{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Juin 1891 TOME X", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 258, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 190, "texte": "Juin 1891                             TOME X. — N° 6                                         11me Année.\n\n\n\n\nLA\n    JEUNE\n                    BELGIOUE\n                                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 258, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 1649, "texte": "SOMMAIRE:\n            U n e lettre de M. le baron de Haulleville .     VALÈRE GILLE.\n            La Mendiante                                     ANDRÉ FONTAINAS.\n            Le Massacre des innocents. Conte enfan-\n              tin                                            EUGÈNE    DEMOLDER.\n            Vers                                             GUSTAVE     KAHN.\n            Sonnets                                          HENRI DE RÉGNIER\n            Chronique littéraire :\n             Là-Bas                                          ARNOLD GOFFIN.\n             Le Jardin de Bérénice                           HENRY MAUBEL.\n             La jeune école portugaise       .   .   .   .   JEAN ITIBÉRÉ DA CUNHA.\n            Memento                                          NEMO.\n\n\n\n\n             REDACTION                                                    BRUXELLES\n 58, BOULEVARD D'ANDERLECHT, BRUXELLES.                            PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                       3 I , rue des Paroissiens\n                                                                                PARIS\n       PRIX DU NUMÉRO                                             LIBRAIRIE DE VArt Indépendant\n                                                                       II, rue de la Chaussée d'Antin\n            fr. 0-75.\n                                                                                  7891\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "Comme dirait E Dujardin", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "GIL BLAS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 259, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 787, "fin_caractere_exclue": 1704, "texte": "BOITE AUX L E T T R E S .\n  FRANZ RUTY 6 fois nommé.\n                                 Quand les vents en furie\n                                 Se tordent (1) anxieux\n                                 Darts la moire des deux\n                                 Sous les vents   enjurie...\n (1) Nous aussi, et vous?\n  HECTOR MORAUD. Pas mal votre pièce En vain. Mais « c'est en vain qu'au Parnasse... »\nLa fin pas assez soignée. Avez aussi trop lu le Don d'enfance. Cherchez et vous trou­\nverez, frappez et on vous ouvrira.\n  JEAN PATRAT. Quel âge avez-vous? Si vous avez quatre-vingts ans, nous vous excu­\nsons.\n  A. V. SAINT-HUBERT.\n                                       Recevons\n                                       Votre lettre,\n                                       Nous allons\n                                       La soumettre\n                                       Aux amis.\n  Comme dirait E. Dujardin.\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 229, "page_fin": 233, "titre_corps": "Une lettre de M. le baron de Haulleville", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "UNE LETTRE", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA MENDIANTE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 260, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "UNE LETTRE\n        DE M. LE BARON DE HAULLEVILLE\n\n\n\n                                  Au lendemain des représentations de Rossi,\n                               où l'art théâtral avait triomphé à Bruxelles\n                                 pendant quelques jours, M. le baron de\n                                 Haulleville adressait à l'Art moderne une\n                                lettre dictée par la haute et pure impression\n                               qu'il avait ressentie devant l'évocation schake­\n                                   spearienne du tragédien italien.\n                                      Il comparaît ces éternels chefs-d'œuvre\n                                   humains au répertoire courant de nos\n                 théâtres que l'on peut juger sans même assister au débal­\n                 lage de l'article d'un soir ; il suffît de pénétrer dans ces\n                 salons d'affichage où l'on ne vient qu'afin de se faire valoir,\n                 pour se rendre compte de la prodigieuse platitude de nos\n                 scènes modernes.\n                    Tout y sent un beuglant de grande dimension. Des\n               plafonds décorés comme les plafonds d'opulents cafés de\n               rastaquouères, des ors faux et prétentieux où se liquéfient\n               des ciels d'indigo traversés d'une palme verte, des décorations\n               de pain d'épices où se prélassent quelques nymphes insolem­\nment roses dans des robes vert-céladon ou jus-de-groseille, un luxe de\ntenancier qui veut circonvenir quelque marchand de bœuf salé million­\nnaire, des pourpres de divan défoncé, des orles d'or, des entrelacs d'or,\n                                                                      15\n"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2872, "texte": "                                 — 230 —\n\n\ndes lacis d'or, des treillis d'or, de l'or faux, à bon marché, du toc, orgueil\ndes abonnés insipides qui se mettent à bien dans de larges fauteuils capi­\nteux, des aristocraties déliquescentes qui se complimentent dans des loges\norgueilleuses, sous l'insolente lumière des lustres en zinc doré aux pende­\nloques de verroteries dignes des derniers Papous. Et c'est là que se suffisent\nquelques jeunes vieux délassés, lorgnant les jolies femmes, des rentiers\nexcitables, des retraités endormis, des familles louches affichant des bijoux\nde camelot sertis de diamants faux. Qu'importe à ce public implacablement\net fièrement niais, le Beau! il est trop égoïste pour le comprendre. Ce qu'il\nlui faut, c'est s'amuser, s'amuser toujours.\n   Les fines fleurs de gardenia sourient avec complaisance à quelqu'actrice\noutrageusement décolletée et fardée, leurs compagnes palpitent mystérieu­\nsement à la vue d'un insolent cabot ou d'un brillant caballero. Allez-donc\nleur parler d'Eschyle, de Shakespeare, d'Ibsen ; ils vous demanderont si\nc'est amusant, s'il y a quelques sous-entendus farceurs, quelques situations\ncorsées ou quelque ballet mouvementé.\n   Pour eux le monde n'existe que par la jouissance ; ils se soucient bien\nd'Œdipe, d'Hamlet, de Faust, de Parsifal ; ceux qui souffrent sont des imbé­\nciles, il faut les fuir parce qu'ils sont des trouble-fête. Jamais une idée n'a\ngermé dans leurs cerveaux atrophiés ; ils demandent du vaudeville pimenté,\nde la grosse farce, du ballet émoustillant, de la musique titillante.\n   C'est là leur théâtre ; après eux la fin du monde.\n   Le peuple aussi, on l'éduque avec toujours le même drame, le même\ntraître, le même Lagardère. Mais lui, peut-être, n'est pas encore si ennuyé\nqu'il ne puisse s'intéresser à un théâtre vrai, à un théâtre beau.\n   Ne pourrons-nous donc renvoyer à leurs jeux de cirque ceux qui veulent\nse gorger de plaisirs suprêmes avant de mourir, ou, du moins, trouver\nune élite qui préparera la moisson d'art future?\n   La lettre du baron de Haulleville nous est un espoir; en voici les prin­\ncipaux passages :\n\n   Nous « jouissons » d'un répertoire déplorable; nos théâtres sont des\nateliers de corruption pour le goût public; la majorité des acteurs qui\njouent devant lui sont des déclassés ; l'art est bafoué presque tous les soirs ;\nles moins pudibonds d'entre nous n'osent pas conduire au hasard leurs\nfamilles aux représentations que l'on nous offre; pour une pièce parisienne,\noù il y a au moins de l'esprit, combien d'ceuvres infectes ne sommes-nous\npas obligés d'entendre débiter? Cette corruption du goût descend ensuite\ndes hautes classes dans les couches inférieures de la société contemporaine,\nempeste les idées de notre peuple, infecte ses aptitudes natives pour l'art et\nfinit par obstruer les canaux de la réceptivité intellectuelle. C'est la mort\n"}, {"page_pdf": 262, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3294, "texte": "                                  —   231   —\n\nmorale. Il est douloureux de voir mourir un homme dans l'abjection\nmorale. Il est poignant d'assister à l'œuvre lente de l'empoisonnement\nsystématique du goût de toute une nation. Cette oblitération de l'art est\natroce; c'est quelque chose d'analogue à la négation de Dieu, car enfin, le\nBien absolu, la Vérité éternelle et le Beau en soi ne forment-ils pas une\nTrinité divine?\n   Notez que je n'ai pas en ce moment la prétention de m'ériger en censeur\ndes mœurs. Sans dédaigner ce souci, je ne cherche ici qu'à ameuter ceux\nqui me feront l'honneur de me lire contre les entreprises anti-esthétiques\ndont nous sommes les victimes payantes. L'art, le grand art est moralisa­\nteur. Il est sacré. Les poètes sont des « prophètes ». Tous les grands\nécrivains dramatiques ont été moralisateurs, depuis Sophocle jusqu'à\nWagner, moralisateurs en principe : quand bien même leur morale positive\nlaissait parfois à désirer par quelque côté, l'effet concluant de leur art a été\ntoujours élevé et l'action de leur ouvrage a donc été moralisatrice. L'éthique\net l'esthétique sont des sciences sœurs. En haut les cœurs! Tel est le cri\ndes spectateurs devant les œuvres des 'hommes de génie. On sort « meil­\nleur » d'une salle de spectacle où l'on a assisté à la représentation d'une\nvraie œuvre d'art, quand même celle-ci ne serait pas absolument conforme\nen tous points aux préceptes de la morale positive et universelle. Pourquoi?\nParce que le vrai artiste, même celui qui se complait dans la peinture du\nmal, ne saurait, sans mentir à sa vocation et sans prostituer son génie,\nvouloir glorifier le mal en soi. Cette œuvre satanique est encore à faire.\nOn l'a essayé parfois, mais les siècles n'ont pas ratifié son succès passager.\nEschyle, le Dante, Racine (dans Phèdre, par exemple), Milton (dans le\nParadis perdu) et d'autres ont fait du mal en soi des peintures éblouis­\nsantes, mais ces bienfaiteurs de l'humanité ne l'ont pas glorifié.\n   Dans nos petits théâtres et même sur certaines « grandes » scènes, on\nnous représente fréquemment des œuvres sans aucune esthétique; c'est là,\net là seulement que nous subissons la honte d'entendre applaudir ces glo­\nrifications insensées. Si le public était mieux élevé, si son goût était épuré\npar « l'expérience des belles choses », si son esprit était habituellement\nattiré vers ces hautes et sereines régions d'où rayonne le beau dans toutes\nles directions, il ne supporterait pas ces grossièretés.\n   Vous avez, mon cher confrère, il y a quelques années, quand les\nMeininger étaient parmi nous, publié sur ce sujet d'excellentes réflexions,\nque je ne fais que répéter sous une autre forme, à l'occasion des représen­\ntations de Rossi. Voyez, chaque soir, l'intéressant public qui y assiste : la\nmajeure portion des spectateurs ne connaît pas l'italien, et cependant ils\nécoutent, et ils comprennent, oui ils comprennent. On peut écouter des\nyeux. Il y en a qui entendent de l'âme. C'est une élite, me direz-vous. Soit,\nmais j'y aperçois de simples ouvriers et beaucoup de femmes. Un bon\nsigne.\n   Laisserons-nous s'envoler ces symptômes heureux, après le départ de\nRossi, comme nous l'avons fait, quand les Meininger nous ont quittés!\nCes réconfortants spectacles sont-ils destinés à passer chez nous comme\n"}, {"page_pdf": 263, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3164, "texte": "                                 —   232   —\n\n\ndes météores? Ne ferons-nous donc pas enfin un effort pour les rendre\npermanents? Sommes-nous incapables de réaliser ce qu'ont accompli de\nsimples particuliers comme M. Irving? Le petit duc de Saxe-Meiningen\nest-il plus puissant que nous?\n    Nous avons fait du théâtre de la Monnaie une des premières scènes\nlyriques du monde. Pourquoi n'essayerions-nous pas se'rieusement de créer\nenfin un théâtre, où notre peuple d'artistes trouverait enfin un temple\ndigne de lui?\n    Un de nos directeurs de théâtre les plus sérieux, M. C , me disait un\njour qu'avec une subvention annuelle de cinquante mille francs il se faisait\nfort d'ériger une scène comparable à celle des Meininger ou à celle de\nM. Irving; et pour démontrer que cette idée n'avait pas chez lui une\norigine sordide, il ajoutait qu'il se contenterait de devenir le régisseur de\nla maison.\n    Mais où prendre les 50,000 francs? Il ne faut pas les attendre, je le\ncrains, des pouvoirs publics. Mais, à défaut de ceux-ci, pensez-vous qu'il\nserait si difficile de former, dans le but indiqué, une société au capital de\n500,000 francs (50 actions de 10,000 francs, ou 500 de 1,000 francs, ou\n 1,000 de 500 francs, ou 2,000 de 250 francs, payables par 1,000, 100, 50\nou 25 francs par an, pendant dix ans?) En vérité, n'y aurait-il pas à\nBruxelles et en Belgique cent hommes de cœur, ayant quelque fortune,\ndésireux de s'honorer en donnant chaque année, pendant dix ans, une\nmisérable somme de 500 francs? C'est le prix d'un dîner qu'on offre par\nchic à ses connaissances pendant la saison. Je demande ces cent hommes.\nJe demande que cent hommes se fassent pardonner leur fortune par tous\nceux qui ont faim et soif d'art.\n    Pour prix de leur concours, je ne leur promets rien que la direction de\nl'entreprise et l'entrée au théâtre pour eux et leurs familles. Mais j'ai\nl'intime conviction qu'outre l'immense satisfaction morale que leur pro­\ncurera leur action, ils récolteront aussi des dividendes, au bout de quelques\nannées d'efforts. Les premières années seulement seraient difficiles à tra­\nverser, car, au commencement, il serait nécessaire de dépenser beaucoup\npour la décoration de la scène et pour la formation de la troupe. Celle-ci\nne comprendrait que des sujets de premier ordre, et le cabotinage en\nserait exclu rigoureusement.\n    La principale cause des premiers déficits serait l'indifférence du public.\n Il faudra d'abord le former. C'est l'œuvre la plus difficile. Mais elle n'est\npas irréalisable. Pour en rester convaincu, rappelez-vous ce qu'était\nnaguère le public musical de Bruxelles. Il n'existait pas, pour ainsi dire.\nGrâce aux concerts du Conservatoire et à quelques associations libres,\ntelle que l'excellente société des Concerts populaires de musique classique,\nil s'est formé lentement, mais sûrement, parmi nous un public nombreux\nde dilettantes et d'auditeurs, appartenant à toutes les classes de la société.\nBruxelles est devenu ainsi en peu d'années un des centres les plus puis­\nsants de goût musical, et cette puissance esthétique rayonne de la capitale\nvers les provinces, Anvers, Gand, Liége, Mons, Namur, et aussi vers\n"}, {"page_pdf": 264, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1761, "texte": "                                 — 233 —\n\nl'Étranger, au delà de nos frontières. Aujourd'hui, notre civilisation vaut\nquelque chose par la musique et quand notre clergé comprendra mieux\nl'action que pourrait exercer l'École supérieure de musique religieuse\nétablie à Malines, notre peuple entrera dans une voie splendide de réno­\nvation par l'art musical.\n   Soyez persuadé que les faits que je viens de résumer et que vous con­\nnaissez mieux que moi, se renouvelleraient pour l'art dramatique, et\nd'autant plus vite qu'on procéderait avec plus de décision. Ainsi, par\nexemple, dans ce théâtre que je rêve de voir établir, je voudrais qu'on\nréservât tout un rang pour les petits et les humbles, à des prix infimes.\nC'est en effet une erreur de croire que pour comprendre l'art dramatique\nil faille être lettré. Je vous ai fait plus haut mon mea culpa : moi, un\nlettré, je n'avais pas compris l'Œdipe-roi à la lecture. C'est M. Mounet­\nSully qui m'a instruit sur la scène. Et cependant je ne suis pas plus bête\nqu'un autre...\n   Je suis peut-être plus long. Ne m'en tenez pas rancune, car j'ai voulu\napporter mon grain de sable a l'édifice auquel vous travaillez avec tant de\nvaillance. Il y a dans les choses de l'art une action charitable à exercer.\nUsez-en un peu en faveur de votre humble et dévoué serviteur.\n\n   M. de Haulleville ne s'est pas contenté de théorie, il envisage la pratique\net conclut à la réalisation de ses projets. Pourra-t-on trouver ces cent\nhommes de cœur qui se feront pardonner leur fortune par tous ceux qui ont\nfaim et soif d'art? Ce serait une des gloires de la Belgique d'avoir en terre\nlibre un temple où serait célébré la Beauté.\n                                                       VALÈRE G I L L E .\n\n\n\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 233, "page_fin": 234, "titre_corps": "La Mendiante", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "André Fontainas", "ancre_debut": "LA MENDIANTE", "ancre_fin": "ANDRÉ FONTAINAS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LE MASSACRE DES INNOCENTS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 264, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1761, "fin_caractere_exclue": 2339, "texte": "LA MENDIANTE\n                               When King Cophetua loved the    beggar-maid.\n                                                          SHAKESPEARE.\n\n\n    De quoi dans l'effroi seul de ses cheveux épars\n    Rêve-telle, la blême Enfant aux mains fleuries\n    De pâles guirlandes ? Songe-telle aux prairies\n    D'autrefois, avec leurs mares de nénuphars\n\n    Dont ses doigts fleurissaient les chemins de hazards\n    Où l'accueillait l'aumône ? — et dans ses rêveries\n    Ses yeux brûlent de l'éclat vif des pierreries\n    Qui sertissent ses robes d'or et ses brocarts.\n"}, {"page_pdf": 265, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 430, "texte": "                                 — 234    —\n\n\n    Mais Elle ne voit rien autour d'Elle. La chambre\n    Se fond en des vapeurs d'aromates et d'ambre ;\n    La fenêtre s'ouvre aux effluves chauds du soir ;\n\n    Les lourds désirs changeants comme des feux d'opale\n    En sanglots meurent sous la brume vespérale\n    Où l'Enfant ingénue est nue à son miroir.\n                                                  A N D R É FONTAINAS.\n\n\n\n\n "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 234, "page_fin": 242, "titre_corps": "Le Massacre des innocents. 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Sous le capuchon qui les couvre on ne voit\n               plus les toits aux cinabres naguère fouettés par les nuées\nd'hiver, et les moulins à vent des remparts décrivent de grandes croix inno­\ncentes et brillantes au dessus des escarpes couverts d'hermine.\n   Tout s'allume au soleil et partout des paillettes scintillent sur la pâle et\ndouce harmonie que les célestes violons ont laissé tomber, comme un\ncantique d'ange, de leurs archets câlins. Voyez les statues de la cathédrale\nen radieux manteaux ! Les gris féodaux des pierres du castel sont plus\nonctueux dans ce cadre de candeur, les bois luxueux des pignons et les\ncariatides en chêne des hôtels nobles s'enrichissent encore, la couronne\nde Sainte-Gertrude est une vraie fleur de neige au ciel bleu.\n   Les flocons ont cessé leur chute tout à coup, et il a fait un matin superbe.\nLes grandes tours sont chastes comme des glaciers — la bise éteinte laisse\nau loin rêver les champs blanchis sous les flûtes d'or des rayons. L'espace\na la pureté de cristaux de Bohême : il est lucide et fier ainsi qu'un appel de\nglorieuses trompettes d'argent au dessus des pignons qui se baignent à sa\nmusique aiguë.\n   Qu'Yperdamme se réveille joyeuse à cet hosanna de jeunesse ! Elle\ns'illusionne à ce songe descendu vers elle sur de grands escaliers de silence.\nLes tourelles et les clochetons ont des gaîtés familiales de sapins de Noël,\net le long des architectures se dressent de longues fleurs frileuses, où\n"}, {"page_pdf": 266, "page_imprimee": 235, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2611, "texte": "                                 — 235 —\n\ns'accrochent aux ogives, aux corniches, aux cintres, comme des vignes\npétries des lys givrés des deux et où pendent les grappes du gel.\n   Les volets s'ouvrent, et la cité se mire dans sa parure neuve. A-t-on tué\ndes cygnes au paradis? Les anges ont-ils laissé tomber les plumes de leurs\nailes?\n   Doucement, comme si c'était la neige qui se fût mise à chanter, les\nclochers d'Yperdamme ont attaché à leur grand col de pierre le grelot des\nangelus; des appels convoquant aux matines ont comblé l'air de vibrantes\npièces d'argent que les battants frappent au coin de l'airain et jettent aux\ndévots.\n   Bing! Bang! Bing! Bang! Les orphelines sont allées à la première\nmesse, en troupeau vierge, vêtues de robes violettes.\n   Entendez-vous ? Les orgues encore dormeuses bégaient leurs premières\nfugues. Ah! comme tout va resplendir quand le soleil encore plus pâle\nqu'une hostie, brillera, lumineux ostensoir de la grand'messe blanche\nchantée par toute la province. Il fait angélique; on ne voit pas de corbeaux\nsur l'azur ; les maisons pensives et candides ont l'air d'avoir reçu une\nabsolution. On n'entend que les cloches, les cloches, les cloches, bing!\nbang ! bing ! bang! bing ! bang! Elles filent au rouet des clochers les musi­\nques de leurs carillons, mais, entre chaque tour de leur vibrant fuseau,\nécoutez quel mystère!        Les campanes, qui à Pâques jettent aux enfants\ndes œufs de Rome, ont des sanglots, aujourd'hui. Les sonneurs tirent-ils\naux cordes comme s'ils pendaient un larron?... On dirait qu'elles veulent\nsonner à mort ! Voyez le glas sur la neige! Et ce n'est pas le jour des tré­\npassés. Il est inutile de pleurer dans le ciel! Elles sanglottent, et c'est un\ncarillon de larmes qui pleut en taches de deuil!... Ah ! taisez-vous! Changez\nde ton et que vos gorges sonnantes ravalent ces pleurs ! Ah ! taisez vos mys­\ntérieuses douleurs, et dans la fraîcheur du matin donnez l'envol, autour\ndes campaniles d'aurore, à vos voix les plus argentines. Laissez flotter une\nidylle pascale au dessus des toits qui se réveillent :\n   C'est le matin de Saint-Nicolas qui se lève!\n   Fête ! Fête ! Fête !\n   Le grand saint est venu visiter les âtres !\n   Voilà l'alleluia des marionnettes descendues par les cheminées et luisantes\ncomme des pommes de joie !\n   Les poupées assises près des bruns pains d'épices et des couques au\nbeurres opulents, vont se lever, dirait-on, sur leurs pieds de bois et faire,\nau milieu du mobilier riant des friandises, des révérences aux marmots qui\nregardent avec des yeux dilatés, pareils à des pervenches épanouies à une\n"}, {"page_pdf": 267, "page_imprimee": 236, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2920, "texte": "                                   — 236 —\n\nflambée de soleil. Des sabots d'or sont pleins de dragées ; les grillons des\nbonheurs enfantins chantent dans les âtres.\n   Toute la matinée, la joie n'a cessé d'éparpiller sur le tapis de neige les\nfleurs vives de ses rires, de ses jouets, de ses frimousses roses et de ses atours\nendimanchés. Le long des murs, enchantés ce jour comme les parois\nenluminées de boîtes à joujoux, c'étaient des processions d'enfants aux\nboucles soyeuses, chargés de bibelots, et qui étaient aussi ingénus que le\nciel souriant à leur fête et arborant d'immenses bannières d'azur et de\nclarté. On eût pensé que les arbustes d'un ancien printemps avaient repris\nune vie magique pour venir donner à l'hiver une vivante et fraternelle\nparure. Tout s'était rajeuni : la très vieille cathédrale avait caché sous le\nfard des nuées froides les rides noircies de ses ogives ; elle faisait flotter, le\nlong de ses cintres édentés, des guirlandes de bannières aux couleurs blan­\nches et jaunes — et les terribles gargouilles se montraient avenantes sous le\ngivre. Quand on passait dans les rues, les portes ouvertes, avec le tic-tac\nclair de grandes horloges dans la sonorité de corridors pavés de dalles,\nlaissaient s'échapper les odeurs de cuisine festivale, et l'on entendait\ndes cris de plaisir, des crin-crin de crécelles, des sonneries de trompettes\nenfantines, et de pauvres marmots chantaient aux seuils des hôtels riches,\nfaisant ronfler des rommel-pot, et recevant de blanches pièces en leurs\nfeutres tendus. Les étals des marchands resplendissaient de bombance : des\noies dodues attendant la broche, des poulets aux crêtes sanguines, de\nfastueux faisans avec, encore, l'incendie aux yeux d'or de leur plumage qui\néclaboussait de son faste royal les lourds perdreaux et les bécassines\nmélancoliques, mettaient aux fenêtres et aux portes des boutiques de\ngiboyeux holocaustes. Et, chez d'autres, des fruits précieux, venus d'Orient,\nfaisaient resplendir la succulente trésorerie de leurs pulpes de vermeil ou\nd'écarlate.\n   Dans la matinée, après les offices où les enfants de choeur entonnèrent, de\nleurs voix plus fraîches que des souffles embaumés d'aubépine, les louanges\nde Saint-Nicolas, les gens d'Yperdamme, leurs dévotions accomplies, allè­\nrent, le long du canal, voir les patineurs. La glace se cuivrait aux éclats du\nsoleil montant ; au loin, les villages voisins s'éparpillaient sous la neige, et\ndes gens costumés pour la fête décrivaient de grandes courbes, une jambe\nlevée, historiant le miroir d'hiver, allongé le long d'ormes tout blancs, de\nleurs attitudes élégantes ou comiques et de leurs gestes bariolés. Et puis,\ncomme le beffroi rappelait la fuite de l'heure en ce ciel rapide de joie, et que\nle grand air du gel avait creusé dans les estomacs une fosse peu lugubre aux\ndélicats morceaux des festins qui se préparaient, les habitants de la ville\nrentrèrent en leurs huis.\n"}, {"page_pdf": 268, "page_imprimee": 237, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "                                 — 237 —\n\n   Les rues s'apaisèrent, et les cheminées fumèrent au dessus des toits\nsilencieux.\n\n\n   En ce moment des sonneries de trompettes éclatèrent soudain aux quatre\ncoins de la cité.\n   Dans la plupart des maisons venait de commencer le repas du midi.\nOn avait récité le Benedicite, et les enfants, par les cheminées où flambaient\ndes bûches claires, avaient chanté des grâces à leur saint patronnai. Les\npremiers plats posaient sur les tables, et à presque toutes les nappes, de\ngrands saint Nicolas en sucre et en massepain ajoutaient leur friande\nsucrerie. Chez les plus pauvres, des pappes au riz doraient les assiettes\nd'étain et des boudins blancs criaient sur le gril.\n   Les portes s'ouvrirent, des figures parurent aux fenêtres. Ce n'était pas\nle jour de la cavalcade! Pourquoi ces sons de trompettes? Et certains se\nrappelèrent avec effroi l'étrange mélancolie des cloches, au matin.\n   Une nouvelle se répandit à travers la ville : les portes sont gardées par\ndes gens d'arme ! Et il passa au dessus du beffroi une nuée de corbeaux\npoussant des cris noirs et qui s'éloignèrent à gauche, du côté de Veurne.\n   Des figures effrayantes de guerriers débouchèrent sur la grand'place.\n   D'abord, des trompettes à figure d'ivrognes, la moustache rousse et le\nnez rougi, avec l'air hilare de leurs feutres à plumes flétries rejetés sur la\nnuque ou campés sur l'oreille.\n   Suivait un vieillard, chevauchant une monture couleur de lait, et revêtu\nd'une longue robe noire. Il portait sur la poitrine une barbe, y cachant mal\nl'agneau de la Toison d'or pendu à son col par une chaîne précieuse : un\nmauvais sourire scellait ses lèvres de justicier. A ses côtés un élégant sei­\ngneur en pourpoint de soie, joli comme un cœur, et entouré de plumes et\nde rubans ainsi qu'un jeune rosier paré de roses, faisait caracoler son cheval\npie.\n   S'avançait derrière eux un groupe de cavaliers en casaques d'un riche\nvermillon, des épées à larges poignées au côté, des poudrières et des gourdes\nà l'épaule.\n   Mais le gros de la cavalerie se formait de guerriers en puissantes armures,\nbardés d'acier luisant au soleil, la lance au poing; chaque escadron laissait\nflotter un drapeau où l'on voyait un aigle impérial.\n   Et tout un peuple de bourreaux et d'horribles valets avait en même\ntemps envahi Yperdamme. Ils étaient munis de sabres, de haches, de halle­\nbardes, et avaient des allures d'hyènes en temps de famine. Ils étaient\n"}, {"page_pdf": 269, "page_imprimee": 238, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2717, "texte": "                                  — 238 —\n\nplus sinistres que les rôdeurs des soirs de bataille : il y avait du sang sur\nleurs vêtements et sur leurs mains. Quand ils entrèrent dans les rues de\nla cité, on raconte que la Vierge Noire, patronne miraculeuse des pêcheurs,\npleura dans la cathédrale. Ils allaient par la neige comme des loups\ngarous dans les ténèbres; certains, qui étaient ivres et cognaient les\nmurailles, semblaient des diables déguisés en happe-chair et sortant d'un\nbrutal sabbat.