{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Septembre 1890 TOME IX", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAI RE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 372, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 169, "texte": "Septembre 1890                   TOME IX. — N° 9                                   io me Année.\n\n\n\n\nLA\n    JEUNE\n              BELGIQUE\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAI RE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 372, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 169, "fin_caractere_exclue": 1439, "texte": "SOMMAI         RE:\n\n        Une nouvelle croisade                     LA JEUNE BELGIQUE.\n        Sanctus                                    IWAN GILKIN.\n        Menus propos                              MAURICE MAETERLINCK.\n        Veillée d'hiver                           JEAN BOELS.\n        La procession de pénitence                ARNOLD GOFFIN.\n        La voûte                                   PATERNE       BERRICHON.\n        Maurice Maeterlinck                        ***\n        Chronique littéraire :\n          Le Possédé                               IWAN GlLKIN.\n          Maxime                                   GEORGES       EEKHOUD.\n         Les vieux quartiers de Paris . . . .     ARNOLD GOFFIN.\n        Memento                                   NEMO.\n\n\n\n\n                                                               BRUXELLES\n                                                Rédaction : 55, BOULEVARD DANDERLECHT\n      PRIX DU NUMÉRO                                                 PARIS\n             Fr. 0-75                                    LIBRAIRIE DE VAvt      Indépendant\n                                                            11, rue de la Chaussée d'Antin\n\n                                                                       1890\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "Passez ailleurs s v p", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Nous invitons nos amis", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 373, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 540, "fin_caractere_exclue": 2383, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n   70. — UN CRÉTIN — qui a eu néanmoins le bon sens de garder l'anonymat — nous a\nenvoyé au sujet de notre protestation dans les journaux belges une carte navrante\nd'imbécillité. Nous ouvrons une souscription en sa faveur pour le placer à l'hospice.\n   P. S. Nous avons déjà reçu de Suave Pinolet les œuvres de Potvin pour les faire servir\nà cette œuvre charitable.\n   71. — L'OUVREUSE. Bien reçu lettre. N'as pas lu notre dernier numéro. Sois pas\nimpat. t'adore toujours. Embr. m. f.\n   72. — PAUL ANDRÉ, Namur. C'est par erreur que le numéro d'août ne vous a pas été\nenvoyé ; échange accepté bien volontiers. Courage et salutations confraternelles.\n   73. — EMILE VAN H., Anvers. Le Chempostel n'a guère donné de renseignements qui\npourraient vous servir; vous en trouverez davantage dans la brochure de M. Firmin\nVan den Bosch : Un mort d'hier, qui vient de paraître chez l'éditeur Siffer, rue Haut-\nPort, 52, Gand. Bien à vous.\n   74. — CHARLES S... Vous, anarchiste modéré ! ! ! Allons donc ! Corsez-nous ce maquis\nde Carabas !\n   75. — GEORGES THÉMET. VOUS traversez la période critique des poètes où l'on juge que\nles mots du dictionnaire ne sont plus propres à confectionner des vers. Ne vous torturez\npas ainsi; écrivez plus simplement et surtout cherchez à dire clairement ce que\nvous voulez dire. Ne prenez pas ceci pour une critique impitoyable mais travaillez avec\ncourage.\n   76. — GEORGES HAAS. Vous êtes trop aimable, il n'y a pas moyen de vous dire des\ninjures. Ce nous serait très difficile de publier, pour le moment, Autour du bonheur; le\nstyle, à vrai dire, n'en est pas assez personnel et que demander d'autre à ce petit conte\npour les enfants? Il faudrait soigner davantage la forme, il y a de si jolies choses à faire\ndans ce genre.\n   77. — C. LAFITTE, auteur. Passez ailleurs, s. v. p.\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 325, "page_fin": 330, "titre_corps": "Une nouvelle croisade", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "UNE NOUVELLE CROISADE", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SANCTUS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 374, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2045, "texte": "UNE NOUVELLE CROISADE\n\n                                  Quelques romanciers, double's de certains\n                                   journalistes dont le nom même est ano-\n                                     nyme, prêchent, en ce moment, à Paris,\n                                        contre l'école belge, une nouvelle\n                                      croisade.\n                                     M. Rodolphe Darzens, dans la Revue\n                                  d'Aujourd'hui, annonce ainsi la publica-\n                                  tion des notes de Charles Baudelaire sur la\n                        Belgique :\n                   Dans le livre inachevé, dont notre manuscrit donne le canevas\n                complet, qu'il recopia plusieurs fois de sa main, le poète des Fleurs\n                du mal attestait avec une franchise poussée à l'outrance, son horreur\n                de l'esprit plat, des mœurs mesquinement bourgeoises du peuple au\n                milieu duquel l'exil le condamnait à vivre. Les possesseurs successifs\n                de ce manuscrit n'avaient pas cru pouvoir le publier ; nous n'hésitons\n                pas à le faire, convaincus que la pensée d'une si rare intelligence est\n                toujours précieuse à connaître, même sous sa forme incomplète et\n                tronquée par la mort. Il faut voir, dans ces très originales notes, que\n                nous complèterons par des développements également inédits, la\n                protestation fière et hardie de l'indépendance de la pensée, si chère\n                au grand poète et au savant critique, mais proscrite, comme un luxe\n                inutile ou dangereux, p a r la race utilitaire, positive et plagiaire qu'il\n                étudiait avec autant de curiosité que d'antipathie. (N. D. L. R.)\n\n  Les pages de Baudelaire sur la Belgique ont été appréciées, comme il\nconvient, dans un excellent article du Journal de Bruxelles, dont nous\nreproduisons plus loin la conclusion. Nous n'avons rien à y ajouter. Mais\n"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3405, "texte": "                                       — 326 —\n\nM. Darzens mérite une leçon. C'est en Belgique, dans une revue belge, dirigée\npar Charles-Henry de Tombeur, la Basoche, que ce farouche mangeur de\nBelges publia jadis ses premiers vers. En Belgique aussi, à Bruxelles, tout\nrécemment, M. Darzens, patroné par M. Antoine, fit représenter, devant le\npublic du théâtre du Parc, un mystère de sa façon, intitulé l'Amante du\nChrist. La haine du Belge lui vient un peu tard. Il est vrai que les vers de\nla Basoche ne provoquèrent aucune émeute intellectuelle en Belgique, et\nque la critique bruxelloise se moqua discrètement des alexandrins blanchâ-\ntres de l'Amante du Christ. Malgré tant de « plagiaires », M. Darzens ne\nfut point plagié.\n  Il suffit : n'appuyons pas.\n  Après M. Rodolphe Darzens, M. Paul Adam.\n  Voici l'étonnante diatribe que l'auteur de Chair molle publie dans les\nEntretiens politiques et littéraires :\n   Nous avions jusqu'à présent la contrefaçon belge d'un tas de choses propres à notre\npatrie, y compris le naturalisme et le symbolisme.\n   M. Camille Lemonnier, en pillant de son mieux Poictevin, Rosny, Mirbeau et\nHennique, la jeunesse brabançonne, en imitant MM. René Ghil et Baju (grotesques si\nparticuliers à notre boulevard), semblaient vouloir dire : Nous sommes une seule âme en\ndeux parties, savez-vous? Cela ne nous déplaisait point. Même il était doux de relire les\npoèmes du divin lyrique Gustave Kahn, peu modifiés par des plumes gantoises dans de\njeunes revues fort bien imprimées. Camille Lemonnier, installé au (sic) Gil Blas, mangeait\nle pain d'Oscar Méténier et de Dubust de Laforêt. On ne se plaignait pas. L'asphalte est\nhospitalière entre la rue Drouot et l'avenue de l'Opéra. Pour récompense, voilà ces demi-\nnous-mêmes, ces fils de nos muses, qui se coiffent du casque à pointe! Nous avons\nréchauffé des reptiles bismarckiens au souffle de notre poésie caligineuse, mais person-\nnelle ! Fi ! que c'est laid, messieurs les tétards flamands !\n   D'autant plus horrible, cette traîtrise, que nous ignorons vraiment quelle logique a pu\nguider les conseils du roi Léopold, car, lorsque casques à pointe et pantalons rouges se\nseront mutuellement déchiquetés pendant plusieurs mois, et qu'il en faudra venir, par\nlassitude, à planter des petits drapeaux sur des cartes et à marquer au crayon de couleur\nles nouvelles frontières, la situation de ces bons Belges ne vaudra plus une chope de faro\n ni une toile de Van Rysselberghe.\n    Ou vaincus, nous ne pourrons que laisser faire, et, sa neutralité étant violée par les\nPrussiens, ceux-ci épouseront définitivement la vierge flamande, qui ira filer dans le\nharem de l'empire avec les douairières de la confédération germanique; ou bien le\ndrapeau tricolore de 92 flottera sur de nouveaux Jemmapes, et les bourgmestres ne\npouvant plus assurer leur loyale observance d'une neutralité reconnue, notre diplomatie\nsera bien contrainte d'annexer les Massys et les Jordaens d'Anvers, les portes de cuivre\nde Saint-Bavon, le Portement de la Croix de Van Dyck, les Hemling de Bruges, le château\nde Walsin et les grottes de Han à notre direction des beaux-arts, tandis que les territoires\nqui recèlent ces curiosités prendront place par surcroît au cadastre français, que les\n huîtres d'Ostende et les poètes bruxellois seront définitivement incorporés dans les\n cartes de nos tables d'hôte et les cadres des régiments de marche !\n"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2708, "texte": "                                 — 227 —\n\n   Nous regrettons de voir M. Paul Adam, un écrivain de talent auquel la\nJeune Belgique n'a jamais caché sa sympathie, emboiter le pas à M. Darzens.\nMais, puisqu'il nous attaque, nous nous défendons.\n   Saluons d'un haussement d'épaules les vaticinations diplomatico-\npolitiques de M. Paul Adam, et, de son article d'une politesse et d'un\nesprit si français, ne retenons que les accusations de plagiat.\n   Camille Lemonnier, installé à Gil Blas, mange le pain de MM. Oscar\nMéténier et Dubust de Laforêt, et les plumes gantoises troublent le sommeil\nde M. Gustave Kahn.\n   M. Paul Adam nous étonne. Voyez-vous Camille Lemonnier, qui écrit\ndepuis vingt-cinq ans, mangeant le pain de MM. Méténier et Dubust de\nLaforêt, dont la gloire, aussi obscure qu'impatiente, est à peine âgée d'un\nlustre? Dieu sait même si Camille Lemonnier, — on peut se tenir au cou-\nrant du mouvement littéraire français sans connaître Madame la Boule ou\nla Femme-d'affaires — a lu MM. Méténier et Dubust de Laforêt! Et si\npar hasard il les avait lus, comment pourrait-il « plagier » de lourdes\nmachines naturalistes, d'une littérature qui retarde, sans accent propre,\nsans autre empreinte que leur signature, sans autre visée qu'un succès de\nlibrairie et de curiosité satisfaite? Quand MM. Dubust de Laforêt et Mété-\nnier seront « plagiables », ils auront le droit de crier au plagiat.\n   Mais il s'agit bien d'une querelle littéraire, et nous sommes naïfs d'argu-\nmenter. La croisade contre les écrivains belges est une guerre de boutique,\ninspirée par la peur de la concurrence. Camille Lemonnier « mange le\npain » de MM. Dubust de Laforêt et Méténier, et il est « installé à Gil\nBias ». Voilà le bout de l'oreille du chacal. MM. Dubust de Laforêt et\nMéténier sont aussi installés à Gil Blas. Rancune de co-locataires, peut-\nêtre. Et puis, il y a des aspirants locataires, qui sont pressés. Le grand\nplagiat de Lemonnier, c'est de collaborer à Gil Blas!\n   C'est le cas de répéter avec Joseph de Maistre : « Quelle odeur de\nmagasin! »\n   Quant aux plumes gantoises, ce sont évidemment de grandes coupables,\ncar elles se permettent d'écrire de beaux vers qui ne doivent rien à personne.\nM. Paul Adam serait fort embarrassé de citer une page de MM. Van Ler-\nberghe et Le Roy qui rappelât, même de loin, les poèmes de M. Kahn. Et\npour ce qui concerne M. Maurice Maeterlinck, le Figaro, dans un reten-\ntissant premier-Paris signé Octave Mirbeau, a répondu éloquemment aux\npetites plaisanteries rances et aux récriminations mesquines dé M. Adam.\n   La vengeance a été prompte et complète, et c'est précisément M. Mirbeau,\nun des romanciers cités par M. Paul Adam, qui s'en est fait l'instrument.\n"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2752, "texte": "                                  — 328 —\n\n    La croisade contre les écrivains belges tourne donc à la confusion de\n ceux qui l'ont entreprise. Pierre l'Ermite est désarçonné d'un revers de\n plume par M. Octave Mirbeau, et la mule reste seule, avec son entêtement.\n    L'hospitalité artistique de la Belgique n'a jamais fait défaut à nos voisins\n de France. Les écrivains français ont trouvé chez nous des éditeurs et un\n public. Que M. Paul Adam consulte les libraires parisiens, ils lui donneront\nles éclaircissements dont il a besoin. N'est-ce pas chez nous que Verlaine,\n Mallarmé, J.-K. Huysmans, Villiers de l'Isle-Adam, Barbey d'Aurevilly\n et tant d'autres furent, malgré les plaisanteries parisiennes, loués selon\nleurs mérites? Quand parurent à la fois, en France, les Névroses et les\n Contes Cruels, que se passa-t-il? La presse parisienne tira des feux d'arti-\nfice en l'honneur de M. Rollinat, sacré grand poète, et dédaigna Villiers\n de l'Isle-Adam. A Bruxelles, on ne confondit point le cèdre avec l'hysope.\nLa Jeune Belgique, alors de huit ans plus jeune qu'aujourd'hui, traita\n M. Rollinat de rimeur inexistant et salua Villiers comme un écrivain de\nla plus haute race.\n   Qu'en pensez-vous, M. Paul Adam?\n   Et plus récemment, lorsque M. Edmond Haraucourt — un des poètes\nde la brigade de M. Porel, — vint à Bruxelles, au Salon des XX, débiter\nde faciles plaisanteries de petits journaux sur Mallarmé, Verlaine et Redon,\nqui donc, par des sifflets pas mal littéraires, rappela publiquement\n M. Haraucourt au respect des maîtres? La Jeune Belgique.\n   Qu'en pensez-vous, M. Paul Adam?\n   Où donc les peintres français de la nouvelle école, les Claude Monet, les\nPissarro, les Signac et les Seurat sont-ils présentés à la foule, appréciés, et\njugés comme il convient? A Bruxelles, au Salon des XX, ces Jeune-\nBelgique de la peinture. Où donc les musiciens français, les Vincent\nd'Indy, les Fauré, les de Bréville, eurent-ils la fortune d'entendre exécuter\net applaudir leurs œuvres ? A Bruxelles, M. Paul Adam, à Bruxelles.\n   N'est-ce pas un critique parisien qui a dit que la Belgique, pour le\nmouvement littéraire de France, est une espèce de postérité contemporaine?\n   Les artistes français dont nous citons les noms ne se sont pas montrés\ningrats. Ils ont, avec éclat, proclamé leur sympathie pour l'effort intellec-\ntuel de notre pays. Leur témoignage nous est précieux, et les incartades\nde M. Paul Adam ne nous empêcheront pas d'exprimer notre gratitude.\nLa Jeune Belgique est fière de compter parmi ses collaborateurs français\nles Mallarmé, les Verlaine, les Huysmans, les Bloy, les Buet, les de\nRégnier, les. Bernard Lazare et les Viellé-Griffin. Ces collaborations sont\nplus significatives que les attaques de M. Paul Adam.\n"}, {"page_pdf": 378, "page_imprimee": 329, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2920, "texte": "                                  -   329   —\n\n   En vérité, la querelle que nous cherche une coterie boulevardière est\nmaladroite, et bien peu française. Peut-être a-t-elle été attisée par certains\nde nos compatriotes établis à Paris. Les Belges honteux existent, et nous\nen connaissons là-bas que nous démasquerons quelque jour. Quoi qu'il en\nsoit, nos confrères de Paris seraient fort en peine de justifier le procès de\ntendances qu'ils instruisent contre nous. Les écrivains de langue française,\nqu'ils soient d'origine flamande, wallonne ou suisse, qu'ils vivent à\nBruxelles, à Liége ou à Genève, ne font-ils point partie de la même\nfamille? Pourquoi cette animosité contre les écrivains français de Belgique,\nalors qu'on se montre bienveillant pour les écrivains français de Suisse?\nLes uns et les autres, par cela même qu'ils s'expriment dans la langue de\nLeconte de Lisle et de Flaubert, ne sont-ils pas les instruments par lesquels\nla pensée française se propage en Europe? Malgré l'hérédité et les diffé-\nrences de race, n'en sont-ils pas moins des écrivains français? Pour avoir\nleur accent spécial et leur vision personnelle, ne se rattachent-ils pas à la\nlittérature française de la même façon que certains écrivains de souche\nméridionale, d'origine espagnole ou italienne? L'art français, à ses plus\nbelles époques d'expansion, ne fut jamais un art exclusif et fermé. Pourquoi,\net sous quels puérils prétextes, veut-on aujourd'hui qu'il mente à son passé\net qu'il renonce à ses plus glorieuses traditions?\n   Le reproche d'imitation servile, lancé aux écrivains français de Belgique,\nest d'ailleurs profondément injuste, et ne peut émaner que de chroniqueurs\ndénués de tout sens critique. Nous portons fièrement l'antique héritage de\nnotre race : nous avons d'autres idées, d'autres sentiments, d'autres sensa-\ntions que les artistes français. Si les œuvres de M. Maurice Maeterlinck, —\npour prendre un exemple récent — ont si vivement sollicité M. Octave\nMirbeau, c'est parce que, malgré leur langue, essentiellement française,\nelles sont enveloppées d'une atmosphère spéciale, qui fait leur charme et\nleur attrait. Cette atmosphère particulière, colorée par le tempérament de\nchacun, est propre à tous les artistes, écrivains, peintres, sculpteurs ou\nmusiciens, de notre pays. Elle est le climat de notre pensée.\n   La Belgique, au point de vue littéraire, est donc, vis-à-vis de la\nFrance, dans la même situation que les Etats-Unis vis-à-vis de l'Angleterre.\nL'orgueil britannique n'a point profité de la révolte d'il y a un siècle, et de\nla proclamation de l'indépendance américaine, pour repousser systémati-\nquement les écrivains anglais des Etats-Unis. John Bull a peut-être\nquelques griefs contre le cousin Jonathan. Mais l'Angleterre a rendu justice\nà Longfellow, à Washington Irving, à Cooper, à Nathaniel Hawthorne, à\nWalt Wittman et elle revendique Edgar Poë comme un des princes de\nsa poésie.\n"}, {"page_pdf": 379, "page_imprimee": 330, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 505, "texte": "                                — 330 —\n\n   Ce que la Grande-Bretagne, malgré son proverbial égoïsme, a fait pour\nles écrivains américains, la France, dont la générosité est légendaire,\nrefuserait-elle de le faire pour les écrivains français de Belgique ? Nous\nposons la question, par dessus la tête des amuseurs et des plaisantins du\nboulevard, à la France qui pense et qui juge, à celle de Taine et de Renan.\n                                            LA JEUNE BELGIQUE.\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 330, "page_fin": 330, "titre_corps": "Sanctus", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "SANCTUS", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 379, "page_imprimee": 330, "debut_caractere": 505, "fin_caractere_exclue": 1211, "texte": "SANCTUS\n                  Ce bonze très singulier,\n                  Prophète d'énigmes, prêtre\n                  De l'ineffable  Non-Être,\n                  Foule sous son dur soulier\n\n                  L'hiératique escalier\n                  Tout en flammes pour le Maître\n                  Dont la cendre doit renaître\n                  En mon cœur hospitalier.\n\n                  Parfois sur sa lèvre étrange\n                  Passe comme une aile d'ange\n                  Un sourire rose et noir;\n\n                  Et de la pointe d'ivoire\n                  De son haut crâne on peut voir\n                  Sourdre une auréole noire.\n                                                       IWAN GILKIN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 331, "page_fin": 336, "titre_corps": "Menus propos : Le Théâtre", "titre_sommaire": "Menus propos", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Maeterlinck", "ancre_debut": "MENUS PROPOS", "ancre_fin": "MAURICE MAETERLINCK", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VEILLÉE D HIVER", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 380, "page_imprimee": 331, "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 2699, "texte": "MENUS PROPOS\n                               LE THÉÂTRE\n                                                            A JULES DESTRÉE.\n\n\n               Une inquiétude semble nous attendre à tout spectacle où nous\n                nous asseyons. Il y a en cette déception préalable un de ces\n                avertissements venus de plus loin que nous. Nous savons tous\n                quelque chose à notre insu, et peut-être ne savons-nous exac-\ntement que cela, car tout le reste semble bien suspect. Il ne faut attacher\nd'importance qu'à ce dont nous ne pouvons nous rendre compte, parce que\nnotre ignorance porte ici l'effigie, presque impalpable, du meilleur de nous-\nmêmes. Une main qui ne nous appartient pas, frappe ainsi, par moments,\naux portes secrètes de l'instinct ; — on dirait bien souvent les portes du destin,\ntant elles sont voisines. — On ne peut les ouvrir, mais il faut écouter avec\nsoin. Il y a peut-être, aux sources de ce malaise, un très ancien malentendu,\nà la suite duquel le théâtre ne fut jamais exactement ce qu'il est dans\nl'instinct de la foule, à savoir : le temple du rêve. Il faut admettre que le\nthéâtre, du moins en ses tendances, est un art ; mais je n'y trouve pas la\nmarque des autres arts, ou plutôt, j'y trouve deux marques qui semblent\ns'annuler. L'art semble toujours un détour et ne parle jamais face\nà face. On dirait l'hypocrisie de l'infini. Il est le masque provisoire sous\nlequel nous intrigue l'inconnu sans visage. Il est la substance de l'éter-\nnité introduite en nous, à la suite d'une distillation de l'infini. Il est le miel\nde l'éternité extrait d'une fleur que nous ne voyons pas. Le poème était une\nœuvre d'art, et portait ces obliques et admirables marques. Mais la repré-\nsentation vient le contredire. Elle fait s'envoler les cygnes de l'étang; elle\nrejette les perles dans l'abîme. Elle remet exactement les choses au point où\nelles étaient avant la venue du poète. La densité mystique de l'œuvre d'art\na disparu. Elle produit à peu près, par rapport au poème, ce qui se pro-\nduirait si vous étendiez une peinture dans la vie; si vous transportiez ses\npersonnages profonds, silencieux et accablés de secrets, au milieu des gla-\nciers, des montagnes, des jardins et des archipels où ils semblent être, et si\nvous y entriez à leur suite, une lumière inexplicable s'éteindrait subite-\nment, et par rapport à la jouissance mystique que vous aviez éprouvée\nauparavant, vous seriez tout à coup comme un aveugle au milieu de la mer.\n    Et c'est ainsi qu'on est obligé de reconnaître que la plupart des grands\npoèmes de l'humanité ne sont pas scéniques. Lear, Hamlet, Othello, Mac-\n"}, {"page_pdf": 381, "page_imprimee": 332, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3023, "texte": "                                   — 332 —\n\nbeth, Antoine et Cléopâtre ne peuvent être représentés, et il est dangereux\nde les voir sur la scène. Quelque chose d'Hamlet est mort pour nous, le jour\noù nous l'avons vu mourir sur la scène. Le spectre d'un acteur l'a détrôné, et\nnous ne pouvons plus écarter l'usurpateur de nos rêves. Ouvrez les portes,\nouvrez le livre, le prince antérieur ne revient plus. Parfois son ombre passe\nencore le seuil, mais désormais il n'ose plus, il ne peut plus entrer, et presque\ntoutes les voix sont mortes qui l'acclamaient en nous. Je me souviens de\ncette mort. Hamlet entra. Un seul de ses regards me montra qu'il n'était pas\nHamlet. Il n'y était pas pour moi. Il n'était pas même une apparence. Il\nallait dire ce qu'il ne pensait pas. Il allait s'agiter tout un soir dans le men-\nsonge. Je voyais clairement qu'il avait ses formidables destinées, ses destinées à\nlui, et celles qu'il voulait représenter en ce moment m'étaient indiciblement\nindifférentes à côté des siennes. Je voyais sa santé et ses habitudes, ses\npassions et ses chagrins ; il apportait devant moi et autour de lui sa nais-\nsance et sa mort, ses récompenses et ses châtiments, son enfer et son ciel;\ntoute son éternité, et il essayait vainement de m'intéresser aux vibrations\nd'une éternité qui n'était pas la sienne, et que sa seule présence avait ren-\ndue fabuleuse. Et maintenant, la porte d'ivoire est à jamais fermée sur\nHamlet, et il en est ainsi de tous les chefs-d'œuvre que j'ai vus sur la scène.\n   Charles Lamb, le subtil essayiste d'Élia, tout en n'allant pas au delà de\ncauses indirectes, a exactement constaté cette inquiétude et cette déception\nde la scène. Un soir, il avait vu enchaîner, devant lui, le Leviathan des\nmers de Shakespeare : le roi Lear. « Il avait vu un pauvre vieillard chan-\ncelant sur les planches, chassé pas ses filles, et auquel tous les spectateurs\neussent voulu donner asile. Quant à la figure du vieux roi, un acteur eût plus\naisément incarné le Satan de Milton ou le Moïse de Michel-Ange. La gran-\ndeur de Lear ne réside pas en ses dimensions corporelles, mais intellec-\ntuelles ; les explosions de sa passion sont terribles comme un volcan ; ce sont\ndes tempêtes retournant et entr'ouvrant jusqu'au fond la mer de son esprit,\navec tous ses immenses trésors. Son enveloppe de chair et de sang est trop\ninsignifiante pour qu'on y songe ; lui-même la néglige. Sur la scène, nous ne\nvoyons que des infirmités corporelles et la faiblesse, l'impuissance de la rage.\nLorsque nous lisons, nous ne voyons pas Lear, mais nous sommes Lear.\nNous sommes en son esprit ; nous sommes soutenus par une grandeur qui\ndéjoue la malice de ses filles et des tempêtes ; dans les aberrations de sa rai-\nson, nous découvrons une force de raisonnement irrégulière et puissante,\ndétournée des usages ordinaires de la vie, mais exerçant sa puissance,\ncomme le vent souffle où il veut, sur les corruptions et les abus de l'huma-\nnité. Qu'ont de commun, des regards ou des intonations avec cette sublime\n"}, {"page_pdf": 382, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2910, "texte": "                                   — 333 —\n\nidentification de son âge avec celui des cieux eux-mêmes, lorsqu'il leur\nreproche d'être de connivence avec ses filles et leur rappelle « qu'eux aussi\nsont vieux ! » Quels gestes approprier à cela ? Qu'ont affaire ici la voix et les\nyeux? » Il en est de même, dit-il, d'Othello. « Rien ne saurait être plus doux\net plus flatteur, pour ce qu'il y a de meilleur en nous, que de lire l'histoire\nd'une jeune Vénitienne de la plus haute extraction, qui, par !a force de\nl'amour, et parce qu'elle voit le mérite de celui qu'elle aime, passe par\ndessus toute considération de parenté, de contrée, de couleur, et épouse un\nnègre. C'est le parfait triomphe de la vertu sur les accidents, de l'imagina-\ntion sur les sens. Elle voit la couleur d'Othello en son esprit. Mais sur la\nscène, lorsque l'imagination n'est plus la faculté dominante, mais que nous\nsommes abandonnés à nos pauvres sens inassistés, je demande à tous ceux\nqui ont vu jouer Othello, si, au contraire, ils n'ont pas vu descendre l'esprit\nd'Othello en sa couleur; s'ils n'ont pas vu quelque chose d'extrêmement\nrévoltant dans l'amour, et les légitimes caresses d'Othello et de Desdemona,\net si l'actuelle vue de la chose n'anéantit pas ce beau compromis que nous\nfaisions à la lecture? Et la raison en est évidente, car il y a ici, une part de\nréalité présentée à nos sens, tout juste suffisante pour nous donner une\nimpression désagréable, sans assez de croyance aux mobiles internes, —\ntout ce qui n'est pas vu, — pour subjuguer et concilier les premières et\névidentes préventions. Ce que nous voyons sur la scène, c'est le corps et\nl'action corporelle; ce dont nous avons conscience en lisant, c'est presque\nexclusivement l'esprit et ses mouvements ; et ceci, je pense, explique assez la\ndifférence des plaisirs que le même drame nous donne à la lecture et à la\nreprésentation ».\n   Je cite ces lignes uniquement parce qu'elles marquent très précieusement\nl'inquiétude et les déceptions où nous entraîne la représentation des plus\ngrands poèmes de la terre. L'écrivain anglais éprouve très bien qu'il ne sait\nà quoi s'en tenir. Il assigne à ces déceptions des causes accidentelles; mais\nc'est la scène elle-même qui est trop accidentelle. La vieillesse et la misère\ndu roi Lear, la face noire d'Othello, ne sont que les points de repère d'un\nmécontentement organique et général ; et si ces points de repère s'effaçaient,\nd'autres, plus significatifs et innombrables, s'élèveraient immédiatement\ncomme des montagnes sur tout l'horizon des poèmes.\n    Il le reconnaît, d'ailleurs, lorsqu'il écrit plus loin :\n    « La vérité est que les caractères de Shakespeare sont tellement des objets\nde méditation plutôt que d'intérêt ou de curiosité relativement à leurs\nactes, que, tandis que nous lisons l'un de ses grands caractères criminels,\n— Macbeth, Richard, Iago même — nous ne songeons pas tant aux crimes\n"}, {"page_pdf": 383, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2845, "texte": "                                  — 334 —\n\nqu'ils commettent qu'à l'ambition, à l'esprit d'aspiration, à l'activité intel-\nlectuelle, qui les pousse à franchir ces barrières morales ; les actions nous\naffectent si peu, que, tandis que les impulsions, l'esprit intérieur, en toute\nsa perverse grandeur, paraissent seuls réels et appellent seuls l'attention, le\ncrime n'est, comparativement, rien. Mais lorsque nous voyons représenter\nces choses, les actes qu'ils posent sont comparativement tout, et leurs mobiles\nne sont plus rien. L'émotion sublime où nous sommes élevés par ces images\nde nuit et d'horreur qu'exprime Macbeth ; ce solennel prélude où il s'oublie\njusqu'à ce que l'horloge sonne l'heure qui doit l'appeler au meurtre de\nDuncan ; — lorsque nous ne lisons plus cela en un livre, lorsque nous avons\nabandonné ce poste avantageux de l'abstraction d'où la lecture domine la\nvision, et lorsque nous voyons sous nos yeux, un homme en sa forme cor-\nporelle, se préparant actuellement au meurtre; si le jeu de l'acteur est vrai\net puissant, la pénible anxiété au sujet de l'acte, le naturel désir de le pré-\nvenir tant qu'il ne semble pas perpétré, la trop puissante apparence de\nréalité, provoquent un malaise et une inquiétude qui détruisent totalement\nle plaisir que les mots apportent dans le livre, où l'acte que l'on pose ne\nnous oppresse jamais de la pénible sensation de sa présence et semble plutôt\nappartenir à l'histoire; à quelque chose de passé et d'inévitable. »\n   La scène est le lieu où meurent les chefs-d'œuvre, parce que la représen-\ntation d'un chef-d'œuvre à l'aide d'éléments accidentels et humains est\nantinomique. Tout chef-d'œuvre est un symbole et le symbole ne supporte\njamais la présence active de l'homme. Il y a divergence ininterrompue\nentre les forces du symbole et celles de l'homme qui s'y agite. Le symbole\ndu poème est un centre ardent dont les rayons divergent dans l'infini, et ces\nrayons, s'ils partent d'un chef-d'œuvre absolu comme ceux dont il est ques-\ntion en ce moment, ont une portée qui n'est limitée que par la puissance de\nl'œil qui les suit. Mais voici que l'acteur s'avance au milieu du symbole.