{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Mai 1891", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 222, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 190, "texte": "Mai 1891.                               TOME X. — N\" 5                                     i i\" ie Année.\n\n\n\n\nLA\n      JEUNE\n                 BELGIOUE\n                                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 222, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 1691, "texte": "SOMMAIRE:\n         Protectionnisme littéraire                   LA JEUNE BELGIQUE.\n         Chevalerie rustique                          GEORGES EEKHOUD.\n         Panthée                                      CHARLES VAN LERBERGHE.\n        Proses                                        GEORGES DESTRÉE.\n        Vers                                  • , . VICTOR REMOUCHAMPS.\n        Chronique littéraire :\n           Les représentations de R o s s i . . . .   E. V.\n           Les Dernières Fêtes                        IWAN GILKIN.\n           Les Flambeaux noirs. — L'ornement\n             des Noces spirituelles                   VALÈRE GILLE.\n           La Nouvelle Cartilage                      EUGÈNE DEMOLDER.\n        Chronique artistique :\n          Exposition de l'Essor                       GRÉGOIRE LE ROY.\n        Memento                                       NEMO.\n\n\n\n\n         REDACTION                                                 BRUXELLES\n58, BOULEVARD D'ANDERLECHT, BRUXELLES.                     PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                  31, rue des Paroissiens\n                                                                       PARIS\n     PRIX DU NUMÉRO                                       LIBRAIRIE DE l'Art         Indépendant\n                                                              11, rue de la Chaussée d'Antin\n             fr. 0-75.\n                                                                          1891\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "librement", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "GIL BLAS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 223, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 798, "fin_caractere_exclue": 1918, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n       10. — AUGUSTE J..., Dour. Nous avons lu de meilleures choses de vous; pièce beau­\n  coup trop lâchée, beaucoup trop vague; une langue est faite pour exprimer des idées et\n  non pour imiter une cornemuse enrhumée. Expressions impropres comme « cloche\n  copte ».\n      M. — Louis TRÉDERNE. Avons remis au dédicataire le conte envoyé; recevrez nouvelle\n  sous peu; que ceci ne soit qu'un accusé de vie. Amicalement.\n       12. — JACQUELIN. Sur le Grand-Tout le capitaine Ramollot avait cette opinion : « M'en\n. f..., mais il y a quelque chose dont le plus malin en ignore la cause •>; méditez et ne vous\n  tracassez plus à la recherche des causes premières, cela vous dispensera de nous envoyer\n  de la bien mauvaise prose.\n       13. — T. V. Liège. Nous ne vous demandons pas tant de détails intimes; vos vers\n  accusent un tempérament faunesque très prononcé que nos lecteurs réprouveraient. Vous\n  concupiscez (et dire qu'il y a des grincheux pour déclarer que les mots de la langue\n  française n'ont pas été bien formés!) nous disions donc que vous concupiscez trop\n  librement.\n\n\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 197, "page_fin": 199, "titre_corps": "Protectionnisme littéraire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "PROTECTIONNISME LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 224, "page_imprimee": 197, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 1714, "texte": "PROTECTIONNISME LITTÉRAIRE\n\n\n                               A propos de la nouvelle politique douanière\n                            de la France et de la dénonciation, faite par la\n                              , Belgique, de la convention littéraire conclue\n                              'jadis avec ce pays, on a beaucoup parlé, à\n                                Paris et à Bruxelles, d'un retour possible au\n                            régime de libre contrefaçon et de piraterie\n                                  littéraire.\n                                     M. Zola et M. Jules Simon ont déclaré\n                                  que la Belgique allait redevenir le pays de\n                 la contrefaçon.\n                    M. Simon et M. Zola se trompent. Il n'est pas possible\n                 que, dans un vain espoir de représailles, la Belgique se\n                 déshonore et renie des principes de probité qu'elle a\n                 reconnus dans une série d'actes législatifs.\n                    La loi de 1886 proclame que le droit de propriété litté­\n              raire et artistique est un véritable droit de propriété. Porter\n              atteinte à ce droit, sous un prétexte politique quelconque,\n              c'est commettre un vol.\n                  Nous, écrivains belges, nous avons notre mot à dire dans\nla question. Nous supplions nos gouvernants de fermer l'oreille à toute\nsuggestion, si captieuse soit-elle, de priver nos frères français, ou n'importe\nquel étranger, des droits qui sont reconnus par la loi de 1886 à tout écrivain.\nNous faisons appel aux auteurs de cette loi pour qu'ils défendent leur\nœuvre. Nous faisons appel à la chaude éloquence de M. Paul Janson,\n"}, {"page_pdf": 225, "page_imprimee": 198, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3041, "texte": "                                       — 198 —\n\n\nqui, lors du banquet de la Jeune Belgique, nous témoigna tant de sym­\npathie. Qu'il veuille bien parler en notre nom et déclarer que nous\nrepoussons hautement toute complicité dans les attentats que tel ou tel\npoliticien sans vergogne oserait proposer contre les droits des écrivains\nétrangers.\n   Et surtout, méfions-nous des faux amis, des protecteurs improvisés —\nqui ne seraient que des protecteurs de contrebande. Mieux que personne\nnous connaissons nos intérêts. La contrefaçon ferait peut être l'affaire de\nquelques libraires et de quelques imprimeurs et graveurs ; elle ruinerait\nles écrivains et les artistes ; — pis encore : elle étoufferait leurs produc­\ntions et anéantirait du coup toute littérature, tout art national.\n   Veut-on des preuves ? Dans une lettre récemment publiée par le Figaro,\nM. Motteroz, l'imprimeur bien connu, écrivait :\n\n  « Dès que les marchands étrangers furent obligés de demander nos livres à Paris\n« ou de payer des droits pour en faire des éditions, ils eurent intérêt à faire valoir\n« les ouvrages de leurs auteurs nationaux, qu'ils fabriquaient à des prix interdits au\n« travail français. »\n\n  Même phénomène aux États-Unis. D'une intéressante étude de\nM. P. Wauvermans, publiée dans la Revue générale (avril 1891), nous\nextrayons le passage suivant :\n  Autoriser les libraires à reproduire les romans anglais sans aucun droit d'auteur,\ninviter les directeurs de théâtres et de concerts à représenter et exécuter les œuvres\nétrangères sans aucune taxe ni rémunération, laisser libre carrière aux éditeurs de gra­\nvures pour la reproduction des tableaux exposés sur le continent, n'est-ce pas, par voie\nde conséquence immédiate, placer dans un état d'infériorité les écrivains, les drama­\nturges, les compositeurs, les peintres américains, qui cherchent à vendre le droit de\nreproduction ou d'exécution de leurs œuvres.\n   Pourquoi leur aurait-on acheté leurs œuvres, alors qu'il était licite de s'emparer, sans\nbourse délier, de l'œuvre de leurs confrères dépouillés?\n  A cet égard l'on ne saurait rien invoquer de plus éloquent que les faits révélés au cours\nde l'enquête à laquelle il fut procédé en 1886 par le comité sénatorial des brevets.\n   M. Dana Eates, l'un des principaux éditeurs de Boston, déclara :\n  « Depuis deux ans, bien que j'appartienne à une maison de publication qui édite\n« chaque année pour une valeur de près de un million de dollars, j'ai toujours dû\n« renoncer au projet de publier un manuscrit d'auteur américain. J'en ai éconduit\n« beaucoup, par centaines, pour ce seul motif qu'il est impossible d'acquitter des droits\n\" aux meilleurs auteurs, à moins qu'ils n'aient déjà acquis la célébrité par une première\n« œuvre ou par leur collaboration à des magasines. »\n  De son côté, M. Henry Holt, de New-York, déclarait que, sous l'empire de la « loi\nde curée », il ne fallait point songer à éditer des œuvres d'auteurs nationaux.\n  « J'ai publié dernièrement, disait-il, un roman de grand mérite ; la critique l'accueillit\n"}, {"page_pdf": 226, "page_imprimee": 199, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "                                        — 199 —\n\n« avec force louanges. Cependant j'ai été forcé d'écrire à l'auteur que, financièrement\n« parlant, l'affaire est désastreuse. Et cet auteur est une pauvre fille, de grand talent,\n« qui a la charge d'entretenir ses vieux parents. »\n   Un autre éditeur donna l'exemple d'une authoress qui avait traité pour des nouvelles\nà 15 dollars l'une, et dont le contrat fut abandonné pour ne prendre que des œuvres\nétrangères. L'Harpers' Weekly payait ses articles le même prix, qu'ils fussent copiés\ndans d'autres journaux ou originaux, et cette rémunération était le tiers de celle accordée\naux auteurs des illustrations les accompagnant\n  M. le D r Eggleston rappelle, dans une circulaire, que ce l'auteur américain vivote à\n« peine, obligé qu'il est de chercher encore d'autres moyens d'existence, car aujourd'hui\n« il reçoit en moyenne moins de 200 dollars pour un livre. » Et, résumant les plaintes\ndes écrivains :\n  « Ils ne demandent pas de prime pour leur travail, ni de pension, ni de sinécure; ils\n« n'exigent pas qu'un impôt frappe les livres étrangers contrefaits ici ; ils veulent\n« uniquement gagner leur vie dans une lutte loyale. Si la mesure était égale pour tous,\n« le public américain préférerait bientôt les livres américains à bon marché; un véri-\n« table esprit national se développerait, l'intelligence et le patriotisme s'élèveraient à un\n« niveau supérieur et l'Amérique échapperait à la honte d'opprimer sa propre littérature\n« par le pillage des étrangers. »\n\n   Arrière donc les faux amis qui viendraient nous parler de « nous délivrer\nde l'étranger ». Attenter aux droits des étrangers c'est attenter aux nôtres,\net, en droit comme en morale, c'est prêcher le vol.\n   La Jeune Belgique se devait à elle-même et devait à ses, amis de France\nune vigoureuse protestation. Nous ne pâtissons que trop encore de la\nréputation de corsaires, de pirates et de contrefacteurs qu'avaient si bien\nméritée nos pères (1) ; il ne faut pas que, dans un moment de mauvaise\nhumeur douanière, nos législateurs permettent de nouveau à quelques\nlibraires de nous déshonorer. Laissons à d'autres le faux-monnayage\nartistique et littéraire.\n\n                                                         LA J E U N E BELGIQUE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 200, "page_fin": 205, "titre_corps": "Chevalerie rustique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Eekhoud", "ancre_debut": "CHEVALERIE RUSTIQUE", "ancre_fin": "GEORGES EEKHOUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PANTHEE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 227, "page_imprimee": 200, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 2542, "texte": "CHEVALERIE RUSTIQUE (1)\n               Turiddu Macca, le fils de la commère Nunzia, revenu en congé,\n                se pavanait tous les dimanches sur la place, en uniforme de\n                bersagliere, coiffé de la tarbouche rouge, aussi rouge que celle\n                de la tireuse de cartes assise sur un banc avec sa cage de\ncanaris, à la sortie de la messe.\n   Les filles le mangeaient des yeux, le nez enfoncé dans leur mantille, et\nles gamins bourdonnaient autour de lui comme les mouches.\n   Il avait rapporté du régiment une pipe représentant le roi à cheval, un\nroi aussi bien fait qu'un roi vivant, et il frottait ses allumettes sur sa cuisse\nen levant la jambe comme s'il allongeait un coup de pied.\n   Mais pourtant Lola de l'intendant Angelo ne s'était montrée ni à la\nmesse, ni au balcon. Elle allait épouser un paroissien de Licodia, charretier\nde son état et possédant quatre mules de Sortino à l'écurie. D'abord Turiddu,\nen apprenant cette nouvelle, santo diavolone ! voulut lui tirer les boyaux\ndu ventre, oui, il voulait lui dévider les entrailles à ce paroissien de\nLicodia ! Pourtant il n'en fit rien et se soulagea en allant chanter tout son\nrépertoire de chansons de dépit sous la fenêtre de la belle.\n   — Il n'a donc rien à faire, Turiddu de la commère Nunzia, disaient les\nvoisins, qu'il passe les nuits à chanter comme un passereau solitaire?\n   Finalement, il rencontra par hasard Lola qui revenait d'un pèlerinage à\nla Madone du Péril, et en le voyant elle ne devint ni blanche, ni rouge,\ncomme s'il ne lui était absolument rien.\n   — Bienheureux qui vous voit ! lui dit-il.\n   — Ah, tiens, c'est vous compère Turiddu? On m'avait dit que vous étiez\nde retour au pays depuis le commencement du mois.\n   — On m'a dit d'autres choses encore à moi! répondit-il. Est-il vrai que\nvous vous mariez avec le compère Alfio, le charretier?\n   — Si telle est la volonté de Dieu ! répliqua Lola en ramenant sous le\nmenton les deux pointes de son mouchoir.\n   — La volonté de Dieu, vous l'interprétez à votre guise! La volonté de\n\n   (1) Cette nouvelle, Cavalleria rusticana, fait partie du recueil de G. Verga, intitulé\nVita dei Campi. Georges Eekhoud fit paraître, il y a quelques années, dans la Jeuen\nBelgique, une transposition française d'une nouvelle du même recueil, La Lupa.\n  Verga a mis Cavalleria rustica au théâtre sous forme de drame et un musicien italein\na tiré de celui-ci un opéra qui fait fureur en ce moment depuis les Alpes jusqu'au Vésuve.\n"}, {"page_pdf": 228, "page_imprimee": 201, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2496, "texte": "                                  — 201    —\n\nDieu a donc été que je revienne de si loin pour apprendre ces jolies nou­\nvelles, Lola !\n   Le pauvret tenta de faire encore le brave, mais sa voix était devenue\nrauque, et il marcha aux côtés de la jeune fille en se dandinant, le gland de\nsa tarbouche flottant d'une épaule à l'autre.\n   Au fond elle était contrariée de lui voir ce visage allongé, et pourtant\nelle n'avait pas le cœur de le leurrer de belles paroles.\n   — Ecoutez, compère Turiddu, lui dit-elle enfin, laissez-moi rejoindre\nmes compagnes. Que dirait-on dans le pays si on me voyait avec vous?\n   — C'est juste, répondit Turiddu. A présent que vous épousez le compère\nAlfio qui a quatre mules à l'écurie, il est inutile de faire bavarder les\ngens! Par contre, ma mère, la pauvre! a dû vendre, au temps où j'étais\nsoldat, notre mule bai et ce petit coin de vigne près de la grand'route. Il est\npassé le temps où Berthe filait! Et vous ne pensez plus aux jours où nous\ncausions, vous à la fenêtre, moi en bas dans la cour, et où vous me faisiez\ncadeau de ce mouchoir avant mon départ ? Dieu sait combien de larmes\nj'ai pleuré dans ce mouchoir en m'en allant si loin, si loin que j'aurais\npu oublier jusqu'au nom de mon pays. Donc, adieu, gna Lola. En compa­\nrant nos biens, notre ardeur s'est refroidie et c'en est fait de notre amitié.\n\n   Lola épousa le charretier. Le dimanche elle se mettait au balcon, les\nmains croisées sur le ventre, pour faire voir toutes les grosses bagues en or\nque lui avait données son mari. Turiddu continuait de passer et de repasser\npar la ruelle, pipe en bouche, mains dans les poches, lorgnant les filles d'un\nair indifférent ; mais intérieurement il se rongeait le cœur en songeant à\ntout l'or du mari de Lola et en remarquant qu'elle feignait ne pas l'aper­\ncevoir lorsqu'il passait.\n   — Je lui ouvrirai les yeux à cette chienne! grommelait-il.\n   En face du compère Alfio demeurait le compère Cola, le vigneron : aussi\nriche que le cochon est gras ! disaient les bonnes gens. Il avait une fillette à\nmarier. Turiddu manœuvra si bien qu'il entra comme messier chez maître\nCola, et commença à roder par la maison et à murmurer des paroles douces\nà la jeune fille.\n   — Pourquoi n'allez-vous pas dire ces belles choses à la Lola? répondait\nSanta.\n   — La Lola est une grande dame ! La Lola a épousé un roi couronné,\nalors !\n   — Moi je ne suis pas digne d'un roi couronné.\n   — Vous en valez cent de l'espèce de Lola, et je connais quelqu'un qui ne\n"}, {"page_pdf": 229, "page_imprimee": 202, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2191, "texte": "                                  — 202 —\n\n\nsonge plus ni à la Lola, ni à toutes les Lola du monde, devant vous dont\nune Lola n'est même pas digne de porter les souliers.\n    — Lorsque le renard ne peut arriver jusqu'au raisin...\n    — Il dit : Comme tu es belle, vigneronne de mon âme !\n    — Ohé ! Quelles mains avides ! compère Turiddu.\n    — Avez-vous peur qu'elles vous mangent?\n    — Je n'ai peur ni de vous ni de votre Dieu.\n    — Eh ! votre mère était de Licodia, nous le savons ! Vous avez le sang\nquerelleur! Laissez-moi vous manger des yeux?\n    — Mangez-moi donc des yeux; ils ne me mettront du moins pas en\nmiettes; mais, en attendant, aidez-moi à soulever ce fardeau...\n    — Pour vous je soulèverais toute la maison, oui, je le ferais comme je\nle dis.\n    Elle, pour ne pas rougir, lui jeta une souche qu'elle avait sous la main,\net le manqua — à regret, disait-elle.\n    — Dépêchons-nous, car ce n'est pas en bavardant que nous fagoterons\n tous ces sarments !\n    — Si j'étais riche, je voudrais trouver une femme comme vous, Santa.\n    — Je n'épouserai pas un roi couronné comme la Lola, mais, moi aussi,\n j'ai une dot pour le jour où le Seigneur m'enverra quelqu'un.\n    — Nous savons que vous êtes riche, nous le savons bien!\n    — Si vous le savez, dépêchez-vous, car le père va venir et je ne voudrais\n pas me faire surprendre dans la cour.\n    Le père commençait à faire la moue, mais la fillette ne remarquait pas\n ces mines, parce que le gland de la tarbouche rouge lui avait chatouillé le\n cœur et flottait toujours devant ses yeux.\n    Le père ayant chassé Turiddu par la porte, la fille ouvrit la fenêtre et\n restait babiller toute la soirée avec le soldat, si bien que le voisinage ne\n parlait plus d'autre chose.\n    — Je deviens fou de toi, disait Turiddu, et je perds le sommeil et l'appétit.\n    — Sornettes!\n    — Je voudrais être le fils de Victor-Emmanuel, pour t'épouser!\n    — Sornettes !\n    — Par la madone, je te mangerais comme du pain.\n    — Sornettes?\n    — Ah! sur mon honneur.\n    — Ah ! laissez-moi rire.\n     Lola, aux écoutes tous les soirs, cachée derrière son pot de basilic, tour à\n tour rougissante et pâlissante, appela un jour Turiddu :\n"}, {"page_pdf": 230, "page_imprimee": 203, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2503, "texte": "                                  — 203 —\n\n\n   — Ainsi, compère Turiddu, on ne salue plus ses vieux amis?\n   — Heureux, au contraire, celui qui peut vous saluer! soupira le jeune\nhomme.\n   — Si vous avez l'intention de me saluer, vous savez où je loge ! répliqua\nLola.\n   Turiddu finit par aller la saluer si souvent que Santa s'en aperçut et\nqu'elle lui ferma la fenêtre au nez. Lorsque le bersagliere passait, les voisins\nse le montraient avec un sourire et en hochant la tête. Le mari de Lola\nroulait, avec ses mules, de foire en foire.\n   — Dimanche j'irai me confesser d'avoir songé cette nuit au raisin noir.\n   — N'en fais rien! n'en fais rien! suppliait Turiddu.\n   — Oui, j'irai ; car maintenant que Pâques approche, mon mari voudrait\nsavoir pourquoi je ne suis pas allée à confesse.\n   — Ah ! murmurait Santa de compère Cola, agenouillée, et attendant son\ntour derrière le confessionnal où Lola faisait la lessive de ses péchés. Sur\nmon âme, ce n'est pas à Rome que je t'enverrais pour ta pénitence !\n   Le compère Alfio s'en revint avec ses mules, chargé d'écus, et fit présent\nà sa femme d'une belle robe neuve pour les jours de fête.\n   — Vous avez raison de rapporter des cadeaux à votre femme, lui dit la\nvoisine Santa, car durant votre absence elle décore votre maison!.,.\n   Le compère Alfio était un de ces rouliers qui ont la tête près du bonnet,\net en entendant parler ainsi de sa moitié, il changea de couleur, comme si\non lui avait donné des coups de couteau.\n   — Santo diavolone ! exclama-t-il, si vous n'avez pas bien vu, je ne vous\nlaisserai pas vos yeux pour pleurer, je vous les crèverai à vous et à toute\nvotre famille!\n   — Je ne suis pas habituée à pleurer! répondit Santa; je n'ai pas même\npleuré lorsque j'ai vu, de mes propres yeux, Turiddu entrer la nuit dans la\nmaison de votre femme.\n   — C'est bien, répliqua le compère Alfio, tous mes remerciements pour\n cet avis.\n    Maintenant que le mari était revenu, Turiddu ne rôdait plus par la\n ruelle pendant la journée et tuait le temps à l'auberge avec ses amis. La\n veille de Pâques, il était attablé devant un plat de saucisson. Le compère\n Alfio entra dans l'auberge, et rien qu'à la'façon dont il dévisagea Turiddu,\n celui-ci comprit qu'il était venu pour affaire grave et déposa la fourchette\n sur le plat.\n    — Avez-vous des ordres à me donner, compère Alfio? demanda Turiddu. .\n    — Aucun, compère Turiddu ; il y a quelque temps que je ne vous ai vu\n et je voulais vous parler de la chose que vous savez bien.\n"}, {"page_pdf": 231, "page_imprimee": 204, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2456, "texte": "                                      204 —\n\n   Turiddu lui avait d'abord présenté son verre, mais le compère Alfio le\nrepoussa de la main. Turiddu se leva et lui dit :\n   — Me voici, compère Alfio.\n   Le charretier lui jeta les bras au cou.\n   — Si vous voulez venir demain matin près des figuiers de la Canziria,\nnous pourrons parler de cette affaire, compère.\n   — Attendez-moi au lever du soleil, sur la grand'route, et nous nous y\nrendrons ensemble.\n   Après ces paroles, ils échangèrent le baiser du défi.\n   Turiddu mordit jusqu'au sang l'oreille du charretier. C'était le provoquer\nsolennellement au combat à outrance.\n   Sur ces entrefaites les amis avaient achevé de manger leur plat de sau­\ncisson, et ils accompagnèrent Turiddu jusqu'à sa porte.\n   La commère Nunzia, la pauvre! demeurait très tard chaque soir à\nl'attendre.\n   — Mamma, lui dit Turiddu, vous vous rappelez que lorsque je suis\nparti pour l'armée, vous croyiez que je ne serais plus jamais revenu?\nDonnez-moi un bon baiser comme cette fois, parce que j'irai loin demain.\n   Au point du jour, il prit son couteau à ressort qu'il avait caché sous le\nfoin avant de joindre le régiment, et se mit en route pour les figuiers de la\n Canziria.\n    — Oh, Jésus-Marie! où allez-vous avec cette furie? se lamentait Lola\n épouvantée, comme son mari s'apprêtait à sortir.\n    — Je m'en vais tout près d'ici, mais il vaudrait mieux pour toi que je ne\n revinsse plus.\n    Lola, en chemise, tomba à genoux au pied du lit, et pressa contre ses\n lèvres le rosaire que frère Bernardino avait rapporté des Lieux-Saints, et\n récita toutes les prières qu'elle se rappelait.\n    — Compère Alfio, fit Turiddu après avoir cheminé quelque temps à côté\n de son compagnon qui, le bonnet ramené sur les yeux, gardait le silence.\n Aussi vrai qu'il y a un Dieu, je sais que j'ai tort et je me laisserais tuer.\n  Mais avant de venir ici, j'ai vu ma vieille mère qui, sous prétexte de visiter\n le poulailler, s'était levée pour me voir partir, comme si son cœur l'avertis­\n sait, et aussi vrai qu'il y a un Dieu, je vous tuerai comme un chien pour ne\n pas faire pleurer ma petite vieille.\n    — C'est entendu, répliqua Alfio en se dépouillant de son pourpoint, et\n  nous frapperons ferme tous les deux.\n    Tous deux étaient bons tireurs; Turiddu attrapa la première botte et se\n garda à temps pour la recevoir dans le bras ; c'était à lui de la rendre et il\n la rendit royalement en touchant l'autre à l'aine.\n"}, {"page_pdf": 232, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1266, "texte": "                                  — 205 —\n\n    — Ah! compère Turiddu! vous avez vraiment l'intention de me tuer?\n    — Oui, je vous l'ai dit; à présent que j'ai vu ma vieille mère dans le\npoulailler, il me semble l'avoir toujours devant les yeux.\n    — Alors ouvre les bien, tes yeux! lui cria le compère Alfio, en position\n pour lui servir non moins copieuse mesure.\n    Comme il se tenait en garde tout ramassé pour couvrir de sa main gauche\n la blessure qui lui faisait mal, et qu'il effleurait la terre de son coude, il\n attrapa rapidement une poignée de poussière et la jeta dans les yeux de\n l'adversaire.\n    — Ah! hurla Turiddu aveuglé, je suis mort.\n    Il essaya de se sauver en faisant des bonds désespérés en arrière ; mais le\ncompère Alfio le rejoignit par une autre botte portée dans l'estomac et une\ntroisième dans la gorge.\n    — Et de trois! Celle-ci pour la maison que tu m'as embellie. A présent,\nta mère ne s'inquiétera plus des poulets !\n    Turiddu trébucha encore, à droite et à gauche,\" parmi les figuiers, et\ntomba ensuite comme une masse. Le sang sortait à bouillons écumants de\nsa gorge, et il ne put proférer que ces mots : Ah! mamma mia!\n\n                                                  GEORGES EEKHOUD.\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 205, "page_fin": 206, "titre_corps": "Panthée", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Van Lerberghe", "ancre_debut": "PANTHEE", "ancre_fin": "CHARLES VAN LERBERGHE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PROSES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 232, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 1266, "fin_caractere_exclue": 1801, "texte": "PANTHEE\n             Revoir, aux aériens berceaux\n             D'ombre et de fleurs que font les palmes\n             Et les lianes, sur les eaux\n             De ces lointains paradis calmes ;\n\n             Ruisselante dans la clarté\n             Qui monte d'elle et dans la joie,\n             L'Enfant de ce matin d'été,\n             Dont nous avons perdu la voie;\n\n             Avec ses vagues yeux dormants\n             D'où son âme étrange nous fixe,\n             Surgir, nue et de diamants,\n             Dans sa chevelure de nixe;\n"}, {"page_pdf": 233, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 847, "texte": "                                 —   206   —\n\n\n             Et comme en un demi réveil,\n             En cette absence qu'elle ignore,\n             Le rose et merveilleux sommeil\n             De ses lèvres nous rire encore !\n\n              Aux souffles du subtil vouloir,\n              Que son âme légère appelle\n              A naître de ses jeux, un soir,\n              O songe quelle se révèle'.\n\n              Aux égarés, aux ingénus,\n              Qui dans la douce Enfant ancienne.\n              De son exil sont revenus\n              Fleurir son âme élyséenne.\n\n              En ce bocage, en ces vallons,\n              En ces jardins de somnolence\n              Où nous étions, où nous serons\n              La Solitude et le Silence.\n                                           CHARLES VAN       LERBERGHE.\n\n\n\n\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 206, "page_fin": 210, "titre_corps": "Proses", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Destrée", "ancre_debut": "PROSES", "ancre_fin": "GEORGES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 233, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 847, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "PROSES\n                        PAYSAGE NOCTURNE.\n\n                                               A MONSIEUR JEAN-MARIE GASPARD.\n\n\n             Bercées, caressées des souffles du vent, dorment, dorment les\n              collines au bord des vallons assoupis.\n\n                Vertes sont les collines, bleues les vallées, blanches les\nroutes — les routes poudreuses, poussiéreuses qui méandrent, serpentent\net se perdent au loin dans le calme sommeil de la vallée.\n\n   Des voiles et des ombres bleues flottent aux contours adoucis des collines\net les roches des falaises étincellent et brillent comme des boucliers de pierre\nprécieuse aux rayons purs de la lune.\n"}, {"page_pdf": 234, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2254, "texte": "                                  — 207 —\n\n   Des nuages blancs et roux passent sans cesse devant la lune — des\nnuages blancs et roux qui la voilent, s'éclairent d'elle et s'effilochent, for­\nmant au ciel des lacs d'azur aux bords de neige.\n   Des flots de lumière très douce s'épandent, inondent la vallée. Elle\nsemble — une claire et jeune ville grecque — avec son acropole et ses tem­\nples dominant la ville — ses blanches maisons carrées aux toits plats et ses\nrues étroites et toute ombre comme des rivières resserrées en des gorges\nprofondes et bleues. — Le ciel est très pur par dessus, et un vent frais,\nparfumé au baiser des vagues, souffle de la mer voisine.\n\n  De grands nuages blancs, comme de géants flocons de neige vierge,\nmontent lentement dans le ciel et d'une grande couverture d'ouate recou­\nvrent l'azur nocturne. En ce duvet velouté de cygne des gouffres béants et\nbleus ; — bordés du velours neigeux des nuages des abîmes éperdus, au\nfond desquels — comme en un écrin gigantesque — scintillent des diamants\nchangeants, et les lueurs tremblantes, indécises d'émeraude, de rubis et de\nsaphir des étoiles miraculeuses.\n\n   Le vent — de la mer voisine — souffle plus fort et chasse, chasse au ciel\nles grands nuages. Ils sont longtemps, longtemps à passer et tout le pay­\nsage est devenu triste et sombre. — Et tout à coup reparaît, dans les plaines\ndu ciel, la lune nouvelle, claire, jeune, étincelante, comme un grand miroir\nde topaze enflammé sur l'azur.\n\n   Mais les nuages repassent et dominent — de mauvais nuages froids et\ntristes; — et c'est au ciel des steppes immenses désolées et mornes, aveu­\nglées par d'incessants tourbillons de neige stérile.\n   Sur la terre tout est ombre et tristesse.\n         Kenley, 89.\n                               CARILLONS.\n\n   Dans la ville étrangère — la nuit — je me suis couché en la froide\nchambre d'auberge. De hautes fenêtres l'éclairaient, derrière lesquelles se\nprofilait la fantaisie ancienne des toits de tuile rouge, — mélancolique et\ncharmant paysage gothique, sous la garde sévère et lourde d'une tour\nd'église, noire, carrée, massive — pleine de prières, de religion et de mysté­\nrieux sons de cloches.\n\n  Je me suis couché en ces draps humides du lit d'auberge, qui font songer\n"}, {"page_pdf": 235, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2232, "texte": "                                 — 208 —\n\n\navec regret aux draps blancs, odorants des campagnes, au doux parfum\nmêlé d'herbe et de fleurs. Le sommeil ne m'est point venu, et devant mes\npaupières baissées les images changeantes, heurtées des choses vues ce\njour là se sont longtemps, longtemps poursuivies.