{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Novembre 1890", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 444, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 181, "texte": "Novembre 1890                        T O M E IX — N° 11                                 10me Année.\n\n\n\n\nLA\n     JEUNE\n                 BELGIOUE\n                                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 444, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 181, "fin_caractere_exclue": 1668, "texte": "SOMMAIRE:\n         Le Dixième Anniversaire de la Fondation de\n            « La Jeune Belgique »                     L A JEUNE BELGIQUE.\n         Assomption                                   PAUL VERLAINE.\n         Laissons une heure mourir. . . . . .         FRANCIS VIELÉ-GRIFFIN.\n         L'impératrice Félise                         ANDRÉ FONTAINAS.\n         Madeleine                                    ALBER JHOUNEY.\n         Jardin d'amour                               V A L È R E GILLE.\n         Album à T o t o                              TOTO.\n         Chronique littéraire :\n           La Sonate à Kreutzer                       F . S.\n         Chronique artistique :\n           Au Palais du Cinquantenaire.     . . .     F . S.\n         Chronique musicale :\n           Le Concert Lamoureux                       INTÉRIM.\n         Memento                                      NEMO.\n\n\n\n\n                                                                   BRUXELLES\n          REDACTION                                        PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n55, BOULEVARD D'ANDERLECHT, BRUXELLES.                         3l rue des Paroissiens.\n                                                                        PARIS\n                                                          LIBRAIRIE DE l'Art Indépendant\n      PRIX DU N U M É R O                                      11, rue de la Chaussée d'Antin\n\n             F r . 0-75                                                    1890\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "remerciements pour les Contes et Nouvelles", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA JEUNE BELGIQUE est en vente", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 445, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 503, "fin_caractere_exclue": 2337, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n   86. — C'est par erreur que nous avons annoncé la nomination d'André Fontainas\ncomme directeur de la Jeune Belgique à Paris; c'est au Tonkin qu'il faut lire. Nos cor-\nrespondants de l'Extrême-Orient sont donc priés de lui adresser toutes leurs communi-\ncations.\n   87. — V. D. Pas de blague, n'est-ce pas ? Vos vers sont idiots; prière de ne plus vous\nfaire passer pour Gramadoch.\n   88. — O. COLSON, Liége. Vous trouverez encore quelques exemplaires des Chants de\nMaldoror chez Lacomblez, 33, rue des Paroissiens, à Bruxelles, au prix de fr. 3-50. Bien\nà vous.\n   89. — FRANZ RUTY, Mons. Mille choses aimables pour votre charmante lettre ; mais\nvos vers !\n                                  Pas une étoile chère\n                                  P e r l a n t au front du soir;\n                                  Pas un souffle sur terre\n                                  Où mon rêve s'asseoir.!\n   En voira un bizarre siège pour un rêve ! Vous nous avez fait parvenir des vers meilleurs\nque ceux-ci; puis ce front du soir ! Auriez-vous, peut-être, assisté à l'inauguration de la\nfontaine publique élevée à la mémoire de Lamartine i\n  go. — BAYOT (JOSEPH) Baille aux corneilles, mon vieux; panse tes nostalgies de Mared-\nsous, laisse verdir ta redingote dans la cité carolingienne, mais laisse Maleine dormir son\ngrand sommeil.\n  91. — ALGUSTE MEULEMANS, Paris. Malheureusement ceci ne cadre pas avec notre\nrevue; ensuite, si nous ne nous trompons, cette biographie a déjà paru. Mille regrets.\n  92.— JEAN JULLIEN, Paris. Recevons à l'instant l'Echéance. Compte-rendu au pro-\nchain numéro.\n  93. — ALFRED LAVACHERY. Sommes forcés de remettre en décembre le splendide volume\nque vous avez fait parvenir à la Jeune Belgique.\n  Félicitations dès aujourd'hui et remerciements pour les Contes et Nouvelles.\n\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 389, "page_fin": 393, "titre_corps": "Le Dixième Anniversaire de la fondation de La Jeune Belgique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "Le Dixième Anniversaire", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 446, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1404, "texte": "Le Dixième Anniversaire\n   DE LA FONDATION DE       « LA J E U N E BELGIQUE »\n\n\n\n\n                            LA JEUNE    BELGIQUE      va bientôt\n                           accomplir sa dixième année. Il nous\n                           vient une certaine fierté, lorsque,\n                           regardant en arrière, nous voyons tout\n                            le chemin parcouru et tous les obsta-\n                               cles surmontés ; il nous a fallu\n                                beaucoup d'enthousiasme, beau-\n                                coup d'énergie, beaucoup de foi\n               dans l'œuvre que nous avions entreprise. Malgré\n               l'hostilité envieuse des uns, le dédain et le\n               silence des autres, nous avons gravi la route de\n               l'art sans faiblesse, sans avoir jamais songé un\n               instant à rendre notre plume à la garnison\n             décrépite qui se barricadait vainement derrière\n             la souveraine routine. Des concessions, jamais\n             nous n'en avons faites ; le drapeau de guerre de\n             la Jeune Belgique ne s'est jamais changé en dra-\n             peau parlementaire ; il ne s'est jamais courbé\n             devant l'ennemi. Certes, hautement nous pouvons\nle dire, il n'a aucune tache. Il y a encore sans doute des\ninconvertis ; mais ceux-là même devront nous respecter lors-\n"}, {"page_pdf": 447, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "                            — 390 —\n\nqu'ils se représenteront une revue littéraire éclose dans une\nterre inhospitalière, sans appui d'aucune sorte, sans avoir une\nseule fois sollicité un secours déshonorant, fêter, plus forte\nque jamais, plus fière et plus ardente, la dixième année de\nsa fondation. Car nous savions parfaitement en nous révoltant\ncontre les principes mécaniques d'un art qui n'était plus que\nle gagne-pain de quelques affamés non d'idéal mais d'or et de\ndécorations, en brisant le vieux bric-à-brac poussiéreux des\nconventionnelles formules, en bousculant le grenier aux acces-\nsoires d'un théâtre de marionnettes, en chassant à grands coups\nde trique les marchands du Temple, quelles colères nous\nallions soulever ! On ne pique pas impunément de l'aiguillon\nles bœufs parqués. Mais taper ferme et fort, sans merci,\nc'était le plaisir de la lutte et cela raffermissait notre jeunesse\net notre force. Et parfois, lorsque quelque ruminant impotent\nse jetait tête baissée parmi nous, nous eûmes quelque plaisir\nà le faire trébucher lourdement.\n   Nous attendons sans peur le jugement du public qui pense\net qui lit. Sachant que le culte de l'art est toujours en rapport\nchez un peuple avec son développement intellectuel, nous\navons voulu réveiller la Belgique de sa torpeur, lui rappeler\nl'antique héritage qu'elle détient. Par sa position géographique\nmême, notre pays devra forcément reprendre la situation\nqu'il possédait autrefois, lorsque les Memling, les Van Eyck et\ntoute l'école de la Renaissance fleurissaient parmi nous.\nPlacé entre l'Angleterre, l'Allemagne et la France, il doit\ndevenir le centre intellectuel du Nord où viendront se con-\nfondre les courants artistiques de ces trois grandes races.\nNous croyons en l'avenir et c'est pour cela que nous luttons\nsans faiblesse. Alors qu'il nous était si facile d'abandonner,\ncomme tant d'autres, une ville qui, confinée dans de mes-\nquines discussions personnelles, sans une idée large et générale,\nnous rebutait, et d'aller vivre à Paris dans une libre et\nrayonnante atmosphère d'art, nous avons préféré nous laisser\nhuer ou dédaigner par les pygmées dont la bêtise suffoquerait\nsi on ne les dépassait de la tête. Ce sont eux qui étaient en\n"}, {"page_pdf": 448, "page_imprimee": 391, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2239, "texte": "                            —   3()i   —\n\n\ntrain de faire à la Belgique cette réputation jetée, il y a quel-\nques jours encore, à la face de tous nos artistes par nos voisins.\nEt ceux, à Paris, qui prirent vivement notre défense, les Mir-\nbeau, les Barrès, quels arguments firent-ils valoir? Ce furent\nNOUS, les Jeunes, qu'ils remercièrent d'avoir accueilli Cladel,\nVilliers, Mallarmé et tant d'autres, ce furent NOUS qu'ils félici-\ntèrent d'avoir fondé des revues littéraires pleines d'audace, de\npublier des œuvres fortes et belles, de découvrir d'un coup\nd'oeil les artistes véritables. Cette fois, la voix fière qui nous\ndéfendait — par delà les frontières — fut entendue; on\nécouta, peut-être un peu ironiquement, mais on écouta.\n   Ce beau rêve que nous rêvons depuis dix années : faire de la\n Belgique un centre intellectuel et artistique, faire affluer\nparmi nous les penseurs, les savants et les artistes, développer\nchez nous le goût des hautes études et l'éducation esthétique,\nnous le verrons réalisé. Qu'on ne nous accuse pas de rester\nindifférents à tout ce qui ne concerne pas la littérature ; nous\napplaudissons à tous les efforts tentés pour relever notre pays\net lui faire prendre la place qu'il devrait occuper en Europe.\nMais forcément notre domaine est restreint. C'est l'Art dans\ntoutes ses manifestations que nous voulons propager, l'Art qui\nne peut, d'ailleurs, s'épanouir librement que là ou l'intelligence\ns'est le plus développée.\n   Il y a deux ans nous eûmes quelque espoir de voir notre\ncapitale se placer définitivement au premier rang. Grâce à\nl'éducation musicale donnée avec tant d'énergie et de persévé-\nrance par un homme de la plus haute compétence, qu'ici nous\nvoulons publiquement remercier, Joseph Dupont, on a pu un\ninstant croire que Bruxelles allait devenir le Bayreuth du\nnord. Après les représentations mémorables de la Walkyrie,\non songea à donner la tétralogie complète. C'était faire de\nnotre ville un lieu de pèlerinage; et certes, à ces représen-\ntations qui eussent dû être des solennités, nous eussions vu\naccourir tous nos voisins, les Anglais, les Hollandais, dont\nl'éducation musicale est si avancée, et les Français habitués\ndéjà à venir entendre chez nous les œuvres que Paris leur\n"}, {"page_pdf": 449, "page_imprimee": 392, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2188, "texte": "                            — 392 —\n\nrefuse. Nous pensions avoir notre Weimar où dans une\npuissante émulation, tous les artistes auraient tenté, pleins de\nconfiance, de vaincre la Chimère. Ceux qui auraient dû voir\ndans cette tentative la rénovation artistique du pays en firent\nune question personnelle, ceux qui, par leur position, auraient\ndû faire triompher cette œuvre nationale continuèrent leur\nbasse besogne, déjà oubliée aujourd'hui.\n   Ils n'ont donc jamais songé que leur repoussante personne,\nque leurs actes, plus repoussants, si c'est possible, sont destinés\nau plus misérable oubli; ils n'ont jamais pensé, il est vrai,\nsans cela ils sauraient que, tandis que l'œuvre d'un artiste\nfranchit les siècles et arrive jusqu'à nous, aussi vraie, aussi\nbelle qu'il y a mille ans, tous leurs pareils sont rendus aux\nabîmes avec le dégoût de la plus hideuse pourriture.\n   C'est que l'Art crée hors du temps et de l'espace, et sait\n donner à tout ce qu'il touche un caractère d'éternité. Et voilà\npourquoi l'Art est le plus beau et le plus vaste moyen\nd'expression.\n   Il y a un an, un homme sachant lire et écrire, de plus élu\nmembre de la Chambre des représentants, osait réclamer\ncontre l'Art en faveur de la grande voirie, s'écriant : « Je vis\nde bonne soupe et non de beau langage », et personne n'a\nsongé à lui répliquer : \" Les porcs aussi \".\n   Quant à nous, notre œuvre est là, sûre de l'avenir. Ces dix\nvolumes de la Jeune Belgique resteront, comme la preuve\nde la renaissance artistique dans notre patrie.\n   Un instant nous avions cru dresser la liste de nos collabo-\nrateurs, ainsi que celle des livres publiés jusqu'à ce jour;\nmais la place nous ferait défaut. Elle est énorme la produc-\ntion littéraire de ces dernières années ; que l'on jette seulement\nun regard sur le catalogue de notre éditeur Lacomblez. Cet\nélan ne s'arrêtera pas là ; annonçons déjà le Livre de Camille\nLemonnier, les Dernières Fêtes d'Albert Giraud, les Fusillés de\nMalines de Georges Eekhoud, les Flambeaux noirs d'Emile\nVerhaeren, le deuxième cahier de vers d'Iwan Gilkin, Contes\nde mon village de Louis Delattre, le Don de l'Enfance de\nFernand Severin, Dans le Rêve de Georges Destrée, etc.\n"}, {"page_pdf": 450, "page_imprimee": 393, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1715, "texte": "                              — 393    -\n\n   Dix années viennent de s'écouler, dix années de luttes, de\npropagande; soyons prêts à recommencer, plus vaillamment.\nDepuis notre début, notre groupe s'est renforcé de nouvelles\nrecrues, nous ne sommes plus seuls à faire la trouée; l'Art\nModerne, la Wallonie, la Pléiade défendent la même cause.\nLa partie est belle ; avec de la persévérance nous triom-\npherons.\n   Aujourd'hui, nous faisons appel à tous nos amis, A TOUS. Il\nfaut que l'on entende le mot Jeune Belgique dans son sens le\nplus large, c'est-à-dire comprenant tous les artistes jeunes,\npleins d'audace et de foi. C'est à ceux-là que nous demandons\nd'être des nôtres; réunissons toutes nos forces pour proclamer\nbien haut la vitalité de l'art nouveau en Belgique. A un ban-\nquet, qui sera une cordiale et franche réunion, nous vous\nprions d'assister, TOUS, dans la première quinzaine de janvier;\nla date exacte nous la ferons connaître sous peu. En attendant,\nAMIS, faites provision de gaieté et d'enthousiasmes.\n\n                                           LA J E U N E BELGIQUE.\n\n\n\n\n  La \" Pléiade \" et « la Jeune Belgique ».\n  Au m o m e n t de recommencer la lutte, nous reprenons de nou-\nvelles forces. LA P L E I A D E qui fut dirigée avec tant de vaillance\npar Paul Lacomblez pendant deux a n n é e s , nous tend la main\nfraternellement. Désormais nous ne ferons plus qu'une seule revue\nplus forte, plus jeune, plus entreprenante. Notre éditeur sera Paul\nLacomblez. D a n s notre beau projet de réunir à Bruxelles tous les\nartistes unis, il veut nous aider fièrement.\n  Déjà connu par ses successives éditions de LA PRINCESSE\nMALEINE et des AVEUGLES, il lancera à son tour LA J E U N E\nB E L G I Q U E "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 394, "page_fin": 394, "titre_corps": "Assomption", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paul Verlaine", "ancre_debut": "ASSOMPTION", "ancre_fin": "PAUL VERLAINE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 451, "page_imprimee": 394, "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 818, "texte": "ASSOMPTION\nL'autel bas s'orne de hautes mauves;\nLa soutane blanche est toute en fleurs;\nA travers les pâles vitres jaunes\nLe soleil se répand comme un fleuve.\n\nOn chante au graduel : Fl-LI-A!\nD'une voix si lentement joyeuse\nQu'il faudrait croire que c'est l'extase\nD'à-jamais voir la Reine des cieux;\n\nLe sermon du tremblotant vicaire\nEst gentil plus que par un dimanche,\nQui dit que pour s'élever dans l'air\nFaut être humble et de foi cordiale;\n\nIl ajoute, le cher vieux bonhomme,\nQue la gloire ultime est réservée,\nSur tous ceux qui vivent dans la pompe,\nAux pauvres d'esprit et de monnaie;\n\nOn sort de l'église après les vêpres\nPour la procession si touchante\nQui a nom du Vœu de Louis Treize :\nC'est le cas de prier pour la France.\n\n\n                                  PAUL VERLAINE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 395, "page_fin": 395, "titre_corps": "Laissons une heure mourir", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Francis Vielé-Griffin", "ancre_debut": "LAISSONS UNE HEURE MOURIR", "ancre_fin": "FRANCIS VIELÉ GRIFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 452, "page_imprimee": 395, "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 1422, "texte": "LAISSONS UNE HEURE MOURIR..\nLaissons une heure mourir sans sonner\nLe glas, monotone, enfin, de nos vies\nEt le requiem des vieilles douleurs ;\nD'autres viendront, par les sentes suivies,\nQui ne voudront savoir que nos baisers — les leurs —\nPar le champ des épis et des bleuets en fleurs\nQue l'amour éternel ne pourra moissonner\nEt que nourrit le fleuve oublié des douleurs.\n\nRetourne-toi vers tout ce Passé;\nVois, dans le crépuscule, là-bas :\nQue vit-il encore des heures qui furent?\nVois : les lueurs de joie — et le reste, effacé\nSous l'ombre que stellent les bonheurs qui durent —\nJusqu'à nous rayonnantes de rires lilas\n— Jusqu'à nous, hors de l'ombre des heures qui furent\n\nLa cendre de haine est un voile léger\nAu firmament où la nuit descend;\nLe sang de nos cœurs en doux vin s'est changé\nQue le Passé verse en l'or du couchant;\nLe rêve enfantin, en sa noblesse insigne,\nQue tu nourris des soirs à tes lèvres d'alors,\nMonte dans l'essor ébloui des grands cygnes\n— Candeur irradiante en les ors;\nEt voici la nuit idyllique descendre\nEt l'or et la pourpre se tassent en cendre\nOù les feux du couchant de nos désirs sont morts.\n\nQue pleurions-nous ? — notre amour est le même,\nTon âme est plus pâle et mon rêve plus beau —\nAh! qu'importe, vraiment, que le vent d'ouest sème\nDerrière nous, la cendre du flambeau ?\n\n                                  FRANCIS V I E L É - G R I F F I N ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 396, "page_fin": 403, "titre_corps": "L’Impératrice Félise", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "André Fontainas", "ancre_debut": "L IMPÉRATRICE FÉLISE", "ancre_fin": "ANDRÉ FONTAINAS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 453, "page_imprimee": 396, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2555, "texte": "L'IMPÉRATRICE FÉLISE\n                                        La Mort, selon les Sauvages, est une grande\n                                     femme fort belle, à laquelle il ne manque que\n                                      le cœur.\n                                            FRANÇOIS-RENÉ, vicomte DE CHATEAUBRIAND.\n\n\n                                        I\n\n               En la haute cathèdre d'onyx, que des cabochons d'améthyste\n                constellent, l'impérial vieillard est immobile, songeur. Les\n                boucles étirées de sa longue barbe grise s'emmêlent à l'orfroi\n                éteint de sa stole de pourpre ; sa tête au long visage exsangue,\nlourd de gros plis livides, se courbe sous la tiare de pierreries et d'or ;\nrarement ses paupières appesanties se lèvent sur des regards atones d'où\nl'étincelle vivante s'est à jamais échappée, et ses mains décharnées appuient\nà ses genoux le massif sceptre d'argent.\n    Il songe à la gloire de ses aïeux qui soumirent des nations sans nombre,\nqui établirent par la violence, et par la sagesse surent maintenir la supré-\nmatie de sa maison ; il songe aux nobles et grandes choses qu'ils ont accom-\nplies, aux expéditions lointaines qui les ont enrichis, aux prospérités\ninespérées dont ils ont comblé leurs peuples, à leur prudence dans le gou-\nvernement des Etats, à leur audace dans les guerres.\n    Il songe aussi à ce qu'il a fait, lui après eux, et à ce qu'il aurait dû faire.\nDepuis qu'il règne, les hordes pillardes ont envahi les frontières de son\nempire, saccageant et tuant partout sur leur passage, sans qu'il ait eu seu-\nlement la pensée de les combattre. En même temps, ses soldats, indisci-\nplinés, à peine nourris, misérablement vêtus de haillons jamais renouvelés,\npour vivre se transformaient en bandits, pendant que lui, dans les débauches\nstupides et les irrésolutions de sa chancelante volonté, laissait se lentement\ndétruire la robuste ardeur native de son âme et de son corps. Peu à peu il\nen était venu à ne pouvoir soutenir un glaive en ses doigts débiles ; il\nn'avait plus l'énergie de s'informer de ce qui se passait autour de lui, et le\nnom de ses ministres lui était inconnu.\n   Tel, spectre perdu en des songeries incertaines, sans désir, sans presque\nde regrets parmi ses souvenirs, oublié de ses sujets, négligé de ses courtisans,\nméprisé de ses proches, il demeurait des semaines entières seul dans une salle\nsouterraine, dont le mystère vague à travers l'opacité des vitraux s'éclairait\n"}, {"page_pdf": 454, "page_imprimee": 397, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2865, "texte": "                                  — 397 —\n\ndu frôlement furtif de quelque rayon. Ses eunuques et ses femmes qui\nrégnaient à sa place ne connaissaient pour règle que l'inconstance de leur\nfrivolité capricieuse ou de leurs sanglantes frénésies. Sans courage pour s'op-\nposer à cette usurpation, il les laissait faire, indifférent, et même, lorsqu'il\ns'y croyait contraint, il souriait à leur démence.\n   Or, ce jour-là, depuis des heures et des heures dans sa cathèdre affaissé de\nla sorte et rêvassant au hasard, soudain il releva la tête, les yeux grands\nouverts, attentif au bruit que faisaient dans l'ombre des pas qui se rappro-\nchaient. Une femme jeune et d'une allure majestueuse. Sous son front un\npeu court, comme deux lacs d'azur et de ténèbres pailletés d'or, l'obscur\nvelours de ses yeux profonds flamboyait; son nez droit, brusquement\narrêté, frémissait de l'ardente palpitation de ses narines arrondies; sa\nbouche étroite, grasse, sensuelle, tendait des lèvres avides et rouges comme\nune grenade ouverte; ses épaules larges étincelaient, ferme duvet de marbre\ncandide, et l'un de ses seins à découvert, bombé comme un bouclier, dardait\nla flamme rose de sa pointe plus délicate que la pulpe fraîche d'un fruit de\nsoleil. Ses bras robustes étaient nus. Sa robe, faite d'un neigeux pennage\nde paons immaculés, semée de topazes et de béryls, par une agrafe opale\nfermée au dessus de l'épaule, glissait sur la poitrine, dont elle voilait une\nmoitié, s'en venait presser la taille et en accusait la ployante sveltesse, puis\nen plis onduleux, s'épandait jusqu'à terre en une traîne bordée d'argent\nterne, tandis que tout du long, depuis la hanche fendue, elle s'ouvrait du\ncôté droit au galbe impatient d'une harmonieuse jambe rattachée à son\npied, frémissant oiseau à peine posé sur le haut patin de velours, par le\ngracile orgueil de sa cheville élégante. Triomphale, elle approchait du\ndynaste épuisé, et sur le jade transparent de son cou pareil à une tour,\nl'ombre bleue de sa royale chevelure se projetait.\n   C'était l'impératrice Félise, dont la beauté éblouissait l'univers. D'une\nparole de sa voix soyeuse, elle courbait le front des éphèbes et jetait l'affo-\nlement dans l'esprit des vieillards ; d'un éclair de ses regards, elle les eût\nfrappés à mort. L'empereur, trois années auparavant, l'avait remarquée\nparmi les servantes de son palais : comme il traversait une galerie de ser-\nvice, il entendit derrière lui une voix jeune railler avec gaillardise la stéri-\nlité de ses femmes. Furieux, il se retourna, prompt à châtier; mais la\nmagnificence de Félise, qui froidement fixait sur lui ses larges yeux dédai-\ngneux et impudents, le subjuga. Il fit de cette femme sa concubine, il lui\ndonna rang parmi ses épouses, et. après quelques jours, au milieu de la\npompe d'une cérémonie grandiose, publiquement il lui décernait-le titre\nd'impératrice.\n"}, {"page_pdf": 455, "page_imprimee": 398, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2969, "texte": "                                  -   398    -\n\n   Elle avait su conserver son influence sur le cœur faible du vieillard, et\nce fut elle-même qui parvint à le reléguer en l'exil de ses souvenirs, car\nelle voulait seule rester la maîtresse du palais et la dominatrice des nations.\n    Pour la première fois depuis l'époque où elle l'avait ainsi dépossédé de\ntoute son autorité, elle se présentait devant lui durant le jour et lui parlait\nsans y être contrainte. Prosternée, ainsi qu'une suppliante elle tendait\nvers le thrône le calice pâle de ses mains enlacées.\n   « Maître, s'écriait-elle, pour quelle honte m'as-tu élevée à la suprême\npuissance? Dois-je être la risée des envieux et des méchants? — Certes,\njeune et ignorante, je me fusse résolue en mon âme à tous les sacrifices\nd'un futile honneur pour devenir ta préférée, pour me rendre digne d'être\nl'élue parmi tes épouses; j'étais éblouie par le vain mirage de ta splendeur!