{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "9 e ANNÉE. TOME VIII, N° 10.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 356, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 522, "texte": "9 e ANNÉE.   TOME VIII, N° 10.         P R I X : FR. 0-75.       OCTOBRE   1889.\n\n\n\n\n                                        BRUXELLES\n                                 REDACTION :            ADMINISTRATION :\n                            72, RUE DE TRÊVES,         26, RUE DE L'INDUSTRIE,\n                                             PARIS\n                                   LÉON    V A N I E R , ÉDITEUR\n                                          19, Quai Saint-Michel\n\n                                                 1889\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "le fond qui manque comme le reste", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ABONNEMENT GRATUIT", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 357, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 648, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n\n   40. — ANDRÉ FONTAINAS. Avons reçu nouvelles. C'est du propre. Si pas envoyez\nalexandrins, en publierons quand même, et gare la police correctionnelle. For shame,\nSir !\n  41. — ALBERT ARNAY. Reçu vers. Passeront dans l'ordre indiqué. Merci.\n  42. — FERNAND SEVERIN. EX-PRINCE DE ZUEN. Bonne récompense à qui rapportera le\nlys à domicile.\n  43. — A L'ONAGRE DE « LA CHRONIQUE ». Il y a longtemps que vous n'avez plus été\ndrôle en notre faveur. Auriez-vous des mortes-saisons?\n  44. — CYDAI.ISE. Triste! Travaillez, prenez du Pinolet, c'est le fond qui manque\ncomme le reste.\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 317, "page_fin": 324, "titre_corps": "Pierre-de-la-Baraque", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Delattre", "ancre_debut": "PIERRE DE LA BARAQUE", "ancre_fin": "interrompit l aiguilleur", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 358, "page_imprimee": 317, "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 1988, "texte": "PIERRE-DE-LA-BARAQUE\n A MONSIEUR GEORGES EEKHOUD.\n\n                                C'était un haut vieillard, sombre et plein de vigueur.\n                                     LECONTE DE LISLE. (Le Jugement     de Komor).\n\n\n\n\nIl                                 y a dans notre pays des familles d'ouvriers\n                                 où le père — quand il lui reste encore juste\n                                 assez de force pour soigner ses rhumatismes\n                                     et faire son jardin — transmet comme\n                                 un héritage à son fils aîné, avec un renom\n                                 de probité dans le canton, certaine profession\n                                    de confiance qu'il exerçait. Ainsi, de géné­\n                                   ration en génération, les hommes d'une\n                                   famille sont veilleurs dans les clouteries,\n                  les forges, les fonderies, les charbonnages. On les voit, au\n                  crépuscule, qui se rendent à leurs postes, un bâton d'épine\n                  rouge attaché à une main et l'autre tenant la laisse d'un\n                  gros chien, le rond d'une lanterne à leur poitrine. Pendant\n                  les heures nocturnes ils surveillent les propriétés commises\n                  à leur garde. Et du silence forcé et continu de leurs veilles\n                  solitaires et défiantes ils acquièrent un masque taciturne,\n                  un visage rentré, dit-on expressivement en patois;\n                comme, en même temps, leur vie sans soleil leur donne\n                un teint blanchâtre, particulier aux noctambules, et qui fait\n             penser au pacant rougeaud qu'ils sont malades.\n               Dans la famille Longtain, aussi loin que les plus vieux du vil­\nlage pussent voir dans le passé, les hommes avaient toujours été veilleurs.\nPierre Longtain avait rempli cet emploi dans un charbonnage voisin : mais\n"}, {"page_pdf": 359, "page_imprimee": 318, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2934, "texte": "                                  — 318 —\n\ndepuis dix ans son fils aîné l'y remplaçait : le vieillard s'était senti trop\ndébile, trop ruiné pour passer encore les nuits d'hiver à piétiner dans la\nneige, sous la pluie glacée, le long des terris ou dans les vastes cours où est\nremisé le bois coupé pour les tailles.\n   Il était à présent aiguilleur de nuit au chemin de fer. Je me rappelle très\nbien qu'étant gamin, je le voyais presque tous les jours quand il traversait\nle Trieu, — une place où les enfants, depuis des années et des années, vont\nuser leurs culottes dès qu'ils savent marcher seuls jusqu'au temps où ils\nont reçu les judicieuses leçons de catéchisme qui les rendent sages, et fait\nleur première communion. C'était un grand vieillard, aux joues blanches;\nses sourcils s'embroussaillaient séparés seulement l'un de l'autre par une\nride verticale coupant le front; sa bouche était taciturnement fermée en une\nmoue bougonnante; il n'avait de barbe qu'une longue mêche de poils gris\nlui pendant au menton, une bouque. De visage et de maintien, on eût pu\nle trouver assez ressemblant à ces types de vieux grognards de l'Empire, qui\nlongtemps emplirent les romans de leur brutale bravoure. Il évoqua d'ail­\nleurs très vite à nos jeunes cervelles le type du soldat car il était habillé\nd'une sorte d'uniforme, la livrée des employés du chemin de fer : casquette\nà galons rouges, à visière garnie de cuivre avec le lion belge de même\nmétal en pompon, et veste de gros drap bleu ornée de deux rangées de\nboutons jaunes et luisants, frappés de la même marque officielle.\n   Pour être à six heures à sa cabane d'aiguilleur, il traversait le Trieu à six\nheures moins dix minutes, ni plus, ni moins, et cela, si régulièrement, que\nles ménagères bavardant aux pas des portes, s'écriaient en le voyant :\n« Jésus-Maria, v'là Pierre-de-la-Baraque!... et mes pommes de terre du\nsouper sont encore à peler ! Qu'est-ce que mon homme va dire? » et s'encou­\nraient en poussant des cris comme des poules effarées. Pierre Longtain pas­\nsait, traînant son bâton, balançant la boîte de fer blanc où était enfermé\nson chiquet de pain ; il lançait à droite, à gauche, de sa voix haute et rude,\ndes salutsl polis mais brefs, auxquels tout le monde répondait. Jusqu'au\nrentier Griset, qu'on voit fumer « sa pipe de longueur », dans son allée,\npendant la bonne saison, le vieux Griset, pourtant avare de salutations\nautant que de gros sous, tirait sa pipe de sa bouche et disait : « Ça va tou­\njours comme on veut, père Longtain? ». Mais si on le saluait, ce n'était pas\navec cette cordialité qui vous arrête, le sourire aux lèvres, devant une figure\npleine de la joie de vous retrouver comme hier. Longtain n'était que\nrespecté ; pour être aimé il montrait trop ouvertement qu'il croyait les gens\nincapables d'une probité comme celle dont s'enorgueillissait sa famille. Il y\navait toujours une plissure dédaigneuse dans ses paupières quand il vous\n"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 319, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2711, "texte": "                                  -   319   -\n\nregardait, et, malgré son grand âge, on était tenté de lui demander : « Eh\nbien, quoi? ça vous a donc été bien difficile de rester brave que vous en\nêtes si fier! » Et pour les autres, ceux qui avaient sur la conscience quelque\npeccadille jamais confessée au curé, ils le trouvaient trop fier de n'avoir\njamais fauté; or, n'est-ce pas, on n'aime véritablement que ceux qu'on croit\nun peu pareils à soi; aussi n'aimaient-ils pas Longtain. Mais ils le saluaient\npoliment, très haut : « Bonsoir Longtain ! » d'une voix blanche.\n   Nous, les gamins, nous le regardions en silence. Sa figure et sa voix nous\neffrayaient un peu, je crois ; jamais il n'avait à ses trousses de ces bruyantes\nribambelles d'enfants courant, au préau, derrière le sonneur de cloches, le\nbon bossu, celui-là même qui, entendant sonner son agonie de son lit de\nmort, s'écria en s'adressant aux cloches des deux paroisses qu'il avait tant\nbalancées : « A. revoir mes cloches d'en Haut, à revoir mes cloches d'en Bas,\nplus jamais je ne vous sonnerai! » ou le sacristain à qui nous demandions\ndes pincées de tabac, de la pénée, pour nous faire éternuer au plus fort; et\njamais nous ne le harcelions comme le vieux menuisier aux gros yeux riant\nderrière d'immenses lunettes, qui passait, une planche sur l'épaule, des brins\nde copeaux et de la sciure de bois blanchissant son gilet, en nous donnant\ndes taloches sur la tête et disant des propos pour rire : « Voilà Louis Biribi,\nle plus brave Louis du pays! Et ici Pierre Lanlaire, l'enfant de son père! »\npuis nous menaçant comiquement de sa scie quand nous tirions trop fort\nses bretelles ou que nous nous moquions trop longtemps de la hauteur\nextraordinaire du fond de sa culotte — ce dont vraiment nous aurions pu\nnous gausser — elle lui montait jusqu'aux épaules ! — si ces pauvres der­\nrières de vieillards perdus dans leurs trop hauts pantalons n'étaient pas\nchoses tristes à faire pleurer! Mais nous regardions, sans mot dire, passer\n Pierre Longtain.\n   Quand il arrivait au pied du remblai du chemin de fer, il s'engageait\ndans un étroit sentier qui s'élevait à travers les gaulis d'osiers aux branches\njaune d'or et les touffes de genêts. On voyait sa haute taille apparaître dans\nles éclaircies, puis disparaître, et les branches s'agiter sur son passage.\nEnfin, au pied de la baraque s'élevant à la bifurcation des voies de Piéton\net du Petchia, il surgissait.\n\n                                       II\n\n   C'était une petite cabane mesurant, peut-être, dix pieds carrés et con­\nstruite en planches barbouillées de couleur brune. Ses murs étaient percés\nde lucarnes et sa porte s'ouvrait de plain-pied sur les voies. Elle était rem-\n"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 320, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2822, "texte": "                                 — 320 —\n\n\nplie par un massif poële de fonte, un petit banc de bois, une planche\nappendue au mur où mettre la cruche de café et la boîte à tartines avec le\ncornet de tabac et la pipe; à l'autre mur, au dessus d'un tableau montrant\nles heures de passage des trains et d'une horloge, deux sonneries électriques\ndindrelinaient sans cesse. C'était là la baraque de planches. Au dehors il y\navait la trompe de cuivre attachée à un clou, et l'étui des drapeaux pour les\nsignaux couché près des lanternes aux verres multicolores. Autour de la\ncambuse, une bande de terreau apporté nourrissait quelques fleurs aux cou­\nleurs vives et une touffe de hauts hélianthes balançant leurs disques bruns\net jaunes qui regardent le soleil.\n   Du Trieu, à l'arrivée de Pierre, nous voyions « l'aiguilleur de jour »\nenlever son bourgeron par dessus sa tête, endosser sa veste bleue et\ndescendre le sentier. — Le vieux Longtain reste là pour la nuit.\n   Jusqu'au matin, d'heure en heure, il abaisse ou soulève le pesant levier\ndu changement de voie. Il fait ainsi passer sur la ligne de Piéton ou celle\ndu Petchia (un gros charbonnage) les trains qui viennent de Charleroi,\net règle l'entrée dans la station du village des trains descendant de Piéton.\nIl annonce aussi leur arrivée de son cornet de cuivre. Et il en sonne\ncomme personne, c'est sûr : au crépuscule, dans le calme de la nuit\ntombante, du bois de Landelies, c'est-à-dire de plus d'une lieue, j'ai déjà\nreconnu le signal de Longtain, un ta-hi-ha-a dont la deuxième note éclate\ndéchirante et brève, inattendue, suivie de l'autre qui s'allonge, s'allonge. Il\nmet d'ailleurs un certain orgueil à toujours jeter de la même manière\nimpeccable le même cri par dessus la vallée vers la station — comme aussi,\nquand passent les convois de voyageurs, à se tenir, malgré ses soixante ans\nbien sonnés, droit comme un I, ainsi qu'un soldat au port d'arme, son\ncalme visage pâle regardant la ligne lumineuse des portières qui file en un\nlong ruban dans l'ombre, aux pieds l'étui des drapeaux blancs et rouges.\n   Un train passé, en attendant l'autre, il s'assied sur le banc de sa baraque,\ndonne un coup de rateau au jardinet, ou regarde le soir venir ou s'en aller\nla nuit.\n   C'est ainsi qu'il voit tomber le soleil dans les campagnes d'Anderlues,\ntandis que courent des lueurs roses sur l'acier poli des rails. Les wagonnets\ndu chemin de fer suspendu de Forchies passent au loin dans le ciel lilas,\nattachés à des câbles qu'on ne voit plus ; lentement et silencieusement,\ncomme en un rêve ; leurs silhouettes mobiles aux lignes très nettes se\ndécoupent dans l'air pur. La vitre d'une maison lointaine éclate tout\nà coup d'un dernier trait du soleil. Les tours massives du château de la\nMarche se fondent dans la brume ; et plus loin le bois Géraud bleuit et\n"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 321, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2738, "texte": "                                   — 321 —\n\n\npeu à peu entre dans l'ombre. Une buée monte du ruisseau dans\nles hautes herbes et s'étale dans la vallée. Les brises du soir apportent de\nlongs beuglements traînants des vaches qui rentrent à l'étable et le bruit de\nla clochette d'une charrette dont la bâche gonflée tressaute, cahotée sur la\nroute pierreuse toute blanche, là-bas. C'est l'heure où, l'été, s'élève douce et\nchaude et un peu fade l'odeur des herbes fraîchement coupées dans les prés\net encore humides. Au loin, vers Anderlues, un bourdonnement passe, c'est\nun train traversant l'horizon ; une banderole de fumée blanche marque sa\nroute et s'évanouit, cotonneuse. Du côté du village, les petits jardins, s'em­\nplissent d'ombre, des croisées s'éclairent brusquement du jaune des lampes\nen même temps que s'allument des feux multicolores le long de la voie; les\nflammes pâles des réverbères de la station, les taches vertes et rouges des\nsignaux hissées au bout des hauts mâts blancs ou portées par des bras arti­\nculés qui se meuvent subitement. Sur le fond noir du remblai, la perspec­\ntive des rails s'enfonce dans la nuit. Des morceaux de l'horizon s'incendient\ndu reflet des fours à coke, un foyer électrique scintille, comme une étoile,\nd'une lumière très blanche de lune. Il tombe de longs temps de silence cou­\npés tout à coup par le hululement d'un train arrêté au loin, comme en\ndétresse, ou le sifflement bref du convoi qui repart sortant de la station\nproche; la locomotive halète et s'impatiente; on voit le gros œil du fanal\nbriller subitement, la masse approche oscillante sur les rails, énorme comme\nsi elle allait s'étaler hors des voies ; la clameur éclate, des rayons de fer bril­\nlent vertigineux, et le train passe, un gros ver où il y a des lignes noires et\ndes lignes lumineuses, et va, va; le bruit de son galop se dégrade dans la\ndistance, le murmure se fond ; et les feux rouges du dernier wagon, entre­\nvus une dernière fois, disparaissent tout à coup.\n   Pierre Longtain regardait quelquefois cela pendant les belles nuits;\nl'hiver, quand la pluie cinglait les planches de la baraque bien close et que\nla rafale sifflait toutes sortes de choses tristes dans les fils du télégraphe, il\nfumait sa pipe près du poële chauffé au rouge, en suivant des yeux les\naiguilles de l'horloge.\n\n                                        III\n\n   L'aiguilleur avait un fils rentré depuis deux ans du régiment. A son\nretour au foyer, le jeune homme, bénéficiant de la réputation d'honnêteté de\nsa famille, obtint malgré sa jeunesse, le poste de surveillant de nuit à la\nGrande-Clouterie, un emploi d'élite et recherché où les candidats à évincer\nétaient nombreux, Quand on passait, la nuit, près des ateliers, on enten-\n"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 322, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2514, "texte": "                                    — 322 —\n\n\n  dait le chien du garde aboyer derrière la porte et la voix du garçon\n Longtain crier : « Ici, Turc! »\n    ...Un jour le fils de Pierre-de-la-Baraque dit à son père :\n    — Em' pa, on a volé mille francs la nuit passée à la clouterie. Les gen­\n darmes y sont allés aujourd'hui, ils cherchent le voleur; ils ont arrêté un\n employé... Le coup est fait; il est trop tard. Je n'en peux plus... C'est moi\n qui ai volé les mille francs !\n    La nuit passée, en faisant sa ronde, il avait vu ouverte la porte d'un\n bureau — inadvertance d'un employé — et trouvé sur une table une\n liasse de billets de banque. Le jeune homme n'avait pu résister ; terrassé\n par la tentation, il avait volé. Donc, le fils de Pierre-de-la-Baraque, un\n Longtain avait volé ses maîtres, ceux qu'il devait garder. La maison du\n veilleur, celle qu'on appelait « la brav' maison », le vieux logis de probité\n en trembla sur ses fondations. Le père qui serrait son briquet dans sa\n boîte pour s'en aller au chemin de fer, se rassit, un flot de sang empour­\n prant son front.\n    — Nom de nom de nom de Dieu, qu'est-ce que tu as dit? articula-t-il.\n    — Em' pa, il est trop tard... il est trop tard... Ces! fait, c'est fait!... Les\n mille francs sont dans ma paillasse.\n    Il dit cela d'une voix claire, mais où les mots tremblaient. Le malheur\n était consommé. Il le criait, violent, avec une colère de honte à la face con­\n vulsée.\n    — Oh! bégaya le vieux, les paupières battantes de stupéfaction, oh!...\n Sale bougre! sale bougre!...\n    Puis, levant les yeux du pavement qu'il regardait sans voir, hébété sous\nle coup, quand il put parler :\n    — Mais va donc les chercher !... La maison va tomber, ne sens-tu pas?\n    Le garçon redescendu lui tendit une liasse.\n    — Les v'là tous, dit-il.\n    Le vieillard ne compta pas les billets.\n    — Donne-moi du papier.\n    Le jeune homme déchira un feuillet d'un cahier; et le père en enveloppa la\nliasse; puis ayant pris sur la cheminée une plume et un encrier, il se mit à\nécrire sur le paquet, de sa main gourde de vieillard, en relevant ses lunettes\nà chaque mot et essuyant la sueur qui lui coulait sur le visage. L'acier grin­\nçait, la plume trouait le papier et faisait rejaillir l'encre en une pluie noire.\nA chaque ligne écrite il devait s'arrêter, la main brisée de crampes. Mais il\ncontinuait aussitôt, acharné, son poing faisant trembler la table. Et dans sa\nhâte il se piquait les doigts qui saignaient. Enfin, la plume lancée à toute\n"}, {"page_pdf": 364, "page_imprimee": 323, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2245, "texte": "                                  — 323 —\n\nvolée, il jeta le paquet à son fils, qui y lut : « A Monsieur Bayot, direc-\nteur de la Grande Clouterie. De la part de Pierre Longtain, les mille\nfrancs que son fils a volés hier. Et il lui cria :\n   — Va porter ça où tu l'as pris. Je t'attends à neuf heures à ma baraque.\n   Et il poussa son fils dehors.\n   Comme cinq heures et demi sonnaient, Longtain s'en alla. Il donna des\n « saluts! » ainsi que les autres jours, en traversant le village. Son honneur\n était quelque chose de si altier dans son cœur qu'il passa la tête haute mal­\ngré la catastrophe. L'argent était rendu, à cette heure; lui, Pierre-de-la-\n Baraque ferait payer le reste de la dette. En le voyant, traînant comme\n d'habitude son pas égal et balançant sa boîte, quelqu'un qui eût pu l'en­\n tendre penser eût été effrayé de cette placidité sereine.\n    Il fut à son poste ce jour-là comme il y avait toujours été, à six heures.\n\n                                      IV\n\n   Assis devant sa cahute, sa pipe éteinte aux dents, le vieux Longtain\nregardait le coin du ciel qu'illuminaient les fours à coke de Piéton. Il enten­\ndit un bruit de pas glissant sur la terre croulante du remblai.\n   — Est-ce toi? demanda-t-il, se tournant vers l'ombre.\n   — Oui m'pa, c'est moi.\n   — Monte... Entre dans la baraque...\n   Et quand ils y furent, le vieux dit à son fils :\n   — Tu penses bien que je vas te dire de te tuer, hein?...\n   Le jeune homme resta muet devant l'orage qui grondait en son père. Et\nla voix montait.\n   — ... Que tu ne peux plus faire autre chose, à c't'heure, que tu n'es plus\nun homme... que t'as manqué de toucher au nom des Longtain... Hein?\n   Et comme le jeune homme restait muet et sans un geste, les yeux grand\nouverts perdus au loin :\n   — Mais réponds donc! réponds donc!... Bougre de bougre, dis donc\nquelque chose !\n   — Oui, m'pa ! oui, m'pa ! bégaya le fils, la gorge serrée, d'une voix\nrauque, presque sublime de soumission. Je ferai ce qu'il faut faire !\n   — Le train de neuf heures vingt va passer, t'iras près de la barrière du\npassage à niveau et tu te mettras sur la rail.\n    Puis après un moment de silence :\n   — P't'être que j'oublierai, après! acheva-t-il. — As-tu compris que tu ne\n dis rien?\n"}, {"page_pdf": 365, "page_imprimee": 324, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2014, "texte": "                                  — 324 —\n\n   — Oui, m'pa!\n   — Va donc, alors...\n   — Est-ce que vous voulez donner ça à la fille du Grand-Blanc, et lui\ndire que ça vient de moi? demanda le jeune homme, tirant sa montre, une\ngrosse montre de cuivre jaune, de son gousset.\n  — Oui, on la donnera, répondit le père en la prenant.\n  — Em'pa, supplia encore l'enfant, ne lui dites rien de ça!...\n  — On ne dira rien...\n  — A r'voir, em'pa !\n  — A r'voir !\n  — A r'voir, em'pa !\n\n   La sonnerie électrique tremblotait dans la cabine. Le jeune homme dis­\nparut dans la nuit; et le bruit de ses pas craquetant sur la fine cendre des\nvoies se perdit. Du côté opposé, au haut de la rampe de Piéton venait d'ap­\nparaître le fanal d'une locomotive, l'œil jaune de la masse qui allait le\nbroyer.\n   La tache lumineuse grandissait, éclatante, énorme et fixe. Aux pieds de\nl'aiguilleur immobile près du changement de voie résonnaient les rails de\nce murmure chantonnant de l'acier écrasé au loin. Le vieux Longtain\nemboucha son cornet; et dans la nuit, vers la vallée, il souffla le signal\nannonçant les trains. Ce fut un cri de cuivre terrible, un chant de trompette\nqui sonna comme une fanfare triomphante et fière et joyeuse aussi d'une\njoie altière — et là-bas, dans l'ombre, fit s'affaler sur le rail un paquet de\nchair, mort vivant.\n   Pierre-de-la-Baraque abaissa le levier de l'aiguille. Le train passa.\n   Puis au loin, dans la nuit, sinistre, éclata le dard rouge du dernier\nwagon — du rouge...\n   — Sacré sale bougre ! jura le vieux Longtain. Et il rentra dans sa\nbaraque.\n\n                                     V\n\n  Le lendemain matin, m'a-t-on dit, un surveillant de la voie, passant\ndevant la cahute, raconta à l'aiguilleur qu'on venait de trouver un cadavre\ncoupé en deux près de la barrière. Il bredouillait, cherchant les mots pour\napprendre le malheur au vieillard : c'était son fils tué par un train de la\nnuit changé de voie par lui-même, Longtain.\n  — C'est bon. Je le sais bien ! interrompit l'aiguilleur.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 325, "page_fin": 326, "titre_corps": "Poèmes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "POÈMES", "ancre_fin": "FERNAND SEVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 366, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 455, "fin_caractere_exclue": 1560, "texte": "POÈMES\n                       LA VILLE DES CYGNES\n\n    Et nous irons aussi vers la ville des cygnes,\n    Parmi de fiers oiseaux qui vous reconnaîtront.\n    Voilà le saint rosaire entre les mains bénignes,\n    Et ton respect, mon Dieu, sur les neiges du front.\n\n    Neige des fronts, candeur des linges, lys et neiges'.\n    Et cela sur un sang qu'ils ne trahissent plus;\n    Et le bon souvenir menant ses blancs cortèges,\n    Et l'oubli des baisers que la chair eût voulus,\n\n    C'est là toute la ville où nous irons ensemble !\n    Et nos baisers plus lents, et notre amour plus doux,\n    Dans cette ville en deuil, dont le deuil nous ressemble,\n    Hélas! au bord des eaux malades comme nous.\n\n    Le silence, les cloches, le silence encore!\n    Et, pour en recueillir le charme qui se meurt,\n    Dans nos cœurs rapprochés un seul cœur qui s'ignore,\n    Et ce dédaigneux cygne, ivre de sa langueur.\n\n    Tes vierges et tes lys meurent comme les vierges,\n    Et n'auront jamais su leur charme puéril ;\n    O ville, nous voici, prêts à porter tes cierges,\n    Mais à cueillir aussi les fleurs de ton avril.\n"}, {"page_pdf": 367, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1507, "texte": "                          — 326 —\n\nO souche des vieux lys, pleine de fleurs nouvelles,\nJe veux les lys des prés, des cloîtres et des eaux ;\nPour le front d'une enfant pareille à tes agnelles\nTu n'as rien de trop pur dans tes jardins     royaux.\n\n\n                         LÉGENDE\n\nLaisse-moi respirer les fleurs de ma vallée.\nTout dort; mais quelle voix des ombres m'a troublée?\nAh! nourrice, entends-tu? mes cygnes ont chanté!\n\nQue je doive mourir avec le chant du cygne,\nC'est le royal présage auquel je me résigne.\nCombien d'enfants mourront qui l'ont mieux mérité!\n\nTriste et royale fable à conter aux veillées'.\nMourir, pourtant, mourir!... Loin des fleurs effeuillées,\nComme se fane un lys que personne n'a vu !\n\nO prince aventureux qui connus mon aurore,\nTrop heureuses les mers que ton regard explore !\nTu m'as dit au revoir; je ne t'ai point revu...\n\nLes musiques dansaient sur la mer printanière.\nTandis que ses marins regardaient en arrière,\nLui, le prince distrait, rêvait de toisons d'or.\n\nCette nouvelle Argo se souvenait des vagues !\nO l'émoi douloureux d'une enfant aux yeux     vagues,\nMes yeux! des pleurs pareils les remplissent encor.\n\nS'il revenait, pourtant! Ah.' nourrice, des roses!\nMais non, le soir trompeur m'a dit ces belles choses.\nNourrice, laisse-moi, que je meure par lui,\n\nToute petite enfant, comme il m'a dédaignée\nMais seule, et sans courroux, en âme trop bien née;\nVoyez! et c'est la nuit; le silence et la nuit...\n\n                                      FERNAND SEVERIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 327, "page_fin": 333, "titre_corps": "Villiers de l’Isle-Adam", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Desombiaux", "ancre_debut": "VILLIERS DE L ISLE ADAM", "ancre_fin": "MAURICE DESOMBIAUX", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CATHERINE DE MÉDICIS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 368, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 2538, "texte": "VILLIERS DE L'ISLE ADAM\n                                       Ainsi, justice sera faite. — Et nous avons le\n                                    temps d'attendre.\n                                       D'ailleurs, que nous importe même la justice!...\n                                    Celui qui, en naissant, ne porte pas dans sa poi­\n                                    trine sa propre gloire, ne connaîtra jamais la\n                                    signification réelle de ce mot.