{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Octobre 1890", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 408, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 179, "texte": "Octobre 1890.                     TOME IX. — N° 10                                         10me Année.\n\n\n\n\nLA\n    JEUNE\n                BELGIQUE\n                                  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 408, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 179, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "SOMMAIRE:\n       Maurice Maeterlinck                                  GRÉGOIRE LE ROY.\n       Poèmes                                               FERNAND SEVERIN.\n       La gloire de Judas                         .     .   BERNARD LAZARE.\n       Au matin                          .    .   .     .   VALÈRE      GILLE.\n       Chronique littéraire :\n         Miette                                             A L B E R T GIRAUD.\n        All' Avanguardia (A l'avant-garde).       .     .   X.\n       Chronique artistique :\n         Le Salon éternel                                   GEORGES       DESTRÉE.\n\n       Memento    .   .   .   .                             NEMO.\n\n\n\n\n                                                                     BRUXELLES\n                                                      Rédaction : 55, BOULEVARD D'ANDERLECHT\n    PRIX DU NUMÉRO                                                        PARIS\n           Fr. 0-75                                          LIBRAIRIE DE VArt          Indépendant\n                                                                 11, rue de la Chaussée d'Antin\n\n                                                                             1890\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "Amuse toi bien", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA JEUNE BELGIQUE est en vente", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 409, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 489, "fin_caractere_exclue": 2814, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n  78. — CHARLES SLUYTS. Reçu l'Appel des voix ; compte-rendu au prochain.\n  79. — O. B. I. 100, Lille. Soyez-le toujours, mon ami, vous ferez la joie de vos\nparents, le bonheur de votre famille, la gloire de votre patrie. Mais voyons ! qu'est ce\nqu'il vous faut? Nous n'avons rien compris à votre carte mystérieuse.\n  80. — HENRI CHOLIN. Impossible pour le moment. La maison n'est pas assez grande\npour donner l'hospitalité à tout le monde. Nous devons faire un choix qui se reporte\nnaturellement plus souvent sur nos compatriotes.\n  81. — A. DE TALENCOURT. C'est l'histoire de tout le monde, ni plus mal, ni mieux\nracontée. Ininsérable mais avec mille regrets.\n  82. — GEORGES FONTAINE. C'est très bien pour votre âge ; très en progrès: tenez, pour\nvous encourager voici un de vos sonnets. Vous êtes dans l'antichambre, encore un effort.\n                                      PASTEL MODERNE\n                   Deux yeux noirs tapageurs dans un flot de peluche,\n                   Un trait rouge faisant la bouche et l'air gamin\n                   A dire au Grand Turc : « Zut » et « mon cœur » au larbin\n                   Avec mille façons gentilles de guenuche.\n                   Vaporeuse, envolée, et puis une freluche\n                   Folle dans les cheveux ; j'oubliais le lapin\n                   Qu'elle traîne en riant d'un ruban de satin,\n                   Des dents souris, un nez... ! enfin la coqueluche.\n                   Et le tout chiffonné comme un bijou coquet\n                   De gaze noire : une folie, un vrai bouquet\n                   Dont la tige serait sa longue jambe rose.\n                   Oh la la ! pas d'erreur ! la faire à la vertu,\n                   Un baiser sur le bout des doigts et cette pose\n                   De raccrocher la lune avec un doux : « Veux-tu » ?\n   83. — M. COURTIN, Marseille. C'est tout un volume que vous nous envoyez. Cela ferait\ndéborder la Jeune Belgique. Hélas! nous nous plaignons tous les jours de ne pas avoir\nl'embonpoint de la Revue des Deux-Mondes. Mais un peu de patience! Cela viendra. Alors\n   84. — P. MARIUS ANDRÉ. Recevons à l'instant votre sonnet. Au prochain.\n   85. — ANDRÉ FONTAINAS. Suis unanime à te nommer directeur de la Jeune Belgique à\nParis ; espère que les autres seront de mon avis. Amuse-toi bien.\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 357, "page_fin": 360, "titre_corps": "Maurice Maeterlinck", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Grégoire Le Roy", "ancre_debut": "MAURICE MAETERLINCK", "ancre_fin": "GRÉGOIRE LE ROY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "POÈMES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 410, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "MAURICE MAETERLINCK\n\n\n                                       Les hommes passent sur la terre sans que\n                                   jamais leurs yeux se lèvent vers l'horizon du\n                                   soir, pour y voir jaillir les lueurs d'Infini dont\n                                   Dieu parfois l'éclaire mystérieusement.\n                                      Ils sont rares et poètes ceux qui regardent\n                                     encore vers le soleil parce qu'ils voient\n                                          alors des lignes bleues sous leurs pau-\n                                          pières. Ceux-ci vont s'asseoir au bord de\n                    la vie, comme on s'assied près de la mer, pour entendre,\n                    comme des bruits d'océan, les lointaines rumeurs de l'absolu\n                    et ils se réjouissent d'orgueil lorsque l'au delà vient fouetter\n                    leur pensée, comme le vent et la tempête leur fouetterait le\n                    front. Ils sont les crédules et les simples et leurs frères sou-\n                    rient lorsqu'ils les entendent, dans leur divinatrice candeur :\n                     « J'entends des étoiles,,.\n                    « J'entends la mer à travers les prières...\n                    « Je sens le clair de lune sur mes mains... »\n                    Le poète, lui aussi, est entré dans la vie, entouré d'ombre\n               , et d'inconnu, mais il a gardé, dans son âme, le souvenir de\n                 l'Infini dont il vient, comme cette vierge symbolique qui\nconserve, parmi les Aveugles, la vague mais réelle souvenance d'un parfum\njadis respiré.\n  C'est ce souvenir qui donne au poète le vertige de traverser, — comme\non traverserait une forêt inconnue, — l'universelle ténèbre, qui lui donne\n"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2831, "texte": "                                  — 358 —\n\nl'inquiétude de deviner le secret des choses et l'obsession de voir dans le\nmystère, comme on regarderait dans les yeux d'un mort.\n    « Nous ne savons pas où nous sommes... » entend-il gémir partout et il\nse souvient alors de lueurs inoubliables dont il chante nostalgiquement,\ncomme d'une patrie qu'il désire revoir, et voilà pourquoi, — comme cette\nmère aveugle qui élève son enfant, — il élève son esprit, au dessus des yeux\nde l'homme, vers les pas mystérieux qu'il entend s'approcher de l'invisible,\nsachant que l'étranger qui viendra le ramènera dans la patrie perdue.\n    C'est là la pensée primordiale de l'œuvre de Maurice Maeterlinck ; c'est\nà celle-là que toutes les pensées incidentes se ramènent et c'est de cette ten-\ndance à chercher dans ses sensations, — dans les douleurs comme dans les\ndésirs, — l'absolu qu'elles portent en elles, que se démontre son intention\nconstante de nous inquiéter par l'arrière-sens des choses.\n    Pour lui, tout être, tout objet, tout événement est doué d'une significa-\ntion cachée qui est pourtant la vraie, la seule, et qui toujours nous reporte\nà l'Infini. La tristesse qu'il voit dans les regards humains ne le fait pas\nrêver des douleurs dont souffre l'âme; non, elle évoque à son esprit la tris-\ntesse universelle des choses humaines qui ne sont nulle part à leur place.\n   Le poète semble avoir peu souffert par sa propre vie; en revanche, son\nâme est éminemment sensible aux souffrances de tous. Ce n'est ni son\namour, ni sa mélancolie, ni ses rêves, ni ses désirs inexaucés, ni ses mal-\nheurs à lui qui peinent son cœur et lui font pousser les plaintes de ses vers,\nnon! c'est la pitié, la pitié seule.\n    S'il souffre par ses yeux, c'est qu'il a vu souffrir du douloureux désaccord\nque la nature a jeté entre la destinée des choses et leur vie; c'est qu'il a vu,\ndans sa pensée, des agneaux dans une prairie couverte de linges, — des\npaysans aux fenêtres de l'usine, — des cygnes morts dans un nid de ser-\npents, et, prisonnières dans des serres étroites, des plantes nées pour embau-\nmer de leurs palmes et de leurs fleurs, les brises infinies des plaines orien-\ntales, grandes comme l'Océan.\n    Insensible à sa propre vie, il compatit à la douleur universelle, en saisit\nles innombrables causes et devient, de par cette pitié, si profondément\nhumain qu'il semble avoir souffert dans son âme les souffrances de tous.\n    Mais cette pitié, qui fait le fond de l'œuvre de M. Maeterlinck, n'est pas\nla pitié commune à toute charité ; c'est une pitié moderne d'artiste, celle qui\nsouffre devant les douloureuses et' fatales dissonances de l'âme et de la\nchair, du fini et de l'Infini.\n   Aussi, de ce que toutes ses sensations se ramènent à ce sentiment unique,\nnaissent une unité et une harmonie intenses dont sa langue même est\n"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2741, "texte": "                                  - 359 —\n\nempreinte, et de ce que toutes ses pensées tendent visionnairement vers\nl'absolu, ressort la progression lente et logique qui va du sujet des Serres\nchaudes à celui de l'Intruse, et de celui de l'Intruse au sujet des\nAveugles.\n    Or, cette simplicité de sentiment unique, embrassant les sensations les\nplus multiples, les plus universelles, — et cela dans ce qu'elles ont de plus\ninexprimable : leur absolu, — devait trouver, pour se traduire, une forme,\nsinon nouvelle, du moins assez vaste, assez synthétique pour que toutes y\npussent trouver place.\n    Derrière toute phrase écrite ou parlée, il y a une signification mysté-\nrieuse, invisible, qui échappe aux sens et qui pourtant est la vraie. Mais,\ns'il en est ainsi de la pensée, de ne pouvoir jamais, avec des mots, s'exprimer\nparfaitement, les choses, à leur tour, ont pour elles un côté inconnu, infini,\nque nul ne saurait déterminer, mais que l'artiste, — celui dont les yeux font\nde la lumière sur ce qu'ils contemplent, — pressent dans sa prescience sub-\ntile et dont il prévoit la sensation à produire par leur seule évocation.\n    La myriadaire, la prismatique variété d'impressions d'une âme de poète\ntelle que celle de M. Maurice Maeterlinck, devait fatalement se heurter à\nl'impossibilité de trouver des images adéquates à des sensations souvent\ntrès éloignées; il lui a donc fallu chercher dans l'éloignement des analogies\net du symbole, — ces musiques lointaines, — une immatérialité qui rendît\net fît sentir l'absolu de nos cœurs, cette ombre qui plane au fond de toutes\nnos impressions.\n    L'art de M. Maurice Maeterlinck est presque exclusivement basé sur\ncette puissance et, à mesure que le poète s'est élevé à des idées plus géné-\nrales, l'image, elle aussi, a semblé s'agrandir. Les analogies nombreuses des\nSerres chaudes, se sont, à partir de l'Intruse, comme fondues en des sym-\nboles plus vastes qui persistent à travers toute l'œuvre et qui gardent une\nsignification propre, exacte, déterminée, dont ils ne se départent jamais.\n    Selon certains, l'écriture de M. Maeterlinck se serait simplifiée; l'exubé-\nrance des couleurs et des images aurait fait place à des phrases moins colo-\nrées. Mais n'est-ce pas plutôt l'image et le symbole eux-mêmes qui se sont\ntransformés, qui ne sont plus, depuis l'Intruse, basés sur des êtres, sur des\nchoses ou sur quelque événement insolite mais, — et nécessairement!\npuisque les idées correspondantes et voilées par elles sont devenues plus\ngénérales et parfois plus abstraites, — sur des pensées dont les auteurs du\ndrame ne saisissent pas le sens mystérieux, lumineux pour les yeux seuls\ndu lecteur?\n    Quel est le mot, dans l'Intruse et dans les Aveugles, qui ne forme pas\n"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 901, "texte": "                                 — 360 -\n\nsymbole ou analogie? Seulement, ces paroles qui ont un sens à elles, ne\nsont que les parties d'un symbole unique, durant à travers le drame,\ncomme on trouve, d'ailleurs, dans chaque pièce des Serres chaudes, un\nsymbole principal — le titre parfois, — évoquant l'état d'âme du poète.\n   A part la Princesse Maleine, qui semble avoir été une révolte contre la\nmanière et la compréhension d'art que le poète s'est, dès le début, à lui-même\nimposées, — l'œuvre de M. Maurice Maeterlinck présente un caractère\nintense d'unité de forme, et un volontaire et logique développement dans\nsa tendance à nous conduire, — comme une main nous guiderait dans les\nténèbres vers la lumière, — à la vision d'infini qu'il devine derrière toute\nparole comme derrière toute chose.\n                                                  GRÉGOIRE LE ROY.\n\n\n\n\n                            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 360, "page_fin": 363, "titre_corps": "Poèmes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "POÈMES", "ancre_fin": "FERNAND SEVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 413, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 901, "fin_caractere_exclue": 1689, "texte": "POÈMES\n                        LA DAME AU VOILE\n\n   Nul ne vous aura vue, ô vierge, en vos pensées ;\n   Nul n'aura dépouillé de son divin secret\n   Le bleu voile de fleurs et d'astres qui vous vêt.\n\n   Mais mes peines d'antan, quel chant les a bercées?\n   Une voix qui m'a dit les étangs et les bois !\n   Quelle voix les eût dits, si ce n'est votre voix?\n\n  Oh! malgré tout le beau mirage qui vous voile,\n  Et ce prestige amer d'un univers en fleur,\n  C'est un même désir qui gémit en mon cœur!\n\n  Et je pleure, et quel enfant pleure ! « O Dame au voile,\n  Ne vous dérobez plus en des voiles jaloux\n  A l'obscur pèlerin qui rêva tant de vous.\n\n  Toute pure, et toute en esprit, vous êtes belle !\n  Qui consola, pourtant, mon cœur déshérité?\n  Votre beauté l'a fait moins que votre bonté.\n"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "                          — 361 —\n\nVos yeux sont-ils voilés? Leur regard vous révèle!\nVous les vêtez en vain d'étoiles et de fleurs,\nMalgré vous-même, ô vierge, on voit qu'ils sont en pleurs.\n\nDépouillez ces rayons qui nous cèlent la femme !\nQue je vous parle enfin en de purs abandons,\nQue je puisse baiser la main qui fait les dons.\n\nMais de quel chaste trouble a frissonné votre âme ?\nHélas! vous ramenez le voile constellé\nSur ce front de déesse un instant révélé ».\n\n\n\n                         SOLITUDE\n\nIl est tard ; un fiévreux pleure, en ses nuits impures :\n« Seigneur, ah ! qu'une enfant m'offre des grappes mûres,\nEt que je puisse boire à votre verre d'eau.\n\nL'eau des sources ! les fruits d'un jardin qui soit vierge !\nEt qu'elle attarde un peu ses fraîches mains de vierge\nSur ce front souverain que brûla son bandeau. »\n\nTriste bandeau royal, et sur quelle humble tête !\nSentez-vous des respects dans la nuit inquiète?\nVoici le roi des beaux pays qui ne sont pas.\n\n« Oh ! les étoiles dans les arbres ! les eaux pâles !\nEst-ce l'aube attendue, en sa robe d'opales ?\nAyez pitié, car je suis seul, et je suis las ;\n\nEt donnez-moi, Seigneur, après la nuit trop lente,\nL'aube, le grand pardon d'une aube consolante ;\nLaissez dormir un cœur que vous avez élu. »\n\nMais l'ange des tourments passés, toujours le même :\n« Va, laisse à la douleur, pour un plus clair poème,\nTon cœur, le livre ouvert où les anges ont lu. »\n"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1550, "texte": "                         — 362 —\n\n\n\n                L'AVEU T R O P TENDRE\n                                             A ALBERT ARNAY.\n\nTon doux sceptre, ô Candeur, est posé sur mon âme :\nCe sont des yeux de paix qui m'ont laissé tremblant.\nUne petite enfant est à présent ma Dame,\nEt je la briserais en le lui révélant.\n\n« Mon âme est suspendue à tes lèvres naïves;\nOh! parle encore! Oh! dis encore les doux riens!\nQue je leurre ma soif à ce rêve d'eaux vives,\nQue je pense cueillir tes lys élyséens!\n\nJ'ai dédaigné pour toi le parterre et l'allée,\nEt les fleurs en moisson du bocage effeuillé.\nNulle n'a le parfum de ton âme exhalée;\nQue me veulent les fleurs, quand ma Dame a parlé?\n\nDevant ton simple lin de madone apparue,\nEn rêve, le sais-tu, pour la dernière fois,\nJ'ai rêvé d'une enfant que son âme eût vêtue.\nMais que je t'ignorais en ignorant ta voix!\n\nPourquoi te taire, enfant, et sourire? Oh! pardonne\nLes mots qui t'ont fait mal en te parlant de toi.\nSi ton cœur, en s'ouvrant, ne sait ce qu'il me donne,\nMon cœur, en l'écoutant, ne sait ce qu'il te doit.\n\nMon cœur, en t'écoutant, te devait le silence;\nLe silence, ou les pleurs, ou tes mots délicats.\nMais un aveu trop tendre a troublé ton enfance,\nHélas! et comme un cygne effrayé, tu t'en vas... »\n\n\n                   SCÈNE NUPTIALE\n                                    A CHARLES VAN LERBERGHE.\n\n— Loin de ton front d'enfant l'inutile couronne!\nQue tant de purs trésors ne me soient plus secrets!\nTu ne sais quel joyau pare ton lin de nonne\nEn cette royauté de tes cheveux défaits.\n"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1416, "texte": "                          — 363 —\n\nVoilà tous les apprêts d'une joie enfantine.\nMais que tu cèles mal un angélique effroi!\n0 mon rêve tremblant d'une sœur orpheline,\nLaisse-moi dénouer tes mains jointes vers moi.\n\n— Ces mains jointes vers vous, les voici dénouées.\nSavez-vous quelle folle a peur entre vos bras,\nQuelle petite fille, aux lèvres enjouées?\n0 mon maître, voyez ! vous ne le saviez pas.\n\n— En tes mots virginaux une reine s'ignore.\nUn songe, s'il chantait, sans doute, aurait ta voix,\nLa voix de jeune sœur, et que j'entends encore.\nEst-ce elle qui berçait mes sommeils d'autrefois?\n\n— Hélas! et je ne suis qu'une fille ingénue,\nSans autre diadème à mon front préféré\nQue la frêle beauté dont vos yeux m'ont vêtue ;\n Votre seule pitié m'a faite à votre gré.\n\nPardonnez à mes yeux ce qu'ils ont de trop tendre.\nVous n'auriez jamais su qu'ils rêvassent de vous,\nMais mon cœur, mais mon cœur n'a pas voulu m'entendre !\n— Cesse de déplorer un mal qui m'est si doux!\n\n J'ai flétri, loin de toi, la fleur de mes années\n A médire des deux que j'avais espérés.\nIl t'a suffi d'ouvrir tes mains abandonnées\n Pour en laisser pleuvoir des rayons ignorés.\n\n— Quoi? si pauvre, et paré de la richesse même!\nVotre place, seigneur, n'est pas à mes genoux.\nAh! s'il est des trésors dans un cœur qui vous aime,\nPrenez-les, prenez-les, ils n'y sont que pour vous.\n\n                                           FERNAND SEVERIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 364, "page_fin": 369, "titre_corps": "La Gloire de Judas", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Bernard Lazare", "ancre_debut": "LA GLOIRE DE JUDAS", "ancre_fin": "BERNARD LAZARE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 417, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 59, "fin_caractere_exclue": 2262, "texte": "LA GLOIRE DE JUDAS\n                                                              A F. BERNARD.\n\n               Ence temps, Quintilla, zélatrice de Caïn et prophétesse de\n                Judas, prêchait à Carthage, et malgré Tertullien, l'impétueux\n                presbytre, les chrétiens accouraient vers elle et, pour l'enten-\n                dre, quittaient les églises où la vraie parole était enseignée.\n    Elle avait élu, pour proclamer la coupable doctrine, une grotte située\nnon loin de la ville, grotte déjà souillée par l'adoration mystérieuse de\nfunèbres dieux abolis. Encore, sur les parois, distinguait-on des caractères\ninconnus, symboles sans doute de quelque infernale révélation ou bien\ntémoins de ferveurs déchues; et, dans le fond, une large table de marbre\nattestait de redoutables et criminels rites, car le marbre était rouge et le\nsang des sacrifices antiques l'avait ainsi teint.\n   Or, ce soir-là était un vénéré anniversaire : toute la nuit devait être\ncommémorée la mort consentie par l'apôtre que d'entre eux chassèrent les\napôtres, la volontaire mort de Judas, celui de Karioth ; et dans la caverne\nconsacrée affluaient les fidèles : femmes long voilées et hommes dissimulés\nsous le large pan de leurs robes. Sur le frigide autel marmoréen siégeait\nQuintilla vêtue de blanc; des vieillards l'entouraient. Ils entonnèrent les\nrituelles louanges et les hymnes coutumiers, quand la foule silencieuse se\nfut assise :\n   — Loué soit Paul, qu'éclaira la sagesse !\n   Les auditeurs redirent :\n   — Paul, apostole et saint, sois loué?\n   Les vieillards continuèrent :\n   — Adorons Paul qui sut tuer Saül, comme Jésus abattit Jéhovah.\nAdorons Paul que la Sophia ravit au ciel. Adorons Paul qui nous guida\nvers le seul Dieu. Adorons Paul qui nous conduisit, à Judas !\n   — Adorons Paul, murmurèrent les assistants; et le long bruissement de\nleurs invocations se répercuta en échos assourdis dans l'antre,\n   Il se fit un silence, puis reprit le chœur des ancestrales voix, mais plus\nbas, car le mystère des paroles dites emplissait de frayeur l'âme de ces\na'ieux.\n   — Il y a Sophia et il y a Hystéra !\n   Avec des bégaiements trémolants de terreur les hommes, seuls, répé-\ntèrent :\n"}, {"page_pdf": 418, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2555, "texte": "                                 — 365 —\n\n   — Il y a Sophia et il y a Hystéra !\n   Le plus âgé des coryphées, étendant les mains, de longues mains pâles\net sèches qui semblaient déposer un manteau de silence, dit alors le chant\ninitiateur des ineffables vérités.\n   — Ceux-là que l'on appelle saints et que renomme le livre mauvais, la\nBible, ceux-là qui furent plutôt les faibles et les irrésolus, Hystéra les avait\nformés. Abel, Iakob, Mosché, race d'esclaves sans cesse courbés aux pieds\ndu Dieu qui engendra le mal et punit les puissants. Abel, le père des génu-\nflexions et des vains soupirs, Iakob et puis Mosché, vils conducteurs d'un\nvil troupeau. Maudits soient-ils ! car devant le cruel dompteur du monde,\nils furent lâches !\n   — Maudits soient-ils ! crièrent les vieillards.\n   — Ceux-là que l'on nomme méchants et que contemne le livre détestable,\nla Bible, ceux-là qui furent plutôt les révoltés et les justes, Sophia, éter-\nnelle et infaillible les avait créés ! Kaïn, Nimroud, Dathan, Koré, race de\nhéros sans cesse en lutte contre lui, l'Elohim, favorable à ces humbles lauda-\nteurs, vous tous qui chantiez dans Sedom et vous réjouissiez dans Gamorra,\nvous qui insultiez Jéhovah dans Zéboïm et le blasphémiez dans Adama,\nguerriers et fils des anges, vous qu'inspira Sophia la souveraine et la mère,\n gloire à vous, car devant le cruel dompteur du monde vous fûtes forts !\n   — Gloire à vous ! clama le peuple en s'agenouillant, gloire à vous !\n   Les acclamations, répétées par les rochers, roulèrent en vagues de sons\néclatants, puis comme de lointains grondements d'orage, elles s'apaisèrent,\nse turent, et quand les fidèles prosternés se relevèrent, Quintilla était debout\nsur l'autel.\n   — Maintenant, dit-elle, que pieusement soit invoqué le nom du suprême\nsaint, du juste qui subit et accepta la honte pour nous délivrer d'Hys-\ntera et de Jéhovah, du martyr qui choisit la mort infamante et hideuse : le\nnom vénéré du divin Judas.\n   — Béni soit Judas !\n   Quintilla prit sur le marbre un parchemin, et dressant le rouleau, telle\ndans la synagogue s'élève la loi sacrée :\n   — Voici l'Évangile ! Celui qui fut révélé à Paul, l'apôtre au cœur bien-\nveillant, et qu'il voulut écrire lui-même pour nous tirer de l'erreur. Que son\nnom soit béni à cause de cela.\n   Pareille aux vagues d'un calme lac secoué par une tempête imprévue, la\ncohue des auditeurs se rua vers la prophétesse, et tous tendaient la main\npour toucher le livre dont le seul contact purifiait et instruisait. Mais les\nvieillards les arrêtèrent et l'un d'eux cria :\n"}, {"page_pdf": 419, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2474, "texte": "                                 — 366 —\n\n — Ecoutez!\n Ayant déployé la peau de chevreau, Quintilla lut, psalmodiant les\nmots sur une rhythmique et bizarre mélopée, évocatrice d'intenses visions :\n\n\n                                      II\n\n   Or, le fils de Sophia, le vainqueur et le maître de Jéhovah, Jésus, avait\nsouffert en sa chair ; les bras étendus, bénissant le monde libéré, il était\nmort ; il avait ressuscité le troisième jour et, près de sa mère, il trônait\ndésormais.\n   Les disciples survivaient, épandant la doctrine, comme un vin tiède et\ndoux hors des amphores pleines. Paul très grand, et Pierre vénérable,\nLuc et Marc, Mathieu et Jean, aèdes du Seigneur, et Mathias qui rempla-\nçait Judas le Saint, car les destins se devaient accomplir.\n   Depuis que les deniers consacrés, les deniers frappés par Ninus le roi\ndes Assyriens, avaient chu dans sa main, scellant l'œuvre, l'élu de Karioth,\ncriminel ineffable, errait dans les rues de Ierouschalaïm, en proie aux\ninsultes et aux coups. Les fidèles de Christ ramassaient, pour les lui jeter\nau visage, les pierres qu'à la voix divine avaient laissé tomber les\njuges de la femme adultère, et Pila te et Caïphe eux même se détournaient\nde lui avec mépris. Tous, les pêcheurs galiléens,. frères de ceux-là qui aban-\ndonnaient leurs filets aux grèves des mers paisibles pour suivre le maître\ncher, et les marchands qui, désormais, vendaient en paix sous les portiques\ndu temple, tous refusaient son obole, craignant de toucher, eux aussi, le\nprix de l'adorable sang. Seul, un pharisien impavide accueillit un jour le\nbienheureux et, pour la somme fatale, il lui vendit son champ : le champ du\npotier.\n   Alors, n'ayant pas compris quelles inflexibles lois avaient guidé son\nâme, en horreur à lui-même, Judas, le traître vénérable, se réfugia dans\nl'enclos de vigne qu'ombrageaient d'épais figuiers. Et ce lieu, sacré main-\ntenant, Hakel-Dama, la terre sanglante que de pieuses lèvres iront baiser,\ns'étalait au midi de la ville, au delà de la vallée de Hinnon et le mont du\nMauvais Conseil le dominait.\n   Là, Judas vivait solitaire, se repentant de ce qu'il croyait être le mal et\ngémissant de son imaginaire faute. Il se nourrissait de racines et de figues,\nbuvait l'eau tépide et croupie des mares, couchait sur le sol caillouteux que\nbaignaient ses larmes, et implorait silencieusement le Dieu qu'il avait dressé\nsur le Golgotha.\n   Un soir, assis sous les grands arbres, il priait désespérément. Le vent,\n"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2255, "texte": "                                  — 367      -\n\nque parfumaient les aromates des collines, éveillait en son cœur meurtri\nl'écho des divines paraboles ouïes jadis, quand il accompagnait l'Oint par\nles plaines de Judée. Et le lourd silence, qui depuis longtemps scellait ses\nlèvres, enfin se rompit, et d'une voix misérable, il cria dans la nuit surprise :\n   — J'ai péché en livrant le sang innocent !\n   Les sanglots soulevaient en spasmes sa gorge, et il frappait sa tête contre\nle tronc rugueux.\n   Soudain, une intense lumière l'envahit; ses yeux, qu'avaient clos les trop\népaisses paupières, mettant sur chaque prunelle une chape de plomb, ses\nyeux se rouvrirent, et, devant lui, il vit un homme qu'il reconnut. Si sou-\nvent, il avait vu cette blanche robe, ce limpide visage, et tant de fois cette\nbouche s'était ouverte pour des mots amis. Il tendit ses bras tremblants et\nfrémissant d'angoisse, il demanda :\n   — Est-ce toi, Rabbi?\n   Jésus répondit :\n   — C'est moi.\n   Celui qui désespérait se jeta contre terre, et Christ, qu'à jamais dans\nles siècles futurs soit béni son nom! le releva tendrement. Il le baisa sur le\nfront et lui dit :\n   — Judas, ne pleure plus.\n   Judas lui répondit :\n   — J'ai levé la main sur toi, Maître, et j'ai failli; pardonne-moi!\n   De nouveau, le fils de Sophia l'embrassa.\n   — Le baiser que, sous les oliviers, tu me donnas, fit-il, je te le rends, et\ncomme il m'affranchît des chaînes terrestres, qu'il t'affranchisse du remords !\n   Comme un flot limpide, la paix entra dans l'âme du saint de Karioth,et\nJésus, prenant la main qui avait reçu la libératrice offrande, continua :\n   — Tu n'as point péché, Judas, tu as accompli l'œuvre.\n   — J'ai gémi, Rabbi, j'ai pleuré !\n   — A présent, réjouis-toi!\n   — Mes frères, ceux que tu chérissais, m'ont maudit et chassé!\n   — Tu seras béni dans le ciel et accueilli à ma droite.\n   — Quand tu m'as donné le pain, Satan m'a saisi.\n   — Il le fallait, tu étais désigné. Déjà, mon prophète Jérémie l'avait\nannoncé.\n   — Pourquoi moi, Seigneur?\n   — Sois fier, Judas; de tous temps, je t'avais élu. Va, ceux de mon\néglise croient que Jean fut l'apôtre cher, non : l'apôtre aimé ce fut toi, et\nsi j'ai chargé ton nom d'opprobre parmi les hommes, il sera sanctifié parmi\n"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2716, "texte": "                                  — 368 —\n\nles bienheureux. Quelques-uns seulement, de ceux qui vivront sous ma loi,\nsauront ta glorieuse destinée ; il faut, pour mon triomphe, que persiste ton\nignominie.