle longue\nphrase il me fait écrire, mon Dieu ! — le jour, enfin, où M. Alhaiza devien­\ndra un impresario moderne, actif et s'adressant à tous les publics comme\nMM. Dupont et Lapissida, littéraire comme M. Porel de l'Odéon, d'esprit\nnouveau comme M. Antoine, ce jour-là les foules feront des files énormes\nà la porte de son théâtre et l'aimable directeur finira par pouvoir se bâtir\ndes châteaux en Gascogne, son pays, je suppose.\n   Quelle variété d'attractions n'offrirait pas l'exécution de ce programme,\nquel régal savoureux par le changement même, quelles séductions par des\nmises en scène chaque jour différentes, et que, surtout, de beaux costumes\nsous lesquels se montrer!\n   A la dernière matinée il n'y avait personne ; le public a oublié l'existence\nde ces bonnes récréations spirituelles du jeudi si fréquentées du temps qu'on\n"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1033, "texte": "                                 — 180 —\n\nles donnait à date fixe. Qu'on me passe le cliché : les absents ont eu tort ;\nnon pour le Moineau de Lesbie, une sotte petite pièce, avec des vers où la\nmé-é-lo-o-die, dont parle Beckmesser, n'est pas absente, mais pour le\n Vidame et le Dîner de Pierrot.\n   Le Vidame est une fort pittoresque fantaisie où il y a une dame Véro­\nnique de bonne caricature, une espiègle et bien féminine fillette, nerveuse,\nfutée, capricieuse, vive comme poudre ; un damoiseau-troubadour qui a le\ncœur plein d'effluves de guitare et un turc — comme un autre, ainsi que dit\nprofondément la pièce.\n   Le Dîner de Pierrot, c'est du Banville positif, solidement composé\net rimé avec verve. Avant le dîner, pendant et après, voilà la simple\npsychologie de ce gentil bavardage marquant trois états d'humeur bien\ndéfinis.\n   A cette matinée Mlle Diska et M. Nicolini ont été charmants.\n                                                       FRANCIS N A U T E T .\n\n                                      II\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 180, "page_fin": 181, "titre_corps": "Chronique dramatique : La Comédie française à Bruxelles", "titre_sommaire": "La Comédie française", "rubrique": "Chronique dramatique", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "LA COMÉDIE FRANÇAISE", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE MUSICALE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 205, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 1033, "fin_caractere_exclue": 2905, "texte": "LA COMÉDIE FRANÇAISE A BRUXELLES\n                                  Œdipe-Roi.\n\n   La Compagnie, « l'illustre Compagnie que nous avons eu l'honneur de\nrecevoir chez nous » comme tous les ans, pendant la semaine d'abstinence,\ndoit avoir sa troupe de voyage. Elle nous adresse annuellement une simple\nsuccursale de la maison mère, une doublure de Compagnie qui ne suffit\nmalheureusement plus à entretenir dans la province belge les illusions de\ncertaines gens sur la sacro-sainteté de la maison de Molière. Que l'on nous\njoue du Musset, du Molière ou du Dumas père, comme cette fois-ci, ou,\ncomme d'autres fois, du Hugo, du Corneille, du Pailleron, du Scribe, que\nsais-je, nous ne parvenons pas à voir, dans l'ensemble des interprètes qu'on\nnous présente, ce théâtre modèle en lequel s'incarnent les seuls principes de\nla littérature dramatique française.\n   Encore un idéal qui eût sombré tout entier dans le trou du souffleur,\nsi M. Mounet-Sully, en artiste génial, n'était arrivé à temps pour le retenir\npar un pan de la toge grecque en laquelle se drapent sculpturalement les\npersonnages de Sophocle et d'Eschyle. L'admirable résurrection faite par\nlui du roi Œdipe a suffi à mettre en relief, malgré la faiblesse de tous ses\npartenaires, un chef-d'œuvre de ce théâtre grec presque inconnu.\n   Ah! les chefs-d'œuvre de la littérature grecque, on nous les enseigne à\nl'heure de ces études qu'on a baptisées du nom ironique d'humanités, parce\nque les forts en deviennent cuistres et les faibles idiots. L'appellation n'est\npas injuste; les cuistres et les idiots formant, en somme, les trois quarts —\nje suis poli — de l'humanité sociale... sociable.\n   Mais ceux qui ont eu la chance d'échapper à peu près intacts au régime\nde la version grecque, les « escapés » de cet éboulement de l'intelligence,\nressentent, au seul nom d'un auteur classique, une instinctive horreur.\n"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 181, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1335, "texte": "                                 — 181 —\n\n\nAussi quel déchirement de ténèbres et quel éblouissement, quel bon­\nheur retrouvé que cette vision nouvelle d'une oeuvre qui remue aussi vio­\nlemment l'humanité de l'âme et la nourrit de haute et superbe passion !\nSimple, magistralement, dans sa forme, toute d'analyse psychologique et se\npoursuivant à larges et puissants traits par l'expression la plus outrée du\nréalisme jusqu'à sa conclusion fatale, telle est l'action surhumainement\nréelle de ce théâtre dont la plastique écrase effrayamment notre fourmi­\nlière dramatique moderne.\n   Wagner s'en est inspiré directement et tous les essais de comédie psycho­\nlogique qui ont vu le jour, en dernier lieu, au Théâtre-Libre, n'ont pas\nd'autre principe. Mais les cuistres ne s'en douteront jamais. Sophocle\nrestera toujours, pour eux, l'auteur de rhétorique et, bien vengés des\nsouffrances d'antan par cette profonde jouissance d'art, nous ne devons\npoint désirer qu'il en soit autrement; car si, par une invraisemblable méta­\nmorphose, les pions pouvaient apercevoir tout à coup le génie de ceux\nqu'ils regardent comme des confrères-pions, ce changement de point de vue\nserait tellement affolant pour eux, que leur pauvre esprit ne supporterait\npas le voyage.\n                                                   HENRY MAUBEL.\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 181, "page_fin": 181, "titre_corps": "Chronique musicale : À la Monnaie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique musicale", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "Lohengrin fade et décoloré", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 206, "page_imprimee": 181, "debut_caractere": 1335, "fin_caractere_exclue": 2588, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n                                      I\n                            A LA MONNAIE\n\n             Réprises d'oeuvres de Wagner : La Walkure et Lohengrin,\n               cette dernière clôturant la troisième saison de MM. Dupont\n               et Lapissida. Ces deux reprises, un peu hâtives, étaient faites\n               moins pour nous donner un spectacle parfait que pour par­\nfumer d'un peu d'art le théâtre dont les nouveaux impresarii vont prendre\npossession.\n   La reprise de la Walkure empruntait tout son intérêt à l'interprétation\nde M me Materna. Disciple authentique de Wagner et créatrice du rôle,\nMme Materna, dont la voix est encore puissante, donne au personnage de\nBrunehilde une physionomie toute en relief, d'un caractère un peu spécial,\nqu'accentuait encore son langage germanique. Ses partenaires lui donnaient\nla réplique en français.\n   Lohengrin nous a fait encore une intéressante soirée. L'œuvre, qui\nn'avait pas été reprise depuis un grand nombre d'années, apparaît à la\nscène comme une chose déjà puissamment dramatique dans quelques-unes\nde ses parties, notamment le début du second acte. M mes Caron et Durand-\nUlbach, M. Seguin, conduisaient l'interprétation. M. 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Ernest Huysmans, l'organisateur des séances de musique historique\nauxquelles collaborent Mme Blauwaert, MM. Blauwaert et Lerminiaux,\na fait à l'Essor une intéssante causerie, avec exemples à l'appui, sur la\nChanson populaire.\n   La chanson flamande surtout, a été bien mise en relief par le conféren­\ncier. Mais il a quelque peu altéré l'histoire de la chanson française en mêlant\naux naïves mélodies de race de la fin du moyen-âge et du commencement\ndes temps modernes, les refrains bourgeois et les romances sentimentales\nqui se sont développés en même temps que le commerce des parapluies.\nPour parler de la chanson française moderne, il y en avait une à citer qui\nl'emporte sur beaucoup de celles-là parle caractère et l'intensité dramatique,\nc'est la Glu de Jean Richepin; mais il eût fallu faire venir Thérésa pour\nla chanter.\n   Nous pourrions reprocher encore à M. Huysmans l'accompagnement à la\nStephen Heller dont il a orné la Chanson de Jean Renaud et qui n'avait\npas plus de rapports avec cette chanson qu'une pantoufle avec un croco­\ndile, mais on nous assure que cette musique étrange est due à l'imagina­\ntion de M. Tilman : Nous la lui rendons bien volontiers sans en exiger\nle moindre reçu et nous félicitons chaleureusement M. Huysmans des ten­\ntatives qu'il fait pour intellectualiser l'art musical dans un pays où l'on\nrâcle tant de boyaux et où l'on fracasse tant d'ivoire sans trop savoir\ncomme ni pourquoi.\n\n                                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-014", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 182, "page_fin": 182, "titre_corps": "Chronique musicale : Au Conservatoire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique musicale", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "III AU CONSERVATOIRE", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 207, "page_imprimee": 182, "debut_caractere": 1604, "fin_caractere_exclue": 2178, "texte": "III\n\n                         AU CONSERVATOIRE\n\n  L'ouverture des Abencérages de Cherubini ; le concerto en mi bémol de\nBeethoven, joué avec ce style d'école et ce sentiment gracieux qui sont les\nqualités de M. Arthur De Greef. L'Ode à Sainte-Cécile de Haendel, une\nœuvre un peu sèche et monotone dans certaines parties, mais dont le final\nprend de la chaleur et de l'ampleur, a été exécutée avec de l'accent, de la\npuissance et une belle harmonie d'ensemble. Sainte-Cécile veillait sur cette\nexécution.\n                                                     HENRY     MAUBEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-015", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 183, "page_fin": 183, "titre_corps": "Le Monde artiste", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "LE MONDE ARTISTE", "ancre_fin": "nelier", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 208, "page_imprimee": 183, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 2589, "texte": "LE MONDE ARTISTE\n                                   AVRIL\n               Au Cercle d'escrime, séance de pupazzi par M. Lemercier de\n                Neuville, avec le concours de Mlle de Khérouan. Trois pié­\n                cettes et des mélodies. Les mélodies étaient dites par des\n                pupazzi en chair et en os.\n   Les mêmes pupazzi ont donné une représentation chez M. et Mme Victor\nAllard.\n   Chez M me la comtesse Darrigade, soirée de comédie.\n   La Materna s'est fait entendre chez le baron et la baronne Nothomb,\nchez Mme Warocqué.\n   Soirée littéraire et musicale chez le baron et la baronne de Haulleville.\nOn y a entendu M mes Pelosse, Richmond, Mailly, MM. Chevallier,\nVinche, Rouyer, Dumon, Jacobs, Raquez.\n   Chez le prince Hercolani, M. et Mme Landouzy se sont fait entendre\nainsi que MM. Renaud et Gandubert.\n   Pendaison... de crémaillère dans l'atelier de l'aquarelliste Charles Crabbe,\nà Boitsfort. MM. Georges Pantens et Bède, amateurs, M. Merck, violon­\ncelliste, s'étaient chargés de la partie musicale et ont été chaleureusement\napplaudis.\n   Concert de charité organisé par Mlle Reitz à la salle Marugg. Y faisaient\naumône de leur joli talent Mmes les comtesses d'Ursel et d'Herbemont, la\nbaronne de Bonhome, Mme Alphonse Allard, M1Ie Gillieaux, M. Max de\nVillers-Grandchamps secondés par MM. Ed. Jacobs et Agniez.\n   Chez M. et M me Somzée, un grand concert au programme duquel figu­\nraient les noms de M mes Thelen et Cornélis-Servais, MM. Ed. Jacobs et\nColyns.\n   Au Cercle des Arts et de la Presse, on a entendu dernièrement Mlle Hoff­\nmann, pianiste, Mlle Berthe Chainaye, la très artiste élève de M. Engel\nqui a débuté récemment avec grand succès à Bruxelles, la divette Clara\nLardinois, Mlle Andrée d'Albert, MM. Drèze, Godenne, Raquez, Engel,\nVinche, G. d'Avila et Lortheur.\n   M. Triaille accompagnait.\n   Des conférences ont été faites à la Société d'Emulation de Bruxelles, par\nMM. Nollée de Noduwez, à propos d'un volume inédit : Chevauchée poé-\ntique, qu'il va faire paraître, et par M. Paul De Decker : A propos d'une\nhistoire inconnue de la Révolution française.\n   L'art fait sa trouée aussi dans les salons de province.\n   A Termonde, chez M. et Mme Vertongen-Goens, une soirée d'artistes\nréunissait MM. Ernest Huysmans, Bogaert et Coppens, Charles Samuel et\nVinche, tandis qu'à Tournai, M. Stiénon vient de fonder, à l'instar de\nBruxelles, une société de musique qui a donné sa première soirée. On y a\nentendu comme interprètes-amateurs Mme Delépinne et M. Lucien Ton­\nnelier.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-016", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 184, "page_fin": 188, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Bulletin bibliographique", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 88, "fin_caractere_exclue": 95, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "En annexe à l'article la\"Jeune Belgique \""}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 229, "texte": "à la Chambre qui se trouve en tête de ce"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 280, "fin_caractere_exclue": 317, "texte": "numéro, les deux lettres ci-dessous :"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 374, "fin_caractere_exclue": 408, "texte": "Voici d'abord celle que nous avons"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 460, "fin_caractere_exclue": 490, "texte": "adressée à M. 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La Jeune"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1544, "fin_caractere_exclue": 1586, "texte": "Belgique est absolument étrangère à la pu­"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1637, "fin_caractere_exclue": 1682, "texte": "blication de l'Anthologie subsidiée. Elle l'a"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1728, "fin_caractere_exclue": 1771, "texte": "même critiquée assez librement, à plus d'un"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1822, "fin_caractere_exclue": 1862, "texte": "point de vue, comme vous pourrez vous en"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1909, "fin_caractere_exclue": 1950, "texte": "convaincre, si vous daignez jeter un coup"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2007, "fin_caractere_exclue": 2051, "texte": "d'oeil sur les livraisons du 5 juillet et du"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2077, "fin_caractere_exclue": 2119, "texte": "5 août 1887, ainsi que sur la livraison du"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2169, "fin_caractere_exclue": 2181, "texte": "5 août 1888."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2269, "fin_caractere_exclue": 2308, "texte": "La Jeune Belgique, confiante dans votre"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2357, "fin_caractere_exclue": 2399, "texte": "loyauté, espère que vous voudrez bien rec­"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2449, "fin_caractere_exclue": 2490, "texte": "tifier l'erreur que l'on vous a fait com­"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2542, "fin_caractere_exclue": 2549, "texte": "mettre."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2733, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "Veuillez agréer, Monsieur le représen­"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2837, "fin_caractere_exclue": 2860, "texte": "tant, l'assurance, etc."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2874, "fin_caractere_exclue": 2908, "texte": "Le Directeur de la JEUNE BELGIQUE,"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2930, "fin_caractere_exclue": 2943, "texte": "HENRY MAUBEL."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3039, "fin_caractere_exclue": 3079, "texte": "Cette lettre a été communiquée aux prin­"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3124, "fin_caractere_exclue": 3164, "texte": "cipaux journaux quotidiens. Nos remercî­"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3215, "fin_caractere_exclue": 3257, "texte": "ments à ha Chronique, l'Etoile, La Nation,"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3308, "fin_caractere_exclue": 3345, "texte": "le Journal de Gand qui ont bien voulu"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3373, "fin_caractere_exclue": 3383, "texte": "l'insérer."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3387, "fin_caractere_exclue": 3426, "texte": "M. Woeste y a répondu par l'épitre cir-"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3427, "fin_caractere_exclue": 3451, "texte": "conlocutoire que voici :"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3634, "fin_caractere_exclue": 3658, "texte": "Bruxelles, 27 mars 1889."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3713, "fin_caractere_exclue": 3736, "texte": "MONSIEUR L E DIRECTEUR,"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3796, "fin_caractere_exclue": 3837, "texte": "J'ignorais l'existence de la société dont"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3885, "fin_caractere_exclue": 3929, "texte": "vous êtes le directeur. C'est assez dire que"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3944, "fin_caractere_exclue": 3986, "texte": "je n'ai pu lui attribuer la publication de"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 4034, "fin_caractere_exclue": 4077, "texte": "l'Anthologie. J'ai dit que quatre représen-"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 146, "fin_caractere_exclue": 188, "texte": "tants de l'école appelée la Jeune Belgique"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 239, "fin_caractere_exclue": 279, "texte": "avaient réclamé du gouvernement des sub­"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 330, "fin_caractere_exclue": 371, "texte": "sides pour publier l'ouvrage en question."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 422, "fin_caractere_exclue": 459, "texte": "Dans mon appréciation au surplus, les"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 510, "fin_caractere_exclue": 552, "texte": "auteurs de l'Anthologie se rattachent bien"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 638, "fin_caractere_exclue": 680, "texte": "par leurs affinités littéraires à la Jeune"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 731, "fin_caractere_exclue": 773, "texte": "Belgique. J'ignore si vous partagez ou non"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 867, "fin_caractere_exclue": 910, "texte": "cette opinion. Veuillez cependant souffrir,"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1002, "fin_caractere_exclue": 1037, "texte": "que, pour ce qui me concerne, je la"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1132, "fin_caractere_exclue": 1143, "texte": "maintienne."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1240, "fin_caractere_exclue": 1280, "texte": "Agréez, je vous prie, l'assurance de mes"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1430, "fin_caractere_exclue": 1452, "texte": "sentiments distingués."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1532, "fin_caractere_exclue": 1543, "texte": "CH. WOESTE."