\n                                                         (PRÉFACE DE la Révolte.)\n                                      Va Oultre.\n                                             (DEVISE DES DE VILLIERS.)\n\n\n               Tandis que les élus du Nombre s'occupaient laborieusement à\n                châtier un député, — factieux, évidemment, puisqu'il avait été\n                nommé à Paris et en province à d'invraisemblables majorités\n                — et qu'au milieu des pestilences politiques se dissimulait mal\nl'effroi des juifs et des financiers véreux, actuels rois de la terre, tandis que,\nl'indigne condamnation prononcée, le ramassis de tripoteurs d'affaires\nsavourait avec une satisfaction marquée sa dernière ignominie, et que les\nfoules d'anonymes s'extasiaient devant la plus récente manifestation du goût\nanti-artistique universel et contemporain, la Tour Eiffel, un des plus\ngrands écrivains du siècle, le comte Auguste de Villiers de l'Isle Adam, le\ndescendant des maréchaux de France, des Grands-Maîtres de Rhodes et de\ncelui qui arracha Malle à Charles-Quint, s'éteignait dans la plus angois­\nsante des indigences, à l'hospice des Frères de Saint-Jean-de-Dieu à Paris,\nsoutenu en son agonie par la charité et le dévouement de quelques fervents\namis.\n   Aux premiers jours de mai, Stéphane Mallarmé l'avait emmené à sa mai­\nson de Nogent-sur-Marne, espérant, de ce repos, un effet salutaire. Mais\ndéjà les médecins avaient diagnostiqué d'incurables maladies, et le prin­\ntemps ne devait pas apporter à Villiers « la Joie et l'Espérance ».\n    En chrétien qu'il fut toujours orgueilleusement, il est mort oublieux des\nmesquineries et des forfaits de son temps, en prononçant ces paroles sereines\nd'immortel espoir : « Je m'en irai tranquille ».\n    Et ce fut en regardant le jardin des Frères, sur lequel s'ouvraient pré­\ncisément les fenêtres de la chambre où expira Barbey d'Aurevilly.\n    Il y a de ces coïncidences que seule, la fatalité, en ses mystérieuses lois,\nordonne !\n"}, {"page_pdf": 369, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "                                  — 328 —\n\n    Qui eût imaginé que ces deux derniers croisés mourraient dans un sem­\n blable dénuement avec la même symbolique vision dernière : une cour\nd'hôpital avec de la verdure et des malades en quête d'un peu d'azur?\n   Je préfère, pour ces fiers, l'humilité de leurs funérailles ; ils en seront\nplus grands encore, car ils ne sont pas de ceux que peuvent élever les enter­\nrements tumultueux, les catafalques et le cortège des croque-morts de la\nCompagnie des Pompes funèbres.\n   Je la préfère encore, parce qu'un peuple qui laisse ainsi mourir ceux qui\ns'efforcent de lui conserver un peu de son ancienne gloire, salie par des\nêtres vils, se crache lui-même à la figure, se voue au mépris de l'histoire et\njustifie le dédain que ces morts avaient pour lui.\n\n\n\n\n   C'est le crépuscule des maîtres des Lettres françaises.\n   Comme les Dieux, ils tombent. Hier Barbey d'Aurevilly, aujourd'hui\nVilliers de l'Isle Adam, et d'autres, hélas, demain!\n  Bonhomet doit être content. Ne peut-il pas présumer que tous ces cher­\ncheurs d'azur, ces gouailleurs du Progrès, « tolérés dans nos grands centres,\non ne sait trop à quel titre (1) », ces amoureux d'excessif, gens peu sérieux,\nenfin, vont disparaître de la planète qu'ils déshonorent?\n   — En vérité, s'il est un objectif, un non lui, qu'il méprise au delà même\ndes expressions licites à la langue d'un mortel élégant, il peut bien dire\nque ce sont les « Belles Lettres » et leurs suppôts (2).\n   Il n'aime pas les montagnes trop hautes, qu'elles s'en aillent ! que tout\ndevienne uniforme. Ne serait-ce pas là le dernier mot de la civilisation ? —\ncar, tant qu'il y aura de la « poésie » sur la terre, les honnêtes gens n'au­\nront pas la vie sauve (3).\n   Oui, Bonhomet a lieu d'être satisfait. La motion des tremblements de\nterre devient inutile. Ils s'en vont, les Maîtres, et personne, apparemment,\npour les remplacer, pour atténuer même le vide qu'ils ont laissé.\n   On dirait que le siècle, prodigue à ses débuts, a distribué tout le génie\ndont il pouvait disposer, et qu'il est épuisé.\n   Ils tombent. Mais leur souvenir reste magnifique et sublime, dans le ciel,\n\n\n\n (1) Tribulat Bonhomet.\n (2)         ld.\n (3) La Révolte.\n"}, {"page_pdf": 370, "page_imprimee": 329, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2350, "texte": "                                          — 329 —\n\n impérissable, car les agitations de la foule, les révolutions et les tempêtes\n ne sauraient l'altérer. A lui seul il suffit pour éclairer le monde.\n\n\n\n\n    Des journaux quotidiens de la presse française, après avoir versé des\n larmes de crocodile, ont éprouvé le besoin, bien légitime et attendu de leur\n part, de déposer des ordures sur la tombe du défunt. Ainsi dans le Figaro,\n cet étonnant baromètre du crétinisme et de la malpropreté littéraire qui\n nous envahit, M. Georges Rodenbach, le même qui, autrefois, en des con­\n férences, essaya de chétives moqueries des vers de Mallarmé et de Verlaine,\n signalait Villiers et lui accordait quelques fleurs en un lucratif premier\n Paris (1). Huit jours après, dans la même feuille un certain Henri Fou-\n quier, un augure celui-là, retirait à Villiers tout le talent que son confrère\n lui avait octroyé, lui reprochant... de vouloir démontrer la Trinité par les\n tables tournantes!!!\n    C'est à renverser des Pyramides.\n    Pauvres journalistes éphémères, faisant de la copie autour du grand\nmort comme des mouches leurs petites chiures sur les sphinx allongés dans\nles solitudes, les yeux fixés « sur des horizons inaccessibles » !\n   Villiers les avait pourtant suffisamment nivelés autrefois, en ces fières\nlignes de la préface de la Révolte :\n   \" Il est contrariant que tous ces gens d'esprit ne puissent pas saisir jus­\nqu'à quel point leurs blâmes, leurs éloges, leurs enthousiasmes, leur indif­\nférence, et tous les états où ils s'évertuent, ne feront pas dévier d'une ligne\nle système que, forts de nos travaux et de nos pensées, nous sommes déter­\nminés à suivre. Ils cesseraient alors de s'occuper de nous qui ne tenons\nnullement à la « célébrité ». Nous leur laissons cela, puisqu'ils l'aiment. —\nNous voulons autre chose. Et cette autre chose viendra nous trouver d'elle-\nmême et à son heure, sans que nous ayons à faire un pas vers elle, si réelle­\nment nous en sommes dignes. »\n   A propos des admirations qui se sont manifestées pour le grand écrivain,\n\n\n\n   (1) A noter une phrase de cet article : « Villiers fut un poète. C'est ce qui le différencie\nde Flaubert et d'Edgard Poë ».\n   M. Rodenbach ignore sans doute le Corbeau, les Cloches, Annabel Lee, Eldorado\net tant d'autres poèmes du merveilleux lyrique américain. — Enorme!\n"}, {"page_pdf": 371, "page_imprimee": 330, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2187, "texte": "                                    — 330 —\n\n l'augurai imbécile que je citais tout à l'heure (élève d'Albert Wolff, l'herma­\n phrodite prussien) et quelques autres, ont écrit le mot chapelle.\n    Chapelle, sans doute, et depuis longtemps nous en sommes, oui Môssieu.\n Et je suis sûr que pas un des plus modestes servants qui ont l'honneur\n insigne de s'y agenouiller, ne voudrait échanger son humble surplis de toile\n blanche contre la robe la plus cossue des pontifes de l'universelle synagogue\n des crétins où, seule, la pièce de cent sous, Symbole, rayonne ; où la seule\n litanie de bassesses et d'hypocrisie que l'on y récite est quintessenciée dans\n ce vers trouvé par Villiers :\n\n                 Donnez-moi de Targent, puisque j'aime ma mère!\n\n\n    — Il est des êtres ainsi constitués que, même au milieu des flots de\n lumière, ils ne peuvent cesser d'être obscurs. Ce sont les âmes épaisses et\n profanatrices, vêtues de hasard et d'apparences et qui passent, murées\n dans le sépulcre de leurs sens mortels.\n    Il est d'autres êtres qui connaissent les chemins de la vie et sont curieux\n des sentiers de la Mort. Ceux-là, pour qui doit venir le règne de l'Esprit,\n dédaignent les années, étant possesseurs de l'Eternel. Au fond de leurs\n yeux sacrés veille une lueur plus précieuse que des millions d'univers sen­\n sibles comme le nôtre, depuis notre équateur jusqu'à Neptune. — Et le\n monde, en son obéissance inconsciente aux lois de Dieu, n'a fait que se\n rendre justice à lui-même et se vouer à la Mort le jour où il s'est écrié :\n « Malheur à ceux qui rêvent! » (1)\n\n\n\n\n    Ce fut ici même, et nous en sommes fiers, que, pour la première fois en\n Belgique, il fut question de Villiers de l'Isle-Adam. En 1883, M. Albert\n Giraud publiait, en même temps qu'un éreintement de Rollinat, un article\n où il dit hautement son admiration pour : Les Contes cruels. En jan­\n vier 1888, M. Jules Destrée qui, depuis plusieurs années avait écrit son\nenthousiasme en divers journaux de province, lui consacra une remar­\nquable et définitive étude. Personne, jusqu'alors, pas même en France,\nn'avait ainsi claironné la puissance et la beauté de ce lumineux esprit.\n\n\n\n (1) Claire Lenoir\n"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 331, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "                                  — 331 —\n\nLéon Bloy dut publier en Belgique, peu de temps après, un article sur ce\nhautain poète!\n    Voilà certes, ce qui peut nous dispenser de coller, comme tant d'autres,\nune étiquette sur ce précieux flacon de pur cristal, pour que les myopes de\nl'intelligence ne s'y trompent pas.\n    Les reporters des journaux parisiens se sont empressés de rechercher les\ndétails de sa vie pour leur public friand de faits-divers. Ces détails sont fort\nsujets à caution, car il fut toujours l'être mystérieux de ses écrits, de ses\npages magiques, aux phrases tombant en or et en lumière et roulant comme\nde grands fleuves où luit le reflet des étoiles les plus lointaines.\n    Ses débuts datent du Parnasse dont il fut l'un des plus talenteux colla­\nborateurs, ainsi que l'ont attesté récemment encore MM. Catulle Mendès et\nAnatole France.\n    Il vint de la Bretagne à Paris vers 1864 et commença cette bizarre exis­\ntence de bohême, vivant au jour le jour, gîtant ci et là au hasard des circon­\nstances, apparaissant, tantôt en des vêtements de la dernière élégance,\ntantôt loqueteux et misérable, laissant l'impression, avec son pâle visage\nencadré de longs cheveux blonds, d'un paladin d'autrefois tombé par un\nhasard inexplicable en ce piteux XIXe siècle.\n    Cette vie de misère dût lui imposer de déplorables promiscuités dont,\nen magnifique rêveur qu'il fut toujours, il ne se rendait pas immédiatement\ncompte.\n    Mais cette bêtise qu'il avait coudoyée, prenait peu à peu à son esprit\nd'énormes proportions, le hantait, l'obsédait. De là les ironies, les bouffon­\nneries sinistres qui font la moitié de son œuvre.\n    Quelque impressionnants que soient les contes où il flagelle, où il crache\nau visage des Bonhomet, combien nous leur préférons les autres, ceux\n où il quitte la pénible réalité pour regarder en deçà ou au delà de l'huma­\n nité de nos conceptions. C'est alors qu'il est véritablement poète! En quel­\n ques lignes, il évoque, avec une extraordinaire sûreté et simplicité d'expres­\n sion les époques lointaines avec leurs fastes, leurs mœurs et leur âme. Nous\n montra-t-on jamais la Grèce, Sparte, avec son peuple farouche soumis aux\n inflexibles lois de Lycurgue, avec autant de grandeur et d'intensité qu'en\n l'Impatience de la Joule, ce conte que l'on pourrait comparer aux meil­\n leures pages de Flaubert? Et l'Inde avec ses mystères et ses splendeurs\n comme dans Akedysséril ?\n     Il a le secret de ces mots qui fascinent, qui magnétisent et d'où semble\n se dégager quelque puissance surnaturelle comme des runes Scandinaves,\n des mots qui font de la lumière.\n"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 332, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "                                  — 332 —\n\n   Certes, il est regrettable que Villiers n'ait pas pu vivre dans le décor que\nréclamaient son talent et sa princière naissance. Que de poèmes un instant\nconçus mais aussitôt étouffés par l'amertume de ce qu'il était forcé de voir,\net l'ironie féroce qui surgissait alors en son esprit !\n   Ces dernières années surtout, c'était devenu une obsession. Qu'elles\nétaient vraies ces paroles qu'il nous disait au commencement de l'an passé,\nen rappelant l'un des plus beaux chants de Hans Sachs :\n   \" L'homme le plus véritablement heureux est celui qui chante tou­\njours \".\n                                         *\n\n   Déjà l'on annonce la réimpression de : Isis, Elen et Morgane, ses pre­\nmières oeuvres jadis éditées chez d'obscurs libraires, et aujourd'hui introu­\nvables, d'Axel qui est, dit-on, son chef-d'œuvre. On parle aussi d'oeuvres\nposthumes. Seraient-elles celles qu'il annonçait en son Tribulat Bon­\nhomet : Propos d'au delà, l'Adoration des Mages, le Vieux de la Mon-\ntagne, Méditations, Mélanges, l'Illusionisme, l'Exégèse divine ?\n   Le soin de publier ses manuscrits est, paraît-il, échu à Stéphane Mal­\nlarmé et J.-K. Huysmans. Avec de tels exécuteurs testamentaires, on est\nau moins certain de ne pas voir les correspondances les moins littéraires du\nmort livrées à la publicité, ainsi qu'il est scandaleusement arrivé pour tous\nles artistes en allés depuis ces quelques années.\n   Ses chefs-d'œuvre sont restés ignorés des foules. Il a passé trop haut\npour que les taupes aient pu l'apercevoir. Et il aura répété ces paroles de\nClaire Lenoir :\n   « Je fermerai les yeux sur un monde où mon esprit a l'air d'un étranger.\nPeu m'importe si les lois du mécanisme des astres sont pénétrées, puis­\nqu'elles ne m'apprennent qu'une destruction certaine! Tentations que ces\nétoiles qui s'éteindront! Illusion que le « scientifique » avenir! L'Histoire\ndes temps modernes, c'est l'histoire de l'Humanité qui entre en son hiver.\nLe cycle sera bientôt révolu. Comme les sages des vieux jours m'en ont\ndonné l'exemple sacré, je ne saurais hésiter entre votre « siècle de lumières »\net la Lumière des siècles. »\n   Il est mort, et les preux de sa lignée qu'il est allé rejoindre pourront être\nfiers de le recevoir dans leur groupe vénérable, le blason d'or au chef\nd'azur chargé d'un dextrochère d'argent revêtu d'une manipule d'her-\nmine, avec, en cimier, une tête de coq d'argent becquée d'or, crêtée et\nbarbée de gueules n'a pas été terni de la plus légère souillure, en cette\népoque où il est si difficile de rester propre; il est aussi resplendissant\n"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 412, "texte": "                                  — 333 —\n\nqu'aux temps des croisés et des chevaliers de Malte. Les devises Va oultre\net la Main à l'œuvre qui entaillaient autrefois, avec les épées, les mécréants,\nont été fièrement suivies. Une nouvelle gloire, la seule vraie, la seule réelle\na brillé sur l'ancienne famille.\n                                               MAURICE DESOMBIAUX.\n Bruges, septembre.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 333, "page_fin": 333, "titre_corps": "Catherine de Médicis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "CATHERINE DE MÉDICIS", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 374, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 412, "fin_caractere_exclue": 1224, "texte": "CATHERINE DE MÉDICIS\n    Le beau roi Charles IX, l'âme obscure et flétrie\n    Par un mal qui déçoit maître Ambroise Paré,\n    Rêve, les yeux plombés, dans son fauteuil doré,\n    Les mains jointes sur un traité de vénerie.\n\n    Sa mère, la vieille aigle au profil amaigri,\n    Lui dit en le baisant sur ses tempes de cire :\n    « Réveillez-vous, mon fils, c'est le moment de rire\n    Et de louanger Dieu : Je tiens Montgomery,\n\n    Le meurtrier du roi Henri II, votre père. »\n    — Mais le pâle Valois, sans plaisir ni colère,\n    Demande, d'un air las, qu'on le laisse dormir.\n\n    Et refoulant ses pleurs, la reine aux lèvres minces\n    Mystérieusement s'en va trouver les princes,\n    Pensant : « La mort est proche : il ne sait plus haïr. »\n\n                                                     ALBERT GIRAUD."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 334, "page_fin": 335, "titre_corps": "La Conversion de La Wallonie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "LA CONVERSION DE LA WALLONIE", "ancre_fin": "A DELAROCHE", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 375, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 2132, "texte": "LA CONVERSION DE LA                                     WALLONIE\n En réponse à notre article du mois dernier, M. Ghil nous adresse la com­\nmunication suivante :\n\n   « Il n'est pas nécessaire de répondre au long Article, très amusant, du\nreste, en le dernier numéro.\n   « Ceux qui auront à cœur de connaître la vérité, n'ont qu'à se reporter\naux Articles des protestataires et aux miens, en la WALLONIE et aux\nÉCRITS POUR L'ART : en dernier lieu et surtout au numéro de ce mois de\ncette dernière Revue. Je sais qu'ils nommeront désir de réclame la protes­\ntation, et qu'ils ne la partageront pas contre moi.\n   « De ce numéro des ÉCRITS (qui continuent et continueront de paraître,\ncar MM. Delaroche, Saint-Paul et Mockel ne comptent pas pour leur vie,\nhélas !) il importe seulement d'extraire ceci :\n   « Notre résolution prise (car, c'est la plus sage et la meilleure solution :\n« fermer notre Revue à quiconque voudra la détourner des vues auxquelles\n« elle a été vouée), nous avons prié M. René Ghil de prévenir de notre part\n« MM. Achille Delaroche, Albert Saint-Paul et Albert Mockel, qu'ils\n« n'écrivaient plus aux ÉCRITS POUR L'ART.\n   « Ce qui a été fait à la date du 3 août. »\n                                                   « LA DIRECTION. »\n\n  Je signifiais à M. Albert Mockel, à la même date, ma sortie, volontaire\ncelle-là de la WALLONIE.\n                                                         RENÉ GHIL.\n    Septembre 1889.\n\n   Et voilà! Le pontife de l'Art nouveau met ses accolytes à la porte et\nferme la chapelle. Mais, comme on va le voir, les expulsés ne sont pas\ncontents.\n   On nous communique les deux lettres suivantes publiées par la revue\nArt et Critique de Paris :\n\n               PROTESTATION DE M. SAINT-PAUL\n          M O N S I E U R LE DIRECTEUR,\n\n  Après un article de M. René Ghilbert (dit Ghil) paru en la Revue indé-\npendante, où, sous le prétexte que j'écrivais dans un périodique : les Ecrits\npour l'Art, dont le sieur Ghilbert (dit Ghil) a profité pour m'extorquer\nquelque argent (avis à ceux qui affirmeraient leur talent vers son espoir)\n"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2784, "texte": "                                 — 335 —\n\nmon nom était cité comme disciple d'une inouïe Méthode évolutive instru­\nmentiste, j'avais cru devoir protester, de concert avec MM. Delaroche et\nMockel contre cette désinvolture de pion.\n   Mais aujourd'hui le sieur Ghilbert (dit Ghil), bavant de rage devant\nnotre séparation (dès lors radicale) des Ecrits pour l'Art, nous adresse\ninjures sur injures du fond de sa fabrique de « Sanitarys papers » à Melle.\n   Devant cette fuite de fesse-Mathieu (car le pleutre était à Paris il n'y a\npas un mois et pouvait bien alors nous dire en face ce qu'il n'ose écrire que\nde loin) je lui ai adressé recommandée une lettre de défi à laquelle il me\nfait répondre par sa femme!\n   Je vous serais très obligé, Monsieur le Directeur, de vouloir bien accorder\nla publicité à ces lignes, afin de montrer que, devant tel acte, toute polé­\nmique de ma part reste définitivement close.\n   Recevez,... etc.\n                                                   ALBERT SAINT-PAUL.\n\n\n              PROTESTATION DE M. DELAROCHE\n\n         M O N S I E U R L E DIRECTEUR,\n\n   Voulez-vous donner l'hospitalité de votre Revue aux lignes suivantes :\n   Un marchand de papier de Melle — j'ai nommé M. René Ghilbert (dit\nGhil) — pour me prouver sans doute l'excellence de sa Méthode évolutive\ninstrumentiste, juge à propos, en ce patois dont il a le secret, d'élucubrer\ncontre moi force insinuations grotesques et mensonges calomnieux. Ce\npitre géraudelesque paraît surtout rager de ce que je ne me serais pas prêté\nà certain petit chantage qui réussit auprès de quelques-uns. On ne saurait\navouer avec plus d'inconsciente candeur que cette prétendue Méthode était\navant tout une affaire dont on espérait recueillir les bénéfices au rabais,\nen faisant solder les frais aux hôtes des Ecrits pour l'Art, tandis que leurs\nnoms serviraient aussi de réclame. Je ne m'abaisserai pas à discuter les\npolissonneries de ce petit pion ignare, vaticinant du fond de son village\ncomme un « Jocrisse à Pathmos », qui a dès longtemps perdu tout droit\nd'être pris au sérieux.\n   Espérant qu'il accepterait au moins les conséquences de ses insultes,\nj'avais adressé, comme mon ami Saint-Paul, deux soufflets énergiques, par\nlettre recommandée, au sieur Ghilbert (dit Ghil) à Melle. Mais cet « Espa­\ngnol perdu dans la brume des Flandres », qui a, n'est-ce pas? du sang\nd'hidalgo dans les veines, charge Mme Ghil de répondre pour lui.\n   Dès lors, je ne puis que laisser à tous les gens d'honneur le soin de\nqualifier la valeur morale du triste sire qui se retranche derrière des jupes\nde femme, et ne m'occuperai davantage de faits et gestes plus ou moins\ningénus qui n'ont rien de commun avec l'Art.\n   Recevez, etc.\n                                                         A.   DELAROCHE.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 336, "page_fin": 340, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Dernière Œuvre de Max Waller", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Francis Nautet", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "FRANCIS NAUTET", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 377, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 824, "fin_caractere_exclue": 2432, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n           LA DERNIÈRE ŒUVRE DE MAX WALLER\n\n\n              La Revue générale a achevé, le mois dernier, la publication de\n               Daisy, le roman posthume de Max Waller, auquel le jury de\n               son concours de 1889 avait décerné le premier prix.\n                 Daisy est la meilleure œuvre en prose de notre ami. S'il\navait vécu, le roman n'eût pas paru tel qu'il a été publié dans la Revue\ngénérale; il l'aurait retouché; il avait condamné certaines scènes, celle\nentre autres trop romanesque où Turner tue accidentellement son ami Joe\ndans une partie de chasse. Ce banal épisode amenant trop facilement ou\ntrop ficellement le dénouement, aurait été remplacé par un autre incident\nqu'il avait déjà trouvé, me, disait-il, mais j'ignore quel il était. Max ne vit\npas une seule épreuve de son roman, auquel le premier prix ne fut accordé\nqu'après la douloureuse fin de l'auteur.\n   Dans ces conditions, on comprend que l'œuvre manque de soins défi­\nnitifs, des dernières retouches et que plusieurs remaniements s'indiquent\nd'eux-mêmes. Il ne s'agit, du reste, que de très petites choses. On sait que\nchez Max l'écriture était toute spontanée et que la forme, une fois fixée, ne\nse prêtait guère aux modifications. Le premier jet, mauvais ou bon, était\nen quelque sorte indélébile. La Vie bête, les Airs de flûte, Daisy, ont été\nainsi des réussites comme Lysiane de Lysias et Greta Friedmann, ont été\ndes fausses couches, Jeanne Bijou, une fantaisie distinguée et Poison, un\nimpromptu dramatique.\n   Ce qui détermine l'infériorité de Lysiane, de Greta, de Jeanne Bijou et\n"}, {"page_pdf": 378, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3150, "texte": "                                    — 337 —\n\n\nde Poison, c'est qu'ils ont été conçus d'imagination. Or, Waller n'était\npas un imaginatif, ni un rêveur, et ses facultés d'invention furent toujours\nrestreintes. Ce très délicat artiste, qui excluait quelques grands maîtres parce\nqu'ils lui paraissaient trop encombrés, trop dispersésetpartanttrès ennuyeux,\navait son lopin de sensations à lui, une impressionnabilité qui lui fut toujours\nbien propre, et qui était très vive; de sorte que les choses qui le concer­\nnaient le mettaient presque seules en veine d'inspiration, et il rendait très\nbien compte de ce qu'il éprouvait, de ce qu'il avait senti et vécu. C'est alors\nque le poète intervenait pour transposer la réalité en fantaisie, celle-ci\nn'altérant en rien la vérité de celle-là.\n   Il fallait à Waller ce fonds de réalité. Lorsqu'il s'adonna à la fantaisie ou\nà l'invention pure, comme dans Jeanne Bijou, il manqua de consistance.\nMais dans ses spirituels Airs de flûte, où il y a toujours un petit thème de\nsouffrance ou d'amour vécu, dans la Vie bête et dans Daisy où l'on trouve\nde l'observation très subtile, très exacte, des scènes de la vie et des types vus\nd'un coup d'œil juste et net, Waller a écrit une littérature qui, sous ses\napparences légères et charmantes, résistera et survivra à beaucoup de grosses\nmachines dont la pesanteur n'exclut pas la fragilité.\n   La plupart d'entre nous ont eu, à de certains moments, à l'endroit de Max,\ndes craintes que l'on peut bien avouer aujourd'hui. Entre la Vie bête et la\nFlûte à Siebel, ce qu'il composa parut maigrichon. L'expansion, l'émotion,\nles exquises qualités d'observateur que l'on trouvait dans la Vie bête,\nn'eurent pas de suites immédiates. On ne retrouva rien de tout cela dans\nles compositions qui suivirent et le joli feu de paille avait flambé pour tou­\njours, semblait-il, et ne se raviverait plus.\n   L'intervalle fut, en effet, assez long. Le pauvre Max était en proie au\nstruggle for life, et cette délicate fleur de luxe s'étiolait dans un champ\npour lequel elle n'était point faite. Les armes qu'il avait pour lutter étaient\nde fines armes de salon tout de suite émoussées. Il se montra d'une mala­\ndresse rare dans tout ce qu'il entreprit pour s'assurer une existence commune\net des ressources matérielles. Sous ce rapport il était resté adorablement\nenfant et son impropriété native était touchante. Ce charmant inutile, au\nsens mercantile du mot, ce joli poète ne pouvait rien figurer dans une\nsociété grossièrement constituée comme la nôtre et de toute façon il fallait\nqu'il mourût ou de chagrin, ainsi que cela a été, hélas! ou de faim, n'eût\nété sa famille.\n   Ses très artistiques Airs de flûte lui valurent des encouragements de nous\ntous qui lui rendirent un peu sa vitalité Mais le mauvais germe de la tris­\ntesse irrémédiable s'y développait déjà et grandissait, malgré quelques\nembellies de gaieté :\n\n                    On sourit éternellement\n                    Et c'est au dedans que l'on pleure....