{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "9e ANNÉE. TOME VIII, N° 11.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 392, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 529, "texte": "9e ANNÉE.   TOME VIII, N° 11.        PRIX : FR. 0-75.             NOVEMBRE l889.\n\n\n\n\n                                      BRUXELLES\n                                RÉDACTION :             ADMINISTRATION :\n                           72, RUE DE TRÊVES,         26? R U E D E   L'INDUSTRIE,\n\n                                             PARIS\n                                   LÉON    VANIER,          ÉDITEUR\n\n                                          19, Quai Saint-Michel\n\n                                                 1889\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "Bonsoir Monsieur", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Nous prions nos collaborateurs", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 393, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 655, "texte": "BOITE AUX LETTRES.\n   45. — QUAREMONT, TOURNAI. Inutile de vous impatienter. La gloire n'est pas comme\nl'omnibus. Elle attend ses élus.\n   Pour le reste — et dans le reste, sont comprises vos injures, si vous croyez que nous\navons le temps de répondre « manuscritement » à tous les littérateurs en mauvaise herbe,\nqui nous envoient de la copie, vous êtes pétri d'illusions. Qu'est-ce que cela peut nous\nfaire que vous soyez abonné ?\n   La boîte aux lettres n'est pas faite pour les chiens. Elle est faite pour les auteurs mala­\ndroits.\n   Il y a ici deux timbres de dix centimes à votre disposition.\n   Bonsoir Monsieur.\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis de la direction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "Nous prions nos collaborateurs", "ancre_fin": "Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VIENT DE PARAITRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 393, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 655, "fin_caractere_exclue": 823, "texte": "Nous prions nos collaborateurs de vouloir bien nous envoyer la copie\nle 20 du mois.\n\n   Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 349, "page_fin": 352, "titre_corps": "L’Homme-Sandwich", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry Carton de Wiart", "ancre_debut": "L HOMME SANDWICH", "ancre_fin": "HENRY CARTON DE WIART", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 394, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "L'HOMME-SANDWICH\n\n                                Avec des hésitations d'homme ivre, le vieux\n                                 vagabond se traîne le long des murs,\n                              quémandant du travail... n'osant dire sa faim.\n                               Au seuil des fabriques, il s'affermit sur ses\n                               jambes molles, puis, acculé dans le retrait\n                              de l'huis, attire furtivement la sonnette,\n                            angoissé par l'instinctive appréhension de voir\n                                 surgir au détour de la rue un casque de\n                                 policier.\n                                    Et partout, et toujours, sèche ou bru­\n                 tale, lui éclate au nez la même réponse avec les abois des\n                 chiens et le fracas de la porte se refermant sur lui. De ci,\n                 de là, une injure à son approche. Parfois plus cruelle\n                 encore, l'échappée tumultueuse des tout petits le tenant\n                 pour quelque malfaiteur...\n                    En vérité, la misère est bien dure aux vieux.\n\n\n                   Mais, l'habitude l'ayant .insensibilisé, il reprend sa voie\n                douloureuse, mâchonnant à peine un juron : la casquette\npoisseuse rabaissée sur les yeux, les mains enfouies dans les poches de ses\nbraies, les épaules ramenées en avant, il lutte de nouveau contre ce maudit\nfroid de décembre qui le soufflette à la face.\n"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2366, "texte": "                                  — 350 —\n\n   D'une enjambée d'arche, la rue franchit un canal. Le misérable s'accoude\nau parapet. A sa gauche, à sa dextre, canaux exutoires faubouriens; des\nrues désertes percent l'ombre des maisons entassées; et devant lui, loin,\nbien loin, court parallèle au cours de l'eau le chemin du halage où saillent,\ndurs comme pierres, les bourrelets boursouflés des ornières. Parsemés à\nl'aventure, les arbres souffrent visiblement du froid qui les raidit. Sur toutes\nchoses, un duvet de neige mousse comme une moisissure.\n   En vérité, la misère est bien dure aux vieux.\n\n\n   Solitude, froideur marmoréenne, premiers baisers de la Mort. Derrière\nles hautes murailles où l'écroulement des écailles de mortier montre à nu\nla brique couleur chair, bruit seulement, scandant le silence, le frémisse­\nment saccadé des machines, parfois couvert par un éclat de cloche ou une\nstridente clameur de chaudière qui flagelle l'air comme un sarcasme.\n   Accoudé au garde-fou, le vieux s'immobilise en une sensation de non-\nêtre. Les sens trop excités se détendent et se reposent dans la fixe, incon­\nsciente et absorbante contemplation de cette eau glauque où flottent dou­\ncement quelques glaçons épars, minces comme vitres, qui se heurtent et\nfuient en se jouant. Avec le courant, voyagent ses pensers vers de calmes et\nconfus Edens. 'Oh! l'oubli de tout qui l'hypnotise du fond de cette eau\nglauque...\n   En vérité, la misère est bien dure aux vieux.\n\n\n   Révolte de l'être apeuré ou survivance d'humaine dignité qui fait taire\nl'envie de se laisser choir et souffle sur le rêve?... Le vagabond, dans la\nlourdeur d'un sommeil arraché, déserte la banlieue souffreteuse et, la ligne\ndes boulevards franchie, s'engage au cœur de la Cité, ses bottes éculées\n(ineffables débris!] s'ériflant aux porphyres gris et durs. La dilatation de\nses narines hume les suaves effluves qui, des caves, s'échappent par bouffées.\n   Au hasard de sa divagation, il aboutit enfin dans quelqu'une de ces\nsuspectes ruelles qu'anime seul le papillottement nocturne des réverbères,\nlesquels, en plein jour, comme des viveurs ou des histrions très lassés,\nreposent en un blafard épuisement. Sans trêve, l'assaillent les lancinantes\ntranchées de la faim dont ses mains noueuses voudraient vainement com­\nprimer l'astringence.\n   En vérité, la misère est bien dure aux vieux.\n"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "                                  — 351 —\n\n  Et pourtant courageux, il implore l'alignement désespérant des façades\nchamarrées d'enseignes, quand soudain ses yeux s'éblouissent à la décou­\nverte d'une pancarte collée à la devanture d'un café-chantant :\n\n                     On demande des hommes de peine\n                         pour porter des affiches.\n\n   On demande... La banale formule, tant poursuivie, enfin atteinte, lui\nfait sauter le cœur et l'illumine d'espoir.\n   Taille redressée, hardes rajustées, il pénètre dans la salle de concert gar­\nnie d'enrochements récents et, dès l'entrée, les acres relents de la vieille\npipe, du gaz et des alcools fermentes le prennent à la gorge.\n   Malhabile, il expose sa sollicitation, et aussitôt, coupant court à ses\ndoléances de vieux, une façon de régisseur (mi-camelot, mi-cabotin), s'en\nva retirer du magasin d'accessoires une carapace de zinc peinturluré dans\nlaquelle il l'introduit tout entier.\n   Poursuivant l'œuvre grotesque, le quidam enfonce sur le chef du vaga­\nbond un cylindre vermillon ; au haut de l'épaule il noue une ficelle rete­\nnant cinq ou six ballons d'enfants ; puis, il l'aide à sortir, promettant le\nsalaire au retour.\n   Le misérable, inconscient de sa métamorphose, reprend à nouveau sa\ntitubante déambulée par les rues, ayant, dès les premiers pas, des ahuris­\nsements extrêmes à se voir reflété aux devantures des boutiques en il ne sait\nquelle image polychrome et monstrueuse.\n   Avec raison d'ailleurs ; car c'est la chose au monde la plus burlesque, que\nce contraste d'une mine piteuse et exsangue et de cet encadrement de fer­\nblanterie aux couleurs aveuglantes : sur la paroi de devant, une ondine\nportant en exergue l'enseigne du susdit établissement : A la grotte de\nCalypso; sur celle de derrière un clown à la perruque triangulaire et\naux pantalons invraisemblables, déployant une banderole avec ces mots :\nConcert tous les soirs. Entrée libre; et, par dessus tout cela, les petits\nballons blancs, rouges, lilas, frémissant à chaque saccade de la ficelle.\n   Et vous ririez comme les autres de cette mascarade inattendue débou­\nchant au coin des rues et traversant lentement la foule avec toute une\nescorte de mômes gouailleurs, jusqu'aux plus petits qui, très malicieux,\nviennent par derrière faire retentir la tôle d'un coup de poing mal appli­\nqué...\n   Au boulevard, la police intervenant dissémine la troupe juvénile et\nl'homme-sandwich peut continuer son itinéraire, n'éveillant plus sur son\npassage que quelques lazzis ou quelques risées à fleur de lèvres.\n"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2278, "texte": "                                  — 352 —\n\n\n   Cependant, le misérable souffre la faim, et cette carcasse lourde et roide\ndans laquelle il se sent emprisonné comme un escargot dans sa coquille, ce\nchapeau burlesque qui lui meurtrit les tempes ajoutent encore au supplice\nde ses appétences inapaisées.\n   La faiblesse l'oppresse, ses jambes flageolent davantage, sa tête brûle, ses\nmains tremblotent d'un balzin fiévreux.\n  Autour de lui ne cessent de défiler dans les rayons d'un soleil pâle les\néquipages rapides, les dames emboassées de zibeline et les gommeux se dan­\ndinant .\n   Il contemple tout cela d'une prunelle indécise et, soudain, tout point\nd'appui lui échappe, toute réalité s'enfuit devant la recrudescence du vertige\nsubi devant l'eau glauque — là-bas, — et tandis qu'à ses oreilles bourdon­\nnent d'imaginaires rumeurs, en son cerveau enfiévré hommes et choses\ninaugurent la plus dégingandée et la plus infernale des sarabandes :\nbonds cadencés et automatiques des trotteurs luisants, sauts vertigineux\ndes maisons blanches pailletées de soleil, chevauchées funambulesques des\nnuages ouatés sur lesquels s'estompent des chênes confus et impalpables,\nfarandole sans mesure des marronniers obèses arrachés au sol qui, lascive­\nment, enlacent leurs branches décharnées...\n   Le misérable se sent emporté dans ce tourbillon. Il lui semble que c'est\nsa vie ce spectacle endiablé qui l'épuisé, — sa vie avec ses vices invaincus,\nles désespérances, les chômages, la misère insondable, — et que c'est son\ndestin cette entre-vision de l'au delà où s'ouvre parmi les nuages une issue\nà la vie présente, un devenir meilleur et définitif peuplé des saints et des\nvierges des jours d'enfance dont les simarres d'or et les tuniques liliales l'at­\ntirent irrésistiblement.\n   Et les petits ballons, au dessus du chapeau évasé, de se heurter et de\nrebondir, agités par la bise et aussi par les commotions secouant tout l'être\nde l'affamé...\n   Puis, la respiration se fait saccadée, les yeux s'égarent, montrant le blanc,\nla bouche se convulsionne en un ultime rictus et, les jambes cédant sous le\ncorps, l'homme-sandwich, paré pour la Mort, s'affale tout d'une pièce, dans\nun grand fracas de ferrailles.\n                                          H E N R Y CARTON DE W I A R T ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 353, "page_fin": 355, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "André Fontainas", "ancre_debut": "VERS AMOUR", "ancre_fin": "ANDRÉ FONTAINAS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PROSES LYRIQUES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 398, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 64, "fin_caractere_exclue": 1394, "texte": "VERS\n                           AMOUR\n\nDonne tes yeux brûlants et tes dents affamées\nDe mon cœur; donne-moi tes lèvres parfumées\nEt les roses boutons qui fleurissent tes seins,\nPlus frais que la clarté fondante des raisins,\nEt ton ventre amoureux et la toison secrète\nOù mon désir d'amour en pâmoison s'arrête!\nParmi l'enlacement de nos bras épuisés\nJe veux boire ton sang en de fauves baisers ;\nFruit savoureux et sain que l'amour fit éclore.\nGrisante floraison d'arômes, je t'implore!\nJ'implore ta Beauté, ta Bonté, ta Clarté,\nJ'implore la Pitié de ta divinité :\n Voici mon cœur, Victorieuse, où tu te dresses,\n Verse-moi le trésor de tes vastes caresses,\nLes caresses de ta lèvre et de tes yeux chers\nQui f ont s'hébéter l'âme et se flétrir les chairs.\n\n\n                        EN ZÉLANDE\n\nPar les mille détours des fleuves de Zélande\nSont à jamais poussés sous les souffles amers\nLes rêves de mon cœur qui s'enfoncent en bande\nVers le lointain mirage et l'inconnu des mers.\n\nLes orages du ciel et les houles des mers\nVont disperser bientôt l'aventureuse bande,\nEt mon cœur déserté de ses rêves amers\nSera comme un ilôt perdu dans la Zélande.\n\nMais les riches moissons de l'heureuse Zélande\nNe pourront remplacer mes souvenirs amers\nQui sourdement toujours m'attaqueront en bande\nPareils aux flots gonflés des écumeuses mers.\n"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1345, "texte": "                          -   354   -\n\nQuand je regarderai les blancs oiseaux des mers\nQui planent et qui jouent sur les grèves en bande,\nHélas ! loin de mes yeux meurtris de pleurs amers\nVite ils auront fui les grèves de ma Zélande!\n\nAu lieu de l'air salin et pur de la Zélande\nJe ne pourrai humer que des miasmes amers\nQui m' envelopperont comme une large bande\nInsalubre, montant de la brume des mers.\n\n\nEn vain je pleure encor — perdus au fond des mers -\nLes vieux rêves rongeurs partis naguère en bande,\nLoin de mon triste cœur, sous les souffles amers,\nPar les mille détours des fleuves de Zélande.\n\n\n                 DERNIÈRE OFFRANDE\n\nDésireux d'existence encore et de bonheur,\nNous voici, pèlerins des fatigues de vivre,\nEffrayés de la mort et nous frappant le cœur;\n\n\nNous voici dans la pourpre ardente et dans le cuivre\nDes suprêmes couchants assombrissant les mers\nEt que la Nuit sans fin ne peut tarder à suivre ;\n\n\nAmes errant en deuil aux rivages déserts\nAngoissés de l'horreur solitaire où nous sommes\nEt dévorant le sel mauvais des pleurs amers,\n\n\nNous voici, les derniers des dernières Sodomes,\nInvoquant des soleils nouveaux, des floraisons\nNouvelles, et l'oubli des lourds péchés des hommes.\n\n\nLe ciel inexorable et sourd aux oraisons,\nAux vœux désespérés de nos mains éplorées,\nEntendra-t-il jamais nos cris et nos raisons?\n"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 349, "texte": "                                  — 355 —\n\n    Nous ferions des ruisseaux de nos larmes pleurées\n    Et nous vous offrirons, ô dieux des funérailles !\n    Pour vivre, pour fléchir vos colères sacrées,\n\n    De nos plus chers enfants le sang et les entrailles.\n                                                   ANDRÉ FONTAINAS.\n\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 355, "page_fin": 358, "titre_corps": "Proses lyriques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "PROSES LYRIQUES", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 400, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 349, "fin_caractere_exclue": 1735, "texte": "PROSES LYRIQUES\n                                       I\n\n                    LES ENFANTS QUI PASSENT ...\n\n              Têtes frêles et suaves, têtes endolories, creusées déjà, par des\n               pensers trop mûrs; — visages pâles et charmants où se\n               marque l'épuisement des races suzeraines, où se reflète, — si\n               tôt — la lassitude héréditaire de la Vie et des spéculations\ncoutumières. — Têtes de poètes, — poètes jusqu'à l'impuissance noncha­\nlante de vouloir redire les Rêves.\n   Faces altières, impérieuses, aux traits hardiment découpés, trouées par\ndes yeux dominateurs, — clairs et froids.\n   Masques bestials, silhouettes indécises, — choreutes obscurs des tragé­\ndies futures.\n   Bras qui se tendent, bouches qui s'offrent, avides de caresses innocentes ;\n— chevelures ébouriffées et sauvages; — regards, oh! longs regards,\ntaquins et cajoleurs; — paroles espiègles et volontaires. — Petits cœurs\npleins d'espoirs, de joies, de joujoux et de sanglots.\n   Profils chastes et graciles, entrevus à peine, qui paraissent, s'évanouissent\net que je ne reverrai plus.\n\n                                       II\n\n   Celle que le Poète a, si patiemment, aimée, s'est rendue. Réunis, enfin,\nils bégayent de délirantes promesses, se sourient vaguement, craintifs à\ncette heure, et timides, et doux.\n   Soudain, il tressaille, délie l'étreinte, se lève :\n"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2058, "texte": "                                   — 356 —\n\n   — Repose encore, Ami, sur mon épaule... notre bonheur approche...\n    Il hoche tristement la tête.\n    — Que veux-tu donc?\n   — M'en aller d'où je suis...\n   — Tu m'aimais !\n   — Je t'aime...\n   — Où iras-tu?\n   — Je ne sais.\n   — Et seras tu plus heureux, là-bas?\n   — Peut-être.\n   Il s'éloigne.\n\n\n                                      III\n\n    Et voici, — je quittai mon ami, tout réconforté de ses bonnes paroles,\n écoutant expirer, en mon cœur, l'écho de sa voix, à ses ennemis dure et\n acerbe, — pour moi, si affectueuse et vibrante de compatissante sym­\npathie.\n   Je me retournai encore, le regardant s'éloigner, à pas lents, repris déjà,\npar sa méditation interrompue. Et je me disais :\n   — « Il n'est là, perdu dans la foule, qu'un passant, parmi les innom­\nbrables passants et ceux-ci ignorent sa grandeur... Il marche au milieu\nd'eux et rien ne leur révèle le mystère éblouissant de sa conversation inté­\nrieure. D'orgueilleuses, de lucides et fastueuses pensées, traversent ses yeux,\ncomme des éclairs ; et il en est lui-même effrayé... De si pures pensées, —\nfrangées de larmes, — chantent à son oreille, qu'il n'oserait les découvrir à\nson compagnon le plus cher... Timidement, il les cache, de crainte de les\nvoir saluer d'un sourire railleur, — un sourire si fugitif, si rapide, qu'à\npeine l'a-t-il aperçu, mais qui l'a transpercé, — blessé, irréparablement.\n   « Personne ne le remarque et il ne remarque personne; — la musique\nenchanteresse l'enfièvre, des strophes qu'il n'écrira jamais. Car, il est des\npoèmes surhumains, que le Poète jaloux dérobe à la Terre, — vagues,\nondoyants, féeriques poèmes, aux formes prestigieuses et flottantes, revêtus\nd'une beauté impérissable et toujours nouvelle... »\n   Et, avec un puéril plaisir, je répète bien bas son nom, — le nom qui\nm'évoque la magique splendeur de ses rhythmes et ressuscite en moi le\nsouvenir de certains de ses vers, — sombres, majestueux et profonds, — de\nses vers où retentit, soudain, le cri douloureux d'une âme inassouvie ..\n"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1772, "texte": "                                   — 357 —\n\n\n\n                                       IV\n\n                               LA DOULEUR\n\n   Ainsi qu'une monstrueuse chimère, la Douleur s'est accroupie sur mon\ncœur.\n   Féline et sournoise, elle se joue de lui, l'égratigne malignement, ou\nféroce, tout à coup, et carnassière, le broie sous ses muscles puissants et le\ndisperse en lambeaux.\n   Puis, patiente et pateline, elle panse la trace de ses morsures, l'endort\ndans une dérisoire quiétude, pour aviver la sensibilité de son hochet, —\nne pas tarir, en une fois, son plaisir cruel.\n\n\n                                        V\n\n                                TROP TARD!\n\n   Entre les mâchoires de plomb, massives et mornes, de la réalité, long­\ntemps furent broyées mes chimères vaillantes. Mes illusions, fleurs hâtives\net charmantes, s'immolaient en infertile oblation au destin vindicatif et\ndéloyal. Mon âme était comme un pays aride, sous des cieux ennemis et\ndésolé de sécheresses éternelles...\n   Mais, — des soleils propices ont lui!...\n   Las ! mes désirs sont bien las et l'effroi anticipé les déflore de s'éveiller,\nsatisfaits et, si certainement, déçus. Languissants et débiles, végètent mes\nsouhaits d'autrefois et mes plus ferventes aspirations s'alarment et trem­\nblent de mourir, un jour, exaucées.\n   Une voix funéraire, basse et désabusée, psalmodie : — « Trop tard! il\nest trop tard ! »\n\n                                       VI\n\n                                    EFFROI\n\n   Une heure. Pas d'étoiles ; les nuages, que l'on devine très bas, se cachent\net s'enfoncent dans une inquiétante obscurité, plus inquiétante et lourde des\narges silencieux et spectrals qui la sillonnent.\n   Des bruits épars, lointains, soudains, — je ne sais quoi grince, comme\n"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2143, "texte": "                                   — 358 —\n\nsi, en sourdine, on limait des barreaux... Par la fenêtre entr'ouverte, on\ncroirait entendre de subites et éclatantes clameurs, qui s'étouffent et retom­\nbent, pesamment, — des fuites, parmi les ruelles interlopes, puis, sans que\nle calme se trouble d'aucun pas, des respirations halètent, sifflent.\n   L'haleine chaude et enflammée de ce soir orageux fait bouillonner mon\nsang. Au fond de l'ombre électrique, de fantomatiques objets luisent, flam­\nboient d'un fourmillant éclat ou grimacent et se contorsionnent, affreuse­\nment... — Un silence d'attente, de stupeur; — quelque chose immine, qui\nva se résoudre en un cri d'angoisse, effaré et strident...\n   Les yeux fixes, fiévreusement fixes, scrutant le velours perfide des ténè­\nbres, j'écoute; les griffes inhumaines de la crainte me pressurent doucement\nle cœur, — compriment, de plus en plus fort, ses éperdues et paniques pul­\nsations. La poursuite invisible recommence, peu à peu, se précipite, s'accé­\nlère...\n   — Mon Dieu! si le Diable existait, cependant !\n\n                                      VII\n\n                         P R O F I L DE LUMIÈRE\n\n   Très pâle, sous la toque de velours chatoyant, nimbé des ondes lustrées\nde sa blonde chevelure épandue, que sa main fine et machinale lisse, l'ado­\nlescent songe ; — et l'éther de ses yeux lointains et abstraits se ternit et\ns'illumine, tour à tour, aux nuées orageuses et nacrées de son rêve ingénu.\n   Mais, voyez : ses lèvres brèves s'arment de dédain, de mépris et de haine.\nIl sourit : et c'est un sourire blasé, sournois et pervers; les lignes douces et\nflexibles de son visage se précisent ; son teint blémit ; sa bouche s'arque et\nvibre de sarcasmes impatients.\n   Il se relève et, dans ses gestes nerveux, la flamme blanche, dardante et\naiguë de ses prunelles froidies, fulgure une cruauté capiteuse et enivrée.\n   En son âme, les Péchés Capitaux déchaînent un hallali frénétique, tumul­\ntueux et rauque...\n   De subites et sulfureuses vapeurs, rousses et violâtres, montent, l'auréo­\nlent et le diabolisent.\n                                                   ARNOLD GOFFIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 359, "page_fin": 360, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Arnay", "ancre_debut": "VERS LE JARDIN", "ancre_fin": "ALBERT ARNAY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 404, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 899, "texte": "VERS\n             LE    JARDIN\n\n                               A C H A R L E S VAN LERBERGHE.\n\n\n\n\nC'est dans Vor d'un site lointain,\nBien delà toute songerie,\nLe jardin d'aube et de matin\nDe ma souvenance attendrie.\n\nO le jardin d'un autre temps\nOù, parant les eaux sourieuses,\nMes fleurs aux parfums palpitants\nS'éveillaient en grappes prieuses!\n\nO le jardin que ne connaît\nPersonne et que la Foule ignore :\nMa tendresse encore y renaît\nEt meurt pour y renaître encore !\n\nCar, si belle de ses beaux yeux,\nCueille mes langueurs anciennes\nCelle aux regards silencieux,\nAux chastes mains musiciennes.\n\nElle cueille les fleurs des eaux\nOù mes ignorances insignes\nSuivaient par devers les châteaux\nDe mes rêves l'envol des cygnes.\n\nLas ! voici que pleurent les lys\nSur le veuvage des parterres\nEt mes doigts soudain appâlis\nAbdiquent leurs vœux solitaires.\n"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1173, "texte": "                 — 360 —\n\nC'est l'heure où meurent les lilas...\nLà-bas les sources hyalines\nFerment avec des gestes las\nLes fraîcheurs de leurs mantelines.\n\nC'est l'heure où sur d'autres   chemins\nLes princesses d'antan, les fées,\nLaissent pour d'autres   lendemains\nLeurs robes un peu dégrafées.\n\nEt je sens en moi quelle mort\nIdéale et pourtant réelle\nEt mon cœur s'endort et s'endort\n Comme un soupir de chanterelle !\n\n              NOSTALGIE\n                                    A FERNAND SEVERIN.\n\nPour un instant qui lui rappelle\nDes baisers trop en abandon\nDites pourquoi mon cœur épèle\nDes mots de paix et de pardon ;\n\nDes vagues phrases paresseuses\nQue parfument les anciens vœux,\nO les féminines berceuses\nDont s'endorment tous mes aveux;\n\nDes mots comme des châtelaines\nDans l'innocence du matin\nLaissant parmi les marjolaines\nTraîner leurs traînes de satin?\n\nDites pourquoi mon cœur s'éplore\nDe ce qu'il chantait autrefois,\nEst-ce que ne doivent éclore\nLes bonheurs rêvés tant de fois?\n\nEst-ce si loin l'aime vallée\nOù j'ai perdu, songeant de vous,\nMon cœur d'enfant cette veillée\nQue je dormais sur vos genoux ?\n                                    ALBERT ARNAY."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 361, "page_fin": 365, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Nouvelle Carthage", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Louis Delattre", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "LOUIS DELATTRE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 406, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 2703, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n La Nouvelle Cartilage. Les Emigrants. Contumace, par GEORGES EEKHOUD. (Pages\n        complémentaires). Un vol. in-18, chez Henry Kistemaekers, 1889.\n\n\n                                       I\n\n\n               Georges Eekhoud vient d'ajouter à son roman La Nouvelle\n               Carthage — vanté par M. Goffin ici-même, l'an passé, je\n               crois — deux chapitres épisodiques d'une beauté parfaite.\n                 Les Emigrants commencent le livre.\n   Laurent Paridael, celui que l'honnête M. Dobouziez (bougies-stéarine,\nAnvers) appelait « bayeur aux chimères », l'affectif incompris aux expan­\nsions brutalement refoulées, assiste au départ vers l'Amérique de (ses bons\namis : les Tilbak, ces braves gens de la Noix de Coco qui furent longtemps\nles seuls êtres qui l'aimassent, puis Jan Vingerhout le joyeux et déluré\nbaes des Nations, le bon maître avec qui il passa ses premières soirées\n« d'homme », au local, à la reddition des comptes. Car ils s'en vont. Et\naussi ses autres amis, ceux de la grande famille sienne, les pauvres gens,\nles paysans de Santvliet, de Pulderbosch, de Willeghem, ceux auxquels les\ncomparait — la citadine pensait lui faire honte ! — la jolie Gina, sa\ncousine en se moquant de sa belle casquette, vous savez, quand ils allaient\nvoir le « labyrinthe ». Oui, voilà qu'ils s'en vont, qu'ils s'en vont tous !...\nLa glorieuse Anvers exile au loin ses parias besogneux, cette population\ninavouable; Carthage expulse ses mercenaires.\n   Pourtant, ça n'a pas été sans peine ; vous comprenez que les bouleux qui,\nl'autre année, n'auraient même pas cru qu'on pût s'en aller et quitter pour\njamais sa paroisse en laissant sa terre aux autres ; qui, étant jeunes hommes\ndésertaient pour avoir, de Malines, senti l'odeur des tourbes brûlées\napportée par les vents du nord — vous comprenez que ce n'est pas du\nmatin au soir qu'ils ont décidé cela !