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1597, "fin_caractere_exclue": 1636, "texte": "Quelques feuilles de choux très croûtes"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1687, "fin_caractere_exclue": 1727, "texte": "ayant repris, pour leur usage personnel,"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1778, "fin_caractere_exclue": 1821, "texte": "l'ignorance avouée de M. Woeste, et le lan­"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1872, "fin_caractere_exclue": 1908, "texte": "gage parfumé de M. Eeman, nous avons"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 1959, "fin_caractere_exclue": 2006, "texte": "rectifié les faits sans relever les injures qui"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2057, "fin_caractere_exclue": 2076, "texte": "les accompagnaient."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2130, "fin_caractere_exclue": 2168, "texte": "Les feuilles de choux n'ont pas poussé"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2219, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "la loyauté jusqu'à insérer nos rectifications,"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2316, "fin_caractere_exclue": 2356, "texte": "mais elles ont bien voulu nous en donner"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2407, "fin_caractere_exclue": 2448, "texte": "acte. C'est déjà beaucoup. Il ne faut pas"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2499, "fin_caractere_exclue": 2541, "texte": "brusquer l'éducation de ces gens là. A une"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2592, "fin_caractere_exclue": 2635, "texte": "prochaine occasion, nous leur servirons des"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2686, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "stimulants de nature à réveiller leurs sens"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2822, "fin_caractere_exclue": 2836, "texte": "moral endormi."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 2996, "fin_caractere_exclue": 3035, "texte": "A notre précédente liste d'articles sur"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3086, "fin_caractere_exclue": 3123, "texte": "Max Waller, ajoutons ceux de Caprice-"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3174, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "Revue, la Wallonie, la Pléiade, l'Organe"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3265, "fin_caractere_exclue": 3307, "texte": "des Soirées populaires (Verviers), la Cra-"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3358, "fin_caractere_exclue": 3372, "texte": "vache (Paris)."}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3480, "fin_caractere_exclue": 3517, "texte": "Notre ami André Fontainas, installé à"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3568, "fin_caractere_exclue": 3611, "texte": "Paris, publie en tête d'une vivante et très"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3662, "fin_caractere_exclue": 3703, "texte": "littéraire petite gazette hebdomadaire la"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3754, "fin_caractere_exclue": 3792, "texte": "Cravache, un excellent article sur Max"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3843, "fin_caractere_exclue": 3884, "texte": "Waller. Nous en extrayons les lignes sui­"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3935, "fin_caractere_exclue": 3943, "texte": "vantes :"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 3997, "fin_caractere_exclue": 4033, "texte": "« Vous, à qui est échu le bonheur de"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 4084, "fin_caractere_exclue": 4130, "texte": "vivre en la seule cité où la littérature est à"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "ce point sacrée au public, qu'à peine il en"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 139, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "ose médire de ses lèvres fielleuses, crainti­"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 226, "fin_caractere_exclue": 264, "texte": "vement et à la dérobée, vous ne pouvez"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 306, "fin_caractere_exclue": 348, "texte": "vous douter de ce qu'il faut là-bas, en ce"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 349, "fin_caractere_exclue": 391, "texte": "milieu rebelle, d'audace, de persévérance,"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 392, "fin_caractere_exclue": 436, "texte": "de ténacité, pour fonder, soutenir et défen­"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 486, "fin_caractere_exclue": 531, "texte": "dre une œuvre littéraire ou artistique. Et ce"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 575, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "n'est pas seulement l'indifférence, le dédain"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 666, "fin_caractere_exclue": 711, "texte": "et, hélas 1 trop souvent aussi la fatalité du"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 757, "fin_caractere_exclue": 798, "texte": "manque d'argent qui s'opposent à la réus­"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 828, "fin_caractere_exclue": 873, "texte": "site de pareilles tentatives, mais l'Envie se"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 917, "fin_caractere_exclue": 958, "texte": "déchaîne et la Méchanceté et la Calomnie;"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1002, "fin_caractere_exclue": 1044, "texte": "et c'est contre cela qu'il faut lutter. On"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1090, "fin_caractere_exclue": 1133, "texte": "cherche à couvrir le rénovateur d'une répu­"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1183, "fin_caractere_exclue": 1228, "texte": "tation de vanité et de ridicule, ce sont bien"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1272, "fin_caractere_exclue": 1311, "texte": "là les accusations qui trouvent la plus"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1357, "fin_caractere_exclue": 1397, "texte": "prompte créance auprès des imbéciles. Il"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1447, "fin_caractere_exclue": 1488, "texte": "fallait le tempérament frondeur et agres­"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1508, "fin_caractere_exclue": 1546, "texte": "sif de Max Waller pour n'y pas succom­"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1598, "fin_caractere_exclue": 1630, "texte": "ber. Il a résisté huit années. »"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1692, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "Bien dit, poète! Voilà des coups de cra­"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1780, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "vache qui claqueront sur le cuir de plus"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1869, "fin_caractere_exclue": 1885, "texte": "d'un pachyderme!"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 2234, "fin_caractere_exclue": 2264, "texte": "Nous avons reçu cette lettre :"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 2362, "fin_caractere_exclue": 2402, "texte": "« A ceux qui furent les frères intellec­"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 2491, "fin_caractere_exclue": 2533, "texte": "tuels de Max Waller, j'envoie ici, la dou­"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 2597, "fin_caractere_exclue": 2637, "texte": "loureuse stupeur que m'a causée sa mort,"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 2638, "fin_caractere_exclue": 2676, "texte": "plus imprévue pour moi qui ignorais sa"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 2729, "fin_caractere_exclue": 2737, "texte": "maladie."}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 2819, "fin_caractere_exclue": 2856, "texte": "« Je ne me souviens que de son gentil"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 2883, "fin_caractere_exclue": 2924, "texte": "accueil, à mon début, et ne m'en souvien-"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 2925, "fin_caractere_exclue": 2967, "texte": "drai-je pas, son joli dandysme et l'andro-"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 2968, "fin_caractere_exclue": 3012, "texte": "gynéité de sa personne suffiraient à me don­"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 3055, "fin_caractere_exclue": 3069, "texte": "ner du regret."}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 3230, "fin_caractere_exclue": 3267, "texte": "« Vous avez perdu en lui le plus joli"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 3360, "fin_caractere_exclue": 3405, "texte": "page de lettres de ce temps où l'on est laid,"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 3495, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "même quand on est grand; — et je déplore"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 3597, "fin_caractere_exclue": 3637, "texte": "avec vous cette disparition de Chérubin."}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 3730, "fin_caractere_exclue": 3769, "texte": "« En lui est mort le sourire et le dan­"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 3770, "fin_caractere_exclue": 3811, "texte": "dyement insolent de votre école, et cette"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 3861, "fin_caractere_exclue": 3905, "texte": "double grâce de l'esprit et de la forme ôtée"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 3958, "fin_caractere_exclue": 3997, "texte": "de vous, me donne une mélancolie que je"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 4053, "fin_caractere_exclue": 4091, "texte": "vous envoie à la cantonnade, après une"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 4147, "fin_caractere_exclue": 4154, "texte": "prière."}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 4353, "fin_caractere_exclue": 4365, "texte": "« PÉLADAN. »"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 4523, "fin_caractere_exclue": 4561, "texte": "Caprice-Revue qui vient de transporter"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 4614, "fin_caractere_exclue": 4658, "texte": "ses pénates à Bruxelles, rue de Livourne 81,"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 138, "texte": "publie dans son soixante-huitième numéro,"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 187, "fin_caractere_exclue": 225, "texte": "un portrait de Max Waller encadré d'un"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 274, "fin_caractere_exclue": 305, "texte": "article de M. Henry la Rivière."}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 444, "fin_caractere_exclue": 485, "texte": "M. Catulle Mendès est venu lire au Cercle"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 534, "fin_caractere_exclue": 574, "texte": "littéraire de Louvain (local de la Table"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 623, "fin_caractere_exclue": 665, "texte": "ronde) des fragments de la Reine Fiamette,"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 714, "fin_caractere_exclue": 756, "texte": "le drame en vers qu'il a fait jouer récem­"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 805, "fin_caractere_exclue": 827, "texte": "ment au Théâtre Libre."}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 880, "fin_caractere_exclue": 916, "texte": "Notre correspondant nous apprend que"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 965, "fin_caractere_exclue": 1001, "texte": "la passion romantique de M. Mendès a"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1050, "fin_caractere_exclue": 1089, "texte": "fort choqué les Louvanistes graves dans"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1138, "fin_caractere_exclue": 1182, "texte": "leur dignité d'électeur. « Nous avons vu, en"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1231, "fin_caractere_exclue": 1271, "texte": "sortant, le sourire des personnes graves"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1320, "fin_caractere_exclue": 1356, "texte": "s'épanouir en un rire homérique. Les"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1405, "fin_caractere_exclue": 1446, "texte": "plus polis se contentaient de hausser les"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1495, "fin_caractere_exclue": 1507, "texte": "épaules »..."}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1560, "fin_caractere_exclue": 1597, "texte": "Naturellement! Le tampon Maloun'a pas"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1646, "fin_caractere_exclue": 1688, "texte": "été inventé pour sceller l'amour d'Orlanda"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1737, "fin_caractere_exclue": 1779, "texte": "et de Rafaëllo. Mais les jeunes, qu'est-ce"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 1828, "fin_caractere_exclue": 1868, "texte": "qu'ils faisaient pendant ce temps-là? 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Téodor de Wyzewa— qui, de feu la"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 3103, "fin_caractere_exclue": 3140, "texte": "Vogue et de la Revue Indépendante est"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 3189, "fin_caractere_exclue": 3227, "texte": "passé à la Revue des Deux-Mondes — est"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 3316, "fin_caractere_exclue": 3359, "texte": "un critique bien original. 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Téodor de Wyzewa!"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 4569, "fin_caractere_exclue": 4613, "texte": "Ainsi Laforgue a délivré la poésie de la loi"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 4662, "fin_caractere_exclue": 4704, "texte": "du rhythme fixe et de la rime périodique ?"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "Et ces vers de M. Paul Verlaine, des Ro-"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 166, "texte": "mances sans paroles :"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 248, "fin_caractere_exclue": 271, "texte": "II pleure dans mon cœur"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 342, "fin_caractere_exclue": 369, "texte": "Comme il pleut sur là ville"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 437, "fin_caractere_exclue": 462, "texte": "Quelle est cette langueur"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 532, "fin_caractere_exclue": 553, "texte": "Qui pénètre mon cœur?"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 644, "fin_caractere_exclue": 668, "texte": "O bruit doux de la pluie"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 737, "fin_caractere_exclue": 764, "texte": "Par terre et sur les toits!"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 772, "fin_caractere_exclue": 798, "texte": "Pour un cœur qui s'ennuie."}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 897, "fin_caractere_exclue": 920, "texte": "O le chant de la pluie."}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 1075, "fin_caractere_exclue": 1114, "texte": "Comme rhythme fixe, c'est assez réussi,"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 1212, "fin_caractere_exclue": 1225, "texte": "n'est-ce pas?"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 1323, "fin_caractere_exclue": 1362, "texte": "Et ces autres, toujours de M. Paul Ver­"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 1454, "fin_caractere_exclue": 1461, "texte": "laine :"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 1564, "fin_caractere_exclue": 1597, "texte": "C'est le chien de Jean de Nivelle"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 1605, "fin_caractere_exclue": 1637, "texte": "Qui mord sous l'œil même du guet"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 1736, "fin_caractere_exclue": 1762, "texte": "Le chat de la mère Michel;"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 1828, "fin_caractere_exclue": 1861, "texte": "François-les-bas-bleus s'en égaie"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 1914, "fin_caractere_exclue": 1954, "texte": "Quant à l'alternance des rimes féminines"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 2008, "fin_caractere_exclue": 2049, "texte": "ci masculines, cet excellent M. Téodor de"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 2100, "fin_caractere_exclue": 2139, "texte": "Wyzewa oublie Ronsard, et les poètes de"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 2193, "fin_caractere_exclue": 2235, "texte": "la Pléïade, et M. Théodore de Banville, et"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 2283, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "même, — ô l'horreur ! — M. Grandmou­"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 2379, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "gin!!"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 2471, "fin_caractere_exclue": 2509, "texte": "Savourons encore un passage de la con­"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 2559, "fin_caractere_exclue": 2568, "texte": "férence :"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 2658, "fin_caractere_exclue": 2698, "texte": "«       Ces trois artistes, M. Verlaine,"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 2751, "fin_caractere_exclue": 2794, "texte": "M. Mallarmé et M. Laforgue, à eux trois,..."}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 2841, "fin_caractere_exclue": 2881, "texte": "donnaient un ensemble de direction où la"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 2934, "fin_caractere_exclue": 2973, "texte": "poésie nouvelle pouvait hardiment s'en­"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 3030, "fin_caractere_exclue": 3040, "texte": "gager... »"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 3124, "fin_caractere_exclue": 3160, "texte": "Bizarre, même pour un critique polo­"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 3217, "fin_caractere_exclue": 3258, "texte": "nais, cette association de Laforgue et de"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 3311, "fin_caractere_exclue": 3350, "texte": "M. Mallarmé. 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Pavlovsky et"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 884, "fin_caractere_exclue": 899, "texte": "Oscar Méténier."}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 994, "fin_caractere_exclue": 1033, "texte": "La Pléiade de Paris, dont nous parlions"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1082, "fin_caractere_exclue": 1118, "texte": "récemment à propos de M. Charles Van"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1170, "fin_caractere_exclue": 1207, "texte": "Lerberghe, La Pléiade de MM. Mikhaël,"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1263, "fin_caractere_exclue": 1300, "texte": "Darzens, et de nos amis de Gand, nous"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1356, "fin_caractere_exclue": 1393, "texte": "annonce sa résurrection. Elle a comme"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1447, "fin_caractere_exclue": 1490, "texte": "rédacteur en chef M. Louis-Pilate de Brinn'"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1542, "fin_caractere_exclue": 1584, "texte": "Gaubast, et comme collaborateurs effectifs"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1585, "fin_caractere_exclue": 1623, "texte": "MM. Ajalbert, Barrès, Darzens, Viellé-"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1624, "fin_caractere_exclue": 1663, "texte": "Griffin, Mikhaèl, Quillard, de Régnier,"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1715, "fin_caractere_exclue": 1754, "texte": "Tailhade, etc., etc. Rebonne chance, et"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1805, "fin_caractere_exclue": 1812, "texte": "succès."}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2081, "fin_caractere_exclue": 2119, "texte": "Peter Benoit a eu la douleur de perdre"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2140, "fin_caractere_exclue": 2181, "texte": "son père au moment d'assister, à Londres,"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2182, "fin_caractere_exclue": 2223, "texte": "à l'audition de son Lucifer, exécuté dans"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2224, "fin_caractere_exclue": 2269, "texte": "l'immense « Albert Hall » p a r la société le"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2315, "fin_caractere_exclue": 2338, "texte": "« Royal Albert Choir »."