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J.-K. HUYSMANS.\n       Lucifer                                    IWAN GILKIN.\n       Les Dimanches de la rue Rousselet . .      CHARLES BUET.\n       Irène                                      ADOLPHE FRÈRES.\n       Transpositions modernes. — Cirque . .      JULES DESTRÉE\n       La Synthèse                                ALBERT LEUNE.\n       Floramye                                   GEORGES VANOR.\n       Stéphane Mallarmé .               , .      VALÈRE GILLE.\n       Fable                                      FÉLICIEN ROPS.\n       Chronique littéraire :\n            Aux XX. Conférence de M. E. Picard.   V. G.\n            Dire du mieux                         V. G.\n       Chronique musicale :\n            Salammbô                              ALBERT GIRAUD.\n      Vénerie esthétique                          ON. CUDOYE.\n      Memento                                     NEMO.\n\n\n                                                              BRUXELLES\n                                              Rédaction : 55, BOULEVARD D'ANDERLECHT\n    PRIX DU NUMÉRO                                                 PARIS\n            F r . 0-75                               LIBRAIRIE: DE l'Art        Indépendant\n                                                          i l , rue de la Chaussée d'Antin\n\n                                                                      iSqo\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-016", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "AMEN", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 155, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 959, "fin_caractere_exclue": 2419, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n  23. — GEORGES F'ONTAINE. Louvain. Parfaitement. Il a profité de son séjour en\nBelgique pour faire à Tilman sa visite de... digestion.\n  24. — ROBERT L. Vous devez avoir énormément de facilité : vos vers sont immondes.\n  25. — PENHOLDER. VOS vers ne sont pas infects; c'est un compliment; ne désespérez\npas, la Jeune Belgique est accueillante ; vous le voyez bien.\n  26. — FÉLICIEN ROPS. Si n'envoyez pas frontispice, continuerons à publier fables\nde vous.\n  27. — NEAL. Connaissez-vous ce vers de Victor Hugo?\n                            Il allait pérorant, ébranlant la famille.\n  Voilà le chemin à suivre; c'est le moyen de contenter tout le monde et son père : Vous\npourrez ainsi vous adonner corps et âme à la littérature et offrir vos pièces à vos petites\ncousines.\n  28. — EM. C H . Bonjour.\n  29. — LUCIEN BORRE. NOUS prenez vous pour un ogre! Nous ne mangeons pas les\npetits enfants. Monsieur! Envoyez votre pièce, nous nous ferons une conviction.\n  30. — SUAVE PINOLET. Prière de vous réveiller; vous avez assez regardé votre nombril.\n  31. — EMILE VAN HEUBCK. Anvers. Nous avons transmis votre abonnement à l'admi-\nnistration. Merci. Quant à votre nouvelle elle sera soumise au comité de rédaction; nous\nne pouvons rien promettre.\n  32. — JECQUET.\n                             Lariflaflafla,    lariflaflafla.\n                                  Ce sera pour une autrefois.\n                                            AMEN.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 133, "page_fin": 134, "titre_corps": "In Memoriam", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry Maubel [sommaire] ; La Jeune Belgique [corps]", "ancre_debut": "IN MEMORIAM", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 156, "page_imprimee": 133, "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1668, "texte": "IN MEMORIAM\n\n\n                                   Voici un an que Max Waller est mort, et sa\n                                    tombe, là bas, à Hofstade, où quelques\n                                    amis sont allés déposer des fleurs par une\n                                    journée pluvieuse et noire, trouble d'ho-\n                                  rizon, comme la journée de ses funérailles,\n                                sa tombe est bien scellée de silence.\n                                 Un an efface tant de choses moins subtiles\n                           que le souvenir!...\n                         Est-ce dire que son nom soit sorti des mémoires?\n                    Nullement. Max Waller, ce nom provocant et bref,\n                    avec le flottement doux de sa désinence, ce nom pareil\n                    au schème d'un geste littéraire qui a si joliment fouetté\n                    la médiocratie belge, ce nom est indélébile.\n                        En parlant de silence, nous songeons à ceux dont la\n                     mémoire vivace de rancune n'a point pardonné, à cet\n                     esprit, désormais éteint, ses petites victoires d'antan.\n                        Leur obstination à faire l'oubli autour de lui, prouve\n                     qu'ils s'en souviennent doublement et c'est ce qui\n                     affirme, mieux que toute compassion, sa vitalité spiri-\n                tuelle.\n   La physionomie de Siebel dont on eût pu dire, reproduisant une\népithète appliquée au comte de Rivarol : « Son Impertinence le page\nSiebel », cette physionomie sur laquelle éclatait si radieusement la joie de\n"}, {"page_pdf": 157, "page_imprimee": 134, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "                                 134\n\nvivre jeune, beau, svelte, élancé de corps et d'âme, les hante encore et les\nobsède, ces mauvais.\n    Qu'ils sachent donc bien que cette tombe entourée de fleurs, portant au\nsocle de sa croix un fin profil médaillonné avec notre écusson — le sien —\nen exergue, nous représente quelque chose de sacré, un cher souvenir\nauquel on ne touchera pas.\n    « Le souvenir est l'espérance du passé ». — N'est-ce pas lui qui le\ndisait? — C'est le regret, la nostalgie, le retour d'âme vers ce qui a été, si\npassionné, si chaud et si intense parfois, qu'il peut animer une image au\npoint d'y ressusciter l'être. Ce souvenir nous accompagne et nous aide à\nfaire prospérer l'héritage intellectuel de Max Waller.\n   Au lieu de passer sa très courte vie à se confectionner un peu de gloire\npersonnelle, il a provoqué et mené en quelques années le relèvement litté-\nraire de notre pays.\n    Nous l'aimons pour son dévouement et son abnégation, pour sa géné-\nrosité et sa sincérité à accomplir cette création que, seul, un délicat, un\naffectif, un artiste pouvait concevoir et réaliser comme il l'a fait.\n    Nous l'aimons pour cette témérité, cette gaieté d'esprit qui le poussèrent\nà l'assaut de toutes les routines, sans jamais une crainte, sans un recul,\nhéroïquement, passionnément, d'un bout à l'autre de cette course aux illu-\nsions dont il s'est arrêté avec l'impression de s'éveiller d'un rêve.\n    Un rêve, en effet !\n    Que si, trouvant folles et inopportunes cette vie ouverte et cette géné-\n reuse dissipation, des gens reprochaient à Max Waller d'avoir émietté son\n inspiration, dispersé ses pensées, nous leur rappellerions des pages de com-\n position condensée et achevée, entre lesquelles la Vie bête, la Flûte à Siebel\n et enfin Daisy, cette nouvelle posthume qui marque son éveil en pleine\n souffrance.\n    L'étude psychologique de ces pages que l'un de nous fera un jour, mon-\n trera son entière et très originale personnalité d'écrivain.\n    Le nom de Max Waller est, aujourd'hui, ballotté en cette période\n d'incertitude et d'attente qui succède à la vie physique d'un être.\n    Cette période est d'autant plus trouble, pour lui, que sa vie a été plus\n étrange et plus bruyante, sa mort plus prématurée et plus soudaine.\n L'attente sera longue, mais son nom se casera.\n    Sa physionomie littéraire, alors, arrêtée par des contours nets, comme\ncelle de quelqu'un du passé, apparaîtra en place calme et définitive à ceux\n qui liront ses œuvres et l'histoire de son ŒUVRE.\n  6 mars 1890.\n                                                   LA J E U N E B E L G I Q U E ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 135, "page_fin": 136, "titre_corps": "Les Dessins de Victor Hugo", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "J.-K. 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L'on songe\ndevant cette architecture de rêve, non plus aux amusettes romantiques\nd'un Doré, mais, à des cités douloureuses du moyen-âge, à des châteaux de\nlégende, escaladant,, avec leurs cimes bousculées, leurs pignons en déroute,\nleurs clochers fous, les plaines ravinées d'un ciel saturé de pluies et gorgé\nde foudre.\n   Un autre dessin nous montre encore un roc sur lequel des marches ser-\npentent en un vertigineux escalier jusqu'au firmament, que bouche une\nforteresse creusée dans le granit et dont on ne voit qu'une embrasure\ngrillée de fer, devant laquelle passent en bouillonnant d'effrayants nuages.\n   Tout cela campé à la diable, balafré de traînées de sépia et de bistre,\ntrituré comme avec des estompes imbibées d'encre, rehaussé dans les parties\nliquides, de lavures d'un bleu pâle et gris, du bleu de la pierre divine, pilée\net délayée dans un peu d'eau.\n   Et l'on se dit que c'est bien de Victor Hugo, cet art là ! — C'est bien de\nlui, cette atmosphère d'orage, ces grands ciels en deuil, ces naufrages du\njour culbuté par la houle des nues.\n"}, {"page_pdf": 159, "page_imprimee": 136, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1238, "texte": "                                 — 136 —\n\n   Devant ces tourmentes peintes bien inférieures pourtant à l'ouragan de\nses phrases, mais néanmoins indiquées, nettement, violemment, d'un pin-\nceau qui s'écrase à pleins poils sur le papier fort, l'on se remémore les\nmarines des Travailleurs de la mer et de l'Homme qui rit; c'est, en effet,\nla même conception gigantesque, la même vision du tétanos des mers et de\nl'épilepsie des ciels ; c'est la même hantise des éléments océaniques et\nfluides que, seul, dans toutes les littératures, il a pu rendre. Il semble que\nson œuvre soit astrologiquement blasonnée par l'image héraldique d'Orion,\nl'étoile des tempêtes, l'astre qui provoque les bourrasques et les mantures.\n   Ses châteaux fantastiques n'évoquent-ils pas aussi le souvenir de ces\nbizarres et splendides pages où, dans la geôle de Southwark, Gwynplaine\nregarde la face stratégique du juge qui, une touffe de roses à la main,\npsalmodie d'une voix morte, coupée de répons latins, la litanie des sécu-\nlaires lois au nom desquelles il supplicie Hardquannone dont on entend,\nsous les pierres qui l'écrasent, l'épouvantable râle ?\n\n                                                     J . - K . HUYSMANS.\n\n\n\n\n                             "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 136, "page_fin": 137, "titre_corps": "Lucifer", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "LUCIFER", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Les Dimanches", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 159, "page_imprimee": 136, "debut_caractere": 1238, "fin_caractere_exclue": 2060, "texte": "LUCIFER\n     Il cria d'une voix qui brisa mes vertèbres :\n\n     — En ton sommeil, dans la vaste paix des ténèbres\n     Où ton repos attend les fleurs du lendemain,\n     Me voici, le bras haut, une flamme à la main :\n     Je viens toucher ton cœur, de ma main lucifère.\n     Regarde maintenant, comprends et désespère.\n     Ah! ton futile esprit se plaisant à l'erreur,\n     Tu t'osais supporter toi-même sans horreur;\n     Tu ne voyais ni tes lâches supercheries\n     Ni tes vils appétits de voluptés flétries,\n     Ni tes dois, ni tes vols, ni tes faux   dévouements\n     Singeant le sacrifice et la soif des tourments,\n     Ni les paons vaniteux et fous faisant la roue\n     Dans la nuit noire de ton âme et dans sa boue,\n     Ni tes songes cruels, sensuels et jaloux,\n      Traîtreusement couverts d'un sourire si doux\n"}, {"page_pdf": 160, "page_imprimee": 137, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1052, "texte": "                                  -   137    -\n\n\n    Qu'il a fait longtemps croire en ta bonté mauvaise.\n    Ignorant de ton cœur, tu laissais croître à l'aise\n    Ta force et tes instincts de naïf animal.\n    Mais je suis l'Eclaireur formidable du Mal :\n    Je t'apporte le don fatal de la Science ;\n    Tâche de supporter désormais l'existence,\n    Misérable! Le vieux dogme n'avait pas tort :\n    « Le crime de savoir sera puni de mort! »\n    Ah ! quand je songe à la grimace si cocasse\n    Que va faire, en crevant, ta sordide carcasse,\n    Mes dents bavent de joie et je danse et je ris\n    Et mes ailes aux doigts mous de chauve-souris\n    Allongent les rubis de leurs ongles phalliques,\n    Et j'exulte et m'exalte en hymnes catholiques :\n     « Te Deum ! Te Deum ! Le Ciel a fait la Loi.\n    Mais l'Œuvre et son angoisse et sa chute, c'est Moi! »\n\n    — Seigneur, que répondrai-je au démon de phosphore ?\n    J'ai soufflé sur sa flamme et Vous attends encore.\n                                                             IWAN GILKIN. '\n\n\n\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 137, "page_fin": 141, "titre_corps": "Les Dimanches de la rue Rousselet", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Buet", "ancre_debut": "Les Dimanches", "ancre_fin": "CHARLES BUET", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 160, "page_imprimee": 137, "debut_caractere": 1052, "fin_caractere_exclue": 2063, "texte": "Les Dimanches de la rue Rousselet\n UN              soir que j'étais — il y a bien longtemps — avec Coppée,\n dans                 un petit café de la rue de Sèvres, que nous appelions\n                  Chez D e l p h i n e , et où venaient, avec M. d'Aurevilly, ses\n               amis Bloy et Landry, le graveur Massait, quelques peintres\ndu voisinage, des artistes comme Poirson et Ferdinandus, Paul Bourget,\nle docteur Wattelet, — un soir, dis-je, un jeune homme vint s'asseoir près\nde nous, et le poète des Humbles nous nomma l'un à l'autre : Joris-Karl\nHuysmans, fort connu déjà, l'un des collaborateurs des Soirées de Médan,\nami de Zola, familier de Goncourt, et dont les premiers romans avaient fait\ndu bruit. Un homme svelte, élégant, d'allures inquiétantes, un peu sec,\naux gestes anguleux. Une tête féline, encadrée de cheveux et d'une barbe de\ncouleur indécise, à la fois roux et brun, avec des reflets blonds. Des yeux\nvifs, perçants, le regard scrutateur, le sourire sarcastique ; la voix douce, un\n"}, {"page_pdf": 161, "page_imprimee": 138, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2901, "texte": "                                 — 138 —\n\npeu métallique ; un accent du faubourg, corrigé par un autre accent, étran-\nger et étrange. Le parler bref, haché par petites phrases, sec; la physiono-\nmie très éclairée, franche, très bonne. Une causerie leste, vive, pleine de\nrailleries, d'une ironie âcre, avec des mots inattendus, des plaisanteries\nénormes, beaucoup de laisser-aller et de défiance, une tristesse indéfinis-\nsable, sous une gaieté trop expansive pour être sincère.\n   Je ne saurais dire à quel point l'aspect de ce personnage me frappa. Mais\nje n'avais que l'effronterie des timides, et je ne revis Huysmans que long-\ntemps après. Il avait publié, dans l'intervalle, son livre : A rebours, où\nfurent, dans notre clan, remarquées plusieurs pages sur les écrivains catho-\nliques, et surtout les contemporains. Il ne manquait pas d'y faire, injuste-\nment comme les autres, à M. d'Aurevilly le reproche de sadisme, sur lequel\nil faudra s'expliquer plus tard. Et ce fut à cette occasion même qu'il fit, de\nplus près, la connaissance de l'auteur des Diaboliques, à qui, tout de suite,\nallèrent sa sympathie et son respect. Et dès lors on se revit plus fréquem-\nment, le dimanche, dans la chambre rose de la rue Rousselet. Ce caractère\nouvert, généreux, sous le fard de scepticisme dont la vie de Paris badigeonne\nles plus épris d'illusions, ce rire moqueur, cette causerie monotonement\namusante, ces soubresauts d'esprit, ces saillies de clown, ces aperçus nets\net rapides sur toutes choses, étaient pour séduire, et séduisent vraiment. Il\ny a tant d'honnêteté réelle sous ce prétendu satanisme ! Une telle soif de\nvérité, sous les apparences de l'incrédulité ! Une si réelle affection du pro-\nchain sous des semblants d'égoïsme, échafaudés pour mystifier les sots !\n   Joris-Karl Huysmans, d'origine hollandaise, est d'une famille de peintres,\net compte parmi ses ancêtres Cornélius Huysmans, de qui le musée du\nLouvre possède plusieurs tableaux; son bisaïeul maternel, prix de Rome,\nfut un sculpteur de mérite et travailla aux arcs-de-triomphe du Carrousel et\nde l'Étoile.\n   Huysmans est un moderne, un moderniste, dans l'acception la plus\nabsolue du mot. Il a beaucoup de haines, particulièrement celle des méri-\ndionaux, desquels l'exubérance le choque et le fatigue. Un jour, Alphonse\nDaudet recevait un néophyte littéraire, débarqué récemment dans la grande\nville, et comme il lui disait, au cours de l'entretien : « Nous autres, gens du\nmidi », le bon jeune homme se récria, disant qu'il n'était point d'outre\nLoire : « Vous n'êtes pas du midi? s'écria l'ancien P'tit Chose, stupéfait.\nAlors, mon bon, qu'est-ce que vous venez f... aire Paris? » Cette anec-\ndote — se non è vera è ben trovata — fait les délices de Huysmans, qui la\nrabâche avec une joie féroce. Il est citadin, lui, point campagnard. Il peint\nplus volontiers les paysages urbains que la nature, et voit plus de poésie\n"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2850, "texte": "                                  — 139 —\n\ndans une impasse infecte, boueuse et noire, que dans un sous-bois illuminé\nd'une lumière verte par les rayons du soleil passant à travers les feuilles.\n   Né rue Suger, une vieille rue de l'ancienne Université, il habite l'ancien\ncouvent des Prémontrés de la rue de Sèvres, et je crois qu'il ignore tout ce\nqui existe au delà des murs d'enceinte de sa ville.\n    Il n'est point romantique, et moins encore, assurément, classique. Il s'est\nréfugié dans l'art, dans la beauté artificielle, construite et réglée d'après le\ngoût humain. Il n'est pas peintre, mais il a inventé des peintres, Degas,\n Raffaëlli, et ce prodigieux Odilon Redon, dont le crayon a fixé les concep-\ntions de Poë, et qui me rappelle ce Rochester, l'aveugle de Jon Eyre, dont\nles compositions mystérieuses sont décrites avec tant de passion par miss\nBronte. Aucun critique d'art n'a, aussi bien que lui, révélé Gustave Moreau,\nle hiératique Moreau, à qui de surnaturelles visions dévoilèrent, semble-t-il,\nles secrets de la vie biblique, et dont l'œuvre magistrale est le véritable tré-\nsor artistique de cette fin de siècle.\n   Huysmans fut, avec Léon Hennique, Henry Céard, Guy de Maupassant,\nl'un des premiers disciples de Zola. Mais il est naturaliste d'une autre\nmanière, et sans suivre le maître dans sa voie, il ne l'a jamais renié, comme\nfirent d'autres jeunes gens, desquels le manifeste invoquant, après la Terre,\nla morale outragée, fit un si divertissant tapage.\n    Son début fut un recueil de poèmes en prose, le Drageoir aux épices,\npuis il publia Marthe, les Sœurs Vatard, En ménage, des Croquis pari-\nsiens, et enfin l'Art moderne, merveilleuse étude de la peinture contempo-\nraine, où Degas, Raffaëlli, tous deux impressionnistes, et Odilon Redon,\nl'étrange artiste qui traduit avec son crayon magique les rêves extraordi\"\nnaires que le poète mathématicien Edgard Poë burinait avec sa plume.\n    Le livre qui lui donna tout à coup la célébrité, au moins parmi les\njeunes, A rebours, le mit aussitôt hors de pair, parmi les écrivains dejà\ncélèbres. Livre de désespéré, disait M. d'Aurevilly, histoire d'une âme en\npeine, qui raconte ses impuissances de vivre, même à rebours ; livre d'une\noriginalité monstrueuse, dont le héros, arrivé à la dernière limite que les\nsensations puissent atteindre, est encore affamé de sensations nouvelles, et\ndont l'auteur nous écrit la nosographie d'une société putréfiée de matéria-\nlisme. Le talent est ici à toute page; l'abondance des notions sur toutes\nchoses y va jusqu'à la profusion. Le style, savant et technique, y déploie\nune magnifique richesse de vocables\n    Ce livre inoubliable provoqua une page superbe de M. d'Aurevilly.\n    « Une mortelle angoisse se dégage de son livre. Le misérable château de\n cartes — cette petite Babel de carton — élevé contre le monde de Dieu\n"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "                                   — 140 —\n\ns'est écroulé et lui est retombé sur les mains. Le matérialiste, qui deman-\ndait tout à la matière, n'en a tiré que ce qu'elle peut donner, et c'est insuf-\nfisant. Le 'révolté a senti son néant. Chose expiatrice des criminels égare-\nments de ce livre ! Les derniers mots en sont une prière. C'est à une prière\nqu'aboutit tout ce torrent d'imprécations et de malédictions enragées. « Ah !\ndit-il, le courage me fait défaut et le cœur me lève... Seigneur, prenez\npitié du chrétien qui doute, de l'incrédule qui voudrait croire, du forçat\nde la vie qui s'embarque dans la nuit sous un firmament que n'éclairent\nplus les fanaux consolants de l'espoir! » Est-ce humble et assez soumis?...\nC'est plus que la prière de Baudelaire :\n\n                Ah! Seigneur, donnez-moi la force et le courage\n                De contempler mon corps et mon cœur sans dégoût ! »\n\n\n\n\n   « Aux derniers les bons », dit un proverbe qu'il y a lieu de citer quel-\nquefois. Depuis tantôt vingt ans, l'un des amis les plus intimes de M. d'Au-\nrevilly est un homme qui fut jugé bien diversement, et sur qui le dernier\nmot n'est pas dit. Combien de fois n'a-t-on pas reproché à l'auteur de ce\nlivre de l'avoir cité, nommé ou défendu? Et quoi de plus naturel, cepen-\ndant, qu'une amitié persévérante, lorsqu'elle est sincère, et qu'elle puise ses\norigines dans une croyance commune, dans une foi passionnée ! Mais Léon\nBloy, polémiste redoutable, violent, excessif, a passé toute sa vie à se faire\ndes ennemis par son intransigeance et ses brutalités. Certes, il n'est point\naimable, ni gracieux, ni très sociable, mais je ne connais personne qui ait\nun plus véritable besoin d'affection, qui soit plus fermé à la défiance et au\nsoupçon. Il n'a pas la bonté vulgaire, qui sait excuser tout, pallier les fautes,\ndéguiser les vices : mais il a cette bonté secourable et cachée, qui livre un\ncœur à un cœur sympathique. Il raille, mais il pleure. Il attaque, mais il\ndéfend. Et ses colères, outrées par un besoin d'expansion toujours réprimé,\nne sont que l'irrésistible éclat d'une sincère générosité.\n   Il y a, en Bloy, un chrétien affolé d'amour, affamé de justice, et son\nâme, qu'aucune rosée bienfaisante ne désaltère, crie vers le Seigneur l'injus-\ntice inexprimable du siècle. Cet athlète prêt à tous les combats est écarté du\nchamp de bataille; cette force est inutilisée; ce talent est dédaigné. Com-\nment voulez-vous que la victime d'une indifférence qui la tue ne pousse pas\nla violente clameur du désespoir?\n   M. d'Aurevilly l'a jugé mieux que personne dans la préface qu'il mit en\ntête de son livre : le Révélateur du Globe.\n"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2269, "texte": "                                   — 141 —\n\n   « C'est un esprit de feu, composé de foi et d'enthousiasme, que ce Léon\nBloy inconnu, qui ne peut plus l'être longtemps... Pour ma part, parmi\nles écrivains catholiques de l'heure présente, je ne connais personne de cette\nardeur, de cette violence d'amour, de ce fanatisme pour la vérité. C'est\nmême cet incompréhensible fanatisme dont il se vante comme de sa meil-\nleure faculté, qui a empêché M. Léon Bloy de prouver aux regards du\nmonde ses autres facultés et sa supériorité d'écrivain. Polémiste de tempé-\nrament, fait pour toutes les luttes, tous les combats, toutes les mêlées, et\nsentant cette vocation pour la guerre bouillonner en lui, comme bouillonne\ncette sorte de vocation dans les âmes, quand elle y est, il a de bonne heure\ndemandé instamment à ceux qui semblaient penser comme lui, sa place sur\nleurs champs de bataille, mais ils lui ont toujours fermé l'entrée de leur\ncamp.