{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "9e ANNÉE. TOME VIII, N° 5.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 216, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 507, "texte": "9e ANNÉE.   TOME VIII, N° 5.      PRIX : FR. 0-.75                 JUIN 1889.\n\n\n\n\n                                       BRUXELLES\n                               REDACTION :            ADMINISTRATION :\n                          72, RUE DE TRÊVES,         26, RUE DE L'INDUSTRIE,\n\n                                           PARIS\n                                 LÉON    V A N I E R , ÉDITEUR\n                                        19, Quai Saint-Michel\n\n                                               1889\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-020", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "des impatiences", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La direction rappelle", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 217, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n   24. Louis S... Gand. Un peu trop « devoirs seconde latine » vos pages de prose :\nRêverie d'artiste, Paysage d'hiver, Aventure. Lisez beaucoup de modernes, les Gon­\ncourt pourraient vous faire du bien. S'il y a un artiste en vous, tâchez de l'émanciper.\nEnvoyez-le au vert. Quand vous aurez quelque chose de bien personnel à mettre sous\nvotre écriture, elle se formera d'elle même.\n   HUBERT LANGE. « Une bienveillante critique!... » Vous avez encore des illusions vous !\nCela se voit, du reste, à vos griffonnages qui sont naïfs. Tant mieux. Votre phrase a\nplus de mouvement et d'audace que celle de votre voisin gantois. Quand vous aurez fait\nvotre dentition littéraire, revenez-nous avec quelque chose de vivant, sans jérémiades\net sans trop de symboles. Prenez garde, aussi, à l'épidémie du « poème en prose ».\nFaites-vous vacciner.\n   Mlle LISETTE D'OUBLEVÉ. Attendons votre prose avec la plus électrique des impa­\ntiences.\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-021", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis de la direction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "La direction rappelle", "ancre_fin": "notre petit Salon de tir", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ABONNEMENT GUATUIT", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 217, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 989, "fin_caractere_exclue": 1869, "texte": "La direction rappelle aux lecteurs de La Jeune Belgique qu'elle assume\nseule la responsabilité des articles qui paraissent sans signature dans la\nrevue. Ils n'ont en aucune façon un caractère collectif ou anonyme.\n   Elle prie ses collaborateurs de lui adresser la copie au plus tard le 20\ndu mois afin d'assurer la publication régulière de la revue.\n   Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n\n  NOTRE NUMÉRO 2 est épuisé.\n  Afin de satisfaire aux nombreuses demandes d'abonnement qui nous\nparviennent, nous prions les personnes qui ne collectionnent pas la Jeune\nBelgique de vouloir bien nous renvoyer ce numéro dont le prix leur sera\nremboursé.\n\n  Nous publierons dans nos prochains numéros des pages de prose\nd'Arnold Goffin, de James Vandrunen et d'Eugène Demolder.\n  L'abondance des matières nous force à fermer, ce mois-ci, notre petit\nSalon de tir.\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 189, "page_fin": 194, "titre_corps": "Dans le rêve : Le Prince qui sommeille", "titre_sommaire": "Le Prince qui sommeille", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Destrée", "ancre_debut": "DANS LE REVE", "ancre_fin": "GEORGES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 218, "page_imprimee": 189, "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1646, "texte": "DANS LE REVE\n          LE P R I N C E QUI S O M M E I L L E\n\nA MONSIEUR EDWARD BURNE JONES.\n\n                                             In searck qf Eldorado.\n                                                      EDGAR ALLAN POË.\n\n\n\n\n                            Au milieu de la chambre silencieuse, tendue\n                             de soies bleues passées où, sur l'élancement\n                      svelte de leurs tiges, rêvent de larges fleurs en\n                          broderie, longuement étendu en le grand lit\n                          à colonnades repose doucement le jeune prince\n                          Hamar. Gardiens du sommeil, deux grands\n                      chiens noirs au poil ras veillent au pied du lit,\n                            les pattes allongées, en des attitudes de\n                            Sphynx. De temps à autre ils relèvent un\n                            peu la tête, ouvrent plus grands leurs\n          grands yeux humides et dressent leurs oreilles pointues,\n          émues et inquiètes '— des murmures du vent chantant en\n          les feuillages.\n            Encadrée du gracieux enroulement des glycines, — lan­\n          guissamment laissant pendre les grappes de leurs fleurs\n          amoureuses, la vénitienne très large laisse voir le parc\n       énorme, en lequel éclatent les verdures nouvelles vaguement\n       ombrées de vapeurs bleues se fondant délicieusement dans\n       les tons gris du ciel. Une chaleur tiède monte des gazons\n       verdoyants et des taillis bleuâtres — et avec le long bruisse-\n                                                                 13\n"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 190, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2838, "texte": "                                  — 190 —\n\nment de leurs feuilles secouées, les grands arbres se courbent aux caresses\ndu vent, tandis que chantent les oiseaux dans les branches en les bruits\nvagues et sourds de la terre qui s'éveille.\n   Le soleil a soudain troué les nuées grises. Ses rayons ont couru sur les\nfeuilles luisantes et humides et illuminé là-bas les jets d'eau fluets, clairs et\nlongs, s'égrenant radieux en les bassins clairs unis ainsi que des miroirs. Ils\nont baisé au passage les fleurs des glycines et se sont glissés dans la chambre,\nse jouant dans les cheveux d'or du dormeur. Ils dansent maintenant devant\nles claires paupières du jeune prince et il s'imagine — qu'une pluie de roses\neffeuillées est tombée du ciel sur son visage...\n   Il songe de jeunesse... et revoit devant ses yeux, ses longs yeux bleus\nvoluptueux, pleins de tendresse, — ses blonds cheveux ruisselants d'or aux\nbaisers lents des lumières, ses lèvres rouges et mûres pour les morsures,\net les fins contours parfaits de son rose visage plus doux que celui des\nfemmes. En ses habits de velours blanc, son grand chapeau à larges bords\nfièrement rejeté en arrière, sa main fine au pommeau de son épée adaman­\ntine, il se voit marchant au milieu des dames de la cour qui s'inclinent sur\nson passage et luttent et rivalisent de grâce pour la faveur d'un de ses\nregards.\n   Puis c'est en la salle des fêtes qu'il se retrouve... Aux sons doux des flûtes\ns'élève une mélodie bizarre cadencée du heurt sourd des tambourins. Sur\nles tapis épais de fourrure noire, le blanc jaillissement de courtisanes nues,\ndes gorgerins de rubis et d'escarboucles, des saphirs et des améthystes\nrehaussant les pâleurs de leur chair mate. Suivant les plaintes de la musique,\nelles s'avancent droites, hiératiques, et soudain frappent du pied les tapis et\ns'animent, se courbent et s'allongent, et virevoltent, s'arrêtent les bras en\navant tendus et s'agenouillent les seins palpitants, le corps voluptueusement\nrejeté en arrière, les mains rejointes derrière la tête. Et s'élancent de nou­\nveau, dansant, tournant, s'enlaçant amoureusement — guirlande merveil­\nleuse de fleurs charnelles — et tombent enfin mi-pâmées, les bras étendus,\ndevant le trône où il siège.\n   Mais déjà d'autres images ont passé devant ses yeux. Il rêve de gloire —\ndes éclairs bleus des épées meurtrières, du scintillement des lances aiguës\net des cuirasses bossuées et de meurtre et de pillage, des incendies rougeâ-\ntres en les nuits noires et du sang menaçant coulant des larges blessures. —\nArmé en guerre, pareil au chevalier saint Georges, tueur de monstres, il\nentrera en tête de ses troupes dans les villes conquises. Les enfants roses et\nles jeunes filles sèmeront des fleurs sur son passage et des théories de vieux\nprêtres viendront aux portes en robe blanche, chantant ses louanges,\n"}, {"page_pdf": 220, "page_imprimee": 191, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2683, "texte": "                                  — 191 —\n\n\nimplorant pour tous son pardon et se mettant sous l'égide de son courage.\nLes jeunes hommes les plus beaux se tiendront au devant de son cheval\nnoir comme la nuit et les rois vaincus, ses ennemis, enchaînés deux à deux,\nle suivront dans la poussière. Et quand il franchira les portes de la ville, les\ntrompettes et les cuivres sonneront cent fois en son honneur, et les cloches\net les carillons égrèneront leurs chants de fer dans les vivats et les triom­\nphales acclamations de la foule — pour sa très grande, sa seule et unique\ngloire impérissable.\n   Un plus sombre nuage a tantôt passé sur le ciel et, voilant l'azur, obs­\ncurcit en même temps son jeune cœur. Des ombres glissent sur son frais\nvisage, ses lèvres se plissent douloureusement, tandis qu'au travers de ses\ntempes pâles se gonflent bleuâtres les veines de son sang princier.\n   Qu'adviendra-t-il de lui sous ces plaisirs vieux ? Sa beauté pâlira plus\ntard et rapide s'évanouira comme celle des fleurs ; sa gloire, naguère écla­\ntante, s'effacera tôt devant d'autres gloires, et les hommes perdront même\njusqu'à la mémoire de son souvenir. Cela sera-t-il donc que lui aussi, si\nhéro'iquement beau et jeune, se fera vieux et que les maladies horribles et\nméprisables assiégeront victorieusement son corps svelte et sain et sa\nchair rose fleurie?\n   Ah ! que vienne donc auparavant le pur amour rêvé toujours, seigneur\nde son cœur et de ses pensées, l'idéale passion pareille à celle des ballades\nque lui chantèrent les trouvères.\n   De ces ballades il se souvient et des légendes. De Gwennolbe la blanche,\net Laïs, du seigneur Nam et de la fée, de Perceval et du blond chevalier\nau cygne, au souvenir mystérieux.\n   De ceux là qui furent fiers et forts et toujours beaux — des chevaliers\narmés errants et féeriques il garde la mémoire, — et le cœur soucieux au\nsouvenir de leurs exploits, il se retrouve, dans le parc, chevauchant son\ncoursier favori.\n   Il souhaite vivre leur vie d'aventures, les apparitions redoutées, les\npérils effrayants volontairement encourus, les joies pures et les souffrances,\net la gloire des délivrances, — aux brèves et rouges lueurs des éclairs, au\ntravers d'eaux noires tourbillonnantes, dans les grondements sourds du\ntonnerre, l'écroulement des ponts, le fracas des mêlées, les cris, les glaives\net les lances brisées, pour — après les blessures, le sang, le feu, les flammes,\net les gémissements des mourants — la reprise victorieuse de la fière fiancée\nnaguères traîtreusement enlevée.\n   Dans le bois plus sombre il s'avance. Son cœur est lourd, son cœur est\ntriste de n'avoir point de châtelaine pour qui vivre et puis mourir. La tête\n"}, {"page_pdf": 221, "page_imprimee": 192, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2851, "texte": "                                   — 192 —\n\n blanche et si fière et si douce de la très belle Anabelle — ne pourra-t-il jamais\n déclore ses calmes paupières abaissées, et ces yeux mystérieux, qu'il sent\n douloureusement en son cœur, ne se tourneront-ils jamais vers lui. Ces\n lèvres roses et minces, ces lèvres vierges ne frissonneront-elles jamais\n au souffle de cette voix d'argent qu'il se souvient et rêve d'encore entendre\n sans l'avoir jamais entendue. N'effleurera-t-il jamais de ses lèvres trem­\n blantes le front royal et blanc comme les plumes de cygne, de la Princesse\n Endormie, on ne sait où, en un palais au fond des eaux.\n    Ah! tous les dangers, les courir et les vaincre pour être aimé d'Elle ; —\n traverser les flammes et les feux dévorants, étouffer dans les eaux recouvrant\n le palais, soutenir cent combats, être frappé, meurtri, blessé, tué pour Elle\n et mourir du moins auprès d'Elle, secouru de ses mains merveilleuses, avec\n dans les yeux l'image de ses yeux noyés de tendresses plus qu'humaines, au\n moins une fois — pour toujours.\n    Qu'a-t-il donc entendu pour s'arrêter si brusquement. 11 prête l'oreille\n et se penche en avant sur le cou de son cheval pour mieux entendre.\n    Là-bas, très loin, la voix d'un cor sonnant sauvagement ses appels d'or\n et se perdant et s'étouffant graduellement en la forêt.\n    C'est le vieux chevalier gardien de la Princesse Endormie, qui, seul au\ncoucher du soleil, monte à la surface de l'eau — chaque fois sonner les\ntrois appels de délivrance. Le prince a soudain reconnu le dernier appel et,\nà bride abattue, a lancé son cheval, ne sentant rien des branches qui lui\nfouettent le visage et déchirent son habit précieux de velours. Mais la voix\n'du cor s'est bientôt éteinte entièrement et il se trouve perdu dans la forêt\ndevenue noire. Désespérément il chevauche des heures et des heures jusqu'à\n ce que la lune apparaisse dans le ciel trouant le feuillage, éclairant l'endroit\n où s'est arrêté son cheval.\n    C'est au fond des bois très épais, un petit lac immobile qui semble d'ar­\n gent sous les rais pâles de la lune : — les troncs des arbres sont si serrés\n tout autour qu'il fait nuit noire par dessous — les glaieuls clairs et les\n éclairs se dressent hautains sur les bords et les feuilles sombres de larges\n plantes aquatiques flottent à la surface immobile. Languissamment les fleurs\n saintes, les nénuphars s'entr'ouvrent et font comme des couronnes sur les\n eaux mystérieuses. Et dans l'absolu silence de la nuit il lui semble entendre\n un chant charmant monter doucement, insensiblement, mêlé à la mélo­\n dieuse plainte des eaux bienheureuses qui s'écoulent et tombent au loin en\n cascades sous les feuillages.\n    Le prince a soudain sauté à bas de son cheval ; les roseaux minces écartés\n par lui se referment frémissants sur son passage et de nouveau jaillissent\n"}, {"page_pdf": 222, "page_imprimee": 193, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2883, "texte": "                                  -   193   -\n\n\ndroits et longs. D'une main se retenant aux arbustes qui plient, il se penche\ngracieux sur le lac et cueille rapide la fleur large d'un nénuphar pour y\npuiser et boire à cette coupe improvisée. Il se plaît à sentir les eaux s'en­\nfoncer sous la fleur, il regarde les eaux franchir les albes pétales et peu à\npeu remplir le neigeux calice; il regarde les eaux, le seigneur... et voilà\nqu'il se voit lui-même et s'aperçoit, son attentive et jeune image sur l'eau\npenchée, en le bleu miroir des eaux réfléchie, — et tout au fond, au fond\ndes eaux, le silencieux palais vert et rose de la Princesse Endormie.\n    C'est lui, il l'a reconnu — des enroulements de roses noires et rouges, en\nguirlandes suspendues au dessus des portes sertissent les transparentes\ncolonnades : — les lucides coupoles faites de saphirs et les murs de rubis\nrose s'encadrent de la bordure dure des malachites et le sol est de sable\nbleu pailleté de reflets, brillant et doux comme l'azur du ciel.\n    Sur un lit très haut de cristal couchée, en le nimbe magique de ses blonds\ncheveux cendrés épandus et perdus en les laiteuses blancheurs de sa robe,\nsur sa poitrine tranquille les mains rejointes, depuis cent années dort la\nprincesse Anabelle. Aux angles du lit de cristal se cassent les rayons de la\nlune, auréolant l'Enchantée d'une large nappe de lumière argentée. De bleus\niris et des amaryllis s'inclinent et tremblent sur son corps, tandis qu'à son\nfront s'ouvre la fleur mystérieuse de la Vierge — comme une étoile tombée\ndans un calice de neige.\n    Droit et très haut vers le ciel les eaux ont rejailli : — sous le poids du\ncorps du prince les eaux se sont brusquement entr'ouvertes, et referment\nsur lui leurs lèvres douces écumantes. Les eaux incessamment, les eaux\nbourdonnent à ses oreilles. Comme des cloches de fête qui sonneraient en\nson âme, son cœur bat à se rompre dans sa poitrine exaltée; — sous\nl'ivresse débordante de la joie qui fait resplendir son visage bien aimé — il\nétouffe et se sent mourir, mourir du désir enfin exaucé. Et quand il effleure\nde ses lèvres le front royal et blanc de la Princesse Endormie, le cri échappé\nà ces lèvres soudain entr'ouvertes, le regard de ces yeux d'amour perdus\ndans ses yeux, font vibrer et trembler son cœur comme le souffle de son\namour exhalé à ses lèvres. Dans la merveilleuse et chaste étreinte de sa\nfiancée, il défaille, défaille... et se réveille, hélas! éperdu dans la chambre\nsilencieuse où rêvent aux soies bleues fanées des tentures les larges fleurs en\nbroderies, tandis que les grands chiens noirs s'étirent et le contemplent de\nleurs yeux longs attendris.\n    Le cri qu'il entendit et sentit vibrer jusqu'en son âme, c'est la clameur\nhautaine des claires trompettes joyeuses, qui sonnent, éclatantes et aiguës,\net se répondent, affaiblies, l'heure du réveil aux quatre tours de son\n"}, {"page_pdf": 223, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 446, "texte": "                                 - 194 —\n\nchâteau, et l'incessant bourdonnement des eaux à ses oreilles, c'est le vague\nmurmure des voix des seigneurs et des dames de la cour, impatiemment\nattendant à la porte la faveur de son lever.\n\n  Oh! les rêves de soleil dans les réveils printaniers des cœurs adolescents !\n                                                GEORGES D E S T R É E .\n    Novembre 88 à mai 89\n\n\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 194, "page_fin": 196, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "VERS PARODIE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 223, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 446, "fin_caractere_exclue": 1933, "texte": "VERS\n                               PARODIE\n         Tes yeux, tes chers yeux bleus étoiles d'or naïf,\n         Tes yeux aux longs reflets limpides, où furtif\n         Et si vague, parmi de pieuses pensées\n         Au rhythme de ton cœur ingénu cadencées,\n         Parfois s'allume un feu-follet    malicieux,\n         Tes yeux, portes d'azur ouvertes sur les deux,\n         M'évoquent, dans un clair et fervent      paysage\n         Où du soleil récent fleurit le frais visage,\n         Une procession de vierges et d'enfants\n         Qui, tremblants, avec des regards de jeunes faons,\n         Et taciturnes sous la neige des malines,\n         Marchent dans un brouillard de lentes mousselines,\n         Et qui, sur l'argent rose et lilas du pavé\n         Effeuillent le sommeil des lys et des avé,\n         Et ne s'avisent point, ces enfants et ces vierges,\n         Que derrière eux, soufflant sur les âmes des cierges,\n         Parodiant le culte avec des airs sournois,\n         Un petit singe au poil frisé, croqueur de noix,\n         Par gageure affublé de l'étole et de l'aube,\n         Soulève à gestes fins le luxe de leur robe.\n\n                           LES INTERVERTIS\n                                                      A GEORGES DESTRÉE.\n\n          Du plus vague du ciel nouveau-né, roses d'aube,\n          Roses de soleil pâle et d'ambre rose et roux,\n          Les étoiles du soir dans les plis de leur robe,\n          Un vol d'anges descend de l'azur rose et roux,\n"}, {"page_pdf": 224, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1527, "texte": "                      -   195   -\n\nUn vol éblouissant de flocons roux et roses,\nAiles-fleurs, à la fois roses et papillons,\nFleurs sous les papillons, papillons sur les roses,\nQui neige en s'effeuillant, roses et papillons.\n\nLes voici, deux à deux : leurs ailes infidèles\nCâlinent les lys noirs du jardin mensonger\nOù leurs frères jadis abdiquèrent leurs ailes,\nLes calices des lys du jardin mensonger.\n\nLes voici, deux à deux, frêles têtes charmantes\nMourantes sous le faste épars de leurs cheveux,\nEt des vipères d'or sur le lin de leurs mantes\nSifflent très doucement dans l'or de leurs cheveux.\n\nL'azur lointain se fane, et sous des lierres d'ombre\nLe jour mystérieux ouvre de grands yeux blancs :\nLes voici câlinant les lys du jardin sombre,\nRegardés tristement par ces vagues yeux blancs.\n\nUne étrange élégance, infirme et maladive,\nEquivoque splendeur de la stérilité,\nSaigne sur les boutons de leur gorge tardive\nEt sur l'obscur trésor de leur stérilité.\n\nParfois le lierre humide et le feuillage moite,\nAu son d'un cor de nacre où chante un nain joufflu,\nS'ouvrent sur le soleil comme une ogive étroite,\nAu son d'un cor de nacre où chante un nain joufflu.\n\nLà-bas, c'est la laideur épique de la vie :\nDes ouragans d'orgueil, des rafales de chair,\nLe sommeil bestial de la force assouvie,\nToutes les lâchetés du sang et de la chair.\n\nLes yeux déveloutés par cette horrible fête,\nLes anges, dans la nuit frileuse de leur cœur,\nEcoutent longuement, en détournant la tête,\nLe cor du nain joufflu leur sonner dans le cœur.\n"}, {"page_pdf": 225, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1175, "texte": "                      — 196 —\n\nLeurs ailes de regret, leurs ailes irisées,\nVers l'azur matinal désormais interdit\nPalpitent sans espoir, plaintives et brisées,\nEntre la vie hostile et le ciel interdit.\n\nEt les voici frôlant de nouveau l'herbe amère\nEt les lys dans la paix lascive du jardin,\nEt, leur front virginal ombré d'une chimère,\nInterrogeant les lys mensongers du jardin.\n\nLeurs regards ambigus, frères du paysage,\nAllument leur feu morne aux richesses du soir,\nEt sur les plis amers de leur jeune visage\nVersent à lents rayons l'anxiété du soir.\n\nIls errent, deux à deux, suivis du nain perfide\nQui leur offre un miroir et des bijoux pervers,\nEt leurs yeux aimantés dans le miroir limpide\nSe caressent aux yeux de ces joyaux    pervers.\n\nIls s'étendent, très las, parés, dans la nuit blême,\nEntrelaçant aux lys leurs mains de royauté,\nComposant avec art le sourire suprême\nD'où dépend leur bizarre et vaine royauté,\n\nEt sous les lierres noirs, frêles têtes charmantes,\nEcoutent vaguement dans leurs cheveux siffler,\nDans leurs cheveux épars sur le lin de leurs mantes\nLes douces langues d'or des vipères siffler.\n\n                                      ALBERT GIRAUD."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 197, "page_fin": 199, "titre_corps": "Lumières", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Desombiaux", "ancre_debut": "LUMIÈRES", "ancre_fin": "MAURICE DESOMBIAUX", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 226, "page_imprimee": 197, "debut_caractere": 73, "fin_caractere_exclue": 2349, "texte": "LUMIÈRES\n                                PAYSAGES\n                                                 Sites brutaux\n                                                 Oh! voire haleine\n                                                 Sueur humaine\n                                                 Cris des métaux.\n                                                     PAUL VERLAINE (Paysages belges).\n\n\n             Taches jaunâtres, dans le brouillard crépusculaire, des réverbères\n              processionnant aux horizons; fanaux des gares aux rubis san­\n              glants; signaux lointains aux verts clairs d'émeraudes; lan­\n              ternes bleues aux lueurs d'azur sombre; pâles lumières des\nmasures reflétées dans l'eau tremblotante du canal noir où des bateaux en\nrepos s'allongent, las d'éternels voyages ; lampes électriques sur la rectitude\nde leurs mâts, répandant une clarté blanche, cristalline, mystérieuse, où les\nchoses apparaissent irréelles et fantastiques dans le cône qu'elle forme,\nbrillent comme les pierres précieuses d'une joaillerie dans le grand\npaysage nocturne et profond d'où monte étouffé et sourd le ronflement des\nmachines, le martèlement du fer, le bruit strident de la vapeur, les appels\nrauques des trams, les sifflets d'alarme, comme un hymne à la gloire d'un\nMoloch farouche, insatiable de sueurs humaines.\n                                       *\n\n   Des flammes aux couleurs changeantes et folles, aux contours capricieux\net chimériques s'agitent dans le soir. Roses, des fumées s'échappent d'une\ncuve énorme au bord de laquelle un engin dressé ressemble à une vieille\nsorcière malfaisante qui se penche, attentive au maléfice qu'elle ordonne.\n   Sombres au milieu du feu, les hauts-fourneaux élèvent leurs formes\ninquiétantes au bord de la rivière où apparaît, plus bizarre encore dans son\nrenversement, le paysage aux lueurs rouges, et le ciel ou passent de gros\nnuages un instant empourprés.\n   Par une ouverture béante d'où s'échappe comme un voile d'or, on\naperçoit ruisseler en cascades, avec des crépitements et des pétillements\nprolongés, une lave ardente sur laquelle se détachent, noirs, le torse nu, les\nbras aux solides biceps fortement accusés, les cheveux traversés d'étincelles,\ndes hommes agitant de grandes fourches.\n"}, {"page_pdf": 227, "page_imprimee": 198, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2498, "texte": "                                   — 198 —\n\n   Tandis que, alentour, couronnant de hautes cheminées, vertes, bleues,\n violettes, jaunes s'échevèlent les flammes.\n\n\n\n    Longue, avec toutes ses fenêtres projetant dans la nuit à d'égaux inter­\n valles, une lumière intense éclairant un alentour morne, jonché de débris\n luisants et de cendres, d'une architecture trapue et sournoise, la verrerie au\n lourd toit noir dont la monotonie s'atténue de cheminées à larges chapi­\n teaux dégorgeant des masses de fumées sales et opaques.\n    En des éblouissements de clarté, des hommes vêtus de toile bleue s'aper­\n çoivent, les jambes et les bras nus, balançant en mouvements rhythmiques\n et faisant tournoyer, avec une jonglerie de mains, une longue tige de fer à\n l'extrémité de laquelle grossit une boule de feu.\n    Les joues bouffies, ils soufflent. La boule s'allonge, s'allonge en variant\n ses couleurs depuis la pourpre jusqu'à l'orange.\n    Et c'est parfois, dans l'apaisement du paysage, le bruit sonore du verre\n qui tombe et se brise sur du verre.\n\n\n\n   Noirs sur le ciel se silhouettent les grands terris aux formes allongées de\nbêtes en repos, sur lesquels une végétation douteuse a péniblement poussé.\n   Tout là-bas, c'est l'horizon fermé par une ceinture de feus multicolores.\n   Au dessus des usines qui ronflent et bourdonnent et mugissent terrible­\nment, menaçantes, s'étend un brouillard lumineux qui flotte dans l'espace,\nsemblable à un voile d'argent.\n   Tout à coup jaillit un angle immense de clarté dans lequel apparaissent\nun fouillis de toits, de clochers, de cheminées fumantes, toute une campagne\nsombre et morne où quelques arbres chétifs et rares dessinent leurs ramures\nfrêles, où des mares éparpillées miroitent et reflètent ce paysage désolé.\n   Puis, c'est un sifflement strident, une longue courbe de fumée blanche\net, dans le noir, la succession rapide de petits carrés de lumière.\n\n                              A LA LUNE\n                                          C'est par toi que se produisent les monstres,\n                                        les fantômes effrayants, les songes menteurs;\n                                        tes yeux dévorent les pierres des édifices\n                                                          GUSTAVE FLAUBERT.\n\n   Lampe d'argent veillant dans la nuit ténébreuse et profonde des temples,\ngardienne des sacrés mystères, sous les voûtes énormes où trônent, impéné­\ntrables, dans leur majesté farouche, les divinités cruelles.\n"}, {"page_pdf": 228, "page_imprimee": 199, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1657, "texte": "                                  — 199 —\n\n    Galère voguant légère sur une mer infiniment bleue où des nuages blancs,\n comme des cygnes, s'avancent, voguant légère vers les régions inaccessibles.