\n    Tandis que les escadrons passaient sur la grand'place et allaient s'arrêter\ndans les différents quartiers de la ville, le vieux justicier, entouré de son\nescorte, proclama que le Roy Hérode avait reçu à Jérusalem des sages\nd'Orient. Ils étaient venus pour adorer le roi des Juifs, dont ils avaient vu\nl'étoile en leurs pays lointains, et ils s'informaient du lieu de sa naissance.\nLe Roy Hérode, troublé, avait assemblé tous les principaux sacrificateurs\net les scribes du peuple afin de savoir où le Christ devait naître. Quand\nil sut que c'était en ses états, il prit un rescrit ordonnant que, dans tout son\nroyaume, les enfants depuis l'âge de deux ans et au dessous seraient occis.\n                                       *\n\n   Mais déjà le massacre a commencé à Yperdamme. Les vautours rouges\nplongent, dans les nids aux fêtes chantantes, les serres d'acier de leurs\nglaives et de leurs piques. Partout coule bientôt du sang de chérubin. Les\nsabres hachent des chairs poupines; on dirait qu'ils écrasent des roses\net des lys. Les cris des mères et les vagissements des petits sont étouffés\npar d'implacables appels de trompettes. Et comme les brebis, par des\ntemps d'orage, vont se jeter sous les branches des chênes, affolées par les\néperviers de feu qui traversent les nues crispées, des femmes courent vers\nla cathédrale, dont les pierres noires se chagrinent maintenant des baisers\nbleus et blancs de la neige et du ciel.\n   Les chiens hurlent ainsi qu'aux jours de lune venimeuse. O ! les misé­\nrables enfants ! Ils s'ébattaient près des foyers, leurs chairs dodues chauf­\nfées à l'âtre ; d'autres têtaient aux fleurs des seins maternels, d'autres\ndormaient dans leurs berceaux sous la protection d'une sainte image. Près\nd'eux gisaient des polichinelles, encore prestigieux de la nuit mystérieuse\noù saint Nicolas descend sur la terre. Et les voilà portés au bout du bras\nde varlets effroyables, comme des coqs qu'on va égorger ! De peur, ils\nembrennent la neige; on les enlève ainsi que des bottes de foin au bout de\npiques et le sol est parsemé de langes rougis et de mignons bonnets. Des\njouets semblent veiller, sur l'hermine violée des rues, les petits cadavres\nemmaillottés qui pâlissent au froid.\n"}, {"page_pdf": 270, "page_imprimee": 239, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2905, "texte": "                                  — 239 —\n\n   En vain l'on se barricade! En vain les volets se ferment et les maisons\ncloses rappellent les temps hermétiques des pestes ! Des poutres lancées par\nles bras de fer des reîtres enfoncent les portes et brisent les plus rébarbatives\nserrures. Les vitres volent en éclats. La foudre pénètre ainsi, tue, attère,\nbrise. Les sacrificateurs vont droit aux toits qui abritent de nouveaux nés,\navec un flair de chacal : des marques de deuil auraient-elles été diabolique­\nment infligées aux façades? Car des sorcières ont raconté depuis qu'elles\navaient vu pendant la nuit un ange déchu voleter par les rues et indiquer\nles maisons destinées au massacre d'un signe de cabale, visible seulement\npour les serviteurs cruels du Roy Hérode; ceux-ci pénètrent ainsi en maître\ndans les demeures et font de la ville un cimetière de séraphins.\n   Que les parents crient et supplient et lèvent au ciel des mains d'épou­\nvante! Les lamentations se brisent aux cuirasses. Des mères se traînent\naux pieds des malfaiteurs et leurs torses fléchissent lamentablement sous la\ndouleur comme des saules qu'on abat. Elles pressent leur géniture sur\nleur sein, dans leurs bras crispés, mais les poignards vont fouiller leur\ngiron, et, sous leurs yeux flétris par la soudaine horreur, on moissonne\nd'une faucille hâtive les petites vies d'or et de printemps qui saignent;\nelles croient voir, en ces soudards féroces, la camarde verte elle-même,\ndont la main lève aujourd'hui les draps des berceaux ; elles restent, en\nlarmes, agenouillées, à contempler les enfançons, pareilles à de beaux arbres\npoétiques, à la sève généreuse et tendre, qu'on aurait triqués à coups de\ngaules et dont les fruits à peine mûrs, doux et vermeils, giseraient meurtris\nsous les branches qui pleurent.\n   Voilà les femmes des pêcheurs qui se hâtent vers le port, et leurs hommes\noffrent de rudes poitrines aux lances des bouchers. Elles courent à travers\nles barques avec leurs marmots ; les soldats les poursuivent, leur enlèvent\nles petits : il leur semble que c'est leur âme maternelle qu'on arrache. Les\ngrands vaisseaux du port eux-mêmes sont fouillés et demain, quand le soleil\néclairera la ville veuve d'enfants, les pavillons seront à mi-mât.\n   Voici des nourrices qui pleurent! Des vieillards, à tâtons sur la neige,\nviennent offrir leur pauvre corps pour sauver leurs descendants dont les\nyeux ont à peine eu le temps d'entrevoir deux printemps. Les dames\nnobles s'affolent par les rues, en toilette fastueuse, leurs coiffures patri­\nciennes semées de perles éparses sur la soie de blanches épaules. Le\nseigneur élégant qui dirige le massacre s'enfuit à leur approche sur son\ncheval pie. Elles offrent en vain des coffrets emplis de bagues, de colliers,\nde joyaux, qui tombent désespérés sur le sol à côté des jouets éperdus et\ndes chairs aux plaies purpurines. Mais des femmes d'artisans sautent sur\n"}, {"page_pdf": 271, "page_imprimee": 240, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2778, "texte": "                                   — 240 —\n\n\nles barbares, les mordent et les griffent, telles des lices dont on a ravi la\nlaitée. On les rejette brutalement, le sein meurtri, et elles se tordent le\nlong des murs, roulées sur le sol, poussant des cris aigus au ciel qui\nn'entend pas et mêlant les aigres clameurs du clavier brisé de leurs\ntendresses aux notes du carillon qui martèle impitoyablement leur cœur\nbroyé.\n   Car la cathédrale demeure solennelle dans son manteau de givre, au\nmilieu du fléau abattu sur ses paroissiens : pourtant on a brisé des têtes\nd'enfants sur ses piliers. Elle a, peut-être, seule conscience du sacrifice qui\ns'opère. Silencieuse, avec la guirlande immobile de ses bannières, elle paraît\nécouter quelque ordre du ciel, et le moindre frémissement n'émeut ses\norgues.\n   Et, sur la place, à l'ombre de ses tours qui se projettent sur la neige,\nles escrimes des hallebardes, les hennissements de la cavalerie, les casaques\nbariolées des soldats faisant chanter leurs vermillons, leurs roux dorés, leurs\nverts pomme, variés de lilas et de jaune, sur le linceul qui couvre la terre,\nle scintillement des glaives, agités comme des battes, les éclats des trom­\npettes, l'allure désordonnée de la foule aux gesticulations insolites et\nbizarres, donnent à l'infanticide un air de carnaval.\n   En effet,'des chansons d'ivrognes s'élèvent bientôt, et l'ironie bachique d'une\nfête se mêle aux vociférations. On dirait un bruit de saturnale au milieu\ndes terreurs d'un champ de bataille. Car dans les maisons riches, sous\nl'orgueil des cuirs de Cordoue où ils plaquent leurs mains sanglantes, les\nbourreaux ont achevé les flacons enjoaillés par le rubis des vins, et ils se\nversent des rasades en de fins verres à forme de tulipes. Ils avalent\npar larges gorgées des bitters aux parfums de colonie, de religieuses\nbénédictines et des kirschs royaux. Ils battent les lambris de leurs\népaules ivres en suçant des grenades, des oranges ou des dattes volées sur\nles nappes avec quelque pièce d'argenterie aux chiffres aristocratiques. L'un\nd'eux a dépendu la frêle cithare d'où la main blanche d'une damoiselle tirait\ndes accords de gavotte et il en casse les cordes sous ses doigts épais.\nDans les chaudes et calmes lumières des corridors somptueux, tout impré­\ngnés des odeurs épicées de cuisines cossues et des arômes précieux de la\nrichesse, ce sont d'infâmes et meurtrières saoûleries éclaboussant les\nmarbres et les chênes ouvrés, qui se souviennent des fêtes de naguère et des\npaix anciennes, à cette heure violées. On se dirait au pillage d'Yperdamme,\nque les grand'mères ont vu et sur lequel les mendiants chantent des com­\nplaitens plus tristes encore que leurs yeux de pitié.\n  Presque tous les petits enfants sont morts. Le cimetière se hérissera de\n"}, {"page_pdf": 272, "page_imprimee": 241, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2671, "texte": "                                   -   241 —\n\nbeaucoup de nouvelles croix blanches. Les fleurs du printemps serviront\ntoutes à des couronnes de deuil. Et la neige paraît noire, et sur le ciel\nvolent de grands oiseaux de proie. La ville est triste comme un champ de\nlys fouetté par la grêle et au dessus duquel roulent des nuées d'orage.\nPourtant le soleil flambe, la neige resplendit au loin et quelques traî­\nneaux à grelots et à panaches glissent encore là-bas sur les chemins.\nAinsi monte parfois au dessus de la mer quelque formidable nuage qui\nrappelle par ses vents ténébreux et ses lumières cruelles, ceux qui assom­\nbrirent le Golgotha : aux lointains l'onde reluit toutefois comme un banc\nde harengs par les beaux jours de fraie et les châtons des barques brillent à\nl'horizon. Mais sous les plis sinistres du spectre céleste, la terreur épouvante\nles flots qui se heurtent, leur blanche crinière échevelée, et qui poussent des\ncris de faons poursuivis par des loups dans la nuit.\n   Et le massacre est inutile ! Et le sang est perdu ainsi que le vin de l'eucha­\nristie qui s'épandrait sur les nappes d'autel. Car un ange est apparu à saint\nJoseph et lui a dit : « Lève-toi, et prends le petit enfant et sa mère, et\nt'enfuis en Egypte, et reste là jusqu'à ce que je te le dise; car Hérode\ncherchera le petit enfant pour le faire mourir. »\n\n\n   Mais des trompettes qui sonnent la retraite retentissent sur la place\nd'Yperdamme. Lentement le vieux justicier se dirige vers la porte de\nVeurne. Le cortège se reforme et les varlets d'armée sont plus ivres que des\ngrives qui ont pillé un plant de vignes : ils lavent leurs mains de\npéché dans la neige. Les cavaliers se reforment en rangs, sous les bannières\nflottantes, et ils passent par les rues désertes aux fenêtres closes. On a remis\nles cadavres dans les berceaux et allumé des chandelles bénites. La troupe\ndisparaît, en essuyant les lames rougies des épées; elle arrive bientôt\ndans la plaine éclatante de blancheur, le long des saulées aux dentelles de\ngivre, sous les ailes engourdies des moulins. Quelques-uns boivent\nencore à des gourdes, pour se réconforter contre le froid. En avant, le jeune\nseigneur magnifique se fait une visière de la main pour apercevoir le clocher\nle plus proche.\n   Derrière eux ils laissent un grand silence, comme s'ils sortaient d'une\nville de catacombes. Le carillon même, maintenant ne sonne plus, et le\ncadran du beffroi s'est arrêté à l'heure où mourut le dernier enfant. La mer\ns'est retirée du port et les flots se sont cachés sous les barques ainsi que des\nchiens effrayés.\n   Bientôt les corbeaux rouges de la nuée des soldats s'éparpillent au loin\nsur la campagne.\n"}, {"page_pdf": 273, "page_imprimee": 242, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2030, "texte": "                                  — 242 —\n\n\n\n\n   Quelle est cette musique au ciel ? Est-ce le paradis qui accueille les\ninnocents? De grands sons de harpes volent à travers l'azur, avec des bruis­\nsements d'ailes séraphiques. Il y a fête au dessus de la cathédrale. Les lys\nbleus du firmament scintillent et font un dôme merveilleux à la cité morte.\n   Dans les profondeurs de l'espace, de grands anges vêtus de longues robes\nj'aunes et roses, décrivent de lentes paraboles. C'est de leur vol harmonieux\nque descend ce concert. Jamais aux jours de Pâques ne tomba du jubé\nchœur plus suave. Et les âmes enfantines montent doucement, étonnées\nentre ces gardes d'honneur qui veillent aux portiques du Très Haut. Elles\npénètrent dans la lumière d'ambroisie où croissent des ifs d'or et où\ns'étendent et fleurissent des jardins emplis de jeux mirifiques et de fontaines\nde cristal. C'est là qu'elles vont vivre, lumineux feux follets de ces régions\nmagnifiques, dans le parc le plus calme des domaines de Dieu, et loin de ces\narcs de triomphe qui éblouissent les bienheureux, là bas, et dont l'éclat\nmême pourrait violer leur tendre blancheur.\n    De ces terrasses de rêve éternel, penchés aux balcons du paradis, les\nInnocents consolés regardent, bien loin, Yperdamme en deuil et pareille à\nun nid dont un vautour vient d'arracher les oisillons. La neige scintille à\nl'infini sur les mondes, et la Sainte Famille fuit là-bas par les villages\nd'hiver. Elle traverse les canaux givrés et les plaines où se dressent des\npeupliers de glace. Sainte Marie porte en ses bras le Bambin Adorable, mais\npour que ses chairs ne frissonnent pas dans l'aigreur du froid, elle le cache\nsous son grand manteau. Elle est assise sur un âne, et saint Joseph marche\nen avant, une scie sur l'épaule, un sac plein d'outils à la main. Les\nvillages se recueillent à l'infini, et déjà la lune monte entre les saules, lan­\nterne miraculeuse accrochée pour la fuite divine au ciel du soir.\n\n                                                  EUGÈNE     DEMOLDER."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 243, "page_fin": 247, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Gustave Kahn", "ancre_debut": "VERS FIGURE AU THÉÂTRE", "ancre_fin": "GUSTAVE KAHN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 274, "page_imprimee": 243, "debut_caractere": 62, "fin_caractere_exclue": 1313, "texte": "VERS\n                 F I G U R E AU T H É Â T R E\n\n    Dans un luxe d'or rouge à fleurs d'or mat\n         Dans un faste de pierres bleues\n                      Mate\n    La couronne de ses noirs cheveux aurée\n    L'éclat de ses mains s'adoucissant d'anneaux\n             Forgés au fond des ghettos\n         Lourds et purs pour la plus aimée\n             Ses yeux inclinant leurs aveux\n             Et la douce bonté de sa bouche\n                      Elle écoute.\n\n                      Psaumes tus\n        Rituels de tribus en exil\n        Paroles au soir sur la montagne\n   Rêves entrecoupés des nuits d'alarmes\n        Ritournelles d'étranges étrangers\n        Fuyant dans des cliquetis d'armes\nVœux éplorés des seulettes en la campagne,\n             Bruits de bal dans l'île\n   Prières de nonnes de remords vêtues.\n\n   Le bal est si solitaire, sous ses yeux\n   De brefs météores de parfums      s'éveillent,\n   Jouent, paraissent, dansent, disparaissent,\n   Le bal a vers ses yeux tant d'allégresses,\n   Des masques sonorants se parent non pareils,\n   Paraissent, dansent, fléchissent sous ses yeux.\n\n       Les voix de la ballade,\n       Les dialogues sous les feuillées\n   Le récital de peines amères d'enfants\n   Le cœur navré de griève peine,\n"}, {"page_pdf": 275, "page_imprimee": 244, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "                           — 244 —\n\n\n      Les oliphants tristes du héros malade\n Les jonchées de colloques épars sur la peine\n      Universelle de l'amour mourant\n      Le cœur navré de griève peine.\n\n                   Bruire et rire.\n          Voici passer les échansons\n     Les coupes sont d'or mat et de topazes,\n Des serves blondes supportant les grands vases\n          Et s'agenouillent à l'échanson.\n                   Bruire et rire.\n\n          Voici sur le fond du théâtre,\n          Voici passer les histrions,\n     Dialoguant des chansons d'amour profond.\n\n                            LIED\n         Nous étions trois cavaliers\n         Le premier dit, en passant au pont,\n     Qu'elle est belle et pâle et calme cette eau\n         Il s'endormit par les roseaux.\n\n         Le second reprit : cette chanson\n    Murmure et s'enchante en miracle de sons,\nQu'elle est belle et pâle et calme cette chanson\n         Il s'endormit au bord de la route.\n\n    Le troisième vit au coude de la route\nPasser une ombre claire comme un grand lys blanc,\n    Il éperonna sur la route de l'ombre\nQu'elle est belle et pâle et calme, ce grand lys blanc\n    Il s'endormit aux baisers de l'ombre.\n\n                            LIED\n       Celle qui t'aime a dit aux vents\n       Passer par le front des futaies,\n       Ecoutez les ténèbres des cités,\nMurmurez des appels à l'Orient et l'Occident\n       Et sa voix vous répondra... moi.\n"}, {"page_pdf": 276, "page_imprimee": 245, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1407, "texte": "                          — 245 —\n\n          Celle qui t'aime dit à la mer\n      Vos flux et vos reflux et vos marées\n Ce lent déroulement de vos baisers sur les rivages\n Les bourrasques de vos colères sur le rivage\n     Comme son âme vers ma bouche — ô mer\n\n         Celle qui t'aime dit à son âme :\n         Mes fiertés, mes marches hautaines\n         Nos fuites dans la forêt, les baisers\n         Perdus pour lui, perdus pour moi\n         Mon âme un jour, tu les lui rendras.\n\n\n                  COLLOQUE NUPTIAL\n\nCe n'est ni sur le décor d'or du tabernacle,\nCe n'est à la salle brune décorée de hanaps,\n             Ce n'est aux quêtes de Graals,\nCe n'est au saint autel, ni à la sainte nappe,\n       Cest au bazar du beau intégral.\n\n     Il avait étalé des fleurs de soie,\n    Des oripeaux dorés de fou de roi,\n              Une mitre d'améthystes,\n              Un éventail de topazes\nEt le vrai sourire d'Eve empreint sur des gazes.\n\n      Dans un port fortuné, sa mahonne\n                   Attendait\nA la porte d'un obscur retrait son cheval\n                   Piaffait,\n    Son courrier cherchait aux montagnes\n                 Dans des cabanes\n                 Déshéritées\n    Quelque antique miroir de métal.\n\n              Il lui dit : mes aïeux\nS'en sont venus de loin par des chemins obscurs,\n         Ils allaient de ville en ville.\n                                                      16\n"}, {"page_pdf": 277, "page_imprimee": 246, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1410, "texte": "                           — 246 —\n\n              Ils montraient aux curieux\n         Des verreries et des turquoises.\n         Ils gardaient les diamants pour eux.\n\n        Au gîte pauvre ils couronnaient\n        L'éternelle et mate orientale\n                  De diamants\n    Et lui chantaient, en vieux rhythmes d'Orient\n                  Je suis l'amant.\n\nJe suis l'amant de ta beauté éternelle.\n               Voici le sourire d'Eve\n    Et les grâces des chevreaux au Carmel\n          Et je t'aime éternellement.\n\n    Le premier qui vêtit ma semblance\n        Etait affolé de ta face\n        J'ai tenaillé les surfaces\n        Pour y sculpter ton admirance.\n\n         Mon fils bercera ses enfances\n         Sur les soies de mon rêve vivant,\n           Et c'est ta semblance\n         Qu'il aimera delà les temps,\n\n                  Elle lui dit :\n      Une voix m'a troublé quand je me suis tue,\n          Quelqu'un parle dans le silence\nEt j'écoutais parfois dans le sommeil de la ville\nSi la vague chanson résonnerait sur le silence.\n\n         J'ai ri, car c'est la loi d'enfance,\nJ'ai tant ri que je suis le collier triste à ton cou.\n                   J'ai ri sans savoir où\n     Et parfois j'ai pleuré sur ta souffrance.\n\n   Mais c'était pour toi, parmi les songes\nComme un oubli d'accords qui s'éveille sur les harpes,\nTu devais écouter bruire le silence\n          Et chercher les lèvres de la voix.\n"}, {"page_pdf": 278, "page_imprimee": 247, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 968, "texte": "                         — 247 —\n\nCe n'est ni sur le décor d'or du tabernacle,\n         Ni dans la chanson des montagnes,\n         Mais dans le soir d'une grande fête,\n         La fête du beau intégral.\n\n\n                        CHANSON\n\nToutes chansons au bois résonneront\nTous les printemps vert pâles fleuriront,\nToute banquette au bois s'enchantera de liserons,\n    Le rire par le bois tarira.\n\nCroyez-en la voix des pauvres bûcherons,\nToutes chansons au bois se flétriront.\nSous les baisers froids du printemps vert pâle\n     Tout le bois frilera.\n\nOubliez les chansons des pauvres bûcherons,\nOctobre vert pâle passera sur les bois,\nToute banquette au bois s'enchantera de liserons,\n    Le rire par le bois trillera.\n\nToutes chansons au bois résonneront,\nTous les automnes pâles y béniront\nLes idylles des pauvres bûcherons.\nPar les lamentos des automnes vert pâle\n    Tout le bois, tout le bois rira.\n\n                                           GUSTAVE K A H N ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 248, "page_fin": 249, "titre_corps": "Sonnets", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri de Régnier", "ancre_debut": "SONNETS", "ancre_fin": "HENRI DE RÉGNIER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 279, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 59, "fin_caractere_exclue": 1276, "texte": "SONNETS\n                              I\n\nDes quatre coins égaux d'un marbre en pyramide\nOù quelque Destin grave en la Nuit s'est retrait\nLe noir tombeau fait face à toute la forêt\nDont un aspect en chaque pan se consolide.\n\nEt, dans la pureté de la pierre sans ride,\nVoici que spéculaire et féroce apparaît\nAvec les arbres hauts et le ciel ce qui est\nL'horreur que le Vivant a fuie en l'ombre     aride.\n\nLes Monstres, les Tueurs et les Hippocentaures,\nAcharnés contre lui d'aurores en aurores,\nAssaillent d'ongles le bloc qui les mire mornes.\n\nLes thyrses et les faulx éclatent! Les sabots\nHeurtent l'intacte pierre où se rompent les cornes\nD'un Satyre et du Bouc ennemi des tombeaux.\n\n\n                             II\n\nLas et tristes des blés, de la mer et du soir,\nDu rire de l'amour et du cri de la haine,\nLe Vivant pâle n'est plus que l'ombre hautaine\nD'un homme taciturne entré dans le Bois noir.\n\nLa muette forêt prépare à quelque espoir\nD'apparu dans son silence — porte d'ébène!\nUn vieux tombeau de calme pierre où l'Ame en peine\nEmpruntât du Destin conseil de ne surseoir.\n\nLe chêne, le cyprès, le platane et l'érable\nJasperont de lueurs le massif marbre stable\nEgal à quelque ciel d'Automne et de la Nuit.\n"}, {"page_pdf": 280, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1045, "texte": "                                        249\n\n    La pluie amassera parmi l'onyx de l'urne\n    Le pleur que dans la Mort mystérieuse a fui\n    Un d'avoir trop songé pour jamais taciturne.\n\n                                       III\n\n    Lourds de mémoires magnifiques et rieuses\n    Les soirs à toute gloire ont plus beaux survécu.\n    O visages passés au miroir de l'Ecu\n    0 mélancoliques f aces et furieuses !\n\n    L'amazone a heurté du sein l'orbe de fer\n    Où s'exalte à se voir au métal son sourire,\n    Mêle pour le tombeau le basalte au porphyre\n    Sous les grands soirs mornes qui montent de la Mer.\n\n    La Gloire n'a pas plus de nom que l'Onde ou                 l'Ombre,\n    Pends le bouclier au socle du cippe sombre.\n    Sans qu'aucune effigie y commente un destin.\n\n    Altier ou triste encor selon qu'en son écume\n    La Mer vaste en apporte où le bruit s'est éteint\n    L'héroïque rumeur ou la grave amertume !\n                                                       H E N R I DE R É G N I E R .\n   Décembre 1890.\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 249, "page_fin": 252, "titre_corps": "Chronique littéraire : Là-Bas", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Le Jardin de Bérénice", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 280, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 1045, "fin_caractere_exclue": 1748, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n              Là-Bas,   par J.-K. HUYSMANS, Paris, Tresse et Stock.\n\n\n             Là-Basne continue point la série de monographies mentales\n              à laquelle se rattachent A Rebours et En Rade. Ce n'est\n              plus, seulement, sur l'écran d'an cerveau rare et exorbitant,\n              la projection de sensations fébriles ou cruelles, de songes\névocateurs, incarnations de la psychologie la plus aiguë et la plus décise.\n   Huysmans, désertant ces districts purement émotionnels, ces études\ndésintéressées de tout altruisme, élargit son cadre, y fait évoluer de mul­\ntiples personnages, un coin de société peuplé, au reste, d'insurgés encore,\ncurieux ou compliqués.\n"}, {"page_pdf": 281, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3330, "texte": "                                  — 250 —\n\n    Le décor moins subjectif, l'armature nette de Là-Bas réjouiront, sans\ndoute, cette bénévole critique clairvoyante, dont la myopie appariant,\njadis, Jacques Maries à des Esseintes, faisait la moue, déjà, à En Rade et\nl'incriminait de monotonie! Les linéaments trop déliés et ténus de pareilles\nanalyses égotistes déconcertent, en effet, les aristarques attitrés, nécessitent\nun loyer cérébral onéreux ou, tout au moins, pénible, — non requis à\nl'examen des solides ouvrages documentés et vécus, que l'on peut par­\ncourir dans une quiète somnolence, sans surprise redoutable et sans\ntracas.\n    Il est à craindre, cependant, que, malgré sa fabulation exotérique, si\nl'on ose dire, Là-Bas ne soit d'une bien anguleuse assimilation pour ces\nestomacs bien portants. Carhaix, le bon campanier, Durtal et des Hermies,\nqui sont comme les consciences éthique et esthétique de l'auteur, émettent\nde tels considérants sur la féconde moralité du temps, dénaturent si bien\nses pures intentions philanthropiques, sa charité sociale, ses élans vers le\nVrai bon teint et le Beau rémunérateur, — que plus d'un acheteur, gâvé\ndes sains principes de la pédagogie laïque, fermera le livre rétrograde, avec\nla pitié souriante, le léger mépris dégoûté et légitime de sa science vérifiée.\nUn homme éclairé, évidemment, trouvera, insérées sous la couverture\nblanche de Là-Bas, d'ahurissantes et — en ce siècle de lumières ! — presque\ninconcevables hérésies, la négation tranchante et hargneuse de très stables\naxiomes, d'opinions dès longtemps rassises ; — les fondements cubiques de\nla philosophie rationnelle, gratuite et obligatoire y reçoivent d'irrespec­\ntueuses atteintes, de désastreux et irréparables chocs. Ce radical bouquin\napparaîtra, à sa raison épouvantée, ainsi qu'une espèce de Somme des\nspéculations tardigrades, l'Epitomé politique et religieux de la hideuse\nréaction !\n    Qu'on se rassure, néanmoins! La sérénité de ses certitudes n'en sera pas\nautrement affectée ! Ces intellects — si l'on peut s'exprimer ainsi, — sont\nexactement réfractaires à toute loyale argumentation; la logique leur\ninspire une salutaire terreur et leur fatuité s'y rend, prudemment, inacces­\nsible : — là gît, aussi, l'unique sauvegarde de leur valeur électorale. —\n C'est l'invincible tendance, au contraire, des cerveaux complets d'échouer à\n se satisfaire de conceptions partielles, de doctrines tronquées; — les yeux\ntoujours fixés sur les doutes essentiels, s'équilibrer, à la fin, une métaphy­\n sique personnelle leur devient un irrésistible besoin. Durtal et des Hermies\nsont, donc, autant que Carhaix, des accordants. La perfection, le fini les\nattire, les sollicite sans cesse et c'est leur éternelle et quotidienne angoisse,\n— cette impuissance à réduire en un ferme et intégral système le décevant\nidéal qui fait leur délice et leur tourment.\n    — « Il est plus simple, s'écrie Durtal impatienté, il est plus simple de ne\npoint songer à tout cela ! » Oui, vraiment; mais, pas plus que des Hermies,\nil n'appartient à ces « extravagantes créatures », victimes placides « d'un\nenchantement incompréhensible et d'un assoupissement surnaturel », dont\nparle Blaise Pascal; — et c'est la condition de leur supériorité et toute sa\n noblesse. — Quoi qu'ils en aient, après avoir dérivé vers d'autres et plus\n"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3246, "texte": "                                   —   251   —\n\n tangibles préoccupations, la lente et sûre fascination du mystère ramène\n leur pensée sur l'énigme irrésolue.\n    Ce malaise d'âme, immanent chez la plupart et embryonnaire, ces appé­\n tences spiritualistes que les gens sérieux circonscrivent sous le commode\n qualificatif de lunatiques, sont plus communs, peut-être, qu'on ne le sup­\n pose. Là-Bas l'indique fort justement : l'unanime et instinctif revirement\n de cette époque de sentimentalisme industriel, élégiaque tout à la fois et\n pratique, cette régression pandémique vers les mythes conspués, ce retour\n d'âge de religiosité jette des esprits, du reste sordides, sur les pâtures quel­\nconques qui joignent à l'indiscipline rituelle, de vagues semblances acroa­\ntiques : — spiritisme; théo-philanthropisme; unitarisme, etc. D'aucuns,\nd'appétits moins fades, poussent même jusqu'aux prestiges spagyriques.