{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Septembre 1891", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 366, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 195, "texte": "Septembre 1891.                             TOME X. — N° 9                11me                  Année.\n\n\n\n\nLA\n      JEUNE\n                    BELGIQUE\n                                            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 366, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 1691, "texte": "SOMMAIRE:\n          L'Art pour l'Art au Congrès de Malines.         .   LA JEUNE BELGIQUE.\n           Poèmes                                             FERNAND SEVERIN.\n          Vers de l'Espoir                             MAURICE DESOMBIAUX.\n          Album-Blâttchen                      . . . A. ARNAY.\n          Oarystos                                     E. DE CASTRO.\n          Le Jubilé de l'Ecole Saint-Luc et la renais­\n            sance de l'Art en Belgique                 J. NÈVE.\n           Chronique artistique :\n             Le Salon d'Anvers                                E. VERLANT.\n          Chronique littéraire :\n           Contes d'Yperdamme.              — Chansons d'A-\n             mant                                             ALBERT GIRAUD.\n          Memento                                             NEMO.\n\n\n\n\n            REDACTION                                                  BRUXELLES\n 64, R U E P O T A G È R E ,   BRUXELLES.                       PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                    01, rue dos Paroissiens\n                                                                           PARIS\n       PRIX DU NUMÉRO                                          LIBRAIRIE DE VArt        Indépendant\n                                                                   11, rue de la Chaussée d'Antin\n                 fr. 0-75.\n                                                                              1891\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "BELGIQUE JEUNE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "G I L B L A S", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 367, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 486, "texte": "BELGIQUE\n                  JEUNE        N E CRAINS\n\n                          LA\n\n\n\n\n                               N E CRAINS\n\n        Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n\n  Fondateur       ; MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n\n                          Directeur : IWAN GILKIN.\n                    Rédaction : 64, rue Potagère, Bruxelles.\n                7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "G I L B L A S", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 367, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 486, "fin_caractere_exclue": 583, "texte": "G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard       des Capu-\ncines, 16, à Paris.\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 367, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 583, "fin_caractere_exclue": 854, "texte": "LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 3i, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n   A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée dAntin.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 325, "page_fin": 327, "titre_corps": "L’Art pour l’Art au Congrès de Malines", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "L ART POUR L ART", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "POEMES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 368, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1795, "texte": "L'ART POUR L'ART\n           AU      CONGRES              DE      MALINES\n\n\n                              'On se rappelle la vigoureuse campagne que\n                                 la Jeune Belgique mena, plusieurs années\n                                 durant, envers et contre tous, en faveur de\n                                 la formule : L'ART POUR L'ART. Cette for­\n                                 mule fut notre cri de ralliement. Elle signi­\n                                 fiait que nous voulions être