{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Juin 1890 TOME IX", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 262, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 163, "texte": "Juin           1890           TOME IX. — N° 6                                   10meAnnée.\n\n\n\n\nLA\n       JEUNE\n             BELGIQUE\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 262, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 163, "fin_caractere_exclue": 1369, "texte": "SOMMAIRE:\n\n        Réminiscence                               STÉPHANE MALLARMÉ.\n        La Douleur du Mage                         IWAN GILKIN.\n        L'Eau promise\n        L'Hôte des ténèbres                        JEAN BOELS.\n        Proses lyriques                            DELZIRE MORIS.\n        Chronique littéraire :\n        L'Ame des choses                        .. ARNOLD GOFFIN.\n        L'Annuaire du Caveau verviétois . . . .    PUCK.\n        Chronique artistique :\n        Le Salon de l'Essor .                      ALBERT ARNAY.\n        Chronique musicale :\n        Quatrième Concert populaire. — Hans\n          Richter                            . . INTÉRIM.\n        Memento                                    NEMO.\n\n\n\n\n                                                          BRUXELLES\n                                             Rédaction : 55, BOULEVARD D'ANDERLECHT\n       PRIX DU NUMÉRO                                           PARIS\n           F r . 0-75                              LIBRAIRIE DE l'Art       Indépendant\n                                                       11, rue de la Chaussée d'Antin\n\n                                                                  1890\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Notre prime", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "NOTRE PRIME", "ancre_fin": "tous nos remerciements", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Nous invitons nos amis", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 263, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 564, "fin_caractere_exclue": 983, "texte": "NOTRE PRIME\n  Le portrait de P A U L VERLAINE que nous offrons aujour-\n\nd'hui N ' E S T E N V O Y É QU'A N O S A B O N N É S ; eux\n\nseuls y ont droit. I1 ne peut être mis dans le commerce.\nL'original, un merveilleux dessin d'un ami du poète, PATERNE\n\nBERRICHON,      nous a été communiqué par M. DE.MAN, à qui\n\nnous adressons ici tous nos remerciements. 11 a été reproduit\n\npar les Arts graphiques de Bruxelles.\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 229, "page_fin": 230, "titre_corps": "Réminiscence", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stéphane Mallarmé", "ancre_debut": "RÉMINISCENCE", "ancre_fin": "STÉPHANE MALLARMÉ", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA DOULEUR DU MAGE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 266, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1980, "texte": "RÉMINISCENCE (I)\n\n                                  Orphelin, j'errais en noir et l'oeil vacant de\n                                    famille : au quinconce se déplièrent des\n                                      tentes de fête, éprouvai-je le futur et\n                                        que je serais ainsi, j'aimais le parfum\n                                      des vagabonds, vers eux à oublier mes\n                                   camarades. Aucun cri de chœurs par la\n                                   déchirure, ni tirade loin, le drame requé-\n                                   rant l'heure sainte des quinquets, je sou-\n                         haitais de parler avec un môme trop vacillant pour\n                      figurer parmi sa race, au bonnet de nuit taillé comme\n                 le chaperon de Dante; qui rentrait en soi, sous l'aspect\n                 d'une tartine de fromage mou, déjà la neige des cimes, le\n                 lys ou autre blancheur constitutive d'ailes au dedans : je\n                 l'eusse prié de m'admettre à son repas supérieur, partagé\n                 vite avec quelque aîné fameux jailli contre une proche\n                 toile en train des tours de force et banalités alliables au\n                 jour. Nu, de pirouetter dans sa prestesse de maillot à mon\n                 avis surprenante, lui, qui d'ailleurs commença : « Tes\n                 parents? » — « Je n'en ai pas. » — « Allons, si tu savais\n                 comme c'est farce, un père., même l'autre semaine que\n                 bouda la soupe, il faisait des grimaces aussi belles, quand\nje maître lançait les claques et les coups de pied. Mon cher! » et de\ntriompher en élevant à moi la jambe avec aisance glorieuse, « il nous épate,\n\n (1) Cette prose inédite est extraite de « Pages » le prochain livre de M. Stéphane\nMallarmé, édité par Deman à Bruxelles.\n                                                                          15\n"}, {"page_pdf": 267, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 460, "texte": "                                — 230 —\n\npapa », puis de mordre au régal chaste du très jeune : « Ta maman, tu\nn'en as pas, peut-être, que tu es seul? la mienne mange de la filasse et le\nmonde bat des mains. Tu ne sais rien, des parents sont des gens drôles, qui\nfont rire. » La parade s'exaltait, il partit : moi, je soupirai, déçu tout à\ncoup de n'avoir pas de parents.\n                                                S T É P H A N E MALLARMÉ.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 230, "page_fin": 232, "titre_corps": "La Douleur du mage", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "LA DOULEUR DU MAGE", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 267, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 460, "fin_caractere_exclue": 1668, "texte": "LA DOULEUR DU MAGE\n    Le vieux mage, sous les sévères colonnades,\n    Laisse traîner son lourd manteau sacerdotal\n    De pourpre et d'hyacinthe au long des balustrades\n    Sur les dalles d'onyx, de jade et de cristal.\n\n    Sur les lys écrasés et les roses foulées\n    Où coulent lentement ses longues franges d'or\n    Les pesantes vapeurs des essences brûlées\n    Comme des serpents bleus se déroulent encor.\n\n    Et des paons merveilleux d'azur et d'émeraude,\n    Des gouras bleu-de-perle et de rouges ibis\n    Errent silencieux sur la terrasse chaude\n    Parmi les vases d'or tout meurtris de rubis.\n\n     Ses doigts chargés d'anneaux dans sa barbe ivoirine\n     Dont, avec les colliers, la royale splendeur\n     Majestueusement descend sur sa poitrine,\n     Le pontife s'abîme en sa vaste douleur.\n\n     Car ses yeux, à travers le rose crépuscule\n     Où s'éteint l'horizon de glaciers dentelé,\n     Dans le vallon sublime, où son rêve recule,\n     Regardent au lointain fuir un couple exilé.\n\n     — Je voulais f aire un Dieu! L'âme, inégale à l'œuvre.\n     Du frêle adolescent élu vers mon pouvoir\n     A glissé comme glisse une molle couleuvre\n     Entre mes tristes mains qui l'ont dû laisser choir.\n"}, {"page_pdf": 268, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1510, "texte": "                        — 231 —\n\n\nPour être un Dieu vivant sur la terre ravie\nTu devais, t'abstenant de Vivre et de Savoir,\nFermer ton cœur sans tache aux désirs de la vie\nEt n'ouvrir tes yeux purs qu'à mon suprême espoir.\n\nEnseigné par moi seul en ma pensée unique,\nChair vive de mon Verbe, âme de mon amour,\nJe voulais t'exalter dans ta gloire mystique,\nT'enivrer de martyre et te conduire, un jour,\n\nVierge et doux guérisseur de la terre charnelle\nQui se meurt de péchés, d'angoisse et de remord,\nAux larges bras sanglants de la Croix éternelle\nOù les divines morts feront mourir la mort.\n\nLa Bête tortueuse et splendide, l'immonde\nSerpent de feu, l'ardent Reptile du Désir\nQui broie entre ses nœuds magnétiques le monde\nSe fit femme pour te tenter par le plaisir.\n\nTu cédas aux baisers, abandonnant ton âme\nAux cœurs de chair, aux yeux de chair, aux pleurs de chair,\nFaible esclave écrasé sous les pieds de la Femme,\nO toi qui dévorais les deux comme un éclair!\n\nEt te voilà rampant dans la fange natale,\nBanal outil de chair perpétuant la chair,\nSimple anneau désormais de la Bête vitale\nQui tord dans l'infini son long ventre de ver.\n\nAh! pleure à présent ta divinité perdue!\nJamais tu n'erreras, beau, souffrant, surhumain.\nPar les champs palpitant de ta gloire attendue,\nAu bord des lacs heureux et pâmés sous ta main;\n\nJamais tu n'entreras dans les villes célèbres\nTout ruisselant d'amour, de grâce et de beauté,\nDélivrant les yeux clos des funèbres ténèbres,\nRanimant d'un baiser la vie et la santé,\n"}, {"page_pdf": 269, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1589, "texte": "                         — 232 —\n\n\nVersant sur les pécheurs, de tes beaux grands yeux calmes,\nLes pardons souverains qui rouvrent le ciel bleu\nEt vers ton doux royaume, au triomphe des palmes,\nConduisant les élus qui te confessent Dieu.\n\nJamais les affligés, les filles orphelines,\nLes pauvres, les lépreux et les pestiférés,\nFaisant de leurs douleurs des voluptés divines,\nN'expireront de joie à tes pieds adorés.\n\nEt jamais dans ton ciel d'yeux et d'ailes de flammes\nNe t'éblouiront comme une forêt de fleurs\nO millions de lys et de roses! les âmes\nDont ta bouche en baisers aurait changé les pleurs!....\n\nOui, pleure, dieu tombé! Ta vie est révolue.\nCar voués désormais à l'œuvre de la mort\nTes reins engendreront pour la tombe voulue.\nVa! L'antique sentence a proclamé ton sort.\n\nPleure le paradis fermé, dont tu fus l'hôte.\nLe sphinx garde le seuil de l'Eden déserté.\nComment reviendrais-tu ? Châtié par ta faute,\nTu ne crois plus toi-même en ta divinité.\n\nAh! ta chute a brisé ton divin diadème!\nRetourne dans la Nuit. Et moi, pontife en pleurs\nQui puis faire des dieux mais non l'être moi-même, —\nPar ce beau soir mourant, plein d'oiseaux et de fleurs,\n\nCourbant ma tête, hélas! désespérée et vieille\nSur les cadavres de mes songes trépassés,\n— Du fond de la vallée adorable et vermeille\nJusqu'au temple éternel où veillent mes pensers\n\nJ'entends venir à moi, comme un grand vent qui gronde,\nLes râles, les sanglots, les blasphèmes d'horreur\nEt les longs cris de mort du misérable monde\nA qui j'avais rêvé de donner un Sauveur!\n                                          IWAN GILKIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 233, "page_fin": 238, "titre_corps": "L’Eau promise", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L EAU PROMISE", "ancre_fin": "de gloire battent des ailes en triomphe", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L HÔTE DES TÉNÈBRES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 270, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 1468, "texte": "L'EAU PROMISE\n           Pour celles qui dorment dans quelque Tour\n           Lointaine près des mers\n           Dans un pâle jour d'écume blonde et d'or\n           Et dont les chairs moites\n           Dans ces poussières d'aurore et d'onde\n           Avec des anneaux de sels et de cristaux\n           Vêtent mes yeux d'ombre.\n\n           Lourdes, sourdes, somnifères'.\n           — O Dieux ! que ces rêves sont beaux! —\n           Leurs chairs sont comme d'étranges contrées\n           De folie et de mers sans marées\n           Où sous des voûtes de métaux\n           Parmi de douces feuillaisons sombres\n           Croissent de calmes ellébores\n           Et des ombres.\n\n           Elles dorment dans quelque Tour\n           Lointaine près des mers,\n           Dans quelque tour que battent les flots\n           Et dont la lumière est murée\n           Dans quelque Tour qui f ut un tombeau\n           — Un vol de corbeaux l'environne —\n           De reines aux couronnes\n           De diamants noirs.\n\n\n                                     I\n\n  Ce fut une après-midi d'août, en l'ombre seigneuriale et de marbre\nqu'allongeait en ses dormantes fleurs et ses eaux une demeure d'autrefois\npleine de fêtes, qu'apparut cette fille divine avec les Cygnes.\n   Songeuse là d'on ne savait d'où venue d'or en sa longue robe en tissée\non eût dit et d'eaux et sa grande chevelure éparse la mystérieuse présence.\n"}, {"page_pdf": 271, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "                                  -   234   -\n\n\n  Un nain vint qui l'ouït dit :\n\n                   Je cherche Veau promise à mes cygnes\n                   Car ils sont tristes de la terre\n                   Et pour moi qui vous suis venue\n                   Reine étrangère\n                   L'hospitalité de gloire qui m'est due.\n\n   Et le nain remonté au festin de ses maîtres les mains, écarquillées, en\nla haute rumeur où se solemnisaient maintenant de vagues pourpres\nd'attente, un silence se fit et ce fut aux merveilles tout un béant tumulte\nhilare aux vitraux pour la voir, de gestes, de rires, toute une liesse\nimprévue de folie.\n    Mais la grave enfant sans les presque voir, sans daigner les entendre,\nles yeux perdus en ces hautes verrières où peut-être d'obscures formes\nsœurs de son âme semblaient lui paraître et lui sourire, restait immobile,\ndistraite en attente jusqu'à l'heure où le ciel se voilant dans le soir, elle\ns'effaça parmi ses cygnes ingénus, troupe lointaine entre les palmes, dans\nla fuyance du chemin toute apaisée, toute d'oubli.\n   Lors Elle fut au château proche, un lac y était ombragé de chênes où\npar les crépuscules heureux maintes fois, leurrant sa solitude à des songes,\nplus que ses yeux de reine avait fleuri le mirage de ses Cygnes aimés.\n   Un couple triste vint à sa rencontre, de bien éteintes gens qui traînaient\nleurs ombres, deuils et misères, tout un poids de lumières mortes, et leurs\nmains étaient pâles, hostiles aux bruits, et lentes étouffaient leurs promesses\nd'ailes sourdes.\n   Oui, chère Enfant si semblable à la nôtre, belle comme son cœur, sage\ncomme ses lèvres mais las ! si farouche, si irrémédiablement obscure, si\ndésespérément au delà de ses claires pensées. Oui, tu seras notre bien-\naimée morte, ô fille ! tu auras ses bijoux, diamants, coraux et maintes\nperles, tu porteras ses robes et d'autres bien belles robes encore que\ntoute cette soie fleurie là d'un autre âge et tu chanteras ses défuntes chan-\nsons.\n   Alors ils tendirent leurs mains pour que les cygnes y mangeassent, mais\nles inapprivoisables cygnes n'y mangèrent point et leur idéale sœur levant\nses yeux pleins de soudaines ténèbres comme l'inconsciente, la froide, la\nmorte, Elle aussi, s'en alla de ce stérile amour.\n   Sans paroles, lente un peu évanouie d'eux dans le furtif des ombres,\nvague persistance d'or lumière là-bas en déroute, elle évoquait d'autre\nmonde ce songe étrange et doux du couchant que c'est une aube.\n"}, {"page_pdf": 272, "page_imprimee": 235, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "                                  — 235 —\n\n   Et fut-ce pressenti de ces lamentables âmes qu'attardait à la voir dispa-\nraître au fond des routes lointaines comme une stupeur tremblante et\ntrouble ?\n   Lorsque survint la nuit, elle était à quelque palais morne de roches et\nde fer hanté de légendes, séculaire gloire de tours que gardaient sous des\narches tragiques des eaux d'immobiles nuits.\n    Un vieillard était assis là qui l'entendit non de ses prières, mais du geste\n de ses chastes bras nus, car ses yeux seuls semblaient entendre et consentit\n en un sourire d'une ingénue bonté.\n    A cette inespérée grâce à jamais presque vaine et tarie d'attente, ses\n joies soudaines étoiles du fond d'elle-même resplendirent sur ses seins,\n ah! que funestes et fatales, car les mains du vieillard churent sur elles,\n fiévreuses, et à peine put-elle se rejeter d'un bond farouche et fauve et fuir\n  dans une clameur de ses cygnes, mais non si rapide qu'elle ne vit sur le\n  sacrilège seuil un d'eux et le plus doux, le plus innocemment doux et le\n  plus beau planté d'une épée dans la terre, blanche fleur de sanglante\n  agonie, remontant sur sa tige encore d'un impossible essor vers Elle et la\n  lumière, d'un chant de mort inentendu.\n\n\n                                       II\n\n    Elle s'arrêta hagarde, loin, dans une lande de broussailles et de touffes\n obscures, comme du ciel et d'un blanc silence dans la nuit, ses cygnes\n retombaient autour d'elle.\n    O combien de fois à cette heure, close enfin d'un peu de repos, comme\n à sa mère et l'abri de son âme elle était là revenue : souffrantes ombres,\n foyer des froides étoiles, maison d'exil. Oh! que sa vie était lasse de tout\n et qu'elle n'espérait plus que languide et sans courage — ne voulait-elle\n pas mourir? après cet asile promis à ses rêves, ce bonheur de si vaine\n attente, de si longue recherche, toujours déçu.\n    Elle se souvint de son cygne, le pauvre cygne bien-aimé qui ne put\n la suivre, le plus innocent et le plus beau, le doux crucifié dans la terre\n d'amertume et soudain crut l'entendre.\n    Elle écoutait tournée du côté de ses pas, mais rien ne s'entendait plus\n que les ténèbres, non même le plus subtil frôlement de ramures ou d'ailes :\n une solitude de lourde torpeur où seules survivaient vaguement lointaines\n sur tout ce qui fut là au matin de son espoir : les vitres de la fête hostile\n illuminée.\n    Mais plus divine en ses souffles de soie et d'argent que la toute vaine\n"}, {"page_pdf": 273, "page_imprimee": 236, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2473, "texte": "                                 — 236 —\n\nlumière levée en ce même horizon cruel, la lune en surgit dans les hauteurs,\nétincelante, soudaine envolée du rêve et de la blancheur pure, consolatrice\net sœur épandant un nocturne matin doux et bleu dans les airs où encore\nnageaient de grandes fleurs inaperçues.\n   La lune plus alors lui rouvrant ses yeux d'ombre, elle les séchait, les\npénétrait, les élargissait d'une extase infinie. Elle toute enfin, s'ouvrant\naux caresses de cette inaccessible amie, en fut vêtue en elle-même et au\ndehors d'une volupté pâle. Les choses se fondaient en d'étranges méprises\nnébuleuses, d'eaux confuses, où ses cygnes se jouaient éblouis d'aube\néquivoque.\n   Exhaussée, alors, immatérielle, si peu à la terre, tendait-elle dans ses\nrayons et comme pour l'en approcher, d'un doux et chimérique geste, ses\nmains vers sa coupe blanche, elle disait :\n\n               Ne te détourne pas de moi\n               O! ne t'écarte pas de moi\n               Jusqu'à ce jour qui renaît plein de misères,\n               Laisse ces lèvres où brûle notre soif\n               Et qu'a desséchées ma prière,\n               Se décevoir encor en tes oublis illusoires.\n               Hélas ma trop haute vasque!\n               Nacre si fière et si lointaine\n               Où ne reposera cette immortelle fleur nue\n               Ouverte en toi et de toi pleine,\n               Mais en tes nappes suspendue\n               Jusqu'au réveil,\n               Boira le triste exil de ton mouvant sommeil.\n               Telle leurre à l'étanche soif qui me pénètre\n               Vierge, rafraîchirai-je ma bouche à des fenêtres\n               Closes de blanches âmes et de froides splendeurs\n               Sur ce beau songe en fleurs épanouies dont je meurs.\n\n   Et soudain comme distraite elle aperçut, et si près qu'y touchaient ses\nmains, longtemps tû des ténèbres un étincellement de palmes prochaines\nlourdes de parfums multicolores et de silences.\n  Jardin perdu de quelque enfance ignorée de bonheur mystérieuse et\nhantée d'anges, magique retraite d'oubli à peine à la terre et qu'on sentait\nsurnaturelle. Et le doux songe avançait dans ses yeux, lentement sur ses\nmains immobiles, moires légères et fugaces, trames de blancheurs inécloses\net d'étouffants parfums touffus, jusqu'à ce que reparut d'en dessous les\ndernières ramures noyées d'améthyste et doucement au ras lumineux de\nces plis de silence l'infinie solitude bleue de la plaine angélique et claire.\n"}, {"page_pdf": 274, "page_imprimee": 237, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2605, "texte": "                                  — 237 —\n\n   Mais comme elle s'attardait à prolonger en Elle fermant ses yeux à la\nvie l'ineffable vision dont l'heure de mourir n'était pas revenue et que le\nrire de cette plaine éclairée déjà d'un peu d'aube et de brise pénétrait en\nelle.\n   Son âme aussi s'adombra de silence, enténébrant comme d'une mysté-\nrieuse soif de lumières les éblouissantes visions où ses yeux allaient se\nrouvrir, elle défaillait et doucement semblait mourir et revivre et, dans un\ndemi sommeil comme on regarde entre une crainte de ses cils irisés de\nquelque paysage, jardin, lac ou lumière, entrevu trop céleste et furtive-\nment en cueille en soi-même dans les ténèbres de ses yeux et la solitude de\nson âme les grandes fleurs pourpres spirituelles.\n\n\n                                      III\n\n   Là soudain dans son ombre, et surnaturellement ainsi vêtu d'elle et du\ndeuil de ses peines, immobile dans un rêve obstiné, l'anxieuse attitude et\ncomme tremblant, à ce frêle seuil de vierge et d'effroi, d'effleurer le mystère\net qu'il ne s'essore, craintif de ses yeux extasiés et de ses mains, avec un\nétrange et doux sourire, un adolescent se tenait, presque un enfant.\n   Il avait franchi, sans l'éclat de ce cercle de sourdes lumières et d'ailes, la\nredoutable garde de ses cygnes, et du fait d'une telle présence si loin de\ntous en cette nuit, comme des roses tressées en ses cheveux, se reconnaissait\nun obscur et silencieux convive de la fête d'hier lointaine et qui s'était\nlevé de ses joies abolies et de leurs vains désirs, ce sauveur attendu, ce\nprince promis, ce mystérieux époux de son âme.\n   Le même sourire respirait de leur être, la même héroïque allégresse\nsurgissait d'eux, ils étaient partis des fêtes pour les mêmes horizons fabu-\nleux et sans cesse fuyants, leurs bras ne devaient-ils se retrouver et leurs\nlèvres ainsi s'unir, comme idéale partance s'achevait dans le ciel de leurs\nyeux inconnus, cette nuit, leur terrestre voyage?\n   Divine surprise, à se perdre au lointain d'eux-mêmes où s'effaçaient\ntoutes choses, leurs lèvres ne cherchaient elles au delà de leurs lèvres et\nleurs yeux au delà de leurs yeux, cette face ignorée de leur âme et réfléchie\nsi doucement en cet amour?\n   Ainsi contemplaient-ils et de quelle extase ! aux profondes splendeurs de\nleur âme unie, le signe d'invisible beauté, l'orbe de gloire et d'exil dont ils\nétaient pour des jours inconnus immortels et sacrés. — Leur noce humaine\ns'était consommée, et chue des vierges candeurs dégrafée de son sein, l'ada-\nmantine pierre nuptiale laissait se fondre blanche à ses pieds, et sous l'or\n"}, {"page_pdf": 275, "page_imprimee": 238, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 972, "texte": "                                 — 238 —\n\nde ses clartés dénouées, l'impalpable et soyeuse neige dont elle était nue.\n   Et comme, ravis au dessus d'eux-mêmes et perdus aux extasiantes joies\nde l'étreinte où défaillent leurs coeurs,\n   Oh! ce froid, ces frissons, ces murmures, le sourd tressaillement des airs,\nces lumières ! ils sont sur les marches de vagues formes grandies de l'étin-\ncelante pierre tombée et la nuptiale soie aux frissons de source étendue\ndans la plaine bruit et bleuit et s'éploie et s'allonge, se déroule en dérive,\nglisse, coule en nappes d'azur, en eaux éblouies, irradiées, s'élargissant\ninfiniment profondes de paix et sereines d'oubli sur l'hostile contrée, les\ningrates demeures, vers des rives obscures, Lac, où s'érigent encore du\nchatoyant tissu des eaux ses si longtemps chères et captives fleurs et d'Or\nen l'Aurore et dans la Lune, l'Eau promise, immense, infinie où ses cygnes\nde gloire battent des ailes en triomphe.\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 238, "page_fin": 242, "titre_corps": "L’Hôte des ténèbres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Boels", "ancre_debut": "L HÔTE DES TÉNÈBRES", "ancre_fin": "JEAN BOELS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PROSES LYRIQUES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 275, "page_imprimee": 238, "debut_caractere": 972, "fin_caractere_exclue": 2157, "texte": "L'HÔTE DES TÉNÈBRES\n   A   FERNAND   SEVEKIN.\n                                          Ah ! cela serait chose pénible à dire\n                                        comme était âpre et épaisse, cette forêt\n                                        dont le souvenir renouvelle ma crainte.\n                                                                     DANTE.\n\n    « Unique voix du soir, l'âme des cloches tinte,\n    Douce et plaintive sœur de l'automnale plainte\n    Qui s'accroche en passant aux fibres de mon cœur. »\n        Le vieux enfant qu'a pris par la main le malheur,\n    Noir chasseur embusqué sur la route de l'Ombre,\n    Vers le tranquille azur soulève son front sombre,\n    Le vieux enfant! — tandis qu'aux horizons croulants\n    Des mares aux reflets pourris de fiels sanglants\n    A ses yeux las de vivre annoncent l'agonie\n    Du soleil attiré par la paix infinie\n    Que la mort débonnaire a promis aux vivants!\n\n                                L'ENFANT\n    Ah! mon Dieu! tout là-bas, sont-ce des olifants\n    Dont le bruit se rapproche en stridentes fanfares\n    Et me fait pressentir le chasseur familier\n    Dont les yeux malfaisants luisent comme des phares !\n"}, {"page_pdf": 276, "page_imprimee": 239, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1573, "texte": "                         — 239 ~\n\n\n              UNE VOIX, tout bas, derrière lui :\n\nChimère! c'est le vent dans le prochain hallier,\nL'âme errante du soir qui parle à ton oreille.\nDu soir silencieux dont la plainte est pareille\nAu silence de ceux qui s'écoutent mourir !\n\n\n                         L'ENFANT\n\nMais, lent fantôme blanc, je vois au loin venir\nAvec une douceur que n'ont pas les fantômes,\nLa Reine à qui mes mains jointes au chant des psaumes\nExhalés par l'amour d'un sang religieux\nOnt révélé l'horreur de mes blessures nues;\nVoici ses beaux yeux clairs à la nuit de mes yeux\nRévéler le frisson des splendeurs inconnues\nEt, premier des espoirs par mon exil conçus.\nLes doux bras lumineux de cet autre Jésus\nS'ouvrir à l'abandon des royales Détresses\nSur le gibet dressé par leurs mains pécheresses,\nTandis qu'entretenant la fraîcheur de leur sein\nArdent sous les baisers de leur sang qui ruisselle,\nLes surveille l'Ennui de son fer assassin.\nPitié des yeux hantés par l'ombre universelle !\n Qui regardent toujours les nefs du mal passer\nDans l'éblouissement ténébreux du Baiser\nSous les deux violets où les glas des rafales\nSe mêlent au sanglot des clameurs triomphales !\n Pitié des yeux fiévreux où se mira Lesbos\n Fleur de glace et de feu, splendeur des oripeaux,\n Souveraine beauté des deux      crépusculaires!\n Pitié !\n        Mais le Seigneur exauce nos prières :\n Voici, par les chemins familiers du remords,\n Voici venir vers nous, joyeux de notre mort\n L'ange qui, sur nos fronts ivres des mains divines\n  Viendra bénir, enfin, la couronne d'épines!