{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Mai 1890 TOME IX", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 226, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 145, "texte": "Mai 1890                    TOME IX. — N° 5                                  10me Année.\n\n\n\n\n               BELGIQUE\n                            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 226, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 1489, "texte": "SOMMAIRE:\n      Le Château de Lucile                      HENRI DE RÉGNIER.\n      Au Tombeau d'Hélène                       FRANCIS VIELÉ-GRIFFIN.\n      La Venue                                . BERNARD LAZARE.\n      Les Sirènes                                VALÈRE GILLE.\n      La Légende du Jésus flamand (fragments). EUGÈNE DEMOLDER.\n      Fable Ropsienne                            FÉLICIEN ROPS.\n      Chronique littéraire :\n        Poèmes anciens et romanesques    . . . ANDRÉ FONTAINAS.\n        Dédicaces ; Les Romanciers d'aujour-\n          d'hui; l'Almanach de l'Université de\n           Gand ; Les Pœans et les Thrènes . . X.\n        Futura\n      Chronique musicale :\n        Les Russes aux Concerts populaires . . G. E.\n      Chronique artistique :\n        Exposition des portraits de maîtres du\n          siècle                                ERNEST VERLANT.\n      Memento\n\n\n                                                         BRUXELLES\n                                           Rédaction : 55, BOULEVARD D'ANDERLECHT\n   PRIX DU NUMÉRO                                            PARIS\n           F r . 0-75                            LIBRAIRIE DE l'Art       Indépendant\n                                                     11, rue de la Chaussée d'Antin\n\n                                                                1890\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-017", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Prime", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "PRIME", "ancre_fin": "A nous les Jeunes et en avant", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 227, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 658, "fin_caractere_exclue": 1184, "texte": "PRIME\n          LA J E U N E BELGIQUE\nvoit sans cesse les sympathies grandir autour d'elle. De nou-\nveaux abonnés viennent chaque jour grandir le nombre des\nfidèles qui la soutiennent. Elle ne peut et ne veut se refuser\naucun sacrifice pour leur plaire. Aussi, en remerciement,\nelle leur offrira le mois prochain un superbe portrait INÉDIT\nde\n\n                       PAUL VERLAINE\n  Ceux qui nous ont fait parvenir une série d'abonnés rece-\nvront un tiré à part de grand luxe sur Japon.\n\n      A nous les Jeunes et en avant !\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 197, "page_fin": 199, "titre_corps": "Le Château de Lucile", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri de Régnier", "ancre_debut": "LE CHATEAU DE LUCILE", "ancre_fin": "HENRI DE RÉGNIER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 228, "page_imprimee": 197, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 2054, "texte": "LE CHATEAU DE LUCILE\n                           Je suis parti, un soir, pour le château de Lucile...\n                                Les lanternes allumées de. la grande berline\n                          attiraient le vol rôdeur des moucherons nocturnes\n                          qui tournoyaient avec un bruit d'ailes vives autour\n                              de cette sorte d'étoile prisonnière et attractive.\n                            Des berges de la rivière, des jardins humides de\n                         crépuscule, des roseraies ténébreuses, des allées\n                           obscures venus, ils traversaient d'un passage vibra-\n                           toire le silence délicat d'un soir rose et mauve aux\n                       coteaux de blés et de bois par delà les toits de la\n                       ville.\n                           Les lourds chevaux, la crinière et la queue nattées\n                        et quelque futile rose au frontail, piaffaient sur le\n                       pavé sonore de la place déserte et je passai la tête par\n                       la portière pour crier de se hâter au postillon qui\n                       savait les routes, les côtes et la province, où, à\n                     l'ombre de vastes forêts préservatrices, à l'écart, parmi\n                    des étangs spacieux et des viviers frigides, au fond des\n                    parcs en bosquets, se cachait l'étrange et l'ignoré châ-\n                    teau où Lucile m'avait convié par la promesse du sourire\n                    de ses yeux à des fêtes jaillies de fontaines et de fleurs, à\n                    des lunes douces sur des pelouses embaumées, des\ntables de fruits et de cristaux — mystères d'une demeure assortie à sa\nmanière d'être femme — à la joie, en quelque boudoir isolé et langoureux\ncomme le bonheur même, de son corps à travers les dentelles des mousse-\nlines, de sa chevelure, si impérieusement en proie aux strictes griffes d'un\n                                                                        13\n"}, {"page_pdf": 229, "page_imprimee": 198, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2565, "texte": "                                  — 198 —\n\npeigne et retractile en cette captivité, enfin libre d'épandre le tourbillon par-\nfumé des poudres et la pluie des ors et, après le repos sur le sopha l'éveil\net à l'oreille les plus beaux contes des orients, le verbiage galant et na'if\ndes princesses enchantées aux palais des fées malignes...\n   Une dernière bestiole a accompagné longtemps le véloce carrosse. Elle a\ntourné autour du falot, passé et repassé dans le rais de lumière en éventail\nqui semblait jouer avec elle et l'écarter vers la nuit où tintaient, à travers\nla surprise des villages endormis, les sonnailles des harnais et le fragile\ncristal des vitres.\n   La route par côtes et descentes entre des champs, des bois et des haies,\nla double balustrade des ponts sonores et caillouteux, la route en\nchaussées d'étangs et en coupures de montagnes sous la nuit stellaire et le\nvent s'étranglant aux défilés et pleurant aux feuillages.\n   Les bornes, une à une, blanches dans l'ombre, les poteaux aux carre-\nfours, le mendiant du talus, disaient que nous allions vers le château de\nLucile.\n\n   L'aube s'est levée sur des terres et des villes plus inconnues et de hautes\nmontagnes. Les chevaux flairent par delà les rochers et les horizons la\ndemeure des bonnes pâtures etdes orges joyeuses.\n   Est-ce parmi des fleurs que sourira son visage au péristyle, est-elle venue\njusqu'au tournant de la route pour guetter l'arrivée du voyageur, la tête\npoudrée du postillon, l'éclair des fouets ou le cri des cornes ?\n   Le soleil décline; la berline roule toujours sur le chemin; la longue\ntraite a défrisé la perruque du postillon, emmêlé les crinières des chevaux,\net la poussière entrée dans l'œillette des grelots assourdit leurs sonneries.\n   Cependant c'est là, je le sais ! quelque chose m'assure que c'est parmi ces\nbois que se cache au bout des routes, parmi les eaux et les jardins, le châ-\nteau de Lucile.\n\n   Quelque fusée merveilleuse jaillie en crépitant parmi de soudaines\nmusiques en ce crépuscule va épanouir un radieux bouquet de pétales d'or\net de diamants d'étoiles, et signaler, au dessus de ces futaies où bruira une\npluie de rires et de sources, l'approche des frontons et des toits.\n   Le soir est tiède et silencieux. Où se sont donc posées les blanches\ncolombes qu'elle me contait tourner en collier ailé et laisser choir, parfois,\nde leurs becs des opales dans les vastes lacs glauques ?\n   Que leurs ailes seraient douces, où est donc le signe de leur présence ?\n   C'est là! la route se termine à de hautes pierres levées qui barrent une\n"}, {"page_pdf": 230, "page_imprimee": 199, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1793, "texte": "                                  — 199 —\n\nmontante avenue d'arbres : obstacle ingénieux à montrer que chacun doit\ndépouiller, là, tout faste de venue et d'équipage, et qu'une fois entré sur le\ndomaine de la Dame on doit s'en remettre au soin de ses luxes hospitaliers.\n\n  J'ai suivi seul la longue avenue dans le silence et le soir.\n\n   O menteuse et folle Lucile, pourquoi m'avais-tu promis tant de men-\nsongères délices, par ton allure, de royales demeures d'élégance, par ta\nchevelure, la douceur des soies et le prestige des ors, par ta voix, les chan-\nsons et les rondes, par tes lèvres, la couleur et l'ivresse des vins sacrés, par\ntes seins, la beauté des fruits, par tes yeux, les eaux tranquilles où le songe\ndescend parmi les barques et les cygnes et les mirances des arbres et des\nnobles pierres !\n   O Lucile, le triste pèlerinage au château de ton âme !\n   Sans joie j'ai frissonné en la désuétude des chambres et le désert du\nsilence, ô demeure de cendre ! et, en partant, mon regard aux façades frustes\net aux frontons nus, masques d'une irrémédiable misère intérieure, les revit\nau mirage d'une eau morte et environnante vaciller, se dissoudre et comme\nfondre en quelque néant l'illusion de leur mensonge.\n   De l'aube au soir, du soir à l'aube j'ai revu les routes et les ponts, et les\nbornes blanches dans l'ombre, les plaines, les monts, les villes et qu'aurais-\nje eu à répondre si le mendiant du carrefour qui tendit la main à l'obole, si\nles enfants du village qui grimpèrent au marche-pied pour quêter quelque\naumône ou quelque aubaine que leur refusèrent l'égoïsme et le vertige de\nmon désir, eussent cassé d'une pierre la vitre de la berline où revenait, triste\net vaincu, le désastre de mon songe !\n                                                  HENRI DE RÉGNIER."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 200, "page_fin": 200, "titre_corps": "Au Tombeau d’Hélène", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Francis Vielé-Griffin", "ancre_debut": "AU TOMBEAU D HÉLÈNE", "ancre_fin": "FRANCIS VIELÉ GRIFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 231, "page_imprimee": 200, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 1413, "texte": "AU TOMBEAU D'HÉLÈNE\n                                                     « It was a July midnight      »\n                                                                   EDGAR A. POE ( I ) .\n\n          « Que faisiez-vous au jardin de nuit,\n          — La lune est si claire que vous êtes pâle —\n          Ne savez-vous que votre ombre vous suit,\n          Ne savez-vous que la nuit est fatale ?\n\n          Que suiviez-vous au long du buis,\n          — La lune est si claire que vous baissez les yeux                   —\n          Ne savez-vous même qui je suis,\n          Qui vous parle ainsi sous les pâles deux?\n\n          Que craignez-vous, ô mon Ame étrange?\n          — La lune est si claire que j'ai peur de vous —\n          Il passe aux cyprès comme une aile d'ange,\n          Il pleure aux cyprès comme un hymne doux.\n\n           Que voyez-vous, qu'un frisson vous étreigne,\n           — La lune est si claire — que voyez-vous?\n           Votre face est pâle, votre lèvre saigne,\n           Et vos yeux, et vos clairs grands yeux sont fous.\n\n           Qui donc êtes-vous ? je vous suis, je vous aime,\n           — La lune claire en les feuilles joue — »\n           « Ils changent, eux; mais je suis la même;\n           Je suis la Mort, et voici ma joue. »\n\n                                                  FRANCIS V I E L É - G R I F F I N ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 201, "page_fin": 205, "titre_corps": "La Venue", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Bernard Lazare", "ancre_debut": "LA VENUE", "ancre_fin": "BERNARD LAZARE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 232, "page_imprimee": 201, "debut_caractere": 73, "fin_caractere_exclue": 2404, "texte": "LA VENUE\n                                                        A EPHRAIM MIKHAEL.\n\n\n              En quel pays? Mystérieux ou précis, lointain ou proche, voilé de\n                moelleuses brumes, illuminé de chaudes clartés? Partout\n                peut-être ; nulle part aussi. En un pays.\n                  Par un jour flamboyant, un jour d'annonciation suprême,\nl'air retentissant de mystiques harmonies, mêlées de cris angoissants, de\nsons joyeux, de rumeurs indécises, de soupirs satisfaits. Par un jour désiré\nmais enfin accompli.\n    Sur une place entourée de maisons abjectes et de palais princiers ; une\nplace dont la vision aurait remémoré le souvenir de multiples cités et\ncependant d'aucune.\n    Et en ce pays, par ce jour, sur cette place, une foule confuse, gravement\nheureuse ou sereinement triste, impatiemment paisible, attendant une chose\nsue et pourtant inconnue : mensonge ou vérité.\n    Une estrade se dressait là, drapée de pourpre et de noir, lisible symbole ;\nsur l'estrade, un homme, beau d'une inquiétante beauté, vêtu d'un vêtement\nde couleur éteinte, pontificale dalmatique comme guerrière tunique.\nL'homme allait parler, ainsi que le disait la sollicitatrice attente de la cohue.\n Il parla :\n    « Peuple, dit-il, cette heure est une heure de joie. »\n    A ces mots, qui libéraient les assistants de leur incertitude, des clameurs\ntriomphantes retentirent et se répercutèrent en échos stridents, jusqu'aux\nmontagnes qui entouraient la cité du flot bleu de leurs croupes.\n    Celui qui avait proféré les paroles fit un geste, les cris cessèrent, mou-\nrurent en un musical murmure, et lui reprit :\n    — Depuis des siècles sans nombre, vous espérez cette minute heureuse,\noù les héros à qui tous les mystères appartiennent, viendront vous dire :\nCelui-là qu'attendaient vos âmes inquiètes, celui-là est enfin venu. Bien des\nfois, trompés par la force de vos désirs, méprisant la volonté des omni-\nscients, vous êtes accourus vers des imposteurs ; semblables à des agneaux\nséduits par les cloches de fallacieuses bergeries, vous avez cru trouver l'asile\noù s'endormiraient vos esprits las d'avoir souffert ; car vous souffrez.\n    Une douloureuse plainte s'entendit, écho des anciennes et toujours nou-\nvelles souffrances, une plainte stridente, pareille à un appel de tristes et\nimplacables buccins.\n"}, {"page_pdf": 233, "page_imprimee": 202, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2679, "texte": "                                 — 202 —\n\n\n   — Désormais, continua l'homme, vous en avez fini avec les menteuses\nespérances : indéfectiblement, la lumière va luire pour vous. Le sauveur\naffirmé par vos pères, celui dont les poètes divinement inspirés ont chanté\nla venue, celui que devaient saluer les vrais miracles, le Sauveur est né.\nPropices, les astres dont, au fond des sanctuaires, les prêtres surveillaient\nla marche, annoncent le jour bienheureux; les deux précurseurs procla-\nmant le maître ont surgi parmi nous, et, par une nuit claire, alors que des\nfleurs nouvelles embaumaient la terre rajeunie et que d'inconnues constel-\nlations brillaient aux cieux, quelqu'un de ses mains rédemptrices a ouvert\nles portes du temple, et nous nous sommes prosternés devant lui, car il était\nbien le victorieux promis.\n   En un chœur puissant tous répétèrent :\n   — Il est le victorieux promis.\n   Et comme ils espéraient le soulagement de leurs peines, ils exaltèrent cet\ninconnu, qu'ils connaissaient pour l'avoir si longtemps désiré :\n   Gloire à toi, libérateur des corps malades. — Quelques-uns ajoutèrent :\nPacificateur des esprits troublés.\n   Béni sois-tu, toi qui conquiers pour nous les félicités terrestres. — Les\nautres continuèrent : Toi qui soulèves la pierre du sépulcre où étaient closes\nnos âmes.\n   Le chant laudateur emplissait l'espace. Le vent semait sur les monts et\nles plaines les rythmes que répétaient les antres et les rocs. Mais le héraut\ndes choses saintes, debout sur l'échafaud tendu de pourpre et de noir, écou-\ntait avec un mystérieux sourire, l'habituel sanglot, voix des avbres sécu-\nlaires qui, dans les forêts, n'avait pas cessé. Quand tout se tut, sa parole\nencore résonna :\n   — Oui, réjouissez-vous ! Dites la mort du mal et la victoire des souve-\nraines allégresses, et que l'hymne retentisse du triomphe enfin réalisé.\nHeureux vous êtes, vous allez savoir le dernier mot, sans avoir connu les\naffres des recherches, et le miel de notre science ne vaudra pas le pur dic-\ntame de votre élu. Les pontifes ont vécu, leur domination est abolie, car le\nvoile qui cachait le sanctuaire est ouvert maintenant pour tous.\n   Comme un vol de frelons, un mauvais bruit de joie essora de la foule.\nLes sages et les prêtres, possesseurs jusqu'à ce jour des insondables secrets,\nétaient hais : ils marchaient paisibles au milieu des chemins douloureux, et\nleur sérénité semblait spoliatrice du bonheur que les hommes attendaient\nen vain. Aussi, l'orgueil de ne plus rien devoir aux rhapsodes divins comme\naux tout-puissants mystagogues, s'augmëntait-il du suprême et inespéré\nspectacle de leur humiliation et de leur chute. Le peuple tout entier bénis-\n"}, {"page_pdf": 234, "page_imprimee": 203, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2902, "texte": "                                  — 203 —\n\n\nsait le Dieu briseur de dieux ; les voix vibrantes criaient au révélateur :\nParle! Il parlait toujours :\n   — O vous, Riches, qui dans les palais lumineux, autour des tables char-\ngées de viandes et de vins illustres, connaissiez les soucis, mordant vos\ncœurs ainsi que des dieux noirs. Vous que la maladie saisissait sourdement\ndans vos fêtes, changeant vos rires en rictus. Vous qui saviez les craintes\ndes fortunes tôt dissipées et des misères plus dures que la coutumière pau-\nvreté des humbles, puisqu'elles venaient comme des nuées rapides assom-\nbrissant les astres ; vous aurez désormais la sérénité perpétuelle, et la fin\ndes transes inondera vos âmes d'une durable et bénévolente gaieté. Telles\ndes grèves candides baignées d'un flot toujours égal.\n    L'acclamation des riches salua ces promesses. Oubliant leurs ulcères et\nleurs maux présents, en la vision d'un avenir fleuri de fleurs heureuses, ils\nexhalaient ce proche bonheur, et quelques-uns, perclus, couchés dans des\nlitières que portaient des esclaves, se dressaient, fugitivement guéris. Mais\nles pauvres tout bas murmurèrent. Cette assurance anéantissait leur rêve le\nplus cher, celui qu'ils faisaient depuis des jours innombrables; ce rêve de\nvoir leurs oppresseurs à leur tour opprimés, et il n'en était aucun, si abject\nfût-il, qui ne rêva d'avoir sous sa table un de ces magnifiques, qu'il eût\nnourri de ses reliefs. Soudain ils se turent : l'envoyé s'était tourné vers eux.\n    Pauvres, disait-il, pauvres chers aux Dieux : mendiants que les soleils\nd'été accablent, et que tuent les givres hibernaux; esclaves accroupis dans\nles ergastules, serviteurs courbés sous les jougs incléments, ouvriers ployés\npar d'incessants travaux. Vous tous que torture la faim, votre reine\neffroyable, et que la mort, cavalier pâle, moissonne rudement, vous ne\nsouffrirez plus. Vous aurez désormais, avec l'oubli des heures dans le mal\nrévolues, le bonheur éternel ; les vents apaiseront leurs vrillantes morsures,\nils entoureront vos corps d'effluves subtils et de caresses molles, et vous\ndormirez bercés par leurs parfums, en la vernale durée d'une saison amie.\n    Les pauvres alors turent leurs rancunes secrètes ; leurs voix s'élevèrent,\ncélébrant en des exclamations puériles les prochaines félicités. Plus ardem-\nment, les jeunes hommes regardaient leurs amantes, les époux s'étreignaient :\nils avaient connu des baisers, l'oubli seulement dont ils endormaient les\nchagrins, comme de blanches mains guérisseuses de plaies; ils allaient\ntrouver l'infaillible amour. Mais les riches hautement se plaignirent; le\nmal des humbles avait fait jusqu'alors la moitié de leurs satisfactions, et ils\nse demandaient si des plaisirs pourraient être, sans les sanglots qui en\nétaient, pour eux, les bienveillants excitateurs. L'annonciateur, sur l'estrade\nsombre et sanglante, ironiquement poursuivit :\n"}, {"page_pdf": 235, "page_imprimee": 204, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "                                 — 204 —\n\n   Cependant, qui que vous soyez, puissants ou opprimés, ne croyez pas\ntrouver ici les suprêmes réalités, car le libérateur de vos corps, charge vos\nâmes des chaînes lourdes du devoir jadis méconnu. A sa voix, messagère\nd'ordres divins, vous comprendrez que vide est la joie, inane la douleur\nque traînent après eux les sublunaires mirages, vous saurez que les dou-\nleurs et les joies, ou plutôt les sensations qui vous paraissaient s'affirmer\nainsi, existaient seulement dans le miroir de vos cerveaux impurs, et\nceux-ci, changés et transformés par la volonté de celui qui vient, ne les\nconcevront plus. Riches, vous n'aurez plus la terreur dans les débauches,\npuisque, pour vous, les débauches ne vivront plus ; vous pauvres, en\nignorant la faim vous ignorerez aussi les banquets qui la font taire, et tous\nvous serez semblables, par le mépris, désormais acquis, des transitoires\nattirances. Votre chair s'éloignera de vous, vos sens muets s'anéantiront\ndans un heureux oubli, vos esprits, les endormis séculaires, vivront tendus\nvers l'essentielle substance qui vous sera révélée, et le désir de vous con-\nfondre avec elle subsistera seul en vous.\n   Tandis qu'il parlait, de tous les coins de la place il écoutait sourdre des\nplaintes qui, vagues d'abord, peu à peu s'enflaient et couvraient presque\nses paroles. Mais, sans paraître les entendre, plus fort il cria :\n   Alors vous serez pareils à ceux que vous méprisez : aux poètes qui, les\nyeux clos, les lèvres profératrices, passaient près de vous sans vous voir;\naux ascètes qui dans les bois accueillants oubliaient le monde, à tous\nceux-là, rêveurs d'illicites songes, fous, disiez-vous, et qui, malgré vos\nsarcasmes, possédaient la vérité.\n   Il s'arrêta ; des cris de colère dominaient sa voix. Opulents et misérables\nclamaient leurs espérances déçues : à leur particulière ambition un bonheur\npérennel ne suffisait pas? Depuis la naissance, ils désiraient âprement abolir\nle mal charnel, augmenter les terrestres contentements : de lointaines et\nidéales promesses leur étaient indifférentes, et même, ce leur semblait une\nironique contemption de leurs volontés présentes, et trop réelles. Par des\ninjures, des clameurs féroces, ils exprimaient leur rage; ils disaient bruta-\nlement, combien peu les satisfaisait cette aléatoire vie future dont on venait\nles leurrer, eux qui réclamaient des jouissances, ou du moins, l'espoir de\njouir, et ils demandèrent :\n   Que vient faire parmi nous ce Messie que vous annoncez?\n   A un geste du Héraut, un instant ils se turent. Le Héraut profera :\n   S'il en est un d'entre vous, qui appela dans une heure de trouble, et cria\nvers l'élu, qu'il se lève.\n   Nul ne sortit de la masse. Ils n'avaient pas appelé celui-là, mais un\n"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2186, "texte": "                                  — 205 —\n\n\nautre, qui aurait calmé leurs appétits, apaisé leurs soifs, en leur donnant\nlargement à manger et à boire.\n   Qu'il nous laisse nos fêtes, dirent les riches.\n   Malgré leurs effrois, interrogea l'homme ?\n   Malgré.\n  Nous préférons nos misères, crièrent les pauvres.\n   Malgré leurs rancœurs ?\n   Malgré.\n   Nous serons seuls à nous réjouir, reprirent les riches.\n   Nous pourrons un jour égaler ceux qui nous dominent, et nous les\naurons sous nos pieds, affirmèrent les pauvres.\n  Tous alors, tendirent les poings les uns vers les autres. Un instant\noublieux des actes accomplis, songeant uniquement à leur éternelle et\nréciproque haine, ils se menaçaient du geste et de la voix, mais une même\npensée, au même instant surgissant en leur être, éteignit pour une brève\nminute leur fureur, et se tournant vers l'envoyé des pontifes :\n   Que celui que tu vins annoncer, soit mis à mort, dirent-ils.\n   N'est-ce pas le Messie, demanda l'annonciateur?\n   Qu'il soit mis à mort, puisqu'il est le Messie, répondit tout le peuple.\n\n\n                                      II\n\n   Or, la nuit était venue, endormant la rumeur de la cité, oublieuse en\nsa vengeance satisfaite, des choses promises et renoncées, et sur le versant\nd'une colline lointaine, qu'assombrissaient des pins frissonnants sous la\nlune, le sauveur annoncé par les devins et les sybilles, était couché blême\net nu. Son corps était souillé de boue et meurtri par les pierres dont on\nl'avait lapidé, mais son visage était calme, une pure lueur le baignait, et,\nprès du Messie sacrifié, courbant la tête et versant des larmes, un jeune\npâtre s'était agenouillé. Il invoquait la victime, il offrait ses pleurs expia-\ntoires, et sa bouche ayant touché le front de l'Élu, il entendit dans l'air\nretentir une voix qui longuement plana sur la ville assoupie et la plaine\nmuette, et il l'écouta, plein d'un trouble adorable, car la voix disait :\n  Ne pleure pas, il revivra encore, toujours naissant, toujours immolé.\nUn jour l'onde purificatrice de son sang couvrira la terre; et l'heure étant\nvenue, tous le reconnaîtront.\n                                                    BERNARD LAZARE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 206, "page_fin": 208, "titre_corps": "Les Sirènes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "LES SIRÈNES", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA LÉGENDE DU JÉSUS FLAMAND", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 237, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 1400, "texte": "LES SIRÈNES\nMes Sœurs, abandonnons nos légères ceintures,\nOffrons en leur beauté nos corps frileux et nus,\nDénouons au soleil nos blondes chevelures\nQu'enivrèrent nos soins de parfums inconnus.\n\nPhares d'amour, brasiers de fleurs, blanches étoiles\nQui dominez la mer du haut du promontoire\nGuidez à l'horizon le vol lassé des voiles,\nQue vers vos feux les nefs tournent leur proue d'ivoire.\n\nO mes Sœurs! découvrez vos gorges infantiles,\nLivrez au frêle azur les baisers de vos yeux\nEt que vos longs appels, langoureux et fragiles,\nSe mêlent sur la mer à son bruit gracieux ;\n\nQue vos chants soient plus doux que le chant de la mer\nQui chante vers le soir dans les grottes magiques\nEt plus voluptueux qu'un printemps tiède et clair\nOù meurent au soleil des sources balsamiques.\n\nEn ce jour j'ai paré mon front d'herbes marines,\nDe mousses, de lichens mouillés de perles roses,\nJ'ai fleuri de joyaux mes hanches enfantines\nEt poli de corail mes fins ongles de roses ;\n\nEt les seins parfumés pour les suprêmes fêtes,\nJ'enchanterai d'amour les enfants intrépides\nQui s'embarquèrent pour d'idéales conquêtes,\nLeurrés par l'inconnu des grands horizons vides.\n\nA ttirés par ma voix câline et paresseuse\nIls viendront vers leurs yeux reflétés dans mes yeux,\n Vers mes bras caressants, vers ma bouche amoureuse\nOù les baisers promis fleurissent  radieux.\n"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1497, "texte": "                         — 207 —\n\nAlors j'entr'ouvrirai leur tunique couverte\nDe diamants, de roses d'or, de feuilles blondes,\nEt je les parerai de ma couronne verte\nOù vibrent les bijoux des magiques Golcondes;\n\nPuis ayant écarté leur longue chevelure,\nVainqueur, j'appliquerai mes lèvres à leur front\nEt ma poitrine à leur poitrine, blanche armure.\nEt mes bras à leurs bras divins s'enlaceront.\n\nExtase du néant ! cet amour souverain\nEblouira le ciel de leurs chers yeux  limpides,\nEt pâmés, dénouant l'écharpe de leur rein,\nIls aimeront mourir sous mes baisers perfides.\n\nTriste de leur beauté, j'ai reclos leur paupière\nSur ce rêve sans fin d'un bonheur illusoire;\nOh! qu'il leur soit comme une aurore mensongère\nQui réveille des fleurs au fond de leur mémoire.\n\nPour la dernière fois, fleurie de lotus roses\nIls ont vu palpiter la mer au flot vermeil\nEt les vagues ainsi que des grappes de roses\n Vers le matin d'azur entraîner le soleil.\n\n0 Sirènes, mes Sœurs, en vos bras parfumés\nD'aromates légers, de fleurs, d'huiles de palmes,\nEmportez ces enfants que mes chants ont charmés\nVers les profondes mers magnifiques et calmes.