{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "9e ANNÉE. TOME VIII, N° 6.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 252, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 514, "texte": "9e ANNÉE.   TOME VIII, N° 6.      PRIX : FR.   0-.75             JUILLET   1889.\n\n\n\n\n                                       BRUXELLES\n                               REDACTION :              ADMINISTRATION:\n                           72, RUE DE TRÊVES,          26, RUE DE L'INDUSTRIE,\n\n                                           PARIS\n                                 LÉON    V A N I E R , ÉDITEUR\n                                        10, Quai Saint-Michel\n\n                                                1889\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-016", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "pour Gicelle", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La direction rappelle", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 253, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1610, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n\n  27. — A L'AUTEUR DE « L'AMOUR DU BLEU ». Vous avez raison : la vie est un trou sombre.\nHeureusement, il vous reste l'amour du bleu :\n                                    P'tit bleu, p'tit bleu [bis]\n                                    Ça vous ravigotera, mon ami.\n   28. — ERLKŒNIG. — Pas mal. mais très déjà lu. Ne confondez pas les mille voix de\nl'automne avec l'automne de Millevoye.\n   29. — J.-L. — Même observation. Vous avez l'imagination du sonnet, mais vous n'y\nmettez rien encore. Travaillez, et revenez.\n   30. — T. NIHIL. — Comment se fait-il que vous écriviez au Bois de la Cambre des vers\nbons à être mis au cabinet ? Nihil Mirari. Il ne faut pas admirer Nihil.\n   31. — PANURGE. — Vos moutons sont devenus enragés, mon pauvre vieux. Vous faites\nquatre pages de vers parce que nous ne vous avons pas inséré. Facit indignatio versum.\nNous tenons à faire passer à la postérité l'apostrophe que vous lancez à la Jeune\nBelgique :\n                            Tu n'es pas l'héroïque et superbe puceau\n                            Qui baisait Jeanne d'Arc!,..\n   Diable ! Voilà un renseignement qui a sa valeur. Ainsi Jeanne d'Arc était baisée par un\npuceau ? Mais alors elle n'était pas pucelle, et lui n'était pas puceau. Envoyez-nous des\ndétails, dans l'intérêt de l'histoire de Jeanne d'Arc.\n   32. — EMMANUEL H..., BARDE FLAMAND. — C'est exact. Albert Giraud traduit, en flamand,\nl'Art en Exil de Georges Rodenbach. Titre : Kunst naar den Oost.\n   33. •— CHARLES BUET. — Merci pour manuscrit reçu. Passera prochainement. Idem\npour Gicelle.\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-017", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis de la direction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "La direction rappelle", "ancre_fin": "leur sera remboursé", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ABONNEMENT GRATUIT", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 253, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1610, "fin_caractere_exclue": 2291, "texte": "La direction rappelle aux lecteurs de La Jeune Belgique qu'elle assume\nseule la responsabilité des articles qui paraissent sans signature dans la\nrevue. Ils n'ont en aucune façon un caractère collectif ou anonyme.\n   Elle prie ses collaborateurs de lui adresser la copie au plus tard le 20\ndu mois afin d'assurer la publication régulière de la revue.\n   Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n\n  NOS NUMÉROS 2 et 3 sont épuisés.\n  Afin de satisfaire aux nombreuses demandes d'abonnement qui nous\nparviennent, nous prions les personnes qui ne collectionnent pas la Jeune\nBelgique de vouloir bien nous renvoyer ces numéros dont le prix leur sera\nremboursé.\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 221, "page_fin": 226, "titre_corps": "Proses lyriques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "PROSES LYRIQUES", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 254, "page_imprimee": 221, "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1824, "texte": "PROSES LYRIQUES\n                                                          A CAMILLE R***\n\n\n\n\n                                Ce soir de tristesse et de joie, — ce soir victo­\n                                 rieux où mon âme errait hors d'elle-même,\n                                 parmi l'obscurité désaltérante, tes caresses\n                                 consumèrent le mur d'insouciance que j'édi­\n                                 fiai entre moi et les afflictions anciennes.\n                                    Je revis le jardin, délaissé naguère, — le\n                                 jardin printanier et splendide de ma jeu­\n                                 nesse, dont j'avais moi-même piétiné et\n                                 arraché les fleurs ; — des fleurs y germaient,\n                  encore, à l'ombre, loin des brutalités solaires, — des\n                  fleurs modestes, amarantes, grises et violettes, — des\n                  fleurs nocturnes, d'une beauté funeste et doucement\n                  douloureuse.\n                     D'un pas lassé et à peine raffermi, je parcourus ces\n                  allées familières qui, suavement accueillantes, m'entre­\n                  tenaient d'un bonheur et de plaisirs évanouis. Et, sous\n                  les outrages des jours d'abandon, la lente ruine de\n                  l'oubli, à mes yeux, le passé, cependant, clairement se\n                  manifesta et au travers les pâles brouillards qui les\n                  ennoblissent, les allégresses initiales, un instant, me\n                  réapparurent.\n  Ta tendresse m'a rouvert ces lieux, dont je m'exilai, jadis. Mes mains,\npourtant, ont respecté la morose somptuosité de leur parure nouvelle ; je ne\n                                                                       15\n"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 222, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2074, "texte": "                                    222\n\n\nprofanerai pas l'œuvre mystérieuse de la nuit ; le parfum des fleurs d'antan\ns'émane, épuré, de ces fleurs taciturnes, et je veux m'en enivrer sans peur et\nsans remords.\n   — Oui, c'étaient les mêmes caresses et de peut-être plus éloquentes\nparoles, — les mêmes, — mais quelque chose s'y mêlait que je ne recon­\nnaissais pas... Ainsi donc, chère Ame, je resterai muet et les souvenirs que\ntu réveilles, mes désirs et mes peines ne te seront jamais révélés, — ni,\nmême, l'amour que tu m'inspires.\n\n                                      II\n\n    Sois mon frère, — sois mon maître, — rends-toi exorable à ce cœur dont\nla convalescence inquiète s'intimide de le sentir battre et espérer encore.\n    Remplis-moi de certitude, d'un paisible bonheur et efface ce pénible et\nmachinal sourire; — qu'à ton souffle adorable tout s'évapore et se trans­\nforme de l'atmosphère amollissante et subtile, qui me grisa d'une ivresse\nillicite.\n    Tes mains prestigieuses sur mon front, dissiperont l'anarchie des songes\nqui me terrorisent ; — ta bouche purifiera mes lèvres prostituées ; — aux\nrayons de tes yeux étonnés et chimériques, refloriront mes tendresses aigries\net mes désirs écrasés.\n    — Ah! vivons les fenêtres au large ouvertes! Ne dédaignons plus la forte\net simple félicité qui s'offre : aimons-nous avec nos cœurs rajeunis, — avec\nnos cœurs d'enfants, vierges, doux et ingénus et que ce soit un rafraîchis­\nsant amour, — chaste et si candidement fier.\n\n\n                                     III\n\n                               DUPLICITÉ.\n\n  Tu laissais, auprès de moi, s'épanouir la grâce belliqueuse et juvénile de\nton génie, la fougue enjouée, la pétulante et savoureuse gloire de ton âme\nexcessive.\n  Tu m'avais asservi, courbé sous ton ascendant vainqueur; c'est dans tes\nyeux, créature hybride, que je puisais la force et la patience, — dans tes\nyeux fauves, éblouissants et fous.\n  — Pourquoi prononçai-je des paroles décisives? Ton indifférente indul­\ngence me supporte encore, — ta Pitié élude, mais ces périphrases ambiguës\n"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 223, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2153, "texte": "                                   — 223 —\n\n\net l'évasive acrimonie de ton sourire, si séduisant naguère et si tendre,\nrépondent suffisamment au regard suppliant qui t'interroge.\n\n   Hélas! j'adorais en toi la forme incarnée d'immarcessibles Rêves!\n\n\n                                       IV\n\n                                   FEINTE\n\n   Je déteste ton rire, aujourd'hui : mon âme se contracte douloureuse­\nment. Dans tes yeux railleurs, dans l'ironie lointaine et incendiaire de tes\nyeux, plus rien ne survit des serments d'autrefois. — Ton rire, rouillé par\nles larmes contenues et qui grince, ton rire gerce ta lèvre.\n   Je sais bien que, sous cette âcre allégresse, se cachent les vertiges, le lac\namer et glacé d'une incompressible rancœur ; mais pourquoi me la dérober\nderrière le décor faux et criard de cette discordante Joie?\n   Tu endures une Passion secrète ; ton cœur stoïque saigne, orgueilleuse­\nment, au milieu du silence obscur... Oh! affranchis-toi de toute fierté sté­\nrile et plains-toi, — pleure !\n\n\n                                      V\n\n               LE MARTYRE DE SAINT-SÉBASTIEN\n\n   Dans le deuil eucharistique du soir, abandonné, enfin, par les victimaires\net si las de tant d'héroïsme, l'enfant lève ses beaux yeux de ferveur et d'in­\nnocence vers la cruauté impavide du ciel, — et, quoiqu'il s'immole simple­\nment et sans murmure, malgré lui, en son regard mouillé, un timide et\nboudeur reproche affleure de le laisser souffrir ainsi.\n   Au pied de la montagne propitiatoire, s'étend la ville de Joie et les\nrumeurs nocturnales passent entremêlées de subites acclamations popu­\nlaires. Le cœur gros, il devine la marche traînante des foules par les rues\nrépandues, les flambeaux odoriférants qui embrasent d'or le fronton des\nédifices.\n   Les flèches barbares ont transpercé son cou angélique ; ses blessures sai­\ngnent et teignent de vivante écarlate sa noble poitrine palpitante. Sa vue\ndéjà se voile; il sent défaillir et s'alangourir ses mâles résolutions : une\ninvisible présence sature l'air de pensées impies et l'apeure... Mais, l'intré­\npide enfant se roidit, pour mourir les yeux ouverts et vierge de tout par-\n"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2183, "texte": "                                 — 224 —\n\n\njure... — Comme il est dur, pourtant, d'agoniser là, — tout seul — au\nmilieu des ténèbres !...\n\n  — Oh ! arracher le trait féroce qui meurtrit tes chairs endolories et étan­\ncher ton sang — ton pur et glorieux sang, — avec mes lèvres !\n\n                                      VI\n\n   De longues années, dans la pudeur réginale de son amour, elle s'est tue,\nimposant silence même à ses yeux, parant le deuil solitaire de son cœur,\navec une coquetterie pâle de poitrinaire; — pauvre lys, languissant et fri­\nleux, qui se hausse, se roidit sur sa tige, offre encore ses corolles flétries,\nson calice fané,;— aux caresses dédaigneuses du soleil.\n   Mais, enfin, un soir d'hiver, après une pesante et muette veillée pendant\nlaquelle, une fois de plus, elle a sondé la profondeur de la blessure béante,\nrespiré la frigorifique température de cet amour si semblable à de l'indiffé­\nrence, enduré la cruauté aveugle et distraite de l'halluciné radieux qu'elle\nchérit, sa factice résignation tout à coup se volatilise et sa prière clémente\nainsi s'exhale :\n   — Hélas ! hélas ! Tu composes des vers à mon immortelle renommée et\ntrès certainement, je me survivrai dans la mémoire des hommes, mais en\nattendant, — tu oublies de vivre, — de vivre et de m'aimer !\n\n\n                                     VII\n\n                          NUIT MAGNÉTIQUE\n\n   Je suis égaré dans de très nobles jardins seigneuriaux. Oh! comme elles\nse font doucereuses, comme elles s'insinuent, ces tentations, — de quelles\nformes enchanteresses elles transfigurent leur cendre immonde.\n   Ecoutez! Une musique paradisiaque, douloureuse et lancinante résonne,\n— des mélodies frissonnent, lointaines, disséminées et vaguantes parmi ces\ntrès purs jardins nocturnes, noyés de lumière surnaturelle, — m'arrivent\nainsi que les brises d'un Eden frais et parfumé, — qu'un signe peut recon­\nquérir, — ébranlent peu à peu et si mollement anonchalissent ma volonté,\nm'émeuvent d'un désir véhément et trop large pour mon cœur enfantin.\nCes harmonies flanent, pareilles à des fantômes attoucheurs, en ces froids\njardins vespéraux, s'éloignent, expirent, puis s'enflent, s'infléchissent, se\n"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2386, "texte": "                                 — 225 —\n\n\ngonflent, semblent tendre les voiles de soie pourprée de la barque divine,\némigrant vers les langueurs surhumaines.\n  Comme ces chants de harpe, frolées par des mains qui se pâment, ces\nhoules de musique dissolvent les fragiles résolutions, induisent aux lâchetés\nséduisantes, — vous versent l'ivresse héroïque de vivre et de mourir!\n  Dans l'énervement ineffable de la nuit hantée, des voix éparses m'ap­\npellent, des voix insidieuses, irrésistibles : — « Tu auras bien des jours\npour te repentir! Viens, viens chercher, entre nos bras, l'amour sans but\net sans fruit, — que sa stérilité purifie et divinise!... »\n\n  — Seigneur ! donnez-moi l'énergie et le courage !\n\n\n                                     VIII\n\n                              DÉVASTATION\n\n    Jadis florissait là une claire et vernale forêt, frémissante de vie ardente\n et volontaire, prismatique du na'if espoir de joies futures et perdurables.\n    Une nuit de luxure et de meurtre, du plus profond d'un obscur et nido­\n reux marécage, émergent des lianes vipérines, des plantes aiguës et ram­\n pantes, reptiles végétaux, gonflés de mordicante sève qui, sournoisement,\n se propagent, recouvrent la terre de leur parure prolifère et mortelle. Les\n arbres, libres et fiers, enlacés, bientôt, d'un réseau visqueux, de tous côtés\n pullulèrent des tentacules crispés et touffus, interceptant le jour, paralysant\n l'essor des ramures ; — et ainsi s'établit leur muet et parasitaire empire\n sur les frondaisons étouffées, parmi les halliers désolés et mornes. Les feuil­\n lages blancs et argentés cessèrent de bruire doucement, de bruire au souffle\n des brises aromatiques et les belles cimes arborescentes, épanouies au plus\n haut de l'air et ondulantes.\n    De grasses et fétides émanations s'enflammaient, de subites et flageolantes\n lueurs fusaient. Dans les ténèbres complices, à l'abri de la nuit suintante\n et moite, d'étranges et minérales pousses germaient dont s'épouvantaient les\n fauves; une profusion d'impudiques fibres, lancéolées et fardées, fluant des\n senteurs malignes ; — des pulpes hélobes, aux colorations moisies, d'où\n s'extravasaient de virulents toxiques, foisonnèrent, contaminant le sol,\n calcinant les racines : — une lèpre inerme et mollasse décima la Vallée\n d'émeraude.\n\n   Et l'œuvre néfaste accomplie, la sainte Forêt souillée, incinérée radicale-\n"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1580, "texte": "                                  — 226 —\n\nment, s'écroula tout d'un coup, et pesamment, ensevelissant sous son poids\nformidable les fleurs paludéennes et à cette place, s'installèrent, définiti­\nvement, — le Silence, la Mort et la Ruine.\n\n\n                                       IX\n\n                                THÉURGIE.\n\n   Quelqu'un que je ne vois ni n'entends, quelqu'un qu'effarouchent le bruit\net la lumière, — quelqu'un s'assied, auprès de moi, dans l'ombre soli­\ntaire.\n   Quand, aux heures de contrition angoissée, sous le deuil insomnieux des\nTénèbres, mon cœur s'inquiète et désespère, la soudaine et clandestine pré­\nsence de mon frère transmondain m'apaise et me rassure. D'un geste puri­\nficateur, il dissipe les grossières pensées temporelles qui m'effrayaient; puis,\nen sa langue musurgique, il me narre les histoires légendaires des empires\nsidéraux... Ce n'est qu'un indécis murmure; la musique triste et pensive\nd'un récit imaginaire; des mots chuchotes, perçus, à peine, par mon âme\nattentive et charmée, — des mots chuchotes d'une voix fantômale et\nneutre, d'une blonde voix qui vibre en moi-même, me pénètre d'un trouble\nextatique et mortel.\n   Mais, quelquefois, au milieu d'une fête dévergondée et tumultueuse,\nfurtif, mon céleste frère vient s'installer à mes côtés et tout à coup, alors, le\nlustre emprunté du décor abject s'abolit, — tout ce que j'aurais voulu\noublier et taire reflue en ma mémoire, et nostalgiquement, me courbe et\nm'agenouille, — au souvenir de mon blasphème.\n\n                                                       ARNOLD GOFFIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 227, "page_fin": 229, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Arnay", "ancre_debut": "VERS L ÉTRANGE PARFUM", "ancre_fin": "ALBERT ARNAY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La Nativité", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 260, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 839, "texte": "VERS\n      L'ÉTRANGE PARFUM\n\nToute en rose, dentelle et gaze,\nElle s'incline lentement\nVers la fleur qui languissamment\nSe meurt dans Veau de l'ancien vase.\n\nO ce parfum qui balbutie\nD'étranges autrefois d'amour !\nC'est fugace tel un clair jour\nOù tout à vivre s'initie!\n\nO ce relent qui rit et pleure\nAinsi qu'une aurore d'avril!\nC'est comme un rêve puéril,\nCela vous endort comme un leurre!\n\nElle se sent — ô nonchalance —\nMourir un peu comme la fleur\nDont sa main pâle a la pâleur\nEt sa lèvre la défaillance!\n\n\n          POUR SES YEUX\n\nVos yeux étincelants ou froids\nOnt la splendeur des dalmatiques,\nLa fraîcheur des aubes rustiques :\nVos yeux sont comme des orfrois.\n\nAux moires vagues de l'onyx\nJoignant la lumière très pâle\nD'une capricieuse opale,\n Vos yeux sont profonds comme un       Styx.\n"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 885, "texte": "               — 228 —\n\nIls ont la blancheur des jasmins\nDans l'ombre molle des tonnelles,\nLe charme lent des vilanelles\nLa plainte tendre des carmins.\n\nMais, ô chère, vos yeux sont las\nDe nos fêtes piètrement folles,\nDe nos macabres paraboles\nEt de nos mots à falbalas.\n\nVos beaux yeux sont pleins d'infinis\nDe chants d'oiseaux, de fleurs blessées,\nDe larmes en vain dépensées\nEt du soir des bonheurs ternis.\n\n\n\n\n               CE SOIR\n\n\nLe soir fatigué   d'attendre\nAux horizons de rubis\nRentre les lentes brebis\nDe mon Passé chaste et tendre.\n\nRêveuse, la Nuit sereine\nDescend les blancs escaliers\nDe ses palais familiers\nAvec des façons de reine.\n\nAvec des douceurs douillettes,\nDe ses incertains doigts bleus\nElle entrouvre dans mes yeux\nSes étranges violettes.\n\nJe sens que ferment leurs ailes\nLes colombes de mon cœur\nJ'entends s'endormir le chœur\nDe mes amours autour d'elles.\n"}, {"page_pdf": 262, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 308, "texte": "                                  —   229 —\n\n\n                 Et mes roses d'ignorance\n                 Laissent leurs pétales blancs\n                 S'envoler si lents, si lents,\n                 Aux jardins de mon Enfance!\n\n                                                     ALBERT ARNAY.\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 229, "page_fin": 231, "titre_corps": "La Nativité de Notre Seigneur", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Eugène Demolder", "ancre_debut": "La Nativité", "ancre_fin": "EUGÈNE DEMOLDER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 262, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 308, "fin_caractere_exclue": 2185, "texte": "La Nativité de Notre Seigneur\n    D'après d'anciens Flamands,                          A FERNAND BROUEZ.\n\n\n\n               BETHLÉHEM était un village aux huttes maçonnées de glaise et\n                 blotties sous des chaumes bronzés par les chaleurs et rongés\n                 par les mousses aux verts d'émeraude. Des moulins y battaient\n                 le ciel de leurs ailes folles par les temps de bise et, durant\nl'époque des cueillettes, des coquelicots y saignaient dans l'opulence des\nmoissons. Avec la tour de son église, sonnant des angelus pieusement ou'is,\nson calvaire où notre bon Dieu agonisait, une plaie aux côtes, et ses Notre\nDame hissées aux ormes et idolâtrées, les nuits de mai, par des cires brû­\nlant au clair des étoiles, — c'était un village très dévôt, car Jésus l'élut pour\nlieu de sa naissance.\n   Ce fut un soir de Noël. Par les chemins, des rondes de marmots, tignasse\nau vent, tournaient, malgré la neige tombée. Les cabarets jetaient leur\nreflet rouge au sol blanchi. Dans les intérieurs, piqués de points ignés par\nles pipes, les bières gonflaient les panses, et des baesines, les seins crevant\nleurs corsages délacés en la beuverie, caressaient le menton à des gaillards\nclignant de l'œil sous un bérêt crânement orné d'une plume. Tout le jour\navaient résonné, doux comme chants de rossignols au temps d'amour, le\nrissolement des beurrées et les cris des boudins en poêle. Une odeur de man­\ngeaille flottait dans la nuitée : le parfum des crêpes rondes et dorées, rappe­\nlant les écus où l'on frappe les effigies des empereurs, le fumet des jambons\net celui des omelettes, l'émanation des tartes de kermesse. Aussi des manants\ntrop gavés se soulageaient, brayettes bas, dans les coins ; et le long des\nmurs, avec des gestes lourdauds, une fumée d'hydromel au cerveau, des\nmagots en veston brun titubaient, saisis par la soudaine froidure.\n"}, {"page_pdf": 263, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2746, "texte": "                                — 230 —\n\n   Vers minuit, l'atmosphère devint d'une grande douceur. On se fût cru au\ntemps où les toitures s'enguirlandent de vignes. Les plaines blanches,\noù des saules, penchés sur les ruisseaux gelés, pleuraient leur givre,\ns'éclairèrent d'une belle douceur de lune. Déjà s'éteignaient les bruits de\nfête de Noël. Quelques enfants, pourtant, chantaient encore des cantiques.\nLe Christ venait de naître.\n   Là-bas, dans une étable, une crèche lui sert de berceau. De son haleine,\nune vache le réchauffe. Il est tout nu, la tête grosse ombrée d'un très léger\nduvet, et une bande de nombril lui captive le ventre. Des langes salies\ns'éparpillent sur le sol, près d'une cuve où Marie a lavé la peau rouge du\nfrais éclos et la mollesse de ses membres, où s'imprime encore le moule de\nla matrice.\n   Il dort, les paupières lourdes, les veines gonflées, et ses bras mignons\nse replient, comme par un geste apeuré. Juchée au dessus de lui,\ndans la mangeoire et noircissant les poutres du plafond, une lampe, à\nflamme large et folle, fait danser les ombres sur les murs, qu'elle éclaire\nd'un jour fumeux, mettant aux coins obscurs, où pendent divers ustensiles,\nune pénombre rousse. Luminaire inutile, — car l'enfant rayonne d'une\naurore mystique : la paille où il repose semble gerbe d'or, et sa mère,\nquand elle penche vers lui son front pâle d'accouchée, se nimbe d'un reflet\ndu ciel. Au grenier, un coq claironne, comme si c'était matin. Mystérieu­\nsement sonne la cloche de l'église. Et l'on dirait qu'un alléluia est susurré\ndoucement par des orgues angéliques.\n   Près de la porte, Saint Joseph, nourricier élu de l'Enfant, le genou sur\nun établi, scie, vaillant menuisier, ou rabote, afin de construire un berceau\nau Seigneur. Il est vêtu d'une grande blouse, telle qu'en portent les manou­\nvriers durant leurs labeurs, et un chapeau de paille à larges bords abrite sa\ntête. Quand il s'approche de la Vierge, c'est, coiffure à la main, dans une\nattitude de respect, et, un fervent sourire sur ses lèvres heureuses, il con­\ntemple l'Enfant nouveau né. Sur l'établi pose une cruche, et de temps en\ntemps l'artisan sert du trèfle à la vache, en caressant ses fesses osseuses\nbrunies par le purin.\n   La Vierge rayonne d'une beauté maternelle. Il semble que son cœur\ncandide, ainsi qu'aube d'été sur les prés fleuris de marguerites, éclaire son\nvisage. Sa chevelure, d'un blond d'épi, se sépare en deux bandeaux\nmodestes sur son front ridé par la dolence d'enfanter, et ruisselle, bouclée,\nsur ses épaules. Ses yeux sont chastes, et sa bouche a une fraîcheur de rose.\nElle est pareille aux demoiselles, qui sortent, cils baissés, le dimanche,\ndes castels, un missel en leurs mains rêveuses, et s'en vont aux offices.\n"}, {"page_pdf": 264, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2626, "texte": "                                   — 231 —\n\n\nMais l'ample manteau qui la couvre est dégrafé au corsage, afin de laisser\npasser le sein qui allaite Jésus.\n   Elle écoute, en veillant sur l'enfant, les berceuses des anges célébrant\nl'événement, les accords des harpes pincées par le doigté des chérubins, et\nles trompettes des archanges sonnant comme les cors de chasse des cheva­\nliers. Car c'est kermesse au paradis. Des papes exquises fument sur les\ntables bienheureuses. Les anges, dont les ailes sont douces ainsi que\ncelles des ramiers, et d'une blancheur de neige, dansent aux sons de chalu­\nmeaux merveilleux. En des coupes royales pétillent des ambroisies célestes;\net les vierges, des palmes en leurs mains de lumière, chantent des hymnes.