artistes, rien\n                                 qu'artistes. Elle signifiait encore que dans\n                                 ses travaux d'art l'artiste doit poursuivre\n                 avant tout et au dessus de tout son idéal artistique. Elle\n                 écartait les prétentions funestes des stériles théoriciens\n                qui veulent réduire l'art à n'être que l'humble valet d'une\n                 doctrine quelconque. Elle mettait donc l'art et l'artiste\n                 en liberté. A chacun sa foi, ses croyances, ses opinions,\n                à chacun son tempérament ou sa personnalité, mais à\n                 l'aspirant artiste cette règle salutaire : « Avant tout, dans\n                 ton labeur, la recherche passionnée et désintéressée de la\n                 Beauté telle que tu la souhaites. Et que ce souhait soit\n                 sincère. Cherche à réaliser la Beauté qui attire véritable­\n                 ment ton cœur, et accomplis cette réalisation selon ta\nnature personnelle et tes forces particulières. »\n  On se demande, en vérité, à quelles doctrines, à quelle religion cette\nformule pourrait porter atteinte. N'est-ce point l'absolue liberté pour\nchacun? Mais nous repoussions comme mortelles pour l'art et l'artiste les\n"}, {"page_pdf": 369, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2627, "texte": "                                 — 326 —\n\ndoctrines qui prétendent imposer à celui-ci la préoccupation dominante\nde faire un prêche ou une démonstration. Qu'à l'heure du travail, le\nVrai, le Bien et le Beau restent chacun dans leur domaine, et la besogne\nsera bien faite. Nous ririons bien du savant qui serait plus préoccupé de\nfaire beau que de faire vrai. Et qui donc oserait combattre les formules :\nla Science pour la Science ? ou : la Vertu pour la Vertu ?\n   Notre formule, dont on peut ne se point préoccuper en d'autres pays,\noù elle est pratiquée sans soulever de contestation, était et est encore en\nBelgique d'une importance capitale.\n   Nous avions à retirer l'art du gouffre de l'utilitarisme ; nous avions à\némanciper l'artiste et le public, à débarrasser l'esthétique de l'un et de\nl'autre de tout doctrinarisme étranger à l'art, à rendre à la forme le culte\nnécessaire. Ce n'est que par la plus insigne mauvaise foi ou la plus com­\nplète intelligence de notre formule que l'on a pu nous accuser de déclarer\nla guerre à une Idée quelconque, — religieuse, philosophique, scientifique\nou sociale. Nous ne combattons même aucune forme en soi, mais seulement\nles applications maladroites qu'on en peut faire, et surtout les oeuvres\ninformes. Voilà pourquoi dans notre république littéraire, on voit vivre\ncôte à côte, sur le terrain de l'art, des chrétiens sincères et de parfaits\nlibres-penseurs, des adeptes de telle ou telle philosophie ou d'irréprochables\nsceptiques, qui demanderaient volontiers si le mot philosophie s'écrit avec\ndeux ƒ .\n   Eh bien, notre formule vient de remporter, en Belgique, un éclatant\ntriomphe.\n   Seuls, nos frères, les artistes catholiques, étaient, en réalité, maintenus\nsous le joug doctrinaire. Ils viennent de s'en affranchir avec éclat, au Con­\ngrès de Malines. Embusqué au fond de l'Université de Louvain, le profes­\nseur Léon de Monge, grand-prêtre du jansénisme littéraire en notre pays,\navait rédigé, entre autres sottises, cette proposition, que le Congrès de\nMalines était appelé à voter et à transformer en règle de conduite pour les\ncatholiques belges : « La théorie l'Art pour l'Art est une théorie immorale. »\nNé malin, et créant un nouveau vaudeville, M. le professeur de Monge\ns'abstint de paraître en personne au Congrès de Malines. Il déposa pieuse­\nment sa petite formule dans les bras de M. le professeur Kurth, qui se\ntrouva quelque peu embarrassé du cadeau. Très spirituellement, M. le pro­\nfesseur Kurth profita de certaines circonstances favorables pour ajourner la\ndiscussion.\n   Cet ajournement fut, de fait, transformé en enterrement de première\nclasse.\n"}, {"page_pdf": 370, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 760, "texte": "                                          —\n                                 — 327\n\n   Le Congrès de Malines a donc écarté la question. Il a REFUSÉ DE\nCONDAMNER la formule : l'Art pour l'Art.