{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Février 1890 TOME IX", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 178, "texte": "Février 1890                     TOME IX. ~        N° 2                                  10me Année.\n\n\n\n\nLA\n      JEUNE\n                BELGIQUE\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 178, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "SOMMAIRE:\n\n        La Déclaration foraine                           STÉPHANE MALLARMÉ.\n        Sonnets                                          ANDRÉ FONTAINAS.\n        La Confession de Je'rôme Badot [suite) .    .    LOUIS DELATTRE.\n        Vers                                             FERNAND SEVERIN.\n        Le Bohème                                        HUBERT KRAINS.\n        Vers                                             ALBERT ARNAY.\n        La Ballade de lAncien Marin                      MAURICE DESOMBIAUX.\n        Chronique artistique :\n                                                        ( JACQUES A R N O U X .\n                Le Salon des XX de 1890 .      .          GEORGES DESTRÉE.\n        Chronique littéraire :\n                Chez les Passants . . . .      .    .    A. G.\n                Double                                   VALÈRE GILLE.\n        Memento                                          NEMO.\n\n\n\n                                                                     BRUXELLES\n                                                    Rédaction : 55, BOULEVARD DANDERLECHT\n      PRIX DU NUMÉRO                                                       PARIS\n               F r . 0-75                                     LIBRAIRIE DE l'Art       Indépendant\n                                                                  11, rue de la Chaussée d'Antin\n\n                                                                             1890\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "Mon père etc", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 119, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 905, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n   H . — PAUL D. TOURNAI. Bien reçu mandat, merci, avons fait expédier les numéros\nparus. N'oubliez pas la propagande là-bas.\n   12. — POTACHON, élève de Tilman, Louvain. Est-il vrai que m'sieu Charles n'ose\nplus commenter la première églogue. Craindrait-il une traduction trop libre de Silves-\ntrem tenui?\n   13. — HENRY T. Parfait. Avons envoyé les cartes d'abonnement que vous nous\ndemandiez. N'oubliez pas les honneurs attachés au retour d'une série.\n   14. — A. X. Très bonne idée, merci. En reparlerons quand il s'agira des fêtes de l'an\nprochain.\n   15. — JULES R...S. Vous oubliez vos pieds : bru-is-se-ment.      Faut faire ses preuves\npour entrer à la Jeune Belgique ; en avez-vous? Travaillez, prenez de la, etc. Revenez\ndans quelque temps, pour le moment débordons de copie.\n   16. — J. RAPIN. Ne soyez pas si pressé; vous arriverez à votre tour; consolez-vous, il\ny en a encore d'autres qui attendent. Envoyez plusieurs pièces pour que nous puissions\nfaire un choix.\n   17 — U N ABONNÉ DE IO° ANNÉE. Très dangereux ce que vous nous conseillez-là, cher\nfidèle; car, comme dit André, il n'y a pas de Rops sans l'épine.\n   18 — ALBERT FONTAINE, Louvain. Reçu vos vers ; très bons; publierons bientôt.\n   19. — ED. BAILLY, Paris. Venons de recevoir la Musique populaire, en parlerons dans\nle prochain numéro. Bien à vous.\n   20. — GUSTAVE G. P . Mon co-directeur, Jacques Arnoux, s'y oppose formellement.\nJe ne peux pourtant pas lui couper la tête. Bien à regret. Tâcherai de le persuader.\n   21 — L. PRESMYCKI. Avez-vous reçu notre lettre et les numéros de la Jeune Belgique?\nN'avons plus ici nouvelle de vous\n   22. — NESTOR. Un conte en vers! Vous voulez imiter Coppée. Vous avez des vers\nqui surpassent même :\n                       Et montrant son mollet à l'empereur d'A uiriche.\nEt puis, ne seriez-vous pas le même qui nous a envoyé « t'es-tu tû? » Vous avez de\nenjambements critiques et très irrévérencieux, ainsi :\n                                           quant à ce qu'eut\n                                Mon père, etc.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 101, "page_fin": 105, "titre_corps": "La Déclaration foraine", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stéphane Mallarmé", "ancre_debut": "LA DÉCLARATION FORAINE", "ancre_fin": "STÉPHANE MALLARMÉ", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SONNETS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 120, "page_imprimee": 101, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 1933, "texte": "LA DÉCLARATION FORAINE (*)\n\n                                       e silence! il est certain qu'à mon côté,\n                                       ainsi que songes, étendue dans un berce-\n                                  ment de promenade sous les roues assoupis-\n                                  sant l'interjection de fleurs, toute femme, et\n                                  j'en sais une qui voit clair ici, m'exempte de\n                                  l'effort à proférer un vocable : la compli-\n                                     menter haut de quelque interrogatrice toi-\n                                        lette, offre de soi presque à l'homme en\n                                          faveur de qui s'achève l'après-midi, ne\n                    pouvant à l'encontre de tout ce rapprochement fortuit,\n                    que suggérer la distance sur ses traits aboutie à une\n                    fossette de spirituel sourire. Ainsi ne consent la réalité;\n                    car ce fut impitoyablement, hors du rayon qu'on sentait\n                    avec luxe expirer aux vernis du landau, comme une\n                    vocifération, parmi trop de tacite félicité pour une tombée\n                 de jour sur la banlieue, avec orage, dans tous sens à la fois\n                 et sans motif, du rire strident ordinaire des choses et de\n                 leur cuivrerie triomphale : au fait, la cacophonie à l'ouïe de\n                 quiconque, un instant écarté, plutôt qu'il ne s'y fond,\n                 auprès de son idée, reste à vif devant la hantise de l'exis-\n                 tence.\n\n\n  (*) Nous devons à l'extrême obligeance de M. E. Deman de pouvoir offrir à nos lec-\nteurs ce conte de M. Mallarmé. Il a bien voulu — et qu'il reçoive ici tous nos remercie-\nments — le distraire du volume qu'il édite actuellement.\n                                                                                7\n"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": 102, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2602, "texte": "                                 —   102 —\n\n\n   « La fête de... » et je ne sais quel rendez-vous suburbain! nomma l'en-\nfant voiturée dans mes distractions, la voix claire d'aucun ennui; j'obéis et\nfis arrêter.\n\n   Sans compensation à cette secousse qu'un besoin d'explication figurative\nplausible pour mes esprits, comme symétriquement s'ordonnent des verres\nd'illumination peu à peu éclairés en guirlandes et attributs, je décidai, la\nsolitude manquée, de m'enfoncer même avec bravoure en ce déchaînement\nexprès et haïssable de tout ce que j'avais naguères fui dans une gracieuse\ncompagnie : prête et ne témoignant de surprise à la modification dans notre\nprogramme, du bras ingénu, elle s'en repose sur moi, tandis que nous\nallons parcourir, les yeux sur l'enfilade, l'allée d'ahurissement qui divise\nen écho du même tapage les foires et permet à la foule d'y renfermer pour\nun temps l'univers. Subséquemment aux assauts d'un médiocre dévergon-\ndage en vue de quoi que ce spit qui détourne notre stagnation amusée par\nle crépuscule, au fond, bizarre et pourpre, nous retint à l'égal de la nue\nincendiaire un humain spectacle, poignant : reniée du châssis peinturluré\nou de l'inscription en capitales une baraque, apparemment vide.\n\n   A qui ce matelas décousu pour improviser ici, comme les voiles dans\ntous les temps et les temples, l'arcane! appartînt, sa fréquentation durant\nle jeûne n'avait pas chez son possesseur excité avant qu'il la déroulât comme\nle gonfalon d'espoirs en liesse, l'hallucination d'une merveille à montrer\n(que l'inanité de son famélique cauchemar); et pourtant, mû par le carac-\ntère frérial d'exception à la misère quotidienne qu'un pré, quand l'institue\nle mot mystérieux de fête, tient des souliers nombreux y piétinant (en raison\nde cela poind aux profondeurs des vêtements quelque unique velléité du\ndur sou à sortir à seule fin de se dépenser), lui aussi ! n'importe qui de tout\ndénué sauf de la notion qu'il y avait lieu pour être un des élus, sinon de\nvendre, de faire voir, mais quoi! avait cédé à la convocation du bienfaisant\nrendez-vous. Ou, très prosaïquement, peut-être le rat éduqué à moins que,\nlui-même, ce mendiant sur l'athlétique vigueur de ses muscles comptât,\npour décider l'engouement populaire, faisait défaut, à l'instant précis,\ncomme cela résulte souvent de la mise en demeure de l'homme par les cir-\nconstances générales.\n\n   « Battez la caisse! » proposa en altesse Madame., seule tu sais. Qui,\nmarquant un suranné tambour duquel se levait les bras décroisés afin de\nsignifier inutile l'approche de son théâtre sans prestige un vieillard, que\n"}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": 103, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2268, "texte": "                                 — 103 —\n\ncette camaraderie avec un instrument de rumeur et d'appel d'abord peut-\nêtre séduisit à son vacant dessein ; puis, comme si de ce que tout de suite\non pût ici envisager de plus beau, l'énigme, par un bijou fermant la mon-\ndaine, en tant qu'à sa gorge le manque de réponse, scintillait! la voici\nengouffrée, à ma surprise de pitre coi devant une halte du public qu'em-\npaume l'éveil des ra et des fla assourdissant mon invariable et obscur pour\nmoi-même d'abord « Entrez, tout le monde, ce n'est qu'un sou, on le rend\nà qui n'est pas satisfait de la représentation ». Le nimbe en paillasson dans\nle remerciement joignant deux paumes séniles vidé, j'en agitai les couleurs,\nen signal, de loin, et me coiffai, prêt à fendre la masse debout en le secret\nde ce qu'avait su faire avec ce lieu sans rêve l'initiative d'une contempo-\nraine de nos soirs.\n\n  A hauteur du genou, elle émergeait, sur une table, des cent têtes.\n\n   Net ainsi qu'un jet égaré d'autre part la dardait électriquement, éclate\npour moi ce calcul qu'à défaut de tout, elle, selon que la mode, une fantai-\nsie ou l'humeur du ciel, circonstanciaient sa beauté, sans supplément de\ndanse ou de chant, pour la cohue amplement payait l'aumône exigée en\nfaveur d'un quelconque ; et du même trait je comprends mon devoir en le\npéril de la subtile exhibition, ou qu'il n'y avait au monde pour conjurer la\ndéfection dans les curiosités que de recourir à quelque puissance absolue,\ncomme d'une Métaphore. Vite, dégoiser jusqu'à éclaircissement, sur maintes\nphysionomies, de leur sécurité qui, ne saisissant tout du coup, se rend à\nl'évidence, même ardue, impliquée en la parole et consent à échanger son\nbillon contre des présomptions exactes et supérieures, bref, la certitude\npour chacun de n'être pas refait.\n\n\n  Un coup d'œil, le dernier, à une chevelure où fume puis éclaire de fastes\nde jardins le pâlissement du chapeau en crêpe de même ton que la statuaire\nrobe se relevant, avance au spectateur, sur un pied comme le reste\nhortensia.\n\n  Alors :\n\n              La chevelure vol d'une flamme à l'extrême\n              Occident de désirs pour la tout déployer\n              Se pose (je dirais mourir un diadème)\n              Vers le front couronné son ancien foyer\n"}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": 104, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2336, "texte": "                                 — 104 —\n\n              Mais sans or soupirer que cette vive nue\n              L'ignition du feu toujours intérieur\n              Originellement la seule continue\n              Dans le joyau de l'œil véridique ou rieur\n\n              Une nudité de héros tendre diffame\n              Celle qui ne mouvant astre ni f eux au doigt\n              Rien qu'à simplifier avec gloire la femme\n              Accomplit par son chef fulgurante    l'exploit\n\n              De semer de rubis le doute qu'elle écorche\n              Ainsi qu'une joyeuse et tutélaire torche\n\n   Mon aide à la taille de la vivante allégorie qui déjà résignait sa faction,\npeut-être faute chez moi de faconde ultérieure ; afin d'en assoupir l'élan\ngentiment à terre : « Je vous ferai observer, ajoutai-je, maintenant de plein\npied avec l'entendement des visiteurs, coupant court à leur ébahissement\ndevant ce congé par une affection de retour à l'authenticité du spectacle\n« Messieurs et Dames, que la personne qui a eu l'honneur de se soumettre\nà votre jugement, ne requiert pour vous communiquer le sens de son\ncharme, un costume ou aucun accessoire usuel de théâtre. Ce naturel\ns'accommode de l'allusion parfaite que fournit la toilette toujours à l'un des\nmotifs primordiaux de la femme, et suffit, ainsi que votre sympathique\napprobation m'en convainc ». Un suspens de marque appréciative sauf\nquelques confondants « Bien sûr! » ou « C'est cela ! » et. « Oui » par les\ngosiers comme plusieurs bravos prêtés par des paires de mains généreuses,\nconduisit jusqu'à la sortie sur une vacance d'arbres et de nuit la foule où\nnous allions nous mêler, n'était l'attente en gants blancs encore d'un enfantin\ntourlourou qui les rêvait dégourdir à l'estimation d'une jarretière hautaine.\n\n   — « Merci » consentit la chère, une bouffée droit à elle d'une constella-\ntion ou des feuilles bue comme pour y trouver sinon le rassérènement, elle\nn'avait douté d'un succès, du moins l'habitude frigide de sa voix « j'ai dans\nl'esprit le souvenir de choses qui ne s'oublient ».\n\n  — ;; Oh! rien que lieu commun d'une esthétique.. »\n\n  — « Que vous n'auriez peut-être pas introduit, qui sait? mon ami, le\nprétexte de formuler ainsi devant moi au conjoint isolement par exemple de\nnotre voiture — où est-elle — regagnons-la : — mais ceci jaillit, forcé,\n"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": 105, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 800, "texte": "                                     — io5 —\n\nsous le coup de poing brutal à l'estomac, que cause une impatience de gens\nauxquels coûte que coûte et soudain il faut proclamer quelque chose fût-ce\nla rêverie.. »\n\n  — « Qui s'ignore et se lance nue de peur, en travers du public; c'est vrai !\nComme vous, Madame, ne l'auriez entendu si irréfutablement, malgré sa\nréduplication sur une rime du trait final, mon boniment d'après un mode\nprimitif du sonnet (1), je le gage, si chaque terme ne s'en était répercuté\njusqu'à vous par de variés tympans, pour charmer un esprit ouvert à la\ncompréhension multiple. »\n\n  — « Peut-être! » accepta notre pensée dans un enjouement de souffle\nnocturne la même.\n                                            S T É P H A N E MALLARMÉ.\n\n\n\n\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 105, "page_fin": 106, "titre_corps": "Sonnets", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "André Fontainas", "ancre_debut": "SONNETS TERRE PROMISE", "ancre_fin": "ANDRÉ FONTAINAS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La confession", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 124, "page_imprimee": 105, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 1585, "texte": "SONNETS\n                             TERRE       PROMISE\n\n    Celui qui s'embarquait pour la terre lointaine\n    Où l'ardeur de ses vœux rêvait l'Eldorado,\n    Par la glace polaire et les longs déserts d'eau\n    Hardiment s'acharnait à la gloire incertaine.\n\n     Vers la réconfortante et mystique fontaine\n     De ses songes, guidé par la foi du Credo,\n     Libre et fer, il partait, rejetant le fardeau\n     Des factices plaisirs de sa jeunesse vaine.\n\n     Et moi, que ronge aussi le désir d'un Léthé\n     Qui parfume d'oubli mon cœur désenchanté,\n     Quand sentirai-je en moi la farouche énergie\n\n     De fuir, loin par delà les pôles et les mers,\n     Le fantôme éternel de mes espoirs déserts\n     Vers la Terre-Promise où je me réfugie?\n\n  (1) Usité à la Renaissance anglaise.\n"}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": 106, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 889, "texte": "                                 — 106 —\n\n\n                             VERS LE NORD\n\n     .4 travers les brouillards, sous l'horreur impassible\n     D'un ciel morne, chargé de torpeur et d'ennui,\n     Si nul ne peut s'ouvrir un chemin dans la nuit\n      Vers l'effroi glacial du Pôle inaccessible,\n\n     Du moins, ceux qui sont morts ou qui doivent mourir\n     Dans la foi du triomphe et la gloire du rêve\n     Auront connu l'orgueil d'une volupté brève,\n     Fleur d'espoir que nul deuil ne pourra plus flétrir.\n\n     Mais toi qui f us déçu par l'immuable envie\n     D'aimer et d'être aimé longuement poursuivie,\n     Tu sais la vanité des stériles combats,\n\n     Tu portes en ton cœur une ironie amère,\n     Et tu vois sans pitié les chercheurs de chimère\n     S'enfoncer au néant du gouffre où tu tombas.\n                                                    ANDRÉ FONTAINAS.\n\n\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 106, "page_fin": 113, "titre_corps": "La Confession de Jérôme Badot (suite)", "titre_sommaire": "La Confession de Jérôme Badot (suite)", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Delattre", "ancre_debut": "La confession", "ancre_fin": "Louis DELATTRE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS OCTOBRE AU PAYS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 125, "page_imprimee": 106, "debut_caractere": 889, "fin_caractere_exclue": 1809, "texte": "La confession de Jérôme Badot.\n                                  (Suite).\n  A MONSIEUR IWAN GILKIN.\n                                                Mon remède est un suaire...\n                                                  FORD (The broken heart).\n\n              Un jour on trouva Jérôme affalé, gisant sur le carreau et trop\n                faible pour se relever. On le mit au lit, dans le grand lit où\n                Thérèse était morte.\n                   C'est alors seulement qu'on vit combien le chagrin l'avait\nchangé, quand sa tête immobile reposa sur les draps de toile... Son visage\ns'était allongé, creusé, fondu, et son grand nez saillait plus long et plus\npincé ; sa barbe avait poussé toute grise ; sa moustache morne lui tombait\ndans la bouche. Ce grand, corps qui haussait à peine les couvertures, c'était\nl'homme qui manipulait des heures durant, à tour de bras, des marteaux\nde dix livres, jadis.\n"}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": 107, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2737, "texte": "                                  —    107—\n\n  ... Les passants allongeaient la tête par la fenêtre ouverte : « Comment\nva-t-il, Mar'Joseph? » Et la commère qui gardait le malade levait simple-\nment les épaules : « Il s'en va ! »\n                                       *\n\n    Le jour de sa mort, à midi, il eut une faiblesse. La garde pensa qu'il\ntrépassait ; cependant, après quelques minutes, il leva la tête et dit encore :\n « Je sens bien que c'est fini ; Mar'Joseph, fais quérir le curé ! »\n    — Vite, cria la femme à un gamin qui jouait sur la route, va dire à\nM. le curé que Jérôme se meurt, qu'il vienne tout de suite!\n    Le gamin détala, heureux d'avoir à porter si importante commission. Le\nprêtre balayait l'église; il avait un long tablier bleu passé par devant lui\npour garantir sa soutane ; et il rangeait aussi les chaises en belles lignes\nrégulières pour que fissent tout leur effet les prie-Dieu en bois d'acajou\ngarnis de cuivre du premier rang. Les pieds de bois, en traînant sur les\ndalles, faisaient un bruit aigre et très clair dans l'église vide et nue.\n   — M'sieu l'curé, m'sieu l'curé! il y a Jérôme, le maréchal, qui vous\ndemande. Il va mourir, m'sieu l'curé, il va mourir!... Est-ce que je porterai\nla sonnette, m'sieu l'curé?\n    Le vieillard prit seulement le temps de passer l'aube, et bientôt, précédé\ndu gamin rouge du plaisir de tenir la sonnette, il traversa le village à petits\npas rapides, le vaisseau aux saintes huiles contre la poitrine. Sur son pas-\nsage les gens, en s'agenouillant et courbant la tête, chuchotaient : « C'est\npour le grand Jérôme, il est à l'agonie ! » Et ils se répétaient la chose en se\nremettant sur les pieds. Des enfants suivaient l'heureux gamin à la sonnette;\nles plus proches quelquefois demandaient qu'il la leur passât, « rien que pour\nune minute; » mais l'autre refusait fièrement de la tête, dédaignant de les\nregarder, et sonnait, sonnait\n   — Pax huic domini!... fit le curé. Bonjour Jérôme. Vous avez bien\nraison de m'appeler alors que vous êtes encore en état d'apprécier le secours\nde notre sainte Mère! Ce sera un grand soulagement pour vous, Jérôme...\nAllégez votre cœur, mon ami, confessez-vous.\n    Le prêtre déposa le saint vaisseau sur une petite table dressée à la hâte,\net portant le crucifix de cuivre des cheminées wallonnes derrière un verre\nplein d'eau bénite où trempait un rameau du buis consacré, entre deux\nchandeliers en verre argenté aux arabesques blanches où brûlaient de petits\nbouts de bougie à la flamme rouge dans le grand jour. Il s'assit à la tête du\nlit ; son visage rosé de vieillard potelé et dont la rubescence s'avivait encore\npar l'effet de ses cheveux tout blancs, rendait plus terreux le derme jaune\n et racorni du moribond.\n"}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": 108, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2424, "texte": "                                 — 108 —\n\n   Quand Mar'Joseph et l'enfant à la sonnette, sur un signe du prêtre,\nouvrirent pour s'en aller la porte de la chambre, apparut un groupe de\nvisages curieusement immobiles des voisins accourus pour voir, et qui\nattendaient.\n   — Ah ! monsieur le curé, je suis bien content de vous avoir, dit Jérôme,\ndont, en effet, les yeux brillaient de joie. Et un peu de sang lui rosit les\npommettes.\n   Le prêtre, se penchant, ramena les oreillers sous le dos du malade et di\navec douceur :\n   — Je vous écoute, Jérôme.\n   — Ah! c'est un paquet que j'ai sur l'estomac. C'est de ça que je m'en\nvas. Il me semble que quand j'aurai tout confessé je mourrai plus tran-\nquille.\n   — Oui, oui, parlez, mon ami; je suis ici pour vous consoler, pour vous\ndonner du courage.\n   — Voilà comment le malheur est arrivé, monsieur le curé... A vous, je\nraconterai tout, tout...\n   « Le premier mardi du mois passé, ma femme me dit comme ça : « Jérôme,\nsi tu allais jusqu'à Fontaine? C'est le mardi de la grande ducasse, c'est le\nplus beau jour, tu prendrais un peu d'amusement. Il y a un carrousel\nl'après-midi à l'Esplanade, ai-je entendu dire au marché. Ça sera beau...\nMoi, pendant ce temps, je ferai ma buée, tu ne seras pas incommodé par les\nallées et venues des marmites, et je pourrai chauffer mon eau à ta forge ».\n   — Tiens! que je réponds, c'est vrai que la lessive m'ennuie et que c'est\nla ducasse de Fontaine. Tu as raison, Thérèse, je m'amuserai. — Et mal-\ngré que je n'aie pas l'habitude de faire fiesse entre les dimanches, je mets\nmon beau sarrau, mes meilleures bottes et je m'en vas. « A vers quatre ou\ncinq heures, pas plus tard ! » que je crie à Thérèse. Comme je passais\ndevant la haie de la cour, je la vis déjà en train de frotter du linge dans le\ncuvier; même que j'étais tout réjoui de voir quel cœur elle mettait à sa\nbesogne et que je lui criai encore : « Je te rapporterai des caramels de la\nducasse ! » — « Oui, qu'elle me répond, achète-moi des caramels avec\nde beaux billets ! »\n   « J'étais content comme un bossu. J'avais du plaisir à voir les tas\nde gerbes séchant dans les champs. Je me disais aussi que ma journée ne\nserait pas tout à fait perdue puisque je rencontrerais à la ville le charron\navec qui j'avais affaire.\n   « A Fontaine, le mardi de la ducasse, tout le monde fait ribote. Je ren-\ncontrai le charron; il m'emmena dîner à sa maison, puis, l'après-midi, il\n"}, {"page_pdf": 128, "page_imprimee": 109, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2943, "texte": "                                  — 109 —\n\nme fit boire de la bière qu'on sert dans des bouteilles, qui est blanche et\ntrès mousseuse et vous pique au nez. Et je riais en pensant qu'à Bruxelles,\nquand j'étais soldat, c'était cette bière-là que nous buvions en été dans les\npetits estaminets, au bord du canal.\n   « Le carrousel fini, j'allais partir, quand je tombe sur le « Rouchat » des\nPersiaux. « Ah! c'est Jérôme de Leernes! » qu'il crie en me voyant. Il y\navait un an que nous ne nous étions plus rencontrés. Nous buvons donc\nune chope, puis deux, si bien que tout à coup je trouve qu'il est huit heures.\nLes compagnons me conseillent d'attendre le feu d'artifice, et on boit tant\net tant qu'à dix heures j'étais saoûl comme un cochon. Il me fallut deux\nheures pour revenir de Fontaine, et je ne sais comment je ne me suis pas\ncassé bras et jambes en chemin. Arrivé ici, je me mis à frapper du poing sur\nle volet de la chambre. J'entendis Thérèse se réveiller en sursaut et crier :\n« Qui va là? » — « C'est moi ! » que je réponds. — « Ah! c'est toi, qu'elle\nme dit, en reconnaissant ma voix. Comme tu reviens tard ». Elle poussait\nle volet pour me passer la clef de la porte : « Seigneur ! comme tu es pâle,\nJérôme ». Sans doute elle vit que je me tenais au mur. « Qu'est-ce que tu\nas? » demanda-t-elle encore. La brave femme faisait cela sans penser\nà mal, mais, honteux de mon ivresse, je sentais la colère me monter\nau visage. « Donne-moi la clef, tu vois bien que j'attends! » J'entrai. Au\nlieu de se recoucher, pour m'aider elle était venue jusqu'à la porte et\nm'éclairait ; cette attention augmenta encore ma colère. Je trébuchai sur\nune chaise, et je serais tombé si elle ne m'avait retenu. « Jésus-Maria!\nfit-elle, tu es donc saoûl, Jérôme! » Oh ! pourquoi me dit-elle ça, pourquoi,\npourquoi?... Voilà qu'un vent de colère m'emporte. « Ce n'est pas vrai, je\n ne suis pas saoûl ! » que je crie en jurant. La pauvre femme, épouvantée du\n son de ma voix, s'était reculée ici, contre le lit ; je voyais à l'expression\nde ses yeux combien elle avait peur, peur de moi, de son homme ; je fonçai\n sur elle et à toute volée — ah ! ah! qu'est-ce que j'ai fait là — à toute volée\nje lui donnai un coup de poing dans l'estomac. A peine eut-elle la force de\ndéposer la lampe qu'elle portait. « Que tu m'as fait mal, Jérôme! » sou-\npira-t-elle, et elle se remit dans le lit. Sa voix me dégrisa à l'instant ; pour-\ntant, je ne lui dis pas un mot de regret, et je m'endormis ainsi.\n   « Le lendemain, je me réveillai très tard ; et me ressouvenant subitement\nde la scène de la nuit c'est à peine si j'osai me lever. Thérèse était assise\npour moudre le café du déjeuner : « Jérôme, j'ai si mal dans le bras que je\nne saurais achever », me dit-elle. Je prends le moulin et mouds le café A la\nfin : « Thérèse, que je dis, j'ai été mauvais hier. C'est la boisson, tu sais ;\nça ne m'arrivera plus... Ne me garde pas rancune... Veux-tu tes caramels,\n"}, {"page_pdf": 129, "page_imprimee": 110, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2827, "texte": "                                  — 11O —\n\n\nà cette heure ? les voilà ! » Et je lui tends le paquet que j'avais préparé\nd'avance. « Merci, Jérôme, qu'elle me dit, toute gaie, en prenant les cara-\nmels. Je sais bien que tu n'es pas méchant! » Oui, elle a dit ça, que je\nn'étais pas méchant, monsieur le curé!\n    « Je vais à la forge ce jour-là comme d'ordinaire. Vers dix heures, Thé-\nrèse m'appelle. « Viens mettre la marmite au feu, moi je n'en ai pas la force,\nje ne sais pas ce que j'ai dans les bras ». Je prends la marmite. « Qu'est-ce\nque tu aurais bien dans les bras? » que je demande. — « Ah ! et ma buée\nqui m'attend! Peut-être ne saurai-je pas l'achever... C'est là, à l'épaule que\nça me fait mal » qu'elle me dit. — « Bon, bon, c'est un rhumatisme. Il faut\nte frictionner avec de l'eau-de-vie et une chaussette ».\n   « Elle ne put se remettre au travail. Quand elle touchait le cuvier de la\npoitrine, elle criait de douleur, a Qu'est-ce que je vas faire? » répétait-elle\ntoujours. — « Ote ton caraco », que je lui dis à la fin. Je prends une chaus-\nsette de laine bien douce dans la commode, et un peu d'eau-de-vie. « Tu\nvas voir que ça passera ». — « Oui, frotte-moi l'épaule, me répond-elle.