{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1891-02-n2", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-02-n2-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Février 1891", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 219, "texte": "Février 1891.                                 T O M E X. — N° 2                                                      ume   Année.\n\n\n\n\nLA\n     JEUNE\n                  BELGIOUE\n                                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-02-n2-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 219, "fin_caractere_exclue": 1830, "texte": "SOMMAIRE:\n         Banquet       du X e Anniversaire de « La\n            Jeune Belgique »           .   .    .   .       .       .       .   ***\n         Siegfried                                                              IWAN GILKIN.\n         Le B o n h e u r .                                                     FERNAND SEVERIN.\n         Chronique littéraire :\n           Le Don d'Enfance                                                     ALBERT GIRAUD.\n         Chronique artistique :\n           Exposition         Artan-Dubois-Boulenger                        .   GEORGES DESTRÉE.\n         Chronique musicale :\n           Premier      Concert     populaire       .   .       .       .       G. E .\n        Memento                                                                 NEMO.\n\n\n\n\n         REDACTION                                                                             BRUXELLES\n58, BOULEVARD D'ANDERLECHT, BRUXELLES.                                                   PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                                             3I, rue des Paroissiens\n                                                                                                    PARIS\n     PRIX DU N U M É R O                                                              LIBRAIRIE DEL ' A r tIndépendant\n                                                                                           11, rue de la Chaussée d'Antin\n              fr. 0-75.\n                                                                                                      1891\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-02-n2-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis aux abonnés", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "Nos abonnés reçoivent", "ancre_fin": "l eau forte de James Ensor", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "BOITE AUX LETTRES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 748, "fin_caractere_exclue": 848, "texte": "Nos abonnés reçoivent, jointe à ce numéro; l'eau-\nforte de James Ensor.\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-02-n2-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "Certain air au panier absolument comme nous", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "GIL BLAS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 848, "fin_caractere_exclue": 2076, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n  i. — Vu l'encombrement du Nouvel-An, la boîte aux lettres a été remise à ce numéro.\nSur ce, approchez dignes postulants rongés par l'attente et docilement soumettez-vous\naux arrêts sévères ou bienveillants, qu'en sa haute sagesse a bien voulu rendre notre\nconcile, ici transcrits par un humble scribe.\n  2. — FRANZ RUTY. Trois fois nommé; votre persévérance est une marque de fermeté.\nPour vous mettre à l'épreuve ou à titre d'expérience, certes curieuse, nous vous engage­\nrons à repasser une autre fois. N'oubliez pourtant pas, ô musicien ! que ce vers\n                                 Il pleure dans mon cœur\na jadis appartenu à Paul Verlaine; relisez les Chansons sans paroles, mais n'en mettez\npas. L'effet d'assonances est assez bien réussi dans Symphonie. Que ce vous soit une\nconsolation.\n   3. — H. MAUVILLE. Notre avis sur votre envoi ? Permettez ! Vous êtes bien indiscret.\n   4. — ROBERT L. Reçu mandat et vers ; envoyez de préférence premier que second.\n   5. — G. A. Moquez-vous du « banal présent des convenances » comme nous, étran­\nglez le cardinal (est-ce l'oiseau ou le prélat), ne « débouclez plus des notes amorties »\net mettez Certain air au panier, absolument comme nous.\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-02-n2-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 97, "page_fin": 110, "titre_corps": "Banquet du Xe anniversaire de La Jeune Belgique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BANQUET", "ancre_fin": "de continuer la lutte", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SIEGFRIED", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": 97, "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1808, "texte": "BANQUET\nDU Xe ANNIVERSAIRE DE LA « JEUNE BELGIQUE »\n                             15 JANVIER 1891\n\n\n\n                                   Cette date sera désormais glorieuse dans\n                                   l'histoire du renouveau littéraire en Belgi­\n                                  que. Après ces dix années de fière propa­\n                                  gande, de luttes sans merci contre le pédan-\n                                  tisme entêté des nuls, nous avons voulu,\n                                  en une grande manifestation, affirmer pu­\n                                   bliquement la force de notre groupe et le\n                                   but qu'il a toujours poursuivi. I1 ne s'agis­\n                                  sait pas d'une capitulation déguisée, d'une\n                  opportune réconciliation ; les déclarations franches et\n                  décisives qui vibrent encore dans les oreilles de ceux qui\n                  assistèrent à notre fête, ont prouvé que la période de\n                  combat n'est point passée et que nous sommes toujours\n                  prêts à défendre nos convictions avec la même intransi­\n                  geance,\n                     Ce jour du banquet, on a vu ceux que nous avons\n                  entraînés à notre suite dans nos revendications d'un art\n                  libre, se grouper autour de nous et protester de leur sym­\n                  pathie pour notre œuvre d'émancipation. Certes, nous\nétions fiers de compter, assis à notre table, tous ces amis dévoués à la cause\ndes lettres belges. De partout, ils étaient accourus à notre appel. A la\ndernière heure de nombreuses demandes de souscription nous parvenaient\n                                                                        7\n"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 420, "texte": "                                     -      98-\n\nencore et nous étions forcés, faute de place, de les refuser. Nos espérances\nétaient dépassées ; nous étions deux cents, nous aurions pu être trois cents\net plus. Tous les ordres étaient là représentés : à côté de nos artistes, des\nhommes politiques, à côté des professeurs d'Université, des amateurs et des\nétudiants ; qu'on en juge par la liste que nous publions ici.\n\n"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 420, "fin_caractere_exclue": 448, "texte": "Abry, Léon, artiste peintre."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 497, "fin_caractere_exclue": 529, "texte": "Agniez. 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"debut_caractere": 2914, "fin_caractere_exclue": 2947, "texte": "Chainaye, Achille, de la Réforme."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2993, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "Chainaye, Hector, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3052, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "Chansay, Edmond."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3132, "fin_caractere_exclue": 3147, "texte": "Chomé, Maurice."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3219, "fin_caractere_exclue": 3255, "texte": "Ciamberlani, Alben, artiste peintre."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3290, "fin_caractere_exclue": 3305, "texte": "Clerbois, Léon."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3359, "fin_caractere_exclue": 3375, "texte": "Collard, Hector."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3424, "fin_caractere_exclue": 3440, "texte": "Constant, 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"fin_caractere_exclue": 966, "texte": "D'Ans, médecin."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1011, "fin_caractere_exclue": 1043, "texte": "Dardenne, Léon, artiste peintre."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1088, "fin_caractere_exclue": 1096, "texte": "D'Aoust."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1141, "fin_caractere_exclue": 1155, "texte": "Davreux, Paul."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1200, "fin_caractere_exclue": 1240, "texte": "de Borchgrave, Jules, membre de la Cham­"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1287, "fin_caractere_exclue": 1309, "texte": "bre des représentants."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1354, "fin_caractere_exclue": 1369, "texte": "de Banville, L."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1414, "fin_caractere_exclue": 1431, "texte": "De Cré, Evariste."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1476, "fin_caractere_exclue": 1500, "texte": "de Heusch, baron Waldor."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1545, "fin_caractere_exclue": 1570, "texte": "de Haulleville, Alphonse."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1615, "fin_caractere_exclue": 1655, "texte": "de Haulleville, Prosper, conservateur du"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1702, "fin_caractere_exclue": 1721, "texte": "Musée des Echanges."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1766, "fin_caractere_exclue": 1807, "texte": "De Greef, Arthur, professeur au Conserva­"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1854, "fin_caractere_exclue": 1860, "texte": "toire."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1905, "fin_caractere_exclue": 1938, "texte": "De Groux, Henry, artiste peintre."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 1983, "fin_caractere_exclue": 2020, "texte": "Degouve de Nuncques, William, artiste"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2067, "fin_caractere_exclue": 2075, "texte": "peintre."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2120, "fin_caractere_exclue": 2153, "texte": "Delsaux, Willem, artiste peintre."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2198, "fin_caractere_exclue": 2216, "texte": "De Melliez, Jules."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2261, "fin_caractere_exclue": 2283, "texte": "Denyn, Victor, avocat."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2328, "fin_caractere_exclue": 2366, "texte": "Delattre, Louis, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2411, "fin_caractere_exclue": 2448, "texte": "Delgouffre, Fernand, artiste peintre."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2490, "fin_caractere_exclue": 2524, "texte": "De Smet, Alfred, homme de lettres."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2569, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "Descamps, Frédéric, secrétaire de l'Union"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2657, "fin_caractere_exclue": 2668, "texte": "littéraire."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2713, "fin_caractere_exclue": 2750, "texte": "des Essaris, Jules, homme de lettres."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2795, "fin_caractere_exclue": 2835, "texte": "Destréi, Georges,\" de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2880, "fin_caractere_exclue": 2913, "texte": "Destrée, Jules                id."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 2958, "fin_caractere_exclue": 2992, "texte": "Demolder, Eugène,              id."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3037, "fin_caractere_exclue": 3051, "texte": "Deman, Edmond."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3096, "fin_caractere_exclue": 3131, "texte": "de Nocée, Albert, homme de lettres."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3176, "fin_caractere_exclue": 3218, "texte": "Desombiaux, Maurice, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3263, "fin_caractere_exclue": 3289, "texte": "De Vigne, Paul, sculpteur."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3334, "fin_caractere_exclue": 3358, "texte": "Desenfants,          id."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3403, "fin_caractere_exclue": 3423, "texte": "de Tombay, Alph. id."}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 3468, "fin_caractere_exclue": 3494, "texte": "Des Cressonnières, avocat."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 78, "texte": "Dierickx, Omer, artiste peintre."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 129, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "Dierickx, José."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 212, "fin_caractere_exclue": 239, "texte": "Dillens, Julien, sculpteur,"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 277, "fin_caractere_exclue": 311, "texte": "Dommartin, Léon, homme de lettres."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 348, "fin_caractere_exclue": 386, "texte": "Dupont, Joseph, directeur des Concerts"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 416, "fin_caractere_exclue": 427, "texte": "populaires."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 503, "fin_caractere_exclue": 542, "texte": "Eekhoud, Georges, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 563, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "Evely, Léon, artiste graveur."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 645, "fin_caractere_exclue": 677, "texte": "Evenepoel, E., homme 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"debut_caractere": 1229, "fin_caractere_exclue": 1239, "texte": "Etudiants."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1315, "fin_caractere_exclue": 1355, "texte": "Gevaert, P., directeur du Conservatoire."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1397, "fin_caractere_exclue": 1431, "texte": "Gilkin, Iwan, de la Jeune Belgique"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1476, "fin_caractere_exclue": 1520, "texte": "Gille, Valére, direct, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1563, "fin_caractere_exclue": 1601, "texte": "Gille, Louis, du Journal de Bruxelles,"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1618, "fin_caractere_exclue": 1655, "texte": "Giraud, Albert, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1700, "fin_caractere_exclue": 1742, "texte": "Girard, Henri, major, conseiller communal."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1778, "fin_caractere_exclue": 1811, "texte": "Gittens, Frans, homme de lettres."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1855, "fin_caractere_exclue": 1892, "texte": "Goffin, Arnold, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1922, "fin_caractere_exclue": 1948, "texte": "Godart, Olivier, étudiant."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1980, "fin_caractere_exclue": 2018, "texte": "Goemaere, Arthur, rédacteur en chef du"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2056, "fin_caractere_exclue": 2066, "texte": "Précurseur"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2128, "fin_caractere_exclue": 2157, "texte": "Godebski, Cyprien, sculpteur."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2211, "fin_caractere_exclue": 2252, "texte": "Gurickx, Camille, prof, au Conservatoire."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2287, "fin_caractere_exclue": 2329, "texte": "Greyson, Emile, directeur généralau minis­"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2375, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "tère de l'Intérieur."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2441, "fin_caractere_exclue": 2476, "texte": "Hannon, Théo, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2529, "fin_caractere_exclue": 2561, "texte": "Harry, Gérard, homme de lettres."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2591, "fin_caractere_exclue": 2611, "texte": "Hallet, Max, avocat."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2677, "fin_caractere_exclue": 2707, "texte": "Hecq, Félix, homme de lettres."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2737, "fin_caractere_exclue": 2766, "texte": "Herbo, Léon, artiste peintre."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2821, "fin_caractere_exclue": 2854, "texte": "Hiel, Emmanuel, homme de lettres."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2888, "fin_caractere_exclue": 2910, "texte": "Houzeau de Lehaie, Ch."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2965, "fin_caractere_exclue": 3006, "texte": "Huberti, Gustave, prof, au Conservatoire."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3039, "fin_caractere_exclue": 3080, "texte": "Itiberê da Cunha, Jean, homme de lettres."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3127, "fin_caractere_exclue": 3165, "texte": "Janson, Paul, membre de la Chambre des"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3218, "fin_caractere_exclue": 3232, "texte": "Représentants."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3297, "fin_caractere_exclue": 3341, "texte": "James, Arthur, dir r de la Société nouvelle."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3364, "fin_caractere_exclue": 3397, "texte": "Jonas, Alberto, artiste musicien."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3434, "fin_caractere_exclue": 3448, "texte": "Kahn, Gustave."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3504, "fin_caractere_exclue": 3546, "texte": "Kaiser, Georges, professeur à l'Université"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3566, "fin_caractere_exclue": 3577, "texte": "de Louvain."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3640, "fin_caractere_exclue": 3670, "texte": "Katto, G., éditeur de musique,"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3715, "fin_caractere_exclue": 3729, "texte": "éfer, Gustave."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3800, "fin_caractere_exclue": 3830, "texte": "Kistemaeckers, Henri, éditeur."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 91, "fin_caractere_exclue": 128, "texte": "Krains, Hubert, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 174, "fin_caractere_exclue": 211, "texte": "Kufferath, Maurice, homme de lettres."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 257, "fin_caractere_exclue": 276, "texte": "Labarre, Ferdinand."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 322, "fin_caractere_exclue": 347, "texte": "Lacomblez, Paul, éditeur."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 387, "fin_caractere_exclue": 412, "texte": "Lambeaux, Jef, sculpteur."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 458, "fin_caractere_exclue": 502, "texte": "Lelièvre, conseiller à la Cour de cassation."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 543, "fin_caractere_exclue": 562, "texte": "Lemonnier, Camille."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 608, "fin_caractere_exclue": 644, "texte": "Lemaire, Gustave, de l'Etoile belge."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 690, "fin_caractere_exclue": 704, "texte": "Lequime, Léon."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 750, "fin_caractere_exclue": 788, "texte": "Lerminiaux, Achille, artiste musicien."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 834, "fin_caractere_exclue": 873, "texte": "le Roy, Grégoire, de ta Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 919, "fin_caractere_exclue": 932, "texte": "Leroy, Jules."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 978, "fin_caractere_exclue": 1007, "texte": "Levis, Eddy, homme de lettres"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1053, "fin_caractere_exclue": 1067, "texte": "Lucq, Georges."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1113, "fin_caractere_exclue": 1145, "texte": "Lutens, Fritz, homme de lettres."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1191, "fin_caractere_exclue": 1225, "texte": "Lynen, Armand, peintre décorateur."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1271, "fin_caractere_exclue": 1314, "texte": "Maeterlinck, Maurice, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1360, "fin_caractere_exclue": 1396, "texte": "Maeterlinck, Louis, artiste peintre."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1442, "fin_caractere_exclue": 1475, "texte": "Mahutte, Franz, homme de lettres."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1521, "fin_caractere_exclue": 1562, "texte": "Mailly, Alphonse, professeur au Conserva­"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1611, "fin_caractere_exclue": 1617, "texte": "toire."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1663, "fin_caractere_exclue": 1699, "texte": "Maubel, Henry, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1743, "fin_caractere_exclue": 1777, "texte": "Malpertuis, Luc, homme de lettres."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1823, "fin_caractere_exclue": 1854, "texte": "Masset, Georges,            id."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1900, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "Masson, Léon, avocat."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 1967, "fin_caractere_exclue": 1979, "texte": "Martroye, D."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2019, "fin_caractere_exclue": 2052, "texte": "Mellery, Xavier, artiste peintre."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2098, "fin_caractere_exclue": 2127, "texte": "Mertens, Joseph, compositeur."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2173, "fin_caractere_exclue": 2210, "texte": "Meunier, Constantin, artiste peintre."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2253, "fin_caractere_exclue": 2286, "texte": "Middeleer, J.,                id."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2330, "fin_caractere_exclue": 2371, "texte": "Mockel, Albert, directeur de la Wallonie."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2417, "fin_caractere_exclue": 2440, "texte": "Monnom, Hector, avocat."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2486, "fin_caractere_exclue": 2528, "texte": "Monseur, Eugène, professeur à l'Université"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2577, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "de Bruxelles."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2636, "fin_caractere_exclue": 2676, "texte": "Moonens, L., professeur à l'Académie des"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2725, "fin_caractere_exclue": 2736, "texte": "Beaux arts."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2782, "fin_caractere_exclue": 2820, "texte": "Nautet, Francis, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2866, "fin_caractere_exclue": 2887, "texte": "Nève, Joseph, avocat."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 2933, "fin_caractere_exclue": 2964, "texte": "Niset, du Journal de Bruxelles."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3007, "fin_caractere_exclue": 3038, "texte": "Nizet, Henri, homme de lettres."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3081, "fin_caractere_exclue": 3126, "texte": "Nys, E. D., juge au tribunal de 1re instance,"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3175, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "professeur à l'Université de Bruxelles."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3260, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "Pantens, Auguste, de l'Etoile belge."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3342, "fin_caractere_exclue": 3363, "texte": "Pastur, Paul, avocat."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3409, "fin_caractere_exclue": 3433, "texte": "Paillot, René, étudiant."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3479, "fin_caractere_exclue": 3503, "texte": "Patris, Edmond, du Soir."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3547, "fin_caractere_exclue": 3562, "texte": "Peeters, Louis."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3608, "fin_caractere_exclue": 3639, "texte": "Pels, Léopold, de la Chronique."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3685, "fin_caractere_exclue": 3712, "texte": "Petit de Sandrau, étudiant."}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3758, "fin_caractere_exclue": 3799, "texte": "Pergameni, Herman, professeur à l'Univer­"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 3847, "fin_caractere_exclue": 3865, "texte": "sité de Bruxelles."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "Picqué, Camille, Conservateur en chef au"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 159, "texte": "Cabinet des médailles."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 226, "fin_caractere_exclue": 250, "texte": "Poirier, Pierre, avocat."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 294, "fin_caractere_exclue": 335, "texte": "Portaels, J., directeur de l'Académie des"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 377, "fin_caractere_exclue": 388, "texte": "Beaux-arts."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 465, "fin_caractere_exclue": 488, "texte": "Rahlenbeek, G., avocat."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 554, "fin_caractere_exclue": 581, "texte": "Raway, Erasme, compositeur."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 633, "fin_caractere_exclue": 662, "texte": "Reding, Victor, de la Nation."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 723, "fin_caractere_exclue": 755, "texte": "Rotiers. Fritz, de la Chronique."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 791, "fin_caractere_exclue": 833, "texte": "Rousseau, J., directeur général de l'admi­"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 880, "fin_caractere_exclue": 921, "texte": "nistration des Arts, Sciences et Lettres."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 950, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "Roussel, Fernand, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1041, "fin_caractere_exclue": 1063, "texte": "Sainctelette, Charles."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1111, "fin_caractere_exclue": 1140, "texte": "Sainctelette, Max, ingénieur."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1183, "fin_caractere_exclue": 1201, "texte": "Samuel, sculpteur."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1271, "fin_caractere_exclue": 1299, "texte": "Schoenfeld, Georges, avocat."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1349, "fin_caractere_exclue": 1371, "texte": "Séaut, Edmond, avocat."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1426, "fin_caractere_exclue": 1461, "texte": "Sennewald, Fritz, artiste musicien."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1505, "fin_caractere_exclue": 1532, "texte": "Serigiers, Georges, avocat."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1594, "fin_caractere_exclue": 1633, "texte": "Severin, Fernand, de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1685, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "Sigogne, Emile, homme de lettres."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1773, "fin_caractere_exclue": 1808, "texte": "Siville, Maurice, homme de lettres."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1840, "fin_caractere_exclue": 1881, "texte": "Slingeneyer, Ernest, membre de la Chambre"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1907, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "des Représentants"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1996, "fin_caractere_exclue": 2027, "texte": "Smits, Eugène, artiste peintre."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2065, "fin_caractere_exclue": 2105, "texte": "Solvay, Lucien, homme de lettres, direc­"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2149, "fin_caractere_exclue": 2162, "texte": "teur du Soir."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2216, "fin_caractere_exclue": 2232, "texte": "Souchon, Victor."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2283, "fin_caractere_exclue": 2318, "texte": "Stiernet, Hubert, homme de lettres."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2365, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "Stobbaerts, Jan, artiste peintre."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2433, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "Sulzberger, Maurice, homme de lettres."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2521, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "Sulzberger, Max, de l'Etoile Belge."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2601, "fin_caractere_exclue": 2647, "texte": "Tassel, E , prof. à l'Université de Bruxelles."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2665, "fin_caractere_exclue": 2707, "texte": "Tardieu, Charles, homme de lettres, rédac­"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2746, "fin_caractere_exclue": 2777, "texte": "teur en chef de l'Indépendance."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2819, "fin_caractere_exclue": 2836, "texte": "Tiberghien, Paul."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2909, "fin_caractere_exclue": 2935, "texte": "Tinel, Edgar, compositeur."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2972, "fin_caractere_exclue": 3001, "texte": "Titz, Louis, artiste peintre."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 3038, "fin_caractere_exclue": 3057, "texte": "Toussaint, Charles."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 134, "texte": "Tréderne, Louis, homme de Litres."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 184, "fin_caractere_exclue": 225, "texte": "Van Arenbergh, de la Jeune Belgique, juge"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 277, "fin_caractere_exclue": 293, "texte": "de paix à Diest."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 343, "fin_caractere_exclue": 374, "texte": "Van Boxmeer, Edouard, étudiant."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 424, "fin_caractere_exclue": 464, "texte": "Van den Bosch, Firmin, homme de lettres."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 514, "fin_caractere_exclue": 553, "texte": "Van den Broeck. Ernest, Conservateur au"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 605, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "Musée d'histoire naturelle."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 682, "fin_caractere_exclue": 722, "texte": "Van den Eeden, Jan, directeur du Conser­"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 774, "fin_caractere_exclue": 790, "texte": "vatoire de Mons."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 840, "fin_caractere_exclue": 877, "texte": "Van den Hove, Franz, artiste peintre."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 927, "fin_caractere_exclue": 949, "texte": "Van der Elst, Charles."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 999, "fin_caractere_exclue": 1040, "texte": "Vanderkindere, Léon, recteur de l'Univer­"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1092, "fin_caractere_exclue": 1110, "texte": "sité de Bruxelles."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1160, "fin_caractere_exclue": 1182, "texte": "Vandermeylen, Maurice."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1232, "fin_caractere_exclue": 1270, "texte": "Van der Stappen, Charles, professeur à"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1322, "fin_caractere_exclue": 1348, "texte": "l'Académie des Beaux-Arts."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1398, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "Vandervelde, Emile, avocat."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1475, "fin_caractere_exclue": 1504, "texte": "Van Dorslaer, Hector, avocat."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1554, "fin_caractere_exclue": 1593, "texte": "Vandrunen, James, de la Jeune Belgique,"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1645, "fin_caractere_exclue": 1684, "texte": "professeur à l'Université de Bruxelles."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1734, "fin_caractere_exclue": 1772, "texte": "Van Dijk, Hubert, administrateur de la"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1824, "fin_caractere_exclue": 1839, "texte": "Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1889, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "Van Elewyck, E."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 1954, "fin_caractere_exclue": 1995, "texte": "Van Lerberghe, Ch., de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2045, "fin_caractere_exclue": 2064, "texte": "Van Outal, Charles."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2114, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "Van Velsen, docteur en médecine."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2196, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "Van Vrekom, Eugène."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2265, "fin_caractere_exclue": 2282, "texte": "Verlant, Ernest.'"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2332, "fin_caractere_exclue": 2364, "texte": "Vergoin, Maurice, ancien député."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2414, "fin_caractere_exclue": 2432, "texte": "Verstraete, Jean.,"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2482, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "Verstraete, Théodore, artiste peintre."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2570, "fin_caractere_exclue": 2600, "texte": "Verwée, Alf., artiste peintre."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2650, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "Vos, libraire."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2714, "fin_caractere_exclue": 2743, "texte": "Vurgey, F., homme de lettres."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2793, "fin_caractere_exclue": 2818, "texte": "Wallner, L., compositeur."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2868, "fin_caractere_exclue": 2908, "texte": "Wauters, A., professeur h l'Académie des"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 2960, "fin_caractere_exclue": 2971, "texte": "Beaux-Arts."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 3021, "fin_caractere_exclue": 3037, "texte": "Wauters, Martin."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 3087, "fin_caractere_exclue": 3126, "texte": "Warnots, Henri, prof, au Conservatoire."}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 3129, "fin_caractere_exclue": 3674, "texte": "  A 6 heures, la vaste salle d'honneur du Grand Hôtel, artistiquement\ndécorée d'oriflammes et de cartels, se remplit peu à peu. A droite, le\nmédaillon en bronze de Max Waller, entouré d'une guirlande de roses\nblanches et de mimosas, se détache, parmi les verdures adoucies, sur les\nvelours d'un chevalet Tout ceux qui entrent s'arrêtent un instant devant le\nprofil si fin de notre cher disparu, qui n'est plus là pour mener le triomphe\ncomme il avait mené le combat.\n  Trois immenses tables de soixante-dix couverts reliées en tête par celle où\n"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": 101, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2818, "texte": "                                  — 101 —\n\nprendront place, tout à l'heure, les anciens de la Jeune Belgique, sont\ndisposées dans toute la longueur du salon. On a décidé de ne point désigner\nde services d'honneur : c'est une grande fête fraternelle et l'on se formera\nen groupes sympathiques. Seul l'éminent directeur de notre Conservatoire,\nM. Gevaert, prendra place, comme doyen d'âge, au milieu de nous. Les\n« Jeune-Belgique », reconnaissables à la cocarde blanche frappée des deux\ninitiales J. B., reçoivent les arrivants. Bientôt les tables sont occupées.