\nL'amusant spectacle de ce siècle affolé, dont la sénilité erre, selon la for­\nmule anarchiste, « Sans Dieu ni maître », Là-Bas nous le rend en tableaux\nscrupuleux et concrets, en lucides analyses.\n   Voilà donc, enfin, une œuvre à laquelle s'applique, de façon adéquate,\nce vocable dont on a tant mésusé : synthèse. L'inquiète complexité nerveuse,\nle douloureux grimaçant, le comique chagrin et macabre de l'heure y passent\nsous les vivantes effigies des personnages, — la perverse Mme de Chante­\nlouve, « aux yeux dolents et troubles » et son interlope époux; Carhaix\ninterné dans son ascétère aérien; Gévingey, l'occultiste et Docre, le pontife\nmauvais ; — ou en définitions incisives, en péremptoires controverses, en\nstrictes phrases suggestives. La symbolique puissante du maître nous\nrestitue, avec ses traits caractéristiques, ses entéléchies profondes, cette\nmorne agonie d'une ère mal née.\n    — Péladan, ce « mage de camelotte », cet orateur, méridional, au sur­\nplus, — et dont l'érudition, elle aussi, était du Midi! — au cours de cette\n Ethopée qui nous réservait de si effarants épisodes, professait un joyeux\nsyncrétisme mal macéré de théologie, de kabbale et de philosophie. Le\n Pandémonium de ce mercanti constellé avait légèrement discrédité la\nGnose.\n    Huysmans balaye le terrein des puériles architectures de l'Adelphe\nMercurius, reconstitue la généagenèse du Satanisme moderne, indique\nles diathèses psychiques qui favorisèrent cette reflorulence tardive, — fait,\nen somme, la clinique subtile de l'état phrénique de ses initiés.\n   — Le Naturalisme, enfin, coulé aux immondices suprêmes, rencontre ici\nun verdict d'une irrécusable équité. Huysmans, adepte insubordonné,\ntirailleur capricieux, a toujours été fort sur la lisière de l'école; les\npages consacrées aux Sœurs Vatard, dans les Romanciers naturalistes\nréflètent, au travers leurs éloges rèches, une défiance équivoque, l'aper­\nception vague des dissidences futures.\n   En proie au fragmentarisme,         colligeant et mosaïquant ses « docu­\nments humains » hétérogènes, le naturalisme, lui, non plus, n'admet ni ne\nconçoit le Héros, — comme si l'involution des êtres et des causes l'excluait,\nnécessairement. En valet bien stylé de l'envie égalitaire, il s'efforça d'abolir\nchez ses fervents, la capacité, la générosité de percevoir le Héros. — Et,\n"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2118, "texte": "                                  — 252 —\n\n\ndans sa prétention d'apporter le Vrai (« du vrai plus vrai que celui des\nautres ! ») pour communiquer la sensation du Vrai, il choisit des sujets bas,\nse les imaginant plus vraisemblables, aux yeux de sa vulgaire clientèle ; ce\nqui, probablement, est un calcul faux.\n   Le conflit intime, antérieur à l'évolution définitive de Durtal vers de\nplus altières ambitions, est le prétexte d'un chapitre de perforante et hau­\ntaine critique, qui célèbre la totale ruine, la lamentable faillite des labo­\nrieuses théories du propriétaire de Médan. Son vœu fut d'instaurer un art\ndémotique, populaire, un art matérialiste, idoine au stupide orgueil con­\ntemporain. Commercialement parlant, il a réussi! Héraut favori du\npuffisme positiviste, il a reçu son salaire ! Lors, donc, que l'indignation\nd'une âme haute et droiturière répudie, au nom de l'art, le négoce où il a\nvilipendé sa plume, c'est justice!\n   — Il serait tout au moins explétif d'allonger cet article cursif de consi­\ndérations sur l'écriture de Huysmans. On connaît ce verbe agressif et\nonctueux, hérissé et pictural, — l'habituelle splendeur inattendue des\népithètes. Les nécessités du dialogue et de l'action ont assoupli, cette fois,\net brisé un peu, le contour de la période.\n   — Ce livre savoureux ramène, une fois de plus, la réflexion sur le stupé­\nfiant phénomène, — d'une plus sensible évidence, chaque jour, — du\ncomplet divorce, de la scission, à présent absolue, entre le monde ambiant\net les valables et sincères artistes. Aucun point de contact ne subsiste, nulle\nidée mitoyenne. Les mots ont fini par se destituer de toute efficacité pour\nla masse du public lettré, étant donnée son ineptie à se représenter la céré-\nbration dont ils sont les signes idiosyncrasiques.\n   Des jours, semble-t-il, — l'audition d'une régénérante musique, la lec­\nture d'une œuvre de l'envergure de Là-Bas, — des jours vous matérialisent,\npour ainsi dire, cette notion latente, — les jours bénis d'exaltation et\nd'ivresse intellectuelles.\n                                                      ARNOLD      GOFFIN.\n\n\n      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 252, "page_fin": 254, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Jardin de Bérénice", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "Le Jardin de Bérénice", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La jeune école portugaise", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 283, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 2118, "fin_caractere_exclue": 3144, "texte": "Le Jardin de Bérénice, par M. MAURICE BARRÈS. — A Paris, chez Perrin.\n\n   L'arrivée de ce livre a produit parmi le public bavard du débarcadère litté­\nraire, ce mouvement d'étonnement craintif par lequel on accueille un être\nqui n'est pas habillé comme ceux de tous les jours. Tout de suite, pour\nreprendre contenance, le public l'a poursuivi de ce rire aux couleurs vives\net éphémères, ce rire à la petite journée qui est la force des faibles de Paris.\nAinsi des gens laissent choir un joli pâté d'encre sur les mots dont ils ne\ndistinguent pas très bien l'orthographe.\n   On a appelé l'auteur du livre : M lle Renan; c'était gentil. On l'a appelé :\nironiste; c'était vrai. On l'a appelé : fumiste; c'était bête. M. Huysmans a\nlaissé tomber de là-bas — est-ce « tomber » qu'il faut dire? — la suprême\nparole de dédain en déclarant que le livre de M. Maurice Barrès était « un\njoujou anémique ». Cette parole m'a fait plaisir, elle m'a affermi dans\nl'attrayant sentier des délicates analyses d'art où se promène notre petite.\n"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 253, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3314, "texte": "                                  — 253 —\n\nBérénice. Je dis « notre », parce que je l'aime de tout moi cette petite\nrêveuse élevée au Musée du Roi René, en compagnie des « dames de Désin-\ntéressement et de Simplicité dont les doux visages évoquaient pour elle, les\nrésignations de la solitude », et qui est morte par le fait des barbares de ce\nsiècle. Elle me personnifie l'instinct, mais un instinct si tendre, si délicat,\nserrant de si près la terre parfumée que c'est mieux encore l'instinct des\nfleurs du paysage que celui des hommes qu'elles enveloppent. Elle montre\nce qu'un poète peut retrouver de saveur de vie et de pureté d'âme en rame­\nnant à la tradition de sa race, un pays maculé de civilisation à la grosse.\n   Le jardin de Bérénice est à mon avis un précieux livre d'art, et sans\nvouloir contrarier M. Barrès, qui se donne surtout comme un philosophe,\nà la recherche des règles de vie, j'avoue que je vois aussi en lui le psycho­\nlogue et le poète qu'il prétend - trop modestement — ne pas être.\n   Ce n'est pas sans mille prévenances d'imagination que l'on maintient dans\nson gracieux et nonchalant hiératisme un symbole aussi frêle que\ncelui-ci. Ce n'est pas sans échanger des vues profondes avec la dame d'Inspi­\nration que l'on écrit de ces pages dont le mouvement humain semble effacé,\ntant la vibration de vie rapide et fine y devient insaisissable. Et si M. Barrès\nn'est pas psychologue avec « la merveilleuse intelligence » de son aîné\nPaul Bourget, il l'est avec quelque chose de mieux- peut-être : son exquise\nsensibilité. Sa psychologie vive et fleurie ne démonte pas la mécanique pas­\nsionnelle; mais elle entend et note les chants qui courent la contrée. A côté\nde musiciens comme lui, les psychologues comme M. Bourget sont plutôt\ndes luthiers, des anatomistes de l'instrument qui chante. Sans doute, en de\ncurieuses discussions idéologiques, on le voit évoluer avec malice par les\nsentiers du féerique jardin; mais ce que j'aime surtout en lui, c'est que la\ndialectique ne l'ait pas privé de vie; c'est qu'il en fasse aussi émotivement la\npreuve par l'analyse et la synthèse unies.\n   M. Barrès a raison, en somme, il n'est pas « un poète qui raffine sur la\ncoupe des vers » ; il n'est pas « un psychologue qui démonte les ambitions,\nles amours, tous les appétits des hommes » ; il est un peu moins et un peu\nplus que çà, autre chose, une combinaison de ces deux êtres : il est un\nhomme qui « s'est mêlé à la vie la plus complète de son époque, avec autant\nde clairvoyance que d'ardeur », avec de supérieures facultés d'intellect et\nde sentiment. C'est de l'entretien en union intime, c'est de l'interpénétration\nde ces facultés amenées au plus haut point d'acuité et de finesse qu'est née\nson ironie.\n   Cette ironie très assourdie, très « feutrée », comme il dit, quand elle\ntouche à la chère petite Bérénice et qui prend alors les caresseuses\ninflexions d'une prière, exprime son art; c'est par elle qu'il excelle à lier la\nréalité au rêve.\n   Cette ironie l'attache mieux à ce qu'il aime en le rendant invulnérable\naux déplaisants contacts et quand il semble la diriger contre lui-même,\nc'est qu'il est sorti de son moi pour en faire le tour. C'est l'idéologue qui\nse promène : le poète est à l'abri.\n   Des gens ont mal compris cette ironie. Il leur a semblé qu'elle refroidis-\n"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 254, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1432, "texte": "                                  — 254 —\n\nsait d'un courant d'air athée l'adoration du poète pour Bérénice; ce sont de\nces lecteurs peu apprivoisés qui mesurent la vie passionnelle à la vieille\nmesure romanesque. C'était l'erreur du romanesque de prendre tous nos « à\npeu près » de sentiment pour le sentiment par excellence; de ne pas en voir\nla gradation, de ne pas compter les échelons qui mènent de la terre au ciel.\n   Tout l'art est dans les rapports, les transitions ; ce sont ces rapports\net ces transitions que l'ironie de M. Barrès exprime. Elle n'est qu'un\nécho de sa sensibilité ; elle est cette sensibilité retentissant en un\ncerveau d'homme moderne; simple affaire d'acoustique intellectuelle; et,\nainsi comprise, c'est une forme moins de négation que de clairvoyance et\nd'humilité.\n   Qui ne sait se limiter à soi et ne sait non plus tout comprendre hors soi,\ndoit forcément douter et s'attrister de ce doute; ainsi l'ironie de M. Barrés\nse nimbe de tristesse. Mais le doute retombe sur soi-même et devient à la\nlongue une sorte de foi : je ne crois pas avancer de paradoxe en disant\ncombien le sceptique Barrès ressemble à un mystique.\n   Nous aurons l'occasion de reparler de lui prochainement à l'occasion de\nl'examen de ses trois volumes qu'il donnera en préface à une réimpression\nde Sous l'œil des Barbares.\n                                                        HENRY   MAUBEL.\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 254, "page_fin": 256, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Jeune École portugaise", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Jean Itibéré da Cunha", "ancre_debut": "La jeune école portugaise", "ancre_fin": "JEAN ITIBÉRÉ DA CUNHA", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 285, "page_imprimee": 254, "debut_caractere": 1432, "fin_caractere_exclue": 2816, "texte": "La jeune école portugaise.\n\n   Voici qu'au Portugal se forme également un mouvement « jeune », et, à\nen juger par la foi enthousiaste qui anime les dirigeants de la nouvelle école,\non peut espérer beaucoup de son avenir.\n   Nous avons sous les yeux les Oaristos et les Horas de M. Eugène de\nCastro.\n   Le premier de ces livres, qui nous semble celui où le poète se montre avec\nle plus d'originalité, est précédé de quelques lignes exposant son programme.\n   Cette pseudo-préface, très curieuse, a les allures d'un manifeste littéraire.\nIl y est fait un procès en règle à la Poésie portugaise contemporaine, « qui\nne repose, dit l'auteur, que sur quelques dizaines de lieux communs\néraillés », et un arrêt inexorable s'ensuit auquel échappent à peine deux ou\ntrois privilégiés.\n   La liberté des rhythmes, l'introduction de notre délicieux et très gaulois\nrondel, l'allitération, l'emploi de rimes rares et d'un vocabulaire varié et\nchoisi, telles sont les innovations qu'introduit dans la poétique portugaise\nM. de Castro.\n   Les vers des Oaristos ont par moments une saveur étrange, le poète se\nplaît dans le vague, dans des demi-teintes doucereuseses et charmantes et,\nbien que par ci par là l'on sente visiblement l'influence de nos poètes, ils\nne manquent pas d'une certaine originalité que la langue de Camoëns, si\nsonore et en même temps si suave, contribue à rehausser encore.\n"}, {"page_pdf": 286, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2507, "texte": "                                    — 255 —\n\n   Des images neuves et saillantes s'y rencontrent parfois, à côté d'autres\nd'une justesse tant soit peu problématique.\n   Bref, Oaristos est un livre d'un fin et moderne lyrisme, d'une beauté\ndélicieuse, quoique un peu bizarre, ou peut-être même délicieuse à cause de\ncette étrangeté.\n   Quant à la licence que M. de Castro s'est permise dans la pièce XV,\nafin, le croyons-nous, d'y placer une rime riche, il est vrai, mais au détri­\nment de la pureté du vers, il nous sera permis de faire nos réserves.\n   En effet, l'un des vers de cette pièce se termine par la première syllabe\nd'un mot, cette première syllabe formant la rime, tandis que la seconde\nsyllabe forme le vers suivant et la rime riche avec un autre mot. C'est un\nprocédé employé quelquefois par Banville, mais dans le genre funambu­\nlesque, et là seulement admissible, et non pas en une pièce ultra-lyrique\ncomme celle dont il s'agit ici.\n   Les Horas nous ont beaucoup moins plu. C'est d'un style forcé, on y\nsent la recherche pénible du nouveau, ce n'est plus délicieusement vague\ncomme le premier volume, mais obscur et embrouillé à souhait, cela\nressemble à du René Ghil .. portugais, et le livre se termine par un fort bel\n« Epilogue » (à la Schopenhauer) en profession de foi catholique et monar­\nchique et en vœu de chasteté :\n                Ne perpétuons pas la Douleur, soyons chastes,\n\n                ... mon cœur catholique et monarchique .\n\n               Lascives séductions jamais plus ne me tenter,\n               Vous qui étieç, autrefois, les reines de mon corps!\n               Virgo fidelis, qu'il y ait en tes Sourires-Rois\n               L'éternelle fraîcheur du Rire des Stériles.\n\n Dans le prochain numéro nous donnerons quelques traductions des\nOaristos.\n\n\n   L'Exame de consciencia de M. Antonio d'Oliveira Soares contient des\npoèmes d'un charme réel ; les vers sont clairs et beaux, avec une note amou­\nreuse dominante très gracieuse; c'est le rêve d'un idéal amour inassouvi, et\nd'autant plus intéressant qu'il est inassouvi. Une certaine religiosité se mêle\nà ces poésies chastes, et leur donnent un cachet très spécial qui contraste\navec celles de même genre qui glorifient les amours profanes et brutalement\nvoluptueuses d'autres poètes :\n               Quand je célébrerai la Messe des Noces\n               De nos Ames et de notre éternel Amour,\n               Je vêtirai d'abord l'Amict immaculé,\n               Qui exprime la chasteté intérieure et extérieure.\n"}, {"page_pdf": 287, "page_imprimee": 256, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 489, "texte": "              — 256 —\n\n    Bouche incolore de mon Amour,\n    Pâle fleur de printemps,\n    Ton baiser calme désaltère\n    Ma soif de fraîcheur.\n\nA te voir ainsi, fanée, sans couleur,\nMon Baiser attend ton Baiser,\nBouche incolore de mon Amour,\nPâle fleur de printemps...\n\nMoi seul, qui hait l'astrale rougeur\nDes lèvres, j'aime la grâce austère\nDe la chaste bouche, où la Chimère\nN'a pas rêvé le Baiser en fleur.\nBouche incolore de mon Amour.\n                          JEAN ITIBÉRÉ DA CUNHA."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 257, "page_fin": 260, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "chain", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 86, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 135, "texte": "Au nom de la Jeune Belgique nous adres­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 188, "fin_caractere_exclue": 228, "texte": "sons nos. plus affectueux compliments de"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 256, "fin_caractere_exclue": 298, "texte": "condoléance à notre collaborateur, Maurice"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 353, "fin_caractere_exclue": 397, "texte": "Maeterlinck, qui vient d\"avoir la douleur de"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 444, "fin_caractere_exclue": 461, "texte": "perdre son frère."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 728, "fin_caractere_exclue": 767, "texte": "Le 4 mai a été célébré, à Paris, le ma­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 820, "fin_caractere_exclue": 860, "texte": "riage de notre ami André Fontainas, avec"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 895, "fin_caractere_exclue": 934, "texte": "M\"8 Herold, sœur de notre collaborateur"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 987, "fin_caractere_exclue": 1024, "texte": "et petite-fille de l'auteur de Zampa."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1080, "fin_caractere_exclue": 1118, "texte": "Nos unanimes félicitations et nos vœux"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1142, "fin_caractere_exclue": 1167, "texte": "les plus épithalamesques."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1356, "fin_caractere_exclue": 1397, "texte": "Quelques jours avant les adieux de Rossi,"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1450, "fin_caractere_exclue": 1488, "texte": "Mounet-Sully est venu nous donner Her­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1540, "fin_caractere_exclue": 1583, "texte": "nani ou les Trois pour une au Théâtre de la"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1635, "fin_caractere_exclue": 1677, "texte": "Monnaie. La comparaison entre le tragédien"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1731, "fin_caractere_exclue": 1777, "texte": "italien et le tragédien français n'a pas été à"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1821, "fin_caractere_exclue": 1843, "texte": "l'avantage du dernier."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1918, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "Il a interprété, il est vrai, le rôle d'Her­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2010, "fin_caractere_exclue": 2052, "texte": "nani avec une passion toute romantique, où"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2103, "fin_caractere_exclue": 2147, "texte": "sa belle voix chantait superbement les vers."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2148, "fin_caractere_exclue": 2190, "texte": "Mais ses gestes si ondulants, trop souvent"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2242, "fin_caractere_exclue": 2282, "texte": "répétés, paraissaient quelque peu empha­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2335, "fin_caractere_exclue": 2370, "texte": "tiques et montraient trop l'acteur."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2407, "fin_caractere_exclue": 2447, "texte": "Quant au drame, il lui manquait le gilet"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2501, "fin_caractere_exclue": 2539, "texte": "rouge de Théophile Gautier et toute la"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2596, "fin_caractere_exclue": 2624, "texte": "phalange romantique de 1830."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2880, "fin_caractere_exclue": 2920, "texte": "Les Concerts populaires ont clôturé leur"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2949, "fin_caractere_exclue": 2990, "texte": "saison par une splendide séance consacrée"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3047, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "à Brahms et à Wagner."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3145, "fin_caractere_exclue": 3184, "texte": "De Brahms, rien d'inédit mais de nobles"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3233, "fin_caractere_exclue": 3274, "texte": "œuvres, la Symphonie, le Schicksals Lied,"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3327, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "qui gagnent à être entendues souvent."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3425, "fin_caractere_exclue": 3461, "texte": "De Wagner, outre la fin des Maîtres-"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3513, "fin_caractere_exclue": 3551, "texte": "Chanteurs et le « Vénusberg » de Tann­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3609, "fin_caractere_exclue": 3651, "texte": "haüser, une première, une vraie première :"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3697, "fin_caractere_exclue": 3738, "texte": "le 3° acte presque entier, de ce divin et"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3789, "fin_caractere_exclue": 3829, "texte": "troublant Parsifal qui nous ouvre de ces"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3882, "fin_caractere_exclue": 3925, "texte": "cieux balsamiques, lubrifiés de nostalgies,"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "dans lesquels s'exhalent les derniers souf­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 238, "fin_caractere_exclue": 255, "texte": "fles des martyrs."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 309, "fin_caractere_exclue": 352, "texte": "Parsifal, la partition la plus mystique, la"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 403, "fin_caractere_exclue": 443, "texte": "plus chrétienne sinon la plus catholique"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 494, "fin_caractere_exclue": 538, "texte": "qu'on ait écrite, et où la charité l'emporte"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 589, "fin_caractere_exclue": 628, "texte": "sur l'espérance et même sur la foi. Non"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 679, "fin_caractere_exclue": 724, "texte": "sans raison, un critique a dit que dans cette"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 775, "fin_caractere_exclue": 819, "texte": "œuvre il y a plus de soif de l'éternel repos"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 870, "fin_caractere_exclue": 894, "texte": "que de la vie éternelle."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 948, "fin_caractere_exclue": 986, "texte": "Exécution remarquable, surtout du côté"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1037, "fin_caractere_exclue": 1076, "texte": "de l'orchestre, et formidable ovation à"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1127, "fin_caractere_exclue": 1141, "texte": "Joseph Dupont."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1221, "fin_caractere_exclue": 1258, "texte": "Un incident regrettable. — Notre cher"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1309, "fin_caractere_exclue": 1352, "texte": "et éminent critique Gustave F. a eu la dou­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1403, "fin_caractere_exclue": 1449, "texte": "leur, l'un de ces soirs, d'être accosté par un"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1500, "fin_caractere_exclue": 1539, "texte": "monsieur des plus inconvenants qui a eu"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1590, "fin_caractere_exclue": 1634, "texte": "l'audace de le saluer, en une rue d'ailleurs"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1685, "fin_caractere_exclue": 1730, "texte": "fréquentée et officielle, par ces mots : Bon­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1781, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "soir monsieur Coquelin. Nous partageons"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1871, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "les regrets de la Comédie-Française et nous"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1965, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "offrons' à notre vénérable confrère les com­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2060, "fin_caractere_exclue": 2102, "texte": "pliments de condoléances qui lui sont dus."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2201, "fin_caractere_exclue": 2241, "texte": "Le correspondant particulier — très par­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2292, "fin_caractere_exclue": 2334, "texte": "ticulier — du Journal de Liége informe ses"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2385, "fin_caractere_exclue": 2403, "texte": "lecteurs de ceci :"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2457, "fin_caractere_exclue": 2500, "texte": "« Enfin 1 laissons cela et, si vous le vou­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2551, "fin_caractere_exclue": 2595, "texte": "lez bien, causons de choses plus gaies. Pour"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2646, "fin_caractere_exclue": 2692, "texte": "la seconde fois, j'ai la bonne fortune de pou­"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2743, "fin_caractere_exclue": 2784, "texte": "voir vous parler d'une chose que bien peu"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2835, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "de mes confrères soupçonnent et dont aucun"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 2928, "fin_caractere_exclue": 2948, "texte": "n'a parlé jusqu'ici."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3002, "fin_caractere_exclue": 3046, "texte": "« Banville, en mourant, a, paraît-il, laissé"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3097, "fin_caractere_exclue": 3142, "texte": "une pièce, tout juste terminée et à l'état de"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3193, "fin_caractere_exclue": 3232, "texte": "manuscrit brouillon. Se sentant à toute"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3283, "fin_caractere_exclue": 3326, "texte": "extrémité, il fit demander à Catulle Mendes"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3377, "fin_caractere_exclue": 3422, "texte": "de s'en occuper. C'est donc sur les instances"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3473, "fin_caractere_exclue": 3512, "texte": "de Mme de Banville et de Catulle Mendès"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3563, "fin_caractere_exclue": 3608, "texte": "que Claretie consentit à faire voir le feu de"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3659, "fin_caractere_exclue": 3696, "texte": "la rampe aux quatre actes de Florise."}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3750, "fin_caractere_exclue": 3788, "texte": "« Florise est une ancienne comédienne,"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3839, "fin_caractere_exclue": 3881, "texte": "plutôt tragédienne, passionnée de son art,"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 3932, "fin_caractere_exclue": 3974, "texte": "vivant de lui et pour lui. Elle a fini par"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "céder aux prières d'un marquis de X .. et l'a"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 142, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "épousé, quittant pour lui le théâtre et la"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 236, "fin_caractere_exclue": 280, "texte": "gloire. D'ailleurs elle aime cet homme éper­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 331, "fin_caractere_exclue": 373, "texte": "dûment, et Banville a su faire vibrer dans"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 424, "fin_caractere_exclue": 464, "texte": "ce cœur toutes les notes d'un amour d'ar"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 518, "fin_caractere_exclue": 562, "texte": "tiste : grâce, passion, tendresse, coquette­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 612, "fin_caractere_exclue": 656, "texte": "rie, finesse de sentiment, etc. Malgré tout,"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 706, "fin_caractere_exclue": 731, "texte": "elle regrette le théâtre."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 840, "texte": "Pour une fête, le marquis fait venir une"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 889, "fin_caractere_exclue": 929, "texte": "troupe de comédiens de passage, et là se"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 979, "fin_caractere_exclue": 1023, "texte": "place la scène capitale. La marquise Florise"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1076, "fin_caractere_exclue": 1119, "texte": "assiste à une répétition; malgré ses obser­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1169, "fin_caractere_exclue": 1217, "texte": "vations, l'actrice qui joue le rôle de l'héroïne"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1228, "fin_caractere_exclue": 1273, "texte": "(Phèdre, je crois) est terne et impuissante à"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1274, "fin_caractere_exclue": 1305, "texte": "en faire ressortir les beautés."