\nImmédiatement se produit, par rapport au sujet passif du poème, un extra-\nordinaire phénomène de polarisation. Il ne voit plus la divergence des\nrayons, mais leur convergence; l'accident a détruit le symbole, et le chef-\nd'œuvre, en son essence, est mort durant le temps de cette présence et de ses\ntraces.\n   Les Grecs n'ignorèrent pas cette antinomie, et leurs masques que nous\nne comprenons plus ne servaient qu'à atténuer la présence de l'homme et à\nsoulager le symbole. Aux époques où le théâtre eut une vie organique et\nnon simplement dynamique comme aujourd'hui; il la dut uniquement à\nquelque accident ou à quelque artifice qui vint en aide au symbole dans sa\nlutte contre l'homme.\n"}, {"page_pdf": 384, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3002, "texte": "                                   — 335 —\n\n    Sous Elisabeth, la déclamation était une mélopée, le jeu était conven-\ntionnel et la scène elle-même était symbolique. Il en était à peu près de\nmême sous Louis XIV. Le poème se retire à mesure que l'homme s'avance.\nLe poème veut nous arracher au pouvoir de nos sens et faire prédominer\nle passé et l'avenir, l'homme n'agit que sur nos sens et n'existe que pour\nautant qu'il puisse effacer cette prédomination du passé et de l'avenir par\nl'envahissement du moment où il parle. Si l'homme entre en scène avec\ntoutes ses puissances et libre comme s'il entrait dans une forêt, si sa voix,\nses gestes et son attitude ne sont pas voilés par un grand nombre de conven-\ntions synthétiques, si on aperçoit un seul instant l'être humain qu'il est, il\nn'y a pas de poème au monde qui ne recule devant lui. A ce moment précis,\nle spectacle du poème s'interrompt et nous assistons à une scène de la vie\nextérieure qui, de même qu'une scène de la rue, de la rivière ou du champ\nde bataille, a ses affinités avec l'Eternité, mais qui est néanmoins impuis-\nsante à nous arracher au présent, parce qu'en cet instant nous n'avons pas\nqualité pour apercevoir et apprécier ces affinités imprévues et nouvelles.\n    Il faudrait peut-être écarter entièrement l'être vivant de la scène. Il n'est\npas dit qu'on ne retournerait pas ainsi vers un art de siècles très anciens,\n dont les masques des tragiques grecs portent peut-être les dernières traces.\n Sera-ce un jour l'emploi de la sculpture, au sujet de laquelle on commence à\n se poser d'assez étranges questions? L'être humain sera-t-il remplacé par une\n ombre, un reflet, une projection de formes symboliques ou un être qui aurait\n les allures de la vie sans avoir la vie? Je ne sais ; mais l'absence de l'homme\n me semble indispensable. Lorsque l'homme entre dans un poème, l'im-\nmense poème de sa présence éteint tout autour de lui. L'homme ne peut\n parler qu'au nom de lui-même ; et n'a pas le droit de parler au nom d'une\nmultitude de morts. Un poème que je vois réciter est toujours un men-\n songe ; dans la vie ordinaire, je dois voir l'homme qui me parle, parce que\n la plupart de ses paroles n'ont aucune signification sans sa présence; mais\n un poème, au contraire, est un ensemble'de paroles si extraordinaires que la\n présence du poète y est à jamais enchaînée ; et il n'est pas permis de déli-\n vrer de sa captivité volontaire, une âme précieuse entre toutes, pour y sub-\n stituer les manifestations d'une autre âme, presque toujours insignifiantes,\n parce qu'en ce moment, ces manifestations ne sont pas assimilables.\n    Il est difficile de prévoir par quel ensemble d'êtres privés de vie il faudrait\n remplacer l'homme sur la scène, mais il semble que les étranges impres-\n sions éprouvées dans les galeries de figures de cire, par exemple, auraient\n pu nous mettre, depuis longtemps, sur les traces d'un art mort ou nouveau.\n  Nous aurions alors sur la scène des êtres sans destinées,' dont l'identité ne\n"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1765, "texte": "                                  — 336 —\n\nviendrait plus effacer celle du héros. Il semble aussi que tout être qui a\nl'apparence, de la vie sans avoir la vie, fasse appel à des puissances extraor-\ndinaires ; et il n'est pas dit que ces puissances ne soient pas exactement de\nla même nature que celles auxquelles le poème fait appel. L'effroi qu'in-\nspirent ces êtres, semblables à nous, mais visiblement pourvus d'une âme\nmorte, vient-il de ce qu'ils sont absolument privés de mystère? Vient-il de\nce qu'ils n'ont pas d'éternité autour d'eux? Est-ce l'effroi, né précisément de\nla privation de l'effroi qu'il y a autour de tout être vivant, et si inévitable\net si habituel, que sa suppression nous épouvante, comme nous épouvan-\nterait un homme sans ombre ou une armée sans armes? Est-ce l'allure de\nnos vêtements ordinaires sur des corps sans destinées? Sommes-nous terri-\nfiés par les gestes et les paroles d'un être pareil à nous; parce que nous\nsavons que ces gestes et ces paroles, par une exception monstrueuse, ne reten-\ntissent nulle part et n'indiquent le choix d'aucune éternité? Est-ce parce\nqu'ils ne peuvent pas mourir? — Je ne sais ; mais l'atmosphère de terreur\noù ils se meuvent est l'atmosphère même du poème ; ce sont des morts qui\nsemblent nous parler, par conséquent, d'augustes voix. Il est possible,\nenfin, que l'âme du poète, ne trouvant plus la place qui lui était destinée,\noccupée par une âme aussi puissante que la sienne, — puisque toutes les\nâmes ont exactement les mêmes forces, — il est possible, alors, que l'âme\ndu poète ou du héros, ne se refuse plus à descendre, un moment, en un\nêtre, dont une âme jalouse ne vient pas lui défendre l'entrée.\n\n                                          MAURICE MAETERLINCK.\n\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 336, "page_fin": 337, "titre_corps": "Veillée d’hiver", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Boels", "ancre_debut": "VEILLÉE D HIVER", "ancre_fin": "JEAN BOELS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA PROCESSION DE PÉNITENCE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 385, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1765, "fin_caractere_exclue": 2220, "texte": "VEILLÉE D'HIVER\n       Voici naître les mains de l'Ombre au fond de Veau\n       Jointes vers le départ des cygnes de l'aurore\n       Et des linges en feu tremblent au vent sonore,\n       Au vent hurleur de la Douleur — comme un flambeau!\n\n       Pauvre navire sans espoir que la Tempête\n       Et ses lueurs! — Voici mourir les nénuphars :\n       L'ombre aux cruelles mains a fauché leurs regards,\n       Les clairs de lune d'or de leurs regards en fête!\n"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1152, "texte": "                                — 337 —\n\n      L'haleine des démons qui circule dans l'air\n      A dérangé les plis nuptials de son voile,\n      Et voici de ses yeux tristes d'un chant d'étoile\n      De ses yeux orageux jaillir un fauve éclair !\n\n      Quels yeux humains sauront aux abîmes funèbres\n      De ses beaux yeux verser le baptême du jour ?\n      Pauvre muette qui subis comme un amour\n      La fascination spectrale des Ténèbres!\n\n      — Pourquoi lever, ma sœur! sur l'infini des mers\n      Tes paupières en feu sous le baiser de l'ombre ?\n      Tu pleures? — oh.' voici le navire qui sombre! —\n      Viens enfin sur mon cœur clore tes yeux amers.\n\n      Viens, confie ton front à ma main fraternelle\n      Qui défendra son beau sommeil pâle des loups,\n      Des hyènes et des mauvais anges jaloux\n      De voir tant de faiblesse aux bons anges fidèle!\n\n      Et laisse retomber entre la nuit et nous\n      Tes longs cheveux épars comme un rideau d'ébène\n      Et ceux que nous cherchons entendront notre haleine\n      Leur envoyer encore des mots tristes et doux.\n                                                        JEAN BOELS.\n\n\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 337, "page_fin": 339, "titre_corps": "La Procession de pénitence : Notes cursives", "titre_sommaire": "La Procession de pénitence", "rubrique": "", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "LA PROCESSION DE PÉNITENCE", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA VOUTE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 386, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1152, "fin_caractere_exclue": 1685, "texte": "LA PROCESSION DE PÉNITENCE\n                          NOTES CURSIVES\n\n            out ceci est, peut-être, imaginaire et illusoire, — mais le men-\n              songe n'est-il pas du vrai — plus harmonieux?\n                — Le cortège d'aujourd'hui paraîtra, évidemment, le comble\n              du grotesque à tel badaud français voltairien, — de l'espèce\ndu brave homme qui, accompagné de sa « dame », m'avoisinait sur le\nbalcon de ce délicieux hôtel-de-ville.\n  — Remarquable, l'aisance, la grande allure de ces comparses flamands\n"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2904, "texte": "                                  — 338 —\n\nsous leurs costumes d'emprunt ; certains groupes sont investis de la plus\nvivante réalité. Ainsi : les docteurs discutant avec Jésus, dans le Temple:\n— Des vieux madrés, des têtes chenues et minces, des figures ridées de\nfinesse retorse, comme poudreuses et jaunies au milieu d'immémoriales\npaperasses. — Quelques physionomies extasiées de donateurs.\n   Parmi les anges, figurés par des jeunes filles, qui précèdent chaque\nensemble, expliquant le sujet, la moralité de celui-ci, d'une voix exaltée et\ntimide, — et avec quelle ferveur profonde et ardente ! — des Véroniques,\ndes Vierges à la Memling, — blondes frêles, aux yeux d'azur d'une candeur\nsurnaturelle et ravie, le front bombé, avec le sérieux doux d'une piété\nembrasée et têtue.\n   — Un pénitent, un corpulent vieillard, la cagoule relevée, m'est apparu,\ndrapé à longs plis roides dans sa robe de bure, ainsi qu'un moine tragique,\ndont l'humiliation trop fièrement, trop voluptueusement proclamée, s'illu-\nminait des sanglantes lueurs pourpres d'un orgueil satanique : — le masque\ngras et frénétique d'un Alexandre VI ; un profil dominateur de Doge déchu\net enivré de sa défaite, sans pitié et sans crainte. Séparés par un nez stric-\ntement aquilin et embusqués au fond d'orbites caves, sous leurs paupières\nbrûlées, ses noirs yeux, ténébreux et fulgurants, luisaient; sa bouche tordue\nse soulignait d'un menton inflexible et carré, surplombant un large cou de\ntaureau qui, même, en avait les fanons.\n   Sur ce visage que l'effort congestionne, — une délirante expression de\nvouloir tendu, une énergie forcenée quand même, et altière ! Les pieds nus\net écorchés, sentant défaillir ce corps obèse sous les cinglants coups de\ncravache de sa volonté, il relève sa tête furieuse et splendide, serre ses\nmâchoires convulsives, fouaille d'un regard de défi, rigide et obstiné, les\nspectateurs, — et poursuit son chemin d'agonie, en exhaussant, dans un\nsursaut de vigueur, la pesante croix qu'il traînait: — « Ah! tu sais si, allè-\ngrement, tu portas le faix impur de tes inépuisables iniquités ! Expie donc,\nà cette heure propice, devant cette multitude stupide, et meurtris tes chairs\ndouillettes, tes chairs délicates de sybarite ! — Marche! ».\n  — Le Saint-Sacrement ! précédé de théories de fillettes, les mains pleines\nde roses et environné de la gloire de l'encens et des chants liturgiques. La\nfoule se prosterne. Toute la Banque, — réactionnaire, celle-ci, ce semble!\n— les pitres, les hercules et les dompteurs qui, silencieux, ont jusqu'alors,\ndu seuil de leurs baraques, contemplé, avec un intérêt viril et tendre, les\nordonnances de la féerie catholique, — s'agenouillent, dévotement.\n  Le sens efficace n'est pas évaporé, des symboles ; les prestiges subsistent !\nLe Fiat lux ! de Quatre-vingt-neuf aurait-il été une parole creuse et sonore?\nMM. de Robespierre et Sanson peinèrent-ils en vain?\n"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 339, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1136, "texte": "                                  — 339 -\n\n   Chose inouïe ! ces cœurs simples et risiblement naïfs, pour lesquels les\nplus rudimentaires émotions sont neuves, ne songent pas à ricaner des\ninvraisemblances et des détails faux ! Ils ne craignent point le ridicule. Que\nleur importent les anachronismes, les effigies barbares, les bottes à l'écuyère\nd'Hérode? (Memling et les Van Eyck étaient de cette méprisable race, igno-\nrante et grossière!)\n   Oserais-je le dire? Le peuple est psychologue, en un sens! Il s'insoucie\nsuperlativement de fidélité archaïque, de reconstitutions laborieuses et\npédantes. Il n'a que faire des pompes exactes et vides de vos commémora-\ntions ! Les vêtements périssables dont on travestit les personnages du drame\névangélique lui semblent secondaires et négligeables ; il abstrait les appa-\nrences temporelles de ces tableaux et court à leur réelle signification mys-\ntique.\n   — Le sourire sceptique ne prouverait, ici, qu'une incurable... fatuité.\n   — Avis charitable aux gens — éclairés.\n                                                      ARNOLD GOFFIN.\n       Furnes.\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 339, "page_fin": 340, "titre_corps": "La Voûte", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paterne Berrichon", "ancre_debut": "LA VOUTE", "ancre_fin": "PATERNE BERRICHON", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 388, "page_imprimee": 339, "debut_caractere": 1136, "fin_caractere_exclue": 2040, "texte": "LA VOUTE\n                                       I\n                                                   Le regard de celle m'a prins\n                                                   Qui m'a esté félonne et dure\n                                                            FRANÇOIS VILLON\n\n    Si tu pleures, là-bas, dans l'onde des clameurs\n    Dont la clarté s'irise aux ombres de ma cage,\n    Sur mon seul souvenir choient-ils, les pleurs calmeurs :\n    Blancs remords d'un péché que l'exil noir saccage?\n\n    Si tu ris, oublieuse — oh vite! — du présent\n    De cil qui Toi fut plus que ton très cher toi-même,\n    L'émail de ta denture est-il aussi luisant\n    Qu'aux heurs où tu riais ton triomphant « il m'aime? »\n\n    Si tu chantes, dis-tu cette Chanson d'Eté\n    Dont, un soir exigu, je ciselai l'extase,\n    Où, nostalgique au loin de ton impureté,\n    Je crispe le délire du rhythme de ma phrase?\n"}, {"page_pdf": 389, "page_imprimee": 340, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1374, "texte": "                          — 340 —\n\nSi tu marches, ton sein surveille-t-il mon cœur\nDanser pianissime une polka de joie ?\n(Lors, que ta jupe s'en/le! un vaste pli vainqueur\nPrécédera mon pas, dans son rêve de soie).\n\nSi tu te couches, lasse, en entrouvrant les draps,\nFrissonnante, vois-tu vers tes nudités mates\nS'ouvrir l'étau d'amour terrible de mes bras\nDont elles garderont l'honneur des bons stigmates?\n\nSi tu dors, songes-tu que mes baisers sont là,\nMultipliés toujours autant que mes caresses;\nLeur réponds-tu, bondit ton strident « oh! ô la! »\nPour après t'alanguir en félines paresses?\n\nLas! qui donc, pitoyant ma hantise de Toi,\nSorcière dont la lèvre épanche des toxiques\nD'habitude, qui donc écroulera le toit\nOù ma beauté s'acharne à tes laideurs magiques?\n\nLas! qui donc, pitoyant mon rêve submergé\nPar ton philtre fatal de voluptés infâmes,\nQui donc, Ami pieux ou puissant    Etranger,\nDispersera mon igne aux Quatre vents des Femmes?\n\nSi tu travailles, seule, au sortir du sommeil,\nQuand l'aiguille a piqué tel doigt qui s'ensanglante,\nM'espère-t-il, le cri goutté du flot vermeil,\nGoûtant cette fadeur, d'une succion lente?\n\nSi s'est fixé, soudain, ton œil, atrocement...?\n— Immobile et réfrigérée en ta statue,\nVois, mais vois donc la mort du souvenir où ment\nLa vision de Moi s'expirant qui te tue.\n                                      PATERNE BERRICHON."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 341, "page_fin": 343, "titre_corps": "Maurice Maeterlinck", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Octave Mirbeau", "ancre_debut": "MAURICE MAETERLINCK", "ancre_fin": "surprises et d incomparables grandeurs", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 390, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 2967, "texte": "MAURICE MAETERLINCK\n            En un retentissant premier-Paris du Figaro, Octave Mir-\n             beau consacre une étude enthousiaste à une œuvre d'un\n             Jeune-belgique. Nous sommes fiers de l'hommage rendu\n             aujourd'hui à l'un des nôtres, que nous fûmes les premiers à\nacclamer à ses débuts. Cet article n'est point l'éloge banal d'un critique de\nbonne volonté, tarifé chez les éditeurs ; on y sent une âme loyale et sincère,\némue par les beautés d'une œuvre d'art supérieure. Voici :\n  • Je ne sais rien de M. Maurice Maeterlinck. Je ne sais d'où il est et com-\nment il est. S'il est vieux ou jeune, riche ou pauvre, je ne le sais. Je sais\nseulement qu'aucun homme n'est plus inconnu que lui ; et je sais aussi qu'il\na fait un chef-d'œuvre, non pas un chef-d'œuvre étiqueté chef-d'œuvre à\nl'avance, comme en publient tous les jours nos jeunes maîtres, chantés sur\ntous les tons de la glapissante lyre — ou plutôt de la glapissante flûte\ncontemporaine; mais un admirable et pur et éternel chef-d'œuvre, un chef-\nd'œuvre qui suffit à immortaliser un nom et à faire bénir ce nom par tous\nles affamés du beau et du grand ; un chef-d'œuvre comme les artistes hon-\nnêtes et tourmentés, parfois, aux heures d'enthousiasme, ont rêvé d'en\nécrire un, et comme ils n'en ont écrit aucun jusqu'ici. Enfin, M. Maurice\nMaeterlinck nous a donné l'œuvre la plus géniale de ce temps, et la plus\nextraordinaire et la plus naïve aussi, comparable — et oserai-je le dire? —\nsupérieure en beauté à ce qu'il y a de plus beau dans Shakespeare. Cette\nœuvre s'appelle la Princesse Maleine. Existe-t-il dans le monde vingt\npersonnes qui la connaissent? J'en doute.\n\n                                      *\n   Avant la Princesse Maleine, M. Maurice Maeterlinck avait publié\nSerres chaudes, d'étranges et souvent admirables poèmes. Tout l'art, si\nabsolument réalisé depuis dans la Princesse Maleine, s'y trouve contenu,\nà l'état de minerai, pour ainsi dire, mais un minerai d'une abondance\nincroyable et d'une excessive richesse. Il y a là, vraiment, parmi beaucoup\nde choses, peut-être inutiles et trop touffues, des sensations encore inédites\ndans la littérature ; il y a là, vraiment, de l'inexprimé. Si jamais un critique\ns'avise par hasard d'ouvrir ce livre, il est probable qu'il accusera l'auteur\nd'être obscur et même décadent. Et il se livrera à de très anciennes plaisan-\nteries, dont la facilité vulgaire réjouit toujours les sots et les gens de bon\nsens. La vérité est que personne n'a plus de clarté dans le verbe que\nM. Maeterlinck. Pour le comprendre en l'intimité de sa pensée et l'étran-\ngeté de ses analogies, il faut, en quelque sorte, épouser ses états d'âme et se\nvivre en lui, comme lui-même se vit dans les choses. Ce n'est qu'une affaire\nd'intelligence ; une affaire d'âme aussi, non pas même d'âme sœur de la\n                                                                        22\n"}, {"page_pdf": 391, "page_imprimee": 342, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3395, "texte": "                                   — 342 —\n\nsienne, mais d'âme qui a senti quelquefois comme la sienne. Alors, ce livre\ns'illumine et nous illumine de clartés éblouissantes. Et l'on n'est plus\nétonné que de ceci : c'est de n'avoir pas su soi-même, tant elles paraissent\nfamilières et simples, donner à ces pensées, à ces visions, à ces sensations,\nla forme inattendue et lumineuse et délicieuse suprêmement qu'elles\nrevêtent, sans cesse, sous la plume de ce sensitif vibrant qui est, en même\ntemps, un merveilleux et unique artiste.\n\n   J'ai longtemps hésité avant de parler de la Princesse Maleine. La laisser\ndans son obscurité scrupuleuse, ne pas l'exposer, si frêle, si chaste, si ado-\nrablement belle, aux brutalités de la foule, aux ricanements des gens\nd'esprit, être quelques-uns, seulement, à en jouir, il me semblait que cela\nvalait mieux ainsi. Et puis j'ai songé qu'il y a, tout de même, quelque part,\ndes inconnus à qui une telle œuvre donnerait de la joie, et qui m'aimeraient\nde la leur révéler, des inconnus, comme il s'en rencontre dans nos âmes,\nqui traversent, au loin, sans se faire voir, notre vie, et qui ne sont ni\nhommes de lettres, ni peintres, ni gens du monde, ni rien de ce que nous\nrévérons d'ordinaire, qui sont tout simplement, je pense, une émanation\nlointaine et ignorée de notre pensée, de notre amour, de notre souffrance.\nC'est à ceux-là seuls que je signale la Princesse Maleine.\n   La Princesse Maleine est un drame écrit, ainsi que le déclare l'auteur,\npour un théâtre de fantoches. Raconter ce drame dans ses détails? Je ne le\npuis. Ce serait en gâter le charme immense, en atténuer l'immense terreur\noù il jette les âmes. Il faut le lire, et quand on l'a lu, le relire encore. Je\ncrois que, pour ma part, je le relirai toujours. Jamais, dans aucun ouvrage\ntragique, le tragique n'atteignit cette hauteur vertigineuse de l'épouvante et\nde la pitié. Depuis la première scène jusqu'à la dernière, c'est un crescendo\nd'horreur qui ne se ralentit pas une seconde et se renouvelle sans cesse. Et\nle livre fermé, cela vous hante, vous laisse effaré et pantelant, et charmé\naussi par la grâce infinie, par la suavité triste et jolie qui circule à travers\ncet effroi. Pour arriver à cette impression d'effroi total, M. Maurice Mae-\nterlinck n'emploie aucun des moyens en usage dans le théâtre. Ses personnages\nne débitent aucune tirade. Ils ne sont compliqués en rien, ni dans le crime, ni\nle vice, ni dans l'amour. Ce sont, tous, de petites âmes embryonnaires qui\nvagissent de petites plaintes et poussent de petits cris. Et il se trouve que les\npetites plaintes et les petits cris de ces petites âmes sont ce que je connais de\nplus terrible, de plus profond et de plus délicieux, au delà de la vie et au\ndelà du rêve. C'est en cela que je crois la Princesse Maleine supérieure à\nn'importe lequel des immortels ouvrages de Shakespeare. Plus tragique que\nMacbeth, plus extraordinaire de pensée que Hamlet, elle est d'une simpli-\ncité, d'une familiarité — si je puis dire — par où M. Maurice Maeterlinck\nse montre un artiste consommé, sous l'admirable instinctif qu'il est : et la\npoésie qui encadre chacune de ces scènes d'horreur en est tout à fait originale\net nouvelle; plus que cela : véritablement visionnaire.\n   Le sujet de la Princesse Maleine est pareil au sujet des contes que\ncontent, le soir, aux petits enfants, les nourrices. C'est l'histoire d'une\n"}, {"page_pdf": 392, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 473, "texte": "                                   — 343 —\n\npetite princesse, fille de roi, fiancée à un prince, fils de roi, et qui, après\nune suite d'incroyables malheurs, meurt étranglée par une méchante reine.\nDevant l'absolue beauté de cette œuvre, je ne puis rien dire de plus. Pour\nprouver que je n'ai rien exagéré dans mon admiration, il faudrait citer,\nciter encore, n'importe quelle scène, au hasard, car toutes offrent des sur-\nprises et d'incomparables grandeurs.\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 343, "page_fin": 345, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Possédé", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Maxime par ARNOLD GOFFIN", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 392, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 473, "fin_caractere_exclue": 2835, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n      Le Possédé, par CAMILLE LEMONNIER. — 1 vol. in-18; Paris, Charpentier.\n\n\n              Depuis l'apparition du Possédé de Camille Lemonnier, quel-\n                ques critiques affirment que le brillant et vigoureux écrivain\n                abandonne le naturalisme pour entrer dans l'école symboliste.\n               La question n'est guère importante; on est naturaliste ou\nsymboliste, on est tout ce que l'on voudra, selon son tempérament : la\ngrande affaire est d'avoir du talent. M. Lemonnier ne cesse de développer\nle sien ; voilà pourquoi, sans doute, les écrivains de l'école la plus récente\naiment à le considérer comme l'un des leurs. Toutefois il est bon de\nse rappeler, de temps en temps, le sens exact des mots. Un symbole est,\nà proprement parler, un signe synthétique résumant toute une doctrine.\n On ne peut appeler « symbolique » qu'un art de synthèse et d'abstrac-\ntion, où des systèmes d'idées sont représentés par des figures qui doivent\ngarder un caractère de généralité. Cet art exclut toute individuation\ntrop précise, tout détail trop particulier, tandis que telles sont les\nnotes qui conviennent à l'art naturaliste. Celui-ci étudie « un cas » indivi-\nduel, le fouille minutieusement dans toutes ses particularités et pousse\nl'examen du détail aussi loin qu'il est possible. Assurément ces distinctions,\ninventées pour faciliter le classement des idées, n'ont rien d'absolu : un\ncaractère étudié par le détail, le menu, peut être dessiné avec une vigueur\ntelle qu'il apparaisse comme un véritable type, et le voilà bien près de\ndevenir un symbole; mais il est utile de maintenir les divisions raisonna-\nblement établies afin de ne pas embrouiller le peu de notions précises qui\nrestent encore dans le patrimoine de la critique.\n   Le Possédé est une étude approfondie d'un « cas » d'atavisme des plus\nintéressants. Le sujet est un magistrat intègre, fils d'un homme de bien,\nmais, pour son malheur, petit-fils d'un débauché dont les débordements\nont laissé dans la famille des souvenirs honteux et redoutables. Bien que,\ndès sa jeunesse, Lépervié accusât une ressemblance physique avec son\ngrand'père, sa vie honorable a jusqu'à présent démenti les fâcheux présages.\nEpoux d'une femme angélique, père de deux enfants charmants, il vit\nheureux, entouré de l'affection des siens et de l'estime de tous. Un jour,\n"}, {"page_pdf": 393, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3386, "texte": "                                 — 344 —\n\nfasciné par les yeux étranges de l'institutrice de sa fille, il succombe tout à\ncoup à une sorte d'attaque foudroyante de luxure. Et voici que sa vie n'est\nplus qu'un tissu de stupres et d'adultères, et pour que rien ne manque à la\ncatastrophe, Lépervié s'abrutit dans les accès d'alcool. Fornications clan-\ndestines dans sa maison, fêtes dans les restaurants à la mode, débauches\ndans les « garnis » de bas étage, soûleries ignobles dans des bouges à mate-\nlots, telles sont les stations de ce monstrueux Chemin de la Passion Bestiale.\nRien n'arrête cette Bête humaine qui semble rouler dans les gouffres\npassionnels sous les foudres d'un invisible et fatal archange : rien, ni le\nmuet martyre de cette sainte, qui ne veut voir en son immonde époux\nqu'un pitoyable malade, et qui consacre les dernières palpitations de son\ncœur brisé au miséricordieux rachat de ce damné, ni l'effroyable mort de\nsa virginale enfant qu'un hasard a rendue spectatrice de ses ébats lubriques\ndans le lit conjugal odieusement profané.\n   Tel est le thème du Possédé. Quelques personnes ont voulu le rappro-\ncher de l'immortelle Cousine Bette. Certes, le nœud des deux ouvrages est\nidentique. Mais il serait assez plaisant qu'on partît de là pour reprocher à\nM. Lemonnier quelque défaut d'originalité. Nous connaissons ce refrain\nqu'entonnent avec un maestria superbe, beaucoup de personnes absolument\nétrangères à tout travail d'art. S'est-on jamais avisé de contester l'origina-\nlité d'un peintre parce qu'il a traité le même sujet qu'un de ses devanciers?\nLes « Sainte-Famille » et les « Vierge au bambino » pullulent dans tous les\nmusées. Est-ce que, pour ce mirifique motif, on dira que Sandro Botticelli\nimite Fra Angelico ou que Léonard de Vinci copie Mantegna? Accusera-\nt-on Grillandajo et Bellini de plagier maître Stéphan Lochner, Jean Van\nEyck ou Hans Memlinck? Tout sujet appartient à tout le monde; ce qui\nest personnel, c'est le talent caractéristique avec lequel un artiste traite ce\nsujet. Voilà ce qui est à lui, ce qui constitue son originalité, sa valeur\npropre, tout son art, enfin !\n   M. Lemonnier a su imprimer à son étude un cachet éminemment\nmoderne. Lépervié est l'homme spécial de ce temps; non seulement il est la\nvictime d'une fatalité atavique, mais il le sait. Il analyse lui-même son mal,\njour par jour, avec un soin méticuleux; il raisonne son cas selon les doc-\ntrines physiologiques et philosophiques de ces dernières années, et il se\ntrouve « suggestionné », comme on dit à la Salpétrière, par la persuasion\nqu'il a de l'irrésistible fatalité de son mal. D'ailleurs, M. Lemonnier n'a eu\ngarde de négliger quelques traits caractéristiques qui nous montrent\nLépervié tout préparé à la ruine physique et morale de sa personne. En lui,\nla monomanie est latente ; comprimée par son éducation et sa vie régulière,\nelle est cependant prête à jaillir, comme ces eaux souterraines qu'un coup\nde sonde fait soudain bouillonner à la surface du sol. Dès le début du livre,\nl'équilibre de son cerveau est dérangé par un simple coryza. Son hystérique\nnature est mal remise de ce banal accroc, quand les yeux bizarres de\nM lle Rakma viennent l'halluciner et soulever dans l'arrière-fond de son\ncœur les dangereux ferments ancestraùx. Notons ici ce détail caractéris-\ntique : M. Lemonnier a curieusement précisé le processus de la fascination\n"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1205, "texte": "                                   -   345    -\n\n\nérotique chez ce magistrat, — à demi lettré, comme il convient à sa profes-\nsion, — cette fascination se traduit par une série de métaphores mal cohé-\nrentes, grouillant pêle-mêle en un prétentieux avortement de lyrisme :\n« Impératifs et commandant le renoncement à tout espoir... Prophétiques\nyeux au fond desquels s'érige l'appréhension des croix... Yeux chargés de\nrancune... Yeux vengeurs... ». Ainsi va la litanie romantique dans cette\ncervelle où s'agitent sourdement les réminiscences de quelques livres de vers\nlus dans le lointain de l'adolescence\n   Elle est bien humaine aussi, cette douce et pure femme qui ferme ses\nyeux en larmes pour ne point voir les vices de son époux! M. Lemonnier\na tracé là un portrait plein de vie et de noblesse. Quant à Mlle Rakma, elle\nsemble incarner la femme démoniaque dont Félicien Rops a hiératisé l'impé-\nrissable symbole.\n   Tel est le dernier ouvrage de l'infatigable écrivain à qui notre littérature\nnationale doit déjà tant d'oeuvres. Puisse-t-il recueillir le tribut de recon-\nnaissance et d'admiration auquel il a droit.\n                                                            IWAN GILKIN.\n\n\n      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 345, "page_fin": 347, "titre_corps": "Chronique littéraire : Maxime", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Georges Eekhoud", "ancre_debut": "Maxime par ARNOLD GOFFIN", "ancre_fin": "GEORGES EEKHOUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 394, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 1205, "fin_caractere_exclue": 3041, "texte": "Maxime,   par ARNOLD GOFFIN. — 1 vol. Bruxelles, Charles Vos, éditeur;\n                            V e Monnom, imprimeur.