\n"}, {"page_pdf": 277, "page_imprimee": 240, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1488, "texte": "                               240 —\n\n\n\n                            LA VOIX\n\nL'ange te bénira quand l'heure aura sonné!\nMais pour te préparer un front de ses mains digne\nViens remplir dignement ton rôle de damné,\nViens savourer le vin funèbre de ta vigne\nAvant que se tairont les cloches, dans le soir!\n\n                          L'ENFANT\nO visions de mes prunelles éblouies.\nPourquoi vous êtes-vous si tôt évanouies\nAprès m'avoir rendu la force d'un espoir?\nAprès avoir rouvert les yeux de ma faiblesse\nSur l'immense abandon où cet espoir me laisse,\nSur l'abîme sans fin peuplé de noirs effrois\nOù je roule avec la vitesse du vertige,\nOù je roule, écoutant mon âme qui s'afflige\nDe ne pouvoir fixer aux miroirs des parois\nHérissés de couteaux effilés et d'aiguilles,\nMes mains, mes pauvres mains aux vigueurs inutiles!\n\n                           LA VOIX\n\nIl est temps de rentrer   là-bas; quelqu'un   t'attend.\n\n                          L'ENFANT\n... Ecoute le triomphe énorme de Satan,\nHideusement paré de la pourpre des fêtes,\nHurler au fond avec la bouche des tempêtes,\nHurler vers moi!\n                           L A VOIX\n\n                   C'est l'heure auguste du sommeil.\nVa! va dormir : voici que l'âme du soleil\nRepose dans les bras caressants des ténèbres.\nVa ! laisse-toi baiser par les lèvres funèbres\nDont les morsures ont la saveur du léthé.\nTe souvient-il encor de ma fidélité?\nViens! Je veux te mener, enfant, vers la nourrice\nDe ta pauvre enfance éternelle, Dolorès !\n"}, {"page_pdf": 278, "page_imprimee": 241, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1518, "texte": "                         — 241 —\n\n\n                         L'ENFANT\nOh ! revoir dans ses yeux l'ombre de ces forêts !\nRevoir brûler encor ma vie et son supplice\nEn ces tombeaux de feu qui lui sont destinés !\nO mon Dieu! se compter au nombre des damnés\nEt sentir dans son cœur hurler l'amour suprême,\nPareil aux mauvais chiens, tout noirs sur la nuit blême,\nQui, fuyant sous le fouet de fer qui les bannit,\nCrachent on ne sait quel sanglot à l'infini !\n\n                          LA VOIX\n\nSois celui dont l'amour fut plus fort que la haine!\nC'est du fond des beaux soirs de l'amour, que la reine\nDes affligés viendra de ses lunaires mains,\nFleurir sous tes pieds nus la fange des chemins!\n\n                         L'ENFANT\nS'enfuiront-ils, les voyageurs que tu redoutes,\nMon âme? — Oh! s'en aller, au rhythme de ces glas,\nVers les écroulements des finales déroutes !\n\n                          LA VOIX\n\n Va, dors! — Sans oublier ton âme\n\n                         L'ENFANT\n                                       Je suis las\nDe dormir! Ah ! pourquoi faut-il que la lumière,\nSacrilège reflet de l'aurore première,\nJusqu'au fond du sommeil fangeux, ô front impur\nQui déjà se résigne au baiser de la fange,\nFasse éclore le songe auguste de l'azur!\n\n                          LA VOIX\n Quelle humaine pitié pourrait t'aider, pauvre ange !\n Pourquoi jeter au vent tes précieux sanglots ?\n Ah! silence! silence! — Et garde en tes yeux clos\n Le culte de la chair par l'esprit adorée\n Et par l'unique voix de ton sang célébrée!\n"}, {"page_pdf": 279, "page_imprimee": 242, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 648, "texte": "                                  — 242 —\n\n\n     Surveille bien tes mains, tes yeux, ta voix — et tous\n     Les pauvres qui de toi réclament le silence !\n     Et si jamais tu sens venir la défaillance,\n     Et ton bras s'affaisser et ployer tes genoux\n     Sous le sublime poids de la croix adorable,\n     Redresse ton orgueil, bâton du misérable,\n     Jusqu'au soir où, joyeux de ta finale mort.\n     Les anges de Jésus aux douces harpes d'or,\n     Par les doigts lumineux de ta sœur, ô mon frère,\n     Montreront au martyr l'aurore du Calvaire! »\n                                                             JEAN B O E L S .\n\n\n\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 242, "page_fin": 246, "titre_corps": "Proses lyriques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Delzire Moris", "ancre_debut": "PROSES LYRIQUES", "ancre_fin": "DELZIRE MORIS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 279, "page_imprimee": 242, "debut_caractere": 648, "fin_caractere_exclue": 2271, "texte": "PROSES LYRIQUES\n                                       I\n                                   Oh! hear! All the words have not been uttered!\n                                 There is something in the ingenuousness of this\n                                 passion, worthy of tempting such a soul as thine !\n\n              Ce spectacle m'avait réconcilié avec moi-même; je me sentais\n               l'âme assainie, en proie à une virile exaltation, à une griserie\n               de volonté, comme après une course dans le vent âpre et\n               lucide d'un jour de gel.\n   Et, en réalité, quel élégant et raffiné plaisir, à la muette contemplation\nde nobles et gracieux acrobates, se déployant, sans efforts ni grimaces, en\nagiles et souples exercices! D'esthétiques chevaux, d'une fière et nerveuse\nallure, les sveltes écuyères, la charmante et narquoise bonhomie d'une pan-\ntomime me ravirent, et jusqu'aux saillies inimprévues des intermèdes.\n   Sans vergogne, je me réjouissais à la vue d'un fantasque Figaro barbouil-\nlant ses pratiques, d'une munificente savonnée, des pieds à la tête,— lorsque\nmon jusqu'alors très immobile voisin de stalle se retournant à demi, me\ntoisa d'un air vague, d'une presque imperceptible impertinence.\n   A mes yeux, l'arène et ses fêtes, soudain, disparurent et s'échafauda un\nde ces rêves véhéments et trop brefs qui jaillissent au hasard des rencontres,\nde quelque fortuit côte à côte, car, certes, me coudoyait, ce soir-là, une de\nces créatures qu'il serait si follement désirable d'émouvoir.— Un Chérubin,\nmoins naif encore, sec, anglais, vêtu d'un costume gris, aux teintes mates,\n"}, {"page_pdf": 280, "page_imprimee": 243, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "                                 -   243   -\n\n\nd'une luxueuse sévérité, — un adolescent fumant son cigare, avec le\nsuprême et définitif insouci de ce qui l'entoure, de cette foule, de ces jeux,\nordonnés pour lui plaire, — avec une froideur distraitement frondeuse et\nsi jolie.\n   Sa fine tête, d'une énergie paradoxale et silencieuse, trouée de clairs et\nfixes yeux impassibles et déjà revenus de tout, se coiffe d'un chapeau aux\nbords étroits, sceptiquement crâne.— Une silhouette de la plus préméditée,\nde la plus acide simplicité et charmante d'incisive et pourpensée\ninsolence...\n    Pourquoi, comment ces correspondantes lignes d'un poète anglais\nsuranné, traduites, jadis, me furent-elles remémorées, sinon ainsi qu'un\nocculte et mental hommage à ce magnifique indifférent? — « Qui décon-\ngèlera tes lèvres glacées? Qui amollira l'arc inflexible et mince de ta\nbouche? — De ton cœur polaire, — un froid rayonne, invincible, qui me\npénètre et m'intimide... C'est, pourtant, dans une coupe nouvelle, taillée\nen un cristal vierge et translucide, — un breuvage que tu ignores, empoi-\nsonné et subtil, et mortel, sans doute, mais enivrant...\n    « Oh ! écoute ! — tous les mots n'ont pas été dits ! Il y a quelque chose\ndans l'ingénuité de cet amour, — digne de tenter une âme telle que la\ntienne!.... »\n\n                                     II\n\n   Ma jeunesse s'est épuisée, toute, parmi l'interlope population d'un quar-\ntier infâme de cette fabuleuse capitale maritime.\n   Une affolante odeur régnait là, de viol et de démence. — Les assassins\nsournois, les retors et compliqués escrocs, les proxénètes cosmopolites me\ntutoyaient, fraternellement et bavardes, les filles se pendaient à mon bras et\nme racontaient leurs naïves et turpides amours. De timides jeunes garçons,\nfloraison électrique et troublante de ces vénéneux parages, me confiaient,\nen rougissant, leurs secrets équivoques... — Ils m'aimaient car j'avais, à\ncette époque, une étrange éloquence hallucinée, des excuses pour toutes les\nhontes, des baisers pour toutes les lèvres...\n   Et, je suis sorti de ce ghetto, plus pur, avec une fierté grandie, incor-\nruptible comme l'acier trempé dans la flamme et dans la boue; — mais,\nquels inavouables regrets !\n                                     III\n\n  Ne me considérez pas, adorable et odieuse amie, — ne me considérez\ndonc pas ainsi, car aujourd'hui, quoique vous ne le deviniez point et que\n"}, {"page_pdf": 281, "page_imprimee": 244, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2515, "texte": "                                  — 244 —\n\n mes yeux vous soient plus imperméables que jamais, je déteste votre douce\n présence! Ne froncez pas le sourcil, ne vous étonnez plus de mon\n mutisme... Oui, ni vos beaux yeux dédaigneusement étonnés, ni vos\n exécrables et délicieuses lèvres boudeuses, ne m'émeuvent, le moins du\nmonde, ce soir!\n   Taisez-vous, indocile enfant ; laissez-moi oublier le but trop positif de\nvos nobles attitudes rêveuses!... Je pourrais, oui, je pourrais, si je voulais,\nvous narrer de merveilleuses histoires, incompréhensibles pour vous et qui,\npourtant, vous raviraient.!... Des contes singuliers et terribles dont vous\nvous effraieriez autant que de mes yeux, lorsque je vous regarde fixement;\nlorsque je vous regarde sans vous voir, comme si vous n'étiez pas, vrai-\nment, mon exaspérante, mon angélique amie.\n   Et, en vérité, il me semble le découvrir seulement, à cette heure, mon\nunique adorée, — cher cygne qu'il faudra bien se résoudre à étrangler, pour\nen tirer quelque harmonie! — je crois ne vous avoir jamais aimée ! Je fus\nla dupe, sans doute, de l'outrance naturelle aux gens de ma sorte...\n   Ah ! ah ! j'en suis sûr, maintenant, divine ignorante, — je n'ai jamais\naimé que mon esprit extravagant, mon esprit diabolique, mon bizarre et\ntriomphal esprit !\n\n                                      IV\n\n                               LE PAUVRE\n\n    Ce mystérieux pauvre obsédait ma pensée. Son attitude d'indigence\nfière, ce salut équivoque et presque cérémonieux aux passants, ce salut\nmuet et 'son regard, surtout, qui s'étrangeait de lui-même, se fixait plus\nhaut et plus loin, distrait et ignorant de l'acte honteux auquel d'inouïes\ninfortunes le condamnaient sans doute.\n    Adossé à la grille du Palais, il me rappelait ce vétéran des armées de\nLouis Quatorze qui, lassé de sollicitations vaines, mendiait, — singulier\ndisparate parmi ces géométriques ordonnances, — à Versailles, la croix de\nSaint-Louis sur la poitrine. — Celui-ci, dans sa posture d'insolite misé-\nrable, dégringolé aux bas-fonds sociaux et qui semblait se roidir contre tel\norgueil insurgé, m'apparaissait, — analogie inévitable, — comme un servi-\nteur délaissé du monarque, méconnu, victime de la parcimonie royale\net protestant ainsi en silence, — sans nulle humilité, d'ailleurs.\n    A mon quotidien passage, il m'honorait de son vaguement solliciteur\n coup de chapeau. Mon désir de lui dispenser quelque modique aumône,\n s'intimidait des imaginations réveillées à sa vue, et dont l'évidence me fut\n"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 245, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2230, "texte": "                                 — 245 —\n\nbientôt, irréfragable. Je pressais donc toujours le pas, à cet endroit, malgré\nle léger remords suscité par cette petite lâcheté. Cette manœuvre journa-\nlière, n'échappa point au déshérité, mais il me continua sa solennelle\net gratuite politesse, dédaigneusement.... — La vergogne me prit, à la fin,\nde mon apparente insouciance pour le malheur de ce déchu et n'osant,\npourtant, hasarder la banale obole, à ma prochaine survenue, je répondis\nà son accoutumée salutation, en lui tirant mon chapeau, — très-bas.\n\n\n                                      V\n\n                                  LA VOIX\n   — Quel homme es-tu donc ?\n   « L'ami que tu chérissais d'une si fervente et tyrannique affection, dont\ntu appréhendais l'absence avec crainte et tremblement, tu l'as perdu; —\ncette main que, si souvent, tu serras, se décompose dans la terre fétide, —\net toi, tu vis !\n   « Cet autre, tu l'abandonnas sur le chemin pour ce futile motif qu'il\nt'aimait trop, car sa soumission te devint insupportable et tu mis en oubli\ntes promesses et la gratitude jurée...\n   « Et celle, enfin, à laquelle ta passion furieuse et ridicule, élevait de si\nsûrs, de si indestructibles piédestaux? Et... — Quel homme es-tu donc? »\n   J'allais m'écrier avec colère : — « Impertinent! » — lorsque, je ne sais\npourquoi, ma superbe, tout à coup s'évanouit et me prosternant, je\nrépondis : — Hélas! je suis un homme!\n\n\n                                      VI\n\n                                LE TOAST         .\n   A la fin du repas, dans la salle tout imprégnée du fumet du gibier, du\nvin, du café et des liqueurs, chacun ayant porté son toast au généreux\namphytrion, illustré ses mérites et l'impeccable science de son œuvre, en\ntermes magnifiques, solennels ou ingénieux, une gêne singulière s'appe-\nsantit.\n   Et, instinctifs, les regards des convives convergèrent sur un jeune poète,\ncélèbre, à la vérité, pour sa taciturnité, mais dont le mutisme, pen-\ndant cette fête confraternelle, dépassa les bornes de l'extraordinaire.\n   — Un silence attentif, d'ailleurs, ni affecté, ni contraint et qu'il portait\navec une désinvolture parfaite.\n                                                                       16\n"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 246, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 870, "texte": "                                   — 246 —\n\n  Mais, vraiment, ce soir-là, il irritait : — il eût, certes, pu rompre son\nvœu; à l'exemple de ses amis, commémorer les succès du héros de la\nréunion.\n  — Ne porteras-tu donc pas un toast, toi aussi, mon cher Harpocrate?\nSilenciaire obstiné! — Stylite de tes rêves, vassal de ta pensée, au milieu\ndes saines joies qui t'environnent!... s'exclama, se faisant le jovial inter-\nprête de l'indignation générale, un critique grandiloquent et replet.\n  — L'interpellé ainsi, sourit sans raillerie et sans courroux, et se levant\n— après un geste de vague acquiescement et un circulaire salut, — il\nsouleva sa coupe et du ton le plus simple, d'une voix dont la fraîche ingé-\nnuité tinta à l'égal du cristal des verres :\n  — Je bois — à la sincérité!\n                                                      DELZIRE MORIS.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 246, "page_fin": 248, "titre_corps": "Chronique littéraire : L’Âme des choses", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L Annuaire du Caveau", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 283, "page_imprimee": 246, "debut_caractere": 870, "fin_caractere_exclue": 2549, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n         L'Ame des choses, par HECTOR CHAINAYE. — Paris, Vanier, éditeur.\n\n\n               Les choses paraissent divines à ceux qui peuvent comprendre\n                leur infinie tendresse; elles pénètrent en eux naturellement,\n                par leur force même et correspondent à tous les besoins de\n                leur esprit ». On verrait, à tort, dans le titre de ce livre et\nle passage que nous venons de citer, le moindre indice de tendances pan-\nthéistes.\n   M. Hector Chainaye immatérialise, en quelque sorte, les choses, leur\nconfère d'occultes missions, les considère ainsi que des médiums, — comme\nles signes vibrants et émus des joies ou des catastrophes futures. —\nOserait-on dire, d'une façon paradoxale mais juste, que son objectivisme\nest tout subjectif?\n   — Il y aurait, peut-être, un curieux parallèle à établir entre lui et\nl'auteur de la Princesse Maleine. Tous deux voient, avec intensité, le rôle\ntyrannique des choses dans les événements sublunaires, le sens mystérieux\ndes phénomènes, l'attitude hermétique du monde extérieur, les cauche-\nmars et les hallucinations, précurseurs de désastres.\n   Cette similaire orientation d'esprit de deux très dissemblables tempéra-\nments diverge, bientôt, d'ailleurs.\n   On pourrait reprocher à M. Maeterlinck, l'un peu palpable évidence,\nl'intervention trop précisément météorique de ses présages, la mécanique\ninimprévue et à la longue, monotone, des aperceptions de ses personnages.\n    Cette intrusion des contingences revêt, dans l'Ame des choses, des modes\nplus compliqués, moins mélodramatiques et frappants.\n    M. Maeterlinck traduit ces divinations en un style courbaturé d'effroi,\n"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 247, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3239, "texte": "                                  — 247 —\n\nnoir et verdâtre et qui évoque l'idée de maléfiques mixtures chimiques,\n par de prodigieuses contractions de pensée, de lapidaires ellipses, de laconi-\nques éclairs, phosphoreux et livides. Sa période, violente, d'une concision\npicturale, est congelée, hérissée d'angoisse.\n   Chez M. Chainaye, la phrase prismatique, blanche de givre et de\nlumière, tremble, semble charmée; elle s'électrise à la surprise de tout\ncet inconnu qu'elle suscite ; elle marche lentement, d'un pas somnambu-\nlique, parmi ces inouïes régions lunaires, dans cette magnétique atmo-\nsphère de suggestions et de rêve, comme si elle craignait voir, tout à coup,\nà un mot trop brutal, s'évaporer l'univers enchanté, la féerie dont, timide-\nment, elle lève les voiles. — Pareille aux cygnes du lac d'Isoeil, elle « glisse\nsur le silence ».\n   Le conte par lequel s'ouvre le recueil, et d'un si insinuant contour,\nrésume bien la manière de M. Chainaye : — les adjectifs caressent, frôlent,\nles mots s'ouatent : c'est comme la capricieuse chute, assoupie et frêle, d'une\nneige douce et très pure.\n   Cette chambre de malade, tout embaumée de calme et de tendre paix,\nouvre ses fenêtres sur les gloires du parc et des étangs limpides; la voix des\nchoses s'y élève, y parle à la convalescente qui, affinée et spiritualisée par\nla douleur, la perçoit et la comprend. Pendant les heures de fièvre ou de\ndétente, tout l'entretient, en ce décor fantomatique qui, plus compréhensif\nque les gens, toujours inopportuns, — prend la couleur de ses rêves, et\nfinalement, la réconcilie avec la vie.\n   — Il y a là quelques pages d'une surprenante beauté, profondément\noriginales, et où sont incarnés le plus subtil, l'insaisissable de vagues sen-\nsations, d'émotions indéfinies et ténues.\n   Une seconde nouvelle, la Cage aux bêtes, d'une teinte plus sombre,\nd'une écriture plus accusée, procède de la même inspiration :\n   — Walther, le doux poète passif, interné dans sa cité natale, hostile,\nparmi d'incompatibles et hargneux bourgeois, déserte ces milieux pratiques.\nMais, à peine installé en la solitude conquise, « il sentit un vide' en lui.\nUne force lui faisait défaut. Et il comprit alors, que la haine comme l'amour\nretient à la vie, et, qu'aussi bien que les êtres aimés, nos ennemis occupent\ntyranniquement leur place dans notre cœur et notre cerveau ». —\n   Cependant, un soir de lassitude, au crépuscule, ses odieux concitoyens,\nles Maîtres des corporations et le Poète de la ville découvrent sa retraite et\nlui arrachent la promesse d'un retour prochain.\n   Après les avoir reconduits, et rentrant, tout, jusqu'à son chien, lui paraît\ns'être étrange de lui. Dans la posture, à cette heure ennemie, des choses\nfamilières, il déchiffre il ignore quelle réprobation.\n   Il éteint la lumière dont l'éclat l'épouvante et est non loin de s'assoupir,\nlorsque ses visiteurs de tantôt se représentent, mais démasqués, cette fois,\nde leur hypocrisie, étalant la hideur de leurs âmes de boue et de rancune.\nEt, tandis qu'ils parlent, leurs visages se métamorphosent, le vernis s'écaille,\nleurs authentiques silhouettes transparaissent. Aux yeux aliénés de Walther,\nla salle se remplit de fauves, d'ours, de loups et de renards, dont les\n"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1101, "texte": "                                    — 248\n\nprunelles sanguinaires fulgurent de convoitise et qui efforcent leurs gueules,\naltérées de carnage, vers le coin où il s'est réfugié.\n   Mais, par un violent effort de volonté, il les maîtrise, les dompte et\ns'évade, au dehors : — « Demain, dit-il à son chien, demain nous partirons\npar là. Peut-être les autres hommes sont-ils moins cruels ».\n   — Les poèmes en prose qui complètent l'Ame des choses, sont trans-\ncrits en la même langue fluidique et sensibilisée : — Hunald, un blanc\nchef-d'œuvre d'élégante grâce, discrète et fine; la Lune assassine; les\nAmis; la Fin du monde; le Rêve des eaux, d'autres encore, à tirer hors\nde pair et d'une réussite magnifique de précise justesse. On trouvera, certes,\nen des pages telles que celles-ci, la victorieuse légitimation de cette forme si\ndiscutée, de cette forme ambiguë du poème en prose qui permet la réalisa-\ntion littérale de ces ondoyantes songeries, auxquelles le vers, trop strict et\ntrop net, répugnerait.\n                                                       ARNOLD GOFFIN.\n\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 248, "page_fin": 250, "titre_corps": "Chronique littéraire : L’Annuaire du Caveau verviétois", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Puck", "ancre_debut": "L Annuaire du Caveau", "ancre_fin": "PUCK", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 285, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 1101, "fin_caractere_exclue": 3023, "texte": "L'Annuaire   du Caveau    Verviétois.\n   Le dixième Annuaire du Caveau Verviétois est divin. M. Karl Griin,\nun esthète du sarcophage, se révèle comme un poète erotique digne de\nl'Anthologie grecque.\n   Voici comment M. Karl Grün entend l'érotisme en prose :\n   « Un pourfendeur de l'érotisme en littérature a dit quelque part : « Soyez\ndes hommes et non des mâles ». J'avoue humblement qu'il me serait bien\ndifficile de ne pas être un mâle, surtout à certaines heures. L'amour plato-\nnique ne me sourit pas. Les théories sur l'abstinence m'ont toujours semblé\npeu sincères et applicables seulement par ceux que la nature a conformés\nd'une façon anormale. Le système de Malthus est aussi condamnable que\nla fabrication des ténors pour la Chapelle Sixtine        Il faut évidemment\nune certaine réserve dans les rapports sociaux, quoiqu'au fond toute mise\nen œuvre d'organes soit naturelle, par conséquent estimable\n\n   « Il est des auteurs qui croient condamner l'extase amoureuse chez\nl'homme en disant qu'elle existe aussi chez les animaux, chez les oiseaux, par\nexemple, qui se parent alors d'un beau plumage et qui chantent à gorge\ndéployée. Qu'est-ce que cela prouve? Que l'homme a beaucoup de choses\ncommunes avec les animaux ? »\n   Il faut évidemment une certaine réserve dans les rapports sociaux, mais\nnotre plume n'est pas assez Malthusienne pour refuser un hommage abon-\ndant aux théories de M. Karl Griin. Cependant en cette matière, comme\nen beaucoup d'autres, les théories ne suffisent point. Passons donc à l'ap-\nplication, et suivons M. Karl Griin dans ses pérégrinations amoureuses.\n   L'esthète de la Vesdre commence par l'Antiquité. Il champalise le nommé\nPraxitèle, — un Grec qui vendait des « postures » — et ne se gêne pas pour\ndépiauter sa Vénus, cette déesse sans pudeur\n                Couvrant de ses deux mains de vieilles bagatelles,\n               Dans un geste effrayé qui manque de grandeur.\n"}, {"page_pdf": 286, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2466, "texte": "                                  — 249 —\n\n  Mais la vieille Hellas n'arrête pas M. Karl Grün, qui, suivi d'une foule de\n                  Jeunes gens affamés d'être an jour citoyens,\net tout en gardant dans ses rapports sociaux la même réserve que\nM. Carnot, fait irruption dans le monde moderne.\n   Il se promène dans les endroits chic où M. Georges Rodenbach mène\n ses brebis :\n                            La ville avec son falbala.\n                            Ses équipages à la file\n                            Conduits par des cochers-gala.\n  Alors, comme il lui serait bien difficile de ne pas être un mâle, surtout\nà certaines heures, M. Karl Grün, continuant à garder la même réserve\ndans ses rapports sociaux, s'abouche avec huit exemplaires du type féminin,\n— successivement, bien entendu.\n  Il négocie d'abord avec une mondaine (voir Georges Rodenbach, passim)\nqui, tout en cultivant la ressemblance peu banale « d'un camellia ensan-\nglanté par l'hiver », a le tort d'être dure pour ses amis du peuple,\n                 Et, le geste hautain, leur montre ses talons.\n\n   Le charme se rompt, et ron ron ron, petit patapon, M. Karl Grün, tou-\njours sans se départir de la réserve qui convient aux rapports sociaux,\ns'adresse à une humble institutrice. Mais s'apercevant que « la vogue la\nmet au dessous de l'actrice », M. Karl Grün, après lui avoir assuré un\ntraitement d'attente, offre son cœur à une bourgeoise :\n                  Bourgeoise, active abeille, elfe de nos maisons.\n   Mais voyez le chiendent :\n                 Le soir en falbalas, le matin dans la crotte,\n                 La bourgeoise croupit dans l'uniformité.\n   M. Karl Grün passe outre, et lance un œil, — un Redon — à une\n ouvrière. Malheureusement,\n                     Elle est à son travail, sans souci des bouffons.\n    Une hétaïre nommée Caoutchouchou, à cause de sa facilité à jouer\n chemin de fer de ceinture, et une écuyère qui <c apparaît dans son tricot\n collant » ne parviennent pas à « lever » l'esthète verviétois. Une poissarde\n à la raie irréprochable est sur le point d'y arriver, mais M. Karl Grün\n s'aperçoit, avant de se mettre en frais, que\n                       C'est un salmigondis de femme et de gendarme.\n    Il se sauve à toutes jambes devant ce bonnet à poils et tombe sur une\n  dévote, en train « d'user le pavé de son front défrisé ». L'esthète entre dans\n  une violente colère :\n                        Ce cloporte en jupons n'a plus rien de la femme.\n"}, {"page_pdf": 287, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 542, "texte": "                                   — 250 —\n\n  Et, à l'heure funeste où\n                          Le droit civil n'a plus qu'un faible râle\n\nva se réfugier dans « l'œil ouvert d'une amie » grâce à laquelle il pourra\n                                         faire\n                          Avec ou sans notaire\n                          Vagir un doux berceau.\n   Puis M. Karl Grün s'endort d'un sommeil réparateur.                  Do, do,\nl'esthète do.\n                                                                      PUCK.