\n    Ostensoir d'or sur un autel étincelant de pierreries où est écrit ce qui\n doit être.\n    Graal radieux que des anges frêles aux longues ailes neigeuses con­\n templent, vers qui montent, en spirales joyeuses, les fumées d'encens et\n les prières.\n    Harmonie des ombres. Toique, dans leurs rondes sinistres et leurs sabbats,\nles sorcières contemplent les yeux hagards, frissonnantes, en mêlant tes\nrayons aux breuvages suborneurs, pour les enchantements.\n    Toi qui mets des perles aux calices des belles de nuit et phosphores les\nyeux des hibous et des chouettes.\n    Tu répands sur la nature le rêve et le mystère de ta lumière silencieuse...\n    De quelle douceur sont, par toi, les choses !\n    Si j'écoutais longtemps, peut-être entendrais-je dans le silence plus\nprofond encore, les arbres, les pierres, les fleurs, l'eau des fontaines\nchuchoter des mots d'amour.\n    Parmi les nuages qui s'agitent lentement, tu semblés être la bergère d'un\ntroupeau de chimères qui broutent le délire et la folie dans l'azur assombri\nde l'éther impalpable.\n    C'est l'heure des songes éternels et des terrifiants cauchemars. Tu emplis\nles cerveaux de splendeurs infinies et de visions ténébreuses. Endormeuse\nde tristesses, tu couvres, de ton manteau blanc imprégné du bleu de la nuit\nsereine, toutes les honteuses et désolantes banalités des jours... Et c'est toi\nqui consoles de la vie.\n                                                 M A U R I C E DESOMBIAUX."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 200, "page_fin": 202, "titre_corps": "Jules Barbey d’Aurevilly", "titre_sommaire": "Barbey d’Aurevilly", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "JULES BARBEY D AUREVILLY", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 229, "page_imprimee": 200, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 2479, "texte": "JULES BARBEY D'AUREVILLY\n                                        Celui-là peut compter parmi      les grands           défunts\n                                                         J o s e M A R I A DE H É R É D I A\n\n\n            Le vieil aigle est mort.\n                Il est mort comme il a vécu, fier et pauvre, glorieux parmi\n             les artistes, inconnu de la foule, pour laquelle il était trop\n             grand. La moitié de sa gloire est faite de méconnaissance et\nd'isolement.\n   Barbey d'Aurevilly naquit en 1808, six ans après Victor Hugo. Ce rap­\nprochement a son éloquence, car, si Hugo est un des premiers poètes du\nsiècle, Barbey est un de ses premiers prosateurs. Hugo est au Panthéon,\noù il fut porté, en triomphe, par toute la canaille politique de son temps.\nBarbey s'en est allé seul, sans promiscuités dégradantes, et son cercueil\nest aussi intact que sa vie.\n   J'aime mieux le cercueil de Barbey que le catafalque de Hugo.\n   Jusqu'au moment de la publication, dans un journal à prétentions litté­\nraires, d'Une Histoire sans nom et de Ce qui ne meurt pas, Barbey\nd'Aurevilly resta ignoré. Ce que la clientèle ordinaire de Gil Blas pensa de\nces oeuvres à moelle de lion, on le devine. La seule excuse des entrepre­\nneurs de célébrité qui s'adressèrent à Barbey, c'est qu'ils n'avaient pas lu\nsa « copie ». Je gage que l'effet produit fut pénible. Les boudoirs de verre\nfaillirent s'écrouler. Jo, Lo et Zo menacèrent de se retirer dans un couvent.\nL'échoppe où M. Silvestre vend ses pains d'épices de foire trembla d'indi­\ngnation et de pudeur. Ce fut une méprise, une malencontreuse méprise,\nque l'on ne recommencera jamais, jamais plus.\n   Et cependant, depuis plus de trente ans, Barbey avait entassé romans\nsur romans, chefs-d'œuvre sur chefs-d'œuvre. Rien n'avait pu vaincre la\nlégitime répulsion de la crapule littéraire, aussi féroce envers les écrivains\nde race que rampante sous les parvenus. Rien, ni Une Vieille maîtresse,\nni l'Ensorcelée, ni le Chevalier des Touches, ni le Prêtre marié, ni même\nles Diaboliques, que la justice française, — dernier débris de la vraie cri­\ntique en cette fin de siècle où il n'y a plus de critique! — désigna cepen­\ndant, à sa manière, et comme un livre génial, à tous ceux qui avaient lu\nBaudelaire.\n   Ni ses mélanges de critique et d'histoire, les Œuvres et les Hommes,\ndont les arrêts splendides et soudains comme la foudre, sont parfois aveugles\n"}, {"page_pdf": 230, "page_imprimee": 201, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "                                  — 201    —\n\n\ncomme elle, ni les Quarante Médaillons de l'Académie française, un\npamphlet littéraire d'un esprit à bec de faucon, ni des montagnes d'articles\npubliés dans le Nain Jaune, dans le Constitutionnel, dans le Triboulet et\nailleurs, merveilles de polémique hautaine, cravachante, bottée et éperonnée,\nrien ne fit avaler la gloire de Barbey à cette foule inepte et badaude qui se\ngargarisa pendant des semaines avec le nom de M. Mirbeau, après le\nfameux article sur les comédiens.\n   La politique même ne voulut pas de cet homme. Il fut tenté par elle,\n— comme beaucoup d'autres, — il y a longtemps, avant que l'impossibilité\nd'une action à sa taille ne l'eût exilé dans le rêve orageux et belliqueux de\nson art. Il présida le Club de la rue des Figuiers-Saint-Paul, au faubourg\nSaint-Antoine. Un jour, on lui cria, en pleine figure : A bas les jésuites!\nBarbey s'élança à la tribune, et crossa le tumulte comme Xerxès battait la\nmer :\n   « Messieurs, s'écria-t-il, je regrette bien de n'avoir pas, comme Crom-\nwell, une compagnie de cottes de fer pour vous tomber dessus ! Comme il\nne faut pas que le verbiage et les cris soient ici les vainqueurs, je déclare le\nclub dissous. Sortons ; le trimestre du local est payé, je m'en vais mettre la\nclef dans ma poche, pour qu'il ne serve pas de lieu d'aisance aux tribuns de\ncabarets! »\n   Il se résigna — il le fallait! — à n'écrire que des chefs d'œuvre. Il se\nrésigna, — lui, le chouan, le descendant de maître Ango de Dieppe, qui\ndéclarait la guerre au roi de Portugal, et venait, avec sa flotte, bloquer\nLisbonne! — il se résigna, enfin, à rêver ce qu'il aurait pu faire. Barbey\nne fut écrivain que par désespoir.\n   Alors commença pour lui cette bizarre transsubstantiation de l'action\nimpossible en rêve réel qui est l'essence même de son œuvre. Barbey a\nimaginé, en écrivant, ce qu'il aurait fait, s'il avait dédaigné la plume. De\nlà cette grandesse et cette aristocratie qui blasonnent ses livres.\n   Mais s'il fut écrivain par désespoir, il le fut magnifiquement, à la façon\nde Shakespeare et de Balzac. Il fut, comme eux, autrement qu'eux, un\ncréateur d'êtres. Il fut, à la fois, le plus passionnant des observateurs, et\nl'imaginateur le plus passionné. Réaliste ou romantique, demandera-t-on.\nLa vaine querelle ! Barbey eut le don de la vie. Et ce don-là supplée à tout.\nCe qui, dans ses romans, est inventé, fantastique, invraisemblable, est plus\nvrai, plus réel, plus vivant que toutes les notations patientes et obscures\ndes taupes et des mulots du naturalisme. Les héros de Barbey existent,\npuisqu'il les a créés. Ceux des naturalistes sont faux, quoiqu'ils existent.\n La réalité de l'Art n'est pas la réalité de la Vie.\n"}, {"page_pdf": 231, "page_imprimee": 202, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1146, "texte": "                                    — 202    —\n\n\n   Aristocrate, Barbey d'Aurevilly le fut, mais aristocrate de la grande\nrace, sans dédain bourgeois, sans dégoût de parvenu. Il a des paysans et\ndes rustres qui valent ses gentilshommes et ses chevaliers. En vrai grand\nseigneur de lettres, il était noble par la tête, et plébéien par les pieds. Ainsi\nil dépassait à la fois les hobereaux sans noblesse d'âme, et les démocrates\nsans largeur d'esprit.\n   Il est mort, vaillamment, en silence, laissant à son œuvre le soin de\nparler pour lui, sans avoir sali d'une compromission, même la plus légère,\nles deux barbeaux accolés d'argent, au chef de gueules, chargé de trois\nquintefeuilles d'or qui se profilent sur l'azur de ses armes. Jamais, malgré\nles nécessités de la vie, il n'a voulu s'asseoir à l'ignoble table d'hôte où les\nGaudissart du journalisme littéraire maquignonnent la popularité. Il est\nmort superbement, reproche pour elle, exemple pour nous, au milieu de\nla putasserie actuelle des lettres, qu'il a souffletée, en tombant, de toute sa\nhauteur.\n                                                         ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 202, "page_fin": 204, "titre_corps": "Chronique littéraire : Mon cœur pleure d’autrefois", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "II Un homme libre", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 231, "page_imprimee": 202, "debut_caractere": 1146, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                         I\n\n       Mon cœur pleure d'autrefois, par M. GRÉGOIRE LE ROY. — Paris, Vanier.\n\n            Des trois poètes gantois qui collaborèrent au Parnasse de la\n             Jeune Belgique, M. Grégoire le Roy est assurément le plus\n             spontané. Il semble que la volonté ait peu de part à son\n             œuvre, et qu'il se laisse aller, doucement et simplement, à la\n             dérive de ses sensations. Le poète a pris soin de nous en avertir\ndans une pièce caractéristique :\n                    Je chante un amour de ballade,\n                    Sans rancœur et sans trahison,\n                    Un amour de vieille chanson,\n                    Dont mon pauvre cœur est malade,\n                        Bien malade...\n\n                    Il est dans les refrains anciens,\n                    Rempli de leurs plaintes fatales,\n                    Dans les chansons sentimentales\n                    Et les vieux airs que Von fait siens ;\n                        Je m'en souviens.\n\n  Voilà qui simplifie singulièrement ma tâche. Ces vers tristes et chevro-\n"}, {"page_pdf": 232, "page_imprimee": 203, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3021, "texte": "                                    — 203 —\n\n\ntants contiennent en germe le meilleur article qu'on puisse écrire sur\nM. Grégoire le Roy.\n   M. Téodor de Wyzewa, s'il lisait ces vers, serait capable d'appeler\nM. le Roy un « natif guitariste. » Et peut-être, au sens exact des mots,\nn'aurait-il pas tort.\n   Ce sont bien, en effet, des chansons de l'Autrefois, et presque des sensa­\ntions d'enfance, que M. le Roy nous offre aujourd'hui. C'est là, d'ailleurs,\nle mérite de l'œuvre, qui n'est point banale.\n   Il suffit de lire ces poèmes vagues et décolorés, d'effeuiller une à une les\nimages qui les fleurissent, pour se convaincre de la sincérité et de la person­\nnalité de l'écrivain. Quels sont les fantômes, quelles sont les apparences\nqu'il fait danser devant nos yeux ? Châtelaines de légende, pensives à leur\nfenêtre, attendant quelqu'un qui ne reviendra jamais, jamais plus ; cygnes\nau clair de lune d'un Lohengrin invisible, pleurant sur Elsa au lieu de\ncombattre pour elle; chœur de fileuses, assises autour du feu, filant le\nchanvre des destinées obscures et cloîtrées ; voix lointaines de chapelles\nsombres, qu'entoure un cimetière oublié; processions de congréganistes au\nson des orgues ; plaintes de cor à l'horizon vespéral ; vieux refrains de\nvalses, au rhythme d'escarpolette; rouets d'aïeules au fond des antiques\nmaisons silencieuses ; et partout je ne sais quelle étrange émotion puérile,\nqui s'éveille surtout à l'idée des choses abolies et surannées :\n\n                   Petites vieilles, mes pensées,\n                   Il neige, il tombe du lointain,\n                   Un peu de mort et d'incertain\n                   Sur toutes les choses passées.\n\n   De là vient la saveur particulière de ces poèmes. Les sensations enfan­\ntines sont la dominante du talent de M. le Roy. Et, — contradiction\napparente — ces sensations enfantines sont provoquées, le plus souvent,\npar l'image de la veillesse et de la décrépitude. Deux poèmes surtout\nportent la trace de cette obsession : Le Passé qui file et Ronde de vieilles.\nIls évoquent un étrange Villon, — non pas celui de la belle Heaulmière —\nmais un Villon puéril, habillé de bleu, qui viendrait de faire sa première\ncommunion :\n                    La veille file et son rouet\n                    Parle de vieilles, vieilles choses;\n                    La vieille a les paupières closes\n                    Et croit bercer un vieux jouet.\n\n  Ces images sont tellement suggestives, que l'on a fatalement la vision d'une\nenfance très songeuse, là bas, en pleine province silencieuse, d'une enfance\nnaïve et par tout émerveillée, qui n'oubliera jamais les beaux livres illustrés\nqu'elle a lus, ni les plaintives romances qui l'ont bercée. Le grand\ncalme, la béatitude, la monotonie même de la vie provinciale disposent,\nsurtout pendant l'enfance et l'adolescence, à la vie contemplative et senti­\nmentale. Les choses prennent alors une signification humaine qu'elles n'ont\npas le temps d'avoir dans les grandes villes affairées, et l'on glisse naturelle-\n"}, {"page_pdf": 233, "page_imprimee": 204, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1431, "texte": "                                   — 204 —\n\n\nment à un art de rêverie familière, d'une émotion à la fois douce et profonde.\nM. Georges Eekhoud, qui a souvent le mot pittoresque et juste, me parlait\nun jour du « spiritisme » de M. Grégoire le Roy. En tant que l'expression\ns'applique à la vie des choses, elle me paraît d'une exactitude frappante, et\nelle caractérise nettement l'art du poète.\n   Le vers de M. le Roy est musical à sa façon. Il a des chevrotements qui\nplaisent, et qui traduisent, fidèlement, et avec bonheur, les sensations\néprouvées. Peut-être pêche-t-il par une certaine mollesse. Mais le lien qui\nrattache un défaut à une qualité, pour être imperceptible, est souvent si\nétroit et si nécessaire, qu'il serait imprudent d'engager le poète à le couper.\n   Mon cœur pleure d'autrefois est une merveille typographique. C'est un\ndes plus beaux livres, — si pas le plus beau — qui soit sorti des presses de\nla maison Monnom.\n   Deux artistes, de talents très opposés, se sont faits les commentateurs de\nM. Grégoire le Roy. L'un est M. Fernand Khnopff dont le frontispice est\nd'une douceur et d'une grâce idéales. L'autre est un jeune sculpteur gantois,\nM. Georges Minne. Retenez son nom, car ses dessins, qui ressemblent à de\nvieilles gravures sur bois, ont une vigueur et une originalité déconcertantes.\n                                                        ALBERT GIRAUD.\n\n                                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 204, "page_fin": 205, "titre_corps": "Chronique littéraire : Un homme libre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "II Un homme libre", "ancre_fin": "ne seront pas sans agrément à imaginer", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "III Les Légendes", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 233, "page_imprimee": 204, "debut_caractere": 1431, "fin_caractere_exclue": 3169, "texte": "II\n\n       Un homme    libre,   par MAURICE BARRÈS. — Paris, Perin,   éditeur.\n\n   M. Maurice Barrès continue, en se répétant un peu, ses subtiles études\nde psychologie. Nous avons écrit, ici même, tout le bien que nous pensions\nde Sous l'œil des Barbares, son succès de l'an passé, et nous aurions à\nredire, à propos d'Uti homme libre, à peu près les mêmes éloges : c'est là\nla plus grande critique que nous y ferons. La délectable saveur de nou­\nveauté de ces ténues dissections s'est amoindrie et affadie un peu, et Un\nhomme libre nous a paru long. Toujours très clairvoyant, très délicat, très\ncurieux, M. Barrès semble aussi moins préoccupé d'écriture artiste. L'ori­\nginalité des idées ne doit pas nous priver des charmes d'une belle langue et\nde suggestives épithètes. Néanmoins la conception de ce cloître intellectuel\noù l'auteur veut se confiner dans l'adoration de son M oi, avec une combi­\nnaison d'exercices spirituels qui seraient comme la mécanique du bonheur,\nest pour plaire. Même nous la trouvons un peu trop ingénieuse et l'homme\nlibre se révèle, malgré son scepticisme affecté, enclin à se gober. Pourquoi\nla solitude, alors qu'un effort de volonté suffit pour isoler au milieu de la\nfoule? Et pourquoi pas le monastère, le vrai, avec la soumission forcée, l'ir­\nréparable, alors qu'il faut mille fois plus d'énergie, chaque jour, pour per­\nsévérer? Pourquoi ces méditations spécialisées sur certains intercesseurs,\nsans légende préétablie et non variable, alors que les noms déterminés doi­\nvent évoquer des souvenirs différents pour chacun ? Simon, l'ami si dédai­\ngneusement traité, nous agrée. Il se prête à ces gymnastiques avec une\njolie hypocrisie. Il pêche par la dignité, c'est vrai : le souci des autres, au\n"}, {"page_pdf": 234, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 494, "texte": "                                      205 —\n\n\nfond. Mais j'aurais plaisir à dire avec lui beaucoup de mal de l'homme\nlibre, et lui aussi, car ce n'est vraiment amusant que lorsque les raillés sont\ndes amis. L'occasion viendra tôt sans doute, car deux volumes prochains\nannoncés complèteront cette série de petits miroirs de sincérité et nous\naurons à ergoter alors, avec des complications de pensées furtives, qui ne\nseront pas sans agrément à imaginer.\n\n                                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 205, "page_fin": 205, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Légendes de la Meuse", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "III Les Légendes", "ancre_fin": "la Sorcière d Yvoir", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 234, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 494, "fin_caractere_exclue": 3114, "texte": "III\n\n       Les Légendes de la Meuse, par HENRY DE NIMAL. — Un vol. 410 pages,\n                         chez Lebègue, Bruxelles, fr. 3-50.\n\n   M. de Nimal s'est déjà fait presque un nom en écrivant dans maintes\nrevues graves des études politiques dont ont fréquemment jacassé les\npapiers publics. Aussi nous n'attendions guère de lui une aussi fraîche et\ncoquette littérature que celle de son récent volume : Les Légendes de la\nMeuse. C'est une révélation, vraiment, et nous l'annonçons avec bon­\nheur. Contes recueillis dans les tièdes soleils des vacances, au pied des\nroches crénelées de ruines historiques, parmi les verdures et les fleurs se\nmirant dans le beau fleuve qui y mêle, en ses murmures, toutes sortes de\nchuchotements et de fantaisies de poète ! Tout en s'efforçant, avec le plus\nérudit scrupule, de reconstituer, en leurs détails historiques, les mœurs de\ntemps défunts, M. de Nimal a noté les récits des paysans aux veillées, les\nsuperstitions naïves, fleurs simples aux parfums aimables qui grandissent\nseulement dans des cœurs humbles et jeunes, et que nous aimons à cueillir\nplus tard, quand notre imagination lasse de civilisation vieillie, ne sait plus\nen faire germer de nouvelles.\n   Et c'est d'un style alerte, habile et souple, sans recherches d'audaces\ninutiles et sans banalités non plus, d'un style qui a sa vaillance et sa fierté\net ne relève de personne, abondant en images jolies et gardant toujours l'al­\nlure sans prétention qui convenait à ces gentils mélanges de fable et de\nvéridiques aventures. Sous une plume moins artiste, cette serie de légendes\neût pu n'être qu'une compilation folklorique insipide et dénuée d'intérêt.\n   Il y a dans le livre de M. de Nimal de l'épopée et de l'idylle, des scènes\nd'amour et de combats, des souvenirs mérovingiens et du moyen-âge, des\ncomparaisons neuves et d'une belle justesse comme : « Une basilique avec\nson fier coq de cuivre poli pareil à la flamme d'un immense cierge ou à une\nétoile oubliée là par la nuit » ; des mots superbes, tel celui du vieux duc\nAymon, suivant en preux fidèle Charlemagne contre ses fils : « Ils ne sont\nque mes enfants, avait-il dit tristement, et il est mon roi » ; des trouvailles\nsimples et profondes, comme : « Aussi bien sont amours sous la bure que\nsous le brocart, et le poète écoute chanter son cœur » ; des descriptions\névocatives et pittoresques, celle de Bouvignes, par exemple; çà et là de\nl'esprit; et, parmi les récits, ils sont presque tous si lestement développés\nque le choix est difficile. Mettons hors pair cependant le Fermait du\ncomte Eilbert, les Dames de Crèvecœur et la Sorcière d'Yvoir."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 206, "page_fin": 207, "titre_corps": "Chronique littéraire : Japoneries d’automne", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "IV Japoneries d automne", "ancre_fin": "JULES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "V Lamiel", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 235, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 84, "fin_caractere_exclue": 3192, "texte": "IV\n\nJaponeries d'automne, par PIERRE LOTI. — Paris, Calmann-Lévy. — Un vol. 356 pages\n                                      fr. 3-50.\n\n   Les journaux ont rapporté, ce mois, avec une satisfaction évidente et\nde petits entrefilets approbateurs, des détails multiples sur la transforma­\ntion actuelle du Japon. On nous a resservi « les progrès incessants de la\ncivilisation » et annoncé que le Mikado venait de promulguer une consti­\ntution inspirée des derniers perfectionnements politiques de l'Occident.\n   J'aime le Japon comme une patrie, comme un des rares coins de terre où\nje m'imagine parfois qu'il ferait bon de vivre et j'ai eu, à ces nouvelles,\nl'impression douloureuse que c'en était fini du Japon que j'aimais.\n    Le dernier descendant de Zin-Mou, l'héritier d'une tradition dynastique\nunique au monde, qui, sans interruption pendant la fabuleuse durée de\nplus de deux mille ans a gouverné dans la splendeur et la sérénité d'un\npouvoir au dessus des hommes éphémères, le successeur de cette impéra­\ntrice de légende qui fit l'expédition de Corée, et de tant d'autres héroïques\net tragiques souverains « qu'il ne fallait pas voir », le chef religieux d'un\npeuple qui a les plus beaux temples de la terre, le chef militaire d'une\nnation jamais vaincue, le Mikado, enfin, roi constitutionnel, n'est-ce pas\nà faire pleurer ?\n   Changement monstrueux qui en symbolise bien d'autres ! Juxtaposition\nbrusque et théorique d'une civilisation sur une autre qui ne doit engendrer\nque malheurs. Ce n'est pas impunément qu'on peut, en un seul jour,\nrenier les habitudes de vie résultantes de longues expériences 1 Et nos tris­\ntesses aussi, les fièvres et les dégoûts des existences banales de ce temps, et\nl'industrie, les financiers, le paupérisme, toute l'angoisse de cette fin de\nsiècle, ne va-t-il pas en souffrir plus que nous encore, le pauvre Japon?\n   Cette mélancolie d'un monde qui s'en va est le charme du livre de Loti.\nOh! oui! elles sont bien d'automne ces japoneries, elles ont la douceur et\nl'éclat des derniers beaux jours, des choses à moitié disparues, entrées pres­\nque déjà dans l'histoire et le rêve ! Simples notes d'un carnet de voyage,\nd'une netteté et d'une émotion pénétrantes, qui évoquent, avec une inten­\nsité singulière, les aspects si curieux, les paysages, les rues, les temples de\nlà-bas, le sens artiste toujours en éveil, la politesse et l'élégance sans rivales\nde ce peuple vif et joyeux! Avec Loti, on se sent emporté dans la course folle\net cahotante des petits chars entraînés par les coureurs, on pénètre dans les\nédifices merveilleux de la Montagne-Sainte, on visite avec ferveur le tom­\nbeau des Samouraïs, on suit des yeux et du cœur, jusque dans le songe,\nl'exquise impératrice Printemps !\n    Loti a d'étonnants dons d'écrivain. Ils enchantent, en ce livre-ci, peut-\nêtre plus encore que dans ses précédents. Il a le sens de la vie, comme\nbien peu. Et toujours une tendresse vague, une émotion contenue, très\ncommunicative malgré sa discrétion, une pensée subtile qui s'arrête avant\nla profondeur et la tristesse, un style familier, en apparence négligé, pour-\n"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 430, "texte": "                                   — 207 —\n\n\ntant personnel, en font un des artistes les plus séduisants des lettres con­\ntemporaines. Il serait curieux, sans doute, de rechercher le secret de ce\ncharme bizarre qui fait que l'on aime ses livres plus encore qu'on ne les\nadmire, et peut-être l'essaierai-je quelque jour.\n                                                      JULES DESTRÉE.\n\n                                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 207, "page_fin": 207, "titre_corps": "Chronique littéraire : Lamiel", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "V Lamiel", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VI Edmond Mauve", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 236, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 430, "fin_caractere_exclue": 2542, "texte": "V\n                 Lamiel, par STENDHAL. — Paris, Librairie moderne.\n\n     Les lettrés rendront grâce à M. Casimir Stryienski, de la patience dont il\n a fait preuve en déchiffrant, à leur intention, ce manuscrit inédit de Henry\n Beyle; mais pourquoi, outrepassant son office de copiste, leur a-t-il infligé\n une préface singulièrement... polonaise et que M. Téodor de Wyzewa lui\n enviera, certes.\n    Son opinion sur l'œuvre de Stendhal est parfaitement indifférente au lec­\n teur ; celui-ci se permettra de trouver impertinentes des affirmations telles :\n « Beyle voulait, dans ce roman, se renouveler et sacrifier aux exigences de\n son public... Cette fois, il s'agissait non seulement d'intéresser les happy-\nfew, il fallait amuser les autres et gagner le grand public » — affirma­\n tions (déduites de notes de l'auteur, auxquelles M. Stryienski prête le\n sens le plus inattendu) que la lecture de Lamiel infirme absolument et\n démontre absurdes et risibles.\n    Plus loin, M. Stryienski nous révèle que Beyle est « SINON UN ÉCRI­\n VAIN, tout au moins un penseur ! », opinion bizarre qu'il corrobore en ces\n termes, à la fin de sa préface : « Beyle a constamment songé à donner une\n expression à toutes ses pensées ; c'est là son plus grand tort. »\n     « N'est-ce pas assez de connaître les influences qui font de Lamiel une\n fille pervertie, d'entendre ses conversations avec le machiavélique Sansfin? »\n Cette phrase appartient encore à M. Stryienski. Or, Sansfin est machiavé­\n lique parce qu'il dit toujours ce qu'il pense, simplement, et tout ce qu'il\n pense. La perverse Lamiel, au travers d'aventures, peu édifiantes, il est vrai,\n cherche, en vain, un homme sincère et finit par le découvrir dans le monde\n des escarpes.\n    Le bon préfacier qui, courageusement, essaie de laver Stendhal du\n reproche de cynisme, ne s'est point avisé que toute l'œuvre de l'auteur de\n La Chartreuse de Parme doit paraître immorale aux yeux bovins du\n public, et son plaidoyer ne le juge-t-il pas lui-même?\n                                                        ARNOLD GOFFIN.\n                                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 207, "page_fin": 208, "titre_corps": "Chronique littéraire : Edmond Mauve", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "VI Edmond Mauve", "ancre_fin": "si elle l était toute", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VII Gritte", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 236, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 2542, "fin_caractere_exclue": 2904, "texte": "VI\n               Edmond Mauve, une plaquette par M. PIERRE POIRIER.\n   Est-ce même une plaquette, cette petite chose brochée, d'aspect timide,\nà laquelle la maison Annoot-Braeckman a mis une couverture de catalogue\nqui vêt bien pauvrement l'excellente typographie du texte sur Hollande ?\n   Est-ce une nouvelle que contient cette plaquette? l'auteur a écrit en\n"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 361, "texte": "                                  — 208 —\n\n\ngrandes lettres, sous le titre : Fragment. Fragment de quoi? et pourquoi\néditer spécialement ce premier chapitre — car ce n'est que cela — d'une\nmonographie psychologique qui nous offrirait, sans doute, une œuvrette\nattachante et littérairement écrite... si elle l'était toute.