\nMais c'est là que j'ai le plus mal ». Et elle me montre, à son sein droit, une\ntache jaunâtre, grande comme un gros sou. « Qu'est-ce que cela? » que je\ndemande, étonné. — « Je ne sais pas; mais cela fait joliment mal ». Je\nfrotte, je frotte son épaule. « Cela réchauffera tes os, que je dis. Repose-toi ;\ndemain, ni vu, ni connu, tu seras comme neuve! » — « Ça va tout de\nmême mieux ! » dit-elle ragaillardie, après la friction. — Et elle alla étendre\nson linge sur la haie. — Le soir, je lui réchauffai encore le bras ; à la lumière\ndu quinquet, la tache du sein n'était plus visible. « Oui, oui! c'est fini! »\nEt Thérèse riait de sa peur passée.\n   « Mais, le lendemain matin, elle m'éveilla brusquement : « Jérôme, vois\ndonc! Maria Dei! Qu'est-ce que c'est? » La tache de son sein, que nous\ncroyions disparue, était revenue maintenant grande comme une pièce de\ncent sous et noire. « Je ne sais plus bouger mon bras ! Qu'est-ce que je vais\ndevenir! » Elle pleurait de frayeur; je la rassurai pourtant, et elle se leva.\nToute la journée elle se dit lasse. « Je ne vaux pas un rouge liard aujour-\nd'hui ! » Vers quatre heures elle dut se coucher, tant mal elle se sentait.\nUne voisine apporta un petit pot de l'onguent du curé de Boussoyt, il ne\nfit aucun effet. La tache s'agrandissait, se fonçait en couleur, et Thérèse\ngeignait à fendre l'âme.\n   « N'y pouvant plus tenir, je lui dis : « Je vais chercher un médecin.\nCe n'est pas pour les deux francs de la visite... »\n    « Le médecin de Fontaine ne cacha pas son étonnement de trouver Thé-\nrèse au lit. Il riait même. « Comment, TOUS, malade? Un bobo, sans douté! »\n"}, {"page_pdf": 130, "page_imprimee": 111, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2772, "texte": "                                  —   111   —\n\n\n\n   « — J'ai pourtant bien mal! » répondit ma femme. Elle découvrit son\nsein. Le médecin ne riait plus ; il promenait en silence son doigt autour de\nla tache. « Diable! diable! fit-il même. Vous vous êtes blessée de ces\njours-ci... » — « Oh! s'exclama Thérèse, blessée?... je ne me rappelle pour-\ntant pas ! » — « Quand donc avez-vous ressenti les premières douleurs? »\n— « C'est mercredi au matin, n'est-ce pas, Jérôme? » — « Ah!... Et mer-\ncredi, mardi plutôt, vous ne vous êtes pas froissé la gorge en travaillant,\nvous ne vois êtes donné un coup?... » — J'étais au pied du lit, j'écoutais.\nJ'entendis ce mot de coup, « un coup, mardi » ; subitement je me rappelai\ntoute la scène de la nuit ; et il me monta au visage un tel flot de sang que\nje dus m'asseoir, les jambes brisées.\n   « — Un coup? un coup? » répétait Thérèse comme s'interrogeant. « Non\nje ne me suis pas donné de coup ». Mais elle parut subitement se souvenir.\n« Si! si! à présent je m'en rappelle! Mardi, j'ai fait ma lessive... oui! oui!\nJérôme était à Fontaine, à la ducasse... et, en rinçant mon linge, je me suis\ncognée au rebord du cuvier... oui, la poitrine contre le bois... C'est cela,\nje m'en ressouviens... » — « Je le savais bien! dit le médecin. Vous êtes\ncorpulente, et c'est très sensible, le sein. Pourquoi avez-vous tant tardé à\nm'appeler? » — « Je me figurais que ça partirait tout seul, da! répondit\nThérèse, même que je n'en avais pas soufflé à Jérôme !... » Oui, monsieur\nle curé, Thérèse dit ça, elle dit ça! Et je l'entendais; je n'eus pas la force\nde me contenir et voilà que je me mis à pleurer derrière le lit.\n   — « Mais il n'y a rien de grave! dit à plusieurs reprises le médecin\nen écrivant son ordonnance. Ne vous désolez pas ! »\n   « Il me donna les instructions ; comme il sortait, je l'accompagnai jusqu'à\nla porte. Il me dit : « Jérôme, soignez bien votre femme... Ces affections\nsont quelquefois graves chez les personnes corpulentes comme elle... »\n   « Je ne savais rentrer dans la chambre. Je n'osais plus me montrer à ma\nfemme ..\n   « — Thérèse! Thérèse! qu'est-ce que j'ai fait là! qu'est-ce que j'ai fait\nlà!... criai-je pourtant.\n   « — Ne te désole pas, le médecin dit que je serai guérie la semaine pro-\nchaine.. . Mais qui va faire ta soupe? demanda-t-elle inquiète. Ah ! Mar'Joseph\nviendra et je surveillerai d'ici ! Je serai bien vite sur pieds, va!... Mais qui\npenserait qu'on peut avoir mal au sein !... »\n   « Monsieur le curé, vous savez bien qu'elle mourut le dimanche, et\nqu'elle est passée sans qu'on ait eu seulement le temps de vous appeler...\n N'empêche qu'elle doit être en paradis, parce qu'une femme pareille, une\n femme... Ah! mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu! dire que j'ai tué Thé-\n rèse !... »\n"}, {"page_pdf": 131, "page_imprimee": 112, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2393, "texte": "                                  — 112 —\n\n\n   La voix du moribond s'était tout à coup cassée et la teinte rose de ses\npommettes s'était éteinte, comme il finissait son récit. Il restait à présent la\nbouche ouverte toute grande, comme un mort.\n   — « Jérôme, dit enfin le curé en toussotant pour cacher son émotion et\ns'essuyant le front, repentez-vous, demandez pardon à Dieu... »\n   — « Qu'a-t-il donc à confesser si longtemps, le vieux Jérôme? se deman-\ndaient derrière l'huis, les gens impatientés. Il lui en faut du temps pour\nbattre sa coulpe !... » — « Et moi qui n'ai pas fini de dîner » dit même\nquelqu'un.\n   Mais les plus proches, impudemment penchés, l'oreille collée à la porte,\nfaisaient : « Chut! écoutez!... » tâchant de distinguer quelques mots dans\nle murmure confus de chuchotements qui leur arrivait du lit du moribond.\n   — Ah! c'est le curé qui parle.,. Oui... Eh!... maintenant, c'est Jérôme,\nentendez-vous?...\n   — Que disent-ils? que disent-ils ?...\n   — Faites un acte de contrition sincère, dit encore le curé à Jérôme. Du\nfond de votre cœur, demandez pardon à Dieu, demandez pardon !... »\n   Mais le moribond se taisait, la bouche toujours ouverte. Le prêtre dut\nprononcer lui-même le Credo. La prière dite, il prit le calice aux Saintes-\nHuiles et oignit le mourant aux cinq plaies consacrées. Son index et son\nmédius relevés tenaient un flocon d'ouate avec lequel il essuyait ensuite les\nparties purifiées. II marmottait des paroles en latin tout en traçant les petites\ncroix.\n   Le forgeron eut à peine la force de maintenir le cierge que le prêtre lui\nmit allumé dans les doigts en disant les dernières oraisons.\n   La chandelle vacillait et manquait à tout moment de s'éteindre.\n   Et vivas in sœcula sœculorum. Amen.\n   La cloche du gamin bousculé par la foule curieuse tinta brusquement\nde l'autre côté de la porte...\n   ... Jérôme Badot « s'en alla » tout doucement. Il était mort deux heures\naprès avoir reçu l'extrême-onction.\n\n\n\n  C'est toujours un maréchal-ferrant qui occupe la forge du « Grand\nJérôme ». Il y a encore des gamins qui tiennent par la bride le baudet\nqu'on va ferrer ou font des cumulets dans le travail ; mais ils n'ont aucun\nsouvenir du vieillard qui se chêma de chagrin jusqu'à mourir.\n  Le soir, après le souper, quand ils lisent la gazette à haute voix pour\nmontrer leur science, un fait-divers, une tragique histoire d'amour, fait\n"}, {"page_pdf": 132, "page_imprimee": 113, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 418, "texte": "                               — 113 —\n\nparfois lever les yeux à la mère ou à la grande sœur qui tricotent. « Quel\nmalheur! disent, apitoyées, les femmes en se regardant... C'est comme\nJérôme Badot qui ne put vivre sans sa femme et mourut un mois après\nelle! » — mais les enfants ne comprennent pas.\n                                               Louis   DELATTRE.\n   Décembre 1889.\n\n\n\n\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 113, "page_fin": 114, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "VERS OCTOBRE AU PAYS", "ancre_fin": "FERNAND SEVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 132, "page_imprimee": 113, "debut_caractere": 418, "fin_caractere_exclue": 1408, "texte": "VERS\n                         OCTOBRE AU PAYS\n\n     Mon cœur, il se fait tard ; promène ta douleur.\n     Tu n'as pas vu les bois en leur première fleur,\n     Mais le défeuillement les embellit encore!\n\n     Quel souvenir d'enfant rêve dans ces forêts ?\n     Cherche seul, en des lieux peuplés de tes regrets,\n     Un étrange bonheur que le présent ignore.\n\n     Cher et triste pays qu'il me tardait de voir!\n     Plus de clarté que dans les cimes! C'est le soir.\n     Au pays des vingt ans c'est le soir et l'automne.\n\n     Je me souviens, hélas! et tout est bien changé.\n     Dans les débris épars d'un grand rêve outragé\n     Voilà tous les lambeaux d'une âme qui pardonne.\n\n     Mais les bois ont gardé leur première douceur!\n     Comme un pieux secret au fond d'un humble cœur,\n     Je retrouve un nom cher dans l'écorce d'un charme.\n     Et qu'importe, ô forêt, qu'elle m'ait oublié?\n\n     Tu m'es allée au cœur avec tant de pitié,\n     Et c'est un pur enfant qui te doit cette larme.\n"}, {"page_pdf": 133, "page_imprimee": 114, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1302, "texte": "                        —   114   —\n\n\n\n\n            LA CHANSON D'UN PAUVRE\n\nA peine réveillé de mes songes d'hiver,\nO plaine, j'ai foulé tes premières rosées ;\nJ'y promène ce front rafraîchi par l'éther,\nOù des lèvres d'enfant semblent s'être posées.\n\nLoin d'un exil sans fin, et f ait de tant de nuits!\nCe sont des vents légers qui soufflent de l'aurore.\nLa ville! Qu'elle est loin de mes yeux     éblouis!\nQue n'est-elle plus vaine et plus lointaine encore.\n\nHélas ! tu n'oses croire à tout ce que tu vois,\nMon cœur déshérité, fait à trop de misères.\nEst-ce pour moi, mon Dieu, l'haleine des grands bois?\nPour moi, toutes ces fleurs ? Pour moi, ces primevères ?\n\nJe n'ose vous cueillir, fleur trop frêle, ma sœur ;\nEmbaumez ce vallon qui m'a rendu mon âme.\nCar me voilà troublé devant votre douceur,\nComme un adolescent sous les yeux d'une femme.\n\nElle chante, pourtant, la voix, la bonne voix :\n« Je suscite les fleurs pour que tu les effeuilles ;\nRetrouve en leur baiser ton baiser d'autrefois,\nEt ceins un front fiévreux de la fraîcheur des feuilles.\n\nCœur frère du matin, regarde le matin ! »\nEt mon cœur trop ailé pleure ses vaines ailes :\n« Merci d'avoir paré les berges du chemin ;\nMais que je me sens seul parmi ces fleurs nouvelles ! »\n\n                                      FERNAND SEVERIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 115, "page_fin": 117, "titre_corps": "Le Bohème", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Hubert Krains", "ancre_debut": "LE BOHÈME", "ancre_fin": "HUBERT KRAINS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 134, "page_imprimee": 115, "debut_caractere": 73, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "LE BOHÈME\n                                                 Au PEINTRE HENRY D E GROUX.\n\n\n              Bien que ce soit jour de kermesse et que deux ou trois pièces\n               blanches compagnonnent dans leur gousset avec l'habituelle\n               « mitraille s, les pacants affalés sur les chaises et les bancs de\n               l'estaminet sont silencieux comme des chrétiens à l'office et\nparaissent plus las que s'ils avaient cheminé pendant des heures et des\nheures, par le vent et par la pluie, au milieu des campagnes humides, der-\nrière leurs bœufs et leurs chevaux, sous un ciel renfrogné d'automne.\n   Les vieux ont des casquettes à grandes visières, des blouses déteintes, des\npantalons trop courts, des souliers difformes et bien cloutés dont ils ont\nassoupli le cuir, le matin, en les frottant longuement avec une couenne de\nlard. Ils têtent, avec un léger claquement des lèvres, le tuyau de leur pipe;\nsur leurs yeux tristes et sombres comme des jours de souffrance, les pau-\npières s'abaissent et se relèvent avec une automatique lenteur; et leurs\nmains mi-ouvertes, aux doigts spatules et encroûtés de terre, ressemblent à\ndes outils mal récurés. Nulle pensée ne palpite en leur cervelle. Ils n'ont\nplus de désirs, plus d'espoirs. Derrière eux, il y a des jours sans pain, des\nmaladies, des cadavres ; la bise les a fait grelotter, l'hiver, au coin de l'âtre ;\nils ont hoqueté dans les cimetières ; souvent, à genoux, les mains jointes,\nau bord d'une route, au coin d'un bois, ils ont imploré, oh! bien inutile-\nment! les Vierges miraculeuses ;— et maintenant ils sont pareils aux arbres\nmorts dont les branches noires se courbent, dociles, quand le vent les flagelle.\n   Les jeunes, rasés de frais et les cheveux pommadés, fument des cigares\nd'un sou. Ils les approchent et les écartent de leurs lèvres avec d'infinies\nprécautions, car des flammèches, en tombant, pourraient endommager\nleurs sarraux — des sarraux neufs, luisants, striés de nombreux plis et qui\ns'évasent autour de leurs corps à la façon des crinolines. Eux aussi sont\nmuets, mais nulle tristesse n'endeuillit leurs figures. Ils songent aux délec-\ntables plaisirs que leur apportera la soirée. Dans des salles basses aux murs\nblanchis à la chaux et que l'humidité bariole de taches lépreuses, sur un\nplancher poussiéreux, aux accords d'une stridente musique, ils feront tour-\nnoyer de plantureuses villageoises dont les perles fausses, les broches en\ncuivre doré et les rubans déteints resplendiront, sous la lumière crue des\nquinquets, ainsi que des bijoux précieux et des soieries somptueuses. Et\ntandis qu'ils rêvent à ces choses, nul bruit ne trouble la paix de l'estaminet;\n"}, {"page_pdf": 135, "page_imprimee": 116, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "                                   — 116 —\n\nseulement, de temps à autre, des verres sont cognés contre la table ; la\npatronne surgit alors de derrière son comptoir, elle va, une bouteille à la\nmain, de buveur à buveur, et l'on entend le glissement de ses chaussures\nsur le parquet étoile de crachats.\n   La porte s'ouvre ; un homme entre. Il se courbe légèrement pour ne pas\nse heurter la tête au chambranle et va s'asseoir, sans saluer, sur une chaise\nà côté du poêle. Très grand et plus sec qu'un ascète, avec deux yeux de\nfièvre dans une face anguleuse, il semble que les soleils caniculaires, la\npoussière des routes et l'eau du ciel aient désagrégé son corps, car il est usé\net cannelé de rides, ainsi que ces statues de plâtre qu'on trouve dans les\nparcs abandonnés. Son pantalon de velours brun, blanchi aux genoux, est\nretenu par une corde qui lui ceint les reins; sa chemise a perdu ses boutons\net l'on voit, par le sinus de sa camisole, les poils grisonnants de sa poi-\ntrine ; deux mèches de cheveux s'échappant de dessous sa casquette, collent\ndes plaques fauves à ses tempes. Il croise les jambes, allume sa bouffarde,\navale un verre, puis un autre, et dévisage ensuite, presque narquoisement,\nles personnes qui l'entourent.\n   Tout à coup il entame son histoire : A Liège, pendant sa jeunesse,\nil a travaillé dans les usines ; il se rappelle des nuits entières passées dans les\ncafés-concerts où il chantait sur l'estrade, comme un acteur ; tous ceux qui\nlui manquaient de respect, quelles que fussent leur taille et leur force, fai-\nsaient connaissance avec ses poings noueux, même dans les baraques, à la\nfoire, il cassait régulièrement les reins aux hercules; un beau jour, la\nfantaisie lui a pris de voir du pays; il a parcouru l'Italie, l'Espagne, la\nFrance ; les noms clairs et sonores des villes dont il fait l'énumération tin-\ntent comme des écus aux oreilles villageoises ; quand il cite Paris, tous écar-\nquillent les yeux et se demandent si ce touriste en guenilles ne leur en\nimpose pas; mais il répète sur un ton sec qu'il a vu Paris, et termine en\ndéclarant que jamais, au cours de ses voyages, il n'a manqué de tabac ni de\ngenièvre.\n   Il laisse ensuite tomber la tête dans ses mains appaumées et paraît\nplongé, pendant quelques minutes, dans une méditation farouche.\n   Les jeunes gens, que l'arrivée de cet intrus a détournés de leurs rêves de\nvoluptés, s'esquivent un à un et le silence se rétablit dans l'estaminet où un\npetit nuage de fumée bleuâtre se déchiquette en minces flocons, très légers\net très purs, au dessus des consommateurs.\n   Mais l'homme relève la tête : « Maintenant, je vais vous chanter une\nchanson, si vous le permettez ». Il est debout, d'un coup de talon il\nrepousse sa chaise, et après avoir toussoté deux ou trois fois, les yeux au\n"}, {"page_pdf": 136, "page_imprimee": 117, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2837, "texte": "                                 —    117   —\n\n\n\nplafond, la taille cambrée, il commence, d'une voix de ténor légèrement\nfatiguée, une romance apprise dans sa jeunesse et dont le charme vieillot\ngrise peu à peu les paysans qui l'écoutent.\n   L'évocation d'une troupe de cavaliers partant pour la guerre, un matin\nde printemps, les enthousiasme principalement. Plusieurs d'entre eux, ayant\nété soldats, se revoient dans la ville où ils ont vécu quelques années. Leur\nbataillon défile dans les rues ; le claquement de leurs pieds frappant la terre\nen cadence, ressemble à un lointain bruit de fléaux; on voit reluire, sous un\nclair soleil, le cuivre des instruments de musique, les galons des chefs,\nl'acier des fusils ; les fanons ondulent à l'extrémité des bayonnettes ; des\nmains de femmes soulèvent les rideaux des fenêtres sur leur passage; de\njeunes ouvrières, des chasseurs d'hôtel, des mitrons, des garçons bouchers\nviennent, en courant, se ranger le long du trottoir ; puis se ruent, sortis on\nne sait d'où, une indescriptible collection d'arsouilles disloqués comme des\nguignols et qui gambadent à leurs côtés, ainsi que des diablotins, en les\nnarguant du geste.\n   Cependant la voix du chanteur s'adoucit, devient langoureuse, presque\npleurarde. L'été a passé, ensuite l'automne, puis l'hiver ; le printemps est\nrevenu et le soleil sourit dans un ciel de satin. La femme du jeune seigneur\nqui commandait la troupe, se lamente à son balcon. Une brise tiède et\nchatouilleuse comme l'haleine des amoureux, lui caresse les joues. Devant\nelle se déroulent des prairies, des campagnes, des bois. Au dessus des chau-\nmines disséminées çà et là flotte un peu de fumée, mais nul être humain ne\ns'aperçoit sur la route poudreuse qui se brise à l'horizon. Ah! pourquoi son\nbien-aimé ne revient-il pas? Elle est jeune et belle, son cœur palpite\nd'amour, ses lèvres frémissent dans l'attente des baisers ; elle ne peut être\ncondamnée à porter jusqu'à la fin de sa vie le sombre vêtement des veuves.\nEt mélancolique comme un bramement de cerf au fond des forêts, sa voix\nimplore : « Reviens bientôt dans notre vieux manoir ! »\n   L'homme s'est tu, mais les dernières notes du refrain vibrent toujours aux\noreilles des auditeurs, et c'est avec une étincelle dans les yeux et un sourire\nde béatitude sur la face qu'ils laissent tomber quelques pièces de monnaie\ndans la main qu'on leur tend. Puis, tandis que le bohème s'éloigne pour\naller désembrumer ailleurs, par un peu de poésie rudimentaire, la cervelle\nd'autres malechanceux, une indicible mélancolie refait insensiblement la\nnuit dans leur âme, comme si des lumières, une à une, s'éteignaient autour\nd'elle, et bientôt ils retombent à leur assoupissement habituel, à la morne\net navrante indifférence des résignés.\n                                                     H U B E R T KRAINS."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 118, "page_fin": 119, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Arnay", "ancre_debut": "VERS LES VOIX D EN L AME", "ancre_fin": "ALBERT ARNAY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La Ballade", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 137, "page_imprimee": 118, "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 877, "texte": "VERS\n         LES VOIX D'EN L'AME\n\nAux parcs à jamais délaissés\nDe mon âme de solitude,\nLes chères voix des jours passés\nChantent encor par habitude.\n\nOh! les chansons veuves d'espoir\nNouant aussi de trop de peine\nLeurs fleurs qu'effleurent dans le soir\nLes baisers que je sus à peine !\n\nOh! la chanson du souvenir,\nLa chose triste qui m'attriste...\nOh! sur l'hiver proche à venir\nClarté d'opale et d'améthyste.\n\nMais les romances d'autrefois\nOnt des blancheurs si symboliques\nQue c'est l'aube, aux sources des bois\nBaignant ses ailes angéliques !\n\n\n          C Œ U R D'AUTOMNE\n\nSilencieuse en le silence\nDont s'enveloppe sa langueur,\nL'enfant aux lèvres d'indolence\nSent la nuit pleurer dans son cœur.\n\nLa blonde enfant aux mains de songe,\nSi claires sous leur clair sommeil!\nA clos l'ineffable mensonge\nDe son sourire nonpareil.\n"}, {"page_pdf": 138, "page_imprimee": 119, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 469, "texte": "                                 — 119 —\n\n              Lasse à jamais de sa pensée,\n              Au ciel en peine de ses yeux\n              Sa croyance s'est effacée\n              En des vols pâles et soyeux.\n\n              Et son âme blanche s'étonne\n              D'ouïr les baisers de jadis\n              Parler d'amour ce soir d'automne\n              Que la lune effeuille des lys!\n                                                     ALBERT ARNAY.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 119, "page_fin": 122, "titre_corps": "La Ballade de l’Ancien Marin", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Traduit par : Maurice Desombiaux", "ancre_debut": "La Ballade", "ancre_fin": "MAURICE DESOMBIAUX", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 138, "page_imprimee": 119, "debut_caractere": 469, "fin_caractere_exclue": 2301, "texte": "La Ballade de l'Ancien Marin\n                DE SAMUEL TAYLOR COLERIDGE\n                                     Facile credo, plures esse naturas invisibiles\n                                  quam visibiles in rerum universitate. Sed horum\n                                  omnium familiam quis nobis enarrabit ? Et gradus\n                                  et cognationes et discrimina et singulorum\n                                  munera? Quid agunt? Quœ loca habitant? Harum\n                                  rerum notitiam semper ambivit ingenium huma-\n                                  num, nunquam attigit. Juvat interea, non diffi-\n                                  teor, quandoque in animo, tanquam in Tabula,\n                                  majoris et melioris mundi imaginem contemplari :\n                                  Ne mens assuefacta hodierne vitae minutiis se\n                                  contrahat nimis et tota subsidat in pusillas cogi-\n                                  tationes. Sed veritati interea in vigilandum est,\n                                  modusque servandus, ut certa ab incertis, diem\n                                  a nocte distinguamus.\n                                                T . BURNET, Archeol. phil., p. 68.\n\n                            PREMIÈRE PARTIE\n\n\n              C'est un ancien marin, et il arrête un des trois.\n                  — « Par ta longue barbe grise et ton œil brillant, pourquoi\n               m'arrêtes-tu maintenant?\n  « Les portes du fiancé sont larges ouvertes et je suis le plus proche de la\nparenté. Les hôtes se sont réunis, la fête est préparée, tu peux entendre le\nbruit joyeux. »\n  Il le tient de sa main décharnée.\n  — « Il y avait un vaisseau », dit le vieillard.\n  — « Arrête, retire la main, stupide barbon. »\n  Aussitôt il retire la main.\n"}, {"page_pdf": 139, "page_imprimee": 120, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2377, "texte": "                                    — 120 —\n\n\n   Il le fixe de son œil brillant. L'hôte de la noce reste immobile et écoute\ncomme un enfant de trois ans : le marin a saisi sa volonté.\n   L'hôte de la noce est assis sur une pierre. Il ne peut pas vouloir autre\nchose qu'écouter.\n    Et ainsi parle le vieux homme, le marin à l'œil brillant :\n   Le vaisseau fut acclamé en quittant le port.\n   Joyeusement nous dérivâmes, loin du port, loin de la colline, loin du\nsommet du phare.\n    Le soleil se leva sur la gauche, hors de la mer il vint. Il éclaira brillam-\nment et sur la droite il descendit dans la mer.\n    Plus haut et plus haut chaque jour, jusqu'à ce qu'au dessus du mât à midi. »\n   — L'hôte de la noce ici se frappe la poitrine, car il entend le bruyant\nbasson.\n    La fiancée vient de marcher dans le « hall ».\n    Elle est rouge comme une rose.\n    Dodelinant de la tête, devant elle marche la joyeuse menestrellerie.\n    L'hôte de la noce se frappe la poitrine, mais il ne peut pas choisir, il faut\nqu'il entende.\n    Et ainsi parle le vieux homme, le marin à l'œil brillant.\n    « Et maintenant le souffle orageux vint, et il fut tyrannique et violent.\nIl nous battit de ses ailes enveloppantes et nous chassa en avant dans le sud.\n    Avec des mâts inclinés et une proue plongeante, comme celui qui est\npoursuivi par un hurlement et un coup redoute encore l'ombre de son\nennemi et en avant courbe la tête, le vaisseau courait, rapide; formidable-\nment rugissait la tempête et vers le sud toujours nous fuyions.\n    Et maintenant, il arriva à la fois du brouillard et de la neige, et cela\ndevint étonnamment froid. De la glace haute comme le mât vint flotter auprès,\naussi verte que l'émeraude.\n    A travers les tourbillons, les neigeux écueils envoyèrent une lugubre\nlueur. Ni formes d'hommes, ni formes de bêtes ne vîmes, la glace cachait\ntout.\n    La glace était ici, la glace était là, la glace était tout à l'entour. Cela cra-\n quait, cela grondait et mugissait et hululait comme les bruits que l'on\nentend dans un accès de faiblesse.\n    A la fin traversa l'air un albatros; dans le brouillard il vint; comme\ns'il avait été une âme chrétienne, nous l'acclamâmes au nom du Seigneur.\n    Il mangea la nourriture qu'il n'avait jamais mangée et autour et tout\nautour il vola. La glace se fendit avec un bruit de tonnerre. Le timonnier\nnous gouverna à travers.\n"}, {"page_pdf": 140, "page_imprimee": 121, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2422, "texte": "                                   —   121 —\n\n\n   Et un bon vent du sud s'éleva derrière et l'albatros suivit. Et chaque\njour, pour la nourriture et le jeu, il vint au « hollo » des marins.\n   Dans du brouillard ou du nuage, sur le mât ou les haubans, il percha\npour neuf soirs, pendant que toute la nuit, à travers la fumée blanche du\nbrouillard, brilla le blanc clair de lune.\n   — Dieu te préserve, ancien marin, des démons qui te tourmentent\nainsi. Pourquoi ton regard est-il si terrifié. — Avec mon arbalète je tirai\nl'albatros.\n                              DEUXIÈME PARTIE\n\n   Le soleil, maintenant, surgit sur la droite; hors de la mer il vint, tou-\njours enveloppé du brouillard et, sur la gauche, il descendit dans la mer.\n   Et le bon vent du sud souffla encore derrière.\n   Mais aucun doux oiseau ne suivit et, aucun jour pour la nourriture et le\njeu, ne vint au « hollo » des marins.\n   Et j'avais fait une infernale chose, qui attirerait sur eux le malheur, car\ntous l'assuraient : j'avais tué l'oiseau qui faisait souffler la brise. « Ah !\nmisérable, dirent-ils, d'avoir tué l'oiseau qui faisait souffler la brise !\n   Ni obscur, ni rouge, comme le nimbe de Dieu, le glorieux soleil se leva.\nAlors tous assurèrent que j'avais tué l'oiseau qui apportait le brouillard et\nla brume.\n   « C'était juste, dirent-ils, de tuer de tels oiseaux qui apportent le brouil-\nlard et la brume. »\n   La belle brise souffla, la blanche écume vola, le sillage suivait librement.\n   Nous fûmes les premiers qui jamais entrèrent dans cette silencieuse mer.\n   La brise s'abattit, les voiles s'abattirent. C'était aussi triste que tristesse\npuisse être. Et nous parlâmes seulement pour briser le silence de la mer.\n   Tout dans un chaud et cuivré firmament le sanglant soleil, à midi, droit\nen haut, au dessus du mât se dressa, pas plus grand que la lune.\n   Jour après jour, jour après jour, le vaisseau ne rencontra pas un souffle,\npas un mouvement, aussi paresseux qu'un vaisseau peint sur un océan\npeint.\n   De l'eau, de l'eau de tous côtés, tous les bois se rétrécirent. De l'eau, de\nl'eau, de l'eau de tous côtés, mais pas une goutte à boire.\n   La profondeur même pourrit, ô Christ, cela serait-il jamais ! Des visquo-\nsités s'accrochaient sur une mer visqueuse.\n   Partout, autour, en tourbillons et en multitudes, des feux de morts\ndansaient, la nuit. L'eau, comme une huile de sorcière, brûlait vert et bleu\net blanc.\n"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 122, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 694, "texte": "                                122 —\n\n\n\n  Et plusieurs dans les songes, eurent la vision de l'esprit qui nous persé-\ncutait ainsi. A une profondeur de neuf fois six pieds il nous avait suivi\ndepuis le pays des brumes et de la neige.\n   Et chaque langue était extrêmement desséchée, desséchée jusque dans la\nracine. Nous ne pouvions parler, pas plus que si nous avions été suffoqués\npar la suie.