\n   « Quoi de surprenant? Dans une époque où le génie de la concession qui\ngouverne le monde va jusqu'à lâcher tout, un esprit de cet absolu et de cette\nrigueur a épouvanté ceux-là même qu'il aurait le mieux servis. L'héroïque\nVeuillot, par exemple, qui n'a jamais tremblé devant rien, excepté devant\nles talents qui auraient tenu à honneur de combattre à côté de lui pour la\ncause de l'Eglise, Veuillot prit peur, un jour, du talent de M. Léon Bloy,\net, après quatre ou cinq articles acceptés à l'Univers, il le congédia formel-\nlement. Alors, cet homme, avec qui on se conduisait comme s'il était\nun petit jeune homme, quand il était un homme tout à fait, et qui, depuis\ndix ans, s'attendait et s'impatientait, accumulant et ramassant en lui des\nforces à faire le plus formidable des journalistes, fut étouffé par la force lâche\ndu silence des journaux, et des journaux sur lesquels il aurait dû le plus\ncompter ! Enfermé, comme le prophète Daniel, dans la fosse aux bêtes, mais\naux bêtes qui n'étaient pas des lions, il recommença de faire ce qu'il avait\nfait toute sa vie. Il recommença d'attendre avec le poids de son talent\nméconnu et refoulé sur son cœur, l'occasion favorable où il pourrait prou-\nver, à ses amis comme à ses ennemis, qu'il en avait. »\n\n                                                         CHARLES BUET."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 142, "page_fin": 145, "titre_corps": "Irène", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Adolphe Frères", "ancre_debut": "IRÈNE", "ancre_fin": "ADOLPHE FRÈRES", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "TRANSPOSITIONS MODERNES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 165, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 1317, "texte": "IRÈNE\n                              A MONSIEUR EMILE VAN HASSEL.\n\n\nCelle qui n'a paru que pour fleurir\nD'un peu de grâce un passé glorieux,\nCelle qui n'a fleuri que pour mourir\nExile de ses souvenirs ses yeux\nPâles vers le ciel : « Que je marche, Reine,\nAu cœur navré de mes lèvres trop fières,\nParmi la frêle et neigeuse lumière\nQue verse aux fleurs l'espoir de mon haleine,\nVers les lys et les roses, vers les lys\nCalices où dort maint pleur aboli,\nLes doux lys mourant d'aimer leur image\nDans les fontaines — les roses aux robes\nTissées au rouet d'or de la reine Aube,\nEt dignes de fleurir mon fin corsage !\n\nSous les satins lointains du Paradis,\nUn cercueil d'enfant — sourire! — ô cortège\nD'aurore comme en mon âme — tandis\nQu'une cloche angélise, comme il neige...\n\nForêt secrète et fraîche, que de fois,\nSous l'ogive claire, l'ombre, aux émois\nDes verdures vieilles de tant d'enfance,\nA fiancé mon. âme au bleu silence!\nQue de fois j'ai leurré de lents départs\nMon âme éprise du blanc sortilège\nDe mes pensers neigeant, ô fleurs de neige,\nSelon la paresse de mes regards !\nQue de matins, de lumière voilée,\nO forêt, je t'ai ravi ton sourire,\nPour, en mes chers souvenirs exilée,\nSonger de fleurs, hélas! et de sourire!\nOh ! les veux mi-clos, le frèle sommeil\n"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1486, "texte": "                    -      143-\n\n\nDe voir au fond des voies fleuries de roses,\nCanal de cristal aux rives de roses,\nS'endormir sur de la neige, le soleil!\nOh! des enfants s'éveillent en mon âme;\nDes verveines fleurissent dans mes yeux;\nIl neige de la lumière en mon âme ;\nO des vols d'or s'exilent de mes yeux!\nEsclaves dociles à mon sourire,\nDes oiseaux bleus, séduits vers mon passage,\nIlluminent mes yeux de leur délire;\nDe fines mésanges me dévisagent.\n Vous m'étiez douces, pelouses moelleuses\nPour la descente de mon pas cruel\n Vers le lac brodé de fleurs et de ciel,\nDouces jadis à mon enfance heureuse\nDe son enfance — à mes délices\nD'un clair sourire aux lèvres du soleil\nFleur d'or pâle en pleurs vers les purs calices\nDes lys qui s'inclinaient sur mon sommeil.\n\nO voici les beaux cygnes, qu'éternise\nLeur silence, glisser parmi les fleurs ;\nLes cygnes éternels, sans autre sœur\nQue leur image où leur col s'adonise,\nGlissent parmi les lys de leur mirage,\nEt promènent leur triste et fier sillage\nDans l'ombre bleue où de frêles city ses\nFouillis d'ailes voilant de noirs dédales,\nEcoutent s'amincir en vocalises\nLeurs graciles ramures musicales.\nVoici que s'illumine aux entrelacs\nDes flots subtils et fugaces, des flots,\nMon image (ô la morte sous les eaux)\nAuréolée de ciel et de lilas.\nO mourir son amour en ce décor,\nS'en aller de soi-même vers des lèvres,\nSourire, enfant encore aux décors mièvres!\nO douceur de rêver comme on s'endort,\nMusicienne un peu d'un souvenir,\n"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1510, "texte": "                     — 144 —\n\nLa lumière de mes mains sur ma guimpe\nRose et joie ! m'irradiant en un nimbe\nDe grêles fleurs qui semblent me bénir!\n\nMais, ombre et fraîcheur ! voici que le soir,\nRayonnant de mes prunelles profondes,\nMène, pour qu'il se mire en ce miroir\nMon silence s'assoupir sur les ondes.\nO voici qu'agonisent les guirlandes\nDes pierreries, des fleurs et des lumières,\nEt qu'à l'appel de jeunes voix princières\nLes cygnes s'éloignent dans la légende.\nPourquoi mes fleurs s'en vont-elles de moi ?\nTout s'exile, les lys et les collines;\nJe suis seule... ô mon âme est orpheline...\nDélice et vertige! j'ai peur, jai froid,\nEt quelles longues mains pâles me frôlent?\nMes yeux, dans l'eau, mes yeux         impérieux\nO Folie! mes yeux fascinent mes yeux...\nMes cheveux pleurent sur moi... ô ces saules!\nJe le sens bien, je suis seule en mon âme\n Trop douce au gré de mon orgueil amer;\n Triste fiancée d'un passé trop fier,\nMon âme seule est digne de mon âme.\n\nBaiser qu'implorent mes lèvres dans l'onde,\nFrêle baiser qui guéris de la vie,\nMe voici, toute enfant et si ravie\nDe ton frais sourire à fleur de l'eau blonde ;\nBaiser de rose et de cristal, fiance\nMes lèvres à mes lèvres, ô prodige!\nFiance à mes yeux en ton lent vertige,\nMes yeux ivres d'exil et de silence.\nAu clair des violettes et des roses,\nOublieuse au souffle inconnu de palmes,\nMiracle! à la dérive, sur l'eau calme,\n Vers quelles subtiles métamorphoses!\nAu clair des lys harmonieux des rives,\nSelon des caresses, à la dérive,\n"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 630, "texte": "                               —   143 —\n\n       Parmi la lumière de mon visage,\n       Mon doux regard fermé sur mes pensées,\n       Et mes mains, de verdures enlacées.\n       Mes mains nimbant d'un précieux sillage\n       Pour le sacre de la mort virginale,\n       Le luxe d'une obscure chevelure.\n\n        Adieu, mes lys aimés ! Adieu, mes fleurs,\n        Mes sœurs qui me gardiez enfant et pure.\n        Souriante et parée, comme je meurs,\n        Dans l'ombre aux coins de clarté qui s'élève,\n        Ce soir, la bonne mort va m'unir à mon rêve.\n\n                                                  ADOLPHE FRÈRES.\n\n\n\n\n        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 145, "page_fin": 146, "titre_corps": "Transpositions modernes : Cirque", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Transpositions modernes", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "TRANSPOSITIONS MODERNES", "ancre_fin": "JULES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 168, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 630, "fin_caractere_exclue": 1863, "texte": "TRANSPOSITIONS                         MODERNES\n                              CIRQUE\n                                                     D'après ROBERT PICARD.\n\n\n            Enorme est l'arène, et banale, mais banale sous une lumière qui\n             n'est pas de ce monde. Le sable jaune a des épaisseurs trou-\n             bles et des reflets bizarres sous cette avalanche de clarté\n             blafarde et roussâtre, oppressante comme l'éclat souffreteux\ndu gaz en un air vicié. Le sable, et la sciure de bois propice aux chutes et\nqui si nettement sait boire le sang, assourdissent le martèlement saccadé\ndes sabots.\n\n  Et c'est dans un silence étrange que se démène l'effrénée sarabande.\n\n   Se dressent de fantastiques étalons, rouges, saignants, comme écorchés\npar ce gaz maudit, comme échappés à la barbarie d'un équarrisseur. Debout,\ndroits. Tous leurs muscles tendus apparaissent saillants, nus, à vif, sous ce\nfeu blême qui ruisselle ; des yeux jaillis des orbites et des naseaux larges\nsoufflant de longs jets de vapeur. Carcasses vermeilles où palpiterait une\ndernière vie désespérée, la lèvre relevée sur les mâchoires avec cet effroyable\nrire de l'animal qui succombe, ils se dressent, ils se cabrent, sous les mor-\n"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1993, "texte": "                                 -   146    -\n\nsures cruelles de la chambrière qui siffle, qui grince, les entoure et exaspère\nleur agonie — oh ! ces fouettantes et stridentes lanières, si mauvaises ! —\nen ce silence étrange,... — ils se cabrent et atrocement font dans l'air, de\nleurs pieds de devant, des gestes convulsifs et suppliants qui implorent le\nrepos, le sommeil, la fin, enfin!\n\n   Mais l'inflexible palefrenier flagellant, l'invraisemblable écuyer de cau-\nchemar, long et mince, tel un ver, en sa livrée, les basques de son habit vert\nvoletant pareilles aux ailes rudes d'un coléoptère au lent élan, pâle de fréné-\ntique fureur, sa tête pointue qui grimace s'enfonçant sous une buse para-\ndoxale , l'inflexible valet fouaille avec férocité les merveilleux destriers\ngémissants...\n\n   Mécanique, inconscient, fatal et brutal, son bras ne peut permettre la\ntrève... Et de leurs grands mouvements vers le ciel, les bêtes éperdues,\nautour de lui surgies, semblent vouloir se cramponner aux rayons furtifs,\navec un espoir fou d'escalader la lumière... Et l'air est plein d'une vapeur\nde sang et de vertige, il fait une chaleur de fournaise...\n\n   Tout autour, le cirque est rempli de monotones spectateurs, extraordinaires\naussi, alternativement vert pré ou rouge brique, rangés symétriquement,\nvagues et stupides, anonymes faisant le Public et qui regardent avec une\nindifférence morne, comme s'ils ne comprenaient pas la signification de\nl'épouvantable spectacle.\n\n   Mais moi, j'ai souffert dans mon cœur et mon souvenir élut pour long-\ntemps la vision d'effroi, car je les ai de suite reconnus les superbes et\npitoyables chevaux, hennissants, bondissants, ramant dans l'atmosphère\nhostile désespérément vers les inaccessibles Lueurs, pour choir et se dresser\nencore, jusqu'à l'impossible, sous l'implacable fouet d'analyse qui en moi et\nmalgré moi les harcèle sans cesse, les Coursiers Saignants de mon Rêve.\n\n                                                         JULES DESTRÉE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 147, "page_fin": 151, "titre_corps": "La Synthèse", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Leune", "ancre_debut": "LA SYNTHÈSE", "ancre_fin": "ALBERT LEUNE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "FLORAMYE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 170, "page_imprimee": 147, "debut_caractere": 67, "fin_caractere_exclue": 2540, "texte": "LA SYNTHÈSE\n             Dans quelle langue, non encore trouvée parce que le cerveau\n              humain n'a pas encore, en général, assez vécu pour atteindre\n              la capacité d'une souffrance aussi atrocement subtile dans sa\n              complication profonde, aurait pu se narrer le long supplice,\nsans répit tourmenteur, qui du monde banalement idiot des vivants ordi-\nnaires, avait insensiblement entraîné, par une agonie progressivement\nconstante, Romuald Verghen, et lui avait enfin ouvert la porte redoutée du\nparadis inintelligible mais suprêmement délicieux des fous.\n   Maintenant pour tous c'était un fait acquis : il était en parfaite démence.\nEt ceux qui le connaissaient, et qui disaient cela, ne parlaient de lui\nqu'avec une hypocrite tendresse dans le regard, et une grimace de piteuse\ncommisération, masque probable d'une envie d'abord réfrénée, mais enfin\nbassement satisfaite. Et les opaques qui se réjouissaient, dans un silence\nlâche, de ce qu'ils croyaient être la syncope comateuse d'une intelligence\nsublime, enlisée aujourd'hui, ne soupçonnaient pas que jamais génie, si\npuissamment clair ou même concret qu'il ait pu être, n'avait sondé, ou\nmême reconnu les abîmes spéculatifs que remplissait cette folie qui main-\ntenant y laissait familièrement errer, dans une ombre de mystère, son\nvertige ailé.\n   Il avait même fallu, sans doute, une interminable série d'hérédités d'élec-\ntion pour aboutir à un être assez complètement doué de tous les vices et de\nquelques vertus réelles, grandis, rendus exquis par un raffinement supé-\nrieur, pour être susceptible d'une crise aussi grandiose.\n   D'abord Romuald avait été un enfant que ne laissait en repos aucune des\nbeautés ambiantes. Tout charme chez lui évoquait un frisson, toute grâce\nun tressaillement : l'extérieur en son âme se réfléchissait dans une extase\ncontinue, parfumée d'une muette prière, d'un psaume sans paroles pour lui\nineffablement mélodieux.\n   Et puis, quand il eut goûté aux ivresses et aux voluptés, il comprit bien\nque dans leur prostration adorable, clémente exception à l'universelle\nindifférence, se soulevait au coin du voile immuable de l'arcane cosmique.\nIl se rendit très nettement compte, alors que le vin chaleureux ou l'absinthe\nexcentriquement rêveuse, avaient fait en lui surgir des visions rapides et se\ndérouler les songes heureux, qu'il n'avait que joui des ardeurs ensoleillées,\ndes rosées balsamiques pendant lesquelles, dans une confusion propice,\n"}, {"page_pdf": 171, "page_imprimee": 148, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2784, "texte": "                                  — 148 —\n\ns'étaient dans la vigne et l'absinthe, accumulées les puissances troublantes\ndes sucs qui eux-mêmes les avaient prises de rayons et de souffles épars,\nvoletant, dansant presque sous l'action de rhythmes désordonnés.\n   Il devina très vite que, lorsque dans les bras d'une femme il demeurait\nmourant presque de plaisir, si plein de sensations complexes qu'il en était\ncomme anéanti (tant nous sommes peu faits pour supporter l'absolu, ou\nseulement l'illusion de l'absolu), il héritait de la série des floraisons succes-\nsives, qui de calices en calices, de pétales en pétales, en étaient parvenues\nau rose épanouissement, sous des lèvres plus contractiles, du plus secret\ntrésor de la femme. Entre celle qui l'abreuvait de mutuelle volupté et lui,\nc'était l'éternel poème de l'étamine et du pistil qui revivait, plus poignant,\nles nerfs étant plus émus que les fibres végétales : oui, mais poème dont\nétait absent le parfum, disaient à Romuald les incrédules stupides. O néga-\nteurs bêtes, pensait celui-ci, qui vous privez du bonheur, de la jouissance\nfine d'avouer que la dernière forme du parfum, c'est-à-dire de l'atome qui\nravit en s'épandant, c'est l'arôme capiteux qui s'exhale de la femme qui\naime.\n   Mais en même temps qu'il prenait conscience de toutes ces choses vraies,\nune anxiété morbide se développa chez lui. Il ne pouvait à la fois jouir de\ntoutes ces jouissances dont chacune trop sentie faisait trop cruellement\nconstater l'absence des autres également connues, également aimées. Donc\npuisque toutes ne pouvaient simultanément lui advenir, c'était à lui de les\ncondenser dans un acte, dans une oeuvre permanente, en un mot d'en faire\nune synthèse que constamment il pût, par une intime évocation, rendre\nprésente à lui-même pour se livrer tout entier au charme magique, que\ncomme un philtre ou un dictame précieux, prestigieux alchimiste, il aurait\nlui-même préparé.\n   Et dès lors pour cette ultra-philosophale synthèse, il ne cesse de travailler\nobstinément, s'adonnant sans retour possible à une hermétique profonde,\nsubtile, délicate, sublime.\n   Tout d'abord, il voulut connaître tous les arts : et ce lui fut l'occasion\nd'apprendre de nouvelles douleurs. Il se disait justement qu'en élevant ainsi\nle niveau de ses sensations, il en arriverait peut-être à produire quelque\nchose d'assez complètement beau pour le satisfaire entièrement.\n   D'ailleurs, la mise au jour d'une œuvre parfaite ne correspondait-elle pas\nà une conception, conséquemment à un acte génésique intense? Mais né\npresque uniquement pour sentir, les discussions de méthodes et d'écoles\nauxquelles il était trop simplement sage pour rien entendre, le navrèrent, et,\npuis en fin de tous efforts, il demeurait inassouvi, se rappelant les sensations\n"}, {"page_pdf": 172, "page_imprimee": 149, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2841, "texte": "                                  — 149 —\n\npurement physiques de l'amour, les illusions indiscutablement sincères de\nl'ivresse, et lors, il se disait que rien de son travail ne résulterait d'aussi\nvrai que ce dont le souvenir l'enchantait, puisque plus embaumés étaient ses\nregrets que calmants ses espoirs.\n   Alors, il avait tenté de confondre pendant une même durée, des attractions\nd'ordre différent : il s'était enivré au son de symphonies très suaves, il\navait fait coucher des femmes auprès de lui, sur des jonchées de fleurs !\nN'avait-il pas été jusqu'à sculpter une capricieuse nymphe de marbre, que\ntoute il avait enduite d'un parfum violent! Mais dans ses essais les plus\ncompliqués, il n'arrivait pas à noyer d'oubli le désir de ce qu'il n'avait pas.\n   La synthèse tant cherchée, il ne pouvait la réaliser : elle avait été son\nrêve le plus caressé : elle devint son cauchemar infatigable.\n    Et peu à peu ce que le Vulgaire appelle la raison, c'est-à-dire le seul\nmode de manifestation de l'intelligence à la masse accessible, chez lui chan-\ncela puis sombra définitivement dans l'abîme de ses aspirations toujours\nplus creusé, toujours plus élargi.\n    Et c'est ainsi qu'un jour il se trouva dans la maison savamment organisée\nd'un aliéniste célèbre qui, très sagace, avait fait des jardins, au fond des-\nquels il cachait ses pensionnaires, hommes et femmes, des asiles d'ombre\nadoucissante, chatoyant discrètement du reflet des frondaisons moelleuse-\nment lustrées, égayée féeriquement d'un nimbe de lumière attiédie, tamisée\npar les ramilles fleuries.\n    Et dans ce repos des choses, Romuald commençait à retrouver un peu\nd'équilibre; son idéal, sa synthèse cependant le poursuivait toujours non\nplus à la façon d'une Erynnie qu'on a tenté de violer, mais plutôt comme\nune amante qui vous comprend, mais que de vous sépare juste un obstacle\nmatériel. Et plus que jamais il l'aimait, plus fermement il l'attendait.\n    Un soir que la lune faisait de chaque feuille un doux reflet argentin, de\nchaque vapeur errante une gaze opaline, de chaque goutte d'eau une scin-\ntillante améthyste et de l'air tout entier une vaste clarté, pure, uniforme,\nsans nuances comme sans intention, et que par cette nuit lumineuse, les\nparfums plus attirés hors de leurs calices plus émus, épanchaient de plus\ngrisantes rêveries, et, dans une merveilleuse union, faisaient avec des voix\ninfinies, des inspirations lointaines, une accablante symphonie sous laquelle\npalpitaient des désirs, languissaient des fièvres, tressaillaient des espoirs,\ndésirs, fièvres, espoirs aussi bien émanant de la glèbe informe et des fleurs\nravissantes que des lèvres de la femme et du cerveau de l'homme, un soir\ndonc, que sans doute par une précédence privilégiée de faits propices, la\nnature se livrait ainsi toute dans sa plus grande grâce, se résumait excep-\n"}, {"page_pdf": 173, "page_imprimee": 150, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2916, "texte": "                                  ~ 150 —\n\ntionnellement dans cette immense séduction, et que de tous les points de\nl'infini tombait, comme le rideau d'une alcôve divine, une totale ivresse,\nRomuald, plus assoupi encore dans son rêve dont, en somme, l'extérieur\nlui fournissait le cadre, presque le contour, se promenait dans les allées du\nparc, tendant à l'Espérée des bras suppliants, où, dans un pressentiment, il\ns'attendait à voir (par quelle ironie?) se jeter sous une forme inconnue,\nmais cependant d'avance aimée, la Maîtresse sans doute cruelle, mais aux\npieds de qui l'inéluctable servage était cependant toute sa vie.\n    O sagesse inexprimable de toutes les folies, pressentiment : écho sûr de\nl'avenir qui se prépare, parfois à côté de nous, tout près, parfois très loin,\nvoyageant à travers l'insondable éther !\n    Romuald attendait la synthèse : elle vint à lui.\n    En effet, dans le fond de l'allée pleine de pénombre, une radieuse beauté\nvers lui s'avançait. Et il n'avait pas l'ombre d'un doute : c'était bien la Syn-\nthèse, puisque selon sa conception elle avait forme de femme, et qu'elle ne\nparaissait juste que dans ce concert des Exaltations du monde. Pour ajouter\nà l'air plus de parfums, elle était nue, et les brises, de sa chair, détachaient\nd'ineffables effluves ; pour répondre au bercement des feuilles susurreuses\nsous le zéphyr, elle était nue et ses flancs souples, ses seins rhythmique-\nment se soulevaient de désirs, tandis qu'un spasme d'amour faisait à ses\nlèvres chanter des soupirs caresseurs ; pour jeter dans la lumière nocturne\ndes lueurs célestes, elle était nue, et c'était une tentation qui valait celle du\nmonde entier, que la flamme qui de ses yeux souriants ondoyait bleue,\nveloutée, dorée au passage des cils, en même temps que tout son corps\nn'était qu'une rosescence chaude, fantasquement voilée parfois sous l'or des\ncheveux. Et tout d'elle se voyait, et tout était miracle de grâce.\n   Elle lui fit signe de venir : et il alla. Comment aurait-il pu hésiter, le\ntrop heureux? De ses bras lascifs elle le coucha près de lui : alors dans un\norgueil subitement rétrospectif, il sourit de dédain pour ceux qui avaient\ndit qu'il était fou, puisque l'idole venait maintenant, concrète, se donner,\net qu'il l'avait assez conçue pour la faire vivre. Elle voulait se livrer, en\neffet : l'Idole que Romuald ne pouvait croire être autre que son attendue.\n   Elle se livra; mais tandis qu'elle l'épuisait dans ses bras vainqueurs,\ncomme, enréalité, elle n'était qu'une folle comme lui, une folle de la maison,\nqui, par cette nuit bénie, promenait sa terrible mais adorable démence,\ncomme elle n'était au fond qu'une bête superbement amoureuse mais féroce,\ndoucement, lentement, dans une morsure savante, elle enfonça ses dents\nlaiteuses, félines dans la gorge nue de Romuald. Lui trouvait cela très\ndoux, ces dents de femme qui pénétraient jusqu'à des fibres encore vierges\n"}, {"page_pdf": 174, "page_imprimee": 151, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 635, "texte": "de tout baiser, ces lèvres de femme qui buvaient tout le sang qui ne mon-\ntait plus à sa bouche pâlie.\n   Elle, gourmande et rieuse, buvait cette vie d'homme et de ses mains,\npendant ce temps, ne lui épargnait aucune des caresses des femelles satis-\nfaites .\n   Tout à coup il cessa de respirer ; elle alors se leva de dessus le cadavre,\net repartit pour sa promenade embaumante, ayant du sang aux lèvres, et\nlaissant Romuald mort, heureux, puisqu'il avait enfin et une fois réelle-\nment embrassé la synthèse :\n   La Volupté dans la Mort.\n                                                     ALBERT LEUNE.\n\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 151, "page_fin": 151, "titre_corps": "Floramye", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Vanor", "ancre_debut": "FLORAMYE", "ancre_fin": "GEORGES VANOR", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 174, "page_imprimee": 151, "debut_caractere": 635, "fin_caractere_exclue": 1362, "texte": "FLORAMYE\n    J'ai bu tout le printemps sur la fleur de ton rire;\n    Arômes des lilas, haleines des œillets,\n    C'est un parterre de parfums que je cueillais\n    Avec mes lèvres, dans notre odorant délire.\n\n   Le floral souvenir que mon âme respire\n   Evoque les jardins lumineux des juillets\n   Où je vois les illusions que j'effeuillais\n   Refleurir à nouveau les rives de l'empire.\n\n   Et des senteurs et des fraîcheurs et des clartés,\n   Dans une éclosion de rêves enchantés,\n   Tu renais, incarnée en corolles trémières.\n\n   Réalisant, divinisant, éternisant\n   La chair des royaux lys et des roses premières,\n   Ton être est un bouquet de joie éblouissant.\n\n                                                GEORGES VANOR."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 152, "page_fin": 154, "titre_corps": "Stéphane Mallarmé", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "STÉPHANE MALLARMÉ", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 175, "page_imprimee": 152, "debut_caractere": 67, "fin_caractere_exclue": 2330, "texte": "STÉPHANE MALLARMÉ\n              I1 y a quelques jours il était parmi nous, le plus pur des poètes;\n                le seul qui, avec Charles Baudelaire, pouvait sans effroi\n                dévoiler l'Œuvre sacré d'Edgard Poe , le plus conscient\n                des poètes, celui qui, par l'Idée, transformait en un verbe\ndésormais éternel le monde des émotions. D'un mot rassemblant les éparses\ndestinées il instituait la synthèse. Le plus logique des artistes, avec une\nsûreté magistrale il composait le poème formulé par ses sévères méditations.