\n\n\n Dans Daisy Max n'a plus souri. Il souriait pour cacher ses larmes :\nmaintenant la source des larmes paraît tarie et le sourire n'est partant plus\n"}, {"page_pdf": 379, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3486, "texte": "                                  — 338 —\n\n nécessaire. La résignation s'est faite dans son cœur et de là le ton douce­\nment grave, sérieux, recueilli du récit où, par exception, il n'y a plus\nd'éclairs de joie maladive, coupant court à cette mélancolie qui le faisait\nsi souvent dériver dans le noir. Avec Daisy l'observateur, affranchi un\ninstant dans sa villégiature anglaise des peines de son existence, nous\nrevient; la nouveauté du spectacle lui fournit des impressions fraîches ; les\nchoses dont il est le centre sensible il les note de son crayon fin et gracieux;\nles descriptions de son home, du petit village anglais et des sites environ­\nnants, sont des peintures charmantes ; la reconstitution par l'œil de Turner\nde la bataille de Hastings a une ampleur, une beauté profonde inconnue\nchez Waller. Les êtres qui l'entourent il les dessine de façon bien vivante.\nAinsi, le portrait de Daisy est infiniment délicat et féminin ; celui de lord\nAlgernon est pittoresque ; le portrait de Joe est solide, serré, et ici encore\nWaller nous surprend par une propriété de continuité et une largeur dont\non ne le croyait pas capable; enfin, le portrait de Turner, le moins réussi\nde tous (il est imaginé celui-ci) ne dépare pas l'ensemble.\n    Turner, au surplus, n'a été qu'un prétexte. Max avait été profondément\nsaisi par le peintre et je compris son admiration, le jour où celui-ci me fut\nrévélé à la National Gallery de Londres. Ce sont les luttes du ciel et les\ndrames du couchant que le peintre anglais a rendus. C'est à peine si le sujet\nprincipal compte, l'intérêt est dans les mirages d'en haut. Ses tombées du\njour évoquent parfois des idées de douceur, ou de gloire, ou de satisfaction\ninfinie, mais cela est toujours sur le point de s'altérer et de se transformer\nen un drame de lumières. D'ailleurs, le plus souvent Turner est tragique ;\nses tableaux représentent des luttes de couleurs, luttes d'épopée picturale\nparfaitement accusées ; c'est un carnage de lueurs, une mêlée de nuances, un\ncombat de tonalités étranges et fascinantes que le miroir impassible de l'eau,\nglissant sous ce champ de bataille étendu dans le ciel, reflété avec\nd'incroyables bizarreries de coloration. Très souvent aussi, le mirage finit\ndans un lac de sang aux rivages noirs. D'autres fois, ses ciels apparaissent\navec des foyers fixes d'où soudainement éclate une véritable pyrotechnie de\nlumières incendiaires et resplendissantes.\n    Il est le seul peintre peut-être qui ait compris la beauté fantastique des\nvoûtes mouvantes de la mer du Nord et ait composé sa palette d'après les\nfabuleuses couleurs de féerie que le soleil y combine avec les nuées.\n   D'après quelques documents sur Turner lus par hasard, Max le choisit\npour héros de son roman. Mais tout est imaginé dans l'action, et les histo­\nriens de Turner ne reconnaîtraient certainement pas le célèbre artiste.\nWaller imagina que Turner, qui appartint tout jeune à l'Académie royale\n(il n'avait que vingt-sept ans, lorsqu'on l'y reçut en 1802), est au début un\npeintre presque quelconque; c'est à la suite d'un drame, d'un accident, qu'il\nmodifie sa manière et devient l'intense coloriste que l'on sait. Cet accident\nest celui de la mort de Joe, frère de Daisy, la fiancée du peintre. Turner le\ntue accidentellement à la chasse, fuit le joli pays qu'il vient d'ensanglanter\net ne reparaît jamais plus. Daisy languit et meurt de désespérance et d'isole­\nment. Je le répète, l'invention compte pour peu de chose dans ce littéraire\n"}, {"page_pdf": 380, "page_imprimee": 339, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3237, "texte": "                                   — 339 —\n\nroman. Mais pour y suppléer, outre les descriptions dont j'ai dit plus haut\nles mérites, outre l'incontestable vérité de certains personnages, Daisy est\nbaignée dans une atmosphère exquise. Et puis, si Turner n'est pas un sujet\nobservé et vrai, il n'en a pas moins servi l'auteur en lui fournissant matière\nà psychologie esthétique, et cette psychologie, cette analyse du cerveau, de\nla pensée, de la vision d'un artiste n'est pas un des moindres attraits de\nl'ouvrage.\n   Le reste est purement humain; une narration délicate, discrètement\nattendrie, séduit le lecteur. Cela est très apaisé de ton, le récit est calme, on\nsent que les nerfs sont détendus, mais on sent aussi que quelque chose de\ngrave flotte de façon indécise dans la pensée de l'auteur : c'est le pressenti­\nment de la mort.\n   Max était très sensible à certains signes adventices. A une période de par­\nfaite et absolue insouciance succédaient des jours où son esprit souffrant le\nfaisait s'alarmer d'un présage. Il raillait lui-même cet état de sensibilité;\nmais il subissait, cependant, ce magnétisme mystérieux qui vous donne la\nprescience, la divination de l'événement à venir. Certainement ces avertis­\nsements sont toujours très vagues. On dirait qu'un inconnu s'est glissé en\nvous et que c'est lui qui vous souffle la menace, mais d'une voix si sourde,\nsi effacée et si lointaine qu'elle frappe ceux-là seulement dont les sens sont\ntrès attentifs.\n   De même que Waller accordait quelque attention à ces craintes indéfinies,\nde même il attribue la prescience à ses personnages : « Daisy sent que rien\nn'est à faire, que William n'en aimera pas une autre et que pourtant —\nquelque chose le lui dit — ils ne s'uniront point ».\n   Ce n'est pas le moment d'étudier ici cet étrange phénomène du sens\ndivinateur. Du reste, il n'est pas besoin d'insister sur cette question de\npressentiment. Si Max ne pressentit pas sa fin, il est certain, tout au moins,\nqu'il eut, au plus haut degré, le sentiment de la mort. J'ai cité ailleurs\n{Journal de Bruxelles du 17 mars 1889) des exemples frappants, une quan­\ntité considérable de vers où cette pensée de la mort revient comme une\nobsession. Dans Daisy, la même pensée apparaît et cette fois avec une\nforce d'expression extraordinaire. A une nuance près, Daisy meurt de la\nmême mort dont Max devait mourir, c'est-à-dire de consomption, de tris­\ntesse, sans mal déterminé et Waller raisonne le cas avec une sûreté qui\nnous paraît aujourd'hui bien étrange :\n   « Consomption, — chlorose... des mots!\n   La science explique-t-elle ce mystère du corps humain qui se détruit en\ntoutes ses parties ; cette extinction progressive que rien ne peut enrayer et\nqui poursuit ses déclins avec une cruelle lenteur; cette cessation inéluctable\nde la vie ; cette fendille au vase précieux dont parle le poète, invisible\nd'abord, puis s'agrandissant de jour en jour jusqu'à l'heure où les fragments\ntombent en éclats?          Pourquoi la jeune source se dessèche-t-elle, et le\npommier ne refleurit-il pas au printemps nouveau ? Consomption ! Pour­\nquoi les joues qui devaient avoir la roseur des pêches mûres sont-elles\nfardées de blanc ? Pourquoi, le regard qui brillait semble-t-il une étoile\n"}, {"page_pdf": 381, "page_imprimee": 340, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2873, "texte": "                                    — 340 —\n\nmourante? et pourquoi le corps s'affaiblissait-il, lorsque, rameau né du\nprintemps dernier, il devait se dresser joyeusement parmi ses sœurs les\nbranches !      Maladie tragique allumant aux joues crayeuses de ses patients\nles feux follets des cimetières ! »\n   C'est l'auscultation de lui-même que le malheureux Max faisait là; cette\nanalyse est celle de son propre mal, du mal dont il devait mourir quelques\nmois après l'avoir décrit.\n   A mesure que la pauvre Daisy approche de sa fin, le narrateur élève le\nton et, qui l'aurait pensé? Waller, entrevoyant la mort, parle d'une voix\npresque mystique :\n                             La voile ouvre son aile.\n\n  « — Aile ! porte-moi vers les lointains bleus, sur des vagues de lait, loin\ndes roches mauvaises et des ports inhospitaliers, au loin dans le pays où les\nanges accordent les harpes d'argent et chantent aux vibrations des rayons\nde lune.\n                             La brise va souffler.\n\n    — Les ailes se déploient; il y a dans l'espace une voie inconnue et nou­\n velle pour chacun. Transportez-moi par les routes jonchées d'anémones et\n  de jacinthes, bordées de grands lis blancs qui s'inclinent en ogives sous le\n  poids léger des vierges tourterelles !... »\n    Enfin, pour que la ressemblance soit complète, Max se substitue pour\n ainsi dire à Daisy mourante et, dans les paroles de fièvre qu'il lui met aux\n lèvres, on croit lire une allusion à la mort de son frère Charles, trépassé au\n Congo :\n    « — Où suis-je? des feux s'allument... on illumine donc aujourd'hui?...\n pour quelle fête? Ah ! c'est vous, mère? vous me tendez les bras et je vous\n croyais morte? Allez embrasser votre époux qui est tout seul et qui est bien\n triste... vous êtes triste aussi... pourquoi? Votre fils est allé vous rejoindre,\n n'est-il pas vrai? Il est mort, le gros ! il est mort, le bon ; mais il vit ; il a\n pensé à vous, mère ! et c'est parce qu'il a pensé à vous, notre Joe, qu'il est\n allé vous rejoindre ; avec vous il attend Daisy ; c'est pour cela que vous\n semblez triste! mais Daisy va venir, oui, Daisy va venir bientôt... »\n    Bien tôt, bien tôt, en effet, Max est allé rejoindre le frère affectionné.\n    Toutes ces allusions ne sont-elles pas frappantes ? Chaque page de Daisy\nnous rappelle ainsi, avec intensité, le cher camarade ; il y a si peu de temps\nqu'il repose à l'ombre du chœur de la petite église de Hofstade que sa der­\nnière confidence nous le rend vivant, et tout le temps du récit, sauf à la fin,\non pense à lui comme s'il n'était point mort.\n    Maintenant c'est fini, hélas ! Aucune page inédite ne nous donnera\nencore l'illusion de notre ami en vie ; et rien de nouveau, rien de créé par\nlui ne transpirera plus à travers le grand silence qui l'enveloppe à jamais.\n\n                                                     FRANCIS N A U T E T ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 341, "page_fin": 342, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Princesse Gisèle", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "La Princesse Gisèle", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 382, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 3168, "texte": "La Princesse Gisèle, par Charles Buet. — 1 vol. Paris, Calmann-Lévy, éditeur.\n\n   M. Charles Buet est, dans toute la vérité du terme, un polygraphe. A la\nfois dramaturge, romancier, critique et historien, il a publié, quoique\njeune encore, un nombre considérable d'ouvrages qui lui ont valu l'estime\ndes lettrés et des amitiés célèbres.\n   Dramaturge, il débuta par un coup d'éclat : son drame le Prêtre lui\nattira les hauts suffrages des princes de la littérature.\n   Historien, il a donné une biographie de l'amiral de Coligny et une vie\ndu duc de Guise, où l'on trouve une vaste érudition alliée à des facultés\nraffinées de peintre et de psychologue.\n   Romancier, il s'est consacré surtout au roman d'intrigue, ne dédaignant\nni cape ni épée, et coquetant avec l'histoire et la fantaisie; tels sont le\nChevalier de la Croix-Blanche, le Crime deMaltaverne, le Roi Chariot. —\nLes Contes moqueurs et les Contes ironiques accentuent une note tragique\net soulèvent les problèmes complexes de la perversité morale.\n   Un roman publié d'abord dans la Jeune France, sous ce titre : André\nZapoliho a paru, cette année, chez Calmann-Levy, rebaptisé : la Princesse\n Gisèle. C'est un ouvrage étrange, une sorte de conte de fées moderne, sans\nfées ni gnomes, à la fois invraisemblable et symbolique, où les fantaisies\nles plus désordonnées s'échevèlent aux quatre vents du ciel, mais déroulent\nleur bizarre sarabande selon un dessin rhythmique, sur un modèle rigoureu­\nsement maintenu.\n   La Princesse Gisèle c'est l'hystérique par hérédité, décrite depuis quel­\nques années par d'innombrables romanciers. Mais tandis que les écrivains\nnaturalistes se sont efforcés de traiter ce thème méthodiquement, non sans\nquelques prétentions scientifiques, M. Buet ne s'est soucié ni des documents\nhumains, ni des observations minutieuses : il a tracé une sorte de schéma\nidéal, résumant toute cette littérature, et l'a peinte, du bout d'un pinceau\nalerte, en tons fantastiques et légers, en couleurs d'aquarelle, où les bleus,\nles roses et les verts tendres fleurissent en invraisemblances charmantes\nsous les sombres et farouches épouvantes d'une forêt de mancenilliers,\nd'upas et de vomiquiers, heureusement artificiels. Et le lecteur est promené\ndans des parcs légendaires, au fond d'une Flandre bizarre où il y a des\nforêts et des rochers, — dans des châteaux miraculeux où toutes les mer­\nveilles d'un Orient magique ruissellent en parfums, en pierreries, en plu­\nmages rares, en étoffes de rêve, pêle-mêle, autour d'une adorable petite\nmulâtresse épousée par un vieux prince de sang royal, d'une cinghalaise\nmystérieuse, d'une enfant perverse et d'un petit groom équivoque. Puis,\nbrusquement, voici d'autres châteaux, un béguinage, une pension d'étu­\ndiants au Quartier-Latin, des étourderies et de libres amours de jeunes gens\nà l'âge joyeux de la sainte bohême, et, au milieu d'eux, folle de son corps et\ndu leur, la petite princesse Gisèle, échappée du couvent en compagnie d'une\nétonnante béguine de féerie, défroquée parce que, et qui fait le fricot,\naccompagne la princesse au théâtre tout en égrenant son chapelet et assiste\n"}, {"page_pdf": 383, "page_imprimee": 342, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2706, "texte": "                                  — 342 —\n\naux folles équipées de l'héroïne en souriant, mais sans les vouloir jamais\nimiter.\n   Et les aventures continuent, se déroulent comme une chatoyante écharpe\nde soie multicolore, agitée par une brise folle. Mais dans tous ces jeux de\nlumières persiste le dessin essentiel : c'est toujours le thème de la névrose\net de l'hystérie, tel qu'il a été conçu par les écrivains naturalistes, mais\nabstrait des réalités quotidiennes et simplement transposé, sans altération\nde son essence, dans le monde de la fantaisie.\n  Tel apparaît le portrait de Ghiza :\n    « L'attitude vis-à-vis de Ghiza, d'André Zapoliho, fut désormais calquée\n sur les sentiments exprimés par ce court dialogue : ce fut le complet,\n l'absolu, l'irrémédiable mépris.\n    « Il la jugeait laide avec son goût d'homme chaste pour qui toute femme\n doit être ou l'altière Junori, superbe, puissante et protectrice, où la mignonne\n fée Mab, gracile, délicate et protégée.\n    « Sa droiture n'admettait pas les raffinements des rapprochements sensuels;\n cette peau ocreuse, mate comme du vieil ivoire, jaune comme du vermeil\ndédoré, ne l'eût point tenté, pas plus que ces yeux pervers, d'un orient de\nperle bleuie, presque vert-de-grisée, cernés d'un bistre qui les soulignait\n d'une tache hectique; cette bouche toujours entr'ouverte et toujours\nhumide, aux lèvres largement épanouies, et laissant voir entre leurs ourlets\nde pourpre des dents aiguës et fines, lui répugnait; ce front en triangle,\nencadré de cheveux ondes, si noirs qu'ils roussissaient à la lumière, lui\nparaissait dépourvu de noblesse et d'intelligence, et les oreilles, si petites,\ncontournées en coquillages rosâtres, lui déplaisaient, avec leurs lobes\ndistendus par le poids de gros anneaux indiens, incrustés de cabochons de\nsaphir.\n    « Les épaules étroites, la poitrine plate, la démarche balancée, les hanches\nproéminentes, lui rappelaient d'anciennes évocations de l'androgyne,et dans\nla main aux doigts fuselés, à la paume forte, aux ongles ovales et recourbés,\nil voyait une griffe de stryge. »\n   Le style de ce roman répond bien à l'étrangeté savante de sa conception.\nM. Buet prodigue à pleines mains, comme autant de pierres précieuses,\nirréprochablement taillées, les mots rares, éclatants et précis qu'il puise\ndans sa riche mémoire ; mais il semble dédaigner de les sertir en joyaux\nclassiques et préfère les éparpiller à son caprice. Il y a du voulu dans cet\napparent désordre comme dans les anachronismes et les inexactitudes\nvariées que l'auteur commet à dessein, comme pour mieux marquer le\ncaractère de légende qu'il veut donner à son roman.\n                                                          IWAN GILKIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 343, "page_fin": 348, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Le cas n est pas commun", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 384, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 83, "fin_caractere_exclue": 90, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 384, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 94, "fin_caractere_exclue": 132, "texte": "Notre collaborateur M. 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Mallarmé a parlé d'un hôpital?"}, {"page_pdf": 384, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3036, "texte": "Le mot « hôpital » est rayé du dictionnaire."}, {"page_pdf": 384, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 3084, "fin_caractere_exclue": 3119, "texte": "Il a plu à M. Rimbaud de placer une"}, {"page_pdf": 384, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 3167, "fin_caractere_exclue": 3204, "texte": "« nonne » au milieu d'un alexandrin :"}, {"page_pdf": 384, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 3252, "fin_caractere_exclue": 3293, "texte": "défense d'employer encore ce vocable dans"}, {"page_pdf": 384, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 3341, "fin_caractere_exclue": 3383, "texte": "la poésie française. Jules Laforgue use du"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 100, "texte": "terme \" linge \" dans l'Imitation de Notre-"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 148, "fin_caractere_exclue": 186, "texte": "Dame la Lune? Ce terme devient la pro­"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 241, "fin_caractere_exclue": 285, "texte": "priété exclusive de Laforgue et de ses héri­"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 299, "fin_caractere_exclue": 305, "texte": "tiers."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 392, "fin_caractere_exclue": 435, "texte": "Entendue de cette façon, la critique litté­"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 480, "fin_caractere_exclue": 523, "texte": "raire n'est plus qu'une misérable prestidi­"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 570, "fin_caractere_exclue": 579, "texte": "gitation."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 849, "fin_caractere_exclue": 887, "texte": "Remarqué dans la Fédération artistique"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 920, "fin_caractere_exclue": 961, "texte": "(numéro du 7 septembre) une très heureuse"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1013, "fin_caractere_exclue": 1054, "texte": "comparaison entre la troupe de la Monnaie"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1103, "fin_caractere_exclue": 1125, "texte": "et les œufs de Pâques."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1196, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "Puis cette phrase à propos du Waux-"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1287, "fin_caractere_exclue": 1328, "texte": "Hall : « Lundi une autre chanteuse a jeté"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1378, "fin_caractere_exclue": 1412, "texte": "une note gaie dans l'assistance »."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1471, "fin_caractere_exclue": 1508, "texte": "L'auteur ne dit pas qui l'a ramassée."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1558, "fin_caractere_exclue": 1572, "texte": "C'est dommage."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1835, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "Le sixième Almanach de         l'Université"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1916, "fin_caractere_exclue": 1956, "texte": "de Gand paraîtra au mois de janvier pro­"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2008, "fin_caractere_exclue": 2050, "texte": "chain. Comme celui des années antérieures,"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2100, "fin_caractere_exclue": 2144, "texte": "il comprendra unepartie littéraire àlaquelle"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2186, "fin_caractere_exclue": 2230, "texte": "tous les étudiants et anciens étudiants sont"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2277, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "appelés à collaborer par l'envoi d'oeuvres"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2368, "fin_caractere_exclue": 2412, "texte": "inédites. Les manuscrits doivent être adres­"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2459, "fin_caractere_exclue": 2502, "texte": "sés, avant le 15 novembre 1889, au secréta­"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2553, "fin_caractere_exclue": 2579, "texte": "riat, Coupure, 42, à Gand."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2926, "fin_caractere_exclue": 2964, "texte": "Ont été unis le mois dernier, Mademoi­"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3058, "fin_caractere_exclue": 3095, "texte": "selle Maria Monnom et le peintre Théo"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3188, "fin_caractere_exclue": 3227, "texte": "Van Rysselberghe. Nos félicitations aux"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3317, "fin_caractere_exclue": 3355, "texte": "jeunes époux ainsi qu'à Madame Monnom."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3558, "fin_caractere_exclue": 3598, "texte": "Le paysagiste français Jules Dupré vient"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3646, "fin_caractere_exclue": 3656, "texte": "de mourir."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3923, "fin_caractere_exclue": 3963, "texte": "On lit dans l'Indépendance belge sous le"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4012, "fin_caractere_exclue": 4043, "texte": "titre : « l'Univers mystifié »."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4107, "fin_caractere_exclue": 4137, "texte": "Voilà un bon mois que ça dure."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4198, "fin_caractere_exclue": 4236, "texte": "Un bon mois que les journaux parisiens"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4287, "fin_caractere_exclue": 4330, "texte": "narrent les détails d'un fantastique voyage"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4350, "fin_caractere_exclue": 4392, "texte": "à Paris effectué en charrette à chiens par"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4444, "fin_caractere_exclue": 4485, "texte": "M. Francis Nautet, écrivain oelge, jaloux"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4536, "fin_caractere_exclue": 4580, "texte": "des lauriers du cavalier russe qui a fait le"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4631, "fin_caractere_exclue": 4671, "texte": "trajet de Pétersbourg à la tour Eiffel à"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 107, "fin_caractere_exclue": 146, "texte": "cheval, et du confrère autrichien qui a"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 197, "fin_caractere_exclue": 239, "texte": "cheminé de Vienne à « la rue du Caire » en"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 290, "fin_caractere_exclue": 297, "texte": "fiacre."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 351, "fin_caractere_exclue": 387, "texte": "Un bon mois que la presse de Londres"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 438, "fin_caractere_exclue": 478, "texte": "emprunte les épisodes de cette originale"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 529, "fin_caractere_exclue": 568, "texte": "excursion aux journaux de Paris. Un bon"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 619, "fin_caractere_exclue": 660, "texte": "mois que la presse américaine surenchérit"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 712, "fin_caractere_exclue": 751, "texte": "sur les journaux de Londres; que l'Asie"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 803, "fin_caractere_exclue": 845, "texte": "conte l'affaire à l'Afrique, qui la répète"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 896, "fin_caractere_exclue": 919, "texte": "peut-être... à la lune."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 973, "fin_caractere_exclue": 1012, "texte": "Le tour du monde en trente et un jours."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1066, "fin_caractere_exclue": 1102, "texte": "Ni les voyages de Colomb, ni ceux de"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1153, "fin_caractere_exclue": 1192, "texte": "Stanley n'ont eu d'historiographes plus"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1243, "fin_caractere_exclue": 1286, "texte": "abondants et plus précis. L'austère Journal"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1337, "fin_caractere_exclue": 1377, "texte": "des Débats nous relate comment M. Nautet"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1428, "fin_caractere_exclue": 1468, "texte": "a quitté Bruxelles, le Journal de Saint-"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1519, "fin_caractere_exclue": 1557, "texte": "Pétersbourg comment l'écrivain belge a"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1608, "fin_caractere_exclue": 1650, "texte": "été arrêté sur le territoire de la commune"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1701, "fin_caractere_exclue": 1740, "texte": "de Louvroil par un maire armé de la loi"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1791, "fin_caractere_exclue": 1831, "texte": "Grammont sur la protection des animaux ;"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1882, "fin_caractere_exclue": 1915, "texte": "le New - York Times comment notre"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1966, "fin_caractere_exclue": 2007, "texte": "compatriote et son attelage de mâtins ont"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2058, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "triomphalement pénétré dans Paris, accla­"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2150, "fin_caractere_exclue": 2185, "texte": "més par la fanfare des Batignolles."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2239, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "Des noms éminents ou augustes ont été"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2327, "fin_caractere_exclue": 2367, "texte": "mêlés à l'aventure. L'Argus de Melbourne"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2418, "fin_caractere_exclue": 2458, "texte": "est persuadé qu'un très proche parent du"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2509, "fin_caractere_exclue": 2552, "texte": "roi des Belges a reçu et félicité \" l'homme"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2603, "fin_caractere_exclue": 2645, "texte": "à la charrette \" à la porte de Neuilly. Le"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2696, "fin_caractere_exclue": 2735, "texte": "National Zeitung, de Berlin , a cité de"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2786, "fin_caractere_exclue": 2827, "texte": "grands diplomates, vertueusement indignés"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 2878, "fin_caractere_exclue": 2923, "texte": "du sort fait aux bêtes en général, aux chiens"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3015, "fin_caractere_exclue": 3057, "texte": "en particulier, par notre inhumaine Belgi­"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3146, "fin_caractere_exclue": 3187, "texte": "que. Toutes les Sociétés quadropédophiles"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3278, "fin_caractere_exclue": 3316, "texte": "du Royaume-Uni se sont mises en mouve­"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3367, "fin_caractere_exclue": 3372, "texte": "ment."