\n   Ainsi qu'il est dit en les Evangiles que lisent les grand'mères pendant les\nveillées, aux ronrons des rouets, des besicles sur leurs nez de sorcières, les\npâtres de Bethléhem vinrent, les premiers, adorer le Seigneur. Mais ensuite,\ntous les habitants furent attirés vers l'étable, qui se dressait telle qu'une\nchapelle, et, la nuit entière, ils s'agenouillèrent à sa porte. De celle-ci s'ex­\nhalait, d'ailleurs, une odeur fine comme celle des pommes rougissant, en\noctobre, les branches alourdies des vergers. Les buveurs avaient laissé leurs\nchopes, et le parfum divin avait chassé les gras relents des tripailles, et dis­\nsipé l'arôme des tabacs et le ferment des bières. Tous marmottaient des\npaternostres, mains jointes, et genoux sur le tapis d'hiver qui protégeait la\nterre. Il leur semblait assister à la messe solennelle, dans la cathédrale de\nBruges, et ouïr les chants de triomphe qui accueillent l'apparat des cheva­\nliers de la Toison d'or. Le bailli lui-même quitta son manoir aux\ngirouettes de fer, alors qu'il allait ensevelir en un lit moelleux sa graisse\nrepue et cuver son auxerre, et il s'en vint, vêtu d'un pesant manteau doublé\nd'hermine, les bajoues frileuses dans la nuit, faire ses dévotions.\n   Mais depuis que Jésus était au monde, un astre inconnu brillait à\nl'horizon. Il flambait mystérieusement, pareil aux langues de feu de la\nPentecôte, et s'avançait au ciel. C'était l'étoile des Mages'. Ceux-ci, par les\nplaines semées de clochers qui tous tintaient de sons recueillis, se dirigeaient\nvers Bethléhem. Des chameaux les escortaient, ainsi que des esclaves en\ncostume oriental. Ils portaient, en des cassolettes d'adoration et des coffrets\nprécieux, de l'or, de l'encens et de la myrrhe, qu'ils venaient offrir à l'Enfant\nJésus. Et l'étoile les précédait comme un flambeau.\n\n                                                EUGÈNE      DEMOLDER."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 232, "page_fin": 233, "titre_corps": "Sur le chemin des ténèbres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Boels", "ancre_debut": "SUR LE CHEMIN DES TÉNÈBRES", "ancre_fin": "JEAN BOELS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "EXPOSITION UNIVERSELLE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 265, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 940, "texte": "SUR LE CHEMIN DES TÉNÈBRES\n\n                          I\n\n    Qui pleure dans la nuit, qui pleure?\n    Au loin une cloche d'ennui\n    A proclamé la mort de l'heure...\n    Mais qui pleure au fond de la nuit?\n\n    Toi!... si longtemps dans ces ténèbres,\n    Mes yeux et mes mains ont cherché\n    Tes frêles mains, tes yeux   funèbres!...\n    Je suis ton frère le péché!\n\n    Viens! J'ai pitié de ta détresse,\n    Moi, le souverain des Caresses\n    Et des Baisers    mystérieux.\n\n    Viens! tu verras à ta misère\n    Sourire en chacun de mes yeux\n    Les yeux de la mort salutaire'.\n\n\n                         II\n\n    Enfant de jadis ma souffrance\n    Dans l'ombre t'a longtemps cherché...\n    J'entends pleurer ton ignorance\n    Aux mains savantes du péché.\n\n    J'entends pleurer tes lys d'enfance\n    Sous la lune, au jardin   muet...\n    Voici ton âme qui s'avance\n    Les mains jointes, vers ton chevet.\n"}, {"page_pdf": 266, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 414, "texte": "                                   — 233 —\n\n\n              ... Les yeux maudits de sa misère\n              N'ont pas reconnu la lumière\n              En mes yeux, cierges superflus!\n\n               Adieu. Le vent d'automne emporte\n               Ton enfance dont l'âme est morte\n               Pour que l'enfant ne pleure plus'.\n\n                                                            JEAN BOELS.\n\n\n\n\n        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 233, "page_fin": 235, "titre_corps": "Exposition universelle", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "James Vandrunen", "ancre_debut": "EXPOSITION UNIVERSELLE", "ancre_fin": "JAMES VANDRUNEN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 266, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 414, "fin_caractere_exclue": 2198, "texte": "EXPOSITION UNIVERSELLE\n                                                                   Mai 1889.\n\n\n              Kilométriquement, j'avais sillonné, au hasard vague, cet illimité\n                capharnaüm des arts et de l'industrie du monde, — bazar uni­\n                versel où, dans la chaleur des galeries moites, tout le débarras\n                des nations s'entasse en encombrements denses, interminables,\nmal ordonnés... J'étais fatigué d'avancer, fatigué de regarder, fatigué de\nvoir tout : des confiseries rocailleuses que savourent de l'œil des alignées\nd'Anglais jaunes ; des cuirs roux qui empoignent l'odorat et que des con­\nnaisseurs à lunettes pincent et reniflent; des parfumeries empoisonnant\nla boutique de coiffeur, et des savons cravatés de faveurs et qui doivent\nfaire endêver les nègres; des liqueurs nettement filtrées fabriquées par des\npharmaciens, des mobiliers sottement paradants, incommodes et trop beaux\n— comme toutes les kyrielles environnantes d'objets et d'ustensiles n'ayant\nd'autre rôle que celui d'immobiliser l'ébahissement des gens de petite pro­\nvince ; et plus loin, les pâtes alimentaires denticides, les animaux empaillés\net les bijouteries blanches et les coraux d'Italie. J'avais revu ces vieilles con­\nnaissances de toutes les expositions : l'éternel Indien qui travaille, accroupi\nen tailleur, à une chose informe et mal sentante qu'il ne termine jamais ;\nla série des pianos omniformes que pétrissent, à tant l'heure, des demoi­\nselles mal coiffées, opérant sept à la fois ; au milieu de monstres indigo\ngrimaçants et de proéminents magots tirant la langue, l'impassible Chinois\navec ses menus bibelots et le fond de bazar qu'il promène par les exhibi­\ntions ; les bars fourrés de sandwichs et habités par de jeunes personnes aux\n"}, {"page_pdf": 267, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2899, "texte": "                                   -   234   -\n\n\ndoigts gras, Américaines des environs; puis, les sections exotiques avec\nleurs grands oiseaux maigres qui, ailes éployées, se tordent le bec en l'air;\net les larges étoffes étalées avec de lourds abandons en plis paressants et qui\ngardent, dans leur clarté intense, du soleil de la patrie ; l'Anglaise, coiffée\nen garçon, qui, devant un étalage de porte-mine en aluminium, offre des\npaquets multicolores d'aiguilles first quality; le Parisien bavard qui\nmontre le maniement d'un couteau taillant des hélicoïdes dans une carotte\net confectionnant des pommes de terre nouvelles avec de vieux tubercules\nhors d'usage ; et partout enfin, la tapageuse parade murale de la réclame\npolyglotte... J'étais perdu, étourdi, noyé dans ce salmigondis de curiosités\ninternationales. Les yeux indigestionnés, le pas accablé, les bras inertes,\ntraînaillant... par bonheur, je trouvai, loin du mugissement des machines,\npesantes brutes qui peinent à toute vapeur, une retraite paisible, isolée,\nrafraîchissante — et que je revois si intacte dans un coin de mémoire.\n   Sur un tout uni velours noir, les merveilles des verreries de Bohême.\n   Une contemplation béate et bien reposant du fatras des vitrines et des\nétagères.\n   Des caprices taillés en cristal et habillés de colorations curieuses, douces\net violentes à la fois ; colorations faites de tous les bouquets et assaisonnées\nde grand soleil, mêlant les bruns chauds, les violacés profonds, fermentés,\net ces écarlates francs et gaillards comme le rouge éclat des jupes que\nportent les luronnes d'auberge dans les vieux tableaux. Et aussi des trans­\nparences apâlies, voilées d'une pudeur, — toquades de coloristes et hasards\nde la chimie, — des opalins ravis aux joues des Amours ou taillés dans les\nnuages qui passent — et bourrument claqués d'incarnat, ou caressés d'une\nécume légère comme par le déferlement d'une vague. Les formes, les poses\nque prennent ces verreries sont douces, molles, pétries de grâce. Elles ont\ndes rondeurs de chairs et demandent la caresse. Dans l'abandon du verre\nfusant, se figurent des serpentements, des langueurs étirées, des noncha­\nlances qui disent de vagues désirs. Ainsi modelée, cette vivante cristallerie\na les étrangetés d'une fantaisie débridée, décarcassée. Les dessins, avec des\nprestesses de songes, font pousser des floraisons magiques sur des limpidités\nde sources — et chantent leurs roulades en peinture.\n   L'ensemble, disposé au hasard, est amusant par son n'importe comment\nqui s'en moque un peu. C'est le déballage hâté d'un bric à brac zingari.\nDes flacons et des verres d'un bleu si pur qu'il semble fait d'un rayon de\nlune figé ; et des emblèmes empanachés se détachent en médaillons. Des\ncoupes déliées, lapées de fines langues roses et s'offrant avec des inflexions\ntendres de lèvres. Des burettes, la taille bien prise. Des gobelets, des carafons,\n"}, {"page_pdf": 268, "page_imprimee": 235, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2617, "texte": "                                   — 235 —\n\n\nglorieusement dorés et qui sollicitent le pétillement des vins capiteux. Des\nvases mignonnets d'un azur soyeux avec des boucles bleutées. Des calices\névasés, baignés de vapeurs grises, font des grâces. Les buires rubéfiées,\nventripotentes, et des canettes énergiquement colorées, comme les beaux\ncontes en font traîner sur les interminables tablées des kneipen enfumées.\nDes brocs et vidrecomes taillés pour l'enfoncement de massives trognes\ncramoisies ; et, voisinant, des verres précieux d'une régularité correctement\nélégante, unis, droits, cylindres simples et nus. Des cornets écussonnés et\nfleuris. Et encore du matériel à boire — du meuble de bouche, comme\ndisaient lés bons soiffards de jadis, — les carafes à devises galantes, les\npintes à anses dont l'ampleur pansue sourit aux larges libations de ces\nliesses et godailles seigneuriales qui défoncent tonnes et futailles ; puis aussi,\nles hanaps verts portant, en médaillon fier, la face très barbue d'un Grand\nélecteur bon vivant. Enfin, si diversement, une solide verrerie qui s'empoi­\ngne bien et provoque la soif. Ces jolies choses dédaignent les fragiles\nmièvreries des coupes torsinées à l'italienne, verres délicats de Murano « à\nescarbottes, à chaîsnettes et à bouttons ». Beauté solide, ferme, juste. Et\nl'étalage, au gré capricieux d'une inspiration symphonique est, à la fois,\nsimple et d'un étincellement cossu; et doucereusement il accroche la con­\ntemplation au passage. C'est un régal de peintre, une ribote de couleurs,\nce vivant pétillement de tons superbes, azurés comme une aube d'hiver ou\nincendiés de rouges comme une gueule de forge ; — et se démène, dans\nles armoriages et les panachures, tout un romantisme de dragons et de\nlicornes contorsionnant leurs plus étonnantes grimaces. Formes à sur­\nprises, d'une richesse débordante, et peintes en feu d'artifice.\n   Quand un coup de vive lumière tombe là-dessus, c'est, à travers ces\nlimpides solidités et dans les dentelures cristallines, le décor d'une scène\nde féerie, une imagination de poète : par enchantement, une animation\nsurgit, et soudain s'épanouit et ondule une mystérieuse floraison sur cet\nhallucinant ensemble... Une débandade de nuances en liberté, une escapade\nde belles couleurs — et des reflets gaminants, et des points diamantés, et\ndes lumières sautillantes dansent follement des rondes de claires gaietés...\n\n   Le charme est rompu : une femme' passe, traînant un moutard harassé\net qui pleurniche aigrement :\n   — Je veux boire dans un verre comme ça.\n                                                  JAMES VANDRUNEN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 236, "page_fin": 236, "titre_corps": "Violettes de Parme", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Roussel", "ancre_debut": "VIOLETTES DE PARME", "ancre_fin": "FERNAND ROUSSEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "NOTRE PETIT SALON DE TIR", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 269, "page_imprimee": 236, "debut_caractere": 62, "fin_caractere_exclue": 658, "texte": "VIOLETTES DE PARME\n     Dans la pénombre molle et flottante des nuits\n     Une ombre prend parfois une forme divine,\n     Forme vague et fluette et dansante sans bruits,\n     Qui chante et me sourit de sa lèvre enfantine.\n     Sa voix confuse est lente et faite d'espérance\n     Où s'endort la promesse immense du silence,\n     Et la lune en ses yeux glisse un rayon léger\n     Qui les éclaire et qui les perle d'une larme,\n     Et je sens le désir suprême de baigner\n     Mon âme dans ces yeux : Violettes de Parme !\n\n                                                    FERNAND ROUSSEL.\n\n\n\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 236, "page_fin": 238, "titre_corps": "Notre petit salon de tir : Monsieur Goliath", "titre_sommaire": "Petit Salon de tir", "rubrique": "", "signature_source": "Mouche", "ancre_debut": "NOTRE PETIT SALON DE TIR", "ancre_fin": "MOUCHE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 269, "page_imprimee": 236, "debut_caractere": 658, "fin_caractere_exclue": 1538, "texte": "NOTRE PETIT SALON DE TIR\n                              (D'APRÈS   FLOBERT)\n\n\n\n\n                        MONSIEUR GOLIATH\n\n\n             Un Monsieur R. Gallet qui partage avec quelques autres cet\n               honneur de porter l'initiale de Goliath, aime apparemment\n               s'attaquer aux grands noms et aux grandes œuvres. Il est\n              vrai qu'il est d'Ath, la patrie des géants, et pourrait figurer\ndans leur cortège sans trop le déparer.\n  Sous cette rubrique : Notes et impressions, M. Goliath parle de Ger­\nminie Lacerteux et du théâtre naturaliste : ce sont des impressions... en\npetit caractère.\n  « Son intention n'est pas de critiquer en détail le drame de M. de Gon-\ncourt. Il vient seulement attaquer les tendances de l'école nouvelle. » Atta-\nquer! Vous lisez bien; or, les tendances ne sont pas des animaux très\nméchants, mais quand on les attaque...\n"}, {"page_pdf": 270, "page_imprimee": 237, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2779, "texte": "                                  -   237   -\n\n\n   A ses yeux, l'école nouvelle, c'est l'école naturaliste. Encore un qui a\npris le train de banlieue! Il confond les livres avec les barricades et a une\npeur violette de se sentir éclater un pétard sous... l'autre. « Révolution,\ndit-il, voilà un mot qu'on devrait pouvoir écrire avec plusieurs r », et il\nparle de révolutionnaires « à la chevelure inculte, aux traits farouches, à la\nbouche fulminante ». M. de Goncourt, par exemple!\n   Germinie, comme la Puissance des ténèbres, comme Sœur Philomène,\nest une atrocité. Un sénateur a protesté au nom de l'honnêteté publique\n— c'est du propre, l'honnêteté publique! — et M. Goliath, qui a sa pudeur,\n— ça ne paie pas d'impôts — M. Goliath qui, pour être un géant en bourre\nde coton, n'est pas « au dessus de cela », proteste à son tour au nom des\nfamilles d'Ath qui « vont passer quelques heures au théâtre ». C'est plus\nmodeste. — N'ai-je pas dit que sa peur était violette?\n   « Comment! le spectateur vient à peine de quitter la rue où, peut-être,\nil a été désagréablement impressionné par les clameurs ou les propos gros­\nsiers d'un portefaix ou d'un ivrogne ; et l'on voudrait que installé dans son\nfauteuil, il prît plaisir à entendre de nouveau des ivrognes et des portefaix\ns'adressant des amabilités dans la langue qui leur est particulière ! »\n   Et il met un point d'exclamation ! J'en ajoute : une grosse de points\nd'exclamation pour M. Goliath, une ribambelle de points d'exclamation\nqui soient comme les réverbères de son indignation.\n! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !\n   Ce qui le choque dans la Puissance des ténèbres, ce sont les petits os\nqui craquent... comme une porte mal graissée. Il ne les a pas entendus\ncraquer, naturellement — nous non plus — mais on lui a dit qu'ils cra­\nquaient, et les géants en bourre de coton, c'est, le plus souvent, très cré­\ndule.\n   « Parlerons-nous maintenant de Sœur Philomène — ajoute-t-il — cette\nautre pièce du Théâtre Libre où nous entendons tousser les malades? »\n   M. Goliath veut rire. Où, diable, avait-il pris ses oreilles ce jour-là? Que\nlui a donc fait entendre son imagination? Je sais bien qu'il y a toutes\nespèces de façons de tousser et que Jésus-Christ — celui de la Terre —\ndevait avoir la sienne; mais enfin, vous êtes d'Ath, Monsieur, ne l'oubliez\npas ; chez les géants élevés comme il convient, tousser c'est tousser, et il y\na beaux jours que l'on tousse au théâtre!... Il suffit d'un artiste enrhumé\npour cela.\n   « Non, pas de vérité, pas de vie, rien de tout cela pour ceux qui ont le\nsouci des bienséances sociales : on va au théâtre pour se distraire, »\n   Et le nain jaune, alors, qu'est-ce que vous en faites?\n                                                                       16\n"}, {"page_pdf": 271, "page_imprimee": 238, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 752, "texte": "                                   — 238 —\n\n   « L'auteur dramatique est forcé de faire ceci... il doit faire cela... il ne\nlui est pas permis... »\n   Ah ! flûte à trente-six trous ! assez de votre serinette, M. Goliath ! L'auteur\ndramatique est un artiste et tout en art lui est permis ; tout, entendez-vous,\nmême de faire des pieds de nez aux pions trop bien remontés qui s'avisent\nde donner leur cours pendant la récréation.\n   M. Goliath veut-il que nous nous chargions de ses sympathies pour son\nconfrère, M. Tilman? Leur collaboration s'indique, bien que M. Goliath\nsoit plus doux comme il sied au bon vieux géant tout en bourre — sans\ncalem!... bourg — de coton qu'il est.\n                                                                 MOUCHE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 239, "page_fin": 239, "titre_corps": "Chronique littéraire : Ressort cassé", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Hixe", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "deuxième livre", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "II Feuilles d album", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 272, "page_imprimee": 239, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 1476, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                          I\n\n     Ressort cassé. Un volume anonyme. — Bruxelles, Henry Kistemaeckers.\n\n\n               L'éditeur Kistemaeckers vient de publier, sans nom d'auteur, un\n                roman intitulé : Ressort cassé. C'est le premier d'une série qui\n                aura pour titre : Fin de siècle, et il porte comme épigraphe :\n                « Tout vice est une chance de bonheur. » C'est l'histoire d'une\njeune fille très « moderne », élevée dans un milieu de bohêmes et d'artistes,\net qui, au rebours de l'épigraphe citée plus haut, ne trouve dans le vice\naucune chance de bonheur. La première partie du roman, consacrée à\nl'enfance et à l'adolescence de Renée Michelli, est de loin la meilleure.\nL'observation y est abondante, exacte, intéressante, surtout dans le détail.\nLa deuxième partie du livre nous semble plus banale. D'après l'auteur ano­\nnyme de Ressort cassé, « le roman moderne doit peindre la vérité vraie ;\ncette vérité ne réside pas en soi mais hors de soi, elle ne prend pas plus de\ncostume qu'elle n'admet de personnalité ». C'est assez dire que l'auteur n'a\npas de visées artistiques, au sens propre du mot. Il se flatte d'avoir fait\n« vrai ». En est-il bien sûr? Le point serait curieux à discuter, et nous le\ndiscuterons avec l'auteur de Ressort cassé, le jour où il aura publié un\ndeuxième livre.\n\n                                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 239, "page_fin": 240, "titre_corps": "Chronique littéraire : Feuilles d’album", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Hixe", "ancre_debut": "II Feuilles d album", "ancre_fin": "HIXE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "III Honnête", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 272, "page_imprimee": 239, "debut_caractere": 1476, "fin_caractere_exclue": 2487, "texte": "II\n\n     Feuilles d'album,   par HECTOR VAN DOORSLAER. Un volume. — Bruxelles,\n                               imprimerie de la Paix.\n\n   M. Hector Van Doorslaer publie, sous le titre : Feuilles d'Album, une\nsérie de croquis de Suisse et d'Italie. Le livre est orné de douze phototypies\ndéplorables, et d'une préface humouristique de M. de Haulleville.\n  M. Van Doorslaer, qui collabora naguère, — doit-on le dire? — à la\nSemaine des étudiants de Louvain, a conservé son style alerte et spirituel.\nTouriste aussi enragé que Jean d'Ardenne, il a comme lui une plume au\nbout de son alpenstock. Cette fois il nous promène de Bâle au lac Majeur,\navec des arrêts de paysagiste et de critique d'art. Il passe sans effort visible,\ndes Uffizi à la machine perforatrice du Saint-Gothard. Et il a toujours le\nton bonhomme, narquois, et le sourire avenant qu'on lui connaît. Il ne\ndédaignepasl'humeur joyeuse. C'estpourcemotif, sansdoute,qu'ils'estdonné\ncomme compagnon imaginaire le désopilant Lassouche. 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Bruxelles. Mme Ve Monnom.\n\n   Le livre de M. Arthur James porte en sus-titre générique : A travers la\nmorale. L'auteur a bien fait de dire A travers, car l'impression qui nous\nreste de cette lecture, c'est qu'il n'y a pas de morale ou que s'il y en a une,\nle scepticisme de M. James l'a doucement trouée comme un cercle de\npapier de soie. — Ça doit être circulaire la morale. — Au fond, l'auteur\ny croit-il ou n'y croit-il pas? A-t-il voulu, par cette œuvre, nous montrer\nque la morale est faussée et que l'homme dans la société n'est qu'un\ncoquin auquel on a mis des préjugés en guise de tuteurs? Ou bien pense-t-il\net veut-il nous dire, par cette phrase honnête plus qu'honnête posée en\nvedette ironique, que nous sommes tous, par nature, fatalement et malgré\nnous voués au mal?...\n   « Préjugés, conventions, hypocrisie sur toute la ligne.\n   « Plus la civilisation se développe, plus nous devenons mauvais. La\nbrute vivant dans les forêts est plus morale que nous.\n   « Il me regarda en souriant : Es-tu convaincu? dit-il.\n   « — A mon tour, je le fixai longuement.\n   « Lequel de nous deux était le plus fou? »\n   Vous voyez qu'il est difficile de se résoudre à une affirmation quant au\nsens de ce livre qui a l'air de poser une thèse et qui l'envoie ensuite d'une\nchiquenaude en plein chaos pour avoir le plaisir d'aller l'y rechercher; de\nce livre qui crie nihil à toutes ses pages et qui exhale je ne sais quel parfum\nde fanatique incrédulité et d'infernal torquémadisme. Le moine brûlait ses\nvictimes pour leur faire gagner le ciel et il y mettait de la rage. Le méchant\npasteur que voici conduit ses brebis à l'enfer terrestre de « ni Dieu ni\nDiable » et il ne leur promet pas même en récompense la flambée finale\nqui les délivrerait du doute.\n   L'auteur raconte la vie d'un homme moyen d'intelligence et de caractère,\nsans esprit, sans passions, refugié à la campagne par dégoût du monde.\nMais lui-même est-il donc si pur, si immaculé de toute souillure morale?\nNon. La nuit même qui suit les fêtes champêtres par lesquelles on vient de\ncélébrer la bonté du châtelain aimé, béni de tous comme le plus honnête\nhomme dans le pays, son mauvais génie, son esprit sarcastique lui souffle :\n« Honnête homme, tu n'es qu'une canaille ! » Et de fait, sans scélératesse\napparente, sans aucun vice en relief, il est affligé de toutes les infirmités\nmorales, de toutes les petites tares qui font la mauvaise qualité de notre\n"}, {"page_pdf": 274, "page_imprimee": 241, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1808, "texte": "                                 — 241 —\n\n\nhumain tissu. C'est pis qu'une canaille : une canaille médiocre. D'où l'on\npourrait, au point de vue social, tirer cette définition de l'honnête homme :\ncelui qui a nivelé ses vices. Le joli doctrinarisme qui nous entoure n'a rien\n fait d'autre que les arranger et les ordonner avec le soin méticuleux qu'on\n met à faire sa raie et je crois que l'auteur de Honnête plus qu'honnête y a\n songé.\n    Malheureusement ce qui eût pu prendre sous une autre forme l'intensité\nd'un pamphlet de mœurs, est, dans le livre de M. James, présenté en récit\n et partant, privé de vie. Ainsi, se dévêt trop le côté moral de l'œuvre :\n dogmatique récital qui ne passionne pas.\n    Des gens de droit ont inventé, il y a quelque temps, la littérature\njudiciaire. On serait tenté de croire que M. James a voulu ici affirmer\n l'existence d'une littérature philosophique, si l'on ne connaissait le lettré\n pur et indépendant qu'il est, incapable de se laisser contaminer par cette\n « catégoromanie » d'artisans intellectuels. Ce n'est qu'une tournure de son\n esprit qui donne cette apparence à son livre. La pensée abstraite le domine,\n l'éloignant de la matière, de la sensation de vie, de la plastique et décolo­\n rant un peu trop son style net, clair, à petites phrases aphoristiques d'une\n allure plus oratoire que descriptive. En relisant son livre, je retrouve sa\n voix et cette allure de phrase vive, coupante, qui semble barrer les idées à\n mesure qu'il les a écrites. Cette allure serait d'un dogmatique si les affir­\n mations qu'elle apporte ne se contredisaient l'une l'autre en flottant dans\n le sarcastique et négatieux sourire d'un penseur supérieur à toutes nos\n positivités journalières : ce « plancher des vaches » de l'intellect.\n\n\n                                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 241, "page_fin": 242, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Obsédés", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "IV Les Obsédés", "ancre_fin": "hésite trop à être un livre d art", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "V Les Goncourt", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 274, "page_imprimee": 241, "debut_caractere": 1808, "fin_caractere_exclue": 3066, "texte": "IV\n\n  Les Obsédés, par M. J. Van der Brugghen. — Un volume, Bruxelles, chez Vos.