\n   Jeunes artistes catholiques, vous voilà débarrassés d'une cruelle entrave.\n   Certes, le Congrès de Malines n'est pas un concile. Mais il est un assez\nexact thermomètre de l'opinion des catholiques belges. Eh bien, la jeunesse\na montré là qu'elle était avec nous. Elle s'est défendue vaillamment, contre\nd'obliques adversaires. C'est pour nous et notre influence un beau triomphe.\nEt au nom de l'art dans notre patrie, nous nous en déclarons fiers et\nheureux.\n\n                                                 LA   J E U N E BELGIQUE\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 327, "page_fin": 329, "titre_corps": "Poèmes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "POEMES", "ancre_fin": "FERNAND SEVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS DE L ESPOIR", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 370, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 760, "fin_caractere_exclue": 1699, "texte": "POEMES\n                             LA BÉATRICE\n                                                        A GUSTAVE STEVENS\n    « T'aimer! Oh! seulement caresser d'une haleine\n    Ce cœur mal rassuré qui tremble comme un faon!\n    Ne t'appeler, enfin, ma dame ni ma reine,\n    Mais une enfant encore et toujours une enfant!\n\n    Ou, plutôt, revoyant la forêt maternelle,\n    T'en faire dame et reine, en ses aubes d'avril,\n    Et, brisant pour toi seule un feuillage si frêle,\n    Ceindre ton front d'enfant d'un bandeau puéril ! »\n\n    O noces! Vœu divin d'une âme tout humaine!\n    Ainsi, malgré la vie et, comme des passants,\n    Oublieux des adieux suprêmes qu'elle amène,\n    Nous avions trop mêlé nos destins innocents.\n\n    Ephémères! Mais Dieu nous enviait ces heures!\n    Ce soir même, là haut, la sœur au doux regard,\n    Seule aux balcons fleuris de ses claires demeures.\n    Pleure un bonheur nouveau dont je n'ai point ma part.\n"}, {"page_pdf": 371, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1505, "texte": "                          — 328 —\n\nJe ne pensais à toi qu'en de bonnes pensées;\nTu le sais, ô ma sœur céleste, et vous ses yeux,\nVous le savez, et vous qu'un pur trouble a pressées,\nSes mains, joyaux perdus dont elle accroît les cieux!\n\nMinistres sans détours de l'âme à jamais chère,\nContempler-moi ! Guidez d'un geste l'exilé\nQui la cherche en vain seul dans l'ombre de la terre,\nMontrez-lui le chemin vers le seuil étoile.\n\nQue l'ineffable enfant soit votre Béatrice,\nO mon âme toujours errante, et toi, mon cœur!\nL'âtre réconfortant, la clarté protectrice,\nEt le guide et le but, aux sentiers de l'erreur.\n\n\n                          AMOUR\n\n— Je me remets, Seigneur, en vos mains tutélaires,\nEt voyez combien seul, et combien alarmé!\nConfiant dans vos dons, j'ai visité mes frères :\nPardonnez-moi, mon Dieu, s'ils ne m'ont pas aimé.\n\nQue sais-je? Ils m'ont parlé de haine et de colère...\nO vous qui savez tout, quel langage est le leur'!\nMon âme, en ce pays, est-elle une étrangère ?\nOu m'avez-vous fait don d'une rare candeur?\n\nHélas! car je ne sais qu'aimer! Qu'il vous souvienne\nMon Dieu, de vos présents célestes, et voyez!\nDe grâce, enseignez-moi la colère et la haine,\nQue j'aie enfin ma part à ces dons oubliés.\n\n— O candeur'. Je t'absous, enfant, de ton offense.\nMais à quoi boni Moi-même, ignoré-je mes dons?\nTant ce cœur où les cieux ont mis leur innocence\nS'il ignore l'offense, ignore les pardons!\n\nRecherche le méchant'. Aime-le pour lui-même.\nLivre-toi! Ne sois point avare de ton cœur;\n"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 329, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 452, "texte": "                                  — 329 —\n\n     Et si l'infortuné se dérobe à qui l'aime,\n     Fais-toi jusqu'à son âme un chemin de douceur.\n\n     Aime! Car ta richesse est dans ton indigence !\n     Aime! Et si ton cœur saigne, ô mon fils, aime encore!\n     Et sache que leur haine et leur indifférence\n     Sont des présents royaux dont s'accroît ton trésor.