\n   Mais... mais... l'enfant qui a faim, la terre ingrate, la vache qu'on ne\npeut plus nourrir... Haletant d'une douloureuse envie ils ont écouté l'em­\nbaucheur d'hommes qui voyage dans le pays en quête de gars copieux et\nrâblés pour les facendas de là-bas qu'on veut peupler, pour la République\n« Algentine » comme disent les paysans de chez nous en contant le\ndépart d'un voisin. \" Les blés mûrs couronnés d'épis aussi gros que leurs\ntignasses blondes, lèvent leurs gerbes à hauteur des toits ; les arbres ploient\nsous des citrouilles qui sont des pommes \". Voyez, leurs visages amaigris\nsont subitement avivés d'une rougeur de gourmandise; leurs yeux sont\nfixes comme s'ils croyaient voir le diable marchander leurs âmes. O chers\ncoeurs naïfs !\n"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3421, "texte": "                                  — 362 —\n\n    Rentrés chez eux ils redisent à leurs femmes ce qu'ils ont entendu au\n cabaret. « Les gars ruminent ces images, ils n'en dorment pas, ou les\n revoient en rêves. » « Longtemps leurs âmes féales ont résisté. » Mais\n subitement on parle dans la paroisse de gens de l'autre village partis l'an\n passé; il paraît qu'on les a revus à la ville, habillés de neuf, gras, et l'air\nriches. On dit aussi qu'à Anvers des brigades d'ouvriers wallons s'em­\nbarquent; des bourgs entiers des Ardennes sont partis avec leur curé...\nAlors, quoi ?... ce serait vrai ?... Vite, ils vont tout prendre ! Un vent de\nfièvre passe. Vite, vendons tout ! ne perdons pas de temps à réfléchir.\n    « Et voilà pourquoi, par ce matin de janvier, les flancs du Juste-Lipse,\n « ce grand navire noir comme un cercueil de pauvre, devraient être élas­\n« tiques pour loger toute la viande humaine qu'on y en fourne ». Il faudrait\nciter textuellement tout ce qui suit. Comment dire avec des mots ces jeunes\némigrants fringuant et clamant, « en réalité s'efforçant de se donner le\n « change à eux-mêmes, de se déprendre de leur idée fixe, bourrelante\n « comme un remords » — « O le doux hameau où ils ne remettraient plus\n« jamais les pieds, où ils n'iraient même pas dormir leur dernier et meilleur\n« somme en terre deux fois sainte à côté des bagaudes d'autrefois ! » Dans\nleurs oreilles chuchote « la voix mélancolique et attendrie qui ne les\n« exhortera plus à la piété et à la résignation ! O ces cloches qui soule­\n   vaient autrefois les guerilleros en sarrau contre les étrangers régicides et\n« qui n'avaient pas de tocsin assez éloquent, à présent, pour empêcher\n« l'invasion de la faim !» — Ne sentez-vous pas votre cœur ?... Mon Dieu !\ntaisez-vous, toutes ces voix! Le gars bat des paupières et crie haut pour\ncacher ses larmes et ses sanglots ; taisez-vous ou il va s'enfuir. — Laurent\nParidael voit, écoute, le cœur saignant.\n   Mais voilà qu'arrivent les derniers, ceux de Willeghem, les trente\nménages qui s'embarquent ensemble. « Ils se présentent en bon ordre,\n« comme dans un cortège festif. Soucieux de faire bonne figure, de se dis­\n   tinguer de la cohue, désirant qu'on dise après leur départ : « les plus\n« crânes étaient ceux de Willeghem ». Leur vieux curé les accompagne\njusqu'au quai. Puisqu'ils n'iront plus avec lui, à la Pentecôte voir, au beau\nsoleil de juin reluire comme une gloire, « au bout de la drève, la basilique\nrenommée » de Montaigu, il n'est que juste qu'ils aient sa bénédiction avant\nde s'en aller, car « combien n'entendraient plus les doux mots de paix et\n« de bonté ?» — Près du bateau qui halète, les gars de la fanfare de Wil­\nleghem se retournent vers la ville et jouent une dernière fois « l'air national\n« par excellence, l'Où peut-on être mieux du Liégeois Grétry, la douce et\n« simple mélodie... » Il y a des couacs et des sanglots dans le chant des\ncuivres; et Laurent doit penser aux danses joyeuses de la kermesse\nd'Hemixem !... — Des borains, embarqués déjà, ont entendu l'air de pré­\ndilection, celui que la Société de Sainte-Cécile joue à la fête du \" Directeur \"\ndevant ses fenêtres. Ils s'en souviennent bien et ils mêlent leurs voix un peu\nvoilées à la musique des Flamins, « des bravés d'gins to d'même ! »\n   Let go ! — Et dans les brumes du fleuve limoneux disparaît le convoi\ndes pauvres gens. « Laurent continua de regarder la cheminée, pointée\n"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3308, "texte": "                                    — 363 —\n\n« comme un clocher ambulant, par dessus les digues,... puis, ce ne fut\n« plus qu'une ligne noire. » Comme il s'éloigne, il aperçoit le curé de\nWilleghem qui suit aussi du regard le bateau emportant son troupeau.\n   Deux grosses larmes descendaient lentement de ses joues et il traçait\n« dans l'air un lent signe de croix. Mais le vol éparpillé des oiseaux de\n« mer avec des giries de sorcières qui se hèlent, semblaient parodier ce doux\n« geste professionnel aux quatre coins de l'horizon. Crispé par leurs sar­\n   casmes, Laurent se retourna vers la ville » Son cœur est plein de la\ntristesse des départs, et pour consolations il n'entend qu' « un bruit de\n« pioches et d'écroulement ! » C'est le quartier des pauvres qu'on démolit,\nil ne voit que masures éventrées et murs de briques rouges qui saignent.\nPauvres bicoques agonisantes, pauvres émigrants là-bas en mer...\n\n   On peut, en pensée, suivre le fil — ténu dira-t-on peut-être, et inutile —\nqui relie le second chapitre au précédent. Contumace, c'est l'histoire de\nLaurent qui désormais seul depuis que sont partis vers l'Amérique ses bons\namis, se laisse aller entièrement, avec toute l'impétuosité de son âme pas­\nsionnée et sevrée de sympathie, vers son objet de prédilection : les déclassés\nde la métropole et circonvoisins, entrevus et déjà aimés quand il n'était\nqu'un enfant malheureux, compris et chéris de toutes ses forces à présent\nque s'est accusée la similitude de leur position devant la société. L'esprit de\ncontumace rapprochait ce déclassé de ces irréguliers.\n   Il les aime ces besogneux et vit de leur vie, souffre de leurs douleurs,\ns'éjouit à leurs joies, entièrement, de tout son cœur, passionnément. Il tres­\nsaille à leurs enthousiasmes et à leurs haines, s'identifie leurs sensations,\njalouse leurs amours.\n   Ne dirait-on pas qu'il la désire aussi la petite « particulière potelée à\nsouhait, blonde et radieuse comme une emblavure » qui, si volontiers, vient\ndonner des oeillades « au brunet garde-barrière à la tignasse frisée et à l'air\nsérieux? » N'est-ce pas le cœur pantelant qu'il s'arrête devant la jeune fille\nrencontrée sur la route, près d'une grange, en train de lire une lettre de son\nFrans, le promis, soldat à Anvers. Inquiet, il se pose mille questions doulou­\nreuses, le bon garçon : « A-t-il eu la main malheureuse dans une bagarre,\nagonise-t-il à l'hôpital militaire, la lettre vient-elle de la prison de Vilvorde? »\nIl a les yeux fixés sur la jeune fille pour lire sa pensée. Oui, son cœur fait\ntoc-toc! Il pensera souvent à la jeune femme, il se la rappelfera à la vue\ndes petits miliciens poupards arrivés au régiment tout droit de leurs vil­\nlages, dans la grande ville .mauvaise aux soldats, hargneuse et égoïste à la\nplèbe; il se les conciliera pour, plus tard, pouvoir les consoler, ces athlètes\nsouffre- brimades.\n   Il vit aussi avec les runners, landsharks, requins de l'Escaut, et s'inté­\nresse à leurs excursions commerciales. Il loge avec eux dans les herberges,\ns'amuse à leurs goures, et quelquefois leur raconte ses lectures. Il par­\nfait le quadrille les dimanches de danse, ne recule pas devant un\nhornpipe dans quelque bastringue du faubourg ou quelque bouge de port :\nIn the city of Londón ou Alla cita di Genoa. Il se plaît à mesurer ses\n"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3281, "texte": "                                  — 364 —\n\nforces avec l'un ou l'autre gaillard musculeux pour le plaisir d'étreindre de\nbeaux torses fauves, de se mêler physiquement à eux. Car il aime leurs\ngrands corps de paresseux; il les compare plaisamment aux grotesques pots\nà tabac bourgeois.\n   Les misérables gardent ses tendresses, même criminels. Il va jusqu'à\npayer la chope à un petit paysan rose et propret, assassin déjà, dont la\nvoix dolente lui donne la chair de poule au récit des détails de l'affaire.\n« Le plus étrange, c'est que, la partie étant jouée, nous n'osions plus nous\nquitter, les camarades et moi. Et cependant leurs voix me faisaient mal... »\n   Ne défend-il pas ses indulgentes convictions jusqu'à rompre avec ses trois\namis les artistes, quand il leur narre une visite à la maison pénitentiaire et\nleur dit son enthousiasme pour l'orgueilleux ouvrier rencontré là, qui\n« trouvait au dessous de sa dignité de louer ses bras à un forgeron de village\nqui les employait à des travaux grossiers » et « s'estimait beaucoup plus\nheureux de s'appliquer comme réclusionnaire au Dépôt, parmi des rafales,\nà des ouvrages de choix, des travaux d'art!... » L'entendez-vous dans son\napologie de l'artiste réfractaire ? « Tu vas sans mortification, tu produis à\nta guise. Ce pain que tu manges aucun compétiteur ne te l'arrachera;\nencore moins le voles-tu à ton frère dans la détresse! » Ces théories\noffusquent les artistes patentés qui écoutent. Oui, ils comprennent, aussi\nbien qu'un député qui fait ses prospectus, qu'on doive s'intéresser aux\nclasses déshéritées! « Mais se passionner pour les sacripants, frayer avec\nles irréguliers et la racaille, c'était se conduire en excentrique, pour ne pas\ndire plus » répondent ces honnêtes gens à Laurent, Laurent qui voudrait\nenvelopper de sa chaleureuse sympathie tous ces insoumis !\n   Ce n'est pas que, parfois, quelque parole entendue quand? quelque lieu\ncommun bourgeois, plein de bon sens et inquiétant, ne lui repasse ; ses\nfièvres d'affection sont suivies de journées d'accablement, de cette prostra­\ntion invincible qui vous fait vous arrêter, des grosses larmes perlant aux\ncils, par ces crépuscules où la sensibilité est aiguisée, et douloureuse\ncomme des seins nubiles qui se gonflent. Laurent ne comprenant pas la\nlutte, la détestant, « en arrive à se souhaiter irresponsable, à envier les\n« internés criminels ou fous, que ne ronge plus le souci du pain quotidien\n« ou de la lutte pour l'existence \" . Pensée obsédante, inévitable quand\non se demande où est la place — la voyez-vous? — dans notre société\nd'hommes utiles, la place du contemplatif, dans la république de Platon?\nAllons, houp! les fainéants!\n   Peut-être, à travers cette transposition, pourra-t-on, au moins par les\ncitations, entrevoir tout ce qu'il y a d'admirable et d'humain dans' ce por­\ntrait d'une âme inquiète, incomprise, qui ne peut se plier aux mensonges\nd'une civilisation factice. La psychologie en a la rigueur d'une auto-biogra­\nphie.\n   Cependant, pour ce qui est de l'impression totale, mes préférences vont\naux Èmigrants, à cause, sans doute, de l'unité plus apparente d'action de\nce chapitre ; pris comme épisode détaché, je le trouve d'un effet plus poi­\ngnant. D'autres, certainement, aimeront mieux ce déroulement de tableaux\n"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "                                    — 365 —\n\ndéfinitifs, de descriptions lumineuses, qui fait de Contumace un chef-\nd'œuvre. Le but proposé est d'ailleurs, ici, atteint en tous points. L'état\nd'âme du protagoniste est parfaitement peint; Laurent est debout, vivant,\naimant et qu'on aime.\n   Entre autres, un grand charme de Contumace est, avec la nouveauté des\ndescriptions de ces vierges paysages, l'abondante variété des épisodes —\nautant de joyaux littéraires que seul un riche pouvait ainsi prodiguer.\nIl y a, à côté d'eaux-fortes sombres et étranges comme « la nuitée dans les\npouilleries », des aquarelles d'un inexprimable charme. Pouvez-vous rêver\nrien de plus délicieux que l'incident du petiot du chaland au bâclage et de\nl'alouette? C'est d'une grâce spéciale, d'une grâce forte, autre chose que\njolie, flamande enfin !\n   Mais ce qu'il y a de commun aux deux chapitres et ce qui leur donne\ncette définitive et garante marque d'origine, c'est l'intensité de leur vie, leur\nsuperbe richesse de sève, c'est l'émotion contenue qui fait vibrer toutes ces\npages. Et surtout, surtout, l'évangélique bonté, la surhumaine compassion\nqui s'y manifestent. Devant le geste de cette main qui si dignement se tend\naux parias de notre société, l'admiration pour l'écrivain se double de respec­\ntueuse et chaleureuse sympathie pour l'homme, le grand cœur, le vrai\nnoble, et l'on pense au Campéador de Barbey d'Aurevilly, le Cid superbe\nqui tendit sa main aux lèvres du lépreux :\n\n                  Il fixa longuement le lépreux, puis, soudain,\n                  Il arracha son gant et lui donna sa main.\n\n\n   Quant à la langue — car il est permis, devant une telle perfection,\nd'examiner l'outil, — c'est celle des Milices de Saint-François, mais plus\nferme encore, me semble-t-il; une prose rapide et pure où brillent, sertis,\nde beaux mots rares ; une prose nombreuse et substantielle, pourtant —\nbelle, belle, absolument.\n   Voyez! cette langue succulente de M. Eekhoud, me fait toujours penser\nà ces grosses pommes de mon pays, mi-parties jaunes et rouges, qu'on\nappelle belles-fleurs. Elles sont un peu sures — ah ! l'eau me vient à la\nbouche rien que de vous en parler — et pleines d'un jus qui coule sous la\ndent, qui coule sur les lèvres, sur le menton, si bien que les enfants le\nlappent à même le fruit, et se pourlèchent avec toutes sortes de mines\ngourmandes et des gloussements de jouissance. A peine s'arrêtent-ils de\nmanger pour dire entre deux agnots : Oh les bonnes belles fleurs! oh les\nbonnes!...\n    30 octobre 1880\n                                                         LOUIS DELATTRE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 366, "page_fin": 370, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Chimères", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Maurice Desombiaux", "ancre_debut": "II Les Chimères", "ancre_fin": "MAURICE DESOMBIAUX", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "III Un héros belge", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 411, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 89, "fin_caractere_exclue": 2789, "texte": "II\n\nLes Chimères, par JULES DESTRÉE; une couverture et une eau-forte par Marie Danse, un\n  frontispice par Odilon Redon, et une lithographie par Henry De Groux, chez\n  M me Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie, Bruxelles : 20 francs. Les dix premiers exem­\n  plaires avec un double état des estampes : 30 francs.\n\n   Chacune, à sa manière, symbolique de l'œuvre et plastiqueraient résumant\nles proses qu'elles illustrent, les planches de Redon, Marie Danse et De\nGroux accompagnent superbement la typographie excellente de la Maison\nMonnom sur ce papier à chandelle, si léger, si soyeux, si souple, charmant\nà voir et à toucher; et les Chimères sont un des plus beaux livres qui aient\nparu chez nous, où l'on s'entend cependant aux belles éditions. Ainsi, par\nleur seul aspect, révélant le goût raffiné d'un artiste, et par leur tirage à\ncent, l'indifférence aux applaudissements du nombre.\n   De même que les poèmes du livre sont à relire, la Chimère d'Odilon\nRedon est à contempler et à revoir avant de percevoir toute sa fière et\nmélancolique beauté. Schopenhauer a dit qu'il fallait rester devant les\nœuvres d'art comme devant les rois, découvert, et attendant qu'ils vous\nparlent. Royale et dédaigneuse, drapée dans la nuit splendide qui fait un\nvoile noir sur ses tristesses trop hautes pour les plaintes et les consolations,\nla radieuse figure se redresse en révolte, claire et furtive comme un éclair,\net sans but et sans espoir, dans l'abîme obscur.\n   Tout au haut des tours gothiques, sur le rebord de l'espace et comme une\ndérision du monument de foi, la Gouge de Marie Danse, d'un si admirable\nton de rouille et de pierre vétuste rongée de pluies et de soleils, d'un si\nprofond sentiment de férocité et d'irréparable moyen-âgeux, regarde, avec\nquelle tristesse encore et quel mépris, la ville imperceptible effacée au loin,\noù s'agitent les hommes éphémères, et pèse sur nous de tout l'effroyable\npoids de sa lassitude de ne rien voir...\n   Troisième interprétation digne des deux autres et puissamment évoca­\ntoire à son tour du pessimisme du livre : La Forêt des suicidés par H. De\nGroux. C'est la forêt de l'enfer du Dante, la ténébreuse assemblée des\narbres suppliants que tourmentent le parcours sinistre des chiennes\naboyantes et les lamentations courroucées des harpies dans les branches,\npunition de ces trop ardents désirs de Néant qui sourdent à chaque page\ndes Chimères, du Néant non permis à l'homme par les lois suprêmes.\n   Très artistes, très douloureuses, très dédaigneuses, telles ces trois planches\nsuperbes, telles les Chimères.\n\n\n  Livre bizarre, torturé, excessif.\n                        Un ennui d'un ne sait quoi nous afflige\n\ndisait Verlaine dans Jadis et Naguère,\n"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3377, "texte": "                                   — 367 —\n\n   Ici, cet ennui s'est exaspéré, s'efforçant de trouver une issue par où fuir,\net se cognant toujours aux bornes d'une vie trop étroite.\n   Pour tromper cet ennui, il repasse les souvenirs de choses vécues dans la\nprime jeunesse, les vingt ans aux vols fous d'espérances et d'illusions. Pro­\njets stériles, rêves de bonté, de bonheur, d'amour impossibles, illusions\nenvolées, espérances déçues. L'un peu de nous-même que le temps a arraché\nà son cœur chaque jour : « On s'étonne d'avoir pu mourir ainsi tant de fois\nun peu, d'avoir supporté une si continuelle agonie », dit-il en la Plainte\ndu feu. Et il regarde les loques rouges de son passé qui flottent et sombrent\ndans le tourbillon des heures et le chaos de sa mémoire.\n   Les hiers ont-ils été meilleurs que l'aujourd'hui, que ne le seront les\ndemains? L'Ecclésiaste a dit : « Ne prononce jamais ces paroles : pourquoi\nles jours passés ont-ils été meilleurs que ceux-ci ».\n   Et cependant, c'est toujours dans la splendeur du souvenir, l'oubli des\nmisères subies, des misères qui nous empêchent de jouir du présent.\n   Les Chimères, en voici la plainte dans cette phrase de saint Grégoire :\n   « Mon cœur souffre des relations avec les hommes du siècle, et, couvert\nde la poussière des événements de la terre, il soupire après l'heureuse époque\nde son repos; je regarde ce que je souffre, je considère ce que j'ai perdu, et\nce que je supporte me désole; je suis maintenant jeté au milieu des fleuves\nde la mer, et la nef de ma pensée est le jouet des vents et de terribles tem­\npêtes ; quand je me rappelle ma première vie, je tourne mes regards vers le\npassé et je soupire en voyant le rivage. »\n   Mais ici, il n'y a pas de rivage, c'est éternellement la tempête et les flots.\nSi parfois un port est aperçu au loin avec l'espérance des grands mâts barrés\nde cordages et des bannières qui flottent aux vents, ce n'est qu'une nouvelle\net décevante illusion, car le port n'est que le mirage de ses rêves et il dispa­\nraît, à son approche, dans le brouillard.\n   D'autres fois, tout ce qu'il a aimé l'abandonne, il se sent descendre dans le\nnéant comme en un puits. Il s'accroche désespérément à tout ce qu'il\ntrouve, tout s'effondre en son esprit, il se cramponne aux parois de sa\nchambre, pleine de bibelots, de meubles, de livres chers, et les choses, plus\nsecourables que l'Humanité, meilleures que la vie, interrompent un instant\nle vertige de sa pensée.\n   Puisqu'il n'y a plus rien dans le Passé, puisque l'Avenir est menaçant,\npuisque, enfin « toute certitude est dans les Rêves » le voici, nostalgique de\nrêves, lancé à travers la fantaisie, dans l'enivrement de phrases sonores et\namples dont il se plaît peut-être un peu trop à écouter le rhythme. Voici le\nvol des chimères aux faces convulsées, dont les battements d'ailes ont des\ncrispations désespérées comme si elles voulaient griffer l'espace et s'accro­\ncher là-bas dans les hauteurs inaccessibles. Voici de célestes apparitions,\ndes beautés radieuses que la torture de l'Infini a marquées de vices, ah!\ntrop avidement cherchés! des vices les plus infâmes. Voici le violent regret,\nle désespoir d'avoir touché à l'Arbre de la Science du Bien et du Mal :\n   « J'ai vu dans l'ombre de la vallée silencieuse, sous la pâle clarté de la\nlune, croître et se faner les grands lys de légende; j'ai vu, sur ma table de\n"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3379, "texte": "                                  — 368 —\n\ntravail, ouvert, le livre chimérique aux poèmes merveilleux comme les\nétoiles du ciel ; j'ai vu dans l'étrange chapelle, aux boiseries anciennes, la\nsomptuosité triomphale des prêtres, la candeur des enfants et le trouble du\ncriminel qui chantaient le cantique de la rédemption ; j'ai vu ricaner les\nmonstrueuses gargouilles de Deuil et de Péché en contemplant la nécessaire\net monotone procession des âmes souillées ; j'ai vu, dans le couchant splen­\ndide, l'art qui se mourait en des civilisations uniformisantes; j'ai vu dans\nl'horreur d'un rêve rouge les suppliciés hurler et se tordre en de minutieuses\net délectables souffrances; j'ai vu les végétations de folie et d'artifice qui,\ncomme des pensées mauvaises, s'épanouissaient vertigineusement au fond\nglauque de l'aquarium; j'ai prié vers la forêt douloureuse emplie de l'aboi\ndes chiennes noires et où les harpies font des lamentations sur des arbres\nétranges ; j'ai vu dans la nuit la brutale fureur de l'émeute épouvanter la\nfuite désespérée du petit prince ; et dans la plainte du feu, dans la chanson\nde la pluie, dans le grondement de la mer, j'entendis les voix musiciennes,\nles voix mystérieuses qui le charmèrent, les voix conseillères d'anéantisse­\nment et d'oubli !... »\n   Ainsi la spiritualité tourmentée de certains esprits de ce temps, après\navoir creusé les philosophies, découvert et repoussé l'inanité de chacune\nd'elles, après avoir cru trouver un instant une solution dans le matérialisme,\nles voici monter en croupe des chimères et lassés de leurs vols qui\ns'arrêtent, les voici, subissant encore subjectivement la religion de leur race\net pénétrés de la décadence d'une ère, torturés par le besoin d'Infini qu'elle\na porté en elle, vouloir à la place du Dieu auquel ils ne croient plus, mettre\nquelque chose, mais quoi?\n   « Douter, tourment sans nom pour cet éperdu de vérité ! S'il pouvait\ntenir un fait, un seul, dont il connaîtrait l'essence absolue, sans hésitation\npossible! » Et comme le Chercheur, ils sont à la recherche infinie.\n   En la suite des poèmes qui sont comme des chapitres d'un roman sans\naction déterminée, c'est l'amertume, et l'impatience de cela :\n   Ballade des trains qui passent dans la nuit : « Et l'on pense à ceux\nainsi emportés, précipités vers l'Inconnu, et l'interminable défilé des mobiles\net des causes s'allonge en suppositions vaines, changeantes, infinies, les\nhistoires étranges et les histoires banales... »\n   « Peuple mystérieux des ondes profondes, chers monstres verts à la grâce\nsouveraine et lente, chimériques fleurs de pourriture et d'artifice, vous avez\nrempli d'effroi le voyageur, car c'est son âme, sa pauvre âme lasse et faible\nque vous lui avez tout à coup montrée, son âme où grandissent de chimé­\nriques fleurs de pourriture et d'artifices, où, dans le silence et dans l'ombre,\nglissent des pensées monstrueuses qu'il n'ose s'avouer. » (L'Aquarium.)\n   Du haut des cathédrales ce sont des gargouilles qui ricanent : « Elles\nsavent bien, les Démones bannies de l'enceinte sacrée, qu'elles seront les\nvictorieuses quand même ! que l'extase est courte et que la prière s'envole,\net qu'elles seules sont la vie, les gargouilles de Deuil et de Péché! »\n   Qu'il ouvre le Livre chimérique où se trouve le Poème qui résume tout,\noù apparaît la Beauté triomphante et radieuse, ou qu'il réfléchisse à telles\n"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3015, "texte": "                                 — 369 —\n\nidées lui suggérées par l'inquiétude qui le hante, c'est toujours comme\ndans Souffrance d'écrire « l'interrogation désolée, l'angoisse profonde d'un\neffort sans but ».\n   Puis, dans l'accablement, la lassitude de ces visions il y a de ces cris\ndésespérés : « Oh! pourquoi le ciel descend-il ainsi, tout noir, comme un\ncouvercle trop pesant... Si l'on pouvait dormir! »\n   Ou bien : « Seigneur, vous m'avez élevé, humiliez-moi, humiliez mes\nsens trop affinés dont je souffre. »\n   Et ainsi la progression vers ce thème : « S'en aller, dans la nuit, dans\nl'Inconnu, sans pensée, sans désir, s'évanouir dans l'eau consolatrice et\nberceuse, se dissoudre insensiblement, ne plus vivre que comme un frisson,\ncomme un scintillement de lumière, comme un imperceptible mouvement\ndans l'immense nature, ineffable douceur de ne plus être... »\n   Et ainsi, d'un bout à l'autre du livre, soit en la Voluptueuse cruauté,\nd'une si curieuse psychologie, la Chapelle de Rédemption, les Réverbères\nmélancoliques, où cette adorable expression : « noires épingles à tête d'or »;\nla Chanson du carillon, exacte pénétration de la vie de province et para­\nphrase du carillon; Dans le noir, le Petit prince dont cette ligne :\n« Auront-ils donc moins faim quand ils m'auront tué ». Voici, dans un\nfantastique et splendide décor de cauchemar, s'élever, grandir et s'exaspérer\nen des thèmes variés et multiples, la sombre symphonie du néant.\n\n\n\n   Cette forme si moderne et si alléchante, le poème en prose, mis en hon­\nneur par Baudelaire, a été, en ces derniers temps, gâchée par les débutants.\nChez la plupart des jeunes il semble que l'anémie des facultés les rende\nincapables de camper une action en une nouvelle. Sous prétexte de moder­\nnisme, de symbolisme, de tout ce qu'on voudra, et aussi sous prétexe\nd'exprimer « la vie dolente des choses », certains accouplent quelques phrases\nlaborieusement accouchées, aux assonances curieuses parfois, mais plus sou­\nvent étonnées de leur union. D'autres, en leur impuissance de condenser\nleur phthisique idée en un sonnet, la diluent en des proses prétentieuses. De\nsorte que le poème en prose, au lieu d'exprimer une quintessence, le suc\ncohobé de centaines de pages, comme dit Huysmans, révèle plutôt chez ces\njeunes une décadence d'art plutôt qu'un art de décadence. Qu'ils ne s'y\ntrompent pas ces écrivains qui, leurs primes gourmes à peine lâchées, ont\ndéjà l'air de s'être gobé plusieurs fois, et, sérieusement, pontifient comme\ndes académiciens en d'amples fauteuils.\n   Le poème en prose, le suc concret, l'osmazone de la littérature, l'huile\nessentielle de l'art, ainsi le définit Huysmans, ainsi l'a conçu le maître,\nStéphane Mallarmé.\n   C'est ce que M. Destrée a compris. Il a réussi mieux qu'aucun jusqu'ici,\nen ce genre ambigu et mal défini, à ce point qu'on ne peut se figurer les\nChimères écrites en vers ou en vraie prose. Ce n'est plus ici l'art immédiat\nd'observation. C'est l'art plus grand, plus condensé du poème philosophico-\n"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "                                  — 370 —\n\nesthétique. L'esprit ne s'arrête plus à la simplicité des choses extérieures ;\nc'est, pour son travail, l'anatomie des sens sublimés, atrophiés, l'analyse de\nl'exceptionnel et des faits nombreux qui dérangent la banale logique des\nlois adoptées par le monde. C'est l'en deça et l'au delà de la vie et de ses\nordinaires concepts. Et y sont plus de réflexions, plus de vie vécue, plus\nd'idées qu'en dix romans naturalistes. L'opulence des images égale la den­\nsité de la pensée, et s'il était une critique à faire, je dirais que dans\ncertaines pièces j'en eusse désiré encore davantage, au risque de paraître\nobscur.\n   Supprimer quelques longueurs. Faire jaillir davantage, au mépris de\nl'imbécillité, le définitif symbole en une phrase courte et évocatoire qui doit\nluire comme l'éclair dans les ténèbres. Celui dont l'esprit n'est pas assez\nsubtil pour saisir les analogies, n'a pas besoin de vaticiner une opinion.\n   M. Destrée a le don de l'épithète, le sens de l'adjectif, un beau verbe\nirrité où sonne le cuivre annonciateur des fins de monde.\n    Bruges, octobre 1889.