\n  Oh! néfaste jour, quel mauvais regard eus-je des vieux et des jeunes!\nEn place de la croix, l'albatros à mon cou fut suspendu,\n  (A suivre).\n                                                        Traduit par :\n                                               MAURICE      DESOMBIAUX.\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 122, "page_fin": 125, "titre_corps": "Chronique artistique : Le Salon des XX de 1890 (VIIe exposition)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Jacques Arnoux", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "JACQUES ARNOUX", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "XAVIER MELLERY", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 141, "page_imprimee": 122, "debut_caractere": 694, "fin_caractere_exclue": 2501, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n            La Jeune Belgique étant une tribune libre, à la demande de\n             M. Georges Destrée son article a été publié. Nous tenons à\n             faire remarquer que les opinions sont absolument person-\n             nelles, qu'elles ne peuvent donc, en aucune façon, engager\nla Revue. Pour ces raisons, la direction ne peut non plus être rendue respon-\nsable, même de l'acceptation des chroniques.                 N. D. L D.\n\n              LE SALON DES XX DE 1890 (VIIE EXPOSITION).\n\n   En pénétrant dans ce Salon des XX, nous avons retrouvé encore, et plus\nvive cette année, l'impression qui chaque fois nous accueillait à l'entrée. On\nsent au moins, parmi ces Jeunes Belgique de la peinture, la belle vie artis-\ntique, l'entrain, l'enthousiasme, et surtout cet obsédant désir de rendre plus\ncomplètement l'impression reçue et qui fait rechercher les formes nouvelles,\nnon encore usées et rendues sans effet par l'habitude. Oh ! les lieux com-\nmuns en art, l'inconscience complète, le triomphe de la mécanique et de\nl'enseignement académique! On peint telles choses parce que cela a déjà\nété peint, on emploie telle couleur parce que telle couleur a été employée,\net bêtement l'on recopie, et toujours, toujours, avec l'uniformité stupide\nd'une machine à couper les rails. Pour notre part, nous aimons cent fois\nmieux les exagérations de quelques meneurs, à l'indifférence bovine des\nlymphatiques.\n   Hautement nous osons le proclamer, le Salon des XX ne fut jamais aussi\nimportant. Les oeuvres trop criardes ont disparu ; il y a bien encore quel-\nques tableaux sincèrement amusants, mais l'ensemble est beau, digne d'être\nhué par la masse, mais fier aussi de la dédaigner. Nous voici loin de l'art\ngénéral, accessible à tous, l'art simple réclamé déjà aujourd'hui par quel-\n"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 123, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3338, "texte": "                                  —   123 —\n\n\nques-uns trop pressés; les sensations les plus compliquées sont traduites\ndirectement ou analysées trop spécialement pour la foule. C'est le sens\nabstrait de telle couleur qui sert à rendre telle impression, la couleur devient\nen quelque sorte une musique pour quelques-uns, son but primitif est\noublié. D'autres, plus intellectuels, veulent se servir du dessin pour rendre\ndes pensées et tombent parfois dans un symbolisme de rébus.\n   Nous voici en la pleine confusion des arts prédite par Richard Wagner,\nen attendant la finale débâcle.\n   Mais pour nous, cet art savant et moribond a sa saveur cruelle. Ainsi,\nnous nous rappelons, à la dernière exposition des XX, un tableau de ENSOR\noù les couleurs, dans un ciel matinal, étaient une symphonie solennelle, et\nnous nous prîmes à écouter ce tableau. James Ensor est un des coloristes\nles plus parfaits des XX, il a des tons extraordinaires d'un Goya soudaine-\nment éclairé d'un midi incendié, des couleurs à scandales, comme ses\nsujets. Il fait penser à cette lignée terrible et maudite : Maldoror, Rim-\nbaud. Scrutez ces oeuvres et vous y trouverez rendu le grotesque carnaval\nde la Vie, soudainement apparu à ceux qui en cherchèrent le but.\n   Coloriste aussi et poète, M. ROBERT PICARD. Ce fut une révélation.\nNous voici loin de cette école réaliste qui put se contenter de ce que lui\noffrait la nature, sans aspirations vers l'au-delà découvert par les rêves et\npar la pensée. M. Robert Picard s'est sauvé de la réalité; il semble que rien\nn'existe hors de lui, il s'est créé des paysages heureux, des jardins de séré-\nnité, comme il le dit lui-même, où des eaux dormantes invitent au calme\net à la paix suprême. Et tout ceci d'une exécution admirable, fraîche comme\ndes soieries japonaises : c'est un des plus fins coloristes ; il nous révèle des\nnuances adorables, rose-bleu, mauve, des teintes de fleurs précieuses et déli-\ncates. C'est un paradis enfantin plein de parfums et de légendes. Il y a sur-\ntout le tableau ainsi conçu : Eau dormante, dans un jardin de sérénité,\noù s'imite à merveille la transparence rose d'une eau rêvée, puis Paix mys-\ntique dans les dunes, Forêt vue par les cimes à l'aurore, et surtout, cette\nétude à Chantilly : Des cygnes sur le grand canal, le jour déclinant.\n   Nous rendons ici hommage à M. Robert Picard, comme peintre et\ncomme poète.\n   Un autre débutant, M. GEORGES MlNNE. Nous ne connaissions cet\nextraordinaire artiste que par le remarquable frontispice des Serres chaudes\nde Maurice Maeterlinck et par celui de la Jeune Belgique. Ces deux des-\nsins, par leur étrange conception, bouleversèrent les cervelles trop bien\norganisées. Les sculptures exposées aux XX par cet artiste, jetèrent le public\ndans le même effarement. Nul ne rechercha la cause de cet art primitif se\nreportant vers les époques barbares, sorte de retour vers la genèse de\nl'homme, terrible symptôme d'un idéal vers l'anéantissement cérébral, alors\nque l'on clame la progression continuelle de la race vers le bonheur par la\nconscience. Voilà ce qui hante certains artistes aujourd'hui : la seule dou-\nleur animale figurée en des êtres primordiaux, des femelles bestiales, cris-\npant leurs doigts osseux dans les corps informes de leurs progénitures\nmortes. D'autres, comme REDON, s'effarent de visions monstrueuses et\n"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 124, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3267, "texte": "                                   — 124 —\n\nlourdes vers la suprême folie. Ce Christ surtout, dans les yeux duquel on\nvoit passer, puis se dénouer dans le cerveau d'absurdes cauchemars, des\nrêves informes et nuls. Et cette dérisoire couronne d'épines vers laquelle\nses lourds yeux hagards se lèvent de la nuit ! Puis Brunnhilde d'une allure\nbrute, la Capture, Perversité, un Paysage souffrant, presque humain, et\naussi cette Figure accoudée qui recèle trop de secrets en sa douloureuse\ncontemplation.\n   Voilà les artistes qui s'isolent de l'universel cabotinage de notre époque.\nToute la science de l'humanité s'est accumulée en eux, et peut-être la race\nheureuse promise ne les comprendra plus.\n   Parmi ces peintres à tendances intellectuelles, il faut encore citer Xavier\nMellery.\n   Artiste parfait, sans défaillance aucune, un solitaire et un fervent.\n   Une foi large et profonde caractérise son œuvre, une rêverie grave\ns'écoute dans le silence de ses tableaux et fait penser à quelque moine trop\nsavant, retiré dans sa cellule aux ombres pensives où il a concentré par la\nsolitude toute sa science du monde. Xavier Mellery domine la vie et la\ndédaigne par sa sérénité et sa foi ; la ligne de ses dessins est noble et solen-\nnelle et si, dans ses tableaux quelque chose de l'humanité active palpite,\nc'est le silence douloureux des pensées.\n   WlLLY SCHLOBACH, FERNAND KHNOPFF,'deux artistes encore à tenta-\ntive intellectuelle, le premier d'une ligne étrange, d'un coloris barbare\nsouvent, et dont l'artificialité apparaît malheureusement à une deuxième\nvisite; le second est toujours l'ouvrier impeccable et patient que l'on connaît.\n   Aux confins de cet art, mais plus personnel, se trouve DE TOULOUSE-\nLAUTREC : encore réaliste, certes, mais déjà prêt à synthétiser ses obser-\nvations. Il analyse, sans s'abandonner à la pitié, avec une sorte de joie\ncruelle les bas-fonds de la populace ou grouille la bestiale luxure.\n   A citer aussi DARIO DE REGOYOS, pas en progrès, et GEORGES LEMMEN\nqui reste stationnaire, quant à VAN GOGH, nous avouons être peu apte à\ncomprendre cet art barbare, qui consiste à abstraire d'un sujet la couleur la\nplus criarde et à la plaquer sur la toile pour donner uneimpression générale.\nOn a dit raffiné à propos de ce peintre, alors que c'est le contraire, c'est de la\npeinture primitive ; aucune distinction des nuances, c'est brutal et lourd.\n   Nous passons maintenant aux paysagistes, ceux que la lumière attire\nsurtout : VOGELS, FINCH, VAN STRYDONCK, VAN RYSSELBERGHE dont\nl'envoi, à part un dessin, est inférieur à celui de l'an dernier, HENRY VAN\nDE VELDE qui a modifié sa manière et expose une plage aveuglante, bien\nrendue. TOOROP se remarque cette année par des tableaux obscurs dont\nun seul mérite attention, crépuscule douloureux des plaines, canaux rece-\nleurs des derniers ors du jour. Nous ne nous arrêterons ni à CÉZANNE,\nun vitrier, ni à RENOIR, quelconque, pas plus qu'à DUBOIS-PlLLET, qui\ndécidément est un bien pauvre artiste ; c'est un peintre à procédé et qui\nl'emploie sans le raisonner. Si parfois, par hasard, il obtient certains effets\nde lointain et de soleil, il se rattrape terriblement dans ses portraits en\nporcelaine.\n   Un seul nom à citer avec PISSARRO parmi les néo-impressionnistes, mais\n"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 125, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1507, "texte": "                                  —   125   —\n\n\nà retenir, c'est PAUL SlGNAC. Jamais on n'est parvenu à rendre ainsi la\nlumière d'une façon aussi abstraite et la Vie rayonnante qui palpite dans\nl'air; c'est un hymne à la sève universelle, au Principe de toute chose, la\nForce qui sans cesse se transforme, se concentre ou se multiplie : c'est de la\npeinture panthéiste. Qu'importe le procédé de Paul Signac, fût-il même\nbasé sur les plus belles démonstrations de la physique, lorsqu'on saura qu'il\nest scientifiquement constaté que la lumière des tableaux les plus lumineux\nest à peu près au jour réel comme une bougie est au soleil. Le rôle de l'art\nest donc de produire une illusion. Mais ici cette illusion est parfaite; l'im-\npression de lumière, de Vie magnifique est donnée au spectateur. M. Signac\nchoisit, comme cadre à chanter la Nature, surtout les bords de la mer, où\nla clarté rayonnante de l'air fait vibrer davantage les sables, les rochers, les\neaux moutonneuses et placides. Il recherche le calme serein des étés ; ni ciel\ngris ni mer houleuse, mais la nappe immense des lumières, la Force\nimmuable à qui sont indifférentes les naissances et les morts.\n   Ceci n'est qu'une brève annotation des oeuvres qui nous ont surtout\nfrappé, en cette magnifique exposition, pour nous révélatrice, de deux\nartistes d'avenir : ROBERT PICARD et GEORGE MINNE.\n                                                        JACQUES ARNOUX.\n\n                         VII e EXPOSITION DES XX\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 125, "page_fin": 127, "titre_corps": "Chronique artistique : Xavier Mellery", "titre_sommaire": "Le Salon des XX de 1890", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Georges Destrée", "ancre_debut": "XAVIER MELLERY", "ancre_fin": "GEORGES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 144, "page_imprimee": 125, "debut_caractere": 1507, "fin_caractere_exclue": 3174, "texte": "XAVIER          MELLERY\n   Dans des « osteria » solitaires sur la route de Naples à Pouzzoles, j'ai vu,\ndécorant les murs, des peintures aux couleurs criardes, brutales, brossées\npar de grossiers manouvriers. L'unique préocccupation de ces brutes avait\nété évidemment d'attirer fortement les yeux, de faire voyant, — et en cela\nils avaient réussi, car en leurs œuvres se heurtaient, s'écrasaient toutes les\ncouleurs éclatantes, — l'orangé, le jaune, le rouge, les bleus et les verts,\ntoutes les couleurs du spectre solaire. Mais devant l'évidente ignorance, la\nconstante simplicité de ceux qui les avaient accomplies, ces peintures, on\nrestait désarmé, et si l'on éprouvait un sentiment quelconque à leur vue,\nc'était plutôt de la pitié.\n   Un autre sentiment s'impose après une visite aux XX. Jamais, pour ma\npart, je ne rencontrai d'exposition plus honteusement canaille que celle-ci.\nCar si des brutes à l'état parfait s'y rencontrent, exposant en liberté comme\nle nommé Vincent Van Gogh, du moins le niveau intellectuel des autres\ndoit être considéré comme plus élevé.\n   Tous ces gens ont à la fois la perception et la haine de ce qui est beau,\net s'ils s'aventurent à laisser les pastiches effrontés auxquels se complaisent\nles plus habiles et les plus répugnants, on peut voir la grotesque et lamen-\ntable impression que dégagent leurs essais nuls.\n   Je ne ferai pas à de telles gens l'honneur d'une critique détaillée. Ces\nmisérables n'ont assurément qu'un but : faire le plus de tapage possible, et\nen stimulant la curiosité, arrondir la recette et placer avantageusement\nleur marchandise, pendant le court espace de temps où les gazettes\ns'occupent d'eux.\n"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3304, "texte": "                                  —   126   —\n\n\n   Je ne me prêterai pas à ces exercices ; et regrettant que deux ou trois\nartistes aient pu se fourvoyer dans un tel milieu, je me bornerai à louanger\nsans réserve Henry de Groux pour le fier soufflet qu'il a donné à ces\nsaltimbanques en refusant d'exposer.\n\n\n . Isolé au milieu de cette foule bariolée par la seule majesté de son art, un\ninvité, M. Xavier Mellery, ignorant très probablement la dégradante com-\npagnie en laquelle il allait se trouver, expose une série de dessins merveil-\nleux et deux précieux tableaux qui seuls suffiraient à sa gloire.\n   Il m'est un grand bonheur de payer ici mon tribut d'admiration à celui\nque je considère comme le premier des artistes belges. Le prince des poètes\nde tous les temps, Edgard Allan Poe, parlant de Tennyson, disait qu'il le\ntenait pour le plus noble poète contemporain. Pour les mêmes raisons,\n« parce qu'aucun artiste contemporain ne me paraît aussi élevé et aussi\npur », je pense que l'épithète de noble s'allie à merveille au nom de Xavier\nMellery. Quoi de plus haut et de plus simple à la fois que ce qu'il peint?\n   Il est au fond du Zuiderzee une île perdue au milieu des flots jaunes et\nverts de la mer du Nord. Seuls parmi les gens de ce siècle, les pêcheurs fiers\net simples qui l'habitent se sont gardés des bienfaits de la civilisation et\nconservent les habits et les coutumes des siècles passés, vivent dans un\nhautain isolement du reste du monde. Régnant sur la grande mer, qui leur\nsert à la fois de bereeau et de sépulcre, triomphant des tempêtes, connais-\nsant les nuages, ils ne connaissent point les défaillances de l'âme et du\ncorps, et leur cœur est resté pur et grand comme les nuages et la mer qu'ils\ncontemplent sans cesse. Seul aussi parmi les artistes de ce siècle, un artiste\nétait né sur une terre étrangère, qui seul pouvait comprendre la beauté\nsimple et fortifiante de l'île de Marken.\n   Dans ce toujours identique paysage, interprété avec un art extraordi-\nnaire, en les prairies plates, vertes et tranquilles, où des barques échouées,\ntoutes noires, inquiètent et attristent, en ces prairies tranquilles coupées de\ncanaux droits et blancs, qui filent à l'horizon vers la mer éternellement\nmugissante, se dresse le village aux maisons, de bois couvertes de chaume,\nderrière lesquelles s'aperçoivent les mâts noirs des bateaux.\n   En de merveilleuses aquarelles et dans une longue série d'impérissables\ndessins, Mellery a chanté les usages, les cérémonies, la vie des habitants de\nMarken. Ne pouvant analyser longuement chacune de ces œuvres, je vou-\ndrais au moins mentionner deux dessins : Un enterrement à Marken, une\nlongue file de pêcheurs aux vêtements noirs suivant silencieux le cercueil\nque quatre des leurs portent sur leurs épaules, et le Discours devant la\ntombe, un homme au geste inspiré et grandiose et qui, debout devant la\nfosse béante, semble prendre à témoin les nuées du malheur qui le frappe.\nIl semble ici, tant le geste est violent et superbe, qu'on entend les éclats de\nsa voix sauvage et rude, comme il semblait tout à l'heure qu'on entendait le\nbruit mou des pas des pêcheurs suivant en silence le convoi funèbre.\nL'impression de tristesse extraordinaire, de majestueuse grandeur qui se\ndégage de ces deux dessins est en tout cas inoublable.\n"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1423, "texte": "                                     — 127 —\n\n    Mais ces peintures et ces dessins de l'île de Marken ne sont pourtant\nqu'une partie de l'œuvre de Xavier Mellery.\n    Dans une autre série, sous ce beau titre que lui seul aussi pouvait\nillustrer : la Vie des Choses, l'artiste a montré plus encore la hauteur de\nsa personnalité. Quel calme et quelle majesté règnent en ces chefs-d'œuvre!\nQuelle quiétude et quelle paix absolue dans ces murs, dans ces fenêtres et\nces portes de béguinage, où s'écoulent en repos, dans le recueillement et la\nfoi, de saintes existences. Seul un artiste chrétien pouvait ressentir et rendre\nde pareilles impressions. Mais si toutes ces sensations vous étreignent\ndevant ces quelques dessins, si l'on ressent en plus de vagues regrets, comme\nen regardant cet étrange corridor où semblent dormir tant de souvenirs de\nfamille, si l'on est angoissé par la vue de cet escalier, vaguement éclairé\nd'une lampe et où l'on perçoit le bruit sourd des pas s'étouffant en les tapis,\nsurtout on est oppressé et violemment ému par l'extraordinaire silence qui\nplane sur ces œuvres. Et si les peintres primitifs ont créé d'immortels chefs-\nd'œuvre en exécutant le triomphe de l'amour au temps de la chasteté,\nce sera l'éternelle gloire de Xavier Mellery d'avoir pu inventer et créer, en\nson œuvre le Triomphe du silence.\n                                                        GEORGES DESTRÉE.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 127, "page_fin": 128, "titre_corps": "Chronique littéraire : Chez les Passants", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "A. G.", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "A G", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Double par", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 146, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1423, "fin_caractere_exclue": 3103, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\nChez les Passants (pamphlets, fantaisies et souvenirs), par le comte VILLIERS DE L'ISLE-\n    ADAM, avec un fronstipice de Félicien Rops. — Paris, Comptoir d'édition, 1890.\n\n\n             Oui, chez les passants, et, sauf un ou deux, pour les passants,\n              ces derniers contes de Villiers de l'Isle-Adam. Pour les pas-\n              sants qui lisent les journaux, et qui ont l'horreur du livre. Un\n              étrange sentiment de tristesse se dégage pour nous de ce\nrecueil, où domine l'ironie gelée et morne. Certes, le volume est intéressant\net curieux, puisqu'il est l'œuvre d'un écrivain original, et même dans ses\npages hâtives ou mal venues, on tombe soudain en arrêt devant l'une ou\nl'autre de ces expressions électriques qui sont la signature du poète des\nContes cruels. Mais qui ne connaîtrait Villiers que par Chez les Passants\naurait quelque peine à comprendre l'admiration dont la jeunesse entoure ce\nvisionnaire éblouissant et sarcastique. Reliques précieuses, dont l'or n'est\npas sans alliage, et qui n'ont leur prix que pour les religieux du souvenir.\n   Comme nous le disions plus haut, c'est surtout l'ironie froide et le\nsarcasme prémédité qui règnent dans ces contes, éparpillés par Villiers dans\ndifférents journaux. Quelques anecdotes sur M me Nina de Villard, sur\nMme Augusta Holmes, sur Richard Wagner. Beaucoup de pamphlets, assez\nlaborieux, contre Gambetta, M. Grévy et M. Gendre. Des fragments de\ncritique dramatique et littéraire, où il est question l'Amante du Christ, du\nCandidat et de la Tentation de Saint-Antoine. Un conte cruel, au style\npince-sans-rire, amusant paradoxe sur les causes de la réelle félicité amou-\n"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 810, "texte": "                                   —    128 —\n\n\nreuse : l'Etonnant couple Moulonnet. Enfin, une page superbe d'amère\néloquence, l'Avertissement adressé par Villiers au comte de Chambord.\n   Nous aurions voulu profiter de ce livre posthume pour essayer d'analyser\nle génie spécial'de Villiers de l'Isle-Adam. Axel, qui vient de paraître, nous\nparaît mieux se prêter à une tentative de ce genre. Il nous reste à féliciter\nl'éditeur, qui a fait preuve de goût, et à recommander aux amateurs le fron-\ntispice de M. Félicien Rops : Une camarde, en un coin de cimetière, tient\nentre ses doigts osseux la tête sinistre de Tribulat Bonhomet, cravatée de\nblanc, coiffée de son chapeau traditionnel, les yeux encore féroces derrière\nles lunettes.                                                      A. G.\n\n             "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 128, "page_fin": 128, "titre_corps": "Chronique littéraire : Double", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "Double par", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 810, "fin_caractere_exclue": 3598, "texte": "Double, par FRANCIS POICTEVIN. — Paris. Lemerre, éditeur.\n\n   Voici un livre bien caractéristique de cette analyse psychologique pous-\nsée à l'extrême et qui fut la marque des derniers écrivains de ce siècle. Mais\nM. Francis Poictevin applique le procédé à lui-même. Elle et lui, parfois\nles deux, voilà les sujets de cet observateur. Cette psychologie aiguë que\nles écrivains russes étudièrent dans d'immortels romans, est appliquée cette\nfois au moi de l'artiste. Mais cette faculté passe à l'état morbide, et devient,\npour ainsi dire, l'obsession de l'analyse. Surtout dans la première partie de\nces constatations internes datées de Paris, apparaît plus vivement la con-\nscience réflexe toujours en éveil, agissant à la moindre occasion, déterminée\nà l'action par la plus légère futilité. Lorsque l'écrivain est retiré à Honfieur,\nson esprit semble se détendre, il reprend un peu de calme et consent à don-\nner quelqu'attention aux objets extérieurs.\n   Ainsi débute le livre : « Une vulgaire glace d'armoire, d'habitude clair\nmystère. Fidèle et prostituée, à chacun elle s'ouvre pour l'offrir, le rendre\nà lui-même, et, de ce qui s'est vu en elle, elle ne garde pas trace ce semble.\nO pleine de possessions perdues ! Un soir, pourtant, il y a des années,\ndans elle s'embrumant sans plus de reflets, a glissé une forme drapée,\nrevenante ombre d'indivisible, d'un noir mortel ».\n   L'auteur semble être pris de méfiance pour tout ce qui l'entoure, parfois\naussi des rêves, visions absurdes, signes d'un constant travail intellectuel,\nsont annotés, parfois c'est une bizarre analogie, des souvenirs fixes et insis-\ntants. De là, par cette sorte de claustration cérébrale, est proclamée la fuite\ndu réel. « N'est-ce pas moins une abnégation qu'une joie mystiquement\nhautaine de se reclure en une région divinatrice ! »\n   Voici pour terminer encore une très curieuse citation :\n   « Une autre fois il se trouvait en rêve au bord d'un grand fleuve, les\njambes étendues sur une longue pierre granulée, mouillée et résistante, le\ndos contre une pierre pareille, en un coin de retraite et auprès d'hétérogènes\nfemmes aux visages marqués d'ulcères séchés, et dans cette déplaisante\nsociété il s'isolait, son être se rattachait à l'eau d'un gris jaunâtre, ample\net profonde. Son immobilité le faisait jouir doublement de cette fluence, là\ntout près, à ras de lui. Il se sentait, sans que pourtant sa cervelle s'humi-\ndifiât, le bas seulement de son corps se trempant, devenir comme la con-\nscience fière, presque heureuse, de cette eau indéterminément abondante,\nsans rapidité et sans lenteur, auguste dans son sans bruit et qui ne retardait\npas. Puis, son apparente fixité s'est refondue dans le fleuve immense. »\n                                                             VALÈRE G I L L E ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 129, "page_fin": 132, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "tendions depuis longtemps", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 82, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 92, "fin_caractere_exclue": 127, "texte": "Nous publierons dans notre prochain"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 186, "fin_caractere_exclue": 223, "texte": "numéro des notes de M. J.-K. Huysmans"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 273, "fin_caractere_exclue": 304, "texte": "sur les dessins de Victor Hugo."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 550, "fin_caractere_exclue": 589, "texte": "De nombreuses félicitations sont parve-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 634, "fin_caractere_exclue": 672, "texte": "nues à la Jeune Belgique pour son fier"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 724, "fin_caractere_exclue": 763, "texte": "numéro de Janvier. I1 n'y a pas jusqu'à"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 816, "fin_caractere_exclue": 855, "texte": "M. Pergameni, professeur à l'Université"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 911, "fin_caractere_exclue": 952, "texte": "de Bruxelles, qui ne lui ait rendu publi-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1002, "fin_caractere_exclue": 1039, "texte": "quement hommage à son cours en disant"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1098, "fin_caractere_exclue": 1142, "texte": "qu'elle avait bien mérité de la littérature."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1187, "fin_caractere_exclue": 1226, "texte": "A tous nous envoyons nos remerciements,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1280, "fin_caractere_exclue": 1323, "texte": "avec la promesse de ne faiblir jamais, con-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1336, "fin_caractere_exclue": 1357, "texte": "fiants dans l'avenir."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1606, "fin_caractere_exclue": 1642, "texte": "M. Edm. Picard donnera prochainement"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1643, "fin_caractere_exclue": 1679, "texte": "aux XX une conférence sur Emile Ver-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1680, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "haeren, Maurice Maeterlinck et Charles"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1719, "fin_caractere_exclue": 1760, "texte": "Van Lerberghe. Nous remercions M. Picard,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1761, "fin_caractere_exclue": 1804, "texte": "qui, au dessus des rivalités d'école, tente"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1854, "fin_caractere_exclue": 1894, "texte": "de populariser ces deux puissants poètes"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1943, "fin_caractere_exclue": 1986, "texte": "de la Jeune Belgique qui se révélèrent dans"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2040, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "notre Parnasse, ainsi que le si personnel"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2131, "fin_caractere_exclue": 2160, "texte": "artiste, notre ami Verhaeren."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2372, "fin_caractere_exclue": 2412, "texte": "M. Charles Buet, ce fervent des lettres,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2413, "fin_caractere_exclue": 2452, "texte": "viendra sous peu donner des conférences"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2453, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "en Belgique. I1 prépare en ce moment un"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2542, "fin_caractere_exclue": 2587, "texte": "livre sur Barbey d'Aurevilly dont titre : Les"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2628, "fin_caractere_exclue": 2671, "texte": "Dimanches de la rue Rousselet. Les lecteurs"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2721, "fin_caractere_exclue": 2765, "texte": "de la Jeune Belgique se rappellent les quel-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2786, "fin_caractere_exclue": 2828, "texte": "ques pages poignantes qu'il nous donna sur"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2829, "fin_caractere_exclue": 2873, "texte": "la mort de Charles Baudelaire. Il nous plaît"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2967, "fin_caractere_exclue": 3006, "texte": "de voir M. Buet faire revivre ainsi ces"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3096, "fin_caractere_exclue": 3135, "texte": "Grands de France; il semble qu'ils sont"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3230, "fin_caractere_exclue": 3268, "texte": "alors plus près de nous et que quelque"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3356, "fin_caractere_exclue": 3395, "texte": "chose de leur âme, plus intime, revient"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3489, "fin_caractere_exclue": 3528, "texte": "nous hanter. Nous publierons prochaine-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3623, "fin_caractere_exclue": 3661, "texte": "ment des fragments de cette œuvre nou-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3701, "fin_caractere_exclue": 3707, "texte": "velle."