\n\nDans les palais dormants d'opale et d'émeraude\nQu'entourent des jardins de magiques sommeils\nPleins des rêves vitreux de temple et de pagode\nOù des cristaux noyés recèlent des soleils,\n\nParmi les floraisons à jamais immobiles\nD'une étrange forêt d'algues et de coraux,\nParmi les fleurs de nacre aux légères fibrilles\nA des conques d'azur enroulant leurs anneaux,\n"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 323, "texte": "                                  — 208 —\n\n    bous les voiles d'argent des nappes translucides,\n    Aurore sous-marine où leur phosphorescence\n    Glace les reflets morts des lumières fluides,\n    Heureux, ils dormiront d'un éternel silence.\n\n                                                        VALÈRE G I L L E .\n\n\n\n\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 208, "page_fin": 214, "titre_corps": "La Légende du Jésus flamand (fragments)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Eugène Demolder", "ancre_debut": "LA LÉGENDE DU JÉSUS FLAMAND", "ancre_fin": "EUGÈNE DEMOLDER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 239, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 323, "fin_caractere_exclue": 2104, "texte": "LA LÉGENDE DU JÉSUS FLAMAND\n                                (FRAGMENTS)\n\n  JÉSUS GUÉRISSANT DES MALADES ET RESSUSCITANT\n                   UNE MORTE\n                                                           A ALBERT GIRAUD.\n\n              Jésusavait prêché sur une colline emplie de peuple, et dès qu'il\n               eut prononcé la dernière parole, il descendit vers la grand'route\n               qui conduit à Nazareth.\n                  Celle-ci était couverte d'une foule joyeuse qui se rendait\nà la fête d'un bourg dont les toits rouges, lavés par les pluies, au loin se\ndoraient au ciel ardent. La chaleur était accablante et les grillons chan-\ntaient dans les trèfles.\n   La poussière s'élevait sous les talons de ces gens en ducasse. Des dra-\npeaux flottaient par dessus les groupes. Aux fenêtres des auberges pendaient\ndes vessies de porc, en signe de bombance, et on entendait dans le bourg\néclater des pétards. Tout le long de la route, des mendiants infirmes\ndemandaient l'aumône, s'aidant, pour attirer l'attention des festoyeurs,\nd'une vielle aigne, aux entrailles cassées, ou d'une musette pissant des\nnotes douçâtres.\n   Jésus, escorté de saint Pierre et de saint André, se dirigea aussi vers la\nville. A son approche, les oiseaux chantaient dans les pommiers, enguir-\nlandant de leur musique les fruits vermeils. La foule s'ouvrait pour le\nlaisser passer, et, par places, dans des gloriettes érigées au bord du chemin,\ns'élevaient des tapages de saouleries.\n   Deux bruyants chariots devancèrent Jésus. C'étaient des chambres de\nrhétorique qui allaient au bourg prochain jouer la Passion. Leurs véhicules\nétaient ornés de touffes de bluets, de coquelicots et de scabieuses que ratta-\nchaient des chaînes tressées en lierre et serrées par des rubans rouges. Les\n"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2699, "texte": "                                 — 209 —\n\nrhétoriciens battaient du tambour, agitaient leurs feutres ornés de longues\nplumes et remplissaient des pintes aux tonneaux hissés sur leurs chars. Une\ngrande croix, nécessaire aux scènes de leur mystère, se dressait sur la pre-\nmière banquette, à côté du cocher claquant du fouet par dessus les oreilles\ndes chevaux excités. Ils disparurent bientôt au détour de la route.\n   Mais voici que vint un seigneur se prosterner devant Jésus et lui dire :\n   — Ma fille est morte; mais viens, et pose ta main sur elle pour la res-\nsusciter.\n   Le solliciteur, un sabre courbe à garde d'ivoire au côté, un riche turban\norné de perles noué sur la tête, avait le genou dans la poussière du che-\nmin ; il se découvrit et porta la main sur sa poitrine couverte de soie, en\nsigne d'humble contrition. Le peuple, ayant tu les discordantes sonneries\nqu'il faisait geindre à des trompes de carnaval, forma autour de lui un cercle\ncurieux.\n   Jésus répondit seulement :\n   — Je te suis, et je ferai revivre ta fille.\n   Ils s'en allèrent donc de compagnie, quand une femme lépreuse vint tou-\ncher le manteau de Jésus. Elle avait la figure rongée par des taches ver-\ndâtres, comme un vieux mur pourri d'humidité, et son nez était pareil au\nbec d'un coq égorgé qu'on aurait pendu par la patte à une poutre de cuisine\npour le faire saigner. A peine toucha-t-elle au lin qui revêtait le fils de.\nMarie que ses chairs furent blanches ainsi que le lait ; on eût cru voir réclu-\nsion d'une rose.\n   Ce voyant, arrivèrent à Jésus tous les mendiants perclus attirés par les\nprofits de la ducasse, dévalant des talus avec des contorsions grotesques de\ncrapauds poursuivis, sautillant et s'escrimant contre leurs membres défor-\nmés. Les uns s'appuyaient sur des béquilles, une pauvre guitare au dos;\nd'autres, essoufflés, traînaient ainsi que des limaces leurs jambes de gout-\nteux enfouies en des linges salis aux ornières; des aveugles, les paupières\nrouges, allaient se cogner aux passants, conduits par de maigres chiens\ntirant sur leur corde et poussant des langues baveuses ; un misérable ne\npossédait qu'un pied, mais en revanche il avait une cornemuse pendue à\nl'épaule. Pauvres sires ! musiciens teigneux des kermesses, chanteurs crasseux\ndes grand'routes, ils portaient leurs estropiements comme des gagne-pain.\nQuelques-uns étaient de vrais monstres d'Apocalypse, tant leurs contor-\nsions étaient terribles, car ils se tordaient comme des racines de chênes\ndans leurs loques répugnantes. Ainsi, l'un d'eux portait un panier sur sa\nmoelle épinière courbée en arc, et, appuyé sur une béquille trop courte,\nil sautillait sur une jambe plantée en une botte sans semelle, tandis\n"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2597, "texte": "                                  — 210 —\n\n\nque l'autre jambe pendait, absolument nue, inerte, et plus sèche qu'un\nvieux bois à brûler. Un autre, plié en deux, se traînait, les mains dans des\nsavates, le ventre en une antique bassinoire glissant sur le sol, et ses jarrets\nétaient recroquevillés au dessus de son dos comme les pattes d'un hanne-\nton mort. Et tout ce régiment galeux, arc-bouté sur ses moignons, avec\ndes bosses et des plaies, pareil à un groupe d'escargots monstrueux, de sau-\nterelles difformes, de gargouilles ébréchées, dardait, sous des paupières\nflasques et des chevelures pleines de vermines, des regards de pitié vers\nJésus.\n   Ils criaient :\n   — Fils de David, prends nous en piété!\n   Alors Jésus toucha les yeux aux aveugles, la ceinture aux culs-de-jatte,\nle front aux idiots, les moignons aux manchots, et la lumière et la santé\ndescendirent pour eux du ciel, au milieu des drapeaux de la kermesse.\n   Et Jésus leur dit :\n   — Prenez garde que personne ne le sache !\n   Mais ils dansaient sur leurs béquilles, leurs bâtons, leurs linges souillés\njetés à terre; ayant secoué leurs ulcères, ils étaient gais ainsi que les\npapillons qui délaissent la croûte de leurs larves. Ils râclaient leurs instru-\nments à en casser les cordes, vidaient le ventre à leurs vielles, et gonflaient\nleurs cornemuses à les faire péter.\n   Le peuple était émerveillé. Vraiment le Christ n'avait guère besoin,\ncomme la sorcière de Maldeghem, de porter au côté une trousse pareille à\nun bec de corbeau. Cette mégère, elle, sciait les excroissances à l'aide de\nfines lames, arrachait les dents des joues gonflées avec des tenailles, et\npour les maux de ventre et d'estomac donnait, moyennant quelques\nducats, des liqueurs au goût amer fabriquées dans la cuisine diabolique\noù s'arrondissent en guise de casserolles des panses d'alambic au long col.\nJésus n'avait qu'à toucher les malades du doigt pour les guérir, et on ne\nrisquait pas d'être ensorcelé comme par l'édentée de Maldeghem, qui vous\ninfiltrait peut-être de la semence de démon dans les entrailles.\n   Aussi tous étaient-ils pleins de foi ; et Jésus continua sa route avec ses\ndeux apôtres et le seigneur magnifique. Avant de se rendre à la demeure de\ncelui-ci, ils firent une visite à la belle-mère de Pierre, qui souffrait de la\nfièvre.\n   Elle était couchée dans une cabane couverte d'un vieux chaume et dont\nles murs étaient faits d'argile. Un jardinet soigneusement planté de\ngroseillers et de réséda mettait comme un tapis réjouissant devant une\nfaçade basse, à laquelle des filets de pêcheurs accrochés séchaient au vent.\n"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2593, "texte": "                                  — 211 —\n\n   La malade reposait dans une alcôve protégée par des rideaux à carreaux\n blancs et rouges. Le soleil pénétrait par les petites vitres plombées et\nbeurrait le plâtre des murailles, écorchés par places jusqu'à montrer\nl'argile sèche. Un rouet se taisait dans une poussière pénétrée de rayons,\nprès d'une armoire en chêne surmontée de faïences grossières. Quelques\nfagots défaits dans l'âtre pétillaient sous une marmite où bouillait de la\nguimauve, et c'était la voix de ce silence intimé, et de cette chaleur\ntombant à travers les tilleuls d'en face et qui mettait un peu de rose aux\njoues de la souffrante.\n   Celle-ci geignait, la figure cireuse sur un oreiller fait de paille fourrée\ndans la toile cousue.\n   Jésus ne fit que la toucher, et, radieuse, elle se leva, avec de grands\ngestes de reconnaissance, et, ayant mis un bonnet blanc et un jupon de\ndrap rouge, ainsi qu'en portent les pêcheuses de crevettes, elle servit à ses\nvisiteurs du fromage frais, des radis si brillants qu'on s'en serait fait de\nradieux colliers, et une canette de bière. Ils s'assirent sur des tabourets de\nbois et mangèrent, tandis que la vieille baissait un rideau de jaune mousse-\nline devant la fenêtre, afin qu'ils ne fussent pas incommodés par le soleil —\nce qui les fit baigner dans une chaude atmosphère d'or; et une fillette\napporta un bouquet de fleurs de pisse-en-lit et d'oeillets, qu'ils posèrent sur\nla table.\n   Puis ils se dirigèrent vers le bourg, dont le seigneur était le notable le\nplus riche.\n   En route, ils traversèrent un grand bois où s'élevaient des chênes puis-\nsants ; des échancrures de ciel bleu mordaient à grands coups le feuillage ;\ndes pies volaient dans les branches et l'on entendait les bruits lointains de\nla fête. D'ailleurs, des groupes de paysans hilares débouchaient des allées\net des rondes tournaient dans le fond, aux bords d'un étang.\n   C'est là qu'ils rencontrèrent un démoniaque qui se tordait sur l'herbe.\nSa colique infernale le faisait écumer comme un chien pris de rage. Il\ngrimaçait, les yeux sanglants et presque hors des orbites, les veines\ngonflées, et deux solides gaillards aux mains calleuses avaient peine à le\nmaintenir, car il voulait se lancer sur des femmes fuyant éperdues par les\nfutaies.\n   Jésus lui donna sa bénédiction, et le diable s'échappa de la bouche du\npossédé, rouge d'effort et dont tous les muscles se tendirent, sous la forme\nd'un petit dragon noir qui siffla du feu en s'envolant avec la rapidité d'une\nflèche.\n   Bientôt, par un chemin sablonneux déroulé à travers des prairies, les\n"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2553, "texte": "                                  ~   212 —\n\n\nquatre personnages arrivèrent à l'entrée de la ville et passèrent sous une\nporte féodale à créneaux gris, surmontée d'un lourd fronton percé de\nmeurtrières et coiffé d'ardoises bleues miroitant au soleil.\n   A travers une foule bigarrée et hurlante, ils atteignirent le portique de\nl'hôtel du Seigneur. Le bruit des miracles s'était répandu et une masse de\ngens se pressaient pourvoir Jésus, délaissant les orchestres autour desquels ils\ndansaient, les tirs à l'arbalète, et les couques sautées sur des poêles dressés\nen plein vent.\n   Les rhétoriciens descendus de voiture, ayant vidé beaucoup de verres,\nricanaient, se moquant de Jésus. Ils lui criaient qu'il vint plutôt voir\nleur comédie, et ils lançaient ironiquement d'opaques bouffées qu'ils\ntiraient de leurs pipes.\n   Jésus leur dit :\n   — Ne faites pas tout ce tapage ; car la jeune fille n'est pas morte ; elle\ndort.\n   Il monta les degrés du perron, respectueusement suivi du seigneur et des\ndeux apôtres.\n   C'était dans un hôtel somptueux, au large corridor dallé de marbre. Des\npoutres sculptées soutenaient les plafonds, et l'on voyait, pendus aux\nmurailles, de fiers tableaux de peintres d'élite.\n   Dans la chambre de la morte, un gros lustre en cuivre était allumé. Une\nservante veillait, un psaultier à fermoir d'argent à la main, et sur une table\nposaient des fioles.\n   Par la fenêtre où saint Pierre alla jeter un regard, s'apercevait toute la\nducasse battant les maisons de la Grand'Place. Les cabarets regorgeaient\nde buveurs et des oriflammes léchaient partout les façades. On faisait fête\naux estropiés guéris par le Christ en leur offrant des pintes qu'ils vidaient à\nlarges gorgées ; et les rhétoriciens plantaient les croix sur une estrade pour\ny jouer leur Passion, tandis que quelques-uns étaient déjà costumés en\nsoldats romains ou en apôtres.\n   Et tous ces bruits montaient vers la jeune fille immobile sur un lit tendu\nde soie bleue, avec des branches de buis jetées sur les couvertures. Sa figure\nétait plus pâle que les lys dont une gerbe se fanait près de la fenêtre ; mais\nquand Jésus eut mis la main sur son front pâle que couvraient deux ban-\ndeaux de cheveux blonds, son sang rosit ses chairs à nouveau, ses yeux\ns'éveillèrent — et le père se précipita aux pieds de Jésus en criant :\n   — Merci, fils de David ! Prends mes châsses ouvrées par les meilleurs\norfèvres de Bruges, mes tapisseries où sont tissées en or les vies des saints\nmartyrs, et mes colliers de cérémonie ! Détache de leurs cadres mes toiles les\n"}, {"page_pdf": 244, "page_imprimee": 213, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "                                   — 2l3 —\n\n\nplus précieuses, emporte mes velours d'Utrecht et mes dentelles de Malines!\nCar tu me rends une vie nouvelle !\n  Jésus répondit :\n  — Homme, qu'il soit fait seulement selon ta foi ! Mais garde les richesses\nou partage-les entre les pauvres. Car elles ne peuvent servir à gagner le\nciel!\n                JÉSUS CONTANT DES PARABOLES\n\n   C'était un matin de printemps et Jésus se trouvait parmi les pasteurs\ndans une prairie semée de pâquerettes et de fleurs de beurre. Les pommiers\navaient tressé de blanches promesses de fruits, et dans les haies sautillaient\ndes rouge-gorge.\n   Les brebis venaient caresser de leur laine les genoux du Christ, car n'avait-il\npas dit : « Je suis le repos des brebis? » C'est lui qui écarte le loup de sa\nhoulette; il empêche aussi les brigands de pénétrer à travers le chaume des\nbergeries foncé à coups de hache. Sans lui ils viendraient les nuits avec des\nlanternes sourdes, grimper sur des échelles, leur coutelas aux dents, et\ncouper la gorge aux pauvres bêlants, en étouffant dans la paume de leurs\nmains les sonnettes qu'un berger vigilant met au cou de quelques-unes de\nses bêtes.\n   Et Jésus, caressant le front d'une brebis, conta trois paraboles :\n   « Le royaume de Dieu rappellera alors la fable des dix Vierges.\n   « C'était le soir de leurs noces, et au sortir du temple où elles avaient\nprié, elles cheminèrent vers leurs lits nuptiaux par des jardins fleuris où\nse trouvaient des colombes et des bosquets de myrrhe.\n   « Des voiles transparents tombaient sur leurs épaules, et, doux parterre\nde lys, elles marchaient sur le sable fin des sentes, cueillant des roses de\nleur main fuselée. Les unes étaient habillées de bleu pâle ourlé de large\nvelours, les autres de lilas ou de satin incarnat, et leurs robes flottaient sur\nles bordures de buis.\n   « Elles allaient ainsi par les bocages, leur cou frêle orné d'émeraudes et\nde rubis, le front pur, les cils baissés, et leurs lèvres serrées se taisaient\nsur la prière qu'elles venaient de lire dans le missel serré contre leur sein.\n   « Au loin, la blonde campagne s'accusait encore dans le crépuscule,\nmais les oiseaux gazouillaient leur hymne du soir : aussi, tombant des\npierres blanches des clochers, s'éparpillèrent sur les pervenches des notes\naussi douces qu'elles.\n   « Et les verts des gazons s'assombrirent, et avant d'entrer dans leurs\nchambres, les vierges allèrent quérir des lampes.\n"}, {"page_pdf": 245, "page_imprimee": 214, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2252, "texte": "                                 —   214   —\n\n\n      Mais parmi elles se trouvaient cinq sages et cinq folles.\n   « Et les folles, en prenant leurs lampes, négligèrent de se pourvoir\nd'huile.\n   « Puis, ayant déposé leurs bijoux et dégrafé leurs voiles, toutes s'éten-\ndirent sous les rideaux du lit et attendirent leurs époux.\n   « Ceux-ci tardaient. La nuit était venue et, seule, la pâle orfèvrerie des\nétoiles éclairait les détours du jardin.\n   « Les vierges s'endormirent, la main sur la poitrine.\n   « Or, à minuit, il se fit un cri : Voici l'époux, sortez au devant de lui.\n   « Mais les folles durent aller chercher de l'huile, et l'époux ne les ayant\npas trouvées, quand elles revinrent frapper à l'huis, répondit : En vérité,\nje ne vous connais point !\n   « Elles s'en furent dès lors pleurer dans les jardins devenus bien noirs\npour elles, le long des allées obscurcies des lauriers.\n   « Les autres, au contraire, ayant allumé les lampes, reconnurent bientôt\nleurs maris; la chambre s'illumina pour elles de radieux bonheurs, et il\nleur sembla que tous les bosquets d'alentour vibraient de matines célestes :\nmais c'était la félicité de leurs âmes qui organisait ce concert.\n   « Aussi veillez tous, car vous ne savez ni le jour, ni l'heure à laquelle le\nFils de l'homme viendra.\n   « Ce sera, sans doute, le jour du jugement dernier; et ceux qui auront\nprudemment recueilli l'huile odorante des prières et des bonnes actions\nverront, ainsi que le cœur des vierges, leur esprit rayonner.\n   « Le Fils de l'homme sera assis sur un trône resplendissant ; il aura sur\nla tête une tiare d'or, sera vêtu d'une robe de pourpre et chargé de lourds\nbijoux. Les anges, autour de Lui, sonneront en de longues trompettes à\ntravers le ciel, ou voltigeant sur leurs ailes déployées, pinceront des cordes\nde harpes, tandis que leurs ceintures traîneront dans l'azur.\n   « Toutes les nations seront là, ressuscitées de leurs cercueils, et Dieu\nséparera les bons des méchants.\n   « Ceux-ci s'engouffreront dans les grottes du Démon, où ils brûleront,\nau milieu des monstres.\n   « Mais les innocents monteront, en se tenant par la main, les escaliers\nde lumière conduisant aux cieux. »\n                                                 EUGÈNE      DEMOLDER."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 215, "page_fin": 215, "titre_corps": "Fable ropsienne", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Félicien Rops", "ancre_debut": "FABLE ROPSIENNE", "ancre_fin": "FÉLICIEN ROPS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 246, "page_imprimee": 215, "debut_caractere": 68, "fin_caractere_exclue": 476, "texte": "FABLE ROPSIENNE (1)\n                         POUR « LA J E U N E BELGIQUE »\n\n                             Mac-Mahou\n                              Voit un cou\n                         Et le baise, ma foi !\n                                        MORALITÉ\n\n                 On a souvent besoin d'un plus petit que soi.\n                                                              FÉLICIEN ROPS.\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 215, "page_fin": 217, "titre_corps": "Chronique littéraire : Poèmes anciens et romanesques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "André Fontainas", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "ANDRÉ FONTAINAS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 246, "page_imprimee": 215, "debut_caractere": 476, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n    Poèmes anciens et romanesques par M. HENRI DE RÉGNIER, I volume. — Paris,\n                                 Ed. Bailly, éditeur.\n\n                L'étrange pays de songe où nous transporte la chantante vision\n                 de M. de Régnier ! Ces clairières fleuries de quelque inconnue\n                 Brocéliande, ces grèves sauvages et douces d'une incertaine\n                 Ar-Mor où la magie des vers suscite le passage lent des fées\n                 et des princesses lointaines sous de crépusculaires automnes ;\ntout ce rêve frissonnant, frôlement de pâles rayons sur l'orée des bois assou-\npis, s'effeuille en nostalgiques parfums comme de vieux contes d'amour et\nde légendes romanesques.\n   Errantes par les plages ou, sur, les caps des promontoires, échevelées au\nvent de l'océan, les mains vers l'horizon tendues, les Arianes s'alanguissent\nen de mourantes implorations ; sous les forêts fauves les faunesses, aux\nchevelures d'or dénouées, au moindre bruit de brise dans la feuillée, éper-\ndûment s'enfuient, hardes effarouchées ; et toutes, leurs efforts vers l'amour\net la joie, les espoirs lassés qui s'égrènent en pierreries, et leurs bras qui\nretombent comme des lis brisés. Vers leurs appels, cependant, parfois,\nprincesses aux vieux manoirs dormant leur sommeil de cent années, voici\nquelque dameret prédestiné qui s'en vient hardiment. Au passage il salue\nl'étrangère qu'un moment son espoir eût imaginée la sœur d'élection ; dans\nles villes murales, aux seuils consacrés, où assises, rêvent les Elaines,\nle guerroyeur hésite parfois ; mais il quitte le séjour mauvais et vide, et\n\n\n  (1) Cette fable nous a été envoyée par Rops avec cette note : « Celle-là ils ne la mettront\npas ». Nous ne savons vraiment pas pourquoi ; elle n'est pas si drôle.\n"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 216, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3338, "texte": "                                   — 2l6     —\n\n\nseul, il entre en le mystère de la forêt, dédaigneux du péril annoncé non\nmoins que de l'offrande ancillaire des sourires et des caresses. Semblable à\nl'antique Héraklès, il vient s'humilier devant la maîtresse de sa vie et des\ntravaux accomplis, car, selon la légende voulue, « à peine s'avance-t-il vers\nle bois, que tous ces grands arbres, ces ronces, ces épines s'écartèrent d'eux-\nmêmes pour le laisser passer » et, ayant pénétré dans le château, après en\navoir franchi les vastes cours et les galeries luxueuses « il entra dans une\nchambre toute dorée, et il vit sur un lit dont les rideaux étaient ouverts\nde tous côtés, le plus beau spectacle qu'il eût jamais vu : une princesse qui\nsemblait avoir quinze ou seize ans, et dont l'éclat resplendissant avait quel-\nque chose de lumineux et de divin. Il s'approcha en tremblant et en admi-\nrant, et se mit à genoux auprès d'elle ».\n   C'est l'hymen symbolique enfin accompli, mais si fugace, du chercheur\néperdu d'impossible et de sa propre chimère :\n               Je suis venu vers toi pour une heure éphémère\n               Où je fus l'hôte de ta magie éternelle,\n               Toi le Songe, toi l'Opale, toi la Chimère,\n               Vers qui d'autres iront comme j'allai vers elle.\n   M. de Régnier — les vers cités en sont un exemple — s'est affranchi des\nrègles strictes qui imposent l'entrelacement régulier des rimes masculines\net des rimes féminines; c'est là, d'ailleurs, une liberté que prennent tous les\npoètes à peu près de notre siècle, et depuis déjà les Parnassiens la règle, on\npeut le dire, a été abrogée. M. de Régnier ne s'en est pas tenu à cette\nréforme. Il s'est très bien rendu compte que dans les formes classiques et\nparnassiennes, tout ce qu'il y avait à dire, ou peu s'en faut, avait été par\nnos prédécesseurs magnifiquement dit et définitivement. Il ne s'est donc pas\ncontenté de rendre l'alexandrin, l'octosyllabique ou le vers de sept syllabes\nplus souple, plus sonore ou plus elliptique, il a risqué des rhythmes nou-\nveaux, variant à l'infini, et guidé par un sûr et prodigieux instinct artis-\ntique, il a tout remis en question. Ce n'est pas que je lui attribue l'idée pre-\nmière de chacune de ses recherches, mais c'est lui, jusqu'ici, qui me paraît\navoir le plus pleinement réussi à en faire ressortir l'importance et le charme.\nS'il s'est montré respectueux des poèmes à forme traditionnelle, tels les\nsonnets ou ces magiques évocations auxquelles suffisent les alexandrins\nréguliers disposés en strophes de quatre vers enlacés suivant une inflexible\nloi, il n'a pas cru devoir contraindre éternellement son vers à l'étroite allure\nque leur avaient imposée les anciens maîtres. Et de fait, la prosodie est\nétablie d'après les règles auxquelles ont paru soumettre leur inspiration les\npoètes d'autrefois, bien plutôt qu'elle est la forme à laquelle se doit à tout\nprix plier quelque maître à venir, lors même que logiquement, selon la\nnature harmonique de ce qu'il veut exprimer, il rencontrerait peut-être\nspontanément des cadences mieux adéquates, bien que non révélées?\n   C'est ainsi que M. de Régnier a pu modifier à souhait, avec une maîtrise\nrare, l'ordre de la succession et de l'enlacement des rimes et de la sorte\ncréer des strophes d'une musique encore inconnue ; il a même, insoucieux\n"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2421, "texte": "                                    — 217 —\n\n\nde l'opinion sacro-sainte de du Bellay et de Sainte-Beuve qui appela la\nrime « l'unique harmonie » du vers français, obtenu, sans être descendu à\nquelque na'ive ronde enfantine, par l'assonance, la fausse rime, la répéti-\ntion savante des mêmes mots toujours ramenés à la fin des vers (l'absence\ndonc de toute rime), des effets aussi sûrs et aussi harmoniques !\n               La voici seule et nue en le soir de mon songe\n               Les oiseaux en passant sur sa tête ont pleuré,\n               Le vent en emportant sa voix douce a pleuré,\n               La source en reflétant son visage a pleuré.\n               Elle va seule et nue en le soir de mon songe.\n\n  Voici une strophe qui semble de vers libres, d'une cadence lâche un peu\nau premier aspect, mais lisez-la : elle est d'un ferme et délicat dessin :\n               Que t'importe je sais le mot, le charme et le signe !\n               Les bois clairs sont oisifs de brises et d'oiseaux\n               Et les grappes des hautes vignes\n               S'égrènent, une à une, dans les eaux\n               Tranquilles oit dans les roseaux\n               Dorment les cygnes !\n\n   Je ne puis plus longuement exposer ici les tentatives diverses menées à\n bien par M. de Régnier; ce que j'en ai dit suffit, sans doute, pour qu'il soit\n salué comme l'un des plus savamment audacieux et des plus nobles parmi\n les jeunes poètes français. Qu'on me permette seulement de transcrire ce\n prestigieux sonnet-épilogue :\n                Au vieux livre à fermoirs de griffes et d'émaux\n                Studieux d'être maître en l'ordre des magies\n                J'ai dédié mon âme et toutes énergies\n                A savoir la vertu diverse des joyaux.\n\n                L'émeraude aide les enfantements    jumeaux,\n                Le rubis qui rend chaste éloigne des orgies,\n                Améthyste, sagesse, œil des bonnes vigies,\n                Et le diamant vainc le poison et les mots !\n\n                 J'ai tué le lapidaire un soir qu'il taillait\n                 A l'établi la cymophane et le jayet\n                 Antidote préservateur du sortilège,\n\n                 Et j'ai volé pour vous ces pierres, ô Jolie !\n                 Et j'ai mis à mon doigt sachant son privilège\n                 La chrysolithe qui guérit de la folie.\n\n                                                            A N D R É FONTAINAS."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 218, "page_fin": 218, "titre_corps": "Chronique littéraire : Dédicaces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "X.", "ancre_debut": "II Dédicaces", "ancre_fin": "couronnée du plus grand succès", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Les Romanciers d aujourd hui M Charles", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 249, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 88, "fin_caractere_exclue": 1043, "texte": "II\nDédicaces, par PAUL VERLAINE. Bibliothèque artistique et littéraire, Paris. — Les\n  Romanciers d'aujourd'hui, par C H . L E GOFFIC, Vanier, éditeur. —L'Almanach de\n  l'Université de Gand, 1890. — Les Pœans et les Threnes, FERDINAND HÉROLD, Paris,\n  Lemerre, éditeur.