\n\n   Arnold Goffin est un subjectif et un cérébral. Le Journal d'André,\nDelzire Moris, Impressions et sensations nous l'avaient déjà présenté\nsous ce double relief. Maxime, sa nouvelle œuvre, invétère encore cette\ncaractéristique.\n   La sensibilité dont les romantiques et, avant eux, les philanthropes à la\nJean-Jacques, établissaient le siège dans le cœur (que d'aucuns prononcent :\ncœ-œur, en chevrotant), habite chez M. Goffin, les lobes cervicaux.\n   De là, une sensibilité aussi réelle, aussi aiguë quoique moins démon-\nstrative, une sensibilité intellectuelle, aristocratique; une sensibilité qui\ns'observe, se raisonne, se contient ; indifférente aux émotions banales et\nrépugnant aux expansions bonasses, mais friande de sensations rares et\nfines, froissée ou effarouchée par la bêtise et la laideur au moins autant que\npar la méchanceté.\n   Les élégiaques, la race dont Baudelaire a si bien dit qu'elle cachait sous\nune sensiblerie pleurnicheuse et roucoulante, des instincts d'usurier et des\nappétits de chacal, — les mélancoliâtres ne seront que trop portés à taxer\nde sécheresse d'âme et même de cynisme, les personnages ou plutôt le com-\npliqué mais très rationnel personnage incarné dans les divers livres de\nM. Goffin. L'appréciation de cette engeance ne sera pas le moindre hom-\nmage rendu à la personnalité de l'auteur.\n   Trinité étrange et attirante que celle d'André-Maxime-Delzire. Un cousin\ndes Julien Sorel et des Fabrice del Dongo, Aussi intelligent que les héros\nde Stendhal, doué d'une âme aussi volontaire, d'un esprit aussi lucide,\nMaxime pas plus qu'André, pas plus que Delzire, ne possède le nerf et le\nressort physique qui entraînaient ses parents vers l'action. Il emploie à s'ana-\n"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3252, "texte": "                                   — 346 —\n\nlyser, à se disséquer lui-même, une ardeur qu'il n'a pu dépenser au dehors.\nThéoricien auquel n'échappe aucun secret de la stratégie passionnelle, il\nconçoit les plans sans jamais entrer en campagne. Il préfèrera le livre à la\nconversation, l'art à la nature, le roman à l'amour, le rêve à la vie.\n   Ce sous-titre : A chimerical tale, révèle et quintessencie le livre. Il s'agit\nbien d'une histoire chimérique, de l'histoire d'un intellect qui s'est dépris\npeu à peu de sa guenille corporelle et qui s'en abstrait à tel point que le\njour où l'esprit se libère pour du bon, la mort ne représente plus qu'une\nformalité accessoire et anodine.\n   De plus, le sous-titre, mis en anglais, annonce la correction, le sang-\nfroid, l'opiniâtreté, le dandysme britannique du héros. C'est tellement vrai,\nque pour définir le flegme, la simplicité, le silence avec lesquels Maxime\nse suicide, Albert Giraud trouvait ce joli mot : « Maxime se suicide comme\non se retire — à l'anglaise ».\n   Rien n'est plus différent du suicide romantique, théâtral, cabotin, tapa-\ngeur comme une réclame, que ce suicide discret, tout en sourdine, presque\npudique.\n   Une lecture consécutive du Werther et de Maxime établit d'une façon\nsaisissante le déplacement du siège de la sensibilité dont nous parlions au\ndébut de cette note analytique. Notez que Werther est aussi sincère que\nMaxime. Le livre de Gœthe demeure sublime de passion et de frénésie\npanthéïste. Il n'y a d'odieux et de démodé que les werthériens de métier.\nMais quel contraste entre ces deux ardélions de la vie intérieure :\n   Werther est objectif et son exaltation augmente de page en page ; aux\napproches du dénouement il s'attendrit sur tout ce qui l'entoure, ressent au\ncentuple l'influence des objets tangibles et des fluides occultes. Il écrit lettre\nsur lettre à son ami Wilhelm, à sa bien aimée Charlotte; il se recommande\nau souvenir des jeunes frères et soeurs de la trop chère femme ; il retarde\nautant que possible le moment fatal, s'arrête pour renouveler de déchirants\nadieux, et l'objet le plus futile, la circonstance la plus indifférente de sa\nplatonique intrigue avec l'épouse d'Albert se représente à lui avec une inten-\nsité poignante, lui lancine la chair, prend dans le suprême travail de sa\nmémoire une importance pathétique.\n   Une fois décidé à en finir, Maxime s'habitue à cet épilogue, l'envisage en\nsouriant, sans protestation, sans répugnance.\n   Il ne s'ouvre à personne de cette idée fixe, pas même à son meilleur ami.\nIl est vrai que cet ami est aussi bien que son double et qu'il lit dans sa\npensée. Bien plus, lorsque brutalement, au cours d'une conversation litté-\nraire, Réginald déclarera Maxime prédestiné au suicide, l'autre ne protes-\ntera pas contre cet horoscope peu réconfortant, car autant vaudrait mentir\nà sa conscience. Réginald connaît si bien son Maxime, qu'il ne tentera\naucun effort pour le rattacher à l'existence.\n   « Rentrés chez Réginald, tous deux s'efforçaient de mener un calme\nentretien, de déguiser la peur obscure qui les étreignait, de se dissimuler\nleur émotion... On aurait dit qu'ils veillaient un mort; trop de poignantes\nsuppositions saturaient l'air, qui glaçaient Réginald, et il ne put s'empêcher\n"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3074, "texte": "                                 —347—\n\nd'augurer : « Je crains fort ne plus vous revoir... — de longtemps », ajouta-\nt-il, en sondant la physionomie de son ami. Celui-ci tressaillit, se tût.\n   « Très tard, il partit ; se serrant simplement la main :\n   — « Adieu, donc... — fit Réginald — ou, plutôt, au revoir !... », — Un\nsourire dubitatif, équivoque, empreint de souffrance et de gêne, sillonna les\nlèvres minces de Maxime ; il se détourna à demi pour répondre, mais, se\nravisant, pressa encore la main tendue de Réginald, — disparut dans les\nténèbres ».\n    Pas de paroles, d'écritures inutiles. On pourrait tout au plus reprocher\nau « galbe » de Maxime, cette dernière pensée un peu guindée, vaguement\n« poseuse », au moment de se précipiter dans l'abîme :\n   « Comment une femme, désertant son naturel décor, un très petit bou-\ndoir, rempli de précieux et mièvres bibelots, ose-t-elle — fût-ce en de ratis-\nsées stations balnéaires, — confronter sa futilité avec la mer, introduire\nl'océan, en tiers, entre elle et son amant?     »\n    Ici, Maxime tombe dans cette affectation de n'être pas affecté qu'il impu-\ntait à Stendhal, son écrivain de prédilection.\n    Pour achever cette cursive analyse du personnage, je dirai que Maxime\njoint à l'activité cérébrale des hommes forts de la Chartreuse de Parme et\ndu Rouge et Noir, le raffinement des créations de J.-K. Huysmans, avec\nces différences que, chez Maxime, le raffinement est de nature moins maté-\nrielle, moins prosaïque, et que la souffrance ou plutôt le contemporain\nennui de vivre ne le fait jamais grimacer ou se répandre en déclamations\ntriviales et oiseuses, ou recourir, comme Des Esseintes, à des passe-temps\nplus puérils encore qu'ingénieux.\n   La langue précise et savante d'Arnold Goffin brille plus encore en ces\npages que dans les proses antérieures, par l'extrême opulence du vocabu-\nlaire. Le styliste adorne même, çà et là, d'applications étranges et fantas-\ntiques, des constatations un peu minces. A certains moments aussi, le verbe\ntrop capiteux, la phrase pléthorique entête et surmène. Mais, en général,\nle noble souci de la forme s'harmonise avec la portée du sujet et la sélection\ndes mots rares corse l'inattendu, l'inédit des idées. Et je serais le dernier à\nréclamer des lois somptuaires contre pareil faste !\n    Dans le premier chapitre j'ai goûté particulièrement une féroce descrip-\ntion de villégiature philistine en opposition avec un pitoyable et sympa-\nthique paysage usinier.\n    La psychologie de Maxime, tracée dans les chapitres deux et trois, a\nl'allure grave, la consistance, la profondeur d'une étude de critique trans-\ncendante. Peut-être lui souhaiterait-on un peu de mobilité et de jeu. Mais\nla logique du personnage de Maxime s'accommoderait-elle de ce mouve-\nment ?\n    En résumé, Maxime est la nouvelle épreuve, plus âprement mordue et\ncorrodée encore que les précédentes, d'un médaillon à 1 eau-forte de l'aider\npensieroso qui a signé les Idées et impressions, les Visions et les Proses\nlyriques.\n                                                 GEORGES EEKHOUD."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 348, "page_fin": 348, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Vieux Quartiers de Paris. 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Il les a célébrés en de poignantes pages.\nEt, en effet, l'artificiel, la désolation compliquée de ces vivants décors, sont\nétrangement suggestifs; et certes, de calmes et placides campagnes, de\nsaines verdures, la nature équilibrée, enfin, au lieu d'apaiser l'artiste\nnerveux et endolori qu'est Huysmans, l'impatientent. — D'ailleurs, n'en\narrive-t-on pas à ne plus s'émouvoir et jouir que des sensations qui se\nsoulignent de souffrance?\n   La Bièvre inaugure une série de monographies consacrées aux vieux\nquartiers de Paris. L'auteur prend la capricieuse rivière aux approches de\nla capitale, dévalant, avec l'ignorance ingénue d'une jeune paysanne, vers\nsa perdition, et nous la montre saisie bientôt, circonvenue, réduite à un\nrépugnant esclavage par de pratiques manufacturiers, de positifs et raides\ningénieurs :\n   « La Bièvre représente aujourd'hui le plus parfait symbole de la misère\nféminine exploitée par une grande ville.\n   « Née dans l'étang de Saint-Quentin, près de Trappes, elle court, fluette,\ndans la vallée qui porte son nom, et mythologiquement, on se la repré-\nsente, incarnée en une fillette à peine pubère, en une na'iade toute petite,\njouant encore à la poupée, sous les saules.\n   « Comme bien des filles de la campagne, la Bièvre est, dès son arrivée\nà Paris, tombée dans l'affût industriel des racoleurs ; spoliée de ses vête-\nments d'herbes et de ses parures d'arbres, elle a dû aussitôt se mettre à\nl'ouvrage et s'épuiser aux horribles tâches qu'on exigeait d'elle. Cernée\npar d'âpres négociants qui se la repassent, mais, d'un commun accord,\nl'emprisonnent à tour de rôle, le long de ses rives, elle est devenue mégis-\nsière, et, jours et nuits, elle lave l'ordure des peaux écorchées, macère les\ntoisons épargnées et les cuirs bruts, subit les pinces de l'alun, les morsures\nde la chaux et des caustiques. Que de soirs, derrière les Gobelins, dans un\npestilentiel fumet de vase, on la voit, seule, piétinant dans sa boue, au clair\nde lune, pleurant, hébétée de fatigue, sous l'arche minuscule d'un petit\npont ».\n   — L'élégante brochure est illustrée de nombreux et remarquables dessins\nde Tanguy, Chauvet, Trimolet et de reproductions d'eaux-fortes de\nSchroeder, Deroy, Martial Polémont, Zeeman, fort curieuses toutes, mais\nparmi lesquelles trois ou quatre à tirer hors de pair.\n                                                        ARNOLD GOFFIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 349, "page_fin": 356, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "attribués à la direction", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 398, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 87, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 137, "texte": "Dans notre prochain numéro paraîtra une"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 188, "fin_caractere_exclue": 229, "texte": "étude de Grégoire le Roy sur Maurice Mae-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 281, "fin_caractere_exclue": 325, "texte": "terlinck et son nouveau drame, les Aveugles."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 564, "fin_caractere_exclue": 603, "texte": "Nous publierons prochainement la Gloire"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 653, "fin_caractere_exclue": 691, "texte": "de Judas par Bernard Lazare, l'Impéra-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 743, "fin_caractere_exclue": 785, "texte": "trice Félixe par André Fontainas, un conte"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 838, "fin_caractere_exclue": 874, "texte": "d'Hector Chainaye, Retour d'exil par"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 929, "fin_caractere_exclue": 943, "texte": "Ch. 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A ce sujet, un « collaborateur"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 510, "fin_caractere_exclue": 555, "texte": "prêtre » envoya à la dite revue une lettre de"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 605, "fin_caractere_exclue": 645, "texte": "protestation déclarant que Max Waller ne"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 698, "fin_caractere_exclue": 740, "texte": "méritait pas ces éloges. Que ce « collabo-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 793, "fin_caractere_exclue": 839, "texte": "rateur prêtre » lise donc l'article qui suit :"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 890, "fin_caractere_exclue": 932, "texte": "« L'esthétique et apologétique, telles que"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 981, "fin_caractere_exclue": 1016, "texte": "les comprenait A. 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Un prêtre, quelle"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 3233, "fin_caractere_exclue": 3277, "texte": "que soit sa science théologique, n'atteindra"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 3369, "fin_caractere_exclue": 3409, "texte": "pas le but du sacerdoce devant certaines"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 3498, "fin_caractere_exclue": 3541, "texte": "âmes élevées, mais vacillantes, s'il manque"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 3634, "fin_caractere_exclue": 3674, "texte": "de goût ou s'il dit, même naïvement, des"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 3675, "fin_caractere_exclue": 3720, "texte": "bêtises picturales, littéraires ou musicales."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 3770, "fin_caractere_exclue": 3805, "texte": "Quelle responsabilité devant Dieu !"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 3925, "fin_caractere_exclue": 3968, "texte": "« Voyez, dans la vie réelle, à quels effets"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4015, "fin_caractere_exclue": 4059, "texte": "consolants peut atteindre un prêtre, dont la"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4107, "fin_caractere_exclue": 4148, "texte": "science sacrée est humanisée par l'esthé-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4200, "fin_caractere_exclue": 4241, "texte": "tique : il y a quelque chose qui est pire"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4291, "fin_caractere_exclue": 4334, "texte": "encore que l'absence d'éducation artistique"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4375, "fin_caractere_exclue": 4420, "texte": "et littéraire, c'est le mauvais goût systéma-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4421, "fin_caractere_exclue": 4462, "texte": "tique ou glorieux, car il ressemble à une"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4463, "fin_caractere_exclue": 4489, "texte": "oblitération de la vérité."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4557, "fin_caractere_exclue": 4596, "texte": "« Beaucoup de prêtres se piquent d'être"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4649, "fin_caractere_exclue": 4693, "texte": "de fins connaisseurs parce qu'ils savent par"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4742, "fin_caractere_exclue": 4778, "texte": "cœur un manuel d'archéologie sacrée."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4808, "fin_caractere_exclue": 4845, "texte": "D'autres sont trop souvent disposés à"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "dédaigner ce qu'ils appellent l'art profane."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 192, "fin_caractere_exclue": 233, "texte": "Préoccupation funeste, qui les entraîne à"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 283, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "introduire une division dans la sphère impo-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 377, "fin_caractere_exclue": 416, "texte": "sante du Beau et à prendre en pitié les"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 466, "fin_caractere_exclue": 509, "texte": "efforts les plus louables des artistes con-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 559, "fin_caractere_exclue": 604, "texte": "temporains. Ils ont ainsi la prétention d'im-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 654, "fin_caractere_exclue": 697, "texte": "mobiliser l'art dans une formule étroite ou"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 747, "fin_caractere_exclue": 792, "texte": "de le confiner dans l'archaïsme. Et alors les"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 842, "fin_caractere_exclue": 886, "texte": "artistes vivants, ceux qui sont l'honneur du"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 936, "fin_caractere_exclue": 980, "texte": "temps présent et les préparateurs des formes"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 1030, "fin_caractere_exclue": 1076, "texte": "prochaines, leur tournent le dos. Or, il n'est"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 1126, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "pas bon qu'on tourne le dos au prêtre, car"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 1218, "fin_caractere_exclue": 1256, "texte": "celui-ci est sur la porte de l'Eglise."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 1309, "fin_caractere_exclue": 1346, "texte": "« Ce n'est pas à A. Van Weddingen que"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 1396, "fin_caractere_exclue": 1439, "texte": "l'on pouvait adresser de pareils reproches."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 1489, "fin_caractere_exclue": 1530, "texte": "Son esprit et son cœur étaient ouverts au"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 1581, "fin_caractere_exclue": 1627, "texte": "Beau, d'où qu'il vînt, parce qu'il y voyait un"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 1677, "fin_caractere_exclue": 1720, "texte": "reflet de la Beauté éternelle. Il avait, en"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 1770, "fin_caractere_exclue": 1810, "texte": "cette matière, des préceptes généraux et"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 1860, "fin_caractere_exclue": 1900, "texte": "fixes, comme tout homme raisonnable doit"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 1950, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "en posséder, pour mesurer ses impressions,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 2042, "fin_caractere_exclue": 2086, "texte": "mais il n'appartenait, sous ce rapport, ni à"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 2136, "fin_caractere_exclue": 2178, "texte": "aucun système, ni à aucune coterie. 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Van Weddingen, assis sur la"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 2779, "fin_caractere_exclue": 2820, "texte": "cime de la vérité chrétienne, n'avait pas"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 2914, "fin_caractere_exclue": 2957, "texte": "de ces petitesses. De la hauteur où il pla-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 3050, "fin_caractere_exclue": 3097, "texte": "nait, il pratiquait la charité dans l'apprécia-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 3190, "fin_caractere_exclue": 3232, "texte": "tion de la beauté créée. Cette pratique de"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 3327, "fin_caractere_exclue": 3368, "texte": "la charité dans l'esthétique est le signe"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 3459, "fin_caractere_exclue": 3497, "texte": "d'une royauté intellectuelle. 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Nous avons extrait ce passage"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4156, "fin_caractere_exclue": 4199, "texte": "de l'admirable étude qu'il consacra sous ce"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4249, "fin_caractere_exclue": 4290, "texte": "titre : Un « Docteur » du XIXe siècle, au"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4340, "fin_caractere_exclue": 4374, "texte": "savant chanoine, A. Van Weddingen,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4515, "fin_caractere_exclue": 4553, "texte": "Signalons l'apparition, chez l'éditeur"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4603, "fin_caractere_exclue": 4648, "texte": "Siffer, à Gand, de Vieille, très vieille his-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4698, "fin_caractere_exclue": 4741, "texte": "toire, contée très artistiquement par Henry"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 4791, "fin_caractere_exclue": 4807, "texte": "Carton de Wiart."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 86, "texte": "La Revue moderne illustrée, directeur"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 138, "fin_caractere_exclue": 178, "texte": "Albert de Nocée, dont nous avons annoncé"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 224, "fin_caractere_exclue": 263, "texte": "la prochaine apparition, entreprend une"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 316, "fin_caractere_exclue": 358, "texte": "série de publications illustrées réservées"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 407, "fin_caractere_exclue": 451, "texte": "exclusivement à des auteurs belges. En tête,"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 499, "fin_caractere_exclue": 540, "texte": "la Mer pour rire; lettres d'Ostende à une"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 589, "fin_caractere_exclue": 631, "texte": "femme mariée, par Théo Hannon ; à paraître"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 679, "fin_caractere_exclue": 690, "texte": "en octobre."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 765, "fin_caractere_exclue": 803, "texte": "Un mauvais plaisant vient de publier à"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 855, "fin_caractere_exclue": 894, "texte": "Namur, chez Godenne, sous le nom de feu"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 944, "fin_caractere_exclue": 985, "texte": "notre ami D r Valentin, un volume de vers"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 1034, "fin_caractere_exclue": 1066, "texte": "intitulé : Escales et abordages."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 1125, "fin_caractere_exclue": 1162, "texte": "Nous protestons vivement contre cette"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 1214, "fin_caractere_exclue": 1256, "texte": "inconvenance, et nous prévenons son auteur"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 1306, "fin_caractere_exclue": 1349, "texte": "que, si nous le découvrons, nous lui ferons"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 1397, "fin_caractere_exclue": 1439, "texte": "un méchant parti. Les hyènes se contentent"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 1484, "fin_caractere_exclue": 1528, "texte": "de profaner les morts: elles ne portent pas,"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 1573, "fin_caractere_exclue": 1615, "texte": "en leur nom, des alexandrins chez l'impri-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 1661, "fin_caractere_exclue": 1666, "texte": "meur."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 1845, "fin_caractere_exclue": 1883, "texte": "Nous ferons dire une messe expiatoire."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 2060, "fin_caractere_exclue": 2100, "texte": "Encore un artiste belge qui s'expatrie :"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 2135, "fin_caractere_exclue": 2175, "texte": "notre ami et collaborateur Léon Dardenne"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 2221, "fin_caractere_exclue": 2258, "texte": "vient d'être nommé conservateur de la"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 2310, "fin_caractere_exclue": 2331, "texte": "Tarasque de Tarascon."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 2499, "fin_caractere_exclue": 2535, "texte": "Notre ami Albert C... a été promu au"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 2584, "fin_caractere_exclue": 2621, "texte": "rang de colonel honoraire du régiment"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 2676, "fin_caractere_exclue": 2716, "texte": "\" Fidèle Tartarin \" des Alpes Bernoises."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 2942, "fin_caractere_exclue": 2978, "texte": "M. Jean Moréas annonce un long poème"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3032, "fin_caractere_exclue": 3075, "texte": "sous ce titre : le Pèlerin passionné. Si le"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3104, "fin_caractere_exclue": 3144, "texte": "poème est de M. Moréas, ce que nous sou-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3179, "fin_caractere_exclue": 3221, "texte": "haitons, le titre appartient, depuis long-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3269, "fin_caractere_exclue": 3301, "texte": "temps, à un certain Shakespeare."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3361, "fin_caractere_exclue": 3398, "texte": "Heureusement pour lui, M.Moréas n'est"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3450, "fin_caractere_exclue": 3491, "texte": "pas belge. Sinon, M. Paul Adam pousserait"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3542, "fin_caractere_exclue": 3561, "texte": "de jolies clameurs."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3819, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "La Revue indépendante vient de subir"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3903, "fin_caractere_exclue": 3945, "texte": "une complète transformation; elle agrandit"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3998, "fin_caractere_exclue": 4035, "texte": "sa rédaction par dessus les barrières"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 4086, "fin_caractere_exclue": 4127, "texte": "d'écoles, annonce de nombreuses études et"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 4177, "fin_caractere_exclue": 4220, "texte": "traductions de chefs-d'œuvre étrangers ; la"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 4268, "fin_caractere_exclue": 4311, "texte": "critique ne sera pas l'apanage d'un seul et"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 4359, "fin_caractere_exclue": 4397, "texte": "une Tribune libre permettra à tous les"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 94, "fin_caractere_exclue": 137, "texte": "artistes de défendre auprès du public leurs"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 185, "fin_caractere_exclue": 223, "texte": "opinions. 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(Ici s'intercale"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3079, "fin_caractere_exclue": 3103, "texte": "l'article de Paul Adam)."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3154, "fin_caractere_exclue": 3178, "texte": "« Très joli, tout cela !"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3229, "fin_caractere_exclue": 3268, "texte": "« MM. les Français oublient un peu trop"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3316, "fin_caractere_exclue": 3358, "texte": "les cataplasmes que nous avons eu la bonté"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 3406, "fin_caractere_exclue": 3449, "texte": "de poser sur leurs fractures en 1870. 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Nos voisins n'ont pas à se plaindre"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 4349, "fin_caractere_exclue": 4392, "texte": "de l'hospitalité artistique de la Belgique."}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 4443, "fin_caractere_exclue": 4483, "texte": "Le théâtre de la Monnaie et les Concerts"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 4534, "fin_caractere_exclue": 4578, "texte": "populaires ont fait connaître chez nous plus"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "d'un musicien français rebuté à Paris. 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Les artistes dont"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 755, "fin_caractere_exclue": 796, "texte": "nous parlons n'ont certes pas inspiré les"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 848, "fin_caractere_exclue": 892, "texte": "petites plaisanteries boulevardières de cer-"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 944, "fin_caractere_exclue": 988, "texte": "taines revues, car — pour la plupart — elles"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 1040, "fin_caractere_exclue": 1082, "texte": "émanent de littérateurs aussi économes que"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 1134, "fin_caractere_exclue": 1179, "texte": "prétentieux, qui seraient fort en peine d'en-"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 1231, "fin_caractere_exclue": 1272, "texte": "voyer chez nous quelque chose qui ressem-"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 1324, "fin_caractere_exclue": 1342, "texte": "blât à une oeuvre."}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 1397, "fin_caractere_exclue": 1437, "texte": "« Auriez-vous l'extrême obligeance, Mon-"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 1489, "fin_caractere_exclue": 1534, "texte": "sieur le Directeur, d'insérer cette protesta-"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 1586, "fin_caractere_exclue": 1632, "texte": "tion, afin que l'on sache à Paris qu'il existe"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 1684, "fin_caractere_exclue": 1723, "texte": "ici, à Bruxelles, en Brabant, un groupe"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 1775, "fin_caractere_exclue": 1821, "texte": "d'artistes dédaigneux et fiers qui n'échangent"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 1873, "fin_caractere_exclue": 1915, "texte": "pas leur personnalité pour quelques pièces"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 1967, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "d'or et qui n'ont surtout pas besoin, pour"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 2061, "fin_caractere_exclue": 2106, "texte": "faire une œuvre d'art, des articles de Paris."}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 2161, "fin_caractere_exclue": 2203, "texte": "« Agréez, Monsieur le Directeur, nos salu-"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 2255, "fin_caractere_exclue": 2294, "texte": "tations empressées et nos remerciements"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 2346, "fin_caractere_exclue": 2356, "texte": "anticipés."}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 2417, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "« Valère Gille, directeur de la Jeune"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 2517, "fin_caractere_exclue": 2546, "texte": "Belgique, Henry Maubel, Geor-"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 2609, "fin_caractere_exclue": 2638, "texte": "ges Eekhoud, Albert Giraud et"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 2733, "fin_caractere_exclue": 2747, "texte": "Iwan Gilkin. »"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 2841, "fin_caractere_exclue": 2876, "texte": "Nous adressons nos remerciements au"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 2928, "fin_caractere_exclue": 2970, "texte": "Soir, au Journal de Bruxelles, à la Nation"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 3022, "fin_caractere_exclue": 3064, "texte": "et au Tirailleur,    qui s'empressèrent de"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 3116, "fin_caractere_exclue": 3147, "texte": "reproduire la lettre ci-dessus."