\nL'état d'âme n'était jamais le prétexte à quelque abandon lyrique digne\nseul de la musique pure ; patient intellectuel il s'analysait et, transformant\ndans le cerveau le sujet émotionnel il en donnait soudain la cause, généra-\nlisant ainsi la poésie.\n  Et tels prodigieux vers furent écrits, immenses :\n               Mordant au citron d'or de l'idéal amer.\nOU\n               La chair est triste hélas ! et j'ai lu tous les livres.\n\n   Celui-ci dans son extension englobant tout le monologue de Faust,\ndévoilant, bref, le sens de ce tableau de Moreau : David, marquant la dou-\nleur divine de la pensée !\n   C'est avec la plus vive impatience que nous attendions à Bruxelles l'arri-\nvée de M. Stéphane Mallarmé : on nous l'avait annoncé le plus vaste et le\nplus beau causeur, l'homme le plus affable et le plus charmant, accueillant,\ndéjà comme des amis, les inconnus qu'un orgueilleux espoir d'être quel-\nques instants mêlés à ses rêves, lui amenait. A notre invitation il voulut\nbien répondre. Toujours nous nous rappellerons cette intime réunion, si\ncordiale, presque familiale — nous n'étions que quelques amis — où, à\npropos de la Damnation de l'artiste il révéla soudain sa conception de\nl'Art. Avec une logique merveilleuse il déduisait l'œuvre à faire, nous disait\npourquoi il n'avait encore voulu publier le Livre, nous parlant de la\nsynthèse de l'homme à condenser en un poème unique, sorte de symbole\noù viendrait, à cette source de vérité s'abreuver toute l'humanité, croyait\nles temps venus de résumer enfin toutes les connaissances acquises par le\nlabeur incessant de tous : l'Art une Religion. Dans cette causerie, où les\nmots par lui ressuscites s'illuminaient soudain d'une vie intense et radieuse,\n"}, {"page_pdf": 176, "page_imprimee": 153, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2418, "texte": "                                    — 153 -\n\nil nous apparut le splendide penseur, dont le verbe magique, surtout dans\nles derniers sonnets, avait atteint une puissance jusqu'ici inconnue.\n   Toute la philosophie de M. Mallarmé se résume dans les vers qu'il\nnous a donnés jusqu'ici : la résignation du poète dans le monde des rêves.\nDès le moment où la conscience s'est éveillée en lui, il a senti l'Idéal cruel\nl'étreindre ; il a compris alors que la Vie faite de désirs toujours renais-\nsants, est elle-même la douleur et jetant désespéré un regard sur la nature\nen fleurs, voudrait respirer les calices où la mort balsamique s'offre au\npoète las. Maudissant l'azur, l'été, qui chantent la sève, il résume sa\npensée, célébrant la parole de Schopenhauer dans ce vers final de :\nAumône :\n               Et surtout ne va pas, frère, acheter du pain !\n\n   Un instant dans les Fenêtres il a aperçu le moyen de triompher de la\nréalité :\n               Je fuis et je m'accroche à toutes les croisées\n               D'où l'on tourne le dos à la vie, et, béni,\n               Dans leur verre lavé d'éternelles rosées\n               Que dore le matin chaste de l'infini\n\n               Je me mire et me vois ange! Et je meurs et j'aime\n               — Que la vitre soit l'art, soit la mysticité —\n               A renaître, portant mon rêve en diadème.\n               Au ciel antérieur où fleurit la beauté !\n\n   Mais il n'a pu encore vaincre l'apparence de la vie et gagner le monde\nserein de l'illusion. Ici-bas vient encore le hanter et ce n'est que dans la\npièce qui dans le Parnasse contemporain portait le titre d'Epilogue qu'il\npeut, enfin victorieusement, conclure :\n               Je veux\n               Imiter le Chinois au cœur limpide et fin\n               De qui l'extase pure est de peindre la fin\n               Sur ses tasses de neige à la lune ravie.\n\n   Le voici désormais sorti de cette vie où « l'action n'est pas la sœur du\nrêve »; le monde réel, le monde de la volonté n'existe plus, il a atteint le\npur idéalisme et peut écrire alors :\n               Ma faim qui d'aucun fruit ici ne se régale\n               Trouve en leur docte manque une saveur égale :\n               Qu'un éclate de chair humain et parfumant !\n\n              Le pied sur quelque guivre où notre amour tisonne\n              Je pense plus longtemps peut-être éperdiiment\n              A l'autre, au sein brûlé d'une antique amazone.\n"}, {"page_pdf": 177, "page_imprimee": 154, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2601, "texte": "                                 -154         -\n\n\n   Comme Axel il a pu s'écrier : « J'ai trop pensé pour daigner agir » ; il a\nméprisé le misérable bonheur terrestre de ceux qui considèrent le monde\ncomme réel et qui, à force d'efforts douloureux et de luttes incessantes, par-\nviennent à s'emparer d'une dérisoire satisfaction de propriété engloutie\naussitôt par le flux montant des désirs. Et le seul moyen d'échapper à ces\ndésirs, c'est le renoncement, enseigné déjà par le bouddhisme et par le chris-\ntianisme.\n   Interprète de la vie, voilà ce qu'est M. Mallarmé : Au dessus de tous les\npoètes qui ne nous intéressent que comme cas particuliers, telle personna-\nlité ou telle autre, il a étudié les causes premières et formulé la philosophie\nde notre existence ; par les pensées il les résume tous et les domine.\n   Voilà celui qui venait nous parler de Villiers de l'Isle-Adam et que nous\nallions tous respectueusement écouter.\n   Ainsi il débuta, d'une voix lente et grave, résumant :\n\n  « Un homme au rêve habitué, vient ici parler d'un autre, qui est mort. »\n\n          « MESDAMES, M E S S I E U R S , »\n\n   Ce grand mort, qui peut-être, pour l'illustre conférencier, n'avait\nqu'en apparence quitté cette terre, vivait en lui d'une autre vie plus impé-\nrissable. Qu'avait-il été? Comme Gautier, la triste opacité de son rêve\nfutur? Et maintenant il avait conquis l'immortalité au delà de la vaine\nexistence. Désormais, dans chaque cerveau, il existe vivant enfin réelle-\nment. Et, comme nous parlant d'un monde invisible, où Villiers de l'Isle-\nAdam, comme jadis lui apparut « son œil bleu pâle emprunté à des cieux\nautres que les visibles », il fit par quelque incantation surgir le somptueux\nécrivain arrivant à Paris, dépensant sa vie parmi ses amis jusqu'au jour,\nproche encore, de sa disparition. D'une phrase magnifique M. Mallarmé\nrésume alors l'œuvre de Villiers, « dont, dit-il, l'impression, somme toute,\nne ressemblant à autre chose, choc de triomphes, tristesse abstraite, rire\néperdu ou pire quand il se tait, et le glissement majestueux d'ombres et de\nsoirs avec une inconnue gravité et la paix, ne remémore que l'énigme de\nl'orchestre ».\n   Puis, dans une péroraison lente, debout, il acheva, nous remercia d'avoir\naccueilli Villiers et songeant qu'ici même, sur ce même siège, ce prince des\nrêves avait, il y a deux ans, pris place, il fut presque à s'excuser. Je n'irai\npas, apparemment, en Belgique, avait dit Villiers à son retour à Paris;\nil y est revenu, M. Mallarmé l'a fait revivre parmi nous.\n                                                        VALÈRE G I L L E ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 155, "page_fin": 155, "titre_corps": "Fable", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Félicien Rops", "ancre_debut": "FABLE", "ancre_fin": "FÉLICIEN ROPS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 178, "page_imprimee": 155, "debut_caractere": 79, "fin_caractere_exclue": 322, "texte": "FABLE (*)\n                                Richepin\n\n                                     MORALE\n                       Ne se met pas au          féminin.\n                                                            FÉLICIEN ROPS.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 155, "page_fin": 157, "titre_corps": "Chronique littéraire : Aux XX. 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Mallarmé avait\n                évoqué l'âme pure de Villiers et dans lequel se trouvaient\nencore réunies, à quelques pas du conférencier, les œuvres de Redon,\nMellery, Minne et d'autres, fiers et 'sincères ou lutteurs révoltés. Exaspéré\npeut-être par l'indifférence et l'hostilité de la foule haineuse de tout ce qui\nest beau, il clama hautement son admiration pour l'avant-garde batailleuse\nqui cherchait toujours avec un nouveau courage et une nouvelle force à\nétendre le domaine et la puissance de l'art. Un instant il s'arrêta au nom\nde Mallarmé, puis ouvrant les Soirs de Verhaeren, il lut les Malades\nd'une voix âpre, crispée, faisant retentir comme une malédiction les cris\nde révolte du poète. En quelques mots alors, il analysa cette œuvre. Soit\npour ne point errer, soit pour rendre plus attachante sa causerie, M. Picard\navait sollicité des trois poètes une confession; il leur avait soumis un\nquestionnaire auquel forcément ils durent répondre. Ils s'exécutèrent de\nbonne grâce, et, en possession de leurs aveux, le conférencier put exciter\ndavantage la curiosité du public toujours avide de documents.\n   Malheureusement entraîné par l'exposé de quelques théories, par son\n\n\n  (*) Cette fable, absolument authentique et inédite, écrite par Rops lui-même au dos\nd'une de ses gravures, a été copiée par nous textuellement.\n"}, {"page_pdf": 179, "page_imprimee": 156, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2524, "texte": "                                  — 156 —\n\nenthousiasme pour tout ce qui est jeune et ardent, par son admiration\npour les Soirs, les Débâcles et les Flambeaux noirs, il dut, constatant\nl'heure avancée, s'arrêter moins longtemps qu'il ne l'aurait voulu, certes,\net que nous ne l'aurions voulu, à l'œuvre de Charles Van Lerberghe et\nMaurice Maeterlinck. De Charles Van Lerberghe il ne lut que quelques\nfragments de sa confession et son drame : les Flaireurs. Nous avons\nbeaucoup regretté que le temps lui fît défaut. Sans aucun doute, il eût fait\nconnaître à son public les merveilleux et délicats vers du poète qui pour\nnous le caractérisent peut-être davantage. Des pièces d'une pureté absolue,\nd'une ligne enfantine, achevées comme des Burne Jones ainsi que l'Ex-voto,\nSolitude, Songe, etc., eussent peut-être été mieux appréciées.\n   M. Maeterlinck souffrit également d'un résumé forcé. N'importe! le but\nétait atteint : il fallait que quelqu'un vint, enfin, publiquement témoigner de\nla vitalité et de la beauté de nos poètes. M. Picard l'a fait et nous l'en\nremercions. Des écrivains comme MM. Van Lerberghe et Maeterlinck — je\npasse Verhaeren connu déjà, — ne pouvaient rester ignorés. Déjà, lors\nde l'apparition de notre Parnasse, le conférencier avait signalé Maurice\nMaeterlinck, aujourd'hui il a décerné à nos deux amis la place qu'ils\nméritent dans la littérature.\n                                                                   V. G.\n  Feuilletant le manuscrit des Flambeaux noirs, le prochain livre\nd'Emile Verhaeren, complétant la série des Soirs et des Débâcles, M. Picard\ndonna lecture de la Morte; nous donnons à notre tour ici une pièce du\nvolume inédit et qui en montre bien la note générale.\n\n                                  DÉPART\n\n     La mer choque ses blocs de flots contre les rocs\n     Et les granits du quai, la mer spumante\n     Et ruisselante et détonnante en la tourmente\n                   De ses houles montantes.\n     Les baraques et les hangars comme arrachés\n     Et les grands ponts noués de fer et cravachés\n     De vent; les ponts, les baraques, les gares\n     Et les feux étages des fanaux et des phares\n                  Oscillent aux cyclones\n         Avec leurs toits, leurs tours et leurs colonnes.\n     Et ses hauts mâts craquants et ses voiles claquantes,\n     Mon navire d'à travers tout casse ses ancres,\n                  Et, cap sur le zénith,\n             Il hennit de toute sa tête\n                       Vers la tempête,\n         Et part, bête d'éclairs parmi la mer.\n"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 157, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 813, "texte": "                                   -          157-\n\n              Dites, vers quel inconnu fou\n          Et vers quels somnambuliques réveils,\n          Et vers quels au delà, et vers quels n'importe où\n                   Convulsionnaires soleils ?\n          Vers quelles démences et quels effrois,\n          Et quels écueils, cabrés en palefrois,\n                    Vers quel cassement d'or,\n                   De proue et de sabord,\n          Dites, vers quels mirages et quel rire\n          S'en va le mors aux dents de mon navire :\n               Bête d'éclairs parmi la mer ?\n          Tandis qu'hélas! celle qui fut ma raison,\n          La main tendant ses pâles lampadaires,\n          Le regarde cingler à l'horizon,\n              Du haut de grands débarcadères.\n\n                                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 157, "page_fin": 157, "titre_corps": "Chronique littéraire : Dire du mieux", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "V. 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Si nous accordons quelques instants aux formules du\n Traité du Verbe qui fut accueilli si joyeusement naguère — on ne pen-\nserait même à le discuter, — c'est pour réclamer contre l'immixtion\nd'une prétendue science dans l'œuvre d'art que quelques innovateurs ten-\ntèrent. Ils procèdent de facteurs idéaux et voudraient que le produit fût\nréel. Pour des gens qui se réclament d'une philosophie positive, c'est\npauvre.\n   L'art est une illusion; pourvu qu'elle soit parfaite, l'œuvre est créée. A\nquoi bon chercher à rendre avec plus de vérité, d'exactitude scientifique?\nLes ciels infinis, bleus et roses, des Japonais nous 'donnent plus d'impres-\nsion qu'un ciel réel. De là aussi, tel art n'est pas supérieur à tel autre,\nmais ceci : tel art a un domaine plus vaste que tel autre. Un tableau du\nVinci, de Gustave Moreau, un conte de Villiers, un sonnet de Mallarmé\nsont des choses parachevées ; on pourrait y adjoindre quelque musique\nconcordante, qu'elles n'y gagneraient rien en intensité ; au contraire, il y\naurait déséquilibre immédiat.\n   Nous ne discuterons pas le fond de l'œuvre de M. Ghil; cela sort de\ntoute discussion : l'émotion sympathique appartenant au public, nous\ndoutons qu'elle y ait rencontré beaucoup d'écho. 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Ernest Reyer que\n               Salammbô ne serait ni un chef-d'œuvre, ni même une œuvre.\n               L'auteur de Sigurd, comme la plupart des musiciens français\n               d'aujourd'hui, a versé dans cette déplorable erreur qui con-\nsiste à écrire une partition quelconque en marge d'une création littéraire\nde premier ordre. M. Gounod a refait Faust après Gœthe, Roméo et\nJuliette après Shakspeare, Polyeucte après Corneille, le Médecin malgré\nlui après Molière. M. Massenet, mis en appétit par quelques essais de ce\ngenre, rêve évidemment de mettre en musique tous les drames, tous les\npoèmes et tous les romans de toutes les littératures. Son œuvre complet\nsera, sans doute, une sorte de Bottin musical, où l'on trouvera le nom et\nl'adresse de tous les génies. M. Saint-Saëns, dans une certaine mesure,\nsemble marcher sur les brisées de ce compositeur miraculeux. Un respec-\ntable débris, M. Ambroise Thomas, fameux déjà par un Hamlet et par une\nMignon, ne vient-il pas d'empoigner la Tempête, du divin Will, comme\nune espèce de manche à ballet? Enfin, les reporters, ces grooms anglais de\nla Renommée, ne nous ont-ils pas appris qu'un certain M. Bruneau, ou\nPruneau, est en passe de tirer du Rêve un opéra étonnamment contempo-\nrain?\n   M. Reyer a cédé à la même manie en commandant une Salammbô à\nM. Du Locle.\n   De pareilles tentatives ne peuvent pas réussir. Faust, Wilhem Meister,\nRoméo et Juliette, Hamlet, la Tempête, Henri VIII, Polyeucte, le Cid,\nle Médecin maigre lui sont des œuvres complètes, achevées, auxquelles rien\nne peut être ajouté, bref, dans le sens absolu du mot grec, des poèmes,\nc'est-à-dire des œuvres faites, que l'on ne peut ni refaire, ni défaire. Faut-il\nêtre assez... musicien, — je ne trouve pas d'autre injure — pour se flatter\nde créer un double d'Hamlet, d'Ophélie, d'Ariel ou de Titania? C'est\ncomme si, féru d'admiration pour l'enfant d'une belle femme, on se van-\ntait de lui en faire un pareil, et si, au lieu de s'exécuter, on lui apportait\nune poupée de cire. Une version musicale de la scène de l'esplanade ou de\nla scène du balcon, — malheureux! — c'est mettre de la musique... en\nmusique !\n   Et qu'on ne nous objecte pas Berlioz. Sans doute, ce damné de Shak-\nspeare et de Gœthe, ce flambleau ivre dont la flamme vacillait à toutes les\nrafales du génie des autres, sans doute Berlioz a écrit d'admirables pages,\nsurtout symphoniques, inspirées par Faust et par les Amants de Vérone.\nMais ces pages sont des rêves d'une nature spéciale, provoqués par l'absorp-\ntion de ces chefs-d'œuvre, des rêves qui traduisent librement, qui com-\n"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 159, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2508, "texte": "                                 — 159 —\n\nmentent la pensee de Gœthe et de Shakspeare. Ce sont des illustrations\nmusicales, comparables à certaines eaux-fortes de M. Félicien Rops pour\nles Diaboliques, à quelques lithographies de M. Odilon Redon pour les\ncontes d'Edgar Poë, et, dans un autre art, à ces magnifiques paraphrases\nque Paul de Saint-Victor enroulait autour des tragédies grecques, comme\ndes arabesques autour d'un thyrse. C'est presque de la critique, mais une\ncritique de poète, sans raisonnement, à grands coups d'ailes.\n   M. Reyer n'en a pas usé ainsi avec Flaubert. Il a recommencé Salammbô,\nce qui était inutile et impossible.'\n   Du roman épique de Gustave Flaubert il ne reste rien que l'anecdote, le\nfait-divers carthaginois. Ce serait à faire pleurer, si ce n'était pas à faire\nrire. Mathô n'est plus qu'un ténor d'opéra, et Salammbô, une amoureuse\nquelconque. Carthage est absente. La partition de M. Reyer évoque l'idée\nd'un congrès de trombones et de grosses caisses dans le désert. C'est bruyant\net vide, sans une illusion de vie, sans une étincelle de beauté. Une orches-\ntration rudimentaire, monocorde et monotone jusqu'au sommeil, soutient\ndes récits interminables, ni bons ni mauvais, — pires : médiocres. Nulle\natmosphère : tout est brouillé sur un fond gris et neutre. Beaucoup de\nconscience, de bonne volonté, d'application. Du Casimir Delavigne en\nmusique.\n   Flaubert ne méritait pas de subir les derniers outrages de M. Du Locle,\nni les mortelles mélopées de M. Reyer.\n   Artistiquement, Salammbô est une infamie.\n   Les décorateurs et les costumiers ont puissamment contribué à cette pro-\nfanation d'un chef-d'œuvre. Impossible d'imaginer décors plus étriqués,\nplus bourgeois et moins suggestifs, d'inventer des costumes d'une élégance\nplus sordide.\n   Une seule interprète : M me Rose Caron. Les autres sont des chanteurs.\nLa grande tragédienne a été superbe, comme toujours, de diction et de\njeu. Mais ce rôle, écrit exprès pour elle, elle l'a moins marqué à son\nempreinte, elle l'a moins « créé » que celui de Brunehilde, que M. Reyer\nn'avait pas composé à son intention. C'est Mme Rose Caron qui incarne\nRose Caron, — ce n'est pas la fille d'Hamilcar, Salammbô, qui mourut\npour avoir touché le zaïmph.\n   Pour conclure, et afin de venger Flaubert, nous demandons qu'il plaise\nau mauvais génie des musiciens français de condamner M. Reyer à tirer un\nopéra de Bouvard et Pécuchet.\n   Ainsi soit-il !\n                                                     ALBERT GIRAUD."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-014", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 160, "page_fin": 160, "titre_corps": "Vénerie esthétique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "On. 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Oh! le fatidique éther âpre et sacré!\nLe vivre sans le bedonnant heurt, des grammaires\nLe hasardeur planer en le vide nacré\nLibre Esthète chasseur de fugaces kimères !\n\nAi raidi des bras nus — ballant en la torpeur\nJadis — pris mon arc lourd, bondi sur les nuées,\nMarché vers le noir seuil foudroyant de la peur\nAux chauves régions de rimes dénuées.\n\nOh ! l'idéal gibier ! ô les kimeres d'or !\nBrutal ai tout tué, sagittaire en un spasme!\nCrevé mon blanc carnier où le fumant sang dort\n— Fuites vaines que joint la flèche du sarcasme!\n\nPuis en les pouprés prés d'un paternel matin,\nPlus que parfaits parfums parfumant la pelouse,\nAi palpé, pénitent, ce palpitant butin\nLe rêvant chez Vanier en un possible in-douze.\n\n                                                            ON.   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C'est une série de nouvelles de"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 697, "fin_caractere_exclue": 734, "texte": "Henry de Braisne qui parurent dans le"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 737, "fin_caractere_exclue": 777, "texte": "supplément littéraire de journaux quoti-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 858, "fin_caractere_exclue": 901, "texte": "diens. Elles sont habilement contées, fine-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 994, "fin_caractere_exclue": 1039, "texte": "ment écrites, d'un style vif et simple. C'est"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1042, "fin_caractere_exclue": 1083, "texte": "un de ces livres que l'on achève de lire."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1414, "fin_caractere_exclue": 1455, "texte": "Paul Verlaine, en collaboration avec Jean"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1458, "fin_caractere_exclue": 1498, "texte": "Moréas, vient de traduire en vers le : A"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1550, "fin_caractere_exclue": 1590, "texte": "outrage secret vengeance secrète de Cal-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1644, "fin_caractere_exclue": 1689, "texte": "deron. Il se propose, paraît-il, de présenter"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1735, "fin_caractere_exclue": 1773, "texte": "au Théâtre-Français sa comédie publiée"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1818, "fin_caractere_exclue": 1859, "texte": "dans Jadis et Naguère, les Uns et les Au-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1906, "fin_caractere_exclue": 1947, "texte": "tres, et, au Gymnase, une pièce en prose,"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1989, "fin_caractere_exclue": 2002, "texte": "Madame Aubin."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2053, "fin_caractere_exclue": 2092, "texte": "Le deuxième concert populaire consacré,"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2141, "fin_caractere_exclue": 2179, "texte": "annonçait-on, à l'audition de musiques"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2197, "fin_caractere_exclue": 2236, "texte": "russes, a eu son programme complètement"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2289, "fin_caractere_exclue": 2309, "texte": "changé. Le voici : ."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2385, "fin_caractere_exclue": 2420, "texte": "1. Trois tableaux symphoniques pour"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2474, "fin_caractere_exclue": 2517, "texte": "orchestre tirés de la tragédie Polyeucte de"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2566, "fin_caractere_exclue": 2609, "texte": "P. Corneille, par Edgar Tinel : N° 1, o u -"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2633, "fin_caractere_exclue": 2676, "texte": "verture; n° 2, songe de Pauline; n° 3, fête"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2726, "fin_caractere_exclue": 2752, "texte": "dans le temple de Jupiter."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2811, "fin_caractere_exclue": 2850, "texte": "2. Le Sorbier, poème lyrique et sympho-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2854, "fin_caractere_exclue": 2879, "texte": "nique, par Emile Mathieu."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2885, "fin_caractere_exclue": 2923, "texte": "3. Le Lac, larghetto; Sous bois, alle-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2927, "fin_caractere_exclue": 2964, "texte": "gretto scherzando, par Emile Mathieu."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3059, "fin_caractere_exclue": 3098, "texte": "4. Freyhir (première partie), par Emile"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3193, "fin_caractere_exclue": 3201, "texte": "Mathieu."