\n\n   Dédicaces, par PAUL VERLAINE. — Une coquette édition, ornée d'un\nportrait de l'auteur par Cazals : une quarantaine de sonnets, hommage\nd'amitié, aux amis du poète. Ce n'est pas une œuvre de premier ordre,\nsans doute ; elle n'a pas de prétention, elle est ce qu'elle devait être, simple\net aimable. Le vers est, comme toujours, facile, spirituel, gracieux et com-\nplimente si joliment.\n   Tous les fidèles de l'auteur de Sagesse, ont voulu posséder cette guir-\nlande. Mais beaucoup n'ont pu être satisfaits : l'édition fut épuisée en sous-\ncription. Félicitons en terminant, la Plume, d'avoir pris l'initiative de cette\npublication hors commerce, couronnée du plus grand succès.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 218, "page_fin": 218, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Romanciers d’aujourd’hui", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "X.", "ancre_debut": "Les Romanciers d aujourd hui M Charles", "ancre_fin": "au point de vue historique", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L Almanach de l Université de Gand 1890 Chaque", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 249, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1043, "fin_caractere_exclue": 1840, "texte": "Les Romanciers d'aujourd'hui. — M. Charles Le Goffic complète\naujourd'hui le plan d'un ouvrage sur les Écrivains d'aujourd'hui concerté\nentre Jules Tellier et lui. Dans Nos Poètes, M. Jules Tellier classait la\npoésie contemporaine ; M. Le Goffic entreprend le même travail pour les\nprosateurs. Il les divise ainsi : les naturalistes, les impressionnistes, les\nsymbolistes, les philosophes, les rustiques, les mondains, les nouvellistes,\nles romantiques, les éclectiques, les romanciers divers. Mais, dans sa pré-\nface, l'auteur prie qu'on n'attache pas trop d'importance à ces catégories ;\nce n'est qu'une simplification.\n   Quelques pages sont consacrées aux nôtres : Lemonnier et Eekhoud.\n   C'est, en somme, un résumé fort intéresant des romanciers d'aujourd'hui\nau point de vue historique.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 218, "page_fin": 218, "titre_corps": "Chronique littéraire : L’Almanach de l’Université de Gand", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "X.", "ancre_debut": "L Almanach de l Université de Gand 1890 Chaque", "ancre_fin": "d accepter du neuf", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Les Pœans et les Thrènes de FERDINAND", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 249, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 1840, "fin_caractere_exclue": 2278, "texte": "L'Almanach de l'Université de Gand, 1890. — Chaque année les étudiants\nde Gand font paraître un beau volume, composé d'une partie académique\net d'une partie littéraire. Comme toujours, et cette fois encore, cette der-\nnière est fort soignée. Nous y retrouvons les noms de Severin, Krains,\nGarnir, etc. C'est une garantie.\n   Bon courage, aux amis de Gand, et qu'ils ne craignent pas, surtout de\nmarcher en avant et d'accepter du neuf.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 218, "page_fin": 218, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Pœans et les Thrènes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "X.", "ancre_debut": "Les Pœans et les Thrènes de FERDINAND", "ancre_fin": "X", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 249, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 2278, "fin_caractere_exclue": 2999, "texte": "Les Pœans et les Thrènes de FERDINAND HÉROLD — Voici un beau\nvolume d'alexandrins sonores, dédiés au poète José Maria de Hérédia,\nqui ne les désavouerait pas, malgré l'abondance du rhythme ternaire, que\nle maître a rarement employé et toujours en observant une fictive césure\nentre le sixième et le septième pied. Citons parmi les poèmes les plus\nparfaits du volume : la Chimère, les Pirates, Xerxès, les Captives, et ce\nbeau sonnet l'Ile des Lotos :\n                Car dans l'île divine, au fond du bois, empli\n                D'hymnes ambroisiens et de lueurs voilées,\n                Les hommes bien heureux mangent la Fleur        d'oubli.\n                                                                           X"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 219, "page_fin": 219, "titre_corps": "Chronique littéraire : Futura", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "III Futura", "ancre_fin": "une chevauchée de Vacquerie", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE MUSICALE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 250, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 81, "fin_caractere_exclue": 1605, "texte": "III\n         Futura, par M. Auguste Vacquerie. — Paris, Calmann-Lévy, 1890.\n   M. Auguste Vacquerie profite de la mort de Victor Hugo pour se faire\nproclamer grand poète par ses confrères de la presse parisienne. Il est\nentendu que Futura est un chef-d'œuvre, comparable à la Fin de Satan ou\nà la Légende des siècles. Des gens d'esprit l'ont imprimé. Quelques-uns ont\nmême prétendu que Futura est un Faust français, très supérieur à celui de\nGoethe. Un des princes de la critique parisienne, M. Vitu, — expulsons les\nprinces! — a fait remarquer, avec infiniment d'érudition, qu'en faisant de\nson héroïne Futura la fille de Faust et d'Hélène la Grecque, M. Vacquerie\na commis un heureux anachronisme. Ce pauvre Gœthe a dû rire, dans\nl'éternité. Un critique de la presse bruxelloise, M. Frédérix — un lettré\npourtant ! — y est allé aussi de sa petite comparaison avec le Faust alle-\nmand, et il a tranquillement déclaré que la naissance d'Euphorion est un\nincident inutile.\n   Le livre de M. Vacquerie peut donc être considéré comme une revanche\nde Sedan.\n   Malheureusement, M. Vacquerie, qui avait, en littérature, commencé\npar être un jeune vieillard, finit par ressembler à un vieil enfant. Ses vers\nsont d'une sécheresse et d'une platitude d'autant plus déplorables, qu'ils\nvisent à l'effet romantique. Futura est une œuvre nulle, qui sera mise au\nniveau de la Divine épopée de Soumet.\n   Il serait plus digne de laisser dormir Gœthe et Hugo, et de ne pas diriger\ncontre eux une chevauchée de Vacquerie !\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 219, "page_fin": 221, "titre_corps": "Chronique musicale : Les Russes aux Concerts populaires", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique musicale", "signature_source": "G. E.", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "G E", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 250, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1605, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n         LES RUSSES AUX CONCERTS                     POPULAIRES\n\n              Avec leur coloris hurleur, leurs modulations hardies, leurs thèmes\n               frustes vaguement canailles, surchargés, affublés d'harmonies\n               cossues et massives, les partitions russes m'évoquent les cosa-\n               ques hirsutes des révoltes serviles, les Stenka Razine et les\nPougatchef dont la nostalgique chanson des bateliers du Volga consacre\nles exploits :\n   « Hélas! brouillards, mes petits brouillards, mes brouillards aveuglants,\nvous qu'on déteste comme le chagrin au cœur, vous ne vous levez pas, mes\npetits brouillards, du côté de la mer Bleue ! Ne t'en va pas, chagrin, du\nfond de mon cœur. Accours, accours, nuage menaçant, tombe, tombe,\npluie épaisse comme du gruau. Emporte, ronge la prison de terre, pour\nque les frères emprisonnés s'échappent et se rassemblent au profond du\n"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3095, "texte": "                                  — 220 —\n\nbois, sous la verte futaie où couchent les bons garçons. Ils campent sous\nles bouleaux ; à l'aube, ils prient Dieu, ils saluent le rouge soleil. Lève-toi,\nlève-toi, rouge soleil, montre-toi au dessus de la haute montagne, au dessus\nde la verte futaie, la retraite du bon garçon, le gîte de StepanTimoféiévitch,\nqu'on appelle Stenka Razine. Lève-toi, lève-toi, rouge soleil; réchauffe-\nnous, pauvres gens que nous sommes, braves garçons, misérables fugitifs.\nNous ne sommes pas des voleurs, nous ne sommes pas des bandits, nous\nsommes les ouvriers de Stenka Razine, ses petits iéssaouls pour tout faire.\nNous tirons la rame, nous prenons les vaisseaux, nous jouons du casse-\ntête, nous prenons les caravanes, nous menons les maris, nous lutinons les\nfilles ».\n    On se rappelle, à entendre cette musique furieuse, les sacs d'Astrakan et\nde Kazan, racontés par le poète Salias, on voit les vainqueurs, encore noirs\nde poudre et rouges de sang, danser entre les flammes autour des tonneaux\nde vin, revêtus de robes de soie et d'ornements sacerdotaux dérobés aux\néglises.\n    Rimsky-Korsakoff, Moussorgski, Balakireff sont des outranciers, des\nfanatiques de la résonance. Ils se grisent d'étranges amalgames de timbres,\nménagent d'imprévues rencontres d'instruments, se complaisent dans des\naccouplements de cordes, de cuivres et de bois, qui ressemblent à des viols.\nPar moments, dans le Caprice espagnol et dans la Nuit sur le Mont\nChauve, ils se révèlent plutôt acousticiens que musiciens, et déchaînent\nla polyphonie, par pure curiosité du son, paraissant priser encore plus les\ninstruments pour leurs qualités intrinsèques que pour le parti qu'en peut\ntirer un virtuose.\n    Rimsky-Korsakoff en remontrerait aux Sax, aux Erard et aux Mahillon.\nJ'eus l'occasion de l'accompagner dans sa longue visite à la fabrique de\nl'inventif et savant conservateur du Musée instrumental du Conservatoire,\nVictor Mahillon. Celui-ci aura rarement rencontré chez un compositeur et\nun chef d'orchestre, aussi complète et intime connaissance des lois et des\napplications de l'acoustique. Rien de ce qui concerne l'organologie, de ce\nque l'on pourrait appeler l'anatomie comparée des instruments, ne lui\néchappe.\n    Aussi Korsakoff et Moussorgsky composent-ils de la musique matérielle,\npittoresque, rutilante, haute en couleur, généralement plus musclée que\nnerveuse.\n    Feu Borodine et le jeune Glazounow — vaguement wagnériste, celui-ci\n— témoignent d'une plus haute envolée psychique. Dans cette pléiade\nd'admirables ouvriers, Borodine demeure incontestablement la tête et le\ncœur, le véritable artiste. Il ne s'est pas contenté de « phonographier » les\nthèmes populaires, mais il les chante et les paraphrase en leur conservant\nl'âme même de la race slave. Dans ses adagios, les plus beaux qu'on ait\nécrits depuis Beethoven, court une vague nostalgie des états sauvages tra-\nversés par l'humanité primitive :\n    La mère-steppe s'étend à des milliers de verstes, immense, bleuâtre, entre\nle sauvage Volga et le torrentueux Iayk. C'est là qu'errent les audacieux,\n"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 221, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 292, "texte": "                                  — 221 —\n\nqu'on respire à pleins poumons. La libre confrérie des vauriens parcourt\nla plaine, le couteau à la botte, sans tsar à l'esprit, sans Dieu dans la con-\nscience.\n                                                                    G. E.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-014", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 221, "page_fin": 224, "titre_corps": "Chronique artistique : Exposition des portraits de maîtres du siècle", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Ernest Verlant", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "ERNEST VERLANT", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 252, "page_imprimee": 221, "debut_caractere": 292, "fin_caractere_exclue": 2902, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                   Exposition de portraits de Maîtres du siècle.\n\n              Ils n'y sont pas tous, les Maîtres du siècle, et combien n'y\n                figurent pas auxquels ce titre glorieux ne peut s'appliquer\n                que par une ironie triste! Et le siècle écoulé n'y est pas repré-\n                senté tout entier : si l'on rencontre encore Fragonard et\nGreuze, dont l'existence se prolongeait lorsque depuis longtemps leurs\nformes d'art étaient mortes et remplacées, on cherche en vain les promo-\nteurs et les témoins des évolutions récentes : de Manet, de Puvis de\nChavannes, de Clairin, de Raffaëlli, quoique les noms soient au catalogue,\nles portraits annoncés n'ont pas paru. Le seul Manet qu'on ait vu, tout à\nla fin, Madame Callias, n'est qu'une ébauche qui n'a pu donner aux visi-\nteurs une idée assez complète du peintre de l'Olympia. Mais soit : quelques\nbelles œuvres, un assez grand nombre d'œuvres honorables, extraites pour\nla plupart d'invisibles collections particulières, justifient amplement l'entre-\nprise du comité organisateur. Et le succès, un grand succès mondain, est\nvenu du premier jour à cette exposition, où défilèrent principalement les\ngens comme il faut, étudiant l'histoire de la mode, s'arrêtant aux person-\nnages princiers ou autrement notoires, approuvant les ressemblances.\n   Parmi les œuvres étrangères aux écoles française et belge, si intimement\nunies, laissant de côté les toiles tapageuses et théâtrales coloriées par les\nMakart, ou les Munkaçsy, ou les Benczur, ou les Brozik, ou les Vastagh,\nil sied de considérer attentivement l'exposition importante et nouvelle de\nM. Frantz von Lenbach, peu connu jusqu'à présent ici, glorifié à grands\ncris en Allemagne, où l'on ne se gêne pas pour le comparer à Rembrandt.\nLa couleur, qui fait penser non à Rembrandt mais à Piloty, nuit fort aux\nqualités réelles d'expression et de vérité, dénaturées malheureusement par\nune recherche enragée de l'intensité. Comme des apparitions sans corps et\nsans solidité, grimaçantes et folles, surgissent la tête massive, rude et\nhargneuse de Bismarck; le profil dur et sec du maréchal de Moltke, dont le\nfront nu se plisse comme dans la contention de l'idée fixe; la figure pâle et\némaciée de Léon XIII, où la bonté devient ruse et la finesse duplicité; un\nGladstone dont on ne trouverait l'analogue que dans les planches des traités\nde maladies mentales illustrant la mégalomanie ; un Dœllinger où s'em-\npreint la méfiance sournoise des lypémanes ; un Strossmayer semblable à\nune vision d'échafaud, avec son col cerclé de rouge, sa lèvre exsangue\n"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 222, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3247, "texte": "                                  — 222 —\n\n\nobstinément fermée, ses yeux implacables, ses rares cheveux gris flottant\nen arrière ; une femme enfin qui semble passer en glissant et qui darde un\nregard enflammé d'hystérique. Ces portraits et tels autres accusent en\nLenbach non le psychologue nuancé et subtil qu'on y veut voir, mais un\nsimplificateur qui, constamment, isole dans le modèle la qualité jugée fon-\ndamentale pour l'exprimer à toute force, sans discrétion, — un savant\net patient peintre d'abstractions, et non un peintre ému de physionomies\nvivantes.\n   Combien nous captive davantage, dans sa couleur riche, molle et\nmaniérée, si en rapport avec l'expression du personnage, le portrait de\nGeorges IV, par Lawrence, ou plutôt du prince de Galles lorsqu'il ne\nprétendait encore qu'à être le roi des dandys! Sa face poupine et glabre,\ntrop rose et trop fraîche, déjà bouffie par la lymphe, son air avantageux et\nindolent, révèlent une âme sans virilité, enlisée dans son égoïsme épais.\n   Après Lawrence et Bonnington, dont on peut voir un bizarre et typique\ngénéral anglais, l'Angleterre n'est plus représentée que par Alma Tadema,\nintéressant par sa distinction et le pittoresque de sa composition.\n   Parmi les étrangers, mentionnons encore un Goya, portrait farouche\nd'un personnage à l'air mauvais, où l'on sent la ressouvenance de Velasquez.\n   Si nous passons en Belgique, de l'examen comparatif des classiques et\ndes romantiques se dégage impérieusement la conviction de la force des\npremiers et de l'impuissance presqu'universelle des seconds. Le vieux\nNavez, dont les compositions académiques sont justement dépréciées, vivra\npar ses portraits, très inégaux de valeur, mais où l'on doit en général recon-\nnaître la sincérité, la vie et le naturel absents de ses autres oeuvres, et\nmême, comme dans certaines parties de la famille de Hemptinne, une\nbeauté de ton qui, ailleurs, disparaît dans la sécheresse et dans la dureté.\nD'autres artistes de l'école de David, presqu'inconnus de la génération pré-\nsente, conservent les mêmes qualités : ainsi Hennequin, Nissen même qui\na de la justesse et de la sobriété, Van der Haert dont on expose trois\ndessins aux deux crayons, un portrait de deux jeunes gens notamment,\nMM. Gaston et Arthur de Buisseret, étonnant de grâce contournée et\nembarrassée, d'élégance onduleuse.\n   L'exposition de dix-neuf portraits de Gallait, guindés, momifiés dans\nleur banalité officielle, veules, sans accent, sans intimité, laidement, froide\nment peints, à part le Barthélemy Dumortier du Musée de Bruxelles et\npeut-être un ou deux autres, nous apparaît comme le naufrage définitif de\ncette renommée de haut bord. Avec elle sombre la fortune de De Keyser,\nreprésenté par une dizaine de toiles musquées, pommadées, correctes et\nglaciales. Wappers résiste mieux, et sa Baronne Osy et sa Mme Rogier\ntout au moins ont du caractère et conservent de l'intérêt. Nous ne dirons\nrien de Wiertz qui méprisait le portrait et qui a fait des portraits mépri-\nsables. Et que dire de M. Portaels, juste ciel! Quel pernicieux ami a pu\nlui conseiller d'exhiber cette ridicule caricature de Mme Caron, qu'il aurait\nmieux fait de détruire ?\n   M. Cluysenaer est plus heureux, dans les portraits austères et expressifs\n"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 223, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3377, "texte": "                                 — 223 —\n\n\nde son père et du sculpteur De Groot. La simplicité, le naturel, la vérité,\nla distinction de la peinture, telles sont les qualités qui font de De Winne\nle meilleur portraitiste belge de cette époque. Son splendide Léopold Ier\ndu Musée moderne, sa Baronne de Hirsch, son M. Sanford, son Prince\nAntoine d'Arenberg, son Procureur-Général Leclercq, attestent la sincé-\nrité, la conscience, la manière large, la vision personnelle de ce loyal\nartiste flamand.\n   A remarquer encore, parmi les Belges plus récents, quelques œuvres\nsolides, savoureuses et lumineuses d'Agneessens et de M. Verheyden; le\nBaron Goethals et M. Vincotte, bien typés, mais d'une couleur déplorable,\nde M. de Lalaing; un Mellery déjà ancien, une figure d'enfant, pleine de\ncharme; trois Wauters d'une exécution puissante et décorative. Décoratifs\naussi les deux pastels de M. Stevens, exposés à Bruxelles il y a trois ans,\nainsi que son portrait de jeune garçon, symphonie enchanteresse de cha-\ntoyantes colorations grises. De Mlle d'Anethan, une jeune fille d'une\nélégance délicate, discrète et comme voilée. Le dessin serré et volontaire de\nM. Fernand Khnopff, son raffinement d'harmonies, sa douceur pensive\ninvestissent d'un charme exquis et douloureux ses portraits où s'éternise,\ndans la raideur des plis, un rêve d'immobilité et de silence.\n   On ne peut assurément que se faire une idée sommaire du talent de David\ndans le portrait, en parcourant cette exposition. Une œuvre cependant\ns'impose par ses qualités de ligne et de couleur, le portrait & Ingres jeune,\navec sa physionomie éveillée et amusante de gamin ébouriffé. Toutefois, en\nFrance comme en Belgique, on doit constater l'immense et absorbante\ninfluence de David dans tout ce qui procède de son école ou s'y rattache.\nUn petit portrait de Grétry, par Isabey ; trois beaux portraits d'un peintre\npeu connu, Rouillard, l'attestent éloquemment. Mais toutes les productions\nfrançaises ou belges des élèves de David et celles de David lui-même\ns'effacent dans le resplendissement d'un chef-d'œuvre irréprochable, le\nportrait de la Marquise de Tournon, peint par Ingres en 1812.La perfection\ndu trait et du modelé, le goût de l'arrangement sont des qualités ordinaires\nchez lui; ce qui n'est pas commun, c'est cette couleur chantante et pleine,\nl'harmonie délicieuse du velours vert de la robe, des bras nus qui sortent\ndes courtes manches bouffantes, des étoffes brodées jaunes et blanches, des\naccessoires dont l'exécution impeccable rappelle l'adresse et la patience des\nmaîtres gothiques. Un seul détail peut être critiqué : la chevelure divisée\nen grosses boucles qui couvrent le front et les tempes semble traitée avec\nlourdeur et sans réalité. L'expression du visage large, aux sourcils élevés,\navec de gros yeux ronds de curieuse et de bavarde, le nez arqué, les lèvres\nsouriantes et spirituelles, est absolument typique; c'est là un personnage\nbien vivant, mais c'est aussi le symbole évocateur d'un temps, d'un état de\ncivilisation, d'une catégorie sociale. Les œuvres de Lenbach crient et se\ndémènent; celle-ci parle d'une voix fière et grave, douce et pénétrante.\n   La seule toile exposée qui puisse entrer en parallèle avec la Marquise\nd'Ingres, c'est l'autoportrait de son rival Delacroix. On ne peut imaginer\ndeux œuvres plus dissemblables d'aspect : la peinture d'Ingres sans maté-\n"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2064, "texte": "                                  — 224 —\n\n\nrialité, celle-ci triturée et maçonnée avec emportement. La couleur est con-\nvenue, sans lumière et sans éclat. Mais telle qu'elle est, par son extra-\nnaturalité même, elle aide merveilleusement à l'expression de cette figure\nterrible de mélancolie, de volonté et de fierté. L'angoisse de l'Œuvre et de\nla Vie a tourmenté et ravagé cette face héro'ique ; une tristesse profonde\nsort de ces yeux enfoncés et lointains; mais une incompressible énergie\npersiste, s'affirme dans le menton, dans le port de la tête, dans la concen-\ntration de la physionomie. Ce portrait, c'est Delacroix tout entier, c'est\naussi sa génération puissante et nerveuse.\n   A côté de deux œuvres pareilles, le reste de l'exposition française ne\nmarque pas. Il faut excepter cependant un beau portrait du Général Hugo\npar Gros, dans une gamme fastueuse, superbe d'allure martiale et conqué-\nrante, et trois Courbet, son propre portrait, celui d'Alfred Stevens et celui\nde Madame B., dénués de spiritualité, moins que ses grandes compositions\npourtant, traités en teintes sombres et sourdes, mais pleines, riches et\namples. Un Prudhon, peu intéressant, sinon par la physionomie étonnam-\nment douce et aimable qu'il donne à Saint-Just. La miniature d'Albert\n Wolff dans ses meubles, de Bastien-Lepage, archi-connue ; un petit Joseph\nStevens, par Meissonier; une Reine Amélie par Jalabert, touchante, avec\nses yeux à moitié fermés et comme consumés par les larmes; un suffisant\nCarolus Duran ; deux insuffisants Cabanel ; un Chaplin fade et sans con-\nsistance; sept portraits de Bonnat, tous célèbres, de ressemblance parfaite,\nd'un relief artificiel, tous semblables par la fausseté de leur éclairage truqué,\npar la coloration horrible des visages de plâtre et des fonds chocolat.\n   Citons pour clore cette revue, les amusantes esquisses du beau panorama\nde MM. Stevens et Gervex, d'une composition habile, d'une tonalité claire\net joyeuse, d'une exécution légère et spirituelle.\n                                                     ERNEST VERLANT."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-015", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 225, "page_fin": 228, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "goutteux", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 86, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 187, "fin_caractere_exclue": 221, "texte": "M. Edouard De Winter, directeur de"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 246, "fin_caractere_exclue": 282, "texte": "l'imprimerie Monnom, est mort à Bru-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 340, "fin_caractere_exclue": 360, "texte": "xelles, le 24 avril."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 436, "fin_caractere_exclue": 470, "texte": "Edouard De Winter avait l'amour de"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 529, "fin_caractere_exclue": 568, "texte": "son métier et la passion de son art. Il"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 616, "fin_caractere_exclue": 653, "texte": "est peu de livres marquants, parus en"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 711, "fin_caractere_exclue": 749, "texte": "Belgique depuis notre renouveau litté-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 841, "texte": "raire, auxquels il n'ait attaché son nom."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 891, "fin_caractere_exclue": 928, "texte": "Parmi ceux qu'il a signés au point de"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 979, "fin_caractere_exclue": 1018, "texte": "vue typographique il convient de citer,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1068, "fin_caractere_exclue": 1102, "texte": "au premier rang, le Parnasse de la"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1153, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "Jeune Belgique, La Forge Roussel, Le"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1248, "fin_caractere_exclue": 1291, "texte": "Juré, La veillée de l'huissier,        Hors"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1336, "fin_caractere_exclue": 1378, "texte": "du siècle, L'Anthologie      des écrivains"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1424, "fin_caractere_exclue": 1468, "texte": "belges, les Milices de       Saint-François,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1514, "fin_caractere_exclue": 1553, "texte": "Les Soirs, Mon cœur pleure d'autrefois,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1605, "fin_caractere_exclue": 1642, "texte": "et les Chimères. De Winter était pour"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1696, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "nous un collaborateur précieux et un"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1784, "fin_caractere_exclue": 1821, "texte": "excellent camarade. La Jeune Belgique"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1878, "fin_caractere_exclue": 1906, "texte": "le regrette donc doublement."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2308, "fin_caractere_exclue": 2348, "texte": "Peter Benoît et Gustave Huberti ont fait"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2396, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "entendre, le mois dernier, à la Société phil-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2487, "fin_caractere_exclue": 2525, "texte": "harmonique de Londres, l'un sa célèbre"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2579, "fin_caractere_exclue": 2618, "texte": "Charlotte Corday, et l'autre une scène,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2646, "fin_caractere_exclue": 2686, "texte": "avec accompagnement d'orchestre, le Min-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2738, "fin_caractere_exclue": 2779, "texte": "nezanger chanté par le baryton Blauwaert."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2837, "fin_caractere_exclue": 2875, "texte": "Les œuvres exécutées sous la direction"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2926, "fin_caractere_exclue": 2966, "texte": "des compositeurs, leur ont valu les una-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3015, "fin_caractere_exclue": 3055, "texte": "nimes suffrages d'un nombreux public. Le"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3111, "fin_caractere_exclue": 3150, "texte": "triomphe a même été tel pour nos compa-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3175, "fin_caractere_exclue": 3217, "texte": "triotes que de médiocres musiciens anglais"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3266, "fin_caractere_exclue": 3308, "texte": "(Miousic !Miousic! English songand dance !"