}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 3287, "fin_caractere_exclue": 3326, "texte": "Voici la réponse de la Wallonie aux En-"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 3378, "fin_caractere_exclue": 3426, "texte": "tretiens politiques et littéraires : « ...D'ail-"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 3478, "fin_caractere_exclue": 3519, "texte": "leurs, nous ne sommes point « belges » et"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 3571, "fin_caractere_exclue": 3613, "texte": "c'est à la Jeune Belgique de protester, si"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 3665, "fin_caractere_exclue": 3702, "texte": "elle le veut. Wallons, Liégeois, nous"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 3754, "fin_caractere_exclue": 3797, "texte": "sommes Français de race, à plus juste titre"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 3849, "fin_caractere_exclue": 3887, "texte": "que les Normands ou les Méridionaux. »"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 3942, "fin_caractere_exclue": 3975, "texte": "Eh bien! nous, nous ne sommes pas"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 4027, "fin_caractere_exclue": 4071, "texte": "français ! Notre but a toujours été de créer"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 4123, "fin_caractere_exclue": 4165, "texte": "en Belgique, avec les éléments flamands et"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 4217, "fin_caractere_exclue": 4254, "texte": "wallons un mouvement d'art personnel."}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 4306, "fin_caractere_exclue": 4348, "texte": "C'est seulement alors qu'on ne pourra plus"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 4400, "fin_caractere_exclue": 4442, "texte": "crier à la contrefaçon belge. Nous regret-"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 4494, "fin_caractere_exclue": 4533, "texte": "tons beaucoup que la Wallonie abandonne"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 4585, "fin_caractere_exclue": 4629, "texte": "ainsi la lutte à l'heure décisive. Hardie et"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "fière, elle avait courageusement secondé nos"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "efforts, soutenu la lutte avec énergie. Ou-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 216, "fin_caractere_exclue": 255, "texte": "blions aujourd'hui quelques dissensions"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 306, "fin_caractere_exclue": 348, "texte": "survenues jadis entre nous, plaignons seu-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 397, "fin_caractere_exclue": 438, "texte": "lement ce départ — presqu'une désertion —"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 486, "fin_caractere_exclue": 524, "texte": "au moment même où, à Paris, on semble,"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 583, "fin_caractere_exclue": 627, "texte": "enfin ! s'apercevoir du mouvement artistique"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 670, "fin_caractere_exclue": 690, "texte": "que nous avons créé."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1022, "fin_caractere_exclue": 1062, "texte": "On a pu lire dans notre numéro d'aujour-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1079, "fin_caractere_exclue": 1118, "texte": "d'hui l'étude de Mirbeau consacrée à la"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1174, "fin_caractere_exclue": 1215, "texte": "Princesse Maleine de Maurice Maeterlinck."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1273, "fin_caractere_exclue": 1312, "texte": "Les Parisiens commencent enfin à décou-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1361, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "vrir les écrivains belges ; qu'ils continuent"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1455, "fin_caractere_exclue": 1496, "texte": "dans cette voie ils seront peut-être fort"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1521, "fin_caractere_exclue": 1566, "texte": "étonnés de découvrir ici une floraison artis-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1614, "fin_caractere_exclue": 1653, "texte": "tique qu'ils ne soupçonnaient même pas."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1708, "fin_caractere_exclue": 1755, "texte": "Mais hélas ! il faut croire que le qualificatif"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1802, "fin_caractere_exclue": 1842, "texte": "de belge sort bien difficilement de leur"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1895, "fin_caractere_exclue": 1938, "texte": "plume. Dans son article si élogieux, Octave"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1991, "fin_caractere_exclue": 2031, "texte": "Mirbeau a bien soin d'ignorer la qualité"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2052, "fin_caractere_exclue": 2091, "texte": "de « belge » de Maurice Maeterlinck. La"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2144, "fin_caractere_exclue": 2190, "texte": "revue : Art et Critique s'est chargé là-bas de"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2237, "fin_caractere_exclue": 2254, "texte": "la lui apprendre."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2332, "fin_caractere_exclue": 2371, "texte": "Voici la lettre qu'elle publie dans son"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2420, "fin_caractere_exclue": 2439, "texte": "numéro du 30 août :"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2615, "fin_caractere_exclue": 2635, "texte": "MAURICE MAETERLINCK."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2710, "fin_caractere_exclue": 2749, "texte": "« Je ne sais rien de M. Maurice Maeter-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2842, "fin_caractere_exclue": 2885, "texte": "linck. Je ne sais d'où il est et comment il"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2978, "fin_caractere_exclue": 3024, "texte": "est. S'il est vieux ou jeune, riche ou pauvre,"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3118, "fin_caractere_exclue": 3159, "texte": "je ne le sais. Je sais seulement qu'aucun"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3249, "fin_caractere_exclue": 3293, "texte": "hommen'est plus inconnu que lui ; et je sais"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3387, "fin_caractere_exclue": 3426, "texte": "aussi qu'il a fait un chef-d'œuvre... »"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3533, "fin_caractere_exclue": 3548, "texte": "OCTAVE MIRBEAU."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3644, "fin_caractere_exclue": 3681, "texte": "Dans un premier-Paris, qu'inséra tout"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3730, "fin_caractere_exclue": 3770, "texte": "récemment le Figaro, O. Mirbeau, avec un"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3822, "fin_caractere_exclue": 3861, "texte": "courage qui l'honore, louangea comme il"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3880, "fin_caractere_exclue": 3920, "texte": "convient un poète belge, M. Maurice Mae-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3966, "fin_caractere_exclue": 3975, "texte": "terlinck."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4057, "fin_caractere_exclue": 4098, "texte": "Certes le nom de notre jeune confrère n'a"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4140, "fin_caractere_exclue": 4179, "texte": "pas encore été chanté en de dithyrambi-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4195, "fin_caractere_exclue": 4237, "texte": "ques articles, mais qu'il nous soit permis"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4238, "fin_caractere_exclue": 4277, "texte": "de faire remarquer à M. Mirbeau qu'il a"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4278, "fin_caractere_exclue": 4319, "texte": "mauvaise grâce à avouer sa complète igno-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4367, "fin_caractere_exclue": 4398, "texte": "rance de la littérature b'elge."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4457, "fin_caractere_exclue": 4499, "texte": "« Existe-t-il vingt personnes qui connais-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4542, "fin_caractere_exclue": 4583, "texte": "sent la Princesse Maleine? » s'écrie-t-il"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4628, "fin_caractere_exclue": 4671, "texte": "triomphalement, et il nous initie aux beau-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "tés de ce drame, écrit par l'auteur pour un"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 194, "fin_caractere_exclue": 215, "texte": "théâtre de fantoches."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 269, "fin_caractere_exclue": 305, "texte": "N'en doutez pas, Monsieur, nous som-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 356, "fin_caractere_exclue": 396, "texte": "mes plus d'une vingtaine qui connaissons"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 447, "fin_caractere_exclue": 485, "texte": "et aimons M. Maeterlinck pour son très"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 536, "fin_caractere_exclue": 582, "texte": "réel talent de poète. Nous savions qu'il avait"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 633, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "publié, en 1889, chez Vanier, Serres"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 720, "fin_caractere_exclue": 764, "texte": "chaudes, et il était facile de prévoir qu'il"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 815, "fin_caractere_exclue": 856, "texte": "produirait d'autres œuvres plus vibrantes"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 907, "fin_caractere_exclue": 929, "texte": "et plus belles encore."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 983, "fin_caractere_exclue": 1018, "texte": "Et nous avons eu dernièrement : Les"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1069, "fin_caractere_exclue": 1078, "texte": "Aveugles."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1132, "fin_caractere_exclue": 1173, "texte": "C'est que l'estampille officielle ne nous"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1224, "fin_caractere_exclue": 1269, "texte": "suffit pas, et qu'aussi bien en province qu'à"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1320, "fin_caractere_exclue": 1360, "texte": "l'étranger, nous cherchons toujours ceux"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1411, "fin_caractere_exclue": 1454, "texte": "dont la personnalité s'affirme par des tra-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1505, "fin_caractere_exclue": 1520, "texte": "vaux originaux."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1574, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "Nous tendons confraternellement la main"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1664, "fin_caractere_exclue": 1707, "texte": "aux jeunes et aux inconnus et si nous avons"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1758, "fin_caractere_exclue": 1801, "texte": "dans nos bibliothèques, en bonne place, les"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1852, "fin_caractere_exclue": 1894, "texte": "maîtres préférés, nous lisons curieusement"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1945, "fin_caractere_exclue": 1990, "texte": "les plus lontaines gazettes, les plus ignorés"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2041, "fin_caractere_exclue": 2051, "texte": "magazines."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2105, "fin_caractere_exclue": 2143, "texte": "Apprenez donc, Monsieur Mirbeau, qu'il"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2194, "fin_caractere_exclue": 2236, "texte": "existe à Bruxelles, à la tête du mouvement"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2287, "fin_caractere_exclue": 2328, "texte": "littéraire , une très artistique revue la"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2379, "fin_caractere_exclue": 2419, "texte": "Jeune Belgique à laquelle collabore Mau-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2470, "fin_caractere_exclue": 2511, "texte": "rice Maeterlinck et aussi à Liége la Wal-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2562, "fin_caractere_exclue": 2603, "texte": "lonie que dirigent MM. Mockel, P.-M. Olin"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2686, "fin_caractere_exclue": 2706, "texte": "et Henri de Regnier."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2804, "fin_caractere_exclue": 2841, "texte": "Enfin, permettez-moi de vous rappeler"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2936, "fin_caractere_exclue": 2977, "texte": "que Adolphe Retté, un des nôtres, dans le"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3075, "fin_caractere_exclue": 3117, "texte": "numéro 32 d'Art et Critique (janvier 1890)"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3210, "fin_caractere_exclue": 3248, "texte": "consacra un consciencieux article à la"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3344, "fin_caractere_exclue": 3386, "texte": "Princesse Maleine, que vous croyez être le"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3477, "fin_caractere_exclue": 3507, "texte": "seul à connaître et à admirer."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3603, "fin_caractere_exclue": 3640, "texte": "Il n'y a pas que les « pauvres qui ne"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3691, "fin_caractere_exclue": 3729, "texte": "savent jamais rien », mais quelquefois"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3781, "fin_caractere_exclue": 3821, "texte": "les riches, surtout dans la clientèle du"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3872, "fin_caractere_exclue": 3879, "texte": "Figaro."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3949, "fin_caractere_exclue": 3965, "texte": "MARCEL BAILLIOT."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4014, "fin_caractere_exclue": 4053, "texte": "Voilà une lettre écrite de bonne encre!"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4099, "fin_caractere_exclue": 4139, "texte": "Nous en remercions bien sincèrement Mau-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4180, "fin_caractere_exclue": 4194, "texte": "rice Bailliot."}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4326, "fin_caractere_exclue": 4366, "texte": "En Belgique presque toute la presse, non"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4413, "fin_caractere_exclue": 4453, "texte": "sans un certain étonnement de cette sou-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4500, "fin_caractere_exclue": 4541, "texte": "daine amabilité, reproduisit l'article de"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4584, "fin_caractere_exclue": 4627, "texte": "Mirbeau, en lui faisant remarquer avec dou-"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4672, "fin_caractere_exclue": 4715, "texte": "ceur qu'il avait louange un Belge! 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Mau-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 569, "fin_caractere_exclue": 586, "texte": "rice Maeterlinck."}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 662, "fin_caractere_exclue": 701, "texte": "Le poète de la Princesse Maleine et des"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 754, "fin_caractere_exclue": 796, "texte": "Serres chaudes est un Belge, voire un fla-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 825, "fin_caractere_exclue": 867, "texte": "mand de Gand. 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Octave Mir-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1667, "fin_caractere_exclue": 1708, "texte": "beau n'est pas loin de préférer à William"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1731, "fin_caractere_exclue": 1745, "texte": "Shakespeare. »"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1828, "fin_caractere_exclue": 1867, "texte": "Seule, l'Indépendance, dans son supplé-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1922, "fin_caractere_exclue": 1964, "texte": "ment littéraire, tout en reproduisant plu-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2014, "fin_caractere_exclue": 2056, "texte": "sieurs scènes de la Princesse Maleine, eut"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2106, "fin_caractere_exclue": 2147, "texte": "quelques sourires ironiques. Cela ne pou-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2202, "fin_caractere_exclue": 2246, "texte": "vait manquer. Il y a des gens qui se croient"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2296, "fin_caractere_exclue": 2339, "texte": "obligés de toujours dire le contraire de ce"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2386, "fin_caractere_exclue": 2432, "texte": "qu'ils entendent. Dites leur ainsi qu'ils sont"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2479, "fin_caractere_exclue": 2491, "texte": "intelligents"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2950, "fin_caractere_exclue": 2985, "texte": "A propos du barde lymphatique de la"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3039, "fin_caractere_exclue": 3079, "texte": "Revue d'aujourd'hui et de ses étonnantes"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3117, "fin_caractere_exclue": 3158, "texte": "appréciations sur les Belges données lors"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3211, "fin_caractere_exclue": 3254, "texte": "de la récente publication des pages de Bau-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3303, "fin_caractere_exclue": 3343, "texte": "delaire, la Jeune Belgique dans son pre-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3398, "fin_caractere_exclue": 3442, "texte": "mier articlerenvoie au Journal de Bruxelles."}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3492, "fin_caractere_exclue": 3533, "texte": "Voici ce que notre confrère publia en ré-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3586, "fin_caractere_exclue": 3608, "texte": "ponse à la Chronique :"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3679, "fin_caractere_exclue": 3716, "texte": "« Les Notes de Charles Baudelaire sur"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3771, "fin_caractere_exclue": 3813, "texte": "la Belgique ont excité l'ire de notre con-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3864, "fin_caractere_exclue": 3905, "texte": "soeur. Ces Notes, nous les avons publiées"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3956, "fin_caractere_exclue": 3998, "texte": "et nos lecteurs ont pu méditer les sévères"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4046, "fin_caractere_exclue": 4087, "texte": "et terribles jugements de ce grand poète."}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4142, "fin_caractere_exclue": 4186, "texte": "« Exagérés, certes ils le sont — ils le sont"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4230, "fin_caractere_exclue": 4272, "texte": "aujourd'hui du moins. Bruxelles n'est plus"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4324, "fin_caractere_exclue": 4370, "texte": "ce qu'il était en 1866. Voilà ce qu'il fallait"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4416, "fin_caractere_exclue": 4460, "texte": "dire pour être véridique. 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Schopenhauer a eu bien raison"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1626, "fin_caractere_exclue": 1666, "texte": "de dire : « La poésie est plus vraie que"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1717, "fin_caractere_exclue": 1730, "texte": "l'histoire »."}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1784, "fin_caractere_exclue": 1824, "texte": "« Hélas ! la Belgique n'a point toujours"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1875, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "estimé le génie à sa valeur. 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Victor Hugo a été chassé de Bruxelles:"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2252, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "peut-être fut-ce une nécessité politique du"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2346, "fin_caractere_exclue": 2385, "texte": "moment, mais ce fut un outrage sanglant"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2436, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "à l'un de ces hauts esprits qui, au nombre"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2529, "fin_caractere_exclue": 2571, "texte": "d'une trentaine, peut-être, seront un jour"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2622, "fin_caractere_exclue": 2665, "texte": "tout ce qu'il restra de notre siècle. 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Certes, il eut quelques amis dévoués."}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3448, "fin_caractere_exclue": 3491, "texte": "Mais les autres ! Que la Chronique se donne"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3542, "fin_caractere_exclue": 3585, "texte": "la peine de lire, dans l'ouvrage de M. Cré-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3636, "fin_caractere_exclue": 3675, "texte": "pet, les lettres et fragments de Baude-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3726, "fin_caractere_exclue": 3770, "texte": "laire qui se rapportent à son séjour en Bel-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3821, "fin_caractere_exclue": 3863, "texte": "gique : elle sera édifiée. A la page 65 de"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3914, "fin_caractere_exclue": 3955, "texte": "l'étude biographique se trouvent dénoncés"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4006, "fin_caractere_exclue": 4045, "texte": "des faits qui crient vengeance au ciel."}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4099, "fin_caractere_exclue": 4138, "texte": "« La Chronique ose imprimer ceci : « Il"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4189, "fin_caractere_exclue": 4229, "texte": "(Baudelaire) aime mieux dire une sottise"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4280, "fin_caractere_exclue": 4323, "texte": "dans une forme pittoresque que d'avoir sim-"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4374, "fin_caractere_exclue": 4415, "texte": "plement le sens commun. 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Gautier,"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 835, "fin_caractere_exclue": 875, "texte": "de Banville et d'un grand nombre de con-"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 929, "fin_caractere_exclue": 970, "texte": "temporains dont l'opinion trouvera un peu"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1024, "fin_caractere_exclue": 1067, "texte": "plus de crédit dans le monde que les croas-"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1118, "fin_caractere_exclue": 1156, "texte": "sements des détracteurs de Baudelaire."}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1210, "fin_caractere_exclue": 1252, "texte": "« Que faut-il donc penser des Notes sur la"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1300, "fin_caractere_exclue": 1341, "texte": "Belgique? Nous l'avons dit. 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Catulle"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2388, "fin_caractere_exclue": 2426, "texte": "Mendès, Rafaëlli, Léon Cladel, Charles"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2483, "fin_caractere_exclue": 2523, "texte": "Buet, Odilon Redon et Stéphane Mallarmé,"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2580, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "qui, dans le cours de ces dernières années,"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2664, "fin_caractere_exclue": 2703, "texte": "ont séjourné chez nous, en témoigneront"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2756, "fin_caractere_exclue": 2776, "texte": "peut-être un jour. »"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3094, "fin_caractere_exclue": 3131, "texte": "Une coïncidence curieuse à signaler à"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3184, "fin_caractere_exclue": 3198, "texte": "M. Paul Adam :"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3280, "fin_caractere_exclue": 3323, "texte": "Dans une chronique de Gil             Blas,"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3354, "fin_caractere_exclue": 3394, "texte": "intitulée Un cas de conscience, M. Oscar"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3448, "fin_caractere_exclue": 3488, "texte": "Méténier, un de ceux dont M. Camille Le-"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3509, "fin_caractere_exclue": 3552, "texte": "monnier « mange la brioche », réédite trait"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3553, "fin_caractere_exclue": 3598, "texte": "pour trait, dans ses détails circonstantiels,"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3599, "fin_caractere_exclue": 3640, "texte": "la petite aventure conjugale que M. Henry"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3641, "fin_caractere_exclue": 3682, "texte": "Maubel a mise en scène et publiée sous ce"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3735, "fin_caractere_exclue": 3764, "texte": "titre : Une mesure pour rien."}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3828, "fin_caractere_exclue": 3867, "texte": "Notre ami s'est hâté de faire connaître"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3923, "fin_caractere_exclue": 3961, "texte": "cette coïncidence avec les documents à"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3985, "fin_caractere_exclue": 4027, "texte": "l'appui au chroniqueur intéressé qui, jus-"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4079, "fin_caractere_exclue": 4124, "texte": "qu'ici, ne lui a pas fait parvenir ses remer-"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4174, "fin_caractere_exclue": 4183, "texte": "ciements."}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "Le New-York Herald a eu l'idée origi-"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 191, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "nale d'envoyer un reporter à Médan, chez"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 282, "fin_caractere_exclue": 321, "texte": "M. Emile Zola, exprès pour lui demander"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 372, "fin_caractere_exclue": 414, "texte": "ce qu'il pense de la Sonate de Kreutzer et"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 465, "fin_caractere_exclue": 489, "texte": "des théories de Tolstoï."}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 543, "fin_caractere_exclue": 581, "texte": "M. Emile Zola en a profité pour lâcher"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 632, "fin_caractere_exclue": 667, "texte": "des paroles tristement définitives."}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 721, "fin_caractere_exclue": 760, "texte": "Voici comment elles sont rapportées par"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 811, "fin_caractere_exclue": 833, "texte": "le Champal américain :"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 887, "fin_caractere_exclue": 927, "texte": "« Le maître ne donne pas son avis ; mais"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 978, "fin_caractere_exclue": 1022, "texte": "il profite de la circonstance pour se deman-"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1073, "fin_caractere_exclue": 1116, "texte": "der quel serait celui de M. de Vogué. 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Ni"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1628, "fin_caractere_exclue": 1672, "texte": "les romanciers anglais ni les russes ne sont"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1723, "fin_caractere_exclue": 1768, "texte": "de taille à jouer le rôle qu'on voudrait leur"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1819, "fin_caractere_exclue": 1826, "texte": "donner."}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1880, "fin_caractere_exclue": 1925, "texte": "« Tolstoï a suivi nos traces, il est disciple"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1976, "fin_caractere_exclue": 2018, "texte": "russe de l'école française, qui a été à la"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2069, "fin_caractere_exclue": 2110, "texte": "mode en 1848. 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Tolstoï déclaré fou par le ventre à"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3327, "fin_caractere_exclue": 3353, "texte": "plume qui s'appelle Zola !"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3407, "fin_caractere_exclue": 3447, "texte": "Dis-moi comment tu juges, et je te dirai"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3498, "fin_caractere_exclue": 3508, "texte": "qui tu es!"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3694, "fin_caractere_exclue": 3734, "texte": "Caliban se rappelle, dans le Figaro, une"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3785, "fin_caractere_exclue": 3824, "texte": "amusante conversation de Théophile Gau-"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3875, "fin_caractere_exclue": 3922, "texte": "tier avec Bergerat. Il s'agit du théâtre et des"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3973, "fin_caractere_exclue": 3984, "texte": "théâtreux :"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4038, "fin_caractere_exclue": 4078, "texte": "— Oui, Béjaune, me disait-il, figure-toi"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4129, "fin_caractere_exclue": 4173, "texte": "bien celai Des jours ont lui sur la terre où"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4224, "fin_caractere_exclue": 4267, "texte": "un vrai poète digne de ce nom, c'est-à-dire"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4318, "fin_caractere_exclue": 4361, "texte": "sachant faire tous les tours de son art, en"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4412, "fin_caractere_exclue": 4455, "texte": "lever tous les poids, en traverser tous les"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "cerceaux, et pouvant même ajouter des"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 180, "texte": "numéros individuels au programme des"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 280, "texte": "exercices requis, avait le droit auguste de"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 333, "fin_caractere_exclue": 377, "texte": "ne pas collaborer avec Siraudin ! Je n'insi-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 429, "fin_caractere_exclue": 472, "texte": "nue pas par là, remarque, que le bon Sirau-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 523, "fin_caractere_exclue": 569, "texte": "din soit un imbécile, puisqu'il a fait fortune"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 615, "fin_caractere_exclue": 653, "texte": "dans les sucres sans savoir comment on"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 701, "fin_caractere_exclue": 740, "texte": "compose une praline. Mais au temps dont"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 796, "fin_caractere_exclue": 838, "texte": "je te parle, Siraudin n'eût « eu lieu » ni"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 889, "fin_caractere_exclue": 931, "texte": "dans cette partie, ni dans la nôtre. Pour-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 981, "fin_caractere_exclue": 1022, "texte": "quoi ? Parce que, s'il était incapable de"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1076, "fin_caractere_exclue": 1120, "texte": "réussir une praline, il l'était également de"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1169, "fin_caractere_exclue": 1191, "texte": "réussir une tragédie !"