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1309, "fin_caractere_exclue": 1352, "texte": "« Florise saute sur le théâtre, lui arrache"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1402, "fin_caractere_exclue": 1450, "texte": "son rôle et se met à réciter, réciter, s'enthou­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1492, "fin_caractere_exclue": 1535, "texte": "siasmant à chaque vers, sentant renaître en"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1581, "fin_caractere_exclue": 1624, "texte": "elle ses amours passées mal éteintes, cette"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1674, "fin_caractere_exclue": 1717, "texte": "passion des planches, ce besoin des bravos,"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1762, "fin_caractere_exclue": 1807, "texte": "ce délire artistique... et elle part, elle se"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1856, "fin_caractere_exclue": 1899, "texte": "sauve avec cette troupe de comédiens, plan­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1947, "fin_caractere_exclue": 1991, "texte": "tant là son pauvre marquis. Moralité : l'art"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2041, "fin_caractere_exclue": 2065, "texte": "plus fort que l'amour. »"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2138, "fin_caractere_exclue": 2179, "texte": "Florise, pièce inédite, tout juste termi­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2219, "fin_caractere_exclue": 2259, "texte": "née, à l'état de manuscrit brouillon !!!"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2262, "fin_caractere_exclue": 2284, "texte": "O sainte littérature !"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2466, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "Notre mage, Léon Dardenne, après avoir"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2596, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "dompté un peau jaune de la troupe de"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2728, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "Buffalo-Bill, a réussi à scalper un taureau"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2772, "fin_caractere_exclue": 2813, "texte": "dont les cornes sont visibles au musée de"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2814, "fin_caractere_exclue": 2827, "texte": "la Chronique."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3014, "fin_caractere_exclue": 3051, "texte": "L'illustrissimo Cabellero Albert C. a"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3084, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "failli maîtriser le coursier le plus sauvage"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3166, "fin_caractere_exclue": 3206, "texte": "des plaines du Far West, actuellement en"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3261, "fin_caractere_exclue": 3305, "texte": "représentation à Bruxelles; celui-ci a main­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3358, "fin_caractere_exclue": 3392, "texte": "tenu ses droits de pied de maître."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3639, "fin_caractere_exclue": 3673, "texte": "Nos chers amis, Eugène Demolder et"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3712, "fin_caractere_exclue": 3751, "texte": "Francis Nautet, s'embarqueront prochai­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3792, "fin_caractere_exclue": 3830, "texte": "nement pour le royaume libre du Congo,"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3880, "fin_caractere_exclue": 3924, "texte": "afin d'entreprendre en bicyclette la traver­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3959, "fin_caractere_exclue": 3991, "texte": "sée de l'Afrique intertropicale."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 4046, "fin_caractere_exclue": 4083, "texte": "M. Alfred Desmet organise une contre-"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 4134, "fin_caractere_exclue": 4148, "texte": "manifestation."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 4227, "fin_caractere_exclue": 4256, "texte": "Je m'en Fuchs 1 (N. D. L. R.)"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "La place nous manque ici pour publier"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 235, "texte": "quelques fragments des importants discours"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 287, "fin_caractere_exclue": 330, "texte": "touchant les intérêts artistiques prononcés"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 382, "fin_caractere_exclue": 423, "texte": "par M. le ministre de Burlet et MM. Slin­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 475, "fin_caractere_exclue": 517, "texte": "geneyer et Buls à la Chambre des représen­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 569, "fin_caractere_exclue": 611, "texte": "tants. Nous en reparlerons dans notre pro­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 663, "fin_caractere_exclue": 705, "texte": "chain numéro. En attendant, nous adressons"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 757, "fin_caractere_exclue": 796, "texte": "tous nos remerciements à M. Slingeneyer"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 848, "fin_caractere_exclue": 888, "texte": "qui, dans l'enceinte parlementaire, a eu"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 940, "fin_caractere_exclue": 978, "texte": "le courage de soulever la question des"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1030, "fin_caractere_exclue": 1075, "texte": "Beaux-Arts et l'a défendue         fièrement."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1127, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "N. B. M. Anspach-Puissant n'a pas pris la"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1220, "fin_caractere_exclue": 1227, "texte": "parole."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1360, "fin_caractere_exclue": 1401, "texte": "Les musiques d'été ont repris leur droit."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1453, "fin_caractere_exclue": 1491, "texte": "Au Waux-Hall, tous les soirs, concerts"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1543, "fin_caractere_exclue": 1580, "texte": "charmants sous les ormes ombreux dont"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1632, "fin_caractere_exclue": 1673, "texte": "les verdures sombres s'approfondissent au"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1725, "fin_caractere_exclue": 1761, "texte": "loin piquées de mille globes jaunes."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1815, "fin_caractere_exclue": 1855, "texte": "Aux bains de mer, les kursaals s'animent"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1907, "fin_caractere_exclue": 1946, "texte": "peu à peu. A Ostende, chaque jour, con­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 1998, "fin_caractere_exclue": 2040, "texte": "certs d'harmonie, mais surtout et vraiment"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2092, "fin_caractere_exclue": 2135, "texte": "artistiques, deux fois par semaine, séances"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2187, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "d'orgue, par M. Léandre Vilain."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2339, "fin_caractere_exclue": 2374, "texte": "La Jeune Belgique publiera dans son"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2426, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "prochain numéro des proses de Maurice"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2556, "fin_caractere_exclue": 2595, "texte": "Desombiaux, Arnold Goffin, Georges Des-"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2684, "fin_caractere_exclue": 2727, "texte": "trée, Henry Maubel, des vers de Arnay, etc."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2887, "fin_caractere_exclue": 2914, "texte": "BULLETIN   BIBLIOGRAPHIQUE."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2970, "fin_caractere_exclue": 3010, "texte": "Ed. Dujardin, Anonia, fr. 2-50. La Comé-"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3062, "fin_caractere_exclue": 3083, "texte": "die des amours, 2 fr."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3138, "fin_caractere_exclue": 3165, "texte": "Ch. Morice, Chérubin, 2 fr."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3220, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "P. Verlaine, Choix de poésies, avec por­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3312, "fin_caractere_exclue": 3357, "texte": "trait, fr. 3-50. Les Uns et les Autres (réim­"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3409, "fin_caractere_exclue": 3452, "texte": "pression). Jadis et Naguère (réimpression)."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3507, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "Paul Redonnel, Liminaires, 2 fr."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3594, "fin_caractere_exclue": 3635, "texte": "A. Silvestre et Morand, Griselidis, 4 fr."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3690, "fin_caractere_exclue": 3711, "texte": "Maupassant, Rousette."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3766, "fin_caractere_exclue": 3791, "texte": "Henri Mazel, le Nazaréen."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3846, "fin_caractere_exclue": 3879, "texte": "F. Herold, la Joie de Maguelonne."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 3934, "fin_caractere_exclue": 3958, "texte": "P. M. Olin, des Visions."}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 4013, "fin_caractere_exclue": 4042, "texte": "Pour paraître prochainement :"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 4097, "fin_caractere_exclue": 4133, "texte": "T. Corbière, les Amours jaunes; Paul"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 4185, "fin_caractere_exclue": 4223, "texte": "Verlaine, Mes hôpitaux; Arthur Rimbaud"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 4275, "fin_caractere_exclue": 4283, "texte": "Poésies."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 88, "texte": "La librairie Tresse et Stock vient de"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 136, "fin_caractere_exclue": 175, "texte": "publier le drame superbe de Camille Le-"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 202, "fin_caractere_exclue": 242, "texte": "monnier, Un Mâle, qui souleva un enthou­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 243, "fin_caractere_exclue": 288, "texte": "siasme d'art, il y a trois ans, au théâtre du"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 289, "fin_caractere_exclue": 330, "texte": "Parc, et qui occupe la scène en ce moment"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 379, "fin_caractere_exclue": 407, "texte": "à Paris avec le même succès."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 491, "fin_caractere_exclue": 494, "texte": "***"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 565, "fin_caractere_exclue": 604, "texte": "Chez Siffer, à Gand, charmante causerie"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 660, "fin_caractere_exclue": 701, "texte": "sur la jeune fille dans l'art, par Albert"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 745, "fin_caractere_exclue": 751, "texte": "Dutry."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 991, "fin_caractere_exclue": 1032, "texte": "La Bibliothèque Littéraire et Artistique,"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1131, "fin_caractere_exclue": 1174, "texte": "collection d'art éditée par La Plume vient,"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1267, "fin_caractere_exclue": 1307, "texte": "après Dédicaces de Paul Verlaine, Albert"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1401, "fin_caractere_exclue": 1439, "texte": "de Louis Dumur, et les Cornes du Faune"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1533, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "d'Ernest Reynaud, de s'enrichir d'un nou­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1668, "fin_caractere_exclue": 1706, "texte": "veau volume : Le Fi Bâlouét, études de"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1794, "fin_caractere_exclue": 1830, "texte": "mœurs paysannes, par Jacques Renaud."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1914, "fin_caractere_exclue": 1956, "texte": "Ce livre, écrit par un peintre fidèle à la"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2025, "fin_caractere_exclue": 2065, "texte": "nature, est en même temps une œuvre dra­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2066, "fin_caractere_exclue": 2109, "texte": "matique pleine d'intérêt et un grand succès"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2110, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "pour la collection d'art dont il est un pré­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2200, "fin_caractere_exclue": 2217, "texte": "cieux exemplaire."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2534, "fin_caractere_exclue": 2573, "texte": "Camille Lemonnier vient de publier dans"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2574, "fin_caractere_exclue": 2619, "texte": "Gil Bias un fier et nerveux article sur Henri"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2663, "fin_caractere_exclue": 2703, "texte": "De Groux, qui a exposé aux Arts-Libéraux"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2848, "fin_caractere_exclue": 2881, "texte": "de Paris des toiles remarquables."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2976, "fin_caractere_exclue": 3017, "texte": "Cette sincère et noble glorification d'un"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3112, "fin_caractere_exclue": 3152, "texte": "des nôtres, aucun de nos journaux ne l'a"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3240, "fin_caractere_exclue": 3284, "texte": "reproduite. Alors qu'ils sont toujours prêts"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3374, "fin_caractere_exclue": 3418, "texte": "à accueillir les derniers potins de la poli­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3511, "fin_caractere_exclue": 3553, "texte": "tique en des faits-divers nauséabonds, ils"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3634, "fin_caractere_exclue": 3677, "texte": "gardent un silence obstiné lorsqu'il s'agit"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3763, "fin_caractere_exclue": 3781, "texte": "d'une œuvre d'art."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4042, "fin_caractere_exclue": 4083, "texte": "Notre littérature a eu sa fête à Paris ce"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4174, "fin_caractere_exclue": 4216, "texte": "mois-ci. C'est d'abord le Mâle, de Camille"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4308, "fin_caractere_exclue": 4349, "texte": "Lemonnier, dont les représentations orga­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4439, "fin_caractere_exclue": 4479, "texte": "nisées par le Théâtre de l'Avenir drama-"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4571, "fin_caractere_exclue": 4613, "texte": "tique, ont remporté un succès tel qu'elles"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4676, "fin_caractere_exclue": 4718, "texte": "seront continuées jusqu'à l'expiration des"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4719, "fin_caractere_exclue": 4762, "texte": "engagements des acteurs; puis l'Intruse, de"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4763, "fin_caractere_exclue": 4804, "texte": "Maurice Maeterlinck qui au Théâtre d'Art,"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4848, "fin_caractere_exclue": 4890, "texte": "a empoigné la salle et mérité les huées de"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4936, "fin_caractere_exclue": 4975, "texte": "quelques turbulents lecteurs de Sarcey."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 5025, "fin_caractere_exclue": 5065, "texte": "Nous recommandons, en passant, à l'impo­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 5115, "fin_caractere_exclue": 5160, "texte": "sant critique la large volée que vient de lui"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 135, "texte": "donner Maurice Desombiaux dans le Jour­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 184, "fin_caractere_exclue": 201, "texte": "nal de Charleroi."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 340, "fin_caractere_exclue": 378, "texte": "Les Fusillés de Matines à Paris. De la"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 427, "fin_caractere_exclue": 470, "texte": "Plume : « Le sort de l'Alsace-Lorraine rend"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 519, "fin_caractere_exclue": 562, "texte": "jaloux certains belges; ils ne se consolent"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 611, "fin_caractere_exclue": 659, "texte": "pas d'être Belges, d'être amis (?) de la France;"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 708, "fin_caractere_exclue": 744, "texte": "ils veulent être Allemands, na !...."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 796, "fin_caractere_exclue": 833, "texte": "« Le livre de M. Eekhoud est une mau­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 882, "fin_caractere_exclue": 897, "texte": "vaise action »."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 949, "fin_caractere_exclue": 988, "texte": "Du Mercure de France : « Voilà un très-"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1081, "fin_caractere_exclue": 1130, "texte": "bon livre.... C'est l'histoire de l'a révolte des"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1223, "fin_caractere_exclue": 1266, "texte": "Flandres en 1798, contre l'occupation fran­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1356, "fin_caractere_exclue": 1400, "texte": "çaise et la stupide tyrannie des Jacobins..."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1488, "fin_caractere_exclue": 1532, "texte": "L'auteur méprise et hait la Révolution fran­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1623, "fin_caractere_exclue": 1667, "texte": "çaise, — sentiments que tout artiste ne peut"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1755, "fin_caractere_exclue": 1793, "texte": "que hautement approuver.... A tous les"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 1879, "fin_caractere_exclue": 1913, "texte": "points de vue un très bon livre »."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2008, "fin_caractere_exclue": 2024, "texte": "C'est au choix !"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2161, "fin_caractere_exclue": 2199, "texte": "Félicien Rops nous fait parvenir, avec"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2248, "fin_caractere_exclue": 2289, "texte": "une amicale dédicace, le catalogue de son"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2338, "fin_caractere_exclue": 2379, "texte": "œuvre lithographique, publié par Erastène"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2428, "fin_caractere_exclue": 2468, "texte": "Ramiro, et orné de sept reproductions en"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2517, "fin_caractere_exclue": 2530, "texte": "taille-douce."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2625, "fin_caractere_exclue": 2662, "texte": "Ce catalogue, dont l'auteur serait un"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2711, "fin_caractere_exclue": 2755, "texte": "avocat distingué à la Cour d'appel de Paris,"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2804, "fin_caractere_exclue": 2847, "texte": "relève environ deux cents pièces du maître."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 2933, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "Parmi les reproductions qu'il renferme,"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3066, "fin_caractere_exclue": 3111, "texte": "nous signalerons le légendaire et très rare :"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3201, "fin_caractere_exclue": 3239, "texte": "« Enterrement au pays wallon »; — « la"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3333, "fin_caractere_exclue": 3373, "texte": "Peine de Mort » ;—«Chez les Trappistes»,"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3467, "fin_caractere_exclue": 3510, "texte": "choix fort judicieux en l'abondante produc­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3602, "fin_caractere_exclue": 3633, "texte": "tion lithographique de F. Rops."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3729, "fin_caractere_exclue": 3762, "texte": "P. S. Félicien Rops nous repromet"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3830, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "pour 1892 un frontispice."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3907, "fin_caractere_exclue": 3946, "texte": "Simultanément, l'éditeur E. Deman a pu­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 3995, "fin_caractere_exclue": 4038, "texte": "blié un catalogue d'estampes du XVIIIe siè­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4132, "fin_caractere_exclue": 4173, "texte": "cle en noir et en couleur et des croquis,"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4265, "fin_caractere_exclue": 4307, "texte": "eaux-fortes et lithographies de Rops, ren­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4398, "fin_caractere_exclue": 4438, "texte": "fermant 426 numéros, dont plusieurs ren­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4528, "fin_caractere_exclue": 4570, "texte": "seignent des pièces de grande rareté et de"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4662, "fin_caractere_exclue": 4675, "texte": "haute valeur."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4814, "fin_caractere_exclue": 4847, "texte": "Madame Lupar de Camille Lemonnier"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4896, "fin_caractere_exclue": 4935, "texte": "passera prochainement au Théâtre-Libre."}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 4984, "fin_caractere_exclue": 5024, "texte": "Antoine reparle encore de donner en sep­"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 5073, "fin_caractere_exclue": 5114, "texte": "tembre la Princesse Maleine. A ce propos,"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 5163, "fin_caractere_exclue": 5201, "texte": "l'Art moderne reproduit ces paroles de"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 40, "texte": "Maurice Maeterlinck : « Si M. Antoine me"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 138, "texte": "joue, je le laisserai arranger la mise en"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 182, "fin_caractere_exclue": 225, "texte": "scène comme il l'entendra ». Eh non ! il ne"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 273, "fin_caractere_exclue": 318, "texte": "faut pas qu'Antoine le joue ! il l'a joué une"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 362, "fin_caractere_exclue": 404, "texte": "fois, cela suffit. Lorsque l'on fit tapage"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 455, "fin_caractere_exclue": 494, "texte": "autour de la Princesse Maleine, Antoine"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 544, "fin_caractere_exclue": 588, "texte": "s'est taillé une belle réclame aux dépens de"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 638, "fin_caractere_exclue": 676, "texte": "notre ami ; il a voulu mêler son nom à"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 730, "fin_caractere_exclue": 774, "texte": "celui de Maurice Maeterlinck, quitte à aban­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 824, "fin_caractere_exclue": 867, "texte": "donner dans la suite les beaux projets dont"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 915, "fin_caractere_exclue": 955, "texte": "il faisait montre dès le début avec tant"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 978, "fin_caractere_exclue": 1016, "texte": "d'empressement. Nous espérons bien, si"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1017, "fin_caractere_exclue": 1056, "texte": "Antoine se décide à monter la Princesse"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1057, "fin_caractere_exclue": 1096, "texte": "Maleine, qu'un ami fidèle veillera à ce"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1147, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "qu'on ne tripatouille pas le chef-d'œuvre."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1481, "fin_caractere_exclue": 1519, "texte": "Le Mercure de France, dans son dernier"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1572, "fin_caractere_exclue": 1607, "texte": "numéro, publie la lettre suivante :"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1770, "fin_caractere_exclue": 1779, "texte": "MONSIEUR,"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1853, "fin_caractere_exclue": 1887, "texte": "J'ai quelques remerciements à vous"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1939, "fin_caractere_exclue": 1980, "texte": "adresser, à vous et au Mercure de France,"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2032, "fin_caractere_exclue": 2074, "texte": "qui détestez fort, M. de Gourmont l'a dit,"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2126, "fin_caractere_exclue": 2170, "texte": "le Déroulédisme artistique et le protection­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2220, "fin_caractere_exclue": 2237, "texte": "nisme littéraire."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2280, "fin_caractere_exclue": 2324, "texte": "Il paraît, s'il faut en croire votre chroni­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2325, "fin_caractere_exclue": 2365, "texte": "queur, que j'ai emprunté, sans prévenir,"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2366, "fin_caractere_exclue": 2403, "texte": "deux métaphores à M. Saint-Pol-Roux :"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2459, "fin_caractere_exclue": 2503, "texte": "les « cactus de la fièvre » et les « regards"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2551, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "éperviers pour des chasses mauvaises »."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2648, "fin_caractere_exclue": 2686, "texte": "J'avoue, à ma honte, que je viens, par"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2739, "fin_caractere_exclue": 2777, "texte": "le Mercure, d'apprendre l'existence de"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2831, "fin_caractere_exclue": 2872, "texte": "M. Saint-Pol-Roux. J'en suis charmé, seu­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2922, "fin_caractere_exclue": 2958, "texte": "lement, — comme on dit dans les Faux"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3010, "fin_caractere_exclue": 3049, "texte": "Bonshommes — les deux métaphores incri­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3101, "fin_caractere_exclue": 3140, "texte": "minées sont extraites de Monseigneur de"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3194, "fin_caractere_exclue": 3234, "texte": "Paphos, un poème qui parut, pour la pre­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3260, "fin_caractere_exclue": 3298, "texte": "mière fois, dans la Jeune Belgique, le"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3300, "fin_caractere_exclue": 3314, "texte": "1er juin 1888."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3318, "fin_caractere_exclue": 3352, "texte": "A qui le cactus? A qui l'épervier?"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3408, "fin_caractere_exclue": 3445, "texte": "Vous m'obligeriez beaucoup, monsieur,"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3499, "fin_caractere_exclue": 3540, "texte": "en révélant, dans le prochain Mercure, la"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3592, "fin_caractere_exclue": 3634, "texte": "date exacte à laquelle M. Saint-Pol-Roux a"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3658, "fin_caractere_exclue": 3703, "texte": "pris possession, urbi et orbi, de cette fleur"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3705, "fin_caractere_exclue": 3722, "texte": "et de cet oiseau."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3727, "fin_caractere_exclue": 3768, "texte": "C'est la seule façon de couper court à la"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3813, "fin_caractere_exclue": 3857, "texte": "querelle du cactus et à la guerre de l'éper­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3901, "fin_caractere_exclue": 3947, "texte": "vier, si indissolublement liées, n'est-ce pas?"