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3356, "fin_caractere_exclue": 3392, "texte": "Champain Charley is my name!) en ont"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3448, "fin_caractere_exclue": 3488, "texte": "pris ombrage et ont monté dans plusieurs"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3538, "fin_caractere_exclue": 3575, "texte": "organes de la presse quotidienne, une"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3623, "fin_caractere_exclue": 3665, "texte": "violente cabale protectionniste contre les"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3713, "fin_caractere_exclue": 3751, "texte": "envahisseurs flamands. Brusquement les"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3804, "fin_caractere_exclue": 3845, "texte": "mêmes journaux qui avaient encensé prodi-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3897, "fin_caractere_exclue": 3940, "texte": "galement Peter Benoît, après l'exécution du"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 142, "fin_caractere_exclue": 182, "texte": "Lucifer, lui tombent dessus avec la même"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 231, "fin_caractere_exclue": 244, "texte": "complaisance."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 297, "fin_caractere_exclue": 338, "texte": "Ces éreintements dus aux plus ignares des"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 387, "fin_caractere_exclue": 431, "texte": "reporters musicaux anglais, ce qui n'est pas"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 480, "fin_caractere_exclue": 527, "texte": "peu dire, étant données la platitude et l'insi-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 576, "fin_caractere_exclue": 614, "texte": "pidité proverbiales des déjections qui"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 663, "fin_caractere_exclue": 708, "texte": "fluent, sous prétexte de critique d'art, dans"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 757, "fin_caractere_exclue": 798, "texte": "les gazettes de Londres, ces éreintements"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 847, "fin_caractere_exclue": 889, "texte": "disons-nous, dépassent les limites du gro-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 938, "fin_caractere_exclue": 977, "texte": "tesque et n'auraient nui, en somme qu'à"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1026, "fin_caractere_exclue": 1066, "texte": "leurs auteurs, si ceux-ci n'avaient con-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1115, "fin_caractere_exclue": 1151, "texte": "sommé depuis longtemps leur suicide."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1204, "fin_caractere_exclue": 1246, "texte": "Ces manœuvres de lettres (literary hacks),"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1295, "fin_caractere_exclue": 1334, "texte": "comme on dit chez eux de leurs pareils,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1383, "fin_caractere_exclue": 1422, "texte": "piétinent nos compatriotes pour exalter"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1471, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "jusqu'aux nues le grand Sterndale Bennett"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1561, "fin_caractere_exclue": 1603, "texte": "et l'immense Stanford, deux musicastres du"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1652, "fin_caractere_exclue": 1694, "texte": "crû dont on n'entendit jamais prononcer le"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1743, "fin_caractere_exclue": 1782, "texte": "nom de ce côté de la Mer du Nord et que"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1831, "fin_caractere_exclue": 1876, "texte": "les rares critiques autorisés de là-bas répu-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1925, "fin_caractere_exclue": 1942, "texte": "dient sans pitié."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1995, "fin_caractere_exclue": 2034, "texte": "Ces articles trahissent si nafvement le"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2083, "fin_caractere_exclue": 2124, "texte": "parti-pris, le chauvinisme aux abois, que"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2173, "fin_caractere_exclue": 2214, "texte": "nos meilleurs chanteurs ou virtuoses, des"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2263, "fin_caractere_exclue": 2304, "texte": "artistes d'une renommée universelle comme"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2354, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "le baryton Blauwaert, encore plus acclamé"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2445, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "en Allemagne qu'en Belgique, et le violo-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2536, "fin_caractere_exclue": 2578, "texte": "niste Ysaye, ne sont pas mieux traités que"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2628, "fin_caractere_exclue": 2645, "texte": "nos compositeurs."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2698, "fin_caractere_exclue": 2737, "texte": "Le Morning Post s'acharne particulière-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2787, "fin_caractere_exclue": 2833, "texte": "ment sur Ysaye et lui reproche l'inflexibilité"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2883, "fin_caractere_exclue": 2925, "texte": "du poignet, la raideur générale de sa main"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2975, "fin_caractere_exclue": 3014, "texte": "droite, ses maniérismes qui contrarient"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3064, "fin_caractere_exclue": 3110, "texte": "souvent la justesse et la franchise de l'into-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3160, "fin_caractere_exclue": 3174, "texte": "nation (! ! !)"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3227, "fin_caractere_exclue": 3265, "texte": "Il y a jusqu'à la musique de ce pauvre"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3315, "fin_caractere_exclue": 3355, "texte": "défunt Vieuxtemps, musique bien inoffen-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3405, "fin_caractere_exclue": 3447, "texte": "sive cependant et longtemps en faveur dans"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3497, "fin_caractere_exclue": 3537, "texte": "les music halls d'Albion, qui attrape en"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3587, "fin_caractere_exclue": 3622, "texte": "passant quelques crachats de plume."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3675, "fin_caractere_exclue": 3712, "texte": "Mais rien n'égale la danse du scalp à"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3762, "fin_caractere_exclue": 3803, "texte": "laquelle se livrent les Hurons du journa-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3853, "fin_caractere_exclue": 3896, "texte": "lisme anglais autour deBenoît et d'Huberti."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3946, "fin_caractere_exclue": 3990, "texte": "Cela tourne à l'épilepsie. Le plus malade de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "ces chorégraphes gourmande la Société"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 136, "fin_caractere_exclue": 174, "texte": "Philharmonique pour avoir introduit au"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 219, "fin_caractere_exclue": 259, "texte": "programme une friperie, une ordure aussi"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 301, "fin_caractere_exclue": 340, "texte": "tapageuse (such a nioisy trash), que la"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 385, "fin_caractere_exclue": 413, "texte": "musique de Charlotte Corday."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 473, "fin_caractere_exclue": 514, "texte": "\" Pareille musique, ajoute le convulsion-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 558, "fin_caractere_exclue": 602, "texte": "naire en question, est une insulte au public"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 644, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "qui se respecte, elle est anti-musicale et"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 712, "fin_caractere_exclue": 751, "texte": "burlesque au delà de toute expression.\""}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 804, "fin_caractere_exclue": 846, "texte": "En revanche, les revues où la critique est"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 887, "fin_caractere_exclue": 928, "texte": "confiée à des connaisseurs, ratifient les"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 968, "fin_caractere_exclue": 1011, "texte": "rappels et les ovations du public en consa-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1057, "fin_caractere_exclue": 1100, "texte": "crant d'élogieux articles à Peter Benoît et"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1143, "fin_caractere_exclue": 1155, "texte": "à son œuvre."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1232, "fin_caractere_exclue": 1267, "texte": "Le World, entre autres, un des plus"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1307, "fin_caractere_exclue": 1353, "texte": "estimés de ces périodiques, profite de l'occa-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1397, "fin_caractere_exclue": 1439, "texte": "sion pour administrer aux jugeurs soudoyés"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1470, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "une magistrale volée de cat o'nine tails :"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1516, "fin_caractere_exclue": 1552, "texte": "« Peter Benoît jouit de cette double"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1553, "fin_caractere_exclue": 1593, "texte": "faveur d'être admiré de ceux qui le com-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1594, "fin_caractere_exclue": 1631, "texte": "prennent et conspué par ceux qui sont"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1679, "fin_caractere_exclue": 1722, "texte": "absolument incapables de le juger, le cham-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1768, "fin_caractere_exclue": 1809, "texte": "pion de l'ignorance, le critique du Times"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1856, "fin_caractere_exclue": 1897, "texte": "à leur tête. Charlotte Corday est l'œuvre"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1940, "fin_caractere_exclue": 1974, "texte": "d'un homme ayant le courage de ses"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2018, "fin_caractere_exclue": 2059, "texte": "opinions, que celles-ci sont partagées ou"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2078, "fin_caractere_exclue": 2117, "texte": "non par les autres. Je le tiens pour un"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2118, "fin_caractere_exclue": 2160, "texte": "musicien d'un immense talent, aussi remar-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2189, "fin_caractere_exclue": 2232, "texte": "quable par la faculté créatrice que par ses"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2279, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "qualités acquises, un homme qui est chef"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2360, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "décote dans son pays, qui poursuit son"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2443, "fin_caractere_exclue": 2483, "texte": "propre chemin, un homme d'inspiration et"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2528, "fin_caractere_exclue": 2572, "texte": "de science, et qui rencontre, naturellement,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2613, "fin_caractere_exclue": 2658, "texte": "le sort de tant d'autres personnalités : « ne"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2700, "fin_caractere_exclue": 2741, "texte": "pas être compris du vulgaire ». Rien qu'à"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2781, "fin_caractere_exclue": 2825, "texte": "le voir diriger, on se sent en présence d'un"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2871, "fin_caractere_exclue": 2913, "texte": "maître. Or, juger avec tant d'ignorance et"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2952, "fin_caractere_exclue": 2991, "texte": "d'arrogance un artiste qui a produit un"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3033, "fin_caractere_exclue": 3075, "texte": "œuvre de l'importance de celui de Benoît ;"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3120, "fin_caractere_exclue": 3163, "texte": "une tétralogie religieuse, douze à quatorze"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3203, "fin_caractere_exclue": 3240, "texte": "cantates, drames, concertos, quantité"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3285, "fin_caractere_exclue": 3325, "texte": "d'autres compositions sans parler de ses"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3368, "fin_caractere_exclue": 3411, "texte": "travaux littéraires, traiter disons-nous de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3429, "fin_caractere_exclue": 3471, "texte": "Turc à More, un artiste de cette autorité,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3515, "fin_caractere_exclue": 3555, "texte": "représente un procédé peu fait pour con-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3596, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "quérir à notre presse quelque estime sur"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3679, "fin_caractere_exclue": 3719, "texte": "le continent. Non seulement elle a pêche"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3727, "fin_caractere_exclue": 3764, "texte": "par manque de courtoisie, mais elle a"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3823, "fin_caractere_exclue": 3865, "texte": "commis une véritable indécence. Certes, le"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3910, "fin_caractere_exclue": 3952, "texte": "monsieur qui proclame. Sanford un des plus"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3998, "fin_caractere_exclue": 4040, "texte": "grands compositeurs de ce siècle, ne peut,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 94, "fin_caractere_exclue": 135, "texte": "dans son incapacité écrasante, mesurer le"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 175, "fin_caractere_exclue": 217, "texte": "coup d'aile du génie ; aussi la réputation"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 260, "fin_caractere_exclue": 299, "texte": "d'un Benoît, est-elle bien à l'abri des"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 341, "fin_caractere_exclue": 383, "texte": "atteintes de ce quidam. Je souhaite que le"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 431, "fin_caractere_exclue": 469, "texte": "drame Charlotte Corday soit représenté"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 515, "fin_caractere_exclue": 556, "texte": "intégralement devant un public compétent,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 603, "fin_caractere_exclue": 643, "texte": "et je ne doute pas du succès que rempor-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 687, "fin_caractere_exclue": 711, "texte": "tera cette entreprise. »"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 761, "fin_caractere_exclue": 800, "texte": "Il paraît que le souhait du World a été"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 847, "fin_caractere_exclue": 886, "texte": "exaucé et qu'en dépit des roquets de la"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 929, "fin_caractere_exclue": 967, "texte": "presse et des sourdes machinations des"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1012, "fin_caractere_exclue": 1056, "texte": "petites gloires locales, sous la pression de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1101, "fin_caractere_exclue": 1142, "texte": "la partie intelligente du public anglais,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1190, "fin_caractere_exclue": 1228, "texte": "Charlotte Corday sera monté prochaine-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1268, "fin_caractere_exclue": 1306, "texte": "ment sur une grande scène londonienne."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1356, "fin_caractere_exclue": 1396, "texte": "Et Peter le conquérant, aura gagné cette"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1440, "fin_caractere_exclue": 1469, "texte": "nouvelle bataille d'Hastings."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1643, "fin_caractere_exclue": 1678, "texte": "Nous avons trouvé dans la boîte aux"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1723, "fin_caractere_exclue": 1767, "texte": "lettres de la direction le compte-rendu sui-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1810, "fin_caractere_exclue": 1855, "texte": "vant de l'Exposition des portraits de maîtres"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1898, "fin_caractere_exclue": 1939, "texte": "du siècle. Nous nous empressons de livrer"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1975, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "à nos lecteurs les aperçus originaux de ce"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2060, "fin_caractere_exclue": 2077, "texte": "critique sévère :"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2179, "fin_caractere_exclue": 2188, "texte": "OUVERTURE"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2238, "fin_caractere_exclue": 2278, "texte": "Par une pluie battante, à l'ahurissement"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2320, "fin_caractere_exclue": 2359, "texte": "d'un Charles de Lorraine, poudrerizé de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2399, "fin_caractere_exclue": 2442, "texte": "chiasses d'oiseaux, aux claquements éperdus"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2484, "fin_caractere_exclue": 2527, "texte": "de larges calicots peinturlurés de réclames"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2573, "fin_caractere_exclue": 2612, "texte": "à l'adresse des mètres du siècle (ainsi"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2659, "fin_caractere_exclue": 2699, "texte": "les interminables madapolams éclairés de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2742, "fin_caractere_exclue": 2780, "texte": "lampions aux kermesses de banlieues, à"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2826, "fin_caractere_exclue": 2870, "texte": "l'éloge de l'apéritif déboyautage des musées"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2914, "fin_caractere_exclue": 2951, "texte": "anatomiques), au roulement des sapins"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "armoriés, le reflet des chapeaux de soie"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3076, "fin_caractere_exclue": 3119, "texte": "mouillés coiffant de coquelinantes têtes de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3164, "fin_caractere_exclue": 3202, "texte": "larbins auréolés du blinquage de leurs"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3241, "fin_caractere_exclue": 3284, "texte": "galons trop neufs, à l'épate plus grand des"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3326, "fin_caractere_exclue": 3367, "texte": "ketjes qui crachent dans les rigoles pour"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3412, "fin_caractere_exclue": 3428, "texte": "faire des ronds."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3478, "fin_caractere_exclue": 3514, "texte": "Et des misses enclochedefromagées de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3556, "fin_caractere_exclue": 3595, "texte": "multicolores imperméables, rayés par la"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3637, "fin_caractere_exclue": 3678, "texte": "pluie de couleurs noires, en fonds d'uri-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3720, "fin_caractere_exclue": 3726, "texte": "noirs."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3776, "fin_caractere_exclue": 3822, "texte": "Par de là les têtes, l'affiche luisante d'eau,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3866, "fin_caractere_exclue": 3909, "texte": "affiche de concours de bétail gras, et tou-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3953, "fin_caractere_exclue": 3996, "texte": "jours les sapins, les cochers, les gens qui"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4041, "fin_caractere_exclue": 4086, "texte": "entrent, se poussent, s'écrasent, se fourrant"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 87, "texte": "mutuellement le bout de leur parapluie"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 142, "fin_caractere_exclue": 186, "texte": "dans l'oeil, et tout cela sans jurer — c'est"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 215, "fin_caractere_exclue": 229, "texte": "des gens chic."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 307, "fin_caractere_exclue": 347, "texte": "Puis entrés, sous la lumière glauque des"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 393, "fin_caractere_exclue": 429, "texte": "lanterneaux, une odeur fade d'habits"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 487, "fin_caractere_exclue": 530, "texte": "mouillés séchant au calorifère, une poussée"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 577, "fin_caractere_exclue": 622, "texte": "de dos au long des cimaises où s'étalent avec"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 669, "fin_caractere_exclue": 712, "texte": "complaisance les portraits d'un tas de gens"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 761, "fin_caractere_exclue": 802, "texte": "qui, durant leur vie, avaient eu au moins"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 848, "fin_caractere_exclue": 892, "texte": "le mérite, n'eussent-ils eu que celui-là, de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 925, "fin_caractere_exclue": 949, "texte": "ne pas se faire exposer."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1019, "fin_caractere_exclue": 1061, "texte": "Et ces portraits ! Des choses gaies, pas à"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1110, "fin_caractere_exclue": 1151, "texte": "l'œil s'entend, mais des bobines! Un por-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1199, "fin_caractere_exclue": 1240, "texte": "trait de phénomène, l'homme à la patte de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1290, "fin_caractere_exclue": 1329, "texte": "crabe par Lawrence, ou par un autre, le"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1376, "fin_caractere_exclue": 1418, "texte": "petit ventre rondelet d'un Latude qui sem-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1465, "fin_caractere_exclue": 1508, "texte": "blait s'harenger assez bien du régime de la"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1562, "fin_caractere_exclue": 1606, "texte": "Bastille (Géraudel?), un portrait de chrono-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1654, "fin_caractere_exclue": 1693, "texte": "mètre par Aima Tadema, et puis des por-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1726, "fin_caractere_exclue": 1764, "texte": "traits d'un nommé Pinemann, un nom qui"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1813, "fin_caractere_exclue": 1821, "texte": "oblige !"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1872, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "Il en est d'autres encore; je n'ai pas été"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1915, "fin_caractere_exclue": 1957, "texte": "les voir, j'ai préféré donner mes quarante"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1958, "fin_caractere_exclue": 2000, "texte": "sous à un pauvre vieux qui, sous la pluie,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2049, "fin_caractere_exclue": 2082, "texte": "vendait des cartes transparentes."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2162, "fin_caractere_exclue": 2174, "texte": "PORRICHINEL."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2491, "fin_caractere_exclue": 2532, "texte": "Une nouvelle revue littéraire vient de se"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2624, "fin_caractere_exclue": 2665, "texte": "fonder à Paris : L'hermitage.    Dans ses"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2739, "fin_caractere_exclue": 2779, "texte": "deux premiers numéros, nous relevons les"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2780, "fin_caractere_exclue": 2820, "texte": "noms de Bernard Lazare, notre collabora-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2821, "fin_caractere_exclue": 2862, "texte": "teur, Laurent Tailhade, Henri Mazel, etc."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2863, "fin_caractere_exclue": 2899, "texte": "Nous souhaitons bonne chance à notre"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2955, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "nouvelle consœur."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3194, "fin_caractere_exclue": 3234, "texte": "Léon Bloy devient le collaborateur régu-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3235, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "lier de la Plume. Il vient de débuter par un"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3280, "fin_caractere_exclue": 3315, "texte": "Rossignol de Catacombes où un nommé"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3366, "fin_caractere_exclue": 3404, "texte": "Armand de Pontmartin est arrangé pres-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3455, "fin_caractere_exclue": 3494, "texte": "qu'aussi bien que le fut jadis Péladan."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3718, "fin_caractere_exclue": 3759, "texte": "Ils ont une façon de répondre tout à fait"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3761, "fin_caractere_exclue": 3804, "texte": "évolutive, les orphéonistes des Ecrits pour"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3857, "fin_caractere_exclue": 3901, "texte": "l'art. A notre article sur le Dire du mieux,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3951, "fin_caractere_exclue": 3993, "texte": "ils opposent l'appréciation de Stuart Mer-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "rill et risquent quelque épaisse plaisanterie"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 214, "texte": "au sujet de M. Mallarmé."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 266, "fin_caractere_exclue": 303, "texte": "René Ghil, trop occupé par la confec-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 352, "fin_caractere_exclue": 392, "texte": "tion d'un quatrième Traité du verbe, que"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 441, "fin_caractere_exclue": 486, "texte": "par pudeur cette fois il appellera d'un autre"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 535, "fin_caractere_exclue": 576, "texte": "nom, ayant trop souvent annoncé l'édition"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 625, "fin_caractere_exclue": 668, "texte": "définitive, n'aura pas eu le temps de faire"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 717, "fin_caractere_exclue": 760, "texte": "une réponse d'art sociocratique, d'après un"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 809, "fin_caractere_exclue": 847, "texte": "principe de philosophie évolutive. Que"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 896, "fin_caractere_exclue": 924, "texte": "Léon Dubedat soit avec lui !"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 976, "fin_caractere_exclue": 1015, "texte": "A lire aussi dans le dernier numéro des"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1064, "fin_caractere_exclue": 1109, "texte": "Ecrits pour l'art, d'art sociocratique, etc.,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1158, "fin_caractere_exclue": 1198, "texte": "(c'est trop long), l'apologie du travail"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1247, "fin_caractere_exclue": 1289, "texte": "manuel symbolisé par la Tour Eiffel. C'est"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1338, "fin_caractere_exclue": 1375, "texte": "dédié à toute la phalange. Nous avons"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1424, "fin_caractere_exclue": 1464, "texte": "remarqué avec douleur que notre ami Ver-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1513, "fin_caractere_exclue": 1561, "texte": "haeren avait été, lui aussi, biffé de la liste :"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1610, "fin_caractere_exclue": 1653, "texte": "des anciens instrumentistes ne restent plus"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1702, "fin_caractere_exclue": 1725, "texte": "que Merrill et Khnopff."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1777, "fin_caractere_exclue": 1812, "texte": "Tsim, tsim, tsim à la boumm, boumm,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1861, "fin_caractere_exclue": 1868, "texte": "boumm !"