\nValère Gille, en sa qualité de directeur, préside; à sa droite s'asseyent\nCamille Lemonnier, Albert Giraud, Henry Maubel; à sa gauche F. Gevaert,\nGeorges Eekhoud, Iwan Gilkin, Francis Nautet.\n   Le menu, spirituellement dessiné par Léon Dardenne, amuse les convives,\nqui en déchiffrent gaiement le symbolisme lucide.\n   On attend avec impatience l'heure des toasts. Enfin, Valère Gille, notre\njeune directeur, se lève :\n\n          MESSIEURS,\n\n   A l'un des plus jeunesdela Jeune Belgique il échoit aujourd'hui de prendre\nle premier la parole. J'en serais presqu'à formuler des excuses, si mon titre\nmême de Benjamin, n'en était un aussi, j'espère, à votre bienveillance et\nà votre sympathie. Celui qui aurait dû, en ce jour, occuper cette place,\nnotre regretté frère d'armes, Max Waller, n'est plus parmi nous et c'est un\ndes derniers qui veut ici vous parler de son œuvre, mais non avec les mêmes\nsouvenirs.\n   Comme vous le pensez bien, je ne fus pas aux débuts de notre chère\nRevue; je n'ai pas eu le bonheur de la tenir sur les fonts baptismaux. Je\nn'avais aucun droit à être accueilli dans la maison et pourtant je fus reçu,\ncomme un enfant gâté, par les aînés qui voulurent bien, l'an dernier, me\nconfier la direction. Si donc, Messieurs, je suis trop porté aux éloges,\nmettez-les sur le compte de la reconnaissance.\n   J'aurais eu peut-être encore quelque crainte à parler ainsi au nom de\ntous; mais il semble qu'en me confiant cette tâche, la Jeune Belgique\naffirme ainsi qu'elle fait place dans ses rangs à une autre génération, qu'elle\nveut toujours rester jeune, active, prête à accepter et à proclamer les artistes\nnouveaux.\n   Trop souvent, une fois une forme d'art trouvée, l'on n'admet plus qu'elle;\non veut en faire une règle générale à laquelle tous devront se soumettre, et\nl'on tombe alors dans l'enseignement exclusif où triomphe la mécanique.\nNous avons voulu réagir contre la routine; on s'est mis à crier aux révo­\nlutionnaires, parce que, d'un revers de plume, nous lancions avec belle\nhumeur, au nez des gens trop graves, les préceptes d'une esthétique sage\net réservée.\n   Notre but était de doter la Belgique d'un art affranchi de toutes formules,\nd'un art libre et plein de vie. car celui-là seul pouvait concorder avec le déve-\n"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": 102, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3282, "texte": "                                  —   102 —\n\n\nloppement intellectuel. Que l'on accorde tous ses soins au bien-être maté­\nriel d'une nation, c'est parfait; nous ne contesterons nullement l'utilité des\nlois réglant la vente du bétail ou la construction des grandes routes; mais\nil faut aussi que les sciences et les arts trouvent la même sollicitude. Peut-\nêtre aujourd'hui, voudra-t-on bien nous reconnaître d'avoir été les fiers\ndéfenseurs de cette cause.\n   Depuis dix ans nous réclamons une place prépondérante en faveur de\nl'art. Alors que la science rassemble et compare ses observations, évolue\nsans cesse, l'Art, lui, donne à tout ce qu'il touche un caractère d'éternité. Ce\nqui était beau il y a mille ans, l'est encore aujourd'hui. Les chefs-d'œuvre\nanciens ont-ils donc vieilli? La Grèce le prouve suffisamment : L'Art est\nla postérité d'une nation, c'est par lui qu'elle peut un jour être glorifiée\ndans l'avenir; il est une nécessité sociale, il sera toujours la religion de\nquelques-uns. Et voyez! la floraison la plus belle, s'épanouit toujours à\nl'époque de la plus grande prospérité d'un peuple.\n   Au début de la renaissance de notre pays, on dut demander à nos voisins\nl'aliment qui nous manquait, on s'adressa aux écrivains étrangers; cette\nnécessité devint une habitude qui n'est pas encore perdue aujourd'hui.\nC'est alors que se fonde la Jeune Belgique. Quelques artistes décidés se\nrassemblent. En dehors de toute question politique — car nous n'en avons\njamais voulu chez nous, — en dehors de toute question d'école, ils fondent\nune Revue libre, se débattent contre l'engourdissement général, proclament\nqu'ils veulent fonder une littérature en Belgique.\n   Personne ne veut y croire, on s'obstine à ne pas reconnaître ces nouveaux-\nvenus, on les bafouez qu'importe! leur but est de créer dans leur pays un\nArt libre et personnel et ils le réaliseront.\n   Quel chemin parcouru depuis la naissance de cette revue, qui, avec une\nbelle intransigeance, allait à travers tout, faisant un feu de joie du vieux\nmobilier démodé, prêchant l'affranchissement! La réaction devait être vio­\nlente, il fallait le bruit d'une lutte pour réveiller les plus endormis. Aux\nnouveaux cela donnait de l'enthousiasme et l'émulation serait telle que les\ntempéraments puissants devraient bientôt s'affirmer.\n   Considérez le résultat de ces dix années d'efforts! Nous sommes aujour­\nd'hui une centaine, car je veux entendre le mot « Jeune Belgique » dans\nson sens le plus large; des livres paraissent, des revues se fondent, et cela\nen Belgique! Et ici, saluons en passant la Société Nouvelle qui plus qu'une\nautre, par ses collaborateurs, les nôtres bien souvent, est sœur de notre\nrevue et a droit à une part de cette fête.\n   Derrière nous, dans le lointain, nous avons un passé artistique qui doit\nnous encourager, la vieille école flamande. Les conditions ont-elles donc\nchangé, que nous ne puissions plus espérer la même éclosion d'art? Non,\nMessieurs, la Belgique, placée au centre de trois grandes civilisations : la\nFrance, l'Angleterre et l'Allemagne, doit reprendre le rang qu'elle occupait\njadis.\n   C'est à Bruxelles que nous voulons publier, c'est ici que nous voulons\nentendre les œuvres de nos musiciens, visiter les expositions de nos peintres\net de nos sculpteurs.\n"}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": 103, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2842, "texte": "                                   — 103 —\n\n   En ce moment il semble qu'un courant caché se forme peu à peu. Dans\nles arts industriels, vous remarquerez plus facilement la renaissance nou­\nvelle, parce que l'art est là directement lié aux objets d'utilité matérielle.\nVoyez l'architecture avec tous ces ornements en fer forgé, et comparez-la à\ncelle qui nous dota des uniformes maisons banales de nos rues modernes.\nEspérons que les arts plus purs trouveront bientôt aussi leurs fidèles; déjà\nle public s'est intéressé à la musique; la littérature aura bientôt sa place.\n   Quant à nous, avec la franchise que donne la liberté, nous continuerons\nnotre propagande. Fidèle à son titre, la Jeune Belgique veut rester Jeune\net Belge. Jeune afin d'accueillir sans peur toutes les tentatives nouvelles,\nBelges nous le sommes, et nous l'avouons hautement : c'est ici, sur le sol\nnatal', que nous voulons former un centre artistique.\n   Et maintenant, en songeant à tous ceux qui, en cette occasion, ont voulu\nnous témoigner leur sympathie, il nous vient une certaine fierté et un grand\nespoir; désormais nous lutterons encore avec plus d'énergie. Vous nous\navez tous aidés et nous vous remercions, et puisque la joie rend meilleur,\nremercions aussi nos ennemis, ils nous ont excités à défendre avec plus\nd'ardeur notre cause.\n   Au nom de la Jeune Belgique, je bois aux arts belges, je bois à tous\nceux qui nous ont aidés, à nos collaborateurs étrangers et à vous,\nMessieurs, qui avez bien voulu fêter avec nous notre dixième anniversaire.\n(Longs applaudissements).\n\n   Henry Maubel se lève alors. A celui qui, au lendemain de la mort du\nchef, avait rallié autour de lui les fidèles servants de la Jeune Belgique\net allait continuer la lutte avec la même indépendance de jadis, il apparte­\nnait de rappeler ce nom, Max Waller, dont tous avaient, tout à l'heure, en\npénétrant dans cette salle de fête, évoqué le souvenir.\n\n   Vous venez d'entendre prononcer le nom de Max Waller. Vous l'aviez\ntous à la mémoire ce nom provocant et bref, pareil au schème d'un geste\nlittéraire qui a si joliment fouetté la médiocratie belge.\n    C'est que la Jeune Belgique garde l'empreinte et comme un peu de la vie\nde celui qui l'a créée. C'est que la personnalité originale de Max Waller se\nperpétue dans cette création à laquelle on ne peut songer, sans songer\nà lui.\n   Autour du nom de Waller, il y a un écho de vacarme ; mais il y a aussi\nun reflet de pure et vibrante lumière.\n   S'il a cassé les vitres, c'est qu'on refusait d'ouvrir les fenêtres et qu'il n'y\navait que ce moyen de voir clair et de respirer large !\n   Il rêvait que la lumière existe.\n   La lumière l'attirait.\n   C'est pour décrocher les étoiles de son rêve qu'il a défoncé le plafond de\nla soupente où l'avaient logé ses compatriotes... — ce qui fit pleuvoir des\ntuiles sur des têtes!...\n"}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": 104, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2739, "texte": "                                 — 104 —\n\n   Mais le sensitif avait compris que d'autres souffraient de la même\nasphyxie. Le généreux avait pensé à ses frères spirituels et, d'un geste\ncrâne, fait la brèche assez large pour que tous ceux qui viendraient avec\nlui ou après lui pussent y passer aussi !\n   Vous savez avec quel héroïsme, sans un recul, sans une crainte, il a\naccompli sa mission d'éclaireur, et vous devinez les coups douloureux qu'il\na reçus.\n   Je n'évoquerai pas de souvenirs mélancoliques ; la fierté, l'orgueil de\nWaller n'en voudraient pas.\n   Cet audacieux chantait sa mélancolie à la cantonnade et s'enfuyait de la\nvie — inquiet comme un voleur d'idéal — pour abriter, dans des cachettes\nde poésie, son trésor, se disant qu'on le trouverait quand il n'y serait plus.\n   L'Amour fantasque, la Flûte à Siebel, Daisy sont de ces cachettes.\nLisez ces livres lorsque vous serez seuls, bien seuls; car, devant le monde,\nla mélancolie de Waller fait le poirier et « Son Impertinence le Page\nSiebel » reprend l'attirail de guerre.\n   Je n'ai pas à vous parler des livres de Max Waller ; mais ce qu'il était de\nnotre devoir de vous dire, c'est la reconnaissance, l'admiration que nous lui\ngardons; c'est qu'il est toujours parmi nous, qu'il nous anime et nous\ninspire et que la fête intellectuelle de ce soir, en somme, est un peu sa fête\nà lui !\n   Vous savez que la Jeune Belgique a réuni les Airs de Flûte en un\nvolume qui paraît aujourd'hui. Un grand nombre de vous le savent d'autant\nmieux qu'ils ont sympathiquement contribué à cette édition.\n   Nous avions rêvé mieux, pourtant, que cette offrande des seuls artistes,\ndes seuls lettrés.\n   Amener l'attention et le respect de tous à l'initiateur de notre émancipa­\ntion intellectuelle, voilà ce qu'il fallait tenter!\n   Nous l'avons tenté!\n   Encouragés par M. le Bourgmestre Buls lui-même, nous avons demandé\nau Collège de Bruxelles l'autorisation d'élever publiquement un monument\nau fondateur de la Jeune Belgique.\n   Oh! il ne s'agissait pas d'une statue tout entière, mais d'un simple\nmédaillon. On l'aurait placé sur un socle, avec une inscription, dans\nquelque square ombreux.\n   Ces Messieurs nous ont répondu : Non !\n   Nous ne voulons pas de votre monument!\n   Celui qui a sonné chez nous les matines littéraires et provoqué l'éclo-\nsion d'un mouvement d'art libre, celui-là n'intéresse pas les passants !\n   Nous ne voulons pas de vos enthousiasmes ! Parce qu'au pays de la\nmaxime : Conserve-toi pour toi-même, ceux qui se sacrifient à ces enthou­\nsiasmes sont des fous, et que leur exemple pourrait devenir un danger\npublic! !\n   Eh bien! Messieurs. C'est ce danger que nous appelons à nous de tous\nnos vœux!\n   C'est à ces fous que je vous convie à boire.\n"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": 105, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3038, "texte": "                                  — 105 —\n\n\n  Aux Jeunes! plus jeunes que nous, qui nous dépasseront demain!\n  A tous les sincères !\n  A tous les généreux que Max Waller aimait bien ! — Et qu'ils entendent\nce soir et dans l'avenir le carillon de joie qui sonne à son honneur! !\n\n   Les applaudissements se prolongeaient encore, lorsque Albert Giraud,\nd'un geste bref, réclame le silence. Alors on entendit, comme des flèches,\nvibrer ces paroles superbes, qui s'enfonçaient tout droit, en sifflant encore.\nCe fut au milieu des acclamations enthousiastes qu'il acheva le discours\nsuivant, interrompu à chaque cri de colère par les applaudissements de\ntous les convives :\n\n   Si nous sommes réunis ici, ce n'est pas, — comme l'insinueront\nd'aimables plaisantins, toujours prêts à chercher dans leur petite âme des\nsentiments mesquins qu'ils puissent attribuer aux autres — ce n'est pas\npour brûler l'encens de la petite chapelle, tant décriée naguère, et qui est\ndevenue une église; ce n'est pas pour nous offrir l'un à l'autre les fleurs\nartificielles de la camaraderie. Les personnes ici ne sont rien : elles ne\nvalent que par les idées qu'elles représentent. Ce dont nous avons à vous\nrendre compte, ce n'est point du mérite plus ou moins grand de nos œuvres,\n— il sera pesé plus tard, et par d'autres ! — mais de la manière dont nous\navons tenu les promesses publiques, faites dans cette même salle, il y aura\nbientôt sept ans, le 27 mai 1883, le soir du banquet Lemonnier.\n   Nous vous avons, promis, ce soir là, non pas d'écrire des chefs-d'œuvre,\nmais de porter vaillamment, dans toutes les traverses de la vie littéraire, ce\nnom d'artiste que l'on est accoutumé, chez nous, à railler et à bafouer.\nNous vous avons promis, ce soir là, de ne jamais vendre notre art aux\ndétenteurs d'influences, quels qu'ils fussent; de rester indépendants et\nlibres, un peu moins gras que d'autres peut-être, mais sans entrave au pied\nni collier au cou. Nous vous avons promis de protester, par notre attitude\nenvers les écrivains nouveaux, contre les détestables pratiques dont les Van\nHasselt, les Pirmez, les Decoster et les Lemonnier avaient souffert avant\nnous. Eh bien ! cette promesse, faite il y a sept ans, je défie n'importe qui\nde soutenir que nous ne l'ayons pas tenue. Je défie qu'on en cite un seul\nparmi nous qui n'ait pas fait respecter son nom d'écrivain, un seul qui ait\nattelé son art à des entreprises intéressées, un seul qui ait brocanté son\nidéal, un seul qui ne se soit pas réjoui de voir naître et grandir les continua­\nteurs de son œuvre!\n   Ne vous y trompez pas : si la Jeune Belgique a duré, si elle a vaincu\nl'hostilité et l'indifférence, c'est parce que nous sommes restés unis dans un\nsentiment de solidarité fraternelle, parce que nous avons croisé la plume,\nnon pour nous, mais pour la cause de tous, parce que nous avons toujours\ndéfendu, quoi qu'il pût nous en coûter, les droits, la dignité et l'honneur\nde la grande famille artistique.\n   On vous rappelait tantôt le chemin parcouru : il est très vaste. On célé-\n"}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": 106, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3334, "texte": "                                   — 106 —\n\nbrait les victoires remportées : elles sont nombreuses. Mais, pour Dieu ! ne\nvous imaginez pas que le but soit atteint, et qu'à cette semaine de dix\nannées doive succéder une période de repos où toutes les années seront des\ndimanches !\n   Souvenez-vous, afin de prévoir, et de prévenir! N'oubliez pas ce que\nvous disait, au banquet Lemonnier, à propos de la condition de l'écrivain\nbelge, M. Edmond Picard : « Alors il n'existait point de littérature, tout au\nmoins de littérature nationale. Ceux qui écrivaient, le faisaient à l'écart, la\nplupart pour eux seuls, les plus heureux pour quelques amis, mais leurs\ntravaux n'avaient aucun retentissement au dehors; car c'était au milieu,\nnon seulement de l'indifférence, mais on peut ajouter de la malveillance du\npublic qu'ils poursuivaient leur oeuvre. C'était un temps où, lorsqu'un\navocat écrivait, il perdait ses clients ; lorsqu'un médecin était poète, il perdait\nses malades ; si un officier était écrivain, il nuisait à son avancement ; si un\ningénieur avait l'audace de tenir une plume, il était assuré de se voir refuser\ntout emploi par la haute industrie.\n   « C'était d'instinct qu'on s'occupait d'écrire, par une impulsion naturelle,\nirrésistible, mais qui, chez la plupart, était rapidement étouffée. Il n'y\navait point chez nous de maîtres ou de guides. Il fallait tout tirer de soi-\nmême, et sur l'ensemble de ces conditions décourageantes venait encore\nbrocher cette hostilité officielle qui, aujourd'hui, n'est pas éteinte pour tout\nce qui est indépendant et, parmi les obstacles d'autrefois, est le seul qui\npersiste encore dans sa muette arrogance ».\n   Oui, cette hostilité n'a pas désarmé. Elle a changé d'armes, voilà tout.\nLa persécution ouverte est remplacée par la persécution hypocrite et\nsourde. De trop retentissants soufflets ont été appliqués sur les deux joues\nde la sottise officielle pour qu'elle se permette encore les triomphales sorties\nd'autrefois. Elle est devenue plus modeste, mais elle agit encore dans\nl'ombre, plus sûrement peut-être, et malheur à l'esprit libre et fier qui\nvient tomber à sa merci. Il paiera pour tous ceux de sa race, et les médio­\ncres se vengeront sur lui de leur propre médiocrité.\n   La haine de l'art, telle est la caractéristique de la ploutocratie belge. Ne\nvenons-nous pas d'assister à une tentative d'égorgement des Concerts popu­\nlaires? N'avons-nous pas entendu, au lendemain d'une exposition de\ntableaux qui avait fait courir tout Bruxelles, un petit, un tout petit député\ndemander au gouvernement de fermer désormais les salles du Palais des\nBeaux-Arts aux oeuvres d'un groupe de peintres qui n'avaient pas eu l'heur\nde caresser son honorable et inviolable ignorance? N'avons-nous pas\nentendu un autre député — pardonnez lui, Messieurs, il est aujourd'hui\nministre des Beaux-Arts — regretter, en pleine Chambre, que, « dans ce\ntemps où la détresse agricole exige de si prompts et si efficaces secours, le\nbudget des Beaux-Arts dépasse les subsides inscrits au chapitre de l'agri­\nculture et de la voirie vicinale ? » Enfin, au lendemain de la mort de Max\nWaller, quand nous nous adressâmes au Collège échevinal de la ville de\nBruxelles, pour lui demander l'autorisation d'élever au fondateur de\nla Jeune Belgique le modeste monument auquel il a droit, les Bouvard et\n"}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": 107, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3507, "texte": "                                  — 107 —\n\nles Pécuchet de l'hôtel de ville nous répondirent « qu'ils ne pouvaient\ns'associer à une manifestation d'un caractère tout à fait privé ».\n   Vous entendez, Messieurs! Une manifestation d'art est condamnée, en\nBelgique, à garder un caractère tout à fait privé. Ah ! si au lieu de fonder\nla Jeune Belgique, Max Waller avait fondé une société de tir à l'arc, ou\nun orphéon ! Ou s'il avait inventé les bataillons scolaires, et organisé des\npromenades de jeunes singes travestis à travers les rues de la capitale! A la\nbonne heure ! Il aurait eu son monument de son vivant et il aurait regardé,\ndu haut de son buste en bronze, cracher l'eau des fontaines publiques !\n   Mais fonder, à vingt ans, sans aide officielle aucune, une revue où a passé\net brillé tout ce qui s'est fait un nom chez nous dans les lettres, grouper en\nun seul faisceau les forces artistiques inertes et éparses, prouver notre\nrenaissance littéraire à coups de publications et de livres, arracher des témoi­\ngnages d'admiration aux plus grands écrivains de France, — c'est une\nentreprise d'un ordre privé!\n   Les malheureux ! Ils n'ont pas même compris que dans cette petite Bel­\ngique incertaine et fragile, composée de races différentes, travaillée par tant\nd'instincts matériels et brutaux, rétive à toute conquête de l'esprit, à toute\ninitiative généreuse, — l'entreprise publique par excellence c'est le déve­\nloppement de la littérature et des arts. Ceux qui ne pensent jamais plus\nhaut que leur ventre, se fâchent contre ceux qui veulent leur donner un\ncerveau ! Dante, dans son Enfer, lorsqu'il rencontre l'ombre du philosophe\nBrunetto Latini, son maître, lui dit : « J'ai toujours présente à l'esprit\nvotre chère et bonne image paternelle, quand, dans le monde, vous m'en­\nseigniez comment l'homme s'éternise ». Il s'éternise par l'effort perpétuel,\npar la lutte, par la colère sacrée contre les choses viles et basses. Et quand\ncet effort, ces luttes, cette colère se font les messagers et les serviteurs de\nl'art, — les professeurs de médiocrité ont beau prodiguer toutes leurs\nvieilles ruses, le jour vient où on les éternise malgré eux !\n   Donc, ne désarmez pas, ne désarmez jamais, désarmez moins que jamais.\nEt si j'ai pu trouver le chemin de vos cœurs, laissez-moi vous dire toute ma\npensée. Si l'on prend ainsi le haut du pavé avec nous, si on nous traite en\nsurnuméraires de la patrie belge, nous qui n'avons jamais cessé de travailler\npour elle, c'est que nous le voulons bien. Nous sommes trop, de par notre\nidéal artistique, des indifférents et des distraits. Nous vivons trop en nous-\nmêmes, et nous laissons sans réponse des paroles et des actes qui méritent\nd'être punis. Pourquoi ne frapperions-nous pas nos éternels adversaires à\nl'endroit sensible, avec leurs armes, pour leur confusion et la plus grande\ngloire de nos chères idées? Pourquoi ne fonderions-nous pas la Ligue des\nintérêts artistiques, et pourquoi, chaque fois que l'on nous invite, nous et\nles nôtres, à nous souveuir que nous sommes des citoyens, ne dirions-nous\npas aux brigueurs de mandats politiques : a Prenez garde! Nous sommes\nun élément actif de la prospérité nationale. A part deux ou trois, que l'on\npourrait nommer, vous feignez tous d'ignorer notre existence. Et cepen­\ndant, nous avons des droits, et vous avez envers nous des devoirs. Accor­\ndez-nous les uns, et respectez les autres; sinon, gare à la prochaine ren­\ncontre ! Nous braquerons notre bulletin de vote, et nous ferons feu ! »\n"}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": 108, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2860, "texte": "                                   — 108 —\n\n   Je vous livre l'idée; faites-en ce que vous voudrez. Mais laissez-moi\ncroire, vous surtout, les jeunes, que vous garderez de cette fête mieux qu'un\nsouvenir : un enseignement Cette Jeune Belgique que nous avons con­\nstruite, qui vous est ouverte, c'est à vous qu'il appartient de la conserver,\nde l'orner et de l'agrandir. Quittez les faux dédains et les vaines répu­\ngnances, derrière lesquels l'égoïsme est embusqué Continuez nos bonnes\ntraditions de solidarité littéraire : qui touche à l'un de vous touche à tous;\nqui s'attaque à un seul d'entre vous attaque toute la famille. Ne craignez\npas d'avoir le cœur large : votre cerveau n'en deviendra pas plus petit.\nN'ayez pas peur des coups de plume ni des polémiques : on s'y trempe\net l'on s'y bronze. Affirmez-vous et mesurez-vous. Griffes contre griffes,\net que le diable emporte les plus courtes !\n   Je bois à ceux d'entre vous qui seront des batailleurs et des hommes\nd'avant-garde, à ceux qui sauront à la fois, d'une âme égale, haïr et aimer!\n\n  Nos amis alors, voulurent en sympathiques paroles témoigner qu'ils\navaient de tout cœur pris part à cette fête des lettres. Ce fut d'abord\nFernand Brouez qui, au nom de la Société Nouvelle, nous porta le\ntoast suivant :\n   A cet anniversaire d'une revue amie, qu'il me soit permis, au nom de la\nSociété Nouvelle de remercier la Jeune Belgique des paroles d'amitié qui\nviennent de lui être adressées.\n    Depuis des années nous luttons côte à côte pour l'émancipation de la\npensée dans sa plus haute expression : l'Art.\n   La Jeune Belgique et la Société Nouvelle ont rencontré les mêmes\nobstacles, se sont heurtées à la même indifférence. Leur amitié est née de\ncette lutte.\n   Aujourd'hui l'horizon s'élargit. Et cette célébration d'un anniversaire\nest la célébration d'une victoire. Le temps n'est plus où en Belgique la\nlittérature était à la merci de quelques pédants et de quelques poètes\namateurs. Toute une école puissante et forte a surgi et s'est imposée.\nN'ayons pas de fausse modestie; notre pays possède aujourd'hui une litté­\nrature.\n   C'est au grand mouvement Jeune Belgique que nous sommes redevables\nde cette rénovation. Toujours nous avons vu ses écrivains pleins de vail­\nlance et de résolution. Et l'on sait, si la lutte était dure et cruelle en ce pays\ningrat.\n   Nous aussi à la Société Nouvelle nous avons fourbi nos armes pour la\nbataille engagée. Nous avons apporté notre part de recrues et avons mis\nau service de la cause de la science et de l'art les forces que nous possé­\ndions. Nous avons essayé de réunir les éléments de la grande synthèse qui\nse prépare et doit conduire les hommes vers un siècle de régénération et de\nrédemption.\n   Nous ne savons si notre effort a participé largement à la victoire.\n   Nous avons combattu de toute âme et de tout cœur. Et ce nous est une\n"}, {"page_pdf": 128, "page_imprimee": 109, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2804, "texte": "                                    — 109 —\n\nrécompense que ce salut fraternel, au jour de fête ; c'est un lien d'amitié\nde plus, unissant la Jeune Belgique et la Société Nouvelle.\n  C'est un nouveau sceau d'alliance. Merci. Je bois à la Jeune Belgique.\n\n   Albert Mockel ensuite nous transmit en toute cordialité, les confrater­\nnelles félicitations de la Wallonie, puis, au nom des artistes étrangers, le\nsculpteur Cyprien Godebski, en un speech paternel s'associa aux congra­\ntulations générales.\n   Le banquet touchait à sa fin, lorsque l'honorable député de Bruxelles,\nPaul Janson, se leva à son tour. Après avoir affirmé sa sympathie pour\nle groupe de ces artistes réunis en l'honneur de la littérature, il dit la place\nque l'Art doit occuper dans le développement d'une nation; rappelant\nensuite les paroles cinglantes que l'un des nôtres avait eues pour les\nindifférents ou les hostiles chefs de l'Etat, il assura que l'on trouverait en\nlui un défenseur dévoué et qu'il était prêt à porter nos revendications au\nsein du Parlement.\n   Bientôt des cris de « Lemonnier ! » se firent entendre de tout côté. On\nréclamait notre grand romancier qui, assis au milieu de nous, se défendait pat-\ngestes de remerciements de prendre la parole. A ce moment, Albert Giraud\nse lève et s'écrie : « Vous venez de prononcer un nom qui nous est cher,\ncelui de Camille Lemonnier. Cette fête de la Jeune Belgique est aussi la\nsienne, car il a été des nôtres dès nos premières luttes. Je bois à Camille\nLemonnier, qui est avec nous aujourd'hui, Comme il y a sept ans. » Ce fut\nun tonnerre d'applaudissements. Quelques instants après on se réunissait\ndans les salons voisins en groupes animés et la fête se prolongeait encore\nlongtemps en causeries amicales.\n   Des lettres, des télégrammes de félicitations nous sont parvenus sans\ncesser, à l'occasion de notre banquet : Remercions nos collaborateurs\nfrançais : MM. Stéphane Mallarmé, Henri de Régnier, Francis Vielé\nGriffin, Pierre Quillard, Herold, Vanor, Charles Buet ; M. le comte\nGoblet d'Alviella, Hector Denis, tous ceux qui de cœur se sont associés à\nnous. Nous voulons pourtant publier une lettre ici, parce qu'elle nous a\nété envoyée par un de nos plus grands artistes, par un Belge, qui, il y a\ntrente ans, dut fuir l'indifférence de ses compatriotes, par Félicien Rops,\nNotre ami Eugène Demolder,.à qui elle est adressée, était chargé d'en donner\nlecture pendant le banquet, mais il s'en récusa trop modestement. La voici :\n  « Mon vieil, je ne peux, — et j'avais cru jusqu'au dernier jour me passer ce\ngrand plaisir, — aller à Bruxelles assister au banquet de la Jeune Belgique Seulement\nne pouvant le faire moi-même, je voudrais que tu fusses mon porte-parole et qu'en mon\nnom, après avoir dit mes regrets de ne pouvoir m'asseoir au milieu de ces jeunes\n"}, {"page_pdf": 129, "page_imprimee": 110, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 709, "texte": "                                         —    110   —\n\n\n  gens que je considère comme de vieux amis, tu lèves ton verre et tu boive à tous mes\n  amis de la Jeune Belgique, qui ont courageusement et vaillamment réalisé le rêve que\n  je poursuivais vainement il y a trente ans(!) en fondant 1'Uilenspiegel,— et, vieux sergent,\n  je marche avec eux dans les rangs en applaudissant au triomphe des jeunes chefs et\n  toujours prêt au coup de feu...\n    « Voilà, arrange cela comme tu veux, avocat que tu es. »\n\n   A tous merci : nous avons emporté de cette manifestation, plus qu'un\n cher souvenir, une ferme confiance en l'avenir et un désir plus grand\n de continuer la lutte.\n\n\n\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-02-n2-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 110, "page_fin": 119, "titre_corps": "Siegfried", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "SIEGFRIED", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LE BONHEUR", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 129, "page_imprimee": 110, "debut_caractere": 709, "fin_caractere_exclue": 2201, "texte": "SIEGFRIED\n              Un grand nombre d'écrits ont suffisamment renseigné le public\n                français sur le système dramatique et musical de R.Wagner (1).\n                Nous ne nous occuperons ici que de la symbolique du maître\n               allemand.\n   L'Anneau du Nibelung est une vaste composition cosmogonique, théo­\ngonique et sociale. Le sujet du drame est tiré des Eddas Scandinaves.\nWagner a rattaché avec beaucoup d'habileté la Gœttersaga ou Légende des\nDieux au Mythe de Siegfried : le trait d'union est la Velsungensaga. Ayant\nainsi constitué sa charpente dramatique, Wagner y a introduit ses idées\nphilosophiques sur le Monde et les destinées de l'Homme.\n   Nous avons donc affaire à un double symbolisme : le symbolisme des\nmythes primitifs et le symbolisme propre à Wagner. Souvent l'accord est\nparfait, les deux courants se confondent; ailleurs ils divergent : la philo­\nsophie wagnérienne n'a pu suivre le mythe ancien. Alors apparaissent cer­\ntaines contradictions qui ne laissent pas que d'embarrasser les commenta­\nteurs. On ne peut les expliquer qu'en distinguant les deux éléments du\ndrame : l'ancien mythe Scandinave et les idées nouvelles que Wagner a\ngreffées sur ce premier élément.\n   M. Schuré a très bien résumé la philosophie de Wagner à la fin de son\n\n\n\n  (1) Voir E. Schuré, le Drame musical, 2 vol.; M. Kufferath, la Valkyrie, 1 vol.;\nId. Siegfried, 1 vol.; Id. Parsifal, 1 vol.; Closson, Siegfried, 1 vol.; A. Jullien\nRichard Wagner, etc., etc.\n"}, {"page_pdf": 130, "page_imprimee": 111, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2950, "texte": "                                  —   111   —\n\n\n\nétude sur l'Anneau du Nibelung. Exposons la sommairement à notre tour.\n   Le Mal est entré dans le monde par la Convoitise. Vouloir pour Soi,\ntelle est la racine de tout crime. Cet Egoïsme a pour symbole l'Or, qui est\nl'objet principal des convoitises, puisqu'il peut les satisfaire toutes, — l'Or,\nqui est l'instrument du pouvoir, puisqu'il peut acheter la Force et la Ruse,\n— le dicton populaire ne l'appelle-t-il pas « le nerf de la guerre? » — l'Or,\nqui est ainsi la source de tout esclavage, de toute tyrannie. Il engendre la\nHaine et la Mort. Pour savoir s'en servir, il faut renoncer à l'amour. Car\nl'amour c'est le dévouement et le sacrifice de soi; l'or, c'est l'égoïsme qui\nsacrifie la vie et le bonheur d'autrui. Les Nibelungen, la race infime et\ntravailleuse, les nains qui peinent dans les lieux inférieurs, ont trouvé l'or\ndans la nature. L'un d'eux, Alberich, a compris la fatale puissance du dan­\ngereux métal : il renonce à l'amour, il veut asservir ses frères, il parvient à\nforger l'anneau symbolique qui asservira le monde. Mais les dieux veulent\nrégner aussi. Par ruse ils dérobent l'anneau magique. Spolié par la race\nsupérieure, Alberich maudit l'anneau et sa malédiction révèle la nature\ndémoniaque de l'or manié par l'égoïsme : il passera de mains en mains par\nvol, par rapine, par brigandage, par meurtre; et malheur à qui s'en empa­\nrera ! A son tour il tombera victime des mêmes crimes.\n   Les dieux ne se sont pas contentés d'être les dieux. Ils ont voulu affirmer\nleur puissance par l'asservissement effectif du monde, traduire leur règne\nen acte, recevoir des hommages et s'approprier le fruit du labeur des créa­\ntures. Ils ont donc péché. A leur tour ils ont cédé au Désir Egoïste; ils ont\ntouché l'or maudit, ils deviendront un objet de haine, ils se sont eux-mêmes\ncondamnés à la mort. Les hommes un jour se débarrasseront des dieux,\npuisque les dieux ont voulu être des tyrans, et ils trouveront dans leur\npropre cœur le véritable principe divin, qui est l'Amour.\n   C'est ce qui arrive en effet. Les hommes de race divine, les vrais fils des\ndieux (Siegfried) s'unissent à la Volonté divine devenue humaine (Brün­\nhilde). Si leurs passions naturelles les aveuglent et les mènent à leur perte,\nla Volonté divine humanisée qu'ils ont jetée dans le monde (voir le Crépus-\ncule des Dieux) ne meurt pas tout entière avec eux; elle a révélé le secret\nsuprême : l'Humanité porte en soi le principe divin de l'Amour; qu'elle\nsache aimer, et elle se passera des dieux qui mourront décrépits dans leur\nciel. Et de fait, dans l'Anneau du Niebelung, Wotan, le maître des dieux,\nva s'affaiblissant à mesure que l'humanité s'élève : dans la première partie,\nl'Or du Rhin, les dieux vivent sur les cimes, dans les régions éthérées;\ndans la Valkyrie, Wotan est déjà descendu sur la terre : mais il règne\nencore, plein de force et de puissance; dans Siegfried, il n'est plus qu'un\n"}, {"page_pdf": 131, "page_imprimee": 112, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "                                         —    112    —\n\n\n\n\n dieu errant, qu'on reconnaît à peine (1); dans le Crépuscule des Dieux, il\n n'apparaît plus; on sait seulement que les dieux languissent, enfermés dans\n leur demeure céleste, d'où ils ne sortent plus, où ils attendent la mort.\n    Notons, en passant, que Wagner n'a pas mis en scène des dieux objectifs,\nmais l'idée que l'homme se fait des dieux.\n   Analysons maintenant de plus près l'Anneau du Niebelung.\n   L'Or du Rhin décrit l'introductiou du mal dans le monde par la décou­\nverte de l'or et par la faute des dieux. Les trois drames suivants nous font\nassister à deux essais successifs de Rédemption.\n    Des mains des dieux l'or tout puissant a passé aux mains des géants : de\nthéocratique la puissance est devenue césarienne. Les géants se sont entre­\ntués. Le vainqueur, Fafner, s'est métamorphosé en un horrible dragon par\nla vertu d'un casque magique, qui symbolise ici la violence, la tyrannie\narmée : couché sur son or, du fond de son antre, il règne sur le monde par\nla terreur.\n   Comment sauver le monde? Comment sauver les dieux eux-mêmes, qui,\npour avoir touché l'or maudit, doivent périr?\n   Wotan (Odin), le maître des dieux, le Principe Créateur, est descendu\nsur terre; caché sous le nom de Velse, il a engendré deux enfants, Sieg-\nmound et Sieglinde, qui doivent accomplir l'œuvre de la rédemption. Car\nle dieu ne peut lui-même, sans l'opération d'un médiateur, sauver le\nmonde. N'est-ce pas lui qui a cédé l'or aux géants? Il ne peut donc le\nreprendre, lui. le gardien de la Parole, le protecteur du Serment dont la\nformule sacrée est gravée sur le bois de sa lance (2).\n    Le drame intitulé la Valkyrie nous apprend par quelles circonstances\nSiegmound échoue dans sa tentative de rédemption. Siegmound n'est que\nl'instrument de Wotan, qui dirige toutes ses actions; c'est donc le dieu lui\n\n\n   (1) Dans Siegfriedf Wotan s'appelle le Voyageur; il erre, couvert d'un énorme chapeau\nel enveloppé d'un manteau bleu. Le chapeau signifie que, sur terre, le Dieu est caché.\nLe manteau bleu symbolise l'azur céleste, le ciel visible, que la plupart des religions\nappellent le vêtement de Dieu.