\n   — Maître, dispose du disciple que ta volonté rendit infidèle.\n   — Nul ne sera, près de ma mère, accueilli comme toi, Judas, car nul,\nen sa vie terrestre, n'aura amassé sur son cœur plus d'affronts.\n   — Maintenant, ils me seront doux.\n   — Fils de Ruben, fils de Cyborée, je t'ai voulu courbé sous le poids des\nfautes, pour qu'au jour des suprêmes révélations l'orgueil des docteurs soit\nconfondu, et ils reconnaîtront qu'un criminel comme une pécheresse tra-\nvaillèrent plus qu'eux au salut. Quand tu flottais vagissant sur les flots, ma\ndroite protectrice te conduisit au port; quand tu t'enfuis de chez la reine,\nje te guidais vers Pilate; sous le pommier fatal, je dirigeai ta main, qui tua\nRuben, ton père, et j'amenai vers toi ta mère Cyborée, dont tu fis ta femme.\nLe soir, où, parricide, incestueux, tu vins, lassé de tes péchés, embrasser\nmes genoux, je t'accueillis pour que tu me livrasses. Ne t'ai-je pas dit :\n« Ce que tu dois faire, fais-le promptement »? A l'heure voulue, tu vins, toi\npar qui se devaient avérer les prophéties éternelles et ton pas, en ébranlant\nles pentes du jardin de douleur, présagea la rédemption prochaine. Elles\nme furent bonnes tes lèvres effleurant ma joue, et bon ton regard traditeur,\net je t'en ai voué un plus tendre amour. Ecoute, maintenant, préféré :\n   — Parle, Seigneur.\n   — J'ai voulu descendre encore en Judée pour calmer tes peines, apaiser\ntes douleurs. Tes larmes me déchiraient, je suis venu les tarir. Mais aucun\nne doit savoir de ta bouche les paroles dites. Achève ce que tu as com-\nmencé, et que ta fin justifie ta vie.\n   Jésus posa sa main, d'un geste bienveillant, sur la tête de Judas, qui se\ncourba et pria. Quand il se redressa, il était seul dans Hakel-Dama.\n   Les mots proférés, éternels et immuables, flottaient encore dans l'air. Ils\nretentissaient au plus profond de lui-même, purs et beaux, arrachant les\nvoiles qui jusqu'alors avaient enténébré ses esprits. C'était comme une\nbrume qui, dissoute, aurait révélé l'immensité d'un étang merveilleux, au\nfond clair, au rivage tranquille, aux confins inaperçus, un étang gemmé de\nlarges et solennelles fleurs. Le Très-Saint se ressaisit dans l'infini des âges,\nil perçut sa prédestination bénie, il entrevit les austères futurs qui lui\nétaient échus.\n   « Que ta fin justifie ta vie », avait dit le fils de Sophia. Sa vie avait été\nimmonde, il ne pouvait avoir le calme trépas des nabis. Saintement abject,\nil avait vécu par le crime; par le crime, il devait périr. « Ne tue pas », tel\n"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2018, "texte": "                                  — 369 —\n\nétait le précepte qui avait encore résonné en Galilée, et le plus effroyable\nhomicide, n'était-ce pas la volontaire immolation de soi-même? Il com-\nprenait l'ordre fatal. Il était l'holocauste promis au juste holocauste? Il\ndevait accomplir l'ultime, criminelle et méritoire oblation. Les souillures\npassées se répercutaient en lui, tel un chœur suranné de voix mauvaises,\nappelant la souillure dernière. Il avait porté la main sur Ruben, son père,\net sur Cyborée, sa mère, et sur Jésus, son Dieu : il la lèverait sur lui.\n   Il marcha vers la cabane lépreuse où gisaient sa cruche ébréchée et ses\nécuelles d'argile, il prit une corde de chanvre ; il revint vers le haut figuier\net se pendit aux branches gémissantes, en prononçant le nom du vendu\naimé.\n   Des harmonies profondes planaient sur les arbres et des présences divines\nse révélaient dans le champ sanglant. D'hyalines clartés revêtaient les buis-\nsons, des corolles surnaturelles pleuvaient sur la hutte, des parfums subtils\ntraînaient. Et, brusquement, le corps du pendu creva par le milieu et ses\n entrailles ruisselèrent sur le sol — il fallait que sa mort fût abominable —\nmais son visage ne fut terni d'aucune macule, car il avait touché le visage\ndu Christ. Les Eons assemblés et les Séraphins augustes prirent Judas\nqu'appelaient les cieux entr'ouverts, et les laboureurs, qui le matin passèrent\nprès d'Hakel-Dama, racontèrent la misérable expiation du traître, de celui\nde Karioth.\n   « Judas, victime chère et désignée, sois béni, toi le libérateur ! »\n   Telles sont les choses que la très haute sagesse révéla à Paul, apostole,\nquand il fut ravi aux resplendissants empyrées, et Paul, mystérieusement,\nles redit à quelques-uns d'entre les hommes, qui les conservent et les pro-\nmulguent aux rares appelés.\n   Et les secrètes, absolues et essentielles vérités étant énoncées, Quintilla\ncouvrit son front du lin symbolique et se tut.\n                                                       BERNARD LAZARE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 370, "page_fin": 370, "titre_corps": "Au matin", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "AU MATIN", "ancre_fin": "VALERE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTERAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 423, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 667, "texte": "AU MATIN\n             Je suis ainsi comme naïve,\n             Ignorante de toute chose,\n             Celle dont l'âme est inéclose\n             Et de fleurs d'or l'aile captive.\n\n             Rêve et sourire! et ce bonheur\n             En ce matin silencieux,\n             J'ai des pervenches dans les yeux\n             Et j'ai des roses dans le cœur.\n\n             Et voici comme une légende\n             De castel, de cygnes, de reine.\n             Où doucement je me promène\n             Avec mes lèvres en offrande.\n                                                      VALERE GILLE.\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 370, "page_fin": 372, "titre_corps": "Chronique littéraire : Miette", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTERAIRE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "All Avanguardia", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 423, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 667, "fin_caractere_exclue": 1822, "texte": "CHRONIQUE LITTERAIRE\n               Miette, par HENRY MAUBEL. — Paris, Savine, 1890.\n\n\n             L'auteur de Miette, M. Henry Maubel, est, malgré son âge, un\n              des vétérans de la Jeune Belgique. Il la tint avec nous sur les\n              fonts baptismaux, et la dirigea récemment, pendant une année\n              de crise, avec un zèle, un tact, et une vaillance dont on se\nsouvient. Parrain, collaborateur, directeur, ami toujours et à toute épreuve\nde cette Jeune Belgique qui est notre maison natale, M. Henry Maubel a\nbeaucoup écrit, et peu publié pour le public. Son bilan de jeunesse, cro-\nquis, nouvelles, études littéraires et musicales, est considérable. Un mari-\nvaudage en un acte, Une Mesure pour rien, et Miette sont jusqu'ici les\nseules oeuvres auxquelles il ait donné la forme définitive de la brochure ou\ndu livre. Dans toutes les pages qu'il a signées se manifeste une organisation\nartistique vibrante, à la fois décidée et fine, qui se développe sans coups\nde pistolets ni parades, et dont les hésitations mêmes sont intéressantes\npour l'observateur.\n   Miette est assurément la meilleure nouvelle de M. Henry Maubel. Son\n"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 371, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3417, "texte": "                                 -   371    -\n\ntalent s'y déplie sans s'étaler, avec la fraîcheur d'une vision personnelle,\navec l'attrait d'une analyse gracieuse et profonde.\n   Miette est une étude de jeune fille. C'est l'histoire d'une passionnette,\ncontée au jour le jour, au cœur le cœur, par un conteur mali-\ncieux et attendri. Une échappée de pension, cette Miette, un exquis projet\nde femme, un gamin de l'autre sexe, une enfant gâtée qui s'ignore, une\npetite âme qui bondit en essayant la vie, une dauphine de la bourgeoisie\nriche et cultivée, jouant à colin-maillard avec le premier amour de l'amour.\n   « Tout en elle avait la ligne menue et elle semblait, avec ses saillies de\njupes, sa tournure légère et volubile, une femme en réduction. Pour un si\npetit corps, le visage s'accentuait extraordinairement : des cheveux irrégu-\nlièrement plantés sur un front bas, très bombé, où retombaient des houp-\npettes de mêches brunes, des pommettes saillantes, des sourcils tracés l'un\ndans l'autre à coups de braise et de longs cils clignotants. Elle avait l'habi-\ntude de tenir les yeux mi-clos au soleil, dans un renfrognement de tout le\nvisage où le nez s'écrasait, les pommettes lui remontant devant le regard.\n— Que tu es vilaine comme cela, lui disait-on. Elle répliquait : — Je n'en\npuis rien, c'est le soleil. Sans cela j'éternue! »\n   De ce charmant pastel un peu sauvage, si caresseusement enlevé, retenons\nce trait caractéristique : l'irrégularité. M. Henry Maubel, en vrai moder-\nniste, cherche la beauté dans l'expression. Il n'a rien de classique et déteste\nla symétrie. Physiquement et moralement, il est attiré par l'irrégulier.\n   Aussi sa Miette est-elle « un être fantasque et intransigeant, tout d'une\npièce, adorant ou détestant, affirmant « oui » ou « non », « je veux » ou\n« je ne veux pas » et dont la volonté faite de caprices, se trouvait faible au\npoint de subir irrésistiblement des colères suivies d'accalmies tendres où\nelle enveloppait de caresses l'objet de sa passionnette . Alors, comme le\ndit son historien, « son regard s'abaissait, se veloutait d'un de ces imper-\nceptibles mouvements de fluide visuel qui ne sont presque plus des mouve-\nments physiques et, dans ce regard qui la livrait à fond, il y avait un pro-\nfond besoin d'être sincère et d'aimer ».\n   Cette fantasque Miette divise les jours en « jours blancs » et en « jours\nfoncés ». C'est pendant un jour blanc qu'elle retrouve un ami d'enfance, et\nque s'engage le petit drame de sa passionnette. Causeries, promenades,\néclats de rire et soudaines tristesses, « camaraderie à mots perdus », mari-\nvaudages et agaceries. Mais cette joute de deux esprits devient le « becque-\ntage de deux cœurs ». Et comme le disent malignement les amies, « ça\nbrûle ! » Des soirées mélancoliques succèdent aux jours blancs : « Miette\net Lucien, appuyés coude à coude, avaient amené le visage l'un vers\nl'autre. La lumière de leurs yeux brilla pour eux seuls; mais leurs regards\napposés demeurèrent fixes, contenus, comme s'ils craignaient, en se mêlant\ndans cet instant-là, de ne plus pouvoir se ressaisir ». Des jalousies étranges\ns'emparent de cette enfant-femme. Elle est malheureuse d'une promenade\nmatinale faite par Lucien sur la jetée : « C'était ce malaise d'âme, ce chagrin\nprofond qui l'oppressait jusqu'au désespoir lorsque, toute petite, elle\nvoyait une personne aimée s'en aller quelque part où elle n'allait pas aussi.\n"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 372, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2577, "texte": "                                   — 372 —\n\nC'était l'envie effrénée de refaire le même trajet, repasser aux mêmes\nendroits, voir et toucher les mêmes objets, tandis que rien ne parvenait à\nla consoler de cet abandon et qu'elle sentait quelque chose d'irréparable\ndans le mal qu'on lui avait fait ». Ainsi se trahit chez la fillette le mal\nd'aimer dont elle n'a pas conscience. Et l'idylle s'arrête sur un baiser, la\nveille du départ : « Elle ferma les yeux, pour ne pas voir des baisers rapides\nlui caresser la figure, les cheveux, et ces deux petites places où l'on devinait\nla peau délicate à travers les mèches soyeuses des tempes ». Est-ce l'amour?\nMiette n'en sait rien : « Un beau jour de soleil et de rire avait passé, et sa\nnature primesautière s'y était lancée à cœur perdu, comme un papillon dans\nla lumière ».\n    M. Henry Maubel ferme son livre sans conclure, et il a raison. L'ina-\nchèvement de ce joli rêve réel ajoute on ne sait quoi de doux et de mysté-\nrieux à l'émotion qu'il nous procure. Une page de plus, et, — qui sait? —\n Miette ressemblerait peut-être à toutes les jeunes filles.\n    Comme Miette, la phrase de M. Henry Maubel est irrégulière, capri-\n cieuse, et fantasque. Des adjectifs font la chèvre, et des incidentes singent\n gentiment les gestes et la démarche des personnages. Son style est instantané\n et se dérobe à la règle. S'il a des maniérismes, c'est à cause de son ardeur à\n traduire fidèlement les choses passagères et les reflets fugitifs des êtres.\n Impressionniste, il l'est avec passion, avec audace, avec bonheur. Mais ses\n témérités les plus osées s'harmonisent toujours avec la teinte dominante de\nl'œuvre. L'ensemble est d'une exquise distinction de sentiment et d'allure,\n non pas de cette distinction qu'on apprend sur les perchoirs mondains,\n mais de cette distinction native que les esprits affinés respirent comme un\n parfum discret, et qui échappe heureusement aux narines provinciales, qui\nrecherchent les aromes grossiers et tumultueux. La couleur locale de\n M. Henry Maubel, — s'il m'est permis de modifier à son intention un vers\n adorable de Jules Laforgue — oscille entre le gris perle et le violet.\n    Ils sont rares les modernistes qui peuvent nous introduire ainsi, à la\n dérobée, dans le monde charmant des délicatesses féminines, et ils sont\nencore plus rares ceux qui peuvent évoquer impunément la silhouette\n fragile de la jeune fille contemporaine. Le petit livre qui s'appelle Miette\n honore grandement l'écrivain qui l'a conçu.\n                                                        ALBERT GIRAUD.\n\n     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 372, "page_fin": 373, "titre_corps": "Chronique littéraire : All’Avanguardia (À l’avant-garde)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "X.", "ancre_debut": "All Avanguardia", "ancre_fin": "X", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 425, "page_imprimee": 372, "debut_caractere": 2577, "fin_caractere_exclue": 3253, "texte": "All' Avanguardia (A l'avant-garde). Etudes de la littérature contemporaine,\n           par VITTORIO PICA. — Chez Luigi Pierro, 76, place Dante, Naples.\n   C'est un résumé fort intéressant du mouvement littéraire français depuis\nla pétarade du réalisme qui réveilla la critique endormie sur les lundis de\nSainte-Beuve. Une courte introduction sur le romantisme et le naturalisme\nprépare le lecteur aux profondes et personnelles études de l'auteur sur ces\nadeptes revendiqués par Zola : Flaubert, les Goncourt et Daudet. Ceci\nfait, il passe plus rapidement sur ce que l'on est convenu d'appeler la queue\ndu naturalisme, et, après une analyse précise des romanciers russes et du\n"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 373, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 950, "texte": "                                -   373    -\n\npoème en prose (Bertrand, Baudelaire, Mallarmé), il étudie consciencieu-\nsement l'un des nôtres, Camille Lemonnier, rappelle, en passant, le ban-\nquet qui lui fut offert jadis, et développe savamment un parallèle entre\nGerminal et Happe-Chair. C'est un précieux volume que l'All'Avan-\nguardia, surtout au point de vue de la personnalité de la critique. M. Vit-\ntorio Pica prend la note dominante d'un auteur, l'analyse avec clarté, en\nrecherche la cause et la résume. Ses aperçus sont toujours curieux, formulés\nen dehors même de la lutte littéraire qui peut parfois influencer certains\ncritiques et leur enlever leur impartialité.\n  Vittorio Pica annonce aussi la prochaine publication des Modernes\nByzantins (Mallarmé, Verlaine, Villiers, Rimbaud, Corbière, Laforgue) et\nune étude littéraire sur les frères de Goncourt.\n                                                                  X.\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 373, "page_fin": 378, "titre_corps": "Chronique artistique : Le Salon éternel", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Georges Destrée", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "GEORGES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 426, "page_imprimee": 373, "debut_caractere": 950, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                        LE SALON ÉTERNEL\n                                               « Toutes ces toiles, au Salon ! »\n                                                       Vieux dicton.\n            C'est le Salon officiel, celui d'aujourd'hui, de demain, celui d'il\n             y a dix ans, vingt ans et celui de dorénavant. Ci l'impartial\n             compte-rendu, simple exposé devant servir pour tous les\n             Salons à venir.\n\n\n  C'est d'abord les tableaux d'histoire, œuvres de célèbres professeurs : LE\nCOMPROMIS DE PLUSIEURS NOBLES, LES MARTYRS DE LA LIBERTÉ,\nL'ABDICATION DE CHARLES-QUINT OU LES JUIFS AU MOYEN-AGE; c'est\nGILBERT A L'HÔTEL-DIEU et c'est LA PESTE DE TOURNAI, plus\nqu'horrible souvenir du temps qu'empesta Gallait; — puis les tableaux\npatriotiques considérés de bon rapport, les grandes REVUES MILITAIRES,\nles MARSEILLAISE, les BRABANÇONNE et le joyeux CINQUANTENAIRE DE\nL'INDÉPENDANCE NATIONALE ; — c'est en des temps plus reculés, LA\nLUTTE D'ACHILLE ET DE PATROCLE, POMPÉE VAINCU, CÉSAR ASSAS-\nSINÉ et c'est L'ASPIC DE CLÉOPATRE, qui, pauvre reine, ne se doutait des\nSalons qu'elle enchanterait. Et puis enfin, pour la province et les musées\nethnographiques : L'AGE DE LA PIERRE POLIE, sujet heureux déjà chanté\npar Béranger, en des vers qu'il faut transcrire.\n                                      Au premier âge,\n          L'homme eut pour lui ses grossiers appétits,\n          GROUPÉS ÉPARS dans un antre sauvage\n          Mâles et femelles abritaient leurs petits.\n                                                                          24\n"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 374, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2697, "texte": "                                 -   3 7 4 -\n\n\n\n  Puis les tableaux religieux et les légendes en triptyque. AGAR-ISMAËL,\nCAIN-ABEI     — depuis longtemps inséparables — des grisettes vannées,\nparées d'oripeaux japonais et qui, dès lors, constituent pour les peintres\n« d'énigmatiques SALOMÉ » ; c'est l'inévitable ANTOINE toujours avec sa\ntentation, les MADELEINES REPENTIES et les JÉSUS et les CHRIST, dont le\nsort pitoyable est, de souffrir par delà la mort, et d'être en l'éternité montré\nau peuple et crucifié.\n\n   Viennent les nus, les belles chairs fort goûtées des vieux messieurs. C'est\nles BAIGNEUSES, les folâtres qui battent de leur pied d'albâtre\n                               L'onde humide\n                    Où tremble un mouvant tableau\net c'est les NYMPHES et les DIANE, jeunes dames sans préjugés, qui se sont\nmises un peu au frais, et, rieuses, exhibent au public leur chair rose d'un\nsi beau ton et leur croupe d'une si belle ligne.\n\n\n  Puis les tableaux attendrissants, preuve du bon cœur de l'artiste et du\nbon cœur de l'acquéreur; l'anxieuse FAMILLE DU PÊCHEUR, la si triste, si\nORPHELINE, la toute inconsolable VEUVE, et par des matins toujours\nbleus, comme ci cela coûtait moins cher, le pauvre ENTERREMENT DU\nPAUVRE, sujet particulièrement cher aux peintres dits impressionnistes.\n\n\n    C'est les paysages honnêtes, les effets bien brossés, bien peints de pein-\n tres qui n'iront pas plus loin, les SOLEILS COUCHANTS étonnants, les\n marines et les GROS TEMPS et les AUTOMNES tous jaunes et les PRIN-\n TEMPS. Les déshonnêtes paysages, les SUISSE de M. Ruffian. L'ITALIE\n d'Hunterberger et les glaciers en chromos, qu'on dit motifs d'Hardan-\n Gerfjord en Norvège.\n    Puis la curieuse avalanche de toujours semblables portraits : — la tête de\n l'industriel, l'homme intègre, le travailleur, toujours assis à son bureau.\n C'est le GÉNÉRAL A. DE B. vêtu de décorations tout près LA FEMME DE\n L'ARTISTE, l'homme du monde littérateur, la main appuyée sur un livre ;\n la tant réservée jeune fille et l'élégante mondaine aux bras nus longuement\n gantés, aux robes noires décolletées, belle dame dont on souhaite être autre\n chose que le mari.\n    Et c'est encore, pour en finir, ornement des salles à manger, les NATURES\n MORTES, les gibiers, les fruits, les marmites de cuivre rouge et jaune et les\n frais poissons argentés jetés pêle-mêle sur une table; — c'est les citrons —\n dont un pelé — auprès d'un verre de Venise; c'est les CASSETTES, doux\n souvenirs, et les FLEURS des dames peintres; c'est enfin, les COIN D-'ATE-\n LIER, tableaux chéris de l'amateur, et puis, au bout des couloirs où pend\n — l'innocence des aquarelles, et l'ennui des plans alignés, — aux portes les\n"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3174, "texte": "                                  -   375    -\n\n\nmêmes huissiers, au vestiaire les mêmes femmes, et c'est, au dehors — le\nciel et la vie.\n\n  S'honore pourtant, ce Salon de 1890, de la présence de trois artistes :\nMM. W H I S T L E R , H E N R Y DEGROUX, W I L L I A M DE GOUVE DE N U N C -\nQUES.\n   C'est, je pense, la première fois que M. de Gouve expose en public, et je\ncrois que peu d'artistes se peuvent louer d'aussi'artistique début. Il m'avait\nété donné déjà de voir, en même temps que d'autres, le petit paysage exposé\npar M. de Gouve, et bien que cela soit, je crois, l'un de ses tout premiers\ntableaux, je l'ai toujours considéré comme une œuvre parfaite et d'une\nabsolue originalité. M. de Gouve est, en effet, l'inventeur de paysages\nétranges, choisis parmi les plus ingrats à interpréter et reproduits avec la\npatiente précision, la tendre poésie et le sentiment délicat d'un gothique.\nDe tels paysages déconcertent tout d'abord, tant semble d'époques reculées\nla vision de l'artiste. Combien singulier l'état d'âme religieux et tranquille\nde celui qui les a conçus ; combien détachés de ces temps, ses pensées, et\nses désirs, et ses souhaits. Sans parler de la poésie des détails, de la compré-\nhension artiste des hauts peupliers et des grands cieux gris d'automne aux\nlourds nuages, il règne dans ces paysages un calme triste, une paix résignée\nqui charme et qu'on n'oublie plus. Et quand, au fond des vallons, on revoit\nles hameaux perdus, isolés sous la garde des tranquilles peupliers, on se\nsouvient des images qu'ils fixèrent en le cœur de l'artiste et on lui sait gré\ndu trésor de nature qu'il vous a fait découvrir.\n\n\n                                          By far the most flagrant offender both in\n                                       respect of quantity and quality is M. Henry\n                                       Degroux's a Christ Shown to the People ».\n                                       He possesses an historie name, and this\n                                       alone can account for the admission of so\n                                       offensive a travesty of a solemn subject into\n                                       the Salon!                     (Galignani.)\n\n   Si M. William de Gouve est un exemple étrange d'atavisme, Henry\nDegroux n'est pas non plus à sa place en cette fin de siècle. Sa place était\nmarquée dans les rangs batailleurs des romantiques, sous la bannière\nrévoltée d'Eugène Delacroix et les grands maîtres, les seigneurs morts.\nHugo, Gautier et Baudelaire l'eussent aimé et compris mieux que ne le\nfont les artistes d'à présent. Car les éloges, quand il en fût, se sont fait\nrares et timides autour de lui, la pluie des sarcasmes n'a point encore cessé\nde tomber sur ses épaules, et les critiques influents attendront probablement\nsa mort pour l'acclamer comme il convient et lui rendre l'hommage dû à\nson génie. — Mais, pour nous, la réputation de M. Henry Degroux n'est\nplus à faire. Nous avons dit déjà ici la haute estime en laquelle nous le\ntenions; les dernières œuvres de cette année l'ont élevé par dessus la cohue\ndes peintres au rang des quelques rares artistes qui resteront pour témoi-\n"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3200, "texte": "                                   -   376-\n\ngner de l'art de ce siècle, devant paraître, l'épurement nécessaire effectué,\nl'une des plus illustres périodes qui fût en art.\n   Peu de sujets pouvaient convenir aussi bien au tempérament de Henry\nDegroux que cet Ecce homo! qu'il expose cette année.\n   N'est-ce pas, en effet, son art et l'Art tout entier qu'il symbolise, livré à\nla merci de la foule qui, pour cette majesté et cette grandeur involontaire-\nment ressentie, pour cette royauté d'âme et de lumière qu'elle pressent\nodieuse à confronter avec sa honte résignée, ne sait trouver assez de fiel et\nde haine pour s'en venger et se délecte à le crucifier. En vers superbes, le\nglorieux poète Albert Giraud avait déjà exprimé la même idée.\n                      Les beaux vers sont de larges croix\n                      Où saignent les rouges poètes.\n\n   Et c'est en symbolisant en la suprême tristesse et grandeur insultée du\nChrist — l'Art lui-même montré au peuple'— que M. Degroux est parvenu\nà donner à ce sujet, tant de fois traité, son caractère puissant et sa violente\noriginalité.\n   Saint Jean dit : « Jésus donc sortit, portant la couronne d'épines et le\nvêtement de pourpre, et Pilate leur dit : « Voici l'homme ». Et les clameurs\nde suite s'élevèrent, et l'insulte; — les malédictions et les cris de mort. A voir\ncette pâle face souffrante de sublime illuminé, couronnée de douleur et\nd'inaltérable résignation, la foule se repentit de l'avoir un jour écouté, elle\neut honte d'avoir éprouvé les bienfaits de sa douce parole, et tous crièrent\nà l'envi : « Ote, ôte, crucifie-le ! » La tempête était déchaînée ; là haut\ndans les tourbillons bleus et noirs du ciel orageux s'élevèrent, muettes et\nterribles, les trois croix noires, comme des prières pour les morts. Des ban-\nnières blanches claquaient aux rafales de tempête, et le vent s'engouffrait\ndans les manteaux des soldats, les gonflant comme des outres de haine,\nImpassibles et hautains sous le panache de plume blanche de leur casque,\nles cavaliers de la Mort étaient prêts. Les soldats romains dédaignaient de\ns'interposer; ils n'avaient rien à voir avec les Juifs, et d'ailleurs, le supplice\nde ce prétendu prophète les amusait, et l'un deux, appuyé sur sa lance,\nse tenait debout derrière le Christ comme une ombre de mort, ricanant à la\nfin prochaine de sa victime.\n   Cependant, la colère de la populace s'augmentait au silence de sa\ndouleur et c'était contre lui un torrent d'injures et d'outrages, un hurle-\nment gigantesque où se mêlaient l'obscène insulte des filles prostituées, les\nimprécations et les cris de mort, des rires d'enfants amenés là et des abois\nde chiens féroces, comme si les animaux eux-mêmes se furent retournés\ncontre lui. Comme les vagues d'une mer furieuse, montait de tous ces\npoings tendus vers lui, de toutes ces bouches hurlantes, insultantes, la haine\nformidable et basse de la foule.\n   Et devant toutes ces hontes, le Christ au manteau de pourpre dérisoire,\nà la couronne d'épines ceignant de mille douleurs son front blême, sentit\nqu'il allait défaillir, — mais en son cœur déchiré subsistaient l'Espérance et\nla Foi et les yeux fixés en terre, il voyait désormais par dessus les vagues\n"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3003, "texte": "                                   377\n\nfurieuses et la tempête, l'innombrable foule des âmes rachetées, et son œuvre,\nle monde sauvé, accomplie.\n   Ainsi de l'art exposé aux toujours nouveaux outrages de la foule et dont\nle triomphe doit être d'autant plus glorieux et illustre, qu'il aura été plus\nâprement nié et poursuivi.\n   Je ne m'arrêterai pas aux détails de l'œuvre de M. Degroux. Je ne ferai\nque citer le charme de la couleur toujours romantique et belle. J'ai voulu\nsimplement noter une impression donnée par la composition même du\ntableau. Mais le gouvernement devrait comprendre qu'un artiste de cette\ntaille n'a point été créé pour embellir des salons particuliers, mais pour\nrehausser par des travaux dignes de lui, la gloire et le renom artistique de\nson pays.\n\n                                              Whistler is eminently vulgar.\n                                                        Glasgow Herald.\n\n    Que dire maintenant du grand peintre américain James-Mac-Neill\nWhistler? L'opinion du critique du Glasgow Herald, toute amusante\nqu'elle soit, est peu explicite et quant à moi, je pense de M. Whistler trop\nde choses pour pouvoir et vouloir les dire dans les notes cursives d'un\nSalon.\n    Je me bornerai donc à analyser quelques-unes des toiles ici exposées\nremettant à plus tard le plaisir d'une étude sur l'œuvre entier de ce grand\nartiste.\n    Dans l'éternelle monotonie des toiles du Salon, la couleur discrète et\nsavante de ses peintures attire infailliblement. Il est aussi impossible de\npasser devant, lorsqu'on les ignore, que d'en oublier le charme étrange une\nfois qu'on les a vues. Les deux portraits que M. Whistler expose cette\nannée, sont en leur genre de pures merveilles, le portrait de lady Archibald\nCampbell, une merveille de finesse, de grâce et d'élégance, tout le caractère\nesquissé, vif et spirituel, versatile et nerveux, de cette lady le visage à peine\nretourné vers le public et qui s'en va, l'on voudrait savoir où, d'un air si\ndécidé, se gantant les mains fines de jaunes gants de Suède.\n    Bien que le charme de ce portrait soit grand, je lui préfère et considère\ncomme la perle dans l'écrin des joyaux envoyés par M. Whistler, le por-\ntrait intitulé « The fur Jacket ». C'est ici plus qu'un portrait, c'est un rêve,\nune apparition évoquée de lointains souvenirs, un idéal raffiné de pures\nélégances patriciennes. Elfe a surgi au crépuscule d'un jour de pensées, la\ndame énigmatique et chère, gardienne des pensées et du cœur de l'artiste; et\npendant que je m'absorbais dans sa contemplation, le première phrase du\nmerveilleux poème de Ligeia me revenait en mémoire et je la récitais invo-\nlontairement. I cannot for my soul, remember hoxp, when, or even\nprecisely where, I first became acquainted with the lady Ligeia.