}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2412, "fin_caractere_exclue": 2447, "texte": "Cette exécution, attendue comme une"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2501, "fin_caractere_exclue": 2544, "texte": "manifestation complète et décisive de l'art"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2591, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "flamand que la personnalité de Benoit"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2648, "fin_caractere_exclue": 2688, "texte": "incarne si parfaitement, a obtenu un tel"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2689, "fin_caractere_exclue": 2730, "texte": "succès qu'une nouvelle audition d'oeuvres"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2731, "fin_caractere_exclue": 2773, "texte": "du maître anversois aura lieu probablement"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2867, "fin_caractere_exclue": 2875, "texte": "en juin."}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2969, "fin_caractere_exclue": 3012, "texte": "Les solistes interprètes de Lucifer étaient"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3057, "fin_caractere_exclue": 3094, "texte": "Mme Lemmens-Sherrington, M mc Pathey,"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3149, "fin_caractere_exclue": 3189, "texte": "MM. Blauwaert, Fontaine et Constantin De"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3242, "fin_caractere_exclue": 3283, "texte": "Bom, un amateur anversois, appelé au der­"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3341, "fin_caractere_exclue": 3379, "texte": "nier moment pour remplacer M. Hensler,"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3380, "fin_caractere_exclue": 3418, "texte": "malade, et dont le Guide musical dit :"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3422, "fin_caractere_exclue": 3457, "texte": "« Le public, dont la majeure partie"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3507, "fin_caractere_exclue": 3550, "texte": "croyait avoir affaire à un ténor de profes­"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3596, "fin_caractere_exclue": 3639, "texte": "sion, ne s'est pas aperçu de son erreur, et"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3690, "fin_caractere_exclue": 3728, "texte": "M. De Bom a contribué à convaincre les"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3780, "fin_caractere_exclue": 3819, "texte": "Anglais que l'école flamande possède un"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3870, "fin_caractere_exclue": 3910, "texte": "grand musicien, mais aussi des chanteurs"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3964, "fin_caractere_exclue": 3988, "texte": "de tout premier ordre. »"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "Cette audition de Lucifer, venue peu de"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 191, "fin_caractere_exclue": 234, "texte": "temps après le concert de l'Association, où"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 284, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "l'on avait réentendu des fragments de Char-"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 377, "fin_caractere_exclue": 415, "texte": "lotte Corday et de Guillaume d'Orange,"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 465, "fin_caractere_exclue": 509, "texte": "de l'Hymne à la beauté, le trio de l'Invoca-"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 559, "fin_caractere_exclue": 604, "texte": "tion à la lumière, des lieder, etc.. a ramené"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 654, "fin_caractere_exclue": 697, "texte": "l'attention vers Peter Benoit, dont l'œuvre"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 747, "fin_caractere_exclue": 786, "texte": "se case définitivement parmi celles des"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 836, "fin_caractere_exclue": 844, "texte": "maîtres."}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 952, "fin_caractere_exclue": 991, "texte": "Au dernier Concert d'hiver on a exécuté"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1041, "fin_caractere_exclue": 1081, "texte": "une symphonie de M. Draeseke : une œuvre"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1131, "fin_caractere_exclue": 1169, "texte": "de musique algébrique dépourvue d'art."}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1222, "fin_caractere_exclue": 1262, "texte": "M1'0 Soldat, une violoniste de talent, a"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1312, "fin_caractere_exclue": 1355, "texte": "joué, avec virtuosité et non sans style, un"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1405, "fin_caractere_exclue": 1446, "texte": "concerto de Brahms. MIle Soldat a un coup"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1496, "fin_caractere_exclue": 1541, "texte": "d'archet qui « rafle » un peu trop les notes."}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1676, "fin_caractere_exclue": 1714, "texte": "Une intéressante audition d'oeuvres de"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1764, "fin_caractere_exclue": 1804, "texte": "M. Emile Mathieu a eu lieu à Louvain. On"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1854, "fin_caractere_exclue": 1894, "texte": "y a exécuté, notamment, des fragments de"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 1944, "fin_caractere_exclue": 1986, "texte": "Richilde et de Freyhir.    Les interprètes"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2036, "fin_caractere_exclue": 2077, "texte": "étaient Mlles Aline Bauveroy et Polspoel,"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2127, "fin_caractere_exclue": 2139, "texte": "M. Moussoux."}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2275, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "Lire dans les derniers numéros du Guide"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2364, "fin_caractere_exclue": 2408, "texte": "musical (11 avril et suivants), les intéres­"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2458, "fin_caractere_exclue": 2500, "texte": "sants articles de M. Evenepoel sur la pre­"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2550, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "mière représentation de Lohengrin à Bru­"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2640, "fin_caractere_exclue": 2647, "texte": "xelles."}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2825, "fin_caractere_exclue": 2866, "texte": "M me Cornélis, avec le concours de M. Ed."}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 2925, "fin_caractere_exclue": 2965, "texte": "Jacobs, a donné à la Grande Harmonie son"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3015, "fin_caractere_exclue": 3056, "texte": "Concert annuel : occasion très artistique"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3106, "fin_caractere_exclue": 3148, "texte": "pour les élèves et les nombreux amis de la"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3198, "fin_caractere_exclue": 3241, "texte": "cantatrice de venir lui témoigner leur sym­"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3333, "fin_caractere_exclue": 3340, "texte": "pathie."}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3470, "fin_caractere_exclue": 3506, "texte": "Nous avons dit, dans notre précédent"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3556, "fin_caractere_exclue": 3595, "texte": "numéro, les motifs qui nous empêchaient"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3645, "fin_caractere_exclue": 3689, "texte": "de rendre compte de l'exposition de l'Essor."}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3741, "fin_caractere_exclue": 3779, "texte": "Un membre de ce cercle qui n'a malheu­"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3829, "fin_caractere_exclue": 3869, "texte": "reusement aucune fonction administrative"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 3919, "fin_caractere_exclue": 3963, "texte": "dans la maison, nous a affirmé qu'il y avait"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 4013, "fin_caractere_exclue": 4057, "texte": "eu erreur, et nous l'eussions cru volontiers"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "si l'omission ne s'était reproduite à l'occa­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 182, "texte": "sion de la récente audition des œuvres de"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 234, "fin_caractere_exclue": 272, "texte": "Blockx, dans le local de l'exposition."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 312, "fin_caractere_exclue": 350, "texte": "Peut-être en est-il en essorisme comme"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 400, "fin_caractere_exclue": 434, "texte": "en mathématiques où deux négations"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 491, "fin_caractere_exclue": 533, "texte": "valent une affirmation, deux omissions une"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 550, "fin_caractere_exclue": 560, "texte": "attention."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 565, "fin_caractere_exclue": 603, "texte": "Dans ce cas, c'est nous qui devons des"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 605, "fin_caractere_exclue": 634, "texte": "remercîments à ces messieurs."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 892, "fin_caractere_exclue": 930, "texte": "Le Cercle artistique de Namur nous in­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 957, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "forme que sa septième exposition interna­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1000, "fin_caractere_exclue": 1045, "texte": "tionale et triennale des beaux-arts s'ouvrira"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1047, "fin_caractere_exclue": 1063, "texte": "le 16 juin 188g."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1068, "fin_caractere_exclue": 1107, "texte": "Il joint, à cette information, une note"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1159, "fin_caractere_exclue": 1201, "texte": "pour nous dire que les résultats pratiques"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1252, "fin_caractere_exclue": 1295, "texte": "obtenus par le cercle s'imposent à l'atten­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1343, "fin_caractere_exclue": 1387, "texte": "tion des artistes. Suit une liste des œuvres"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1520, "fin_caractere_exclue": 1537, "texte": "acquises en 1886."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1542, "fin_caractere_exclue": 1581, "texte": "Le Cercle artistique (?) de Namur s'est"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1583, "fin_caractere_exclue": 1623, "texte": "trompé d'adresse au Bottin. Nous ne fai­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1625, "fin_caractere_exclue": 1662, "texte": "sons pas le commerce de la peinture à"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1664, "fin_caractere_exclue": 1672, "texte": "l'huile."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1754, "fin_caractere_exclue": 1793, "texte": "Renvoyé à la Fédération artistique pour"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1846, "fin_caractere_exclue": 1883, "texte": "son calendrier des foires et marchés."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2125, "fin_caractere_exclue": 2166, "texte": "La Société des Aquafortistes belges, fon­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2215, "fin_caractere_exclue": 2257, "texte": "dée le 28 juin 1886, nous adresse son rap­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2304, "fin_caractere_exclue": 2343, "texte": "port de 1887-88, grassement typographie"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2359, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "sur papier de Hollande, afin de nous"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2396, "fin_caractere_exclue": 2435, "texte": "apprendre qu'elle a en caisse une somme"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2436, "fin_caractere_exclue": 2480, "texte": "de deux-cent dix francs et un sou. Voilà qui"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2522, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "nous rassure quant à la vitalité de cette"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2618, "fin_caractere_exclue": 2661, "texte": "société qui peut rendre de réels services à"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2708, "fin_caractere_exclue": 2727, "texte": "l'art aquafortiste."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2804, "fin_caractere_exclue": 2840, "texte": "La société ouvre un concours pour la"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2890, "fin_caractere_exclue": 2930, "texte": "publication de son album annuel. Les en­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2986, "fin_caractere_exclue": 3026, "texte": "vois doivent être adressés à M. Emile de"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 3073, "fin_caractere_exclue": 3118, "texte": "Munck, 52, rue de l'Association, à Bruxelles,"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 3165, "fin_caractere_exclue": 3186, "texte": "avant le 31 mai 1889."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "Le prospectus de la société mentionne"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 232, "texte": "une foule d'avantages matériels de nature à"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 282, "fin_caractere_exclue": 307, "texte": "allécher les concurrents."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 360, "fin_caractere_exclue": 398, "texte": "Espérons que les aquafortistes sauront"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 448, "fin_caractere_exclue": 489, "texte": "en profiter dans un but exclusivement ar­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 539, "fin_caractere_exclue": 548, "texte": "tistique."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 686, "fin_caractere_exclue": 725, "texte": "M. Henry De Groux vient d'avoir la dou­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 775, "fin_caractere_exclue": 798, "texte": "leur de perdre sa mère."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 850, "fin_caractere_exclue": 887, "texte": "Nous lui adressons nos plus sympathi­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 937, "fin_caractere_exclue": 955, "texte": "ques condoléances."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1116, "fin_caractere_exclue": 1157, "texte": "Il se prépare à Charleroi, une manifesta­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1207, "fin_caractere_exclue": 1250, "texte": "tion en l'honneur de M. Jules Audent. C'est"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1300, "fin_caractere_exclue": 1341, "texte": "M. A. Danse, l'excellent graveur montois,"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1391, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "qui a été choisi pour graver le portrait qui"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1485, "fin_caractere_exclue": 1518, "texte": "lui sera offert à cette occasion."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1715, "fin_caractere_exclue": 1749, "texte": "M. Eugène Ysaye vient d'être nommé"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1799, "fin_caractere_exclue": 1844, "texte": "officier de l'instruction publique de France."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1897, "fin_caractere_exclue": 1938, "texte": "Cette distinction d'un artiste qui a tant"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1988, "fin_caractere_exclue": 2028, "texte": "contribué à propager en Belgique les œu­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2078, "fin_caractere_exclue": 2121, "texte": "vres de la jeune école française, et notam­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2171, "fin_caractere_exclue": 2214, "texte": "ment celles de César Franck, cette distinc­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2264, "fin_caractere_exclue": 2303, "texte": "tion fait honneur au gouvernement fran­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2353, "fin_caractere_exclue": 2358, "texte": "çais."}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2487, "fin_caractere_exclue": 2521, "texte": "La Pléiade, numéro d'avril. — Som­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2571, "fin_caractere_exclue": 2617, "texte": "maire : Max       Waller;    Sonnet,    Albert"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2667, "fin_caractere_exclue": 2707, "texte": "Arnay; les Cygnes au clair de lune, Jean"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2757, "fin_caractere_exclue": 2800, "texte": "Boels ; les Charneux,      Georges Garnir ;"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2850, "fin_caractere_exclue": 2889, "texte": "Orphée, Fernand Severin; Souvenir, Karl"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2939, "fin_caractere_exclue": 2985, "texte": "van Osta ; la Grande extase, Charles Sluijts ;"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 3035, "fin_caractere_exclue": 3072, "texte": "Proses cursives, Paul Masy; Berceuse,"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 3122, "fin_caractere_exclue": 3164, "texte": "Sully Huntley ; Réminiscences, Paulin Bro­"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 3214, "fin_caractere_exclue": 3261, "texte": "gneaux; 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publie PASSIONNÉMENT, par ALBERT DELPIT\n  et LES DIABOLIQUES, par BARBEY D'AUREVILLY. Un numéro\n  2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente partout.\n\n    ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                   EPERNAY\n\n\n                                            Prix Courant\n                            Baron J. de Warnimont               2 25\n                            Marquis Armand de St-Hubert . . . . 2 75\n                            R O S É E J E U N E BELGIQUE                          3 00\n                            Crême d'Ay          id.                          3 50\n                            Bouzy extra         id.         Cuvée réservée. 4 5 0\n                            Bouzy Cristal       id.                          5 00\n                                         o.5o en plus par 2/2 bouteilles\n                                    EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 2 5 BOUTEILLES\n\n                            Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n            ENTREPOSITAIRE       : COULOMB-ROBIETS\n      19,   B o u l e v a r d d u N o r d , 19, à B r u x e l l e s\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE REVUE MENSUELLE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "MAI 1889 SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 215, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 626, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE\n                     REVUE MENSUELLE CE LITTÉRATURE ET D'ART\n\n formant au bout de l'année un superbe volume avec couverture spéciale et       frontispice.\n\n\n                          Fondateur       : MAX WALLER.\n\nDirecteur : HENRY MAUBEL. — Administrateur                        : HUBERT VAN DIJK.\n\n Bruxelles : Rédaction : 72, rue de Trèves —Administration, 26, rue de l'Industrie.\n\n\n                                ABONNEMENTS :\n  Belgique . . 7 francs par an. — Union postale . . fr. 8 - 5 0\n        Les conditions pour les annonces se traitent à forfait.\n\n\n\n                                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-05-n4-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "MAI 1889 SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 215, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 626, "fin_caractere_exclue": 1956, "texte": "MAI 1889\n\n                               SOMMAIRE:\nLa Jeune Belgique à la Chambre                                    LA JEUNE BELGIQUE.