\n\n                                               MAURICE     DESOMBIAUX.\n\n\n                                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 370, "page_fin": 371, "titre_corps": "Chronique littéraire : Un héros belge. 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Comment le\npoète allait-il se transformer en historien, comment allait-il se tirer de ce\npas difficile, telle était la question que l'on se posait dans le monde où on\nlit encore.\n    La plupart d'entre nous s'attendaient à voir le poète transparaître sous\nl'historien, même à voir le premier dévorer le second. Ils pariaient que\nM. Emile Van Arenbergh leur présenterait une manière de kaléidoscope,\nune série de tableaux magnifiques, enluminés de somptueuses couleurs,\nfaisant revivre don Juan dans ses attitudes légendaires.\n    Ceux-là, certes, ont dû éprouver quelque étonnement. M. Emile Van\nArenbergh, au lieu de se laisser conduire, voire égarer, par le poète qui est\nen lui, l'a condamné au silence et à l'inaction. Il ne s'est pas flatté de\ndeviner, c'est-à-dire, neuf fois sur dix, d'inventer. Il a travaillé d'après\nnature, d'après cette nature morte qui dort dans les commentaires, les\nmémoires et les archives. C'est ainsi que, loin de se laisser emporter à\ndécrire les amours mystérieuses de Charles-Quint, M. Emile Van Arenbergh\nexamine et discute, les unes après les autres, avec une froideur scientifique,\nles différentes hypothèses sur la naissance de son héros. C'est ainsi encore\nqu'il attache grande importance aux dessous diplomatiques qui accidentent\n"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 371, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2014, "texte": "                                   -   371   -\n\nles relations de don Juan avec son frère Philippe II. C'est ainsi que la\nbataille de Lépante est décrite avec précision, avec méthode, avec force\ndétails techniques empruntés aux gens de mer. Là où il était si simple,\npour le poète, de brosser une fresque mouvementée, l'historien nous offre\nun tableau sévère, d'ordonnance classique, qui déroute au premier moment.\nEt la langue, au lieu d'être ardente et violente, avec çà et là des queues de\nstrophes, n'a rien des ornements qu'on prévoyait. C'est une prose claire,\ncalme, austère, dessinant glus qu'elle ne peint, sans aucune espèce d'ivresse\nverbale.\n   Faut-il blâmer cette réserve ou faut-il applaudir à cette déconcertante\nmétamorphose?\n   Nous pensons qu'il faut applaudir. Au risque de nous attirer une querelle\namicale avec M. Francis Nautet, qui a reproché au poète d'avoir abdiqué\ndevant l'historien, nous avouons que la méthode de M. Van Arenbergh\nn'est pas faite pour nous déplaire. Certes, les prétendues résurrections à la\nMichelet, qui ne sont souvent que des imaginations brillantes, ont un attrait\nd'art incontestable. Mais leur fièvre et leurs mouvements pathétiques ne\ncachent pas toujours leur vide et leur présomption. Nous ne sommes pas\nfâché de voir un poète accomplir exactement ce qu'il veut, avec certitude,\navec netteté, avec une pleine maîtrise de soi-même. Et nous sommes tenté\nde transformer en éloges les reproches formulés par M. Nautet.\n   Peut-être M. Emile Van Arenbergh a-t-il exagéré la valeur politique de\nson héros. Don Juan, croyons-nous, n'était pas capable de diplomatie.\nC'était un chevalier, non un homme d'Etat. Guillaume d'Orange l'eût\nécrasé sans effort, de tout le poids de sa pensée et de sa ruse profonde. Que\nla mort du vainqueur de Lépante ait été naturelle ou non, elle a servi sa\njeune gloire. Et si c'est le poison espagnol qui a précipité sa fin, le poison\na été clément.\n                                                       ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 371, "page_fin": 372, "titre_corps": "Chronique musicale : Le Théâtre de Gand", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique musicale", "signature_source": "Paul Dalée", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "PAUL DALÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 416, "page_imprimee": 371, "debut_caractere": 2014, "fin_caractere_exclue": 2768, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n                       LE THÉÂTRE DE GAND\n\n               Je pourrais emprunter à Mme de Sévigné, la reine des adjectifs,\n                quelqu'un de ses bataillons pour qualifier la courageuse ten­\n                tative de Mme Marion, directrice du théâtre de Gand ; l'on me\n                croira peut-être plus aisément, si je dis tout simplement\nl'excellente impression que m'ont laissée les premières séances de la saison\nthéâtrale. Lohengrin tenait la première affiche : Lohengrin, ô nom de\nlumière tremblante, et tout son cortège de vierges blanches, filles de la lune,\nrésignées à l'inutilité, et Elsa, l'inconsciente fleur de péché, la douce ennemie\nde l'idée mystérieuse, Elsa, la femme garantie sur facture, qui confie au\n"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 372, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3164, "texte": "                                  — 372 —\n\nchevalier du Graal sa simplesse et sa détresse, ô Elsa, lumineuse comme deux\nmains jointes sur la misère méchante et crédule des Telramund ! Tous ont\ndû sentir, devant la sincère interprétation de la nouvelle troupe allemande,\nle frisson de la compréhension du symbole créé par Wagner, et combien\nl'amour du serein et généreux chevalier du Graal pour la blonde fleur de\nchair Eisa est un amour de pitié. Adieu, femmes douloureuses; l'âme se\nrésigne à exiler la chair, sa sœur si faible, du jardin des fleurs voluptueuses;\nadieu ! dit cet admirable récitatif du dernier acte, ce clair triomphe de\nl'intellectualité, rhythmé, croirait-on, tel un vol d'alouette, selon les jeux\nde la lumière ; voici que les ailes du cygne aimé illuminent les rives ; voici\nvenir le doux cygne ambassadeur aux yeux jaloux, le cygne fatal du mys­\ntère, du fond des mers illunées. Fini, Elsa, pauvre cœur en deuil!...\nLohengrin s'en va dans la légende.\n    Le profond étonnement que j'avais ressenti devant la première affiche de\nla saison théâtrale, n'avait pu me préparer à l'espèce de stupeur dont je\nfus saisi en voyant annoncée, pour la séance suivante, l'exécution de Fidelio.\nJe dois avouer que j'eus, dès ce moment, une très médiocre estime pour\nl'adresse qu'apporte Mmc Marion à la gestion de ses intérêts. L'exécution de\nl'œuvre dramatique de Beethoven était tout aussi parfaite que celle de\nLohengrin. Je ne me faisais guère illusion sur la force dramatique de\nl'admirable symphoniste; ainsi j'ai recueilli toute la beauté purement musi­\ncale de l'œuvre classique. Ici le drame est nul ; c'est un conte à dormir\ndebout où s'appliquent tant bien que mal des merveilles musicales de pre­\nmier ordre. On assiste à une telle représentation comme à un concert, et l'on\ndoit juger les interprétateurs, non pas suivant l'intelligence et la sincérité\nqu'ils ont déployées dans leurs incarnations, mais suivant l'intensité qu'ils\nont mise à préciser l'idée ou la sensation dont la musique n'est qu'une\nexpression très vague et très incomplète. C'est là, je vous assure, une\nexcellente recette pour trouver à une exécution dramatique de Beethoven,\ndes jouissances esthétiques dont le calme eurhythmique n'exclut pas\nl'intensité.\n   A la troisième séance, on donnait Freischütz, le conte de fées adorable\navec ses noirs sorciers, qui conspirent contre la candeur, et ses damoiselles\nfines et pâles sur fond d'or de la légende, qui évoquent les temps instinctifs\noù l'on mourait d'amour. Un charme naïf de fleurs et d'enfance, voilà le\nsouvenir que m'a laissé la délicate interprétation de ce petit chef-d'œuvre.\n   J'ai omis, dans ces lignes, de nommer les excellents acteurs de la troupe\ngantoise; à quoi, bon le faire ici : ces artistes désintéressés et s'effaçant\nvolontiers pour sauvegarder l'unité de l'exécution entière, m'ont paru tout\nà fait exempts de cabotinage. Pourquoi alors citerai-je ces noms, sans y\navoir l'intérêt qu'aurait une femme ou un gandin, ni même l'espoir que mes\nlouanges pourront quelque chose sur l'orgueil de ces droits et probes\nartistes? —\n                                                           PAUL DALÉE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 373, "page_fin": 374, "titre_corps": "Monument à la mémoire de Max Waller", "titre_sommaire": "Monument Max Waller", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "MONUMENT A LA MÉMOIRE DE MAX WALLER", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 418, "page_imprimee": 373, "debut_caractere": 75, "fin_caractere_exclue": 1943, "texte": "MONUMENT\n            A LA MÉMOIRE DE MAX WALLER\n\n              Nos remerciments chaleureux à ceux qui se sont associés de\n               prime élan à notre œuvre de souvenir ; à ceux qui, dans leur\n               sympathie pour le chef de notre petite avant-garde de lettres,\n               ont répondu en tout enthousiasme à notre appel !\n   Nous avions songé d'abord à élever un monument public au fondateur\nd'une œuvre intellectuelle qui intéresse tout le pays et M. le Bourgmestre\nBuls nous avait officieusement promis son appui. Mais nous avions\ncompté sans ces autres Messieurs du Collège qui estiment qu'une œuvre\nartistique « ne saurait avoir qu'un caractère privé » et qui, se basant sur ces\nconsidérations essentiellement administratives, nous ont refusé l'autorisa­\ntion demandée.\n   Il est bon qu'on sache l'accueil réservé chez nous à de pareilles tenta­\ntives.\n   Nous pensions alors affecter les sommes souscrites à l'érection d'un\nmonument tombal, mais la famille nous a, en dernier lieu, exprimé le désir\nd'ériger elle-même ce monument, acceptant du reste — ce dont nous lui\nsommes reconnaissants — le médaillon dont nous avions confié l'exécution\nau sculpteur Lagae.\n   Ce médaillon en bronze qui porte l'écusson de la Jeune Belgique et la\ndédicace: « A Max Waller », a été appliqué sur la tombe au cimetière\nd'Hofstade.\n   Voici la lettre par laquelle M. le D r Warlomont nous en remercie au\nnom de la famille.\n                                                  Bruxelles, 30 octobre 1889.\n\n          CHER MONSIEUR         MAUBEL,\n\n   Vous avez bien voulu m'offrir, au nom du Comité de la Jeune Belgique,\nle médaillon fait par M. Lagae, que celui-ci vous avait remis, et qui repré­\nsente les traits de MAX WALLER, mon cher et regretté fils, avec l'emblème\nde la Jeune Belgique, qui fut sa création et à laquelle il a consacré le plus\nbeau de sa vie.\n"}, {"page_pdf": 419, "page_imprimee": 374, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "                                — 374 —\n\n   J'ai fait enchasser ce médaillon dans la croix de pierre que je viens de\nfaire dresser sur son tombeau, au cimetière d'Hofstade.\n   Je vous prie, cher Monsieur Maubel, de vouloir bien remercier en mon\nnom vos collègues du Comité, du témoignage de bon souvenir qu'ils\nviennent encore, à cette occasion, de donner à celui que nous avons tant\naimé, et de recevoir, pour eux et pour vous-même, l'assurance de mes\nsentiments reconnaissants et devoués.\n                                              D r WARLOMONT, père.\n\n   Dès le lendemain de la mort de Max Waller, il avait été question, parmi\nnous, de la publication en volume d'une de ses œuvres le plus gracieuse et\nartiste : les Airs de flûte.\n   C'est cette idée seule que nous voulons reprendre aujourd'hui et réaliser\ndans des conditions que nous indiquerons prochainement.\n   Notre œuvre de souvenir, hâtivement entreprise avec le concours géné­\nreux de nos premiers adhérents, va donc se développer maintenant sur\nune base certaine.\n   La souscription demeure ouverte pour un monument purement litté­\nraire à élever à la mémoire de Max Waller, et, sauf opposition de la part\nde nos premiers souscripteurs, c'est à ce monument que nous affecterons\nles sommes déjà recueillies grâce à leur généreuse sympathie.\n\n                                               LA J E U N E B E L G I Q U E ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 375, "page_fin": 380, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Impressions et souvenirs", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 93, "fin_caractere_exclue": 100, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "Nous recevons de M. 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Delaroche, Ghil, Khnopff, Merrill,"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3062, "fin_caractere_exclue": 3103, "texte": "Mockel, Saint-Paul, Emile Verhaeren, Lom-"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3154, "fin_caractere_exclue": 3198, "texte": "bardi et Varvara, il fut résolu que le numé­"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3249, "fin_caractere_exclue": 3291, "texte": "ro de novembre serait imprimé à frais com­"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3344, "fin_caractere_exclue": 3383, "texte": "mun. Je chargeai M. René Ghil, résidant"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3440, "fin_caractere_exclue": 3486, "texte": "alors en la ville où s'imprimaient les ÉCRITS,"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3537, "fin_caractere_exclue": 3558, "texte": "de recevoir l'argent."}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3620, "fin_caractere_exclue": 3659, "texte": "M. René Ghil qu'il faut être indigne et"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3711, "fin_caractere_exclue": 3752, "texte": "dément pour accuser, fit même (en mettant"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3805, "fin_caractere_exclue": 3846, "texte": "près de trente francs pour sa part, quand"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3877, "fin_caractere_exclue": 3915, "texte": "nul n'en donna plus de dix), un numéro"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3974, "fin_caractere_exclue": 3981, "texte": "double."}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 4134, "fin_caractere_exclue": 4145, "texte": "(1) Erreur!"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 153, "fin_caractere_exclue": 194, "texte": "M. Saint-Paul est un ingrat, enragé de la"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 245, "fin_caractere_exclue": 286, "texte": "position haute et pure en l'art qu'occupe"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 337, "fin_caractere_exclue": 378, "texte": "M. René Ghil, car il dut à ce dernier son"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 467, "fin_caractere_exclue": 507, "texte": "entrée aux ÉCRITS, et un éditeur pour sa"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 558, "fin_caractere_exclue": 603, "texte": "plaquette de vers. Nous regrettons de l'avoir"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 654, "fin_caractere_exclue": 670, "texte": "eu en nos pages."}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 723, "fin_caractere_exclue": 735, "texte": "Agréez, etc."}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 805, "fin_caractere_exclue": 820, "texte": "GASTON DUBEDAT,"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 880, "fin_caractere_exclue": 912, "texte": "Directeur des ÉCRITS POUR L'ART."}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 980, "fin_caractere_exclue": 1020, "texte": "Je n'ai à redire que ceci, dit en ART ET"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 1071, "fin_caractere_exclue": 1096, "texte": "CRITIQUE (28 septembre) :"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 1150, "fin_caractere_exclue": 1188, "texte": "MM. Saint-Paul et Delaroche m'adressè­"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 1239, "fin_caractere_exclue": 1282, "texte": "rent chacun une lettre de menaces (qui avec"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 1333, "fin_caractere_exclue": 1377, "texte": "leur diffamation présente les rend dignes de"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 1428, "fin_caractere_exclue": 1474, "texte": "la police correctionnelle). J'étais absent, et"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 1525, "fin_caractere_exclue": 1567, "texte": "Mme René Ghil qui partage avec moi le soin"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 1618, "fin_caractere_exclue": 1653, "texte": "de ma correspondance, répondit. Pou"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 1704, "fin_caractere_exclue": 1742, "texte": "M. Delaroche, comme cet individu avait"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 1793, "fin_caractere_exclue": 1834, "texte": "écrit sur l'enveloppe « M. Ghil, marchand"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 1931, "fin_caractere_exclue": 1973, "texte": "de papier », elle débuta par : La suscrip-"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 2069, "fin_caractere_exclue": 2114, "texte": "tion de votre lettre montre déjà votre esprit"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 2207, "fin_caractere_exclue": 2247, "texte": "de grossier paysan... Et elle disait aux"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 2312, "fin_caractere_exclue": 2357, "texte": "deux : qu'ils avaient eu le temps de s'expli­"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 2408, "fin_caractere_exclue": 2447, "texte": "quer avec moi avant mon départ de Paris"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 2498, "fin_caractere_exclue": 2539, "texte": "pour un an, au mois d'Août, mais qu'alors"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 2590, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "ils avaient été plats, comme ils l'ont été"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 2683, "fin_caractere_exclue": 2725, "texte": "sans cesse devant moi. 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Delaroche me pria lors de cette sous­"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3761, "fin_caractere_exclue": 3802, "texte": "cription dont parle M. Dubedat, de verser"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3854, "fin_caractere_exclue": 3874, "texte": "pour lui dix francs."}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 3928, "fin_caractere_exclue": 3971, "texte": "Je les lui ai réclamés cinq ou six fois. II"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 4023, "fin_caractere_exclue": 4068, "texte": "préfère calomnier et insulter: le voleur crie"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 4120, "fin_caractere_exclue": 4130, "texte": "au voleur."}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 4184, "fin_caractere_exclue": 4223, "texte": "M. Delaroche va peut-être, comme a fait"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 90, "texte": "M. Saint-Paul, me faire demander répara­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 139, "fin_caractere_exclue": 177, "texte": "tion !!! Je réponds, maintenant, comme"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 228, "fin_caractere_exclue": 269, "texte": "pour M. Saint-Paul, la lettre de M. 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Dubedat, directeur, paraît-il, des"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2280, "fin_caractere_exclue": 2323, "texte": "Ecrits pour l'Art, nous a gratifiés, aussi,"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2414, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "d'une réponse. Malheureusement, sa lettre"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2551, "fin_caractere_exclue": 2594, "texte": "reproduit les explications de M. Ghil, sans"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2688, "fin_caractere_exclue": 2726, "texte": "les expliquer davantage. Nous estimons"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2797, "fin_caractere_exclue": 2840, "texte": "donc qu'il n'y a pas lieu de la mettre sous"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2934, "fin_caractere_exclue": 2976, "texte": "les yeux de nos lecteurs. 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Maurice Desom-"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 3651, "fin_caractere_exclue": 3691, "texte": "biaux met la dernière main à un poème en"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 3784, "fin_caractere_exclue": 3829, "texte": "prose de longue haleine, intitulé le Triomphe"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 3924, "fin_caractere_exclue": 3933, "texte": "du Verbe."}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4216, "fin_caractere_exclue": 4255, "texte": "Vient de paraître hors commerce, tiré à"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4321, "fin_caractere_exclue": 4362, "texte": "30 exemplaires, un drame en cinq actes de"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4363, "fin_caractere_exclue": 4401, "texte": "notre collaborateur M. Maurice Maeter­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4454, "fin_caractere_exclue": 4495, "texte": "linck : la Princesse Maleine. Nous consa­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4548, "fin_caractere_exclue": 4592, "texte": "crerons un article spécial à cette œuvre re­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4638, "fin_caractere_exclue": 4648, "texte": "marquable."}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 138, "texte": "Paraîtra dans le courant de novembre,"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 188, "fin_caractere_exclue": 226, "texte": "chez Vanier, l'Ame des Choses de notre"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 276, "fin_caractere_exclue": 309, "texte": "collaborateur M. Hector Chainaye."}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 445, "fin_caractere_exclue": 485, "texte": "M. Georges Verdavainne, l'excellent cri­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 535, "fin_caractere_exclue": 578, "texte": "tique d'art toujours favorable aux manifes­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 628, "fin_caractere_exclue": 670, "texte": "tations d'un art jeune et vivant, vient de"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 720, "fin_caractere_exclue": 762, "texte": "consacrer une fort intéressante brochure à"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 812, "fin_caractere_exclue": 854, "texte": "la Peinture anglaise à l'Exposition de Pa­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 904, "fin_caractere_exclue": 914, "texte": "ris, 1889."}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 967, "fin_caractere_exclue": 1010, "texte": "Après avoir fait à grands traits l'histori­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 1060, "fin_caractere_exclue": 1103, "texte": "que de l'ancienne école et rappelé les noms"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 1153, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "des Gainsborough, Reynolds, Hogarth,"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 1239, "fin_caractere_exclue": 1278, "texte": "Lawrence, Constable, Turners, M. Verda­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 1328, "fin_caractere_exclue": 1370, "texte": "vainne aborde l'école moderne. Il s'occupe"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 1420, "fin_caractere_exclue": 1460, "texte": "d'abord des préraphaélites et de Ruskin,"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 1510, "fin_caractere_exclue": 1551, "texte": "Holmar Hunt, Rossetti, Fisk, Millais, W ."}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 1601, "fin_caractere_exclue": 1639, "texte": "Hughes; puis des esthètes Burne-Jones."}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 1689, "fin_caractere_exclue": 1730, "texte": "G. F. Watts, Prinsep, Whistler, Herkomer,"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 1780, "fin_caractere_exclue": 1790, "texte": "etc., etc."}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 1843, "fin_caractere_exclue": 1883, "texte": "Nous recommandons ce travail très agréa­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 1933, "fin_caractere_exclue": 1976, "texte": "blement écrit aux lecteurs de la Jeune Bel-"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2026, "fin_caractere_exclue": 2070, "texte": "gique. Ils y trouveront à côté de renseigne­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2120, "fin_caractere_exclue": 2163, "texte": "ments instructifs, des aperçus originaux et"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2213, "fin_caractere_exclue": 2238, "texte": "des opinions fort saines."}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2376, "fin_caractere_exclue": 2413, "texte": "Nous recevons un petit volume de nou-"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2505, "fin_caractere_exclue": 2549, "texte": "vellettes flamandes par M. Isidore Teirlinck"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2644, "fin_caractere_exclue": 2687, "texte": "un des plus attachants conteurs de 1a jeune"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2776, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "école néerlandaise."}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 2893, "fin_caractere_exclue": 2933, "texte": "La première et la plus importante de ces"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 3026, "fin_caractere_exclue": 3071, "texte": "nouvelles, intitulée Molleke, celle qui donne"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 3168, "fin_caractere_exclue": 3211, "texte": "son titre au livre — est aussi la plus heu­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 3293, "fin_caractere_exclue": 3335, "texte": "reuse sous le rapport de l'invention et du"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 3385, "fin_caractere_exclue": 3426, "texte": "style. Nous y trouvons de vivantes scènes"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 3476, "fin_caractere_exclue": 3518, "texte": "de cabaret, un fidèle croquis de kermesse,"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 3608, "fin_caractere_exclue": 3650, "texte": "une rixe bien graduée et le récit vraiment"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 3741, "fin_caractere_exclue": 3783, "texte": "pathétique de la mort de l'ivrogne Rikske,"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 3879, "fin_caractere_exclue": 3923, "texte": "le teinturier, foudroyé par les douze verres"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 3983, "fin_caractere_exclue": 4026, "texte": "de genièvre que ce fanfaron de crapule, dé­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4076, "fin_caractere_exclue": 4123, "texte": "fié et talonné par d'autres piliers de cabaret,"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4173, "fin_caractere_exclue": 4213, "texte": "a ingurgités aux douze coups de midi, un"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4305, "fin_caractere_exclue": 4320, "texte": "verre par coup."}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4414, "fin_caractere_exclue": 4453, "texte": "Les caractères de Sarel, le taupier, de"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4503, "fin_caractere_exclue": 4546, "texte": "Mence, la maritorne, du loustic Krollie, le"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4596, "fin_caractere_exclue": 4636, "texte": "forgeron, sont bien rendus. L'atmosphère"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4686, "fin_caractere_exclue": 4728, "texte": "générale, l'allure et l'accent des person­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4778, "fin_caractere_exclue": 4820, "texte": "nages ont une rusticité flamande parfaite­"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 4870, "fin_caractere_exclue": 4883, "texte": "ment établie."