\n    Je n'en veux rien dire de plus. Avoir réalisé en peinture une création du\n prince des poètes de tous les temps est une chose que je croyais impossible,\n et suffisamment glorieuse par elle-même pour se passer d'éloges.\n"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2344, "texte": "                                  — 378 —\n\n   Que dire encore des deux nocturnes représentant des feux d'artifice,\nsinon qu'ils sont parfaits. Ils révèlent en leur auteur une science étonnante\nde la couleur, qu'il me semble seul en ce siècle posséder à un tel degré.\nL'impression est complète, à tel point, qu'on les pourrait reconnaître ces\nciels bleus voilés d'ombres blanches et de nuages, obscurcis et troublés par\nles fumées sentant la poudre. Dans ces ciels comme un bouquet de fleurs\nrouges et vertes s'égrènent au calme de la nuit les fusées lumineuses; ou,\ndevant des palais et des tours d'ombres aux étages piqués de cordons de\nlumière, une foule massée, compacte, inquiétante, avec sur quelques visages\ndes reflets et des clartés blafardes, contemple en silence la roue de feu qui\ntourne, et fuse et rougeoie dans la grande nuit tranquille.\n   Science profonde et parfaite de la couleur; harmonies précieuses et déli-\ncates ; arrangements exquis de goût, de distinction et de suprême élégance;\nart sobre et puissant, raffiné, hautain — louanges, qui ne disent point\nassez ma haute admiration pour cet artiste, l'un des grands maîtres de\ncette époque — le seul aussi, à mon avis qui soit moderne.\n\n\n  J'ai dit, en commençant cet article, que le Salon de cette année s'honorait\nde la présence de trois artistes. J'avais compté sans le Salon de sculpture\noù se distinguent et tranchent sur le reste, les œuvres de MM. JULIEN\nDILLENS et CONSTANTIN M E U N I E R .\n    Le groupe de M. Constantin Meunier, le déjà célèbre Grisou, est certes\nl'une des meilleures choses qu'il ait produites en sculpture et d'un senti-\nment dramatique et sincère qu'on retrouve dans toutes les compositions de\nl'infatigable artiste.\n    Pour le Saint Louis de M. Dillens, la conception en est d'une élévation,\nd'une noblesse rare chez les sculpteurs d'à présent, et son mysticisme\nrappelle le superbe portrait de Giotto de la chapelle Bardi à Santa-Croce.\n Il est surtout décoratif et fera bien dans la chapelle à laquelle il est destiné.\n— Le coté décoratif me paraît être d'ailleurs caractéristique du talent de\nM. Dillens — qui ne songe pas seulement à faire une belle œuvre d'art —\nmais veille toujours à ce qu'elle puisse cadrer avec l'édifice pour lequel elle\na été composée.\n                                                     GEORGES D E S T R É E ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 379, "page_fin": 388, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "bibliophiles", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 86, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 134, "texte": "A Monsieur VALÈRE GILLE, direc-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 197, "fin_caractere_exclue": 223, "texte": "teur de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 289, "fin_caractere_exclue": 314, "texte": "Paris, 28 septembre 1890."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 465, "fin_caractere_exclue": 491, "texte": "MONSIEUR ET CHER CONFRÈRE,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 548, "fin_caractere_exclue": 587, "texte": "L'article de tête de votre livraison de"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 609, "fin_caractere_exclue": 649, "texte": "septembre, intitulé : Une nouvelle croi-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 702, "fin_caractere_exclue": 744, "texte": "sade, nécessite ces lignes que j'ai l'hon-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 783, "fin_caractere_exclue": 822, "texte": "neur de vous adresser n'ayant aucun des"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 862, "fin_caractere_exclue": 907, "texte": "motifs politico-littéraires que peut invoquer"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 949, "fin_caractere_exclue": 987, "texte": "M. 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A peine vingt ans se sont"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3450, "fin_caractere_exclue": 3494, "texte": "« passés et touteune littérature vigoureuse,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3543, "fin_caractere_exclue": 3584, "texte": "« altière, a. déjà poussé sur le sol fla-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3718, "fin_caractere_exclue": 3760, "texte": "(1) Erreur.                    N. D. L. R."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 185, "texte": "mand. D'abord imitatrice, tige qui avait"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 234, "fin_caractere_exclue": 273, "texte": "« besoin de tuteurs pour grandir, voici"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 322, "fin_caractere_exclue": 361, "texte": "« qu'en ces dernières années surtout la"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 410, "fin_caractere_exclue": 453, "texte": "« poésie belge s'est développée luxuriante,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 502, "fin_caractere_exclue": 544, "texte": "« originale, portant des fruits qui ont le"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 588, "fin_caractere_exclue": 608, "texte": "« goût du terroir »."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 660, "fin_caractere_exclue": 701, "texte": "Et je signalais des poètes tels qu'Albert"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 745, "fin_caractere_exclue": 782, "texte": "Giraud, Théodore Hannon, Iwan Gilkin,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 823, "fin_caractere_exclue": 861, "texte": "Charles Van Lerberghe, Maurice Maeter-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 908, "fin_caractere_exclue": 948, "texte": "linck, Grégoire Le Roy, Max Waller, Fer-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 988, "fin_caractere_exclue": 1028, "texte": "nand Severin, André Fontainas ; mais mon"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1077, "fin_caractere_exclue": 1121, "texte": "article n'étant pas publié en tête du Figaro"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1164, "fin_caractere_exclue": 1209, "texte": "il n'en fut fait mention nulle part, pas même"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1251, "fin_caractere_exclue": 1261, "texte": "en France."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1313, "fin_caractere_exclue": 1353, "texte": "Je crois, Monsieur et cher confrère, que"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1398, "fin_caractere_exclue": 1439, "texte": "j'ai à peine besoin d'affirmer maintenant"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1483, "fin_caractere_exclue": 1528, "texte": "que la note qui sert de prétexte à votre dia-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1568, "fin_caractere_exclue": 1608, "texte": "tribe n'est pas de moi ; l'auteur en est"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1648, "fin_caractere_exclue": 1688, "texte": "M. Crepet qui a publié un volume sur les"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1730, "fin_caractere_exclue": 1768, "texte": "œuvres posthumes de Charles Baudelaire"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1808, "fin_caractere_exclue": 1852, "texte": "et je n'ai nulle envie d'en accepter la res-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1894, "fin_caractere_exclue": 1906, "texte": "ponsabilité."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1958, "fin_caractere_exclue": 1998, "texte": "Quant à l'opinion de la critique bruxel-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2043, "fin_caractere_exclue": 2083, "texte": "loise sur l'Amante du Christ, permettez-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2125, "fin_caractere_exclue": 2167, "texte": "moi de croire qu'elle vaut celle de Paris,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2210, "fin_caractere_exclue": 2261, "texte": "laquelle a été d'un avis             diamétralement"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2304, "fin_caractere_exclue": 2346, "texte": "OPPOSÉ, et soyez persuadé, d'ailleurs, que"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2388, "fin_caractere_exclue": 2433, "texte": "je leur préfère à toutes deux, celle de Féli-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2479, "fin_caractere_exclue": 2521, "texte": "cien Rops qui m'a fait l'extrême honneurde"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2566, "fin_caractere_exclue": 2612, "texte": "graver le frontispice de ces vers, et celle de"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2656, "fin_caractere_exclue": 2700, "texte": "Villiers de l'Isle-Adam, qui croyant devoir,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2749, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "en un article (Notre-Seigneur     Jésus-Christ"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2835, "fin_caractere_exclue": 2876, "texte": "sur les planches) me réprimander au point"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 2918, "fin_caractere_exclue": 2960, "texte": "de vue religieux, écrivit : ces réflexions"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3005, "fin_caractere_exclue": 3049, "texte": "suffisent pour prémunir contre d'irréfléchis"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3098, "fin_caractere_exclue": 3138, "texte": "mouvements d'adhésion ceux que le talent"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3182, "fin_caractere_exclue": 3225, "texte": "littéraire de l'auteur pourrait troubler ou"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3267, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "séduire."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3327, "fin_caractere_exclue": 3362, "texte": "Pour André Antoine, le directeur du"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3408, "fin_caractere_exclue": 3449, "texte": "Théâtre-Libre, que j'admire plus que tout"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3495, "fin_caractere_exclue": 3542, "texte": "autre, il n'avait pas à me patroner : il repré-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3585, "fin_caractere_exclue": 3622, "texte": "sente, à Paris comme à Bruxelles, les"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3671, "fin_caractere_exclue": 3715, "texte": "œuvres curieuses, et j'ai été lui porter les"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 3764, "fin_caractere_exclue": 3805, "texte": "Aveugles de Maurice Maeterlinck, persuadé"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "qu'il les jouera, à moins qu'il ne se décide"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 140, "fin_caractere_exclue": 172, "texte": "à monter la Princesse Maleine..."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 218, "fin_caractere_exclue": 255, "texte": "Je compte, Monsieur et cher confrère,"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 304, "fin_caractere_exclue": 343, "texte": "sur votre loyauté pour que vous fassiez"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 384, "fin_caractere_exclue": 423, "texte": "insérer dans les journaux quotidiens de"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 434, "fin_caractere_exclue": 478, "texte": "Bruxelles, où a été reproduit votre article,"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 527, "fin_caractere_exclue": 573, "texte": "la lettre rectificative que je vous adresse et"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 620, "fin_caractere_exclue": 659, "texte": "je vous prie de croire à mes sentiments"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 688, "fin_caractere_exclue": 702, "texte": "confraternels."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 803, "fin_caractere_exclue": 820, "texte": "RODOLPHE DARZENS."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 872, "fin_caractere_exclue": 912, "texte": "Nous insérons avec le plus grand plaisir"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 923, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "cette lettre de M. Rodolphe Darzens, en"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1012, "fin_caractere_exclue": 1049, "texte": "même temps que nous lui adressons nos"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1070, "fin_caractere_exclue": 1108, "texte": "remerciements — tardifs, hélas! — pour"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1159, "fin_caractere_exclue": 1201, "texte": "l'article qu'il consacra au Parnasse de la"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1202, "fin_caractere_exclue": 1241, "texte": "Jeune Belgique, pour les renseignements"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1242, "fin_caractere_exclue": 1287, "texte": "qu'il nous donne sur ses vers, ainsi que pour"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1288, "fin_caractere_exclue": 1334, "texte": "l'intérêt qu'il porte à l'un de nos collabora-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1428, "fin_caractere_exclue": 1468, "texte": "teurs. Mais nous ignorions que M. Crepet"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1469, "fin_caractere_exclue": 1510, "texte": "collaborât à la Revue d'aujourd'hui; sans"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1560, "fin_caractere_exclue": 1598, "texte": "doute il est aussi l'auteur des autres"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1651, "fin_caractere_exclue": 1691, "texte": "N. D. L. R. qui se trouvent dans le même"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1745, "fin_caractere_exclue": 1785, "texte": "numéro. En tout cas, M. Darzens n'aurait"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1813, "fin_caractere_exclue": 1853, "texte": "pas dû, comme rédacteur en chef, laisser"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1906, "fin_caractere_exclue": 1951, "texte": "passer une note, qu'il savait fausse et bles-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1998, "fin_caractere_exclue": 2039, "texte": "sante, d'un monsieur qui n'a rien de com-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2088, "fin_caractere_exclue": 2126, "texte": "mun avec la littérature; tout au moins"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2182, "fin_caractere_exclue": 2227, "texte": "devait-il le forcer à déposer sa signature au"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2278, "fin_caractere_exclue": 2298, "texte": "bas de ses inepties."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2480, "fin_caractere_exclue": 2510, "texte": "N. D. L. R. (elle n'est pas de"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2572, "fin_caractere_exclue": 2589, "texte": "Crepet celle-ci.)"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3036, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "A Monsieur ALBERT MOCKEL, direc-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3134, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "teur de la Wallonie,"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3219, "fin_caractere_exclue": 3258, "texte": "Je reçus de vous, après l'apparition du"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3305, "fin_caractere_exclue": 3347, "texte": "numéro g (septembre) de la Jeune Belgique,"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3397, "fin_caractere_exclue": 3437, "texte": "une longue et charmante lettre confiden-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3489, "fin_caractere_exclue": 3532, "texte": "tielle au cours de laquelle vous me faisiez"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3577, "fin_caractere_exclue": 3619, "texte": "remarquer l'erreur d'appréciation de notre"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3672, "fin_caractere_exclue": 3711, "texte": "revue au sujet de la réponse de la Wal-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3763, "fin_caractere_exclue": 3810, "texte": "lonie aux Entretiens politiques et littéraires."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3855, "fin_caractere_exclue": 3896, "texte": "Vous me demandiez donc de rectifier notre"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3948, "fin_caractere_exclue": 3985, "texte": "inconsciente erreur. Je vous répondis"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 4043, "fin_caractere_exclue": 4085, "texte": "aussitôt que cela serait fait avec le plus"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 4136, "fin_caractere_exclue": 4176, "texte": "grand empressement; mais, dans une note,"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 4228, "fin_caractere_exclue": 4270, "texte": "j'ajoutai : « J'espère que LA WALLONIE par"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 4321, "fin_caractere_exclue": 4361, "texte": "simple courtoisie, nous laissera publier"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 94, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "cette rectification, avant de nous attaquer —"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 187, "fin_caractere_exclue": 214, "texte": "si elle le juge à propos. »"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 265, "fin_caractere_exclue": 303, "texte": "Aujourd'hui je trouve dans la Wallonie"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 344, "fin_caractere_exclue": 383, "texte": "une petite chronique grincheuse sur cet"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 424, "fin_caractere_exclue": 433, "texte": "incident."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 484, "fin_caractere_exclue": 526, "texte": "J'espère qu'elle n'est pas de vous, car je"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 574, "fin_caractere_exclue": 619, "texte": "pourrais croire alors à un jeu très peu loyal"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 660, "fin_caractere_exclue": 687, "texte": "de lettres confidentielles."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 738, "fin_caractere_exclue": 778, "texte": "Je laisse aux lecteurs des deux périodi-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 826, "fin_caractere_exclue": 868, "texte": "ques le soin d'apprécier la conduite de la"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 913, "fin_caractere_exclue": 922, "texte": "Wallonie."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 973, "fin_caractere_exclue": 1011, "texte": "Recevez, cher confrère, mes confrater-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1050, "fin_caractere_exclue": 1069, "texte": "nelles salutations."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1145, "fin_caractere_exclue": 1158, "texte": "VALERE GILLE."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1388, "fin_caractere_exclue": 1427, "texte": "Comme post-scriptum à cette lettre nous"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1519, "fin_caractere_exclue": 1559, "texte": "pourrions ajouter cet article de l'Ermi-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1610, "fin_caractere_exclue": 1650, "texte": "tage. On verra que nous ne fûmes pas les"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1701, "fin_caractere_exclue": 1744, "texte": "seuls à nous méprendre sur l'attitude de la"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1795, "fin_caractere_exclue": 1812, "texte": "revue liégeoise :"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1866, "fin_caractere_exclue": 1905, "texte": "« Grand brouhaha en Belgique, à l'occa-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 1956, "fin_caractere_exclue": 1997, "texte": "sion d'un article, d'ailleurs verveux, de"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2048, "fin_caractere_exclue": 2087, "texte": "M. Paul Adam, dans les Entretiens poli-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2138, "fin_caractere_exclue": 2181, "texte": "tiques et littéraires où les Belges étaient"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2232, "fin_caractere_exclue": 2277, "texte": "accusés d'obstiné plagiat littéraire et mena-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2328, "fin_caractere_exclue": 2371, "texte": "cés d'annexion à la première victoire fran-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2422, "fin_caractere_exclue": 2465, "texte": "çaise. La Wallonie s'est dérobée, se disant"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2516, "fin_caractere_exclue": 2555, "texte": "plus française que belge, mais la Jeune"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2606, "fin_caractere_exclue": 2648, "texte": "Belgique crie comme un sourd, et elle fait"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2699, "fin_caractere_exclue": 2745, "texte": "bien. D'abord, il faudrait en finir avec cette"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2796, "fin_caractere_exclue": 2840, "texte": "perpétuelle accusation de plagiat, a On est,"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2891, "fin_caractere_exclue": 2935, "texte": "dit Bridoison, toujours fils de quelqu'un »."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 2986, "fin_caractere_exclue": 3027, "texte": "Imiter sans atteindre est grotesque, mais"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3078, "fin_caractere_exclue": 3122, "texte": "prendre inspiration pour aller plus haut est"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 3173, "fin_caractere_exclue": 3215, "texte": "licite. 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Octave Mirbeau était,"}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 957, "fin_caractere_exclue": 996, "texte": "pour M. Maeterlinck, le pavé de l'ours."}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 1050, "fin_caractere_exclue": 1090, "texte": "Nous avons mis en lumière l'amabilité de"}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 1134, "fin_caractere_exclue": 1176, "texte": "l'Ind/pendance, en des termes qui, paraît-"}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 1206, "fin_caractere_exclue": 1244, "texte": "il, n'ont pas eu l'heur de lui plaire."}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 1303, "fin_caractere_exclue": 1339, "texte": "Voici le commentaire aigre-doux dont"}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 1391, "fin_caractere_exclue": 1431, "texte": "elle a fait précéder la reproduction des"}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 1464, "fin_caractere_exclue": 1500, "texte": "« Menus propos » de M. 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Octave Mirbeau était flatteuse pour un"}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 2162, "fin_caractere_exclue": 2201, "texte": "de nos compatriotes, voulant aider nous"}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 2250, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "aussi à sa notoriété littéraire, non contents"}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 2341, "fin_caractere_exclue": 2382, "texte": "de signaler l'éloge, nous avons reproduit"}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 2434, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "quelques scènes caractéristiques de la"}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 2511, "fin_caractere_exclue": 2552, "texte": "Princesse Maleine. 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Et ils s'étonnent que le public"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1771, "fin_caractere_exclue": 1813, "texte": "indifférent ne se demande pas : « Mais qui"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1814, "fin_caractere_exclue": 1859, "texte": "est donc ce M. Edouard Noêl, parqui la litté-"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1904, "fin_caractere_exclue": 1946, "texte": "rature est serve, et qui est un si fâcheux"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1993, "fin_caractere_exclue": 2036, "texte": "empêchement à l'évolution de l'art nouveau?"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2087, "fin_caractere_exclue": 2130, "texte": "Et quand donc sera-t-il écrabouillé défini-"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2147, "fin_caractere_exclue": 2158, "texte": "tivement? »"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2221, "fin_caractere_exclue": 2260, "texte": "«Ces jeunes-là me feraientpresque aimer"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2315, "fin_caractere_exclue": 2332, "texte": "les vieux Sarcey."}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2415, "fin_caractere_exclue": 2434, "texte": "« OCTAVE MIRBEAU. »"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2492, "fin_caractere_exclue": 2532, "texte": "Nous serions plus cruels que les rois du"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2584, "fin_caractere_exclue": 2627, "texte": "Dahomey si nous ajoutionsun mot à l'adresse"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2678, "fin_caractere_exclue": 2699, "texte": "de la douce marquise."}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2955, "fin_caractere_exclue": 2995, "texte": "C'est la marquise elle-même qui, violem-"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3047, "fin_caractere_exclue": 3085, "texte": "ment enrhumée par le vent qui vient de"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3140, "fin_caractere_exclue": 3181, "texte": "Paris, se met à se moucher coram populo :"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3239, "fin_caractere_exclue": 3283, "texte": "« Il est vrai, tout en signalant l'éloge dé-"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3328, "fin_caractere_exclue": 3369, "texte": "cerné à l'auteur de la Princesse Maleine,"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3420, "fin_caractere_exclue": 3464, "texte": "tout en aidant dans la mesure de notre inin-"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3512, "fin_caractere_exclue": 3555, "texte": "telligence à sa notoriété si vigoureusement"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3608, "fin_caractere_exclue": 3649, "texte": "lancée par M. Mirbeau, nous avons formulé"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3699, "fin_caractere_exclue": 3743, "texte": "une vague réserve. Et aussitôt l'on a vu des"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3790, "fin_caractere_exclue": 3831, "texte": "bonshommes de lettres nous prendre à par-"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3883, "fin_caractere_exclue": 3929, "texte": "tie, et, se drapant dans la gloire toute ueuve"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3975, "fin_caractere_exclue": 4013, "texte": "de M. Maurice Maeterlinck, comme s'ils"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4069, "fin_caractere_exclue": 4108, "texte": "étaient tous ensemble les auteurs de la"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4161, "fin_caractere_exclue": 4203, "texte": "Princesse Maleine, nous dénoncer à la vin-"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4253, "fin_caractere_exclue": 4270, "texte": "dicte publique. »"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4437, "fin_caractere_exclue": 4476, "texte": "O cette maladresse, marquise! 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Madame n'avait qu'à y descendre : elle"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 475, "fin_caractere_exclue": 504, "texte": "aurait trouvé M. 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Edmond Cattier, le critique de la"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1954, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "Galette a rendu compte de la Princesse"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2043, "fin_caractere_exclue": 2086, "texte": "Maleine (2e édition) sans éreinter la Jeune"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2137, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "Belgique."}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2200, "fin_caractere_exclue": 2217, "texte": "C'est incroyable."}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2271, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "Et l'article de M. Cattier est excellent, à"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2365, "fin_caractere_exclue": 2394, "texte": "preuve le passage que voici :"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2448, "fin_caractere_exclue": 2489, "texte": "« L'analogie entre Shakespeare et M. Mae-"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2540, "fin_caractere_exclue": 2583, "texte": "terlinck me paraît assez lointaine. Elle ne"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2634, "fin_caractere_exclue": 2677, "texte": "réside guère que dans la sobriété d'indica-"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2728, "fin_caractere_exclue": 2768, "texte": "tions du livret. 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Ces brusques"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3167, "fin_caractere_exclue": 3209, "texte": "tournants dans la carrière d'un même écri-"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3224, "fin_caractere_exclue": 3267, "texte": "vain, comme l'irascibilité de ces revues de"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3312, "fin_caractere_exclue": 3355, "texte": "poètes, prouvent une forte intensité de vie"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3403, "fin_caractere_exclue": 3418, "texte": "intellectuelle."