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3380, "fin_caractere_exclue": 3404, "texte": "Memento des expositions."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3472, "fin_caractere_exclue": 3505, "texte": "Au Cercle artistique : Den Duyts."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3560, "fin_caractere_exclue": 3601, "texte": "Au Cercle des Arts et de la Presse : Theo"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3615, "fin_caractere_exclue": 3641, "texte": "Hannon et Eugène Broerman."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3713, "fin_caractere_exclue": 3753, "texte": "Chez Dietrich, 75, Montagne de la Cour :"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3794, "fin_caractere_exclue": 3834, "texte": "une collection, remarquable de photogra-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3880, "fin_caractere_exclue": 3923, "texte": "vures, représentant les principaux tableaux"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3973, "fin_caractere_exclue": 4015, "texte": "de Burne Jones. Parmi celles-ci, une série"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4060, "fin_caractere_exclue": 4099, "texte": "surtout de toute beauté : Pygmalion, le"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4147, "fin_caractere_exclue": 4168, "texte": "Miroir de Vénus, etc."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 105, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "Chez le même, les eaux-fortes de Brac-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 192, "fin_caractere_exclue": 235, "texte": "quemond, d'après les fables de La'Fontaine,"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 284, "fin_caractere_exclue": 302, "texte": "de Gustave Moreau."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 354, "fin_caractere_exclue": 396, "texte": "M. Dietrich, qui est d'une excessive obli-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 446, "fin_caractere_exclue": 488, "texte": "geance envers les artistes, vient d'éditer"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 530, "fin_caractere_exclue": 566, "texte": "aussi un merveilleux portrait de Van"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 614, "fin_caractere_exclue": 653, "texte": "Beethoven gravé à l'eau-forte par Dake."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 830, "fin_caractere_exclue": 855, "texte": "L'Echo de Paris annonce :"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 954, "fin_caractere_exclue": 991, "texte": "MM. Stoumon et Calabrési conserveront"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1089, "fin_caractere_exclue": 1131, "texte": "la direction du Théâtre de la Monnaie jus-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1181, "fin_caractere_exclue": 1224, "texte": "qu'à la fin des représentations de Salammbô"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1275, "fin_caractere_exclue": 1316, "texte": "mais ne demanderont pas le renouvellement"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1367, "fin_caractere_exclue": 1408, "texte": "de leur privilège pour l'année prochaine."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1508, "fin_caractere_exclue": 1547, "texte": "Quel soupir de soulagement! Après l'im-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1598, "fin_caractere_exclue": 1641, "texte": "monde    cabotinage de Salammbô,      notre"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1690, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "premier beuglant lyrique était complet. On"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1774, "fin_caractere_exclue": 1815, "texte": "commençait à en avoir assez de toutes ces"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1860, "fin_caractere_exclue": 1903, "texte": "titillations musicales bonnes à chatouiller"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1948, "fin_caractere_exclue": 1986, "texte": "les ouïes du vieux monsieur de la ban-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2037, "fin_caractere_exclue": 2044, "texte": "quette."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2101, "fin_caractere_exclue": 2138, "texte": "De Saint-Laurent, dans le Guide musi-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2189, "fin_caractere_exclue": 2194, "texte": "cal :"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2247, "fin_caractere_exclue": 2286, "texte": "« Ce charme aérien, cette séduction ma-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2337, "fin_caractere_exclue": 2379, "texte": "gique d'une féerie poétique que l'art d'un"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2430, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "Shakespeare ne peut qu'esquisser, combien"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2522, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "vivement il nous pénètre dans le songe de"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2614, "fin_caractere_exclue": 2629, "texte": "Mendelssohn ! »"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2682, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "Après ça, nous pouvons retourner le nou-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2773, "fin_caractere_exclue": 2805, "texte": "veau Saint-Laurent, le 2 du nom."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3015, "fin_caractere_exclue": 3053, "texte": "Au moment où l'attention du public est"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3146, "fin_caractere_exclue": 3189, "texte": "attirée sur Paul Verlaine, dont le prochain"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3249, "fin_caractere_exclue": 3288, "texte": "livre sera édité par des amis dévoués ;"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3336, "fin_caractere_exclue": 3374, "texte": "M. Anatole France publie dans le Temps"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3422, "fin_caractere_exclue": 3466, "texte": "une très belle étude littéraire sur le poète"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3514, "fin_caractere_exclue": 3554, "texte": "de Sagesse. Nous en extrayons le passage"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3602, "fin_caractere_exclue": 3611, "texte": "suivant :"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3662, "fin_caractere_exclue": 3707, "texte": "« A le voir, on dirait un sorcier de village."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3754, "fin_caractere_exclue": 3790, "texte": "Le crâne nu, cuivré, bossué comme un"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3835, "fin_caractere_exclue": 3876, "texte": "antique chaudron, l'œil petit, oblique et"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3924, "fin_caractere_exclue": 3969, "texte": "luisant, la face camuse, la narine enflée, il"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4016, "fin_caractere_exclue": 4056, "texte": "ressemble, avec sa barbe courte, rare et"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4100, "fin_caractere_exclue": 4143, "texte": "dure, à un Socrate sans philosophie et sans"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4191, "fin_caractere_exclue": 4233, "texte": "la possession de soi-même. Il surprend, il"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 99, "texte": "choque le regard. Il a l'air à la fois farouche"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 149, "fin_caractere_exclue": 190, "texte": "et câlin, sauvage et familier. Un Socrate"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 242, "fin_caractere_exclue": 284, "texte": "instinctif, ou mieux, un faune, un satyre,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 340, "fin_caractere_exclue": 378, "texte": "un être à demi brute, à demi dieu, qui"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 436, "fin_caractere_exclue": 479, "texte": "effraye comme une force naturelle qui n'est"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 531, "fin_caractere_exclue": 575, "texte": "soumise à aucune loi connue. Oh ! oui, c'est"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 627, "fin_caractere_exclue": 668, "texte": "un vagabond, un vieux vagabond des routes"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 720, "fin_caractere_exclue": 737, "texte": "et des faubourgs."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 795, "fin_caractere_exclue": 838, "texte": "« Il fut des nôtres, jadis. I1 a été nourri"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 839, "fin_caractere_exclue": 878, "texte": "dans une obscurité douce, par une veuve"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 879, "fin_caractere_exclue": 923, "texte": "pauvre et de grande distinction, au fond des"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 924, "fin_caractere_exclue": 963, "texte": "paisibles Batignolles. Comme nous tous,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1019, "fin_caractere_exclue": 1059, "texte": "il fit ses études dans quelque lycée et,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1115, "fin_caractere_exclue": 1157, "texte": "comme nous tous, il devint bachelier après"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1211, "fin_caractere_exclue": 1253, "texte": "avoir assez étudié les classiques pour les"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1301, "fin_caractere_exclue": 1342, "texte": "bien méconnaître. Et, comme l'instruction"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1399, "fin_caractere_exclue": 1436, "texte": "mène à tout, il entra ensuite dans un"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1520, "fin_caractere_exclue": 1561, "texte": "bureau, dans je ne sais quel bureau de la"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1562, "fin_caractere_exclue": 1603, "texte": "Ville. En ce temps-là, le baron Haussmann"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1604, "fin_caractere_exclue": 1647, "texte": "accueillait largement, sans le savoir, dans"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1648, "fin_caractere_exclue": 1689, "texte": "les services de la préfecture, les poètes"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1744, "fin_caractere_exclue": 1785, "texte": "chevelus et les petits journalistes. On y"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1839, "fin_caractere_exclue": 1881, "texte": "lisait les Châtiments à haute voix et on y"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1935, "fin_caractere_exclue": 1976, "texte": "célébrait la peinture de Manet. Paul Ver-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2029, "fin_caractere_exclue": 2073, "texte": "laine recopiait ses Poèmes saturniens sur le"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2095, "fin_caractere_exclue": 2138, "texte": "papier de l'administration. Ce que j'en dis"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2139, "fin_caractere_exclue": 2182, "texte": "n'est pas pour le lui reprocher. Dans cette"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2183, "fin_caractere_exclue": 2225, "texte": "première jeunesse, il vivait à la façon de"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2274, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "François Coppée, d'Albert Mérat, de Léon"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2366, "fin_caractere_exclue": 2410, "texte": "Valade, de tant d'autres poètes, prisonniers"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2438, "fin_caractere_exclue": 2480, "texte": "d'un bureau, qui allaient à la campagne le"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2531, "fin_caractere_exclue": 2566, "texte": "dimanche. Cette modeste et monotone"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2625, "fin_caractere_exclue": 2667, "texte": "existence, favorable au rêve et au travail"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2722, "fin_caractere_exclue": 2768, "texte": "patient du vers, était celle de la plupart des"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2789, "fin_caractere_exclue": 2830, "texte": "parnassiens. Seul ou presque seul dans le"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2886, "fin_caractere_exclue": 2925, "texte": "cénacle, M. José-Maria de Heredia, bien"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2979, "fin_caractere_exclue": 3020, "texte": "que frustré d'une grande part des trésors"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3074, "fin_caractere_exclue": 3123, "texte": "de ses aïeux, les conquistadores,         faisait"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3169, "fin_caractere_exclue": 3213, "texte": "figure de jeune gentleman et fumait d'excel-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3263, "fin_caractere_exclue": 3305, "texte": "lents cigares. Ses cravates avaient autant"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3355, "fin_caractere_exclue": 3399, "texte": "d'éclat que ses sonnets. Mais c'est des son-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3443, "fin_caractere_exclue": 3481, "texte": "nets seulement que nous étions jaloux."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3511, "fin_caractere_exclue": 3554, "texte": "Tous, nous méprisions sincèrement les biens"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3604, "fin_caractere_exclue": 3648, "texte": "de la fortune. Nous n'aimions que la gloire,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3701, "fin_caractere_exclue": 3744, "texte": "encore nous la voulions discrète et presque"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3796, "fin_caractere_exclue": 3836, "texte": "cachée. Paul Verlaine était avec Catulle"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3889, "fin_caractere_exclue": 3927, "texte": "Mendès, Léon Dierx et François Coppée,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3982, "fin_caractere_exclue": 4022, "texte": "un parnassien de la première heure. Nous"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4057, "fin_caractere_exclue": 4101, "texte": "avions, je ne sais trop pourquoi, la préten-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4154, "fin_caractere_exclue": 4198, "texte": "tion d'être impassibles. Le grand philosophe"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4249, "fin_caractere_exclue": 4291, "texte": "de l'école, M. Xavier de Ricard, soutenait"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 148, "texte": "avec ardeur que l'art doit être de glace, et"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 201, "fin_caractere_exclue": 241, "texte": "nous ne nous apercevions même pas que ce"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 294, "fin_caractere_exclue": 339, "texte": "doctrinaire de l'impassibilité n'écrivait pas"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 392, "fin_caractere_exclue": 435, "texte": "un vers qui ne fût l'expression violente de"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 488, "fin_caractere_exclue": 530, "texte": "ses passions politiques, sociales ou reli-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 583, "fin_caractere_exclue": 626, "texte": "gieuses. Son large front d'apôtre, ses yeux"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 679, "fin_caractere_exclue": 719, "texte": "enflammés, sa maigreur ascétique ne nous"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 772, "fin_caractere_exclue": 791, "texte": "détrompaient pas »."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 979, "fin_caractere_exclue": 1018, "texte": "Le rédacteur en chef d'une vive gazette"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1071, "fin_caractere_exclue": 1114, "texte": "namuroise, le Carillon, dans son feuilleton"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1167, "fin_caractere_exclue": 1210, "texte": "littéraire, signé Pulliolo, mouche de belle"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1263, "fin_caractere_exclue": 1300, "texte": "façon un quelconque qui s'était avisé"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1353, "fin_caractere_exclue": 1398, "texte": "d'écrire : il n'y a pas de littérature belge."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1492, "fin_caractere_exclue": 1519, "texte": "Grand merci et recommencez."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1703, "fin_caractere_exclue": 1743, "texte": "Constantin Meunier travaille en ce m o -"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1796, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "ment à une série de très remarquables des-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1891, "fin_caractere_exclue": 1934, "texte": "sins qui seront reproduits par la lithogra-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1987, "fin_caractere_exclue": 2028, "texte": "phie. Nous en reparlerons lorsque l'œuvre"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2081, "fin_caractere_exclue": 2094, "texte": "sera achevée."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2237, "fin_caractere_exclue": 2273, "texte": "Nous avons reçu la lettre suivante :"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2330, "fin_caractere_exclue": 2365, "texte": "« MONSIEUR LE DIRECTEUR DE LA Jeune"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2428, "fin_caractere_exclue": 2437, "texte": "Belgique,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2495, "fin_caractere_exclue": 2530, "texte": "Il se trouve en tête de ma dernière"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2583, "fin_caractere_exclue": 2624, "texte": "chronique artistique un commentaire de la"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2677, "fin_caractere_exclue": 2721, "texte": "Direction, — que je trouve à la fois inexact"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2774, "fin_caractere_exclue": 2788, "texte": "et déplaisant."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2844, "fin_caractere_exclue": 2885, "texte": "« Il n'est, en effet, absolument pas vrai"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2938, "fin_caractere_exclue": 2978, "texte": "que j'ai demandé à faire passer ma chro-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3031, "fin_caractere_exclue": 3073, "texte": "nique. — Ayant été chargé, l'an passé, par"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3126, "fin_caractere_exclue": 3168, "texte": "une réunion de la Jeune, et ayant été prié"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3221, "fin_caractere_exclue": 3262, "texte": "par vous, cette année-ci, de vouloir bien"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3315, "fin_caractere_exclue": 3354, "texte": "continuer ma chronique artistique, — je"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3407, "fin_caractere_exclue": 3442, "texte": "n'avais donc pas à demander que mon"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3495, "fin_caractere_exclue": 3510, "texte": "article passât."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3566, "fin_caractere_exclue": 3603, "texte": "« Que veulent dire aussi les quelques"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3656, "fin_caractere_exclue": 3700, "texte": "lignes qui suivent? Il est bien évident que,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3753, "fin_caractere_exclue": 3795, "texte": "lorsque je signe un article, — comme c'est"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3848, "fin_caractere_exclue": 3888, "texte": "mon habitude, — cet article n'engage que"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3941, "fin_caractere_exclue": 3981, "texte": "moi, et que le directeur n'en peut avoir"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4034, "fin_caractere_exclue": 4056, "texte": "aucune responsabilité."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4112, "fin_caractere_exclue": 4153, "texte": "« Que si cette inutile répétition cachait"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4206, "fin_caractere_exclue": 4248, "texte": "un blâme, — je vous prierais, Monsieur, de"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4301, "fin_caractere_exclue": 4343, "texte": "vouloir bien le formuler plus clairement,—"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "car il n'entre pas dans mes intentions d'en"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 140, "fin_caractere_exclue": 180, "texte": "supporter aucun et je cesserais, dans ce"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 225, "fin_caractere_exclue": 250, "texte": "cas, toute collaboration."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 317, "fin_caractere_exclue": 331, "texte": "« Bien à vous,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 424, "fin_caractere_exclue": 444, "texte": "« GEORGES DESTRÉE. »"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 665, "fin_caractere_exclue": 704, "texte": "Si vous voulez savoir ce qu'est le Pro-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 705, "fin_caractere_exclue": 739, "texte": "méthée enchaîné d'Eschyle, voici :"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 742, "fin_caractere_exclue": 780, "texte": "« Qu'est-ce que le Prométhée enchaîné,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 781, "fin_caractere_exclue": 824, "texte": "sinon la glorification de l'esprit inventif"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 825, "fin_caractere_exclue": 865, "texte": "contre des dieux encore grossiers et ja-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 866, "fin_caractere_exclue": 873, "texte": "loux. »"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 962, "fin_caractere_exclue": 1006, "texte": "Cette définition est due à l'esprit inventif"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1054, "fin_caractere_exclue": 1093, "texte": "de M. Potvin, — Chariot, — pas pour les"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1148, "fin_caractere_exclue": 1154, "texte": "dames."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1425, "fin_caractere_exclue": 1461, "texte": "Le splendide drame de notre collabo-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1495, "fin_caractere_exclue": 1535, "texte": "rateur Maurice Maeterlinck, la Princesse"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1565, "fin_caractere_exclue": 1608, "texte": "Maleine, dont beaucoup d'entre nous avaient"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1659, "fin_caractere_exclue": 1700, "texte": "regretté la publication hors commerce, va"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1752, "fin_caractere_exclue": 1794, "texte": "paraître sous peu chez M. Louis Van Melle,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1845, "fin_caractere_exclue": 1884, "texte": "éditeur, rue Saint-Georges, 14, à Gand."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2122, "fin_caractere_exclue": 2158, "texte": "L'éditeur Léon Vanier vient de faire"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2215, "fin_caractere_exclue": 2255, "texte": "paraître une nouvelle édition des Poèmes"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2281, "fin_caractere_exclue": 2309, "texte": "saturniens de Paul Verlaine."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2538, "fin_caractere_exclue": 2578, "texte": "Art et Critique a publié ce mois France,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2621, "fin_caractere_exclue": 2666, "texte": "pièce de vers que Paul Verlaine avait p r é -"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2667, "fin_caractere_exclue": 2705, "texte": "sentée au concours de l'Écho de Paris."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2891, "fin_caractere_exclue": 2925, "texte": "Sommaire du Mercure de France, nu-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2983, "fin_caractere_exclue": 3024, "texte": "méro de mars : Louis Dumur, De l'Instinct"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3073, "fin_caractere_exclue": 3114, "texte": "sexuel et du mariage; Albert      Samain,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3160, "fin_caractere_exclue": 3199, "texte": "Extrême-Orient; Albert Aurier, les Gre-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3252, "fin_caractere_exclue": 3290, "texte": "nouilles dans l'âme; Renard, les Joues"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3315, "fin_caractere_exclue": 3356, "texte": "rouges ; Louis Denise, les Écrans lilas ;"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3357, "fin_caractere_exclue": 3395, "texte": "Ernest Raynaud, Griefs ; Remy de Gour-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3396, "fin_caractere_exclue": 3435, "texte": "mont, Proses moroses ; Daland, le Salon"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3436, "fin_caractere_exclue": 3474, "texte": "des XX; Mercure, livres, échos divers."