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2009, "fin_caractere_exclue": 2048, "texte": "Sommaire de la Revue       indépendante"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2097, "fin_caractere_exclue": 2132, "texte": "Maurice Beaubourg, les Yeux ; Marie"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2181, "fin_caractere_exclue": 2223, "texte": "Krysinska, Eve, Hélène, Magdelaine ; H. de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2272, "fin_caractere_exclue": 2313, "texte": "Braisnes, Vers le bleu; François de Nion,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2362, "fin_caractere_exclue": 2399, "texte": "La peur de la mort; Remy de Gourmont,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2448, "fin_caractere_exclue": 2488, "texte": "Trouvailles et curiosités; G. A. Aurier,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2581, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "Camille Pissarro; Alfred Bruneau, Musique;"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2714, "fin_caractere_exclue": 2738, "texte": "J. H. Rosny, Les livres."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2914, "fin_caractere_exclue": 2954, "texte": "Un de nos jeunes compositeurs, M. Xavier"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3003, "fin_caractere_exclue": 3047, "texte": "Carlier, vient de faire paraître chez Katto,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3096, "fin_caractere_exclue": 3133, "texte": "une charmante mélodie, titre : Ce que"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3182, "fin_caractere_exclue": 3189, "texte": "j'aime."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3330, "fin_caractere_exclue": 3365, "texte": "Nous publierons dans notre prochain"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3414, "fin_caractere_exclue": 3454, "texte": "numéro, des proses de Stéphane Mallarmé,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3503, "fin_caractere_exclue": 3542, "texte": "Arnold Goflfin, Georges Destrée, Hubert"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3591, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "Stiernet, des vers d'Iwan Gilkin, Jean Boels,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3685, "fin_caractere_exclue": 3711, "texte": "Albert Arnay, Keiler, etc."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3812, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "Le n° 2 des Entretiens politiques et litté-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3905, "fin_caractere_exclue": 3949, "texte": "raires, vient de paraître, dont le sommaire:"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3999, "fin_caractere_exclue": 4036, "texte": "Paul Adam, Excitation à la révolte; —"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 88, "texte": "Henri de Régnier, Philosophie du pastel,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 138, "fin_caractere_exclue": 178, "texte": "— page admirable de style et d'idées ; —"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 228, "fin_caractere_exclue": 269, "texte": "Georges Vanor, le Mandat sacré; — Francis"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 318, "fin_caractere_exclue": 360, "texte": "Vielé-Griffin, A l'Illettré, une lettre où"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 409, "fin_caractere_exclue": 451, "texte": "l'auteur en appelle aux simples non encore"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 499, "fin_caractere_exclue": 534, "texte": "saturés de formules et de préjugés."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 820, "fin_caractere_exclue": 857, "texte": "L'apparition des Flambeaux noirs, que"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 858, "fin_caractere_exclue": 900, "texte": "nous annoncions dans notre dernier numéro,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 901, "fin_caractere_exclue": 932, "texte": "sera retardée de quelques mois."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1340, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "Dans l'Etoile belge, sous la signature de"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1382, "fin_caractere_exclue": 1422, "texte": "M. Sulzberger, au milieu du compte-rendu"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1423, "fin_caractere_exclue": 1454, "texte": "de l'Exposition des portraits :"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1458, "fin_caractere_exclue": 1498, "texte": "« On se souvient des débuts brillants et"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1544, "fin_caractere_exclue": 1587, "texte": "bruyants de la Jeune Belgique. Des tranche-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1633, "fin_caractere_exclue": 1673, "texte": "montagne. Ils prenaient d'assaut le Par-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1705, "fin_caractere_exclue": 1748, "texte": "nasse en pourfendant sans peine la garnison"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1783, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "plus ou moins cacochyme. Et comme ils"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1886, "fin_caractere_exclue": 1928, "texte": "avaient de la verve endiablée, de la bonne"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1986, "fin_caractere_exclue": 2027, "texte": "humeur, le mot à l'emporte-pièce, la bile"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2175, "fin_caractere_exclue": 2216, "texte": "même éloquente, et, par dessus le compte,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2217, "fin_caractere_exclue": 2258, "texte": "de la science et du talent, talent de bon"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2410, "fin_caractere_exclue": 2453, "texte": "aloi, leurs injustices leur ont été pardon-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2508, "fin_caractere_exclue": 2546, "texte": "nées facilement et envisagées comme de"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2600, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "simples peccadiles. On a été heureux de"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2729, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "rendre hommage à leurs qualités sérieuses."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2829, "fin_caractere_exclue": 2868, "texte": "« La Belgique possède ainsi une pléïade"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2933, "fin_caractere_exclue": 2974, "texte": "de jeunes poètes et d'écrivains, qui mar-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3029, "fin_caractere_exclue": 3070, "texte": "chent de pair avec leurs congénères fran-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3131, "fin_caractere_exclue": 3138, "texte": "çais. »"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3333, "fin_caractere_exclue": 3371, "texte": "Eh, eh ! voilà qui va faire hurler les"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3372, "fin_caractere_exclue": 3417, "texte": "décrépits, les gâteux, les bovins, les pantus"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3459, "fin_caractere_exclue": 3502, "texte": "qui veulent encore nier le mouvement litté-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3544, "fin_caractere_exclue": 3586, "texte": "raire que nous avons créé. Elle est solide"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3587, "fin_caractere_exclue": 3629, "texte": "aujourd'hui la Jeune Belgique, définitive."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3630, "fin_caractere_exclue": 3670, "texte": "Merci à l'ami qui nous a salués, en pas-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3671, "fin_caractere_exclue": 3699, "texte": "sant, de façon si courtoise."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3706, "fin_caractere_exclue": 3741, "texte": "Nous recevons la communication sui-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3742, "fin_caractere_exclue": 3749, "texte": "vante :"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3752, "fin_caractere_exclue": 3793, "texte": "Un grand concours international de litté-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 137, "texte": "rature et d'art (prose, poésie, dessin et"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 186, "fin_caractere_exclue": 227, "texte": "musique) absolument gratuit pour tous les"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 276, "fin_caractere_exclue": 317, "texte": "concurrents est ouvert par le Nord litté-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 366, "fin_caractere_exclue": 408, "texte": "raire, sous les auspices de MM. Leconte de"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 457, "fin_caractere_exclue": 498, "texte": "Lisle, François Coppée, Sully-Prud'homme,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 547, "fin_caractere_exclue": 578, "texte": "Gustave Nadaud et Desrousseaux."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 630, "fin_caractere_exclue": 670, "texte": "Pour tous les renseignements, s'adresser"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 719, "fin_caractere_exclue": 760, "texte": "au secrétariat, 113, rue de Paris, Valen-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 809, "fin_caractere_exclue": 817, "texte": "ciennes."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 952, "fin_caractere_exclue": 994, "texte": "Stanley, qui n'aime pourtant ni les femmes"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1043, "fin_caractere_exclue": 1086, "texte": "ni les poètes, s'est abonné à la Jeune Bel-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1135, "fin_caractere_exclue": 1166, "texte": "gique en passant par Bruxelles."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1218, "fin_caractere_exclue": 1257, "texte": "Notre prochain numéro lui sera envoyé à"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1306, "fin_caractere_exclue": 1337, "texte": "Tombonckou, dans le Haut-Congo."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1505, "fin_caractere_exclue": 1543, "texte": "Les derniers amusements de la littéra-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1592, "fin_caractere_exclue": 1632, "texte": "ture : Voici un Sonnet sans phrases dû à"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1681, "fin_caractere_exclue": 1704, "texte": "M. Baude de Maurcelay :"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1775, "fin_caractere_exclue": 1782, "texte": "LA VIE."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1831, "fin_caractere_exclue": 1885, "texte": "Enfance, berceau, pleurs, langes, lait, sommeil, cris."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1934, "fin_caractere_exclue": 1985, "texte": "Soupirs, gâteaux, joujoux, soupirs, désirs, orages,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2034, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "Bobos,fluxions,soins, fièvres, médecins, rages,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2130, "fin_caractere_exclue": 2174, "texte": "Gentillesses, désirs, colères, joujoux, ris."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2265, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "Après t — Collège, ennui, rêve, espoirs, coloris,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2363, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "Soleils, esclave, pleurs, somnolence, mirages,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2458, "fin_caractere_exclue": 2507, "texte": "Travail, bachots, bobos, quinine, soins, tirages."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2556, "fin_caractere_exclue": 2599, "texte": "Fatigue, ardeur, désirs, promenades, Paris."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2688, "fin_caractere_exclue": 2728, "texte": "Gardénia, dandysme, espérance, caresses,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2777, "fin_caractere_exclue": 2826, "texte": "Amours, tourments, erreurs, lassitudes, paresses."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2875, "fin_caractere_exclue": 2932, "texte": "Après?... Deuils, nuits, regrets, seul : mariage, effort,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2981, "fin_caractere_exclue": 3028, "texte": "Enfants, tourments, combats, soupçons, baisers,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3121, "fin_caractere_exclue": 3130, "texte": "[alarmes."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3179, "fin_caractere_exclue": 3233, "texte": "Azurs, ténèbres, fleurs,ivresse,ennui, deuils, larmes,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3282, "fin_caractere_exclue": 3330, "texte": "Aprèsî Sénilité, soupirs, râle. — Après?...Mort."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3420, "fin_caractere_exclue": 3458, "texte": "Après? gaga, crétin, imbécile, gâteux,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3507, "fin_caractere_exclue": 3543, "texte": "Idiot, ramolli, cacochyme, goutteux."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-016", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "LE TAMBOURIN Marseille Idem", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Les Flambeaux Noirs", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 260, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2130, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n    40. — JULES KEKAMIS. Vous avez des visions bien drôles ; vous êtes sans contredit du\n  sport nautique; n'oubliez pas pourtant que « périssoire» est du féminin. Prenez garde\n  aussi aux hêtres qui se crispent d'effroi, c'est très dangereux. Quant à vos vers, ils sont\n  calamiteux :\n                              Et bru-ire le ruisseau, et là-bas dans ? enclos\n  douze pieds, plus hiatus.\n                              Triste son mélodieux qui tinte et qui se fuit\n Pincez tout ce que vous voudrez, mais plus de la lyre.\n   41. — CLAUDE N. Vous êtes bien sûrement atteint du délire poétique; il faudra soigner\n ça. En douze vers, vous comparez ses yeux à de noirs lilas (pétale, masculin, s. v. p.), à\n de noires prisons, à des flambleaux noirs, à des scalpels, à des éclairs qui vrillent, à de\n noirs corbeaux, à des crucifix, enfin à des lacs et à des cieux et vous terminez ainsi :\n                          Tes yeux de moire noire affament mes deux yeux\n     Consultez un oculiste. Des yeux qui ont faim de moire! Vous êtes un cas.\n     42. — R. DEMAL. Mons. Elégiaques. Comment ne pas compatir à votre douleur? Allez\n voir le doudou, c'est un conseil d'ami. Faites alors des vers moins gnan-gnan et revenez.\n     43. — FRANZ RUTY. Mons aussi. Eh bien! Si tout Mons se met en branle, c'est du\n propre. Il y a du bon et du mauvais dans vos vers, ce qui fait un tout détestable. Faites\n franchement mauvais ou bon et surtout plus de Macabre. Baignez vous dans la Trouille\n et recommencez.\n    44. — P. MARIUS ANDRÉ. Impossible, cher Monsieur, c'est peut-être très beau, mais\n nous n'y avons rien compris. L'encre couleur azur de Péladan est fort belle, mais ce Sar\n est un fumiste.\n    45. L'INDÉPENDANCE LITTÉRAIRE. Paris. Ne recevons plus vos numéros en échange,\n prière de les adresser à la direction, s'il vous plait.\n    46. — A vendre dans nos bureaux un beau portrait de René Ghil, en bon état, tirage,\n 69 e mille, épuisé.\n    47. — L E NORD LITTÉRAIRE. Valenciennes. Acceptons bien volontiers l'échange.\n    48. — L E TAMBOURIN. Marseille. Idem.\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire du numéro d'avril", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE du numéro d'Avril", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 261, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 495, "texte": "SOMMAIRE du numéro d'Avril de LA JEUNE BELGIQUE. — Cycle pati-\n   bulaire. — I. Le Moulin-Horloge, Georges Eekhoud. — Tableau ano-\n   nyme, Albert Giraud. — Lettres à un Ouistiti, Henry Manbel. —\n  Vers, Emile Verhaeren. — Chronique littéraire : Axel, Iwan Gilkin. —\n  Chronique théâtrale : Le Vaisseau Fantôme, Albert Giraud. — Chro-\n  nique musicale : Orphée, Georges Eekhoud. — Chronique artistique :\n  Exposition de Constantin Meunier au « Cercle artistique », V. G. —\n   Memento, Nemo.\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur la brèche", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 261, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 495, "fin_caractere_exclue": 1094, "texte": "En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN, rue d'Arenberg, à Bruxelles:\n\n La Damnation de l'Artiste\n                                Prix : 15 francs.\n\n            Vient de paraître chez LÉON VANIER, Paris :\n\n      L'AME DES C H O S E SRECUEIL DE POEMES EN PROSE\n                par HECTOR       CHAINAYE\n                      Prix : 2 francs.\n\n    Vient de paraître chez L o u i s VAN MELLE, rue St-Georges, 14,\n                                  à Gand.\n\n  LA PRINCESSE MALEINE\n                  drame en cinq actes,\n           par MAURICE M A E T E R L I N C K\n                    Prix : 5 francs.\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-05-n5-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur la brèche", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 261, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1094, "fin_caractere_exclue": 1942, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur\nla brèche, l'élan est donné.\n   A la tête du mouvement littéraire, L A J E U N E B E L -\nG I Q U E , hautaine et fière, dirige le combat, marche en\navant, à travers tout. Mais il faut que tous nous l'aidions. A\nE L L E pour la propagande ! Des cartes d'abonnement sont à\nla disposition de nos amis. Ceux qui nous feront parvenir\nDIX abonnés nouveaux recevront L A J E U N E B E L -\nGIQUE gratuitement pendant u n an.\n   Ceux qui nous en feront parvenir V I N G T , recevront :\n1° L A J E U N E B E L G I Q U E gratuitement à perpé-\ntuité ; 20 Ils auront droit à tous les tirés à part de grand luxe\ndes frontispices, dessins, portraits, etc. ; 3° Leur nom figurera\nen tête de la publication commémorative de nos fêtes du\ndixième anniversaire.\n\n              Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnorn, 20, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 226, "texte": "Mai 1890                    TOME IX. — N° 5                                  10me Année.\n\n\n\n\n               BELGIQUE\n                            SOMMAIRE:\n      Le Château de Lucile                      HENRI DE RÉGNIER.\n      Au Tombeau d'Hélène                       FRANCIS VIELÉ-GRIFFIN.\n      La Venue                                . BERNARD LAZARE.\n      Les Sirènes                                VALÈRE GILLE.\n      La Légende du Jésus flamand (fragments). EUGÈNE DEMOLDER.\n      Fable Ropsienne                            FÉLICIEN ROPS.\n      Chronique littéraire :\n        Poèmes anciens et romanesques    . . . ANDRÉ FONTAINAS.\n        Dédicaces ; Les Romanciers d'aujour-\n          d'hui; l'Almanach de l'Université de\n           Gand ; Les Pœans et les Thrènes . . X.\n        Futura\n      Chronique musicale :\n        Les Russes aux Concerts populaires . . G. E.\n      Chronique artistique :\n        Exposition des portraits de maîtres du\n          siècle                                ERNEST VERLANT.\n      Memento\n\n\n                                                         BRUXELLES\n                                           Rédaction : 55, BOULEVARD D'ANDERLECHT\n   PRIX DU NUMÉRO                                            PARIS\n           F r . 0-75                            LIBRAIRIE DE l'Art       Indépendant\n                                                     11, rue de la Chaussée d'Antin\n\n                                                                1890\n"}, {"page_pdf": 227, "texte": "    BELGIQUE\n                            NE      CRAINS\n\n\n\n\n               JEUNE\n                       LA\n                            NE      CRAINS\n        Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                        PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur   : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                     Directeur : VALÈRE GILLE.\n           Rédaction : 55, Boulevard d'Anderlecht, Bruxelles.\n             7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n   ÉCHANGE. — Nous prions les Revues amies de vouloir bien faire\nle service directement à la Rédaction : 55, Boulevard d'Anderlecht,\nBruxelles.\n\n\n\n                            PRIME\n          LA J E U N E BELGIQUE\nvoit sans cesse les sympathies grandir autour d'elle. De nou-\nveaux abonnés viennent chaque jour grandir le nombre des\nfidèles qui la soutiennent. Elle ne peut et ne veut se refuser\naucun sacrifice pour leur plaire. Aussi, en remerciement,\nelle leur offrira le mois prochain un superbe portrait INÉDIT\nde\n\n                       PAUL VERLAINE\n  Ceux qui nous ont fait parvenir une série d'abonnés rece-\nvront un tiré à part de grand luxe sur Japon.\n\n      A nous les Jeunes et en avant !\n"}, {"page_pdf": 228, "texte": "         LE CHATEAU DE LUCILE\n                           Je suis parti, un soir, pour le château de Lucile...\n                                Les lanternes allumées de. la grande berline\n                          attiraient le vol rôdeur des moucherons nocturnes\n                          qui tournoyaient avec un bruit d'ailes vives autour\n                              de cette sorte d'étoile prisonnière et attractive.\n                            Des berges de la rivière, des jardins humides de\n                         crépuscule, des roseraies ténébreuses, des allées\n                           obscures venus, ils traversaient d'un passage vibra-\n                           toire le silence délicat d'un soir rose et mauve aux\n                       coteaux de blés et de bois par delà les toits de la\n                       ville.\n                           Les lourds chevaux, la crinière et la queue nattées\n                        et quelque futile rose au frontail, piaffaient sur le\n                       pavé sonore de la place déserte et je passai la tête par\n                       la portière pour crier de se hâter au postillon qui\n                       savait les routes, les côtes et la province, où, à\n                     l'ombre de vastes forêts préservatrices, à l'écart, parmi\n                    des étangs spacieux et des viviers frigides, au fond des\n                    parcs en bosquets, se cachait l'étrange et l'ignoré châ-\n                    teau où Lucile m'avait convié par la promesse du sourire\n                    de ses yeux à des fêtes jaillies de fontaines et de fleurs, à\n                    des lunes douces sur des pelouses embaumées, des\ntables de fruits et de cristaux — mystères d'une demeure assortie à sa\nmanière d'être femme — à la joie, en quelque boudoir isolé et langoureux\ncomme le bonheur même, de son corps à travers les dentelles des mousse-\nlines, de sa chevelure, si impérieusement en proie aux strictes griffes d'un\n                                                                        13\n"}, {"page_pdf": 229, "texte": "                                  — 198 —\n\npeigne et retractile en cette captivité, enfin libre d'épandre le tourbillon par-\nfumé des poudres et la pluie des ors et, après le repos sur le sopha l'éveil\net à l'oreille les plus beaux contes des orients, le verbiage galant et na'if\ndes princesses enchantées aux palais des fées malignes...\n   Une dernière bestiole a accompagné longtemps le véloce carrosse. Elle a\ntourné autour du falot, passé et repassé dans le rais de lumière en éventail\nqui semblait jouer avec elle et l'écarter vers la nuit où tintaient, à travers\nla surprise des villages endormis, les sonnailles des harnais et le fragile\ncristal des vitres.\n   La route par côtes et descentes entre des champs, des bois et des haies,\nla double balustrade des ponts sonores et caillouteux, la route en\nchaussées d'étangs et en coupures de montagnes sous la nuit stellaire et le\nvent s'étranglant aux défilés et pleurant aux feuillages.\n   Les bornes, une à une, blanches dans l'ombre, les poteaux aux carre-\nfours, le mendiant du talus, disaient que nous allions vers le château de\nLucile.\n\n   L'aube s'est levée sur des terres et des villes plus inconnues et de hautes\nmontagnes. Les chevaux flairent par delà les rochers et les horizons la\ndemeure des bonnes pâtures etdes orges joyeuses.\n   Est-ce parmi des fleurs que sourira son visage au péristyle, est-elle venue\njusqu'au tournant de la route pour guetter l'arrivée du voyageur, la tête\npoudrée du postillon, l'éclair des fouets ou le cri des cornes ?\n   Le soleil décline; la berline roule toujours sur le chemin; la longue\ntraite a défrisé la perruque du postillon, emmêlé les crinières des chevaux,\net la poussière entrée dans l'œillette des grelots assourdit leurs sonneries.\n   Cependant c'est là, je le sais ! quelque chose m'assure que c'est parmi ces\nbois que se cache au bout des routes, parmi les eaux et les jardins, le châ-\nteau de Lucile.\n\n   Quelque fusée merveilleuse jaillie en crépitant parmi de soudaines\nmusiques en ce crépuscule va épanouir un radieux bouquet de pétales d'or\net de diamants d'étoiles, et signaler, au dessus de ces futaies où bruira une\npluie de rires et de sources, l'approche des frontons et des toits.\n   Le soir est tiède et silencieux. Où se sont donc posées les blanches\ncolombes qu'elle me contait tourner en collier ailé et laisser choir, parfois,\nde leurs becs des opales dans les vastes lacs glauques ?\n   Que leurs ailes seraient douces, où est donc le signe de leur présence ?\n   C'est là! la route se termine à de hautes pierres levées qui barrent une\n"}, {"page_pdf": 230, "texte": "                                  — 199 —\n\nmontante avenue d'arbres : obstacle ingénieux à montrer que chacun doit\ndépouiller, là, tout faste de venue et d'équipage, et qu'une fois entré sur le\ndomaine de la Dame on doit s'en remettre au soin de ses luxes hospitaliers.\n\n  J'ai suivi seul la longue avenue dans le silence et le soir.\n\n   O menteuse et folle Lucile, pourquoi m'avais-tu promis tant de men-\nsongères délices, par ton allure, de royales demeures d'élégance, par ta\nchevelure, la douceur des soies et le prestige des ors, par ta voix, les chan-\nsons et les rondes, par tes lèvres, la couleur et l'ivresse des vins sacrés, par\ntes seins, la beauté des fruits, par tes yeux, les eaux tranquilles où le songe\ndescend parmi les barques et les cygnes et les mirances des arbres et des\nnobles pierres !\n   O Lucile, le triste pèlerinage au château de ton âme !\n   Sans joie j'ai frissonné en la désuétude des chambres et le désert du\nsilence, ô demeure de cendre ! et, en partant, mon regard aux façades frustes\net aux frontons nus, masques d'une irrémédiable misère intérieure, les revit\nau mirage d'une eau morte et environnante vaciller, se dissoudre et comme\nfondre en quelque néant l'illusion de leur mensonge.\n   De l'aube au soir, du soir à l'aube j'ai revu les routes et les ponts, et les\nbornes blanches dans l'ombre, les plaines, les monts, les villes et qu'aurais-\nje eu à répondre si le mendiant du carrefour qui tendit la main à l'obole, si\nles enfants du village qui grimpèrent au marche-pied pour quêter quelque\naumône ou quelque aubaine que leur refusèrent l'égoïsme et le vertige de\nmon désir, eussent cassé d'une pierre la vitre de la berline où revenait, triste\net vaincu, le désastre de mon songe !\n                                                  HENRI DE RÉGNIER.\n"}, {"page_pdf": 231, "texte": "                                     — 200 —\n\n\n\n\n           AU TOMBEAU D'HÉLÈNE\n                                                     « It was a July midnight      »\n                                                                   EDGAR A. POE ( I ) .\n\n          « Que faisiez-vous au jardin de nuit,\n          — La lune est si claire que vous êtes pâle —\n          Ne savez-vous que votre ombre vous suit,\n          Ne savez-vous que la nuit est fatale ?\n\n          Que suiviez-vous au long du buis,\n          — La lune est si claire que vous baissez les yeux                   —\n          Ne savez-vous même qui je suis,\n          Qui vous parle ainsi sous les pâles deux?\n\n          Que craignez-vous, ô mon Ame étrange?