}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3498, "fin_caractere_exclue": 3538, "texte": "« La Société Nouvelle et votre monde so-"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3587, "fin_caractere_exclue": 3631, "texte": "cialiste ont une attitude bien particulière."}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3680, "fin_caractere_exclue": 3723, "texte": "Il est certain que des penseurs comme M. de"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3773, "fin_caractere_exclue": 3812, "texte": "Laveleye ont conquis la haute estime de"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3859, "fin_caractere_exclue": 3874, "texte": "toute l'Europe."}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3957, "fin_caractere_exclue": 3993, "texte": "« Vous avez une merveilleuse vigueur"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4048, "fin_caractere_exclue": 4091, "texte": "de pensées et une vigueur toute belge. Com-"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4141, "fin_caractere_exclue": 4178, "texte": "ment ne vous aimerions-nous pas, nous"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4228, "fin_caractere_exclue": 4269, "texte": "autres Français, qui retrouvons chez vous"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4286, "fin_caractere_exclue": 4328, "texte": "notre grande culture, avec des différences"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4375, "fin_caractere_exclue": 4402, "texte": "d'appropriation au milieu ?"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "«. Nous vous aimons surtout quand vous"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "êtes Belges, car nous n'avons pas cessé de"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 281, "fin_caractere_exclue": 323, "texte": "souhaiter une forte décentralisation de la"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 373, "fin_caractere_exclue": 414, "texte": "pensée française, devenue trop uniquement"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 464, "fin_caractere_exclue": 475, "texte": "parisienne."}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 527, "fin_caractere_exclue": 567, "texte": "« Permettez-moi d'oublier les frontières"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 617, "fin_caractere_exclue": 658, "texte": "politiques pour ne voir que la géographie"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 708, "fin_caractere_exclue": 750, "texte": "intellectuelle de l'Europe, et de dire que"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 844, "texte": "vous faites de l'excellente décentralisation"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 894, "fin_caractere_exclue": 933, "texte": "française. De mon point de vue de Fran-"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 983, "fin_caractere_exclue": 1024, "texte": "çais, j'y vois un honneur pour la France,"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1074, "fin_caractere_exclue": 1112, "texte": "comme de votre point de vue belge vous"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1162, "fin_caractere_exclue": 1204, "texte": "devez trouver là un témoignage de l'excel-"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1254, "fin_caractere_exclue": 1298, "texte": "lente énergie de la nation et du sol belges."}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1348, "fin_caractere_exclue": 1391, "texte": "Vous nous faites voir un aspect particulier"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1441, "fin_caractere_exclue": 1481, "texte": "de notre pensée, comme le Genevois Rous-"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1531, "fin_caractere_exclue": 1575, "texte": "seau est indispensable à l'intégralité de la"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1625, "fin_caractere_exclue": 1642, "texte": "pensée française."}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1694, "fin_caractere_exclue": 1736, "texte": "« Vos penseurs et écrivains font partie de"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1786, "fin_caractere_exclue": 1830, "texte": "notre courant intellectuel. Vous profitez de"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1880, "fin_caractere_exclue": 1922, "texte": "nous, nous profitons de vous : nous sommes"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1972, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "des associés. Et il ne peut y avoir entre les"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2067, "fin_caractere_exclue": 2104, "texte": "deux pays que des sentiments de haute"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2154, "fin_caractere_exclue": 2199, "texte": "estime et d'affection qui unissent des colla-"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2249, "fin_caractere_exclue": 2261, "texte": "borateurs. »"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2403, "fin_caractere_exclue": 2427, "texte": "Enfin, voici le bouquet."}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2480, "fin_caractere_exclue": 2518, "texte": "Le petit Gramadoch, de la Nation, tout"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2568, "fin_caractere_exclue": 2607, "texte": "en accordant « quelque attention » à la"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2657, "fin_caractere_exclue": 2698, "texte": "Princesse Maleine, est fort mécontent des"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2748, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "« jeunes hommes de lettres qui affectent de"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2841, "fin_caractere_exclue": 2886, "texte": "mépriser l'appréciation du public et d'écrire"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2936, "fin_caractere_exclue": 2977, "texte": "seulement pour les quatre ou cinq éphèbes"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3027, "fin_caractere_exclue": 3070, "texte": "qui prétendent concentrer dans leur cénacle"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3120, "fin_caractere_exclue": 3166, "texte": "la sélection de l'esprit artistique de l'huma-"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3216, "fin_caractere_exclue": 3223, "texte": "nité »."}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3276, "fin_caractere_exclue": 3311, "texte": "Gramadoch déplore que les écrivains"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3361, "fin_caractere_exclue": 3402, "texte": "belges semblent ignorer son existence, et"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3452, "fin_caractere_exclue": 3494, "texte": "se plaint de ne pas recevoir leurs œuvres."}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3544, "fin_caractere_exclue": 3586, "texte": "Il prétend avoir été abîmé parce qu'il n'a"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3636, "fin_caractere_exclue": 3679, "texte": "pas signalé la Princesse Maleine, et maudit"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3729, "fin_caractere_exclue": 3772, "texte": "l'injustice d'on ne sait quels accusateurs."}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3825, "fin_caractere_exclue": 3858, "texte": "Gramadoch exagère Gramadoch. Nous"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3908, "fin_caractere_exclue": 3953, "texte": "ignorons si les écrivains belges lui envoient"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4003, "fin_caractere_exclue": 4047, "texte": "ou ne lui envoient pas leurs livres, mais ce"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4097, "fin_caractere_exclue": 4140, "texte": "qui est certain c'est que personne, à Paris"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4190, "fin_caractere_exclue": 4227, "texte": "ni à Bruxelles, ne lui a reproché son"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4277, "fin_caractere_exclue": 4285, "texte": "silence."}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4338, "fin_caractere_exclue": 4374, "texte": "Quant à la Jeune Belgique, justement"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4424, "fin_caractere_exclue": 4467, "texte": "émue par l'article de la Nation, elle s'est"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 87, "texte": "réunie d'urgence et a nommé Gramadoch"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 161, "texte": "éphèbe du premier degré."}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 404, "fin_caractere_exclue": 441, "texte": "L'incident soulevé par les Entretiens"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 531, "fin_caractere_exclue": 576, "texte": "politiques et littéraires nous a valu de pré-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 670, "fin_caractere_exclue": 711, "texte": "cieux témoignages de sympathie de la part"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 796, "fin_caractere_exclue": 836, "texte": "de nos collaborateurs français. La Jeune"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 837, "fin_caractere_exclue": 872, "texte": "Belgique les remercie profondément."}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 970, "fin_caractere_exclue": 1008, "texte": "Le lendemain de son article : Une nou-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1047, "fin_caractere_exclue": 1089, "texte": "velle croisade », la Jeune Belgique a reçu"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1090, "fin_caractere_exclue": 1133, "texte": "le télégramme suivant de M. Antoine, direc-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1134, "fin_caractere_exclue": 1157, "texte": "teur du Théâtre-Libre :"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1225, "fin_caractere_exclue": 1263, "texte": "<r Je proteste énergiquement en ce qui"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1311, "fin_caractere_exclue": 1350, "texte": "concerne le Théâtre-Libre. A l'heure où"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1402, "fin_caractere_exclue": 1446, "texte": "votre article paraissait, je venais de rece-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1493, "fin_caractere_exclue": 1533, "texte": "voir une pièce de Camille Lemonnier, de-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1573, "fin_caractere_exclue": 1611, "texte": "mandez-lui en quels termes. Civilités."}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1692, "fin_caractere_exclue": 1704, "texte": "« ANTOINE. »"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1846, "fin_caractere_exclue": 1885, "texte": "La protestation de M. Antoine est d'au-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1977, "fin_caractere_exclue": 2021, "texte": "tant plus significative que nous ne l'avions"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2077, "fin_caractere_exclue": 2094, "texte": "pas mis en cause."}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2331, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "Pour clore l'incident Maeterlinck, la"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2460, "fin_caractere_exclue": 2498, "texte": "Jeune Belgique remercie à la ronde, et"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2582, "fin_caractere_exclue": 2626, "texte": "avec impartialité, la presse qui la soutient"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2720, "fin_caractere_exclue": 2757, "texte": "et celle qui l'attaque. 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Georges Kaiser,"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3688, "fin_caractere_exclue": 3730, "texte": "est toujours en proie à la nona. 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Prix : 3 francs."}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 136, "texte": "Le théâtre de la Monnaie, depuis la"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 185, "fin_caractere_exclue": 222, "texte": "réouverture, nous sert des Faust, des"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 271, "fin_caractere_exclue": 310, "texte": "Huguenots, des Esclarmonde, des Dragons"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 359, "fin_caractere_exclue": 400, "texte": "de Villars et des Mignon. Cette constata-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 490, "fin_caractere_exclue": 530, "texte": "tion suffit. Un seul début intéressant :"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 625, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "celui de M\" 0 Nardi. A bientôt Siegfried, si"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 760, "fin_caractere_exclue": 795, "texte": "M. Wilder ne dévore pas M. Servais."}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 924, "fin_caractere_exclue": 966, "texte": "Albert Giraud annonce qu'il ne f...ra plus"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1015, "fin_caractere_exclue": 1046, "texte": "rien jusqu'à la fin de l'année."}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1185, "fin_caractere_exclue": 1221, "texte": "A TRAVERS LES REVUES : Dans la Revue"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1270, "fin_caractere_exclue": 1310, "texte": "indépendante, septembre, un conte remar-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1359, "fin_caractere_exclue": 1401, "texte": "quable, d'allure sobre et grande, signé du"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1450, "fin_caractere_exclue": 1492, "texte": "nom de notre collaborateur Bernard Lazare:"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1541, "fin_caractere_exclue": 1572, "texte": "La Rédemption      d'Ahasvérus."}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1624, "fin_caractere_exclue": 1665, "texte": "Les sourds entendront-ils, enfin, l'appel"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1714, "fin_caractere_exclue": 1753, "texte": "de l'Art moderne proclamant à propos de"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1802, "fin_caractere_exclue": 1843, "texte": "« l'événement Maeterlinck », le mouvement"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1934, "fin_caractere_exclue": 1976, "texte": "artistique de ces dernières années en Bel-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2070, "fin_caractere_exclue": 2076, "texte": "gique?"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2146, "fin_caractere_exclue": 2183, "texte": "Dans la France moderne, une protesta-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2232, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "tion vigoureuse de P. Marius André, dont"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2321, "fin_caractere_exclue": 2327, "texte": "ceci :"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2420, "fin_caractere_exclue": 2459, "texte": "« Quelle que soit notre admiration pour"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2547, "fin_caractere_exclue": 2581, "texte": "M. Paul Adam, nous ne pouvons nous"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2675, "fin_caractere_exclue": 2719, "texte": "joindre à sa croisade contre l'esprit belge;"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2768, "fin_caractere_exclue": 2809, "texte": "nous nous refusons à croire que « Camille"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2858, "fin_caractere_exclue": 2897, "texte": "Lemonnier est un composé de Oscar Mété-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2946, "fin_caractere_exclue": 2986, "texte": "nier et de Peyrelune » ; nous nous refu-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3076, "fin_caractere_exclue": 3116, "texte": "sons à croire que « les écrivains belges"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3206, "fin_caractere_exclue": 3248, "texte": "sont les reflets des écrivains français »,"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3297, "fin_caractere_exclue": 3341, "texte": "car jamais écrivain français n'a écrit l'In-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3390, "fin_caractere_exclue": 3420, "texte": "truse, de Maurice Maeterlinck."}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3480, "fin_caractere_exclue": 3517, "texte": "« Quant à M. Rodolphe Darzens (1), un"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3566, "fin_caractere_exclue": 3603, "texte": "autre ennemi des Belges — nous ne lui"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3652, "fin_caractere_exclue": 3687, "texte": "concédons que le droit de se taire."}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3739, "fin_caractere_exclue": 3783, "texte": "« En cette querelle franco-belge, qui a pris"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3832, "fin_caractere_exclue": 3874, "texte": "des proportions diplomatiques et dont tous"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3923, "fin_caractere_exclue": 3965, "texte": "les quotidiens de Bruxelles se sont offus-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4059, "fin_caractere_exclue": 4098, "texte": "qués, nous ne pouvons, raisonnablement,"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4159, "fin_caractere_exclue": 4198, "texte": "prendre partie pour les sottises de nos"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4247, "fin_caractere_exclue": 4260, "texte": "compatriotes."}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4312, "fin_caractere_exclue": 4353, "texte": "« Que nos confrères belges, la Jeune Bel-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4402, "fin_caractere_exclue": 4444, "texte": "gique, la Pléiade, la Wallonie, la Chroni-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4493, "fin_caractere_exclue": 4531, "texte": "que, etc., reçoivent donc de la France"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4626, "fin_caractere_exclue": 4680, "texte": "(1) A lire, dans la Jeune Belgique, la lettre rectifi-"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4729, "fin_caractere_exclue": 4759, "texte": "cative de M. Rodolphe Darzens."}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "Moderne les plus vifs témoignages de sym-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 133, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "pathie. »"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 371, "fin_caractere_exclue": 408, "texte": "Pour clore une polémique, après avoir"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 409, "fin_caractere_exclue": 451, "texte": "reproduit une lettre d'un ami non littéra-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 452, "fin_caractere_exclue": 491, "texte": "teur qui profite de sa signature : « un"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 541, "fin_caractere_exclue": 582, "texte": "admirateur de la Princesse Maleine » pour"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 634, "fin_caractere_exclue": 673, "texte": "dire des choses peu agréables à Maurice"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 688, "fin_caractere_exclue": 729, "texte": "Maeterlinck et aux autres, les Entretiens"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 730, "fin_caractere_exclue": 775, "texte": "littéraires et politiques mettent loyalement,"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 868, "fin_caractere_exclue": 909, "texte": "en regard, notre article du mois dernier,"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 997, "fin_caractere_exclue": 1038, "texte": "Une nouvelle croisade et terminent par la"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1134, "fin_caractere_exclue": 1176, "texte": "note suivante, dont nous remercions sincè-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1266, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "rement l'auteur :"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1377, "fin_caractere_exclue": 1418, "texte": "« 11 est regrettable que l'article, semi-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1465, "fin_caractere_exclue": 1502, "texte": "humoristique, de notre ami Paul Adam,"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1536, "fin_caractere_exclue": 1575, "texte": "coïncidant avec la divulgation de notes"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1576, "fin_caractere_exclue": 1615, "texte": "par trop stupides de Baudelaire, ait pu"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1616, "fin_caractere_exclue": 1661, "texte": "prêter à croire à je ne sais quelles « coali-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1704, "fin_caractere_exclue": 1747, "texte": "tions immorales »— cet incident aura servi,"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1793, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "toutefois, par une naturelle réaction, le bon"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1880, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "renom de nos amis de Bruxelles, de Liége,"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1967, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "de Gand. C'est un grand bien pour fort peu"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2057, "fin_caractere_exclue": 2067, "texte": "d'ennui. »"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2300, "fin_caractere_exclue": 2335, "texte": "Dans la Plume, un nouvel article de"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2385, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "Bloy : Cabanon de Prométhée. L'auteur,"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2465, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "d'un Brelan d'excommuniés, consacre une"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2549, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "longue étude à un livre prodigieux publié"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2633, "fin_caractere_exclue": 2671, "texte": "en Belgique, en 1869, et dont la Jeune"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2713, "fin_caractere_exclue": 2756, "texte": "Belgique publia des fragments, il y a quel-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2806, "fin_caractere_exclue": 2818, "texte": "ques années."}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "11 s'agit des Chants de Maldoror, par le"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3123, "fin_caractere_exclue": 3159, "texte": "comte de Lautréamont. On se rappelle"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3249, "fin_caractere_exclue": 3290, "texte": "qu'après l'envoi, par nous, en France, de"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3376, "fin_caractere_exclue": 3415, "texte": "cette œuvre extraordinaire, Léon Bloy y"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3500, "fin_caractere_exclue": 3540, "texte": "consacra quelques lignes dans son Déses-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3622, "fin_caractere_exclue": 3665, "texte": "péré. 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Ici, en Belgique, nous n'avons pu"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3916, "fin_caractere_exclue": 3956, "texte": "que le faire connaître des rares et purs"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3999, "fin_caractere_exclue": 4039, "texte": "artistes qui nous secondent; peut-être à"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4078, "fin_caractere_exclue": 4121, "texte": "Paris, où Léon Bloy en a voulu être le par-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4161, "fin_caractere_exclue": 4206, "texte": "rain, sera-t-il accueilli plus favorablement?"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4255, "fin_caractere_exclue": 4296, "texte": "N'importe ! le fier écrivain du Désespéré"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4343, "fin_caractere_exclue": 4389, "texte": "était seul digne de présenter ce livre et nous"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4432, "fin_caractere_exclue": 4448, "texte": "l'en remercions."}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 132, "texte": "Notre mage ordinaire Léon Dardenne"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 181, "fin_caractere_exclue": 222, "texte": "dévoilera, dans notre prochain numéro, la"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 271, "fin_caractere_exclue": 310, "texte": "dernière œuvre de son confrère Joséphin"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 359, "fin_caractere_exclue": 367, "texte": "Péladan."}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 502, "fin_caractere_exclue": 540, "texte": "A vendre, chez Mlle Ve Monnom, 32, rue"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 589, "fin_caractere_exclue": 633, "texte": "de l'Industrie, des cartes de visite d'occa-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 682, "fin_caractere_exclue": 687, "texte": "sion."}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 827, "fin_caractere_exclue": 867, "texte": "Nous avons fait erreur en annonçant dans"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 958, "fin_caractere_exclue": 996, "texte": "un de nos précédents numéros la Déses-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1087, "fin_caractere_exclue": 1133, "texte": "pérée de Léon Bloy ; c'est la Prostituée qu'il"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1225, "fin_caractere_exclue": 1265, "texte": "faut lire. Annonçons aussi Belluaires et"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1332, "fin_caractere_exclue": 1373, "texte": "Porchers, et Christophe Colomb devant les"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1422, "fin_caractere_exclue": 1464, "texte": "taureaux dont les dernières épreuves vien-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1513, "fin_caractere_exclue": 1535, "texte": "nent d'être corrigées."}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1666, "fin_caractere_exclue": 1703, "texte": "Les quelques réflexions douces-amères"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1751, "fin_caractere_exclue": 1792, "texte": "de la Wallonie, au sujet de la Jeune Bel-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1840, "fin_caractere_exclue": 1879, "texte": "gique, lui ont mérité cette réplique de"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1927, "fin_caractere_exclue": 1966, "texte": "l'Art moderne : « Quelle drôle de chose"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2014, "fin_caractere_exclue": 2056, "texte": "que cette perpétuelle querelle pour savoir"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2104, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "« qui est à la tête du mouvement d'art en"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2193, "fin_caractere_exclue": 2204, "texte": "Belgique »."}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2255, "fin_caractere_exclue": 2296, "texte": "Voilà qui est bien dit. Quant à nous, qui"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2344, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "avions  adressé à la Wallonie nos senti-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2424, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "ments de sympathie pour la lutte qu'elle"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2505, "fin_caractere_exclue": 2548, "texte": "avait soutenue avec nous en faveur de l'art"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2591, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "en Belgique et qui regrettions une déser-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2672, "fin_caractere_exclue": 2712, "texte": "tion, — pensions-nous — il ne nous reste"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2757, "fin_caractere_exclue": 2805, "texte": "plus qu'à les retirer, puisqu'elle s'en froisse."}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2853, "fin_caractere_exclue": 2894, "texte": "Mais que tout cela doit faire sourire nos"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2942, "fin_caractere_exclue": 2988, "texte": "voisins ! Alors que tous les efforts devraient"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3080, "fin_caractere_exclue": 3122, "texte": "être combinés pour une seule action, voici"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3207, "fin_caractere_exclue": 3248, "texte": "qu'une consœur nerveuse criaille à propos"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3338, "fin_caractere_exclue": 3375, "texte": "même d'éloges que nous lui adressons,"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3463, "fin_caractere_exclue": 3499, "texte": "comme si on lui avait marché sur les"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3588, "fin_caractere_exclue": 3621, "texte": "petons. C'est ridicule tout cela."}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3716, "fin_caractere_exclue": 3750, "texte": "La Wallonie veut avoir la première"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3790, "fin_caractere_exclue": 3831, "texte": "place; qu'à cela ne tienne! Nous satisfe-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3873, "fin_caractere_exclue": 3915, "texte": "rons son caprice d'enfant gâté. C'est donc"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3957, "fin_caractere_exclue": 3998, "texte": "entendu : elle est à la tête du mouvement"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4040, "fin_caractere_exclue": 4077, "texte": "en Belgique. Pour nous, qui concevons"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4122, "fin_caractere_exclue": 4160, "texte": "l'art au dessus de toutes les réclames"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4207, "fin_caractere_exclue": 4254, "texte": "d'écoles et de tous les manifestes littéraires,"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4297, "fin_caractere_exclue": 4342, "texte": "nous continuerons à accueillir tous les écri-"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4390, "fin_caractere_exclue": 4431, "texte": "vains de talent sans leur demander compte"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4479, "fin_caractere_exclue": 4497, "texte": "de leurs opinions."