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 87, "texte": "A prémunir l'auteur contre des lieux"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 174, "texte": "communs de morale et des commentaires"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 225, "fin_caractere_exclue": 268, "texte": "que l'éloquence de son récit rend parfaite­"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 317, "fin_caractere_exclue": 363, "texte": "ment oiseux. Il aurait bien fait aussi d'allé­"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 406, "fin_caractere_exclue": 446, "texte": "ger sa nouvelle de développements zoolo­"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 494, "fin_caractere_exclue": 529, "texte": "giques maladroitement amenés, comme"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 530, "fin_caractere_exclue": 570, "texte": "intercalés après coup, sur les mœurs des"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 571, "fin_caractere_exclue": 613, "texte": "taupes, particularités qui ont traîné dans"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 614, "fin_caractere_exclue": 629, "texte": "tous les Brehm."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 708, "fin_caractere_exclue": 747, "texte": "Les deux autres contes Arme Vleermuis !"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 798, "fin_caractere_exclue": 837, "texte": "Pauvre chauve-souris !) et Van Stekelke"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 889, "fin_caractere_exclue": 932, "texte": "en Stekelinneke (Hérisson et Hérissonnette)"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 980, "fin_caractere_exclue": 1021, "texte": "pèchent encore plus que Molleke par cette"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1070, "fin_caractere_exclue": 1110, "texte": "tendance sermonneuse et pédante qui tare"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1129, "fin_caractere_exclue": 1164, "texte": "la littérature flamande en général."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1225, "fin_caractere_exclue": 1266, "texte": "De plus, on n'y rencontre pas les sérieux"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1311, "fin_caractere_exclue": 1357, "texte": "mérites d'observation et de facture, les jolis"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1399, "fin_caractere_exclue": 1440, "texte": "détails de mœurs, constatés dans Molleke."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1472, "fin_caractere_exclue": 1511, "texte": "C'est plus creux, plus improvisé, en un"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1512, "fin_caractere_exclue": 1528, "texte": "mot, plus lâché."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1532, "fin_caractere_exclue": 1569, "texte": "Nous détacherons pourtant de la troi­"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1618, "fin_caractere_exclue": 1660, "texte": "sième de ces nouvelles, le poignant voyage"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1791, "fin_caractere_exclue": 1828, "texte": "du pauvre jardinier Pinnemuts au pays"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1931, "fin_caractere_exclue": 1976, "texte": "houiller où son fils a été fusillé pendant la"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1977, "fin_caractere_exclue": 1983, "texte": "grève."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2179, "fin_caractere_exclue": 2219, "texte": "Dans quelques lignes de préface l'auteur"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2280, "fin_caractere_exclue": 2323, "texte": "attribue comme portée, à son petit ouvrage,"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2379, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "la réhabilitation de trois animaux, injuste­"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2479, "fin_caractere_exclue": 2515, "texte": "ment méconnus et persécutés dans nos"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2517, "fin_caractere_exclue": 2557, "texte": "campagnes, savoir : la Taupe, la Chauve-"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2559, "fin_caractere_exclue": 2583, "texte": "Souris et le Hérisson !!"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2657, "fin_caractere_exclue": 2693, "texte": "Heureusement ce programme normalien,"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2747, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "cette thèse puérile digne de l'ambition d'un"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2838, "fin_caractere_exclue": 2879, "texte": "instituteur conférencier n'a pas empêché,"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2932, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "comme nous venons de le voir, M. Isidore"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3025, "fin_caractere_exclue": 3066, "texte": "Teirlinck d'affirmer, en maintes pagesd e"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3103, "fin_caractere_exclue": 3148, "texte": "son petit livre, ses réelles et solides apti­"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3197, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "tudes d'écrivain."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3293, "fin_caractere_exclue": 3333, "texte": "Molleke a été édité chez P.-J. Verlooij,"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3377, "fin_caractere_exclue": 3416, "texte": "à Rotterdam, et se trouve chez tous les"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3470, "fin_caractere_exclue": 3507, "texte": "libraires de Hollande et de Belgique."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3726, "fin_caractere_exclue": 3762, "texte": "Nous avons reçu un intéressant petit"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3801, "fin_caractere_exclue": 3844, "texte": "livre sur la mise en scène, dont l'auteur a"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3894, "fin_caractere_exclue": 3934, "texte": "étudié techniquement et avec une minutie"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3985, "fin_caractere_exclue": 4027, "texte": "patiente, les améliorations de détails par"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 4055, "fin_caractere_exclue": 4096, "texte": "lesquelles on pourrait arriver à une plus"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 4147, "fin_caractere_exclue": 4189, "texte": "grande illusion dans la représentation des"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 4239, "fin_caractere_exclue": 4270, "texte": "œuvres lyriques et dramatiques."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 4336, "fin_caractere_exclue": 4377, "texte": "C'est une question très importante, et le"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 136, "texte": "petit livre de M. Vandenbroeck — avons-"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 186, "fin_caractere_exclue": 224, "texte": "nous mentionné son nom ? — provoquera,"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 274, "fin_caractere_exclue": 316, "texte": "espérons-le, quelques efforts tendant à la"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 366, "fin_caractere_exclue": 405, "texte": "résoudre plus parfaitement qu'on ne l'a"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 455, "fin_caractere_exclue": 493, "texte": "fait jusqu'ici dans certains théâtres."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 665, "fin_caractere_exclue": 704, "texte": "Nous lisons avec grand plaisir, et même"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 754, "fin_caractere_exclue": 796, "texte": "avec un certain étonnement, dans la Patrie"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 846, "fin_caractere_exclue": 888, "texte": "de Bruges, un excellent et très littéraire"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 938, "fin_caractere_exclue": 979, "texte": "article sur Emile Augier. Le pète-sec qui"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1029, "fin_caractere_exclue": 1069, "texte": "a raboté Gabrielle y est traité comme il"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1119, "fin_caractere_exclue": 1128, "texte": "convient."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1181, "fin_caractere_exclue": 1221, "texte": "M. Emile Augier représentait en art dra­"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1271, "fin_caractere_exclue": 1310, "texte": "matique la grosse bourgeoisie libérale."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1360, "fin_caractere_exclue": 1398, "texte": "C'était assurément un penseur; mais ce"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1448, "fin_caractere_exclue": 1471, "texte": "n'était pas un artiste."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1581, "fin_caractere_exclue": 1617, "texte": "Quelques beaux vers d'Emile Augier :"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1669, "fin_caractere_exclue": 1721, "texte": ".... Si trois cent mille francs avec un bel œil noir"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1773, "fin_caractere_exclue": 1790, "texte": "Vous plaisent...."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 1880, "fin_caractere_exclue": 1930, "texte": ".... Nous pourrons nous payer le luxe d'un garçon."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2028, "fin_caractere_exclue": 2071, "texte": "O père d e famille, ô poète ! j e t'aime..."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2123, "fin_caractere_exclue": 2175, "texte": "Qu'y puis-je ': En admettant que jamais tu lui plus,"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2227, "fin_caractere_exclue": 2279, "texte": "Est-ce ma faute, à moi, si tu ne lui plais p l u s :"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2331, "fin_caractere_exclue": 2378, "texte": "U n e bonne habitude à prendre est d e ne point"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2430, "fin_caractere_exclue": 2477, "texte": "Croire d e mal des gens dont nous avons besoin."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2611, "fin_caractere_exclue": 2652, "texte": "Une revue louvaniste à prétentions litté­"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2703, "fin_caractere_exclue": 2745, "texte": "raires, que le pion auquel nous adressions"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2796, "fin_caractere_exclue": 2836, "texte": "dernièrement un pied-de-nez, publie sous"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2887, "fin_caractere_exclue": 2930, "texte": "le titre la Revue belge, avait pris, depuis"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 2981, "fin_caractere_exclue": 3023, "texte": "quelque temps, la réjouissante habitude de"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3074, "fin_caractere_exclue": 3101, "texte": "nous éclabousser d'injures."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3155, "fin_caractere_exclue": 3195, "texte": "Les canards qui font « Coing ! coing ! »"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3246, "fin_caractere_exclue": 3288, "texte": "en pataugeant dans leur mare, éclaboussent"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3339, "fin_caractere_exclue": 3375, "texte": "ainsi tous ceux qui s'en approchent."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3429, "fin_caractere_exclue": 3468, "texte": "Trouvant le jeu amusant et voulant n'en"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3519, "fin_caractere_exclue": 3558, "texte": "rien perdre, nous nous sommes abonnés à"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3609, "fin_caractere_exclue": 3653, "texte": "la revue du pion-canard et, tout à coup, les"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3704, "fin_caractere_exclue": 3722, "texte": "injures ont cessé."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3776, "fin_caractere_exclue": 3800, "texte": "Pardon ! Il y a erreur I"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3854, "fin_caractere_exclue": 3893, "texte": "Le pion-canard a-t-il cru que nous vou­"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 3944, "fin_caractere_exclue": 3984, "texte": "lions « acheter son silence » comme dans"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 4035, "fin_caractere_exclue": 4054, "texte": "les conspirations ?"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 4108, "fin_caractere_exclue": 4146, "texte": "Etant donné le prix : quatre francs et"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 4197, "fin_caractere_exclue": 4238, "texte": "dix centimes, cela nous paraît difficile."}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 4292, "fin_caractere_exclue": 4332, "texte": "Pour quelques « coing ! coing ! » en pa­"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 4383, "fin_caractere_exclue": 4424, "texte": "tois de Louvain, au contraire, c'est bien"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "payé ; à la condition qu'on nous serve régu­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 140, "fin_caractere_exclue": 176, "texte": "lièrement de la marchandise fraîche."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 231, "fin_caractere_exclue": 272, "texte": "A bientôt donc, l'exécution du petit con­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 288, "fin_caractere_exclue": 315, "texte": "trat. Coing! coing! oblige."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 319, "fin_caractere_exclue": 353, "texte": "Et nous prévenons le palmipède que"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 354, "fin_caractere_exclue": 397, "texte": "nous lui renverrons toute injure qui aurait"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 440, "fin_caractere_exclue": 485, "texte": "déjà servi, ainsi que celles qui auront cessé"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 531, "fin_caractere_exclue": 546, "texte": "de nous plaire."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 591, "fin_caractere_exclue": 633, "texte": "P. S. Il n'y a pas d'erreur. Les « Coing !"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 681, "fin_caractere_exclue": 722, "texte": "coing! viennent de recommencer leurs opé­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 772, "fin_caractere_exclue": 780, "texte": "rations."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 865, "fin_caractere_exclue": 898, "texte": "Merci mon vieux, et bon courage !"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1143, "fin_caractere_exclue": 1183, "texte": "La susdite Revue belge, à qui le natura­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1230, "fin_caractere_exclue": 1268, "texte": "lisme de Zola Inspire une bi-mensuelle"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1315, "fin_caractere_exclue": 1356, "texte": "horreur, parle de l'auteur de Germinal en"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1406, "fin_caractere_exclue": 1443, "texte": "ces termes délicats : « Après la Bête"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1475, "fin_caractere_exclue": 1503, "texte": "humaine DONT IL EST EN TRAIN"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1505, "fin_caractere_exclue": 1539, "texte": "D'ACHEVER LA QUEUE, M. Zola écrira"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1541, "fin_caractere_exclue": 1566, "texte": "un roman sur la Bourse »."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1814, "fin_caractere_exclue": 1852, "texte": "Le théâtre du Parc a joué Révoltée, de"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1904, "fin_caractere_exclue": 1940, "texte": "M. Jules Lemaître, convenablement. A"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1993, "fin_caractere_exclue": 2033, "texte": "citer M lle Suzanne Richmond (Hélène) et"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2054, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "M. Manin (Pierre Rousseau)."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2085, "fin_caractere_exclue": 2121, "texte": "Le drame de M. Lemaître contient des"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2122, "fin_caractere_exclue": 2164, "texte": "scènes hardies et fortes, qui sont écrites"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2214, "fin_caractere_exclue": 2229, "texte": "littérairement."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2480, "fin_caractere_exclue": 2518, "texte": "M me Lerou, à l'exemple de Mme Judith,"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2519, "fin_caractere_exclue": 2561, "texte": "s'est essayée dans le rôle d'Hamlet.MmeLe­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2562, "fin_caractere_exclue": 2602, "texte": "rou est une comédienne d'une incontesta­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2649, "fin_caractere_exclue": 2689, "texte": "ble valeur, servie par un masque étrange"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2737, "fin_caractere_exclue": 2749, "texte": "et masculin."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3009, "fin_caractere_exclue": 3047, "texte": "On a représenté au théâtre Molière une"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3064, "fin_caractere_exclue": 3103, "texte": "pièce que Mme Pauline Thys, son auteur,"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3156, "fin_caractere_exclue": 3179, "texte": "intitule : En vacances."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3248, "fin_caractere_exclue": 3287, "texte": "MmeThys est belge. Qui connaît?... Elle"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3333, "fin_caractere_exclue": 3377, "texte": "a fait, outre ce vaudeville, des opéras, des"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3392, "fin_caractere_exclue": 3416, "texte": "opérettes et des romans."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3488, "fin_caractere_exclue": 3529, "texte": "Mme Thys est officier d'académie, et plu."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3578, "fin_caractere_exclue": 3615, "texte": "sieurs esthètes, y compris M. Georges"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3670, "fin_caractere_exclue": 3714, "texte": "Khnopff, s'étaient dérangés pour venir l'en­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3762, "fin_caractere_exclue": 3769, "texte": "tendre."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3832, "fin_caractere_exclue": 3867, "texte": "Ceci pour compléter le signalement."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3871, "fin_caractere_exclue": 3907, "texte": "A ceux qui nous apporteront quelques"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "renseignements sur cette femme de lettres,"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 188, "fin_caractere_exclue": 227, "texte": "nous offrons en récompense plusieurs de"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 276, "fin_caractere_exclue": 287, "texte": "ses romans."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 405, "fin_caractere_exclue": 439, "texte": "M. Barwolf vient d'être nommé chef"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 488, "fin_caractere_exclue": 530, "texte": "d'orchestre de la Société les Artistes mu-"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 579, "fin_caractere_exclue": 587, "texte": "siciens."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 639, "fin_caractere_exclue": 680, "texte": "On aurait tort de croire que les Artistes"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 729, "fin_caractere_exclue": 771, "texte": "musiciens ont placé M. Barwolf à leur tête"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 820, "fin_caractere_exclue": 861, "texte": "à cause de son talent et de son autorité."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 913, "fin_caractere_exclue": 953, "texte": "Non, M. Barwolf étant chef d'orchestre à"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1002, "fin_caractere_exclue": 1046, "texte": "la Monnaie et les Artistes musiciens faisant"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1095, "fin_caractere_exclue": 1138, "texte": "tous partie de cet orchestre, ceux-ci ontdû"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1187, "fin_caractere_exclue": 1228, "texte": "témoigner un semblant d'estime au capell­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1277, "fin_caractere_exclue": 1313, "texte": "meister dont dépend leur gagne-pain."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1365, "fin_caractere_exclue": 1404, "texte": "Cette nomination n'a donc aucune signi­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1453, "fin_caractere_exclue": 1473, "texte": "fication artistique."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1591, "fin_caractere_exclue": 1630, "texte": "Le théâtre de la Monnaie, dégringolé au"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1679, "fin_caractere_exclue": 1720, "texte": "rang d'une scène départementale, va jouer"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1769, "fin_caractere_exclue": 1810, "texte": "VEsclarmonde où l'on s'ennuie. On annonce"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1859, "fin_caractere_exclue": 1902, "texte": "pour les wagnéristes, une reprise de Lohen­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1951, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "grin avec Mme Marcy (Elsa) et M. Chappuis"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2041, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "(Lohengrin)."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2172, "fin_caractere_exclue": 2213, "texte": "M. Stoumon travaille à un ballet intitulé"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2262, "fin_caractere_exclue": 2301, "texte": "La nuit de Chapsal. Les paroles sont de"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2350, "fin_caractere_exclue": 2390, "texte": "M. Calabrési. Cette importante page sym­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2439, "fin_caractere_exclue": 2476, "texte": "phonique sera dirigée par M. Barwolf."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2613, "fin_caractere_exclue": 2648, "texte": "M. Emile Zola, l'auteur des Rougon-"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2697, "fin_caractere_exclue": 2736, "texte": "Macquart, le libre écrivain, briseur de"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2785, "fin_caractere_exclue": 2828, "texte": "conventions, grand ennemi de l'officialisme"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2877, "fin_caractere_exclue": 2918, "texte": "et du protectionnisme artistique, se pré­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 2967, "fin_caractere_exclue": 3005, "texte": "sente à l'Académie française. Pourquoi"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3054, "fin_caractere_exclue": 3062, "texte": "faire 'i"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3114, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "Espère-t-il trouver dans un blackboulage"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3203, "fin_caractere_exclue": 3244, "texte": "la consécration officielle de son talent?"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3296, "fin_caractere_exclue": 3332, "texte": "Que M. Zola prenne garde, le jeu est"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3381, "fin_caractere_exclue": 3391, "texte": "dangereux."}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3443, "fin_caractere_exclue": 3483, "texte": "M. Zola est très fort, mais les académi­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3532, "fin_caractere_exclue": 3577, "texte": "ciens sont quelquefois très spirituels. S'ils"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3626, "fin_caractere_exclue": 3669, "texte": "allaient, par malice, lui endosser l'immor­"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3718, "fin_caractere_exclue": 3761, "texte": "telle livrée couleur vert-de-gloire dont on"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 3810, "fin_caractere_exclue": 3828, "texte": "ne se dévêt plus !"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "Les journaux parisiens s'occupent du"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 175, "texte": "drame de M. Alphonse Daudet : la Lutte"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 237, "texte": "pour la Vie, qui vient d'être représenté à"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 287, "fin_caractere_exclue": 328, "texte": "l'extase générale des gobe-mouches de là-"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 383, "fin_caractere_exclue": 425, "texte": "bas. L'œuvre nouvelle du P'tit Chose appa­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 476, "fin_caractere_exclue": 514, "texte": "raît, à travers les comptes-rendus des"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 548, "fin_caractere_exclue": 590, "texte": "soireux, comme une des plus tristes élucu­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 591, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "brations de ce Dickens à l'ail. Un roman­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 633, "fin_caractere_exclue": 671, "texte": "cier : M. Le Senne se prétend volé par"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 672, "fin_caractere_exclue": 711, "texte": "M. Daudet. La presse parisienne discute"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 765, "fin_caractere_exclue": 803, "texte": "gravement cette grave affaire, mais ne"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 856, "fin_caractere_exclue": 892, "texte": "songe pas un instant à confronter le"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 950, "fin_caractere_exclue": 988, "texte": "drame de M. Daudet avec le Crime et le"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1044, "fin_caractere_exclue": 1069, "texte": "Châtiment de Dostoïevski."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1138, "fin_caractere_exclue": 1180, "texte": "Quant au personnage principal, le \" strug­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1204, "fin_caractere_exclue": 1244, "texte": "gle for lifeur \" Paul Astier, — M. Henri"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1291, "fin_caractere_exclue": 1335, "texte": "Bauer rappelle, non sans raison, qu'il n'est"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1352, "fin_caractere_exclue": 1383, "texte": "qu'un petit-neveu de Rastignac."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1387, "fin_caractere_exclue": 1423, "texte": "Ah! M. Daudet a écrit une œuvre bien"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1424, "fin_caractere_exclue": 1434, "texte": "originale!"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1793, "fin_caractere_exclue": 1816, "texte": "On lit dans Gil Blas .-"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1884, "fin_caractere_exclue": 1923, "texte": "Le Club de l'Art social, tel est le nom"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1972, "fin_caractere_exclue": 2019, "texte": "d'une association de littérateurs et d'artistes"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2065, "fin_caractere_exclue": 2087, "texte": "qui vient de se créer."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2157, "fin_caractere_exclue": 2193, "texte": "Réunis en comité fondateur, MM. Léon"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2245, "fin_caractere_exclue": 2287, "texte": "Cladel, J . - H . Rosny, Adolphe Tabarant,"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2337, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "Robert Bernier, e t c . , jetaient l'autre jour"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2432, "fin_caractere_exclue": 2477, "texte": "les bases de celte association, qui s'annonce"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2524, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "comme devant faire un certain bruit."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2600, "fin_caractere_exclue": 2641, "texte": "Ci-dessous les articles essentiels de ses"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2642, "fin_caractere_exclue": 2651, "texte": "statuts :"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2655, "fin_caractere_exclue": 2694, "texte": "Article premier. — Sous la dénomination"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2746, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "de Club de l'Art social, il est constitué une"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2893, "fin_caractere_exclue": 2940, "texte": "Société internationale de littérateurs et d'ar­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2941, "fin_caractere_exclue": 2948, "texte": "tistes."