\nEt le jour où s'éveilla ton cher amour, où, grâce à ta bienveillante faveur,\nfleur souillée par la fange de mon rêve virginal, je m'épanouis à la vivifiante\nclarté de tes rayons, ce me fut un jour d'extase éperdue, et l'inespéré de mes\nnaissantes félicités me faisait trembler du tremblement involontaire d'un ravis-\nsement céleste. Tu fis de moi la reine de ta fortune, la maîtresse sans con-\ntrôle de tes peuples, et j'ai connu l'amertume, hélas! de ma royauté. Mes\ndésirs ignoraient les harcelants outrages qui, comme des chiens blessés,\nhurlent dans la nuit de leur scurrilité après l'astrale aurore des gloires qui\nsurgissent. Oui ! aujourd'hui encore, hier, toujours ! de tes sujets, haineux\net lâches, parmi les plus grands il s'en est trouvé pour insulter à la jeunesse\nde ma domination, et ceux-là sont si haut placés qu'il m'est interdit de les\natteindre et de les frapper ! Maître, ils m'ont poursuivie d'ironies glaçantes,\nou, comme ils l'eussent fait d'une courtisane, du méprisant affront de leurs\nconvoitises brutales. N'est-il pas temps que leur hardiesse soit enfin\nrefrénée? Si j'acceptai naguère à ta décharge la fatigue des impériales\nobligations, si mon activité et la volonté de mon affection prudente ren-\ndirent à la lassitude de tes vieilles années le loisir des jouissances calmes\nqui leur étaient dues, pour seules assumer la lourde tâche de l'hégémonie,\nn'est-il pas juste que je puisse me défendre de mes ennemis comme des\nennemis de l'empire, puisque les uns comme les autres rêvent d'anéantir\nsous leurs offenses ou leurs attaques, celle que tu as revêtue de ton\namour et de l'éclatant prestige de ton pouvoir terrestre? Ne suis-je pas,\nde par ta volonté, la Pensée agissante de tes royaux désirs? Ne suis-je pas\nla force émanée et l'ardeur réfléchie de ta propre autorité? Accorde-moi\nde châtier les impudences et les dédains! Laisse-moi me venger, si je ne\nsuis pas en droit de punir. Ecoute : pour m'assurer la possession de ce\nbonheur dont tu pensais m'avoir largement comblée, pour que renaisse la\n"}, {"page_pdf": 456, "page_imprimee": 399, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2638, "texte": "                                 — 399 —\n\nsérénité nécessaire en mon âme agitée de confuses et bouillonnantes colères,\nil faut que tu ordonnes la suppression des railleurs et des impies. Mes bour-\nreaux se chargeront d'inventer des tortures insolites et prodigieuses, et\nau milieu de souffrances suraiguës et savamment calculées mes victimes me\nverront insensible devant eux me dresser pour me rire de leurs douleurs\net de leur sang répandu ! »\n    D'un bond sauvage elle s'était levée et rapprochée du monarque, si bien\nque la pointe nue de sa poitrine haletante lui effleurait presque le visage;\nlui, sentait ses lèvres convulsives s'humecter de la salive du désir; éperdu\ndans l'affolant tourbillon des parfums de son approche, ne pouvant sup-\nporter l'impérieux éclair de ses prunelles étincelantes, d'une voix mal\naffermie il lui répondit :\n    « Oui! tu es ma vie! tu es mon orgueil unique, mon souci et ma joie!\n0 Félise, pourquoi supplier? Ignores-tu que tout ce qui sera fait par toi\nsera fait selon ma volonté? Frappe; mets à mort qui tu voudras : mes\nsujets, le plus humble et le plus puissant, tu es la maîtresse de leur vie, il\nn'en est pas dont l'existence ne t'appartienne. Ceux qui ont osé vouloir\nt'outrager sont les ennemis de l'Etat; qu'ils meurent! sont-ils de mes anciens\namis? sont-ils les plus fidèles de mes serviteurs? il n'importe, tu te dois de\nles sacrifier. Et quand même ce serait le fils de ma tendresse, celui qu'en\ndes temps meilleurs j'ai désigné au respect et à l'affection des nations pour\nrecueillir, après ma mort et la tienne, la gloire de notre toute puissante\nroyauté, ô ma Félise ! bien que son rang dans la noblessse le fasse ton\négal, il existe par mon caprice seulement : tu es la maîtresse de sa destinée;\nsi tu le désires, mon amour lui est retiré. Veux-tu qu'il meure? sans que\nj'en éprouve regret ni affliction, il mourra ; et cependant je l'aimais, les\ndieux en sont témoins ! plus encore que ma propre vie, et presque autant\nque toi-même! »\n   A ces mots, l'impératrice Félise ne put réprimer une triomphante excla-\nmation d'orgueil satisfait; et, muette et hautaine, toute droite et majes-\ntueuse, elle s'en alla de la présence de l'époux.\n   Si prompte elle avait disparu qu'il semblait au vieux monarque excédé\nde solitude et d'angoisses, qu'il eût rêvé d'un vain rêve quelque apparition\nlumineuse du vivifiant soleil.\n\n                                      II\n  Une salle immense et merveilleuse, aux parois de porphyre embrasé,\ndont les hautes voûtes sont soutenues par d'innombrables piliers de trans-\nparente agathe ; de place en place, s'élancent les troncs rugueux de lataniers\n"}, {"page_pdf": 457, "page_imprimee": 400, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2860, "texte": "                                   — 400 —\n\ngéants et de chamœrops, qui épanouissent, en un dôme touffu, l'écrasante\nfraîcheur de leurs palmes larges. Sur ces palmes, et parfois sur le sable\nd'argent fin dont le sol est tapissé, retombe en gouttelettes mélodieuses la\npluie d'invisibles jets d'eau ; au fond, éblouissant de ses mille pierreries, un\nthrône s'élève où, sous un dais somptueux de pourpre et d'améthyste, tandis\nqu'assises sur les marches, des esclaves nubiennes agitent mollement l'air\ndu capiteux arôme de leurs flabelles flexibles, l'impératrice Félise se tient\ndebout. Devant le thrône, entre deux satellites noirs, est prisonnier le\nprince Arbate, tandis que par derrière se rapproche une double rangée de\nnègres au visage veule et inexpressif, aux lourdes lèvres pendantes, vêtus\nde rouge et tenant à la main d'horribles instruments d'acier aigu en tenailles,\nen vrilles, en scies, en poinçons : les eunuques des commandements royaux.\n   Le prince est un pâle et calme adolescent, candide et prédestiné. Tout\nenfant, il avait été amené à l'empereur par des pâtres de la Chaldée voi-\nsine, qui prédisaient en lui une destinée étrange. Plus tard, ils l'avaient\nabandonné, et l'empereur, ayant pitié, le prit sous sa protection, s'amusa\nà surveiller la délicate efflorescence de son intelligence rêveuse ; si bien que\nlorsqu'il lui fallut renoncer à l'espérance d'avoir encore un héritier de\nquelqu'une de ses épouses, il l'avait pris en si singulière et exclusive affec-\ntion, qu'il le proclama l'enfant de son amour et le continuateur des gran-\ndeurs de sa maison.\n   Le jeune prince cependant ne se plaisait guère parmi les illusoires bon-\nheurs et le luxe asservissant de la pompe royale; volontiers il s'évadait en\nla solitude de rêveries nonchalantes; en dépit des blandices câlines des\nfemmes du palais et de l'offre ancillaire de leurs lèvres alliciantes, il se réfu-\ngiait parmi le recueillement austère des calmes méditations. Ainsi, aux\ntutélaires bercements de la mer indulgente, sous le bienveillant sourire des\nétoiles amies, dans les ténèbres apaisées des forêts pacifiques, il avait empli\nson âme d'indifférence triomphale, échappé aux contingences désordon-\nnées du banal désir et des appétits, et le triple sceau en son esprit était\nrompu du savoir fatidique et immuable.\n   Ephèbe au sérieux visage, avec ses yeux mystérieux où s'étonne le reflet\ndes clartés pressenties, il regarde la blanche souveraine qui surmonte avec\npeine l'émoi de sa colère.\n   Devant lui seul, elle avait humilié l'impassibilité hautaine de son royal\norgueil, et, bien des fois déjà, ses languissantes implorations s'étaient bri-\nsées aux dédaigneux refus de cette jeune âme que sa candeur défendait.\nPour le séduire en sa poursuite entêtée mais vaine toujours, elle était des-\ncendue jusqu'à n'exiger plus confusément que les minimes complaisances\n"}, {"page_pdf": 458, "page_imprimee": 401, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2840, "texte": "                                 — 401 —\n\ndes lèvres ou des doigts, jusqu'à promettre même de respecter la virginité\nde son beau corps affolant ! Puisqu'elle n'avait pu le persuader en le sup-\npliant de l'haleine embrasée de ses paroles gourmandes, à présent elle avait\nen son cœur résolu de tenter un effort suprême, et de le contraindre, s'il le\nfallait, à s'abandonner dans la douleur.\n   A pas lents, elle descendit les degrés d'or de son thrône, se rapprocha de\nl'enfant et lui parla en paroles rapides :\n   — Arbate! Arbate! je t'avais tant aimé! Pourquoi ne me veux-tu pas?\nen quoi ai-je pu te déplaire? parle : je m'amenderai. Oh! je serai à toi\ncomme une esclave vile. Laisse-moi te révéler la béatitude infinie en\nl'inépuisable de mes irrésistibles baisers. Ne détourne pas de moi l'éveil du\ndésir de tes sens! Je t'aime, entends-tu bien? je t'aime, moi qui, sans toi,\nn'aurais aimé personne. Au feu de tes regards imprévus, le glacier de mon\ndédain orgueilleux s'est dissipé dès longtemps, et à présent un brasier me\ndévore ! Ne sais-tu pas que mes regards eussent été efficaces à faire revivre\ndes morts? Mais ils ne se sont jamais abaissés à rallumer la sève expirante\nd'une espérance stérile. Et voici que c'est toi, l'attendu et l'inespéré, le\nsonge décevant de mes sollicitations occultes, toi, qui me dédaignes, et\nme brises ; tu ne veux pas voir que je suis bien à toi ; je m'offre vainement :\nmoi qui n'avais qu'à paraître pour être obéie, voici que tu me repousses !\nOù donc est l'immortelle que tu peux imaginer plus belle? ne suis-je pas le\nmiroir de l'imperfectible beauté? et j'ai la royauté, la richesse, l'amour! Oh!\nviens à moi ! Quelles sont les voluptés inimaginées que ta chair réclame,\npour que tu ne puisses toutes les trouver en moi? Les parfums de mon\ncorps dompté, mon sang, fais-en ta pâture, fais-en tes délices! Plonge,\ncomme en la griserie éperdue des nuits d'un autre ciel, plonge en les\naromatiques arcanes de ma chevelure la lassitude de ta tête ensom-\nmeillée; cueille sur mes lèvres de rosée la fleur subtile de mystérieuses son-\ngeries! Aime-moi : je suis à toi, et tu m'affoles! Tu seras le Maître tout\npuissant, et les nations n'oseront se rebeller, voyant que moi, leur impla-\ncable dominatrice, je ne suis rien que ta servante ! Avance, comme un jeune\ndieu, parmi la puissance et la gloire dont je veux parsemer ton chemin ter-\nrestre; comme un tapis de victoire foule aux pieds mon orgueil et ma\nroyauté, et écrase-moi sous tes talons, si tu ne veux pas que tout l'essor de\nmon amour insensé ose aspirer à la bienheureuse promesse de tes caresses\nprochaines.\n   Longtemps elle continua en phrases entrecoupées, sans suite et heurtées\nde sanglots ; elle se traînait à genoux, elle pleurait ; mais Arbate, glacial\net muet, ne paraissait pas l'entendre et même il ne la regardait plus. Alors,\n"}, {"page_pdf": 459, "page_imprimee": 402, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2832, "texte": "                                  — 402—\n\nles menaces succédèrent aux prières, elle se redressa, furibonde, la cheve-\nlure en désordre, les lèvres frémissantes, ne trouvant plus un son à proférer.\n Devant elle, Arbate toujours était immobile, debout. Désespérée elle fit un\ngeste : les deux satellites noirs le poussèrent la face dans le sable; il était\nlivré aux bourreaux.\n   Ce furent d'abord les flagellateurs. Alternativement, à tour de bras, ils\nabattaient le cuir des lanières et l'airain des verges, dont ils cinglaient\nsavamment le corps dénudé du jeune prince, et lorsque la chair en un\nendroit se fendait, ils s'acharnaient sur les balafres ensanglantées. En même\ntemps, sur son martyr penchée, l'impératrice, éperdue et fiévreuse, répétait\nd'une voix saccadée : « Veux-tu à présent? dis, veux-tu? »\n   Arbate se mordait les lèvres jusqu'à saigner pour ne pas consentir, brisé\npar la douleur, mais sans parvenir à réprimer de térébrants sanglots, et des\nclameurs et de sourdes imprécations. En même temps des eunuques sur la\npeau déchiquetée de ses hanches, de son dos, de ses bras répandaient par\nendroits une huile prompte à s'enflammer dont il suffisait d'approcher une\ntorche pour y mettre le feu ; d'autres avec un fer rougi imprimaient sur les\népaules ou les joues l'insulte d'un stigmate infamant, indélébile. A présent\nune acre odeur se répandait; sur les brûlantes blessures l'on jeta pour la\ndissiper la poussière stimulante d'arômes pénétrants. Le prince, en hurlant,\nse tordait en de frénétiques convulsions, creusant le sable de ses doigts\ncrispés ; et toujours, comme en l'éloignement d'un rêve, il entendait la voix\nrauque de l'impériale furie lui bourdonner aux oreilles son unique refrain :\n« Veux-tu à présent? dis, veux-tu? »\n   Le corps de l'enfant n'était plus qu'une informe masse rongée d'ulcères\net de plaies vives, mais l'art raffiné des tourmenteurs, eh aiguisant l'atrocité\ndes douleurs, en calculait si minutieusement la gradation successive que la\nmort ne parvenait pas à leur arracher ce lamentable jouet ! Chaque fois\nque le prince allait succomber à la souffrance et perdre dans la léthargie le\nsentiment de son supplice, des aiguilles à longue pointe affilées lui étaient\nenfoncées dans les parties sensibles ; de vrillantes incisions lui étaient pra-\ntiquées autour des oreilles, aux paupières et à la plante des pieds. Lente-\nment sa chevelure lui fut arrachée, ses doigts et ses membres l'un après\nl'autre furent tranchés, et de profonds dards empoisonnés hérissaient son\nvisage.\n   Alors, tout à coup, lasse de l'horreur de cette vengeance si longtemps\nprolongée, mais acharnée et inassouvie, sans souci du sang qui, à pleins\nflots, lui jaillit sur le visage, la poitrine et les bras, emportée par l'excès\nde son effrénée luxure, insatiable louve, Félise se précipita sur sa victime;\n"}, {"page_pdf": 460, "page_imprimee": 403, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2227, "texte": "                                 — 403 —\n\nà pleines dents, elle le mordit au hasard de sa fureur, et elle tailladait,\npleine de rage, elle léchait ce corps, maintenant inanimé, qu'elle avait mis\ntant de frénésie à adorer, jusqu'à ce que, peu à peu, le sentant de son\nétreinte glisser et se roidir dans l'étreinte irrévocable de la mort, toute\nengourdie d'épouvante, inerte, à côté de lui elle tomba évanouie.\n\n\n                                     III\n\n   La ville est déserte, les rues vides d'agitation et de bruit; les maisons\ncloses. Sur les remparts, aucune sentinelle ne veille, les portes sont\nouvertes; même le sombre palais au sommet des durs rochers paraît\nabandonné. Oui, les soldats se sont enfuis, les eunuques et les vieillards\nont disparu; les femmes s'en sont allées, troupes hagardes et affolées,\npour sauver la vie à leurs enfants aussi bien qu'à elles-mêmes, s'offrir aux\nfourmillantes cohortes des guerriers barbares, de qui les armes, de toutes\nparts à la fois, ont lui au soleil dans la plaine et sur la montagne,\ncependant que le tumulte menaçant de leurs clameurs guerrières glaçait\nd'épouvante les anciens habitants de l'inexpugnable cité, à tel point qu'ils\ns'étaient laissé disperser à tous les souffles de la peur, sans même songer\nun moment à combattre, à s'opposer à l'invasion.\n   Devant ces murailles désertées, devant ces seuils sans défenseurs, les\ncavaliers assaillants hésitent un instant ; ils redoutent quelque embûche\nobscure; puis, peu à peu, s'enhardissant, ils pénètrent par les avenues et\nles carrefours, que bientôt ils ont parcourus dans tous les sens, mais sans y\nrien rencontrer. Ils font alors irruption dans l'antique palais aux salles de\nmarbre des despotes impériaux à qui rien ne résistait ; en tous ses recoins\nils le visitent et c'est à grand'peine qu'enfin ils découvrent un pusillanime\nvieillard que l'effroi cloue grelottant dans le fond de sa cathèdre d'orgueil,\npuis une misérable femme démente, l'âme courbée sous le poids d'un impla-\ncable souvenir, qui, les yeux vacants de lumière, vague par les jardins et\nles terrasses, au hasard, en murmurant bien bas d'étranges paroles de\nluxure et de sang.\n                                                    ANDRÉ FONTAINAS."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 404, "page_fin": 406, "titre_corps": "Madeleine", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Alber Jhouney", "ancre_debut": "MADELEINE 1", "ancre_fin": "ALBER JHOUNEY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 461, "page_imprimee": 404, "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 1498, "texte": "MADELEINE (1)\n   Sur le front de Jésus Madeleine tremblante\n   Avait versé le baume et l'onde parfumée,\n   Et de sa grande chevelure étincelante\n   Lui dorait ses pieds nus — honteuse d'être aimée.\n\n   Devant l'amour divin son effroi qui recule\n   Se prosternait — n'osant regarder les yeux calmes\n   De Jésus, triste et beau comme un blanc crépuscule\n   Qui pâlit le soleil au fond d'un bois de palmes.\n\n   Elle était prosternée en ses cheveux de flammes,\n   Avec ses regards, lourds des langueurs syriennes,\n   Où son Ame nouvelle absorbait d'autres Ames\n   Où la foi dévorait ses heures anciennes.\n\n   Et telle, aux pieds du Christ qui tristement rayonne\n   Et songe à la blancheur de la mort virginale,\n   On eût dit s'incliner une éclatante automne\n   Vers un soleil couchant qui songe à l'hiver pâle...\n\n\n                               MADELEINE\n   0 Jésus, radieux sur les heures amères\n   Comme l'Ame nouvelle au dessus du péché'.\n            Toi qui fais mourir les chimères,\n   Fleurs du démon, tournant dans le val desséché,\n   Fleurs sans racine errant comme un vaste prestige.\n   Dans un vent, rouge et chaud, de honte et de vertige...\n\n                                   JÉSUS\n            Relève-toi de ta langueur :\n  Lorsque tu sens autour de toi les lassitudes\n  Recueille purement ton âme dans ton cœur...\n  Il est là, je le sais, d'intimes solitudes\n\n\n(1) Extrait du Livre du Jugement. Hymne III : la Rédemption.\n"}, {"page_pdf": 462, "page_imprimee": 405, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1515, "texte": "                          — 405 —\n\nOù ne pénètre pas le démon convulsé\nDont la fatigue rôde en un cercle insensé :\nC'est le Vide très pur qu'emplit le Dieu tranquille.\n\n                        MADELEINE\n         O! Christ, dont la lèvre distille\nLe cinnamome heureux de la sérénité,\n         Ne crains pas que je m'abandonne\nAu souffle de fureur et de lividité.\nMon cœur est courageux, mon âme fraîche et bonne.\n\n         Si je laisse parfois passer\nSur mon visage ce reflet sombre et lassé.\nIl n'a rien de profond. Je suis libre, guérie.\n         Je suis comme une âme meurtrie\nPar un regret d'absent tout à coup retrouvé.\nSa foi chante et sa douleur plane... Elle a rêvé.....\nCe n'est rien. Et pourtant des larmes de mystère\nMouillent parfois ses yeux d'angoisse involontaire.\n\n                            JÉSUS\n         Elance-toi dans l'esprit pur.\n         Que ton cœur soit l'aiglon sauvage!\n         Il ne faut plus de pleur obscur,\n         Et pas même sur ton visage\n         Écarte tes cheveux d'orage\n         De ton front de neige et d'azur.\n\n                        MADELEINE\nJ'obéirai. Jadis, quand, m'arrachant à peine\n          Au passé pesant et bestial,\nJ'étais la courtisane et la chair qui se traîne\n          Encor toute chaude de mal,\nJe croyais qu'à quitter les moroses luxures\n          Il me faudrait faner mon cœur.\n          Je craignais dans l'esprit vainqueur,\nUn solitaire amer couvert de meurtrissures.\nJe croyais mutiler mon âme sans retour,\nEt que tuer le mal c'était tuer l'amour.\n"}, {"page_pdf": 463, "page_imprimee": 406, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1515, "texte": "                         — 406 —\n\n        Mais quand la luxure fut morte\n        Quand la splendeur qui me transporte\n        Eut dévoré les sens charnels,\n        Je sentis, loin d'être accablée,\n        Palpiter la tendresse ailée,\n        Folle de désirs éternels.\n\n        Je connus que la basse ivresse,\n        Malgré son morne effrénement,\n        N'est pas vivante et qu'elle oppresse\n        L'amour par son abaissement,\n        Elle se croit la force impure :\n        Elle est l'inerte   pourriture,\n        L'impuissant avilissement.\n        Comme l'amour altier remonte,\n        Quand on peut briser à son pied\n        La courte chaîne de la honte\n        Et du plaisir humilié !\n        C'est Dieu qui sait brûler les moelles..\n        Et la volupté des étoiles\n        Prend celle des chiens en pitié.'\n\n                          JESUS\nC'est ainsi qu'un mourant s'attache au corps malade,\nSeul obstacle à la vie ardente, au libre vol.\n         Imprégné des vapeurs du sol,\n         L'homme animal se persuade\nQu'on meurt avec le corps et qu'on aime par lui\n         O! toi qui montes de la nuit,\nColonne de parfums pleine de ma tendresse,\nO! Miriam, répands sur l'immense détresse\nDes esprits enchaînés dans l'horreur de la chair,\nTon arôme où le vent infini du désert,\nSoulevé de désir, éperduement s'enivre\nGuéris par tes senteurs l'abjection de vivre.\nPuis, d'effluves profonds saturant ton aveu,\nPlongeons ensemble dans les voluptés de Dieu\n                                          ALBER JHOUNEY."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 407, "page_fin": 410, "titre_corps": "Jardin d’amour", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "JARDIN D AMOUR", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 464, "page_imprimee": 407, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 1407, "texte": "JARDIN D'AMOUR\nAu fond du bois sacré, dans les herbes fleuries,\nSous le feuillage pâle et léger des arbustes,\nOù sur les blancs autels de lentes Théories\nApportent leur offrande aux dieux puissants et justes,\n\nTandis que les divins héros jeunes et beaux,\nPrès de la source claire où la Vierge se penche,\nParmi les pavillons de marbre et les tombeaux\nOffraient les fruits vermeils et la colombe blanche,\n\nIl vient le bel Enfant : le corail des sorbiers\n Vibre dans ses cheveux charmants en perles folles,\nIl regarde et sourit à travers les rosiers\nEt la fleur de sa bouche exhale ces paroles :\n\n« O vous qui repoussiez les dociles Amantes\nQui voulaient en riant ceindre vos larges glaives\nOu qui vous apportaient entre leurs mains tremblantes\nLes oiseaux capturés sur le sable des grèves,\n\nJe vous appelle de mes faux et doux sourires,\nFiers enfants dont la force éblouissait le jour !\nMoi, qui sais les secrets d'insondables délires\nJe vous emmènerai dans le Jardin       d'Amour.\n\nSur les galons de violettes et de mousses\nVous goûterez l'oubli dans les sommeils heureux;\nMes bras sont caressants et mes lèvres sont douces\nEt des calices d'or glissent de mes cheveux.\n\nJe vous apporterai les huiles précieuses\nEt le lait végétal qui f ait blanchir les chairs,\nLes fards, les opiats pétris de tubéreuses\nEt les colliers d'émail stellés de saphirs clairs.\n"}, {"page_pdf": 465, "page_imprimee": 408, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1623, "texte": "                         — 408 —\n\nDans mes voluptueux miroirs de diamants\nVous apprendrez à vous aimer comme des femmes\nEt vous laisserez croître en flots doux et charmants\nVos cheveux parfumés d'iris et de dictâmes;\n\nEt mes yeux printaniers, amoureux et dorés\nSauront vous conserver l'éternelle jeunesse\nJusqu'à ce jour où sur mes lèvres vous boirez\nLa longue volupté de la dernière ivresse.\n\nEt sur le seuil de mon Palais illuminé\nOù se courbe la mer mélodieuse et vaste,\nJe m'étendrai, vainqueur d'avoir efféminé\nDe mes baisers savants la Beauté forte et chaste. »\n\n\n                       INNOCENCE\n\nA peine réveillé de ses sommeils pervers,\nDélaissant l'échiquier, les oiseaux et les vers\nQui l'enchantent de leurs musiques paresseuses,\nSéduit par les parfums des lourdes tubéreuses,\nIl s'étend sur le lit de parade et dans l'ombre\n Voluptueuse des rideaux de velours sombre\nOù sa frileuse chair plus tiède et parfumée\nAttire les baisers d'une rose enflammée,\nSes beaux yeux fatigués, ô! colombes jumelles,\nClosent languissamment les cils d'or de leurs ailes,\nEt tandis que l'ennui malsain de sa paresse\nDe stériles désirs et de songes l'oppresse,\nInquiet des douceurs de très vagues luxures\nIl feuillette un album orné d'enluminures\nFragiles où l'on voit dans de jeunes jardins\nParmi les seringas des bourreaux enfantins\nSur les galons heureux martyriser des Vierges,\nEt rêve aussi qu'il fait, sous les fouets et les verges,\nFrissonner tendrement ces corps tant caressés\nQui s'abandonnent à ses coups comme aux baisers;\nEt cependant, qu'avec grand soin de leurs parures,\nSes frères bien aimés aux longues chevelures,\n"}, {"page_pdf": 466, "page_imprimee": 409, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "                          -   409 —\n\nAux yeux d'azur chanteur, lascifs et si dévots,\nSous un treillage clair de fleurs et d'abricots,\nPlus amoureusement déchirent les chairs vives,\nLui, sous Vaisselle, dans les seins, dans les gencives,\nSous les ongles, avec de chers frissons nouveaux\nEnfonce innocemment des pointes de roseaux,\nEt soudain — O ses yeux et ses larmes si vraies!