\n   (2) A l'origine, avant toute création, le Principe Créateur était absolument libre :\ntoutes les possibilités, à l'infini, lui étaient ouvertes. Mais une fois le premier acte de\ncréation posé, le premier choix effectué, la liberté du Pouvoir Créateur se trouve\nenchaînée. Son premier acte a déterminé la Loi, a créé le Destin auquel il doit lui-même,\ndésormais, obéir. C'est cette Loi qui a pour symbole la Grande Déesse, l'épouse du pre­\nmier Principe, Fricka, qui sans cesse rappelle le Dieu à son devoir, et qui est la protec­\ntrice du plus essentiel des contrats, le mariage. — La Loi, l'obligation consentie, le Serment,\na encore pour symbole les runes gravés sur la lance de Wotan.\n"}, {"page_pdf": 132, "page_imprimee": 113, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2697, "texte": "                                        — 113 —\n\nmême qui tente de reprendre aux géants l'or qu'il leur a abandonné.\nFricka, la déesse de la Nature et de la Loi, montre ironiquement à Wotan\nl'inanité de son entreprise et réclame le châtiment de Siegmound, qui, en\nravissant sa sœur Sieglinde, l'épouse de Hounding, a doublement outragé,\npar un adultère et un inceste, les lois naturelles. Siegmound est sacrifié;\nmais Sieglinde a conçu de lui un fils, Siegfried, qui héritera de sa mission\ndivine.\n   Dans ce drame nous voyons aussi entrer en scène l'une des plus impor­\ntantes figures de la Tétralogie : la valkyrie Brünhilde.\n   Brünhilde, comme ses huit sœurs, les valkyries, sont les filles de Wotan\net d'Erda, la déesse de la Terre, — ou plutôt la déesse des Eléments Pri­\nmitifs. Les valkyries personnifient les Volontés de Wotan. (Dans la scène\ndeuxième du deuxième acte, Briinhilde s'écrie, s'adressant à Wotan : « Que\nsuis-je? Rien, sinon ta Volonté.) S'il nous était permis d'employer le\nlangage des alchimistes, nous dirions volontiers que Fricka représente la\nVolonté du principe créateur à l'état fixe, et les valkyries, cette Volonté à\nl'état volatil.\n   En sacrifiant Siegmound, Wotan a conformé son vouloir aux lois de\nFricka. Mais son désir secret s'est révolté : Brunhilde a tenté de protéger\nSiegmound. Pour la punir, le dieu la dépouille de sa divinité et la laisse\nendormie au sein d'une mer de feu, où elle deviendra un jour la conquête\nd'un héros.\n   Disons ce que signifie ce mythe.\n   La valkyrie Brünhilde est l'incarnation de la volonté divine. Découvrir\ncette volonté et s'unir à elle, c'est posséder la science suprême, et, en effet,\nnous verrons, dans la Götterdämmerung,             Brünhilde communiquer à\nSiegfried la Science.\n   Mais, sur terre, cette volonté divine est inaccessible aux hommes : elle\nest endormie et entourée d'une mer de feu. Ce mythe n'est pas sans analogie\navec le dogme biblique du châtiment de la faute originelle : l'arbre de la\nscience suprême est gardé par un chérubin armé d'un glaive de feu, et plu­\nsieurs légendes chrétiennes, entre autres le Livre de la pénitence d'Adam,\nmontrent le jardin. d'Eden transformé en un tourbillon de flammes qui\nenveloppent l'arbre paradisiaque (1).\n\n\n   (1) Les occultistes savent ce qu'est ce. feu terrible qu'il faut traverser pour arriver à\nl'arbre de la Science, et que symbolise, dans les Initiations antiques, l'épreuve du feu. Ils\nn'ont pas oublié le buisson ardent, dans lequel Jéhovah se manifeste à Moïse. Ils connais­\nsent aussi le chérubin qui veille sur l'arbre sacré et qui est le même que le Sphynx,\n                                                                                    8\n"}, {"page_pdf": 133, "page_imprimee": 114, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2986, "texte": "                                        —   114   —\n\n   Voici donc où en est ce grand drame cosmogonique au moment où va\ncommencer la troisième partie. Brünhilde dort dans la mer de feu en atten­\ndant son libérateur. Sieglinde, l'épouse de Siegmound, est allée mourir\ndans la grotte du nain Mime en donnant le jour à Siegfried. Elle a confié à\nMime les débris de Détresse, l'épée divine, qui s'est brisée entre les mains\nde Siegmound et qui est l'héritage sacré de Siegfried, le signe de sa mission,\nle symbole de la force des dieux. Mime a laissé croître Siegfried dans la\nliberté et l'ignorance absolues. L'adolescent n'a eu d'autres éducateurs que\nles murmures de la forêt, le chant des oiseaux, le parfum des fleurs, le rire\nargentin des fontaines. Loin du contact corrupteur des autres hommes,\nSiegfried a gardé son âme vierge comme sa chair. Il lui suffira d'apprendre\nun jour qu'il est de race divine pour qu'il s'élance à l'accomplissement de\nsa mission. Quant à Mime, il n'a élevé Siegfried qu'afin que le jeune héros\ntue le dragon Fafner. Il compte bien se débarrasser alors de Siegfried,\ns'emparer de l'Or et régner à son tour sur le monde. Dans le symbolisme\nwagnérien, l'odieux nain qui veut exploiter la mission libératrice du héros,\nreprésente les masses inférieures qui veulent à leur tour posséder l'or et la\npuissance pour s'en servir comme s'en sont servis les. grands : le monde\nalors ne ferait que changer de despotisme ; ce serait la tyrannie des nains\nsubstituée à celle des géants, rien de plus, — et les uns comme les autres\nveulent la mort du fils des dieux qui vient abolir le règne de la Force et de\nl'Or.\n   Le drame intitulé Siegfried nous montre le jeune héros marchant, à\ntravers les obstacles, à la conquête de Briinhilde. C'est l'Initiation du futur\nrédempteur des dieux et des hommes. Il doit reforger lui-même les débris de\n\n\n\n\ngardien des mystères hiératiques de Thèbes. Le quadruple élément du sphynx se figure\npar la croix. Et précisément plusieurs légendes chrétiennes (Voir entre autres la Légende\nDorée de Jacques de Voragine, le Livre de la Pénitence d'Adam, etc.) affirment que le\nbois qui servit à confectionner la croix de Jésus-Christ n'est autre qu'un rejeton de l'arbre\nde la Science, cueilli jadis par un fils d'Adam. — Le Chérubin et le Feu trouvent leurs\nanalogues dans les dragons des mythes des Pommes hespérides, de la Toison d'Or, etc.\nDans l'Edda, le Dragon et son Or ont une toute autre signification que dans la Tétralogie\nwagnérienne : car le mythe de Siegfried n'y est pas directement relié à la légende des\nDieux. Wagner a maintenu la signification attribuée à l'or dans le mythe des Dieux (le\nRheingold). Mais dans le mythe ancien de Siegfried, le trésor correspondait à la Toison\nd'Or ainsi qu'aux pommes d'or cueillies par Hercule; et le dragon Fafner reproduisait les\ndragons des mythes grecs, le feu et le chérub de l'Eden. — C'est ce. même feu que, dans\nson roman hermétique, Bulwer-Lytton appelle le Dragon du Seuil.\n"}, {"page_pdf": 134, "page_imprimee": 115, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2933, "texte": "                                        — 115 —\n\nl'Epée sacrée, symbole de sa Force divine et signe de sa mission (1) ; il doit\nquitter la caverne de Mime et renier ses intérêts matériels ; il doit vaincre\nle dragon de l'or. Alors il comprendra clairement les voix de la nature\nqui le conduiront au bord de la mer de feu, au seuil même du jardin\nde la Science divine. Là, il devra lutter contre Wotan, comme Jacob lutta\navec l'ange, puis il franchira les flammes et ira réveiller Brünhilde, la fiancée\npromise.\n   Nous ne reproduirons pas ici l'analyse détaillée du poème de Siegfried\nque nous avons donnée dans la Revue moderne (Bruxelles, 1883), et plus\nrécemment dans le Journal de Bruxelles (supplément au numéro du\n11 janvier 1891.) Mais nous nous arrêterons un instant devant la première\nscène du troisième acte.\n   Au pied du rocher des valkyries, dans un paysage sauvage et terrible,\nWotan évoque Erda. Des profondeurs de la terre surgit la déesse primitive,\nla mère des éléments, la dormeuse lucide, l'éternelle voyante. Vainement\nWotan l'interroge ; sa pensée fugitive se dérobe. « Ta science pâlit devant\nma volonté, s'écrie-t-il enfin ; sais-tu ce que Wotan veut? L'anéantisse­\nment ! »\n   Erda, ici, n'est pas seulement la divinité tellurique : elle est la déesse des\nÉléments primordiaux, la Mère de tout ce qui existe. C'est elle qui revêt\nd'existences concrètes les essences, c'est elle qui cristallise en mille formes\nla Force, la primitive Energie. Elle est le principe d'Individuation, la\nMaya des hindous, la Mère des Apparences, l'Illusion suprême. Le monde\nn'est que son rêve toujours changeant, peuplé de formes fuyantes. Elle\nl'apprend à Wotan dans cette phrase solennelle :\n                     Mon sommeil est rêve, mon rêve est pensée,\n                     Et ma pensée est l'éternel savoir.\n                     Mais quand je dors, dans mon rêve bercée,\n                     La Nome veille et file en suivant ma pensée.\n                     Pourquoi ne vas-tu pas l'interroger ?\n\n\n   (1) L'Epée de Wotan est l'emblème de la Force divine. Elle n'a toute sa vertu qu'aux\nmains de l'Initié qui a su la reforger lui-même pour son propre usage. Siegmound l'a\nreçue toute faite, voilà pourquoi elle doit se briser dans ses mains. Wotan l'a dit :\n« L'homme indépendant doit se créer lui-même » (la Valkyrie, acte II, scène 2.) De\nmême, dans les mystères antiques, l'Initié devait se créer lui-même. C'est l'œuvre même\nde l'initiation. La Loi chrétienne exige aussi que l'Homme se reforme « et dépouille le\nvieil homme ». Jésus dit : (Joan, III, 3) « En vérité, en vérité, je te dis : si quelqu'un n'est\nné de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ». Toutes les grandes religions exigent\nde l'homme une « seconde naissance ». Voilà pourquoi l'on attribue à l'initié du premier\ndegré l'âge symbolique d'un an. Il en est encore ainsi dans la Franc-Maçonnerie, l'héri­\ntière telle quelle des anciens Mystères.\n"}, {"page_pdf": 135, "page_imprimee": 116, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2580, "texte": "                                 — 116 —\n\n   Dans cet étrange et magnifique dialogue, Wagner a mis en scène moins\nl'Erda et le Wotan des Scandinaves que les principes de la philosophie\nSchopenhauerienne. La Volonté (la Force, l'Energie) veut l'existence,\ntrompée qu'elle est sans trève par la Maya, l'Illusion suprême, qui fait\ncroire à la réalité des contingences. Mais un moment vient où, désabusée\net reconnaissant le néant des vaines apparences qu'elle prenait pour des\nréalités « la Volonté se nie » comme dit Schopenhauer, renonce à l'exis­\ntence contingente et aspire à l'anéantissement.\n   Wotan a reconnu le néant de la vie et il consent d'un cœur joyeux à la\nfin de son existence personnelle. Signalons ici un accroc donné par Wagner\nà la logique. Si la Force Créatrice elle-même renonce à vivre, le monde\nentier devrait aussitôt rentrer dans le néant. Il n'en est plus ainsi dans la\nTétralogie. Force nous est donc de voir ici dans Wotan non plus l'Energie\nprimordiale elle-même, mais un simple exemplaire typique et général per­\nsonnifiant la thèse Schopenhauerienne. Seuls les dieux mourront. Le monde\net l'humanité continueront de vivre.\n   La Götterdämmerung nous fait assister à ces événements. Nous y ver­\nrons comment les dieux cessent d'exister en tant que dieux en même temps\nque le principe divin s'épanouit dans le cœur de l'homme. Mais revenons\nà Siegfried.\n   La dernière scène de Siegfried nous montre le héros conquérant la\nSagesse divine faite femme, et la prenant pour épouse. C'est là la faute qui\ncausera la perte du noble jeune homme. Il devait contempler la Sagesse ; il\nveut la posséder pour lui-même, par passion ; il veut cueillir les fruits de\nl'arbre de la Science, malgré l'avertissement de Brünhilde :\n                       O Siegfried, flamme radieuse,\n                       Si tu m'aimes, épargne-moi !\n                       Veux-tu t'anéantir toi-même ?\n   Les symboles de tous les temples le disent : la Sagesse divine est toujours\nvierge. Elle n'enfante que par la conception de l'Esprit et ne met au monde\nqu'une incarnation du Verbe. Aussi broie-t-elle sous ses pieds la tête du\nSerpent vital.\n  Mais Siegfried est tout feu et tout flamme. La passion l'emporte. Il veut\nposséder. Briinhilde cède, mais elle sait ce qui doit arriver :\n                     En souriant je me donne et je t'aime !\n                     En souriant je m'aveugle moi-même !\n                     L'âme joyeuse et le cœur sans effroi,\n                     Je me perds avec toi.\n  Le drame initiatique se déroule dans la Götterdämmerung.              Brün-\n"}, {"page_pdf": 136, "page_imprimee": 117, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2780, "texte": "                                 —    117   —\n\n\n\nhilde en se donnant à Siegfried, lui a communiqué sa science. Le trop fou­\ngueux héros rentre dans « le monde » qu'il veut remplir de ses exploits. Il\nvoit une jeune femme ; ses sens l'aveuglent : il oublie là Sagesse divine, dont\nil est l'époux. Il l'oublie si bien qu'il la livre, sans la reconnaître, aux\nembrassements profanes de Gunther. C'est là le crime suprême qui appelle\nl'inexorable châtiment. Siegfried périra de la main de ceux auxquels il a\nlivré la sainte Science profanée. Telle est la Loi connue dans tous les\nTemples : « l'Initié tuera l'Initiateur qui a révélé ce qu'il devait taire ».\n   Avec Siegfried doit périr la Science qu'il a conquise. Brünhilde meurt\ndonc. Mais au monde qui l'a profanée et qui toujours la profanera chaque\nfois qu'elle lui sera livrée par un imprudent Initiateur, elle lègue pourtant\nsa consolation suprême : « Si la race des dieux s'évanouit comme un souffle,\nsi je laisse le monde sans maître, je vous lègue le trésor le plus sacré de\nmon savoir : ni bien, ni or, ni splendeur divine, ni magnificence seigneu­\nriale, ni le lien trompeur de tristes traités, ni la dure loi de mœurs hypo­\ncrites ne donnent le bonheur. Félicité dans la joie et dans la peine nous\nvient de l'AMOUR seul ! »\n   Et tandis qu'elle prononce ces dernières paroles, — ses novissima verba,\n— la flamme de son bûcher monte jusqu'au ciel et consume le Walhalla et\nles dieux.\n   Telle est la conclusion de ce drame magnifique. Conclusion imparfaite et\nincomplète pourtant : Wagner le savait bien, et c'est pour compléter et\ncorriger sa pensée qu'il a écrit Parsifal.\n   Quel est l'amour qui rachète et qui sauve? C'est l'amour chrétien, la\ncharité, qui ne fleurit que sur les ruines définitives de l'amour charnel ou\ndans la virginité parfaite. C'est l'amour du prochain. Voilà ce que Brün­\nhilde a oublié de dire, ce que dira Parsifal, « le pur Simple, instruit par\nla Compassion », le doux et pur frère de ces petits enfants à qui le Christ a\npromis le Royaume des Cieux.\n   Cet amour ne nécessite pas la ruine des dieux ; bien au contraire. L'Ini­\ntiation chrétienne a remis en lumière, irrévocablement, le dogme qui s'était\noblitéré dans les anciens sanctuaires : l'homme, en s'élevant par la sainteté\net l'ascétisme, s'unit de plus en plus au Verbe. Aussi la loi du chrétien se\nrésume-t-elle en cette formule : « L'Imitation de Jésus-Christ ». Nul saint\nmieux que saint François d'Assises n'a pratiqué cette imitation. C'est par\nelle et non en écoutant les paroles du Serpent de la Bible que l'homme peut\ndevenir en quelque sorte semblable à Dieu. Bouddhistes, Krisnaïtes et\nTaoïstes sont d'accord là dessus : car, s'ils ignorent la formule chrétienne,\nils connaissent bien le dogme de « l'Union mystique ».\n"}, {"page_pdf": 137, "page_imprimee": 118, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2612, "texte": "                                  — 118 —\n\n   Un mot encore au sujet de Siegfried. Nous venons d'exposer le sens phi­\nlosophique et religieux de ce drame. Mais, comme tous les grands mythes\nreligieux, celui de Siegfried a aussi un sens astronomique. Siegfried est un\nhéros solaire, comme Krishna, Mithra, Hercule, Jason, Apollon, Dyoni­\nsios, etc. C'est le soleil, qui, né l'hiver « dans une caverne » et vainqueur\ndu dragon du pôle, est le dieu sauveur de la terre, la divinité du printemps,\nl'éveilleur de la vie. Comme traces de ce sens du mythe, nous trouvons les\nexpressions suivantes dans la bouche de Brünhilde (Siegfried, acte III,\nscène 3) :\n               Eveilleur de la vie et Lumière féconde,\n               Si tu savais, charme du monde,\n               Combien je t'ai toujours chéri...\n               — O Siegfried, Siegfried, triomphante   aurore!...\n               — O Siegfried, force et splendeur de la terre,\n               Ame du monde...\n               — O Siegfried, flamme radieuse !\n\n  Dans un ordre d'idées correspondant, mais plus restreint, Siegfried est le\nsoleil qui, chaque matin, met à mort le Dragon des ténèbres nocturnes.\n  Telle est la construction savante des mythes, édifiés sur le dogme pri­\nmordial d'Hermès, et qui trouvent leur application exacte à chaque degré\nde l'échelle des sciences.\n\n                                          *\n                                      *\n\n  « SIEGFRIED » AU THÉÂTRE DE LA MONNAIE.— L'article qui précède est\ntrop long pour que nous nous étendions sur l'interprétation de Siegfried au\nthéâtre de la Monnaie. Cette interprétation est digne d'éloges. L'orchestre,\nconduit par M. Servais, maintient superbement la réputation qu'il a acquise\nsous la direction de M. Dupont, d'être, hors d'Allemagne, le meilleur\norchestre wagnérien. Parmi les acteurs, mettons hors pair M. Lafarge, qui\nest en passe de devenir, comme l'est devenu M. Seguin, l'un des plus admi­\nrables interprètes du drame musical. Nos admirations aussi à Mme Morelli,\nqui personnifie merveilleusement Erda : on dirait une déesse imaginée par\nBurne-Jones, tant ses attitudes et ses gestes sont pleins de noblesse et de\ngrandeur. M. Isouard a d'abord dérouté un peu les spectateurs qui avaient\nadmiré la prodigieuse incarnation de Mime par l'acteur allemand Liebahn ;\nau lieu de ce magot rageur et nerveux, qui a peine à contenir les explosions\nde sa haine, M. Isouard nous a présenté une sorte de petit artisan juif à la\nfaçon des légendaires marchands de lorgnettes allemands ; après quelques\nreprésentations, l'on s'y est fait et l'on a loué « l'unité » que M. Isouard a\n"}, {"page_pdf": 138, "page_imprimee": 119, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 930, "texte": "                                 — 1 1 9 -\n\ndonnée à sa création, ainsi que les qualités de diction de ce bon artiste.\nM. Badiali fait un excellent Albérich. M. Bouvet, malgré ses belles atti­\ntudes, ne nous fait pas oublier M. Seguin, qui avait au cœur, toute brû­\nlante, la flamme wagnérienne. L'oiseau, qui a emprunté la voix de\nMlle Carrère, n'est pas tout à fait un rossignol. Quant à M me Langlois, elle\nfait des efforts méritoires pour soutenir un rôle qui l'écrase, et qui veut des\nMaterna ou des Malten. Mme Langlois est bonne musicienne et chaque\nreprésentation marque chez elle un progrès; mais le rôle de Brünhilde\ndépasse ses forces.\n   La décoration est bonne; le décor du deuxième acte est très beau et nous\naccordons une mention honorable au Dragon Fafner, qui, de temps en\ntemps, consent à se battre contre Siegfried.\n                                                       IWAN GILKIN.\n\n\n\n\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-02-n2-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 119, "page_fin": 120, "titre_corps": "Le Bonheur", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "LE BONHEUR", "ancre_fin": "FERNAND SEVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 138, "page_imprimee": 119, "debut_caractere": 930, "fin_caractere_exclue": 1771, "texte": "LE BONHEUR\n    « C'est un matin de mai. Je t'écoute, en silence,\n    N'évoquer de nos jours que ce qu'ils ont d'amer.\n    Que l'hiver et le soir unissent leur offense !\n    Tout en ma vie, hélas! n'est que soir et qu'hiver...\n\n    Ne me parlais-tu pas d'une douleur nouvelle?\n    Ah! si levant, enfin, le voile dont se vêt\n    A tes yeux trop savants ma tristesse éternelle,\n    J'en révélais, soudain, le douloureux secret ....\n\n     Que me veulent, pourtant, ces mornes songeries\n     En ce jour d'indolence et de sérénité?\n     Oh! laisse leur couronne à mes tempes flétries!\n     J'en ai cueilli les fleurs aux berges du Léthé.\n\n     Tant de maux m'ont instruit de ma propre misère!\n     Ne me réveille pas du rêve où je m'endors.\n     La vie enfin me berce avec des mains de mère;\n     Dans mon passé lointain ne trouble pas mes morts.\n"}, {"page_pdf": 139, "page_imprimee": 120, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 571, "texte": "                                     —   120   —\n\n\n     Mais vois quel étranger je vie suis à moi-même!\n     O frère qui sais tout, est-ce là le bonheur?\n     Que les bois printaniers secouent leur diadème :\n     J'écoute, en frissonnant, la chanson de mon cœur.\n\n     Tu pleures?... Telle est bien ma triste destinée !\n     Hélas.' avoir langui comme un pauvre oublié,\n     Et quand cette humble joie m'est aujourd'hui donnée,\n     Etre en mon bonheur même un objet de pitié! »\n                                                      FERNAND S E V E R I N .\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-02-n2-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 120, "page_fin": 122, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Don d’enfance", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 139, "page_imprimee": 120, "debut_caractere": 571, "fin_caractere_exclue": 2440, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n     Le Don d'Enfance,   par M. FERNAND SEVERIN.— Bruxelles, 1891, Lacomblez.\n\n\n              L'auteur du Lys, — une des plus nobles fleurs de poésie qui se\n               soient ouvertes, depuis vingt ans, en Belgique et en France —\n               nous offre aujourd'hui le Don d'Enfance. Ce deuxième\n               volume, qui complète et accentue le premier, n'aura certes\npas, pour les affairés de notre Parnasse, l'attrait de la nouveauté apparente.\nCet attrait, d'ailleurs, se fane vite, et les poèmes de M. Fernand Severin en\npossèdent un autre, que je place plus haut, et qu'ils partagent avec les\nœuvres assurées de vivre, cette nouveauté éternelle, perceptible seule­\nment aux esprits délivrés de tout snobisme littéraire : la Beauté pure.\nNon, il n'est pas « à la mode » d'aujourd'hui, ce poète là : il est à celle\nd'hier, de demain, et de toujours. M. Fernand Severin est un des rares\nécrivains sans vasselage qui ont pris pour devise le mot des comédies\nespagnoles : « Je suis celui que je suis ». Le poète du Lys et du Don\nd'Enfance n'a pas besoin de se singulariser pour paraître original. Il ne\ntombe jamais, par frénésie d'impuissance, dans l'abominable défaut qui me\ngâte bien des œuvres vantées : l'autoparodie. Il ne se livre point à cette\ngrimace de soi-même qui ameute les curieux et les badauds. Il nous décrit,\nsimplement, sans contorsions d'aucune espèce, la patrie de son âme et les\nnobles fantômes qui la hantent. Il est, comme il le dit, « le poète du simple\net suave poème », et « le roi des beaux pays qui ne sont pas ».\n   Un naturalisme d'une douceur profonde, — je prends le mot dans son\nvrai sens, le seul, et non dans celui que lui donnèrent sottement les zolistes\n— enveloppe cette œuvre d'une atmosphère virgilienne. Les bois, les eaux,\nle ciel, le rêve errant des nuages, le miracle des humbles fleurs dont ne\n"}, {"page_pdf": 140, "page_imprimee": 121, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3045, "texte": "                                         121\n\n\ns'étonne pas le vulgaire, la pourpre mélancolique des vêprées, saisissent les\nyeux et l'esprit du poète comme s'il les voyait et s'il les comprenait pour la\npremière fois :\n                ... Ce cœur épris des eaux et des nuages\n                Mourra de trop d'amour devant cette forêt.\n\n   Une voix intérieure, dont il reproduit les inflexions tendres, « lui a dit\nles étangs et les bois ». La nature l'a rendu taciturne, et le silence « l'a fait\norgueilleux et timide ». La ville, où les soleils n'éclairent que des choses\nfactices et malades, est loin de ses yeux éblouis :\n\n                Que n'est-elle plus vaine et plus lointaine encore !\n\n   Ce cri de répulsion d'un sauvage très doux me paraît caractéristique : il\nrésume toute une enfance isolée et contemplative. Cet amour de la nature\nn'a rien du lieu commun de rhétorique sur lequel travaillent la plupart des\npoètes. Il se dégage du livre comme un parfum, il en est pour ainsi dire la\nrespiration.\n   Un tel naturalisme annonce, comme nous le disions à propos du Lys, un\npoète d'analyse psychologique et sentimentale. La flamme divine de\nl'amour, non pas de la passion égoïste, mais de la tendresse universelle\npour les choses et pour les êtres, brille d'une lumière ardente et contenue\ndans les strophes transparentes du Don d'Enfance. N'y cherchez point de\nsavantes complications. D'autres ont chanté les diplomaties de la conscience\net les tricheries de la volonté. Lisez ce livre en tâchant de vous oublier : il\néveillera chez vous des souvenirs poignants, et vous serez l'un de ces\ninconnus parmi lesquels le cœur du poète se reconnaît. De vagues images\nfamiliales, entourées d'un respect qui craindrait, en les précisant, de les\neffaroucher, se nimbent d'une adoration tremblante et secrète. Dans un\nadmirable poème, chuchoté à mi-souvenance, et qui m'apparaît comme une\ncontre-partie filiale de l'ironique Bénédiction de Baudelaire, surgit, voilée\nde tristesse, une émouvante incarnation du pressentiment maternel, qui se\ngrave à jamais dans la mémoire. Et les pages qui célèbrent le tourment\nd'aimer semblent en avoir gardé, à l'insu peut-être du poète, un étrange\nfrisson sacré et je ne sais quel pénétrant arome de vénération. Ainsi dans\nl'épopée wagnérienne, quand Siegfried réveille Brunehilde, le premier cri\ndu héros s'envole, comme une colombe blessée, vers la forêt funèbre où\nSieglinde est morte de la vie de son enfant. Plus loin, quand les orages de\nla chair s'abattent sur un cœur candide, une source jaillissante de pardon\npurifie les misères de l'amour vénal. Ce n'est pas le hoquet douloureux de\nDostoïevsky, mais une effusion de pitié évangélique et chrétienne, d'une\ncalme et réconfortante grandeur.\n   Le titre du livre, a-t-on dit, est équivoque. Oui, dans un certain sens.\nEst-ce le poète à qui est accordé le don d'enfance, ou bien fait-il don de\nson enfance à la foule dans laquelle il est seul? Querelle inutile. La poésie\nest-elle autre chose que le don de voir les choses pour la première fois, et\n"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 122, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1946, "texte": "                                  —   122 —\n\nce don, le poète ne le fait-il pas à ceux qui sont dignes de le comprendre?\n   C'est cet attrait de la nouveauté, de la fleur des choses, M. Fernand\nSeverin le savoure tellement qu'après l'enfance, ce qui le sollicite le plus,\nc'est la convalescence. Pourquoi? Parce que toute maladie à son déclin se\nrésout en une espèce de seconde naissance, où tout nous paraît neuf, clair\net beau.\n   Ce qui frappe dans les poèmes de M. Fernand Severin, c'est l'accent\npersonnel des strophes amoureuses :\n\n               Une petite enfant est à présent ma Dame,\n               Et je la briserais en le lui révélant...\n\n   C'est une résurrection — qui chez un écrivain moins loyal, paraîtrait\nartificielle, — de l'amour chevaleresque épanoui naguère dans nos vieilles\nchansons héroïques. Le sentiment est le même, mais il est modernisé par\nl'inertie d'une nature rétive à l'action, cloîtrée dans le préau de sa propre\npensée.\n    Plus encore que le Lys, où, malgré l'unité de la forme, quelques poèmes\nd'inspiration diverse se heurtaient un peu, le Don d'Enfance révèle un\npoète de la haute race, chez lequel la suavité virgilienne, racinienne parfois,\nde l'alexandrin sert à exprimer, avec une noble simplicité, des sentiments\nd'une rare élévation d'esprit. L'idée de la Beauté, chez M. Fernand Severin,\nne se sépare jamais de l'idée de la pureté morale. Ce n'est pas la moindre\noriginalité de ce livre, dont la psychologie renonce à l'étude des déviations\noù se complaisent la plus grande partie des psychologues contemporains. Et\nsi, comme j'incline à le croire, l'analyse du Mal offre au poète une matière\nplus riche et plus diverse que la contemplation du Bien, il n'en est que plus\nfort, ce chanteur d'aujourd'hui, qui nous rend, dans un autre art, au milieu\nd'un déconcertant carnaval littéraire, la divine enfance des peintres de\nFiésole.\n                                                      ALBERT GIRAUD."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-02-n2-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 123, "page_fin": 125, "titre_corps": "Chronique artistique : Exposition Artan-Dubois-Boulenger", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Georges Destrée", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "GEORGES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 142, "page_imprimee": 123, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2794, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n           EXPOSITION ARTAN-DUBOIS-BOULENGER\n\n\n              I1convient de louer le Cercle des Arts et de la Presse pour\n               l'excellente idée qu'il a eue en organisant cette Exposition.\n               Nombre d'artistes étaient, en effet, depuis longtemps désireux\n               — les uns de revoir ces représentants de leur génération, —\nles autres de se faire une idée exacte et définitive de ce qu'étaient ces talents\nincomplètement représentés au Musée moderne. — Et puisque nous parlons\nde deux générations, je pense que les peintres de la présente n'ont pas dû\npénétrer en ces deux Salons sans un certain sentiment d'humiliation. On\nn'a plus, en effet, à l'entrée des expositions actuelles, l'impression de res­\npect qu'on éprouve en jetant un premier coup d'œil sur les toiles réunies\nde ces trois artistes consciencieux, peignant sans préjugés, sans parti-pris\nni procédé, selon leur instinct et leur cœur, ce qu'ils voyaient. Il n'existe\nplus en ce moment en Belgique un groupe d'artistes peintres exclusivement\nvoués au culte de l'art; — les peintres nouveaux venus suivent chacun selon\nsa force les procédés et les goûts de la coterie en laquelle ils se sont\nengagés — et si l'on pense qu'au temps de Dubois, Artan et Boulenger,\nl'Art belge était représenté en plus par des artistes tels que Leys, De Winne,\nCharles De Groux, Rops, De Braekeleer, les deux Stevens, Mellery, Meu­\nnier, Smits, Verwée et d'autres — l'on doit bien s'avouer qu'après cette\npériode glorieuse, — au rebours de la littérature, de la musique et de la\nsculpure qui sont en pleine et belle Renaissance — l'art de la peinture est\nentré en Belgique en voie de complête décadence.\n\n                                       *\n                                      * *\n   Dans cette exposition posthume, qui est comme une pieuse et dernière\nconsécration de leur gloire, les trois artistes morts sont tous trois avanta­\ngeusement représentés, tous trois sortent de cette Exposition agrandis\naux yeux de ceux qui ne les connaissaient qu'imparfaitement.\n   Il nous a surtout été agréable de voir exposée une partie de l'œuvre de\nLouis Dubois. Après avoir vu de lui le splendide et poétique tableau des\nCigognes et quelques esquisses représentant des marais brumeux et des\npaysages désolés, nous nous étions fait de lui une idée plus haute que des\ndeux autres peintres, et nous conservons pour lui cette préférence. Boulenger\net Artan sont tous deux confinés dans un seul genre, le premier ne sort pas\ndu paysage, le second a, toute sa vie durant, chanté la mer du Nord. Dubois\nest plus que cela. Il est en même temps paysagiste, peintre de genre, por­\ntraitiste et mariniste, et dans chacun de ces genres il conserve sa profonde\n"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 124, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3199, "texte": "                                 — 124 —\n\net troublante originalité. Il y a chez lui quelque chose d'inquiétant, de\nmystérieux, d'inconnu — que n'ont pas saisi les gens qui le déclarent un\npeintre bien doué mais incomplet — et qui nous porte à l'aimer tout parti­\nculièrement. — Ses tableaux ont cette incontestable marque de supériorité\nqu'ils plaisent davantage chaque fois qu'on les revoit et que l'impression\nreste toujours au moins égale à celle de la première visite. Dans toutes\nces toiles aux couleurs sombres en général, il y a une rêverie flottante, un\nmonde de pensées indécises et confuses, un éclairage étrange donnant des\nimpressions surnaturelles et poétiques.\n    On a dit qu'il s'était inspiré longtemps des Hollandais et de Courbet, et\nl'influence de ces différents maîtres est dans beaucoup d'esquisses de Dubois\naussi indiscutable qu'indiscutée — mais dans ses tableaux importants\ncomme les Cigognes, le Bateau, la Salle de jeu — toujours ces différentes\ninfluences se sont amalgamées et fondues en sa puissante personnalité et\nn'ont servi qu'à rehausser son talent original.\n    Le tableau intitulé le Bateau, exposé par M. le docteur Lequime et\nreprésentant un crépuscule sur la Meuse aux environs de Namur, est pour\nmoi un chef-d'œuvre. La calme, silencieuse tombée du soir est d'un senti­\nment superbe et le tableau est d'une couleur rappelant et égalant les plus\nbeaux Vénitiens. En ne faisant que mentionner, faute de place, les toiles\nremarquables intitulées Solitude, Salle de Jeu et Accessoires, je termine\nen citant tout spécialement un splendide portrait de jeune fille en robe\nverte, un nœud rouge sur l'épaule, un autre piqué dans ses cheveux bruns,\nse détachant sur un fond d'un vert bizarre et sauvage comme celui des végé­\ntations sous-marines. Les couleurs et l'éclairage de ce portrait en font une\nœuvre étrange et très romantique, et l'on pense involontairement à regarder\nces yeux rêveurs, ces verts sauvages et ces rouges violents aux folies d'une\nOphélie et aux douces chansons sans raison de l'amie d'Hamlet.\n\n                                     *\n\n   Un tout autre tempérament est celui d'Hippolyte Boulenger. C'est le\npeintre des ciels clairs et des temps heureux. Il est mort jeune et, bien que\nn'ayant pas eu de son vivant les succès qu'il méritait, il semble, d'après sa\npeinture, avoir eu toute sa vie un cœur toujours insouciant, léger, joyeux\net jeune. Aussi a-t-il rendu, comme personne ne l'avait fait avant lui, les\ntemps et les paysages qui correspondaient à son cœur. Nul n'a peint comme\nlui les couchers de soleil rose, les grands voiles roses tendus sur la moitié\ndu ciel, les petits nuages rosés épars comme des auréoles autour du soleil\nmourant, les couchers de soleil et les beaux jours — personne ne les a peints\navec autant de grâce, de fraîcheur et de poésie que lui. Son esprit cadrait\nmal avec d'autres temps, aussi les a-t-il moins bien rendus et compris. Ses\nAutomnes et ses Hivers ne peuvent égaler ses Étés, et il n'est plus lui-même\nquand il peint autre chose que des temps clairs.\n   C'est cependant un coucher de soleil en automne qui constitue le plus\nbeau tableau que j'aie vu de lui. Le tableau dénommé la Messe de Saint-\n"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 125, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "                                  —   125   —\n\n\n\nHubert et qui représente sous un ciel bleu, semé de nuages blancs domi­\nnant des forêts automnales qui fuient vers l'horizon, des chasseurs et des\npauvres se tenant à l'entrée d'une chapelle, est une merveilleuse harmonie\nde couleurs. Peu de tableaux sont aussi parfaits sous ce rapport. Les tons\nreliés et fondus entre eux avec une science surprenante, sont d'une richesse\net d'une volupté qui font songer à des Watteau et, la composition étant par­\nfaite, cela fait de l'ensemble, de très loin, le meilleur tableau qui nous reste\nde Boulenger.\n   Louis Artan est un des rares peintres de notre époque qui se soient\nexclusivement et fructueusement voués au culte de la mer. Il n'a guères\npeint, sa vie durant, que le charme étrange et fort de la mer du Nord. Il\nl'a peinte, il est vrai, sous tous ses aspects, par du temps calme, toute verte\net plate, étendue à perte de vue, par les tempêtes déchaînée, furieuse, ter­\nrible, se ruant avec ses flots énormes sur les misérables navires livrés à sa\nmerci, par des soleils éclatants qui la font luire comme de tremblants\nmiroirs de chrysoprase et d'émeraude, et par des lunes sans cesse voilées de\nnuages, semant dans les cœurs l'inquiétude et les craintes.