\n\n   Des rues, de l'eau, des cris, des gens — des paysages. — Le clair\nfleuve large et rapide sur lequel passent et glissent au soleil, les voiles\ndéployées des barques légères — comme de, grands oiseaux de mer qui\nraseraient les eaux de leurs ailes blanches étendues — les noirs canaux\nétroits bordant les maisons hautes — et le bizarre et rauque appel des\nrameurs au détour des rues.\n\n   Les rues désertes — les rues tortueuses qui montent vers la citadelle, et\nla tour noire du sommet de laquelle on voit la ville rouge, les forêts vertes,\nles collines formant le golfe et par delà, la mer immense et bleue. — La\nforêt sans cesse agitée des mâts des grands vaisseaux à l'ancre dans la rade,\net sur la soie rouge du ciel au coucher du soleil — allant en décroissant\nvers l'horizon — les taches noires des barques se hâtant vers la ville des\npêcheurs.\n\n   Interrompant le cours silencieux des heures, se détraquent et tintent\ntout à coup les carillons surannés de l'antique tour d'église ; — fluettes,\nvieillottes, les notes déséquilibrées emplissent la chambre froide et close;\n— elles volent et sautillent par la chambre; — l'on dirait qu'elles tombent\nune à une et s'étouffent en les couvertures ouatées de mon lit — et la\nchanson naive et claire, et toujours jeune à travers les années, remplit\nmon cœur de souvenirs.\n\n   Car lorsqu'elles se sont tues, et que lourdement, une à une sonnent et\ntombent les heures dans la nuit épaisse — je pense que là bas, là bas —\ndans la très ancienne et maintenant si lointaine petite ville de mon pays\n— une jeune fille que j'aime rêve peut-être de mon souvenir — accoudée\nà une fenêtre encadrée de bleues clématites — à la fenêtre de sa chambre,\ndominant les toits de tuile rouge de la petite ville — écoutant s'égrener,\ndégringoler du glorieux beffroi les carillons surannés, dont les notes der­\nnières s'atténuent ralenties, et meurent dans le clair de lune de ce décor\nimaginaire.\n"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2232, "texte": "                                  — 209 —\n\n\n\n                       PLAINTES D'AUTOMNE.\n\n  Du vent dans les hauts et minces peupliers du parc. — Sur les cieux gris\noù passe le noir galop des nuées pluvieuses, se balancent les jaunissants\npeupliers; se balancent et se dénudent et leurs feuilles d'or tombent en\ncascade mélancolique sur la terre mouillée.\n\n   Bruit du vent dans les feuilles languissantes, — comme de brusques\nrafales de pluie balayant les vitres la nuit, — comme les plaintes voilées de\nla terre souffrante, — comme la lourde masse des vagues retombant en\nécume sur le sable, — comme de l'eau qui tombe, — monotone grand bruit\ntriste qui passe sur le cœur et semble en balayer les joies, comme les vagues\néternelles le sable de la plage.\n\n  Longues plaintes du vent dans les cheminées, — longues veillées : — vieux\nchâteaux isolés, déserts, perdus au faîte des montagnes. — Sur les ailes du\nvent, dans les noirs couloirs humides passent, volent effarées les âmes désolées\ndes seigneurs morts sans rémission.\n\n   Sifflements aigus, continus du vent dans les branches aux jointures des\nfenêtres, sous les portes, soupirs stridents, plaintes et pleurs du vent —\nmenaces — périls inconnus, — pièges tendus dans l'ombre, — tourbillons\népais de ruses ténébreuses, noire trahison cruelle, — ennemis ignorés\nappostés le long des chemins de notre vie — dans la nuit de menaces\nsuspendue sur notre tête.\n   Le cœur s'effraie, l'âme pleure sa détresse et dans les sifflements du vent,\nla solitude s'empare du cœur perdu, sans foi et sans amour et la pâle\nmélancolie y établit son trône éternel.\n\n   Par les cieux gris obscurcis de nuées pluvieuses des oiseaux volent en\ntroupes effarées. Ils tournent décrivant au ciel de grands cercles noirs et\nsoudain en longues files avec de grands cris discordants, douloureux, ils\ns'essorent et s'éloignent vers les pays du soleil. — Sur la terre courent,\ntournoient, voltigent au gré du vent les feuilles mortes, et dans les souffles\ndu vent passe quelque chose de l'âme des morts. — Car un grand frisson les\na saisi eux aussi sous la pierre glacée de leur tombe, et dans la terre humide\net froide, ils se retournent et gémissent et se plaignent avant de s'endormir\ndu sommeil d'hiver.\n"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 868, "texte": "                                 — 210 —\n\n  Le vent s'est tu. — Du silence dans les hauts peupliers immobiles du\nparc jaune. — Entre de lourds nuages gris filtrent des raies humides de soleil\nqui éclairent soudain le paysage, le parc aux arbres fauves et roux, les\ngazons couleur d'ambre et au lointain là bas la forêt d'or.\n\n   Saison bénie, automne, belle saison chérie des artistes et des rêveurs,\nsaison divine qui calme et apaise les yeux et les cœurs meurtris, saison des\nlentes songeries devant la merveilleuse nature, court temps de la vie passé\nhors de la vie — dans la contemplation de magiques et féeriques paysages,\ncomme en une salutaire vision du Purgatoire ; — à perte de vue s'étendent\nles forêts d'or sous l'immensité calme des cieux gris.\n\n                                                  GEORGES D E S T R É E .\n\n\n\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 210, "page_fin": 210, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Victor Remouchamps", "ancre_debut": "VERS", "ancre_fin": "VICTOR REMOUCHAMPS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 237, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 868, "fin_caractere_exclue": 1926, "texte": "VERS\n    Pour sa candeur et sa mélancolique ivresse,\n    Je bénis mon passé qui fut triste et loyal,\n    Car vraiment j'ai connu tout ce que la jeunesse\n    En un cerveau vibrant met de rêve idéal...\n    O mon vieux Rêve éteint! La Poésie arrière,\n    — Si douce! — m'exalta jusqu'au frisson des pleurs.\n    J'aurais voulu, bercé par mon âpre chimère,\n    Pour un éclair de gloire épuiser les douleurs.\n    Fiévreux, je confiais à l'avenir perfide,\n    L'éclosion de fleurs mortes en les semant,\n    Et me voici, mon Dieu! sous le vaste ciel vide,\n    Une ombre... mais je sais la douceur d'être aimant.\n    A mon cœur fraternel et d'affection sûre,\n    Je ferai, pour servir un peu l'humanité,\n    A mon cœur épris d'Art, une longue blessure\n    D'où coulera le Chant rouge de la Bonté!\n    Et sans te pleurer, Gloire, ô pâle Dévoreuse'.\n    Je n'aurai d'autre orgueil jusqu'au jour du tombeau,\n    Que de sentir frémir en ma chair douloureuse,\n    Le saignement du Bien et la fièvre du Beau!\n                                             VICTOR REMOUCHAMPS."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 211, "page_fin": 212, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Représentations de Rossi", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "E. 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Il s'est montré\njusqu'à présent dans huit rôles : quatre rôles Shakespeariens, Othello, le\nRoi Lear, Macbeth, Hamlet; un Richelieu de Bulwer Lytton, Louis XI de\nCasimir Delavigne, Kean d'Alexandre Dumas père, Ivan-le-Terrible du\ncomte Alexis Tolstoï. Malgré l'intelligent silence de certains journaux, qui\nréservent leurs forces pour le prochain Gondillot ou le prochain Valabrè-\ngue, Shakespeare a fait salle comble ; le Roi Lear notamment a reparu trois\nfois sur l'affiche. Et il est question, nous dit-on, de donner le Marchand\nde Venise et Richard III.\n   Science profonde, naturel parfait, jeu naïf et vivant en même temps\nqu'ample et grandiose, puissance inouïe d'émotion dramatique, portée au\nplus haut point en tant d'inoubliables scènes, comme par exemple la scène\nde folie du roi Lear et la conversation d'Hamlet et de sa mère : Rossi pos­\nsède tout cela, mais il a en plus, et au-dessus, croyons-nous, de tout acteur\nvivant, une incomparable qualité. Nous voulons parler d'une faculté de\ntransformation et de métamorphose telle que le spectateur non prévenu ne\npourrait vraiment le reconnaître d'un rôle à l'autre. L'acteur disparaît chez\nlui; l'homme qu'il est réellement s'efface dans le personnage qui s'y incarne.\nQuelle figure, quel âge, quelle allure, quel regard a Rossi? On n'en sait\nrien. On ne perçoit en lui ni habitudes personnelles, ni attitudes propres.\nAucune apparence persistante ne lui attribue une identité. Polymorphe\ndans la variété de ses avatars, il est polyphone dans la multiplicité de ses\nregistres de voix et de ses timbres. C'est un instrument d'une souplesse\nparfaite, c'est tout un orchestre idéal et voilé, où l'âme du héros ou du\npoète peut descendre et chanter.\n   Il n'y a rien dans Rossi de cet égoïsme du comédien, de ce cabotinage\nqui usurpe devant le spectateur la place du personnage représenté. Intel­\nlectuellement par la démarche, par le geste et l'inflexion, comme physique­\nment par le visage et le costume, il évoque en lui Hamlet ou Louis XI, le\ntsar barbare Ivan-le-Terrible ou le comédien moderne Kean, et il irradie\nau dehors l'atmosphère historique de temps et de milieu, l'atmosphère\npsychologique de pensées et de passions, qu'il projette sur le drame, éclairé\nainsi de sa nuance propre, authentique et précise. Nulle recherche, par\nconséquent, d'interprétation nouvelle et paradoxale; nulle gageure d'impo­\nser par fantaisie aux anciens chefs-d'œuvre un sens inattendu et inaperçu.\nRossi se maintient dans la large voie de l'interprétation traditionnelle, que\n"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 689, "texte": "                                    —    212   —\n\n\nles acteurs n'abandonnent d'ordinaire que pour se mettre, aisément, en\npersonnel relief.\n   La présence sur un théâtre de Hamlet ou du Roi Lear fait oublier telles\nmisères de mise en scène ou de décors que n'importe quel acteur de l'ordi­\nnaire espèce, eût-il toutes les autres qualités de Rossi, ne pourrait faire\ntolérer.\n   L'entourage est bon et généralement plus que convenable. Une actrice,\nM me Seraffini, s'est élevée au-dessus de tous et au-dessus d'elle-même, dans\nun de ses rôles, celui d'Ophélie ; elle y a été belle, touchante et tragique.\n                                                                     E. 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Albert Giraud, les Dernières fêtes, se rattache\npar un lien subtil mais solide aux œuvres qui l'ont précédé. Il semble être\nle dernier stade d'une évolution progressive, le dernier chapitre d'un ouvrage\nlogiquement déduit. Dans son premier livre de vers, Pierrot Lunaire, le\npoète, insoucieux du monde réel, peignait l'exclusif microcosme de son\nrêve. Ce n'était point la terre, c'était une imaginaire et délicieuse Bergame,\nune ville de songes, où ne régnait que l'art souverain. Pierrot était\npeut-être voleur et assassin, qu'importe ! Pierrot vivait dans le monde\nqu'il avait créé à son usage, où le désir de Pierrot était l'unique loi et la\nseule morale. Dans la cité de l'esthétique, tout ce qui est beau est sans reproche :\nil n'y peut être question ni de péché ni de crime. Aussi n'est-elle pas habitée\npar des hommes, mais par Pierrot, par Colombine, par mille êtres fan­\ntasques et délicieux dont la seule fonction est d'être imaginaires et beaux, à\nl'abri de toute réalité, de toute nécessité. Pierrot Lunaire, c'est, dans sa\nplénitude, le rêve du poète adolescent, ébloui du monde qu'il porte dans\nson imagination, et trop enthousiaste, trop jeune, trop neuf encore pour\nregarder au dehors, par les fenêtres de son moi ; c'est le poème d'une jeune\ntête, vierge de tout contact avec la réalité.\n   Mais on ne vit pas seulement dans les rêves; l'heure vient où l'on heurte\nla réalité jusqu'alors niée, où l'on trébuche dans des misères authentiques,\noù l'on se déchire jusqu'au sang à des ronces trop peu fictives. Ce premier\nconflit du rêve pur et de la réalité est décrit avec une rare maîtrise dans\nPierrot Narcisse. Le milieu où se meut Pierrot s'est matérialisé. On lui a\nchangé sa Bergame. Autour de lui palpitent des êtres de chair et d'os, qui\nne comprennent plus Pierrot, et que Pierrot ne peut comprendre. Entre\nl'être idéal qui symbolise le poète, et le monde qui l'environne, l'antagonisme\nessentiel apparaît. Entre eux et lui pas de modus vivendi possible. Aussi,\nPierrot renonce-t-il aux choses du dehors et se décide-t-il à n'aimer que\nlui-même, à ne vivre qu'en lui-même.\n   Illusion, que cette résolution-là ! Quelque idéaliste que l'on soit, on ne\nsupprime point les choses ambiantes. Elles sont là, signalant leur présence\nhostile par d'incessantes blessures. Entre elles et l'idéal, c'est la guerre.\n"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 213, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3148, "texte": "                                  — 213 —\n\nCette guerre ardente, passionnée, épique, étendards au vent, épées au clair,\nchante dans les tumultueux buccins de Hors du Siècle. A la vie qui\nl'entoure, le poète oppose la vie d'autrefois, telle qu'elle lui apparaît dou­\nblement embellie par sa propre imagination et par les œuvres d'art où s'est\nfixée l'image du passé. Cette vie d'autrefois, où il croit que jadis' s'est\nincarné son rêve, il la jette violemment, avec des insultes, avec des cris de\nfureur et de mépris, à la face blême de ses contemporains. Et, pourtant,\ndans ce livre ardent et farouche résonne parfois une mélodie étrangement\ndouce et plaintive, que nous entendrons plus tard, développée en une\nsomptueuse symphonie.\n   Dans ce combat contre la réalité, le rêveur a-t-il trouvé la victoire ou la\ndéfaite? Qu'importe? Victorieux ou vaincu, il est las. Le poète qui n'a\npoint consacré son verbe aux luttes morales ou sociales, le pur artiste qui\nn'a souci que de la beauté seule, cesse bientôt de souffler dans les clairons\nde guerre. Aussi bien n'aimait-il la bataille que d'une passion esthétique.\n   Après les mêlées de Hors du Siècle, voici la gloire fastueuse et volup­\ntueuse des Dernières fêtes. Il semble que dès le début de ce nouveau livre,\nle poète ait jeté un regard doucement ironique sur ses ardeurs d'antan :\nune merveilleuse pièce intitulée Allégorie montre les princes, les empereurs\net les cardinaux, si vaillants jadis, si furieusement et si superbement pas­\nsionnés, qui s'effacent dans un décor moelleux à la Watteau : c'est comme\nun délicieux persifflage des belliqueuses fanfares de la vingt-cinquième\nannée :\n                   Enfançons malingres, pliés\n                   Sous leurs casques et leurs rondaches,\n                   Plus petits que leurs boucliers\n                   Et plus légers que leurs panaches !\n\n  Et regardant passer l'étrange cortège, si mélancoliquement malicieux, le\npoète lui adresse un adieu attendri :\n                   Ainsi vous naissez, trop petits,\n                   Dans ce beau jardin de mensonges,\n                   Enfants de mes fiers appétits,\n                   Marionnettes de mes songes.\n\n   Fêtes merveilleuses, celles-là où se repose, après les batailles, le presti­\ngieux poète de Hors du Siècle, pareil ici aux reîtres et aux rois de proie\njadis chantés par lui, qui, après les mêlées et les pillages, s'endormaient\nen d'asiatiques orgies où les rubis des joyaux s'empourpraient encore dans\nle sang des victimes de la joie cruelle. Des tableaux tour à tour terribles et\nexquis s'animent et réalisent les plus hardis des rêves. Voici, en de ravis­\nsants décors gothiques, les vierges qui domptent les guivres et les taras-\nques, les beaux adolescents que les bourreaux percent de flèches devant\nles reines vêtues de robes blasonnées; voici de mélancoliques jardins,\nvoluptueux et religieusement sombres, où errent, la chair trop lourde désor­\nmais pour leurs frêles ailes, des anges d'une grâce ambiguë, vivantes\nprières de luxure, péchés célestes, androgynes de la tentation suprême :\n                                                                       14\n"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 214, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3204, "texte": "                                     — 214 —\n\nvoici des princesses et des bergères, et des marquis et des pages avec de\njolis sourires mélancoliques, petils spleens roses qui errent dans les parterres\nfleuris d'un gracieux parc Louis XVI ; voici, dans d'équivoques cathédrales,\nles luxures dévotes d'une Pentecôte blasphématoire, et ces missels sacrilèges,\nornés de miniatures d'une splendeur démoniaque, rituels des orgies char­\nnelles, évangiles de damnation, étudiés et pratiqués par les sadiques\névêques d'une Paphos mystique, qui furent baptisés non dans les eaux du\nJourdain, mais dans les flots bitumineux de la Mer Morte,\n   Oui, ces fêtes sont bien les dernières. Les palais où elles resplendissent\nsont situés dans l'ultima Thulé de la jouissance. Aussi sont-elles tristes, ces\nfêtes ; car leurs convives savent qu'après elles, c'est la fin, — la fin et ses\nredoutables mystères. Comme au festin biblique apparaissait aux yeux\nfoudroyés la sentence divine, ainsi dans les ivresses tumultueuses et les\nsplendeurs sacrilèges des dernières fêtes, tout à coup surgit le mystérieux\nAvertissement :\n                J'ai rencontré mon âme au détour du chemin,\n                Lente et grave, au milieu de très blanches ténèbres,\n                Sous un manteau de lune ocellé d'yeux    funèbres,\n                Et la fleur de ma mort fleurissait dans sa main,\n\n                Elle a fait dans le vide, avant de disparaître,\n                D'un long geste endormi, le signe de la croix.\n   Ainsi une incurable mélancolie attriste ces fêtes dernières; elles bravent\ntoutes les lois de la terre et du ciel, et pourtant, comme les autres, plus\nencore que les autres, elles restent au dessous du désir qui les a cherchées,\nelles laissent plus vide que jamais le cœur dévoré d'appétits furieux, que\nravage la douleur de son impuissance. Mais sur ces souffrances la magie du\npoète jette un voile féerique, parfumé de fragrances enivrantes, brodé de\nfleurs de soie et de pierreries d'une captieuse beauté!\n   Il est à remarquer qu'aucun sentiment chrétien n'apparaît dans les Der-\nnières Fêtes. Les pompes catholiques qui y resplendissent ne servent qu'à\nen attiser la sadique luxure. Le remords y est inconnu. La tristesse qui suit\nle péché ou le crime, n'y est pas autre chose que la lassitude du plaisir et\nle sentiment de sa vanité. Et c'est pourtant au plaisir seul que songent les\nconvives de ces fêtes étranges. Rien de plus caractéristique à cet égard que\nla dernière pièce du recueil : Epilogue. Le poète y fait une sorte d'examen\nde conscience ; il énumère les péchés de ses yeux, qui se sont \" brûlés à la\nsplendeur des choses \". Mais dans sa tristesse, pas le moindre mot de\nrepentir. Il sent, dans ses yeux, s'amasser « l'ombre vengeresse » et il s'écrie :\n                Et du luxe aveuglant de vos plaisirs    royaux\n                Il restera ces vers, témoins de votre ivresse,\n                Et vous vous survivrez dans ces derniers     joyaux.\n  Et c'est tout.\n  C'est que, par tempérament poétique, M. Giraud appartient à la catégorie\ndes artistes païens. Comme Théophile Gautier, il aurait pu dire : « Je suis\nun homme pour qui le monde visible existe » ou plutôt sa poésie n'existe\n"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 215, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1325, "texte": "                                      — 215 —\n\n\nque pour le monde visible. C'est bien à la « splendeur des choses » que « ses\nyeux se sont brûlés ». Et l'esprit, ce que les chrétiens appellent l'âme,\nn'apparaît, dans les Dernières Fêtes, que comme la flamme magique des\nflambeaux destinés à baigner d'une lumière plus subtile la beauté triom­\nphante de la matière. C'est un superbe poète païen qu'est M. Giraud. De là\nle malentendu inévitable qui amène les critiques spiritualistes à le juger\nselon des lois qui ne sont pas les siennes. Ils oublient aussi que, plus que\npersonne, M. Giraud a revendiqué le droit pour le poète d'avoir un tempé­\nrament artistique absolument distinct du caractère de l'homme. Ce que\nnous disons ici du paganisme du poète ne concerne que l'artiste. Et à ce\npropos encore il sied d'évoquer la grande figure de Théophile Gautier qui\nfut à la fois le plus païen des poètes et le meilleur des hommes.\n   Quant à la langue poétique des Dernières Fêtes, qu'en dirai-je qui ne\nsoit évident pour tout le monde, à la lecture de ces poèmes exquis, plus\nharmonieux, plus délicats et plus fermes que tout ce que nous avait donné\njusqu'ici le parfait artiste de Pierrot Lunaire, de Pierrot Narcisse et de\nHors du Siècle?\n                                                                IWAN G I L K I N .\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 215, "page_fin": 219, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Flambeaux noirs. 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Aujourd'hui\nque nous pouvons étudier dans son ensemble ce tryptique, il nous apparaît\ndans toute son originalité et dans toute sa personnalité; un type nouveau a\nété créé qui prend place dans la psychologie humaine dévoilée par d'éternels\nartistes. Une âme nouvelle apparentée à celle de Redon, de Minne, de\nMaeterlinck a été fixée pour toujours en une œuvre d'art.\n   Cette éclosion étrange en cet automne était fatale; après les Faust et les\ndes Esseintes, après l'épuisement de toutes les sensations, de toutes les\npassions, de toutes les spéculations philosophiques, devaient naître ceux\nque nul baptême ne pourrait désormais laver des péchés stériles d'une\nrace et qui pressentiraient en eux comme un vertige, le gouffre de la folie.\nLa conscience se délabre, les maladies mentales éclatent.\n   Dans les Débâcles, qui forment le noyau de l'œuvre, Emile Verhaeren\ns'analysait, il avait dardé ses yeux sur ses souffrances et scrutait son âme\ncomme s'il se fut vengé de lui-même ; il comprend alors tout le grotesque,\n\n   (i) Les Flambeaux noirs, comme les deux précédents cahiers, sont édités par Deman\nà Bruxelles, avec un art certain et sobre qui place ces livres au premier rang dans la\nlibrairie moderne.\n   Les Flambeaux noirs ont été tirés à 100 exemplaires, dont 5 sur papier japon\nimpérial, et 45 sur papier de Hollande Van Gelder, avec un frontispice de Redon qui nous\na paru trop mystérieusement noir,                                1\n"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 216, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2864, "texte": "                                        — 2l6\n\n\nl'absurdité, l'inutilité de sa vie. Dans Les Flambeaux noirs il note plutôt\nles choses extérieures, comme si déjà la conscience avait sombré, lui\nenlevant le pouvoir d'être son propre observateur. Des soirs de ténèbres\nméchantes emplissent ses yeux, il revoit tout à coup, agrandies par sa\nvision, des villes de rêve colossal, il se butte aux problèmes, aux philoso­\nphies, puis ses fièvres s'apaisent peu à peu et la raison s'en va, dans une\nagonie presque douce.\n   Dans les Soirs il écrivait :\n                L'absurdité   grandit    comme une fleur fatale\n\n               Je veux marcher vers la folie et ses soleils\n               Ses blancs soleils de lune au grand midi, bizarres.\n\n  Dans les Débâcles ce fut au milieu d'une crise comme un enfantin\napaisement, un apitoiement triste et doux avec des plaintes bonnes et\nhumbles de malade qui obéit :\n                Je sens pleurer sur moi l'œil blanc de la         folie...\n   Mais dans les Flambeaux          noirs c'est l'agonie exaspérée, les cris, les\nfièvres et puis :\n                   En sa robe de joyaux morts, que solennise\n                   L'heure immobile à l'horizon.\n                   Le cadavre de ma raison\n                   Traîne sur la Tamise.\n                   Des ponts de bronze, où les wagons\n                   Choquent d'interminables bruits de gonds\n                   Et des cercueils de bateaux noirs\n                   L'accompagnent de leurs douloirs.\n\n   Dans les précédents cahiers Emile Verhaeren avait déjà laissé deviner\nquelques tentatives de vers libres ; dans cette dernière œuvre il emploie\npresque constamment la forme nouvelle. Ce ne sont plus les strophes\npatiemment harmonisées, enlacées selon un rythme parfait, dégageant cette\nbeauté calme et divine que la Grèce magnifia dans d'immortels chefs-\nd'œuvre ; cette beauté qui se complétait d'une claire et profonde philosophie\nsemble délaissée aujourd'hui. Pourtant les vers des Flambeaux noirs\nconservent une-harmonie spéciale, la strophe veut être surtout expressive;\nsi elle n'a pas sa beauté en soi, elle la dégage dans la déclamation. C'est un\nart nouveau dont le manifeste fut, il y a quelques années, dans la Vogue,\nla publication des Palais nomades de Gustave Kahn.\n   Écrits d'après cette métrique, les Flambeaux noirs nous apparaissent\ncomme une esquisse travaillée directement sous le coup d'une émotion\nintense et maîtresse. Rien n'y semble mesuré froidement; c'est un entasse­\nment d'images énormes qui se bousculent dans un amoncellement de vers\nrapides. Cela fait songer aux Prisons de Piranesi ou aux tableaux ver­\ntigineux de Degroux. Il ne faut point exiger de cet art la patiente et fine\nciselure, l'ordre méticuleux, le dessin précis; l'impression est donnée par\nce débordement violent. N'est-ce pas là l'œuvre du poète dont l'âme s'effare\n"}, {"page_pdf": 244, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3067, "texte": "                                    — 217 —\n\ndans la nuit de visions tortionnaires? Ce sont des « minuits dallés d'ennuit »\npleins d'yeux de pierre, de sépulcres scellés de fer, de grands monuments\nsilencieux, des soirs de grands bois noirs, de marais de plomb où se recon­\nnaît son cœur. Sur ce fond il érige son monde à lui, le monde moderne\navec ses villes colossales, grouillantes, bitumineuses, peuplées d'une popu­\nlace furieuse et sale, qui s'écrase, se déchire, pour courir adorer de plus près\nle veau d'or. Ce n'est plus la Babylone aux féeriques palais de volupté,\nc'est Londres et ses brouillards, ses bouges, ses chantiers, ses fièvres de\nlucre et ses batailles monstrueuses.\n   L'Amour? Le poète, tandis qu'il voit passer dans les rues en un grotesque\ncarnaval, son char piteux, se souvient de l'immonde gouge des folies\nmonstrueuses et des crimes.\n   Les Dieux? Ce sont des dieux noirs, blocs lourds de bois, ornés de\ncornes dans les déserts de son cœur. Eternellement muets de haine et\nd'atrocité, eux qui n'entendent jamais les rages de désespoir, ils semblent\nde taciturnes Molochs inconnus et terribles. Cette pièce est une des plus\nbelles du volume, ainsi :\n                Et mon désert de cœur est peuplé de Dieux noirs.\n                Ils s'érigent, blocs lourds de Sois, ornés de cornes\n                Et de pierres, Dieux noirs silencieux des soirs,\n                Mornes et noirs, dans le désert de mon cœur morne.\n\n  Dans les Soirs déjà il était hanté par l'idole despotique et monstrueuse,\ndans les Débâcles, au milieu de l'agonie marmotante il aurait voulu croire\nà un Dieu peut-être clément :\n                A y e z pitié, Seigneur, de ma toute démence,\n                J'ai besoin de pleurer mon mal vers ton silence.\n   Ce souvenir de prières enfantines lui venait aux lèvres, tandis que, par\ninstant, farouchement, il rêvait d'un cloître de fer et de torture. Dans les\nFlambeaux noirs on a vu de quels Dieux il était hanté ; c'est le désespoir\nfinal après tous les vains efforts et plus qu'une seule fois revient, comme\nune passagère et mourante lueur qui vacillerait au fond d'un souterrain de\nténèbres, l'espérance de la foi et de l'amour.\n   Dans la pièce intitulée les Livres, où quelque Faust halluciné et souffrant,\nnon, plutôt ce chercheur à la recherche infinie de Redon, récapitule ses\nphilosophies, s'écoute tout-à-coup :\n                Reposez-vous d'errer pauvres cerveaux antiques\n                En l'église du dogme et de l'extase....\n                Les Paradis chrétiens, verrières de splendeur,\n                Brûlent de leurs feux clairs les murailles nocturnes ;\n                Laissez croire les yeux, laissez pleurez les urnes\n                Divinement de la croyance sur le cœur.\n                La neigeuse raison gèle le doux mystère\n                Du bon Jésus pasteur qui s'en revient, là-bas,\n                Par les jardins avec ses pauvres agneaux las ;\n                Laissez croire l'amour et la raison se taire.\n\n   Soudain au milieu des hurlements, des effrois, dans l'angoisse d'éternelles\n"}, {"page_pdf": 245, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2963, "texte": "                                    — 218 —\n\nténèbres, ont croit entendre dans le concert solennel des orgues lointaines\nl'Alléluia des voix angéliques. C'est la victoire d'Ormuzd, l'aurore nouvelle\ndevinée dans ce crépuscule de folie, le règne de l'Amour.\n   Parallèle à la pièce les Livres celle intitulée les Nombres. L'infrangible\nlogique des nombres, symboles précis des abstractions, qui « tiennent le\nmonde entre leurs infinis », halluciné le poète dont la raison s'affole devant\nl'éternel mystère d'Isis. Alors qu'il n'a pu, dans sa rage des avoir, soulever\nle voile de la déesse, il doit se contenter des Lois fixes, immuables dans\nleur généralité, qui décident :\n               Ce qu'il faut de justice et de bonheur serein\n               A tout cerveau docte et placide.\n   Il faudrait encore citer les merveilleux vers de la Révolte, du Roc, de\nla Morte, etc.\n   Et puis mourir; redevenir rien.\n   Définitive, cette œuvre maintenant montre toute son unité et toute son\noriginalité. C'est d'une personnalité des plus intenses, des plus nouvelles,\ndes plus fortes que nous connaissions en littérature.\n   Nous devons pourtant reprocher à Emile Verhaeren, en ce qui touche la\nforme, un laisser-aller parfois trop grand et une répétition du même adverbe\nmal sonnante.\n   Quelques « immensement » et « par à travers tout » se pressent trop\nsouvent sous sa plume. Mais ce n'est là qu'un détail, en somme, futile.\n\n                                        * *\n   La préface de Maurice Maeterlinck qui accompagne l'Ornement des\nNoces spirituelles a pour nous un double intérêt. Elle nous fait, par les\ncitations choisies, par une glose diserte, par des aperçus rapides et une\nbrève biographie, participer aux manifestations étranges de cette âme de\nténèbre et de lumière, Ruysbroeck l'admirable, connu d'après la traduction\nmorcelée d'Ernest Hello.\n   Mais de ce livre inspiré, traduit avec une ferveur attentive, Maurice\nMaeterlinck met en garde ceux qui n'y voudraient jeter qu'un regard\ncurieux. « C'est — écrit-il — un séjour insupportable à ceux qui n'y sont\npas préparés; il ne faut pas y entrer par curiosité littéraire. » Il craint que\nla lettre ne fasse la risée du vulgaire à qui restera caché le sens des sym­\nboles ; car lui croit à une sorte de révélation occulte, aux sommets embrasés\nde nouveaux Sina'is, il croit aux mystérieuses paroles prononcées dans\nl'exaltation de l'extase, il croit « que les écrits des mystiques sont les plus\npurs diamants du prodigieux trésor de l'humanité ». Malheureusement il\nmanque au monde moderne la foi profonde et servile des simples; il est\nentré dans une phase nouvelle ; il veut connaître et non plus adorer aveugle­\nment, il se confie à la science expérimentale qui avance peu à peu dansles\nroutes inconnues que l'on croyait fermées à jamais. Aussi les mystiques ne\nsont-ils plus pour lui que les spécimens rares d'une espèce disparue.