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3895, "fin_caractere_exclue": 3935, "texte": "Chez Dentu, à Paris, luxueusement édité,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3985, "fin_caractere_exclue": 4027, "texte": "vient de paraître, sOUS les auspices de la"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 138, "fin_caractere_exclue": 185, "texte": "Revue diplomatique, Chefs d'Etat,           par"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 234, "fin_caractere_exclue": 272, "texte": "Auguste Meulemans, un beau volume con-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 321, "fin_caractere_exclue": 361, "texte": "tenant la biographie de presque tous les"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 410, "fin_caractere_exclue": 452, "texte": "ministres et diplomates contemporains. Ces"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 501, "fin_caractere_exclue": 546, "texte": "esquisses et portraits, dus, pour la plupart,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 595, "fin_caractere_exclue": 633, "texte": "à la plume de M. Meulemans, sont d'une"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 682, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "remarquable précision et d'une netteté de"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 772, "fin_caractere_exclue": 815, "texte": "style assez rare. L'auteur emploie le style"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 864, "fin_caractere_exclue": 910, "texte": "d'historien, clair et bref, sans allonge, sans"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 959, "fin_caractere_exclue": 1001, "texte": "périphrases traînantes, souvent même inci-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1050, "fin_caractere_exclue": 1097, "texte": "sif et mordant : en quelques traits il a carac-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1146, "fin_caractere_exclue": 1186, "texte": "térisé son sujet, mais presque toujours,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1235, "fin_caractere_exclue": 1279, "texte": "avec un tas de petites méchancetés entre les"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1328, "fin_caractere_exclue": 1335, "texte": "lignes."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1409, "fin_caractere_exclue": 1443, "texte": "Nous recommandons ce volume à tous"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1492, "fin_caractere_exclue": 1534, "texte": "ceux qui voudraient s'instruire des hommes"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1583, "fin_caractere_exclue": 1603, "texte": "politiques modernes."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1812, "fin_caractere_exclue": 1853, "texte": "M. Francis Vielé-Griffin, qui met la der-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1902, "fin_caractere_exclue": 1942, "texte": "nièremain à un poème dramatique vient de"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1991, "fin_caractere_exclue": 2039, "texte": "faire paraître : Entretiens politiques et litté-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2088, "fin_caractere_exclue": 2130, "texte": "raires où figurent un article de Paul Adam"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2179, "fin_caractere_exclue": 2222, "texte": "intitulé : l'Epopée boulangiste et une cau-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2271, "fin_caractere_exclue": 2312, "texte": "serie du poète de Joie : A propos du vers"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2361, "fin_caractere_exclue": 2367, "texte": "libre."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2504, "fin_caractere_exclue": 2541, "texte": "Nous avons reçu de M. le baron Julien"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2590, "fin_caractere_exclue": 2627, "texte": "Leys une intéressante brochure sur la"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2676, "fin_caractere_exclue": 2720, "texte": "Chine, mais ressortissant surtout à la poli-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2769, "fin_caractere_exclue": 2785, "texte": "tique coloniale."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2925, "fin_caractere_exclue": 2966, "texte": "M. E. Deman, qui s'est fait l'éditeur des"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3055, "fin_caractere_exclue": 3095, "texte": "Jeunes, en les remarquables éditions que"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3184, "fin_caractere_exclue": 3229, "texte": "l'on connaît, continue la série de ses splen-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3317, "fin_caractere_exclue": 3355, "texte": "dides publications par un nouvel album"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3444, "fin_caractere_exclue": 3488, "texte": "d'Odilon Redon, à paraître en février. Cette"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3577, "fin_caractere_exclue": 3622, "texte": "fois le magique artiste interpréta Les Fleurs"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3671, "fin_caractere_exclue": 3700, "texte": "du mal de Charles Baudelaire."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3759, "fin_caractere_exclue": 3801, "texte": "A paraître aussi vers avril, Pages (primi-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3850, "fin_caractere_exclue": 3892, "texte": "tivement le Tiroir de Laque), par Stéphane"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3941, "fin_caractere_exclue": 3984, "texte": "Mallarmé; édition de grand luxe avec illus-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4033, "fin_caractere_exclue": 4064, "texte": "trations de Degas, Renoir, etc."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 280, "fin_caractere_exclue": 297, "texte": "Le mois. A lire :"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 383, "fin_caractere_exclue": 416, "texte": "Dans la Pléiade, prose de Fernand"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 487, "fin_caractere_exclue": 527, "texte": "Severin et des vers d'Albert Arnay. Dans"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 595, "fin_caractere_exclue": 637, "texte": "le supplément littéraire de l'Indépendance"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 667, "fin_caractere_exclue": 710, "texte": "belge, un aimable article de notre confrère"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 770, "fin_caractere_exclue": 811, "texte": "Tardieu ou se trouve reproduit l'Eventail"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 876, "fin_caractere_exclue": 897, "texte": "de Stéphane Mallarmé."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 982, "fin_caractere_exclue": 1023, "texte": "Dans Art et Critique un article d'Adolphe"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1061, "fin_caractere_exclue": 1103, "texte": "Retté sur la Princesse Maleine où se trou-"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1166, "fin_caractere_exclue": 1204, "texte": "vent malheureusement des appréciations"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1270, "fin_caractere_exclue": 1308, "texte": "des plus désobligeantes pour MM. Emile"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1341, "fin_caractere_exclue": 1379, "texte": "Verhaeren, Giraud, Rodenbach (celui-ci"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1446, "fin_caractere_exclue": 1491, "texte": "accusé de plagierVerlaine), Octave Maus, etc."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1556, "fin_caractere_exclue": 1595, "texte": "Dans l'Art Moderne, un très intéressant"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1646, "fin_caractere_exclue": 1690, "texte": "article intitulée : Un nouveaumoyen-âge (1)."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1749, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "Dans la Société Nouvelle la reproduction"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1852, "fin_caractere_exclue": 1894, "texte": "intégrale de la Princesse Maleine, numéros"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1959, "fin_caractere_exclue": 1982, "texte": "de décembre et janvier."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2092, "fin_caractere_exclue": 2128, "texte": "Pendant quelques mois la Revue indé-"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2192, "fin_caractere_exclue": 2233, "texte": "pendante avait dû interrompre sa publica-"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2297, "fin_caractere_exclue": 2340, "texte": "tion ; voici que plus vivace, elle vient de"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2401, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "compléter son année par une double livrai-"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2507, "fin_caractere_exclue": 2549, "texte": "son, plutôt un volume, de 350 pages. Rosny"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2614, "fin_caractere_exclue": 2656, "texte": "y termine sa Légende sceptique et François"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2695, "fin_caractere_exclue": 2733, "texte": "de Nion commence un roman : la Peur de"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2734, "fin_caractere_exclue": 2774, "texte": "la mort. Nous trouvons aussi de Henri de"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2775, "fin_caractere_exclue": 2817, "texte": "Régnier, qui collabora à la Jeune Belgique"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2927, "fin_caractere_exclue": 2965, "texte": "de janvier, quelques vers, très beaux,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3074, "fin_caractere_exclue": 3116, "texte": "extraits de son volume que nous annoncions"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3224, "fin_caractere_exclue": 3262, "texte": "dernièrement : Poèmes anciens et roma-"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3368, "fin_caractere_exclue": 3376, "texte": "nesques,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3690, "fin_caractere_exclue": 3727, "texte": "La Galette anecdotique a lu le numéro"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3728, "fin_caractere_exclue": 3770, "texte": "de janvier de la Jeune Belgique. Elle veut"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3771, "fin_caractere_exclue": 3810, "texte": "bien reconnaître que nous sommes pleins"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3811, "fin_caractere_exclue": 3851, "texte": "de bonnes intentions, mais elle nous re-"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3915, "fin_caractere_exclue": 3945, "texte": "proche notre « décadentisme »."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4022, "fin_caractere_exclue": 4064, "texte": "Afin d'étayer cette grave accusation, elle"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4122, "fin_caractere_exclue": 4160, "texte": "cite la Strophe de notre collaborateur"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4229, "fin_caractere_exclue": 4269, "texte": "M. Francis Vielé-Griffin et un sonnet de"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4305, "fin_caractere_exclue": 4345, "texte": "notre collaborateur M. Henri de Régnier."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4448, "fin_caractere_exclue": 4497, "texte": "(1) Au moment de mettre sous presse nous trouvons"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4552, "fin_caractere_exclue": 4601, "texte": "non sans êtonnement dans la Wallonie une note qui"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4602, "fin_caractere_exclue": 4657, "texte": "voudrait être une assez verte leçon adressée à l'auteur"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4705, "fin_caractere_exclue": 4763, "texte": "de cet article qui, paraît-il, est i l . Edm. Picard. Nous"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4764, "fin_caractere_exclue": 4797, "texte": "avouons n'avoir pas bien compris."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 134, "fin_caractere_exclue": 176, "texte": "Elle déclare qu'elle n'y comprend rien, ce"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 240, "fin_caractere_exclue": 276, "texte": "dont MM. Vielé-Griffin et de Régnier"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 340, "fin_caractere_exclue": 379, "texte": "seront anecdotiquement désolés, et elle"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 443, "fin_caractere_exclue": 486, "texte": "ajoute, d'un air Gaudissart : « Mais aussi,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 550, "fin_caractere_exclue": 594, "texte": "c'est en Belgique que cela se publie, savez-"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 658, "fin_caractere_exclue": 666, "texte": "vous ? »"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 733, "fin_caractere_exclue": 769, "texte": "Cette bonne Galette anecdotique sera"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 833, "fin_caractere_exclue": 875, "texte": "sans doute fort marrie d'apprendre que les"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 939, "fin_caractere_exclue": 978, "texte": "poètes qu'elle gourmande sont des écri-"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1042, "fin_caractere_exclue": 1060, "texte": "vains français ! !"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1127, "fin_caractere_exclue": 1165, "texte": "Pas de chance, décidément. Mais aussi,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1229, "fin_caractere_exclue": 1269, "texte": "c'est en France que cela se publie, vous"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1333, "fin_caractere_exclue": 1340, "texte": "savez !"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1407, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "A'. B. — C'est la même Galette anecdo-"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1509, "fin_caractere_exclue": 1552, "texte": "tique qui, récemment, attribuait à Voltaire"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1616, "fin_caractere_exclue": 1645, "texte": "ces vers d'Alfred de Musset :"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1718, "fin_caractere_exclue": 1745, "texte": "Le plus difficile à trouver"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1818, "fin_caractere_exclue": 1851, "texte": "N'est pas la plante, mais Simone."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1919, "fin_caractere_exclue": 1958, "texte": "Compliments, et anecdote pour anecdote."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2049, "fin_caractere_exclue": 2088, "texte": "Axel par le comte de Villiers de l'Isle"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2152, "fin_caractere_exclue": 2191, "texte": "Adam, vient de paraître chez Quantin en"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2255, "fin_caractere_exclue": 2296, "texte": "une belle grande édition à fr. 7-50. Nous"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2360, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "donnerons dans notre prochain numéro une"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2464, "fin_caractere_exclue": 2506, "texte": "longue étude de cette œuvre, à laquelle le"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2570, "fin_caractere_exclue": 2613, "texte": "maître regretté travailla durant la majeure"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2677, "fin_caractere_exclue": 2694, "texte": "partie de sa vie."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2884, "fin_caractere_exclue": 2926, "texte": "La Pléiade de Paris, vient de se transfor-"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3029, "fin_caractere_exclue": 3073, "texte": "mer, sous la direction d'Alfred Vallette, en"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3180, "fin_caractere_exclue": 3223, "texte": "le Mercure de France, jolie revue mensuelle"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3326, "fin_caractere_exclue": 3367, "texte": "où, parmi les collaborateurs nous retrou-"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3440, "fin_caractere_exclue": 3476, "texte": "vons quelques noms connus : Raynaud,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3540, "fin_caractere_exclue": 3582, "texte": "Aurier,Tailhade,etc. Nous lui envoyons nos"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3646, "fin_caractere_exclue": 3686, "texte": "meilleurs saluts de bonne confraternité."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3877, "fin_caractere_exclue": 3914, "texte": "M. Gustave Frédérix a donné dernière-"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3978, "fin_caractere_exclue": 4018, "texte": "ment au Cercle artistique une conférence"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4082, "fin_caractere_exclue": 4121, "texte": "sur Salammbô. Le débutant a remporté un"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4185, "fin_caractere_exclue": 4228, "texte": "joli succès de dames, qui fait bien augurer"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4292, "fin_caractere_exclue": 4304, "texte": "de l'avenir."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4412, "fin_caractere_exclue": 4445, "texte": "M. Antoine, avec ses camarades du"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4509, "fin_caractere_exclue": 4551, "texte": "Théâtre-Libre, est venu donner à Bruxelles"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4665, "fin_caractere_exclue": 4704, "texte": "une série de représentations. Programme"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4827, "fin_caractere_exclue": 4871, "texte": "varié, ondoyant et divers. Le Pater, — cette"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 55, "texte": "I3I"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 100, "texte": "insipide piécette de M. Coppée, où nous"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 157, "fin_caractere_exclue": 193, "texte": "avons savouré ces deux alexandrins :"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 253, "fin_caractere_exclue": 302, "texte": "Les stupides oiseaux chantent pour se distraire :"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 348, "fin_caractere_exclue": 395, "texte": "Ça leur est bien égal qu'on ait tué mon frère !"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 449, "fin_caractere_exclue": 486, "texte": "Et à nous donc! Maison aurait dû tuer"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 543, "fin_caractere_exclue": 582, "texte": "M. Coppée, et nous n'aurions pas trouvé"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 640, "fin_caractere_exclue": 657, "texte": "cela si ridicule."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 739, "fin_caractere_exclue": 777, "texte": "Puis le Père Lebonnard, drame en prose"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 833, "fin_caractere_exclue": 870, "texte": "dont les phrases ont en moyenne douze"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 931, "fin_caractere_exclue": 974, "texte": "syllabes, du troun de l'air M. Jean Aicard."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1001, "fin_caractere_exclue": 1009, "texte": "Passons."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1013, "fin_caractere_exclue": 1052, "texte": "Puis En détresse, un acte curieux, à la"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1053, "fin_caractere_exclue": 1093, "texte": "Henry Monnier, de M. Fèvre, Rolande, une"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1139, "fin_caractere_exclue": 1178, "texte": "grosse machine mi-Méténier et mi-Ohnet,"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1344, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "qui ne dénonce aucune préoccupation litté-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1387, "fin_caractere_exclue": 1424, "texte": "raire , et enfin l'Ecole des Veufs de"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1481, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "M. Georges Ancey. L' Ecole des Veufs est"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1574, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "une œuvre des plus remarquables, écrite"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1673, "fin_caractere_exclue": 1716, "texte": "avec une extraordinaire sûreté de main, par"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1717, "fin_caractere_exclue": 1756, "texte": "un tout jeune homme qui pourrait donner"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1757, "fin_caractere_exclue": 1787, "texte": "du fil à retordre à M. Becque."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1852, "fin_caractere_exclue": 1890, "texte": "M. Antoine, dans des rôles nombreux, a"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1939, "fin_caractere_exclue": 1983, "texte": "obtenu un très grand et très légitime succès"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2031, "fin_caractere_exclue": 2041, "texte": "d'artiste."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2224, "fin_caractere_exclue": 2260, "texte": "Matinées musicales des XX. — La pre-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2303, "fin_caractere_exclue": 2342, "texte": "mière séance était consacrée aux œuvres"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2343, "fin_caractere_exclue": 2385, "texte": "des jeunes musiciens belges. P. Gilson, le"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2386, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "prix de Rome de cette année, figurait"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2456, "fin_caractere_exclue": 2489, "texte": "au programme accompagné de Kefer,"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2550, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "Jouret, etc. Le programme était complété"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2646, "fin_caractere_exclue": 2684, "texte": "— le mot est juste — par le Sorbier de"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2746, "fin_caractere_exclue": 2757, "texte": "E. Mathieu."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2848, "fin_caractere_exclue": 2889, "texte": "Beaucoup plus intéressante fut l'audition"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2938, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "de la Jeune école française : de Castillon,"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3035, "fin_caractere_exclue": 3076, "texte": "César Franck, Fauré et Vincent d'Indy. Le"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3132, "fin_caractere_exclue": 3173, "texte": "Trio pour violon, violoncelle et piano de"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3226, "fin_caractere_exclue": 3268, "texte": "Castillon révèle un musicien d'une science"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3326, "fin_caractere_exclue": 3365, "texte": "profonde, sinon d'une personnalité bien"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3423, "fin_caractere_exclue": 3463, "texte": "marquante. A côté de belles pages à mer-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3523, "fin_caractere_exclue": 3565, "texte": "veille travaillées, traînent des longueurs"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3619, "fin_caractere_exclue": 3659, "texte": "désagréables. Mais admirable le prélude,"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3719, "fin_caractere_exclue": 3755, "texte": "fugue et variation pour harmonium et"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3820, "fin_caractere_exclue": 3863, "texte": "piano de César Franck. C'est simple et beau"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3897, "fin_caractere_exclue": 3937, "texte": "comme du Bach, tandis que l'air de l'Ar-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3995, "fin_caractere_exclue": 4034, "texte": "change extrait de Rédemption chanté par"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4091, "fin_caractere_exclue": 4133, "texte": "Dyna Beumer, est d'un lyrisme large, d'une"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4188, "fin_caractere_exclue": 4227, "texte": "solennité de cathédrale. Vincent d'Indy"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4284, "fin_caractere_exclue": 4324, "texte": "exécutait lui-même ses œuvres : Tableaux"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 47, "texte": "—"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 59, "texte": "—"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 115, "fin_caractere_exclue": 156, "texte": "de voyage, suite pour piano qui eurent un"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 211, "fin_caractere_exclue": 252, "texte": "très grand succès. Mais le plus beau mor-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 307, "fin_caractere_exclue": 347, "texte": "ceau de ce concert fut : La mort de Wal-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 402, "fin_caractere_exclue": 445, "texte": "lenstein (troisième partie d'une trilogie),"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 500, "fin_caractere_exclue": 542, "texte": "réduction pour piano à quatre mains. Après"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 597, "fin_caractere_exclue": 639, "texte": "avoir entendu cette œuvre merveilleuse, on"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 694, "fin_caractere_exclue": 735, "texte": "regrette encore plus vivement la suppres-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 790, "fin_caractere_exclue": 832, "texte": "sion du deuxième Concert populaire où l'on"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 887, "fin_caractere_exclue": 930, "texte": "aurait entendu à l'orchestre la trilogie de"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 985, "fin_caractere_exclue": 1000, "texte": "Vincent d'Indy."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1111, "fin_caractere_exclue": 1138, "texte": "Une périphrase de Delille :"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1201, "fin_caractere_exclue": 1242, "texte": "Ce froid célibataire inhabile au plaisir,"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1305, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "Du luxe de la table infortuné convive."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1443, "fin_caractere_exclue": 1480, "texte": "Un mirliton d'honneur à qui devinera."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1537, "fin_caractere_exclue": 1573, "texte": "Nous prévenons pourtant nos lecteurs"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1628, "fin_caractere_exclue": 1672, "texte": "qu'il ne s'agit nullement de M'sieu Charles."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1813, "fin_caractere_exclue": 1848, "texte": "Nous publierons dans notre prochain"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1903, "fin_caractere_exclue": 1938, "texte": "numéro La Pompe, poème en plusieurs"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1993, "fin_caractere_exclue": 2030, "texte": "chants, attribué à un haut magistrat."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2100, "fin_caractere_exclue": 2139, "texte": "M. Iwan Gilkin a donné ce mois une con-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2194, "fin_caractere_exclue": 2221, "texte": "férence sur Wagner à Liége."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2278, "fin_caractere_exclue": 2302, "texte": "Y aurait-il vu I'toret ?"