\n   Il a passé toute sa vie à peindre la mer, et cette contemplation de toute\nune vie me semble par elle-même assez glorieuse pour se passer de commen­\ntaires. Les toiles exposées au Musée Ancien sont cependant assez inégales,\nmais quelques-unes suffisent à le placer très haut parmi ses contemporains.\nL'admiration étant d'ailleurs générale pour lui depuis sa mort, je ne ferai\nque citer un Effet de soleil sur la mer, un Retour de la pêche aux cre-\nvettes, exquise harmonie en bleu, et sa toile capitale le Naufrage, plus\nimpressionnant et plus beau à mon avis que la Vague célèbre d'Ho-\nKu-Saï.\n                                                 GEORGES D E S T R É E ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-02-n2-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 126, "page_fin": 127, "titre_corps": "Chronique musicale : Premier Concert populaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique musicale", "signature_source": "G. 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L'instrumentation très\nriche et très pittoresque, d'une allure fougueuse, enchâsse des thèmes\nmélodiques un peu courts, mais d'une coupe nerveuse et habilement mis\nen valeur. Le public a fait un excellent accueil à cette importante compo­\nsition et les applaudissements de la chambrée confondaient, dans leurs\nsalves, le compositeur de la Symphonie et le fondateur, en 1865, des Con-\ncerts populaires.\n   La deuxième partie du Concert comportait l'ouverture d'Eléonore\n(Fidélio) de Beethoven, un Concerto de Henri Vieuxtemps qui dirigea\nquelque temps les Concerts populaires (concerto médiocre magnifié par\nl'archet magique d'Eugène Ysaye), des fragments de la Damnation de Faust\nde Berlioz, des pages du Crépuscule des Dieux (Voyage au Rhin — Marche\nfunèbre de Siegfried) et des Maîtres Chanteurs.\n   C'est Joseph Dupont qui conduisait l'exécution de ces œuvres. C'est\nassez dire la supériorité, l'ampleur, le coloris, l'émotion, le feu sacré de\nl'interprétation.\n   Lorsque le réputé capellmeister, incontestablement le meilleur que pos­\nsède la Belgique et celui dont la personnalité enflamme le plus prestigieu-\nsement les masses instrumentales; celui qui, pour nous servir de l'excellente\nexpression de F. Gevaert, est un des grands « virtuoses de l'orchestre »,\ncelui qui joue de ces compliqués et considérables ensembles de voix\nhumaines, de cordes, de bois et de cuivres ainsi que Rubinstein joue du\npiano; — lorsque, disons-nous, Joseph Dupont est remonté à son pupitre\naprès une éclipse de plus d'un an, la salle, bondée du parterre au cintre, lui\na fait une de ces ovations triomphales qui dédommagent en quelques\nminutes, les artistes de sa trempe, des avanies et des injustices philistines.\n   Mais les salves d'applaudissements ont peut-être été plus nourries et plus\nvéhémentes encore, après l'exécution des morceaux, surtout après le Voyage\nau Rhin et la Marche funèbre\n   Le Voyage au Rhin n'avait pas encore été exécuté au Concert et n'avait\nété entendu à Bruxelles que par ceux qui assistèrent aux représentations de\n"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1222, "texte": "                                 — 127 —\n\nla troupe d'Angelo Neumann, il y a quelque huit ans. 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C'est à peine si les\noccultes et fluides avertisseurs offusquent et lui voilent le rayonnement de\nla nature tangible, ou plutôt il épand lui-même le renouveau, la chaleur\net la lumière. Déjà sa fanfare argenté les échos ténébreux du burg de\nGunther !\n                                                                   G. 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Nous espérons bien que"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2508, "fin_caractere_exclue": 2552, "texte": "d'ici à peu de temps on vendra ses toiles au"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2603, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "détail."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2746, "fin_caractere_exclue": 2783, "texte": "Une pensée inédite de Léon Dardenne :"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2837, "fin_caractere_exclue": 2875, "texte": "« Quand on ne l'a pas encore eu, on ne"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2926, "fin_caractere_exclue": 2950, "texte": "sait pas ce que c'est. »"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3138, "fin_caractere_exclue": 3177, "texte": "Nous adressons nos remerciements à tous"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3228, "fin_caractere_exclue": 3272, "texte": "nos confrères de la presse, qui ont témoigné"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3323, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "leur sympathie pour notre œuvre de propa­"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3415, "fin_caractere_exclue": 3458, "texte": "gande littéraire à l'occasion de notre ban­"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3509, "fin_caractere_exclue": 3549, "texte": "quet , la Nation , la Réforme , l'Etoile"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3600, "fin_caractere_exclue": 3643, "texte": "belge, le Journal de Bruxelles, l' Indépen-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 95, "texte": "dance, la Mosaïque, le Stylet, le Réveil,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "l'Eventail, la Chronique, la Coulisse théâ-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 214, "fin_caractere_exclue": 255, "texte": "trale, le Journal de Liége, le Journal de"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 307, "fin_caractere_exclue": 345, "texte": "Gand, l'Impartial, l'Art moderne, etc."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 399, "fin_caractere_exclue": 437, "texte": "Quant au chroniqueur du Soir, il a été"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 488, "fin_caractere_exclue": 533, "texte": "pris, soudain, d'un accès de gastrite, ce qui"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 579, "fin_caractere_exclue": 622, "texte": "l'a reconcilié probablement avec l'Indépen-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 640, "fin_caractere_exclue": 646, "texte": "dance."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 739, "fin_caractere_exclue": 777, "texte": "Le Courrier de Bruxelles n'a pas voulu"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 828, "fin_caractere_exclue": 873, "texte": "se laisser dépasser en bêtises et en mauvaise"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 920, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "foi, même par le Patriote; voici l'article"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1008, "fin_caractere_exclue": 1051, "texte": "qu'il publiait au lendemain de notre fête :"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1105, "fin_caractere_exclue": 1143, "texte": "« Le banquet de la Jeune Belgique, que"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1189, "fin_caractere_exclue": 1229, "texte": "nous avons annoncé, a eu lieu hier. Il a"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1267, "fin_caractere_exclue": 1306, "texte": "malheureusement, comme c'était à crain­"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1357, "fin_caractere_exclue": 1395, "texte": "dre, dégénéré en manifestation plus ou"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1452, "fin_caractere_exclue": 1467, "texte": "moins radicale."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1550, "fin_caractere_exclue": 1591, "texte": "« L'auteur de l'Enfant du        Crapaud,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1607, "fin_caractere_exclue": 1644, "texte": "d'odieuse mémoire, Vanderkindere, Ar­"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1645, "fin_caractere_exclue": 1686, "texte": "nould, P. Janson et tutti quanti y assis­"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1735, "fin_caractere_exclue": 1778, "texte": "taient, plus un éditeur de livres pornogra­"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1829, "fin_caractere_exclue": 1871, "texte": "phiques qui a eu de fréquents démêlés avec"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1922, "fin_caractere_exclue": 1933, "texte": "la justice."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2016, "fin_caractere_exclue": 2056, "texte": "« On y a fait l'éloge du fondateur de la"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2079, "fin_caractere_exclue": 2120, "texte": "revue de la Jeune Belgique, qui fut de la"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2175, "fin_caractere_exclue": 2211, "texte": "Réforme, et un des collaborateurs de"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2263, "fin_caractere_exclue": 2308, "texte": "l'Etoile a célébré « la petite chapelle d'au­"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2357, "fin_caractere_exclue": 2402, "texte": "trefois, devenue aujourd'hui une église (sic)"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2450, "fin_caractere_exclue": 2489, "texte": "qui a triomphé de la haine de l'art qui"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2543, "fin_caractere_exclue": 2582, "texte": "caractérise la ploutocratie belge et de"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2637, "fin_caractere_exclue": 2680, "texte": "l'honorable et inviolable ignorance de cer­"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2701, "fin_caractere_exclue": 2738, "texte": "tains députés ». Saluez MM. Woeste et"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2796, "fin_caractere_exclue": 2836, "texte": "Mélot ! I1 a même ajouté : « L'un d'eux,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2886, "fin_caractere_exclue": 2927, "texte": "pardonnez-lui, messieurs, est aujourd'hui"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2981, "fin_caractere_exclue": 3007, "texte": "ministre des beaux-arts »."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3078, "fin_caractere_exclue": 3117, "texte": "« Voilà le fond de ce discours « à épi-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3168, "fin_caractere_exclue": 3213, "texte": "thètes cinglantes, à périodes batailleuses »,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3263, "fin_caractere_exclue": 3310, "texte": "qui a été le succès oratoire de la soirée, s'il"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3355, "fin_caractere_exclue": 3381, "texte": "faut en croire la Réforme."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3451, "fin_caractere_exclue": 3489, "texte": "« Le même orateur a ajouté, afin d'ac­"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3540, "fin_caractere_exclue": 3582, "texte": "centuer la manifestation politique dont ce"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3631, "fin_caractere_exclue": 3658, "texte": "banquet a été le prétexte :"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3712, "fin_caractere_exclue": 3749, "texte": "« Si les gens qui ne pensent pas plus"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3800, "fin_caractere_exclue": 3841, "texte": "haut que leur ventre et se fâchent contre"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3894, "fin_caractere_exclue": 3937, "texte": "ceux qui veulent leur donner un cerveau, ne"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3984, "fin_caractere_exclue": 4025, "texte": "comprennent pas que dans notre incertaine"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4075, "fin_caractere_exclue": 4120, "texte": "et fragile Belgique la seule entreprise vrai­"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4173, "fin_caractere_exclue": 4213, "texte": "ment nationale est celle des beaux-arts,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4263, "fin_caractere_exclue": 4303, "texte": "pourquoi ne pas user contre eux de leurs"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4341, "fin_caractere_exclue": 4380, "texte": "propres armes, pourquoi ne pas créer la"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4439, "fin_caractere_exclue": 4483, "texte": "Ligue des intérêts artistiques, qui saurait,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "au moment voulu, braquer le bulletin de"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 213, "texte": "vote et faire feu."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 267, "fin_caractere_exclue": 305, "texte": "« Il paraît que la Jeune Belgique a la"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 357, "fin_caractere_exclue": 394, "texte": "prétention de « donner un cerveau » à"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 446, "fin_caractere_exclue": 487, "texte": "MM. Woeste et Mélot! Cela fera rire de la"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 538, "fin_caractere_exclue": 577, "texte": "Jeune Belgique même à Bruxelles « cœur-"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 628, "fin_caractere_exclue": 639, "texte": "cerveau ! »"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 693, "fin_caractere_exclue": 734, "texte": "« Après cette tirade contre laquelle per­"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 785, "fin_caractere_exclue": 827, "texte": "sonne n'a du reste protesté, M. le citoyen"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 878, "fin_caractere_exclue": 919, "texte": "Janson a exécuté un solo de trombone « de"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 970, "fin_caractere_exclue": 1007, "texte": "grande allure », dit la Réforme. Puis"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1058, "fin_caractere_exclue": 1100, "texte": "M. Giraud a couronné la fêle en portant un"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1151, "fin_caractere_exclue": 1188, "texte": "toast au père de l'Enfant du Crapaud."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1242, "fin_caractere_exclue": 1266, "texte": "« Digne couronnement ! »"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1320, "fin_caractere_exclue": 1356, "texte": "Notre ami Albert Giraud, dont le nom"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1407, "fin_caractere_exclue": 1451, "texte": "était seul cité par le dragon de vertu de ce"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1502, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "follicule burlesque, répliqua par la lettre"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1596, "fin_caractere_exclue": 1606, "texte": "suivante :"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1702, "fin_caractere_exclue": 1734, "texte": "« Monsieur le rédacteur en chef,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1788, "fin_caractere_exclue": 1828, "texte": "« Vous avez publié, dans votre numéro du"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1880, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "17 janvier, à propos du banquet jubilaire"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1972, "fin_caractere_exclue": 2011, "texte": "de la Jeune Belgique, un article rempli"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2062, "fin_caractere_exclue": 2078, "texte": "d'inexactitudes."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2132, "fin_caractere_exclue": 2174, "texte": "« Vous prétendez que cette fête artistique"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2225, "fin_caractere_exclue": 2262, "texte": "a dégénéré en manifestation radicale."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2316, "fin_caractere_exclue": 2356, "texte": "« Comme le Courrier de Bruxelles n'était"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2407, "fin_caractere_exclue": 2449, "texte": "pas représenté au banquet, il faut donc ou"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2500, "fin_caractere_exclue": 2542, "texte": "bien que vous ayez mal lu les articles des"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2593, "fin_caractere_exclue": 2636, "texte": "autres journaux, ou que votre bonne foi ait"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2687, "fin_caractere_exclue": 2700, "texte": "été surprise."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2754, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "« La Jeune Belgique ne s'est jamais occu­"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2846, "fin_caractere_exclue": 2885, "texte": "pée de politique, et son existence même"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2936, "fin_caractere_exclue": 2980, "texte": "serait compromise le jour où elle s'en occu­"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3031, "fin_caractere_exclue": 3075, "texte": "perait. 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Deux députés indépendants de"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4034, "fin_caractere_exclue": 4074, "texte": "Bruxelles figuraient parmi nos souscrip­"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4125, "fin_caractere_exclue": 4172, "texte": "teurs. S'ils avaient pris la parole au dessert,"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4223, "fin_caractere_exclue": 4262, "texte": "nous leur eussions fait le même accueil"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4313, "fin_caractere_exclue": 4340, "texte": "qu'à leur éminent collègue."}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4394, "fin_caractere_exclue": 4438, "texte": "« Le député dont il s'agit a d'ailleurs trop"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4489, "fin_caractere_exclue": 4530, "texte": "de tact et de courtoisie pour transformer"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 99, "texte": "une fête littéraire en une manifestation de"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 150, "fin_caractere_exclue": 194, "texte": "parti. Il a promis de continuer à défendre à"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 227, "fin_caractere_exclue": 270, "texte": "la Chambre la cause de l'art libre. Rien de"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 271, "fin_caractere_exclue": 316, "texte": "plus, rien de moins. Et si l'on vous a dit le"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 317, "fin_caractere_exclue": 345, "texte": "contraire, on vous a trompé."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 349, "fin_caractere_exclue": 387, "texte": "« Vous n'êtes pas plus exact en ce qui"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 441, "fin_caractere_exclue": 481, "texte": "me concerne. La phrase que vous citez ne"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 532, "fin_caractere_exclue": 574, "texte": "s'adresse pas à M. Mélot, mais à un député"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 628, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "de la gauche, qui supplia naguère le gou­"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 721, "fin_caractere_exclue": 762, "texte": "vernement de refuser les salles du Palais"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 823, "fin_caractere_exclue": 860, "texte": "des Beaux-Arts à l'exposition des XX."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 921, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "« Quanta M. Mélot lui-même, j'ai regretté"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1008, "fin_caractere_exclue": 1048, "texte": "qu'il eut naguère, à la Chambre, réclamé"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1104, "fin_caractere_exclue": 1144, "texte": "une diminution du budget des beaux-arts,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1194, "fin_caractere_exclue": 1236, "texte": "au profit du budget de la voirie vicinale."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1291, "fin_caractere_exclue": 1334, "texte": "« Il est difficile, je pense, de se montrer"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1386, "fin_caractere_exclue": 1401, "texte": "plus impartial."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1488, "fin_caractere_exclue": 1529, "texte": "« Il ne me convient pas de relever ce que"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1579, "fin_caractere_exclue": 1624, "texte": "vous dites à propos du toast final. J'ai bu à"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1674, "fin_caractere_exclue": 1715, "texte": "la santé d'un écrivain qui honore la Bel­"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1765, "fin_caractere_exclue": 1807, "texte": "gique, comme j'eusse bu à celle de Charles"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1859, "fin_caractere_exclue": 1900, "texte": "Baudelaire, un grand écrivain catholique,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1949, "fin_caractere_exclue": 1989, "texte": "injustement condamné naguère par un tri­"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2041, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "bunal dont la postérité a cassé l'arrêt."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2106, "fin_caractere_exclue": 2149, "texte": "« J'espère que je devrai, non pas à la loi,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2248, "fin_caractere_exclue": 2290, "texte": "mais à votre loyauté, l'insertion de cette"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2388, "fin_caractere_exclue": 2434, "texte": "lettre peu « radicale », et vous prie d'agréer"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2529, "fin_caractere_exclue": 2573, "texte": "l'assurance de ma considération la plus dis­"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2673, "fin_caractere_exclue": 2683, "texte": "tinguée. »"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2687, "fin_caractere_exclue": 2725, "texte": "Ah oui ! compter sur la loyauté de ces"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2783, "fin_caractere_exclue": 2822, "texte": "gens là! Le Courrier n'inséra pas et se"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2881, "fin_caractere_exclue": 2910, "texte": "contenta d'une note réservée."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3242, "fin_caractere_exclue": 3281, "texte": "Les Roses, par Eddy Levis, ont été ras­"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3340, "fin_caractere_exclue": 3373, "texte": "semblées en un précieux bouquet :"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3438, "fin_caractere_exclue": 3487, "texte": "Oh ! j'adore les fleurs et j'en mettrais partout,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3534, "fin_caractere_exclue": 3579, "texte": "Dans mes cheveux, à mon corsage, sur ma jupe,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3634, "fin_caractere_exclue": 3676, "texte": "Partout ! Je ne puis voir un calice debout"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3731, "fin_caractere_exclue": 3775, "texte": "Sur sa tige, sans que ce désir ne m'occupe :"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3877, "fin_caractere_exclue": 3926, "texte": "Le prendre, le tenir dans mes doigts, l'aspirer I"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4033, "fin_caractere_exclue": 4074, "texte": "Mais plus ! Eddy Levis en a fait un mono­"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4172, "fin_caractere_exclue": 4213, "texte": "logue pour jeune fille et il a bien fait."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4505, "fin_caractere_exclue": 4546, "texte": "Jean d'Ardenne, qui jamais ne laisse pas­"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4606, "fin_caractere_exclue": 4649, "texte": "ser l'occasion d'entretenir ses lecteurs du"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4708, "fin_caractere_exclue": 4748, "texte": "mouvement littéraire belge, a donné dans"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4807, "fin_caractere_exclue": 4847, "texte": "une de ses lettres au Figaro, un enthou­"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4908, "fin_caractere_exclue": 4947, "texte": "siaste compte-rendu de la fête de notre"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 109, "fin_caractere_exclue": 149, "texte": "dixième anniversaire. Nous le remercions"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 203, "fin_caractere_exclue": 226, "texte": "avec la même éloquence."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 402, "fin_caractere_exclue": 440, "texte": "Les deux grandes nouveautés du mois, à"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 494, "fin_caractere_exclue": 531, "texte": "Paris, sont Thermidor de Sardou et le"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 585, "fin_caractere_exclue": 627, "texte": "Pèlerin passionné de Μορεας, adaptation de"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 681, "fin_caractere_exclue": 720, "texte": "Shakespeare, musique de Remi Belleau. A"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 774, "fin_caractere_exclue": 822, "texte": "l'un Antoine s'est offert, à l'autre on a offert"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 876, "fin_caractere_exclue": 917, "texte": "un banquet. Barres a bu à Baudelaire, qui"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 971, "fin_caractere_exclue": 1007, "texte": "malheureusement est mort, Verlaine a"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1061, "fin_caractere_exclue": 1103, "texte": "trouvé : « Moréas médiocritas » et tout le"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1157, "fin_caractere_exclue": 1193, "texte": "monde a pris le Pirée pour un homme."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1250, "fin_caractere_exclue": 1287, "texte": "Franchement, on aurait pu trouver une"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1341, "fin_caractere_exclue": 1385, "texte": "autre occasion de réunir les Jeunes artistes"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1439, "fin_caractere_exclue": 1484, "texte": "sincères de France, qui se tiennent à l'écart"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1538, "fin_caractere_exclue": 1578, "texte": "dugrand cabotinage contemporain. Moréas,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1632, "fin_caractere_exclue": 1673, "texte": "qui a jadis écrit de beaux vers, ira dans"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1727, "fin_caractere_exclue": 1764, "texte": "quelques années, après cet engouement"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1818, "fin_caractere_exclue": 1858, "texte": "passager, retrouver Rollinat et Péladan."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1915, "fin_caractere_exclue": 1948, "texte": "Nous empruntons à Jules Huret, de"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2002, "fin_caractere_exclue": 2040, "texte": "l'Echo de Paris, le compte-rendu de ce"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2094, "fin_caractere_exclue": 2102, "texte": "banquet:"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2211, "fin_caractere_exclue": 2247, "texte": "« Le Banquet des         Symbolistes"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2349, "fin_caractere_exclue": 2387, "texte": "« J'avais reçu, il y a quelques jours,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2490, "fin_caractere_exclue": 2528, "texte": "comme tous les amis de Jean Moréas, le"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2628, "fin_caractere_exclue": 2672, "texte": "petit, billet suivant : (Suit l'invitation)."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2742, "fin_caractere_exclue": 2782, "texte": "« Il s'agissait d'un banquet fixé à hier"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2837, "fin_caractere_exclue": 2880, "texte": "soir, en l'hôtel des Sociétés savantes, rue"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2935, "fin_caractere_exclue": 2944, "texte": "Serpente."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3003, "fin_caractere_exclue": 3040, "texte": "« Je n'ai pas manqué d'accepter cette"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3095, "fin_caractere_exclue": 3139, "texte": "aimable et rare invitation. Et j'ai assisté,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3194, "fin_caractere_exclue": 3239, "texte": "hier soir, à une de, ces fêtes où tout paraît"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3294, "fin_caractere_exclue": 3339, "texte": "neuf, les visages, les belles espérances, les"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3394, "fin_caractere_exclue": 3436, "texte": "façons, tout. Neuve aussi l'idée de réunir"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3491, "fin_caractere_exclue": 3532, "texte": "cent poètes, artistes et musiciens en une"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3588, "fin_caractere_exclue": 3632, "texte": "sorte de corporation solidaire, fêtant, sans"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3688, "fin_caractere_exclue": 3729, "texte": "arrière-pensée, le succès d'un des leurs."}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3831, "fin_caractere_exclue": 3875, "texte": "Pour amicale qu'elle. était, cette fête com­"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3982, "fin_caractere_exclue": 4030, "texte": "portait peut-être, un sens plus large : c'était,"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4130, "fin_caractere_exclue": 4171, "texte": "en quelque sorte, sur la tête d'un de ses"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4269, "fin_caractere_exclue": 4308, "texte": "jeunes capitaines, le baptême public du"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4364, "fin_caractere_exclue": 4404, "texte": "bataillon qui s'arme pour les combats de"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4460, "fin_caractere_exclue": 4502, "texte": "demain. L'éternelle lutte littéraire n'est"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4556, "fin_caractere_exclue": 4605, "texte": ". pas finie en. effet ; je l'ai bien vu, hier, et"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4661, "fin_caractere_exclue": 4707, "texte": "ces jeunes, qu'on a tant bafoués, il y a quel­"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4762, "fin_caractere_exclue": 4806, "texte": "ques années, ne sont, pas disposés,, je vous"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4862, "fin_caractere_exclue": 4907, "texte": "l'assure, à accepter les critiques faciles, à"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4963, "fin_caractere_exclue": 5005, "texte": "en venir aux transigeances que leur deman-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "dent les timorés, pas plus qu'à se soucier"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "des quolibets et des sarcasmes ëculés que"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 240, "fin_caractere_exclue": 279, "texte": "leur décochent les fabricants brevetés."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 437, "fin_caractere_exclue": 465, "texte": "« On mange. Mal, d'ailleurs."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 499, "fin_caractere_exclue": 534, "texte": "« Stéphane Mallarmé cause avec Mir­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 580, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "beau, oréas ne mange pas, il frise, sans"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 762, "fin_caractere_exclue": 802, "texte": "trêve, sa moustache bleue, et paraît, de"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 851, "fin_caractere_exclue": 893, "texte": "loin, entretenir de son esthétique M. Ana-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1038, "fin_caractere_exclue": 1079, "texte": "France qui l'écoute. M. Chabrier s'entre­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1169, "fin_caractere_exclue": 1210, "texte": "tient avec Félix Fénéon, roule à fleur de"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1211, "fin_caractere_exclue": 1257, "texte": "tête ses yeux brillants et terribles et montre"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1305, "fin_caractere_exclue": 1327, "texte": "ses dents si blanches."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1504, "fin_caractere_exclue": 1541, "texte": "« Au dessert, les toasts. Les voici :"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1597, "fin_caractere_exclue": 1615, "texte": "« M Mallarmé dit :"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1688, "fin_caractere_exclue": 1730, "texte": "« Jean Moréas qui, le premier, a fait d'un"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1777, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "repas la conséquence d'un livre de vers, et"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1872, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "uni pour fêter le Pèlerin passionné, toute"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1964, "fin_caractere_exclue": 2006, "texte": "une jeunesse auroraIe,à quelques ancêtres,"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2054, "fin_caractere_exclue": 2070, "texte": "heureux présage,"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2151, "fin_caractere_exclue": 2162, "texte": "« Ce toast,"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2244, "fin_caractere_exclue": 2281, "texte": "« Au nom du cher absent Verlaine, des"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2331, "fin_caractere_exclue": 2374, "texte": "arts camarade et de plusieurs de la presse,"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2428, "fin_caractere_exclue": 2451, "texte": "au mien, de grand cœur."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2524, "fin_caractere_exclue": 2549, "texte": "« Jean Moréas a répondu :"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2614, "fin_caractere_exclue": 2655, "texte": "« Seul un silence reconnaissant signifie­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2702, "fin_caractere_exclue": 2746, "texte": "rait combien je garderai doux le souvenir de"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2792, "fin_caractere_exclue": 2837, "texte": "cette fête. Je me tairai donc, mais non avant"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2882, "fin_caractere_exclue": 2922, "texte": "d'avoir porté la santé de Paul Verlaine."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2982, "fin_caractere_exclue": 3010, "texte": "« Applaudissements unanimes."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3109, "fin_caractere_exclue": 3147, "texte": "« M. Henri de Régnier prend ensuite la"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3245, "fin_caractere_exclue": 3252, "texte": "parole."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3315, "fin_caractere_exclue": 3355, "texte": "« M. Maurice Barrès boit à la santé d'un"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3356, "fin_caractere_exclue": 3398, "texte": "de ceux qui sont morts trop tôt, à Charles"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3451, "fin_caractere_exclue": 3463, "texte": "Baudelaire !"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3623, "fin_caractere_exclue": 3657, "texte": "« M. Charles Morice lit un sonnet."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3661, "fin_caractere_exclue": 3700, "texte": "« On boit ensuite à Anatole France et à"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3701, "fin_caractere_exclue": 3746, "texte": "la critique parisienne; M. Lintilhac, profes­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3747, "fin_caractere_exclue": 3785, "texte": "seur en Sorbonne, boit au Roumain Ron­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3844, "fin_caractere_exclue": 3885, "texte": "sard et au Chénier de Constantinople; aux"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3938, "fin_caractere_exclue": 3980, "texte": "peintres et graveurs impressionnistes pré­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4035, "fin_caractere_exclue": 4079, "texte": "sents ; M. Chabrier dit que c'est auprès des"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4133, "fin_caractere_exclue": 4176, "texte": "poètes que viennent se réchauffer les musi­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4232, "fin_caractere_exclue": 4279, "texte": "ciens : il boit à Mallarmé et à Moréas; Gnieste"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4326, "fin_caractere_exclue": 4363, "texte": "boit à Redon avec des vers de Charles"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4418, "fin_caractere_exclue": 4429, "texte": "Baudelaire."