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 250, "page_fin": 254, "titre_corps": "Chronique artistique : Le Salon de l’Essor", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Albert Arnay", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "ALBERT ARNAY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 287, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 542, "fin_caractere_exclue": 2657, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                           LE SALON DE L'ESSOR\n\n              En vérité, je ne sais trop pourquoi je viens d'écrire ceci, car ce\n               ne sont pas les tentures vétustes, ni les sièges biscornus que\n               l'on y voit, qui vaudront à cette exposition le titre de « Salon » ;\n               et, s'ils s'appellent Essoriens, les membres de ce cercle ne sont\nrien moins qu'essorant. L'Essor! c'était bon au temps jadis, lorsque sur les\ncatalogues — plus vierges, quoique moins blancs qu'à présent — éclataient\nces noms prestigieux : Degroux, Schlobach, Van Rysselberghe, etc., —\nnoms de jeunes, pleins de promesses sinon de talent, qui portaient en eux\nla conscience de leur force et sentaient la personnalité les mordre au cœur.\nOh! oui ce temps est loin, plus loin que les neiges du bon Villon et que le\nvert paradis des amours enfantines, dont parle Baudelaire. Ceux qui\nvalaient ont disparu du cercle un à un; quant aux autres, nous les voyons\nenlisés, pour la plupart, dans une nuit sans réveil. Ce qu'ils appellent leur\nart est devenu une simple habitude, un simple passe-heures. Aucune des\nquestions esthétiques agitées autour de nous, et qui resteront les plus beaux\njoyaux au front de cette fin de siècle, n'a le privilège de les préoccuper.\nLeur peinture est compassée, sanglée tel un bourgeois dans sa redingote ;\nelle a le sourire jaune des choses à leur déclin, la tranquillité dangereuse\ndes académiciens. Ce qui manque surtout à ceux dont j'aurai à parler, c'est\nla jeunesse, l'enthousiasme, ces fleurs ne fleurissant qu'une fois — proba-\nblement parce qu'elles sont le printemps du cerveau, le ciel criblé d'étoiles\nou l'azur de midi de l'intelligence. La jeunesse est pour ces peintres, au\nsens petit du mot, ce qu'elle était pour Tristan Corbière au sens élevé :\nC'est bon un jour, se sont-ils dit, et ils l'ont abdiqué à la hâte comme un\nvêtement incommode. Mais le châtiment n'a pas tardé ! Le cerveau s'est\nencrassé à cette indifférence et maintenant il n'est plus qu'une mer morte\noù, si l'on s'y penchait, on découvrirait bien autre chose que de l'asphalte.\n"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3205, "texte": "                                 — 251 —\n\n   Cependant il doit y avoir de l'asphalte aussi. C'est pour cela, sans doute,\nque ces messieurs voient tout en deuil et peignent de même. Qu'un nou-\nveau entre à l'Essor, et l'année suivante il broiera du noir avec plus de\ndésinvolture que Paul Bourget dans la caricature des Hommes d'aujour-\nd'hui. Après le noir — le vrai noir s'entend — viendront le cirage, le jus\nde tabac, le vert pituite, liés par une sauce non moins drôle. La couleur\ntype sera atteinte, et celui-là qui aurait peut être fait « quelqu'un » se\nnoiera dans sa marmelade comme Clarence dans sa barrique de vin. A quoi\ncela tient-il? Je renonce à l'expliquer. Pourtant les faits sont là — indé-\nniables — et l'on se demande comment les quelques artistes qui ont\néchappé à l'envoûtement général s'y sont pris pour ne pas déchoir.\n   Qu'on n'aille pas se récrier; j'atténue plutôt. On prouverait aisément le\nmanque de direction intellectuelle de ces peintres, au moyen de certains\ndétails de leur faire, mais je n'ai pas le temps d'entreprendre ce travail, et\nvoici un tableau qui complètera ma pensée. Pour titre : Coin intime,\nauteur : M. Georges.\n   Le sujet est très simple : un atelier blanchi de jour, au fond duquel un\nbonhomme en blouse brosse une toile. L'homme fume, ce qui n'est pas si\nridicule, mais que vient faire là le second personnage? C'est une femme,\nune bourgeoise très « été de la Saint-Martin » qui, les mains sur son tablier\nbleu, surveille, de sa chaise, la marche du pinceau. Voilà l'intimité. Eh\nbien ! je la trouve, moi, pitoyable. Ce peintre qui ouvre devant son cordon-\nbleu, me rappelle Henry Gréville cuisinant ses romans en même temps\nque son pot-au-feu, et je ne puis ne pas me dire que bien des Essoriens en\nsont arrivés là.\n   Plus pitoyable encore, le placard de M. Albert Dillens— un ancien\ncelui-là — baptisé : Déménagement en Zélande. On y voit une eau\nd'étoupe, des végétaux en fer blanc, des moulins condamnés à ne jamais\ntourner. Sur l'eau glisse une barque avec dedans des personnages, des\nustensiles. Les figures sont si rudimentaires que l'on se demande com-\nment elles ont été admises; quant aux ustensiles, ils ont certainement\nété copiés sur des modèles de boîte à jouets. La vie des choses échappe\ncomplètement à M. Dillens. Sa barque, coupée exactement en deux, parce\nque la moitié seulement doit être vue, ressemble à celles avec « Congo »\ndessus que les photographes disposent autour des bébés que l'on mène\nfaire risette devant leur appareil. Pour couleur de la fumée et du noir,\nmême dans les clairs — noir partout.\n   Puisque je parle de noir, je me débarrasse volontiers de M. Levêque qui,\nau lieu de vernis, emploie pour sûr de la laque. Il expose un Job. Je\ncherche encore lequel des personnages postés sur la toile est le vrai. Est-ce\ncelui au ventre pareil à une outre ? Et pourquoi dorment-ils tous dans ce\npaysage fatal dont on veut nous épeurer, comme on effraie les enfants en\nleur parlant de l'homme au sable?\n   Passons M. Bellis et ses Maréchal Niel au beurre noir, M. Vanden\nEycken avec ses chiens postiches, M. Seghers dont les Azalées pourraient\naussi bien être n'importe quoi, puis stoppons devant l'envoi de M. Hannotiau.\n"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3356, "texte": "                                  — 252 —\n\n Celui-ci est allé à Bruges (du moins il faut le croire, c'est de là qu'il date\nses toiles) et il n'y a vu que des femmes à mantes — sans calembour. Il en\nfourre partout, vues de dos généralement — ce qui évite de devoir faire\nune figure. Rapprochez ces femmes de celles signées Mellery ! Celui-ci en\ndessine de pareilles, seulement quand il nous montre le vêtement, il en fait,\nsi l'on peut dire, la philosophie. Ici rien de ce genre. Rien de plus drôle\nque le dessin intitulé Souvenir où, pour donner un air étrange à un cru-\ncifix, M. Hannotiau le représente sous la forme peu révérencieuse d'un\nhippocampe. Avec le sujet choisi, il y avait moyen de faire une œuvre de\nvaleur « disant » la poésie de certains coins de la cité au fier beffroi. Mais\npourquoi de la poésie? et tant piètre est son sens artiste, que M. Hannotiau\na flanqué le premier plan d'une femelle à l'instar de celles des diplômes de\nconcours agricoles. Un autre dessin — Déclin de jour — rappelle en\nlourd celui si fin mis par M. Fernand Khnopff en tête du livre de Grégoire\nle Roy. Quant aux pastels de M. Hannotiau... Animus meminisse horret.\n   Parlerais-je de M. Herbo? Le public est avec lui comme le Seigneur\navec les justes, et les intelligents sont fixés à son égard au moins autant\nque moi. Je veux dire un mot néanmoins du Portrait de Mme Caron.\n L'admirable tête dans la réalité ! Figure expressive, dont le repos même\nest un livre ouvert ; figure changeante au front en éveil, aux yeux profonds,\ndoux et terribles, énigmatiques aussi, aux narines palpitantes. Vous croyez\nvoir cela ici, détrompez-vous. M. Herbo a métamorphosé la grande\nartiste avec la facilité que mettait l'enchanteur du conte enfantin à méta-\nmorphoser une princesse en truie. Le front est rabaissé; les yeux, sans\nexpression, sont égarés comme d'une qui regarderait tourner des tables ;\nles lèvres manquent de chaleur, de sève. C'est faux, faux, et conventionnel\nà l'excès. Or, que penser de celui qui ne peut tirer parti d'un tel... modèle?\n   De son côté M. Duyck taquine les divinités païennes. Chacun son goût,\npas vrai ? Voici Diane. Les peintres d'autrefois se plaisaient à en faire une\nbeauté sauvage, jaillissant avec l'inattendu d'une fleur volontaire ou d'un\nmétéore illuminant la torpeur des forêts. M. Duyck en fait une serveuse de\ncafé-concert à l'heure du caprice ; chacun son goût encore une fois. Pour\nqu'on sache bien que c'est une chasseresse, M. Duyck a mis à ses pieds une\nbiche morte. Les vieux peintres, quand ils ne la montraient pas simplement\nau bain, faisaient voir Diane bandant son arc en un geste plein de grâce\nvigoureuse vers les fauves fuyant au loin. Je ne dis pas si cela me plaît\nmieux, je compare. Maintenant Diane aime les bois, c'est pourquoi\nM. Duyck lui fait faire des signes au paysage du fond qui, fort peu habi-\ntué de jouer à la forêt de Birnam, n'a pas l'air de comprendre ce qu'on lui\nveut.\n   M. Crespin a manqué sa vocation. MM. François, Le Bon et Taverne\nauraient bien fait lors des débuts de Coosemans et d'Asselberghs.\nM. Hamesse malmène des printemps et des automnes. M. Jelley a de\nvagues portraits, des paysages et des intérieurs soignés. Ici j'ouvre une\nréflexion. Les Essoriens abusent du macabre et je trouve que cela sent de\nloin le rapin. C'est ce qui me déplaît chez M. Lynen — un original au de-\n"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 253, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3368, "texte": "                                 — 253 —\n\nmeurant. Très bien, ses enluminures pour une légende de Ch. De Coster.\nPauvre terre, du même, une anthologie des misères et des vices, a des\ncôtés intéressants, des plans et parfois des tons à la Degroux. M. Ludwig\ndédaigne ces tons; il suit la bonne recette essorienne, ainsi que M. Mayné.\nOn connaît M. Van Damme-Sylva. Si on ne le connaît pas on pourrait le\nconnaître, autant que MM. Viandier et Devleeschouver M. Van Gelder\na le tort de songer à Raffaëlli. La toile de Mme Lacroix gagnerait a être\nrefaite. MM. Dierickx, J. et 0 . , sont également de vieilles connaissances.\nLe premier a des moyens d'exécution très simples : quatre bandes de\ncouleur = Soleil couchant; trois loques au haut d'un entonnoir signi-\nfient : Les nuages se déchirent aux cimes des monts. M. Dierickx, J.,\na fait, sous le titre modeste de Portrait, une sirène moderne qui, la figure\nbarbouillée de suie, attend les... pécheurs, devant un arbre, en effeuillant\nun bouquet. J'ai, d'ailleurs, oublié si ce sont des marguerites.\n   Il y a quelque chose dans la couleur de M. Ciamberlani, M. Houyoux\nmérite une mention pour avoir fait un parasol rouge, d'un rouge lumineux,\nchose rare à l'Essor. M. Neuhaus a une lumière approximative. M. Lacroix\nrefait les primitifs; ses droites manquent de mouvement alors que ces\nlignes en ont tant chez les primitifs qui mirent de la vie même dans l'arrêt\nde toute vie. M. Fichefet a un bon portrait ; par contre, je ne puis sentir\nsa « Fin de jour » qui devrait s'appeler « la femme aux pieds coupés » par\nopposition à « la fille aux mains coupées » du poète Quillard.\n   Je dois parler de M. Wollès, car il n'est pas le premier venu. S'il voulait\nquitter les sentiers battus !... M. Wollès a une façon de sentir assez pareille\nen délicatesse à celle des femmes, mais il la rend « mâlement ». Voilà\nsurtout ce qu'il a de caractéristique. Je ne serais pas étonné d'apprendre\nque cela est dû à une question de milieu.\n   Arrêtons-nous à M. Delville, peintre et poète. En poésie, il a découvert\nSaint-Jean le Théologien, le sombre ascète apocalyptique, dit-il; en pein-\nture il n'a rien découvert du tout: c'est heureux. Regardez ses portraits en\nvous souvenant des promesses que leur auteur donnait à sa venue, et dites\nsi ce n'est pas à désespérer de pouvoir espérer en qui que ce soit. Toutefois,\nM. Delville ne s'en est pas tenu là. Proche les portraits on voit un dessin\nimmense, aux proportions renouvelées de l'éléphantesque Piscine de\nBethsdide de Jean Quellin à Anvers. Le dit dessin s'appelle Cycle passion-\nnel. Le sujet en est pris à Dante, adorable idée rappelant l'exercice du\npeintre français qui s'est avisé un jour d'entoiler (sic) le don Juan aux\nenfers de Baudelaire. Outre qu'on doit laisser de pareilles œuvres dans\nl'état où elles furent révélées, M. Delville a mal digéré ce qu'il a lu. Il\ns'est dit, sans doute : l'Enfer est un « grand » poème, Dante est un « grand »\npoète, donc il faut les montrer en grand. C'est ce qu'il a fait, mais sans\nnulle grandeur, allez! Ce Cycle est un étal de têtes, de troncs, de bras, de\npieds jetés au hasard, avec des intentions canailles autour. Comme con-\nception, une fausse couche de Wiertz, comme exécution, une multiplication\nlaborieuse du géant Antigon de Jef Lambeaux.\n   Il me reste à parler de quelques peintres et je dirai ce que je pense d'eux\n"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 254, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2569, "texte": "                                  — 254 —\n\navec la sincérité dont je suis sûr d'avoir usé envers les autres. Dans cette\nexposition trois noms tranchent sur le tas : MM. Coppens, Dardenne, et\nFrédéric.\n   De M. Coppens j'aime les marines. C'est vu en artiste chez qui les sen-\nsations ne restent pas à fleur de peau. M. Coppens nous montre la mer des\nbeaux jours et il nous la montre d'une façon à laquelle il manque fort peu\nde chose pour être grande. Ses lointains se reculent — j'allais dire à perte\nde vue — dans un bain de clarté harmonieuse et profonde, et font songer\naux lointains du peintre japonais Kouniyoshi. La vie s'y joue en des\ndétours rendus savamment. Quand on a regardé ces toiles pendant quelque\ntemps, on se croit là bas, au bord de cette eau qui chante si doucement que\nc'est un songe exquis, sans Mignon ni Graziella.\n   L'exposition de M. Dardenne manque relativement d'unité. Autant de\ntoiles, autant de genres différents. Je serais le dernier à critiquer ces essais\nqui sont d'un ne voulant marquer le pas et qui ne le marquera. Le passé de\nM. Dardenne en est une garantie. Voyez maintenant ses paysages; ils\npalpitent, ils vibrent. Lorsqu'il appelle une toile Printemps, le printemps\ns'y avive vraiment au frisselis des feuillées. Coin d'étang est d'une poésie\nautomnale intense, blottie dans une belle gamme de couleur. Vossem, où\ns'épanouit la gloire des fleurs chauffées de soleil, le Bain des gosses —\nmauvais ce « gosses », — très lumineux, sont de bons numéros égale-\nment.\n   M. Georges Destrée signalait ici, l'an dernier, les titres de M. Frédéric.\nJe n'en retrancherai rien. Cette fois encore ses dessins marquent davantage\nque sa couleur — fraîche, exubérante et calme en même temps, mais moins\npersonnelle, je trouve. Le Ruisseau est d'une conception non banale. La\ncaressante farandole de chairs roses, sertissant des yeux bleus, farandole\nqui se déroule au fil de l'eau joyeuse parmi le paysage sourieur! Les dessins\n— faisant « l'historique » du pain — révèlent des mouvements pris sur\nle vif, des attitudes étonnamment réelles mais quasi épiques, des gestes,\ndes regards, des ambiances, dont l'expression est d'un maître. Puis, quelle\ndiversité dans les noirs, et la lumière et la vie des choses !\n   La sculpture à l'Essor est bien pauvre. Bustes, médailles, chevaux,\nsoldats, nourrices, escrimeurs et garde civique, tel en est'le bilan. Cela est\nsigné Braecke, De Vreese, J. Dillens, Keiler, Lagae, Samuel — noms\nconnus que chacun appréciera à sa façon.\n                                                          ALBERT ARNAY."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 255, "page_fin": 256, "titre_corps": "Chronique musicale : Quatrième Concert populaire. Hans Richter", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique musicale", "signature_source": "Intérim", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "INTERIM", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 292, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 2828, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n       QUATRIÈME CONCERT POPULAIRE. — HANS RICHTER.\n\n\n              Comme Joseph Dupont l'a très justement dit, au banquet qui\n               réunit, en l'honneur de Hans Richter, après le dernier Concert\n               populaire une trentaine d'artistes et de littérateurs, le célèbre\n               chef d'orchestre, interprète si consciencieux que son talent\ns'élève presque à la hauteur du génie créateur, filial dépositaire, pieux\ndétenteur des traditions du Maître, est venu apporter à Bruxelles, l'âme\nmême de Richard Wagner.\n    Hans Richter est, pour ainsi dire, le plus fervent chevalier du Graal\nwagnérien.\n   Nous avons fréquemment assisté à de fort remarquables exécutions de\nla musique du maître saxon, mais jamais ces exécutions n'ont revêtu pareille\nclarté. Les derniers voiles qui offusquaient çà et là les formes aussi pures\nqu'originales des chefs-d'œuvre, sont tombés pour toujours et ceux-ci\nnous apparaissent à présent dans toute leur splendeur.\n   A ce propos on a parlé de prodige, de révolution, de radicale métamor-\nphose de l'orchestre, et des Botocudos, conseillers communaux, Sorrentins\net Sorrentines, dénigreurs plus grotesques que malfaisants, ont même été\njusqu'à opposer la « manière » de Hans Richter à celle de Joseph Dupont.\nOr, rien n'est plus injuste, plus faux, plus extravagant.\n   Hans Richter, quels que soient son prestige et sa science, n'aurait jamais\nobtenu, comme c'est le cas, après deux répétitions et un raccord seulement,\nune interprétation aussi nette, aussi fouillée, aussi lumineuse, si l'orchestre\nn'avait été initié de longue date par Joseph Dupont, au génie du grand\nnovateur allemand et rompu, sans cesse, grâce à notre éminent compa-\ntriote, aux grosses difficultés techniques inhérentes à l'exécution de par-\ntitions luxuriantes entre toutes.\n   On peut affirmer que Joseph Dupont avait préparé et entraîné ses\nmusiciens de telle façon, que lorsqu'il a cédé le bâton de mesure à son\nillustre collègue allemand, l'orchestre est entré d'emblée, sans hésitations\net sans repentirs, dans les intentions complémentaires de Hans Richter. En\nd'autres termes, Joseph Dupont avait achevé le tableau, et c'est Hans\nRichter qui a procédé au vernissage. Et si cette séance compte parmi les\nauditions musicales mémorables, il faut en rapporter l'éclat et la réussite,\nau moins autant qu'à son illustre confrère autrichien, au vaillant et\nopiniâtre directeur des Concerts populaires, à l'artiste convaincu, depuis\nplus de trente ans le principal promoteur de notre régénérescence musicale.\n   La part des mérites respectifs étant établie, rien ne nous empêche de\nreconnaître la prodigieuse virtuosité du chef d'orchestre allemand. Les\npages les plus touffues de Wagner, par exemple l'ouverture des Maîtres\n"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 256, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 955, "texte": "                                — 256 —\n\nChanteurs, contractent une limpidité extrême, les thèmes se détachent avec\nune précision insoupçonnée, le tout revêt une allure quasi-classique. Rien\nn'est laissé au hasard, aucun bafouillage, les instruments chantent et con-\ncertent sans agitation intempestive. Le calme olympien, la sereine vigueur,\nl'imperturbable équilibre du chef sûr de sa force, inspirent une confiance\nabsolue à ses acolytes.\n   Religion de Parsifal, lancinantes amours de Tristan, héroïsme des\n Walkyries, et la divinité qui s'humanise, de Wotan ; et même l'impor-\ntance académique des Maîtres Chanteurs; l'orchestre a superbement\nexprimé ces diverses caractéristiques.\n   Emile Blauwaert, le Gurnemanz des dernières représentations de\nParsifal, à Bayreuth, a chanté d'une voix robuste et mordante, qu'on eût\nvoulue plus tendre par moments, les pathétiques adieux de Wotan.\n\n                                                       INTERIM."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 257, "page_fin": 260, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "sa faulx", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 82, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 93, "fin_caractere_exclue": 133, "texte": "Louis Artan, le peintre de marine, vient"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 180, "fin_caractere_exclue": 220, "texte": "de mourir. Comme presque tous les artis-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 271, "fin_caractere_exclue": 314, "texte": "tes sincères, n'ayant pas travaillé pour la"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 360, "fin_caractere_exclue": 399, "texte": "renommée bourgeoise, il s'en va presque"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 449, "fin_caractere_exclue": 492, "texte": "ignoré, connu de la seule élite qui s'inté-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 540, "fin_caractere_exclue": 584, "texte": "resse encore à l'art et sait discerner quel-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 628, "fin_caractere_exclue": 667, "texte": "ques œuvres parmi l'universelle caboti-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 715, "fin_caractere_exclue": 757, "texte": "nage de notre époque. A l'heure où un mar-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 808, "fin_caractere_exclue": 849, "texte": "chand de loques, résumant tout le goût de"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 893, "fin_caractere_exclue": 932, "texte": "sa caste, trouve de quoi payer un Meis-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 933, "fin_caractere_exclue": 973, "texte": "sonier huit cent et des mille francs, il"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 974, "fin_caractere_exclue": 1017, "texte": "meurt pauvre, sans cette gloire de l'or qui"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1104, "fin_caractere_exclue": 1133, "texte": "fait la renommée aujourd'hui."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1402, "fin_caractere_exclue": 1441, "texte": "Voici le Waux-Hall ouvert, les rêveuses"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1534, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "valses allemandes sous les ombrages noc-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1666, "fin_caractere_exclue": 1709, "texte": "turnes par les soirs tièdes d'été. De plus,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1796, "fin_caractere_exclue": 1836, "texte": "un programme admirable : tous les jeudis"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1931, "fin_caractere_exclue": 1968, "texte": "concert extraordinaire et audition de"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2062, "fin_caractere_exclue": 2107, "texte": "musique des écoles russe, française et belge."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2291, "fin_caractere_exclue": 2332, "texte": "Rops ne fait plus de frontispices, ce qui"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2333, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "explique pourquoi il ne tient pas ses pro-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2376, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "messes envers la Jeune Belgique. Voici ce"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2418, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "qu'on lit sur un prospectus trouvé à"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2513, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "Namur :"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2618, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "Immense succès"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2697, "fin_caractere_exclue": 2699, "texte": "LE"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2780, "fin_caractere_exclue": 2790, "texte": "ROPS-BORRY"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2875, "fin_caractere_exclue": 2893, "texte": "breveté S. G.D. G."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2957, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "Immense succès : le meilleur de tous les"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3045, "fin_caractere_exclue": 3087, "texte": "produits pour obtenir un vin exquis de 8 à"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3133, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "îo centimes le litre."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3402, "fin_caractere_exclue": 3442, "texte": "Stoumon et Calabrési ont trouvé la place"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3494, "fin_caractere_exclue": 3534, "texte": "bonne; ils conservent la direction de la"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3585, "fin_caractere_exclue": 3624, "texte": "Monnaie et, pour amadouer les critiques"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3677, "fin_caractere_exclue": 3717, "texte": "grincheux, annoncent qu'ils ont signé le"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3763, "fin_caractere_exclue": 3804, "texte": "traité qui Leur accorde le droit de jouer"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3854, "fin_caractere_exclue": 3879, "texte": "Siegfried, l'an prochain."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 179, "texte": "M. Dietrich a exposé ce mois au Cercle"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 228, "fin_caractere_exclue": 270, "texte": "artistique, une série de splendides repro-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 319, "fin_caractere_exclue": 359, "texte": "ductions photographiques d'après les ta-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 408, "fin_caractere_exclue": 448, "texte": "bleaux des principaux musées. Elles sont"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 497, "fin_caractere_exclue": 539, "texte": "dues à Braun de Paris. Il y a entre autres"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 588, "fin_caractere_exclue": 627, "texte": "des Rembrandt, des Velasquez, des Peru-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 676, "fin_caractere_exclue": 714, "texte": "gino admirables; ce sont de véritables"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 763, "fin_caractere_exclue": 807, "texte": "œuvres d'art où toute la magie de l'original"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 856, "fin_caractere_exclue": 892, "texte": "est rendue d'une façon merveilleuse."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1069, "fin_caractere_exclue": 1103, "texte": "Voici pour ceux qui espèrent en un"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1182, "fin_caractere_exclue": 1224, "texte": "grand théâtre populaire où se régénérerait"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1273, "fin_caractere_exclue": 1308, "texte": "un art plus vaste et plus général :"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1360, "fin_caractere_exclue": 1399, "texte": "A Kussnacht, sur le lac des Quatre-Can-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1490, "fin_caractere_exclue": 1533, "texte": "tons, en Suisse, on vient de constituer une"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1623, "fin_caractere_exclue": 1665, "texte": "Société dramatique qui se propose d'exécu-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1758, "fin_caractere_exclue": 1795, "texte": "ter en pleine campagne le « Guillaume"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1885, "fin_caractere_exclue": 1930, "texte": "Tell » de Schiller. — La tragédie sera repré-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2017, "fin_caractere_exclue": 2061, "texte": "sentée sur le territoire même où, d'après la"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2156, "fin_caractere_exclue": 2199, "texte": "légende, le héros, grâce à son courage jeta"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2248, "fin_caractere_exclue": 2288, "texte": "les bases de l'indépendance de son pays."