\nPuni dans son amour, il embaume les plaies\nDes lambeaux arrachés à sa tunique blanche\nEt doux, câlin, avec des gestes fins étanche\nDe vinaigre le sang vivace des blessures\nDont ses doigts amoureux ouvrent les lèvres mûres.\n\n\n                      RENONCEMENT\nJe suis l'efféminé, l'enfant aux lèvres pâles,\nQui s'étiole en son palais de voluptés\nParmi les lourds parfums, les miroirs enchantés\nEt les lits de plaisir tout ionchés de pétales.\n\nSans honte j'ai vêtu la robe d'hyacinthe,\nJ'ai paré mes bras nus de rêveuses topazes,\nSuaves yeux, qui s'alanguissent des extases\nDont m'enivrent les vins de roses et d'absinthe.\n\nLa lumière s'endort dans les lampes d'albâtre.\nLes faisans assoupis reclosent leurs aigrettes,\nLa fontaine s'épuise et dans les cassolettes,\nL'ambre d'or s'évapore en nuage bleuâtre;\n\nEt par terre, pâmés sous leurs lèvres avides\nDes narcisses plaintifs saignent de voluptés\nEt leurs baisers en fleurs, plus doux, sont reflétés\nDans l'onyx rose et clair des dalles translucides.\n\nChers enfants! dénouez la chevelure noire\nQu'enroulent des fils d'or à vos fronts! Sur des nattes\nApportezles gâteaux, les raisins et les dattes\nEt vous, chantez, lascifs, sur la lyre d'ivoire!\n"}, {"page_pdf": 467, "page_imprimee": 410, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "                         — 410 —\n\nPenchés sur les coussins paresseux de mon siège\nLes esclaves, ployant des flabelles de plume,\nRafraîchiront mon col que le lilas parfume\nEt sur mes blanches mains verseront l'eau de neige.\n\nCar je meurs de langueur savante et douloureuse\nEn composant des vers doux comme mes baisers\nEt je chante l'amour des enfants épuisés\nDont frissonne la chair chaste et voluptueuse.\n\nNul désir ne tressaille en mon âme engourdie,\nJ'ai renié ma force et m'apprête à mourir\nEt pour fêter la vie où j'aurais pu souffrir\nJ'en fais par mes bouffons jouer la comédie.\n\n\n              LE CHATEAU ENCHANTÉ\n\n        En mon âme est un beau château :\n        Au balcon des mille tourelles\n        Que ferme un mobile rideau\n        De roses et de tourterelles,\n\n        De gracieux et doux visages\n        De fleurs vives ensoleillés\n        Rient à travers les feuillages\n        Aux bleus paysages mouillés.\n\n        Et tout autour est un jardin\n        D'anémones et d'avalées\n        Où les enfants, comme au matin,\n        Se promènent dans les allées.\n\n        Et sur l'eau rose des bassins\n        Par groupes fidèles penchés\n        Ils ont fleuri mes beaux jardins\n        Innocemment de leurs péchés.\n                                           VALÈRE G I L L E ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 411, "page_fin": 412, "titre_corps": "Album à Toto", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Toto", "ancre_debut": "ALBUM A TOTO", "ancre_fin": "S en vont à messe", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 468, "page_imprimee": 411, "debut_caractere": 89, "fin_caractere_exclue": 2311, "texte": "ALBUM A TOTO\n                                  L E T T R E — PRÉFACE\n   Tu sais si je t'aime bien, petite mère, ma chère Jeune Belgique ; alors\nj'ai tout été triste en voyant que tu étais ainsi grondée par Gramadoch dans\nla Nation.\n   Il est bien méchant, n'est-ce pas? et tu devrais dire à son papa de le\nmettre dans le coin. Mais dis, c'est pas un ogre, hein? Tu me racontes\ntoujours de belles histoires où il y a de vilains hommes qui mangent les\npetits garçons ; et vois-tu, j'ai un peu peur. Tiens ! — mais tu ne peux pas le\ndire — tu le promets? écoute : Pour que Gramadoch ne te dise plus ainsi\ndes choses qui te font de la peine, je vais lui dédier, ainsi qu'à toute sa\nfamille, tout mon album, tu sais celui auquel je suis si appliqué. Je t'envoie\naujourd'hui quelques petites pièces.\n   Je serai toujours bien sage et je travaillerai toujours bien à mon album.\nJe te saute au cou.\n                                                              TON TOTO.\n                                            CAMPAGNE\n                                                                        A mon bon-papa Gramadoch.\n                                       Voyez les champs,\n                                       Que c'est touchant!\n                                       Parmi les fleurs\n                                       Mon petit cœur\n                                       Semble au milieu\n                                       Du grand ciel bleu.\n                                       Oh! les bluets\n                                       Dans le millet !\n                                       Les coq'licots\n                                       En calicot!\n                                       Les papillons\n                                       Viennent et vont.\n                                       Un' marguerite!\n                                       Oh .' cueillons vite.\n                                       C'est y joli.!..\n                                       Je fais pipi (1).\n\n\n  (1) Toto est peut-être parfois un peu inconvenant dans ses expressions; mais il faut lui pardonner cela;\nâ son âge !                                                                          {Note de sa Mère).\n"}, {"page_pdf": 469, "page_imprimee": 412, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1167, "texte": "                              —   412    —\n\n\n                         PREMIER REMORDS\n                                                   A mon peiit frère   Gravindoch,\n                          Me v'ià morose :\n                          La petit' chose\n                          Qee vous savez\n                          Vient d'm'arriver.\n                          C'était pour rire,\n                          Comment le dire\n                          Je n'oserais pas...\n                          Papa, papa!\n\n                        DIMANCHE AU VILLAGE\n                                                    A mon vieil oncle Gramadoch.\n                           Quelle innocence\n                           Dans ce silence!\n                           Tout est en fleur,\n                           O vrai bonheur!\n                           Une alouette\n                           Au loin volette;\n                           L'accordéon\n                           Ici répond,\n                           Et vers l'église\n                           Les poules grises\n                            Avec noblesse\n                            S'en vont à messe.\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 412, "page_fin": 414, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Sonate à Kreutzer", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "F. 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Une atroce jalousie empoisonne la vie des\népoux : Pozdnychev, trouvant un jour sa femme en compagnie d'un amant,\nla poignarde.\n"}, {"page_pdf": 470, "page_imprimee": 413, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3448, "texte": "                                  413\n\n    Et cet homme énonce, sur la femme, l'amour et le mariage, les théories\nles plus amères !\n    De quoi se plaint-il, ce débauché, qui prend sa femme pour satisfaire un\ndésir purement charnel ? Sa femme est vile ; mais ne dit-il pas qu'il l'a choi-\nsie pour ses cheveux et sa taille, et n'a même pas pensé à son âme? Son\n amour n'est qu'un instinct; son mariage, qu'une série de tourments, inter-\nrompue parfois pour l'assouvissement de cet instinct. Si à sa basse concep-\ntion de l'amour vous opposez celle d'un amour qui ne s'attache qu'aux qua-\nlités de l'âme, Pozdnychev réplique d'un ton aigre et quelque peu enfantin :\n « Mais alors, pourquoi coucher ensemble? » « Et cette harmonie, dit-il, ne\nse découvre qu'avec des femmes jeunes et jolies ». C'est bien un libertin\nqui parle ! N'a-t-on jamais épousé une femme laide ou vieille, uniquement\nparce que son âme était belle ou jeune ?\n    Il soutient encore que l'acte par lequel l'amour s'accomplit, étant d'abord\ndouloureux, est contre nature. Mais la douleur n'est-elle pas souvent et\ntout naturellement nécessaire, dans l'existence de l'homme ? N'est-elle pas\nla condition de toute sa vie? Et, d'ailleurs, comment perpétuer le genre\nhumain? Pozdnychev répond : « Et pourquoi faut-il que nous existions? »\n    Il me semblerait insensé de prendre au sérieux de telles paroles quand un\ntel homme les prononce. Eh ! quoi ? Parce que nos relations sont toutes d'es-\nprit à esprit, et de cœur à cœur, faut-il donc pour cela ne pas nous unir par la\n chair? Si un semblable amour est possible, le bonheur est possible, et il y\n aurait une sorte d'égoïsme à ne pas vouloir qu'une postérité nous survécût\n pour connaître cet amour et ce bonheur. On ne peut, d'ailleurs, prétendre\n que cet amour ne résisterait pas à l'union sexuelle.\n    Mais Pozdnychev dit encore : « Pour que l'homme ait des rapport sexuels\nmoraux, il faut qu'il ait pris pour but la chasteté complète ». Plus de rela-\ntions charnelles, dès lors, que pour produire des enfants, environ tous les\ndeux ans. Malheureusement, l'homme, qui a pris l'habitude de ces rela-\ntions, a fini par les croire nécessaires, comme l'ivrogne s'imagine que l'eau-\nde-vie lui est indispensable. « Si l'homme, et c'est le cas dans la société\nactuelle, se livre avant son mariage à l'amour sensuel, le mariage ne peut\nêtre qu'un prétexte à la volupté, et la vie, qu'une vie parfaitement immo-\nrale », Ainsi, le vrai coupable, dans cette effrayante et lamentable histoire,\nest le mauvais compagnon qui, un soir, conduisit Pozdnychev adolescent\nchez une fille publique : sans lui il n'eût pas fait ces tristes noces, sans lui\nil n'eût pas tué sa femme ! Pozdnychev parle de ce soir lointain, avec un\naccent qui va à l'âme : « Je me rappelle que, dans la chambre même, tout\n de suite après, une tristesse profonde m'envahit et que les larmes vinrent\nà mes yeux en songeant à la perte de mon innocence, à la perte éternelle de\nmes relations normales avec la femme... J'étais un homme perdu... Comme\non reconnaît à leur manière d'être, le fumeur d'opium et l'ivrogne, on recon-\n naît à la sienne un homme perdu.Cet homme peut se contraindre, lutter\n contre ses passions ; les rapports simples, purs et fraternels avec une\nfemme, lui sont à tout jamais interdits ». Voyez-vous la tristesse de ceci?\n Voyez-vous quelles ténèbres jette sur la vie entière, cette heure de curiosité\n et de folie, cette heure IRRÉPARABLE?\n"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 414, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1485, "texte": "                                  — 414 —\n\n   Certes, ce livre est né de préoccupations plutôt sociales que littéraires ; ce\nn'en est pas moins une étrange œuvre d'art !\n   Tolstoï nous semble l'écrivain le plus dépourvu de préjugés qui fut\njamais. Il n'y a rien chez lui qui ne concoure à l'ensemble, et cet ensemble\nest toujours d'une imposante majesté! On ne le voit point s'arrêter à d'inu-\ntiles ornements, polir un morceau qui se puisse détacher de l'œuvre, sacri-\nfier à des modes éphémères. Tolstoï est un sage autant qu'un écrivain; et\nc'est un signe de supériorité que d'aimer à le lire.\n   Dans un tel livre, les détails n'ont, pour ainsi dire, pas de valeur propre.\nIl n'y a pas de détails ! Cependant, sans qu'il soit possible de les enlever\nà l'ensemble dont elles sont les sommets, il faut admirer les pages qui mon-\ntrent le ménage Pozdnychev travaillé de haines sourdes et de jalousies\nimpatientes, et surtout la scène de l'assassinat, qui n'a pas sa pareille dans\nle roman français !\n   C'est là une œuvre qui fait rêver, et penser plus encore; une œuvre\ngrosse de vérités amères, et qui, bon gré mal gré, nous confronte avec\nnotre bassesse. Car, il faut l'avouer, si ce livre est vrai en tout temps\npour la majorité des hommes, nous sentons bien qu'il est vrai, en certains,\nmoments, pour nous aussi. Bref, il nous donne une douloureuse et salu-\ntaire conscience de nous-mêmes.\n                                                                     F. S.\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 414, "page_fin": 416, "titre_corps": "Chronique artistique : Au Palais du Cinquantenaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "F. 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On croit les connaître, mais il est bon d'y\nrevenir.\n   Il y a, dans la galerie de Meester de Ravensteen,des vases grecs, lécythus\nou amphores, qu'on ne saurait, vraiment, assez admirer. Le galbe en est\nsublime comme celui de certains visages. Et puis ils offrent une parfaite et\nsimple ornementation, de nobles, d'éternels dessins, courses de chars, céré-\nmonies des mystères, scènes mystiques, et quelques solitaires silhouettes\nd'éphèbes et de déesses vierges ; tout cela d'un trait infaillible et décisif,\nqu'on n'a jamais retrouvé! (Qu'il serait pourtant curieux de comparer les\nestampes japonaises à ces dessins grecs et étrusques!) Voyez surtout les\nvases de Nola : ce sont les plus délicatement ornés.\n   Cette même galerie comprend une collection de marbres et de pierres\n"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 415, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3161, "texte": "                                  415\n\nrares. La brèche quintilienne, par exemple, la brèche polychrome palatine,\nles marbres africains, le jaspe sanguin, etc., égalent les gemmes les plus\nprécieuses\n   Examinez aussi toute une vitrine de fioles à parfums en verres irisés et\ncolorés, et, surtout, nombre de fragments de verre opaque très variés, dont\nle secret est perdu, et qui, avec ces marbres, aux gisements ignorés, donnent\nquelque idée de l'opulence antique.\n   Si vous quittez le Musée de Meester de Ravensteen, quatre ou cinq pièces\nd'un ameublement archaïque vous parlent d'une époque humble et sincère\noù le moindre et le plus vulgaire ustensile usuel était un objet d'art. L'art\ndébordait dans tous les métiers : les ouvriers étaient des poètes! On s'en\nconvainc partout, ici : devant cette voiture dorée du XVIIIe siècle, qui est\nune jolie merveille, devant ces pots, ces plats, ces verres, ces horloges, ces\nustensiles de cuisine, mille objets, les plus divers, et dont pas un n'est banal\nou ne pourrait être confondu avec ceux d'aujourd'hui.\n   Parmi les ornements d'église, voyez les retables. Et voyez, surtout, le\nretablequi représente.le martyre de Saint-Georges, du sculpteur Bosseman,\nde Bruxelles. C'est une oeuvre qui suffirait à la gloire d'une cité et d'un\npeuple. On ne peut admirer Shakespeare sans admirer ceci : le bois, cette\nmatière inerte et rebelle, vit, dans ce retable, d'une vie nerveuse et tour-\nmentée; c'est la vie et la vérité, mais parfois avec une grandeur presque\nantique. Ce chef-d'œuvre est relativement ignoré.\n   Pourtant, ces collections ne sont pas nouvelles : elles ne sont que modi-\nfiées dans leur classement et accrues de dons et de legs.\n   On ne trouve ici de nouveau et d'inédit que cette galerie baroque où se\ncoudoient des copies et des œuvres originales, des kakémonos et des photo-\ngraphies, la reproduction du mariage de la Vierge de Luini et l'abject\ntableau de je ne sais lequel de nos contemporains, des Puvis de Chavannes\net des Geselschap. Il semble que le classement se soit fait selon les hasards\ndu déballage; c'est évidemmentun ouvrier tapissier qui a produit ces\ncurieuses rencontres.\n   Et voici d'abord quelques copies. M. Mellery a copié, en partie, la\nLégende de Sainte-Ursule de Carpaccio : ce sont des silhouettes de villes\nmaritimes où se promènent des magnifici, des femmes et leurs fous, et\nquelque chose de fier et de glorieux est dans l'air. M. Diericx a copié la\nfigure principale de la Primavera du Botticelli, assez connue, et toujours\nd'une angélique et ironique beauté. Nous avons de Franz Meerts une\nreproduction de l'Adoration des bergers de Vander Goes. Le volet de\ndroite, avec ses femmes aux nobles atours et son paysage de fond, est une\ndes plus belles choses qu'on puisse voir.\n   Je note aussi des fac-similé de certaines œuvres de Rembrandt, Hais,\nLuini, Masaccio, Giotto, Fra Angelico, et de l'admirable Titien qui\ns'appelle : L'amour sacré et l'amour profane.\n   La galerie comprend quantité de photographies d'après la plupart des\nmaîtres italiens. Remarquez les anges de Gozzoli, les grandes dames de\nGrillandajo, les éphèbes et les femmes souriantes de Luini.\n"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 416, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1686, "texte": "                                  — 416 —\n\n   Il serait absurde de vouloir parler de ces artistes, après avoir vu des\ngravures ou des photographies de leurs œuvres. Les coloristes, entre tous,\nrisqueraient d'être fort mal traités. Mais ce qui éclate indéniablement à\ncôté de ces spirituels et de ces sensitifs que sont les primitifs, c'est la vul-\ngarité de Raphaël. A peine quelques élégances dans son Parnasse. Le sujet\nreligieux n'est pour lui qu'un prétexte sacrilège à des exhibitions grossières ;\nles expressions insignifiantes, mais, en revanche, les hanches, les cuisses et\nles mollets, gras et ronds. En somme, dans son art, le visage est l'acces-\nsoire.\n   Des pères éternels, des Platon et des Aristote grotesques, une figuration\nthéâtrale et poseuse. Et l'on a comparé ce barbare aux antiques ! Michel-\nAnge se soutient mieux : là aussi il y a grand étalage de muscles, mais c'est\nplus franc et moins accessible à la foule.\n   Les Puvis de Chavannes sont bien, simplement. Très na'ifs, certes, même\ntrop délibérément, naïfs, parfois, et, si j'ose le dire, un peu vulgaires.\n   Plus loin, et sur d'immenses panneaux, ce sont les boursouflures et les\nprétentions du Prussien Geselschap, et les malpropres nudités de J.-P. Lau-\nrens. Il n'y a rien d'aussi commun au monde que ces nudités-là! On jure-\nrait qu'elles sentent mauvais.\n   Je signale encore des reproductions photographiques, en couleurs, de\ntapisseries (voyez-les, il y en a de très belles et de très étranges) et, enfin,\nune collection de dessins japonais et de kakémonos, dont la plupart ont\nété vus au Cercle artistique.\n                                                                     F. S.\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 416, "page_fin": 417, "titre_corps": "Chronique musicale : Le Concert Lamoureux", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique musicale", "signature_source": "Intérim", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "INTÉRIM", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 473, "page_imprimee": 416, "debut_caractere": 1686, "fin_caractere_exclue": 2728, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n                     LE CONCERT           LAMOUREUX\n\n              De ce concert Lamoureux, l'amoureux n'est pas moi !\n                  Imaginez-vous un ensemble instrumental admirable, dépen-\n               sant force talent, mettant une application inouïe à fausser et\n               à dénaturer les chefs-d'œuvre, au point qu'ils en deviennent\nméconnaissables.\n   Pas de précision, de limpidité, de justesse, de mécanisme comparables à\nceux de cette phalange d'élite. Avec des éléments pareils, un chef d'orchestre\nplus artiste et moins préoccupé de perfection matérielle accomplirait des\nprodiges. Mais M. Lamoureux est un instrumentiste n'appréciant la\nmusique qu'au point de vue exclusivement technique.\n   L'esprit, le style, l'âme lui échappent complètement.\n   Du moment qu'il exécute une œuvre dans la mesure, dans le ton et avec\nle rhythme voulus, en tenant compte des nuances, en entrant dans le détail\ninfinitésimal, en ne ratant pas une note, il croit avoir réalisé l'idéal du créa-\nteur et de ses fervents.\n"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 417, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1571, "texte": "                                — 417 —\n\n   Jamais un musicien ne jouera à contre-temps ou à contre-ton, en revan-\nche, leur interprétation sera presque toujours un contre-sens.\n   Bien entendu, ces critiques visent l'exécution de la symphonie en ut\nmineur de Beethoven et des fragments d'œuvres de Richard Wagner.\n   Les compositeurs français ont été mieux compris, et il est regrettable\nqu'au lieu de prétendre nous initier à des créations que nous connaissons\nde longue date et qui ont reçu à Bruxelles, soit aux Concerts Populaires,\nsoit au Conservatoire, une interprétation presque définitive, M. Lamoureux\nne s'en soit pas tenu exclusivement aux productions de ses compatriotes.\nAinsi, nous aurions voulu entendre toute cette trilogie Wallenstein de\nVincent d'Indy dont nous n'avons pu applaudir que la première partie, le\nCamp, coloré, mouvementé et nerveux comme le tableau que nous en com-\nposaient les Meininger.\n   En général, c'est la musique pittoresque et décorative que M. Lamou-\nreux comprend et fait exécuter le mieux. La psychologie, la passion con-\ntenue dans une oeuvre lui échappe complètement. En fait de sentiment, il\nn'exprimera tout au plus que la grâce, la coquetterie, le charme mièvre et\nsubtil.\n   Joué avec la même perfection mécanique et immuable, dans le même\nstyle élégant et propret, tout ce qu'il fait entendre a l'air de sortir de la\nmême source.\n   Ainsi, M. Planté avait beau pianoter du Beethoven, après du Chopin et\ndu Schumann, il pianotait toujours du Planté.\n                                                             INTÉRIM."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 418, "page_fin": 420, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "fleurs et de lumières", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 84, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 95, "fin_caractere_exclue": 132, "texte": "L'abondance des matières nous force à"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 187, "fin_caractere_exclue": 225, "texte": "remettre au prochain numéro le compte-"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 279, "fin_caractere_exclue": 314, "texte": "rendu des œuvres d'Ephraïm Mikhaël,"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 369, "fin_caractere_exclue": 411, "texte": "parues chez Lemerre, sous la direction des"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 462, "fin_caractere_exclue": 502, "texte": "amis du poète : Bernard Lazare, Quillard"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 551, "fin_caractere_exclue": 563, "texte": "et Collière."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 651, "fin_caractere_exclue": 687, "texte": "La même raison ne nous permet pas de"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 739, "fin_caractere_exclue": 780, "texte": "donner, dans ce numéro, l'analyse du nou-"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 829, "fin_caractere_exclue": 872, "texte": "veau livre de Léon Bloy, paru chez Savine :"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 920, "fin_caractere_exclue": 963, "texte": "Christophe Colomb devant les      Taureaux."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1012, "fin_caractere_exclue": 1030, "texte": "Donc, au prochain."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1296, "fin_caractere_exclue": 1338, "texte": "Notre collaborateur Francis Vielé Griffin,"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1389, "fin_caractere_exclue": 1434, "texte": "retiré en Touraine, tout en travaillant à ses"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1481, "fin_caractere_exclue": 1519, "texte": "drames annoncés, écrit en ce moment un"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1560, "fin_caractere_exclue": 1601, "texte": "poème : Eurythmie,       pour paraître au"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1602, "fin_caractere_exclue": 1621, "texte": "printemps prochain."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1799, "fin_caractere_exclue": 1842, "texte": "Le dernier bulletin médical relatif à notre"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1843, "fin_caractere_exclue": 1884, "texte": "ami Georges Kaiser est des plus satisfai-"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1934, "fin_caractere_exclue": 1977, "texte": "sants. 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Al-"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 278, "texte": "bert Mockel, parue dans notre dernier nu-"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 329, "fin_caractere_exclue": 368, "texte": "méro, nous nous étonnions qu'après nous"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 419, "fin_caractere_exclue": 461, "texte": "avoir demandé une rectification, la Wallo-"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 512, "fin_caractere_exclue": 550, "texte": "nie nous réprimandât. 