\n\n                                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 208, "page_fin": 208, "titre_corps": "Chronique littéraire : Gritte", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "VII Gritte", "ancre_fin": "au vif d une intelligence d enfant", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VIII", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 237, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 361, "fin_caractere_exclue": 1202, "texte": "VII\n                    Gritte, une plaquette par GEORGES ROSMEL.\n\n   M. Gustave Rahlenbeck (Georges Rosmel), l'auteur des Histoires estu-\ndiantines et de La bande à Beaucanard, nous envoie Gritte, une nouvelle\nqui a paru dans la Revue de Belgique, familièrement la revue jaune.\nPauvre Gritte ! Elle est pourtant bien gentille « cette douce enfant d'une\npâleur exquise d'hostie, aux grands yeux bruns étonnés et tendres ! » dont\nM. Rosmel nous raconte l'histoire triste jusqu'à la mort. Il nous la raconte\navec une émotion qui ne va pas jusqu'à la pleurnicherie, si fréquente en\nces histoires de petites poitrinaires. Il nous la raconte avec beaucoup de\nréserve et de délicatesse dans la sentimentalité, en éclairant son récit de\nmots, d'idées et d'imaginations pris au vif d'une intelligence d'enfant.\n\n                                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 208, "page_fin": 209, "titre_corps": "Chronique littéraire : Pizzicato", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "VIII", "ancre_fin": "Amen n est ce pas", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 237, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 1202, "fin_caractere_exclue": 2802, "texte": "VIII\n                                      me\n               Pizzicato, un vol. par M ERNESTINE VAN HASSELT.\n   « Là où la parole cesse, la musique commence », disait un jour un\ncélèbre virtuose de la Pologne, à Mme Ernestine Van Hasselt qui a pris\ncette parole comme introduction au petit bouquin bleu et blanc qu'elle inti­\ntule : Pizzicato.\n   Ce recueil, où l'auteur pince harmonieusement de la littérature comme\non pince de la harpe ou de la guitare, est une quintessence des impressions\nmusicales recueillies « au coin du clavier » par les longs soirs d'hiver où\nl'on fait « un peu de musique », de cette musique familiale et douce que les\nmains ou la voix vont réveiller au fond des cahiers aux pages tiquetées et\njaunes.\n   Schubert, surtout, a séduit M me Van Hasselt. Tout un chapitre de ce\nlivre — dédié à M. Gevaert — « raconte » ses mélodies. Il se termine ainsi :\n« En fermant ce boudoir aux merveilleuses surprises mélodiques, en lais­\nsant tomber le rideau qui nous cache ce groupe de tableaux enchanteurs,\ndisons aux dieux de l'Olympe : Apollon est grand, Schubert est son pro­\nphète ! »\n   Ne pensez-vous pas, Madame, que Schubert est un peu « gnangnan » et\nfait une légère moue à nos raffinements d'art? Ne pensez-vous pas que les\nchants de ce prophète sont quelque peu des prophé...scies?\n   Mais, comme vous l'avez dit : Apollon est grand, très grand; il doit avoir\nbeaucoup de prophètes et nous serions mal venu à lui refuser celui-ci qui\ns'est toujours très convenablement conduit avec les Muses.\n   Ce livre n'est pas un livre de critique, c'est un recueil de souvenirs et de\n"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2893, "texte": "                                  — 209 —\n\n\nsympathies personnelles, et vous les traduisez avec une émotion que je ne\nsaurais exprimer qu'en transposant cette phrase de votre Pizzicato :\n« Impossible d'y mettre plus d'insistance ; vous avez vraiment humanisé la\nparole du musicien-poète ». Aussi, se sent-on pris de je ne sais quel trouble,\nde je ne sais quelle envie de pleurer et de rire à la fois, quand, mêlant un peu\nd'amour au souvenir du liedermeister, vous racontez cette naïve légende où\nl'on voit la tête de la statue de Schubert se retourner pour regarder les\namoureux qui passent... pizzicato... pianissimo\n   Le livre, le « Recueil d'écrits musico-littéraires » de Mme Van Hasselt,\nest devenu rare, tellement rare qu'elle nous a prié de vouloir bien le lui\nrenvoyer.\n   Après le geste ingénu de M. René Ghil, par lequel celui-ci reprenait\nses dédicaces, vous voyez qu'il y a aussi le geste... ingénu de Mme Van\nHasselt par lequel celle-ci reprend ses petits bouquins. Notez que, pour ma\npart, je n'y vois aucun mal. Mme Van Hasselt, au lieu de faire hommage\nde son livre à la critique, comme cela s'était fait jusqu'à présent, le lui\nenvoie simplement en lecture. C'est plus simple et ce serait peut-être plus\néconomique, permettant de ne tirer les livres qu'à un seul exemplaire avec\ndédicace mobile, si cela ne coûtait des frais de commissionnaire. A sa place\nj'économiserais même cette dépense-là : on ne sait pas à quoi on s'expose !\nAinsi ai-je eu l'impolitesse grande de faire revenir le commissionnaire de\nMme Van Hasselt deux fois, et je crains qu'elle ne me fasse payer une amende\npar jour de retard, comme à la Lecture universelle. Mon intention était\npure pourtant. Je me faisais un scrupule de renvoyer à Mme Van Hasselt\nson petit livre à musique sans en avoir tourné les pages et j'aurais souffert\nmille morts et autant de remords à ne pouvoir pas déférer au désir que\nm'exprimait sa première lettre que voici : « En vous adressant ce petit\nrecueil musico-littéraire et en vous demandant de bien vouloir en rendre\ncompte, je n'invoquerai que mon titre d'âne chargé de reliques, grâce au\nnom de mon père. Vous l'avez trop aimé, trop salué pour ne pas reporter sur\nsa fille une petite part de cette sympathie.\n   « En souvenir du père, tendez la main à la fille.\n   « Salut artistiquement distingué ».\n   Maintenant que nous avons tendu la main à Mme Van Hasselt, et que\nnous lui avons rendu son salut avec une distinction aussi artistique que\npossible, nous l'engageons charitablement — sans pousser aussi loin qu'elle la\ncomparaison de la fable — à ne renouveler que le plus rarement possible\nses petites processions littéraires aller et retour, de peur que ses inconsé­\nquences n'éclaboussent de drôleries irrespectueuses le nom d'un poète que\nnous honorons en effet et que les ridicules du reliquaire ne finissent par faire\nrire des reliques.\n   Amen ! n'est-ce pas"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 210, "page_fin": 210, "titre_corps": "Chronique littéraire : L’Anthologie contemporaine des écrivains français et belges", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "L Anthologie contemporaine", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 239, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 2045, "texte": "L'Anthologie   contemporaine des écrivains français   et belges, par M. ALBERT DE NOCÉE.\n\n   C'est une œuvre de vulgarisation littéraire qui n'était pas inutile dans\nnotre pays où le public, le gros public éprouve tant de peine à lire un livre\nou une revue. L'anthologie de M. de Nocée s'offre aux passants sous la forme\nde petits cahiers de six à vingt pages, de petits cahiers gentils et tentants\ncomme des petits fascicules à histoires friponnes. Le passant qui a trois\nsous distraits dans le gousset les donne, prend le petit cahier comme un\nprospectus des mains d'un camelot, l'ouvre, le feuilleté, l'a lu avant d'avoir\nsongé à se demander si ce qu'on vient de lui vendre n'est pas un peu de cette\nchose barbare, incompréhensible, qu'on nomme littérature .'... C'en est,\nMonsieur le passant, un peu de littérature, mi-belge, mi-française, — M. de\nNocée distingue — de bonne, de mauvaise, de gaie, de triste, de légère et\nde grave, en vers et en prose, littérature consacrée des maîtres et littérature\ntimide des débutants. On y voit M me Clémentine Louant à côté de Camille\nLemonnier. C'est assez vous dire l'éclectisme qui préside à l'organisation du\npetit établissement de dégustation littéraire dont M. Albert de Nocée est,\navec un tact, une intelligence et une confraternité remarquables, le directeur.\n   Par cette œuvre, M. de Nocée participe à notre mouvement littéraire.\nPartout où la littérature passe, ses petites brochures font la haie. En contact\nimmédiat avec tout le public — ses lecteurs sont nombreux, — le directeur\nde l'Anthologie contemporaine nous garde de l'intrusion de gens qui pour­\nraient se tromper parfois de palier. Intermédiaire entre les écrivains et la\nfoule, il distribue à celle-ci par miettes ce qu'elle ne pourrait avaler par\ngros morceaux que sous peine des plus horribles indigestions.\n   Le public et la littérature — suis-je poli ? — lui doivent donc une égale\nreconnaissance.\n                                                             HENRY MAUBEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-014", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 211, "page_fin": 211, "titre_corps": "Chronique artistique : Les Aquarellistes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "leur talent apprécié", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 240, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 2845, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                                        I\n\n                          LES AQUARELLISTES\n\n              I1 y a, aux Aquarellistes, cinq dessins de Xavier Mellery : —\n               admirables. Nouvelle affirmation, éclatante, de sa personna­\n               lité qui est tout entière dans cette qualité suprême : l'inti­\n               mité. Involontairement, son art va à la simplicité, à la tran­\n               quillité, à la solitude ; et son esprit se replie sur lui-même, se\nconcentre et vibre intensément, avec une pénétrance aiguë, dans ses moin­\ndres œuvres. Et, comme conséquence, je ne sais quelle mélancolie, quelle\npréférence marquée pour un état de tristesse vague, résignée et sans révolte,\noù la pensée douloureuse semble se sentir plus vivement elle-même; jamais\nde bruit, de violence, ni de désordre chez Mellery. Un sentiment profond\nde l'âme des choses et le don de les faire parler dans leur impassibilité silen­\ncieuse, de les remplir d'humanité, d'y mettre comme des ressentiments ou\ndes souvenirs... Ah! si jamais on élève à la Solitude et au Silence les\nstatues réclamées par Carlyle, ce sera à Mellery qu'il faudra en demander\nles maquettes !\n   Xavier Mellery est l'un des premiers artistes de Belgique et il est vrai­\nment incroyable, alors que nos musées modernes s'encombrent de lamenta­\nbles croûtes, qu'on n'ait pas encore songé à y réserver pour lui une place\nd'honneur ! Il a une originalité rare en ce temps de pastiches et de négoces,\nl'accent âpre et personnel qui résulte de son refus hautain de chercher le\nsuccès, de sa volonté tenace de satisfaire son idée, de rendre sa vision, de\nla religion de sa sincérité exaltée comme une foi, telle l'avaient les patients\ngothiques. Mais son art ne va pas à la foule, il est d'une sévérité qui\ndéplaît aux gens qui veulent être amusés ou distraits. En revanche, pour\nqui sait comprendre leur beauté grave, combien est puissant leur charme,\nà ces simples dessins, et comme ils vous parlent longuement dans le cœur !\n   Sujets insignifiants pour tout autre : un vestibule, un escalier, une porte\nentr'ouverte... Mais dans le Vestibule il semble que l'on entende s'éloigner\nle pas furtif de la servante qui vient de déposer la lampe pour le maître\nattardé, la porte va s'ouvrir, quelqu'un va entrer ; dans l'Escalier, où la\nlumière froide filtre entre les balustres de la rampe, on vient de passer, on\nattend quelque chose ; et cette angoisse incertaine donne à ces coins d'habi­\ntation une étonnante grandeur !\n   Surtout, surtout, ces religieuses travaillant dans l'Ouvroir crépuscu­\nlaire !\n   Clara Montalba, les Maris, Binjé, Van Camp, Hoeterickx, Uytter­\nschaut, Den Duyts, Abry ont envoyé de jolies choses qui, sans dénoter de\nprogrès spéciaux, attestent à nouveau leur talent apprécié."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-015", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 212, "page_fin": 212, "titre_corps": "Chronique artistique : Chez Vander Stappen", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "II CHEZ VANDER STAPPEN", "ancre_fin": "JULES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "AU MUSÉE MODERNE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 241, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 88, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "II\n\n                       CHEZ VANDER STAPPEN\n   Avenue de la Joyeuse-Entrée, dans son atelier spacieux et splendide, le\nsculpteur Vander Stappen, organise l'exposition de ses œuvres récentes.\nExcellente chose que ces expositions particulières, où l'artiste seul, sans\nvoisinages funestes, avec les cadres et les éclairages qui lui plaisent, nous\nmontre les efforts variés de son labeur, et détaille ainsi, avec une expression\nvive, sa personnalité.\n   L'espace nous manque malheureusement pour parler de Vander Stappen\ncomme il conviendrait. Sans avoir, comme Meunier, compris l'étonnante\ngrandeur des travailleurs modernes, ou comme Lambeaux, renouvelé avec\nune verve prodigieuse le poème des belles chairs flamandes chanté par\nJordaens, Vander Stappen est néanmoins parmi nos sculpteurs belges, l'un\ndes plus intéressants et des plus sympathiques. Ses progrès sont marqués\net un légitime succès attend ses dernières productions.\n   Dans la trop brève visite que nous avons pu faire à son atelier, nous\navons remarqué son grand groupe inspiré d'Ompdrailles-le-Tombeau-des-\nLutteurs, l'épique roman de Léon Cladel,un Saint-Michel destiné à l'hôtel-\nde-ville de Bruxelles, un Enfant lutine par des paons, motif décoratif d'une\ngrâce charmante. Ce qui nous laisse le meilleur souvenir est une tête de\n Vieux, douloureuse et méditative, un vieux plein de finesse et d'expérience\nqui a beaucoup vu, profondément songé, longuement méprisé. Très éner­\ngiquement inspiré de la vie moderne, décidément en dehors de tout l'art\nconventionnel et appris, personnel, ce buste arrête l'attention et s'impose à\nla mémoire.\n                                                       JULES DESTRÉE.\n\n                                      III\n        EXPOSITION DE TAPISSERIES DU XVIe SIÈCLE\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-016", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 212, "page_fin": 213, "titre_corps": "Chronique artistique : Au Musée moderne", "titre_sommaire": "Exposition de tapisseries du XVIe siècle au Musée moderne", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Georges Destrée", "ancre_debut": "AU MUSÉE MODERNE", "ancre_fin": "de telles œuvres nous ont donné", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LES ALBUMS DE PHOTOGRAPHIES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 241, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1878, "fin_caractere_exclue": 2837, "texte": "AU MUSÉE MODERNE\n   Au Musée moderne — salle des conférences — MM. Cardon, les très\nhabiles décorateurs que l'on connaît, viennent d'exposer une série superbe\nde tapisseries de haute lisse, exécutées à Bruxelles au XVIe siècle et provenant\ndu palais du prince d'Esté, cardinal de Ferrare.\n   Sous les ciels invariablement gris d'un printemps éternel, en des prairies\ntoujours vertes, où le soleil fait des taches de lumière jaune, parés de longues\ntuniques flottantes, rouges et bleues, jaunes et vertes, des hommes et des\nfemmes se promènent sous les feuillages épais des arbres arrondis, foulant\nles gazons nouveaux semés de lianes et de fougères, émaillés de fleurs\nvives, — des guerriers barbus et casqués au profil de camée, sur leur\nchevaux caparaçonnés et cabrés, brandissent des lances scintillantes au\ndevant des armées; — des tours s'échafaudent et s'achèvent à l'horizon,\nsur lesquelles claquent déjà de victorieux et clairs étendards, pendant que\n"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 213, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1801, "texte": "                                  — 213 —\n\n\ndes soldats s'entretuent en des luttes homériques, que des rois assis sur des\ntrônes d'or rendent la justice avec de larges gestes majestueux, et que\nchantent devant eux des femmes s'accompagnant de cithares et de lyres\nrecourbées.\n   Ceci nous représente, paraît-il, l'histoire légendaire de Romulus. Ce serait\ncelle de Sextus Pompée ou celle de la Guerre de Troie que je n'y verrais\npas d'empêchement. Presque toujours il y a, dans les tapisseries anciennes,\ndes guerriers barbares lourdement campés, des villes qui se bâtissent et\ns'achèvent, des combats à mort entre soudards armés de pesantes épées,\net des bannières qui flottent et se déroulent orgueilleuses au vent.\n   Le mérite des superbes tapisseries exposées par MM. Cardon consiste\nen la beauté des couleurs rarement aussi riches et harmonieuses dans les\ntapisseries de Bruxelles. A noter aussi l'étonnante hardiesse de ces artistes\nqui trouvent moyen d'accorder des couleurs semblant inconciliables, des\nroses et des bleus, des oranges et des violets, par d'imperceptibles décrois­\nsances de tons, comme le firent avec grand succès, au commencement de ce\nsiècle, les artistes japonais.\n   Des huit tapisseries exposées au Musée moderne, nous préférons de beau­\ncoup, comme ensemble, celle qui représente, si notre souvenir est exact, les\nfiançailles du légendaire fondateur de Rome. Le calme et la majestueuse\ntranquillité des personnages, la douceur et l'harmonie des couleurs et des\nlignes donnent une étonnante impression de quiétude et de paix, recher­\nchée si souvent en tapisserie et obtenue ici merveilleusement.\n   Des félicitations donc bien vives à MM. Cardon, et nos remerciements\npour le plaisir que de telles œuvres nous ont donné.\n\n                                       IV\n     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-017", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 213, "page_fin": 214, "titre_corps": "Chronique artistique : Les Albums de photographies de Jessurun de Mesquita", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Georges Destrée", "ancre_debut": "LES ALBUMS DE PHOTOGRAPHIES", "ancre_fin": "GEORGES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "AU SALON DE PARIS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 242, "page_imprimee": 213, "debut_caractere": 1801, "fin_caractere_exclue": 2865, "texte": "LES ALBUMS DE PHOTOGRAPHIES DE JESSURUN\n                  DE MESQUITA (*)\n   Un Hollandais au nom sonore, M. José Jessurun de Mesquita, vient\nd'avoir la très artiste et audacieuse idée de réunir en trois albums de grandes\nplanches photographiques, les merveilleux bas-reliefs égyptiens du Musée\nde Leyde. Ce ne sont point des photographies ordinaires que nous présente\nen le premier album qui vient de paraître, M. de Mesquita. L'auteur ne\ns'est point contenté de serviles reproductions de ce qu'il voyait, mais par\nd'étonnants éclairages, avec d'inattendus effets de lumière, d'inquiétantes\nobscurités et des clartés soudaines, il est parvenu à grandir encore l'éternelle\nmajesté de ces bas-reliefs et à faire de ses planches une sorte d'évocation de\nl'art égyptien tout entier, plutôt que d'exactes et froides reproductions de\nquelques sculptures déterminées. Nous nous rappelons, entre autres, une\nplanche particulièrement mystérieuse et grande de ce premier album, en\n\n (*) Le premier album contenant 12 planches, a paru récemment 23, Burmanstraat,\nAmsterdam.\n"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 214, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1850, "texte": "                                  — 214 —\n\n\nlaquelle des pharaons de pierre, au geste immobilisé, semblent désigner de\nleur sceptre l'ouverture béante d'un tombeau constellé d'hiéroglyphes.\nRemarquable surtout par le surprenant éclairage qui en fait une sorte de\nvision étrange ainsi que certaines lithographies de Redon, cette planche\npourrait, nous semble-t-il, servir de frontispice aux albums de M. de Mes­\nquita. C'est, en effet, comme le portique de ce royal hypogée en lequel nous\nallons descendre et où nous voyons reproduits à côté de divinités colos­\nsales et des pharaons tranquilles, au sourire éternel, toute la suite des céré­\nmonies funéraires en usage dans l'ancienne Egypte.\n   Surtout, nous admirons entre toutes ces planches, une inflexible tête de\ndéesse au col cerclé plusieurs fois d'anneaux d'or serrés entre eux, sembla­\nbles à un enroulement de vipères, au profil de forme parfaite, à l'œil large\nouvert, impénétrable, aux lèvres méprisantes, gonflées de hautaine indiffé­\nrence, et qui nous fait penser à un chef-d'œuvre de Félicien Rops, sculpté\ndans du marbre noir.\n   Bien des planches encore seraient à décrire, mais, faute d'espace néces­\nsaire, nous nous bornons à mentionner une étonnante statue de déesse assise\nen un majestueux fauteuil, avec, au dessous d'elle, une guenon accroupie,\ndes profils et des bustes de prisonniers au crâne allongé, aux longues\nbarbes, analogues déjà et presque identiques aux apôtres des fresques de\nGiotto et des primitifs italiens, de fantastiques oiseaux aux ailes déployées au\ndessus des momies, se rapprochent également de certaines peintures byzan­\ntines — renvoyant, pour le reste, les artistes aux remarquables albums\nde M. de Mesquita.\n                                                   GEORGES D E S T R É E .\n\n                                      V\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-018", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 214, "page_fin": 216, "titre_corps": "Chronique artistique : Au Salon de Paris", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "André Fontainas", "ancre_debut": "AU SALON DE PARIS", "ancre_fin": "ANDRÉ FONTAINAS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 243, "page_imprimee": 214, "debut_caractere": 1850, "fin_caractere_exclue": 3072, "texte": "AU SALON DE PARIS\n   Il est, m'a-t-on assuré, de nombreuses personnes qui, de bonne foi,\naffirment n'avoir pas vu le Salon de cette année. Qu'elles se détrompent !\nElles l'ont vu aussi bien que moi-même, mais les œuvres exposées y sont\ntellement peu impressionnantes qu'elles ne s'en souviennent plus. Pour ma\npart, il m'a fallu y retourner souvent et prendre beaucoup de notes pour\nfournir à la Jeune Belgique un article de longueur raisonnable. Le Salon\nde 1889 est le Salon de 1888; les artistes n'ont pas cru devoir changer les\ntoiles exposées, seul le millésime a été modifié, et les tableaux vendus ont\nété retirés; oh! un fort petit nombre, remplacés d'ailleurs par d'autres,\nd'une égale médiocrité.\n   Je ne veux parler que de ces quelques tableaux nouveaux, dont plusieurs\ndénotent de louables efforts, une certaine sincérité artistique, et parfois\nmême présentent quelques véritables qualités d'exécution.\n   Parmi les Belges, très peu et très mal représentés, les noms de Mlle d'Ane­\nthan : deux toiles où se trouve son goût aristocratique un peu mièvre, mais\ndistingué; de Baertsoen, de Franz Charlet, qui m'a paru fort en progrès avec\nses paysans de Marken qui se souviennent trop pourtant du maître Mellery,\n"}, {"page_pdf": 244, "page_imprimee": 215, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3142, "texte": "                                 — 215 —\n\n\net pour ne m'arrêter ni à Herbo, ni à Van Beers, le nom de Den Duyts,\nqui évoque les paysages crépusculaires des Flandres dans l'assoupissement\nendolori des automnes fauves.\n   Les Français ne sont guère plus brillamment représentés : le Salon appar­\ntient aux Bouguereau, aux Bonnat, aux Carolus Duran; les maîtres le\nfuient avec horreur ; Puvis de Chavannes même l'a déserté, et, parmi les\njeunes, sauf deux ou trois dont nous allons passer en revue les envois, ils\nne se présentent même pas, certains d'être refusés, et s'en vont exposer\nailleurs.\n   Au tout premier rang de ces jeunes : M. Billotte avec de mélancoliques,\nde rêveurs, de hantants recoins des banlieues désolées ; M. Ary Renan avec\nson merveilleux paysage de la Mer Morte où comme des silhouettes de\nsonge, se dressent les hautes et vagues statures de Jacob et de Rachel ;\nM. Damoye, M. Dagnan-Bouveret, consciencieux et chercheurs, que déjà\nl'opinion publique désigne pour la médaille d'honneur ; M. Carrière surtout\ndont les portraits ou les scènes intimes ont quelque chose d'âpre, d'éner­\ngique, de puissant, mais qu'il a la désagréable coutume de noyer dans\nd'inexplicables buées.\n   Mme Roth nous montre un portrait hautain et austère, peint en une har­\nmonie de tonalités sombres; Fantin-Latour est le même irréprochable\nartiste, toujours, un peu sec, quasi-calviniste, sans rien qui nous surprenne\nen son portrait peint à l'huile, comme en ce joli pastel qu'il a intitulé :\nSonge.\n   M. Besnard a exposé, au bord d'une mer sirop de groseilles, une singu­\nlière « Sirène » qui me paraît être plutôt une chiffonnière malade. C'est là\nune des plus prodigieuses erreurs de cet artiste distingué, qui se retrouve\ngrand et maître de lui dans son très bel envoi à l'Exposition universelle ;\nM. Roll, cet étonnant impressionniste académique, a aussi réservé à l'Expo­\nsition universelle le meilleur de son œuvre, et les tableaux du Salon ne\nmontrent que bien imparfaitement son curieux talent.\n   Il y a dans le Palais de l'Industrie une exposition parmi l'Exposition\nmême : dispersées dans les salles de dessin comme dans les salles de pein­\nture, nous rencontrons quatre toiles qui ne sont plus d'un médiocre, ou\nd'un sympathique seulement; elles sont d'un maître, et d'un puissant!\n   Dans un coin de salon moderne, vaste pièce à tapis épais de laines\ndiverses et crépues, aux portes-fenêtres peintes en blanc, par où pénètre\nun matinal rayon, au pied d'une table noire que fleurit un vase au bouquet\nbleu-pâle d'hortensias, se tiennent deux jeunes filles d'un vingtaine d'an­\nnées, vivantes et veloutées, l'une aux cheveux un peu châtains, l'autre aux\ncheveux un peu blondissants au soleil ; celle-ci près d'une fenêtre et pre­\nnant des fleurs au bouquet, celle-là assise un peu en arrière, les mains aux\ngenoux, avec, sur son visage, toute la vivacité de sa causerie : tel le très\nsimple sujet du tableau de Raffaëlli, que le catalogue dénomme : Portrait\nde Judith et de Gabrielle; telle l'occasion pour le peintre de nous éblouir\nd'une merveille de délicatesse, de nous donner une vive impression d'art\nraffiné et attendri.\n"}, {"page_pdf": 245, "page_imprimee": 216, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2315, "texte": "                                 — 2l6 —\n\n   Malgré le récent portrait d'Edmond de Goncourt, malgré cette déli­\ncieuse « Matinée », toute en une gamme de tonalités douces et blanches,\nnous ne nous attendions que peu à rencontrer en M. Raffaëlli l'artiste au\nfaire minutieux que les portraits de cette année nous révèlent ; il restait\ntoujours pour nous le peintre des déclassés de barrière, une sorte de Daumier\ndes déjetés de la vie, et, de fait, tel nous le montre bien encore son autre\nenvoi : ces Buveurs d'absinthe, terrifiants, silencieux dans le calme des\nbanlieues que le crépuscule assoupit, le cerveau obsédé déjà par les noc­\nturnes conseils du breuvage pervers.\n   Cette œuvre, d'une observation aiguë et précise, se place parmi les plus\nremarquables de cette belle série des « Types de Paris », que le Figaro a\npubliée récemment : il y a là une rare intuition de ce qui fait l'éternelle\nbeauté de notre existence quotidienne et ce sincère sentiment de la souve­\nraine grandeur en même temps que la perfection de l'exécution classe\nM. Raffaëlli parmi les plus remarquables de nos artistes contemporains.