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2443, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "Lisez ceci :"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2513, "fin_caractere_exclue": 2549, "texte": "« Et maintenant, si vous me demandez"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2604, "fin_caractere_exclue": 2645, "texte": "mes opinions personnelles sur Shakespeare"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2700, "fin_caractere_exclue": 2745, "texte": "et Shylock, je ne vous les dirai pas. Je veux"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2800, "fin_caractere_exclue": 2844, "texte": "bien vous déclarer qu'il a, selon moi, beau-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2899, "fin_caractere_exclue": 2937, "texte": "coup trop d'amoureuses tirades sentant"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3034, "texte": "leur moyen-âge ou leur Renaissance à plein"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3089, "fin_caractere_exclue": 3131, "texte": "nez; que Portia est une bien bizarre fille"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3186, "fin_caractere_exclue": 3225, "texte": "que je ne voudrais épouser pour rien au"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3280, "fin_caractere_exclue": 3325, "texte": "monde ; que je ne sais trop si je dois plain-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3380, "fin_caractere_exclue": 3422, "texte": "dre Shylock ou le haïr (ou encore tous les"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3477, "fin_caractere_exclue": 3522, "texte": "deux), ce qui est regrettable ; et enfin que,"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3577, "fin_caractere_exclue": 3618, "texte": "si M. Catulle Mendès voulait bien prendre"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3673, "fin_caractere_exclue": 3718, "texte": "quatre ou cinq vieilles histoires courant les"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3773, "fin_caractere_exclue": 3819, "texte": "rues et en faire une seule pièce, ce serait un"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3874, "fin_caractere_exclue": 3896, "texte": "délicieux Shakespeare."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3954, "fin_caractere_exclue": 3994, "texte": "« Mais je n'en dirai pas plus, parce que"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4049, "fin_caractere_exclue": 4090, "texte": "tout le monde a jasé là-dessus, et que, à"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4145, "fin_caractere_exclue": 4187, "texte": "l'heure qu'il est, dans les journaux, Sha-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4242, "fin_caractere_exclue": 4283, "texte": "kespeare et Shylock sont de vieilles ren-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4338, "fin_caractere_exclue": 4345, "texte": "gaines."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 87, "texte": "« 11 en est de Shakespeare comme du"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "rossignol. On a tant vu le rossignol dans"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 239, "fin_caractere_exclue": 279, "texte": "les ballades et les poèmes, et même dans"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 332, "fin_caractere_exclue": 370, "texte": "Shakespeare, qu'il ne symbolise plus à"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 427, "fin_caractere_exclue": 472, "texte": "présent autre chose que les vieilleries démo-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 499, "fin_caractere_exclue": 541, "texte": "dées traînant dans une arrière-boutique de"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 591, "fin_caractere_exclue": 633, "texte": "brocanteur.                  « E. REYEM. »"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 934, "fin_caractere_exclue": 973, "texte": "Parmi tous les prix d'encouragement que"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 974, "fin_caractere_exclue": 1015, "texte": "les gouvernements distribuent à tort et à"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1016, "fin_caractere_exclue": 1060, "texte": "travers, il en est un auquel le gouvernement"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1104, "fin_caractere_exclue": 1144, "texte": "belge ne semble pas avoir songé encore —"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1195, "fin_caractere_exclue": 1239, "texte": "et sur lequel nous appelons sa bienveillante"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1287, "fin_caractere_exclue": 1329, "texte": "attention. — Ce serait le prix de l'avocat"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1378, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "générai."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1477, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "Il en est, pourtant, qui le méritent ce prix"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1570, "fin_caractere_exclue": 1614, "texte": "— témoin celui de la récente affaire Istace,"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1665, "fin_caractere_exclue": 1706, "texte": "— poursuivi pour avoir distribué Gil Bias"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1757, "fin_caractere_exclue": 1794, "texte": "et l'Echo de Paris et qui termine son"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1848, "fin_caractere_exclue": 1884, "texte": "réquisitoire par ces mots superbes :"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1888, "fin_caractere_exclue": 1930, "texte": "« 11 est temps que le jury se lève et dise"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1931, "fin_caractere_exclue": 1970, "texte": "à la pornocratie : « Tu n'iras pas plus"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2019, "fin_caractere_exclue": 2027, "texte": "loin ! »"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2115, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "Hein ça ! Quel merveilleux sujet de con-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2204, "fin_caractere_exclue": 2244, "texte": "cours pour des prix de Rome. J'avoue que"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2295, "fin_caractere_exclue": 2338, "texte": "mon rêve serait de voir ça en sculpture, et"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2361, "fin_caractere_exclue": 2405, "texte": "que si ce sujet bien classique, pourtant, ne"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2450, "fin_caractere_exclue": 2494, "texte": "peut pas tenter les académiciens, nous l'in-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2543, "fin_caractere_exclue": 2577, "texte": "diquons au moins à notre ami Henry"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2578, "fin_caractere_exclue": 2617, "texte": "de Groux, qui pourrait en faire un bien"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2618, "fin_caractere_exclue": 2631, "texte": "beau tableau."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2797, "fin_caractere_exclue": 2834, "texte": "Désormais la Jeune Belgique sera mise"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2835, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "en dépôl, à Paris, à la librairie de l'Art"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2928, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "indépendant, 11, rue de la chaussée d'Antin,"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3018, "fin_caractere_exclue": 3063, "texte": "sous la protection d'un jeune et entreprenant"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3108, "fin_caractere_exclue": 3152, "texte": "éditeur M. E. Bailly. On sait que c'est sous"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3198, "fin_caractere_exclue": 3240, "texte": "ses auspices qu'a été publié Chez les Pas-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3264, "fin_caractere_exclue": 3308, "texte": "sants, de même que le sera le prochain livre"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3355, "fin_caractere_exclue": 3399, "texte": "de de Regnier et d'autres encore. Il est, en"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3448, "fin_caractere_exclue": 3490, "texte": "même temps, rédacteur en chef du journal :"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3542, "fin_caractere_exclue": 3563, "texte": "la Musique populaire."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3898, "fin_caractere_exclue": 3934, "texte": "L'Echo de Paris annonce la prochaine"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3989, "fin_caractere_exclue": 4030, "texte": "publication de la deuxième série du Jour-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 4082, "fin_caractere_exclue": 4123, "texte": "nal desGoncourt (du Goncourt, sans doute,"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "puisqu'il va de 1870 à 1890), ce sera bien"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 238, "texte": "intéressant, surtout si l'on pense de quelles"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 289, "fin_caractere_exclue": 331, "texte": "façons seront arrangés les écrivains d'au-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 382, "fin_caractere_exclue": 426, "texte": "jourd'hui. Il y aura des révélations amusan-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 477, "fin_caractere_exclue": 498, "texte": "tes — des deux côtés."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 551, "fin_caractere_exclue": 590, "texte": "A paraître dans le même journal, la Vie"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 641, "fin_caractere_exclue": 683, "texte": "de Henri Brulard,        autobiographie de"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 734, "fin_caractere_exclue": 777, "texte": "Stendhal, d'après les manuscrits découverts"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 828, "fin_caractere_exclue": 869, "texte": "à la bibliothèque de Grenoble par Casimir"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 920, "fin_caractere_exclue": 930, "texte": "Stryenski."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1069, "fin_caractere_exclue": 1103, "texte": "A MARCHIENNES. M. Henry Maubel y a"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1154, "fin_caractere_exclue": 1194, "texte": "donné une conférence, très appréciée par"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1245, "fin_caractere_exclue": 1286, "texte": "les membres du Cercle littéraire, sur Max"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1337, "fin_caractere_exclue": 1377, "texte": "Waller. 11 a retracé sa physionomie vive"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1428, "fin_caractere_exclue": 1473, "texte": "et spirituelle, a dit tout son entrain, toute"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1524, "fin_caractere_exclue": 1569, "texte": "sa verve et sa hardiesse, et parlé des luttes"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1620, "fin_caractere_exclue": 1664, "texte": "incessantes qu'il avait livrées pour mener à"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1715, "fin_caractere_exclue": 1756, "texte": "bien la Jeune Belgique débutante. Le con-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1807, "fin_caractere_exclue": 1847, "texte": "férencier a remporté le plus vif succès."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1983, "fin_caractere_exclue": 2018, "texte": "On a exécuté au deuxième concert du"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2069, "fin_caractere_exclue": 2111, "texte": "Conservatoire le Songe d'une nuit d'été de"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2162, "fin_caractere_exclue": 2203, "texte": "Mendelssohn, la symphonie en ré mineur de"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2254, "fin_caractere_exclue": 2294, "texte": "Schumann et l'ouverture du Vaisseau Fan-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2345, "fin_caractere_exclue": 2360, "texte": "tôme de Wagner."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2413, "fin_caractere_exclue": 2449, "texte": "On donnera probablement au troisième"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2500, "fin_caractere_exclue": 2542, "texte": "concert les Ruines d'Athènes de Beethoven."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2671, "fin_caractere_exclue": 2708, "texte": "La troupe du Théâtre-Libre prépare en"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2759, "fin_caractere_exclue": 2792, "texte": "ce moment Les Frères    Zemganno."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2888, "fin_caractere_exclue": 2927, "texte": "René Ghil a réuni autour de lui de nou-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2978, "fin_caractere_exclue": 3017, "texte": "veaux instrumentistes, très facilement."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3068, "fin_caractere_exclue": 3107, "texte": "Sont : MM. Eugène Thebault, Jean Phili-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3158, "fin_caractere_exclue": 3196, "texte": "bert, Pierre Dévoluy, Albert Lantoine,"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3247, "fin_caractere_exclue": 3263, "texte": "P. Marius-André."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3317, "fin_caractere_exclue": 3353, "texte": "Les Ecrits pour l'Art, complétés par"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3404, "fin_caractere_exclue": 3446, "texte": "cette nouvelle formule d'Art sociocratique"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3497, "fin_caractere_exclue": 3540, "texte": "— d'après un principe de philosophie évolu-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3591, "fin_caractere_exclue": 3619, "texte": "tive, continuent à paraître."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3673, "fin_caractere_exclue": 3711, "texte": "Rien de bien révolutionnaire : on voit"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3762, "fin_caractere_exclue": 3804, "texte": "que les néophytes n'ont pas encore la par-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3855, "fin_caractere_exclue": 3894, "texte": "faite notion de la musique coloriée des"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3945, "fin_caractere_exclue": 3987, "texte": "voyelles. Nous espérons mieux. A signaler,"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 4038, "fin_caractere_exclue": 4080, "texte": "enfin! une étude sur du Bartas; nous l'at-"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 4131, "fin_caractere_exclue": 4159, "texte": "tendions depuis longtemps »."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur la brèche", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 152, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 2, "fin_caractere_exclue": 2022, "texte": "En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN, rue d'Arenberg, à Bruxelles:\n\n La Damnation de l'Artiste\n                                par I W A N GILKIN\n           1 vol. gr in-8°, couverture or, avec un frontispice par Odilon Redon.\n                       TIRAGE A 150 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS :\n     10 sur papier Japon impérial, numérotés de 1 à 10, prix. . 30 francs\n    140 sur papier de HollandeVan Gelder, numérotés de 11 à 150 15 »\n    (Les numéros m à150 ne sont pas mis dans le commerce.)\n\n\n                  Vient de paraître chez LÉON VANIER, Paris :\n\n         L'AME DES C H O S E S\n                               RECUEIL DE POÈMES EN PROSE\n\n                        par HECTOR              CHAINAYE\n                                  Prix : 2 francs.\n\n\n                Chez EDMOND DEMAN pour paraître en février :\n\n   LES FLEURS DU                                                        MAL\n                                           DE\n\n                           CHARLES         BAUDELAIRE\n                       INTERPRÉTATIONS PAR O D I L O N      REDON\nEn un album de 8 planches in-fol., avec couverture illustrée. Tirage à 50 exemplaires.\n                                  Prix : 35 francs.\n\n\n   A L ' A V E N T U R E , par JAMES VANDRUNEN. (A                      paraître).\n\n    IMPRESSIONS                   D ' A R T , par EUGÈNE DEMOLDER, chez\nMadame Ve Monnom.\n\n   L A P R I N C E S S E M A L E I N E (hors commerce), par MAU-\nRICE M A E T E R L I N C K .\n\n  L A S O C I É T É N O U V E L L E . Abonnement : 1 an, 10 francs.\nAdministration générale : 18, rue d'Edimbourg, Bruxelles.\n\n   LA R E V U E              I N D É P E N D A N T E , rédacteur en chef :\nFRANÇOIS DENION Abonnement, 15 francs par an; étranger, 17 francs.\nAdministiation chez Albert Savine, 12, rue des Pyramides, Paris.\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie UNE FEMME D'AFFAIRE, par DUBUT\nDE L A F O R E S T .\n  Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\npartout.\n"}, {"page_pdf": 153, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 228, "texte": "                          A       PARAITRE\n\n   Le Triomphe du Verbe\n                                       PAR\n\n\n                      Maurice        DESOMBIAUX\n             Tirage à petit nombre sur beau papier de luxe.\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-02-n2-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur la brèche", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 153, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 228, "fin_caractere_exclue": 1475, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur\nla brèche, l'élan est donné. Nous ferons tout pour rendre\nnos numéros plus beaux et plus intéressants. Prochainement,\nnous publierons des Notes sur les dessins de Victor Hugo,\npar J.-K. HuYSMANS un très beau conte d'ALBERT L E U N S , UN\nnouveau parmi nous, des proses de CHARLES B U E T , HECTOR\nCHAINAYE, FRANCIS N A U T E T , ANDRÉ FONTÀINAS, des vers\nd'IwAN GILKIN, ALBERT GIRAUD, ADOLPHE FRÈRES, etc.\n  A la tête du mouvement littéraire, L A J E U N E B E L -\nG I Q U E hautaine et fière, dirigera le combat, marchera en\navant, à travers tout. Mais il faut que tous nous l'aidions. A\nE L L E pour la propagande ! Des cartes d'abonnement sont à\nla disposition de nos amis. Ceux qui nous feront parvenir\nDIX abonnés nouveaux recevront L A J E U N E B E L -\nG I Q U E gratuitement p e n d a n t u n a n .\n   Ceux qui nous en feront parvenir V I N G T , recevront :\n1° L A J E U N E B E L G I Q U E g r a t u i t e m e n t à perpé-\ntuité ; 2° Ils auront droit à tous les tirés à part de grand luxe\ndes frontispices, dessins, portraits, etc. ; 3° Leur nom figurera\nen tête de la publication commémorative de nos fêtes du\ndixième anniversaire.\n\n\n\n             Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 118, "texte": "Février 1890                     TOME IX. ~        N° 2                                  10me Année.\n\n\n\n\nLA\n      JEUNE\n                BELGIQUE\n                                 SOMMAIRE:\n\n        La Déclaration foraine                           STÉPHANE MALLARMÉ.\n        Sonnets                                          ANDRÉ FONTAINAS.\n        La Confession de Je'rôme Badot [suite) .    .    LOUIS DELATTRE.\n        Vers                                             FERNAND SEVERIN.\n        Le Bohème                                        HUBERT KRAINS.\n        Vers                                             ALBERT ARNAY.\n        La Ballade de lAncien Marin                      MAURICE DESOMBIAUX.\n        Chronique artistique :\n                                                        ( JACQUES A R N O U X .\n                Le Salon des XX de 1890 .      .          GEORGES DESTRÉE.\n        Chronique littéraire :\n                Chez les Passants . . . .      .    .    A. G.\n                Double                                   VALÈRE GILLE.\n        Memento                                          NEMO.\n\n\n\n                                                                     BRUXELLES\n                                                    Rédaction : 55, BOULEVARD DANDERLECHT\n      PRIX DU NUMÉRO                                                       PARIS\n               F r . 0-75                                     LIBRAIRIE DE l'Art       Indépendant\n                                                                  11, rue de la Chaussée d'Antin\n\n                                                                             1890\n"}, {"page_pdf": 119, "texte": "                                  N E CRAINS\n\n\n\n\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n   Fondateur    : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                       Directeur : VALÈRE G I L L E .\n             Rédaction : 55, Boulevard dAnderlecht, Bruxelles.\n               7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n  ÉCHANGE. — Nous prions les Revues amies de vouloir bien faire\nle service directement à la Rédaction : 55, Boulevard dAnderlecht,\nBruxelles.\n\n  La J E U N E B E L G I Q U E est en vente à\n  Bruxelles, chez Rozez; à l'Office de Publicité; chez Istace, galeries\nSaint-Hubert et chez Castaigne;\n  Paris, chez Edmond Bailly, à la librairie de lArt Indépendant, 11, rue\nde la Chaussée d Antin ;                                                 ,\n  Gand, chez Hoste, rue des Champs.\n\n\n                            BOITE AUX L E T T R E S .\n   H . — PAUL D. TOURNAI. Bien reçu mandat, merci, avons fait expédier les numéros\nparus. N'oubliez pas la propagande là-bas.\n   12. — POTACHON, élève de Tilman, Louvain. Est-il vrai que m'sieu Charles n'ose\nplus commenter la première églogue. Craindrait-il une traduction trop libre de Silves-\ntrem tenui?\n   13. — HENRY T. Parfait. Avons envoyé les cartes d'abonnement que vous nous\ndemandiez. N'oubliez pas les honneurs attachés au retour d'une série.\n   14. — A. X. Très bonne idée, merci. En reparlerons quand il s'agira des fêtes de l'an\nprochain.\n   15. — JULES R...S. Vous oubliez vos pieds : bru-is-se-ment.      Faut faire ses preuves\npour entrer à la Jeune Belgique ; en avez-vous? Travaillez, prenez de la, etc. Revenez\ndans quelque temps, pour le moment débordons de copie.\n   16. — J. RAPIN. Ne soyez pas si pressé; vous arriverez à votre tour; consolez-vous, il\ny en a encore d'autres qui attendent. Envoyez plusieurs pièces pour que nous puissions\nfaire un choix.\n   17 — U N ABONNÉ DE IO° ANNÉE. Très dangereux ce que vous nous conseillez-là, cher\nfidèle; car, comme dit André, il n'y a pas de Rops sans l'épine.\n   18 — ALBERT FONTAINE, Louvain. Reçu vos vers ; très bons; publierons bientôt.\n   19. — ED. BAILLY, Paris. Venons de recevoir la Musique populaire, en parlerons dans\nle prochain numéro. Bien à vous.\n   20. — GUSTAVE G. P . Mon co-directeur, Jacques Arnoux, s'y oppose formellement.\nJe ne peux pourtant pas lui couper la tête. Bien à regret. Tâcherai de le persuader.\n   21 — L. PRESMYCKI. Avez-vous reçu notre lettre et les numéros de la Jeune Belgique?\nN'avons plus ici nouvelle de vous\n   22. — NESTOR. Un conte en vers! Vous voulez imiter Coppée. Vous avez des vers\nqui surpassent même :\n                       Et montrant son mollet à l'empereur d'A uiriche.\nEt puis, ne seriez-vous pas le même qui nous a envoyé « t'es-tu tû? » Vous avez de\nenjambements critiques et très irrévérencieux, ainsi :\n                                           quant à ce qu'eut\n                                Mon père, etc.\n"}, {"page_pdf": 120, "texte": "     LA DÉCLARATION FORAINE (*)\n\n                                       e silence! il est certain qu'à mon côté,\n                                       ainsi que songes, étendue dans un berce-\n                                  ment de promenade sous les roues assoupis-\n                                  sant l'interjection de fleurs, toute femme, et\n                                  j'en sais une qui voit clair ici, m'exempte de\n                                  l'effort à proférer un vocable : la compli-\n                                     menter haut de quelque interrogatrice toi-\n                                        lette, offre de soi presque à l'homme en\n                                          faveur de qui s'achève l'après-midi, ne\n                    pouvant à l'encontre de tout ce rapprochement fortuit,\n                    que suggérer la distance sur ses traits aboutie à une\n                    fossette de spirituel sourire. Ainsi ne consent la réalité;\n                    car ce fut impitoyablement, hors du rayon qu'on sentait\n                    avec luxe expirer aux vernis du landau, comme une\n                    vocifération, parmi trop de tacite félicité pour une tombée\n                 de jour sur la banlieue, avec orage, dans tous sens à la fois\n                 et sans motif, du rire strident ordinaire des choses et de\n                 leur cuivrerie triomphale : au fait, la cacophonie à l'ouïe de\n                 quiconque, un instant écarté, plutôt qu'il ne s'y fond,\n                 auprès de son idée, reste à vif devant la hantise de l'exis-\n                 tence.\n\n\n  (*) Nous devons à l'extrême obligeance de M. E. Deman de pouvoir offrir à nos lec-\nteurs ce conte de M. Mallarmé. Il a bien voulu — et qu'il reçoive ici tous nos remercie-\nments — le distraire du volume qu'il édite actuellement.\n                                                                                7\n"}, {"page_pdf": 121, "texte": "                                 —   102 —\n\n\n   « La fête de... » et je ne sais quel rendez-vous suburbain! nomma l'en-\nfant voiturée dans mes distractions, la voix claire d'aucun ennui; j'obéis et\nfis arrêter.\n\n   Sans compensation à cette secousse qu'un besoin d'explication figurative\nplausible pour mes esprits, comme symétriquement s'ordonnent des verres\nd'illumination peu à peu éclairés en guirlandes et attributs, je décidai, la\nsolitude manquée, de m'enfoncer même avec bravoure en ce déchaînement\nexprès et haïssable de tout ce que j'avais naguères fui dans une gracieuse\ncompagnie : prête et ne témoignant de surprise à la modification dans notre\nprogramme, du bras ingénu, elle s'en repose sur moi, tandis que nous\nallons parcourir, les yeux sur l'enfilade, l'allée d'ahurissement qui divise\nen écho du même tapage les foires et permet à la foule d'y renfermer pour\nun temps l'univers. Subséquemment aux assauts d'un médiocre dévergon-\ndage en vue de quoi que ce spit qui détourne notre stagnation amusée par\nle crépuscule, au fond, bizarre et pourpre, nous retint à l'égal de la nue\nincendiaire un humain spectacle, poignant : reniée du châssis peinturluré\nou de l'inscription en capitales une baraque, apparemment vide.\n\n   A qui ce matelas décousu pour improviser ici, comme les voiles dans\ntous les temps et les temples, l'arcane! appartînt, sa fréquentation durant\nle jeûne n'avait pas chez son possesseur excité avant qu'il la déroulât comme\nle gonfalon d'espoirs en liesse, l'hallucination d'une merveille à montrer\n(que l'inanité de son famélique cauchemar); et pourtant, mû par le carac-\ntère frérial d'exception à la misère quotidienne qu'un pré, quand l'institue\nle mot mystérieux de fête, tient des souliers nombreux y piétinant (en raison\nde cela poind aux profondeurs des vêtements quelque unique velléité du\ndur sou à sortir à seule fin de se dépenser), lui aussi ! n'importe qui de tout\ndénué sauf de la notion qu'il y avait lieu pour être un des élus, sinon de\nvendre, de faire voir, mais quoi! avait cédé à la convocation du bienfaisant\nrendez-vous. Ou, très prosaïquement, peut-être le rat éduqué à moins que,\nlui-même, ce mendiant sur l'athlétique vigueur de ses muscles comptât,\npour décider l'engouement populaire, faisait défaut, à l'instant précis,\ncomme cela résulte souvent de la mise en demeure de l'homme par les cir-\nconstances générales.\n\n   « Battez la caisse! » proposa en altesse Madame., seule tu sais. Qui,\nmarquant un suranné tambour duquel se levait les bras décroisés afin de\nsignifier inutile l'approche de son théâtre sans prestige un vieillard, que\n"}, {"page_pdf": 122, "texte": "                                 — 103 —\n\ncette camaraderie avec un instrument de rumeur et d'appel d'abord peut-\nêtre séduisit à son vacant dessein ; puis, comme si de ce que tout de suite\non pût ici envisager de plus beau, l'énigme, par un bijou fermant la mon-\ndaine, en tant qu'à sa gorge le manque de réponse, scintillait! la voici\nengouffrée, à ma surprise de pitre coi devant une halte du public qu'em-\npaume l'éveil des ra et des fla assourdissant mon invariable et obscur pour\nmoi-même d'abord « Entrez, tout le monde, ce n'est qu'un sou, on le rend\nà qui n'est pas satisfait de la représentation ». Le nimbe en paillasson dans\nle remerciement joignant deux paumes séniles vidé, j'en agitai les couleurs,\nen signal, de loin, et me coiffai, prêt à fendre la masse debout en le secret\nde ce qu'avait su faire avec ce lieu sans rêve l'initiative d'une contempo-\nraine de nos soirs.\n\n  A hauteur du genou, elle émergeait, sur une table, des cent têtes.\n\n   Net ainsi qu'un jet égaré d'autre part la dardait électriquement, éclate\npour moi ce calcul qu'à défaut de tout, elle, selon que la mode, une fantai-\nsie ou l'humeur du ciel, circonstanciaient sa beauté, sans supplément de\ndanse ou de chant, pour la cohue amplement payait l'aumône exigée en\nfaveur d'un quelconque ; et du même trait je comprends mon devoir en le\npéril de la subtile exhibition, ou qu'il n'y avait au monde pour conjurer la\ndéfection dans les curiosités que de recourir à quelque puissance absolue,\ncomme d'une Métaphore. Vite, dégoiser jusqu'à éclaircissement, sur maintes\nphysionomies, de leur sécurité qui, ne saisissant tout du coup, se rend à\nl'évidence, même ardue, impliquée en la parole et consent à échanger son\nbillon contre des présomptions exactes et supérieures, bref, la certitude\npour chacun de n'être pas refait.