\n\n  M. Jules Van der Brugghen, notre collaborateur, qui a publié déjà en\n1887 un volume de contes, nous donne aujourd'hui sous ce titre : les Obsé-\ndés, un nouveau volume, recueil de quelques nouvelles psychologiques.\n   M. Van der Brugghen est obsédé par la thèse de l'involonté et de l'irrespon­\nsabilité. Sa première nouvelle, qui occupe la moitié du livre et qui est la\nmoins bonne au point de vue purement littéraire, met en œuvre le phéno­\nmène de l'hypnose. Un monsieur, dans la rue, par la seule influence du\nregard, amène un autre monsieur à étrangler sa maîtresse. Lequel est\nresponsable? Celui qui a commis le crime ou celui qui l'a suggéré? Thème\nscientifique intéressant, mais qui ne se détache pas assez de la science pour\n entrer par une artiste transition dans la réalité vécue. Il n'y a là que les\n manifestations et les résultats connus d'un fait connu, sans des impressions\n personnelles nouvelles qui l'enveloppent et le fassent vivre.\n   Les courtes nouvelles valent mieux et l'analyse psychologique, dans la\n même note désabusée, d'un satanisme funèbre, pour y être plus rapide, plus\n concise, n'est que meilleure. Des impressions de quelques minutes, des\n"}, {"page_pdf": 275, "page_imprimee": 242, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1482, "texte": "                                   —   242 —\n\n\nimpressions passagères sans complication de faits matériels, y sont dissé­\nquées d'un scalpel souple en pleine pâte psychologique. Le Pas d'amour\nde la danseuse Sacy; le Masque, avec des invraisemblances de fait qui me\nle gâtent, mais très soutenu comme jeu de scène, surtout au début; le Scru-\npule de Nicolas Grandjean; Désir suprême, marqués ça et là, souvent en\ntrait final, d'une incision d'ironie triste, sont des choses fouillées qui devien­\ndraient tout à fait remarquables si elles étaient mieux vêtues. M. Van der\nBrugghen devrait, ou bien prendre la vie complète dans toutes ses mani­\nfestations psycho-physiologiques en harmonie avec un milieu et faire du\nroman, fut-ce, selon l'expression de Nautet, du roman-miniature ; ou bien\ns'enlever de terre et, dans l'atmosphère plus légère où voguerait son imagi­\nnation, donner un cours effréné aux obsessions de son esprit. Son œuvre, un\npeu sèche et abstraite, n'a pas les beautés visionnelles qui frappent l'imagi­\nnation de cet autre de nos psychologues : Arnold Goffin. Elle n'a pas non\nplus la sensation de cette réalité savoureuse dont on enveloppe les nouvelles\net les romans de vie. Maintenue entre ciel et terre par un style net et serré,\ndéjà en possession technique de la langue, mais fleurant trop l'encre quoti­\ndienne, ce livre non superficiel, qui témoigne d'une valeur intellectuelle,\nhésite trop à être un livre d'art.\n\n\n                                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 242, "page_fin": 246, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Goncourt", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "V Les Goncourt", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VI La littérature", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 275, "page_imprimee": 242, "debut_caractere": 1482, "fin_caractere_exclue": 3067, "texte": "V\n\n        Les Goncourt, par M. ALIDOR DELZANT. — Un vol. Paris, Charpentier.\n\n    Les noms unis des deux frères de Goncourt sortent lentement de la mêlée\nlittéraire et s'élèvent, dominant leur époque. Leur œuvre est complète\nquoi qu'y puisse encore ajouter Edmond après les frères Zemganno, la\nFille Elisa, la Faustin, Chérie, après la Maison d'un artiste, après la\ntentative théâtrale de Germinie Lacerteux. On sait que l'Echo de Paris\npublie La Clairon. Edmond continue par cet ouvrage la série de biogra­\nphies des grandes artistes de la scène au dix-huitième siècle : Sophie\nArnould, M me Saint-Huberty, Mlle Lecouvreur, Camargo, la Grimard,\nM lle Contat, Mme Favart, la Clairon. La première achevée par Jules et\nEdmond, la seconde achevée par Edmond seul, ont été publiées. Ceci se\nrattache à leur œuvre d'histoire et plus spécialement à leurs curieuses\net palpitantes recherches sur ce dix-huitième siècle qui, avec le japo­\nnisme, a fait d'eux les artistes qu'ils sont. Sans cet élément-là qui a\ndonné naissance à une œuvre à côté de leur œuvre — car pour le public\nque sont-ils d'autre que des romanciers naturalistes (!) — ils n'auraient\npeut-être pas captivé et interprété, comme seuls ils l'ont fait, cet insaisis­\nsable fluide nerveux d'un siècle — le dix-neuvième — dont leurs romans\nsont en quelque sorte la chronique intime. Cette expression me rappelle le\nmot : document humain et, par analogie avec les études d'histoire, je me\nl'explique pour l'œuvre contemporaine. Si quelques-uns ont appliqué le\nsystème du document humain, non pas avec la volonté de réaliser une\n"}, {"page_pdf": 276, "page_imprimee": 243, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3306, "texte": "                                  — 243 —\n\nthéorie abstraite, mais parce que ce procédé répondait à leur nature et la\nsecondait, ce sont bien les Goncourt.\n   Edmond de Goncourt, par la publication des trois tomes du journal, par\nla publication des lettres de Jules, par la publication des Préfaces et\nManifestes, groupant toutes leurs théories, toutes leurs aspirations et qui\nresteront comme un testament littéraire donné avant la lettre, Edmond\na devancé ce travail qu'on fait à la recherche des causes et de la raison\nd'être d'une œuvre quand les auteurs se sont bornés à la donner sans\ncommentaires. S'il a fait cette autopsie littéraire, c'est surtout dans l'intérêt\nde son frère. Son frère mort, les Goncourt n'étaient plus. Tout était cassé\nen lui qui ne devait plus écrire. Il n'y avait plus, à son avis, de person­\nnalité existante derrière cette œuvre incomplète déjà considérable. Alors\ndans l'intérêt de la mémoire de Jules de Goncourt mort à la peine d'écrire,\nmort de la souffrance morale de l'artiste, il a donné le cahier le plus intime\noù, par le même procédé documentaire, ils reportaient sur eux-mêmes et\nsur ceux qui les entouraient leur scalpel de psychologues, faisant, après\nl'histoire des créatures et avec la même cruauté triste, l'histoire des créa­\nteurs ; il a donné ce qu'on ne donne généralement que comme une con­\nclusion posthume à l'œuvre, ce panorama esthétique qui en formule à\ngrands traits le caractère et la moralité, dans le calme et le silence du\nbord de la mort refermée sur les auteurs.\n   Ainsi, par le brisement de cette collaboration fraternelle, cette œuvre\nsemble soudain s'être hémiplégiée ; l'histoire l'envahit, s'en empare comme\nd'une création définitive, invariable. Elle s'y établit d'une part, pendant\nque de l'autre, des livres fraîchement écrits viennent encore l'augmenter,\nsinon la compléter. A vrai dire, ces livres n'y changeront rien et la création\ndemeure définitive. Edmond de Goncourt n'y apportera plus aucun\nélément nouveau; car, dans les œuvres dernièrement venues, la collabo­\nration des Goncourt se perpétue posthumement par les procédés de mise en\nœuvre, par la vision, par le style. Elles ne sortent pas du cadre du second\nempire ; elles conservent l'empreinte indélébile de la période de l'existence\nà deux, sauf qu'une activité régnait en cette vie qui ne l'anime plus\naujourd'hui.\n   M. Alidor Delzant qui vient de publier chez Charpentier trois-cent-\nsoixante-quinze pages sur les Goncourt, semble être un admirateur intime\nde leur œuvre; c'est avec beaucoup de modestie, beaucoup de réserve,\nd'une plume simple, pénétrante, aiguë, déliée, avec une vision fine,\nprécise, chromatique de leur personnalité qu'il parle d'eux. Car il ne fait\nque cela sans prétention à l'esthétique, la critique, l'analyse. Il en passe\nchronologiquement l'œuvre en revue suivant l'ordre des productions\nsuccessives et donne au cours de cette revue concise, comme dans une\nconversation écrite, des observations très personnelles qui éclairent douce­\nment, sans éclats déplaisants, les parties d'âme les mieux vues de son sujet.\n   Quelques mots sur la généalogie des auteurs, leur famille, leur enfance;\npuis leurs débuts de peintres, le premier vaudeville écrit avec des pinceaux\ntrempés dans l'encre de Chine, comme le dit une note du journal; leurs\n"}, {"page_pdf": 277, "page_imprimee": 244, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2668, "texte": "                                 — 244 —\n\ndéconvenues au théâtre, la création des livres d'histoire et des romans,\nlongue période excessive de travail qui va de 185o à 1870 et que coupe\nd'une date émotionnante — mardi 5 décembre 1865 — la première repré­\nsentation d'Henriette Maréchal à la Comédie française. La mort de Jules\nsurvient alors et ici s'ouvre une période nouvelle moins remplie. Elle nous\na donné cependant quelques ouvrages notables tels que la Fille Elisa qui\nfit scandale à l'instar de Nana et avec plus de raison, car il était d'une\nlittérature plus artiste.\n   Sur cette nouvelle période de la vie d'Edmond de Goncourt qui n'est\npas connue, puisque le journal s'y arrête, M. Delzant nous renseigne par\ndes lettres nombreuses d'Edmond de Goncourt à la famille Daudet — « le\ngentil ménage », comme il dit, — et notamment à Mme Daudet, grande\nadmiratrice des Goncourt et qui signait Karl Stenn dans le Journal officiel.\n   Lisez ces deux affectueux billets :\n\n         Daudet à Goncourt :\n                                                         « 24 juin 1884.\n   « Ecoutez-moi sans pousser de cris ! La maison est calme, le jardin\nvraiment joli. Nous avons pour vous une grande chambre, suffisamment\nconfortable, à l'abri des cris d'enfants. Mettez donc des chemises et une\nbrosse à dents dans un sac de nuit et venez passer quelques jours avec nous\nentre deux mercredis, si vous recevez encore.\n   « Ce sera une acclimatation pour le mois de septembre ; vous verrez si\nvos amis ne vous tapent pas trop sur les nerfs. Nous ne marcherons pas,\nle fricot est convenable, ordinaire de fermiers à leur aise et les ceux qu'ils\nveulent rester en chemise de nuit — façon de dire d'un pion de Léon — ils\ny restent, sans se faire traiter de salopiaus.\n   « Mon cher Goncourt, nous vous aimons tendrement et vous nous\nmanquez. Voilà! »\n\n  Edmond de Goncourt répond :\n\n          « Cher petit,\n   « Votrelettre merend malheureux comme les pierres. Elle est si gentille,\nsi aimable, si tendre pour le vieil homme et je me sens si veule, si désespé­\nrément lâche à l'endroit d'un déplacement, de la couchée dans un lit qui\nn'est pas le mien. Puis, au fait, avez-vous un édredon? Concevez-vous que\npar ce temps de chaleurs tropicales, j'ai froid aux pieds? Oui, il y a dans\nmon individu de la température arctique et mes veines charrient, je crois\nbien, des microbes d'ours blancs, et sauf, sous la neige de mes cheveux\nblancs, un peu de chaleur cérébrale, c'est tout ce qu'il y a en moi au dessus\nde zéro, et cela m'enlève tout ressort, toute volonté pour la locomotion,\npour le mouvement, en même temps que j'ai toujours peur de me trouver\nmalade chez les autres.\n"}, {"page_pdf": 278, "page_imprimee": 245, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3165, "texte": "                                  —   245   —\n\n\n   « Enfin, vrai de vrai, je me regarde comme un être tout à fait dégoûtant,\nignoble, une épluchure d'homard, quoi! de ne pas être chez vous après\nune lettre aussi caressante que celle que vous m'avez fait l'honneur de\nm'écrire, monsieur et ami.\n   « Enfin, je vais tâcher de m'exciter, de me monter, de m'entraîner par\nla lecture de quelque voyage autour du monde... Blague sous le bras, je\nvais tâcher d'aller estiver un peu chez vous... Mais faut, faut que je prenne\nmon élan !\n   « J'ai envie d'embrasser et l'homme et la femme et les enfants. »\n\n   Encore des lettres à Burty, à Flaubert, au peintre de Nittis, à la princesse\nMathilde, à Jules Vallès, puis quelques-unes reçues de Saint-Victor, de\nZola, de Georges Sand à la mort de Jules. Enfin, des fragments du journal\nposthume d'Edmond, ce journal à ne publier que vingt ans après sa mort.\nLes rares lignes inédites que M. Delzant nous en donne suffisent à indiquer\nl'état d'esprit du frère survivant à son jeune frère et se survivant à lui-même\nen somme, car le meilleur de son âme d'homme et d'artiste s'en était allé\ndans celle du disparu. Ils nous montrent le revenant à la vie littéraire sans\nle pétillement imaginatif et la verve travailleuse d'autrefois et laissant entre\nla page écrite et la page à écrire une pause de paresse souffrante et de\ndécouragement.\n    Mercredi, 1er juin 1881. — Oh! la difficulté de la composition mainte-\nnant! Il me faut maintenant douze heures de travail pour en avoir trois\nde bonnes. D'abord, une matinée paresseuse occupée par des cigarettes,\nla rédaction de lettres pressées, la correction d'épreuves et, au bout de\ncela, le retournement de mon plan que je fais danser sur la table. Après\nle second déjeuner et une longue fumerie au papier couvert d'écriture\nimbécile, d'un travail qui n'aboutit pas, mêlé d'enragement contre soi-\nmême, de lâches envies de lâcher la chose ; enfin, vers les quatre heures,\nl'entraînement obtenu et des idées, et des images, et la vision des person-\nnages, et de la copie à peu près coulante jusqu'au dîner, jusqu'à sept\nheures, mais cela à la condition que je ne sortirai pas, que je n'aurai pas\n la pensée dérangée par la préoccupation de la toilette et de l'habillement\n d'un dîner en ville. Puis alors jusqu'à on\\e heures, le morceau repris,\n rapetassé, raturé, amendé, corrigé et enfumé d'un nombre infini de\n cigarettes.\n    L'aiguë sensibilité nerveuse des Goncourt avait mis toute cette âme à nu\n pour la plus grande des douleurs qu'elle dût ressentir. Elle ne s'en est pas\n relevée. Il y a dans cet être quelque chose de blessé, qui traîne à la terre.\n Le choc a retenti jusqu'au cerveau ; l'esprit est comme rouillé d'amertume;\n dans l'homme, vieilli maintenant, tout s'écarte, se replie, se resserre, se\n referme, s'effarouche aux bruits du dehors, quand les bruits ne sont pas\n des appels caressants de voix amies, comme celles du « gentil ménage ».\n    Edmond de Goncourt est venu encore une fois au dehors pourtant faire\n jouer à l'Odéon sa Germinie Lacerteux, essuyer à la rampe, comme au soir\n d'Henriette Maréchal, le mal-accueil d'un public aussi bête que celui de\n"}, {"page_pdf": 279, "page_imprimee": 246, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1166, "texte": "                                        — 246 —\n\n\njadis, mais plus scandaleusement indigne, car les circonstances étaient\nautres et la personnalité décomplétée des Goncourt méritait plus de res­\npect. Quand je dis le public, j'y comprends une grande partie de la Presse.\nL'œuvre qu'il publie actuellement, la Clairon, est un travail documentaire\ntout cérébral, sans cahots, qui doit laisser la paix à ses nerfs excédés.\n   Je sors de la lecture du livre de M. Delzant avec l'impression d'un atta­\nchement plus vif, plus pressant encore qu'autrefois à l'œuvre des Goncourt.\nJ'en sors aussi avec ceci de nouveau : une vision plus nette de leurs deux\npersonnalités et de la façon dont elles se sont mariées dans cet œuvre.\n   Il faut mentionner, à la fin du livre, une bibliographie comprenant les\narticles écrits pour l'Eclair et le Paris, pour des revues et des journaux\ninnombrables; une iconographie où les collectionneurs trouveront l'indi­\ncation des dessins et aquarelles, et des eaux-fortes des deux frères, ainsi\nque de leurs portraits.\n                                                              HENRY MAUBEL.\n\n\n\n                                            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 246, "page_fin": 248, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Littérature de tout à l’heure", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "VI La littérature", "ancre_fin": "FERNAND SEVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 279, "page_imprimee": 246, "debut_caractere": 1166, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "VI\n\n   La littérature    de tout à l'heure, par M. CHARLES MORICE. — Paris, Perrin et O .\n\n    M. Charles Morice, à qui nous devons la plus compréhensive étude\nqu'on ait faite sur Paul Verlaine, publie un très haut livre intitulé : La\nlittérature de tout à l'heure.\n    Il y a dans les tendances littéraires d'aujourd'hui mille forces éparses et\ninstinctives ; bien des artistes ont produit de splendides morceaux d'art,\nmais la plupart manquent de la conscience et de la logique qui, seules, leur\nferaient accomplir le monument. Ils produisent en génies qui s'ignorent.\nCette conscience, cette faculté critique (puisque, selon l'expression de\nHello, « la critique n'est que la conscience de l'art »), ce livre de M. Morice\nest fait pour la développer en eux.\n    Instinctivement et fatalement nous admirons chez des poètes d'un autre\ntemps certaines phrases chargées de rêve et de pensée, où ils se sont dépas­\nsés eux-mêmes, et qui contiennent des germes d'œuvres à venir. Quand\nRacine fait dire à sa Phèdre :\n\n                    Ah ! que ne suis-je assise à l'ombre des forêts !\n\nil nous suggère, sans la décrire, la douceur, miraculeuse pour un cœur\nulcéré, des feuillages et des eaux.\n   Sans trop en comprendre la portée, nous nous sommes tous beaucoup\nservis, en ces derniers temps, de l'adjectif suggestif. Et, voyez ! toutes les\nbelles choses d'art, aujourd'hui, sont faites de suggestion. Il ne s'agit plus\nde décrire ni d'analyser par le menu : il faut ou se taire, ou trouver le mot\ntrès court qui suggère la chose tout entière, corps et âme. On s'explique\nl'ennui que finissent par exhaler les romans naturalistes.\n"}, {"page_pdf": 280, "page_imprimee": 247, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2951, "texte": "                                     — 247 —\n\n    La littérature française s'est servie jusqu'à présent d'un instrument sûr,\nmais qui tend à diviser l'objet dont il s'empare : l'analyse. L'art est un\nreflet humain, et qui doit refléter tout l'homme, comme aussi toute la\nnature. Les classiques ont analysé, non des hommes faits de matière et d'es­\nprit, mais de pures âmes ; les romantiques ont vu surtout le côté décoratif\net extérieur de toutes choses, la forme, la couleur, le mouvement, la gri­\nmace des passions; les naturalistes ont étudié la seule sensation.\n    M. Morice passe en revue les trois derniers siècles littéraires de la langue\nfrançaise, et cette partie de son livre est superbe.\n    Mais il s'est trouvé, dans ces trois siècles d'un art imparfait, des artistes\nexceptionnels qui faisaient prévoir l'avenir. Et M. Morice cherche dans le\npassé les germes du présent, dans le présent la semence de l'avenir. En toute\nhumilité, il nous présente des précurseurs que nous ne connaissions pas, ou\nque, du moins, nous avions oubliés. Qui se rappelle Sénancour? Quelle\nbelle page, cependant, il a pu faire avec les extraits qu'il en cite ! Qui se\nrappelle Joubert? Et ce classique a des phrases étonnantes qui prophétisent\nl'art d'aujourd'hui !\n    Mais, d'autre part, l'auteur nous semble avoir fait des omissions. Par\nexemple, Maurice de Guérin, un très pauvre versificateur, mais le poète de\ndeux sublimes morceaux de prose : Le Centaure et La Bacchante. Je note,\nau hasard, dans La Bacchante, des expressions telles que celles-ci : « Sa\nchevelure était aussi nombreuse que celle de la nuit ». Et encore, quoique\ndans un tout autre genre et de date bien plus récente, notons, comme\noublié, le poète Tristan Corbière. Et d'autres, sans doute, encore, car ces\ndeux noms se sont présentés à notre esprit sans que no.us les eussions cher­\nchés, et tout d'abord (r).\n   Et, enfin, M. Morice en vient aux hommes d'aujourd'hui. Son choix n'est\npas heureux. Il déclare qu'il n'a pas voulu citer tous les artistes d'à pré­\nsent ; soit, mais il fallait au moins choisir les plus concluants; et il y a plus\nde symbole et de synthèse dans n'importe quel vers de Mallarmé, un artiste\nde la veille pourtant, que dans tous les vers qu'il cite des poètes d'aujour­\nd'hui. Il ne fallait pas non plus se croire quitte envers la littérature belge\nen parlant du Belge (?) René Ghil.\n   Nous ne nous en plaignons pas pour nous-mêmes, mais bien pour le\nlivre de M. Morice.\n   La littérature de tout à l'heure est un livre qu'il importe aux jeunes de\nlire et de méditer; il est assez substantiel pour cela.\n   Ce n'est ni un livre de critique, ni un manifeste littéraire, ni un traité\n\n\n\n\n   (1) Nous pourrions parler aussi de l'injustice de M. Morice envers certains autres\npoètes : Sully-Prudhomme et Loti sont nuls à ses yeux. Léon Dierx et José Maria de\nHérédia n'obtiennent que quelques lignes bienveillantes. Mais un Catulle Mendès a tous\nles honneurs!\n"}, {"page_pdf": 281, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 389, "texte": "                                 — 248 —\n\nd'esthétique, bien qu'il soit fait de critique et d'esthétique. Il est surtout\ndestiné à donner aux jeunes la conscience de leurs forces et de leur but.\n   Le livre de M. Charles Morice a d'autres utilités, sans doute; il convient\navant tout de signaler celle-ci.\n                                                FERNAND      SEVERIN.\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-014", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 248, "page_fin": 248, "titre_corps": "Chronique artistique : Exposition Frédéric", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Georges Destrée", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "GEORGES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 281, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 389, "fin_caractere_exclue": 1915, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                       EXPOSITION FRÉDÉRIC\n\n\n               Au Cercle artistique, M. Léon Frédéric — qui n'avait point\n                cette année participé à l'Exposition de l'Essor — vient d'orga­\n                niser une Exposition des meilleures œuvres produites par lui\n                en ces dernières années. M. Frédéric, qui avait déjà fait\npreuve de talent dans des expositions précédentes, apparaît ici, un réel\net très personnel artiste. Il est surtout un dessinateur — ce qui devient de\nplus en plus rare chez nous où les artistes semblent ne vouloir chercher\nde plus en plus que la couleur. Aussi est-ce de très loin ses dessins que\nnous préférons dans son Exposition. Ses deux séries de cartons : le Lin\net le Blé symbolisant le vêtement et la nourriture, sont d'un très sérieux\nartiste au point de vue du dessin, et la compréhension du sujet est d'un poète.\nDans ces paysages wallons, bornés de collines, où labourent et sèment et\nrécoltent, des hommes aux noires et grandes silhouettes, il règne un calme,\nun amour de la vie tranquille et saine, assez puissant pour rendre personnel\nl'artiste qui les a conçus. Nous aimons surtout l'interprétation très grande\nque l'artiste donne du paysage, et les effets de soir tombant, de crépuscule\nqu'il semble lui aussi affectionner.\n   A mentionner, pour finir, un très remarquable dessin, intitulé les Lessi-\nveuses, et que nous estimons le plus beau de cette Exposition.\n                                                   GEORGES D E S T R É E ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-015", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 249, "page_fin": 252, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Oscar Méténier", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 82, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 92, "fin_caractere_exclue": 130, "texte": "Nous avons transmis la note ci-dessous"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 174, "fin_caractere_exclue": 213, "texte": "à la presse. 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Henry Maubef,"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 1967, "fin_caractere_exclue": 1985, "texte": "rue de Trèves, 72."}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 2251, "fin_caractere_exclue": 2292, "texte": "A ajouter à la liste des articles sur Max"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 2341, "fin_caractere_exclue": 2383, "texte": "Waller celui de M. Charles Sluijts, publié"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 2433, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "dans un journal hebdomadaire d'Anvers :"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 2518, "fin_caractere_exclue": 2543, "texte": "Le Palais de l'industrie."}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 2796, "fin_caractere_exclue": 2832, "texte": "L'auteur du médaillon de Max Waller,"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 2882, "fin_caractere_exclue": 2921, "texte": "le sculpteur Jules Lagae, exposera pro­"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 2975, "fin_caractere_exclue": 3013, "texte": "chainement un superbe médaillon récem­"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 3063, "fin_caractere_exclue": 3106, "texte": "ment achevé, de notre collaborateur Georges"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 3141, "fin_caractere_exclue": 3149, "texte": "Destrée."}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 3402, "fin_caractere_exclue": 3443, "texte": "L'Art moderne consacre un intéressant ar­"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 3444, "fin_caractere_exclue": 3484, "texte": "ticle au volume de M. Lombroso : L'homme"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 3533, "fin_caractere_exclue": 3571, "texte": "de génie. M. Lombroso n'y va point par"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 3623, "fin_caractere_exclue": 3665, "texte": "quatre chemins : pour lui l'homme de génie"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 3709, "fin_caractere_exclue": 3753, "texte": "est un fou. La théorie est un peu... grosse,"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 3797, "fin_caractere_exclue": 3836, "texte": "mais elle n'est pas neuve. 