}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "Notre ami Mnubel a reçu les remercie-"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 185, "texte": "ments de M. Méténier avec un mot aimable"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 241, "fin_caractere_exclue": 282, "texte": "expliquant la coïncidence dont nous avons"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 330, "fin_caractere_exclue": 373, "texte": "parlé. M. Méténier a pris son sujet dans la"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 423, "fin_caractere_exclue": 465, "texte": "vie. « Notre malheur, dit-il, est que nous"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 512, "fin_caractere_exclue": 540, "texte": "n'avons pas d'imagination »."}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 604, "fin_caractere_exclue": 613, "texte": "Possible!"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 874, "fin_caractere_exclue": 910, "texte": "A ajouter au compte-rendu du Salon :"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 962, "fin_caractere_exclue": 1002, "texte": "quelques belles eaux-fortes de Mme Jules"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1052, "fin_caractere_exclue": 1091, "texte": "Destrée Danse, d'après Degroux, rendant"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1131, "fin_caractere_exclue": 1175, "texte": "très bien l'impression de l'original et exé-"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1176, "fin_caractere_exclue": 1217, "texte": "cutées fort savamment. 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Sluyts."}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2968, "fin_caractere_exclue": 2995, "texte": "A ton tour, m'sieu Charles!"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3059, "fin_caractere_exclue": 3099, "texte": "Il a rabâché cette fois, et là, comme il"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3143, "fin_caractere_exclue": 3187, "texte": "faut. Il y avait longtemps ! on ne s'amusait"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3229, "fin_caractere_exclue": 3273, "texte": "plus à la Jeune Belgique, Charles faisait le"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3320, "fin_caractere_exclue": 3362, "texte": "mort, la marmotte, quoi ! Il se contentait"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3411, "fin_caractere_exclue": 3455, "texte": "tout bêtement d'être l'ami de Loise. 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Firmin Van den Bosch, attaqué, lui"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1348, "fin_caractere_exclue": 1391, "texte": "aussi, par le suave pion de Louvain, à pro-"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1437, "fin_caractere_exclue": 1474, "texte": "pos de sa brochure sur Max Waller, se"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1520, "fin_caractere_exclue": 1561, "texte": "donne la peine de lui répondre dans l'Im-"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1603, "fin_caractere_exclue": 1642, "texte": "partial. 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A la place du jeune écrivain"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2030, "fin_caractere_exclue": 2069, "texte": "gantois nous l'eussions tout simplement"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2114, "fin_caractere_exclue": 2135, "texte": "déposé contre un mur."}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2244, "fin_caractere_exclue": 2245, "texte": "f"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2340, "fin_caractere_exclue": 2382, "texte": "Le 20 octobre et jours suivants aura lieu,"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2431, "fin_caractere_exclue": 2473, "texte": "chez E. Deman, la vente de la bibliothèque"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2522, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "de feu M. Renier Chalon. 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Abonnement 1 an : 10 francs.\nAdministration générale : 18, rue d'Edimbourg, Bruxelles.\n\n   GIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\ncines, 16, à Paris.\n   Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\npartout.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-10-n10-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Œuvres de nos collaborateurs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Œ U V R E S DE NOS", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 443, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 3511, "texte": "U V R E S DE NOS C O L L A B O R A T E U R S\n\nCharles BUET . . .        La Princesse Gisèle.\nHector CHAINAYE . . .     L'Ame des choses, chez Vanier, Paris.\nEugène DEMOLDER . . .     Impressions d'art, chez M me V e Monnom, Bruxelles.\nMaurice DESOMBIAUX .' .   Les Chants des Jours lointains, Bruxelles.\nJules DESTRÉE- . . . .    Lettres à Jeanne.\n       —                  Les Chimères.\n       —                  Transpositions japonaises.\nHenri DE RÉGNIER . . .    Les Lendemains (épuisé), chez Vanier, Paris.\n       —                  Apaisement           —            —\n       —                  Sites                —            —\n       —                  Episodes             —            —\n       —                  Poèmes anciens et romanesques, Comptoir d'éditions, Paris.\nGeorges EEKHOUD . . .     Kees Doorik, 2 vol., chez Kistemaekers, Bruxelles.\n       —                  Kermesses, 1 vol.,              —              —\n       —                  Les Milices de Saint-François, chez Monnom.\n       —                  Nouvelles Kermesses,                   —\n       —                  La Nouvelle Carthage, chez Kistemaekers.\nAndré FONTAINAS . . .     Le Sang des Heurs, chez Monnom.\nIwan GILKIN               La Damnation de l'artiste, chez Deman, à Bruxelles.\nAlbert GIRAUD . . . .     Pierrot lunaire, chez Lemerre.\n       —                  Hors du Siècle, chez Vanier.\n       —                  Pierrot Narcisse (épuisé).\nArnold GOFFIN . . . . .   Journal d'André, chez Moens, Bruxelles.\n                          Delzire Moris.          —         —\n       —                  Impressions et Sensations, chez Vanier.\n       —                  Maxime, chez Ch. Vos, Bruxelles.\nJ.-K. HUYSMANS. . . .     La Bièvre, chez Genonceaux, Paris.\nCamille LEMONNIER. . .    Le Possédé.\nGrégoire LE ROY . . .     Mon Cœur pleure d'autrefois, chez Monnom.\nMaurice MAETERLINCK. .    Les Serres chaudes, chez Lacomblez, Bruxelles.\n       —                  La Princesse Maleine,         —              —\n       —                   Les Aveugles,                —              —\nStéphane MALLARMÉ . .     Poèmes d'Edgar Poe, chez Deman.\n       —                   Poèmes (épuisé).\n       —                  Villiers de l'Isle-Adam, chez Bailly, Paris.\n       —                  Pages (à paraître), chez Deman.\nHenry MAUBEL . . . .       Une Mesure pour rien, chez Monnom.\n       —                  Miette, chez Savine, Paris.\nFrancis NAUTET . . .      Notes sur la littérature, chez Savine.\nFernand SEVERIN . . .     Le Lys, chez Lacomblez.\nJames VANDRUNEN . .. .    Carnets de voyage (hors commerce).\nFrancis VIELÉ-GRIFFIN .   Cueille d'avril, chez Vanier.\n       —                  Les Cygnes,           —\n       —                  Ancceus,              —\n       —                  Joies, chez Tresse et Stock, Paris.\nCharles VAN LERBERGHE .   Les Flaireurs, chez Lacomblez.\n Paul VERLAINE . . . .     Parallèlement.\n       —                   Dédicaces.\nEmile VERHAEREN . . .      Les Flamandes.\n       —                  Les Moines.\n       —                   Les Soirs, chez Deman.\n                           Les Débâcles,      —\n      —                   Les Flambeaux noirs (à paraître).\nMax WALLER    . . . .      La Vie bête.\n      —                    L'Amour fantasque.\n      —                    Le Baiser.\n      —                    Lysiane de Lysias.\n      —                    Flûte à Siebel (vers) (à paraître).\n\n\n                 Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 82, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 408, "texte": "Octobre 1890.                     TOME IX. — N° 10                                         10me Année.\n\n\n\n\nLA\n    JEUNE\n                BELGIQUE\n                                  SOMMAIRE:\n       Maurice Maeterlinck                                  GRÉGOIRE LE ROY.\n       Poèmes                                               FERNAND SEVERIN.\n       La gloire de Judas                         .     .   BERNARD LAZARE.\n       Au matin                          .    .   .     .   VALÈRE      GILLE.\n       Chronique littéraire :\n         Miette                                             A L B E R T GIRAUD.\n        All' Avanguardia (A l'avant-garde).       .     .   X.\n       Chronique artistique :\n         Le Salon éternel                                   GEORGES       DESTRÉE.\n\n       Memento    .   .   .   .                             NEMO.\n\n\n\n\n                                                                     BRUXELLES\n                                                      Rédaction : 55, BOULEVARD D'ANDERLECHT\n    PRIX DU NUMÉRO                                                        PARIS\n           Fr. 0-75                                          LIBRAIRIE DE VArt          Indépendant\n                                                                 11, rue de la Chaussée d'Antin\n\n                                                                             1890\n"}, {"page_pdf": 409, "texte": "      BELGIQUE\n                                  N E CRAINS\n\n\n\n\n                 JEUNE\n                         LA\n\n\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n  Fondateur     : M A X W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                       Directeur : VALÈRE GILLE.\n             Rédaction: 55, Boulevard dAnderlecht, Bruxelles.\n               7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n                           BOITE AUX L E T T R E S .\n  78. — CHARLES SLUYTS. Reçu l'Appel des voix ; compte-rendu au prochain.\n  79. — O. B. I. 100, Lille. Soyez-le toujours, mon ami, vous ferez la joie de vos\nparents, le bonheur de votre famille, la gloire de votre patrie. Mais voyons ! qu'est ce\nqu'il vous faut? Nous n'avons rien compris à votre carte mystérieuse.\n  80. — HENRI CHOLIN. Impossible pour le moment. La maison n'est pas assez grande\npour donner l'hospitalité à tout le monde. Nous devons faire un choix qui se reporte\nnaturellement plus souvent sur nos compatriotes.\n  81. — A. DE TALENCOURT. C'est l'histoire de tout le monde, ni plus mal, ni mieux\nracontée. Ininsérable mais avec mille regrets.\n  82. — GEORGES FONTAINE. C'est très bien pour votre âge ; très en progrès: tenez, pour\nvous encourager voici un de vos sonnets. Vous êtes dans l'antichambre, encore un effort.\n                                      PASTEL MODERNE\n                   Deux yeux noirs tapageurs dans un flot de peluche,\n                   Un trait rouge faisant la bouche et l'air gamin\n                   A dire au Grand Turc : « Zut » et « mon cœur » au larbin\n                   Avec mille façons gentilles de guenuche.\n                   Vaporeuse, envolée, et puis une freluche\n                   Folle dans les cheveux ; j'oubliais le lapin\n                   Qu'elle traîne en riant d'un ruban de satin,\n                   Des dents souris, un nez... ! enfin la coqueluche.\n                   Et le tout chiffonné comme un bijou coquet\n                   De gaze noire : une folie, un vrai bouquet\n                   Dont la tige serait sa longue jambe rose.\n                   Oh la la ! pas d'erreur ! la faire à la vertu,\n                   Un baiser sur le bout des doigts et cette pose\n                   De raccrocher la lune avec un doux : « Veux-tu » ?\n   83. — M. COURTIN, Marseille. C'est tout un volume que vous nous envoyez. Cela ferait\ndéborder la Jeune Belgique. Hélas! nous nous plaignons tous les jours de ne pas avoir\nl'embonpoint de la Revue des Deux-Mondes. Mais un peu de patience! Cela viendra. Alors\n   84. — P. MARIUS ANDRÉ. Recevons à l'instant votre sonnet. Au prochain.\n   85. — ANDRÉ FONTAINAS. Suis unanime à te nommer directeur de la Jeune Belgique à\nParis ; espère que les autres seront de mon avis. Amuse-toi bien.\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 33, rue des Paroissiens, chez Rozez, et à l'Office de Publicité.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée dAntin.\n"}, {"page_pdf": 410, "texte": "          MAURICE MAETERLINCK\n\n\n                                       Les hommes passent sur la terre sans que\n                                   jamais leurs yeux se lèvent vers l'horizon du\n                                   soir, pour y voir jaillir les lueurs d'Infini dont\n                                   Dieu parfois l'éclaire mystérieusement.\n                                      Ils sont rares et poètes ceux qui regardent\n                                     encore vers le soleil parce qu'ils voient\n                                          alors des lignes bleues sous leurs pau-\n                                          pières. Ceux-ci vont s'asseoir au bord de\n                    la vie, comme on s'assied près de la mer, pour entendre,\n                    comme des bruits d'océan, les lointaines rumeurs de l'absolu\n                    et ils se réjouissent d'orgueil lorsque l'au delà vient fouetter\n                    leur pensée, comme le vent et la tempête leur fouetterait le\n                    front. Ils sont les crédules et les simples et leurs frères sou-\n                    rient lorsqu'ils les entendent, dans leur divinatrice candeur :\n                     « J'entends des étoiles,,.\n                    « J'entends la mer à travers les prières...\n                    « Je sens le clair de lune sur mes mains... »\n                    Le poète, lui aussi, est entré dans la vie, entouré d'ombre\n               , et d'inconnu, mais il a gardé, dans son âme, le souvenir de\n                 l'Infini dont il vient, comme cette vierge symbolique qui\nconserve, parmi les Aveugles, la vague mais réelle souvenance d'un parfum\njadis respiré.\n  C'est ce souvenir qui donne au poète le vertige de traverser, — comme\non traverserait une forêt inconnue, — l'universelle ténèbre, qui lui donne\n"}, {"page_pdf": 411, "texte": "                                  — 358 —\n\nl'inquiétude de deviner le secret des choses et l'obsession de voir dans le\nmystère, comme on regarderait dans les yeux d'un mort.\n    « Nous ne savons pas où nous sommes... » entend-il gémir partout et il\nse souvient alors de lueurs inoubliables dont il chante nostalgiquement,\ncomme d'une patrie qu'il désire revoir, et voilà pourquoi, — comme cette\nmère aveugle qui élève son enfant, — il élève son esprit, au dessus des yeux\nde l'homme, vers les pas mystérieux qu'il entend s'approcher de l'invisible,\nsachant que l'étranger qui viendra le ramènera dans la patrie perdue.\n    C'est là la pensée primordiale de l'œuvre de Maurice Maeterlinck ; c'est\nà celle-là que toutes les pensées incidentes se ramènent et c'est de cette ten-\ndance à chercher dans ses sensations, — dans les douleurs comme dans les\ndésirs, — l'absolu qu'elles portent en elles, que se démontre son intention\nconstante de nous inquiéter par l'arrière-sens des choses.\n    Pour lui, tout être, tout objet, tout événement est doué d'une significa-\ntion cachée qui est pourtant la vraie, la seule, et qui toujours nous reporte\nà l'Infini. La tristesse qu'il voit dans les regards humains ne le fait pas\nrêver des douleurs dont souffre l'âme; non, elle évoque à son esprit la tris-\ntesse universelle des choses humaines qui ne sont nulle part à leur place.\n   Le poète semble avoir peu souffert par sa propre vie; en revanche, son\nâme est éminemment sensible aux souffrances de tous. Ce n'est ni son\namour, ni sa mélancolie, ni ses rêves, ni ses désirs inexaucés, ni ses mal-\nheurs à lui qui peinent son cœur et lui font pousser les plaintes de ses vers,\nnon! c'est la pitié, la pitié seule.\n    S'il souffre par ses yeux, c'est qu'il a vu souffrir du douloureux désaccord\nque la nature a jeté entre la destinée des choses et leur vie; c'est qu'il a vu,\ndans sa pensée, des agneaux dans une prairie couverte de linges, — des\npaysans aux fenêtres de l'usine, — des cygnes morts dans un nid de ser-\npents, et, prisonnières dans des serres étroites, des plantes nées pour embau-\nmer de leurs palmes et de leurs fleurs, les brises infinies des plaines orien-\ntales, grandes comme l'Océan.\n    Insensible à sa propre vie, il compatit à la douleur universelle, en saisit\nles innombrables causes et devient, de par cette pitié, si profondément\nhumain qu'il semble avoir souffert dans son âme les souffrances de tous.\n    Mais cette pitié, qui fait le fond de l'œuvre de M. Maeterlinck, n'est pas\nla pitié commune à toute charité ; c'est une pitié moderne d'artiste, celle qui\nsouffre devant les douloureuses et' fatales dissonances de l'âme et de la\nchair, du fini et de l'Infini.\n   Aussi, de ce que toutes ses sensations se ramènent à ce sentiment unique,\nnaissent une unité et une harmonie intenses dont sa langue même est\n"}, {"page_pdf": 412, "texte": "                                  - 359 —\n\nempreinte, et de ce que toutes ses pensées tendent visionnairement vers\nl'absolu, ressort la progression lente et logique qui va du sujet des Serres\nchaudes à celui de l'Intruse, et de celui de l'Intruse au sujet des\nAveugles.\n    Or, cette simplicité de sentiment unique, embrassant les sensations les\nplus multiples, les plus universelles, — et cela dans ce qu'elles ont de plus\ninexprimable : leur absolu, — devait trouver, pour se traduire, une forme,\nsinon nouvelle, du moins assez vaste, assez synthétique pour que toutes y\npussent trouver place.\n    Derrière toute phrase écrite ou parlée, il y a une signification mysté-\nrieuse, invisible, qui échappe aux sens et qui pourtant est la vraie. Mais,\ns'il en est ainsi de la pensée, de ne pouvoir jamais, avec des mots, s'exprimer\nparfaitement, les choses, à leur tour, ont pour elles un côté inconnu, infini,\nque nul ne saurait déterminer, mais que l'artiste, — celui dont les yeux font\nde la lumière sur ce qu'ils contemplent, — pressent dans sa prescience sub-\ntile et dont il prévoit la sensation à produire par leur seule évocation.\n    La myriadaire, la prismatique variété d'impressions d'une âme de poète\ntelle que celle de M. Maurice Maeterlinck, devait fatalement se heurter à\nl'impossibilité de trouver des images adéquates à des sensations souvent\ntrès éloignées; il lui a donc fallu chercher dans l'éloignement des analogies\net du symbole, — ces musiques lointaines, — une immatérialité qui rendît\net fît sentir l'absolu de nos cœurs, cette ombre qui plane au fond de toutes\nnos impressions.\n    L'art de M. Maurice Maeterlinck est presque exclusivement basé sur\ncette puissance et, à mesure que le poète s'est élevé à des idées plus géné-\nrales, l'image, elle aussi, a semblé s'agrandir. Les analogies nombreuses des\nSerres chaudes, se sont, à partir de l'Intruse, comme fondues en des sym-\nboles plus vastes qui persistent à travers toute l'œuvre et qui gardent une\nsignification propre, exacte, déterminée, dont ils ne se départent jamais.\n    Selon certains, l'écriture de M. Maeterlinck se serait simplifiée; l'exubé-\nrance des couleurs et des images aurait fait place à des phrases moins colo-\nrées. Mais n'est-ce pas plutôt l'image et le symbole eux-mêmes qui se sont\ntransformés, qui ne sont plus, depuis l'Intruse, basés sur des êtres, sur des\nchoses ou sur quelque événement insolite mais, — et nécessairement!\npuisque les idées correspondantes et voilées par elles sont devenues plus\ngénérales et parfois plus abstraites, — sur des pensées dont les auteurs du\ndrame ne saisissent pas le sens mystérieux, lumineux pour les yeux seuls\ndu lecteur?\n    Quel est le mot, dans l'Intruse et dans les Aveugles, qui ne forme pas\n"}, {"page_pdf": 413, "texte": "                                 — 360 -\n\nsymbole ou analogie? Seulement, ces paroles qui ont un sens à elles, ne\nsont que les parties d'un symbole unique, durant à travers le drame,\ncomme on trouve, d'ailleurs, dans chaque pièce des Serres chaudes, un\nsymbole principal — le titre parfois, — évoquant l'état d'âme du poète.\n   A part la Princesse Maleine, qui semble avoir été une révolte contre la\nmanière et la compréhension d'art que le poète s'est, dès le début, à lui-même\nimposées, — l'œuvre de M. Maurice Maeterlinck présente un caractère\nintense d'unité de forme, et un volontaire et logique développement dans\nsa tendance à nous conduire, — comme une main nous guiderait dans les\nténèbres vers la lumière, — à la vision d'infini qu'il devine derrière toute\nparole comme derrière toute chose.\n                                                  GRÉGOIRE LE ROY.\n\n\n\n\n                            POÈMES\n                        LA DAME AU VOILE\n\n   Nul ne vous aura vue, ô vierge, en vos pensées ;\n   Nul n'aura dépouillé de son divin secret\n   Le bleu voile de fleurs et d'astres qui vous vêt.\n\n   Mais mes peines d'antan, quel chant les a bercées?\n   Une voix qui m'a dit les étangs et les bois !\n   Quelle voix les eût dits, si ce n'est votre voix?\n\n  Oh! malgré tout le beau mirage qui vous voile,\n  Et ce prestige amer d'un univers en fleur,\n  C'est un même désir qui gémit en mon cœur!\n\n  Et je pleure, et quel enfant pleure ! « O Dame au voile,\n  Ne vous dérobez plus en des voiles jaloux\n  A l'obscur pèlerin qui rêva tant de vous.\n\n  Toute pure, et toute en esprit, vous êtes belle !\n  Qui consola, pourtant, mon cœur déshérité?\n  Votre beauté l'a fait moins que votre bonté.\n"}, {"page_pdf": 414, "texte": "                          — 361 —\n\nVos yeux sont-ils voilés? Leur regard vous révèle!\nVous les vêtez en vain d'étoiles et de fleurs,\nMalgré vous-même, ô vierge, on voit qu'ils sont en pleurs.\n\nDépouillez ces rayons qui nous cèlent la femme !\nQue je vous parle enfin en de purs abandons,\nQue je puisse baiser la main qui fait les dons.\n\nMais de quel chaste trouble a frissonné votre âme ?\nHélas! vous ramenez le voile constellé\nSur ce front de déesse un instant révélé ».\n\n\n\n                         SOLITUDE\n\nIl est tard ; un fiévreux pleure, en ses nuits impures :\n« Seigneur, ah ! qu'une enfant m'offre des grappes mûres,\nEt que je puisse boire à votre verre d'eau.\n\nL'eau des sources ! les fruits d'un jardin qui soit vierge !\nEt qu'elle attarde un peu ses fraîches mains de vierge\nSur ce front souverain que brûla son bandeau. »\n\nTriste bandeau royal, et sur quelle humble tête !\nSentez-vous des respects dans la nuit inquiète?\nVoici le roi des beaux pays qui ne sont pas.\n\n« Oh ! les étoiles dans les arbres ! les eaux pâles !\nEst-ce l'aube attendue, en sa robe d'opales ?\nAyez pitié, car je suis seul, et je suis las ;\n\nEt donnez-moi, Seigneur, après la nuit trop lente,\nL'aube, le grand pardon d'une aube consolante ;\nLaissez dormir un cœur que vous avez élu. »\n\nMais l'ange des tourments passés, toujours le même :\n« Va, laisse à la douleur, pour un plus clair poème,\nTon cœur, le livre ouvert où les anges ont lu. »\n"}, {"page_pdf": 415, "texte": "                         — 362 —\n\n\n\n                L'AVEU T R O P TENDRE\n                                             A ALBERT ARNAY.\n\nTon doux sceptre, ô Candeur, est posé sur mon âme :\nCe sont des yeux de paix qui m'ont laissé tremblant.\nUne petite enfant est à présent ma Dame,\nEt je la briserais en le lui révélant.\n\n« Mon âme est suspendue à tes lèvres naïves;\nOh! parle encore! Oh! dis encore les doux riens!\nQue je leurre ma soif à ce rêve d'eaux vives,\nQue je pense cueillir tes lys élyséens!\n\nJ'ai dédaigné pour toi le parterre et l'allée,\nEt les fleurs en moisson du bocage effeuillé.\nNulle n'a le parfum de ton âme exhalée;\nQue me veulent les fleurs, quand ma Dame a parlé?\n\nDevant ton simple lin de madone apparue,\nEn rêve, le sais-tu, pour la dernière fois,\nJ'ai rêvé d'une enfant que son âme eût vêtue.\nMais que je t'ignorais en ignorant ta voix!\n\nPourquoi te taire, enfant, et sourire? Oh! pardonne\nLes mots qui t'ont fait mal en te parlant de toi.\nSi ton cœur, en s'ouvrant, ne sait ce qu'il me donne,\nMon cœur, en l'écoutant, ne sait ce qu'il te doit.\n\nMon cœur, en t'écoutant, te devait le silence;\nLe silence, ou les pleurs, ou tes mots délicats.\nMais un aveu trop tendre a troublé ton enfance,\nHélas! et comme un cygne effrayé, tu t'en vas... »\n\n\n                   SCÈNE NUPTIALE\n                                    A CHARLES VAN LERBERGHE.\n\n— Loin de ton front d'enfant l'inutile couronne!\nQue tant de purs trésors ne me soient plus secrets!\nTu ne sais quel joyau pare ton lin de nonne\nEn cette royauté de tes cheveux défaits.\n"}, {"page_pdf": 416, "texte": "                          — 363 —\n\nVoilà tous les apprêts d'une joie enfantine.\nMais que tu cèles mal un angélique effroi!\n0 mon rêve tremblant d'une sœur orpheline,\nLaisse-moi dénouer tes mains jointes vers moi.\n\n— Ces mains jointes vers vous, les voici dénouées.\nSavez-vous quelle folle a peur entre vos bras,\nQuelle petite fille, aux lèvres enjouées?\n0 mon maître, voyez ! vous ne le saviez pas.\n\n— En tes mots virginaux une reine s'ignore.\nUn songe, s'il chantait, sans doute, aurait ta voix,\nLa voix de jeune sœur, et que j'entends encore.\nEst-ce elle qui berçait mes sommeils d'autrefois?\n\n— Hélas! et je ne suis qu'une fille ingénue,\nSans autre diadème à mon front préféré\nQue la frêle beauté dont vos yeux m'ont vêtue ;\n Votre seule pitié m'a faite à votre gré.\n\nPardonnez à mes yeux ce qu'ils ont de trop tendre.\nVous n'auriez jamais su qu'ils rêvassent de vous,\nMais mon cœur, mais mon cœur n'a pas voulu m'entendre !\n— Cesse de déplorer un mal qui m'est si doux!\n\n J'ai flétri, loin de toi, la fleur de mes années\n A médire des deux que j'avais espérés.\nIl t'a suffi d'ouvrir tes mains abandonnées\n Pour en laisser pleuvoir des rayons ignorés.\n\n— Quoi? si pauvre, et paré de la richesse même!\nVotre place, seigneur, n'est pas à mes genoux.\nAh! s'il est des trésors dans un cœur qui vous aime,\nPrenez-les, prenez-les, ils n'y sont que pour vous.\n\n                                           FERNAND SEVERIN.\n"}, {"page_pdf": 417, "texte": "                                  — 364 —\n\n\n\n\n             LA GLOIRE DE JUDAS\n                                                              A F. BERNARD.\n\n               Ence temps, Quintilla, zélatrice de Caïn et prophétesse de\n                Judas, prêchait à Carthage, et malgré Tertullien, l'impétueux\n                presbytre, les chrétiens accouraient vers elle et, pour l'enten-\n                dre, quittaient les églises où la vraie parole était enseignée.\n    Elle avait élu, pour proclamer la coupable doctrine, une grotte située\nnon loin de la ville, grotte déjà souillée par l'adoration mystérieuse de\nfunèbres dieux abolis. Encore, sur les parois, distinguait-on des caractères\ninconnus, symboles sans doute de quelque infernale révélation ou bien\ntémoins de ferveurs déchues; et, dans le fond, une large table de marbre\nattestait de redoutables et criminels rites, car le marbre était rouge et le\nsang des sacrifices antiques l'avait ainsi teint.\n   Or, ce soir-là était un vénéré anniversaire : toute la nuit devait être\ncommémorée la mort consentie par l'apôtre que d'entre eux chassèrent les\napôtres, la volontaire mort de Judas, celui de Karioth ; et dans la caverne\nconsacrée affluaient les fidèles : femmes long voilées et hommes dissimulés\nsous le large pan de leurs robes. Sur le frigide autel marmoréen siégeait\nQuintilla vêtue de blanc; des vieillards l'entouraient. Ils entonnèrent les\nrituelles louanges et les hymnes coutumiers, quand la foule silencieuse se\nfut assise :\n   — Loué soit Paul, qu'éclaira la sagesse !\n   Les auditeurs redirent :\n   — Paul, apostole et saint, sois loué?\n   Les vieillards continuèrent :\n   — Adorons Paul qui sut tuer Saül, comme Jésus abattit Jéhovah.\nAdorons Paul que la Sophia ravit au ciel. Adorons Paul qui nous guida\nvers le seul Dieu. Adorons Paul qui nous conduisit, à Judas !\n   — Adorons Paul, murmurèrent les assistants; et le long bruissement de\nleurs invocations se répercuta en échos assourdis dans l'antre,\n   Il se fit un silence, puis reprit le chœur des ancestrales voix, mais plus\nbas, car le mystère des paroles dites emplissait de frayeur l'âme de ces\na'ieux.\n   — Il y a Sophia et il y a Hystéra !\n   Avec des bégaiements trémolants de terreur les hommes, seuls, répé-\ntèrent :\n"}, {"page_pdf": 418, "texte": "                                 — 365 —\n\n   — Il y a Sophia et il y a Hystéra !\n   Le plus âgé des coryphées, étendant les mains, de longues mains pâles\net sèches qui semblaient déposer un manteau de silence, dit alors le chant\ninitiateur des ineffables vérités.\n   — Ceux-là que l'on appelle saints et que renomme le livre mauvais, la\nBible, ceux-là qui furent plutôt les faibles et les irrésolus, Hystéra les avait\nformés. Abel, Iakob, Mosché, race d'esclaves sans cesse courbés aux pieds\ndu Dieu qui engendra le mal et punit les puissants. Abel, le père des génu-\nflexions et des vains soupirs, Iakob et puis Mosché, vils conducteurs d'un\nvil troupeau. Maudits soient-ils ! car devant le cruel dompteur du monde,\nils furent lâches !