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Chaque mois son numéro"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1062, "fin_caractere_exclue": 1107, "texte": "sera consacré à l'un ou l'autre écrivain ; ce"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1158, "fin_caractere_exclue": 1201, "texte": "sera ainsi une sorte d'anthologie mensuelle"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1252, "fin_caractere_exclue": 1293, "texte": "où figureront tour à tour MM. de Régnier,"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1344, "fin_caractere_exclue": 1388, "texte": "Viélé-Griffin, Moréas, etc. Les cahiers con-"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1439, "fin_caractere_exclue": 1480, "texte": "sacrés exclusivement à Emile Verhaeren et"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1531, "fin_caractere_exclue": 1559, "texte": "Adolphe Retté ont déjà paru."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1674, "fin_caractere_exclue": 1713, "texte": "Iwan Gilkin a perdu son Burnouf ; bonne"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1764, "fin_caractere_exclue": 1795, "texte": "récompense à qui le rapportera."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1896, "fin_caractere_exclue": 1933, "texte": "L'Appel des Voix, par Charles Sluyts,"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 1984, "fin_caractere_exclue": 2008, "texte": "chez Lacomblez, éditeur."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 2062, "fin_caractere_exclue": 2103, "texte": "Certes, voici de beaux vers chanteurs, de"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 2154, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "beaux vers classiques un peu traînants et"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 2246, "fin_caractere_exclue": 2289, "texte": "mélancoliques. 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Paterne Berrichon nous prie d'annon-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1050, "fin_caractere_exclue": 1088, "texte": "cer comme prochaine, l'apparition d'un"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1145, "fin_caractere_exclue": 1190, "texte": "volume de vers sous ce titre : Manière noire."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1342, "fin_caractere_exclue": 1388, "texte": "Un nouveau journal d'étudiants.           Lou-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1435, "fin_caractere_exclue": 1479, "texte": "vain, la bonne vieille ville de la jeunesse,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1515, "fin_caractere_exclue": 1559, "texte": "doit être en joie et en révolution. Quelques"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1612, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "copains ont décidé, après fine beuverie,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1707, "fin_caractere_exclue": 1745, "texte": "comme toujours, la fondation d'un vrai"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1804, "fin_caractere_exclue": 1849, "texte": "journal d'étudiants, jeune, emporté, injuste,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1897, "fin_caractere_exclue": 1940, "texte": "impertinent et quelque peu fou, avec accom-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1955, "fin_caractere_exclue": 1997, "texte": "pagnement de littérature. Nous recevons le"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2035, "fin_caractere_exclue": 2074, "texte": "premier numéro, qui lance des promesses"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2117, "fin_caractere_exclue": 2161, "texte": "à la tête des lecteurs avec une désinvolture"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2244, "fin_caractere_exclue": 2256, "texte": "de candidat."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2372, "fin_caractere_exclue": 2411, "texte": "Il y a dé la vie au moins là dedans, un"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2450, "fin_caractere_exclue": 2493, "texte": "fier désir de s'ankyloser le plus tard pos-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2629, "fin_caractere_exclue": 2670, "texte": "sible. Mais j'oublie le nom de notre con-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2716, "fin_caractere_exclue": 2760, "texte": "frère : c'est le Stylet, bi-mensuel, prix du"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2813, "fin_caractere_exclue": 2851, "texte": "numéro : 10 centimes. Le Stylet a même"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2986, "fin_caractere_exclue": 3029, "texte": "jugé bon, sans nous en avertir, de dénicher"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3077, "fin_caractere_exclue": 3118, "texte": "quelques-uns de nos vieux vers oubliés et"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3252, "fin_caractere_exclue": 3295, "texte": "les livre à la consommation avec une insou-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3338, "fin_caractere_exclue": 3365, "texte": "ciance de bandit de 15 ans."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3432, "fin_caractere_exclue": 3468, "texte": "Bah ! après tout, nous ne sommes pas"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3599, "fin_caractere_exclue": 3645, "texte": "trop fâchés de voir figurer cette vieillerie à"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3778, "fin_caractere_exclue": 3819, "texte": "côté des vers de Hardy, Bonehill, Adolphe"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3908, "fin_caractere_exclue": 3951, "texte": "Frères et Boels. Elle nous a rappelé ce bon"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3991, "fin_caractere_exclue": 4039, "texte": "et fidèle Spitz, mort à la fleur de l'âge ; sou-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4162, "fin_caractere_exclue": 4176, "texte": "venez-vous-en."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4274, "fin_caractere_exclue": 4317, "texte": "Courage, amis, frappez fort, sur tout, jus-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4441, "fin_caractere_exclue": 4484, "texte": "qu'à ce qu'on dise : « Mais quels sont donc"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4527, "fin_caractere_exclue": 4569, "texte": "ces gueul.... ». Un conseil, ne tombez pas"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4606, "fin_caractere_exclue": 4633, "texte": "dans les potins personnels."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4789, "fin_caractere_exclue": 4827, "texte": "Et voilà! que la jeunesse de Bruxelles"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4871, "fin_caractere_exclue": 4916, "texte": "imite cet exemple et se rappelle, elle aussi,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4972, "fin_caractere_exclue": 5014, "texte": "les belles années de l'Etudiant dirigé par"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 5016, "fin_caractere_exclue": 5034, "texte": "Ch.-H. de Tombeur."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 107, "fin_caractere_exclue": 145, "texte": "Le Magasin littéraire et scientifique,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 198, "fin_caractere_exclue": 238, "texte": "dans le comité de rédaction duquel vient"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 291, "fin_caractere_exclue": 331, "texte": "d'entrer un de nos amis, Henry Carton de"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 384, "fin_caractere_exclue": 425, "texte": "Wiart, reproduit avec un amical empresse-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 478, "fin_caractere_exclue": 519, "texte": "ment la lettre que M. Firmin Van den Bos-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 572, "fin_caractere_exclue": 611, "texte": "sche publia dans l'Impartial en réponse"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 664, "fin_caractere_exclue": 702, "texte": "aux mastodontesques tilmâneries que le"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 755, "fin_caractere_exclue": 798, "texte": "grave pion de Louvain avait lâchées dans sa"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 851, "fin_caractere_exclue": 893, "texte": "feuille de vigne au sujet de la Jeune Bel-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 946, "fin_caractere_exclue": 952, "texte": "gique."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1010, "fin_caractere_exclue": 1049, "texte": "Toto s'est permis une vilaine polisson-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1102, "fin_caractere_exclue": 1144, "texte": "nerie ce mois-ci : il s'est évadé du logis"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1197, "fin_caractere_exclue": 1242, "texte": "paternel, tandis que sa bonne faisait la cau-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1295, "fin_caractere_exclue": 1338, "texte": "sette avec un grenadier, et très sournoise-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1391, "fin_caractere_exclue": 1434, "texte": "ment à déposé dans la boîte de la direction"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1487, "fin_caractere_exclue": 1514, "texte": "la pièce que l'on va lire :"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1570, "fin_caractere_exclue": 1611, "texte": "C'est très mal cela, monsieur Toto; aussi"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1664, "fin_caractere_exclue": 1706, "texte": "pour vous punir de votre escapade, nous ne"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1759, "fin_caractere_exclue": 1803, "texte": "ferons pas figurer ces vers dans l'album que"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1856, "fin_caractere_exclue": 1896, "texte": "vous destinez à votre petit frère Grama-"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 1949, "fin_caractere_exclue": 1954, "texte": "doch."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2010, "fin_caractere_exclue": 2034, "texte": "Les voici honteusement :"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2102, "fin_caractere_exclue": 2116, "texte": "SOURIS BLANCHE"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2234, "fin_caractere_exclue": 2243, "texte": "A mon and"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2324, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "le bon et brave phoque      d'Iwan   Gilkin."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2425, "fin_caractere_exclue": 2449, "texte": "Symbole de mon innocence"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2506, "fin_caractere_exclue": 2542, "texte": "U n e souris blanche aux yeux roses,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2599, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "Vive, étonnée, avec des poses"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2685, "fin_caractere_exclue": 2715, "texte": "D e la plus fine extravagance,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2772, "fin_caractere_exclue": 2812, "texte": "D a n s le boudoir mauve et vert-mousse,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2869, "fin_caractere_exclue": 2896, "texte": "Assise au coin de l'étagère"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 2953, "fin_caractere_exclue": 2985, "texte": "Sur son charmant petit derrière,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3042, "fin_caractere_exclue": 3076, "texte": "Frotte et barbouille sa frimousse;"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3133, "fin_caractere_exclue": 3163, "texte": "Et sa queue entre les potiches"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3220, "fin_caractere_exclue": 3251, "texte": "Comme un très fin lacet de soie"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3308, "fin_caractere_exclue": 3337, "texte": "Se déploie, ondule et chatoie"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3394, "fin_caractere_exclue": 3426, "texte": "Parmi les vases les plus riches."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3484, "fin_caractere_exclue": 3520, "texte": "Son corps tout blanc semble frileux,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3577, "fin_caractere_exclue": 3598, "texte": "Une pelote de velours"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3655, "fin_caractere_exclue": 3690, "texte": "Qu'épingleraient, en fait d'atours,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3747, "fin_caractere_exclue": 3777, "texte": "Les perles roses d e ses yeux."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3876, "fin_caractere_exclue": 3906, "texte": "E t de l'air d e se confesser,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 3963, "fin_caractere_exclue": 3989, "texte": "Menu, menu, elle grignotte"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4046, "fin_caractere_exclue": 4074, "texte": "D e la pointe de sa quenotte"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4131, "fin_caractere_exclue": 4160, "texte": "Maman ! le beau gâteau glacé."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4233, "fin_caractere_exclue": 4269, "texte": "O toi ! dont c'est toujours la fête,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4326, "fin_caractere_exclue": 4354, "texte": "Chère petite souris blanche,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4411, "fin_caractere_exclue": 4439, "texte": "Innocente comme un dimanche,"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4496, "fin_caractere_exclue": 4525, "texte": "Gentille comme une levrette.'"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4581, "fin_caractere_exclue": 4604, "texte": "Rose, joyeux et délicat"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4660, "fin_caractere_exclue": 4692, "texte": "Ainsi que toi j e voudrais vivre"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4748, "fin_caractere_exclue": 4784, "texte": "Et mourir — puisque c'est au Livre —"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4840, "fin_caractere_exclue": 4869, "texte": "Sans avoir vu jamais le chat."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 4965, "fin_caractere_exclue": 4970, "texte": "TOTO."}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 5088, "fin_caractere_exclue": 5128, "texte": "A paraître prochainement chez A. Siffer,"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 95, "texte": "éditeur, à Gand : Contes hétéroclites, par"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 162, "texte": "H. Carton de Wiart."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 213, "fin_caractere_exclue": 254, "texte": "A Paris, chez Bailly, la Gloire du Verbe,"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 307, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "par Pierre Quillard."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 527, "fin_caractere_exclue": 561, "texte": "Nous recevons de notre ami Maurice"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 562, "fin_caractere_exclue": 605, "texte": "Maeterlinck, une lettre dans laquelle il se"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 655, "fin_caractere_exclue": 696, "texte": "plaint des procédés du Théâtre-Mixte qui,"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 750, "fin_caractere_exclue": 794, "texte": "malgré un refus, s'autorise à représenter la"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 841, "fin_caractere_exclue": 877, "texte": "Princesse Maleine en quinze jours !!"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 939, "fin_caractere_exclue": 980, "texte": "Malgré tout ce que l'on pourrait annoncer"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1028, "fin_caractere_exclue": 1074, "texte": "à ce sujet, c'est Antoine seul qui a l'autori-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1116, "fin_caractere_exclue": 1156, "texte": "sation de jouer les deux drames de notre"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1206, "fin_caractere_exclue": 1220, "texte": "collaborateur."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1301, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "La date n'est pas fixée ; Antoine est donc"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1391, "fin_caractere_exclue": 1410, "texte": "complètement libre."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1414, "fin_caractere_exclue": 1452, "texte": "Et maintenant, nous demandons que tous"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1501, "fin_caractere_exclue": 1542, "texte": "les Gramadoch émoustillés cessent d'aller"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1591, "fin_caractere_exclue": 1634, "texte": "flairer de ce côté. La Princesse Maleine et"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1669, "fin_caractere_exclue": 1712, "texte": "les Aveugles n'ont pas été écrits pour eux."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1806, "fin_caractere_exclue": 1816, "texte": "Ont paru :"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1882, "fin_caractere_exclue": 1922, "texte": "Chez Bailly : Entrevue du Tsar, de notre"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1971, "fin_caractere_exclue": 1999, "texte": "collaborateur Alber Jhouney."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2069, "fin_caractere_exclue": 2107, "texte": "Chez Savine : les Noces de Sathan, par"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2163, "fin_caractere_exclue": 2205, "texte": "Jules Bois, poème dramatique qui parut, il"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2252, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "y a quelques mois, dans la Revue indépen-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2341, "fin_caractere_exclue": 2347, "texte": "dante."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2437, "fin_caractere_exclue": 2474, "texte": "Chez Vanier : Tendresse, par Henry de"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2524, "fin_caractere_exclue": 2565, "texte": "Braisne, plaquette dans laquelle l'auteur"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2616, "fin_caractere_exclue": 2659, "texte": "s'exerce à un style télégraphique déconcer-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2707, "fin_caractere_exclue": 2750, "texte": "tant. Ce n'est, nous l'espérons bien, qu'un"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2802, "fin_caractere_exclue": 2845, "texte": "essai passager de cet écrivain qui abandon-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2895, "fin_caractere_exclue": 2939, "texte": "nera bien vite ce hachis littéraire très peu"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2990, "fin_caractere_exclue": 3001, "texte": "artistique."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3088, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "Sinaî, par Jules Sauvenière, en français"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3175, "fin_caractere_exclue": 3215, "texte": "et en flamand; poème symphonique extrait"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3270, "fin_caractere_exclue": 3312, "texte": "du bulletin de l'Académie royale. Style de"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3363, "fin_caractere_exclue": 3402, "texte": "cantate, pour musique. Rien à signaler."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3459, "fin_caractere_exclue": 3496, "texte": "Chez Lacomblez : Jeunes filles, mono-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3554, "fin_caractere_exclue": 3594, "texte": "logues, par Paul Lacomblez. Lacomblez ne"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3642, "fin_caractere_exclue": 3685, "texte": "se contente pas d'être bon éditeur, il veut"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3733, "fin_caractere_exclue": 3776, "texte": "être poète; poète est peut-être un mot bien"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3827, "fin_caractere_exclue": 3870, "texte": "gros, nous dirions plutôt amateur. La jeune"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3916, "fin_caractere_exclue": 3963, "texte": "fille écervelée, il la dit très bien, sans pré-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 4008, "fin_caractere_exclue": 4047, "texte": "tention, tout simplement comme les sei-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 4097, "fin_caractere_exclue": 4138, "texte": "gneurs jadis tournaient quelque madrigal."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 4185, "fin_caractere_exclue": 4229, "texte": "D'ailleurs, comme il nous le dit, ce ne sont"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 4275, "fin_caractere_exclue": 4296, "texte": "là que jeux de plume."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 4371, "fin_caractere_exclue": 4408, "texte": "Chez Charpentier : Sonnailles et Clo-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "chettes, nouveau volume de vers de Théo"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 210, "texte": "dore de Banville."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 263, "fin_caractere_exclue": 306, "texte": "A la Revue « Art et critique » : l'Echéance"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 357, "fin_caractere_exclue": 373, "texte": "de Jean Jullien."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 426, "fin_caractere_exclue": 465, "texte": "Nous en reparlerons dans notre prochain"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 516, "fin_caractere_exclue": 523, "texte": "numéro."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 615, "fin_caractere_exclue": 654, "texte": "M. Franz Melchers — un jeune artiste de"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 705, "fin_caractere_exclue": 749, "texte": "réel talent — expose en son atelier quelques"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 840, "texte": "toiles remarquables, impressions de cou-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 891, "fin_caractere_exclue": 935, "texte": "leur discrète et distinguée dénotant un sen-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 986, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "timent délicat et artiste. Il nous montre"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1078, "fin_caractere_exclue": 1115, "texte": "plusieurs paysages, notamment un Noc-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1166, "fin_caractere_exclue": 1205, "texte": "turne avec un profond ciel vert étoile,"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1256, "fin_caractere_exclue": 1297, "texte": "remarquables, en ce temps de copies gros-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1348, "fin_caractere_exclue": 1390, "texte": "sières de la Nature, par l'interprétation."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1464, "fin_caractere_exclue": 1500, "texte": "Max Waller, par Henry Maubel, paraît"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1551, "fin_caractere_exclue": 1590, "texte": "à l'instant chez Mme veuve Monnom. Nous"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1641, "fin_caractere_exclue": 1668, "texte": "en parlerons prochainement."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1766, "fin_caractere_exclue": 1802, "texte": "Rythmes pittoresques, par Marie Kry-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1853, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "sinska. Lemerre, éditeur."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 1932, "fin_caractere_exclue": 1970, "texte": "M me Krysinska recueille, aujourd'hui,"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2021, "fin_caractere_exclue": 2065, "texte": "pour les présenter au public, une série fort"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2116, "fin_caractere_exclue": 2162, "texte": "intéressante de vers libres, ainsi distribués:"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2213, "fin_caractere_exclue": 2251, "texte": "Mirages, Symboles, Femmes, Contes, les"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2302, "fin_caractere_exclue": 2340, "texte": "Résurrections. Les premières pièces de"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2391, "fin_caractere_exclue": 2433, "texte": "l'auteur furent publiées vers 1882 dans le"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2484, "fin_caractere_exclue": 2523, "texte": "Chat Noir; comme on voit, elle pourrait"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2574, "fin_caractere_exclue": 2615, "texte": "réclamer à peu près l'idée première de la"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2666, "fin_caractere_exclue": 2706, "texte": "rénovation poétique actuelle, si La Fon-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2757, "fin_caractere_exclue": 2801, "texte": "taine, Corneille et beaucoup d'autres poètes"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2852, "fin_caractere_exclue": 2894, "texte": "n'avaient perdu le droit de réponse. Mais,"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 2945, "fin_caractere_exclue": 2989, "texte": "disons le bien vite, ce volume est rempli de"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3040, "fin_caractere_exclue": 3084, "texte": "bien jolies choses, si fuyantes, d'un charme"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3135, "fin_caractere_exclue": 3174, "texte": "musical si rapide qu'il n'est plus déjà"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3225, "fin_caractere_exclue": 3269, "texte": "qu'un souvenir lorsqu'on songe à l'analyser."