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2469, "fin_caractere_exclue": 2512, "texte": "Il y a l'Abbé Constantin, mais il y a aussi"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2561, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "la Bête humaine. Voici à ce sujet du Sarcey"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2653, "fin_caractere_exclue": 2675, "texte": "francuistre toujours :"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2727, "fin_caractere_exclue": 2767, "texte": "Que vous dirai-je? J'ai pris le livre un"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2816, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "soir en attendant l'heure du théâtre. Je l'ai"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2910, "fin_caractere_exclue": 2953, "texte": "laissée passer, continuant ma lecture, et à"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3002, "fin_caractere_exclue": 3043, "texte": "trois heures du matin, je me suis surpris"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3092, "fin_caractere_exclue": 3131, "texte": "encore lisant ce roman, et n'ai pu être"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3180, "fin_caractere_exclue": 3220, "texte": "chassé dans mon lit que par ma lampe qui"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3269, "fin_caractere_exclue": 3307, "texte": "m'a abandonné en chemin. C'est le seul"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3356, "fin_caractere_exclue": 3398, "texte": "roman de Zola qui m'ait ainsi tenu sous le"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3447, "fin_caractere_exclue": 3492, "texte": "joug; j'ai pris, quitté et repris l'Assommoir"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3541, "fin_caractere_exclue": 3583, "texte": "avec une curiosité éveillée, mais non pas-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3633, "fin_caractere_exclue": 3675, "texte": "sionnée. Cette Bête humaine, elle est amu-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3725, "fin_caractere_exclue": 3761, "texte": "sante comme un roman d'Eugène Sue ou"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3811, "fin_caractere_exclue": 3852, "texte": "de Gaboriau. On veut en connaître la fin."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3904, "fin_caractere_exclue": 3942, "texte": "En voilà un nouveau système de lampe !"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3992, "fin_caractere_exclue": 4036, "texte": "très bon pour les critiques nocturnes ; elle"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 4086, "fin_caractere_exclue": 4130, "texte": "les chasse dans leur lit mais refuse d'aller"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 84, "texte": "coucher avec eux. Nous comprenons ça"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 134, "fin_caractere_exclue": 161, "texte": "lorsqu'il s'agit de Sarcey."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 411, "fin_caractere_exclue": 446, "texte": "Très beau numéro de juin du Mercure"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 497, "fin_caractere_exclue": 537, "texte": "de France : Stéphane Mallarmé, Mariana ;"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 586, "fin_caractere_exclue": 626, "texte": "Albert Jamain, Keepsake; Charles Morice,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 677, "fin_caractere_exclue": 714, "texte": "Sur l'Absente; Laurent Tailhade, Bal-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 767, "fin_caractere_exclue": 807, "texte": "lade ; Louis Dumur, A propos de l'accent"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 860, "fin_caractere_exclue": 901, "texte": "tonique ; Ernest      Raynaud, Paysages ;"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 943, "fin_caractere_exclue": 982, "texte": "Alfred     Vallette, In perpetuum; Jean"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1034, "fin_caractere_exclue": 1071, "texte": "Court, Tambourins; Charles Mer/ci, Le"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1122, "fin_caractere_exclue": 1161, "texte": "Refuge ; Renard, Les petites bruyères ;"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1195, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "G. Albert Aurier, l'Auberge; Edouard"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1286, "fin_caractere_exclue": 1324, "texte": "Dubus, sur un livre d'occulisme; Louis"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1378, "fin_caractere_exclue": 1413, "texte": "Denise, le Salon; Remy de Gourmont,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1467, "fin_caractere_exclue": 1488, "texte": "littérature anglaise."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1564, "fin_caractere_exclue": 1593, "texte": "Nous lisons dans l'Eventail :"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1596, "fin_caractere_exclue": 1630, "texte": "BRESLAU. — Le Lobetheater de cette"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1686, "fin_caractere_exclue": 1726, "texte": "ville, a eu l'audace grande de monter la"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1777, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "Puissance des Ténèbres. Il est vrai de dire"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1866, "fin_caractere_exclue": 1906, "texte": "que le directeur, M. Witte-Wild, a coupé"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1956, "fin_caractere_exclue": 1999, "texte": "ou atténué ce qui était trop brutal, de ma-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2041, "fin_caractere_exclue": 2083, "texte": "nière à donner à l'ouvrage un caractère un"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2134, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "peu plus doux (sic)."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2226, "fin_caractere_exclue": 2264, "texte": "Tolstoï va être charmé d'apprendre que"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2309, "fin_caractere_exclue": 2353, "texte": "cet excellent M. Witte-Wild a si bien tripa-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2396, "fin_caractere_exclue": 2438, "texte": "touillé son drame, que les sensibles habi-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2479, "fin_caractere_exclue": 2522, "texte": "tants de Breslau ont pu voir représenter la"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2570, "fin_caractere_exclue": 2611, "texte": "pièce sans trop frémir. Ce brave homme de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2633, "fin_caractere_exclue": 2677, "texte": "directeur a, du reste, poussé le respect des"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2678, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "nerfs de son (public jusqu'à confier le rôle"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2723, "fin_caractere_exclue": 2766, "texte": "de l'avide, perfide et criminelle Matrinona"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2814, "fin_caractere_exclue": 2855, "texte": "à l'actrice la plus aimable de sa troupe."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2901, "fin_caractere_exclue": 2941, "texte": "Ainsi le personnage est devenu supporta-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2989, "fin_caractere_exclue": 3017, "texte": "ble, dit un critique du crû,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3237, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "Veut-on savoir le nombre d'exemplaires"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3326, "fin_caractere_exclue": 3365, "texte": "auquel furent tirés les romans de Zola?"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3415, "fin_caractere_exclue": 3459, "texte": "Voici dans l'ordre d'apparition la série des"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3507, "fin_caractere_exclue": 3527, "texte": "« Rougon-Macquart »."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3593, "fin_caractere_exclue": 3632, "texte": "La fortune des Rougon, l'ouvrage de dé-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3679, "fin_caractere_exclue": 3724, "texte": "but, n'a été tiré qu'à 22,000 exemplaires, la"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3768, "fin_caractere_exclue": 3805, "texte": "Curée s'est élevée à 33,000; viennent"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3844, "fin_caractere_exclue": 3882, "texte": "ensuite le Ventre de Paris, 30,000; la"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3934, "fin_caractere_exclue": 3976, "texte": "Conquête de Plassans, 22,000 ; la Faute de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 4025, "fin_caractere_exclue": 4069, "texte": "l'abbé Mouret, 44,000; Son        Excellence"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 133, "texte": "Eugène Rougon 21,000; mais avec l'As-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 182, "fin_caractere_exclue": 225, "texte": "sommoir, Zola connaît les joies des tirages"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 274, "fin_caractere_exclue": 319, "texte": "formidables, car le roman s'enlève à 117,000."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 371, "fin_caractere_exclue": 407, "texte": "Une Page d'amour est tirée à 70,000,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 456, "fin_caractere_exclue": 496, "texte": "mais Nana a 155 éditions, 155,000! C'est"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 545, "fin_caractere_exclue": 585, "texte": "le point culminant, l'apogée. Les autres"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 634, "fin_caractere_exclue": 676, "texte": "volumes de la série, tout en ayant un nom-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 725, "fin_caractere_exclue": 766, "texte": "bre respectable d'éditions, n'atteindront"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 815, "fin_caractere_exclue": 859, "texte": "pas un pareil chiffre : Pot- Bouille, 75,000"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 908, "fin_caractere_exclue": 942, "texte": "exemplaires; Au Bonheur des Dames,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 991, "fin_caractere_exclue": 1033, "texte": "55,000 ; La Joie de vivre, 44,000 ; Germi-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1082, "fin_caractere_exclue": 1121, "texte": "nal, 83,000; l'Œuvre, 50,000; la Terre,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1170, "fin_caractere_exclue": 1194, "texte": "88,000; le Rêve, 77,000."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1246, "fin_caractere_exclue": 1285, "texte": "Cela fait, en tout, 986,000 volumes; en"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1334, "fin_caractere_exclue": 1377, "texte": "y ajoutant les 45,000 exemplaires qui cons-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1426, "fin_caractere_exclue": 1466, "texte": "tituent le départ de la Bête humaine, on"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1515, "fin_caractere_exclue": 1557, "texte": "obtient 1,031,000. Le million est dépassé."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1644, "fin_caractere_exclue": 1685, "texte": "La reproduction de l'original portrait de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1734, "fin_caractere_exclue": 1776, "texte": "Paul Verlaine que nous offrons aujourd'hui"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1825, "fin_caractere_exclue": 1865, "texte": "à nos abonnés a été confiée aux soins de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1914, "fin_caractere_exclue": 1955, "texte": "M. Lebizay, le très sympathique directeur"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2004, "fin_caractere_exclue": 2040, "texte": "de la Société des Arts Graphiques de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2089, "fin_caractere_exclue": 2133, "texte": "Bruxelles. On a vu avec quelle perfection le"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2182, "fin_caractere_exclue": 2223, "texte": "dessin de Paterne Berrichon, a été rendu."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2272, "fin_caractere_exclue": 2308, "texte": "M. Lebizay, un ami dévoué à la Jeune"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2357, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "Belgique et qui fut quelque peu de ses"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2444, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "débuts, en a fait une œuvre d'art."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2529, "fin_caractere_exclue": 2569, "texte": "Nous lui adressons ici nos plus sincères"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2618, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "remerciements."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2774, "fin_caractere_exclue": 2813, "texte": "Un des jeunes poètes les mieux doués du"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2862, "fin_caractere_exclue": 2900, "texte": "nouveau Parnasse français, Ephraïm Mi-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2949, "fin_caractere_exclue": 2988, "texte": "khaêl, vient de mourir, à Paris, âgé de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3037, "fin_caractere_exclue": 3053, "texte": "vingt-trois ans."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3105, "fin_caractere_exclue": 3144, "texte": "Ephraïm Mikhaël fut mêlé, d'assez près,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3193, "fin_caractere_exclue": 3233, "texte": "à notre renouveau littéraire. On n'a pas"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3282, "fin_caractere_exclue": 3325, "texte": "oublié sa collaboration à la Basoche, où il"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3374, "fin_caractere_exclue": 3414, "texte": "coudoyait MM. Jean Lorrain, Pierre Quil-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3463, "fin_caractere_exclue": 3506, "texte": "lard et Ajalbert. Avec trois poètes belges,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3555, "fin_caractere_exclue": 3589, "texte": "MM. Charles Van Lerberghe, Maurice"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3638, "fin_caractere_exclue": 3678, "texte": "Maeterlinck et Grégoire Le Roy, il avait"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3727, "fin_caractere_exclue": 3767, "texte": "fondé, à Paris, vers la même époque, une"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3816, "fin_caractere_exclue": 3843, "texte": "revue intitulée la Pléiade."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3895, "fin_caractere_exclue": 3933, "texte": "On a de lui un recueil de poèmes l'Au-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3982, "fin_caractere_exclue": 4024, "texte": "tomne, publié à Paris, chez Alcan-Lévy, en"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 4073, "fin_caractere_exclue": 4108, "texte": "1886, et un poème dramatique le Cor"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 95, "texte": "Fleuri, joué au Théâtre-Libre, par les"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 148, "fin_caractere_exclue": 186, "texte": "comédiens de M. Antoine le 10 décembre"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 245, "fin_caractere_exclue": 250, "texte": "1888."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 344, "fin_caractere_exclue": 382, "texte": "Ephraïm Mikhaël laisse un certain nom-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 402, "fin_caractere_exclue": 439, "texte": "bre de poèmes épars dans une foule de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 494, "fin_caractere_exclue": 516, "texte": "journaux et de revues."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 590, "fin_caractere_exclue": 630, "texte": "Son œuvre, hélas complète, paraîtra pro-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 631, "fin_caractere_exclue": 675, "texte": "chainement dans la petite collection blanche"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 676, "fin_caractere_exclue": 695, "texte": "d'Alphonse Lemerre."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 966, "fin_caractere_exclue": 1004, "texte": "Une autre mort nous est aussi annoncée"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1102, "fin_caractere_exclue": 1139, "texte": "de Paris, celle de M. Gaston Dubedat."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1197, "fin_caractere_exclue": 1235, "texte": "Fondateur et Directeur des Ecrits pour"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1330, "fin_caractere_exclue": 1369, "texte": "l'Art où furent un instant groupés René"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1466, "fin_caractere_exclue": 1504, "texte": "Ghil, Achille Delaroche, Albert Saint-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1602, "fin_caractere_exclue": 1649, "texte": "Paul, etc., il espérait la rénovation poétique."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1746, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "Il ne laisse aucun écrit : Sa participation"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1879, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "au mouvement littéraire fut d'avoir accueilli"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2019, "fin_caractere_exclue": 2057, "texte": "et encouragé ceux en qui il avait foi."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2398, "fin_caractere_exclue": 2435, "texte": "La Galette anecdotique n'est pas con-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2489, "fin_caractere_exclue": 2527, "texte": "tente de nous. Le mot « palmipède » la"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2586, "fin_caractere_exclue": 2630, "texte": "navre, et elle s'excuse d'avoir cueilli chez"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2681, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "des confrères les calembours de l'an huit"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2780, "fin_caractere_exclue": 2817, "texte": "dont nous nous sommes égayés. « Aucun"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2871, "fin_caractere_exclue": 2902, "texte": "n'est de nous », ajoute-t-elle."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2940, "fin_caractere_exclue": 2977, "texte": "Il ne manquerait plus que cela, chère"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3029, "fin_caractere_exclue": 3072, "texte": "Galette. Mais le seul fait d'en cueillir de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3129, "fin_caractere_exclue": 3170, "texte": "tels, dénote un état d'esprit inquiétant."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3229, "fin_caractere_exclue": 3268, "texte": "« Tout cela est bien faible comme argu-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3324, "fin_caractere_exclue": 3362, "texte": "ment, continue la bonne Galette, et ne"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3416, "fin_caractere_exclue": 3456, "texte": "prouve pas que les œuvres de Messieurs X"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3514, "fin_caractere_exclue": 3542, "texte": "ou Z soient intelligibles. »"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3615, "fin_caractere_exclue": 3653, "texte": "Evidemment, mais cela ne prouve pas le"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3703, "fin_caractere_exclue": 3723, "texte": "contraire, non plus."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3799, "fin_caractere_exclue": 3833, "texte": "La Galette anecdotique ne comprend"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3884, "fin_caractere_exclue": 3923, "texte": "pas les Nombres de M. Emile Verhaeren ;"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3980, "fin_caractere_exclue": 4023, "texte": "il est vrai quelle, n'entend goutte à Axel."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4075, "fin_caractere_exclue": 4116, "texte": "Elle en convient. Notre collaborateur est"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4173, "fin_caractere_exclue": 4197, "texte": "donc en bonne compagnie."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4272, "fin_caractere_exclue": 4309, "texte": "Ceux qui voudraient savourer les com-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4362, "fin_caractere_exclue": 4396, "texte": "mentaires de M. Pet-de-Loup, homme"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4457, "fin_caractere_exclue": 4498, "texte": "sévère mais juste, n'ont qu'à se procurer"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4519, "fin_caractere_exclue": 4560, "texte": "le numéro du 30 avril de la Galette anec-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4615, "fin_caractere_exclue": 4658, "texte": "dotique, en vente à Paris, rue de Lille, 7."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4712, "fin_caractere_exclue": 4750, "texte": "Là, sommes nous gentils, pour des hal-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 147, "texte": "lucinés? La Galette anecdotique ne nous"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 199, "fin_caractere_exclue": 243, "texte": "accusera pas de ne pas lui faire de réclame?"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 295, "fin_caractere_exclue": 340, "texte": "Au revoir, la belle ; nous vous lisons atten-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 392, "fin_caractere_exclue": 401, "texte": "tivement."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 456, "fin_caractere_exclue": 493, "texte": "P. S. La Galette anecdotique ne coûte"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 545, "fin_caractere_exclue": 586, "texte": "que 18 francs par an, calembours compris."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 751, "fin_caractere_exclue": 774, "texte": "Dédié à des Esseintes :"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 829, "fin_caractere_exclue": 872, "texte": "« J'ai fait, ces jour-ci, connaissance d'un"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 924, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "personnage assez étrange qui, pour son"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1056, "fin_caractere_exclue": 1101, "texte": "plaisir solitaire, se joue de la flûte à par-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1191, "fin_caractere_exclue": 1196, "texte": "fums."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1290, "fin_caractere_exclue": 1329, "texte": "« Cet instrument est de son invention ;"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1421, "fin_caractere_exclue": 1465, "texte": "j'en ai vu l'unique exemplaire ; il est con-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1556, "fin_caractere_exclue": 1600, "texte": "struit de la façon suivante : le tuyau de la"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1701, "fin_caractere_exclue": 1744, "texte": "flûte est cloisonné, divisé en une douzaine"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1841, "fin_caractere_exclue": 1877, "texte": "de compartiments qui ne communiquent"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1976, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "pas entre eux, mais qui tous communiquent"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2069, "fin_caractere_exclue": 2114, "texte": "avec l'extérieur par un orifice étroit ; dans"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2166, "fin_caractere_exclue": 2206, "texte": "chacun des compartiments est un godet de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2258, "fin_caractere_exclue": 2299, "texte": "verre, où l'on met un parfum à son choix;"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2351, "fin_caractere_exclue": 2393, "texte": "on peut faire passer au dessous un courant"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2445, "fin_caractere_exclue": 2487, "texte": "d'eau plus ou moins chaude de façon à exa-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2539, "fin_caractere_exclue": 2584, "texte": "gérer ou à restreindre l'intensité d'évapora-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2637, "fin_caractere_exclue": 2679, "texte": "tion des odeurs... Au lieu de promener ses"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2731, "fin_caractere_exclue": 2778, "texte": "doigts sur cette flûte, c'est la flûte que l'on"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2830, "fin_caractere_exclue": 2869, "texte": "promène sous son nez,—le geste est même"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2921, "fin_caractere_exclue": 2935, "texte": "assez comique."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2991, "fin_caractere_exclue": 3027, "texte": "« J'ai eu les honneurs d'une séance,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3080, "fin_caractere_exclue": 3127, "texte": "j'allais dire d'une audition : on m'a fait res-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3180, "fin_caractere_exclue": 3224, "texte": "pirer successivement, de la sorte, rangés en"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3277, "fin_caractere_exclue": 3322, "texte": "bataille dans les godets de la flûte, du foin"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3375, "fin_caractere_exclue": 3414, "texte": "coupé, du muguet, du lilas, du thym, du"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3467, "fin_caractere_exclue": 3512, "texte": "romarin, de la violette, du chèvrefeuille, de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3565, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "l'acacia, du tilleul, tandis que l'inventeur,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3663, "fin_caractere_exclue": 3701, "texte": "heureux de mon admiration, s'écriait :"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3754, "fin_caractere_exclue": 3794, "texte": "« Que pensez-vous de l'air champêtre? en"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3847, "fin_caractere_exclue": 3882, "texte": "voilà de la mélodie pastorale!... »"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3938, "fin_caractere_exclue": 3978, "texte": "« La première fois, cela paraît étrange;"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4031, "fin_caractere_exclue": 4073, "texte": "mais aidé par les explications de l'inven-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4126, "fin_caractere_exclue": 4171, "texte": "teur, on en arrive assez facilement à se sug-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4224, "fin_caractere_exclue": 4267, "texte": "gérer un décor : un pré, du foin en meules,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4320, "fin_caractere_exclue": 4360, "texte": "des fleurs dans l'herbe rase, un buisson"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4413, "fin_caractere_exclue": 4455, "texte": "fermant la prairie, quelques grands arbres"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4508, "fin_caractere_exclue": 4517, "texte": "çà et là."