\n   Cette étude de Maurice Maeterlinck nous fait aussi connaître mieux\n"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1607, "texte": "                                   — 219 —\n\nencore son esprit; on devine ses préférences, on entre plus avant dans sa\nvie intérieure. Ceux qu'il médite sont Platon, Swedenborg, Novalis, Plotin\net Porphyre, mais surtout Ruysbroeck qui plus qu'un autre, par son\nmysticisme ardent et barbare de flamand, devait l'attirer. On sent qu'il\ns'applique à tout ce qui est songe, abstrus, à toute la vie profonde et\nimpénétrable de l'âme qui ne se révèle qu'en l'absence de conscience. Pour\nlui l'âme aboutit d'un côté aux sens, à la matière, de l'autre peut-être à\nDieu.\n   Dans les Serres chaudes on a vu avec quelle âpre ferveur de mystique,\nMaurice Maeterlinck implorait Dieu en son âme qui se voulait solitaire. Le\nmal du monde lui apparaissait sous forme de choses étranges et anormales.\nOn pressentait dans cette lutte avec l'extérieur que son idéal était d'atteindre\npar le vol de l'esprit le Castillo intérior de Sainte-Thérèse, la septième\ndemeure de diamant où se consommera dans l'extase l'unification avec\nDieu.\n   Cette propension à l'étude des mystiques nous montre bien un côté non\nencore exprimé de l'âme du poète des Serres Chaudes qui se complait\ndans tout ce qu'elle a d'obscur et d'inconnaissable.\n   Quant à cette actuelle introduction à l'Ornement des Noces spirituelles,\nelle est d'une écriture patiente et dure, avec de brusques éclats de méta­\nphores glaciales, très personnelle.\n   Adressons aussi toutes nos félicitations à Paul Lacomblez, qui a fait de\nce livre une très originale et très exacte édition.\n                                                           VALÈRE G I L L E .\n\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 219, "page_fin": 221, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Nouvelle Carthage", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Eugène Demolder", "ancre_debut": "La Nouvelle Carthage", "ancre_fin": "EUGÈNE DEMOLDER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 246, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1607, "fin_caractere_exclue": 2955, "texte": "La Nouvelle Carthage,   par GEORGES EEKHOUD. — La Bourse. — Le Carnaval.\n                                  La Cartoucherie.\n\n   Un beau modèle qu'Anvers, mais délaissé! me disait un jour Eekhoud,\nen constatant la pleutrerie de palette de l'école picturale de cette ville et\nen regrettant que les peintres eussent dédaigné la cité merveilleuse des bords\nde l'Escaut pour s'adonner au genre que l'on sait.\n   Mais maintenant qu'ont paru les derniers chapitres de la Nouvelle Car-\nthage et que s'annonce l'édition définitive de ce livre, on peut dire que\nl'Anvers d'aujourd'hui a trouvé son peintre. Un peintre exalté qui a rendu\nà touches larges et fiévreuses son décor, sa nature et son ciel. Un poète\nfervent qui a chanté la force et la plastique de ses travailleurs, et a dévoilé\nle moral de sa population de débardeurs et de portefaix. Un satirique qui\na triqué sur le ventre bourré d'or et de spéculations de ses boursiers et de\nses tripoteurs, et qui a démonté en psychologue leurs odieux mannequins.\n   Trois chapitres nouveaux — les derniers, disais-je — viennent de\nparaître.\n   Ils compteront parmi les plus beaux et mériteraient une étude plus\nlongue que ces quelques mots que je puis en dire.\n   On y retrouve cette antithèse, symbolisée par Paridael d'un côté et\nBéjard de l'autre, du peuple et de la bourgeoisie d'argent qui forment la\n"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3340, "texte": "                                   — 220 —\n\n\ncité décrite. La bourgeoisie est cruellement effigiée dans la Bourse. Elle\nsort de ce chapitre l'échiné sanglante, comme chassée de son propre temple.\nL'or tinte, pareil à un glas de tristesse, au dessus de la juiverie des opéra­\ntions, et si la scène se décrit avec une réalité nette et franche, vécue et vraie,\non sent entre les lignes sourdre la colère, qui éclate parfois en flamme\nardente. Et l'on se prend à songer devant cette phrase, qui est comme le\ncœur du chapitre : « A la longue un sentiment de terreur et de pitié\nentrait dans l'âme des gamins : ils regardaient encore, les yeux écar-\nquillés, mais ils avaient cessé de rire. » Le verbe est corrosif et l'opulente\neau-forte brûle. Il y a quelque chose de diabolique dans l'allure cinglante\nde cette description.\n   Le Carnaval continue à développer le caractère étrange et passionnel de\nLaurent Paridael, le fanatique ami des « couches dangereuses ou indigentes\nde la population », qui jette à travers la vie, en compagnie de déclassés\net de parias, de faméliques, de troupiers, de marins, ses derniers louis d'or,\navec autant de désinvolture que s'il lançait des pepernotes.\n   Le mardi-gras arrive. O ! la navrante narration, électrisée de cette souf­\nfrance des humbles, qui essayent en vain ce se vêtir de haillons de joie, les\njours boueux de carnaval ! Et sur ce fond d'ivresse noire et de gaîeté de rue,\ncomme se détachent nerveux et hauts en passion les incidents des peper-\nnotes, du cabinet particulier et de l'hôtel Béjard ! Quelle force âpre, quel\nfluide, quelle couleur aiguë dans ce récit ! Le cœur de Paridael y saigne\ncruellement, et son personnage étrange de pierrot fripé, aux gestes fous de\ncarnaval tragique, a une grandeur douloureuse de vengeance et de pitié.\nLes phrases s'exaspèrent. Le style se tend et se tord. On sent tout ce que\nl'écrivain a jeté là de sa chair et de son âme, en pâture à l'art, et l'on se\ntrouve devant un des plus altiers morceaux littéraires.\n   La Cartoucherie, inspirée par une catastrophe encore assez récente, fait\nsonger à quelque vieille estampe hallucinée d'un Jan Luycken. Dans un\nsuggestif décor des quais, l'explosion de la cartoucherie Béjard donne une\nimpression d'horreur immense et l'incendie allume comme de grandes et\napocalyptiques terreurs. Laurent était là, il devait être là, attiré par un\nimplacable magnétisme, au moment de la débâcle qui allait broyer des\nêtres intensément aimés de lui, des apprentis, des ouvriers, des filles du\nport. Avant l'explosion même il fut victime d'un mirage qui lui révéla subi­\ntement l'accident proche : « Le pressentiment d'occultes dangers qui les\nmenaçaient, angoissait atrocement Paridael, attristait, pour employer la\nparole sublime du Sauveur, son âme jusqu'à la mort. Un attirail de sup­\nplices et de questions guettait cette chair adolescente. Il aurait voulu\nracheter ces pauvrets au prix de son propre sang, il ne savait à quels vivi­\nsecteurs... »\n   Je voudrais reproduire bien des choses de ce chapitre superbe, où l'on\nvoit la cartoucherie arrachée au sol s'élancer vers le ciel en formidable fleur\npyrique et retomber au loin en paquets de chairs calcinées et en débris\nmonstrueux. Résumer cela est impossible. De même que raconter la lutte\n de Paridael et de Béjart, dans la pétarade des cartouches, et leur mort\n"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 221, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 534, "texte": "                                      221   —\n\n\nvengeresse, dénoûment fatal du roman. Il faut lire ces pages pour s'éblouir\nà leur flambante et bizarre splendeur ; et l'on ferme le livre avec la convic­\ntion sincère que l'édition définitive de la Nouvelle Carthage, déjà prophé­\ntisée par la première, sera une œuvre fière et de haute marque, qui mettra,\ndans les rangs des vrais artistes, Georges Eekhoud à une place choisie et\ndécidément maîtresse,\n                                                 EUGÈNE     DEMOLDER.\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 221, "page_fin": 222, "titre_corps": "Chronique artistique : Exposition de l’Essor", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Grégoire Le Roy", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "GRÉGOIRE LE ROY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 248, "page_imprimee": 221, "debut_caractere": 534, "fin_caractere_exclue": 2660, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                      EXPOSITION DE L'ESSOR\n\n   L'Essor-au-Bois-dormant semble se réveiller dé son long sommeil. Au\nlieu de l'ennui terne habituel aux dernières expositions de ce cercle, voici\nun peu de joie, un peu de vaillance, des couleurs plus fraîches, un peu de\njeunesse, enfin !\n\n   Depuis longtemps déjà M. Frédéric était tout l'intérêt des salons de\nl'Essor : aujourd'hui c'est encore lui, il est vrai, qui se manifeste avec le\nplus de diversité; mais le cas de M. Frédéric est particulier : chacune des\nexpositions de ce peintre semble les débuts intéressants d'un jeune homme.\nJamais cet artiste, malgré toutes ses grandes toiles si diverses, toutes\npatientes et minutieuses, toutes si absolument sincères, ne s'est définitive­\nment affirmé, et il garde en sa manière un je ne sais quel manque de\nliberté et comme l'application d'un élève.\n   On se souvient des Marchands de craie, l'œuvre sensationnelle et pour\nnous la plus complète de M. Frédéric. C'était inspiré par Bastien-Lepage\nqui passait pour un homme de talent. M. Frédéric devait être ignorant de\ntout mouvement d'art en France, car le faux naturalisme de M. Lepage,\n— du naturalisme à la portée des gens du monde et pour la vente, — fut\npour cet artiste une fenêtre ouverte sur la vérité. Mais l'âme de M. Frédéric\nétait exempte de roublardise, car les trucs qui servaient à M. Lepage\ndevinrent aux mains de M. Frédéric d'honorables outils. Les trois grands\npanneaux des Marchands de craie furent une œuvre extraordinaire, l'œuvre\nd'un préraphaélite, avec des minuties de brins d'herbe, de trames de haillons ;\nune œuvre extrêmement morose et austère dans son décor désolé d'alentours\nd'usine; une peinture couleur de cendre; l'œuvre d'un vieux gothique.\n   Puis M. Frédéric se confina dans cet amour de tout ce qui est humble,\ngris et pauvre, peignit de calmes paysans, des enfants tristes, des vieillards,\n— et ce furent la Noël à l'Hospice, la Vieille Servante, le Repas, les\nFemmes à loques et une spécialité de sites ardennais, paysages gris et toits\nd'ardoises, — bonne foi et constantes recherches chaque an, sans toutefois\n"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 222, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2516, "texte": "                                 — 222 —\n\n\nretrouver, malgré une facture plus libérée ou des colorations moins\nmoroses, la décisive impression des inoubliables Marchands de craie.\n   Puis M. Frédéric faisait l'histoire, en une série de cartons, du Blé, du\nLin : semailles, culture, récolte. Une immense frise représentait les âges\ndu paysan. Ses qualités de réaliste, il les mettait en des œuvres cycliques\net déjà vaguement allégoriques. Enfin le Salon de Bruxelles de 1890 vit le\nRuisseau, page considérable dont il fut parlé. Enfants nus en baudruche\npeinte et soufflée, souvenirs de Donatello un peu, ce singulier paysage\nfaux, décor d'opéra et zinc découpé, — soit, mais malgré tout d'un\ncharme insidieux et menteur et d'un incontestable intérêt.\n   C'est le bagage de M. Frédéric, et si ce présent Salon de l'Essor ne nous\napprend sur cet artiste honorable rien de bien nouveau, il nous montre\ncependant en cette Paysanne assoupie d'une si ample attitude la puissance\ndu dessin et le modelé splendide des mains.\n\n\n    MM. Delville, Levêque, Ciamberlani ne sont pas des réalistes ; ce sont\nles hommes à idées, les philosophes, les Chenavard de l'Essor, oserais-je\ndire. Mais si le Kaïn de M. Ciamberlani parvient encore à intéresser par le\ndessin de son paysage rude, si M. Levêque met une certaine discrétion\ndans les fumeuses choses qu'il intitule Rêve, Douleur, M. DELVILLE, lui,\nm'a l'air de parader. On ne saurait pas dire qu'il manque de talent, mais,\ns'il en a, il ne le prouve guère. Sous prétexte de grande peinture il se permet\nde la philosophie trop commune. Il est un peu, ce me semble, le Péladan\nde la peinture.\n    Combien, dans une seule toile de M. Frédéric, il y a plus de pensée et\nd'épique. Que M. Delville a besoin de simplicité et de naturel!\n    D'autres peintres sont troublés par la technique des néo-impressionnistes.\n    Si M. Coppens divise le ton à peine, s'il rappelle, dans ses mers, — sans\navoir leur belle transparence, — la facture et les couleurs de Monet, il\npossède un tempérament de peintre, peut-être de coloriste, mais d'un\ncoloriste trop fantaisiste et volontairement séducteur. Ses paysages marins\nintéressent par le choix des sites et par une tentative d'harmonie dans les\ndirections des lignes.\n    M. Jelley est plus sincère et sa peinture plus fruste est à celle de\nM. Coppens, comme une fille des champs à une demi-mondaine. Les\npaysages de M. Jelley sont dans l'impressionisme d'heureux débuts.\n\n                                                   GRÉGOIRE LE ROY."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 223, "page_fin": 228, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "A C SWINBURNE", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 250, "page_imprimee": 223, "debut_caractere": 86, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 250, "page_imprimee": 223, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 138, "texte": "La saison musicale touche à sa fin. 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Mais"}, {"page_pdf": 250, "page_imprimee": 223, "debut_caractere": 3882, "fin_caractere_exclue": 3917, "texte": "Verwée, Coosemans, Smits, Verheyden"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "Binjé, Stobbaerts, Coppens soutiennent"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 149, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "vaillamment l'honneur de leur cité."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 486, "fin_caractere_exclue": 524, "texte": "La prochaine représentation du Théâtre"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 618, "fin_caractere_exclue": 658, "texte": "d'Art au bénéfice de Paul Verlaine et de"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 751, "fin_caractere_exclue": 794, "texte": "Gauguin sera donnée à Paris, en matinée, le"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 888, "fin_caractere_exclue": 919, "texte": "27 mai prochain, au Vaudeville."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1016, "fin_caractere_exclue": 1030, "texte": "Le programme :"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1128, "fin_caractere_exclue": 1166, "texte": "Les Uns et les Autres, de M. Paul Ver­"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1261, "fin_caractere_exclue": 1268, "texte": "laine ;"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1364, "fin_caractere_exclue": 1400, "texte": "Le Corbeau, poème d'Edgar Poe (trad."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1493, "fin_caractere_exclue": 1515, "texte": "de Stéphane Mallarmé);"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1614, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "Chérubin, drame en 3 actes en prose de"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1741, "fin_caractere_exclue": 1756, "texte": "Charles Morice;"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1850, "fin_caractere_exclue": 1890, "texte": "Le Soleil de Minuit, de Catulle Mendès ;"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1986, "fin_caractere_exclue": 2020, "texte": "L'Intruse, de Maurice Maeterlinck;"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2116, "fin_caractere_exclue": 2144, "texte": "Phyllis, de Th. de Banville;"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2206, "fin_caractere_exclue": 2241, "texte": "Chansons des rues et des bois et un"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2331, "fin_caractere_exclue": 2355, "texte": "poème des Fleurs du Mal."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2454, "fin_caractere_exclue": 2491, "texte": "Voilà qui va faire passer le goût des"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2582, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "folischolleries qu'offre, d'un même geste"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2701, "fin_caractere_exclue": 2738, "texte": "toujours, le Saint-Antoine du Théâtre"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2834, "fin_caractere_exclue": 2840, "texte": "Libre."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2936, "fin_caractere_exclue": 2975, "texte": "Le Théâtre d'Art ne pourrait-il un jour"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3037, "fin_caractere_exclue": 3080, "texte": "passer par Bruxelles? notre public a besoin"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3177, "fin_caractere_exclue": 3195, "texte": "d'être désinfecté."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3442, "fin_caractere_exclue": 3482, "texte": "Notre collaborateur Albert Arnay prépare"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3534, "fin_caractere_exclue": 3570, "texte": "en ce moment une étude destinée à la"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3625, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "Jeune Belgique sur les Amours jaunes de"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3716, "fin_caractere_exclue": 3733, "texte": "Tristan Corbière."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3959, "fin_caractere_exclue": 3993, "texte": "Le jury chargé de juger la onzième"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4051, "fin_caractere_exclue": 4094, "texte": "période du concours triennal de littérature"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4141, "fin_caractere_exclue": 4184, "texte": "dramatique en langue française vient d'être"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4234, "fin_caractere_exclue": 4266, "texte": "nommé : MM. De Monge, Ed. Fétis,"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4307, "fin_caractere_exclue": 4339, "texte": "G. Frédérix, Stoumon et Stecher."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4386, "fin_caractere_exclue": 4396, "texte": "Attendons."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4655, "fin_caractere_exclue": 4691, "texte": "L'Echo de Paris publie une chronique"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4746, "fin_caractere_exclue": 4784, "texte": "inappréciable de M. Henry Fouquier sur"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4839, "fin_caractere_exclue": 4867, "texte": "« les Jeunes et les Vieux »."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4937, "fin_caractere_exclue": 4977, "texte": "L'étonnant pisseur d'encre pâle que l'on"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 5024, "fin_caractere_exclue": 5070, "texte": "sait, n'est pas content de notre collaborateur"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 5082, "fin_caractere_exclue": 5126, "texte": "Vielé-Griffin. Ce poète ne s'est-il pas per­"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 5149, "fin_caractere_exclue": 5194, "texte": "mis, avec toute la légèreté qui convient à sa"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 106, "fin_caractere_exclue": 148, "texte": "profession, de reprocher à M. Fouquier les"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 199, "fin_caractere_exclue": 242, "texte": "petites inepties dont ce chroniqueur incon­"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 293, "fin_caractere_exclue": 332, "texte": "tinent a inondé la mémoire de Jules La­"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 383, "fin_caractere_exclue": 390, "texte": "forgue."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 444, "fin_caractere_exclue": 482, "texte": "Le pisseur d'encre pâle ne connaissait"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 575, "fin_caractere_exclue": 617, "texte": "point Laforgue, qu'il appelait Leforgue, —"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 709, "fin_caractere_exclue": 750, "texte": "mais il le jugeait avec une boulevardière"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 845, "fin_caractere_exclue": 887, "texte": "sévérité. 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L' « absolu crétin » eut un scru­"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1217, "fin_caractere_exclue": 1260, "texte": "pule : il voulut lire Leforgue ou Laforgue."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1323, "fin_caractere_exclue": 1360, "texte": "Il se mit en campagne, interrogea ses"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1451, "fin_caractere_exclue": 1492, "texte": "amis, qui lui indiquèrent quoi? les Mora-"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1566, "fin_caractere_exclue": 1610, "texte": "lités légendaires, les Complaintes, l'Imita-"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1703, "fin_caractere_exclue": 1740, "texte": "tion' de Notre-Dame la Lune? Ah! vous"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 1807, "fin_caractere_exclue": 1846, "texte": "connaissez peu les amis de M. 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Les"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2195, "fin_caractere_exclue": 2202, "texte": "voici :"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2295, "fin_caractere_exclue": 2330, "texte": "« Hypocondrie sensuelle tournant au"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2406, "fin_caractere_exclue": 2450, "texte": "martyre les consolations de l'alcool — (son­"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2542, "fin_caractere_exclue": 2581, "texte": "ger aux Russes, à Marméladoff), joie de"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2674, "fin_caractere_exclue": 2700, "texte": "s'abîmer, de se salir... »"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2792, "fin_caractere_exclue": 2833, "texte": "Sur ce, le pisseur d'encre pâle s'arrête,"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 2891, "fin_caractere_exclue": 2932, "texte": "et, en note, écrit : J'avoue ignorer Mar­"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3026, "fin_caractere_exclue": 3036, "texte": "méladoff !"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3134, "fin_caractere_exclue": 3176, "texte": "Notre amiVielé-Griffin a eu tort : M. 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Il prend"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3345, "fin_caractere_exclue": 3382, "texte": "Marméladoff pour un jeune Russe déca­"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3433, "fin_caractere_exclue": 3439, "texte": "dent !"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3493, "fin_caractere_exclue": 3533, "texte": "Qu'aurait-on dit, en 1835, d'un critique"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3584, "fin_caractere_exclue": 3624, "texte": "français capable d'ignorer Quasimodo, et"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3675, "fin_caractere_exclue": 3715, "texte": "de le confondre avec Petrus Borel, ou, à"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3766, "fin_caractere_exclue": 3806, "texte": "l'époque de Shakespeare, d'un criticulet"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3857, "fin_caractere_exclue": 3898, "texte": "prenant Hamlet pour un jeune poète anglo-"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 3949, "fin_caractere_exclue": 3956, "texte": "saxon ?"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4010, "fin_caractere_exclue": 4050, "texte": "Ajoutons, pour achever le pastel du Fou­"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4101, "fin_caractere_exclue": 4140, "texte": "quier, que ce chroniqueur de tapis vert"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4191, "fin_caractere_exclue": 4233, "texte": "reproche à Laforgue d'avoir été lecteur de"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4284, "fin_caractere_exclue": 4306, "texte": "l'impératrice Augusta."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4360, "fin_caractere_exclue": 4383, "texte": "Le cuistre est complet."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4437, "fin_caractere_exclue": 4476, "texte": "Du même croupier, dans le même article,"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4527, "fin_caractere_exclue": 4561, "texte": "cette appréciation de Baudelaire :"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4615, "fin_caractere_exclue": 4652, "texte": "« Ces notes... montrent le Baudelaire"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4703, "fin_caractere_exclue": 4745, "texte": "factice que Baudelaire avait fabriqué lui-"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4796, "fin_caractere_exclue": 4838, "texte": "même pour épater les bourgeois, ce qui fut"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4889, "fin_caractere_exclue": 4933, "texte": "le rêve bête de sa vie et la faiblesse capi­"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 4984, "fin_caractere_exclue": 5023, "texte": "tale de son cerveau primitivement puis­"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 5074, "fin_caractere_exclue": 5081, "texte": "sant. »"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 5135, "fin_caractere_exclue": 5148, "texte": "Encadrons ça."}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 5202, "fin_caractere_exclue": 5242, "texte": "Et pisse de l'encre, petit, pisse, pisse"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 241, "fin_caractere_exclue": 279, "texte": "La chronique parisienne est en émoi de"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 335, "fin_caractere_exclue": 376, "texte": "littérature : Huret documente dans l'Écho"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 425, "fin_caractere_exclue": 465, "texte": "de Paris, le Sage Nestor bouillonne à la"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 515, "fin_caractere_exclue": 560, "texte": "lecture d'un article d'ailleurs très sensé de"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 603, "fin_caractere_exclue": 640, "texte": "Remy de Gourmont paru dans le Mercure"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 695, "fin_caractere_exclue": 734, "texte": "de France, puis se transformant en Fou-"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 786, "fin_caractere_exclue": 827, "texte": "quier cherche Leforgue et voici qu'Hector"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 880, "fin_caractere_exclue": 922, "texte": "Pessard propose de fonder la « Vraie ligue"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 975, "fin_caractere_exclue": 1002, "texte": "des patriotes ». Écoutons :"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1069, "fin_caractere_exclue": 1110, "texte": "« ... Cependant, je ne puis taire une in­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1158, "fin_caractere_exclue": 1198, "texte": "quiétude qui va chaque jour grandissant."}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1251, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "Il me semble que plus nous allons, plus"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1339, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "nous laissons sur la route un peu de notre"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1421, "fin_caractere_exclue": 1458, "texte": "génie et de notre caractère national."}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1516, "fin_caractere_exclue": 1557, "texte": "« Fils des Gaulois, au rire bruyant, dont"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1606, "fin_caractere_exclue": 1653, "texte": "la gaîté s'élevait sans cesse vers le ciel avec"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1688, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "le chant de l'alouette, l'oiseau symbolique,"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1781, "fin_caractere_exclue": 1823, "texte": "nous prenons petit à petit, grâce aux nou­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1848, "fin_caractere_exclue": 1895, "texte": "velles écoles littéraires, de faux airs de cor­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1941, "fin_caractere_exclue": 1980, "texte": "beaux déplumés, se fouillant mélancoli­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2039, "fin_caractere_exclue": 2079, "texte": "quement le flanc, sous prétexte de phsy­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2130, "fin_caractere_exclue": 2172, "texte": "chologie. Aux joyeux refrains de nos pères"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2224, "fin_caractere_exclue": 2263, "texte": "insouciants ont succédé les complaintes"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2317, "fin_caractere_exclue": 2356, "texte": "lamentables des pessimistes, des symbo­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2408, "fin_caractere_exclue": 2450, "texte": "listes, des naturalistes, des décadents et"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2464, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "autres bardes obscurs qui s'appliquent à"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2558, "fin_caractere_exclue": 2598, "texte": "désapprendre la langue de Rabelais et de"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2651, "fin_caractere_exclue": 2660, "texte": "Voltaire."}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2745, "fin_caractere_exclue": 2785, "texte": "« Flasques zoophytes qui se laissent im­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2838, "fin_caractere_exclue": 2879, "texte": "prégner, comme des éponges, par la mysti­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2930, "fin_caractere_exclue": 2973, "texte": "que folie slave, par les mélancolies et les"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3023, "fin_caractere_exclue": 3064, "texte": "désespérances Scandinaves, par les philo­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3116, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "sophies sombres des Germains, lavettes"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3209, "fin_caractere_exclue": 3247, "texte": "trempées dans des bocks et parfumées à"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3301, "fin_caractere_exclue": 3342, "texte": "l'absinthe, piteux dégénérés sous la peau"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3390, "fin_caractere_exclue": 3431, "texte": "desquels la seringue de Pravay injecte la"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3483, "fin_caractere_exclue": 3523, "texte": "morphine et la tristesse, nous ne serons"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3578, "fin_caractere_exclue": 3620, "texte": "plus même capables d'apprécier les beautés"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3670, "fin_caractere_exclue": 3710, "texte": "du si doux pays de France, et à nos âmes"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3738, "fin_caractere_exclue": 3781, "texte": "ternes, à nos regards voilés, il faudra des"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3834, "fin_caractere_exclue": 3845, "texte": "ciels gris."