\n                                                     FERNAND SEVERIN\n\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 329, "page_fin": 332, "titre_corps": "Vers de l’Espoir", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Desombiaux", "ancre_debut": "VERS DE L ESPOIR", "ancre_fin": "MAURICE DESOMBIAUX", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 372, "page_imprimee": 329, "debut_caractere": 452, "fin_caractere_exclue": 2032, "texte": "VERS DE L'ESPOIR\n                                 CALVAIRE\n\n   Les Notres-Dames en robes blanches et couronnes de lauriers dans les\nboîtes vitrées et grillées, sur les arbres, au long des chemins, aux carre­\nfours, et les paysans en veste rouge, voûtés par le labeur, qui s'arrêtent, se\nsignent, les yeux pleins de prières, s'éloignent et disparaissent par les\nsentes..;\n   Le Calvaire dans la campagne. Trois vieux troncs rabougris et de torses\nbranches mortes aux ramures noires en cette rose fin de jour. D'informes\nescaliers vers un crucifié aux bras tendus comme pour étreindre, à son der­\nnier souffle, l'immensité de la plaine qui commence à se voiler d'ombres\nbleues aux horizons. Les pieds crispés sous l'effort stérile et, lassée, la tête\nchue sur la poitrine osseuse.\n   Des pèlerins se raidissant sous la fatigue pour des oraisons et des oraisons\nencore. Des femmes égrenant des chapelets pour des neuvaines et des mur­\nmures de voix implorantes mêlés au frisselis des feuillages proches.\n   Des chaumières lointaines où sont les simples ne pénétrant rien au delà\nde la vie ordinaire qui finit chaque soir et chaque matin recommence en\nson cycle mélancolique, où l'on fredonne toujours la même chanson mono­\ntone comme une antienne.\n   Un paysage où les rêves s'en vont par les routes grises dans les bois et\nles champs de labour.\n   Et tout ce qu'il y a de nous-mêmes et d'amer pour nous-mêmes en cette\névocation.\n   N'est-ce pas nous, en l'agonie de notre espérance qui jette son râle sur\nnotre vie, n'est-ce pas nous qui allons par tous les calvaires humbles, dans\n"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 330, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2165, "texte": "                                  — 330 —\n\nles campagnes désolées, en proie à d'idéales mais irrémissibles tristesses\nuser, de nos genoux écorchés, les pierres, implorant, pour les péchés que\nnous n'avons pas commis, d'impossibles pardons.\n   Et tout ce qu'il y a de nous-mêmes sous les capes des femmes recueillies,\nsous les cagoules des pénitents et sur la face irréparablement douloureuse\ndu grand crucifié.\n   Oh ! pourquoi pas la vie abstraite de cette angoisse incessante qui nous\nmord à la gorge, la vie tranquille des simples avec du ciel bleu et un peu\nde paradis dans le cœur.\n\n                               POSSESSION\n\n    Dans la chambre aux épais rideaux soigneusement baissés, à la lueur\n de la veilleuse dont la flamme semble répandre de la nuit en sa persistante\n fixité, sa jeune tête appuyée sur mon bras, un frisson parcourut son som­\nmeil et elle eut un cri d'angoisse.\n    Moi-même je venais d'être brusquement réveillé.\n    — Il y a quelque chose qui s'est approché de nous, regarde, oh ! regarde\n dans les plis des rideaux, je sens encore un frôlement velouté d'ailes mau­\nvaises.\n    Mais il n'y a rien que la veilleuse répandant une anxieuse nuit sur les\nmeubles.\n    Inquiet moi-même, je calmai sa chimérique terreur, et nous bûmes à nos\nlèvres avides l'enchantement vermeil de 1a vie, l'ivresse de l'amour et le\nsommeil, un bleu et lourd sommeil revint poser nos têtes sur le moite oreiller\ndes bras...\n   — Ah! cette fois, il m'a touchée; j'ai positivement senti des mains,\nd'osseuses mains sur ma chair et des ongles qui voulaient y mettre une\nempreinte.\n    Et moi aussi, j'avais vu des mains, de sournoises mains s'avancer vers\nmoi et, dans les plis des rideaux, des yeux brillants et noirs guettaient une\nproie.\n    Mais le fantôme disparut par l'ivresse de nos baisers qui tiédissaient\ncependant, car il y avait un voile sur nos bouches et nos lèvres semblaient\nmoins promptes aux caresses, fatiguées déjà !\n    Et un léger sommeil revint, un sommeil brûlant de fièvre, les bras\nremuèrent pour échapper à l'ankylose.\n   Mais ce fut encore le sommeil...