\n          — La lune est si claire que j'ai peur de vous —\n          Il passe aux cyprès comme une aile d'ange,\n          Il pleure aux cyprès comme un hymne doux.\n\n           Que voyez-vous, qu'un frisson vous étreigne,\n           — La lune est si claire — que voyez-vous?\n           Votre face est pâle, votre lèvre saigne,\n           Et vos yeux, et vos clairs grands yeux sont fous.\n\n           Qui donc êtes-vous ? je vous suis, je vous aime,\n           — La lune claire en les feuilles joue — »\n           « Ils changent, eux; mais je suis la même;\n           Je suis la Mort, et voici ma joue. »\n\n                                                  FRANCIS V I E L É - G R I F F I N .\n\n\n\n\n   (1) Poë (Edgar), poète américain d'une imagination déréglée, auteur de Contes fantas-\ntiques (1809-1849).\n                           PIERRE LAROUSSE (Dict. complet illustré, 43me éd., p. 1325).\n"}, {"page_pdf": 232, "texte": "                                  — 201 —\n\n\n\n\n                           LA VENUE\n                                                        A EPHRAIM MIKHAEL.\n\n\n              En quel pays? Mystérieux ou précis, lointain ou proche, voilé de\n                moelleuses brumes, illuminé de chaudes clartés? Partout\n                peut-être ; nulle part aussi. En un pays.\n                  Par un jour flamboyant, un jour d'annonciation suprême,\nl'air retentissant de mystiques harmonies, mêlées de cris angoissants, de\nsons joyeux, de rumeurs indécises, de soupirs satisfaits. Par un jour désiré\nmais enfin accompli.\n    Sur une place entourée de maisons abjectes et de palais princiers ; une\nplace dont la vision aurait remémoré le souvenir de multiples cités et\ncependant d'aucune.\n    Et en ce pays, par ce jour, sur cette place, une foule confuse, gravement\nheureuse ou sereinement triste, impatiemment paisible, attendant une chose\nsue et pourtant inconnue : mensonge ou vérité.\n    Une estrade se dressait là, drapée de pourpre et de noir, lisible symbole ;\nsur l'estrade, un homme, beau d'une inquiétante beauté, vêtu d'un vêtement\nde couleur éteinte, pontificale dalmatique comme guerrière tunique.\nL'homme allait parler, ainsi que le disait la sollicitatrice attente de la cohue.\n Il parla :\n    « Peuple, dit-il, cette heure est une heure de joie. »\n    A ces mots, qui libéraient les assistants de leur incertitude, des clameurs\ntriomphantes retentirent et se répercutèrent en échos stridents, jusqu'aux\nmontagnes qui entouraient la cité du flot bleu de leurs croupes.\n    Celui qui avait proféré les paroles fit un geste, les cris cessèrent, mou-\nrurent en un musical murmure, et lui reprit :\n    — Depuis des siècles sans nombre, vous espérez cette minute heureuse,\noù les héros à qui tous les mystères appartiennent, viendront vous dire :\nCelui-là qu'attendaient vos âmes inquiètes, celui-là est enfin venu. Bien des\nfois, trompés par la force de vos désirs, méprisant la volonté des omni-\nscients, vous êtes accourus vers des imposteurs ; semblables à des agneaux\nséduits par les cloches de fallacieuses bergeries, vous avez cru trouver l'asile\noù s'endormiraient vos esprits las d'avoir souffert ; car vous souffrez.\n    Une douloureuse plainte s'entendit, écho des anciennes et toujours nou-\nvelles souffrances, une plainte stridente, pareille à un appel de tristes et\nimplacables buccins.\n"}, {"page_pdf": 233, "texte": "                                 — 202 —\n\n\n   — Désormais, continua l'homme, vous en avez fini avec les menteuses\nespérances : indéfectiblement, la lumière va luire pour vous. Le sauveur\naffirmé par vos pères, celui dont les poètes divinement inspirés ont chanté\nla venue, celui que devaient saluer les vrais miracles, le Sauveur est né.\nPropices, les astres dont, au fond des sanctuaires, les prêtres surveillaient\nla marche, annoncent le jour bienheureux; les deux précurseurs procla-\nmant le maître ont surgi parmi nous, et, par une nuit claire, alors que des\nfleurs nouvelles embaumaient la terre rajeunie et que d'inconnues constel-\nlations brillaient aux cieux, quelqu'un de ses mains rédemptrices a ouvert\nles portes du temple, et nous nous sommes prosternés devant lui, car il était\nbien le victorieux promis.\n   En un chœur puissant tous répétèrent :\n   — Il est le victorieux promis.\n   Et comme ils espéraient le soulagement de leurs peines, ils exaltèrent cet\ninconnu, qu'ils connaissaient pour l'avoir si longtemps désiré :\n   Gloire à toi, libérateur des corps malades. — Quelques-uns ajoutèrent :\nPacificateur des esprits troublés.\n   Béni sois-tu, toi qui conquiers pour nous les félicités terrestres. — Les\nautres continuèrent : Toi qui soulèves la pierre du sépulcre où étaient closes\nnos âmes.\n   Le chant laudateur emplissait l'espace. Le vent semait sur les monts et\nles plaines les rythmes que répétaient les antres et les rocs. Mais le héraut\ndes choses saintes, debout sur l'échafaud tendu de pourpre et de noir, écou-\ntait avec un mystérieux sourire, l'habituel sanglot, voix des avbres sécu-\nlaires qui, dans les forêts, n'avait pas cessé. Quand tout se tut, sa parole\nencore résonna :\n   — Oui, réjouissez-vous ! Dites la mort du mal et la victoire des souve-\nraines allégresses, et que l'hymne retentisse du triomphe enfin réalisé.\nHeureux vous êtes, vous allez savoir le dernier mot, sans avoir connu les\naffres des recherches, et le miel de notre science ne vaudra pas le pur dic-\ntame de votre élu. Les pontifes ont vécu, leur domination est abolie, car le\nvoile qui cachait le sanctuaire est ouvert maintenant pour tous.\n   Comme un vol de frelons, un mauvais bruit de joie essora de la foule.\nLes sages et les prêtres, possesseurs jusqu'à ce jour des insondables secrets,\nétaient hais : ils marchaient paisibles au milieu des chemins douloureux, et\nleur sérénité semblait spoliatrice du bonheur que les hommes attendaient\nen vain. Aussi, l'orgueil de ne plus rien devoir aux rhapsodes divins comme\naux tout-puissants mystagogues, s'augmëntait-il du suprême et inespéré\nspectacle de leur humiliation et de leur chute. Le peuple tout entier bénis-\n"}, {"page_pdf": 234, "texte": "                                  — 203 —\n\n\nsait le Dieu briseur de dieux ; les voix vibrantes criaient au révélateur :\nParle! Il parlait toujours :\n   — O vous, Riches, qui dans les palais lumineux, autour des tables char-\ngées de viandes et de vins illustres, connaissiez les soucis, mordant vos\ncœurs ainsi que des dieux noirs. Vous que la maladie saisissait sourdement\ndans vos fêtes, changeant vos rires en rictus. Vous qui saviez les craintes\ndes fortunes tôt dissipées et des misères plus dures que la coutumière pau-\nvreté des humbles, puisqu'elles venaient comme des nuées rapides assom-\nbrissant les astres ; vous aurez désormais la sérénité perpétuelle, et la fin\ndes transes inondera vos âmes d'une durable et bénévolente gaieté. Telles\ndes grèves candides baignées d'un flot toujours égal.\n    L'acclamation des riches salua ces promesses. Oubliant leurs ulcères et\nleurs maux présents, en la vision d'un avenir fleuri de fleurs heureuses, ils\nexhalaient ce proche bonheur, et quelques-uns, perclus, couchés dans des\nlitières que portaient des esclaves, se dressaient, fugitivement guéris. Mais\nles pauvres tout bas murmurèrent. Cette assurance anéantissait leur rêve le\nplus cher, celui qu'ils faisaient depuis des jours innombrables; ce rêve de\nvoir leurs oppresseurs à leur tour opprimés, et il n'en était aucun, si abject\nfût-il, qui ne rêva d'avoir sous sa table un de ces magnifiques, qu'il eût\nnourri de ses reliefs. Soudain ils se turent : l'envoyé s'était tourné vers eux.\n    Pauvres, disait-il, pauvres chers aux Dieux : mendiants que les soleils\nd'été accablent, et que tuent les givres hibernaux; esclaves accroupis dans\nles ergastules, serviteurs courbés sous les jougs incléments, ouvriers ployés\npar d'incessants travaux. Vous tous que torture la faim, votre reine\neffroyable, et que la mort, cavalier pâle, moissonne rudement, vous ne\nsouffrirez plus. Vous aurez désormais, avec l'oubli des heures dans le mal\nrévolues, le bonheur éternel ; les vents apaiseront leurs vrillantes morsures,\nils entoureront vos corps d'effluves subtils et de caresses molles, et vous\ndormirez bercés par leurs parfums, en la vernale durée d'une saison amie.\n    Les pauvres alors turent leurs rancunes secrètes ; leurs voix s'élevèrent,\ncélébrant en des exclamations puériles les prochaines félicités. Plus ardem-\nment, les jeunes hommes regardaient leurs amantes, les époux s'étreignaient :\nils avaient connu des baisers, l'oubli seulement dont ils endormaient les\nchagrins, comme de blanches mains guérisseuses de plaies; ils allaient\ntrouver l'infaillible amour. Mais les riches hautement se plaignirent; le\nmal des humbles avait fait jusqu'alors la moitié de leurs satisfactions, et ils\nse demandaient si des plaisirs pourraient être, sans les sanglots qui en\nétaient, pour eux, les bienveillants excitateurs. L'annonciateur, sur l'estrade\nsombre et sanglante, ironiquement poursuivit :\n"}, {"page_pdf": 235, "texte": "                                 — 204 —\n\n   Cependant, qui que vous soyez, puissants ou opprimés, ne croyez pas\ntrouver ici les suprêmes réalités, car le libérateur de vos corps, charge vos\nâmes des chaînes lourdes du devoir jadis méconnu. A sa voix, messagère\nd'ordres divins, vous comprendrez que vide est la joie, inane la douleur\nque traînent après eux les sublunaires mirages, vous saurez que les dou-\nleurs et les joies, ou plutôt les sensations qui vous paraissaient s'affirmer\nainsi, existaient seulement dans le miroir de vos cerveaux impurs, et\nceux-ci, changés et transformés par la volonté de celui qui vient, ne les\nconcevront plus. Riches, vous n'aurez plus la terreur dans les débauches,\npuisque, pour vous, les débauches ne vivront plus ; vous pauvres, en\nignorant la faim vous ignorerez aussi les banquets qui la font taire, et tous\nvous serez semblables, par le mépris, désormais acquis, des transitoires\nattirances. Votre chair s'éloignera de vous, vos sens muets s'anéantiront\ndans un heureux oubli, vos esprits, les endormis séculaires, vivront tendus\nvers l'essentielle substance qui vous sera révélée, et le désir de vous con-\nfondre avec elle subsistera seul en vous.\n   Tandis qu'il parlait, de tous les coins de la place il écoutait sourdre des\nplaintes qui, vagues d'abord, peu à peu s'enflaient et couvraient presque\nses paroles. Mais, sans paraître les entendre, plus fort il cria :\n   Alors vous serez pareils à ceux que vous méprisez : aux poètes qui, les\nyeux clos, les lèvres profératrices, passaient près de vous sans vous voir;\naux ascètes qui dans les bois accueillants oubliaient le monde, à tous\nceux-là, rêveurs d'illicites songes, fous, disiez-vous, et qui, malgré vos\nsarcasmes, possédaient la vérité.\n   Il s'arrêta ; des cris de colère dominaient sa voix. Opulents et misérables\nclamaient leurs espérances déçues : à leur particulière ambition un bonheur\npérennel ne suffisait pas? Depuis la naissance, ils désiraient âprement abolir\nle mal charnel, augmenter les terrestres contentements : de lointaines et\nidéales promesses leur étaient indifférentes, et même, ce leur semblait une\nironique contemption de leurs volontés présentes, et trop réelles. Par des\ninjures, des clameurs féroces, ils exprimaient leur rage; ils disaient bruta-\nlement, combien peu les satisfaisait cette aléatoire vie future dont on venait\nles leurrer, eux qui réclamaient des jouissances, ou du moins, l'espoir de\njouir, et ils demandèrent :\n   Que vient faire parmi nous ce Messie que vous annoncez?\n   A un geste du Héraut, un instant ils se turent. Le Héraut profera :\n   S'il en est un d'entre vous, qui appela dans une heure de trouble, et cria\nvers l'élu, qu'il se lève.\n   Nul ne sortit de la masse. Ils n'avaient pas appelé celui-là, mais un\n"}, {"page_pdf": 236, "texte": "                                  — 205 —\n\n\nautre, qui aurait calmé leurs appétits, apaisé leurs soifs, en leur donnant\nlargement à manger et à boire.\n   Qu'il nous laisse nos fêtes, dirent les riches.\n   Malgré leurs effrois, interrogea l'homme ?\n   Malgré.\n  Nous préférons nos misères, crièrent les pauvres.\n   Malgré leurs rancœurs ?\n   Malgré.\n   Nous serons seuls à nous réjouir, reprirent les riches.\n   Nous pourrons un jour égaler ceux qui nous dominent, et nous les\naurons sous nos pieds, affirmèrent les pauvres.\n  Tous alors, tendirent les poings les uns vers les autres. Un instant\noublieux des actes accomplis, songeant uniquement à leur éternelle et\nréciproque haine, ils se menaçaient du geste et de la voix, mais une même\npensée, au même instant surgissant en leur être, éteignit pour une brève\nminute leur fureur, et se tournant vers l'envoyé des pontifes :\n   Que celui que tu vins annoncer, soit mis à mort, dirent-ils.\n   N'est-ce pas le Messie, demanda l'annonciateur?\n   Qu'il soit mis à mort, puisqu'il est le Messie, répondit tout le peuple.\n\n\n                                      II\n\n   Or, la nuit était venue, endormant la rumeur de la cité, oublieuse en\nsa vengeance satisfaite, des choses promises et renoncées, et sur le versant\nd'une colline lointaine, qu'assombrissaient des pins frissonnants sous la\nlune, le sauveur annoncé par les devins et les sybilles, était couché blême\net nu. Son corps était souillé de boue et meurtri par les pierres dont on\nl'avait lapidé, mais son visage était calme, une pure lueur le baignait, et,\nprès du Messie sacrifié, courbant la tête et versant des larmes, un jeune\npâtre s'était agenouillé. Il invoquait la victime, il offrait ses pleurs expia-\ntoires, et sa bouche ayant touché le front de l'Élu, il entendit dans l'air\nretentir une voix qui longuement plana sur la ville assoupie et la plaine\nmuette, et il l'écouta, plein d'un trouble adorable, car la voix disait :\n  Ne pleure pas, il revivra encore, toujours naissant, toujours immolé.\nUn jour l'onde purificatrice de son sang couvrira la terre; et l'heure étant\nvenue, tous le reconnaîtront.\n                                                    BERNARD LAZARE.\n"}, {"page_pdf": 237, "texte": "                         — 206 —\n\n\n\n\n                LES SIRÈNES\nMes Sœurs, abandonnons nos légères ceintures,\nOffrons en leur beauté nos corps frileux et nus,\nDénouons au soleil nos blondes chevelures\nQu'enivrèrent nos soins de parfums inconnus.\n\nPhares d'amour, brasiers de fleurs, blanches étoiles\nQui dominez la mer du haut du promontoire\nGuidez à l'horizon le vol lassé des voiles,\nQue vers vos feux les nefs tournent leur proue d'ivoire.\n\nO mes Sœurs! découvrez vos gorges infantiles,\nLivrez au frêle azur les baisers de vos yeux\nEt que vos longs appels, langoureux et fragiles,\nSe mêlent sur la mer à son bruit gracieux ;\n\nQue vos chants soient plus doux que le chant de la mer\nQui chante vers le soir dans les grottes magiques\nEt plus voluptueux qu'un printemps tiède et clair\nOù meurent au soleil des sources balsamiques.\n\nEn ce jour j'ai paré mon front d'herbes marines,\nDe mousses, de lichens mouillés de perles roses,\nJ'ai fleuri de joyaux mes hanches enfantines\nEt poli de corail mes fins ongles de roses ;\n\nEt les seins parfumés pour les suprêmes fêtes,\nJ'enchanterai d'amour les enfants intrépides\nQui s'embarquèrent pour d'idéales conquêtes,\nLeurrés par l'inconnu des grands horizons vides.\n\nA ttirés par ma voix câline et paresseuse\nIls viendront vers leurs yeux reflétés dans mes yeux,\n Vers mes bras caressants, vers ma bouche amoureuse\nOù les baisers promis fleurissent  radieux.\n"}, {"page_pdf": 238, "texte": "                         — 207 —\n\nAlors j'entr'ouvrirai leur tunique couverte\nDe diamants, de roses d'or, de feuilles blondes,\nEt je les parerai de ma couronne verte\nOù vibrent les bijoux des magiques Golcondes;\n\nPuis ayant écarté leur longue chevelure,\nVainqueur, j'appliquerai mes lèvres à leur front\nEt ma poitrine à leur poitrine, blanche armure.\nEt mes bras à leurs bras divins s'enlaceront.\n\nExtase du néant ! cet amour souverain\nEblouira le ciel de leurs chers yeux  limpides,\nEt pâmés, dénouant l'écharpe de leur rein,\nIls aimeront mourir sous mes baisers perfides.\n\nTriste de leur beauté, j'ai reclos leur paupière\nSur ce rêve sans fin d'un bonheur illusoire;\nOh! qu'il leur soit comme une aurore mensongère\nQui réveille des fleurs au fond de leur mémoire.\n\nPour la dernière fois, fleurie de lotus roses\nIls ont vu palpiter la mer au flot vermeil\nEt les vagues ainsi que des grappes de roses\n Vers le matin d'azur entraîner le soleil.\n\n0 Sirènes, mes Sœurs, en vos bras parfumés\nD'aromates légers, de fleurs, d'huiles de palmes,\nEmportez ces enfants que mes chants ont charmés\nVers les profondes mers magnifiques et calmes.\n\nDans les palais dormants d'opale et d'émeraude\nQu'entourent des jardins de magiques sommeils\nPleins des rêves vitreux de temple et de pagode\nOù des cristaux noyés recèlent des soleils,\n\nParmi les floraisons à jamais immobiles\nD'une étrange forêt d'algues et de coraux,\nParmi les fleurs de nacre aux légères fibrilles\nA des conques d'azur enroulant leurs anneaux,\n"}, {"page_pdf": 239, "texte": "                                  — 208 —\n\n    bous les voiles d'argent des nappes translucides,\n    Aurore sous-marine où leur phosphorescence\n    Glace les reflets morts des lumières fluides,\n    Heureux, ils dormiront d'un éternel silence.\n\n                                                        VALÈRE G I L L E .\n\n\n\n\nLA LÉGENDE DU JÉSUS FLAMAND\n                                (FRAGMENTS)\n\n  JÉSUS GUÉRISSANT DES MALADES ET RESSUSCITANT\n                   UNE MORTE\n                                                           A ALBERT GIRAUD.\n\n              Jésusavait prêché sur une colline emplie de peuple, et dès qu'il\n               eut prononcé la dernière parole, il descendit vers la grand'route\n               qui conduit à Nazareth.\n                  Celle-ci était couverte d'une foule joyeuse qui se rendait\nà la fête d'un bourg dont les toits rouges, lavés par les pluies, au loin se\ndoraient au ciel ardent. La chaleur était accablante et les grillons chan-\ntaient dans les trèfles.\n   La poussière s'élevait sous les talons de ces gens en ducasse. Des dra-\npeaux flottaient par dessus les groupes. Aux fenêtres des auberges pendaient\ndes vessies de porc, en signe de bombance, et on entendait dans le bourg\néclater des pétards. Tout le long de la route, des mendiants infirmes\ndemandaient l'aumône, s'aidant, pour attirer l'attention des festoyeurs,\nd'une vielle aigne, aux entrailles cassées, ou d'une musette pissant des\nnotes douçâtres.\n   Jésus, escorté de saint Pierre et de saint André, se dirigea aussi vers la\nville. A son approche, les oiseaux chantaient dans les pommiers, enguir-\nlandant de leur musique les fruits vermeils. La foule s'ouvrait pour le\nlaisser passer, et, par places, dans des gloriettes érigées au bord du chemin,\ns'élevaient des tapages de saouleries.\n   Deux bruyants chariots devancèrent Jésus. C'étaient des chambres de\nrhétorique qui allaient au bourg prochain jouer la Passion. Leurs véhicules\nétaient ornés de touffes de bluets, de coquelicots et de scabieuses que ratta-\nchaient des chaînes tressées en lierre et serrées par des rubans rouges. Les\n"}, {"page_pdf": 240, "texte": "                                 — 209 —\n\nrhétoriciens battaient du tambour, agitaient leurs feutres ornés de longues\nplumes et remplissaient des pintes aux tonneaux hissés sur leurs chars. Une\ngrande croix, nécessaire aux scènes de leur mystère, se dressait sur la pre-\nmière banquette, à côté du cocher claquant du fouet par dessus les oreilles\ndes chevaux excités. Ils disparurent bientôt au détour de la route.\n   Mais voici que vint un seigneur se prosterner devant Jésus et lui dire :\n   — Ma fille est morte; mais viens, et pose ta main sur elle pour la res-\nsusciter.\n   Le solliciteur, un sabre courbe à garde d'ivoire au côté, un riche turban\norné de perles noué sur la tête, avait le genou dans la poussière du che-\nmin ; il se découvrit et porta la main sur sa poitrine couverte de soie, en\nsigne d'humble contrition. Le peuple, ayant tu les discordantes sonneries\nqu'il faisait geindre à des trompes de carnaval, forma autour de lui un cercle\ncurieux.\n   Jésus répondit seulement :\n   — Je te suis, et je ferai revivre ta fille.\n   Ils s'en allèrent donc de compagnie, quand une femme lépreuse vint tou-\ncher le manteau de Jésus. Elle avait la figure rongée par des taches ver-\ndâtres, comme un vieux mur pourri d'humidité, et son nez était pareil au\nbec d'un coq égorgé qu'on aurait pendu par la patte à une poutre de cuisine\npour le faire saigner. A peine toucha-t-elle au lin qui revêtait le fils de.\nMarie que ses chairs furent blanches ainsi que le lait ; on eût cru voir réclu-\nsion d'une rose.\n   Ce voyant, arrivèrent à Jésus tous les mendiants perclus attirés par les\nprofits de la ducasse, dévalant des talus avec des contorsions grotesques de\ncrapauds poursuivis, sautillant et s'escrimant contre leurs membres défor-\nmés. Les uns s'appuyaient sur des béquilles, une pauvre guitare au dos;\nd'autres, essoufflés, traînaient ainsi que des limaces leurs jambes de gout-\nteux enfouies en des linges salis aux ornières; des aveugles, les paupières\nrouges, allaient se cogner aux passants, conduits par de maigres chiens\ntirant sur leur corde et poussant des langues baveuses ; un misérable ne\npossédait qu'un pied, mais en revanche il avait une cornemuse pendue à\nl'épaule. Pauvres sires ! musiciens teigneux des kermesses, chanteurs crasseux\ndes grand'routes, ils portaient leurs estropiements comme des gagne-pain.\nQuelques-uns étaient de vrais monstres d'Apocalypse, tant leurs contor-\nsions étaient terribles, car ils se tordaient comme des racines de chênes\ndans leurs loques répugnantes. Ainsi, l'un d'eux portait un panier sur sa\nmoelle épinière courbée en arc, et, appuyé sur une béquille trop courte,\nil sautillait sur une jambe plantée en une botte sans semelle, tandis\n"}, {"page_pdf": 241, "texte": "                                  — 210 —\n\n\nque l'autre jambe pendait, absolument nue, inerte, et plus sèche qu'un\nvieux bois à brûler. Un autre, plié en deux, se traînait, les mains dans des\nsavates, le ventre en une antique bassinoire glissant sur le sol, et ses jarrets\nétaient recroquevillés au dessus de son dos comme les pattes d'un hanne-\nton mort. Et tout ce régiment galeux, arc-bouté sur ses moignons, avec\ndes bosses et des plaies, pareil à un groupe d'escargots monstrueux, de sau-\nterelles difformes, de gargouilles ébréchées, dardait, sous des paupières\nflasques et des chevelures pleines de vermines, des regards de pitié vers\nJésus.\n   Ils criaient :\n   — Fils de David, prends nous en piété!\n   Alors Jésus toucha les yeux aux aveugles, la ceinture aux culs-de-jatte,\nle front aux idiots, les moignons aux manchots, et la lumière et la santé\ndescendirent pour eux du ciel, au milieu des drapeaux de la kermesse.\n   Et Jésus leur dit :\n   — Prenez garde que personne ne le sache !\n   Mais ils dansaient sur leurs béquilles, leurs bâtons, leurs linges souillés\njetés à terre; ayant secoué leurs ulcères, ils étaient gais ainsi que les\npapillons qui délaissent la croûte de leurs larves. Ils râclaient leurs instru-\nments à en casser les cordes, vidaient le ventre à leurs vielles, et gonflaient\nleurs cornemuses à les faire péter.\n   Le peuple était émerveillé. Vraiment le Christ n'avait guère besoin,\ncomme la sorcière de Maldeghem, de porter au côté une trousse pareille à\nun bec de corbeau. Cette mégère, elle, sciait les excroissances à l'aide de\nfines lames, arrachait les dents des joues gonflées avec des tenailles, et\npour les maux de ventre et d'estomac donnait, moyennant quelques\nducats, des liqueurs au goût amer fabriquées dans la cuisine diabolique\noù s'arrondissent en guise de casserolles des panses d'alambic au long col.\nJésus n'avait qu'à toucher les malades du doigt pour les guérir, et on ne\nrisquait pas d'être ensorcelé comme par l'édentée de Maldeghem, qui vous\ninfiltrait peut-être de la semence de démon dans les entrailles.\n   Aussi tous étaient-ils pleins de foi ; et Jésus continua sa route avec ses\ndeux apôtres et le seigneur magnifique. Avant de se rendre à la demeure de\ncelui-ci, ils firent une visite à la belle-mère de Pierre, qui souffrait de la\nfièvre.\n   Elle était couchée dans une cabane couverte d'un vieux chaume et dont\nles murs étaient faits d'argile. Un jardinet soigneusement planté de\ngroseillers et de réséda mettait comme un tapis réjouissant devant une\nfaçade basse, à laquelle des filets de pêcheurs accrochés séchaient au vent.\n"}, {"page_pdf": 242, "texte": "                                  — 211 —\n\n   La malade reposait dans une alcôve protégée par des rideaux à carreaux\n blancs et rouges. Le soleil pénétrait par les petites vitres plombées et\nbeurrait le plâtre des murailles, écorchés par places jusqu'à montrer\nl'argile sèche. Un rouet se taisait dans une poussière pénétrée de rayons,\nprès d'une armoire en chêne surmontée de faïences grossières. Quelques\nfagots défaits dans l'âtre pétillaient sous une marmite où bouillait de la\nguimauve, et c'était la voix de ce silence intimé, et de cette chaleur\ntombant à travers les tilleuls d'en face et qui mettait un peu de rose aux\njoues de la souffrante.\n   Celle-ci geignait, la figure cireuse sur un oreiller fait de paille fourrée\ndans la toile cousue.\n   Jésus ne fit que la toucher, et, radieuse, elle se leva, avec de grands\ngestes de reconnaissance, et, ayant mis un bonnet blanc et un jupon de\ndrap rouge, ainsi qu'en portent les pêcheuses de crevettes, elle servit à ses\nvisiteurs du fromage frais, des radis si brillants qu'on s'en serait fait de\nradieux colliers, et une canette de bière. Ils s'assirent sur des tabourets de\nbois et mangèrent, tandis que la vieille baissait un rideau de jaune mousse-\nline devant la fenêtre, afin qu'ils ne fussent pas incommodés par le soleil —\nce qui les fit baigner dans une chaude atmosphère d'or; et une fillette\napporta un bouquet de fleurs de pisse-en-lit et d'oeillets, qu'ils posèrent sur\nla table.\n   Puis ils se dirigèrent vers le bourg, dont le seigneur était le notable le\nplus riche.\n   En route, ils traversèrent un grand bois où s'élevaient des chênes puis-\nsants ; des échancrures de ciel bleu mordaient à grands coups le feuillage ;\ndes pies volaient dans les branches et l'on entendait les bruits lointains de\nla fête. D'ailleurs, des groupes de paysans hilares débouchaient des allées\net des rondes tournaient dans le fond, aux bords d'un étang.\n   C'est là qu'ils rencontrèrent un démoniaque qui se tordait sur l'herbe.\nSa colique infernale le faisait écumer comme un chien pris de rage. Il\ngrimaçait, les yeux sanglants et presque hors des orbites, les veines\ngonflées, et deux solides gaillards aux mains calleuses avaient peine à le\nmaintenir, car il voulait se lancer sur des femmes fuyant éperdues par les\nfutaies.\n   Jésus lui donna sa bénédiction, et le diable s'échappa de la bouche du\npossédé, rouge d'effort et dont tous les muscles se tendirent, sous la forme\nd'un petit dragon noir qui siffla du feu en s'envolant avec la rapidité d'une\nflèche.\n   Bientôt, par un chemin sablonneux déroulé à travers des prairies, les\n"}, {"page_pdf": 243, "texte": "                                  ~   212 —\n\n\nquatre personnages arrivèrent à l'entrée de la ville et passèrent sous une\nporte féodale à créneaux gris, surmontée d'un lourd fronton percé de\nmeurtrières et coiffé d'ardoises bleues miroitant au soleil.\n   A travers une foule bigarrée et hurlante, ils atteignirent le portique de\nl'hôtel du Seigneur. Le bruit des miracles s'était répandu et une masse de\ngens se pressaient pourvoir Jésus, délaissant les orchestres autour desquels ils\ndansaient, les tirs à l'arbalète, et les couques sautées sur des poêles dressés\nen plein vent.\n   Les rhétoriciens descendus de voiture, ayant vidé beaucoup de verres,\nricanaient, se moquant de Jésus. Ils lui criaient qu'il vint plutôt voir\nleur comédie, et ils lançaient ironiquement d'opaques bouffées qu'ils\ntiraient de leurs pipes.\n   Jésus leur dit :\n   — Ne faites pas tout ce tapage ; car la jeune fille n'est pas morte ; elle\ndort.\n   Il monta les degrés du perron, respectueusement suivi du seigneur et des\ndeux apôtres.