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4516, "fin_caractere_exclue": 4558, "texte": "« M. du Plessis lit une très jolie poésie."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4605, "fin_caractere_exclue": 4640, "texte": "« Quelqu'un porte la santé d'Octave"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4698, "fin_caractere_exclue": 4742, "texte": "Mirbeau, le journaliste vigoureux, le roman­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4791, "fin_caractere_exclue": 4832, "texte": "cier puissant. On applaudit à outrance et"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4884, "fin_caractere_exclue": 4895, "texte": "longuement."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "« C'est le tour de Clovis Hugues, venu"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 194, "fin_caractere_exclue": 239, "texte": "là, lui aussi, pour manifester de l'union. Il"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 291, "fin_caractere_exclue": 335, "texte": "déclame, de la voix qu'on connaît, plusieurs"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 387, "fin_caractere_exclue": 433, "texte": "strophes sur la liberté de;l'art dont voici la"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 485, "fin_caractere_exclue": 495, "texte": "dernière :"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 554, "fin_caractere_exclue": 579, "texte": "La liberté ! la liberté !"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 638, "fin_caractere_exclue": 668, "texte": "Dans l'art comme dans la cité,"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 727, "fin_caractere_exclue": 761, "texte": "Jusqu'aux derniers confins du rêve"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 820, "fin_caractere_exclue": 850, "texte": "Un chant après un autre chant,"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 909, "fin_caractere_exclue": 942, "texte": "Le soleil saigne en se couchant ;"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1001, "fin_caractere_exclue": 1037, "texte": "Mais c'est toujours lui qui se lève!"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1134, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "« On se lève pour prendre le café."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1265, "fin_caractere_exclue": 1304, "texte": "« M. Mallarmé me dit qu'il est enchanté"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1356, "fin_caractere_exclue": 1400, "texte": "de cette soirée qui est une manifestation de"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1452, "fin_caractere_exclue": 1500, "texte": "solidarité littéraire, telle qu'on n'en a jamais"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1552, "fin_caractere_exclue": 1593, "texte": "vue, heureux aussi pour Moréas qui mérite"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1645, "fin_caractere_exclue": 1684, "texte": "bien le succès qui l'accueille. Catulle"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1736, "fin_caractere_exclue": 1776, "texte": "Mendès arrive; on l'entoure aussitôt; il"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1828, "fin_caractere_exclue": 1871, "texte": "vient de débarquer du train de Belgique, et"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1923, "fin_caractere_exclue": 1963, "texte": "on le questionne beaucoup sur ses confé­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2015, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "rences en pays flamand. Anatole France"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2105, "fin_caractere_exclue": 2147, "texte": "erre, bienveillant et fatigué; Octave Mir-"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2199, "fin_caractere_exclue": 2240, "texte": "beau, dont les yeux verts et mobiles sem­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2292, "fin_caractere_exclue": 2330, "texte": "blent toujours chercher du nouveau, me"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2382, "fin_caractere_exclue": 2427, "texte": "dit : « Mallarmé, c'est un être simple et bon"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2479, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "et grand comme le monde ; si je croyais à"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2572, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "Dieu, par moments je croirais que Dieu"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2662, "fin_caractere_exclue": 2701, "texte": "c'est Mallarmé!» Et à quelqu'un qui lui"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2753, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "demandait comment il trouvait ce dîner"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2843, "fin_caractere_exclue": 2881, "texte": "exécrable : \" Pourquoi voulez-vous que"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2933, "fin_caractere_exclue": 2978, "texte": "j'aie mal dîné? J'étais à côté de Mallarmé! \""}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3065, "fin_caractere_exclue": 3105, "texte": "« Maurice Barrés va et vient. Il n'a pas"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3199, "fin_caractere_exclue": 3244, "texte": "l'air trop las, et me dit qu'il aime beaucoup"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3304, "fin_caractere_exclue": 3311, "texte": "Moréas."}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3410, "fin_caractere_exclue": 3450, "texte": "« Et maintenant, poètes symbolistes, aux"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3502, "fin_caractere_exclue": 3518, "texte": "chefs-d'oeuvre !"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3597, "fin_caractere_exclue": 3619, "texte": "« JULES      HURET   »"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3801, "fin_caractere_exclue": 3843, "texte": "Nos remerciements, et nos plus vives féli­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3895, "fin_caractere_exclue": 3937, "texte": "citations à M. Charles Van der Stappen qui"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3989, "fin_caractere_exclue": 4034, "texte": "nous avait conviés à voir ayant son installa­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4086, "fin_caractere_exclue": 4132, "texte": "tion, le surtout de table exécuté par lui pour"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4184, "fin_caractere_exclue": 4230, "texte": "la ville de Bruxelles. Les trois pièces qui le"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4282, "fin_caractere_exclue": 4324, "texte": "composent sont du plus heureux effet déco­"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4376, "fin_caractere_exclue": 4416, "texte": "ratif; — les moindres détails sont d'une"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4468, "fin_caractere_exclue": 4512, "texte": "conception personnelle et originale — il y a"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4564, "fin_caractere_exclue": 4600, "texte": "des trouvailles charmantes comme ces"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4652, "fin_caractere_exclue": 4696, "texte": "fleurs d'iris utilisées pour les candélabres"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4748, "fin_caractere_exclue": 4789, "texte": "— et l'ensemble est bien digne de figuier"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4841, "fin_caractere_exclue": 4882, "texte": "dans le merveilleux palais communal de la"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4934, "fin_caractere_exclue": 4946, "texte": "Grand'Place."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 45, "texte": "— l32"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 272, "texte": "Ont paru chez Deman : Les Flambeaux"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 273, "fin_caractere_exclue": 300, "texte": "noirs, par Emile Verhaeren."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 338, "fin_caractere_exclue": 373, "texte": "D'Odilon Redon, ces lithographies :"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 424, "fin_caractere_exclue": 467, "texte": "Femme - Serpent,       Yeux-clos, Sainte au"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 511, "fin_caractere_exclue": 549, "texte": "Chardon, dont quatre épreuves avant la"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 593, "fin_caractere_exclue": 609, "texte": "lettre, signées."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 672, "fin_caractere_exclue": 708, "texte": "En souscription : Les Fleurs du mal,"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 758, "fin_caractere_exclue": 788, "texte": "interprétation d'Odilon Redon."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1037, "fin_caractere_exclue": 1073, "texte": "Georges Rodenbach n'est guère recon­"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1115, "fin_caractere_exclue": 1160, "texte": "naissant envers ses amis les esthètes ; voici"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1206, "fin_caractere_exclue": 1252, "texte": "les petits cailloux qu'il leur envoie de Paris"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1291, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "dans le Journal de Bruxelles; il devient"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1378, "fin_caractere_exclue": 1399, "texte": "tout à fait frondeur."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1473, "fin_caractere_exclue": 1511, "texte": "« Il faut convenir que nous assistons,"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1553, "fin_caractere_exclue": 1597, "texte": "dans certains petits cénacles, fort peu nom­"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1638, "fin_caractere_exclue": 1678, "texte": "breux, du reste, à de singuliers engoue­"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1719, "fin_caractere_exclue": 1763, "texte": "ments dont il serait facile de triompher. En"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1808, "fin_caractere_exclue": 1849, "texte": "voulez-vous un exemple : un de ces jeunes"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1892, "fin_caractere_exclue": 1931, "texte": "peintres excentriques, M. Van Gogh, qui"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1974, "fin_caractere_exclue": 2013, "texte": "faisait de la peinture presque cubique,"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2053, "fin_caractere_exclue": 2090, "texte": "entassant la couleur par plaques, par"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2130, "fin_caractere_exclue": 2173, "texte": "tas à certaines places, était considéré par"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2218, "fin_caractere_exclue": 2260, "texte": "quelques-uns d'ici comme un extraordinaire"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2304, "fin_caractere_exclue": 2348, "texte": "artiste. Vous devez le connaître à Bruxelles"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2349, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "aussi, car il exposa aux XX. Or, ce Van"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2389, "fin_caractere_exclue": 2430, "texte": "Gogh, qui habitait Anvers, était notoire­"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2521, "fin_caractere_exclue": 2562, "texte": "ment fou. Il voulut un jour se couper une"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2652, "fin_caractere_exclue": 2694, "texte": "oreille et se l'entailla même presque com­"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2786, "fin_caractere_exclue": 2827, "texte": "plètement. Enfin la démence lui donna des"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2915, "fin_caractere_exclue": 2957, "texte": "idées de persécution. Et un jour il se tua"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2958, "fin_caractere_exclue": 2999, "texte": "d'un coup de revolver. 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Un Voyage, en"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2742, "fin_caractere_exclue": 2785, "texte": "vers selon la formule de René Ghil, vers la"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2875, "fin_caractere_exclue": 2914, "texte": "Terre d'amour universel, l'Age d'or, le"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3000, "fin_caractere_exclue": 3039, "texte": "Chanaan promis. Aucune émotion; la muse"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3084, "fin_caractere_exclue": 3125, "texte": "de M. Devoluy se promène dans les jardins"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3168, "fin_caractere_exclue": 3213, "texte": "de Delille en lisant les lois de l'évolution."}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 3350, "fin_caractere_exclue": 3387, "texte": "MM. Léon Herbo, L. 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Rythmes vieux, gris et roses, un volume in-16. . fr. 3 50\nCHAINAYE (Hector) .   . .      L'Ame des choses                                         2 »\nDELATTRE (Louis) .    . .      Contes de mon village, avec une introduction de\n                                  Georges Eekhoud, un volume in-18                      3 »\nEEKHOUD (Georges). . .         Nouvelles Kermesses, avec frontispice de Léon Dar-\n                                  denne, 1 volume in-8° (quelques exemplaires) . . 7 50\n      —                        La Nouvelle Carthage, un volume in-16                    3 50\n                               (Les autres ouvrages du même auteur sont épuisés).\n      —                        Les Fusillés de Malines, un volume in-18 . . . . 3 50\nGILKIN (Iwan) . . . .          La Damnation de l'artiste                               15 »\nGIRAUD ( A l b e r t ) . . . . Hors du Siècle, un volume in-8°                            350\n      —                        Pierrot lunaire, un volume petit in-12                   2 »\n      —                        Pierrot Narcisse (épuisé).\n      —                        Dernières fêtes, poésies (sous presse).\nGOFFIN (Arnold). . . . Journal dAndré (1885) (épuisé).\n      —                        Delzire Moris (1887) (épuisé)                            3 »\n      —                        Impressions et Sensations (1888)                         3 \"\n      —                        Maxime (1890)                                            3 »\nITIBERÊ DA CUNHA (J.) . . Préludes, poésies; un vol. in-16 raisin                       3 »\nJEUNE BELGIQUE (Le Parnasse de la), pièces diverses de dix-huit poètes belges, un\n                                  fort volume in-8°                                     7 50\nLACOMBLEZ (Paul) . . .         Un Baptême, pièce à dire pour jeunes filles. . . . 0 25\n      —                        Les Confitures, monologue pour jeunes filles . . .       1 »\n      —                        Pensionnaires,                 id.              . . .     1 »\n      —                        Romanesque!...                 id.              . . . 0 75\n      —                        Skating,                       id.              . . . 0 75\n      —                        Jeunes filles, monologues et pièces à dire (plaquettes,\n                                  in-16)                                                2 »\n      —                        Loth et ses filles, poème-drame en trois tableaux (en\n                                  préparation).\nLAVACHERY (Alfred) . . . Contes et Nouvelles, avec illustrations de L. Bauës.\n                                  E. Berchmans, E. de Baré, E. Delpérée, etc., un\n                                  volume grand in-8° carré                              5 »\nLEMONNIER (Camille) . .        En Brabant, contes, un volume in-18. . . .            . 0 60\n      —                        Les bons amis, conte,          id.           0              60\n      —                        Trois contes,                  id.           0              60\n      —                         Les Charniers (Sedan),        id.                       3 50\n      —                        Ceux de la Glèbe (la Genèse, la Glèbe, les Concu­\n                                  bins, etc.), 1 volume in-18                           3 50\n      —                        En Allemagne, 1 volume in-18                             3 50\n      —                        Happe-Chair,             id.                             3 50\n      —                        L'Hystérique,            id.                       . . 3 50\n      —                        Madame Lupar,            id.                             3 50\n      —                        Le Mort, nouvelles,      id.                             1 25\n      —                        Un Mâle, avec dessin de X. Mellery, 1 volume in-18. 3 50\n      —                        Thérèse Monique, 1 volume in 18                          3 50\nLE ROY (Grégoire). . .         Mon cœur pleure d'autrefois, un volume in-8\" avec\n                                  un frontispice de Fernand Khnopff                    10 »\nMAETERLINCK (Maurice) .        Les Aveugles (L'Intruse. Les Aveugles), un vol. in-18. 3 »\n      —                        La Princesse Maleine, un volume in-18                    3 50\n      —                        Serres chaudes, un volume in-18                          3 »\n                               (Il a été tiré de chaque ouvrage 3 exemplaires sur\n                                  Japon à 15 francs et 7 exemplaires sur Hollande à\n                                  fr. 6-00).\n"}, {"page_pdf": 153, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3961, "texte": " MAETERLINCK (Maurice)      .  L'Ornement des noces spirituelles, par Ruysbroeck.\n                                   l'Admirable, traduit du flamand sur les textes au­\n                                  thentiques retrouvés au cloître du Val-Vert, et\n                                   précédé d'une Introduction (sous presse) . . . .\n MAUBEL (Henry) . . .          Max Waller, une plaquette in-8° (épuisé) . . . .           1 »\n       —                       Miette, un volume in-16                                   2 50\n NAUTET (Francis) . . .        Notes sur la littérature moderne, deux séries. Chaque\n                                  série en un volume in-16 .                             3 50\n NYST (Raymond) . . .          Volume ayant pour titre une épigraphe, avec un fron­\n                                  tispice colorié et un dessin de Nestor Outer . . .     5 »\n PLÉIADE (La), journal littéraire mensuel.\n                               Première année (1889), les douze numéros . . . .          3 »\n                               Chaque numéro séparément                               . 0 30\n                               Seconde année, les douze numéros (très rare) . . .        5 »\nRODENBACH (Georges) . .        L'Art en exil, roman, un volume in-18                     3 50\n       —                       L'Hiver mondain, poésies, un volume in-18 . . .           5 «\n       —                       La Jeunesse blanche, id.             id.     . . . .      3 »\n                               La Mer élégante,          id.        id.     . . . .      3 «\n       —                       Du silence,               id. un volume in-16 . . . 1 50\n      —                        Les tristesses,           id. un volume in-18 . . .      3 »\nSEVERIN (Fernand) . . .        Le Lys, poésies, avec une eau-forte de Henry De\n                                  Groux, un volume in-16                                2 »\n                              (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon et 25 exem­\n                                 plaires sur Hollande).\n      —                       Le Don d'Enfance, poèmes ; un volume in-16 raisin . 2 »\n                              (II a été tiré 8 exemplaires sur Japon et 32 exem­\n                                 plaires sur Hollande).\nSLUYTS (Charles) . . .        L'appel des voix, poésies, un volume grand in-16. . 2 »\n                              (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon et 25 exem­\n                                 plaires sur Hollande).\nVAN LERBERGHE (Charles).      Les Flaireurs, drame, une plaquette grand in-16 . . 1 »\n                              (Il a été tiré 25 exemplaires sur Hollande à 2 francs).\nWALLER (Max) . . . .          La Flûte à Siebel, un vol. in-8°, papier vergé . . .      5 »\n                              (Il a été tiré 75 exemplaires sur papier impérial Van\n                                 Gelder à 10 francs).\n                              Les autres ouvrages de Max Waller sont épuisés.\n\n\n\n                           A LA MEME LIBRAIRIE :\n   Tous les ouvrages de nos collaborateurs français : Charles Buet, Henri de Régnier,\nJ.-K. Huijsmans, Stéphane Mallarmé, Francis Vielé-Griffin, Paul Verlaine, etc., etc.\n   L ' é d i t e u r P a u l Lacomblez prie les j e u n e s écrivains belges, désireux de voir\nleur nom figurer dans son catalogue, de se mettre en r a p p o r t avec lui et de lui\ndonner en dépôt quelques exemplaires de leurs ouvrages.\n\n\n   La librairie P. Lacomblez ouvrira un compte à toute personne notoirement solvable,\npour la fourniture des ouvrages portés au catalogue ci-dessus et, en général, de toute la\nlibrairie littéraire.\n   Ces comptes pourront être soldés en dix paiements mensuels, dont le premier s'effec­\ntuera à la livraison des volumes.\n   Il sera répondu à toute demande de renseignements bibliographiques accompagnée\nd'un timbre pour la réponse.\n\n\n\n\n                   Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 32, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 114, "texte": " Février 1891.                                 T O M E X. — N° 2                                                      ume   Année.\n\n\n\n\nLA\n     JEUNE\n                  BELGIOUE\n                                           SOMMAIRE:\n         Banquet       du X e Anniversaire de « La\n            Jeune Belgique »           .   .    .   .       .       .       .   ***\n         Siegfried                                                              IWAN GILKIN.\n         Le B o n h e u r .                                                     FERNAND SEVERIN.\n         Chronique littéraire :\n           Le Don d'Enfance                                                     ALBERT GIRAUD.\n         Chronique artistique :\n           Exposition         Artan-Dubois-Boulenger                        .   GEORGES DESTRÉE.\n         Chronique musicale :\n           Premier      Concert     populaire       .   .       .       .       G. E .\n        Memento                                                                 NEMO.\n\n\n\n\n         REDACTION                                                                             BRUXELLES\n58, BOULEVARD D'ANDERLECHT, BRUXELLES.                                                   PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                                             3I, rue des Paroissiens\n                                                                                                    PARIS\n     PRIX DU N U M É R O                                                              LIBRAIRIE DEL ' A r tIndépendant\n                                                                                           11, rue de la Chaussée d'Antin\n              fr. 0-75.\n                                                                                                      1891\n"}, {"page_pdf": 115, "texte": "                                                                            BELGIQUE\n       BELGIQUE\n                                  N E CRAINS\n\n\n\n\n                  JEUNE\n\n\n\n\n                                                                    JEUNE\n                          LA\n\n\n\n\n                                                             LA\n                                  N E CRAINS\n           Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n   Fondateur     : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                        Directeur : VALÈRE GILLE.\n              Rédaction : 58, Boulevard d'Anderlecht, Bruxelles.\n                7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n  Nos abonnés reçoivent, jointe à ce numéro; l'eau-\nforte de James Ensor.\n\n                           BOITE AUX L E T T R E S .\n  i. — Vu l'encombrement du Nouvel-An, la boîte aux lettres a été remise à ce numéro.\nSur ce, approchez dignes postulants rongés par l'attente et docilement soumettez-vous\naux arrêts sévères ou bienveillants, qu'en sa haute sagesse a bien voulu rendre notre\nconcile, ici transcrits par un humble scribe.\n  2. — FRANZ RUTY. Trois fois nommé; votre persévérance est une marque de fermeté.\nPour vous mettre à l'épreuve ou à titre d'expérience, certes curieuse, nous vous engage­\nrons à repasser une autre fois. N'oubliez pourtant pas, ô musicien ! que ce vers\n                                 Il pleure dans mon cœur\na jadis appartenu à Paul Verlaine; relisez les Chansons sans paroles, mais n'en mettez\npas. L'effet d'assonances est assez bien réussi dans Symphonie. Que ce vous soit une\nconsolation.\n   3. — H. MAUVILLE. Notre avis sur votre envoi ? Permettez ! Vous êtes bien indiscret.\n   4. — ROBERT L. Reçu mandat et vers ; envoyez de préférence premier que second.\n   5. — G. A. Moquez-vous du « banal présent des convenances » comme nous, étran­\nglez le cardinal (est-ce l'oiseau ou le prélat), ne « débouclez plus des notes amorties »\net mettez Certain air au panier, absolument comme nous.\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien. français, boulevard                   des Capu-\ncines, 16, à Paris, publie l'Argent, d'EMILE ZOLA.\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 3i, rue des Paroissiens, chez Rozez, et à l'Office de Publicité.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chausse'e d'Antin.\n"}, {"page_pdf": 116, "texte": "                         BANQUET\nDU Xe ANNIVERSAIRE DE LA « JEUNE BELGIQUE »\n                             15 JANVIER 1891\n\n\n\n                                   Cette date sera désormais glorieuse dans\n                                   l'histoire du renouveau littéraire en Belgi­\n                                  que. Après ces dix années de fière propa­\n                                  gande, de luttes sans merci contre le pédan-\n                                  tisme entêté des nuls, nous avons voulu,\n                                  en une grande manifestation, affirmer pu­\n                                   bliquement la force de notre groupe et le\n                                   but qu'il a toujours poursuivi. I1 ne s'agis­\n                                  sait pas d'une capitulation déguisée, d'une\n                  opportune réconciliation ; les déclarations franches et\n                  décisives qui vibrent encore dans les oreilles de ceux qui\n                  assistèrent à notre fête, ont prouvé que la période de\n                  combat n'est point passée et que nous sommes toujours\n                  prêts à défendre nos convictions avec la même intransi­\n                  geance,\n                     Ce jour du banquet, on a vu ceux que nous avons\n                  entraînés à notre suite dans nos revendications d'un art\n                  libre, se grouper autour de nous et protester de leur sym­\n                  pathie pour notre œuvre d'émancipation. Certes, nous\nétions fiers de compter, assis à notre table, tous ces amis dévoués à la cause\ndes lettres belges. De partout, ils étaient accourus à notre appel. A la\ndernière heure de nombreuses demandes de souscription nous parvenaient\n                                                                        7\n"}, {"page_pdf": 117, "texte": "                                     -      98-\n\nencore et nous étions forcés, faute de place, de les refuser. Nos espérances\nétaient dépassées ; nous étions deux cents, nous aurions pu être trois cents\net plus. Tous les ordres étaient là représentés : à côté de nos artistes, des\nhommes politiques, à côté des professeurs d'Université, des amateurs et des\nétudiants ; qu'on en juge par la liste que nous publions ici.\n\nAbry, Léon, artiste peintre.                Coppens, Orner, artiste peintre.\nAgniez. Emile, artiste musicien.            Cordewener, Jules.\nAlhaiza, directeur du théâtre Molière.      Couteaux, G., artiste musicien.\nAndelbrouck, Gustave, homme de lettres, Courouble, Léopold, de la Réforme.\nAngelrotts, Georges, directeur des Jeunes. Crespin, Ad., artiste peintre.\nAnthoni, Théophile, artiste musicien.       Crombez, Benjamin.\nArnould, Victor, rédacteur en chef de la Culus, G., avoué.\n  Nation.                                   D'Ans, médecin.\nBardin, Jean.                               Dardenne, Léon, artiste peintre.\nBenoit, Peter, compositeur.                 D'Aoust.\nBerents, Alphonse, du Soir.                 Davreux, Paul.\nBlanchemanche, avocat.                      de Borchgrave, Jules, membre de la Cham­\nBlanc-Garin, Ernest, artiste peintre.         bre des représentants.\nBlockx, Jan, compositeur.                   de Banville, L.\nBia, Lucien, capitaine.                     De Cré, Evariste.\nBiernaux, Auguste.                          de Heusch, baron Waldor.\nBinjé, Franz, artiste peintre.              de Haulleville, Alphonse.\nBoels, Jean, de la Jeune Belgique.          de Haulleville, Prosper, conservateur du\nBonehill, Edgar, étudiant.                    Musée des Echanges.\nBougard, Charles.                           De Greef, Arthur, professeur au Conserva­\nBosiers, Ernest, homme de lettres.            toire.\nBroerman, Eugène, artiste peintre.          De Groux, Henry, artiste peintre.\nBrossel, Nicolas.                           Degouve de Nuncques, William, artiste\nBrouez, FernanJ, directeur de la Société      peintre.\n  Nouvelle.                                 Delsaux, Willem, artiste peintre.\nBuisset, Emile, avocat.                     De Melliez, Jules.\nCardon, Charles, peintre décorateur.        Denyn, Victor, avocat.\nCardon. Félix.                              Delattre, Louis, de la Jeune Belgique.\nCarlier, Xavier, compositeur.               Delgouffre, Fernand, artiste peintre.\nCarton de Wiart, Henry, avocat, du Maga- De Smet, Alfred, homme de lettres.\n  sin littéraire.                           Descamps, Frédéric, secrétaire de l'Union\nCarter, Frédéric.                             littéraire.\nCattreux, Louis, représentant de la Société des Essaris, Jules, homme de lettres.\n  des gens de lettres.                      Destréi, Georges,\" de la Jeune Belgique.\nChapaux, Albert.                            Destrée, Jules                id.\nChainaye, Achille, de la Réforme.           Demolder, Eugène,              id.\nChainaye, Hector, de la Jeune Belgique.     Deman, Edmond.\nChansay, Edmond.                            de Nocée, Albert, homme de lettres.\nChomé, Maurice.                             Desombiaux, Maurice, de la Jeune Belgique.\nCiamberlani, Alben, artiste peintre.        De Vigne, Paul, sculpteur.\nClerbois, Léon.                             Desenfants,          id.\nCollard, Hector.                            de Tombay, Alph. id.\nConstant, Félix.                            Des Cressonnières, avocat.\n"}, {"page_pdf": 118, "texte": "                                       — 99 —\nDierickx, Omer, artiste peintre.             Krains, Hubert, de la Jeune Belgique.\nDierickx, José.                              Kufferath, Maurice, homme de lettres.\nDillens, Julien, sculpteur,                  Labarre, Ferdinand.\nDommartin, Léon, homme de lettres.           Lacomblez, Paul, éditeur.\nDupont, Joseph, directeur des Concerts Lambeaux, Jef, sculpteur.\n   populaires.                               Lelièvre, conseiller à la Cour de cassation.\nEekhoud, Georges, de la Jeune Belgique. Lemonnier, Camille.\nEvely, Léon, artiste graveur.                Lemaire, Gustave, de l'Etoile belge.\nEvenepoel, E., homme de lettres.             Lequime, Léon.\nFinck, J.                                    Lerminiaux, Achille, artiste musicien.\nFontainas, André, de la Jeune Belgique.      le Roy, Grégoire, de ta Jeune Belgique.\nFonson, Frans, étudiant.                     Leroy, Jules.\nFraneau, Paul, avocat.                       Levis, Eddy, homme de lettres\nFrison, Maurice, avocat.                     Lucq, Georges.\nFurnémont, Léon, conseiller communal.        Lutens, Fritz, homme de lettres.\nGarnir, Georges, président de la Société des Lynen, Armand, peintre décorateur.\n   Etudiants.                                Maeterlinck, Maurice, de la Jeune Belgique.\nGevaert, P., directeur du Conservatoire.     Maeterlinck, Louis, artiste peintre.\nGilkin, Iwan, de la Jeune Belgique           Mahutte, Franz, homme de lettres.\nGille, Valére, direct, de la Jeune Belgique. Mailly, Alphonse, professeur au Conserva­\nGille, Louis, du Journal de Bruxelles,          toire.\nGiraud, Albert, de la Jeune Belgique.        Maubel, Henry, de la Jeune Belgique.\nGirard, Henri, major, conseiller communal. Malpertuis, Luc, homme de lettres.\nGittens, Frans, homme de lettres.            Masset, Georges,            id.\nGoffin, Arnold, de la Jeune Belgique.        Masson, Léon, avocat.\nGodart, Olivier, étudiant.                   Martroye, D.\nGoemaere, Arthur, rédacteur en chef du Mellery, Xavier, artiste peintre.\n   Précurseur                                Mertens, Joseph, compositeur.\nGodebski, Cyprien, sculpteur.                Meunier, Constantin, artiste peintre.\nGurickx, Camille, prof, au Conservatoire. Middeleer, J.,                id.\nGreyson, Emile, directeur généralau minis­ Mockel, Albert, directeur de la Wallonie.\n   tère de l'Intérieur.                      Monnom, Hector, avocat.\nHannon, Théo, de la Jeune Belgique.          Monseur, Eugène, professeur à l'Université\nHarry, Gérard, homme de lettres.                de Bruxelles.\nHallet, Max, avocat.                         Moonens, L., professeur à l'Académie des\nHecq, Félix, homme de lettres.                  Beaux arts.\nHerbo, Léon, artiste peintre.                Nautet, Francis, de la Jeune Belgique.\nHiel, Emmanuel, homme de lettres.            Nève, Joseph, avocat.\nHouzeau de Lehaie, Ch.                       Niset, du Journal de Bruxelles.\nHuberti, Gustave, prof, au Conservatoire. Nizet, Henri, homme de lettres.\nItiberê da Cunha, Jean, homme de lettres. Nys, E. D., juge au tribunal de 1re instance,\nJanson, Paul, membre de la Chambre des          professeur à l'Université de Bruxelles.\n   Représentants.                            Pantens, Auguste, de l'Etoile belge.\nJames, Arthur, dir r de la Société nouvelle. Pastur, Paul, avocat.\nJonas, Alberto, artiste musicien.            Paillot, René, étudiant.\nKahn, Gustave.                               Patris, Edmond, du Soir.\nKaiser, Georges, professeur à l'Université Peeters, Louis.\n   de Louvain.                               Pels, Léopold, de la Chronique.\nKatto, G., éditeur de musique,               Petit de Sandrau, étudiant.\n  éfer, Gustave.                             Pergameni, Herman, professeur à l'Univer­\nKistemaeckers, Henri, éditeur.                 sité de Bruxelles.\n"}, {"page_pdf": 119, "texte": "                                        —    100 —\n\nPicqué, Camille, Conservateur en chef au         Tréderne, Louis, homme de Litres.\n  Cabinet des médailles.                         Van Arenbergh, de la Jeune Belgique, juge\nPoirier, Pierre, avocat.                           de paix à Diest.\nPortaels, J., directeur de l'Académie des        Van Boxmeer, Edouard, étudiant.\n  Beaux-arts.                                    Van den Bosch, Firmin, homme de lettres.\nRahlenbeek, G., avocat.                          Van den Broeck. Ernest, Conservateur au\nRaway, Erasme, compositeur.                        Musée d'histoire naturelle.\nReding, Victor, de la Nation.                    Van den Eeden, Jan, directeur du Conser­\nRotiers. Fritz, de la Chronique.                   vatoire de Mons.\nRousseau, J., directeur général de l'admi­       Van den Hove, Franz, artiste peintre.