}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3933, "fin_caractere_exclue": 3972, "texte": "« C'est que le mal grandit chaque année"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4019, "fin_caractere_exclue": 4062, "texte": "et s'étend, gagnant par infiltration toutes"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4111, "fin_caractere_exclue": 4152, "texte": "les couches de la société française. Nous"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4203, "fin_caractere_exclue": 4247, "texte": "perdons, peu à peu, par notre littérature et"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4295, "fin_caractere_exclue": 4340, "texte": "nos arts, le goût de la clarté, de la simpli­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4389, "fin_caractere_exclue": 4434, "texte": "cité, de la franchise, tout en croyant, selon"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4468, "fin_caractere_exclue": 4510, "texte": "les formules modernes, être en quête de la"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4561, "fin_caractere_exclue": 4601, "texte": "vérité. Notre personnalité gauloise, qui"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "survécut si longtemps à tant d'invasions et"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 237, "texte": "de désastres, finit par être submergée par"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 288, "fin_caractere_exclue": 334, "texte": "l'émigration littéraire d'exotiques qui, s'en­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 385, "fin_caractere_exclue": 424, "texte": "nuyant trop chez eux pour s'y confiner,"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 475, "fin_caractere_exclue": 514, "texte": "viennent chez nous, traînant dans leurs"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 565, "fin_caractere_exclue": 602, "texte": "bagages leur incurable ennui et leurs"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 653, "fin_caractere_exclue": 694, "texte": "vagues et tristes rêveries. Schopenhauer,"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 745, "fin_caractere_exclue": 785, "texte": "Wagner, Dotoreski, (sic) Tolstoï, Ibsen!"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 836, "fin_caractere_exclue": 879, "texte": "voilà les lugubres colons qui viennent des­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 930, "fin_caractere_exclue": 974, "texte": "sécher les sillons tracés par Rabelais, Vol­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1025, "fin_caractere_exclue": 1065, "texte": "taire et Molière. Les vers de Racine, de"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1116, "fin_caractere_exclue": 1157, "texte": "Hugo, de Musset, de Lamartine sont désap­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1208, "fin_caractere_exclue": 1250, "texte": "pris et les jeunes générations épèlent les"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1301, "fin_caractere_exclue": 1338, "texte": "galimatias hermétiques de M. Stéphane"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1389, "fin_caractere_exclue": 1420, "texte": "Mallarmé et de ses disciples. »"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1474, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "M. Pessard qui découvre le mal avec la"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1563, "fin_caractere_exclue": 1605, "texte": "sûreté d'un vieux patricien, propose immé­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1656, "fin_caractere_exclue": 1687, "texte": "diatement le remède. Le voici :"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1741, "fin_caractere_exclue": 1780, "texte": "« Il y aurait une ligue nouvelle de pa­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1831, "fin_caractere_exclue": 1847, "texte": "triotes à créer."}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1901, "fin_caractere_exclue": 1940, "texte": "« Mes patriotes, à moi, fonderaient des"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 1991, "fin_caractere_exclue": 2038, "texte": "sociétés de gaîté pour faire suite aux sociétés"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2089, "fin_caractere_exclue": 2129, "texte": "de gymnastique, dont je ne méconnais pas"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2180, "fin_caractere_exclue": 2223, "texte": "les mérites, et riposteraient par des fions"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2274, "fin_caractere_exclue": 2316, "texte": "fions et des refrains endiablés aux assom­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2367, "fin_caractere_exclue": 2407, "texte": "mantes psalmodies des prêcheurs d'Outre-"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2458, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "Rhin."}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2517, "fin_caractere_exclue": 2557, "texte": "« J'organiserais une croisade contre les"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2608, "fin_caractere_exclue": 2650, "texte": "malfaisants de lettres, qui, sous prétexte"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2701, "fin_caractere_exclue": 2741, "texte": "d'innovations, désarticulent notre belle"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2792, "fin_caractere_exclue": 2837, "texte": "langue, la rendent difforme ou inintelligible"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2888, "fin_caractere_exclue": 2929, "texte": "et s'en servent, comme d'un instrument de"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 2980, "fin_caractere_exclue": 3022, "texte": "torture, pour trépaner les crânes de leurs"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3073, "fin_caractere_exclue": 3115, "texte": "contemporains. Tout en bloc, je sifflerais"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3166, "fin_caractere_exclue": 3208, "texte": "de parti-pris, obstinément, tous ces empê­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3259, "fin_caractere_exclue": 3300, "texte": "cheurs de danser en rond, tous ces fakirs"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3351, "fin_caractere_exclue": 3389, "texte": "absorbés dans la contemplation de leur"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3440, "fin_caractere_exclue": 3482, "texte": "sale nombril et qui, dégoûtés par le spec­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3533, "fin_caractere_exclue": 3577, "texte": "tacle qui les hypnotise, ne relèvent la tête"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3628, "fin_caractere_exclue": 3669, "texte": "que pour déclarer tristement que tout est"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3720, "fin_caractere_exclue": 3737, "texte": "mauvais, lugubre."}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3791, "fin_caractere_exclue": 3833, "texte": "\" J'élèverais des temples à l'illusion, la"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3884, "fin_caractere_exclue": 3929, "texte": "fée bienfaisante, à l'espoir, cette marne des"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 3980, "fin_caractere_exclue": 4018, "texte": "malheureux, au rire, le guérisseur des"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4069, "fin_caractere_exclue": 4110, "texte": "maladies de l'âme et du coeur. En un mot,"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4161, "fin_caractere_exclue": 4202, "texte": "j'essaierais de réveiller la personnalité"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4253, "fin_caractere_exclue": 4294, "texte": "gauloise qui disparaît chaque jour davan­"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4345, "fin_caractere_exclue": 4388, "texte": "tage sous les limoneuses alluvions du Rhin,"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4439, "fin_caractere_exclue": 4467, "texte": "de la Vistule et du Volga. \""}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4521, "fin_caractere_exclue": 4560, "texte": "M. Pessard a pleinement raison; le pays"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 4611, "fin_caractere_exclue": 4655, "texte": "qui possède tout à la fois l'inimitable Pau-"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 97, "texte": "lus et Armand Silvestre, le mage Péladan et"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 183, "texte": "Rodolphe Salis, ne peut pas s'ennuyer."}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 241, "fin_caractere_exclue": 280, "texte": "Hector Pessard s'adressera à Henri Fou-"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 327, "fin_caractere_exclue": 367, "texte": "quier pour l'organisation des jeux popu­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 421, "fin_caractere_exclue": 464, "texte": "laires. On rigolera à tire-larigot. On fera"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 478, "fin_caractere_exclue": 516, "texte": "respirer du gaz hilariant à Renan qui,"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 570, "fin_caractere_exclue": 609, "texte": "répudiant aussitôt l'abbesse de Jouare,"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 660, "fin_caractere_exclue": 703, "texte": "écrira sans plus tarder des contes piquants"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 754, "fin_caractere_exclue": 794, "texte": "et gaillards. Leconte de Lisle, Stéphane"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 845, "fin_caractere_exclue": 882, "texte": "Mallarmé, Verlaine, comme incurables,"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 940, "fin_caractere_exclue": 981, "texte": "seront priés de passer la frontière et de"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1035, "fin_caractere_exclue": 1074, "texte": "rentrer au plus vite dans les brumes du"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1127, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "Nord. On chatouillera la plante des pieds"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1200, "fin_caractere_exclue": 1242, "texte": "des réfractaires jusqu'à explosion de rire"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1293, "fin_caractere_exclue": 1334, "texte": "inextinguible. Paulus sera nommé ministre"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1388, "fin_caractere_exclue": 1428, "texte": "de l'amusement public; il organisera sur"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1480, "fin_caractere_exclue": 1524, "texte": "les différentes places publiques des parties"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1558, "fin_caractere_exclue": 1596, "texte": "de bouchon, de barres, de boules, etc."}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1654, "fin_caractere_exclue": 1695, "texte": "Barrés ne dissimulera plus sa forte envie"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1750, "fin_caractere_exclue": 1791, "texte": "de pouffer au nez de ses contemporains et"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1860, "fin_caractere_exclue": 1899, "texte": "Moréas se fera sérieusement naturaliser"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1995, "fin_caractere_exclue": 2036, "texte": "français. Nos voisins ne pourront plus se"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2131, "fin_caractere_exclue": 2174, "texte": "regarder sans rire. Silvestre sera invité à"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2268, "fin_caractere_exclue": 2312, "texte": "réciter ses contes dans les meetings, Coque­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2408, "fin_caractere_exclue": 2450, "texte": "lin jouera avec conviction M. de Pourceau­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2518, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "gnac et Péladan donnera, dans les réunions"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2562, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "d'amateurs, des séances de magie amusante."}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2654, "fin_caractere_exclue": 2675, "texte": "Et vive la rigolade !"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2998, "fin_caractere_exclue": 3040, "texte": "Les journaux français publient la présente"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3120, "fin_caractere_exclue": 3130, "texte": "nouvelle :"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3229, "fin_caractere_exclue": 3267, "texte": "« Rodolphe Salis en police correction­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3268, "fin_caractere_exclue": 3274, "texte": "nelle."}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3349, "fin_caractere_exclue": 3387, "texte": "Le gentilhomme-cabaretier vient d'être"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3388, "fin_caractere_exclue": 3420, "texte": "assigné par M. Joséphin Péladan."}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3481, "fin_caractere_exclue": 3518, "texte": "Le Sar se plaint de figurer, dans les"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3652, "fin_caractere_exclue": 3690, "texte": "manchettes du dernier Chat-Noir, comme"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3691, "fin_caractere_exclue": 3733, "texte": "secrétaire de la rédaction, avec la quali­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3734, "fin_caractere_exclue": 3772, "texte": "fication irrévérencieuse de \" Derrière"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3828, "fin_caractere_exclue": 3839, "texte": "éprouvé ! \""}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3923, "fin_caractere_exclue": 3965, "texte": "Et, sous prétexte que cette double licence"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4003, "fin_caractere_exclue": 4044, "texte": "porte atteinte à sa considération d'homme"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4086, "fin_caractere_exclue": 4125, "texte": "et de mage, il réclame à Rodolphe Salis"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4165, "fin_caractere_exclue": 4206, "texte": "cinq mille francs de dommages intérêts. »"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4217, "fin_caractere_exclue": 4259, "texte": "Pour un derrière Salis, cinq mille francs,"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4260, "fin_caractere_exclue": 4273, "texte": "c'est raide !"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4356, "fin_caractere_exclue": 4402, "texte": "La lettre de la fin de toute cette affaire, la"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4446, "fin_caractere_exclue": 4453, "texte": "voici :"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4543, "fin_caractere_exclue": 4558, "texte": "MON CHER SALIS,"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4629, "fin_caractere_exclue": 4672, "texte": "A la suite d'une lettre signée Sar Péladan,"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "parue dans la France du 29 avril, et par"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 236, "texte": "laquelle vous vous trouviez insulté, vous"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 287, "fin_caractere_exclue": 326, "texte": "nous avez chargé de demander au dit Sar"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 377, "fin_caractere_exclue": 419, "texte": "une rétractation ou une réparation par les"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 470, "fin_caractere_exclue": 476, "texte": "armes."}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 531, "fin_caractere_exclue": 568, "texte": "En conséquence, nous nous sommes pré­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 619, "fin_caractere_exclue": 658, "texte": "sentés chez le Sar Péladan et lui avons"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 709, "fin_caractere_exclue": 752, "texte": "exposé l'objet de notre visite. Le Sar nous"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 803, "fin_caractere_exclue": 843, "texte": "a répondu qu'il ne vous devait pas d'ex­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 895, "fin_caractere_exclue": 938, "texte": "cuses parce que vous avez la priorité d'in­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 990, "fin_caractere_exclue": 1033, "texte": "sulte. Quant à la réparation par les armes,"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1084, "fin_caractere_exclue": 1125, "texte": "le Sar n'y consent pas davantage pour les"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1177, "fin_caractere_exclue": 1198, "texte": "raisons qui suivent :"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1253, "fin_caractere_exclue": 1291, "texte": "1° Quoique bon catholique, se trouvant"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1343, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "en délicatesse avec la cour de Rome, il en­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1437, "fin_caractere_exclue": 1478, "texte": "courrait infailliblement, en cas de duel,"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1530, "fin_caractere_exclue": 1556, "texte": "l'excommunication papale ;"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1611, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "20 A cause de certains pouvoirs occultes,"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1703, "fin_caractere_exclue": 1748, "texte": "il est sûr de vous tuer, ce qui constituerait"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1843, "fin_caractere_exclue": 1858, "texte": "un assassinat ;"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 1954, "fin_caractere_exclue": 1993, "texte": "3° Cet assassinat entraînerait pour lui"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2087, "fin_caractere_exclue": 2129, "texte": "l'Impureté Hermétique, et commeil n'existe"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2226, "fin_caractere_exclue": 2266, "texte": "pas en ce moment de Collège Magique pour"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2364, "fin_caractere_exclue": 2406, "texte": "le purifier, le Sar ne se soucie pas d'une"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2502, "fin_caractere_exclue": 2516, "texte": "pareille tare."}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2615, "fin_caractere_exclue": 2652, "texte": "Ayant pris bonne note de ces raisons,"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2704, "fin_caractere_exclue": 2747, "texte": "nous avons considéré, mon cher Salis, notre"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2799, "fin_caractere_exclue": 2835, "texte": "mission comme terminée, et nous vous"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2887, "fin_caractere_exclue": 2931, "texte": "prions d'agréer l'assurance de nos meilleurs"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 2983, "fin_caractere_exclue": 2994, "texte": "sentiments."}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3095, "fin_caractere_exclue": 3119, "texte": "Paris, le 30 avril 1891."}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3181, "fin_caractere_exclue": 3225, "texte": "ALPHONSE ALLAIS.             MAURICE DONNAY."}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3335, "fin_caractere_exclue": 3345, "texte": "LES LIVRES"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3442, "fin_caractere_exclue": 3477, "texte": "Chez Lacomblez toujours, prochaine­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3519, "fin_caractere_exclue": 3559, "texte": "ment réédition de l'exquise comédie fia­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3610, "fin_caractere_exclue": 3651, "texte": "besque d'Albert Giraud, Pierrot Narcisse."}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3788, "fin_caractere_exclue": 3827, "texte": "Pour paraître après les canicules, chez"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3879, "fin_caractere_exclue": 3919, "texte": "Lacomblez naturellement, de notre colla­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 3966, "fin_caractere_exclue": 4002, "texte": "borateur Eugène Demolder, les Contes"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4045, "fin_caractere_exclue": 4085, "texte": "d'Yperdam dont sera distrait, pour notre"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4126, "fin_caractere_exclue": 4164, "texte": "prochain numéro, le Massacre des Inno-"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4207, "fin_caractere_exclue": 4213, "texte": "cents."}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4314, "fin_caractere_exclue": 4352, "texte": "Ce mois chez Deman : l'Œuvre lithogra-"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4403, "fin_caractere_exclue": 4445, "texte": "phique de Odilon Redon, catalogue descrip­"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4496, "fin_caractere_exclue": 4534, "texte": "tif par Jules Destrée. Un volume petit"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4585, "fin_caractere_exclue": 4625, "texte": "in-quarto de grand luxe, imprimé, par la"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 4673, "fin_caractere_exclue": 4710, "texte": "maison MONNOM, sur papier de Hollande"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "Van Gelder, à soixante-quinze exemplaires"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 139, "fin_caractere_exclue": 180, "texte": "numérotés, ornés d'un frontispice à l'eau"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 221, "fin_caractere_exclue": 263, "texte": "forte, gravé par M rne Jules Destrée-Danse"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 312, "fin_caractere_exclue": 350, "texte": "d'après une sculpture gothique (Eglise"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 402, "fin_caractere_exclue": 443, "texte": "Saint-Nazaire, à Carcassonne). — En sous­"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 490, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "cription, prix : 10 francs. Dès la mise en"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 580, "fin_caractere_exclue": 617, "texte": "vente le prix sera porté à 12 francs."}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 670, "fin_caractere_exclue": 710, "texte": "Les vingt-cinq premiers exemplaires con­"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 758, "fin_caractere_exclue": 800, "texte": "tiendront une seconde eau-forte deMmeJules"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 849, "fin_caractere_exclue": 888, "texte": "Destrée, d'après une sculpture gothique"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 944, "fin_caractere_exclue": 985, "texte": "(Cathédrale, à Reims). — En souscription,"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1034, "fin_caractere_exclue": 1051, "texte": "prix : 20 francs."}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1206, "fin_caractere_exclue": 1245, "texte": "Confiteor, par Gabriel Trarieux, Paris,"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1291, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "Comptoir d'édition. C'est une confession"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1370, "fin_caractere_exclue": 1407, "texte": "générale que nous, fait M. Trarieux à"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1451, "fin_caractere_exclue": 1491, "texte": "laquelle on pourrait reprocher, sinon la"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1536, "fin_caractere_exclue": 1578, "texte": "sincérité pleine et entière, du moins par­"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1621, "fin_caractere_exclue": 1663, "texte": "fois une trop grande insouciance d'art. Le"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1707, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "pénitent dit trop vite sans assez soigner la"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1797, "fin_caractere_exclue": 1821, "texte": "forme; un seul exemple :"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1914, "fin_caractere_exclue": 1930, "texte": ".. Sous la terre"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1979, "fin_caractere_exclue": 2027, "texte": "des germes sont cachés qui prendront leur essor."}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2074, "fin_caractere_exclue": 2113, "texte": "Mais ce livre où l'on découvre un souci"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2155, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "d'idées est vaillamment fait et c'est une"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2239, "fin_caractere_exclue": 2254, "texte": "belle promesse."}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2425, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "La Création du diable, de Raymont Nyst,"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2506, "fin_caractere_exclue": 2548, "texte": "chez Kistemaeckers, est une fine et spiri­"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2589, "fin_caractere_exclue": 2631, "texte": "tuelle parodie d'après Delville, de toutes"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2675, "fin_caractere_exclue": 2714, "texte": "les diableries romantiques, macabres et"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2730, "fin_caractere_exclue": 2772, "texte": "rollinatiques. Les verts « de gibier et de"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2773, "fin_caractere_exclue": 2811, "texte": "fromages murs », les fauves « comme la"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2860, "fin_caractere_exclue": 2897, "texte": "peau odorante des lionnes», les bleus"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2941, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "\" comme les reflets des noirs corbeaux \""}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3025, "fin_caractere_exclue": 3067, "texte": "font un barbouillage échevelé et fort amu­"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3112, "fin_caractere_exclue": 3149, "texte": "sant. Jusqu'à la philosophie est bien"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3194, "fin_caractere_exclue": 3237, "texte": "attrapée dans telle phrase : «l'Infinité de"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3277, "fin_caractere_exclue": 3320, "texte": "Dieu limitée au fini ». A signaler aussi un"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3361, "fin_caractere_exclue": 3402, "texte": "délirant chapitre Regarde, mon cœur... où"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3445, "fin_caractere_exclue": 3484, "texte": "une vingtaine de phrases commencent par"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3526, "fin_caractere_exclue": 3567, "texte": "ce mot « Nuages », répété autant de fois."}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3611, "fin_caractere_exclue": 3630, "texte": "C'est irrésistible."}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3794, "fin_caractere_exclue": 3828, "texte": "L'Almanach de l'université de Gand"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3872, "fin_caractere_exclue": 3914, "texte": "nous revient toujours fidèle, apportant la"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3958, "fin_caractere_exclue": 3999, "texte": "moisson littéraire de l'année. Citons les"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 4035, "fin_caractere_exclue": 4076, "texte": "Notes d'art de Camille Lemonmer, Revanche"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 4128, "fin_caractere_exclue": 4169, "texte": "de George Garnir, Heures de flâneries, de"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 4221, "fin_caractere_exclue": 4260, "texte": "Krains, Edmond Picard, Stiernet, Henne­"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 4314, "fin_caractere_exclue": 4359, "texte": "bicq, Roussel, etc., et dans la partie acadé­"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 138, "texte": "mique, les journaux d'étudiants et les"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 188, "fin_caractere_exclue": 220, "texte": "chants d'étudiants en Allemagne."}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 290, "fin_caractere_exclue": 307, "texte": "*   *   '   ■   *"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 363, "fin_caractere_exclue": 401, "texte": "Le Barbare que M. Auguste Jenart vient"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 451, "fin_caractere_exclue": 489, "texte": "de faire paraître chez Paul Lacomblez,"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 539, "fin_caractere_exclue": 579, "texte": "montre qu'elle sorte d'influence Maurice"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 629, "fin_caractere_exclue": 666, "texte": "Maeterlinck aura exercée sur quelques"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 716, "fin_caractere_exclue": 757, "texte": "écrivains. Les Maeterlinguistes formeront"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 807, "fin_caractere_exclue": 848, "texte": "bientôt, si cela continue, une école nou­"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 898, "fin_caractere_exclue": 943, "texte": "velle. Il s'agit bien entendu de la forme. La"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 993, "fin_caractere_exclue": 1033, "texte": "tentative de M. Jenart est louable; mais"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1083, "fin_caractere_exclue": 1124, "texte": "nous ne sommes pas bien sûr qu'il se soit"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1174, "fin_caractere_exclue": 1202, "texte": "arrêté à un plan très exact."}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1254, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "Le Barbare forme souvent un dialogue"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1332, "fin_caractere_exclue": 1369, "texte": "embrouillé à tendances philosophiques"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1408, "fin_caractere_exclue": 1450, "texte": "vagues, qui's'affirment à tout moment dans"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1492, "fin_caractere_exclue": 1535, "texte": "telle phrase : « N'être que toi mon rêve »."}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1579, "fin_caractere_exclue": 1620, "texte": "On a émis cette idée assez souvent en ces"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1664, "fin_caractere_exclue": 1706, "texte": "dernières littératures et vraiment il faut"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1752, "fin_caractere_exclue": 1796, "texte": "une forte originalité pour ne point la faire"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1846, "fin_caractere_exclue": 1886, "texte": "paraître superflue. Ensuite, ce décor de"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 1936, "fin_caractere_exclue": 1978, "texte": "minuit, de gens qui parlent des revenants,"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2028, "fin_caractere_exclue": 2070, "texte": "de la bise qui siffle dans la cheminée, de"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2114, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "l'orage, d'un incendie, etc., tandis que"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2197, "fin_caractere_exclue": 2238, "texte": "Rynel répond aux observations paternelles"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2288, "fin_caractere_exclue": 2334, "texte": "de son abbé par des citations de M aeterlinck,"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2384, "fin_caractere_exclue": 2421, "texte": "Laforgue, Van Lerberghe et Verhaeren,"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2465, "fin_caractere_exclue": 2505, "texte": "nous paraît d'un romantisme panaché. Cet"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2549, "fin_caractere_exclue": 2588, "texte": "essai n'aura pas été très heureux, mais"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2632, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "félicitons M. Jenart d'avoir eu le courage"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2715, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "de le publier."