\nPoèmes                                                            FERNAND SEVERIN.\nNotre petit salon de tir                                          MOUCHE.\nChronique littéraire :\n        Le sang des fleurs                                        ALBERT GIRAUD.\n        Scènes de bal                                             VALÈRE GILLE.\nChronique artistique :\n         Un carton de Jef Lambeaux.                       .   .\n                                                                  GEORGES DESTREE.\n        L Exposition du Cercle\n        L'Exposition Watteau                                      JULES DESTRÉE.\nChronique dramatique :\n        La Matinée littéraire                                     FRANCIS NAUTET.\n        La Comédie française                                      HENRY MAUBEL.\nChronique musicale :\n        A la Monnaie\n        Conférence de M. Huysmans     . . .                       HENRY MAUBEL.\n        Au Conservatoire      . . . . . . .\nLe monde artiste                                                  ***\nMemento                                                           ***\n\n\n                   Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 180, "texte": "9e ANNÉE.   TOME VIII, N° 4        PRIX: FR. 0-.75                  MAI 1889.\n\n\n\n\n                                         BRUXELLES\n                                REDACTION :           ADMINISTRATION :\n                              72, RUE DE TRÊVES,      26, RUE DE L'INDUSTRIE.\n\n                                             PARIS\n                                    LÉON    V A N I E R , ÉDITEUR\n                                           10, Quai Saint-Michel\n\n                                                   1889\n"}, {"page_pdf": 181, "texte": "                            BOITE AUX L E T T R E S .\n   17. Avons reçu invitation à visiter l'exposition d'un peintre anonyme, rue perdue,\nnuméro inconnu. Envoyons remercîments et regrets à l'adresse susdite.\n   18. CHÉRIE. Seriez-vous la fille de M. de Goncourt? Votre nouvelle est exquise... et ne\nvaut pas le diable, bien qu'il y ait collaboré. Qui ça, IL? — le diable parbleu, celui des\npetites jeunes filles qui rêvent d'écrire leur folle confession. Venez nous voir un de ces\njours. .. avec votre miss gouvernante. — Il faut sauvegarder les convenances. — Pendant\nqu'elle lira les journaux de mode nous causerons de littérature pour embêter le gouver­\nnement.\n   19. UN LECTEUR ASSIDU. Si vous voulez bien nous continuer votre assiduité. Monsieur,\nvous pourrez lire au Memento la mention de l'article que vous nous signalez obligeam­\nment. On nous l'avait signalé et adressé d'autre part déjà, mais trop tard pour qu'il nous\nfût possible de le citer dans le précédent numéro. Merci à vous.\n   20. H. V., ST-GILLES. Nous finirons par devoir acheter un panier spécial pour y jeter\nles fautes de français que vous nous envoyez. Ça du français! Allons donc! C'est du\nprussien japonisant. Faites de la politique !\n   21. LILI. Est-ce que le dernier envoi est une parodie ? Si c'est une parodie, elle n'est\npas drôle. Et si c'est une     odie, elle l'est trop, — drôle.\n   22. PANURGE. Merci pour l'assurance de votre sympathie. Quant aux vers, dont l'inten­\ntion est excellente, ils sont malheureusement trop vieux jeu pour nous. Vous voyez que\nnous sommes francs. Retournez à vos moutons, Panurge, et s'ils bêlent mieux, revenez.\nS'ils sont trop vieux pour bêler mieux, consolez vous en nous traitant d'imbéciles. Nous\ny sommes habitués. N.B Le mouton fait : bêêê. Voir la farce de Maître Pathelin. Merci\nencore, et salamalecs.\n   23. GEORGES LIED. Votre poème en prose ne manque pas de qualités, et vous non plus,\nprobablement. Mais il est long, long... Et puis cette façon de répéter trente fois le même\nmot, nous paraît un peu puérile. C'est du spasme grammatical. On dirait une traduction\nd'un poème d'Edgar Poë récitée par un bègue. Au fond de cette critique qui a les pieds\ndans votre plat, il y a encore un éloge. L'appréciez-vous? Si oui, travaillez, et au revoir.\n\n  La direction rappelle aux lecteurs de La Jeune Belgique qu'elle assume\nseule la responsabilité des articles qui paraissent sans signature dans la\nrevue. Ils n'ont en aucune façon un caractère collectif ou anonyme.\n   Elle prie ses collaborateurs de lui adresser la copie au plus tard le 20\ndu mois afin d'assurer la publication régulière de la revue.\n   La Jeune Belgique inaugure son P E T I T SALON D E TIR.\n  N O T R E NUMÉRO 2 est à peu près épuisé.\n  Afin de satisfaire aux nombreuses demandes d'abonnement qui nous\nparviennent, nous prions les personnes qui ne collectionnent pas la Jeune\nBelgique de vouloir bien nous renvoyer ce numéro dont le prix leur sera\nremboursé.\n   On demande un critique musical très jeune et très injuste qui n'ait\nencore servi dans aucun journal quotidien. Pas de gages, mais des égards.\n   Se présenter muni de certificats aux bureaux de la Jeune Belgique, tous\nles jours, de 2 à 4 heures.\n   L'abondance des chroniques nous force à remettre au prochain numéro,\ndes pages de Prose de M. Maurice Desombiaux, des Vers de M. Boels, une\nétude de M. Francis Nautet sur Ibsen, qui attend son tour de publication\ndepuis plusieurs semaines, ainsi qu'un article sur le livre que notre colla­\nborateur, Grégoire Le Roy, vient de faire paraître en une édition merveil­\nleuse, avec un admirable dessin de Fernand Khnopff.\n   Nous aurons à dire un mot, aussi, de l'Anthologie que dirige M. Albert\nde Nocée et qui a inauguré ses Feuillets de luxe par une nouvelle de\nCamille Lemonnier: Le Riddijck. Au prochain, aussi, le compte-rendu des\nLégendes de la Meuse, des Japoneries d'automne et celui de l'Exposition\ndes Aquarellistes.\n\n                 ABONNEMENT                          GRATUIT\n  T o u t ami et bénévolent adepte qui nous apportera 10 abonnés,\nrecevra son abonnement gratuitement durant deux années.\n  Des cartes d'abonnement sont à la disposition de nos amis chez\nM. Henry Maubel, rue de Trèves, 72.\n"}, {"page_pdf": 182, "texte": "    LA JEUNE BELGIQUE\n                          A LA CHAMBRE\n\n\n              Il nous manquait encore une consécration,\n                                 venant d'en haut, de très haut, dans ce pays\n                                 de la médiocrité triomphante, où tout ce qui\n                                    est mesquin brille au pinacle, où tout ce\n                                 qui est fier est condamné aux bas-fonds, à\n                                 perpétuité. Il nous manquait, dans ce pays qui,\n                                   selon l'admirable expression de M. Taine,\n                                   marche sur sa tête et pense par ses pieds, il\n                                   nous manquait la consécration indélébile\n                   que peut donner l'outrage officiel, lancé de la tribune\n                   parlementaire, au nom de la nauséabonde pruderie laïque,\n                   gratuite et obligatoire, à ceux qui ont le souci de penser\n                   plus haut que leur ventre, et de ne pas laisser tomber aux\n                   pourceaux l'héritage artistique de notre race. Il nous man­\n                   quait d'être vilipendés, calomniés, bafoués, et dénoncés\n                    au parquet par les solennels grotesques qui gardent\n                   précieusement le trésor de la bêtise nationale, par les\n                 vestales du sexe auquel on doit les représentants et les séna­\n                 teurs, et qui, depuis 1830, veillent avec un soin jaloux sur le\n              feu sacré de la nullité belge.\n                 La Jeune Belgique a eu l'honneur d'être insultée et ridi­\n              culisée à la Chambre. Elle va faire ce qu'elle peut pour trans­\nmettre aux artistes de l'avenir les noms de ses détracteurs. Ces plaisanteries\net ces insultes, qui risquaient de moisir oubliées dans le fatras des Annales\nparlementaires, elle tient à leur communiquer une étincelle de sa vitalité\n"}, {"page_pdf": 183, "texte": "                                        158\n\n et de sa force. Elle leur fait l'aumône d'un peu de sa gloire certaine.. Et ce\n sont les Béotiens du Parlement qui resteront ses obligés.\n\n\n\n   C'est M. Charles Woeste qui, à propos d'une publication que nous avons\nappréciée naguère, et sur le mérite de laquelle nous n'avons pas à revenir,\na mis la torche au feu d'artifice de sottises tiré par la Chambre en l'honneur\nde sa propre indignité.\n\n   Voici, d'après les Annales parlementaires,     l'origine de l'incident :\n   M. WOESTE. — Nous possédons ici une petite école qui s'appelle la\nJeune Belgique.\n   Elle use certes de son droit en essayant de convertir le public à ses idées ;\nmais il est certain qu'elle est très exclusive : c'est en quelque sorte une école\nd'admiration mutuelle !\n   M. SCOUMANNE. — Il n'y en a pas d'autres.\n   M. WOESTE. — Or, à la suite des observations présentées ici, il se trouve\n que quatre représentants de cette jeune école ont demandé au gouverne­\nment de subsidier une anthologie des écrivains belges.\n   Le gouvernement eût dû être défiant, car cette œuvre devait être fatale­\nment partiale. Le premier volume a paru — celui des prosateurs — et on\nn'y voit même pas figurer notre éminent collègue, M. Thonissen, dont les\nœuvres sont connues de l'Europe entière !\n   M. NOTHOMB. — M. J.-B. Nothomb n'y figure pas non plus!\n   M. WOESTE. — En effet, M. J.-B. Nothomb n'y figure pas non plus, lui\nqui a élevé un monument à la gloire des hommes de 1830!\n   M. NOTHOMB. — Je vous remercie.\n   M. WOESTE. — Cette école cherche à introduire en Belgique un style\nheurté, exagéré, vraiment incompréhensible...\n   M. DE KERCHOVE DE DENTERGHEM.— On appelait cela naguère style\npicaresque. (On rit.)\n   M. WOESTE. — Les notices de l'Anthologie, dont je parlais, n'ont\nguère d'intérêt et elles sont écrites en un style véritablement inintelligible.\n   Dans leur préface, les auteurs déclarent qu'ils ont choisi parmi les œuvres\ndes écrivains « les pages évocatives du plus notoire scrupule littéraire ». Je\nserai peut-être traité demain de Béotien, mais je dois avouer que je n'ai\nrien compris à ces mots et je partage l'avis d'un écrivain qui a traité cette\nfaçon d'écrire de « Belgimatias ».\n   Il m'arrive, du reste, souvent de ne pas comprendre ces auteurs...\n   M. NOTHOMB. — Vous n'êtes pas le seul!\n   M. WOESTE. — Je ne suis pas seul à être traité ainsi de Béotien, et j'en\nsuis heureux; mais il est certain que je suis souvent obligé de relire plu­\nsieurs fois le même fragment pour essayer de comprendre, et je n'y parviens\npas toujours!\n"}, {"page_pdf": 184, "texte": "                                 — 159 —\n\n\n    Si donc le gouvernement a le devoir d'encourager nos jeunes écrivains,\nj'estime qu'il ne doit pas le faire les yeux fermés et entrer ainsi dans une\nvoie dont le dernier terme me paraît être le ridicule.\n   J'ai une dernière observation à présenter.\n    Il y a quelque temps, a paru dans un journal de Paris une nouvelle d'un\nauteur belge, intitulée l'Enfant du Crapaud. On s'en est ému à Paris, où\ncependant la littérature a des allures très libres ; une poursuite correction­\nnelle s'ensuivit et elle s'est terminée par la condamnation de l'écrivain, qui\ns'est fait justice lui-même, car il n'a pas appelé de ce jugement.\n   Or, en Belgique l'écrit condamné a été publié ensuite dans une revue\nhebdomadaire. Le fait a été signalé par la presse et l'on croyait que le par­\nquet belge imiterait le parquet français. Grande a été ma surprise en voyant\nl'inaction du parquet. La reproduction de cette véritable ordure était\nd'autant plus grave qu'il y avait condamnation antérieure. Nous avons\ncependant dans le Code pénal un article qui punit ces choses-là.\n   Ce n'est pas que je veuille pousser à des poursuites exagérées : en matière\nlittéraire, comme en toute chose, il faut être prudent. Mais il s'agissait ici\nd'un travail outrageant gravement la pudeur publique : tout le monde\nle reconnaîtra et on ne comprend pas que le parquet n'ait pas poursuivi.\nEst-ce donc qu'il y aurait deux Code pénal et deux poids et deux mesures?\nJe pose la question au gouvernement.\n   J'espère que quand de pareils défis à l'honnêteté publique se représente­\nront, ils ne seront plus indemnes de poursuites. La société doute de sa force\nquand elle ne sait pas faire respecter les mœurs publiques et on a donné là\nun déplorable exemple à nos écrivains. Aussi, serai-je charmé d'entendre les\nexplications du gouvernement et j'espère qu'elles nous donneront satisfac­\ntion, sinon pour le présent au moins pour l'avenir.\n\n   Les réponses faites à M. Woeste par M. de Moreau, ex-ministre des\nbeaux-arts, et par M. Devolder, son successeur, sont convenables, et ne\nméritent donc pas, au point de vue spécial où nous nous plaçons, qu'on\nles reproduise.\n   Il n'en est pas ainsi des explications fournies par M. Le Jeune, ministre\nde la justice :\n\n   M. LE JEUNE, ministre de la justice. — L'honorable M. Woeste a\ndemandé que le gouvernement voulût s'expliquer au sujet d'un article\npublié dans un journal de Bruxelles, l'Art moderne, reproduisant un\nextrait de la Terre, de Zola, et un écrit intitulé : l'Enfant du Crapaud,\n— ce dernier récemment condamné en police correctionnelle à Paris.\n   Je donnerai ces explications en peu de mots, sur ce sujet que l'on a hâte\nde quitter. Il est toujours pénible d'avoir à provoquer des poursuites ou\nd'avoir à en discuter la nécessité.\n   Je pense qu'il y avait lieu d'exercer des poursuites contre le journal\n"}, {"page_pdf": 185, "texte": "                                  — 160 —\n\n   français qui a répandu en Belgique la Terre, de Zola, et l'Enfant du Cra-\n  paud. C'est dire ce que je pense de la publication de l'Art moderne.\n      Si le Gil Blas n'a pas été poursuivi à propos de l'Enfant du Crapaud,\n  c'est parce que cette publication a échappé à l'attention du parquet au\n  moment où elle s'est produite en Belgique. (Exclamations.)\n      M. WOESTE. — Je demande la parole. (Bruit.)\n      M. LE PRÉSIDENT. —'Pas d'interruptions, s'il vous plaît, messieurs!\n  Veuillez continuer, monsieur le ministre.\n      M. L E JEUNE, ministre de la justice. — On me demande d'expliquer\n  pourquoi le parquet n'a pas agi et je l'explique. Je ne puis pas faire un\n  reproche au parquet de ne pas lire régulièrement le Gil Blas. (Hilarité.)\n     A GAUCHE : Et le Journal des Tribunaux!\n      M. LE JEUNE, ministre de la justice. — Le Journal des Tribunaux n'a\n  parlé de la Terre, de Zola, et de l'Enfant du Crapaud que longtemps après\n  que le Gil Blas eût répandu en Belgique la Terre, de Zola, et l'Enfant du\n  Crapaud et il en a parlé peu de jours avant l'Art moderne.\n     Je ne puis pas reprocher au parquet de n'avoir pas eu par lui-même con­\n naissance des deux publications à raison desquelles des poursuites auraient\n dû être exercées contre le Gil Blas.\n     Quant à moi, je n'ai connu l'Enfant du Crapaud que par l'article de\n l'Art moderne sur lequel mon attention a été appelée sur le champ. C'est\n ainsi que je suis à même de fournir en ce moment les explications que\n l'honorable M. Woeste a demandées.\n     A propos de l'article de l'Art moderne, j'ai réclamé, à cette époque, les\n explications que je viens de reproduire en ce qui concerne la publication de\n l'Enfant du Crapaud par le Gil Blas.\n     Maintenant, pourquoi l'Art moderne n'a-t-il pas été poursuivi? Le par­\n quet a pensé que l'Art moderne comme le Journal des Tribunaux, n'ayant\n reproduit l'écrit en question que dans le compte-rendu d'un procès, l'ap­\n préciation du jury serait vraisemblablement dans le sens d'un acquittement.\n     Cette éventualité présentait le grand inconvénient d'exposer le parquet\n de Bruxelles à affaiblir par ses poursuites le salutaire effet de la condam­\n nation qui venait d'être prononcée à Paris.\n     Puis, pour des publications de ce genre, même quand il en doit\n coûter quelque argent, une poursuite est, en général, une bonne fortune.\n La poursuite leur taille une réclame.\n     Dans cet état de choses, le parquet a pensé que mieux valait ne pas\n renouveler par une poursuite le bruit qui s'était fait autour de l'écrit con­\n damné à Paris.\n     M. WOESTE. — Alors, il ne faut pas poursuivre les écrits pornogra­\n phiques?\n     M. LE JEUNE, ministre de la justice. — Cela dépend.\n    M. WOESTE. — Comment? cela dépend. Le Code pénal ne dit pas :\nCela dépend !\n    M. LE JEUNE, ministre de la justice. — Evidemment, mais il y a tou­\njours, en pareil cas, une question d'opportunité.\n"}, {"page_pdf": 186, "texte": "                                  — 161 —\n\n   Voilà les explications que j'avais à donner au sujet de l'absence de pour­\nsuites contre la publication primitive par le Gil Blas de la Tere, de Zola,\net de l'Enfant du Crapaud.\n   J'ai pensé, comme le parquet, que, au moment où des poursuites auraient\npu être exercées contre le journal l'Art moderne, ces poursuites n'eussent\npas été opportunes.\n\n   M. Woeste étant revenu à la charge, M. Le Jeune, ministre de la jus­\ntice, a expliqué ses explications, et a terminé son discours par la phrase\nsuivante :\n\n   Du reste, de telles poursuites sont difficiles. Le procureur général me\ndira qu'il ne lit pas ces écrits; qu'il faut qu'on les lui renseigne. Et, si tout\nle monde se plaint en cette matière, PERSONNE CEPENDANT N'AIDÉ LE\nPARQUET POUR RÉPRIMER LA PORNOGRAPHIE !\n   Il est donc facile de comprendre que le parquet n'ait pas poursuivi ayant,\nété averti tardivement : en ces matières, les poursuites immédiates sont la\ncondition d'une répression salutaire.\n\n  Dans la même séance, M. Melot, représentant de Namur, et rapporteur\nde la section centrale, a prononcé une harangue qui mérite de passer à la\nplus extrême postérité.\n  Voici le passage le plus auvergnat de cette élucubration parlementaire,\ndigne en tous points du Tribulat Bonhomet qui, dans son rapport, a\ncomparé l'art à la grande voirie :\n\n   Ce qui s'est accru surtout au budget, ce sont les dépenses qui ont un\ncaractère personnel : ainsi les crédits pour le personnel des différentes insti­\ntutions artistiques et scientifiques, pour des commandes et des subsides.\n   C'est ici qu'une seconde comparaison se présente. Les artistes et les litté­\nrateurs seraient injustes s'ils se plaignaient de notre budget. On se garderait\nbien de les négliger : leur plume ou leur pinceau ne peut-il donner la répu­\ntation et la célébrité?\n   Des écoles, des académies ont été établies pour eux ; des bourses leur sont\nallouées pour leurs études; on leur fournit le moyen, par des allocations\nbudgétaires, de continuer ces études dans les contrées étrangères ; on achète\nensuite leurs œuvres, et nul n'ignore à quelles critiques ont souvent donné\nlieu ces achats. Sous le nom de missions, on paye parfois leurs voyages ; on\nles secourt quand ils sont pauvres, que leur pinceau ou leur plume,\ndédaigné par d'ingrats contemporains, n'a pas assuré la subsistance de leur\nvieillesse, et, après leur mort, la main généreuse de l'Etat soutient encore\nleur veuve et leurs enfants;\n   Dans nulle autre carrière, l'Etat ne suit et ne protège les citoyens, de la\njeunesse à la tombe, avec une si libérale sollicitude; IL NE PROTÈGE AINSI\nNI LES AVOCATS, QUI SONT LES AUXILIAIRES DE LA JUSTICE; NI LES\n"}, {"page_pdf": 187, "texte": "                                    —    162   —\n\n\n\nMÉDECINS, QUI VEILLENT A LA SANTÉ PUBLIQUE, NI LES INDUSTRIELS,\nQUI ENRICHISSENT LE PAYS, NI LES AGRICULTEURS, QUI FONT SORTIR\nDU SOL LA N O U R R I T U R E DU P E U P L E .\n\n  Mais, à chaque chose, Messieurs, sa place et son rang; l'homme vit avant\ntout de pain :\n                    Je vis de bonne soupe et non de beau langage.