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3426, "fin_caractere_exclue": 3465, "texte": "Et ce n'est pas tout. Voici qu'entre en"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3516, "fin_caractere_exclue": 3555, "texte": "campagne le Daily News, le grand organe"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3606, "fin_caractere_exclue": 3645, "texte": "d'outre-Manche (nous allions dire de la"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3696, "fin_caractere_exclue": 3736, "texte": "Manca) qui eut l'honneur de dénoncer, en"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3787, "fin_caractere_exclue": 3830, "texte": "1876, à l'Europe les massacres bulgares, et"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3881, "fin_caractere_exclue": 3918, "texte": "plus récemment les violences du Kurde"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 3969, "fin_caractere_exclue": 4011, "texte": "Moussa bey contre les chrétiens d'Arménie."}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4062, "fin_caractere_exclue": 4102, "texte": "Son correspondant parisien déclare avoir"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4153, "fin_caractere_exclue": 4192, "texte": "vu, de ses yeux vu, M. Nautet ; l'avoir"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4243, "fin_caractere_exclue": 4285, "texte": "ouï, de ses oreilles ouï, narrer sa canine"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4336, "fin_caractere_exclue": 4347, "texte": "promenade :"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4401, "fin_caractere_exclue": 4441, "texte": "« M. Nautet se conforme à l'usage de son"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4492, "fin_caractere_exclue": 4532, "texte": "pays en employant le chien comme bête de"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4583, "fin_caractere_exclue": 4627, "texte": "trait... A Bruxelles, il ne se promène qu'en"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 4678, "fin_caractere_exclue": 4722, "texte": "charrette à chien .. Il estime que la Belgi-"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 97, "texte": "que, avec son ciel mélancolique et son sol"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 181, "texte": "détrempé, est néanmoins au nombre des"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 232, "fin_caractere_exclue": 271, "texte": "nations les plus prospères de l'Europe,"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 324, "fin_caractere_exclue": 363, "texte": "grâce au chien qui est non seulement le"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 409, "fin_caractere_exclue": 447, "texte": "camarade, mais encore le conducteur du"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 502, "fin_caractere_exclue": 544, "texte": "pauvre... La force d'un bon chien de trait"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 566, "fin_caractere_exclue": 611, "texte": "est merveilleuse. Il n'abîme point les routes"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 659, "fin_caractere_exclue": 700, "texte": "comme le cheval ; quand il est fatigué il"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 749, "fin_caractere_exclue": 785, "texte": "demande à se coucher, faveur que les"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 837, "fin_caractere_exclue": 878, "texte": "Belges lui accordent toujours... Les deux"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 926, "fin_caractere_exclue": 967, "texte": "mâtins qui ont conduit M. Nautet à Paris,"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1015, "fin_caractere_exclue": 1055, "texte": "ont une longue lignée d'ancêtres qui ont"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1104, "fin_caractere_exclue": 1145, "texte": "rendu de grands services en leur temps et"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1193, "fin_caractere_exclue": 1232, "texte": "de même manière... Ils couchaient, man­"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1254, "fin_caractere_exclue": 1294, "texte": "geaient, dormaient à ses pieds, dans les"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1295, "fin_caractere_exclue": 1334, "texte": "auberges. Le phaëton auquel ils étaient"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1335, "fin_caractere_exclue": 1378, "texte": "attelés est un petit véhicule léger et élé­"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1424, "fin_caractere_exclue": 1463, "texte": "gant, mais qui pourrait être plus léger"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1512, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "encore. »"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1596, "fin_caractere_exclue": 1637, "texte": "« Qui pourrait être plus léger encore ! »"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1686, "fin_caractere_exclue": 1728, "texte": "C'est la sévère sentence du monde civilisé"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1780, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "sur la cruauté de la Belgique, qui point à la"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1873, "fin_caractere_exclue": 1910, "texte": "lin de {'interview. Nous voilà jugés."}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2239, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "Le titre qui surmonte ces lignes nous"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2323, "fin_caractere_exclue": 2363, "texte": "dispenserait presque d'ajouter que notre"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2413, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "sympathique confrère, M. Nautet, du Jour-"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2502, "fin_caractere_exclue": 2545, "texte": "nal de Bruxelles, qui garde son originalité"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2591, "fin_caractere_exclue": 2633, "texte": "pour sa plume, ne s'est jamais avisé de se"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2681, "fin_caractere_exclue": 2717, "texte": "rendre à Paris en charrette — même à"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2772, "fin_caractere_exclue": 2812, "texte": "chiens — qu'il est à Bruxelles très bien"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2863, "fin_caractere_exclue": 2903, "texte": "portant, extrêmement amusé de son entre­"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2957, "fin_caractere_exclue": 2994, "texte": "vue avec le correspondant parisien du"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3046, "fin_caractere_exclue": 3083, "texte": "Daily News; que la Belgique ne mérite"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3136, "fin_caractere_exclue": 3177, "texte": "pas complètement les anathèmes des Socié­"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3228, "fin_caractere_exclue": 3270, "texte": "tés protectrices des bêtes; et que l'Argus"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3319, "fin_caractere_exclue": 3358, "texte": "de Melbourne a déciment un œil de trop."}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3416, "fin_caractere_exclue": 3456, "texte": "Mais il ne suffît pas d'avoir dévoilé la"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3499, "fin_caractere_exclue": 3544, "texte": "mystification. 11 y a une morale à en tirer :"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3586, "fin_caractere_exclue": 3630, "texte": "la première c'est que l'Europe, l'Afrique et"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3675, "fin_caractere_exclue": 3719, "texte": "l'Asie ne soupçonnent pas encore l'existence"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3764, "fin_caractere_exclue": 3806, "texte": "d'un genre d'humour spécial à la Belgique,"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3853, "fin_caractere_exclue": 3890, "texte": "et qu'en langue du terroir on dénomme"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3947, "fin_caractere_exclue": 3988, "texte": "pittoresquement la zwanze. Le Journal des"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 4038, "fin_caractere_exclue": 4077, "texte": "Débats saura désormais ce que c'est que"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 4129, "fin_caractere_exclue": 4168, "texte": "d'être zwanzé. Le Daily News l'a appris"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 4219, "fin_caractere_exclue": 4262, "texte": "de façon à ne l'oublier plus jamais. Le mot"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 4313, "fin_caractere_exclue": 4353, "texte": "deviendra classique dans les colonnes du"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 4403, "fin_caractere_exclue": 4432, "texte": "Journal de Saint-Pétersbourg:"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 106, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "Seconde moralité : Le téléphone et le"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 192, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "télégraphe n'empêchent pas qu'on écrive"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 280, "fin_caractere_exclue": 323, "texte": "l'histoire avec la même belle candeur qu'au"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 372, "fin_caractere_exclue": 408, "texte": "temps où nos moyens de communication"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 457, "fin_caractere_exclue": 501, "texte": "se bornaient à la diligence et à... la char­"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 550, "fin_caractere_exclue": 565, "texte": "rette à chiens."}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 617, "fin_caractere_exclue": 658, "texte": "Vers la fin du prochain siècle, le voyage"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 707, "fin_caractere_exclue": 748, "texte": "de M. Nautet à l'Exposition du Centenaire"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 797, "fin_caractere_exclue": 836, "texte": "aura ses Joinville et ses Froissard qui"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 885, "fin_caractere_exclue": 925, "texte": "lui consacreront de longs chapitres éru-"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 974, "fin_caractere_exclue": 1014, "texte": "dits. Notre divulgation de la « zwanze »"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1063, "fin_caractere_exclue": 1103, "texte": "n'aura servi de rien. Le Daily News a vu"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1152, "fin_caractere_exclue": 1192, "texte": "M. Nautet, son phaêton, ses chiens... de"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1241, "fin_caractere_exclue": 1253, "texte": "ses yeux vu."}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1386, "fin_caractere_exclue": 1423, "texte": "Dans une lettre parisienne du Journal"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1472, "fin_caractere_exclue": 1511, "texte": "de Bruxelles, signée Georges Rodenbach,"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1560, "fin_caractere_exclue": 1592, "texte": "nous lisons le passage suivant :"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1644, "fin_caractere_exclue": 1685, "texte": "« Une ironie électorale autrement cruelle"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1734, "fin_caractere_exclue": 1779, "texte": "et glaçante, c'est celle d'un journal de cir­"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1828, "fin_caractere_exclue": 1872, "texte": "constance que, lors de la chute de M. Grévy,"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1921, "fin_caractere_exclue": 1965, "texte": "s'était amusé à écrire tout seul — rédigeant"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2014, "fin_caractere_exclue": 2056, "texte": "lui-même un article de fond, une séance de"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2105, "fin_caractere_exclue": 2148, "texte": "la Chambre, un interview, un message, etc.,"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2197, "fin_caractere_exclue": 2236, "texte": "— le comte Villiers de l'Isle-Adam. qui"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2285, "fin_caractere_exclue": 2322, "texte": "vient de mourir. En dépit de ce temps"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2371, "fin_caractere_exclue": 2412, "texte": "hâtif, pour lequel quelques jours — comme"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2461, "fin_caractere_exclue": 2501, "texte": "Musset le constatait déjà à propos de la"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2550, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "Malibran — « font d'une mort récente une"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2639, "fin_caractere_exclue": 2680, "texte": "vieille nouvelle », nous voudrions encore"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2729, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "un peu animer sa mémoire, nous qui l'avons"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2820, "fin_caractere_exclue": 2862, "texte": "bien connu et bien aimé dans les dernières"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2911, "fin_caractere_exclue": 2956, "texte": "étapes de son calvaire, d'abord en son triste"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3005, "fin_caractere_exclue": 3045, "texte": "logis, au quatrième, rue Fontaine, où le"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3094, "fin_caractere_exclue": 3135, "texte": "plus beau meuble, certes, était un piano,"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3184, "fin_caractere_exclue": 3227, "texte": "un piano à queue qu'il avait acheté quatre-"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3276, "fin_caractere_exclue": 3318, "texte": "vingts francs dans une vente, pauvre piano"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3367, "fin_caractere_exclue": 3412, "texte": "qui dans sa vieillesse se mettait à apprendre"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3461, "fin_caractere_exclue": 3498, "texte": "du Wagner. Puis dans la maisonnette à"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3547, "fin_caractere_exclue": 3585, "texte": "Nogent-sur-Marne que, à quelques amis,"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3634, "fin_caractere_exclue": 3674, "texte": "nous lui avions assurée, car, sans cette"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3723, "fin_caractere_exclue": 3763, "texte": "amicale cotisation, Dieu sait comment il"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 3812, "fin_caractere_exclue": 3852, "texte": "aurait vécu ses derniers mois. 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Georges Rodenbach croit"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 401, "fin_caractere_exclue": 441, "texte": "devoir nous apprendre qu'il s'est cotisé"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 491, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "pour adoucir les derniers moments de Vil­"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 557, "fin_caractere_exclue": 599, "texte": "liers de l'Isle-Adam, nous tenons, nous, à"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 626, "fin_caractere_exclue": 657, "texte": "indemniser le poète du Silence."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 722, "fin_caractere_exclue": 762, "texte": "A cet effet nous avons fait circuler une"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 809, "fin_caractere_exclue": 852, "texte": "liste de souscription. Nous avons recueilli"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 899, "fin_caractere_exclue": 921, "texte": "les sommes suivantes ;"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 991, "fin_caractere_exclue": 1031, "texte": "Tribulat Bonhomet.      . . . fr.   0-75"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1082, "fin_caractere_exclue": 1122, "texte": "Joseph Prudhomme        . . . .     0-60"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1169, "fin_caractere_exclue": 1209, "texte": "Perrichon                           0-15"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1258, "fin_caractere_exclue": 1298, "texte": "Georges Ohnet                       1-50"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1347, "fin_caractere_exclue": 1387, "texte": "Feu Belmontet                       0-10"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1438, "fin_caractere_exclue": 1478, "texte": "Charles Potvin                      1-00"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1514, "fin_caractere_exclue": 1554, "texte": "Charles Tilman                      0-95"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1575, "fin_caractere_exclue": 1594, "texte": "Total. . . fr. 4-95"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1688, "fin_caractere_exclue": 1725, "texte": "Nous y avons ajouté un timbre de cinq"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1778, "fin_caractere_exclue": 1819, "texte": "centimes pour parfaire la somme, que nous"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1849, "fin_caractere_exclue": 1889, "texte": "tenons à la disposition de M. Rodenbach,"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1940, "fin_caractere_exclue": 1976, "texte": "pour solde de tout « compte cruel »."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2216, "fin_caractere_exclue": 2256, "texte": "Lire dans le Magasin       littéraire un"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2307, "fin_caractere_exclue": 2349, "texte": "remarquable article de notre collaborateur"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2396, "fin_caractere_exclue": 2429, "texte": "M. Charles Buet sur Ernest Hello."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2649, "fin_caractere_exclue": 2687, "texte": "Dans la Vogue (numéro d'août) des vers"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2741, "fin_caractere_exclue": 2778, "texte": "de MM. Gustave Kahn et Adolphe Retté."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2993, "fin_caractere_exclue": 3031, "texte": "Dans la Revue indépendante (août) : Le"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3082, "fin_caractere_exclue": 3127, "texte": "Fer, un très curieux article sur le palais de"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3142, "fin_caractere_exclue": 3186, "texte": "l'Exposition et la tour Eiffel, quant à leur"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3231, "fin_caractere_exclue": 3257, "texte": "esthétique architecturale."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3326, "fin_caractere_exclue": 3361, "texte": "Pour la tour, c'est un éreintement."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3575, "fin_caractere_exclue": 3609, "texte": "Dans la Vogue du mois de septembre"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3665, "fin_caractere_exclue": 3705, "texte": "des vers signés Henri de Régnier, Albert"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3760, "fin_caractere_exclue": 3798, "texte": "Saint-Paul et. Francis Viellé-Griffin."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 4120, "fin_caractere_exclue": 4158, "texte": "Sommaires de la Pléiade de Bruxelles :"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 4206, "fin_caractere_exclue": 4242, "texte": "Numéro de septembre. Langueur, Sully"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 4300, "fin_caractere_exclue": 4336, "texte": "Huntley. — Vision, Auguste Jenart. —"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 138, "texte": "Sonnets, Jean Boels. — Eté, Léon Henne­"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 188, "fin_caractere_exclue": 225, "texte": "bicq. —Rhytlimes en prose, P. de San­"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 275, "fin_caractere_exclue": 313, "texte": "drau. — Résignation, Fernand Roussel —"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 363, "fin_caractere_exclue": 399, "texte": "Rêve fou, Joseph Hennebicq. — Minia-"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 449, "fin_caractere_exclue": 489, "texte": "tures, Albert Arnay. — Varia. — Bulletin"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 539, "fin_caractere_exclue": 555, "texte": "bibliographique."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 608, "fin_caractere_exclue": 625, "texte": "Numéro d'octobre."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 679, "fin_caractere_exclue": 717, "texte": "Villiers de l'Isle-Adam, Albert Arnay."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 767, "fin_caractere_exclue": 808, "texte": "— Vers écrits en tête d'un    memorandum,"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 858, "fin_caractere_exclue": 898, "texte": "Fritz Velaines. — Sonnets : Prophétie. —"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 948, "fin_caractere_exclue": 988, "texte": "Le Jardin enchanté, Jean Boels. — Cruci-"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1037, "fin_caractere_exclue": 1079, "texte": "fix, Jean Delville.— La vie amere : Soirée"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1128, "fin_caractere_exclue": 1166, "texte": "perdue, L. Thioust-Edgy. — Un Baptême,"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1216, "fin_caractere_exclue": 1255, "texte": "Paul Lacomblez. — Illusion, Camille Le­"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1305, "fin_caractere_exclue": 1344, "texte": "jeune. — Vespéral, Frédéric Neyskens. —"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1394, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "Silencieusement, Maurice Dormal. — Varia."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1484, "fin_caractere_exclue": 1511, "texte": "— Bulletin bibliographique."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1647, "fin_caractere_exclue": 1685, "texte": "Le théâtre de la Monnaie a rouvert les"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1735, "fin_caractere_exclue": 1777, "texte": "portes, petites et grandes, aux curieux de"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1827, "fin_caractere_exclue": 1848, "texte": "batailles théâtrales."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1901, "fin_caractere_exclue": 1939, "texte": "Il a inauguré par des œuvres de Meyer­"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1989, "fin_caractere_exclue": 2032, "texte": "beer, Rossini, Halévy, e t c . , une troupe"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2082, "fin_caractere_exclue": 2122, "texte": "nouvelle et un chef d'orchestre nouveau."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2175, "fin_caractere_exclue": 2213, "texte": "Le chef d'orchestre a été sacré MAITRE"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2263, "fin_caractere_exclue": 2306, "texte": "le premier soir et des gens ont déclaré que"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2355, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "Joseph Dupont n'avait aucun talent. Ceci"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2445, "fin_caractere_exclue": 2465, "texte": "nous paraît exagéré."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2518, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "Quant à la troupe, c'est un mêlé-cassis de"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2610, "fin_caractere_exclue": 2646, "texte": "bons et de mauvais artistes que nous"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2695, "fin_caractere_exclue": 2740, "texte": "n'aurons à juger ici que le jour où ils crée­"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2790, "fin_caractere_exclue": 2805, "texte": "ront une œuvre."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2858, "fin_caractere_exclue": 2899, "texte": "La saison dramatique s'est ouverte aussi."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 2949, "fin_caractere_exclue": 2989, "texte": "Nos trois théâtres de comédie — car nous"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3038, "fin_caractere_exclue": 3081, "texte": "en avons trois cet hiver — ont repris leurs"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3130, "fin_caractere_exclue": 3141, "texte": "opérations."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3193, "fin_caractere_exclue": 3230, "texte": "Aux Galeries, M. Bahier avait annoncé"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3279, "fin_caractere_exclue": 3322, "texte": "des merveilles et cette louable intention :"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3371, "fin_caractere_exclue": 3411, "texte": "rajeunir la comédie : il a débuté par la"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3460, "fin_caractere_exclue": 3482, "texte": "Grande       Marnière."}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3534, "fin_caractere_exclue": 3572, "texte": "M. Alhaiza qui nous a donné pendant un"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3621, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "hiver, cette exceptionnelle jouissance d'un"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3713, "fin_caractere_exclue": 3759, "texte": "théâtre littéraire qu'un insuccès... électoral"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3808, "fin_caractere_exclue": 3848, "texte": "avait un peu découragé l'année dernière,"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3897, "fin_caractere_exclue": 3937, "texte": "peut encore se repentir. Il n'a que deux"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 3986, "fin_caractere_exclue": 4029, "texte": "moyens de réussir : reprendre la succession"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 4078, "fin_caractere_exclue": 4118, "texte": "deMmeDesnoyer et jeter au gros public de"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 4167, "fin_caractere_exclue": 4205, "texte": "gros morceaux de gros drame à prix ré­"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 4254, "fin_caractere_exclue": 4299, "texte": "duits ; ou bien ressusciter les Matinées lit-"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 4348, "fin_caractere_exclue": 4386, "texte": "téraires qui ont mis naguère son petit"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "théâtre en relief en lui attirant la sympathie"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 147, "fin_caractere_exclue": 190, "texte": "des artistes et de presque toute la presse."