\n\n\n  Un coup d'œil, le dernier, à une chevelure où fume puis éclaire de fastes\nde jardins le pâlissement du chapeau en crêpe de même ton que la statuaire\nrobe se relevant, avance au spectateur, sur un pied comme le reste\nhortensia.\n\n  Alors :\n\n              La chevelure vol d'une flamme à l'extrême\n              Occident de désirs pour la tout déployer\n              Se pose (je dirais mourir un diadème)\n              Vers le front couronné son ancien foyer\n"}, {"page_pdf": 123, "texte": "                                 — 104 —\n\n              Mais sans or soupirer que cette vive nue\n              L'ignition du feu toujours intérieur\n              Originellement la seule continue\n              Dans le joyau de l'œil véridique ou rieur\n\n              Une nudité de héros tendre diffame\n              Celle qui ne mouvant astre ni f eux au doigt\n              Rien qu'à simplifier avec gloire la femme\n              Accomplit par son chef fulgurante    l'exploit\n\n              De semer de rubis le doute qu'elle écorche\n              Ainsi qu'une joyeuse et tutélaire torche\n\n   Mon aide à la taille de la vivante allégorie qui déjà résignait sa faction,\npeut-être faute chez moi de faconde ultérieure ; afin d'en assoupir l'élan\ngentiment à terre : « Je vous ferai observer, ajoutai-je, maintenant de plein\npied avec l'entendement des visiteurs, coupant court à leur ébahissement\ndevant ce congé par une affection de retour à l'authenticité du spectacle\n« Messieurs et Dames, que la personne qui a eu l'honneur de se soumettre\nà votre jugement, ne requiert pour vous communiquer le sens de son\ncharme, un costume ou aucun accessoire usuel de théâtre. Ce naturel\ns'accommode de l'allusion parfaite que fournit la toilette toujours à l'un des\nmotifs primordiaux de la femme, et suffit, ainsi que votre sympathique\napprobation m'en convainc ». Un suspens de marque appréciative sauf\nquelques confondants « Bien sûr! » ou « C'est cela ! » et. « Oui » par les\ngosiers comme plusieurs bravos prêtés par des paires de mains généreuses,\nconduisit jusqu'à la sortie sur une vacance d'arbres et de nuit la foule où\nnous allions nous mêler, n'était l'attente en gants blancs encore d'un enfantin\ntourlourou qui les rêvait dégourdir à l'estimation d'une jarretière hautaine.\n\n   — « Merci » consentit la chère, une bouffée droit à elle d'une constella-\ntion ou des feuilles bue comme pour y trouver sinon le rassérènement, elle\nn'avait douté d'un succès, du moins l'habitude frigide de sa voix « j'ai dans\nl'esprit le souvenir de choses qui ne s'oublient ».\n\n  — ;; Oh! rien que lieu commun d'une esthétique.. »\n\n  — « Que vous n'auriez peut-être pas introduit, qui sait? mon ami, le\nprétexte de formuler ainsi devant moi au conjoint isolement par exemple de\nnotre voiture — où est-elle — regagnons-la : — mais ceci jaillit, forcé,\n"}, {"page_pdf": 124, "texte": "                                     — io5 —\n\nsous le coup de poing brutal à l'estomac, que cause une impatience de gens\nauxquels coûte que coûte et soudain il faut proclamer quelque chose fût-ce\nla rêverie.. »\n\n  — « Qui s'ignore et se lance nue de peur, en travers du public; c'est vrai !\nComme vous, Madame, ne l'auriez entendu si irréfutablement, malgré sa\nréduplication sur une rime du trait final, mon boniment d'après un mode\nprimitif du sonnet (1), je le gage, si chaque terme ne s'en était répercuté\njusqu'à vous par de variés tympans, pour charmer un esprit ouvert à la\ncompréhension multiple. »\n\n  — « Peut-être! » accepta notre pensée dans un enjouement de souffle\nnocturne la même.\n                                            S T É P H A N E MALLARMÉ.\n\n\n\n\n                               SONNETS\n                             TERRE       PROMISE\n\n    Celui qui s'embarquait pour la terre lointaine\n    Où l'ardeur de ses vœux rêvait l'Eldorado,\n    Par la glace polaire et les longs déserts d'eau\n    Hardiment s'acharnait à la gloire incertaine.\n\n     Vers la réconfortante et mystique fontaine\n     De ses songes, guidé par la foi du Credo,\n     Libre et fer, il partait, rejetant le fardeau\n     Des factices plaisirs de sa jeunesse vaine.\n\n     Et moi, que ronge aussi le désir d'un Léthé\n     Qui parfume d'oubli mon cœur désenchanté,\n     Quand sentirai-je en moi la farouche énergie\n\n     De fuir, loin par delà les pôles et les mers,\n     Le fantôme éternel de mes espoirs déserts\n     Vers la Terre-Promise où je me réfugie?\n\n  (1) Usité à la Renaissance anglaise.\n"}, {"page_pdf": 125, "texte": "                                 — 106 —\n\n\n                             VERS LE NORD\n\n     .4 travers les brouillards, sous l'horreur impassible\n     D'un ciel morne, chargé de torpeur et d'ennui,\n     Si nul ne peut s'ouvrir un chemin dans la nuit\n      Vers l'effroi glacial du Pôle inaccessible,\n\n     Du moins, ceux qui sont morts ou qui doivent mourir\n     Dans la foi du triomphe et la gloire du rêve\n     Auront connu l'orgueil d'une volupté brève,\n     Fleur d'espoir que nul deuil ne pourra plus flétrir.\n\n     Mais toi qui f us déçu par l'immuable envie\n     D'aimer et d'être aimé longuement poursuivie,\n     Tu sais la vanité des stériles combats,\n\n     Tu portes en ton cœur une ironie amère,\n     Et tu vois sans pitié les chercheurs de chimère\n     S'enfoncer au néant du gouffre où tu tombas.\n                                                    ANDRÉ FONTAINAS.\n\n\n\n\n       La confession de Jérôme Badot.\n                                  (Suite).\n  A MONSIEUR IWAN GILKIN.\n                                                Mon remède est un suaire...\n                                                  FORD (The broken heart).\n\n              Un jour on trouva Jérôme affalé, gisant sur le carreau et trop\n                faible pour se relever. On le mit au lit, dans le grand lit où\n                Thérèse était morte.\n                   C'est alors seulement qu'on vit combien le chagrin l'avait\nchangé, quand sa tête immobile reposa sur les draps de toile... Son visage\ns'était allongé, creusé, fondu, et son grand nez saillait plus long et plus\npincé ; sa barbe avait poussé toute grise ; sa moustache morne lui tombait\ndans la bouche. Ce grand, corps qui haussait à peine les couvertures, c'était\nl'homme qui manipulait des heures durant, à tour de bras, des marteaux\nde dix livres, jadis.\n"}, {"page_pdf": 126, "texte": "                                  —    107—\n\n  ... Les passants allongeaient la tête par la fenêtre ouverte : « Comment\nva-t-il, Mar'Joseph? » Et la commère qui gardait le malade levait simple-\nment les épaules : « Il s'en va ! »\n                                       *\n\n    Le jour de sa mort, à midi, il eut une faiblesse. La garde pensa qu'il\ntrépassait ; cependant, après quelques minutes, il leva la tête et dit encore :\n « Je sens bien que c'est fini ; Mar'Joseph, fais quérir le curé ! »\n    — Vite, cria la femme à un gamin qui jouait sur la route, va dire à\nM. le curé que Jérôme se meurt, qu'il vienne tout de suite!\n    Le gamin détala, heureux d'avoir à porter si importante commission. Le\nprêtre balayait l'église; il avait un long tablier bleu passé par devant lui\npour garantir sa soutane ; et il rangeait aussi les chaises en belles lignes\nrégulières pour que fissent tout leur effet les prie-Dieu en bois d'acajou\ngarnis de cuivre du premier rang. Les pieds de bois, en traînant sur les\ndalles, faisaient un bruit aigre et très clair dans l'église vide et nue.\n   — M'sieu l'curé, m'sieu l'curé! il y a Jérôme, le maréchal, qui vous\ndemande. Il va mourir, m'sieu l'curé, il va mourir!... Est-ce que je porterai\nla sonnette, m'sieu l'curé?\n    Le vieillard prit seulement le temps de passer l'aube, et bientôt, précédé\ndu gamin rouge du plaisir de tenir la sonnette, il traversa le village à petits\npas rapides, le vaisseau aux saintes huiles contre la poitrine. Sur son pas-\nsage les gens, en s'agenouillant et courbant la tête, chuchotaient : « C'est\npour le grand Jérôme, il est à l'agonie ! » Et ils se répétaient la chose en se\nremettant sur les pieds. Des enfants suivaient l'heureux gamin à la sonnette;\nles plus proches quelquefois demandaient qu'il la leur passât, « rien que pour\nune minute; » mais l'autre refusait fièrement de la tête, dédaignant de les\nregarder, et sonnait, sonnait\n   — Pax huic domini!... fit le curé. Bonjour Jérôme. Vous avez bien\nraison de m'appeler alors que vous êtes encore en état d'apprécier le secours\nde notre sainte Mère! Ce sera un grand soulagement pour vous, Jérôme...\nAllégez votre cœur, mon ami, confessez-vous.\n    Le prêtre déposa le saint vaisseau sur une petite table dressée à la hâte,\net portant le crucifix de cuivre des cheminées wallonnes derrière un verre\nplein d'eau bénite où trempait un rameau du buis consacré, entre deux\nchandeliers en verre argenté aux arabesques blanches où brûlaient de petits\nbouts de bougie à la flamme rouge dans le grand jour. Il s'assit à la tête du\nlit ; son visage rosé de vieillard potelé et dont la rubescence s'avivait encore\npar l'effet de ses cheveux tout blancs, rendait plus terreux le derme jaune\n et racorni du moribond.\n"}, {"page_pdf": 127, "texte": "                                 — 108 —\n\n   Quand Mar'Joseph et l'enfant à la sonnette, sur un signe du prêtre,\nouvrirent pour s'en aller la porte de la chambre, apparut un groupe de\nvisages curieusement immobiles des voisins accourus pour voir, et qui\nattendaient.\n   — Ah ! monsieur le curé, je suis bien content de vous avoir, dit Jérôme,\ndont, en effet, les yeux brillaient de joie. Et un peu de sang lui rosit les\npommettes.\n   Le prêtre, se penchant, ramena les oreillers sous le dos du malade et di\navec douceur :\n   — Je vous écoute, Jérôme.\n   — Ah! c'est un paquet que j'ai sur l'estomac. C'est de ça que je m'en\nvas. Il me semble que quand j'aurai tout confessé je mourrai plus tran-\nquille.\n   — Oui, oui, parlez, mon ami; je suis ici pour vous consoler, pour vous\ndonner du courage.\n   — Voilà comment le malheur est arrivé, monsieur le curé... A vous, je\nraconterai tout, tout...\n   « Le premier mardi du mois passé, ma femme me dit comme ça : « Jérôme,\nsi tu allais jusqu'à Fontaine? C'est le mardi de la grande ducasse, c'est le\nplus beau jour, tu prendrais un peu d'amusement. Il y a un carrousel\nl'après-midi à l'Esplanade, ai-je entendu dire au marché. Ça sera beau...\nMoi, pendant ce temps, je ferai ma buée, tu ne seras pas incommodé par les\nallées et venues des marmites, et je pourrai chauffer mon eau à ta forge ».\n   — Tiens! que je réponds, c'est vrai que la lessive m'ennuie et que c'est\nla ducasse de Fontaine. Tu as raison, Thérèse, je m'amuserai. — Et mal-\ngré que je n'aie pas l'habitude de faire fiesse entre les dimanches, je mets\nmon beau sarrau, mes meilleures bottes et je m'en vas. « A vers quatre ou\ncinq heures, pas plus tard ! » que je crie à Thérèse. Comme je passais\ndevant la haie de la cour, je la vis déjà en train de frotter du linge dans le\ncuvier; même que j'étais tout réjoui de voir quel cœur elle mettait à sa\nbesogne et que je lui criai encore : « Je te rapporterai des caramels de la\nducasse ! » — « Oui, qu'elle me répond, achète-moi des caramels avec\nde beaux billets ! »\n   « J'étais content comme un bossu. J'avais du plaisir à voir les tas\nde gerbes séchant dans les champs. Je me disais aussi que ma journée ne\nserait pas tout à fait perdue puisque je rencontrerais à la ville le charron\navec qui j'avais affaire.\n   « A Fontaine, le mardi de la ducasse, tout le monde fait ribote. Je ren-\ncontrai le charron; il m'emmena dîner à sa maison, puis, l'après-midi, il\n"}, {"page_pdf": 128, "texte": "                                  — 109 —\n\nme fit boire de la bière qu'on sert dans des bouteilles, qui est blanche et\ntrès mousseuse et vous pique au nez. Et je riais en pensant qu'à Bruxelles,\nquand j'étais soldat, c'était cette bière-là que nous buvions en été dans les\npetits estaminets, au bord du canal.\n   « Le carrousel fini, j'allais partir, quand je tombe sur le « Rouchat » des\nPersiaux. « Ah! c'est Jérôme de Leernes! » qu'il crie en me voyant. Il y\navait un an que nous ne nous étions plus rencontrés. Nous buvons donc\nune chope, puis deux, si bien que tout à coup je trouve qu'il est huit heures.\nLes compagnons me conseillent d'attendre le feu d'artifice, et on boit tant\net tant qu'à dix heures j'étais saoûl comme un cochon. Il me fallut deux\nheures pour revenir de Fontaine, et je ne sais comment je ne me suis pas\ncassé bras et jambes en chemin. Arrivé ici, je me mis à frapper du poing sur\nle volet de la chambre. J'entendis Thérèse se réveiller en sursaut et crier :\n« Qui va là? » — « C'est moi ! » que je réponds. — « Ah! c'est toi, qu'elle\nme dit, en reconnaissant ma voix. Comme tu reviens tard ». Elle poussait\nle volet pour me passer la clef de la porte : « Seigneur ! comme tu es pâle,\nJérôme ». Sans doute elle vit que je me tenais au mur. « Qu'est-ce que tu\nas? » demanda-t-elle encore. La brave femme faisait cela sans penser\nà mal, mais, honteux de mon ivresse, je sentais la colère me monter\nau visage. « Donne-moi la clef, tu vois bien que j'attends! » J'entrai. Au\nlieu de se recoucher, pour m'aider elle était venue jusqu'à la porte et\nm'éclairait ; cette attention augmenta encore ma colère. Je trébuchai sur\nune chaise, et je serais tombé si elle ne m'avait retenu. « Jésus-Maria!\nfit-elle, tu es donc saoûl, Jérôme! » Oh ! pourquoi me dit-elle ça, pourquoi,\npourquoi?... Voilà qu'un vent de colère m'emporte. « Ce n'est pas vrai, je\n ne suis pas saoûl ! » que je crie en jurant. La pauvre femme, épouvantée du\n son de ma voix, s'était reculée ici, contre le lit ; je voyais à l'expression\nde ses yeux combien elle avait peur, peur de moi, de son homme ; je fonçai\n sur elle et à toute volée — ah ! ah! qu'est-ce que j'ai fait là — à toute volée\nje lui donnai un coup de poing dans l'estomac. A peine eut-elle la force de\ndéposer la lampe qu'elle portait. « Que tu m'as fait mal, Jérôme! » sou-\npira-t-elle, et elle se remit dans le lit. Sa voix me dégrisa à l'instant ; pour-\ntant, je ne lui dis pas un mot de regret, et je m'endormis ainsi.\n   « Le lendemain, je me réveillai très tard ; et me ressouvenant subitement\nde la scène de la nuit c'est à peine si j'osai me lever. Thérèse était assise\npour moudre le café du déjeuner : « Jérôme, j'ai si mal dans le bras que je\nne saurais achever », me dit-elle. Je prends le moulin et mouds le café A la\nfin : « Thérèse, que je dis, j'ai été mauvais hier. C'est la boisson, tu sais ;\nça ne m'arrivera plus... Ne me garde pas rancune... Veux-tu tes caramels,\n"}, {"page_pdf": 129, "texte": "                                  — 11O —\n\n\nà cette heure ? les voilà ! » Et je lui tends le paquet que j'avais préparé\nd'avance. « Merci, Jérôme, qu'elle me dit, toute gaie, en prenant les cara-\nmels. Je sais bien que tu n'es pas méchant! » Oui, elle a dit ça, que je\nn'étais pas méchant, monsieur le curé!\n    « Je vais à la forge ce jour-là comme d'ordinaire. Vers dix heures, Thé-\nrèse m'appelle. « Viens mettre la marmite au feu, moi je n'en ai pas la force,\nje ne sais pas ce que j'ai dans les bras ». Je prends la marmite. « Qu'est-ce\nque tu aurais bien dans les bras? » que je demande. — « Ah ! et ma buée\nqui m'attend! Peut-être ne saurai-je pas l'achever... C'est là, à l'épaule que\nça me fait mal » qu'elle me dit. — « Bon, bon, c'est un rhumatisme. Il faut\nte frictionner avec de l'eau-de-vie et une chaussette ».\n   « Elle ne put se remettre au travail. Quand elle touchait le cuvier de la\npoitrine, elle criait de douleur, a Qu'est-ce que je vas faire? » répétait-elle\ntoujours. — « Ote ton caraco », que je lui dis à la fin. Je prends une chaus-\nsette de laine bien douce dans la commode, et un peu d'eau-de-vie. « Tu\nvas voir que ça passera ». — « Oui, frotte-moi l'épaule, me répond-elle.\nMais c'est là que j'ai le plus mal ». Et elle me montre, à son sein droit, une\ntache jaunâtre, grande comme un gros sou. « Qu'est-ce que cela? » que je\ndemande, étonné. — « Je ne sais pas; mais cela fait joliment mal ». Je\nfrotte, je frotte son épaule. « Cela réchauffera tes os, que je dis. Repose-toi ;\ndemain, ni vu, ni connu, tu seras comme neuve! » — « Ça va tout de\nmême mieux ! » dit-elle ragaillardie, après la friction. — Et elle alla étendre\nson linge sur la haie. — Le soir, je lui réchauffai encore le bras ; à la lumière\ndu quinquet, la tache du sein n'était plus visible. « Oui, oui! c'est fini! »\nEt Thérèse riait de sa peur passée.\n   « Mais, le lendemain matin, elle m'éveilla brusquement : « Jérôme, vois\ndonc! Maria Dei! Qu'est-ce que c'est? » La tache de son sein, que nous\ncroyions disparue, était revenue maintenant grande comme une pièce de\ncent sous et noire. « Je ne sais plus bouger mon bras ! Qu'est-ce que je vais\ndevenir! » Elle pleurait de frayeur; je la rassurai pourtant, et elle se leva.\nToute la journée elle se dit lasse. « Je ne vaux pas un rouge liard aujour-\nd'hui ! » Vers quatre heures elle dut se coucher, tant mal elle se sentait.\nUne voisine apporta un petit pot de l'onguent du curé de Boussoyt, il ne\nfit aucun effet. La tache s'agrandissait, se fonçait en couleur, et Thérèse\ngeignait à fendre l'âme.\n   « N'y pouvant plus tenir, je lui dis : « Je vais chercher un médecin.\nCe n'est pas pour les deux francs de la visite... »\n    « Le médecin de Fontaine ne cacha pas son étonnement de trouver Thé-\nrèse au lit. Il riait même. « Comment, TOUS, malade? Un bobo, sans douté! »\n"}, {"page_pdf": 130, "texte": "                                  —   111   —\n\n\n\n   « — J'ai pourtant bien mal! » répondit ma femme. Elle découvrit son\nsein. Le médecin ne riait plus ; il promenait en silence son doigt autour de\nla tache. « Diable! diable! fit-il même. Vous vous êtes blessée de ces\njours-ci... » — « Oh! s'exclama Thérèse, blessée?... je ne me rappelle pour-\ntant pas ! » — « Quand donc avez-vous ressenti les premières douleurs? »\n— « C'est mercredi au matin, n'est-ce pas, Jérôme? » — « Ah!... Et mer-\ncredi, mardi plutôt, vous ne vous êtes pas froissé la gorge en travaillant,\nvous ne vois êtes donné un coup?... » — J'étais au pied du lit, j'écoutais.\nJ'entendis ce mot de coup, « un coup, mardi » ; subitement je me rappelai\ntoute la scène de la nuit ; et il me monta au visage un tel flot de sang que\nje dus m'asseoir, les jambes brisées.\n   « — Un coup? un coup? » répétait Thérèse comme s'interrogeant. « Non\nje ne me suis pas donné de coup ». Mais elle parut subitement se souvenir.\n« Si! si! à présent je m'en rappelle! Mardi, j'ai fait ma lessive... oui! oui!\nJérôme était à Fontaine, à la ducasse... et, en rinçant mon linge, je me suis\ncognée au rebord du cuvier... oui, la poitrine contre le bois... C'est cela,\nje m'en ressouviens... » — « Je le savais bien! dit le médecin. Vous êtes\ncorpulente, et c'est très sensible, le sein. Pourquoi avez-vous tant tardé à\nm'appeler? » — « Je me figurais que ça partirait tout seul, da! répondit\nThérèse, même que je n'en avais pas soufflé à Jérôme !... » Oui, monsieur\nle curé, Thérèse dit ça, elle dit ça! Et je l'entendais; je n'eus pas la force\nde me contenir et voilà que je me mis à pleurer derrière le lit.\n   — « Mais il n'y a rien de grave! dit à plusieurs reprises le médecin\nen écrivant son ordonnance. Ne vous désolez pas ! »\n   « Il me donna les instructions ; comme il sortait, je l'accompagnai jusqu'à\nla porte. Il me dit : « Jérôme, soignez bien votre femme... Ces affections\nsont quelquefois graves chez les personnes corpulentes comme elle... »\n   « Je ne savais rentrer dans la chambre. Je n'osais plus me montrer à ma\nfemme ..\n   « — Thérèse! Thérèse! qu'est-ce que j'ai fait là! qu'est-ce que j'ai fait\nlà!... criai-je pourtant.\n   « — Ne te désole pas, le médecin dit que je serai guérie la semaine pro-\nchaine.. . Mais qui va faire ta soupe? demanda-t-elle inquiète. Ah ! Mar'Joseph\nviendra et je surveillerai d'ici ! Je serai bien vite sur pieds, va!... Mais qui\npenserait qu'on peut avoir mal au sein !... »\n   « Monsieur le curé, vous savez bien qu'elle mourut le dimanche, et\nqu'elle est passée sans qu'on ait eu seulement le temps de vous appeler...\n N'empêche qu'elle doit être en paradis, parce qu'une femme pareille, une\n femme... Ah! mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu! dire que j'ai tué Thé-\n rèse !... »\n"}, {"page_pdf": 131, "texte": "                                  — 112 —\n\n\n   La voix du moribond s'était tout à coup cassée et la teinte rose de ses\npommettes s'était éteinte, comme il finissait son récit. Il restait à présent la\nbouche ouverte toute grande, comme un mort.\n   — « Jérôme, dit enfin le curé en toussotant pour cacher son émotion et\ns'essuyant le front, repentez-vous, demandez pardon à Dieu... »\n   — « Qu'a-t-il donc à confesser si longtemps, le vieux Jérôme? se deman-\ndaient derrière l'huis, les gens impatientés. Il lui en faut du temps pour\nbattre sa coulpe !... » — « Et moi qui n'ai pas fini de dîner » dit même\nquelqu'un.\n   Mais les plus proches, impudemment penchés, l'oreille collée à la porte,\nfaisaient : « Chut! écoutez!... » tâchant de distinguer quelques mots dans\nle murmure confus de chuchotements qui leur arrivait du lit du moribond.\n   — Ah! c'est le curé qui parle.,. Oui... Eh!... maintenant, c'est Jérôme,\nentendez-vous?...\n   — Que disent-ils? que disent-ils ?...\n   — Faites un acte de contrition sincère, dit encore le curé à Jérôme. Du\nfond de votre cœur, demandez pardon à Dieu, demandez pardon !... »\n   Mais le moribond se taisait, la bouche toujours ouverte. Le prêtre dut\nprononcer lui-même le Credo. La prière dite, il prit le calice aux Saintes-\nHuiles et oignit le mourant aux cinq plaies consacrées. Son index et son\nmédius relevés tenaient un flocon d'ouate avec lequel il essuyait ensuite les\nparties purifiées. II marmottait des paroles en latin tout en traçant les petites\ncroix.\n   Le forgeron eut à peine la force de maintenir le cierge que le prêtre lui\nmit allumé dans les doigts en disant les dernières oraisons.\n   La chandelle vacillait et manquait à tout moment de s'éteindre.\n   Et vivas in sœcula sœculorum. Amen.\n   La cloche du gamin bousculé par la foule curieuse tinta brusquement\nde l'autre côté de la porte...\n   ... Jérôme Badot « s'en alla » tout doucement. Il était mort deux heures\naprès avoir reçu l'extrême-onction.\n\n\n\n  C'est toujours un maréchal-ferrant qui occupe la forge du « Grand\nJérôme ». Il y a encore des gamins qui tiennent par la bride le baudet\nqu'on va ferrer ou font des cumulets dans le travail ; mais ils n'ont aucun\nsouvenir du vieillard qui se chêma de chagrin jusqu'à mourir.\n  Le soir, après le souper, quand ils lisent la gazette à haute voix pour\nmontrer leur science, un fait-divers, une tragique histoire d'amour, fait\n"}, {"page_pdf": 132, "texte": "                               — 113 —\n\nparfois lever les yeux à la mère ou à la grande sœur qui tricotent. « Quel\nmalheur! disent, apitoyées, les femmes en se regardant... C'est comme\nJérôme Badot qui ne put vivre sans sa femme et mourut un mois après\nelle! » — mais les enfants ne comprennent pas.\n                                               Louis   DELATTRE.\n   Décembre 1889.\n\n\n\n\n                               VERS\n                         OCTOBRE AU PAYS\n\n     Mon cœur, il se fait tard ; promène ta douleur.\n     Tu n'as pas vu les bois en leur première fleur,\n     Mais le défeuillement les embellit encore!\n\n     Quel souvenir d'enfant rêve dans ces forêts ?\n     Cherche seul, en des lieux peuplés de tes regrets,\n     Un étrange bonheur que le présent ignore.\n\n     Cher et triste pays qu'il me tardait de voir!\n     Plus de clarté que dans les cimes! C'est le soir.\n     Au pays des vingt ans c'est le soir et l'automne.\n\n     Je me souviens, hélas! et tout est bien changé.\n     Dans les débris épars d'un grand rêve outragé\n     Voilà tous les lambeaux d'une âme qui pardonne.\n\n     Mais les bois ont gardé leur première douceur!\n     Comme un pieux secret au fond d'un humble cœur,\n     Je retrouve un nom cher dans l'écorce d'un charme.\n     Et qu'importe, ô forêt, qu'elle m'ait oublié?\n\n     Tu m'es allée au cœur avec tant de pitié,\n     Et c'est un pur enfant qui te doit cette larme.\n"}, {"page_pdf": 133, "texte": "                        —   114   —\n\n\n\n\n            LA CHANSON D'UN PAUVRE\n\nA peine réveillé de mes songes d'hiver,\nO plaine, j'ai foulé tes premières rosées ;\nJ'y promène ce front rafraîchi par l'éther,\nOù des lèvres d'enfant semblent s'être posées.\n\nLoin d'un exil sans fin, et f ait de tant de nuits!\nCe sont des vents légers qui soufflent de l'aurore.\nLa ville! Qu'elle est loin de mes yeux     éblouis!\nQue n'est-elle plus vaine et plus lointaine encore.\n\nHélas ! tu n'oses croire à tout ce que tu vois,\nMon cœur déshérité, fait à trop de misères.\nEst-ce pour moi, mon Dieu, l'haleine des grands bois?\nPour moi, toutes ces fleurs ? Pour moi, ces primevères ?\n\nJe n'ose vous cueillir, fleur trop frêle, ma sœur ;\nEmbaumez ce vallon qui m'a rendu mon âme.\nCar me voilà troublé devant votre douceur,\nComme un adolescent sous les yeux d'une femme.\n\nElle chante, pourtant, la voix, la bonne voix :\n« Je suscite les fleurs pour que tu les effeuilles ;\nRetrouve en leur baiser ton baiser d'autrefois,\nEt ceins un front fiévreux de la fraîcheur des feuilles.\n\nCœur frère du matin, regarde le matin ! »\nEt mon cœur trop ailé pleure ses vaines ailes :\n« Merci d'avoir paré les berges du chemin ;\nMais que je me sens seul parmi ces fleurs nouvelles ! »\n\n                                      FERNAND SEVERIN.\n"}, {"page_pdf": 134, "texte": "                                       115\n\n\n\n\n                          LE BOHÈME\n                                                 Au PEINTRE HENRY D E GROUX.\n\n\n              Bien que ce soit jour de kermesse et que deux ou trois pièces\n               blanches compagnonnent dans leur gousset avec l'habituelle\n               « mitraille s, les pacants affalés sur les chaises et les bancs de\n               l'estaminet sont silencieux comme des chrétiens à l'office et\nparaissent plus las que s'ils avaient cheminé pendant des heures et des\nheures, par le vent et par la pluie, au milieu des campagnes humides, der-\nrière leurs bœufs et leurs chevaux, sous un ciel renfrogné d'automne.\n   Les vieux ont des casquettes à grandes visières, des blouses déteintes, des\npantalons trop courts, des souliers difformes et bien cloutés dont ils ont\nassoupli le cuir, le matin, en les frottant longuement avec une couenne de\nlard. Ils têtent, avec un léger claquement des lèvres, le tuyau de leur pipe;\nsur leurs yeux tristes et sombres comme des jours de souffrance, les pau-\npières s'abaissent et se relèvent avec une automatique lenteur; et leurs\nmains mi-ouvertes, aux doigts spatules et encroûtés de terre, ressemblent à\ndes outils mal récurés. Nulle pensée ne palpite en leur cervelle. Ils n'ont\nplus de désirs, plus d'espoirs. Derrière eux, il y a des jours sans pain, des\nmaladies, des cadavres ; la bise les a fait grelotter, l'hiver, au coin de l'âtre ;\nils ont hoqueté dans les cimetières ; souvent, à genoux, les mains jointes,\nau bord d'une route, au coin d'un bois, ils ont imploré, oh! bien inutile-\nment! les Vierges miraculeuses ;— et maintenant ils sont pareils aux arbres\nmorts dont les branches noires se courbent, dociles, quand le vent les flagelle.\n   Les jeunes, rasés de frais et les cheveux pommadés, fument des cigares\nd'un sou. Ils les approchent et les écartent de leurs lèvres avec d'infinies\nprécautions, car des flammèches, en tombant, pourraient endommager\nleurs sarraux — des sarraux neufs, luisants, striés de nombreux plis et qui\ns'évasent autour de leurs corps à la façon des crinolines. Eux aussi sont\nmuets, mais nulle tristesse n'endeuillit leurs figures. Ils songent aux délec-\ntables plaisirs que leur apportera la soirée. Dans des salles basses aux murs\nblanchis à la chaux et que l'humidité bariole de taches lépreuses, sur un\nplancher poussiéreux, aux accords d'une stridente musique, ils feront tour-\nnoyer de plantureuses villageoises dont les perles fausses, les broches en\ncuivre doré et les rubans déteints resplendiront, sous la lumière crue des\nquinquets, ainsi que des bijoux précieux et des soieries somptueuses. Et\ntandis qu'ils rêvent à ces choses, nul bruit ne trouble la paix de l'estaminet;\n"}, {"page_pdf": 135, "texte": "                                   — 116 —\n\nseulement, de temps à autre, des verres sont cognés contre la table ; la\npatronne surgit alors de derrière son comptoir, elle va, une bouteille à la\nmain, de buveur à buveur, et l'on entend le glissement de ses chaussures\nsur le parquet étoile de crachats.