\n   A cette série des « Types de Paris », où il a si originalement noté toutes\nles petites turpitudes de notre société actuelle pour les transfigurer en un\nglorieux chant d'amour et d'espérance fière, se rattachent les deux œuvres\nexposées aux dessins : le repos du Terrassier à la carrière, dans la note\ndes terrassiers qu'il nous a déjà montrés autrefois, et cette prestigieuse\nLeçon de chant, où il a fixé l'attitude gauche de petites filles qui, malgré\nleur native moquerie, en dépit qu'elles en aient, se trouvent intimidées et\ncraintives devant ce grand diable de professeur velu, qui, le pied sur le bar­\nreau d'une chaise, accorde lourdement son violon grinçant.\n   Les sections de gravure, de dessins, de pastels renferment peut-être des\nmerveilles, mais elles sont si mal exposées que je n'ai pu les voir, et pour la\nsculpture, à part de curieuses mais inhabiles recherches de M me Besnard,\nil ne s'y trouve rien d'intéressant, sauf pour ceux qui s'intéressent à la\ngrosse querelle des deux Jeanne d'Arc, celle de Frémiet, retouchée, et celle\nde Dubois, si inférieures l'une et l'autre à la grande Pucelle Jde l'histoire !\n                                                   ANDRÉ FONTAINAS."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-019", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 217, "page_fin": 220, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Van Doors", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 87, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 133, "texte": "Au concours de la Revue Générale, le"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 187, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "premier prix vient d'être attribué à la nou­"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 279, "fin_caractere_exclue": 315, "texte": "velle de Max Waller intitulée Daisy."}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 620, "fin_caractere_exclue": 659, "texte": "On nous dit qu'en dressant la liste des"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 704, "fin_caractere_exclue": 745, "texte": "articles sur Max Waller nous avons oublié"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 774, "fin_caractere_exclue": 817, "texte": "de mentionner celui de la Société nouvelle,"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 818, "fin_caractere_exclue": 837, "texte": "signé Arthur James."}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 841, "fin_caractere_exclue": 881, "texte": "Si parmi les revues et journaux mention­"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 977, "fin_caractere_exclue": 1018, "texte": "nés dans notre dernier numéro, nous avons"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1115, "fin_caractere_exclue": 1160, "texte": "omis la Société nouvelle, c'est qu'elle avait"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1254, "fin_caractere_exclue": 1293, "texte": "devancé les autres dans notre souvenir;"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1387, "fin_caractere_exclue": 1430, "texte": "c'est que nous pensions l'avoir citée déjà."}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1520, "fin_caractere_exclue": 1549, "texte": "Oublié n'est donc pas le mot."}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1553, "fin_caractere_exclue": 1588, "texte": "Nous ne pourrions oublier une revue"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1589, "fin_caractere_exclue": 1629, "texte": "amie dont la partie artistique est vouée"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1630, "fin_caractere_exclue": 1674, "texte": "toute aux jeunes et aux anti-officiels. 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La donnée nous en"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 2570, "fin_caractere_exclue": 2612, "texte": "a semblé légèrement controversable et cer­"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 2706, "fin_caractere_exclue": 2746, "texte": "taines scènes réclament des corrections,"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 2840, "fin_caractere_exclue": 2879, "texte": "mais, en somme, le paradoxe est soutenu"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 2974, "fin_caractere_exclue": 3015, "texte": "avec grâce et dans une langue inusitée au"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3110, "fin_caractere_exclue": 3118, "texte": "théâtre."}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3216, "fin_caractere_exclue": 3254, "texte": "La plus grande part du succès d'inter­"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3308, "fin_caractere_exclue": 3350, "texte": "prétation revient à Mlle Rosine Dewulf qui"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3396, "fin_caractere_exclue": 3441, "texte": "a joué le difficile rôle d'Edmonde avec infi­"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3540, "fin_caractere_exclue": 3583, "texte": "niment de tact, de délicatesse et d'esprit."}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3867, "fin_caractere_exclue": 3901, "texte": "Comme nous l'avions annoncé : Men-"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3962, "fin_caractere_exclue": 4002, "texte": "songes, le roman de Bourget a été mis en"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 4058, "fin_caractere_exclue": 4079, "texte": "pièces au Vaudeville."}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 4346, "fin_caractere_exclue": 4380, "texte": "Le Guide musical émigré à dater du"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 4441, "fin_caractere_exclue": 4484, "texte": "premier juin ; sa rédaction sera transférée"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 186, "texte": "à Paris, 70, faubourg Saint-Honoré.Tout ce"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 236, "fin_caractere_exclue": 278, "texte": "qui concerne la rédaction et l'administra­"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 328, "fin_caractere_exclue": 369, "texte": "tion doit être envoyé à MM. 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Maurice Kufferath abandonne la di­"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 575, "fin_caractere_exclue": 616, "texte": "rection et reste correspondant bruxellois"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 666, "fin_caractere_exclue": 703, "texte": "du journal : une espèce de gouverneur"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 753, "fin_caractere_exclue": 773, "texte": "général en Belgique."}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 937, "fin_caractere_exclue": 976, "texte": "Le Théâtre libre a représenté l'Ancien,"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1072, "fin_caractere_exclue": 1114, "texte": "un acte envers de Léon Cladel ; Madeleine,"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1214, "fin_caractere_exclue": 1253, "texte": "drame en trois actes, en prose, d'Emile"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1347, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "Zola Les Inséparables, comédie en trois"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1484, "fin_caractere_exclue": 1516, "texte": "actes en prose de Georges Ancey."}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1686, "fin_caractere_exclue": 1724, "texte": "M. Charles Buet, l'auteur du Prêtre, a"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1778, "fin_caractere_exclue": 1822, "texte": "fait, le mois dernier, une tournée de confé­"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1876, "fin_caractere_exclue": 1916, "texte": "rences en Belgique. Il a parlé du mouve-"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 1970, "fin_caractere_exclue": 2006, "texte": "ment littéraire moderne et de Barbey"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 2060, "fin_caractere_exclue": 2072, "texte": "d'Aurevilly."}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 2254, "fin_caractere_exclue": 2290, "texte": "A propos de la conférence de Catulle"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 2390, "fin_caractere_exclue": 2428, "texte": "Mendès à Louvain, conférence organisée"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 2525, "fin_caractere_exclue": 2569, "texte": "sous les auspices (s'écrit aussi : hospices)"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 2666, "fin_caractere_exclue": 2705, "texte": "du bon M. Tilman, la revue gantoise, le"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 2800, "fin_caractere_exclue": 2839, "texte": "Magasin littéraire manifeste un étonne­"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 2933, "fin_caractere_exclue": 2973, "texte": "ment légitime et rappelle la façon assez"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3069, "fin_caractere_exclue": 3109, "texte": "peu propre — ce sont les termes de notre"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3172, "fin_caractere_exclue": 3212, "texte": "confrère — dont M. Tilman combattait au­"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3266, "fin_caractere_exclue": 3307, "texte": "trefois M. Catulle Mendès. Voici ce qu'il"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3361, "fin_caractere_exclue": 3395, "texte": "disait de l'auteur du Roi Vierge :"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3498, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "« Il s'est rencontré un écrivain, Catulle"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3637, "fin_caractere_exclue": 3677, "texte": "Mendès, assez dégradé pour consacrer son"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3731, "fin_caractere_exclue": 3768, "texte": "temps et sa plume à la psychologie de"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3822, "fin_caractere_exclue": 3864, "texte": "l'amour : non pas de cet amoursain, vigou­"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 3918, "fin_caractere_exclue": 3961, "texte": "reux, sacré, qui a présidé à notre berceau,"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 4015, "fin_caractere_exclue": 4057, "texte": "mais de l'amour aux fascinations savantes,"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 4111, "fin_caractere_exclue": 4154, "texte": "aux subtils détours, à l'usage des tempéra-"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 4208, "fin_caractere_exclue": 4249, "texte": "ments désorganisés. Et il s'est rencontré"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 4303, "fin_caractere_exclue": 4343, "texte": "un Jeune-Belgique assez peu dégoûté pour"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 4397, "fin_caractere_exclue": 4440, "texte": "faire de cette saleté un compte-rendu écla­"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 4494, "fin_caractere_exclue": 4538, "texte": "tant d'éloges et de basses flatteries.... En"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 45, "texte": "— 2l8"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "vérité, pour analyser les ignominies de"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 148, "fin_caractere_exclue": 190, "texte": "Mendès, il faut avoir perdu, je ne dis pas"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 245, "fin_caractere_exclue": 290, "texte": "le sens du beau »... (Eh ! Eh !)... « mais le"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 330, "fin_caractere_exclue": 368, "texte": "dernier grain du bon sens, la dernière"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 421, "fin_caractere_exclue": 462, "texte": "flamme de l'honneur, la dernière inspira­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 511, "fin_caractere_exclue": 546, "texte": "tion de la droite nature. Ah! quand"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 572, "fin_caractere_exclue": 615, "texte": "l'homme n'est pas esprit, c'est un bien vi­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 664, "fin_caractere_exclue": 680, "texte": "lain animal... »"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 756, "fin_caractere_exclue": 796, "texte": "« Salut aussi à Catulle Mendès! Il vient"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 846, "fin_caractere_exclue": 886, "texte": "de publier Zó Har, la plus infâme polis­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 930, "fin_caractere_exclue": 972, "texte": "sonnerie qu'il soit donné à un libertin de"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1024, "fin_caractere_exclue": 1041, "texte": "mettre au jour. »"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1119, "fin_caractere_exclue": 1158, "texte": "Voici que M. Tilman devenu, à son tour,"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1206, "fin_caractere_exclue": 1249, "texte": "un bien vilain animal, invite ce libertin à"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1296, "fin_caractere_exclue": 1338, "texte": "venir chez lui. — Il est bon d'ajouter que"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1382, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "le libertin accepte. — Quel coquin de prin­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1471, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "temps a donc projeté son souffle chaud"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1560, "fin_caractere_exclue": 1597, "texte": "sur la flamme de « l'honneur à M'sieu"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1616, "fin_caractere_exclue": 1627, "texte": "Charles » ?"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1711, "fin_caractere_exclue": 1748, "texte": "La bête à groin du faubourg Saint-An­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1807, "fin_caractere_exclue": 1850, "texte": "toine lui aurait-elle fait des propositions"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1900, "fin_caractere_exclue": 1940, "texte": "malhonnêtes, et M. Tilman se faisant er­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1988, "fin_caractere_exclue": 2033, "texte": "mite galant, aurait-il trouvé dans les polis-"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2082, "fin_caractere_exclue": 2121, "texte": "sonneries de M. Mendès son petit « porc"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2172, "fin_caractere_exclue": 2183, "texte": "de salut »?"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2267, "fin_caractere_exclue": 2307, "texte": "Eh! E h ! Charles, petit cochon, te v'là"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2355, "fin_caractere_exclue": 2372, "texte": "collé mon bon ! !"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2515, "fin_caractere_exclue": 2553, "texte": "Une intéressante campagne d'art drama­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2600, "fin_caractere_exclue": 2640, "texte": "tique et lyrique se prépare pour l'hiver"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2689, "fin_caractere_exclue": 2711, "texte": "prochain à l'Alhambra."}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2875, "fin_caractere_exclue": 2917, "texte": "11 y a de l'argent en caisse et un artiste"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3009, "fin_caractere_exclue": 3054, "texte": "à la direction. Cet artiste est M. Lapissida."}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3326, "fin_caractere_exclue": 3363, "texte": "Un nouveau petit confrère nous est né"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3364, "fin_caractere_exclue": 3403, "texte": "gigottant et vagissant : le Samedi. Son"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3404, "fin_caractere_exclue": 3443, "texte": "directeur qui se nomme Henry La Rivière"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3493, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "— fichu nom dans un pays où la littérature"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3579, "fin_caractere_exclue": 3623, "texte": "fait si facilement naufrage — prend la peine"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3672, "fin_caractere_exclue": 3707, "texte": "de nous informer que SON ESTHÉTIQUE"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3758, "fin_caractere_exclue": 3802, "texte": "n'est pas du tout la nôtre. C'était inutile."}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3847, "fin_caractere_exclue": 3882, "texte": "Les deux premiers numéros du Samedi"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3883, "fin_caractere_exclue": 3920, "texte": "qui est — n'oublions pas de le dire —"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3921, "fin_caractere_exclue": 3963, "texte": "broché en superbe jaune serin, contient de"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 4008, "fin_caractere_exclue": 4047, "texte": "la prose de MM. Edm. Cartier et Adolphe"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 4098, "fin_caractere_exclue": 4137, "texte": "Leclercq, des vers de Théo Hannon. Tou­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 4183, "fin_caractere_exclue": 4205, "texte": "jours paternel Hannon:"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 51, "texte": "—"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 106, "fin_caractere_exclue": 147, "texte": "Aux petits des oiseaux il donne la pâture"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 201, "fin_caractere_exclue": 244, "texte": "Et sa bonté s'étend sur... la magistrature,"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 293, "fin_caractere_exclue": 329, "texte": "comme on dit dans une revue célèbre."}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 381, "fin_caractere_exclue": 420, "texte": "Le Samedi contient aussi des chroniques"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 469, "fin_caractere_exclue": 510, "texte": "signées Henry La Rivière et dont voici un"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 559, "fin_caractere_exclue": 571, "texte": "paragraphe :"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 623, "fin_caractere_exclue": 663, "texte": "« J'aurais voulu vous entretenir longue­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 712, "fin_caractere_exclue": 752, "texte": "ment de la brillante saison musicale qui"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 801, "fin_caractere_exclue": 845, "texte": "vient de finir, et des services éminents que"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 894, "fin_caractere_exclue": 929, "texte": "MM. Dupont et Lapissida ont rendus,"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 978, "fin_caractere_exclue": 1023, "texte": "depuis dix-sept ans, à l'art en général et au"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1072, "fin_caractere_exclue": 1115, "texte": "théâtre de la Monnaie en particulier; j'au­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1164, "fin_caractere_exclue": 1205, "texte": "rais voulu dire aussi quelques mots aima­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1254, "fin_caractere_exclue": 1295, "texte": "bles de chacun des pensionnaires de notre"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1344, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "Opéra, mais, malheureusement, je dois"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1430, "fin_caractere_exclue": 1470, "texte": "laisser ces détails, n'ayant aujourd'hui"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1519, "fin_caractere_exclue": 1559, "texte": "qu'une trentaine de lignes à ma disposi­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1608, "fin_caractere_exclue": 1615, "texte": "tion. »"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1667, "fin_caractere_exclue": 1707, "texte": "Dix-sept ans de services éminents rendus"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1756, "fin_caractere_exclue": 1806, "texte": "à l'art ! Il appelle cela un détail I Oh ! oh ! il"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1855, "fin_caractere_exclue": 1899, "texte": "va bien le critique. Continuez, jeune homme,"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1948, "fin_caractere_exclue": 1987, "texte": "et quand vous vous serez un peu perfec­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2036, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "tionné dans l'art de lire et d'écrire, tâchez"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2130, "fin_caractere_exclue": 2171, "texte": "donc d'apprendre à corriger vos épreuves,"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2220, "fin_caractere_exclue": 2263, "texte": "car il y a des coquilles épouvantables dans"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2312, "fin_caractere_exclue": 2354, "texte": "votre revue, et cela sent très mauvais les"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2403, "fin_caractere_exclue": 2446, "texte": "coquilles, surtout quand il y a des petites"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2495, "fin_caractere_exclue": 2508, "texte": "bêtes dedans."}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2563, "fin_caractere_exclue": 2599, "texte": "La Plume, une très jeune revue pari­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2648, "fin_caractere_exclue": 2688, "texte": "sienne, publie dans son troisième numéro"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2737, "fin_caractere_exclue": 2781, "texte": "un article intéressant au point de vue ànec-"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2830, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "dotique sur le Cercle des Hydropathes qui"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2966, "fin_caractere_exclue": 3008, "texte": "devint celui des Hirsutes en 1881, où pas­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3103, "fin_caractere_exclue": 3145, "texte": "sèrent, entre autres, Goudeau, André Gill,"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3194, "fin_caractere_exclue": 3235, "texte": "Verlaine, Francis Enne, Rollinat, Ch. Mo­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3284, "fin_caractere_exclue": 3322, "texte": "rice, Moréas, Rameau, Bouchor, e t c ."}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3455, "fin_caractere_exclue": 3492, "texte": "Les personnes qui désirent une repro­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3541, "fin_caractere_exclue": 3578, "texte": "duction en plâtre du médaillon de Max"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3627, "fin_caractere_exclue": 3671, "texte": "Waller exposé à l'Essor, sont priées de s'a­"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3720, "fin_caractere_exclue": 3757, "texte": "dresser à M. Jules Lagae, à la Maison"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3806, "fin_caractere_exclue": 3843, "texte": "blanche, place Sainte-Croix, Ixelles."}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 3971, "fin_caractere_exclue": 4007, "texte": "M. Henry Degroux va faire reproduire"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 4056, "fin_caractere_exclue": 4097, "texte": "par la photographie sa superbe Procession"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 4146, "fin_caractere_exclue": 4182, "texte": "de Machelen exposée dernièrement aux"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 4231, "fin_caractere_exclue": 4234, "texte": "XX."}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 90, "texte": "Cette reproduction ne se fera qu'à un"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 140, "fin_caractere_exclue": 183, "texte": "petit nombre d'exemplaires au prix de vingt"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 227, "fin_caractere_exclue": 267, "texte": "francs. La photographie aura un mètre de"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 318, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "longueur."}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 412, "fin_caractere_exclue": 448, "texte": "Les personnes qui désirent souscrire"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 499, "fin_caractere_exclue": 540, "texte": "sont priées d'en informer le directeur de"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 594, "fin_caractere_exclue": 636, "texte": "la Société des Arts graphiques, rue Keyen­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 682, "fin_caractere_exclue": 722, "texte": "veld, 73. C'est aux Arts graphiques qu'a"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 774, "fin_caractere_exclue": 818, "texte": "été faite la reproduction du portrait de Max"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 868, "fin_caractere_exclue": 906, "texte": "Waller que nous avons donné dans notre"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 965, "fin_caractere_exclue": 986, "texte": "avant-dernier numéro."}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1387, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "L'exacte origine de Hans Memling avait"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1426, "fin_caractere_exclue": 1467, "texte": "toujours été jusqu'ici entourée de doute,"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1468, "fin_caractere_exclue": 1510, "texte": "faute d'indications précises ou complètes."}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1514, "fin_caractere_exclue": 1552, "texte": "Plusieurs chroniqueurs le prétendaient"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1553, "fin_caractere_exclue": 1580, "texte": "étranger aux deux Flandres."}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1652, "fin_caractere_exclue": 1692, "texte": "Aujourd'hui la chose est certaine : Mem­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1742, "fin_caractere_exclue": 1762, "texte": "ling était allemand."}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1839, "fin_caractere_exclue": 1873, "texte": "L'Athenœum de Londres nous apprend"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1926, "fin_caractere_exclue": 1965, "texte": "que vers la fin du XVe siècle, un clerc"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2017, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "nommé Rombaut de Doppere, grand ama­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2105, "fin_caractere_exclue": 2149, "texte": "teur d'art, tenait un journal à Bruges, et à"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2197, "fin_caractere_exclue": 2242, "texte": "l'année 1494 on y lit le paragraphe suivant :"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2280, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "« Die XI Augusti, Brugis obiit Magister"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2371, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "Joannes Memmelinc, quem            prœdicabant"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2461, "fin_caractere_exclue": 2508, "texte": "peritissimum fuisse et         excellentissimum"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2554, "fin_caractere_exclue": 2601, "texte": "pictorem totius orbis Christiani.      Oriundus"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2647, "fin_caractere_exclue": 2687, "texte": "erat Mogunciaco, sepultus Brugis ad Ægi­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2742, "fin_caractere_exclue": 2748, "texte": "dii. »"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2836, "fin_caractere_exclue": 2873, "texte": "Donc, Hans Memling, inhumé à l'église"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2924, "fin_caractere_exclue": 2965, "texte": "Saint-Egide, était originaire de Mayence."}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3288, "fin_caractere_exclue": 3322, "texte": "M. Ernest Huysmans a donné sa der­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3378, "fin_caractere_exclue": 3418, "texte": "nière séance de musique historique. Pro­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3472, "fin_caractere_exclue": 3512, "texte": "gramme intéressant consacré aux Belges :"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3543, "fin_caractere_exclue": 3580, "texte": "Huberti, Mathieu, Léon Dubois, Demol,"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3581, "fin_caractere_exclue": 3623, "texte": "Vieuxtemps, et... César Franck. Les inter­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3624, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "prètes, tous excellents et consciencieux"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3665, "fin_caractere_exclue": 3707, "texte": "artistes, étaient M mc Blauwaert, MM. Ler­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3708, "fin_caractere_exclue": 3747, "texte": "miniaux, Huysmans, Huberti, Mathieu, la"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3748, "fin_caractere_exclue": 3789, "texte": "classe de M. Merck et Mlle Aline Bauveroy"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3874, "fin_caractere_exclue": 3917, "texte": "qui avait chanté la veille au Palais Rameau"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3918, "fin_caractere_exclue": 3959, "texte": "à Lille. Elle a toujours sa belle voix de"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 4003, "fin_caractere_exclue": 4046, "texte": "chair, son articulation classique et... son"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 4085, "fin_caractere_exclue": 4090, "texte": "trac."