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 217, "fin_caractere_exclue": 248, "texte": "Nous attendons qu'il choisisse."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 590, "fin_caractere_exclue": 629, "texte": "Berlin va avoir son Théâtre-Libre, nous"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 677, "fin_caractere_exclue": 719, "texte": "dit le Guide musical ; on y jouera d'abord"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 775, "fin_caractere_exclue": 813, "texte": "les Revenants d'Ibsen avec Mme Hans de"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 865, "fin_caractere_exclue": 907, "texte": "Bulow qui fera sa rentrée au théâtre après"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 962, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "plusieurs années d'absence."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1220, "fin_caractere_exclue": 1260, "texte": "On vient d'exécuter à Paris l'Ode triom-"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1352, "fin_caractere_exclue": 1391, "texte": "phale du Centenaire, composée — en der­"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1485, "fin_caractere_exclue": 1524, "texte": "nier lieu — par Mlle Augusta Holmes. On"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1595, "fin_caractere_exclue": 1641, "texte": "loue les efforts et les intentions de l'auteur"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1737, "fin_caractere_exclue": 1779, "texte": "qui, grâce à son éducation musicale moder­"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1842, "fin_caractere_exclue": 1882, "texte": "niste, a échappé autant que possible aux"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1883, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "banalités d'une œuvre de circonstance."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1925, "fin_caractere_exclue": 1961, "texte": "Le sujet a été non seulement chanté,"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2056, "fin_caractere_exclue": 2094, "texte": "mais aussi représenté par des tableaux"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2188, "fin_caractere_exclue": 2228, "texte": "symboliques, allégoriques et plastiques,"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2288, "fin_caractere_exclue": 2332, "texte": "sur un théâtre monté, à cet effet, au Palais"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2394, "fin_caractere_exclue": 2437, "texte": "de l'Industrie. Un vrai Jeu pour la patrie,"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2438, "fin_caractere_exclue": 2457, "texte": "à la façon antique."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2625, "fin_caractere_exclue": 2665, "texte": "Ce qu'il y a d'amusant, ce sont les rap­"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2762, "fin_caractere_exclue": 2800, "texte": "prochements que font certains journaux"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2895, "fin_caractere_exclue": 2940, "texte": "politiques entre cette solennité et les fêtes"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 3032, "fin_caractere_exclue": 3073, "texte": "données par la Révolution en l'honneur de"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 3168, "fin_caractere_exclue": 3185, "texte": "la déesse Raison."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 3285, "fin_caractere_exclue": 3322, "texte": "On propose de relever « l'autel de la"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 3371, "fin_caractere_exclue": 3413, "texte": "patrie ». Seulement, comme on ne veut plus"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 3454, "fin_caractere_exclue": 3491, "texte": "de symboles, ce sera, apparemment, un"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 3492, "fin_caractere_exclue": 3532, "texte": "autel purement positiviste où les gardes"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 3594, "fin_caractere_exclue": 3615, "texte": "civiques officieront."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 3690, "fin_caractere_exclue": 3731, "texte": "Si la politique n'avait pas mis sa poutre"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 3776, "fin_caractere_exclue": 3817, "texte": "dans l'œil des quelques penseurs qui sub­"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 3869, "fin_caractere_exclue": 3914, "texte": "sistent encore à la tête de notre presse quo­"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 3963, "fin_caractere_exclue": 4005, "texte": "tidienne, ils verraient que la religion la"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 4036, "fin_caractere_exclue": 4076, "texte": "plus sublime à inspirer au peuple est la"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 4129, "fin_caractere_exclue": 4168, "texte": "religion du beau. Celle-là comme toutes"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 4223, "fin_caractere_exclue": 4264, "texte": "les autres — y compris la révolutionnaire"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 4313, "fin_caractere_exclue": 4358, "texte": "— est faite de fictions, mais de fictions qui"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 4405, "fin_caractere_exclue": 4444, "texte": "procèdent des plus pures impressions et"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 4501, "fin_caractere_exclue": 4524, "texte": "des plus pures pensées."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 4602, "fin_caractere_exclue": 4641, "texte": "Elle a sa hiérarchie intellectuelle et,"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 4692, "fin_caractere_exclue": 4729, "texte": "comme chefs suprêmes, quelques hommes"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 4783, "fin_caractere_exclue": 4825, "texte": "de génie devant lesquels les prêtres de la"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 146, "texte": "religion rationnelle ne sont pas les derniers"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 198, "fin_caractere_exclue": 214, "texte": "à se prosterner."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 269, "fin_caractere_exclue": 310, "texte": "Parmi les fêtes spirituelles modernes, en"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 362, "fin_caractere_exclue": 398, "texte": "connaît-on une plus admirable que la"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 450, "fin_caractere_exclue": 492, "texte": "représentation de Parsifal à Bayreuth ? Il"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 544, "fin_caractere_exclue": 587, "texte": "se trouve, par hasard, que le sujet de Par-"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 639, "fin_caractere_exclue": 676, "texte": "sifal touche à une religion positive."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 731, "fin_caractere_exclue": 774, "texte": "En quoi cela nous importe-t-il si l'expres­"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 826, "fin_caractere_exclue": 863, "texte": "sion en est absolument et intensément"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 915, "fin_caractere_exclue": 960, "texte": "belle, si elle manifeste, si eile personnifie"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1013, "fin_caractere_exclue": 1051, "texte": "pour ainsi dire d'une personnification"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1104, "fin_caractere_exclue": 1143, "texte": "esthétique ce que nous nommons L'ART..."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1196, "fin_caractere_exclue": 1214, "texte": "sans qualificatif."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1315, "fin_caractere_exclue": 1351, "texte": "M. Victor Wilder est nommé chevalier"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1443, "fin_caractere_exclue": 1484, "texte": "de la Légion d'honneur en remplacement du"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1576, "fin_caractere_exclue": 1594, "texte": "général Boulanger."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1696, "fin_caractere_exclue": 1736, "texte": "Cela lui apprendra à faire l'éloge d'Es­"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1831, "fin_caractere_exclue": 1841, "texte": "clarmonde."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2015, "fin_caractere_exclue": 2055, "texte": "Frère Tra la la, — en musique, M.Charles"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2146, "fin_caractere_exclue": 2187, "texte": "Gounod — a fait connaître son opinion sur"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2280, "fin_caractere_exclue": 2287, "texte": "Wagner."}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2386, "fin_caractere_exclue": 2393, "texte": "Voici :"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2491, "fin_caractere_exclue": 2528, "texte": "« Wagner est un prodige étonnant, une"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2580, "fin_caractere_exclue": 2621, "texte": "aberration de génie, un visionnaire hanté"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 2717, "fin_caractere_exclue": 2761, "texte": "par tout ce qui est colossal. 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ROTIERS.\n      Rédaction et administration : 26, rue de l'Industrie, Bruxelles\n  _                        Belgique, un an                                  fr. 5-00\n  P R I X D ABONNEMENT :\n                           Etranger     »                                       7-50\n\n\n\n\nA         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleui\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n      de Block's Universal Wine C°\n                  6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA BOURSE)\n\n\n\n E        n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora. .\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\nGIL          BLAS,        journal quotidien français, boulevard des Capu-\n   cines, 16, à Paris; publie LA PEAU, par RENÉ MAIZEROY.\n   Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\npartout.\n\n      ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                  EPERNAY\n\n\n                                             Prix Courant\n                             Baron J. de Warnimont .       . . . 2 25\n                             Marquis Armand de St-Hubert . . . . 2 75\n                             R O S É E J E U N E BELGIQUE                        3 00\n                             Crême d'Ay         id.         . . . .        . 3 50\n                             Bouzy extra        id.         Cuvée réservée. 4 5 0\n                             Bouzy Cristal      id.                          5 00\n                                         0.50 en plus par 2/2 bouteilles\n                                     EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 25 BOUTEILLES\n\n                             Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n             ENTREPOSITAIRE           : COULOMB-ROBIETS\n       19,   B o u l e v a r d d u N o r d , 19, à B r u x e l l e s\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE REVUE MENSUELLE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "OCTOBRE 1889 SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 391, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 703, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE\n                     REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\n\n formant au bout de l'année un superbe volume avec couverture spéciale et           frontispice.\n\n\n\n\n         Fondateur      : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n\n\n\nDirecteur : HENRY MAUBEL. — Administrateur                        : HUBERT VAN DIJK.\n\n\n Bruxelles : Rédaction : 72, rue de Trèves. —Administration, 26, rue de l'Industrie.\n\n\n\n\n                               ABONNEMENTS :\n\n  Belgique . . 7 francs par an. — Union postale .                                fr.    8-50\n        Les conditions pour les annonces se traitent à                         forfait.\n\n\n\n\n                                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-10-n10-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "OCTOBRE 1889 SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 391, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 703, "fin_caractere_exclue": 1481, "texte": "OCTOBRE          1889\n\n\n                               SOMMAIRE:\n\nPierre-de-la-Baraque                                           LOUIS DELATTRE.\nPoèmes                                                         FERNAND SEVERIN.\nVilliers de l'Isle-Adam                                        MAURICE DESOMBIAUX.\nCatherine de Me'dicis                                          ALBERT GIRAUD.\nLa conversion de La Wallonie                                   ***\nChronique littéraire :\n          La dernière œuvre de Max Waller                  .   FRANCIS NAUTET.\n          La Princesse Gisèle .          . . . . .             IWAN GILKIN.\nMemento                                                        ***\n\n\n\n                  Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 356, "texte": "9 e ANNÉE.   TOME VIII, N° 10.         P R I X : FR. 0-75.       OCTOBRE   1889.\n\n\n\n\n                                        BRUXELLES\n                                 REDACTION :            ADMINISTRATION :\n                            72, RUE DE TRÊVES,         26, RUE DE L'INDUSTRIE,\n                                             PARIS\n                                   LÉON    V A N I E R , ÉDITEUR\n                                          19, Quai Saint-Michel\n\n                                                 1889\n"}, {"page_pdf": 357, "texte": "                          BOITE AUX L E T T R E S .\n\n   40. — ANDRÉ FONTAINAS. Avons reçu nouvelles. C'est du propre. Si pas envoyez\nalexandrins, en publierons quand même, et gare la police correctionnelle. For shame,\nSir !\n  41. — ALBERT ARNAY. Reçu vers. Passeront dans l'ordre indiqué. Merci.\n  42. — FERNAND SEVERIN. EX-PRINCE DE ZUEN. Bonne récompense à qui rapportera le\nlys à domicile.\n  43. — A L'ONAGRE DE « LA CHRONIQUE ». Il y a longtemps que vous n'avez plus été\ndrôle en notre faveur. Auriez-vous des mortes-saisons?\n  44. — CYDAI.ISE. Triste! Travaillez, prenez du Pinolet, c'est le fond qui manque\ncomme le reste.\n\n\n\n                A B O N N E M E N T     GRATUIT\n  T o u t ami et bénévolent adepte qui nous apportera 10 abonnés,\nrecevra son abonnement gratuitement durant deux années.\n  Des cartes d'abonnement sont à la disposition de nos amis chez\nM. Henry Maubel, rue de Trèves, 72.\n\n                             VIENT DE PARAITRE :\n\n  LES                     CHIMÈRES\n                                          PAR\n\n                            Jules       DESTRÉE\nUn volume de 300 pages, petit in-4 0 , imprimé avec grand luxe sur papier à chandelle\n     blanc par les soins de la Maison MONNOM, tiré à cent exemplaires numérotés.\n Avec un frontispice par ODILON REDON, une couverture et une eau-forte par\n               MARIE DANSE et une lithographie     de HENRY DE GROUX.\n                                  P r i x : 20 francs.\n\n  Les dix premiers exemplaires avec un double état choisi des estampes : 30 francs.\n\n           La suite d'eaux-fortes gravée par MARIE DANSE pour les Chimères\n    (six planches tirées sur grandes marges, à cinquante exemplaires) : 25 francs.\n\n\n\n                      CHEZ KISTEMAECKERS\n\nNOUVELLE CARTHAGE\n            LES ÉMIGRANTS — CONTUMACE\n                                          PAR\n\n\n                          GEORGES EEKHOUD\n\n       P A G E S            C O M P L É M E N T A I R E S\n\n                    Un beau volume in-12 : 3 fr.              50\n"}, {"page_pdf": 358, "texte": "           PIERRE-DE-LA-BARAQUE\n A MONSIEUR GEORGES EEKHOUD.\n\n                                C'était un haut vieillard, sombre et plein de vigueur.\n                                     LECONTE DE LISLE. (Le Jugement     de Komor).\n\n\n\n\nIl                                 y a dans notre pays des familles d'ouvriers\n                                 où le père — quand il lui reste encore juste\n                                 assez de force pour soigner ses rhumatismes\n                                     et faire son jardin — transmet comme\n                                 un héritage à son fils aîné, avec un renom\n                                 de probité dans le canton, certaine profession\n                                    de confiance qu'il exerçait. Ainsi, de géné­\n                                   ration en génération, les hommes d'une\n                                   famille sont veilleurs dans les clouteries,\n                  les forges, les fonderies, les charbonnages. On les voit, au\n                  crépuscule, qui se rendent à leurs postes, un bâton d'épine\n                  rouge attaché à une main et l'autre tenant la laisse d'un\n                  gros chien, le rond d'une lanterne à leur poitrine. Pendant\n                  les heures nocturnes ils surveillent les propriétés commises\n                  à leur garde. Et du silence forcé et continu de leurs veilles\n                  solitaires et défiantes ils acquièrent un masque taciturne,\n                  un visage rentré, dit-on expressivement en patois;\n                comme, en même temps, leur vie sans soleil leur donne\n                un teint blanchâtre, particulier aux noctambules, et qui fait\n             penser au pacant rougeaud qu'ils sont malades.\n               Dans la famille Longtain, aussi loin que les plus vieux du vil­\nlage pussent voir dans le passé, les hommes avaient toujours été veilleurs.\nPierre Longtain avait rempli cet emploi dans un charbonnage voisin : mais\n"}, {"page_pdf": 359, "texte": "                                  — 318 —\n\ndepuis dix ans son fils aîné l'y remplaçait : le vieillard s'était senti trop\ndébile, trop ruiné pour passer encore les nuits d'hiver à piétiner dans la\nneige, sous la pluie glacée, le long des terris ou dans les vastes cours où est\nremisé le bois coupé pour les tailles.\n   Il était à présent aiguilleur de nuit au chemin de fer. Je me rappelle très\nbien qu'étant gamin, je le voyais presque tous les jours quand il traversait\nle Trieu, — une place où les enfants, depuis des années et des années, vont\nuser leurs culottes dès qu'ils savent marcher seuls jusqu'au temps où ils\nont reçu les judicieuses leçons de catéchisme qui les rendent sages, et fait\nleur première communion. C'était un grand vieillard, aux joues blanches;\nses sourcils s'embroussaillaient séparés seulement l'un de l'autre par une\nride verticale coupant le front; sa bouche était taciturnement fermée en une\nmoue bougonnante; il n'avait de barbe qu'une longue mêche de poils gris\nlui pendant au menton, une bouque. De visage et de maintien, on eût pu\nle trouver assez ressemblant à ces types de vieux grognards de l'Empire, qui\nlongtemps emplirent les romans de leur brutale bravoure. Il évoqua d'ail­\nleurs très vite à nos jeunes cervelles le type du soldat car il était habillé\nd'une sorte d'uniforme, la livrée des employés du chemin de fer : casquette\nà galons rouges, à visière garnie de cuivre avec le lion belge de même\nmétal en pompon, et veste de gros drap bleu ornée de deux rangées de\nboutons jaunes et luisants, frappés de la même marque officielle.\n   Pour être à six heures à sa cabane d'aiguilleur, il traversait le Trieu à six\nheures moins dix minutes, ni plus, ni moins, et cela, si régulièrement, que\nles ménagères bavardant aux pas des portes, s'écriaient en le voyant :\n« Jésus-Maria, v'là Pierre-de-la-Baraque!... et mes pommes de terre du\nsouper sont encore à peler ! Qu'est-ce que mon homme va dire? » et s'encou­\nraient en poussant des cris comme des poules effarées. Pierre Longtain pas­\nsait, traînant son bâton, balançant la boîte de fer blanc où était enfermé\nson chiquet de pain ; il lançait à droite, à gauche, de sa voix haute et rude,\ndes salutsl polis mais brefs, auxquels tout le monde répondait. Jusqu'au\nrentier Griset, qu'on voit fumer « sa pipe de longueur », dans son allée,\npendant la bonne saison, le vieux Griset, pourtant avare de salutations\nautant que de gros sous, tirait sa pipe de sa bouche et disait : « Ça va tou­\njours comme on veut, père Longtain? ». Mais si on le saluait, ce n'était pas\navec cette cordialité qui vous arrête, le sourire aux lèvres, devant une figure\npleine de la joie de vous retrouver comme hier. Longtain n'était que\nrespecté ; pour être aimé il montrait trop ouvertement qu'il croyait les gens\nincapables d'une probité comme celle dont s'enorgueillissait sa famille. Il y\navait toujours une plissure dédaigneuse dans ses paupières quand il vous\n"}, {"page_pdf": 360, "texte": "                                  -   319   -\n\nregardait, et, malgré son grand âge, on était tenté de lui demander : « Eh\nbien, quoi? ça vous a donc été bien difficile de rester brave que vous en\nêtes si fier! » Et pour les autres, ceux qui avaient sur la conscience quelque\npeccadille jamais confessée au curé, ils le trouvaient trop fier de n'avoir\njamais fauté; or, n'est-ce pas, on n'aime véritablement que ceux qu'on croit\nun peu pareils à soi; aussi n'aimaient-ils pas Longtain. Mais ils le saluaient\npoliment, très haut : « Bonsoir Longtain ! » d'une voix blanche.\n   Nous, les gamins, nous le regardions en silence. Sa figure et sa voix nous\neffrayaient un peu, je crois ; jamais il n'avait à ses trousses de ces bruyantes\nribambelles d'enfants courant, au préau, derrière le sonneur de cloches, le\nbon bossu, celui-là même qui, entendant sonner son agonie de son lit de\nmort, s'écria en s'adressant aux cloches des deux paroisses qu'il avait tant\nbalancées : « A. revoir mes cloches d'en Haut, à revoir mes cloches d'en Bas,\nplus jamais je ne vous sonnerai! » ou le sacristain à qui nous demandions\ndes pincées de tabac, de la pénée, pour nous faire éternuer au plus fort; et\njamais nous ne le harcelions comme le vieux menuisier aux gros yeux riant\nderrière d'immenses lunettes, qui passait, une planche sur l'épaule, des brins\nde copeaux et de la sciure de bois blanchissant son gilet, en nous donnant\ndes taloches sur la tête et disant des propos pour rire : « Voilà Louis Biribi,\nle plus brave Louis du pays! Et ici Pierre Lanlaire, l'enfant de son père! »\npuis nous menaçant comiquement de sa scie quand nous tirions trop fort\nses bretelles ou que nous nous moquions trop longtemps de la hauteur\nextraordinaire du fond de sa culotte — ce dont vraiment nous aurions pu\nnous gausser — elle lui montait jusqu'aux épaules ! — si ces pauvres der­\nrières de vieillards perdus dans leurs trop hauts pantalons n'étaient pas\nchoses tristes à faire pleurer! Mais nous regardions, sans mot dire, passer\n Pierre Longtain.\n   Quand il arrivait au pied du remblai du chemin de fer, il s'engageait\ndans un étroit sentier qui s'élevait à travers les gaulis d'osiers aux branches\njaune d'or et les touffes de genêts. On voyait sa haute taille apparaître dans\nles éclaircies, puis disparaître, et les branches s'agiter sur son passage.\nEnfin, au pied de la baraque s'élevant à la bifurcation des voies de Piéton\net du Petchia, il surgissait.\n\n                                       II\n\n   C'était une petite cabane mesurant, peut-être, dix pieds carrés et con­\nstruite en planches barbouillées de couleur brune. Ses murs étaient percés\nde lucarnes et sa porte s'ouvrait de plain-pied sur les voies. Elle était rem-\n"}, {"page_pdf": 361, "texte": "                                 — 320 —\n\n\nplie par un massif poële de fonte, un petit banc de bois, une planche\nappendue au mur où mettre la cruche de café et la boîte à tartines avec le\ncornet de tabac et la pipe; à l'autre mur, au dessus d'un tableau montrant\nles heures de passage des trains et d'une horloge, deux sonneries électriques\ndindrelinaient sans cesse. C'était là la baraque de planches. Au dehors il y\navait la trompe de cuivre attachée à un clou, et l'étui des drapeaux pour les\nsignaux couché près des lanternes aux verres multicolores. Autour de la\ncambuse, une bande de terreau apporté nourrissait quelques fleurs aux cou­\nleurs vives et une touffe de hauts hélianthes balançant leurs disques bruns\net jaunes qui regardent le soleil.\n   Du Trieu, à l'arrivée de Pierre, nous voyions « l'aiguilleur de jour »\nenlever son bourgeron par dessus sa tête, endosser sa veste bleue et\ndescendre le sentier. — Le vieux Longtain reste là pour la nuit.\n   Jusqu'au matin, d'heure en heure, il abaisse ou soulève le pesant levier\ndu changement de voie. Il fait ainsi passer sur la ligne de Piéton ou celle\ndu Petchia (un gros charbonnage) les trains qui viennent de Charleroi,\net règle l'entrée dans la station du village des trains descendant de Piéton.\nIl annonce aussi leur arrivée de son cornet de cuivre. Et il en sonne\ncomme personne, c'est sûr : au crépuscule, dans le calme de la nuit\ntombante, du bois de Landelies, c'est-à-dire de plus d'une lieue, j'ai déjà\nreconnu le signal de Longtain, un ta-hi-ha-a dont la deuxième note éclate\ndéchirante et brève, inattendue, suivie de l'autre qui s'allonge, s'allonge. Il\nmet d'ailleurs un certain orgueil à toujours jeter de la même manière\nimpeccable le même cri par dessus la vallée vers la station — comme aussi,\nquand passent les convois de voyageurs, à se tenir, malgré ses soixante ans\nbien sonnés, droit comme un I, ainsi qu'un soldat au port d'arme, son\ncalme visage pâle regardant la ligne lumineuse des portières qui file en un\nlong ruban dans l'ombre, aux pieds l'étui des drapeaux blancs et rouges.\n   Un train passé, en attendant l'autre, il s'assied sur le banc de sa baraque,\ndonne un coup de rateau au jardinet, ou regarde le soir venir ou s'en aller\nla nuit.\n   C'est ainsi qu'il voit tomber le soleil dans les campagnes d'Anderlues,\ntandis que courent des lueurs roses sur l'acier poli des rails. Les wagonnets\ndu chemin de fer suspendu de Forchies passent au loin dans le ciel lilas,\nattachés à des câbles qu'on ne voit plus ; lentement et silencieusement,\ncomme en un rêve ; leurs silhouettes mobiles aux lignes très nettes se\ndécoupent dans l'air pur. La vitre d'une maison lointaine éclate tout\nà coup d'un dernier trait du soleil. Les tours massives du château de la\nMarche se fondent dans la brume ; et plus loin le bois Géraud bleuit et\n"}, {"page_pdf": 362, "texte": "                                   — 321 —\n\n\npeu à peu entre dans l'ombre. Une buée monte du ruisseau dans\nles hautes herbes et s'étale dans la vallée. Les brises du soir apportent de\nlongs beuglements traînants des vaches qui rentrent à l'étable et le bruit de\nla clochette d'une charrette dont la bâche gonflée tressaute, cahotée sur la\nroute pierreuse toute blanche, là-bas. C'est l'heure où, l'été, s'élève douce et\nchaude et un peu fade l'odeur des herbes fraîchement coupées dans les prés\net encore humides. Au loin, vers Anderlues, un bourdonnement passe, c'est\nun train traversant l'horizon ; une banderole de fumée blanche marque sa\nroute et s'évanouit, cotonneuse. Du côté du village, les petits jardins, s'em­\nplissent d'ombre, des croisées s'éclairent brusquement du jaune des lampes\nen même temps que s'allument des feux multicolores le long de la voie; les\nflammes pâles des réverbères de la station, les taches vertes et rouges des\nsignaux hissées au bout des hauts mâts blancs ou portées par des bras arti­\nculés qui se meuvent subitement. Sur le fond noir du remblai, la perspec­\ntive des rails s'enfonce dans la nuit. Des morceaux de l'horizon s'incendient\ndu reflet des fours à coke, un foyer électrique scintille, comme une étoile,\nd'une lumière très blanche de lune. Il tombe de longs temps de silence cou­\npés tout à coup par le hululement d'un train arrêté au loin, comme en\ndétresse, ou le sifflement bref du convoi qui repart sortant de la station\nproche; la locomotive halète et s'impatiente; on voit le gros œil du fanal\nbriller subitement, la masse approche oscillante sur les rails, énorme comme\nsi elle allait s'étaler hors des voies ; la clameur éclate, des rayons de fer bril­\nlent vertigineux, et le train passe, un gros ver où il y a des lignes noires et\ndes lignes lumineuses, et va, va; le bruit de son galop se dégrade dans la\ndistance, le murmure se fond ; et les feux rouges du dernier wagon, entre­\nvus une dernière fois, disparaissent tout à coup.