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3993, "fin_caractere_exclue": 4025, "texte": "à l'avenir de la haute critique."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "J'attends de votre confraternité l'insertion"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 147, "fin_caractere_exclue": 181, "texte": "de ce petit poulet, et vous salue."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 258, "fin_caractere_exclue": 272, "texte": "ALBERT GIRAUD."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 325, "fin_caractere_exclue": 361, "texte": "En place de répondre à cette demande"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 412, "fin_caractere_exclue": 454, "texte": "précise de notre collaborateur, le Mercure"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 505, "fin_caractere_exclue": 543, "texte": "se dérobe et réplique que M. Paul Roux"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 594, "fin_caractere_exclue": 637, "texte": "(Saint) avant sa canonisation publiait déjà"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 688, "fin_caractere_exclue": 729, "texte": "en 1885. Publiait quoi? Albert Giraud pu­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 780, "fin_caractere_exclue": 823, "texte": "bliait lui avant 1880. On ne s'enquiert pas"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 874, "fin_caractere_exclue": 914, "texte": "de la date du baptême littéraire de Paul"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 965, "fin_caractere_exclue": 977, "texte": "Roux(Sainl)."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1110, "fin_caractere_exclue": 1146, "texte": "Dans un coquet et confortable salon,"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1197, "fin_caractere_exclue": 1239, "texte": "parmi les plantes du meilleur monde et les"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1290, "fin_caractere_exclue": 1329, "texte": "tentures discrètes, MM. de Saint-Cyr et"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1380, "fin_caractere_exclue": 1419, "texte": "Mignon exposent leurs œuvres, toiles et"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1470, "fin_caractere_exclue": 1478, "texte": "marbres."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1532, "fin_caractere_exclue": 1571, "texte": "M. de Saint-Cyr cherche la couleur dans"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1622, "fin_caractere_exclue": 1667, "texte": "les accessoires luxueux ; c'est très mondain,"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1718, "fin_caractere_exclue": 1760, "texte": "mais on y sent peut-être encore trop l'in­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1830, "fin_caractere_exclue": 1849, "texte": "fluence de Stevens."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1903, "fin_caractere_exclue": 1938, "texte": "M. Mignon, plus ancien, présente en"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 1989, "fin_caractere_exclue": 2031, "texte": "liberté quelques taureaux, bœufs, bisons ;"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2082, "fin_caractere_exclue": 2125, "texte": "lionnes de robustes allures et des types de"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2176, "fin_caractere_exclue": 2219, "texte": "soldats de l'armée belge militairement exé­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2270, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "cutés."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2419, "fin_caractere_exclue": 2458, "texte": "Zenon Przesmycki continue dans le Swiat"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2509, "fin_caractere_exclue": 2550, "texte": "son étude sur Maeterlinck et le mouvement"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2601, "fin_caractere_exclue": 2644, "texte": "littéraire belge, en même temps qu'il pour­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2695, "fin_caractere_exclue": 2737, "texte": "suit une fière campagne en faveur d'un art"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2788, "fin_caractere_exclue": 2829, "texte": "libre et nouveau. Prochainement, dans une"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2880, "fin_caractere_exclue": 2921, "texte": "autre revue, l'Athœneum, il se propose de"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 2972, "fin_caractere_exclue": 3009, "texte": "publier une anthologie de nos poètes."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3063, "fin_caractere_exclue": 3099, "texte": "La Jeune Belgique donnera prochaine­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3150, "fin_caractere_exclue": 3193, "texte": "ment de lui une étude sur la poésie tchèque"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3244, "fin_caractere_exclue": 3258, "texte": "contemporaine."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3367, "fin_caractere_exclue": 3404, "texte": "Dans l'Avenir dramatique, recommandés"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3455, "fin_caractere_exclue": 3497, "texte": "aux hypocondres récalcitants, les feuille­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3548, "fin_caractere_exclue": 3590, "texte": "tons de Willy-L'ouvreuse,  deux têtes sous"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3641, "fin_caractere_exclue": 3656, "texte": "un même bonnet."}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3775, "fin_caractere_exclue": 3811, "texte": "Jean Richepin a lu dernièrement à la"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3862, "fin_caractere_exclue": 3899, "texte": "Comédie-Française son drame en vers :"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 3950, "fin_caractere_exclue": 3991, "texte": "Par le Glaive, qui sera joué l'hiver pro­"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 4042, "fin_caractere_exclue": 4048, "texte": "chain."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-06-n6-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Catalogue de la librairie Paul Lacomblez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Paul LACOMBLEZ", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 292, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 5488, "texte": "Paul LACOMBLEZ\n     ÉDITEUR                  DE   « LA      JEUNE           BELGIQUE                »\n                               31, rue des Paroissiens\n                                      BRUXELLES.\n\n\n\nCatalogue des livres de fonds et en n o m b r e d'auteurs belges :\nBAUDOUX (Fernand)     .   .    Rythmes vieux, gris et roses, un volume in-16. . fr. 3 50\nCHAINAYE (Hector) .   .   .    L'Ame des choses                                          2 »\nDELATTRE (Louis) .    .   .    Contes de mon village, avec une introduction de\n                                  Georges Eekhoud, un volume in-18                       3 »\nDULAC (Paul)                   Vingt-cinq Sonnets, un volume in-16 Jésus. . . .          1 50\n                               (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon des manufactures\n                                  Impériales et 9 exempl. sur Hollande Van Gelder).\nEEKHOUD (Georges). . .         Nouvelles Kermesses, avec frontispice de Léon Dar­\n                                  denne, 1 volume in-8° (quelques exemplaires)           7 50\n      —                        La Nouvelle Carthage, un volume in-18                     3 50\n      —                        Les Fusillés de Malines, un volume in-18 . . . . 3 50\nGILKIN (Iwan) . . . .          La Damnation de l'artiste                               15 »\nGIRAUD ( A l b e r t ) . . . .  Hors du Siècle, poésies, un volume in-8° . . . . 3 50\n      —                        Pierrot lunaire, poésies, un volume petit in-12. . . 2 »\n      —                        Pierrot Narcisse, un volume in-16 raisin                  2 »\n                               (Il a été tiré 5 exemplaires sur Hollande Van Gelder).\n      —                        Dernières fêtes, poésies, un volume in-16, raisin . . 2 »\n                               (Il a été tiré 15 exempl. sur Japon des manufactures\n                                  Impériales et 10 exempl. sur Hollande Van Gelder).\nGOFFIN (Arnold). . . . Journal d'André (1885) (épuisé).\n      —                        Delzire Moris (1887) (épuisé)                             3 »\n      —                        Impressions et Sensations               (1888)            3 »\n      —                        Maxime (1890)                                    . . .    3 »\nITIBERÊ DA CUNHA (J.). .       Préludes, poésies; un vol. in-16 raisin                   3 »\nJENART (Aug.) . . . .          Le Barbare, poème-drame en prose, un volume in-18. 2 »\nJEUNE BELGIQUE (Le Parnasse de la), pièces diverses de dix-huit poètes belges, un\n                                   fort volume in-8°                                     7 50\nKAHN (Gustave) . . . .         Chansons d'amant, poèmes, un volume in-16 raisin . 3 50\nLACOMBLEZ (Paul) . . .         Un Baptême, pièce à dire pour jeunes filles. . . . 0 25\n      —                        Les Confitures, monologue pour jeunes filles . . .        1 »\n      —                        Pensionnaires,                  id.              . . .    1 »\n      —                        Romanesque!...                  id.              . . . 0 75\n      —                        Skating,                        id.              . . . 0 75\n      —                        Jeunes filles, monologues et pièces à dire                2 »\nLAVACHERY (Alfred). . .        Contes et Nouvelles, avec illustrations de L. Bauës.\n                                  E. Berchmans, E. de Baré, E. Delpérée, etc., un\n                                  volume grand in-8° carré                               5 »\nLAZARE (Bernard) . . . Les Quatre faces, plaquette anti-parnassienne. . . 1 »\nLEMONNIER (Camille) . .         En Brabant, contes, un volume in-18                      060\n      —                        Les bons amis, conte,           id.            0            60\n      —                        Trois contes,                   id.            0            60\n      —                        Les Charniers (Sedan),          id.                       3 50\n      —                        Ceux de la Glèbe (la Genèse, la Glèbe, les Concu­\n                                  bins, etc.), 1 volume in-18                            3 50\n      —                        En Allemagne, 1 volume in-18.                            3 50\n      —                        Happe-Chair,              id.                            3 50\n      —                        L'Hystérique,             id.                       . . 3 50\n      —                        Madame Lupar,             id.                            3 50\n      —                        Le Mort, nouvelles,       id.                             1 25\n      —                        Un Mâle, avec dessin de X. Mellery, 1 volume in-18. 3 50\n      —                        Thérèse Monique, 1 volume in-18                          3 50\nLE ROY (Grégoire). . .         Mon cœur pleure d'autrefois, un volume in-8° avec\n                                  un frontispice de Fernand Khnopff                    10 »\n MAETERLINCK (Maurice) .       Les Aveugles (L'Intruse. Les Aveugles), un vol. in-18. 3 »\n      —                        La Princesse Maleine, un volume in-18                    3 50\n       —                       Serres chaudes, un volume in-18                          3 »\n                               (Il a été tiré de chaque ouvrage 3 exemplaires sur\n                                  Japon à 15 francs et 7 exemplaires sur Hollande à\n                                  fr. 6-00).\n"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4850, "texte": "MAETERLINCK (Maurice) .       L'Ornement des noces spirituelles, par Ruysbroeck\n                                  l'Admirable, traduit du flamand sur les textes au­\n                                 thentiques retrouvés au cloître du Val-Vert, et\n                                 précédé d'une Introduction, un vol. in-18. . . . 4 0 0\n                              (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon des manufac­\n                                 tures Impériales et 25 exemplaires sur Hollande\n                                 Van Gelder).\nMAUBEL (Henry) . .             Max Waller, une plaquette in-8° (épuisé) . . . .        1 »\n       —                      Miette, un volume in-16                                  2 50\nNAUTET (Francis) . . . Notes sur la littérature moderne, deux séries. Chaque\n                                 série en un volume in-16                              3 50\nNYST (Raymond) . . .           Volume ayant pour titre une épigraphe, avec un fron­\n                                 tispice colorié et un dessin de Nestor Outer . . .    5 »\n       —                      La Création du Diable, un volume in-18, sur papier\n                                 de Hollande, avec une eau forte deWilly Schlobach. 3 50\nPLÉIADE (La), journal littéraire mensuel.\n                              Première année (1889), les douze numéros . . . .         3 »\n                              Chaque numéro séparément                    0              30\n                              Seconde année, les douze numéros (très rare) . . .       5 »\nRODENBACH (Georges) . .        L'Art en exil, roman, un volume in-18                   3 50\n      —                       L'Hiver mondain, poésies, un vol. in-18 (épuisé) . . 5 »\n       —                      La Jeunesse blanche, id.             id.      . . . .    3 »\n                              La Mer élégante,          id.        id.   (épuisé) . . 3 »\n       —                      Du silence,               id. un volume in-16 . . .      1 50\n       —      '               Les tristesses,           id. un volume in-18 . . .      3 »\n       —                      Le Règne du Silence, poème, un volume in-18. . . 3 50\nSEVERIN (Fernand) . . .       Le Lys', poésies, avec une eau-forte de Henry De\n                                 Groux, un volume in-16 . .                            2 »\n                             (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon et 25 exem­\n                                 plaires sur Hollande).\n       —                      Le Don d'Enfance, poèmes : un volume in-16 raisin . 2 »\n                              (II a été tiré 8 exemplaires sur Japon et 32 exem­\n                                 plaires sur Hollande).\nSI.UYTS (Charles) . . .        L'appel des voix, poésies, un volume grand in-16. . 2 »\n                              (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon et 25 exem­\n                                 plaires sur Hollande).\nVAN LERBERGHE (Charles).       Les Flaireurs, drame, une plaquette grand in-16 . . 1 »\n                             (Il a été tiré 25 exemplaires sur Hollande à 2 francs).\nVERHAEREN (Emile). . .         Les Soirs (épuisé).\n       —                     Les Débâcles, poésies, un volume in-8° sur papier de\n                                 Hollande. .                                          10 »\n                              Les Flambeaux noirs, poèmes, in-8° sur papier de\n                                 Hollande                     . . '. .                10 »\n       —                      Les Moines, poésies, un volume in-18 Jésus . . . 3 »\nWALLER (Max) . . . .          La Flûte à Siebel, un vol. in-8°, papier vergé . . .     5 »\n                              (Il a été tiré 75 exemplaires sur papier impérial Van\n                                 Gelder à 10 francs).\n                              Les autres ouvrages de Max Waller sont épuisés.\n\n\n\n                          A LA MEME LIBRAIRIE :\n  Les ouvrages des collaborateurs français de la Jeune Belgique, Léon Bloy, Henri de\nRégnier, J.-K. Huijsmans, Stéphane Mallarmé, Francis Vielé-Griffin, Paul Verlaine, etc.\n  L'éditeur P a u l Lacomblez prie les j e u n e s écrivains belges, désireux de voir\nleur nom figurer dans son catalogue, de se mettre en rapport avec lui et de lui\ndonner en dépôt quelques exemplaires de leurs ouvrages.\n\n\n   La librairie P. Lacomblez ouvrira un compte à toute personne notoirement solvable,\npour la fourniture des ouvrages portés au catalogue ci-dessus et, en général, de toute la\nlibrairie littéraire.\n   Ces comptes pourront être soldés en dix paiements mensuels, dont le premier s'effec­\ntuera à la livraison des volumes.\n   11 sera répondu à toute demande de renseignements bibliographiques accompagnée\nd'un timbre pour la réponse.\n\n\n                   Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 32, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 258, "texte": "Juin 1891                             TOME X. — N° 6                                         11me Année.\n\n\n\n\nLA\n    JEUNE\n                    BELGIOUE\n                                       SOMMAIRE:\n            U n e lettre de M. le baron de Haulleville .     VALÈRE GILLE.\n            La Mendiante                                     ANDRÉ FONTAINAS.\n            Le Massacre des innocents. Conte enfan-\n              tin                                            EUGÈNE    DEMOLDER.\n            Vers                                             GUSTAVE     KAHN.\n            Sonnets                                          HENRI DE RÉGNIER\n            Chronique littéraire :\n             Là-Bas                                          ARNOLD GOFFIN.\n             Le Jardin de Bérénice                           HENRY MAUBEL.\n             La jeune école portugaise       .   .   .   .   JEAN ITIBÉRÉ DA CUNHA.\n            Memento                                          NEMO.\n\n\n\n\n             REDACTION                                                    BRUXELLES\n 58, BOULEVARD D'ANDERLECHT, BRUXELLES.                            PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                       3 I , rue des Paroissiens\n                                                                                PARIS\n       PRIX DU NUMÉRO                                             LIBRAIRIE DE VArt Indépendant\n                                                                       II, rue de la Chaussée d'Antin\n            fr. 0-75.\n                                                                                  7891\n"}, {"page_pdf": 259, "texte": "                                                                            BELGIQUE\n      BELGIQUE\n                                 N E CRAINS\n\n\n\n\n                   JEUNE\n\n\n\n\n                                                                    JEUNE\n                            LA\n\n\n\n\n                                                               LA\n                                 N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                             PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n  Fondateur         : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                           Directeur : VALÈRE GILLE.\n                 Rédaction : 58, Boulevard dAnderlecht, Bruxelles.\n                   7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n                             BOITE AUX L E T T R E S .\n  FRANZ RUTY 6 fois nommé.\n                                 Quand les vents en furie\n                                 Se tordent (1) anxieux\n                                 Darts la moire des deux\n                                 Sous les vents   enjurie...\n (1) Nous aussi, et vous?\n  HECTOR MORAUD. Pas mal votre pièce En vain. Mais « c'est en vain qu'au Parnasse... »\nLa fin pas assez soignée. Avez aussi trop lu le Don d'enfance. Cherchez et vous trou­\nverez, frappez et on vous ouvrira.\n  JEAN PATRAT. Quel âge avez-vous? Si vous avez quatre-vingts ans, nous vous excu­\nsons.\n  A. V. SAINT-HUBERT.\n                                       Recevons\n                                       Votre lettre,\n                                       Nous allons\n                                       La soumettre\n                                       Aux amis.\n  Comme dirait E. Dujardin.\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                     des Capu-\ncines, 16, à Paris\n\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 3 i , rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand ; Chez Hoste, rue des Champs.\n   A Paris : Chez Bailly, n , rue de la Chaussée dAntin.j\n"}, {"page_pdf": 260, "texte": "                        UNE LETTRE\n        DE M. LE BARON DE HAULLEVILLE\n\n\n\n                                  Au lendemain des représentations de Rossi,\n                               où l'art théâtral avait triomphé à Bruxelles\n                                 pendant quelques jours, M. le baron de\n                                 Haulleville adressait à l'Art moderne une\n                                lettre dictée par la haute et pure impression\n                               qu'il avait ressentie devant l'évocation schake­\n                                   spearienne du tragédien italien.\n                                      Il comparaît ces éternels chefs-d'œuvre\n                                   humains au répertoire courant de nos\n                 théâtres que l'on peut juger sans même assister au débal­\n                 lage de l'article d'un soir ; il suffît de pénétrer dans ces\n                 salons d'affichage où l'on ne vient qu'afin de se faire valoir,\n                 pour se rendre compte de la prodigieuse platitude de nos\n                 scènes modernes.\n                    Tout y sent un beuglant de grande dimension. Des\n               plafonds décorés comme les plafonds d'opulents cafés de\n               rastaquouères, des ors faux et prétentieux où se liquéfient\n               des ciels d'indigo traversés d'une palme verte, des décorations\n               de pain d'épices où se prélassent quelques nymphes insolem­\nment roses dans des robes vert-céladon ou jus-de-groseille, un luxe de\ntenancier qui veut circonvenir quelque marchand de bœuf salé million­\nnaire, des pourpres de divan défoncé, des orles d'or, des entrelacs d'or,\n                                                                      15\n"}, {"page_pdf": 261, "texte": "                                 — 230 —\n\n\ndes lacis d'or, des treillis d'or, de l'or faux, à bon marché, du toc, orgueil\ndes abonnés insipides qui se mettent à bien dans de larges fauteuils capi­\nteux, des aristocraties déliquescentes qui se complimentent dans des loges\norgueilleuses, sous l'insolente lumière des lustres en zinc doré aux pende­\nloques de verroteries dignes des derniers Papous. Et c'est là que se suffisent\nquelques jeunes vieux délassés, lorgnant les jolies femmes, des rentiers\nexcitables, des retraités endormis, des familles louches affichant des bijoux\nde camelot sertis de diamants faux. Qu'importe à ce public implacablement\net fièrement niais, le Beau! il est trop égoïste pour le comprendre. Ce qu'il\nlui faut, c'est s'amuser, s'amuser toujours.\n   Les fines fleurs de gardenia sourient avec complaisance à quelqu'actrice\noutrageusement décolletée et fardée, leurs compagnes palpitent mystérieu­\nsement à la vue d'un insolent cabot ou d'un brillant caballero. Allez-donc\nleur parler d'Eschyle, de Shakespeare, d'Ibsen ; ils vous demanderont si\nc'est amusant, s'il y a quelques sous-entendus farceurs, quelques situations\ncorsées ou quelque ballet mouvementé.\n   Pour eux le monde n'existe que par la jouissance ; ils se soucient bien\nd'Œdipe, d'Hamlet, de Faust, de Parsifal ; ceux qui souffrent sont des imbé­\nciles, il faut les fuir parce qu'ils sont des trouble-fête. Jamais une idée n'a\ngermé dans leurs cerveaux atrophiés ; ils demandent du vaudeville pimenté,\nde la grosse farce, du ballet émoustillant, de la musique titillante.\n   C'est là leur théâtre ; après eux la fin du monde.\n   Le peuple aussi, on l'éduque avec toujours le même drame, le même\ntraître, le même Lagardère. Mais lui, peut-être, n'est pas encore si ennuyé\nqu'il ne puisse s'intéresser à un théâtre vrai, à un théâtre beau.\n   Ne pourrons-nous donc renvoyer à leurs jeux de cirque ceux qui veulent\nse gorger de plaisirs suprêmes avant de mourir, ou, du moins, trouver\nune élite qui préparera la moisson d'art future?\n   La lettre du baron de Haulleville nous est un espoir; en voici les prin­\ncipaux passages :\n\n   Nous « jouissons » d'un répertoire déplorable; nos théâtres sont des\nateliers de corruption pour le goût public; la majorité des acteurs qui\njouent devant lui sont des déclassés ; l'art est bafoué presque tous les soirs ;\nles moins pudibonds d'entre nous n'osent pas conduire au hasard leurs\nfamilles aux représentations que l'on nous offre; pour une pièce parisienne,\noù il y a au moins de l'esprit, combien d'ceuvres infectes ne sommes-nous\npas obligés d'entendre débiter? Cette corruption du goût descend ensuite\ndes hautes classes dans les couches inférieures de la société contemporaine,\nempeste les idées de notre peuple, infecte ses aptitudes natives pour l'art et\nfinit par obstruer les canaux de la réceptivité intellectuelle. C'est la mort\n"}, {"page_pdf": 262, "texte": "                                  —   231   —\n\nmorale. Il est douloureux de voir mourir un homme dans l'abjection\nmorale. Il est poignant d'assister à l'œuvre lente de l'empoisonnement\nsystématique du goût de toute une nation. Cette oblitération de l'art est\natroce; c'est quelque chose d'analogue à la négation de Dieu, car enfin, le\nBien absolu, la Vérité éternelle et le Beau en soi ne forment-ils pas une\nTrinité divine?\n   Notez que je n'ai pas en ce moment la prétention de m'ériger en censeur\ndes mœurs. Sans dédaigner ce souci, je ne cherche ici qu'à ameuter ceux\nqui me feront l'honneur de me lire contre les entreprises anti-esthétiques\ndont nous sommes les victimes payantes. L'art, le grand art est moralisa­\nteur. Il est sacré. Les poètes sont des « prophètes ». Tous les grands\nécrivains dramatiques ont été moralisateurs, depuis Sophocle jusqu'à\nWagner, moralisateurs en principe : quand bien même leur morale positive\nlaissait parfois à désirer par quelque côté, l'effet concluant de leur art a été\ntoujours élevé et l'action de leur ouvrage a donc été moralisatrice. L'éthique\net l'esthétique sont des sciences sœurs. En haut les cœurs! Tel est le cri\ndes spectateurs devant les œuvres des 'hommes de génie. On sort « meil­\nleur » d'une salle de spectacle où l'on a assisté à la représentation d'une\nvraie œuvre d'art, quand même celle-ci ne serait pas absolument conforme\nen tous points aux préceptes de la morale positive et universelle. Pourquoi?\nParce que le vrai artiste, même celui qui se complait dans la peinture du\nmal, ne saurait, sans mentir à sa vocation et sans prostituer son génie,\nvouloir glorifier le mal en soi. Cette œuvre satanique est encore à faire.\nOn l'a essayé parfois, mais les siècles n'ont pas ratifié son succès passager.\nEschyle, le Dante, Racine (dans Phèdre, par exemple), Milton (dans le\nParadis perdu) et d'autres ont fait du mal en soi des peintures éblouis­\nsantes, mais ces bienfaiteurs de l'humanité ne l'ont pas glorifié.\n   Dans nos petits théâtres et même sur certaines « grandes » scènes, on\nnous représente fréquemment des œuvres sans aucune esthétique; c'est là,\net là seulement que nous subissons la honte d'entendre applaudir ces glo­\nrifications insensées. Si le public était mieux élevé, si son goût était épuré\npar « l'expérience des belles choses », si son esprit était habituellement\nattiré vers ces hautes et sereines régions d'où rayonne le beau dans toutes\nles directions, il ne supporterait pas ces grossièretés.\n   Vous avez, mon cher confrère, il y a quelques années, quand les\nMeininger étaient parmi nous, publié sur ce sujet d'excellentes réflexions,\nque je ne fais que répéter sous une autre forme, à l'occasion des représen­\ntations de Rossi. Voyez, chaque soir, l'intéressant public qui y assiste : la\nmajeure portion des spectateurs ne connaît pas l'italien, et cependant ils\nécoutent, et ils comprennent, oui ils comprennent. On peut écouter des\nyeux. Il y en a qui entendent de l'âme. C'est une élite, me direz-vous. Soit,\nmais j'y aperçois de simples ouvriers et beaucoup de femmes. Un bon\nsigne.\n   Laisserons-nous s'envoler ces symptômes heureux, après le départ de\nRossi, comme nous l'avons fait, quand les Meininger nous ont quittés!\nCes réconfortants spectacles sont-ils destinés à passer chez nous comme\n"}, {"page_pdf": 263, "texte": "                                 —   232   —\n\n\ndes météores? Ne ferons-nous donc pas enfin un effort pour les rendre\npermanents? Sommes-nous incapables de réaliser ce qu'ont accompli de\nsimples particuliers comme M. Irving? Le petit duc de Saxe-Meiningen\nest-il plus puissant que nous?