\n   C'était dans un hôtel somptueux, au large corridor dallé de marbre. Des\npoutres sculptées soutenaient les plafonds, et l'on voyait, pendus aux\nmurailles, de fiers tableaux de peintres d'élite.\n   Dans la chambre de la morte, un gros lustre en cuivre était allumé. Une\nservante veillait, un psaultier à fermoir d'argent à la main, et sur une table\nposaient des fioles.\n   Par la fenêtre où saint Pierre alla jeter un regard, s'apercevait toute la\nducasse battant les maisons de la Grand'Place. Les cabarets regorgeaient\nde buveurs et des oriflammes léchaient partout les façades. On faisait fête\naux estropiés guéris par le Christ en leur offrant des pintes qu'ils vidaient à\nlarges gorgées ; et les rhétoriciens plantaient les croix sur une estrade pour\ny jouer leur Passion, tandis que quelques-uns étaient déjà costumés en\nsoldats romains ou en apôtres.\n   Et tous ces bruits montaient vers la jeune fille immobile sur un lit tendu\nde soie bleue, avec des branches de buis jetées sur les couvertures. Sa figure\nétait plus pâle que les lys dont une gerbe se fanait près de la fenêtre ; mais\nquand Jésus eut mis la main sur son front pâle que couvraient deux ban-\ndeaux de cheveux blonds, son sang rosit ses chairs à nouveau, ses yeux\ns'éveillèrent — et le père se précipita aux pieds de Jésus en criant :\n   — Merci, fils de David ! Prends mes châsses ouvrées par les meilleurs\norfèvres de Bruges, mes tapisseries où sont tissées en or les vies des saints\nmartyrs, et mes colliers de cérémonie ! Détache de leurs cadres mes toiles les\n"}, {"page_pdf": 244, "texte": "                                   — 2l3 —\n\n\nplus précieuses, emporte mes velours d'Utrecht et mes dentelles de Malines!\nCar tu me rends une vie nouvelle !\n  Jésus répondit :\n  — Homme, qu'il soit fait seulement selon ta foi ! Mais garde les richesses\nou partage-les entre les pauvres. Car elles ne peuvent servir à gagner le\nciel!\n                JÉSUS CONTANT DES PARABOLES\n\n   C'était un matin de printemps et Jésus se trouvait parmi les pasteurs\ndans une prairie semée de pâquerettes et de fleurs de beurre. Les pommiers\navaient tressé de blanches promesses de fruits, et dans les haies sautillaient\ndes rouge-gorge.\n   Les brebis venaient caresser de leur laine les genoux du Christ, car n'avait-il\npas dit : « Je suis le repos des brebis? » C'est lui qui écarte le loup de sa\nhoulette; il empêche aussi les brigands de pénétrer à travers le chaume des\nbergeries foncé à coups de hache. Sans lui ils viendraient les nuits avec des\nlanternes sourdes, grimper sur des échelles, leur coutelas aux dents, et\ncouper la gorge aux pauvres bêlants, en étouffant dans la paume de leurs\nmains les sonnettes qu'un berger vigilant met au cou de quelques-unes de\nses bêtes.\n   Et Jésus, caressant le front d'une brebis, conta trois paraboles :\n   « Le royaume de Dieu rappellera alors la fable des dix Vierges.\n   « C'était le soir de leurs noces, et au sortir du temple où elles avaient\nprié, elles cheminèrent vers leurs lits nuptiaux par des jardins fleuris où\nse trouvaient des colombes et des bosquets de myrrhe.\n   « Des voiles transparents tombaient sur leurs épaules, et, doux parterre\nde lys, elles marchaient sur le sable fin des sentes, cueillant des roses de\nleur main fuselée. Les unes étaient habillées de bleu pâle ourlé de large\nvelours, les autres de lilas ou de satin incarnat, et leurs robes flottaient sur\nles bordures de buis.\n   « Elles allaient ainsi par les bocages, leur cou frêle orné d'émeraudes et\nde rubis, le front pur, les cils baissés, et leurs lèvres serrées se taisaient\nsur la prière qu'elles venaient de lire dans le missel serré contre leur sein.\n   « Au loin, la blonde campagne s'accusait encore dans le crépuscule,\nmais les oiseaux gazouillaient leur hymne du soir : aussi, tombant des\npierres blanches des clochers, s'éparpillèrent sur les pervenches des notes\naussi douces qu'elles.\n   « Et les verts des gazons s'assombrirent, et avant d'entrer dans leurs\nchambres, les vierges allèrent quérir des lampes.\n"}, {"page_pdf": 245, "texte": "                                 —   214   —\n\n\n      Mais parmi elles se trouvaient cinq sages et cinq folles.\n   « Et les folles, en prenant leurs lampes, négligèrent de se pourvoir\nd'huile.\n   « Puis, ayant déposé leurs bijoux et dégrafé leurs voiles, toutes s'éten-\ndirent sous les rideaux du lit et attendirent leurs époux.\n   « Ceux-ci tardaient. La nuit était venue et, seule, la pâle orfèvrerie des\nétoiles éclairait les détours du jardin.\n   « Les vierges s'endormirent, la main sur la poitrine.\n   « Or, à minuit, il se fit un cri : Voici l'époux, sortez au devant de lui.\n   « Mais les folles durent aller chercher de l'huile, et l'époux ne les ayant\npas trouvées, quand elles revinrent frapper à l'huis, répondit : En vérité,\nje ne vous connais point !\n   « Elles s'en furent dès lors pleurer dans les jardins devenus bien noirs\npour elles, le long des allées obscurcies des lauriers.\n   « Les autres, au contraire, ayant allumé les lampes, reconnurent bientôt\nleurs maris; la chambre s'illumina pour elles de radieux bonheurs, et il\nleur sembla que tous les bosquets d'alentour vibraient de matines célestes :\nmais c'était la félicité de leurs âmes qui organisait ce concert.\n   « Aussi veillez tous, car vous ne savez ni le jour, ni l'heure à laquelle le\nFils de l'homme viendra.\n   « Ce sera, sans doute, le jour du jugement dernier; et ceux qui auront\nprudemment recueilli l'huile odorante des prières et des bonnes actions\nverront, ainsi que le cœur des vierges, leur esprit rayonner.\n   « Le Fils de l'homme sera assis sur un trône resplendissant ; il aura sur\nla tête une tiare d'or, sera vêtu d'une robe de pourpre et chargé de lourds\nbijoux. Les anges, autour de Lui, sonneront en de longues trompettes à\ntravers le ciel, ou voltigeant sur leurs ailes déployées, pinceront des cordes\nde harpes, tandis que leurs ceintures traîneront dans l'azur.\n   « Toutes les nations seront là, ressuscitées de leurs cercueils, et Dieu\nséparera les bons des méchants.\n   « Ceux-ci s'engouffreront dans les grottes du Démon, où ils brûleront,\nau milieu des monstres.\n   « Mais les innocents monteront, en se tenant par la main, les escaliers\nde lumière conduisant aux cieux. »\n                                                 EUGÈNE      DEMOLDER.\n"}, {"page_pdf": 246, "texte": "                                       — 213 —\n\n\n\n\n                 FABLE ROPSIENNE (1)\n                         POUR « LA J E U N E BELGIQUE »\n\n                             Mac-Mahou\n                              Voit un cou\n                         Et le baise, ma foi !\n                                        MORALITÉ\n\n                 On a souvent besoin d'un plus petit que soi.\n                                                              FÉLICIEN ROPS.\n\n\n\n           CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n    Poèmes anciens et romanesques par M. HENRI DE RÉGNIER, I volume. — Paris,\n                                 Ed. Bailly, éditeur.\n\n                L'étrange pays de songe où nous transporte la chantante vision\n                 de M. de Régnier ! Ces clairières fleuries de quelque inconnue\n                 Brocéliande, ces grèves sauvages et douces d'une incertaine\n                 Ar-Mor où la magie des vers suscite le passage lent des fées\n                 et des princesses lointaines sous de crépusculaires automnes ;\ntout ce rêve frissonnant, frôlement de pâles rayons sur l'orée des bois assou-\npis, s'effeuille en nostalgiques parfums comme de vieux contes d'amour et\nde légendes romanesques.\n   Errantes par les plages ou, sur, les caps des promontoires, échevelées au\nvent de l'océan, les mains vers l'horizon tendues, les Arianes s'alanguissent\nen de mourantes implorations ; sous les forêts fauves les faunesses, aux\nchevelures d'or dénouées, au moindre bruit de brise dans la feuillée, éper-\ndûment s'enfuient, hardes effarouchées ; et toutes, leurs efforts vers l'amour\net la joie, les espoirs lassés qui s'égrènent en pierreries, et leurs bras qui\nretombent comme des lis brisés. Vers leurs appels, cependant, parfois,\nprincesses aux vieux manoirs dormant leur sommeil de cent années, voici\nquelque dameret prédestiné qui s'en vient hardiment. Au passage il salue\nl'étrangère qu'un moment son espoir eût imaginée la sœur d'élection ; dans\nles villes murales, aux seuils consacrés, où assises, rêvent les Elaines,\nle guerroyeur hésite parfois ; mais il quitte le séjour mauvais et vide, et\n\n\n  (1) Cette fable nous a été envoyée par Rops avec cette note : « Celle-là ils ne la mettront\npas ». Nous ne savons vraiment pas pourquoi ; elle n'est pas si drôle.\n"}, {"page_pdf": 247, "texte": "                                   — 2l6     —\n\n\nseul, il entre en le mystère de la forêt, dédaigneux du péril annoncé non\nmoins que de l'offrande ancillaire des sourires et des caresses. Semblable à\nl'antique Héraklès, il vient s'humilier devant la maîtresse de sa vie et des\ntravaux accomplis, car, selon la légende voulue, « à peine s'avance-t-il vers\nle bois, que tous ces grands arbres, ces ronces, ces épines s'écartèrent d'eux-\nmêmes pour le laisser passer » et, ayant pénétré dans le château, après en\navoir franchi les vastes cours et les galeries luxueuses « il entra dans une\nchambre toute dorée, et il vit sur un lit dont les rideaux étaient ouverts\nde tous côtés, le plus beau spectacle qu'il eût jamais vu : une princesse qui\nsemblait avoir quinze ou seize ans, et dont l'éclat resplendissant avait quel-\nque chose de lumineux et de divin. Il s'approcha en tremblant et en admi-\nrant, et se mit à genoux auprès d'elle ».\n   C'est l'hymen symbolique enfin accompli, mais si fugace, du chercheur\néperdu d'impossible et de sa propre chimère :\n               Je suis venu vers toi pour une heure éphémère\n               Où je fus l'hôte de ta magie éternelle,\n               Toi le Songe, toi l'Opale, toi la Chimère,\n               Vers qui d'autres iront comme j'allai vers elle.\n   M. de Régnier — les vers cités en sont un exemple — s'est affranchi des\nrègles strictes qui imposent l'entrelacement régulier des rimes masculines\net des rimes féminines; c'est là, d'ailleurs, une liberté que prennent tous les\npoètes à peu près de notre siècle, et depuis déjà les Parnassiens la règle, on\npeut le dire, a été abrogée. M. de Régnier ne s'en est pas tenu à cette\nréforme. Il s'est très bien rendu compte que dans les formes classiques et\nparnassiennes, tout ce qu'il y avait à dire, ou peu s'en faut, avait été par\nnos prédécesseurs magnifiquement dit et définitivement. Il ne s'est donc pas\ncontenté de rendre l'alexandrin, l'octosyllabique ou le vers de sept syllabes\nplus souple, plus sonore ou plus elliptique, il a risqué des rhythmes nou-\nveaux, variant à l'infini, et guidé par un sûr et prodigieux instinct artis-\ntique, il a tout remis en question. Ce n'est pas que je lui attribue l'idée pre-\nmière de chacune de ses recherches, mais c'est lui, jusqu'ici, qui me paraît\navoir le plus pleinement réussi à en faire ressortir l'importance et le charme.\nS'il s'est montré respectueux des poèmes à forme traditionnelle, tels les\nsonnets ou ces magiques évocations auxquelles suffisent les alexandrins\nréguliers disposés en strophes de quatre vers enlacés suivant une inflexible\nloi, il n'a pas cru devoir contraindre éternellement son vers à l'étroite allure\nque leur avaient imposée les anciens maîtres. Et de fait, la prosodie est\nétablie d'après les règles auxquelles ont paru soumettre leur inspiration les\npoètes d'autrefois, bien plutôt qu'elle est la forme à laquelle se doit à tout\nprix plier quelque maître à venir, lors même que logiquement, selon la\nnature harmonique de ce qu'il veut exprimer, il rencontrerait peut-être\nspontanément des cadences mieux adéquates, bien que non révélées?\n   C'est ainsi que M. de Régnier a pu modifier à souhait, avec une maîtrise\nrare, l'ordre de la succession et de l'enlacement des rimes et de la sorte\ncréer des strophes d'une musique encore inconnue ; il a même, insoucieux\n"}, {"page_pdf": 248, "texte": "                                    — 217 —\n\n\nde l'opinion sacro-sainte de du Bellay et de Sainte-Beuve qui appela la\nrime « l'unique harmonie » du vers français, obtenu, sans être descendu à\nquelque na'ive ronde enfantine, par l'assonance, la fausse rime, la répéti-\ntion savante des mêmes mots toujours ramenés à la fin des vers (l'absence\ndonc de toute rime), des effets aussi sûrs et aussi harmoniques !\n               La voici seule et nue en le soir de mon songe\n               Les oiseaux en passant sur sa tête ont pleuré,\n               Le vent en emportant sa voix douce a pleuré,\n               La source en reflétant son visage a pleuré.\n               Elle va seule et nue en le soir de mon songe.\n\n  Voici une strophe qui semble de vers libres, d'une cadence lâche un peu\nau premier aspect, mais lisez-la : elle est d'un ferme et délicat dessin :\n               Que t'importe je sais le mot, le charme et le signe !\n               Les bois clairs sont oisifs de brises et d'oiseaux\n               Et les grappes des hautes vignes\n               S'égrènent, une à une, dans les eaux\n               Tranquilles oit dans les roseaux\n               Dorment les cygnes !\n\n   Je ne puis plus longuement exposer ici les tentatives diverses menées à\n bien par M. de Régnier; ce que j'en ai dit suffit, sans doute, pour qu'il soit\n salué comme l'un des plus savamment audacieux et des plus nobles parmi\n les jeunes poètes français. Qu'on me permette seulement de transcrire ce\n prestigieux sonnet-épilogue :\n                Au vieux livre à fermoirs de griffes et d'émaux\n                Studieux d'être maître en l'ordre des magies\n                J'ai dédié mon âme et toutes énergies\n                A savoir la vertu diverse des joyaux.\n\n                L'émeraude aide les enfantements    jumeaux,\n                Le rubis qui rend chaste éloigne des orgies,\n                Améthyste, sagesse, œil des bonnes vigies,\n                Et le diamant vainc le poison et les mots !\n\n                 J'ai tué le lapidaire un soir qu'il taillait\n                 A l'établi la cymophane et le jayet\n                 Antidote préservateur du sortilège,\n\n                 Et j'ai volé pour vous ces pierres, ô Jolie !\n                 Et j'ai mis à mon doigt sachant son privilège\n                 La chrysolithe qui guérit de la folie.\n\n                                                            A N D R É FONTAINAS.\n"}, {"page_pdf": 249, "texte": "                                    — 218 —\n\n\n\n                                         II\nDédicaces, par PAUL VERLAINE. Bibliothèque artistique et littéraire, Paris. — Les\n  Romanciers d'aujourd'hui, par C H . L E GOFFIC, Vanier, éditeur. —L'Almanach de\n  l'Université de Gand, 1890. — Les Pœans et les Threnes, FERDINAND HÉROLD, Paris,\n  Lemerre, éditeur.\n\n   Dédicaces, par PAUL VERLAINE. — Une coquette édition, ornée d'un\nportrait de l'auteur par Cazals : une quarantaine de sonnets, hommage\nd'amitié, aux amis du poète. Ce n'est pas une œuvre de premier ordre,\nsans doute ; elle n'a pas de prétention, elle est ce qu'elle devait être, simple\net aimable. Le vers est, comme toujours, facile, spirituel, gracieux et com-\nplimente si joliment.\n   Tous les fidèles de l'auteur de Sagesse, ont voulu posséder cette guir-\nlande. Mais beaucoup n'ont pu être satisfaits : l'édition fut épuisée en sous-\ncription. Félicitons en terminant, la Plume, d'avoir pris l'initiative de cette\npublication hors commerce, couronnée du plus grand succès.\n   Les Romanciers d'aujourd'hui. — M. Charles Le Goffic complète\naujourd'hui le plan d'un ouvrage sur les Écrivains d'aujourd'hui concerté\nentre Jules Tellier et lui. Dans Nos Poètes, M. Jules Tellier classait la\npoésie contemporaine ; M. Le Goffic entreprend le même travail pour les\nprosateurs. Il les divise ainsi : les naturalistes, les impressionnistes, les\nsymbolistes, les philosophes, les rustiques, les mondains, les nouvellistes,\nles romantiques, les éclectiques, les romanciers divers. Mais, dans sa pré-\nface, l'auteur prie qu'on n'attache pas trop d'importance à ces catégories ;\nce n'est qu'une simplification.\n   Quelques pages sont consacrées aux nôtres : Lemonnier et Eekhoud.\n   C'est, en somme, un résumé fort intéresant des romanciers d'aujourd'hui\nau point de vue historique.\n   L'Almanach de l'Université de Gand, 1890. — Chaque année les étudiants\nde Gand font paraître un beau volume, composé d'une partie académique\net d'une partie littéraire. Comme toujours, et cette fois encore, cette der-\nnière est fort soignée. Nous y retrouvons les noms de Severin, Krains,\nGarnir, etc. C'est une garantie.\n   Bon courage, aux amis de Gand, et qu'ils ne craignent pas, surtout de\nmarcher en avant et d'accepter du neuf.\n   Les Pœans et les Thrènes de FERDINAND HÉROLD — Voici un beau\nvolume d'alexandrins sonores, dédiés au poète José Maria de Hérédia,\nqui ne les désavouerait pas, malgré l'abondance du rhythme ternaire, que\nle maître a rarement employé et toujours en observant une fictive césure\nentre le sixième et le septième pied. Citons parmi les poèmes les plus\nparfaits du volume : la Chimère, les Pirates, Xerxès, les Captives, et ce\nbeau sonnet l'Ile des Lotos :\n                Car dans l'île divine, au fond du bois, empli\n                D'hymnes ambroisiens et de lueurs voilées,\n                Les hommes bien heureux mangent la Fleur        d'oubli.\n                                                                           X\n"}, {"page_pdf": 250, "texte": "                                 — 219 —\n\n\n                                      III\n         Futura, par M. Auguste Vacquerie. — Paris, Calmann-Lévy, 1890.\n   M. Auguste Vacquerie profite de la mort de Victor Hugo pour se faire\nproclamer grand poète par ses confrères de la presse parisienne. Il est\nentendu que Futura est un chef-d'œuvre, comparable à la Fin de Satan ou\nà la Légende des siècles. Des gens d'esprit l'ont imprimé. Quelques-uns ont\nmême prétendu que Futura est un Faust français, très supérieur à celui de\nGoethe. Un des princes de la critique parisienne, M. Vitu, — expulsons les\nprinces! — a fait remarquer, avec infiniment d'érudition, qu'en faisant de\nson héroïne Futura la fille de Faust et d'Hélène la Grecque, M. Vacquerie\na commis un heureux anachronisme. Ce pauvre Gœthe a dû rire, dans\nl'éternité. Un critique de la presse bruxelloise, M. Frédérix — un lettré\npourtant ! — y est allé aussi de sa petite comparaison avec le Faust alle-\nmand, et il a tranquillement déclaré que la naissance d'Euphorion est un\nincident inutile.\n   Le livre de M. Vacquerie peut donc être considéré comme une revanche\nde Sedan.\n   Malheureusement, M. Vacquerie, qui avait, en littérature, commencé\npar être un jeune vieillard, finit par ressembler à un vieil enfant. Ses vers\nsont d'une sécheresse et d'une platitude d'autant plus déplorables, qu'ils\nvisent à l'effet romantique. Futura est une œuvre nulle, qui sera mise au\nniveau de la Divine épopée de Soumet.\n   Il serait plus digne de laisser dormir Gœthe et Hugo, et de ne pas diriger\ncontre eux une chevauchée de Vacquerie !\n\n\n\n\n            CHRONIQUE MUSICALE\n         LES RUSSES AUX CONCERTS                     POPULAIRES\n\n              Avec leur coloris hurleur, leurs modulations hardies, leurs thèmes\n               frustes vaguement canailles, surchargés, affublés d'harmonies\n               cossues et massives, les partitions russes m'évoquent les cosa-\n               ques hirsutes des révoltes serviles, les Stenka Razine et les\nPougatchef dont la nostalgique chanson des bateliers du Volga consacre\nles exploits :\n   « Hélas! brouillards, mes petits brouillards, mes brouillards aveuglants,\nvous qu'on déteste comme le chagrin au cœur, vous ne vous levez pas, mes\npetits brouillards, du côté de la mer Bleue ! Ne t'en va pas, chagrin, du\nfond de mon cœur. Accours, accours, nuage menaçant, tombe, tombe,\npluie épaisse comme du gruau. Emporte, ronge la prison de terre, pour\nque les frères emprisonnés s'échappent et se rassemblent au profond du\n"}, {"page_pdf": 251, "texte": "                                  — 220 —\n\nbois, sous la verte futaie où couchent les bons garçons. Ils campent sous\nles bouleaux ; à l'aube, ils prient Dieu, ils saluent le rouge soleil. Lève-toi,\nlève-toi, rouge soleil, montre-toi au dessus de la haute montagne, au dessus\nde la verte futaie, la retraite du bon garçon, le gîte de StepanTimoféiévitch,\nqu'on appelle Stenka Razine. Lève-toi, lève-toi, rouge soleil; réchauffe-\nnous, pauvres gens que nous sommes, braves garçons, misérables fugitifs.\nNous ne sommes pas des voleurs, nous ne sommes pas des bandits, nous\nsommes les ouvriers de Stenka Razine, ses petits iéssaouls pour tout faire.\nNous tirons la rame, nous prenons les vaisseaux, nous jouons du casse-\ntête, nous prenons les caravanes, nous menons les maris, nous lutinons les\nfilles ».\n    On se rappelle, à entendre cette musique furieuse, les sacs d'Astrakan et\nde Kazan, racontés par le poète Salias, on voit les vainqueurs, encore noirs\nde poudre et rouges de sang, danser entre les flammes autour des tonneaux\nde vin, revêtus de robes de soie et d'ornements sacerdotaux dérobés aux\néglises.\n    Rimsky-Korsakoff, Moussorgski, Balakireff sont des outranciers, des\nfanatiques de la résonance. Ils se grisent d'étranges amalgames de timbres,\nménagent d'imprévues rencontres d'instruments, se complaisent dans des\naccouplements de cordes, de cuivres et de bois, qui ressemblent à des viols.\nPar moments, dans le Caprice espagnol et dans la Nuit sur le Mont\nChauve, ils se révèlent plutôt acousticiens que musiciens, et déchaînent\nla polyphonie, par pure curiosité du son, paraissant priser encore plus les\ninstruments pour leurs qualités intrinsèques que pour le parti qu'en peut\ntirer un virtuose.\n    Rimsky-Korsakoff en remontrerait aux Sax, aux Erard et aux Mahillon.\nJ'eus l'occasion de l'accompagner dans sa longue visite à la fabrique de\nl'inventif et savant conservateur du Musée instrumental du Conservatoire,\nVictor Mahillon. Celui-ci aura rarement rencontré chez un compositeur et\nun chef d'orchestre, aussi complète et intime connaissance des lois et des\napplications de l'acoustique. Rien de ce qui concerne l'organologie, de ce\nque l'on pourrait appeler l'anatomie comparée des instruments, ne lui\néchappe.\n    Aussi Korsakoff et Moussorgsky composent-ils de la musique matérielle,\npittoresque, rutilante, haute en couleur, généralement plus musclée que\nnerveuse.\n    Feu Borodine et le jeune Glazounow — vaguement wagnériste, celui-ci\n— témoignent d'une plus haute envolée psychique. Dans cette pléiade\nd'admirables ouvriers, Borodine demeure incontestablement la tête et le\ncœur, le véritable artiste. Il ne s'est pas contenté de « phonographier » les\nthèmes populaires, mais il les chante et les paraphrase en leur conservant\nl'âme même de la race slave. Dans ses adagios, les plus beaux qu'on ait\nécrits depuis Beethoven, court une vague nostalgie des états sauvages tra-\nversés par l'humanité primitive :\n    La mère-steppe s'étend à des milliers de verstes, immense, bleuâtre, entre\nle sauvage Volga et le torrentueux Iayk. C'est là qu'errent les audacieux,\n"}, {"page_pdf": 252, "texte": "                                  — 221 —\n\nqu'on respire à pleins poumons. La libre confrérie des vauriens parcourt\nla plaine, le couteau à la botte, sans tsar à l'esprit, sans Dieu dans la con-\nscience.\n                                                                    G. E.\n\n\n\n\n          CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                   Exposition de portraits de Maîtres du siècle.\n\n              Ils n'y sont pas tous, les Maîtres du siècle, et combien n'y\n                figurent pas auxquels ce titre glorieux ne peut s'appliquer\n                que par une ironie triste! Et le siècle écoulé n'y est pas repré-\n                senté tout entier : si l'on rencontre encore Fragonard et\nGreuze, dont l'existence se prolongeait lorsque depuis longtemps leurs\nformes d'art étaient mortes et remplacées, on cherche en vain les promo-\nteurs et les témoins des évolutions récentes : de Manet, de Puvis de\nChavannes, de Clairin, de Raffaëlli, quoique les noms soient au catalogue,\nles portraits annoncés n'ont pas paru. Le seul Manet qu'on ait vu, tout à\nla fin, Madame Callias, n'est qu'une ébauche qui n'a pu donner aux visi-\nteurs une idée assez complète du peintre de l'Olympia. Mais soit : quelques\nbelles œuvres, un assez grand nombre d'œuvres honorables, extraites pour\nla plupart d'invisibles collections particulières, justifient amplement l'entre-\nprise du comité organisateur. Et le succès, un grand succès mondain, est\nvenu du premier jour à cette exposition, où défilèrent principalement les\ngens comme il faut, étudiant l'histoire de la mode, s'arrêtant aux person-\nnages princiers ou autrement notoires, approuvant les ressemblances.\n   Parmi les œuvres étrangères aux écoles française et belge, si intimement\nunies, laissant de côté les toiles tapageuses et théâtrales coloriées par les\nMakart, ou les Munkaçsy, ou les Benczur, ou les Brozik, ou les Vastagh,\nil sied de considérer attentivement l'exposition importante et nouvelle de\nM. Frantz von Lenbach, peu connu jusqu'à présent ici, glorifié à grands\ncris en Allemagne, où l'on ne se gêne pas pour le comparer à Rembrandt.\nLa couleur, qui fait penser non à Rembrandt mais à Piloty, nuit fort aux\nqualités réelles d'expression et de vérité, dénaturées malheureusement par\nune recherche enragée de l'intensité. Comme des apparitions sans corps et\nsans solidité, grimaçantes et folles, surgissent la tête massive, rude et\nhargneuse de Bismarck; le profil dur et sec du maréchal de Moltke, dont le\nfront nu se plisse comme dans la contention de l'idée fixe; la figure pâle et\némaciée de Léon XIII, où la bonté devient ruse et la finesse duplicité; un\nGladstone dont on ne trouverait l'analogue que dans les planches des traités\nde maladies mentales illustrant la mégalomanie ; un Dœllinger où s'em-\npreint la méfiance sournoise des lypémanes ; un Strossmayer semblable à\nune vision d'échafaud, avec son col cerclé de rouge, sa lèvre exsangue\n"}, {"page_pdf": 253, "texte": "                                  — 222 —\n\n\nobstinément fermée, ses yeux implacables, ses rares cheveux gris flottant\nen arrière ; une femme enfin qui semble passer en glissant et qui darde un\nregard enflammé d'hystérique. Ces portraits et tels autres accusent en\nLenbach non le psychologue nuancé et subtil qu'on y veut voir, mais un\nsimplificateur qui, constamment, isole dans le modèle la qualité jugée fon-\ndamentale pour l'exprimer à toute force, sans discrétion, — un savant\net patient peintre d'abstractions, et non un peintre ému de physionomies\nvivantes.\n   Combien nous captive davantage, dans sa couleur riche, molle et\nmaniérée, si en rapport avec l'expression du personnage, le portrait de\nGeorges IV, par Lawrence, ou plutôt du prince de Galles lorsqu'il ne\nprétendait encore qu'à être le roi des dandys! Sa face poupine et glabre,\ntrop rose et trop fraîche, déjà bouffie par la lymphe, son air avantageux et\nindolent, révèlent une âme sans virilité, enlisée dans son égoïsme épais.\n   Après Lawrence et Bonnington, dont on peut voir un bizarre et typique\ngénéral anglais, l'Angleterre n'est plus représentée que par Alma Tadema,\nintéressant par sa distinction et le pittoresque de sa composition.\n   Parmi les étrangers, mentionnons encore un Goya, portrait farouche\nd'un personnage à l'air mauvais, où l'on sent la ressouvenance de Velasquez.\n   Si nous passons en Belgique, de l'examen comparatif des classiques et\ndes romantiques se dégage impérieusement la conviction de la force des\npremiers et de l'impuissance presqu'universelle des seconds. Le vieux\nNavez, dont les compositions académiques sont justement dépréciées, vivra\npar ses portraits, très inégaux de valeur, mais où l'on doit en général recon-\nnaître la sincérité, la vie et le naturel absents de ses autres oeuvres, et\nmême, comme dans certaines parties de la famille de Hemptinne, une\nbeauté de ton qui, ailleurs, disparaît dans la sécheresse et dans la dureté.