}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2825, "fin_caractere_exclue": 2859, "texte": "La Fiancée de Maître Le Kevan, par"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2898, "fin_caractere_exclue": 2940, "texte": "Louis Tréderne, nouvelle couronnée au con­"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 2982, "fin_caractere_exclue": 3024, "texte": "cours du Magasin Littéraire, dont quelques"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3068, "fin_caractere_exclue": 3111, "texte": "tirés-à-part, rentre plutôt dans le domaine"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3150, "fin_caractere_exclue": 3193, "texte": "de la fantaisie. C'est une historiette très"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3238, "fin_caractere_exclue": 3276, "texte": "douce, racontée simplement à un public"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3321, "fin_caractere_exclue": 3360, "texte": "qui n'aime pas à être remué violemment."}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3403, "fin_caractere_exclue": 3444, "texte": "Les personnages sont encore à la mode des"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3485, "fin_caractere_exclue": 3525, "texte": "romans de Feuillet : on ne s'apercevrait"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3568, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "jamais qu'ils vivent à l'époque de la Tour"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3660, "fin_caractere_exclue": 3700, "texte": "Eiffel et des représentations du Théâtre"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3750, "fin_caractere_exclue": 3790, "texte": "Libre. Mais l'auteur n'a voulu qu'écrire"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3829, "fin_caractere_exclue": 3871, "texte": "pour le Magasin un petit conte sentimental"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 3915, "fin_caractere_exclue": 3957, "texte": "sans se soucier du caractère de modernité."}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 4031, "fin_caractere_exclue": 4034, "texte": "***"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 4086, "fin_caractere_exclue": 4127, "texte": "Au moment où, parmi les artistes surtout,"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 4177, "fin_caractere_exclue": 4220, "texte": "se marque un retour à l'étude des religions"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 4270, "fin_caractere_exclue": 4313, "texte": "anciennes qui semblent avoir transmis, sous"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 4363, "fin_caractere_exclue": 4404, "texte": "la garde des symboles, les secrets que la"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 95, "texte": "science moderne essaie de pénétrer, le pré­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 146, "fin_caractere_exclue": 188, "texte": "sent livre du comte Goblet d'Alviella doit"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 239, "fin_caractere_exclue": 283, "texte": "éveiller la plus vive curiosité. Dans la Mi-"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 331, "fin_caractere_exclue": 371, "texte": "gration des Symboles parue chez Leroux à"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 419, "fin_caractere_exclue": 462, "texte": "Paris, étudiée selon l'actuelle méthode des"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 479, "fin_caractere_exclue": 526, "texte": "sciences, l'analyse, l'auteur s'attache spécia­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 570, "fin_caractere_exclue": 609, "texte": "lement à quelques figures telles que la"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 662, "fin_caractere_exclue": 706, "texte": "croix gammée, l'arbre paradisiaque, le globe"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 758, "fin_caractere_exclue": 801, "texte": "ailé de l'Egypte, le caducée des Phéniciens"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 851, "fin_caractere_exclue": 894, "texte": "et le triçûla bouddhique. Il se garde d'une"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 943, "fin_caractere_exclue": 988, "texte": "généralisation hâtive, d'une synthèse problé­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 990, "fin_caractere_exclue": 1032, "texte": "matique. La fin pourtant de ces recherches"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1034, "fin_caractere_exclue": 1076, "texte": "serait d'élucider si les symboles dérivent"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1177, "fin_caractere_exclue": 1212, "texte": "d'une même source commune, s'ils ne"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1308, "fin_caractere_exclue": 1351, "texte": "seraient pas, comme on le prétend, les gar­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1447, "fin_caractere_exclue": 1485, "texte": "diens d'une révélation primitive. Mais"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1577, "fin_caractere_exclue": 1620, "texte": "M. Goblet d'Alviella ne se départ jamais de"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1716, "fin_caractere_exclue": 1760, "texte": "la réserve qu'il s'est promis d'observer, il"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1762, "fin_caractere_exclue": 1804, "texte": "ne s'aventure que rarement et très prudem­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1853, "fin_caractere_exclue": 1892, "texte": "ment sur le chemin des hypothèses. Il a"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1942, "fin_caractere_exclue": 1987, "texte": "fait ainsi un travail consciencieux d'érudit,"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2037, "fin_caractere_exclue": 2076, "texte": "il a apporté sa part de matériaux à une"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2128, "fin_caractere_exclue": 2143, "texte": "science future."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2214, "fin_caractere_exclue": 2258, "texte": "BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. — Les      cahiers"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2305, "fin_caractere_exclue": 2345, "texte": "d'André Walter. Librairie de l'Art indé­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2398, "fin_caractere_exclue": 2406, "texte": "pendant."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2497, "fin_caractere_exclue": 2535, "texte": "Poèmes et ballades, de Swinburne, tra­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2567, "fin_caractere_exclue": 2585, "texte": "duction de Mourey."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2589, "fin_caractere_exclue": 2618, "texte": "Bonheur, de Verlaine. Vanier."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2622, "fin_caractere_exclue": 2661, "texte": "Flaubert. Correspondance, 3e vol. Char­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2715, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "pentier."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2789, "fin_caractere_exclue": 2813, "texte": "Seul, Haraucourt, poème."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2850, "fin_caractere_exclue": 2876, "texte": "Sonyeuse, de Jean Lorrain."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2880, "fin_caractere_exclue": 2904, "texte": "Rome (inédit), Michelet."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2908, "fin_caractere_exclue": 2925, "texte": "Là-Bas, Huysmans."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2929, "fin_caractere_exclue": 2950, "texte": "L'Androgyne, Péladan."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3021, "fin_caractere_exclue": 3053, "texte": "Le Canard sauvage, Henrik Ibsen."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3116, "fin_caractere_exclue": 3158, "texte": "Diptique, Francis Vielé-Griffin (hors com­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3203, "fin_caractere_exclue": 3210, "texte": "merce)."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3349, "fin_caractere_exclue": 3386, "texte": "Pages, Stéphane Mallarmé. Deman, édi­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3490, "fin_caractere_exclue": 3495, "texte": "teur."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3900, "fin_caractere_exclue": 3935, "texte": "Chez Dietrich, Montagne de la Cour,"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3998, "fin_caractere_exclue": 4038, "texte": "exposition des eaux-fortes originales de"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4189, "fin_caractere_exclue": 4231, "texte": "James Ensor qui vient aussi de faire tirer"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4386, "fin_caractere_exclue": 4429, "texte": "à 10 exemplaires, au prix de 20 francs, une"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4483, "fin_caractere_exclue": 4525, "texte": "très belle lithographie, Hop-Trog, d'après"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4681, "fin_caractere_exclue": 4721, "texte": "un conte de Poe. On peut aussi y admirer"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4773, "fin_caractere_exclue": 4815, "texte": "un album de 15 lithogravures, représentant"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "les tableaux de Böcklin, qui se trouvent à"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 196, "fin_caractere_exclue": 237, "texte": "Munich dans la galerie du comte de Schack"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 289, "fin_caractere_exclue": 329, "texte": "et une magistrale eau-forte, die Burg an"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 381, "fin_caractere_exclue": 417, "texte": "Meer, de Max Klinger, gravée d'après"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 469, "fin_caractere_exclue": 477, "texte": "Böcklin."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 532, "fin_caractere_exclue": 568, "texte": "Un de nos jeunes artistes, dont nous"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 620, "fin_caractere_exclue": 660, "texte": "avons déjà parlé, Daniel De Haene, vient"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 712, "fin_caractere_exclue": 756, "texte": "lui aussi de faire paraître un portrait d'un"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 808, "fin_caractere_exclue": 849, "texte": "Barbey d'Aurevilly mystérieux et hautain,"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 901, "fin_caractere_exclue": 941, "texte": "d'après un dessin de Constantin Meunier."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1131, "fin_caractere_exclue": 1175, "texte": "A lire ce mois la Société nouvelle, articles"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1264, "fin_caractere_exclue": 1306, "texte": "de Giraud, Severin, Van Drunen, les Jeunes"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1403, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "toujours alertes, les Entretiens aux mains"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1537, "fin_caractere_exclue": 1575, "texte": "de notre collaborateur Bernard Lazare,"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1672, "fin_caractere_exclue": 1714, "texte": "notes inédites de Laforgue sur Baudelaire,"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1812, "fin_caractere_exclue": 1851, "texte": "le Magasin littéraire de Gand avec Léon"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1903, "fin_caractere_exclue": 1940, "texte": "Bloy, Maeterlinck (fragments de Ruys­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 1992, "fin_caractere_exclue": 2035, "texte": "broeck l'admirable), l'Ermitage, ces noms :"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2087, "fin_caractere_exclue": 2126, "texte": "de Régnier, Charles Morice, Bernard La­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2178, "fin_caractere_exclue": 2208, "texte": "zare, Quillard, l'Etoile, etc."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2265, "fin_caractere_exclue": 2303, "texte": "Dans l'Impartial de Gand un article de"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2355, "fin_caractere_exclue": 2396, "texte": "tête très fier de Firmin Vanden Bosch sur"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2448, "fin_caractere_exclue": 2493, "texte": "Les Dernières fêtes, La flûte à Siebel et les"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2545, "fin_caractere_exclue": 2565, "texte": "Fusillés de Malines."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2673, "fin_caractere_exclue": 2713, "texte": "Le triste exilé Georges Rodenbach publie"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2765, "fin_caractere_exclue": 2785, "texte": "le Règne du Silence."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2840, "fin_caractere_exclue": 2846, "texte": "Chut'."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 2980, "fin_caractere_exclue": 3017, "texte": "Dans l'Athœneum de Londres, ce sonnet"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3069, "fin_caractere_exclue": 3112, "texte": "que publie en langue française A.-Ch. Swin­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3164, "fin_caractere_exclue": 3201, "texte": "burne sur la mort de Théodore de Ban­"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3253, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "ville :"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3324, "fin_caractere_exclue": 3344, "texte": "THÉODORE DE BANVILLE"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3439, "fin_caractere_exclue": 3488, "texte": "La plus douce des voix qui vibraient sous le ciel"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3541, "fin_caractere_exclue": 3589, "texte": "Se tait : les rossignols ailés pleurent le frère"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3642, "fin_caractere_exclue": 3691, "texte": "Qui s'envole au-dessus de l'âpre et sombre terre,"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3744, "fin_caractere_exclue": 3791, "texte": "Ne lui laissant plus voir que l'être essentiel."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3844, "fin_caractere_exclue": 3896, "texte": "Esprit qui chante et rit, fleur d'une âme sans fiel."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 3949, "fin_caractere_exclue": 3997, "texte": "L'ombre élyséenne, où la nuit n'est que lumière,"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4050, "fin_caractere_exclue": 4098, "texte": "Revoit, tout revêtu de splendeur douce et fière,"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4151, "fin_caractere_exclue": 4188, "texte": "Mélicerte, poète à la bouche de miel."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4241, "fin_caractere_exclue": 4285, "texte": "Dieux exilés, passants célestes de ce monde."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4338, "fin_caractere_exclue": 4385, "texte": "Dont on entend parfois dans notre nuit profonde"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4438, "fin_caractere_exclue": 4482, "texte": "Vibrer la voix, frémir les ailes, vous savez"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4535, "fin_caractere_exclue": 4584, "texte": "S'il vous aima, s'il vous pleura, lui dont la vie"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4637, "fin_caractere_exclue": 4680, "texte": "Et le chant rappelaient les vôtres. Recevez"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4733, "fin_caractere_exclue": 4772, "texte": "L'âme de Mélicerte affranchie et ravie."}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 4855, "fin_caractere_exclue": 4873, "texte": "A.-C.   SWINBURNE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-05-n5-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Paul LACOMBLEZ", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 256, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1281, "texte": "Paul LACOMBLEZ\n     É D I T E U R D E « LA J E U N E B E L G I Q U E »\n                        31, rue des     Paroissiens\n                              BRUXELLES.\n\n\n                  VIENT DE PARAITRE :\n\n  L'ORNEMENT DES NOCES SPIRITUELLES\n                                   DE\n\n                  RUYSBROECK          L'ADMIRABLE\n  Traduit du flamand et accompagné d'une introduction par MAURICE\nMAETERLINCK. Un beau volume format Charpentier, de C-300 pages. —\nPrix : 4 francs.\n      Il a été tiré : 25 exempl. sur papier de Hollande à 10 francs\n                   et 5 exempl. sur papier de Japon à 25 francs.\n\n\n                         AUGUSTE JENART\n\n     LE                B A R B A R E\n                             poème-drame.\n          Un volume format Charpentier. — Prix : 2 francs.\n\n\n\n                       PRIMES\n  offertes aux abonnés de « L a Jeune Belgique »\n       par la librairie P. Lacomblez, Bruxelles\n\n\n\n                PREMIÈRE PRIME\n  Nous nous sommes rendus acquéreurs des POÈMES COM­\nPLETS D'EDGAR P O E , traduits par Gabriel Mourey.\n  Jusqu'à fin avril, sauf épuisement complet avant cette épo­\nque, nous fournirons ce volume aux abonnés de « La Jeune\nBelgique », au comptant au prix de fr. 1-50 (par poste fr. 1-75)\nau lieu de fr. 3-50.\n"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1965, "texte": "                     DEUXIEME                           PRIME\n                                     MICHELET\n Histoire de France                                                          19 volumes\n Histoire de la Révolution                                   9                  volumes\n                      de la collection Lemerre à 6 francs.\n\n\n                  A u l i e u de 168 francs,\nnous offrons cet ouvrage aux abonnés de « La Jeune Belgi­\n        que » aux conditions suivantes, à leur choix :\n1° Soit au comptant immédiat                        90 francs.\n 0\n2 Soit un tiers comptant, et le surplus en bil­\n    lets à 3o et 60 jours                          100 »\n3° Soit en 11 paiements mensuels, dont un au\n    comptant                                      110 »\n\n\n   Nous engageons vivement MM. les abon­\nnés à profiter de ces primes. Nous ne dispo­\nsons dans ces conditions que d'un nombre\nassez restreint d'exemplaires, et nous ne pre­\nnons aucune espèce d'engagement pour un\ndélai quelconque.\n\n                         A LA MEME LIBRAIRIE :\n  Les ouvrages des collaborateurs français de la Jeune Belgique, Léon Bloy, Henri de\nRégnier, J.- K. Huijsmans, Stéphane Mallarmé, Francis Vielé-Griffin, Paul Verlaine, etc.\n  L'éditeur P a u l Lacomblez prie les j e u n e s écrivains belges, désireux de voir\nleur n o m figurer dans son catalogue, de se mettre en rapport avec lui et de lui\ndonner en dépôt quelques exemplaires de leurs ouvrages.\n\n\n   La librairie P. Lacomblez ouvrira un compte à toute personne notoirement solvable,\npour la fourniture des ouvrages portés au catalogue ci-dessus et, en général, de toute la\nlibrairie littéraire.\n   Ces comptes pourront être soldés en dix paiements mensuels, dont le premier s'effec­\ntuera à la livraison des volumes.\n   11 sera répondu à toute demande de renseignements bibliographiques accompagnée\nd'un timbre pour la réponse.\n\n\n                   Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom,32, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 222, "texte": " Mai 1891.                               TOME X. — N\" 5                                     i i\" ie Année.\n\n\n\n\nLA\n      JEUNE\n                 BELGIOUE\n                                      SOMMAIRE:\n         Protectionnisme littéraire                   LA JEUNE BELGIQUE.\n         Chevalerie rustique                          GEORGES EEKHOUD.\n         Panthée                                      CHARLES VAN LERBERGHE.\n        Proses                                        GEORGES DESTRÉE.\n        Vers                                  • , . VICTOR REMOUCHAMPS.\n        Chronique littéraire :\n           Les représentations de R o s s i . . . .   E. V.\n           Les Dernières Fêtes                        IWAN GILKIN.\n           Les Flambeaux noirs. — L'ornement\n             des Noces spirituelles                   VALÈRE GILLE.\n           La Nouvelle Cartilage                      EUGÈNE DEMOLDER.\n        Chronique artistique :\n          Exposition de l'Essor                       GRÉGOIRE LE ROY.\n        Memento                                       NEMO.\n\n\n\n\n         REDACTION                                                 BRUXELLES\n58, BOULEVARD D'ANDERLECHT, BRUXELLES.                     PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                  31, rue des Paroissiens\n                                                                       PARIS\n     PRIX DU NUMÉRO                                       LIBRAIRIE DE l'Art         Indépendant\n                                                              11, rue de la Chaussée d'Antin\n             fr. 0-75.\n                                                                          1891\n"}, {"page_pdf": 223, "texte": "                                                                                BELGIQUE\n        BELGIQUE\n                                    N E CRAINS\n\n\n\n\n                   JEUNE\n\n\n\n\n                                                                       JEUNE\n                            LA\n\n\n\n\n                                                                LA\n                                   N E CRAINS\n           Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                              PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n    Fondateur     : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                         Directeur : VALÈRE GILLE.\n               Rédaction : 58, Boulevard dAnderlecht, Bruxelles.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n                             BOITE AUX L E T T R E S .\n       10. — AUGUSTE J..., Dour. Nous avons lu de meilleures choses de vous; pièce beau­\n  coup trop lâchée, beaucoup trop vague; une langue est faite pour exprimer des idées et\n  non pour imiter une cornemuse enrhumée. Expressions impropres comme « cloche\n  copte ».\n      M. — Louis TRÉDERNE. Avons remis au dédicataire le conte envoyé; recevrez nouvelle\n  sous peu; que ceci ne soit qu'un accusé de vie. Amicalement.\n       12. — JACQUELIN. Sur le Grand-Tout le capitaine Ramollot avait cette opinion : « M'en\n. f..., mais il y a quelque chose dont le plus malin en ignore la cause •>; méditez et ne vous\n  tracassez plus à la recherche des causes premières, cela vous dispensera de nous envoyer\n  de la bien mauvaise prose.\n       13. — T. V. Liège. Nous ne vous demandons pas tant de détails intimes; vos vers\n  accusent un tempérament faunesque très prononcé que nos lecteurs réprouveraient. Vous\n  concupiscez (et dire qu'il y a des grincheux pour déclarer que les mots de la langue\n  française n'ont pas été bien formés!) nous disions donc que vous concupiscez trop\n  librement.\n\n\n\n    G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                       des Capu-\n cines, 16, à Paris\n\n\n    LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\n blez, 3i, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\n Istace, Galeries Saint-Hubert.\n    A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n    A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée dAntin.\n"}, {"page_pdf": 224, "texte": "     PROTECTIONNISME LITTÉRAIRE\n\n\n                               A propos de la nouvelle politique douanière\n                            de la France et de la dénonciation, faite par la\n                              , Belgique, de la convention littéraire conclue\n                              'jadis avec ce pays, on a beaucoup parlé, à\n                                Paris et à Bruxelles, d'un retour possible au\n                            régime de libre contrefaçon et de piraterie\n                                  littéraire.\n                                     M. Zola et M. Jules Simon ont déclaré\n                                  que la Belgique allait redevenir le pays de\n                 la contrefaçon.\n                    M. Simon et M. Zola se trompent. Il n'est pas possible\n                 que, dans un vain espoir de représailles, la Belgique se\n                 déshonore et renie des principes de probité qu'elle a\n                 reconnus dans une série d'actes législatifs.\n                    La loi de 1886 proclame que le droit de propriété litté­\n              raire et artistique est un véritable droit de propriété. Porter\n              atteinte à ce droit, sous un prétexte politique quelconque,\n              c'est commettre un vol.\n                  Nous, écrivains belges, nous avons notre mot à dire dans\nla question. Nous supplions nos gouvernants de fermer l'oreille à toute\nsuggestion, si captieuse soit-elle, de priver nos frères français, ou n'importe\nquel étranger, des droits qui sont reconnus par la loi de 1886 à tout écrivain.\nNous faisons appel aux auteurs de cette loi pour qu'ils défendent leur\nœuvre. Nous faisons appel à la chaude éloquence de M. Paul Janson,\n"}, {"page_pdf": 225, "texte": "                                       — 198 —\n\n\nqui, lors du banquet de la Jeune Belgique, nous témoigna tant de sym­\npathie. Qu'il veuille bien parler en notre nom et déclarer que nous\nrepoussons hautement toute complicité dans les attentats que tel ou tel\npoliticien sans vergogne oserait proposer contre les droits des écrivains\nétrangers.\n   Et surtout, méfions-nous des faux amis, des protecteurs improvisés —\nqui ne seraient que des protecteurs de contrebande. Mieux que personne\nnous connaissons nos intérêts. La contrefaçon ferait peut être l'affaire de\nquelques libraires et de quelques imprimeurs et graveurs ; elle ruinerait\nles écrivains et les artistes ; — pis encore : elle étoufferait leurs produc­\ntions et anéantirait du coup toute littérature, tout art national.\n   Veut-on des preuves ? Dans une lettre récemment publiée par le Figaro,\nM. Motteroz, l'imprimeur bien connu, écrivait :\n\n  « Dès que les marchands étrangers furent obligés de demander nos livres à Paris\n« ou de payer des droits pour en faire des éditions, ils eurent intérêt à faire valoir\n« les ouvrages de leurs auteurs nationaux, qu'ils fabriquaient à des prix interdits au\n« travail français. »\n\n  Même phénomène aux États-Unis. D'une intéressante étude de\nM. P. Wauvermans, publiée dans la Revue générale (avril 1891), nous\nextrayons le passage suivant :\n  Autoriser les libraires à reproduire les romans anglais sans aucun droit d'auteur,\ninviter les directeurs de théâtres et de concerts à représenter et exécuter les œuvres\nétrangères sans aucune taxe ni rémunération, laisser libre carrière aux éditeurs de gra­\nvures pour la reproduction des tableaux exposés sur le continent, n'est-ce pas, par voie\nde conséquence immédiate, placer dans un état d'infériorité les écrivains, les drama­\nturges, les compositeurs, les peintres américains, qui cherchent à vendre le droit de\nreproduction ou d'exécution de leurs œuvres.\n   Pourquoi leur aurait-on acheté leurs œuvres, alors qu'il était licite de s'emparer, sans\nbourse délier, de l'œuvre de leurs confrères dépouillés?\n  A cet égard l'on ne saurait rien invoquer de plus éloquent que les faits révélés au cours\nde l'enquête à laquelle il fut procédé en 1886 par le comité sénatorial des brevets.\n   M. Dana Eates, l'un des principaux éditeurs de Boston, déclara :\n  « Depuis deux ans, bien que j'appartienne à une maison de publication qui édite\n« chaque année pour une valeur de près de un million de dollars, j'ai toujours dû\n« renoncer au projet de publier un manuscrit d'auteur américain. J'en ai éconduit\n« beaucoup, par centaines, pour ce seul motif qu'il est impossible d'acquitter des droits\n\" aux meilleurs auteurs, à moins qu'ils n'aient déjà acquis la célébrité par une première\n« œuvre ou par leur collaboration à des magasines. »\n  De son côté, M. Henry Holt, de New-York, déclarait que, sous l'empire de la « loi\nde curée », il ne fallait point songer à éditer des œuvres d'auteurs nationaux.\n  « J'ai publié dernièrement, disait-il, un roman de grand mérite ; la critique l'accueillit\n"}, {"page_pdf": 226, "texte": "                                        — 199 —\n\n« avec force louanges. Cependant j'ai été forcé d'écrire à l'auteur que, financièrement\n« parlant, l'affaire est désastreuse. Et cet auteur est une pauvre fille, de grand talent,\n« qui a la charge d'entretenir ses vieux parents. »\n   Un autre éditeur donna l'exemple d'une authoress qui avait traité pour des nouvelles\nà 15 dollars l'une, et dont le contrat fut abandonné pour ne prendre que des œuvres\nétrangères. L'Harpers' Weekly payait ses articles le même prix, qu'ils fussent copiés\ndans d'autres journaux ou originaux, et cette rémunération était le tiers de celle accordée\naux auteurs des illustrations les accompagnant\n  M. le D r Eggleston rappelle, dans une circulaire, que ce l'auteur américain vivote à\n« peine, obligé qu'il est de chercher encore d'autres moyens d'existence, car aujourd'hui\n« il reçoit en moyenne moins de 200 dollars pour un livre. » Et, résumant les plaintes\ndes écrivains :\n  « Ils ne demandent pas de prime pour leur travail, ni de pension, ni de sinécure; ils\n« n'exigent pas qu'un impôt frappe les livres étrangers contrefaits ici ; ils veulent\n« uniquement gagner leur vie dans une lutte loyale. Si la mesure était égale pour tous,\n« le public américain préférerait bientôt les livres américains à bon marché; un véri-\n« table esprit national se développerait, l'intelligence et le patriotisme s'élèveraient à un\n« niveau supérieur et l'Amérique échapperait à la honte d'opprimer sa propre littérature\n« par le pillage des étrangers. »\n\n   Arrière donc les faux amis qui viendraient nous parler de « nous délivrer\nde l'étranger ». Attenter aux droits des étrangers c'est attenter aux nôtres,\net, en droit comme en morale, c'est prêcher le vol.\n   La Jeune Belgique se devait à elle-même et devait à ses, amis de France\nune vigoureuse protestation. Nous ne pâtissons que trop encore de la\nréputation de corsaires, de pirates et de contrefacteurs qu'avaient si bien\nméritée nos pères (1) ; il ne faut pas que, dans un moment de mauvaise\nhumeur douanière, nos législateurs permettent de nouveau à quelques\nlibraires de nous déshonorer. Laissons à d'autres le faux-monnayage\nartistique et littéraire.