\n    Nous avons fait du théâtre de la Monnaie une des premières scènes\nlyriques du monde. Pourquoi n'essayerions-nous pas se'rieusement de créer\nenfin un théâtre, où notre peuple d'artistes trouverait enfin un temple\ndigne de lui?\n    Un de nos directeurs de théâtre les plus sérieux, M. C , me disait un\njour qu'avec une subvention annuelle de cinquante mille francs il se faisait\nfort d'ériger une scène comparable à celle des Meininger ou à celle de\nM. Irving; et pour démontrer que cette idée n'avait pas chez lui une\norigine sordide, il ajoutait qu'il se contenterait de devenir le régisseur de\nla maison.\n    Mais où prendre les 50,000 francs? Il ne faut pas les attendre, je le\ncrains, des pouvoirs publics. Mais, à défaut de ceux-ci, pensez-vous qu'il\nserait si difficile de former, dans le but indiqué, une société au capital de\n500,000 francs (50 actions de 10,000 francs, ou 500 de 1,000 francs, ou\n 1,000 de 500 francs, ou 2,000 de 250 francs, payables par 1,000, 100, 50\nou 25 francs par an, pendant dix ans?) En vérité, n'y aurait-il pas à\nBruxelles et en Belgique cent hommes de cœur, ayant quelque fortune,\ndésireux de s'honorer en donnant chaque année, pendant dix ans, une\nmisérable somme de 500 francs? C'est le prix d'un dîner qu'on offre par\nchic à ses connaissances pendant la saison. Je demande ces cent hommes.\nJe demande que cent hommes se fassent pardonner leur fortune par tous\nceux qui ont faim et soif d'art.\n    Pour prix de leur concours, je ne leur promets rien que la direction de\nl'entreprise et l'entrée au théâtre pour eux et leurs familles. Mais j'ai\nl'intime conviction qu'outre l'immense satisfaction morale que leur pro­\ncurera leur action, ils récolteront aussi des dividendes, au bout de quelques\nannées d'efforts. Les premières années seulement seraient difficiles à tra­\nverser, car, au commencement, il serait nécessaire de dépenser beaucoup\npour la décoration de la scène et pour la formation de la troupe. Celle-ci\nne comprendrait que des sujets de premier ordre, et le cabotinage en\nserait exclu rigoureusement.\n    La principale cause des premiers déficits serait l'indifférence du public.\n Il faudra d'abord le former. C'est l'œuvre la plus difficile. Mais elle n'est\npas irréalisable. Pour en rester convaincu, rappelez-vous ce qu'était\nnaguère le public musical de Bruxelles. Il n'existait pas, pour ainsi dire.\nGrâce aux concerts du Conservatoire et à quelques associations libres,\ntelle que l'excellente société des Concerts populaires de musique classique,\nil s'est formé lentement, mais sûrement, parmi nous un public nombreux\nde dilettantes et d'auditeurs, appartenant à toutes les classes de la société.\nBruxelles est devenu ainsi en peu d'années un des centres les plus puis­\nsants de goût musical, et cette puissance esthétique rayonne de la capitale\nvers les provinces, Anvers, Gand, Liége, Mons, Namur, et aussi vers\n"}, {"page_pdf": 264, "texte": "                                 — 233 —\n\nl'Étranger, au delà de nos frontières. Aujourd'hui, notre civilisation vaut\nquelque chose par la musique et quand notre clergé comprendra mieux\nl'action que pourrait exercer l'École supérieure de musique religieuse\nétablie à Malines, notre peuple entrera dans une voie splendide de réno­\nvation par l'art musical.\n   Soyez persuadé que les faits que je viens de résumer et que vous con­\nnaissez mieux que moi, se renouvelleraient pour l'art dramatique, et\nd'autant plus vite qu'on procéderait avec plus de décision. Ainsi, par\nexemple, dans ce théâtre que je rêve de voir établir, je voudrais qu'on\nréservât tout un rang pour les petits et les humbles, à des prix infimes.\nC'est en effet une erreur de croire que pour comprendre l'art dramatique\nil faille être lettré. Je vous ai fait plus haut mon mea culpa : moi, un\nlettré, je n'avais pas compris l'Œdipe-roi à la lecture. C'est M. Mounet­\nSully qui m'a instruit sur la scène. Et cependant je ne suis pas plus bête\nqu'un autre...\n   Je suis peut-être plus long. Ne m'en tenez pas rancune, car j'ai voulu\napporter mon grain de sable a l'édifice auquel vous travaillez avec tant de\nvaillance. Il y a dans les choses de l'art une action charitable à exercer.\nUsez-en un peu en faveur de votre humble et dévoué serviteur.\n\n   M. de Haulleville ne s'est pas contenté de théorie, il envisage la pratique\net conclut à la réalisation de ses projets. Pourra-t-on trouver ces cent\nhommes de cœur qui se feront pardonner leur fortune par tous ceux qui ont\nfaim et soif d'art? Ce serait une des gloires de la Belgique d'avoir en terre\nlibre un temple où serait célébré la Beauté.\n                                                       VALÈRE G I L L E .\n\n\n\n\n                    LA MENDIANTE\n                               When King Cophetua loved the    beggar-maid.\n                                                          SHAKESPEARE.\n\n\n    De quoi dans l'effroi seul de ses cheveux épars\n    Rêve-telle, la blême Enfant aux mains fleuries\n    De pâles guirlandes ? Songe-telle aux prairies\n    D'autrefois, avec leurs mares de nénuphars\n\n    Dont ses doigts fleurissaient les chemins de hazards\n    Où l'accueillait l'aumône ? — et dans ses rêveries\n    Ses yeux brûlent de l'éclat vif des pierreries\n    Qui sertissent ses robes d'or et ses brocarts.\n"}, {"page_pdf": 265, "texte": "                                 — 234    —\n\n\n    Mais Elle ne voit rien autour d'Elle. La chambre\n    Se fond en des vapeurs d'aromates et d'ambre ;\n    La fenêtre s'ouvre aux effluves chauds du soir ;\n\n    Les lourds désirs changeants comme des feux d'opale\n    En sanglots meurent sous la brume vespérale\n    Où l'Enfant ingénue est nue à son miroir.\n                                                  A N D R É FONTAINAS.\n\n\n\n\n LE MASSACRE DES INNOCENTS\n                          CONTE ENFANTIN\n                                                           A GUSTAVE   KÉFER.\n\n              Tout est lilial.\n                  Les arbres, tantôt frileuses brebis tondues, se sont vêtus de\n               laine immaculée. Sous le capuchon qui les couvre on ne voit\n               plus les toits aux cinabres naguère fouettés par les nuées\nd'hiver, et les moulins à vent des remparts décrivent de grandes croix inno­\ncentes et brillantes au dessus des escarpes couverts d'hermine.\n   Tout s'allume au soleil et partout des paillettes scintillent sur la pâle et\ndouce harmonie que les célestes violons ont laissé tomber, comme un\ncantique d'ange, de leurs archets câlins. Voyez les statues de la cathédrale\nen radieux manteaux ! Les gris féodaux des pierres du castel sont plus\nonctueux dans ce cadre de candeur, les bois luxueux des pignons et les\ncariatides en chêne des hôtels nobles s'enrichissent encore, la couronne\nde Sainte-Gertrude est une vraie fleur de neige au ciel bleu.\n   Les flocons ont cessé leur chute tout à coup, et il a fait un matin superbe.\nLes grandes tours sont chastes comme des glaciers — la bise éteinte laisse\nau loin rêver les champs blanchis sous les flûtes d'or des rayons. L'espace\na la pureté de cristaux de Bohême : il est lucide et fier ainsi qu'un appel de\nglorieuses trompettes d'argent au dessus des pignons qui se baignent à sa\nmusique aiguë.\n   Qu'Yperdamme se réveille joyeuse à cet hosanna de jeunesse ! Elle\ns'illusionne à ce songe descendu vers elle sur de grands escaliers de silence.\nLes tourelles et les clochetons ont des gaîtés familiales de sapins de Noël,\net le long des architectures se dressent de longues fleurs frileuses, où\n"}, {"page_pdf": 266, "texte": "                                 — 235 —\n\ns'accrochent aux ogives, aux corniches, aux cintres, comme des vignes\npétries des lys givrés des deux et où pendent les grappes du gel.\n   Les volets s'ouvrent, et la cité se mire dans sa parure neuve. A-t-on tué\ndes cygnes au paradis? Les anges ont-ils laissé tomber les plumes de leurs\nailes?\n   Doucement, comme si c'était la neige qui se fût mise à chanter, les\nclochers d'Yperdamme ont attaché à leur grand col de pierre le grelot des\nangelus; des appels convoquant aux matines ont comblé l'air de vibrantes\npièces d'argent que les battants frappent au coin de l'airain et jettent aux\ndévots.\n   Bing! Bang! Bing! Bang! Les orphelines sont allées à la première\nmesse, en troupeau vierge, vêtues de robes violettes.\n   Entendez-vous ? Les orgues encore dormeuses bégaient leurs premières\nfugues. Ah! comme tout va resplendir quand le soleil encore plus pâle\nqu'une hostie, brillera, lumineux ostensoir de la grand'messe blanche\nchantée par toute la province. Il fait angélique; on ne voit pas de corbeaux\nsur l'azur ; les maisons pensives et candides ont l'air d'avoir reçu une\nabsolution. On n'entend que les cloches, les cloches, les cloches, bing!\nbang ! bing ! bang! bing ! bang! Elles filent au rouet des clochers les musi­\nques de leurs carillons, mais, entre chaque tour de leur vibrant fuseau,\nécoutez quel mystère!        Les campanes, qui à Pâques jettent aux enfants\ndes œufs de Rome, ont des sanglots, aujourd'hui. Les sonneurs tirent-ils\naux cordes comme s'ils pendaient un larron?... On dirait qu'elles veulent\nsonner à mort ! Voyez le glas sur la neige! Et ce n'est pas le jour des tré­\npassés. Il est inutile de pleurer dans le ciel! Elles sanglottent, et c'est un\ncarillon de larmes qui pleut en taches de deuil!... Ah ! taisez-vous! Changez\nde ton et que vos gorges sonnantes ravalent ces pleurs ! Ah ! taisez vos mys­\ntérieuses douleurs, et dans la fraîcheur du matin donnez l'envol, autour\ndes campaniles d'aurore, à vos voix les plus argentines. Laissez flotter une\nidylle pascale au dessus des toits qui se réveillent :\n   C'est le matin de Saint-Nicolas qui se lève!\n   Fête ! Fête ! Fête !\n   Le grand saint est venu visiter les âtres !\n   Voilà l'alleluia des marionnettes descendues par les cheminées et luisantes\ncomme des pommes de joie !\n   Les poupées assises près des bruns pains d'épices et des couques au\nbeurres opulents, vont se lever, dirait-on, sur leurs pieds de bois et faire,\nau milieu du mobilier riant des friandises, des révérences aux marmots qui\nregardent avec des yeux dilatés, pareils à des pervenches épanouies à une\n"}, {"page_pdf": 267, "texte": "                                   — 236 —\n\nflambée de soleil. Des sabots d'or sont pleins de dragées ; les grillons des\nbonheurs enfantins chantent dans les âtres.\n   Toute la matinée, la joie n'a cessé d'éparpiller sur le tapis de neige les\nfleurs vives de ses rires, de ses jouets, de ses frimousses roses et de ses atours\nendimanchés. Le long des murs, enchantés ce jour comme les parois\nenluminées de boîtes à joujoux, c'étaient des processions d'enfants aux\nboucles soyeuses, chargés de bibelots, et qui étaient aussi ingénus que le\nciel souriant à leur fête et arborant d'immenses bannières d'azur et de\nclarté. On eût pensé que les arbustes d'un ancien printemps avaient repris\nune vie magique pour venir donner à l'hiver une vivante et fraternelle\nparure. Tout s'était rajeuni : la très vieille cathédrale avait caché sous le\nfard des nuées froides les rides noircies de ses ogives ; elle faisait flotter, le\nlong de ses cintres édentés, des guirlandes de bannières aux couleurs blan­\nches et jaunes — et les terribles gargouilles se montraient avenantes sous le\ngivre. Quand on passait dans les rues, les portes ouvertes, avec le tic-tac\nclair de grandes horloges dans la sonorité de corridors pavés de dalles,\nlaissaient s'échapper les odeurs de cuisine festivale, et l'on entendait\ndes cris de plaisir, des crin-crin de crécelles, des sonneries de trompettes\nenfantines, et de pauvres marmots chantaient aux seuils des hôtels riches,\nfaisant ronfler des rommel-pot, et recevant de blanches pièces en leurs\nfeutres tendus. Les étals des marchands resplendissaient de bombance : des\noies dodues attendant la broche, des poulets aux crêtes sanguines, de\nfastueux faisans avec, encore, l'incendie aux yeux d'or de leur plumage qui\néclaboussait de son faste royal les lourds perdreaux et les bécassines\nmélancoliques, mettaient aux fenêtres et aux portes des boutiques de\ngiboyeux holocaustes. Et, chez d'autres, des fruits précieux, venus d'Orient,\nfaisaient resplendir la succulente trésorerie de leurs pulpes de vermeil ou\nd'écarlate.\n   Dans la matinée, après les offices où les enfants de choeur entonnèrent, de\nleurs voix plus fraîches que des souffles embaumés d'aubépine, les louanges\nde Saint-Nicolas, les gens d'Yperdamme, leurs dévotions accomplies, allè­\nrent, le long du canal, voir les patineurs. La glace se cuivrait aux éclats du\nsoleil montant ; au loin, les villages voisins s'éparpillaient sous la neige, et\ndes gens costumés pour la fête décrivaient de grandes courbes, une jambe\nlevée, historiant le miroir d'hiver, allongé le long d'ormes tout blancs, de\nleurs attitudes élégantes ou comiques et de leurs gestes bariolés. Et puis,\ncomme le beffroi rappelait la fuite de l'heure en ce ciel rapide de joie, et que\nle grand air du gel avait creusé dans les estomacs une fosse peu lugubre aux\ndélicats morceaux des festins qui se préparaient, les habitants de la ville\nrentrèrent en leurs huis.\n"}, {"page_pdf": 268, "texte": "                                 — 237 —\n\n   Les rues s'apaisèrent, et les cheminées fumèrent au dessus des toits\nsilencieux.\n\n\n   En ce moment des sonneries de trompettes éclatèrent soudain aux quatre\ncoins de la cité.\n   Dans la plupart des maisons venait de commencer le repas du midi.\nOn avait récité le Benedicite, et les enfants, par les cheminées où flambaient\ndes bûches claires, avaient chanté des grâces à leur saint patronnai. Les\npremiers plats posaient sur les tables, et à presque toutes les nappes, de\ngrands saint Nicolas en sucre et en massepain ajoutaient leur friande\nsucrerie. Chez les plus pauvres, des pappes au riz doraient les assiettes\nd'étain et des boudins blancs criaient sur le gril.\n   Les portes s'ouvrirent, des figures parurent aux fenêtres. Ce n'était pas\nle jour de la cavalcade! Pourquoi ces sons de trompettes? Et certains se\nrappelèrent avec effroi l'étrange mélancolie des cloches, au matin.\n   Une nouvelle se répandit à travers la ville : les portes sont gardées par\ndes gens d'arme ! Et il passa au dessus du beffroi une nuée de corbeaux\npoussant des cris noirs et qui s'éloignèrent à gauche, du côté de Veurne.\n   Des figures effrayantes de guerriers débouchèrent sur la grand'place.\n   D'abord, des trompettes à figure d'ivrognes, la moustache rousse et le\nnez rougi, avec l'air hilare de leurs feutres à plumes flétries rejetés sur la\nnuque ou campés sur l'oreille.\n   Suivait un vieillard, chevauchant une monture couleur de lait, et revêtu\nd'une longue robe noire. Il portait sur la poitrine une barbe, y cachant mal\nl'agneau de la Toison d'or pendu à son col par une chaîne précieuse : un\nmauvais sourire scellait ses lèvres de justicier. A ses côtés un élégant sei­\ngneur en pourpoint de soie, joli comme un cœur, et entouré de plumes et\nde rubans ainsi qu'un jeune rosier paré de roses, faisait caracoler son cheval\npie.\n   S'avançait derrière eux un groupe de cavaliers en casaques d'un riche\nvermillon, des épées à larges poignées au côté, des poudrières et des gourdes\nà l'épaule.\n   Mais le gros de la cavalerie se formait de guerriers en puissantes armures,\nbardés d'acier luisant au soleil, la lance au poing; chaque escadron laissait\nflotter un drapeau où l'on voyait un aigle impérial.\n   Et tout un peuple de bourreaux et d'horribles valets avait en même\ntemps envahi Yperdamme. Ils étaient munis de sabres, de haches, de halle­\nbardes, et avaient des allures d'hyènes en temps de famine. Ils étaient\n"}, {"page_pdf": 269, "texte": "                                  — 238 —\n\nplus sinistres que les rôdeurs des soirs de bataille : il y avait du sang sur\nleurs vêtements et sur leurs mains. Quand ils entrèrent dans les rues de\nla cité, on raconte que la Vierge Noire, patronne miraculeuse des pêcheurs,\npleura dans la cathédrale. Ils allaient par la neige comme des loups\ngarous dans les ténèbres; certains, qui étaient ivres et cognaient les\nmurailles, semblaient des diables déguisés en happe-chair et sortant d'un\nbrutal sabbat.\n    Tandis que les escadrons passaient sur la grand'place et allaient s'arrêter\ndans les différents quartiers de la ville, le vieux justicier, entouré de son\nescorte, proclama que le Roy Hérode avait reçu à Jérusalem des sages\nd'Orient. Ils étaient venus pour adorer le roi des Juifs, dont ils avaient vu\nl'étoile en leurs pays lointains, et ils s'informaient du lieu de sa naissance.\nLe Roy Hérode, troublé, avait assemblé tous les principaux sacrificateurs\net les scribes du peuple afin de savoir où le Christ devait naître. Quand\nil sut que c'était en ses états, il prit un rescrit ordonnant que, dans tout son\nroyaume, les enfants depuis l'âge de deux ans et au dessous seraient occis.\n                                       *\n\n   Mais déjà le massacre a commencé à Yperdamme. Les vautours rouges\nplongent, dans les nids aux fêtes chantantes, les serres d'acier de leurs\nglaives et de leurs piques. Partout coule bientôt du sang de chérubin. Les\nsabres hachent des chairs poupines; on dirait qu'ils écrasent des roses\net des lys. Les cris des mères et les vagissements des petits sont étouffés\npar d'implacables appels de trompettes. Et comme les brebis, par des\ntemps d'orage, vont se jeter sous les branches des chênes, affolées par les\néperviers de feu qui traversent les nues crispées, des femmes courent vers\nla cathédrale, dont les pierres noires se chagrinent maintenant des baisers\nbleus et blancs de la neige et du ciel.\n   Les chiens hurlent ainsi qu'aux jours de lune venimeuse. O ! les misé­\nrables enfants ! Ils s'ébattaient près des foyers, leurs chairs dodues chauf­\nfées à l'âtre ; d'autres têtaient aux fleurs des seins maternels, d'autres\ndormaient dans leurs berceaux sous la protection d'une sainte image. Près\nd'eux gisaient des polichinelles, encore prestigieux de la nuit mystérieuse\noù saint Nicolas descend sur la terre. Et les voilà portés au bout du bras\nde varlets effroyables, comme des coqs qu'on va égorger ! De peur, ils\nembrennent la neige; on les enlève ainsi que des bottes de foin au bout de\npiques et le sol est parsemé de langes rougis et de mignons bonnets. Des\njouets semblent veiller, sur l'hermine violée des rues, les petits cadavres\nemmaillottés qui pâlissent au froid.\n"}, {"page_pdf": 270, "texte": "                                  — 239 —\n\n   En vain l'on se barricade! En vain les volets se ferment et les maisons\ncloses rappellent les temps hermétiques des pestes ! Des poutres lancées par\nles bras de fer des reîtres enfoncent les portes et brisent les plus rébarbatives\nserrures. Les vitres volent en éclats. La foudre pénètre ainsi, tue, attère,\nbrise. Les sacrificateurs vont droit aux toits qui abritent de nouveaux nés,\navec un flair de chacal : des marques de deuil auraient-elles été diabolique­\nment infligées aux façades? Car des sorcières ont raconté depuis qu'elles\navaient vu pendant la nuit un ange déchu voleter par les rues et indiquer\nles maisons destinées au massacre d'un signe de cabale, visible seulement\npour les serviteurs cruels du Roy Hérode; ceux-ci pénètrent ainsi en maître\ndans les demeures et font de la ville un cimetière de séraphins.\n   Que les parents crient et supplient et lèvent au ciel des mains d'épou­\nvante! Les lamentations se brisent aux cuirasses. Des mères se traînent\naux pieds des malfaiteurs et leurs torses fléchissent lamentablement sous la\ndouleur comme des saules qu'on abat. Elles pressent leur géniture sur\nleur sein, dans leurs bras crispés, mais les poignards vont fouiller leur\ngiron, et, sous leurs yeux flétris par la soudaine horreur, on moissonne\nd'une faucille hâtive les petites vies d'or et de printemps qui saignent;\nelles croient voir, en ces soudards féroces, la camarde verte elle-même,\ndont la main lève aujourd'hui les draps des berceaux ; elles restent, en\nlarmes, agenouillées, à contempler les enfançons, pareilles à de beaux arbres\npoétiques, à la sève généreuse et tendre, qu'on aurait triqués à coups de\ngaules et dont les fruits à peine mûrs, doux et vermeils, giseraient meurtris\nsous les branches qui pleurent.\n   Voilà les femmes des pêcheurs qui se hâtent vers le port, et leurs hommes\noffrent de rudes poitrines aux lances des bouchers. Elles courent à travers\nles barques avec leurs marmots ; les soldats les poursuivent, leur enlèvent\nles petits : il leur semble que c'est leur âme maternelle qu'on arrache. Les\ngrands vaisseaux du port eux-mêmes sont fouillés et demain, quand le soleil\néclairera la ville veuve d'enfants, les pavillons seront à mi-mât.\n   Voici des nourrices qui pleurent! Des vieillards, à tâtons sur la neige,\nviennent offrir leur pauvre corps pour sauver leurs descendants dont les\nyeux ont à peine eu le temps d'entrevoir deux printemps. Les dames\nnobles s'affolent par les rues, en toilette fastueuse, leurs coiffures patri­\nciennes semées de perles éparses sur la soie de blanches épaules. Le\nseigneur élégant qui dirige le massacre s'enfuit à leur approche sur son\ncheval pie. Elles offrent en vain des coffrets emplis de bagues, de colliers,\nde joyaux, qui tombent désespérés sur le sol à côté des jouets éperdus et\ndes chairs aux plaies purpurines. Mais des femmes d'artisans sautent sur\n"}, {"page_pdf": 271, "texte": "                                   — 240 —\n\n\nles barbares, les mordent et les griffent, telles des lices dont on a ravi la\nlaitée. On les rejette brutalement, le sein meurtri, et elles se tordent le\nlong des murs, roulées sur le sol, poussant des cris aigus au ciel qui\nn'entend pas et mêlant les aigres clameurs du clavier brisé de leurs\ntendresses aux notes du carillon qui martèle impitoyablement leur cœur\nbroyé.\n   Car la cathédrale demeure solennelle dans son manteau de givre, au\nmilieu du fléau abattu sur ses paroissiens : pourtant on a brisé des têtes\nd'enfants sur ses piliers. Elle a, peut-être, seule conscience du sacrifice qui\ns'opère. Silencieuse, avec la guirlande immobile de ses bannières, elle paraît\nécouter quelque ordre du ciel, et le moindre frémissement n'émeut ses\norgues.\n   Et, sur la place, à l'ombre de ses tours qui se projettent sur la neige,\nles escrimes des hallebardes, les hennissements de la cavalerie, les casaques\nbariolées des soldats faisant chanter leurs vermillons, leurs roux dorés, leurs\nverts pomme, variés de lilas et de jaune, sur le linceul qui couvre la terre,\nle scintillement des glaives, agités comme des battes, les éclats des trom­\npettes, l'allure désordonnée de la foule aux gesticulations insolites et\nbizarres, donnent à l'infanticide un air de carnaval.\n   En effet,'des chansons d'ivrognes s'élèvent bientôt, et l'ironie bachique d'une\nfête se mêle aux vociférations. On dirait un bruit de saturnale au milieu\ndes terreurs d'un champ de bataille. Car dans les maisons riches, sous\nl'orgueil des cuirs de Cordoue où ils plaquent leurs mains sanglantes, les\nbourreaux ont achevé les flacons enjoaillés par le rubis des vins, et ils se\nversent des rasades en de fins verres à forme de tulipes. Ils avalent\npar larges gorgées des bitters aux parfums de colonie, de religieuses\nbénédictines et des kirschs royaux. Ils battent les lambris de leurs\népaules ivres en suçant des grenades, des oranges ou des dattes volées sur\nles nappes avec quelque pièce d'argenterie aux chiffres aristocratiques. L'un\nd'eux a dépendu la frêle cithare d'où la main blanche d'une damoiselle tirait\ndes accords de gavotte et il en casse les cordes sous ses doigts épais.\nDans les chaudes et calmes lumières des corridors somptueux, tout impré­\ngnés des odeurs épicées de cuisines cossues et des arômes précieux de la\nrichesse, ce sont d'infâmes et meurtrières saoûleries éclaboussant les\nmarbres et les chênes ouvrés, qui se souviennent des fêtes de naguère et des\npaix anciennes, à cette heure violées. On se dirait au pillage d'Yperdamme,\nque les grand'mères ont vu et sur lequel les mendiants chantent des com­\nplaitens plus tristes encore que leurs yeux de pitié.\n  Presque tous les petits enfants sont morts. Le cimetière se hérissera de\n"}, {"page_pdf": 272, "texte": "                                   -   241 —\n\nbeaucoup de nouvelles croix blanches. Les fleurs du printemps serviront\ntoutes à des couronnes de deuil. Et la neige paraît noire, et sur le ciel\nvolent de grands oiseaux de proie. La ville est triste comme un champ de\nlys fouetté par la grêle et au dessus duquel roulent des nuées d'orage.\nPourtant le soleil flambe, la neige resplendit au loin et quelques traî­\nneaux à grelots et à panaches glissent encore là-bas sur les chemins.\nAinsi monte parfois au dessus de la mer quelque formidable nuage qui\nrappelle par ses vents ténébreux et ses lumières cruelles, ceux qui assom­\nbrirent le Golgotha : aux lointains l'onde reluit toutefois comme un banc\nde harengs par les beaux jours de fraie et les châtons des barques brillent à\nl'horizon. Mais sous les plis sinistres du spectre céleste, la terreur épouvante\nles flots qui se heurtent, leur blanche crinière échevelée, et qui poussent des\ncris de faons poursuivis par des loups dans la nuit.\n   Et le massacre est inutile ! Et le sang est perdu ainsi que le vin de l'eucha­\nristie qui s'épandrait sur les nappes d'autel. Car un ange est apparu à saint\nJoseph et lui a dit : « Lève-toi, et prends le petit enfant et sa mère, et\nt'enfuis en Egypte, et reste là jusqu'à ce que je te le dise; car Hérode\ncherchera le petit enfant pour le faire mourir. »\n\n\n   Mais des trompettes qui sonnent la retraite retentissent sur la place\nd'Yperdamme. Lentement le vieux justicier se dirige vers la porte de\nVeurne. Le cortège se reforme et les varlets d'armée sont plus ivres que des\ngrives qui ont pillé un plant de vignes : ils lavent leurs mains de\npéché dans la neige. Les cavaliers se reforment en rangs, sous les bannières\nflottantes, et ils passent par les rues désertes aux fenêtres closes. On a remis\nles cadavres dans les berceaux et allumé des chandelles bénites. La troupe\ndisparaît, en essuyant les lames rougies des épées; elle arrive bientôt\ndans la plaine éclatante de blancheur, le long des saulées aux dentelles de\ngivre, sous les ailes engourdies des moulins. Quelques-uns boivent\nencore à des gourdes, pour se réconforter contre le froid. En avant, le jeune\nseigneur magnifique se fait une visière de la main pour apercevoir le clocher\nle plus proche.\n   Derrière eux ils laissent un grand silence, comme s'ils sortaient d'une\nville de catacombes. Le carillon même, maintenant ne sonne plus, et le\ncadran du beffroi s'est arrêté à l'heure où mourut le dernier enfant. La mer\ns'est retirée du port et les flots se sont cachés sous les barques ainsi que des\nchiens effrayés.\n   Bientôt les corbeaux rouges de la nuée des soldats s'éparpillent au loin\nsur la campagne.\n"}, {"page_pdf": 273, "texte": "                                  — 242 —\n\n\n\n\n   Quelle est cette musique au ciel ? Est-ce le paradis qui accueille les\ninnocents? De grands sons de harpes volent à travers l'azur, avec des bruis­\nsements d'ailes séraphiques. Il y a fête au dessus de la cathédrale. Les lys\nbleus du firmament scintillent et font un dôme merveilleux à la cité morte.\n   Dans les profondeurs de l'espace, de grands anges vêtus de longues robes\nj'aunes et roses, décrivent de lentes paraboles. C'est de leur vol harmonieux\nque descend ce concert. Jamais aux jours de Pâques ne tomba du jubé\nchœur plus suave. Et les âmes enfantines montent doucement, étonnées\nentre ces gardes d'honneur qui veillent aux portiques du Très Haut. Elles\npénètrent dans la lumière d'ambroisie où croissent des ifs d'or et où\ns'étendent et fleurissent des jardins emplis de jeux mirifiques et de fontaines\nde cristal. C'est là qu'elles vont vivre, lumineux feux follets de ces régions\nmagnifiques, dans le parc le plus calme des domaines de Dieu, et loin de ces\narcs de triomphe qui éblouissent les bienheureux, là bas, et dont l'éclat\nmême pourrait violer leur tendre blancheur.\n    De ces terrasses de rêve éternel, penchés aux balcons du paradis, les\nInnocents consolés regardent, bien loin, Yperdamme en deuil et pareille à\nun nid dont un vautour vient d'arracher les oisillons. La neige scintille à\nl'infini sur les mondes, et la Sainte Famille fuit là-bas par les villages\nd'hiver. Elle traverse les canaux givrés et les plaines où se dressent des\npeupliers de glace. Sainte Marie porte en ses bras le Bambin Adorable, mais\npour que ses chairs ne frissonnent pas dans l'aigreur du froid, elle le cache\nsous son grand manteau. Elle est assise sur un âne, et saint Joseph marche\nen avant, une scie sur l'épaule, un sac plein d'outils à la main. Les\nvillages se recueillent à l'infini, et déjà la lune monte entre les saules, lan­\nterne miraculeuse accrochée pour la fuite divine au ciel du soir.