\n  nistration des Arts, Sciences et Lettres.      Van der Elst, Charles.\nRoussel, Fernand, de la Jeune Belgique.          Vanderkindere, Léon, recteur de l'Univer­\nSainctelette, Charles.                             sité de Bruxelles.\nSainctelette, Max, ingénieur.                    Vandermeylen, Maurice.\nSamuel, sculpteur.                               Van der Stappen, Charles, professeur à\nSchoenfeld, Georges, avocat.                       l'Académie des Beaux-Arts.\nSéaut, Edmond, avocat.                           Vandervelde, Emile, avocat.\nSennewald, Fritz, artiste musicien.              Van Dorslaer, Hector, avocat.\nSerigiers, Georges, avocat.                      Vandrunen, James, de la Jeune Belgique,\nSeverin, Fernand, de la Jeune Belgique.            professeur à l'Université de Bruxelles.\nSigogne, Emile, homme de lettres.                Van Dijk, Hubert, administrateur de la\nSiville, Maurice, homme de lettres.                Jeune Belgique.\nSlingeneyer, Ernest, membre de la Chambre        Van Elewyck, E.\n  des Représentants                              Van Lerberghe, Ch., de la Jeune Belgique.\nSmits, Eugène, artiste peintre.                  Van Outal, Charles.\nSolvay, Lucien, homme de lettres, direc­         Van Velsen, docteur en médecine.\n  teur du Soir.                                  Van Vrekom, Eugène.\nSouchon, Victor.                                 Verlant, Ernest.'\nStiernet, Hubert, homme de lettres.              Vergoin, Maurice, ancien député.\nStobbaerts, Jan, artiste peintre.                Verstraete, Jean.,\nSulzberger, Maurice, homme de lettres.           Verstraete, Théodore, artiste peintre.\nSulzberger, Max, de l'Etoile Belge.              Verwée, Alf., artiste peintre.\nTassel, E , prof. à l'Université de Bruxelles.   Vos, libraire.\nTardieu, Charles, homme de lettres, rédac­       Vurgey, F., homme de lettres.\n  teur en chef de l'Indépendance.                Wallner, L., compositeur.\nTiberghien, Paul.                                Wauters, A., professeur h l'Académie des\nTinel, Edgar, compositeur.                         Beaux-Arts.\nTitz, Louis, artiste peintre.                    Wauters, Martin.\nToussaint, Charles.                              Warnots, Henri, prof, au Conservatoire.\n\n\n  A 6 heures, la vaste salle d'honneur du Grand Hôtel, artistiquement\ndécorée d'oriflammes et de cartels, se remplit peu à peu. A droite, le\nmédaillon en bronze de Max Waller, entouré d'une guirlande de roses\nblanches et de mimosas, se détache, parmi les verdures adoucies, sur les\nvelours d'un chevalet Tout ceux qui entrent s'arrêtent un instant devant le\nprofil si fin de notre cher disparu, qui n'est plus là pour mener le triomphe\ncomme il avait mené le combat.\n  Trois immenses tables de soixante-dix couverts reliées en tête par celle où\n"}, {"page_pdf": 120, "texte": "                                  — 101 —\n\nprendront place, tout à l'heure, les anciens de la Jeune Belgique, sont\ndisposées dans toute la longueur du salon. On a décidé de ne point désigner\nde services d'honneur : c'est une grande fête fraternelle et l'on se formera\nen groupes sympathiques. Seul l'éminent directeur de notre Conservatoire,\nM. Gevaert, prendra place, comme doyen d'âge, au milieu de nous. Les\n« Jeune-Belgique », reconnaissables à la cocarde blanche frappée des deux\ninitiales J. B., reçoivent les arrivants. Bientôt les tables sont occupées.\nValère Gille, en sa qualité de directeur, préside; à sa droite s'asseyent\nCamille Lemonnier, Albert Giraud, Henry Maubel; à sa gauche F. Gevaert,\nGeorges Eekhoud, Iwan Gilkin, Francis Nautet.\n   Le menu, spirituellement dessiné par Léon Dardenne, amuse les convives,\nqui en déchiffrent gaiement le symbolisme lucide.\n   On attend avec impatience l'heure des toasts. Enfin, Valère Gille, notre\njeune directeur, se lève :\n\n          MESSIEURS,\n\n   A l'un des plus jeunesdela Jeune Belgique il échoit aujourd'hui de prendre\nle premier la parole. J'en serais presqu'à formuler des excuses, si mon titre\nmême de Benjamin, n'en était un aussi, j'espère, à votre bienveillance et\nà votre sympathie. Celui qui aurait dû, en ce jour, occuper cette place,\nnotre regretté frère d'armes, Max Waller, n'est plus parmi nous et c'est un\ndes derniers qui veut ici vous parler de son œuvre, mais non avec les mêmes\nsouvenirs.\n   Comme vous le pensez bien, je ne fus pas aux débuts de notre chère\nRevue; je n'ai pas eu le bonheur de la tenir sur les fonts baptismaux. Je\nn'avais aucun droit à être accueilli dans la maison et pourtant je fus reçu,\ncomme un enfant gâté, par les aînés qui voulurent bien, l'an dernier, me\nconfier la direction. Si donc, Messieurs, je suis trop porté aux éloges,\nmettez-les sur le compte de la reconnaissance.\n   J'aurais eu peut-être encore quelque crainte à parler ainsi au nom de\ntous; mais il semble qu'en me confiant cette tâche, la Jeune Belgique\naffirme ainsi qu'elle fait place dans ses rangs à une autre génération, qu'elle\nveut toujours rester jeune, active, prête à accepter et à proclamer les artistes\nnouveaux.\n   Trop souvent, une fois une forme d'art trouvée, l'on n'admet plus qu'elle;\non veut en faire une règle générale à laquelle tous devront se soumettre, et\nl'on tombe alors dans l'enseignement exclusif où triomphe la mécanique.\nNous avons voulu réagir contre la routine; on s'est mis à crier aux révo­\nlutionnaires, parce que, d'un revers de plume, nous lancions avec belle\nhumeur, au nez des gens trop graves, les préceptes d'une esthétique sage\net réservée.\n   Notre but était de doter la Belgique d'un art affranchi de toutes formules,\nd'un art libre et plein de vie. car celui-là seul pouvait concorder avec le déve-\n"}, {"page_pdf": 121, "texte": "                                  —   102 —\n\n\nloppement intellectuel. Que l'on accorde tous ses soins au bien-être maté­\nriel d'une nation, c'est parfait; nous ne contesterons nullement l'utilité des\nlois réglant la vente du bétail ou la construction des grandes routes; mais\nil faut aussi que les sciences et les arts trouvent la même sollicitude. Peut-\nêtre aujourd'hui, voudra-t-on bien nous reconnaître d'avoir été les fiers\ndéfenseurs de cette cause.\n   Depuis dix ans nous réclamons une place prépondérante en faveur de\nl'art. Alors que la science rassemble et compare ses observations, évolue\nsans cesse, l'Art, lui, donne à tout ce qu'il touche un caractère d'éternité. Ce\nqui était beau il y a mille ans, l'est encore aujourd'hui. Les chefs-d'œuvre\nanciens ont-ils donc vieilli? La Grèce le prouve suffisamment : L'Art est\nla postérité d'une nation, c'est par lui qu'elle peut un jour être glorifiée\ndans l'avenir; il est une nécessité sociale, il sera toujours la religion de\nquelques-uns. Et voyez! la floraison la plus belle, s'épanouit toujours à\nl'époque de la plus grande prospérité d'un peuple.\n   Au début de la renaissance de notre pays, on dut demander à nos voisins\nl'aliment qui nous manquait, on s'adressa aux écrivains étrangers; cette\nnécessité devint une habitude qui n'est pas encore perdue aujourd'hui.\nC'est alors que se fonde la Jeune Belgique. Quelques artistes décidés se\nrassemblent. En dehors de toute question politique — car nous n'en avons\njamais voulu chez nous, — en dehors de toute question d'école, ils fondent\nune Revue libre, se débattent contre l'engourdissement général, proclament\nqu'ils veulent fonder une littérature en Belgique.\n   Personne ne veut y croire, on s'obstine à ne pas reconnaître ces nouveaux-\nvenus, on les bafouez qu'importe! leur but est de créer dans leur pays un\nArt libre et personnel et ils le réaliseront.\n   Quel chemin parcouru depuis la naissance de cette revue, qui, avec une\nbelle intransigeance, allait à travers tout, faisant un feu de joie du vieux\nmobilier démodé, prêchant l'affranchissement! La réaction devait être vio­\nlente, il fallait le bruit d'une lutte pour réveiller les plus endormis. Aux\nnouveaux cela donnait de l'enthousiasme et l'émulation serait telle que les\ntempéraments puissants devraient bientôt s'affirmer.\n   Considérez le résultat de ces dix années d'efforts! Nous sommes aujour­\nd'hui une centaine, car je veux entendre le mot « Jeune Belgique » dans\nson sens le plus large; des livres paraissent, des revues se fondent, et cela\nen Belgique! Et ici, saluons en passant la Société Nouvelle qui plus qu'une\nautre, par ses collaborateurs, les nôtres bien souvent, est sœur de notre\nrevue et a droit à une part de cette fête.\n   Derrière nous, dans le lointain, nous avons un passé artistique qui doit\nnous encourager, la vieille école flamande. Les conditions ont-elles donc\nchangé, que nous ne puissions plus espérer la même éclosion d'art? Non,\nMessieurs, la Belgique, placée au centre de trois grandes civilisations : la\nFrance, l'Angleterre et l'Allemagne, doit reprendre le rang qu'elle occupait\njadis.\n   C'est à Bruxelles que nous voulons publier, c'est ici que nous voulons\nentendre les œuvres de nos musiciens, visiter les expositions de nos peintres\net de nos sculpteurs.\n"}, {"page_pdf": 122, "texte": "                                   — 103 —\n\n   En ce moment il semble qu'un courant caché se forme peu à peu. Dans\nles arts industriels, vous remarquerez plus facilement la renaissance nou­\nvelle, parce que l'art est là directement lié aux objets d'utilité matérielle.\nVoyez l'architecture avec tous ces ornements en fer forgé, et comparez-la à\ncelle qui nous dota des uniformes maisons banales de nos rues modernes.\nEspérons que les arts plus purs trouveront bientôt aussi leurs fidèles; déjà\nle public s'est intéressé à la musique; la littérature aura bientôt sa place.\n   Quant à nous, avec la franchise que donne la liberté, nous continuerons\nnotre propagande. Fidèle à son titre, la Jeune Belgique veut rester Jeune\net Belge. Jeune afin d'accueillir sans peur toutes les tentatives nouvelles,\nBelges nous le sommes, et nous l'avouons hautement : c'est ici, sur le sol\nnatal', que nous voulons former un centre artistique.\n   Et maintenant, en songeant à tous ceux qui, en cette occasion, ont voulu\nnous témoigner leur sympathie, il nous vient une certaine fierté et un grand\nespoir; désormais nous lutterons encore avec plus d'énergie. Vous nous\navez tous aidés et nous vous remercions, et puisque la joie rend meilleur,\nremercions aussi nos ennemis, ils nous ont excités à défendre avec plus\nd'ardeur notre cause.\n   Au nom de la Jeune Belgique, je bois aux arts belges, je bois à tous\nceux qui nous ont aidés, à nos collaborateurs étrangers et à vous,\nMessieurs, qui avez bien voulu fêter avec nous notre dixième anniversaire.\n(Longs applaudissements).\n\n   Henry Maubel se lève alors. A celui qui, au lendemain de la mort du\nchef, avait rallié autour de lui les fidèles servants de la Jeune Belgique\net allait continuer la lutte avec la même indépendance de jadis, il apparte­\nnait de rappeler ce nom, Max Waller, dont tous avaient, tout à l'heure, en\npénétrant dans cette salle de fête, évoqué le souvenir.\n\n   Vous venez d'entendre prononcer le nom de Max Waller. Vous l'aviez\ntous à la mémoire ce nom provocant et bref, pareil au schème d'un geste\nlittéraire qui a si joliment fouetté la médiocratie belge.\n    C'est que la Jeune Belgique garde l'empreinte et comme un peu de la vie\nde celui qui l'a créée. C'est que la personnalité originale de Max Waller se\nperpétue dans cette création à laquelle on ne peut songer, sans songer\nà lui.\n   Autour du nom de Waller, il y a un écho de vacarme ; mais il y a aussi\nun reflet de pure et vibrante lumière.\n   S'il a cassé les vitres, c'est qu'on refusait d'ouvrir les fenêtres et qu'il n'y\navait que ce moyen de voir clair et de respirer large !\n   Il rêvait que la lumière existe.\n   La lumière l'attirait.\n   C'est pour décrocher les étoiles de son rêve qu'il a défoncé le plafond de\nla soupente où l'avaient logé ses compatriotes... — ce qui fit pleuvoir des\ntuiles sur des têtes!...\n"}, {"page_pdf": 123, "texte": "                                 — 104 —\n\n   Mais le sensitif avait compris que d'autres souffraient de la même\nasphyxie. Le généreux avait pensé à ses frères spirituels et, d'un geste\ncrâne, fait la brèche assez large pour que tous ceux qui viendraient avec\nlui ou après lui pussent y passer aussi !\n   Vous savez avec quel héroïsme, sans un recul, sans une crainte, il a\naccompli sa mission d'éclaireur, et vous devinez les coups douloureux qu'il\na reçus.\n   Je n'évoquerai pas de souvenirs mélancoliques ; la fierté, l'orgueil de\nWaller n'en voudraient pas.\n   Cet audacieux chantait sa mélancolie à la cantonnade et s'enfuyait de la\nvie — inquiet comme un voleur d'idéal — pour abriter, dans des cachettes\nde poésie, son trésor, se disant qu'on le trouverait quand il n'y serait plus.\n   L'Amour fantasque, la Flûte à Siebel, Daisy sont de ces cachettes.\nLisez ces livres lorsque vous serez seuls, bien seuls; car, devant le monde,\nla mélancolie de Waller fait le poirier et « Son Impertinence le Page\nSiebel » reprend l'attirail de guerre.\n   Je n'ai pas à vous parler des livres de Max Waller ; mais ce qu'il était de\nnotre devoir de vous dire, c'est la reconnaissance, l'admiration que nous lui\ngardons; c'est qu'il est toujours parmi nous, qu'il nous anime et nous\ninspire et que la fête intellectuelle de ce soir, en somme, est un peu sa fête\nà lui !\n   Vous savez que la Jeune Belgique a réuni les Airs de Flûte en un\nvolume qui paraît aujourd'hui. Un grand nombre de vous le savent d'autant\nmieux qu'ils ont sympathiquement contribué à cette édition.\n   Nous avions rêvé mieux, pourtant, que cette offrande des seuls artistes,\ndes seuls lettrés.\n   Amener l'attention et le respect de tous à l'initiateur de notre émancipa­\ntion intellectuelle, voilà ce qu'il fallait tenter!\n   Nous l'avons tenté!\n   Encouragés par M. le Bourgmestre Buls lui-même, nous avons demandé\nau Collège de Bruxelles l'autorisation d'élever publiquement un monument\nau fondateur de la Jeune Belgique.\n   Oh! il ne s'agissait pas d'une statue tout entière, mais d'un simple\nmédaillon. On l'aurait placé sur un socle, avec une inscription, dans\nquelque square ombreux.\n   Ces Messieurs nous ont répondu : Non !\n   Nous ne voulons pas de votre monument!\n   Celui qui a sonné chez nous les matines littéraires et provoqué l'éclo-\nsion d'un mouvement d'art libre, celui-là n'intéresse pas les passants !\n   Nous ne voulons pas de vos enthousiasmes ! Parce qu'au pays de la\nmaxime : Conserve-toi pour toi-même, ceux qui se sacrifient à ces enthou­\nsiasmes sont des fous, et que leur exemple pourrait devenir un danger\npublic! !\n   Eh bien! Messieurs. C'est ce danger que nous appelons à nous de tous\nnos vœux!\n   C'est à ces fous que je vous convie à boire.\n"}, {"page_pdf": 124, "texte": "                                  — 105 —\n\n\n  Aux Jeunes! plus jeunes que nous, qui nous dépasseront demain!\n  A tous les sincères !\n  A tous les généreux que Max Waller aimait bien ! — Et qu'ils entendent\nce soir et dans l'avenir le carillon de joie qui sonne à son honneur! !\n\n   Les applaudissements se prolongeaient encore, lorsque Albert Giraud,\nd'un geste bref, réclame le silence. Alors on entendit, comme des flèches,\nvibrer ces paroles superbes, qui s'enfonçaient tout droit, en sifflant encore.\nCe fut au milieu des acclamations enthousiastes qu'il acheva le discours\nsuivant, interrompu à chaque cri de colère par les applaudissements de\ntous les convives :\n\n   Si nous sommes réunis ici, ce n'est pas, — comme l'insinueront\nd'aimables plaisantins, toujours prêts à chercher dans leur petite âme des\nsentiments mesquins qu'ils puissent attribuer aux autres — ce n'est pas\npour brûler l'encens de la petite chapelle, tant décriée naguère, et qui est\ndevenue une église; ce n'est pas pour nous offrir l'un à l'autre les fleurs\nartificielles de la camaraderie. Les personnes ici ne sont rien : elles ne\nvalent que par les idées qu'elles représentent. Ce dont nous avons à vous\nrendre compte, ce n'est point du mérite plus ou moins grand de nos œuvres,\n— il sera pesé plus tard, et par d'autres ! — mais de la manière dont nous\navons tenu les promesses publiques, faites dans cette même salle, il y aura\nbientôt sept ans, le 27 mai 1883, le soir du banquet Lemonnier.\n   Nous vous avons, promis, ce soir là, non pas d'écrire des chefs-d'œuvre,\nmais de porter vaillamment, dans toutes les traverses de la vie littéraire, ce\nnom d'artiste que l'on est accoutumé, chez nous, à railler et à bafouer.\nNous vous avons promis, ce soir là, de ne jamais vendre notre art aux\ndétenteurs d'influences, quels qu'ils fussent; de rester indépendants et\nlibres, un peu moins gras que d'autres peut-être, mais sans entrave au pied\nni collier au cou. Nous vous avons promis de protester, par notre attitude\nenvers les écrivains nouveaux, contre les détestables pratiques dont les Van\nHasselt, les Pirmez, les Decoster et les Lemonnier avaient souffert avant\nnous. Eh bien ! cette promesse, faite il y a sept ans, je défie n'importe qui\nde soutenir que nous ne l'ayons pas tenue. Je défie qu'on en cite un seul\nparmi nous qui n'ait pas fait respecter son nom d'écrivain, un seul qui ait\nattelé son art à des entreprises intéressées, un seul qui ait brocanté son\nidéal, un seul qui ne se soit pas réjoui de voir naître et grandir les continua­\nteurs de son œuvre!\n   Ne vous y trompez pas : si la Jeune Belgique a duré, si elle a vaincu\nl'hostilité et l'indifférence, c'est parce que nous sommes restés unis dans un\nsentiment de solidarité fraternelle, parce que nous avons croisé la plume,\nnon pour nous, mais pour la cause de tous, parce que nous avons toujours\ndéfendu, quoi qu'il pût nous en coûter, les droits, la dignité et l'honneur\nde la grande famille artistique.\n   On vous rappelait tantôt le chemin parcouru : il est très vaste. On célé-\n"}, {"page_pdf": 125, "texte": "                                   — 106 —\n\nbrait les victoires remportées : elles sont nombreuses. Mais, pour Dieu ! ne\nvous imaginez pas que le but soit atteint, et qu'à cette semaine de dix\nannées doive succéder une période de repos où toutes les années seront des\ndimanches !\n   Souvenez-vous, afin de prévoir, et de prévenir! N'oubliez pas ce que\nvous disait, au banquet Lemonnier, à propos de la condition de l'écrivain\nbelge, M. Edmond Picard : « Alors il n'existait point de littérature, tout au\nmoins de littérature nationale. Ceux qui écrivaient, le faisaient à l'écart, la\nplupart pour eux seuls, les plus heureux pour quelques amis, mais leurs\ntravaux n'avaient aucun retentissement au dehors; car c'était au milieu,\nnon seulement de l'indifférence, mais on peut ajouter de la malveillance du\npublic qu'ils poursuivaient leur oeuvre. C'était un temps où, lorsqu'un\navocat écrivait, il perdait ses clients ; lorsqu'un médecin était poète, il perdait\nses malades ; si un officier était écrivain, il nuisait à son avancement ; si un\ningénieur avait l'audace de tenir une plume, il était assuré de se voir refuser\ntout emploi par la haute industrie.\n   « C'était d'instinct qu'on s'occupait d'écrire, par une impulsion naturelle,\nirrésistible, mais qui, chez la plupart, était rapidement étouffée. Il n'y\navait point chez nous de maîtres ou de guides. Il fallait tout tirer de soi-\nmême, et sur l'ensemble de ces conditions décourageantes venait encore\nbrocher cette hostilité officielle qui, aujourd'hui, n'est pas éteinte pour tout\nce qui est indépendant et, parmi les obstacles d'autrefois, est le seul qui\npersiste encore dans sa muette arrogance ».\n   Oui, cette hostilité n'a pas désarmé. Elle a changé d'armes, voilà tout.\nLa persécution ouverte est remplacée par la persécution hypocrite et\nsourde. De trop retentissants soufflets ont été appliqués sur les deux joues\nde la sottise officielle pour qu'elle se permette encore les triomphales sorties\nd'autrefois. Elle est devenue plus modeste, mais elle agit encore dans\nl'ombre, plus sûrement peut-être, et malheur à l'esprit libre et fier qui\nvient tomber à sa merci. Il paiera pour tous ceux de sa race, et les médio­\ncres se vengeront sur lui de leur propre médiocrité.\n   La haine de l'art, telle est la caractéristique de la ploutocratie belge. Ne\nvenons-nous pas d'assister à une tentative d'égorgement des Concerts popu­\nlaires? N'avons-nous pas entendu, au lendemain d'une exposition de\ntableaux qui avait fait courir tout Bruxelles, un petit, un tout petit député\ndemander au gouvernement de fermer désormais les salles du Palais des\nBeaux-Arts aux oeuvres d'un groupe de peintres qui n'avaient pas eu l'heur\nde caresser son honorable et inviolable ignorance? N'avons-nous pas\nentendu un autre député — pardonnez lui, Messieurs, il est aujourd'hui\nministre des Beaux-Arts — regretter, en pleine Chambre, que, « dans ce\ntemps où la détresse agricole exige de si prompts et si efficaces secours, le\nbudget des Beaux-Arts dépasse les subsides inscrits au chapitre de l'agri­\nculture et de la voirie vicinale ? » Enfin, au lendemain de la mort de Max\nWaller, quand nous nous adressâmes au Collège échevinal de la ville de\nBruxelles, pour lui demander l'autorisation d'élever au fondateur de\nla Jeune Belgique le modeste monument auquel il a droit, les Bouvard et\n"}, {"page_pdf": 126, "texte": "                                  — 107 —\n\nles Pécuchet de l'hôtel de ville nous répondirent « qu'ils ne pouvaient\ns'associer à une manifestation d'un caractère tout à fait privé ».\n   Vous entendez, Messieurs! Une manifestation d'art est condamnée, en\nBelgique, à garder un caractère tout à fait privé. Ah ! si au lieu de fonder\nla Jeune Belgique, Max Waller avait fondé une société de tir à l'arc, ou\nun orphéon ! Ou s'il avait inventé les bataillons scolaires, et organisé des\npromenades de jeunes singes travestis à travers les rues de la capitale! A la\nbonne heure ! Il aurait eu son monument de son vivant et il aurait regardé,\ndu haut de son buste en bronze, cracher l'eau des fontaines publiques !\n   Mais fonder, à vingt ans, sans aide officielle aucune, une revue où a passé\net brillé tout ce qui s'est fait un nom chez nous dans les lettres, grouper en\nun seul faisceau les forces artistiques inertes et éparses, prouver notre\nrenaissance littéraire à coups de publications et de livres, arracher des témoi­\ngnages d'admiration aux plus grands écrivains de France, — c'est une\nentreprise d'un ordre privé!\n   Les malheureux ! Ils n'ont pas même compris que dans cette petite Bel­\ngique incertaine et fragile, composée de races différentes, travaillée par tant\nd'instincts matériels et brutaux, rétive à toute conquête de l'esprit, à toute\ninitiative généreuse, — l'entreprise publique par excellence c'est le déve­\nloppement de la littérature et des arts. Ceux qui ne pensent jamais plus\nhaut que leur ventre, se fâchent contre ceux qui veulent leur donner un\ncerveau ! Dante, dans son Enfer, lorsqu'il rencontre l'ombre du philosophe\nBrunetto Latini, son maître, lui dit : « J'ai toujours présente à l'esprit\nvotre chère et bonne image paternelle, quand, dans le monde, vous m'en­\nseigniez comment l'homme s'éternise ». Il s'éternise par l'effort perpétuel,\npar la lutte, par la colère sacrée contre les choses viles et basses. Et quand\ncet effort, ces luttes, cette colère se font les messagers et les serviteurs de\nl'art, — les professeurs de médiocrité ont beau prodiguer toutes leurs\nvieilles ruses, le jour vient où on les éternise malgré eux !\n   Donc, ne désarmez pas, ne désarmez jamais, désarmez moins que jamais.\nEt si j'ai pu trouver le chemin de vos cœurs, laissez-moi vous dire toute ma\npensée. Si l'on prend ainsi le haut du pavé avec nous, si on nous traite en\nsurnuméraires de la patrie belge, nous qui n'avons jamais cessé de travailler\npour elle, c'est que nous le voulons bien. Nous sommes trop, de par notre\nidéal artistique, des indifférents et des distraits. Nous vivons trop en nous-\nmêmes, et nous laissons sans réponse des paroles et des actes qui méritent\nd'être punis. Pourquoi ne frapperions-nous pas nos éternels adversaires à\nl'endroit sensible, avec leurs armes, pour leur confusion et la plus grande\ngloire de nos chères idées? Pourquoi ne fonderions-nous pas la Ligue des\nintérêts artistiques, et pourquoi, chaque fois que l'on nous invite, nous et\nles nôtres, à nous souveuir que nous sommes des citoyens, ne dirions-nous\npas aux brigueurs de mandats politiques : a Prenez garde! Nous sommes\nun élément actif de la prospérité nationale. A part deux ou trois, que l'on\npourrait nommer, vous feignez tous d'ignorer notre existence. Et cepen­\ndant, nous avons des droits, et vous avez envers nous des devoirs. Accor­\ndez-nous les uns, et respectez les autres; sinon, gare à la prochaine ren­\ncontre ! Nous braquerons notre bulletin de vote, et nous ferons feu ! »\n"}, {"page_pdf": 127, "texte": "                                   — 108 —\n\n   Je vous livre l'idée; faites-en ce que vous voudrez. Mais laissez-moi\ncroire, vous surtout, les jeunes, que vous garderez de cette fête mieux qu'un\nsouvenir : un enseignement Cette Jeune Belgique que nous avons con­\nstruite, qui vous est ouverte, c'est à vous qu'il appartient de la conserver,\nde l'orner et de l'agrandir. Quittez les faux dédains et les vaines répu­\ngnances, derrière lesquels l'égoïsme est embusqué Continuez nos bonnes\ntraditions de solidarité littéraire : qui touche à l'un de vous touche à tous;\nqui s'attaque à un seul d'entre vous attaque toute la famille. Ne craignez\npas d'avoir le cœur large : votre cerveau n'en deviendra pas plus petit.\nN'ayez pas peur des coups de plume ni des polémiques : on s'y trempe\net l'on s'y bronze. Affirmez-vous et mesurez-vous. Griffes contre griffes,\net que le diable emporte les plus courtes !\n   Je bois à ceux d'entre vous qui seront des batailleurs et des hommes\nd'avant-garde, à ceux qui sauront à la fois, d'une âme égale, haïr et aimer!\n\n  Nos amis alors, voulurent en sympathiques paroles témoigner qu'ils\navaient de tout cœur pris part à cette fête des lettres. Ce fut d'abord\nFernand Brouez qui, au nom de la Société Nouvelle, nous porta le\ntoast suivant :\n   A cet anniversaire d'une revue amie, qu'il me soit permis, au nom de la\nSociété Nouvelle de remercier la Jeune Belgique des paroles d'amitié qui\nviennent de lui être adressées.\n    Depuis des années nous luttons côte à côte pour l'émancipation de la\npensée dans sa plus haute expression : l'Art.\n   La Jeune Belgique et la Société Nouvelle ont rencontré les mêmes\nobstacles, se sont heurtées à la même indifférence. Leur amitié est née de\ncette lutte.\n   Aujourd'hui l'horizon s'élargit. Et cette célébration d'un anniversaire\nest la célébration d'une victoire. Le temps n'est plus où en Belgique la\nlittérature était à la merci de quelques pédants et de quelques poètes\namateurs. Toute une école puissante et forte a surgi et s'est imposée.\nN'ayons pas de fausse modestie; notre pays possède aujourd'hui une litté­\nrature.\n   C'est au grand mouvement Jeune Belgique que nous sommes redevables\nde cette rénovation. Toujours nous avons vu ses écrivains pleins de vail­\nlance et de résolution. Et l'on sait, si la lutte était dure et cruelle en ce pays\ningrat.\n   Nous aussi à la Société Nouvelle nous avons fourbi nos armes pour la\nbataille engagée. Nous avons apporté notre part de recrues et avons mis\nau service de la cause de la science et de l'art les forces que nous possé­\ndions. Nous avons essayé de réunir les éléments de la grande synthèse qui\nse prépare et doit conduire les hommes vers un siècle de régénération et de\nrédemption.\n   Nous ne savons si notre effort a participé largement à la victoire.\n   Nous avons combattu de toute âme et de tout cœur. Et ce nous est une\n"}, {"page_pdf": 128, "texte": "                                    — 109 —\n\nrécompense que ce salut fraternel, au jour de fête ; c'est un lien d'amitié\nde plus, unissant la Jeune Belgique et la Société Nouvelle.\n  C'est un nouveau sceau d'alliance. Merci. Je bois à la Jeune Belgique.\n\n   Albert Mockel ensuite nous transmit en toute cordialité, les confrater­\nnelles félicitations de la Wallonie, puis, au nom des artistes étrangers, le\nsculpteur Cyprien Godebski, en un speech paternel s'associa aux congra­\ntulations générales.\n   Le banquet touchait à sa fin, lorsque l'honorable député de Bruxelles,\nPaul Janson, se leva à son tour. Après avoir affirmé sa sympathie pour\nle groupe de ces artistes réunis en l'honneur de la littérature, il dit la place\nque l'Art doit occuper dans le développement d'une nation; rappelant\nensuite les paroles cinglantes que l'un des nôtres avait eues pour les\nindifférents ou les hostiles chefs de l'Etat, il assura que l'on trouverait en\nlui un défenseur dévoué et qu'il était prêt à porter nos revendications au\nsein du Parlement.\n   Bientôt des cris de « Lemonnier ! » se firent entendre de tout côté. On\nréclamait notre grand romancier qui, assis au milieu de nous, se défendait pat-\ngestes de remerciements de prendre la parole. A ce moment, Albert Giraud\nse lève et s'écrie : « Vous venez de prononcer un nom qui nous est cher,\ncelui de Camille Lemonnier. Cette fête de la Jeune Belgique est aussi la\nsienne, car il a été des nôtres dès nos premières luttes. Je bois à Camille\nLemonnier, qui est avec nous aujourd'hui, Comme il y a sept ans. » Ce fut\nun tonnerre d'applaudissements. Quelques instants après on se réunissait\ndans les salons voisins en groupes animés et la fête se prolongeait encore\nlongtemps en causeries amicales.\n   Des lettres, des télégrammes de félicitations nous sont parvenus sans\ncesser, à l'occasion de notre banquet : Remercions nos collaborateurs\nfrançais : MM. Stéphane Mallarmé, Henri de Régnier, Francis Vielé\nGriffin, Pierre Quillard, Herold, Vanor, Charles Buet ; M. le comte\nGoblet d'Alviella, Hector Denis, tous ceux qui de cœur se sont associés à\nnous. Nous voulons pourtant publier une lettre ici, parce qu'elle nous a\nété envoyée par un de nos plus grands artistes, par un Belge, qui, il y a\ntrente ans, dut fuir l'indifférence de ses compatriotes, par Félicien Rops,\nNotre ami Eugène Demolder,.à qui elle est adressée, était chargé d'en donner\nlecture pendant le banquet, mais il s'en récusa trop modestement. La voici :\n  « Mon vieil, je ne peux, — et j'avais cru jusqu'au dernier jour me passer ce\ngrand plaisir, — aller à Bruxelles assister au banquet de la Jeune Belgique Seulement\nne pouvant le faire moi-même, je voudrais que tu fusses mon porte-parole et qu'en mon\nnom, après avoir dit mes regrets de ne pouvoir m'asseoir au milieu de ces jeunes\n"}, {"page_pdf": 129, "texte": "                                         —    110   —\n\n\n  gens que je considère comme de vieux amis, tu lèves ton verre et tu boive à tous mes\n  amis de la Jeune Belgique, qui ont courageusement et vaillamment réalisé le rêve que\n  je poursuivais vainement il y a trente ans(!) en fondant 1'Uilenspiegel,— et, vieux sergent,\n  je marche avec eux dans les rangs en applaudissant au triomphe des jeunes chefs et\n  toujours prêt au coup de feu...\n    « Voilà, arrange cela comme tu veux, avocat que tu es. »\n\n   A tous merci : nous avons emporté de cette manifestation, plus qu'un\n cher souvenir, une ferme confiance en l'avenir et un désir plus grand\n de continuer la lutte.\n\n\n\n\n                                SIEGFRIED\n              Un grand nombre d'écrits ont suffisamment renseigné le public\n                français sur le système dramatique et musical de R.Wagner (1).\n                Nous ne nous occuperons ici que de la symbolique du maître\n               allemand.\n   L'Anneau du Nibelung est une vaste composition cosmogonique, théo­\ngonique et sociale. Le sujet du drame est tiré des Eddas Scandinaves.\nWagner a rattaché avec beaucoup d'habileté la Gœttersaga ou Légende des\nDieux au Mythe de Siegfried : le trait d'union est la Velsungensaga. Ayant\nainsi constitué sa charpente dramatique, Wagner y a introduit ses idées\nphilosophiques sur le Monde et les destinées de l'Homme.\n   Nous avons donc affaire à un double symbolisme : le symbolisme des\nmythes primitifs et le symbolisme propre à Wagner. Souvent l'accord est\nparfait, les deux courants se confondent; ailleurs ils divergent : la philo­\nsophie wagnérienne n'a pu suivre le mythe ancien. Alors apparaissent cer­\ntaines contradictions qui ne laissent pas que d'embarrasser les commenta­\nteurs. On ne peut les expliquer qu'en distinguant les deux éléments du\ndrame : l'ancien mythe Scandinave et les idées nouvelles que Wagner a\ngreffées sur ce premier élément.\n   M. Schuré a très bien résumé la philosophie de Wagner à la fin de son\n\n\n\n  (1) Voir E. Schuré, le Drame musical, 2 vol.; M. Kufferath, la Valkyrie, 1 vol.;\nId. Siegfried, 1 vol.; Id. Parsifal, 1 vol.; Closson, Siegfried, 1 vol.; A. Jullien\nRichard Wagner, etc., etc.\n"}, {"page_pdf": 130, "texte": "                                  —   111   —\n\n\n\nétude sur l'Anneau du Nibelung. Exposons la sommairement à notre tour.\n   Le Mal est entré dans le monde par la Convoitise. Vouloir pour Soi,\ntelle est la racine de tout crime. Cet Egoïsme a pour symbole l'Or, qui est\nl'objet principal des convoitises, puisqu'il peut les satisfaire toutes, — l'Or,\nqui est l'instrument du pouvoir, puisqu'il peut acheter la Force et la Ruse,\n— le dicton populaire ne l'appelle-t-il pas « le nerf de la guerre? » — l'Or,\nqui est ainsi la source de tout esclavage, de toute tyrannie. Il engendre la\nHaine et la Mort. Pour savoir s'en servir, il faut renoncer à l'amour. Car\nl'amour c'est le dévouement et le sacrifice de soi; l'or, c'est l'égoïsme qui\nsacrifie la vie et le bonheur d'autrui. Les Nibelungen, la race infime et\ntravailleuse, les nains qui peinent dans les lieux inférieurs, ont trouvé l'or\ndans la nature. L'un d'eux, Alberich, a compris la fatale puissance du dan­\ngereux métal : il renonce à l'amour, il veut asservir ses frères, il parvient à\nforger l'anneau symbolique qui asservira le monde. Mais les dieux veulent\nrégner aussi. Par ruse ils dérobent l'anneau magique. Spolié par la race\nsupérieure, Alberich maudit l'anneau et sa malédiction révèle la nature\ndémoniaque de l'or manié par l'égoïsme : il passera de mains en mains par\nvol, par rapine, par brigandage, par meurtre; et malheur à qui s'en empa­\nrera ! A son tour il tombera victime des mêmes crimes.\n   Les dieux ne se sont pas contentés d'être les dieux. Ils ont voulu affirmer\nleur puissance par l'asservissement effectif du monde, traduire leur règne\nen acte, recevoir des hommages et s'approprier le fruit du labeur des créa­\ntures. Ils ont donc péché. A leur tour ils ont cédé au Désir Egoïste; ils ont\ntouché l'or maudit, ils deviendront un objet de haine, ils se sont eux-mêmes\ncondamnés à la mort. Les hommes un jour se débarrasseront des dieux,\npuisque les dieux ont voulu être des tyrans, et ils trouveront dans leur\npropre cœur le véritable principe divin, qui est l'Amour.\n   C'est ce qui arrive en effet. Les hommes de race divine, les vrais fils des\ndieux (Siegfried) s'unissent à la Volonté divine devenue humaine (Brün­\nhilde). Si leurs passions naturelles les aveuglent et les mènent à leur perte,\nla Volonté divine humanisée qu'ils ont jetée dans le monde (voir le Crépus-\ncule des Dieux) ne meurt pas tout entière avec eux; elle a révélé le secret\nsuprême : l'Humanité porte en soi le principe divin de l'Amour; qu'elle\nsache aimer, et elle se passera des dieux qui mourront décrépits dans leur\nciel. Et de fait, dans l'Anneau du Niebelung, Wotan, le maître des dieux,\nva s'affaiblissant à mesure que l'humanité s'élève : dans la première partie,\nl'Or du Rhin, les dieux vivent sur les cimes, dans les régions éthérées;\ndans la Valkyrie, Wotan est déjà descendu sur la terre : mais il règne\nencore, plein de force et de puissance; dans Siegfried, il n'est plus qu'un\n"}, {"page_pdf": 131, "texte": "                                         —    112    —\n\n\n\n\n dieu errant, qu'on reconnaît à peine (1); dans le Crépuscule des Dieux, il\n n'apparaît plus; on sait seulement que les dieux languissent, enfermés dans\n leur demeure céleste, d'où ils ne sortent plus, où ils attendent la mort.\n    Notons, en passant, que Wagner n'a pas mis en scène des dieux objectifs,\nmais l'idée que l'homme se fait des dieux.