\n   La porte s'ouvre ; un homme entre. Il se courbe légèrement pour ne pas\nse heurter la tête au chambranle et va s'asseoir, sans saluer, sur une chaise\nà côté du poêle. Très grand et plus sec qu'un ascète, avec deux yeux de\nfièvre dans une face anguleuse, il semble que les soleils caniculaires, la\npoussière des routes et l'eau du ciel aient désagrégé son corps, car il est usé\net cannelé de rides, ainsi que ces statues de plâtre qu'on trouve dans les\nparcs abandonnés. Son pantalon de velours brun, blanchi aux genoux, est\nretenu par une corde qui lui ceint les reins; sa chemise a perdu ses boutons\net l'on voit, par le sinus de sa camisole, les poils grisonnants de sa poi-\ntrine ; deux mèches de cheveux s'échappant de dessous sa casquette, collent\ndes plaques fauves à ses tempes. Il croise les jambes, allume sa bouffarde,\navale un verre, puis un autre, et dévisage ensuite, presque narquoisement,\nles personnes qui l'entourent.\n   Tout à coup il entame son histoire : A Liège, pendant sa jeunesse,\nil a travaillé dans les usines ; il se rappelle des nuits entières passées dans les\ncafés-concerts où il chantait sur l'estrade, comme un acteur ; tous ceux qui\nlui manquaient de respect, quelles que fussent leur taille et leur force, fai-\nsaient connaissance avec ses poings noueux, même dans les baraques, à la\nfoire, il cassait régulièrement les reins aux hercules; un beau jour, la\nfantaisie lui a pris de voir du pays; il a parcouru l'Italie, l'Espagne, la\nFrance ; les noms clairs et sonores des villes dont il fait l'énumération tin-\ntent comme des écus aux oreilles villageoises ; quand il cite Paris, tous écar-\nquillent les yeux et se demandent si ce touriste en guenilles ne leur en\nimpose pas; mais il répète sur un ton sec qu'il a vu Paris, et termine en\ndéclarant que jamais, au cours de ses voyages, il n'a manqué de tabac ni de\ngenièvre.\n   Il laisse ensuite tomber la tête dans ses mains appaumées et paraît\nplongé, pendant quelques minutes, dans une méditation farouche.\n   Les jeunes gens, que l'arrivée de cet intrus a détournés de leurs rêves de\nvoluptés, s'esquivent un à un et le silence se rétablit dans l'estaminet où un\npetit nuage de fumée bleuâtre se déchiquette en minces flocons, très légers\net très purs, au dessus des consommateurs.\n   Mais l'homme relève la tête : « Maintenant, je vais vous chanter une\nchanson, si vous le permettez ». Il est debout, d'un coup de talon il\nrepousse sa chaise, et après avoir toussoté deux ou trois fois, les yeux au\n"}, {"page_pdf": 136, "texte": "                                 —    117   —\n\n\n\nplafond, la taille cambrée, il commence, d'une voix de ténor légèrement\nfatiguée, une romance apprise dans sa jeunesse et dont le charme vieillot\ngrise peu à peu les paysans qui l'écoutent.\n   L'évocation d'une troupe de cavaliers partant pour la guerre, un matin\nde printemps, les enthousiasme principalement. Plusieurs d'entre eux, ayant\nété soldats, se revoient dans la ville où ils ont vécu quelques années. Leur\nbataillon défile dans les rues ; le claquement de leurs pieds frappant la terre\nen cadence, ressemble à un lointain bruit de fléaux; on voit reluire, sous un\nclair soleil, le cuivre des instruments de musique, les galons des chefs,\nl'acier des fusils ; les fanons ondulent à l'extrémité des bayonnettes ; des\nmains de femmes soulèvent les rideaux des fenêtres sur leur passage; de\njeunes ouvrières, des chasseurs d'hôtel, des mitrons, des garçons bouchers\nviennent, en courant, se ranger le long du trottoir ; puis se ruent, sortis on\nne sait d'où, une indescriptible collection d'arsouilles disloqués comme des\nguignols et qui gambadent à leurs côtés, ainsi que des diablotins, en les\nnarguant du geste.\n   Cependant la voix du chanteur s'adoucit, devient langoureuse, presque\npleurarde. L'été a passé, ensuite l'automne, puis l'hiver ; le printemps est\nrevenu et le soleil sourit dans un ciel de satin. La femme du jeune seigneur\nqui commandait la troupe, se lamente à son balcon. Une brise tiède et\nchatouilleuse comme l'haleine des amoureux, lui caresse les joues. Devant\nelle se déroulent des prairies, des campagnes, des bois. Au dessus des chau-\nmines disséminées çà et là flotte un peu de fumée, mais nul être humain ne\ns'aperçoit sur la route poudreuse qui se brise à l'horizon. Ah! pourquoi son\nbien-aimé ne revient-il pas? Elle est jeune et belle, son cœur palpite\nd'amour, ses lèvres frémissent dans l'attente des baisers ; elle ne peut être\ncondamnée à porter jusqu'à la fin de sa vie le sombre vêtement des veuves.\nEt mélancolique comme un bramement de cerf au fond des forêts, sa voix\nimplore : « Reviens bientôt dans notre vieux manoir ! »\n   L'homme s'est tu, mais les dernières notes du refrain vibrent toujours aux\noreilles des auditeurs, et c'est avec une étincelle dans les yeux et un sourire\nde béatitude sur la face qu'ils laissent tomber quelques pièces de monnaie\ndans la main qu'on leur tend. Puis, tandis que le bohème s'éloigne pour\naller désembrumer ailleurs, par un peu de poésie rudimentaire, la cervelle\nd'autres malechanceux, une indicible mélancolie refait insensiblement la\nnuit dans leur âme, comme si des lumières, une à une, s'éteignaient autour\nd'elle, et bientôt ils retombent à leur assoupissement habituel, à la morne\net navrante indifférence des résignés.\n                                                     H U B E R T KRAINS.\n                                                                       8\n"}, {"page_pdf": 137, "texte": "                 — 118 —\n\n\n\n\n                 VERS\n         LES VOIX D'EN L'AME\n\nAux parcs à jamais délaissés\nDe mon âme de solitude,\nLes chères voix des jours passés\nChantent encor par habitude.\n\nOh! les chansons veuves d'espoir\nNouant aussi de trop de peine\nLeurs fleurs qu'effleurent dans le soir\nLes baisers que je sus à peine !\n\nOh! la chanson du souvenir,\nLa chose triste qui m'attriste...\nOh! sur l'hiver proche à venir\nClarté d'opale et d'améthyste.\n\nMais les romances d'autrefois\nOnt des blancheurs si symboliques\nQue c'est l'aube, aux sources des bois\nBaignant ses ailes angéliques !\n\n\n          C Œ U R D'AUTOMNE\n\nSilencieuse en le silence\nDont s'enveloppe sa langueur,\nL'enfant aux lèvres d'indolence\nSent la nuit pleurer dans son cœur.\n\nLa blonde enfant aux mains de songe,\nSi claires sous leur clair sommeil!\nA clos l'ineffable mensonge\nDe son sourire nonpareil.\n"}, {"page_pdf": 138, "texte": "                                 — 119 —\n\n              Lasse à jamais de sa pensée,\n              Au ciel en peine de ses yeux\n              Sa croyance s'est effacée\n              En des vols pâles et soyeux.\n\n              Et son âme blanche s'étonne\n              D'ouïr les baisers de jadis\n              Parler d'amour ce soir d'automne\n              Que la lune effeuille des lys!\n                                                     ALBERT ARNAY.\n\n\n\n\n          La Ballade de l'Ancien Marin\n                DE SAMUEL TAYLOR COLERIDGE\n                                     Facile credo, plures esse naturas invisibiles\n                                  quam visibiles in rerum universitate. Sed horum\n                                  omnium familiam quis nobis enarrabit ? Et gradus\n                                  et cognationes et discrimina et singulorum\n                                  munera? Quid agunt? Quœ loca habitant? Harum\n                                  rerum notitiam semper ambivit ingenium huma-\n                                  num, nunquam attigit. Juvat interea, non diffi-\n                                  teor, quandoque in animo, tanquam in Tabula,\n                                  majoris et melioris mundi imaginem contemplari :\n                                  Ne mens assuefacta hodierne vitae minutiis se\n                                  contrahat nimis et tota subsidat in pusillas cogi-\n                                  tationes. Sed veritati interea in vigilandum est,\n                                  modusque servandus, ut certa ab incertis, diem\n                                  a nocte distinguamus.\n                                                T . BURNET, Archeol. phil., p. 68.\n\n                            PREMIÈRE PARTIE\n\n\n              C'est un ancien marin, et il arrête un des trois.\n                  — « Par ta longue barbe grise et ton œil brillant, pourquoi\n               m'arrêtes-tu maintenant?\n  « Les portes du fiancé sont larges ouvertes et je suis le plus proche de la\nparenté. Les hôtes se sont réunis, la fête est préparée, tu peux entendre le\nbruit joyeux. »\n  Il le tient de sa main décharnée.\n  — « Il y avait un vaisseau », dit le vieillard.\n  — « Arrête, retire la main, stupide barbon. »\n  Aussitôt il retire la main.\n"}, {"page_pdf": 139, "texte": "                                    — 120 —\n\n\n   Il le fixe de son œil brillant. L'hôte de la noce reste immobile et écoute\ncomme un enfant de trois ans : le marin a saisi sa volonté.\n   L'hôte de la noce est assis sur une pierre. Il ne peut pas vouloir autre\nchose qu'écouter.\n    Et ainsi parle le vieux homme, le marin à l'œil brillant :\n   Le vaisseau fut acclamé en quittant le port.\n   Joyeusement nous dérivâmes, loin du port, loin de la colline, loin du\nsommet du phare.\n    Le soleil se leva sur la gauche, hors de la mer il vint. Il éclaira brillam-\nment et sur la droite il descendit dans la mer.\n    Plus haut et plus haut chaque jour, jusqu'à ce qu'au dessus du mât à midi. »\n   — L'hôte de la noce ici se frappe la poitrine, car il entend le bruyant\nbasson.\n    La fiancée vient de marcher dans le « hall ».\n    Elle est rouge comme une rose.\n    Dodelinant de la tête, devant elle marche la joyeuse menestrellerie.\n    L'hôte de la noce se frappe la poitrine, mais il ne peut pas choisir, il faut\nqu'il entende.\n    Et ainsi parle le vieux homme, le marin à l'œil brillant.\n    « Et maintenant le souffle orageux vint, et il fut tyrannique et violent.\nIl nous battit de ses ailes enveloppantes et nous chassa en avant dans le sud.\n    Avec des mâts inclinés et une proue plongeante, comme celui qui est\npoursuivi par un hurlement et un coup redoute encore l'ombre de son\nennemi et en avant courbe la tête, le vaisseau courait, rapide; formidable-\nment rugissait la tempête et vers le sud toujours nous fuyions.\n    Et maintenant, il arriva à la fois du brouillard et de la neige, et cela\ndevint étonnamment froid. De la glace haute comme le mât vint flotter auprès,\naussi verte que l'émeraude.\n    A travers les tourbillons, les neigeux écueils envoyèrent une lugubre\nlueur. Ni formes d'hommes, ni formes de bêtes ne vîmes, la glace cachait\ntout.\n    La glace était ici, la glace était là, la glace était tout à l'entour. Cela cra-\n quait, cela grondait et mugissait et hululait comme les bruits que l'on\nentend dans un accès de faiblesse.\n    A la fin traversa l'air un albatros; dans le brouillard il vint; comme\ns'il avait été une âme chrétienne, nous l'acclamâmes au nom du Seigneur.\n    Il mangea la nourriture qu'il n'avait jamais mangée et autour et tout\nautour il vola. La glace se fendit avec un bruit de tonnerre. Le timonnier\nnous gouverna à travers.\n"}, {"page_pdf": 140, "texte": "                                   —   121 —\n\n\n   Et un bon vent du sud s'éleva derrière et l'albatros suivit. Et chaque\njour, pour la nourriture et le jeu, il vint au « hollo » des marins.\n   Dans du brouillard ou du nuage, sur le mât ou les haubans, il percha\npour neuf soirs, pendant que toute la nuit, à travers la fumée blanche du\nbrouillard, brilla le blanc clair de lune.\n   — Dieu te préserve, ancien marin, des démons qui te tourmentent\nainsi. Pourquoi ton regard est-il si terrifié. — Avec mon arbalète je tirai\nl'albatros.\n                              DEUXIÈME PARTIE\n\n   Le soleil, maintenant, surgit sur la droite; hors de la mer il vint, tou-\njours enveloppé du brouillard et, sur la gauche, il descendit dans la mer.\n   Et le bon vent du sud souffla encore derrière.\n   Mais aucun doux oiseau ne suivit et, aucun jour pour la nourriture et le\njeu, ne vint au « hollo » des marins.\n   Et j'avais fait une infernale chose, qui attirerait sur eux le malheur, car\ntous l'assuraient : j'avais tué l'oiseau qui faisait souffler la brise. « Ah !\nmisérable, dirent-ils, d'avoir tué l'oiseau qui faisait souffler la brise !\n   Ni obscur, ni rouge, comme le nimbe de Dieu, le glorieux soleil se leva.\nAlors tous assurèrent que j'avais tué l'oiseau qui apportait le brouillard et\nla brume.\n   « C'était juste, dirent-ils, de tuer de tels oiseaux qui apportent le brouil-\nlard et la brume. »\n   La belle brise souffla, la blanche écume vola, le sillage suivait librement.\n   Nous fûmes les premiers qui jamais entrèrent dans cette silencieuse mer.\n   La brise s'abattit, les voiles s'abattirent. C'était aussi triste que tristesse\npuisse être. Et nous parlâmes seulement pour briser le silence de la mer.\n   Tout dans un chaud et cuivré firmament le sanglant soleil, à midi, droit\nen haut, au dessus du mât se dressa, pas plus grand que la lune.\n   Jour après jour, jour après jour, le vaisseau ne rencontra pas un souffle,\npas un mouvement, aussi paresseux qu'un vaisseau peint sur un océan\npeint.\n   De l'eau, de l'eau de tous côtés, tous les bois se rétrécirent. De l'eau, de\nl'eau, de l'eau de tous côtés, mais pas une goutte à boire.\n   La profondeur même pourrit, ô Christ, cela serait-il jamais ! Des visquo-\nsités s'accrochaient sur une mer visqueuse.\n   Partout, autour, en tourbillons et en multitudes, des feux de morts\ndansaient, la nuit. L'eau, comme une huile de sorcière, brûlait vert et bleu\net blanc.\n"}, {"page_pdf": 141, "texte": "                                122 —\n\n\n\n  Et plusieurs dans les songes, eurent la vision de l'esprit qui nous persé-\ncutait ainsi. A une profondeur de neuf fois six pieds il nous avait suivi\ndepuis le pays des brumes et de la neige.\n   Et chaque langue était extrêmement desséchée, desséchée jusque dans la\nracine. Nous ne pouvions parler, pas plus que si nous avions été suffoqués\npar la suie.\n  Oh! néfaste jour, quel mauvais regard eus-je des vieux et des jeunes!\nEn place de la croix, l'albatros à mon cou fut suspendu,\n  (A suivre).\n                                                        Traduit par :\n                                               MAURICE      DESOMBIAUX.\n\n\n\n\n         CHRONIQUE ARTISTIQUE\n            La Jeune Belgique étant une tribune libre, à la demande de\n             M. Georges Destrée son article a été publié. Nous tenons à\n             faire remarquer que les opinions sont absolument person-\n             nelles, qu'elles ne peuvent donc, en aucune façon, engager\nla Revue. Pour ces raisons, la direction ne peut non plus être rendue respon-\nsable, même de l'acceptation des chroniques.                 N. D. L D.\n\n              LE SALON DES XX DE 1890 (VIIE EXPOSITION).\n\n   En pénétrant dans ce Salon des XX, nous avons retrouvé encore, et plus\nvive cette année, l'impression qui chaque fois nous accueillait à l'entrée. On\nsent au moins, parmi ces Jeunes Belgique de la peinture, la belle vie artis-\ntique, l'entrain, l'enthousiasme, et surtout cet obsédant désir de rendre plus\ncomplètement l'impression reçue et qui fait rechercher les formes nouvelles,\nnon encore usées et rendues sans effet par l'habitude. Oh ! les lieux com-\nmuns en art, l'inconscience complète, le triomphe de la mécanique et de\nl'enseignement académique! On peint telles choses parce que cela a déjà\nété peint, on emploie telle couleur parce que telle couleur a été employée,\net bêtement l'on recopie, et toujours, toujours, avec l'uniformité stupide\nd'une machine à couper les rails. Pour notre part, nous aimons cent fois\nmieux les exagérations de quelques meneurs, à l'indifférence bovine des\nlymphatiques.\n   Hautement nous osons le proclamer, le Salon des XX ne fut jamais aussi\nimportant. Les oeuvres trop criardes ont disparu ; il y a bien encore quel-\nques tableaux sincèrement amusants, mais l'ensemble est beau, digne d'être\nhué par la masse, mais fier aussi de la dédaigner. Nous voici loin de l'art\ngénéral, accessible à tous, l'art simple réclamé déjà aujourd'hui par quel-\n"}, {"page_pdf": 142, "texte": "                                  —   123 —\n\n\nques-uns trop pressés; les sensations les plus compliquées sont traduites\ndirectement ou analysées trop spécialement pour la foule. C'est le sens\nabstrait de telle couleur qui sert à rendre telle impression, la couleur devient\nen quelque sorte une musique pour quelques-uns, son but primitif est\noublié. D'autres, plus intellectuels, veulent se servir du dessin pour rendre\ndes pensées et tombent parfois dans un symbolisme de rébus.\n   Nous voici en la pleine confusion des arts prédite par Richard Wagner,\nen attendant la finale débâcle.\n   Mais pour nous, cet art savant et moribond a sa saveur cruelle. Ainsi,\nnous nous rappelons, à la dernière exposition des XX, un tableau de ENSOR\noù les couleurs, dans un ciel matinal, étaient une symphonie solennelle, et\nnous nous prîmes à écouter ce tableau. James Ensor est un des coloristes\nles plus parfaits des XX, il a des tons extraordinaires d'un Goya soudaine-\nment éclairé d'un midi incendié, des couleurs à scandales, comme ses\nsujets. Il fait penser à cette lignée terrible et maudite : Maldoror, Rim-\nbaud. Scrutez ces oeuvres et vous y trouverez rendu le grotesque carnaval\nde la Vie, soudainement apparu à ceux qui en cherchèrent le but.\n   Coloriste aussi et poète, M. ROBERT PICARD. Ce fut une révélation.\nNous voici loin de cette école réaliste qui put se contenter de ce que lui\noffrait la nature, sans aspirations vers l'au-delà découvert par les rêves et\npar la pensée. M. Robert Picard s'est sauvé de la réalité; il semble que rien\nn'existe hors de lui, il s'est créé des paysages heureux, des jardins de séré-\nnité, comme il le dit lui-même, où des eaux dormantes invitent au calme\net à la paix suprême. Et tout ceci d'une exécution admirable, fraîche comme\ndes soieries japonaises : c'est un des plus fins coloristes ; il nous révèle des\nnuances adorables, rose-bleu, mauve, des teintes de fleurs précieuses et déli-\ncates. C'est un paradis enfantin plein de parfums et de légendes. Il y a sur-\ntout le tableau ainsi conçu : Eau dormante, dans un jardin de sérénité,\noù s'imite à merveille la transparence rose d'une eau rêvée, puis Paix mys-\ntique dans les dunes, Forêt vue par les cimes à l'aurore, et surtout, cette\nétude à Chantilly : Des cygnes sur le grand canal, le jour déclinant.\n   Nous rendons ici hommage à M. Robert Picard, comme peintre et\ncomme poète.\n   Un autre débutant, M. GEORGES MlNNE. Nous ne connaissions cet\nextraordinaire artiste que par le remarquable frontispice des Serres chaudes\nde Maurice Maeterlinck et par celui de la Jeune Belgique. Ces deux des-\nsins, par leur étrange conception, bouleversèrent les cervelles trop bien\norganisées. Les sculptures exposées aux XX par cet artiste, jetèrent le public\ndans le même effarement. Nul ne rechercha la cause de cet art primitif se\nreportant vers les époques barbares, sorte de retour vers la genèse de\nl'homme, terrible symptôme d'un idéal vers l'anéantissement cérébral, alors\nque l'on clame la progression continuelle de la race vers le bonheur par la\nconscience. Voilà ce qui hante certains artistes aujourd'hui : la seule dou-\nleur animale figurée en des êtres primordiaux, des femelles bestiales, cris-\npant leurs doigts osseux dans les corps informes de leurs progénitures\nmortes. D'autres, comme REDON, s'effarent de visions monstrueuses et\n"}, {"page_pdf": 143, "texte": "                                   — 124 —\n\nlourdes vers la suprême folie. Ce Christ surtout, dans les yeux duquel on\nvoit passer, puis se dénouer dans le cerveau d'absurdes cauchemars, des\nrêves informes et nuls. Et cette dérisoire couronne d'épines vers laquelle\nses lourds yeux hagards se lèvent de la nuit ! Puis Brunnhilde d'une allure\nbrute, la Capture, Perversité, un Paysage souffrant, presque humain, et\naussi cette Figure accoudée qui recèle trop de secrets en sa douloureuse\ncontemplation.\n   Voilà les artistes qui s'isolent de l'universel cabotinage de notre époque.\nToute la science de l'humanité s'est accumulée en eux, et peut-être la race\nheureuse promise ne les comprendra plus.\n   Parmi ces peintres à tendances intellectuelles, il faut encore citer Xavier\nMellery.\n   Artiste parfait, sans défaillance aucune, un solitaire et un fervent.\n   Une foi large et profonde caractérise son œuvre, une rêverie grave\ns'écoute dans le silence de ses tableaux et fait penser à quelque moine trop\nsavant, retiré dans sa cellule aux ombres pensives où il a concentré par la\nsolitude toute sa science du monde. Xavier Mellery domine la vie et la\ndédaigne par sa sérénité et sa foi ; la ligne de ses dessins est noble et solen-\nnelle et si, dans ses tableaux quelque chose de l'humanité active palpite,\nc'est le silence douloureux des pensées.\n   WlLLY SCHLOBACH, FERNAND KHNOPFF,'deux artistes encore à tenta-\ntive intellectuelle, le premier d'une ligne étrange, d'un coloris barbare\nsouvent, et dont l'artificialité apparaît malheureusement à une deuxième\nvisite; le second est toujours l'ouvrier impeccable et patient que l'on connaît.\n   Aux confins de cet art, mais plus personnel, se trouve DE TOULOUSE-\nLAUTREC : encore réaliste, certes, mais déjà prêt à synthétiser ses obser-\nvations. Il analyse, sans s'abandonner à la pitié, avec une sorte de joie\ncruelle les bas-fonds de la populace ou grouille la bestiale luxure.\n   A citer aussi DARIO DE REGOYOS, pas en progrès, et GEORGES LEMMEN\nqui reste stationnaire, quant à VAN GOGH, nous avouons être peu apte à\ncomprendre cet art barbare, qui consiste à abstraire d'un sujet la couleur la\nplus criarde et à la plaquer sur la toile pour donner uneimpression générale.\nOn a dit raffiné à propos de ce peintre, alors que c'est le contraire, c'est de la\npeinture primitive ; aucune distinction des nuances, c'est brutal et lourd.\n   Nous passons maintenant aux paysagistes, ceux que la lumière attire\nsurtout : VOGELS, FINCH, VAN STRYDONCK, VAN RYSSELBERGHE dont\nl'envoi, à part un dessin, est inférieur à celui de l'an dernier, HENRY VAN\nDE VELDE qui a modifié sa manière et expose une plage aveuglante, bien\nrendue. TOOROP se remarque cette année par des tableaux obscurs dont\nun seul mérite attention, crépuscule douloureux des plaines, canaux rece-\nleurs des derniers ors du jour. Nous ne nous arrêterons ni à CÉZANNE,\nun vitrier, ni à RENOIR, quelconque, pas plus qu'à DUBOIS-PlLLET, qui\ndécidément est un bien pauvre artiste ; c'est un peintre à procédé et qui\nl'emploie sans le raisonner. Si parfois, par hasard, il obtient certains effets\nde lointain et de soleil, il se rattrape terriblement dans ses portraits en\nporcelaine.\n   Un seul nom à citer avec PISSARRO parmi les néo-impressionnistes, mais\n"}, {"page_pdf": 144, "texte": "                                  —   125   —\n\n\nà retenir, c'est PAUL SlGNAC. Jamais on n'est parvenu à rendre ainsi la\nlumière d'une façon aussi abstraite et la Vie rayonnante qui palpite dans\nl'air; c'est un hymne à la sève universelle, au Principe de toute chose, la\nForce qui sans cesse se transforme, se concentre ou se multiplie : c'est de la\npeinture panthéiste. Qu'importe le procédé de Paul Signac, fût-il même\nbasé sur les plus belles démonstrations de la physique, lorsqu'on saura qu'il\nest scientifiquement constaté que la lumière des tableaux les plus lumineux\nest à peu près au jour réel comme une bougie est au soleil. Le rôle de l'art\nest donc de produire une illusion. Mais ici cette illusion est parfaite; l'im-\npression de lumière, de Vie magnifique est donnée au spectateur. M. Signac\nchoisit, comme cadre à chanter la Nature, surtout les bords de la mer, où\nla clarté rayonnante de l'air fait vibrer davantage les sables, les rochers, les\neaux moutonneuses et placides. Il recherche le calme serein des étés ; ni ciel\ngris ni mer houleuse, mais la nappe immense des lumières, la Force\nimmuable à qui sont indifférentes les naissances et les morts.\n   Ceci n'est qu'une brève annotation des oeuvres qui nous ont surtout\nfrappé, en cette magnifique exposition, pour nous révélatrice, de deux\nartistes d'avenir : ROBERT PICARD et GEORGE MINNE.\n                                                        JACQUES ARNOUX.\n\n                         VII e EXPOSITION DES XX\n                       XAVIER          MELLERY\n   Dans des « osteria » solitaires sur la route de Naples à Pouzzoles, j'ai vu,\ndécorant les murs, des peintures aux couleurs criardes, brutales, brossées\npar de grossiers manouvriers. L'unique préocccupation de ces brutes avait\nété évidemment d'attirer fortement les yeux, de faire voyant, — et en cela\nils avaient réussi, car en leurs œuvres se heurtaient, s'écrasaient toutes les\ncouleurs éclatantes, — l'orangé, le jaune, le rouge, les bleus et les verts,\ntoutes les couleurs du spectre solaire. Mais devant l'évidente ignorance, la\nconstante simplicité de ceux qui les avaient accomplies, ces peintures, on\nrestait désarmé, et si l'on éprouvait un sentiment quelconque à leur vue,\nc'était plutôt de la pitié.\n   Un autre sentiment s'impose après une visite aux XX. Jamais, pour ma\npart, je ne rencontrai d'exposition plus honteusement canaille que celle-ci.\nCar si des brutes à l'état parfait s'y rencontrent, exposant en liberté comme\nle nommé Vincent Van Gogh, du moins le niveau intellectuel des autres\ndoit être considéré comme plus élevé.\n   Tous ces gens ont à la fois la perception et la haine de ce qui est beau,\net s'ils s'aventurent à laisser les pastiches effrontés auxquels se complaisent\nles plus habiles et les plus répugnants, on peut voir la grotesque et lamen-\ntable impression que dégagent leurs essais nuls.\n   Je ne ferai pas à de telles gens l'honneur d'une critique détaillée. Ces\nmisérables n'ont assurément qu'un but : faire le plus de tapage possible, et\nen stimulant la curiosité, arrondir la recette et placer avantageusement\nleur marchandise, pendant le court espace de temps où les gazettes\ns'occupent d'eux.\n"}, {"page_pdf": 145, "texte": "                                  —   126   —\n\n\n   Je ne me prêterai pas à ces exercices ; et regrettant que deux ou trois\nartistes aient pu se fourvoyer dans un tel milieu, je me bornerai à louanger\nsans réserve Henry de Groux pour le fier soufflet qu'il a donné à ces\nsaltimbanques en refusant d'exposer.\n\n\n . Isolé au milieu de cette foule bariolée par la seule majesté de son art, un\ninvité, M. Xavier Mellery, ignorant très probablement la dégradante com-\npagnie en laquelle il allait se trouver, expose une série de dessins merveil-\nleux et deux précieux tableaux qui seuls suffiraient à sa gloire.\n   Il m'est un grand bonheur de payer ici mon tribut d'admiration à celui\nque je considère comme le premier des artistes belges. Le prince des poètes\nde tous les temps, Edgard Allan Poe, parlant de Tennyson, disait qu'il le\ntenait pour le plus noble poète contemporain. Pour les mêmes raisons,\n« parce qu'aucun artiste contemporain ne me paraît aussi élevé et aussi\npur », je pense que l'épithète de noble s'allie à merveille au nom de Xavier\nMellery. Quoi de plus haut et de plus simple à la fois que ce qu'il peint?\n   Il est au fond du Zuiderzee une île perdue au milieu des flots jaunes et\nverts de la mer du Nord. Seuls parmi les gens de ce siècle, les pêcheurs fiers\net simples qui l'habitent se sont gardés des bienfaits de la civilisation et\nconservent les habits et les coutumes des siècles passés, vivent dans un\nhautain isolement du reste du monde. Régnant sur la grande mer, qui leur\nsert à la fois de bereeau et de sépulcre, triomphant des tempêtes, connais-\nsant les nuages, ils ne connaissent point les défaillances de l'âme et du\ncorps, et leur cœur est resté pur et grand comme les nuages et la mer qu'ils\ncontemplent sans cesse. Seul aussi parmi les artistes de ce siècle, un artiste\nétait né sur une terre étrangère, qui seul pouvait comprendre la beauté\nsimple et fortifiante de l'île de Marken.\n   Dans ce toujours identique paysage, interprété avec un art extraordi-\nnaire, en les prairies plates, vertes et tranquilles, où des barques échouées,\ntoutes noires, inquiètent et attristent, en ces prairies tranquilles coupées de\ncanaux droits et blancs, qui filent à l'horizon vers la mer éternellement\nmugissante, se dresse le village aux maisons, de bois couvertes de chaume,\nderrière lesquelles s'aperçoivent les mâts noirs des bateaux.