\n\n                                                  EUGÈNE     DEMOLDER.\n"}, {"page_pdf": 274, "texte": "                         — 243 —\n\n\n\n\n                         VERS\n                 F I G U R E AU T H É Â T R E\n\n    Dans un luxe d'or rouge à fleurs d'or mat\n         Dans un faste de pierres bleues\n                      Mate\n    La couronne de ses noirs cheveux aurée\n    L'éclat de ses mains s'adoucissant d'anneaux\n             Forgés au fond des ghettos\n         Lourds et purs pour la plus aimée\n             Ses yeux inclinant leurs aveux\n             Et la douce bonté de sa bouche\n                      Elle écoute.\n\n                      Psaumes tus\n        Rituels de tribus en exil\n        Paroles au soir sur la montagne\n   Rêves entrecoupés des nuits d'alarmes\n        Ritournelles d'étranges étrangers\n        Fuyant dans des cliquetis d'armes\nVœux éplorés des seulettes en la campagne,\n             Bruits de bal dans l'île\n   Prières de nonnes de remords vêtues.\n\n   Le bal est si solitaire, sous ses yeux\n   De brefs météores de parfums      s'éveillent,\n   Jouent, paraissent, dansent, disparaissent,\n   Le bal a vers ses yeux tant d'allégresses,\n   Des masques sonorants se parent non pareils,\n   Paraissent, dansent, fléchissent sous ses yeux.\n\n       Les voix de la ballade,\n       Les dialogues sous les feuillées\n   Le récital de peines amères d'enfants\n   Le cœur navré de griève peine,\n"}, {"page_pdf": 275, "texte": "                           — 244 —\n\n\n      Les oliphants tristes du héros malade\n Les jonchées de colloques épars sur la peine\n      Universelle de l'amour mourant\n      Le cœur navré de griève peine.\n\n                   Bruire et rire.\n          Voici passer les échansons\n     Les coupes sont d'or mat et de topazes,\n Des serves blondes supportant les grands vases\n          Et s'agenouillent à l'échanson.\n                   Bruire et rire.\n\n          Voici sur le fond du théâtre,\n          Voici passer les histrions,\n     Dialoguant des chansons d'amour profond.\n\n                            LIED\n         Nous étions trois cavaliers\n         Le premier dit, en passant au pont,\n     Qu'elle est belle et pâle et calme cette eau\n         Il s'endormit par les roseaux.\n\n         Le second reprit : cette chanson\n    Murmure et s'enchante en miracle de sons,\nQu'elle est belle et pâle et calme cette chanson\n         Il s'endormit au bord de la route.\n\n    Le troisième vit au coude de la route\nPasser une ombre claire comme un grand lys blanc,\n    Il éperonna sur la route de l'ombre\nQu'elle est belle et pâle et calme, ce grand lys blanc\n    Il s'endormit aux baisers de l'ombre.\n\n                            LIED\n       Celle qui t'aime a dit aux vents\n       Passer par le front des futaies,\n       Ecoutez les ténèbres des cités,\nMurmurez des appels à l'Orient et l'Occident\n       Et sa voix vous répondra... moi.\n"}, {"page_pdf": 276, "texte": "                          — 245 —\n\n          Celle qui t'aime dit à la mer\n      Vos flux et vos reflux et vos marées\n Ce lent déroulement de vos baisers sur les rivages\n Les bourrasques de vos colères sur le rivage\n     Comme son âme vers ma bouche — ô mer\n\n         Celle qui t'aime dit à son âme :\n         Mes fiertés, mes marches hautaines\n         Nos fuites dans la forêt, les baisers\n         Perdus pour lui, perdus pour moi\n         Mon âme un jour, tu les lui rendras.\n\n\n                  COLLOQUE NUPTIAL\n\nCe n'est ni sur le décor d'or du tabernacle,\nCe n'est à la salle brune décorée de hanaps,\n             Ce n'est aux quêtes de Graals,\nCe n'est au saint autel, ni à la sainte nappe,\n       Cest au bazar du beau intégral.\n\n     Il avait étalé des fleurs de soie,\n    Des oripeaux dorés de fou de roi,\n              Une mitre d'améthystes,\n              Un éventail de topazes\nEt le vrai sourire d'Eve empreint sur des gazes.\n\n      Dans un port fortuné, sa mahonne\n                   Attendait\nA la porte d'un obscur retrait son cheval\n                   Piaffait,\n    Son courrier cherchait aux montagnes\n                 Dans des cabanes\n                 Déshéritées\n    Quelque antique miroir de métal.\n\n              Il lui dit : mes aïeux\nS'en sont venus de loin par des chemins obscurs,\n         Ils allaient de ville en ville.\n                                                      16\n"}, {"page_pdf": 277, "texte": "                           — 246 —\n\n              Ils montraient aux curieux\n         Des verreries et des turquoises.\n         Ils gardaient les diamants pour eux.\n\n        Au gîte pauvre ils couronnaient\n        L'éternelle et mate orientale\n                  De diamants\n    Et lui chantaient, en vieux rhythmes d'Orient\n                  Je suis l'amant.\n\nJe suis l'amant de ta beauté éternelle.\n               Voici le sourire d'Eve\n    Et les grâces des chevreaux au Carmel\n          Et je t'aime éternellement.\n\n    Le premier qui vêtit ma semblance\n        Etait affolé de ta face\n        J'ai tenaillé les surfaces\n        Pour y sculpter ton admirance.\n\n         Mon fils bercera ses enfances\n         Sur les soies de mon rêve vivant,\n           Et c'est ta semblance\n         Qu'il aimera delà les temps,\n\n                  Elle lui dit :\n      Une voix m'a troublé quand je me suis tue,\n          Quelqu'un parle dans le silence\nEt j'écoutais parfois dans le sommeil de la ville\nSi la vague chanson résonnerait sur le silence.\n\n         J'ai ri, car c'est la loi d'enfance,\nJ'ai tant ri que je suis le collier triste à ton cou.\n                   J'ai ri sans savoir où\n     Et parfois j'ai pleuré sur ta souffrance.\n\n   Mais c'était pour toi, parmi les songes\nComme un oubli d'accords qui s'éveille sur les harpes,\nTu devais écouter bruire le silence\n          Et chercher les lèvres de la voix.\n"}, {"page_pdf": 278, "texte": "                         — 247 —\n\nCe n'est ni sur le décor d'or du tabernacle,\n         Ni dans la chanson des montagnes,\n         Mais dans le soir d'une grande fête,\n         La fête du beau intégral.\n\n\n                        CHANSON\n\nToutes chansons au bois résonneront\nTous les printemps vert pâles fleuriront,\nToute banquette au bois s'enchantera de liserons,\n    Le rire par le bois tarira.\n\nCroyez-en la voix des pauvres bûcherons,\nToutes chansons au bois se flétriront.\nSous les baisers froids du printemps vert pâle\n     Tout le bois frilera.\n\nOubliez les chansons des pauvres bûcherons,\nOctobre vert pâle passera sur les bois,\nToute banquette au bois s'enchantera de liserons,\n    Le rire par le bois trillera.\n\nToutes chansons au bois résonneront,\nTous les automnes pâles y béniront\nLes idylles des pauvres bûcherons.\nPar les lamentos des automnes vert pâle\n    Tout le bois, tout le bois rira.\n\n                                           GUSTAVE K A H N .\n"}, {"page_pdf": 279, "texte": "                          — 248 —\n\n\n\n\n                     SONNETS\n                              I\n\nDes quatre coins égaux d'un marbre en pyramide\nOù quelque Destin grave en la Nuit s'est retrait\nLe noir tombeau fait face à toute la forêt\nDont un aspect en chaque pan se consolide.\n\nEt, dans la pureté de la pierre sans ride,\nVoici que spéculaire et féroce apparaît\nAvec les arbres hauts et le ciel ce qui est\nL'horreur que le Vivant a fuie en l'ombre     aride.\n\nLes Monstres, les Tueurs et les Hippocentaures,\nAcharnés contre lui d'aurores en aurores,\nAssaillent d'ongles le bloc qui les mire mornes.\n\nLes thyrses et les faulx éclatent! Les sabots\nHeurtent l'intacte pierre où se rompent les cornes\nD'un Satyre et du Bouc ennemi des tombeaux.\n\n\n                             II\n\nLas et tristes des blés, de la mer et du soir,\nDu rire de l'amour et du cri de la haine,\nLe Vivant pâle n'est plus que l'ombre hautaine\nD'un homme taciturne entré dans le Bois noir.\n\nLa muette forêt prépare à quelque espoir\nD'apparu dans son silence — porte d'ébène!\nUn vieux tombeau de calme pierre où l'Ame en peine\nEmpruntât du Destin conseil de ne surseoir.\n\nLe chêne, le cyprès, le platane et l'érable\nJasperont de lueurs le massif marbre stable\nEgal à quelque ciel d'Automne et de la Nuit.\n"}, {"page_pdf": 280, "texte": "                                        249\n\n    La pluie amassera parmi l'onyx de l'urne\n    Le pleur que dans la Mort mystérieuse a fui\n    Un d'avoir trop songé pour jamais taciturne.\n\n                                       III\n\n    Lourds de mémoires magnifiques et rieuses\n    Les soirs à toute gloire ont plus beaux survécu.\n    O visages passés au miroir de l'Ecu\n    0 mélancoliques f aces et furieuses !\n\n    L'amazone a heurté du sein l'orbe de fer\n    Où s'exalte à se voir au métal son sourire,\n    Mêle pour le tombeau le basalte au porphyre\n    Sous les grands soirs mornes qui montent de la Mer.\n\n    La Gloire n'a pas plus de nom que l'Onde ou                 l'Ombre,\n    Pends le bouclier au socle du cippe sombre.\n    Sans qu'aucune effigie y commente un destin.\n\n    Altier ou triste encor selon qu'en son écume\n    La Mer vaste en apporte où le bruit s'est éteint\n    L'héroïque rumeur ou la grave amertume !\n                                                       H E N R I DE R É G N I E R .\n   Décembre 1890.\n\n\n\n\n         CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n              Là-Bas,   par J.-K. HUYSMANS, Paris, Tresse et Stock.\n\n\n             Là-Basne continue point la série de monographies mentales\n              à laquelle se rattachent A Rebours et En Rade. Ce n'est\n              plus, seulement, sur l'écran d'an cerveau rare et exorbitant,\n              la projection de sensations fébriles ou cruelles, de songes\névocateurs, incarnations de la psychologie la plus aiguë et la plus décise.\n   Huysmans, désertant ces districts purement émotionnels, ces études\ndésintéressées de tout altruisme, élargit son cadre, y fait évoluer de mul­\ntiples personnages, un coin de société peuplé, au reste, d'insurgés encore,\ncurieux ou compliqués.\n"}, {"page_pdf": 281, "texte": "                                  — 250 —\n\n    Le décor moins subjectif, l'armature nette de Là-Bas réjouiront, sans\ndoute, cette bénévole critique clairvoyante, dont la myopie appariant,\njadis, Jacques Maries à des Esseintes, faisait la moue, déjà, à En Rade et\nl'incriminait de monotonie! Les linéaments trop déliés et ténus de pareilles\nanalyses égotistes déconcertent, en effet, les aristarques attitrés, nécessitent\nun loyer cérébral onéreux ou, tout au moins, pénible, — non requis à\nl'examen des solides ouvrages documentés et vécus, que l'on peut par­\ncourir dans une quiète somnolence, sans surprise redoutable et sans\ntracas.\n    Il est à craindre, cependant, que, malgré sa fabulation exotérique, si\nl'on ose dire, Là-Bas ne soit d'une bien anguleuse assimilation pour ces\nestomacs bien portants. Carhaix, le bon campanier, Durtal et des Hermies,\nqui sont comme les consciences éthique et esthétique de l'auteur, émettent\nde tels considérants sur la féconde moralité du temps, dénaturent si bien\nses pures intentions philanthropiques, sa charité sociale, ses élans vers le\nVrai bon teint et le Beau rémunérateur, — que plus d'un acheteur, gâvé\ndes sains principes de la pédagogie laïque, fermera le livre rétrograde, avec\nla pitié souriante, le léger mépris dégoûté et légitime de sa science vérifiée.\nUn homme éclairé, évidemment, trouvera, insérées sous la couverture\nblanche de Là-Bas, d'ahurissantes et — en ce siècle de lumières ! — presque\ninconcevables hérésies, la négation tranchante et hargneuse de très stables\naxiomes, d'opinions dès longtemps rassises ; — les fondements cubiques de\nla philosophie rationnelle, gratuite et obligatoire y reçoivent d'irrespec­\ntueuses atteintes, de désastreux et irréparables chocs. Ce radical bouquin\napparaîtra, à sa raison épouvantée, ainsi qu'une espèce de Somme des\nspéculations tardigrades, l'Epitomé politique et religieux de la hideuse\nréaction !\n    Qu'on se rassure, néanmoins! La sérénité de ses certitudes n'en sera pas\nautrement affectée ! Ces intellects — si l'on peut s'exprimer ainsi, — sont\nexactement réfractaires à toute loyale argumentation; la logique leur\ninspire une salutaire terreur et leur fatuité s'y rend, prudemment, inacces­\nsible : — là gît, aussi, l'unique sauvegarde de leur valeur électorale. —\n C'est l'invincible tendance, au contraire, des cerveaux complets d'échouer à\n se satisfaire de conceptions partielles, de doctrines tronquées; — les yeux\ntoujours fixés sur les doutes essentiels, s'équilibrer, à la fin, une métaphy­\n sique personnelle leur devient un irrésistible besoin. Durtal et des Hermies\nsont, donc, autant que Carhaix, des accordants. La perfection, le fini les\nattire, les sollicite sans cesse et c'est leur éternelle et quotidienne angoisse,\n— cette impuissance à réduire en un ferme et intégral système le décevant\nidéal qui fait leur délice et leur tourment.\n    — « Il est plus simple, s'écrie Durtal impatienté, il est plus simple de ne\npoint songer à tout cela ! » Oui, vraiment; mais, pas plus que des Hermies,\nil n'appartient à ces « extravagantes créatures », victimes placides « d'un\nenchantement incompréhensible et d'un assoupissement surnaturel », dont\nparle Blaise Pascal; — et c'est la condition de leur supériorité et toute sa\n noblesse. — Quoi qu'ils en aient, après avoir dérivé vers d'autres et plus\n"}, {"page_pdf": 282, "texte": "                                   —   251   —\n\n tangibles préoccupations, la lente et sûre fascination du mystère ramène\n leur pensée sur l'énigme irrésolue.\n    Ce malaise d'âme, immanent chez la plupart et embryonnaire, ces appé­\n tences spiritualistes que les gens sérieux circonscrivent sous le commode\n qualificatif de lunatiques, sont plus communs, peut-être, qu'on ne le sup­\n pose. Là-Bas l'indique fort justement : l'unanime et instinctif revirement\n de cette époque de sentimentalisme industriel, élégiaque tout à la fois et\n pratique, cette régression pandémique vers les mythes conspués, ce retour\n d'âge de religiosité jette des esprits, du reste sordides, sur les pâtures quel­\nconques qui joignent à l'indiscipline rituelle, de vagues semblances acroa­\ntiques : — spiritisme; théo-philanthropisme; unitarisme, etc. D'aucuns,\nd'appétits moins fades, poussent même jusqu'aux prestiges spagyriques.\nL'amusant spectacle de ce siècle affolé, dont la sénilité erre, selon la for­\nmule anarchiste, « Sans Dieu ni maître », Là-Bas nous le rend en tableaux\nscrupuleux et concrets, en lucides analyses.\n   Voilà donc, enfin, une œuvre à laquelle s'applique, de façon adéquate,\nce vocable dont on a tant mésusé : synthèse. L'inquiète complexité nerveuse,\nle douloureux grimaçant, le comique chagrin et macabre de l'heure y passent\nsous les vivantes effigies des personnages, — la perverse Mme de Chante­\nlouve, « aux yeux dolents et troubles » et son interlope époux; Carhaix\ninterné dans son ascétère aérien; Gévingey, l'occultiste et Docre, le pontife\nmauvais ; — ou en définitions incisives, en péremptoires controverses, en\nstrictes phrases suggestives. La symbolique puissante du maître nous\nrestitue, avec ses traits caractéristiques, ses entéléchies profondes, cette\nmorne agonie d'une ère mal née.\n    — Péladan, ce « mage de camelotte », cet orateur, méridional, au sur­\nplus, — et dont l'érudition, elle aussi, était du Midi! — au cours de cette\n Ethopée qui nous réservait de si effarants épisodes, professait un joyeux\nsyncrétisme mal macéré de théologie, de kabbale et de philosophie. Le\n Pandémonium de ce mercanti constellé avait légèrement discrédité la\nGnose.\n    Huysmans balaye le terrein des puériles architectures de l'Adelphe\nMercurius, reconstitue la généagenèse du Satanisme moderne, indique\nles diathèses psychiques qui favorisèrent cette reflorulence tardive, — fait,\nen somme, la clinique subtile de l'état phrénique de ses initiés.\n   — Le Naturalisme, enfin, coulé aux immondices suprêmes, rencontre ici\nun verdict d'une irrécusable équité. Huysmans, adepte insubordonné,\ntirailleur capricieux, a toujours été fort sur la lisière de l'école; les\npages consacrées aux Sœurs Vatard, dans les Romanciers naturalistes\nréflètent, au travers leurs éloges rèches, une défiance équivoque, l'aper­\nception vague des dissidences futures.\n   En proie au fragmentarisme,         colligeant et mosaïquant ses « docu­\nments humains » hétérogènes, le naturalisme, lui, non plus, n'admet ni ne\nconçoit le Héros, — comme si l'involution des êtres et des causes l'excluait,\nnécessairement. En valet bien stylé de l'envie égalitaire, il s'efforça d'abolir\nchez ses fervents, la capacité, la générosité de percevoir le Héros. — Et,\n"}, {"page_pdf": 283, "texte": "                                  — 252 —\n\n\ndans sa prétention d'apporter le Vrai (« du vrai plus vrai que celui des\nautres ! ») pour communiquer la sensation du Vrai, il choisit des sujets bas,\nse les imaginant plus vraisemblables, aux yeux de sa vulgaire clientèle ; ce\nqui, probablement, est un calcul faux.\n   Le conflit intime, antérieur à l'évolution définitive de Durtal vers de\nplus altières ambitions, est le prétexte d'un chapitre de perforante et hau­\ntaine critique, qui célèbre la totale ruine, la lamentable faillite des labo­\nrieuses théories du propriétaire de Médan. Son vœu fut d'instaurer un art\ndémotique, populaire, un art matérialiste, idoine au stupide orgueil con­\ntemporain. Commercialement parlant, il a réussi! Héraut favori du\npuffisme positiviste, il a reçu son salaire ! Lors, donc, que l'indignation\nd'une âme haute et droiturière répudie, au nom de l'art, le négoce où il a\nvilipendé sa plume, c'est justice!\n   — Il serait tout au moins explétif d'allonger cet article cursif de consi­\ndérations sur l'écriture de Huysmans. On connaît ce verbe agressif et\nonctueux, hérissé et pictural, — l'habituelle splendeur inattendue des\népithètes. Les nécessités du dialogue et de l'action ont assoupli, cette fois,\net brisé un peu, le contour de la période.\n   — Ce livre savoureux ramène, une fois de plus, la réflexion sur le stupé­\nfiant phénomène, — d'une plus sensible évidence, chaque jour, — du\ncomplet divorce, de la scission, à présent absolue, entre le monde ambiant\net les valables et sincères artistes. Aucun point de contact ne subsiste, nulle\nidée mitoyenne. Les mots ont fini par se destituer de toute efficacité pour\nla masse du public lettré, étant donnée son ineptie à se représenter la céré-\nbration dont ils sont les signes idiosyncrasiques.\n   Des jours, semble-t-il, — l'audition d'une régénérante musique, la lec­\nture d'une œuvre de l'envergure de Là-Bas, — des jours vous matérialisent,\npour ainsi dire, cette notion latente, — les jours bénis d'exaltation et\nd'ivresse intellectuelles.\n                                                      ARNOLD      GOFFIN.\n\n\n      Le Jardin de Bérénice, par M. MAURICE BARRÈS. — A Paris, chez Perrin.\n\n   L'arrivée de ce livre a produit parmi le public bavard du débarcadère litté­\nraire, ce mouvement d'étonnement craintif par lequel on accueille un être\nqui n'est pas habillé comme ceux de tous les jours. Tout de suite, pour\nreprendre contenance, le public l'a poursuivi de ce rire aux couleurs vives\net éphémères, ce rire à la petite journée qui est la force des faibles de Paris.\nAinsi des gens laissent choir un joli pâté d'encre sur les mots dont ils ne\ndistinguent pas très bien l'orthographe.\n   On a appelé l'auteur du livre : M lle Renan; c'était gentil. On l'a appelé :\nironiste; c'était vrai. On l'a appelé : fumiste; c'était bête. M. Huysmans a\nlaissé tomber de là-bas — est-ce « tomber » qu'il faut dire? — la suprême\nparole de dédain en déclarant que le livre de M. Maurice Barrès était « un\njoujou anémique ». Cette parole m'a fait plaisir, elle m'a affermi dans\nl'attrayant sentier des délicates analyses d'art où se promène notre petite.\n"}, {"page_pdf": 284, "texte": "                                  — 253 —\n\nBérénice. Je dis « notre », parce que je l'aime de tout moi cette petite\nrêveuse élevée au Musée du Roi René, en compagnie des « dames de Désin-\ntéressement et de Simplicité dont les doux visages évoquaient pour elle, les\nrésignations de la solitude », et qui est morte par le fait des barbares de ce\nsiècle. Elle me personnifie l'instinct, mais un instinct si tendre, si délicat,\nserrant de si près la terre parfumée que c'est mieux encore l'instinct des\nfleurs du paysage que celui des hommes qu'elles enveloppent. Elle montre\nce qu'un poète peut retrouver de saveur de vie et de pureté d'âme en rame­\nnant à la tradition de sa race, un pays maculé de civilisation à la grosse.\n   Le jardin de Bérénice est à mon avis un précieux livre d'art, et sans\nvouloir contrarier M. Barrès, qui se donne surtout comme un philosophe,\nà la recherche des règles de vie, j'avoue que je vois aussi en lui le psycho­\nlogue et le poète qu'il prétend - trop modestement — ne pas être.\n   Ce n'est pas sans mille prévenances d'imagination que l'on maintient dans\nson gracieux et nonchalant hiératisme un symbole aussi frêle que\ncelui-ci. Ce n'est pas sans échanger des vues profondes avec la dame d'Inspi­\nration que l'on écrit de ces pages dont le mouvement humain semble effacé,\ntant la vibration de vie rapide et fine y devient insaisissable. Et si M. Barrès\nn'est pas psychologue avec « la merveilleuse intelligence » de son aîné\nPaul Bourget, il l'est avec quelque chose de mieux- peut-être : son exquise\nsensibilité. Sa psychologie vive et fleurie ne démonte pas la mécanique pas­\nsionnelle; mais elle entend et note les chants qui courent la contrée. A côté\nde musiciens comme lui, les psychologues comme M. Bourget sont plutôt\ndes luthiers, des anatomistes de l'instrument qui chante. Sans doute, en de\ncurieuses discussions idéologiques, on le voit évoluer avec malice par les\nsentiers du féerique jardin; mais ce que j'aime surtout en lui, c'est que la\ndialectique ne l'ait pas privé de vie; c'est qu'il en fasse aussi émotivement la\npreuve par l'analyse et la synthèse unies.\n   M. Barrès a raison, en somme, il n'est pas « un poète qui raffine sur la\ncoupe des vers » ; il n'est pas « un psychologue qui démonte les ambitions,\nles amours, tous les appétits des hommes » ; il est un peu moins et un peu\nplus que çà, autre chose, une combinaison de ces deux êtres : il est un\nhomme qui « s'est mêlé à la vie la plus complète de son époque, avec autant\nde clairvoyance que d'ardeur », avec de supérieures facultés d'intellect et\nde sentiment. C'est de l'entretien en union intime, c'est de l'interpénétration\nde ces facultés amenées au plus haut point d'acuité et de finesse qu'est née\nson ironie.\n   Cette ironie très assourdie, très « feutrée », comme il dit, quand elle\ntouche à la chère petite Bérénice et qui prend alors les caresseuses\ninflexions d'une prière, exprime son art; c'est par elle qu'il excelle à lier la\nréalité au rêve.\n   Cette ironie l'attache mieux à ce qu'il aime en le rendant invulnérable\naux déplaisants contacts et quand il semble la diriger contre lui-même,\nc'est qu'il est sorti de son moi pour en faire le tour. C'est l'idéologue qui\nse promène : le poète est à l'abri.\n   Des gens ont mal compris cette ironie. Il leur a semblé qu'elle refroidis-\n"}, {"page_pdf": 285, "texte": "                                  — 254 —\n\nsait d'un courant d'air athée l'adoration du poète pour Bérénice; ce sont de\nces lecteurs peu apprivoisés qui mesurent la vie passionnelle à la vieille\nmesure romanesque. C'était l'erreur du romanesque de prendre tous nos « à\npeu près » de sentiment pour le sentiment par excellence; de ne pas en voir\nla gradation, de ne pas compter les échelons qui mènent de la terre au ciel.\n   Tout l'art est dans les rapports, les transitions ; ce sont ces rapports\net ces transitions que l'ironie de M. Barrès exprime. Elle n'est qu'un\nécho de sa sensibilité ; elle est cette sensibilité retentissant en un\ncerveau d'homme moderne; simple affaire d'acoustique intellectuelle; et,\nainsi comprise, c'est une forme moins de négation que de clairvoyance et\nd'humilité.\n   Qui ne sait se limiter à soi et ne sait non plus tout comprendre hors soi,\ndoit forcément douter et s'attrister de ce doute; ainsi l'ironie de M. Barrés\nse nimbe de tristesse. Mais le doute retombe sur soi-même et devient à la\nlongue une sorte de foi : je ne crois pas avancer de paradoxe en disant\ncombien le sceptique Barrès ressemble à un mystique.\n   Nous aurons l'occasion de reparler de lui prochainement à l'occasion de\nl'examen de ses trois volumes qu'il donnera en préface à une réimpression\nde Sous l'œil des Barbares.\n                                                        HENRY   MAUBEL.\n\n\n\n                           La jeune école portugaise.\n\n   Voici qu'au Portugal se forme également un mouvement « jeune », et, à\nen juger par la foi enthousiaste qui anime les dirigeants de la nouvelle école,\non peut espérer beaucoup de son avenir.\n   Nous avons sous les yeux les Oaristos et les Horas de M. Eugène de\nCastro.\n   Le premier de ces livres, qui nous semble celui où le poète se montre avec\nle plus d'originalité, est précédé de quelques lignes exposant son programme.\n   Cette pseudo-préface, très curieuse, a les allures d'un manifeste littéraire.\nIl y est fait un procès en règle à la Poésie portugaise contemporaine, « qui\nne repose, dit l'auteur, que sur quelques dizaines de lieux communs\néraillés », et un arrêt inexorable s'ensuit auquel échappent à peine deux ou\ntrois privilégiés.\n   La liberté des rhythmes, l'introduction de notre délicieux et très gaulois\nrondel, l'allitération, l'emploi de rimes rares et d'un vocabulaire varié et\nchoisi, telles sont les innovations qu'introduit dans la poétique portugaise\nM. de Castro.\n   Les vers des Oaristos ont par moments une saveur étrange, le poète se\nplaît dans le vague, dans des demi-teintes doucereuseses et charmantes et,\nbien que par ci par là l'on sente visiblement l'influence de nos poètes, ils\nne manquent pas d'une certaine originalité que la langue de Camoëns, si\nsonore et en même temps si suave, contribue à rehausser encore.\n"}, {"page_pdf": 286, "texte": "                                    — 255 —\n\n   Des images neuves et saillantes s'y rencontrent parfois, à côté d'autres\nd'une justesse tant soit peu problématique.\n   Bref, Oaristos est un livre d'un fin et moderne lyrisme, d'une beauté\ndélicieuse, quoique un peu bizarre, ou peut-être même délicieuse à cause de\ncette étrangeté.\n   Quant à la licence que M. de Castro s'est permise dans la pièce XV,\nafin, le croyons-nous, d'y placer une rime riche, il est vrai, mais au détri­\nment de la pureté du vers, il nous sera permis de faire nos réserves.\n   En effet, l'un des vers de cette pièce se termine par la première syllabe\nd'un mot, cette première syllabe formant la rime, tandis que la seconde\nsyllabe forme le vers suivant et la rime riche avec un autre mot. C'est un\nprocédé employé quelquefois par Banville, mais dans le genre funambu­\nlesque, et là seulement admissible, et non pas en une pièce ultra-lyrique\ncomme celle dont il s'agit ici.\n   Les Horas nous ont beaucoup moins plu. C'est d'un style forcé, on y\nsent la recherche pénible du nouveau, ce n'est plus délicieusement vague\ncomme le premier volume, mais obscur et embrouillé à souhait, cela\nressemble à du René Ghil .. portugais, et le livre se termine par un fort bel\n« Epilogue » (à la Schopenhauer) en profession de foi catholique et monar­\nchique et en vœu de chasteté :\n                Ne perpétuons pas la Douleur, soyons chastes,\n\n                ... mon cœur catholique et monarchique .\n\n               Lascives séductions jamais plus ne me tenter,\n               Vous qui étieç, autrefois, les reines de mon corps!\n               Virgo fidelis, qu'il y ait en tes Sourires-Rois\n               L'éternelle fraîcheur du Rire des Stériles.\n\n Dans le prochain numéro nous donnerons quelques traductions des\nOaristos.\n\n\n   L'Exame de consciencia de M. Antonio d'Oliveira Soares contient des\npoèmes d'un charme réel ; les vers sont clairs et beaux, avec une note amou­\nreuse dominante très gracieuse; c'est le rêve d'un idéal amour inassouvi, et\nd'autant plus intéressant qu'il est inassouvi. Une certaine religiosité se mêle\nà ces poésies chastes, et leur donnent un cachet très spécial qui contraste\navec celles de même genre qui glorifient les amours profanes et brutalement\nvoluptueuses d'autres poètes :\n               Quand je célébrerai la Messe des Noces\n               De nos Ames et de notre éternel Amour,\n               Je vêtirai d'abord l'Amict immaculé,\n               Qui exprime la chasteté intérieure et extérieure.