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3480, "fin_caractere_exclue": 3520, "texte": "Sommaire de la Revue       indépendante."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3521, "fin_caractere_exclue": 3563, "texte": "Georges Darien, Florentine; Jules Bois, le"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3564, "fin_caractere_exclue": 3604, "texte": "Long des Routes (vers) ; Jacques Le Lor-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "rain, Angoisses (vers); Marie Krysinska,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 224, "texte": "Un Voyage de noce, Rancune; Nicolas"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 274, "fin_caractere_exclue": 314, "texte": "Lenau, Faust ; François de Nion, la Peur"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 364, "fin_caractere_exclue": 404, "texte": "de la mort; J.-H. Rosny, Critique litté-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 454, "fin_caractere_exclue": 495, "texte": "raire; François de Nion, Théâtre; Georges"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 545, "fin_caractere_exclue": 587, "texte": "Gourdon, M. Jules Barbier et Jeanne d'Arc;"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 637, "fin_caractere_exclue": 661, "texte": "Alfred Bruneau, Musique."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 918, "fin_caractere_exclue": 959, "texte": "Chaque semaine la très intéressante revue"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1009, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "parisienne : Art et Critique, fait la cueil-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1103, "fin_caractere_exclue": 1147, "texte": "lette de toutes les joyeusetés de la presse."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1200, "fin_caractere_exclue": 1242, "texte": "En voici quelques échantillons :du Figaro."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1292, "fin_caractere_exclue": 1332, "texte": "MM. Revest, Goussot et Laur ont été cou-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1382, "fin_caractere_exclue": 1422, "texte": "sus dans le même sac et jetés l'un après"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1472, "fin_caractere_exclue": 1494, "texte": "l'autre dans le canal."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1547, "fin_caractere_exclue": 1564, "texte": "D'Albert Delpit :"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1617, "fin_caractere_exclue": 1658, "texte": "On ne fit aucune allusion au mariage rêvé"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1708, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "par Aristide; mais le silence de l'amoureux"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1801, "fin_caractere_exclue": 1844, "texte": "parlait éloquemment pour lui. Par instants,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1894, "fin_caractere_exclue": 1939, "texte": "il soupirait avec tant de force, qu'Alice lui"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1989, "fin_caractere_exclue": 2032, "texte": "dit tout à coup : Vous avez trop bien dîné,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2082, "fin_caractere_exclue": 2118, "texte": "mon ami ; vous êtes un gourmand. Une"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2168, "fin_caractere_exclue": 2214, "texte": "autre fois, je ne vous inviterai plus à parta-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2264, "fin_caractere_exclue": 2280, "texte": "ger mon festin !"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2333, "fin_caractere_exclue": 2348, "texte": "De Chincholle :"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2401, "fin_caractere_exclue": 2444, "texte": "Il y a longtemps qu'on a dit que l'Histoire"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2494, "fin_caractere_exclue": 2535, "texte": "est un serpent qui se mord la queue. Elle"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2585, "fin_caractere_exclue": 2620, "texte": "ne tarde même pas à se recommencer."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2758, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "M. Henry De Groux qui, comme on sait,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2845, "fin_caractere_exclue": 2888, "texte": "s'est retiré des XX avec éclat, vient d'ou-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2938, "fin_caractere_exclue": 2982, "texte": "vrir chez lui une exposition de ses tableaux"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3032, "fin_caractere_exclue": 3072, "texte": "et de ceux de M. Dejouve. Nous donnerons"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3122, "fin_caractere_exclue": 3159, "texte": "dans notre prochain numéro un compte-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3209, "fin_caractere_exclue": 3251, "texte": "rendu détaillé de ces œuvres qui sont fort"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3301, "fin_caractere_exclue": 3314, "texte": "remarquables."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur la brèche", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 188, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 1865, "texte": "En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN, rue d'Arenberg, à Bruxelles:\n\n  La Damnation de l'Artiste\n                             par I W A N G I L K I N\n         1 vol. gr. in-8°, couverture or, avec un frontispice par Odilon Redon.\n                   TIRAGE A 150 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS :\n     10 sur papier Japon impérial, numérotés de 1 à 10, prix . . 30 francs\n    140 sur papier de Hollande Van Gelder, numérotés de 11 à 150 15 »\n    (Les numéros m à 150 ne sont pas mis dans le commerce.)\n\n\n       En souscription chez LOUIS VAN M E L L E , rue St-Georges, 14,\n                                à Gand.\n\n   LA PRINCESSE MALEINE\n                              drame en cinq actes,\n             par MAURICE                   MAETERLINCK\n                                Prix : 5 francs.\n\n                 A paraître en avril chez EDM. DEMAN :\n\n       Les Flambeaux Noirs\n                                         PAR\n\n                      EMILE           VERHAEREN\n\n\n   A L ' A V E N T U R E , par JAMES VANDRUNEN. (A                    paraître).\n\n   IMPRESSIONS                 D ' A R T , par EUGÈNE           DEMOLDER,         chez\nMadame Ve Monnom.\n\n  L A S O C I É T É N O U V E L L E . Abonnement : 1 an, 10 francs.\nAdministration générale : 18, rue d'Edimbourg, Bruxelles.\n\n\n  L A R E V U E I N D É P E N D A N T E , rédacteur en chef :\nFRANÇOIS DENION. Abonnement, 15 francs par an; étranger, 17 francs.\nAdministration chez Albert Savine, 12, rue des Pyramides, Paris.\n\n   G I L ' B L A S , journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie LES LARRONS, par HUGUES LE ROUX.\n  Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\npartout.\n\n   L E M E R C U R E D E F R A N C E , revue mensuelle d'art et\nde littérature : ALFRED VALLETTE, rédacteur en chef, 15, rue de\nl'Échaudé-Saint-Germain, Paris. Prix : 40 centimes.\n"}, {"page_pdf": 189, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 966, "texte": "                Vient de paraître chez LÉON VANIER, Paris :\n\n       L'AME DES C H O S E S\n                              RECUEIL DE POÈMES EN PROSE\n\n                   par H E C T O R                CHAINAYE\n                                  Prix : 2 francs.\n\n                             Chez EDMOND DEMAN :\n\n  LES FLEURS DU                                                                MAL\n                                             DE\n\n\n                        CHARLES             BAUDELAIRE\n                  INTERPRÉTATIONS         PAR O D I L O N       REDON\nEn un album de 8 planches in-fol.. avec couverture illustrée. Tirage à 50 exemplaires.\n                                    Prix : 35 francs.\n\n\n                              A       P A R A I T R E\n\n\n    Le Triomphe du Verbe\n                                            PAR\n\n\n                           Maurice        DESOMBIAUX\n                  Tirage à petit nombre sur beau papier de luxe.\n\n\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-03-n3-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur la brèche", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 189, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 966, "fin_caractere_exclue": 1815, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur\nla brèche, l'élan est donné.\n   A la tête du mouvement littéraire, L A J E U N E B E L -\nGIQUE, hautaine et fière, dirige le combat, marche en\navant, à travers tout. Mais il faut que tous nous l'aidions. A\nE L L E pour la propagande! Des cartes d'abonnement sont à\nla disposition de nos amis. Ceux qui nous feront parvenir\nDIX abonnés nouveaux recevront L A J E U N E B E L -\nG I Q U E gratuitement pendant un an.\n   Ceux qui nous en feront parvenir V I N G T , recevront :\n1° L A J E U N E B E L G I Q U E gratuitement à perpé-\ntuité ; 20 Ils auront droit à tous les tirés à part de grand luxe\ndes frontispices, dessins, portraits, etc. ; 3° Leur nom figurera\nen tête de la publication commémorative de nos fêtes du\ndixième anniversaire.\n\n\n                  Bruxelles. — Imprimerie V\" Monnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 154, "texte": "Mars 1890                       TOME IX. — N° 3                                     10me Année.\n\n\n\n\nLA\n   JEUNE\n              BELGIOUE\n                                SOMMAIRE:\n       In Memoriam                                HENRY MAUBEL.\n       Les Dessins de Victor Hugo. . . . .        J.-K. HUYSMANS.\n       Lucifer                                    IWAN GILKIN.\n       Les Dimanches de la rue Rousselet . .      CHARLES BUET.\n       Irène                                      ADOLPHE FRÈRES.\n       Transpositions modernes. — Cirque . .      JULES DESTRÉE\n       La Synthèse                                ALBERT LEUNE.\n       Floramye                                   GEORGES VANOR.\n       Stéphane Mallarmé .               , .      VALÈRE GILLE.\n       Fable                                      FÉLICIEN ROPS.\n       Chronique littéraire :\n            Aux XX. Conférence de M. E. Picard.   V. G.\n            Dire du mieux                         V. G.\n       Chronique musicale :\n            Salammbô                              ALBERT GIRAUD.\n      Vénerie esthétique                          ON. CUDOYE.\n      Memento                                     NEMO.\n\n\n                                                              BRUXELLES\n                                              Rédaction : 55, BOULEVARD D'ANDERLECHT\n    PRIX DU NUMÉRO                                                 PARIS\n            F r . 0-75                               LIBRAIRIE: DE l'Art        Indépendant\n                                                          i l , rue de la Chaussée d'Antin\n\n                                                                      iSqo\n"}, {"page_pdf": 155, "texte": "           Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                             PAHAISSANT LE 5 DE CHAQIE MOIS\n    Fondateur    : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                        Directeur : VALÈRE G I L L E .\n              Rédaction : 55, Boulevard dAnderlecht, Bruxelles.\n                7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n   ÉCHANGE. — Nous prions les Revues amies de vouloir bien faire\nle service directement à la Rédaction : 55, Boulevard d'Anderlecht,\nBruxelles.\n\n  La J E U N E B E L G I Q U E est en vente à\n  Bruxelles, chez Rozez; à l'Office de Publicité; chez Istace, galeries\nSaint-Hubert et chez Castaigne;\n  Paris, chez Edmond Bailly, à la librairie de l'Art Indépendant, 11, rue\nde la Chaussée d'Antin ;\n  Gand, chez Hoste, rue des Champs.\n\n  Nous invitons nos amis et nos abonnés qui ne recevraient pas régulière-\nment la Jeune Belgique à le faire savoir au plus tôt à la Direction.\n\n\n                            BOITE AUX L E T T R E S .\n  23. — GEORGES F'ONTAINE. Louvain. Parfaitement. Il a profité de son séjour en\nBelgique pour faire à Tilman sa visite de... digestion.\n  24. — ROBERT L. Vous devez avoir énormément de facilité : vos vers sont immondes.\n  25. — PENHOLDER. VOS vers ne sont pas infects; c'est un compliment; ne désespérez\npas, la Jeune Belgique est accueillante ; vous le voyez bien.\n  26. — FÉLICIEN ROPS. Si n'envoyez pas frontispice, continuerons à publier fables\nde vous.\n  27. — NEAL. Connaissez-vous ce vers de Victor Hugo?\n                            Il allait pérorant, ébranlant la famille.\n  Voilà le chemin à suivre; c'est le moyen de contenter tout le monde et son père : Vous\npourrez ainsi vous adonner corps et âme à la littérature et offrir vos pièces à vos petites\ncousines.\n  28. — EM. C H . Bonjour.\n  29. — LUCIEN BORRE. NOUS prenez vous pour un ogre! Nous ne mangeons pas les\npetits enfants. Monsieur! Envoyez votre pièce, nous nous ferons une conviction.\n  30. — SUAVE PINOLET. Prière de vous réveiller; vous avez assez regardé votre nombril.\n  31. — EMILE VAN HEUBCK. Anvers. Nous avons transmis votre abonnement à l'admi-\nnistration. Merci. Quant à votre nouvelle elle sera soumise au comité de rédaction; nous\nne pouvons rien promettre.\n  32. — JECQUET.\n                             Lariflaflafla,    lariflaflafla.\n                                  Ce sera pour une autrefois.\n                                            AMEN.\n"}, {"page_pdf": 156, "texte": "                      IN MEMORIAM\n\n\n                                   Voici un an que Max Waller est mort, et sa\n                                    tombe, là bas, à Hofstade, où quelques\n                                    amis sont allés déposer des fleurs par une\n                                    journée pluvieuse et noire, trouble d'ho-\n                                  rizon, comme la journée de ses funérailles,\n                                sa tombe est bien scellée de silence.\n                                 Un an efface tant de choses moins subtiles\n                           que le souvenir!...\n                         Est-ce dire que son nom soit sorti des mémoires?\n                    Nullement. Max Waller, ce nom provocant et bref,\n                    avec le flottement doux de sa désinence, ce nom pareil\n                    au schème d'un geste littéraire qui a si joliment fouetté\n                    la médiocratie belge, ce nom est indélébile.\n                        En parlant de silence, nous songeons à ceux dont la\n                     mémoire vivace de rancune n'a point pardonné, à cet\n                     esprit, désormais éteint, ses petites victoires d'antan.\n                        Leur obstination à faire l'oubli autour de lui, prouve\n                     qu'ils s'en souviennent doublement et c'est ce qui\n                     affirme, mieux que toute compassion, sa vitalité spiri-\n                tuelle.\n   La physionomie de Siebel dont on eût pu dire, reproduisant une\népithète appliquée au comte de Rivarol : « Son Impertinence le page\nSiebel », cette physionomie sur laquelle éclatait si radieusement la joie de\n"}, {"page_pdf": 157, "texte": "                                 134\n\nvivre jeune, beau, svelte, élancé de corps et d'âme, les hante encore et les\nobsède, ces mauvais.\n    Qu'ils sachent donc bien que cette tombe entourée de fleurs, portant au\nsocle de sa croix un fin profil médaillonné avec notre écusson — le sien —\nen exergue, nous représente quelque chose de sacré, un cher souvenir\nauquel on ne touchera pas.\n    « Le souvenir est l'espérance du passé ». — N'est-ce pas lui qui le\ndisait? — C'est le regret, la nostalgie, le retour d'âme vers ce qui a été, si\npassionné, si chaud et si intense parfois, qu'il peut animer une image au\npoint d'y ressusciter l'être. Ce souvenir nous accompagne et nous aide à\nfaire prospérer l'héritage intellectuel de Max Waller.\n   Au lieu de passer sa très courte vie à se confectionner un peu de gloire\npersonnelle, il a provoqué et mené en quelques années le relèvement litté-\nraire de notre pays.\n    Nous l'aimons pour son dévouement et son abnégation, pour sa géné-\nrosité et sa sincérité à accomplir cette création que, seul, un délicat, un\naffectif, un artiste pouvait concevoir et réaliser comme il l'a fait.\n    Nous l'aimons pour cette témérité, cette gaieté d'esprit qui le poussèrent\nà l'assaut de toutes les routines, sans jamais une crainte, sans un recul,\nhéroïquement, passionnément, d'un bout à l'autre de cette course aux illu-\nsions dont il s'est arrêté avec l'impression de s'éveiller d'un rêve.\n    Un rêve, en effet !\n    Que si, trouvant folles et inopportunes cette vie ouverte et cette géné-\n reuse dissipation, des gens reprochaient à Max Waller d'avoir émietté son\n inspiration, dispersé ses pensées, nous leur rappellerions des pages de com-\n position condensée et achevée, entre lesquelles la Vie bête, la Flûte à Siebel\n et enfin Daisy, cette nouvelle posthume qui marque son éveil en pleine\n souffrance.\n    L'étude psychologique de ces pages que l'un de nous fera un jour, mon-\n trera son entière et très originale personnalité d'écrivain.\n    Le nom de Max Waller est, aujourd'hui, ballotté en cette période\n d'incertitude et d'attente qui succède à la vie physique d'un être.\n    Cette période est d'autant plus trouble, pour lui, que sa vie a été plus\n étrange et plus bruyante, sa mort plus prématurée et plus soudaine.\n L'attente sera longue, mais son nom se casera.\n    Sa physionomie littéraire, alors, arrêtée par des contours nets, comme\ncelle de quelqu'un du passé, apparaîtra en place calme et définitive à ceux\n qui liront ses œuvres et l'histoire de son ŒUVRE.\n  6 mars 1890.\n                                                   LA J E U N E B E L G I Q U E .\n"}, {"page_pdf": 158, "texte": "                                  — 135 —\n\n\n\n\n  LES DESSINS DE VICTOR HUGO\n              Parmi ces dessins d'Hugo qui furent exposés chez Georges\n                Petit, rue de Sèze, peu de figures humaines ; dans de plu-\n                viales ténèbres, un pendu qui tressaille, les yeux sortis en de\n                blancs trémas au dessus du nez, la langue ponctuant d'une\nvirgule noire, le bas éclairé d'une face horrible; puis une tête isolée, roulant,\nsans buste et sans jambes dans la fumée d'un crépuscule, une tête qui rap-\npelle celles que fusine Odilon Redon, en ses albums ; enfin, d'extraordi-\nnaires paysages :\n   Des villes fortes se levant du fond de la mer, des villes précédées de\nremparts bâtis avec des pierres spongieuses, vermicelles comme des madré-\npores, troués comme des éponges, plaqués de problématiques écussons,\nde fabuleuses armoiries, flanqués d'immenses tours coiffées de capuches\nsombres.\n   De ces tours, en quelque sorte, sacerdotales, l'on dirait des aïeules de ces\nreligieuses de l'Adoration Perpétuelle qu'Hugo a si magnifiquement\npeintes dans un des chapitres des Misérables : des sœurs faisant, rétractées,\nmais debout, la coulpe, priant, la tête baissée sous leurs voiles, pour les\npêches de la ville, un christ quasi Byzantin dont la croix émerge de la mer,\nà droite.\n   L'impression de cette œuvre demeure ambiguë et énorme. L'on songe\ndevant cette architecture de rêve, non plus aux amusettes romantiques\nd'un Doré, mais, à des cités douloureuses du moyen-âge, à des châteaux de\nlégende, escaladant,, avec leurs cimes bousculées, leurs pignons en déroute,\nleurs clochers fous, les plaines ravinées d'un ciel saturé de pluies et gorgé\nde foudre.\n   Un autre dessin nous montre encore un roc sur lequel des marches ser-\npentent en un vertigineux escalier jusqu'au firmament, que bouche une\nforteresse creusée dans le granit et dont on ne voit qu'une embrasure\ngrillée de fer, devant laquelle passent en bouillonnant d'effrayants nuages.\n   Tout cela campé à la diable, balafré de traînées de sépia et de bistre,\ntrituré comme avec des estompes imbibées d'encre, rehaussé dans les parties\nliquides, de lavures d'un bleu pâle et gris, du bleu de la pierre divine, pilée\net délayée dans un peu d'eau.\n   Et l'on se dit que c'est bien de Victor Hugo, cet art là ! — C'est bien de\nlui, cette atmosphère d'orage, ces grands ciels en deuil, ces naufrages du\njour culbuté par la houle des nues.\n"}, {"page_pdf": 159, "texte": "                                 — 136 —\n\n   Devant ces tourmentes peintes bien inférieures pourtant à l'ouragan de\nses phrases, mais néanmoins indiquées, nettement, violemment, d'un pin-\nceau qui s'écrase à pleins poils sur le papier fort, l'on se remémore les\nmarines des Travailleurs de la mer et de l'Homme qui rit; c'est, en effet,\nla même conception gigantesque, la même vision du tétanos des mers et de\nl'épilepsie des ciels ; c'est la même hantise des éléments océaniques et\nfluides que, seul, dans toutes les littératures, il a pu rendre. Il semble que\nson œuvre soit astrologiquement blasonnée par l'image héraldique d'Orion,\nl'étoile des tempêtes, l'astre qui provoque les bourrasques et les mantures.\n   Ses châteaux fantastiques n'évoquent-ils pas aussi le souvenir de ces\nbizarres et splendides pages où, dans la geôle de Southwark, Gwynplaine\nregarde la face stratégique du juge qui, une touffe de roses à la main,\npsalmodie d'une voix morte, coupée de répons latins, la litanie des sécu-\nlaires lois au nom desquelles il supplicie Hardquannone dont on entend,\nsous les pierres qui l'écrasent, l'épouvantable râle ?\n\n                                                     J . - K . HUYSMANS.\n\n\n\n\n                             LUCIFER\n     Il cria d'une voix qui brisa mes vertèbres :\n\n     — En ton sommeil, dans la vaste paix des ténèbres\n     Où ton repos attend les fleurs du lendemain,\n     Me voici, le bras haut, une flamme à la main :\n     Je viens toucher ton cœur, de ma main lucifère.\n     Regarde maintenant, comprends et désespère.\n     Ah! ton futile esprit se plaisant à l'erreur,\n     Tu t'osais supporter toi-même sans horreur;\n     Tu ne voyais ni tes lâches supercheries\n     Ni tes vils appétits de voluptés flétries,\n     Ni tes dois, ni tes vols, ni tes faux   dévouements\n     Singeant le sacrifice et la soif des tourments,\n     Ni les paons vaniteux et fous faisant la roue\n     Dans la nuit noire de ton âme et dans sa boue,\n     Ni tes songes cruels, sensuels et jaloux,\n      Traîtreusement couverts d'un sourire si doux\n"}, {"page_pdf": 160, "texte": "                                  -   137    -\n\n\n    Qu'il a fait longtemps croire en ta bonté mauvaise.\n    Ignorant de ton cœur, tu laissais croître à l'aise\n    Ta force et tes instincts de naïf animal.\n    Mais je suis l'Eclaireur formidable du Mal :\n    Je t'apporte le don fatal de la Science ;\n    Tâche de supporter désormais l'existence,\n    Misérable! Le vieux dogme n'avait pas tort :\n    « Le crime de savoir sera puni de mort! »\n    Ah ! quand je songe à la grimace si cocasse\n    Que va faire, en crevant, ta sordide carcasse,\n    Mes dents bavent de joie et je danse et je ris\n    Et mes ailes aux doigts mous de chauve-souris\n    Allongent les rubis de leurs ongles phalliques,\n    Et j'exulte et m'exalte en hymnes catholiques :\n     « Te Deum ! Te Deum ! Le Ciel a fait la Loi.\n    Mais l'Œuvre et son angoisse et sa chute, c'est Moi! »\n\n    — Seigneur, que répondrai-je au démon de phosphore ?\n    J'ai soufflé sur sa flamme et Vous attends encore.