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2952, "fin_caractere_exclue": 2993, "texte": "Art. 2. — L e but de cette Société est de"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2994, "fin_caractere_exclue": 3040, "texte": "grouper les écrivains et les artistes que sol­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3083, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "licitent les grandes idées sociales ; de mar­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3177, "fin_caractere_exclue": 3220, "texte": "quer nettement l'évolution qui entraîne les"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3268, "fin_caractere_exclue": 3312, "texte": "intelligences vers leur étude ; de suivre en"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3326, "fin_caractere_exclue": 3366, "texte": "commun les travaux scientifiques se rap­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3419, "fin_caractere_exclue": 3460, "texte": "portant à la biologie et à la sociologie."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3513, "fin_caractere_exclue": 3549, "texte": "Les adhésions arrivent nombreuses au"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3584, "fin_caractere_exclue": 3616, "texte": "secrétariat, 8, rue des Martyrs."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3620, "fin_caractere_exclue": 3660, "texte": "A citer celles de Xavier de Ricard, Jean"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3661, "fin_caractere_exclue": 3701, "texte": "Lombard, Eugène Morel, et celle du grand"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3750, "fin_caractere_exclue": 3756, "texte": "Rodin."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 136, "texte": "On annonce de nombreuses adhésions"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 187, "fin_caractere_exclue": 194, "texte": "belges."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 247, "fin_caractere_exclue": 286, "texte": "N. B. Il est à remarquer que les parti­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 337, "fin_caractere_exclue": 382, "texte": "sans del'art social se recrutent généralement"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 433, "fin_caractere_exclue": 475, "texte": "parmi les politiqueurs incapables d'écrire"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 526, "fin_caractere_exclue": 547, "texte": "une œuvre artistique."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 725, "fin_caractere_exclue": 764, "texte": "L'Art moderne, dans un article d'actua­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 815, "fin_caractere_exclue": 855, "texte": "lité sur un volume paru il y a deux ans,"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 906, "fin_caractere_exclue": 949, "texte": "éprouve un chagrin. Il est pénible, assure­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1000, "fin_caractere_exclue": 1043, "texte": "t-il, lorsqu'on est amoureux, de devoir re­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1094, "fin_caractere_exclue": 1134, "texte": "couriraux poèmes des autres pourexprimer"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1185, "fin_caractere_exclue": 1203, "texte": "sa propre passion."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1257, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "Quel dommage que Georges Bébiesco"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1341, "fin_caractere_exclue": 1351, "texte": "soit mort!"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1488, "fin_caractere_exclue": 1528, "texte": "M. Antoine vient de rouvrir son Théâtre-"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1579, "fin_caractere_exclue": 1621, "texte": "Libre qui menace de devenir une « institu­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1672, "fin_caractere_exclue": 1709, "texte": "tion dans ses meubles » ou pour mieux"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1760, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "dire : « dans son immeuble »."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1843, "fin_caractere_exclue": 1880, "texte": "La première soirée a été consacrée au"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1931, "fin_caractere_exclue": 1971, "texte": "Père Lebonnard, le drame de Jean Aicard,"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2022, "fin_caractere_exclue": 2064, "texte": "à propos duquel l'auteur de Miette et Noré"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2115, "fin_caractere_exclue": 2153, "texte": "avait eu des démêlés avec M. Claretie."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2207, "fin_caractere_exclue": 2244, "texte": "La représentation a débuté par un im­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2295, "fin_caractere_exclue": 2336, "texte": "promptu intitulé Dans le Guignol. Le Gui­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2387, "fin_caractere_exclue": 2431, "texte": "gnol c'était le théâtre de la rue Richelieu."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2485, "fin_caractere_exclue": 2523, "texte": "La critique s'est plus occupée du pro­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2574, "fin_caractere_exclue": 2596, "texte": "logue que de la pièce."}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2704, "fin_caractere_exclue": 2745, "texte": "Voici le premier vers du Père Lebonnard :"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2844, "fin_caractere_exclue": 2892, "texte": "Je veux du bœuf saignant et des œufs à la coque!"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3047, "fin_caractere_exclue": 3082, "texte": "Reçu la Jong Vlaanderen, un journal"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3133, "fin_caractere_exclue": 3176, "texte": "littéraire flamand, dans lequel nous cueil­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3227, "fin_caractere_exclue": 3267, "texte": "lons cette pensée de notre ami Alfred De"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3318, "fin_caractere_exclue": 3325, "texte": "Smedt :"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3379, "fin_caractere_exclue": 3418, "texte": "« Het is noodig dat er een vooruitstre­"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3469, "fin_caractere_exclue": 3509, "texte": "vend element weze in de letterkunde. Gij"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3561, "fin_caractere_exclue": 3583, "texte": "volbrengt goed werk. »"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3713, "fin_caractere_exclue": 3749, "texte": "Reçu aussi, le Fils du gréviste, une"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3800, "fin_caractere_exclue": 3842, "texte": "ceuvrette en cinq ou six pages de M. Louis"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 86, "texte": "Delmer, qui est un chaud plaidoyer en"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 161, "texte": "faveur des ouvriers."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 219, "fin_caractere_exclue": 255, "texte": "Ce « Croquis de mœurs belges » comme"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 310, "fin_caractere_exclue": 354, "texte": "le sous-intitule l'auteur, relève plus de la"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 399, "fin_caractere_exclue": 441, "texte": "sociologie et de la charité chrétienne que"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 490, "fin_caractere_exclue": 508, "texte": "de la littérature."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 585, "fin_caractere_exclue": 625, "texte": "Il est luxueusement, voire originalement"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 673, "fin_caractere_exclue": 715, "texte": "édité, avec d'intéressants dessins dans le"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 716, "fin_caractere_exclue": 746, "texte": "texte, par Constantin Meunier."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1019, "fin_caractere_exclue": 1057, "texte": "A noter, sous la rubrique déplacements"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1108, "fin_caractere_exclue": 1150, "texte": "et villégiatures, la rentrée à la Comédie-"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1200, "fin_caractere_exclue": 1242, "texte": "Française du plus fameux cabotin de l'épo­"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1291, "fin_caractere_exclue": 1314, "texte": "que : M. Coquelin aîné."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1382, "fin_caractere_exclue": 1421, "texte": "Il est nécessaire de spécifier; car les"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1469, "fin_caractere_exclue": 1507, "texte": "Coquelin poussent dans la peau de Mas­"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1557, "fin_caractere_exclue": 1595, "texte": "carille comme des petits pois dans les"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1648, "fin_caractere_exclue": 1689, "texte": "cosses. — Cosses se définit : « enveloppe"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1741, "fin_caractere_exclue": 1777, "texte": "de certaines graines légumineuses »."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1834, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "Il y a maintenant Coquelin I er , Coque­"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1926, "fin_caractere_exclue": 1972, "texte": "lin Il et puis, en dessous, un peu à droite..."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2009, "fin_caractere_exclue": 2035, "texte": "ou à gauche, Coquelin III."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2039, "fin_caractere_exclue": 2079, "texte": "Une dynastie qui se perpétue par la gri­"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2080, "fin_caractere_exclue": 2085, "texte": "mace."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2089, "fin_caractere_exclue": 2130, "texte": "Les Coquelin au théâtre, c'est l'applica­"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2131, "fin_caractere_exclue": 2174, "texte": "tion à la scène de la loi de Darwin ; c'est"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2175, "fin_caractere_exclue": 2216, "texte": "l'approvisionnement de l'intelligence hu­"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2217, "fin_caractere_exclue": 2255, "texte": "maine par le réveil et la prédominance"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2256, "fin_caractere_exclue": 2290, "texte": "accablante des facultés « singe »."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2294, "fin_caractere_exclue": 2331, "texte": "Tout l'art comique des pays de langue"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2332, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "française est actuellement « trichine » par"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2376, "fin_caractere_exclue": 2416, "texte": "ce coquelinisme, qui a rendu, pour long­"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "temps, le public inapte à la compréhension"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 216, "texte": "d'un art sincère et élevé."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 268, "fin_caractere_exclue": 309, "texte": "Il est regrettable qu'on n'ait pas pu in­"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 359, "fin_caractere_exclue": 398, "texte": "terner les trois Coquelin à la Comédie-"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 448, "fin_caractere_exclue": 489, "texte": "Française. C'eût été, peut-être, un moyen"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 539, "fin_caractere_exclue": 581, "texte": "de canaliser l'épidémie de grimacite aiguë"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 631, "fin_caractere_exclue": 672, "texte": "qu'ils ont déchaînée par les deux mondes."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 799, "fin_caractere_exclue": 836, "texte": "Lire dans la Société Nouvelle (numéro"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 886, "fin_caractere_exclue": 927, "texte": "du 30 septembre) : La montée au Calvaire,"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 977, "fin_caractere_exclue": 1015, "texte": "d'après les vieux flamands, par Eugène"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1065, "fin_caractere_exclue": 1107, "texte": "Demolder, et le début d'une étude de forme"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1157, "fin_caractere_exclue": 1199, "texte": "un peu trop doctorale et incolore, malheu­"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1249, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "reusement, sur la Théosophie dans les ou-"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1340, "fin_caractere_exclue": 1378, "texte": "vrages de Wagner, par M. Asthon Ellis."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1431, "fin_caractere_exclue": 1468, "texte": "Dans l'Indépendant littéraire (numéro"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1518, "fin_caractere_exclue": 1556, "texte": "du 15 octobre), la fin d'un article de"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1606, "fin_caractere_exclue": 1647, "texte": "M. Roger Marx sur l'Exposition centennale"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1697, "fin_caractere_exclue": 1740, "texte": "de l'Art français et la suite des notes, si"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1790, "fin_caractere_exclue": 1830, "texte": "vivantes, que M. Louis Roger donne de la"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1880, "fin_caractere_exclue": 1925, "texte": "vie littéraire et artistique à Paris, sous le"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1975, "fin_caractere_exclue": 2008, "texte": "titre : Impressions et souvenirs."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CHEZ KISTEMAECKERS", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 426, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2250, "texte": "CHEZ KISTEMAECKERS\n\nNOUVELLE CARTHAGE\n           LES ÉMIGRANTS — CONTUMACE\n                                       PAR\n\n\n                         GEORGES EEKHOUD\n      P A G E S            C O M P L É M E I T T A I R E S\n                   Un beau volume in-12 : 3 fr. 50\n\n\n\nA         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n    d e Block's Universal Wine C°\n                 6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA. BOURSE)\n\n\n\n E        n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\n    ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                EPERNAY\n\n\n                                         Prix Courant\n                          Baron J. de Warnimont               2 25\n                          Marquis Armand de St-Hubert . . . . 2 75\n                           R O S É E J E U N E BELGIQUE                        3 00\n                           Crême d'Ay         id.                              3 50\n                           Bouzy extra        id.         Cuvée réservée.      4 50\n                           Bouzy Cristal      id.                              5 00\n                                       0.50 en plus par 2/2 bouteilles\n                                  EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 25 BOUTEILLES\n\n                           Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n           ENTREPOSITAIRE :            COULOMB-ROBIETS\n       19, B o u l e v a r d du Nord, 19, à B r u x e l l e s\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE REVUE MENSUELLE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "NOVEMBRE 1889 SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 427, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 659, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE\n                       REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D-ART\n\n formant au bout de l'année un superbe volume avec couverture spéciale et       frontispice.\n\n\n\n         Fondateur        : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n\n\n\nDirecteur : HENRY MAUBEL. — Administrateur                          : HUBERT VAN DIJK.\n\n\n Bruxelles : Rédaction : 72, rue de Trêves. —Administration, 26, rue de l'Industrie.\n\n\n\n\n                                  ABONNEMENTS :\n\n  Belgique.   . 7 francs par an. — Union postale.     . fr. 8 - 5 0\n        Les conditions pour les annonces se traitent à forfait.\n\n\n\n\n                                    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1889-11-n11-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1889-001-008_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1889-001-008_f.pdf", "ocr_sha256": "7c52218007806c0653ba26cfb199e2c25157a4024d36445006c3d2909363b32b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "NOVEMBRE 1889 SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 427, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 659, "fin_caractere_exclue": 1647, "texte": "NOVEMBRE           1889\n\n\n                                 SOMMAIRE:\n\nL'Homme Sandwich                                                  H. CARTON DE WIART.\nVers                                                              ANDRÉ FONTAINAS.\nProses lyriques                                                   ARNOLD GOFFIN.\nVers                                                              ALBERT ARNAY.\nChronique littéraire :\n          I. La Nouvelle Carthage . . . .                         LOUIS DELATTRE.\n          II. Les Chimères                                        MAURICE DESOMBIAUX.\n          III. Un héros belge                                     ALBERT GIRAUD.\nChronique musicale : Le Théâtre de Gand                       .   PAUL DALÉE.\nMonument Max Waller                                               L A JEUNE BELGIQUE.\nMemento                                                           ***\n\n\n\n\n                     Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 392, "texte": "9e ANNÉE.   TOME VIII, N° 11.        PRIX : FR. 0-75.             NOVEMBRE l889.\n\n\n\n\n                                      BRUXELLES\n                                RÉDACTION :             ADMINISTRATION :\n                           72, RUE DE TRÊVES,         26? R U E D E   L'INDUSTRIE,\n\n                                             PARIS\n                                   LÉON    VANIER,          ÉDITEUR\n\n                                          19, Quai Saint-Michel\n\n                                                 1889\n"}, {"page_pdf": 393, "texte": "                             BOITE AUX LETTRES.\n   45. — QUAREMONT, TOURNAI. Inutile de vous impatienter. La gloire n'est pas comme\nl'omnibus. Elle attend ses élus.\n   Pour le reste — et dans le reste, sont comprises vos injures, si vous croyez que nous\navons le temps de répondre « manuscritement » à tous les littérateurs en mauvaise herbe,\nqui nous envoient de la copie, vous êtes pétri d'illusions. Qu'est-ce que cela peut nous\nfaire que vous soyez abonné ?\n   La boîte aux lettres n'est pas faite pour les chiens. Elle est faite pour les auteurs mala­\ndroits.\n   Il y a ici deux timbres de dix centimes à votre disposition.\n   Bonsoir Monsieur.\n\n\n   Nous prions nos collaborateurs de vouloir bien nous envoyer la copie\nle 20 du mois.\n\n   Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n\n                                VIENT DE PARAITRE :\n\n   LES                       CHIMÈRES\n                                             PAR\n\n                               Jules D E S T R É E\nUn volume de 300 pages, petit in-4°, imprimé avec grand luxe sur papier à chandelle\n     blanc par les soins de la Maison MONNOM, tiré à cent exemplaires numérotés.\n Avec un frontispice par ODILON REDON, une couverture et une eau-forte par\n                 MARIE DANSE et une lithographie      de HENRY DE GROUX.\n                                     P r i x : 20 francs.\n\n   Les dix premiers exemplaires avec un double état choisi des estampes : 30 francs.\n\n            La suite d'eaux-fortes gravée par MARIE DANSE pour les Chimères\n     (six planches tirées sur grandes marges, à cinquante exemplaires) : 25 francs.\n\n\n\n                         EN SOUSCRIPTION :\n        Chez l'éditeur EDMOND DEMAN, rue d'Arenberg, à Bruxelles.\n\n La Damnation de l'Artiste\n                                par I W A N GILKIN\n          1 vol. gr. in-8°, couverture or, avec un frontispice par Odilon R e d o n .\n                     TIRAGE A 150 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS :\n     10 sur papier Japon impérial, numérotés de 1 à 10, prix. . 30 francs\n   140 sur papier de Hollande Van Gelder, numérotés de u à 150 15 »\n   (Les numéros 111 à 150 ne sont pas mis dans le commerce.)\n   Le volume paraîtra dans le courant de décembre prochain. Une remise\n de 10 p. c. sera faite en faveur des souscriptions qui parviendront avant le\n 1er décembre, chez l'éditeur E. DEMAN.\n\n GIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n   cines, 16, à Paris; publie LA PEAU, par RENÉ MAIZEROY.\n   Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\n partout.\n"}, {"page_pdf": 394, "texte": "              L'HOMME-SANDWICH\n\n                                Avec des hésitations d'homme ivre, le vieux\n                                 vagabond se traîne le long des murs,\n                              quémandant du travail... n'osant dire sa faim.\n                               Au seuil des fabriques, il s'affermit sur ses\n                               jambes molles, puis, acculé dans le retrait\n                              de l'huis, attire furtivement la sonnette,\n                            angoissé par l'instinctive appréhension de voir\n                                 surgir au détour de la rue un casque de\n                                 policier.\n                                    Et partout, et toujours, sèche ou bru­\n                 tale, lui éclate au nez la même réponse avec les abois des\n                 chiens et le fracas de la porte se refermant sur lui. De ci,\n                 de là, une injure à son approche. Parfois plus cruelle\n                 encore, l'échappée tumultueuse des tout petits le tenant\n                 pour quelque malfaiteur...\n                    En vérité, la misère est bien dure aux vieux.\n\n\n                   Mais, l'habitude l'ayant .insensibilisé, il reprend sa voie\n                douloureuse, mâchonnant à peine un juron : la casquette\npoisseuse rabaissée sur les yeux, les mains enfouies dans les poches de ses\nbraies, les épaules ramenées en avant, il lutte de nouveau contre ce maudit\nfroid de décembre qui le soufflette à la face.\n"}, {"page_pdf": 395, "texte": "                                  — 350 —\n\n   D'une enjambée d'arche, la rue franchit un canal. Le misérable s'accoude\nau parapet. A sa gauche, à sa dextre, canaux exutoires faubouriens; des\nrues désertes percent l'ombre des maisons entassées; et devant lui, loin,\nbien loin, court parallèle au cours de l'eau le chemin du halage où saillent,\ndurs comme pierres, les bourrelets boursouflés des ornières. Parsemés à\nl'aventure, les arbres souffrent visiblement du froid qui les raidit. Sur toutes\nchoses, un duvet de neige mousse comme une moisissure.\n   En vérité, la misère est bien dure aux vieux.\n\n\n   Solitude, froideur marmoréenne, premiers baisers de la Mort. Derrière\nles hautes murailles où l'écroulement des écailles de mortier montre à nu\nla brique couleur chair, bruit seulement, scandant le silence, le frémisse­\nment saccadé des machines, parfois couvert par un éclat de cloche ou une\nstridente clameur de chaudière qui flagelle l'air comme un sarcasme.\n   Accoudé au garde-fou, le vieux s'immobilise en une sensation de non-\nêtre. Les sens trop excités se détendent et se reposent dans la fixe, incon­\nsciente et absorbante contemplation de cette eau glauque où flottent dou­\ncement quelques glaçons épars, minces comme vitres, qui se heurtent et\nfuient en se jouant. Avec le courant, voyagent ses pensers vers de calmes et\nconfus Edens. 'Oh! l'oubli de tout qui l'hypnotise du fond de cette eau\nglauque...\n   En vérité, la misère est bien dure aux vieux.\n\n\n   Révolte de l'être apeuré ou survivance d'humaine dignité qui fait taire\nl'envie de se laisser choir et souffle sur le rêve?... Le vagabond, dans la\nlourdeur d'un sommeil arraché, déserte la banlieue souffreteuse et, la ligne\ndes boulevards franchie, s'engage au cœur de la Cité, ses bottes éculées\n(ineffables débris!] s'ériflant aux porphyres gris et durs. La dilatation de\nses narines hume les suaves effluves qui, des caves, s'échappent par bouffées.\n   Au hasard de sa divagation, il aboutit enfin dans quelqu'une de ces\nsuspectes ruelles qu'anime seul le papillottement nocturne des réverbères,\nlesquels, en plein jour, comme des viveurs ou des histrions très lassés,\nreposent en un blafard épuisement. Sans trêve, l'assaillent les lancinantes\ntranchées de la faim dont ses mains noueuses voudraient vainement com­\nprimer l'astringence.\n   En vérité, la misère est bien dure aux vieux.\n"}, {"page_pdf": 396, "texte": "                                  — 351 —\n\n  Et pourtant courageux, il implore l'alignement désespérant des façades\nchamarrées d'enseignes, quand soudain ses yeux s'éblouissent à la décou­\nverte d'une pancarte collée à la devanture d'un café-chantant :\n\n                     On demande des hommes de peine\n                         pour porter des affiches.\n\n   On demande... La banale formule, tant poursuivie, enfin atteinte, lui\nfait sauter le cœur et l'illumine d'espoir.\n   Taille redressée, hardes rajustées, il pénètre dans la salle de concert gar­\nnie d'enrochements récents et, dès l'entrée, les acres relents de la vieille\npipe, du gaz et des alcools fermentes le prennent à la gorge.\n   Malhabile, il expose sa sollicitation, et aussitôt, coupant court à ses\ndoléances de vieux, une façon de régisseur (mi-camelot, mi-cabotin), s'en\nva retirer du magasin d'accessoires une carapace de zinc peinturluré dans\nlaquelle il l'introduit tout entier.\n   Poursuivant l'œuvre grotesque, le quidam enfonce sur le chef du vaga­\nbond un cylindre vermillon ; au haut de l'épaule il noue une ficelle rete­\nnant cinq ou six ballons d'enfants ; puis, il l'aide à sortir, promettant le\nsalaire au retour.\n   Le misérable, inconscient de sa métamorphose, reprend à nouveau sa\ntitubante déambulée par les rues, ayant, dès les premiers pas, des ahuris­\nsements extrêmes à se voir reflété aux devantures des boutiques en il ne sait\nquelle image polychrome et monstrueuse.\n   Avec raison d'ailleurs ; car c'est la chose au monde la plus burlesque, que\nce contraste d'une mine piteuse et exsangue et de cet encadrement de fer­\nblanterie aux couleurs aveuglantes : sur la paroi de devant, une ondine\nportant en exergue l'enseigne du susdit établissement : A la grotte de\nCalypso; sur celle de derrière un clown à la perruque triangulaire et\naux pantalons invraisemblables, déployant une banderole avec ces mots :\nConcert tous les soirs. Entrée libre; et, par dessus tout cela, les petits\nballons blancs, rouges, lilas, frémissant à chaque saccade de la ficelle.\n   Et vous ririez comme les autres de cette mascarade inattendue débou­\nchant au coin des rues et traversant lentement la foule avec toute une\nescorte de mômes gouailleurs, jusqu'aux plus petits qui, très malicieux,\nviennent par derrière faire retentir la tôle d'un coup de poing mal appli­\nqué...\n   Au boulevard, la police intervenant dissémine la troupe juvénile et\nl'homme-sandwich peut continuer son itinéraire, n'éveillant plus sur son\npassage que quelques lazzis ou quelques risées à fleur de lèvres.\n"}, {"page_pdf": 397, "texte": "                                  — 352 —\n\n\n   Cependant, le misérable souffre la faim, et cette carcasse lourde et roide\ndans laquelle il se sent emprisonné comme un escargot dans sa coquille, ce\nchapeau burlesque qui lui meurtrit les tempes ajoutent encore au supplice\nde ses appétences inapaisées.