\n   — Maudits soient-ils ! crièrent les vieillards.\n   — Ceux-là que l'on nomme méchants et que contemne le livre détestable,\nla Bible, ceux-là qui furent plutôt les révoltés et les justes, Sophia, éter-\nnelle et infaillible les avait créés ! Kaïn, Nimroud, Dathan, Koré, race de\nhéros sans cesse en lutte contre lui, l'Elohim, favorable à ces humbles lauda-\nteurs, vous tous qui chantiez dans Sedom et vous réjouissiez dans Gamorra,\nvous qui insultiez Jéhovah dans Zéboïm et le blasphémiez dans Adama,\nguerriers et fils des anges, vous qu'inspira Sophia la souveraine et la mère,\n gloire à vous, car devant le cruel dompteur du monde vous fûtes forts !\n   — Gloire à vous ! clama le peuple en s'agenouillant, gloire à vous !\n   Les acclamations, répétées par les rochers, roulèrent en vagues de sons\néclatants, puis comme de lointains grondements d'orage, elles s'apaisèrent,\nse turent, et quand les fidèles prosternés se relevèrent, Quintilla était debout\nsur l'autel.\n   — Maintenant, dit-elle, que pieusement soit invoqué le nom du suprême\nsaint, du juste qui subit et accepta la honte pour nous délivrer d'Hys-\ntera et de Jéhovah, du martyr qui choisit la mort infamante et hideuse : le\nnom vénéré du divin Judas.\n   — Béni soit Judas !\n   Quintilla prit sur le marbre un parchemin, et dressant le rouleau, telle\ndans la synagogue s'élève la loi sacrée :\n   — Voici l'Évangile ! Celui qui fut révélé à Paul, l'apôtre au cœur bien-\nveillant, et qu'il voulut écrire lui-même pour nous tirer de l'erreur. Que son\nnom soit béni à cause de cela.\n   Pareille aux vagues d'un calme lac secoué par une tempête imprévue, la\ncohue des auditeurs se rua vers la prophétesse, et tous tendaient la main\npour toucher le livre dont le seul contact purifiait et instruisait. Mais les\nvieillards les arrêtèrent et l'un d'eux cria :\n"}, {"page_pdf": 419, "texte": "                                 — 366 —\n\n — Ecoutez!\n Ayant déployé la peau de chevreau, Quintilla lut, psalmodiant les\nmots sur une rhythmique et bizarre mélopée, évocatrice d'intenses visions :\n\n\n                                      II\n\n   Or, le fils de Sophia, le vainqueur et le maître de Jéhovah, Jésus, avait\nsouffert en sa chair ; les bras étendus, bénissant le monde libéré, il était\nmort ; il avait ressuscité le troisième jour et, près de sa mère, il trônait\ndésormais.\n   Les disciples survivaient, épandant la doctrine, comme un vin tiède et\ndoux hors des amphores pleines. Paul très grand, et Pierre vénérable,\nLuc et Marc, Mathieu et Jean, aèdes du Seigneur, et Mathias qui rempla-\nçait Judas le Saint, car les destins se devaient accomplir.\n   Depuis que les deniers consacrés, les deniers frappés par Ninus le roi\ndes Assyriens, avaient chu dans sa main, scellant l'œuvre, l'élu de Karioth,\ncriminel ineffable, errait dans les rues de Ierouschalaïm, en proie aux\ninsultes et aux coups. Les fidèles de Christ ramassaient, pour les lui jeter\nau visage, les pierres qu'à la voix divine avaient laissé tomber les\njuges de la femme adultère, et Pila te et Caïphe eux même se détournaient\nde lui avec mépris. Tous, les pêcheurs galiléens,. frères de ceux-là qui aban-\ndonnaient leurs filets aux grèves des mers paisibles pour suivre le maître\ncher, et les marchands qui, désormais, vendaient en paix sous les portiques\ndu temple, tous refusaient son obole, craignant de toucher, eux aussi, le\nprix de l'adorable sang. Seul, un pharisien impavide accueillit un jour le\nbienheureux et, pour la somme fatale, il lui vendit son champ : le champ du\npotier.\n   Alors, n'ayant pas compris quelles inflexibles lois avaient guidé son\nâme, en horreur à lui-même, Judas, le traître vénérable, se réfugia dans\nl'enclos de vigne qu'ombrageaient d'épais figuiers. Et ce lieu, sacré main-\ntenant, Hakel-Dama, la terre sanglante que de pieuses lèvres iront baiser,\ns'étalait au midi de la ville, au delà de la vallée de Hinnon et le mont du\nMauvais Conseil le dominait.\n   Là, Judas vivait solitaire, se repentant de ce qu'il croyait être le mal et\ngémissant de son imaginaire faute. Il se nourrissait de racines et de figues,\nbuvait l'eau tépide et croupie des mares, couchait sur le sol caillouteux que\nbaignaient ses larmes, et implorait silencieusement le Dieu qu'il avait dressé\nsur le Golgotha.\n   Un soir, assis sous les grands arbres, il priait désespérément. Le vent,\n"}, {"page_pdf": 420, "texte": "                                  — 367      -\n\nque parfumaient les aromates des collines, éveillait en son cœur meurtri\nl'écho des divines paraboles ouïes jadis, quand il accompagnait l'Oint par\nles plaines de Judée. Et le lourd silence, qui depuis longtemps scellait ses\nlèvres, enfin se rompit, et d'une voix misérable, il cria dans la nuit surprise :\n   — J'ai péché en livrant le sang innocent !\n   Les sanglots soulevaient en spasmes sa gorge, et il frappait sa tête contre\nle tronc rugueux.\n   Soudain, une intense lumière l'envahit; ses yeux, qu'avaient clos les trop\népaisses paupières, mettant sur chaque prunelle une chape de plomb, ses\nyeux se rouvrirent, et, devant lui, il vit un homme qu'il reconnut. Si sou-\nvent, il avait vu cette blanche robe, ce limpide visage, et tant de fois cette\nbouche s'était ouverte pour des mots amis. Il tendit ses bras tremblants et\nfrémissant d'angoisse, il demanda :\n   — Est-ce toi, Rabbi?\n   Jésus répondit :\n   — C'est moi.\n   Celui qui désespérait se jeta contre terre, et Christ, qu'à jamais dans\nles siècles futurs soit béni son nom! le releva tendrement. Il le baisa sur le\nfront et lui dit :\n   — Judas, ne pleure plus.\n   Judas lui répondit :\n   — J'ai levé la main sur toi, Maître, et j'ai failli; pardonne-moi!\n   De nouveau, le fils de Sophia l'embrassa.\n   — Le baiser que, sous les oliviers, tu me donnas, fit-il, je te le rends, et\ncomme il m'affranchît des chaînes terrestres, qu'il t'affranchisse du remords !\n   Comme un flot limpide, la paix entra dans l'âme du saint de Karioth,et\nJésus, prenant la main qui avait reçu la libératrice offrande, continua :\n   — Tu n'as point péché, Judas, tu as accompli l'œuvre.\n   — J'ai gémi, Rabbi, j'ai pleuré !\n   — A présent, réjouis-toi!\n   — Mes frères, ceux que tu chérissais, m'ont maudit et chassé!\n   — Tu seras béni dans le ciel et accueilli à ma droite.\n   — Quand tu m'as donné le pain, Satan m'a saisi.\n   — Il le fallait, tu étais désigné. Déjà, mon prophète Jérémie l'avait\nannoncé.\n   — Pourquoi moi, Seigneur?\n   — Sois fier, Judas; de tous temps, je t'avais élu. Va, ceux de mon\néglise croient que Jean fut l'apôtre cher, non : l'apôtre aimé ce fut toi, et\nsi j'ai chargé ton nom d'opprobre parmi les hommes, il sera sanctifié parmi\n"}, {"page_pdf": 421, "texte": "                                  — 368 —\n\nles bienheureux. Quelques-uns seulement, de ceux qui vivront sous ma loi,\nsauront ta glorieuse destinée ; il faut, pour mon triomphe, que persiste ton\nignominie.\n   — Maître, dispose du disciple que ta volonté rendit infidèle.\n   — Nul ne sera, près de ma mère, accueilli comme toi, Judas, car nul,\nen sa vie terrestre, n'aura amassé sur son cœur plus d'affronts.\n   — Maintenant, ils me seront doux.\n   — Fils de Ruben, fils de Cyborée, je t'ai voulu courbé sous le poids des\nfautes, pour qu'au jour des suprêmes révélations l'orgueil des docteurs soit\nconfondu, et ils reconnaîtront qu'un criminel comme une pécheresse tra-\nvaillèrent plus qu'eux au salut. Quand tu flottais vagissant sur les flots, ma\ndroite protectrice te conduisit au port; quand tu t'enfuis de chez la reine,\nje te guidais vers Pilate; sous le pommier fatal, je dirigeai ta main, qui tua\nRuben, ton père, et j'amenai vers toi ta mère Cyborée, dont tu fis ta femme.\nLe soir, où, parricide, incestueux, tu vins, lassé de tes péchés, embrasser\nmes genoux, je t'accueillis pour que tu me livrasses. Ne t'ai-je pas dit :\n« Ce que tu dois faire, fais-le promptement »? A l'heure voulue, tu vins, toi\npar qui se devaient avérer les prophéties éternelles et ton pas, en ébranlant\nles pentes du jardin de douleur, présagea la rédemption prochaine. Elles\nme furent bonnes tes lèvres effleurant ma joue, et bon ton regard traditeur,\net je t'en ai voué un plus tendre amour. Ecoute, maintenant, préféré :\n   — Parle, Seigneur.\n   — J'ai voulu descendre encore en Judée pour calmer tes peines, apaiser\ntes douleurs. Tes larmes me déchiraient, je suis venu les tarir. Mais aucun\nne doit savoir de ta bouche les paroles dites. Achève ce que tu as com-\nmencé, et que ta fin justifie ta vie.\n   Jésus posa sa main, d'un geste bienveillant, sur la tête de Judas, qui se\ncourba et pria. Quand il se redressa, il était seul dans Hakel-Dama.\n   Les mots proférés, éternels et immuables, flottaient encore dans l'air. Ils\nretentissaient au plus profond de lui-même, purs et beaux, arrachant les\nvoiles qui jusqu'alors avaient enténébré ses esprits. C'était comme une\nbrume qui, dissoute, aurait révélé l'immensité d'un étang merveilleux, au\nfond clair, au rivage tranquille, aux confins inaperçus, un étang gemmé de\nlarges et solennelles fleurs. Le Très-Saint se ressaisit dans l'infini des âges,\nil perçut sa prédestination bénie, il entrevit les austères futurs qui lui\nétaient échus.\n   « Que ta fin justifie ta vie », avait dit le fils de Sophia. Sa vie avait été\nimmonde, il ne pouvait avoir le calme trépas des nabis. Saintement abject,\nil avait vécu par le crime; par le crime, il devait périr. « Ne tue pas », tel\n"}, {"page_pdf": 422, "texte": "                                  — 369 —\n\nétait le précepte qui avait encore résonné en Galilée, et le plus effroyable\nhomicide, n'était-ce pas la volontaire immolation de soi-même? Il com-\nprenait l'ordre fatal. Il était l'holocauste promis au juste holocauste? Il\ndevait accomplir l'ultime, criminelle et méritoire oblation. Les souillures\npassées se répercutaient en lui, tel un chœur suranné de voix mauvaises,\nappelant la souillure dernière. Il avait porté la main sur Ruben, son père,\net sur Cyborée, sa mère, et sur Jésus, son Dieu : il la lèverait sur lui.\n   Il marcha vers la cabane lépreuse où gisaient sa cruche ébréchée et ses\nécuelles d'argile, il prit une corde de chanvre ; il revint vers le haut figuier\net se pendit aux branches gémissantes, en prononçant le nom du vendu\naimé.\n   Des harmonies profondes planaient sur les arbres et des présences divines\nse révélaient dans le champ sanglant. D'hyalines clartés revêtaient les buis-\nsons, des corolles surnaturelles pleuvaient sur la hutte, des parfums subtils\ntraînaient. Et, brusquement, le corps du pendu creva par le milieu et ses\n entrailles ruisselèrent sur le sol — il fallait que sa mort fût abominable —\nmais son visage ne fut terni d'aucune macule, car il avait touché le visage\ndu Christ. Les Eons assemblés et les Séraphins augustes prirent Judas\nqu'appelaient les cieux entr'ouverts, et les laboureurs, qui le matin passèrent\nprès d'Hakel-Dama, racontèrent la misérable expiation du traître, de celui\nde Karioth.\n   « Judas, victime chère et désignée, sois béni, toi le libérateur ! »\n   Telles sont les choses que la très haute sagesse révéla à Paul, apostole,\nquand il fut ravi aux resplendissants empyrées, et Paul, mystérieusement,\nles redit à quelques-uns d'entre les hommes, qui les conservent et les pro-\nmulguent aux rares appelés.\n   Et les secrètes, absolues et essentielles vérités étant énoncées, Quintilla\ncouvrit son front du lin symbolique et se tut.\n                                                       BERNARD LAZARE.\n"}, {"page_pdf": 423, "texte": "                                — 370\n\n\n\n                         AU MATIN\n             Je suis ainsi comme naïve,\n             Ignorante de toute chose,\n             Celle dont l'âme est inéclose\n             Et de fleurs d'or l'aile captive.\n\n             Rêve et sourire! et ce bonheur\n             En ce matin silencieux,\n             J'ai des pervenches dans les yeux\n             Et j'ai des roses dans le cœur.\n\n             Et voici comme une légende\n             De castel, de cygnes, de reine.\n             Où doucement je me promène\n             Avec mes lèvres en offrande.\n                                                      VALERE GILLE.\n\n\n\n\n         CHRONIQUE LITTERAIRE\n               Miette, par HENRY MAUBEL. — Paris, Savine, 1890.\n\n\n             L'auteur de Miette, M. Henry Maubel, est, malgré son âge, un\n              des vétérans de la Jeune Belgique. Il la tint avec nous sur les\n              fonts baptismaux, et la dirigea récemment, pendant une année\n              de crise, avec un zèle, un tact, et une vaillance dont on se\nsouvient. Parrain, collaborateur, directeur, ami toujours et à toute épreuve\nde cette Jeune Belgique qui est notre maison natale, M. Henry Maubel a\nbeaucoup écrit, et peu publié pour le public. Son bilan de jeunesse, cro-\nquis, nouvelles, études littéraires et musicales, est considérable. Un mari-\nvaudage en un acte, Une Mesure pour rien, et Miette sont jusqu'ici les\nseules oeuvres auxquelles il ait donné la forme définitive de la brochure ou\ndu livre. Dans toutes les pages qu'il a signées se manifeste une organisation\nartistique vibrante, à la fois décidée et fine, qui se développe sans coups\nde pistolets ni parades, et dont les hésitations mêmes sont intéressantes\npour l'observateur.\n   Miette est assurément la meilleure nouvelle de M. Henry Maubel. Son\n"}, {"page_pdf": 424, "texte": "                                 -   371    -\n\ntalent s'y déplie sans s'étaler, avec la fraîcheur d'une vision personnelle,\navec l'attrait d'une analyse gracieuse et profonde.\n   Miette est une étude de jeune fille. C'est l'histoire d'une passionnette,\ncontée au jour le jour, au cœur le cœur, par un conteur mali-\ncieux et attendri. Une échappée de pension, cette Miette, un exquis projet\nde femme, un gamin de l'autre sexe, une enfant gâtée qui s'ignore, une\npetite âme qui bondit en essayant la vie, une dauphine de la bourgeoisie\nriche et cultivée, jouant à colin-maillard avec le premier amour de l'amour.\n   « Tout en elle avait la ligne menue et elle semblait, avec ses saillies de\njupes, sa tournure légère et volubile, une femme en réduction. Pour un si\npetit corps, le visage s'accentuait extraordinairement : des cheveux irrégu-\nlièrement plantés sur un front bas, très bombé, où retombaient des houp-\npettes de mêches brunes, des pommettes saillantes, des sourcils tracés l'un\ndans l'autre à coups de braise et de longs cils clignotants. Elle avait l'habi-\ntude de tenir les yeux mi-clos au soleil, dans un renfrognement de tout le\nvisage où le nez s'écrasait, les pommettes lui remontant devant le regard.\n— Que tu es vilaine comme cela, lui disait-on. Elle répliquait : — Je n'en\npuis rien, c'est le soleil. Sans cela j'éternue! »\n   De ce charmant pastel un peu sauvage, si caresseusement enlevé, retenons\nce trait caractéristique : l'irrégularité. M. Henry Maubel, en vrai moder-\nniste, cherche la beauté dans l'expression. Il n'a rien de classique et déteste\nla symétrie. Physiquement et moralement, il est attiré par l'irrégulier.\n   Aussi sa Miette est-elle « un être fantasque et intransigeant, tout d'une\npièce, adorant ou détestant, affirmant « oui » ou « non », « je veux » ou\n« je ne veux pas » et dont la volonté faite de caprices, se trouvait faible au\npoint de subir irrésistiblement des colères suivies d'accalmies tendres où\nelle enveloppait de caresses l'objet de sa passionnette . Alors, comme le\ndit son historien, « son regard s'abaissait, se veloutait d'un de ces imper-\nceptibles mouvements de fluide visuel qui ne sont presque plus des mouve-\nments physiques et, dans ce regard qui la livrait à fond, il y avait un pro-\nfond besoin d'être sincère et d'aimer ».\n   Cette fantasque Miette divise les jours en « jours blancs » et en « jours\nfoncés ». C'est pendant un jour blanc qu'elle retrouve un ami d'enfance, et\nque s'engage le petit drame de sa passionnette. Causeries, promenades,\néclats de rire et soudaines tristesses, « camaraderie à mots perdus », mari-\nvaudages et agaceries. Mais cette joute de deux esprits devient le « becque-\ntage de deux cœurs ». Et comme le disent malignement les amies, « ça\nbrûle ! » Des soirées mélancoliques succèdent aux jours blancs : « Miette\net Lucien, appuyés coude à coude, avaient amené le visage l'un vers\nl'autre. La lumière de leurs yeux brilla pour eux seuls; mais leurs regards\napposés demeurèrent fixes, contenus, comme s'ils craignaient, en se mêlant\ndans cet instant-là, de ne plus pouvoir se ressaisir ». Des jalousies étranges\ns'emparent de cette enfant-femme. Elle est malheureuse d'une promenade\nmatinale faite par Lucien sur la jetée : « C'était ce malaise d'âme, ce chagrin\nprofond qui l'oppressait jusqu'au désespoir lorsque, toute petite, elle\nvoyait une personne aimée s'en aller quelque part où elle n'allait pas aussi.\n"}, {"page_pdf": 425, "texte": "                                   — 372 —\n\nC'était l'envie effrénée de refaire le même trajet, repasser aux mêmes\nendroits, voir et toucher les mêmes objets, tandis que rien ne parvenait à\nla consoler de cet abandon et qu'elle sentait quelque chose d'irréparable\ndans le mal qu'on lui avait fait ». Ainsi se trahit chez la fillette le mal\nd'aimer dont elle n'a pas conscience. Et l'idylle s'arrête sur un baiser, la\nveille du départ : « Elle ferma les yeux, pour ne pas voir des baisers rapides\nlui caresser la figure, les cheveux, et ces deux petites places où l'on devinait\nla peau délicate à travers les mèches soyeuses des tempes ». Est-ce l'amour?\nMiette n'en sait rien : « Un beau jour de soleil et de rire avait passé, et sa\nnature primesautière s'y était lancée à cœur perdu, comme un papillon dans\nla lumière ».\n    M. Henry Maubel ferme son livre sans conclure, et il a raison. L'ina-\nchèvement de ce joli rêve réel ajoute on ne sait quoi de doux et de mysté-\nrieux à l'émotion qu'il nous procure. Une page de plus, et, — qui sait? —\n Miette ressemblerait peut-être à toutes les jeunes filles.\n    Comme Miette, la phrase de M. Henry Maubel est irrégulière, capri-\n cieuse, et fantasque. Des adjectifs font la chèvre, et des incidentes singent\n gentiment les gestes et la démarche des personnages. Son style est instantané\n et se dérobe à la règle. S'il a des maniérismes, c'est à cause de son ardeur à\n traduire fidèlement les choses passagères et les reflets fugitifs des êtres.\n Impressionniste, il l'est avec passion, avec audace, avec bonheur. Mais ses\n témérités les plus osées s'harmonisent toujours avec la teinte dominante de\nl'œuvre. L'ensemble est d'une exquise distinction de sentiment et d'allure,\n non pas de cette distinction qu'on apprend sur les perchoirs mondains,\n mais de cette distinction native que les esprits affinés respirent comme un\n parfum discret, et qui échappe heureusement aux narines provinciales, qui\nrecherchent les aromes grossiers et tumultueux. La couleur locale de\n M. Henry Maubel, — s'il m'est permis de modifier à son intention un vers\n adorable de Jules Laforgue — oscille entre le gris perle et le violet.\n    Ils sont rares les modernistes qui peuvent nous introduire ainsi, à la\n dérobée, dans le monde charmant des délicatesses féminines, et ils sont\nencore plus rares ceux qui peuvent évoquer impunément la silhouette\n fragile de la jeune fille contemporaine. Le petit livre qui s'appelle Miette\n honore grandement l'écrivain qui l'a conçu.\n                                                        ALBERT GIRAUD.\n\n     All' Avanguardia (A l'avant-garde). Etudes de la littérature contemporaine,\n           par VITTORIO PICA. — Chez Luigi Pierro, 76, place Dante, Naples.\n   C'est un résumé fort intéressant du mouvement littéraire français depuis\nla pétarade du réalisme qui réveilla la critique endormie sur les lundis de\nSainte-Beuve. Une courte introduction sur le romantisme et le naturalisme\nprépare le lecteur aux profondes et personnelles études de l'auteur sur ces\nadeptes revendiqués par Zola : Flaubert, les Goncourt et Daudet. Ceci\nfait, il passe plus rapidement sur ce que l'on est convenu d'appeler la queue\ndu naturalisme, et, après une analyse précise des romanciers russes et du\n"}, {"page_pdf": 426, "texte": "                                -   373    -\n\npoème en prose (Bertrand, Baudelaire, Mallarmé), il étudie consciencieu-\nsement l'un des nôtres, Camille Lemonnier, rappelle, en passant, le ban-\nquet qui lui fut offert jadis, et développe savamment un parallèle entre\nGerminal et Happe-Chair. C'est un précieux volume que l'All'Avan-\nguardia, surtout au point de vue de la personnalité de la critique. M. Vit-\ntorio Pica prend la note dominante d'un auteur, l'analyse avec clarté, en\nrecherche la cause et la résume. Ses aperçus sont toujours curieux, formulés\nen dehors même de la lutte littéraire qui peut parfois influencer certains\ncritiques et leur enlever leur impartialité.\n  Vittorio Pica annonce aussi la prochaine publication des Modernes\nByzantins (Mallarmé, Verlaine, Villiers, Rimbaud, Corbière, Laforgue) et\nune étude littéraire sur les frères de Goncourt.\n                                                                  X.\n\n\n\n\n         CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                        LE SALON ÉTERNEL\n                                               « Toutes ces toiles, au Salon ! »\n                                                       Vieux dicton.\n            C'est le Salon officiel, celui d'aujourd'hui, de demain, celui d'il\n             y a dix ans, vingt ans et celui de dorénavant. Ci l'impartial\n             compte-rendu, simple exposé devant servir pour tous les\n             Salons à venir.\n\n\n  C'est d'abord les tableaux d'histoire, œuvres de célèbres professeurs : LE\nCOMPROMIS DE PLUSIEURS NOBLES, LES MARTYRS DE LA LIBERTÉ,\nL'ABDICATION DE CHARLES-QUINT OU LES JUIFS AU MOYEN-AGE; c'est\nGILBERT A L'HÔTEL-DIEU et c'est LA PESTE DE TOURNAI, plus\nqu'horrible souvenir du temps qu'empesta Gallait; — puis les tableaux\npatriotiques considérés de bon rapport, les grandes REVUES MILITAIRES,\nles MARSEILLAISE, les BRABANÇONNE et le joyeux CINQUANTENAIRE DE\nL'INDÉPENDANCE NATIONALE ; — c'est en des temps plus reculés, LA\nLUTTE D'ACHILLE ET DE PATROCLE, POMPÉE VAINCU, CÉSAR ASSAS-\nSINÉ et c'est L'ASPIC DE CLÉOPATRE, qui, pauvre reine, ne se doutait des\nSalons qu'elle enchanterait. Et puis enfin, pour la province et les musées\nethnographiques : L'AGE DE LA PIERRE POLIE, sujet heureux déjà chanté\npar Béranger, en des vers qu'il faut transcrire.\n                                      Au premier âge,\n          L'homme eut pour lui ses grossiers appétits,\n          GROUPÉS ÉPARS dans un antre sauvage\n          Mâles et femelles abritaient leurs petits.\n                                                                          24\n"}, {"page_pdf": 427, "texte": "                                 -   3 7 4 -\n\n\n\n  Puis les tableaux religieux et les légendes en triptyque. AGAR-ISMAËL,\nCAIN-ABEI     — depuis longtemps inséparables — des grisettes vannées,\nparées d'oripeaux japonais et qui, dès lors, constituent pour les peintres\n« d'énigmatiques SALOMÉ » ; c'est l'inévitable ANTOINE toujours avec sa\ntentation, les MADELEINES REPENTIES et les JÉSUS et les CHRIST, dont le\nsort pitoyable est, de souffrir par delà la mort, et d'être en l'éternité montré\nau peuple et crucifié.\n\n   Viennent les nus, les belles chairs fort goûtées des vieux messieurs. C'est\nles BAIGNEUSES, les folâtres qui battent de leur pied d'albâtre\n                               L'onde humide\n                    Où tremble un mouvant tableau\net c'est les NYMPHES et les DIANE, jeunes dames sans préjugés, qui se sont\nmises un peu au frais, et, rieuses, exhibent au public leur chair rose d'un\nsi beau ton et leur croupe d'une si belle ligne.\n\n\n  Puis les tableaux attendrissants, preuve du bon cœur de l'artiste et du\nbon cœur de l'acquéreur; l'anxieuse FAMILLE DU PÊCHEUR, la si triste, si\nORPHELINE, la toute inconsolable VEUVE, et par des matins toujours\nbleus, comme ci cela coûtait moins cher, le pauvre ENTERREMENT DU\nPAUVRE, sujet particulièrement cher aux peintres dits impressionnistes.\n\n\n    C'est les paysages honnêtes, les effets bien brossés, bien peints de pein-\n tres qui n'iront pas plus loin, les SOLEILS COUCHANTS étonnants, les\n marines et les GROS TEMPS et les AUTOMNES tous jaunes et les PRIN-\n TEMPS. Les déshonnêtes paysages, les SUISSE de M. Ruffian. L'ITALIE\n d'Hunterberger et les glaciers en chromos, qu'on dit motifs d'Hardan-\n Gerfjord en Norvège.\n    Puis la curieuse avalanche de toujours semblables portraits : — la tête de\n l'industriel, l'homme intègre, le travailleur, toujours assis à son bureau.\n C'est le GÉNÉRAL A. DE B. vêtu de décorations tout près LA FEMME DE\n L'ARTISTE, l'homme du monde littérateur, la main appuyée sur un livre ;\n la tant réservée jeune fille et l'élégante mondaine aux bras nus longuement\n gantés, aux robes noires décolletées, belle dame dont on souhaite être autre\n chose que le mari.\n    Et c'est encore, pour en finir, ornement des salles à manger, les NATURES\n MORTES, les gibiers, les fruits, les marmites de cuivre rouge et jaune et les\n frais poissons argentés jetés pêle-mêle sur une table; — c'est les citrons —\n dont un pelé — auprès d'un verre de Venise; c'est les CASSETTES, doux\n souvenirs, et les FLEURS des dames peintres; c'est enfin, les COIN D-'ATE-\n LIER, tableaux chéris de l'amateur, et puis, au bout des couloirs où pend\n — l'innocence des aquarelles, et l'ennui des plans alignés, — aux portes les\n"}, {"page_pdf": 428, "texte": "                                  -   375    -\n\n\nmêmes huissiers, au vestiaire les mêmes femmes, et c'est, au dehors — le\nciel et la vie.\n\n  S'honore pourtant, ce Salon de 1890, de la présence de trois artistes :\nMM. W H I S T L E R , H E N R Y DEGROUX, W I L L I A M DE GOUVE DE N U N C -\nQUES.\n   C'est, je pense, la première fois que M. de Gouve expose en public, et je\ncrois que peu d'artistes se peuvent louer d'aussi'artistique début. Il m'avait\nété donné déjà de voir, en même temps que d'autres, le petit paysage exposé\npar M. de Gouve, et bien que cela soit, je crois, l'un de ses tout premiers\ntableaux, je l'ai toujours considéré comme une œuvre parfaite et d'une\nabsolue originalité. M. de Gouve est, en effet, l'inventeur de paysages\nétranges, choisis parmi les plus ingrats à interpréter et reproduits avec la\npatiente précision, la tendre poésie et le sentiment délicat d'un gothique.\nDe tels paysages déconcertent tout d'abord, tant semble d'époques reculées\nla vision de l'artiste. Combien singulier l'état d'âme religieux et tranquille\nde celui qui les a conçus ; combien détachés de ces temps, ses pensées, et\nses désirs, et ses souhaits. Sans parler de la poésie des détails, de la compré-\nhension artiste des hauts peupliers et des grands cieux gris d'automne aux\nlourds nuages, il règne dans ces paysages un calme triste, une paix résignée\nqui charme et qu'on n'oublie plus. Et quand, au fond des vallons, on revoit\nles hameaux perdus, isolés sous la garde des tranquilles peupliers, on se\nsouvient des images qu'ils fixèrent en le cœur de l'artiste et on lui sait gré\ndu trésor de nature qu'il vous a fait découvrir.\n\n\n                                          By far the most flagrant offender both in\n                                       respect of quantity and quality is M. Henry\n                                       Degroux's a Christ Shown to the People ».\n                                       He possesses an historie name, and this\n                                       alone can account for the admission of so\n                                       offensive a travesty of a solemn subject into\n                                       the Salon!                     (Galignani.)\n\n   Si M. William de Gouve est un exemple étrange d'atavisme, Henry\nDegroux n'est pas non plus à sa place en cette fin de siècle. Sa place était\nmarquée dans les rangs batailleurs des romantiques, sous la bannière\nrévoltée d'Eugène Delacroix et les grands maîtres, les seigneurs morts.\nHugo, Gautier et Baudelaire l'eussent aimé et compris mieux que ne le\nfont les artistes d'à présent. Car les éloges, quand il en fût, se sont fait\nrares et timides autour de lui, la pluie des sarcasmes n'a point encore cessé\nde tomber sur ses épaules, et les critiques influents attendront probablement\nsa mort pour l'acclamer comme il convient et lui rendre l'hommage dû à\nson génie. — Mais, pour nous, la réputation de M. Henry Degroux n'est\nplus à faire. Nous avons dit déjà ici la haute estime en laquelle nous le\ntenions; les dernières œuvres de cette année l'ont élevé par dessus la cohue\ndes peintres au rang des quelques rares artistes qui resteront pour témoi-\n"}, {"page_pdf": 429, "texte": "                                   -   376-\n\ngner de l'art de ce siècle, devant paraître, l'épurement nécessaire effectué,\nl'une des plus illustres périodes qui fût en art.\n   Peu de sujets pouvaient convenir aussi bien au tempérament de Henry\nDegroux que cet Ecce homo! qu'il expose cette année.\n   N'est-ce pas, en effet, son art et l'Art tout entier qu'il symbolise, livré à\nla merci de la foule qui, pour cette majesté et cette grandeur involontaire-\nment ressentie, pour cette royauté d'âme et de lumière qu'elle pressent\nodieuse à confronter avec sa honte résignée, ne sait trouver assez de fiel et\nde haine pour s'en venger et se délecte à le crucifier. En vers superbes, le\nglorieux poète Albert Giraud avait déjà exprimé la même idée.