}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "Avant d'emballer l'orchestre dans ses"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 226, "texte": "housses et de mettre les symphonies,"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 277, "fin_caractere_exclue": 317, "texte": "comme les fourrures, en conserve, M. Du­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 368, "fin_caractere_exclue": 408, "texte": "pont nous a donné, au Concert populaire,"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 459, "fin_caractere_exclue": 498, "texte": "une belle et solide complète lecture du"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 549, "fin_caractere_exclue": 593, "texte": "premier acte de Siegfried, trois scènes dont"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 644, "fin_caractere_exclue": 681, "texte": "le superbe dialogue des énigmes entre"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 732, "fin_caractere_exclue": 773, "texte": "Mime et Wotan et le tableau final du for­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 824, "fin_caractere_exclue": 867, "texte": "gement de l'épée où chantent dans un indes­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 918, "fin_caractere_exclue": 964, "texte": "criptible élan de vie toutes les voix polypho­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1015, "fin_caractere_exclue": 1054, "texte": "nes de la forêt de Siegfried. Exécution"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1105, "fin_caractere_exclue": 1148, "texte": "remarquable tant de la part de l'orchestre,"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1199, "fin_caractere_exclue": 1236, "texte": "nerveusement mené, que de la part des"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1287, "fin_caractere_exclue": 1325, "texte": "interprètes: MM. Engel, Seguin et Gan­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1376, "fin_caractere_exclue": 1383, "texte": "dubert."}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1606, "fin_caractere_exclue": 1648, "texte": "Oh ! la musique folle, lascive et parfumée"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1699, "fin_caractere_exclue": 1741, "texte": "comme le printemps, la mélodie de lilas en"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1792, "fin_caractere_exclue": 1835, "texte": "fleurs, que chante dans le feuillage baigné"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1886, "fin_caractere_exclue": 1925, "texte": "de douce lumière a giorno , l'orchestre"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1976, "fin_caractere_exclue": 2016, "texte": "du Waux-hall, pendant qu'au dehors, dans"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2067, "fin_caractere_exclue": 2104, "texte": "les chemins de pénombre, une allée et"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2155, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "venue de pas sur l'asphalte fait le bruit"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2247, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "d'un ruissellement lointain !"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2330, "fin_caractere_exclue": 2370, "texte": "Les voilà rouvertes les rêveuses soirées"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2421, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "où la musique — qui n'est de la musique"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2511, "fin_caractere_exclue": 2553, "texte": "que certains soirs — berce les rêvasseries"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2604, "fin_caractere_exclue": 2646, "texte": "et les conversations de toutes sortes sous"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2697, "fin_caractere_exclue": 2741, "texte": "les branches inclinées de « l'Arabie. » On a"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2792, "fin_caractere_exclue": 2832, "texte": "toujours dit que les chameaux avaient la"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2883, "fin_caractere_exclue": 2922, "texte": "bosse de la musique ; mais les chameaux"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 2973, "fin_caractere_exclue": 3009, "texte": "ont deux bosses comme le Waux-hall a"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3060, "fin_caractere_exclue": 3098, "texte": "deux genres de programme. Il n'a donné"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3149, "fin_caractere_exclue": 3192, "texte": "jusqu'à présent que des soirées d'introduc­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3243, "fin_caractere_exclue": 3284, "texte": "tion. Nous espérons pouvoir rendre compte"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3335, "fin_caractere_exclue": 3377, "texte": "prochainement des exécutions très artisti­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3428, "fin_caractere_exclue": 3471, "texte": "ques qui s'y préparent sous la direction de"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3522, "fin_caractere_exclue": 3542, "texte": "MM. Flon et Marchot."}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3837, "fin_caractere_exclue": 3873, "texte": "M. Victor Wilder dit qu'Esclarmonde,"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 3962, "fin_caractere_exclue": 4002, "texte": "la nouvelle œuvre de M. Massenet, marque"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 4047, "fin_caractere_exclue": 4084, "texte": "un progrès et indique une tendance du"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 4129, "fin_caractere_exclue": 4169, "texte": "compositeur à entrer dans les voies nou­"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 4214, "fin_caractere_exclue": 4221, "texte": "velles."}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 4269, "fin_caractere_exclue": 4304, "texte": "Accepté sous bénéfice d'inventaire."}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 276, "texte": "On a joué au théâtre italien de M. Son-"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 327, "fin_caractere_exclue": 369, "texte": "zogno à Paris, l'Orphée de Gluck : Orféo !"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 576, "fin_caractere_exclue": 614, "texte": "M. Jean Dumon, flûtiste, professeur au"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 665, "fin_caractere_exclue": 709, "texte": "Conservatoire et secrétaire de l'Association"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 754, "fin_caractere_exclue": 794, "texte": "des Artistes musiciens, est mort subite­"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 818, "fin_caractere_exclue": 862, "texte": "ment le mois dernier, à Bruxelles. C'est lui"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 863, "fin_caractere_exclue": 905, "texte": "qui avait fondé le quatuor d'instruments à"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 906, "fin_caractere_exclue": 949, "texte": "vent et piano, dit grand quatuor du Conser­"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 997, "fin_caractere_exclue": 1036, "texte": "vatoire, auquel nous devons l'exécution"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 1090, "fin_caractere_exclue": 1134, "texte": "d'oeuvres intéressantes classiques et moder­"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 1182, "fin_caractere_exclue": 1225, "texte": "nes. C'est lui aussi qui organisa ces audi­"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 1266, "fin_caractere_exclue": 1304, "texte": "tions de musique historique auxquelles"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 1354, "fin_caractere_exclue": 1394, "texte": "collaborèrent Mlle Elly Warnots, MM. De­"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 1441, "fin_caractere_exclue": 1465, "texte": "greef, Agniez, e t c . ."}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 1655, "fin_caractere_exclue": 1690, "texte": "La Jaune Revue de Belgique fait des"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 1731, "fin_caractere_exclue": 1769, "texte": "impolitesses à sa cadette la Jeune. 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Hector Van Doors­"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 3579, "fin_caractere_exclue": 3584, "texte": "laer."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Anthologie Contemporaine", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 250, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2866, "texte": "Anthologie              Contemporaine\n   Prix du volume : Belgique, 15 centimes (franco). — France, 20 centimes (franco) —\n                                L'Etranger, 20 centimes.\nIl paraît un volume toutes les semaines et une série de 12 volumes tous les trimestres.\n                BELGIQUE: Fr    1-50.— FRANCE ET ETRANGER : Fr      2-25.\n    Direction et Administration : ALBERT DE NOCEE, 69, rue Stévin, Bruxelles.\n           Parus au 1 e r janvier 1889 : 60 volumes soit 5 séries de 12 volumes.\n\n\n\n\nA         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n    de        BlOCK'S             Universal                   Wine             C°\n                   6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA BOURSE)\n\n\n\n E       n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n          MANDE par notre excellent décorateur, C H . - L É O N CARDON,\n          nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal-\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n   cines, 16, à Paris; publie PASSIONNÉMENT, par ALBERT DELPIT\n   et LES DIABOLIQUES, par BARBEY D'AUREVILLY. Un numéro\n   2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente partout.\n\n\n      ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                    ÉPERNAY\n\n\n                                             Prix Courant\n                               Baron J. de Warnimont                               2 25\n                               Marquis Armand de St-Hubert . . . .                 2 75\n                               R O S É E J E U N E BELGIQUE                         3 00\n                               Crème d'Ay         id.                               3 5o\n                               Bouzy extra        id.         Cuvée réservée.       450\n                               Bouzy Cristal      id.                               5 00\n                                           o.5o en plus par 2/2 bouteilles\n                                       EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 25 BOUTEILLES\n\n                               Franco de port, droits et emballage dans tonte la Belgique\n\n             ENTREPOSITAIRE             : COULOMB-ROBIETS\n         ig, B o u l e v a r d du Nord, ig, à B r u x e l l e s\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE REVUE MENSUELLE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "JUIN 1889 SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 251, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 618, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE\n                      REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\n formant au bout de l'année un superbe volume avec couverture spéciale et frontispice.\n\n                          Fondateur        : MAX WALLER.\n\nDirecteur : HENRY MAUBEL. — Administrateur                         : HUBERT VAN DIJK.\n\n Bruxelles : Rédaction : 72, rue de Trèves. —Administration, 26, rue de l'Industrie.\n\n                         ABONNEMENTS :\n  Belgique . . 7 francs par an. — Union postale . . fr.         8-50\n        Les conditions pour les annonces se traitent à forfait.\n\n\n                                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-06-n5-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "JUIN 1889 SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 251, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 618, "fin_caractere_exclue": 2109, "texte": "JUIN      1889\n\n\n                               SOMMAIRE:\nLe Prince qui sommeille .,                                      GEORGES DESTRÉE.\nVers                                                            ALBERT GIRAUD.\nLumières . .                                                    MAURICE DESOMBIAUX.\nBarbey d'Aurevilly                                              ALBERT GIRAUD.\nChronique littéraire :\n        Mon cœur pleure d'autrefois .                   .   .   ALBERT GIRAUD.\n         Un homme libre\n         Les légendes de la Meuse . .                   .   .   JULES DESTRÉE.\n        Japoneries d'automne\n         Lamiel                                                 ARNOLD GOFFIN.\n         Edmond Mauve\n          Gritte\n          Pizzicato                                             HENRY MAUBEL.\n        L'Anthologie     contemporaine                   des\n          écrivains français et belges.                 . .\nChronique artistique :\n        Les Aquarellistes\n                                                                JULES DESTREE.\n        Chez Vander Stappen\n        Exposition de tapisseries du XVIe\n          siècle au Musée moderne\n                                          GEORGES D E S T R E E .\n        Les albums de photographies de\n          Jessurun de Mesquita . . . .\n        Au Salon de Paris                 ANDRÉ FONTAINAS.\nMemento                                   ***\n\n                  Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 216, "texte": "9e ANNÉE.   TOME VIII, N° 5.      PRIX : FR. 0-.75                 JUIN 1889.\n\n\n\n\n                                       BRUXELLES\n                               REDACTION :            ADMINISTRATION :\n                          72, RUE DE TRÊVES,         26, RUE DE L'INDUSTRIE,\n\n                                           PARIS\n                                 LÉON    V A N I E R , ÉDITEUR\n                                        19, Quai Saint-Michel\n\n                                               1889\n"}, {"page_pdf": 217, "texte": "                            BOITE AUX L E T T R E S .\n   24. Louis S... Gand. Un peu trop « devoirs seconde latine » vos pages de prose :\nRêverie d'artiste, Paysage d'hiver, Aventure. Lisez beaucoup de modernes, les Gon­\ncourt pourraient vous faire du bien. S'il y a un artiste en vous, tâchez de l'émanciper.\nEnvoyez-le au vert. Quand vous aurez quelque chose de bien personnel à mettre sous\nvotre écriture, elle se formera d'elle même.\n   HUBERT LANGE. « Une bienveillante critique!... » Vous avez encore des illusions vous !\nCela se voit, du reste, à vos griffonnages qui sont naïfs. Tant mieux. Votre phrase a\nplus de mouvement et d'audace que celle de votre voisin gantois. Quand vous aurez fait\nvotre dentition littéraire, revenez-nous avec quelque chose de vivant, sans jérémiades\net sans trop de symboles. Prenez garde, aussi, à l'épidémie du « poème en prose ».\nFaites-vous vacciner.\n   Mlle LISETTE D'OUBLEVÉ. Attendons votre prose avec la plus électrique des impa­\ntiences.\n\n   La direction rappelle aux lecteurs de La Jeune Belgique qu'elle assume\nseule la responsabilité des articles qui paraissent sans signature dans la\nrevue. Ils n'ont en aucune façon un caractère collectif ou anonyme.\n   Elle prie ses collaborateurs de lui adresser la copie au plus tard le 20\ndu mois afin d'assurer la publication régulière de la revue.\n   Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n\n  NOTRE NUMÉRO 2 est épuisé.\n  Afin de satisfaire aux nombreuses demandes d'abonnement qui nous\nparviennent, nous prions les personnes qui ne collectionnent pas la Jeune\nBelgique de vouloir bien nous renvoyer ce numéro dont le prix leur sera\nremboursé.\n\n  Nous publierons dans nos prochains numéros des pages de prose\nd'Arnold Goffin, de James Vandrunen et d'Eugène Demolder.\n  L'abondance des matières nous force à fermer, ce mois-ci, notre petit\nSalon de tir.\n\n               ABONNEMENT                     GUATUIT\n  T o u t ami et bénévolent adepte qui nous apportera 10 abonnés,\nrecevra son a b o n n e m e n t gratuitement durant deux années.\n  Des cartes d'abonnement sont à la disposition de nos amis chez\nM. Henry Maubel, rue de Trèves, 72.\n\n    Pour paraître prochainement LES CHIMERES, par Jules DESTRÉE.\n  Un volume in-40 de grand luxe tiré à cent exemplaires numérotés, sur papier à chandelle\nblanc, par les soins de la maison MONNOM, avec un frontispice d'Odilon Redon, deux eaux-\nfortes de Marie Dans:' et un dessin d'Henry de Groux.\n                          EN SOUSCRIPTION : 1 0 FRANCS.\n"}, {"page_pdf": 218, "texte": "               DANS LE REVE\n          LE P R I N C E QUI S O M M E I L L E\n\nA MONSIEUR EDWARD BURNE JONES.\n\n                                             In searck qf Eldorado.\n                                                      EDGAR ALLAN POË.\n\n\n\n\n                            Au milieu de la chambre silencieuse, tendue\n                             de soies bleues passées où, sur l'élancement\n                      svelte de leurs tiges, rêvent de larges fleurs en\n                          broderie, longuement étendu en le grand lit\n                          à colonnades repose doucement le jeune prince\n                          Hamar. Gardiens du sommeil, deux grands\n                      chiens noirs au poil ras veillent au pied du lit,\n                            les pattes allongées, en des attitudes de\n                            Sphynx. De temps à autre ils relèvent un\n                            peu la tête, ouvrent plus grands leurs\n          grands yeux humides et dressent leurs oreilles pointues,\n          émues et inquiètes '— des murmures du vent chantant en\n          les feuillages.\n            Encadrée du gracieux enroulement des glycines, — lan­\n          guissamment laissant pendre les grappes de leurs fleurs\n          amoureuses, la vénitienne très large laisse voir le parc\n       énorme, en lequel éclatent les verdures nouvelles vaguement\n       ombrées de vapeurs bleues se fondant délicieusement dans\n       les tons gris du ciel. Une chaleur tiède monte des gazons\n       verdoyants et des taillis bleuâtres — et avec le long bruisse-\n                                                                 13\n"}, {"page_pdf": 219, "texte": "                                  — 190 —\n\nment de leurs feuilles secouées, les grands arbres se courbent aux caresses\ndu vent, tandis que chantent les oiseaux dans les branches en les bruits\nvagues et sourds de la terre qui s'éveille.\n   Le soleil a soudain troué les nuées grises. Ses rayons ont couru sur les\nfeuilles luisantes et humides et illuminé là-bas les jets d'eau fluets, clairs et\nlongs, s'égrenant radieux en les bassins clairs unis ainsi que des miroirs. Ils\nont baisé au passage les fleurs des glycines et se sont glissés dans la chambre,\nse jouant dans les cheveux d'or du dormeur. Ils dansent maintenant devant\nles claires paupières du jeune prince et il s'imagine — qu'une pluie de roses\neffeuillées est tombée du ciel sur son visage...\n   Il songe de jeunesse... et revoit devant ses yeux, ses longs yeux bleus\nvoluptueux, pleins de tendresse, — ses blonds cheveux ruisselants d'or aux\nbaisers lents des lumières, ses lèvres rouges et mûres pour les morsures,\net les fins contours parfaits de son rose visage plus doux que celui des\nfemmes. En ses habits de velours blanc, son grand chapeau à larges bords\nfièrement rejeté en arrière, sa main fine au pommeau de son épée adaman­\ntine, il se voit marchant au milieu des dames de la cour qui s'inclinent sur\nson passage et luttent et rivalisent de grâce pour la faveur d'un de ses\nregards.\n   Puis c'est en la salle des fêtes qu'il se retrouve... Aux sons doux des flûtes\ns'élève une mélodie bizarre cadencée du heurt sourd des tambourins. Sur\nles tapis épais de fourrure noire, le blanc jaillissement de courtisanes nues,\ndes gorgerins de rubis et d'escarboucles, des saphirs et des améthystes\nrehaussant les pâleurs de leur chair mate. Suivant les plaintes de la musique,\nelles s'avancent droites, hiératiques, et soudain frappent du pied les tapis et\ns'animent, se courbent et s'allongent, et virevoltent, s'arrêtent les bras en\navant tendus et s'agenouillent les seins palpitants, le corps voluptueusement\nrejeté en arrière, les mains rejointes derrière la tête. Et s'élancent de nou­\nveau, dansant, tournant, s'enlaçant amoureusement — guirlande merveil­\nleuse de fleurs charnelles — et tombent enfin mi-pâmées, les bras étendus,\ndevant le trône où il siège.\n   Mais déjà d'autres images ont passé devant ses yeux. Il rêve de gloire —\ndes éclairs bleus des épées meurtrières, du scintillement des lances aiguës\net des cuirasses bossuées et de meurtre et de pillage, des incendies rougeâ-\ntres en les nuits noires et du sang menaçant coulant des larges blessures. —\nArmé en guerre, pareil au chevalier saint Georges, tueur de monstres, il\nentrera en tête de ses troupes dans les villes conquises. Les enfants roses et\nles jeunes filles sèmeront des fleurs sur son passage et des théories de vieux\nprêtres viendront aux portes en robe blanche, chantant ses louanges,\n"}, {"page_pdf": 220, "texte": "                                  — 191 —\n\n\nimplorant pour tous son pardon et se mettant sous l'égide de son courage.\nLes jeunes hommes les plus beaux se tiendront au devant de son cheval\nnoir comme la nuit et les rois vaincus, ses ennemis, enchaînés deux à deux,\nle suivront dans la poussière. Et quand il franchira les portes de la ville, les\ntrompettes et les cuivres sonneront cent fois en son honneur, et les cloches\net les carillons égrèneront leurs chants de fer dans les vivats et les triom­\nphales acclamations de la foule — pour sa très grande, sa seule et unique\ngloire impérissable.\n   Un plus sombre nuage a tantôt passé sur le ciel et, voilant l'azur, obs­\ncurcit en même temps son jeune cœur. Des ombres glissent sur son frais\nvisage, ses lèvres se plissent douloureusement, tandis qu'au travers de ses\ntempes pâles se gonflent bleuâtres les veines de son sang princier.\n   Qu'adviendra-t-il de lui sous ces plaisirs vieux ? Sa beauté pâlira plus\ntard et rapide s'évanouira comme celle des fleurs ; sa gloire, naguère écla­\ntante, s'effacera tôt devant d'autres gloires, et les hommes perdront même\njusqu'à la mémoire de son souvenir. Cela sera-t-il donc que lui aussi, si\nhéro'iquement beau et jeune, se fera vieux et que les maladies horribles et\nméprisables assiégeront victorieusement son corps svelte et sain et sa\nchair rose fleurie?\n   Ah ! que vienne donc auparavant le pur amour rêvé toujours, seigneur\nde son cœur et de ses pensées, l'idéale passion pareille à celle des ballades\nque lui chantèrent les trouvères.\n   De ces ballades il se souvient et des légendes. De Gwennolbe la blanche,\net Laïs, du seigneur Nam et de la fée, de Perceval et du blond chevalier\nau cygne, au souvenir mystérieux.\n   De ceux là qui furent fiers et forts et toujours beaux — des chevaliers\narmés errants et féeriques il garde la mémoire, — et le cœur soucieux au\nsouvenir de leurs exploits, il se retrouve, dans le parc, chevauchant son\ncoursier favori.\n   Il souhaite vivre leur vie d'aventures, les apparitions redoutées, les\npérils effrayants volontairement encourus, les joies pures et les souffrances,\net la gloire des délivrances, — aux brèves et rouges lueurs des éclairs, au\ntravers d'eaux noires tourbillonnantes, dans les grondements sourds du\ntonnerre, l'écroulement des ponts, le fracas des mêlées, les cris, les glaives\net les lances brisées, pour — après les blessures, le sang, le feu, les flammes,\net les gémissements des mourants — la reprise victorieuse de la fière fiancée\nnaguères traîtreusement enlevée.\n   Dans le bois plus sombre il s'avance. Son cœur est lourd, son cœur est\ntriste de n'avoir point de châtelaine pour qui vivre et puis mourir. La tête\n"}, {"page_pdf": 221, "texte": "                                   — 192 —\n\n blanche et si fière et si douce de la très belle Anabelle — ne pourra-t-il jamais\n déclore ses calmes paupières abaissées, et ces yeux mystérieux, qu'il sent\n douloureusement en son cœur, ne se tourneront-ils jamais vers lui. Ces\n lèvres roses et minces, ces lèvres vierges ne frissonneront-elles jamais\n au souffle de cette voix d'argent qu'il se souvient et rêve d'encore entendre\n sans l'avoir jamais entendue. N'effleurera-t-il jamais de ses lèvres trem­\n blantes le front royal et blanc comme les plumes de cygne, de la Princesse\n Endormie, on ne sait où, en un palais au fond des eaux.\n    Ah! tous les dangers, les courir et les vaincre pour être aimé d'Elle ; —\n traverser les flammes et les feux dévorants, étouffer dans les eaux recouvrant\n le palais, soutenir cent combats, être frappé, meurtri, blessé, tué pour Elle\n et mourir du moins auprès d'Elle, secouru de ses mains merveilleuses, avec\n dans les yeux l'image de ses yeux noyés de tendresses plus qu'humaines, au\n moins une fois — pour toujours.\n    Qu'a-t-il donc entendu pour s'arrêter si brusquement. 11 prête l'oreille\n et se penche en avant sur le cou de son cheval pour mieux entendre.\n    Là-bas, très loin, la voix d'un cor sonnant sauvagement ses appels d'or\n et se perdant et s'étouffant graduellement en la forêt.\n    C'est le vieux chevalier gardien de la Princesse Endormie, qui, seul au\ncoucher du soleil, monte à la surface de l'eau — chaque fois sonner les\ntrois appels de délivrance. Le prince a soudain reconnu le dernier appel et,\nà bride abattue, a lancé son cheval, ne sentant rien des branches qui lui\nfouettent le visage et déchirent son habit précieux de velours. Mais la voix\n'du cor s'est bientôt éteinte entièrement et il se trouve perdu dans la forêt\ndevenue noire. Désespérément il chevauche des heures et des heures jusqu'à\n ce que la lune apparaisse dans le ciel trouant le feuillage, éclairant l'endroit\n où s'est arrêté son cheval.\n    C'est au fond des bois très épais, un petit lac immobile qui semble d'ar­\n gent sous les rais pâles de la lune : — les troncs des arbres sont si serrés\n tout autour qu'il fait nuit noire par dessous — les glaieuls clairs et les\n éclairs se dressent hautains sur les bords et les feuilles sombres de larges\n plantes aquatiques flottent à la surface immobile. Languissamment les fleurs\n saintes, les nénuphars s'entr'ouvrent et font comme des couronnes sur les\n eaux mystérieuses. Et dans l'absolu silence de la nuit il lui semble entendre\n un chant charmant monter doucement, insensiblement, mêlé à la mélo­\n dieuse plainte des eaux bienheureuses qui s'écoulent et tombent au loin en\n cascades sous les feuillages.\n    Le prince a soudain sauté à bas de son cheval ; les roseaux minces écartés\n par lui se referment frémissants sur son passage et de nouveau jaillissent\n"}, {"page_pdf": 222, "texte": "                                  -   193   -\n\n\ndroits et longs. D'une main se retenant aux arbustes qui plient, il se penche\ngracieux sur le lac et cueille rapide la fleur large d'un nénuphar pour y\npuiser et boire à cette coupe improvisée. Il se plaît à sentir les eaux s'en­\nfoncer sous la fleur, il regarde les eaux franchir les albes pétales et peu à\npeu remplir le neigeux calice; il regarde les eaux, le seigneur... et voilà\nqu'il se voit lui-même et s'aperçoit, son attentive et jeune image sur l'eau\npenchée, en le bleu miroir des eaux réfléchie, — et tout au fond, au fond\ndes eaux, le silencieux palais vert et rose de la Princesse Endormie.