\n\n                                                         LA J E U N E BELGIQUE.\n\n\n\n\n  (1) Notons cependant que la plupart des « contrefaçons belges » ont été publiées\npar des éditeurs français établis en Belgique.\n"}, {"page_pdf": 227, "texte": "                                      — 200 —\n\n\n\n\n          CHEVALERIE RUSTIQUE (1)\n               Turiddu Macca, le fils de la commère Nunzia, revenu en congé,\n                se pavanait tous les dimanches sur la place, en uniforme de\n                bersagliere, coiffé de la tarbouche rouge, aussi rouge que celle\n                de la tireuse de cartes assise sur un banc avec sa cage de\ncanaris, à la sortie de la messe.\n   Les filles le mangeaient des yeux, le nez enfoncé dans leur mantille, et\nles gamins bourdonnaient autour de lui comme les mouches.\n   Il avait rapporté du régiment une pipe représentant le roi à cheval, un\nroi aussi bien fait qu'un roi vivant, et il frottait ses allumettes sur sa cuisse\nen levant la jambe comme s'il allongeait un coup de pied.\n   Mais pourtant Lola de l'intendant Angelo ne s'était montrée ni à la\nmesse, ni au balcon. Elle allait épouser un paroissien de Licodia, charretier\nde son état et possédant quatre mules de Sortino à l'écurie. D'abord Turiddu,\nen apprenant cette nouvelle, santo diavolone ! voulut lui tirer les boyaux\ndu ventre, oui, il voulait lui dévider les entrailles à ce paroissien de\nLicodia ! Pourtant il n'en fit rien et se soulagea en allant chanter tout son\nrépertoire de chansons de dépit sous la fenêtre de la belle.\n   — Il n'a donc rien à faire, Turiddu de la commère Nunzia, disaient les\nvoisins, qu'il passe les nuits à chanter comme un passereau solitaire?\n   Finalement, il rencontra par hasard Lola qui revenait d'un pèlerinage à\nla Madone du Péril, et en le voyant elle ne devint ni blanche, ni rouge,\ncomme s'il ne lui était absolument rien.\n   — Bienheureux qui vous voit ! lui dit-il.\n   — Ah, tiens, c'est vous compère Turiddu? On m'avait dit que vous étiez\nde retour au pays depuis le commencement du mois.\n   — On m'a dit d'autres choses encore à moi! répondit-il. Est-il vrai que\nvous vous mariez avec le compère Alfio, le charretier?\n   — Si telle est la volonté de Dieu ! répliqua Lola en ramenant sous le\nmenton les deux pointes de son mouchoir.\n   — La volonté de Dieu, vous l'interprétez à votre guise! La volonté de\n\n   (1) Cette nouvelle, Cavalleria rusticana, fait partie du recueil de G. Verga, intitulé\nVita dei Campi. Georges Eekhoud fit paraître, il y a quelques années, dans la Jeuen\nBelgique, une transposition française d'une nouvelle du même recueil, La Lupa.\n  Verga a mis Cavalleria rustica au théâtre sous forme de drame et un musicien italein\na tiré de celui-ci un opéra qui fait fureur en ce moment depuis les Alpes jusqu'au Vésuve.\n"}, {"page_pdf": 228, "texte": "                                  — 201    —\n\nDieu a donc été que je revienne de si loin pour apprendre ces jolies nou­\nvelles, Lola !\n   Le pauvret tenta de faire encore le brave, mais sa voix était devenue\nrauque, et il marcha aux côtés de la jeune fille en se dandinant, le gland de\nsa tarbouche flottant d'une épaule à l'autre.\n   Au fond elle était contrariée de lui voir ce visage allongé, et pourtant\nelle n'avait pas le cœur de le leurrer de belles paroles.\n   — Ecoutez, compère Turiddu, lui dit-elle enfin, laissez-moi rejoindre\nmes compagnes. Que dirait-on dans le pays si on me voyait avec vous?\n   — C'est juste, répondit Turiddu. A présent que vous épousez le compère\nAlfio qui a quatre mules à l'écurie, il est inutile de faire bavarder les\ngens! Par contre, ma mère, la pauvre! a dû vendre, au temps où j'étais\nsoldat, notre mule bai et ce petit coin de vigne près de la grand'route. Il est\npassé le temps où Berthe filait! Et vous ne pensez plus aux jours où nous\ncausions, vous à la fenêtre, moi en bas dans la cour, et où vous me faisiez\ncadeau de ce mouchoir avant mon départ ? Dieu sait combien de larmes\nj'ai pleuré dans ce mouchoir en m'en allant si loin, si loin que j'aurais\npu oublier jusqu'au nom de mon pays. Donc, adieu, gna Lola. En compa­\nrant nos biens, notre ardeur s'est refroidie et c'en est fait de notre amitié.\n\n   Lola épousa le charretier. Le dimanche elle se mettait au balcon, les\nmains croisées sur le ventre, pour faire voir toutes les grosses bagues en or\nque lui avait données son mari. Turiddu continuait de passer et de repasser\npar la ruelle, pipe en bouche, mains dans les poches, lorgnant les filles d'un\nair indifférent ; mais intérieurement il se rongeait le cœur en songeant à\ntout l'or du mari de Lola et en remarquant qu'elle feignait ne pas l'aper­\ncevoir lorsqu'il passait.\n   — Je lui ouvrirai les yeux à cette chienne! grommelait-il.\n   En face du compère Alfio demeurait le compère Cola, le vigneron : aussi\nriche que le cochon est gras ! disaient les bonnes gens. Il avait une fillette à\nmarier. Turiddu manœuvra si bien qu'il entra comme messier chez maître\nCola, et commença à roder par la maison et à murmurer des paroles douces\nà la jeune fille.\n   — Pourquoi n'allez-vous pas dire ces belles choses à la Lola? répondait\nSanta.\n   — La Lola est une grande dame ! La Lola a épousé un roi couronné,\nalors !\n   — Moi je ne suis pas digne d'un roi couronné.\n   — Vous en valez cent de l'espèce de Lola, et je connais quelqu'un qui ne\n"}, {"page_pdf": 229, "texte": "                                  — 202 —\n\n\nsonge plus ni à la Lola, ni à toutes les Lola du monde, devant vous dont\nune Lola n'est même pas digne de porter les souliers.\n    — Lorsque le renard ne peut arriver jusqu'au raisin...\n    — Il dit : Comme tu es belle, vigneronne de mon âme !\n    — Ohé ! Quelles mains avides ! compère Turiddu.\n    — Avez-vous peur qu'elles vous mangent?\n    — Je n'ai peur ni de vous ni de votre Dieu.\n    — Eh ! votre mère était de Licodia, nous le savons ! Vous avez le sang\nquerelleur! Laissez-moi vous manger des yeux?\n    — Mangez-moi donc des yeux; ils ne me mettront du moins pas en\nmiettes; mais, en attendant, aidez-moi à soulever ce fardeau...\n    — Pour vous je soulèverais toute la maison, oui, je le ferais comme je\nle dis.\n    Elle, pour ne pas rougir, lui jeta une souche qu'elle avait sous la main,\net le manqua — à regret, disait-elle.\n    — Dépêchons-nous, car ce n'est pas en bavardant que nous fagoterons\n tous ces sarments !\n    — Si j'étais riche, je voudrais trouver une femme comme vous, Santa.\n    — Je n'épouserai pas un roi couronné comme la Lola, mais, moi aussi,\n j'ai une dot pour le jour où le Seigneur m'enverra quelqu'un.\n    — Nous savons que vous êtes riche, nous le savons bien!\n    — Si vous le savez, dépêchez-vous, car le père va venir et je ne voudrais\n pas me faire surprendre dans la cour.\n    Le père commençait à faire la moue, mais la fillette ne remarquait pas\n ces mines, parce que le gland de la tarbouche rouge lui avait chatouillé le\n cœur et flottait toujours devant ses yeux.\n    Le père ayant chassé Turiddu par la porte, la fille ouvrit la fenêtre et\n restait babiller toute la soirée avec le soldat, si bien que le voisinage ne\n parlait plus d'autre chose.\n    — Je deviens fou de toi, disait Turiddu, et je perds le sommeil et l'appétit.\n    — Sornettes!\n    — Je voudrais être le fils de Victor-Emmanuel, pour t'épouser!\n    — Sornettes !\n    — Par la madone, je te mangerais comme du pain.\n    — Sornettes?\n    — Ah! sur mon honneur.\n    — Ah ! laissez-moi rire.\n     Lola, aux écoutes tous les soirs, cachée derrière son pot de basilic, tour à\n tour rougissante et pâlissante, appela un jour Turiddu :\n"}, {"page_pdf": 230, "texte": "                                  — 203 —\n\n\n   — Ainsi, compère Turiddu, on ne salue plus ses vieux amis?\n   — Heureux, au contraire, celui qui peut vous saluer! soupira le jeune\nhomme.\n   — Si vous avez l'intention de me saluer, vous savez où je loge ! répliqua\nLola.\n   Turiddu finit par aller la saluer si souvent que Santa s'en aperçut et\nqu'elle lui ferma la fenêtre au nez. Lorsque le bersagliere passait, les voisins\nse le montraient avec un sourire et en hochant la tête. Le mari de Lola\nroulait, avec ses mules, de foire en foire.\n   — Dimanche j'irai me confesser d'avoir songé cette nuit au raisin noir.\n   — N'en fais rien! n'en fais rien! suppliait Turiddu.\n   — Oui, j'irai ; car maintenant que Pâques approche, mon mari voudrait\nsavoir pourquoi je ne suis pas allée à confesse.\n   — Ah ! murmurait Santa de compère Cola, agenouillée, et attendant son\ntour derrière le confessionnal où Lola faisait la lessive de ses péchés. Sur\nmon âme, ce n'est pas à Rome que je t'enverrais pour ta pénitence !\n   Le compère Alfio s'en revint avec ses mules, chargé d'écus, et fit présent\nà sa femme d'une belle robe neuve pour les jours de fête.\n   — Vous avez raison de rapporter des cadeaux à votre femme, lui dit la\nvoisine Santa, car durant votre absence elle décore votre maison!.,.\n   Le compère Alfio était un de ces rouliers qui ont la tête près du bonnet,\net en entendant parler ainsi de sa moitié, il changea de couleur, comme si\non lui avait donné des coups de couteau.\n   — Santo diavolone ! exclama-t-il, si vous n'avez pas bien vu, je ne vous\nlaisserai pas vos yeux pour pleurer, je vous les crèverai à vous et à toute\nvotre famille!\n   — Je ne suis pas habituée à pleurer! répondit Santa; je n'ai pas même\npleuré lorsque j'ai vu, de mes propres yeux, Turiddu entrer la nuit dans la\nmaison de votre femme.\n   — C'est bien, répliqua le compère Alfio, tous mes remerciements pour\n cet avis.\n    Maintenant que le mari était revenu, Turiddu ne rôdait plus par la\n ruelle pendant la journée et tuait le temps à l'auberge avec ses amis. La\n veille de Pâques, il était attablé devant un plat de saucisson. Le compère\n Alfio entra dans l'auberge, et rien qu'à la'façon dont il dévisagea Turiddu,\n celui-ci comprit qu'il était venu pour affaire grave et déposa la fourchette\n sur le plat.\n    — Avez-vous des ordres à me donner, compère Alfio? demanda Turiddu. .\n    — Aucun, compère Turiddu ; il y a quelque temps que je ne vous ai vu\n et je voulais vous parler de la chose que vous savez bien.\n"}, {"page_pdf": 231, "texte": "                                      204 —\n\n   Turiddu lui avait d'abord présenté son verre, mais le compère Alfio le\nrepoussa de la main. Turiddu se leva et lui dit :\n   — Me voici, compère Alfio.\n   Le charretier lui jeta les bras au cou.\n   — Si vous voulez venir demain matin près des figuiers de la Canziria,\nnous pourrons parler de cette affaire, compère.\n   — Attendez-moi au lever du soleil, sur la grand'route, et nous nous y\nrendrons ensemble.\n   Après ces paroles, ils échangèrent le baiser du défi.\n   Turiddu mordit jusqu'au sang l'oreille du charretier. C'était le provoquer\nsolennellement au combat à outrance.\n   Sur ces entrefaites les amis avaient achevé de manger leur plat de sau­\ncisson, et ils accompagnèrent Turiddu jusqu'à sa porte.\n   La commère Nunzia, la pauvre! demeurait très tard chaque soir à\nl'attendre.\n   — Mamma, lui dit Turiddu, vous vous rappelez que lorsque je suis\nparti pour l'armée, vous croyiez que je ne serais plus jamais revenu?\nDonnez-moi un bon baiser comme cette fois, parce que j'irai loin demain.\n   Au point du jour, il prit son couteau à ressort qu'il avait caché sous le\nfoin avant de joindre le régiment, et se mit en route pour les figuiers de la\n Canziria.\n    — Oh, Jésus-Marie! où allez-vous avec cette furie? se lamentait Lola\n épouvantée, comme son mari s'apprêtait à sortir.\n    — Je m'en vais tout près d'ici, mais il vaudrait mieux pour toi que je ne\n revinsse plus.\n    Lola, en chemise, tomba à genoux au pied du lit, et pressa contre ses\n lèvres le rosaire que frère Bernardino avait rapporté des Lieux-Saints, et\n récita toutes les prières qu'elle se rappelait.\n    — Compère Alfio, fit Turiddu après avoir cheminé quelque temps à côté\n de son compagnon qui, le bonnet ramené sur les yeux, gardait le silence.\n Aussi vrai qu'il y a un Dieu, je sais que j'ai tort et je me laisserais tuer.\n  Mais avant de venir ici, j'ai vu ma vieille mère qui, sous prétexte de visiter\n le poulailler, s'était levée pour me voir partir, comme si son cœur l'avertis­\n sait, et aussi vrai qu'il y a un Dieu, je vous tuerai comme un chien pour ne\n pas faire pleurer ma petite vieille.\n    — C'est entendu, répliqua Alfio en se dépouillant de son pourpoint, et\n  nous frapperons ferme tous les deux.\n    Tous deux étaient bons tireurs; Turiddu attrapa la première botte et se\n garda à temps pour la recevoir dans le bras ; c'était à lui de la rendre et il\n la rendit royalement en touchant l'autre à l'aine.\n"}, {"page_pdf": 232, "texte": "                                  — 205 —\n\n    — Ah! compère Turiddu! vous avez vraiment l'intention de me tuer?\n    — Oui, je vous l'ai dit; à présent que j'ai vu ma vieille mère dans le\npoulailler, il me semble l'avoir toujours devant les yeux.\n    — Alors ouvre les bien, tes yeux! lui cria le compère Alfio, en position\n pour lui servir non moins copieuse mesure.\n    Comme il se tenait en garde tout ramassé pour couvrir de sa main gauche\n la blessure qui lui faisait mal, et qu'il effleurait la terre de son coude, il\n attrapa rapidement une poignée de poussière et la jeta dans les yeux de\n l'adversaire.\n    — Ah! hurla Turiddu aveuglé, je suis mort.\n    Il essaya de se sauver en faisant des bonds désespérés en arrière ; mais le\ncompère Alfio le rejoignit par une autre botte portée dans l'estomac et une\ntroisième dans la gorge.\n    — Et de trois! Celle-ci pour la maison que tu m'as embellie. A présent,\nta mère ne s'inquiétera plus des poulets !\n    Turiddu trébucha encore, à droite et à gauche,\" parmi les figuiers, et\ntomba ensuite comme une masse. Le sang sortait à bouillons écumants de\nsa gorge, et il ne put proférer que ces mots : Ah! mamma mia!\n\n                                                  GEORGES EEKHOUD.\n\n\n\n\n                           PANTHEE\n             Revoir, aux aériens berceaux\n             D'ombre et de fleurs que font les palmes\n             Et les lianes, sur les eaux\n             De ces lointains paradis calmes ;\n\n             Ruisselante dans la clarté\n             Qui monte d'elle et dans la joie,\n             L'Enfant de ce matin d'été,\n             Dont nous avons perdu la voie;\n\n             Avec ses vagues yeux dormants\n             D'où son âme étrange nous fixe,\n             Surgir, nue et de diamants,\n             Dans sa chevelure de nixe;\n"}, {"page_pdf": 233, "texte": "                                 —   206   —\n\n\n             Et comme en un demi réveil,\n             En cette absence qu'elle ignore,\n             Le rose et merveilleux sommeil\n             De ses lèvres nous rire encore !\n\n              Aux souffles du subtil vouloir,\n              Que son âme légère appelle\n              A naître de ses jeux, un soir,\n              O songe quelle se révèle'.\n\n              Aux égarés, aux ingénus,\n              Qui dans la douce Enfant ancienne.\n              De son exil sont revenus\n              Fleurir son âme élyséenne.\n\n              En ce bocage, en ces vallons,\n              En ces jardins de somnolence\n              Où nous étions, où nous serons\n              La Solitude et le Silence.\n                                           CHARLES VAN       LERBERGHE.\n\n\n\n\n                              PROSES\n                        PAYSAGE NOCTURNE.\n\n                                               A MONSIEUR JEAN-MARIE GASPARD.\n\n\n             Bercées, caressées des souffles du vent, dorment, dorment les\n              collines au bord des vallons assoupis.\n\n                Vertes sont les collines, bleues les vallées, blanches les\nroutes — les routes poudreuses, poussiéreuses qui méandrent, serpentent\net se perdent au loin dans le calme sommeil de la vallée.\n\n   Des voiles et des ombres bleues flottent aux contours adoucis des collines\net les roches des falaises étincellent et brillent comme des boucliers de pierre\nprécieuse aux rayons purs de la lune.\n"}, {"page_pdf": 234, "texte": "                                  — 207 —\n\n   Des nuages blancs et roux passent sans cesse devant la lune — des\nnuages blancs et roux qui la voilent, s'éclairent d'elle et s'effilochent, for­\nmant au ciel des lacs d'azur aux bords de neige.\n   Des flots de lumière très douce s'épandent, inondent la vallée. Elle\nsemble — une claire et jeune ville grecque — avec son acropole et ses tem­\nples dominant la ville — ses blanches maisons carrées aux toits plats et ses\nrues étroites et toute ombre comme des rivières resserrées en des gorges\nprofondes et bleues. — Le ciel est très pur par dessus, et un vent frais,\nparfumé au baiser des vagues, souffle de la mer voisine.\n\n  De grands nuages blancs, comme de géants flocons de neige vierge,\nmontent lentement dans le ciel et d'une grande couverture d'ouate recou­\nvrent l'azur nocturne. En ce duvet velouté de cygne des gouffres béants et\nbleus ; — bordés du velours neigeux des nuages des abîmes éperdus, au\nfond desquels — comme en un écrin gigantesque — scintillent des diamants\nchangeants, et les lueurs tremblantes, indécises d'émeraude, de rubis et de\nsaphir des étoiles miraculeuses.\n\n   Le vent — de la mer voisine — souffle plus fort et chasse, chasse au ciel\nles grands nuages. Ils sont longtemps, longtemps à passer et tout le pay­\nsage est devenu triste et sombre. — Et tout à coup reparaît, dans les plaines\ndu ciel, la lune nouvelle, claire, jeune, étincelante, comme un grand miroir\nde topaze enflammé sur l'azur.\n\n   Mais les nuages repassent et dominent — de mauvais nuages froids et\ntristes; — et c'est au ciel des steppes immenses désolées et mornes, aveu­\nglées par d'incessants tourbillons de neige stérile.\n   Sur la terre tout est ombre et tristesse.\n         Kenley, 89.\n                               CARILLONS.\n\n   Dans la ville étrangère — la nuit — je me suis couché en la froide\nchambre d'auberge. De hautes fenêtres l'éclairaient, derrière lesquelles se\nprofilait la fantaisie ancienne des toits de tuile rouge, — mélancolique et\ncharmant paysage gothique, sous la garde sévère et lourde d'une tour\nd'église, noire, carrée, massive — pleine de prières, de religion et de mysté­\nrieux sons de cloches.\n\n  Je me suis couché en ces draps humides du lit d'auberge, qui font songer\n"}, {"page_pdf": 235, "texte": "                                 — 208 —\n\n\navec regret aux draps blancs, odorants des campagnes, au doux parfum\nmêlé d'herbe et de fleurs. Le sommeil ne m'est point venu, et devant mes\npaupières baissées les images changeantes, heurtées des choses vues ce\njour là se sont longtemps, longtemps poursuivies.\n\n   Des rues, de l'eau, des cris, des gens — des paysages. — Le clair\nfleuve large et rapide sur lequel passent et glissent au soleil, les voiles\ndéployées des barques légères — comme de, grands oiseaux de mer qui\nraseraient les eaux de leurs ailes blanches étendues — les noirs canaux\nétroits bordant les maisons hautes — et le bizarre et rauque appel des\nrameurs au détour des rues.\n\n   Les rues désertes — les rues tortueuses qui montent vers la citadelle, et\nla tour noire du sommet de laquelle on voit la ville rouge, les forêts vertes,\nles collines formant le golfe et par delà, la mer immense et bleue. — La\nforêt sans cesse agitée des mâts des grands vaisseaux à l'ancre dans la rade,\net sur la soie rouge du ciel au coucher du soleil — allant en décroissant\nvers l'horizon — les taches noires des barques se hâtant vers la ville des\npêcheurs.\n\n   Interrompant le cours silencieux des heures, se détraquent et tintent\ntout à coup les carillons surannés de l'antique tour d'église ; — fluettes,\nvieillottes, les notes déséquilibrées emplissent la chambre froide et close;\n— elles volent et sautillent par la chambre; — l'on dirait qu'elles tombent\nune à une et s'étouffent en les couvertures ouatées de mon lit — et la\nchanson naive et claire, et toujours jeune à travers les années, remplit\nmon cœur de souvenirs.\n\n   Car lorsqu'elles se sont tues, et que lourdement, une à une sonnent et\ntombent les heures dans la nuit épaisse — je pense que là bas, là bas —\ndans la très ancienne et maintenant si lointaine petite ville de mon pays\n— une jeune fille que j'aime rêve peut-être de mon souvenir — accoudée\nà une fenêtre encadrée de bleues clématites — à la fenêtre de sa chambre,\ndominant les toits de tuile rouge de la petite ville — écoutant s'égrener,\ndégringoler du glorieux beffroi les carillons surannés, dont les notes der­\nnières s'atténuent ralenties, et meurent dans le clair de lune de ce décor\nimaginaire.\n"}, {"page_pdf": 236, "texte": "                                  — 209 —\n\n\n\n                       PLAINTES D'AUTOMNE.\n\n  Du vent dans les hauts et minces peupliers du parc. — Sur les cieux gris\noù passe le noir galop des nuées pluvieuses, se balancent les jaunissants\npeupliers; se balancent et se dénudent et leurs feuilles d'or tombent en\ncascade mélancolique sur la terre mouillée.\n\n   Bruit du vent dans les feuilles languissantes, — comme de brusques\nrafales de pluie balayant les vitres la nuit, — comme les plaintes voilées de\nla terre souffrante, — comme la lourde masse des vagues retombant en\nécume sur le sable, — comme de l'eau qui tombe, — monotone grand bruit\ntriste qui passe sur le cœur et semble en balayer les joies, comme les vagues\néternelles le sable de la plage.\n\n  Longues plaintes du vent dans les cheminées, — longues veillées : — vieux\nchâteaux isolés, déserts, perdus au faîte des montagnes. — Sur les ailes du\nvent, dans les noirs couloirs humides passent, volent effarées les âmes désolées\ndes seigneurs morts sans rémission.\n\n   Sifflements aigus, continus du vent dans les branches aux jointures des\nfenêtres, sous les portes, soupirs stridents, plaintes et pleurs du vent —\nmenaces — périls inconnus, — pièges tendus dans l'ombre, — tourbillons\népais de ruses ténébreuses, noire trahison cruelle, — ennemis ignorés\nappostés le long des chemins de notre vie — dans la nuit de menaces\nsuspendue sur notre tête.\n   Le cœur s'effraie, l'âme pleure sa détresse et dans les sifflements du vent,\nla solitude s'empare du cœur perdu, sans foi et sans amour et la pâle\nmélancolie y établit son trône éternel.\n\n   Par les cieux gris obscurcis de nuées pluvieuses des oiseaux volent en\ntroupes effarées. Ils tournent décrivant au ciel de grands cercles noirs et\nsoudain en longues files avec de grands cris discordants, douloureux, ils\ns'essorent et s'éloignent vers les pays du soleil. — Sur la terre courent,\ntournoient, voltigent au gré du vent les feuilles mortes, et dans les souffles\ndu vent passe quelque chose de l'âme des morts. — Car un grand frisson les\na saisi eux aussi sous la pierre glacée de leur tombe, et dans la terre humide\net froide, ils se retournent et gémissent et se plaignent avant de s'endormir\ndu sommeil d'hiver.\n"}, {"page_pdf": 237, "texte": "                                 — 210 —\n\n  Le vent s'est tu. — Du silence dans les hauts peupliers immobiles du\nparc jaune. — Entre de lourds nuages gris filtrent des raies humides de soleil\nqui éclairent soudain le paysage, le parc aux arbres fauves et roux, les\ngazons couleur d'ambre et au lointain là bas la forêt d'or.\n\n   Saison bénie, automne, belle saison chérie des artistes et des rêveurs,\nsaison divine qui calme et apaise les yeux et les cœurs meurtris, saison des\nlentes songeries devant la merveilleuse nature, court temps de la vie passé\nhors de la vie — dans la contemplation de magiques et féeriques paysages,\ncomme en une salutaire vision du Purgatoire ; — à perte de vue s'étendent\nles forêts d'or sous l'immensité calme des cieux gris.\n\n                                                  GEORGES D E S T R É E .\n\n\n\n\n                                VERS\n    Pour sa candeur et sa mélancolique ivresse,\n    Je bénis mon passé qui fut triste et loyal,\n    Car vraiment j'ai connu tout ce que la jeunesse\n    En un cerveau vibrant met de rêve idéal...\n    O mon vieux Rêve éteint! La Poésie arrière,\n    — Si douce! — m'exalta jusqu'au frisson des pleurs.\n    J'aurais voulu, bercé par mon âpre chimère,\n    Pour un éclair de gloire épuiser les douleurs.\n    Fiévreux, je confiais à l'avenir perfide,\n    L'éclosion de fleurs mortes en les semant,\n    Et me voici, mon Dieu! sous le vaste ciel vide,\n    Une ombre... mais je sais la douceur d'être aimant.\n    A mon cœur fraternel et d'affection sûre,\n    Je ferai, pour servir un peu l'humanité,\n    A mon cœur épris d'Art, une longue blessure\n    D'où coulera le Chant rouge de la Bonté!\n    Et sans te pleurer, Gloire, ô pâle Dévoreuse'.\n    Je n'aurai d'autre orgueil jusqu'au jour du tombeau,\n    Que de sentir frémir en ma chair douloureuse,\n    Le saignement du Bien et la fièvre du Beau!\n                                             VICTOR REMOUCHAMPS.\n"}, {"page_pdf": 238, "texte": "                                 — 211 —\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                       Les représentations de Rossi.\n\n               L'illustretragédien italien Rossi, dont ceux qui l'entendirent\n                lors de son dernier passage à Bruxelles, il y a quinze ans,\n                gardaient un souvenir émerveillé, nous est revenu, fort à\n                propos pour marquer d'une impression d'art la fin de la saison\nthéâtrale assez maussade que nous venons de traverser. Il s'est montré\njusqu'à présent dans huit rôles : quatre rôles Shakespeariens, Othello, le\nRoi Lear, Macbeth, Hamlet; un Richelieu de Bulwer Lytton, Louis XI de\nCasimir Delavigne, Kean d'Alexandre Dumas père, Ivan-le-Terrible du\ncomte Alexis Tolstoï. Malgré l'intelligent silence de certains journaux, qui\nréservent leurs forces pour le prochain Gondillot ou le prochain Valabrè-\ngue, Shakespeare a fait salle comble ; le Roi Lear notamment a reparu trois\nfois sur l'affiche. Et il est question, nous dit-on, de donner le Marchand\nde Venise et Richard III.\n   Science profonde, naturel parfait, jeu naïf et vivant en même temps\nqu'ample et grandiose, puissance inouïe d'émotion dramatique, portée au\nplus haut point en tant d'inoubliables scènes, comme par exemple la scène\nde folie du roi Lear et la conversation d'Hamlet et de sa mère : Rossi pos­\nsède tout cela, mais il a en plus, et au-dessus, croyons-nous, de tout acteur\nvivant, une incomparable qualité. Nous voulons parler d'une faculté de\ntransformation et de métamorphose telle que le spectateur non prévenu ne\npourrait vraiment le reconnaître d'un rôle à l'autre. L'acteur disparaît chez\nlui; l'homme qu'il est réellement s'efface dans le personnage qui s'y incarne.\nQuelle figure, quel âge, quelle allure, quel regard a Rossi? On n'en sait\nrien. On ne perçoit en lui ni habitudes personnelles, ni attitudes propres.\nAucune apparence persistante ne lui attribue une identité. Polymorphe\ndans la variété de ses avatars, il est polyphone dans la multiplicité de ses\nregistres de voix et de ses timbres. C'est un instrument d'une souplesse\nparfaite, c'est tout un orchestre idéal et voilé, où l'âme du héros ou du\npoète peut descendre et chanter.\n   Il n'y a rien dans Rossi de cet égoïsme du comédien, de ce cabotinage\nqui usurpe devant le spectateur la place du personnage représenté. Intel­\nlectuellement par la démarche, par le geste et l'inflexion, comme physique­\nment par le visage et le costume, il évoque en lui Hamlet ou Louis XI, le\ntsar barbare Ivan-le-Terrible ou le comédien moderne Kean, et il irradie\nau dehors l'atmosphère historique de temps et de milieu, l'atmosphère\npsychologique de pensées et de passions, qu'il projette sur le drame, éclairé\nainsi de sa nuance propre, authentique et précise. Nulle recherche, par\nconséquent, d'interprétation nouvelle et paradoxale; nulle gageure d'impo­\nser par fantaisie aux anciens chefs-d'œuvre un sens inattendu et inaperçu.\nRossi se maintient dans la large voie de l'interprétation traditionnelle, que\n"}, {"page_pdf": 239, "texte": "                                    —    212   —\n\n\nles acteurs n'abandonnent d'ordinaire que pour se mettre, aisément, en\npersonnel relief.\n   La présence sur un théâtre de Hamlet ou du Roi Lear fait oublier telles\nmisères de mise en scène ou de décors que n'importe quel acteur de l'ordi­\nnaire espèce, eût-il toutes les autres qualités de Rossi, ne pourrait faire\ntolérer.\n   L'entourage est bon et généralement plus que convenable. Une actrice,\nM me Seraffini, s'est élevée au-dessus de tous et au-dessus d'elle-même, dans\nun de ses rôles, celui d'Ophélie ; elle y a été belle, touchante et tragique.\n                                                                     E. V.\n\n         Les Dernières fêtes, par ALBERT GIRAUD, I vol. ; Lacomblez, éditeur.\n                                    — Prix : 2 fr.\n\n   Le nouveau livre de M. Albert Giraud, les Dernières fêtes, se rattache\npar un lien subtil mais solide aux œuvres qui l'ont précédé. Il semble être\nle dernier stade d'une évolution progressive, le dernier chapitre d'un ouvrage\nlogiquement déduit. Dans son premier livre de vers, Pierrot Lunaire, le\npoète, insoucieux du monde réel, peignait l'exclusif microcosme de son\nrêve. Ce n'était point la terre, c'était une imaginaire et délicieuse Bergame,\nune ville de songes, où ne régnait que l'art souverain. Pierrot était\npeut-être voleur et assassin, qu'importe ! Pierrot vivait dans le monde\nqu'il avait créé à son usage, où le désir de Pierrot était l'unique loi et la\nseule morale. Dans la cité de l'esthétique, tout ce qui est beau est sans reproche :\nil n'y peut être question ni de péché ni de crime. Aussi n'est-elle pas habitée\npar des hommes, mais par Pierrot, par Colombine, par mille êtres fan­\ntasques et délicieux dont la seule fonction est d'être imaginaires et beaux, à\nl'abri de toute réalité, de toute nécessité. Pierrot Lunaire, c'est, dans sa\nplénitude, le rêve du poète adolescent, ébloui du monde qu'il porte dans\nson imagination, et trop enthousiaste, trop jeune, trop neuf encore pour\nregarder au dehors, par les fenêtres de son moi ; c'est le poème d'une jeune\ntête, vierge de tout contact avec la réalité.\n   Mais on ne vit pas seulement dans les rêves; l'heure vient où l'on heurte\nla réalité jusqu'alors niée, où l'on trébuche dans des misères authentiques,\noù l'on se déchire jusqu'au sang à des ronces trop peu fictives. Ce premier\nconflit du rêve pur et de la réalité est décrit avec une rare maîtrise dans\nPierrot Narcisse. Le milieu où se meut Pierrot s'est matérialisé. On lui a\nchangé sa Bergame. Autour de lui palpitent des êtres de chair et d'os, qui\nne comprennent plus Pierrot, et que Pierrot ne peut comprendre. Entre\nl'être idéal qui symbolise le poète, et le monde qui l'environne, l'antagonisme\nessentiel apparaît. Entre eux et lui pas de modus vivendi possible. Aussi,\nPierrot renonce-t-il aux choses du dehors et se décide-t-il à n'aimer que\nlui-même, à ne vivre qu'en lui-même.