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Placez-le"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 1789, "fin_caractere_exclue": 1831, "texte": "devant cette nature dont l'imitation scru­"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 1920, "fin_caractere_exclue": 1965, "texte": "puleuse est le souci du réaliste, et demandez"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 2033, "fin_caractere_exclue": 2076, "texte": "vous si de cette rencontre il va jaillir un"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 2124, "fin_caractere_exclue": 2163, "texte": "artiste. Jamais. L'homme équilibré dont"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 2211, "fin_caractere_exclue": 2248, "texte": "nous parlons ne songera pas à l'œuvre"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 2297, "fin_caractere_exclue": 2340, "texte": "d'art. 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Elle est en cinq tons différents!..."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1242, "fin_caractere_exclue": 1281, "texte": "quoique successifs et en une variété de"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1334, "fin_caractere_exclue": 1375, "texte": "mesures; mais à part cela et quelques bi­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1431, "fin_caractere_exclue": 1470, "texte": "zarreries harmoniques qui font un effet"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1527, "fin_caractere_exclue": 1567, "texte": "bœuf... à la mode des Ecrits pour l'Art,"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1603, "fin_caractere_exclue": 1647, "texte": "elle est d'une jolie nullité continue et de­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1697, "fin_caractere_exclue": 1739, "texte": "mande la charité à toutes les « rosalies »"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1790, "fin_caractere_exclue": 1833, "texte": "qui passent; les \" rosalies \" sont des per­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1884, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "sonnes très généreuses et M. Lombardi et"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1976, "fin_caractere_exclue": 2016, "texte": "sa famille leur doivent de la reconnais­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2070, "fin_caractere_exclue": 2076, "texte": "sance."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2161, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "La glose est surmontée de deux épi­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2247, "fin_caractere_exclue": 2287, "texte": "graphes mélodiques. L'une, d'une mesure,"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2311, "fin_caractere_exclue": 2354, "texte": "en grosses notes et l'autre, en dessous, un"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2403, "fin_caractere_exclue": 2444, "texte": "peu à droite, de trois mesures en petites"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2495, "fin_caractere_exclue": 2501, "texte": "notes."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2593, "fin_caractere_exclue": 2603, "texte": "Et voilà !"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2686, "fin_caractere_exclue": 2708, "texte": "Les enfants s'amusent."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3060, "fin_caractere_exclue": 3100, "texte": "A lire dans la Revue générale, livraison"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3195, "fin_caractere_exclue": 3237, "texte": "de juin, une remarquable nouvelle de notre"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3287, "fin_caractere_exclue": 3325, "texte": "collaborateur M. Maurice Maeterlinck :"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3379, "fin_caractere_exclue": 3390, "texte": "Onirologie."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3653, "fin_caractere_exclue": 3693, "texte": "La Wallonie, livraison de mai, contient,"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3789, "fin_caractere_exclue": 3828, "texte": "sur le volume de poésies de M. Grégoire"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3921, "fin_caractere_exclue": 3962, "texte": "le Roy, une belle étude de M. Charles Van"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4054, "fin_caractere_exclue": 4064, "texte": "Lerberghe."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4423, "fin_caractere_exclue": 4464, "texte": "Vient de paraître, chez Havermans, signée"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4512, "fin_caractere_exclue": 4549, "texte": "du pseudonyme de Jehan de Bruges, une"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4601, "fin_caractere_exclue": 4647, "texte": "brochure d'une trentaine de pages, intitulée :"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4692, "fin_caractere_exclue": 4724, "texte": "II n'y a pas de langue flamande."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 109, "fin_caractere_exclue": 148, "texte": "Jehan de Bruges démontre qu'il n'y a ni"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 200, "fin_caractere_exclue": 239, "texte": "langue flamande, ni langue hollandaise,"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 291, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "mais une langue commune aux flamands"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 379, "fin_caractere_exclue": 422, "texte": "et aux hollandais : la langue néerlandaise."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 474, "fin_caractere_exclue": 508, "texte": "Et il le démontre en bon français."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 700, "fin_caractere_exclue": 736, "texte": "Le 2 juin on a entendu à Anvers, par"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 788, "fin_caractere_exclue": 831, "texte": "les soins de la Société de musique, et sous"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 930, "fin_caractere_exclue": 974, "texte": "la direction de l'auteur, l'oratorio nouveau"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1026, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "de Peter Benoit : De Rhijn."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1108, "fin_caractere_exclue": 1146, "texte": "Cette oeuvre a obtenu un énorme succès"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1198, "fin_caractere_exclue": 1241, "texte": "quoi qu'elle ait été exécutée dans des con­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1293, "fin_caractere_exclue": 1333, "texte": "ditions défectueuses. Nous espérons bien"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1385, "fin_caractere_exclue": 1430, "texte": "l'entendre l'hiver prochain à Bruxelles, soit"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1482, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "à l'association des Artistes musiciens, soit"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1578, "fin_caractere_exclue": 1602, "texte": "aux Concerts populaires."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1657, "fin_caractere_exclue": 1696, "texte": "Tandis que les autres oratorios ne sor­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1748, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "taient pas de la note grandiose et solen­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1841, "fin_caractere_exclue": 1883, "texte": "nelle, dans celui-ci Benoit a déployé tous"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 1935, "fin_caractere_exclue": 1975, "texte": "les trésors d'un tempérament apte à tra­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2027, "fin_caractere_exclue": 2069, "texte": "duire les sensations les plus opposées. Le"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2121, "fin_caractere_exclue": 2157, "texte": "poème de M. De Geyter abonde en con­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2209, "fin_caractere_exclue": 2246, "texte": "trastes et en épisodes mouvementés et"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2298, "fin_caractere_exclue": 2310, "texte": "historiques."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2365, "fin_caractere_exclue": 2402, "texte": "Benoit en a tiré un magnifique parti."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2454, "fin_caractere_exclue": 2494, "texte": "Jamais le chef justement réputé de notre"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2546, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "école musicale flamande n'aura rien écrit de"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2642, "fin_caractere_exclue": 2683, "texte": "plus riche, de plus généreusement inspiré"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2735, "fin_caractere_exclue": 2773, "texte": "et de plus amoureusement mis en œuvre."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2825, "fin_caractere_exclue": 2865, "texte": "Dans aucune autre partition le maître ne"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 2917, "fin_caractere_exclue": 2961, "texte": "s'est livré à un aussi luxuriant travail po­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3013, "fin_caractere_exclue": 3057, "texte": "lyphonique et n'a fait de si heureuses trou­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3152, "fin_caractere_exclue": 3194, "texte": "vailles de timbres, de rhythmes et de com­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3246, "fin_caractere_exclue": 3286, "texte": "binaisons de thèmes. Les transformations"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3338, "fin_caractere_exclue": 3378, "texte": "et les modulations du thème du Rhin sont"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3430, "fin_caractere_exclue": 3461, "texte": "particulièrement intéressantes."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3516, "fin_caractere_exclue": 3556, "texte": "L'œuvre est divisée en trois parties. On"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3608, "fin_caractere_exclue": 3650, "texte": "a surtout remarqué dans la première partie"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3745, "fin_caractere_exclue": 3788, "texte": "la scène d'amour et le superbe final, sorte"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 3880, "fin_caractere_exclue": 3920, "texte": "d'hymne orchestral au Rhin. Dans la der­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4014, "fin_caractere_exclue": 4053, "texte": "nière partie on a applaudi la scène des"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4116, "fin_caractere_exclue": 4158, "texte": "Etudiants, la scène des Nixes, la scène de"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4210, "fin_caractere_exclue": 4253, "texte": "la Loreley, la scène des Ondines, les chan­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4305, "fin_caractere_exclue": 4349, "texte": "sons Bachiques et le chant de la Moselle, la"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4401, "fin_caractere_exclue": 4419, "texte": "valse et le final."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4474, "fin_caractere_exclue": 4511, "texte": "Dans la troisième partie, la scène du"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4563, "fin_caractere_exclue": 4600, "texte": "Drachenfels a transporté l'auditoire."}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4655, "fin_caractere_exclue": 4691, "texte": "Nous reviendrons sur cette œuvre ma­"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 4743, "fin_caractere_exclue": 4781, "texte": "gistrale dans une étude que M. Georges"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 97, "texte": "Eekhoud consacre à Peter Benoît, et que"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 153, "fin_caractere_exclue": 192, "texte": "nous publierons dans notre prochain nu­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 249, "fin_caractere_exclue": 254, "texte": "méro."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 336, "fin_caractere_exclue": 374, "texte": "Le Waux-hall favorisé par le plus joli"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 420, "fin_caractere_exclue": 465, "texte": "temps du monde pour aller à cheval, e t c . ."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 510, "fin_caractere_exclue": 552, "texte": "a donné plusieurs concerts extraordinaires"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 574, "fin_caractere_exclue": 612, "texte": "avec le concours de Mesdames Landouzy,"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 662, "fin_caractere_exclue": 699, "texte": "Baudelet, Aline Bauveroy, Chainaye. —"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 733, "fin_caractere_exclue": 745, "texte": "A continuer."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 917, "fin_caractere_exclue": 951, "texte": "Nous avons annoncé le transfert du"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 999, "fin_caractere_exclue": 1038, "texte": "Guide musical à Paris. Le changement de"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1039, "fin_caractere_exclue": 1078, "texte": "domicile a amené un changement de forme"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1079, "fin_caractere_exclue": 1101, "texte": "qui n'est pas heureux."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1195, "fin_caractere_exclue": 1234, "texte": "Tel qu'il apparaît maintenant, le Guide"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1327, "fin_caractere_exclue": 1367, "texte": "se confond avec les feuilles de choux du"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1447, "fin_caractere_exclue": 1485, "texte": "Paris musical. C'est dommage, car nous"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1486, "fin_caractere_exclue": 1525, "texte": "avions une vénération mêlée de beaucoup"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1581, "fin_caractere_exclue": 1623, "texte": "de sympathie pour ce vieux journal devenu,"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1674, "fin_caractere_exclue": 1713, "texte": "depuis quelques années, très jeune sous"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1755, "fin_caractere_exclue": 1790, "texte": "l'impulsion de notre ami Kufferath."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1794, "fin_caractere_exclue": 1830, "texte": "Le numéro de juin — un numéro désha­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1831, "fin_caractere_exclue": 1871, "texte": "billé de l'ancienne couverture et qui se"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1923, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "promène tout nu, presque indécent, con­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2018, "fin_caractere_exclue": 2062, "texte": "tient sous ce titre : Petits problèmes d'es-"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2088, "fin_caractere_exclue": 2128, "texte": "thétique, un article de M. Victor Wilder"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2179, "fin_caractere_exclue": 2220, "texte": "où l'éminent critique esclarmondiste pro­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2273, "fin_caractere_exclue": 2318, "texte": "teste contre l'adaptation à la musique vocale"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2366, "fin_caractere_exclue": 2397, "texte": "d'une prose remplaçant le vers."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2460, "fin_caractere_exclue": 2499, "texte": "M. Wilder déclare que ce système aurait"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2548, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "pour premier résultat d'abolir le rhythme."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2644, "fin_caractere_exclue": 2668, "texte": "Hein!... Comprenons pas!"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2745, "fin_caractere_exclue": 2782, "texte": "Nous croyons au contraire, qu'en tra­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2831, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "duction surtout , il vaudrait infiniment"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2924, "fin_caractere_exclue": 2965, "texte": "mieux développer le texte en prose que le"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3016, "fin_caractere_exclue": 3055, "texte": "dénaturer par amour du caramel. On peut"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3091, "fin_caractere_exclue": 3126, "texte": "rhythmer la prose aussi, M. Wilder!"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3346, "fin_caractere_exclue": 3383, "texte": "La Plume, dans son numéro du 15 juin,"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3384, "fin_caractere_exclue": 3425, "texte": "publie un portrait littéraire de Rodolphe"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3426, "fin_caractere_exclue": 3469, "texte": "Salis signé... Francisque Sarcey. L'éminent"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3516, "fin_caractere_exclue": 3559, "texte": "critique, y parle de ses hémorroïdes. C'est"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3611, "fin_caractere_exclue": 3635, "texte": "le comble de la fatuité."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3705, "fin_caractere_exclue": 3742, "texte": "Lire dans la même revuette un amusant"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3791, "fin_caractere_exclue": 3827, "texte": "conte d'Alphonse Allais qui commence"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 152, "texte": "ainsi : \" Je ne sais si vous êtes comme moi."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 203, "fin_caractere_exclue": 248, "texte": "mais j'adore l'Angleterre. Je lâcherais tout,"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 299, "fin_caractere_exclue": 331, "texte": "même la proie, pour Londres... \""}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 386, "fin_caractere_exclue": 419, "texte": "La Plume annonce en préparation —"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 470, "fin_caractere_exclue": 509, "texte": "de Verlaine : Les Amis, roman; Bonheur,"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 560, "fin_caractere_exclue": 573, "texte": "poème a paru."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 626, "fin_caractere_exclue": 661, "texte": "De Bourget : Cosmopolis, roman; les"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 712, "fin_caractere_exclue": 732, "texte": "Nostalgiques, poème."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 799, "fin_caractere_exclue": 834, "texte": "M. Paul Bourget vient de publier un"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 885, "fin_caractere_exclue": 913, "texte": "nouveau roman : Le Disciple."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 966, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "Nous en parlerons prochainement."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1155, "fin_caractere_exclue": 1191, "texte": "Gil Blas annonce la publication pro­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1285, "fin_caractere_exclue": 1326, "texte": "chaine dans ses colonnes d'un roman d'Os­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1418, "fin_caractere_exclue": 1446, "texte": "car Méténier : Madame Boule."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1539, "fin_caractere_exclue": 1580, "texte": "C'est Oscar Méténier qui travaille à met­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1631, "fin_caractere_exclue": 1673, "texte": "tre à la scène du Théâtre Libre Les Frères"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1724, "fin_caractere_exclue": 1754, "texte": "Zemganno d'Edmond de Goncourt."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1884, "fin_caractere_exclue": 1922, "texte": "M. Charles Tilman, depuis qu'il préco­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 1973, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "nise les oculistes en littérature, n'a vrai­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2068, "fin_caractere_exclue": 2087, "texte": "ment pas de chance."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2141, "fin_caractere_exclue": 2178, "texte": "On sait qu'avant M. Mendès, M. Armand"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2229, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "Silvestre (portière et chanoine) avait con­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2323, "fin_caractere_exclue": 2365, "texte": "férencié à l'invitation du susdit. M. Sil­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2416, "fin_caractere_exclue": 2456, "texte": "vestre reçu chez M. Tilman y avait amené"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2507, "fin_caractere_exclue": 2547, "texte": "Madame Silvestre, laquelle avait conquis"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2598, "fin_caractere_exclue": 2643, "texte": "la sympathie et l'estime de toute la famille."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2697, "fin_caractere_exclue": 2741, "texte": "L'illustre rabelaisien n'avait oublié qu'une"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2792, "fin_caractere_exclue": 2830, "texte": "chose c'était de numéroter Madame Sil­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2881, "fin_caractere_exclue": 2923, "texte": "vestre, simple épouse d'agrément cueillie,"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 2974, "fin_caractere_exclue": 3014, "texte": "en passant, à la Scala de Bruxelles pour"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3065, "fin_caractere_exclue": 3090, "texte": "rompre l'ennui du voyage."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3144, "fin_caractere_exclue": 3185, "texte": "Un journal a raconté l'histoire joyeuse à"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3236, "fin_caractere_exclue": 3277, "texte": "toute la population de Louvain... M. Til­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3328, "fin_caractere_exclue": 3342, "texte": "man y compris."}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3478, "fin_caractere_exclue": 3515, "texte": "M. Goliath, dont il est question dans"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3566, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "Notre petit salon de tir, a publié, à propos"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3661, "fin_caractere_exclue": 3701, "texte": "de La patrie en danger, une seconde bro­"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3752, "fin_caractere_exclue": 3790, "texte": "chure intitulée : La Vérité historique"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 3841, "fin_caractere_exclue": 3878, "texte": "au théâtre. Cette brochure prouve que"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "M. Goliath est l'exécuteur testamentaire"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 186, "texte": "de M. Prudhomme, héritier naturel du grand"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 238, "fin_caractere_exclue": 249, "texte": "La Palisse."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 334, "fin_caractere_exclue": 373, "texte": "M. Goliath y combat les Goncourt à coup"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 416, "fin_caractere_exclue": 458, "texte": "de vers de Voltaire et déclare que Molière"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 508, "fin_caractere_exclue": 552, "texte": "est le plus grand dramaturge de notre litté­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 598, "fin_caractere_exclue": 605, "texte": "rature."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 694, "fin_caractere_exclue": 733, "texte": "La Société protectrice des animaux doit"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 776, "fin_caractere_exclue": 790, "texte": "être contente."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 797, "fin_caractere_exclue": 835, "texte": "M mc Ernestine Van Hasselt nous a ren­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 887, "fin_caractere_exclue": 929, "texte": "voyé son petit livre avec toutes sortes de"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 977, "fin_caractere_exclue": 992, "texte": "récriminations."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1076, "fin_caractere_exclue": 1116, "texte": "Pour ne pas la contrarier nous garderons"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1164, "fin_caractere_exclue": 1172, "texte": "le tout."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1530, "fin_caractere_exclue": 1567, "texte": "Le Bulletin du Bibliophile parle d'un"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1596, "fin_caractere_exclue": 1641, "texte": "livre tissé sur soie, tentative nouvelle d'un"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1690, "fin_caractere_exclue": 1707, "texte": "libraire de Lyon."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1786, "fin_caractere_exclue": 1827, "texte": "De format petit in-4°, l'ouvrage comprend"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1873, "fin_caractere_exclue": 1916, "texte": "cinquante pages, les caractères sont gothi­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1965, "fin_caractere_exclue": 2002, "texte": "ques et chaque page est entourée d'un"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2060, "fin_caractere_exclue": 2101, "texte": "encadrement de dessin différent. Le style"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2153, "fin_caractere_exclue": 2197, "texte": "de l'ouvrage appartient à la fin du XIVe, au"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2245, "fin_caractere_exclue": 2290, "texte": "XVeet au XVIe siècle; les lettres ornées, les"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2338, "fin_caractere_exclue": 2381, "texte": "encadrements et tous les détails de l'orne­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2431, "fin_caractere_exclue": 2473, "texte": "mentation ont été pris dans des manuscrits"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2524, "fin_caractere_exclue": 2566, "texte": "de cette époque et reproduits avec un goût"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2617, "fin_caractere_exclue": 2650, "texte": "et une perfection remarquables..."