\n   La faiblesse l'oppresse, ses jambes flageolent davantage, sa tête brûle, ses\nmains tremblotent d'un balzin fiévreux.\n  Autour de lui ne cessent de défiler dans les rayons d'un soleil pâle les\néquipages rapides, les dames emboassées de zibeline et les gommeux se dan­\ndinant .\n   Il contemple tout cela d'une prunelle indécise et, soudain, tout point\nd'appui lui échappe, toute réalité s'enfuit devant la recrudescence du vertige\nsubi devant l'eau glauque — là-bas, — et tandis qu'à ses oreilles bourdon­\nnent d'imaginaires rumeurs, en son cerveau enfiévré hommes et choses\ninaugurent la plus dégingandée et la plus infernale des sarabandes :\nbonds cadencés et automatiques des trotteurs luisants, sauts vertigineux\ndes maisons blanches pailletées de soleil, chevauchées funambulesques des\nnuages ouatés sur lesquels s'estompent des chênes confus et impalpables,\nfarandole sans mesure des marronniers obèses arrachés au sol qui, lascive­\nment, enlacent leurs branches décharnées...\n   Le misérable se sent emporté dans ce tourbillon. Il lui semble que c'est\nsa vie ce spectacle endiablé qui l'épuisé, — sa vie avec ses vices invaincus,\nles désespérances, les chômages, la misère insondable, — et que c'est son\ndestin cette entre-vision de l'au delà où s'ouvre parmi les nuages une issue\nà la vie présente, un devenir meilleur et définitif peuplé des saints et des\nvierges des jours d'enfance dont les simarres d'or et les tuniques liliales l'at­\ntirent irrésistiblement.\n   Et les petits ballons, au dessus du chapeau évasé, de se heurter et de\nrebondir, agités par la bise et aussi par les commotions secouant tout l'être\nde l'affamé...\n   Puis, la respiration se fait saccadée, les yeux s'égarent, montrant le blanc,\nla bouche se convulsionne en un ultime rictus et, les jambes cédant sous le\ncorps, l'homme-sandwich, paré pour la Mort, s'affale tout d'une pièce, dans\nun grand fracas de ferrailles.\n                                          H E N R Y CARTON DE W I A R T .\n"}, {"page_pdf": 398, "texte": "                           — 353 —\n\n\n\n\n                         VERS\n                           AMOUR\n\nDonne tes yeux brûlants et tes dents affamées\nDe mon cœur; donne-moi tes lèvres parfumées\nEt les roses boutons qui fleurissent tes seins,\nPlus frais que la clarté fondante des raisins,\nEt ton ventre amoureux et la toison secrète\nOù mon désir d'amour en pâmoison s'arrête!\nParmi l'enlacement de nos bras épuisés\nJe veux boire ton sang en de fauves baisers ;\nFruit savoureux et sain que l'amour fit éclore.\nGrisante floraison d'arômes, je t'implore!\nJ'implore ta Beauté, ta Bonté, ta Clarté,\nJ'implore la Pitié de ta divinité :\n Voici mon cœur, Victorieuse, où tu te dresses,\n Verse-moi le trésor de tes vastes caresses,\nLes caresses de ta lèvre et de tes yeux chers\nQui f ont s'hébéter l'âme et se flétrir les chairs.\n\n\n                        EN ZÉLANDE\n\nPar les mille détours des fleuves de Zélande\nSont à jamais poussés sous les souffles amers\nLes rêves de mon cœur qui s'enfoncent en bande\nVers le lointain mirage et l'inconnu des mers.\n\nLes orages du ciel et les houles des mers\nVont disperser bientôt l'aventureuse bande,\nEt mon cœur déserté de ses rêves amers\nSera comme un ilôt perdu dans la Zélande.\n\nMais les riches moissons de l'heureuse Zélande\nNe pourront remplacer mes souvenirs amers\nQui sourdement toujours m'attaqueront en bande\nPareils aux flots gonflés des écumeuses mers.\n"}, {"page_pdf": 399, "texte": "                          -   354   -\n\nQuand je regarderai les blancs oiseaux des mers\nQui planent et qui jouent sur les grèves en bande,\nHélas ! loin de mes yeux meurtris de pleurs amers\nVite ils auront fui les grèves de ma Zélande!\n\nAu lieu de l'air salin et pur de la Zélande\nJe ne pourrai humer que des miasmes amers\nQui m' envelopperont comme une large bande\nInsalubre, montant de la brume des mers.\n\n\nEn vain je pleure encor — perdus au fond des mers -\nLes vieux rêves rongeurs partis naguère en bande,\nLoin de mon triste cœur, sous les souffles amers,\nPar les mille détours des fleuves de Zélande.\n\n\n                 DERNIÈRE OFFRANDE\n\nDésireux d'existence encore et de bonheur,\nNous voici, pèlerins des fatigues de vivre,\nEffrayés de la mort et nous frappant le cœur;\n\n\nNous voici dans la pourpre ardente et dans le cuivre\nDes suprêmes couchants assombrissant les mers\nEt que la Nuit sans fin ne peut tarder à suivre ;\n\n\nAmes errant en deuil aux rivages déserts\nAngoissés de l'horreur solitaire où nous sommes\nEt dévorant le sel mauvais des pleurs amers,\n\n\nNous voici, les derniers des dernières Sodomes,\nInvoquant des soleils nouveaux, des floraisons\nNouvelles, et l'oubli des lourds péchés des hommes.\n\n\nLe ciel inexorable et sourd aux oraisons,\nAux vœux désespérés de nos mains éplorées,\nEntendra-t-il jamais nos cris et nos raisons?\n"}, {"page_pdf": 400, "texte": "                                  — 355 —\n\n    Nous ferions des ruisseaux de nos larmes pleurées\n    Et nous vous offrirons, ô dieux des funérailles !\n    Pour vivre, pour fléchir vos colères sacrées,\n\n    De nos plus chers enfants le sang et les entrailles.\n                                                   ANDRÉ FONTAINAS.\n\n\n\n\n                  PROSES LYRIQUES\n                                       I\n\n                    LES ENFANTS QUI PASSENT ...\n\n              Têtes frêles et suaves, têtes endolories, creusées déjà, par des\n               pensers trop mûrs; — visages pâles et charmants où se\n               marque l'épuisement des races suzeraines, où se reflète, — si\n               tôt — la lassitude héréditaire de la Vie et des spéculations\ncoutumières. — Têtes de poètes, — poètes jusqu'à l'impuissance noncha­\nlante de vouloir redire les Rêves.\n   Faces altières, impérieuses, aux traits hardiment découpés, trouées par\ndes yeux dominateurs, — clairs et froids.\n   Masques bestials, silhouettes indécises, — choreutes obscurs des tragé­\ndies futures.\n   Bras qui se tendent, bouches qui s'offrent, avides de caresses innocentes ;\n— chevelures ébouriffées et sauvages; — regards, oh! longs regards,\ntaquins et cajoleurs; — paroles espiègles et volontaires. — Petits cœurs\npleins d'espoirs, de joies, de joujoux et de sanglots.\n   Profils chastes et graciles, entrevus à peine, qui paraissent, s'évanouissent\net que je ne reverrai plus.\n\n                                       II\n\n   Celle que le Poète a, si patiemment, aimée, s'est rendue. Réunis, enfin,\nils bégayent de délirantes promesses, se sourient vaguement, craintifs à\ncette heure, et timides, et doux.\n   Soudain, il tressaille, délie l'étreinte, se lève :\n"}, {"page_pdf": 401, "texte": "                                   — 356 —\n\n   — Repose encore, Ami, sur mon épaule... notre bonheur approche...\n    Il hoche tristement la tête.\n    — Que veux-tu donc?\n   — M'en aller d'où je suis...\n   — Tu m'aimais !\n   — Je t'aime...\n   — Où iras-tu?\n   — Je ne sais.\n   — Et seras tu plus heureux, là-bas?\n   — Peut-être.\n   Il s'éloigne.\n\n\n                                      III\n\n    Et voici, — je quittai mon ami, tout réconforté de ses bonnes paroles,\n écoutant expirer, en mon cœur, l'écho de sa voix, à ses ennemis dure et\n acerbe, — pour moi, si affectueuse et vibrante de compatissante sym­\npathie.\n   Je me retournai encore, le regardant s'éloigner, à pas lents, repris déjà,\npar sa méditation interrompue. Et je me disais :\n   — « Il n'est là, perdu dans la foule, qu'un passant, parmi les innom­\nbrables passants et ceux-ci ignorent sa grandeur... Il marche au milieu\nd'eux et rien ne leur révèle le mystère éblouissant de sa conversation inté­\nrieure. D'orgueilleuses, de lucides et fastueuses pensées, traversent ses yeux,\ncomme des éclairs ; et il en est lui-même effrayé... De si pures pensées, —\nfrangées de larmes, — chantent à son oreille, qu'il n'oserait les découvrir à\nson compagnon le plus cher... Timidement, il les cache, de crainte de les\nvoir saluer d'un sourire railleur, — un sourire si fugitif, si rapide, qu'à\npeine l'a-t-il aperçu, mais qui l'a transpercé, — blessé, irréparablement.\n   « Personne ne le remarque et il ne remarque personne; — la musique\nenchanteresse l'enfièvre, des strophes qu'il n'écrira jamais. Car, il est des\npoèmes surhumains, que le Poète jaloux dérobe à la Terre, — vagues,\nondoyants, féeriques poèmes, aux formes prestigieuses et flottantes, revêtus\nd'une beauté impérissable et toujours nouvelle... »\n   Et, avec un puéril plaisir, je répète bien bas son nom, — le nom qui\nm'évoque la magique splendeur de ses rhythmes et ressuscite en moi le\nsouvenir de certains de ses vers, — sombres, majestueux et profonds, — de\nses vers où retentit, soudain, le cri douloureux d'une âme inassouvie ..\n"}, {"page_pdf": 402, "texte": "                                   — 357 —\n\n\n\n                                       IV\n\n                               LA DOULEUR\n\n   Ainsi qu'une monstrueuse chimère, la Douleur s'est accroupie sur mon\ncœur.\n   Féline et sournoise, elle se joue de lui, l'égratigne malignement, ou\nféroce, tout à coup, et carnassière, le broie sous ses muscles puissants et le\ndisperse en lambeaux.\n   Puis, patiente et pateline, elle panse la trace de ses morsures, l'endort\ndans une dérisoire quiétude, pour aviver la sensibilité de son hochet, —\nne pas tarir, en une fois, son plaisir cruel.\n\n\n                                        V\n\n                                TROP TARD!\n\n   Entre les mâchoires de plomb, massives et mornes, de la réalité, long­\ntemps furent broyées mes chimères vaillantes. Mes illusions, fleurs hâtives\net charmantes, s'immolaient en infertile oblation au destin vindicatif et\ndéloyal. Mon âme était comme un pays aride, sous des cieux ennemis et\ndésolé de sécheresses éternelles...\n   Mais, — des soleils propices ont lui!...\n   Las ! mes désirs sont bien las et l'effroi anticipé les déflore de s'éveiller,\nsatisfaits et, si certainement, déçus. Languissants et débiles, végètent mes\nsouhaits d'autrefois et mes plus ferventes aspirations s'alarment et trem­\nblent de mourir, un jour, exaucées.\n   Une voix funéraire, basse et désabusée, psalmodie : — « Trop tard! il\nest trop tard ! »\n\n                                       VI\n\n                                    EFFROI\n\n   Une heure. Pas d'étoiles ; les nuages, que l'on devine très bas, se cachent\net s'enfoncent dans une inquiétante obscurité, plus inquiétante et lourde des\narges silencieux et spectrals qui la sillonnent.\n   Des bruits épars, lointains, soudains, — je ne sais quoi grince, comme\n"}, {"page_pdf": 403, "texte": "                                   — 358 —\n\nsi, en sourdine, on limait des barreaux... Par la fenêtre entr'ouverte, on\ncroirait entendre de subites et éclatantes clameurs, qui s'étouffent et retom­\nbent, pesamment, — des fuites, parmi les ruelles interlopes, puis, sans que\nle calme se trouble d'aucun pas, des respirations halètent, sifflent.\n   L'haleine chaude et enflammée de ce soir orageux fait bouillonner mon\nsang. Au fond de l'ombre électrique, de fantomatiques objets luisent, flam­\nboient d'un fourmillant éclat ou grimacent et se contorsionnent, affreuse­\nment... — Un silence d'attente, de stupeur; — quelque chose immine, qui\nva se résoudre en un cri d'angoisse, effaré et strident...\n   Les yeux fixes, fiévreusement fixes, scrutant le velours perfide des ténè­\nbres, j'écoute; les griffes inhumaines de la crainte me pressurent doucement\nle cœur, — compriment, de plus en plus fort, ses éperdues et paniques pul­\nsations. La poursuite invisible recommence, peu à peu, se précipite, s'accé­\nlère...\n   — Mon Dieu! si le Diable existait, cependant !\n\n                                      VII\n\n                         P R O F I L DE LUMIÈRE\n\n   Très pâle, sous la toque de velours chatoyant, nimbé des ondes lustrées\nde sa blonde chevelure épandue, que sa main fine et machinale lisse, l'ado­\nlescent songe ; — et l'éther de ses yeux lointains et abstraits se ternit et\ns'illumine, tour à tour, aux nuées orageuses et nacrées de son rêve ingénu.\n   Mais, voyez : ses lèvres brèves s'arment de dédain, de mépris et de haine.\nIl sourit : et c'est un sourire blasé, sournois et pervers; les lignes douces et\nflexibles de son visage se précisent ; son teint blémit ; sa bouche s'arque et\nvibre de sarcasmes impatients.\n   Il se relève et, dans ses gestes nerveux, la flamme blanche, dardante et\naiguë de ses prunelles froidies, fulgure une cruauté capiteuse et enivrée.\n   En son âme, les Péchés Capitaux déchaînent un hallali frénétique, tumul­\ntueux et rauque...\n   De subites et sulfureuses vapeurs, rousses et violâtres, montent, l'auréo­\nlent et le diabolisent.\n                                                   ARNOLD GOFFIN.\n"}, {"page_pdf": 404, "texte": "                  — 359 —\n\n\n\n\n                VERS\n             LE    JARDIN\n\n                               A C H A R L E S VAN LERBERGHE.\n\n\n\n\nC'est dans Vor d'un site lointain,\nBien delà toute songerie,\nLe jardin d'aube et de matin\nDe ma souvenance attendrie.\n\nO le jardin d'un autre temps\nOù, parant les eaux sourieuses,\nMes fleurs aux parfums palpitants\nS'éveillaient en grappes prieuses!\n\nO le jardin que ne connaît\nPersonne et que la Foule ignore :\nMa tendresse encore y renaît\nEt meurt pour y renaître encore !\n\nCar, si belle de ses beaux yeux,\nCueille mes langueurs anciennes\nCelle aux regards silencieux,\nAux chastes mains musiciennes.\n\nElle cueille les fleurs des eaux\nOù mes ignorances insignes\nSuivaient par devers les châteaux\nDe mes rêves l'envol des cygnes.\n\nLas ! voici que pleurent les lys\nSur le veuvage des parterres\nEt mes doigts soudain appâlis\nAbdiquent leurs vœux solitaires.\n"}, {"page_pdf": 405, "texte": "                 — 360 —\n\nC'est l'heure où meurent les lilas...\nLà-bas les sources hyalines\nFerment avec des gestes las\nLes fraîcheurs de leurs mantelines.\n\nC'est l'heure où sur d'autres   chemins\nLes princesses d'antan, les fées,\nLaissent pour d'autres   lendemains\nLeurs robes un peu dégrafées.\n\nEt je sens en moi quelle mort\nIdéale et pourtant réelle\nEt mon cœur s'endort et s'endort\n Comme un soupir de chanterelle !\n\n              NOSTALGIE\n                                    A FERNAND SEVERIN.\n\nPour un instant qui lui rappelle\nDes baisers trop en abandon\nDites pourquoi mon cœur épèle\nDes mots de paix et de pardon ;\n\nDes vagues phrases paresseuses\nQue parfument les anciens vœux,\nO les féminines berceuses\nDont s'endorment tous mes aveux;\n\nDes mots comme des châtelaines\nDans l'innocence du matin\nLaissant parmi les marjolaines\nTraîner leurs traînes de satin?\n\nDites pourquoi mon cœur s'éplore\nDe ce qu'il chantait autrefois,\nEst-ce que ne doivent éclore\nLes bonheurs rêvés tant de fois?\n\nEst-ce si loin l'aime vallée\nOù j'ai perdu, songeant de vous,\nMon cœur d'enfant cette veillée\nQue je dormais sur vos genoux ?\n                                    ALBERT ARNAY.\n"}, {"page_pdf": 406, "texte": "                                  — 361 —\n\n\n\n\n         CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n La Nouvelle Cartilage. Les Emigrants. Contumace, par GEORGES EEKHOUD. (Pages\n        complémentaires). Un vol. in-18, chez Henry Kistemaekers, 1889.\n\n\n                                       I\n\n\n               Georges Eekhoud vient d'ajouter à son roman La Nouvelle\n               Carthage — vanté par M. Goffin ici-même, l'an passé, je\n               crois — deux chapitres épisodiques d'une beauté parfaite.\n                 Les Emigrants commencent le livre.\n   Laurent Paridael, celui que l'honnête M. Dobouziez (bougies-stéarine,\nAnvers) appelait « bayeur aux chimères », l'affectif incompris aux expan­\nsions brutalement refoulées, assiste au départ vers l'Amérique de (ses bons\namis : les Tilbak, ces braves gens de la Noix de Coco qui furent longtemps\nles seuls êtres qui l'aimassent, puis Jan Vingerhout le joyeux et déluré\nbaes des Nations, le bon maître avec qui il passa ses premières soirées\n« d'homme », au local, à la reddition des comptes. Car ils s'en vont. Et\naussi ses autres amis, ceux de la grande famille sienne, les pauvres gens,\nles paysans de Santvliet, de Pulderbosch, de Willeghem, ceux auxquels les\ncomparait — la citadine pensait lui faire honte ! — la jolie Gina, sa\ncousine en se moquant de sa belle casquette, vous savez, quand ils allaient\nvoir le « labyrinthe ». Oui, voilà qu'ils s'en vont, qu'ils s'en vont tous !...\nLa glorieuse Anvers exile au loin ses parias besogneux, cette population\ninavouable; Carthage expulse ses mercenaires.\n   Pourtant, ça n'a pas été sans peine ; vous comprenez que les bouleux qui,\nl'autre année, n'auraient même pas cru qu'on pût s'en aller et quitter pour\njamais sa paroisse en laissant sa terre aux autres ; qui, étant jeunes hommes\ndésertaient pour avoir, de Malines, senti l'odeur des tourbes brûlées\napportée par les vents du nord — vous comprenez que ce n'est pas du\nmatin au soir qu'ils ont décidé cela !\n   Mais... mais... l'enfant qui a faim, la terre ingrate, la vache qu'on ne\npeut plus nourrir... Haletant d'une douloureuse envie ils ont écouté l'em­\nbaucheur d'hommes qui voyage dans le pays en quête de gars copieux et\nrâblés pour les facendas de là-bas qu'on veut peupler, pour la République\n« Algentine » comme disent les paysans de chez nous en contant le\ndépart d'un voisin. \" Les blés mûrs couronnés d'épis aussi gros que leurs\ntignasses blondes, lèvent leurs gerbes à hauteur des toits ; les arbres ploient\nsous des citrouilles qui sont des pommes \". Voyez, leurs visages amaigris\nsont subitement avivés d'une rougeur de gourmandise; leurs yeux sont\nfixes comme s'ils croyaient voir le diable marchander leurs âmes. O chers\ncoeurs naïfs !\n"}, {"page_pdf": 407, "texte": "                                  — 362 —\n\n    Rentrés chez eux ils redisent à leurs femmes ce qu'ils ont entendu au\n cabaret. « Les gars ruminent ces images, ils n'en dorment pas, ou les\n revoient en rêves. » « Longtemps leurs âmes féales ont résisté. » Mais\n subitement on parle dans la paroisse de gens de l'autre village partis l'an\n passé; il paraît qu'on les a revus à la ville, habillés de neuf, gras, et l'air\nriches. On dit aussi qu'à Anvers des brigades d'ouvriers wallons s'em­\nbarquent; des bourgs entiers des Ardennes sont partis avec leur curé...\nAlors, quoi ?... ce serait vrai ?... Vite, ils vont tout prendre ! Un vent de\nfièvre passe. Vite, vendons tout ! ne perdons pas de temps à réfléchir.\n    « Et voilà pourquoi, par ce matin de janvier, les flancs du Juste-Lipse,\n « ce grand navire noir comme un cercueil de pauvre, devraient être élas­\n« tiques pour loger toute la viande humaine qu'on y en fourne ». Il faudrait\nciter textuellement tout ce qui suit. Comment dire avec des mots ces jeunes\némigrants fringuant et clamant, « en réalité s'efforçant de se donner le\n « change à eux-mêmes, de se déprendre de leur idée fixe, bourrelante\n « comme un remords » — « O le doux hameau où ils ne remettraient plus\n« jamais les pieds, où ils n'iraient même pas dormir leur dernier et meilleur\n« somme en terre deux fois sainte à côté des bagaudes d'autrefois ! » Dans\nleurs oreilles chuchote « la voix mélancolique et attendrie qui ne les\n« exhortera plus à la piété et à la résignation ! O ces cloches qui soule­\n   vaient autrefois les guerilleros en sarrau contre les étrangers régicides et\n« qui n'avaient pas de tocsin assez éloquent, à présent, pour empêcher\n« l'invasion de la faim !» — Ne sentez-vous pas votre cœur ?... Mon Dieu !\ntaisez-vous, toutes ces voix! Le gars bat des paupières et crie haut pour\ncacher ses larmes et ses sanglots ; taisez-vous ou il va s'enfuir. — Laurent\nParidael voit, écoute, le cœur saignant.\n   Mais voilà qu'arrivent les derniers, ceux de Willeghem, les trente\nménages qui s'embarquent ensemble. « Ils se présentent en bon ordre,\n« comme dans un cortège festif. Soucieux de faire bonne figure, de se dis­\n   tinguer de la cohue, désirant qu'on dise après leur départ : « les plus\n« crânes étaient ceux de Willeghem ». Leur vieux curé les accompagne\njusqu'au quai. Puisqu'ils n'iront plus avec lui, à la Pentecôte voir, au beau\nsoleil de juin reluire comme une gloire, « au bout de la drève, la basilique\nrenommée » de Montaigu, il n'est que juste qu'ils aient sa bénédiction avant\nde s'en aller, car « combien n'entendraient plus les doux mots de paix et\n« de bonté ?» — Près du bateau qui halète, les gars de la fanfare de Wil­\nleghem se retournent vers la ville et jouent une dernière fois « l'air national\n« par excellence, l'Où peut-on être mieux du Liégeois Grétry, la douce et\n« simple mélodie... » Il y a des couacs et des sanglots dans le chant des\ncuivres; et Laurent doit penser aux danses joyeuses de la kermesse\nd'Hemixem !... — Des borains, embarqués déjà, ont entendu l'air de pré­\ndilection, celui que la Société de Sainte-Cécile joue à la fête du \" Directeur \"\ndevant ses fenêtres. Ils s'en souviennent bien et ils mêlent leurs voix un peu\nvoilées à la musique des Flamins, « des bravés d'gins to d'même ! »\n   Let go ! — Et dans les brumes du fleuve limoneux disparaît le convoi\ndes pauvres gens. « Laurent continua de regarder la cheminée, pointée\n"}, {"page_pdf": 408, "texte": "                                    — 363 —\n\n« comme un clocher ambulant, par dessus les digues,... puis, ce ne fut\n« plus qu'une ligne noire. » Comme il s'éloigne, il aperçoit le curé de\nWilleghem qui suit aussi du regard le bateau emportant son troupeau.\n   Deux grosses larmes descendaient lentement de ses joues et il traçait\n« dans l'air un lent signe de croix. Mais le vol éparpillé des oiseaux de\n« mer avec des giries de sorcières qui se hèlent, semblaient parodier ce doux\n« geste professionnel aux quatre coins de l'horizon. Crispé par leurs sar­\n   casmes, Laurent se retourna vers la ville » Son cœur est plein de la\ntristesse des départs, et pour consolations il n'entend qu' « un bruit de\n« pioches et d'écroulement ! » C'est le quartier des pauvres qu'on démolit,\nil ne voit que masures éventrées et murs de briques rouges qui saignent.\nPauvres bicoques agonisantes, pauvres émigrants là-bas en mer...\n\n   On peut, en pensée, suivre le fil — ténu dira-t-on peut-être, et inutile —\nqui relie le second chapitre au précédent. Contumace, c'est l'histoire de\nLaurent qui désormais seul depuis que sont partis vers l'Amérique ses bons\namis, se laisse aller entièrement, avec toute l'impétuosité de son âme pas­\nsionnée et sevrée de sympathie, vers son objet de prédilection : les déclassés\nde la métropole et circonvoisins, entrevus et déjà aimés quand il n'était\nqu'un enfant malheureux, compris et chéris de toutes ses forces à présent\nque s'est accusée la similitude de leur position devant la société. L'esprit de\ncontumace rapprochait ce déclassé de ces irréguliers.\n   Il les aime ces besogneux et vit de leur vie, souffre de leurs douleurs,\ns'éjouit à leurs joies, entièrement, de tout son cœur, passionnément. Il tres­\nsaille à leurs enthousiasmes et à leurs haines, s'identifie leurs sensations,\njalouse leurs amours.\n   Ne dirait-on pas qu'il la désire aussi la petite « particulière potelée à\nsouhait, blonde et radieuse comme une emblavure » qui, si volontiers, vient\ndonner des oeillades « au brunet garde-barrière à la tignasse frisée et à l'air\nsérieux? » N'est-ce pas le cœur pantelant qu'il s'arrête devant la jeune fille\nrencontrée sur la route, près d'une grange, en train de lire une lettre de son\nFrans, le promis, soldat à Anvers. Inquiet, il se pose mille questions doulou­\nreuses, le bon garçon : « A-t-il eu la main malheureuse dans une bagarre,\nagonise-t-il à l'hôpital militaire, la lettre vient-elle de la prison de Vilvorde? »\nIl a les yeux fixés sur la jeune fille pour lire sa pensée. Oui, son cœur fait\ntoc-toc! Il pensera souvent à la jeune femme, il se la rappelfera à la vue\ndes petits miliciens poupards arrivés au régiment tout droit de leurs vil­\nlages, dans la grande ville .mauvaise aux soldats, hargneuse et égoïste à la\nplèbe; il se les conciliera pour, plus tard, pouvoir les consoler, ces athlètes\nsouffre- brimades.\n   Il vit aussi avec les runners, landsharks, requins de l'Escaut, et s'inté­\nresse à leurs excursions commerciales. Il loge avec eux dans les herberges,\ns'amuse à leurs goures, et quelquefois leur raconte ses lectures. Il par­\nfait le quadrille les dimanches de danse, ne recule pas devant un\nhornpipe dans quelque bastringue du faubourg ou quelque bouge de port :\nIn the city of Londón ou Alla cita di Genoa. Il se plaît à mesurer ses\n"}, {"page_pdf": 409, "texte": "                                  — 364 —\n\nforces avec l'un ou l'autre gaillard musculeux pour le plaisir d'étreindre de\nbeaux torses fauves, de se mêler physiquement à eux. Car il aime leurs\ngrands corps de paresseux; il les compare plaisamment aux grotesques pots\nà tabac bourgeois.\n   Les misérables gardent ses tendresses, même criminels. Il va jusqu'à\npayer la chope à un petit paysan rose et propret, assassin déjà, dont la\nvoix dolente lui donne la chair de poule au récit des détails de l'affaire.\n« Le plus étrange, c'est que, la partie étant jouée, nous n'osions plus nous\nquitter, les camarades et moi. Et cependant leurs voix me faisaient mal... »\n   Ne défend-il pas ses indulgentes convictions jusqu'à rompre avec ses trois\namis les artistes, quand il leur narre une visite à la maison pénitentiaire et\nleur dit son enthousiasme pour l'orgueilleux ouvrier rencontré là, qui\n« trouvait au dessous de sa dignité de louer ses bras à un forgeron de village\nqui les employait à des travaux grossiers » et « s'estimait beaucoup plus\nheureux de s'appliquer comme réclusionnaire au Dépôt, parmi des rafales,\nà des ouvrages de choix, des travaux d'art!... » L'entendez-vous dans son\napologie de l'artiste réfractaire ? « Tu vas sans mortification, tu produis à\nta guise. Ce pain que tu manges aucun compétiteur ne te l'arrachera;\nencore moins le voles-tu à ton frère dans la détresse! » Ces théories\noffusquent les artistes patentés qui écoutent. Oui, ils comprennent, aussi\nbien qu'un député qui fait ses prospectus, qu'on doive s'intéresser aux\nclasses déshéritées! « Mais se passionner pour les sacripants, frayer avec\nles irréguliers et la racaille, c'était se conduire en excentrique, pour ne pas\ndire plus » répondent ces honnêtes gens à Laurent, Laurent qui voudrait\nenvelopper de sa chaleureuse sympathie tous ces insoumis !\n   Ce n'est pas que, parfois, quelque parole entendue quand? quelque lieu\ncommun bourgeois, plein de bon sens et inquiétant, ne lui repasse ; ses\nfièvres d'affection sont suivies de journées d'accablement, de cette prostra­\ntion invincible qui vous fait vous arrêter, des grosses larmes perlant aux\ncils, par ces crépuscules où la sensibilité est aiguisée, et douloureuse\ncomme des seins nubiles qui se gonflent. Laurent ne comprenant pas la\nlutte, la détestant, « en arrive à se souhaiter irresponsable, à envier les\n« internés criminels ou fous, que ne ronge plus le souci du pain quotidien\n« ou de la lutte pour l'existence \" . Pensée obsédante, inévitable quand\non se demande où est la place — la voyez-vous? — dans notre société\nd'hommes utiles, la place du contemplatif, dans la république de Platon?\nAllons, houp! les fainéants!\n   Peut-être, à travers cette transposition, pourra-t-on, au moins par les\ncitations, entrevoir tout ce qu'il y a d'admirable et d'humain dans' ce por­\ntrait d'une âme inquiète, incomprise, qui ne peut se plier aux mensonges\nd'une civilisation factice. La psychologie en a la rigueur d'une auto-biogra­\nphie.\n   Cependant, pour ce qui est de l'impression totale, mes préférences vont\naux Èmigrants, à cause, sans doute, de l'unité plus apparente d'action de\nce chapitre ; pris comme épisode détaché, je le trouve d'un effet plus poi­\ngnant. D'autres, certainement, aimeront mieux ce déroulement de tableaux\n"}, {"page_pdf": 410, "texte": "                                    — 365 —\n\ndéfinitifs, de descriptions lumineuses, qui fait de Contumace un chef-\nd'œuvre. Le but proposé est d'ailleurs, ici, atteint en tous points. L'état\nd'âme du protagoniste est parfaitement peint; Laurent est debout, vivant,\naimant et qu'on aime.