\n                                                             IWAN GILKIN. '\n\n\n\n\n    Les Dimanches de la rue Rousselet\n UN              soir que j'étais — il y a bien longtemps — avec Coppée,\n dans                 un petit café de la rue de Sèvres, que nous appelions\n                  Chez D e l p h i n e , et où venaient, avec M. d'Aurevilly, ses\n               amis Bloy et Landry, le graveur Massait, quelques peintres\ndu voisinage, des artistes comme Poirson et Ferdinandus, Paul Bourget,\nle docteur Wattelet, — un soir, dis-je, un jeune homme vint s'asseoir près\nde nous, et le poète des Humbles nous nomma l'un à l'autre : Joris-Karl\nHuysmans, fort connu déjà, l'un des collaborateurs des Soirées de Médan,\nami de Zola, familier de Goncourt, et dont les premiers romans avaient fait\ndu bruit. Un homme svelte, élégant, d'allures inquiétantes, un peu sec,\naux gestes anguleux. Une tête féline, encadrée de cheveux et d'une barbe de\ncouleur indécise, à la fois roux et brun, avec des reflets blonds. Des yeux\nvifs, perçants, le regard scrutateur, le sourire sarcastique ; la voix douce, un\n"}, {"page_pdf": 161, "texte": "                                 — 138 —\n\npeu métallique ; un accent du faubourg, corrigé par un autre accent, étran-\nger et étrange. Le parler bref, haché par petites phrases, sec; la physiono-\nmie très éclairée, franche, très bonne. Une causerie leste, vive, pleine de\nrailleries, d'une ironie âcre, avec des mots inattendus, des plaisanteries\nénormes, beaucoup de laisser-aller et de défiance, une tristesse indéfinis-\nsable, sous une gaieté trop expansive pour être sincère.\n   Je ne saurais dire à quel point l'aspect de ce personnage me frappa. Mais\nje n'avais que l'effronterie des timides, et je ne revis Huysmans que long-\ntemps après. Il avait publié, dans l'intervalle, son livre : A rebours, où\nfurent, dans notre clan, remarquées plusieurs pages sur les écrivains catho-\nliques, et surtout les contemporains. Il ne manquait pas d'y faire, injuste-\nment comme les autres, à M. d'Aurevilly le reproche de sadisme, sur lequel\nil faudra s'expliquer plus tard. Et ce fut à cette occasion même qu'il fit, de\nplus près, la connaissance de l'auteur des Diaboliques, à qui, tout de suite,\nallèrent sa sympathie et son respect. Et dès lors on se revit plus fréquem-\nment, le dimanche, dans la chambre rose de la rue Rousselet. Ce caractère\nouvert, généreux, sous le fard de scepticisme dont la vie de Paris badigeonne\nles plus épris d'illusions, ce rire moqueur, cette causerie monotonement\namusante, ces soubresauts d'esprit, ces saillies de clown, ces aperçus nets\net rapides sur toutes choses, étaient pour séduire, et séduisent vraiment. Il\ny a tant d'honnêteté réelle sous ce prétendu satanisme ! Une telle soif de\nvérité, sous les apparences de l'incrédulité ! Une si réelle affection du pro-\nchain sous des semblants d'égoïsme, échafaudés pour mystifier les sots !\n   Joris-Karl Huysmans, d'origine hollandaise, est d'une famille de peintres,\net compte parmi ses ancêtres Cornélius Huysmans, de qui le musée du\nLouvre possède plusieurs tableaux; son bisaïeul maternel, prix de Rome,\nfut un sculpteur de mérite et travailla aux arcs-de-triomphe du Carrousel et\nde l'Étoile.\n   Huysmans est un moderne, un moderniste, dans l'acception la plus\nabsolue du mot. Il a beaucoup de haines, particulièrement celle des méri-\ndionaux, desquels l'exubérance le choque et le fatigue. Un jour, Alphonse\nDaudet recevait un néophyte littéraire, débarqué récemment dans la grande\nville, et comme il lui disait, au cours de l'entretien : « Nous autres, gens du\nmidi », le bon jeune homme se récria, disant qu'il n'était point d'outre\nLoire : « Vous n'êtes pas du midi? s'écria l'ancien P'tit Chose, stupéfait.\nAlors, mon bon, qu'est-ce que vous venez f... aire Paris? » Cette anec-\ndote — se non è vera è ben trovata — fait les délices de Huysmans, qui la\nrabâche avec une joie féroce. Il est citadin, lui, point campagnard. Il peint\nplus volontiers les paysages urbains que la nature, et voit plus de poésie\n"}, {"page_pdf": 162, "texte": "                                  — 139 —\n\ndans une impasse infecte, boueuse et noire, que dans un sous-bois illuminé\nd'une lumière verte par les rayons du soleil passant à travers les feuilles.\n   Né rue Suger, une vieille rue de l'ancienne Université, il habite l'ancien\ncouvent des Prémontrés de la rue de Sèvres, et je crois qu'il ignore tout ce\nqui existe au delà des murs d'enceinte de sa ville.\n    Il n'est point romantique, et moins encore, assurément, classique. Il s'est\nréfugié dans l'art, dans la beauté artificielle, construite et réglée d'après le\ngoût humain. Il n'est pas peintre, mais il a inventé des peintres, Degas,\n Raffaëlli, et ce prodigieux Odilon Redon, dont le crayon a fixé les concep-\ntions de Poë, et qui me rappelle ce Rochester, l'aveugle de Jon Eyre, dont\nles compositions mystérieuses sont décrites avec tant de passion par miss\nBronte. Aucun critique d'art n'a, aussi bien que lui, révélé Gustave Moreau,\nle hiératique Moreau, à qui de surnaturelles visions dévoilèrent, semble-t-il,\nles secrets de la vie biblique, et dont l'œuvre magistrale est le véritable tré-\nsor artistique de cette fin de siècle.\n   Huysmans fut, avec Léon Hennique, Henry Céard, Guy de Maupassant,\nl'un des premiers disciples de Zola. Mais il est naturaliste d'une autre\nmanière, et sans suivre le maître dans sa voie, il ne l'a jamais renié, comme\nfirent d'autres jeunes gens, desquels le manifeste invoquant, après la Terre,\nla morale outragée, fit un si divertissant tapage.\n    Son début fut un recueil de poèmes en prose, le Drageoir aux épices,\npuis il publia Marthe, les Sœurs Vatard, En ménage, des Croquis pari-\nsiens, et enfin l'Art moderne, merveilleuse étude de la peinture contempo-\nraine, où Degas, Raffaëlli, tous deux impressionnistes, et Odilon Redon,\nl'étrange artiste qui traduit avec son crayon magique les rêves extraordi\"\nnaires que le poète mathématicien Edgard Poë burinait avec sa plume.\n    Le livre qui lui donna tout à coup la célébrité, au moins parmi les\njeunes, A rebours, le mit aussitôt hors de pair, parmi les écrivains dejà\ncélèbres. Livre de désespéré, disait M. d'Aurevilly, histoire d'une âme en\npeine, qui raconte ses impuissances de vivre, même à rebours ; livre d'une\noriginalité monstrueuse, dont le héros, arrivé à la dernière limite que les\nsensations puissent atteindre, est encore affamé de sensations nouvelles, et\ndont l'auteur nous écrit la nosographie d'une société putréfiée de matéria-\nlisme. Le talent est ici à toute page; l'abondance des notions sur toutes\nchoses y va jusqu'à la profusion. Le style, savant et technique, y déploie\nune magnifique richesse de vocables\n    Ce livre inoubliable provoqua une page superbe de M. d'Aurevilly.\n    « Une mortelle angoisse se dégage de son livre. Le misérable château de\n cartes — cette petite Babel de carton — élevé contre le monde de Dieu\n"}, {"page_pdf": 163, "texte": "                                   — 140 —\n\ns'est écroulé et lui est retombé sur les mains. Le matérialiste, qui deman-\ndait tout à la matière, n'en a tiré que ce qu'elle peut donner, et c'est insuf-\nfisant. Le 'révolté a senti son néant. Chose expiatrice des criminels égare-\nments de ce livre ! Les derniers mots en sont une prière. C'est à une prière\nqu'aboutit tout ce torrent d'imprécations et de malédictions enragées. « Ah !\ndit-il, le courage me fait défaut et le cœur me lève... Seigneur, prenez\npitié du chrétien qui doute, de l'incrédule qui voudrait croire, du forçat\nde la vie qui s'embarque dans la nuit sous un firmament que n'éclairent\nplus les fanaux consolants de l'espoir! » Est-ce humble et assez soumis?...\nC'est plus que la prière de Baudelaire :\n\n                Ah! Seigneur, donnez-moi la force et le courage\n                De contempler mon corps et mon cœur sans dégoût ! »\n\n\n\n\n   « Aux derniers les bons », dit un proverbe qu'il y a lieu de citer quel-\nquefois. Depuis tantôt vingt ans, l'un des amis les plus intimes de M. d'Au-\nrevilly est un homme qui fut jugé bien diversement, et sur qui le dernier\nmot n'est pas dit. Combien de fois n'a-t-on pas reproché à l'auteur de ce\nlivre de l'avoir cité, nommé ou défendu? Et quoi de plus naturel, cepen-\ndant, qu'une amitié persévérante, lorsqu'elle est sincère, et qu'elle puise ses\norigines dans une croyance commune, dans une foi passionnée ! Mais Léon\nBloy, polémiste redoutable, violent, excessif, a passé toute sa vie à se faire\ndes ennemis par son intransigeance et ses brutalités. Certes, il n'est point\naimable, ni gracieux, ni très sociable, mais je ne connais personne qui ait\nun plus véritable besoin d'affection, qui soit plus fermé à la défiance et au\nsoupçon. Il n'a pas la bonté vulgaire, qui sait excuser tout, pallier les fautes,\ndéguiser les vices : mais il a cette bonté secourable et cachée, qui livre un\ncœur à un cœur sympathique. Il raille, mais il pleure. Il attaque, mais il\ndéfend. Et ses colères, outrées par un besoin d'expansion toujours réprimé,\nne sont que l'irrésistible éclat d'une sincère générosité.\n   Il y a, en Bloy, un chrétien affolé d'amour, affamé de justice, et son\nâme, qu'aucune rosée bienfaisante ne désaltère, crie vers le Seigneur l'injus-\ntice inexprimable du siècle. Cet athlète prêt à tous les combats est écarté du\nchamp de bataille; cette force est inutilisée; ce talent est dédaigné. Com-\nment voulez-vous que la victime d'une indifférence qui la tue ne pousse pas\nla violente clameur du désespoir?\n   M. d'Aurevilly l'a jugé mieux que personne dans la préface qu'il mit en\ntête de son livre : le Révélateur du Globe.\n"}, {"page_pdf": 164, "texte": "                                   — 141 —\n\n   « C'est un esprit de feu, composé de foi et d'enthousiasme, que ce Léon\nBloy inconnu, qui ne peut plus l'être longtemps... Pour ma part, parmi\nles écrivains catholiques de l'heure présente, je ne connais personne de cette\nardeur, de cette violence d'amour, de ce fanatisme pour la vérité. C'est\nmême cet incompréhensible fanatisme dont il se vante comme de sa meil-\nleure faculté, qui a empêché M. Léon Bloy de prouver aux regards du\nmonde ses autres facultés et sa supériorité d'écrivain. Polémiste de tempé-\nrament, fait pour toutes les luttes, tous les combats, toutes les mêlées, et\nsentant cette vocation pour la guerre bouillonner en lui, comme bouillonne\ncette sorte de vocation dans les âmes, quand elle y est, il a de bonne heure\ndemandé instamment à ceux qui semblaient penser comme lui, sa place sur\nleurs champs de bataille, mais ils lui ont toujours fermé l'entrée de leur\ncamp.\n   « Quoi de surprenant? Dans une époque où le génie de la concession qui\ngouverne le monde va jusqu'à lâcher tout, un esprit de cet absolu et de cette\nrigueur a épouvanté ceux-là même qu'il aurait le mieux servis. L'héroïque\nVeuillot, par exemple, qui n'a jamais tremblé devant rien, excepté devant\nles talents qui auraient tenu à honneur de combattre à côté de lui pour la\ncause de l'Eglise, Veuillot prit peur, un jour, du talent de M. Léon Bloy,\net, après quatre ou cinq articles acceptés à l'Univers, il le congédia formel-\nlement. Alors, cet homme, avec qui on se conduisait comme s'il était\nun petit jeune homme, quand il était un homme tout à fait, et qui, depuis\ndix ans, s'attendait et s'impatientait, accumulant et ramassant en lui des\nforces à faire le plus formidable des journalistes, fut étouffé par la force lâche\ndu silence des journaux, et des journaux sur lesquels il aurait dû le plus\ncompter ! Enfermé, comme le prophète Daniel, dans la fosse aux bêtes, mais\naux bêtes qui n'étaient pas des lions, il recommença de faire ce qu'il avait\nfait toute sa vie. Il recommença d'attendre avec le poids de son talent\nméconnu et refoulé sur son cœur, l'occasion favorable où il pourrait prou-\nver, à ses amis comme à ses ennemis, qu'il en avait. »\n\n                                                         CHARLES BUET.\n"}, {"page_pdf": 165, "texte": "                     — 142 —\n\n\n\n\n                  IRÈNE\n                              A MONSIEUR EMILE VAN HASSEL.\n\n\nCelle qui n'a paru que pour fleurir\nD'un peu de grâce un passé glorieux,\nCelle qui n'a fleuri que pour mourir\nExile de ses souvenirs ses yeux\nPâles vers le ciel : « Que je marche, Reine,\nAu cœur navré de mes lèvres trop fières,\nParmi la frêle et neigeuse lumière\nQue verse aux fleurs l'espoir de mon haleine,\nVers les lys et les roses, vers les lys\nCalices où dort maint pleur aboli,\nLes doux lys mourant d'aimer leur image\nDans les fontaines — les roses aux robes\nTissées au rouet d'or de la reine Aube,\nEt dignes de fleurir mon fin corsage !\n\nSous les satins lointains du Paradis,\nUn cercueil d'enfant — sourire! — ô cortège\nD'aurore comme en mon âme — tandis\nQu'une cloche angélise, comme il neige...\n\nForêt secrète et fraîche, que de fois,\nSous l'ogive claire, l'ombre, aux émois\nDes verdures vieilles de tant d'enfance,\nA fiancé mon. âme au bleu silence!\nQue de fois j'ai leurré de lents départs\nMon âme éprise du blanc sortilège\nDe mes pensers neigeant, ô fleurs de neige,\nSelon la paresse de mes regards !\nQue de matins, de lumière voilée,\nO forêt, je t'ai ravi ton sourire,\nPour, en mes chers souvenirs exilée,\nSonger de fleurs, hélas! et de sourire!\nOh ! les veux mi-clos, le frèle sommeil\n"}, {"page_pdf": 166, "texte": "                    -      143-\n\n\nDe voir au fond des voies fleuries de roses,\nCanal de cristal aux rives de roses,\nS'endormir sur de la neige, le soleil!\nOh! des enfants s'éveillent en mon âme;\nDes verveines fleurissent dans mes yeux;\nIl neige de la lumière en mon âme ;\nO des vols d'or s'exilent de mes yeux!\nEsclaves dociles à mon sourire,\nDes oiseaux bleus, séduits vers mon passage,\nIlluminent mes yeux de leur délire;\nDe fines mésanges me dévisagent.\n Vous m'étiez douces, pelouses moelleuses\nPour la descente de mon pas cruel\n Vers le lac brodé de fleurs et de ciel,\nDouces jadis à mon enfance heureuse\nDe son enfance — à mes délices\nD'un clair sourire aux lèvres du soleil\nFleur d'or pâle en pleurs vers les purs calices\nDes lys qui s'inclinaient sur mon sommeil.\n\nO voici les beaux cygnes, qu'éternise\nLeur silence, glisser parmi les fleurs ;\nLes cygnes éternels, sans autre sœur\nQue leur image où leur col s'adonise,\nGlissent parmi les lys de leur mirage,\nEt promènent leur triste et fier sillage\nDans l'ombre bleue où de frêles city ses\nFouillis d'ailes voilant de noirs dédales,\nEcoutent s'amincir en vocalises\nLeurs graciles ramures musicales.\nVoici que s'illumine aux entrelacs\nDes flots subtils et fugaces, des flots,\nMon image (ô la morte sous les eaux)\nAuréolée de ciel et de lilas.\nO mourir son amour en ce décor,\nS'en aller de soi-même vers des lèvres,\nSourire, enfant encore aux décors mièvres!\nO douceur de rêver comme on s'endort,\nMusicienne un peu d'un souvenir,\n"}, {"page_pdf": 167, "texte": "                     — 144 —\n\nLa lumière de mes mains sur ma guimpe\nRose et joie ! m'irradiant en un nimbe\nDe grêles fleurs qui semblent me bénir!\n\nMais, ombre et fraîcheur ! voici que le soir,\nRayonnant de mes prunelles profondes,\nMène, pour qu'il se mire en ce miroir\nMon silence s'assoupir sur les ondes.\nO voici qu'agonisent les guirlandes\nDes pierreries, des fleurs et des lumières,\nEt qu'à l'appel de jeunes voix princières\nLes cygnes s'éloignent dans la légende.\nPourquoi mes fleurs s'en vont-elles de moi ?\nTout s'exile, les lys et les collines;\nJe suis seule... ô mon âme est orpheline...\nDélice et vertige! j'ai peur, jai froid,\nEt quelles longues mains pâles me frôlent?\nMes yeux, dans l'eau, mes yeux         impérieux\nO Folie! mes yeux fascinent mes yeux...\nMes cheveux pleurent sur moi... ô ces saules!\nJe le sens bien, je suis seule en mon âme\n Trop douce au gré de mon orgueil amer;\n Triste fiancée d'un passé trop fier,\nMon âme seule est digne de mon âme.\n\nBaiser qu'implorent mes lèvres dans l'onde,\nFrêle baiser qui guéris de la vie,\nMe voici, toute enfant et si ravie\nDe ton frais sourire à fleur de l'eau blonde ;\nBaiser de rose et de cristal, fiance\nMes lèvres à mes lèvres, ô prodige!\nFiance à mes yeux en ton lent vertige,\nMes yeux ivres d'exil et de silence.\nAu clair des violettes et des roses,\nOublieuse au souffle inconnu de palmes,\nMiracle! à la dérive, sur l'eau calme,\n Vers quelles subtiles métamorphoses!\nAu clair des lys harmonieux des rives,\nSelon des caresses, à la dérive,\n"}, {"page_pdf": 168, "texte": "                               —   143 —\n\n       Parmi la lumière de mon visage,\n       Mon doux regard fermé sur mes pensées,\n       Et mes mains, de verdures enlacées.\n       Mes mains nimbant d'un précieux sillage\n       Pour le sacre de la mort virginale,\n       Le luxe d'une obscure chevelure.\n\n        Adieu, mes lys aimés ! Adieu, mes fleurs,\n        Mes sœurs qui me gardiez enfant et pure.\n        Souriante et parée, comme je meurs,\n        Dans l'ombre aux coins de clarté qui s'élève,\n        Ce soir, la bonne mort va m'unir à mon rêve.\n\n                                                  ADOLPHE FRÈRES.\n\n\n\n\n        TRANSPOSITIONS                         MODERNES\n                              CIRQUE\n                                                     D'après ROBERT PICARD.\n\n\n            Enorme est l'arène, et banale, mais banale sous une lumière qui\n             n'est pas de ce monde. Le sable jaune a des épaisseurs trou-\n             bles et des reflets bizarres sous cette avalanche de clarté\n             blafarde et roussâtre, oppressante comme l'éclat souffreteux\ndu gaz en un air vicié. Le sable, et la sciure de bois propice aux chutes et\nqui si nettement sait boire le sang, assourdissent le martèlement saccadé\ndes sabots.\n\n  Et c'est dans un silence étrange que se démène l'effrénée sarabande.\n\n   Se dressent de fantastiques étalons, rouges, saignants, comme écorchés\npar ce gaz maudit, comme échappés à la barbarie d'un équarrisseur. Debout,\ndroits. Tous leurs muscles tendus apparaissent saillants, nus, à vif, sous ce\nfeu blême qui ruisselle ; des yeux jaillis des orbites et des naseaux larges\nsoufflant de longs jets de vapeur. Carcasses vermeilles où palpiterait une\ndernière vie désespérée, la lèvre relevée sur les mâchoires avec cet effroyable\nrire de l'animal qui succombe, ils se dressent, ils se cabrent, sous les mor-\n"}, {"page_pdf": 169, "texte": "                                 -   146    -\n\nsures cruelles de la chambrière qui siffle, qui grince, les entoure et exaspère\nleur agonie — oh ! ces fouettantes et stridentes lanières, si mauvaises ! —\nen ce silence étrange,... — ils se cabrent et atrocement font dans l'air, de\nleurs pieds de devant, des gestes convulsifs et suppliants qui implorent le\nrepos, le sommeil, la fin, enfin!\n\n   Mais l'inflexible palefrenier flagellant, l'invraisemblable écuyer de cau-\nchemar, long et mince, tel un ver, en sa livrée, les basques de son habit vert\nvoletant pareilles aux ailes rudes d'un coléoptère au lent élan, pâle de fréné-\ntique fureur, sa tête pointue qui grimace s'enfonçant sous une buse para-\ndoxale , l'inflexible valet fouaille avec férocité les merveilleux destriers\ngémissants...\n\n   Mécanique, inconscient, fatal et brutal, son bras ne peut permettre la\ntrève... Et de leurs grands mouvements vers le ciel, les bêtes éperdues,\nautour de lui surgies, semblent vouloir se cramponner aux rayons furtifs,\navec un espoir fou d'escalader la lumière... Et l'air est plein d'une vapeur\nde sang et de vertige, il fait une chaleur de fournaise...\n\n   Tout autour, le cirque est rempli de monotones spectateurs, extraordinaires\naussi, alternativement vert pré ou rouge brique, rangés symétriquement,\nvagues et stupides, anonymes faisant le Public et qui regardent avec une\nindifférence morne, comme s'ils ne comprenaient pas la signification de\nl'épouvantable spectacle.\n\n   Mais moi, j'ai souffert dans mon cœur et mon souvenir élut pour long-\ntemps la vision d'effroi, car je les ai de suite reconnus les superbes et\npitoyables chevaux, hennissants, bondissants, ramant dans l'atmosphère\nhostile désespérément vers les inaccessibles Lueurs, pour choir et se dresser\nencore, jusqu'à l'impossible, sous l'implacable fouet d'analyse qui en moi et\nmalgré moi les harcèle sans cesse, les Coursiers Saignants de mon Rêve.\n\n                                                         JULES DESTRÉE.\n"}, {"page_pdf": 170, "texte": "                                 — 147 —\n\n\n\n\n                      LA SYNTHÈSE\n             Dans quelle langue, non encore trouvée parce que le cerveau\n              humain n'a pas encore, en général, assez vécu pour atteindre\n              la capacité d'une souffrance aussi atrocement subtile dans sa\n              complication profonde, aurait pu se narrer le long supplice,\nsans répit tourmenteur, qui du monde banalement idiot des vivants ordi-\nnaires, avait insensiblement entraîné, par une agonie progressivement\nconstante, Romuald Verghen, et lui avait enfin ouvert la porte redoutée du\nparadis inintelligible mais suprêmement délicieux des fous.\n   Maintenant pour tous c'était un fait acquis : il était en parfaite démence.\nEt ceux qui le connaissaient, et qui disaient cela, ne parlaient de lui\nqu'avec une hypocrite tendresse dans le regard, et une grimace de piteuse\ncommisération, masque probable d'une envie d'abord réfrénée, mais enfin\nbassement satisfaite. Et les opaques qui se réjouissaient, dans un silence\nlâche, de ce qu'ils croyaient être la syncope comateuse d'une intelligence\nsublime, enlisée aujourd'hui, ne soupçonnaient pas que jamais génie, si\npuissamment clair ou même concret qu'il ait pu être, n'avait sondé, ou\nmême reconnu les abîmes spéculatifs que remplissait cette folie qui main-\ntenant y laissait familièrement errer, dans une ombre de mystère, son\nvertige ailé.\n   Il avait même fallu, sans doute, une interminable série d'hérédités d'élec-\ntion pour aboutir à un être assez complètement doué de tous les vices et de\nquelques vertus réelles, grandis, rendus exquis par un raffinement supé-\nrieur, pour être susceptible d'une crise aussi grandiose.\n   D'abord Romuald avait été un enfant que ne laissait en repos aucune des\nbeautés ambiantes. Tout charme chez lui évoquait un frisson, toute grâce\nun tressaillement : l'extérieur en son âme se réfléchissait dans une extase\ncontinue, parfumée d'une muette prière, d'un psaume sans paroles pour lui\nineffablement mélodieux.\n   Et puis, quand il eut goûté aux ivresses et aux voluptés, il comprit bien\nque dans leur prostration adorable, clémente exception à l'universelle\nindifférence, se soulevait au coin du voile immuable de l'arcane cosmique.\nIl se rendit très nettement compte, alors que le vin chaleureux ou l'absinthe\nexcentriquement rêveuse, avaient fait en lui surgir des visions rapides et se\ndérouler les songes heureux, qu'il n'avait que joui des ardeurs ensoleillées,\ndes rosées balsamiques pendant lesquelles, dans une confusion propice,\n"}, {"page_pdf": 171, "texte": "                                  — 148 —\n\ns'étaient dans la vigne et l'absinthe, accumulées les puissances troublantes\ndes sucs qui eux-mêmes les avaient prises de rayons et de souffles épars,\nvoletant, dansant presque sous l'action de rhythmes désordonnés.\n   Il devina très vite que, lorsque dans les bras d'une femme il demeurait\nmourant presque de plaisir, si plein de sensations complexes qu'il en était\ncomme anéanti (tant nous sommes peu faits pour supporter l'absolu, ou\nseulement l'illusion de l'absolu), il héritait de la série des floraisons succes-\nsives, qui de calices en calices, de pétales en pétales, en étaient parvenues\nau rose épanouissement, sous des lèvres plus contractiles, du plus secret\ntrésor de la femme. Entre celle qui l'abreuvait de mutuelle volupté et lui,\nc'était l'éternel poème de l'étamine et du pistil qui revivait, plus poignant,\nles nerfs étant plus émus que les fibres végétales : oui, mais poème dont\nétait absent le parfum, disaient à Romuald les incrédules stupides. O néga-\nteurs bêtes, pensait celui-ci, qui vous privez du bonheur, de la jouissance\nfine d'avouer que la dernière forme du parfum, c'est-à-dire de l'atome qui\nravit en s'épandant, c'est l'arôme capiteux qui s'exhale de la femme qui\naime.\n   Mais en même temps qu'il prenait conscience de toutes ces choses vraies,\nune anxiété morbide se développa chez lui. Il ne pouvait à la fois jouir de\ntoutes ces jouissances dont chacune trop sentie faisait trop cruellement\nconstater l'absence des autres également connues, également aimées. Donc\npuisque toutes ne pouvaient simultanément lui advenir, c'était à lui de les\ncondenser dans un acte, dans une oeuvre permanente, en un mot d'en faire\nune synthèse que constamment il pût, par une intime évocation, rendre\nprésente à lui-même pour se livrer tout entier au charme magique, que\ncomme un philtre ou un dictame précieux, prestigieux alchimiste, il aurait\nlui-même préparé.\n   Et dès lors pour cette ultra-philosophale synthèse, il ne cesse de travailler\nobstinément, s'adonnant sans retour possible à une hermétique profonde,\nsubtile, délicate, sublime.\n   Tout d'abord, il voulut connaître tous les arts : et ce lui fut l'occasion\nd'apprendre de nouvelles douleurs. Il se disait justement qu'en élevant ainsi\nle niveau de ses sensations, il en arriverait peut-être à produire quelque\nchose d'assez complètement beau pour le satisfaire entièrement.