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1271, "fin_caractere_exclue": 1286, "texte": "— Une tragédie?"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1363, "fin_caractere_exclue": 1403, "texte": "— Sans doute, une simple tragédie ! Mais"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1457, "fin_caractere_exclue": 1501, "texte": "je vois que tu n'as pas l'air de comprendre."}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1552, "fin_caractere_exclue": 1596, "texte": "En art dramatique, c'est par la tragédie que"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1645, "fin_caractere_exclue": 1683, "texte": "l'on commence et qu'il faut commencer."}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1736, "fin_caractere_exclue": 1776, "texte": "Elle est le premier tour du trapèze scé-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1827, "fin_caractere_exclue": 1866, "texte": "nique ; toute la gymnastique part de ce"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1891, "fin_caractere_exclue": 1932, "texte": "premier numéro. Celui qui n'est pas fichu"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1989, "fin_caractere_exclue": 2030, "texte": "d'écrire une Iphigénie en Aulide, en Tau-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2087, "fin_caractere_exclue": 2128, "texte": "ride, en Colchide, en tout ce que tu vou-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2179, "fin_caractere_exclue": 2222, "texte": "dras, et de l'écrire aussi bien que Racine,"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2273, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "soit mieux déjà qu'Euripide, n'est pas en"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2362, "fin_caractere_exclue": 2402, "texte": "mesure de ciseler un vaudeville pour Bo-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2456, "fin_caractere_exclue": 2498, "texte": "bino. Voilà la vérité vraie, celle que ton"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2551, "fin_caractere_exclue": 2585, "texte": "Sarcey ignore ou ne veut pas dire."}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2638, "fin_caractere_exclue": 2655, "texte": "— Mon Sarcey? Oh!"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2659, "fin_caractere_exclue": 2699, "texte": "— Eh bien! moi, tonnait Gautier, je sais"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2700, "fin_caractere_exclue": 2749, "texte": "faire la tragédie ! Je te la ferai à pied, à che-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2793, "fin_caractere_exclue": 2834, "texte": "val, en omnibus, en nageant, en patinant,"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2882, "fin_caractere_exclue": 2925, "texte": "sur des échasses landaises, n'importe, pour"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2980, "fin_caractere_exclue": 3018, "texte": "Talma ou pour Talbot, — et Siraudin ne"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3075, "fin_caractere_exclue": 3122, "texte": "le sait pas ! Amène-lui, à Siraudin, la famille"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3165, "fin_caractere_exclue": 3208, "texte": "des Atrides dans son entresol, et tu verras"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3258, "fin_caractere_exclue": 3300, "texte": "sa tête! Il ira se plaindre au commissaire"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3355, "fin_caractere_exclue": 3399, "texte": "de police. C'est pourtant lui, de nous deux,"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3453, "fin_caractere_exclue": 3499, "texte": "paraît-il, qui est le « Monsieur de théâtre »."}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3549, "fin_caractere_exclue": 3594, "texte": "Je veux bien, si ça leur fait plaisir; d'ail-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3640, "fin_caractere_exclue": 3683, "texte": "leurs, j'ai d'autres cordes à mon arc. Mais"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3734, "fin_caractere_exclue": 3775, "texte": "ce que je ne comprends plus, c'est que tu"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3832, "fin_caractere_exclue": 3870, "texte": "veuilles te jeter dans ce commerce-là!"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4019, "fin_caractere_exclue": 4050, "texte": "Et avec un sourire mystérieux :"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4053, "fin_caractere_exclue": 4086, "texte": "— Tu aimes donc les cochonneries?"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4091, "fin_caractere_exclue": 4128, "texte": "La confrontation d'une femme quelcon-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4129, "fin_caractere_exclue": 4168, "texte": "que avec un artiste, un homme de génie,"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4169, "fin_caractere_exclue": 4209, "texte": "amène toujours de stupéfiants résultats."}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4210, "fin_caractere_exclue": 4247, "texte": "Mrs Ross — dont le nom remorque cette"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "inévitable et noble mention : Lady Duff"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 196, "fin_caractere_exclue": 236, "texte": "Gordon's daughter! — publie dans le Mur-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 289, "fin_caractere_exclue": 332, "texte": "ray's Magasine, des souvenirs où elle passe"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 385, "fin_caractere_exclue": 428, "texte": "en revue les hôtes illustres du salon de sa"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 481, "fin_caractere_exclue": 522, "texte": "mère, et qui fourmillent de jugements im-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 575, "fin_caractere_exclue": 614, "texte": "prévus — de choses exquises, parmi les-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 667, "fin_caractere_exclue": 700, "texte": "quelles nous cueillons celle-ci :"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 756, "fin_caractere_exclue": 795, "texte": "« Le seul visiteur cordialement détesté"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 848, "fin_caractere_exclue": 888, "texte": "à Queen-Square était M. Carlyle; en réa-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 941, "fin_caractere_exclue": 980, "texte": "lité, plus familier avec ma grand-mère,"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1033, "fin_caractere_exclue": 1075, "texte": "Mrs Austin, qu'avec mes parents, il venait"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1128, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "rarement. Une après-midi, ma mère discu-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1221, "fin_caractere_exclue": 1267, "texte": "tait avec lui au sujet de la littérature alle-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1320, "fin_caractere_exclue": 1359, "texte": "mande, et sa fougue, son extraordinaire"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1412, "fin_caractere_exclue": 1456, "texte": "éloquence l'emportant, Carlyle, vexé, perdit"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1509, "fin_caractere_exclue": 1551, "texte": "son sang-froid et éclatant dans son patois"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1604, "fin_caractere_exclue": 1644, "texte": "écossais : — Vous êtes tout à fait comme"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1697, "fin_caractere_exclue": 1735, "texte": "une outre remplie de vent (a windbag!)"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1788, "fin_caractere_exclue": 1826, "texte": "Lucie; — juste comme une outre remplie"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1879, "fin_caractere_exclue": 1890, "texte": "de ventl..."}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1946, "fin_caractere_exclue": 1988, "texte": "« J'avais écouté de toutes mes oreilles et"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2041, "fin_caractere_exclue": 2086, "texte": "le trouvant très grossier, je l'interrompis :"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2139, "fin_caractere_exclue": 2178, "texte": "— Mon papa dit toujours qu'on doit être"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2231, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "poli avec les dames ! — laquelle vive re-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2325, "fin_caractere_exclue": 2361, "texte": "marque me valut une réprimande de ma"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2414, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "mère. 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Carlyle, nullement offensé,"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2508, "fin_caractere_exclue": 2550, "texte": "se tourna vers elle et dit: — Lucie, votre"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2603, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "enfant a l'oeil observateur ! »"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2755, "fin_caractere_exclue": 2792, "texte": "Au moment de mettre sous presse, nous"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2845, "fin_caractere_exclue": 2881, "texte": "trouvons, dans le dernier numéro des"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2934, "fin_caractere_exclue": 2979, "texte": "Entretiens politiques et littéraires quelques"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3032, "fin_caractere_exclue": 3074, "texte": "nouvelles inepties signées, naturellement,"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3127, "fin_caractere_exclue": 3164, "texte": "Paul Adam. Nous ne perdrons pas notre"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3217, "fin_caractere_exclue": 3257, "texte": "temps à relever toutes les bévues histo-"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3310, "fin_caractere_exclue": 3354, "texte": "riques et littéraires de ce jeune politicien"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3407, "fin_caractere_exclue": 3452, "texte": "aux abois. Nous regrettons tout le bruit fait"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3505, "fin_caractere_exclue": 3548, "texte": "autour de cette fleur fanée du boulangisme."}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3601, "fin_caractere_exclue": 3639, "texte": "Il ne s'agit point, comme M. Paul Adam"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3692, "fin_caractere_exclue": 3733, "texte": "voudrait l'insinuer, d'une polémique sous"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3786, "fin_caractere_exclue": 3831, "texte": "masque littéraire ; il sait fort bien que les"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3884, "fin_caractere_exclue": 3925, "texte": "articles ,non signés de la Jeune Belgique"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3978, "fin_caractere_exclue": 4016, "texte": "peuvent être attribués à la direction."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 406, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN, rue d'Arenberg, à Bruxelles :\n\n  La Damnation de l'Artiste\n                     PAR              IWAN                G I L K I N\n                                    Prix : 15 francs.\n\n\n\n           Les Arts Graphiques                ET\n\n   SOCIÉTÉ ROYALE BELGE DE P H O T O G R A P H I E\n           Rue Keyenveld, 73, Bruxelles\n\n                              VIENNENT DE PARAITRE\n             chez CHARLES VOS, éditeur, rue des Paroissiens, Bruxelles :\n\n                               MAXIME\n                         A CHIMERICAL                      TALE\n                                   par ARNOLD GOFFIN\n     Prix : J a p o n , fr. 1200. — H o l l a n d e , fr. 5-00. — Vélin teinté, fr. 3-50.\n                chez ALBERT SAVINE, 12, rue des Pyramides, Paris :\n\n\n                            MIETTE\n                                  par HENRY MAUBEL\n                                     Prix : F r . 3-50.\n\n\n   I M P R E S S I O N S D'ART, par EUGÈNE DEMOLDER, chez\nMadame Ve Monnom.\n\n   A L ' A V E N T U R E , par JAMES VANDRUNEN.\n\n  L A S O C I É T É N O U V E L L E . Abonnement 1 an : 10 francs.\nAdministration générale : 18, rue d'Edimbourg, Bruxelles.\n\n\n  L A R E V U E I N D E P E N D A N T E , rédacteur en chef :\nFRANÇOIS DENION. Abonnement, 15 francs par an; étranger, 17 francs.\nAdministration chez Albert Savine, 12, rue des Pyramides, Paris.\n\n  L A P R I N C E S S E M A L E I N E , drame en cinq actes, par\nM. MAETERLINCK, chez Van Melle, rue St-Georges, 14, Gand. — 5 francs.\n\n   GIL B L A S , journal quotidien français, boulevard des Capu-\ncines, 16, à Paris; publie L'ENVIE, par MAURICE MONTÉGUT.\n   Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\npartout.\n\n  D E M A N D E Z CHEZ BRIAS UN P E T I T CHAPAUX.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire du numéro d'août", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE du numéro d'Août", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Vient de paraître chez LÉON VANIER", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 407, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 435, "texte": "SOMMAIRE du numéro d'Août de LA JEUNE BELGIQUE. — Un\nraout artistique, La Jeune Belgique. — Seizième siècle, Albert Giraud.\n— Le bonheur des autres, Hubert Krains. — L'eau du rêve, George\nKeiler. — Le portrait, Louis Tréderne. — Révolte, Jean Boels. — A\nnotre bon oncle L. M. de la « Revue générale », Puck. — Chronique\nartistique : Au sujet de l'Exposition d'Affiches au Musée du Nord, Léon\nDardenne. — Memento, Nemo.\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Vient de paraître chez LÉON VANIER", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur la brèche", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 407, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 435, "fin_caractere_exclue": 1024, "texte": "Vient de paraître chez LÉON VANIER, Paris :\n\n      L'AME DES C H O S E S\n                           RECUEIL DE POÈMES EN PROSE\n\n                 par H E C T O R   CHAINAYE\n                         Prix : 2 francs.\n\nViennent de paraître chez l'éditeur LACOMBLEZ, 33, rue des Paroissiens :\n\n               LES AVEUGLES\n                 ' par MAURICE MAETERLINCK\n  150 exemplaires sur papier vergé, à 3 francs.\n\n              LES FLAIREURS\n                   par CHARLES VAN L E R B E R G H E\n   125 exemplaires sur papier vergé, à 1 franc.\n    25     id.     sur Hollande, à 2 francs.\n\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-09-n9-206", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur la brèche", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 407, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1024, "fin_caractere_exclue": 1882, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur\nla brèche, l'élan est donné.\n   A la tête du mouvement littéraire, LA J E U N E B E L -\nG I Q U E , hautaine et fière, dirige le combat, marche en\navant, à travers tout. Mais il faut que tous nous l'aidions. A\nE L L E pour la propagande ! Des cartes d'abonnement sont à\nla disposition de nos amis. Ceux qui nous feront parvenir\nDIX abonnés nouveaux recevront L A J E U N E B E L -\nG I Q U E gratuitement p e n d a n t un an.\n   Ceux qui nous en feront parvenir V I N G T , recevront :\n 1° L A J E U N E B E L G I Q U E gratuitement à perpé-\ntuité ; 2° Ils auront droit à tous les tirés à part de grand luxe\ndes frontispices, dessins, portraits, etc. ; 3° Leur nom figurera\nen tête de la publication commémorative de nos fêtes du\ndixième anniversaire.\n\n                 Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom,26. rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 372, "texte": "Septembre 1890                   TOME IX. — N° 9                                   io me Année.\n\n\n\n\nLA\n    JEUNE\n              BELGIQUE\n                                 SOMMAI         RE:\n\n        Une nouvelle croisade                     LA JEUNE BELGIQUE.\n        Sanctus                                    IWAN GILKIN.\n        Menus propos                              MAURICE MAETERLINCK.\n        Veillée d'hiver                           JEAN BOELS.\n        La procession de pénitence                ARNOLD GOFFIN.\n        La voûte                                   PATERNE       BERRICHON.\n        Maurice Maeterlinck                        ***\n        Chronique littéraire :\n          Le Possédé                               IWAN GlLKIN.\n          Maxime                                   GEORGES       EEKHOUD.\n         Les vieux quartiers de Paris . . . .     ARNOLD GOFFIN.\n        Memento                                   NEMO.\n\n\n\n\n                                                               BRUXELLES\n                                                Rédaction : 55, BOULEVARD DANDERLECHT\n      PRIX DU NUMÉRO                                                 PARIS\n             Fr. 0-75                                    LIBRAIRIE DE VAvt      Indépendant\n                                                            11, rue de la Chaussée d'Antin\n\n                                                                       1890\n"}, {"page_pdf": 373, "texte": "      BELGIQUE\n                                  N E CRAINS\n\n\n\n\n                 JEUNE\n                          LA\n                                  N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 , DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur     : M A X W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                       Directeur : VALÈRE GILLE.\n             Rédaction : 55, Boulevard d'Anderlecht, Bruxelles.\n               7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n                            BOITE AUX L E T T R E S .\n   70. — UN CRÉTIN — qui a eu néanmoins le bon sens de garder l'anonymat — nous a\nenvoyé au sujet de notre protestation dans les journaux belges une carte navrante\nd'imbécillité. Nous ouvrons une souscription en sa faveur pour le placer à l'hospice.\n   P. S. Nous avons déjà reçu de Suave Pinolet les œuvres de Potvin pour les faire servir\nà cette œuvre charitable.\n   71. — L'OUVREUSE. Bien reçu lettre. N'as pas lu notre dernier numéro. Sois pas\nimpat. t'adore toujours. Embr. m. f.\n   72. — PAUL ANDRÉ, Namur. C'est par erreur que le numéro d'août ne vous a pas été\nenvoyé ; échange accepté bien volontiers. Courage et salutations confraternelles.\n   73. — EMILE VAN H., Anvers. Le Chempostel n'a guère donné de renseignements qui\npourraient vous servir; vous en trouverez davantage dans la brochure de M. Firmin\nVan den Bosch : Un mort d'hier, qui vient de paraître chez l'éditeur Siffer, rue Haut-\nPort, 52, Gand. Bien à vous.\n   74. — CHARLES S... Vous, anarchiste modéré ! ! ! Allons donc ! Corsez-nous ce maquis\nde Carabas !\n   75. — GEORGES THÉMET. VOUS traversez la période critique des poètes où l'on juge que\nles mots du dictionnaire ne sont plus propres à confectionner des vers. Ne vous torturez\npas ainsi; écrivez plus simplement et surtout cherchez à dire clairement ce que\nvous voulez dire. Ne prenez pas ceci pour une critique impitoyable mais travaillez avec\ncourage.\n   76. — GEORGES HAAS. Vous êtes trop aimable, il n'y a pas moyen de vous dire des\ninjures. Ce nous serait très difficile de publier, pour le moment, Autour du bonheur; le\nstyle, à vrai dire, n'en est pas assez personnel et que demander d'autre à ce petit conte\npour les enfants? Il faudrait soigner davantage la forme, il y a de si jolies choses à faire\ndans ce genre.\n   77. — C. LAFITTE, auteur. Passez ailleurs, s. v. p.\n\n\n   Nous invitons nos amis et nos abonnés qui ne recevraient pas régu-\nlièrement La Jeune Belgique à le faire savoir au plus tôt à la Direction.\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 33, rue des Paroissiens, chez Rozez et à l'Office de Publicité.\n  A Gand ; Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée d'Antin.\n"}, {"page_pdf": 374, "texte": "       UNE NOUVELLE CROISADE\n\n                                  Quelques romanciers, double's de certains\n                                   journalistes dont le nom même est ano-\n                                     nyme, prêchent, en ce moment, à Paris,\n                                        contre l'école belge, une nouvelle\n                                      croisade.\n                                     M. Rodolphe Darzens, dans la Revue\n                                  d'Aujourd'hui, annonce ainsi la publica-\n                                  tion des notes de Charles Baudelaire sur la\n                        Belgique :\n                   Dans le livre inachevé, dont notre manuscrit donne le canevas\n                complet, qu'il recopia plusieurs fois de sa main, le poète des Fleurs\n                du mal attestait avec une franchise poussée à l'outrance, son horreur\n                de l'esprit plat, des mœurs mesquinement bourgeoises du peuple au\n                milieu duquel l'exil le condamnait à vivre. Les possesseurs successifs\n                de ce manuscrit n'avaient pas cru pouvoir le publier ; nous n'hésitons\n                pas à le faire, convaincus que la pensée d'une si rare intelligence est\n                toujours précieuse à connaître, même sous sa forme incomplète et\n                tronquée par la mort. Il faut voir, dans ces très originales notes, que\n                nous complèterons par des développements également inédits, la\n                protestation fière et hardie de l'indépendance de la pensée, si chère\n                au grand poète et au savant critique, mais proscrite, comme un luxe\n                inutile ou dangereux, p a r la race utilitaire, positive et plagiaire qu'il\n                étudiait avec autant de curiosité que d'antipathie. (N. D. L. R.)\n\n  Les pages de Baudelaire sur la Belgique ont été appréciées, comme il\nconvient, dans un excellent article du Journal de Bruxelles, dont nous\nreproduisons plus loin la conclusion. Nous n'avons rien à y ajouter. Mais\n"}, {"page_pdf": 375, "texte": "                                       — 326 —\n\nM. Darzens mérite une leçon. C'est en Belgique, dans une revue belge, dirigée\npar Charles-Henry de Tombeur, la Basoche, que ce farouche mangeur de\nBelges publia jadis ses premiers vers. En Belgique aussi, à Bruxelles, tout\nrécemment, M. Darzens, patroné par M. Antoine, fit représenter, devant le\npublic du théâtre du Parc, un mystère de sa façon, intitulé l'Amante du\nChrist. La haine du Belge lui vient un peu tard. Il est vrai que les vers de\nla Basoche ne provoquèrent aucune émeute intellectuelle en Belgique, et\nque la critique bruxelloise se moqua discrètement des alexandrins blanchâ-\ntres de l'Amante du Christ. Malgré tant de « plagiaires », M. Darzens ne\nfut point plagié.\n  Il suffit : n'appuyons pas.\n  Après M. Rodolphe Darzens, M. Paul Adam.\n  Voici l'étonnante diatribe que l'auteur de Chair molle publie dans les\nEntretiens politiques et littéraires :\n   Nous avions jusqu'à présent la contrefaçon belge d'un tas de choses propres à notre\npatrie, y compris le naturalisme et le symbolisme.\n   M. Camille Lemonnier, en pillant de son mieux Poictevin, Rosny, Mirbeau et\nHennique, la jeunesse brabançonne, en imitant MM. René Ghil et Baju (grotesques si\nparticuliers à notre boulevard), semblaient vouloir dire : Nous sommes une seule âme en\ndeux parties, savez-vous? Cela ne nous déplaisait point. Même il était doux de relire les\npoèmes du divin lyrique Gustave Kahn, peu modifiés par des plumes gantoises dans de\njeunes revues fort bien imprimées. Camille Lemonnier, installé au (sic) Gil Blas, mangeait\nle pain d'Oscar Méténier et de Dubust de Laforêt. On ne se plaignait pas. L'asphalte est\nhospitalière entre la rue Drouot et l'avenue de l'Opéra. Pour récompense, voilà ces demi-\nnous-mêmes, ces fils de nos muses, qui se coiffent du casque à pointe! Nous avons\nréchauffé des reptiles bismarckiens au souffle de notre poésie caligineuse, mais person-\nnelle ! Fi ! que c'est laid, messieurs les tétards flamands !\n   D'autant plus horrible, cette traîtrise, que nous ignorons vraiment quelle logique a pu\nguider les conseils du roi Léopold, car, lorsque casques à pointe et pantalons rouges se\nseront mutuellement déchiquetés pendant plusieurs mois, et qu'il en faudra venir, par\nlassitude, à planter des petits drapeaux sur des cartes et à marquer au crayon de couleur\nles nouvelles frontières, la situation de ces bons Belges ne vaudra plus une chope de faro\n ni une toile de Van Rysselberghe.\n    Ou vaincus, nous ne pourrons que laisser faire, et, sa neutralité étant violée par les\nPrussiens, ceux-ci épouseront définitivement la vierge flamande, qui ira filer dans le\nharem de l'empire avec les douairières de la confédération germanique; ou bien le\ndrapeau tricolore de 92 flottera sur de nouveaux Jemmapes, et les bourgmestres ne\npouvant plus assurer leur loyale observance d'une neutralité reconnue, notre diplomatie\nsera bien contrainte d'annexer les Massys et les Jordaens d'Anvers, les portes de cuivre\nde Saint-Bavon, le Portement de la Croix de Van Dyck, les Hemling de Bruges, le château\nde Walsin et les grottes de Han à notre direction des beaux-arts, tandis que les territoires\nqui recèlent ces curiosités prendront place par surcroît au cadastre français, que les\n huîtres d'Ostende et les poètes bruxellois seront définitivement incorporés dans les\n cartes de nos tables d'hôte et les cadres des régiments de marche !\n"}, {"page_pdf": 376, "texte": "                                 — 227 —\n\n   Nous regrettons de voir M. Paul Adam, un écrivain de talent auquel la\nJeune Belgique n'a jamais caché sa sympathie, emboiter le pas à M. Darzens.\nMais, puisqu'il nous attaque, nous nous défendons.\n   Saluons d'un haussement d'épaules les vaticinations diplomatico-\npolitiques de M. Paul Adam, et, de son article d'une politesse et d'un\nesprit si français, ne retenons que les accusations de plagiat.\n   Camille Lemonnier, installé à Gil Blas, mange le pain de MM. Oscar\nMéténier et Dubust de Laforêt, et les plumes gantoises troublent le sommeil\nde M. Gustave Kahn.\n   M. Paul Adam nous étonne. Voyez-vous Camille Lemonnier, qui écrit\ndepuis vingt-cinq ans, mangeant le pain de MM. Méténier et Dubust de\nLaforêt, dont la gloire, aussi obscure qu'impatiente, est à peine âgée d'un\nlustre? Dieu sait même si Camille Lemonnier, — on peut se tenir au cou-\nrant du mouvement littéraire français sans connaître Madame la Boule ou\nla Femme-d'affaires — a lu MM. Méténier et Dubust de Laforêt! Et si\npar hasard il les avait lus, comment pourrait-il « plagier » de lourdes\nmachines naturalistes, d'une littérature qui retarde, sans accent propre,\nsans autre empreinte que leur signature, sans autre visée qu'un succès de\nlibrairie et de curiosité satisfaite? Quand MM. Dubust de Laforêt et Mété-\nnier seront « plagiables », ils auront le droit de crier au plagiat.\n   Mais il s'agit bien d'une querelle littéraire, et nous sommes naïfs d'argu-\nmenter. La croisade contre les écrivains belges est une guerre de boutique,\ninspirée par la peur de la concurrence. Camille Lemonnier « mange le\npain » de MM. Dubust de Laforêt et Méténier, et il est « installé à Gil\nBias ». Voilà le bout de l'oreille du chacal. MM. Dubust de Laforêt et\nMéténier sont aussi installés à Gil Blas. Rancune de co-locataires, peut-\nêtre. Et puis, il y a des aspirants locataires, qui sont pressés. Le grand\nplagiat de Lemonnier, c'est de collaborer à Gil Blas!\n   C'est le cas de répéter avec Joseph de Maistre : « Quelle odeur de\nmagasin! »\n   Quant aux plumes gantoises, ce sont évidemment de grandes coupables,\ncar elles se permettent d'écrire de beaux vers qui ne doivent rien à personne.\nM. Paul Adam serait fort embarrassé de citer une page de MM. Van Ler-\nberghe et Le Roy qui rappelât, même de loin, les poèmes de M. Kahn. Et\npour ce qui concerne M. Maurice Maeterlinck, le Figaro, dans un reten-\ntissant premier-Paris signé Octave Mirbeau, a répondu éloquemment aux\npetites plaisanteries rances et aux récriminations mesquines dé M. Adam.\n   La vengeance a été prompte et complète, et c'est précisément M. Mirbeau,\nun des romanciers cités par M. Paul Adam, qui s'en est fait l'instrument.\n"}, {"page_pdf": 377, "texte": "                                  — 328 —\n\n    La croisade contre les écrivains belges tourne donc à la confusion de\n ceux qui l'ont entreprise. Pierre l'Ermite est désarçonné d'un revers de\n plume par M. Octave Mirbeau, et la mule reste seule, avec son entêtement.\n    L'hospitalité artistique de la Belgique n'a jamais fait défaut à nos voisins\n de France. Les écrivains français ont trouvé chez nous des éditeurs et un\n public. Que M. Paul Adam consulte les libraires parisiens, ils lui donneront\nles éclaircissements dont il a besoin. N'est-ce pas chez nous que Verlaine,\n Mallarmé, J.-K. Huysmans, Villiers de l'Isle-Adam, Barbey d'Aurevilly\n et tant d'autres furent, malgré les plaisanteries parisiennes, loués selon\nleurs mérites? Quand parurent à la fois, en France, les Névroses et les\n Contes Cruels, que se passa-t-il? La presse parisienne tira des feux d'arti-\nfice en l'honneur de M. Rollinat, sacré grand poète, et dédaigna Villiers\n de l'Isle-Adam. A Bruxelles, on ne confondit point le cèdre avec l'hysope.\nLa Jeune Belgique, alors de huit ans plus jeune qu'aujourd'hui, traita\n M. Rollinat de rimeur inexistant et salua Villiers comme un écrivain de\nla plus haute race.\n   Qu'en pensez-vous, M. Paul Adam?\n   Et plus récemment, lorsque M. Edmond Haraucourt — un des poètes\nde la brigade de M. Porel, — vint à Bruxelles, au Salon des XX, débiter\nde faciles plaisanteries de petits journaux sur Mallarmé, Verlaine et Redon,\nqui donc, par des sifflets pas mal littéraires, rappela publiquement\n M. Haraucourt au respect des maîtres? La Jeune Belgique.\n   Qu'en pensez-vous, M. Paul Adam?\n   Où donc les peintres français de la nouvelle école, les Claude Monet, les\nPissarro, les Signac et les Seurat sont-ils présentés à la foule, appréciés, et\njugés comme il convient? A Bruxelles, au Salon des XX, ces Jeune-\nBelgique de la peinture. Où donc les musiciens français, les Vincent\nd'Indy, les Fauré, les de Bréville, eurent-ils la fortune d'entendre exécuter\net applaudir leurs œuvres ? A Bruxelles, M. Paul Adam, à Bruxelles.\n   N'est-ce pas un critique parisien qui a dit que la Belgique, pour le\nmouvement littéraire de France, est une espèce de postérité contemporaine?\n   Les artistes français dont nous citons les noms ne se sont pas montrés\ningrats. Ils ont, avec éclat, proclamé leur sympathie pour l'effort intellec-\ntuel de notre pays. Leur témoignage nous est précieux, et les incartades\nde M. Paul Adam ne nous empêcheront pas d'exprimer notre gratitude.\nLa Jeune Belgique est fière de compter parmi ses collaborateurs français\nles Mallarmé, les Verlaine, les Huysmans, les Bloy, les Buet, les de\nRégnier, les. Bernard Lazare et les Viellé-Griffin. Ces collaborations sont\nplus significatives que les attaques de M. Paul Adam.