\n    C'est lui, il l'a reconnu — des enroulements de roses noires et rouges, en\nguirlandes suspendues au dessus des portes sertissent les transparentes\ncolonnades : — les lucides coupoles faites de saphirs et les murs de rubis\nrose s'encadrent de la bordure dure des malachites et le sol est de sable\nbleu pailleté de reflets, brillant et doux comme l'azur du ciel.\n    Sur un lit très haut de cristal couchée, en le nimbe magique de ses blonds\ncheveux cendrés épandus et perdus en les laiteuses blancheurs de sa robe,\nsur sa poitrine tranquille les mains rejointes, depuis cent années dort la\nprincesse Anabelle. Aux angles du lit de cristal se cassent les rayons de la\nlune, auréolant l'Enchantée d'une large nappe de lumière argentée. De bleus\niris et des amaryllis s'inclinent et tremblent sur son corps, tandis qu'à son\nfront s'ouvre la fleur mystérieuse de la Vierge — comme une étoile tombée\ndans un calice de neige.\n    Droit et très haut vers le ciel les eaux ont rejailli : — sous le poids du\ncorps du prince les eaux se sont brusquement entr'ouvertes, et referment\nsur lui leurs lèvres douces écumantes. Les eaux incessamment, les eaux\nbourdonnent à ses oreilles. Comme des cloches de fête qui sonneraient en\nson âme, son cœur bat à se rompre dans sa poitrine exaltée; — sous\nl'ivresse débordante de la joie qui fait resplendir son visage bien aimé — il\nétouffe et se sent mourir, mourir du désir enfin exaucé. Et quand il effleure\nde ses lèvres le front royal et blanc de la Princesse Endormie, le cri échappé\nà ces lèvres soudain entr'ouvertes, le regard de ces yeux d'amour perdus\ndans ses yeux, font vibrer et trembler son cœur comme le souffle de son\namour exhalé à ses lèvres. Dans la merveilleuse et chaste étreinte de sa\nfiancée, il défaille, défaille... et se réveille, hélas! éperdu dans la chambre\nsilencieuse où rêvent aux soies bleues fanées des tentures les larges fleurs en\nbroderies, tandis que les grands chiens noirs s'étirent et le contemplent de\nleurs yeux longs attendris.\n    Le cri qu'il entendit et sentit vibrer jusqu'en son âme, c'est la clameur\nhautaine des claires trompettes joyeuses, qui sonnent, éclatantes et aiguës,\net se répondent, affaiblies, l'heure du réveil aux quatre tours de son\n"}, {"page_pdf": 223, "texte": "                                 - 194 —\n\nchâteau, et l'incessant bourdonnement des eaux à ses oreilles, c'est le vague\nmurmure des voix des seigneurs et des dames de la cour, impatiemment\nattendant à la porte la faveur de son lever.\n\n  Oh! les rêves de soleil dans les réveils printaniers des cœurs adolescents !\n                                                GEORGES D E S T R É E .\n    Novembre 88 à mai 89\n\n\n\n                                VERS\n                               PARODIE\n         Tes yeux, tes chers yeux bleus étoiles d'or naïf,\n         Tes yeux aux longs reflets limpides, où furtif\n         Et si vague, parmi de pieuses pensées\n         Au rhythme de ton cœur ingénu cadencées,\n         Parfois s'allume un feu-follet    malicieux,\n         Tes yeux, portes d'azur ouvertes sur les deux,\n         M'évoquent, dans un clair et fervent      paysage\n         Où du soleil récent fleurit le frais visage,\n         Une procession de vierges et d'enfants\n         Qui, tremblants, avec des regards de jeunes faons,\n         Et taciturnes sous la neige des malines,\n         Marchent dans un brouillard de lentes mousselines,\n         Et qui, sur l'argent rose et lilas du pavé\n         Effeuillent le sommeil des lys et des avé,\n         Et ne s'avisent point, ces enfants et ces vierges,\n         Que derrière eux, soufflant sur les âmes des cierges,\n         Parodiant le culte avec des airs sournois,\n         Un petit singe au poil frisé, croqueur de noix,\n         Par gageure affublé de l'étole et de l'aube,\n         Soulève à gestes fins le luxe de leur robe.\n\n                           LES INTERVERTIS\n                                                      A GEORGES DESTRÉE.\n\n          Du plus vague du ciel nouveau-né, roses d'aube,\n          Roses de soleil pâle et d'ambre rose et roux,\n          Les étoiles du soir dans les plis de leur robe,\n          Un vol d'anges descend de l'azur rose et roux,\n"}, {"page_pdf": 224, "texte": "                      -   195   -\n\nUn vol éblouissant de flocons roux et roses,\nAiles-fleurs, à la fois roses et papillons,\nFleurs sous les papillons, papillons sur les roses,\nQui neige en s'effeuillant, roses et papillons.\n\nLes voici, deux à deux : leurs ailes infidèles\nCâlinent les lys noirs du jardin mensonger\nOù leurs frères jadis abdiquèrent leurs ailes,\nLes calices des lys du jardin mensonger.\n\nLes voici, deux à deux, frêles têtes charmantes\nMourantes sous le faste épars de leurs cheveux,\nEt des vipères d'or sur le lin de leurs mantes\nSifflent très doucement dans l'or de leurs cheveux.\n\nL'azur lointain se fane, et sous des lierres d'ombre\nLe jour mystérieux ouvre de grands yeux blancs :\nLes voici câlinant les lys du jardin sombre,\nRegardés tristement par ces vagues yeux blancs.\n\nUne étrange élégance, infirme et maladive,\nEquivoque splendeur de la stérilité,\nSaigne sur les boutons de leur gorge tardive\nEt sur l'obscur trésor de leur stérilité.\n\nParfois le lierre humide et le feuillage moite,\nAu son d'un cor de nacre où chante un nain joufflu,\nS'ouvrent sur le soleil comme une ogive étroite,\nAu son d'un cor de nacre où chante un nain joufflu.\n\nLà-bas, c'est la laideur épique de la vie :\nDes ouragans d'orgueil, des rafales de chair,\nLe sommeil bestial de la force assouvie,\nToutes les lâchetés du sang et de la chair.\n\nLes yeux déveloutés par cette horrible fête,\nLes anges, dans la nuit frileuse de leur cœur,\nEcoutent longuement, en détournant la tête,\nLe cor du nain joufflu leur sonner dans le cœur.\n"}, {"page_pdf": 225, "texte": "                      — 196 —\n\nLeurs ailes de regret, leurs ailes irisées,\nVers l'azur matinal désormais interdit\nPalpitent sans espoir, plaintives et brisées,\nEntre la vie hostile et le ciel interdit.\n\nEt les voici frôlant de nouveau l'herbe amère\nEt les lys dans la paix lascive du jardin,\nEt, leur front virginal ombré d'une chimère,\nInterrogeant les lys mensongers du jardin.\n\nLeurs regards ambigus, frères du paysage,\nAllument leur feu morne aux richesses du soir,\nEt sur les plis amers de leur jeune visage\nVersent à lents rayons l'anxiété du soir.\n\nIls errent, deux à deux, suivis du nain perfide\nQui leur offre un miroir et des bijoux pervers,\nEt leurs yeux aimantés dans le miroir limpide\nSe caressent aux yeux de ces joyaux    pervers.\n\nIls s'étendent, très las, parés, dans la nuit blême,\nEntrelaçant aux lys leurs mains de royauté,\nComposant avec art le sourire suprême\nD'où dépend leur bizarre et vaine royauté,\n\nEt sous les lierres noirs, frêles têtes charmantes,\nEcoutent vaguement dans leurs cheveux siffler,\nDans leurs cheveux épars sur le lin de leurs mantes\nLes douces langues d'or des vipères siffler.\n\n                                      ALBERT GIRAUD.\n"}, {"page_pdf": 226, "texte": "                                  — 197 —\n\n\n\n\n                           LUMIÈRES\n                                PAYSAGES\n                                                 Sites brutaux\n                                                 Oh! voire haleine\n                                                 Sueur humaine\n                                                 Cris des métaux.\n                                                     PAUL VERLAINE (Paysages belges).\n\n\n             Taches jaunâtres, dans le brouillard crépusculaire, des réverbères\n              processionnant aux horizons; fanaux des gares aux rubis san­\n              glants; signaux lointains aux verts clairs d'émeraudes; lan­\n              ternes bleues aux lueurs d'azur sombre; pâles lumières des\nmasures reflétées dans l'eau tremblotante du canal noir où des bateaux en\nrepos s'allongent, las d'éternels voyages ; lampes électriques sur la rectitude\nde leurs mâts, répandant une clarté blanche, cristalline, mystérieuse, où les\nchoses apparaissent irréelles et fantastiques dans le cône qu'elle forme,\nbrillent comme les pierres précieuses d'une joaillerie dans le grand\npaysage nocturne et profond d'où monte étouffé et sourd le ronflement des\nmachines, le martèlement du fer, le bruit strident de la vapeur, les appels\nrauques des trams, les sifflets d'alarme, comme un hymne à la gloire d'un\nMoloch farouche, insatiable de sueurs humaines.\n                                       *\n\n   Des flammes aux couleurs changeantes et folles, aux contours capricieux\net chimériques s'agitent dans le soir. Roses, des fumées s'échappent d'une\ncuve énorme au bord de laquelle un engin dressé ressemble à une vieille\nsorcière malfaisante qui se penche, attentive au maléfice qu'elle ordonne.\n   Sombres au milieu du feu, les hauts-fourneaux élèvent leurs formes\ninquiétantes au bord de la rivière où apparaît, plus bizarre encore dans son\nrenversement, le paysage aux lueurs rouges, et le ciel ou passent de gros\nnuages un instant empourprés.\n   Par une ouverture béante d'où s'échappe comme un voile d'or, on\naperçoit ruisseler en cascades, avec des crépitements et des pétillements\nprolongés, une lave ardente sur laquelle se détachent, noirs, le torse nu, les\nbras aux solides biceps fortement accusés, les cheveux traversés d'étincelles,\ndes hommes agitant de grandes fourches.\n"}, {"page_pdf": 227, "texte": "                                   — 198 —\n\n   Tandis que, alentour, couronnant de hautes cheminées, vertes, bleues,\n violettes, jaunes s'échevèlent les flammes.\n\n\n\n    Longue, avec toutes ses fenêtres projetant dans la nuit à d'égaux inter­\n valles, une lumière intense éclairant un alentour morne, jonché de débris\n luisants et de cendres, d'une architecture trapue et sournoise, la verrerie au\n lourd toit noir dont la monotonie s'atténue de cheminées à larges chapi­\n teaux dégorgeant des masses de fumées sales et opaques.\n    En des éblouissements de clarté, des hommes vêtus de toile bleue s'aper­\n çoivent, les jambes et les bras nus, balançant en mouvements rhythmiques\n et faisant tournoyer, avec une jonglerie de mains, une longue tige de fer à\n l'extrémité de laquelle grossit une boule de feu.\n    Les joues bouffies, ils soufflent. La boule s'allonge, s'allonge en variant\n ses couleurs depuis la pourpre jusqu'à l'orange.\n    Et c'est parfois, dans l'apaisement du paysage, le bruit sonore du verre\n qui tombe et se brise sur du verre.\n\n\n\n   Noirs sur le ciel se silhouettent les grands terris aux formes allongées de\nbêtes en repos, sur lesquels une végétation douteuse a péniblement poussé.\n   Tout là-bas, c'est l'horizon fermé par une ceinture de feus multicolores.\n   Au dessus des usines qui ronflent et bourdonnent et mugissent terrible­\nment, menaçantes, s'étend un brouillard lumineux qui flotte dans l'espace,\nsemblable à un voile d'argent.\n   Tout à coup jaillit un angle immense de clarté dans lequel apparaissent\nun fouillis de toits, de clochers, de cheminées fumantes, toute une campagne\nsombre et morne où quelques arbres chétifs et rares dessinent leurs ramures\nfrêles, où des mares éparpillées miroitent et reflètent ce paysage désolé.\n   Puis, c'est un sifflement strident, une longue courbe de fumée blanche\net, dans le noir, la succession rapide de petits carrés de lumière.\n\n                              A LA LUNE\n                                          C'est par toi que se produisent les monstres,\n                                        les fantômes effrayants, les songes menteurs;\n                                        tes yeux dévorent les pierres des édifices\n                                                          GUSTAVE FLAUBERT.\n\n   Lampe d'argent veillant dans la nuit ténébreuse et profonde des temples,\ngardienne des sacrés mystères, sous les voûtes énormes où trônent, impéné­\ntrables, dans leur majesté farouche, les divinités cruelles.\n"}, {"page_pdf": 228, "texte": "                                  — 199 —\n\n    Galère voguant légère sur une mer infiniment bleue où des nuages blancs,\n comme des cygnes, s'avancent, voguant légère vers les régions inaccessibles.\n    Ostensoir d'or sur un autel étincelant de pierreries où est écrit ce qui\n doit être.\n    Graal radieux que des anges frêles aux longues ailes neigeuses con­\n templent, vers qui montent, en spirales joyeuses, les fumées d'encens et\n les prières.\n    Harmonie des ombres. Toique, dans leurs rondes sinistres et leurs sabbats,\nles sorcières contemplent les yeux hagards, frissonnantes, en mêlant tes\nrayons aux breuvages suborneurs, pour les enchantements.\n    Toi qui mets des perles aux calices des belles de nuit et phosphores les\nyeux des hibous et des chouettes.\n    Tu répands sur la nature le rêve et le mystère de ta lumière silencieuse...\n    De quelle douceur sont, par toi, les choses !\n    Si j'écoutais longtemps, peut-être entendrais-je dans le silence plus\nprofond encore, les arbres, les pierres, les fleurs, l'eau des fontaines\nchuchoter des mots d'amour.\n    Parmi les nuages qui s'agitent lentement, tu semblés être la bergère d'un\ntroupeau de chimères qui broutent le délire et la folie dans l'azur assombri\nde l'éther impalpable.\n    C'est l'heure des songes éternels et des terrifiants cauchemars. Tu emplis\nles cerveaux de splendeurs infinies et de visions ténébreuses. Endormeuse\nde tristesses, tu couvres, de ton manteau blanc imprégné du bleu de la nuit\nsereine, toutes les honteuses et désolantes banalités des jours... Et c'est toi\nqui consoles de la vie.\n                                                 M A U R I C E DESOMBIAUX.\n"}, {"page_pdf": 229, "texte": "                                 — 200 —\n\n\n\n\n     JULES BARBEY D'AUREVILLY\n                                        Celui-là peut compter parmi      les grands           défunts\n                                                         J o s e M A R I A DE H É R É D I A\n\n\n            Le vieil aigle est mort.\n                Il est mort comme il a vécu, fier et pauvre, glorieux parmi\n             les artistes, inconnu de la foule, pour laquelle il était trop\n             grand. La moitié de sa gloire est faite de méconnaissance et\nd'isolement.\n   Barbey d'Aurevilly naquit en 1808, six ans après Victor Hugo. Ce rap­\nprochement a son éloquence, car, si Hugo est un des premiers poètes du\nsiècle, Barbey est un de ses premiers prosateurs. Hugo est au Panthéon,\noù il fut porté, en triomphe, par toute la canaille politique de son temps.\nBarbey s'en est allé seul, sans promiscuités dégradantes, et son cercueil\nest aussi intact que sa vie.\n   J'aime mieux le cercueil de Barbey que le catafalque de Hugo.\n   Jusqu'au moment de la publication, dans un journal à prétentions litté­\nraires, d'Une Histoire sans nom et de Ce qui ne meurt pas, Barbey\nd'Aurevilly resta ignoré. Ce que la clientèle ordinaire de Gil Blas pensa de\nces oeuvres à moelle de lion, on le devine. La seule excuse des entrepre­\nneurs de célébrité qui s'adressèrent à Barbey, c'est qu'ils n'avaient pas lu\nsa « copie ». Je gage que l'effet produit fut pénible. Les boudoirs de verre\nfaillirent s'écrouler. Jo, Lo et Zo menacèrent de se retirer dans un couvent.\nL'échoppe où M. Silvestre vend ses pains d'épices de foire trembla d'indi­\ngnation et de pudeur. Ce fut une méprise, une malencontreuse méprise,\nque l'on ne recommencera jamais, jamais plus.\n   Et cependant, depuis plus de trente ans, Barbey avait entassé romans\nsur romans, chefs-d'œuvre sur chefs-d'œuvre. Rien n'avait pu vaincre la\nlégitime répulsion de la crapule littéraire, aussi féroce envers les écrivains\nde race que rampante sous les parvenus. Rien, ni Une Vieille maîtresse,\nni l'Ensorcelée, ni le Chevalier des Touches, ni le Prêtre marié, ni même\nles Diaboliques, que la justice française, — dernier débris de la vraie cri­\ntique en cette fin de siècle où il n'y a plus de critique! — désigna cepen­\ndant, à sa manière, et comme un livre génial, à tous ceux qui avaient lu\nBaudelaire.\n   Ni ses mélanges de critique et d'histoire, les Œuvres et les Hommes,\ndont les arrêts splendides et soudains comme la foudre, sont parfois aveugles\n"}, {"page_pdf": 230, "texte": "                                  — 201    —\n\n\ncomme elle, ni les Quarante Médaillons de l'Académie française, un\npamphlet littéraire d'un esprit à bec de faucon, ni des montagnes d'articles\npubliés dans le Nain Jaune, dans le Constitutionnel, dans le Triboulet et\nailleurs, merveilles de polémique hautaine, cravachante, bottée et éperonnée,\nrien ne fit avaler la gloire de Barbey à cette foule inepte et badaude qui se\ngargarisa pendant des semaines avec le nom de M. Mirbeau, après le\nfameux article sur les comédiens.\n   La politique même ne voulut pas de cet homme. Il fut tenté par elle,\n— comme beaucoup d'autres, — il y a longtemps, avant que l'impossibilité\nd'une action à sa taille ne l'eût exilé dans le rêve orageux et belliqueux de\nson art. Il présida le Club de la rue des Figuiers-Saint-Paul, au faubourg\nSaint-Antoine. Un jour, on lui cria, en pleine figure : A bas les jésuites!\nBarbey s'élança à la tribune, et crossa le tumulte comme Xerxès battait la\nmer :\n   « Messieurs, s'écria-t-il, je regrette bien de n'avoir pas, comme Crom-\nwell, une compagnie de cottes de fer pour vous tomber dessus ! Comme il\nne faut pas que le verbiage et les cris soient ici les vainqueurs, je déclare le\nclub dissous. Sortons ; le trimestre du local est payé, je m'en vais mettre la\nclef dans ma poche, pour qu'il ne serve pas de lieu d'aisance aux tribuns de\ncabarets! »\n   Il se résigna — il le fallait! — à n'écrire que des chefs d'œuvre. Il se\nrésigna, — lui, le chouan, le descendant de maître Ango de Dieppe, qui\ndéclarait la guerre au roi de Portugal, et venait, avec sa flotte, bloquer\nLisbonne! — il se résigna, enfin, à rêver ce qu'il aurait pu faire. Barbey\nne fut écrivain que par désespoir.\n   Alors commença pour lui cette bizarre transsubstantiation de l'action\nimpossible en rêve réel qui est l'essence même de son œuvre. Barbey a\nimaginé, en écrivant, ce qu'il aurait fait, s'il avait dédaigné la plume. De\nlà cette grandesse et cette aristocratie qui blasonnent ses livres.\n   Mais s'il fut écrivain par désespoir, il le fut magnifiquement, à la façon\nde Shakespeare et de Balzac. Il fut, comme eux, autrement qu'eux, un\ncréateur d'êtres. Il fut, à la fois, le plus passionnant des observateurs, et\nl'imaginateur le plus passionné. Réaliste ou romantique, demandera-t-on.\nLa vaine querelle ! Barbey eut le don de la vie. Et ce don-là supplée à tout.\nCe qui, dans ses romans, est inventé, fantastique, invraisemblable, est plus\nvrai, plus réel, plus vivant que toutes les notations patientes et obscures\ndes taupes et des mulots du naturalisme. Les héros de Barbey existent,\npuisqu'il les a créés. Ceux des naturalistes sont faux, quoiqu'ils existent.\n La réalité de l'Art n'est pas la réalité de la Vie.\n"}, {"page_pdf": 231, "texte": "                                    — 202    —\n\n\n   Aristocrate, Barbey d'Aurevilly le fut, mais aristocrate de la grande\nrace, sans dédain bourgeois, sans dégoût de parvenu. Il a des paysans et\ndes rustres qui valent ses gentilshommes et ses chevaliers. En vrai grand\nseigneur de lettres, il était noble par la tête, et plébéien par les pieds. Ainsi\nil dépassait à la fois les hobereaux sans noblesse d'âme, et les démocrates\nsans largeur d'esprit.\n   Il est mort, vaillamment, en silence, laissant à son œuvre le soin de\nparler pour lui, sans avoir sali d'une compromission, même la plus légère,\nles deux barbeaux accolés d'argent, au chef de gueules, chargé de trois\nquintefeuilles d'or qui se profilent sur l'azur de ses armes. Jamais, malgré\nles nécessités de la vie, il n'a voulu s'asseoir à l'ignoble table d'hôte où les\nGaudissart du journalisme littéraire maquignonnent la popularité. Il est\nmort superbement, reproche pour elle, exemple pour nous, au milieu de\nla putasserie actuelle des lettres, qu'il a souffletée, en tombant, de toute sa\nhauteur.\n                                                         ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                         I\n\n       Mon cœur pleure d'autrefois, par M. GRÉGOIRE LE ROY. — Paris, Vanier.\n\n            Des trois poètes gantois qui collaborèrent au Parnasse de la\n             Jeune Belgique, M. Grégoire le Roy est assurément le plus\n             spontané. Il semble que la volonté ait peu de part à son\n             œuvre, et qu'il se laisse aller, doucement et simplement, à la\n             dérive de ses sensations. Le poète a pris soin de nous en avertir\ndans une pièce caractéristique :\n                    Je chante un amour de ballade,\n                    Sans rancœur et sans trahison,\n                    Un amour de vieille chanson,\n                    Dont mon pauvre cœur est malade,\n                        Bien malade...\n\n                    Il est dans les refrains anciens,\n                    Rempli de leurs plaintes fatales,\n                    Dans les chansons sentimentales\n                    Et les vieux airs que Von fait siens ;\n                        Je m'en souviens.\n\n  Voilà qui simplifie singulièrement ma tâche. Ces vers tristes et chevro-\n"}, {"page_pdf": 232, "texte": "                                    — 203 —\n\n\ntants contiennent en germe le meilleur article qu'on puisse écrire sur\nM. Grégoire le Roy.\n   M. Téodor de Wyzewa, s'il lisait ces vers, serait capable d'appeler\nM. le Roy un « natif guitariste. » Et peut-être, au sens exact des mots,\nn'aurait-il pas tort.\n   Ce sont bien, en effet, des chansons de l'Autrefois, et presque des sensa­\ntions d'enfance, que M. le Roy nous offre aujourd'hui. C'est là, d'ailleurs,\nle mérite de l'œuvre, qui n'est point banale.\n   Il suffit de lire ces poèmes vagues et décolorés, d'effeuiller une à une les\nimages qui les fleurissent, pour se convaincre de la sincérité et de la person­\nnalité de l'écrivain. Quels sont les fantômes, quelles sont les apparences\nqu'il fait danser devant nos yeux ? Châtelaines de légende, pensives à leur\nfenêtre, attendant quelqu'un qui ne reviendra jamais, jamais plus ; cygnes\nau clair de lune d'un Lohengrin invisible, pleurant sur Elsa au lieu de\ncombattre pour elle; chœur de fileuses, assises autour du feu, filant le\nchanvre des destinées obscures et cloîtrées ; voix lointaines de chapelles\nsombres, qu'entoure un cimetière oublié; processions de congréganistes au\nson des orgues ; plaintes de cor à l'horizon vespéral ; vieux refrains de\nvalses, au rhythme d'escarpolette; rouets d'aïeules au fond des antiques\nmaisons silencieuses ; et partout je ne sais quelle étrange émotion puérile,\nqui s'éveille surtout à l'idée des choses abolies et surannées :\n\n                   Petites vieilles, mes pensées,\n                   Il neige, il tombe du lointain,\n                   Un peu de mort et d'incertain\n                   Sur toutes les choses passées.\n\n   De là vient la saveur particulière de ces poèmes. Les sensations enfan­\ntines sont la dominante du talent de M. le Roy. Et, — contradiction\napparente — ces sensations enfantines sont provoquées, le plus souvent,\npar l'image de la veillesse et de la décrépitude. Deux poèmes surtout\nportent la trace de cette obsession : Le Passé qui file et Ronde de vieilles.\nIls évoquent un étrange Villon, — non pas celui de la belle Heaulmière —\nmais un Villon puéril, habillé de bleu, qui viendrait de faire sa première\ncommunion :\n                    La veille file et son rouet\n                    Parle de vieilles, vieilles choses;\n                    La vieille a les paupières closes\n                    Et croit bercer un vieux jouet.\n\n  Ces images sont tellement suggestives, que l'on a fatalement la vision d'une\nenfance très songeuse, là bas, en pleine province silencieuse, d'une enfance\nnaïve et par tout émerveillée, qui n'oubliera jamais les beaux livres illustrés\nqu'elle a lus, ni les plaintives romances qui l'ont bercée. Le grand\ncalme, la béatitude, la monotonie même de la vie provinciale disposent,\nsurtout pendant l'enfance et l'adolescence, à la vie contemplative et senti­\nmentale. Les choses prennent alors une signification humaine qu'elles n'ont\npas le temps d'avoir dans les grandes villes affairées, et l'on glisse naturelle-\n"}, {"page_pdf": 233, "texte": "                                   — 204 —\n\n\nment à un art de rêverie familière, d'une émotion à la fois douce et profonde.\nM. Georges Eekhoud, qui a souvent le mot pittoresque et juste, me parlait\nun jour du « spiritisme » de M. Grégoire le Roy. En tant que l'expression\ns'applique à la vie des choses, elle me paraît d'une exactitude frappante, et\nelle caractérise nettement l'art du poète.\n   Le vers de M. le Roy est musical à sa façon. Il a des chevrotements qui\nplaisent, et qui traduisent, fidèlement, et avec bonheur, les sensations\néprouvées. Peut-être pêche-t-il par une certaine mollesse. Mais le lien qui\nrattache un défaut à une qualité, pour être imperceptible, est souvent si\nétroit et si nécessaire, qu'il serait imprudent d'engager le poète à le couper.\n   Mon cœur pleure d'autrefois est une merveille typographique. C'est un\ndes plus beaux livres, — si pas le plus beau — qui soit sorti des presses de\nla maison Monnom.\n   Deux artistes, de talents très opposés, se sont faits les commentateurs de\nM. Grégoire le Roy. L'un est M. Fernand Khnopff dont le frontispice est\nd'une douceur et d'une grâce idéales. L'autre est un jeune sculpteur gantois,\nM. Georges Minne. Retenez son nom, car ses dessins, qui ressemblent à de\nvieilles gravures sur bois, ont une vigueur et une originalité déconcertantes.\n                                                        ALBERT GIRAUD.\n\n                                        II\n\n       Un homme    libre,   par MAURICE BARRÈS. — Paris, Perin,   éditeur.\n\n   M. Maurice Barrès continue, en se répétant un peu, ses subtiles études\nde psychologie. Nous avons écrit, ici même, tout le bien que nous pensions\nde Sous l'œil des Barbares, son succès de l'an passé, et nous aurions à\nredire, à propos d'Uti homme libre, à peu près les mêmes éloges : c'est là\nla plus grande critique que nous y ferons. La délectable saveur de nou­\nveauté de ces ténues dissections s'est amoindrie et affadie un peu, et Un\nhomme libre nous a paru long. Toujours très clairvoyant, très délicat, très\ncurieux, M. Barrès semble aussi moins préoccupé d'écriture artiste. L'ori­\nginalité des idées ne doit pas nous priver des charmes d'une belle langue et\nde suggestives épithètes. Néanmoins la conception de ce cloître intellectuel\noù l'auteur veut se confiner dans l'adoration de son M oi, avec une combi­\nnaison d'exercices spirituels qui seraient comme la mécanique du bonheur,\nest pour plaire. Même nous la trouvons un peu trop ingénieuse et l'homme\nlibre se révèle, malgré son scepticisme affecté, enclin à se gober. Pourquoi\nla solitude, alors qu'un effort de volonté suffit pour isoler au milieu de la\nfoule? Et pourquoi pas le monastère, le vrai, avec la soumission forcée, l'ir­\nréparable, alors qu'il faut mille fois plus d'énergie, chaque jour, pour per­\nsévérer? Pourquoi ces méditations spécialisées sur certains intercesseurs,\nsans légende préétablie et non variable, alors que les noms déterminés doi­\nvent évoquer des souvenirs différents pour chacun ? Simon, l'ami si dédai­\ngneusement traité, nous agrée. Il se prête à ces gymnastiques avec une\njolie hypocrisie. Il pêche par la dignité, c'est vrai : le souci des autres, au\n"}, {"page_pdf": 234, "texte": "                                      205 —\n\n\nfond. Mais j'aurais plaisir à dire avec lui beaucoup de mal de l'homme\nlibre, et lui aussi, car ce n'est vraiment amusant que lorsque les raillés sont\ndes amis. L'occasion viendra tôt sans doute, car deux volumes prochains\nannoncés complèteront cette série de petits miroirs de sincérité et nous\naurons à ergoter alors, avec des complications de pensées furtives, qui ne\nseront pas sans agrément à imaginer.