\n    Un râle d'épouvante sortit de sa gorge, elle guttura quelques sons d'hor-\n"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 331, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2279, "texte": "                                   - 331 —\n\nreur, et ses yeux grands ouverts et fixes comme dans la folie, regardèrent\nmes yeux terrifiés.\n   — Il a passé entre nous, il a dénoué l'étreinte de nos bras et j'ai senti, sur\nma face, un immonde baiser.\n   Ah ! moi aussi j'avais senti sur mon visage le contact de lèvres impures\net il y avait encore une agitation dans les plis des rideaux.\n   Et encore une fois nos bouches voulurent s'unir, mais nos lèvres étaient\nfroides comme si la peur avait sucé tout notre sang, nos étreintes étaient\nmolles malgré tous nos efforts, la chimère avait laissé une aile entre nous.\n   La pâle veilleuse répandait une nuit sépulcrale en son immobilité et nos\nfigures anxieuses interrogeaient le silence, mais rien que l'halètement de\nnos poitrines oppressées ne répondait.\n   L'amer regret de nos rêves d'or flottait en obsession autour de nous.\n   — Quel air sinistre ont les meubles de cette chambre !\n   — Il y a des nuits qui bouleversent des vies.\n  — Écarte, arrache les rideaux des fenêtres, qu'un peu de ciel entre ici,\néteins cette veilleuse ténébreuse, il y a de la mort qui est venue dans cette\nchambre, il y a de la mort désormais en nous-mêmes.\n\n\n                                  MUTISME\n\n   Alors, vous m'aimez ?\n   Ainsi, après quelques brèves phrases réciproques, brusquement saisi\npar l'expression d'une inattendue pensée, j'avais employé ce vocable banal\ncomme un poteau de grand'route.\n   Simplement, sans l'assaisonnement de l'usuel persil, elle me répondit :\n« oui ».\n   Oui, il y avait la volonté de finir une longue et inutile attente et le dédain\nd'un cœur fier, l'inconscient dédain de la phraséologie nécessaire aux cabo­\ntins, aux personnages d'opérettes que, presque tous, nous sommes.\n   Depuis que je la connaissais il y avait de la joie dans tout son être. Ses\nparoles étaient du rire, du rire enfantin content de la vie, un rire où il y\navait des gerbes de fleurs printanières.\n   C'était si doux, si calme, si plein de caresses que je revivais une nouvelle\njeunesse auprès de cette enfant.\n   Oui ! et un baiser qui depuis longtemps était sur nos bouches, scella cette\npromesse d'avenir.\n   Plus rien ne reste en nos âmes que les pleines tristes et désolées et vides\ncomme le grand ciel que pas un chant n'égaie.\n"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 332, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2532, "texte": "                                  — 332 —\n\n\n                               PÉNITENTES\n\n   O la vieille et froide chapelle dans la cathédrale gothique où prient des\nfemmes en manteaux noirs !\n   Des colonnes de pierre fruste et le crépuscule à travers un vitrail sur\nlequel un prince courbe d'effroi la tête devant la malédiction des prêtres en\nrobes écarlates, en habits pontificaux joaillés de pierreries.\n   L'ombre qui se fait au dehors autour des gargouilles sur les dentelles des\nogives, tombe, sinistre et tragique, en la crypte où s'immobilise une flamme\ndans le cercle de verre rouge de la lampe d'argent.\n   Du silence et du silence ; la grande cathédrale dort, et ses gigantesques\narceaux disparaissent dans le noir. A peine voit-on encore là haut, par\nune lumière blanche attardée dans le dôme, la complication des voûtes.\n   Furtives, ayant peur du bruit de leurs pas, elles sont venues une à une\ns'agenouiller devant le confessionnal.\n   La chape sur la tête, la chape dont les plis sont comme les rayons d'une\nroue, elles prient fiévreusement, désespérément.\n   Seule, la blancheur de leurs mains jointes dépasse des longs manteaux\nnoirs tombant tous suivant les mêmes plis qui se cassent aux genoux sur\nles dalles ; et toutes les têtes drapées de noir sont penchées en la même atti­\ntude de douloureux et profond recueillement.\n   Et tombe la nuit plus noire, des immenses colonnes qui montent éternel­\nlement maintenant.\n   Du confessionnal où l'on entend de temps en temps un chuchottement,\nil y en a une qui se lève parfois et, plus furtive encore qu'en sa venue, elle\npasse sans voir la mendiante bossue, accroupie contre la balustrade de pierre\net de fer qui sépare la chapelle du pourtour du chœur et va se prostrer\ndevant les stations du Calvaire.