\n"}, {"page_pdf": 287, "texte": "              — 256 —\n\n    Bouche incolore de mon Amour,\n    Pâle fleur de printemps,\n    Ton baiser calme désaltère\n    Ma soif de fraîcheur.\n\nA te voir ainsi, fanée, sans couleur,\nMon Baiser attend ton Baiser,\nBouche incolore de mon Amour,\nPâle fleur de printemps...\n\nMoi seul, qui hait l'astrale rougeur\nDes lèvres, j'aime la grâce austère\nDe la chaste bouche, où la Chimère\nN'a pas rêvé le Baiser en fleur.\nBouche incolore de mon Amour.\n                          JEAN ITIBÉRÉ DA CUNHA.\n"}, {"page_pdf": 288, "texte": "                                         — 257 —\n\n\n\n\n                                 MEMENTO\n  Au nom de la Jeune Belgique nous adres­         dans lesquels s'exhalent les derniers souf­\nsons nos. plus affectueux compliments de          fles des martyrs.\ncondoléance à notre collaborateur, Maurice           Parsifal, la partition la plus mystique, la\nMaeterlinck, qui vient d\"avoir la douleur de      plus chrétienne sinon la plus catholique\nperdre son frère.                                 qu'on ait écrite, et où la charité l'emporte\n                                                  sur l'espérance et même sur la foi. Non\n                                                  sans raison, un critique a dit que dans cette\n   Le 4 mai a été célébré, à Paris, le ma­        œuvre il y a plus de soif de l'éternel repos\nriage de notre ami André Fontainas, avec          que de la vie éternelle.\nM\"8 Herold, sœur de notre collaborateur              Exécution remarquable, surtout du côté\net petite-fille de l'auteur de Zampa.             de l'orchestre, et formidable ovation à\n   Nos unanimes félicitations et nos vœux         Joseph Dupont.\nles plus épithalamesques.\n                                                     Un incident regrettable. — Notre cher\n                                                  et éminent critique Gustave F. a eu la dou­\n   Quelques jours avant les adieux de Rossi,      leur, l'un de ces soirs, d'être accosté par un\nMounet-Sully est venu nous donner Her­            monsieur des plus inconvenants qui a eu\nnani ou les Trois pour une au Théâtre de la       l'audace de le saluer, en une rue d'ailleurs\nMonnaie. La comparaison entre le tragédien        fréquentée et officielle, par ces mots : Bon­\nitalien et le tragédien français n'a pas été à    soir monsieur Coquelin. Nous partageons\nl'avantage du dernier.                            les regrets de la Comédie-Française et nous\n   Il a interprété, il est vrai, le rôle d'Her­   offrons' à notre vénérable confrère les com­\nnani avec une passion toute romantique, où        pliments de condoléances qui lui sont dus.\nsa belle voix chantait superbement les vers.\nMais ses gestes si ondulants, trop souvent           Le correspondant particulier — très par­\nrépétés, paraissaient quelque peu empha­          ticulier — du Journal de Liége informe ses\ntiques et montraient trop l'acteur.               lecteurs de ceci :\n   Quant au drame, il lui manquait le gilet          « Enfin 1 laissons cela et, si vous le vou­\nrouge de Théophile Gautier et toute la            lez bien, causons de choses plus gaies. Pour\nphalange romantique de 1830.                      la seconde fois, j'ai la bonne fortune de pou­\n                                                  voir vous parler d'une chose que bien peu\n                                                  de mes confrères soupçonnent et dont aucun\n  Les Concerts populaires ont clôturé leur        n'a parlé jusqu'ici.\nsaison par une splendide séance consacrée            « Banville, en mourant, a, paraît-il, laissé\nà Brahms et à Wagner.                             une pièce, tout juste terminée et à l'état de\n  De Brahms, rien d'inédit mais de nobles         manuscrit brouillon. Se sentant à toute\nœuvres, la Symphonie, le Schicksals Lied,         extrémité, il fit demander à Catulle Mendes\nqui gagnent à être entendues souvent.             de s'en occuper. C'est donc sur les instances\n  De Wagner, outre la fin des Maîtres-            de Mme de Banville et de Catulle Mendès\nChanteurs et le « Vénusberg » de Tann­            que Claretie consentit à faire voir le feu de\nhaüser, une première, une vraie première :        la rampe aux quatre actes de Florise.\nle 3° acte presque entier, de ce divin et            « Florise est une ancienne comédienne,\ntroublant Parsifal qui nous ouvre de ces          plutôt tragédienne, passionnée de son art,\ncieux balsamiques, lubrifiés de nostalgies,       vivant de lui et pour lui. Elle a fini par\n"}, {"page_pdf": 289, "texte": "                                          — 258 —\n\ncéder aux prières d'un marquis de X .. et l'a        La place nous manque ici pour publier\népousé, quittant pour lui le théâtre et la         quelques fragments des importants discours\ngloire. D'ailleurs elle aime cet homme éper­       touchant les intérêts artistiques prononcés\ndûment, et Banville a su faire vibrer dans         par M. le ministre de Burlet et MM. Slin­\nce cœur toutes les notes d'un amour d'ar           geneyer et Buls à la Chambre des représen­\ntiste : grâce, passion, tendresse, coquette­       tants. Nous en reparlerons dans notre pro­\nrie, finesse de sentiment, etc. Malgré tout,       chain numéro. En attendant, nous adressons\nelle regrette le théâtre.                          tous nos remerciements à M. Slingeneyer\n   Pour une fête, le marquis fait venir une        qui, dans l'enceinte parlementaire, a eu\ntroupe de comédiens de passage, et là se           le courage de soulever la question des\nplace la scène capitale. La marquise Florise       Beaux-Arts et l'a défendue         fièrement.\nassiste à une répétition; malgré ses obser­        N. B. M. Anspach-Puissant n'a pas pris la\nvations, l'actrice qui joue le rôle de l'héroïne   parole.\n(Phèdre, je crois) est terne et impuissante à\nen faire ressortir les beautés.\n   « Florise saute sur le théâtre, lui arrache        Les musiques d'été ont repris leur droit.\nson rôle et se met à réciter, réciter, s'enthou­   Au Waux-Hall, tous les soirs, concerts\nsiasmant à chaque vers, sentant renaître en        charmants sous les ormes ombreux dont\nelle ses amours passées mal éteintes, cette        les verdures sombres s'approfondissent au\npassion des planches, ce besoin des bravos,        loin piquées de mille globes jaunes.\nce délire artistique... et elle part, elle se        Aux bains de mer, les kursaals s'animent\nsauve avec cette troupe de comédiens, plan­        peu à peu. A Ostende, chaque jour, con­\ntant là son pauvre marquis. Moralité : l'art       certs d'harmonie, mais surtout et vraiment\nplus fort que l'amour. »                           artistiques, deux fois par semaine, séances\n  Florise, pièce inédite, tout juste termi­        d'orgue, par M. Léandre Vilain.\nnée, à l'état de manuscrit brouillon !!!\n  O sainte littérature !\n                                                      La Jeune Belgique publiera dans son\n                                                   prochain numéro des proses de Maurice\n  Notre mage, Léon Dardenne, après avoir\n                                                   Desombiaux, Arnold Goffin, Georges Des-\ndompté un peau jaune de la troupe de\n                                                   trée, Henry Maubel, des vers de Arnay, etc.\nBuffalo-Bill, a réussi à scalper un taureau\ndont les cornes sont visibles au musée de\nla Chronique.\n                                                           BULLETIN   BIBLIOGRAPHIQUE.\n\n                                                      Ed. Dujardin, Anonia, fr. 2-50. La Comé-\n   L'illustrissimo Cabellero Albert C. a           die des amours, 2 fr.\nfailli maîtriser le coursier le plus sauvage          Ch. Morice, Chérubin, 2 fr.\ndes plaines du Far West, actuellement en              P. Verlaine, Choix de poésies, avec por­\nreprésentation à Bruxelles; celui-ci a main­       trait, fr. 3-50. Les Uns et les Autres (réim­\ntenu ses droits de pied de maître.                 pression). Jadis et Naguère (réimpression).\n                                                      Paul Redonnel, Liminaires, 2 fr.\n                                                      A. Silvestre et Morand, Griselidis, 4 fr.\n   Nos chers amis, Eugène Demolder et                 Maupassant, Rousette.\nFrancis Nautet, s'embarqueront prochai­               Henri Mazel, le Nazaréen.\nnement pour le royaume libre du Congo,                F. Herold, la Joie de Maguelonne.\nafin d'entreprendre en bicyclette la traver­          P. M. Olin, des Visions.\nsée de l'Afrique intertropicale.                      Pour paraître prochainement :\n   M. Alfred Desmet organise une contre-              T. Corbière, les Amours jaunes; Paul\nmanifestation.                                     Verlaine, Mes hôpitaux; Arthur Rimbaud\n   Je m'en Fuchs 1 (N. D. L. R.)                   Poésies.\n"}, {"page_pdf": 290, "texte": "                                       — 259 —\n\n   La librairie Tresse et Stock vient de        donner Maurice Desombiaux dans le Jour­\npublier le drame superbe de Camille Le-         nal de Charleroi.\nmonnier, Un Mâle, qui souleva un enthou­\nsiasme d'art, il y a trois ans, au théâtre du\nParc, et qui occupe la scène en ce moment          Les Fusillés de Matines à Paris. De la\nà Paris avec le même succès.                    Plume : « Le sort de l'Alsace-Lorraine rend\n                    ***                         jaloux certains belges; ils ne se consolent\n  Chez Siffer, à Gand, charmante causerie       pas d'être Belges, d'être amis (?) de la France;\nsur la jeune fille dans l'art, par Albert       ils veulent être Allemands, na !....\nDutry.                                             « Le livre de M. Eekhoud est une mau­\n                                                vaise action ».\n                                                   Du Mercure de France : « Voilà un très-\n  La Bibliothèque Littéraire et Artistique,\n                                                bon livre.... C'est l'histoire de l'a révolte des\ncollection d'art éditée par La Plume vient,\n                                                Flandres en 1798, contre l'occupation fran­\naprès Dédicaces de Paul Verlaine, Albert\n                                                çaise et la stupide tyrannie des Jacobins...\nde Louis Dumur, et les Cornes du Faune\n                                                L'auteur méprise et hait la Révolution fran­\nd'Ernest Reynaud, de s'enrichir d'un nou­\n                                                çaise, — sentiments que tout artiste ne peut\nveau volume : Le Fi Bâlouét, études de\n                                                que hautement approuver.... A tous les\nmœurs paysannes, par Jacques Renaud.\n                                                points de vue un très bon livre ».\nCe livre, écrit par un peintre fidèle à la\n                                                   C'est au choix !\nnature, est en même temps une œuvre dra­\nmatique pleine d'intérêt et un grand succès\npour la collection d'art dont il est un pré­       Félicien Rops nous fait parvenir, avec\ncieux exemplaire.                               une amicale dédicace, le catalogue de son\n                                                œuvre lithographique, publié par Erastène\n                                                Ramiro, et orné de sept reproductions en\n                                                taille-douce.\n   Camille Lemonnier vient de publier dans\nGil Bias un fier et nerveux article sur Henri      Ce catalogue, dont l'auteur serait un\nDe Groux, qui a exposé aux Arts-Libéraux        avocat distingué à la Cour d'appel de Paris,\n                                                relève environ deux cents pièces du maître.\nde Paris des toiles remarquables.\n                                                   Parmi les reproductions qu'il renferme,\n   Cette sincère et noble glorification d'un\n                                                nous signalerons le légendaire et très rare :\ndes nôtres, aucun de nos journaux ne l'a\n                                                « Enterrement au pays wallon »; — « la\nreproduite. Alors qu'ils sont toujours prêts\n                                                Peine de Mort » ;—«Chez les Trappistes»,\nà accueillir les derniers potins de la poli­\n                                                choix fort judicieux en l'abondante produc­\ntique en des faits-divers nauséabonds, ils\n                                                tion lithographique de F. Rops.\ngardent un silence obstiné lorsqu'il s'agit\n                                                   P. S. Félicien Rops nous repromet\nd'une œuvre d'art.\n                                                pour 1892 un frontispice.\n                                                   Simultanément, l'éditeur E. Deman a pu­\n                                                blié un catalogue d'estampes du XVIIIe siè­\n   Notre littérature a eu sa fête à Paris ce\n                                                cle en noir et en couleur et des croquis,\nmois-ci. C'est d'abord le Mâle, de Camille\n                                                eaux-fortes et lithographies de Rops, ren­\nLemonnier, dont les représentations orga­\n                                                fermant 426 numéros, dont plusieurs ren­\nnisées par le Théâtre de l'Avenir drama-\n                                                seignent des pièces de grande rareté et de\ntique, ont remporté un succès tel qu'elles\n                                                haute valeur.\nseront continuées jusqu'à l'expiration des\nengagements des acteurs; puis l'Intruse, de\nMaurice Maeterlinck qui au Théâtre d'Art,          Madame Lupar de Camille Lemonnier\na empoigné la salle et mérité les huées de      passera prochainement au Théâtre-Libre.\nquelques turbulents lecteurs de Sarcey.         Antoine reparle encore de donner en sep­\nNous recommandons, en passant, à l'impo­        tembre la Princesse Maleine. A ce propos,\nsant critique la large volée que vient de lui   l'Art moderne reproduit ces paroles de\n"}, {"page_pdf": 291, "texte": "Maurice Maeterlinck : « Si M. Antoine me            J'attends de votre confraternité l'insertion\njoue, je le laisserai arranger la mise en         de ce petit poulet, et vous salue.\nscène comme il l'entendra ». Eh non ! il ne                                 ALBERT GIRAUD.\nfaut pas qu'Antoine le joue ! il l'a joué une       En place de répondre à cette demande\nfois, cela suffit. Lorsque l'on fit tapage        précise de notre collaborateur, le Mercure\nautour de la Princesse Maleine, Antoine           se dérobe et réplique que M. Paul Roux\ns'est taillé une belle réclame aux dépens de      (Saint) avant sa canonisation publiait déjà\nnotre ami ; il a voulu mêler son nom à            en 1885. Publiait quoi? Albert Giraud pu­\ncelui de Maurice Maeterlinck, quitte à aban­      bliait lui avant 1880. On ne s'enquiert pas\ndonner dans la suite les beaux projets dont       de la date du baptême littéraire de Paul\nil faisait montre dès le début avec tant          Roux(Sainl).\nd'empressement. Nous espérons bien, si\nAntoine se décide à monter la Princesse\nMaleine, qu'un ami fidèle veillera à ce              Dans un coquet et confortable salon,\nqu'on ne tripatouille pas le chef-d'œuvre.        parmi les plantes du meilleur monde et les\n                                                  tentures discrètes, MM. de Saint-Cyr et\n                                                  Mignon exposent leurs œuvres, toiles et\n                                                  marbres.\n  Le Mercure de France, dans son dernier             M. de Saint-Cyr cherche la couleur dans\nnuméro, publie la lettre suivante :               les accessoires luxueux ; c'est très mondain,\n                                                  mais on y sent peut-être encore trop l'in­\n         MONSIEUR,\n                                                  fluence de Stevens.\n   J'ai quelques remerciements à vous                M. Mignon, plus ancien, présente en\nadresser, à vous et au Mercure de France,         liberté quelques taureaux, bœufs, bisons ;\nqui détestez fort, M. de Gourmont l'a dit,        lionnes de robustes allures et des types de\nle Déroulédisme artistique et le protection­      soldats de l'armée belge militairement exé­\nnisme littéraire.                                 cutés.\n   Il paraît, s'il faut en croire votre chroni­\nqueur, que j'ai emprunté, sans prévenir,\ndeux métaphores à M. Saint-Pol-Roux :                Zenon Przesmycki continue dans le Swiat\nles « cactus de la fièvre » et les « regards      son étude sur Maeterlinck et le mouvement\néperviers pour des chasses mauvaises ».           littéraire belge, en même temps qu'il pour­\n   J'avoue, à ma honte, que je viens, par         suit une fière campagne en faveur d'un art\n le Mercure, d'apprendre l'existence de           libre et nouveau. Prochainement, dans une\n M. Saint-Pol-Roux. J'en suis charmé, seu­        autre revue, l'Athœneum, il se propose de\nlement, — comme on dit dans les Faux              publier une anthologie de nos poètes.\nBonshommes — les deux métaphores incri­              La Jeune Belgique donnera prochaine­\n minées sont extraites de Monseigneur de          ment de lui une étude sur la poésie tchèque\nPaphos, un poème qui parut, pour la pre­          contemporaine.\n mière fois, dans la Jeune Belgique, le\n 1er juin 1888.\n   A qui le cactus? A qui l'épervier?               Dans l'Avenir dramatique, recommandés\n   Vous m'obligeriez beaucoup, monsieur,          aux hypocondres récalcitants, les feuille­\n en révélant, dans le prochain Mercure, la        tons de Willy-L'ouvreuse,  deux têtes sous\n date exacte à laquelle M. Saint-Pol-Roux a       un même bonnet.\n pris possession, urbi et orbi, de cette fleur\n et de cet oiseau.\n    C'est la seule façon de couper court à la       Jean Richepin a lu dernièrement à la\n querelle du cactus et à la guerre de l'éper­     Comédie-Française son drame en vers :\n vier, si indissolublement liées, n'est-ce pas?   Par le Glaive, qui sera joué l'hiver pro­\n à l'avenir de la haute critique.                 chain.\n"}, {"page_pdf": 292, "texte": "                   Paul LACOMBLEZ\n     ÉDITEUR                  DE   « LA      JEUNE           BELGIQUE                »\n                               31, rue des Paroissiens\n                                      BRUXELLES.\n\n\n\nCatalogue des livres de fonds et en n o m b r e d'auteurs belges :\nBAUDOUX (Fernand)     .   .    Rythmes vieux, gris et roses, un volume in-16. . fr. 3 50\nCHAINAYE (Hector) .   .   .    L'Ame des choses                                          2 »\nDELATTRE (Louis) .    .   .    Contes de mon village, avec une introduction de\n                                  Georges Eekhoud, un volume in-18                       3 »\nDULAC (Paul)                   Vingt-cinq Sonnets, un volume in-16 Jésus. . . .          1 50\n                               (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon des manufactures\n                                  Impériales et 9 exempl. sur Hollande Van Gelder).\nEEKHOUD (Georges). . .         Nouvelles Kermesses, avec frontispice de Léon Dar­\n                                  denne, 1 volume in-8° (quelques exemplaires)           7 50\n      —                        La Nouvelle Carthage, un volume in-18                     3 50\n      —                        Les Fusillés de Malines, un volume in-18 . . . . 3 50\nGILKIN (Iwan) . . . .          La Damnation de l'artiste                               15 »\nGIRAUD ( A l b e r t ) . . . .  Hors du Siècle, poésies, un volume in-8° . . . . 3 50\n      —                        Pierrot lunaire, poésies, un volume petit in-12. . . 2 »\n      —                        Pierrot Narcisse, un volume in-16 raisin                  2 »\n                               (Il a été tiré 5 exemplaires sur Hollande Van Gelder).\n      —                        Dernières fêtes, poésies, un volume in-16, raisin . . 2 »\n                               (Il a été tiré 15 exempl. sur Japon des manufactures\n                                  Impériales et 10 exempl. sur Hollande Van Gelder).\nGOFFIN (Arnold). . . . Journal d'André (1885) (épuisé).\n      —                        Delzire Moris (1887) (épuisé)                             3 »\n      —                        Impressions et Sensations               (1888)            3 »\n      —                        Maxime (1890)                                    . . .    3 »\nITIBERÊ DA CUNHA (J.). .       Préludes, poésies; un vol. in-16 raisin                   3 »\nJENART (Aug.) . . . .          Le Barbare, poème-drame en prose, un volume in-18. 2 »\nJEUNE BELGIQUE (Le Parnasse de la), pièces diverses de dix-huit poètes belges, un\n                                   fort volume in-8°                                     7 50\nKAHN (Gustave) . . . .         Chansons d'amant, poèmes, un volume in-16 raisin . 3 50\nLACOMBLEZ (Paul) . . .         Un Baptême, pièce à dire pour jeunes filles. . . . 0 25\n      —                        Les Confitures, monologue pour jeunes filles . . .        1 »\n      —                        Pensionnaires,                  id.              . . .    1 »\n      —                        Romanesque!...                  id.              . . . 0 75\n      —                        Skating,                        id.              . . . 0 75\n      —                        Jeunes filles, monologues et pièces à dire                2 »\nLAVACHERY (Alfred). . .        Contes et Nouvelles, avec illustrations de L. Bauës.\n                                  E. Berchmans, E. de Baré, E. Delpérée, etc., un\n                                  volume grand in-8° carré                               5 »\nLAZARE (Bernard) . . . Les Quatre faces, plaquette anti-parnassienne. . . 1 »\nLEMONNIER (Camille) . .         En Brabant, contes, un volume in-18                      060\n      —                        Les bons amis, conte,           id.            0            60\n      —                        Trois contes,                   id.            0            60\n      —                        Les Charniers (Sedan),          id.                       3 50\n      —                        Ceux de la Glèbe (la Genèse, la Glèbe, les Concu­\n                                  bins, etc.), 1 volume in-18                            3 50\n      —                        En Allemagne, 1 volume in-18.                            3 50\n      —                        Happe-Chair,              id.                            3 50\n      —                        L'Hystérique,             id.                       . . 3 50\n      —                        Madame Lupar,             id.                            3 50\n      —                        Le Mort, nouvelles,       id.                             1 25\n      —                        Un Mâle, avec dessin de X. Mellery, 1 volume in-18. 3 50\n      —                        Thérèse Monique, 1 volume in-18                          3 50\nLE ROY (Grégoire). . .         Mon cœur pleure d'autrefois, un volume in-8° avec\n                                  un frontispice de Fernand Khnopff                    10 »\n MAETERLINCK (Maurice) .       Les Aveugles (L'Intruse. Les Aveugles), un vol. in-18. 3 »\n      —                        La Princesse Maleine, un volume in-18                    3 50\n       —                       Serres chaudes, un volume in-18                          3 »\n                               (Il a été tiré de chaque ouvrage 3 exemplaires sur\n                                  Japon à 15 francs et 7 exemplaires sur Hollande à\n                                  fr. 6-00).\n"}, {"page_pdf": 293, "texte": "MAETERLINCK (Maurice) .       L'Ornement des noces spirituelles, par Ruysbroeck\n                                  l'Admirable, traduit du flamand sur les textes au­\n                                 thentiques retrouvés au cloître du Val-Vert, et\n                                 précédé d'une Introduction, un vol. in-18. . . . 4 0 0\n                              (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon des manufac­\n                                 tures Impériales et 25 exemplaires sur Hollande\n                                 Van Gelder).\nMAUBEL (Henry) . .             Max Waller, une plaquette in-8° (épuisé) . . . .        1 »\n       —                      Miette, un volume in-16                                  2 50\nNAUTET (Francis) . . . Notes sur la littérature moderne, deux séries. Chaque\n                                 série en un volume in-16                              3 50\nNYST (Raymond) . . .           Volume ayant pour titre une épigraphe, avec un fron­\n                                 tispice colorié et un dessin de Nestor Outer . . .    5 »\n       —                      La Création du Diable, un volume in-18, sur papier\n                                 de Hollande, avec une eau forte deWilly Schlobach. 3 50\nPLÉIADE (La), journal littéraire mensuel.\n                              Première année (1889), les douze numéros . . . .         3 »\n                              Chaque numéro séparément                    0              30\n                              Seconde année, les douze numéros (très rare) . . .       5 »\nRODENBACH (Georges) . .        L'Art en exil, roman, un volume in-18                   3 50\n      —                       L'Hiver mondain, poésies, un vol. in-18 (épuisé) . . 5 »\n       —                      La Jeunesse blanche, id.             id.      . . . .    3 »\n                              La Mer élégante,          id.        id.   (épuisé) . . 3 »\n       —                      Du silence,               id. un volume in-16 . . .      1 50\n       —      '               Les tristesses,           id. un volume in-18 . . .      3 »\n       —                      Le Règne du Silence, poème, un volume in-18. . . 3 50\nSEVERIN (Fernand) . . .       Le Lys', poésies, avec une eau-forte de Henry De\n                                 Groux, un volume in-16 . .                            2 »\n                             (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon et 25 exem­\n                                 plaires sur Hollande).\n       —                      Le Don d'Enfance, poèmes : un volume in-16 raisin . 2 »\n                              (II a été tiré 8 exemplaires sur Japon et 32 exem­\n                                 plaires sur Hollande).\nSI.UYTS (Charles) . . .        L'appel des voix, poésies, un volume grand in-16. . 2 »\n                              (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon et 25 exem­\n                                 plaires sur Hollande).\nVAN LERBERGHE (Charles).       Les Flaireurs, drame, une plaquette grand in-16 . . 1 »\n                             (Il a été tiré 25 exemplaires sur Hollande à 2 francs).\nVERHAEREN (Emile). . .         Les Soirs (épuisé).\n       —                     Les Débâcles, poésies, un volume in-8° sur papier de\n                                 Hollande. .                                          10 »\n                              Les Flambeaux noirs, poèmes, in-8° sur papier de\n                                 Hollande                     . . '. .                10 »\n       —                      Les Moines, poésies, un volume in-18 Jésus . . . 3 »\nWALLER (Max) . . . .          La Flûte à Siebel, un vol. in-8°, papier vergé . . .     5 »\n                              (Il a été tiré 75 exemplaires sur papier impérial Van\n                                 Gelder à 10 francs).\n                              Les autres ouvrages de Max Waller sont épuisés.\n\n\n\n                          A LA MEME LIBRAIRIE :\n  Les ouvrages des collaborateurs français de la Jeune Belgique, Léon Bloy, Henri de\nRégnier, J.-K. Huijsmans, Stéphane Mallarmé, Francis Vielé-Griffin, Paul Verlaine, etc.\n  L'éditeur P a u l Lacomblez prie les j e u n e s écrivains belges, désireux de voir\nleur nom figurer dans son catalogue, de se mettre en rapport avec lui et de lui\ndonner en dépôt quelques exemplaires de leurs ouvrages.\n\n\n   La librairie P. Lacomblez ouvrira un compte à toute personne notoirement solvable,\npour la fourniture des ouvrages portés au catalogue ci-dessus et, en général, de toute la\nlibrairie littéraire.\n   Ces comptes pourront être soldés en dix paiements mensuels, dont le premier s'effec­\ntuera à la livraison des volumes.\n   11 sera répondu à toute demande de renseignements bibliographiques accompagnée\nd'un timbre pour la réponse.\n\n\n                   Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 32, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1891-06-01", "preuve": "Juin 1891, numéro 6, couverture PDF 258 ; aucun jour imprimé."}}