\n"}, {"page_pdf": 378, "texte": "                                  -   329   —\n\n   En vérité, la querelle que nous cherche une coterie boulevardière est\nmaladroite, et bien peu française. Peut-être a-t-elle été attisée par certains\nde nos compatriotes établis à Paris. Les Belges honteux existent, et nous\nen connaissons là-bas que nous démasquerons quelque jour. Quoi qu'il en\nsoit, nos confrères de Paris seraient fort en peine de justifier le procès de\ntendances qu'ils instruisent contre nous. Les écrivains de langue française,\nqu'ils soient d'origine flamande, wallonne ou suisse, qu'ils vivent à\nBruxelles, à Liége ou à Genève, ne font-ils point partie de la même\nfamille? Pourquoi cette animosité contre les écrivains français de Belgique,\nalors qu'on se montre bienveillant pour les écrivains français de Suisse?\nLes uns et les autres, par cela même qu'ils s'expriment dans la langue de\nLeconte de Lisle et de Flaubert, ne sont-ils pas les instruments par lesquels\nla pensée française se propage en Europe? Malgré l'hérédité et les diffé-\nrences de race, n'en sont-ils pas moins des écrivains français? Pour avoir\nleur accent spécial et leur vision personnelle, ne se rattachent-ils pas à la\nlittérature française de la même façon que certains écrivains de souche\nméridionale, d'origine espagnole ou italienne? L'art français, à ses plus\nbelles époques d'expansion, ne fut jamais un art exclusif et fermé. Pourquoi,\net sous quels puérils prétextes, veut-on aujourd'hui qu'il mente à son passé\net qu'il renonce à ses plus glorieuses traditions?\n   Le reproche d'imitation servile, lancé aux écrivains français de Belgique,\nest d'ailleurs profondément injuste, et ne peut émaner que de chroniqueurs\ndénués de tout sens critique. Nous portons fièrement l'antique héritage de\nnotre race : nous avons d'autres idées, d'autres sentiments, d'autres sensa-\ntions que les artistes français. Si les œuvres de M. Maurice Maeterlinck, —\npour prendre un exemple récent — ont si vivement sollicité M. Octave\nMirbeau, c'est parce que, malgré leur langue, essentiellement française,\nelles sont enveloppées d'une atmosphère spéciale, qui fait leur charme et\nleur attrait. Cette atmosphère particulière, colorée par le tempérament de\nchacun, est propre à tous les artistes, écrivains, peintres, sculpteurs ou\nmusiciens, de notre pays. Elle est le climat de notre pensée.\n   La Belgique, au point de vue littéraire, est donc, vis-à-vis de la\nFrance, dans la même situation que les Etats-Unis vis-à-vis de l'Angleterre.\nL'orgueil britannique n'a point profité de la révolte d'il y a un siècle, et de\nla proclamation de l'indépendance américaine, pour repousser systémati-\nquement les écrivains anglais des Etats-Unis. John Bull a peut-être\nquelques griefs contre le cousin Jonathan. Mais l'Angleterre a rendu justice\nà Longfellow, à Washington Irving, à Cooper, à Nathaniel Hawthorne, à\nWalt Wittman et elle revendique Edgar Poë comme un des princes de\nsa poésie.\n"}, {"page_pdf": 379, "texte": "                                — 330 —\n\n   Ce que la Grande-Bretagne, malgré son proverbial égoïsme, a fait pour\nles écrivains américains, la France, dont la générosité est légendaire,\nrefuserait-elle de le faire pour les écrivains français de Belgique ? Nous\nposons la question, par dessus la tête des amuseurs et des plaisantins du\nboulevard, à la France qui pense et qui juge, à celle de Taine et de Renan.\n                                            LA JEUNE BELGIQUE.\n\n\n\n\n                           SANCTUS\n                  Ce bonze très singulier,\n                  Prophète d'énigmes, prêtre\n                  De l'ineffable  Non-Être,\n                  Foule sous son dur soulier\n\n                  L'hiératique escalier\n                  Tout en flammes pour le Maître\n                  Dont la cendre doit renaître\n                  En mon cœur hospitalier.\n\n                  Parfois sur sa lèvre étrange\n                  Passe comme une aile d'ange\n                  Un sourire rose et noir;\n\n                  Et de la pointe d'ivoire\n                  De son haut crâne on peut voir\n                  Sourdre une auréole noire.\n                                                       IWAN GILKIN\n"}, {"page_pdf": 380, "texte": "                                  — 331 —\n\n\n\n                     MENUS PROPOS\n                               LE THÉÂTRE\n                                                            A JULES DESTRÉE.\n\n\n               Une inquiétude semble nous attendre à tout spectacle où nous\n                nous asseyons. Il y a en cette déception préalable un de ces\n                avertissements venus de plus loin que nous. Nous savons tous\n                quelque chose à notre insu, et peut-être ne savons-nous exac-\ntement que cela, car tout le reste semble bien suspect. Il ne faut attacher\nd'importance qu'à ce dont nous ne pouvons nous rendre compte, parce que\nnotre ignorance porte ici l'effigie, presque impalpable, du meilleur de nous-\nmêmes. Une main qui ne nous appartient pas, frappe ainsi, par moments,\naux portes secrètes de l'instinct ; — on dirait bien souvent les portes du destin,\ntant elles sont voisines. — On ne peut les ouvrir, mais il faut écouter avec\nsoin. Il y a peut-être, aux sources de ce malaise, un très ancien malentendu,\nà la suite duquel le théâtre ne fut jamais exactement ce qu'il est dans\nl'instinct de la foule, à savoir : le temple du rêve. Il faut admettre que le\nthéâtre, du moins en ses tendances, est un art ; mais je n'y trouve pas la\nmarque des autres arts, ou plutôt, j'y trouve deux marques qui semblent\ns'annuler. L'art semble toujours un détour et ne parle jamais face\nà face. On dirait l'hypocrisie de l'infini. Il est le masque provisoire sous\nlequel nous intrigue l'inconnu sans visage. Il est la substance de l'éter-\nnité introduite en nous, à la suite d'une distillation de l'infini. Il est le miel\nde l'éternité extrait d'une fleur que nous ne voyons pas. Le poème était une\nœuvre d'art, et portait ces obliques et admirables marques. Mais la repré-\nsentation vient le contredire. Elle fait s'envoler les cygnes de l'étang; elle\nrejette les perles dans l'abîme. Elle remet exactement les choses au point où\nelles étaient avant la venue du poète. La densité mystique de l'œuvre d'art\na disparu. Elle produit à peu près, par rapport au poème, ce qui se pro-\nduirait si vous étendiez une peinture dans la vie; si vous transportiez ses\npersonnages profonds, silencieux et accablés de secrets, au milieu des gla-\nciers, des montagnes, des jardins et des archipels où ils semblent être, et si\nvous y entriez à leur suite, une lumière inexplicable s'éteindrait subite-\nment, et par rapport à la jouissance mystique que vous aviez éprouvée\nauparavant, vous seriez tout à coup comme un aveugle au milieu de la mer.\n    Et c'est ainsi qu'on est obligé de reconnaître que la plupart des grands\npoèmes de l'humanité ne sont pas scéniques. Lear, Hamlet, Othello, Mac-\n"}, {"page_pdf": 381, "texte": "                                   — 332 —\n\nbeth, Antoine et Cléopâtre ne peuvent être représentés, et il est dangereux\nde les voir sur la scène. Quelque chose d'Hamlet est mort pour nous, le jour\noù nous l'avons vu mourir sur la scène. Le spectre d'un acteur l'a détrôné, et\nnous ne pouvons plus écarter l'usurpateur de nos rêves. Ouvrez les portes,\nouvrez le livre, le prince antérieur ne revient plus. Parfois son ombre passe\nencore le seuil, mais désormais il n'ose plus, il ne peut plus entrer, et presque\ntoutes les voix sont mortes qui l'acclamaient en nous. Je me souviens de\ncette mort. Hamlet entra. Un seul de ses regards me montra qu'il n'était pas\nHamlet. Il n'y était pas pour moi. Il n'était pas même une apparence. Il\nallait dire ce qu'il ne pensait pas. Il allait s'agiter tout un soir dans le men-\nsonge. Je voyais clairement qu'il avait ses formidables destinées, ses destinées à\nlui, et celles qu'il voulait représenter en ce moment m'étaient indiciblement\nindifférentes à côté des siennes. Je voyais sa santé et ses habitudes, ses\npassions et ses chagrins ; il apportait devant moi et autour de lui sa nais-\nsance et sa mort, ses récompenses et ses châtiments, son enfer et son ciel;\ntoute son éternité, et il essayait vainement de m'intéresser aux vibrations\nd'une éternité qui n'était pas la sienne, et que sa seule présence avait ren-\ndue fabuleuse. Et maintenant, la porte d'ivoire est à jamais fermée sur\nHamlet, et il en est ainsi de tous les chefs-d'œuvre que j'ai vus sur la scène.\n   Charles Lamb, le subtil essayiste d'Élia, tout en n'allant pas au delà de\ncauses indirectes, a exactement constaté cette inquiétude et cette déception\nde la scène. Un soir, il avait vu enchaîner, devant lui, le Leviathan des\nmers de Shakespeare : le roi Lear. « Il avait vu un pauvre vieillard chan-\ncelant sur les planches, chassé pas ses filles, et auquel tous les spectateurs\neussent voulu donner asile. Quant à la figure du vieux roi, un acteur eût plus\naisément incarné le Satan de Milton ou le Moïse de Michel-Ange. La gran-\ndeur de Lear ne réside pas en ses dimensions corporelles, mais intellec-\ntuelles ; les explosions de sa passion sont terribles comme un volcan ; ce sont\ndes tempêtes retournant et entr'ouvrant jusqu'au fond la mer de son esprit,\navec tous ses immenses trésors. Son enveloppe de chair et de sang est trop\ninsignifiante pour qu'on y songe ; lui-même la néglige. Sur la scène, nous ne\nvoyons que des infirmités corporelles et la faiblesse, l'impuissance de la rage.\nLorsque nous lisons, nous ne voyons pas Lear, mais nous sommes Lear.\nNous sommes en son esprit ; nous sommes soutenus par une grandeur qui\ndéjoue la malice de ses filles et des tempêtes ; dans les aberrations de sa rai-\nson, nous découvrons une force de raisonnement irrégulière et puissante,\ndétournée des usages ordinaires de la vie, mais exerçant sa puissance,\ncomme le vent souffle où il veut, sur les corruptions et les abus de l'huma-\nnité. Qu'ont de commun, des regards ou des intonations avec cette sublime\n"}, {"page_pdf": 382, "texte": "                                   — 333 —\n\nidentification de son âge avec celui des cieux eux-mêmes, lorsqu'il leur\nreproche d'être de connivence avec ses filles et leur rappelle « qu'eux aussi\nsont vieux ! » Quels gestes approprier à cela ? Qu'ont affaire ici la voix et les\nyeux? » Il en est de même, dit-il, d'Othello. « Rien ne saurait être plus doux\net plus flatteur, pour ce qu'il y a de meilleur en nous, que de lire l'histoire\nd'une jeune Vénitienne de la plus haute extraction, qui, par !a force de\nl'amour, et parce qu'elle voit le mérite de celui qu'elle aime, passe par\ndessus toute considération de parenté, de contrée, de couleur, et épouse un\nnègre. C'est le parfait triomphe de la vertu sur les accidents, de l'imagina-\ntion sur les sens. Elle voit la couleur d'Othello en son esprit. Mais sur la\nscène, lorsque l'imagination n'est plus la faculté dominante, mais que nous\nsommes abandonnés à nos pauvres sens inassistés, je demande à tous ceux\nqui ont vu jouer Othello, si, au contraire, ils n'ont pas vu descendre l'esprit\nd'Othello en sa couleur; s'ils n'ont pas vu quelque chose d'extrêmement\nrévoltant dans l'amour, et les légitimes caresses d'Othello et de Desdemona,\net si l'actuelle vue de la chose n'anéantit pas ce beau compromis que nous\nfaisions à la lecture? Et la raison en est évidente, car il y a ici, une part de\nréalité présentée à nos sens, tout juste suffisante pour nous donner une\nimpression désagréable, sans assez de croyance aux mobiles internes, —\ntout ce qui n'est pas vu, — pour subjuguer et concilier les premières et\névidentes préventions. Ce que nous voyons sur la scène, c'est le corps et\nl'action corporelle; ce dont nous avons conscience en lisant, c'est presque\nexclusivement l'esprit et ses mouvements ; et ceci, je pense, explique assez la\ndifférence des plaisirs que le même drame nous donne à la lecture et à la\nreprésentation ».\n   Je cite ces lignes uniquement parce qu'elles marquent très précieusement\nl'inquiétude et les déceptions où nous entraîne la représentation des plus\ngrands poèmes de la terre. L'écrivain anglais éprouve très bien qu'il ne sait\nà quoi s'en tenir. Il assigne à ces déceptions des causes accidentelles; mais\nc'est la scène elle-même qui est trop accidentelle. La vieillesse et la misère\ndu roi Lear, la face noire d'Othello, ne sont que les points de repère d'un\nmécontentement organique et général ; et si ces points de repère s'effaçaient,\nd'autres, plus significatifs et innombrables, s'élèveraient immédiatement\ncomme des montagnes sur tout l'horizon des poèmes.\n    Il le reconnaît, d'ailleurs, lorsqu'il écrit plus loin :\n    « La vérité est que les caractères de Shakespeare sont tellement des objets\nde méditation plutôt que d'intérêt ou de curiosité relativement à leurs\nactes, que, tandis que nous lisons l'un de ses grands caractères criminels,\n— Macbeth, Richard, Iago même — nous ne songeons pas tant aux crimes\n"}, {"page_pdf": 383, "texte": "                                  — 334 —\n\nqu'ils commettent qu'à l'ambition, à l'esprit d'aspiration, à l'activité intel-\nlectuelle, qui les pousse à franchir ces barrières morales ; les actions nous\naffectent si peu, que, tandis que les impulsions, l'esprit intérieur, en toute\nsa perverse grandeur, paraissent seuls réels et appellent seuls l'attention, le\ncrime n'est, comparativement, rien. Mais lorsque nous voyons représenter\nces choses, les actes qu'ils posent sont comparativement tout, et leurs mobiles\nne sont plus rien. L'émotion sublime où nous sommes élevés par ces images\nde nuit et d'horreur qu'exprime Macbeth ; ce solennel prélude où il s'oublie\njusqu'à ce que l'horloge sonne l'heure qui doit l'appeler au meurtre de\nDuncan ; — lorsque nous ne lisons plus cela en un livre, lorsque nous avons\nabandonné ce poste avantageux de l'abstraction d'où la lecture domine la\nvision, et lorsque nous voyons sous nos yeux, un homme en sa forme cor-\nporelle, se préparant actuellement au meurtre; si le jeu de l'acteur est vrai\net puissant, la pénible anxiété au sujet de l'acte, le naturel désir de le pré-\nvenir tant qu'il ne semble pas perpétré, la trop puissante apparence de\nréalité, provoquent un malaise et une inquiétude qui détruisent totalement\nle plaisir que les mots apportent dans le livre, où l'acte que l'on pose ne\nnous oppresse jamais de la pénible sensation de sa présence et semble plutôt\nappartenir à l'histoire; à quelque chose de passé et d'inévitable. »\n   La scène est le lieu où meurent les chefs-d'œuvre, parce que la représen-\ntation d'un chef-d'œuvre à l'aide d'éléments accidentels et humains est\nantinomique. Tout chef-d'œuvre est un symbole et le symbole ne supporte\njamais la présence active de l'homme. Il y a divergence ininterrompue\nentre les forces du symbole et celles de l'homme qui s'y agite. Le symbole\ndu poème est un centre ardent dont les rayons divergent dans l'infini, et ces\nrayons, s'ils partent d'un chef-d'œuvre absolu comme ceux dont il est ques-\ntion en ce moment, ont une portée qui n'est limitée que par la puissance de\nl'œil qui les suit. Mais voici que l'acteur s'avance au milieu du symbole.\nImmédiatement se produit, par rapport au sujet passif du poème, un extra-\nordinaire phénomène de polarisation. Il ne voit plus la divergence des\nrayons, mais leur convergence; l'accident a détruit le symbole, et le chef-\nd'œuvre, en son essence, est mort durant le temps de cette présence et de ses\ntraces.\n   Les Grecs n'ignorèrent pas cette antinomie, et leurs masques que nous\nne comprenons plus ne servaient qu'à atténuer la présence de l'homme et à\nsoulager le symbole. Aux époques où le théâtre eut une vie organique et\nnon simplement dynamique comme aujourd'hui; il la dut uniquement à\nquelque accident ou à quelque artifice qui vint en aide au symbole dans sa\nlutte contre l'homme.\n"}, {"page_pdf": 384, "texte": "                                   — 335 —\n\n    Sous Elisabeth, la déclamation était une mélopée, le jeu était conven-\ntionnel et la scène elle-même était symbolique. Il en était à peu près de\nmême sous Louis XIV. Le poème se retire à mesure que l'homme s'avance.\nLe poème veut nous arracher au pouvoir de nos sens et faire prédominer\nle passé et l'avenir, l'homme n'agit que sur nos sens et n'existe que pour\nautant qu'il puisse effacer cette prédomination du passé et de l'avenir par\nl'envahissement du moment où il parle. Si l'homme entre en scène avec\ntoutes ses puissances et libre comme s'il entrait dans une forêt, si sa voix,\nses gestes et son attitude ne sont pas voilés par un grand nombre de conven-\ntions synthétiques, si on aperçoit un seul instant l'être humain qu'il est, il\nn'y a pas de poème au monde qui ne recule devant lui. A ce moment précis,\nle spectacle du poème s'interrompt et nous assistons à une scène de la vie\nextérieure qui, de même qu'une scène de la rue, de la rivière ou du champ\nde bataille, a ses affinités avec l'Eternité, mais qui est néanmoins impuis-\nsante à nous arracher au présent, parce qu'en cet instant nous n'avons pas\nqualité pour apercevoir et apprécier ces affinités imprévues et nouvelles.\n    Il faudrait peut-être écarter entièrement l'être vivant de la scène. Il n'est\npas dit qu'on ne retournerait pas ainsi vers un art de siècles très anciens,\n dont les masques des tragiques grecs portent peut-être les dernières traces.\n Sera-ce un jour l'emploi de la sculpture, au sujet de laquelle on commence à\n se poser d'assez étranges questions? L'être humain sera-t-il remplacé par une\n ombre, un reflet, une projection de formes symboliques ou un être qui aurait\n les allures de la vie sans avoir la vie? Je ne sais ; mais l'absence de l'homme\n me semble indispensable. Lorsque l'homme entre dans un poème, l'im-\nmense poème de sa présence éteint tout autour de lui. L'homme ne peut\n parler qu'au nom de lui-même ; et n'a pas le droit de parler au nom d'une\nmultitude de morts. Un poème que je vois réciter est toujours un men-\n songe ; dans la vie ordinaire, je dois voir l'homme qui me parle, parce que\n la plupart de ses paroles n'ont aucune signification sans sa présence; mais\n un poème, au contraire, est un ensemble'de paroles si extraordinaires que la\n présence du poète y est à jamais enchaînée ; et il n'est pas permis de déli-\n vrer de sa captivité volontaire, une âme précieuse entre toutes, pour y sub-\n stituer les manifestations d'une autre âme, presque toujours insignifiantes,\n parce qu'en ce moment, ces manifestations ne sont pas assimilables.\n    Il est difficile de prévoir par quel ensemble d'êtres privés de vie il faudrait\n remplacer l'homme sur la scène, mais il semble que les étranges impres-\n sions éprouvées dans les galeries de figures de cire, par exemple, auraient\n pu nous mettre, depuis longtemps, sur les traces d'un art mort ou nouveau.\n  Nous aurions alors sur la scène des êtres sans destinées,' dont l'identité ne\n"}, {"page_pdf": 385, "texte": "                                  — 336 —\n\nviendrait plus effacer celle du héros. Il semble aussi que tout être qui a\nl'apparence, de la vie sans avoir la vie, fasse appel à des puissances extraor-\ndinaires ; et il n'est pas dit que ces puissances ne soient pas exactement de\nla même nature que celles auxquelles le poème fait appel. L'effroi qu'in-\nspirent ces êtres, semblables à nous, mais visiblement pourvus d'une âme\nmorte, vient-il de ce qu'ils sont absolument privés de mystère? Vient-il de\nce qu'ils n'ont pas d'éternité autour d'eux? Est-ce l'effroi, né précisément de\nla privation de l'effroi qu'il y a autour de tout être vivant, et si inévitable\net si habituel, que sa suppression nous épouvante, comme nous épouvan-\nterait un homme sans ombre ou une armée sans armes? Est-ce l'allure de\nnos vêtements ordinaires sur des corps sans destinées? Sommes-nous terri-\nfiés par les gestes et les paroles d'un être pareil à nous; parce que nous\nsavons que ces gestes et ces paroles, par une exception monstrueuse, ne reten-\ntissent nulle part et n'indiquent le choix d'aucune éternité? Est-ce parce\nqu'ils ne peuvent pas mourir? — Je ne sais ; mais l'atmosphère de terreur\noù ils se meuvent est l'atmosphère même du poème ; ce sont des morts qui\nsemblent nous parler, par conséquent, d'augustes voix. Il est possible,\nenfin, que l'âme du poète, ne trouvant plus la place qui lui était destinée,\noccupée par une âme aussi puissante que la sienne, — puisque toutes les\nâmes ont exactement les mêmes forces, — il est possible, alors, que l'âme\ndu poète ou du héros, ne se refuse plus à descendre, un moment, en un\nêtre, dont une âme jalouse ne vient pas lui défendre l'entrée.\n\n                                          MAURICE MAETERLINCK.\n\n\n\n\n                  VEILLÉE D'HIVER\n       Voici naître les mains de l'Ombre au fond de Veau\n       Jointes vers le départ des cygnes de l'aurore\n       Et des linges en feu tremblent au vent sonore,\n       Au vent hurleur de la Douleur — comme un flambeau!\n\n       Pauvre navire sans espoir que la Tempête\n       Et ses lueurs! — Voici mourir les nénuphars :\n       L'ombre aux cruelles mains a fauché leurs regards,\n       Les clairs de lune d'or de leurs regards en fête!\n"}, {"page_pdf": 386, "texte": "                                — 337 —\n\n      L'haleine des démons qui circule dans l'air\n      A dérangé les plis nuptials de son voile,\n      Et voici de ses yeux tristes d'un chant d'étoile\n      De ses yeux orageux jaillir un fauve éclair !\n\n      Quels yeux humains sauront aux abîmes funèbres\n      De ses beaux yeux verser le baptême du jour ?\n      Pauvre muette qui subis comme un amour\n      La fascination spectrale des Ténèbres!\n\n      — Pourquoi lever, ma sœur! sur l'infini des mers\n      Tes paupières en feu sous le baiser de l'ombre ?\n      Tu pleures? — oh.' voici le navire qui sombre! —\n      Viens enfin sur mon cœur clore tes yeux amers.\n\n      Viens, confie ton front à ma main fraternelle\n      Qui défendra son beau sommeil pâle des loups,\n      Des hyènes et des mauvais anges jaloux\n      De voir tant de faiblesse aux bons anges fidèle!\n\n      Et laisse retomber entre la nuit et nous\n      Tes longs cheveux épars comme un rideau d'ébène\n      Et ceux que nous cherchons entendront notre haleine\n      Leur envoyer encore des mots tristes et doux.\n                                                        JEAN BOELS.\n\n\n\n\n  LA PROCESSION DE PÉNITENCE\n                          NOTES CURSIVES\n\n            out ceci est, peut-être, imaginaire et illusoire, — mais le men-\n              songe n'est-il pas du vrai — plus harmonieux?\n                — Le cortège d'aujourd'hui paraîtra, évidemment, le comble\n              du grotesque à tel badaud français voltairien, — de l'espèce\ndu brave homme qui, accompagné de sa « dame », m'avoisinait sur le\nbalcon de ce délicieux hôtel-de-ville.\n  — Remarquable, l'aisance, la grande allure de ces comparses flamands\n"}, {"page_pdf": 387, "texte": "                                  — 338 —\n\nsous leurs costumes d'emprunt ; certains groupes sont investis de la plus\nvivante réalité. Ainsi : les docteurs discutant avec Jésus, dans le Temple:\n— Des vieux madrés, des têtes chenues et minces, des figures ridées de\nfinesse retorse, comme poudreuses et jaunies au milieu d'immémoriales\npaperasses. — Quelques physionomies extasiées de donateurs.\n   Parmi les anges, figurés par des jeunes filles, qui précèdent chaque\nensemble, expliquant le sujet, la moralité de celui-ci, d'une voix exaltée et\ntimide, — et avec quelle ferveur profonde et ardente ! — des Véroniques,\ndes Vierges à la Memling, — blondes frêles, aux yeux d'azur d'une candeur\nsurnaturelle et ravie, le front bombé, avec le sérieux doux d'une piété\nembrasée et têtue.\n   — Un pénitent, un corpulent vieillard, la cagoule relevée, m'est apparu,\ndrapé à longs plis roides dans sa robe de bure, ainsi qu'un moine tragique,\ndont l'humiliation trop fièrement, trop voluptueusement proclamée, s'illu-\nminait des sanglantes lueurs pourpres d'un orgueil satanique : — le masque\ngras et frénétique d'un Alexandre VI ; un profil dominateur de Doge déchu\net enivré de sa défaite, sans pitié et sans crainte. Séparés par un nez stric-\ntement aquilin et embusqués au fond d'orbites caves, sous leurs paupières\nbrûlées, ses noirs yeux, ténébreux et fulgurants, luisaient; sa bouche tordue\nse soulignait d'un menton inflexible et carré, surplombant un large cou de\ntaureau qui, même, en avait les fanons.\n   Sur ce visage que l'effort congestionne, — une délirante expression de\nvouloir tendu, une énergie forcenée quand même, et altière ! Les pieds nus\net écorchés, sentant défaillir ce corps obèse sous les cinglants coups de\ncravache de sa volonté, il relève sa tête furieuse et splendide, serre ses\nmâchoires convulsives, fouaille d'un regard de défi, rigide et obstiné, les\nspectateurs, — et poursuit son chemin d'agonie, en exhaussant, dans un\nsursaut de vigueur, la pesante croix qu'il traînait: — « Ah! tu sais si, allè-\ngrement, tu portas le faix impur de tes inépuisables iniquités ! Expie donc,\nà cette heure propice, devant cette multitude stupide, et meurtris tes chairs\ndouillettes, tes chairs délicates de sybarite ! — Marche! ».\n  — Le Saint-Sacrement ! précédé de théories de fillettes, les mains pleines\nde roses et environné de la gloire de l'encens et des chants liturgiques. La\nfoule se prosterne. Toute la Banque, — réactionnaire, celle-ci, ce semble!\n— les pitres, les hercules et les dompteurs qui, silencieux, ont jusqu'alors,\ndu seuil de leurs baraques, contemplé, avec un intérêt viril et tendre, les\nordonnances de la féerie catholique, — s'agenouillent, dévotement.\n  Le sens efficace n'est pas évaporé, des symboles ; les prestiges subsistent !\nLe Fiat lux ! de Quatre-vingt-neuf aurait-il été une parole creuse et sonore?\nMM. de Robespierre et Sanson peinèrent-ils en vain?\n"}, {"page_pdf": 388, "texte": "                                  — 339 -\n\n   Chose inouïe ! ces cœurs simples et risiblement naïfs, pour lesquels les\nplus rudimentaires émotions sont neuves, ne songent pas à ricaner des\ninvraisemblances et des détails faux ! Ils ne craignent point le ridicule. Que\nleur importent les anachronismes, les effigies barbares, les bottes à l'écuyère\nd'Hérode? (Memling et les Van Eyck étaient de cette méprisable race, igno-\nrante et grossière!)\n   Oserais-je le dire? Le peuple est psychologue, en un sens! Il s'insoucie\nsuperlativement de fidélité archaïque, de reconstitutions laborieuses et\npédantes. Il n'a que faire des pompes exactes et vides de vos commémora-\ntions ! Les vêtements périssables dont on travestit les personnages du drame\névangélique lui semblent secondaires et négligeables ; il abstrait les appa-\nrences temporelles de ces tableaux et court à leur réelle signification mys-\ntique.\n   — Le sourire sceptique ne prouverait, ici, qu'une incurable... fatuité.\n   — Avis charitable aux gens — éclairés.\n                                                      ARNOLD GOFFIN.\n       Furnes.\n\n\n\n\n                           LA VOUTE\n                                       I\n                                                   Le regard de celle m'a prins\n                                                   Qui m'a esté félonne et dure\n                                                            FRANÇOIS VILLON\n\n    Si tu pleures, là-bas, dans l'onde des clameurs\n    Dont la clarté s'irise aux ombres de ma cage,\n    Sur mon seul souvenir choient-ils, les pleurs calmeurs :\n    Blancs remords d'un péché que l'exil noir saccage?\n\n    Si tu ris, oublieuse — oh vite! — du présent\n    De cil qui Toi fut plus que ton très cher toi-même,\n    L'émail de ta denture est-il aussi luisant\n    Qu'aux heurs où tu riais ton triomphant « il m'aime? »\n\n    Si tu chantes, dis-tu cette Chanson d'Eté\n    Dont, un soir exigu, je ciselai l'extase,\n    Où, nostalgique au loin de ton impureté,\n    Je crispe le délire du rhythme de ma phrase?\n"}, {"page_pdf": 389, "texte": "                          — 340 —\n\nSi tu marches, ton sein surveille-t-il mon cœur\nDanser pianissime une polka de joie ?\n(Lors, que ta jupe s'en/le! un vaste pli vainqueur\nPrécédera mon pas, dans son rêve de soie).\n\nSi tu te couches, lasse, en entrouvrant les draps,\nFrissonnante, vois-tu vers tes nudités mates\nS'ouvrir l'étau d'amour terrible de mes bras\nDont elles garderont l'honneur des bons stigmates?\n\nSi tu dors, songes-tu que mes baisers sont là,\nMultipliés toujours autant que mes caresses;\nLeur réponds-tu, bondit ton strident « oh! ô la! »\nPour après t'alanguir en félines paresses?\n\nLas! qui donc, pitoyant ma hantise de Toi,\nSorcière dont la lèvre épanche des toxiques\nD'habitude, qui donc écroulera le toit\nOù ma beauté s'acharne à tes laideurs magiques?\n\nLas! qui donc, pitoyant mon rêve submergé\nPar ton philtre fatal de voluptés infâmes,\nQui donc, Ami pieux ou puissant    Etranger,\nDispersera mon igne aux Quatre vents des Femmes?\n\nSi tu travailles, seule, au sortir du sommeil,\nQuand l'aiguille a piqué tel doigt qui s'ensanglante,\nM'espère-t-il, le cri goutté du flot vermeil,\nGoûtant cette fadeur, d'une succion lente?\n\nSi s'est fixé, soudain, ton œil, atrocement...?\n— Immobile et réfrigérée en ta statue,\nVois, mais vois donc la mort du souvenir où ment\nLa vision de Moi s'expirant qui te tue.\n                                      PATERNE BERRICHON.\n"}, {"page_pdf": 390, "texte": "                                  -   341    -\n\n\n\n\n         MAURICE MAETERLINCK\n            En un retentissant premier-Paris du Figaro, Octave Mir-\n             beau consacre une étude enthousiaste à une œuvre d'un\n             Jeune-belgique. Nous sommes fiers de l'hommage rendu\n             aujourd'hui à l'un des nôtres, que nous fûmes les premiers à\nacclamer à ses débuts. Cet article n'est point l'éloge banal d'un critique de\nbonne volonté, tarifé chez les éditeurs ; on y sent une âme loyale et sincère,\némue par les beautés d'une œuvre d'art supérieure. Voici :\n  • Je ne sais rien de M. Maurice Maeterlinck. Je ne sais d'où il est et com-\nment il est. S'il est vieux ou jeune, riche ou pauvre, je ne le sais. Je sais\nseulement qu'aucun homme n'est plus inconnu que lui ; et je sais aussi qu'il\na fait un chef-d'œuvre, non pas un chef-d'œuvre étiqueté chef-d'œuvre à\nl'avance, comme en publient tous les jours nos jeunes maîtres, chantés sur\ntous les tons de la glapissante lyre — ou plutôt de la glapissante flûte\ncontemporaine; mais un admirable et pur et éternel chef-d'œuvre, un chef-\nd'œuvre qui suffit à immortaliser un nom et à faire bénir ce nom par tous\nles affamés du beau et du grand ; un chef-d'œuvre comme les artistes hon-\nnêtes et tourmentés, parfois, aux heures d'enthousiasme, ont rêvé d'en\nécrire un, et comme ils n'en ont écrit aucun jusqu'ici. Enfin, M. Maurice\nMaeterlinck nous a donné l'œuvre la plus géniale de ce temps, et la plus\nextraordinaire et la plus naïve aussi, comparable — et oserai-je le dire? —\nsupérieure en beauté à ce qu'il y a de plus beau dans Shakespeare. Cette\nœuvre s'appelle la Princesse Maleine. Existe-t-il dans le monde vingt\npersonnes qui la connaissent? J'en doute.