\n   D'ailleurs, la mise au jour d'une œuvre parfaite ne correspondait-elle pas\nà une conception, conséquemment à un acte génésique intense? Mais né\npresque uniquement pour sentir, les discussions de méthodes et d'écoles\nauxquelles il était trop simplement sage pour rien entendre, le navrèrent, et,\npuis en fin de tous efforts, il demeurait inassouvi, se rappelant les sensations\n"}, {"page_pdf": 172, "texte": "                                  — 149 —\n\npurement physiques de l'amour, les illusions indiscutablement sincères de\nl'ivresse, et lors, il se disait que rien de son travail ne résulterait d'aussi\nvrai que ce dont le souvenir l'enchantait, puisque plus embaumés étaient ses\nregrets que calmants ses espoirs.\n   Alors, il avait tenté de confondre pendant une même durée, des attractions\nd'ordre différent : il s'était enivré au son de symphonies très suaves, il\navait fait coucher des femmes auprès de lui, sur des jonchées de fleurs !\nN'avait-il pas été jusqu'à sculpter une capricieuse nymphe de marbre, que\ntoute il avait enduite d'un parfum violent! Mais dans ses essais les plus\ncompliqués, il n'arrivait pas à noyer d'oubli le désir de ce qu'il n'avait pas.\n   La synthèse tant cherchée, il ne pouvait la réaliser : elle avait été son\nrêve le plus caressé : elle devint son cauchemar infatigable.\n    Et peu à peu ce que le Vulgaire appelle la raison, c'est-à-dire le seul\nmode de manifestation de l'intelligence à la masse accessible, chez lui chan-\ncela puis sombra définitivement dans l'abîme de ses aspirations toujours\nplus creusé, toujours plus élargi.\n    Et c'est ainsi qu'un jour il se trouva dans la maison savamment organisée\nd'un aliéniste célèbre qui, très sagace, avait fait des jardins, au fond des-\nquels il cachait ses pensionnaires, hommes et femmes, des asiles d'ombre\nadoucissante, chatoyant discrètement du reflet des frondaisons moelleuse-\nment lustrées, égayée féeriquement d'un nimbe de lumière attiédie, tamisée\npar les ramilles fleuries.\n    Et dans ce repos des choses, Romuald commençait à retrouver un peu\nd'équilibre; son idéal, sa synthèse cependant le poursuivait toujours non\nplus à la façon d'une Erynnie qu'on a tenté de violer, mais plutôt comme\nune amante qui vous comprend, mais que de vous sépare juste un obstacle\nmatériel. Et plus que jamais il l'aimait, plus fermement il l'attendait.\n    Un soir que la lune faisait de chaque feuille un doux reflet argentin, de\nchaque vapeur errante une gaze opaline, de chaque goutte d'eau une scin-\ntillante améthyste et de l'air tout entier une vaste clarté, pure, uniforme,\nsans nuances comme sans intention, et que par cette nuit lumineuse, les\nparfums plus attirés hors de leurs calices plus émus, épanchaient de plus\ngrisantes rêveries, et, dans une merveilleuse union, faisaient avec des voix\ninfinies, des inspirations lointaines, une accablante symphonie sous laquelle\npalpitaient des désirs, languissaient des fièvres, tressaillaient des espoirs,\ndésirs, fièvres, espoirs aussi bien émanant de la glèbe informe et des fleurs\nravissantes que des lèvres de la femme et du cerveau de l'homme, un soir\ndonc, que sans doute par une précédence privilégiée de faits propices, la\nnature se livrait ainsi toute dans sa plus grande grâce, se résumait excep-\n"}, {"page_pdf": 173, "texte": "                                  ~ 150 —\n\ntionnellement dans cette immense séduction, et que de tous les points de\nl'infini tombait, comme le rideau d'une alcôve divine, une totale ivresse,\nRomuald, plus assoupi encore dans son rêve dont, en somme, l'extérieur\nlui fournissait le cadre, presque le contour, se promenait dans les allées du\nparc, tendant à l'Espérée des bras suppliants, où, dans un pressentiment, il\ns'attendait à voir (par quelle ironie?) se jeter sous une forme inconnue,\nmais cependant d'avance aimée, la Maîtresse sans doute cruelle, mais aux\npieds de qui l'inéluctable servage était cependant toute sa vie.\n    O sagesse inexprimable de toutes les folies, pressentiment : écho sûr de\nl'avenir qui se prépare, parfois à côté de nous, tout près, parfois très loin,\nvoyageant à travers l'insondable éther !\n    Romuald attendait la synthèse : elle vint à lui.\n    En effet, dans le fond de l'allée pleine de pénombre, une radieuse beauté\nvers lui s'avançait. Et il n'avait pas l'ombre d'un doute : c'était bien la Syn-\nthèse, puisque selon sa conception elle avait forme de femme, et qu'elle ne\nparaissait juste que dans ce concert des Exaltations du monde. Pour ajouter\nà l'air plus de parfums, elle était nue, et les brises, de sa chair, détachaient\nd'ineffables effluves ; pour répondre au bercement des feuilles susurreuses\nsous le zéphyr, elle était nue et ses flancs souples, ses seins rhythmique-\nment se soulevaient de désirs, tandis qu'un spasme d'amour faisait à ses\nlèvres chanter des soupirs caresseurs ; pour jeter dans la lumière nocturne\ndes lueurs célestes, elle était nue, et c'était une tentation qui valait celle du\nmonde entier, que la flamme qui de ses yeux souriants ondoyait bleue,\nveloutée, dorée au passage des cils, en même temps que tout son corps\nn'était qu'une rosescence chaude, fantasquement voilée parfois sous l'or des\ncheveux. Et tout d'elle se voyait, et tout était miracle de grâce.\n   Elle lui fit signe de venir : et il alla. Comment aurait-il pu hésiter, le\ntrop heureux? De ses bras lascifs elle le coucha près de lui : alors dans un\norgueil subitement rétrospectif, il sourit de dédain pour ceux qui avaient\ndit qu'il était fou, puisque l'idole venait maintenant, concrète, se donner,\net qu'il l'avait assez conçue pour la faire vivre. Elle voulait se livrer, en\neffet : l'Idole que Romuald ne pouvait croire être autre que son attendue.\n   Elle se livra; mais tandis qu'elle l'épuisait dans ses bras vainqueurs,\ncomme, enréalité, elle n'était qu'une folle comme lui, une folle de la maison,\nqui, par cette nuit bénie, promenait sa terrible mais adorable démence,\ncomme elle n'était au fond qu'une bête superbement amoureuse mais féroce,\ndoucement, lentement, dans une morsure savante, elle enfonça ses dents\nlaiteuses, félines dans la gorge nue de Romuald. Lui trouvait cela très\ndoux, ces dents de femme qui pénétraient jusqu'à des fibres encore vierges\n"}, {"page_pdf": 174, "texte": "de tout baiser, ces lèvres de femme qui buvaient tout le sang qui ne mon-\ntait plus à sa bouche pâlie.\n   Elle, gourmande et rieuse, buvait cette vie d'homme et de ses mains,\npendant ce temps, ne lui épargnait aucune des caresses des femelles satis-\nfaites .\n   Tout à coup il cessa de respirer ; elle alors se leva de dessus le cadavre,\net repartit pour sa promenade embaumante, ayant du sang aux lèvres, et\nlaissant Romuald mort, heureux, puisqu'il avait enfin et une fois réelle-\nment embrassé la synthèse :\n   La Volupté dans la Mort.\n                                                     ALBERT LEUNE.\n\n\n\n\n                         FLORAMYE\n    J'ai bu tout le printemps sur la fleur de ton rire;\n    Arômes des lilas, haleines des œillets,\n    C'est un parterre de parfums que je cueillais\n    Avec mes lèvres, dans notre odorant délire.\n\n   Le floral souvenir que mon âme respire\n   Evoque les jardins lumineux des juillets\n   Où je vois les illusions que j'effeuillais\n   Refleurir à nouveau les rives de l'empire.\n\n   Et des senteurs et des fraîcheurs et des clartés,\n   Dans une éclosion de rêves enchantés,\n   Tu renais, incarnée en corolles trémières.\n\n   Réalisant, divinisant, éternisant\n   La chair des royaux lys et des roses premières,\n   Ton être est un bouquet de joie éblouissant.\n\n                                                GEORGES VANOR.\n"}, {"page_pdf": 175, "texte": "                                    — l52 —\n     *\n\n\n\n\n            STÉPHANE MALLARMÉ\n              I1 y a quelques jours il était parmi nous, le plus pur des poètes;\n                le seul qui, avec Charles Baudelaire, pouvait sans effroi\n                dévoiler l'Œuvre sacré d'Edgard Poe , le plus conscient\n                des poètes, celui qui, par l'Idée, transformait en un verbe\ndésormais éternel le monde des émotions. D'un mot rassemblant les éparses\ndestinées il instituait la synthèse. Le plus logique des artistes, avec une\nsûreté magistrale il composait le poème formulé par ses sévères méditations.\nL'état d'âme n'était jamais le prétexte à quelque abandon lyrique digne\nseul de la musique pure ; patient intellectuel il s'analysait et, transformant\ndans le cerveau le sujet émotionnel il en donnait soudain la cause, généra-\nlisant ainsi la poésie.\n  Et tels prodigieux vers furent écrits, immenses :\n               Mordant au citron d'or de l'idéal amer.\nOU\n               La chair est triste hélas ! et j'ai lu tous les livres.\n\n   Celui-ci dans son extension englobant tout le monologue de Faust,\ndévoilant, bref, le sens de ce tableau de Moreau : David, marquant la dou-\nleur divine de la pensée !\n   C'est avec la plus vive impatience que nous attendions à Bruxelles l'arri-\nvée de M. Stéphane Mallarmé : on nous l'avait annoncé le plus vaste et le\nplus beau causeur, l'homme le plus affable et le plus charmant, accueillant,\ndéjà comme des amis, les inconnus qu'un orgueilleux espoir d'être quel-\nques instants mêlés à ses rêves, lui amenait. A notre invitation il voulut\nbien répondre. Toujours nous nous rappellerons cette intime réunion, si\ncordiale, presque familiale — nous n'étions que quelques amis — où, à\npropos de la Damnation de l'artiste il révéla soudain sa conception de\nl'Art. Avec une logique merveilleuse il déduisait l'œuvre à faire, nous disait\npourquoi il n'avait encore voulu publier le Livre, nous parlant de la\nsynthèse de l'homme à condenser en un poème unique, sorte de symbole\noù viendrait, à cette source de vérité s'abreuver toute l'humanité, croyait\nles temps venus de résumer enfin toutes les connaissances acquises par le\nlabeur incessant de tous : l'Art une Religion. Dans cette causerie, où les\nmots par lui ressuscites s'illuminaient soudain d'une vie intense et radieuse,\n"}, {"page_pdf": 176, "texte": "                                    — 153 -\n\nil nous apparut le splendide penseur, dont le verbe magique, surtout dans\nles derniers sonnets, avait atteint une puissance jusqu'ici inconnue.\n   Toute la philosophie de M. Mallarmé se résume dans les vers qu'il\nnous a donnés jusqu'ici : la résignation du poète dans le monde des rêves.\nDès le moment où la conscience s'est éveillée en lui, il a senti l'Idéal cruel\nl'étreindre ; il a compris alors que la Vie faite de désirs toujours renais-\nsants, est elle-même la douleur et jetant désespéré un regard sur la nature\nen fleurs, voudrait respirer les calices où la mort balsamique s'offre au\npoète las. Maudissant l'azur, l'été, qui chantent la sève, il résume sa\npensée, célébrant la parole de Schopenhauer dans ce vers final de :\nAumône :\n               Et surtout ne va pas, frère, acheter du pain !\n\n   Un instant dans les Fenêtres il a aperçu le moyen de triompher de la\nréalité :\n               Je fuis et je m'accroche à toutes les croisées\n               D'où l'on tourne le dos à la vie, et, béni,\n               Dans leur verre lavé d'éternelles rosées\n               Que dore le matin chaste de l'infini\n\n               Je me mire et me vois ange! Et je meurs et j'aime\n               — Que la vitre soit l'art, soit la mysticité —\n               A renaître, portant mon rêve en diadème.\n               Au ciel antérieur où fleurit la beauté !\n\n   Mais il n'a pu encore vaincre l'apparence de la vie et gagner le monde\nserein de l'illusion. Ici-bas vient encore le hanter et ce n'est que dans la\npièce qui dans le Parnasse contemporain portait le titre d'Epilogue qu'il\npeut, enfin victorieusement, conclure :\n               Je veux\n               Imiter le Chinois au cœur limpide et fin\n               De qui l'extase pure est de peindre la fin\n               Sur ses tasses de neige à la lune ravie.\n\n   Le voici désormais sorti de cette vie où « l'action n'est pas la sœur du\nrêve »; le monde réel, le monde de la volonté n'existe plus, il a atteint le\npur idéalisme et peut écrire alors :\n               Ma faim qui d'aucun fruit ici ne se régale\n               Trouve en leur docte manque une saveur égale :\n               Qu'un éclate de chair humain et parfumant !\n\n              Le pied sur quelque guivre où notre amour tisonne\n              Je pense plus longtemps peut-être éperdiiment\n              A l'autre, au sein brûlé d'une antique amazone.\n"}, {"page_pdf": 177, "texte": "                                 -154         -\n\n\n   Comme Axel il a pu s'écrier : « J'ai trop pensé pour daigner agir » ; il a\nméprisé le misérable bonheur terrestre de ceux qui considèrent le monde\ncomme réel et qui, à force d'efforts douloureux et de luttes incessantes, par-\nviennent à s'emparer d'une dérisoire satisfaction de propriété engloutie\naussitôt par le flux montant des désirs. Et le seul moyen d'échapper à ces\ndésirs, c'est le renoncement, enseigné déjà par le bouddhisme et par le chris-\ntianisme.\n   Interprète de la vie, voilà ce qu'est M. Mallarmé : Au dessus de tous les\npoètes qui ne nous intéressent que comme cas particuliers, telle personna-\nlité ou telle autre, il a étudié les causes premières et formulé la philosophie\nde notre existence ; par les pensées il les résume tous et les domine.\n   Voilà celui qui venait nous parler de Villiers de l'Isle-Adam et que nous\nallions tous respectueusement écouter.\n   Ainsi il débuta, d'une voix lente et grave, résumant :\n\n  « Un homme au rêve habitué, vient ici parler d'un autre, qui est mort. »\n\n          « MESDAMES, M E S S I E U R S , »\n\n   Ce grand mort, qui peut-être, pour l'illustre conférencier, n'avait\nqu'en apparence quitté cette terre, vivait en lui d'une autre vie plus impé-\nrissable. Qu'avait-il été? Comme Gautier, la triste opacité de son rêve\nfutur? Et maintenant il avait conquis l'immortalité au delà de la vaine\nexistence. Désormais, dans chaque cerveau, il existe vivant enfin réelle-\nment. Et, comme nous parlant d'un monde invisible, où Villiers de l'Isle-\nAdam, comme jadis lui apparut « son œil bleu pâle emprunté à des cieux\nautres que les visibles », il fit par quelque incantation surgir le somptueux\nécrivain arrivant à Paris, dépensant sa vie parmi ses amis jusqu'au jour,\nproche encore, de sa disparition. D'une phrase magnifique M. Mallarmé\nrésume alors l'œuvre de Villiers, « dont, dit-il, l'impression, somme toute,\nne ressemblant à autre chose, choc de triomphes, tristesse abstraite, rire\néperdu ou pire quand il se tait, et le glissement majestueux d'ombres et de\nsoirs avec une inconnue gravité et la paix, ne remémore que l'énigme de\nl'orchestre ».\n   Puis, dans une péroraison lente, debout, il acheva, nous remercia d'avoir\naccueilli Villiers et songeant qu'ici même, sur ce même siège, ce prince des\nrêves avait, il y a deux ans, pris place, il fut presque à s'excuser. Je n'irai\npas, apparemment, en Belgique, avait dit Villiers à son retour à Paris;\nil y est revenu, M. Mallarmé l'a fait revivre parmi nous.\n                                                        VALÈRE G I L L E .\n"}, {"page_pdf": 178, "texte": "                                    — 155 —\n\n\n\n                                FABLE (*)\n                                Richepin\n\n                                     MORALE\n                       Ne se met pas au          féminin.\n                                                            FÉLICIEN ROPS.\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                           I\n\n                                    Aux XX\n                  C O N F É R E N C E DE M.    EDMOND P I C A R D .\n\n              Pour dire toute son admiration pour ces trois beaux poètes :\n                Emile Verhaeren, Charles Van Lerberghe et Maurice Mae-\n                terlinck, M. Edmond Picard avait jugé seul digne ce Salon\n                des XX où quelques jours auparavant M. Mallarmé avait\n                évoqué l'âme pure de Villiers et dans lequel se trouvaient\nencore réunies, à quelques pas du conférencier, les œuvres de Redon,\nMellery, Minne et d'autres, fiers et 'sincères ou lutteurs révoltés. Exaspéré\npeut-être par l'indifférence et l'hostilité de la foule haineuse de tout ce qui\nest beau, il clama hautement son admiration pour l'avant-garde batailleuse\nqui cherchait toujours avec un nouveau courage et une nouvelle force à\nétendre le domaine et la puissance de l'art. Un instant il s'arrêta au nom\nde Mallarmé, puis ouvrant les Soirs de Verhaeren, il lut les Malades\nd'une voix âpre, crispée, faisant retentir comme une malédiction les cris\nde révolte du poète. En quelques mots alors, il analysa cette œuvre. Soit\npour ne point errer, soit pour rendre plus attachante sa causerie, M. Picard\navait sollicité des trois poètes une confession; il leur avait soumis un\nquestionnaire auquel forcément ils durent répondre. Ils s'exécutèrent de\nbonne grâce, et, en possession de leurs aveux, le conférencier put exciter\ndavantage la curiosité du public toujours avide de documents.\n   Malheureusement entraîné par l'exposé de quelques théories, par son\n\n\n  (*) Cette fable, absolument authentique et inédite, écrite par Rops lui-même au dos\nd'une de ses gravures, a été copiée par nous textuellement.\n"}, {"page_pdf": 179, "texte": "                                  — 156 —\n\nenthousiasme pour tout ce qui est jeune et ardent, par son admiration\npour les Soirs, les Débâcles et les Flambeaux noirs, il dut, constatant\nl'heure avancée, s'arrêter moins longtemps qu'il ne l'aurait voulu, certes,\net que nous ne l'aurions voulu, à l'œuvre de Charles Van Lerberghe et\nMaurice Maeterlinck. De Charles Van Lerberghe il ne lut que quelques\nfragments de sa confession et son drame : les Flaireurs. Nous avons\nbeaucoup regretté que le temps lui fît défaut. Sans aucun doute, il eût fait\nconnaître à son public les merveilleux et délicats vers du poète qui pour\nnous le caractérisent peut-être davantage. Des pièces d'une pureté absolue,\nd'une ligne enfantine, achevées comme des Burne Jones ainsi que l'Ex-voto,\nSolitude, Songe, etc., eussent peut-être été mieux appréciées.\n   M. Maeterlinck souffrit également d'un résumé forcé. N'importe! le but\nétait atteint : il fallait que quelqu'un vint, enfin, publiquement témoigner de\nla vitalité et de la beauté de nos poètes. M. Picard l'a fait et nous l'en\nremercions. Des écrivains comme MM. Van Lerberghe et Maeterlinck — je\npasse Verhaeren connu déjà, — ne pouvaient rester ignorés. Déjà, lors\nde l'apparition de notre Parnasse, le conférencier avait signalé Maurice\nMaeterlinck, aujourd'hui il a décerné à nos deux amis la place qu'ils\nméritent dans la littérature.\n                                                                   V. G.\n  Feuilletant le manuscrit des Flambeaux noirs, le prochain livre\nd'Emile Verhaeren, complétant la série des Soirs et des Débâcles, M. Picard\ndonna lecture de la Morte; nous donnons à notre tour ici une pièce du\nvolume inédit et qui en montre bien la note générale.\n\n                                  DÉPART\n\n     La mer choque ses blocs de flots contre les rocs\n     Et les granits du quai, la mer spumante\n     Et ruisselante et détonnante en la tourmente\n                   De ses houles montantes.\n     Les baraques et les hangars comme arrachés\n     Et les grands ponts noués de fer et cravachés\n     De vent; les ponts, les baraques, les gares\n     Et les feux étages des fanaux et des phares\n                  Oscillent aux cyclones\n         Avec leurs toits, leurs tours et leurs colonnes.\n     Et ses hauts mâts craquants et ses voiles claquantes,\n     Mon navire d'à travers tout casse ses ancres,\n                  Et, cap sur le zénith,\n             Il hennit de toute sa tête\n                       Vers la tempête,\n         Et part, bête d'éclairs parmi la mer.\n"}, {"page_pdf": 180, "texte": "                                   -          157-\n\n              Dites, vers quel inconnu fou\n          Et vers quels somnambuliques réveils,\n          Et vers quels au delà, et vers quels n'importe où\n                   Convulsionnaires soleils ?\n          Vers quelles démences et quels effrois,\n          Et quels écueils, cabrés en palefrois,\n                    Vers quel cassement d'or,\n                   De proue et de sabord,\n          Dites, vers quels mirages et quel rire\n          S'en va le mors aux dents de mon navire :\n               Bête d'éclairs parmi la mer ?\n          Tandis qu'hélas! celle qui fut ma raison,\n          La main tendant ses pâles lampadaires,\n          Le regarde cingler à l'horizon,\n              Du haut de grands débarcadères.\n\n                                         II\nDire du mieux : I. Le Meilleur Devenir; II. Le Geste ingénu, par M. RENÉ GHIL. : des\n                   presses de E. Goussard à Melle (Deux Sèvres).\n\n   Le cas de M. René Ghil est un des plus curieux exemples de l'absurde\nauquel peut conduire la théorie pure, sans l'expérience, basée sur les plus\nbeaux raisonnements, mais n'ayant comme réalité que la seule conception\nmétaphysique. Si nous accordons quelques instants aux formules du\n Traité du Verbe qui fut accueilli si joyeusement naguère — on ne pen-\nserait même à le discuter, — c'est pour réclamer contre l'immixtion\nd'une prétendue science dans l'œuvre d'art que quelques innovateurs ten-\ntèrent. Ils procèdent de facteurs idéaux et voudraient que le produit fût\nréel. Pour des gens qui se réclament d'une philosophie positive, c'est\npauvre.\n   L'art est une illusion; pourvu qu'elle soit parfaite, l'œuvre est créée. A\nquoi bon chercher à rendre avec plus de vérité, d'exactitude scientifique?\nLes ciels infinis, bleus et roses, des Japonais nous 'donnent plus d'impres-\nsion qu'un ciel réel. De là aussi, tel art n'est pas supérieur à tel autre,\nmais ceci : tel art a un domaine plus vaste que tel autre. Un tableau du\nVinci, de Gustave Moreau, un conte de Villiers, un sonnet de Mallarmé\nsont des choses parachevées ; on pourrait y adjoindre quelque musique\nconcordante, qu'elles n'y gagneraient rien en intensité ; au contraire, il y\naurait déséquilibre immédiat.\n   Nous ne discuterons pas le fond de l'œuvre de M. Ghil; cela sort de\ntoute discussion : l'émotion sympathique appartenant au public, nous\ndoutons qu'elle y ait rencontré beaucoup d'écho. Ces longs poèmes didac-\ntiques, un mucilage de Comte, Darwin, Haeckel, sont d'un charabia,\nscientifique peut-être, mais malheureusement pas même toujours amusant.\nC'est de cela surtout que nous nous plaignons.\n"}, {"page_pdf": 181, "texte": "                                  — 158 —\n\n\n\n\n            CHRONIQUE MUSICALE\n                                Salammbô\n              Sans être prophète, on pouvait prédire à M. Ernest Reyer que\n               Salammbô ne serait ni un chef-d'œuvre, ni même une œuvre.\n               L'auteur de Sigurd, comme la plupart des musiciens français\n               d'aujourd'hui, a versé dans cette déplorable erreur qui con-\nsiste à écrire une partition quelconque en marge d'une création littéraire\nde premier ordre. M. Gounod a refait Faust après Gœthe, Roméo et\nJuliette après Shakspeare, Polyeucte après Corneille, le Médecin malgré\nlui après Molière. M. Massenet, mis en appétit par quelques essais de ce\ngenre, rêve évidemment de mettre en musique tous les drames, tous les\npoèmes et tous les romans de toutes les littératures. Son œuvre complet\nsera, sans doute, une sorte de Bottin musical, où l'on trouvera le nom et\nl'adresse de tous les génies. M. Saint-Saëns, dans une certaine mesure,\nsemble marcher sur les brisées de ce compositeur miraculeux. Un respec-\ntable débris, M. Ambroise Thomas, fameux déjà par un Hamlet et par une\nMignon, ne vient-il pas d'empoigner la Tempête, du divin Will, comme\nune espèce de manche à ballet? Enfin, les reporters, ces grooms anglais de\nla Renommée, ne nous ont-ils pas appris qu'un certain M. Bruneau, ou\nPruneau, est en passe de tirer du Rêve un opéra étonnamment contempo-\nrain?\n   M. Reyer a cédé à la même manie en commandant une Salammbô à\nM. Du Locle.