\n   Entre autres, un grand charme de Contumace est, avec la nouveauté des\ndescriptions de ces vierges paysages, l'abondante variété des épisodes —\nautant de joyaux littéraires que seul un riche pouvait ainsi prodiguer.\nIl y a, à côté d'eaux-fortes sombres et étranges comme « la nuitée dans les\npouilleries », des aquarelles d'un inexprimable charme. Pouvez-vous rêver\nrien de plus délicieux que l'incident du petiot du chaland au bâclage et de\nl'alouette? C'est d'une grâce spéciale, d'une grâce forte, autre chose que\njolie, flamande enfin !\n   Mais ce qu'il y a de commun aux deux chapitres et ce qui leur donne\ncette définitive et garante marque d'origine, c'est l'intensité de leur vie, leur\nsuperbe richesse de sève, c'est l'émotion contenue qui fait vibrer toutes ces\npages. Et surtout, surtout, l'évangélique bonté, la surhumaine compassion\nqui s'y manifestent. Devant le geste de cette main qui si dignement se tend\naux parias de notre société, l'admiration pour l'écrivain se double de respec­\ntueuse et chaleureuse sympathie pour l'homme, le grand cœur, le vrai\nnoble, et l'on pense au Campéador de Barbey d'Aurevilly, le Cid superbe\nqui tendit sa main aux lèvres du lépreux :\n\n                  Il fixa longuement le lépreux, puis, soudain,\n                  Il arracha son gant et lui donna sa main.\n\n\n   Quant à la langue — car il est permis, devant une telle perfection,\nd'examiner l'outil, — c'est celle des Milices de Saint-François, mais plus\nferme encore, me semble-t-il; une prose rapide et pure où brillent, sertis,\nde beaux mots rares ; une prose nombreuse et substantielle, pourtant —\nbelle, belle, absolument.\n   Voyez! cette langue succulente de M. Eekhoud, me fait toujours penser\nà ces grosses pommes de mon pays, mi-parties jaunes et rouges, qu'on\nappelle belles-fleurs. Elles sont un peu sures — ah ! l'eau me vient à la\nbouche rien que de vous en parler — et pleines d'un jus qui coule sous la\ndent, qui coule sur les lèvres, sur le menton, si bien que les enfants le\nlappent à même le fruit, et se pourlèchent avec toutes sortes de mines\ngourmandes et des gloussements de jouissance. A peine s'arrêtent-ils de\nmanger pour dire entre deux agnots : Oh les bonnes belles fleurs! oh les\nbonnes!...\n    30 octobre 1880\n                                                         LOUIS DELATTRE.\n\n\n\n                                                                         24\n"}, {"page_pdf": 411, "texte": "                                     — 366 —\n\n\n                                          II\n\nLes Chimères, par JULES DESTRÉE; une couverture et une eau-forte par Marie Danse, un\n  frontispice par Odilon Redon, et une lithographie par Henry De Groux, chez\n  M me Ve Monnom, 26, rue de l'Industrie, Bruxelles : 20 francs. Les dix premiers exem­\n  plaires avec un double état des estampes : 30 francs.\n\n   Chacune, à sa manière, symbolique de l'œuvre et plastiqueraient résumant\nles proses qu'elles illustrent, les planches de Redon, Marie Danse et De\nGroux accompagnent superbement la typographie excellente de la Maison\nMonnom sur ce papier à chandelle, si léger, si soyeux, si souple, charmant\nà voir et à toucher; et les Chimères sont un des plus beaux livres qui aient\nparu chez nous, où l'on s'entend cependant aux belles éditions. Ainsi, par\nleur seul aspect, révélant le goût raffiné d'un artiste, et par leur tirage à\ncent, l'indifférence aux applaudissements du nombre.\n   De même que les poèmes du livre sont à relire, la Chimère d'Odilon\nRedon est à contempler et à revoir avant de percevoir toute sa fière et\nmélancolique beauté. Schopenhauer a dit qu'il fallait rester devant les\nœuvres d'art comme devant les rois, découvert, et attendant qu'ils vous\nparlent. Royale et dédaigneuse, drapée dans la nuit splendide qui fait un\nvoile noir sur ses tristesses trop hautes pour les plaintes et les consolations,\nla radieuse figure se redresse en révolte, claire et furtive comme un éclair,\net sans but et sans espoir, dans l'abîme obscur.\n   Tout au haut des tours gothiques, sur le rebord de l'espace et comme une\ndérision du monument de foi, la Gouge de Marie Danse, d'un si admirable\nton de rouille et de pierre vétuste rongée de pluies et de soleils, d'un si\nprofond sentiment de férocité et d'irréparable moyen-âgeux, regarde, avec\nquelle tristesse encore et quel mépris, la ville imperceptible effacée au loin,\noù s'agitent les hommes éphémères, et pèse sur nous de tout l'effroyable\npoids de sa lassitude de ne rien voir...\n   Troisième interprétation digne des deux autres et puissamment évoca­\ntoire à son tour du pessimisme du livre : La Forêt des suicidés par H. De\nGroux. C'est la forêt de l'enfer du Dante, la ténébreuse assemblée des\narbres suppliants que tourmentent le parcours sinistre des chiennes\naboyantes et les lamentations courroucées des harpies dans les branches,\npunition de ces trop ardents désirs de Néant qui sourdent à chaque page\ndes Chimères, du Néant non permis à l'homme par les lois suprêmes.\n   Très artistes, très douloureuses, très dédaigneuses, telles ces trois planches\nsuperbes, telles les Chimères.\n\n\n  Livre bizarre, torturé, excessif.\n                        Un ennui d'un ne sait quoi nous afflige\n\ndisait Verlaine dans Jadis et Naguère,\n"}, {"page_pdf": 412, "texte": "                                   — 367 —\n\n   Ici, cet ennui s'est exaspéré, s'efforçant de trouver une issue par où fuir,\net se cognant toujours aux bornes d'une vie trop étroite.\n   Pour tromper cet ennui, il repasse les souvenirs de choses vécues dans la\nprime jeunesse, les vingt ans aux vols fous d'espérances et d'illusions. Pro­\njets stériles, rêves de bonté, de bonheur, d'amour impossibles, illusions\nenvolées, espérances déçues. L'un peu de nous-même que le temps a arraché\nà son cœur chaque jour : « On s'étonne d'avoir pu mourir ainsi tant de fois\nun peu, d'avoir supporté une si continuelle agonie », dit-il en la Plainte\ndu feu. Et il regarde les loques rouges de son passé qui flottent et sombrent\ndans le tourbillon des heures et le chaos de sa mémoire.\n   Les hiers ont-ils été meilleurs que l'aujourd'hui, que ne le seront les\ndemains? L'Ecclésiaste a dit : « Ne prononce jamais ces paroles : pourquoi\nles jours passés ont-ils été meilleurs que ceux-ci ».\n   Et cependant, c'est toujours dans la splendeur du souvenir, l'oubli des\nmisères subies, des misères qui nous empêchent de jouir du présent.\n   Les Chimères, en voici la plainte dans cette phrase de saint Grégoire :\n   « Mon cœur souffre des relations avec les hommes du siècle, et, couvert\nde la poussière des événements de la terre, il soupire après l'heureuse époque\nde son repos; je regarde ce que je souffre, je considère ce que j'ai perdu, et\nce que je supporte me désole; je suis maintenant jeté au milieu des fleuves\nde la mer, et la nef de ma pensée est le jouet des vents et de terribles tem­\npêtes ; quand je me rappelle ma première vie, je tourne mes regards vers le\npassé et je soupire en voyant le rivage. »\n   Mais ici, il n'y a pas de rivage, c'est éternellement la tempête et les flots.\nSi parfois un port est aperçu au loin avec l'espérance des grands mâts barrés\nde cordages et des bannières qui flottent aux vents, ce n'est qu'une nouvelle\net décevante illusion, car le port n'est que le mirage de ses rêves et il dispa­\nraît, à son approche, dans le brouillard.\n   D'autres fois, tout ce qu'il a aimé l'abandonne, il se sent descendre dans le\nnéant comme en un puits. Il s'accroche désespérément à tout ce qu'il\ntrouve, tout s'effondre en son esprit, il se cramponne aux parois de sa\nchambre, pleine de bibelots, de meubles, de livres chers, et les choses, plus\nsecourables que l'Humanité, meilleures que la vie, interrompent un instant\nle vertige de sa pensée.\n   Puisqu'il n'y a plus rien dans le Passé, puisque l'Avenir est menaçant,\npuisque, enfin « toute certitude est dans les Rêves » le voici, nostalgique de\nrêves, lancé à travers la fantaisie, dans l'enivrement de phrases sonores et\namples dont il se plaît peut-être un peu trop à écouter le rhythme. Voici le\nvol des chimères aux faces convulsées, dont les battements d'ailes ont des\ncrispations désespérées comme si elles voulaient griffer l'espace et s'accro­\ncher là-bas dans les hauteurs inaccessibles. Voici de célestes apparitions,\ndes beautés radieuses que la torture de l'Infini a marquées de vices, ah!\ntrop avidement cherchés! des vices les plus infâmes. Voici le violent regret,\nle désespoir d'avoir touché à l'Arbre de la Science du Bien et du Mal :\n   « J'ai vu dans l'ombre de la vallée silencieuse, sous la pâle clarté de la\nlune, croître et se faner les grands lys de légende; j'ai vu, sur ma table de\n"}, {"page_pdf": 413, "texte": "                                  — 368 —\n\ntravail, ouvert, le livre chimérique aux poèmes merveilleux comme les\nétoiles du ciel ; j'ai vu dans l'étrange chapelle, aux boiseries anciennes, la\nsomptuosité triomphale des prêtres, la candeur des enfants et le trouble du\ncriminel qui chantaient le cantique de la rédemption ; j'ai vu ricaner les\nmonstrueuses gargouilles de Deuil et de Péché en contemplant la nécessaire\net monotone procession des âmes souillées ; j'ai vu, dans le couchant splen­\ndide, l'art qui se mourait en des civilisations uniformisantes; j'ai vu dans\nl'horreur d'un rêve rouge les suppliciés hurler et se tordre en de minutieuses\net délectables souffrances; j'ai vu les végétations de folie et d'artifice qui,\ncomme des pensées mauvaises, s'épanouissaient vertigineusement au fond\nglauque de l'aquarium; j'ai prié vers la forêt douloureuse emplie de l'aboi\ndes chiennes noires et où les harpies font des lamentations sur des arbres\nétranges ; j'ai vu dans la nuit la brutale fureur de l'émeute épouvanter la\nfuite désespérée du petit prince ; et dans la plainte du feu, dans la chanson\nde la pluie, dans le grondement de la mer, j'entendis les voix musiciennes,\nles voix mystérieuses qui le charmèrent, les voix conseillères d'anéantisse­\nment et d'oubli !... »\n   Ainsi la spiritualité tourmentée de certains esprits de ce temps, après\navoir creusé les philosophies, découvert et repoussé l'inanité de chacune\nd'elles, après avoir cru trouver un instant une solution dans le matérialisme,\nles voici monter en croupe des chimères et lassés de leurs vols qui\ns'arrêtent, les voici, subissant encore subjectivement la religion de leur race\net pénétrés de la décadence d'une ère, torturés par le besoin d'Infini qu'elle\na porté en elle, vouloir à la place du Dieu auquel ils ne croient plus, mettre\nquelque chose, mais quoi?\n   « Douter, tourment sans nom pour cet éperdu de vérité ! S'il pouvait\ntenir un fait, un seul, dont il connaîtrait l'essence absolue, sans hésitation\npossible! » Et comme le Chercheur, ils sont à la recherche infinie.\n   En la suite des poèmes qui sont comme des chapitres d'un roman sans\naction déterminée, c'est l'amertume, et l'impatience de cela :\n   Ballade des trains qui passent dans la nuit : « Et l'on pense à ceux\nainsi emportés, précipités vers l'Inconnu, et l'interminable défilé des mobiles\net des causes s'allonge en suppositions vaines, changeantes, infinies, les\nhistoires étranges et les histoires banales... »\n   « Peuple mystérieux des ondes profondes, chers monstres verts à la grâce\nsouveraine et lente, chimériques fleurs de pourriture et d'artifice, vous avez\nrempli d'effroi le voyageur, car c'est son âme, sa pauvre âme lasse et faible\nque vous lui avez tout à coup montrée, son âme où grandissent de chimé­\nriques fleurs de pourriture et d'artifices, où, dans le silence et dans l'ombre,\nglissent des pensées monstrueuses qu'il n'ose s'avouer. » (L'Aquarium.)\n   Du haut des cathédrales ce sont des gargouilles qui ricanent : « Elles\nsavent bien, les Démones bannies de l'enceinte sacrée, qu'elles seront les\nvictorieuses quand même ! que l'extase est courte et que la prière s'envole,\net qu'elles seules sont la vie, les gargouilles de Deuil et de Péché! »\n   Qu'il ouvre le Livre chimérique où se trouve le Poème qui résume tout,\noù apparaît la Beauté triomphante et radieuse, ou qu'il réfléchisse à telles\n"}, {"page_pdf": 414, "texte": "                                 — 369 —\n\nidées lui suggérées par l'inquiétude qui le hante, c'est toujours comme\ndans Souffrance d'écrire « l'interrogation désolée, l'angoisse profonde d'un\neffort sans but ».\n   Puis, dans l'accablement, la lassitude de ces visions il y a de ces cris\ndésespérés : « Oh! pourquoi le ciel descend-il ainsi, tout noir, comme un\ncouvercle trop pesant... Si l'on pouvait dormir! »\n   Ou bien : « Seigneur, vous m'avez élevé, humiliez-moi, humiliez mes\nsens trop affinés dont je souffre. »\n   Et ainsi la progression vers ce thème : « S'en aller, dans la nuit, dans\nl'Inconnu, sans pensée, sans désir, s'évanouir dans l'eau consolatrice et\nberceuse, se dissoudre insensiblement, ne plus vivre que comme un frisson,\ncomme un scintillement de lumière, comme un imperceptible mouvement\ndans l'immense nature, ineffable douceur de ne plus être... »\n   Et ainsi, d'un bout à l'autre du livre, soit en la Voluptueuse cruauté,\nd'une si curieuse psychologie, la Chapelle de Rédemption, les Réverbères\nmélancoliques, où cette adorable expression : « noires épingles à tête d'or »;\nla Chanson du carillon, exacte pénétration de la vie de province et para­\nphrase du carillon; Dans le noir, le Petit prince dont cette ligne :\n« Auront-ils donc moins faim quand ils m'auront tué ». Voici, dans un\nfantastique et splendide décor de cauchemar, s'élever, grandir et s'exaspérer\nen des thèmes variés et multiples, la sombre symphonie du néant.\n\n\n\n   Cette forme si moderne et si alléchante, le poème en prose, mis en hon­\nneur par Baudelaire, a été, en ces derniers temps, gâchée par les débutants.\nChez la plupart des jeunes il semble que l'anémie des facultés les rende\nincapables de camper une action en une nouvelle. Sous prétexte de moder­\nnisme, de symbolisme, de tout ce qu'on voudra, et aussi sous prétexe\nd'exprimer « la vie dolente des choses », certains accouplent quelques phrases\nlaborieusement accouchées, aux assonances curieuses parfois, mais plus sou­\nvent étonnées de leur union. D'autres, en leur impuissance de condenser\nleur phthisique idée en un sonnet, la diluent en des proses prétentieuses. De\nsorte que le poème en prose, au lieu d'exprimer une quintessence, le suc\ncohobé de centaines de pages, comme dit Huysmans, révèle plutôt chez ces\njeunes une décadence d'art plutôt qu'un art de décadence. Qu'ils ne s'y\ntrompent pas ces écrivains qui, leurs primes gourmes à peine lâchées, ont\ndéjà l'air de s'être gobé plusieurs fois, et, sérieusement, pontifient comme\ndes académiciens en d'amples fauteuils.\n   Le poème en prose, le suc concret, l'osmazone de la littérature, l'huile\nessentielle de l'art, ainsi le définit Huysmans, ainsi l'a conçu le maître,\nStéphane Mallarmé.\n   C'est ce que M. Destrée a compris. Il a réussi mieux qu'aucun jusqu'ici,\nen ce genre ambigu et mal défini, à ce point qu'on ne peut se figurer les\nChimères écrites en vers ou en vraie prose. Ce n'est plus ici l'art immédiat\nd'observation. C'est l'art plus grand, plus condensé du poème philosophico-\n"}, {"page_pdf": 415, "texte": "                                  — 370 —\n\nesthétique. L'esprit ne s'arrête plus à la simplicité des choses extérieures ;\nc'est, pour son travail, l'anatomie des sens sublimés, atrophiés, l'analyse de\nl'exceptionnel et des faits nombreux qui dérangent la banale logique des\nlois adoptées par le monde. C'est l'en deça et l'au delà de la vie et de ses\nordinaires concepts. Et y sont plus de réflexions, plus de vie vécue, plus\nd'idées qu'en dix romans naturalistes. L'opulence des images égale la den­\nsité de la pensée, et s'il était une critique à faire, je dirais que dans\ncertaines pièces j'en eusse désiré encore davantage, au risque de paraître\nobscur.\n   Supprimer quelques longueurs. Faire jaillir davantage, au mépris de\nl'imbécillité, le définitif symbole en une phrase courte et évocatoire qui doit\nluire comme l'éclair dans les ténèbres. Celui dont l'esprit n'est pas assez\nsubtil pour saisir les analogies, n'a pas besoin de vaticiner une opinion.\n   M. Destrée a le don de l'épithète, le sens de l'adjectif, un beau verbe\nirrité où sonne le cuivre annonciateur des fins de monde.\n    Bruges, octobre 1889.\n\n                                               MAURICE     DESOMBIAUX.\n\n\n                                      III\n        Un héros belge. Don Juan d'Autriche, par M. Emile Van Arenbergh.\n    Un des meilleurs poètes de notre Parnasse, M. Emile Van Arenbergh,\npublie un essai d'histoire consacré au vainqueur de Lépante, don Juan\nd'Autriche. Curieuse épreuve, pour un ciseleur de sonnets impeccables,\npour un assembleur d'images éclatantes, que de ressusciter, à travers la\npoussière des archives, cette passionnante figure de héros. Comment le\npoète allait-il se transformer en historien, comment allait-il se tirer de ce\npas difficile, telle était la question que l'on se posait dans le monde où on\nlit encore.\n    La plupart d'entre nous s'attendaient à voir le poète transparaître sous\nl'historien, même à voir le premier dévorer le second. Ils pariaient que\nM. Emile Van Arenbergh leur présenterait une manière de kaléidoscope,\nune série de tableaux magnifiques, enluminés de somptueuses couleurs,\nfaisant revivre don Juan dans ses attitudes légendaires.\n    Ceux-là, certes, ont dû éprouver quelque étonnement. M. Emile Van\nArenbergh, au lieu de se laisser conduire, voire égarer, par le poète qui est\nen lui, l'a condamné au silence et à l'inaction. Il ne s'est pas flatté de\ndeviner, c'est-à-dire, neuf fois sur dix, d'inventer. Il a travaillé d'après\nnature, d'après cette nature morte qui dort dans les commentaires, les\nmémoires et les archives. C'est ainsi que, loin de se laisser emporter à\ndécrire les amours mystérieuses de Charles-Quint, M. Emile Van Arenbergh\nexamine et discute, les unes après les autres, avec une froideur scientifique,\nles différentes hypothèses sur la naissance de son héros. C'est ainsi encore\nqu'il attache grande importance aux dessous diplomatiques qui accidentent\n"}, {"page_pdf": 416, "texte": "                                   -   371   -\n\nles relations de don Juan avec son frère Philippe II. C'est ainsi que la\nbataille de Lépante est décrite avec précision, avec méthode, avec force\ndétails techniques empruntés aux gens de mer. Là où il était si simple,\npour le poète, de brosser une fresque mouvementée, l'historien nous offre\nun tableau sévère, d'ordonnance classique, qui déroute au premier moment.\nEt la langue, au lieu d'être ardente et violente, avec çà et là des queues de\nstrophes, n'a rien des ornements qu'on prévoyait. C'est une prose claire,\ncalme, austère, dessinant glus qu'elle ne peint, sans aucune espèce d'ivresse\nverbale.\n   Faut-il blâmer cette réserve ou faut-il applaudir à cette déconcertante\nmétamorphose?\n   Nous pensons qu'il faut applaudir. Au risque de nous attirer une querelle\namicale avec M. Francis Nautet, qui a reproché au poète d'avoir abdiqué\ndevant l'historien, nous avouons que la méthode de M. Van Arenbergh\nn'est pas faite pour nous déplaire. Certes, les prétendues résurrections à la\nMichelet, qui ne sont souvent que des imaginations brillantes, ont un attrait\nd'art incontestable. Mais leur fièvre et leurs mouvements pathétiques ne\ncachent pas toujours leur vide et leur présomption. Nous ne sommes pas\nfâché de voir un poète accomplir exactement ce qu'il veut, avec certitude,\navec netteté, avec une pleine maîtrise de soi-même. Et nous sommes tenté\nde transformer en éloges les reproches formulés par M. Nautet.\n   Peut-être M. Emile Van Arenbergh a-t-il exagéré la valeur politique de\nson héros. Don Juan, croyons-nous, n'était pas capable de diplomatie.\nC'était un chevalier, non un homme d'Etat. Guillaume d'Orange l'eût\nécrasé sans effort, de tout le poids de sa pensée et de sa ruse profonde. Que\nla mort du vainqueur de Lépante ait été naturelle ou non, elle a servi sa\njeune gloire. Et si c'est le poison espagnol qui a précipité sa fin, le poison\na été clément.\n                                                       ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n\n            CHRONIQUE MUSICALE\n                       LE THÉÂTRE DE GAND\n\n               Je pourrais emprunter à Mme de Sévigné, la reine des adjectifs,\n                quelqu'un de ses bataillons pour qualifier la courageuse ten­\n                tative de Mme Marion, directrice du théâtre de Gand ; l'on me\n                croira peut-être plus aisément, si je dis tout simplement\nl'excellente impression que m'ont laissée les premières séances de la saison\nthéâtrale. Lohengrin tenait la première affiche : Lohengrin, ô nom de\nlumière tremblante, et tout son cortège de vierges blanches, filles de la lune,\nrésignées à l'inutilité, et Elsa, l'inconsciente fleur de péché, la douce ennemie\nde l'idée mystérieuse, Elsa, la femme garantie sur facture, qui confie au\n"}, {"page_pdf": 417, "texte": "                                  — 372 —\n\nchevalier du Graal sa simplesse et sa détresse, ô Elsa, lumineuse comme deux\nmains jointes sur la misère méchante et crédule des Telramund ! Tous ont\ndû sentir, devant la sincère interprétation de la nouvelle troupe allemande,\nle frisson de la compréhension du symbole créé par Wagner, et combien\nl'amour du serein et généreux chevalier du Graal pour la blonde fleur de\nchair Eisa est un amour de pitié. Adieu, femmes douloureuses; l'âme se\nrésigne à exiler la chair, sa sœur si faible, du jardin des fleurs voluptueuses;\nadieu ! dit cet admirable récitatif du dernier acte, ce clair triomphe de\nl'intellectualité, rhythmé, croirait-on, tel un vol d'alouette, selon les jeux\nde la lumière ; voici que les ailes du cygne aimé illuminent les rives ; voici\nvenir le doux cygne ambassadeur aux yeux jaloux, le cygne fatal du mys­\ntère, du fond des mers illunées. Fini, Elsa, pauvre cœur en deuil!...\nLohengrin s'en va dans la légende.\n    Le profond étonnement que j'avais ressenti devant la première affiche de\nla saison théâtrale, n'avait pu me préparer à l'espèce de stupeur dont je\nfus saisi en voyant annoncée, pour la séance suivante, l'exécution de Fidelio.\nJe dois avouer que j'eus, dès ce moment, une très médiocre estime pour\nl'adresse qu'apporte Mmc Marion à la gestion de ses intérêts. L'exécution de\nl'œuvre dramatique de Beethoven était tout aussi parfaite que celle de\nLohengrin. Je ne me faisais guère illusion sur la force dramatique de\nl'admirable symphoniste; ainsi j'ai recueilli toute la beauté purement musi­\ncale de l'œuvre classique. Ici le drame est nul ; c'est un conte à dormir\ndebout où s'appliquent tant bien que mal des merveilles musicales de pre­\nmier ordre. On assiste à une telle représentation comme à un concert, et l'on\ndoit juger les interprétateurs, non pas suivant l'intelligence et la sincérité\nqu'ils ont déployées dans leurs incarnations, mais suivant l'intensité qu'ils\nont mise à préciser l'idée ou la sensation dont la musique n'est qu'une\nexpression très vague et très incomplète. C'est là, je vous assure, une\nexcellente recette pour trouver à une exécution dramatique de Beethoven,\ndes jouissances esthétiques dont le calme eurhythmique n'exclut pas\nl'intensité.\n   A la troisième séance, on donnait Freischütz, le conte de fées adorable\navec ses noirs sorciers, qui conspirent contre la candeur, et ses damoiselles\nfines et pâles sur fond d'or de la légende, qui évoquent les temps instinctifs\noù l'on mourait d'amour. Un charme naïf de fleurs et d'enfance, voilà le\nsouvenir que m'a laissé la délicate interprétation de ce petit chef-d'œuvre.\n   J'ai omis, dans ces lignes, de nommer les excellents acteurs de la troupe\ngantoise; à quoi, bon le faire ici : ces artistes désintéressés et s'effaçant\nvolontiers pour sauvegarder l'unité de l'exécution entière, m'ont paru tout\nà fait exempts de cabotinage. Pourquoi alors citerai-je ces noms, sans y\navoir l'intérêt qu'aurait une femme ou un gandin, ni même l'espoir que mes\nlouanges pourront quelque chose sur l'orgueil de ces droits et probes\nartistes? —\n                                                           PAUL DALÉE.\n"}, {"page_pdf": 418, "texte": "                                 -   373    -\n\n\n\n\n                         MONUMENT\n            A LA MÉMOIRE DE MAX WALLER\n\n              Nos remerciments chaleureux à ceux qui se sont associés de\n               prime élan à notre œuvre de souvenir ; à ceux qui, dans leur\n               sympathie pour le chef de notre petite avant-garde de lettres,\n               ont répondu en tout enthousiasme à notre appel !\n   Nous avions songé d'abord à élever un monument public au fondateur\nd'une œuvre intellectuelle qui intéresse tout le pays et M. le Bourgmestre\nBuls nous avait officieusement promis son appui. Mais nous avions\ncompté sans ces autres Messieurs du Collège qui estiment qu'une œuvre\nartistique « ne saurait avoir qu'un caractère privé » et qui, se basant sur ces\nconsidérations essentiellement administratives, nous ont refusé l'autorisa­\ntion demandée.\n   Il est bon qu'on sache l'accueil réservé chez nous à de pareilles tenta­\ntives.\n   Nous pensions alors affecter les sommes souscrites à l'érection d'un\nmonument tombal, mais la famille nous a, en dernier lieu, exprimé le désir\nd'ériger elle-même ce monument, acceptant du reste — ce dont nous lui\nsommes reconnaissants — le médaillon dont nous avions confié l'exécution\nau sculpteur Lagae.\n   Ce médaillon en bronze qui porte l'écusson de la Jeune Belgique et la\ndédicace: « A Max Waller », a été appliqué sur la tombe au cimetière\nd'Hofstade.\n   Voici la lettre par laquelle M. le D r Warlomont nous en remercie au\nnom de la famille.\n                                                  Bruxelles, 30 octobre 1889.\n\n          CHER MONSIEUR         MAUBEL,\n\n   Vous avez bien voulu m'offrir, au nom du Comité de la Jeune Belgique,\nle médaillon fait par M. Lagae, que celui-ci vous avait remis, et qui repré­\nsente les traits de MAX WALLER, mon cher et regretté fils, avec l'emblème\nde la Jeune Belgique, qui fut sa création et à laquelle il a consacré le plus\nbeau de sa vie.\n"}, {"page_pdf": 419, "texte": "                                — 374 —\n\n   J'ai fait enchasser ce médaillon dans la croix de pierre que je viens de\nfaire dresser sur son tombeau, au cimetière d'Hofstade.\n   Je vous prie, cher Monsieur Maubel, de vouloir bien remercier en mon\nnom vos collègues du Comité, du témoignage de bon souvenir qu'ils\nviennent encore, à cette occasion, de donner à celui que nous avons tant\naimé, et de recevoir, pour eux et pour vous-même, l'assurance de mes\nsentiments reconnaissants et devoués.\n                                              D r WARLOMONT, père.\n\n   Dès le lendemain de la mort de Max Waller, il avait été question, parmi\nnous, de la publication en volume d'une de ses œuvres le plus gracieuse et\nartiste : les Airs de flûte.\n   C'est cette idée seule que nous voulons reprendre aujourd'hui et réaliser\ndans des conditions que nous indiquerons prochainement.\n   Notre œuvre de souvenir, hâtivement entreprise avec le concours géné­\nreux de nos premiers adhérents, va donc se développer maintenant sur\nune base certaine.\n   La souscription demeure ouverte pour un monument purement litté­\nraire à élever à la mémoire de Max Waller, et, sauf opposition de la part\nde nos premiers souscripteurs, c'est à ce monument que nous affecterons\nles sommes déjà recueillies grâce à leur généreuse sympathie.\n\n                                               LA J E U N E B E L G I Q U E .