\n   Illusion, que cette résolution-là ! Quelque idéaliste que l'on soit, on ne\nsupprime point les choses ambiantes. Elles sont là, signalant leur présence\nhostile par d'incessantes blessures. Entre elles et l'idéal, c'est la guerre.\n"}, {"page_pdf": 240, "texte": "                                  — 213 —\n\nCette guerre ardente, passionnée, épique, étendards au vent, épées au clair,\nchante dans les tumultueux buccins de Hors du Siècle. A la vie qui\nl'entoure, le poète oppose la vie d'autrefois, telle qu'elle lui apparaît dou­\nblement embellie par sa propre imagination et par les œuvres d'art où s'est\nfixée l'image du passé. Cette vie d'autrefois, où il croit que jadis' s'est\nincarné son rêve, il la jette violemment, avec des insultes, avec des cris de\nfureur et de mépris, à la face blême de ses contemporains. Et, pourtant,\ndans ce livre ardent et farouche résonne parfois une mélodie étrangement\ndouce et plaintive, que nous entendrons plus tard, développée en une\nsomptueuse symphonie.\n   Dans ce combat contre la réalité, le rêveur a-t-il trouvé la victoire ou la\ndéfaite? Qu'importe? Victorieux ou vaincu, il est las. Le poète qui n'a\npoint consacré son verbe aux luttes morales ou sociales, le pur artiste qui\nn'a souci que de la beauté seule, cesse bientôt de souffler dans les clairons\nde guerre. Aussi bien n'aimait-il la bataille que d'une passion esthétique.\n   Après les mêlées de Hors du Siècle, voici la gloire fastueuse et volup­\ntueuse des Dernières fêtes. Il semble que dès le début de ce nouveau livre,\nle poète ait jeté un regard doucement ironique sur ses ardeurs d'antan :\nune merveilleuse pièce intitulée Allégorie montre les princes, les empereurs\net les cardinaux, si vaillants jadis, si furieusement et si superbement pas­\nsionnés, qui s'effacent dans un décor moelleux à la Watteau : c'est comme\nun délicieux persifflage des belliqueuses fanfares de la vingt-cinquième\nannée :\n                   Enfançons malingres, pliés\n                   Sous leurs casques et leurs rondaches,\n                   Plus petits que leurs boucliers\n                   Et plus légers que leurs panaches !\n\n  Et regardant passer l'étrange cortège, si mélancoliquement malicieux, le\npoète lui adresse un adieu attendri :\n                   Ainsi vous naissez, trop petits,\n                   Dans ce beau jardin de mensonges,\n                   Enfants de mes fiers appétits,\n                   Marionnettes de mes songes.\n\n   Fêtes merveilleuses, celles-là où se repose, après les batailles, le presti­\ngieux poète de Hors du Siècle, pareil ici aux reîtres et aux rois de proie\njadis chantés par lui, qui, après les mêlées et les pillages, s'endormaient\nen d'asiatiques orgies où les rubis des joyaux s'empourpraient encore dans\nle sang des victimes de la joie cruelle. Des tableaux tour à tour terribles et\nexquis s'animent et réalisent les plus hardis des rêves. Voici, en de ravis­\nsants décors gothiques, les vierges qui domptent les guivres et les taras-\nques, les beaux adolescents que les bourreaux percent de flèches devant\nles reines vêtues de robes blasonnées; voici de mélancoliques jardins,\nvoluptueux et religieusement sombres, où errent, la chair trop lourde désor­\nmais pour leurs frêles ailes, des anges d'une grâce ambiguë, vivantes\nprières de luxure, péchés célestes, androgynes de la tentation suprême :\n                                                                       14\n"}, {"page_pdf": 241, "texte": "                                     — 214 —\n\nvoici des princesses et des bergères, et des marquis et des pages avec de\njolis sourires mélancoliques, petils spleens roses qui errent dans les parterres\nfleuris d'un gracieux parc Louis XVI ; voici, dans d'équivoques cathédrales,\nles luxures dévotes d'une Pentecôte blasphématoire, et ces missels sacrilèges,\nornés de miniatures d'une splendeur démoniaque, rituels des orgies char­\nnelles, évangiles de damnation, étudiés et pratiqués par les sadiques\névêques d'une Paphos mystique, qui furent baptisés non dans les eaux du\nJourdain, mais dans les flots bitumineux de la Mer Morte,\n   Oui, ces fêtes sont bien les dernières. Les palais où elles resplendissent\nsont situés dans l'ultima Thulé de la jouissance. Aussi sont-elles tristes, ces\nfêtes ; car leurs convives savent qu'après elles, c'est la fin, — la fin et ses\nredoutables mystères. Comme au festin biblique apparaissait aux yeux\nfoudroyés la sentence divine, ainsi dans les ivresses tumultueuses et les\nsplendeurs sacrilèges des dernières fêtes, tout à coup surgit le mystérieux\nAvertissement :\n                J'ai rencontré mon âme au détour du chemin,\n                Lente et grave, au milieu de très blanches ténèbres,\n                Sous un manteau de lune ocellé d'yeux    funèbres,\n                Et la fleur de ma mort fleurissait dans sa main,\n\n                Elle a fait dans le vide, avant de disparaître,\n                D'un long geste endormi, le signe de la croix.\n   Ainsi une incurable mélancolie attriste ces fêtes dernières; elles bravent\ntoutes les lois de la terre et du ciel, et pourtant, comme les autres, plus\nencore que les autres, elles restent au dessous du désir qui les a cherchées,\nelles laissent plus vide que jamais le cœur dévoré d'appétits furieux, que\nravage la douleur de son impuissance. Mais sur ces souffrances la magie du\npoète jette un voile féerique, parfumé de fragrances enivrantes, brodé de\nfleurs de soie et de pierreries d'une captieuse beauté!\n   Il est à remarquer qu'aucun sentiment chrétien n'apparaît dans les Der-\nnières Fêtes. Les pompes catholiques qui y resplendissent ne servent qu'à\nen attiser la sadique luxure. Le remords y est inconnu. La tristesse qui suit\nle péché ou le crime, n'y est pas autre chose que la lassitude du plaisir et\nle sentiment de sa vanité. Et c'est pourtant au plaisir seul que songent les\nconvives de ces fêtes étranges. Rien de plus caractéristique à cet égard que\nla dernière pièce du recueil : Epilogue. Le poète y fait une sorte d'examen\nde conscience ; il énumère les péchés de ses yeux, qui se sont \" brûlés à la\nsplendeur des choses \". Mais dans sa tristesse, pas le moindre mot de\nrepentir. Il sent, dans ses yeux, s'amasser « l'ombre vengeresse » et il s'écrie :\n                Et du luxe aveuglant de vos plaisirs    royaux\n                Il restera ces vers, témoins de votre ivresse,\n                Et vous vous survivrez dans ces derniers     joyaux.\n  Et c'est tout.\n  C'est que, par tempérament poétique, M. Giraud appartient à la catégorie\ndes artistes païens. Comme Théophile Gautier, il aurait pu dire : « Je suis\nun homme pour qui le monde visible existe » ou plutôt sa poésie n'existe\n"}, {"page_pdf": 242, "texte": "                                      — 215 —\n\n\nque pour le monde visible. C'est bien à la « splendeur des choses » que « ses\nyeux se sont brûlés ». Et l'esprit, ce que les chrétiens appellent l'âme,\nn'apparaît, dans les Dernières Fêtes, que comme la flamme magique des\nflambeaux destinés à baigner d'une lumière plus subtile la beauté triom­\nphante de la matière. C'est un superbe poète païen qu'est M. Giraud. De là\nle malentendu inévitable qui amène les critiques spiritualistes à le juger\nselon des lois qui ne sont pas les siennes. Ils oublient aussi que, plus que\npersonne, M. Giraud a revendiqué le droit pour le poète d'avoir un tempé­\nrament artistique absolument distinct du caractère de l'homme. Ce que\nnous disons ici du paganisme du poète ne concerne que l'artiste. Et à ce\npropos encore il sied d'évoquer la grande figure de Théophile Gautier qui\nfut à la fois le plus païen des poètes et le meilleur des hommes.\n   Quant à la langue poétique des Dernières Fêtes, qu'en dirai-je qui ne\nsoit évident pour tout le monde, à la lecture de ces poèmes exquis, plus\nharmonieux, plus délicats et plus fermes que tout ce que nous avait donné\njusqu'ici le parfait artiste de Pierrot Lunaire, de Pierrot Narcisse et de\nHors du Siècle?\n                                                                IWAN G I L K I N .\n\n\n  Les Flambeaux noirs, par EMILE VERHAEREN (I). — L'Ornement des Noces spirituelles,\nde RUYSBROECK L'ADMIRABLE, traduit du flamand et accompagné d'une introduction, par\nMAURICE MAETERLINCK; Lacomblez, éditeur à Bruxelles.\n\n   Ce nouveau cahier de vers parachève l'œuvre qu'Emile Verhaeren\nconçut ainsi, les Soirs, les Débâcles, les Flambeaux noirs. Aujourd'hui\nque nous pouvons étudier dans son ensemble ce tryptique, il nous apparaît\ndans toute son originalité et dans toute sa personnalité; un type nouveau a\nété créé qui prend place dans la psychologie humaine dévoilée par d'éternels\nartistes. Une âme nouvelle apparentée à celle de Redon, de Minne, de\nMaeterlinck a été fixée pour toujours en une œuvre d'art.\n   Cette éclosion étrange en cet automne était fatale; après les Faust et les\ndes Esseintes, après l'épuisement de toutes les sensations, de toutes les\npassions, de toutes les spéculations philosophiques, devaient naître ceux\nque nul baptême ne pourrait désormais laver des péchés stériles d'une\nrace et qui pressentiraient en eux comme un vertige, le gouffre de la folie.\nLa conscience se délabre, les maladies mentales éclatent.\n   Dans les Débâcles, qui forment le noyau de l'œuvre, Emile Verhaeren\ns'analysait, il avait dardé ses yeux sur ses souffrances et scrutait son âme\ncomme s'il se fut vengé de lui-même ; il comprend alors tout le grotesque,\n\n   (i) Les Flambeaux noirs, comme les deux précédents cahiers, sont édités par Deman\nà Bruxelles, avec un art certain et sobre qui place ces livres au premier rang dans la\nlibrairie moderne.\n   Les Flambeaux noirs ont été tirés à 100 exemplaires, dont 5 sur papier japon\nimpérial, et 45 sur papier de Hollande Van Gelder, avec un frontispice de Redon qui nous\na paru trop mystérieusement noir,                                1\n"}, {"page_pdf": 243, "texte": "                                        — 2l6\n\n\nl'absurdité, l'inutilité de sa vie. Dans Les Flambeaux noirs il note plutôt\nles choses extérieures, comme si déjà la conscience avait sombré, lui\nenlevant le pouvoir d'être son propre observateur. Des soirs de ténèbres\nméchantes emplissent ses yeux, il revoit tout à coup, agrandies par sa\nvision, des villes de rêve colossal, il se butte aux problèmes, aux philoso­\nphies, puis ses fièvres s'apaisent peu à peu et la raison s'en va, dans une\nagonie presque douce.\n   Dans les Soirs il écrivait :\n                L'absurdité   grandit    comme une fleur fatale\n\n               Je veux marcher vers la folie et ses soleils\n               Ses blancs soleils de lune au grand midi, bizarres.\n\n  Dans les Débâcles ce fut au milieu d'une crise comme un enfantin\napaisement, un apitoiement triste et doux avec des plaintes bonnes et\nhumbles de malade qui obéit :\n                Je sens pleurer sur moi l'œil blanc de la         folie...\n   Mais dans les Flambeaux          noirs c'est l'agonie exaspérée, les cris, les\nfièvres et puis :\n                   En sa robe de joyaux morts, que solennise\n                   L'heure immobile à l'horizon.\n                   Le cadavre de ma raison\n                   Traîne sur la Tamise.\n                   Des ponts de bronze, où les wagons\n                   Choquent d'interminables bruits de gonds\n                   Et des cercueils de bateaux noirs\n                   L'accompagnent de leurs douloirs.\n\n   Dans les précédents cahiers Emile Verhaeren avait déjà laissé deviner\nquelques tentatives de vers libres ; dans cette dernière œuvre il emploie\npresque constamment la forme nouvelle. Ce ne sont plus les strophes\npatiemment harmonisées, enlacées selon un rythme parfait, dégageant cette\nbeauté calme et divine que la Grèce magnifia dans d'immortels chefs-\nd'œuvre ; cette beauté qui se complétait d'une claire et profonde philosophie\nsemble délaissée aujourd'hui. Pourtant les vers des Flambeaux noirs\nconservent une-harmonie spéciale, la strophe veut être surtout expressive;\nsi elle n'a pas sa beauté en soi, elle la dégage dans la déclamation. C'est un\nart nouveau dont le manifeste fut, il y a quelques années, dans la Vogue,\nla publication des Palais nomades de Gustave Kahn.\n   Écrits d'après cette métrique, les Flambeaux noirs nous apparaissent\ncomme une esquisse travaillée directement sous le coup d'une émotion\nintense et maîtresse. Rien n'y semble mesuré froidement; c'est un entasse­\nment d'images énormes qui se bousculent dans un amoncellement de vers\nrapides. Cela fait songer aux Prisons de Piranesi ou aux tableaux ver­\ntigineux de Degroux. Il ne faut point exiger de cet art la patiente et fine\nciselure, l'ordre méticuleux, le dessin précis; l'impression est donnée par\nce débordement violent. N'est-ce pas là l'œuvre du poète dont l'âme s'effare\n"}, {"page_pdf": 244, "texte": "                                    — 217 —\n\ndans la nuit de visions tortionnaires? Ce sont des « minuits dallés d'ennuit »\npleins d'yeux de pierre, de sépulcres scellés de fer, de grands monuments\nsilencieux, des soirs de grands bois noirs, de marais de plomb où se recon­\nnaît son cœur. Sur ce fond il érige son monde à lui, le monde moderne\navec ses villes colossales, grouillantes, bitumineuses, peuplées d'une popu­\nlace furieuse et sale, qui s'écrase, se déchire, pour courir adorer de plus près\nle veau d'or. Ce n'est plus la Babylone aux féeriques palais de volupté,\nc'est Londres et ses brouillards, ses bouges, ses chantiers, ses fièvres de\nlucre et ses batailles monstrueuses.\n   L'Amour? Le poète, tandis qu'il voit passer dans les rues en un grotesque\ncarnaval, son char piteux, se souvient de l'immonde gouge des folies\nmonstrueuses et des crimes.\n   Les Dieux? Ce sont des dieux noirs, blocs lourds de bois, ornés de\ncornes dans les déserts de son cœur. Eternellement muets de haine et\nd'atrocité, eux qui n'entendent jamais les rages de désespoir, ils semblent\nde taciturnes Molochs inconnus et terribles. Cette pièce est une des plus\nbelles du volume, ainsi :\n                Et mon désert de cœur est peuplé de Dieux noirs.\n                Ils s'érigent, blocs lourds de Sois, ornés de cornes\n                Et de pierres, Dieux noirs silencieux des soirs,\n                Mornes et noirs, dans le désert de mon cœur morne.\n\n  Dans les Soirs déjà il était hanté par l'idole despotique et monstrueuse,\ndans les Débâcles, au milieu de l'agonie marmotante il aurait voulu croire\nà un Dieu peut-être clément :\n                A y e z pitié, Seigneur, de ma toute démence,\n                J'ai besoin de pleurer mon mal vers ton silence.\n   Ce souvenir de prières enfantines lui venait aux lèvres, tandis que, par\ninstant, farouchement, il rêvait d'un cloître de fer et de torture. Dans les\nFlambeaux noirs on a vu de quels Dieux il était hanté ; c'est le désespoir\nfinal après tous les vains efforts et plus qu'une seule fois revient, comme\nune passagère et mourante lueur qui vacillerait au fond d'un souterrain de\nténèbres, l'espérance de la foi et de l'amour.\n   Dans la pièce intitulée les Livres, où quelque Faust halluciné et souffrant,\nnon, plutôt ce chercheur à la recherche infinie de Redon, récapitule ses\nphilosophies, s'écoute tout-à-coup :\n                Reposez-vous d'errer pauvres cerveaux antiques\n                En l'église du dogme et de l'extase....\n                Les Paradis chrétiens, verrières de splendeur,\n                Brûlent de leurs feux clairs les murailles nocturnes ;\n                Laissez croire les yeux, laissez pleurez les urnes\n                Divinement de la croyance sur le cœur.\n                La neigeuse raison gèle le doux mystère\n                Du bon Jésus pasteur qui s'en revient, là-bas,\n                Par les jardins avec ses pauvres agneaux las ;\n                Laissez croire l'amour et la raison se taire.\n\n   Soudain au milieu des hurlements, des effrois, dans l'angoisse d'éternelles\n"}, {"page_pdf": 245, "texte": "                                    — 218 —\n\nténèbres, ont croit entendre dans le concert solennel des orgues lointaines\nl'Alléluia des voix angéliques. C'est la victoire d'Ormuzd, l'aurore nouvelle\ndevinée dans ce crépuscule de folie, le règne de l'Amour.\n   Parallèle à la pièce les Livres celle intitulée les Nombres. L'infrangible\nlogique des nombres, symboles précis des abstractions, qui « tiennent le\nmonde entre leurs infinis », halluciné le poète dont la raison s'affole devant\nl'éternel mystère d'Isis. Alors qu'il n'a pu, dans sa rage des avoir, soulever\nle voile de la déesse, il doit se contenter des Lois fixes, immuables dans\nleur généralité, qui décident :\n               Ce qu'il faut de justice et de bonheur serein\n               A tout cerveau docte et placide.\n   Il faudrait encore citer les merveilleux vers de la Révolte, du Roc, de\nla Morte, etc.\n   Et puis mourir; redevenir rien.\n   Définitive, cette œuvre maintenant montre toute son unité et toute son\noriginalité. C'est d'une personnalité des plus intenses, des plus nouvelles,\ndes plus fortes que nous connaissions en littérature.\n   Nous devons pourtant reprocher à Emile Verhaeren, en ce qui touche la\nforme, un laisser-aller parfois trop grand et une répétition du même adverbe\nmal sonnante.\n   Quelques « immensement » et « par à travers tout » se pressent trop\nsouvent sous sa plume. Mais ce n'est là qu'un détail, en somme, futile.\n\n                                        * *\n   La préface de Maurice Maeterlinck qui accompagne l'Ornement des\nNoces spirituelles a pour nous un double intérêt. Elle nous fait, par les\ncitations choisies, par une glose diserte, par des aperçus rapides et une\nbrève biographie, participer aux manifestations étranges de cette âme de\nténèbre et de lumière, Ruysbroeck l'admirable, connu d'après la traduction\nmorcelée d'Ernest Hello.\n   Mais de ce livre inspiré, traduit avec une ferveur attentive, Maurice\nMaeterlinck met en garde ceux qui n'y voudraient jeter qu'un regard\ncurieux. « C'est — écrit-il — un séjour insupportable à ceux qui n'y sont\npas préparés; il ne faut pas y entrer par curiosité littéraire. » Il craint que\nla lettre ne fasse la risée du vulgaire à qui restera caché le sens des sym­\nboles ; car lui croit à une sorte de révélation occulte, aux sommets embrasés\nde nouveaux Sina'is, il croit aux mystérieuses paroles prononcées dans\nl'exaltation de l'extase, il croit « que les écrits des mystiques sont les plus\npurs diamants du prodigieux trésor de l'humanité ». Malheureusement il\nmanque au monde moderne la foi profonde et servile des simples; il est\nentré dans une phase nouvelle ; il veut connaître et non plus adorer aveugle­\nment, il se confie à la science expérimentale qui avance peu à peu dansles\nroutes inconnues que l'on croyait fermées à jamais. Aussi les mystiques ne\nsont-ils plus pour lui que les spécimens rares d'une espèce disparue.\n   Cette étude de Maurice Maeterlinck nous fait aussi connaître mieux\n"}, {"page_pdf": 246, "texte": "                                   — 219 —\n\nencore son esprit; on devine ses préférences, on entre plus avant dans sa\nvie intérieure. Ceux qu'il médite sont Platon, Swedenborg, Novalis, Plotin\net Porphyre, mais surtout Ruysbroeck qui plus qu'un autre, par son\nmysticisme ardent et barbare de flamand, devait l'attirer. On sent qu'il\ns'applique à tout ce qui est songe, abstrus, à toute la vie profonde et\nimpénétrable de l'âme qui ne se révèle qu'en l'absence de conscience. Pour\nlui l'âme aboutit d'un côté aux sens, à la matière, de l'autre peut-être à\nDieu.\n   Dans les Serres chaudes on a vu avec quelle âpre ferveur de mystique,\nMaurice Maeterlinck implorait Dieu en son âme qui se voulait solitaire. Le\nmal du monde lui apparaissait sous forme de choses étranges et anormales.\nOn pressentait dans cette lutte avec l'extérieur que son idéal était d'atteindre\npar le vol de l'esprit le Castillo intérior de Sainte-Thérèse, la septième\ndemeure de diamant où se consommera dans l'extase l'unification avec\nDieu.\n   Cette propension à l'étude des mystiques nous montre bien un côté non\nencore exprimé de l'âme du poète des Serres Chaudes qui se complait\ndans tout ce qu'elle a d'obscur et d'inconnaissable.\n   Quant à cette actuelle introduction à l'Ornement des Noces spirituelles,\nelle est d'une écriture patiente et dure, avec de brusques éclats de méta­\nphores glaciales, très personnelle.\n   Adressons aussi toutes nos félicitations à Paul Lacomblez, qui a fait de\nce livre une très originale et très exacte édition.\n                                                           VALÈRE G I L L E .\n\n\n    La Nouvelle Carthage,   par GEORGES EEKHOUD. — La Bourse. — Le Carnaval.\n                                  La Cartoucherie.\n\n   Un beau modèle qu'Anvers, mais délaissé! me disait un jour Eekhoud,\nen constatant la pleutrerie de palette de l'école picturale de cette ville et\nen regrettant que les peintres eussent dédaigné la cité merveilleuse des bords\nde l'Escaut pour s'adonner au genre que l'on sait.\n   Mais maintenant qu'ont paru les derniers chapitres de la Nouvelle Car-\nthage et que s'annonce l'édition définitive de ce livre, on peut dire que\nl'Anvers d'aujourd'hui a trouvé son peintre. Un peintre exalté qui a rendu\nà touches larges et fiévreuses son décor, sa nature et son ciel. Un poète\nfervent qui a chanté la force et la plastique de ses travailleurs, et a dévoilé\nle moral de sa population de débardeurs et de portefaix. Un satirique qui\na triqué sur le ventre bourré d'or et de spéculations de ses boursiers et de\nses tripoteurs, et qui a démonté en psychologue leurs odieux mannequins.\n   Trois chapitres nouveaux — les derniers, disais-je — viennent de\nparaître.\n   Ils compteront parmi les plus beaux et mériteraient une étude plus\nlongue que ces quelques mots que je puis en dire.\n   On y retrouve cette antithèse, symbolisée par Paridael d'un côté et\nBéjard de l'autre, du peuple et de la bourgeoisie d'argent qui forment la\n"}, {"page_pdf": 247, "texte": "                                   — 220 —\n\n\ncité décrite. La bourgeoisie est cruellement effigiée dans la Bourse. Elle\nsort de ce chapitre l'échiné sanglante, comme chassée de son propre temple.\nL'or tinte, pareil à un glas de tristesse, au dessus de la juiverie des opéra­\ntions, et si la scène se décrit avec une réalité nette et franche, vécue et vraie,\non sent entre les lignes sourdre la colère, qui éclate parfois en flamme\nardente. Et l'on se prend à songer devant cette phrase, qui est comme le\ncœur du chapitre : « A la longue un sentiment de terreur et de pitié\nentrait dans l'âme des gamins : ils regardaient encore, les yeux écar-\nquillés, mais ils avaient cessé de rire. » Le verbe est corrosif et l'opulente\neau-forte brûle. Il y a quelque chose de diabolique dans l'allure cinglante\nde cette description.\n   Le Carnaval continue à développer le caractère étrange et passionnel de\nLaurent Paridael, le fanatique ami des « couches dangereuses ou indigentes\nde la population », qui jette à travers la vie, en compagnie de déclassés\net de parias, de faméliques, de troupiers, de marins, ses derniers louis d'or,\navec autant de désinvolture que s'il lançait des pepernotes.\n   Le mardi-gras arrive. O ! la navrante narration, électrisée de cette souf­\nfrance des humbles, qui essayent en vain ce se vêtir de haillons de joie, les\njours boueux de carnaval ! Et sur ce fond d'ivresse noire et de gaîeté de rue,\ncomme se détachent nerveux et hauts en passion les incidents des peper-\nnotes, du cabinet particulier et de l'hôtel Béjard ! Quelle force âpre, quel\nfluide, quelle couleur aiguë dans ce récit ! Le cœur de Paridael y saigne\ncruellement, et son personnage étrange de pierrot fripé, aux gestes fous de\ncarnaval tragique, a une grandeur douloureuse de vengeance et de pitié.\nLes phrases s'exaspèrent. Le style se tend et se tord. On sent tout ce que\nl'écrivain a jeté là de sa chair et de son âme, en pâture à l'art, et l'on se\ntrouve devant un des plus altiers morceaux littéraires.\n   La Cartoucherie, inspirée par une catastrophe encore assez récente, fait\nsonger à quelque vieille estampe hallucinée d'un Jan Luycken. Dans un\nsuggestif décor des quais, l'explosion de la cartoucherie Béjard donne une\nimpression d'horreur immense et l'incendie allume comme de grandes et\napocalyptiques terreurs. Laurent était là, il devait être là, attiré par un\nimplacable magnétisme, au moment de la débâcle qui allait broyer des\nêtres intensément aimés de lui, des apprentis, des ouvriers, des filles du\nport. Avant l'explosion même il fut victime d'un mirage qui lui révéla subi­\ntement l'accident proche : « Le pressentiment d'occultes dangers qui les\nmenaçaient, angoissait atrocement Paridael, attristait, pour employer la\nparole sublime du Sauveur, son âme jusqu'à la mort. Un attirail de sup­\nplices et de questions guettait cette chair adolescente. Il aurait voulu\nracheter ces pauvrets au prix de son propre sang, il ne savait à quels vivi­\nsecteurs... »\n   Je voudrais reproduire bien des choses de ce chapitre superbe, où l'on\nvoit la cartoucherie arrachée au sol s'élancer vers le ciel en formidable fleur\npyrique et retomber au loin en paquets de chairs calcinées et en débris\nmonstrueux. Résumer cela est impossible. De même que raconter la lutte\n de Paridael et de Béjart, dans la pétarade des cartouches, et leur mort\n"}, {"page_pdf": 248, "texte": "                                      221   —\n\n\nvengeresse, dénoûment fatal du roman. Il faut lire ces pages pour s'éblouir\nà leur flambante et bizarre splendeur ; et l'on ferme le livre avec la convic­\ntion sincère que l'édition définitive de la Nouvelle Carthage, déjà prophé­\ntisée par la première, sera une œuvre fière et de haute marque, qui mettra,\ndans les rangs des vrais artistes, Georges Eekhoud à une place choisie et\ndécidément maîtresse,\n                                                 EUGÈNE     DEMOLDER.\n\n\n\n\n         CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                      EXPOSITION DE L'ESSOR\n\n   L'Essor-au-Bois-dormant semble se réveiller dé son long sommeil. Au\nlieu de l'ennui terne habituel aux dernières expositions de ce cercle, voici\nun peu de joie, un peu de vaillance, des couleurs plus fraîches, un peu de\njeunesse, enfin !\n\n   Depuis longtemps déjà M. Frédéric était tout l'intérêt des salons de\nl'Essor : aujourd'hui c'est encore lui, il est vrai, qui se manifeste avec le\nplus de diversité; mais le cas de M. Frédéric est particulier : chacune des\nexpositions de ce peintre semble les débuts intéressants d'un jeune homme.\nJamais cet artiste, malgré toutes ses grandes toiles si diverses, toutes\npatientes et minutieuses, toutes si absolument sincères, ne s'est définitive­\nment affirmé, et il garde en sa manière un je ne sais quel manque de\nliberté et comme l'application d'un élève.\n   On se souvient des Marchands de craie, l'œuvre sensationnelle et pour\nnous la plus complète de M. Frédéric. C'était inspiré par Bastien-Lepage\nqui passait pour un homme de talent. M. Frédéric devait être ignorant de\ntout mouvement d'art en France, car le faux naturalisme de M. Lepage,\n— du naturalisme à la portée des gens du monde et pour la vente, — fut\npour cet artiste une fenêtre ouverte sur la vérité. Mais l'âme de M. Frédéric\nétait exempte de roublardise, car les trucs qui servaient à M. Lepage\ndevinrent aux mains de M. Frédéric d'honorables outils. Les trois grands\npanneaux des Marchands de craie furent une œuvre extraordinaire, l'œuvre\nd'un préraphaélite, avec des minuties de brins d'herbe, de trames de haillons ;\nune œuvre extrêmement morose et austère dans son décor désolé d'alentours\nd'usine; une peinture couleur de cendre; l'œuvre d'un vieux gothique.\n   Puis M. Frédéric se confina dans cet amour de tout ce qui est humble,\ngris et pauvre, peignit de calmes paysans, des enfants tristes, des vieillards,\n— et ce furent la Noël à l'Hospice, la Vieille Servante, le Repas, les\nFemmes à loques et une spécialité de sites ardennais, paysages gris et toits\nd'ardoises, — bonne foi et constantes recherches chaque an, sans toutefois\n"}, {"page_pdf": 249, "texte": "                                 — 222 —\n\n\nretrouver, malgré une facture plus libérée ou des colorations moins\nmoroses, la décisive impression des inoubliables Marchands de craie.\n   Puis M. Frédéric faisait l'histoire, en une série de cartons, du Blé, du\nLin : semailles, culture, récolte. Une immense frise représentait les âges\ndu paysan. Ses qualités de réaliste, il les mettait en des œuvres cycliques\net déjà vaguement allégoriques. Enfin le Salon de Bruxelles de 1890 vit le\nRuisseau, page considérable dont il fut parlé. Enfants nus en baudruche\npeinte et soufflée, souvenirs de Donatello un peu, ce singulier paysage\nfaux, décor d'opéra et zinc découpé, — soit, mais malgré tout d'un\ncharme insidieux et menteur et d'un incontestable intérêt.\n   C'est le bagage de M. Frédéric, et si ce présent Salon de l'Essor ne nous\napprend sur cet artiste honorable rien de bien nouveau, il nous montre\ncependant en cette Paysanne assoupie d'une si ample attitude la puissance\ndu dessin et le modelé splendide des mains.\n\n\n    MM. Delville, Levêque, Ciamberlani ne sont pas des réalistes ; ce sont\nles hommes à idées, les philosophes, les Chenavard de l'Essor, oserais-je\ndire. Mais si le Kaïn de M. Ciamberlani parvient encore à intéresser par le\ndessin de son paysage rude, si M. Levêque met une certaine discrétion\ndans les fumeuses choses qu'il intitule Rêve, Douleur, M. DELVILLE, lui,\nm'a l'air de parader. On ne saurait pas dire qu'il manque de talent, mais,\ns'il en a, il ne le prouve guère. Sous prétexte de grande peinture il se permet\nde la philosophie trop commune. Il est un peu, ce me semble, le Péladan\nde la peinture.\n    Combien, dans une seule toile de M. Frédéric, il y a plus de pensée et\nd'épique. Que M. Delville a besoin de simplicité et de naturel!\n    D'autres peintres sont troublés par la technique des néo-impressionnistes.\n    Si M. Coppens divise le ton à peine, s'il rappelle, dans ses mers, — sans\navoir leur belle transparence, — la facture et les couleurs de Monet, il\npossède un tempérament de peintre, peut-être de coloriste, mais d'un\ncoloriste trop fantaisiste et volontairement séducteur. Ses paysages marins\nintéressent par le choix des sites et par une tentative d'harmonie dans les\ndirections des lignes.\n    M. Jelley est plus sincère et sa peinture plus fruste est à celle de\nM. Coppens, comme une fille des champs à une demi-mondaine. Les\npaysages de M. Jelley sont dans l'impressionisme d'heureux débuts.\n\n                                                   GRÉGOIRE LE ROY.\n"}, {"page_pdf": 250, "texte": "                                         — 223 —\n\n\n\n\n                                 MEMENTO\n   La saison musicale touche à sa fin. Quand      quelques chapeaux-chinois bien fébriles.\nparaîtront ces lignes le dernier Concert          Chaque fois que chez les petits Belges\npopulaire, le plus intéressant, consacré          paraît quelque fier volume, ces riverains à\npresque entièrement à l'œuvre de Richard          grelots deviennent étourdissants. Nous\nWagner, aura eu lieu.                             