\n   De pareilles tentatives ne peuvent pas réussir. Faust, Wilhem Meister,\nRoméo et Juliette, Hamlet, la Tempête, Henri VIII, Polyeucte, le Cid,\nle Médecin maigre lui sont des œuvres complètes, achevées, auxquelles rien\nne peut être ajouté, bref, dans le sens absolu du mot grec, des poèmes,\nc'est-à-dire des œuvres faites, que l'on ne peut ni refaire, ni défaire. Faut-il\nêtre assez... musicien, — je ne trouve pas d'autre injure — pour se flatter\nde créer un double d'Hamlet, d'Ophélie, d'Ariel ou de Titania? C'est\ncomme si, féru d'admiration pour l'enfant d'une belle femme, on se van-\ntait de lui en faire un pareil, et si, au lieu de s'exécuter, on lui apportait\nune poupée de cire. Une version musicale de la scène de l'esplanade ou de\nla scène du balcon, — malheureux! — c'est mettre de la musique... en\nmusique !\n   Et qu'on ne nous objecte pas Berlioz. Sans doute, ce damné de Shak-\nspeare et de Gœthe, ce flambleau ivre dont la flamme vacillait à toutes les\nrafales du génie des autres, sans doute Berlioz a écrit d'admirables pages,\nsurtout symphoniques, inspirées par Faust et par les Amants de Vérone.\nMais ces pages sont des rêves d'une nature spéciale, provoqués par l'absorp-\ntion de ces chefs-d'œuvre, des rêves qui traduisent librement, qui com-\n"}, {"page_pdf": 182, "texte": "                                 — 159 —\n\nmentent la pensee de Gœthe et de Shakspeare. Ce sont des illustrations\nmusicales, comparables à certaines eaux-fortes de M. Félicien Rops pour\nles Diaboliques, à quelques lithographies de M. Odilon Redon pour les\ncontes d'Edgar Poë, et, dans un autre art, à ces magnifiques paraphrases\nque Paul de Saint-Victor enroulait autour des tragédies grecques, comme\ndes arabesques autour d'un thyrse. C'est presque de la critique, mais une\ncritique de poète, sans raisonnement, à grands coups d'ailes.\n   M. Reyer n'en a pas usé ainsi avec Flaubert. Il a recommencé Salammbô,\nce qui était inutile et impossible.'\n   Du roman épique de Gustave Flaubert il ne reste rien que l'anecdote, le\nfait-divers carthaginois. Ce serait à faire pleurer, si ce n'était pas à faire\nrire. Mathô n'est plus qu'un ténor d'opéra, et Salammbô, une amoureuse\nquelconque. Carthage est absente. La partition de M. Reyer évoque l'idée\nd'un congrès de trombones et de grosses caisses dans le désert. C'est bruyant\net vide, sans une illusion de vie, sans une étincelle de beauté. Une orches-\ntration rudimentaire, monocorde et monotone jusqu'au sommeil, soutient\ndes récits interminables, ni bons ni mauvais, — pires : médiocres. Nulle\natmosphère : tout est brouillé sur un fond gris et neutre. Beaucoup de\nconscience, de bonne volonté, d'application. Du Casimir Delavigne en\nmusique.\n   Flaubert ne méritait pas de subir les derniers outrages de M. Du Locle,\nni les mortelles mélopées de M. Reyer.\n   Artistiquement, Salammbô est une infamie.\n   Les décorateurs et les costumiers ont puissamment contribué à cette pro-\nfanation d'un chef-d'œuvre. Impossible d'imaginer décors plus étriqués,\nplus bourgeois et moins suggestifs, d'inventer des costumes d'une élégance\nplus sordide.\n   Une seule interprète : M me Rose Caron. Les autres sont des chanteurs.\nLa grande tragédienne a été superbe, comme toujours, de diction et de\njeu. Mais ce rôle, écrit exprès pour elle, elle l'a moins marqué à son\nempreinte, elle l'a moins « créé » que celui de Brunehilde, que M. Reyer\nn'avait pas composé à son intention. C'est Mme Rose Caron qui incarne\nRose Caron, — ce n'est pas la fille d'Hamilcar, Salammbô, qui mourut\npour avoir touché le zaïmph.\n   Pour conclure, et afin de venger Flaubert, nous demandons qu'il plaise\nau mauvais génie des musiciens français de condamner M. Reyer à tirer un\nopéra de Bouvard et Pécuchet.\n   Ainsi soit-il !\n                                                     ALBERT GIRAUD.\n"}, {"page_pdf": 183, "texte": "                     — 160 —\n\n\n\n\nVENERIE ESTHÉTIQUE\n                Je trouverai cent paroles, mille matières de chant, sous la langue\n                  de la reine d'été dans la bouche de l'écureuil blanc.\n                                                 KALEWALA, (Neuvième      runa).\n\nAi délaissé — gaga combien! — canules et traités\nConglueurs de cerveaux par lentes atrophies\nAi conspué l'amas des rhéteurs ameutés\n— Qu'ils moisissent fouis en leurs géographies!\n\nLibre! Oh! le fatidique éther âpre et sacré!\nLe vivre sans le bedonnant heurt, des grammaires\nLe hasardeur planer en le vide nacré\nLibre Esthète chasseur de fugaces kimères !\n\nAi raidi des bras nus — ballant en la torpeur\nJadis — pris mon arc lourd, bondi sur les nuées,\nMarché vers le noir seuil foudroyant de la peur\nAux chauves régions de rimes dénuées.\n\nOh ! l'idéal gibier ! ô les kimeres d'or !\nBrutal ai tout tué, sagittaire en un spasme!\nCrevé mon blanc carnier où le fumant sang dort\n— Fuites vaines que joint la flèche du sarcasme!\n\nPuis en les pouprés prés d'un paternel matin,\nPlus que parfaits parfums parfumant la pelouse,\nAi palpé, pénitent, ce palpitant butin\nLe rêvant chez Vanier en un possible in-douze.\n\n                                                            ON.   CUDOYE.\n"}, {"page_pdf": 184, "texte": "                                       —    161     —\n\n\n\n\n                               MEMENTO\n                                               avec un portrait de l'auteur, par Cazals,\n   Notre collaborateur M. Jean Boels           numérotés et signés, à 20 francs; 100 à\n vient d'avoir la douleur de perdre son        5 francs ; 150 à 3 francs. Le volume ne pa-\n père. La Jeune Belgique le prie d'agréer      raîtra pas en librairie. On souscrit 36, bou-\n ses compliments de condoléance.               levard Arago, aux bureaux du journal la\n                                               Plume.\n\n\n\n  L'Art moderne vient de publier les plus         Nous avons reçu la Musique        populaire,\nimportantes parties de la conférence que       théâtres, beaux-arts, littérature; c'est un\nM. Stéphane Mallarmé donna dernièrement        vaillant journal hebdomadaire illustré, con-\nau Cercle artistique et aux XX.                tenant toutes les nouvelles musicales, les\n                                               comptes-rendus des concerts, opéras, audi-\n                                               tions particulières, etc. Il est très artiste-\n                                               ment dirigé par M. Edmond Bailly.\n                                                  Administration : 11, rue de la Chaussée-\n   L'abondance des matières nous force à       d'Antin, Paris.\nremettre au prochain numéro l'analyse\nd'Axel.\n\n\n   Dédicaces, le prochain livre de Paul              La Société nouvelle publie ce mois une\nVerlaine, sera publié sans le concours d'un       précieuse étude littéraire d'Albert Mockel,\néditeur. Comme on sait, le pauvre maudit          sur Francis Vielé-Griffin, le poète de Joies.\nest toujours à l'hôpital ; il y a cherché            Dans la Pléiade, un bel article de Mau-\nrefuge, malade, abandonné, repoussé du            rice Maeterlinck, sur la Damnation        de\nmonde en quelque sorte. Quelques dévoués          l'Artiste d'Iwan Gilkin.\namis se sont révoltés en présence de l'in-\ndifférence du public ; déjà quelques grands\njournaux ont bien voulu accueillir leurs        Entretiens politiques et littéraires vien-\nprotestations émues ; mais voici certes la    nent de paraître. En voici le sommaire :\nplus belle manifestation. La Plume a pris        1. A propos du vers libre, par Francis\nl'initiative d'une souscription destinée à    Vielé-Griffin.\néditer les derniers vers du poète. Nous         2. L'ignominie des politiciens devant la\napplaudissons à l'hommage rendu à l'auteur    question juive, par Paul Adam.\nde Sagesse. Ici, en Belgique où il est connu    3. Souvenirs d'un camarade de collège\net admiré nous ne doutons pas que l'on ne     sur le duc d'Orléans, par Henri de Regnier.\nrecueille un grand nombre de souscrip-          Ces entretiens sont contenus dans une\ntions. La Jeune Belgique, à qui Paul Ver-     petite brochure à 25 centimes, éditée chez\nlains témoigna toujours sa sympathie, et      Albert Savine. En présence de ces trois\nqui publia naguère quelques beaux vers du     noms : Vielé-Griffin, Adam et de Regnier,\npoète, est heureuse de s'associer aujour-     on est assuré de la valeur des articles; et\nd'hui à cette œuvre d'amitié et d'admira-     de fait, ils sont fort intéressants. Le p r e -\ntion.                                         mier surtout, qui nous concerne plus direc-\n  Il sera tiré de Dédicaces : 50 exemplaires, tement et dans lequel est examinée la ques-\n"}, {"page_pdf": 185, "texte": "                                        —   162    —\n\ntion de la strophe limitée par le sens et de       Chez le même, les eaux-fortes de Brac-\nla musique produite par l'allitération.         quemond, d'après les fables de La'Fontaine,\n                                                de Gustave Moreau.\n                                                   M. Dietrich, qui est d'une excessive obli-\n                                                 geance envers les artistes, vient d'éditer\n    Chez l'éditeur Ferreyrol, 49, rue de aussi un merveilleux portrait de Van\n  Seine, à Paris, vient de paraître : Après le Beethoven gravé à l'eau-forte par Dake.\n  Punch. C'est une série de nouvelles de\n  Henry de Braisne qui parurent dans le\n  supplément littéraire de journaux quoti-\n                                                    L'Echo de Paris annonce :\n  diens. Elles sont habilement contées, fine-\n                                                    MM. Stoumon et Calabrési conserveront\n  ment écrites, d'un style vif et simple. C'est\n  un de ces livres que l'on achève de lire.      la direction du Théâtre de la Monnaie jus-\n                                                 qu'à la fin des représentations de Salammbô\n                                                  mais ne demanderont pas le renouvellement\n                                                  de leur privilège pour l'année prochaine.\n     Paul Verlaine, en collaboration avec Jean\n  Moréas, vient de traduire en vers le : A          Quel soupir de soulagement! Après l'im-\n  outrage secret vengeance secrète de Cal-        monde    cabotinage de Salammbô,      notre\n  deron. Il se propose, paraît-il, de présenter premier beuglant lyrique était complet. On\n  au Théâtre-Français sa comédie publiée commençait à en avoir assez de toutes ces\n  dans Jadis et Naguère, les Uns et les Au- titillations musicales bonnes à chatouiller\n  tres, et, au Gymnase, une pièce en prose, les ouïes du vieux monsieur de la ban-\n  Madame Aubin.                                   quette.\n\n\n\n     Le deuxième concert populaire consacré,         De Saint-Laurent, dans le Guide musi-\n  annonçait-on, à l'audition de musiques          cal :\n  russes, a eu son programme complètement           « Ce charme aérien, cette séduction ma-\n  changé. Le voici : .                            gique d'une féerie poétique que l'art d'un\n     1. Trois tableaux symphoniques pour          Shakespeare ne peut qu'esquisser, combien\n  orchestre tirés de la tragédie Polyeucte de     vivement il nous pénètre dans le songe de\n  P. Corneille, par Edgar Tinel : N° 1, o u -     Mendelssohn ! »\n   verture; n° 2, songe de Pauline; n° 3, fête      Après ça, nous pouvons retourner le nou-\n   dans le temple de Jupiter.                     veau Saint-Laurent, le 2 du nom.\n     2. Le Sorbier, poème lyrique et sympho-\n   nique, par Emile Mathieu.\n     3. Le Lac, larghetto; Sous bois, alle-\n   gretto scherzando, par Emile Mathieu.\n                                                  Au moment où l'attention du public est\n     4. Freyhir (première partie), par Emile\n                                               attirée sur Paul Verlaine, dont le prochain\n   Mathieu.\n                                               livre sera édité par des amis dévoués ;\n                                               M. Anatole France publie dans le Temps\n     Memento des expositions.                  une très belle étude littéraire sur le poète\n     Au Cercle artistique : Den Duyts.         de Sagesse. Nous en extrayons le passage\n     Au Cercle des Arts et de la Presse : Theo suivant :\n   Hannon et Eugène Broerman.                     « A le voir, on dirait un sorcier de village.\n     Chez Dietrich, 75, Montagne de la Cour : Le crâne nu, cuivré, bossué comme un\n   une collection, remarquable de photogra- antique chaudron, l'œil petit, oblique et\n   vures, représentant les principaux tableaux luisant, la face camuse, la narine enflée, il\n   de Burne Jones. Parmi celles-ci, une série ressemble, avec sa barbe courte, rare et\n   surtout de toute beauté : Pygmalion, le dure, à un Socrate sans philosophie et sans\n   Miroir de Vénus, etc.                       la possession de soi-même. Il surprend, il\n"}, {"page_pdf": 186, "texte": "                                           — 163 —\n\nchoque le regard. Il a l'air à la fois farouche     avec ardeur que l'art doit être de glace, et\net câlin, sauvage et familier. Un Socrate           nous ne nous apercevions même pas que ce\ninstinctif, ou mieux, un faune, un satyre,          doctrinaire de l'impassibilité n'écrivait pas\nun être à demi brute, à demi dieu, qui              un vers qui ne fût l'expression violente de\neffraye comme une force naturelle qui n'est         ses passions politiques, sociales ou reli-\nsoumise à aucune loi connue. Oh ! oui, c'est        gieuses. Son large front d'apôtre, ses yeux\nun vagabond, un vieux vagabond des routes           enflammés, sa maigreur ascétique ne nous\net des faubourgs.                                   détrompaient pas ».\n   « Il fut des nôtres, jadis. I1 a été nourri\ndans une obscurité douce, par une veuve\npauvre et de grande distinction, au fond des\npaisibles Batignolles. Comme nous tous,                Le rédacteur en chef d'une vive gazette\nil fit ses études dans quelque lycée et,            namuroise, le Carillon, dans son feuilleton\ncomme nous tous, il devint bachelier après          littéraire, signé Pulliolo, mouche de belle\navoir assez étudié les classiques pour les          façon un quelconque qui s'était avisé\nbien méconnaître. Et, comme l'instruction           d'écrire : il n'y a pas de littérature belge.\nmène à tout, il entra ensuite dans un\n                                                       Grand merci et recommencez.\nbureau, dans je ne sais quel bureau de la\nVille. En ce temps-là, le baron Haussmann\naccueillait largement, sans le savoir, dans\nles services de la préfecture, les poètes              Constantin Meunier travaille en ce m o -\nchevelus et les petits journalistes. On y           ment à une série de très remarquables des-\nlisait les Châtiments à haute voix et on y          sins qui seront reproduits par la lithogra-\ncélébrait la peinture de Manet. Paul Ver-           phie. Nous en reparlerons lorsque l'œuvre\nlaine recopiait ses Poèmes saturniens sur le        sera achevée.\npapier de l'administration. Ce que j'en dis\nn'est pas pour le lui reprocher. Dans cette\npremière jeunesse, il vivait à la façon de            Nous avons reçu la lettre suivante :\nFrançois Coppée, d'Albert Mérat, de Léon                « MONSIEUR LE DIRECTEUR DE LA Jeune\nValade, de tant d'autres poètes, prisonniers                  Belgique,\nd'un bureau, qui allaient à la campagne le               Il se trouve en tête de ma dernière\ndimanche. Cette modeste et monotone                 chronique artistique un commentaire de la\nexistence, favorable au rêve et au travail          Direction, — que je trouve à la fois inexact\npatient du vers, était celle de la plupart des      et déplaisant.\nparnassiens. Seul ou presque seul dans le              « Il n'est, en effet, absolument pas vrai\ncénacle, M. José-Maria de Heredia, bien             que j'ai demandé à faire passer ma chro-\nque frustré d'une grande part des trésors           nique. — Ayant été chargé, l'an passé, par\nde ses aïeux, les conquistadores,         faisait   une réunion de la Jeune, et ayant été prié\nfigure de jeune gentleman et fumait d'excel-        par vous, cette année-ci, de vouloir bien\nlents cigares. Ses cravates avaient autant          continuer ma chronique artistique, — je\nd'éclat que ses sonnets. Mais c'est des son-        n'avais donc pas à demander que mon\nnets seulement que nous étions jaloux.              article passât.\nTous, nous méprisions sincèrement les biens            « Que veulent dire aussi les quelques\nde la fortune. Nous n'aimions que la gloire,        lignes qui suivent? Il est bien évident que,\nencore nous la voulions discrète et presque         lorsque je signe un article, — comme c'est\ncachée. Paul Verlaine était avec Catulle            mon habitude, — cet article n'engage que\nMendès, Léon Dierx et François Coppée,              moi, et que le directeur n'en peut avoir\nun parnassien de la première heure. Nous            aucune responsabilité.\navions, je ne sais trop pourquoi, la préten-           « Que si cette inutile répétition cachait\ntion d'être impassibles. Le grand philosophe        un blâme, — je vous prierais, Monsieur, de\nde l'école, M. Xavier de Ricard, soutenait          vouloir bien le formuler plus clairement,—\n"}, {"page_pdf": 187, "texte": "                                             164\n\ncar il n'entre pas dans mes intentions d'en      rain, Angoisses (vers); Marie Krysinska,\nsupporter aucun et je cesserais, dans ce         Un Voyage de noce, Rancune; Nicolas\ncas, toute collaboration.                        Lenau, Faust ; François de Nion, la Peur\n  « Bien à vous,                                 de la mort; J.-H. Rosny, Critique litté-\n                   « GEORGES DESTRÉE. »          raire; François de Nion, Théâtre; Georges\n                                                 Gourdon, M. Jules Barbier et Jeanne d'Arc;\n                                                 Alfred Bruneau, Musique.\n   Si vous voulez savoir ce qu'est le Pro-\nméthée enchaîné d'Eschyle, voici :\n  « Qu'est-ce que le Prométhée enchaîné,\nsinon la glorification de l'esprit inventif\ncontre des dieux encore grossiers et ja-\nloux. »                                             Chaque semaine la très intéressante revue\n  Cette définition est due à l'esprit inventif   parisienne : Art et Critique, fait la cueil-\nde M. Potvin, — Chariot, — pas pour les          lette de toutes les joyeusetés de la presse.\ndames.                                              En voici quelques échantillons :du Figaro.\n                                                 MM. Revest, Goussot et Laur ont été cou-\n                                                 sus dans le même sac et jetés l'un après\n  Le splendide drame de notre collabo-           l'autre dans le canal.\nrateur Maurice Maeterlinck, la Princesse            D'Albert Delpit :\nMaleine, dont beaucoup d'entre nous avaient         On ne fit aucune allusion au mariage rêvé\nregretté la publication hors commerce, va        par Aristide; mais le silence de l'amoureux\nparaître sous peu chez M. Louis Van Melle,       parlait éloquemment pour lui. Par instants,\néditeur, rue Saint-Georges, 14, à Gand.          il soupirait avec tant de force, qu'Alice lui\n                                                 dit tout à coup : Vous avez trop bien dîné,\n                                                 mon ami ; vous êtes un gourmand. Une\n   L'éditeur Léon Vanier vient de faire          autre fois, je ne vous inviterai plus à parta-\nparaître une nouvelle édition des Poèmes         ger mon festin !\nsaturniens de Paul Verlaine.                        De Chincholle :\n                                                    Il y a longtemps qu'on a dit que l'Histoire\n                                                 est un serpent qui se mord la queue. Elle\n  Art et Critique a publié ce mois France,       ne tarde même pas à se recommencer.\npièce de vers que Paul Verlaine avait p r é -\nsentée au concours de l'Écho de Paris.\n                                                    M. Henry De Groux qui, comme on sait,\n                                                 s'est retiré des XX avec éclat, vient d'ou-\n  Sommaire du Mercure de France, nu-             vrir chez lui une exposition de ses tableaux\nméro de mars : Louis Dumur, De l'Instinct        et de ceux de M. Dejouve. Nous donnerons\nsexuel et du mariage; Albert      Samain,        dans notre prochain numéro un compte-\nExtrême-Orient; Albert Aurier, les Gre-          rendu détaillé de ces œuvres qui sont fort\nnouilles dans l'âme; Renard, les Joues           remarquables.\nrouges ; Louis Denise, les Écrans lilas ;\nErnest Raynaud, Griefs ; Remy de Gour-\nmont, Proses moroses ; Daland, le Salon\ndes XX; Mercure, livres, échos divers.\n\n\n\n  Sommaire de la Revue       indépendante.\nGeorges Darien, Florentine; Jules Bois, le\nLong des Routes (vers) ; Jacques Le Lor-\n"}, {"page_pdf": 188, "texte": "   En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN, rue d'Arenberg, à Bruxelles:\n\n  La Damnation de l'Artiste\n                             par I W A N G I L K I N\n         1 vol. gr. in-8°, couverture or, avec un frontispice par Odilon Redon.\n                   TIRAGE A 150 EXEMPLAIRES NUMÉROTÉS :\n     10 sur papier Japon impérial, numérotés de 1 à 10, prix . . 30 francs\n    140 sur papier de Hollande Van Gelder, numérotés de 11 à 150 15 »\n    (Les numéros m à 150 ne sont pas mis dans le commerce.)\n\n\n       En souscription chez LOUIS VAN M E L L E , rue St-Georges, 14,\n                                à Gand.\n\n   LA PRINCESSE MALEINE\n                              drame en cinq actes,\n             par MAURICE                   MAETERLINCK\n                                Prix : 5 francs.\n\n                 A paraître en avril chez EDM. DEMAN :\n\n       Les Flambeaux Noirs\n                                         PAR\n\n                      EMILE           VERHAEREN\n\n\n   A L ' A V E N T U R E , par JAMES VANDRUNEN. (A                    paraître).\n\n   IMPRESSIONS                 D ' A R T , par EUGÈNE           DEMOLDER,         chez\nMadame Ve Monnom.\n\n  L A S O C I É T É N O U V E L L E . Abonnement : 1 an, 10 francs.\nAdministration générale : 18, rue d'Edimbourg, Bruxelles.\n\n\n  L A R E V U E I N D É P E N D A N T E , rédacteur en chef :\nFRANÇOIS DENION. Abonnement, 15 francs par an; étranger, 17 francs.\nAdministration chez Albert Savine, 12, rue des Pyramides, Paris.\n\n   G I L ' B L A S , journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie LES LARRONS, par HUGUES LE ROUX.\n  Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\npartout.\n\n   L E M E R C U R E D E F R A N C E , revue mensuelle d'art et\nde littérature : ALFRED VALLETTE, rédacteur en chef, 15, rue de\nl'Échaudé-Saint-Germain, Paris. Prix : 40 centimes.\n"}, {"page_pdf": 189, "texte": "                Vient de paraître chez LÉON VANIER, Paris :\n\n       L'AME DES C H O S E S\n                              RECUEIL DE POÈMES EN PROSE\n\n                   par H E C T O R                CHAINAYE\n                                  Prix : 2 francs.\n\n                             Chez EDMOND DEMAN :\n\n  LES FLEURS DU                                                                MAL\n                                             DE\n\n\n                        CHARLES             BAUDELAIRE\n                  INTERPRÉTATIONS         PAR O D I L O N       REDON\nEn un album de 8 planches in-fol.. avec couverture illustrée. Tirage à 50 exemplaires.\n                                    Prix : 35 francs.\n\n\n                              A       P A R A I T R E\n\n\n    Le Triomphe du Verbe\n                                            PAR\n\n\n                           Maurice        DESOMBIAUX\n                  Tirage à petit nombre sur beau papier de luxe.\n\n\n\n    LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur\nla brèche, l'élan est donné.\n   A la tête du mouvement littéraire, L A J E U N E B E L -\nGIQUE, hautaine et fière, dirige le combat, marche en\navant, à travers tout. Mais il faut que tous nous l'aidions. A\nE L L E pour la propagande! Des cartes d'abonnement sont à\nla disposition de nos amis. Ceux qui nous feront parvenir\nDIX abonnés nouveaux recevront L A J E U N E B E L -\nG I Q U E gratuitement pendant un an.\n   Ceux qui nous en feront parvenir V I N G T , recevront :\n1° L A J E U N E B E L G I Q U E gratuitement à perpé-\ntuité ; 20 Ils auront droit à tous les tirés à part de grand luxe\ndes frontispices, dessins, portraits, etc. ; 3° Leur nom figurera\nen tête de la publication commémorative de nos fêtes du\ndixième anniversaire.\n\n\n                  Bruxelles. — Imprimerie V\" Monnom, 26, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1890-03-01", "preuve": "Mars 1890, numéro 3, couverture PDF 154 ; aucun jour imprimé."}}