\n   Analysons maintenant de plus près l'Anneau du Niebelung.\n   L'Or du Rhin décrit l'introductiou du mal dans le monde par la décou­\nverte de l'or et par la faute des dieux. Les trois drames suivants nous font\nassister à deux essais successifs de Rédemption.\n    Des mains des dieux l'or tout puissant a passé aux mains des géants : de\nthéocratique la puissance est devenue césarienne. Les géants se sont entre­\ntués. Le vainqueur, Fafner, s'est métamorphosé en un horrible dragon par\nla vertu d'un casque magique, qui symbolise ici la violence, la tyrannie\narmée : couché sur son or, du fond de son antre, il règne sur le monde par\nla terreur.\n   Comment sauver le monde? Comment sauver les dieux eux-mêmes, qui,\npour avoir touché l'or maudit, doivent périr?\n   Wotan (Odin), le maître des dieux, le Principe Créateur, est descendu\nsur terre; caché sous le nom de Velse, il a engendré deux enfants, Sieg-\nmound et Sieglinde, qui doivent accomplir l'œuvre de la rédemption. Car\nle dieu ne peut lui-même, sans l'opération d'un médiateur, sauver le\nmonde. N'est-ce pas lui qui a cédé l'or aux géants? Il ne peut donc le\nreprendre, lui. le gardien de la Parole, le protecteur du Serment dont la\nformule sacrée est gravée sur le bois de sa lance (2).\n    Le drame intitulé la Valkyrie nous apprend par quelles circonstances\nSiegmound échoue dans sa tentative de rédemption. Siegmound n'est que\nl'instrument de Wotan, qui dirige toutes ses actions; c'est donc le dieu lui\n\n\n   (1) Dans Siegfriedf Wotan s'appelle le Voyageur; il erre, couvert d'un énorme chapeau\nel enveloppé d'un manteau bleu. Le chapeau signifie que, sur terre, le Dieu est caché.\nLe manteau bleu symbolise l'azur céleste, le ciel visible, que la plupart des religions\nappellent le vêtement de Dieu.\n   (2) A l'origine, avant toute création, le Principe Créateur était absolument libre :\ntoutes les possibilités, à l'infini, lui étaient ouvertes. Mais une fois le premier acte de\ncréation posé, le premier choix effectué, la liberté du Pouvoir Créateur se trouve\nenchaînée. Son premier acte a déterminé la Loi, a créé le Destin auquel il doit lui-même,\ndésormais, obéir. C'est cette Loi qui a pour symbole la Grande Déesse, l'épouse du pre­\nmier Principe, Fricka, qui sans cesse rappelle le Dieu à son devoir, et qui est la protec­\ntrice du plus essentiel des contrats, le mariage. — La Loi, l'obligation consentie, le Serment,\na encore pour symbole les runes gravés sur la lance de Wotan.\n"}, {"page_pdf": 132, "texte": "                                        — 113 —\n\nmême qui tente de reprendre aux géants l'or qu'il leur a abandonné.\nFricka, la déesse de la Nature et de la Loi, montre ironiquement à Wotan\nl'inanité de son entreprise et réclame le châtiment de Siegmound, qui, en\nravissant sa sœur Sieglinde, l'épouse de Hounding, a doublement outragé,\npar un adultère et un inceste, les lois naturelles. Siegmound est sacrifié;\nmais Sieglinde a conçu de lui un fils, Siegfried, qui héritera de sa mission\ndivine.\n   Dans ce drame nous voyons aussi entrer en scène l'une des plus impor­\ntantes figures de la Tétralogie : la valkyrie Brünhilde.\n   Brünhilde, comme ses huit sœurs, les valkyries, sont les filles de Wotan\net d'Erda, la déesse de la Terre, — ou plutôt la déesse des Eléments Pri­\nmitifs. Les valkyries personnifient les Volontés de Wotan. (Dans la scène\ndeuxième du deuxième acte, Briinhilde s'écrie, s'adressant à Wotan : « Que\nsuis-je? Rien, sinon ta Volonté.) S'il nous était permis d'employer le\nlangage des alchimistes, nous dirions volontiers que Fricka représente la\nVolonté du principe créateur à l'état fixe, et les valkyries, cette Volonté à\nl'état volatil.\n   En sacrifiant Siegmound, Wotan a conformé son vouloir aux lois de\nFricka. Mais son désir secret s'est révolté : Brunhilde a tenté de protéger\nSiegmound. Pour la punir, le dieu la dépouille de sa divinité et la laisse\nendormie au sein d'une mer de feu, où elle deviendra un jour la conquête\nd'un héros.\n   Disons ce que signifie ce mythe.\n   La valkyrie Brünhilde est l'incarnation de la volonté divine. Découvrir\ncette volonté et s'unir à elle, c'est posséder la science suprême, et, en effet,\nnous verrons, dans la Götterdämmerung,             Brünhilde communiquer à\nSiegfried la Science.\n   Mais, sur terre, cette volonté divine est inaccessible aux hommes : elle\nest endormie et entourée d'une mer de feu. Ce mythe n'est pas sans analogie\navec le dogme biblique du châtiment de la faute originelle : l'arbre de la\nscience suprême est gardé par un chérubin armé d'un glaive de feu, et plu­\nsieurs légendes chrétiennes, entre autres le Livre de la pénitence d'Adam,\nmontrent le jardin. d'Eden transformé en un tourbillon de flammes qui\nenveloppent l'arbre paradisiaque (1).\n\n\n   (1) Les occultistes savent ce qu'est ce. feu terrible qu'il faut traverser pour arriver à\nl'arbre de la Science, et que symbolise, dans les Initiations antiques, l'épreuve du feu. Ils\nn'ont pas oublié le buisson ardent, dans lequel Jéhovah se manifeste à Moïse. Ils connais­\nsent aussi le chérubin qui veille sur l'arbre sacré et qui est le même que le Sphynx,\n                                                                                    8\n"}, {"page_pdf": 133, "texte": "                                        —   114   —\n\n   Voici donc où en est ce grand drame cosmogonique au moment où va\ncommencer la troisième partie. Brünhilde dort dans la mer de feu en atten­\ndant son libérateur. Sieglinde, l'épouse de Siegmound, est allée mourir\ndans la grotte du nain Mime en donnant le jour à Siegfried. Elle a confié à\nMime les débris de Détresse, l'épée divine, qui s'est brisée entre les mains\nde Siegmound et qui est l'héritage sacré de Siegfried, le signe de sa mission,\nle symbole de la force des dieux. Mime a laissé croître Siegfried dans la\nliberté et l'ignorance absolues. L'adolescent n'a eu d'autres éducateurs que\nles murmures de la forêt, le chant des oiseaux, le parfum des fleurs, le rire\nargentin des fontaines. Loin du contact corrupteur des autres hommes,\nSiegfried a gardé son âme vierge comme sa chair. Il lui suffira d'apprendre\nun jour qu'il est de race divine pour qu'il s'élance à l'accomplissement de\nsa mission. Quant à Mime, il n'a élevé Siegfried qu'afin que le jeune héros\ntue le dragon Fafner. Il compte bien se débarrasser alors de Siegfried,\ns'emparer de l'Or et régner à son tour sur le monde. Dans le symbolisme\nwagnérien, l'odieux nain qui veut exploiter la mission libératrice du héros,\nreprésente les masses inférieures qui veulent à leur tour posséder l'or et la\npuissance pour s'en servir comme s'en sont servis les. grands : le monde\nalors ne ferait que changer de despotisme ; ce serait la tyrannie des nains\nsubstituée à celle des géants, rien de plus, — et les uns comme les autres\nveulent la mort du fils des dieux qui vient abolir le règne de la Force et de\nl'Or.\n   Le drame intitulé Siegfried nous montre le jeune héros marchant, à\ntravers les obstacles, à la conquête de Briinhilde. C'est l'Initiation du futur\nrédempteur des dieux et des hommes. Il doit reforger lui-même les débris de\n\n\n\n\ngardien des mystères hiératiques de Thèbes. Le quadruple élément du sphynx se figure\npar la croix. Et précisément plusieurs légendes chrétiennes (Voir entre autres la Légende\nDorée de Jacques de Voragine, le Livre de la Pénitence d'Adam, etc.) affirment que le\nbois qui servit à confectionner la croix de Jésus-Christ n'est autre qu'un rejeton de l'arbre\nde la Science, cueilli jadis par un fils d'Adam. — Le Chérubin et le Feu trouvent leurs\nanalogues dans les dragons des mythes des Pommes hespérides, de la Toison d'Or, etc.\nDans l'Edda, le Dragon et son Or ont une toute autre signification que dans la Tétralogie\nwagnérienne : car le mythe de Siegfried n'y est pas directement relié à la légende des\nDieux. Wagner a maintenu la signification attribuée à l'or dans le mythe des Dieux (le\nRheingold). Mais dans le mythe ancien de Siegfried, le trésor correspondait à la Toison\nd'Or ainsi qu'aux pommes d'or cueillies par Hercule; et le dragon Fafner reproduisait les\ndragons des mythes grecs, le feu et le chérub de l'Eden. — C'est ce. même feu que, dans\nson roman hermétique, Bulwer-Lytton appelle le Dragon du Seuil.\n"}, {"page_pdf": 134, "texte": "                                        — 115 —\n\nl'Epée sacrée, symbole de sa Force divine et signe de sa mission (1) ; il doit\nquitter la caverne de Mime et renier ses intérêts matériels ; il doit vaincre\nle dragon de l'or. Alors il comprendra clairement les voix de la nature\nqui le conduiront au bord de la mer de feu, au seuil même du jardin\nde la Science divine. Là, il devra lutter contre Wotan, comme Jacob lutta\navec l'ange, puis il franchira les flammes et ira réveiller Brünhilde, la fiancée\npromise.\n   Nous ne reproduirons pas ici l'analyse détaillée du poème de Siegfried\nque nous avons donnée dans la Revue moderne (Bruxelles, 1883), et plus\nrécemment dans le Journal de Bruxelles (supplément au numéro du\n11 janvier 1891.) Mais nous nous arrêterons un instant devant la première\nscène du troisième acte.\n   Au pied du rocher des valkyries, dans un paysage sauvage et terrible,\nWotan évoque Erda. Des profondeurs de la terre surgit la déesse primitive,\nla mère des éléments, la dormeuse lucide, l'éternelle voyante. Vainement\nWotan l'interroge ; sa pensée fugitive se dérobe. « Ta science pâlit devant\nma volonté, s'écrie-t-il enfin ; sais-tu ce que Wotan veut? L'anéantisse­\nment ! »\n   Erda, ici, n'est pas seulement la divinité tellurique : elle est la déesse des\nÉléments primordiaux, la Mère de tout ce qui existe. C'est elle qui revêt\nd'existences concrètes les essences, c'est elle qui cristallise en mille formes\nla Force, la primitive Energie. Elle est le principe d'Individuation, la\nMaya des hindous, la Mère des Apparences, l'Illusion suprême. Le monde\nn'est que son rêve toujours changeant, peuplé de formes fuyantes. Elle\nl'apprend à Wotan dans cette phrase solennelle :\n                     Mon sommeil est rêve, mon rêve est pensée,\n                     Et ma pensée est l'éternel savoir.\n                     Mais quand je dors, dans mon rêve bercée,\n                     La Nome veille et file en suivant ma pensée.\n                     Pourquoi ne vas-tu pas l'interroger ?\n\n\n   (1) L'Epée de Wotan est l'emblème de la Force divine. Elle n'a toute sa vertu qu'aux\nmains de l'Initié qui a su la reforger lui-même pour son propre usage. Siegmound l'a\nreçue toute faite, voilà pourquoi elle doit se briser dans ses mains. Wotan l'a dit :\n« L'homme indépendant doit se créer lui-même » (la Valkyrie, acte II, scène 2.) De\nmême, dans les mystères antiques, l'Initié devait se créer lui-même. C'est l'œuvre même\nde l'initiation. La Loi chrétienne exige aussi que l'Homme se reforme « et dépouille le\nvieil homme ». Jésus dit : (Joan, III, 3) « En vérité, en vérité, je te dis : si quelqu'un n'est\nné de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ». Toutes les grandes religions exigent\nde l'homme une « seconde naissance ». Voilà pourquoi l'on attribue à l'initié du premier\ndegré l'âge symbolique d'un an. Il en est encore ainsi dans la Franc-Maçonnerie, l'héri­\ntière telle quelle des anciens Mystères.\n"}, {"page_pdf": 135, "texte": "                                 — 116 —\n\n   Dans cet étrange et magnifique dialogue, Wagner a mis en scène moins\nl'Erda et le Wotan des Scandinaves que les principes de la philosophie\nSchopenhauerienne. La Volonté (la Force, l'Energie) veut l'existence,\ntrompée qu'elle est sans trève par la Maya, l'Illusion suprême, qui fait\ncroire à la réalité des contingences. Mais un moment vient où, désabusée\net reconnaissant le néant des vaines apparences qu'elle prenait pour des\nréalités « la Volonté se nie » comme dit Schopenhauer, renonce à l'exis­\ntence contingente et aspire à l'anéantissement.\n   Wotan a reconnu le néant de la vie et il consent d'un cœur joyeux à la\nfin de son existence personnelle. Signalons ici un accroc donné par Wagner\nà la logique. Si la Force Créatrice elle-même renonce à vivre, le monde\nentier devrait aussitôt rentrer dans le néant. Il n'en est plus ainsi dans la\nTétralogie. Force nous est donc de voir ici dans Wotan non plus l'Energie\nprimordiale elle-même, mais un simple exemplaire typique et général per­\nsonnifiant la thèse Schopenhauerienne. Seuls les dieux mourront. Le monde\net l'humanité continueront de vivre.\n   La Götterdämmerung nous fait assister à ces événements. Nous y ver­\nrons comment les dieux cessent d'exister en tant que dieux en même temps\nque le principe divin s'épanouit dans le cœur de l'homme. Mais revenons\nà Siegfried.\n   La dernière scène de Siegfried nous montre le héros conquérant la\nSagesse divine faite femme, et la prenant pour épouse. C'est là la faute qui\ncausera la perte du noble jeune homme. Il devait contempler la Sagesse ; il\nveut la posséder pour lui-même, par passion ; il veut cueillir les fruits de\nl'arbre de la Science, malgré l'avertissement de Brünhilde :\n                       O Siegfried, flamme radieuse,\n                       Si tu m'aimes, épargne-moi !\n                       Veux-tu t'anéantir toi-même ?\n   Les symboles de tous les temples le disent : la Sagesse divine est toujours\nvierge. Elle n'enfante que par la conception de l'Esprit et ne met au monde\nqu'une incarnation du Verbe. Aussi broie-t-elle sous ses pieds la tête du\nSerpent vital.\n  Mais Siegfried est tout feu et tout flamme. La passion l'emporte. Il veut\nposséder. Briinhilde cède, mais elle sait ce qui doit arriver :\n                     En souriant je me donne et je t'aime !\n                     En souriant je m'aveugle moi-même !\n                     L'âme joyeuse et le cœur sans effroi,\n                     Je me perds avec toi.\n  Le drame initiatique se déroule dans la Götterdämmerung.              Brün-\n"}, {"page_pdf": 136, "texte": "                                 —    117   —\n\n\n\nhilde en se donnant à Siegfried, lui a communiqué sa science. Le trop fou­\ngueux héros rentre dans « le monde » qu'il veut remplir de ses exploits. Il\nvoit une jeune femme ; ses sens l'aveuglent : il oublie là Sagesse divine, dont\nil est l'époux. Il l'oublie si bien qu'il la livre, sans la reconnaître, aux\nembrassements profanes de Gunther. C'est là le crime suprême qui appelle\nl'inexorable châtiment. Siegfried périra de la main de ceux auxquels il a\nlivré la sainte Science profanée. Telle est la Loi connue dans tous les\nTemples : « l'Initié tuera l'Initiateur qui a révélé ce qu'il devait taire ».\n   Avec Siegfried doit périr la Science qu'il a conquise. Brünhilde meurt\ndonc. Mais au monde qui l'a profanée et qui toujours la profanera chaque\nfois qu'elle lui sera livrée par un imprudent Initiateur, elle lègue pourtant\nsa consolation suprême : « Si la race des dieux s'évanouit comme un souffle,\nsi je laisse le monde sans maître, je vous lègue le trésor le plus sacré de\nmon savoir : ni bien, ni or, ni splendeur divine, ni magnificence seigneu­\nriale, ni le lien trompeur de tristes traités, ni la dure loi de mœurs hypo­\ncrites ne donnent le bonheur. Félicité dans la joie et dans la peine nous\nvient de l'AMOUR seul ! »\n   Et tandis qu'elle prononce ces dernières paroles, — ses novissima verba,\n— la flamme de son bûcher monte jusqu'au ciel et consume le Walhalla et\nles dieux.\n   Telle est la conclusion de ce drame magnifique. Conclusion imparfaite et\nincomplète pourtant : Wagner le savait bien, et c'est pour compléter et\ncorriger sa pensée qu'il a écrit Parsifal.\n   Quel est l'amour qui rachète et qui sauve? C'est l'amour chrétien, la\ncharité, qui ne fleurit que sur les ruines définitives de l'amour charnel ou\ndans la virginité parfaite. C'est l'amour du prochain. Voilà ce que Brün­\nhilde a oublié de dire, ce que dira Parsifal, « le pur Simple, instruit par\nla Compassion », le doux et pur frère de ces petits enfants à qui le Christ a\npromis le Royaume des Cieux.\n   Cet amour ne nécessite pas la ruine des dieux ; bien au contraire. L'Ini­\ntiation chrétienne a remis en lumière, irrévocablement, le dogme qui s'était\noblitéré dans les anciens sanctuaires : l'homme, en s'élevant par la sainteté\net l'ascétisme, s'unit de plus en plus au Verbe. Aussi la loi du chrétien se\nrésume-t-elle en cette formule : « L'Imitation de Jésus-Christ ». Nul saint\nmieux que saint François d'Assises n'a pratiqué cette imitation. C'est par\nelle et non en écoutant les paroles du Serpent de la Bible que l'homme peut\ndevenir en quelque sorte semblable à Dieu. Bouddhistes, Krisnaïtes et\nTaoïstes sont d'accord là dessus : car, s'ils ignorent la formule chrétienne,\nils connaissent bien le dogme de « l'Union mystique ».\n"}, {"page_pdf": 137, "texte": "                                  — 118 —\n\n   Un mot encore au sujet de Siegfried. Nous venons d'exposer le sens phi­\nlosophique et religieux de ce drame. Mais, comme tous les grands mythes\nreligieux, celui de Siegfried a aussi un sens astronomique. Siegfried est un\nhéros solaire, comme Krishna, Mithra, Hercule, Jason, Apollon, Dyoni­\nsios, etc. C'est le soleil, qui, né l'hiver « dans une caverne » et vainqueur\ndu dragon du pôle, est le dieu sauveur de la terre, la divinité du printemps,\nl'éveilleur de la vie. Comme traces de ce sens du mythe, nous trouvons les\nexpressions suivantes dans la bouche de Brünhilde (Siegfried, acte III,\nscène 3) :\n               Eveilleur de la vie et Lumière féconde,\n               Si tu savais, charme du monde,\n               Combien je t'ai toujours chéri...\n               — O Siegfried, Siegfried, triomphante   aurore!...\n               — O Siegfried, force et splendeur de la terre,\n               Ame du monde...\n               — O Siegfried, flamme radieuse !\n\n  Dans un ordre d'idées correspondant, mais plus restreint, Siegfried est le\nsoleil qui, chaque matin, met à mort le Dragon des ténèbres nocturnes.\n  Telle est la construction savante des mythes, édifiés sur le dogme pri­\nmordial d'Hermès, et qui trouvent leur application exacte à chaque degré\nde l'échelle des sciences.\n\n                                          *\n                                      *\n\n  « SIEGFRIED » AU THÉÂTRE DE LA MONNAIE.— L'article qui précède est\ntrop long pour que nous nous étendions sur l'interprétation de Siegfried au\nthéâtre de la Monnaie. Cette interprétation est digne d'éloges. L'orchestre,\nconduit par M. Servais, maintient superbement la réputation qu'il a acquise\nsous la direction de M. Dupont, d'être, hors d'Allemagne, le meilleur\norchestre wagnérien. Parmi les acteurs, mettons hors pair M. Lafarge, qui\nest en passe de devenir, comme l'est devenu M. Seguin, l'un des plus admi­\nrables interprètes du drame musical. Nos admirations aussi à Mme Morelli,\nqui personnifie merveilleusement Erda : on dirait une déesse imaginée par\nBurne-Jones, tant ses attitudes et ses gestes sont pleins de noblesse et de\ngrandeur. M. Isouard a d'abord dérouté un peu les spectateurs qui avaient\nadmiré la prodigieuse incarnation de Mime par l'acteur allemand Liebahn ;\nau lieu de ce magot rageur et nerveux, qui a peine à contenir les explosions\nde sa haine, M. Isouard nous a présenté une sorte de petit artisan juif à la\nfaçon des légendaires marchands de lorgnettes allemands ; après quelques\nreprésentations, l'on s'y est fait et l'on a loué « l'unité » que M. Isouard a\n"}, {"page_pdf": 138, "texte": "                                 — 1 1 9 -\n\ndonnée à sa création, ainsi que les qualités de diction de ce bon artiste.\nM. Badiali fait un excellent Albérich. M. Bouvet, malgré ses belles atti­\ntudes, ne nous fait pas oublier M. Seguin, qui avait au cœur, toute brû­\nlante, la flamme wagnérienne. L'oiseau, qui a emprunté la voix de\nMlle Carrère, n'est pas tout à fait un rossignol. Quant à M me Langlois, elle\nfait des efforts méritoires pour soutenir un rôle qui l'écrase, et qui veut des\nMaterna ou des Malten. Mme Langlois est bonne musicienne et chaque\nreprésentation marque chez elle un progrès; mais le rôle de Brünhilde\ndépasse ses forces.\n   La décoration est bonne; le décor du deuxième acte est très beau et nous\naccordons une mention honorable au Dragon Fafner, qui, de temps en\ntemps, consent à se battre contre Siegfried.\n                                                       IWAN GILKIN.\n\n\n\n\n                       LE BONHEUR\n    « C'est un matin de mai. Je t'écoute, en silence,\n    N'évoquer de nos jours que ce qu'ils ont d'amer.\n    Que l'hiver et le soir unissent leur offense !\n    Tout en ma vie, hélas! n'est que soir et qu'hiver...\n\n    Ne me parlais-tu pas d'une douleur nouvelle?\n    Ah! si levant, enfin, le voile dont se vêt\n    A tes yeux trop savants ma tristesse éternelle,\n    J'en révélais, soudain, le douloureux secret ....\n\n     Que me veulent, pourtant, ces mornes songeries\n     En ce jour d'indolence et de sérénité?\n     Oh! laisse leur couronne à mes tempes flétries!\n     J'en ai cueilli les fleurs aux berges du Léthé.\n\n     Tant de maux m'ont instruit de ma propre misère!\n     Ne me réveille pas du rêve où je m'endors.\n     La vie enfin me berce avec des mains de mère;\n     Dans mon passé lointain ne trouble pas mes morts.\n"}, {"page_pdf": 139, "texte": "                                     —   120   —\n\n\n     Mais vois quel étranger je vie suis à moi-même!\n     O frère qui sais tout, est-ce là le bonheur?\n     Que les bois printaniers secouent leur diadème :\n     J'écoute, en frissonnant, la chanson de mon cœur.\n\n     Tu pleures?... Telle est bien ma triste destinée !\n     Hélas.' avoir langui comme un pauvre oublié,\n     Et quand cette humble joie m'est aujourd'hui donnée,\n     Etre en mon bonheur même un objet de pitié! »\n                                                      FERNAND S E V E R I N .\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n     Le Don d'Enfance,   par M. FERNAND SEVERIN.— Bruxelles, 1891, Lacomblez.\n\n\n              L'auteur du Lys, — une des plus nobles fleurs de poésie qui se\n               soient ouvertes, depuis vingt ans, en Belgique et en France —\n               nous offre aujourd'hui le Don d'Enfance. Ce deuxième\n               volume, qui complète et accentue le premier, n'aura certes\npas, pour les affairés de notre Parnasse, l'attrait de la nouveauté apparente.\nCet attrait, d'ailleurs, se fane vite, et les poèmes de M. Fernand Severin en\npossèdent un autre, que je place plus haut, et qu'ils partagent avec les\nœuvres assurées de vivre, cette nouveauté éternelle, perceptible seule­\nment aux esprits délivrés de tout snobisme littéraire : la Beauté pure.\nNon, il n'est pas « à la mode » d'aujourd'hui, ce poète là : il est à celle\nd'hier, de demain, et de toujours. M. Fernand Severin est un des rares\nécrivains sans vasselage qui ont pris pour devise le mot des comédies\nespagnoles : « Je suis celui que je suis ». Le poète du Lys et du Don\nd'Enfance n'a pas besoin de se singulariser pour paraître original. Il ne\ntombe jamais, par frénésie d'impuissance, dans l'abominable défaut qui me\ngâte bien des œuvres vantées : l'autoparodie. Il ne se livre point à cette\ngrimace de soi-même qui ameute les curieux et les badauds. Il nous décrit,\nsimplement, sans contorsions d'aucune espèce, la patrie de son âme et les\nnobles fantômes qui la hantent. Il est, comme il le dit, « le poète du simple\net suave poème », et « le roi des beaux pays qui ne sont pas ».\n   Un naturalisme d'une douceur profonde, — je prends le mot dans son\nvrai sens, le seul, et non dans celui que lui donnèrent sottement les zolistes\n— enveloppe cette œuvre d'une atmosphère virgilienne. Les bois, les eaux,\nle ciel, le rêve errant des nuages, le miracle des humbles fleurs dont ne\n"}, {"page_pdf": 140, "texte": "                                         121\n\n\ns'étonne pas le vulgaire, la pourpre mélancolique des vêprées, saisissent les\nyeux et l'esprit du poète comme s'il les voyait et s'il les comprenait pour la\npremière fois :\n                ... Ce cœur épris des eaux et des nuages\n                Mourra de trop d'amour devant cette forêt.\n\n   Une voix intérieure, dont il reproduit les inflexions tendres, « lui a dit\nles étangs et les bois ». La nature l'a rendu taciturne, et le silence « l'a fait\norgueilleux et timide ». La ville, où les soleils n'éclairent que des choses\nfactices et malades, est loin de ses yeux éblouis :\n\n                Que n'est-elle plus vaine et plus lointaine encore !\n\n   Ce cri de répulsion d'un sauvage très doux me paraît caractéristique : il\nrésume toute une enfance isolée et contemplative. Cet amour de la nature\nn'a rien du lieu commun de rhétorique sur lequel travaillent la plupart des\npoètes. Il se dégage du livre comme un parfum, il en est pour ainsi dire la\nrespiration.\n   Un tel naturalisme annonce, comme nous le disions à propos du Lys, un\npoète d'analyse psychologique et sentimentale. La flamme divine de\nl'amour, non pas de la passion égoïste, mais de la tendresse universelle\npour les choses et pour les êtres, brille d'une lumière ardente et contenue\ndans les strophes transparentes du Don d'Enfance. N'y cherchez point de\nsavantes complications. D'autres ont chanté les diplomaties de la conscience\net les tricheries de la volonté. Lisez ce livre en tâchant de vous oublier : il\néveillera chez vous des souvenirs poignants, et vous serez l'un de ces\ninconnus parmi lesquels le cœur du poète se reconnaît. De vagues images\nfamiliales, entourées d'un respect qui craindrait, en les précisant, de les\neffaroucher, se nimbent d'une adoration tremblante et secrète. Dans un\nadmirable poème, chuchoté à mi-souvenance, et qui m'apparaît comme une\ncontre-partie filiale de l'ironique Bénédiction de Baudelaire, surgit, voilée\nde tristesse, une émouvante incarnation du pressentiment maternel, qui se\ngrave à jamais dans la mémoire. Et les pages qui célèbrent le tourment\nd'aimer semblent en avoir gardé, à l'insu peut-être du poète, un étrange\nfrisson sacré et je ne sais quel pénétrant arome de vénération. Ainsi dans\nl'épopée wagnérienne, quand Siegfried réveille Brunehilde, le premier cri\ndu héros s'envole, comme une colombe blessée, vers la forêt funèbre où\nSieglinde est morte de la vie de son enfant. Plus loin, quand les orages de\nla chair s'abattent sur un cœur candide, une source jaillissante de pardon\npurifie les misères de l'amour vénal. Ce n'est pas le hoquet douloureux de\nDostoïevsky, mais une effusion de pitié évangélique et chrétienne, d'une\ncalme et réconfortante grandeur.\n   Le titre du livre, a-t-on dit, est équivoque. Oui, dans un certain sens.\nEst-ce le poète à qui est accordé le don d'enfance, ou bien fait-il don de\nson enfance à la foule dans laquelle il est seul? Querelle inutile. La poésie\nest-elle autre chose que le don de voir les choses pour la première fois, et\n"}, {"page_pdf": 141, "texte": "                                  —   122 —\n\nce don, le poète ne le fait-il pas à ceux qui sont dignes de le comprendre?\n   C'est cet attrait de la nouveauté, de la fleur des choses, M. Fernand\nSeverin le savoure tellement qu'après l'enfance, ce qui le sollicite le plus,\nc'est la convalescence. Pourquoi? Parce que toute maladie à son déclin se\nrésout en une espèce de seconde naissance, où tout nous paraît neuf, clair\net beau.\n   Ce qui frappe dans les poèmes de M. Fernand Severin, c'est l'accent\npersonnel des strophes amoureuses :\n\n               Une petite enfant est à présent ma Dame,\n               Et je la briserais en le lui révélant...\n\n   C'est une résurrection — qui chez un écrivain moins loyal, paraîtrait\nartificielle, — de l'amour chevaleresque épanoui naguère dans nos vieilles\nchansons héroïques. Le sentiment est le même, mais il est modernisé par\nl'inertie d'une nature rétive à l'action, cloîtrée dans le préau de sa propre\npensée.\n    Plus encore que le Lys, où, malgré l'unité de la forme, quelques poèmes\nd'inspiration diverse se heurtaient un peu, le Don d'Enfance révèle un\npoète de la haute race, chez lequel la suavité virgilienne, racinienne parfois,\nde l'alexandrin sert à exprimer, avec une noble simplicité, des sentiments\nd'une rare élévation d'esprit. L'idée de la Beauté, chez M. Fernand Severin,\nne se sépare jamais de l'idée de la pureté morale. Ce n'est pas la moindre\noriginalité de ce livre, dont la psychologie renonce à l'étude des déviations\noù se complaisent la plus grande partie des psychologues contemporains. Et\nsi, comme j'incline à le croire, l'analyse du Mal offre au poète une matière\nplus riche et plus diverse que la contemplation du Bien, il n'en est que plus\nfort, ce chanteur d'aujourd'hui, qui nous rend, dans un autre art, au milieu\nd'un déconcertant carnaval littéraire, la divine enfance des peintres de\nFiésole.\n                                                      ALBERT GIRAUD.\n"}, {"page_pdf": 142, "texte": "                                  —   123 —\n\n\n\n\n          CHRONIQUE ARTISTIQUE\n           EXPOSITION ARTAN-DUBOIS-BOULENGER\n\n\n              I1convient de louer le Cercle des Arts et de la Presse pour\n               l'excellente idée qu'il a eue en organisant cette Exposition.\n               Nombre d'artistes étaient, en effet, depuis longtemps désireux\n               — les uns de revoir ces représentants de leur génération, —\nles autres de se faire une idée exacte et définitive de ce qu'étaient ces talents\nincomplètement représentés au Musée moderne. — Et puisque nous parlons\nde deux générations, je pense que les peintres de la présente n'ont pas dû\npénétrer en ces deux Salons sans un certain sentiment d'humiliation. On\nn'a plus, en effet, à l'entrée des expositions actuelles, l'impression de res­\npect qu'on éprouve en jetant un premier coup d'œil sur les toiles réunies\nde ces trois artistes consciencieux, peignant sans préjugés, sans parti-pris\nni procédé, selon leur instinct et leur cœur, ce qu'ils voyaient. Il n'existe\nplus en ce moment en Belgique un groupe d'artistes peintres exclusivement\nvoués au culte de l'art; — les peintres nouveaux venus suivent chacun selon\nsa force les procédés et les goûts de la coterie en laquelle ils se sont\nengagés — et si l'on pense qu'au temps de Dubois, Artan et Boulenger,\nl'Art belge était représenté en plus par des artistes tels que Leys, De Winne,\nCharles De Groux, Rops, De Braekeleer, les deux Stevens, Mellery, Meu­\nnier, Smits, Verwée et d'autres — l'on doit bien s'avouer qu'après cette\npériode glorieuse, — au rebours de la littérature, de la musique et de la\nsculpure qui sont en pleine et belle Renaissance — l'art de la peinture est\nentré en Belgique en voie de complête décadence.\n\n                                       *\n                                      * *\n   Dans cette exposition posthume, qui est comme une pieuse et dernière\nconsécration de leur gloire, les trois artistes morts sont tous trois avanta­\ngeusement représentés, tous trois sortent de cette Exposition agrandis\naux yeux de ceux qui ne les connaissaient qu'imparfaitement.\n   Il nous a surtout été agréable de voir exposée une partie de l'œuvre de\nLouis Dubois. Après avoir vu de lui le splendide et poétique tableau des\nCigognes et quelques esquisses représentant des marais brumeux et des\npaysages désolés, nous nous étions fait de lui une idée plus haute que des\ndeux autres peintres, et nous conservons pour lui cette préférence. Boulenger\net Artan sont tous deux confinés dans un seul genre, le premier ne sort pas\ndu paysage, le second a, toute sa vie durant, chanté la mer du Nord. Dubois\nest plus que cela. Il est en même temps paysagiste, peintre de genre, por­\ntraitiste et mariniste, et dans chacun de ces genres il conserve sa profonde\n"}, {"page_pdf": 143, "texte": "                                 — 124 —\n\net troublante originalité. Il y a chez lui quelque chose d'inquiétant, de\nmystérieux, d'inconnu — que n'ont pas saisi les gens qui le déclarent un\npeintre bien doué mais incomplet — et qui nous porte à l'aimer tout parti­\nculièrement. — Ses tableaux ont cette incontestable marque de supériorité\nqu'ils plaisent davantage chaque fois qu'on les revoit et que l'impression\nreste toujours au moins égale à celle de la première visite. Dans toutes\nces toiles aux couleurs sombres en général, il y a une rêverie flottante, un\nmonde de pensées indécises et confuses, un éclairage étrange donnant des\nimpressions surnaturelles et poétiques.\n    On a dit qu'il s'était inspiré longtemps des Hollandais et de Courbet, et\nl'influence de ces différents maîtres est dans beaucoup d'esquisses de Dubois\naussi indiscutable qu'indiscutée — mais dans ses tableaux importants\ncomme les Cigognes, le Bateau, la Salle de jeu — toujours ces différentes\ninfluences se sont amalgamées et fondues en sa puissante personnalité et\nn'ont servi qu'à rehausser son talent original.\n    Le tableau intitulé le Bateau, exposé par M. le docteur Lequime et\nreprésentant un crépuscule sur la Meuse aux environs de Namur, est pour\nmoi un chef-d'œuvre. La calme, silencieuse tombée du soir est d'un senti­\nment superbe et le tableau est d'une couleur rappelant et égalant les plus\nbeaux Vénitiens. En ne faisant que mentionner, faute de place, les toiles\nremarquables intitulées Solitude, Salle de Jeu et Accessoires, je termine\nen citant tout spécialement un splendide portrait de jeune fille en robe\nverte, un nœud rouge sur l'épaule, un autre piqué dans ses cheveux bruns,\nse détachant sur un fond d'un vert bizarre et sauvage comme celui des végé­\ntations sous-marines. Les couleurs et l'éclairage de ce portrait en font une\nœuvre étrange et très romantique, et l'on pense involontairement à regarder\nces yeux rêveurs, ces verts sauvages et ces rouges violents aux folies d'une\nOphélie et aux douces chansons sans raison de l'amie d'Hamlet.\n\n                                     *\n\n   Un tout autre tempérament est celui d'Hippolyte Boulenger. C'est le\npeintre des ciels clairs et des temps heureux. Il est mort jeune et, bien que\nn'ayant pas eu de son vivant les succès qu'il méritait, il semble, d'après sa\npeinture, avoir eu toute sa vie un cœur toujours insouciant, léger, joyeux\net jeune. Aussi a-t-il rendu, comme personne ne l'avait fait avant lui, les\ntemps et les paysages qui correspondaient à son cœur. Nul n'a peint comme\nlui les couchers de soleil rose, les grands voiles roses tendus sur la moitié\ndu ciel, les petits nuages rosés épars comme des auréoles autour du soleil\nmourant, les couchers de soleil et les beaux jours — personne ne les a peints\navec autant de grâce, de fraîcheur et de poésie que lui. Son esprit cadrait\nmal avec d'autres temps, aussi les a-t-il moins bien rendus et compris. Ses\nAutomnes et ses Hivers ne peuvent égaler ses Étés, et il n'est plus lui-même\nquand il peint autre chose que des temps clairs.\n   C'est cependant un coucher de soleil en automne qui constitue le plus\nbeau tableau que j'aie vu de lui. Le tableau dénommé la Messe de Saint-\n"}, {"page_pdf": 144, "texte": "                                  —   125   —\n\n\n\nHubert et qui représente sous un ciel bleu, semé de nuages blancs domi­\nnant des forêts automnales qui fuient vers l'horizon, des chasseurs et des\npauvres se tenant à l'entrée d'une chapelle, est une merveilleuse harmonie\nde couleurs. Peu de tableaux sont aussi parfaits sous ce rapport. Les tons\nreliés et fondus entre eux avec une science surprenante, sont d'une richesse\net d'une volupté qui font songer à des Watteau et, la composition étant par­\nfaite, cela fait de l'ensemble, de très loin, le meilleur tableau qui nous reste\nde Boulenger.\n   Louis Artan est un des rares peintres de notre époque qui se soient\nexclusivement et fructueusement voués au culte de la mer. Il n'a guères\npeint, sa vie durant, que le charme étrange et fort de la mer du Nord. Il\nl'a peinte, il est vrai, sous tous ses aspects, par du temps calme, toute verte\net plate, étendue à perte de vue, par les tempêtes déchaînée, furieuse, ter­\nrible, se ruant avec ses flots énormes sur les misérables navires livrés à sa\nmerci, par des soleils éclatants qui la font luire comme de tremblants\nmiroirs de chrysoprase et d'émeraude, et par des lunes sans cesse voilées de\nnuages, semant dans les cœurs l'inquiétude et les craintes.