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4573, "fin_caractere_exclue": 4613, "texte": "« Il y a seulement à ce système un assez"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4667, "fin_caractere_exclue": 4707, "texte": "grave inconvénient que l'auteur lui-même"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4761, "fin_caractere_exclue": 4805, "texte": "confesse : si l'on respire successivement la"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 67, "fin_caractere_exclue": 110, "texte": "série qu'enferme la flûte, l'odeur des pre-"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 268, "fin_caractere_exclue": 312, "texte": "miers godets ne se dissipe pas tout de suite"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 420, "fin_caractere_exclue": 461, "texte": "pour faire place à l'odeur suivante; elle"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 527, "fin_caractere_exclue": 564, "texte": "demeure, imprègne pour un long moment"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 668, "fin_caractere_exclue": 709, "texte": "la muqueuse nasale, se mêle à l'odeur qui"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 777, "fin_caractere_exclue": 820, "texte": "vient ensuite, et ces odeurs, empiétant les"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 879, "fin_caractere_exclue": 921, "texte": "unes sur les autres, forment une confusion"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 978, "fin_caractere_exclue": 1017, "texte": "comparable au chant de Frère Jacques, à"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1081, "fin_caractere_exclue": 1114, "texte": "ce que l'on nomme en musique « un"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1181, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "canon »."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1283, "fin_caractere_exclue": 1319, "texte": "« Une succession de notes parfumées,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1320, "fin_caractere_exclue": 1357, "texte": "une mélodie de parfums est donc chose"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1535, "fin_caractere_exclue": 1576, "texte": "momentanément irréalisable, jusqu'au jour"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1634, "fin_caractere_exclue": 1677, "texte": "où le vieil amateur, qui m'apprenait toutes"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1736, "fin_caractere_exclue": 1779, "texte": "ces choses, aura découvert ce qu'il cherche"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1883, "fin_caractere_exclue": 1923, "texte": "avec une ardeur enfiévrée, une substance"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1996, "fin_caractere_exclue": 2039, "texte": "neutralisante, intercalée entre chaque trou"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2100, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "de sa flûte, éteignant les vibrations du par-"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2207, "fin_caractere_exclue": 2251, "texte": "fum précédent, laissant toute sa pureté à la"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2317, "fin_caractere_exclue": 2331, "texte": "note suivante."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2528, "fin_caractere_exclue": 2566, "texte": "« L'harmonie, en revanche, serait plus"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2567, "fin_caractere_exclue": 2609, "texte": "facile à réaliser : ce que l'on appelle un"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2772, "fin_caractere_exclue": 2813, "texte": "bouquet en parfumerie est, à peu de chose"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2914, "fin_caractere_exclue": 2956, "texte": "près, l'analogue d'un accord, l'un n'étant"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2957, "fin_caractere_exclue": 3000, "texte": "qu'un ensemble simultané' de notes, l'autre"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3047, "fin_caractere_exclue": 3085, "texte": "n'étant qu'un assemblage homogène, lié"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3189, "fin_caractere_exclue": 3207, "texte": "d'odeurs diverses."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3296, "fin_caractere_exclue": 3333, "texte": "« On a voulu de même rapprocher de la"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3397, "fin_caractere_exclue": 3431, "texte": "gamme élémentaire une gamme de six"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3503, "fin_caractere_exclue": 3546, "texte": "extraits de fleurs fondamentaux, servant de"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3609, "fin_caractere_exclue": 3650, "texte": "base à presque toutes les combinaisons de"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3719, "fin_caractere_exclue": 3761, "texte": "parfums : oranger, rose, jasmin, violette,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3926, "fin_caractere_exclue": 3970, "texte": "cassis, tubéreuse. Mais tout cela me semble,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4070, "fin_caractere_exclue": 4109, "texte": "pour le moment du moins, purement théo-"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4210, "fin_caractere_exclue": 4255, "texte": "rique et fort loin d'une application pratique"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4313, "fin_caractere_exclue": 4326, "texte": "intéressante."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4642, "fin_caractere_exclue": 4680, "texte": "José-Maria de Heredia, vient de donner"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4681, "fin_caractere_exclue": 4723, "texte": "à la Revue des Deux-Mondes,      une série"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4724, "fin_caractere_exclue": 4764, "texte": "superbe de sonnets; en voici trois parmi"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4765, "fin_caractere_exclue": 4781, "texte": "les plus beaux :"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4799, "fin_caractere_exclue": 4811, "texte": "APRÈS CANNES"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4812, "fin_caractere_exclue": 4863, "texte": "Un des Consuls est mort, l'autre fuit vers Linterne"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4864, "fin_caractere_exclue": 4904, "texte": "Ou Vénuse. L'Aufide a reflué, trop plein"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4905, "fin_caractere_exclue": 4944, "texte": "De nos cadavres. La foudre au Capitolin"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4945, "fin_caractere_exclue": 4993, "texte": "Tombe, le bronze sue et le ciel rouge est terne."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 123, "fin_caractere_exclue": 169, "texte": "En vain le Grand Pontife a fait un lectisterne"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 226, "fin_caractere_exclue": 267, "texte": "Et consulté deux fois l'oracle sibyllin ;"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 369, "fin_caractere_exclue": 419, "texte": "D'un long sanglot, l'aïeul, la veuve et l'orphelin"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 476, "fin_caractere_exclue": 526, "texte": "Emplissent Rome en deuil que la terreur consterne."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 621, "fin_caractere_exclue": 667, "texte": "Et chaque soir, la foule allait aux aqueducs :"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 724, "fin_caractere_exclue": 776, "texte": "Plèbe, esclaves, enfants, femmes, vieillards caducs,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 833, "fin_caractere_exclue": 878, "texte": "Et tout ce que vomit Suburre et l'ergastule ;"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 935, "fin_caractere_exclue": 977, "texte": "Tous anxieux de voir surgir au dos vermeil"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1034, "fin_caractere_exclue": 1080, "texte": "Des monts Sabins où luit l'œil rouge du soleil"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1137, "fin_caractere_exclue": 1180, "texte": "Le chef borgne monté sur l'éléphant Gétule."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1269, "fin_caractere_exclue": 1279, "texte": "LA TREBBIA"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1376, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "L'aube d'un jour sinistre a blanchi les hauteurs."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1482, "fin_caractere_exclue": 1534, "texte": "Le camp s'éveille. En bas, roule et gronde le fleuve"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1591, "fin_caractere_exclue": 1633, "texte": "Où l'escadron léger des Numides s'abreuve."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1690, "fin_caractere_exclue": 1735, "texte": "Partout sonne l'appel clair des buccinaleurs."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1840, "fin_caractere_exclue": 1882, "texte": "Car, malgré Scipion, les augures menteurs,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1943, "fin_caractere_exclue": 1995, "texte": "La Trebbia débordée, et qu'il vente ou qu'il pleuve,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2056, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "Sempronius Consul, fier de sa gloire neuve,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2160, "fin_caractere_exclue": 2206, "texte": "A fait lever la hache et marcher les licteurs."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2267, "fin_caractere_exclue": 2316, "texte": "Rougissant le ciel noir de flamboîments lugubres,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2377, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "A l'horizon, brûlaient les villages Insubres ;"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2484, "fin_caractere_exclue": 2524, "texte": "On entendait au loin barrir un éléphant."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2623, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "Et, là, bas, sous le pont, adossé contre une arche,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2731, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "Hannibal écoutait, pensif et triomphant,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2870, "fin_caractere_exclue": 2913, "texte": "Le sourd piétinement des légions en marche."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3029, "fin_caractere_exclue": 3046, "texte": "A UN TRIOMPHATEUR"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3142, "fin_caractere_exclue": 3188, "texte": "Fais sculpter sur ton arc, Imperator illustre,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3245, "fin_caractere_exclue": 3292, "texte": "Des files de guerriers barbares, de vieux chefs"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3349, "fin_caractere_exclue": 3396, "texte": "Sous le joug, des tronçons d'armures et de nefs"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3453, "fin_caractere_exclue": 3502, "texte": "Et la flotte captive et le rostre et l'amplustre."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3559, "fin_caractere_exclue": 3608, "texte": "Quel que tu sois, issu d'Ancus ou né d'un rustre,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3665, "fin_caractere_exclue": 3718, "texte": "Tes noms, famille, honneurs et titres, longs ou brefs"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3775, "fin_caractere_exclue": 3822, "texte": "Grave-les dans la frise et dans les bas-reliefs"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3879, "fin_caractere_exclue": 3925, "texte": "Profondément, de peur que l'avenir te frustre."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4027, "fin_caractere_exclue": 4069, "texte": "Déjà le Temps brandit l'arme fatale. As-tu"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4166, "fin_caractere_exclue": 4209, "texte": "L'espoir d'éterniser le bruit de ta vertu ?"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4266, "fin_caractere_exclue": 4312, "texte": "Un vil lierre suffit à disjoindre un trophée ;"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4383, "fin_caractere_exclue": 4431, "texte": "Et seul, aux blocs épars, des marbres triomphaux"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4488, "fin_caractere_exclue": 4535, "texte": "Où ta gloire en ruine est par l'herbe étouffée,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4592, "fin_caractere_exclue": 4636, "texte": "Quelque faucheur Samnîte ébrèchera sa faulx."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "la nouvelle lune", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Les Arts Graphiques", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 298, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 970, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n    49. — AUG. VIERSET. Avons envoyé numéro de février ; recevrez sous peu ce que vous\n nous demandez. Ne nous oubliez pas.\n    50. — GEORGES HAAS. Autour du bonheur est fort gentiment écrit, trop gentiment,\n c'est la seule critique. Malheureusement nous sommes accablés de copie pour le moment ;\n repassez dans quelques mois.\n    51. — FRANZ RUTY. Vous n'avez pris votre bain que dans la Trouillette ; ça n'est pas\n encore ça. Faudra recommencer.\n                            Trouille-le la, trouille le la, trouill'la-la.\n    Recevons à l'instant votre nouvel envoi.\n   52. — C. MIT. Elle est fort amusante votre piécette, trouvera peut-être place un de\n ces jours dans une chronique de Sjave Pinolet. Vous nous aviez parlé d'autre chose :\n n'oubliez pas que la Jeune Belgique est une revue sérieuse. Il n'y a que Rops\n   53. — KARL RETER. Un peu de patience, nous vous répondrons à la nouvelle lune.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire du numéro de mai", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE du numéro de Mai", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 299, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "SOMMAIRE du numéro de Mai de LA JEUNE BELGIQUE— Le Château\n de Lucile, Henri de Régnier. — Au Tombeau d'Hélène, Francis\n  Vielé-Griffin. — La Venue, Bernard Lazare.— Les Sirènes, Valère\n  Gille.— La Légende du Jésus flamand. Fragments, Eugène Demolder.\n  — Fable Ropsienne, Félicien Rops. — Chronique littéraire : Poèmes\n  anciens et romanesques, André Fontainas. — Dédicaces; les Roman-\n  ciers d'aujourd'hui; l'Almanach de l'Université de Gand; les Paeans et\n  les Thrènes, X. — Futura, ***. — Chronique musicale : Les Russes\n  aux Concerts populaires, G. E. — Chronique artistique : Exposition des\n  portraits de maîtres du siècle, Ernest Verlant. — Memento, ***.\n\n "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA JEUNE B E L G I Q U E reparaît sur la brèche", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 299, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 669, "fin_caractere_exclue": 1254, "texte": "En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN, rue d'Arenberg, à Bruxelles :\n\nLa Damnation de l'Artiste\n                              Prix : 15 francs.\n\n            Vient de paraître chez LÉON VANIER, Paris';\n\n      L'AME DES C H O S E S\n                          RECUEIL DE POÈMES EN PROSE\n                par H E C T O R    C H A I N A Y E\n                        Prix : 2 francs.\n\n     Vient de paraître chez LOUIS VAN MELLE, rue St-Georges, 14,\n\n\n  LA PRINCESSE MALEINE\n                   drame en cinq actes,\n            par MAURICE MAETERLINCK\n                     Prix : 5 francs.\n\n     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-06-n6-206", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE B E L G I Q U E reparaît sur la brèche", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 299, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1254, "fin_caractere_exclue": 2166, "texte": "LA      JEUNE                   B E L G I Q U E reparaît sur\n la brèche, l'élan est donné.\n    A la tête du mouvement littéraire, LA J E U N E B E L -\n G I Q U E , hautaine et fière, dirige le combat, marche en\n avant, à travers tout. Mais il faut que tous nous l'aidions. A\n E L L E pour la propagande! Des cartes d'abonnement sont à\n la disposition de nos amis. Ceux qui nous feront parvenir\n DIX abonnés nouveaux recevront LA J E U N E B E L -\n G I Q U E g r a t u i t e m e n t p e n d a n t u n an.\n    Ceux qui nous en feront parvenir V I N G T , recevront :\n  1° L A J E U N E B E L G I Q U E gratuitement à perpé-\n tuité ; 2° Ils auront droit à tous les tirés à part de grand luxe\n des frontispices, dessins, portraits, etc. ; 3° Leur nom figurera\n en tête de la publication commémorative de nos fêtes du\n  dixième anniversaire.\n\n                Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom,26, rue de l'industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 262, "texte": "Juin           1890           TOME IX. — N° 6                                   10meAnnée.\n\n\n\n\nLA\n       JEUNE\n             BELGIQUE\n                              SOMMAIRE:\n\n        Réminiscence                               STÉPHANE MALLARMÉ.\n        La Douleur du Mage                         IWAN GILKIN.\n        L'Eau promise\n        L'Hôte des ténèbres                        JEAN BOELS.\n        Proses lyriques                            DELZIRE MORIS.\n        Chronique littéraire :\n        L'Ame des choses                        .. ARNOLD GOFFIN.\n        L'Annuaire du Caveau verviétois . . . .    PUCK.\n        Chronique artistique :\n        Le Salon de l'Essor .                      ALBERT ARNAY.\n        Chronique musicale :\n        Quatrième Concert populaire. — Hans\n          Richter                            . . INTÉRIM.\n        Memento                                    NEMO.\n\n\n\n\n                                                          BRUXELLES\n                                             Rédaction : 55, BOULEVARD D'ANDERLECHT\n       PRIX DU NUMÉRO                                           PARIS\n           F r . 0-75                              LIBRAIRIE DE l'Art       Indépendant\n                                                       11, rue de la Chaussée d'Antin\n\n                                                                  1890\n"}, {"page_pdf": 263, "texte": "                                                               BELGIQUE\n                         N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                       JEUNE\n                                                  LA\n       Revue mensuelle de littérature et d art,\n                     PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n Fondateur  : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                   Directeur : VALÈRE GILLE.\n         Rédaction : 55, Boulevard d'Anderlecht, Bruxelles.\n           7- francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n\n              NOTRE PRIME\n  Le portrait de P A U L VERLAINE que nous offrons aujour-\n\nd'hui N ' E S T E N V O Y É QU'A N O S A B O N N É S ; eux\n\nseuls y ont droit. I1 ne peut être mis dans le commerce.\nL'original, un merveilleux dessin d'un ami du poète, PATERNE\n\nBERRICHON,      nous a été communiqué par M. DE.MAN, à qui\n\nnous adressons ici tous nos remerciements. 11 a été reproduit\n\npar les Arts graphiques de Bruxelles.\n\n\n\n\n   Nous invitons nos amis et nos abonnés qui ne recevraient pas régu-\nlièrement La Jeune Belgique à le faire savoir au plus tôt à la Direction.\n"}, {"page_pdf": 264, "texte": ""}, {"page_pdf": 265, "texte": ""}, {"page_pdf": 266, "texte": "                     RÉMINISCENCE (I)\n\n                                  Orphelin, j'errais en noir et l'oeil vacant de\n                                    famille : au quinconce se déplièrent des\n                                      tentes de fête, éprouvai-je le futur et\n                                        que je serais ainsi, j'aimais le parfum\n                                      des vagabonds, vers eux à oublier mes\n                                   camarades. Aucun cri de chœurs par la\n                                   déchirure, ni tirade loin, le drame requé-\n                                   rant l'heure sainte des quinquets, je sou-\n                         haitais de parler avec un môme trop vacillant pour\n                      figurer parmi sa race, au bonnet de nuit taillé comme\n                 le chaperon de Dante; qui rentrait en soi, sous l'aspect\n                 d'une tartine de fromage mou, déjà la neige des cimes, le\n                 lys ou autre blancheur constitutive d'ailes au dedans : je\n                 l'eusse prié de m'admettre à son repas supérieur, partagé\n                 vite avec quelque aîné fameux jailli contre une proche\n                 toile en train des tours de force et banalités alliables au\n                 jour. Nu, de pirouetter dans sa prestesse de maillot à mon\n                 avis surprenante, lui, qui d'ailleurs commença : « Tes\n                 parents? » — « Je n'en ai pas. » — « Allons, si tu savais\n                 comme c'est farce, un père., même l'autre semaine que\n                 bouda la soupe, il faisait des grimaces aussi belles, quand\nje maître lançait les claques et les coups de pied. Mon cher! » et de\ntriompher en élevant à moi la jambe avec aisance glorieuse, « il nous épate,\n\n (1) Cette prose inédite est extraite de « Pages » le prochain livre de M. Stéphane\nMallarmé, édité par Deman à Bruxelles.\n                                                                          15\n"}, {"page_pdf": 267, "texte": "                                — 230 —\n\npapa », puis de mordre au régal chaste du très jeune : « Ta maman, tu\nn'en as pas, peut-être, que tu es seul? la mienne mange de la filasse et le\nmonde bat des mains. Tu ne sais rien, des parents sont des gens drôles, qui\nfont rire. » La parade s'exaltait, il partit : moi, je soupirai, déçu tout à\ncoup de n'avoir pas de parents.\n                                                S T É P H A N E MALLARMÉ.\n\n\n\n\n          LA DOULEUR DU MAGE\n    Le vieux mage, sous les sévères colonnades,\n    Laisse traîner son lourd manteau sacerdotal\n    De pourpre et d'hyacinthe au long des balustrades\n    Sur les dalles d'onyx, de jade et de cristal.\n\n    Sur les lys écrasés et les roses foulées\n    Où coulent lentement ses longues franges d'or\n    Les pesantes vapeurs des essences brûlées\n    Comme des serpents bleus se déroulent encor.\n\n    Et des paons merveilleux d'azur et d'émeraude,\n    Des gouras bleu-de-perle et de rouges ibis\n    Errent silencieux sur la terrasse chaude\n    Parmi les vases d'or tout meurtris de rubis.\n\n     Ses doigts chargés d'anneaux dans sa barbe ivoirine\n     Dont, avec les colliers, la royale splendeur\n     Majestueusement descend sur sa poitrine,\n     Le pontife s'abîme en sa vaste douleur.\n\n     Car ses yeux, à travers le rose crépuscule\n     Où s'éteint l'horizon de glaciers dentelé,\n     Dans le vallon sublime, où son rêve recule,\n     Regardent au lointain fuir un couple exilé.\n\n     — Je voulais f aire un Dieu! L'âme, inégale à l'œuvre.\n     Du frêle adolescent élu vers mon pouvoir\n     A glissé comme glisse une molle couleuvre\n     Entre mes tristes mains qui l'ont dû laisser choir.\n"}, {"page_pdf": 268, "texte": "                        — 231 —\n\n\nPour être un Dieu vivant sur la terre ravie\nTu devais, t'abstenant de Vivre et de Savoir,\nFermer ton cœur sans tache aux désirs de la vie\nEt n'ouvrir tes yeux purs qu'à mon suprême espoir.\n\nEnseigné par moi seul en ma pensée unique,\nChair vive de mon Verbe, âme de mon amour,\nJe voulais t'exalter dans ta gloire mystique,\nT'enivrer de martyre et te conduire, un jour,\n\nVierge et doux guérisseur de la terre charnelle\nQui se meurt de péchés, d'angoisse et de remord,\nAux larges bras sanglants de la Croix éternelle\nOù les divines morts feront mourir la mort.\n\nLa Bête tortueuse et splendide, l'immonde\nSerpent de feu, l'ardent Reptile du Désir\nQui broie entre ses nœuds magnétiques le monde\nSe fit femme pour te tenter par le plaisir.\n\nTu cédas aux baisers, abandonnant ton âme\nAux cœurs de chair, aux yeux de chair, aux pleurs de chair,\nFaible esclave écrasé sous les pieds de la Femme,\nO toi qui dévorais les deux comme un éclair!\n\nEt te voilà rampant dans la fange natale,\nBanal outil de chair perpétuant la chair,\nSimple anneau désormais de la Bête vitale\nQui tord dans l'infini son long ventre de ver.\n\nAh! pleure à présent ta divinité perdue!\nJamais tu n'erreras, beau, souffrant, surhumain.\nPar les champs palpitant de ta gloire attendue,\nAu bord des lacs heureux et pâmés sous ta main;\n\nJamais tu n'entreras dans les villes célèbres\nTout ruisselant d'amour, de grâce et de beauté,\nDélivrant les yeux clos des funèbres ténèbres,\nRanimant d'un baiser la vie et la santé,\n"}, {"page_pdf": 269, "texte": "                         — 232 —\n\n\nVersant sur les pécheurs, de tes beaux grands yeux calmes,\nLes pardons souverains qui rouvrent le ciel bleu\nEt vers ton doux royaume, au triomphe des palmes,\nConduisant les élus qui te confessent Dieu.\n\nJamais les affligés, les filles orphelines,\nLes pauvres, les lépreux et les pestiférés,\nFaisant de leurs douleurs des voluptés divines,\nN'expireront de joie à tes pieds adorés.\n\nEt jamais dans ton ciel d'yeux et d'ailes de flammes\nNe t'éblouiront comme une forêt de fleurs\nO millions de lys et de roses! les âmes\nDont ta bouche en baisers aurait changé les pleurs!....\n\nOui, pleure, dieu tombé! Ta vie est révolue.\nCar voués désormais à l'œuvre de la mort\nTes reins engendreront pour la tombe voulue.\nVa! L'antique sentence a proclamé ton sort.\n\nPleure le paradis fermé, dont tu fus l'hôte.\nLe sphinx garde le seuil de l'Eden déserté.\nComment reviendrais-tu ? Châtié par ta faute,\nTu ne crois plus toi-même en ta divinité.\n\nAh! ta chute a brisé ton divin diadème!\nRetourne dans la Nuit. Et moi, pontife en pleurs\nQui puis faire des dieux mais non l'être moi-même, —\nPar ce beau soir mourant, plein d'oiseaux et de fleurs,\n\nCourbant ma tête, hélas! désespérée et vieille\nSur les cadavres de mes songes trépassés,\n— Du fond de la vallée adorable et vermeille\nJusqu'au temple éternel où veillent mes pensers\n\nJ'entends venir à moi, comme un grand vent qui gronde,\nLes râles, les sanglots, les blasphèmes d'horreur\nEt les longs cris de mort du misérable monde\nA qui j'avais rêvé de donner un Sauveur!\n                                          IWAN GILKIN.\n"}, {"page_pdf": 270, "texte": "                                — 233 —\n\n\n\n\n                   L'EAU PROMISE\n           Pour celles qui dorment dans quelque Tour\n           Lointaine près des mers\n           Dans un pâle jour d'écume blonde et d'or\n           Et dont les chairs moites\n           Dans ces poussières d'aurore et d'onde\n           Avec des anneaux de sels et de cristaux\n           Vêtent mes yeux d'ombre.\n\n           Lourdes, sourdes, somnifères'.\n           — O Dieux ! que ces rêves sont beaux! —\n           Leurs chairs sont comme d'étranges contrées\n           De folie et de mers sans marées\n           Où sous des voûtes de métaux\n           Parmi de douces feuillaisons sombres\n           Croissent de calmes ellébores\n           Et des ombres.