\n\n                                      *\n   Avant la Princesse Maleine, M. Maurice Maeterlinck avait publié\nSerres chaudes, d'étranges et souvent admirables poèmes. Tout l'art, si\nabsolument réalisé depuis dans la Princesse Maleine, s'y trouve contenu,\nà l'état de minerai, pour ainsi dire, mais un minerai d'une abondance\nincroyable et d'une excessive richesse. Il y a là, vraiment, parmi beaucoup\nde choses, peut-être inutiles et trop touffues, des sensations encore inédites\ndans la littérature ; il y a là, vraiment, de l'inexprimé. Si jamais un critique\ns'avise par hasard d'ouvrir ce livre, il est probable qu'il accusera l'auteur\nd'être obscur et même décadent. Et il se livrera à de très anciennes plaisan-\nteries, dont la facilité vulgaire réjouit toujours les sots et les gens de bon\nsens. La vérité est que personne n'a plus de clarté dans le verbe que\nM. Maeterlinck. Pour le comprendre en l'intimité de sa pensée et l'étran-\ngeté de ses analogies, il faut, en quelque sorte, épouser ses états d'âme et se\nvivre en lui, comme lui-même se vit dans les choses. Ce n'est qu'une affaire\nd'intelligence ; une affaire d'âme aussi, non pas même d'âme sœur de la\n                                                                        22\n"}, {"page_pdf": 391, "texte": "                                   — 342 —\n\nsienne, mais d'âme qui a senti quelquefois comme la sienne. Alors, ce livre\ns'illumine et nous illumine de clartés éblouissantes. Et l'on n'est plus\nétonné que de ceci : c'est de n'avoir pas su soi-même, tant elles paraissent\nfamilières et simples, donner à ces pensées, à ces visions, à ces sensations,\nla forme inattendue et lumineuse et délicieuse suprêmement qu'elles\nrevêtent, sans cesse, sous la plume de ce sensitif vibrant qui est, en même\ntemps, un merveilleux et unique artiste.\n\n   J'ai longtemps hésité avant de parler de la Princesse Maleine. La laisser\ndans son obscurité scrupuleuse, ne pas l'exposer, si frêle, si chaste, si ado-\nrablement belle, aux brutalités de la foule, aux ricanements des gens\nd'esprit, être quelques-uns, seulement, à en jouir, il me semblait que cela\nvalait mieux ainsi. Et puis j'ai songé qu'il y a, tout de même, quelque part,\ndes inconnus à qui une telle œuvre donnerait de la joie, et qui m'aimeraient\nde la leur révéler, des inconnus, comme il s'en rencontre dans nos âmes,\nqui traversent, au loin, sans se faire voir, notre vie, et qui ne sont ni\nhommes de lettres, ni peintres, ni gens du monde, ni rien de ce que nous\nrévérons d'ordinaire, qui sont tout simplement, je pense, une émanation\nlointaine et ignorée de notre pensée, de notre amour, de notre souffrance.\nC'est à ceux-là seuls que je signale la Princesse Maleine.\n   La Princesse Maleine est un drame écrit, ainsi que le déclare l'auteur,\npour un théâtre de fantoches. Raconter ce drame dans ses détails? Je ne le\npuis. Ce serait en gâter le charme immense, en atténuer l'immense terreur\noù il jette les âmes. Il faut le lire, et quand on l'a lu, le relire encore. Je\ncrois que, pour ma part, je le relirai toujours. Jamais, dans aucun ouvrage\ntragique, le tragique n'atteignit cette hauteur vertigineuse de l'épouvante et\nde la pitié. Depuis la première scène jusqu'à la dernière, c'est un crescendo\nd'horreur qui ne se ralentit pas une seconde et se renouvelle sans cesse. Et\nle livre fermé, cela vous hante, vous laisse effaré et pantelant, et charmé\naussi par la grâce infinie, par la suavité triste et jolie qui circule à travers\ncet effroi. Pour arriver à cette impression d'effroi total, M. Maurice Mae-\nterlinck n'emploie aucun des moyens en usage dans le théâtre. Ses personnages\nne débitent aucune tirade. Ils ne sont compliqués en rien, ni dans le crime, ni\nle vice, ni dans l'amour. Ce sont, tous, de petites âmes embryonnaires qui\nvagissent de petites plaintes et poussent de petits cris. Et il se trouve que les\npetites plaintes et les petits cris de ces petites âmes sont ce que je connais de\nplus terrible, de plus profond et de plus délicieux, au delà de la vie et au\ndelà du rêve. C'est en cela que je crois la Princesse Maleine supérieure à\nn'importe lequel des immortels ouvrages de Shakespeare. Plus tragique que\nMacbeth, plus extraordinaire de pensée que Hamlet, elle est d'une simpli-\ncité, d'une familiarité — si je puis dire — par où M. Maurice Maeterlinck\nse montre un artiste consommé, sous l'admirable instinctif qu'il est : et la\npoésie qui encadre chacune de ces scènes d'horreur en est tout à fait originale\net nouvelle; plus que cela : véritablement visionnaire.\n   Le sujet de la Princesse Maleine est pareil au sujet des contes que\ncontent, le soir, aux petits enfants, les nourrices. C'est l'histoire d'une\n"}, {"page_pdf": 392, "texte": "                                   — 343 —\n\npetite princesse, fille de roi, fiancée à un prince, fils de roi, et qui, après\nune suite d'incroyables malheurs, meurt étranglée par une méchante reine.\nDevant l'absolue beauté de cette œuvre, je ne puis rien dire de plus. Pour\nprouver que je n'ai rien exagéré dans mon admiration, il faudrait citer,\nciter encore, n'importe quelle scène, au hasard, car toutes offrent des sur-\nprises et d'incomparables grandeurs.\n\n\n\n\n         CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n      Le Possédé, par CAMILLE LEMONNIER. — 1 vol. in-18; Paris, Charpentier.\n\n\n              Depuis l'apparition du Possédé de Camille Lemonnier, quel-\n                ques critiques affirment que le brillant et vigoureux écrivain\n                abandonne le naturalisme pour entrer dans l'école symboliste.\n               La question n'est guère importante; on est naturaliste ou\nsymboliste, on est tout ce que l'on voudra, selon son tempérament : la\ngrande affaire est d'avoir du talent. M. Lemonnier ne cesse de développer\nle sien ; voilà pourquoi, sans doute, les écrivains de l'école la plus récente\naiment à le considérer comme l'un des leurs. Toutefois il est bon de\nse rappeler, de temps en temps, le sens exact des mots. Un symbole est,\nà proprement parler, un signe synthétique résumant toute une doctrine.\n On ne peut appeler « symbolique » qu'un art de synthèse et d'abstrac-\ntion, où des systèmes d'idées sont représentés par des figures qui doivent\ngarder un caractère de généralité. Cet art exclut toute individuation\ntrop précise, tout détail trop particulier, tandis que telles sont les\nnotes qui conviennent à l'art naturaliste. Celui-ci étudie « un cas » indivi-\nduel, le fouille minutieusement dans toutes ses particularités et pousse\nl'examen du détail aussi loin qu'il est possible. Assurément ces distinctions,\ninventées pour faciliter le classement des idées, n'ont rien d'absolu : un\ncaractère étudié par le détail, le menu, peut être dessiné avec une vigueur\ntelle qu'il apparaisse comme un véritable type, et le voilà bien près de\ndevenir un symbole; mais il est utile de maintenir les divisions raisonna-\nblement établies afin de ne pas embrouiller le peu de notions précises qui\nrestent encore dans le patrimoine de la critique.\n   Le Possédé est une étude approfondie d'un « cas » d'atavisme des plus\nintéressants. Le sujet est un magistrat intègre, fils d'un homme de bien,\nmais, pour son malheur, petit-fils d'un débauché dont les débordements\nont laissé dans la famille des souvenirs honteux et redoutables. Bien que,\ndès sa jeunesse, Lépervié accusât une ressemblance physique avec son\ngrand'père, sa vie honorable a jusqu'à présent démenti les fâcheux présages.\nEpoux d'une femme angélique, père de deux enfants charmants, il vit\nheureux, entouré de l'affection des siens et de l'estime de tous. Un jour,\n"}, {"page_pdf": 393, "texte": "                                 — 344 —\n\nfasciné par les yeux étranges de l'institutrice de sa fille, il succombe tout à\ncoup à une sorte d'attaque foudroyante de luxure. Et voici que sa vie n'est\nplus qu'un tissu de stupres et d'adultères, et pour que rien ne manque à la\ncatastrophe, Lépervié s'abrutit dans les accès d'alcool. Fornications clan-\ndestines dans sa maison, fêtes dans les restaurants à la mode, débauches\ndans les « garnis » de bas étage, soûleries ignobles dans des bouges à mate-\nlots, telles sont les stations de ce monstrueux Chemin de la Passion Bestiale.\nRien n'arrête cette Bête humaine qui semble rouler dans les gouffres\npassionnels sous les foudres d'un invisible et fatal archange : rien, ni le\nmuet martyre de cette sainte, qui ne veut voir en son immonde époux\nqu'un pitoyable malade, et qui consacre les dernières palpitations de son\ncœur brisé au miséricordieux rachat de ce damné, ni l'effroyable mort de\nsa virginale enfant qu'un hasard a rendue spectatrice de ses ébats lubriques\ndans le lit conjugal odieusement profané.\n   Tel est le thème du Possédé. Quelques personnes ont voulu le rappro-\ncher de l'immortelle Cousine Bette. Certes, le nœud des deux ouvrages est\nidentique. Mais il serait assez plaisant qu'on partît de là pour reprocher à\nM. Lemonnier quelque défaut d'originalité. Nous connaissons ce refrain\nqu'entonnent avec un maestria superbe, beaucoup de personnes absolument\nétrangères à tout travail d'art. S'est-on jamais avisé de contester l'origina-\nlité d'un peintre parce qu'il a traité le même sujet qu'un de ses devanciers?\nLes « Sainte-Famille » et les « Vierge au bambino » pullulent dans tous les\nmusées. Est-ce que, pour ce mirifique motif, on dira que Sandro Botticelli\nimite Fra Angelico ou que Léonard de Vinci copie Mantegna? Accusera-\nt-on Grillandajo et Bellini de plagier maître Stéphan Lochner, Jean Van\nEyck ou Hans Memlinck? Tout sujet appartient à tout le monde; ce qui\nest personnel, c'est le talent caractéristique avec lequel un artiste traite ce\nsujet. Voilà ce qui est à lui, ce qui constitue son originalité, sa valeur\npropre, tout son art, enfin !\n   M. Lemonnier a su imprimer à son étude un cachet éminemment\nmoderne. Lépervié est l'homme spécial de ce temps; non seulement il est la\nvictime d'une fatalité atavique, mais il le sait. Il analyse lui-même son mal,\njour par jour, avec un soin méticuleux; il raisonne son cas selon les doc-\ntrines physiologiques et philosophiques de ces dernières années, et il se\ntrouve « suggestionné », comme on dit à la Salpétrière, par la persuasion\nqu'il a de l'irrésistible fatalité de son mal. D'ailleurs, M. Lemonnier n'a eu\ngarde de négliger quelques traits caractéristiques qui nous montrent\nLépervié tout préparé à la ruine physique et morale de sa personne. En lui,\nla monomanie est latente ; comprimée par son éducation et sa vie régulière,\nelle est cependant prête à jaillir, comme ces eaux souterraines qu'un coup\nde sonde fait soudain bouillonner à la surface du sol. Dès le début du livre,\nl'équilibre de son cerveau est dérangé par un simple coryza. Son hystérique\nnature est mal remise de ce banal accroc, quand les yeux bizarres de\nM lle Rakma viennent l'halluciner et soulever dans l'arrière-fond de son\ncœur les dangereux ferments ancestraùx. Notons ici ce détail caractéris-\ntique : M. Lemonnier a curieusement précisé le processus de la fascination\n"}, {"page_pdf": 394, "texte": "                                   -   345    -\n\n\nérotique chez ce magistrat, — à demi lettré, comme il convient à sa profes-\nsion, — cette fascination se traduit par une série de métaphores mal cohé-\nrentes, grouillant pêle-mêle en un prétentieux avortement de lyrisme :\n« Impératifs et commandant le renoncement à tout espoir... Prophétiques\nyeux au fond desquels s'érige l'appréhension des croix... Yeux chargés de\nrancune... Yeux vengeurs... ». Ainsi va la litanie romantique dans cette\ncervelle où s'agitent sourdement les réminiscences de quelques livres de vers\nlus dans le lointain de l'adolescence\n   Elle est bien humaine aussi, cette douce et pure femme qui ferme ses\nyeux en larmes pour ne point voir les vices de son époux! M. Lemonnier\na tracé là un portrait plein de vie et de noblesse. Quant à Mlle Rakma, elle\nsemble incarner la femme démoniaque dont Félicien Rops a hiératisé l'impé-\nrissable symbole.\n   Tel est le dernier ouvrage de l'infatigable écrivain à qui notre littérature\nnationale doit déjà tant d'oeuvres. Puisse-t-il recueillir le tribut de recon-\nnaissance et d'admiration auquel il a droit.\n                                                            IWAN GILKIN.\n\n\n      Maxime,   par ARNOLD GOFFIN. — 1 vol. Bruxelles, Charles Vos, éditeur;\n                            V e Monnom, imprimeur.\n\n   Arnold Goffin est un subjectif et un cérébral. Le Journal d'André,\nDelzire Moris, Impressions et sensations nous l'avaient déjà présenté\nsous ce double relief. Maxime, sa nouvelle œuvre, invétère encore cette\ncaractéristique.\n   La sensibilité dont les romantiques et, avant eux, les philanthropes à la\nJean-Jacques, établissaient le siège dans le cœur (que d'aucuns prononcent :\ncœ-œur, en chevrotant), habite chez M. Goffin, les lobes cervicaux.\n   De là, une sensibilité aussi réelle, aussi aiguë quoique moins démon-\nstrative, une sensibilité intellectuelle, aristocratique; une sensibilité qui\ns'observe, se raisonne, se contient ; indifférente aux émotions banales et\nrépugnant aux expansions bonasses, mais friande de sensations rares et\nfines, froissée ou effarouchée par la bêtise et la laideur au moins autant que\npar la méchanceté.\n   Les élégiaques, la race dont Baudelaire a si bien dit qu'elle cachait sous\nune sensiblerie pleurnicheuse et roucoulante, des instincts d'usurier et des\nappétits de chacal, — les mélancoliâtres ne seront que trop portés à taxer\nde sécheresse d'âme et même de cynisme, les personnages ou plutôt le com-\npliqué mais très rationnel personnage incarné dans les divers livres de\nM. Goffin. L'appréciation de cette engeance ne sera pas le moindre hom-\nmage rendu à la personnalité de l'auteur.\n   Trinité étrange et attirante que celle d'André-Maxime-Delzire. Un cousin\ndes Julien Sorel et des Fabrice del Dongo, Aussi intelligent que les héros\nde Stendhal, doué d'une âme aussi volontaire, d'un esprit aussi lucide,\nMaxime pas plus qu'André, pas plus que Delzire, ne possède le nerf et le\nressort physique qui entraînaient ses parents vers l'action. Il emploie à s'ana-\n"}, {"page_pdf": 395, "texte": "                                   — 346 —\n\nlyser, à se disséquer lui-même, une ardeur qu'il n'a pu dépenser au dehors.\nThéoricien auquel n'échappe aucun secret de la stratégie passionnelle, il\nconçoit les plans sans jamais entrer en campagne. Il préfèrera le livre à la\nconversation, l'art à la nature, le roman à l'amour, le rêve à la vie.\n   Ce sous-titre : A chimerical tale, révèle et quintessencie le livre. Il s'agit\nbien d'une histoire chimérique, de l'histoire d'un intellect qui s'est dépris\npeu à peu de sa guenille corporelle et qui s'en abstrait à tel point que le\njour où l'esprit se libère pour du bon, la mort ne représente plus qu'une\nformalité accessoire et anodine.\n   De plus, le sous-titre, mis en anglais, annonce la correction, le sang-\nfroid, l'opiniâtreté, le dandysme britannique du héros. C'est tellement vrai,\nque pour définir le flegme, la simplicité, le silence avec lesquels Maxime\nse suicide, Albert Giraud trouvait ce joli mot : « Maxime se suicide comme\non se retire — à l'anglaise ».\n   Rien n'est plus différent du suicide romantique, théâtral, cabotin, tapa-\ngeur comme une réclame, que ce suicide discret, tout en sourdine, presque\npudique.\n   Une lecture consécutive du Werther et de Maxime établit d'une façon\nsaisissante le déplacement du siège de la sensibilité dont nous parlions au\ndébut de cette note analytique. Notez que Werther est aussi sincère que\nMaxime. Le livre de Gœthe demeure sublime de passion et de frénésie\npanthéïste. Il n'y a d'odieux et de démodé que les werthériens de métier.\nMais quel contraste entre ces deux ardélions de la vie intérieure :\n   Werther est objectif et son exaltation augmente de page en page ; aux\napproches du dénouement il s'attendrit sur tout ce qui l'entoure, ressent au\ncentuple l'influence des objets tangibles et des fluides occultes. Il écrit lettre\nsur lettre à son ami Wilhelm, à sa bien aimée Charlotte; il se recommande\nau souvenir des jeunes frères et soeurs de la trop chère femme ; il retarde\nautant que possible le moment fatal, s'arrête pour renouveler de déchirants\nadieux, et l'objet le plus futile, la circonstance la plus indifférente de sa\nplatonique intrigue avec l'épouse d'Albert se représente à lui avec une inten-\nsité poignante, lui lancine la chair, prend dans le suprême travail de sa\nmémoire une importance pathétique.\n   Une fois décidé à en finir, Maxime s'habitue à cet épilogue, l'envisage en\nsouriant, sans protestation, sans répugnance.\n   Il ne s'ouvre à personne de cette idée fixe, pas même à son meilleur ami.\nIl est vrai que cet ami est aussi bien que son double et qu'il lit dans sa\npensée. Bien plus, lorsque brutalement, au cours d'une conversation litté-\nraire, Réginald déclarera Maxime prédestiné au suicide, l'autre ne protes-\ntera pas contre cet horoscope peu réconfortant, car autant vaudrait mentir\nà sa conscience. Réginald connaît si bien son Maxime, qu'il ne tentera\naucun effort pour le rattacher à l'existence.\n   « Rentrés chez Réginald, tous deux s'efforçaient de mener un calme\nentretien, de déguiser la peur obscure qui les étreignait, de se dissimuler\nleur émotion... On aurait dit qu'ils veillaient un mort; trop de poignantes\nsuppositions saturaient l'air, qui glaçaient Réginald, et il ne put s'empêcher\n"}, {"page_pdf": 396, "texte": "                                 —347—\n\nd'augurer : « Je crains fort ne plus vous revoir... — de longtemps », ajouta-\nt-il, en sondant la physionomie de son ami. Celui-ci tressaillit, se tût.\n   « Très tard, il partit ; se serrant simplement la main :\n   — « Adieu, donc... — fit Réginald — ou, plutôt, au revoir !... », — Un\nsourire dubitatif, équivoque, empreint de souffrance et de gêne, sillonna les\nlèvres minces de Maxime ; il se détourna à demi pour répondre, mais, se\nravisant, pressa encore la main tendue de Réginald, — disparut dans les\nténèbres ».\n    Pas de paroles, d'écritures inutiles. On pourrait tout au plus reprocher\nau « galbe » de Maxime, cette dernière pensée un peu guindée, vaguement\n« poseuse », au moment de se précipiter dans l'abîme :\n   « Comment une femme, désertant son naturel décor, un très petit bou-\ndoir, rempli de précieux et mièvres bibelots, ose-t-elle — fût-ce en de ratis-\nsées stations balnéaires, — confronter sa futilité avec la mer, introduire\nl'océan, en tiers, entre elle et son amant?     »\n    Ici, Maxime tombe dans cette affectation de n'être pas affecté qu'il impu-\ntait à Stendhal, son écrivain de prédilection.\n    Pour achever cette cursive analyse du personnage, je dirai que Maxime\njoint à l'activité cérébrale des hommes forts de la Chartreuse de Parme et\ndu Rouge et Noir, le raffinement des créations de J.-K. Huysmans, avec\nces différences que, chez Maxime, le raffinement est de nature moins maté-\nrielle, moins prosaïque, et que la souffrance ou plutôt le contemporain\nennui de vivre ne le fait jamais grimacer ou se répandre en déclamations\ntriviales et oiseuses, ou recourir, comme Des Esseintes, à des passe-temps\nplus puérils encore qu'ingénieux.\n   La langue précise et savante d'Arnold Goffin brille plus encore en ces\npages que dans les proses antérieures, par l'extrême opulence du vocabu-\nlaire. Le styliste adorne même, çà et là, d'applications étranges et fantas-\ntiques, des constatations un peu minces. A certains moments aussi, le verbe\ntrop capiteux, la phrase pléthorique entête et surmène. Mais, en général,\nle noble souci de la forme s'harmonise avec la portée du sujet et la sélection\ndes mots rares corse l'inattendu, l'inédit des idées. Et je serais le dernier à\nréclamer des lois somptuaires contre pareil faste !\n    Dans le premier chapitre j'ai goûté particulièrement une féroce descrip-\ntion de villégiature philistine en opposition avec un pitoyable et sympa-\nthique paysage usinier.\n    La psychologie de Maxime, tracée dans les chapitres deux et trois, a\nl'allure grave, la consistance, la profondeur d'une étude de critique trans-\ncendante. Peut-être lui souhaiterait-on un peu de mobilité et de jeu. Mais\nla logique du personnage de Maxime s'accommoderait-elle de ce mouve-\nment ?\n    En résumé, Maxime est la nouvelle épreuve, plus âprement mordue et\ncorrodée encore que les précédentes, d'un médaillon à 1 eau-forte de l'aider\npensieroso qui a signé les Idées et impressions, les Visions et les Proses\nlyriques.\n                                                 GEORGES EEKHOUD.\n"}, {"page_pdf": 397, "texte": "                                   — 348 —\n\n\n  J.-K. HUYSMANS : Les vieux quartiers de Paris. La Bièvre. Paris, L. Genonceaux.\n\n   On connaît la particulière dilection de J.-K. Huysmans pour les sites\nde banlieues, les malsains paysages usiniers, le pittoresque maladif et\nlépreux des quartiers industriels. Il les a célébrés en de poignantes pages.\nEt, en effet, l'artificiel, la désolation compliquée de ces vivants décors, sont\nétrangement suggestifs; et certes, de calmes et placides campagnes, de\nsaines verdures, la nature équilibrée, enfin, au lieu d'apaiser l'artiste\nnerveux et endolori qu'est Huysmans, l'impatientent. — D'ailleurs, n'en\narrive-t-on pas à ne plus s'émouvoir et jouir que des sensations qui se\nsoulignent de souffrance?\n   La Bièvre inaugure une série de monographies consacrées aux vieux\nquartiers de Paris. L'auteur prend la capricieuse rivière aux approches de\nla capitale, dévalant, avec l'ignorance ingénue d'une jeune paysanne, vers\nsa perdition, et nous la montre saisie bientôt, circonvenue, réduite à un\nrépugnant esclavage par de pratiques manufacturiers, de positifs et raides\ningénieurs :\n   « La Bièvre représente aujourd'hui le plus parfait symbole de la misère\nféminine exploitée par une grande ville.\n   « Née dans l'étang de Saint-Quentin, près de Trappes, elle court, fluette,\ndans la vallée qui porte son nom, et mythologiquement, on se la repré-\nsente, incarnée en une fillette à peine pubère, en une na'iade toute petite,\njouant encore à la poupée, sous les saules.\n   « Comme bien des filles de la campagne, la Bièvre est, dès son arrivée\nà Paris, tombée dans l'affût industriel des racoleurs ; spoliée de ses vête-\nments d'herbes et de ses parures d'arbres, elle a dû aussitôt se mettre à\nl'ouvrage et s'épuiser aux horribles tâches qu'on exigeait d'elle. Cernée\npar d'âpres négociants qui se la repassent, mais, d'un commun accord,\nl'emprisonnent à tour de rôle, le long de ses rives, elle est devenue mégis-\nsière, et, jours et nuits, elle lave l'ordure des peaux écorchées, macère les\ntoisons épargnées et les cuirs bruts, subit les pinces de l'alun, les morsures\nde la chaux et des caustiques. Que de soirs, derrière les Gobelins, dans un\npestilentiel fumet de vase, on la voit, seule, piétinant dans sa boue, au clair\nde lune, pleurant, hébétée de fatigue, sous l'arche minuscule d'un petit\npont ».\n   — L'élégante brochure est illustrée de nombreux et remarquables dessins\nde Tanguy, Chauvet, Trimolet et de reproductions d'eaux-fortes de\nSchroeder, Deroy, Martial Polémont, Zeeman, fort curieuses toutes, mais\nparmi lesquelles trois ou quatre à tirer hors de pair.\n                                                        ARNOLD GOFFIN.\n"}, {"page_pdf": 398, "texte": "                                          — 349 —\n\n\n\n\n                                 MEMENTO\n   Dans notre prochain numéro paraîtra une           Le jeune et hardi éditeur Lacomblez, qu\nétude de Grégoire le Roy sur Maurice Mae-         veut grouper sous sa marque tous les écri-\nterlinck et son nouveau drame, les Aveugles.      vains belges et concentrer ainsi le mouve-\n                                                  ment artistique à Bruxelles, publiera bien-\n                                                  tôt un nouveau livre de vers : l'Appel des\n   Nous publierons prochainement la Gloire        voix, par Charles Sluyts. Après viendront\nde Judas par Bernard Lazare, l'Impéra-            les nouveaux poèmes de Fernand Severin,\ntrice Félixe par André Fontainas, un conte        un livre de critique d'Henry Maubel, et bien\nd'Hector Chainaye, Retour d'exil par              d'autres encore que nous tairons pour le\nCh. Buet, etc.                                    moment.\n\n\n   Notre collaborateur Georges Kaiser, qui          UN MORT D'HIER. Max Waller. — C'est le\ndevait nous envoyer un article sur les Car-       titre d'une jolie plaquette que l'auteur, non\nnets de voyage de James Vandrunen, est            point un inconnu pour nous, Firmin Van\ntoujours malade de la nona. Les médecins          den Bosch, nous envoie avec cette dédicace :\nne désespèrent cependant pas de vaincre la\n                                                                A la Jeune Belgique,\ncatalepsie.\n                                                            Œuvre de Max Waller.\n                                                     Et par une délicate attention, il a donné\n   Lire dans la Société Nouvelle, une belle       à ses notes littéraires la toilette de notre\net poignante étude de Georges Eekhoud :           revue, la couverture vert-clair encadrée de\nles Fusillés de Malines.                          bleu, voulant sans doute ainsi lui rendre\n                                                  hommage en la personne de son fondateur,\n                                                  dont il esquisse le portrait avec un charme\n   Léon Dardenne vient d'être mis en m u -        mélancolique. Après avoir conté les pre-\nsique par Massenet. On parle d'une pro-           mières batailles de Max Waller, la fonda-\nchaine représentation du Mage à Bruxelles.        tion de la Jeune Belgique, son caractère\n                                                  sensitif et fin, ses œuvres, il termine ainsi :\n                                                     « Pauvre et cher Waller, l'implacable\n  Siegfried passera probablement à la\n                                                  Mort t'arracha trop tôt à ta mission inache-\nMonnaie vers le 15 décembre. Qui vivra\n                                                  vée. Mais ceux qui t'ont connu et aimé,\nverra.\n                                                  ceux dont les primes sensations d'art se sont\n                                                  confondues avec tes enthousiastes tentatives\n  Notre collaborateur Emile Verhaeren             de rénovation, ceux qui ont foi irrébutable\nvient de faire paraître en tirés-à-part les       dans l'évolution progressive des Lettres et\nproses et vers publiés dans un des derniers       dans la proche défaite du Pédantisme tradi-\nnuméros de la Wallonie.                           tionnel — ceux-là tous, dans la mesure de\n                                                  leurs forces et en dehors des mesquines\n                                                  séparations d'écoles et de revues, continue-\n   Une coquille trouvée dans une jeune            ront ton œuvre, et monteront près de ta\nrevue : M. Paul Adam, l'auteur fêlé d'« Es-       tombe la veillée mélancolique du souve-\nsence de soleil». Ce n'est pas nous qui l'avons   nir. »\ndit; fêlé pour fêté, quel pavé !\n"}, {"page_pdf": 399, "texte": "                                        — 350 —\n\n   L'étude littéraire de M. Firmin Van den       dédaigner ce qu'ils appellent l'art profane.\nBosch, dont nous venons de parler, parue         Préoccupation funeste, qui les entraîne à\nchez A. Siffer, à Gand, avait été publiée en     introduire une division dans la sphère impo-\npremier lieu dans le Magasin littéraire et       sante du Beau et à prendre en pitié les\nscientifique. A ce sujet, un « collaborateur     efforts les plus louables des artistes con-\nprêtre » envoya à la dite revue une lettre de    temporains. Ils ont ainsi la prétention d'im-\nprotestation déclarant que Max Waller ne         mobiliser l'art dans une formule étroite ou\nméritait pas ces éloges. Que ce « collabo-       de le confiner dans l'archaïsme. Et alors les\nrateur prêtre » lise donc l'article qui suit :   artistes vivants, ceux qui sont l'honneur du\n   « L'esthétique et apologétique, telles que    temps présent et les préparateurs des formes\nles comprenait A. Van Weddingen, ne              prochaines, leur tournent le dos. Or, il n'est\nsont pratiquées ni avec la même intelligence     pas bon qu'on tourne le dos au prêtre, car\nni avec la même ardeur par tous les ecclé-       celui-ci est sur la porte de l'Eglise.\nsiastiques actuels, du moins dans notre             « Ce n'est pas à A. Van Weddingen que\npays. L'esthétique est surtout négligée :        l'on pouvait adresser de pareils reproches.\ntrop de prêtres de notre temps ignorent la       Son esprit et son cœur étaient ouverts au\npuissance du grand art sur la raisonhumaine       Beau, d'où qu'il vînt, parce qu'il y voyait un\net sur la foule incroyante. La musique, la       reflet de la Beauté éternelle. Il avait, en\npeinture, la sculpture, la littérature ne sont   cette matière, des préceptes généraux et\npas précisément méprisées par eux, mais          fixes, comme tout homme raisonnable doit\nune éducation incomplète leur en cache la        en posséder, pour mesurer ses impressions,\nvie actuelle et les empêche d'en tirer le pro-   mais il n'appartenait, sous ce rapport, ni à\nfit désirable pour magnifier la vérité. Rien     aucun système, ni à aucune coterie. Il est\nn'est plus funeste pour le salut de certaines    des âmes grincheuses qui refusent d'admi-\nâmes délicates, l'élite de l'espèce humaine,     rer une œuvre belle ou un éclat de beauté\nau point de vue naturel, que l'ignorance         dans une œuvre déterminée, parce qu'elle a\nesthétique de certains ecclésiastiques. Le       été conçue par un artiste ou un lettré d'une\nbeau et le vrai n'étant que deux manifesta-      autre opinion politique ou même d'une autre\ntions différentes de la même unité morale,       croyance. A. Van Weddingen, assis sur la\ncette ignorance produit souvent, dans le         cime de la vérité chrétienne, n'avait pas\nmonde des esprits, les mêmes ravages qu'une\n                                                 de ces petitesses. De la hauteur où il pla-\nconduite immorale, contraire au Bien, mise\n                                                 nait, il pratiquait la charité dans l'apprécia-\nau service de la Vérité. Un prêtre, quelle\n                                                 tion de la beauté créée. Cette pratique de\nque soit sa science théologique, n'atteindra\n                                                 la charité dans l'esthétique est le signe\npas le but du sacerdoce devant certaines\n                                                 d'une royauté intellectuelle. Quand un\nâmes élevées, mais vacillantes, s'il manque\n                                                 prêtre de Jésus-Christ est parvenu à cette\nde goût ou s'il dit, même naïvement, des\nbêtises picturales, littéraires ou musicales.    altitude morale, son apostolat devient triom-\nQuelle responsabilité devant Dieu !              phal. »\n                                                    Ces lignes si vraies, parues dans le Jour-\n   « Voyez, dans la vie réelle, à quels effets   nal de Bruxelles, sont signées : Prosper de\nconsolants peut atteindre un prêtre, dont la     Haulleville. Nous avons extrait ce passage\nscience sacrée est humanisée par l'esthé-        de l'admirable étude qu'il consacra sous ce\ntique : il y a quelque chose qui est pire        titre : Un « Docteur » du XIXe siècle, au\nencore que l'absence d'éducation artistique      savant chanoine, A. Van Weddingen,\net littéraire, c'est le mauvais goût systéma-\ntique ou glorieux, car il ressemble à une\noblitération de la vérité.                          Signalons l'apparition, chez l'éditeur\n   « Beaucoup de prêtres se piquent d'être       Siffer, à Gand, de Vieille, très vieille his-\nde fins connaisseurs parce qu'ils savent par     toire, contée très artistiquement par Henry\ncœur un manuel d'archéologie sacrée.             