}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3320, "fin_caractere_exclue": 3362, "texte": "Et pourtant, ces vers ne sont bien souvent"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3413, "fin_caractere_exclue": 3455, "texte": "que des tronçons d'une période cadencée et"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3506, "fin_caractere_exclue": 3553, "texte": "si l'on s'avisait de les joindre, on trouverait"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3604, "fin_caractere_exclue": 3641, "texte": "une simple et belle phrase habilement"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3692, "fin_caractere_exclue": 3732, "texte": "rythmée. Car, presque toujours M me Kry-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3783, "fin_caractere_exclue": 3826, "texte": "sinska délaisse la rime, pourtant si néces-"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3877, "fin_caractere_exclue": 3915, "texte": "saire, pour affirmer le rythme surtout"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 3966, "fin_caractere_exclue": 4007, "texte": "lorsque le nombre des syllabes n'enchante"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 4058, "fin_caractere_exclue": 4096, "texte": "pas d'une façon certaine par sa propre"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 4147, "fin_caractere_exclue": 4184, "texte": "harmonie. Qu'importe au fond, vers ou"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 4235, "fin_caractere_exclue": 4274, "texte": "prose, cela nous berce mélancoliquement"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 4325, "fin_caractere_exclue": 4366, "texte": "et nous enchante d'un décor émerveillé de"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 4417, "fin_caractere_exclue": 4439, "texte": "fleurs et de lumières."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1890-11-n11-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1890-001-009_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1890-001-009_f.pdf", "ocr_sha256": "c7e087206b8e72a42fef7ff9e7af5604be881f96766d010f18359861851a644f", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Catalogue de la librairie Paul Lacomblez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "P a u l LACOMBLEZ", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 478, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 5078, "texte": "P a u l LACOMBLEZ\n     É D I T E U R D E LA « J E U N E B E L G I Q U E »\n                              31, rue des Paroissiens\n                                      BRUXELLES.\n\n\nCatalogue des livres de fonds et en nombre d'auteurs belges :\nBAUDOUX (Fernand)     .   .    Rythmes vieux, gris et roses, un volume in-16. . fr. 3 50\nCHAINAYE (Hector) .   .   .    L'Ame des choses                                         2 »\nDELATTRE (Louis) .    .   .    Contes de mon village, avec une introduction de\n                                  Georges Eekhoud, un volume in-18                      3 »\nEEKHOUD (Georges). . .         Nouvelles Kermesses, avec frontispice de Léon Dar-\n                                  ilenne, 1 volume in-8° (quelques exemplaires) . . 7 50\n      —                        La Nouvelle Carthage, un volume in-16                    3 50\n                               (Les autres ouvrages du même auteur sont épuisés).\nGILKIN (Iwan) . . . .          La Damnation de l'artiste                    15              \"\nGIRAUD ( A l b e r t ) . . . . Hors du Siècle, un volume                 in-8°          3 50\n      —                        Pierrot lunaire, un volume petit in-12                   2 »\n      —                        Pierrot Narcisse (épuisé).\nGOFFIN (Arnold). . . . Journal dAndré (1885) (épuisé).\n      —                        Delzire Moris (1887) (épuisé)                            3 »\n      —                        Impressions et Sensations (1888);                        3 »\n      —                        Maxime (1890) .                                          3 »\nJEUNE BELGIQUE (Le Parnasse de la), pièces diverses de dix-huit poètes belges, un\n                                   fort volume in-8°                                    7 50\nLACOMBLEZ (Paul) . . .          Un Baptême, pièce à dire pour jeunes filles. . . . o 25\n       —                       Les Confitures, monologue pour jeunes filles . . .        1 »\n       —                        Pensionnaires,                   id.             . . .   1 »\n       —                        Romanesque!...                  id.             . . .   o 75\n       —                        Skating,                         id.                . . o 75\n       —                       Jeunes filles, monologues et pièces à dire (plaquettes,\n                                   in-16)                                                2 »\n       —                        Loth et ses filles, poème-drame en trois tableaux (en\n                                   préparation).\n LEMONNIER (Camille) . .        En Brabant, contes, un volume in-18                      o 60\n       —                        Les bons amis, conte,            id.                     o 60\n       —                        Trois contes,                    id.                     o 60\n       —                        Les Charniers (Sedan),           id.                     3 50\n       —                        Ceux de la Glèbe (la Genèse, la Glèbe, les Concu-\n                                   bins, etc.), 1 volume in-18                           3 50\n       —                        En Allemagne, 1 volume in-18                             3 50\n       —                        Happe-Chair,               id.                           3 50\n       —                        L'Hystérique,              id.                           3 50\n       —                        Madame Lupar,              id.                           3 50\n       —                        Le Mort, nouvelles,        id.                           1 25\n       —                        Un Mâle, avec dessin de X. Mellery, 1 volume in-18. 3 50\n       —                        Thérèse Monique, 1 volume in 18                          3 50\n LE ROY (Grégoire) . . .        Mon cœur pleure d'autrefois, un volume in-8° avec\n                                    un frontispice de Fernand Khnopff                   10 »\n MAETERLINCK (Maurice) .        Les Aveugles (L'Intruse. Les Aveugles), un volume\n                                    in-18                                                3 »\n       —                        La Princesse Maleine, un volume in-18                    3 50\n       —                        Serres chaudes, un volume                 in-18          3 »\n                                (Il a été tiré de chaque ouvrage 3 exemplaires sur\n                                    Japon à 15 francs et 7 exemplaires sur Hollande à\n                                    fr. 6-00).\n MAUBEL (Henry) . . .            Max Waller, une plaquette in-8°                          1 »\n       —                        Miette, un volume in-16                           . . . 2 50\n  NAUTET (Francis) . . .        Notes sur la littérature moderne, deux séries. Chaque\n                                    série en un volume in-16                              3 50\n NYST (Raymond) . . .           Volume ayant pour titre une épigraphe, avec un fron-\n                                    tispice colorié et un dessin de Nestor Outer . . . 5 »\n"}, {"page_pdf": 479, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2680, "texte": "PLÉIADE (La), journal littéraire mensuel.\n                              Première année (1889), les douze numéros . . . .         3 »\n                              Ghaque numéro séparément                  0                30\n                              Seconde année, les douze numéros (très rare) . . .       5 »\nRODENBACH (Georges) . .       L'Art en exil, roman, un volume in-18                    3 50\n      —                       L'Hiver mondain, poésies, un volume in-18 . . .          5 »\n      —                       La Jeunesse blanche, id.           id.      . . . .      3 »\n      —                       La Mer élégante,         id.       id.      . . . .      3 »\n      —                       Du silence,              id. un volume in-16 . . .       1 50\n      —                       Les tristesses,         id. un volume in-18 . . .        3 »\nSEVERIN (Fernand) . . .       Le Lys, poésies, avec une eau-forte de Henry De\n                                 Groux, un volume in-16                                2 »\n                             (II a été tiré 5 exemplaires sur Japon et 25 exem-\n                                 plaires sur Hollande).\nSLUYTS (Charles) . . .        L'appel des voix, poésies, un volume grand in-16. .      2 »\n                              (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon et 25 exem-\n                                 plaires sur Hollande).\nVAN LERBERGHE (Charles).      Les Flaireurs, drame, une plaquette grand in-16 . .      1 »\n                             (Il a été tiré 25 exemplaires sur Hollande à 2 francs).\nWALLER (Max) . ' . . .        La Flûte à Siebel (sous presse).\n                             (Les autres ouvrages de Max Waller sont épuisés).\n\n\n\n                           A LA MEME LIBRAIRIE :\n   Tous les ouvrages de nos collaborateurs français : Charles Buet, Henri de Régnier,\nJ.-K. Huysmans, Stéphane Mallarmé, Francis Vielé-Griffin, Paul Verlaine, etc., etc.\n   L'éditeur P a u l Lacomblez prie les j e u n e s écrivains belges, désireux de voir\nleur nom figurer d a n s son catalogue, de se mettre en rapport avec lui et de lui\ndonner en dépôt quelques exemplaires de leurs ouvrages.\n\n\n   La librairie P. Lacomblez ouvrira un compte à toute personne notoirement solvable,\npour la fourniture des ouvrages portés au catalogue ci-dessus et, en géniral, de toute la\nlibrairie littéraire.\n   Ces comptes pourront être soldés en dix paiements mensuels, dont le premier s'effec-\ntuera à la livraison des volumes.\n   11 sera répondu à toute demande de renseignements bibliographiques accompagnée\nd'un timbre pour la réponse.\n\n\n\n\n                   lîruxelle^.. - Imprimerie V' Monnom, 32, rue (le L'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 444, "texte": "Novembre 1890                        T O M E IX — N° 11                                 10me Année.\n\n\n\n\nLA\n     JEUNE\n                 BELGIOUE\n                                     SOMMAIRE:\n         Le Dixième Anniversaire de la Fondation de\n            « La Jeune Belgique »                     L A JEUNE BELGIQUE.\n         Assomption                                   PAUL VERLAINE.\n         Laissons une heure mourir. . . . . .         FRANCIS VIELÉ-GRIFFIN.\n         L'impératrice Félise                         ANDRÉ FONTAINAS.\n         Madeleine                                    ALBER JHOUNEY.\n         Jardin d'amour                               V A L È R E GILLE.\n         Album à T o t o                              TOTO.\n         Chronique littéraire :\n           La Sonate à Kreutzer                       F . S.\n         Chronique artistique :\n           Au Palais du Cinquantenaire.     . . .     F . S.\n         Chronique musicale :\n           Le Concert Lamoureux                       INTÉRIM.\n         Memento                                      NEMO.\n\n\n\n\n                                                                   BRUXELLES\n          REDACTION                                        PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n55, BOULEVARD D'ANDERLECHT, BRUXELLES.                         3l rue des Paroissiens.\n                                                                        PARIS\n                                                          LIBRAIRIE DE l'Art Indépendant\n      PRIX DU N U M É R O                                      11, rue de la Chaussée d'Antin\n\n             F r . 0-75                                                    1890\n"}, {"page_pdf": 445, "texte": "        BELGIQUE\n                   JEUNE\n                           LA\n                                   N E CRAINS\n           Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                             PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n    Fondateur     : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                         Directeur.: VALERE GILLE.\n               Rédaction : 55, Boulevard dAnderlecht, Bruxelles.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n\n                             BOITE AUX L E T T R E S .\n   86. — C'est par erreur que nous avons annoncé la nomination d'André Fontainas\ncomme directeur de la Jeune Belgique à Paris; c'est au Tonkin qu'il faut lire. Nos cor-\nrespondants de l'Extrême-Orient sont donc priés de lui adresser toutes leurs communi-\ncations.\n   87. — V. D. Pas de blague, n'est-ce pas ? Vos vers sont idiots; prière de ne plus vous\nfaire passer pour Gramadoch.\n   88. — O. COLSON, Liége. Vous trouverez encore quelques exemplaires des Chants de\nMaldoror chez Lacomblez, 33, rue des Paroissiens, à Bruxelles, au prix de fr. 3-50. Bien\nà vous.\n   89. — FRANZ RUTY, Mons. Mille choses aimables pour votre charmante lettre ; mais\nvos vers !\n                                  Pas une étoile chère\n                                  P e r l a n t au front du soir;\n                                  Pas un souffle sur terre\n                                  Où mon rêve s'asseoir.!\n   En voira un bizarre siège pour un rêve ! Vous nous avez fait parvenir des vers meilleurs\nque ceux-ci; puis ce front du soir ! Auriez-vous, peut-être, assisté à l'inauguration de la\nfontaine publique élevée à la mémoire de Lamartine i\n  go. — BAYOT (JOSEPH) Baille aux corneilles, mon vieux; panse tes nostalgies de Mared-\nsous, laisse verdir ta redingote dans la cité carolingienne, mais laisse Maleine dormir son\ngrand sommeil.\n  91. — ALGUSTE MEULEMANS, Paris. Malheureusement ceci ne cadre pas avec notre\nrevue; ensuite, si nous ne nous trompons, cette biographie a déjà paru. Mille regrets.\n  92.— JEAN JULLIEN, Paris. Recevons à l'instant l'Echéance. Compte-rendu au pro-\nchain numéro.\n  93. — ALFRED LAVACHERY. Sommes forcés de remettre en décembre le splendide volume\nque vous avez fait parvenir à la Jeune Belgique.\n  Félicitations dès aujourd'hui et remerciements pour les Contes et Nouvelles.\n\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles: Chez Lacom-\nblez, 33, rue des Paroissiens, chez Rozez, et à l'Office de Publicité.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée d'Antin.\n"}, {"page_pdf": 446, "texte": "            Le Dixième Anniversaire\n   DE LA FONDATION DE       « LA J E U N E BELGIQUE »\n\n\n\n\n                            LA JEUNE    BELGIQUE      va bientôt\n                           accomplir sa dixième année. Il nous\n                           vient une certaine fierté, lorsque,\n                           regardant en arrière, nous voyons tout\n                            le chemin parcouru et tous les obsta-\n                               cles surmontés ; il nous a fallu\n                                beaucoup d'enthousiasme, beau-\n                                coup d'énergie, beaucoup de foi\n               dans l'œuvre que nous avions entreprise. Malgré\n               l'hostilité envieuse des uns, le dédain et le\n               silence des autres, nous avons gravi la route de\n               l'art sans faiblesse, sans avoir jamais songé un\n               instant à rendre notre plume à la garnison\n             décrépite qui se barricadait vainement derrière\n             la souveraine routine. Des concessions, jamais\n             nous n'en avons faites ; le drapeau de guerre de\n             la Jeune Belgique ne s'est jamais changé en dra-\n             peau parlementaire ; il ne s'est jamais courbé\n             devant l'ennemi. Certes, hautement nous pouvons\nle dire, il n'a aucune tache. Il y a encore sans doute des\ninconvertis ; mais ceux-là même devront nous respecter lors-\n"}, {"page_pdf": 447, "texte": "                            — 390 —\n\nqu'ils se représenteront une revue littéraire éclose dans une\nterre inhospitalière, sans appui d'aucune sorte, sans avoir une\nseule fois sollicité un secours déshonorant, fêter, plus forte\nque jamais, plus fière et plus ardente, la dixième année de\nsa fondation. Car nous savions parfaitement en nous révoltant\ncontre les principes mécaniques d'un art qui n'était plus que\nle gagne-pain de quelques affamés non d'idéal mais d'or et de\ndécorations, en brisant le vieux bric-à-brac poussiéreux des\nconventionnelles formules, en bousculant le grenier aux acces-\nsoires d'un théâtre de marionnettes, en chassant à grands coups\nde trique les marchands du Temple, quelles colères nous\nallions soulever ! On ne pique pas impunément de l'aiguillon\nles bœufs parqués. Mais taper ferme et fort, sans merci,\nc'était le plaisir de la lutte et cela raffermissait notre jeunesse\net notre force. Et parfois, lorsque quelque ruminant impotent\nse jetait tête baissée parmi nous, nous eûmes quelque plaisir\nà le faire trébucher lourdement.\n   Nous attendons sans peur le jugement du public qui pense\net qui lit. Sachant que le culte de l'art est toujours en rapport\nchez un peuple avec son développement intellectuel, nous\navons voulu réveiller la Belgique de sa torpeur, lui rappeler\nl'antique héritage qu'elle détient. Par sa position géographique\nmême, notre pays devra forcément reprendre la situation\nqu'il possédait autrefois, lorsque les Memling, les Van Eyck et\ntoute l'école de la Renaissance fleurissaient parmi nous.\nPlacé entre l'Angleterre, l'Allemagne et la France, il doit\ndevenir le centre intellectuel du Nord où viendront se con-\nfondre les courants artistiques de ces trois grandes races.\nNous croyons en l'avenir et c'est pour cela que nous luttons\nsans faiblesse. Alors qu'il nous était si facile d'abandonner,\ncomme tant d'autres, une ville qui, confinée dans de mes-\nquines discussions personnelles, sans une idée large et générale,\nnous rebutait, et d'aller vivre à Paris dans une libre et\nrayonnante atmosphère d'art, nous avons préféré nous laisser\nhuer ou dédaigner par les pygmées dont la bêtise suffoquerait\nsi on ne les dépassait de la tête. Ce sont eux qui étaient en\n"}, {"page_pdf": 448, "texte": "                            —   3()i   —\n\n\ntrain de faire à la Belgique cette réputation jetée, il y a quel-\nques jours encore, à la face de tous nos artistes par nos voisins.\nEt ceux, à Paris, qui prirent vivement notre défense, les Mir-\nbeau, les Barrès, quels arguments firent-ils valoir? Ce furent\nNOUS, les Jeunes, qu'ils remercièrent d'avoir accueilli Cladel,\nVilliers, Mallarmé et tant d'autres, ce furent NOUS qu'ils félici-\ntèrent d'avoir fondé des revues littéraires pleines d'audace, de\npublier des œuvres fortes et belles, de découvrir d'un coup\nd'oeil les artistes véritables. Cette fois, la voix fière qui nous\ndéfendait — par delà les frontières — fut entendue; on\nécouta, peut-être un peu ironiquement, mais on écouta.\n   Ce beau rêve que nous rêvons depuis dix années : faire de la\n Belgique un centre intellectuel et artistique, faire affluer\nparmi nous les penseurs, les savants et les artistes, développer\nchez nous le goût des hautes études et l'éducation esthétique,\nnous le verrons réalisé. Qu'on ne nous accuse pas de rester\nindifférents à tout ce qui ne concerne pas la littérature ; nous\napplaudissons à tous les efforts tentés pour relever notre pays\net lui faire prendre la place qu'il devrait occuper en Europe.\nMais forcément notre domaine est restreint. C'est l'Art dans\ntoutes ses manifestations que nous voulons propager, l'Art qui\nne peut, d'ailleurs, s'épanouir librement que là ou l'intelligence\ns'est le plus développée.\n   Il y a deux ans nous eûmes quelque espoir de voir notre\ncapitale se placer définitivement au premier rang. Grâce à\nl'éducation musicale donnée avec tant d'énergie et de persévé-\nrance par un homme de la plus haute compétence, qu'ici nous\nvoulons publiquement remercier, Joseph Dupont, on a pu un\ninstant croire que Bruxelles allait devenir le Bayreuth du\nnord. Après les représentations mémorables de la Walkyrie,\non songea à donner la tétralogie complète. C'était faire de\nnotre ville un lieu de pèlerinage; et certes, à ces représen-\ntations qui eussent dû être des solennités, nous eussions vu\naccourir tous nos voisins, les Anglais, les Hollandais, dont\nl'éducation musicale est si avancée, et les Français habitués\ndéjà à venir entendre chez nous les œuvres que Paris leur\n"}, {"page_pdf": 449, "texte": "                            — 392 —\n\nrefuse. Nous pensions avoir notre Weimar où dans une\npuissante émulation, tous les artistes auraient tenté, pleins de\nconfiance, de vaincre la Chimère. Ceux qui auraient dû voir\ndans cette tentative la rénovation artistique du pays en firent\nune question personnelle, ceux qui, par leur position, auraient\ndû faire triompher cette œuvre nationale continuèrent leur\nbasse besogne, déjà oubliée aujourd'hui.\n   Ils n'ont donc jamais songé que leur repoussante personne,\nque leurs actes, plus repoussants, si c'est possible, sont destinés\nau plus misérable oubli; ils n'ont jamais pensé, il est vrai,\nsans cela ils sauraient que, tandis que l'œuvre d'un artiste\nfranchit les siècles et arrive jusqu'à nous, aussi vraie, aussi\nbelle qu'il y a mille ans, tous leurs pareils sont rendus aux\nabîmes avec le dégoût de la plus hideuse pourriture.\n   C'est que l'Art crée hors du temps et de l'espace, et sait\n donner à tout ce qu'il touche un caractère d'éternité. Et voilà\npourquoi l'Art est le plus beau et le plus vaste moyen\nd'expression.\n   Il y a un an, un homme sachant lire et écrire, de plus élu\nmembre de la Chambre des représentants, osait réclamer\ncontre l'Art en faveur de la grande voirie, s'écriant : « Je vis\nde bonne soupe et non de beau langage », et personne n'a\nsongé à lui répliquer : \" Les porcs aussi \".\n   Quant à nous, notre œuvre est là, sûre de l'avenir. Ces dix\nvolumes de la Jeune Belgique resteront, comme la preuve\nde la renaissance artistique dans notre patrie.\n   Un instant nous avions cru dresser la liste de nos collabo-\nrateurs, ainsi que celle des livres publiés jusqu'à ce jour;\nmais la place nous ferait défaut. Elle est énorme la produc-\ntion littéraire de ces dernières années ; que l'on jette seulement\nun regard sur le catalogue de notre éditeur Lacomblez. Cet\nélan ne s'arrêtera pas là ; annonçons déjà le Livre de Camille\nLemonnier, les Dernières Fêtes d'Albert Giraud, les Fusillés de\nMalines de Georges Eekhoud, les Flambeaux noirs d'Emile\nVerhaeren, le deuxième cahier de vers d'Iwan Gilkin, Contes\nde mon village de Louis Delattre, le Don de l'Enfance de\nFernand Severin, Dans le Rêve de Georges Destrée, etc.\n"}, {"page_pdf": 450, "texte": "                              — 393    -\n\n   Dix années viennent de s'écouler, dix années de luttes, de\npropagande; soyons prêts à recommencer, plus vaillamment.\nDepuis notre début, notre groupe s'est renforcé de nouvelles\nrecrues, nous ne sommes plus seuls à faire la trouée; l'Art\nModerne, la Wallonie, la Pléiade défendent la même cause.\nLa partie est belle ; avec de la persévérance nous triom-\npherons.\n   Aujourd'hui, nous faisons appel à tous nos amis, A TOUS. Il\nfaut que l'on entende le mot Jeune Belgique dans son sens le\nplus large, c'est-à-dire comprenant tous les artistes jeunes,\npleins d'audace et de foi. C'est à ceux-là que nous demandons\nd'être des nôtres; réunissons toutes nos forces pour proclamer\nbien haut la vitalité de l'art nouveau en Belgique. A un ban-\nquet, qui sera une cordiale et franche réunion, nous vous\nprions d'assister, TOUS, dans la première quinzaine de janvier;\nla date exacte nous la ferons connaître sous peu. En attendant,\nAMIS, faites provision de gaieté et d'enthousiasmes.\n\n                                           LA J E U N E BELGIQUE.\n\n\n\n\n  La \" Pléiade \" et « la Jeune Belgique ».\n  Au m o m e n t de recommencer la lutte, nous reprenons de nou-\nvelles forces. LA P L E I A D E qui fut dirigée avec tant de vaillance\npar Paul Lacomblez pendant deux a n n é e s , nous tend la main\nfraternellement. Désormais nous ne ferons plus qu'une seule revue\nplus forte, plus jeune, plus entreprenante. Notre éditeur sera Paul\nLacomblez. D a n s notre beau projet de réunir à Bruxelles tous les\nartistes unis, il veut nous aider fièrement.\n  Déjà connu par ses successives éditions de LA PRINCESSE\nMALEINE et des AVEUGLES, il lancera à son tour LA J E U N E\nB E L G I Q U E , publiera nos livres, groupera les écrivains belges.\nUn éditeur nous manquait, le voici. Le mouvement artistique qui\ngrandit si superbement aujourd'hui en notre pays, aura ainsi son\ncentre, son point de cohésion. C'est à nous maintenant de travailler.\n"}, {"page_pdf": 451, "texte": "               — 394 —\n\n\n\n      ASSOMPTION\nL'autel bas s'orne de hautes mauves;\nLa soutane blanche est toute en fleurs;\nA travers les pâles vitres jaunes\nLe soleil se répand comme un fleuve.