\n   En de merveilleuses aquarelles et dans une longue série d'impérissables\ndessins, Mellery a chanté les usages, les cérémonies, la vie des habitants de\nMarken. Ne pouvant analyser longuement chacune de ces œuvres, je vou-\ndrais au moins mentionner deux dessins : Un enterrement à Marken, une\nlongue file de pêcheurs aux vêtements noirs suivant silencieux le cercueil\nque quatre des leurs portent sur leurs épaules, et le Discours devant la\ntombe, un homme au geste inspiré et grandiose et qui, debout devant la\nfosse béante, semble prendre à témoin les nuées du malheur qui le frappe.\nIl semble ici, tant le geste est violent et superbe, qu'on entend les éclats de\nsa voix sauvage et rude, comme il semblait tout à l'heure qu'on entendait le\nbruit mou des pas des pêcheurs suivant en silence le convoi funèbre.\nL'impression de tristesse extraordinaire, de majestueuse grandeur qui se\ndégage de ces deux dessins est en tout cas inoublable.\n"}, {"page_pdf": 146, "texte": "                                     — 127 —\n\n    Mais ces peintures et ces dessins de l'île de Marken ne sont pourtant\nqu'une partie de l'œuvre de Xavier Mellery.\n    Dans une autre série, sous ce beau titre que lui seul aussi pouvait\nillustrer : la Vie des Choses, l'artiste a montré plus encore la hauteur de\nsa personnalité. Quel calme et quelle majesté règnent en ces chefs-d'œuvre!\nQuelle quiétude et quelle paix absolue dans ces murs, dans ces fenêtres et\nces portes de béguinage, où s'écoulent en repos, dans le recueillement et la\nfoi, de saintes existences. Seul un artiste chrétien pouvait ressentir et rendre\nde pareilles impressions. Mais si toutes ces sensations vous étreignent\ndevant ces quelques dessins, si l'on ressent en plus de vagues regrets, comme\nen regardant cet étrange corridor où semblent dormir tant de souvenirs de\nfamille, si l'on est angoissé par la vue de cet escalier, vaguement éclairé\nd'une lampe et où l'on perçoit le bruit sourd des pas s'étouffant en les tapis,\nsurtout on est oppressé et violemment ému par l'extraordinaire silence qui\nplane sur ces œuvres. Et si les peintres primitifs ont créé d'immortels chefs-\nd'œuvre en exécutant le triomphe de l'amour au temps de la chasteté,\nce sera l'éternelle gloire de Xavier Mellery d'avoir pu inventer et créer, en\nson œuvre le Triomphe du silence.\n                                                        GEORGES DESTRÉE.\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\nChez les Passants (pamphlets, fantaisies et souvenirs), par le comte VILLIERS DE L'ISLE-\n    ADAM, avec un fronstipice de Félicien Rops. — Paris, Comptoir d'édition, 1890.\n\n\n             Oui, chez les passants, et, sauf un ou deux, pour les passants,\n              ces derniers contes de Villiers de l'Isle-Adam. Pour les pas-\n              sants qui lisent les journaux, et qui ont l'horreur du livre. Un\n              étrange sentiment de tristesse se dégage pour nous de ce\nrecueil, où domine l'ironie gelée et morne. Certes, le volume est intéressant\net curieux, puisqu'il est l'œuvre d'un écrivain original, et même dans ses\npages hâtives ou mal venues, on tombe soudain en arrêt devant l'une ou\nl'autre de ces expressions électriques qui sont la signature du poète des\nContes cruels. Mais qui ne connaîtrait Villiers que par Chez les Passants\naurait quelque peine à comprendre l'admiration dont la jeunesse entoure ce\nvisionnaire éblouissant et sarcastique. Reliques précieuses, dont l'or n'est\npas sans alliage, et qui n'ont leur prix que pour les religieux du souvenir.\n   Comme nous le disions plus haut, c'est surtout l'ironie froide et le\nsarcasme prémédité qui règnent dans ces contes, éparpillés par Villiers dans\ndifférents journaux. Quelques anecdotes sur M me Nina de Villard, sur\nMme Augusta Holmes, sur Richard Wagner. Beaucoup de pamphlets, assez\nlaborieux, contre Gambetta, M. Grévy et M. Gendre. Des fragments de\ncritique dramatique et littéraire, où il est question l'Amante du Christ, du\nCandidat et de la Tentation de Saint-Antoine. Un conte cruel, au style\npince-sans-rire, amusant paradoxe sur les causes de la réelle félicité amou-\n"}, {"page_pdf": 147, "texte": "                                   —    128 —\n\n\nreuse : l'Etonnant couple Moulonnet. Enfin, une page superbe d'amère\néloquence, l'Avertissement adressé par Villiers au comte de Chambord.\n   Nous aurions voulu profiter de ce livre posthume pour essayer d'analyser\nle génie spécial'de Villiers de l'Isle-Adam. Axel, qui vient de paraître, nous\nparaît mieux se prêter à une tentative de ce genre. Il nous reste à féliciter\nl'éditeur, qui a fait preuve de goût, et à recommander aux amateurs le fron-\ntispice de M. Félicien Rops : Une camarde, en un coin de cimetière, tient\nentre ses doigts osseux la tête sinistre de Tribulat Bonhomet, cravatée de\nblanc, coiffée de son chapeau traditionnel, les yeux encore féroces derrière\nles lunettes.                                                      A. G.\n\n             Double, par FRANCIS POICTEVIN. — Paris. Lemerre, éditeur.\n\n   Voici un livre bien caractéristique de cette analyse psychologique pous-\nsée à l'extrême et qui fut la marque des derniers écrivains de ce siècle. Mais\nM. Francis Poictevin applique le procédé à lui-même. Elle et lui, parfois\nles deux, voilà les sujets de cet observateur. Cette psychologie aiguë que\nles écrivains russes étudièrent dans d'immortels romans, est appliquée cette\nfois au moi de l'artiste. Mais cette faculté passe à l'état morbide, et devient,\npour ainsi dire, l'obsession de l'analyse. Surtout dans la première partie de\nces constatations internes datées de Paris, apparaît plus vivement la con-\nscience réflexe toujours en éveil, agissant à la moindre occasion, déterminée\nà l'action par la plus légère futilité. Lorsque l'écrivain est retiré à Honfieur,\nson esprit semble se détendre, il reprend un peu de calme et consent à don-\nner quelqu'attention aux objets extérieurs.\n   Ainsi débute le livre : « Une vulgaire glace d'armoire, d'habitude clair\nmystère. Fidèle et prostituée, à chacun elle s'ouvre pour l'offrir, le rendre\nà lui-même, et, de ce qui s'est vu en elle, elle ne garde pas trace ce semble.\nO pleine de possessions perdues ! Un soir, pourtant, il y a des années,\ndans elle s'embrumant sans plus de reflets, a glissé une forme drapée,\nrevenante ombre d'indivisible, d'un noir mortel ».\n   L'auteur semble être pris de méfiance pour tout ce qui l'entoure, parfois\naussi des rêves, visions absurdes, signes d'un constant travail intellectuel,\nsont annotés, parfois c'est une bizarre analogie, des souvenirs fixes et insis-\ntants. De là, par cette sorte de claustration cérébrale, est proclamée la fuite\ndu réel. « N'est-ce pas moins une abnégation qu'une joie mystiquement\nhautaine de se reclure en une région divinatrice ! »\n   Voici pour terminer encore une très curieuse citation :\n   « Une autre fois il se trouvait en rêve au bord d'un grand fleuve, les\njambes étendues sur une longue pierre granulée, mouillée et résistante, le\ndos contre une pierre pareille, en un coin de retraite et auprès d'hétérogènes\nfemmes aux visages marqués d'ulcères séchés, et dans cette déplaisante\nsociété il s'isolait, son être se rattachait à l'eau d'un gris jaunâtre, ample\net profonde. Son immobilité le faisait jouir doublement de cette fluence, là\ntout près, à ras de lui. Il se sentait, sans que pourtant sa cervelle s'humi-\ndifiât, le bas seulement de son corps se trempant, devenir comme la con-\nscience fière, presque heureuse, de cette eau indéterminément abondante,\nsans rapidité et sans lenteur, auguste dans son sans bruit et qui ne retardait\npas. Puis, son apparente fixité s'est refondue dans le fleuve immense. »\n                                                             VALÈRE G I L L E .\n"}, {"page_pdf": 148, "texte": "                                       — 129 —\n\n\n\n\n                               MEMENTO\n  Nous publierons dans notre prochain           Revue diplomatique, Chefs d'Etat,           par\nnuméro des notes de M. J.-K. Huysmans           Auguste Meulemans, un beau volume con-\nsur les dessins de Victor Hugo.                 tenant la biographie de presque tous les\n                                                ministres et diplomates contemporains. Ces\n                                                esquisses et portraits, dus, pour la plupart,\n   De nombreuses félicitations sont parve-      à la plume de M. Meulemans, sont d'une\nnues à la Jeune Belgique pour son fier          remarquable précision et d'une netteté de\nnuméro de Janvier. I1 n'y a pas jusqu'à         style assez rare. L'auteur emploie le style\nM. Pergameni, professeur à l'Université         d'historien, clair et bref, sans allonge, sans\nde Bruxelles, qui ne lui ait rendu publi-       périphrases traînantes, souvent même inci-\nquement hommage à son cours en disant           sif et mordant : en quelques traits il a carac-\nqu'elle avait bien mérité de la littérature.    térisé son sujet, mais presque toujours,\nA tous nous envoyons nos remerciements,         avec un tas de petites méchancetés entre les\navec la promesse de ne faiblir jamais, con-     lignes.\nfiants dans l'avenir.\n                                                   Nous recommandons ce volume à tous\n                                                ceux qui voudraient s'instruire des hommes\n                                                politiques modernes.\n  M. Edm. Picard donnera prochainement\naux XX une conférence sur Emile Ver-\nhaeren, Maurice Maeterlinck et Charles\nVan Lerberghe. Nous remercions M. Picard,\nqui, au dessus des rivalités d'école, tente        M. Francis Vielé-Griffin, qui met la der-\nde populariser ces deux puissants poètes        nièremain à un poème dramatique vient de\nde la Jeune Belgique qui se révélèrent dans     faire paraître : Entretiens politiques et litté-\nnotre Parnasse, ainsi que le si personnel       raires où figurent un article de Paul Adam\nartiste, notre ami Verhaeren.                   intitulé : l'Epopée boulangiste et une cau-\n                                                serie du poète de Joie : A propos du vers\n                                                libre.\n\n   M. Charles Buet, ce fervent des lettres,\nviendra sous peu donner des conférences\nen Belgique. I1 prépare en ce moment un            Nous avons reçu de M. le baron Julien\nlivre sur Barbey d'Aurevilly dont titre : Les   Leys une intéressante brochure sur la\nDimanches de la rue Rousselet. Les lecteurs     Chine, mais ressortissant surtout à la poli-\nde la Jeune Belgique se rappellent les quel-    tique coloniale.\nques pages poignantes qu'il nous donna sur\nla mort de Charles Baudelaire. Il nous plaît\n                                                   M. E. Deman, qui s'est fait l'éditeur des\nde voir M. Buet faire revivre ainsi ces\n                                                Jeunes, en les remarquables éditions que\nGrands de France; il semble qu'ils sont\n                                                l'on connaît, continue la série de ses splen-\nalors plus près de nous et que quelque\n                                                dides publications par un nouvel album\nchose de leur âme, plus intime, revient\n                                                d'Odilon Redon, à paraître en février. Cette\nnous hanter. Nous publierons prochaine-\n                                                fois le magique artiste interpréta Les Fleurs\nment des fragments de cette œuvre nou-          du mal de Charles Baudelaire.\nvelle.\n                                                   A paraître aussi vers avril, Pages (primi-\n                                                tivement le Tiroir de Laque), par Stéphane\n  Chez Dentu, à Paris, luxueusement édité,      Mallarmé; édition de grand luxe avec illus-\nvient de paraître, sOUS les auspices de la      trations de Degas, Renoir, etc.\n"}, {"page_pdf": 149, "texte": "                                                   —         130    -\n\n                                                               Elle déclare qu'elle n'y comprend rien, ce\n                                                               dont MM. Vielé-Griffin et de Régnier\n   Le mois. A lire :                                           seront anecdotiquement désolés, et elle\n   Dans la Pléiade, prose de Fernand                           ajoute, d'un air Gaudissart : « Mais aussi,\nSeverin et des vers d'Albert Arnay. Dans                       c'est en Belgique que cela se publie, savez-\nle supplément littéraire de l'Indépendance                     vous ? »\nbelge, un aimable article de notre confrère                       Cette bonne Galette anecdotique sera\nTardieu ou se trouve reproduit l'Eventail                      sans doute fort marrie d'apprendre que les\nde Stéphane Mallarmé.                                          poètes qu'elle gourmande sont des écri-\n   Dans Art et Critique un article d'Adolphe                   vains français ! !\nRetté sur la Princesse Maleine où se trou-                        Pas de chance, décidément. Mais aussi,\nvent malheureusement des appréciations                         c'est en France que cela se publie, vous\ndes plus désobligeantes pour MM. Emile                         savez !\nVerhaeren, Giraud, Rodenbach (celui-ci                            A'. B. — C'est la même Galette anecdo-\naccusé de plagierVerlaine), Octave Maus, etc.                  tique qui, récemment, attribuait à Voltaire\n   Dans l'Art Moderne, un très intéressant                     ces vers d'Alfred de Musset :\narticle intitulée : Un nouveaumoyen-âge (1).                            Le plus difficile à trouver\n   Dans la Société Nouvelle la reproduction                             N'est pas la plante, mais Simone.\nintégrale de la Princesse Maleine, numéros                         Compliments, et anecdote pour anecdote.\nde décembre et janvier.\n\n                                                                 Axel par le comte de Villiers de l'Isle\n   Pendant quelques mois la Revue indé-                        Adam, vient de paraître chez Quantin en\npendante avait dû interrompre sa publica-                      une belle grande édition à fr. 7-50. Nous\ntion ; voici que plus vivace, elle vient de                    donnerons dans notre prochain numéro une\ncompléter son année par une double livrai-                     longue étude de cette œuvre, à laquelle le\nson, plutôt un volume, de 350 pages. Rosny                     maître regretté travailla durant la majeure\ny termine sa Légende sceptique et François                     partie de sa vie.\nde Nion commence un roman : la Peur de\nla mort. Nous trouvons aussi de Henri de\nRégnier, qui collabora à la Jeune Belgique\n                                                                  La Pléiade de Paris, vient de se transfor-\nde janvier, quelques vers, très beaux,\n                                                               mer, sous la direction d'Alfred Vallette, en\nextraits de son volume que nous annoncions\n                                                               le Mercure de France, jolie revue mensuelle\ndernièrement : Poèmes anciens et roma-\n                                                               où, parmi les collaborateurs nous retrou-\nnesques,\n                                                               vons quelques noms connus : Raynaud,\n                                                               Aurier,Tailhade,etc. Nous lui envoyons nos\n                                                               meilleurs saluts de bonne confraternité.\n   La Galette anecdotique a lu le numéro\nde janvier de la Jeune Belgique. Elle veut\nbien reconnaître que nous sommes pleins\nde bonnes intentions, mais elle nous re-                          M. Gustave Frédérix a donné dernière-\nproche notre « décadentisme ».                                 ment au Cercle artistique une conférence\n   Afin d'étayer cette grave accusation, elle                  sur Salammbô. Le débutant a remporté un\ncite la Strophe de notre collaborateur                         joli succès de dames, qui fait bien augurer\nM. Francis Vielé-Griffin et un sonnet de                       de l'avenir.\nnotre collaborateur M. Henri de Régnier.\n\n                                                                 M. Antoine, avec ses camarades du\n  (1) Au moment de mettre sous presse nous trouvons            Théâtre-Libre, est venu donner à Bruxelles\nnon sans êtonnement dans la Wallonie une note qui\nvoudrait être une assez verte leçon adressée à l'auteur        une série de représentations. Programme\nde cet article qui, paraît-il, est i l . Edm. Picard. Nous\navouons n'avoir pas bien compris.                              varié, ondoyant et divers. Le Pater, — cette\n"}, {"page_pdf": 150, "texte": "                                              —     I3I   —\n\ninsipide piécette de M. Coppée, où nous               de voyage, suite pour piano qui eurent un\navons savouré ces deux alexandrins :                  très grand succès. Mais le plus beau mor-\nLes stupides oiseaux chantent pour se distraire :     ceau de ce concert fut : La mort de Wal-\nÇa leur est bien égal qu'on ait tué mon frère !       lenstein (troisième partie d'une trilogie),\n   Et à nous donc! Maison aurait dû tuer              réduction pour piano à quatre mains. Après\nM. Coppée, et nous n'aurions pas trouvé               avoir entendu cette œuvre merveilleuse, on\ncela si ridicule.                                     regrette encore plus vivement la suppres-\n   Puis le Père Lebonnard, drame en prose             sion du deuxième Concert populaire où l'on\ndont les phrases ont en moyenne douze                 aurait entendu à l'orchestre la trilogie de\nsyllabes, du troun de l'air M. Jean Aicard.           Vincent d'Indy.\nPassons.\n   Puis En détresse, un acte curieux, à la\nHenry Monnier, de M. Fèvre, Rolande, une                  Une périphrase de Delille :\ngrosse machine mi-Méténier et mi-Ohnet,                       Ce froid célibataire inhabile au plaisir,\n                                                              Du luxe de la table infortuné convive.\nqui ne dénonce aucune préoccupation litté-\nraire , et enfin l'Ecole des Veufs de                   Un mirliton d'honneur à qui devinera.\nM. Georges Ancey. L' Ecole des Veufs est                Nous prévenons pourtant nos lecteurs\nune œuvre des plus remarquables, écrite               qu'il ne s'agit nullement de M'sieu Charles.\navec une extraordinaire sûreté de main, par\nun tout jeune homme qui pourrait donner\ndu fil à retordre à M. Becque.                          Nous publierons dans notre prochain\n   M. Antoine, dans des rôles nombreux, a             numéro La Pompe, poème en plusieurs\nobtenu un très grand et très légitime succès          chants, attribué à un haut magistrat.\nd'artiste.\n\n                                                         M. Iwan Gilkin a donné ce mois une con-\n                                                      férence sur Wagner à Liége.\n  Matinées musicales des XX. — La pre-                  Y aurait-il vu I'toret ?\nmière séance était consacrée aux œuvres\ndes jeunes musiciens belges. P. Gilson, le\nprix de Rome de cette année, figurait                    Lisez ceci :\nau programme accompagné de Kefer,                        « Et maintenant, si vous me demandez\nJouret, etc. Le programme était complété              mes opinions personnelles sur Shakespeare\n— le mot est juste — par le Sorbier de                et Shylock, je ne vous les dirai pas. Je veux\nE. Mathieu.                                           bien vous déclarer qu'il a, selon moi, beau-\n   Beaucoup plus intéressante fut l'audition          coup trop d'amoureuses tirades sentant\nde la Jeune école française : de Castillon,           leur moyen-âge ou leur Renaissance à plein\nCésar Franck, Fauré et Vincent d'Indy. Le             nez; que Portia est une bien bizarre fille\nTrio pour violon, violoncelle et piano de             que je ne voudrais épouser pour rien au\nCastillon révèle un musicien d'une science            monde ; que je ne sais trop si je dois plain-\nprofonde, sinon d'une personnalité bien               dre Shylock ou le haïr (ou encore tous les\nmarquante. A côté de belles pages à mer-              deux), ce qui est regrettable ; et enfin que,\nveille travaillées, traînent des longueurs            si M. Catulle Mendès voulait bien prendre\ndésagréables. Mais admirable le prélude,              quatre ou cinq vieilles histoires courant les\nfugue et variation pour harmonium et                  rues et en faire une seule pièce, ce serait un\npiano de César Franck. C'est simple et beau           délicieux Shakespeare.\ncomme du Bach, tandis que l'air de l'Ar-                 « Mais je n'en dirai pas plus, parce que\nchange extrait de Rédemption chanté par               tout le monde a jasé là-dessus, et que, à\nDyna Beumer, est d'un lyrisme large, d'une            l'heure qu'il est, dans les journaux, Sha-\nsolennité de cathédrale. Vincent d'Indy               kespeare et Shylock sont de vieilles ren-\nexécutait lui-même ses œuvres : Tableaux              gaines.\n"}, {"page_pdf": 151, "texte": "                                         — 132 —\n\n  « 11 en est de Shakespeare comme du             puisqu'il va de 1870 à 1890), ce sera bien\nrossignol. On a tant vu le rossignol dans         intéressant, surtout si l'on pense de quelles\nles ballades et les poèmes, et même dans          façons seront arrangés les écrivains d'au-\nShakespeare, qu'il ne symbolise plus à            jourd'hui. Il y aura des révélations amusan-\nprésent autre chose que les vieilleries démo-     tes — des deux côtés.\ndées traînant dans une arrière-boutique de          A paraître dans le même journal, la Vie\nbrocanteur.                  « E. REYEM. »        de Henri Brulard,        autobiographie de\n                                                  Stendhal, d'après les manuscrits découverts\n                                                  à la bibliothèque de Grenoble par Casimir\n                                                  Stryenski.\n   Parmi tous les prix d'encouragement que\nles gouvernements distribuent à tort et à\ntravers, il en est un auquel le gouvernement         A MARCHIENNES. M. Henry Maubel y a\nbelge ne semble pas avoir songé encore —          donné une conférence, très appréciée par\net sur lequel nous appelons sa bienveillante      les membres du Cercle littéraire, sur Max\nattention. — Ce serait le prix de l'avocat        Waller. 11 a retracé sa physionomie vive\ngénérai.                                          et spirituelle, a dit tout son entrain, toute\n   Il en est, pourtant, qui le méritent ce prix   sa verve et sa hardiesse, et parlé des luttes\n— témoin celui de la récente affaire Istace,      incessantes qu'il avait livrées pour mener à\n— poursuivi pour avoir distribué Gil Bias         bien la Jeune Belgique débutante. Le con-\net l'Echo de Paris et qui termine son             férencier a remporté le plus vif succès.\nréquisitoire par ces mots superbes :\n   « 11 est temps que le jury se lève et dise\nà la pornocratie : « Tu n'iras pas plus             On a exécuté au deuxième concert du\nloin ! »                                          Conservatoire le Songe d'une nuit d'été de\n   Hein ça ! Quel merveilleux sujet de con-       Mendelssohn, la symphonie en ré mineur de\ncours pour des prix de Rome. J'avoue que          Schumann et l'ouverture du Vaisseau Fan-\nmon rêve serait de voir ça en sculpture, et       tôme de Wagner.\nque si ce sujet bien classique, pourtant, ne        On donnera probablement au troisième\npeut pas tenter les académiciens, nous l'in-      concert les Ruines d'Athènes de Beethoven.\ndiquons au moins à notre ami Henry\nde Groux, qui pourrait en faire un bien\nbeau tableau.                                        La troupe du Théâtre-Libre prépare en\n                                                  ce moment Les Frères    Zemganno.\n\n   Désormais la Jeune Belgique sera mise\nen dépôl, à Paris, à la librairie de l'Art           René Ghil a réuni autour de lui de nou-\nindépendant, 11, rue de la chaussée d'Antin,      veaux instrumentistes, très facilement.\nsous la protection d'un jeune et entreprenant     Sont : MM. Eugène Thebault, Jean Phili-\néditeur M. E. Bailly. On sait que c'est sous      bert, Pierre Dévoluy, Albert Lantoine,\n ses auspices qu'a été publié Chez les Pas-       P. Marius-André.\nsants, de même que le sera le prochain livre         Les Ecrits pour l'Art, complétés par\n de de Regnier et d'autres encore. Il est, en     cette nouvelle formule d'Art sociocratique\n même temps, rédacteur en chef du journal :       — d'après un principe de philosophie évolu-\n la Musique populaire.                            tive, continuent à paraître.\n                                                     Rien de bien révolutionnaire : on voit\n                                                  que les néophytes n'ont pas encore la par-\n                                                  faite notion de la musique coloriée des\n   L'Echo de Paris annonce la prochaine           voyelles. Nous espérons mieux. A signaler,\n publication de la deuxième série du Jour-        enfin! une étude sur du Bartas; nous l'at-\n nal desGoncourt (du Goncourt, sans doute,        tendions depuis longtemps ».\n"}, {"page_pdf": 152, "texte": "  En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN, rue d'Arenberg, à Bruxelles:\n\n La Damnation de l'Artiste\n                                par I W A N GILKIN\n           1 vol. gr in-8°, couverture or, avec un frontispice par Odilon Redon.\n                       TIRAGE A 150 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS :\n     10 sur papier Japon impérial, numérotés de 1 à 10, prix. . 30 francs\n    140 sur papier de HollandeVan Gelder, numérotés de 11 à 150 15 »\n    (Les numéros m à150 ne sont pas mis dans le commerce.)\n\n\n                  Vient de paraître chez LÉON VANIER, Paris :\n\n         L'AME DES C H O S E S\n                               RECUEIL DE POÈMES EN PROSE\n\n                        par HECTOR              CHAINAYE\n                                  Prix : 2 francs.\n\n\n                Chez EDMOND DEMAN pour paraître en février :\n\n   LES FLEURS DU                                                        MAL\n                                           DE\n\n                           CHARLES         BAUDELAIRE\n                       INTERPRÉTATIONS PAR O D I L O N      REDON\nEn un album de 8 planches in-fol., avec couverture illustrée. Tirage à 50 exemplaires.\n                                  Prix : 35 francs.\n\n\n   A L ' A V E N T U R E , par JAMES VANDRUNEN. (A                      paraître).\n\n    IMPRESSIONS                   D ' A R T , par EUGÈNE DEMOLDER, chez\nMadame Ve Monnom.\n\n   L A P R I N C E S S E M A L E I N E (hors commerce), par MAU-\nRICE M A E T E R L I N C K .\n\n  L A S O C I É T É N O U V E L L E . Abonnement : 1 an, 10 francs.\nAdministration générale : 18, rue d'Edimbourg, Bruxelles.\n\n   LA R E V U E              I N D É P E N D A N T E , rédacteur en chef :\nFRANÇOIS DENION Abonnement, 15 francs par an; étranger, 17 francs.\nAdministiation chez Albert Savine, 12, rue des Pyramides, Paris.\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie UNE FEMME D'AFFAIRE, par DUBUT\nDE L A F O R E S T .\n  Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\npartout.\n"}, {"page_pdf": 153, "texte": "                          A       PARAITRE\n\n   Le Triomphe du Verbe\n                                       PAR\n\n\n                      Maurice        DESOMBIAUX\n             Tirage à petit nombre sur beau papier de luxe.\n\n\n\n\n   LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur\nla brèche, l'élan est donné. Nous ferons tout pour rendre\nnos numéros plus beaux et plus intéressants. Prochainement,\nnous publierons des Notes sur les dessins de Victor Hugo,\npar J.-K. HuYSMANS un très beau conte d'ALBERT L E U N S , UN\nnouveau parmi nous, des proses de CHARLES B U E T , HECTOR\nCHAINAYE, FRANCIS N A U T E T , ANDRÉ FONTÀINAS, des vers\nd'IwAN GILKIN, ALBERT GIRAUD, ADOLPHE FRÈRES, etc.\n  A la tête du mouvement littéraire, L A J E U N E B E L -\nG I Q U E hautaine et fière, dirigera le combat, marchera en\navant, à travers tout. Mais il faut que tous nous l'aidions. A\nE L L E pour la propagande ! Des cartes d'abonnement sont à\nla disposition de nos amis. Ceux qui nous feront parvenir\nDIX abonnés nouveaux recevront L A J E U N E B E L -\nG I Q U E gratuitement p e n d a n t u n a n .\n   Ceux qui nous en feront parvenir V I N G T , recevront :\n1° L A J E U N E B E L G I Q U E g r a t u i t e m e n t à perpé-\ntuité ; 2° Ils auront droit à tous les tirés à part de grand luxe\ndes frontispices, dessins, portraits, etc. ; 3° Leur nom figurera\nen tête de la publication commémorative de nos fêtes du\ndixième anniversaire.\n\n\n\n             Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1890-02-01", "preuve": "Février 1890, numéro 2, couverture PDF 118 ; aucun jour imprimé."}}