\n\n   Et si la crise agricole se prolonge, aussi intense, aussi rigoureuse, la faim\nrégnera dans nos campagnes, comme elle règne dans d'autres pays de\nl'Europe ; la faim tranchera la question et obligera les citoyens et l'Etat à\ndiriger d'un même côté toutes leurs ressources. Devant cette terrible néces­\nsité, l'éclat des lettres et des arts pâlit et s'efface, et je redis l'impression que\nm'a fait éprouver cette comparaison : que, dans ce temps où la détresse\nagricole exige de si prompts et si efficaces secours, le budget des beaux-arts\ndépasse les subsides inscrits au chapitre de l'agriculture et à celui de la\nvoirie vicinale.\n   Au surplus, pourquoi me tairais-je et ne dirais-je pas toute ma pensée?\nCette comparaison ne me paraît pas blessante et je préfère l'honnête labou­\nreur qui, de l'aube au coucher du soleil, a travaillé la terre pour la forcer à\nporter des moissons et qui, le soir, retourne joyeux près de sa femme et de\nses enfants, à maint poète d'une école nouvelle qui torture le langage pour\nchanter en vers inintelligibles ses passions et ses plaisirs.\n\n   Et ce n'est pas tout : le Cercle des XX n'a rien à envier à la Jeune Bel-\ngique. M. Anspach-Puissant a recommandé, en ces termes, nos jeunes\npeintres à la bienveillance du gouvernement :\n\n   Au risque de passer aussi pour un Béotien, je veux pousser ces observa­\ntions dans un autre ordre d'idées et parler à M. le ministre de l'intéreur non\nplus uniquement de littérature, mais de beaux-arts.\n   On a, il y a quelques années, voté de très grandes dépenses pour élever à\nBruxelles un palais des beaux-arts : ce palais a été détourné de sa destination\npremière; il sert de musée aujourd'hui ; mais le musée d'alors est devenu le\nlocal des expositions périodiques.\n   Je me demande si, dans le désir d'impartialité que le gouvernement\naffiche en matière d'art, il ne va pas trop loin et si, en mettant à la dispo­\nsition de certain groupe tapageur et turbulent, qui semble n'avoir d'autre\nbut que d'exploiter la naïveté des badauds, les salons de l'ancien musée, il\nn'emploie pas les deniers des contribuables à un objet pour lequel ils ne\ndevraient pas être dépensés? Les quelques peintres de talent qui se sont\nfourvoyés par là commencent à s'abstenir de prendre part à ces exhibitions.\nLe gouvernement ne devrait-il pas s'abstenir aussi ?\n   Des expositions se sont succédé et, chaque année, elles sont devenues de\nplus en plus ridicules. Les premières fois, elles avaient cela de bon qu'elles\n"}, {"page_pdf": 188, "texte": "                                 — 163 —\n\nfaisaient rire et que les visiteurs y passaient au moins quelques instants de\ngaieté.\n   Mais, à force de tomber dans l'exagération, on en est arrivé à ne plus\nmême être drôle. Les visiteurs qui, les premières années, allaient voir ces\ncharges pour se dérider se sont lassés et n'y vont plus.\n   Il y a là un abus auquel il importe de remédier. J'engage le gouvernement\nà réfléchir et à examiner soigneusement s'il doit continuer à donner, en\nquelque sorte, l'estampille officielle à ces mauvaises plaisanteries.\n   Enfin, dans une interruption, à propos de M. Camille Lemonnier et\nd'une de ses œuvres, M. Eeman, représentant de Gand, s'est permis de crier\nà la « cochonnerie ».\n\n\n   Voilà comment, quand, par hasard, il leur arrive de parler de l'art et des\nartistes, s'expriment, avec la conscience de leur infaillibilité, les brasseurs\nde lois qui siègent à la Chambre!\n   Avocats de quatorzième ordre, qu'un long stage de sentinelle au pied du\nmur mitoyen a rendus aptes aux basses besognes de la politique; mar­\nchands de bestiaux, qui contemplent une œuvre littéraire de la même façon\nque leurs bœufs et leurs vaches regardent les locomotives ; industriels\négoïstes, digéreurs de fortunes ; financiers toisés par les yeux de la con­\nscience des pauvres ; fleurs d'ignorance et de nullité, nénuphars fétides éclos\ndes mares électorales, — cela s'avise de renifler l'art, et de s'ériger en\njuge de ce qui peut être jugé par tous, sauf par eux !\n   D'où viennent ces gens-là, pour s'introniser critiques littéraires? Où leur\nmandat? D'où leur compétence?\n   De quel droit ces écorcheurs de français, dont le jargon offusquerait\nM. Georges Ohnet lui-même, de quel droit ces législateurs incapables de\nrédiger correctement un texte de loi, et qui, grâce à leurs patois divers,\ntransforment le Palais de la Nation en une tour de Babel, — moins la\nhauteur — de quel droit viennent-ils censurer les écrivains, les écrivains\nqu'ils ne connaissent pas, et les rappeler, au nom de l'hypocrisie officielle,\nà l'on ne sait quelle poétique bourgeoise, dont ils accrochent les règles\ncaduques aux vieux récits de Théramène qui leur tiennent lieu de litté­\nrature ?\n   Un Sarcey suffit à la France. Et pour la Belgique, cent trente-huit\nSarcey, c'est trop!\n   Mais ne calomnions personne : M. Sarcey lit pour ne pas comprendre,\ntandis que nos cent trente-huit Sarcey ne lisent même pas. Le Sarcey de\nM. Bergerat ne vaut pas les nôtres !\n"}, {"page_pdf": 189, "texte": "                                  — 164 —\n\n   M. Woeste critique ce qu'il appelle le style de la Jeune Belgique, et,\ndans une lettre adressée à notre directeur, il confesse ignorer l'existence de\nnotre revue. Il parlait donc de la Jeune Belgique sans l'avoir lue, d'après\nles ineptes plaisanteries de certains journaux qui ne l'ont pas lue davan­\ntage. M. Woeste peut être fier : il a inventé l'ignorance à deux degrés !\n   Mais M. Woeste a été distancé, si c'est possible, par un jeune représen­\ntant stagiaire, dont le stage ne sera pas long, car cet Eliacin parlementaire\nnous paraît digne de figurer à côté des plus vieux et des plus repoussants\nJoad de la Chambre, M. Anspach-Puissant, député de Thuin.\n   M. Anspach, — Puissant par alliance — a supplié le gouvernement de\nne plus ouvrir les locaux du Musée aux Jeunes-Belgique de la peinture.\n   Il va falloir que les écrivains et les peintres aillent prendre le mot d'ordre\nchez les élus de la bêtise à 42 francs 32 centimes !\n   Ces Sarcey en Chambre rêvent d'instituer un art officiel, avec brevet de\nsagesse et de beau langage. Un énorme éclat de rire a salué leur prétention,\net à cette seule idée, dans nos vergers littéraires, les pommes ont poussé sur\nles arbres, toutes cuites, à leur intention.\n   Se flatter de régenter l'art, c'est comme si l'on envoyait des convocations\nde garde civique aux étoiles de la Voie lactée.\n\n\n   Ce n'est pas tout : il a fallu encore que la pruderie parlementaire accusât\nM. Camille Lemonnier d'être un vendeur de cartes transparentes, et que\nM. Eeman le traitât, sans le nommer, de cochon. Et pour couronner digne­\nment cette belle aventure, M. Le Jeune, ministre de la justice, un homme\nde talent, un érudit et un lettré, malheureusement embauché dans la poli­\ntique, n'a pas protesté. M. Le Jeune au lieu de relever, comme elle le méri­\ntait, la grossière et sotte incartade de M. Eeman, a fait appel aux dénon­\nciateurs. Il s'est plaint que personne n'aidât le parquet en lui signalant les\nœuvres d'art qui sont dignes des mouchoirs de M. Tartufe !\n   Et tous les orateurs, depuis M. Woeste jusqu'à M. Le Jeune, ont craint\nde se salir les lèvres en prononçant le nom de M. Camille Lemonnier !\n   Pornographe et cochon, cet artiste, qui, depuis plus de vingt ans, travaille\nà excuser sa] patrie, devant l'Europe, de la médiocrité demi-séculaire où\nnous a plongés ce Parlement ! Pornographe et cochon , l'auteur de la\nBelgique, du Mâle, du Mort, des Charniers, et de tant d'autres œuvres\nqui font honneur au génie de notre race! Pornographe et cochon, pour­\nquoi? Pour quelques peintures violentes, pour quelques mots crus?\n   Est-ce ainsi qu'on parle d'un écrivain? Qu'importent les descriptions\n"}, {"page_pdf": 190, "texte": "                                    — 165 —\n\nvives et les phrases nues, — cela relève de la critique littéraire, et du juge­\nment des écrivains eux-mêmes ! Une seule question était à poser : Sommes-\nnous en présence d'un allumeur de curiosités ou d'un artiste qui a voulu\nfaire une œuvre d'art?\n   L'auteur du Mort est de ceux qui ont droit, sinon à l'admiration, au\nmoins au respect de tous. Chapeau bas devant ce nom-là, M. Eeman !\n   Quant à l'appel lancé par M. Le Jeune aux mouchards littéraires et aux\nVidocq des sentines où grouille Léo Taxil, nous souhaitons qu'il soit\nécouté. M. le ministre se rendra compte, alors, de ce que pèse, dans les\nbalances faussées de certaines consciences, une phrase odieuse, qui n'aurait\njamais dû échapper à un garde des sceaux.\n\n\n\n   Il est temps de conclure. Les cent trente-huit Sarcey de la Chambre, en\nnous insultant, et en nous laissant insulter, nous ont fait le plus enviable\nhonneur auquel des artistes puissent prétendre, en cette fin de siècle, dans\nun pays de mœurs parlementaires. Ces gens là, quand il s'agit d'art, ont un\ninstinct infaillible qui les porte à ridiculiser ce qui est fier, et à salir ce qui\nest beau. Nous les remercions de ce suffrage à rebours, qui recevra l'appro­\nbation universelle, celle des Melot, et aussi la nôtre. Cette unanimité ne\nnous déplaît pas.\n   Les vrais, les seuls représentants de la pensée, en Belgique, ce sont ces\nartistes qu'on a outragés. Les cent trente-huit Sarcey ne sont qu'une coagu­\nlation d'intérêts alvins. Nos écrivains, nos peintres, nos sculpteurs et nos\nmusiciens, voilà le cerveau du pays. Et leur œuvre continuera notre patrie,\nen dehors de toute fiction géographique, malgré les démembrements mêmes,\nalors que les noms de MM. Woeste, Melot et Anspach seront oubliés, et\nque les miasmes de la grande Charogne politique seront depuis longtemps\névaporés sous le ciel.\n                                                  LA J E U N E BELGIQUE.\n"}, {"page_pdf": 191, "texte": "                        — 166 —\n\n\n\n                    POÈMES\n                             I\n\n          LA CRUAUTÉ DU P R I N T E M P S\n\n Oh! l'enfantin veuvage insulté par les fleurs!\n Mon cœur de délaissé promène ses malades,\n Hélas! et trop de fleurs jonchent ses promenades.\n\n Refermez-vous, lilas, que j'eusse aimés ailleurs,\n Et toi, l'orgueilleux lys, qu'égalera ma dame,\n Epargne tes parfums au vierge qui se pâme.\n\n Précédez-vous l'enfant que je n'espérais plus ?\n Oh! parfumez alors le sentier qui l'amène;\n Effeuillez-vous, lilas, sous les pieds d'une reine.\n\n Mais ne me rouvrez pas de paradis perdus\n Si j'en dois cueillir seul les fleurs pour elle écloses;\n Le souris qu'elle aura me navre dans les roses.\n\n Qu'il en soit de mon cœur comme tu le voudras,\nIgnore seulement le deuil que je te voue;\nTrop de roses, hélas! m'ont évoqué ta joue.\n\nToujours entre les bras, toujours fuyant les bras,\nTon fantôme trop beau m'a dévasté l'aurore;\nAh! vois les yeux perdus dont le regard t'implore\n\nEnfant, tu m'as fait mal; j'en châtierai les fleurs.\nJe vous effeuillerai, roses des rosiers mièvres,\nVos lèvres, trop souvent, mont parlé de ses lèvres.\n\nPauvre courroux d'enfant que trahiront les pleurs!\nTu m'as brisé le cœur, cher cœur de l'inconnue,\nMais je n'ai pas cessé d'espérer sa venue.\n"}, {"page_pdf": 192, "texte": "                           — 167 —\n\n\n                               II\n\n                            L'AINÉ\n\nVous souvient-il parfois du frère qui vous pleure,\nPauvre sœur de jadis, lasse de mes pareils ?\nJe suis l'aîné pensif qui veilla vos sommeils.\n\nOit sont-ils, vos frissons de grand lys qu'on effleure ?\nEt ces soirs fraternels, qui fleuraient le tilleul?\nAutant d'obscurs bonheurs dont je me souviens seul.\n\nCar je me les rappelle avec les mêmes larmes.\nVous ne connaîtrez pas l'extase des regards :\nJe vous ai vu dormir en vos cheveux épars.\n\nEt la douce ombre, alors, qui nous tombait des charmes!\nEt qu'ils fleurent longtemps au fond du souvenir,\nCes bouquets que vos mains n'avaient pu retenir!\n\nMains gauches à souhait, encor vierges d'échanges,\nEt qui, lasses des jeux et des bouquets cueillis,\nAvaient, en s'endormant, laissé tomber ces lys.\n\nO sourire endormi d'enfant qui rit aux anges,\nSouffle digne des fleurs, parfums d'un sang bien né,\nPremier et seul amour des lèvres de l'aîné,\n\nPauvres riens qu'elle oublie, hélas! comme on s'oublie,\nVivez dans ce seul cœur mort de son seul espoir,\nQu'il souffre bien par vous, en ses heures de soir.\n\nJe me suis enfermé dans ma mélancolie :\nSi quelqu'un de mortel vit pleurer mes vingt ans\nCe sont de fières fleurs mortes depuis longtemps.\n\nElle dort en mon cœur, comme dans une châsse,\nLa Belle-au-bois-dormant que vous ave\\ été;\nJ'ai mêlé mes instants à son éternité.\n"}, {"page_pdf": 193, "texte": "                         — 168 —\n\nIl est trop tard! En vain au fond d'une voix lasse.\n Vous chercherez pour moi quelque accent triste et doux :\nVous n'aurez plus ce cœur qui ne pense qu'à vous.\n\n\n                            III\n\n         LES ADIEUX AU BORD DE LA MER\n\nDieu bénisse vos soirs, reine de mes tristesses.\nNous nous étions fait mal dans toutes nos caresses;\nQuels longs adieux, pourtant, nous avons échangés!\n\nJ'ai baisé dans mes pleurs vos doigts las de leurs bagues;\nTant mon cœur s'effarait devant ces pays vagues\nOù les soirs les plus beaux me seraient étrangers.\n\nLe départ attristait les mers occidentales.\nVous m'avez attiré jusqu'à vos lèvres pâles,\nSous vos cheveux royaux semés de fleurs des eaux.\n\nQue de sanglots d'enfant dans ce baiser suprême!\nAdieux, derniers adieux d'une reine qui m'aime,\nJ'ai bien souffert par vous dans les pays nouveaux!\n\nBeaux pays, et parés pour une bienvenue!\nHélas! et que m'était cette terre inconnue?\nJ'y portais votre amour comme un trophée amer.\n\nEt votre orgueil connut ces paroles bénignes :\n« Que vous ai-je donc f ait qui rappelle vos cygnes?\nAh! laissez-les, sans vous, retourner sur la mer.\n\nMais je sens s'attendrir mon cœur longtemps rebelle :\nCelle qui vous attend est sans doute bien belle?\nJe mourrai loin de vous dans mes pâles cheveux. »\n\nO ma sœur, ai-je dit, ne parlez pas de charmes.\nJe ne sais qui m'attend, et vous voyez mes larmes;\nDaignent les soirs d'été vous rendre vos aveux.\n"}, {"page_pdf": 194, "texte": "                         —   169   —\n\n\nLes soirs! pleins de rayons, de chansons et d'haleines,\nEt que j'explorerai sur de mornes carènes,\nCes soirs, tristes pour moi, Dieu vous les fasse doux !\n\nNous nous serons aimés, pourtant, cette seule heure!\nAh! navire trop lent, reçois un cœur qui pleure;\nFais le soir et la mer bien vastes entre nous.\n\n\n\n                             IV\n\n\n                    LA REINE MORTE\n\nVoilà donc les baisers que tu m'avais promis!\nFuis-moi dans le trépas, hautaine comme un cygne;\nTu n'auras pas vaincu ce cœur qui se résigne.\n\n\nLes beaux astres couchés que tes yeux    endormis!\nIls faisaient le matin dans les prés de mon âme :\nHeureux qui passera sous les yeux de ma dame.\n\n\nQuand la mort effeuilla tes roses, m'aimais-tu?\nAh! n'importe; que les ténèbres te soient douces!\nPleines de lits de fleurs, pleines de bancs de mousses.\n\n\nPlus douces que mon cœur, pauvre cœur qui s'est tu,\nEt qui suivit de loin ta noble rêverie,\nCœur plein d'humbles trésors qui t'eussent attendrie\n\nQu'il te soit pardonné; tu ne le savais pas.\nPuisse-ie, en ma prière, être écouté des anges ;\nTon linceul te sera léger comme des langes.\n\n\nHeureux les étrangers que tu regarderas!\nCalme vaisseau parti sur la mer des ténèbres\nLoin d'un culte ignoré, vogue à des cœurs célèbres.\n"}, {"page_pdf": 195, "texte": "                                 —    170       —\n\n\n    Repose en ces cheveux qui défieront la mort.\n    Reine et belle parmi les reines éclipsées,\n    Tu régnas sur l'Ophir de mes bonnes pensées.\n\n    Je nai pas détrôné ton spectre casqué d'or :\n    Fuis-moi pour l'inconnu que la mort te fiance;\n    Je me plais dans la nuit qui répand sa présence.\n                                                         FERNAND   SEVERIN.\n\n\n\n\n    NOTRE PETIT SALON DE TIR\n                               (D'APRÈS       FLOBERT)\n\n\n\n                                          I\n\n                           METEMPSYCHOSE\n\n              Dans le bruisseux silence de l'hémicycle où plane l'âme d'un\n               vieux lion décédé depuis cinquante-neuf ans, on entend comme\n               le bourdonnement d'une mouche qui serait la sœur de celle\n               du coche. Tous les jours on balaie le plancher en gradins\n               afin d'y remuer les microbes de l'éloquence; un peu de pous­\nsière de phrases tournoie à hauteur d'homme pendant qu'à tour de rôle\ndeux ou trois messieurs dévoués se tiennent debout, une main dans la\npoche du pantalon, l'autre faisant des gestes pour que la poussière ne\nretombe pas trop vite. Peu à peu, le tournoiement se fait plus lent, la pous­\nsière plus dense descend, s'amasse, se pose... des voix crient : à demain ! Le\nprésident se couvre. Le monsieur dévoué replie ses gestes et les remet dans\nson tiroir.\n   Or, un de ces lendemains qu'on avait balayé à fond le coin des agricul­\nteurs et que la poussière tournoyait, tournoyait en exhalant des parfums\nde carottes et de navets crus, le monsieur Vestale — un gros dont l'obésité\ntenait le coude en arrêt — qui était chargé de veiller à l'entretien de la\npoussière éloquencielle, et qui s'obstinait depuis un instant à tracer des\nronds dans le vide en pointant l'index dans la direction de quelque chose\navec l'air de dire : « Je parle tout le temps et celui-là ne fait rien. Bien sûr,\nil a payé le concierge pour l'empêcher de balayer son coin », une à une,\ninstinctivement, les têtes se tournèrent vers l'endroit désigné. L'assemblée\nvautrée en une variété de poses molles était dans cet état de somnolence\nqui émousse le regard et prédispose l'imagination aux plus insolites visions.\nElle ne vit d'abord qu'un être courbe aux yeux plisseux de myope dont le\nnez crochu furetait dans un tas de paperasses. Il en retirait quelques-unes,\n"}, {"page_pdf": 196, "texte": "                                   —   171   —\n\n\n\nles pliait en cassure, d'un mouvement sec. Puis, tandis qu'un sourire en\ncoup de rasoir étirait ses lèvres minces, de ses deux mains très blanches au\npetit doigt en retroussis — à la façon des femmes qui « pincent du tricot »\n— il amenait des carrés de papier blanc à hauteur de la bouche, sa langue\nacérée, se mettait à les lécher d'un mouvement saccadé, rapide, frénétique,\npresque gourmand : Une, deux, crac! Une, deux, crac!... pendant que les\nlèvres accentuaient le sourire.\n   Au bout de quelques minutes de contemplation, des bulles noires attirées\npar la fixité de tous ces regards, se mirent à voltiger dans l'hémicycle; elles\ngrossirent bientôt jusqu'à devenir de petites noisettes qui bondirent, se\ncroisèrent, tourbillonnèrent dans l'espace comme lancées par une multitude\nd'invisibles bilboquets, et l'on ne sait par quel phénomène d'hypnotisme, le\nmouvement incessant des deux mains crochues devant la langue acérée pre­\nnant tout à coup un relief outré, apparut comme le geste d'un singe affamé\nqui aurait happé les noisettes au bond et les aurait croquées, croquées à la\nhâte, par poignées dans un accès de frénésie gourmande. Alors, retentirent\nde tous côtés des cris perçants inarticulés et la cage entière possédée d'une\népouvantable danse de « Singe-Guy » se rua dans un désordre et un brou­\nhaha indescriptibles...\n   Un silence suivit cette mêlée, un silence profond dans une méditative\nimmobilité : les noisettes avaient cessé de tomber. On entendait maintenant\nle bruit doux de plusieurs centaines de mâchoires qui les croquaient avec\nrecueillement. Puis, le bruit diminua, se fondit en la vague rumeur d'une\ndigestion qui s'apaise... une poignée d'épluchures s'abattit sous un banc,\nune seconde là-bas, une troisième,... des ronflements montèrent çà et là\nramenant l'harmonie dans le silence... La poussière avait repris son tour­\nnoiement normal... Le geste avait changé d'orateur.