\nD'autres artistes de l'école de David, presqu'inconnus de la génération pré-\nsente, conservent les mêmes qualités : ainsi Hennequin, Nissen même qui\na de la justesse et de la sobriété, Van der Haert dont on expose trois\ndessins aux deux crayons, un portrait de deux jeunes gens notamment,\nMM. Gaston et Arthur de Buisseret, étonnant de grâce contournée et\nembarrassée, d'élégance onduleuse.\n   L'exposition de dix-neuf portraits de Gallait, guindés, momifiés dans\nleur banalité officielle, veules, sans accent, sans intimité, laidement, froide\nment peints, à part le Barthélemy Dumortier du Musée de Bruxelles et\npeut-être un ou deux autres, nous apparaît comme le naufrage définitif de\ncette renommée de haut bord. Avec elle sombre la fortune de De Keyser,\nreprésenté par une dizaine de toiles musquées, pommadées, correctes et\nglaciales. Wappers résiste mieux, et sa Baronne Osy et sa Mme Rogier\ntout au moins ont du caractère et conservent de l'intérêt. Nous ne dirons\nrien de Wiertz qui méprisait le portrait et qui a fait des portraits mépri-\nsables. Et que dire de M. Portaels, juste ciel! Quel pernicieux ami a pu\nlui conseiller d'exhiber cette ridicule caricature de Mme Caron, qu'il aurait\nmieux fait de détruire ?\n   M. Cluysenaer est plus heureux, dans les portraits austères et expressifs\n"}, {"page_pdf": 254, "texte": "                                 — 223 —\n\n\nde son père et du sculpteur De Groot. La simplicité, le naturel, la vérité,\nla distinction de la peinture, telles sont les qualités qui font de De Winne\nle meilleur portraitiste belge de cette époque. Son splendide Léopold Ier\ndu Musée moderne, sa Baronne de Hirsch, son M. Sanford, son Prince\nAntoine d'Arenberg, son Procureur-Général Leclercq, attestent la sincé-\nrité, la conscience, la manière large, la vision personnelle de ce loyal\nartiste flamand.\n   A remarquer encore, parmi les Belges plus récents, quelques œuvres\nsolides, savoureuses et lumineuses d'Agneessens et de M. Verheyden; le\nBaron Goethals et M. Vincotte, bien typés, mais d'une couleur déplorable,\nde M. de Lalaing; un Mellery déjà ancien, une figure d'enfant, pleine de\ncharme; trois Wauters d'une exécution puissante et décorative. Décoratifs\naussi les deux pastels de M. Stevens, exposés à Bruxelles il y a trois ans,\nainsi que son portrait de jeune garçon, symphonie enchanteresse de cha-\ntoyantes colorations grises. De Mlle d'Anethan, une jeune fille d'une\nélégance délicate, discrète et comme voilée. Le dessin serré et volontaire de\nM. Fernand Khnopff, son raffinement d'harmonies, sa douceur pensive\ninvestissent d'un charme exquis et douloureux ses portraits où s'éternise,\ndans la raideur des plis, un rêve d'immobilité et de silence.\n   On ne peut assurément que se faire une idée sommaire du talent de David\ndans le portrait, en parcourant cette exposition. Une œuvre cependant\ns'impose par ses qualités de ligne et de couleur, le portrait & Ingres jeune,\navec sa physionomie éveillée et amusante de gamin ébouriffé. Toutefois, en\nFrance comme en Belgique, on doit constater l'immense et absorbante\ninfluence de David dans tout ce qui procède de son école ou s'y rattache.\nUn petit portrait de Grétry, par Isabey ; trois beaux portraits d'un peintre\npeu connu, Rouillard, l'attestent éloquemment. Mais toutes les productions\nfrançaises ou belges des élèves de David et celles de David lui-même\ns'effacent dans le resplendissement d'un chef-d'œuvre irréprochable, le\nportrait de la Marquise de Tournon, peint par Ingres en 1812.La perfection\ndu trait et du modelé, le goût de l'arrangement sont des qualités ordinaires\nchez lui; ce qui n'est pas commun, c'est cette couleur chantante et pleine,\nl'harmonie délicieuse du velours vert de la robe, des bras nus qui sortent\ndes courtes manches bouffantes, des étoffes brodées jaunes et blanches, des\naccessoires dont l'exécution impeccable rappelle l'adresse et la patience des\nmaîtres gothiques. Un seul détail peut être critiqué : la chevelure divisée\nen grosses boucles qui couvrent le front et les tempes semble traitée avec\nlourdeur et sans réalité. L'expression du visage large, aux sourcils élevés,\navec de gros yeux ronds de curieuse et de bavarde, le nez arqué, les lèvres\nsouriantes et spirituelles, est absolument typique; c'est là un personnage\nbien vivant, mais c'est aussi le symbole évocateur d'un temps, d'un état de\ncivilisation, d'une catégorie sociale. Les œuvres de Lenbach crient et se\ndémènent; celle-ci parle d'une voix fière et grave, douce et pénétrante.\n   La seule toile exposée qui puisse entrer en parallèle avec la Marquise\nd'Ingres, c'est l'autoportrait de son rival Delacroix. On ne peut imaginer\ndeux œuvres plus dissemblables d'aspect : la peinture d'Ingres sans maté-\n"}, {"page_pdf": 255, "texte": "                                  — 224 —\n\n\nrialité, celle-ci triturée et maçonnée avec emportement. La couleur est con-\nvenue, sans lumière et sans éclat. Mais telle qu'elle est, par son extra-\nnaturalité même, elle aide merveilleusement à l'expression de cette figure\nterrible de mélancolie, de volonté et de fierté. L'angoisse de l'Œuvre et de\nla Vie a tourmenté et ravagé cette face héro'ique ; une tristesse profonde\nsort de ces yeux enfoncés et lointains; mais une incompressible énergie\npersiste, s'affirme dans le menton, dans le port de la tête, dans la concen-\ntration de la physionomie. Ce portrait, c'est Delacroix tout entier, c'est\naussi sa génération puissante et nerveuse.\n   A côté de deux œuvres pareilles, le reste de l'exposition française ne\nmarque pas. Il faut excepter cependant un beau portrait du Général Hugo\npar Gros, dans une gamme fastueuse, superbe d'allure martiale et conqué-\nrante, et trois Courbet, son propre portrait, celui d'Alfred Stevens et celui\nde Madame B., dénués de spiritualité, moins que ses grandes compositions\npourtant, traités en teintes sombres et sourdes, mais pleines, riches et\namples. Un Prudhon, peu intéressant, sinon par la physionomie étonnam-\nment douce et aimable qu'il donne à Saint-Just. La miniature d'Albert\n Wolff dans ses meubles, de Bastien-Lepage, archi-connue ; un petit Joseph\nStevens, par Meissonier; une Reine Amélie par Jalabert, touchante, avec\nses yeux à moitié fermés et comme consumés par les larmes; un suffisant\nCarolus Duran ; deux insuffisants Cabanel ; un Chaplin fade et sans con-\nsistance; sept portraits de Bonnat, tous célèbres, de ressemblance parfaite,\nd'un relief artificiel, tous semblables par la fausseté de leur éclairage truqué,\npar la coloration horrible des visages de plâtre et des fonds chocolat.\n   Citons pour clore cette revue, les amusantes esquisses du beau panorama\nde MM. Stevens et Gervex, d'une composition habile, d'une tonalité claire\net joyeuse, d'une exécution légère et spirituelle.\n                                                     ERNEST VERLANT.\n"}, {"page_pdf": 256, "texte": "                                         — 225 —\n\n\n\n\n                                 MEMENTO\n                                                Lucifer, lui tombent dessus avec la même\n    M. Edouard De Winter, directeur de          complaisance.\n l'imprimerie Monnom, est mort à Bru-               Ces éreintements dus aux plus ignares des\n xelles, le 24 avril.                           reporters musicaux anglais, ce qui n'est pas\n    Edouard De Winter avait l'amour de          peu dire, étant données la platitude et l'insi-\n son métier et la passion de son art. Il        pidité proverbiales des déjections qui\n est peu de livres marquants, parus en          fluent, sous prétexte de critique d'art, dans\n  Belgique depuis notre renouveau litté-        les gazettes de Londres, ces éreintements\n raire, auxquels il n'ait attaché son nom.      disons-nous, dépassent les limites du gro-\n Parmi ceux qu'il a signés au point de          tesque et n'auraient nui, en somme qu'à\n vue typographique il convient de citer,        leurs auteurs, si ceux-ci n'avaient con-\n au premier rang, le Parnasse de la             sommé depuis longtemps leur suicide.\n Jeune Belgique, La Forge Roussel, Le               Ces manœuvres de lettres (literary hacks),\n Juré, La veillée de l'huissier,        Hors    comme on dit chez eux de leurs pareils,\n du siècle, L'Anthologie      des écrivains     piétinent nos compatriotes pour exalter\n belges, les Milices de       Saint-François,   jusqu'aux nues le grand Sterndale Bennett\n Les Soirs, Mon cœur pleure d'autrefois,        et l'immense Stanford, deux musicastres du\n et les Chimères. De Winter était pour          crû dont on n'entendit jamais prononcer le\n nous un collaborateur précieux et un           nom de ce côté de la Mer du Nord et que\n excellent camarade. La Jeune Belgique          les rares critiques autorisés de là-bas répu-\n le regrette donc doublement.                   dient sans pitié.\n                                                    Ces articles trahissent si nafvement le\n                                                parti-pris, le chauvinisme aux abois, que\n                                                nos meilleurs chanteurs ou virtuoses, des\n                                                artistes d'une renommée universelle comme\n   Peter Benoît et Gustave Huberti ont fait      le baryton Blauwaert, encore plus acclamé\nentendre, le mois dernier, à la Société phil-    en Allemagne qu'en Belgique, et le violo-\nharmonique de Londres, l'un sa célèbre           niste Ysaye, ne sont pas mieux traités que\nCharlotte Corday, et l'autre une scène,          nos compositeurs.\navec accompagnement d'orchestre, le Min-            Le Morning Post s'acharne particulière-\nnezanger chanté par le baryton Blauwaert.        ment sur Ysaye et lui reproche l'inflexibilité\n   Les œuvres exécutées sous la direction        du poignet, la raideur générale de sa main\ndes compositeurs, leur ont valu les una-         droite, ses maniérismes qui contrarient\nnimes suffrages d'un nombreux public. Le         souvent la justesse et la franchise de l'into-\ntriomphe a même été tel pour nos compa-          nation (! ! !)\ntriotes que de médiocres musiciens anglais          Il y a jusqu'à la musique de ce pauvre\n(Miousic !Miousic! English songand dance !       défunt Vieuxtemps, musique bien inoffen-\nChampain Charley is my name!) en ont             sive cependant et longtemps en faveur dans\npris ombrage et ont monté dans plusieurs         les music halls d'Albion, qui attrape en\norganes de la presse quotidienne, une            passant quelques crachats de plume.\nviolente cabale protectionniste contre les          Mais rien n'égale la danse du scalp à\nenvahisseurs flamands. Brusquement les           laquelle se livrent les Hurons du journa-\nmêmes journaux qui avaient encensé prodi-        lisme anglais autour deBenoît et d'Huberti.\ngalement Peter Benoît, après l'exécution du      Cela tourne à l'épilepsie. Le plus malade de\n"}, {"page_pdf": 257, "texte": "                                        —    226   —\n\n\n ces chorégraphes gourmande la Société dans son incapacité écrasante, mesurer le\nPhilharmonique pour avoir introduit au coup d'aile du génie ; aussi la réputation\n programme une friperie, une ordure aussi d'un Benoît, est-elle bien à l'abri des\n tapageuse (such a nioisy trash), que la atteintes de ce quidam. Je souhaite que le\n musique de Charlotte Corday.                  drame Charlotte Corday soit représenté\n   \" Pareille musique, ajoute le convulsion- intégralement devant un public compétent,\n naire en question, est une insulte au public et je ne doute pas du succès que rempor-\nqui se respecte, elle est anti-musicale et tera cette entreprise. »\nburlesque au delà de toute expression.\"          Il paraît que le souhait du World a été\n   En revanche, les revues où la critique est exaucé et qu'en dépit des roquets de la\nconfiée à des connaisseurs, ratifient les presse et des sourdes machinations des\nrappels et les ovations du public en consa- petites gloires locales, sous la pression de\ncrant d'élogieux articles à Peter Benoît et la partie intelligente du public anglais,\nà son œuvre.                                   Charlotte Corday sera monté prochaine-\n   Le World, entre autres, un des plus ment sur une grande scène londonienne.\nestimés de ces périodiques, profite de l'occa-   Et Peter le conquérant, aura gagné cette\nsion pour administrer aux jugeurs soudoyés nouvelle bataille d'Hastings.\nune magistrale volée de cat o'nine tails :\n   « Peter Benoît jouit de cette double\nfaveur d'être admiré de ceux qui le com-\nprennent et conspué par ceux qui sont            Nous avons trouvé dans la boîte aux\nabsolument incapables de le juger, le cham- lettres de la direction le compte-rendu sui-\npion de l'ignorance, le critique du Times vant de l'Exposition des portraits de maîtres\nà leur tête. Charlotte Corday est l'œuvre du siècle. Nous nous empressons de livrer\nd'un homme ayant le courage de ses à nos lecteurs les aperçus originaux de ce\nopinions, que celles-ci sont partagées ou critique sévère :\nnon par les autres. Je le tiens pour un\nmusicien d'un immense talent, aussi remar-                   OUVERTURE\nquable par la faculté créatrice que par ses      Par une pluie battante, à l'ahurissement\nqualités acquises, un homme qui est chef d'un Charles de Lorraine, poudrerizé de\ndécote dans son pays, qui poursuit son chiasses d'oiseaux, aux claquements éperdus\npropre chemin, un homme d'inspiration et de larges calicots peinturlurés de réclames\nde science, et qui rencontre, naturellement, à l'adresse des mètres du siècle (ainsi\nle sort de tant d'autres personnalités : « ne les interminables madapolams éclairés de\npas être compris du vulgaire ». Rien qu'à lampions aux kermesses de banlieues, à\nle voir diriger, on se sent en présence d'un l'éloge de l'apéritif déboyautage des musées\nmaître. Or, juger avec tant d'ignorance et anatomiques), au roulement des sapins\nd'arrogance un artiste qui a produit un armoriés, le reflet des chapeaux de soie\nœuvre de l'importance de celui de Benoît ; mouillés coiffant de coquelinantes têtes de\nune tétralogie religieuse, douze à quatorze larbins auréolés du blinquage de leurs\ncantates, drames, concertos, quantité galons trop neufs, à l'épate plus grand des\nd'autres compositions sans parler de ses ketjes qui crachent dans les rigoles pour\ntravaux littéraires, traiter disons-nous de faire des ronds.\nTurc à More, un artiste de cette autorité,       Et des misses enclochedefromagées de\nreprésente un procédé peu fait pour con- multicolores imperméables, rayés par la\nquérir à notre presse quelque estime sur pluie de couleurs noires, en fonds d'uri-\nle continent. Non seulement elle a pêche noirs.\npar manque de courtoisie, mais elle a            Par de là les têtes, l'affiche luisante d'eau,\ncommis une véritable indécence. Certes, le affiche de concours de bétail gras, et tou-\nmonsieur qui proclame. Sanford un des plus jours les sapins, les cochers, les gens qui\n grands compositeurs de ce siècle, ne peut, entrent, se poussent, s'écrasent, se fourrant\n"}, {"page_pdf": 258, "texte": "                                       — 227 —\n\n mutuellement le bout de leur parapluie         rill et risquent quelque épaisse plaisanterie\ndans l'oeil, et tout cela sans jurer — c'est    au sujet de M. Mallarmé.\ndes gens chic.                                     René Ghil, trop occupé par la confec-\n   Puis entrés, sous la lumière glauque des     tion d'un quatrième Traité du verbe, que\nlanterneaux, une odeur fade d'habits            par pudeur cette fois il appellera d'un autre\nmouillés séchant au calorifère, une poussée     nom, ayant trop souvent annoncé l'édition\nde dos au long des cimaises où s'étalent avec   définitive, n'aura pas eu le temps de faire\ncomplaisance les portraits d'un tas de gens     une réponse d'art sociocratique, d'après un\nqui, durant leur vie, avaient eu au moins       principe de philosophie évolutive. Que\nle mérite, n'eussent-ils eu que celui-là, de    Léon Dubedat soit avec lui !\nne pas se faire exposer.                           A lire aussi dans le dernier numéro des\n   Et ces portraits ! Des choses gaies, pas à   Ecrits pour l'art, d'art sociocratique, etc.,\nl'œil s'entend, mais des bobines! Un por-       (c'est trop long), l'apologie du travail\ntrait de phénomène, l'homme à la patte de       manuel symbolisé par la Tour Eiffel. C'est\ncrabe par Lawrence, ou par un autre, le         dédié à toute la phalange. Nous avons\npetit ventre rondelet d'un Latude qui sem-      remarqué avec douleur que notre ami Ver-\nblait s'harenger assez bien du régime de la     haeren avait été, lui aussi, biffé de la liste :\nBastille (Géraudel?), un portrait de chrono-    des anciens instrumentistes ne restent plus\nmètre par Aima Tadema, et puis des por-         que Merrill et Khnopff.\ntraits d'un nommé Pinemann, un nom qui             Tsim, tsim, tsim à la boumm, boumm,\noblige !                                        boumm !\n   Il en est d'autres encore; je n'ai pas été\nles voir, j'ai préféré donner mes quarante\nsous à un pauvre vieux qui, sous la pluie,         Sommaire de la Revue       indépendante\nvendait des cartes transparentes.               Maurice Beaubourg, les Yeux ; Marie\n                             PORRICHINEL.       Krysinska, Eve, Hélène, Magdelaine ; H. de\n                                                Braisnes, Vers le bleu; François de Nion,\n                                                La peur de la mort; Remy de Gourmont,\n                                                Trouvailles et curiosités; G. A. Aurier,\n  Une nouvelle revue littéraire vient de se\n                                                Camille Pissarro; Alfred Bruneau, Musique;\nfonder à Paris : L'hermitage.    Dans ses\n                                                J. H. Rosny, Les livres.\ndeux premiers numéros, nous relevons les\nnoms de Bernard Lazare, notre collabora-\nteur, Laurent Tailhade, Henri Mazel, etc.\nNous souhaitons bonne chance à notre               Un de nos jeunes compositeurs, M. Xavier\nnouvelle consœur.                               Carlier, vient de faire paraître chez Katto,\n                                                une charmante mélodie, titre : Ce que\n                                                j'aime.\n\n   Léon Bloy devient le collaborateur régu-\nlier de la Plume. Il vient de débuter par un\nRossignol de Catacombes où un nommé               Nous publierons dans notre prochain\nArmand de Pontmartin est arrangé pres-          numéro, des proses de Stéphane Mallarmé,\nqu'aussi bien que le fut jadis Péladan.         Arnold Goflfin, Georges Destrée, Hubert\n                                                Stiernet, des vers d'Iwan Gilkin, Jean Boels,\n                                                Albert Arnay, Keiler, etc.\n\n\n    Ils ont une façon de répondre tout à fait\n évolutive, les orphéonistes des Ecrits pour        Le n° 2 des Entretiens politiques et litté-\n l'art. A notre article sur le Dire du mieux,    raires, vient de paraître, dont le sommaire:\n ils opposent l'appréciation de Stuart Mer-      Paul Adam, Excitation à la révolte; —\n"}, {"page_pdf": 259, "texte": "                                       — 228 —\n\nHenri de Régnier, Philosophie du pastel,        rature et d'art (prose, poésie, dessin et\n— page admirable de style et d'idées ; —        musique) absolument gratuit pour tous les\nGeorges Vanor, le Mandat sacré; — Francis       concurrents est ouvert par le Nord litté-\nVielé-Griffin, A l'Illettré, une lettre où      raire, sous les auspices de MM. Leconte de\nl'auteur en appelle aux simples non encore      Lisle, François Coppée, Sully-Prud'homme,\nsaturés de formules et de préjugés.             Gustave Nadaud et Desrousseaux.\n                                                   Pour tous les renseignements, s'adresser\n                                                au secrétariat, 113, rue de Paris, Valen-\n                                                ciennes.\n  L'apparition des Flambeaux noirs, que\nnous annoncions dans notre dernier numéro,\nsera retardée de quelques mois.                    Stanley, qui n'aime pourtant ni les femmes\n                                                ni les poètes, s'est abonné à la Jeune Bel-\n                                                gique en passant par Bruxelles.\n                                                   Notre prochain numéro lui sera envoyé à\n                                                Tombonckou, dans le Haut-Congo.\n  Dans l'Etoile belge, sous la signature de\nM. Sulzberger, au milieu du compte-rendu\nde l'Exposition des portraits :\n   « On se souvient des débuts brillants et       Les derniers amusements de la littéra-\nbruyants de la Jeune Belgique. Des tranche-     ture : Voici un Sonnet sans phrases dû à\nmontagne. Ils prenaient d'assaut le Par-        M. Baude de Maurcelay :\nnasse en pourfendant sans peine la garnison                           LA VIE.\nplus ou moins cacochyme. Et comme ils           Enfance, berceau, pleurs, langes, lait, sommeil, cris.\navaient de la verve endiablée, de la bonne      Soupirs, gâteaux, joujoux, soupirs, désirs, orages,\nhumeur, le mot à l'emporte-pièce, la bile       Bobos,fluxions,soins, fièvres, médecins, rages,\n                                                Gentillesses, désirs, colères, joujoux, ris.\nmême éloquente, et, par dessus le compte,\nde la science et du talent, talent de bon       Après t — Collège, ennui, rêve, espoirs, coloris,\n                                                Soleils, esclave, pleurs, somnolence, mirages,\naloi, leurs injustices leur ont été pardon-     Travail, bachots, bobos, quinine, soins, tirages.\nnées facilement et envisagées comme de          Fatigue, ardeur, désirs, promenades, Paris.\nsimples peccadiles. On a été heureux de\n                                                Gardénia, dandysme, espérance, caresses,\nrendre hommage à leurs qualités sérieuses.      Amours, tourments, erreurs, lassitudes, paresses.\n  « La Belgique possède ainsi une pléïade       Après?... Deuils, nuits, regrets, seul : mariage, effort,\nde jeunes poètes et d'écrivains, qui mar-       Enfants, tourments, combats, soupçons, baisers,\nchent de pair avec leurs congénères fran-                                                   [alarmes.\nçais. »                                         Azurs, ténèbres, fleurs,ivresse,ennui, deuils, larmes,\n                                                Aprèsî Sénilité, soupirs, râle. — Après?...Mort.\n  Eh, eh ! voilà qui va faire hurler les\ndécrépits, les gâteux, les bovins, les pantus   Après? gaga, crétin, imbécile, gâteux,\nqui veulent encore nier le mouvement litté-     Idiot, ramolli, cacochyme, goutteux.\nraire que nous avons créé. Elle est solide\naujourd'hui la Jeune Belgique, définitive.\nMerci à l'ami qui nous a salués, en pas-\nsant, de façon si courtoise.\n\n\n\n\n  Nous recevons la communication sui-\nvante :\n  Un grand concours international de litté-\n"}, {"page_pdf": 260, "texte": "                                BOITE AUX L E T T R E S .\n    40. — JULES KEKAMIS. Vous avez des visions bien drôles ; vous êtes sans contredit du\n  sport nautique; n'oubliez pas pourtant que « périssoire» est du féminin. Prenez garde\n  aussi aux hêtres qui se crispent d'effroi, c'est très dangereux. Quant à vos vers, ils sont\n  calamiteux :\n                              Et bru-ire le ruisseau, et là-bas dans ? enclos\n  douze pieds, plus hiatus.\n                              Triste son mélodieux qui tinte et qui se fuit\n Pincez tout ce que vous voudrez, mais plus de la lyre.\n   41. — CLAUDE N. Vous êtes bien sûrement atteint du délire poétique; il faudra soigner\n ça. En douze vers, vous comparez ses yeux à de noirs lilas (pétale, masculin, s. v. p.), à\n de noires prisons, à des flambleaux noirs, à des scalpels, à des éclairs qui vrillent, à de\n noirs corbeaux, à des crucifix, enfin à des lacs et à des cieux et vous terminez ainsi :\n                          Tes yeux de moire noire affament mes deux yeux\n     Consultez un oculiste. Des yeux qui ont faim de moire! Vous êtes un cas.\n     42. — R. DEMAL. Mons. Elégiaques. Comment ne pas compatir à votre douleur? Allez\n voir le doudou, c'est un conseil d'ami. Faites alors des vers moins gnan-gnan et revenez.\n     43. — FRANZ RUTY. Mons aussi. Eh bien! Si tout Mons se met en branle, c'est du\n propre. Il y a du bon et du mauvais dans vos vers, ce qui fait un tout détestable. Faites\n franchement mauvais ou bon et surtout plus de Macabre. Baignez vous dans la Trouille\n et recommencez.\n    44. — P. MARIUS ANDRÉ. Impossible, cher Monsieur, c'est peut-être très beau, mais\n nous n'y avons rien compris. L'encre couleur azur de Péladan est fort belle, mais ce Sar\n est un fumiste.\n    45. L'INDÉPENDANCE LITTÉRAIRE. Paris. Ne recevons plus vos numéros en échange,\n prière de les adresser à la direction, s'il vous plait.\n    46. — A vendre dans nos bureaux un beau portrait de René Ghil, en bon état, tirage,\n 69 e mille, épuisé.\n    47. — L E NORD LITTÉRAIRE. Valenciennes. Acceptons bien volontiers l'échange.\n    48. — L E TAMBOURIN. Marseille. Idem.\n\n\n\n         Les Flambeaux Noirs                      PAR\n                         EMILE                 VERHAEREN\n\n    A L'AVENTURE,                        par JAMES VANDRUNEN. (A                    paraître).\n\n    IMPRESSIONS                      D ' A R T , par EUGÈNE                     DEMOLDER,    chez\n Madame Ve Monnom.\n\n\n   LA PLEIADE.                    Abonnement : 5 francs par an. Administration :\n33, rue des Paroissiens\n\n  L A S O C I É T É N O U V E L L E . Abonnement : 1 an, 10 francs.\nAdministration générale : 18, rue d'Edimbourg, Bruxelles.\n\n  L A R E V U E I N D É P E N D A N T E , rédacteur en chef :\nFRANÇOIS DE NION. Abonnement, 15 francs par an; étranger, 17 francs.\nAdministration chez Albert Savine, 12, rue des Pyramides, Paris.\n\n\n   L E M E R C U R E D E F R A N C E , revue mensuelle d'art et\nde littérature : ALFRED VALLETTE, rédacteur en chef, 15, rue de\nl'Échaudé-Saint-Germain, Paris. Prix : 40 centimes.\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard des Capu-\ncines, 16, à Paris; commencera bientôt la publication du POSSÉDÉ\nde CAMILLE L E M O N N I E R .\n  Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\npartout.\n"}, {"page_pdf": 261, "texte": " SOMMAIRE du numéro d'Avril de LA JEUNE BELGIQUE. — Cycle pati-\n   bulaire. — I. Le Moulin-Horloge, Georges Eekhoud. — Tableau ano-\n   nyme, Albert Giraud. — Lettres à un Ouistiti, Henry Manbel. —\n  Vers, Emile Verhaeren. — Chronique littéraire : Axel, Iwan Gilkin. —\n  Chronique théâtrale : Le Vaisseau Fantôme, Albert Giraud. — Chro-\n  nique musicale : Orphée, Georges Eekhoud. — Chronique artistique :\n  Exposition de Constantin Meunier au « Cercle artistique », V. G. —\n   Memento, Nemo.\n\n  En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN, rue d'Arenberg, à Bruxelles:\n\n La Damnation de l'Artiste\n                                Prix : 15 francs.\n\n            Vient de paraître chez LÉON VANIER, Paris :\n\n      L'AME DES C H O S E SRECUEIL DE POEMES EN PROSE\n                par HECTOR       CHAINAYE\n                      Prix : 2 francs.\n\n    Vient de paraître chez L o u i s VAN MELLE, rue St-Georges, 14,\n                                  à Gand.\n\n  LA PRINCESSE MALEINE\n                  drame en cinq actes,\n           par MAURICE M A E T E R L I N C K\n                    Prix : 5 francs.\n\n    LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur\nla brèche, l'élan est donné.\n   A la tête du mouvement littéraire, L A J E U N E B E L -\nG I Q U E , hautaine et fière, dirige le combat, marche en\navant, à travers tout. Mais il faut que tous nous l'aidions. A\nE L L E pour la propagande ! Des cartes d'abonnement sont à\nla disposition de nos amis. Ceux qui nous feront parvenir\nDIX abonnés nouveaux recevront L A J E U N E B E L -\nGIQUE gratuitement pendant u n an.\n   Ceux qui nous en feront parvenir V I N G T , recevront :\n1° L A J E U N E B E L G I Q U E gratuitement à perpé-\ntuité ; 20 Ils auront droit à tous les tirés à part de grand luxe\ndes frontispices, dessins, portraits, etc. ; 3° Leur nom figurera\nen tête de la publication commémorative de nos fêtes du\ndixième anniversaire.\n\n              Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnorn, 20, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1890-05-01", "preuve": "Mai 1890, numéro 5, couverture PDF 226 ; aucun jour imprimé."}}