\n\n           Elles dorment dans quelque Tour\n           Lointaine près des mers,\n           Dans quelque tour que battent les flots\n           Et dont la lumière est murée\n           Dans quelque Tour qui f ut un tombeau\n           — Un vol de corbeaux l'environne —\n           De reines aux couronnes\n           De diamants noirs.\n\n\n                                     I\n\n  Ce fut une après-midi d'août, en l'ombre seigneuriale et de marbre\nqu'allongeait en ses dormantes fleurs et ses eaux une demeure d'autrefois\npleine de fêtes, qu'apparut cette fille divine avec les Cygnes.\n   Songeuse là d'on ne savait d'où venue d'or en sa longue robe en tissée\non eût dit et d'eaux et sa grande chevelure éparse la mystérieuse présence.\n"}, {"page_pdf": 271, "texte": "                                  -   234   -\n\n\n  Un nain vint qui l'ouït dit :\n\n                   Je cherche Veau promise à mes cygnes\n                   Car ils sont tristes de la terre\n                   Et pour moi qui vous suis venue\n                   Reine étrangère\n                   L'hospitalité de gloire qui m'est due.\n\n   Et le nain remonté au festin de ses maîtres les mains, écarquillées, en\nla haute rumeur où se solemnisaient maintenant de vagues pourpres\nd'attente, un silence se fit et ce fut aux merveilles tout un béant tumulte\nhilare aux vitraux pour la voir, de gestes, de rires, toute une liesse\nimprévue de folie.\n    Mais la grave enfant sans les presque voir, sans daigner les entendre,\nles yeux perdus en ces hautes verrières où peut-être d'obscures formes\nsœurs de son âme semblaient lui paraître et lui sourire, restait immobile,\ndistraite en attente jusqu'à l'heure où le ciel se voilant dans le soir, elle\ns'effaça parmi ses cygnes ingénus, troupe lointaine entre les palmes, dans\nla fuyance du chemin toute apaisée, toute d'oubli.\n   Lors Elle fut au château proche, un lac y était ombragé de chênes où\npar les crépuscules heureux maintes fois, leurrant sa solitude à des songes,\nplus que ses yeux de reine avait fleuri le mirage de ses Cygnes aimés.\n   Un couple triste vint à sa rencontre, de bien éteintes gens qui traînaient\nleurs ombres, deuils et misères, tout un poids de lumières mortes, et leurs\nmains étaient pâles, hostiles aux bruits, et lentes étouffaient leurs promesses\nd'ailes sourdes.\n   Oui, chère Enfant si semblable à la nôtre, belle comme son cœur, sage\ncomme ses lèvres mais las ! si farouche, si irrémédiablement obscure, si\ndésespérément au delà de ses claires pensées. Oui, tu seras notre bien-\naimée morte, ô fille ! tu auras ses bijoux, diamants, coraux et maintes\nperles, tu porteras ses robes et d'autres bien belles robes encore que\ntoute cette soie fleurie là d'un autre âge et tu chanteras ses défuntes chan-\nsons.\n   Alors ils tendirent leurs mains pour que les cygnes y mangeassent, mais\nles inapprivoisables cygnes n'y mangèrent point et leur idéale sœur levant\nses yeux pleins de soudaines ténèbres comme l'inconsciente, la froide, la\nmorte, Elle aussi, s'en alla de ce stérile amour.\n   Sans paroles, lente un peu évanouie d'eux dans le furtif des ombres,\nvague persistance d'or lumière là-bas en déroute, elle évoquait d'autre\nmonde ce songe étrange et doux du couchant que c'est une aube.\n"}, {"page_pdf": 272, "texte": "                                  — 235 —\n\n   Et fut-ce pressenti de ces lamentables âmes qu'attardait à la voir dispa-\nraître au fond des routes lointaines comme une stupeur tremblante et\ntrouble ?\n   Lorsque survint la nuit, elle était à quelque palais morne de roches et\nde fer hanté de légendes, séculaire gloire de tours que gardaient sous des\narches tragiques des eaux d'immobiles nuits.\n    Un vieillard était assis là qui l'entendit non de ses prières, mais du geste\n de ses chastes bras nus, car ses yeux seuls semblaient entendre et consentit\n en un sourire d'une ingénue bonté.\n    A cette inespérée grâce à jamais presque vaine et tarie d'attente, ses\n joies soudaines étoiles du fond d'elle-même resplendirent sur ses seins,\n ah! que funestes et fatales, car les mains du vieillard churent sur elles,\n fiévreuses, et à peine put-elle se rejeter d'un bond farouche et fauve et fuir\n  dans une clameur de ses cygnes, mais non si rapide qu'elle ne vit sur le\n  sacrilège seuil un d'eux et le plus doux, le plus innocemment doux et le\n  plus beau planté d'une épée dans la terre, blanche fleur de sanglante\n  agonie, remontant sur sa tige encore d'un impossible essor vers Elle et la\n  lumière, d'un chant de mort inentendu.\n\n\n                                       II\n\n    Elle s'arrêta hagarde, loin, dans une lande de broussailles et de touffes\n obscures, comme du ciel et d'un blanc silence dans la nuit, ses cygnes\n retombaient autour d'elle.\n    O combien de fois à cette heure, close enfin d'un peu de repos, comme\n à sa mère et l'abri de son âme elle était là revenue : souffrantes ombres,\n foyer des froides étoiles, maison d'exil. Oh! que sa vie était lasse de tout\n et qu'elle n'espérait plus que languide et sans courage — ne voulait-elle\n pas mourir? après cet asile promis à ses rêves, ce bonheur de si vaine\n attente, de si longue recherche, toujours déçu.\n    Elle se souvint de son cygne, le pauvre cygne bien-aimé qui ne put\n la suivre, le plus innocent et le plus beau, le doux crucifié dans la terre\n d'amertume et soudain crut l'entendre.\n    Elle écoutait tournée du côté de ses pas, mais rien ne s'entendait plus\n que les ténèbres, non même le plus subtil frôlement de ramures ou d'ailes :\n une solitude de lourde torpeur où seules survivaient vaguement lointaines\n sur tout ce qui fut là au matin de son espoir : les vitres de la fête hostile\n illuminée.\n    Mais plus divine en ses souffles de soie et d'argent que la toute vaine\n"}, {"page_pdf": 273, "texte": "                                 — 236 —\n\nlumière levée en ce même horizon cruel, la lune en surgit dans les hauteurs,\nétincelante, soudaine envolée du rêve et de la blancheur pure, consolatrice\net sœur épandant un nocturne matin doux et bleu dans les airs où encore\nnageaient de grandes fleurs inaperçues.\n   La lune plus alors lui rouvrant ses yeux d'ombre, elle les séchait, les\npénétrait, les élargissait d'une extase infinie. Elle toute enfin, s'ouvrant\naux caresses de cette inaccessible amie, en fut vêtue en elle-même et au\ndehors d'une volupté pâle. Les choses se fondaient en d'étranges méprises\nnébuleuses, d'eaux confuses, où ses cygnes se jouaient éblouis d'aube\néquivoque.\n   Exhaussée, alors, immatérielle, si peu à la terre, tendait-elle dans ses\nrayons et comme pour l'en approcher, d'un doux et chimérique geste, ses\nmains vers sa coupe blanche, elle disait :\n\n               Ne te détourne pas de moi\n               O! ne t'écarte pas de moi\n               Jusqu'à ce jour qui renaît plein de misères,\n               Laisse ces lèvres où brûle notre soif\n               Et qu'a desséchées ma prière,\n               Se décevoir encor en tes oublis illusoires.\n               Hélas ma trop haute vasque!\n               Nacre si fière et si lointaine\n               Où ne reposera cette immortelle fleur nue\n               Ouverte en toi et de toi pleine,\n               Mais en tes nappes suspendue\n               Jusqu'au réveil,\n               Boira le triste exil de ton mouvant sommeil.\n               Telle leurre à l'étanche soif qui me pénètre\n               Vierge, rafraîchirai-je ma bouche à des fenêtres\n               Closes de blanches âmes et de froides splendeurs\n               Sur ce beau songe en fleurs épanouies dont je meurs.\n\n   Et soudain comme distraite elle aperçut, et si près qu'y touchaient ses\nmains, longtemps tû des ténèbres un étincellement de palmes prochaines\nlourdes de parfums multicolores et de silences.\n  Jardin perdu de quelque enfance ignorée de bonheur mystérieuse et\nhantée d'anges, magique retraite d'oubli à peine à la terre et qu'on sentait\nsurnaturelle. Et le doux songe avançait dans ses yeux, lentement sur ses\nmains immobiles, moires légères et fugaces, trames de blancheurs inécloses\net d'étouffants parfums touffus, jusqu'à ce que reparut d'en dessous les\ndernières ramures noyées d'améthyste et doucement au ras lumineux de\nces plis de silence l'infinie solitude bleue de la plaine angélique et claire.\n"}, {"page_pdf": 274, "texte": "                                  — 237 —\n\n   Mais comme elle s'attardait à prolonger en Elle fermant ses yeux à la\nvie l'ineffable vision dont l'heure de mourir n'était pas revenue et que le\nrire de cette plaine éclairée déjà d'un peu d'aube et de brise pénétrait en\nelle.\n   Son âme aussi s'adombra de silence, enténébrant comme d'une mysté-\nrieuse soif de lumières les éblouissantes visions où ses yeux allaient se\nrouvrir, elle défaillait et doucement semblait mourir et revivre et, dans un\ndemi sommeil comme on regarde entre une crainte de ses cils irisés de\nquelque paysage, jardin, lac ou lumière, entrevu trop céleste et furtive-\nment en cueille en soi-même dans les ténèbres de ses yeux et la solitude de\nson âme les grandes fleurs pourpres spirituelles.\n\n\n                                      III\n\n   Là soudain dans son ombre, et surnaturellement ainsi vêtu d'elle et du\ndeuil de ses peines, immobile dans un rêve obstiné, l'anxieuse attitude et\ncomme tremblant, à ce frêle seuil de vierge et d'effroi, d'effleurer le mystère\net qu'il ne s'essore, craintif de ses yeux extasiés et de ses mains, avec un\nétrange et doux sourire, un adolescent se tenait, presque un enfant.\n   Il avait franchi, sans l'éclat de ce cercle de sourdes lumières et d'ailes, la\nredoutable garde de ses cygnes, et du fait d'une telle présence si loin de\ntous en cette nuit, comme des roses tressées en ses cheveux, se reconnaissait\nun obscur et silencieux convive de la fête d'hier lointaine et qui s'était\nlevé de ses joies abolies et de leurs vains désirs, ce sauveur attendu, ce\nprince promis, ce mystérieux époux de son âme.\n   Le même sourire respirait de leur être, la même héroïque allégresse\nsurgissait d'eux, ils étaient partis des fêtes pour les mêmes horizons fabu-\nleux et sans cesse fuyants, leurs bras ne devaient-ils se retrouver et leurs\nlèvres ainsi s'unir, comme idéale partance s'achevait dans le ciel de leurs\nyeux inconnus, cette nuit, leur terrestre voyage?\n   Divine surprise, à se perdre au lointain d'eux-mêmes où s'effaçaient\ntoutes choses, leurs lèvres ne cherchaient elles au delà de leurs lèvres et\nleurs yeux au delà de leurs yeux, cette face ignorée de leur âme et réfléchie\nsi doucement en cet amour?\n   Ainsi contemplaient-ils et de quelle extase ! aux profondes splendeurs de\nleur âme unie, le signe d'invisible beauté, l'orbe de gloire et d'exil dont ils\nétaient pour des jours inconnus immortels et sacrés. — Leur noce humaine\ns'était consommée, et chue des vierges candeurs dégrafée de son sein, l'ada-\nmantine pierre nuptiale laissait se fondre blanche à ses pieds, et sous l'or\n"}, {"page_pdf": 275, "texte": "                                 — 238 —\n\nde ses clartés dénouées, l'impalpable et soyeuse neige dont elle était nue.\n   Et comme, ravis au dessus d'eux-mêmes et perdus aux extasiantes joies\nde l'étreinte où défaillent leurs coeurs,\n   Oh! ce froid, ces frissons, ces murmures, le sourd tressaillement des airs,\nces lumières ! ils sont sur les marches de vagues formes grandies de l'étin-\ncelante pierre tombée et la nuptiale soie aux frissons de source étendue\ndans la plaine bruit et bleuit et s'éploie et s'allonge, se déroule en dérive,\nglisse, coule en nappes d'azur, en eaux éblouies, irradiées, s'élargissant\ninfiniment profondes de paix et sereines d'oubli sur l'hostile contrée, les\ningrates demeures, vers des rives obscures, Lac, où s'érigent encore du\nchatoyant tissu des eaux ses si longtemps chères et captives fleurs et d'Or\nen l'Aurore et dans la Lune, l'Eau promise, immense, infinie où ses cygnes\nde gloire battent des ailes en triomphe.\n\n\n\n\n            L'HÔTE DES TÉNÈBRES\n   A   FERNAND   SEVEKIN.\n                                          Ah ! cela serait chose pénible à dire\n                                        comme était âpre et épaisse, cette forêt\n                                        dont le souvenir renouvelle ma crainte.\n                                                                     DANTE.\n\n    « Unique voix du soir, l'âme des cloches tinte,\n    Douce et plaintive sœur de l'automnale plainte\n    Qui s'accroche en passant aux fibres de mon cœur. »\n        Le vieux enfant qu'a pris par la main le malheur,\n    Noir chasseur embusqué sur la route de l'Ombre,\n    Vers le tranquille azur soulève son front sombre,\n    Le vieux enfant! — tandis qu'aux horizons croulants\n    Des mares aux reflets pourris de fiels sanglants\n    A ses yeux las de vivre annoncent l'agonie\n    Du soleil attiré par la paix infinie\n    Que la mort débonnaire a promis aux vivants!\n\n                                L'ENFANT\n    Ah! mon Dieu! tout là-bas, sont-ce des olifants\n    Dont le bruit se rapproche en stridentes fanfares\n    Et me fait pressentir le chasseur familier\n    Dont les yeux malfaisants luisent comme des phares !\n"}, {"page_pdf": 276, "texte": "                         — 239 ~\n\n\n              UNE VOIX, tout bas, derrière lui :\n\nChimère! c'est le vent dans le prochain hallier,\nL'âme errante du soir qui parle à ton oreille.\nDu soir silencieux dont la plainte est pareille\nAu silence de ceux qui s'écoutent mourir !\n\n\n                         L'ENFANT\n\nMais, lent fantôme blanc, je vois au loin venir\nAvec une douceur que n'ont pas les fantômes,\nLa Reine à qui mes mains jointes au chant des psaumes\nExhalés par l'amour d'un sang religieux\nOnt révélé l'horreur de mes blessures nues;\nVoici ses beaux yeux clairs à la nuit de mes yeux\nRévéler le frisson des splendeurs inconnues\nEt, premier des espoirs par mon exil conçus.\nLes doux bras lumineux de cet autre Jésus\nS'ouvrir à l'abandon des royales Détresses\nSur le gibet dressé par leurs mains pécheresses,\nTandis qu'entretenant la fraîcheur de leur sein\nArdent sous les baisers de leur sang qui ruisselle,\nLes surveille l'Ennui de son fer assassin.\nPitié des yeux hantés par l'ombre universelle !\n Qui regardent toujours les nefs du mal passer\nDans l'éblouissement ténébreux du Baiser\nSous les deux violets où les glas des rafales\nSe mêlent au sanglot des clameurs triomphales !\n Pitié des yeux fiévreux où se mira Lesbos\n Fleur de glace et de feu, splendeur des oripeaux,\n Souveraine beauté des deux      crépusculaires!\n Pitié !\n        Mais le Seigneur exauce nos prières :\n Voici, par les chemins familiers du remords,\n Voici venir vers nous, joyeux de notre mort\n L'ange qui, sur nos fronts ivres des mains divines\n  Viendra bénir, enfin, la couronne d'épines!\n"}, {"page_pdf": 277, "texte": "                               240 —\n\n\n\n                            LA VOIX\n\nL'ange te bénira quand l'heure aura sonné!\nMais pour te préparer un front de ses mains digne\nViens remplir dignement ton rôle de damné,\nViens savourer le vin funèbre de ta vigne\nAvant que se tairont les cloches, dans le soir!\n\n                          L'ENFANT\nO visions de mes prunelles éblouies.\nPourquoi vous êtes-vous si tôt évanouies\nAprès m'avoir rendu la force d'un espoir?\nAprès avoir rouvert les yeux de ma faiblesse\nSur l'immense abandon où cet espoir me laisse,\nSur l'abîme sans fin peuplé de noirs effrois\nOù je roule avec la vitesse du vertige,\nOù je roule, écoutant mon âme qui s'afflige\nDe ne pouvoir fixer aux miroirs des parois\nHérissés de couteaux effilés et d'aiguilles,\nMes mains, mes pauvres mains aux vigueurs inutiles!\n\n                           LA VOIX\n\nIl est temps de rentrer   là-bas; quelqu'un   t'attend.\n\n                          L'ENFANT\n... Ecoute le triomphe énorme de Satan,\nHideusement paré de la pourpre des fêtes,\nHurler au fond avec la bouche des tempêtes,\nHurler vers moi!\n                           L A VOIX\n\n                   C'est l'heure auguste du sommeil.\nVa! va dormir : voici que l'âme du soleil\nRepose dans les bras caressants des ténèbres.\nVa ! laisse-toi baiser par les lèvres funèbres\nDont les morsures ont la saveur du léthé.\nTe souvient-il encor de ma fidélité?\nViens! Je veux te mener, enfant, vers la nourrice\nDe ta pauvre enfance éternelle, Dolorès !\n"}, {"page_pdf": 278, "texte": "                         — 241 —\n\n\n                         L'ENFANT\nOh ! revoir dans ses yeux l'ombre de ces forêts !\nRevoir brûler encor ma vie et son supplice\nEn ces tombeaux de feu qui lui sont destinés !\nO mon Dieu! se compter au nombre des damnés\nEt sentir dans son cœur hurler l'amour suprême,\nPareil aux mauvais chiens, tout noirs sur la nuit blême,\nQui, fuyant sous le fouet de fer qui les bannit,\nCrachent on ne sait quel sanglot à l'infini !\n\n                          LA VOIX\n\nSois celui dont l'amour fut plus fort que la haine!\nC'est du fond des beaux soirs de l'amour, que la reine\nDes affligés viendra de ses lunaires mains,\nFleurir sous tes pieds nus la fange des chemins!\n\n                         L'ENFANT\nS'enfuiront-ils, les voyageurs que tu redoutes,\nMon âme? — Oh! s'en aller, au rhythme de ces glas,\nVers les écroulements des finales déroutes !\n\n                          LA VOIX\n\n Va, dors! — Sans oublier ton âme\n\n                         L'ENFANT\n                                       Je suis las\nDe dormir! Ah ! pourquoi faut-il que la lumière,\nSacrilège reflet de l'aurore première,\nJusqu'au fond du sommeil fangeux, ô front impur\nQui déjà se résigne au baiser de la fange,\nFasse éclore le songe auguste de l'azur!\n\n                          LA VOIX\n Quelle humaine pitié pourrait t'aider, pauvre ange !\n Pourquoi jeter au vent tes précieux sanglots ?\n Ah! silence! silence! — Et garde en tes yeux clos\n Le culte de la chair par l'esprit adorée\n Et par l'unique voix de ton sang célébrée!\n"}, {"page_pdf": 279, "texte": "                                  — 242 —\n\n\n     Surveille bien tes mains, tes yeux, ta voix — et tous\n     Les pauvres qui de toi réclament le silence !\n     Et si jamais tu sens venir la défaillance,\n     Et ton bras s'affaisser et ployer tes genoux\n     Sous le sublime poids de la croix adorable,\n     Redresse ton orgueil, bâton du misérable,\n     Jusqu'au soir où, joyeux de ta finale mort.\n     Les anges de Jésus aux douces harpes d'or,\n     Par les doigts lumineux de ta sœur, ô mon frère,\n     Montreront au martyr l'aurore du Calvaire! »\n                                                             JEAN B O E L S .\n\n\n\n\n                 PROSES LYRIQUES\n                                       I\n                                   Oh! hear! All the words have not been uttered!\n                                 There is something in the ingenuousness of this\n                                 passion, worthy of tempting such a soul as thine !\n\n              Ce spectacle m'avait réconcilié avec moi-même; je me sentais\n               l'âme assainie, en proie à une virile exaltation, à une griserie\n               de volonté, comme après une course dans le vent âpre et\n               lucide d'un jour de gel.\n   Et, en réalité, quel élégant et raffiné plaisir, à la muette contemplation\nde nobles et gracieux acrobates, se déployant, sans efforts ni grimaces, en\nagiles et souples exercices! D'esthétiques chevaux, d'une fière et nerveuse\nallure, les sveltes écuyères, la charmante et narquoise bonhomie d'une pan-\ntomime me ravirent, et jusqu'aux saillies inimprévues des intermèdes.\n   Sans vergogne, je me réjouissais à la vue d'un fantasque Figaro barbouil-\nlant ses pratiques, d'une munificente savonnée, des pieds à la tête,— lorsque\nmon jusqu'alors très immobile voisin de stalle se retournant à demi, me\ntoisa d'un air vague, d'une presque imperceptible impertinence.\n   A mes yeux, l'arène et ses fêtes, soudain, disparurent et s'échafauda un\nde ces rêves véhéments et trop brefs qui jaillissent au hasard des rencontres,\nde quelque fortuit côte à côte, car, certes, me coudoyait, ce soir-là, une de\nces créatures qu'il serait si follement désirable d'émouvoir.— Un Chérubin,\nmoins naif encore, sec, anglais, vêtu d'un costume gris, aux teintes mates,\n"}, {"page_pdf": 280, "texte": "                                 -   243   -\n\n\nd'une luxueuse sévérité, — un adolescent fumant son cigare, avec le\nsuprême et définitif insouci de ce qui l'entoure, de cette foule, de ces jeux,\nordonnés pour lui plaire, — avec une froideur distraitement frondeuse et\nsi jolie.\n   Sa fine tête, d'une énergie paradoxale et silencieuse, trouée de clairs et\nfixes yeux impassibles et déjà revenus de tout, se coiffe d'un chapeau aux\nbords étroits, sceptiquement crâne.— Une silhouette de la plus préméditée,\nde la plus acide simplicité et charmante d'incisive et pourpensée\ninsolence...\n    Pourquoi, comment ces correspondantes lignes d'un poète anglais\nsuranné, traduites, jadis, me furent-elles remémorées, sinon ainsi qu'un\nocculte et mental hommage à ce magnifique indifférent? — « Qui décon-\ngèlera tes lèvres glacées? Qui amollira l'arc inflexible et mince de ta\nbouche? — De ton cœur polaire, — un froid rayonne, invincible, qui me\npénètre et m'intimide... C'est, pourtant, dans une coupe nouvelle, taillée\nen un cristal vierge et translucide, — un breuvage que tu ignores, empoi-\nsonné et subtil, et mortel, sans doute, mais enivrant...\n    « Oh ! écoute ! — tous les mots n'ont pas été dits ! Il y a quelque chose\ndans l'ingénuité de cet amour, — digne de tenter une âme telle que la\ntienne!.... »\n\n                                     II\n\n   Ma jeunesse s'est épuisée, toute, parmi l'interlope population d'un quar-\ntier infâme de cette fabuleuse capitale maritime.\n   Une affolante odeur régnait là, de viol et de démence. — Les assassins\nsournois, les retors et compliqués escrocs, les proxénètes cosmopolites me\ntutoyaient, fraternellement et bavardes, les filles se pendaient à mon bras et\nme racontaient leurs naïves et turpides amours. De timides jeunes garçons,\nfloraison électrique et troublante de ces vénéneux parages, me confiaient,\nen rougissant, leurs secrets équivoques... — Ils m'aimaient car j'avais, à\ncette époque, une étrange éloquence hallucinée, des excuses pour toutes les\nhontes, des baisers pour toutes les lèvres...\n   Et, je suis sorti de ce ghetto, plus pur, avec une fierté grandie, incor-\nruptible comme l'acier trempé dans la flamme et dans la boue; — mais,\nquels inavouables regrets !\n                                     III\n\n  Ne me considérez pas, adorable et odieuse amie, — ne me considérez\ndonc pas ainsi, car aujourd'hui, quoique vous ne le deviniez point et que\n"}, {"page_pdf": 281, "texte": "                                  — 244 —\n\n mes yeux vous soient plus imperméables que jamais, je déteste votre douce\n présence! Ne froncez pas le sourcil, ne vous étonnez plus de mon\n mutisme... Oui, ni vos beaux yeux dédaigneusement étonnés, ni vos\n exécrables et délicieuses lèvres boudeuses, ne m'émeuvent, le moins du\nmonde, ce soir!\n   Taisez-vous, indocile enfant ; laissez-moi oublier le but trop positif de\nvos nobles attitudes rêveuses!... Je pourrais, oui, je pourrais, si je voulais,\nvous narrer de merveilleuses histoires, incompréhensibles pour vous et qui,\npourtant, vous raviraient.!... Des contes singuliers et terribles dont vous\nvous effraieriez autant que de mes yeux, lorsque je vous regarde fixement;\nlorsque je vous regarde sans vous voir, comme si vous n'étiez pas, vrai-\nment, mon exaspérante, mon angélique amie.\n   Et, en vérité, il me semble le découvrir seulement, à cette heure, mon\nunique adorée, — cher cygne qu'il faudra bien se résoudre à étrangler, pour\nen tirer quelque harmonie! — je crois ne vous avoir jamais aimée ! Je fus\nla dupe, sans doute, de l'outrance naturelle aux gens de ma sorte...\n   Ah ! ah ! j'en suis sûr, maintenant, divine ignorante, — je n'ai jamais\naimé que mon esprit extravagant, mon esprit diabolique, mon bizarre et\ntriomphal esprit !\n\n                                      IV\n\n                               LE PAUVRE\n\n    Ce mystérieux pauvre obsédait ma pensée. Son attitude d'indigence\nfière, ce salut équivoque et presque cérémonieux aux passants, ce salut\nmuet et 'son regard, surtout, qui s'étrangeait de lui-même, se fixait plus\nhaut et plus loin, distrait et ignorant de l'acte honteux auquel d'inouïes\ninfortunes le condamnaient sans doute.\n    Adossé à la grille du Palais, il me rappelait ce vétéran des armées de\nLouis Quatorze qui, lassé de sollicitations vaines, mendiait, — singulier\ndisparate parmi ces géométriques ordonnances, — à Versailles, la croix de\nSaint-Louis sur la poitrine. — Celui-ci, dans sa posture d'insolite misé-\nrable, dégringolé aux bas-fonds sociaux et qui semblait se roidir contre tel\norgueil insurgé, m'apparaissait, — analogie inévitable, — comme un servi-\nteur délaissé du monarque, méconnu, victime de la parcimonie royale\net protestant ainsi en silence, — sans nulle humilité, d'ailleurs.\n    A mon quotidien passage, il m'honorait de son vaguement solliciteur\n coup de chapeau. Mon désir de lui dispenser quelque modique aumône,\n s'intimidait des imaginations réveillées à sa vue, et dont l'évidence me fut\n"}, {"page_pdf": 282, "texte": "                                 — 245 —\n\nbientôt, irréfragable. Je pressais donc toujours le pas, à cet endroit, malgré\nle léger remords suscité par cette petite lâcheté. Cette manœuvre journa-\nlière, n'échappa point au déshérité, mais il me continua sa solennelle\net gratuite politesse, dédaigneusement.... — La vergogne me prit, à la fin,\nde mon apparente insouciance pour le malheur de ce déchu et n'osant,\npourtant, hasarder la banale obole, à ma prochaine survenue, je répondis\nà son accoutumée salutation, en lui tirant mon chapeau, — très-bas.\n\n\n                                      V\n\n                                  LA VOIX\n   — Quel homme es-tu donc ?\n   « L'ami que tu chérissais d'une si fervente et tyrannique affection, dont\ntu appréhendais l'absence avec crainte et tremblement, tu l'as perdu; —\ncette main que, si souvent, tu serras, se décompose dans la terre fétide, —\net toi, tu vis !\n   « Cet autre, tu l'abandonnas sur le chemin pour ce futile motif qu'il\nt'aimait trop, car sa soumission te devint insupportable et tu mis en oubli\ntes promesses et la gratitude jurée...\n   « Et celle, enfin, à laquelle ta passion furieuse et ridicule, élevait de si\nsûrs, de si indestructibles piédestaux? Et... — Quel homme es-tu donc? »\n   J'allais m'écrier avec colère : — « Impertinent! » — lorsque, je ne sais\npourquoi, ma superbe, tout à coup s'évanouit et me prosternant, je\nrépondis : — Hélas! je suis un homme!\n\n\n                                      VI\n\n                                LE TOAST         .\n   A la fin du repas, dans la salle tout imprégnée du fumet du gibier, du\nvin, du café et des liqueurs, chacun ayant porté son toast au généreux\namphytrion, illustré ses mérites et l'impeccable science de son œuvre, en\ntermes magnifiques, solennels ou ingénieux, une gêne singulière s'appe-\nsantit.