\n   Pierre Longtain regardait quelquefois cela pendant les belles nuits;\nl'hiver, quand la pluie cinglait les planches de la baraque bien close et que\nla rafale sifflait toutes sortes de choses tristes dans les fils du télégraphe, il\nfumait sa pipe près du poële chauffé au rouge, en suivant des yeux les\naiguilles de l'horloge.\n\n                                        III\n\n   L'aiguilleur avait un fils rentré depuis deux ans du régiment. A son\nretour au foyer, le jeune homme, bénéficiant de la réputation d'honnêteté de\nsa famille, obtint malgré sa jeunesse, le poste de surveillant de nuit à la\nGrande-Clouterie, un emploi d'élite et recherché où les candidats à évincer\nétaient nombreux, Quand on passait, la nuit, près des ateliers, on enten-\n"}, {"page_pdf": 363, "texte": "                                    — 322 —\n\n\n  dait le chien du garde aboyer derrière la porte et la voix du garçon\n Longtain crier : « Ici, Turc! »\n    ...Un jour le fils de Pierre-de-la-Baraque dit à son père :\n    — Em' pa, on a volé mille francs la nuit passée à la clouterie. Les gen­\n darmes y sont allés aujourd'hui, ils cherchent le voleur; ils ont arrêté un\n employé... Le coup est fait; il est trop tard. Je n'en peux plus... C'est moi\n qui ai volé les mille francs !\n    La nuit passée, en faisant sa ronde, il avait vu ouverte la porte d'un\n bureau — inadvertance d'un employé — et trouvé sur une table une\n liasse de billets de banque. Le jeune homme n'avait pu résister ; terrassé\n par la tentation, il avait volé. Donc, le fils de Pierre-de-la-Baraque, un\n Longtain avait volé ses maîtres, ceux qu'il devait garder. La maison du\n veilleur, celle qu'on appelait « la brav' maison », le vieux logis de probité\n en trembla sur ses fondations. Le père qui serrait son briquet dans sa\n boîte pour s'en aller au chemin de fer, se rassit, un flot de sang empour­\n prant son front.\n    — Nom de nom de nom de Dieu, qu'est-ce que tu as dit? articula-t-il.\n    — Em' pa, il est trop tard... il est trop tard... Ces! fait, c'est fait!... Les\n mille francs sont dans ma paillasse.\n    Il dit cela d'une voix claire, mais où les mots tremblaient. Le malheur\n était consommé. Il le criait, violent, avec une colère de honte à la face con­\n vulsée.\n    — Oh! bégaya le vieux, les paupières battantes de stupéfaction, oh!...\n Sale bougre! sale bougre!...\n    Puis, levant les yeux du pavement qu'il regardait sans voir, hébété sous\nle coup, quand il put parler :\n    — Mais va donc les chercher !... La maison va tomber, ne sens-tu pas?\n    Le garçon redescendu lui tendit une liasse.\n    — Les v'là tous, dit-il.\n    Le vieillard ne compta pas les billets.\n    — Donne-moi du papier.\n    Le jeune homme déchira un feuillet d'un cahier; et le père en enveloppa la\nliasse; puis ayant pris sur la cheminée une plume et un encrier, il se mit à\nécrire sur le paquet, de sa main gourde de vieillard, en relevant ses lunettes\nà chaque mot et essuyant la sueur qui lui coulait sur le visage. L'acier grin­\nçait, la plume trouait le papier et faisait rejaillir l'encre en une pluie noire.\nA chaque ligne écrite il devait s'arrêter, la main brisée de crampes. Mais il\ncontinuait aussitôt, acharné, son poing faisant trembler la table. Et dans sa\nhâte il se piquait les doigts qui saignaient. Enfin, la plume lancée à toute\n"}, {"page_pdf": 364, "texte": "                                  — 323 —\n\nvolée, il jeta le paquet à son fils, qui y lut : « A Monsieur Bayot, direc-\nteur de la Grande Clouterie. De la part de Pierre Longtain, les mille\nfrancs que son fils a volés hier. Et il lui cria :\n   — Va porter ça où tu l'as pris. Je t'attends à neuf heures à ma baraque.\n   Et il poussa son fils dehors.\n   Comme cinq heures et demi sonnaient, Longtain s'en alla. Il donna des\n « saluts! » ainsi que les autres jours, en traversant le village. Son honneur\n était quelque chose de si altier dans son cœur qu'il passa la tête haute mal­\ngré la catastrophe. L'argent était rendu, à cette heure; lui, Pierre-de-la-\n Baraque ferait payer le reste de la dette. En le voyant, traînant comme\n d'habitude son pas égal et balançant sa boîte, quelqu'un qui eût pu l'en­\n tendre penser eût été effrayé de cette placidité sereine.\n    Il fut à son poste ce jour-là comme il y avait toujours été, à six heures.\n\n                                      IV\n\n   Assis devant sa cahute, sa pipe éteinte aux dents, le vieux Longtain\nregardait le coin du ciel qu'illuminaient les fours à coke de Piéton. Il enten­\ndit un bruit de pas glissant sur la terre croulante du remblai.\n   — Est-ce toi? demanda-t-il, se tournant vers l'ombre.\n   — Oui m'pa, c'est moi.\n   — Monte... Entre dans la baraque...\n   Et quand ils y furent, le vieux dit à son fils :\n   — Tu penses bien que je vas te dire de te tuer, hein?...\n   Le jeune homme resta muet devant l'orage qui grondait en son père. Et\nla voix montait.\n   — ... Que tu ne peux plus faire autre chose, à c't'heure, que tu n'es plus\nun homme... que t'as manqué de toucher au nom des Longtain... Hein?\n   Et comme le jeune homme restait muet et sans un geste, les yeux grand\nouverts perdus au loin :\n   — Mais réponds donc! réponds donc!... Bougre de bougre, dis donc\nquelque chose !\n   — Oui, m'pa ! oui, m'pa ! bégaya le fils, la gorge serrée, d'une voix\nrauque, presque sublime de soumission. Je ferai ce qu'il faut faire !\n   — Le train de neuf heures vingt va passer, t'iras près de la barrière du\npassage à niveau et tu te mettras sur la rail.\n    Puis après un moment de silence :\n   — P't'être que j'oublierai, après! acheva-t-il. — As-tu compris que tu ne\n dis rien?\n"}, {"page_pdf": 365, "texte": "                                  — 324 —\n\n   — Oui, m'pa!\n   — Va donc, alors...\n   — Est-ce que vous voulez donner ça à la fille du Grand-Blanc, et lui\ndire que ça vient de moi? demanda le jeune homme, tirant sa montre, une\ngrosse montre de cuivre jaune, de son gousset.\n  — Oui, on la donnera, répondit le père en la prenant.\n  — Em'pa, supplia encore l'enfant, ne lui dites rien de ça!...\n  — On ne dira rien...\n  — A r'voir, em'pa !\n  — A r'voir !\n  — A r'voir, em'pa !\n\n   La sonnerie électrique tremblotait dans la cabine. Le jeune homme dis­\nparut dans la nuit; et le bruit de ses pas craquetant sur la fine cendre des\nvoies se perdit. Du côté opposé, au haut de la rampe de Piéton venait d'ap­\nparaître le fanal d'une locomotive, l'œil jaune de la masse qui allait le\nbroyer.\n   La tache lumineuse grandissait, éclatante, énorme et fixe. Aux pieds de\nl'aiguilleur immobile près du changement de voie résonnaient les rails de\nce murmure chantonnant de l'acier écrasé au loin. Le vieux Longtain\nemboucha son cornet; et dans la nuit, vers la vallée, il souffla le signal\nannonçant les trains. Ce fut un cri de cuivre terrible, un chant de trompette\nqui sonna comme une fanfare triomphante et fière et joyeuse aussi d'une\njoie altière — et là-bas, dans l'ombre, fit s'affaler sur le rail un paquet de\nchair, mort vivant.\n   Pierre-de-la-Baraque abaissa le levier de l'aiguille. Le train passa.\n   Puis au loin, dans la nuit, sinistre, éclata le dard rouge du dernier\nwagon — du rouge...\n   — Sacré sale bougre ! jura le vieux Longtain. Et il rentra dans sa\nbaraque.\n\n                                     V\n\n  Le lendemain matin, m'a-t-on dit, un surveillant de la voie, passant\ndevant la cahute, raconta à l'aiguilleur qu'on venait de trouver un cadavre\ncoupé en deux près de la barrière. Il bredouillait, cherchant les mots pour\napprendre le malheur au vieillard : c'était son fils tué par un train de la\nnuit changé de voie par lui-même, Longtain.\n  — C'est bon. Je le sais bien ! interrompit l'aiguilleur.\n"}, {"page_pdf": 366, "texte": "                                 — 325 —\n\n\n  Il était six heures, et comme l'ouvrier qui le remplaçait le jour arrivait,\nPierre-de-la-Baraque descendit le sentier du remblai et s'en retourna, —\nDes hommes étaient penchés sur la voie, près de la barrière...\n\n  Quand on parle des Longtain on dit toujours : « Ça, c'est des gens\nbraves! »\n                                             Louis D E L A T T R E .\n     Août 1889.\n\n\n\n\n                             POÈMES\n                       LA VILLE DES CYGNES\n\n    Et nous irons aussi vers la ville des cygnes,\n    Parmi de fiers oiseaux qui vous reconnaîtront.\n    Voilà le saint rosaire entre les mains bénignes,\n    Et ton respect, mon Dieu, sur les neiges du front.\n\n    Neige des fronts, candeur des linges, lys et neiges'.\n    Et cela sur un sang qu'ils ne trahissent plus;\n    Et le bon souvenir menant ses blancs cortèges,\n    Et l'oubli des baisers que la chair eût voulus,\n\n    C'est là toute la ville où nous irons ensemble !\n    Et nos baisers plus lents, et notre amour plus doux,\n    Dans cette ville en deuil, dont le deuil nous ressemble,\n    Hélas! au bord des eaux malades comme nous.\n\n    Le silence, les cloches, le silence encore!\n    Et, pour en recueillir le charme qui se meurt,\n    Dans nos cœurs rapprochés un seul cœur qui s'ignore,\n    Et ce dédaigneux cygne, ivre de sa langueur.\n\n    Tes vierges et tes lys meurent comme les vierges,\n    Et n'auront jamais su leur charme puéril ;\n    O ville, nous voici, prêts à porter tes cierges,\n    Mais à cueillir aussi les fleurs de ton avril.\n"}, {"page_pdf": 367, "texte": "                          — 326 —\n\nO souche des vieux lys, pleine de fleurs nouvelles,\nJe veux les lys des prés, des cloîtres et des eaux ;\nPour le front d'une enfant pareille à tes agnelles\nTu n'as rien de trop pur dans tes jardins     royaux.\n\n\n                         LÉGENDE\n\nLaisse-moi respirer les fleurs de ma vallée.\nTout dort; mais quelle voix des ombres m'a troublée?\nAh! nourrice, entends-tu? mes cygnes ont chanté!\n\nQue je doive mourir avec le chant du cygne,\nC'est le royal présage auquel je me résigne.\nCombien d'enfants mourront qui l'ont mieux mérité!\n\nTriste et royale fable à conter aux veillées'.\nMourir, pourtant, mourir!... Loin des fleurs effeuillées,\nComme se fane un lys que personne n'a vu !\n\nO prince aventureux qui connus mon aurore,\nTrop heureuses les mers que ton regard explore !\nTu m'as dit au revoir; je ne t'ai point revu...\n\nLes musiques dansaient sur la mer printanière.\nTandis que ses marins regardaient en arrière,\nLui, le prince distrait, rêvait de toisons d'or.\n\nCette nouvelle Argo se souvenait des vagues !\nO l'émoi douloureux d'une enfant aux yeux     vagues,\nMes yeux! des pleurs pareils les remplissent encor.\n\nS'il revenait, pourtant! Ah.' nourrice, des roses!\nMais non, le soir trompeur m'a dit ces belles choses.\nNourrice, laisse-moi, que je meure par lui,\n\nToute petite enfant, comme il m'a dédaignée\nMais seule, et sans courroux, en âme trop bien née;\nVoyez! et c'est la nuit; le silence et la nuit...\n\n                                      FERNAND SEVERIN.\n"}, {"page_pdf": 368, "texte": "                                  — 327 —\n\n\n\n\n         VILLIERS DE L'ISLE ADAM\n                                       Ainsi, justice sera faite. — Et nous avons le\n                                    temps d'attendre.\n                                       D'ailleurs, que nous importe même la justice!...\n                                    Celui qui, en naissant, ne porte pas dans sa poi­\n                                    trine sa propre gloire, ne connaîtra jamais la\n                                    signification réelle de ce mot.\n                                                         (PRÉFACE DE la Révolte.)\n                                      Va Oultre.\n                                             (DEVISE DES DE VILLIERS.)\n\n\n               Tandis que les élus du Nombre s'occupaient laborieusement à\n                châtier un député, — factieux, évidemment, puisqu'il avait été\n                nommé à Paris et en province à d'invraisemblables majorités\n                — et qu'au milieu des pestilences politiques se dissimulait mal\nl'effroi des juifs et des financiers véreux, actuels rois de la terre, tandis que,\nl'indigne condamnation prononcée, le ramassis de tripoteurs d'affaires\nsavourait avec une satisfaction marquée sa dernière ignominie, et que les\nfoules d'anonymes s'extasiaient devant la plus récente manifestation du goût\nanti-artistique universel et contemporain, la Tour Eiffel, un des plus\ngrands écrivains du siècle, le comte Auguste de Villiers de l'Isle Adam, le\ndescendant des maréchaux de France, des Grands-Maîtres de Rhodes et de\ncelui qui arracha Malle à Charles-Quint, s'éteignait dans la plus angois­\nsante des indigences, à l'hospice des Frères de Saint-Jean-de-Dieu à Paris,\nsoutenu en son agonie par la charité et le dévouement de quelques fervents\namis.\n   Aux premiers jours de mai, Stéphane Mallarmé l'avait emmené à sa mai­\nson de Nogent-sur-Marne, espérant, de ce repos, un effet salutaire. Mais\ndéjà les médecins avaient diagnostiqué d'incurables maladies, et le prin­\ntemps ne devait pas apporter à Villiers « la Joie et l'Espérance ».\n    En chrétien qu'il fut toujours orgueilleusement, il est mort oublieux des\nmesquineries et des forfaits de son temps, en prononçant ces paroles sereines\nd'immortel espoir : « Je m'en irai tranquille ».\n    Et ce fut en regardant le jardin des Frères, sur lequel s'ouvraient pré­\ncisément les fenêtres de la chambre où expira Barbey d'Aurevilly.\n    Il y a de ces coïncidences que seule, la fatalité, en ses mystérieuses lois,\nordonne !\n"}, {"page_pdf": 369, "texte": "                                  — 328 —\n\n    Qui eût imaginé que ces deux derniers croisés mourraient dans un sem­\n blable dénuement avec la même symbolique vision dernière : une cour\nd'hôpital avec de la verdure et des malades en quête d'un peu d'azur?\n   Je préfère, pour ces fiers, l'humilité de leurs funérailles ; ils en seront\nplus grands encore, car ils ne sont pas de ceux que peuvent élever les enter­\nrements tumultueux, les catafalques et le cortège des croque-morts de la\nCompagnie des Pompes funèbres.\n   Je la préfère encore, parce qu'un peuple qui laisse ainsi mourir ceux qui\ns'efforcent de lui conserver un peu de son ancienne gloire, salie par des\nêtres vils, se crache lui-même à la figure, se voue au mépris de l'histoire et\njustifie le dédain que ces morts avaient pour lui.\n\n\n\n\n   C'est le crépuscule des maîtres des Lettres françaises.\n   Comme les Dieux, ils tombent. Hier Barbey d'Aurevilly, aujourd'hui\nVilliers de l'Isle Adam, et d'autres, hélas, demain!\n  Bonhomet doit être content. Ne peut-il pas présumer que tous ces cher­\ncheurs d'azur, ces gouailleurs du Progrès, « tolérés dans nos grands centres,\non ne sait trop à quel titre (1) », ces amoureux d'excessif, gens peu sérieux,\nenfin, vont disparaître de la planète qu'ils déshonorent?\n   — En vérité, s'il est un objectif, un non lui, qu'il méprise au delà même\ndes expressions licites à la langue d'un mortel élégant, il peut bien dire\nque ce sont les « Belles Lettres » et leurs suppôts (2).\n   Il n'aime pas les montagnes trop hautes, qu'elles s'en aillent ! que tout\ndevienne uniforme. Ne serait-ce pas là le dernier mot de la civilisation ? —\ncar, tant qu'il y aura de la « poésie » sur la terre, les honnêtes gens n'au­\nront pas la vie sauve (3).\n   Oui, Bonhomet a lieu d'être satisfait. La motion des tremblements de\nterre devient inutile. Ils s'en vont, les Maîtres, et personne, apparemment,\npour les remplacer, pour atténuer même le vide qu'ils ont laissé.\n   On dirait que le siècle, prodigue à ses débuts, a distribué tout le génie\ndont il pouvait disposer, et qu'il est épuisé.\n   Ils tombent. Mais leur souvenir reste magnifique et sublime, dans le ciel,\n\n\n\n (1) Tribulat Bonhomet.\n (2)         ld.\n (3) La Révolte.\n"}, {"page_pdf": 370, "texte": "                                          — 329 —\n\n impérissable, car les agitations de la foule, les révolutions et les tempêtes\n ne sauraient l'altérer. A lui seul il suffit pour éclairer le monde.\n\n\n\n\n    Des journaux quotidiens de la presse française, après avoir versé des\n larmes de crocodile, ont éprouvé le besoin, bien légitime et attendu de leur\n part, de déposer des ordures sur la tombe du défunt. Ainsi dans le Figaro,\n cet étonnant baromètre du crétinisme et de la malpropreté littéraire qui\n nous envahit, M. Georges Rodenbach, le même qui, autrefois, en des con­\n férences, essaya de chétives moqueries des vers de Mallarmé et de Verlaine,\n signalait Villiers et lui accordait quelques fleurs en un lucratif premier\n Paris (1). Huit jours après, dans la même feuille un certain Henri Fou-\n quier, un augure celui-là, retirait à Villiers tout le talent que son confrère\n lui avait octroyé, lui reprochant... de vouloir démontrer la Trinité par les\n tables tournantes!!!\n    C'est à renverser des Pyramides.\n    Pauvres journalistes éphémères, faisant de la copie autour du grand\nmort comme des mouches leurs petites chiures sur les sphinx allongés dans\nles solitudes, les yeux fixés « sur des horizons inaccessibles » !\n   Villiers les avait pourtant suffisamment nivelés autrefois, en ces fières\nlignes de la préface de la Révolte :\n   \" Il est contrariant que tous ces gens d'esprit ne puissent pas saisir jus­\nqu'à quel point leurs blâmes, leurs éloges, leurs enthousiasmes, leur indif­\nférence, et tous les états où ils s'évertuent, ne feront pas dévier d'une ligne\nle système que, forts de nos travaux et de nos pensées, nous sommes déter­\nminés à suivre. Ils cesseraient alors de s'occuper de nous qui ne tenons\nnullement à la « célébrité ». Nous leur laissons cela, puisqu'ils l'aiment. —\nNous voulons autre chose. Et cette autre chose viendra nous trouver d'elle-\nmême et à son heure, sans que nous ayons à faire un pas vers elle, si réelle­\nment nous en sommes dignes. »\n   A propos des admirations qui se sont manifestées pour le grand écrivain,\n\n\n\n   (1) A noter une phrase de cet article : « Villiers fut un poète. C'est ce qui le différencie\nde Flaubert et d'Edgard Poë ».\n   M. Rodenbach ignore sans doute le Corbeau, les Cloches, Annabel Lee, Eldorado\net tant d'autres poèmes du merveilleux lyrique américain. — Enorme!\n"}, {"page_pdf": 371, "texte": "                                    — 330 —\n\n l'augurai imbécile que je citais tout à l'heure (élève d'Albert Wolff, l'herma­\n phrodite prussien) et quelques autres, ont écrit le mot chapelle.\n    Chapelle, sans doute, et depuis longtemps nous en sommes, oui Môssieu.\n Et je suis sûr que pas un des plus modestes servants qui ont l'honneur\n insigne de s'y agenouiller, ne voudrait échanger son humble surplis de toile\n blanche contre la robe la plus cossue des pontifes de l'universelle synagogue\n des crétins où, seule, la pièce de cent sous, Symbole, rayonne ; où la seule\n litanie de bassesses et d'hypocrisie que l'on y récite est quintessenciée dans\n ce vers trouvé par Villiers :\n\n                 Donnez-moi de Targent, puisque j'aime ma mère!\n\n\n    — Il est des êtres ainsi constitués que, même au milieu des flots de\n lumière, ils ne peuvent cesser d'être obscurs. Ce sont les âmes épaisses et\n profanatrices, vêtues de hasard et d'apparences et qui passent, murées\n dans le sépulcre de leurs sens mortels.\n    Il est d'autres êtres qui connaissent les chemins de la vie et sont curieux\n des sentiers de la Mort. Ceux-là, pour qui doit venir le règne de l'Esprit,\n dédaignent les années, étant possesseurs de l'Eternel. Au fond de leurs\n yeux sacrés veille une lueur plus précieuse que des millions d'univers sen­\n sibles comme le nôtre, depuis notre équateur jusqu'à Neptune. — Et le\n monde, en son obéissance inconsciente aux lois de Dieu, n'a fait que se\n rendre justice à lui-même et se vouer à la Mort le jour où il s'est écrié :\n « Malheur à ceux qui rêvent! » (1)\n\n\n\n\n    Ce fut ici même, et nous en sommes fiers, que, pour la première fois en\n Belgique, il fut question de Villiers de l'Isle-Adam. En 1883, M. Albert\n Giraud publiait, en même temps qu'un éreintement de Rollinat, un article\n où il dit hautement son admiration pour : Les Contes cruels. En jan­\n vier 1888, M. Jules Destrée qui, depuis plusieurs années avait écrit son\nenthousiasme en divers journaux de province, lui consacra une remar­\nquable et définitive étude. Personne, jusqu'alors, pas même en France,\nn'avait ainsi claironné la puissance et la beauté de ce lumineux esprit.\n\n\n\n (1) Claire Lenoir\n"}, {"page_pdf": 372, "texte": "                                  — 331 —\n\nLéon Bloy dut publier en Belgique, peu de temps après, un article sur ce\nhautain poète!\n    Voilà certes, ce qui peut nous dispenser de coller, comme tant d'autres,\nune étiquette sur ce précieux flacon de pur cristal, pour que les myopes de\nl'intelligence ne s'y trompent pas.\n    Les reporters des journaux parisiens se sont empressés de rechercher les\ndétails de sa vie pour leur public friand de faits-divers. Ces détails sont fort\nsujets à caution, car il fut toujours l'être mystérieux de ses écrits, de ses\npages magiques, aux phrases tombant en or et en lumière et roulant comme\nde grands fleuves où luit le reflet des étoiles les plus lointaines.\n    Ses débuts datent du Parnasse dont il fut l'un des plus talenteux colla­\nborateurs, ainsi que l'ont attesté récemment encore MM. Catulle Mendès et\nAnatole France.\n    Il vint de la Bretagne à Paris vers 1864 et commença cette bizarre exis­\ntence de bohême, vivant au jour le jour, gîtant ci et là au hasard des circon­\nstances, apparaissant, tantôt en des vêtements de la dernière élégance,\ntantôt loqueteux et misérable, laissant l'impression, avec son pâle visage\nencadré de longs cheveux blonds, d'un paladin d'autrefois tombé par un\nhasard inexplicable en ce piteux XIXe siècle.\n    Cette vie de misère dût lui imposer de déplorables promiscuités dont,\nen magnifique rêveur qu'il fut toujours, il ne se rendait pas immédiatement\ncompte.\n    Mais cette bêtise qu'il avait coudoyée, prenait peu à peu à son esprit\nd'énormes proportions, le hantait, l'obsédait. De là les ironies, les bouffon­\nneries sinistres qui font la moitié de son œuvre.\n    Quelque impressionnants que soient les contes où il flagelle, où il crache\nau visage des Bonhomet, combien nous leur préférons les autres, ceux\n où il quitte la pénible réalité pour regarder en deçà ou au delà de l'huma­\n nité de nos conceptions. C'est alors qu'il est véritablement poète! En quel­\n ques lignes, il évoque, avec une extraordinaire sûreté et simplicité d'expres­\n sion les époques lointaines avec leurs fastes, leurs mœurs et leur âme. Nous\n montra-t-on jamais la Grèce, Sparte, avec son peuple farouche soumis aux\n inflexibles lois de Lycurgue, avec autant de grandeur et d'intensité qu'en\n l'Impatience de la Joule, ce conte que l'on pourrait comparer aux meil­\n leures pages de Flaubert? Et l'Inde avec ses mystères et ses splendeurs\n comme dans Akedysséril ?\n     Il a le secret de ces mots qui fascinent, qui magnétisent et d'où semble\n se dégager quelque puissance surnaturelle comme des runes Scandinaves,\n des mots qui font de la lumière.\n"}, {"page_pdf": 373, "texte": "                                  — 332 —\n\n   Certes, il est regrettable que Villiers n'ait pas pu vivre dans le décor que\nréclamaient son talent et sa princière naissance. Que de poèmes un instant\nconçus mais aussitôt étouffés par l'amertume de ce qu'il était forcé de voir,\net l'ironie féroce qui surgissait alors en son esprit !\n   Ces dernières années surtout, c'était devenu une obsession. Qu'elles\nétaient vraies ces paroles qu'il nous disait au commencement de l'an passé,\nen rappelant l'un des plus beaux chants de Hans Sachs :\n   \" L'homme le plus véritablement heureux est celui qui chante tou­\njours \".\n                                         *\n\n   Déjà l'on annonce la réimpression de : Isis, Elen et Morgane, ses pre­\nmières oeuvres jadis éditées chez d'obscurs libraires, et aujourd'hui introu­\nvables, d'Axel qui est, dit-on, son chef-d'œuvre. On parle aussi d'oeuvres\nposthumes. Seraient-elles celles qu'il annonçait en son Tribulat Bon­\nhomet : Propos d'au delà, l'Adoration des Mages, le Vieux de la Mon-\ntagne, Méditations, Mélanges, l'Illusionisme, l'Exégèse divine ?\n   Le soin de publier ses manuscrits est, paraît-il, échu à Stéphane Mal­\nlarmé et J.-K. Huysmans. Avec de tels exécuteurs testamentaires, on est\nau moins certain de ne pas voir les correspondances les moins littéraires du\nmort livrées à la publicité, ainsi qu'il est scandaleusement arrivé pour tous\nles artistes en allés depuis ces quelques années.\n   Ses chefs-d'œuvre sont restés ignorés des foules. Il a passé trop haut\npour que les taupes aient pu l'apercevoir. Et il aura répété ces paroles de\nClaire Lenoir :\n   « Je fermerai les yeux sur un monde où mon esprit a l'air d'un étranger.\nPeu m'importe si les lois du mécanisme des astres sont pénétrées, puis­\nqu'elles ne m'apprennent qu'une destruction certaine! Tentations que ces\nétoiles qui s'éteindront! Illusion que le « scientifique » avenir! L'Histoire\ndes temps modernes, c'est l'histoire de l'Humanité qui entre en son hiver.\nLe cycle sera bientôt révolu. Comme les sages des vieux jours m'en ont\ndonné l'exemple sacré, je ne saurais hésiter entre votre « siècle de lumières »\net la Lumière des siècles. »\n   Il est mort, et les preux de sa lignée qu'il est allé rejoindre pourront être\nfiers de le recevoir dans leur groupe vénérable, le blason d'or au chef\nd'azur chargé d'un dextrochère d'argent revêtu d'une manipule d'her-\nmine, avec, en cimier, une tête de coq d'argent becquée d'or, crêtée et\nbarbée de gueules n'a pas été terni de la plus légère souillure, en cette\népoque où il est si difficile de rester propre; il est aussi resplendissant\n"}, {"page_pdf": 374, "texte": "                                  — 333 —\n\nqu'aux temps des croisés et des chevaliers de Malte. Les devises Va oultre\net la Main à l'œuvre qui entaillaient autrefois, avec les épées, les mécréants,\nont été fièrement suivies. Une nouvelle gloire, la seule vraie, la seule réelle\na brillé sur l'ancienne famille.