\n\nOn chante au graduel : Fl-LI-A!\nD'une voix si lentement joyeuse\nQu'il faudrait croire que c'est l'extase\nD'à-jamais voir la Reine des cieux;\n\nLe sermon du tremblotant vicaire\nEst gentil plus que par un dimanche,\nQui dit que pour s'élever dans l'air\nFaut être humble et de foi cordiale;\n\nIl ajoute, le cher vieux bonhomme,\nQue la gloire ultime est réservée,\nSur tous ceux qui vivent dans la pompe,\nAux pauvres d'esprit et de monnaie;\n\nOn sort de l'église après les vêpres\nPour la procession si touchante\nQui a nom du Vœu de Louis Treize :\nC'est le cas de prier pour la France.\n\n\n                                  PAUL VERLAINE.\n"}, {"page_pdf": 452, "texte": "                        — 395 —\n\n\n\n\nLAISSONS UNE HEURE MOURIR..\nLaissons une heure mourir sans sonner\nLe glas, monotone, enfin, de nos vies\nEt le requiem des vieilles douleurs ;\nD'autres viendront, par les sentes suivies,\nQui ne voudront savoir que nos baisers — les leurs —\nPar le champ des épis et des bleuets en fleurs\nQue l'amour éternel ne pourra moissonner\nEt que nourrit le fleuve oublié des douleurs.\n\nRetourne-toi vers tout ce Passé;\nVois, dans le crépuscule, là-bas :\nQue vit-il encore des heures qui furent?\nVois : les lueurs de joie — et le reste, effacé\nSous l'ombre que stellent les bonheurs qui durent —\nJusqu'à nous rayonnantes de rires lilas\n— Jusqu'à nous, hors de l'ombre des heures qui furent\n\nLa cendre de haine est un voile léger\nAu firmament où la nuit descend;\nLe sang de nos cœurs en doux vin s'est changé\nQue le Passé verse en l'or du couchant;\nLe rêve enfantin, en sa noblesse insigne,\nQue tu nourris des soirs à tes lèvres d'alors,\nMonte dans l'essor ébloui des grands cygnes\n— Candeur irradiante en les ors;\nEt voici la nuit idyllique descendre\nEt l'or et la pourpre se tassent en cendre\nOù les feux du couchant de nos désirs sont morts.\n\nQue pleurions-nous ? — notre amour est le même,\nTon âme est plus pâle et mon rêve plus beau —\nAh! qu'importe, vraiment, que le vent d'ouest sème\nDerrière nous, la cendre du flambeau ?\n\n                                  FRANCIS V I E L É - G R I F F I N .\n"}, {"page_pdf": 453, "texte": "                                  — 396 —\n\n\n\n\n            L'IMPÉRATRICE FÉLISE\n                                        La Mort, selon les Sauvages, est une grande\n                                     femme fort belle, à laquelle il ne manque que\n                                      le cœur.\n                                            FRANÇOIS-RENÉ, vicomte DE CHATEAUBRIAND.\n\n\n                                        I\n\n               En la haute cathèdre d'onyx, que des cabochons d'améthyste\n                constellent, l'impérial vieillard est immobile, songeur. Les\n                boucles étirées de sa longue barbe grise s'emmêlent à l'orfroi\n                éteint de sa stole de pourpre ; sa tête au long visage exsangue,\nlourd de gros plis livides, se courbe sous la tiare de pierreries et d'or ;\nrarement ses paupières appesanties se lèvent sur des regards atones d'où\nl'étincelle vivante s'est à jamais échappée, et ses mains décharnées appuient\nà ses genoux le massif sceptre d'argent.\n    Il songe à la gloire de ses aïeux qui soumirent des nations sans nombre,\nqui établirent par la violence, et par la sagesse surent maintenir la supré-\nmatie de sa maison ; il songe aux nobles et grandes choses qu'ils ont accom-\nplies, aux expéditions lointaines qui les ont enrichis, aux prospérités\ninespérées dont ils ont comblé leurs peuples, à leur prudence dans le gou-\nvernement des Etats, à leur audace dans les guerres.\n    Il songe aussi à ce qu'il a fait, lui après eux, et à ce qu'il aurait dû faire.\nDepuis qu'il règne, les hordes pillardes ont envahi les frontières de son\nempire, saccageant et tuant partout sur leur passage, sans qu'il ait eu seu-\nlement la pensée de les combattre. En même temps, ses soldats, indisci-\nplinés, à peine nourris, misérablement vêtus de haillons jamais renouvelés,\npour vivre se transformaient en bandits, pendant que lui, dans les débauches\nstupides et les irrésolutions de sa chancelante volonté, laissait se lentement\ndétruire la robuste ardeur native de son âme et de son corps. Peu à peu il\nen était venu à ne pouvoir soutenir un glaive en ses doigts débiles ; il\nn'avait plus l'énergie de s'informer de ce qui se passait autour de lui, et le\nnom de ses ministres lui était inconnu.\n   Tel, spectre perdu en des songeries incertaines, sans désir, sans presque\nde regrets parmi ses souvenirs, oublié de ses sujets, négligé de ses courtisans,\nméprisé de ses proches, il demeurait des semaines entières seul dans une salle\nsouterraine, dont le mystère vague à travers l'opacité des vitraux s'éclairait\n"}, {"page_pdf": 454, "texte": "                                  — 397 —\n\ndu frôlement furtif de quelque rayon. Ses eunuques et ses femmes qui\nrégnaient à sa place ne connaissaient pour règle que l'inconstance de leur\nfrivolité capricieuse ou de leurs sanglantes frénésies. Sans courage pour s'op-\nposer à cette usurpation, il les laissait faire, indifférent, et même, lorsqu'il\ns'y croyait contraint, il souriait à leur démence.\n   Or, ce jour-là, depuis des heures et des heures dans sa cathèdre affaissé de\nla sorte et rêvassant au hasard, soudain il releva la tête, les yeux grands\nouverts, attentif au bruit que faisaient dans l'ombre des pas qui se rappro-\nchaient. Une femme jeune et d'une allure majestueuse. Sous son front un\npeu court, comme deux lacs d'azur et de ténèbres pailletés d'or, l'obscur\nvelours de ses yeux profonds flamboyait; son nez droit, brusquement\narrêté, frémissait de l'ardente palpitation de ses narines arrondies; sa\nbouche étroite, grasse, sensuelle, tendait des lèvres avides et rouges comme\nune grenade ouverte; ses épaules larges étincelaient, ferme duvet de marbre\ncandide, et l'un de ses seins à découvert, bombé comme un bouclier, dardait\nla flamme rose de sa pointe plus délicate que la pulpe fraîche d'un fruit de\nsoleil. Ses bras robustes étaient nus. Sa robe, faite d'un neigeux pennage\nde paons immaculés, semée de topazes et de béryls, par une agrafe opale\nfermée au dessus de l'épaule, glissait sur la poitrine, dont elle voilait une\nmoitié, s'en venait presser la taille et en accusait la ployante sveltesse, puis\nen plis onduleux, s'épandait jusqu'à terre en une traîne bordée d'argent\nterne, tandis que tout du long, depuis la hanche fendue, elle s'ouvrait du\ncôté droit au galbe impatient d'une harmonieuse jambe rattachée à son\npied, frémissant oiseau à peine posé sur le haut patin de velours, par le\ngracile orgueil de sa cheville élégante. Triomphale, elle approchait du\ndynaste épuisé, et sur le jade transparent de son cou pareil à une tour,\nl'ombre bleue de sa royale chevelure se projetait.\n   C'était l'impératrice Félise, dont la beauté éblouissait l'univers. D'une\nparole de sa voix soyeuse, elle courbait le front des éphèbes et jetait l'affo-\nlement dans l'esprit des vieillards ; d'un éclair de ses regards, elle les eût\nfrappés à mort. L'empereur, trois années auparavant, l'avait remarquée\nparmi les servantes de son palais : comme il traversait une galerie de ser-\nvice, il entendit derrière lui une voix jeune railler avec gaillardise la stéri-\nlité de ses femmes. Furieux, il se retourna, prompt à châtier; mais la\nmagnificence de Félise, qui froidement fixait sur lui ses larges yeux dédai-\ngneux et impudents, le subjuga. Il fit de cette femme sa concubine, il lui\ndonna rang parmi ses épouses, et. après quelques jours, au milieu de la\npompe d'une cérémonie grandiose, publiquement il lui décernait-le titre\nd'impératrice.\n"}, {"page_pdf": 455, "texte": "                                  -   398    -\n\n   Elle avait su conserver son influence sur le cœur faible du vieillard, et\nce fut elle-même qui parvint à le reléguer en l'exil de ses souvenirs, car\nelle voulait seule rester la maîtresse du palais et la dominatrice des nations.\n    Pour la première fois depuis l'époque où elle l'avait ainsi dépossédé de\ntoute son autorité, elle se présentait devant lui durant le jour et lui parlait\nsans y être contrainte. Prosternée, ainsi qu'une suppliante elle tendait\nvers le thrône le calice pâle de ses mains enlacées.\n   « Maître, s'écriait-elle, pour quelle honte m'as-tu élevée à la suprême\npuissance? Dois-je être la risée des envieux et des méchants? — Certes,\njeune et ignorante, je me fusse résolue en mon âme à tous les sacrifices\nd'un futile honneur pour devenir ta préférée, pour me rendre digne d'être\nl'élue parmi tes épouses; j'étais éblouie par le vain mirage de ta splendeur!\nEt le jour où s'éveilla ton cher amour, où, grâce à ta bienveillante faveur,\nfleur souillée par la fange de mon rêve virginal, je m'épanouis à la vivifiante\nclarté de tes rayons, ce me fut un jour d'extase éperdue, et l'inespéré de mes\nnaissantes félicités me faisait trembler du tremblement involontaire d'un ravis-\nsement céleste. Tu fis de moi la reine de ta fortune, la maîtresse sans con-\ntrôle de tes peuples, et j'ai connu l'amertume, hélas! de ma royauté. Mes\ndésirs ignoraient les harcelants outrages qui, comme des chiens blessés,\nhurlent dans la nuit de leur scurrilité après l'astrale aurore des gloires qui\nsurgissent. Oui ! aujourd'hui encore, hier, toujours ! de tes sujets, haineux\net lâches, parmi les plus grands il s'en est trouvé pour insulter à la jeunesse\nde ma domination, et ceux-là sont si haut placés qu'il m'est interdit de les\natteindre et de les frapper ! Maître, ils m'ont poursuivie d'ironies glaçantes,\nou, comme ils l'eussent fait d'une courtisane, du méprisant affront de leurs\nconvoitises brutales. N'est-il pas temps que leur hardiesse soit enfin\nrefrénée? Si j'acceptai naguère à ta décharge la fatigue des impériales\nobligations, si mon activité et la volonté de mon affection prudente ren-\ndirent à la lassitude de tes vieilles années le loisir des jouissances calmes\nqui leur étaient dues, pour seules assumer la lourde tâche de l'hégémonie,\nn'est-il pas juste que je puisse me défendre de mes ennemis comme des\nennemis de l'empire, puisque les uns comme les autres rêvent d'anéantir\nsous leurs offenses ou leurs attaques, celle que tu as revêtue de ton\namour et de l'éclatant prestige de ton pouvoir terrestre? Ne suis-je pas,\nde par ta volonté, la Pensée agissante de tes royaux désirs? Ne suis-je pas\nla force émanée et l'ardeur réfléchie de ta propre autorité? Accorde-moi\nde châtier les impudences et les dédains! Laisse-moi me venger, si je ne\nsuis pas en droit de punir. Ecoute : pour m'assurer la possession de ce\nbonheur dont tu pensais m'avoir largement comblée, pour que renaisse la\n"}, {"page_pdf": 456, "texte": "                                 — 399 —\n\nsérénité nécessaire en mon âme agitée de confuses et bouillonnantes colères,\nil faut que tu ordonnes la suppression des railleurs et des impies. Mes bour-\nreaux se chargeront d'inventer des tortures insolites et prodigieuses, et\nau milieu de souffrances suraiguës et savamment calculées mes victimes me\nverront insensible devant eux me dresser pour me rire de leurs douleurs\net de leur sang répandu ! »\n    D'un bond sauvage elle s'était levée et rapprochée du monarque, si bien\nque la pointe nue de sa poitrine haletante lui effleurait presque le visage;\nlui, sentait ses lèvres convulsives s'humecter de la salive du désir; éperdu\ndans l'affolant tourbillon des parfums de son approche, ne pouvant sup-\nporter l'impérieux éclair de ses prunelles étincelantes, d'une voix mal\naffermie il lui répondit :\n    « Oui! tu es ma vie! tu es mon orgueil unique, mon souci et ma joie!\n0 Félise, pourquoi supplier? Ignores-tu que tout ce qui sera fait par toi\nsera fait selon ma volonté? Frappe; mets à mort qui tu voudras : mes\nsujets, le plus humble et le plus puissant, tu es la maîtresse de leur vie, il\nn'en est pas dont l'existence ne t'appartienne. Ceux qui ont osé vouloir\nt'outrager sont les ennemis de l'Etat; qu'ils meurent! sont-ils de mes anciens\namis? sont-ils les plus fidèles de mes serviteurs? il n'importe, tu te dois de\nles sacrifier. Et quand même ce serait le fils de ma tendresse, celui qu'en\ndes temps meilleurs j'ai désigné au respect et à l'affection des nations pour\nrecueillir, après ma mort et la tienne, la gloire de notre toute puissante\nroyauté, ô ma Félise ! bien que son rang dans la noblessse le fasse ton\négal, il existe par mon caprice seulement : tu es la maîtresse de sa destinée;\nsi tu le désires, mon amour lui est retiré. Veux-tu qu'il meure? sans que\nj'en éprouve regret ni affliction, il mourra ; et cependant je l'aimais, les\ndieux en sont témoins ! plus encore que ma propre vie, et presque autant\nque toi-même! »\n   A ces mots, l'impératrice Félise ne put réprimer une triomphante excla-\nmation d'orgueil satisfait; et, muette et hautaine, toute droite et majes-\ntueuse, elle s'en alla de la présence de l'époux.\n   Si prompte elle avait disparu qu'il semblait au vieux monarque excédé\nde solitude et d'angoisses, qu'il eût rêvé d'un vain rêve quelque apparition\nlumineuse du vivifiant soleil.\n\n                                      II\n  Une salle immense et merveilleuse, aux parois de porphyre embrasé,\ndont les hautes voûtes sont soutenues par d'innombrables piliers de trans-\nparente agathe ; de place en place, s'élancent les troncs rugueux de lataniers\n"}, {"page_pdf": 457, "texte": "                                   — 400 —\n\ngéants et de chamœrops, qui épanouissent, en un dôme touffu, l'écrasante\nfraîcheur de leurs palmes larges. Sur ces palmes, et parfois sur le sable\nd'argent fin dont le sol est tapissé, retombe en gouttelettes mélodieuses la\npluie d'invisibles jets d'eau ; au fond, éblouissant de ses mille pierreries, un\nthrône s'élève où, sous un dais somptueux de pourpre et d'améthyste, tandis\nqu'assises sur les marches, des esclaves nubiennes agitent mollement l'air\ndu capiteux arôme de leurs flabelles flexibles, l'impératrice Félise se tient\ndebout. Devant le thrône, entre deux satellites noirs, est prisonnier le\nprince Arbate, tandis que par derrière se rapproche une double rangée de\nnègres au visage veule et inexpressif, aux lourdes lèvres pendantes, vêtus\nde rouge et tenant à la main d'horribles instruments d'acier aigu en tenailles,\nen vrilles, en scies, en poinçons : les eunuques des commandements royaux.\n   Le prince est un pâle et calme adolescent, candide et prédestiné. Tout\nenfant, il avait été amené à l'empereur par des pâtres de la Chaldée voi-\nsine, qui prédisaient en lui une destinée étrange. Plus tard, ils l'avaient\nabandonné, et l'empereur, ayant pitié, le prit sous sa protection, s'amusa\nà surveiller la délicate efflorescence de son intelligence rêveuse ; si bien que\nlorsqu'il lui fallut renoncer à l'espérance d'avoir encore un héritier de\nquelqu'une de ses épouses, il l'avait pris en si singulière et exclusive affec-\ntion, qu'il le proclama l'enfant de son amour et le continuateur des gran-\ndeurs de sa maison.\n   Le jeune prince cependant ne se plaisait guère parmi les illusoires bon-\nheurs et le luxe asservissant de la pompe royale; volontiers il s'évadait en\nla solitude de rêveries nonchalantes; en dépit des blandices câlines des\nfemmes du palais et de l'offre ancillaire de leurs lèvres alliciantes, il se réfu-\ngiait parmi le recueillement austère des calmes méditations. Ainsi, aux\ntutélaires bercements de la mer indulgente, sous le bienveillant sourire des\nétoiles amies, dans les ténèbres apaisées des forêts pacifiques, il avait empli\nson âme d'indifférence triomphale, échappé aux contingences désordon-\nnées du banal désir et des appétits, et le triple sceau en son esprit était\nrompu du savoir fatidique et immuable.\n   Ephèbe au sérieux visage, avec ses yeux mystérieux où s'étonne le reflet\ndes clartés pressenties, il regarde la blanche souveraine qui surmonte avec\npeine l'émoi de sa colère.\n   Devant lui seul, elle avait humilié l'impassibilité hautaine de son royal\norgueil, et, bien des fois déjà, ses languissantes implorations s'étaient bri-\nsées aux dédaigneux refus de cette jeune âme que sa candeur défendait.\nPour le séduire en sa poursuite entêtée mais vaine toujours, elle était des-\ncendue jusqu'à n'exiger plus confusément que les minimes complaisances\n"}, {"page_pdf": 458, "texte": "                                 — 401 —\n\ndes lèvres ou des doigts, jusqu'à promettre même de respecter la virginité\nde son beau corps affolant ! Puisqu'elle n'avait pu le persuader en le sup-\npliant de l'haleine embrasée de ses paroles gourmandes, à présent elle avait\nen son cœur résolu de tenter un effort suprême, et de le contraindre, s'il le\nfallait, à s'abandonner dans la douleur.\n   A pas lents, elle descendit les degrés d'or de son thrône, se rapprocha de\nl'enfant et lui parla en paroles rapides :\n   — Arbate! Arbate! je t'avais tant aimé! Pourquoi ne me veux-tu pas?\nen quoi ai-je pu te déplaire? parle : je m'amenderai. Oh! je serai à toi\ncomme une esclave vile. Laisse-moi te révéler la béatitude infinie en\nl'inépuisable de mes irrésistibles baisers. Ne détourne pas de moi l'éveil du\ndésir de tes sens! Je t'aime, entends-tu bien? je t'aime, moi qui, sans toi,\nn'aurais aimé personne. Au feu de tes regards imprévus, le glacier de mon\ndédain orgueilleux s'est dissipé dès longtemps, et à présent un brasier me\ndévore ! Ne sais-tu pas que mes regards eussent été efficaces à faire revivre\ndes morts? Mais ils ne se sont jamais abaissés à rallumer la sève expirante\nd'une espérance stérile. Et voici que c'est toi, l'attendu et l'inespéré, le\nsonge décevant de mes sollicitations occultes, toi, qui me dédaignes, et\nme brises ; tu ne veux pas voir que je suis bien à toi ; je m'offre vainement :\nmoi qui n'avais qu'à paraître pour être obéie, voici que tu me repousses !\nOù donc est l'immortelle que tu peux imaginer plus belle? ne suis-je pas le\nmiroir de l'imperfectible beauté? et j'ai la royauté, la richesse, l'amour! Oh!\nviens à moi ! Quelles sont les voluptés inimaginées que ta chair réclame,\npour que tu ne puisses toutes les trouver en moi? Les parfums de mon\ncorps dompté, mon sang, fais-en ta pâture, fais-en tes délices! Plonge,\ncomme en la griserie éperdue des nuits d'un autre ciel, plonge en les\naromatiques arcanes de ma chevelure la lassitude de ta tête ensom-\nmeillée; cueille sur mes lèvres de rosée la fleur subtile de mystérieuses son-\ngeries! Aime-moi : je suis à toi, et tu m'affoles! Tu seras le Maître tout\npuissant, et les nations n'oseront se rebeller, voyant que moi, leur impla-\ncable dominatrice, je ne suis rien que ta servante ! Avance, comme un jeune\ndieu, parmi la puissance et la gloire dont je veux parsemer ton chemin ter-\nrestre; comme un tapis de victoire foule aux pieds mon orgueil et ma\nroyauté, et écrase-moi sous tes talons, si tu ne veux pas que tout l'essor de\nmon amour insensé ose aspirer à la bienheureuse promesse de tes caresses\nprochaines.\n   Longtemps elle continua en phrases entrecoupées, sans suite et heurtées\nde sanglots ; elle se traînait à genoux, elle pleurait ; mais Arbate, glacial\net muet, ne paraissait pas l'entendre et même il ne la regardait plus. Alors,\n"}, {"page_pdf": 459, "texte": "                                  — 402—\n\nles menaces succédèrent aux prières, elle se redressa, furibonde, la cheve-\nlure en désordre, les lèvres frémissantes, ne trouvant plus un son à proférer.\n Devant elle, Arbate toujours était immobile, debout. Désespérée elle fit un\ngeste : les deux satellites noirs le poussèrent la face dans le sable; il était\nlivré aux bourreaux.\n   Ce furent d'abord les flagellateurs. Alternativement, à tour de bras, ils\nabattaient le cuir des lanières et l'airain des verges, dont ils cinglaient\nsavamment le corps dénudé du jeune prince, et lorsque la chair en un\nendroit se fendait, ils s'acharnaient sur les balafres ensanglantées. En même\ntemps, sur son martyr penchée, l'impératrice, éperdue et fiévreuse, répétait\nd'une voix saccadée : « Veux-tu à présent? dis, veux-tu? »\n   Arbate se mordait les lèvres jusqu'à saigner pour ne pas consentir, brisé\npar la douleur, mais sans parvenir à réprimer de térébrants sanglots, et des\nclameurs et de sourdes imprécations. En même temps des eunuques sur la\npeau déchiquetée de ses hanches, de son dos, de ses bras répandaient par\nendroits une huile prompte à s'enflammer dont il suffisait d'approcher une\ntorche pour y mettre le feu ; d'autres avec un fer rougi imprimaient sur les\népaules ou les joues l'insulte d'un stigmate infamant, indélébile. A présent\nune acre odeur se répandait; sur les brûlantes blessures l'on jeta pour la\ndissiper la poussière stimulante d'arômes pénétrants. Le prince, en hurlant,\nse tordait en de frénétiques convulsions, creusant le sable de ses doigts\ncrispés ; et toujours, comme en l'éloignement d'un rêve, il entendait la voix\nrauque de l'impériale furie lui bourdonner aux oreilles son unique refrain :\n« Veux-tu à présent? dis, veux-tu? »\n   Le corps de l'enfant n'était plus qu'une informe masse rongée d'ulcères\net de plaies vives, mais l'art raffiné des tourmenteurs, eh aiguisant l'atrocité\ndes douleurs, en calculait si minutieusement la gradation successive que la\nmort ne parvenait pas à leur arracher ce lamentable jouet ! Chaque fois\nque le prince allait succomber à la souffrance et perdre dans la léthargie le\nsentiment de son supplice, des aiguilles à longue pointe affilées lui étaient\nenfoncées dans les parties sensibles ; de vrillantes incisions lui étaient pra-\ntiquées autour des oreilles, aux paupières et à la plante des pieds. Lente-\nment sa chevelure lui fut arrachée, ses doigts et ses membres l'un après\nl'autre furent tranchés, et de profonds dards empoisonnés hérissaient son\nvisage.\n   Alors, tout à coup, lasse de l'horreur de cette vengeance si longtemps\nprolongée, mais acharnée et inassouvie, sans souci du sang qui, à pleins\nflots, lui jaillit sur le visage, la poitrine et les bras, emportée par l'excès\nde son effrénée luxure, insatiable louve, Félise se précipita sur sa victime;\n"}, {"page_pdf": 460, "texte": "                                 — 403 —\n\nà pleines dents, elle le mordit au hasard de sa fureur, et elle tailladait,\npleine de rage, elle léchait ce corps, maintenant inanimé, qu'elle avait mis\ntant de frénésie à adorer, jusqu'à ce que, peu à peu, le sentant de son\nétreinte glisser et se roidir dans l'étreinte irrévocable de la mort, toute\nengourdie d'épouvante, inerte, à côté de lui elle tomba évanouie.\n\n\n                                     III\n\n   La ville est déserte, les rues vides d'agitation et de bruit; les maisons\ncloses. Sur les remparts, aucune sentinelle ne veille, les portes sont\nouvertes; même le sombre palais au sommet des durs rochers paraît\nabandonné. Oui, les soldats se sont enfuis, les eunuques et les vieillards\nont disparu; les femmes s'en sont allées, troupes hagardes et affolées,\npour sauver la vie à leurs enfants aussi bien qu'à elles-mêmes, s'offrir aux\nfourmillantes cohortes des guerriers barbares, de qui les armes, de toutes\nparts à la fois, ont lui au soleil dans la plaine et sur la montagne,\ncependant que le tumulte menaçant de leurs clameurs guerrières glaçait\nd'épouvante les anciens habitants de l'inexpugnable cité, à tel point qu'ils\ns'étaient laissé disperser à tous les souffles de la peur, sans même songer\nun moment à combattre, à s'opposer à l'invasion.\n   Devant ces murailles désertées, devant ces seuils sans défenseurs, les\ncavaliers assaillants hésitent un instant ; ils redoutent quelque embûche\nobscure; puis, peu à peu, s'enhardissant, ils pénètrent par les avenues et\nles carrefours, que bientôt ils ont parcourus dans tous les sens, mais sans y\nrien rencontrer. Ils font alors irruption dans l'antique palais aux salles de\nmarbre des despotes impériaux à qui rien ne résistait ; en tous ses recoins\nils le visitent et c'est à grand'peine qu'enfin ils découvrent un pusillanime\nvieillard que l'effroi cloue grelottant dans le fond de sa cathèdre d'orgueil,\npuis une misérable femme démente, l'âme courbée sous le poids d'un impla-\ncable souvenir, qui, les yeux vacants de lumière, vague par les jardins et\nles terrasses, au hasard, en murmurant bien bas d'étranges paroles de\nluxure et de sang.\n                                                    ANDRÉ FONTAINAS.\n"}, {"page_pdf": 461, "texte": "                                 — 404 —\n\n\n\n                      MADELEINE (1)\n   Sur le front de Jésus Madeleine tremblante\n   Avait versé le baume et l'onde parfumée,\n   Et de sa grande chevelure étincelante\n   Lui dorait ses pieds nus — honteuse d'être aimée.\n\n   Devant l'amour divin son effroi qui recule\n   Se prosternait — n'osant regarder les yeux calmes\n   De Jésus, triste et beau comme un blanc crépuscule\n   Qui pâlit le soleil au fond d'un bois de palmes.\n\n   Elle était prosternée en ses cheveux de flammes,\n   Avec ses regards, lourds des langueurs syriennes,\n   Où son Ame nouvelle absorbait d'autres Ames\n   Où la foi dévorait ses heures anciennes.