\n\n                                        II\n\n                             LE M É L O P H O N E\n   Le Moniteur des intérêts bovins, dans un de ses derniers numéros, men­\ntionne une invention récente qui a passé trop inaperçue. C'est celle du\nMélophone, instrument à soufflets et en forme de guitare dont le nom\ns'écrit plus orthographiquement Mélot-Faune. L'auteur a expliqué son\ninvention comme suit :\n   Cet instrument a pour but d'approprier peu à peu les forces vives d'une\nnation aux travaux trop négligés de l'agriculture, d'appliquer aux travaux\nde la terre le principe du service obligatoire dont les bœufs — ces parias\nde l'humanité — sont demeurés, jusqu'à ce jour, les seules victimes.\n   En Belgique, surtout, s'est produite depuis quelques années on ne sait\nquelle émancipation qui tend à détourner les hommes de leur véritable\nfonction ; l'art démoralisateur s'est emparé des esprits, jetant le trouble dans\nles familles, éveillant l'âme dans des corps pesants de bien-être, faisant jaillir\nle feu de cette passion funeste qui signifie la décadence d'une race.\n"}, {"page_pdf": 197, "texte": "                                  —    172   —\n\n\n   Des artistes, — le mot fait frémir! — des artistes, des anarchistes —\nc'est la même chose — sont venus, faisant tournoyer au bout de leurs pin­\nceaux et de leur plume, l'assiette, la vieille et saine assiette de notre Consti­\ntution. Oh ! les jongleurs, les saltimbanques, je ne sais ce qui me retient\nde... Mais non ! ce sont des malheureux qu'il faut plaindre, car la lèpre d'art\nles atteint à la fleur de l'âge. J'en sais qui font des vers et qui n'ont pas\nvingt ans. Vingt ans ! l'âge où nous allions à l'école avec, sous le bras, la\npetite ardoise, dont nous sucions mélancoliquement la touche.\n   Enfin, et pour vous dire toute la chose navrante, Messieurs, la Belgique,\nnotre pauvre Belgique ne digère plus comme en 1830. Vous m'aiderez à la\npréserver de la gastrite en achetant mon instrument dont une application\npersévérante ramènera notre peuple aux saines fonctions de nature et réta­\nblira l'harmonie parmi ce que je nommerai d'une appellation génerale, la\nfaune, c'est-à-dire l'ensemble des animaux de notre pays. L'instrument que\nje vous propose est à trois degrés et fournit un résultat définitif au bout de\nquelques jours. Au premier tour de vis le sujet tombe des folies et des chi­\nmères imaginatives de l'enthousiaste au raisonnement froid et positif de\nl'homme : un poète décadent pourrait construire des chemins de fer écono­\nmiques ou suivre un cours de droit commercial sans la moindre douleur.\n   Au second tour, le raisonnement se restreint aux choses indispensables\nde la vie domestique et l'homme manifeste une sympathie accusée pour les\nanimaux de basse-cour.\n   Au troisième tour, le cerveau n'est plus qu'un peu de matière molle qui\nconcourt à l'harmonie physiologique de l'individu, sans plus le distraire du\nrôle que la nature lui assigne et qui est de contribuer, pour sa part, à la\ncolossale digestion de la matière par la matière jusqu'à la fin des siècles.\n   Cette fin, j'estime qu'il est inutile de la précipiter.\n   Cette démonstration a été unanimement approuvée et nous avons tenu\nd'autant plus à la souligner que des expériences faites sur l'auteur lui-même\nont prouvé d'une façon péremptoire l'efficacité du nouvel engin.\n                                                                MOUCHE.\n"}, {"page_pdf": 198, "texte": "                                  — 173 —\n\n\n\n\n         CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                       I\n\n     Le Sang des fleurs, par M. ANDRÉ FONTAINAS. — Bruxelles, Monnom, 1889.\n\n\n              Dans ses premiers poèmes, M. André Fontainas nous apparaît\n                comme un artiste d'exception.\n                  Parmi les nombreuses fleurs de la jeune école belge, lys\n                mélancoliques, roses douloureuses, œillets équivoques, tulipes\nnoires de désespérance et de spleen, les fleurs de M. André Fontainas fleu­\nrent bon la jeunesse, la force et la santé. Dans ce jardin pessimiste, dont\nles philosophes allemands ont été les jardiniers, ces fleurs semblent exoti­\nques; et si elles saignent, leur sang est si beau, si riche, il coule avec tant\nd'harmonie tranquille, que sa pourpre devient une parure.\n   Parmi les poètes belges, M. André Fontainas est aussi anormal, aussi\nmonstrueux — au sens propre du mot — que M. Théodore de Banville le\nfut naguère parmi les chanteurs du Parnasse contemporain. Il nous fait\npenser à quelque poète de la Pléiade, conçu par Pierre de Ronsard ou\nJoachim du Bellay, et qui serait né, par ricochet, vers la fin du XIXe siècle.\nEt de même qu'un poète baudelairien couvé par un Décaméron d'artistes\ndu XVIe siècle eût été, à leurs yeux, un phénomène, de même M. André\nFontainas s'offre aux artistes de notre temps et de notre race comme un\nanachronisme vivant.\n   Et il ne s'agit pas ici d'un pastiche. L'imitation archaïque, si souple, si\ndéliée qu'elle soit, se trahit toujours par quelque naïveté, ou par quelque\nrouerie, et souvent même par les deux à la fois. Or, il suffit de lire trois\npages du Sang des fleurs pour abandonner toute méfiance, et pour se con­\nvaincre que M. André Fontainas est un poète essentiellement spontané.\n   Le Sang des fleurs est une succession d'odes à la joie, à la jeunesse, à la\nbeauté, à l'amour. Au bout de chacune des fortes rimes du poète, il y a un\nsourire et un baiser. La femme apparaît, gracieuse, certes, mais belle d'une\nbeauté calme, sereine, presque païenne. S'il se trouve, dans le recueil, quel­\nques strophes mélancoliques, elles n'ont rien de cette mélancolie moderne\nqu'on pourrait appeler la convalescence de l'amour. La mélancolie du Sang\ndes fleurs, si elle existe, est une mélancolie d'avant l'amour partagé. Elle\nn'est pas plus déchirante que celle de Ronsard, et comme elle émane d'un\njeune homme ivre de sa jeunesse et de son énergie, elle ne prévoit même\npas la vieillesse ou le renoncement.\n   On peut se demander, en présence d'une œuvre aussi déconcertante que\nle Sang des fleurs, comment M. André Fontainas 'a été amené à l'écrire.\nIl semble qu'à un jeune homme de sa trempe et de sa nature, la vie soit\nassez aventureuse et assez belle pour tuer en germe toute nostalgie d'art.\n"}, {"page_pdf": 199, "texte": "                                  — 174 —\n\nC'est la question magnifiquement posée par Richard Wagner dans une de\nses lettres :\n    « ... Je ne puis m'empêcher de croire que si nous avions la vie véritable,\nnous n'aurions pas besoin de l'art. L'art commence juste où finit la vie, où\ntout cesse d'être présent; alors, nous hurlons par la bouche de l'art : « Je\ndésire ». Je ne comprends même pas comment un homme véritablement\nheureux pourrait avoir la pensée de faire de l'art ; vivre c'est tout, car c'est\npouvoir; l'art n'est-il pas l'aveu de notre impuissance? »\n   Le Sang des fleurs, comme toute œuvre poétique, répond à cette question\ndu maître allemand. Le bonheur n'est pas d'être heureux, mais d'être plus\nheureux. Le bonheur se dévore lui-même, et le poète du Sang des fleurs,\nadmirablement armé pour la vie, n'échappe, pas plus qu'un autre, à la\n fatalité de cette loi.\n    Ensuite, aux yeux d'un jeune homme doué de l'imagination particulière\nà M. André Fontainas, la vie actuelle doit sembler mesquine, peu conforme\n à son désir et à ses appétits. Et l'impuissance dont parle Richard Wagner\n éclate, l'impuissance à vivre soi-même et à faire vivre les autres comme on\n voudrait. De là, le désir, la nostalgie, l'œuvre d'art :\n\n            « ... Je vais résolument. Mon cœur est fort. Je veux\n            De chansons, de plaisirs, de regards et d'aveux\n            Réjouir sans effroi mon cœur toujours avide;\n            La mort est insondable, et la vie est si vide.\n            Oh ! les vases sacrés dont j'ai pu me saisir :\n            L'inaltérable rêve et l'éternel désir,\n            Je ne les rendrai pas à la voix du prophète.\n            Nul ne viendra troubler la splendeur de la fête\n            Que l'amour impassible illumine      d'orgueil;\n            Nul ne m'entraînera dans la nuit de son deuil :\n            Je veux vivre. Je veux aimer. Je veux l'ivresse\n            De la voix qui commande et de l'œil qui caresse ;\n            Je veux aimer la femme et ses roses pâleurs\n            Où circule le sang héroïque des fleurs\n             Virginales, des fleurs farouches et hautaines  »\n\n    Ces vers suffisent pour donner un exemple caractéristique de la manière\n et du style de M. André Fontainas. Le Sang des fleurs est écrit tout entier\n dans cette langue vaillante, lumineuse et gracieuse, d'une grâce forte et\n mâle, qui transfigure les images les plus mignardes d'un trait de grandesse\n à la Renaissance. Tous les poèmes du recueil vivent d'une fière et belle vie\n française, où la force même est élégante et la douceur chevaleresque.\n\n                                                        ALBERT G I R A U D .\n"}, {"page_pdf": 200, "texte": "                                   —    175   —\n\n\n\n\n                                        II\n\n     Scènes de Bal, par ALBERT SAINT-PAUL. — 150 exemplaires, tous sur Japon,\n                      chez Edmond Deman, libraire, Bruxelles.\n\n   Tout une fête, blanc et or, la jolie plaquette de M. Saint-Paul, éditée\navec un goût exquis et une concordance parfaite. Ce n'est pas comme dans\nles Fêtes galantes, l'évocation ou la transcription d'une époque déter­\nminée, le XVIIIe siècle, si follement raisonneur d'amour et si gracieuse­\nment sentimental, mais ici l'impression gardée de quelque fête, sans déter­\nmination aucune, le résultat en quelque sorte. Aussi donc un vers musical\n— la chose ailée — évocatif et presqu'irréel, non pour l'intellect, car\nM. Saint-Paul délaisse l'art intellectuel et d'analyse qui emploie le vers\ngrave de Baudelaire. Le poète ne remonte pas aux sources des sensations,\nmais veut les traduire directement, les noter dans leur essence et que\ndélicate et frivole! Certains rhythmes gracieux de courbes vives et molles,\ntelle pièce :\n\n       Des rondes d'enfants, des rondes de fleurs, des rondes   frôleuses\n       Vont se pavanant et se déployant d'un élan soyeux.\n\n\net d'autres lestes, pétillantes ou joyeuses; mais parfois aussi l'effet veut être\nde musique pure et en cela jamais les mots et leurs sonorités ne pourront\négaler les gammes. C'est à la manière de Verlaine, mais un vers même plus\nsensibilisé, et parfois trop. Si Wagner a pu dire que l'œuvre la plus par­\nfaite du poète devrait être celle qui, dans son dernier achèvement, serait\nune parfaite musique, il l'a mis en garde contre l'incompréhensible, le\nbizarre et l'absurde dans lesquels il risque de tomber en dépassant la limite\nde son art. Mais des pièces telles que Mousmè, publiées dans les Écrits\npour l'art, nous font espérer que M. Saint-Paul est sur son chemin de\nDamas.\n                                                        VALÈRE G I L L E .\n\n\n\n\n         Jules Barbey d'Aurévilly, l'auteur de Une Vieille Maîtresse,\n      le Prêtre marié, Ce qui ne meurt pas, les Diaboliques etc..\n      est mort à Paris le 23 avril. Il était né en 1808.\n         Nous publierons, dans notre prochain numéro, un article sur\n      cet écrivain que la littérature française vient de perdre et qui\n      était aussi remarquable par l'élévation de son caractère que par\n      la puissance de son génie.\n"}, {"page_pdf": 201, "texte": "                                  — 176 —\n\n\n\n          CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                                       I\n                 UN CARTON DE J E F LAMBEAUX.\n              Le glorieux auteur du Baiser, de la Folle chanson et de la\n                splendide et monumentale fontaine qui fait autant honneur\n                à la ville d'Anvers que le merveilleux puits de Quentin\n                Metsys, Jef Lambeaux, vient de terminer un immense carton\n                auquel il a consacré un travail de trois années. Les pas-\nsions de rhiimanité, tel est le titre de l'œuvre grandiose que Lambeaux\na conçue et exécutée avec une grandeur étonnante. Au sommet du carton,\ndominant tout, une Mort effrayante et blanche déchire son linceul écla­\ntant d'un geste calme et sûr, conscient de sa force — et farouchement\nredressée — sépare et réunit à la fois les groupes qui rient et vivent, et\nsouffrent et meurent sous elle. D'un côté, la joie, merveilleusement rendue\net fêtée par l'artiste en des troupes de jeunes femmes lumineusement\nblondes, au visage tout entier éclairé par le rire, au corps souple, puis­\nsant et ferme, emporté dans l'ivresse des danses et des caresses folles,\nl'essaim des femmes aux chairs rose-fleurie, l'exubérance et l'opulence des\nchairs flamandes, en ce carton mille fois mieux chantée pour nous, qu'en\ntous les tableaux de Jordaens; de l'autre, les douleurs, les misères, l'inévi­\ntable et désolée vieillesse, les maladies, les crimes, les souffrances, et parmi\ntous ces torses de vaincus, de maudits et de désespérés, la figure géante du\nChrist agonisant sur la croix, tandis qu'écrasé sous l'opprobre de son\ncrime, perdu dans la nuit noire de sa conscience trouble, comme anéanti\nsous le poids de tous ces corps meurtris qui se tordent au dessus lui, Caïn\nréfléchit et pleure sa faute irrémissible.\n   Pour avoir seulement conçu une œuvre aussi colossale, il fallait une\nfière audace et une belle imagination. L'exécution a dépassé pourtant\nencore la conception, surtout dans cette partie du carton célébrant la j'oie\net la chair, et nous ne pensons pas que depuis bien longtemps sous ce\nrapport, une œuvre aussi énorme et belle ait été produite en Belgique ou\nailleurs.\n   Notre respectueuse admiration donc à Jef Lambeaux, et l'espoir de voir\nquelque jour réalisé en bronze ce titanesque projet de bas relief.\n\n                                       II\n        LA XVe EXPOSITION DU CERCLE ARTISTIQUE.\n  Des toilettes charmantes à l'ouverture de l'Exposition du Cercle. De\nvolumineux boas de plumes noires et blanches, d'exquises robes vertes\nvêtant d'élégantes jeunes filles coiffées de fashionables et minuscules chapeaux\n"}, {"page_pdf": 202, "texte": "                                  -   177   -\n\nensevelis sous des avalanches de fleurs roses. D'incomparables jaquettes\nde velours aux tons morts, bleus meurtris, verts foncés, gris de fer, des\nrobes printanières aussi aux couleurs claires et joyeuses, rehaussées de\nnoires passementeries, une exhibition d'élégances, un assaut de féminines\ncoquetteries.\n   Du côté des hommes — comme disent maintenant les journaux du soir\n— quelques messieurs en habit, des exposants, que leur vêtement semble\ngêner aux entournures, et que l'on confondrait facilement avec les huissiers,\nn'était l'imposante chaîne d'argent de ces derniers. Pourquoi, diable, ces\nartistes exposants, s'ils jugent leur personne plus intéressante que leur\npeinture, ne se mettent-ils pas en sautoir le cartel de papier doré portant\nleur nom? Outre qu'on saurait ainsi exactement à qui l'on a affaire, ce serait\nd'un assez joli effet décoratif, et il se pourrait même trouver des « Grand-\npié » dont l'admiration, déjà large pour les tableaux exposés au Cercle,\nserait encore augmentée par la vue de ces grands cordons d'ordre étranger.\n   Des tableaux aussi, beaucoup de tableaux, de mauvais tableaux surtout;\ndes tableaux nobles, peints par des dames de la « gentry », et des tableaux\nroturiers, brossés par des amateurs académiciens ou des académiciens ama­\nteurs, comme on voudra. Exposition, somme toute, fort peu intéressante\nau seul point de vue artistique, si l'on en excepte le fort beau paysage\nensoleillé de M. Heymans, des Bûcherons remarquables d'Isidore Verheyden,\nle grand tableau de Courtens, représentant l'Escaut devant Anvers, et\ndeux bons paysages de Binjé, naturellement très mal placés, il n'est rien\ndans le Cercle qui mérite attention respectueuse.\n   Une mention spéciale cependant — une mention très honorable comme\non dit en style de collège — à M. et Mme Wytsman et à Mlle Sylvia\nVan der Kindere, dont le buste, malheureusement un peu luisant, est un\ndes meilleurs envois de la statuaire à ce Salon. Nous avions déjà remarqué\nson envoi de l'année précédente et nous sommes heureux de renouveler\nnos félicitations à ce sculpteur d'avenir.\n   Un mot encore pour clore, touchant les façons étonnantes des huis­\nsiers, dont la grossièreté ferait reculer M. Eeman lui-même.\n                                                   GEORGES D E S T R É E .\n\n                                      III\n\n                L'EXPOSITION WATTEAU A LILLE\n   Une exposition de Watteau! quelle fête, quelle excursion joyeuse au pays\ndes fantaisies chatoyantes et des suprêmes élégances ! Très loin, délicieuse­\nment, partir dans le rêve des parcs sombres où les grands jets d'eau san­\nglotent, souffrir des coquetteries subtiles de Colombine, rire de l'espièglerie\nleste d'Arlequin, mélancoliser avec de blancs Pierrots vêtus de soie : admi­\nrer longuement celui que les Goncourt ont si justement appelé le grand\npoète du XVIIIe siècle et qui fut, certes, le premier des artistes de France !\n   Malheureusement, il y a plus d'un peintre qui s'appelle Watteau. Le\n"}, {"page_pdf": 203, "texte": "                                 -   178   -\n\nmaître exquis a laissé l'écrasant fardeau de son nom à une série de neveux\net petits-neveux qui végétèrent jusqu'au commencement de ce siècle et\nqui furent de détestables peintres. Ce sont ceux-là surtout que des amateurs\ntrop zélés ont actuellement réunis à Lille. Ils y ont ajouté des portraits de\nBoilly et des miniatures de Van Blarenberghe, le tout d'un médiocre au\ndessous de toute critique.\n   Mais, « comme des yeux dans l'ombre noire », des yeux souriants et\ncharmeurs, sont deux adorables petits tableaux d'Antoine Watteau : — en\nl'allée d'un parc aux ramures assombries, un Pierrot naïf en butte aux aga­\nceries de deux jeunes femmes, — et un concert champêtre, mandoline\nraclée sous des arbres, et le ronron des tambourins, tandis qu'un danseur\nen habit de satin entraîne dans ses pirouettes une belle dame dont la jupe\ngonflée a des chatoiements de nacre rose et des replis où se rit la lumière.\nTons moelleux et chauds de bleus exquisement passés et d'oranges défail­\nlants, grâce non pareille, c'est si merveilleux, ces fêtes galantes, qu'on\noublie vite la désillusion de toutes les platitudes circumvoisines pour ne\ngarder que de ceux-là seuls le radieux souvenir!\n    Puis encore quelques beaux dessins et, au Musée, un Goya obsédant!\n                                                   JULES DESTRÉE.\n\n\n\n\n       CHRONIQUE DRAMATIQUE\n                                      I\n              MATINÉE LITTÉRAIRE DU MOLIÈRE\n         Le Moineau de Lesbie. — Le Vidame. — Le Dîner de Pierrot.\n\n              Vraisemblablement n'irons-nous plus aux Matinées du Molière.\n                Elles sont abolies. M. Paul Alhaiza, pris de découragement,\n               n'a eu ni la patience, ni l'activité qu'il fallait pour implanter\n               le genre. Il a cherché ailleurs des succès qui ne sont pas\n               venus, qui ne pouvaient lui venir, parce que le vieux réper­\ntoire et les nouveautés qui y ressemblent, sont en complet discrédit. Sauf\nquelques pièces entraînantes et quelques drames, qu'il faudra d'ailleurs\nlaisser reposer, pour qu'ils regagnent une jeunesse, c'est fini. Et non seule­\nment c'est fini comme répertoire, c'est aussi fini comme comédiens. Ceux-ci\nn'en peuvent mais : ils sont de leur temps ; le plus vulgaire cabot ressent\nà son insu l'influence ambiante. C'est pourquoi il vaut mieux jouer des\nœuvres inconnues ou nouvelles que des œuvres connues, pour cette raison\nque l'acteur ordinaire devant lutter contre des comparaisons à chaque reprise\nd'une pièce courante, ne subit pas l'entraînement d'une création person­\nnelle. C'est si vrai que les bons sujets du Molière : MM. Charvet, Nicolini,\nMlle Diska ont le talent plus souple, l'accent plus naturel et plus artiste\n"}, {"page_pdf": 204, "texte": "                                  — 179 —\n\ntoutes les fois qu'ils présentent une primeur. Cela n'a été démenti par\naucune expérience et ne le sera pas.