\n                                               MAURICE DESOMBIAUX.\n Bruges, septembre.\n\n\n\n\n          CATHERINE DE MÉDICIS\n    Le beau roi Charles IX, l'âme obscure et flétrie\n    Par un mal qui déçoit maître Ambroise Paré,\n    Rêve, les yeux plombés, dans son fauteuil doré,\n    Les mains jointes sur un traité de vénerie.\n\n    Sa mère, la vieille aigle au profil amaigri,\n    Lui dit en le baisant sur ses tempes de cire :\n    « Réveillez-vous, mon fils, c'est le moment de rire\n    Et de louanger Dieu : Je tiens Montgomery,\n\n    Le meurtrier du roi Henri II, votre père. »\n    — Mais le pâle Valois, sans plaisir ni colère,\n    Demande, d'un air las, qu'on le laisse dormir.\n\n    Et refoulant ses pleurs, la reine aux lèvres minces\n    Mystérieusement s'en va trouver les princes,\n    Pensant : « La mort est proche : il ne sait plus haïr. »\n\n                                                     ALBERT GIRAUD.\n"}, {"page_pdf": 375, "texte": "                                 -   334    -\n\n\n\n\nLA CONVERSION DE LA                                     WALLONIE\n En réponse à notre article du mois dernier, M. Ghil nous adresse la com­\nmunication suivante :\n\n   « Il n'est pas nécessaire de répondre au long Article, très amusant, du\nreste, en le dernier numéro.\n   « Ceux qui auront à cœur de connaître la vérité, n'ont qu'à se reporter\naux Articles des protestataires et aux miens, en la WALLONIE et aux\nÉCRITS POUR L'ART : en dernier lieu et surtout au numéro de ce mois de\ncette dernière Revue. Je sais qu'ils nommeront désir de réclame la protes­\ntation, et qu'ils ne la partageront pas contre moi.\n   « De ce numéro des ÉCRITS (qui continuent et continueront de paraître,\ncar MM. Delaroche, Saint-Paul et Mockel ne comptent pas pour leur vie,\nhélas !) il importe seulement d'extraire ceci :\n   « Notre résolution prise (car, c'est la plus sage et la meilleure solution :\n« fermer notre Revue à quiconque voudra la détourner des vues auxquelles\n« elle a été vouée), nous avons prié M. René Ghil de prévenir de notre part\n« MM. Achille Delaroche, Albert Saint-Paul et Albert Mockel, qu'ils\n« n'écrivaient plus aux ÉCRITS POUR L'ART.\n   « Ce qui a été fait à la date du 3 août. »\n                                                   « LA DIRECTION. »\n\n  Je signifiais à M. Albert Mockel, à la même date, ma sortie, volontaire\ncelle-là de la WALLONIE.\n                                                         RENÉ GHIL.\n    Septembre 1889.\n\n   Et voilà! Le pontife de l'Art nouveau met ses accolytes à la porte et\nferme la chapelle. Mais, comme on va le voir, les expulsés ne sont pas\ncontents.\n   On nous communique les deux lettres suivantes publiées par la revue\nArt et Critique de Paris :\n\n               PROTESTATION DE M. SAINT-PAUL\n          M O N S I E U R LE DIRECTEUR,\n\n  Après un article de M. René Ghilbert (dit Ghil) paru en la Revue indé-\npendante, où, sous le prétexte que j'écrivais dans un périodique : les Ecrits\npour l'Art, dont le sieur Ghilbert (dit Ghil) a profité pour m'extorquer\nquelque argent (avis à ceux qui affirmeraient leur talent vers son espoir)\n"}, {"page_pdf": 376, "texte": "                                 — 335 —\n\nmon nom était cité comme disciple d'une inouïe Méthode évolutive instru­\nmentiste, j'avais cru devoir protester, de concert avec MM. Delaroche et\nMockel contre cette désinvolture de pion.\n   Mais aujourd'hui le sieur Ghilbert (dit Ghil), bavant de rage devant\nnotre séparation (dès lors radicale) des Ecrits pour l'Art, nous adresse\ninjures sur injures du fond de sa fabrique de « Sanitarys papers » à Melle.\n   Devant cette fuite de fesse-Mathieu (car le pleutre était à Paris il n'y a\npas un mois et pouvait bien alors nous dire en face ce qu'il n'ose écrire que\nde loin) je lui ai adressé recommandée une lettre de défi à laquelle il me\nfait répondre par sa femme!\n   Je vous serais très obligé, Monsieur le Directeur, de vouloir bien accorder\nla publicité à ces lignes, afin de montrer que, devant tel acte, toute polé­\nmique de ma part reste définitivement close.\n   Recevez,... etc.\n                                                   ALBERT SAINT-PAUL.\n\n\n              PROTESTATION DE M. DELAROCHE\n\n         M O N S I E U R L E DIRECTEUR,\n\n   Voulez-vous donner l'hospitalité de votre Revue aux lignes suivantes :\n   Un marchand de papier de Melle — j'ai nommé M. René Ghilbert (dit\nGhil) — pour me prouver sans doute l'excellence de sa Méthode évolutive\ninstrumentiste, juge à propos, en ce patois dont il a le secret, d'élucubrer\ncontre moi force insinuations grotesques et mensonges calomnieux. Ce\npitre géraudelesque paraît surtout rager de ce que je ne me serais pas prêté\nà certain petit chantage qui réussit auprès de quelques-uns. On ne saurait\navouer avec plus d'inconsciente candeur que cette prétendue Méthode était\navant tout une affaire dont on espérait recueillir les bénéfices au rabais,\nen faisant solder les frais aux hôtes des Ecrits pour l'Art, tandis que leurs\nnoms serviraient aussi de réclame. Je ne m'abaisserai pas à discuter les\npolissonneries de ce petit pion ignare, vaticinant du fond de son village\ncomme un « Jocrisse à Pathmos », qui a dès longtemps perdu tout droit\nd'être pris au sérieux.\n   Espérant qu'il accepterait au moins les conséquences de ses insultes,\nj'avais adressé, comme mon ami Saint-Paul, deux soufflets énergiques, par\nlettre recommandée, au sieur Ghilbert (dit Ghil) à Melle. Mais cet « Espa­\ngnol perdu dans la brume des Flandres », qui a, n'est-ce pas? du sang\nd'hidalgo dans les veines, charge Mme Ghil de répondre pour lui.\n   Dès lors, je ne puis que laisser à tous les gens d'honneur le soin de\nqualifier la valeur morale du triste sire qui se retranche derrière des jupes\nde femme, et ne m'occuperai davantage de faits et gestes plus ou moins\ningénus qui n'ont rien de commun avec l'Art.\n   Recevez, etc.\n                                                         A.   DELAROCHE.\n"}, {"page_pdf": 377, "texte": "                                     336\n\n   Les Ecrits pour l'Art, privés désormais de la collaboration de\nMM. Achille Delaroche, Saint-Paul et Mockel, continuent néanmoins à\nparaître. Le numéro août-septembre nous révèle deux nouveaux évolutistes.\nEn outre, on peut lire une longue explication de M. Ghil, dans laquelle,\nMM. Mallarmé, Saint-Paul et Delaroche sont houspillés de belle façon.\nM. Mockel a trouvé grâce devant le Maître. « L'on doit mettre à part,\nécrit M. Ghil, M. Albert Mockel, dont l'inexpérience et l'ignorance des\nactes accomplis se laissèrent prendre à des intrigues, plus ou moins litté­\nraires comme on le va voir, et ne se souvint plus inconsciemment d'une\nsincérité d'art qu'il prônait voici peu de temps, — en quoi il est illogique,\ncar ma volonté d'art n'a pas dévié, on le sait ».\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n           LA DERNIÈRE ŒUVRE DE MAX WALLER\n\n\n              La Revue générale a achevé, le mois dernier, la publication de\n               Daisy, le roman posthume de Max Waller, auquel le jury de\n               son concours de 1889 avait décerné le premier prix.\n                 Daisy est la meilleure œuvre en prose de notre ami. S'il\navait vécu, le roman n'eût pas paru tel qu'il a été publié dans la Revue\ngénérale; il l'aurait retouché; il avait condamné certaines scènes, celle\nentre autres trop romanesque où Turner tue accidentellement son ami Joe\ndans une partie de chasse. Ce banal épisode amenant trop facilement ou\ntrop ficellement le dénouement, aurait été remplacé par un autre incident\nqu'il avait déjà trouvé, me, disait-il, mais j'ignore quel il était. Max ne vit\npas une seule épreuve de son roman, auquel le premier prix ne fut accordé\nqu'après la douloureuse fin de l'auteur.\n   Dans ces conditions, on comprend que l'œuvre manque de soins défi­\nnitifs, des dernières retouches et que plusieurs remaniements s'indiquent\nd'eux-mêmes. Il ne s'agit, du reste, que de très petites choses. On sait que\nchez Max l'écriture était toute spontanée et que la forme, une fois fixée, ne\nse prêtait guère aux modifications. Le premier jet, mauvais ou bon, était\nen quelque sorte indélébile. La Vie bête, les Airs de flûte, Daisy, ont été\nainsi des réussites comme Lysiane de Lysias et Greta Friedmann, ont été\ndes fausses couches, Jeanne Bijou, une fantaisie distinguée et Poison, un\nimpromptu dramatique.\n   Ce qui détermine l'infériorité de Lysiane, de Greta, de Jeanne Bijou et\n"}, {"page_pdf": 378, "texte": "                                    — 337 —\n\n\nde Poison, c'est qu'ils ont été conçus d'imagination. Or, Waller n'était\npas un imaginatif, ni un rêveur, et ses facultés d'invention furent toujours\nrestreintes. Ce très délicat artiste, qui excluait quelques grands maîtres parce\nqu'ils lui paraissaient trop encombrés, trop dispersésetpartanttrès ennuyeux,\navait son lopin de sensations à lui, une impressionnabilité qui lui fut toujours\nbien propre, et qui était très vive; de sorte que les choses qui le concer­\nnaient le mettaient presque seules en veine d'inspiration, et il rendait très\nbien compte de ce qu'il éprouvait, de ce qu'il avait senti et vécu. C'est alors\nque le poète intervenait pour transposer la réalité en fantaisie, celle-ci\nn'altérant en rien la vérité de celle-là.\n   Il fallait à Waller ce fonds de réalité. Lorsqu'il s'adonna à la fantaisie ou\nà l'invention pure, comme dans Jeanne Bijou, il manqua de consistance.\nMais dans ses spirituels Airs de flûte, où il y a toujours un petit thème de\nsouffrance ou d'amour vécu, dans la Vie bête et dans Daisy où l'on trouve\nde l'observation très subtile, très exacte, des scènes de la vie et des types vus\nd'un coup d'œil juste et net, Waller a écrit une littérature qui, sous ses\napparences légères et charmantes, résistera et survivra à beaucoup de grosses\nmachines dont la pesanteur n'exclut pas la fragilité.\n   La plupart d'entre nous ont eu, à de certains moments, à l'endroit de Max,\ndes craintes que l'on peut bien avouer aujourd'hui. Entre la Vie bête et la\nFlûte à Siebel, ce qu'il composa parut maigrichon. L'expansion, l'émotion,\nles exquises qualités d'observateur que l'on trouvait dans la Vie bête,\nn'eurent pas de suites immédiates. On ne retrouva rien de tout cela dans\nles compositions qui suivirent et le joli feu de paille avait flambé pour tou­\njours, semblait-il, et ne se raviverait plus.\n   L'intervalle fut, en effet, assez long. Le pauvre Max était en proie au\nstruggle for life, et cette délicate fleur de luxe s'étiolait dans un champ\npour lequel elle n'était point faite. Les armes qu'il avait pour lutter étaient\nde fines armes de salon tout de suite émoussées. Il se montra d'une mala­\ndresse rare dans tout ce qu'il entreprit pour s'assurer une existence commune\net des ressources matérielles. Sous ce rapport il était resté adorablement\nenfant et son impropriété native était touchante. Ce charmant inutile, au\nsens mercantile du mot, ce joli poète ne pouvait rien figurer dans une\nsociété grossièrement constituée comme la nôtre et de toute façon il fallait\nqu'il mourût ou de chagrin, ainsi que cela a été, hélas! ou de faim, n'eût\nété sa famille.\n   Ses très artistiques Airs de flûte lui valurent des encouragements de nous\ntous qui lui rendirent un peu sa vitalité Mais le mauvais germe de la tris­\ntesse irrémédiable s'y développait déjà et grandissait, malgré quelques\nembellies de gaieté :\n\n                    On sourit éternellement\n                    Et c'est au dedans que l'on pleure....\n\n\n Dans Daisy Max n'a plus souri. Il souriait pour cacher ses larmes :\nmaintenant la source des larmes paraît tarie et le sourire n'est partant plus\n"}, {"page_pdf": 379, "texte": "                                  — 338 —\n\n nécessaire. La résignation s'est faite dans son cœur et de là le ton douce­\nment grave, sérieux, recueilli du récit où, par exception, il n'y a plus\nd'éclairs de joie maladive, coupant court à cette mélancolie qui le faisait\nsi souvent dériver dans le noir. Avec Daisy l'observateur, affranchi un\ninstant dans sa villégiature anglaise des peines de son existence, nous\nrevient; la nouveauté du spectacle lui fournit des impressions fraîches ; les\nchoses dont il est le centre sensible il les note de son crayon fin et gracieux;\nles descriptions de son home, du petit village anglais et des sites environ­\nnants, sont des peintures charmantes ; la reconstitution par l'œil de Turner\nde la bataille de Hastings a une ampleur, une beauté profonde inconnue\nchez Waller. Les êtres qui l'entourent il les dessine de façon bien vivante.\nAinsi, le portrait de Daisy est infiniment délicat et féminin ; celui de lord\nAlgernon est pittoresque ; le portrait de Joe est solide, serré, et ici encore\nWaller nous surprend par une propriété de continuité et une largeur dont\non ne le croyait pas capable; enfin, le portrait de Turner, le moins réussi\nde tous (il est imaginé celui-ci) ne dépare pas l'ensemble.\n    Turner, au surplus, n'a été qu'un prétexte. Max avait été profondément\nsaisi par le peintre et je compris son admiration, le jour où celui-ci me fut\nrévélé à la National Gallery de Londres. Ce sont les luttes du ciel et les\ndrames du couchant que le peintre anglais a rendus. C'est à peine si le sujet\nprincipal compte, l'intérêt est dans les mirages d'en haut. Ses tombées du\njour évoquent parfois des idées de douceur, ou de gloire, ou de satisfaction\ninfinie, mais cela est toujours sur le point de s'altérer et de se transformer\nen un drame de lumières. D'ailleurs, le plus souvent Turner est tragique ;\nses tableaux représentent des luttes de couleurs, luttes d'épopée picturale\nparfaitement accusées ; c'est un carnage de lueurs, une mêlée de nuances, un\ncombat de tonalités étranges et fascinantes que le miroir impassible de l'eau,\nglissant sous ce champ de bataille étendu dans le ciel, reflété avec\nd'incroyables bizarreries de coloration. Très souvent aussi, le mirage finit\ndans un lac de sang aux rivages noirs. D'autres fois, ses ciels apparaissent\navec des foyers fixes d'où soudainement éclate une véritable pyrotechnie de\nlumières incendiaires et resplendissantes.\n    Il est le seul peintre peut-être qui ait compris la beauté fantastique des\nvoûtes mouvantes de la mer du Nord et ait composé sa palette d'après les\nfabuleuses couleurs de féerie que le soleil y combine avec les nuées.\n   D'après quelques documents sur Turner lus par hasard, Max le choisit\npour héros de son roman. Mais tout est imaginé dans l'action, et les histo­\nriens de Turner ne reconnaîtraient certainement pas le célèbre artiste.\nWaller imagina que Turner, qui appartint tout jeune à l'Académie royale\n(il n'avait que vingt-sept ans, lorsqu'on l'y reçut en 1802), est au début un\npeintre presque quelconque; c'est à la suite d'un drame, d'un accident, qu'il\nmodifie sa manière et devient l'intense coloriste que l'on sait. Cet accident\nest celui de la mort de Joe, frère de Daisy, la fiancée du peintre. Turner le\ntue accidentellement à la chasse, fuit le joli pays qu'il vient d'ensanglanter\net ne reparaît jamais plus. Daisy languit et meurt de désespérance et d'isole­\nment. Je le répète, l'invention compte pour peu de chose dans ce littéraire\n"}, {"page_pdf": 380, "texte": "                                   — 339 —\n\nroman. Mais pour y suppléer, outre les descriptions dont j'ai dit plus haut\nles mérites, outre l'incontestable vérité de certains personnages, Daisy est\nbaignée dans une atmosphère exquise. Et puis, si Turner n'est pas un sujet\nobservé et vrai, il n'en a pas moins servi l'auteur en lui fournissant matière\nà psychologie esthétique, et cette psychologie, cette analyse du cerveau, de\nla pensée, de la vision d'un artiste n'est pas un des moindres attraits de\nl'ouvrage.\n   Le reste est purement humain; une narration délicate, discrètement\nattendrie, séduit le lecteur. Cela est très apaisé de ton, le récit est calme, on\nsent que les nerfs sont détendus, mais on sent aussi que quelque chose de\ngrave flotte de façon indécise dans la pensée de l'auteur : c'est le pressenti­\nment de la mort.\n   Max était très sensible à certains signes adventices. A une période de par­\nfaite et absolue insouciance succédaient des jours où son esprit souffrant le\nfaisait s'alarmer d'un présage. Il raillait lui-même cet état de sensibilité;\nmais il subissait, cependant, ce magnétisme mystérieux qui vous donne la\nprescience, la divination de l'événement à venir. Certainement ces avertis­\nsements sont toujours très vagues. On dirait qu'un inconnu s'est glissé en\nvous et que c'est lui qui vous souffle la menace, mais d'une voix si sourde,\nsi effacée et si lointaine qu'elle frappe ceux-là seulement dont les sens sont\ntrès attentifs.\n   De même que Waller accordait quelque attention à ces craintes indéfinies,\nde même il attribue la prescience à ses personnages : « Daisy sent que rien\nn'est à faire, que William n'en aimera pas une autre et que pourtant —\nquelque chose le lui dit — ils ne s'uniront point ».\n   Ce n'est pas le moment d'étudier ici cet étrange phénomène du sens\ndivinateur. Du reste, il n'est pas besoin d'insister sur cette question de\npressentiment. Si Max ne pressentit pas sa fin, il est certain, tout au moins,\nqu'il eut, au plus haut degré, le sentiment de la mort. J'ai cité ailleurs\n{Journal de Bruxelles du 17 mars 1889) des exemples frappants, une quan­\ntité considérable de vers où cette pensée de la mort revient comme une\nobsession. Dans Daisy, la même pensée apparaît et cette fois avec une\nforce d'expression extraordinaire. A une nuance près, Daisy meurt de la\nmême mort dont Max devait mourir, c'est-à-dire de consomption, de tris­\ntesse, sans mal déterminé et Waller raisonne le cas avec une sûreté qui\nnous paraît aujourd'hui bien étrange :\n   « Consomption, — chlorose... des mots!\n   La science explique-t-elle ce mystère du corps humain qui se détruit en\ntoutes ses parties ; cette extinction progressive que rien ne peut enrayer et\nqui poursuit ses déclins avec une cruelle lenteur; cette cessation inéluctable\nde la vie ; cette fendille au vase précieux dont parle le poète, invisible\nd'abord, puis s'agrandissant de jour en jour jusqu'à l'heure où les fragments\ntombent en éclats?          Pourquoi la jeune source se dessèche-t-elle, et le\npommier ne refleurit-il pas au printemps nouveau ? Consomption ! Pour­\nquoi les joues qui devaient avoir la roseur des pêches mûres sont-elles\nfardées de blanc ? Pourquoi, le regard qui brillait semble-t-il une étoile\n"}, {"page_pdf": 381, "texte": "                                    — 340 —\n\nmourante? et pourquoi le corps s'affaiblissait-il, lorsque, rameau né du\nprintemps dernier, il devait se dresser joyeusement parmi ses sœurs les\nbranches !      Maladie tragique allumant aux joues crayeuses de ses patients\nles feux follets des cimetières ! »\n   C'est l'auscultation de lui-même que le malheureux Max faisait là; cette\nanalyse est celle de son propre mal, du mal dont il devait mourir quelques\nmois après l'avoir décrit.\n   A mesure que la pauvre Daisy approche de sa fin, le narrateur élève le\nton et, qui l'aurait pensé? Waller, entrevoyant la mort, parle d'une voix\npresque mystique :\n                             La voile ouvre son aile.\n\n  « — Aile ! porte-moi vers les lointains bleus, sur des vagues de lait, loin\ndes roches mauvaises et des ports inhospitaliers, au loin dans le pays où les\nanges accordent les harpes d'argent et chantent aux vibrations des rayons\nde lune.\n                             La brise va souffler.\n\n    — Les ailes se déploient; il y a dans l'espace une voie inconnue et nou­\n velle pour chacun. Transportez-moi par les routes jonchées d'anémones et\n  de jacinthes, bordées de grands lis blancs qui s'inclinent en ogives sous le\n  poids léger des vierges tourterelles !... »\n    Enfin, pour que la ressemblance soit complète, Max se substitue pour\n ainsi dire à Daisy mourante et, dans les paroles de fièvre qu'il lui met aux\n lèvres, on croit lire une allusion à la mort de son frère Charles, trépassé au\n Congo :\n    « — Où suis-je? des feux s'allument... on illumine donc aujourd'hui?...\n pour quelle fête? Ah ! c'est vous, mère? vous me tendez les bras et je vous\n croyais morte? Allez embrasser votre époux qui est tout seul et qui est bien\n triste... vous êtes triste aussi... pourquoi? Votre fils est allé vous rejoindre,\n n'est-il pas vrai? Il est mort, le gros ! il est mort, le bon ; mais il vit ; il a\n pensé à vous, mère ! et c'est parce qu'il a pensé à vous, notre Joe, qu'il est\n allé vous rejoindre ; avec vous il attend Daisy ; c'est pour cela que vous\n semblez triste! mais Daisy va venir, oui, Daisy va venir bientôt... »\n    Bien tôt, bien tôt, en effet, Max est allé rejoindre le frère affectionné.\n    Toutes ces allusions ne sont-elles pas frappantes ? Chaque page de Daisy\nnous rappelle ainsi, avec intensité, le cher camarade ; il y a si peu de temps\nqu'il repose à l'ombre du chœur de la petite église de Hofstade que sa der­\nnière confidence nous le rend vivant, et tout le temps du récit, sauf à la fin,\non pense à lui comme s'il n'était point mort.\n    Maintenant c'est fini, hélas ! Aucune page inédite ne nous donnera\nencore l'illusion de notre ami en vie ; et rien de nouveau, rien de créé par\nlui ne transpirera plus à travers le grand silence qui l'enveloppe à jamais.\n\n                                                     FRANCIS N A U T E T .\n"}, {"page_pdf": 382, "texte": "                                    — 341 -\n\n\n   La Princesse Gisèle, par Charles Buet. — 1 vol. Paris, Calmann-Lévy, éditeur.\n\n   M. Charles Buet est, dans toute la vérité du terme, un polygraphe. A la\nfois dramaturge, romancier, critique et historien, il a publié, quoique\njeune encore, un nombre considérable d'ouvrages qui lui ont valu l'estime\ndes lettrés et des amitiés célèbres.\n   Dramaturge, il débuta par un coup d'éclat : son drame le Prêtre lui\nattira les hauts suffrages des princes de la littérature.\n   Historien, il a donné une biographie de l'amiral de Coligny et une vie\ndu duc de Guise, où l'on trouve une vaste érudition alliée à des facultés\nraffinées de peintre et de psychologue.\n   Romancier, il s'est consacré surtout au roman d'intrigue, ne dédaignant\nni cape ni épée, et coquetant avec l'histoire et la fantaisie; tels sont le\nChevalier de la Croix-Blanche, le Crime deMaltaverne, le Roi Chariot. —\nLes Contes moqueurs et les Contes ironiques accentuent une note tragique\net soulèvent les problèmes complexes de la perversité morale.\n   Un roman publié d'abord dans la Jeune France, sous ce titre : André\nZapoliho a paru, cette année, chez Calmann-Levy, rebaptisé : la Princesse\n Gisèle. C'est un ouvrage étrange, une sorte de conte de fées moderne, sans\nfées ni gnomes, à la fois invraisemblable et symbolique, où les fantaisies\nles plus désordonnées s'échevèlent aux quatre vents du ciel, mais déroulent\nleur bizarre sarabande selon un dessin rhythmique, sur un modèle rigoureu­\nsement maintenu.\n   La Princesse Gisèle c'est l'hystérique par hérédité, décrite depuis quel­\nques années par d'innombrables romanciers. Mais tandis que les écrivains\nnaturalistes se sont efforcés de traiter ce thème méthodiquement, non sans\nquelques prétentions scientifiques, M. Buet ne s'est soucié ni des documents\nhumains, ni des observations minutieuses : il a tracé une sorte de schéma\nidéal, résumant toute cette littérature, et l'a peinte, du bout d'un pinceau\nalerte, en tons fantastiques et légers, en couleurs d'aquarelle, où les bleus,\nles roses et les verts tendres fleurissent en invraisemblances charmantes\nsous les sombres et farouches épouvantes d'une forêt de mancenilliers,\nd'upas et de vomiquiers, heureusement artificiels. Et le lecteur est promené\ndans des parcs légendaires, au fond d'une Flandre bizarre où il y a des\nforêts et des rochers, — dans des châteaux miraculeux où toutes les mer­\nveilles d'un Orient magique ruissellent en parfums, en pierreries, en plu­\nmages rares, en étoffes de rêve, pêle-mêle, autour d'une adorable petite\nmulâtresse épousée par un vieux prince de sang royal, d'une cinghalaise\nmystérieuse, d'une enfant perverse et d'un petit groom équivoque. Puis,\nbrusquement, voici d'autres châteaux, un béguinage, une pension d'étu­\ndiants au Quartier-Latin, des étourderies et de libres amours de jeunes gens\nà l'âge joyeux de la sainte bohême, et, au milieu d'eux, folle de son corps et\ndu leur, la petite princesse Gisèle, échappée du couvent en compagnie d'une\nétonnante béguine de féerie, défroquée parce que, et qui fait le fricot,\naccompagne la princesse au théâtre tout en égrenant son chapelet et assiste\n"}, {"page_pdf": 383, "texte": "                                  — 342 —\n\naux folles équipées de l'héroïne en souriant, mais sans les vouloir jamais\nimiter.\n   Et les aventures continuent, se déroulent comme une chatoyante écharpe\nde soie multicolore, agitée par une brise folle. Mais dans tous ces jeux de\nlumières persiste le dessin essentiel : c'est toujours le thème de la névrose\net de l'hystérie, tel qu'il a été conçu par les écrivains naturalistes, mais\nabstrait des réalités quotidiennes et simplement transposé, sans altération\nde son essence, dans le monde de la fantaisie.\n  Tel apparaît le portrait de Ghiza :\n    « L'attitude vis-à-vis de Ghiza, d'André Zapoliho, fut désormais calquée\n sur les sentiments exprimés par ce court dialogue : ce fut le complet,\n l'absolu, l'irrémédiable mépris.\n    « Il la jugeait laide avec son goût d'homme chaste pour qui toute femme\n doit être ou l'altière Junori, superbe, puissante et protectrice, où la mignonne\n fée Mab, gracile, délicate et protégée.\n    « Sa droiture n'admettait pas les raffinements des rapprochements sensuels;\n cette peau ocreuse, mate comme du vieil ivoire, jaune comme du vermeil\ndédoré, ne l'eût point tenté, pas plus que ces yeux pervers, d'un orient de\nperle bleuie, presque vert-de-grisée, cernés d'un bistre qui les soulignait\n d'une tache hectique; cette bouche toujours entr'ouverte et toujours\nhumide, aux lèvres largement épanouies, et laissant voir entre leurs ourlets\nde pourpre des dents aiguës et fines, lui répugnait; ce front en triangle,\nencadré de cheveux ondes, si noirs qu'ils roussissaient à la lumière, lui\nparaissait dépourvu de noblesse et d'intelligence, et les oreilles, si petites,\ncontournées en coquillages rosâtres, lui déplaisaient, avec leurs lobes\ndistendus par le poids de gros anneaux indiens, incrustés de cabochons de\nsaphir.\n    « Les épaules étroites, la poitrine plate, la démarche balancée, les hanches\nproéminentes, lui rappelaient d'anciennes évocations de l'androgyne,et dans\nla main aux doigts fuselés, à la paume forte, aux ongles ovales et recourbés,\nil voyait une griffe de stryge. »\n   Le style de ce roman répond bien à l'étrangeté savante de sa conception.