Carton de Wiart.\nD'autres sont trop souvent disposés à\n"}, {"page_pdf": 400, "texte": "                                      — 351 —\n\n  La Revue moderne illustrée, directeur        artistes de défendre auprès du public leurs\nAlbert de Nocée, dont nous avons annoncé       opinions. La Revue, en outre, publiera\nla prochaine apparition, entreprend une        chaque mois toutes les nouvelles artistiques\nsérie de publications illustrées réservées     importantes, tout ce qui concerne les arts,\nexclusivement à des auteurs belges. En tête,   les sciences et la littérature. Georges Bon-\nla Mer pour rire; lettres d'Ostende à une      namour devient secrétaire de la rédaction;\nfemme mariée, par Théo Hannon ; à paraître     toutes les communications doivent lui être\nen octobre.                                    adressées, 12, rue des Pyramides.\n\n\n   Un mauvais plaisant vient de publier à         Pour faire suite à notre article de tête :\nNamur, chez Godenne, sous le nom de feu        Une nouvelle croisade, nous reproduisons,\nnotre ami D r Valentin, un volume de vers      à titre d'exemple, les quelques lignes pu-\nintitulé : Escales et abordages.               bliées par le Journal de Bruxelles sur le\n  Nous protestons vivement contre cette        même sujet. Nos voisins verront, peut-être,\ninconvenance, et nous prévenons son auteur     à quoi ils s'exposent en admettant dans leur\nque, si nous le découvrons, nous lui ferons    presse les stupides attaques que l'on sait.\nun méchant parti. Les hyènes se contentent     Le Journal de Bruxelles, qui est l'écho\nde profaner les morts: elles ne portent pas,   d'une grande partie du pays, montre ainsi\nen leur nom, des alexandrins chez l'impri-     que les sympathies pour la France, grâce\nmeur.                                          aux hostilités continuelles dirigées contre\n                                               nous, s'éteignent de jour en jour. Inutile\n   Nous ferons dire une messe expiatoire.\n                                               d'ajouter que nous laissons à notre confrère\n                                               la responsabilité de son article ;\n  Encore un artiste belge qui s'expatrie :            « AMÉNITÉS PARISIENNES\nnotre ami et collaborateur Léon Dardenne          « On lit dans le dernier numéro des\nvient d'être nommé conservateur de la          Entretiens politiques et littéraires, une\nTarasque de Tarascon.                          revue française qui se flatte d'être l'écho de\n                                               la belle jeunesse des Gaules, l'inappréciable\n  Notre ami Albert C... a été promu au         article que voici, signé du nom de Paul\nrang de colonel honoraire du régiment          Adam, le reflet politque et littéraire de la\n\" Fidèle Tartarin \" des Alpes Bernoises.       trop nommasse dame de ce nom, dont les\n                                               pétards édénesques ont fait l'an dernier un\n                                               bruit quelque peu exagéré sur les bords\n  M. Jean Moréas annonce un long poème         fleuris qu'arrose la Seine. (Ici s'intercale\nsous ce titre : le Pèlerin passionné. Si le    l'article de Paul Adam).\npoème est de M. Moréas, ce que nous sou-          « Très joli, tout cela !\nhaitons, le titre appartient, depuis long-        « MM. les Français oublient un peu trop\ntemps, à un certain Shakespeare.               les cataplasmes que nous avons eu la bonté\n  Heureusement pour lui, M.Moréas n'est        de poser sur leurs fractures en 1870. Sont-\npas belge. Sinon, M. Paul Adam pousserait      ils donc si sûrs de ne jamais revoir « d'an-\nde jolies clameurs.                            née terrible »? Ils n'encouragent ni les par-\n                                               tisans de la « neutralité bienveillante », ni\n                                               « les poseurs de charpie ». On a parfois\n   La Revue indépendante vient de subir        besoin cependant des uns et des autres.\nune complète transformation; elle agrandit        « Alors que les écrivains français reçoivent\nsa rédaction par dessus les barrières          chez nous l'accueil le plus cordial, les\nd'écoles, annonce de nombreuses études et      étranges « jeune-France » qui annexent tous\ntraductions de chefs-d'œuvre étrangers ; la    les matins, entre deux cigarettes, les pays\ncritique ne sera pas l'apanage d'un seul et    de la Meuse et de l'Escaut ne cessent d'ex-\nune Tribune libre permettra à tous les         primer le divin mépris qu'ils éprouvent\n"}, {"page_pdf": 401, "texte": "                                               352\n\npour les bons Belges taillables et corvéables      d'un musicien français rebuté à Paris. Ne\nà merci, et s'efforcent avec soin de fermer        sont-ce pas des peintres belges qui, chaque\nl'accès du public français aux écrivains et        année, invitent à leurs expositions les\naux artistes de la Belgique.                       représentants de l'art nouveau? Les écri-\n   « Ce jeu a assez duré. Tandis que les           vains français de valeur n'ont-ils pas été\nFrançais nous abreuvent d'insultes, nos            édités, ne sont-ils pas lus en Belgique un\nartistes trouvent dans les pays septentrio-        peu plus qu'à Tortoni. Les artistes dont\nnaux l'accueil le plus sympathique. Or,            nous parlons n'ont certes pas inspiré les\nqu'on veuille bien ne pas l'oublier, ce sont       petites plaisanteries boulevardières de cer-\nles artistes et les écrivains qui dirigent les     taines revues, car — pour la plupart — elles\nidées et les sentiments de leurs concitoyens.      émanent de littérateurs aussi économes que\n   « Si MM. les Français s'obstinent à ne voir     prétentieux, qui seraient fort en peine d'en-\nchez nous que des plagiaires, eh bien, nous        voyer chez nous quelque chose qui ressem-\nles débarrasserons de nos plagiats : après         blât à une oeuvre.\ntout, il ne nous sera pas si difficile d'écrire       « Auriez-vous l'extrême obligeance, Mon-\nen néerlandais ou en allemand. C'est alors,        sieur le Directeur, d'insérer cette protesta-\nmais alors seulement, que l'on pourra dire,        tion, afin que l'on sache à Paris qu'il existe\nen France, que nous nous « annexons » à            ici, à Bruxelles, en Brabant, un groupe\nl'Allemagne.                                       d'artistes dédaigneux et fiers qui n'échangent\n   « Nos voisins du sud ont décidément une         pas leur personnalité pour quelques pièces\nsingulière façon d'encourager chez nous la         d'or et qui n'ont surtout pas besoin, pour\nlittérature française et l'esprit français. Leur   faire une œuvre d'art, des articles de Paris.\ngouvernement pourrait faire à ce sujet                « Agréez, Monsieur le Directeur, nos salu-\nd'utiles remontrances à la presse. »               tations empressées et nos remerciements\n   Quant à nous, voici la lettre de protesta-      anticipés.\ntion que nous adressâmes à la presse belge :                « Valère Gille, directeur de la Jeune\n                      « Bruxelles, 17 août.                   Belgique, Henry Maubel, Geor-\n                                                              ges Eekhoud, Albert Giraud et\n       « MONSIEUR LE DIRECTEUR,\n                                                              Iwan Gilkin. »\n  « Un des derniers numéros d'une revue\nfrançaise contient un article inepte et bouf-        Nous adressons nos remerciements au\nfon qui met le comble au ridicule dans la          Soir, au Journal de Bruxelles, à la Nation\ncampagne entreprise actuellement contre la         et au Tirailleur,    qui s'empressèrent de\nBelgique.                                          reproduire la lettre ci-dessus.\n   « Depuis quelque temps, pour montrer la\nprofonde vénération qu'ils ont vouée à un\nde leurs rares écrivains intellectuels,               Voici la réponse de la Wallonie aux En-\nCharles Baudelaire, des gens de plume trop         tretiens politiques et littéraires : « ...D'ail-\nParisiens, pressés de l'imiter, mettent à la       leurs, nous ne sommes point « belges » et\ntorture l'esprit qu'ils devraient avoir, en se     c'est à la Jeune Belgique de protester, si\ngaussant des bons Belges trop naïfs qui            elle le veut. Wallons, Liégeois, nous\ncontinuent à les trouver étonnamment spi-          sommes Français de race, à plus juste titre\nrituels.                                           que les Normands ou les Méridionaux. »\n   « Cette fois on s'en prend aux artistes ;          Eh bien! nous, nous ne sommes pas\nc'est à nous de protester. La Jeune Bel-           français ! Notre but a toujours été de créer\ngique, qui fut toujours la première à l'at-        en Belgique, avec les éléments flamands et\ntaque, doit être aussi la première à la            wallons un mouvement d'art personnel.\ndéfense. Nos voisins n'ont pas à se plaindre       C'est seulement alors qu'on ne pourra plus\nde l'hospitalité artistique de la Belgique.        crier à la contrefaçon belge. Nous regret-\nLe théâtre de la Monnaie et les Concerts           tons beaucoup que la Wallonie abandonne\npopulaires ont fait connaître chez nous plus       ainsi la lutte à l'heure décisive. Hardie et\n"}, {"page_pdf": 402, "texte": "                                         — 353 —\n\nfière, elle avait courageusement secondé nos      tés de ce drame, écrit par l'auteur pour un\nefforts, soutenu la lutte avec énergie. Ou-       théâtre de fantoches.\nblions aujourd'hui quelques dissensions              N'en doutez pas, Monsieur, nous som-\nsurvenues jadis entre nous, plaignons seu-        mes plus d'une vingtaine qui connaissons\nlement ce départ — presqu'une désertion —         et aimons M. Maeterlinck pour son très\nau moment même où, à Paris, on semble,            réel talent de poète. Nous savions qu'il avait\nenfin ! s'apercevoir du mouvement artistique      publié, en 1889, chez Vanier, Serres\nque nous avons créé.                              chaudes, et il était facile de prévoir qu'il\n                                                  produirait d'autres œuvres plus vibrantes\n                                                  et plus belles encore.\n                                                     Et nous avons eu dernièrement : Les\n   On a pu lire dans notre numéro d'aujour-       Aveugles.\nd'hui l'étude de Mirbeau consacrée à la              C'est que l'estampille officielle ne nous\nPrincesse Maleine de Maurice Maeterlinck.         suffit pas, et qu'aussi bien en province qu'à\n   Les Parisiens commencent enfin à décou-        l'étranger, nous cherchons toujours ceux\nvrir les écrivains belges ; qu'ils continuent     dont la personnalité s'affirme par des tra-\ndans cette voie ils seront peut-être fort         vaux originaux.\nétonnés de découvrir ici une floraison artis-        Nous tendons confraternellement la main\ntique qu'ils ne soupçonnaient même pas.           aux jeunes et aux inconnus et si nous avons\nMais hélas ! il faut croire que le qualificatif   dans nos bibliothèques, en bonne place, les\nde belge sort bien difficilement de leur          maîtres préférés, nous lisons curieusement\nplume. Dans son article si élogieux, Octave       les plus lontaines gazettes, les plus ignorés\nMirbeau a bien soin d'ignorer la qualité          magazines.\nde « belge » de Maurice Maeterlinck. La              Apprenez donc, Monsieur Mirbeau, qu'il\nrevue : Art et Critique s'est chargé là-bas de    existe à Bruxelles, à la tête du mouvement\nla lui apprendre.                                 littéraire , une très artistique revue la\n   Voici la lettre qu'elle publie dans son        Jeune Belgique à laquelle collabore Mau-\nnuméro du 30 août :                               rice Maeterlinck et aussi à Liége la Wal-\n                                                  lonie que dirigent MM. Mockel, P.-M. Olin\n           MAURICE MAETERLINCK.\n                                                  et Henri de Regnier.\n   « Je ne sais rien de M. Maurice Maeter-\n                                                      Enfin, permettez-moi de vous rappeler\nlinck. Je ne sais d'où il est et comment il\n                                                  que Adolphe Retté, un des nôtres, dans le\nest. S'il est vieux ou jeune, riche ou pauvre,\n                                                  numéro 32 d'Art et Critique (janvier 1890)\nje ne le sais. Je sais seulement qu'aucun\n                                                  consacra un consciencieux article à la\nhommen'est plus inconnu que lui ; et je sais\n                                                  Princesse Maleine, que vous croyez être le\naussi qu'il a fait un chef-d'œuvre... »\n                                                  seul à connaître et à admirer.\n                         OCTAVE MIRBEAU.\n                                                      Il n'y a pas que les « pauvres qui ne\n   Dans un premier-Paris, qu'inséra tout          savent jamais rien », mais quelquefois\nrécemment le Figaro, O. Mirbeau, avec un           les riches, surtout dans la clientèle du\ncourage qui l'honore, louangea comme il           Figaro.\nconvient un poète belge, M. Maurice Mae-                             MARCEL BAILLIOT.\nterlinck.                                       Voilà une lettre écrite de bonne encre!\n   Certes le nom de notre jeune confrère n'a Nous en remercions bien sincèrement Mau-\npas encore été chanté en de dithyrambi- rice Bailliot.\nques articles, mais qu'il nous soit permis\nde faire remarquer à M. Mirbeau qu'il a\nmauvaise grâce à avouer sa complète igno-       En Belgique presque toute la presse, non\nrance de la littérature b'elge.               sans un certain étonnement de cette sou-\n   « Existe-t-il vingt personnes qui connais- daine amabilité, reproduisit l'article de\nsent la Princesse Maleine? » s'écrie-t-il Mirbeau, en lui faisant remarquer avec dou-\ntriomphalement, et il nous initie aux beau- ceur qu'il avait louange un Belge! Le Soir,\n"}, {"page_pdf": 403, "texte": "le Journal de Bruxelles,       l'Indépendance,    sentences qu'il a prononcées, et qui seront\nla Chronique, l'Opinion d'Anvers, etc.Voici,      lues et crues par la postérité, — car, devant\nentre autres, ce que l'Etoile belge écrivait :    l'avenir, les génies seuls ont raison, même\n   « Réparons un oubli commis par M. Oc-          lorsqu'ils se trompent? Et, en effet, le monde\ntave Mirbeau dans le premier-Paris enthou-        civilisé ne croit-il pas encore sur parole les\nsiaste du Figaro, qu'il consacrait à M. Mau-      historiens de génie, fussent-il partiaux\nrice Maeterlinck.                                 comme Tacite, et les grands poètes pam-\n   Le poète de la Princesse Maleine et des        phlétaires, fussent-ils injustes comme Aris-\nSerres chaudes est un Belge, voire un fla-        tophane et Juvénal ?\nmand de Gand. Il a fait ses débuts dans la           \" Il en sera de même pour notre temps.\nJeune Belgique, dont il est un des princi-        Quoi que l'histoire impartiale puisse dire à\npaux collaborateurs.                              la justification de Napoléon III et du second\n   Les aménités et les récriminations de          Empire, les peuples n'en croiront pas moins\ntout genre pleuvent tellement depuis quelque      aux calomnies des Châtiments, qui ont pour\ntemps dans la presse parisienne boulevar-         elles toute la force et la splendeur du génie.\ndière contre la Belgique et les Belges, que       Allez donc lutter contre elles à coups de\nnous sommes bien heureux de pouvoir               documents ! Schopenhauer a eu bien raison\nrevendiquer un poète, que M. Octave Mir-          de dire : « La poésie est plus vraie que\nbeau n'est pas loin de préférer à William         l'histoire ».\nShakespeare. »                                       « Hélas ! la Belgique n'a point toujours\n   Seule, l'Indépendance, dans son supplé-        estimé le génie à sa valeur. Et le génie s'est\nment littéraire, tout en reproduisant plu-        vengé très simplement, en fixant à jamais\nsieurs scènes de la Princesse Maleine, eut        dans une œuvre d'art l'injure qu'il avait\nquelques sourires ironiques. Cela ne pou-         reçue. Victor Hugo a été chassé de Bruxelles:\nvait manquer. Il y a des gens qui se croient      peut-être fut-ce une nécessité politique du\nobligés de toujours dire le contraire de ce       moment, mais ce fut un outrage sanglant\nqu'ils entendent. Dites leur ainsi qu'ils sont    à l'un de ces hauts esprits qui, au nombre\nintelligents                                      d'une trentaine, peut-être, seront un jour\n                                                  tout ce qu'il restra de notre siècle. Cette\n                                                  expulsion, il l'a chantée en ses vers splen-\n                                                  dides, qui dureront autant que la langue\n                                                  française, et croyez-vous que les Belges qui\n   A propos du barde lymphatique de la            ont quelque culture littéraire se sentent\nRevue d'aujourd'hui et de ses étonnantes          bien flattés en les lisant?\nappréciations sur les Belges données lors            « La Chronique affirme que Baudelairen'a\nde la récente publication des pages de Bau-       trouvé chez nous qu'affections et dévoue-\ndelaire, la Jeune Belgique dans son pre-          ments. Certes, il eut quelques amis dévoués.\nmier articlerenvoie au Journal de Bruxelles.      Mais les autres ! Que la Chronique se donne\nVoici ce que notre confrère publia en ré-         la peine de lire, dans l'ouvrage de M. Cré-\nponse à la Chronique :                            pet, les lettres et fragments de Baude-\n   « Les Notes de Charles Baudelaire sur          laire qui se rapportent à son séjour en Bel-\nla Belgique ont excité l'ire de notre con-        gique : elle sera édifiée. A la page 65 de\nsoeur. Ces Notes, nous les avons publiées         l'étude biographique se trouvent dénoncés\net nos lecteurs ont pu méditer les sévères        des faits qui crient vengeance au ciel.\net terribles jugements de ce grand poète.            « La Chronique ose imprimer ceci : « Il\n   « Exagérés, certes ils le sont — ils le sont   (Baudelaire) aime mieux dire une sottise\naujourd'hui du moins. Bruxelles n'est plus        dans une forme pittoresque que d'avoir sim-\nce qu'il était en 1866. Voilà ce qu'il fallait    plement le sens commun. C'était un poseur\ndire pour être véridique. Mais insulter à la      emphatique, sans respect de rien, sans dé-\nmémoire de Baudelaire, à quoi bon? Effa-          licatesse, sans éducation et dont tout le\ncera-t-on ainsi une seule des foudroyantes        souci semblait être de répandre du venin. »\n"}, {"page_pdf": 404, "texte": "                                         — 355 —\n\nPour faire justice de pareilles appréciations        Le New-York Herald a eu l'idée origi-\nil suffit de les révéler.                         nale d'envoyer un reporter à Médan, chez\n   «Tout homme quelque peu lettré sait que        M. Emile Zola, exprès pour lui demander\nBaudelaire, s'il fut un homme étrange, ne se      ce qu'il pense de la Sonate de Kreutzer et\ndépartissait jamais de la plus parfaite poli-     des théories de Tolstoï.\ntesse, qu'il fut tout le contraire d'un bohème       M. Emile Zola en a profité pour lâcher\net qu'il étonnait ses amis par un dandysme        des paroles tristement définitives.\nà la fois très bizarre et très correct. On a         Voici comment elles sont rapportées par\nlà-dessus le témoignage de T h . Gautier,         le Champal américain :\n de Banville et d'un grand nombre de con-            « Le maître ne donne pas son avis ; mais\n temporains dont l'opinion trouvera un peu        il profite de la circonstance pour se deman-\n plus de crédit dans le monde que les croas-      der quel serait celui de M. de Vogué. L'en-\n sements des détracteurs de Baudelaire.           gouement pour le roman russe n'est pas\n    « Que faut-il donc penser des Notes sur la    justifié aux yeux de Zola. M. de Vogué, en\n Belgique? Nous l'avons dit. Sachons faire        glorifiant Tolstoï, a usé de la même tactique\n notre profit des dures vérités qu'elles ren-     qu'ont employée, sans réussir, M. Scherer\n ferment. Mais consolons-nous un peu en           et M. Brunetière pour Georges Elliot. Ni\n songeant que depuis 1866 Bruxelles a été         les romanciers anglais ni les russes ne sont\n transformé de fond en comble. De grands          de taille à jouer le rôle qu'on voudrait leur\n changements matériels, faits à l'instar des      donner.\n travaux de Haussmann, lui ont donné l'as-           « Tolstoï a suivi nos traces, il est disciple\n pect et la vie d'une vraie capitale. D'autre     russe de l'école française, qui a été à la\n part, depuis 1870, la vie artistique et litté-   mode en 1848. Le rêve de démocratie chré-\n raire s'est réveillée. Si Baudelaire revenait    tienne a été le rêve des orateurs en 1848,\n en Belgique en 1890., il serait mieux reçu       mais pour un jour seulement. Ce sont les\n et il nous jugerait autrement. MM. Catulle       mêmes idées qui sont entrées dans le cer-\n Mendès, Rafaëlli, Léon Cladel, Charles           veau de Tolstoï, elles y sont entrées habil-\n Buet, Odilon Redon et Stéphane Mallarmé,         lées à la française : il leur a donné l'allure\n qui, dans le cours de ces dernières années,      russe, voilà toute la différence.\n ont séjourné chez nous, en témoigneront             \" La Sonate de Kreutzer est un cauche-\n peut-être un jour. »                             mar, œuvre d'une imagination malade. Dès\n                                                  la première lecture, M. Zola s'est convaincu\n                                                  que l'auteur avait une petite fêlure à la\n                                                  tête \".\n   Une coïncidence curieuse à signaler à             Tolstoï, disciple de l'école française\n M. Paul Adam :                                   de 48 ! Tolstoï déclaré fou par le ventre à\n   Dans une chronique de Gil             Blas,    plume qui s'appelle Zola !\nintitulée Un cas de conscience, M. Oscar             Dis-moi comment tu juges, et je te dirai\nMéténier, un de ceux dont M. Camille Le-          qui tu es!\nmonnier « mange la brioche », réédite trait\npour trait, dans ses détails circonstantiels,\nla petite aventure conjugale que M. Henry\nMaubel a mise en scène et publiée sous ce            Caliban se rappelle, dans le Figaro, une\ntitre : Une mesure pour rien.                     amusante conversation de Théophile Gau-\n   Notre ami s'est hâté de faire connaître        tier avec Bergerat. Il s'agit du théâtre et des\ncette coïncidence avec les documents à            théâtreux :\nl'appui au chroniqueur intéressé qui, jus-           — Oui, Béjaune, me disait-il, figure-toi\nqu'ici, ne lui a pas fait parvenir ses remer-     bien celai Des jours ont lui sur la terre où\nciements.                                         un vrai poète digne de ce nom, c'est-à-dire\n                                                  sachant faire tous les tours de son art, en\n                                                  lever tous les poids, en traverser tous les\n"}, {"page_pdf": 405, "texte": "                                           — 356 —\n\ncerceaux, et pouvant même ajouter des               inévitable et noble mention : Lady Duff\nnuméros individuels au programme des                Gordon's daughter! — publie dans le Mur-\nexercices requis, avait le droit auguste de         ray's Magasine, des souvenirs où elle passe\nne pas collaborer avec Siraudin ! Je n'insi-        en revue les hôtes illustres du salon de sa\nnue pas par là, remarque, que le bon Sirau-         mère, et qui fourmillent de jugements im-\ndin soit un imbécile, puisqu'il a fait fortune      prévus — de choses exquises, parmi les-\ndans les sucres sans savoir comment on              quelles nous cueillons celle-ci :\ncompose une praline. Mais au temps dont                « Le seul visiteur cordialement détesté\nje te parle, Siraudin n'eût « eu lieu » ni          à Queen-Square était M. Carlyle; en réa-\ndans cette partie, ni dans la nôtre. Pour-          lité, plus familier avec ma grand-mère,\nquoi ? Parce que, s'il était incapable de           Mrs Austin, qu'avec mes parents, il venait\nréussir une praline, il l'était également de        rarement. Une après-midi, ma mère discu-\nréussir une tragédie !                              tait avec lui au sujet de la littérature alle-\n   — Une tragédie?                                  mande, et sa fougue, son extraordinaire\n   — Sans doute, une simple tragédie ! Mais         éloquence l'emportant, Carlyle, vexé, perdit\nje vois que tu n'as pas l'air de comprendre.        son sang-froid et éclatant dans son patois\nEn art dramatique, c'est par la tragédie que        écossais : — Vous êtes tout à fait comme\nl'on commence et qu'il faut commencer.              une outre remplie de vent (a windbag!)\nElle est le premier tour du trapèze scé-            Lucie; — juste comme une outre remplie\nnique ; toute la gymnastique part de ce             de ventl...\npremier numéro. Celui qui n'est pas fichu              « J'avais écouté de toutes mes oreilles et\nd'écrire une Iphigénie en Aulide, en Tau-           le trouvant très grossier, je l'interrompis :\nride, en Colchide, en tout ce que tu vou-           — Mon papa dit toujours qu'on doit être\ndras, et de l'écrire aussi bien que Racine,         poli avec les dames ! — laquelle vive re-\nsoit mieux déjà qu'Euripide, n'est pas en           marque me valut une réprimande de ma\nmesure de ciseler un vaudeville pour Bo-            mère. Mais M. Carlyle, nullement offensé,\nbino. Voilà la vérité vraie, celle que ton          se tourna vers elle et dit: — Lucie, votre\nSarcey ignore ou ne veut pas dire.                  enfant a l'oeil observateur ! »\n   — Mon Sarcey? Oh!\n   — Eh bien! moi, tonnait Gautier, je sais\nfaire la tragédie ! Je te la ferai à pied, à che-      Au moment de mettre sous presse, nous\nval, en omnibus, en nageant, en patinant,           trouvons, dans le dernier numéro des\nsur des échasses landaises, n'importe, pour         Entretiens politiques et littéraires quelques\nTalma ou pour Talbot, — et Siraudin ne              nouvelles inepties signées, naturellement,\nle sait pas ! Amène-lui, à Siraudin, la famille     Paul Adam. Nous ne perdrons pas notre\ndes Atrides dans son entresol, et tu verras         temps à relever toutes les bévues histo-\nsa tête! Il ira se plaindre au commissaire          riques et littéraires de ce jeune politicien\nde police. C'est pourtant lui, de nous deux,        aux abois. Nous regrettons tout le bruit fait\nparaît-il, qui est le « Monsieur de théâtre ».      autour de cette fleur fanée du boulangisme.\nJe veux bien, si ça leur fait plaisir; d'ail-       Il ne s'agit point, comme M. Paul Adam\nleurs, j'ai d'autres cordes à mon arc. Mais         voudrait l'insinuer, d'une polémique sous\nce que je ne comprends plus, c'est que tu           masque littéraire ; il sait fort bien que les\nveuilles te jeter dans ce commerce-là!              articles ,non signés de la Jeune Belgique\n                                                    peuvent être attribués à la direction.\n  Et avec un sourire mystérieux :\n  — Tu aimes donc les cochonneries?\n\n\n  La confrontation d'une femme quelcon-\nque avec un artiste, un homme de génie,\namène toujours de stupéfiants résultats.\nMrs Ross — dont le nom remorque cette\n"}, {"page_pdf": 406, "texte": "   En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN, rue d'Arenberg, à Bruxelles :\n\n  La Damnation de l'Artiste\n                     PAR              IWAN                G I L K I N\n                                    Prix : 15 francs.\n\n\n\n           Les Arts Graphiques                ET\n\n   SOCIÉTÉ ROYALE BELGE DE P H O T O G R A P H I E\n           Rue Keyenveld, 73, Bruxelles\n\n                              VIENNENT DE PARAITRE\n             chez CHARLES VOS, éditeur, rue des Paroissiens, Bruxelles :\n\n                               MAXIME\n                         A CHIMERICAL                      TALE\n                                   par ARNOLD GOFFIN\n     Prix : J a p o n , fr. 1200. — H o l l a n d e , fr. 5-00. — Vélin teinté, fr. 3-50.\n                chez ALBERT SAVINE, 12, rue des Pyramides, Paris :\n\n\n                            MIETTE\n                                  par HENRY MAUBEL\n                                     Prix : F r . 3-50.\n\n\n   I M P R E S S I O N S D'ART, par EUGÈNE DEMOLDER, chez\nMadame Ve Monnom.\n\n   A L ' A V E N T U R E , par JAMES VANDRUNEN.\n\n  L A S O C I É T É N O U V E L L E . Abonnement 1 an : 10 francs.\nAdministration générale : 18, rue d'Edimbourg, Bruxelles.\n\n\n  L A R E V U E I N D E P E N D A N T E , rédacteur en chef :\nFRANÇOIS DENION. Abonnement, 15 francs par an; étranger, 17 francs.\nAdministration chez Albert Savine, 12, rue des Pyramides, Paris.\n\n  L A P R I N C E S S E M A L E I N E , drame en cinq actes, par\nM. MAETERLINCK, chez Van Melle, rue St-Georges, 14, Gand. — 5 francs.\n\n   GIL B L A S , journal quotidien français, boulevard des Capu-\ncines, 16, à Paris; publie L'ENVIE, par MAURICE MONTÉGUT.\n   Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\npartout.\n\n  D E M A N D E Z CHEZ BRIAS UN P E T I T CHAPAUX.\n"}, {"page_pdf": 407, "texte": "   SOMMAIRE du numéro d'Août de LA JEUNE BELGIQUE. — Un\nraout artistique, La Jeune Belgique. — Seizième siècle, Albert Giraud.\n— Le bonheur des autres, Hubert Krains. — L'eau du rêve, George\nKeiler. — Le portrait, Louis Tréderne. — Révolte, Jean Boels. — A\nnotre bon oncle L. M. de la « Revue générale », Puck. — Chronique\nartistique : Au sujet de l'Exposition d'Affiches au Musée du Nord, Léon\nDardenne. — Memento, Nemo.\n\n            Vient de paraître chez LÉON VANIER, Paris :\n\n      L'AME DES C H O S E S\n                           RECUEIL DE POÈMES EN PROSE\n\n                 par H E C T O R   CHAINAYE\n                         Prix : 2 francs.\n\nViennent de paraître chez l'éditeur LACOMBLEZ, 33, rue des Paroissiens :\n\n               LES AVEUGLES\n                 ' par MAURICE MAETERLINCK\n  150 exemplaires sur papier vergé, à 3 francs.\n\n              LES FLAIREURS\n                   par CHARLES VAN L E R B E R G H E\n   125 exemplaires sur papier vergé, à 1 franc.\n    25     id.     sur Hollande, à 2 francs.\n\n\n    LA JEUNE BELGIQUE reparaît sur\nla brèche, l'élan est donné.\n   A la tête du mouvement littéraire, LA J E U N E B E L -\nG I Q U E , hautaine et fière, dirige le combat, marche en\navant, à travers tout. Mais il faut que tous nous l'aidions. A\nE L L E pour la propagande ! Des cartes d'abonnement sont à\nla disposition de nos amis. Ceux qui nous feront parvenir\nDIX abonnés nouveaux recevront L A J E U N E B E L -\nG I Q U E gratuitement p e n d a n t un an.\n   Ceux qui nous en feront parvenir V I N G T , recevront :\n 1° L A J E U N E B E L G I Q U E gratuitement à perpé-\ntuité ; 2° Ils auront droit à tous les tirés à part de grand luxe\ndes frontispices, dessins, portraits, etc. ; 3° Leur nom figurera\nen tête de la publication commémorative de nos fêtes du\ndixième anniversaire.\n\n                 Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom,26. rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1890-09-01", "preuve": "Septembre 1890, numéro 9, couverture PDF 372 ; aucun jour imprimé."}}