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2713, "fin_caractere_exclue": 2750, "texte": "Le livre est tissé sur soie au métier"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2800, "fin_caractere_exclue": 2846, "texte": "Jacquard ; le tissu en très belle soie, remar­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2892, "fin_caractere_exclue": 2930, "texte": "quablement serré, comporte quatre cent"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2982, "fin_caractere_exclue": 3024, "texte": "passées de trame au pouce; de plus, dispo­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3072, "fin_caractere_exclue": 3115, "texte": "sition particulièrement anormale, la chaîne"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3168, "fin_caractere_exclue": 3215, "texte": "est horizontale au lieu d'être verticale, et la"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3260, "fin_caractere_exclue": 3303, "texte": "trame est verticale au lieu d'être horizon­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3356, "fin_caractere_exclue": 3400, "texte": "tale comme dans les tissus ordinaires; c'est"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3449, "fin_caractere_exclue": 3491, "texte": "la trame qui produit les caractères et les"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3541, "fin_caractere_exclue": 3551, "texte": "ornements."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3636, "fin_caractere_exclue": 3666, "texte": "On a mis deux ans à l'achever."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3702, "fin_caractere_exclue": 3743, "texte": "Sommaire de la Pléiade (1er juin). Proses"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3791, "fin_caractere_exclue": 3830, "texte": "cursives : Le Pitre, Paul Masy; Pour la"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3882, "fin_caractere_exclue": 3919, "texte": "Seule, Frédéric Neyskens ; Chanson de"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3973, "fin_caractere_exclue": 4016, "texte": "printemps, Jean Boels ; Deux vieilles chan-"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 4058, "fin_caractere_exclue": 4099, "texte": "sons, traduites du bas-allemand par Char­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "les Sax; Plainte, Anna Galloy; Episode,"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 236, "texte": "Sully Huntley ; Sonate, Maurice D o m a l ;"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 287, "fin_caractere_exclue": 329, "texte": "Façon de Madrigal,      Fritz Velaines; Le"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 380, "fin_caractere_exclue": 414, "texte": "Hibou, Arthur Dupont; Mai, Auguste"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 465, "fin_caractere_exclue": 506, "texte": "Jenart; Suicide par amour, Karl Van Osta;"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 557, "fin_caractere_exclue": 596, "texte": "Instantanés par un jour de pluie, Henry"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 647, "fin_caractere_exclue": 689, "texte": "Carton de Wiart ; Pensées, Ioric Vorthon :"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 740, "fin_caractere_exclue": 774, "texte": "Varia, Bulletin   bibliographique."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 847, "fin_caractere_exclue": 886, "texte": "A propos du ballet que le sieur Barbier"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 937, "fin_caractere_exclue": 976, "texte": "— préposé à ces besognes — a tiré de la"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1028, "fin_caractere_exclue": 1072, "texte": "Tempête, pour la jubilation sénile de M. Am­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1123, "fin_caractere_exclue": 1163, "texte": "broise Thomas, avec ou sans œil au fond,"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1214, "fin_caractere_exclue": 1256, "texte": "l'un des plus redoutables pisseurs d'encre"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1307, "fin_caractere_exclue": 1345, "texte": "pâle du journalisme français, M. Henry"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1396, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "Fouquier, — qui aurait besoin d'un Tin-"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1486, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "ville — imprime, dans Gil Blas, les cho-"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1577, "fin_caractere_exclue": 1595, "texte": "settes que voici :"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1649, "fin_caractere_exclue": 1689, "texte": "Mais j'ose penser que l'appropriation de"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1740, "fin_caractere_exclue": 1782, "texte": "Shakespeare n'est pas toujours définitive."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1833, "fin_caractere_exclue": 1872, "texte": "Un homme de théâtre avisé, aujourd'hui,"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 1923, "fin_caractere_exclue": 1964, "texte": "débarrasserait Hamlet de redites, de lon­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2015, "fin_caractere_exclue": 2059, "texte": "gueurs, de maladresses, et l'effet en serait"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2110, "fin_caractere_exclue": 2152, "texte": "plus grand. Quant aux comédies et aux fée­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2203, "fin_caractere_exclue": 2244, "texte": "ries de Shakespeare, on y trouve, certes,"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2295, "fin_caractere_exclue": 2337, "texte": "des traits vifs, des « envolées » comme on"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2388, "fin_caractere_exclue": 2430, "texte": "dit aujourd'hui, mais aussi des platitudes"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2481, "fin_caractere_exclue": 2523, "texte": "et des longueurs d'un insupportable ennui."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2574, "fin_caractere_exclue": 2616, "texte": "J'aime autant la Biche au Bois que la Tem-"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2667, "fin_caractere_exclue": 2709, "texte": "pête, quand je devrais, pour cet aveu, mé­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2760, "fin_caractere_exclue": 2799, "texte": "riter toutes les foudres de Prospéro..."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2853, "fin_caractere_exclue": 2891, "texte": "Hamlet débarrassé de ses longueurs par"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2942, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "M. Fouquier! Quel poème! Et la Biche au"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3032, "fin_caractere_exclue": 3071, "texte": "Bois préférée à la Tempête! M. Fouquier"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3122, "fin_caractere_exclue": 3167, "texte": "est trop tendre pour son... Barbier, et n'est"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3218, "fin_caractere_exclue": 3259, "texte": "pas heureux au jeu de la critique. Victor"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3310, "fin_caractere_exclue": 3355, "texte": "Hugo, parlant du vieux Will, disait : « J'ad­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3406, "fin_caractere_exclue": 3448, "texte": "mire tout, comme une brute. « Mais M. Fou­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3499, "fin_caractere_exclue": 3540, "texte": "quier, — fontaine Wallace de la chronique"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3591, "fin_caractere_exclue": 3632, "texte": "— n'est pas une brute. De là son évidente"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3683, "fin_caractere_exclue": 3695, "texte": "supériorité."}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3752, "fin_caractere_exclue": 3790, "texte": "Le Théâtre-Libre a joué : le Comte Wi­"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3841, "fin_caractere_exclue": 3881, "texte": "told, drame de M. Stanislas Ryewuski. Le"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 3932, "fin_caractere_exclue": 3972, "texte": "Cœur révélateur d'Edgard Poë, adapté par"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 4023, "fin_caractere_exclue": 4057, "texte": "M. Ernest Lauman. La Casserole par"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 4108, "fin_caractere_exclue": 4126, "texte": "M. Oscar Méténier."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L'EVENTAIL THEATRAL", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 286, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2835, "texte": "L'EVENTAIL\n             THEATRAL,          ARTISTIQUE                ET MONDAIN\n                            DIRECTEUR : F. ROTIERS.\n      Rédaction et administration : 26, rue de l'Industrie, Bruxelles\n         ,                 Belgique, u n an                                                 fr. 5-00\n  P R I X D ABONNEMENT :\n                           Etranger     »                                                       700\n\n\n\n\nA         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n    de Block's Universal Wine C°\n                  6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA. BOURSE)\n\n\n\n\n E        n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et dAlicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\nGIL          BLAS,     journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie CANTABEILLE, par RENÉ MAIZEROY.\n  Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\n  partout.\n\n\n    ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                       ÉPERNAY\n\n\n                                              Prix Courant\n                             Baron J. de Warnimont                                                2 25\n                             Marquis Armand de St-Hubert .                          .       .   . 2 75\n                              R O S É E J E U N E BELGIQUE                                       3 00\n                              Crême d'Ay            id.                                          3 50\n                              Bouzy extra           id.             Cuvée réservée.              4 50\n                              Bouzy Cristal         id.                                          5 00\n                                           0.50 e n p l u s p a r 2/2 b o u t e i l l e s\n\n                                       EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 2 5 BOUTEILLES\n\n                              Franco   de port, droits et emballage        dans toute la        Belgique\n\n\n             ENTREPOSITAIRE             : COULOMB-ROBIETS\n       19, B o u l e v a r d d u N o r d , 19, à B r u x e l l e s\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE REVUE MENSUELLE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "JUILLET 1889 SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 287, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE\n                        REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\n\n  formant au bout de l'année un superbe volume avec couverture spéciale et                frontispice.\n\n\n\n          Fondateur        : MAX W A L L E R (MAURICE WARLOMONT)\n\n\n Directeur : HENRY MAUBEL. — Administrateur                           : HUBERT VAN DIJK.\n\n\n  Bruxelles : Rédaction : 72, rue de Trêves —Administration, 26, rue de l'Industrie.\n\n\n\n                                  ABONNEMENTS :\n\n   Belgique .     .   7 francs par an. — Union postale .                       .    fr.       8-50\n         Les conditions pour les annonces se traitent à                            forfait.\n\n\n\n\n                                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-07-n6-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "JUILLET 1889 SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 287, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 723, "fin_caractere_exclue": 1956, "texte": "JUILLET        1889\n\n\n                                SOMMAIRE:\n\nProses lyriques                                                  ARNOLD GOFFIN.\nVers                                                             ALBERT ARNAY.\n La Nativité de Notre Seigneur                                    EUGÈNE DEMOLDER.\nSur le chemin des ténèbres                                       JEAN BOELS.\nExposition universelle                                           JAMES VANDRUNEN.\nViolettes de Parme                                               FERNAND ROUSSEL.\nPetit Salon de tir.                                              MOUCHE.\nChronique littéraire :\n         Ressort cassé                                         HIXE\n         Feuilles d'album\n         Honnête plus qu'honnête . . .                     .\n         Les Obsédés                                             HENRY MAUBEL.\n         Les Goncourt\n         La littérature de tout à l'heure .                .     FERNAND SEVERIN.\nChronique artistique :\n         Exposition Frédéric                                    GEORGES DESTRÉE.\nMemento                                                         ***\n\n\n                  Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 20, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 252, "texte": "9e ANNÉE.   TOME VIII, N° 6.      PRIX : FR.   0-.75             JUILLET   1889.\n\n\n\n\n                                       BRUXELLES\n                               REDACTION :              ADMINISTRATION:\n                           72, RUE DE TRÊVES,          26, RUE DE L'INDUSTRIE,\n\n                                           PARIS\n                                 LÉON    V A N I E R , ÉDITEUR\n                                        10, Quai Saint-Michel\n\n                                                1889\n"}, {"page_pdf": 253, "texte": "                           BOITE AUX L E T T R E S .\n\n  27. — A L'AUTEUR DE « L'AMOUR DU BLEU ». Vous avez raison : la vie est un trou sombre.\nHeureusement, il vous reste l'amour du bleu :\n                                    P'tit bleu, p'tit bleu [bis]\n                                    Ça vous ravigotera, mon ami.\n   28. — ERLKŒNIG. — Pas mal. mais très déjà lu. Ne confondez pas les mille voix de\nl'automne avec l'automne de Millevoye.\n   29. — J.-L. — Même observation. Vous avez l'imagination du sonnet, mais vous n'y\nmettez rien encore. Travaillez, et revenez.\n   30. — T. NIHIL. — Comment se fait-il que vous écriviez au Bois de la Cambre des vers\nbons à être mis au cabinet ? Nihil Mirari. Il ne faut pas admirer Nihil.\n   31. — PANURGE. — Vos moutons sont devenus enragés, mon pauvre vieux. Vous faites\nquatre pages de vers parce que nous ne vous avons pas inséré. Facit indignatio versum.\nNous tenons à faire passer à la postérité l'apostrophe que vous lancez à la Jeune\nBelgique :\n                            Tu n'es pas l'héroïque et superbe puceau\n                            Qui baisait Jeanne d'Arc!,..\n   Diable ! Voilà un renseignement qui a sa valeur. Ainsi Jeanne d'Arc était baisée par un\npuceau ? Mais alors elle n'était pas pucelle, et lui n'était pas puceau. Envoyez-nous des\ndétails, dans l'intérêt de l'histoire de Jeanne d'Arc.\n   32. — EMMANUEL H..., BARDE FLAMAND. — C'est exact. Albert Giraud traduit, en flamand,\nl'Art en Exil de Georges Rodenbach. Titre : Kunst naar den Oost.\n   33. •— CHARLES BUET. — Merci pour manuscrit reçu. Passera prochainement. Idem\npour Gicelle.\n\n\n  La direction rappelle aux lecteurs de La Jeune Belgique qu'elle assume\nseule la responsabilité des articles qui paraissent sans signature dans la\nrevue. Ils n'ont en aucune façon un caractère collectif ou anonyme.\n   Elle prie ses collaborateurs de lui adresser la copie au plus tard le 20\ndu mois afin d'assurer la publication régulière de la revue.\n   Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n\n  NOS NUMÉROS 2 et 3 sont épuisés.\n  Afin de satisfaire aux nombreuses demandes d'abonnement qui nous\nparviennent, nous prions les personnes qui ne collectionnent pas la Jeune\nBelgique de vouloir bien nous renvoyer ces numéros dont le prix leur sera\nremboursé.\n\n                 ABONNEMENT                               GRATUIT\n  Tout ami et bénévolent adepte qui nous apportera 10 abonnés,\nrecevra son abonnement gratuitement durant deux années.\n  Des cartes d'abonnement sont à la disposition de nos amis chez\nM. Henry Maubel, rue de Trèves, 72.\n"}, {"page_pdf": 254, "texte": "                 PROSES LYRIQUES\n                                                          A CAMILLE R***\n\n\n\n\n                                Ce soir de tristesse et de joie, — ce soir victo­\n                                 rieux où mon âme errait hors d'elle-même,\n                                 parmi l'obscurité désaltérante, tes caresses\n                                 consumèrent le mur d'insouciance que j'édi­\n                                 fiai entre moi et les afflictions anciennes.\n                                    Je revis le jardin, délaissé naguère, — le\n                                 jardin printanier et splendide de ma jeu­\n                                 nesse, dont j'avais moi-même piétiné et\n                                 arraché les fleurs ; — des fleurs y germaient,\n                  encore, à l'ombre, loin des brutalités solaires, — des\n                  fleurs modestes, amarantes, grises et violettes, — des\n                  fleurs nocturnes, d'une beauté funeste et doucement\n                  douloureuse.\n                     D'un pas lassé et à peine raffermi, je parcourus ces\n                  allées familières qui, suavement accueillantes, m'entre­\n                  tenaient d'un bonheur et de plaisirs évanouis. Et, sous\n                  les outrages des jours d'abandon, la lente ruine de\n                  l'oubli, à mes yeux, le passé, cependant, clairement se\n                  manifesta et au travers les pâles brouillards qui les\n                  ennoblissent, les allégresses initiales, un instant, me\n                  réapparurent.\n  Ta tendresse m'a rouvert ces lieux, dont je m'exilai, jadis. Mes mains,\npourtant, ont respecté la morose somptuosité de leur parure nouvelle ; je ne\n                                                                       15\n"}, {"page_pdf": 255, "texte": "                                    222\n\n\nprofanerai pas l'œuvre mystérieuse de la nuit ; le parfum des fleurs d'antan\ns'émane, épuré, de ces fleurs taciturnes, et je veux m'en enivrer sans peur et\nsans remords.\n   — Oui, c'étaient les mêmes caresses et de peut-être plus éloquentes\nparoles, — les mêmes, — mais quelque chose s'y mêlait que je ne recon­\nnaissais pas... Ainsi donc, chère Ame, je resterai muet et les souvenirs que\ntu réveilles, mes désirs et mes peines ne te seront jamais révélés, — ni,\nmême, l'amour que tu m'inspires.\n\n                                      II\n\n    Sois mon frère, — sois mon maître, — rends-toi exorable à ce cœur dont\nla convalescence inquiète s'intimide de le sentir battre et espérer encore.\n    Remplis-moi de certitude, d'un paisible bonheur et efface ce pénible et\nmachinal sourire; — qu'à ton souffle adorable tout s'évapore et se trans­\nforme de l'atmosphère amollissante et subtile, qui me grisa d'une ivresse\nillicite.\n    Tes mains prestigieuses sur mon front, dissiperont l'anarchie des songes\nqui me terrorisent ; — ta bouche purifiera mes lèvres prostituées ; — aux\nrayons de tes yeux étonnés et chimériques, refloriront mes tendresses aigries\net mes désirs écrasés.\n    — Ah! vivons les fenêtres au large ouvertes! Ne dédaignons plus la forte\net simple félicité qui s'offre : aimons-nous avec nos cœurs rajeunis, — avec\nnos cœurs d'enfants, vierges, doux et ingénus et que ce soit un rafraîchis­\nsant amour, — chaste et si candidement fier.\n\n\n                                     III\n\n                               DUPLICITÉ.\n\n  Tu laissais, auprès de moi, s'épanouir la grâce belliqueuse et juvénile de\nton génie, la fougue enjouée, la pétulante et savoureuse gloire de ton âme\nexcessive.\n  Tu m'avais asservi, courbé sous ton ascendant vainqueur; c'est dans tes\nyeux, créature hybride, que je puisais la force et la patience, — dans tes\nyeux fauves, éblouissants et fous.\n  — Pourquoi prononçai-je des paroles décisives? Ton indifférente indul­\ngence me supporte encore, — ta Pitié élude, mais ces périphrases ambiguës\n"}, {"page_pdf": 256, "texte": "                                   — 223 —\n\n\net l'évasive acrimonie de ton sourire, si séduisant naguère et si tendre,\nrépondent suffisamment au regard suppliant qui t'interroge.\n\n   Hélas! j'adorais en toi la forme incarnée d'immarcessibles Rêves!\n\n\n                                       IV\n\n                                   FEINTE\n\n   Je déteste ton rire, aujourd'hui : mon âme se contracte douloureuse­\nment. Dans tes yeux railleurs, dans l'ironie lointaine et incendiaire de tes\nyeux, plus rien ne survit des serments d'autrefois. — Ton rire, rouillé par\nles larmes contenues et qui grince, ton rire gerce ta lèvre.\n   Je sais bien que, sous cette âcre allégresse, se cachent les vertiges, le lac\namer et glacé d'une incompressible rancœur ; mais pourquoi me la dérober\nderrière le décor faux et criard de cette discordante Joie?\n   Tu endures une Passion secrète ; ton cœur stoïque saigne, orgueilleuse­\nment, au milieu du silence obscur... Oh! affranchis-toi de toute fierté sté­\nrile et plains-toi, — pleure !\n\n\n                                      V\n\n               LE MARTYRE DE SAINT-SÉBASTIEN\n\n   Dans le deuil eucharistique du soir, abandonné, enfin, par les victimaires\net si las de tant d'héroïsme, l'enfant lève ses beaux yeux de ferveur et d'in­\nnocence vers la cruauté impavide du ciel, — et, quoiqu'il s'immole simple­\nment et sans murmure, malgré lui, en son regard mouillé, un timide et\nboudeur reproche affleure de le laisser souffrir ainsi.\n   Au pied de la montagne propitiatoire, s'étend la ville de Joie et les\nrumeurs nocturnales passent entremêlées de subites acclamations popu­\nlaires. Le cœur gros, il devine la marche traînante des foules par les rues\nrépandues, les flambeaux odoriférants qui embrasent d'or le fronton des\nédifices.\n   Les flèches barbares ont transpercé son cou angélique ; ses blessures sai­\ngnent et teignent de vivante écarlate sa noble poitrine palpitante. Sa vue\ndéjà se voile; il sent défaillir et s'alangourir ses mâles résolutions : une\ninvisible présence sature l'air de pensées impies et l'apeure... Mais, l'intré­\npide enfant se roidit, pour mourir les yeux ouverts et vierge de tout par-\n"}, {"page_pdf": 257, "texte": "                                 — 224 —\n\n\njure... — Comme il est dur, pourtant, d'agoniser là, — tout seul — au\nmilieu des ténèbres !...\n\n  — Oh ! arracher le trait féroce qui meurtrit tes chairs endolories et étan­\ncher ton sang — ton pur et glorieux sang, — avec mes lèvres !\n\n                                      VI\n\n   De longues années, dans la pudeur réginale de son amour, elle s'est tue,\nimposant silence même à ses yeux, parant le deuil solitaire de son cœur,\navec une coquetterie pâle de poitrinaire; — pauvre lys, languissant et fri­\nleux, qui se hausse, se roidit sur sa tige, offre encore ses corolles flétries,\nson calice fané,;— aux caresses dédaigneuses du soleil.\n   Mais, enfin, un soir d'hiver, après une pesante et muette veillée pendant\nlaquelle, une fois de plus, elle a sondé la profondeur de la blessure béante,\nrespiré la frigorifique température de cet amour si semblable à de l'indiffé­\nrence, enduré la cruauté aveugle et distraite de l'halluciné radieux qu'elle\nchérit, sa factice résignation tout à coup se volatilise et sa prière clémente\nainsi s'exhale :\n   — Hélas ! hélas ! Tu composes des vers à mon immortelle renommée et\ntrès certainement, je me survivrai dans la mémoire des hommes, mais en\nattendant, — tu oublies de vivre, — de vivre et de m'aimer !\n\n\n                                     VII\n\n                          NUIT MAGNÉTIQUE\n\n   Je suis égaré dans de très nobles jardins seigneuriaux. Oh! comme elles\nse font doucereuses, comme elles s'insinuent, ces tentations, — de quelles\nformes enchanteresses elles transfigurent leur cendre immonde.\n   Ecoutez! Une musique paradisiaque, douloureuse et lancinante résonne,\n— des mélodies frissonnent, lointaines, disséminées et vaguantes parmi ces\ntrès purs jardins nocturnes, noyés de lumière surnaturelle, — m'arrivent\nainsi que les brises d'un Eden frais et parfumé, — qu'un signe peut recon­\nquérir, — ébranlent peu à peu et si mollement anonchalissent ma volonté,\nm'émeuvent d'un désir véhément et trop large pour mon cœur enfantin.\nCes harmonies flanent, pareilles à des fantômes attoucheurs, en ces froids\njardins vespéraux, s'éloignent, expirent, puis s'enflent, s'infléchissent, se\n"}, {"page_pdf": 258, "texte": "                                 — 225 —\n\n\ngonflent, semblent tendre les voiles de soie pourprée de la barque divine,\némigrant vers les langueurs surhumaines.\n  Comme ces chants de harpe, frolées par des mains qui se pâment, ces\nhoules de musique dissolvent les fragiles résolutions, induisent aux lâchetés\nséduisantes, — vous versent l'ivresse héroïque de vivre et de mourir!