\n\n   Et telle, aux pieds du Christ qui tristement rayonne\n   Et songe à la blancheur de la mort virginale,\n   On eût dit s'incliner une éclatante automne\n   Vers un soleil couchant qui songe à l'hiver pâle...\n\n\n                               MADELEINE\n   0 Jésus, radieux sur les heures amères\n   Comme l'Ame nouvelle au dessus du péché'.\n            Toi qui fais mourir les chimères,\n   Fleurs du démon, tournant dans le val desséché,\n   Fleurs sans racine errant comme un vaste prestige.\n   Dans un vent, rouge et chaud, de honte et de vertige...\n\n                                   JÉSUS\n            Relève-toi de ta langueur :\n  Lorsque tu sens autour de toi les lassitudes\n  Recueille purement ton âme dans ton cœur...\n  Il est là, je le sais, d'intimes solitudes\n\n\n(1) Extrait du Livre du Jugement. Hymne III : la Rédemption.\n"}, {"page_pdf": 462, "texte": "                          — 405 —\n\nOù ne pénètre pas le démon convulsé\nDont la fatigue rôde en un cercle insensé :\nC'est le Vide très pur qu'emplit le Dieu tranquille.\n\n                        MADELEINE\n         O! Christ, dont la lèvre distille\nLe cinnamome heureux de la sérénité,\n         Ne crains pas que je m'abandonne\nAu souffle de fureur et de lividité.\nMon cœur est courageux, mon âme fraîche et bonne.\n\n         Si je laisse parfois passer\nSur mon visage ce reflet sombre et lassé.\nIl n'a rien de profond. Je suis libre, guérie.\n         Je suis comme une âme meurtrie\nPar un regret d'absent tout à coup retrouvé.\nSa foi chante et sa douleur plane... Elle a rêvé.....\nCe n'est rien. Et pourtant des larmes de mystère\nMouillent parfois ses yeux d'angoisse involontaire.\n\n                            JÉSUS\n         Elance-toi dans l'esprit pur.\n         Que ton cœur soit l'aiglon sauvage!\n         Il ne faut plus de pleur obscur,\n         Et pas même sur ton visage\n         Écarte tes cheveux d'orage\n         De ton front de neige et d'azur.\n\n                        MADELEINE\nJ'obéirai. Jadis, quand, m'arrachant à peine\n          Au passé pesant et bestial,\nJ'étais la courtisane et la chair qui se traîne\n          Encor toute chaude de mal,\nJe croyais qu'à quitter les moroses luxures\n          Il me faudrait faner mon cœur.\n          Je craignais dans l'esprit vainqueur,\nUn solitaire amer couvert de meurtrissures.\nJe croyais mutiler mon âme sans retour,\nEt que tuer le mal c'était tuer l'amour.\n"}, {"page_pdf": 463, "texte": "                         — 406 —\n\n        Mais quand la luxure fut morte\n        Quand la splendeur qui me transporte\n        Eut dévoré les sens charnels,\n        Je sentis, loin d'être accablée,\n        Palpiter la tendresse ailée,\n        Folle de désirs éternels.\n\n        Je connus que la basse ivresse,\n        Malgré son morne effrénement,\n        N'est pas vivante et qu'elle oppresse\n        L'amour par son abaissement,\n        Elle se croit la force impure :\n        Elle est l'inerte   pourriture,\n        L'impuissant avilissement.\n        Comme l'amour altier remonte,\n        Quand on peut briser à son pied\n        La courte chaîne de la honte\n        Et du plaisir humilié !\n        C'est Dieu qui sait brûler les moelles..\n        Et la volupté des étoiles\n        Prend celle des chiens en pitié.'\n\n                          JESUS\nC'est ainsi qu'un mourant s'attache au corps malade,\nSeul obstacle à la vie ardente, au libre vol.\n         Imprégné des vapeurs du sol,\n         L'homme animal se persuade\nQu'on meurt avec le corps et qu'on aime par lui\n         O! toi qui montes de la nuit,\nColonne de parfums pleine de ma tendresse,\nO! Miriam, répands sur l'immense détresse\nDes esprits enchaînés dans l'horreur de la chair,\nTon arôme où le vent infini du désert,\nSoulevé de désir, éperduement s'enivre\nGuéris par tes senteurs l'abjection de vivre.\nPuis, d'effluves profonds saturant ton aveu,\nPlongeons ensemble dans les voluptés de Dieu\n                                          ALBER JHOUNEY.\n"}, {"page_pdf": 464, "texte": "                           — 407 —\n\n\n\n\n             JARDIN D'AMOUR\nAu fond du bois sacré, dans les herbes fleuries,\nSous le feuillage pâle et léger des arbustes,\nOù sur les blancs autels de lentes Théories\nApportent leur offrande aux dieux puissants et justes,\n\nTandis que les divins héros jeunes et beaux,\nPrès de la source claire où la Vierge se penche,\nParmi les pavillons de marbre et les tombeaux\nOffraient les fruits vermeils et la colombe blanche,\n\nIl vient le bel Enfant : le corail des sorbiers\n Vibre dans ses cheveux charmants en perles folles,\nIl regarde et sourit à travers les rosiers\nEt la fleur de sa bouche exhale ces paroles :\n\n« O vous qui repoussiez les dociles Amantes\nQui voulaient en riant ceindre vos larges glaives\nOu qui vous apportaient entre leurs mains tremblantes\nLes oiseaux capturés sur le sable des grèves,\n\nJe vous appelle de mes faux et doux sourires,\nFiers enfants dont la force éblouissait le jour !\nMoi, qui sais les secrets d'insondables délires\nJe vous emmènerai dans le Jardin       d'Amour.\n\nSur les galons de violettes et de mousses\nVous goûterez l'oubli dans les sommeils heureux;\nMes bras sont caressants et mes lèvres sont douces\nEt des calices d'or glissent de mes cheveux.\n\nJe vous apporterai les huiles précieuses\nEt le lait végétal qui f ait blanchir les chairs,\nLes fards, les opiats pétris de tubéreuses\nEt les colliers d'émail stellés de saphirs clairs.\n"}, {"page_pdf": 465, "texte": "                         — 408 —\n\nDans mes voluptueux miroirs de diamants\nVous apprendrez à vous aimer comme des femmes\nEt vous laisserez croître en flots doux et charmants\nVos cheveux parfumés d'iris et de dictâmes;\n\nEt mes yeux printaniers, amoureux et dorés\nSauront vous conserver l'éternelle jeunesse\nJusqu'à ce jour où sur mes lèvres vous boirez\nLa longue volupté de la dernière ivresse.\n\nEt sur le seuil de mon Palais illuminé\nOù se courbe la mer mélodieuse et vaste,\nJe m'étendrai, vainqueur d'avoir efféminé\nDe mes baisers savants la Beauté forte et chaste. »\n\n\n                       INNOCENCE\n\nA peine réveillé de ses sommeils pervers,\nDélaissant l'échiquier, les oiseaux et les vers\nQui l'enchantent de leurs musiques paresseuses,\nSéduit par les parfums des lourdes tubéreuses,\nIl s'étend sur le lit de parade et dans l'ombre\n Voluptueuse des rideaux de velours sombre\nOù sa frileuse chair plus tiède et parfumée\nAttire les baisers d'une rose enflammée,\nSes beaux yeux fatigués, ô! colombes jumelles,\nClosent languissamment les cils d'or de leurs ailes,\nEt tandis que l'ennui malsain de sa paresse\nDe stériles désirs et de songes l'oppresse,\nInquiet des douceurs de très vagues luxures\nIl feuillette un album orné d'enluminures\nFragiles où l'on voit dans de jeunes jardins\nParmi les seringas des bourreaux enfantins\nSur les galons heureux martyriser des Vierges,\nEt rêve aussi qu'il fait, sous les fouets et les verges,\nFrissonner tendrement ces corps tant caressés\nQui s'abandonnent à ses coups comme aux baisers;\nEt cependant, qu'avec grand soin de leurs parures,\nSes frères bien aimés aux longues chevelures,\n"}, {"page_pdf": 466, "texte": "                          -   409 —\n\nAux yeux d'azur chanteur, lascifs et si dévots,\nSous un treillage clair de fleurs et d'abricots,\nPlus amoureusement déchirent les chairs vives,\nLui, sous Vaisselle, dans les seins, dans les gencives,\nSous les ongles, avec de chers frissons nouveaux\nEnfonce innocemment des pointes de roseaux,\nEt soudain — O ses yeux et ses larmes si vraies!\nPuni dans son amour, il embaume les plaies\nDes lambeaux arrachés à sa tunique blanche\nEt doux, câlin, avec des gestes fins étanche\nDe vinaigre le sang vivace des blessures\nDont ses doigts amoureux ouvrent les lèvres mûres.\n\n\n                      RENONCEMENT\nJe suis l'efféminé, l'enfant aux lèvres pâles,\nQui s'étiole en son palais de voluptés\nParmi les lourds parfums, les miroirs enchantés\nEt les lits de plaisir tout ionchés de pétales.\n\nSans honte j'ai vêtu la robe d'hyacinthe,\nJ'ai paré mes bras nus de rêveuses topazes,\nSuaves yeux, qui s'alanguissent des extases\nDont m'enivrent les vins de roses et d'absinthe.\n\nLa lumière s'endort dans les lampes d'albâtre.\nLes faisans assoupis reclosent leurs aigrettes,\nLa fontaine s'épuise et dans les cassolettes,\nL'ambre d'or s'évapore en nuage bleuâtre;\n\nEt par terre, pâmés sous leurs lèvres avides\nDes narcisses plaintifs saignent de voluptés\nEt leurs baisers en fleurs, plus doux, sont reflétés\nDans l'onyx rose et clair des dalles translucides.\n\nChers enfants! dénouez la chevelure noire\nQu'enroulent des fils d'or à vos fronts! Sur des nattes\nApportezles gâteaux, les raisins et les dattes\nEt vous, chantez, lascifs, sur la lyre d'ivoire!\n"}, {"page_pdf": 467, "texte": "                         — 410 —\n\nPenchés sur les coussins paresseux de mon siège\nLes esclaves, ployant des flabelles de plume,\nRafraîchiront mon col que le lilas parfume\nEt sur mes blanches mains verseront l'eau de neige.\n\nCar je meurs de langueur savante et douloureuse\nEn composant des vers doux comme mes baisers\nEt je chante l'amour des enfants épuisés\nDont frissonne la chair chaste et voluptueuse.\n\nNul désir ne tressaille en mon âme engourdie,\nJ'ai renié ma force et m'apprête à mourir\nEt pour fêter la vie où j'aurais pu souffrir\nJ'en fais par mes bouffons jouer la comédie.\n\n\n              LE CHATEAU ENCHANTÉ\n\n        En mon âme est un beau château :\n        Au balcon des mille tourelles\n        Que ferme un mobile rideau\n        De roses et de tourterelles,\n\n        De gracieux et doux visages\n        De fleurs vives ensoleillés\n        Rient à travers les feuillages\n        Aux bleus paysages mouillés.\n\n        Et tout autour est un jardin\n        D'anémones et d'avalées\n        Où les enfants, comme au matin,\n        Se promènent dans les allées.\n\n        Et sur l'eau rose des bassins\n        Par groupes fidèles penchés\n        Ils ont fleuri mes beaux jardins\n        Innocemment de leurs péchés.\n                                           VALÈRE G I L L E .\n"}, {"page_pdf": 468, "texte": "                                             —    411    —\n\n\n\n\n                          ALBUM A TOTO\n                                  L E T T R E — PRÉFACE\n   Tu sais si je t'aime bien, petite mère, ma chère Jeune Belgique ; alors\nj'ai tout été triste en voyant que tu étais ainsi grondée par Gramadoch dans\nla Nation.\n   Il est bien méchant, n'est-ce pas? et tu devrais dire à son papa de le\nmettre dans le coin. Mais dis, c'est pas un ogre, hein? Tu me racontes\ntoujours de belles histoires où il y a de vilains hommes qui mangent les\npetits garçons ; et vois-tu, j'ai un peu peur. Tiens ! — mais tu ne peux pas le\ndire — tu le promets? écoute : Pour que Gramadoch ne te dise plus ainsi\ndes choses qui te font de la peine, je vais lui dédier, ainsi qu'à toute sa\nfamille, tout mon album, tu sais celui auquel je suis si appliqué. Je t'envoie\naujourd'hui quelques petites pièces.\n   Je serai toujours bien sage et je travaillerai toujours bien à mon album.\nJe te saute au cou.\n                                                              TON TOTO.\n                                            CAMPAGNE\n                                                                        A mon bon-papa Gramadoch.\n                                       Voyez les champs,\n                                       Que c'est touchant!\n                                       Parmi les fleurs\n                                       Mon petit cœur\n                                       Semble au milieu\n                                       Du grand ciel bleu.\n                                       Oh! les bluets\n                                       Dans le millet !\n                                       Les coq'licots\n                                       En calicot!\n                                       Les papillons\n                                       Viennent et vont.\n                                       Un' marguerite!\n                                       Oh .' cueillons vite.\n                                       C'est y joli.!..\n                                       Je fais pipi (1).\n\n\n  (1) Toto est peut-être parfois un peu inconvenant dans ses expressions; mais il faut lui pardonner cela;\nâ son âge !                                                                          {Note de sa Mère).\n"}, {"page_pdf": 469, "texte": "                              —   412    —\n\n\n                         PREMIER REMORDS\n                                                   A mon peiit frère   Gravindoch,\n                          Me v'ià morose :\n                          La petit' chose\n                          Qee vous savez\n                          Vient d'm'arriver.\n                          C'était pour rire,\n                          Comment le dire\n                          Je n'oserais pas...\n                          Papa, papa!\n\n                        DIMANCHE AU VILLAGE\n                                                    A mon vieil oncle Gramadoch.\n                           Quelle innocence\n                           Dans ce silence!\n                           Tout est en fleur,\n                           O vrai bonheur!\n                           Une alouette\n                           Au loin volette;\n                           L'accordéon\n                           Ici répond,\n                           Et vers l'église\n                           Les poules grises\n                            Avec noblesse\n                            S'en vont à messe.\n\n\n\n\n         CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n            LA SONATE     A KREUTZER,         du comte Léon Tolstoï.\n\n              Un débauché, Pozdnychev, épouse une femme qu'il trouve jolie,\n               sans autrement la connaître. Naturellement une telle union ne\n               peut durer. « Tous deux savent qu'il n'y a, ni pour l'un, ni\n               pour l'autre, d'obstacles moraux à la consommation d'une\ninfidélité; ils le savent parce qu'eux-mêmes, tous les jours, violent en\nleurs relations, les principes de la morale : de là leur défiance réciproque et\nleur surveillance mutuelle». Une atroce jalousie empoisonne la vie des\népoux : Pozdnychev, trouvant un jour sa femme en compagnie d'un amant,\nla poignarde.\n"}, {"page_pdf": 470, "texte": "                                  413\n\n    Et cet homme énonce, sur la femme, l'amour et le mariage, les théories\nles plus amères !\n    De quoi se plaint-il, ce débauché, qui prend sa femme pour satisfaire un\ndésir purement charnel ? Sa femme est vile ; mais ne dit-il pas qu'il l'a choi-\nsie pour ses cheveux et sa taille, et n'a même pas pensé à son âme? Son\n amour n'est qu'un instinct; son mariage, qu'une série de tourments, inter-\nrompue parfois pour l'assouvissement de cet instinct. Si à sa basse concep-\ntion de l'amour vous opposez celle d'un amour qui ne s'attache qu'aux qua-\nlités de l'âme, Pozdnychev réplique d'un ton aigre et quelque peu enfantin :\n « Mais alors, pourquoi coucher ensemble? » « Et cette harmonie, dit-il, ne\nse découvre qu'avec des femmes jeunes et jolies ». C'est bien un libertin\nqui parle ! N'a-t-on jamais épousé une femme laide ou vieille, uniquement\nparce que son âme était belle ou jeune ?\n    Il soutient encore que l'acte par lequel l'amour s'accomplit, étant d'abord\ndouloureux, est contre nature. Mais la douleur n'est-elle pas souvent et\ntout naturellement nécessaire, dans l'existence de l'homme ? N'est-elle pas\nla condition de toute sa vie? Et, d'ailleurs, comment perpétuer le genre\nhumain? Pozdnychev répond : « Et pourquoi faut-il que nous existions? »\n    Il me semblerait insensé de prendre au sérieux de telles paroles quand un\ntel homme les prononce. Eh ! quoi ? Parce que nos relations sont toutes d'es-\nprit à esprit, et de cœur à cœur, faut-il donc pour cela ne pas nous unir par la\n chair? Si un semblable amour est possible, le bonheur est possible, et il y\n aurait une sorte d'égoïsme à ne pas vouloir qu'une postérité nous survécût\n pour connaître cet amour et ce bonheur. On ne peut, d'ailleurs, prétendre\n que cet amour ne résisterait pas à l'union sexuelle.\n    Mais Pozdnychev dit encore : « Pour que l'homme ait des rapport sexuels\nmoraux, il faut qu'il ait pris pour but la chasteté complète ». Plus de rela-\ntions charnelles, dès lors, que pour produire des enfants, environ tous les\ndeux ans. Malheureusement, l'homme, qui a pris l'habitude de ces rela-\ntions, a fini par les croire nécessaires, comme l'ivrogne s'imagine que l'eau-\nde-vie lui est indispensable. « Si l'homme, et c'est le cas dans la société\nactuelle, se livre avant son mariage à l'amour sensuel, le mariage ne peut\nêtre qu'un prétexte à la volupté, et la vie, qu'une vie parfaitement immo-\nrale », Ainsi, le vrai coupable, dans cette effrayante et lamentable histoire,\nest le mauvais compagnon qui, un soir, conduisit Pozdnychev adolescent\nchez une fille publique : sans lui il n'eût pas fait ces tristes noces, sans lui\nil n'eût pas tué sa femme ! Pozdnychev parle de ce soir lointain, avec un\naccent qui va à l'âme : « Je me rappelle que, dans la chambre même, tout\n de suite après, une tristesse profonde m'envahit et que les larmes vinrent\nà mes yeux en songeant à la perte de mon innocence, à la perte éternelle de\nmes relations normales avec la femme... J'étais un homme perdu... Comme\non reconnaît à leur manière d'être, le fumeur d'opium et l'ivrogne, on recon-\n naît à la sienne un homme perdu.Cet homme peut se contraindre, lutter\n contre ses passions ; les rapports simples, purs et fraternels avec une\nfemme, lui sont à tout jamais interdits ». Voyez-vous la tristesse de ceci?\n Voyez-vous quelles ténèbres jette sur la vie entière, cette heure de curiosité\n et de folie, cette heure IRRÉPARABLE?\n"}, {"page_pdf": 471, "texte": "                                  — 414 —\n\n   Certes, ce livre est né de préoccupations plutôt sociales que littéraires ; ce\nn'en est pas moins une étrange œuvre d'art !\n   Tolstoï nous semble l'écrivain le plus dépourvu de préjugés qui fut\njamais. Il n'y a rien chez lui qui ne concoure à l'ensemble, et cet ensemble\nest toujours d'une imposante majesté! On ne le voit point s'arrêter à d'inu-\ntiles ornements, polir un morceau qui se puisse détacher de l'œuvre, sacri-\nfier à des modes éphémères. Tolstoï est un sage autant qu'un écrivain; et\nc'est un signe de supériorité que d'aimer à le lire.\n   Dans un tel livre, les détails n'ont, pour ainsi dire, pas de valeur propre.\nIl n'y a pas de détails ! Cependant, sans qu'il soit possible de les enlever\nà l'ensemble dont elles sont les sommets, il faut admirer les pages qui mon-\ntrent le ménage Pozdnychev travaillé de haines sourdes et de jalousies\nimpatientes, et surtout la scène de l'assassinat, qui n'a pas sa pareille dans\nle roman français !\n   C'est là une œuvre qui fait rêver, et penser plus encore; une œuvre\ngrosse de vérités amères, et qui, bon gré mal gré, nous confronte avec\nnotre bassesse. Car, il faut l'avouer, si ce livre est vrai en tout temps\npour la majorité des hommes, nous sentons bien qu'il est vrai, en certains,\nmoments, pour nous aussi. Bref, il nous donne une douloureuse et salu-\ntaire conscience de nous-mêmes.\n                                                                     F. S.\n\n\n\n          CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                 AU PALAIS DU CINQUANTENAIRE\n\n              I1 faut dire un mot des accroissements donnés, tout naguère,\n               au Musée d'art ornemental. On a utilisé les galeries courbes\n               et surbaissées qui font suite au grand hall des plâtres : vous\n             I y verrez le plus étrange capharnaüm que l'on puisse rêver\nd'antiquailles et d'oeuvres d'art.\n   Voici d'abord les collections qui occupaient le deuxième et le troisième\nétages de la Porte de Hal. On croit les connaître, mais il est bon d'y\nrevenir.\n   Il y a, dans la galerie de Meester de Ravensteen,des vases grecs, lécythus\nou amphores, qu'on ne saurait, vraiment, assez admirer. Le galbe en est\nsublime comme celui de certains visages. Et puis ils offrent une parfaite et\nsimple ornementation, de nobles, d'éternels dessins, courses de chars, céré-\nmonies des mystères, scènes mystiques, et quelques solitaires silhouettes\nd'éphèbes et de déesses vierges ; tout cela d'un trait infaillible et décisif,\nqu'on n'a jamais retrouvé! (Qu'il serait pourtant curieux de comparer les\nestampes japonaises à ces dessins grecs et étrusques!) Voyez surtout les\nvases de Nola : ce sont les plus délicatement ornés.\n   Cette même galerie comprend une collection de marbres et de pierres\n"}, {"page_pdf": 472, "texte": "                                  415\n\nrares. La brèche quintilienne, par exemple, la brèche polychrome palatine,\nles marbres africains, le jaspe sanguin, etc., égalent les gemmes les plus\nprécieuses\n   Examinez aussi toute une vitrine de fioles à parfums en verres irisés et\ncolorés, et, surtout, nombre de fragments de verre opaque très variés, dont\nle secret est perdu, et qui, avec ces marbres, aux gisements ignorés, donnent\nquelque idée de l'opulence antique.\n   Si vous quittez le Musée de Meester de Ravensteen, quatre ou cinq pièces\nd'un ameublement archaïque vous parlent d'une époque humble et sincère\noù le moindre et le plus vulgaire ustensile usuel était un objet d'art. L'art\ndébordait dans tous les métiers : les ouvriers étaient des poètes! On s'en\nconvainc partout, ici : devant cette voiture dorée du XVIIIe siècle, qui est\nune jolie merveille, devant ces pots, ces plats, ces verres, ces horloges, ces\nustensiles de cuisine, mille objets, les plus divers, et dont pas un n'est banal\nou ne pourrait être confondu avec ceux d'aujourd'hui.\n   Parmi les ornements d'église, voyez les retables. Et voyez, surtout, le\nretablequi représente.le martyre de Saint-Georges, du sculpteur Bosseman,\nde Bruxelles. C'est une oeuvre qui suffirait à la gloire d'une cité et d'un\npeuple. On ne peut admirer Shakespeare sans admirer ceci : le bois, cette\nmatière inerte et rebelle, vit, dans ce retable, d'une vie nerveuse et tour-\nmentée; c'est la vie et la vérité, mais parfois avec une grandeur presque\nantique. Ce chef-d'œuvre est relativement ignoré.\n   Pourtant, ces collections ne sont pas nouvelles : elles ne sont que modi-\nfiées dans leur classement et accrues de dons et de legs.\n   On ne trouve ici de nouveau et d'inédit que cette galerie baroque où se\ncoudoient des copies et des œuvres originales, des kakémonos et des photo-\ngraphies, la reproduction du mariage de la Vierge de Luini et l'abject\ntableau de je ne sais lequel de nos contemporains, des Puvis de Chavannes\net des Geselschap. Il semble que le classement se soit fait selon les hasards\ndu déballage; c'est évidemmentun ouvrier tapissier qui a produit ces\ncurieuses rencontres.\n   Et voici d'abord quelques copies. M. Mellery a copié, en partie, la\nLégende de Sainte-Ursule de Carpaccio : ce sont des silhouettes de villes\nmaritimes où se promènent des magnifici, des femmes et leurs fous, et\nquelque chose de fier et de glorieux est dans l'air. M. Diericx a copié la\nfigure principale de la Primavera du Botticelli, assez connue, et toujours\nd'une angélique et ironique beauté. Nous avons de Franz Meerts une\nreproduction de l'Adoration des bergers de Vander Goes. Le volet de\ndroite, avec ses femmes aux nobles atours et son paysage de fond, est une\ndes plus belles choses qu'on puisse voir.\n   Je note aussi des fac-similé de certaines œuvres de Rembrandt, Hais,\nLuini, Masaccio, Giotto, Fra Angelico, et de l'admirable Titien qui\ns'appelle : L'amour sacré et l'amour profane.\n   La galerie comprend quantité de photographies d'après la plupart des\nmaîtres italiens. Remarquez les anges de Gozzoli, les grandes dames de\nGrillandajo, les éphèbes et les femmes souriantes de Luini.\n"}, {"page_pdf": 473, "texte": "                                  — 416 —\n\n   Il serait absurde de vouloir parler de ces artistes, après avoir vu des\ngravures ou des photographies de leurs œuvres. Les coloristes, entre tous,\nrisqueraient d'être fort mal traités. Mais ce qui éclate indéniablement à\ncôté de ces spirituels et de ces sensitifs que sont les primitifs, c'est la vul-\ngarité de Raphaël. A peine quelques élégances dans son Parnasse. Le sujet\nreligieux n'est pour lui qu'un prétexte sacrilège à des exhibitions grossières ;\nles expressions insignifiantes, mais, en revanche, les hanches, les cuisses et\nles mollets, gras et ronds. En somme, dans son art, le visage est l'acces-\nsoire.\n   Des pères éternels, des Platon et des Aristote grotesques, une figuration\nthéâtrale et poseuse. Et l'on a comparé ce barbare aux antiques ! Michel-\nAnge se soutient mieux : là aussi il y a grand étalage de muscles, mais c'est\nplus franc et moins accessible à la foule.