\n                      Les beaux vers sont de larges croix\n                      Où saignent les rouges poètes.\n\n   Et c'est en symbolisant en la suprême tristesse et grandeur insultée du\nChrist — l'Art lui-même montré au peuple'— que M. Degroux est parvenu\nà donner à ce sujet, tant de fois traité, son caractère puissant et sa violente\noriginalité.\n   Saint Jean dit : « Jésus donc sortit, portant la couronne d'épines et le\nvêtement de pourpre, et Pilate leur dit : « Voici l'homme ». Et les clameurs\nde suite s'élevèrent, et l'insulte; — les malédictions et les cris de mort. A voir\ncette pâle face souffrante de sublime illuminé, couronnée de douleur et\nd'inaltérable résignation, la foule se repentit de l'avoir un jour écouté, elle\neut honte d'avoir éprouvé les bienfaits de sa douce parole, et tous crièrent\nà l'envi : « Ote, ôte, crucifie-le ! » La tempête était déchaînée ; là haut\ndans les tourbillons bleus et noirs du ciel orageux s'élevèrent, muettes et\nterribles, les trois croix noires, comme des prières pour les morts. Des ban-\nnières blanches claquaient aux rafales de tempête, et le vent s'engouffrait\ndans les manteaux des soldats, les gonflant comme des outres de haine,\nImpassibles et hautains sous le panache de plume blanche de leur casque,\nles cavaliers de la Mort étaient prêts. Les soldats romains dédaignaient de\ns'interposer; ils n'avaient rien à voir avec les Juifs, et d'ailleurs, le supplice\nde ce prétendu prophète les amusait, et l'un deux, appuyé sur sa lance,\nse tenait debout derrière le Christ comme une ombre de mort, ricanant à la\nfin prochaine de sa victime.\n   Cependant, la colère de la populace s'augmentait au silence de sa\ndouleur et c'était contre lui un torrent d'injures et d'outrages, un hurle-\nment gigantesque où se mêlaient l'obscène insulte des filles prostituées, les\nimprécations et les cris de mort, des rires d'enfants amenés là et des abois\nde chiens féroces, comme si les animaux eux-mêmes se furent retournés\ncontre lui. Comme les vagues d'une mer furieuse, montait de tous ces\npoings tendus vers lui, de toutes ces bouches hurlantes, insultantes, la haine\nformidable et basse de la foule.\n   Et devant toutes ces hontes, le Christ au manteau de pourpre dérisoire,\nà la couronne d'épines ceignant de mille douleurs son front blême, sentit\nqu'il allait défaillir, — mais en son cœur déchiré subsistaient l'Espérance et\nla Foi et les yeux fixés en terre, il voyait désormais par dessus les vagues\n"}, {"page_pdf": 430, "texte": "                                   377\n\nfurieuses et la tempête, l'innombrable foule des âmes rachetées, et son œuvre,\nle monde sauvé, accomplie.\n   Ainsi de l'art exposé aux toujours nouveaux outrages de la foule et dont\nle triomphe doit être d'autant plus glorieux et illustre, qu'il aura été plus\nâprement nié et poursuivi.\n   Je ne m'arrêterai pas aux détails de l'œuvre de M. Degroux. Je ne ferai\nque citer le charme de la couleur toujours romantique et belle. J'ai voulu\nsimplement noter une impression donnée par la composition même du\ntableau. Mais le gouvernement devrait comprendre qu'un artiste de cette\ntaille n'a point été créé pour embellir des salons particuliers, mais pour\nrehausser par des travaux dignes de lui, la gloire et le renom artistique de\nson pays.\n\n                                              Whistler is eminently vulgar.\n                                                        Glasgow Herald.\n\n    Que dire maintenant du grand peintre américain James-Mac-Neill\nWhistler? L'opinion du critique du Glasgow Herald, toute amusante\nqu'elle soit, est peu explicite et quant à moi, je pense de M. Whistler trop\nde choses pour pouvoir et vouloir les dire dans les notes cursives d'un\nSalon.\n    Je me bornerai donc à analyser quelques-unes des toiles ici exposées\nremettant à plus tard le plaisir d'une étude sur l'œuvre entier de ce grand\nartiste.\n    Dans l'éternelle monotonie des toiles du Salon, la couleur discrète et\nsavante de ses peintures attire infailliblement. Il est aussi impossible de\npasser devant, lorsqu'on les ignore, que d'en oublier le charme étrange une\nfois qu'on les a vues. Les deux portraits que M. Whistler expose cette\nannée, sont en leur genre de pures merveilles, le portrait de lady Archibald\nCampbell, une merveille de finesse, de grâce et d'élégance, tout le caractère\nesquissé, vif et spirituel, versatile et nerveux, de cette lady le visage à peine\nretourné vers le public et qui s'en va, l'on voudrait savoir où, d'un air si\ndécidé, se gantant les mains fines de jaunes gants de Suède.\n    Bien que le charme de ce portrait soit grand, je lui préfère et considère\ncomme la perle dans l'écrin des joyaux envoyés par M. Whistler, le por-\ntrait intitulé « The fur Jacket ». C'est ici plus qu'un portrait, c'est un rêve,\nune apparition évoquée de lointains souvenirs, un idéal raffiné de pures\nélégances patriciennes. Elfe a surgi au crépuscule d'un jour de pensées, la\ndame énigmatique et chère, gardienne des pensées et du cœur de l'artiste; et\npendant que je m'absorbais dans sa contemplation, le première phrase du\nmerveilleux poème de Ligeia me revenait en mémoire et je la récitais invo-\nlontairement. I cannot for my soul, remember hoxp, when, or even\nprecisely where, I first became acquainted with the lady Ligeia.\n    Je n'en veux rien dire de plus. Avoir réalisé en peinture une création du\n prince des poètes de tous les temps est une chose que je croyais impossible,\n et suffisamment glorieuse par elle-même pour se passer d'éloges.\n"}, {"page_pdf": 431, "texte": "                                  — 378 —\n\n   Que dire encore des deux nocturnes représentant des feux d'artifice,\nsinon qu'ils sont parfaits. Ils révèlent en leur auteur une science étonnante\nde la couleur, qu'il me semble seul en ce siècle posséder à un tel degré.\nL'impression est complète, à tel point, qu'on les pourrait reconnaître ces\nciels bleus voilés d'ombres blanches et de nuages, obscurcis et troublés par\nles fumées sentant la poudre. Dans ces ciels comme un bouquet de fleurs\nrouges et vertes s'égrènent au calme de la nuit les fusées lumineuses; ou,\ndevant des palais et des tours d'ombres aux étages piqués de cordons de\nlumière, une foule massée, compacte, inquiétante, avec sur quelques visages\ndes reflets et des clartés blafardes, contemple en silence la roue de feu qui\ntourne, et fuse et rougeoie dans la grande nuit tranquille.\n   Science profonde et parfaite de la couleur; harmonies précieuses et déli-\ncates ; arrangements exquis de goût, de distinction et de suprême élégance;\nart sobre et puissant, raffiné, hautain — louanges, qui ne disent point\nassez ma haute admiration pour cet artiste, l'un des grands maîtres de\ncette époque — le seul aussi, à mon avis qui soit moderne.\n\n\n  J'ai dit, en commençant cet article, que le Salon de cette année s'honorait\nde la présence de trois artistes. J'avais compté sans le Salon de sculpture\noù se distinguent et tranchent sur le reste, les œuvres de MM. JULIEN\nDILLENS et CONSTANTIN M E U N I E R .\n    Le groupe de M. Constantin Meunier, le déjà célèbre Grisou, est certes\nl'une des meilleures choses qu'il ait produites en sculpture et d'un senti-\nment dramatique et sincère qu'on retrouve dans toutes les compositions de\nl'infatigable artiste.\n    Pour le Saint Louis de M. Dillens, la conception en est d'une élévation,\nd'une noblesse rare chez les sculpteurs d'à présent, et son mysticisme\nrappelle le superbe portrait de Giotto de la chapelle Bardi à Santa-Croce.\n Il est surtout décoratif et fera bien dans la chapelle à laquelle il est destiné.\n— Le coté décoratif me paraît être d'ailleurs caractéristique du talent de\nM. Dillens — qui ne songe pas seulement à faire une belle œuvre d'art —\nmais veille toujours à ce qu'elle puisse cadrer avec l'édifice pour lequel elle\na été composée.\n                                                     GEORGES D E S T R É E .\n"}, {"page_pdf": 432, "texte": "                                        -   379 -\n\n\n\n\n                                MEMENTO\n         A Monsieur VALÈRE GILLE, direc-           mand. D'abord imitatrice, tige qui avait\n           teur de la Jeune Belgique.           « besoin de tuteurs pour grandir, voici\n               Paris, 28 septembre 1890.        « qu'en ces dernières années surtout la\n                                                « poésie belge s'est développée luxuriante,\n           MONSIEUR ET CHER CONFRÈRE,           « originale, portant des fruits qui ont le\n   L'article de tête de votre livraison de « goût du terroir ».\nseptembre, intitulé : Une nouvelle croi-           Et je signalais des poètes tels qu'Albert\nsade, nécessite ces lignes que j'ai l'hon- Giraud, Théodore Hannon, Iwan Gilkin,\nneur de vous adresser n'ayant aucun des Charles Van Lerberghe, Maurice Maeter-\nmotifs politico-littéraires que peut invoquer linck, Grégoire Le Roy, Max Waller, Fer-\nM. Paul Adam pour négliger de répondre nand Severin, André Fontainas ; mais mon\nà une attaque aussi injuste qu'injurieuse.      article n'étant pas publié en tête du Figaro\n   Oui, j'ai publié mes premiers vers (ou il n'en fut fait mention nulle part, pas même\ntout comme) dans la Basoche, et je garde en France.\ndepuis cette époque un souvenir qui                Je crois, Monsieur et cher confrère, que\nm'est particulièrement cher de celui qui en j'ai à peine besoin d'affirmer maintenant\nfut le rédacteur en chef ; j'ajouterai que que la note qui sert de prétexte à votre dia-\nc'est Charles de Tombeur qui m'adressa tribe n'est pas de moi ; l'auteur en est\nGrégoire Le Roy (alors Albert Mennel), M. Crepet qui a publié un volume sur les\nlequel vint à Paris avec Maurice Maeter- œuvres posthumes de Charles Baudelaire\nlinck. C'est à ce moment — mars 1886 — et je n'ai nulle envie d'en accepter la res-\nque j'ai rédigé la Pléiade (la première) ponsabilité.\ndont je vous adresse la collection, et où          Quant à l'opinion de la critique bruxel-\nfurent publiés les premiers vers de Maurice loise sur l'Amante du Christ, permettez-\nMaeterlinck (1), ainsi que cet admirable moi de croire qu'elle vaut celle de Paris,\npoème en prose qui a pour titre : le Mas- laquelle a été d'un avis             diamétralement\nsacre des Innocents. Laissez-moi revendi- OPPOSÉ, et soyez persuadé, d'ailleurs, que\nquer ici l'honneur de cette publication; je leur préfère à toutes deux, celle de Féli-\nlaissez-moi rappeler aussi que dans la revue cien Rops qui m'a fait l'extrême honneurde\nla Jeune France (décembre 1887), j'ai écrit graver le frontispice de ces vers, et celle de\nles lignes suivantes sur le Parnasse de la Villiers de l'Isle-Adam, qui croyant devoir,\nJeune Belgique :                                en un article (Notre-Seigneur     Jésus-Christ\n   « C'est un glorieux hommage rendu à sur les planches) me réprimander au point\n« notre langue que ce volume de poésies, de vue religieux, écrivit : ces réflexions\n« auquel dix-huit poètes étrangers ont col- suffisent pour prémunir contre d'irréfléchis\n« laboré?                                       mouvements d'adhésion ceux que le talent\n   « Car il n'est plus le temps de Charles littéraire de l'auteur pourrait troubler ou\n« Baudelaire, alors que le poète, malade séduire.\n« déjà, écrivait ses Amœnitates        Belgicœ,    Pour André Antoine, le directeur du\n« c'était en 1864. A peine vingt ans se sont Théâtre-Libre, que j'admire plus que tout\n« passés et touteune littérature vigoureuse, autre, il n'avait pas à me patroner : il repré-\n« altière, a. déjà poussé sur le sol fla- sente, à Paris comme à Bruxelles, les\n                                                œuvres curieuses, et j'ai été lui porter les\n  (1) Erreur.                    N. D. L. R.    Aveugles de Maurice Maeterlinck, persuadé\n"}, {"page_pdf": 433, "texte": "                                        — 380 —\n\nqu'il les jouera, à moins qu'il ne se décide cette rectification, avant de nous attaquer —\nà monter la Princesse Maleine...               si elle le juge à propos. »\n   Je compte, Monsieur et cher confrère,          Aujourd'hui je trouve dans la Wallonie\nsur votre loyauté pour que vous fassiez une petite chronique grincheuse sur cet\ninsérer dans les journaux quotidiens de incident.\nBruxelles, où a été reproduit votre article,      J'espère qu'elle n'est pas de vous, car je\nla lettre rectificative que je vous adresse et pourrais croire alors à un jeu très peu loyal\nje vous prie de croire à mes sentiments de lettres confidentielles.\nconfraternels.                                    Je laisse aux lecteurs des deux périodi-\n                        RODOLPHE DARZENS.      ques le soin d'apprécier la conduite de la\n   Nous insérons avec le plus grand plaisir Wallonie.\ncette lettre de M. Rodolphe Darzens, en           Recevez, cher confrère, mes confrater-\nmême temps que nous lui adressons nos nelles salutations.\nremerciements — tardifs, hélas! — pour                                     VALERE GILLE.\nl'article qu'il consacra au Parnasse de la\nJeune Belgique, pour les renseignements\nqu'il nous donne sur ses vers, ainsi que pour\nl'intérêt qu'il porte à l'un de nos collabora-\n                                                     Comme post-scriptum à cette lettre nous\nteurs. Mais nous ignorions que M. Crepet\ncollaborât à la Revue d'aujourd'hui; sans         pourrions ajouter cet article de l'Ermi-\ndoute il est aussi l'auteur des autres            tage. On verra que nous ne fûmes pas les\nN. D. L. R. qui se trouvent dans le même          seuls à nous méprendre sur l'attitude de la\nnuméro. En tout cas, M. Darzens n'aurait          revue liégeoise :\npas dû, comme rédacteur en chef, laisser             « Grand brouhaha en Belgique, à l'occa-\npasser une note, qu'il savait fausse et bles-     sion d'un article, d'ailleurs verveux, de\nsante, d'un monsieur qui n'a rien de com-         M. Paul Adam, dans les Entretiens poli-\nmun avec la littérature; tout au moins            tiques et littéraires où les Belges étaient\ndevait-il le forcer à déposer sa signature au     accusés d'obstiné plagiat littéraire et mena-\nbas de ses inepties.                              cés d'annexion à la première victoire fran-\n                                                  çaise. La Wallonie s'est dérobée, se disant\n              N. D. L. R. (elle n'est pas de      plus française que belge, mais la Jeune\n                Crepet celle-ci.)                 Belgique crie comme un sourd, et elle fait\n                                                  bien. D'abord, il faudrait en finir avec cette\n                                                  perpétuelle accusation de plagiat, a On est,\n                                                  dit Bridoison, toujours fils de quelqu'un ».\n                                                  Imiter sans atteindre est grotesque, mais\n        A Monsieur ALBERT MOCKEL, direc-          prendre inspiration pour aller plus haut est\n           teur de la Wallonie,                   licite. Est-ce que Bandello réclame contre\n   Je reçus de vous, après l'apparition du        Shakespeare et Cyrano contre Molière ?\nnuméro g (septembre) de la Jeune Belgique,         Parler de contrefaçon quand un pays pro-\nune longue et charmante lettre confiden-          duit Van Lerberghe et Maeterlinck, est au\ntielle au cours de laquelle vous me faisiez       moins bizarre. Quant à la rodomontade\nremarquer l'erreur d'appréciation de notre        annexionniste, elle est pis que fausse, elle\nrevue au sujet de la réponse de la Wal-           est de mauvais goût, hélas. Que nos con-\nlonie aux Entretiens politiques et littéraires.    frères de Belgique sachent que nous sui-\nVous me demandiez donc de rectifier notre          vons avec une très vive sympathie le mou-\ninconsciente erreur. Je vous répondis             vement littéraire en langue française qu'ils\naussitôt que cela serait fait avec le plus         font naître en pays flamand. Ce n'est pas\ngrand empressement; mais, dans une note,           quand la culture française court tant de\nj'ajoutai : « J'espère que LA WALLONIE par         dangers que nous dédaignons l'appui spon-\nsimple courtoisie, nous laissera publier           tané d'une race aussi bien douée et d'aussi\n"}, {"page_pdf": 434, "texte": "                                       — 381 —\n\nglorieuse histoire que la race flamande ».      les soupiraux, fût-ce en souriant? Nous\n                      BERNARD L'ERMITE.         ferons comme le nègre, nous continuerons.\n                                                Et tenez voici encore une page qui vient de\n                                                chez eux, un paradoxe symboliste, imité\n                                                de Charles Lamb, sur les désillusions du\n                                                théâtre. Nous le donnons sans commen-\n    La question Maeterlinck prend des pro-      taires et sans sourires. Sommes-nous assez\nportions épiques.                               gentils ! »\n   On se rappelle l'amabilité de l'Indépen-        La marquise est nerveuse.\ndance belge, insinuant avec grâce que le           Son petit accès n'en est que plus réjouis-\npremier-Paris de M. Octave Mirbeau était,       sant.\npour M. Maeterlinck, le pavé de l'ours.            Il y a un chef-d'œuvre dans ce commen-\n   Nous avons mis en lumière l'amabilité de     taire : « Ces jeunes gens, APRÈS TOUT,\nl'Ind/pendance, en des termes qui, paraît-      aiment les lettres... »\nil, n'ont pas eu l'heur de lui plaire.             Saisissez-vous la splendeur de cet « après\n   Voici le commentaire aigre-doux dont         tout? » Après quoi, s'il vous plaît! Après\nelle a fait précéder la reproduction des        l'article de M. Mirbeau?\n« Menus propos » de M. Maeterlinck :               Malheureusement, la Jeune Belgique est\n   « Il paraît que nous ne sommes pas gen-      une cave, où notre bonne humeur s'aigrit.\ntils pour le nouveau Cabaner, Maeterlinck          Mais non, marquise, nous ne nous\nplus fort que Shakespeare comme Cabaner         aigrissons guère, et à supposer que nous\nétait « plus fort que Mozart ». Il est bien     ayons une tendance à la mélancolie, votre\nvrai que nous avons trouvé le pavé un peu       agitation depuis l'incident Maeterlinck suffi-\ngros; mais enfin, comme l'intention de          rait à nous guérir.\nM. Octave Mirbeau était flatteuse pour un          On rit beaucoup dans notre cave, où il y\nde nos compatriotes, voulant aider nous         a du vin généreux. M. Mirbeau vous en a\naussi à sa notoriété littéraire, non contents   fait boire : pas mauvais, n'est-ce pas? Un\nde signaler l'éloge, nous avons reproduit       peu fort peut-être ! mais vous vous y ferez,\nquelques scènes caractéristiques de la          marquise, vous vous y ferez!\nPrincesse Maleine. Ce n'était pas mal, on\nen convient, mais nous avons tout gâté par\n« quelques sourires ironiques ». La Jeune          Et voyez la malechance : M. Mirbeau met\nBelgique nous le fait savoir : « Cela ne pou-   la main sur le petit commentaire de la mar-\nvait manquer » écrit-elle dans le Memento       quise, et le surlendemain, on lit dans le\nde sa livraison de septembre. « Il y a des      Figaro, l'article suivant :\ngens qui se croient obligés de toujours dire          L'article que j'ai publié, ici même, sur\nle contraire de ce qu'ils entendent. Dites      M. Maurice Maeterlinck, m'a valu beau-\nleur ainsi qu'ils sont intelligents      ».     coup de lettres et aussi beaucoup d'articles\nAttrape! Des imbéciles, alors? Nous voilà       dans les petits journaux et les petites\nrécompensés de la publicité que nous don-       revues. Il y en a eu de tous les genres. La\nnons souvent aux tentatives d'un petit          vérité m'oblige à dire que ma modeste per-\ncénacle, fort amusant quand il revendique       sonnalité n'y était pour rien, que le grand\nsa part du pavé. Voyons, mes enfants, sur-      et mystérieux talent de M. Maeterlinck en\nveillez-vous. Prenez garde de décourager        faisait tous les frais. Je n'aurais pas imaginé,\nnotre inintelligence. Mais nous sommes bon      surtout en ce temps vilain, où la curiosité\ngarçon. Ces jeunes gens, après tout, aiment     publique semble courir vers d'autres émo-\nles lettres ; une noble ambition les anime,     tions, que la littérature passionnât encore\nl'ambition du mieux. Malheureusement            autant les esprits. Et cette surprise de voir\nleur Jeune Belgique est une cave où s'aigrit    tant de gens, si différents, s'intéresser à un\nleur bonne humeur. Qu'importe qu'ils ne         art si haut et si noble, m'a causé une vive\nnous sachent aucun gré d'en ouvrir parfois      joie. Pourtant, quelques-unes de ces lettres\n"}, {"page_pdf": 435, "texte": "                                         — 382 —\n\net quelques-uns de ces articles n'ont pas         bilité morale, et douée du dangereux instinct\nété sans me troubler profondément. On m'y         de l'imitation. Les Belges imitent ce que\nreproche, avec une courtoisie amère qui ne        nous autres, Français, qui avons tout in-\ndissimule pas assez, peut être, l'impatient       venté, faisons ou rêvons de faire. Non seu-\namour de la réclame dont sont atteints la         lement ils imitent, mais ils contrefont; non\nplupart de nos chers rêveurs et de nos plus       seulement ils contrefont, mais ils précontre-\nadmirables résignés, on m'y reproche              font. Ils font, si j'ose m'exprimer ainsi, de\nd'avoir, pour en faire l'éloge, choisi un         la contrefaçon préventive. C'est par là que\npoète belge, alors qu'il existe en France         ces animaux — les Belges me pardonnent\ntant de jeunes — et si merveilleux — dont         ce terme scientifique! — se montrent réels\non ne dit jamais rien.                            et redoutables, en tant que singes, et par-\n   « C'est d'autantplus inconcevable et scan-     faitement irréels et négligeables, en tant\ndaleux à moi, que j'aurais dû savoir ce que       qu'hommes.\ntout le monde sait, ce que l'Indépendance            « Aussi, à propos de la Princesse Maleine,\nbelge sait mieux que personne, c'est-à-dire       qu'avais-je besoin de crier au chef-d'œuvre?\nqu'il n'y a pas de poètes en Belgique, qu'il      Sans doute, la Princesse Maleine est un\nn'y a rien en Belgique, et même que la Bel-       chef-d'œuvre. Mais pourquoi est-elle un\ngique n'existe pas. Il paraît que j'ai été dupe   chef-d'œuvre, cette fâcheuse Princesse Ma-\nde grossiers mirages géographiques, et j'ai       leine qui semble, au premier abord, nous\npris des ombres mortes, des apparences            arriver de Belgique, de cette Belgique idéale\névanouies pour des réalités vivantes. La          qui n'existe probablement pas? Parce que\nBelgique ne trompe plus personne aujour-          cinquante jeunes, cent jeunes, tous les\nd'hui. La Belgique — cela est prouvé de           jeunes se disposaient à la concevoir, quand\ntoutes les manières — n'est qu'une plaisan-       M. Maurice Maeterlinck eut l'étrange audace\nterie inventée, un jour de festin, par            de la publier. Avec ces façons-là, qui sont\nM. Camille Lemonnier : une mauvaise               façons belges ordinaires, il n'est plus de lit-\nplaisanterie, comme on voit. Incorrigible et      térature possible. Et mieux vaudrait vendre\nparoxyste gobeur que je suis, j'ai donc été,      des saumures, surtout si des écrivains fran-\nune fois de plus, mystifié, et de la bonne        çais, impolitiques ou malintentionnés, se\nfaçon. Voilà un panneau dans lequel ne            mettent à soutenir cet insoutenable para-\ndonneraient pas M. Jules Lemaître et              doxe qu'il existe sur le globe terrestre une\nM. Bérardi. Oh ! comme on a dû se divertir        Belgique, dans cette Belgique, des Belges,\nde ma crédulité! Mon cas est humiliant, je        et, parmi ces Belges, des poètes, et des\nl'avoue, et j'avoue que j'en ai ressenti un       poètes de talent!... Où donc avais-je la\npeu de honte et beaucoup de dépit.                tête, quand me vint cette lubie?\n   « D'autres, moins catégoriques et plus            « Donc, je ne demanderais pas mieux de\njudicieux, et pareillement ironiques — et         faire amende honorable et, pour rentrer en\nce sont des jeunes, encore : les jeunes sont      grâce auprès des jeunes de mon pays, je\nterribles — pensent que la Belgique pour-         serais assez décidé à biffer, publiquement,\nrait exister, à la rigueur, mais qu'elle aurait   d'un trait de plume — qu'est-ce que cela\nle plus grand tort de se vanter de sa problé-     me coûterait? — et la Belgique, et les Bel-\nmatique existence, attendu qu'il n'y a là,        ges. La chose est facile. Mais — telle est la\nvraiment, rien de bien beau. Au dire de ces       tournure inquiète de mon esprit — j'y ai\nderniers qui sont de fort savantes gens, les      quelques scrupules. Au fond du révolté que\nBelges, si tant est qu'ils existent, au sens      je suis, il y a un réactionnaire timide qui\nstrictement biologique du mot, ne seraient,       sommeille. Je ne puis pas oublier, tout à\nà proprement parler, qu'une variété de sin-       fait, ce que j'ai appris autrefois, ce que j'ai\nges. Ce n'est pas ce qu'on appelle une            vu, ce qui m'a ému, ce qui m'a charmé.\nnation, c'est tout au plus une espèce zoolo-      Bruxelles, Anvers, Bruges, Liége, Gand,\ngique, assez curieuse en soi, totalement          toutes ces merveilles où dort tout un passé\ndépourvue de conscience et de responsa-           de gloire, où rayonne encore l'âme éternelle\n"}, {"page_pdf": 436, "texte": "                                        -    383 —\n\net protectrice de tant de génies ; les Van       vés d'amertumes, écœurés d'injustices, las-\nEyck, les Rubens, les Van Dyck, etc., com-       sés des luttes stériles et sans espoir, ont eu\nment admettre que tout cela n'est qu'un          cette joie si délicieuse et si grave de se\nrêve, ou qu'une blague de M. Camille Le-         savoir enfin compris, de se sentir enfin\nmonnier? Comment admettre aussi que les          aimés? C'est que je me souviens de Villiers,\nBelges, si hospitaliers, si passionnés d'art,    lorsqu'il revint de son dernier voyage en\nles premiers toujours à bravement accueil-       Belgique. Il était tout transfiguré. Lui,\nlir nos œuvres libres, à les défendre contre     connu chez lui de quelques amis et de quel-\nles routines de la critique asservie ou indif-   ques artistes seulement, il s'étonnait, avec\nférente, les premiers à les arracher de l'om-    cette outrance naïve qui le rendait si tou-\nbre où, chez nous, tout conspire, tout           chant, d'avoir rencontré, là-bas, tant de gens\ns'acharne à les ensevelir, les premiers à les    familiers avec son œuvre. Il fallait l'enten-\nacclamer, à les réaliser, dans leur forme        dre raconter les incidents de cette prome-\nvivante, comment admettre que ces Belges         nade triomphale, les honneurs amicaux qui\nne sont que des singes, ou qu'ils ne sont        lui avaient été rendus, les marques de dé-\npas?                                             férence qui s'attachaient, partout, à sa pau-\n                                                 vre personne, jusqu'alors et si durement\n  « Que diraient M. Léon Cladel, M. Emile\n                                                 sevrée des caresses de la gloire, des dou-\nBergerat, M. Chabrier, M. Reyer? Que\n                                                 ceurs mêmes de la louange. Cela lui avait\ndiraient tous les refusés du théâtre, des\n                                                 redonné confiance. Il faisait des projets,\nlibrairies, des expositions officielles, tous\n                                                 des projets qu'il expliquait avec de grands\nles pas-de-chance qui ont trouvé là, pour\n                                                 gestes d'enfant. Et ce souvenir, qui fut, dans\nleurs œuvres méprisées de nous, insultées\n                                                 sa vie toute pleine de rêves avortés, comme\npar nous, un asile fraternel et sûr? Que\n                                                 une courte halte de bonheur, l'accompagna\ndirait l'ombre de Villiers, ce pauvre et\n                                                 jusqu'à la mort.\ngrand Villiers, que nous avons laissé mourir\nde faim, et qui put entrevoir, aux dernières        «Ces souvenirs du passé, et ces souvenirs\nannées de sa vie, en cette vaine Belgique,       d'hier, me gênent pour dire tout le mal que\noù l'on entoura de respect sa douloureuse        pensent de la Belgique et des Belges cer-\npauvreté, ce qu'aurait été la gloire due à       tains jeunes, affamés de réclame, et qui\nson exceptionnel génie, par nous méconnu         s'imaginent qu'on les vole quand on parle\nou nié? Que dirait M. Stéphane Mallarmé          d'autres écrivains qu'eux. Parler d'un Belge,\nqui, hier encore, faisait entendre son élo-      c'est-à-dire de quelqu'un qui se sert de la\nquente et si fidèle parole à ces Belges, qui     même langue qu'eux, dont les livres peu-\nnon seulement ne ricanaient pas, mais le         vent s'étaler aux mêmes devantures à côté\ncomprenaient, ravis de la noblesse de ce         des leurs, n'est-ce pas une odieuse trahison?