\n  Dans l'énervement ineffable de la nuit hantée, des voix éparses m'ap­\npellent, des voix insidieuses, irrésistibles : — « Tu auras bien des jours\npour te repentir! Viens, viens chercher, entre nos bras, l'amour sans but\net sans fruit, — que sa stérilité purifie et divinise!... »\n\n  — Seigneur ! donnez-moi l'énergie et le courage !\n\n\n                                     VIII\n\n                              DÉVASTATION\n\n    Jadis florissait là une claire et vernale forêt, frémissante de vie ardente\n et volontaire, prismatique du na'if espoir de joies futures et perdurables.\n    Une nuit de luxure et de meurtre, du plus profond d'un obscur et nido­\n reux marécage, émergent des lianes vipérines, des plantes aiguës et ram­\n pantes, reptiles végétaux, gonflés de mordicante sève qui, sournoisement,\n se propagent, recouvrent la terre de leur parure prolifère et mortelle. Les\n arbres, libres et fiers, enlacés, bientôt, d'un réseau visqueux, de tous côtés\n pullulèrent des tentacules crispés et touffus, interceptant le jour, paralysant\n l'essor des ramures ; — et ainsi s'établit leur muet et parasitaire empire\n sur les frondaisons étouffées, parmi les halliers désolés et mornes. Les feuil­\n lages blancs et argentés cessèrent de bruire doucement, de bruire au souffle\n des brises aromatiques et les belles cimes arborescentes, épanouies au plus\n haut de l'air et ondulantes.\n    De grasses et fétides émanations s'enflammaient, de subites et flageolantes\n lueurs fusaient. Dans les ténèbres complices, à l'abri de la nuit suintante\n et moite, d'étranges et minérales pousses germaient dont s'épouvantaient les\n fauves; une profusion d'impudiques fibres, lancéolées et fardées, fluant des\n senteurs malignes ; — des pulpes hélobes, aux colorations moisies, d'où\n s'extravasaient de virulents toxiques, foisonnèrent, contaminant le sol,\n calcinant les racines : — une lèpre inerme et mollasse décima la Vallée\n d'émeraude.\n\n   Et l'œuvre néfaste accomplie, la sainte Forêt souillée, incinérée radicale-\n"}, {"page_pdf": 259, "texte": "                                  — 226 —\n\nment, s'écroula tout d'un coup, et pesamment, ensevelissant sous son poids\nformidable les fleurs paludéennes et à cette place, s'installèrent, définiti­\nvement, — le Silence, la Mort et la Ruine.\n\n\n                                       IX\n\n                                THÉURGIE.\n\n   Quelqu'un que je ne vois ni n'entends, quelqu'un qu'effarouchent le bruit\net la lumière, — quelqu'un s'assied, auprès de moi, dans l'ombre soli­\ntaire.\n   Quand, aux heures de contrition angoissée, sous le deuil insomnieux des\nTénèbres, mon cœur s'inquiète et désespère, la soudaine et clandestine pré­\nsence de mon frère transmondain m'apaise et me rassure. D'un geste puri­\nficateur, il dissipe les grossières pensées temporelles qui m'effrayaient; puis,\nen sa langue musurgique, il me narre les histoires légendaires des empires\nsidéraux... Ce n'est qu'un indécis murmure; la musique triste et pensive\nd'un récit imaginaire; des mots chuchotes, perçus, à peine, par mon âme\nattentive et charmée, — des mots chuchotes d'une voix fantômale et\nneutre, d'une blonde voix qui vibre en moi-même, me pénètre d'un trouble\nextatique et mortel.\n   Mais, quelquefois, au milieu d'une fête dévergondée et tumultueuse,\nfurtif, mon céleste frère vient s'installer à mes côtés et tout à coup, alors, le\nlustre emprunté du décor abject s'abolit, — tout ce que j'aurais voulu\noublier et taire reflue en ma mémoire, et nostalgiquement, me courbe et\nm'agenouille, — au souvenir de mon blasphème.\n\n                                                       ARNOLD GOFFIN.\n"}, {"page_pdf": 260, "texte": "                 227\n\n\n\n\n             VERS\n      L'ÉTRANGE PARFUM\n\nToute en rose, dentelle et gaze,\nElle s'incline lentement\nVers la fleur qui languissamment\nSe meurt dans Veau de l'ancien vase.\n\nO ce parfum qui balbutie\nD'étranges autrefois d'amour !\nC'est fugace tel un clair jour\nOù tout à vivre s'initie!\n\nO ce relent qui rit et pleure\nAinsi qu'une aurore d'avril!\nC'est comme un rêve puéril,\nCela vous endort comme un leurre!\n\nElle se sent — ô nonchalance —\nMourir un peu comme la fleur\nDont sa main pâle a la pâleur\nEt sa lèvre la défaillance!\n\n\n          POUR SES YEUX\n\nVos yeux étincelants ou froids\nOnt la splendeur des dalmatiques,\nLa fraîcheur des aubes rustiques :\nVos yeux sont comme des orfrois.\n\nAux moires vagues de l'onyx\nJoignant la lumière très pâle\nD'une capricieuse opale,\n Vos yeux sont profonds comme un       Styx.\n"}, {"page_pdf": 261, "texte": "               — 228 —\n\nIls ont la blancheur des jasmins\nDans l'ombre molle des tonnelles,\nLe charme lent des vilanelles\nLa plainte tendre des carmins.\n\nMais, ô chère, vos yeux sont las\nDe nos fêtes piètrement folles,\nDe nos macabres paraboles\nEt de nos mots à falbalas.\n\nVos beaux yeux sont pleins d'infinis\nDe chants d'oiseaux, de fleurs blessées,\nDe larmes en vain dépensées\nEt du soir des bonheurs ternis.\n\n\n\n\n               CE SOIR\n\n\nLe soir fatigué   d'attendre\nAux horizons de rubis\nRentre les lentes brebis\nDe mon Passé chaste et tendre.\n\nRêveuse, la Nuit sereine\nDescend les blancs escaliers\nDe ses palais familiers\nAvec des façons de reine.\n\nAvec des douceurs douillettes,\nDe ses incertains doigts bleus\nElle entrouvre dans mes yeux\nSes étranges violettes.\n\nJe sens que ferment leurs ailes\nLes colombes de mon cœur\nJ'entends s'endormir le chœur\nDe mes amours autour d'elles.\n"}, {"page_pdf": 262, "texte": "                                  —   229 —\n\n\n                 Et mes roses d'ignorance\n                 Laissent leurs pétales blancs\n                 S'envoler si lents, si lents,\n                 Aux jardins de mon Enfance!\n\n                                                     ALBERT ARNAY.\n\n\n\n\n         La Nativité de Notre Seigneur\n    D'après d'anciens Flamands,                          A FERNAND BROUEZ.\n\n\n\n               BETHLÉHEM était un village aux huttes maçonnées de glaise et\n                 blotties sous des chaumes bronzés par les chaleurs et rongés\n                 par les mousses aux verts d'émeraude. Des moulins y battaient\n                 le ciel de leurs ailes folles par les temps de bise et, durant\nl'époque des cueillettes, des coquelicots y saignaient dans l'opulence des\nmoissons. Avec la tour de son église, sonnant des angelus pieusement ou'is,\nson calvaire où notre bon Dieu agonisait, une plaie aux côtes, et ses Notre\nDame hissées aux ormes et idolâtrées, les nuits de mai, par des cires brû­\nlant au clair des étoiles, — c'était un village très dévôt, car Jésus l'élut pour\nlieu de sa naissance.\n   Ce fut un soir de Noël. Par les chemins, des rondes de marmots, tignasse\nau vent, tournaient, malgré la neige tombée. Les cabarets jetaient leur\nreflet rouge au sol blanchi. Dans les intérieurs, piqués de points ignés par\nles pipes, les bières gonflaient les panses, et des baesines, les seins crevant\nleurs corsages délacés en la beuverie, caressaient le menton à des gaillards\nclignant de l'œil sous un bérêt crânement orné d'une plume. Tout le jour\navaient résonné, doux comme chants de rossignols au temps d'amour, le\nrissolement des beurrées et les cris des boudins en poêle. Une odeur de man­\ngeaille flottait dans la nuitée : le parfum des crêpes rondes et dorées, rappe­\nlant les écus où l'on frappe les effigies des empereurs, le fumet des jambons\net celui des omelettes, l'émanation des tartes de kermesse. Aussi des manants\ntrop gavés se soulageaient, brayettes bas, dans les coins ; et le long des\nmurs, avec des gestes lourdauds, une fumée d'hydromel au cerveau, des\nmagots en veston brun titubaient, saisis par la soudaine froidure.\n"}, {"page_pdf": 263, "texte": "                                — 230 —\n\n   Vers minuit, l'atmosphère devint d'une grande douceur. On se fût cru au\ntemps où les toitures s'enguirlandent de vignes. Les plaines blanches,\noù des saules, penchés sur les ruisseaux gelés, pleuraient leur givre,\ns'éclairèrent d'une belle douceur de lune. Déjà s'éteignaient les bruits de\nfête de Noël. Quelques enfants, pourtant, chantaient encore des cantiques.\nLe Christ venait de naître.\n   Là-bas, dans une étable, une crèche lui sert de berceau. De son haleine,\nune vache le réchauffe. Il est tout nu, la tête grosse ombrée d'un très léger\nduvet, et une bande de nombril lui captive le ventre. Des langes salies\ns'éparpillent sur le sol, près d'une cuve où Marie a lavé la peau rouge du\nfrais éclos et la mollesse de ses membres, où s'imprime encore le moule de\nla matrice.\n   Il dort, les paupières lourdes, les veines gonflées, et ses bras mignons\nse replient, comme par un geste apeuré. Juchée au dessus de lui,\ndans la mangeoire et noircissant les poutres du plafond, une lampe, à\nflamme large et folle, fait danser les ombres sur les murs, qu'elle éclaire\nd'un jour fumeux, mettant aux coins obscurs, où pendent divers ustensiles,\nune pénombre rousse. Luminaire inutile, — car l'enfant rayonne d'une\naurore mystique : la paille où il repose semble gerbe d'or, et sa mère,\nquand elle penche vers lui son front pâle d'accouchée, se nimbe d'un reflet\ndu ciel. Au grenier, un coq claironne, comme si c'était matin. Mystérieu­\nsement sonne la cloche de l'église. Et l'on dirait qu'un alléluia est susurré\ndoucement par des orgues angéliques.\n   Près de la porte, Saint Joseph, nourricier élu de l'Enfant, le genou sur\nun établi, scie, vaillant menuisier, ou rabote, afin de construire un berceau\nau Seigneur. Il est vêtu d'une grande blouse, telle qu'en portent les manou­\nvriers durant leurs labeurs, et un chapeau de paille à larges bords abrite sa\ntête. Quand il s'approche de la Vierge, c'est, coiffure à la main, dans une\nattitude de respect, et, un fervent sourire sur ses lèvres heureuses, il con­\ntemple l'Enfant nouveau né. Sur l'établi pose une cruche, et de temps en\ntemps l'artisan sert du trèfle à la vache, en caressant ses fesses osseuses\nbrunies par le purin.\n   La Vierge rayonne d'une beauté maternelle. Il semble que son cœur\ncandide, ainsi qu'aube d'été sur les prés fleuris de marguerites, éclaire son\nvisage. Sa chevelure, d'un blond d'épi, se sépare en deux bandeaux\nmodestes sur son front ridé par la dolence d'enfanter, et ruisselle, bouclée,\nsur ses épaules. Ses yeux sont chastes, et sa bouche a une fraîcheur de rose.\nElle est pareille aux demoiselles, qui sortent, cils baissés, le dimanche,\ndes castels, un missel en leurs mains rêveuses, et s'en vont aux offices.\n"}, {"page_pdf": 264, "texte": "                                   — 231 —\n\n\nMais l'ample manteau qui la couvre est dégrafé au corsage, afin de laisser\npasser le sein qui allaite Jésus.\n   Elle écoute, en veillant sur l'enfant, les berceuses des anges célébrant\nl'événement, les accords des harpes pincées par le doigté des chérubins, et\nles trompettes des archanges sonnant comme les cors de chasse des cheva­\nliers. Car c'est kermesse au paradis. Des papes exquises fument sur les\ntables bienheureuses. Les anges, dont les ailes sont douces ainsi que\ncelles des ramiers, et d'une blancheur de neige, dansent aux sons de chalu­\nmeaux merveilleux. En des coupes royales pétillent des ambroisies célestes;\net les vierges, des palmes en leurs mains de lumière, chantent des hymnes.\n   Ainsi qu'il est dit en les Evangiles que lisent les grand'mères pendant les\nveillées, aux ronrons des rouets, des besicles sur leurs nez de sorcières, les\npâtres de Bethléhem vinrent, les premiers, adorer le Seigneur. Mais ensuite,\ntous les habitants furent attirés vers l'étable, qui se dressait telle qu'une\nchapelle, et, la nuit entière, ils s'agenouillèrent à sa porte. De celle-ci s'ex­\nhalait, d'ailleurs, une odeur fine comme celle des pommes rougissant, en\noctobre, les branches alourdies des vergers. Les buveurs avaient laissé leurs\nchopes, et le parfum divin avait chassé les gras relents des tripailles, et dis­\nsipé l'arôme des tabacs et le ferment des bières. Tous marmottaient des\npaternostres, mains jointes, et genoux sur le tapis d'hiver qui protégeait la\nterre. Il leur semblait assister à la messe solennelle, dans la cathédrale de\nBruges, et ouïr les chants de triomphe qui accueillent l'apparat des cheva­\nliers de la Toison d'or. Le bailli lui-même quitta son manoir aux\ngirouettes de fer, alors qu'il allait ensevelir en un lit moelleux sa graisse\nrepue et cuver son auxerre, et il s'en vint, vêtu d'un pesant manteau doublé\nd'hermine, les bajoues frileuses dans la nuit, faire ses dévotions.\n   Mais depuis que Jésus était au monde, un astre inconnu brillait à\nl'horizon. Il flambait mystérieusement, pareil aux langues de feu de la\nPentecôte, et s'avançait au ciel. C'était l'étoile des Mages'. Ceux-ci, par les\nplaines semées de clochers qui tous tintaient de sons recueillis, se dirigeaient\nvers Bethléhem. Des chameaux les escortaient, ainsi que des esclaves en\ncostume oriental. Ils portaient, en des cassolettes d'adoration et des coffrets\nprécieux, de l'or, de l'encens et de la myrrhe, qu'ils venaient offrir à l'Enfant\nJésus. Et l'étoile les précédait comme un flambeau.\n\n                                                EUGÈNE      DEMOLDER.\n"}, {"page_pdf": 265, "texte": "                     —   232 —\n\n\n\n\nSUR LE CHEMIN DES TÉNÈBRES\n\n                          I\n\n    Qui pleure dans la nuit, qui pleure?\n    Au loin une cloche d'ennui\n    A proclamé la mort de l'heure...\n    Mais qui pleure au fond de la nuit?\n\n    Toi!... si longtemps dans ces ténèbres,\n    Mes yeux et mes mains ont cherché\n    Tes frêles mains, tes yeux   funèbres!...\n    Je suis ton frère le péché!\n\n    Viens! J'ai pitié de ta détresse,\n    Moi, le souverain des Caresses\n    Et des Baisers    mystérieux.\n\n    Viens! tu verras à ta misère\n    Sourire en chacun de mes yeux\n    Les yeux de la mort salutaire'.\n\n\n                         II\n\n    Enfant de jadis ma souffrance\n    Dans l'ombre t'a longtemps cherché...\n    J'entends pleurer ton ignorance\n    Aux mains savantes du péché.\n\n    J'entends pleurer tes lys d'enfance\n    Sous la lune, au jardin   muet...\n    Voici ton âme qui s'avance\n    Les mains jointes, vers ton chevet.\n"}, {"page_pdf": 266, "texte": "                                   — 233 —\n\n\n              ... Les yeux maudits de sa misère\n              N'ont pas reconnu la lumière\n              En mes yeux, cierges superflus!\n\n               Adieu. Le vent d'automne emporte\n               Ton enfance dont l'âme est morte\n               Pour que l'enfant ne pleure plus'.\n\n                                                            JEAN BOELS.\n\n\n\n\n        EXPOSITION UNIVERSELLE\n                                                                   Mai 1889.\n\n\n              Kilométriquement, j'avais sillonné, au hasard vague, cet illimité\n                capharnaüm des arts et de l'industrie du monde, — bazar uni­\n                versel où, dans la chaleur des galeries moites, tout le débarras\n                des nations s'entasse en encombrements denses, interminables,\nmal ordonnés... J'étais fatigué d'avancer, fatigué de regarder, fatigué de\nvoir tout : des confiseries rocailleuses que savourent de l'œil des alignées\nd'Anglais jaunes ; des cuirs roux qui empoignent l'odorat et que des con­\nnaisseurs à lunettes pincent et reniflent; des parfumeries empoisonnant\nla boutique de coiffeur, et des savons cravatés de faveurs et qui doivent\nfaire endêver les nègres; des liqueurs nettement filtrées fabriquées par des\npharmaciens, des mobiliers sottement paradants, incommodes et trop beaux\n— comme toutes les kyrielles environnantes d'objets et d'ustensiles n'ayant\nd'autre rôle que celui d'immobiliser l'ébahissement des gens de petite pro­\nvince ; et plus loin, les pâtes alimentaires denticides, les animaux empaillés\net les bijouteries blanches et les coraux d'Italie. J'avais revu ces vieilles con­\nnaissances de toutes les expositions : l'éternel Indien qui travaille, accroupi\nen tailleur, à une chose informe et mal sentante qu'il ne termine jamais ;\nla série des pianos omniformes que pétrissent, à tant l'heure, des demoi­\nselles mal coiffées, opérant sept à la fois ; au milieu de monstres indigo\ngrimaçants et de proéminents magots tirant la langue, l'impassible Chinois\navec ses menus bibelots et le fond de bazar qu'il promène par les exhibi­\ntions ; les bars fourrés de sandwichs et habités par de jeunes personnes aux\n"}, {"page_pdf": 267, "texte": "                                   -   234   -\n\n\ndoigts gras, Américaines des environs; puis, les sections exotiques avec\nleurs grands oiseaux maigres qui, ailes éployées, se tordent le bec en l'air;\net les larges étoffes étalées avec de lourds abandons en plis paressants et qui\ngardent, dans leur clarté intense, du soleil de la patrie ; l'Anglaise, coiffée\nen garçon, qui, devant un étalage de porte-mine en aluminium, offre des\npaquets multicolores d'aiguilles first quality; le Parisien bavard qui\nmontre le maniement d'un couteau taillant des hélicoïdes dans une carotte\net confectionnant des pommes de terre nouvelles avec de vieux tubercules\nhors d'usage ; et partout enfin, la tapageuse parade murale de la réclame\npolyglotte... J'étais perdu, étourdi, noyé dans ce salmigondis de curiosités\ninternationales. Les yeux indigestionnés, le pas accablé, les bras inertes,\ntraînaillant... par bonheur, je trouvai, loin du mugissement des machines,\npesantes brutes qui peinent à toute vapeur, une retraite paisible, isolée,\nrafraîchissante — et que je revois si intacte dans un coin de mémoire.\n   Sur un tout uni velours noir, les merveilles des verreries de Bohême.\n   Une contemplation béate et bien reposant du fatras des vitrines et des\nétagères.\n   Des caprices taillés en cristal et habillés de colorations curieuses, douces\net violentes à la fois ; colorations faites de tous les bouquets et assaisonnées\nde grand soleil, mêlant les bruns chauds, les violacés profonds, fermentés,\net ces écarlates francs et gaillards comme le rouge éclat des jupes que\nportent les luronnes d'auberge dans les vieux tableaux. Et aussi des trans­\nparences apâlies, voilées d'une pudeur, — toquades de coloristes et hasards\nde la chimie, — des opalins ravis aux joues des Amours ou taillés dans les\nnuages qui passent — et bourrument claqués d'incarnat, ou caressés d'une\nécume légère comme par le déferlement d'une vague. Les formes, les poses\nque prennent ces verreries sont douces, molles, pétries de grâce. Elles ont\ndes rondeurs de chairs et demandent la caresse. Dans l'abandon du verre\nfusant, se figurent des serpentements, des langueurs étirées, des noncha­\nlances qui disent de vagues désirs. Ainsi modelée, cette vivante cristallerie\na les étrangetés d'une fantaisie débridée, décarcassée. Les dessins, avec des\nprestesses de songes, font pousser des floraisons magiques sur des limpidités\nde sources — et chantent leurs roulades en peinture.\n   L'ensemble, disposé au hasard, est amusant par son n'importe comment\nqui s'en moque un peu. C'est le déballage hâté d'un bric à brac zingari.\nDes flacons et des verres d'un bleu si pur qu'il semble fait d'un rayon de\nlune figé ; et des emblèmes empanachés se détachent en médaillons. Des\ncoupes déliées, lapées de fines langues roses et s'offrant avec des inflexions\ntendres de lèvres. Des burettes, la taille bien prise. Des gobelets, des carafons,\n"}, {"page_pdf": 268, "texte": "                                   — 235 —\n\n\nglorieusement dorés et qui sollicitent le pétillement des vins capiteux. Des\nvases mignonnets d'un azur soyeux avec des boucles bleutées. Des calices\névasés, baignés de vapeurs grises, font des grâces. Les buires rubéfiées,\nventripotentes, et des canettes énergiquement colorées, comme les beaux\ncontes en font traîner sur les interminables tablées des kneipen enfumées.\nDes brocs et vidrecomes taillés pour l'enfoncement de massives trognes\ncramoisies ; et, voisinant, des verres précieux d'une régularité correctement\nélégante, unis, droits, cylindres simples et nus. Des cornets écussonnés et\nfleuris. Et encore du matériel à boire — du meuble de bouche, comme\ndisaient lés bons soiffards de jadis, — les carafes à devises galantes, les\npintes à anses dont l'ampleur pansue sourit aux larges libations de ces\nliesses et godailles seigneuriales qui défoncent tonnes et futailles ; puis aussi,\nles hanaps verts portant, en médaillon fier, la face très barbue d'un Grand\nélecteur bon vivant. Enfin, si diversement, une solide verrerie qui s'empoi­\ngne bien et provoque la soif. Ces jolies choses dédaignent les fragiles\nmièvreries des coupes torsinées à l'italienne, verres délicats de Murano « à\nescarbottes, à chaîsnettes et à bouttons ». Beauté solide, ferme, juste. Et\nl'étalage, au gré capricieux d'une inspiration symphonique est, à la fois,\nsimple et d'un étincellement cossu; et doucereusement il accroche la con­\ntemplation au passage. C'est un régal de peintre, une ribote de couleurs,\nce vivant pétillement de tons superbes, azurés comme une aube d'hiver ou\nincendiés de rouges comme une gueule de forge ; — et se démène, dans\nles armoriages et les panachures, tout un romantisme de dragons et de\nlicornes contorsionnant leurs plus étonnantes grimaces. Formes à sur­\nprises, d'une richesse débordante, et peintes en feu d'artifice.\n   Quand un coup de vive lumière tombe là-dessus, c'est, à travers ces\nlimpides solidités et dans les dentelures cristallines, le décor d'une scène\nde féerie, une imagination de poète : par enchantement, une animation\nsurgit, et soudain s'épanouit et ondule une mystérieuse floraison sur cet\nhallucinant ensemble... Une débandade de nuances en liberté, une escapade\nde belles couleurs — et des reflets gaminants, et des points diamantés, et\ndes lumières sautillantes dansent follement des rondes de claires gaietés...\n\n   Le charme est rompu : une femme' passe, traînant un moutard harassé\net qui pleurniche aigrement :\n   — Je veux boire dans un verre comme ça.\n                                                  JAMES VANDRUNEN.\n"}, {"page_pdf": 269, "texte": "                                     236    —\n\n\n\n\n            VIOLETTES DE PARME\n     Dans la pénombre molle et flottante des nuits\n     Une ombre prend parfois une forme divine,\n     Forme vague et fluette et dansante sans bruits,\n     Qui chante et me sourit de sa lèvre enfantine.\n     Sa voix confuse est lente et faite d'espérance\n     Où s'endort la promesse immense du silence,\n     Et la lune en ses yeux glisse un rayon léger\n     Qui les éclaire et qui les perle d'une larme,\n     Et je sens le désir suprême de baigner\n     Mon âme dans ces yeux : Violettes de Parme !\n\n                                                    FERNAND ROUSSEL.\n\n\n\n\n    NOTRE PETIT SALON DE TIR\n                              (D'APRÈS   FLOBERT)\n\n\n\n\n                        MONSIEUR GOLIATH\n\n\n             Un Monsieur R. Gallet qui partage avec quelques autres cet\n               honneur de porter l'initiale de Goliath, aime apparemment\n               s'attaquer aux grands noms et aux grandes œuvres. Il est\n              vrai qu'il est d'Ath, la patrie des géants, et pourrait figurer\ndans leur cortège sans trop le déparer.\n  Sous cette rubrique : Notes et impressions, M. Goliath parle de Ger­\nminie Lacerteux et du théâtre naturaliste : ce sont des impressions... en\npetit caractère.\n  « Son intention n'est pas de critiquer en détail le drame de M. de Gon-\ncourt. Il vient seulement attaquer les tendances de l'école nouvelle. » Atta-\nquer! Vous lisez bien; or, les tendances ne sont pas des animaux très\nméchants, mais quand on les attaque...\n"}, {"page_pdf": 270, "texte": "                                  -   237   -\n\n\n   A ses yeux, l'école nouvelle, c'est l'école naturaliste. Encore un qui a\npris le train de banlieue! Il confond les livres avec les barricades et a une\npeur violette de se sentir éclater un pétard sous... l'autre. « Révolution,\ndit-il, voilà un mot qu'on devrait pouvoir écrire avec plusieurs r », et il\nparle de révolutionnaires « à la chevelure inculte, aux traits farouches, à la\nbouche fulminante ». M. de Goncourt, par exemple!\n   Germinie, comme la Puissance des ténèbres, comme Sœur Philomène,\nest une atrocité. Un sénateur a protesté au nom de l'honnêteté publique\n— c'est du propre, l'honnêteté publique! — et M. Goliath, qui a sa pudeur,\n— ça ne paie pas d'impôts — M. Goliath qui, pour être un géant en bourre\nde coton, n'est pas « au dessus de cela », proteste à son tour au nom des\nfamilles d'Ath qui « vont passer quelques heures au théâtre ». C'est plus\nmodeste. — N'ai-je pas dit que sa peur était violette?\n   « Comment! le spectateur vient à peine de quitter la rue où, peut-être,\nil a été désagréablement impressionné par les clameurs ou les propos gros­\nsiers d'un portefaix ou d'un ivrogne ; et l'on voudrait que installé dans son\nfauteuil, il prît plaisir à entendre de nouveau des ivrognes et des portefaix\ns'adressant des amabilités dans la langue qui leur est particulière ! »\n   Et il met un point d'exclamation ! J'en ajoute : une grosse de points\nd'exclamation pour M. Goliath, une ribambelle de points d'exclamation\nqui soient comme les réverbères de son indignation.\n! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !\n   Ce qui le choque dans la Puissance des ténèbres, ce sont les petits os\nqui craquent... comme une porte mal graissée. Il ne les a pas entendus\ncraquer, naturellement — nous non plus — mais on lui a dit qu'ils cra­\nquaient, et les géants en bourre de coton, c'est, le plus souvent, très cré­\ndule.