\n   Les Puvis de Chavannes sont bien, simplement. Très na'ifs, certes, même\ntrop délibérément, naïfs, parfois, et, si j'ose le dire, un peu vulgaires.\n   Plus loin, et sur d'immenses panneaux, ce sont les boursouflures et les\nprétentions du Prussien Geselschap, et les malpropres nudités de J.-P. Lau-\nrens. Il n'y a rien d'aussi commun au monde que ces nudités-là! On jure-\nrait qu'elles sentent mauvais.\n   Je signale encore des reproductions photographiques, en couleurs, de\ntapisseries (voyez-les, il y en a de très belles et de très étranges) et, enfin,\nune collection de dessins japonais et de kakémonos, dont la plupart ont\nété vus au Cercle artistique.\n                                                                     F. S.\n\n\n\n            CHRONIQUE MUSICALE\n                     LE CONCERT           LAMOUREUX\n\n              De ce concert Lamoureux, l'amoureux n'est pas moi !\n                  Imaginez-vous un ensemble instrumental admirable, dépen-\n               sant force talent, mettant une application inouïe à fausser et\n               à dénaturer les chefs-d'œuvre, au point qu'ils en deviennent\nméconnaissables.\n   Pas de précision, de limpidité, de justesse, de mécanisme comparables à\nceux de cette phalange d'élite. Avec des éléments pareils, un chef d'orchestre\nplus artiste et moins préoccupé de perfection matérielle accomplirait des\nprodiges. Mais M. Lamoureux est un instrumentiste n'appréciant la\nmusique qu'au point de vue exclusivement technique.\n   L'esprit, le style, l'âme lui échappent complètement.\n   Du moment qu'il exécute une œuvre dans la mesure, dans le ton et avec\nle rhythme voulus, en tenant compte des nuances, en entrant dans le détail\ninfinitésimal, en ne ratant pas une note, il croit avoir réalisé l'idéal du créa-\nteur et de ses fervents.\n"}, {"page_pdf": 474, "texte": "                                — 417 —\n\n   Jamais un musicien ne jouera à contre-temps ou à contre-ton, en revan-\nche, leur interprétation sera presque toujours un contre-sens.\n   Bien entendu, ces critiques visent l'exécution de la symphonie en ut\nmineur de Beethoven et des fragments d'œuvres de Richard Wagner.\n   Les compositeurs français ont été mieux compris, et il est regrettable\nqu'au lieu de prétendre nous initier à des créations que nous connaissons\nde longue date et qui ont reçu à Bruxelles, soit aux Concerts Populaires,\nsoit au Conservatoire, une interprétation presque définitive, M. Lamoureux\nne s'en soit pas tenu exclusivement aux productions de ses compatriotes.\nAinsi, nous aurions voulu entendre toute cette trilogie Wallenstein de\nVincent d'Indy dont nous n'avons pu applaudir que la première partie, le\nCamp, coloré, mouvementé et nerveux comme le tableau que nous en com-\nposaient les Meininger.\n   En général, c'est la musique pittoresque et décorative que M. Lamou-\nreux comprend et fait exécuter le mieux. La psychologie, la passion con-\ntenue dans une oeuvre lui échappe complètement. En fait de sentiment, il\nn'exprimera tout au plus que la grâce, la coquetterie, le charme mièvre et\nsubtil.\n   Joué avec la même perfection mécanique et immuable, dans le même\nstyle élégant et propret, tout ce qu'il fait entendre a l'air de sortir de la\nmême source.\n   Ainsi, M. Planté avait beau pianoter du Beethoven, après du Chopin et\ndu Schumann, il pianotait toujours du Planté.\n                                                             INTÉRIM.\n"}, {"page_pdf": 475, "texte": "                                        — 418 —\n\n\n\n\n                                MEMENTO\n   L'abondance des matières nous force à             Dans une lettre ouverte adressée à M. Al-\nremettre au prochain numéro le compte-            bert Mockel, parue dans notre dernier nu-\nrendu des œuvres d'Ephraïm Mikhaël,               méro, nous nous étonnions qu'après nous\nparues chez Lemerre, sous la direction des        avoir demandé une rectification, la Wallo-\namis du poète : Bernard Lazare, Quillard          nie nous réprimandât. Nous sommes heu-\net Collière.                                      reux de la publier, il n'y eut là qu'un malen-\n   La même raison ne nous permet pas de           tendu aujourd'hui parfaitement éclairci.\ndonner, dans ce numéro, l'analyse du nou-            Puisque nous parlons de la Wallonie,\nveau livre de Léon Bloy, paru chez Savine :       annonçons l'originale innovation qu'elle\nChristophe Colomb devant les      Taureaux.       vient d'inaugurer. Chaque mois son numéro\nDonc, au prochain.                                sera consacré à l'un ou l'autre écrivain ; ce\n                                                  sera ainsi une sorte d'anthologie mensuelle\n                                                  où figureront tour à tour MM. de Régnier,\n  Notre collaborateur Francis Vielé Griffin,      Viélé-Griffin, Moréas, etc. Les cahiers con-\nretiré en Touraine, tout en travaillant à ses     sacrés exclusivement à Emile Verhaeren et\ndrames annoncés, écrit en ce moment un            Adolphe Retté ont déjà paru.\npoème : Eurythmie,       pour paraître au\nprintemps prochain.\n                                                    Iwan Gilkin a perdu son Burnouf ; bonne\n                                                  récompense à qui le rapportera.\n   Le dernier bulletin médical relatif à notre\nami Georges Kaiser est des plus satisfai-            L'Appel des Voix, par Charles Sluyts,\nsants. La paralysie se retire peu à peu, il       chez Lacomblez, éditeur.\npeut déjà lever le coude. Dans quelques              Certes, voici de beaux vers chanteurs, de\njours il se remettra au compte-rendu des          beaux vers classiques un peu traînants et\nCarnets de voyage.                                mélancoliques. Sans contredit, l'auteur qui\n   Annonçons aussi que, dès que la conva-         publie aujourd'hui son premier livre a le\nlescence sera plus complète, il terminera         don du vers, il sait fort bien son métier,\nun beau et impressionnant roman que pu-           c'est un ouvrier expérimenté. Quoique\nbliera en feuilleton un de nos grands quo-        pour un début, nous eussions voulu taire\ntidiens ; titre : De la panification     indus-   la critique, nous sommes forcés de faire de\ntrielle.                                          nombreuses réserves à nos éloges. Ce ne\n                                                  serait un grand crime pour un jeune poète\n                                                  d'être influencé par tel ou tel écrivain,\n   D'une lettre de Félicien Rops à l'un de        d'imiter sa forme et nous ne penserions à\nnos amis :                                        reprocher à M. Sluyts d'avoir souvent em-\n   « Dis à mes amis de la Jeune Belgique          ployé le vers de Fernand Severin; mais ce\nqu'ils me fassent la joie de cesser la scie       qui est plus grave, c'est le manque d'idées\nfabulistique. Qu'ils réservent cela pour le       et de sentiments. C'est d'un vide d'autant\npetit-fils de M. de Stassart, de l'Académie       plus dangereux qu'il est caché sous de\nde Belgique. Et je leur ferai leur frontis-       belles apparences; dès qu'on gratte ce\npice, qui était composé pour notre pauvre         vernis, plus rien. Aucune pièce ne tient\net gentil ami Max Waller. »                       véritablement; ici c'est un morceau d'un\n                                                  tel, là un autre, rajustés tant bien que mal.\n"}, {"page_pdf": 476, "texte": "                                           — 419 —\n\nSi nous sommes sévères, aujourd'hui, c'est             Le Magasin littéraire et scientifique,\nque nous pensons que M. Sluyts peut faire           dans le comité de rédaction duquel vient\nquelque chose. Qu'il s'analyse, se surveille        d'entrer un de nos amis, Henry Carton de\nsimplement, puis qu'il écrive ce qu'il a            Wiart, reproduit avec un amical empresse-\nressenti ; ce n'est pas plus difficile que cela.    ment la lettre que M. Firmin Van den Bos-\n                                                    sche publia dans l'Impartial en réponse\n                                                    aux mastodontesques tilmâneries que le\n  On nous annonce que bientôt le portrait           grave pion de Louvain avait lâchées dans sa\ndu Sar Péladan Joséphin paraîtra dans la            feuille de vigne au sujet de la Jeune Bel-\nPlume, en taille-douce.                             gique.\n\n\n  M. Paterne Berrichon nous prie d'annon-              Toto s'est permis une vilaine polisson-\ncer comme prochaine, l'apparition d'un              nerie ce mois-ci : il s'est évadé du logis\nvolume de vers sous ce titre : Manière noire.       paternel, tandis que sa bonne faisait la cau-\n                                                    sette avec un grenadier, et très sournoise-\n   Un nouveau journal d'étudiants.           Lou-   ment à déposé dans la boîte de la direction\nvain, la bonne vieille ville de la jeunesse,        la pièce que l'on va lire :\ndoit être en joie et en révolution. Quelques           C'est très mal cela, monsieur Toto; aussi\ncopains ont décidé, après fine beuverie,            pour vous punir de votre escapade, nous ne\ncomme toujours, la fondation d'un vrai              ferons pas figurer ces vers dans l'album que\njournal d'étudiants, jeune, emporté, injuste,       vous destinez à votre petit frère Grama-\nimpertinent et quelque peu fou, avec accom-         doch.\npagnement de littérature. Nous recevons le             Les voici honteusement :\npremier numéro, qui lance des promesses                            SOURIS BLANCHE\nà la tête des lecteurs avec une désinvolture\n                                                                        A mon and\nde candidat.\n                                                                   le bon et brave phoque      d'Iwan   Gilkin.\n   Il y a dé la vie au moins là dedans, un              Symbole de mon innocence\nfier désir de s'ankyloser le plus tard pos-             U n e souris blanche aux yeux roses,\n                                                        Vive, étonnée, avec des poses\nsible. Mais j'oublie le nom de notre con-               D e la plus fine extravagance,\nfrère : c'est le Stylet, bi-mensuel, prix du            D a n s le boudoir mauve et vert-mousse,\nnuméro : 10 centimes. Le Stylet a même                  Assise au coin de l'étagère\n                                                        Sur son charmant petit derrière,\njugé bon, sans nous en avertir, de dénicher             Frotte et barbouille sa frimousse;\nquelques-uns de nos vieux vers oubliés et               Et sa queue entre les potiches\n                                                        Comme un très fin lacet de soie\nles livre à la consommation avec une insou-             Se déploie, ondule et chatoie\nciance de bandit de 15 ans.                             Parmi les vases les plus riches.\n\n    Bah ! après tout, nous ne sommes pas                Son corps tout blanc semble frileux,\n                                                        Une pelote de velours\ntrop fâchés de voir figurer cette vieillerie à          Qu'épingleraient, en fait d'atours,\n                                                        Les perles roses d e ses yeux.\ncôté des vers de Hardy, Bonehill, Adolphe\n                                                        E t de l'air d e se confesser,\n Frères et Boels. Elle nous a rappelé ce bon            Menu, menu, elle grignotte\n et fidèle Spitz, mort à la fleur de l'âge ; sou-       D e la pointe de sa quenotte\n                                                        Maman ! le beau gâteau glacé.\n venez-vous-en.\n                                                        O toi ! dont c'est toujours la fête,\n    Courage, amis, frappez fort, sur tout, jus-         Chère petite souris blanche,\n                                                        Innocente comme un dimanche,\n qu'à ce qu'on dise : « Mais quels sont donc            Gentille comme une levrette.'\n ces gueul.... ». Un conseil, ne tombez pas            Rose, joyeux et délicat\n dans les potins personnels.                           Ainsi que toi j e voudrais vivre\n                                                       Et mourir — puisque c'est au Livre —\n    Et voilà! que la jeunesse de Bruxelles             Sans avoir vu jamais le chat.\n imite cet exemple et se rappelle, elle aussi,                                                 TOTO.\n les belles années de l'Etudiant dirigé par\n Ch.-H. de Tombeur.\n                                                     A paraître prochainement chez A. Siffer,\n"}, {"page_pdf": 477, "texte": "                                             420 —\n\n\néditeur, à Gand : Contes hétéroclites, par        chettes, nouveau volume de vers de Théo\nH. Carton de Wiart.                               dore de Banville.\n  A Paris, chez Bailly, la Gloire du Verbe,         A la Revue « Art et critique » : l'Echéance\npar Pierre Quillard.                              de Jean Jullien.\n                                                    Nous en reparlerons dans notre prochain\n                                                  numéro.\n   Nous recevons de notre ami Maurice\nMaeterlinck, une lettre dans laquelle il se          M. Franz Melchers — un jeune artiste de\nplaint des procédés du Théâtre-Mixte qui,         réel talent — expose en son atelier quelques\nmalgré un refus, s'autorise à représenter la      toiles remarquables, impressions de cou-\nPrincesse Maleine en quinze jours !!              leur discrète et distinguée dénotant un sen-\n   Malgré tout ce que l'on pourrait annoncer      timent délicat et artiste. Il nous montre\nà ce sujet, c'est Antoine seul qui a l'autori-    plusieurs paysages, notamment un Noc-\nsation de jouer les deux drames de notre          turne avec un profond ciel vert étoile,\ncollaborateur.                                    remarquables, en ce temps de copies gros-\n   La date n'est pas fixée ; Antoine est donc     sières de la Nature, par l'interprétation.\ncomplètement libre.\n   Et maintenant, nous demandons que tous            Max Waller, par Henry Maubel, paraît\nles Gramadoch émoustillés cessent d'aller         à l'instant chez Mme veuve Monnom. Nous\nflairer de ce côté. La Princesse Maleine et       en parlerons prochainement.\nles Aveugles n'ont pas été écrits pour eux.\n                                                     Rythmes pittoresques, par Marie Kry-\n   Ont paru :                                     sinska. Lemerre, éditeur.\n   Chez Bailly : Entrevue du Tsar, de notre          M me Krysinska recueille, aujourd'hui,\ncollaborateur Alber Jhouney.                      pour les présenter au public, une série fort\n   Chez Savine : les Noces de Sathan, par         intéressante de vers libres, ainsi distribués:\nJules Bois, poème dramatique qui parut, il        Mirages, Symboles, Femmes, Contes, les\ny a quelques mois, dans la Revue indépen-         Résurrections. Les premières pièces de\ndante.                                            l'auteur furent publiées vers 1882 dans le\n   Chez Vanier : Tendresse, par Henry de          Chat Noir; comme on voit, elle pourrait\nBraisne, plaquette dans laquelle l'auteur         réclamer à peu près l'idée première de la\ns'exerce à un style télégraphique déconcer-       rénovation poétique actuelle, si La Fon-\ntant. Ce n'est, nous l'espérons bien, qu'un       taine, Corneille et beaucoup d'autres poètes\nessai passager de cet écrivain qui abandon-       n'avaient perdu le droit de réponse. Mais,\nnera bien vite ce hachis littéraire très peu      disons le bien vite, ce volume est rempli de\nartistique.                                       bien jolies choses, si fuyantes, d'un charme\n   Sinaî, par Jules Sauvenière, en français       musical si rapide qu'il n'est plus déjà\net en flamand; poème symphonique extrait          qu'un souvenir lorsqu'on songe à l'analyser.\ndu bulletin de l'Académie royale. Style de        Et pourtant, ces vers ne sont bien souvent\ncantate, pour musique. Rien à signaler.           que des tronçons d'une période cadencée et\n   Chez Lacomblez : Jeunes filles, mono-          si l'on s'avisait de les joindre, on trouverait\nlogues, par Paul Lacomblez. Lacomblez ne          une simple et belle phrase habilement\nse contente pas d'être bon éditeur, il veut       rythmée. Car, presque toujours M me Kry-\nêtre poète; poète est peut-être un mot bien       sinska délaisse la rime, pourtant si néces-\ngros, nous dirions plutôt amateur. La jeune       saire, pour affirmer le rythme surtout\nfille écervelée, il la dit très bien, sans pré-   lorsque le nombre des syllabes n'enchante\ntention, tout simplement comme les sei-           pas d'une façon certaine par sa propre\ngneurs jadis tournaient quelque madrigal.         harmonie. Qu'importe au fond, vers ou\nD'ailleurs, comme il nous le dit, ce ne sont      prose, cela nous berce mélancoliquement\nlà que jeux de plume.                             et nous enchante d'un décor émerveillé de\n    Chez Charpentier : Sonnailles et Clo-         fleurs et de lumières.\n"}, {"page_pdf": 478, "texte": "                   P a u l LACOMBLEZ\n     É D I T E U R D E LA « J E U N E B E L G I Q U E »\n                              31, rue des Paroissiens\n                                      BRUXELLES.\n\n\nCatalogue des livres de fonds et en nombre d'auteurs belges :\nBAUDOUX (Fernand)     .   .    Rythmes vieux, gris et roses, un volume in-16. . fr. 3 50\nCHAINAYE (Hector) .   .   .    L'Ame des choses                                         2 »\nDELATTRE (Louis) .    .   .    Contes de mon village, avec une introduction de\n                                  Georges Eekhoud, un volume in-18                      3 »\nEEKHOUD (Georges). . .         Nouvelles Kermesses, avec frontispice de Léon Dar-\n                                  ilenne, 1 volume in-8° (quelques exemplaires) . . 7 50\n      —                        La Nouvelle Carthage, un volume in-16                    3 50\n                               (Les autres ouvrages du même auteur sont épuisés).\nGILKIN (Iwan) . . . .          La Damnation de l'artiste                    15              \"\nGIRAUD ( A l b e r t ) . . . . Hors du Siècle, un volume                 in-8°          3 50\n      —                        Pierrot lunaire, un volume petit in-12                   2 »\n      —                        Pierrot Narcisse (épuisé).\nGOFFIN (Arnold). . . . Journal dAndré (1885) (épuisé).\n      —                        Delzire Moris (1887) (épuisé)                            3 »\n      —                        Impressions et Sensations (1888);                        3 »\n      —                        Maxime (1890) .                                          3 »\nJEUNE BELGIQUE (Le Parnasse de la), pièces diverses de dix-huit poètes belges, un\n                                   fort volume in-8°                                    7 50\nLACOMBLEZ (Paul) . . .          Un Baptême, pièce à dire pour jeunes filles. . . . o 25\n       —                       Les Confitures, monologue pour jeunes filles . . .        1 »\n       —                        Pensionnaires,                   id.             . . .   1 »\n       —                        Romanesque!...                  id.             . . .   o 75\n       —                        Skating,                         id.                . . o 75\n       —                       Jeunes filles, monologues et pièces à dire (plaquettes,\n                                   in-16)                                                2 »\n       —                        Loth et ses filles, poème-drame en trois tableaux (en\n                                   préparation).\n LEMONNIER (Camille) . .        En Brabant, contes, un volume in-18                      o 60\n       —                        Les bons amis, conte,            id.                     o 60\n       —                        Trois contes,                    id.                     o 60\n       —                        Les Charniers (Sedan),           id.                     3 50\n       —                        Ceux de la Glèbe (la Genèse, la Glèbe, les Concu-\n                                   bins, etc.), 1 volume in-18                           3 50\n       —                        En Allemagne, 1 volume in-18                             3 50\n       —                        Happe-Chair,               id.                           3 50\n       —                        L'Hystérique,              id.                           3 50\n       —                        Madame Lupar,              id.                           3 50\n       —                        Le Mort, nouvelles,        id.                           1 25\n       —                        Un Mâle, avec dessin de X. Mellery, 1 volume in-18. 3 50\n       —                        Thérèse Monique, 1 volume in 18                          3 50\n LE ROY (Grégoire) . . .        Mon cœur pleure d'autrefois, un volume in-8° avec\n                                    un frontispice de Fernand Khnopff                   10 »\n MAETERLINCK (Maurice) .        Les Aveugles (L'Intruse. Les Aveugles), un volume\n                                    in-18                                                3 »\n       —                        La Princesse Maleine, un volume in-18                    3 50\n       —                        Serres chaudes, un volume                 in-18          3 »\n                                (Il a été tiré de chaque ouvrage 3 exemplaires sur\n                                    Japon à 15 francs et 7 exemplaires sur Hollande à\n                                    fr. 6-00).\n MAUBEL (Henry) . . .            Max Waller, une plaquette in-8°                          1 »\n       —                        Miette, un volume in-16                           . . . 2 50\n  NAUTET (Francis) . . .        Notes sur la littérature moderne, deux séries. Chaque\n                                    série en un volume in-16                              3 50\n NYST (Raymond) . . .           Volume ayant pour titre une épigraphe, avec un fron-\n                                    tispice colorié et un dessin de Nestor Outer . . . 5 »\n"}, {"page_pdf": 479, "texte": "PLÉIADE (La), journal littéraire mensuel.\n                              Première année (1889), les douze numéros . . . .         3 »\n                              Ghaque numéro séparément                  0                30\n                              Seconde année, les douze numéros (très rare) . . .       5 »\nRODENBACH (Georges) . .       L'Art en exil, roman, un volume in-18                    3 50\n      —                       L'Hiver mondain, poésies, un volume in-18 . . .          5 »\n      —                       La Jeunesse blanche, id.           id.      . . . .      3 »\n      —                       La Mer élégante,         id.       id.      . . . .      3 »\n      —                       Du silence,              id. un volume in-16 . . .       1 50\n      —                       Les tristesses,         id. un volume in-18 . . .        3 »\nSEVERIN (Fernand) . . .       Le Lys, poésies, avec une eau-forte de Henry De\n                                 Groux, un volume in-16                                2 »\n                             (II a été tiré 5 exemplaires sur Japon et 25 exem-\n                                 plaires sur Hollande).\nSLUYTS (Charles) . . .        L'appel des voix, poésies, un volume grand in-16. .      2 »\n                              (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon et 25 exem-\n                                 plaires sur Hollande).\nVAN LERBERGHE (Charles).      Les Flaireurs, drame, une plaquette grand in-16 . .      1 »\n                             (Il a été tiré 25 exemplaires sur Hollande à 2 francs).\nWALLER (Max) . ' . . .        La Flûte à Siebel (sous presse).\n                             (Les autres ouvrages de Max Waller sont épuisés).\n\n\n\n                           A LA MEME LIBRAIRIE :\n   Tous les ouvrages de nos collaborateurs français : Charles Buet, Henri de Régnier,\nJ.-K. Huysmans, Stéphane Mallarmé, Francis Vielé-Griffin, Paul Verlaine, etc., etc.\n   L'éditeur P a u l Lacomblez prie les j e u n e s écrivains belges, désireux de voir\nleur nom figurer d a n s son catalogue, de se mettre en rapport avec lui et de lui\ndonner en dépôt quelques exemplaires de leurs ouvrages.\n\n\n   La librairie P. Lacomblez ouvrira un compte à toute personne notoirement solvable,\npour la fourniture des ouvrages portés au catalogue ci-dessus et, en géniral, de toute la\nlibrairie littéraire.\n   Ces comptes pourront être soldés en dix paiements mensuels, dont le premier s'effec-\ntuera à la livraison des volumes.\n   11 sera répondu à toute demande de renseignements bibliographiques accompagnée\nd'un timbre pour la réponse.\n\n\n\n\n                   lîruxelle^.. - Imprimerie V' Monnom, 32, rue (le L'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1890-11-01", "preuve": "Novembre 1890, numéro 11, couverture PDF 444 ; aucun jour imprimé."}}