\n\n                                       III\n\n       Les Légendes de la Meuse, par HENRY DE NIMAL. — Un vol. 410 pages,\n                         chez Lebègue, Bruxelles, fr. 3-50.\n\n   M. de Nimal s'est déjà fait presque un nom en écrivant dans maintes\nrevues graves des études politiques dont ont fréquemment jacassé les\npapiers publics. Aussi nous n'attendions guère de lui une aussi fraîche et\ncoquette littérature que celle de son récent volume : Les Légendes de la\nMeuse. C'est une révélation, vraiment, et nous l'annonçons avec bon­\nheur. Contes recueillis dans les tièdes soleils des vacances, au pied des\nroches crénelées de ruines historiques, parmi les verdures et les fleurs se\nmirant dans le beau fleuve qui y mêle, en ses murmures, toutes sortes de\nchuchotements et de fantaisies de poète ! Tout en s'efforçant, avec le plus\nérudit scrupule, de reconstituer, en leurs détails historiques, les mœurs de\ntemps défunts, M. de Nimal a noté les récits des paysans aux veillées, les\nsuperstitions naïves, fleurs simples aux parfums aimables qui grandissent\nseulement dans des cœurs humbles et jeunes, et que nous aimons à cueillir\nplus tard, quand notre imagination lasse de civilisation vieillie, ne sait plus\nen faire germer de nouvelles.\n   Et c'est d'un style alerte, habile et souple, sans recherches d'audaces\ninutiles et sans banalités non plus, d'un style qui a sa vaillance et sa fierté\net ne relève de personne, abondant en images jolies et gardant toujours l'al­\nlure sans prétention qui convenait à ces gentils mélanges de fable et de\nvéridiques aventures. Sous une plume moins artiste, cette serie de légendes\neût pu n'être qu'une compilation folklorique insipide et dénuée d'intérêt.\n   Il y a dans le livre de M. de Nimal de l'épopée et de l'idylle, des scènes\nd'amour et de combats, des souvenirs mérovingiens et du moyen-âge, des\ncomparaisons neuves et d'une belle justesse comme : « Une basilique avec\nson fier coq de cuivre poli pareil à la flamme d'un immense cierge ou à une\nétoile oubliée là par la nuit » ; des mots superbes, tel celui du vieux duc\nAymon, suivant en preux fidèle Charlemagne contre ses fils : « Ils ne sont\nque mes enfants, avait-il dit tristement, et il est mon roi » ; des trouvailles\nsimples et profondes, comme : « Aussi bien sont amours sous la bure que\nsous le brocart, et le poète écoute chanter son cœur » ; des descriptions\névocatives et pittoresques, celle de Bouvignes, par exemple; çà et là de\nl'esprit; et, parmi les récits, ils sont presque tous si lestement développés\nque le choix est difficile. Mettons hors pair cependant le Fermait du\ncomte Eilbert, les Dames de Crèvecœur et la Sorcière d'Yvoir.\n                                                                            14\n"}, {"page_pdf": 235, "texte": "                                      206\n\n\n\n                                       IV\n\nJaponeries d'automne, par PIERRE LOTI. — Paris, Calmann-Lévy. — Un vol. 356 pages\n                                      fr. 3-50.\n\n   Les journaux ont rapporté, ce mois, avec une satisfaction évidente et\nde petits entrefilets approbateurs, des détails multiples sur la transforma­\ntion actuelle du Japon. On nous a resservi « les progrès incessants de la\ncivilisation » et annoncé que le Mikado venait de promulguer une consti­\ntution inspirée des derniers perfectionnements politiques de l'Occident.\n   J'aime le Japon comme une patrie, comme un des rares coins de terre où\nje m'imagine parfois qu'il ferait bon de vivre et j'ai eu, à ces nouvelles,\nl'impression douloureuse que c'en était fini du Japon que j'aimais.\n    Le dernier descendant de Zin-Mou, l'héritier d'une tradition dynastique\nunique au monde, qui, sans interruption pendant la fabuleuse durée de\nplus de deux mille ans a gouverné dans la splendeur et la sérénité d'un\npouvoir au dessus des hommes éphémères, le successeur de cette impéra­\ntrice de légende qui fit l'expédition de Corée, et de tant d'autres héroïques\net tragiques souverains « qu'il ne fallait pas voir », le chef religieux d'un\npeuple qui a les plus beaux temples de la terre, le chef militaire d'une\nnation jamais vaincue, le Mikado, enfin, roi constitutionnel, n'est-ce pas\nà faire pleurer ?\n   Changement monstrueux qui en symbolise bien d'autres ! Juxtaposition\nbrusque et théorique d'une civilisation sur une autre qui ne doit engendrer\nque malheurs. Ce n'est pas impunément qu'on peut, en un seul jour,\nrenier les habitudes de vie résultantes de longues expériences 1 Et nos tris­\ntesses aussi, les fièvres et les dégoûts des existences banales de ce temps, et\nl'industrie, les financiers, le paupérisme, toute l'angoisse de cette fin de\nsiècle, ne va-t-il pas en souffrir plus que nous encore, le pauvre Japon?\n   Cette mélancolie d'un monde qui s'en va est le charme du livre de Loti.\nOh! oui! elles sont bien d'automne ces japoneries, elles ont la douceur et\nl'éclat des derniers beaux jours, des choses à moitié disparues, entrées pres­\nque déjà dans l'histoire et le rêve ! Simples notes d'un carnet de voyage,\nd'une netteté et d'une émotion pénétrantes, qui évoquent, avec une inten­\nsité singulière, les aspects si curieux, les paysages, les rues, les temples de\nlà-bas, le sens artiste toujours en éveil, la politesse et l'élégance sans rivales\nde ce peuple vif et joyeux! Avec Loti, on se sent emporté dans la course folle\net cahotante des petits chars entraînés par les coureurs, on pénètre dans les\nédifices merveilleux de la Montagne-Sainte, on visite avec ferveur le tom­\nbeau des Samouraïs, on suit des yeux et du cœur, jusque dans le songe,\nl'exquise impératrice Printemps !\n    Loti a d'étonnants dons d'écrivain. Ils enchantent, en ce livre-ci, peut-\nêtre plus encore que dans ses précédents. Il a le sens de la vie, comme\nbien peu. Et toujours une tendresse vague, une émotion contenue, très\ncommunicative malgré sa discrétion, une pensée subtile qui s'arrête avant\nla profondeur et la tristesse, un style familier, en apparence négligé, pour-\n"}, {"page_pdf": 236, "texte": "                                   — 207 —\n\n\ntant personnel, en font un des artistes les plus séduisants des lettres con­\ntemporaines. Il serait curieux, sans doute, de rechercher le secret de ce\ncharme bizarre qui fait que l'on aime ses livres plus encore qu'on ne les\nadmire, et peut-être l'essaierai-je quelque jour.\n                                                      JULES DESTRÉE.\n\n                                        V\n                 Lamiel, par STENDHAL. — Paris, Librairie moderne.\n\n     Les lettrés rendront grâce à M. Casimir Stryienski, de la patience dont il\n a fait preuve en déchiffrant, à leur intention, ce manuscrit inédit de Henry\n Beyle; mais pourquoi, outrepassant son office de copiste, leur a-t-il infligé\n une préface singulièrement... polonaise et que M. Téodor de Wyzewa lui\n enviera, certes.\n    Son opinion sur l'œuvre de Stendhal est parfaitement indifférente au lec­\n teur ; celui-ci se permettra de trouver impertinentes des affirmations telles :\n « Beyle voulait, dans ce roman, se renouveler et sacrifier aux exigences de\n son public... Cette fois, il s'agissait non seulement d'intéresser les happy-\nfew, il fallait amuser les autres et gagner le grand public » — affirma­\n tions (déduites de notes de l'auteur, auxquelles M. Stryienski prête le\n sens le plus inattendu) que la lecture de Lamiel infirme absolument et\n démontre absurdes et risibles.\n    Plus loin, M. Stryienski nous révèle que Beyle est « SINON UN ÉCRI­\n VAIN, tout au moins un penseur ! », opinion bizarre qu'il corrobore en ces\n termes, à la fin de sa préface : « Beyle a constamment songé à donner une\n expression à toutes ses pensées ; c'est là son plus grand tort. »\n     « N'est-ce pas assez de connaître les influences qui font de Lamiel une\n fille pervertie, d'entendre ses conversations avec le machiavélique Sansfin? »\n Cette phrase appartient encore à M. Stryienski. Or, Sansfin est machiavé­\n lique parce qu'il dit toujours ce qu'il pense, simplement, et tout ce qu'il\n pense. La perverse Lamiel, au travers d'aventures, peu édifiantes, il est vrai,\n cherche, en vain, un homme sincère et finit par le découvrir dans le monde\n des escarpes.\n    Le bon préfacier qui, courageusement, essaie de laver Stendhal du\n reproche de cynisme, ne s'est point avisé que toute l'œuvre de l'auteur de\n La Chartreuse de Parme doit paraître immorale aux yeux bovins du\n public, et son plaidoyer ne le juge-t-il pas lui-même?\n                                                        ARNOLD GOFFIN.\n                                        VI\n               Edmond Mauve, une plaquette par M. PIERRE POIRIER.\n   Est-ce même une plaquette, cette petite chose brochée, d'aspect timide,\nà laquelle la maison Annoot-Braeckman a mis une couverture de catalogue\nqui vêt bien pauvrement l'excellente typographie du texte sur Hollande ?\n   Est-ce une nouvelle que contient cette plaquette? l'auteur a écrit en\n"}, {"page_pdf": 237, "texte": "                                  — 208 —\n\n\ngrandes lettres, sous le titre : Fragment. Fragment de quoi? et pourquoi\néditer spécialement ce premier chapitre — car ce n'est que cela — d'une\nmonographie psychologique qui nous offrirait, sans doute, une œuvrette\nattachante et littérairement écrite... si elle l'était toute.\n\n                                      VII\n                    Gritte, une plaquette par GEORGES ROSMEL.\n\n   M. Gustave Rahlenbeck (Georges Rosmel), l'auteur des Histoires estu-\ndiantines et de La bande à Beaucanard, nous envoie Gritte, une nouvelle\nqui a paru dans la Revue de Belgique, familièrement la revue jaune.\nPauvre Gritte ! Elle est pourtant bien gentille « cette douce enfant d'une\npâleur exquise d'hostie, aux grands yeux bruns étonnés et tendres ! » dont\nM. Rosmel nous raconte l'histoire triste jusqu'à la mort. Il nous la raconte\navec une émotion qui ne va pas jusqu'à la pleurnicherie, si fréquente en\nces histoires de petites poitrinaires. Il nous la raconte avec beaucoup de\nréserve et de délicatesse dans la sentimentalité, en éclairant son récit de\nmots, d'idées et d'imaginations pris au vif d'une intelligence d'enfant.\n\n                                     VIII\n                                      me\n               Pizzicato, un vol. par M ERNESTINE VAN HASSELT.\n   « Là où la parole cesse, la musique commence », disait un jour un\ncélèbre virtuose de la Pologne, à Mme Ernestine Van Hasselt qui a pris\ncette parole comme introduction au petit bouquin bleu et blanc qu'elle inti­\ntule : Pizzicato.\n   Ce recueil, où l'auteur pince harmonieusement de la littérature comme\non pince de la harpe ou de la guitare, est une quintessence des impressions\nmusicales recueillies « au coin du clavier » par les longs soirs d'hiver où\nl'on fait « un peu de musique », de cette musique familiale et douce que les\nmains ou la voix vont réveiller au fond des cahiers aux pages tiquetées et\njaunes.\n   Schubert, surtout, a séduit M me Van Hasselt. Tout un chapitre de ce\nlivre — dédié à M. Gevaert — « raconte » ses mélodies. Il se termine ainsi :\n« En fermant ce boudoir aux merveilleuses surprises mélodiques, en lais­\nsant tomber le rideau qui nous cache ce groupe de tableaux enchanteurs,\ndisons aux dieux de l'Olympe : Apollon est grand, Schubert est son pro­\nphète ! »\n   Ne pensez-vous pas, Madame, que Schubert est un peu « gnangnan » et\nfait une légère moue à nos raffinements d'art? Ne pensez-vous pas que les\nchants de ce prophète sont quelque peu des prophé...scies?\n   Mais, comme vous l'avez dit : Apollon est grand, très grand; il doit avoir\nbeaucoup de prophètes et nous serions mal venu à lui refuser celui-ci qui\ns'est toujours très convenablement conduit avec les Muses.\n   Ce livre n'est pas un livre de critique, c'est un recueil de souvenirs et de\n"}, {"page_pdf": 238, "texte": "                                  — 209 —\n\n\nsympathies personnelles, et vous les traduisez avec une émotion que je ne\nsaurais exprimer qu'en transposant cette phrase de votre Pizzicato :\n« Impossible d'y mettre plus d'insistance ; vous avez vraiment humanisé la\nparole du musicien-poète ». Aussi, se sent-on pris de je ne sais quel trouble,\nde je ne sais quelle envie de pleurer et de rire à la fois, quand, mêlant un peu\nd'amour au souvenir du liedermeister, vous racontez cette naïve légende où\nl'on voit la tête de la statue de Schubert se retourner pour regarder les\namoureux qui passent... pizzicato... pianissimo\n   Le livre, le « Recueil d'écrits musico-littéraires » de Mme Van Hasselt,\nest devenu rare, tellement rare qu'elle nous a prié de vouloir bien le lui\nrenvoyer.\n   Après le geste ingénu de M. René Ghil, par lequel celui-ci reprenait\nses dédicaces, vous voyez qu'il y a aussi le geste... ingénu de Mme Van\nHasselt par lequel celle-ci reprend ses petits bouquins. Notez que, pour ma\npart, je n'y vois aucun mal. Mme Van Hasselt, au lieu de faire hommage\nde son livre à la critique, comme cela s'était fait jusqu'à présent, le lui\nenvoie simplement en lecture. C'est plus simple et ce serait peut-être plus\néconomique, permettant de ne tirer les livres qu'à un seul exemplaire avec\ndédicace mobile, si cela ne coûtait des frais de commissionnaire. A sa place\nj'économiserais même cette dépense-là : on ne sait pas à quoi on s'expose !\nAinsi ai-je eu l'impolitesse grande de faire revenir le commissionnaire de\nMme Van Hasselt deux fois, et je crains qu'elle ne me fasse payer une amende\npar jour de retard, comme à la Lecture universelle. Mon intention était\npure pourtant. Je me faisais un scrupule de renvoyer à Mme Van Hasselt\nson petit livre à musique sans en avoir tourné les pages et j'aurais souffert\nmille morts et autant de remords à ne pouvoir pas déférer au désir que\nm'exprimait sa première lettre que voici : « En vous adressant ce petit\nrecueil musico-littéraire et en vous demandant de bien vouloir en rendre\ncompte, je n'invoquerai que mon titre d'âne chargé de reliques, grâce au\nnom de mon père. Vous l'avez trop aimé, trop salué pour ne pas reporter sur\nsa fille une petite part de cette sympathie.\n   « En souvenir du père, tendez la main à la fille.\n   « Salut artistiquement distingué ».\n   Maintenant que nous avons tendu la main à Mme Van Hasselt, et que\nnous lui avons rendu son salut avec une distinction aussi artistique que\npossible, nous l'engageons charitablement — sans pousser aussi loin qu'elle la\ncomparaison de la fable — à ne renouveler que le plus rarement possible\nses petites processions littéraires aller et retour, de peur que ses inconsé­\nquences n'éclaboussent de drôleries irrespectueuses le nom d'un poète que\nnous honorons en effet et que les ridicules du reliquaire ne finissent par faire\nrire des reliques.\n   Amen ! n'est-ce pas?\n"}, {"page_pdf": 239, "texte": "                                      — 210 —\n\n\n\n\nL'Anthologie   contemporaine des écrivains français   et belges, par M. ALBERT DE NOCÉE.\n\n   C'est une œuvre de vulgarisation littéraire qui n'était pas inutile dans\nnotre pays où le public, le gros public éprouve tant de peine à lire un livre\nou une revue. L'anthologie de M. de Nocée s'offre aux passants sous la forme\nde petits cahiers de six à vingt pages, de petits cahiers gentils et tentants\ncomme des petits fascicules à histoires friponnes. Le passant qui a trois\nsous distraits dans le gousset les donne, prend le petit cahier comme un\nprospectus des mains d'un camelot, l'ouvre, le feuilleté, l'a lu avant d'avoir\nsongé à se demander si ce qu'on vient de lui vendre n'est pas un peu de cette\nchose barbare, incompréhensible, qu'on nomme littérature .'... C'en est,\nMonsieur le passant, un peu de littérature, mi-belge, mi-française, — M. de\nNocée distingue — de bonne, de mauvaise, de gaie, de triste, de légère et\nde grave, en vers et en prose, littérature consacrée des maîtres et littérature\ntimide des débutants. On y voit M me Clémentine Louant à côté de Camille\nLemonnier. C'est assez vous dire l'éclectisme qui préside à l'organisation du\npetit établissement de dégustation littéraire dont M. Albert de Nocée est,\navec un tact, une intelligence et une confraternité remarquables, le directeur.\n   Par cette œuvre, M. de Nocée participe à notre mouvement littéraire.\nPartout où la littérature passe, ses petites brochures font la haie. En contact\nimmédiat avec tout le public — ses lecteurs sont nombreux, — le directeur\nde l'Anthologie contemporaine nous garde de l'intrusion de gens qui pour­\nraient se tromper parfois de palier. Intermédiaire entre les écrivains et la\nfoule, il distribue à celle-ci par miettes ce qu'elle ne pourrait avaler par\ngros morceaux que sous peine des plus horribles indigestions.\n   Le public et la littérature — suis-je poli ? — lui doivent donc une égale\nreconnaissance.\n                                                             HENRY MAUBEL.\n"}, {"page_pdf": 240, "texte": "                                      211\n\n\n\n\n          CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                                        I\n\n                          LES AQUARELLISTES\n\n              I1 y a, aux Aquarellistes, cinq dessins de Xavier Mellery : —\n               admirables. Nouvelle affirmation, éclatante, de sa personna­\n               lité qui est tout entière dans cette qualité suprême : l'inti­\n               mité. Involontairement, son art va à la simplicité, à la tran­\n               quillité, à la solitude ; et son esprit se replie sur lui-même, se\nconcentre et vibre intensément, avec une pénétrance aiguë, dans ses moin­\ndres œuvres. Et, comme conséquence, je ne sais quelle mélancolie, quelle\npréférence marquée pour un état de tristesse vague, résignée et sans révolte,\noù la pensée douloureuse semble se sentir plus vivement elle-même; jamais\nde bruit, de violence, ni de désordre chez Mellery. Un sentiment profond\nde l'âme des choses et le don de les faire parler dans leur impassibilité silen­\ncieuse, de les remplir d'humanité, d'y mettre comme des ressentiments ou\ndes souvenirs... Ah! si jamais on élève à la Solitude et au Silence les\nstatues réclamées par Carlyle, ce sera à Mellery qu'il faudra en demander\nles maquettes !\n   Xavier Mellery est l'un des premiers artistes de Belgique et il est vrai­\nment incroyable, alors que nos musées modernes s'encombrent de lamenta­\nbles croûtes, qu'on n'ait pas encore songé à y réserver pour lui une place\nd'honneur ! Il a une originalité rare en ce temps de pastiches et de négoces,\nl'accent âpre et personnel qui résulte de son refus hautain de chercher le\nsuccès, de sa volonté tenace de satisfaire son idée, de rendre sa vision, de\nla religion de sa sincérité exaltée comme une foi, telle l'avaient les patients\ngothiques. Mais son art ne va pas à la foule, il est d'une sévérité qui\ndéplaît aux gens qui veulent être amusés ou distraits. En revanche, pour\nqui sait comprendre leur beauté grave, combien est puissant leur charme,\nà ces simples dessins, et comme ils vous parlent longuement dans le cœur !\n   Sujets insignifiants pour tout autre : un vestibule, un escalier, une porte\nentr'ouverte... Mais dans le Vestibule il semble que l'on entende s'éloigner\nle pas furtif de la servante qui vient de déposer la lampe pour le maître\nattardé, la porte va s'ouvrir, quelqu'un va entrer ; dans l'Escalier, où la\nlumière froide filtre entre les balustres de la rampe, on vient de passer, on\nattend quelque chose ; et cette angoisse incertaine donne à ces coins d'habi­\ntation une étonnante grandeur !\n   Surtout, surtout, ces religieuses travaillant dans l'Ouvroir crépuscu­\nlaire !\n   Clara Montalba, les Maris, Binjé, Van Camp, Hoeterickx, Uytter­\nschaut, Den Duyts, Abry ont envoyé de jolies choses qui, sans dénoter de\nprogrès spéciaux, attestent à nouveau leur talent apprécié.\n"}, {"page_pdf": 241, "texte": "                                  —   212   —\n\n\n\n                                       II\n\n                       CHEZ VANDER STAPPEN\n   Avenue de la Joyeuse-Entrée, dans son atelier spacieux et splendide, le\nsculpteur Vander Stappen, organise l'exposition de ses œuvres récentes.\nExcellente chose que ces expositions particulières, où l'artiste seul, sans\nvoisinages funestes, avec les cadres et les éclairages qui lui plaisent, nous\nmontre les efforts variés de son labeur, et détaille ainsi, avec une expression\nvive, sa personnalité.\n   L'espace nous manque malheureusement pour parler de Vander Stappen\ncomme il conviendrait. Sans avoir, comme Meunier, compris l'étonnante\ngrandeur des travailleurs modernes, ou comme Lambeaux, renouvelé avec\nune verve prodigieuse le poème des belles chairs flamandes chanté par\nJordaens, Vander Stappen est néanmoins parmi nos sculpteurs belges, l'un\ndes plus intéressants et des plus sympathiques. Ses progrès sont marqués\net un légitime succès attend ses dernières productions.\n   Dans la trop brève visite que nous avons pu faire à son atelier, nous\navons remarqué son grand groupe inspiré d'Ompdrailles-le-Tombeau-des-\nLutteurs, l'épique roman de Léon Cladel,un Saint-Michel destiné à l'hôtel-\nde-ville de Bruxelles, un Enfant lutine par des paons, motif décoratif d'une\ngrâce charmante. Ce qui nous laisse le meilleur souvenir est une tête de\n Vieux, douloureuse et méditative, un vieux plein de finesse et d'expérience\nqui a beaucoup vu, profondément songé, longuement méprisé. Très éner­\ngiquement inspiré de la vie moderne, décidément en dehors de tout l'art\nconventionnel et appris, personnel, ce buste arrête l'attention et s'impose à\nla mémoire.\n                                                       JULES DESTRÉE.\n\n                                      III\n        EXPOSITION DE TAPISSERIES DU XVIe SIÈCLE\n                  AU MUSÉE MODERNE\n   Au Musée moderne — salle des conférences — MM. Cardon, les très\nhabiles décorateurs que l'on connaît, viennent d'exposer une série superbe\nde tapisseries de haute lisse, exécutées à Bruxelles au XVIe siècle et provenant\ndu palais du prince d'Esté, cardinal de Ferrare.\n   Sous les ciels invariablement gris d'un printemps éternel, en des prairies\ntoujours vertes, où le soleil fait des taches de lumière jaune, parés de longues\ntuniques flottantes, rouges et bleues, jaunes et vertes, des hommes et des\nfemmes se promènent sous les feuillages épais des arbres arrondis, foulant\nles gazons nouveaux semés de lianes et de fougères, émaillés de fleurs\nvives, — des guerriers barbus et casqués au profil de camée, sur leur\nchevaux caparaçonnés et cabrés, brandissent des lances scintillantes au\ndevant des armées; — des tours s'échafaudent et s'achèvent à l'horizon,\nsur lesquelles claquent déjà de victorieux et clairs étendards, pendant que\n"}, {"page_pdf": 242, "texte": "                                  — 213 —\n\n\ndes soldats s'entretuent en des luttes homériques, que des rois assis sur des\ntrônes d'or rendent la justice avec de larges gestes majestueux, et que\nchantent devant eux des femmes s'accompagnant de cithares et de lyres\nrecourbées.\n   Ceci nous représente, paraît-il, l'histoire légendaire de Romulus. Ce serait\ncelle de Sextus Pompée ou celle de la Guerre de Troie que je n'y verrais\npas d'empêchement. Presque toujours il y a, dans les tapisseries anciennes,\ndes guerriers barbares lourdement campés, des villes qui se bâtissent et\ns'achèvent, des combats à mort entre soudards armés de pesantes épées,\net des bannières qui flottent et se déroulent orgueilleuses au vent.\n   Le mérite des superbes tapisseries exposées par MM. Cardon consiste\nen la beauté des couleurs rarement aussi riches et harmonieuses dans les\ntapisseries de Bruxelles. A noter aussi l'étonnante hardiesse de ces artistes\nqui trouvent moyen d'accorder des couleurs semblant inconciliables, des\nroses et des bleus, des oranges et des violets, par d'imperceptibles décrois­\nsances de tons, comme le firent avec grand succès, au commencement de ce\nsiècle, les artistes japonais.\n   Des huit tapisseries exposées au Musée moderne, nous préférons de beau­\ncoup, comme ensemble, celle qui représente, si notre souvenir est exact, les\nfiançailles du légendaire fondateur de Rome. Le calme et la majestueuse\ntranquillité des personnages, la douceur et l'harmonie des couleurs et des\nlignes donnent une étonnante impression de quiétude et de paix, recher­\nchée si souvent en tapisserie et obtenue ici merveilleusement.\n   Des félicitations donc bien vives à MM. Cardon, et nos remerciements\npour le plaisir que de telles œuvres nous ont donné.\n\n                                       IV\n     LES ALBUMS DE PHOTOGRAPHIES DE JESSURUN\n                  DE MESQUITA (*)\n   Un Hollandais au nom sonore, M. José Jessurun de Mesquita, vient\nd'avoir la très artiste et audacieuse idée de réunir en trois albums de grandes\nplanches photographiques, les merveilleux bas-reliefs égyptiens du Musée\nde Leyde. Ce ne sont point des photographies ordinaires que nous présente\nen le premier album qui vient de paraître, M. de Mesquita. L'auteur ne\ns'est point contenté de serviles reproductions de ce qu'il voyait, mais par\nd'étonnants éclairages, avec d'inattendus effets de lumière, d'inquiétantes\nobscurités et des clartés soudaines, il est parvenu à grandir encore l'éternelle\nmajesté de ces bas-reliefs et à faire de ses planches une sorte d'évocation de\nl'art égyptien tout entier, plutôt que d'exactes et froides reproductions de\nquelques sculptures déterminées. Nous nous rappelons, entre autres, une\nplanche particulièrement mystérieuse et grande de ce premier album, en\n\n (*) Le premier album contenant 12 planches, a paru récemment 23, Burmanstraat,\nAmsterdam.\n"}, {"page_pdf": 243, "texte": "                                  — 214 —\n\n\nlaquelle des pharaons de pierre, au geste immobilisé, semblent désigner de\nleur sceptre l'ouverture béante d'un tombeau constellé d'hiéroglyphes.\nRemarquable surtout par le surprenant éclairage qui en fait une sorte de\nvision étrange ainsi que certaines lithographies de Redon, cette planche\npourrait, nous semble-t-il, servir de frontispice aux albums de M. de Mes­\nquita. C'est, en effet, comme le portique de ce royal hypogée en lequel nous\nallons descendre et où nous voyons reproduits à côté de divinités colos­\nsales et des pharaons tranquilles, au sourire éternel, toute la suite des céré­\nmonies funéraires en usage dans l'ancienne Egypte.\n   Surtout, nous admirons entre toutes ces planches, une inflexible tête de\ndéesse au col cerclé plusieurs fois d'anneaux d'or serrés entre eux, sembla­\nbles à un enroulement de vipères, au profil de forme parfaite, à l'œil large\nouvert, impénétrable, aux lèvres méprisantes, gonflées de hautaine indiffé­\nrence, et qui nous fait penser à un chef-d'œuvre de Félicien Rops, sculpté\ndans du marbre noir.\n   Bien des planches encore seraient à décrire, mais, faute d'espace néces­\nsaire, nous nous bornons à mentionner une étonnante statue de déesse assise\nen un majestueux fauteuil, avec, au dessous d'elle, une guenon accroupie,\ndes profils et des bustes de prisonniers au crâne allongé, aux longues\nbarbes, analogues déjà et presque identiques aux apôtres des fresques de\nGiotto et des primitifs italiens, de fantastiques oiseaux aux ailes déployées au\ndessus des momies, se rapprochent également de certaines peintures byzan­\ntines — renvoyant, pour le reste, les artistes aux remarquables albums\nde M. de Mesquita.\n                                                   GEORGES D E S T R É E .\n\n                                      V\n                         AU SALON DE PARIS\n   Il est, m'a-t-on assuré, de nombreuses personnes qui, de bonne foi,\naffirment n'avoir pas vu le Salon de cette année. Qu'elles se détrompent !