\nhaut et rare et exquis esprit, tant de fois      Et puis, quand je n'aurais, pour me défen-\nraillé par les plaisantins de la chronique,      dre contre cette tentation, qui ne me tente\nincapables de concevoir qu'il y ait tant d'art   pas, d'ailleurs, que la reconnaissance intel-\ndans un cerveau, tant de simplicité dans         lectuelle que je dois à M. Maurice Maeter-\nune âme? Où donc a-t-on mieux fêté qu'en         linck, cela suffirait à arrêter ma plume. En\nBelgique les inimitables œuvres de ces êtres     citant, l'autre jour, quelques extraits admi-\nde luxe, Huysmans, le fastueux et dégoûté        rables des Serres chaudes et de la Princesse\nchercheur des au-delà; Verlaine, le doulou-      Maleine, je n'avais pas lu les Aveugles, qui\nreux vagabond de la pitié humaine ; Lafor-       viennent de paraître récemment. Et ces\ngue, qui sut faire battre, dans ses phrases,     Aveugles, ces merveilleux Aveugles, ont\nle songe ailé des âmes invisibles et donner      encore fortifié mon enthousiasme pour ce\naux mots ce murmure et ce frisson des            jeune poète, qui est véritablement le poète\nchoses que seuls entendent, que seuls sen-       de ce temps, qui m'a révélé le plus de\ntent les précoces élus de la mort?               choses de l'âme, et en qui s'incarnent, le\n                                                 plus puissamment, le génie de sentir la\n  « Et si la Belgique, au contraire, était la    douleur humaine, et l'art de la rendre dans\nterre unique où ceux-là d'entre nous, abreu-\n"}, {"page_pdf": 437, "texte": "                                          — 384 —\n\nson infini de beauté triste et de tendre pitié.      Cette excellente marquise ne peut nous\n   « Et puis, et puis, il y autre chose.          pardonner d'être arrivée après M, Mirbeau.\n   «Les jeunes — certains jeunes— les jeunes      Elle a tort de nous en vouloir. La cave était\ndont je parle, me font rire avec les œuvres       là. Madame n'avait qu'à y descendre : elle\nqu'ils promettent toujours et qu'ils ne don-      aurait trouvé M. Maeterlinck.\nnent jamais. Ils me font rire avec leurs jour-\nnaux et leurs revues, leurs manifestes et\nleurs programmes. A les entendre, ils vont           Ce n'est pas tout : le Soir s'étant un peu\ntout révolutionner. Assez des vieux arts          amusé de la déconvenue de l'Indépendance.,\nmorts et des vieilles littératures pourries !\n                                                  la douce marquise s'est vengée, — spiri-\nDu nouveau ! du nouveau ! De l'inacces-\n                                                  tuellement — en accusant, nous ne savons\nsible, de l'inétreignable, de l'inexprimé! Et\n                                                  quel rédacteur du Soir d'être un raté et\ntoute cette belle ardeur, tout ce bruyant\n                                                  d'avoir voulu entrer à l'Indépendance.\ntapage se réduisent à ceci : appeler : « pied\n                                                     Cette fleur de polémique belge nous a\nplat » M. Edouard Noël, qui leur refuse\n                                                  paru mériter les honneurs de notre her-\ndesbillets de faveur pour l'Opéra-Comique.\n                                                  bier.\n« Sus à M. Edouard Noël ! » tel est le cri\nde guerre. Et ils s'étonnent que le public\nindifférent ne se demande pas : « Mais qui\nest donc ce M. Edouard Noêl, parqui la litté-        M. Edmond Cattier, le critique de la\nrature est serve, et qui est un si fâcheux        Galette a rendu compte de la Princesse\nempêchement à l'évolution de l'art nouveau?       Maleine (2e édition) sans éreinter la Jeune\nEt quand donc sera-t-il écrabouillé défini-       Belgique.\ntivement? »                                          C'est incroyable.\n   «Ces jeunes-là me feraientpresque aimer           Et l'article de M. Cattier est excellent, à\nles vieux Sarcey.                                 preuve le passage que voici :\n                    « OCTAVE MIRBEAU. »              « L'analogie entre Shakespeare et M. Mae-\n  Nous serions plus cruels que les rois du        terlinck me paraît assez lointaine. Elle ne\nDahomey si nous ajoutionsun mot à l'adresse       réside guère que dans la sobriété d'indica-\nde la douce marquise.                             tions du livret. Au demeurant, il y a un\n                                                  monde entre eux; Shakespeare est Renais-\n                                                  sance; M. Maeterlinck est Moyen-Age; il a\n   C'est la marquise elle-même qui, violem-       horreur des ornements inutiles; il est aussi\nment enrhumée par le vent qui vient de            économe de mots que les architectes gothi-\nParis, se met à se moucher coram populo :         ques l'étaient de pierres et de briques ; son\n   « Il est vrai, tout en signalant l'éloge dé-   drame est construit, sans en avoir l'air,\ncerné à l'auteur de la Princesse Maleine,         avec une précision mathématique; rien n'y\ntout en aidant dans la mesure de notre inin-      sert à rien; on n'y trouve pas une phrase\ntelligence à sa notoriété si vigoureusement       qui ne contribue à l'effet général ; sous les\nlancée par M. Mirbeau, nous avons formulé         apparences d'une fantaisie échevelée, il\nune vague réserve. Et aussitôt l'on a vu des      cache de savants calculs psychologiques,\nbonshommes de lettres nous prendre à par-         un art profondément rationnel : telles ces\ntie, et, se drapant dans la gloire toute ueuve    cathédrales qui n'ont paru, pendant long-\nde M. Maurice Maeterlinck, comme s'ils            temps, que dentelles et broderies, produits\nétaient tous ensemble les auteurs de la           d'une imagination débridée, et dont on ne\nPrincesse Maleine, nous dénoncer à la vin-        peut cependant, tant elles sont savamment\ndicte publique. »                                 conçues, enlever la moindre colonnette sans\n                                                  compromettre toute leur stabilité. »\n   O cette maladresse, marquise! Vous par-\nlez comme si les rédacteurs de l'Indépen-\ndance étaient tous ensemble les auteurs de\nl'article de M. Mirbeau?                            La Chronique, ayant reproduit, fort aima-\n"}, {"page_pdf": 438, "texte": "                                        — 385 —\n\nblement, notre article intitulé « la Nouvelle       «. Nous vous aimons surtout quand vous\nCroisade », nous sommes très étonné de           êtes Belges, car nous n'avons pas cessé de\nlire dans ce journal hospitalier la note dis-    souhaiter une forte décentralisation de la\ncourtoise et inconvenante que voici :            pensée française, devenue trop uniquement\n     Nous espérons bien qu'un directeur se       parisienne.\nsoumettra aux principes de l'auteur de la          « Permettez-moi d'oublier les frontières\nPrincesse Maleine; nous espérons même            politiques pour ne voir que la géographie\nque sans se laisser aller jusqu'à la grange      intellectuelle de l'Europe, et de dire que\net les tréteaux, l'Alcazar, où le directeur du   vous faites de l'excellente décentralisation\nSoir a tout à dire, ouvrira larges ses portes    française. De mon point de vue de Fran-\nhospitalières au Shakespeare gantois. »          çais, j'y vois un honneur pour la France,\n   La Princesse Maleine au Café-Concert.         comme de votre point de vue belge vous\nC'est charmant, et d'un goût?... Quel est        devez trouver là un témoignage de l'excel-\nl'onagre qui a commis cette onagrerie?           lente énergie de la nation et du sol belges.\n                                                 Vous nous faites voir un aspect particulier\n                                                 de notre pensée, comme le Genevois Rous-\n                                                 seau est indispensable à l'intégralité de la\n   M. Maurice Barrès, interviewé par la          pensée française.\nNation, a propos des relations franco-belges,      « Vos penseurs et écrivains font partie de\nà répondu par la déclaration que voici :         notre courant intellectuel. Vous profitez de\n   « Permettez-moi, toutefois, [de laisser le    nous, nous profitons de vous : nous sommes\nsoin de vous parler politique à des hommes       des associés. Et il ne peut y avoir entre les\nqui auront plus d'autorité. Si nous parlons      deux pays que des sentiments de haute\nde vos écrivains contemporains, nous tom-        estime et d'affection qui unissent des colla-\nbons en pleine bataille. Vous avez dix           borateurs. »\nrevues uniquement ardentes pour les choses\nd'art : l'Art moderne, la Jeune     Belgique,\nla Wallonie, la Pléiade, la Revue belge             Enfin, voici le bouquet.\n(nous pourrions continuer encore). On les           Le petit Gramadoch, de la Nation, tout\nexalte et on les dédaigne, du moins il est       en accordant « quelque attention » à la\nfort difficile de les ignorer. Nous sommes       Princesse Maleine, est fort mécontent des\ntous d'accord que M. Camille Lemonnier           « jeunes hommes de lettres qui affectent de\na écrit de beaux livres. Entre divers ou-        mépriser l'appréciation du public et d'écrire\nvrages du même écrivain, je préfère sans         seulement pour les quatre ou cinq éphèbes\ncomparaison Thérèse Monique, que lui-            qui prétendent concentrer dans leur cénacle\nmême dédaignerait peut-être. Ces brusques        la sélection de l'esprit artistique de l'huma-\ntournants dans la carrière d'un même écri-       nité ».\nvain, comme l'irascibilité de ces revues de         Gramadoch déplore que les écrivains\npoètes, prouvent une forte intensité de vie      belges semblent ignorer son existence, et\nintellectuelle.                                  se plaint de ne pas recevoir leurs œuvres.\n   « La Société Nouvelle et votre monde so-      Il prétend avoir été abîmé parce qu'il n'a\ncialiste ont une attitude bien particulière.     pas signalé la Princesse Maleine, et maudit\nIl est certain que des penseurs comme M. de      l'injustice d'on ne sait quels accusateurs.\nLaveleye ont conquis la haute estime de             Gramadoch exagère Gramadoch. Nous\ntoute l'Europe.                                  ignorons si les écrivains belges lui envoient\n   « Vous avez une merveilleuse vigueur          ou ne lui envoient pas leurs livres, mais ce\nde pensées et une vigueur toute belge. Com-      qui est certain c'est que personne, à Paris\nment ne vous aimerions-nous pas, nous            ni à Bruxelles, ne lui a reproché son\nautres Français, qui retrouvons chez vous        silence.\nnotre grande culture, avec des différences          Quant à la Jeune Belgique, justement\nd'appropriation au milieu ?                      émue par l'article de la Nation, elle s'est\n"}, {"page_pdf": 439, "texte": "                                         — 386 —\n\nréunie d'urgence et a nommé Gramadoch              Le théâtre de la Monnaie, depuis la\néphèbe du premier degré.                        réouverture, nous sert des Faust, des\n                                                Huguenots, des Esclarmonde, des Dragons\n                                                de Villars et des Mignon. Cette constata-\n   L'incident soulevé par les Entretiens\n                                                tion suffit. Un seul début intéressant :\npolitiques et littéraires nous a valu de pré-\n                                                celui de M\" 0 Nardi. A bientôt Siegfried, si\ncieux témoignages de sympathie de la part\n                                                M. Wilder ne dévore pas M. Servais.\nde nos collaborateurs français. La Jeune\nBelgique les remercie profondément.\n                                                   Albert Giraud annonce qu'il ne f...ra plus\n   Le lendemain de son article : Une nou-       rien jusqu'à la fin de l'année.\nvelle croisade », la Jeune Belgique a reçu\nle télégramme suivant de M. Antoine, direc-\nteur du Théâtre-Libre :                            A TRAVERS LES REVUES : Dans la Revue\n   <r Je proteste énergiquement en ce qui       indépendante, septembre, un conte remar-\nconcerne le Théâtre-Libre. A l'heure où         quable, d'allure sobre et grande, signé du\nvotre article paraissait, je venais de rece-    nom de notre collaborateur Bernard Lazare:\nvoir une pièce de Camille Lemonnier, de-        La Rédemption      d'Ahasvérus.\nmandez-lui en quels termes. Civilités.             Les sourds entendront-ils, enfin, l'appel\n                          « ANTOINE. »          de l'Art moderne proclamant à propos de\n                                                « l'événement Maeterlinck », le mouvement\n  La protestation de M. Antoine est d'au-\n                                                artistique de ces dernières années en Bel-\ntant plus significative que nous ne l'avions\n                                                gique?\npas mis en cause.\n                                                   Dans la France moderne, une protesta-\n                                                tion vigoureuse de P. Marius André, dont\n                                                ceci :\n   Pour clore l'incident Maeterlinck, la\n                                                   « Quelle que soit notre admiration pour\nJeune Belgique remercie à la ronde, et\n                                                M. Paul Adam, nous ne pouvons nous\navec impartialité, la presse qui la soutient\n                                                joindre à sa croisade contre l'esprit belge;\net celle qui l'attaque. Et au revoir!           nous nous refusons à croire que « Camille\n                                                Lemonnier est un composé de Oscar Mété-\n                                                nier et de Peyrelune » ; nous nous refu-\n   Le Journal de Bruxelles a publié sous\n                                                sons à croire que « les écrivains belges\nce titre « nos Poètes dramaturges », une\n                                                sont les reflets des écrivains français »,\nintéressante étude sur Charles Van Ler-         car jamais écrivain français n'a écrit l'In-\nberghe, Maurice Maeterlinck et Albert           truse, de Maurice Maeterlinck.\nGiraud.\n                                                   « Quant à M. Rodolphe Darzens (1), un\n                                                autre ennemi des Belges — nous ne lui\n   Notre collaborateur, M. Georges Kaiser,      concédons que le droit de se taire.\nest toujours en proie à la nona. Les méde-         « En cette querelle franco-belge, qui a pris\ncins ne dissimulent pas leurs inquiétudes.      des proportions diplomatiques et dont tous\n                                                les quotidiens de Bruxelles se sont offus-\nIls craignent que la catalepsie ne gagne les\n                                                qués, nous ne pouvons, raisonnablement,\nextrémités.\n                                                prendre partie pour les sottises de nos\n                                                compatriotes.\n  Pour paraître en octobre, chez Lacomblez,        « Que nos confrères belges, la Jeune Bel-\nContes de mon village, par Louis Delattre,      gique, la Pléiade, la Wallonie, la Chroni-\nun volume petit in-18 sur vélin blanc, tiré     que, etc., reçoivent donc de la France\nà 150 exemplaires, avec une introduction de\nGeorges Eekhoud. Prix : 3 francs.                 (1) A lire, dans la Jeune Belgique, la lettre rectifi-\n                                                cative de M. Rodolphe Darzens.\n"}, {"page_pdf": 440, "texte": "                                       — 387 —\n\nModerne les plus vifs témoignages de sym-         Notre mage ordinaire Léon Dardenne\npathie. »                                       dévoilera, dans notre prochain numéro, la\n                                                dernière œuvre de son confrère Joséphin\n                                                Péladan.\n   Pour clore une polémique, après avoir\nreproduit une lettre d'un ami non littéra-\nteur qui profite de sa signature : « un           A vendre, chez Mlle Ve Monnom, 32, rue\nadmirateur de la Princesse Maleine » pour       de l'Industrie, des cartes de visite d'occa-\ndire des choses peu agréables à Maurice         sion.\nMaeterlinck et aux autres, les Entretiens\nlittéraires et politiques mettent loyalement,\n                                                   Nous avons fait erreur en annonçant dans\nen regard, notre article du mois dernier,\n                                                un de nos précédents numéros la Déses-\nUne nouvelle croisade et terminent par la\n                                                pérée de Léon Bloy ; c'est la Prostituée qu'il\nnote suivante, dont nous remercions sincè-\n                                                faut lire. Annonçons aussi Belluaires et\nrement l'auteur :\n                                                Porchers, et Christophe Colomb devant les\n   « 11 est regrettable que l'article, semi-    taureaux dont les dernières épreuves vien-\nhumoristique, de notre ami Paul Adam,           nent d'être corrigées.\ncoïncidant avec la divulgation de notes\npar trop stupides de Baudelaire, ait pu\nprêter à croire à je ne sais quelles « coali-     Les quelques réflexions douces-amères\ntions immorales »— cet incident aura servi,    de la Wallonie, au sujet de la Jeune Bel-\ntoutefois, par une naturelle réaction, le bon  gique, lui ont mérité cette réplique de\nrenom de nos amis de Bruxelles, de Liége,      l'Art moderne : « Quelle drôle de chose\nde Gand. C'est un grand bien pour fort peu     que cette perpétuelle querelle pour savoir\nd'ennui. »                                     « qui est à la tête du mouvement d'art en\n                                               Belgique ».\n                                                  Voilà qui est bien dit. Quant à nous, qui\n   Dans la Plume, un nouvel article de         avions  adressé à la Wallonie nos senti-\nBloy : Cabanon de Prométhée. L'auteur, ments de sympathie pour la lutte qu'elle\nd'un Brelan d'excommuniés, consacre une avait soutenue avec nous en faveur de l'art\nlongue étude à un livre prodigieux publié en Belgique et qui regrettions une déser-\nen Belgique, en 1869, et dont la Jeune tion, — pensions-nous — il ne nous reste\nBelgique publia des fragments, il y a quel- plus qu'à les retirer, puisqu'elle s'en froisse.\nques années.                                   Mais que tout cela doit faire sourire nos\n                                               voisins ! Alors que tous les efforts devraient\n   11 s'agit des Chants de Maldoror, par le\n                                               être combinés pour une seule action, voici\ncomte de Lautréamont. On se rappelle\n                                               qu'une consœur nerveuse criaille à propos\nqu'après l'envoi, par nous, en France, de\n                                               même d'éloges que nous lui adressons,\ncette œuvre extraordinaire, Léon Bloy y\n                                               comme si on lui avait marché sur les\nconsacra quelques lignes dans son Déses-\n                                               petons. C'est ridicule tout cela.\npéré. La voix du grand écrivain fera-t-elle\nenfin sortir de l'ombre ce livre dont la place    La Wallonie veut avoir la première\nest marquée à côté des poèmes les plus place; qu'à cela ne tienne! Nous satisfe-\nbeaux. Ici, en Belgique, nous n'avons pu rons son caprice d'enfant gâté. C'est donc\nque le faire connaître des rares et purs entendu : elle est à la tête du mouvement\nartistes qui nous secondent; peut-être à en Belgique. Pour nous, qui concevons\nParis, où Léon Bloy en a voulu être le par- l'art au dessus de toutes les réclames\nrain, sera-t-il accueilli plus favorablement? d'écoles et de tous les manifestes littéraires,\nN'importe ! le fier écrivain du Désespéré nous continuerons à accueillir tous les écri-\nétait seul digne de présenter ce livre et nous vains de talent sans leur demander compte\nl'en remercions.                               de leurs opinions.\n"}, {"page_pdf": 441, "texte": "                                          — 388 —\n\n   Notre ami Mnubel a reçu les remercie-          Charles, l'exaltait, l'épanouissait. Mais à\nments de M. Méténier avec un mot aimable          peine l'a-t-on représenté sur les tréteaux de\nexpliquant la coïncidence dont nous avons         Louvain pourfendant avec rage la Jeune\nparlé. M. Méténier a pris son sujet dans la       Belgique, qu'il sent réveiller son ardeur,\nvie. « Notre malheur, dit-il, est que nous       saisit sa plus belle lance e' voilà mon\nn'avons pas d'imagination ».                     Don Quichotte en route. Quelle vigueur!\n   Possible!                                     on ne l'aurait jamais cru. A son âge!\n                                                 Ce n'est plus un homme, c'est un lion\n                                                 blessé, un diable dans l'eau bénite. A nous !\n    A ajouter au compte-rendu du Salon :         Il nous a tués ! nous laissons le soin de\n quelques belles eaux-fortes de Mme Jules        notre vengeance à nos descendants, c'est\n Destrée Danse, d'après Degroux, rendant         notre dernière recommandation.\ntrès bien l'impression de l'original et exé-\ncutées fort savamment. Remarqué aussi les\nChimères qui illustrèrent l'œuvre de notre     M. Firmin Van den Bosch, attaqué, lui\ncollaborateur Jules Destrée.                 aussi, par le suave pion de Louvain, à pro-\n                                             pos de sa brochure sur Max Waller, se\n                                             donne la peine de lui répondre dans l'Im-\n   Nous avons reçu de notre jeune compo- partial. Comme on a parlé beaucoup dans\nsiteur Xavier Carlier une charmante mélo- ces derniers temps de la Jeune Belgique et\ndie dont titre : Clair de lune.              du mouvement littéraire, m'sieu Charles\n                                             a cru le moment propice de se tailler une\n                                             belle réclame. A la place du jeune écrivain\n   La Princesse Maleine étant totalement gantois nous l'eussions tout simplement\népuisée, l'éditeur Lacomblez vient de faire déposé contre un mur.\nparaître une troisième édition du drame de\nnotre collaborateur; celle-ci sur très beau                      f\nvélin à fr. 3-50.\n  Chez le même éditeur :\n  Les Serres chaudes, nouvelle édition à           Le 20 octobre et jours suivants aura lieu,\n3 francs.                                       chez E. Deman, la vente de la bibliothèque\n  Les Aveugles, nouvelle éditionà3 francs.      de feu M. Renier Chalon. Des livres de\n                                                toute beauté, des raretés bibliographiques,\n  L'Appel des voix, par Ch. Sluyts.\n                                                des éditions curieuses, comprenant les arts,\n                                                les sciences, les lettres, les philosophies\n                                                formaient cette remarquable collection com-\n  A ton tour, m'sieu Charles!                   plétée par une suite d'estampes précieuses\n  Il a rabâché cette fois, et là, comme il      et de manuscrits originaux. Notons au\nfaut. Il y avait longtemps ! on ne s'amusait    hasard des exemplaires presqu'uniques\nplus à la Jeune Belgique, Charles faisait le    comme le Mirouer des pêcheurs, un livre de\nmort, la marmotte, quoi ! Il se contentait      Treitzaurwein, illustré de grandes figures\ntout bêtement d'être l'ami de Loise. C'était    sur bois par Hans Burgmair, etc. Nous\npas drôle. On eût dit qu'il avait réprimé sa    trouvons aussi le fameux Catalogue d'une\nféconde imagination le représentant déjà        très riche mais peu nombreuse collection de\ndécoré, professeur à une Université, aca-       livres de feu M. le comte de Fortsas, qui fit\ndémicien peut-être. « Hé! hé! On ne sait        accourir à Bruxelles tout ce que le monde\njamais ; il y en a d'autres encore plus gâ-     contient de bibliophiles et qui n'était autre\nteux ». Enfin, le R. P. vieillissait ; que      qu'une joyeuse fumisterie de Renier Cha-\nvoulez-vous! On ne peut pas être tous les       lon.\njours l'hôte prévenant d'un M. et M mc Sil-\nvestre, couple heureux dont la joie trouvée\ndans les saints principes rajeunissait m'sieu\n"}, {"page_pdf": 442, "texte": "   Nous invitons nos amis et nos abonnés qui ne recevraient pas régu-\nlièrement la Jeune Belgique à le faire savoir au plus tôt à la Direction.\n\n En vente chez l'éditeur EDMOND DEMAN, rue d'Arenberg, à Bruxelles :\n\nLa Damnation de l'Artiste\n                 PAR            IWAN             G I L K I N\n                              Prix : 15 francs.\n\n                         VIENT DE PARAITRE\n          chez CHARLES VOS, éditeur, rue des Paroissiens, Bruxelles :\n\n                           MAXIME\n                     A CHIMERICAL TALE\n                              par ARNOLD GOFFIN\n    Prix : Japon, fr. 1200. — Hollande, fr. 5-00. — Vélin teinté, fr. 3-50.\n\n     Vient de paraître, chez ALBERT SAVINE, 12, rue des Pyramides, P a r i s :\n\n                         MIETTE\n                              par HENRY MAUBEL\n                                 Prix : F r . 2-50.\n\n             Vient de paraître chez LÉON VANIER, Paris :\n\n      LAME DES C H O S E S RECUEIL DE POÈMES EN P R O S E\n\n                  par H E C T O R   CHAINAYE\n                          Prix : 2 francs.\n\nViennent de paraître chez l'éditeur LACOMBLEZ, 33, rue des Paroissiens :\n\n               LES AVEUGLES\n                   par M A U R I C E MAETERLINCK\n  150 exemplaires sur papier vergé, à 3 francs.\n\n              LES FLAIREURS\n                    par CHARLES VAN L E R B E R G H E\n  125 exemplaires sur papier vergé, à 1 franc.\n   25     id.     sur Hollande, à 2 francs.\n\n  I M P R E S S I O N S D ' A R T , par EUGÈNE DEMOLDER, chez\nMadame Ve Monnom.\n\n  L A S O C I É T É N O U V E L L E . Abonnement 1 an : 10 francs.\nAdministration générale : 18, rue d'Edimbourg, Bruxelles.\n\n   GIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\ncines, 16, à Paris.\n   Un numéro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs; en vente\npartout.\n"}, {"page_pdf": 443, "texte": "     Œ U V R E S DE NOS C O L L A B O R A T E U R S\n\nCharles BUET . . .        La Princesse Gisèle.\nHector CHAINAYE . . .     L'Ame des choses, chez Vanier, Paris.\nEugène DEMOLDER . . .     Impressions d'art, chez M me V e Monnom, Bruxelles.\nMaurice DESOMBIAUX .' .   Les Chants des Jours lointains, Bruxelles.\nJules DESTRÉE- . . . .    Lettres à Jeanne.\n       —                  Les Chimères.\n       —                  Transpositions japonaises.\nHenri DE RÉGNIER . . .    Les Lendemains (épuisé), chez Vanier, Paris.\n       —                  Apaisement           —            —\n       —                  Sites                —            —\n       —                  Episodes             —            —\n       —                  Poèmes anciens et romanesques, Comptoir d'éditions, Paris.\nGeorges EEKHOUD . . .     Kees Doorik, 2 vol., chez Kistemaekers, Bruxelles.\n       —                  Kermesses, 1 vol.,              —              —\n       —                  Les Milices de Saint-François, chez Monnom.\n       —                  Nouvelles Kermesses,                   —\n       —                  La Nouvelle Carthage, chez Kistemaekers.\nAndré FONTAINAS . . .     Le Sang des Heurs, chez Monnom.\nIwan GILKIN               La Damnation de l'artiste, chez Deman, à Bruxelles.\nAlbert GIRAUD . . . .     Pierrot lunaire, chez Lemerre.\n       —                  Hors du Siècle, chez Vanier.\n       —                  Pierrot Narcisse (épuisé).\nArnold GOFFIN . . . . .   Journal d'André, chez Moens, Bruxelles.\n                          Delzire Moris.          —         —\n       —                  Impressions et Sensations, chez Vanier.\n       —                  Maxime, chez Ch. Vos, Bruxelles.\nJ.-K. HUYSMANS. . . .     La Bièvre, chez Genonceaux, Paris.\nCamille LEMONNIER. . .    Le Possédé.\nGrégoire LE ROY . . .     Mon Cœur pleure d'autrefois, chez Monnom.\nMaurice MAETERLINCK. .    Les Serres chaudes, chez Lacomblez, Bruxelles.\n       —                  La Princesse Maleine,         —              —\n       —                   Les Aveugles,                —              —\nStéphane MALLARMÉ . .     Poèmes d'Edgar Poe, chez Deman.\n       —                   Poèmes (épuisé).\n       —                  Villiers de l'Isle-Adam, chez Bailly, Paris.\n       —                  Pages (à paraître), chez Deman.\nHenry MAUBEL . . . .       Une Mesure pour rien, chez Monnom.\n       —                  Miette, chez Savine, Paris.\nFrancis NAUTET . . .      Notes sur la littérature, chez Savine.\nFernand SEVERIN . . .     Le Lys, chez Lacomblez.\nJames VANDRUNEN . .. .    Carnets de voyage (hors commerce).\nFrancis VIELÉ-GRIFFIN .   Cueille d'avril, chez Vanier.\n       —                  Les Cygnes,           —\n       —                  Ancceus,              —\n       —                  Joies, chez Tresse et Stock, Paris.\nCharles VAN LERBERGHE .   Les Flaireurs, chez Lacomblez.\n Paul VERLAINE . . . .     Parallèlement.\n       —                   Dédicaces.\nEmile VERHAEREN . . .      Les Flamandes.\n       —                  Les Moines.\n       —                   Les Soirs, chez Deman.\n                           Les Débâcles,      —\n      —                   Les Flambeaux noirs (à paraître).\nMax WALLER    . . . .      La Vie bête.\n      —                    L'Amour fantasque.\n      —                    Le Baiser.\n      —                    Lysiane de Lysias.\n      —                    Flûte à Siebel (vers) (à paraître).\n\n\n                 Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 82, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1890-10-01", "preuve": "Octobre 1890, numéro 10, couverture PDF 408 ; aucun jour imprimé."}}