\n   « Parlerons-nous maintenant de Sœur Philomène — ajoute-t-il — cette\nautre pièce du Théâtre Libre où nous entendons tousser les malades? »\n   M. Goliath veut rire. Où, diable, avait-il pris ses oreilles ce jour-là? Que\nlui a donc fait entendre son imagination? Je sais bien qu'il y a toutes\nespèces de façons de tousser et que Jésus-Christ — celui de la Terre —\ndevait avoir la sienne; mais enfin, vous êtes d'Ath, Monsieur, ne l'oubliez\npas ; chez les géants élevés comme il convient, tousser c'est tousser, et il y\na beaux jours que l'on tousse au théâtre!... Il suffit d'un artiste enrhumé\npour cela.\n   « Non, pas de vérité, pas de vie, rien de tout cela pour ceux qui ont le\nsouci des bienséances sociales : on va au théâtre pour se distraire, »\n   Et le nain jaune, alors, qu'est-ce que vous en faites?\n                                                                       16\n"}, {"page_pdf": 271, "texte": "                                   — 238 —\n\n   « L'auteur dramatique est forcé de faire ceci... il doit faire cela... il ne\nlui est pas permis... »\n   Ah ! flûte à trente-six trous ! assez de votre serinette, M. Goliath ! L'auteur\ndramatique est un artiste et tout en art lui est permis ; tout, entendez-vous,\nmême de faire des pieds de nez aux pions trop bien remontés qui s'avisent\nde donner leur cours pendant la récréation.\n   M. Goliath veut-il que nous nous chargions de ses sympathies pour son\nconfrère, M. Tilman? Leur collaboration s'indique, bien que M. Goliath\nsoit plus doux comme il sied au bon vieux géant tout en bourre — sans\ncalem!... bourg — de coton qu'il est.\n                                                                 MOUCHE.\n"}, {"page_pdf": 272, "texte": "                                     — 239 —\n\n\n\n\n           CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                          I\n\n     Ressort cassé. Un volume anonyme. — Bruxelles, Henry Kistemaeckers.\n\n\n               L'éditeur Kistemaeckers vient de publier, sans nom d'auteur, un\n                roman intitulé : Ressort cassé. C'est le premier d'une série qui\n                aura pour titre : Fin de siècle, et il porte comme épigraphe :\n                « Tout vice est une chance de bonheur. » C'est l'histoire d'une\njeune fille très « moderne », élevée dans un milieu de bohêmes et d'artistes,\net qui, au rebours de l'épigraphe citée plus haut, ne trouve dans le vice\naucune chance de bonheur. La première partie du roman, consacrée à\nl'enfance et à l'adolescence de Renée Michelli, est de loin la meilleure.\nL'observation y est abondante, exacte, intéressante, surtout dans le détail.\nLa deuxième partie du livre nous semble plus banale. D'après l'auteur ano­\nnyme de Ressort cassé, « le roman moderne doit peindre la vérité vraie ;\ncette vérité ne réside pas en soi mais hors de soi, elle ne prend pas plus de\ncostume qu'elle n'admet de personnalité ». C'est assez dire que l'auteur n'a\npas de visées artistiques, au sens propre du mot. Il se flatte d'avoir fait\n« vrai ». En est-il bien sûr? Le point serait curieux à discuter, et nous le\ndiscuterons avec l'auteur de Ressort cassé, le jour où il aura publié un\ndeuxième livre.\n\n                                        II\n\n     Feuilles d'album,   par HECTOR VAN DOORSLAER. Un volume. — Bruxelles,\n                               imprimerie de la Paix.\n\n   M. Hector Van Doorslaer publie, sous le titre : Feuilles d'Album, une\nsérie de croquis de Suisse et d'Italie. Le livre est orné de douze phototypies\ndéplorables, et d'une préface humouristique de M. de Haulleville.\n  M. Van Doorslaer, qui collabora naguère, — doit-on le dire? — à la\nSemaine des étudiants de Louvain, a conservé son style alerte et spirituel.\nTouriste aussi enragé que Jean d'Ardenne, il a comme lui une plume au\nbout de son alpenstock. Cette fois il nous promène de Bâle au lac Majeur,\navec des arrêts de paysagiste et de critique d'art. Il passe sans effort visible,\ndes Uffizi à la machine perforatrice du Saint-Gothard. Et il a toujours le\nton bonhomme, narquois, et le sourire avenant qu'on lui connaît. Il ne\ndédaignepasl'humeur joyeuse. C'estpourcemotif, sansdoute,qu'ils'estdonné\ncomme compagnon imaginaire le désopilant Lassouche. C'est une audace\n"}, {"page_pdf": 273, "texte": "                                   — 240 —\n\n\nde dimension, car M. Van Doorslaer est aussi homme politique, et si ses\nélecteurs le lisaient!\n   Ceci n'est pas une méchanceté, au contraire. M. Van Doorslaer est con­\nseiller provincial pour le canton de Vilvorde, — et on ne s'en aperçoit pas\nen le lisant.\n                                                                HIXE.\n                                       III\n\n  Honnête plus qu'honnête, par ARTHUR JAMES. — Un vol. Bruxelles. Mme Ve Monnom.\n\n   Le livre de M. Arthur James porte en sus-titre générique : A travers la\nmorale. L'auteur a bien fait de dire A travers, car l'impression qui nous\nreste de cette lecture, c'est qu'il n'y a pas de morale ou que s'il y en a une,\nle scepticisme de M. James l'a doucement trouée comme un cercle de\npapier de soie. — Ça doit être circulaire la morale. — Au fond, l'auteur\ny croit-il ou n'y croit-il pas? A-t-il voulu, par cette œuvre, nous montrer\nque la morale est faussée et que l'homme dans la société n'est qu'un\ncoquin auquel on a mis des préjugés en guise de tuteurs? Ou bien pense-t-il\net veut-il nous dire, par cette phrase honnête plus qu'honnête posée en\nvedette ironique, que nous sommes tous, par nature, fatalement et malgré\nnous voués au mal?...\n   « Préjugés, conventions, hypocrisie sur toute la ligne.\n   « Plus la civilisation se développe, plus nous devenons mauvais. La\nbrute vivant dans les forêts est plus morale que nous.\n   « Il me regarda en souriant : Es-tu convaincu? dit-il.\n   « — A mon tour, je le fixai longuement.\n   « Lequel de nous deux était le plus fou? »\n   Vous voyez qu'il est difficile de se résoudre à une affirmation quant au\nsens de ce livre qui a l'air de poser une thèse et qui l'envoie ensuite d'une\nchiquenaude en plein chaos pour avoir le plaisir d'aller l'y rechercher; de\nce livre qui crie nihil à toutes ses pages et qui exhale je ne sais quel parfum\nde fanatique incrédulité et d'infernal torquémadisme. Le moine brûlait ses\nvictimes pour leur faire gagner le ciel et il y mettait de la rage. Le méchant\npasteur que voici conduit ses brebis à l'enfer terrestre de « ni Dieu ni\nDiable » et il ne leur promet pas même en récompense la flambée finale\nqui les délivrerait du doute.\n   L'auteur raconte la vie d'un homme moyen d'intelligence et de caractère,\nsans esprit, sans passions, refugié à la campagne par dégoût du monde.\nMais lui-même est-il donc si pur, si immaculé de toute souillure morale?\nNon. La nuit même qui suit les fêtes champêtres par lesquelles on vient de\ncélébrer la bonté du châtelain aimé, béni de tous comme le plus honnête\nhomme dans le pays, son mauvais génie, son esprit sarcastique lui souffle :\n« Honnête homme, tu n'es qu'une canaille ! » Et de fait, sans scélératesse\napparente, sans aucun vice en relief, il est affligé de toutes les infirmités\nmorales, de toutes les petites tares qui font la mauvaise qualité de notre\n"}, {"page_pdf": 274, "texte": "                                 — 241 —\n\n\nhumain tissu. C'est pis qu'une canaille : une canaille médiocre. D'où l'on\npourrait, au point de vue social, tirer cette définition de l'honnête homme :\ncelui qui a nivelé ses vices. Le joli doctrinarisme qui nous entoure n'a rien\n fait d'autre que les arranger et les ordonner avec le soin méticuleux qu'on\n met à faire sa raie et je crois que l'auteur de Honnête plus qu'honnête y a\n songé.\n    Malheureusement ce qui eût pu prendre sous une autre forme l'intensité\nd'un pamphlet de mœurs, est, dans le livre de M. James, présenté en récit\n et partant, privé de vie. Ainsi, se dévêt trop le côté moral de l'œuvre :\n dogmatique récital qui ne passionne pas.\n    Des gens de droit ont inventé, il y a quelque temps, la littérature\njudiciaire. On serait tenté de croire que M. James a voulu ici affirmer\n l'existence d'une littérature philosophique, si l'on ne connaissait le lettré\n pur et indépendant qu'il est, incapable de se laisser contaminer par cette\n « catégoromanie » d'artisans intellectuels. Ce n'est qu'une tournure de son\n esprit qui donne cette apparence à son livre. La pensée abstraite le domine,\n l'éloignant de la matière, de la sensation de vie, de la plastique et décolo­\n rant un peu trop son style net, clair, à petites phrases aphoristiques d'une\n allure plus oratoire que descriptive. En relisant son livre, je retrouve sa\n voix et cette allure de phrase vive, coupante, qui semble barrer les idées à\n mesure qu'il les a écrites. Cette allure serait d'un dogmatique si les affir­\n mations qu'elle apporte ne se contredisaient l'une l'autre en flottant dans\n le sarcastique et négatieux sourire d'un penseur supérieur à toutes nos\n positivités journalières : ce « plancher des vaches » de l'intellect.\n\n\n                                      IV\n\n  Les Obsédés, par M. J. Van der Brugghen. — Un volume, Bruxelles, chez Vos.\n\n  M. Jules Van der Brugghen, notre collaborateur, qui a publié déjà en\n1887 un volume de contes, nous donne aujourd'hui sous ce titre : les Obsé-\ndés, un nouveau volume, recueil de quelques nouvelles psychologiques.\n   M. Van der Brugghen est obsédé par la thèse de l'involonté et de l'irrespon­\nsabilité. Sa première nouvelle, qui occupe la moitié du livre et qui est la\nmoins bonne au point de vue purement littéraire, met en œuvre le phéno­\nmène de l'hypnose. Un monsieur, dans la rue, par la seule influence du\nregard, amène un autre monsieur à étrangler sa maîtresse. Lequel est\nresponsable? Celui qui a commis le crime ou celui qui l'a suggéré? Thème\nscientifique intéressant, mais qui ne se détache pas assez de la science pour\n entrer par une artiste transition dans la réalité vécue. Il n'y a là que les\n manifestations et les résultats connus d'un fait connu, sans des impressions\n personnelles nouvelles qui l'enveloppent et le fassent vivre.\n   Les courtes nouvelles valent mieux et l'analyse psychologique, dans la\n même note désabusée, d'un satanisme funèbre, pour y être plus rapide, plus\n concise, n'est que meilleure. Des impressions de quelques minutes, des\n"}, {"page_pdf": 275, "texte": "                                   —   242 —\n\n\nimpressions passagères sans complication de faits matériels, y sont dissé­\nquées d'un scalpel souple en pleine pâte psychologique. Le Pas d'amour\nde la danseuse Sacy; le Masque, avec des invraisemblances de fait qui me\nle gâtent, mais très soutenu comme jeu de scène, surtout au début; le Scru-\npule de Nicolas Grandjean; Désir suprême, marqués ça et là, souvent en\ntrait final, d'une incision d'ironie triste, sont des choses fouillées qui devien­\ndraient tout à fait remarquables si elles étaient mieux vêtues. M. Van der\nBrugghen devrait, ou bien prendre la vie complète dans toutes ses mani­\nfestations psycho-physiologiques en harmonie avec un milieu et faire du\nroman, fut-ce, selon l'expression de Nautet, du roman-miniature ; ou bien\ns'enlever de terre et, dans l'atmosphère plus légère où voguerait son imagi­\nnation, donner un cours effréné aux obsessions de son esprit. Son œuvre, un\npeu sèche et abstraite, n'a pas les beautés visionnelles qui frappent l'imagi­\nnation de cet autre de nos psychologues : Arnold Goffin. Elle n'a pas non\nplus la sensation de cette réalité savoureuse dont on enveloppe les nouvelles\net les romans de vie. Maintenue entre ciel et terre par un style net et serré,\ndéjà en possession technique de la langue, mais fleurant trop l'encre quoti­\ndienne, ce livre non superficiel, qui témoigne d'une valeur intellectuelle,\nhésite trop à être un livre d'art.\n\n\n                                        V\n\n        Les Goncourt, par M. ALIDOR DELZANT. — Un vol. Paris, Charpentier.\n\n    Les noms unis des deux frères de Goncourt sortent lentement de la mêlée\nlittéraire et s'élèvent, dominant leur époque. Leur œuvre est complète\nquoi qu'y puisse encore ajouter Edmond après les frères Zemganno, la\nFille Elisa, la Faustin, Chérie, après la Maison d'un artiste, après la\ntentative théâtrale de Germinie Lacerteux. On sait que l'Echo de Paris\npublie La Clairon. Edmond continue par cet ouvrage la série de biogra­\nphies des grandes artistes de la scène au dix-huitième siècle : Sophie\nArnould, M me Saint-Huberty, Mlle Lecouvreur, Camargo, la Grimard,\nM lle Contat, Mme Favart, la Clairon. La première achevée par Jules et\nEdmond, la seconde achevée par Edmond seul, ont été publiées. Ceci se\nrattache à leur œuvre d'histoire et plus spécialement à leurs curieuses\net palpitantes recherches sur ce dix-huitième siècle qui, avec le japo­\nnisme, a fait d'eux les artistes qu'ils sont. Sans cet élément-là qui a\ndonné naissance à une œuvre à côté de leur œuvre — car pour le public\nque sont-ils d'autre que des romanciers naturalistes (!) — ils n'auraient\npeut-être pas captivé et interprété, comme seuls ils l'ont fait, cet insaisis­\nsable fluide nerveux d'un siècle — le dix-neuvième — dont leurs romans\nsont en quelque sorte la chronique intime. Cette expression me rappelle le\nmot : document humain et, par analogie avec les études d'histoire, je me\nl'explique pour l'œuvre contemporaine. Si quelques-uns ont appliqué le\nsystème du document humain, non pas avec la volonté de réaliser une\n"}, {"page_pdf": 276, "texte": "                                  — 243 —\n\nthéorie abstraite, mais parce que ce procédé répondait à leur nature et la\nsecondait, ce sont bien les Goncourt.\n   Edmond de Goncourt, par la publication des trois tomes du journal, par\nla publication des lettres de Jules, par la publication des Préfaces et\nManifestes, groupant toutes leurs théories, toutes leurs aspirations et qui\nresteront comme un testament littéraire donné avant la lettre, Edmond\na devancé ce travail qu'on fait à la recherche des causes et de la raison\nd'être d'une œuvre quand les auteurs se sont bornés à la donner sans\ncommentaires. S'il a fait cette autopsie littéraire, c'est surtout dans l'intérêt\nde son frère. Son frère mort, les Goncourt n'étaient plus. Tout était cassé\nen lui qui ne devait plus écrire. Il n'y avait plus, à son avis, de person­\nnalité existante derrière cette œuvre incomplète déjà considérable. Alors\ndans l'intérêt de la mémoire de Jules de Goncourt mort à la peine d'écrire,\nmort de la souffrance morale de l'artiste, il a donné le cahier le plus intime\noù, par le même procédé documentaire, ils reportaient sur eux-mêmes et\nsur ceux qui les entouraient leur scalpel de psychologues, faisant, après\nl'histoire des créatures et avec la même cruauté triste, l'histoire des créa­\nteurs ; il a donné ce qu'on ne donne généralement que comme une con­\nclusion posthume à l'œuvre, ce panorama esthétique qui en formule à\ngrands traits le caractère et la moralité, dans le calme et le silence du\nbord de la mort refermée sur les auteurs.\n   Ainsi, par le brisement de cette collaboration fraternelle, cette œuvre\nsemble soudain s'être hémiplégiée ; l'histoire l'envahit, s'en empare comme\nd'une création définitive, invariable. Elle s'y établit d'une part, pendant\nque de l'autre, des livres fraîchement écrits viennent encore l'augmenter,\nsinon la compléter. A vrai dire, ces livres n'y changeront rien et la création\ndemeure définitive. Edmond de Goncourt n'y apportera plus aucun\nélément nouveau; car, dans les œuvres dernièrement venues, la collabo­\nration des Goncourt se perpétue posthumement par les procédés de mise en\nœuvre, par la vision, par le style. Elles ne sortent pas du cadre du second\nempire ; elles conservent l'empreinte indélébile de la période de l'existence\nà deux, sauf qu'une activité régnait en cette vie qui ne l'anime plus\naujourd'hui.\n   M. Alidor Delzant qui vient de publier chez Charpentier trois-cent-\nsoixante-quinze pages sur les Goncourt, semble être un admirateur intime\nde leur œuvre; c'est avec beaucoup de modestie, beaucoup de réserve,\nd'une plume simple, pénétrante, aiguë, déliée, avec une vision fine,\nprécise, chromatique de leur personnalité qu'il parle d'eux. Car il ne fait\nque cela sans prétention à l'esthétique, la critique, l'analyse. Il en passe\nchronologiquement l'œuvre en revue suivant l'ordre des productions\nsuccessives et donne au cours de cette revue concise, comme dans une\nconversation écrite, des observations très personnelles qui éclairent douce­\nment, sans éclats déplaisants, les parties d'âme les mieux vues de son sujet.\n   Quelques mots sur la généalogie des auteurs, leur famille, leur enfance;\npuis leurs débuts de peintres, le premier vaudeville écrit avec des pinceaux\ntrempés dans l'encre de Chine, comme le dit une note du journal; leurs\n"}, {"page_pdf": 277, "texte": "                                 — 244 —\n\ndéconvenues au théâtre, la création des livres d'histoire et des romans,\nlongue période excessive de travail qui va de 185o à 1870 et que coupe\nd'une date émotionnante — mardi 5 décembre 1865 — la première repré­\nsentation d'Henriette Maréchal à la Comédie française. La mort de Jules\nsurvient alors et ici s'ouvre une période nouvelle moins remplie. Elle nous\na donné cependant quelques ouvrages notables tels que la Fille Elisa qui\nfit scandale à l'instar de Nana et avec plus de raison, car il était d'une\nlittérature plus artiste.\n   Sur cette nouvelle période de la vie d'Edmond de Goncourt qui n'est\npas connue, puisque le journal s'y arrête, M. Delzant nous renseigne par\ndes lettres nombreuses d'Edmond de Goncourt à la famille Daudet — « le\ngentil ménage », comme il dit, — et notamment à Mme Daudet, grande\nadmiratrice des Goncourt et qui signait Karl Stenn dans le Journal officiel.\n   Lisez ces deux affectueux billets :\n\n         Daudet à Goncourt :\n                                                         « 24 juin 1884.\n   « Ecoutez-moi sans pousser de cris ! La maison est calme, le jardin\nvraiment joli. Nous avons pour vous une grande chambre, suffisamment\nconfortable, à l'abri des cris d'enfants. Mettez donc des chemises et une\nbrosse à dents dans un sac de nuit et venez passer quelques jours avec nous\nentre deux mercredis, si vous recevez encore.\n   « Ce sera une acclimatation pour le mois de septembre ; vous verrez si\nvos amis ne vous tapent pas trop sur les nerfs. Nous ne marcherons pas,\nle fricot est convenable, ordinaire de fermiers à leur aise et les ceux qu'ils\nveulent rester en chemise de nuit — façon de dire d'un pion de Léon — ils\ny restent, sans se faire traiter de salopiaus.\n   « Mon cher Goncourt, nous vous aimons tendrement et vous nous\nmanquez. Voilà! »\n\n  Edmond de Goncourt répond :\n\n          « Cher petit,\n   « Votrelettre merend malheureux comme les pierres. Elle est si gentille,\nsi aimable, si tendre pour le vieil homme et je me sens si veule, si désespé­\nrément lâche à l'endroit d'un déplacement, de la couchée dans un lit qui\nn'est pas le mien. Puis, au fait, avez-vous un édredon? Concevez-vous que\npar ce temps de chaleurs tropicales, j'ai froid aux pieds? Oui, il y a dans\nmon individu de la température arctique et mes veines charrient, je crois\nbien, des microbes d'ours blancs, et sauf, sous la neige de mes cheveux\nblancs, un peu de chaleur cérébrale, c'est tout ce qu'il y a en moi au dessus\nde zéro, et cela m'enlève tout ressort, toute volonté pour la locomotion,\npour le mouvement, en même temps que j'ai toujours peur de me trouver\nmalade chez les autres.\n"}, {"page_pdf": 278, "texte": "                                  —   245   —\n\n\n   « Enfin, vrai de vrai, je me regarde comme un être tout à fait dégoûtant,\nignoble, une épluchure d'homard, quoi! de ne pas être chez vous après\nune lettre aussi caressante que celle que vous m'avez fait l'honneur de\nm'écrire, monsieur et ami.\n   « Enfin, je vais tâcher de m'exciter, de me monter, de m'entraîner par\nla lecture de quelque voyage autour du monde... Blague sous le bras, je\nvais tâcher d'aller estiver un peu chez vous... Mais faut, faut que je prenne\nmon élan !\n   « J'ai envie d'embrasser et l'homme et la femme et les enfants. »\n\n   Encore des lettres à Burty, à Flaubert, au peintre de Nittis, à la princesse\nMathilde, à Jules Vallès, puis quelques-unes reçues de Saint-Victor, de\nZola, de Georges Sand à la mort de Jules. Enfin, des fragments du journal\nposthume d'Edmond, ce journal à ne publier que vingt ans après sa mort.\nLes rares lignes inédites que M. Delzant nous en donne suffisent à indiquer\nl'état d'esprit du frère survivant à son jeune frère et se survivant à lui-même\nen somme, car le meilleur de son âme d'homme et d'artiste s'en était allé\ndans celle du disparu. Ils nous montrent le revenant à la vie littéraire sans\nle pétillement imaginatif et la verve travailleuse d'autrefois et laissant entre\nla page écrite et la page à écrire une pause de paresse souffrante et de\ndécouragement.\n    Mercredi, 1er juin 1881. — Oh! la difficulté de la composition mainte-\nnant! Il me faut maintenant douze heures de travail pour en avoir trois\nde bonnes. D'abord, une matinée paresseuse occupée par des cigarettes,\nla rédaction de lettres pressées, la correction d'épreuves et, au bout de\ncela, le retournement de mon plan que je fais danser sur la table. Après\nle second déjeuner et une longue fumerie au papier couvert d'écriture\nimbécile, d'un travail qui n'aboutit pas, mêlé d'enragement contre soi-\nmême, de lâches envies de lâcher la chose ; enfin, vers les quatre heures,\nl'entraînement obtenu et des idées, et des images, et la vision des person-\nnages, et de la copie à peu près coulante jusqu'au dîner, jusqu'à sept\nheures, mais cela à la condition que je ne sortirai pas, que je n'aurai pas\n la pensée dérangée par la préoccupation de la toilette et de l'habillement\n d'un dîner en ville. Puis alors jusqu'à on\\e heures, le morceau repris,\n rapetassé, raturé, amendé, corrigé et enfumé d'un nombre infini de\n cigarettes.\n    L'aiguë sensibilité nerveuse des Goncourt avait mis toute cette âme à nu\n pour la plus grande des douleurs qu'elle dût ressentir. Elle ne s'en est pas\n relevée. Il y a dans cet être quelque chose de blessé, qui traîne à la terre.\n Le choc a retenti jusqu'au cerveau ; l'esprit est comme rouillé d'amertume;\n dans l'homme, vieilli maintenant, tout s'écarte, se replie, se resserre, se\n referme, s'effarouche aux bruits du dehors, quand les bruits ne sont pas\n des appels caressants de voix amies, comme celles du « gentil ménage ».\n    Edmond de Goncourt est venu encore une fois au dehors pourtant faire\n jouer à l'Odéon sa Germinie Lacerteux, essuyer à la rampe, comme au soir\n d'Henriette Maréchal, le mal-accueil d'un public aussi bête que celui de\n"}, {"page_pdf": 279, "texte": "                                        — 246 —\n\n\njadis, mais plus scandaleusement indigne, car les circonstances étaient\nautres et la personnalité décomplétée des Goncourt méritait plus de res­\npect. Quand je dis le public, j'y comprends une grande partie de la Presse.\nL'œuvre qu'il publie actuellement, la Clairon, est un travail documentaire\ntout cérébral, sans cahots, qui doit laisser la paix à ses nerfs excédés.\n   Je sors de la lecture du livre de M. Delzant avec l'impression d'un atta­\nchement plus vif, plus pressant encore qu'autrefois à l'œuvre des Goncourt.\nJ'en sors aussi avec ceci de nouveau : une vision plus nette de leurs deux\npersonnalités et de la façon dont elles se sont mariées dans cet œuvre.\n   Il faut mentionner, à la fin du livre, une bibliographie comprenant les\narticles écrits pour l'Eclair et le Paris, pour des revues et des journaux\ninnombrables; une iconographie où les collectionneurs trouveront l'indi­\ncation des dessins et aquarelles, et des eaux-fortes des deux frères, ainsi\nque de leurs portraits.\n                                                              HENRY MAUBEL.\n\n\n\n                                            VI\n\n   La littérature    de tout à l'heure, par M. CHARLES MORICE. — Paris, Perrin et O .\n\n    M. Charles Morice, à qui nous devons la plus compréhensive étude\nqu'on ait faite sur Paul Verlaine, publie un très haut livre intitulé : La\nlittérature de tout à l'heure.\n    Il y a dans les tendances littéraires d'aujourd'hui mille forces éparses et\ninstinctives ; bien des artistes ont produit de splendides morceaux d'art,\nmais la plupart manquent de la conscience et de la logique qui, seules, leur\nferaient accomplir le monument. Ils produisent en génies qui s'ignorent.\nCette conscience, cette faculté critique (puisque, selon l'expression de\nHello, « la critique n'est que la conscience de l'art »), ce livre de M. Morice\nest fait pour la développer en eux.\n    Instinctivement et fatalement nous admirons chez des poètes d'un autre\ntemps certaines phrases chargées de rêve et de pensée, où ils se sont dépas­\nsés eux-mêmes, et qui contiennent des germes d'œuvres à venir. Quand\nRacine fait dire à sa Phèdre :\n\n                    Ah ! que ne suis-je assise à l'ombre des forêts !\n\nil nous suggère, sans la décrire, la douceur, miraculeuse pour un cœur\nulcéré, des feuillages et des eaux.\n   Sans trop en comprendre la portée, nous nous sommes tous beaucoup\nservis, en ces derniers temps, de l'adjectif suggestif. Et, voyez ! toutes les\nbelles choses d'art, aujourd'hui, sont faites de suggestion. Il ne s'agit plus\nde décrire ni d'analyser par le menu : il faut ou se taire, ou trouver le mot\ntrès court qui suggère la chose tout entière, corps et âme. On s'explique\nl'ennui que finissent par exhaler les romans naturalistes.\n"}, {"page_pdf": 280, "texte": "                                     — 247 —\n\n    La littérature française s'est servie jusqu'à présent d'un instrument sûr,\nmais qui tend à diviser l'objet dont il s'empare : l'analyse. L'art est un\nreflet humain, et qui doit refléter tout l'homme, comme aussi toute la\nnature. Les classiques ont analysé, non des hommes faits de matière et d'es­\nprit, mais de pures âmes ; les romantiques ont vu surtout le côté décoratif\net extérieur de toutes choses, la forme, la couleur, le mouvement, la gri­\nmace des passions; les naturalistes ont étudié la seule sensation.