\n"}, {"page_pdf": 420, "texte": "                                         -    375     -\n\n\n\n\n                                 MEMENTO\n  Nous recevons de M. René Ghil la lettre           M. Saint-Paul est un ingrat, enragé de la\nsuivante :                                        position haute et pure en l'art qu'occupe\n                                                  M. René Ghil, car il dut à ce dernier son\n       MONSIEUR LE RÉDACTEUR EN CHEF,\n                                                  entrée aux ÉCRITS, et un éditeur pour sa\n   Je demande de votre justice l'insertion        plaquette de vers. Nous regrettons de l'avoir\nsuivante :                                        eu en nos pages.\n   MM. Saint-Paul et Delaroche vous ont             Agréez, etc.\nadressé deux lettres. (Celle de M. Delaro­                           GASTON DUBEDAT,\nche n'avait pas paru à ART ET CRITIQUE, que                Directeur des ÉCRITS POUR L'ART.\nje sache) (1).\n   A M. Saint-Paul, M. Gaston Dubedat et            Je n'ai à redire que ceci, dit en ART ET\nmoi avons répondu en ART ET CRITIQUE,             CRITIQUE (28 septembre) :\nqui au n° du 12 octobre, après une dernière          MM. Saint-Paul et Delaroche m'adressè­\nlettre de moi, a terminé : « l'incident est       rent chacun une lettre de menaces (qui avec\nclos ».                                           leur diffamation présente les rend dignes de\n    Le dernier mot me restant au nom de la        la police correctionnelle). J'étais absent, et\n conscience et de la vérité, M. Saint-Paul —      Mme René Ghil qui partage avec moi le soin\n et M. Delaroche — veulent continuer la           de ma correspondance, répondit. Pou\n petite réclame qui les couvre d'infamie.         M. Delaroche, comme cet individu avait\n                                                  écrit sur l'enveloppe « M. Ghil, marchand\n    Je réédite, pour M. Delaroche, à qui elle\n                                                  de papier », elle débuta par : La suscrip-\n s'applique également, la réponse de M. Gas­\n                                                  tion de votre lettre montre déjà votre esprit\n ton Dubedat, au n° du 28 septembre d'ART\n                                                  de grossier paysan... Et elle disait aux\nET CRITIQUE :\n                                                  deux : qu'ils avaient eu le temps de s'expli­\n        MONSIEUR LE RÉDACTEUR EN CHEF,            quer avec moi avant mon départ de Paris\n   M. Saint-Paul dit ce mensonge calomnia­        pour un an, au mois d'Août, mais qu'alors\nteur : \" M. Ghil a profité des ÉCRITS POUR        ils avaient été plats, comme ils l'ont été\nL'ART pour m'extorquer quelque argent \".          sans cesse devant moi. Ils n'insultent que\n   Au mois de novembre 1888, pour parer           de loin.\nà des frais que ne pouvait encore soutenir           Ces deux dignes amis savent bien que je\nla Direction, de l'assentiment de tous :           ne « vaticine pas au fond d'un village ».\nMM. Delaroche, Ghil, Khnopff, Merrill,               C'est parce que mon nom se répand de\n Mockel, Saint-Paul, Emile Verhaeren, Lom-         plus en plus avec mon Œuvre, que crevant\n bardi et Varvara, il fut résolu que le numé­     d'envie et de haine, impuissants à se venger\n ro de novembre serait imprimé à frais com­        de la reconnaissance qu'ils me doivent, ils\n mun. Je chargeai M. René Ghil, résidant           voudraient bien m'attaquer par la calomnie !\n alors en la ville où s'imprimaient les ÉCRITS,      J'ai dit aussi à ART ET CRITIQUE ceci, dont\n de recevoir l'argent.                             ses lettres font la preuve :\n    M. René Ghil qu'il faut être indigne et          M. Delaroche me pria lors de cette sous­\n dément pour accuser, fit même (en mettant         cription dont parle M. Dubedat, de verser\n  près de trente francs pour sa part, quand        pour lui dix francs.\n  nul n'en donna plus de dix), un numéro             Je les lui ai réclamés cinq ou six fois. II\n  double.                                          préfère calomnier et insulter: le voleur crie\n                                                   au voleur.\n   (1) Erreur!                                       M. Delaroche va peut-être, comme a fait\n"}, {"page_pdf": 421, "texte": "                                         — 376 —\n\nM. Saint-Paul, me faire demander répara­           Paraîtra dans le courant de novembre,\ntion !!! Je réponds, maintenant, comme           chez Vanier, l'Ame des Choses de notre\n pour M. Saint-Paul, la lettre de M. Dube-       collaborateur M. Hector Chainaye.\ndat en main : que les calomniateurs sont\npour la correctionnelle (ART ET CRITIQUE,\n 12 octobre).                                       M. Georges Verdavainne, l'excellent cri­\n   En attendant, l'opinion les a condamnés.      tique d'art toujours favorable aux manifes­\nCes deux inconnus assoiffés de réclame ont       tations d'un art jeune et vivant, vient de\neu une célébrité d'une semaine ou deux.          consacrer une fort intéressante brochure à\nOn a su qu'ils n'ont pas de conscience. Les      la Peinture anglaise à l'Exposition de Pa­\nECRITS POUR L'ART, oui, continuent. Deux         ris, 1889.\nnouveaux venus, MM. Pierre Dévoluy et               Après avoir fait à grands traits l'histori­\nJean Philibert, après les deux signalés par      que de l'ancienne école et rappelé les noms\nla présente Revue, MM. Eugène Thébault           des Gainsborough, Reynolds, Hogarth,\net Albert Lantoine, « ont affirmé leur talent    Lawrence, Constable, Turners, M. Verda­\nvers mon espoir », oui, M. Saint-Paul.           vainne aborde l'école moderne. Il s'occupe\n   M. Albert Lantoine au n° d'octobre des        d'abord des préraphaélites et de Ruskin,\nÉCRITS me dédiait même ses vers \" à René         Holmar Hunt, Rossetti, Fisk, Millais, W .\nGhil, admirativement \", M. Eugène T h é ­        Hughes; puis des esthètes Burne-Jones.\nbault m'en dédie d'autres au prochain :          G. F. Watts, Prinsep, Whistler, Herkomer,\nc'est cela ma vengeance...                       etc., etc.\n   Agréez, Monsieur le Rédacteur en chef,           Nous recommandons ce travail très agréa­\navec mes salutations, mes remerciements          blement écrit aux lecteurs de la Jeune Bel-\nanticipés.                                       gique. Ils y trouveront à côté de renseigne­\n                            RENÉ GHIL.           ments instructifs, des aperçus originaux et\n  22 octobre 1889.                               des opinions fort saines.\n   M. Dubedat, directeur, paraît-il, des\nEcrits pour l'Art, nous a gratifiés, aussi,\n                                                    Nous recevons un petit volume de nou-\nd'une réponse. Malheureusement, sa lettre\n                                                 vellettes flamandes par M. Isidore Teirlinck\n reproduit les explications de M. Ghil, sans\n                                                 un des plus attachants conteurs de 1a jeune\nles expliquer davantage. Nous estimons\n                                                 école néerlandaise.\n donc qu'il n'y a pas lieu de la mettre sous\n                                                    La première et la plus importante de ces\nles yeux de nos lecteurs. La polémique des\n                                                 nouvelles, intitulée Molleke, celle qui donne\n« dix francs » n'ayant plus rien d'artistique,\n                                                 son titre au livre — est aussi la plus heu­\nnous déclarons l'incident clos.\n                                                 reuse sous le rapport de l'invention et du\n                                                 style. Nous y trouvons de vivantes scènes\n                                                 de cabaret, un fidèle croquis de kermesse,\n  Notre collaborateur M. Maurice Desom-\n                                                 une rixe bien graduée et le récit vraiment\nbiaux met la dernière main à un poème en\n                                                 pathétique de la mort de l'ivrogne Rikske,\nprose de longue haleine, intitulé le Triomphe\n                                                 le teinturier, foudroyé par les douze verres\ndu Verbe.\n                                                 de genièvre que ce fanfaron de crapule, dé­\n                                                 fié et talonné par d'autres piliers de cabaret,\n                                                 a ingurgités aux douze coups de midi, un\n  Vient de paraître hors commerce, tiré à\n                                                 verre par coup.\n30 exemplaires, un drame en cinq actes de\nnotre collaborateur M. Maurice Maeter­             Les caractères de Sarel, le taupier, de\nlinck : la Princesse Maleine. Nous consa­        Mence, la maritorne, du loustic Krollie, le\n crerons un article spécial à cette œuvre re­    forgeron, sont bien rendus. L'atmosphère\n marquable.                                      générale, l'allure et l'accent des person­\n                                                 nages ont une rusticité flamande parfaite­\n                                                 ment établie.\n"}, {"page_pdf": 422, "texte": "                                       — 377 —\n\n   A prémunir l'auteur contre des lieux          petit livre de M. Vandenbroeck — avons-\ncommuns de morale et des commentaires            nous mentionné son nom ? — provoquera,\nque l'éloquence de son récit rend parfaite­      espérons-le, quelques efforts tendant à la\nment oiseux. Il aurait bien fait aussi d'allé­   résoudre plus parfaitement qu'on ne l'a\nger sa nouvelle de développements zoolo­         fait jusqu'ici dans certains théâtres.\ngiques maladroitement amenés, comme\nintercalés après coup, sur les mœurs des\ntaupes, particularités qui ont traîné dans\ntous les Brehm.                                    Nous lisons avec grand plaisir, et même\n   Les deux autres contes Arme Vleermuis !       avec un certain étonnement, dans la Patrie\n Pauvre chauve-souris !) et Van Stekelke         de Bruges, un excellent et très littéraire\nen Stekelinneke (Hérisson et Hérissonnette)      article sur Emile Augier. Le pète-sec qui\npèchent encore plus que Molleke par cette        a raboté Gabrielle y est traité comme il\ntendance sermonneuse et pédante qui tare         convient.\nla littérature flamande en général.                 M. Emile Augier représentait en art dra­\n   De plus, on n'y rencontre pas les sérieux     matique la grosse bourgeoisie libérale.\nmérites d'observation et de facture, les jolis   C'était assurément un penseur; mais ce\ndétails de mœurs, constatés dans Molleke.        n'était pas un artiste.\nC'est plus creux, plus improvisé, en un\nmot, plus lâché.\n   Nous détacherons pourtant de la troi­            Quelques beaux vers d'Emile Augier :\nsième de ces nouvelles, le poignant voyage         .... Si trois cent mille francs avec un bel œil noir\n                                                   Vous plaisent....\ndu pauvre jardinier Pinnemuts au pays\n                                                   .... Nous pourrons nous payer le luxe d'un garçon.\nhouiller où son fils a été fusillé pendant la\ngrève.                                             O père d e famille, ô poète ! j e t'aime...\n                                                   Qu'y puis-je ': En admettant que jamais tu lui plus,\n   Dans quelques lignes de préface l'auteur        Est-ce ma faute, à moi, si tu ne lui plais p l u s :\nattribue comme portée, à son petit ouvrage,        U n e bonne habitude à prendre est d e ne point\nla réhabilitation de trois animaux, injuste­       Croire d e mal des gens dont nous avons besoin.\n ment méconnus et persécutés dans nos\n campagnes, savoir : la Taupe, la Chauve-\n Souris et le Hérisson !!                            Une revue louvaniste à prétentions litté­\n    Heureusement ce programme normalien,          raires, que le pion auquel nous adressions\n cette thèse puérile digne de l'ambition d'un     dernièrement un pied-de-nez, publie sous\n instituteur conférencier n'a pas empêché,        le titre la Revue belge, avait pris, depuis\n comme nous venons de le voir, M. Isidore         quelque temps, la réjouissante habitude de\n Teirlinck d'affirmer, en maintes pagesd e        nous éclabousser d'injures.\n son petit livre, ses réelles et solides apti­       Les canards qui font « Coing ! coing ! »\n tudes d'écrivain.                                en pataugeant dans leur mare, éclaboussent\n    Molleke a été édité chez P.-J. Verlooij,      ainsi tous ceux qui s'en approchent.\n à Rotterdam, et se trouve chez tous les             Trouvant le jeu amusant et voulant n'en\n libraires de Hollande et de Belgique.            rien perdre, nous nous sommes abonnés à\n                                                  la revue du pion-canard et, tout à coup, les\n                                                  injures ont cessé.\n   Nous avons reçu un intéressant petit              Pardon ! Il y a erreur I\nlivre sur la mise en scène, dont l'auteur a          Le pion-canard a-t-il cru que nous vou­\nétudié techniquement et avec une minutie          lions « acheter son silence » comme dans\npatiente, les améliorations de détails par        les conspirations ?\nlesquelles on pourrait arriver à une plus            Etant donné le prix : quatre francs et\ngrande illusion dans la représentation des        dix centimes, cela nous paraît difficile.\nœuvres lyriques et dramatiques.                      Pour quelques « coing ! coing ! » en pa­\n   C'est une question très importante, et le      tois de Louvain, au contraire, c'est bien\n"}, {"page_pdf": 423, "texte": "                                        — 378 —\n\npayé ; à la condition qu'on nous serve régu­    renseignements sur cette femme de lettres,\nlièrement de la marchandise fraîche.            nous offrons en récompense plusieurs de\n   A bientôt donc, l'exécution du petit con­    ses romans.\ntrat. Coing! coing! oblige.\n   Et nous prévenons le palmipède que\nnous lui renverrons toute injure qui aurait        M. Barwolf vient d'être nommé chef\ndéjà servi, ainsi que celles qui auront cessé   d'orchestre de la Société les Artistes mu-\nde nous plaire.                                 siciens.\n   P. S. Il n'y a pas d'erreur. Les « Coing !      On aurait tort de croire que les Artistes\ncoing! viennent de recommencer leurs opé­       musiciens ont placé M. Barwolf à leur tête\nrations.                                        à cause de son talent et de son autorité.\n   Merci mon vieux, et bon courage !               Non, M. Barwolf étant chef d'orchestre à\n                                                la Monnaie et les Artistes musiciens faisant\n                                                tous partie de cet orchestre, ceux-ci ontdû\n    La susdite Revue belge, à qui le natura­    témoigner un semblant d'estime au capell­\n lisme de Zola Inspire une bi-mensuelle         meister dont dépend leur gagne-pain.\n horreur, parle de l'auteur de Germinal en         Cette nomination n'a donc aucune signi­\n ces termes délicats : « Après la Bête          fication artistique.\n humaine DONT IL EST EN TRAIN\n D'ACHEVER LA QUEUE, M. Zola écrira\n un roman sur la Bourse ».                         Le théâtre de la Monnaie, dégringolé au\n                                                rang d'une scène départementale, va jouer\n                                                VEsclarmonde où l'on s'ennuie. On annonce\n   Le théâtre du Parc a joué Révoltée, de       pour les wagnéristes, une reprise de Lohen­\n M. Jules Lemaître, convenablement. A           grin avec Mme Marcy (Elsa) et M. Chappuis\nciter M lle Suzanne Richmond (Hélène) et        (Lohengrin).\nM. Manin (Pierre Rousseau).\n   Le drame de M. Lemaître contient des\nscènes hardies et fortes, qui sont écrites        M. Stoumon travaille à un ballet intitulé\nlittérairement.                                 La nuit de Chapsal. Les paroles sont de\n                                                M. Calabrési. Cette importante page sym­\n                                                phonique sera dirigée par M. Barwolf.\n   M me Lerou, à l'exemple de Mme Judith,\ns'est essayée dans le rôle d'Hamlet.MmeLe­\nrou est une comédienne d'une incontesta­           M. Emile Zola, l'auteur des Rougon-\nble valeur, servie par un masque étrange        Macquart, le libre écrivain, briseur de\net masculin.                                    conventions, grand ennemi de l'officialisme\n                                                et du protectionnisme artistique, se pré­\n                                                sente à l'Académie française. Pourquoi\n   On a représenté au théâtre Molière une       faire 'i\n pièce que Mme Pauline Thys, son auteur,           Espère-t-il trouver dans un blackboulage\n intitule : En vacances.                        la consécration officielle de son talent?\n   MmeThys est belge. Qui connaît?... Elle         Que M. Zola prenne garde, le jeu est\na fait, outre ce vaudeville, des opéras, des    dangereux.\nopérettes et des romans.                           M. Zola est très fort, mais les académi­\n    Mme Thys est officier d'académie, et plu.   ciens sont quelquefois très spirituels. S'ils\nsieurs esthètes, y compris M. Georges           allaient, par malice, lui endosser l'immor­\nKhnopff, s'étaient dérangés pour venir l'en­    telle livrée couleur vert-de-gloire dont on\ntendre.                                         ne se dévêt plus !\n   Ceci pour compléter le signalement.\n   A ceux qui nous apporteront quelques\n"}, {"page_pdf": 424, "texte": "                                         — 379 —\n\n   Les journaux parisiens s'occupent du             On annonce de nombreuses adhésions\ndrame de M. Alphonse Daudet : la Lutte            belges.\npour la Vie, qui vient d'être représenté à          N. B. Il est à remarquer que les parti­\nl'extase générale des gobe-mouches de là-         sans del'art social se recrutent généralement\nbas. L'œuvre nouvelle du P'tit Chose appa­        parmi les politiqueurs incapables d'écrire\nraît, à travers les comptes-rendus des            une œuvre artistique.\nsoireux, comme une des plus tristes élucu­\nbrations de ce Dickens à l'ail. Un roman­\ncier : M. Le Senne se prétend volé par\nM. Daudet. La presse parisienne discute              L'Art moderne, dans un article d'actua­\ngravement cette grave affaire, mais ne            lité sur un volume paru il y a deux ans,\nsonge pas un instant à confronter le              éprouve un chagrin. Il est pénible, assure­\ndrame de M. Daudet avec le Crime et le            t-il, lorsqu'on est amoureux, de devoir re­\nChâtiment de Dostoïevski.                         couriraux poèmes des autres pourexprimer\n   Quant au personnage principal, le \" strug­     sa propre passion.\ngle for lifeur \" Paul Astier, — M. Henri             Quel dommage que Georges Bébiesco\nBauer rappelle, non sans raison, qu'il n'est      soit mort!\nqu'un petit-neveu de Rastignac.\n   Ah! M. Daudet a écrit une œuvre bien\noriginale!\n                                                     M. Antoine vient de rouvrir son Théâtre-\n                                                  Libre qui menace de devenir une « institu­\n                                                  tion dans ses meubles » ou pour mieux\n                                                  dire : « dans son immeuble ».\n   On lit dans Gil Blas .-                           La première soirée a été consacrée au\n   Le Club de l'Art social, tel est le nom        Père Lebonnard, le drame de Jean Aicard,\nd'une association de littérateurs et d'artistes   à propos duquel l'auteur de Miette et Noré\nqui vient de se créer.                            avait eu des démêlés avec M. Claretie.\n   Réunis en comité fondateur, MM. Léon              La représentation a débuté par un im­\nCladel, J . - H . Rosny, Adolphe Tabarant,        promptu intitulé Dans le Guignol. Le Gui­\nRobert Bernier, e t c . , jetaient l'autre jour   gnol c'était le théâtre de la rue Richelieu.\nles bases de celte association, qui s'annonce        La critique s'est plus occupée du pro­\ncomme devant faire un certain bruit.              logue que de la pièce.\n   Ci-dessous les articles essentiels de ses\nstatuts :\n   Article premier. — Sous la dénomination          Voici le premier vers du Père Lebonnard :\nde Club de l'Art social, il est constitué une\n                                                    Je veux du bœuf saignant et des œufs à la coque!\nSociété internationale de littérateurs et d'ar­\ntistes.\n   Art. 2. — L e but de cette Société est de\ngrouper les écrivains et les artistes que sol­       Reçu la Jong Vlaanderen, un journal\nlicitent les grandes idées sociales ; de mar­     littéraire flamand, dans lequel nous cueil­\nquer nettement l'évolution qui entraîne les       lons cette pensée de notre ami Alfred De\nintelligences vers leur étude ; de suivre en      Smedt :\ncommun les travaux scientifiques se rap­             « Het is noodig dat er een vooruitstre­\nportant à la biologie et à la sociologie.         vend element weze in de letterkunde. Gij\n   Les adhésions arrivent nombreuses au            volbrengt goed werk. »\nsecrétariat, 8, rue des Martyrs.\n   A citer celles de Xavier de Ricard, Jean\nLombard, Eugène Morel, et celle du grand            Reçu aussi, le Fils du gréviste, une\nRodin.                                            ceuvrette en cinq ou six pages de M. Louis\n"}, {"page_pdf": 425, "texte": "                                        — 380 —\n\nDelmer, qui est un chaud plaidoyer en            temps, le public inapte à la compréhension\nfaveur des ouvriers.                             d'un art sincère et élevé.\n  Ce « Croquis de mœurs belges » comme             Il est regrettable qu'on n'ait pas pu in­\nle sous-intitule l'auteur, relève plus de la     terner les trois Coquelin à la Comédie-\nsociologie et de la charité chrétienne que       Française. C'eût été, peut-être, un moyen\nde la littérature.                               de canaliser l'épidémie de grimacite aiguë\n   Il est luxueusement, voire originalement      qu'ils ont déchaînée par les deux mondes.\nédité, avec d'intéressants dessins dans le\ntexte, par Constantin Meunier.\n                                                    Lire dans la Société Nouvelle (numéro\n                                                 du 30 septembre) : La montée au Calvaire,\n                                                 d'après les vieux flamands, par Eugène\n   A noter, sous la rubrique déplacements        Demolder, et le début d'une étude de forme\net villégiatures, la rentrée à la Comédie-       un peu trop doctorale et incolore, malheu­\nFrançaise du plus fameux cabotin de l'épo­       reusement, sur la Théosophie dans les ou-\nque : M. Coquelin aîné.                          vrages de Wagner, par M. Asthon Ellis.\n   Il est nécessaire de spécifier; car les          Dans l'Indépendant littéraire (numéro\nCoquelin poussent dans la peau de Mas­           du 15 octobre), la fin d'un article de\ncarille comme des petits pois dans les           M. Roger Marx sur l'Exposition centennale\ncosses. — Cosses se définit : « enveloppe        de l'Art français et la suite des notes, si\nde certaines graines légumineuses ».             vivantes, que M. Louis Roger donne de la\n   Il y a maintenant Coquelin I er , Coque­      vie littéraire et artistique à Paris, sous le\nlin Il et puis, en dessous, un peu à droite...   titre : Impressions et souvenirs.\nou à gauche, Coquelin III.\n   Une dynastie qui se perpétue par la gri­\nmace.\n   Les Coquelin au théâtre, c'est l'applica­\ntion à la scène de la loi de Darwin ; c'est\nl'approvisionnement de l'intelligence hu­\nmaine par le réveil et la prédominance\naccablante des facultés « singe ».\n   Tout l'art comique des pays de langue\nfrançaise est actuellement « trichine » par\nce coquelinisme, qui a rendu, pour long­\n"}, {"page_pdf": 426, "texte": "                     CHEZ KISTEMAECKERS\n\nNOUVELLE CARTHAGE\n           LES ÉMIGRANTS — CONTUMACE\n                                       PAR\n\n\n                         GEORGES EEKHOUD\n      P A G E S            C O M P L É M E I T T A I R E S\n                   Un beau volume in-12 : 3 fr. 50\n\n\n\nA         tous les Artistes, Buveurs raffinés, Amoureux des Vins couleur\n          de Soleil, des Liqueurs exquises et de la Verte Empoisonneuse\n          qui engourdit les peines et calme le dégoût du Mufflisme contem­\nporain, nous recommandons la\n\n    d e Block's Universal Wine C°\n                 6, R U E P A U L DEVAUX (PRÈS LA. BOURSE)\n\n\n\n E        n cette osteria décorée dans le style de la RENAISSANCE FLA­\n           MANDE par notre excellent décorateur, CH.-LÉON CARDON,\n           nos amis Jeunes-Belgique, Vingtistes, Essoriens, Hydrophiles et\nautres trouveront à déguster les vins délicats de Xérès et d'Alicante, les vins\nde Portugal, d'Orange-Cap, le Kalliste, le Misistra noir, le Moscato et\nl'Achaja de Grèce, le Tokay de Hongrie, le Syracuse, le Capri, le Mal­\nvasia de Lipari, et comme apéritifs les Vermouths Noilly-Prat et Fratelli\nCora.\n   (Prix modestes, et pour les jours de Joyeuses Beuveries, du vin de Cham­\npagne au gobelet, je ne vous dis que ça!)\n\n\n    ASSOCIATION VINICOLE DE LA CHAMPAGNE\n                                                EPERNAY\n\n\n                                         Prix Courant\n                          Baron J. de Warnimont               2 25\n                          Marquis Armand de St-Hubert . . . . 2 75\n                           R O S É E J E U N E BELGIQUE                        3 00\n                           Crême d'Ay         id.                              3 50\n                           Bouzy extra        id.         Cuvée réservée.      4 50\n                           Bouzy Cristal      id.                              5 00\n                                       0.50 en plus par 2/2 bouteilles\n                                  EXPÉDITIONS PAR PANIERS DE 25 BOUTEILLES\n\n                           Franco de port, droits et emballage dans toute la Belgique\n\n           ENTREPOSITAIRE :            COULOMB-ROBIETS\n       19, B o u l e v a r d du Nord, 19, à B r u x e l l e s\n"}, {"page_pdf": 427, "texte": "      LA JEUNE BELGIQUE\n                       REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D-ART\n\n formant au bout de l'année un superbe volume avec couverture spéciale et       frontispice.\n\n\n\n         Fondateur        : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n\n\n\nDirecteur : HENRY MAUBEL. — Administrateur                          : HUBERT VAN DIJK.\n\n\n Bruxelles : Rédaction : 72, rue de Trêves. —Administration, 26, rue de l'Industrie.\n\n\n\n\n                                  ABONNEMENTS :\n\n  Belgique.   . 7 francs par an. — Union postale.     . fr. 8 - 5 0\n        Les conditions pour les annonces se traitent à forfait.\n\n\n\n\n                                    NOVEMBRE           1889\n\n\n                                 SOMMAIRE:\n\nL'Homme Sandwich                                                  H. CARTON DE WIART.\nVers                                                              ANDRÉ FONTAINAS.\nProses lyriques                                                   ARNOLD GOFFIN.\nVers                                                              ALBERT ARNAY.\nChronique littéraire :\n          I. La Nouvelle Carthage . . . .                         LOUIS DELATTRE.\n          II. Les Chimères                                        MAURICE DESOMBIAUX.\n          III. Un héros belge                                     ALBERT GIRAUD.\nChronique musicale : Le Théâtre de Gand                       .   PAUL DALÉE.\nMonument Max Waller                                               L A JEUNE BELGIQUE.\nMemento                                                           ***\n\n\n\n\n                     Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1889-11-01", "preuve": "Novembre 1889, numéro 11, couverture PDF 392 ; aucun jour imprimé."}}