écrivons en français, donc nous faisons de\n   L'avant-dernier, rempli par des œuvres          la contrefaçon; c'est la scie habituelle.\nde la jeune école française, a obtenu un              M. Dubus vient de révéler un maître tem­\ngrand succès. On y a entendu, entr'autres,        pérament de scieur de long. M. Dubus\nla magistrale trilogie composée pour le           (de Laforest), qui craint, sans doute, qu'on\nWallenstein de Schiller, œuvre serrée et           ne lui vole aussi sa part du gâteau, publiait\npuissante, qui place M. Vincent d'Indy à la        il y a un mois dans le Mercure, quelques\ntête du nouveau mouvement musical de son           lignes sur la Flûte à Siebel dont l'inconve­\npays. Viviane, poème symphonique de                nance ne méritait pas d'être relevée. Aujour­\nM. Chausson, a aussi obtenu les suffrages         d'hui ce poète des bois s'en prend aux\ndes artistes. Comme toujours, l'orchestre         Dernières fêtes. Sa critique consiste à\nde Joseph Dupont a donné à ces pages              reprocher à notre ami Albert Giraud d'avoir\ntrès touffues et très difficiles une interpré­    détourné des œuvres complètes de Paul\ntation parfaite.                                   Roux (Saint) un cactus et un épervier. C'est\n   Le Conservatoire a dignement clôturé la         épouvantable! Surtout lorsque l'on songe\nsérie de matinées beethoveniennes par une         que très probablement c'est Paul Roux\nsplendide exécution de la neuvième sym­           (Saint) qui lui-même est l'auteur du rapt,\nphonie, après laquelle une imposante et           le cactus et l'épervier ayant reçu l'hospita­\nchaleureuse ovation a été faite au maître         lité de la Jeune Belgique en 1888. Soyons\nGevaert.                                          généreux ; nous comprenons le désespoir\n   Dans un concert donné au Conservatoire         de ces savetiers qui au bout de quatre\npar le vaillant groupe des professeurs-vir­       années parviennent à réunir deux belles\ntuoses Anthoni, De greef, Guidé, Merck,            métaphores; le sommeil quitte leur logis;\nNeuman, Poncelet, on a entendu le pianiste        ils n'auraient de somme qu'ils n'eussent\nCamille Gurickx, dans un trio pour piano,         déposé leur trésor au ministère de l'Intérieur\ncor et violoncelle, de Mozart. On sait que        (section de la librairie).\nM. Camille Gurickx est le plus brillant dis­\nciple d'Auguste Dupont, dont il reprit la\nclasse au Conservatoire, lorsque la maladie\neut eu raison de l'énergie et de l'abnégation        On nous annonce que Jules Destrée vient\ndu regretté maître. M. Camille Gurickx lui        d'intenter un procès à la ville de Gand\nsuccédera certes à titre définitif. On ne trou­   parce qu'il y a des Coupures.\nverait chez aucun postulant une technique\nsi complète, un style si pur, autant de goût\net de science. C'est non seulement un pia­\nniste accompli, mais c'est un musicien dans         L'exposition locale des Beaux-Arts de\nla signification absolue du mot, un artiste       Schaerbeek vient d'ouvrir ses portes. Nous\nvibrant doublé d'un érudit.                       ne nous étions jamais douté que cette com­\n                                                  mune possédât dans ses murs tant de pein­\n                                                  tres — pas tous artistes par exemple. Mais\n  Il existe là-bas, sur les bords de IaSeine,     Verwée, Coosemans, Smits, Verheyden\n"}, {"page_pdf": 251, "texte": "                                                 224 —\n\nBinjé, Stobbaerts, Coppens soutiennent            profession, de reprocher à M. Fouquier les\nvaillamment l'honneur de leur cité.               petites inepties dont ce chroniqueur incon­\n                                                  tinent a inondé la mémoire de Jules La­\n                                                  forgue.\n                                                     Le pisseur d'encre pâle ne connaissait\n   La prochaine représentation du Théâtre\n                                                  point Laforgue, qu'il appelait Leforgue, —\nd'Art au bénéfice de Paul Verlaine et de\n                                                  mais il le jugeait avec une boulevardière\nGauguin sera donnée à Paris, en matinée, le\n                                                  sévérité. Intervint le poète d'Ancœus, qui\n27 mai prochain, au Vaudeville.\n                                                  traita le chroniqueur-croupier d' « absolu\n   Le programme :\n                                                  crétin ». L' « absolu crétin » eut un scru­\n   Les Uns et les Autres, de M. Paul Ver­\n                                                  pule : il voulut lire Leforgue ou Laforgue.\nlaine ;\n                                                      Il se mit en campagne, interrogea ses\n   Le Corbeau, poème d'Edgar Poe (trad.\n                                                  amis, qui lui indiquèrent quoi? les Mora-\nde Stéphane Mallarmé);\n                                                  lités légendaires, les Complaintes, l'Imita-\n   Chérubin, drame en 3 actes en prose de\n                                                  tion' de Notre-Dame la Lune? Ah! vous\nCharles Morice;\n                                                  connaissez peu les amis de M. Fouquier!\n   Le Soleil de Minuit, de Catulle Mendès ;\n                                                  Ils lui mirent le nez dans des notes très\n   L'Intruse, de Maurice Maeterlinck;\n                                                  sommaires de Laforgue sur Baudelaire. Les\n   Phyllis, de Th. de Banville;\n                                                  voici :\n   Chansons des rues et des bois et un\n                                                     « Hypocondrie sensuelle tournant au\npoème des Fleurs du Mal.\n                                                  martyre les consolations de l'alcool — (son­\n   Voilà qui va faire passer le goût des\n                                                  ger aux Russes, à Marméladoff), joie de\nfolischolleries qu'offre, d'un même geste\n                                                  s'abîmer, de se salir... »\ntoujours, le Saint-Antoine du Théâtre\n                                                     Sur ce, le pisseur d'encre pâle s'arrête,\nLibre.\n                                                  et, en note, écrit : J'avoue ignorer Mar­\n   Le Théâtre d'Art ne pourrait-il un jour\n                                                  méladoff !\npasser par Bruxelles? notre public a besoin\n                                                     Notre amiVielé-Griffin a eu tort : M. Fou­\nd'être désinfecté.\n                                                  quier n'est pas double, il est triple ! Il prend\n                                                  Marméladoff pour un jeune Russe déca­\n                                                  dent !\n  Notre collaborateur Albert Arnay prépare           Qu'aurait-on dit, en 1835, d'un critique\nen ce moment une étude destinée à la              français capable d'ignorer Quasimodo, et\nJeune Belgique sur les Amours jaunes de           de le confondre avec Petrus Borel, ou, à\nTristan Corbière.                                 l'époque de Shakespeare, d'un criticulet\n                                                  prenant Hamlet pour un jeune poète anglo-\n                                                  saxon ?\n  Le jury chargé de juger la onzième                 Ajoutons, pour achever le pastel du Fou­\npériode du concours triennal de littérature       quier, que ce chroniqueur de tapis vert\ndramatique en langue française vient d'être       reproche à Laforgue d'avoir été lecteur de\nnommé : MM. De Monge, Ed. Fétis,                  l'impératrice Augusta.\nG. Frédérix, Stoumon et Stecher.                     Le cuistre est complet.\n  Attendons.                                         Du même croupier, dans le même article,\n                                                  cette appréciation de Baudelaire :\n                                                     « Ces notes... montrent le Baudelaire\n  L'Echo de Paris publie une chronique            factice que Baudelaire avait fabriqué lui-\ninappréciable de M. Henry Fouquier sur            même pour épater les bourgeois, ce qui fut\n« les Jeunes et les Vieux ».                      le rêve bête de sa vie et la faiblesse capi­\n   L'étonnant pisseur d'encre pâle que l'on       tale de son cerveau primitivement puis­\nsait, n'est pas content de notre collaborateur    sant. »\nVielé-Griffin. Ce poète ne s'est-il pas per­         Encadrons ça.\nmis, avec toute la légèreté qui convient à sa        Et pisse de l'encre, petit, pisse, pisse\n"}, {"page_pdf": 252, "texte": "                                              225\n\n                                                  survécut si longtemps à tant d'invasions et\n                                                  de désastres, finit par être submergée par\n   La chronique parisienne est en émoi de         l'émigration littéraire d'exotiques qui, s'en­\nlittérature : Huret documente dans l'Écho         nuyant trop chez eux pour s'y confiner,\nde Paris, le Sage Nestor bouillonne à la          viennent chez nous, traînant dans leurs\nlecture d'un article d'ailleurs très sensé de     bagages leur incurable ennui et leurs\nRemy de Gourmont paru dans le Mercure             vagues et tristes rêveries. Schopenhauer,\nde France, puis se transformant en Fou-           Wagner, Dotoreski, (sic) Tolstoï, Ibsen!\nquier cherche Leforgue et voici qu'Hector         voilà les lugubres colons qui viennent des­\nPessard propose de fonder la « Vraie ligue        sécher les sillons tracés par Rabelais, Vol­\ndes patriotes ». Écoutons :                       taire et Molière. Les vers de Racine, de\n   « ... Cependant, je ne puis taire une in­      Hugo, de Musset, de Lamartine sont désap­\nquiétude qui va chaque jour grandissant.          pris et les jeunes générations épèlent les\nIl me semble que plus nous allons, plus           galimatias hermétiques de M. Stéphane\nnous laissons sur la route un peu de notre        Mallarmé et de ses disciples. »\ngénie et de notre caractère national.                M. Pessard qui découvre le mal avec la\n   « Fils des Gaulois, au rire bruyant, dont      sûreté d'un vieux patricien, propose immé­\nla gaîté s'élevait sans cesse vers le ciel avec   diatement le remède. Le voici :\nle chant de l'alouette, l'oiseau symbolique,         « Il y aurait une ligue nouvelle de pa­\nnous prenons petit à petit, grâce aux nou­        triotes à créer.\nvelles écoles littéraires, de faux airs de cor­      « Mes patriotes, à moi, fonderaient des\nbeaux déplumés, se fouillant mélancoli­           sociétés de gaîté pour faire suite aux sociétés\nquement le flanc, sous prétexte de phsy­          de gymnastique, dont je ne méconnais pas\nchologie. Aux joyeux refrains de nos pères        les mérites, et riposteraient par des fions\ninsouciants ont succédé les complaintes           fions et des refrains endiablés aux assom­\nlamentables des pessimistes, des symbo­           mantes psalmodies des prêcheurs d'Outre-\nlistes, des naturalistes, des décadents et        Rhin.\nautres bardes obscurs qui s'appliquent à             « J'organiserais une croisade contre les\ndésapprendre la langue de Rabelais et de          malfaisants de lettres, qui, sous prétexte\nVoltaire.                                         d'innovations, désarticulent notre belle\n   « Flasques zoophytes qui se laissent im­       langue, la rendent difforme ou inintelligible\nprégner, comme des éponges, par la mysti­         et s'en servent, comme d'un instrument de\nque folie slave, par les mélancolies et les       torture, pour trépaner les crânes de leurs\ndésespérances Scandinaves, par les philo­         contemporains. Tout en bloc, je sifflerais\nsophies sombres des Germains, lavettes            de parti-pris, obstinément, tous ces empê­\ntrempées dans des bocks et parfumées à            cheurs de danser en rond, tous ces fakirs\nl'absinthe, piteux dégénérés sous la peau         absorbés dans la contemplation de leur\ndesquels la seringue de Pravay injecte la         sale nombril et qui, dégoûtés par le spec­\nmorphine et la tristesse, nous ne serons          tacle qui les hypnotise, ne relèvent la tête\nplus même capables d'apprécier les beautés        que pour déclarer tristement que tout est\ndu si doux pays de France, et à nos âmes          mauvais, lugubre.\nternes, à nos regards voilés, il faudra des          \" J'élèverais des temples à l'illusion, la\nciels gris.                                       fée bienfaisante, à l'espoir, cette marne des\n   « C'est que le mal grandit chaque année        malheureux, au rire, le guérisseur des\net s'étend, gagnant par infiltration toutes       maladies de l'âme et du coeur. En un mot,\nles couches de la société française. Nous         j'essaierais de réveiller la personnalité\nperdons, peu à peu, par notre littérature et      gauloise qui disparaît chaque jour davan­\nnos arts, le goût de la clarté, de la simpli­     tage sous les limoneuses alluvions du Rhin,\ncité, de la franchise, tout en croyant, selon     de la Vistule et du Volga. \"\nles formules modernes, être en quête de la           M. Pessard a pleinement raison; le pays\nvérité. Notre personnalité gauloise, qui          qui possède tout à la fois l'inimitable Pau-\n"}, {"page_pdf": 253, "texte": "                                        —    226   —\n\nlus et Armand Silvestre, le mage Péladan et       parue dans la France du 29 avril, et par\nRodolphe Salis, ne peut pas s'ennuyer.            laquelle vous vous trouviez insulté, vous\n    Hector Pessard s'adressera à Henri Fou-       nous avez chargé de demander au dit Sar\nquier pour l'organisation des jeux popu­          une rétractation ou une réparation par les\n laires. On rigolera à tire-larigot. On fera      armes.\n respirer du gaz hilariant à Renan qui,               En conséquence, nous nous sommes pré­\n répudiant aussitôt l'abbesse de Jouare,          sentés chez le Sar Péladan et lui avons\n écrira sans plus tarder des contes piquants      exposé l'objet de notre visite. Le Sar nous\n et gaillards. Leconte de Lisle, Stéphane         a répondu qu'il ne vous devait pas d'ex­\n Mallarmé, Verlaine, comme incurables,             cuses parce que vous avez la priorité d'in­\n seront priés de passer la frontière et de         sulte. Quant à la réparation par les armes,\n rentrer au plus vite dans les brumes du          le Sar n'y consent pas davantage pour les\n Nord. On chatouillera la plante des pieds         raisons qui suivent :\n des réfractaires jusqu'à explosion de rire           1° Quoique bon catholique, se trouvant\n inextinguible. Paulus sera nommé ministre         en délicatesse avec la cour de Rome, il en­\n de l'amusement public; il organisera sur         courrait infailliblement, en cas de duel,\n les différentes places publiques des parties      l'excommunication papale ;\n de bouchon, de barres, de boules, etc.               20 A cause de certains pouvoirs occultes,\n Barrés ne dissimulera plus sa forte envie        il est sûr de vous tuer, ce qui constituerait\n de pouffer au nez de ses contemporains et\n                                                   un assassinat ;\n Moréas se fera sérieusement naturaliser\n                                                      3° Cet assassinat entraînerait pour lui\n français. Nos voisins ne pourront plus se\n                                                  l'Impureté Hermétique, et commeil n'existe\n regarder sans rire. Silvestre sera invité à\n                                                   pas en ce moment de Collège Magique pour\n réciter ses contes dans les meetings, Coque­\n                                                   le purifier, le Sar ne se soucie pas d'une\n lin jouera avec conviction M. de Pourceau­\n                                                   pareille tare.\n gnac et Péladan donnera, dans les réunions\n d'amateurs, des séances de magie amusante.           Ayant pris bonne note de ces raisons,\n Et vive la rigolade !                             nous avons considéré, mon cher Salis, notre\n                                                   mission comme terminée, et nous vous\n                                                   prions d'agréer l'assurance de nos meilleurs\n                                                   sentiments.\n   Les journaux français publient la présente\n                                                      Paris, le 30 avril 1891.\nnouvelle :\n                                                  ALPHONSE ALLAIS.             MAURICE DONNAY.\n   « Rodolphe Salis en police correction­\nnelle.                                                             LES LIVRES\n   Le gentilhomme-cabaretier vient d'être\nassigné par M. Joséphin Péladan.                      Chez Lacomblez toujours, prochaine­\n   Le Sar se plaint de figurer, dans les ment réédition de l'exquise comédie fia­\n                                                  besque d'Albert Giraud, Pierrot Narcisse.\nmanchettes du dernier Chat-Noir, comme\nsecrétaire de la rédaction, avec la quali­\nfication irrévérencieuse de \" Derrière                Pour paraître après les canicules, chez\néprouvé ! \"                                        Lacomblez naturellement, de notre colla­\n   Et, sous prétexte que cette double licence borateur Eugène Demolder, les Contes\nporte atteinte à sa considération d'homme d'Yperdam dont sera distrait, pour notre\net de mage, il réclame à Rodolphe Salis prochain numéro, le Massacre des Inno-\ncinq mille francs de dommages intérêts. » cents.\n   Pour un derrière Salis, cinq mille francs,\nc'est raide !                                         Ce mois chez Deman : l'Œuvre lithogra-\n   La lettre de la fin de toute cette affaire, la phique de Odilon Redon, catalogue descrip­\nvoici :                                           tif par Jules Destrée. Un volume petit\n        MON CHER SALIS,                           in-quarto de grand luxe, imprimé, par la\n   A la suite d'une lettre signée Sar Péladan, maison MONNOM, sur papier de Hollande\n"}, {"page_pdf": 254, "texte": "                                             227\n\n\nVan Gelder, à soixante-quinze exemplaires        mique, les journaux d'étudiants et les\nnumérotés, ornés d'un frontispice à l'eau        chants d'étudiants en Allemagne.\nforte, gravé par M rne Jules Destrée-Danse                           *   *   '   ■   *\n\n\n\n\nd'après une sculpture gothique (Eglise             Le Barbare que M. Auguste Jenart vient\nSaint-Nazaire, à Carcassonne). — En sous­        de faire paraître chez Paul Lacomblez,\ncription, prix : 10 francs. Dès la mise en       montre qu'elle sorte d'influence Maurice\nvente le prix sera porté à 12 francs.            Maeterlinck aura exercée sur quelques\n   Les vingt-cinq premiers exemplaires con­      écrivains. Les Maeterlinguistes formeront\ntiendront une seconde eau-forte deMmeJules       bientôt, si cela continue, une école nou­\nDestrée, d'après une sculpture gothique          velle. Il s'agit bien entendu de la forme. La\n(Cathédrale, à Reims). — En souscription,        tentative de M. Jenart est louable; mais\nprix : 20 francs.                                nous ne sommes pas bien sûr qu'il se soit\n                                                 arrêté à un plan très exact.\n   Confiteor, par Gabriel Trarieux, Paris,         Le Barbare forme souvent un dialogue\nComptoir d'édition. C'est une confession embrouillé à tendances philosophiques\ngénérale que nous, fait M. Trarieux à vagues, qui's'affirment à tout moment dans\nlaquelle on pourrait reprocher, sinon la telle phrase : « N'être que toi mon rêve ».\nsincérité pleine et entière, du moins par­ On a émis cette idée assez souvent en ces\nfois une trop grande insouciance d'art. Le dernières littératures et vraiment il faut\npénitent dit trop vite sans assez soigner la une forte originalité pour ne point la faire\nforme; un seul exemple :                         paraître superflue. Ensuite, ce décor de\n                           .. Sous la terre      minuit, de gens qui parlent des revenants,\ndes germes sont cachés qui prendront leur essor. de la bise qui siffle dans la cheminée, de\n   Mais ce livre où l'on découvre un souci l'orage, d'un incendie, etc., tandis que\nd'idées est vaillamment fait et c'est une Rynel répond aux observations paternelles\nbelle promesse.                                  de son abbé par des citations de M aeterlinck,\n                                                 Laforgue, Van Lerberghe et Verhaeren,\n   La Création du diable, de Raymont Nyst, nous paraît d'un romantisme panaché. Cet\nchez Kistemaeckers, est une fine et spiri­ essai n'aura pas été très heureux, mais\ntuelle parodie d'après Delville, de toutes félicitons M. Jenart d'avoir eu le courage\nles diableries romantiques, macabres et de le publier.\nrollinatiques. Les verts « de gibier et de\nfromages murs », les fauves « comme la              La Fiancée de Maître Le Kevan, par\npeau odorante des lionnes», les bleus Louis Tréderne, nouvelle couronnée au con­\n\" comme les reflets des noirs corbeaux \" cours du Magasin Littéraire, dont quelques\nfont un barbouillage échevelé et fort amu­ tirés-à-part, rentre plutôt dans le domaine\nsant. Jusqu'à la philosophie est bien de la fantaisie. C'est une historiette très\nattrapée dans telle phrase : «l'Infinité de douce, racontée simplement à un public\nDieu limitée au fini ». A signaler aussi un qui n'aime pas à être remué violemment.\ndélirant chapitre Regarde, mon cœur... où Les personnages sont encore à la mode des\nune vingtaine de phrases commencent par romans de Feuillet : on ne s'apercevrait\nce mot « Nuages », répété autant de fois. jamais qu'ils vivent à l'époque de la Tour\nC'est irrésistible.                              Eiffel et des représentations du Théâtre\n                                                 Libre. Mais l'auteur n'a voulu qu'écrire\n   L'Almanach de l'université de Gand pour le Magasin un petit conte sentimental\nnous revient toujours fidèle, apportant la sans se soucier du caractère de modernité.\nmoisson littéraire de l'année. Citons les                                ***\nNotes d'art de Camille Lemonmer, Revanche          Au moment où, parmi les artistes surtout,\nde George Garnir, Heures de flâneries, de        se marque un retour à l'étude des religions\nKrains, Edmond Picard, Stiernet, Henne­          anciennes qui semblent avoir transmis, sous\nbicq, Roussel, etc., et dans la partie acadé­    la garde des symboles, les secrets que la\n"}, {"page_pdf": 255, "texte": "                                          — 228 —\n\n science moderne essaie de pénétrer, le pré­       les tableaux de Böcklin, qui se trouvent à\n sent livre du comte Goblet d'Alviella doit        Munich dans la galerie du comte de Schack\n éveiller la plus vive curiosité. Dans la Mi-      et une magistrale eau-forte, die Burg an\n gration des Symboles parue chez Leroux à          Meer, de Max Klinger, gravée d'après\n Paris, étudiée selon l'actuelle méthode des       Böcklin.\n sciences, l'analyse, l'auteur s'attache spécia­      Un de nos jeunes artistes, dont nous\n lement à quelques figures telles que la           avons déjà parlé, Daniel De Haene, vient\n croix gammée, l'arbre paradisiaque, le globe      lui aussi de faire paraître un portrait d'un\n ailé de l'Egypte, le caducée des Phéniciens       Barbey d'Aurevilly mystérieux et hautain,\n et le triçûla bouddhique. Il se garde d'une       d'après un dessin de Constantin Meunier.\n généralisation hâtive, d'une synthèse problé­\n matique. La fin pourtant de ces recherches\n serait d'élucider si les symboles dérivent\n                                                      A lire ce mois la Société nouvelle, articles\n d'une même source commune, s'ils ne\n                                                   de Giraud, Severin, Van Drunen, les Jeunes\n seraient pas, comme on le prétend, les gar­\n                                                   toujours alertes, les Entretiens aux mains\n diens d'une révélation primitive. Mais\n                                                   de notre collaborateur Bernard Lazare,\n M. Goblet d'Alviella ne se départ jamais de\n                                                   notes inédites de Laforgue sur Baudelaire,\n la réserve qu'il s'est promis d'observer, il\n ne s'aventure que rarement et très prudem­        le Magasin littéraire de Gand avec Léon\n ment sur le chemin des hypothèses. Il a           Bloy, Maeterlinck (fragments de Ruys­\n fait ainsi un travail consciencieux d'érudit,     broeck l'admirable), l'Ermitage, ces noms :\n il a apporté sa part de matériaux à une           de Régnier, Charles Morice, Bernard La­\n science future.                                   zare, Quillard, l'Etoile, etc.\n\n\n   BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. — Les      cahiers       Dans l'Impartial de Gand un article de\n d'André Walter. Librairie de l'Art indé­          tête très fier de Firmin Vanden Bosch sur\n pendant.                                          Les Dernières fêtes, La flûte à Siebel et les\n   Poèmes et ballades, de Swinburne, tra­          Fusillés de Malines.\n duction de Mourey.\n   Bonheur, de Verlaine. Vanier.\n   Flaubert. Correspondance, 3e vol. Char­            Le triste exilé Georges Rodenbach publie\n pentier.                                          le Règne du Silence.\n   Seul, Haraucourt, poème.                           Chut'.\n   Sonyeuse, de Jean Lorrain.\n   Rome (inédit), Michelet.\n   Là-Bas, Huysmans.\n   L'Androgyne, Péladan.                              Dans l'Athœneum de Londres, ce sonnet\n   Le Canard sauvage, Henrik Ibsen.                que publie en langue française A.-Ch. Swin­\n   Diptique, Francis Vielé-Griffin (hors com­      burne sur la mort de Théodore de Ban­\n merce).                                           ville :\n                                                               THÉODORE DE BANVILLE\n    Pages, Stéphane Mallarmé. Deman, édi­\n                                                    La plus douce des voix qui vibraient sous le ciel\n teur.                                              Se tait : les rossignols ailés pleurent le frère\n                                                    Qui s'envole au-dessus de l'âpre et sombre terre,\n                                                    Ne lui laissant plus voir que l'être essentiel.\n                                                    Esprit qui chante et rit, fleur d'une âme sans fiel.\n   Chez Dietrich, Montagne de la Cour,              L'ombre élyséenne, où la nuit n'est que lumière,\nexposition des eaux-fortes originales de            Revoit, tout revêtu de splendeur douce et fière,\n                                                    Mélicerte, poète à la bouche de miel.\nJames Ensor qui vient aussi de faire tirer          Dieux exilés, passants célestes de ce monde.\n                                                    Dont on entend parfois dans notre nuit profonde\nà 10 exemplaires, au prix de 20 francs, une         Vibrer la voix, frémir les ailes, vous savez\ntrès belle lithographie, Hop-Trog, d'après          S'il vous aima, s'il vous pleura, lui dont la vie\n                                                    Et le chant rappelaient les vôtres. Recevez\nun conte de Poe. On peut aussi y admirer            L'âme de Mélicerte affranchie et ravie.\nun album de 15 lithogravures, représentant                                        A.-C.   SWINBURNE.\n"}, {"page_pdf": 256, "texte": "               Paul LACOMBLEZ\n     É D I T E U R D E « LA J E U N E B E L G I Q U E »\n                        31, rue des     Paroissiens\n                              BRUXELLES.\n\n\n                  VIENT DE PARAITRE :\n\n  L'ORNEMENT DES NOCES SPIRITUELLES\n                                   DE\n\n                  RUYSBROECK          L'ADMIRABLE\n  Traduit du flamand et accompagné d'une introduction par MAURICE\nMAETERLINCK. Un beau volume format Charpentier, de C-300 pages. —\nPrix : 4 francs.\n      Il a été tiré : 25 exempl. sur papier de Hollande à 10 francs\n                   et 5 exempl. sur papier de Japon à 25 francs.\n\n\n                         AUGUSTE JENART\n\n     LE                B A R B A R E\n                             poème-drame.\n          Un volume format Charpentier. — Prix : 2 francs.\n\n\n\n                       PRIMES\n  offertes aux abonnés de « L a Jeune Belgique »\n       par la librairie P. Lacomblez, Bruxelles\n\n\n\n                PREMIÈRE PRIME\n  Nous nous sommes rendus acquéreurs des POÈMES COM­\nPLETS D'EDGAR P O E , traduits par Gabriel Mourey.\n  Jusqu'à fin avril, sauf épuisement complet avant cette épo­\nque, nous fournirons ce volume aux abonnés de « La Jeune\nBelgique », au comptant au prix de fr. 1-50 (par poste fr. 1-75)\nau lieu de fr. 3-50.\n"}, {"page_pdf": 257, "texte": "                     DEUXIEME                           PRIME\n                                     MICHELET\n Histoire de France                                                          19 volumes\n Histoire de la Révolution                                   9                  volumes\n                      de la collection Lemerre à 6 francs.\n\n\n                  A u l i e u de 168 francs,\nnous offrons cet ouvrage aux abonnés de « La Jeune Belgi­\n        que » aux conditions suivantes, à leur choix :\n1° Soit au comptant immédiat                        90 francs.\n 0\n2 Soit un tiers comptant, et le surplus en bil­\n    lets à 3o et 60 jours                          100 »\n3° Soit en 11 paiements mensuels, dont un au\n    comptant                                      110 »\n\n\n   Nous engageons vivement MM. les abon­\nnés à profiter de ces primes. Nous ne dispo­\nsons dans ces conditions que d'un nombre\nassez restreint d'exemplaires, et nous ne pre­\nnons aucune espèce d'engagement pour un\ndélai quelconque.\n\n                         A LA MEME LIBRAIRIE :\n  Les ouvrages des collaborateurs français de la Jeune Belgique, Léon Bloy, Henri de\nRégnier, J.- K. Huijsmans, Stéphane Mallarmé, Francis Vielé-Griffin, Paul Verlaine, etc.\n  L'éditeur P a u l Lacomblez prie les j e u n e s écrivains belges, désireux de voir\nleur n o m figurer dans son catalogue, de se mettre en rapport avec lui et de lui\ndonner en dépôt quelques exemplaires de leurs ouvrages.\n\n\n   La librairie P. Lacomblez ouvrira un compte à toute personne notoirement solvable,\npour la fourniture des ouvrages portés au catalogue ci-dessus et, en général, de toute la\nlibrairie littéraire.\n   Ces comptes pourront être soldés en dix paiements mensuels, dont le premier s'effec­\ntuera à la livraison des volumes.\n   11 sera répondu à toute demande de renseignements bibliographiques accompagnée\nd'un timbre pour la réponse.\n\n\n                   Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom,32, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1891-05-01", "preuve": "Mai 1891, numéro 5, couverture PDF 222 ; aucun jour imprimé."}}