\n   Il a passé toute sa vie à peindre la mer, et cette contemplation de toute\nune vie me semble par elle-même assez glorieuse pour se passer de commen­\ntaires. Les toiles exposées au Musée Ancien sont cependant assez inégales,\nmais quelques-unes suffisent à le placer très haut parmi ses contemporains.\nL'admiration étant d'ailleurs générale pour lui depuis sa mort, je ne ferai\nque citer un Effet de soleil sur la mer, un Retour de la pêche aux cre-\nvettes, exquise harmonie en bleu, et sa toile capitale le Naufrage, plus\nimpressionnant et plus beau à mon avis que la Vague célèbre d'Ho-\nKu-Saï.\n                                                 GEORGES D E S T R É E .\n"}, {"page_pdf": 145, "texte": "                                 —   126   —\n\n\n\n\n            CHRONIQUE MUSICALE\n                 PREMIER CONCERT POPULAIRE\n\n              LesConcerts populaires ont célébré le vingt-cinquième anni­\n               versaire de leur fondation par une magistrale séance donnée,\n               le 18 janvier, au théâtre de la Monnaie.\n                  Au programme, en premier lieu, figurait une Symphonie\nde M. Adolphe Samuel, directeur du Conservatoire de Gand, œuvre dont\nl'exécution a été dirigée par l'auteur.\n   Cette Symphonie représente de solide et consciencieuse musique, écrite\npar un technicien doublé d'un artiste de volonté. L'instrumentation très\nriche et très pittoresque, d'une allure fougueuse, enchâsse des thèmes\nmélodiques un peu courts, mais d'une coupe nerveuse et habilement mis\nen valeur. Le public a fait un excellent accueil à cette importante compo­\nsition et les applaudissements de la chambrée confondaient, dans leurs\nsalves, le compositeur de la Symphonie et le fondateur, en 1865, des Con-\ncerts populaires.\n   La deuxième partie du Concert comportait l'ouverture d'Eléonore\n(Fidélio) de Beethoven, un Concerto de Henri Vieuxtemps qui dirigea\nquelque temps les Concerts populaires (concerto médiocre magnifié par\nl'archet magique d'Eugène Ysaye), des fragments de la Damnation de Faust\nde Berlioz, des pages du Crépuscule des Dieux (Voyage au Rhin — Marche\nfunèbre de Siegfried) et des Maîtres Chanteurs.\n   C'est Joseph Dupont qui conduisait l'exécution de ces œuvres. C'est\nassez dire la supériorité, l'ampleur, le coloris, l'émotion, le feu sacré de\nl'interprétation.\n   Lorsque le réputé capellmeister, incontestablement le meilleur que pos­\nsède la Belgique et celui dont la personnalité enflamme le plus prestigieu-\nsement les masses instrumentales; celui qui, pour nous servir de l'excellente\nexpression de F. Gevaert, est un des grands « virtuoses de l'orchestre »,\ncelui qui joue de ces compliqués et considérables ensembles de voix\nhumaines, de cordes, de bois et de cuivres ainsi que Rubinstein joue du\npiano; — lorsque, disons-nous, Joseph Dupont est remonté à son pupitre\naprès une éclipse de plus d'un an, la salle, bondée du parterre au cintre, lui\na fait une de ces ovations triomphales qui dédommagent en quelques\nminutes, les artistes de sa trempe, des avanies et des injustices philistines.\n   Mais les salves d'applaudissements ont peut-être été plus nourries et plus\nvéhémentes encore, après l'exécution des morceaux, surtout après le Voyage\nau Rhin et la Marche funèbre\n   Le Voyage au Rhin n'avait pas encore été exécuté au Concert et n'avait\nété entendu à Bruxelles que par ceux qui assistèrent aux représentations de\n"}, {"page_pdf": 146, "texte": "                                 — 127 —\n\nla troupe d'Angelo Neumann, il y a quelque huit ans. La symphonie décrit\nles adieux de Siegfried, le chercheur d'aventures, et de Brünhilde, sa\ndivine épousée, puis la fanfare caractéristique rhythme joyeusement la\ncourse du héros à travers les contrées ouvertes à son intrépidité. Mais à ces\nnotes vibrant de jeunesse et d'insouciance, aux tendres rappels des amours\ndu couple cher à Wotan, se mêlent des mélodies plus graves : la plainte\ndes filles du Rhin, les présages des Nornes, les angoisses des dieux menacés,\nla malédiction d'Albérich, les embûches du sinistre Hagen, la mort du\ndernier Velse et de Briinhilde, l'embrasement suprême du Walhall...\n   Mais trève de pressentiments, ils ne parviennent pas à ébranler la con­\nfiance du héros. Siegfried n'écoute pas plus les augures lugubres que la\nvoix aimante qui le rappelle vers le rocher nuptial. C'est à peine si les\noccultes et fluides avertisseurs offusquent et lui voilent le rayonnement de\nla nature tangible, ou plutôt il épand lui-même le renouveau, la chaleur\net la lumière. Déjà sa fanfare argenté les échos ténébreux du burg de\nGunther !\n                                                                   G. E.\n"}, {"page_pdf": 147, "texte": "                                        — 128 —\n\n\n\n\n                                MEMENTO\n                                                    L'Art belge fait en lui une perte irrépa­\n   Mme Fontainas, la mère de notre poète          rable, non seulement comme chanteur, mais\n André Fontainas, vient de mourir à               comme propagateur de la musique fla­\n Paris.                                           mande.\n   Nous prions notre ami de recevoir, en            Emile Blauwaert avait à cœur de faire\n cette triste circonstance, l'assurance des       connaître à l'étranger ses compatriotes. A\n plus vives sympathies que lui transmet           Berlin, à Londres, à Vienne, il faisait con­\n la Jeune Belgique tout entière.                  naître nos lieder nationaux, le Lucifer et les\n                                                  autres œuvres de notre grand musicien\n                                                  Peter Benoit.\n\n\n   Un de nos artistes du chant les plus sin­\n                                                     La critique de Siegfried dans le Matin :\ncères et les plus personnels, le magistral\n                                                  « Enfin, l'orchestre et les CHŒURS, sous la\ninterprète des œuvres de Peter Benoit, le\n                                                  direction de M. Franz Servais, un des plus\nbaryton Emile Blauwaert, est mort ce mois\nà Bruxelles,                                      fervents disciples du maître, ont marché\n                                                  très convenablement. »\n   Né à Saint-Nicolas en 1845,i1était devenu\nsimple violon dans l'orchestre du Théâtre\nflamand. Un jour il eut l'idée de se consa­\ncrer au chant.\n                                                    De notre collaborateur Francis Vielé-\n   En compagnie de Reubsaet, qui, depuis          Griffin ce diptyque : Le Porche-Eurythmie,\nduc de Camposelice, tenta dans des concerts       sous presse pour une édition hors com­\ndont il fit presque tous les frais, de faire\n                                                  merce.\nconnaître à Paris les œuvres musicales de\nnos compatriotes, il se mit à l'étude et entre­\nprit quelques tournées en Hollande et en             Meissonier vient de mourir à Paris. On\nBelgique.                                         a calculé que sa peinture valait 200 francs\n   La création à Anvers du rôle du Spot-          le centimètre carré. Nous espérons bien que\ngeest, dans l'Oorlog de Benoit, le consacra       d'ici à peu de temps on vendra ses toiles au\ndéfinitivement. Avec Ernest Van Dyck, un          détail.\nautre Belge, il devint pendant quelques\nannées, le chanteur habituel des Concerts\nLamoureux où il se fit entendre dans diffé­          Une pensée inédite de Léon Dardenne :\nrents fragments de Wagner que l'on exécu­            « Quand on ne l'a pas encore eu, on ne\ntait à Paris pour la première fois.               sait pas ce que c'est. »\n   On se le rappelle ici à Bruxelles, aux Con­\ncerts populaires, dans les Adieux de Wotan,\nla Rêverie de Hans Sachs, le final des Maî-\ntres Chanteurs.                                     Nous adressons nos remerciements à tous\n   Lorsque Lamoureux tenta Lohengrin à            nos confrères de la presse, qui ont témoigné\nl'Eden, il fut chargé du rôle de Frédéric de      leur sympathie pour notre œuvre de propa­\nTelramund, et il y a deux ans, il était engagé    gande littéraire à l'occasion de notre ban­\nà Bayreuth pour jouer Gurnemanz dans              quet , la Nation , la Réforme , l'Etoile\nParsifal.                                         belge, le Journal de Bruxelles, l' Indépen-\n"}, {"page_pdf": 148, "texte": "                                              129 —\n\n dance, la Mosaïque, le Stylet, le Réveil,         au moment voulu, braquer le bulletin de\nl'Eventail, la Chronique, la Coulisse théâ-        vote et faire feu.\ntrale, le Journal de Liége, le Journal de            « Il paraît que la Jeune Belgique a la\n Gand, l'Impartial, l'Art moderne, etc.            prétention de « donner un cerveau » à\n    Quant au chroniqueur du Soir, il a été         MM. Woeste et Mélot! Cela fera rire de la\npris, soudain, d'un accès de gastrite, ce qui     Jeune Belgique même à Bruxelles « cœur-\n l'a reconcilié probablement avec l'Indépen-      cerveau ! »\ndance.                                               « Après cette tirade contre laquelle per­\n    Le Courrier de Bruxelles n'a pas voulu        sonne n'a du reste protesté, M. le citoyen\nse laisser dépasser en bêtises et en mauvaise     Janson a exécuté un solo de trombone « de\nfoi, même par le Patriote; voici l'article        grande allure », dit la Réforme. Puis\nqu'il publiait au lendemain de notre fête :       M. Giraud a couronné la fêle en portant un\n    « Le banquet de la Jeune Belgique, que        toast au père de l'Enfant du Crapaud.\nnous avons annoncé, a eu lieu hier. Il a             « Digne couronnement ! »\nmalheureusement, comme c'était à crain­              Notre ami Albert Giraud, dont le nom\ndre, dégénéré en manifestation plus ou            était seul cité par le dragon de vertu de ce\nmoins radicale.                                   follicule burlesque, répliqua par la lettre\n    « L'auteur de l'Enfant du        Crapaud,     suivante :\nd'odieuse mémoire, Vanderkindere, Ar­\nnould, P. Janson et tutti quanti y assis­                « Monsieur le rédacteur en chef,\ntaient, plus un éditeur de livres pornogra­          « Vous avez publié, dans votre numéro du\nphiques qui a eu de fréquents démêlés avec         17 janvier, à propos du banquet jubilaire\nla justice.                                       de la Jeune Belgique, un article rempli\n    « On y a fait l'éloge du fondateur de la      d'inexactitudes.\nrevue de la Jeune Belgique, qui fut de la            « Vous prétendez que cette fête artistique\nRéforme, et un des collaborateurs de              a dégénéré en manifestation radicale.\nl'Etoile a célébré « la petite chapelle d'au­        « Comme le Courrier de Bruxelles n'était\ntrefois, devenue aujourd'hui une église (sic)     pas représenté au banquet, il faut donc ou\nqui a triomphé de la haine de l'art qui           bien que vous ayez mal lu les articles des\ncaractérise la ploutocratie belge et de           autres journaux, ou que votre bonne foi ait\nl'honorable et inviolable ignorance de cer­       été surprise.\ntains députés ». Saluez MM. Woeste et                « La Jeune Belgique ne s'est jamais occu­\nMélot ! I1 a même ajouté : « L'un d'eux,          pée de politique, et son existence même\npardonnez-lui, messieurs, est aujourd'hui         serait compromise le jour où elle s'en occu­\nministre des beaux-arts ».                        perait. Elle compte parmi ses collaborateurs\n  « Voilà le fond de ce discours « à épi-         et parmi ses abonnés des représentants de\nthètes cinglantes, à périodes batailleuses »,     tous les partis. L'accuser d'être au service\nqui a été le succès oratoire de la soirée, s'il   d'une opinion politique, c'est non seule­\nfaut en croire la Réforme.                        ment altérer la vérité, mais encore — et je\n  « Le même orateur a ajouté, afin d'ac­          vous prie d'y réfléchir — essayer de lui\ncentuer la manifestation politique dont ce        causer un dommage parfaitement évaluable\nbanquet a été le prétexte :                       devant les tribunaux civils.\n  « Si les gens qui ne pensent pas plus              « L'argument que vous croyez pouvoir\nhaut que leur ventre et se fâchent contre         tirer de la présence d'un député libéral ne\nceux qui veulent leur donner un cerveau, ne       tient pas. Deux députés indépendants de\ncomprennent pas que dans notre incertaine         Bruxelles figuraient parmi nos souscrip­\net fragile Belgique la seule entreprise vrai­     teurs. S'ils avaient pris la parole au dessert,\nment nationale est celle des beaux-arts,          nous leur eussions fait le même accueil\npourquoi ne pas user contre eux de leurs          qu'à leur éminent collègue.\npropres armes, pourquoi ne pas créer la              « Le député dont il s'agit a d'ailleurs trop\nLigue des intérêts artistiques, qui saurait,      de tact et de courtoisie pour transformer\n"}, {"page_pdf": 149, "texte": "                                               — 130 —\n\nune fête littéraire en une manifestation de          dixième anniversaire. Nous le remercions\nparti. Il a promis de continuer à défendre à         avec la même éloquence.\nla Chambre la cause de l'art libre. Rien de\nplus, rien de moins. Et si l'on vous a dit le\ncontraire, on vous a trompé.\n   « Vous n'êtes pas plus exact en ce qui               Les deux grandes nouveautés du mois, à\nme concerne. La phrase que vous citez ne             Paris, sont Thermidor de Sardou et le\ns'adresse pas à M. Mélot, mais à un député           Pèlerin passionné de Μορεας, adaptation de\nde la gauche, qui supplia naguère le gou­            Shakespeare, musique de Remi Belleau. A\nvernement de refuser les salles du Palais            l'un Antoine s'est offert, à l'autre on a offert\ndes Beaux-Arts à l'exposition des XX.                un banquet. Barres a bu à Baudelaire, qui\n   « Quanta M. Mélot lui-même, j'ai regretté         malheureusement est mort, Verlaine a\nqu'il eut naguère, à la Chambre, réclamé             trouvé : « Moréas médiocritas » et tout le\nune diminution du budget des beaux-arts,             monde a pris le Pirée pour un homme.\nau profit du budget de la voirie vicinale.              Franchement, on aurait pu trouver une\n   « Il est difficile, je pense, de se montrer       autre occasion de réunir les Jeunes artistes\nplus impartial.                                      sincères de France, qui se tiennent à l'écart\n   « Il ne me convient pas de relever ce que         dugrand cabotinage contemporain. Moréas,\nvous dites à propos du toast final. J'ai bu à        qui a jadis écrit de beaux vers, ira dans\nla santé d'un écrivain qui honore la Bel­            quelques années, après cet engouement\ngique, comme j'eusse bu à celle de Charles           passager, retrouver Rollinat et Péladan.\nBaudelaire, un grand écrivain catholique,               Nous empruntons à Jules Huret, de\ninjustement condamné naguère par un tri­             l'Echo de Paris, le compte-rendu de ce\nbunal dont la postérité a cassé l'arrêt.             banquet:\n   « J'espère que je devrai, non pas à la loi,\n                                                             « Le Banquet des         Symbolistes\nmais à votre loyauté, l'insertion de cette\n                                                          « J'avais reçu, il y a quelques jours,\nlettre peu « radicale », et vous prie d'agréer\n                                                       comme tous les amis de Jean Moréas, le\nl'assurance de ma considération la plus dis­\n                                                      petit, billet suivant : (Suit l'invitation).\ntinguée. »\n   Ah oui ! compter sur la loyauté de ces                 « Il s'agissait d'un banquet fixé à hier\ngens là! Le Courrier n'inséra pas et se               soir, en l'hôtel des Sociétés savantes, rue\ncontenta d'une note réservée.                         Serpente.\n                                                          « Je n'ai pas manqué d'accepter cette\n                                                      aimable et rare invitation. Et j'ai assisté,\n                                                      hier soir, à une de, ces fêtes où tout paraît\n  Les Roses, par Eddy Levis, ont été ras­             neuf, les visages, les belles espérances, les\nsemblées en un précieux bouquet :                     façons, tout. Neuve aussi l'idée de réunir\n Oh ! j'adore les fleurs et j'en mettrais partout,    cent poètes, artistes et musiciens en une\n Dans mes cheveux, à mon corsage, sur ma jupe,         sorte de corporation solidaire, fêtant, sans\n Partout ! Je ne puis voir un calice debout            arrière-pensée, le succès d'un des leurs.\n Sur sa tige, sans que ce désir ne m'occupe :\n                                                       Pour amicale qu'elle. était, cette fête com­\n Le prendre, le tenir dans mes doigts, l'aspirer I\n                                                       portait peut-être, un sens plus large : c'était,\n  Mais plus ! Eddy Levis en a fait un mono­\n                                                       en quelque sorte, sur la tête d'un de ses\nlogue pour jeune fille et il a bien fait.\n                                                       jeunes capitaines, le baptême public du\n                                                       bataillon qui s'arme pour les combats de\n                                                       demain. L'éternelle lutte littéraire n'est\n  Jean d'Ardenne, qui jamais ne laisse pas­          . pas finie en. effet ; je l'ai bien vu, hier, et\nser l'occasion d'entretenir ses lecteurs du            ces jeunes, qu'on a tant bafoués, il y a quel­\nmouvement littéraire belge, a donné dans              ques années, ne sont, pas disposés,, je vous\nune de ses lettres au Figaro, un enthou­               l'assure, à accepter les critiques faciles, à\nsiaste compte-rendu de la fête de notre                en venir aux transigeances que leur deman-\n"}, {"page_pdf": 150, "texte": "                                         — 131 —\n\ndent les timorés, pas plus qu'à se soucier            « C'est le tour de Clovis Hugues, venu\ndes quolibets et des sarcasmes ëculés que          là, lui aussi, pour manifester de l'union. Il\nleur décochent les fabricants brevetés.            déclame, de la voix qu'on connaît, plusieurs\n                                                   strophes sur la liberté de;l'art dont voici la\n   « On mange. Mal, d'ailleurs.                    dernière :\n   « Stéphane Mallarmé cause avec Mir­                    La liberté ! la liberté !\nbeau, oréas ne mange pas, il frise, sans                  Dans l'art comme dans la cité,\n                                                          Jusqu'aux derniers confins du rêve\ntrêve, sa moustache bleue, et paraît, de                  Un chant après un autre chant,\nloin, entretenir de son esthétique M. Ana-                Le soleil saigne en se couchant ;\n                                                          Mais c'est toujours lui qui se lève!\nFrance qui l'écoute. M. Chabrier s'entre­\n                                                      « On se lève pour prendre le café.\ntient avec Félix Fénéon, roule à fleur de\ntête ses yeux brillants et terribles et montre        « M. Mallarmé me dit qu'il est enchanté\nses dents si blanches.                             de cette soirée qui est une manifestation de\n                                                   solidarité littéraire, telle qu'on n'en a jamais\n   « Au dessert, les toasts. Les voici :           vue, heureux aussi pour Moréas qui mérite\n   « M Mallarmé dit :                              bien le succès qui l'accueille. Catulle\n   « Jean Moréas qui, le premier, a fait d'un      Mendès arrive; on l'entoure aussitôt; il\nrepas la conséquence d'un livre de vers, et        vient de débarquer du train de Belgique, et\nuni pour fêter le Pèlerin passionné, toute         on le questionne beaucoup sur ses confé­\nune jeunesse auroraIe,à quelques ancêtres,         rences en pays flamand. Anatole France\nheureux présage,                                   erre, bienveillant et fatigué; Octave Mir-\n   « Ce toast,                                     beau, dont les yeux verts et mobiles sem­\n   « Au nom du cher absent Verlaine, des           blent toujours chercher du nouveau, me\narts camarade et de plusieurs de la presse,        dit : « Mallarmé, c'est un être simple et bon\nau mien, de grand cœur.                            et grand comme le monde ; si je croyais à\n   « Jean Moréas a répondu :                       Dieu, par moments je croirais que Dieu\n   « Seul un silence reconnaissant signifie­       c'est Mallarmé!» Et à quelqu'un qui lui\nrait combien je garderai doux le souvenir de       demandait comment il trouvait ce dîner\ncette fête. Je me tairai donc, mais non avant      exécrable : \" Pourquoi voulez-vous que\nd'avoir porté la santé de Paul Verlaine.           j'aie mal dîné? J'étais à côté de Mallarmé! \"\n   « Applaudissements unanimes.\n                                                      « Maurice Barrés va et vient. Il n'a pas\n   « M. Henri de Régnier prend ensuite la\n                                                   l'air trop las, et me dit qu'il aime beaucoup\nparole.\n                                                   Moréas.\n   « M. Maurice Barrès boit à la santé d'un\nde ceux qui sont morts trop tôt, à Charles            « Et maintenant, poètes symbolistes, aux\nBaudelaire !                                       chefs-d'oeuvre !\n                                                                              « JULES      HURET   »\n   « M. Charles Morice lit un sonnet.\n   « On boit ensuite à Anatole France et à\nla critique parisienne; M. Lintilhac, profes­\nseur en Sorbonne, boit au Roumain Ron­                Nos remerciements, et nos plus vives féli­\nsard et au Chénier de Constantinople; aux          citations à M. Charles Van der Stappen qui\npeintres et graveurs impressionnistes pré­         nous avait conviés à voir ayant son installa­\nsents ; M. Chabrier dit que c'est auprès des       tion, le surtout de table exécuté par lui pour\npoètes que viennent se réchauffer les musi­        la ville de Bruxelles. Les trois pièces qui le\n ciens : il boit à Mallarmé et à Moréas; Gnieste   composent sont du plus heureux effet déco­\n boit à Redon avec des vers de Charles             ratif; — les moindres détails sont d'une\n Baudelaire.                                       conception personnelle et originale — il y a\n   « M. du Plessis lit une très jolie poésie.      des trouvailles charmantes comme ces\n    « Quelqu'un porte la santé d'Octave            fleurs d'iris utilisées pour les candélabres\n Mirbeau, le journaliste vigoureux, le roman­      — et l'ensemble est bien digne de figuier\n cier puissant. On applaudit à outrance et         dans le merveilleux palais communal de la\n longuement.                                       Grand'Place.\n"}, {"page_pdf": 151, "texte": "                                        — l32\n\n                                                  d'un air piteux : « Que voulez-vous? Je ne\n                                                  veux pas avoir l'air d'être arriéré !... »\n\n   Ont paru chez Deman : Les Flambeaux\nnoirs, par Emile Verhaeren.                      Les Revues :\n   D'Odilon Redon, ces lithographies :            Livraison des plus intéressantes de la\nFemme - Serpent,       Yeux-clos, Sainte au Société Nouvelle; articles de Giraud, Des­\nChardon, dont quatre épreuves avant la trée, Van Lerberghe, Krains, Maubel, Emer­\nlettre, signées.                               son, Lemonnier, Nautet, etc.\n   En souscription : Les Fleurs du mal,           Le Mercure de France, qui a doublé son\ninterprétation d'Odilon Redon.                 format, publie des fragments inédits de Vil­\n                                               liers, Lemonnier, Morice, Vallette. L'Ermi-\n                                               tage, les Jeunes, le Magasine       français,\n   Georges Rodenbach n'est guère recon­ nouvelle publication pour familles, Ame-\nnaissant envers ses amis les esthètes ; voici rica en Paris, revista quincenal, l'Art dans\nles petits cailloux qu'il leur envoie de Paris les Deux-Mondes, journal hebdomadaire\ndans le Journal de Bruxelles; il devient illustré, à lire régulièrement, reproductions\ntout à fait frondeur.                          de Forain, Degas, Bellegambe, etc., la Revue\n   « Il faut convenir que nous assistons, générale, conte de Louis Trederne, notre\ndans certains petits cénacles, fort peu nom­ collaborateur, le Magasin littéraire et\nbreux, du reste, à de singuliers engoue­ scientifique, avec un étalage des mieux\nments dont il serait facile de triompher. En réussis et des plus artistiques — on recon­\nvoulez-vous un exemple : un de ces jeunes naît des jeunes; le Journal des Etudiants\npeintres excentriques, M. Van Gogh, qui de Bruxelles, littéraire vraiment, témoin\nfaisait de la peinture presque cubique, son numéro étrenne; comme nouveautés :\nentassant la couleur par plaques, par le Réveil, sonné à Louvain par un beau\ntas à certaines places, était considéré par carillon de lettres, et les Essais, publiés\nquelques-uns d'ici comme un extraordinaire par le Cercle littéraire français de Gand.\nartiste. Vous devez le connaître à Bruxelles\naussi, car il exposa aux XX. Or, ce Van\nGogh, qui habitait Anvers, était notoire­\n                                                  Flumen, par Pierre Devoluy; à la direc­\nment fou. Il voulut un jour se couper une\n                                               tion des Ecrits pour l'Art. Un Voyage, en\noreille et se l'entailla même presque com­\n                                               vers selon la formule de René Ghil, vers la\nplètement. Enfin la démence lui donna des\n                                               Terre d'amour universel, l'Age d'or, le\nidées de persécution. Et un jour il se tua\nd'un coup de revolver. Folie héréditaire, Chanaan promis. Aucune émotion; la muse\ncar son frère, qui était employé chez Bous- de M. Devoluy se promène dans les jardins\nsod et Valadon et montrait les œuvres du. de Delille en lisant les lois de l'évolution.\npeintre avec on sait quel lyrisme, est de­\nvenu fou aussi et est mort dans une maison\nde santé au mois de janvier.                      MM. Léon Herbo, L. Valckenaere et Ch.\n  « Voilà donc un peintre sûrement dément      Van    den Eycken ont ouvert ce mois une\ntandis qu'il peignait, et mort fou, dont on exposition de leurs œuvres au Cercle artis­\nprésente les œuvres comme des chefs- tique.\nd'œuvre et les modèles absolus de la pein­\nture nouvelle 1 La joyeuse farce ! Il ne man­\nquerait plus que de les envoyer à Berlin.\nEt au fond de tout cela qu'y a-t-il? Une\nimmense badauderie, un vaste snobisme\ndont un de ces bons esthètes, interpellé sur\nses extraordinaires admirations, faisait l'aveu\n"}, {"page_pdf": 152, "texte": "                   P a u l LACOMBLEZ\n     É D I T E U R D E « LA J E U N E B E L G I Q U E »\n                               3i,. rue des Paroissiens\n                                      BRUXELLES.\n\n\nCatalogue des livres de fonds et en n o m b r e d'auteurs belges :\nBAUDOUX (Fernand)     . .      Rythmes vieux, gris et roses, un volume in-16. . fr. 3 50\nCHAINAYE (Hector) .   . .      L'Ame des choses                                         2 »\nDELATTRE (Louis) .    . .      Contes de mon village, avec une introduction de\n                                  Georges Eekhoud, un volume in-18                      3 »\nEEKHOUD (Georges). . .         Nouvelles Kermesses, avec frontispice de Léon Dar-\n                                  denne, 1 volume in-8° (quelques exemplaires) . . 7 50\n      —                        La Nouvelle Carthage, un volume in-16                    3 50\n                               (Les autres ouvrages du même auteur sont épuisés).\n      —                        Les Fusillés de Malines, un volume in-18 . . . . 3 50\nGILKIN (Iwan) . . . .          La Damnation de l'artiste                               15 »\nGIRAUD ( A l b e r t ) . . . . Hors du Siècle, un volume in-8°                            350\n      —                        Pierrot lunaire, un volume petit in-12                   2 »\n      —                        Pierrot Narcisse (épuisé).\n      —                        Dernières fêtes, poésies (sous presse).\nGOFFIN (Arnold). . . . Journal dAndré (1885) (épuisé).\n      —                        Delzire Moris (1887) (épuisé)                            3 »\n      —                        Impressions et Sensations (1888)                         3 \"\n      —                        Maxime (1890)                                            3 »\nITIBERÊ DA CUNHA (J.) . . Préludes, poésies; un vol. in-16 raisin                       3 »\nJEUNE BELGIQUE (Le Parnasse de la), pièces diverses de dix-huit poètes belges, un\n                                  fort volume in-8°                                     7 50\nLACOMBLEZ (Paul) . . .         Un Baptême, pièce à dire pour jeunes filles. . . . 0 25\n      —                        Les Confitures, monologue pour jeunes filles . . .       1 »\n      —                        Pensionnaires,                 id.              . . .     1 »\n      —                        Romanesque!...                 id.              . . . 0 75\n      —                        Skating,                       id.              . . . 0 75\n      —                        Jeunes filles, monologues et pièces à dire (plaquettes,\n                                  in-16)                                                2 »\n      —                        Loth et ses filles, poème-drame en trois tableaux (en\n                                  préparation).\nLAVACHERY (Alfred) . . . Contes et Nouvelles, avec illustrations de L. Bauës.\n                                  E. Berchmans, E. de Baré, E. Delpérée, etc., un\n                                  volume grand in-8° carré                              5 »\nLEMONNIER (Camille) . .        En Brabant, contes, un volume in-18. . . .            . 0 60\n      —                        Les bons amis, conte,          id.           0              60\n      —                        Trois contes,                  id.           0              60\n      —                         Les Charniers (Sedan),        id.                       3 50\n      —                        Ceux de la Glèbe (la Genèse, la Glèbe, les Concu­\n                                  bins, etc.), 1 volume in-18                           3 50\n      —                        En Allemagne, 1 volume in-18                             3 50\n      —                        Happe-Chair,             id.                             3 50\n      —                        L'Hystérique,            id.                       . . 3 50\n      —                        Madame Lupar,            id.                             3 50\n      —                        Le Mort, nouvelles,      id.                             1 25\n      —                        Un Mâle, avec dessin de X. Mellery, 1 volume in-18. 3 50\n      —                        Thérèse Monique, 1 volume in 18                          3 50\nLE ROY (Grégoire). . .         Mon cœur pleure d'autrefois, un volume in-8\" avec\n                                  un frontispice de Fernand Khnopff                    10 »\nMAETERLINCK (Maurice) .        Les Aveugles (L'Intruse. Les Aveugles), un vol. in-18. 3 »\n      —                        La Princesse Maleine, un volume in-18                    3 50\n      —                        Serres chaudes, un volume in-18                          3 »\n                               (Il a été tiré de chaque ouvrage 3 exemplaires sur\n                                  Japon à 15 francs et 7 exemplaires sur Hollande à\n                                  fr. 6-00).\n"}, {"page_pdf": 153, "texte": " MAETERLINCK (Maurice)      .  L'Ornement des noces spirituelles, par Ruysbroeck.\n                                   l'Admirable, traduit du flamand sur les textes au­\n                                  thentiques retrouvés au cloître du Val-Vert, et\n                                   précédé d'une Introduction (sous presse) . . . .\n MAUBEL (Henry) . . .          Max Waller, une plaquette in-8° (épuisé) . . . .           1 »\n       —                       Miette, un volume in-16                                   2 50\n NAUTET (Francis) . . .        Notes sur la littérature moderne, deux séries. Chaque\n                                  série en un volume in-16 .                             3 50\n NYST (Raymond) . . .          Volume ayant pour titre une épigraphe, avec un fron­\n                                  tispice colorié et un dessin de Nestor Outer . . .     5 »\n PLÉIADE (La), journal littéraire mensuel.\n                               Première année (1889), les douze numéros . . . .          3 »\n                               Chaque numéro séparément                               . 0 30\n                               Seconde année, les douze numéros (très rare) . . .        5 »\nRODENBACH (Georges) . .        L'Art en exil, roman, un volume in-18                     3 50\n       —                       L'Hiver mondain, poésies, un volume in-18 . . .           5 «\n       —                       La Jeunesse blanche, id.             id.     . . . .      3 »\n                               La Mer élégante,          id.        id.     . . . .      3 «\n       —                       Du silence,               id. un volume in-16 . . . 1 50\n      —                        Les tristesses,           id. un volume in-18 . . .      3 »\nSEVERIN (Fernand) . . .        Le Lys, poésies, avec une eau-forte de Henry De\n                                  Groux, un volume in-16                                2 »\n                              (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon et 25 exem­\n                                 plaires sur Hollande).\n      —                       Le Don d'Enfance, poèmes ; un volume in-16 raisin . 2 »\n                              (II a été tiré 8 exemplaires sur Japon et 32 exem­\n                                 plaires sur Hollande).\nSLUYTS (Charles) . . .        L'appel des voix, poésies, un volume grand in-16. . 2 »\n                              (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon et 25 exem­\n                                 plaires sur Hollande).\nVAN LERBERGHE (Charles).      Les Flaireurs, drame, une plaquette grand in-16 . . 1 »\n                              (Il a été tiré 25 exemplaires sur Hollande à 2 francs).\nWALLER (Max) . . . .          La Flûte à Siebel, un vol. in-8°, papier vergé . . .      5 »\n                              (Il a été tiré 75 exemplaires sur papier impérial Van\n                                 Gelder à 10 francs).\n                              Les autres ouvrages de Max Waller sont épuisés.\n\n\n\n                           A LA MEME LIBRAIRIE :\n   Tous les ouvrages de nos collaborateurs français : Charles Buet, Henri de Régnier,\nJ.-K. Huijsmans, Stéphane Mallarmé, Francis Vielé-Griffin, Paul Verlaine, etc., etc.\n   L ' é d i t e u r P a u l Lacomblez prie les j e u n e s écrivains belges, désireux de voir\nleur nom figurer dans son catalogue, de se mettre en r a p p o r t avec lui et de lui\ndonner en dépôt quelques exemplaires de leurs ouvrages.\n\n\n   La librairie P. Lacomblez ouvrira un compte à toute personne notoirement solvable,\npour la fourniture des ouvrages portés au catalogue ci-dessus et, en général, de toute la\nlibrairie littéraire.\n   Ces comptes pourront être soldés en dix paiements mensuels, dont le premier s'effec­\ntuera à la livraison des volumes.\n   Il sera répondu à toute demande de renseignements bibliographiques accompagnée\nd'un timbre pour la réponse.\n\n\n\n\n                   Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 32, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1891-02-01", "preuve": "Février 1891, numéro 2, couverture PDF 114 ; aucun jour imprimé."}}