\nM. Buet prodigue à pleines mains, comme autant de pierres précieuses,\nirréprochablement taillées, les mots rares, éclatants et précis qu'il puise\ndans sa riche mémoire ; mais il semble dédaigner de les sertir en joyaux\nclassiques et préfère les éparpiller à son caprice. Il y a du voulu dans cet\napparent désordre comme dans les anachronismes et les inexactitudes\nvariées que l'auteur commet à dessein, comme pour mieux marquer le\ncaractère de légende qu'il veut donner à son roman.\n                                                          IWAN GILKIN.\n"}, {"page_pdf": 384, "texte": "                                       — 343 —\n\n\n\n\n                                MEMENTO\n   Notre collaborateur M. Georges Eekhoud      Sujet léger traité légèrement non sans grâce,\nvient de publier en volume, chez l'éditeur     comme il convient à un dialogue entre une\nKistemaeckers, les deux chapitres inédits      duchesse et un chevalier. Malheureusement,\nde la Nouvelle Carthage dont la Société        M. Bosiers a la transition peu psychologique\nnouvelle a eu la primeur. Ces deux chapi­      et la langue dont il se sert pour être tout à\ntres, qui forment un deuxième tome, sont       fait artiste, devrait être épurée d'un grand\nmis en vente au prix de fr. 3-50. Nous         nombre de lieux communs.\nconsacrerons prochainement un article à           La seconde brochure contient des souve­\nces épisodes, qui produiront une vive sen­     nirs d'une excursion en Zélande, où nous\nsation dans le monde des lettres.              trouvons quelques impressions, des anec­\n                                               dotes et un grand nombre d'observations\n                                               à propos du temps, du logement et de la\n   Nous rendrons compte, dans notre pro­       nourriture.\nchain numéro, de la nouvelle' œuvre de\nnotre collaborateur M. Jules Destrée. Con­\nstatons, dès aujourd'hui, la beauté maté­        L'Art moderne vient d'entrer en polé­\nrielle du livre, orné de superbes planches     mique avec Nicolas Boileau-Despréaux.\nsignées Redon, Danse, De Groux.\n\n\n  Notre collaborateur M. Georges Kaiser,          La Vogue consacre un article, d'ailleurs\nqui cingle vers le Canada, s'est attendri, à   très élogieux, aux Serres chaudes de\nbord du Rhijnland, sur une vieille Anglaise    M. Maurice Maeterlinck.\ninconsistante. Les détails manquent.              M. Gustave Kahn apprécie ainsi l'œuvre\n                                               de notre collaborateur :\n                                                  « M. Maeterlinck doit être loué d'avoir\n   Le far niente des vacances nous empêche     tenté la difficile besogne d'un livre d'analo­\nde rendre compte de l'étude historique de      gies ; je distingue bien ses thèmes d'hôpi­\nnotre collaborateur M. Emile Van Aren-         taux, de nonnes en souffrance..., de linges\nbergh : Don Juan d'Autriche, et du recueil     dans les prés, mais les hôpitaux, je les ai\nde vers de M. Charles Sluyts : l'Amour         vus au Parnasse sous la signature de\nsaigne. Ce sera pour notre prochain            M. Stéphane Mallarmé, les nonnes aux\nnuméro. L'amour saigne tous les mois, et       Premières communions de M. Rimbaud,\nDon Juan n'aura rien perdu de sa valeur.       les linges, dans l'Imitation de Notre-Dame\n                                               la Lune... ».\n                                                  Voilà vraiment de haute et vaillante cri­\n                                               tique! M. Mallarmé a parlé d'un hôpital?\n  M. Bosiers, secrétaire du Cercle artisti­    Le mot « hôpital » est rayé du dictionnaire.\nque d'Anvers, nous adresse deux brochures :    Il a plu à M. Rimbaud de placer une\nune piècette en un acte, en prose : La         « nonne » au milieu d'un alexandrin :\nSonate, jouée en 1888 à une Soirée du          défense d'employer encore ce vocable dans\nCercle par Mme Thénard et M. De Mey.           la poésie française. Jules Laforgue use du\n"}, {"page_pdf": 385, "texte": "                                          -   344     -\n\n terme \" linge \" dans l'Imitation de Notre-       cheval, et du confrère autrichien qui a\n Dame la Lune? Ce terme devient la pro­           cheminé de Vienne à « la rue du Caire » en\n priété exclusive de Laforgue et de ses héri­     fiacre.\n tiers.                                              Un bon mois que la presse de Londres\n    Entendue de cette façon, la critique litté­   emprunte les épisodes de cette originale\n raire n'est plus qu'une misérable prestidi­      excursion aux journaux de Paris. Un bon\n gitation.                                        mois que la presse américaine surenchérit\n                                                   sur les journaux de Londres; que l'Asie\n                                                   conte l'affaire à l'Afrique, qui la répète\n   Remarqué dans la Fédération artistique         peut-être... à la lune.\n(numéro du 7 septembre) une très heureuse            Le tour du monde en trente et un jours.\ncomparaison entre la troupe de la Monnaie            Ni les voyages de Colomb, ni ceux de\net les œufs de Pâques.                            Stanley n'ont eu d'historiographes plus\n   Puis cette phrase à propos du Waux-            abondants et plus précis. L'austère Journal\nHall : « Lundi une autre chanteuse a jeté         des Débats nous relate comment M. Nautet\nune note gaie dans l'assistance ».                a quitté Bruxelles, le Journal de Saint-\n  L'auteur ne dit pas qui l'a ramassée.           Pétersbourg comment l'écrivain belge a\nC'est dommage.                                    été arrêté sur le territoire de la commune\n                                                  de Louvroil par un maire armé de la loi\n                                                  Grammont sur la protection des animaux ;\n   Le sixième Almanach de         l'Université    le New - York Times comment notre\nde Gand paraîtra au mois de janvier pro­          compatriote et son attelage de mâtins ont\nchain. Comme celui des années antérieures,        triomphalement pénétré dans Paris, accla­\nil comprendra unepartie littéraire àlaquelle      més par la fanfare des Batignolles.\ntous les étudiants et anciens étudiants sont         Des noms éminents ou augustes ont été\nappelés à collaborer par l'envoi d'oeuvres        mêlés à l'aventure. L'Argus de Melbourne\ninédites. Les manuscrits doivent être adres­      est persuadé qu'un très proche parent du\nsés, avant le 15 novembre 1889, au secréta­       roi des Belges a reçu et félicité \" l'homme\nriat, Coupure, 42, à Gand.                        à la charrette \" à la porte de Neuilly. Le\n                                                  National Zeitung, de Berlin , a cité de\n                                                  grands diplomates, vertueusement indignés\n                                                  du sort fait aux bêtes en général, aux chiens\n  Ont été unis le mois dernier, Mademoi­\n                                                  en particulier, par notre inhumaine Belgi­\nselle Maria Monnom et le peintre Théo\n                                                  que. Toutes les Sociétés quadropédophiles\nVan Rysselberghe. Nos félicitations aux\n                                                  du Royaume-Uni se sont mises en mouve­\njeunes époux ainsi qu'à Madame Monnom.            ment.\n                                                     Et ce n'est pas tout. Voici qu'entre en\n                                                  campagne le Daily News, le grand organe\n  Le paysagiste français Jules Dupré vient        d'outre-Manche (nous allions dire de la\nde mourir.                                        Manca) qui eut l'honneur de dénoncer, en\n                                                  1876, à l'Europe les massacres bulgares, et\n                                                  plus récemment les violences du Kurde\n    On lit dans l'Indépendance belge sous le      Moussa bey contre les chrétiens d'Arménie.\ntitre : « l'Univers mystifié ».                   Son correspondant parisien déclare avoir\n    Voilà un bon mois que ça dure.                vu, de ses yeux vu, M. Nautet ; l'avoir\n     Un bon mois que les journaux parisiens       ouï, de ses oreilles ouï, narrer sa canine\n narrent les détails d'un fantastique voyage      promenade :\n  à Paris effectué en charrette à chiens par         « M. Nautet se conforme à l'usage de son\n  M. Francis Nautet, écrivain oelge, jaloux       pays en employant le chien comme bête de\n   des lauriers du cavalier russe qui a fait le   trait... A Bruxelles, il ne se promène qu'en\n   trajet de Pétersbourg à la tour Eiffel à       charrette à chien .. Il estime que la Belgi-\n"}, {"page_pdf": 386, "texte": "                                        -   345     -\n\nque, avec son ciel mélancolique et son sol         Seconde moralité : Le téléphone et le\ndétrempé, est néanmoins au nombre des           télégraphe n'empêchent pas qu'on écrive\nnations les plus prospères de l'Europe,         l'histoire avec la même belle candeur qu'au\ngrâce au chien qui est non seulement le         temps où nos moyens de communication\ncamarade, mais encore le conducteur du          se bornaient à la diligence et à... la char­\npauvre... La force d'un bon chien de trait      rette à chiens.\nest merveilleuse. Il n'abîme point les routes      Vers la fin du prochain siècle, le voyage\ncomme le cheval ; quand il est fatigué il       de M. Nautet à l'Exposition du Centenaire\ndemande à se coucher, faveur que les            aura ses Joinville et ses Froissard qui\nBelges lui accordent toujours... Les deux       lui consacreront de longs chapitres éru-\nmâtins qui ont conduit M. Nautet à Paris,       dits. Notre divulgation de la « zwanze »\nont une longue lignée d'ancêtres qui ont        n'aura servi de rien. Le Daily News a vu\nrendu de grands services en leur temps et       M. Nautet, son phaêton, ses chiens... de\nde même manière... Ils couchaient, man­         ses yeux vu.\ngeaient, dormaient à ses pieds, dans les\nauberges. Le phaëton auquel ils étaient\nattelés est un petit véhicule léger et élé­        Dans une lettre parisienne du Journal\ngant, mais qui pourrait être plus léger         de Bruxelles, signée Georges Rodenbach,\nencore. »                                       nous lisons le passage suivant :\n   « Qui pourrait être plus léger encore ! »       « Une ironie électorale autrement cruelle\nC'est la sévère sentence du monde civilisé      et glaçante, c'est celle d'un journal de cir­\nsur la cruauté de la Belgique, qui point à la   constance que, lors de la chute de M. Grévy,\nlin de {'interview. Nous voilà jugés.           s'était amusé à écrire tout seul — rédigeant\n                                                lui-même un article de fond, une séance de\n                                                la Chambre, un interview, un message, etc.,\n                                                — le comte Villiers de l'Isle-Adam. qui\n  Le titre qui surmonte ces lignes nous         vient de mourir. En dépit de ce temps\ndispenserait presque d'ajouter que notre        hâtif, pour lequel quelques jours — comme\nsympathique confrère, M. Nautet, du Jour-       Musset le constatait déjà à propos de la\nnal de Bruxelles, qui garde son originalité     Malibran — « font d'une mort récente une\npour sa plume, ne s'est jamais avisé de se      vieille nouvelle », nous voudrions encore\nrendre à Paris en charrette — même à            un peu animer sa mémoire, nous qui l'avons\nchiens — qu'il est à Bruxelles très bien        bien connu et bien aimé dans les dernières\nportant, extrêmement amusé de son entre­        étapes de son calvaire, d'abord en son triste\nvue avec le correspondant parisien du           logis, au quatrième, rue Fontaine, où le\nDaily News; que la Belgique ne mérite           plus beau meuble, certes, était un piano,\npas complètement les anathèmes des Socié­       un piano à queue qu'il avait acheté quatre-\ntés protectrices des bêtes; et que l'Argus      vingts francs dans une vente, pauvre piano\nde Melbourne a déciment un œil de trop.         qui dans sa vieillesse se mettait à apprendre\n   Mais il ne suffît pas d'avoir dévoilé la     du Wagner. Puis dans la maisonnette à\nmystification. 11 y a une morale à en tirer :   Nogent-sur-Marne que, à quelques amis,\nla première c'est que l'Europe, l'Afrique et    nous lui avions assurée, car, sans cette\nl'Asie ne soupçonnent pas encore l'existence    amicale cotisation, Dieu sait comment il\nd'un genre d'humour spécial à la Belgique,      aurait vécu ses derniers mois. Quelques-\net qu'en langue du terroir on dénomme           uns ont eu le courage d'insulter à cette pau­\npittoresquement la zwanze. Le Journal des       vreté. « C'était un bohème ! » ont dit les\nDébats saura désormais ce que c'est que         pharisiens et les ignorants; car les temps\nd'être zwanzé. Le Daily News l'a appris         sont venus, prédits par Baudelaire, où il\nde façon à ne l'oublier plus jamais. Le mot     sera criminel de ne pas savoir faire fortune.\ndeviendra classique dans les colonnes du        Villiers ne l'ignorait pas, et aux jeunes\nJournal de Saint-Pétersbourg:                   hommes qui le venaient visiter il conseillait\n"}, {"page_pdf": 387, "texte": "                                         — 346 —\n\n  de suivre le précepte de Rothschild : Ne       Sonnets, Jean Boels. — Eté, Léon Henne­\n  jamais voir que des riches, — et des riches    bicq. —Rhytlimes en prose, P. de San­\n heureux! »                                      drau. — Résignation, Fernand Roussel —\n    Puisque M. Georges Rodenbach croit           Rêve fou, Joseph Hennebicq. — Minia-\n devoir nous apprendre qu'il s'est cotisé        tures, Albert Arnay. — Varia. — Bulletin\n pour adoucir les derniers moments de Vil­       bibliographique.\n liers de l'Isle-Adam, nous tenons, nous, à         Numéro d'octobre.\nindemniser le poète du Silence.                      Villiers de l'Isle-Adam, Albert Arnay.\n    A cet effet nous avons fait circuler une     — Vers écrits en tête d'un    memorandum,\nliste de souscription. Nous avons recueilli      Fritz Velaines. — Sonnets : Prophétie. —\nles sommes suivantes ;                           Le Jardin enchanté, Jean Boels. — Cruci-\n  Tribulat Bonhomet.      . . . fr.   0-75      fix, Jean Delville.— La vie amere : Soirée\n  Joseph Prudhomme        . . . .     0-60      perdue, L. Thioust-Edgy. — Un Baptême,\n  Perrichon                           0-15       Paul Lacomblez. — Illusion, Camille Le­\n  Georges Ohnet                       1-50       jeune. — Vespéral, Frédéric Neyskens. —\n  Feu Belmontet                       0-10       Silencieusement, Maurice Dormal. — Varia.\n  Charles Potvin                      1-00      — Bulletin bibliographique.\n  Charles Tilman                      0-95\n\n                   Total. . . fr. 4-95\n                                                    Le théâtre de la Monnaie a rouvert les\n  Nous y avons ajouté un timbre de cinq          portes, petites et grandes, aux curieux de\ncentimes pour parfaire la somme, que nous        batailles théâtrales.\ntenons à la disposition de M. Rodenbach,            Il a inauguré par des œuvres de Meyer­\npour solde de tout « compte cruel ».             beer, Rossini, Halévy, e t c . , une troupe\n                                                 nouvelle et un chef d'orchestre nouveau.\n                                                    Le chef d'orchestre a été sacré MAITRE\n  Lire dans le Magasin       littéraire un       le premier soir et des gens ont déclaré que\nremarquable article de notre collaborateur      Joseph Dupont n'avait aucun talent. Ceci\nM. Charles Buet sur Ernest Hello.                nous paraît exagéré.\n                                                    Quant à la troupe, c'est un mêlé-cassis de\n                                                 bons et de mauvais artistes que nous\n  Dans la Vogue (numéro d'août) des vers        n'aurons à juger ici que le jour où ils crée­\nde MM. Gustave Kahn et Adolphe Retté.            ront une œuvre.\n                                                    La saison dramatique s'est ouverte aussi.\n                                                 Nos trois théâtres de comédie — car nous\n   Dans la Revue indépendante (août) : Le       en avons trois cet hiver — ont repris leurs\nFer, un très curieux article sur le palais de   opérations.\nl'Exposition et la tour Eiffel, quant à leur       Aux Galeries, M. Bahier avait annoncé\nesthétique architecturale.                      des merveilles et cette louable intention :\n   Pour la tour, c'est un éreintement.          rajeunir la comédie : il a débuté par la\n                                                Grande       Marnière.\n                                                   M. Alhaiza qui nous a donné pendant un\n  Dans la Vogue du mois de septembre            hiver, cette exceptionnelle jouissance d'un\ndes vers signés Henri de Régnier, Albert        théâtre littéraire qu'un insuccès... électoral\nSaint-Paul et. Francis Viellé-Griffin.          avait un peu découragé l'année dernière,\n                                                peut encore se repentir. Il n'a que deux\n                                                moyens de réussir : reprendre la succession\n                                                deMmeDesnoyer et jeter au gros public de\n Sommaires de la Pléiade de Bruxelles :         gros morceaux de gros drame à prix ré­\nNuméro de septembre. Langueur, Sully            duits ; ou bien ressusciter les Matinées lit-\nHuntley. — Vision, Auguste Jenart. —            téraires qui ont mis naguère son petit\n"}, {"page_pdf": 388, "texte": "                                             347\n\nthéâtre en relief en lui attirant la sympathie     religion rationnelle ne sont pas les derniers\ndes artistes et de presque toute la presse.        à se prosterner.\n  Nous attendons qu'il choisisse.                     Parmi les fêtes spirituelles modernes, en\n                                                   connaît-on une plus admirable que la\n                                                   représentation de Parsifal à Bayreuth ? Il\n                                                   se trouve, par hasard, que le sujet de Par-\n  Berlin va avoir son Théâtre-Libre, nous          sifal touche à une religion positive.\ndit le Guide musical ; on y jouera d'abord            En quoi cela nous importe-t-il si l'expres­\nles Revenants d'Ibsen avec Mme Hans de             sion en est absolument et intensément\n Bulow qui fera sa rentrée au théâtre après        belle, si elle manifeste, si eile personnifie\n plusieurs années d'absence.                        pour ainsi dire d'une personnification\n                                                    esthétique ce que nous nommons L'ART...\n                                                    sans qualificatif.\n\n\n   On vient d'exécuter à Paris l'Ode triom-\n                                                      M. Victor Wilder est nommé chevalier\nphale du Centenaire, composée — en der­\n                                                   de la Légion d'honneur en remplacement du\nnier lieu — par Mlle Augusta Holmes. On\n                                                   général Boulanger.\nloue les efforts et les intentions de l'auteur\n                                                      Cela lui apprendra à faire l'éloge d'Es­\nqui, grâce à son éducation musicale moder­\n                                                   clarmonde.\nniste, a échappé autant que possible aux\nbanalités d'une œuvre de circonstance.\n   Le sujet a été non seulement chanté,\n                                                     Frère Tra la la, — en musique, M.Charles\nmais aussi représenté par des tableaux\n                                                   Gounod — a fait connaître son opinion sur\nsymboliques, allégoriques et plastiques,\n                                                   Wagner.\nsur un théâtre monté, à cet effet, au Palais\n                                                     Voici :\nde l'Industrie. Un vrai Jeu pour la patrie,\nà la façon antique.                                  « Wagner est un prodige étonnant, une\n                                                   aberration de génie, un visionnaire hanté\n   Ce qu'il y a d'amusant, ce sont les rap­\n                                                   par tout ce qui est colossal. Il ne sait pas\nprochements que font certains journaux\n                                                   mesurer d'une façon exacte la puissance de\npolitiques entre cette solennité et les fêtes\n                                                   son cerveau. En présence de ces efforts\ndonnées par la Révolution en l'honneur de\n                                                   prodigieux et de cette gigantesque dépense\nla déesse Raison.\n                                                   de talent et de travail, on ne saurait s'em­\n   On propose de relever « l'autel de la           pêcher de songer à la cruelle réponse\npatrie ». Seulement, comme on ne veut plus         qu'Agnès adressait à Arnolphe :\nde symboles, ce sera, apparemment, un\nautel purement positiviste où les gardes             Horace, avec deux mots, en ferait plus que vous.\nciviques officieront.                                 Comparez maintenant les extravagances\n    Si la politique n'avait pas mis sa poutre      d'harmonie de Wagner et sa tendance à\n dans l'œil des quelques penseurs qui sub­         faire grincer outre mesure les instruments\nsistent encore à la tête de notre presse quo­      à cordes avec l'ordonnance si simple de la\ntidienne, ils verraient que la religion la         scène du Commandeur.\n plus sublime à inspirer au peuple est la             Le soir de la première représentation,\n religion du beau. Celle-là comme toutes           l'empereur Joseph II dit à l'auteur de Don\n les autres — y compris la révolutionnaire         Juan : « Votre opéra est charmant, mon­\n— est faite de fictions, mais de fictions qui      sieur Mozart, mais il contient une bien\n procèdent des plus pures impressions et           grande quantité de notes ». L'artiste fit au\n des plus pures pensées.                           souverain cette fière réponse : « Sire, il n'y\n    Elle a sa hiérarchie intellectuelle et,        en a pas une seule de trop ». Personne ne\n comme chefs suprêmes, quelques hommes             pourrait faire une semblable remarque à\n de génie devant lesquels les prêtres de la        propos des œuvres de Wagner. »\n"}, {"page_pdf": 389, "texte": "                                        — 348 —\n\n  C'est de Siebel, sans doute : pauvre gar­     campagne de critique qu'il compte faire\nçon !                                           dans un grand journal quotidien : « J'aurai\n                                                des choses nouvelles à dire, j'aurai à con­\n                                                stater les divers efforts qui se seront mani­\n                                                festés durant ce laps de temps; à en dégager\n                                                la philosophie ».\n   M. Zola interviewé par un rédacteur du          Attendons-nous donc à voir réapparaître\nFigaro qui porte le nom d'Ange Galdemar,        M. Zola dans la bataille littéraire contem­\na fait un petit exposé nouveau de ses idées     poraine. Il veut faire une dernière sortie\nsur le mouvement littéraire « après la          avant de prendre sa retraite. Le mouvement\ngrande trouée du naturalisme ».                 sera intéressant. Il lui faudra un vigoureux\n   Parlant du réalisme russe, il dit : « Les    effort de rajeunissement pour se porter en\nRusses ont pris chez nous certaines idées       avant de la littérature complexe qui a défilé\nqu'ils se sont appropriées très ingénieuse­     en ces dernières années, et la juger d'en­\nment et qu'ils nous ont rendues dans leurs      semble.\nlivres avec quelque chose de l'âme slave...\n                                                   « Ma situation est curieuse » dit-il ; bien\nEn tout cas, cette littérature nous a fourni\n                                                curieuse, en effet, car il sera donné à\nl'occasion de lire deux ou trois vrais chefs-\n                                                M. Zola, après avoir parlé de naturalisme\nd'œuvre ». Il y en a peut-être bien quatre !\n                                                en prophète, d'en parler en historien.\n   M. Zola constate que nous sommes dans           Le cas n'est pas commun.\nune période de transition, d'attente et de\nmalaise. Il avoue implicitement que le\nnaturalisme a fini de vivre et déclare\nqu'après avoir terminé les quatre derniers\nvolumes des Rougon-Macquart,        il écrira\nquelques romans « d'une note différente,\nen dehors de la méthode absolue qu'il a\nsuivie jusqu'ici ». L'euphémisme est clair !\n   Il annonce en même temps une nouvelle\n"}, {"page_pdf": 390, "texte": "                           L'EVENTAIL\n             THEATRAL,     ARTISTIQUE ET MONDAIN\n                       DIRECTEUR : F. ROTIERS.\n      Rédaction et administration : 26, rue de l'Industrie, Bruxelles\n  _                        Belgique, un an                                  fr. 5-00\n  P R I X D ABONNEMENT :\n                           Etranger     »                                       7-50\n\n\n\n\nA         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleui\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n      de Block's Universal Wine C°\n                  6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA BOURSE)\n\n\n\n E        n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora. .\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\nGIL          BLAS,        journal quotidien français, boulevard des Capu-\n   cines, 16, à Paris; publie LA PEAU, par RENÉ MAIZEROY.\n   Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\npartout.\n\n      ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                  EPERNAY\n\n\n                                             Prix Courant\n                             Baron J. de Warnimont .       . . . 2 25\n                             Marquis Armand de St-Hubert . . . . 2 75\n                             R O S É E J E U N E BELGIQUE                        3 00\n                             Crême d'Ay         id.         . . . .        . 3 50\n                             Bouzy extra        id.         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FRANCIS NAUTET.\n          La Princesse Gisèle .          . . . . .             IWAN GILKIN.\nMemento                                                        ***\n\n\n\n                  Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1889-10-01", "preuve": "Octobre 1889, numéro 10, couverture PDF 356 ; aucun jour imprimé."}}