\n   Et, instinctifs, les regards des convives convergèrent sur un jeune poète,\ncélèbre, à la vérité, pour sa taciturnité, mais dont le mutisme, pen-\ndant cette fête confraternelle, dépassa les bornes de l'extraordinaire.\n   — Un silence attentif, d'ailleurs, ni affecté, ni contraint et qu'il portait\navec une désinvolture parfaite.\n                                                                       16\n"}, {"page_pdf": 283, "texte": "                                   — 246 —\n\n  Mais, vraiment, ce soir-là, il irritait : — il eût, certes, pu rompre son\nvœu; à l'exemple de ses amis, commémorer les succès du héros de la\nréunion.\n  — Ne porteras-tu donc pas un toast, toi aussi, mon cher Harpocrate?\nSilenciaire obstiné! — Stylite de tes rêves, vassal de ta pensée, au milieu\ndes saines joies qui t'environnent!... s'exclama, se faisant le jovial inter-\nprête de l'indignation générale, un critique grandiloquent et replet.\n  — L'interpellé ainsi, sourit sans raillerie et sans courroux, et se levant\n— après un geste de vague acquiescement et un circulaire salut, — il\nsouleva sa coupe et du ton le plus simple, d'une voix dont la fraîche ingé-\nnuité tinta à l'égal du cristal des verres :\n  — Je bois — à la sincérité!\n                                                      DELZIRE MORIS.\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n         L'Ame des choses, par HECTOR CHAINAYE. — Paris, Vanier, éditeur.\n\n\n               Les choses paraissent divines à ceux qui peuvent comprendre\n                leur infinie tendresse; elles pénètrent en eux naturellement,\n                par leur force même et correspondent à tous les besoins de\n                leur esprit ». On verrait, à tort, dans le titre de ce livre et\nle passage que nous venons de citer, le moindre indice de tendances pan-\nthéistes.\n   M. Hector Chainaye immatérialise, en quelque sorte, les choses, leur\nconfère d'occultes missions, les considère ainsi que des médiums, — comme\nles signes vibrants et émus des joies ou des catastrophes futures. —\nOserait-on dire, d'une façon paradoxale mais juste, que son objectivisme\nest tout subjectif?\n   — Il y aurait, peut-être, un curieux parallèle à établir entre lui et\nl'auteur de la Princesse Maleine. Tous deux voient, avec intensité, le rôle\ntyrannique des choses dans les événements sublunaires, le sens mystérieux\ndes phénomènes, l'attitude hermétique du monde extérieur, les cauche-\nmars et les hallucinations, précurseurs de désastres.\n   Cette similaire orientation d'esprit de deux très dissemblables tempéra-\nments diverge, bientôt, d'ailleurs.\n   On pourrait reprocher à M. Maeterlinck, l'un peu palpable évidence,\nl'intervention trop précisément météorique de ses présages, la mécanique\ninimprévue et à la longue, monotone, des aperceptions de ses personnages.\n    Cette intrusion des contingences revêt, dans l'Ame des choses, des modes\nplus compliqués, moins mélodramatiques et frappants.\n    M. Maeterlinck traduit ces divinations en un style courbaturé d'effroi,\n"}, {"page_pdf": 284, "texte": "                                  — 247 —\n\nnoir et verdâtre et qui évoque l'idée de maléfiques mixtures chimiques,\n par de prodigieuses contractions de pensée, de lapidaires ellipses, de laconi-\nques éclairs, phosphoreux et livides. Sa période, violente, d'une concision\npicturale, est congelée, hérissée d'angoisse.\n   Chez M. Chainaye, la phrase prismatique, blanche de givre et de\nlumière, tremble, semble charmée; elle s'électrise à la surprise de tout\ncet inconnu qu'elle suscite ; elle marche lentement, d'un pas somnambu-\nlique, parmi ces inouïes régions lunaires, dans cette magnétique atmo-\nsphère de suggestions et de rêve, comme si elle craignait voir, tout à coup,\nà un mot trop brutal, s'évaporer l'univers enchanté, la féerie dont, timide-\nment, elle lève les voiles. — Pareille aux cygnes du lac d'Isoeil, elle « glisse\nsur le silence ».\n   Le conte par lequel s'ouvre le recueil, et d'un si insinuant contour,\nrésume bien la manière de M. Chainaye : — les adjectifs caressent, frôlent,\nles mots s'ouatent : c'est comme la capricieuse chute, assoupie et frêle, d'une\nneige douce et très pure.\n   Cette chambre de malade, tout embaumée de calme et de tendre paix,\nouvre ses fenêtres sur les gloires du parc et des étangs limpides; la voix des\nchoses s'y élève, y parle à la convalescente qui, affinée et spiritualisée par\nla douleur, la perçoit et la comprend. Pendant les heures de fièvre ou de\ndétente, tout l'entretient, en ce décor fantomatique qui, plus compréhensif\nque les gens, toujours inopportuns, — prend la couleur de ses rêves, et\nfinalement, la réconcilie avec la vie.\n   — Il y a là quelques pages d'une surprenante beauté, profondément\noriginales, et où sont incarnés le plus subtil, l'insaisissable de vagues sen-\nsations, d'émotions indéfinies et ténues.\n   Une seconde nouvelle, la Cage aux bêtes, d'une teinte plus sombre,\nd'une écriture plus accusée, procède de la même inspiration :\n   — Walther, le doux poète passif, interné dans sa cité natale, hostile,\nparmi d'incompatibles et hargneux bourgeois, déserte ces milieux pratiques.\nMais, à peine installé en la solitude conquise, « il sentit un vide' en lui.\nUne force lui faisait défaut. Et il comprit alors, que la haine comme l'amour\nretient à la vie, et, qu'aussi bien que les êtres aimés, nos ennemis occupent\ntyranniquement leur place dans notre cœur et notre cerveau ». —\n   Cependant, un soir de lassitude, au crépuscule, ses odieux concitoyens,\nles Maîtres des corporations et le Poète de la ville découvrent sa retraite et\nlui arrachent la promesse d'un retour prochain.\n   Après les avoir reconduits, et rentrant, tout, jusqu'à son chien, lui paraît\ns'être étrange de lui. Dans la posture, à cette heure ennemie, des choses\nfamilières, il déchiffre il ignore quelle réprobation.\n   Il éteint la lumière dont l'éclat l'épouvante et est non loin de s'assoupir,\nlorsque ses visiteurs de tantôt se représentent, mais démasqués, cette fois,\nde leur hypocrisie, étalant la hideur de leurs âmes de boue et de rancune.\nEt, tandis qu'ils parlent, leurs visages se métamorphosent, le vernis s'écaille,\nleurs authentiques silhouettes transparaissent. Aux yeux aliénés de Walther,\nla salle se remplit de fauves, d'ours, de loups et de renards, dont les\n"}, {"page_pdf": 285, "texte": "                                    — 248\n\nprunelles sanguinaires fulgurent de convoitise et qui efforcent leurs gueules,\naltérées de carnage, vers le coin où il s'est réfugié.\n   Mais, par un violent effort de volonté, il les maîtrise, les dompte et\ns'évade, au dehors : — « Demain, dit-il à son chien, demain nous partirons\npar là. Peut-être les autres hommes sont-ils moins cruels ».\n   — Les poèmes en prose qui complètent l'Ame des choses, sont trans-\ncrits en la même langue fluidique et sensibilisée : — Hunald, un blanc\nchef-d'œuvre d'élégante grâce, discrète et fine; la Lune assassine; les\nAmis; la Fin du monde; le Rêve des eaux, d'autres encore, à tirer hors\nde pair et d'une réussite magnifique de précise justesse. On trouvera, certes,\nen des pages telles que celles-ci, la victorieuse légitimation de cette forme si\ndiscutée, de cette forme ambiguë du poème en prose qui permet la réalisa-\ntion littérale de ces ondoyantes songeries, auxquelles le vers, trop strict et\ntrop net, répugnerait.\n                                                       ARNOLD GOFFIN.\n\n                       L'Annuaire   du Caveau    Verviétois.\n   Le dixième Annuaire du Caveau Verviétois est divin. M. Karl Griin,\nun esthète du sarcophage, se révèle comme un poète erotique digne de\nl'Anthologie grecque.\n   Voici comment M. Karl Grün entend l'érotisme en prose :\n   « Un pourfendeur de l'érotisme en littérature a dit quelque part : « Soyez\ndes hommes et non des mâles ». J'avoue humblement qu'il me serait bien\ndifficile de ne pas être un mâle, surtout à certaines heures. L'amour plato-\nnique ne me sourit pas. Les théories sur l'abstinence m'ont toujours semblé\npeu sincères et applicables seulement par ceux que la nature a conformés\nd'une façon anormale. Le système de Malthus est aussi condamnable que\nla fabrication des ténors pour la Chapelle Sixtine        Il faut évidemment\nune certaine réserve dans les rapports sociaux, quoiqu'au fond toute mise\nen œuvre d'organes soit naturelle, par conséquent estimable\n\n   « Il est des auteurs qui croient condamner l'extase amoureuse chez\nl'homme en disant qu'elle existe aussi chez les animaux, chez les oiseaux, par\nexemple, qui se parent alors d'un beau plumage et qui chantent à gorge\ndéployée. Qu'est-ce que cela prouve? Que l'homme a beaucoup de choses\ncommunes avec les animaux ? »\n   Il faut évidemment une certaine réserve dans les rapports sociaux, mais\nnotre plume n'est pas assez Malthusienne pour refuser un hommage abon-\ndant aux théories de M. Karl Griin. Cependant en cette matière, comme\nen beaucoup d'autres, les théories ne suffisent point. Passons donc à l'ap-\nplication, et suivons M. Karl Griin dans ses pérégrinations amoureuses.\n   L'esthète de la Vesdre commence par l'Antiquité. Il champalise le nommé\nPraxitèle, — un Grec qui vendait des « postures » — et ne se gêne pas pour\ndépiauter sa Vénus, cette déesse sans pudeur\n                Couvrant de ses deux mains de vieilles bagatelles,\n               Dans un geste effrayé qui manque de grandeur.\n"}, {"page_pdf": 286, "texte": "                                  — 249 —\n\n  Mais la vieille Hellas n'arrête pas M. Karl Grün, qui, suivi d'une foule de\n                  Jeunes gens affamés d'être an jour citoyens,\net tout en gardant dans ses rapports sociaux la même réserve que\nM. Carnot, fait irruption dans le monde moderne.\n   Il se promène dans les endroits chic où M. Georges Rodenbach mène\n ses brebis :\n                            La ville avec son falbala.\n                            Ses équipages à la file\n                            Conduits par des cochers-gala.\n  Alors, comme il lui serait bien difficile de ne pas être un mâle, surtout\nà certaines heures, M. Karl Grün, continuant à garder la même réserve\ndans ses rapports sociaux, s'abouche avec huit exemplaires du type féminin,\n— successivement, bien entendu.\n  Il négocie d'abord avec une mondaine (voir Georges Rodenbach, passim)\nqui, tout en cultivant la ressemblance peu banale « d'un camellia ensan-\nglanté par l'hiver », a le tort d'être dure pour ses amis du peuple,\n                 Et, le geste hautain, leur montre ses talons.\n\n   Le charme se rompt, et ron ron ron, petit patapon, M. Karl Grün, tou-\njours sans se départir de la réserve qui convient aux rapports sociaux,\ns'adresse à une humble institutrice. Mais s'apercevant que « la vogue la\nmet au dessous de l'actrice », M. Karl Grün, après lui avoir assuré un\ntraitement d'attente, offre son cœur à une bourgeoise :\n                  Bourgeoise, active abeille, elfe de nos maisons.\n   Mais voyez le chiendent :\n                 Le soir en falbalas, le matin dans la crotte,\n                 La bourgeoise croupit dans l'uniformité.\n   M. Karl Grün passe outre, et lance un œil, — un Redon — à une\n ouvrière. Malheureusement,\n                     Elle est à son travail, sans souci des bouffons.\n    Une hétaïre nommée Caoutchouchou, à cause de sa facilité à jouer\n chemin de fer de ceinture, et une écuyère qui <c apparaît dans son tricot\n collant » ne parviennent pas à « lever » l'esthète verviétois. Une poissarde\n à la raie irréprochable est sur le point d'y arriver, mais M. Karl Grün\n s'aperçoit, avant de se mettre en frais, que\n                       C'est un salmigondis de femme et de gendarme.\n    Il se sauve à toutes jambes devant ce bonnet à poils et tombe sur une\n  dévote, en train « d'user le pavé de son front défrisé ». L'esthète entre dans\n  une violente colère :\n                        Ce cloporte en jupons n'a plus rien de la femme.\n"}, {"page_pdf": 287, "texte": "                                   — 250 —\n\n  Et, à l'heure funeste où\n                          Le droit civil n'a plus qu'un faible râle\n\nva se réfugier dans « l'œil ouvert d'une amie » grâce à laquelle il pourra\n                                         faire\n                          Avec ou sans notaire\n                          Vagir un doux berceau.\n   Puis M. Karl Grün s'endort d'un sommeil réparateur.                  Do, do,\nl'esthète do.\n                                                                      PUCK.\n\n\n\n\n          CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                           LE SALON DE L'ESSOR\n\n              En vérité, je ne sais trop pourquoi je viens d'écrire ceci, car ce\n               ne sont pas les tentures vétustes, ni les sièges biscornus que\n               l'on y voit, qui vaudront à cette exposition le titre de « Salon » ;\n               et, s'ils s'appellent Essoriens, les membres de ce cercle ne sont\nrien moins qu'essorant. L'Essor! c'était bon au temps jadis, lorsque sur les\ncatalogues — plus vierges, quoique moins blancs qu'à présent — éclataient\nces noms prestigieux : Degroux, Schlobach, Van Rysselberghe, etc., —\nnoms de jeunes, pleins de promesses sinon de talent, qui portaient en eux\nla conscience de leur force et sentaient la personnalité les mordre au cœur.\nOh! oui ce temps est loin, plus loin que les neiges du bon Villon et que le\nvert paradis des amours enfantines, dont parle Baudelaire. Ceux qui\nvalaient ont disparu du cercle un à un; quant aux autres, nous les voyons\nenlisés, pour la plupart, dans une nuit sans réveil. Ce qu'ils appellent leur\nart est devenu une simple habitude, un simple passe-heures. Aucune des\nquestions esthétiques agitées autour de nous, et qui resteront les plus beaux\njoyaux au front de cette fin de siècle, n'a le privilège de les préoccuper.\nLeur peinture est compassée, sanglée tel un bourgeois dans sa redingote ;\nelle a le sourire jaune des choses à leur déclin, la tranquillité dangereuse\ndes académiciens. Ce qui manque surtout à ceux dont j'aurai à parler, c'est\nla jeunesse, l'enthousiasme, ces fleurs ne fleurissant qu'une fois — proba-\nblement parce qu'elles sont le printemps du cerveau, le ciel criblé d'étoiles\nou l'azur de midi de l'intelligence. La jeunesse est pour ces peintres, au\nsens petit du mot, ce qu'elle était pour Tristan Corbière au sens élevé :\nC'est bon un jour, se sont-ils dit, et ils l'ont abdiqué à la hâte comme un\nvêtement incommode. Mais le châtiment n'a pas tardé ! Le cerveau s'est\nencrassé à cette indifférence et maintenant il n'est plus qu'une mer morte\noù, si l'on s'y penchait, on découvrirait bien autre chose que de l'asphalte.\n"}, {"page_pdf": 288, "texte": "                                 — 251 —\n\n   Cependant il doit y avoir de l'asphalte aussi. C'est pour cela, sans doute,\nque ces messieurs voient tout en deuil et peignent de même. Qu'un nou-\nveau entre à l'Essor, et l'année suivante il broiera du noir avec plus de\ndésinvolture que Paul Bourget dans la caricature des Hommes d'aujour-\nd'hui. Après le noir — le vrai noir s'entend — viendront le cirage, le jus\nde tabac, le vert pituite, liés par une sauce non moins drôle. La couleur\ntype sera atteinte, et celui-là qui aurait peut être fait « quelqu'un » se\nnoiera dans sa marmelade comme Clarence dans sa barrique de vin. A quoi\ncela tient-il? Je renonce à l'expliquer. Pourtant les faits sont là — indé-\nniables — et l'on se demande comment les quelques artistes qui ont\néchappé à l'envoûtement général s'y sont pris pour ne pas déchoir.\n   Qu'on n'aille pas se récrier; j'atténue plutôt. On prouverait aisément le\nmanque de direction intellectuelle de ces peintres, au moyen de certains\ndétails de leur faire, mais je n'ai pas le temps d'entreprendre ce travail, et\nvoici un tableau qui complètera ma pensée. Pour titre : Coin intime,\nauteur : M. Georges.\n   Le sujet est très simple : un atelier blanchi de jour, au fond duquel un\nbonhomme en blouse brosse une toile. L'homme fume, ce qui n'est pas si\nridicule, mais que vient faire là le second personnage? C'est une femme,\nune bourgeoise très « été de la Saint-Martin » qui, les mains sur son tablier\nbleu, surveille, de sa chaise, la marche du pinceau. Voilà l'intimité. Eh\nbien ! je la trouve, moi, pitoyable. Ce peintre qui ouvre devant son cordon-\nbleu, me rappelle Henry Gréville cuisinant ses romans en même temps\nque son pot-au-feu, et je ne puis ne pas me dire que bien des Essoriens en\nsont arrivés là.\n   Plus pitoyable encore, le placard de M. Albert Dillens— un ancien\ncelui-là — baptisé : Déménagement en Zélande. On y voit une eau\nd'étoupe, des végétaux en fer blanc, des moulins condamnés à ne jamais\ntourner. Sur l'eau glisse une barque avec dedans des personnages, des\nustensiles. Les figures sont si rudimentaires que l'on se demande com-\nment elles ont été admises; quant aux ustensiles, ils ont certainement\nété copiés sur des modèles de boîte à jouets. La vie des choses échappe\ncomplètement à M. Dillens. Sa barque, coupée exactement en deux, parce\nque la moitié seulement doit être vue, ressemble à celles avec « Congo »\ndessus que les photographes disposent autour des bébés que l'on mène\nfaire risette devant leur appareil. Pour couleur de la fumée et du noir,\nmême dans les clairs — noir partout.\n   Puisque je parle de noir, je me débarrasse volontiers de M. Levêque qui,\nau lieu de vernis, emploie pour sûr de la laque. Il expose un Job. Je\ncherche encore lequel des personnages postés sur la toile est le vrai. Est-ce\ncelui au ventre pareil à une outre ? Et pourquoi dorment-ils tous dans ce\npaysage fatal dont on veut nous épeurer, comme on effraie les enfants en\nleur parlant de l'homme au sable?\n   Passons M. Bellis et ses Maréchal Niel au beurre noir, M. Vanden\nEycken avec ses chiens postiches, M. Seghers dont les Azalées pourraient\naussi bien être n'importe quoi, puis stoppons devant l'envoi de M. Hannotiau.\n"}, {"page_pdf": 289, "texte": "                                  — 252 —\n\n Celui-ci est allé à Bruges (du moins il faut le croire, c'est de là qu'il date\nses toiles) et il n'y a vu que des femmes à mantes — sans calembour. Il en\nfourre partout, vues de dos généralement — ce qui évite de devoir faire\nune figure. Rapprochez ces femmes de celles signées Mellery ! Celui-ci en\ndessine de pareilles, seulement quand il nous montre le vêtement, il en fait,\nsi l'on peut dire, la philosophie. Ici rien de ce genre. Rien de plus drôle\nque le dessin intitulé Souvenir où, pour donner un air étrange à un cru-\ncifix, M. Hannotiau le représente sous la forme peu révérencieuse d'un\nhippocampe. Avec le sujet choisi, il y avait moyen de faire une œuvre de\nvaleur « disant » la poésie de certains coins de la cité au fier beffroi. Mais\npourquoi de la poésie? et tant piètre est son sens artiste, que M. Hannotiau\na flanqué le premier plan d'une femelle à l'instar de celles des diplômes de\nconcours agricoles. Un autre dessin — Déclin de jour — rappelle en\nlourd celui si fin mis par M. Fernand Khnopff en tête du livre de Grégoire\nle Roy. Quant aux pastels de M. Hannotiau... Animus meminisse horret.\n   Parlerais-je de M. Herbo? Le public est avec lui comme le Seigneur\navec les justes, et les intelligents sont fixés à son égard au moins autant\nque moi. Je veux dire un mot néanmoins du Portrait de Mme Caron.\n L'admirable tête dans la réalité ! Figure expressive, dont le repos même\nest un livre ouvert ; figure changeante au front en éveil, aux yeux profonds,\ndoux et terribles, énigmatiques aussi, aux narines palpitantes. Vous croyez\nvoir cela ici, détrompez-vous. M. Herbo a métamorphosé la grande\nartiste avec la facilité que mettait l'enchanteur du conte enfantin à méta-\nmorphoser une princesse en truie. Le front est rabaissé; les yeux, sans\nexpression, sont égarés comme d'une qui regarderait tourner des tables ;\nles lèvres manquent de chaleur, de sève. C'est faux, faux, et conventionnel\nà l'excès. Or, que penser de celui qui ne peut tirer parti d'un tel... modèle?\n   De son côté M. Duyck taquine les divinités païennes. Chacun son goût,\npas vrai ? Voici Diane. Les peintres d'autrefois se plaisaient à en faire une\nbeauté sauvage, jaillissant avec l'inattendu d'une fleur volontaire ou d'un\nmétéore illuminant la torpeur des forêts. M. Duyck en fait une serveuse de\ncafé-concert à l'heure du caprice ; chacun son goût encore une fois. Pour\nqu'on sache bien que c'est une chasseresse, M. Duyck a mis à ses pieds une\nbiche morte. Les vieux peintres, quand ils ne la montraient pas simplement\nau bain, faisaient voir Diane bandant son arc en un geste plein de grâce\nvigoureuse vers les fauves fuyant au loin. Je ne dis pas si cela me plaît\nmieux, je compare. Maintenant Diane aime les bois, c'est pourquoi\nM. Duyck lui fait faire des signes au paysage du fond qui, fort peu habi-\ntué de jouer à la forêt de Birnam, n'a pas l'air de comprendre ce qu'on lui\nveut.\n   M. Crespin a manqué sa vocation. MM. François, Le Bon et Taverne\nauraient bien fait lors des débuts de Coosemans et d'Asselberghs.\nM. Hamesse malmène des printemps et des automnes. M. Jelley a de\nvagues portraits, des paysages et des intérieurs soignés. Ici j'ouvre une\nréflexion. Les Essoriens abusent du macabre et je trouve que cela sent de\nloin le rapin. C'est ce qui me déplaît chez M. Lynen — un original au de-\n"}, {"page_pdf": 290, "texte": "                                 — 253 —\n\nmeurant. Très bien, ses enluminures pour une légende de Ch. De Coster.\nPauvre terre, du même, une anthologie des misères et des vices, a des\ncôtés intéressants, des plans et parfois des tons à la Degroux. M. Ludwig\ndédaigne ces tons; il suit la bonne recette essorienne, ainsi que M. Mayné.\nOn connaît M. Van Damme-Sylva. Si on ne le connaît pas on pourrait le\nconnaître, autant que MM. Viandier et Devleeschouver M. Van Gelder\na le tort de songer à Raffaëlli. La toile de Mme Lacroix gagnerait a être\nrefaite. MM. Dierickx, J. et 0 . , sont également de vieilles connaissances.\nLe premier a des moyens d'exécution très simples : quatre bandes de\ncouleur = Soleil couchant; trois loques au haut d'un entonnoir signi-\nfient : Les nuages se déchirent aux cimes des monts. M. Dierickx, J.,\na fait, sous le titre modeste de Portrait, une sirène moderne qui, la figure\nbarbouillée de suie, attend les... pécheurs, devant un arbre, en effeuillant\nun bouquet. J'ai, d'ailleurs, oublié si ce sont des marguerites.\n   Il y a quelque chose dans la couleur de M. Ciamberlani, M. Houyoux\nmérite une mention pour avoir fait un parasol rouge, d'un rouge lumineux,\nchose rare à l'Essor. M. Neuhaus a une lumière approximative. M. Lacroix\nrefait les primitifs; ses droites manquent de mouvement alors que ces\nlignes en ont tant chez les primitifs qui mirent de la vie même dans l'arrêt\nde toute vie. M. Fichefet a un bon portrait ; par contre, je ne puis sentir\nsa « Fin de jour » qui devrait s'appeler « la femme aux pieds coupés » par\nopposition à « la fille aux mains coupées » du poète Quillard.\n   Je dois parler de M. Wollès, car il n'est pas le premier venu. S'il voulait\nquitter les sentiers battus !... M. Wollès a une façon de sentir assez pareille\nen délicatesse à celle des femmes, mais il la rend « mâlement ». Voilà\nsurtout ce qu'il a de caractéristique. Je ne serais pas étonné d'apprendre\nque cela est dû à une question de milieu.\n   Arrêtons-nous à M. Delville, peintre et poète. En poésie, il a découvert\nSaint-Jean le Théologien, le sombre ascète apocalyptique, dit-il; en pein-\nture il n'a rien découvert du tout: c'est heureux. Regardez ses portraits en\nvous souvenant des promesses que leur auteur donnait à sa venue, et dites\nsi ce n'est pas à désespérer de pouvoir espérer en qui que ce soit. Toutefois,\nM. Delville ne s'en est pas tenu là. Proche les portraits on voit un dessin\nimmense, aux proportions renouvelées de l'éléphantesque Piscine de\nBethsdide de Jean Quellin à Anvers. Le dit dessin s'appelle Cycle passion-\nnel. Le sujet en est pris à Dante, adorable idée rappelant l'exercice du\npeintre français qui s'est avisé un jour d'entoiler (sic) le don Juan aux\nenfers de Baudelaire. Outre qu'on doit laisser de pareilles œuvres dans\nl'état où elles furent révélées, M. Delville a mal digéré ce qu'il a lu. Il\ns'est dit, sans doute : l'Enfer est un « grand » poème, Dante est un « grand »\npoète, donc il faut les montrer en grand. C'est ce qu'il a fait, mais sans\nnulle grandeur, allez! Ce Cycle est un étal de têtes, de troncs, de bras, de\npieds jetés au hasard, avec des intentions canailles autour. Comme con-\nception, une fausse couche de Wiertz, comme exécution, une multiplication\nlaborieuse du géant Antigon de Jef Lambeaux.\n   Il me reste à parler de quelques peintres et je dirai ce que je pense d'eux\n"}, {"page_pdf": 291, "texte": "                                  — 254 —\n\navec la sincérité dont je suis sûr d'avoir usé envers les autres. Dans cette\nexposition trois noms tranchent sur le tas : MM. Coppens, Dardenne, et\nFrédéric.\n   De M. Coppens j'aime les marines. C'est vu en artiste chez qui les sen-\nsations ne restent pas à fleur de peau. M. Coppens nous montre la mer des\nbeaux jours et il nous la montre d'une façon à laquelle il manque fort peu\nde chose pour être grande. Ses lointains se reculent — j'allais dire à perte\nde vue — dans un bain de clarté harmonieuse et profonde, et font songer\naux lointains du peintre japonais Kouniyoshi. La vie s'y joue en des\ndétours rendus savamment. Quand on a regardé ces toiles pendant quelque\ntemps, on se croit là bas, au bord de cette eau qui chante si doucement que\nc'est un songe exquis, sans Mignon ni Graziella.\n   L'exposition de M. Dardenne manque relativement d'unité. Autant de\ntoiles, autant de genres différents. Je serais le dernier à critiquer ces essais\nqui sont d'un ne voulant marquer le pas et qui ne le marquera. Le passé de\nM. Dardenne en est une garantie. Voyez maintenant ses paysages; ils\npalpitent, ils vibrent. Lorsqu'il appelle une toile Printemps, le printemps\ns'y avive vraiment au frisselis des feuillées. Coin d'étang est d'une poésie\nautomnale intense, blottie dans une belle gamme de couleur. Vossem, où\ns'épanouit la gloire des fleurs chauffées de soleil, le Bain des gosses —\nmauvais ce « gosses », — très lumineux, sont de bons numéros égale-\nment.\n   M. Georges Destrée signalait ici, l'an dernier, les titres de M. Frédéric.\nJe n'en retrancherai rien. Cette fois encore ses dessins marquent davantage\nque sa couleur — fraîche, exubérante et calme en même temps, mais moins\npersonnelle, je trouve. Le Ruisseau est d'une conception non banale. La\ncaressante farandole de chairs roses, sertissant des yeux bleus, farandole\nqui se déroule au fil de l'eau joyeuse parmi le paysage sourieur! Les dessins\n— faisant « l'historique » du pain — révèlent des mouvements pris sur\nle vif, des attitudes étonnamment réelles mais quasi épiques, des gestes,\ndes regards, des ambiances, dont l'expression est d'un maître. Puis, quelle\ndiversité dans les noirs, et la lumière et la vie des choses !