\n   Donc, tandis que le vieux répertoire agonise, languit et a perdu sa vertu,\nle nouveau se forme ; mais les directeurs n'ont pas en lui une foi suffisante.\nPourtant, les Matinées, l'an dernier, ont fait recettes ; elles furent animées,\npresque tapageuses, on en parlait beaucoup ; encore un peu, encore quel­\nque bruit et la vogue s'en serait mêlée, la foule serait venue.\n   Naturellement le système de représentation était mauvais et ne pouvait\npas aboutir fructueusement, non à cause du caractère de ces représenta­\ntions, mais à cause de ce que la direction prétendait attendre d'elles. Oui,\nle petit théâtre Molière a la prétention de vivre de la vie des théâtres\nd'autrefois, au temps des foules compactes, au temps où la concurrence\nétait insignifiante ; il est administré en vue de séries de vingt, trente et\ncinquante représentations consécutives. En dessous du nombre vingt, le\ndirecteur se considère comme volé, victime d'une mauvaise affaire. Avec sa\npetite troupe inégale il a plus d'exigences, il attend davantage du public\nque ne le font les directeurs du théâtre de la Monnaie avec leurs superbes\nartistes, leur riche et abondant répertoire, sans cesse renouvelé, et les\nattraits de mises en scène fastueuses.\n   A la Monnaie, depuis longtemps déjà, et Sigurd et la Valkyrie exceptés,\naucune œuvre, même parmi les plus belles, n'a fait recettes vingt fois en\nune campagne. Les meilleures ne se sont pas soutenues au delà de la\nquinzième. Passé ce nombre, la recette tombe en dessous de l'exigence des\nfrais.\n   Seulement, pour suppléer au manque de consistance de la faveur\npublique, les directeurs de la Monnaie dépensent une activité inouïe.\n   Or, c'est l'activité qui manque au Molière.\n   Le jour où M. Alhaiza composera avec intelligence et économie une\ntroupe à deux fins, qu'il se fera un répertoire, qu'il jouera alternative­\nment chaque semaine trois pièces, quitte à les jouer pendant beaucoup de\nsemaines, qu'il donnera l'avantage à l'inédit, qu'il ne couronnera plus de\nbustes, qu'il ne présentera plus de conférenciers français qui ne font pas\nvenir un chat, au détriment de conférenciers belges susceptibles tout au\nmoins de piquer la curiosité bienveillante ou maligne — quelle longue\nphrase il me fait écrire, mon Dieu ! — le jour, enfin, où M. Alhaiza devien­\ndra un impresario moderne, actif et s'adressant à tous les publics comme\nMM. Dupont et Lapissida, littéraire comme M. Porel de l'Odéon, d'esprit\nnouveau comme M. Antoine, ce jour-là les foules feront des files énormes\nà la porte de son théâtre et l'aimable directeur finira par pouvoir se bâtir\ndes châteaux en Gascogne, son pays, je suppose.\n   Quelle variété d'attractions n'offrirait pas l'exécution de ce programme,\nquel régal savoureux par le changement même, quelles séductions par des\nmises en scène chaque jour différentes, et que, surtout, de beaux costumes\nsous lesquels se montrer!\n   A la dernière matinée il n'y avait personne ; le public a oublié l'existence\nde ces bonnes récréations spirituelles du jeudi si fréquentées du temps qu'on\n"}, {"page_pdf": 205, "texte": "                                 — 180 —\n\nles donnait à date fixe. Qu'on me passe le cliché : les absents ont eu tort ;\nnon pour le Moineau de Lesbie, une sotte petite pièce, avec des vers où la\nmé-é-lo-o-die, dont parle Beckmesser, n'est pas absente, mais pour le\n Vidame et le Dîner de Pierrot.\n   Le Vidame est une fort pittoresque fantaisie où il y a une dame Véro­\nnique de bonne caricature, une espiègle et bien féminine fillette, nerveuse,\nfutée, capricieuse, vive comme poudre ; un damoiseau-troubadour qui a le\ncœur plein d'effluves de guitare et un turc — comme un autre, ainsi que dit\nprofondément la pièce.\n   Le Dîner de Pierrot, c'est du Banville positif, solidement composé\net rimé avec verve. Avant le dîner, pendant et après, voilà la simple\npsychologie de ce gentil bavardage marquant trois états d'humeur bien\ndéfinis.\n   A cette matinée Mlle Diska et M. Nicolini ont été charmants.\n                                                       FRANCIS N A U T E T .\n\n                                      II\n            LA COMÉDIE FRANÇAISE A BRUXELLES\n                                  Œdipe-Roi.\n\n   La Compagnie, « l'illustre Compagnie que nous avons eu l'honneur de\nrecevoir chez nous » comme tous les ans, pendant la semaine d'abstinence,\ndoit avoir sa troupe de voyage. Elle nous adresse annuellement une simple\nsuccursale de la maison mère, une doublure de Compagnie qui ne suffit\nmalheureusement plus à entretenir dans la province belge les illusions de\ncertaines gens sur la sacro-sainteté de la maison de Molière. Que l'on nous\njoue du Musset, du Molière ou du Dumas père, comme cette fois-ci, ou,\ncomme d'autres fois, du Hugo, du Corneille, du Pailleron, du Scribe, que\nsais-je, nous ne parvenons pas à voir, dans l'ensemble des interprètes qu'on\nnous présente, ce théâtre modèle en lequel s'incarnent les seuls principes de\nla littérature dramatique française.\n   Encore un idéal qui eût sombré tout entier dans le trou du souffleur,\nsi M. Mounet-Sully, en artiste génial, n'était arrivé à temps pour le retenir\npar un pan de la toge grecque en laquelle se drapent sculpturalement les\npersonnages de Sophocle et d'Eschyle. L'admirable résurrection faite par\nlui du roi Œdipe a suffi à mettre en relief, malgré la faiblesse de tous ses\npartenaires, un chef-d'œuvre de ce théâtre grec presque inconnu.\n   Ah! les chefs-d'œuvre de la littérature grecque, on nous les enseigne à\nl'heure de ces études qu'on a baptisées du nom ironique d'humanités, parce\nque les forts en deviennent cuistres et les faibles idiots. L'appellation n'est\npas injuste; les cuistres et les idiots formant, en somme, les trois quarts —\nje suis poli — de l'humanité sociale... sociable.\n   Mais ceux qui ont eu la chance d'échapper à peu près intacts au régime\nde la version grecque, les « escapés » de cet éboulement de l'intelligence,\nressentent, au seul nom d'un auteur classique, une instinctive horreur.\n"}, {"page_pdf": 206, "texte": "                                 — 181 —\n\n\nAussi quel déchirement de ténèbres et quel éblouissement, quel bon­\nheur retrouvé que cette vision nouvelle d'une oeuvre qui remue aussi vio­\nlemment l'humanité de l'âme et la nourrit de haute et superbe passion !\nSimple, magistralement, dans sa forme, toute d'analyse psychologique et se\npoursuivant à larges et puissants traits par l'expression la plus outrée du\nréalisme jusqu'à sa conclusion fatale, telle est l'action surhumainement\nréelle de ce théâtre dont la plastique écrase effrayamment notre fourmi­\nlière dramatique moderne.\n   Wagner s'en est inspiré directement et tous les essais de comédie psycho­\nlogique qui ont vu le jour, en dernier lieu, au Théâtre-Libre, n'ont pas\nd'autre principe. Mais les cuistres ne s'en douteront jamais. Sophocle\nrestera toujours, pour eux, l'auteur de rhétorique et, bien vengés des\nsouffrances d'antan par cette profonde jouissance d'art, nous ne devons\npoint désirer qu'il en soit autrement; car si, par une invraisemblable méta­\nmorphose, les pions pouvaient apercevoir tout à coup le génie de ceux\nqu'ils regardent comme des confrères-pions, ce changement de point de vue\nserait tellement affolant pour eux, que leur pauvre esprit ne supporterait\npas le voyage.\n                                                   HENRY MAUBEL.\n\n\n\n\n           CHRONIQUE MUSICALE\n                                      I\n                            A LA MONNAIE\n\n             Réprises d'oeuvres de Wagner : La Walkure et Lohengrin,\n               cette dernière clôturant la troisième saison de MM. Dupont\n               et Lapissida. Ces deux reprises, un peu hâtives, étaient faites\n               moins pour nous donner un spectacle parfait que pour par­\nfumer d'un peu d'art le théâtre dont les nouveaux impresarii vont prendre\npossession.\n   La reprise de la Walkure empruntait tout son intérêt à l'interprétation\nde M me Materna. Disciple authentique de Wagner et créatrice du rôle,\nMme Materna, dont la voix est encore puissante, donne au personnage de\nBrunehilde une physionomie toute en relief, d'un caractère un peu spécial,\nqu'accentuait encore son langage germanique. Ses partenaires lui donnaient\nla réplique en français.\n   Lohengrin nous a fait encore une intéressante soirée. L'œuvre, qui\nn'avait pas été reprise depuis un grand nombre d'années, apparaît à la\nscène comme une chose déjà puissamment dramatique dans quelques-unes\nde ses parties, notamment le début du second acte. M mes Caron et Durand-\nUlbach, M. Seguin, conduisaient l'interprétation. M. Duzas a fait un\nLohengrin fade et décoloré.\n"}, {"page_pdf": 207, "texte": "                                  — 182 —\n\n\n                                      II\n\n                 CONFÉRENCE DE M. HUYSMANS\n   M. Ernest Huysmans, l'organisateur des séances de musique historique\nauxquelles collaborent Mme Blauwaert, MM. Blauwaert et Lerminiaux,\na fait à l'Essor une intéssante causerie, avec exemples à l'appui, sur la\nChanson populaire.\n   La chanson flamande surtout, a été bien mise en relief par le conféren­\ncier. Mais il a quelque peu altéré l'histoire de la chanson française en mêlant\naux naïves mélodies de race de la fin du moyen-âge et du commencement\ndes temps modernes, les refrains bourgeois et les romances sentimentales\nqui se sont développés en même temps que le commerce des parapluies.\nPour parler de la chanson française moderne, il y en avait une à citer qui\nl'emporte sur beaucoup de celles-là parle caractère et l'intensité dramatique,\nc'est la Glu de Jean Richepin; mais il eût fallu faire venir Thérésa pour\nla chanter.\n   Nous pourrions reprocher encore à M. Huysmans l'accompagnement à la\nStephen Heller dont il a orné la Chanson de Jean Renaud et qui n'avait\npas plus de rapports avec cette chanson qu'une pantoufle avec un croco­\ndile, mais on nous assure que cette musique étrange est due à l'imagina­\ntion de M. Tilman : Nous la lui rendons bien volontiers sans en exiger\nle moindre reçu et nous félicitons chaleureusement M. Huysmans des ten­\ntatives qu'il fait pour intellectualiser l'art musical dans un pays où l'on\nrâcle tant de boyaux et où l'on fracasse tant d'ivoire sans trop savoir\ncomme ni pourquoi.\n\n                                      III\n\n                         AU CONSERVATOIRE\n\n  L'ouverture des Abencérages de Cherubini ; le concerto en mi bémol de\nBeethoven, joué avec ce style d'école et ce sentiment gracieux qui sont les\nqualités de M. Arthur De Greef. L'Ode à Sainte-Cécile de Haendel, une\nœuvre un peu sèche et monotone dans certaines parties, mais dont le final\nprend de la chaleur et de l'ampleur, a été exécutée avec de l'accent, de la\npuissance et une belle harmonie d'ensemble. Sainte-Cécile veillait sur cette\nexécution.\n                                                     HENRY     MAUBEL.\n"}, {"page_pdf": 208, "texte": "                                  — 183 —\n\n\n\n               LE MONDE ARTISTE\n                                   AVRIL\n               Au Cercle d'escrime, séance de pupazzi par M. Lemercier de\n                Neuville, avec le concours de Mlle de Khérouan. Trois pié­\n                cettes et des mélodies. Les mélodies étaient dites par des\n                pupazzi en chair et en os.\n   Les mêmes pupazzi ont donné une représentation chez M. et Mme Victor\nAllard.\n   Chez M me la comtesse Darrigade, soirée de comédie.\n   La Materna s'est fait entendre chez le baron et la baronne Nothomb,\nchez Mme Warocqué.\n   Soirée littéraire et musicale chez le baron et la baronne de Haulleville.\nOn y a entendu M mes Pelosse, Richmond, Mailly, MM. Chevallier,\nVinche, Rouyer, Dumon, Jacobs, Raquez.\n   Chez le prince Hercolani, M. et Mme Landouzy se sont fait entendre\nainsi que MM. Renaud et Gandubert.\n   Pendaison... de crémaillère dans l'atelier de l'aquarelliste Charles Crabbe,\nà Boitsfort. MM. Georges Pantens et Bède, amateurs, M. Merck, violon­\ncelliste, s'étaient chargés de la partie musicale et ont été chaleureusement\napplaudis.\n   Concert de charité organisé par Mlle Reitz à la salle Marugg. Y faisaient\naumône de leur joli talent Mmes les comtesses d'Ursel et d'Herbemont, la\nbaronne de Bonhome, Mme Alphonse Allard, M1Ie Gillieaux, M. Max de\nVillers-Grandchamps secondés par MM. Ed. Jacobs et Agniez.\n   Chez M. et M me Somzée, un grand concert au programme duquel figu­\nraient les noms de M mes Thelen et Cornélis-Servais, MM. Ed. Jacobs et\nColyns.\n   Au Cercle des Arts et de la Presse, on a entendu dernièrement Mlle Hoff­\nmann, pianiste, Mlle Berthe Chainaye, la très artiste élève de M. Engel\nqui a débuté récemment avec grand succès à Bruxelles, la divette Clara\nLardinois, Mlle Andrée d'Albert, MM. Drèze, Godenne, Raquez, Engel,\nVinche, G. d'Avila et Lortheur.\n   M. Triaille accompagnait.\n   Des conférences ont été faites à la Société d'Emulation de Bruxelles, par\nMM. Nollée de Noduwez, à propos d'un volume inédit : Chevauchée poé-\ntique, qu'il va faire paraître, et par M. Paul De Decker : A propos d'une\nhistoire inconnue de la Révolution française.\n   L'art fait sa trouée aussi dans les salons de province.\n   A Termonde, chez M. et Mme Vertongen-Goens, une soirée d'artistes\nréunissait MM. Ernest Huysmans, Bogaert et Coppens, Charles Samuel et\nVinche, tandis qu'à Tournai, M. Stiénon vient de fonder, à l'instar de\nBruxelles, une société de musique qui a donné sa première soirée. On y a\nentendu comme interprètes-amateurs Mme Delépinne et M. Lucien Ton­\nnelier.\n"}, {"page_pdf": 209, "texte": "                                           — 184 —\n\n\n\n\n                                 MEMENTO\n  En annexe à l'article la\"Jeune Belgique \"       tants de l'école appelée la Jeune Belgique\nà la Chambre qui se trouve en tête de ce          avaient réclamé du gouvernement des sub­\nnuméro, les deux lettres ci-dessous :             sides pour publier l'ouvrage en question.\n  Voici d'abord celle que nous avons              Dans mon appréciation au surplus, les\nadressée à M. Charles Woeste :                    auteurs de l'Anthologie se rattachent bien\n         MONSIEUR LE REPRÉSENTANT,\n                                                  par leurs affinités littéraires à la Jeune\n                                                  Belgique. J'ignore si vous partagez ou non\n   Dans le discours que vous avez prononcé\n                                                  cette opinion. Veuillez cependant souffrir,\nà la Chambre des représentants, le mardi\n                                                  que, pour ce qui me concerne, je la\n26 mars, vous avez attribué à la Jeune Bel-\n                                                  maintienne.\ngique la paternité de l'Anthologie des Pro-\n                                                    Agréez, je vous prie, l'assurance de mes\nsateurs belges publiée avec l'appui du gou­\nvernement.\n   Votre bonne foi a été surprise. La Jeune\n                                                  sentiments distingués.\n                                                                               CH. WOESTE.\nBelgique est absolument étrangère à la pu­           Quelques feuilles de choux très croûtes\nblication de l'Anthologie subsidiée. Elle l'a     ayant repris, pour leur usage personnel,\nmême critiquée assez librement, à plus d'un       l'ignorance avouée de M. Woeste, et le lan­\npoint de vue, comme vous pourrez vous en          gage parfumé de M. Eeman, nous avons\nconvaincre, si vous daignez jeter un coup         rectifié les faits sans relever les injures qui\nd'oeil sur les livraisons du 5 juillet et du      les accompagnaient.\n5 août 1887, ainsi que sur la livraison du           Les feuilles de choux n'ont pas poussé\n5 août 1888.                                      la loyauté jusqu'à insérer nos rectifications,\n   La Jeune Belgique, confiante dans votre        mais elles ont bien voulu nous en donner\nloyauté, espère que vous voudrez bien rec­        acte. C'est déjà beaucoup. Il ne faut pas\ntifier l'erreur que l'on vous a fait com­         brusquer l'éducation de ces gens là. A une\nmettre.                                           prochaine occasion, nous leur servirons des\n                                                  stimulants de nature à réveiller leurs sens\n   Veuillez agréer, Monsieur le représen­\n                                                  moral endormi.\ntant, l'assurance, etc.\n             Le Directeur de la JEUNE BELGIQUE,\n                     HENRY MAUBEL.\n                                                    A notre précédente liste d'articles sur\n   Cette lettre a été communiquée aux prin­       Max Waller, ajoutons ceux de Caprice-\ncipaux journaux quotidiens. Nos remercî­          Revue, la Wallonie, la Pléiade, l'Organe\nments à ha Chronique, l'Etoile, La Nation,        des Soirées populaires (Verviers), la Cra-\nle Journal de Gand qui ont bien voulu             vache (Paris).\nl'insérer.\n   M. Woeste y a répondu par l'épitre cir-\nconlocutoire que voici :                             Notre ami André Fontainas, installé à\n                                                  Paris, publie en tête d'une vivante et très\n                      Bruxelles, 27 mars 1889.    littéraire petite gazette hebdomadaire la\n         MONSIEUR L E DIRECTEUR,                  Cravache, un excellent article sur Max\n   J'ignorais l'existence de la société dont      Waller. Nous en extrayons les lignes sui­\nvous êtes le directeur. C'est assez dire que      vantes :\nje n'ai pu lui attribuer la publication de           « Vous, à qui est échu le bonheur de\nl'Anthologie. J'ai dit que quatre représen-       vivre en la seule cité où la littérature est à\n"}, {"page_pdf": 210, "texte": "                                        — 185 —\n\nce point sacrée au public, qu'à peine il en     publie dans son soixante-huitième numéro,\nose médire de ses lèvres fielleuses, crainti­   un portrait de Max Waller encadré d'un\nvement et à la dérobée, vous ne pouvez          article de M. Henry la Rivière.\nvous douter de ce qu'il faut là-bas, en ce\nmilieu rebelle, d'audace, de persévérance,\nde ténacité, pour fonder, soutenir et défen­        M. Catulle Mendès est venu lire au Cercle\ndre une œuvre littéraire ou artistique. Et ce   littéraire de Louvain (local de la Table\nn'est pas seulement l'indifférence, le dédain   ronde) des fragments de la Reine Fiamette,\net, hélas 1 trop souvent aussi la fatalité du   le drame en vers qu'il a fait jouer récem­\nmanque d'argent qui s'opposent à la réus­       ment au Théâtre Libre.\nsite de pareilles tentatives, mais l'Envie se       Notre correspondant nous apprend que\ndéchaîne et la Méchanceté et la Calomnie;       la passion romantique de M. Mendès a\net c'est contre cela qu'il faut lutter. On      fort choqué les Louvanistes graves dans\ncherche à couvrir le rénovateur d'une répu­     leur dignité d'électeur. « Nous avons vu, en\ntation de vanité et de ridicule, ce sont bien   sortant, le sourire des personnes graves\nlà les accusations qui trouvent la plus         s'épanouir en un rire homérique. Les\nprompte créance auprès des imbéciles. Il        plus polis se contentaient de hausser les\nfallait le tempérament frondeur et agres­       épaules »...\nsif de Max Waller pour n'y pas succom­              Naturellement! Le tampon Maloun'a pas\nber. Il a résisté huit années. »                été inventé pour sceller l'amour d'Orlanda\n   Bien dit, poète! Voilà des coups de cra­     et de Rafaëllo. Mais les jeunes, qu'est-ce\nvache qui claqueront sur le cuir de plus        qu'ils faisaient pendant ce temps-là? Si\nd'un pachyderme!                                