\nElles l'ont vu aussi bien que moi-même, mais les œuvres exposées y sont\ntellement peu impressionnantes qu'elles ne s'en souviennent plus. Pour ma\npart, il m'a fallu y retourner souvent et prendre beaucoup de notes pour\nfournir à la Jeune Belgique un article de longueur raisonnable. Le Salon\nde 1889 est le Salon de 1888; les artistes n'ont pas cru devoir changer les\ntoiles exposées, seul le millésime a été modifié, et les tableaux vendus ont\nété retirés; oh! un fort petit nombre, remplacés d'ailleurs par d'autres,\nd'une égale médiocrité.\n   Je ne veux parler que de ces quelques tableaux nouveaux, dont plusieurs\ndénotent de louables efforts, une certaine sincérité artistique, et parfois\nmême présentent quelques véritables qualités d'exécution.\n   Parmi les Belges, très peu et très mal représentés, les noms de Mlle d'Ane­\nthan : deux toiles où se trouve son goût aristocratique un peu mièvre, mais\ndistingué; de Baertsoen, de Franz Charlet, qui m'a paru fort en progrès avec\nses paysans de Marken qui se souviennent trop pourtant du maître Mellery,\n"}, {"page_pdf": 244, "texte": "                                 — 215 —\n\n\net pour ne m'arrêter ni à Herbo, ni à Van Beers, le nom de Den Duyts,\nqui évoque les paysages crépusculaires des Flandres dans l'assoupissement\nendolori des automnes fauves.\n   Les Français ne sont guère plus brillamment représentés : le Salon appar­\ntient aux Bouguereau, aux Bonnat, aux Carolus Duran; les maîtres le\nfuient avec horreur ; Puvis de Chavannes même l'a déserté, et, parmi les\njeunes, sauf deux ou trois dont nous allons passer en revue les envois, ils\nne se présentent même pas, certains d'être refusés, et s'en vont exposer\nailleurs.\n   Au tout premier rang de ces jeunes : M. Billotte avec de mélancoliques,\nde rêveurs, de hantants recoins des banlieues désolées ; M. Ary Renan avec\nson merveilleux paysage de la Mer Morte où comme des silhouettes de\nsonge, se dressent les hautes et vagues statures de Jacob et de Rachel ;\nM. Damoye, M. Dagnan-Bouveret, consciencieux et chercheurs, que déjà\nl'opinion publique désigne pour la médaille d'honneur ; M. Carrière surtout\ndont les portraits ou les scènes intimes ont quelque chose d'âpre, d'éner­\ngique, de puissant, mais qu'il a la désagréable coutume de noyer dans\nd'inexplicables buées.\n   Mme Roth nous montre un portrait hautain et austère, peint en une har­\nmonie de tonalités sombres; Fantin-Latour est le même irréprochable\nartiste, toujours, un peu sec, quasi-calviniste, sans rien qui nous surprenne\nen son portrait peint à l'huile, comme en ce joli pastel qu'il a intitulé :\nSonge.\n   M. Besnard a exposé, au bord d'une mer sirop de groseilles, une singu­\nlière « Sirène » qui me paraît être plutôt une chiffonnière malade. C'est là\nune des plus prodigieuses erreurs de cet artiste distingué, qui se retrouve\ngrand et maître de lui dans son très bel envoi à l'Exposition universelle ;\nM. Roll, cet étonnant impressionniste académique, a aussi réservé à l'Expo­\nsition universelle le meilleur de son œuvre, et les tableaux du Salon ne\nmontrent que bien imparfaitement son curieux talent.\n   Il y a dans le Palais de l'Industrie une exposition parmi l'Exposition\nmême : dispersées dans les salles de dessin comme dans les salles de pein­\nture, nous rencontrons quatre toiles qui ne sont plus d'un médiocre, ou\nd'un sympathique seulement; elles sont d'un maître, et d'un puissant!\n   Dans un coin de salon moderne, vaste pièce à tapis épais de laines\ndiverses et crépues, aux portes-fenêtres peintes en blanc, par où pénètre\nun matinal rayon, au pied d'une table noire que fleurit un vase au bouquet\nbleu-pâle d'hortensias, se tiennent deux jeunes filles d'un vingtaine d'an­\nnées, vivantes et veloutées, l'une aux cheveux un peu châtains, l'autre aux\ncheveux un peu blondissants au soleil ; celle-ci près d'une fenêtre et pre­\nnant des fleurs au bouquet, celle-là assise un peu en arrière, les mains aux\ngenoux, avec, sur son visage, toute la vivacité de sa causerie : tel le très\nsimple sujet du tableau de Raffaëlli, que le catalogue dénomme : Portrait\nde Judith et de Gabrielle; telle l'occasion pour le peintre de nous éblouir\nd'une merveille de délicatesse, de nous donner une vive impression d'art\nraffiné et attendri.\n"}, {"page_pdf": 245, "texte": "                                 — 2l6 —\n\n   Malgré le récent portrait d'Edmond de Goncourt, malgré cette déli­\ncieuse « Matinée », toute en une gamme de tonalités douces et blanches,\nnous ne nous attendions que peu à rencontrer en M. Raffaëlli l'artiste au\nfaire minutieux que les portraits de cette année nous révèlent ; il restait\ntoujours pour nous le peintre des déclassés de barrière, une sorte de Daumier\ndes déjetés de la vie, et, de fait, tel nous le montre bien encore son autre\nenvoi : ces Buveurs d'absinthe, terrifiants, silencieux dans le calme des\nbanlieues que le crépuscule assoupit, le cerveau obsédé déjà par les noc­\nturnes conseils du breuvage pervers.\n   Cette œuvre, d'une observation aiguë et précise, se place parmi les plus\nremarquables de cette belle série des « Types de Paris », que le Figaro a\npubliée récemment : il y a là une rare intuition de ce qui fait l'éternelle\nbeauté de notre existence quotidienne et ce sincère sentiment de la souve­\nraine grandeur en même temps que la perfection de l'exécution classe\nM. Raffaëlli parmi les plus remarquables de nos artistes contemporains.\n   A cette série des « Types de Paris », où il a si originalement noté toutes\nles petites turpitudes de notre société actuelle pour les transfigurer en un\nglorieux chant d'amour et d'espérance fière, se rattachent les deux œuvres\nexposées aux dessins : le repos du Terrassier à la carrière, dans la note\ndes terrassiers qu'il nous a déjà montrés autrefois, et cette prestigieuse\nLeçon de chant, où il a fixé l'attitude gauche de petites filles qui, malgré\nleur native moquerie, en dépit qu'elles en aient, se trouvent intimidées et\ncraintives devant ce grand diable de professeur velu, qui, le pied sur le bar­\nreau d'une chaise, accorde lourdement son violon grinçant.\n   Les sections de gravure, de dessins, de pastels renferment peut-être des\nmerveilles, mais elles sont si mal exposées que je n'ai pu les voir, et pour la\nsculpture, à part de curieuses mais inhabiles recherches de M me Besnard,\nil ne s'y trouve rien d'intéressant, sauf pour ceux qui s'intéressent à la\ngrosse querelle des deux Jeanne d'Arc, celle de Frémiet, retouchée, et celle\nde Dubois, si inférieures l'une et l'autre à la grande Pucelle Jde l'histoire !\n                                                   ANDRÉ FONTAINAS.\n"}, {"page_pdf": 246, "texte": "                                       —       217\n\n\n\n\n                                MEMENTO\n  Au concours de la Revue Générale, le           à Paris, 70, faubourg Saint-Honoré.Tout ce\npremier prix vient d'être attribué à la nou­     qui concerne la rédaction et l'administra­\nvelle de Max Waller intitulée Daisy.             tion doit être envoyé à MM. Schott et Ce,\n                                                 à cette adresse.\n                                                    M. Maurice Kufferath abandonne la di­\n                                                 rection et reste correspondant bruxellois\n   On nous dit qu'en dressant la liste des       du journal : une espèce de gouverneur\narticles sur Max Waller nous avons oublié        général en Belgique.\nde mentionner celui de la Société nouvelle,\nsigné Arthur James.\n   Si parmi les revues et journaux mention­\n                                                       Le Théâtre libre a représenté l'Ancien,\nnés dans notre dernier numéro, nous avons\n                                                     un acte envers de Léon Cladel ; Madeleine,\nomis la Société nouvelle, c'est qu'elle avait\n                                                     drame en trois actes, en prose, d'Emile\ndevancé les autres dans notre souvenir;\n                                                     Zola Les Inséparables, comédie en trois\nc'est que nous pensions l'avoir citée déjà.\n                                                     actes en prose de Georges Ancey.\n   Oublié n'est donc pas le mot.\n   Nous ne pourrions oublier une revue\namie dont la partie artistique est vouée\ntoute aux jeunes et aux anti-officiels. Lire            M. Charles Buet, l'auteur du Prêtre, a\nnotamment l'article publié dans sa livraison         fait, le mois dernier, une tournée de confé­\nd'avril sur la littérature à la Chambre.             rences en Belgique. Il a parlé du mouve-\n                                                     ment littéraire moderne et de Barbey\n                                                     d'Aurevilly.\n   Un de nos collaborateurs, M. Jules Van­\nder Brugghen, a fait représenter, le 4 mai\ndernier, à une soirée organisée par un\n                                                        A propos de la conférence de Catulle\ncercle littéraire, un acte en prose, Edmonde,\n                                                     Mendès à Louvain, conférence organisée\nqui a été fort applaudi. La donnée nous en\n                                                     sous les auspices (s'écrit aussi : hospices)\na semblé légèrement controversable et cer­\n                                                     du bon M. Tilman, la revue gantoise, le\ntaines scènes réclament des corrections,\n                                                     Magasin littéraire manifeste un étonne­\nmais, en somme, le paradoxe est soutenu\n                                                     ment légitime et rappelle la façon assez\navec grâce et dans une langue inusitée au\n                                                     peu propre — ce sont les termes de notre\nthéâtre.\n                                                     confrère — dont M. Tilman combattait au­\n   La plus grande part du succès d'inter­            trefois M. Catulle Mendès. Voici ce qu'il\nprétation revient à Mlle Rosine Dewulf qui           disait de l'auteur du Roi Vierge :\na joué le difficile rôle d'Edmonde avec infi­\n                                                        « Il s'est rencontré un écrivain, Catulle\nniment de tact, de délicatesse et d'esprit.\n                                                     Mendès, assez dégradé pour consacrer son\n                                                     temps et sa plume à la psychologie de\n                                                     l'amour : non pas de cet amoursain, vigou­\n  Comme nous l'avions annoncé : Men-                 reux, sacré, qui a présidé à notre berceau,\nsonges, le roman de Bourget a été mis en             mais de l'amour aux fascinations savantes,\npièces au Vaudeville.                                aux subtils détours, à l'usage des tempéra-\n                                                     ments désorganisés. Et il s'est rencontré\n                                                     un Jeune-Belgique assez peu dégoûté pour\n  Le Guide musical émigré à dater du                 faire de cette saleté un compte-rendu écla­\npremier juin ; sa rédaction sera transférée          tant d'éloges et de basses flatteries.... En\n"}, {"page_pdf": 247, "texte": "                                        — 2l8     —\n\nvérité, pour analyser les ignominies de              Aux petits des oiseaux il donne la pâture\nMendès, il faut avoir perdu, je ne dis pas           Et sa bonté s'étend sur... la magistrature,\nle sens du beau »... (Eh ! Eh !)... « mais le   comme on dit dans une revue célèbre.\ndernier grain du bon sens, la dernière             Le Samedi contient aussi des chroniques\nflamme de l'honneur, la dernière inspira­       signées Henry La Rivière et dont voici un\ntion de la droite nature. Ah! quand             paragraphe :\nl'homme n'est pas esprit, c'est un bien vi­        « J'aurais voulu vous entretenir longue­\nlain animal... »                                ment de la brillante saison musicale qui\n   « Salut aussi à Catulle Mendès! Il vient     vient de finir, et des services éminents que\nde publier Zó Har, la plus infâme polis­        MM. Dupont et Lapissida ont rendus,\nsonnerie qu'il soit donné à un libertin de      depuis dix-sept ans, à l'art en général et au\nmettre au jour. »                               théâtre de la Monnaie en particulier; j'au­\n   Voici que M. Tilman devenu, à son tour,      rais voulu dire aussi quelques mots aima­\nun bien vilain animal, invite ce libertin à     bles de chacun des pensionnaires de notre\nvenir chez lui. — Il est bon d'ajouter que      Opéra, mais, malheureusement, je dois\nle libertin accepte. — Quel coquin de prin­     laisser ces détails, n'ayant aujourd'hui\ntemps a donc projeté son souffle chaud          qu'une trentaine de lignes à ma disposi­\nsur la flamme de « l'honneur à M'sieu           tion. »\nCharles » ?                                        Dix-sept ans de services éminents rendus\n   La bête à groin du faubourg Saint-An­        à l'art ! Il appelle cela un détail I Oh ! oh ! il\ntoine lui aurait-elle fait des propositions     va bien le critique. Continuez, jeune homme,\nmalhonnêtes, et M. Tilman se faisant er­        et quand vous vous serez un peu perfec­\nmite galant, aurait-il trouvé dans les polis-   tionné dans l'art de lire et d'écrire, tâchez\nsonneries de M. Mendès son petit « porc         donc d'apprendre à corriger vos épreuves,\nde salut »?                                     car il y a des coquilles épouvantables dans\n   Eh! E h ! Charles, petit cochon, te v'là     votre revue, et cela sent très mauvais les\ncollé mon bon ! !                               coquilles, surtout quand il y a des petites\n                                                bêtes dedans.\n\n\n\n   Une intéressante campagne d'art drama­          La Plume, une très jeune revue pari­\ntique et lyrique se prépare pour l'hiver        sienne, publie dans son troisième numéro\nprochain à l'Alhambra.                          un article intéressant au point de vue ànec-\n                                                dotique sur le Cercle des Hydropathes qui\n   11 y a de l'argent en caisse et un artiste\n                                                devint celui des Hirsutes en 1881, où pas­\nà la direction. Cet artiste est M. Lapissida.\n                                                sèrent, entre autres, Goudeau, André Gill,\n                                                Verlaine, Francis Enne, Rollinat, Ch. Mo­\n                                                rice, Moréas, Rameau, Bouchor, e t c .\n   Un nouveau petit confrère nous est né\ngigottant et vagissant : le Samedi. Son\ndirecteur qui se nomme Henry La Rivière            Les personnes qui désirent une repro­\n— fichu nom dans un pays où la littérature      duction en plâtre du médaillon de Max\nfait si facilement naufrage — prend la peine    Waller exposé à l'Essor, sont priées de s'a­\nde nous informer que SON ESTHÉTIQUE             dresser à M. Jules Lagae, à la Maison\nn'est pas du tout la nôtre. C'était inutile.    blanche, place Sainte-Croix, Ixelles.\n   Les deux premiers numéros du Samedi\nqui est — n'oublions pas de le dire —\nbroché en superbe jaune serin, contient de        M. Henry Degroux va faire reproduire\nla prose de MM. Edm. Cartier et Adolphe         par la photographie sa superbe Procession\nLeclercq, des vers de Théo Hannon. Tou­         de Machelen exposée dernièrement aux\njours paternel Hannon:                          XX.\n"}, {"page_pdf": 248, "texte": "                                         — 219 —\n\n   Cette reproduction ne se fera qu'à un            Avant d'emballer l'orchestre dans ses\npetit nombre d'exemplaires au prix de vingt       housses et de mettre les symphonies,\nfrancs. La photographie aura un mètre de          comme les fourrures, en conserve, M. Du­\nlongueur.                                         pont nous a donné, au Concert populaire,\n   Les personnes qui désirent souscrire           une belle et solide complète lecture du\nsont priées d'en informer le directeur de         premier acte de Siegfried, trois scènes dont\nla Société des Arts graphiques, rue Keyen­        le superbe dialogue des énigmes entre\nveld, 73. C'est aux Arts graphiques qu'a          Mime et Wotan et le tableau final du for­\nété faite la reproduction du portrait de Max      gement de l'épée où chantent dans un indes­\nWaller que nous avons donné dans notre            criptible élan de vie toutes les voix polypho­\navant-dernier numéro.                             nes de la forêt de Siegfried. Exécution\n                                                  remarquable tant de la part de l'orchestre,\n                                                  nerveusement mené, que de la part des\n                                                  interprètes: MM. Engel, Seguin et Gan­\n                                                  dubert.\n   L'exacte origine de Hans Memling avait\ntoujours été jusqu'ici entourée de doute,\nfaute d'indications précises ou complètes.\n   Plusieurs chroniqueurs le prétendaient\nétranger aux deux Flandres.                          Oh ! la musique folle, lascive et parfumée\n   Aujourd'hui la chose est certaine : Mem­       comme le printemps, la mélodie de lilas en\nling était allemand.                              fleurs, que chante dans le feuillage baigné\n   L'Athenœum de Londres nous apprend             de douce lumière a giorno , l'orchestre\nque vers la fin du XVe siècle, un clerc           du Waux-hall, pendant qu'au dehors, dans\nnommé Rombaut de Doppere, grand ama­              les chemins de pénombre, une allée et\nteur d'art, tenait un journal à Bruges, et à      venue de pas sur l'asphalte fait le bruit\nl'année 1494 on y lit le paragraphe suivant :     d'un ruissellement lointain !\n   « Die XI Augusti, Brugis obiit Magister           Les voilà rouvertes les rêveuses soirées\nJoannes Memmelinc, quem            prœdicabant    où la musique — qui n'est de la musique\nperitissimum fuisse et         excellentissimum   que certains soirs — berce les rêvasseries\npictorem totius orbis Christiani.      Oriundus   et les conversations de toutes sortes sous\nerat Mogunciaco, sepultus Brugis ad Ægi­          les branches inclinées de « l'Arabie. » On a\ndii. »                                            toujours dit que les chameaux avaient la\n   Donc, Hans Memling, inhumé à l'église          bosse de la musique ; mais les chameaux\n Saint-Egide, était originaire de Mayence.        ont deux bosses comme le Waux-hall a\n                                                  deux genres de programme. Il n'a donné\n                                                  jusqu'à présent que des soirées d'introduc­\n                                                  tion. Nous espérons pouvoir rendre compte\n   M. Ernest Huysmans a donné sa der­             prochainement des exécutions très artisti­\nnière séance de musique historique. Pro­          ques qui s'y préparent sous la direction de\ngramme intéressant consacré aux Belges :          MM. Flon et Marchot.\nHuberti, Mathieu, Léon Dubois, Demol,\nVieuxtemps, et... César Franck. Les inter­\nprètes, tous excellents et consciencieux\nartistes, étaient M mc Blauwaert, MM. Ler­\nminiaux, Huysmans, Huberti, Mathieu, la\nclasse de M. Merck et Mlle Aline Bauveroy\n                                               M. Victor Wilder dit qu'Esclarmonde,\nqui avait chanté la veille au Palais Rameau\nà Lille. Elle a toujours sa belle voix de   la nouvelle œuvre de M. Massenet, marque\nchair, son articulation classique et... son un progrès et indique une tendance du\ntrac.                                       compositeur à entrer dans les voies nou­\n                                            velles.\n                                               Accepté sous bénéfice d'inventaire.\n"}, {"page_pdf": 249, "texte": "                                              220\n\n\n                                                 même béotien, ou son frère, de s'écrier en\n                                                 manière de conclusion : « La Jeune Belgi-\n  On a joué au théâtre italien de M. Son-        que, qu'elle produise seulement un Antoine\nzogno à Paris, l'Orphée de Gluck : Orféo !       Clesse et alors, nous verrons !... »\n                                                 ' ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !   !\n                                                 ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !\n   M. Jean Dumon, flûtiste, professeur au          Une souscription est ouverte pour offrir\nConservatoire et secrétaire de l'Association     aux auteurs de ces deux mots : un char-\ndes Artistes musiciens, est mort subite­         don d'honneur.\nment le mois dernier, à Bruxelles. C'est lui\nqui avait fondé le quatuor d'instruments à\nvent et piano, dit grand quatuor du Conser­         Merci à l'Organe progressiste de Char­\nvatoire, auquel nous devons l'exécution          leroi et à son collaborateur Maurice Desom­\nd'oeuvres intéressantes classiques et moder­     biaux qui manie l'encensoir avec une telle\nnes. C'est lui aussi qui organisa ces audi­      vigueur que nous en avons tous des\ntions de musique historique auxquelles           « bleus » au nez. Rien du maître de la\ncollaborèrent Mlle Elly Warnots, MM. De­         foire aux pains d'épices littéraires.\ngreef, Agniez, e t c . .\n\n                                                    Merci à la Pléiade de Paris qui, sous\n                                                 cette rubrique : Journaux        et    Revues,\n  La Jaune Revue de Belgique fait des            mentionne la Jeune Belgique.\nimpolitesses à sa cadette la Jeune. La              Voici le sommaire de son numéro de\nJeune est inquiète et serait enchantée d'a­      mai-juin :\nvoir des nouvelles... de la santé de cette          Brinn' Gaubast : Réplique à M. Henry\nbonne vieille.                                   Fouquier. — Paul Roinard : l'Éternelle\n  Pas malade n'est-ce pas?                       Chanson, poésie. — S a i n t - P a u l Roux :\n                                                 Le Bouc émissaire, poème. — Edouard\n                                                 Dubus : In memoriam, quatorzain. —\n                                                 Charles Morice : La littérature de tout à\n                                                 l'heure (fragments). — Julien Leclercq : A\n                                                 la Présente, poésie. — Louis Dumur : Le\n                                                 Froid, poème. — Jean Ajalbert : Frag­\n   Deux mots rapportés d'un petit voyage         ments d'un poème. — G. Albert Aurier :\nen Béotie :                                      Le Salon de 1889. — L. P. de B'. G : Ca­\n                                                 lendrier (livres, théâtres, beaux-arts, échos\n   On parlait du procès de Mons et du\n                                                 divers).\ntalent d'un des défenseurs : « Bah ! dit quel­\nqu'un, c'est un saltimbanque et un poseur           Bureaux : 18, rue Duperré, Paris.\nsorti de ce cercle d'admiration mutuelle\nque forment à Bruxelles la Jeune Belgique\net le Journal des Tribunaux. »                      Nous rendrons compte, dans notre pro­\n! ! ! ! ! ! 1 ! ! ! ! ! ! ! !                    chain numéro, de Ressort cassé et des\n   On parlait de littérature et le nom de        Feuilles d'Album de M. Hector Van Doors­\nJeune Belgique ayant été prononcé, le            laer.\n"}, {"page_pdf": 250, "texte": "                 Anthologie              Contemporaine\n   Prix du volume : Belgique, 15 centimes (franco). — France, 20 centimes (franco) —\n                                L'Etranger, 20 centimes.\nIl paraît un volume toutes les semaines et une série de 12 volumes tous les trimestres.\n                BELGIQUE: Fr    1-50.— FRANCE ET ETRANGER : Fr      2-25.\n    Direction et Administration : ALBERT DE NOCEE, 69, rue Stévin, Bruxelles.\n           Parus au 1 e r janvier 1889 : 60 volumes soit 5 séries de 12 volumes.\n\n\n\n\nA         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n    de        BlOCK'S             Universal                   Wine             C°\n                   6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA BOURSE)\n\n\n\n E       n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n          MANDE par notre excellent décorateur, C H . - L É O N CARDON,\n          nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal-\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n   cines, 16, à Paris; publie PASSIONNÉMENT, par ALBERT DELPIT\n   et LES DIABOLIQUES, par BARBEY D'AUREVILLY. Un numéro\n   2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente partout.\n\n\n      ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                    ÉPERNAY\n\n\n                                             Prix Courant\n                               Baron J. de Warnimont                               2 25\n                               Marquis Armand de St-Hubert . . . .                 2 75\n                               R O S É E J E U N E BELGIQUE                         3 00\n                               Crème d'Ay         id.                               3 5o\n                               Bouzy extra        id.         Cuvée réservée.       450\n                               Bouzy Cristal      id.                               5 00\n                                           o.5o en plus par 2/2 bouteilles\n                                       EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 25 BOUTEILLES\n\n                               Franco de port, droits et emballage dans tonte la Belgique\n\n             ENTREPOSITAIRE             : COULOMB-ROBIETS\n         ig, B o u l e v a r d du Nord, ig, à B r u x e l l e s\n"}, {"page_pdf": 251, "texte": "      LA JEUNE BELGIQUE\n                      REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\n formant au bout de l'année un superbe volume avec couverture spéciale et frontispice.\n\n                          Fondateur        : MAX WALLER.\n\nDirecteur : HENRY MAUBEL. — Administrateur                         : HUBERT VAN DIJK.\n\n Bruxelles : Rédaction : 72, rue de Trèves. —Administration, 26, rue de l'Industrie.\n\n                         ABONNEMENTS :\n  Belgique . . 7 francs par an. — Union postale . . fr.         8-50\n        Les conditions pour les annonces se traitent à forfait.\n\n\n                                       JUIN      1889\n\n\n                               SOMMAIRE:\nLe Prince qui sommeille .,                                      GEORGES DESTRÉE.\nVers                                                            ALBERT GIRAUD.\nLumières . .                                                    MAURICE DESOMBIAUX.\nBarbey d'Aurevilly                                              ALBERT GIRAUD.\nChronique littéraire :\n        Mon cœur pleure d'autrefois .                   .   .   ALBERT GIRAUD.\n         Un homme libre\n         Les légendes de la Meuse . .                   .   .   JULES DESTRÉE.\n        Japoneries d'automne\n         Lamiel                                                 ARNOLD GOFFIN.\n         Edmond Mauve\n          Gritte\n          Pizzicato                                             HENRY MAUBEL.\n        L'Anthologie     contemporaine                   des\n          écrivains français et belges.                 . .\nChronique artistique :\n        Les Aquarellistes\n                                                                JULES DESTREE.\n        Chez Vander Stappen\n        Exposition de tapisseries du XVIe\n          siècle au Musée moderne\n                                          GEORGES D E S T R E E .\n        Les albums de photographies de\n          Jessurun de Mesquita . . . .\n        Au Salon de Paris                 ANDRÉ FONTAINAS.\nMemento                                   ***\n\n                  Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1889-06-01", "preuve": "Juin 1889, numéro 5, couverture PDF 216 ; aucun jour imprimé."}}