\n    M. Morice passe en revue les trois derniers siècles littéraires de la langue\nfrançaise, et cette partie de son livre est superbe.\n    Mais il s'est trouvé, dans ces trois siècles d'un art imparfait, des artistes\nexceptionnels qui faisaient prévoir l'avenir. Et M. Morice cherche dans le\npassé les germes du présent, dans le présent la semence de l'avenir. En toute\nhumilité, il nous présente des précurseurs que nous ne connaissions pas, ou\nque, du moins, nous avions oubliés. Qui se rappelle Sénancour? Quelle\nbelle page, cependant, il a pu faire avec les extraits qu'il en cite ! Qui se\nrappelle Joubert? Et ce classique a des phrases étonnantes qui prophétisent\nl'art d'aujourd'hui !\n    Mais, d'autre part, l'auteur nous semble avoir fait des omissions. Par\nexemple, Maurice de Guérin, un très pauvre versificateur, mais le poète de\ndeux sublimes morceaux de prose : Le Centaure et La Bacchante. Je note,\nau hasard, dans La Bacchante, des expressions telles que celles-ci : « Sa\nchevelure était aussi nombreuse que celle de la nuit ». Et encore, quoique\ndans un tout autre genre et de date bien plus récente, notons, comme\noublié, le poète Tristan Corbière. Et d'autres, sans doute, encore, car ces\ndeux noms se sont présentés à notre esprit sans que no.us les eussions cher­\nchés, et tout d'abord (r).\n   Et, enfin, M. Morice en vient aux hommes d'aujourd'hui. Son choix n'est\npas heureux. Il déclare qu'il n'a pas voulu citer tous les artistes d'à pré­\nsent ; soit, mais il fallait au moins choisir les plus concluants; et il y a plus\nde symbole et de synthèse dans n'importe quel vers de Mallarmé, un artiste\nde la veille pourtant, que dans tous les vers qu'il cite des poètes d'aujour­\nd'hui. Il ne fallait pas non plus se croire quitte envers la littérature belge\nen parlant du Belge (?) René Ghil.\n   Nous ne nous en plaignons pas pour nous-mêmes, mais bien pour le\nlivre de M. Morice.\n   La littérature de tout à l'heure est un livre qu'il importe aux jeunes de\nlire et de méditer; il est assez substantiel pour cela.\n   Ce n'est ni un livre de critique, ni un manifeste littéraire, ni un traité\n\n\n\n\n   (1) Nous pourrions parler aussi de l'injustice de M. Morice envers certains autres\npoètes : Sully-Prudhomme et Loti sont nuls à ses yeux. Léon Dierx et José Maria de\nHérédia n'obtiennent que quelques lignes bienveillantes. Mais un Catulle Mendès a tous\nles honneurs!\n"}, {"page_pdf": 281, "texte": "                                 — 248 —\n\nd'esthétique, bien qu'il soit fait de critique et d'esthétique. Il est surtout\ndestiné à donner aux jeunes la conscience de leurs forces et de leur but.\n   Le livre de M. Charles Morice a d'autres utilités, sans doute; il convient\navant tout de signaler celle-ci.\n                                                FERNAND      SEVERIN.\n\n\n\n\n         CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                       EXPOSITION FRÉDÉRIC\n\n\n               Au Cercle artistique, M. Léon Frédéric — qui n'avait point\n                cette année participé à l'Exposition de l'Essor — vient d'orga­\n                niser une Exposition des meilleures œuvres produites par lui\n                en ces dernières années. M. Frédéric, qui avait déjà fait\npreuve de talent dans des expositions précédentes, apparaît ici, un réel\net très personnel artiste. Il est surtout un dessinateur — ce qui devient de\nplus en plus rare chez nous où les artistes semblent ne vouloir chercher\nde plus en plus que la couleur. Aussi est-ce de très loin ses dessins que\nnous préférons dans son Exposition. Ses deux séries de cartons : le Lin\net le Blé symbolisant le vêtement et la nourriture, sont d'un très sérieux\nartiste au point de vue du dessin, et la compréhension du sujet est d'un poète.\nDans ces paysages wallons, bornés de collines, où labourent et sèment et\nrécoltent, des hommes aux noires et grandes silhouettes, il règne un calme,\nun amour de la vie tranquille et saine, assez puissant pour rendre personnel\nl'artiste qui les a conçus. Nous aimons surtout l'interprétation très grande\nque l'artiste donne du paysage, et les effets de soir tombant, de crépuscule\nqu'il semble lui aussi affectionner.\n   A mentionner, pour finir, un très remarquable dessin, intitulé les Lessi-\nveuses, et que nous estimons le plus beau de cette Exposition.\n                                                   GEORGES D E S T R É E .\n"}, {"page_pdf": 282, "texte": "                                       — 249 —\n\n\n\n\n                               MEMENTO\n  Nous avons transmis la note ci-dessous       lurette que Sénéque écrivit : Nullum\nà la presse. Nos remercîments aux jour­        magnum ingenium sine mixiura dementia:.\nnaux qui ont bien voulu l'insérer.             M. Lombroso va plus loin que Sénéque.\n  Par l'initiative de la Jeune Belgique, un    Et l'Art moderne n'a pas l'air choqué.\nmonument va être élevé sur la tombe de         C'est étrange II y a quatre ans l'un des\n                                               nôtres, exprimant des idées très voisines\nMax Waller (Maurice Warlomont).\n                                               de celles du savant italien, écrivait dans la\n   Les personnes qui désireraient s'associer\n                                               Jeune Belgique :\nà cette oeuvre de souvenir sont informées\nque des listes de souscription resteront          « Il est convenu d'appeler santé l'état\ndéposées jusqu'au 15 juillet à la Taverne      d'un individu dont les organes sont harmo­\nroyale, passage St-Hubert (Galerie du          nieusement équilibrés, et concourent ainsi,\nRoi); Au Café Sésino, Boulevard Anspach        sans rupture d'un côté ni de l'autre, au but\n                                               suprême, qui est la vie. Supposez donc un\net à l'Administration de la Jeune Belgique,\n                                               individu très sain, également éloigné de la\nchez M mc V e Monnom, rue de l'Indus­\n                                               pléthore et de l'anémie , chez lequel nul\ntrie, 26.\n                                               organe n'en atrophie un autre. Placez-le\n   Les souscriptions peuvent, en outre, être\n                                               devant cette nature dont l'imitation scru­\nadressées directement à M. Henry Maubef,\n                                               puleuse est le souci du réaliste, et demandez\n rue de Trèves, 72.\n                                               vous si de cette rencontre il va jaillir un\n                                               artiste. Jamais. L'homme équilibré dont\n                                               nous parlons ne songera pas à l'œuvre\n  A ajouter à la liste des articles sur Max     d'art. Il est même incapable d'en concevoir\nWaller celui de M. Charles Sluijts, publié     l'idée. Il regardera en face la nature et la\ndans un journal hebdomadaire d'Anvers :        vie, comme une fête préparée pour ses\nLe Palais de l'industrie.                      appétits, et se jettera dans l'action, la tête la\n                                               première. Il sera soldat, il sera tribun, il\n                                               sera médecin, il sera avocat. Il mordra\n  L'auteur du médaillon de Max Waller,         l'existence à pleine bouche, et comme il\nle sculpteur Jules Lagae, exposera pro­        sera content de la nature et de la vie, il ne\nchainement un superbe médaillon récem­         tentera pas de s'en évader dans les men­\nment achevé, de notre collaborateur Georges    songes magnifiques de l'Art. »\nDestrée.                                          Et l'Art moderne le couvrit... d'art mo­\n                                               dernités. Il fut traité d'huître, galamment.\n                                               Il n'était pas Italien !\n\n\n\n   L'Art moderne consacre un intéressant ar­\nticle au volume de M. Lombroso : L'homme          Les Ecrits pour l'Art publient en sup­\nde génie. M. Lombroso n'y va point par         plément à leur numéro d'avril-mai, un «pe­\nquatre chemins : pour lui l'homme de génie     tit morceau de musique » comme en don­\nest un fou. La théorie est un peu... grosse,   nent quelquefois les journaux de mode et\nmais elle n'est pas neuve. Il y a belle        le Figaro quand ses abonnés sont sages.\n"}, {"page_pdf": 283, "texte": "                                                 250\n\n\nCela s'intitule Glose à l'air nuptial de              Jehan de Bruges démontre qu'il n'y a ni\nRené Ghil ; c'est signé Lombardi et dédié          langue flamande, ni langue hollandaise,\nà M me René Ghil.                                  mais une langue commune aux flamands\n  L ' A i r nuptial commence comme ceci —          et aux hollandais : la langue néerlandaise.\nsans majuscule :                                   Et il le démontre en bon français.\net parmi le millier des ramures du monde !\nVaste du manque aux yeux de regrets du serment\nqui d'aurore au néant évalueraient sur l'onde,\nla mémoire des mères s'éveille indulgemment :         Le 2 juin on a entendu à Anvers, par\neaux d'ingénuités sans rêves aux légendes          les soins de la Société de musique, et sous\nen qui dorment les ans mes plus uniques soirs.\n                                                   la direction de l'auteur, l'oratorio nouveau\n   La glose, au contraire de ce qu'on croi­        de Peter Benoit : De Rhijn.\nrait logiquement, n'est pas du tout en ce             Cette oeuvre a obtenu un énorme succès\nton là. Elle est en cinq tons différents!...       quoi qu'elle ait été exécutée dans des con­\nquoique successifs et en une variété de            ditions défectueuses. Nous espérons bien\nmesures; mais à part cela et quelques bi­          l'entendre l'hiver prochain à Bruxelles, soit\nzarreries harmoniques qui font un effet            à l'association des Artistes musiciens, soit\nbœuf... à la mode des Ecrits pour l'Art,           aux Concerts populaires.\nelle est d'une jolie nullité continue et de­          Tandis que les autres oratorios ne sor­\nmande la charité à toutes les « rosalies »         taient pas de la note grandiose et solen­\nqui passent; les \" rosalies \" sont des per­        nelle, dans celui-ci Benoit a déployé tous\nsonnes très généreuses et M. Lombardi et           les trésors d'un tempérament apte à tra­\nsa famille leur doivent de la reconnais­           duire les sensations les plus opposées. Le\nsance.                                             poème de M. De Geyter abonde en con­\n   La glose est surmontée de deux épi­             trastes et en épisodes mouvementés et\ngraphes mélodiques. L'une, d'une mesure,           historiques.\nen grosses notes et l'autre, en dessous, un           Benoit en a tiré un magnifique parti.\npeu à droite, de trois mesures en petites          Jamais le chef justement réputé de notre\nnotes.                                             école musicale flamande n'aura rien écrit de\n  Et voilà !                                       plus riche, de plus généreusement inspiré\n  Les enfants s'amusent.                           et de plus amoureusement mis en œuvre.\n                                                   Dans aucune autre partition le maître ne\n                                                   s'est livré à un aussi luxuriant travail po­\n                                                   lyphonique et n'a fait de si heureuses trou­\n  A lire dans la Revue générale, livraison\n                                                   vailles de timbres, de rhythmes et de com­\nde juin, une remarquable nouvelle de notre         binaisons de thèmes. Les transformations\ncollaborateur M. Maurice Maeterlinck :             et les modulations du thème du Rhin sont\nOnirologie.                                        particulièrement intéressantes.\n                                                      L'œuvre est divisée en trois parties. On\n                                                   a surtout remarqué dans la première partie\n  La Wallonie, livraison de mai, contient,\n                                                   la scène d'amour et le superbe final, sorte\nsur le volume de poésies de M. Grégoire\n                                                   d'hymne orchestral au Rhin. Dans la der­\nle Roy, une belle étude de M. Charles Van\n                                                   nière partie on a applaudi la scène des\nLerberghe.\n                                                   Etudiants, la scène des Nixes, la scène de\n                                                   la Loreley, la scène des Ondines, les chan­\n                                                   sons Bachiques et le chant de la Moselle, la\n                                                   valse et le final.\n   Vient de paraître, chez Havermans, signée          Dans la troisième partie, la scène du\ndu pseudonyme de Jehan de Bruges, une              Drachenfels a transporté l'auditoire.\nbrochure d'une trentaine de pages, intitulée :        Nous reviendrons sur cette œuvre ma­\nII n'y a pas de langue flamande.                   gistrale dans une étude que M. Georges\n"}, {"page_pdf": 284, "texte": "                                        —       251   —\n\n\nEekhoud consacre à Peter Benoît, et que           ainsi : \" Je ne sais si vous êtes comme moi.\nnous publierons dans notre prochain nu­           mais j'adore l'Angleterre. Je lâcherais tout,\nméro.                                             même la proie, pour Londres... \"\n\n\n  Le Waux-hall favorisé par le plus joli            La Plume annonce en préparation —\ntemps du monde pour aller à cheval, e t c . .     de Verlaine : Les Amis, roman; Bonheur,\na donné plusieurs concerts extraordinaires        poème a paru.\navec le concours de Mesdames Landouzy,              De Bourget : Cosmopolis, roman; les\nBaudelet, Aline Bauveroy, Chainaye. —             Nostalgiques, poème.\nA continuer.\n\n                                                    M. Paul Bourget vient de publier un\n                                                  nouveau roman : Le Disciple.\n   Nous avons annoncé le transfert du               Nous en parlerons prochainement.\nGuide musical à Paris. Le changement de\ndomicile a amené un changement de forme\nqui n'est pas heureux.\n                                                     Gil Blas annonce la publication pro­\n   Tel qu'il apparaît maintenant, le Guide\n                                                  chaine dans ses colonnes d'un roman d'Os­\nse confond avec les feuilles de choux du\n                                                  car Méténier : Madame Boule.\nParis musical. C'est dommage, car nous\navions une vénération mêlée de beaucoup              C'est Oscar Méténier qui travaille à met­\nde sympathie pour ce vieux journal devenu,        tre à la scène du Théâtre Libre Les Frères\ndepuis quelques années, très jeune sous           Zemganno d'Edmond de Goncourt.\nl'impulsion de notre ami Kufferath.\n   Le numéro de juin — un numéro désha­\nbillé de l'ancienne couverture et qui se             M. Charles Tilman, depuis qu'il préco­\npromène tout nu, presque indécent, con­           nise les oculistes en littérature, n'a vrai­\ntient sous ce titre : Petits problèmes d'es-      ment pas de chance.\nthétique, un article de M. Victor Wilder             On sait qu'avant M. Mendès, M. Armand\noù l'éminent critique esclarmondiste pro­         Silvestre (portière et chanoine) avait con­\nteste contre l'adaptation à la musique vocale     férencié à l'invitation du susdit. M. Sil­\nd'une prose remplaçant le vers.                   vestre reçu chez M. Tilman y avait amené\n   M. Wilder déclare que ce système aurait        Madame Silvestre, laquelle avait conquis\npour premier résultat d'abolir le rhythme.        la sympathie et l'estime de toute la famille.\nHein!... Comprenons pas!                             L'illustre rabelaisien n'avait oublié qu'une\n   Nous croyons au contraire, qu'en tra­          chose c'était de numéroter Madame Sil­\nduction surtout , il vaudrait infiniment          vestre, simple épouse d'agrément cueillie,\nmieux développer le texte en prose que le         en passant, à la Scala de Bruxelles pour\n dénaturer par amour du caramel. On peut          rompre l'ennui du voyage.\nrhythmer la prose aussi, M. Wilder!                  Un journal a raconté l'histoire joyeuse à\n                                                  toute la population de Louvain... M. Til­\n                                                  man y compris.\n   La Plume, dans son numéro du 15 juin,\npublie un portrait littéraire de Rodolphe\nSalis signé... Francisque Sarcey. L'éminent         M. Goliath, dont il est question dans\ncritique, y parle de ses hémorroïdes. C'est       Notre petit salon de tir, a publié, à propos\nle comble de la fatuité.                          de La patrie en danger, une seconde bro­\n   Lire dans la même revuette un amusant          chure intitulée : La Vérité historique\nconte d'Alphonse Allais qui commence              au théâtre. Cette brochure prouve que\n"}, {"page_pdf": 285, "texte": "                                               252\n\n\n M. Goliath est l'exécuteur testamentaire         les Sax; Plainte, Anna Galloy; Episode,\n de M. Prudhomme, héritier naturel du grand       Sully Huntley ; Sonate, Maurice D o m a l ;\n La Palisse.                                      Façon de Madrigal,      Fritz Velaines; Le\n    M. Goliath y combat les Goncourt à coup       Hibou, Arthur Dupont; Mai, Auguste\n de vers de Voltaire et déclare que Molière       Jenart; Suicide par amour, Karl Van Osta;\n est le plus grand dramaturge de notre litté­     Instantanés par un jour de pluie, Henry\n rature.                                          Carton de Wiart ; Pensées, Ioric Vorthon :\n    La Société protectrice des animaux doit       Varia, Bulletin   bibliographique.\n être contente.\n\n\n\n   M mc Ernestine Van Hasselt nous a ren­            A propos du ballet que le sieur Barbier\nvoyé son petit livre avec toutes sortes de        — préposé à ces besognes — a tiré de la\nrécriminations.                                    Tempête, pour la jubilation sénile de M. Am­\n   Pour ne pas la contrarier nous garderons       broise Thomas, avec ou sans œil au fond,\nle tout.                                          l'un des plus redoutables pisseurs d'encre\n                                                  pâle du journalisme français, M. Henry\n                                                  Fouquier, — qui aurait besoin d'un Tin-\n                                                  ville — imprime, dans Gil Blas, les cho-\n   Le Bulletin du Bibliophile parle d'un          settes que voici :\nlivre tissé sur soie, tentative nouvelle d'un        Mais j'ose penser que l'appropriation de\nlibraire de Lyon.                                 Shakespeare n'est pas toujours définitive.\n   De format petit in-4°, l'ouvrage comprend      Un homme de théâtre avisé, aujourd'hui,\ncinquante pages, les caractères sont gothi­       débarrasserait Hamlet de redites, de lon­\nques et chaque page est entourée d'un             gueurs, de maladresses, et l'effet en serait\nencadrement de dessin différent. Le style         plus grand. Quant aux comédies et aux fée­\nde l'ouvrage appartient à la fin du XIVe, au      ries de Shakespeare, on y trouve, certes,\nXVeet au XVIe siècle; les lettres ornées, les     des traits vifs, des « envolées » comme on\nencadrements et tous les détails de l'orne­       dit aujourd'hui, mais aussi des platitudes\nmentation ont été pris dans des manuscrits        et des longueurs d'un insupportable ennui.\nde cette époque et reproduits avec un goût        J'aime autant la Biche au Bois que la Tem-\net une perfection remarquables...                 pête, quand je devrais, pour cet aveu, mé­\n   Le livre est tissé sur soie au métier          riter toutes les foudres de Prospéro...\nJacquard ; le tissu en très belle soie, remar­       Hamlet débarrassé de ses longueurs par\nquablement serré, comporte quatre cent            M. Fouquier! Quel poème! Et la Biche au\npassées de trame au pouce; de plus, dispo­        Bois préférée à la Tempête! M. Fouquier\nsition particulièrement anormale, la chaîne       est trop tendre pour son... Barbier, et n'est\nest horizontale au lieu d'être verticale, et la   pas heureux au jeu de la critique. Victor\ntrame est verticale au lieu d'être horizon­       Hugo, parlant du vieux Will, disait : « J'ad­\ntale comme dans les tissus ordinaires; c'est      mire tout, comme une brute. « Mais M. Fou­\nla trame qui produit les caractères et les        quier, — fontaine Wallace de la chronique\nornements.                                        — n'est pas une brute. De là son évidente\n   On a mis deux ans à l'achever.                 supériorité.\n\n\n\n   Sommaire de la Pléiade (1er juin). Proses         Le Théâtre-Libre a joué : le Comte Wi­\ncursives : Le Pitre, Paul Masy; Pour la           told, drame de M. Stanislas Ryewuski. Le\nSeule, Frédéric Neyskens ; Chanson de             Cœur révélateur d'Edgard Poë, adapté par\nprintemps, Jean Boels ; Deux vieilles chan-       M. Ernest Lauman. La Casserole par\nsons, traduites du bas-allemand par Char­         M. Oscar Méténier.\n"}, {"page_pdf": 286, "texte": "                           L'EVENTAIL\n             THEATRAL,          ARTISTIQUE                ET MONDAIN\n                            DIRECTEUR : F. ROTIERS.\n      Rédaction et administration : 26, rue de l'Industrie, Bruxelles\n         ,                 Belgique, u n an                                                 fr. 5-00\n  P R I X D ABONNEMENT :\n                           Etranger     »                                                       700\n\n\n\n\nA         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n    de Block's Universal Wine C°\n                  6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA. BOURSE)\n\n\n\n\n E        n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et dAlicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\nGIL          BLAS,     journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie CANTABEILLE, par RENÉ MAIZEROY.\n  Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\n  partout.\n\n\n    ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                       ÉPERNAY\n\n\n                                              Prix Courant\n                             Baron J. de Warnimont                                                2 25\n                             Marquis Armand de St-Hubert .                          .       .   . 2 75\n                              R O S É E J E U N E BELGIQUE                                       3 00\n                              Crême d'Ay            id.                                          3 50\n                              Bouzy extra           id.             Cuvée réservée.              4 50\n                              Bouzy Cristal         id.                                          5 00\n                                           0.50 e n p l u s p a r 2/2 b o u t e i l l e s\n\n                                       EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 2 5 BOUTEILLES\n\n                              Franco   de port, droits et emballage        dans toute la        Belgique\n\n\n             ENTREPOSITAIRE             : COULOMB-ROBIETS\n       19, B o u l e v a r d d u N o r d , 19, à B r u x e l l e s\n"}, {"page_pdf": 287, "texte": "       LA JEUNE BELGIQUE\n                        REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\n\n  formant au bout de l'année un superbe volume avec couverture spéciale et                frontispice.\n\n\n\n          Fondateur        : MAX W A L L E R (MAURICE WARLOMONT)\n\n\n Directeur : HENRY MAUBEL. — Administrateur                           : HUBERT VAN DIJK.\n\n\n  Bruxelles : Rédaction : 72, rue de Trêves —Administration, 26, rue de l'Industrie.\n\n\n\n                                  ABONNEMENTS :\n\n   Belgique .     .   7 francs par an. — Union postale .                       .    fr.       8-50\n         Les conditions pour les annonces se traitent à                            forfait.\n\n\n\n\n                                     JUILLET        1889\n\n\n                                SOMMAIRE:\n\nProses lyriques                                                  ARNOLD GOFFIN.\nVers                                                             ALBERT ARNAY.\n La Nativité de Notre Seigneur                                    EUGÈNE DEMOLDER.\nSur le chemin des ténèbres                                       JEAN BOELS.\nExposition universelle                                           JAMES VANDRUNEN.\nViolettes de Parme                                               FERNAND ROUSSEL.\nPetit Salon de tir.                                              MOUCHE.\nChronique littéraire :\n         Ressort cassé                                         HIXE\n         Feuilles d'album\n         Honnête plus qu'honnête . . .                     .\n         Les Obsédés                                             HENRY MAUBEL.\n         Les Goncourt\n         La littérature de tout à l'heure .                .     FERNAND SEVERIN.\nChronique artistique :\n         Exposition Frédéric                                    GEORGES DESTRÉE.\nMemento                                                         ***\n\n\n                  Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 20, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1889-07-01", "preuve": "Juillet 1889, numéro 6, couverture PDF 252 ; aucun jour imprimé."}}