l'Orlanda du drame est aussi jolie que celle\n                                                que Rafaëllo promenait sur le quai de la\n                                                gare du Nord, le lendemain de sa confé­\n                                                rence, nous est avis qu'elle valait bien une\n  Nous avons reçu cette lettre :\n                                                barricade de têtes de pipes. Les jeunes de là-\n  « A ceux qui furent les frères intellec­\n                                                bas n'ont-ils donc pas de dynamite dans\ntuels de Max Waller, j'envoie ici, la dou­\n                                                les veines?,..\nloureuse stupeur que m'a causée sa mort,\nplus imprévue pour moi qui ignorais sa              Nous attendons la preuve du contraire.\nmaladie.                                            NE CRAINS! C'est le mot de passe...\n  « Je ne me souviens que de son gentil         et c'est le seul.\naccueil, à mon début, et ne m'en souvien-\ndrai-je pas, son joli dandysme et l'andro-\ngynéité de sa personne suffiraient à me don­       M. Téodor de Wyzewa— qui, de feu la\nner du regret.                                  Vogue et de la Revue Indépendante est\n                                                passé à la Revue des Deux-Mondes — est\n  « Vous avez perdu en lui le plus joli\n                                                un critique bien original. Voici ce qu'il a\npage de lettres de ce temps où l'on est laid,\n                                                débité au Salon des XX, sous prétexte de\nmême quand on est grand; — et je déplore\n                                                conférence :\navec vous cette disparition de Chérubin.\n                                                   «     Vous savez avec quelle mesure il\n  « En lui est mort le sourire et le dan­\ndyement insolent de votre école, et cette       (Jules Laforgue) a fait cette réforme, se­\ndouble grâce de l'esprit et de la forme ôtée    couant les règles inutiles l'une après l'autre :\nde vous, me donne une mélancolie que je         d'abord, la loi des rimes plurielles et singu­\nvous envoie à la cantonnade, après une          lières; puis, la loi des alternances de rimes\nprière.                                         masculines et féminines, enfin, les règles\n                                                fondamentales du rhythme fixe et de la\n                            « PÉLADAN. »\n                                                rime périodique... »\n                                                   Cet excellent M. Téodor de Wyzewa!\n  Caprice-Revue qui vient de transporter        Ainsi Laforgue a délivré la poésie de la loi\nses pénates à Bruxelles, rue de Livourne 81,    du rhythme fixe et de la rime périodique ?\n"}, {"page_pdf": 211, "texte": "                                           — 186 —\n\n  Et ces vers de M. Paul Verlaine, des Ro-         idée? tant mieux; n'en vient-il pas? tant\nmances sans paroles :                              pis. On écrit n'importe quoi et l'idée vien­\n       II pleure dans mon cœur                     dra aux vers suivants. Je ne suis pas dans\n       Comme il pleut sur là ville                le secret de ces jeunes poètes, mais je vous\n       Quelle est cette langueur                  le demande, n'est-il pas évident qu'ils doi­\n       Qui pénètre mon cœur?\n                                                  vent procéder de cette façon-là?\n       O bruit doux de la pluie                      « Une seconde cause dérive de celle-là.\n       Par terre et sur les toits!\n       Pour un cœur qui s'ennuie.\n                                                  En même temps qu'ils se pressent trop de\n       O le chant de la pluie.                    produire, nos jeunes poètes se pressent\n                                                  trop de réformer. Du premier coup ils ont\n   Comme rhythme fixe, c'est assez réussi,\n                                                  toutes les audaces ; et il est naturel que ces\nn'est-ce pas?\n                                                  audaces irréfléchies demeurent sans valeur.\n   Et ces autres, toujours de M. Paul Ver­\n                                                  Les révolutionnaires, dans l'histoire de\nlaine :\n                                                  l'art, ont toujours été des révolutionnaires\n       C'est le chien de Jean de Nivelle\n       Qui mord sous l'œil même du guet\n                                                  lents et résignés; tous ont commencé par\n       Le chat de la mère Michel;                 faire comme tout le monde, et c'est peu à\n       François-les-bas-bleus s'en égaie          peu qu'ils ont été amenés à secouer les\n   Quant à l'alternance des rimes féminines       règles qui les entravaient. C'est ainsi qu'ont\nci masculines, cet excellent M. Téodor de         procédé et Beethoven, et Wagner, et Dela­\nWyzewa oublie Ronsard, et les poètes de           croix, et Manet, et Mallarmé, et Verlaine,\nla Pléïade, et M. Théodore de Banville, et        et Jules Laforgue. Avant de parler dans\nmême, — ô l'horreur ! — M. Grandmou­              une langue nouvelle, il faut avoir à dire des\ngin!!                                             choses nouvelles. Nos jeunes poètes se\n   Savourons encore un passage de la con­         sont créé une langue nouvelle sans avoir\nférence :                                         rien à y dire. Ils ont voulu aller d'emblée à\n   «       Ces trois artistes, M. Verlaine,       toutes les hardiesses ; il en est résulté que\nM. Mallarmé et M. Laforgue, à eux trois,...       leurs hardiesses sont restées stériles.\ndonnaient un ensemble de direction où la             « Une troisième cause d'impuissance, et\npoésie nouvelle pouvait hardiment s'en­           la plus importante, est la vanité effrénée de\ngager... »                                        bon nombre des jeunes artistes d'aujour­\n   Bizarre, même pour un critique polo­           d'hui. Autrefois l'artiste se méfiait de lui-\nnais, cette association de Laforgue et de         même : il étudiait les œuvres de ses prédé­\nM. Mallarmé. Mais M. Mallarmé est, dans           cesseurs, il étudiait et il admirait les œuvres\nsa forme prosodique, le plus parnassien           de ses confrères. C'est ainsi que peu à peu\ndes parnassiens. Il n'a pas innové le moins       le progrès naissait; on reconnaissait ce qui\ndu monde, quant à la métrique, ni quant           était bon au dehors, et l'on essayait de réa­\nau rhythme,                                       liser à sa façon quelque chose d'approchant.\n   Franchement, on n'est pas aussi polonais       Aujourd'hui, si l'on en juge par leurs oeu­\nque cela.                                         vres, les jeunes poètes n'ont plus que deux\n   La fin de la conférence est instructive :      convictions : l'admiration d'eux-mêmes et le\n   « Les premiers parnassiens avaient au          mépris d'autrui, dans le passé, le présent\nmoins cela de bon : ils disaient que la pre­      et l'avenir. Voilà pourquoi, faute d'une\nmière loi de la poésie est d'être travaillée et   émulation réelle, tous ils opèrent avec\npatiemment faite.                                 fracas dans le même néant. »\n   « La méthode nouvelle est tout autre :            Il y a un peu de vrai là dedans, n'est-ce\non a profité de la suppression de toute           pas?\nrègle extérieure pour se dispenser de toute\nrègle intérieure. On se met devant une\nfeuille de papier et on écrit. Vient-il une         ha Chronique moderne, une nouvelle\nrime, tant mieux; n'en vient-il pas, tant pis,    revue de littérature et d'art, se publie à\nce sera pour le vers suivant. Vient-il une        Paris, le 5 et le 20 de chaque mois.\n"}, {"page_pdf": 212, "texte": "                                             187\n\n   D'allure moderniste très parisienne, avec        Cette audition de Lucifer, venue peu de\nplus de prose que de vers, la Chronique          temps après le concert de l'Association, où\nmoderne, par sa couverture et son format,        l'on avait réentendu des fragments de Char-\nsemble une Revue des Deux-Mondes          en     lotte Corday et de Guillaume d'Orange,\nplus jeune.                                      de l'Hymne à la beauté, le trio de l'Invoca-\n   Elle contient du Cladel, du Richepin, du      tion à la lumière, des lieder, etc.. a ramené\nGoudeau, du Ginisty, un panégyrique de           l'attention vers Peter Benoit, dont l'œuvre\nM lle Augusta Holmes par Joséphin Péladan        se case définitivement parmi celles des\net la traduction d'une attachante nouvelle       maîtres.\nde Gleb Ouspenski par MM. Pavlovsky et\nOscar Méténier.\n\n                                                   Au dernier Concert d'hiver on a exécuté\n  La Pléiade de Paris, dont nous parlions        une symphonie de M. Draeseke : une œuvre\nrécemment à propos de M. Charles Van             de musique algébrique dépourvue d'art.\nLerberghe, La Pléiade de MM. Mikhaël,               M1'0 Soldat, une violoniste de talent, a\nDarzens, et de nos amis de Gand, nous            joué, avec virtuosité et non sans style, un\nannonce sa résurrection. Elle a comme            concerto de Brahms. MIle Soldat a un coup\nrédacteur en chef M. Louis-Pilate de Brinn'      d'archet qui « rafle » un peu trop les notes.\nGaubast, et comme collaborateurs effectifs\nMM. Ajalbert, Barrès, Darzens, Viellé-\nGriffin, Mikhaèl, Quillard, de Régnier,             Une intéressante audition d'oeuvres de\nTailhade, etc., etc. Rebonne chance, et          M. Emile Mathieu a eu lieu à Louvain. On\nsuccès.                                          y a exécuté, notamment, des fragments de\n                                                 Richilde et de Freyhir.    Les interprètes\n                                                 étaient Mlles Aline Bauveroy et Polspoel,\n   Peter Benoit a eu la douleur de perdre        M. Moussoux.\nson père au moment d'assister, à Londres,\nà l'audition de son Lucifer, exécuté dans\nl'immense « Albert Hall » p a r la société le      Lire dans les derniers numéros du Guide\n« Royal Albert Choir ».                          musical (11 avril et suivants), les intéres­\n   Cette exécution, attendue comme une           sants articles de M. Evenepoel sur la pre­\nmanifestation complète et décisive de l'art      mière représentation de Lohengrin à Bru­\nflamand que la personnalité de Benoit            xelles.\nincarne si parfaitement, a obtenu un tel\nsuccès qu'une nouvelle audition d'oeuvres\ndu maître anversois aura lieu probablement\n                                                   M me Cornélis, avec le concours de M. Ed.\nen juin.\n                                                 Jacobs, a donné à la Grande Harmonie son\n   Les solistes interprètes de Lucifer étaient   Concert annuel : occasion très artistique\nMme Lemmens-Sherrington, M mc Pathey,            pour les élèves et les nombreux amis de la\nMM. Blauwaert, Fontaine et Constantin De         cantatrice de venir lui témoigner leur sym­\nBom, un amateur anversois, appelé au der­\n                                                 pathie.\nnier moment pour remplacer M. Hensler,\nmalade, et dont le Guide musical dit :\n   « Le public, dont la majeure partie             Nous avons dit, dans notre précédent\ncroyait avoir affaire à un ténor de profes­      numéro, les motifs qui nous empêchaient\nsion, ne s'est pas aperçu de son erreur, et      de rendre compte de l'exposition de l'Essor.\nM. De Bom a contribué à convaincre les             Un membre de ce cercle qui n'a malheu­\nAnglais que l'école flamande possède un          reusement aucune fonction administrative\ngrand musicien, mais aussi des chanteurs         dans la maison, nous a affirmé qu'il y avait\nde tout premier ordre. »                         eu erreur, et nous l'eussions cru volontiers\n"}, {"page_pdf": 213, "texte": "                                         — 188 —\n\n si l'omission ne s'était reproduite à l'occa­      Le prospectus de la société mentionne\n sion de la récente audition des œuvres de       une foule d'avantages matériels de nature à\n Blockx, dans le local de l'exposition.          allécher les concurrents.\n    Peut-être en est-il en essorisme comme          Espérons que les aquafortistes sauront\n en mathématiques où deux négations              en profiter dans un but exclusivement ar­\n valent une affirmation, deux omissions une      tistique.\n attention.\n    Dans ce cas, c'est nous qui devons des\n remercîments à ces messieurs.\n                                                   M. Henry De Groux vient d'avoir la dou­\n                                                 leur de perdre sa mère.\n                                                   Nous lui adressons nos plus sympathi­\n    Le Cercle artistique de Namur nous in­       ques condoléances.\n forme que sa septième exposition interna­\n tionale et triennale des beaux-arts s'ouvrira\n le 16 juin 188g.\n    Il joint, à cette information, une note         Il se prépare à Charleroi, une manifesta­\n pour nous dire que les résultats pratiques      tion en l'honneur de M. Jules Audent. C'est\n obtenus par le cercle s'imposent à l'atten­     M. A. Danse, l'excellent graveur montois,\n tion des artistes. Suit une liste des œuvres    qui a été choisi pour graver le portrait qui\n                                                 lui sera offert à cette occasion.\n acquises en 1886.\n    Le Cercle artistique (?) de Namur s'est\n trompé d'adresse au Bottin. Nous ne fai­\n sons pas le commerce de la peinture à\n l'huile.                                           M. Eugène Ysaye vient d'être nommé\n    Renvoyé à la Fédération artistique pour      officier de l'instruction publique de France.\n son calendrier des foires et marchés.              Cette distinction d'un artiste qui a tant\n                                                 contribué à propager en Belgique les œu­\n                                                 vres de la jeune école française, et notam­\n   La Société des Aquafortistes belges, fon­     ment celles de César Franck, cette distinc­\ndée le 28 juin 1886, nous adresse son rap­       tion fait honneur au gouvernement fran­\nport de 1887-88, grassement typographie          çais.\nsur papier de Hollande, afin de nous\napprendre qu'elle a en caisse une somme\nde deux-cent dix francs et un sou. Voilà qui       La Pléiade, numéro d'avril. — Som­\nnous rassure quant à la vitalité de cette        maire : Max       Waller;    Sonnet,    Albert\nsociété qui peut rendre de réels services à      Arnay; les Cygnes au clair de lune, Jean\nl'art aquafortiste.                              Boels ; les Charneux,      Georges Garnir ;\n   La société ouvre un concours pour la          Orphée, Fernand Severin; Souvenir, Karl\npublication de son album annuel. Les en­         van Osta ; la Grande extase, Charles Sluijts ;\nvois doivent être adressés à M. Emile de         Proses cursives, Paul Masy; Berceuse,\nMunck, 52, rue de l'Association, à Bruxelles,    Sully Huntley ; Réminiscences, Paulin Bro­\navant le 31 mai 1889.                            gneaux; Varia; Bulletin        bibliographique.\n"}, {"page_pdf": 214, "texte": "    Pour paraître à lafinde mai LES CHIMERES, par Jules DESTRÉE.\n  Un volume in-40 de grand luxe tiré à cent exemplaires numérotés, sur papier à chandelle\nblanc, par les soins de la maison MONNOM, avec un frontispice d'Odilon Redon, deux eaux-\nfortes de Marie Danse et un dessin d'Henry de Groux.\n                          EN SOUSCRIPTION: 1 0 FRANCS.\n\n                  Anthologie              Contemporaine\n   Prix du volume : Belgique, 15 centimes (franco). — France, 20 centimes (franco) —\n                                L'Etranger, 20 centimes.\nIl parait un volume toutes les semaines et une série de 12 volumes tous les trimestres.\n                BELGIQUE : Fr   1-50. — FRANCE ET ETRANGER : Fr 2-25.\n    Direction et Administration : ALBERT DE NOCÉE, G), rue Stévin, Bruxelles.\n           Parus au 1 er janvier 1889 : 60 volumes toit 5 séries de 12 volumes.\n\n          tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n    de Block's Universal Wine C°\n                  6, R U E PAUL DEVAUX (PRÈS LA BOURSE)\n\n\n\n E        n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n         r nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\nGIL         BLAS,      journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie PASSIONNÉMENT, par ALBERT DELPIT\n  et LES DIABOLIQUES, par BARBEY D'AUREVILLY. Un numéro\n  2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente partout.\n\n    ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                   EPERNAY\n\n\n                                            Prix Courant\n                            Baron J. de Warnimont               2 25\n                            Marquis Armand de St-Hubert . . . . 2 75\n                            R O S É E J E U N E BELGIQUE                          3 00\n                            Crême d'Ay          id.                          3 50\n                            Bouzy extra         id.         Cuvée réservée. 4 5 0\n                            Bouzy Cristal       id.                          5 00\n                                         o.5o en plus par 2/2 bouteilles\n                                    EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 2 5 BOUTEILLES\n\n                            Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n            ENTREPOSITAIRE       : COULOMB-ROBIETS\n      19,   B o u l e v a r d d u N o r d , 19, à B r u x e l l e s\n"}, {"page_pdf": 215, "texte": "      LA JEUNE BELGIQUE\n                     REVUE MENSUELLE CE LITTÉRATURE ET D'ART\n\n formant au bout de l'année un superbe volume avec couverture spéciale et       frontispice.\n\n\n                          Fondateur       : MAX WALLER.\n\nDirecteur : HENRY MAUBEL. — Administrateur                        : HUBERT VAN DIJK.\n\n Bruxelles : Rédaction : 72, rue de Trèves —Administration, 26, rue de l'Industrie.\n\n\n                                ABONNEMENTS :\n  Belgique . . 7 francs par an. — Union postale . . fr. 8 - 5 0\n        Les conditions pour les annonces se traitent à forfait.\n\n\n\n                                       MAI 1889\n\n                               SOMMAIRE:\nLa Jeune Belgique à la Chambre                                    LA JEUNE BELGIQUE.\nPoèmes                                                            FERNAND SEVERIN.\nNotre petit salon de tir                                          MOUCHE.\nChronique littéraire :\n        Le sang des fleurs                                        ALBERT GIRAUD.\n        Scènes de bal                                             VALÈRE GILLE.\nChronique artistique :\n         Un carton de Jef Lambeaux.                       .   .\n                                                                  GEORGES DESTREE.\n        L Exposition du Cercle\n        L'Exposition Watteau                                      JULES DESTRÉE.\nChronique dramatique :\n        La Matinée littéraire                                     FRANCIS NAUTET.\n        La Comédie française                                      HENRY MAUBEL.\nChronique musicale :\n        A la Monnaie\n        Conférence de M. Huysmans     . . .                       HENRY MAUBEL.\n        Au Conservatoire      . . . . . . .\nLe monde artiste                                                  ***\nMemento                                                           ***\n\n\n                   Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1889-05-01", "preuve": "Mai 1889, numéro 4, couverture PDF 180 ; aucun jour imprimé."}}