\n   La sculpture à l'Essor est bien pauvre. Bustes, médailles, chevaux,\nsoldats, nourrices, escrimeurs et garde civique, tel en est'le bilan. Cela est\nsigné Braecke, De Vreese, J. Dillens, Keiler, Lagae, Samuel — noms\nconnus que chacun appréciera à sa façon.\n                                                          ALBERT ARNAY.\n"}, {"page_pdf": 292, "texte": "                                 — 255 —\n\n\n\n\n           CHRONIQUE MUSICALE\n       QUATRIÈME CONCERT POPULAIRE. — HANS RICHTER.\n\n\n              Comme Joseph Dupont l'a très justement dit, au banquet qui\n               réunit, en l'honneur de Hans Richter, après le dernier Concert\n               populaire une trentaine d'artistes et de littérateurs, le célèbre\n               chef d'orchestre, interprète si consciencieux que son talent\ns'élève presque à la hauteur du génie créateur, filial dépositaire, pieux\ndétenteur des traditions du Maître, est venu apporter à Bruxelles, l'âme\nmême de Richard Wagner.\n    Hans Richter est, pour ainsi dire, le plus fervent chevalier du Graal\nwagnérien.\n   Nous avons fréquemment assisté à de fort remarquables exécutions de\nla musique du maître saxon, mais jamais ces exécutions n'ont revêtu pareille\nclarté. Les derniers voiles qui offusquaient çà et là les formes aussi pures\nqu'originales des chefs-d'œuvre, sont tombés pour toujours et ceux-ci\nnous apparaissent à présent dans toute leur splendeur.\n   A ce propos on a parlé de prodige, de révolution, de radicale métamor-\nphose de l'orchestre, et des Botocudos, conseillers communaux, Sorrentins\net Sorrentines, dénigreurs plus grotesques que malfaisants, ont même été\njusqu'à opposer la « manière » de Hans Richter à celle de Joseph Dupont.\nOr, rien n'est plus injuste, plus faux, plus extravagant.\n   Hans Richter, quels que soient son prestige et sa science, n'aurait jamais\nobtenu, comme c'est le cas, après deux répétitions et un raccord seulement,\nune interprétation aussi nette, aussi fouillée, aussi lumineuse, si l'orchestre\nn'avait été initié de longue date par Joseph Dupont, au génie du grand\nnovateur allemand et rompu, sans cesse, grâce à notre éminent compa-\ntriote, aux grosses difficultés techniques inhérentes à l'exécution de par-\ntitions luxuriantes entre toutes.\n   On peut affirmer que Joseph Dupont avait préparé et entraîné ses\nmusiciens de telle façon, que lorsqu'il a cédé le bâton de mesure à son\nillustre collègue allemand, l'orchestre est entré d'emblée, sans hésitations\net sans repentirs, dans les intentions complémentaires de Hans Richter. En\nd'autres termes, Joseph Dupont avait achevé le tableau, et c'est Hans\nRichter qui a procédé au vernissage. Et si cette séance compte parmi les\nauditions musicales mémorables, il faut en rapporter l'éclat et la réussite,\nau moins autant qu'à son illustre confrère autrichien, au vaillant et\nopiniâtre directeur des Concerts populaires, à l'artiste convaincu, depuis\nplus de trente ans le principal promoteur de notre régénérescence musicale.\n   La part des mérites respectifs étant établie, rien ne nous empêche de\nreconnaître la prodigieuse virtuosité du chef d'orchestre allemand. Les\npages les plus touffues de Wagner, par exemple l'ouverture des Maîtres\n"}, {"page_pdf": 293, "texte": "                                — 256 —\n\nChanteurs, contractent une limpidité extrême, les thèmes se détachent avec\nune précision insoupçonnée, le tout revêt une allure quasi-classique. Rien\nn'est laissé au hasard, aucun bafouillage, les instruments chantent et con-\ncertent sans agitation intempestive. Le calme olympien, la sereine vigueur,\nl'imperturbable équilibre du chef sûr de sa force, inspirent une confiance\nabsolue à ses acolytes.\n   Religion de Parsifal, lancinantes amours de Tristan, héroïsme des\n Walkyries, et la divinité qui s'humanise, de Wotan ; et même l'impor-\ntance académique des Maîtres Chanteurs; l'orchestre a superbement\nexprimé ces diverses caractéristiques.\n   Emile Blauwaert, le Gurnemanz des dernières représentations de\nParsifal, à Bayreuth, a chanté d'une voix robuste et mordante, qu'on eût\nvoulue plus tendre par moments, les pathétiques adieux de Wotan.\n\n                                                       INTERIM.\n"}, {"page_pdf": 294, "texte": "                                       — 257 —\n\n\n\n\n                               MEMENTO\n   Louis Artan, le peintre de marine, vient        M. Dietrich a exposé ce mois au Cercle\nde mourir. Comme presque tous les artis-        artistique, une série de splendides repro-\ntes sincères, n'ayant pas travaillé pour la     ductions photographiques d'après les ta-\nrenommée bourgeoise, il s'en va presque         bleaux des principaux musées. Elles sont\nignoré, connu de la seule élite qui s'inté-     dues à Braun de Paris. Il y a entre autres\nresse encore à l'art et sait discerner quel-    des Rembrandt, des Velasquez, des Peru-\nques œuvres parmi l'universelle caboti-         gino admirables; ce sont de véritables\nnage de notre époque. A l'heure où un mar-      œuvres d'art où toute la magie de l'original\nchand de loques, résumant tout le goût de       est rendue d'une façon merveilleuse.\nsa caste, trouve de quoi payer un Meis-\nsonier huit cent et des mille francs, il\nmeurt pauvre, sans cette gloire de l'or qui\n                                                   Voici pour ceux qui espèrent en un\nfait la renommée aujourd'hui.\n                                                grand théâtre populaire où se régénérerait\n                                                un art plus vaste et plus général :\n                                                   A Kussnacht, sur le lac des Quatre-Can-\n  Voici le Waux-Hall ouvert, les rêveuses\n                                                tons, en Suisse, on vient de constituer une\nvalses allemandes sous les ombrages noc-\n                                                Société dramatique qui se propose d'exécu-\nturnes par les soirs tièdes d'été. De plus,\n                                                ter en pleine campagne le « Guillaume\nun programme admirable : tous les jeudis\n                                                Tell » de Schiller. — La tragédie sera repré-\nconcert extraordinaire et audition de\n                                                sentée sur le territoire même où, d'après la\nmusique des écoles russe, française et belge.\n                                                légende, le héros, grâce à son courage jeta\n                                                les bases de l'indépendance de son pays.\n  Rops ne fait plus de frontispices, ce qui\nexplique pourquoi il ne tient pas ses pro-\nmesses envers la Jeune Belgique. Voici ce\nqu'on lit sur un prospectus trouvé à               Il y a l'Abbé Constantin, mais il y a aussi\nNamur :                                         la Bête humaine. Voici à ce sujet du Sarcey\n             Immense succès                     francuistre toujours :\n                     LE                            Que vous dirai-je? J'ai pris le livre un\n            ROPS-BORRY                          soir en attendant l'heure du théâtre. Je l'ai\n             breveté S. G.D. G.                 laissée passer, continuant ma lecture, et à\n   Immense succès : le meilleur de tous les     trois heures du matin, je me suis surpris\n produits pour obtenir un vin exquis de 8 à     encore lisant ce roman, et n'ai pu être\n îo centimes le litre.                          chassé dans mon lit que par ma lampe qui\n                                                m'a abandonné en chemin. C'est le seul\n                                                roman de Zola qui m'ait ainsi tenu sous le\n   Stoumon et Calabrési ont trouvé la place     joug; j'ai pris, quitté et repris l'Assommoir\n bonne; ils conservent la direction de la       avec une curiosité éveillée, mais non pas-\n Monnaie et, pour amadouer les critiques         sionnée. Cette Bête humaine, elle est amu-\n grincheux, annoncent qu'ils ont signé le        sante comme un roman d'Eugène Sue ou\n traité qui Leur accorde le droit de jouer       de Gaboriau. On veut en connaître la fin.\n Siegfried, l'an prochain.                         En voilà un nouveau système de lampe !\n                                                 très bon pour les critiques nocturnes ; elle\n                                                 les chasse dans leur lit mais refuse d'aller\n"}, {"page_pdf": 295, "texte": "                                       — 258 —\n\ncoucher avec eux. Nous comprenons ça            Eugène Rougon 21,000; mais avec l'As-\nlorsqu'il s'agit de Sarcey.                     sommoir, Zola connaît les joies des tirages\n                                                formidables, car le roman s'enlève à 117,000.\n                                                   Une Page d'amour est tirée à 70,000,\n   Très beau numéro de juin du Mercure          mais Nana a 155 éditions, 155,000! C'est\nde France : Stéphane Mallarmé, Mariana ;        le point culminant, l'apogée. Les autres\nAlbert Jamain, Keepsake; Charles Morice,        volumes de la série, tout en ayant un nom-\nSur l'Absente; Laurent Tailhade, Bal-           bre respectable d'éditions, n'atteindront\nlade ; Louis Dumur, A propos de l'accent        pas un pareil chiffre : Pot- Bouille, 75,000\ntonique ; Ernest      Raynaud, Paysages ;       exemplaires; Au Bonheur des Dames,\nAlfred     Vallette, In perpetuum; Jean         55,000 ; La Joie de vivre, 44,000 ; Germi-\nCourt, Tambourins; Charles Mer/ci, Le           nal, 83,000; l'Œuvre, 50,000; la Terre,\nRefuge ; Renard, Les petites bruyères ;         88,000; le Rêve, 77,000.\nG. Albert Aurier, l'Auberge; Edouard               Cela fait, en tout, 986,000 volumes; en\nDubus, sur un livre d'occulisme; Louis          y ajoutant les 45,000 exemplaires qui cons-\nDenise, le Salon; Remy de Gourmont,             tituent le départ de la Bête humaine, on\nlittérature anglaise.                           obtient 1,031,000. Le million est dépassé.\n\n\n\n   Nous lisons dans l'Eventail :\n  BRESLAU. — Le Lobetheater de cette              La reproduction de l'original portrait de\nville, a eu l'audace grande de monter la        Paul Verlaine que nous offrons aujourd'hui\nPuissance des Ténèbres. Il est vrai de dire     à nos abonnés a été confiée aux soins de\nque le directeur, M. Witte-Wild, a coupé        M. Lebizay, le très sympathique directeur\nou atténué ce qui était trop brutal, de ma-     de la Société des Arts Graphiques de\nnière à donner à l'ouvrage un caractère un      Bruxelles. On a vu avec quelle perfection le\npeu plus doux (sic).                            dessin de Paterne Berrichon, a été rendu.\n  Tolstoï va être charmé d'apprendre que        M. Lebizay, un ami dévoué à la Jeune\ncet excellent M. Witte-Wild a si bien tripa-    Belgique et qui fut quelque peu de ses\ntouillé son drame, que les sensibles habi-      débuts, en a fait une œuvre d'art.\ntants de Breslau ont pu voir représenter la       Nous lui adressons ici nos plus sincères\npièce sans trop frémir. Ce brave homme de       remerciements.\ndirecteur a, du reste, poussé le respect des\nnerfs de son (public jusqu'à confier le rôle\nde l'avide, perfide et criminelle Matrinona        Un des jeunes poètes les mieux doués du\nà l'actrice la plus aimable de sa troupe.       nouveau Parnasse français, Ephraïm Mi-\nAinsi le personnage est devenu supporta-        khaêl, vient de mourir, à Paris, âgé de\nble, dit un critique du crû,                    vingt-trois ans.\n                                                   Ephraïm Mikhaël fut mêlé, d'assez près,\n                                                à notre renouveau littéraire. On n'a pas\n   Veut-on savoir le nombre d'exemplaires       oublié sa collaboration à la Basoche, où il\nauquel furent tirés les romans de Zola?         coudoyait MM. Jean Lorrain, Pierre Quil-\nVoici dans l'ordre d'apparition la série des    lard et Ajalbert. Avec trois poètes belges,\n« Rougon-Macquart ».                            MM. Charles Van Lerberghe, Maurice\n   La fortune des Rougon, l'ouvrage de dé-      Maeterlinck et Grégoire Le Roy, il avait\nbut, n'a été tiré qu'à 22,000 exemplaires, la   fondé, à Paris, vers la même époque, une\nCurée s'est élevée à 33,000; viennent           revue intitulée la Pléiade.\nensuite le Ventre de Paris, 30,000; la             On a de lui un recueil de poèmes l'Au-\nConquête de Plassans, 22,000 ; la Faute de      tomne, publié à Paris, chez Alcan-Lévy, en\nl'abbé Mouret, 44,000; Son        Excellence    1886, et un poème dramatique le Cor\n"}, {"page_pdf": 296, "texte": "                                         —    259     —\n\nFleuri, joué au Théâtre-Libre, par les             lucinés? La Galette anecdotique ne nous\ncomédiens de M. Antoine le 10 décembre             accusera pas de ne pas lui faire de réclame?\n 1888.                                             Au revoir, la belle ; nous vous lisons atten-\n   Ephraïm Mikhaël laisse un certain nom-          tivement.\nbre de poèmes épars dans une foule de                 P. S. La Galette anecdotique ne coûte\njournaux et de revues.                             que 18 francs par an, calembours compris.\n   Son œuvre, hélas complète, paraîtra pro-\nchainement dans la petite collection blanche\nd'Alphonse Lemerre.\n\n                                                      Dédié à des Esseintes :\n                                                      « J'ai fait, ces jour-ci, connaissance d'un\n                                                   personnage assez étrange qui, pour son\n   Une autre mort nous est aussi annoncée\n                                                   plaisir solitaire, se joue de la flûte à par-\nde Paris, celle de M. Gaston Dubedat.\n                                                   fums.\nFondateur et Directeur des Ecrits pour\n                                                      « Cet instrument est de son invention ;\nl'Art où furent un instant groupés René\n                                                   j'en ai vu l'unique exemplaire ; il est con-\nGhil, Achille Delaroche, Albert Saint-\n                                                   struit de la façon suivante : le tuyau de la\n Paul, etc., il espérait la rénovation poétique.\n                                                   flûte est cloisonné, divisé en une douzaine\n Il ne laisse aucun écrit : Sa participation\n                                                   de compartiments qui ne communiquent\n au mouvement littéraire fut d'avoir accueilli\n                                                   pas entre eux, mais qui tous communiquent\n et encouragé ceux en qui il avait foi.            avec l'extérieur par un orifice étroit ; dans\n                                                   chacun des compartiments est un godet de\n                                                   verre, où l'on met un parfum à son choix;\n                                                   on peut faire passer au dessous un courant\n    La Galette anecdotique n'est pas con-          d'eau plus ou moins chaude de façon à exa-\n tente de nous. Le mot « palmipède » la            gérer ou à restreindre l'intensité d'évapora-\n navre, et elle s'excuse d'avoir cueilli chez       tion des odeurs... Au lieu de promener ses\n des confrères les calembours de l'an huit         doigts sur cette flûte, c'est la flûte que l'on\n dont nous nous sommes égayés. « Aucun             promène sous son nez,—le geste est même\n n'est de nous », ajoute-t-elle.                   assez comique.\n    Il ne manquerait plus que cela, chère              « J'ai eu les honneurs d'une séance,\n Galette. Mais le seul fait d'en cueillir de        j'allais dire d'une audition : on m'a fait res-\n tels, dénote un état d'esprit inquiétant.          pirer successivement, de la sorte, rangés en\n    « Tout cela est bien faible comme argu-         bataille dans les godets de la flûte, du foin\n ment, continue la bonne Galette, et ne             coupé, du muguet, du lilas, du thym, du\n prouve pas que les œuvres de Messieurs X           romarin, de la violette, du chèvrefeuille, de\n ou Z soient intelligibles. »                       l'acacia, du tilleul, tandis que l'inventeur,\n    Evidemment, mais cela ne prouve pas le          heureux de mon admiration, s'écriait :\n contraire, non plus.                               « Que pensez-vous de l'air champêtre? en\n    La Galette anecdotique ne comprend              voilà de la mélodie pastorale!... »\n pas les Nombres de M. Emile Verhaeren ;               « La première fois, cela paraît étrange;\n il est vrai quelle, n'entend goutte à Axel.        mais aidé par les explications de l'inven-\n Elle en convient. Notre collaborateur est          teur, on en arrive assez facilement à se sug-\n donc en bonne compagnie.                           gérer un décor : un pré, du foin en meules,\n    Ceux qui voudraient savourer les com-           des fleurs dans l'herbe rase, un buisson\n mentaires de M. Pet-de-Loup, homme                 fermant la prairie, quelques grands arbres\n sévère mais juste, n'ont qu'à se procurer          çà et là.\n le numéro du 30 avril de la Galette anec-             « Il y a seulement à ce système un assez\n dotique, en vente à Paris, rue de Lille, 7.         grave inconvénient que l'auteur lui-même\n    Là, sommes nous gentils, pour des hal-           confesse : si l'on respire successivement la\n"}, {"page_pdf": 297, "texte": "                                               —      260      —\n\n\nsérie qu'enferme la flûte, l'odeur des pre-             En vain le Grand Pontife a fait un lectisterne\n                                                        Et consulté deux fois l'oracle sibyllin ;\nmiers godets ne se dissipe pas tout de suite\n                                                        D'un long sanglot, l'aïeul, la veuve et l'orphelin\npour faire place à l'odeur suivante; elle               Emplissent Rome en deuil que la terreur consterne.\ndemeure, imprègne pour un long moment\n                                                        Et chaque soir, la foule allait aux aqueducs :\nla muqueuse nasale, se mêle à l'odeur qui               Plèbe, esclaves, enfants, femmes, vieillards caducs,\nvient ensuite, et ces odeurs, empiétant les             Et tout ce que vomit Suburre et l'ergastule ;\nunes sur les autres, forment une confusion              Tous anxieux de voir surgir au dos vermeil\ncomparable au chant de Frère Jacques, à                 Des monts Sabins où luit l'œil rouge du soleil\nce que l'on nomme en musique « un                       Le chef borgne monté sur l'éléphant Gétule.\ncanon ».\n                                                                               LA TREBBIA\n   « Une succession de notes parfumées,\nune mélodie de parfums est donc chose                   L'aube d'un jour sinistre a blanchi les hauteurs.\n                                                        Le camp s'éveille. En bas, roule et gronde le fleuve\nmomentanément irréalisable, jusqu'au jour               Où l'escadron léger des Numides s'abreuve.\noù le vieil amateur, qui m'apprenait toutes             Partout sonne l'appel clair des buccinaleurs.\nces choses, aura découvert ce qu'il cherche\n                                                            Car, malgré Scipion, les augures menteurs,\navec une ardeur enfiévrée, une substance                    La Trebbia débordée, et qu'il vente ou qu'il pleuve,\nneutralisante, intercalée entre chaque trou                 Sempronius Consul, fier de sa gloire neuve,\nde sa flûte, éteignant les vibrations du par-               A fait lever la hache et marcher les licteurs.\nfum précédent, laissant toute sa pureté à la                Rougissant le ciel noir de flamboîments lugubres,\nnote suivante.                                              A l'horizon, brûlaient les villages Insubres ;\n                                                            On entendait au loin barrir un éléphant.\n   « L'harmonie, en revanche, serait plus\nfacile à réaliser : ce que l'on appelle un              Et, là, bas, sous le pont, adossé contre une arche,\n                                                        Hannibal écoutait, pensif et triomphant,\nbouquet en parfumerie est, à peu de chose\n                                                        Le sourd piétinement des légions en marche.\nprès, l'analogue d'un accord, l'un n'étant\nqu'un ensemble simultané' de notes, l'autre                             A UN TRIOMPHATEUR\nn'étant qu'un assemblage homogène, lié\n                                                        Fais sculpter sur ton arc, Imperator illustre,\nd'odeurs diverses.                                      Des files de guerriers barbares, de vieux chefs\n   « On a voulu de même rapprocher de la                Sous le joug, des tronçons d'armures et de nefs\ngamme élémentaire une gamme de six                      Et la flotte captive et le rostre et l'amplustre.\nextraits de fleurs fondamentaux, servant de             Quel que tu sois, issu d'Ancus ou né d'un rustre,\nbase à presque toutes les combinaisons de               Tes noms, famille, honneurs et titres, longs ou brefs\nparfums : oranger, rose, jasmin, violette,              Grave-les dans la frise et dans les bas-reliefs\n                                                        Profondément, de peur que l'avenir te frustre.\ncassis, tubéreuse. Mais tout cela me semble,\n                                                        Déjà le Temps brandit l'arme fatale. As-tu\npour le moment du moins, purement théo-\n                                                        L'espoir d'éterniser le bruit de ta vertu ?\nrique et fort loin d'une application pratique           Un vil lierre suffit à disjoindre un trophée ;\nintéressante.\n                                                        Et seul, aux blocs épars, des marbres triomphaux\n                                                        Où ta gloire en ruine est par l'herbe étouffée,\n                                                        Quelque faucheur Samnîte ébrèchera sa faulx.\n\n\n   José-Maria de Heredia, vient de donner\nà la Revue des Deux-Mondes,      une série\nsuperbe de sonnets; en voici trois parmi\nles plus beaux :\n                 APRÈS CANNES\nUn des Consuls est mort, l'autre fuit vers Linterne\nOu Vénuse. L'Aufide a reflué, trop plein\nDe nos cadavres. La foudre au Capitolin\nTombe, le bronze sue et le ciel rouge est terne.\n"}, {"page_pdf": 298, "texte": "                            BOITE AUX L E T T R E S .\n    49. — AUG. VIERSET. Avons envoyé numéro de février ; recevrez sous peu ce que vous\n nous demandez. Ne nous oubliez pas.\n    50. — GEORGES HAAS. Autour du bonheur est fort gentiment écrit, trop gentiment,\n c'est la seule critique. Malheureusement nous sommes accablés de copie pour le moment ;\n repassez dans quelques mois.\n    51. — FRANZ RUTY. Vous n'avez pris votre bain que dans la Trouillette ; ça n'est pas\n encore ça. Faudra recommencer.\n                            Trouille-le la, trouille le la, trouill'la-la.\n    Recevons à l'instant votre nouvel envoi.\n   52. — C. MIT. Elle est fort amusante votre piécette, trouvera peut-être place un de\n ces jours dans une chronique de Sjave Pinolet. Vous nous aviez parlé d'autre chose :\n n'oubliez pas que la Jeune Belgique est une revue sérieuse. Il n'y a que Rops\n   53. — KARL RETER. Un peu de patience, nous vous répondrons à la nouvelle lune.\n\n\n\n\n          Les Arts Graphiques                   ET\n\n  SOCIÉTÉ ROYALE BELGE DE P H O T O G R A P H I E\n          R u e Keyenveld, 73, Bruxelles\n\n           POUR PARAITRE PROCHAINEMENT\n\n                             MAXIME\n                       A CHIMERICAL                             TALE\n                                  par ARNOLD GOFFIN\n                   Un volume in-16°. — Prix : Fr. 3-50\n  On souscrit chez CHARLES VOS, éditeur, rue des Paroissiens, Bruxelles.\n\n   I M P R E S S I O N S D'ART, par EUGÈNE DEMOLDER, chez\nMadame Ve Monnom.\n\n\n   L A P L E I A D E . Abonnement : 5 francs par an. Administration :\n33, rue des Paroissiens.\n\n  L A S O C I É T É N O U V E L L E . Abonnement : 1 an, 10 francs.\nAdministration générale : 18, rue d'Edimbourg, Bruxelles.\n\n\n   LA R E V U E           I N D É P E N D A N T E , rédacteur en chef :\nFRANÇOIS DENION. Abonnement, 15 francs par an; étranger, 17 francs.\nAdministiation chez Albert Savine, 12, rue des Pyramides, Paris.\n\n   L E M E R C U R E D E F R A N C E , revue mensuelle d'art et\nde littérature : ALFRED VALLETTE, rédacteur en chef, 15, rue de\nrÉchaudé-Saint-Germain, Paris. Prix : 40 centimes.\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard des Capu-\ncines, 16, à Paris; publie le POSSÉDÉ de CAMILLE LEMONNIER.\n   Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\npartout.\n"}, {"page_pdf": 299, "texte": "SOMMAIRE du numéro de Mai de LA JEUNE BELGIQUE— Le Château\n de Lucile, Henri de Régnier. — Au Tombeau d'Hélène, Francis\n  Vielé-Griffin. — La Venue, Bernard Lazare.— Les Sirènes, Valère\n  Gille.— La Légende du Jésus flamand. Fragments, Eugène Demolder.\n  — Fable Ropsienne, Félicien Rops. — Chronique littéraire : Poèmes\n  anciens et romanesques, André Fontainas. — Dédicaces; les Roman-\n  ciers d'aujourd'hui; l'Almanach de l'Université de Gand; les Paeans et\n  les Thrènes, X. — Futura, ***. — Chronique musicale : Les Russes\n  aux Concerts populaires, G. E. — Chronique artistique : Exposition des\n  portraits de maîtres du siècle, Ernest Verlant. — Memento, ***.\n\n En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN, rue d'Arenberg, à Bruxelles :\n\nLa Damnation de l'Artiste\n                              Prix : 15 francs.\n\n            Vient de paraître chez LÉON VANIER, Paris';\n\n      L'AME DES C H O S E S\n                          RECUEIL DE POÈMES EN PROSE\n                par H E C T O R    C H A I N A Y E\n                        Prix : 2 francs.\n\n     Vient de paraître chez LOUIS VAN MELLE, rue St-Georges, 14,\n\n\n  LA PRINCESSE MALEINE\n                   drame en cinq actes,\n            par MAURICE MAETERLINCK\n                     Prix : 5 francs.\n\n     LA      JEUNE                   B E L G I Q U E reparaît sur\n la brèche, l'élan est donné.\n    A la tête du mouvement littéraire, LA J E U N E B E L -\n G I Q U E , hautaine et fière, dirige le combat, marche en\n avant, à travers tout. Mais il faut que tous nous l'aidions. A\n E L L E pour la propagande! Des cartes d'abonnement sont à\n la disposition de nos amis. Ceux qui nous feront parvenir\n DIX abonnés nouveaux recevront LA J E U N E B E L -\n G I Q U E g r a t u i t e m e n t p e n d a n t u n an.\n    Ceux qui nous en feront parvenir V I N G T , recevront :\n  1° L A J E U N E B E L G I Q U E gratuitement à perpé-\n tuité ; 2° Ils auront droit à tous les tirés à part de grand luxe\n des frontispices, dessins, portraits, etc. ; 3° Leur nom figurera\n en tête de la publication commémorative de nos fêtes du\n  dixième anniversaire.\n\n                Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom,26, rue de l'industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1890-06-01", "preuve": "Juin 1890, numéro 6, couverture PDF 262 ; aucun jour imprimé."}}