\n   Et rêve, énorme, le chœur désert en ses escaliers et ses colonnes de\nmarbre drapées de bannières.\n   Et rêvent les stalles de chêne aux bras sculptés de chimères et de bêtes\nfauves, écussonnées aux armes des chevaliers de la Toison d'Or.'\n   Et toujours, en la vieille et froide chapelle où, sous la veilleuse immobile,\nvaguement luit, dans l'or d'un tableau, un Saint-Georges entouré de por­\ntraits de moines et de reines, prient les pénitentes.\n   Seule la blancheur de leurs mains jointes dépasse des longs manteaux\nnoirs tombant tous suivant les mêmes plis qui se cassent aux genoux sur les\ndalles, et toujours les têtes drapées de noir sont penchées en la même atti­\ntude de douleur.\n                                              M A U R I C E DESOMBIAUX"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 333, "page_fin": 336, "titre_corps": "Album-Blättchen", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Arnay", "ancre_debut": "ALBUM BLÄTTCHEN", "ancre_fin": "ALBERT ARNAY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "OARISTOS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 376, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 966, "texte": "ALBUM-BLÄTTCHEN\n                      I\n                                      A CELLE D'UN SOIR\n\nD'un souris fin, sous ses cheveux\nNaissants que maint caprice frise,\nElle n'élude les aveux\nQui la lutinent comme brise.\n\nSimple, et pourtant à proclamer\nPlus riche en ses moindres allures\nQue telles qui, voulant charmer,\nS'inquiètent de leurs parures.\n\nEt cygne se vouant aux deux\nMalgré le sort qui l'en exile,\nLorsque son col délicieux\nS'avère d'un détour docile.\n\nD'où, trésor à l'ombre des cils\nQu'on ne sait quel vertige incline,\nSessorent ses regards subtils\nDont l'éclair langoureux câline?\n\nEt toute, en le loquace ennui\nDe cette foule de dimanche,\nComme, à ne cueillir, dans la nuit\nUne fleur d'elle même blanche!\n\n                     II\n                                      A Mlle LUCE N..\n\nLes servants des dames d'amour,\nNonpareils joyaux de l'histoire,\nN'aimèrent joue au plus clair jour\nQue vôtre dont ne cherchez gloire.\n"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1039, "texte": "                   — 334 —\n\n Et de vos yeux, où les lilas\n S'entrouvrent  d'une destinée\n Dont votre espoir n'est encor las,\n Qui donc connut la grâce innée?\n\n Il n'est matin à vous pareil\n Si, la main à la chevelure\n Dans une extase de réveil,\n Vous laissez prédire un moment\n Vos lèvres la saveur future\n De ce qui vous sacre à présent.\n\n\n                      III\n                                      POUR   MADELINE\n\nFée en quelque vieille légende\nQue sa candeur ignore encor,\nElle est celle par qui la lande\nSenguirlande de moissons d'or.\n\nElle est, d'un geste à ne pas dire\nLes espoirs choyés par son cœur,\nCelle prompte à faire sourire\nComme aurore toute rancœur.\n\nNul printemps parmi les ramures\nQui se grise d'une chanson\nN'épèle les vierges murmures\nDes nids de sa jeune saison.\n\nElle est furtive, ainsi que d'ailes\nA peine à se mirer un peu\nAu mensonge d'eaux moins fidèles\nQue ses yeux au mirage bleu.\n\nMais que suscite son enfance\nD'un bonheur toujours au matin\nQuand sa chevelure s'élance —\nSoudain envol vers le lointain\"!\n"}, {"page_pdf": 378, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1090, "texte": "                 — 335 —\n\n\n                     IV\n                                       A M™   LÉON   S.-..\n\nVous eussiez au temps de Watteau,\nPar vos prestes afféteries,\nAffolé plus d'un damoiseau\nEn des décors de bergeries.\n\nEt votre esprit, en ce boudoir\nAvec lui tant de connivence,\nVous dirai-je qu'il n'aura d'hoir\nPour moi — d'où que vienne l'absence?\n\nMais c'est vous voir, en l'insouci\nDe séduire, avancer sereine\nQu'il faudrait mieux que ces vers-ci\nPour attester vos airs de reine.\n\nAh! la musique que décèle\nRien qu'un soupir de votre voix...\nEt d'elle à mon cœur se révèle\nL'avril en liesse des bois!\n\n\n                     V\n                                       POUR UNE PÂLOTTE\n\nElle vers qui les tourterelles\nD'amour palpiteront    demain...\nO l'ignorante en ses dentelles\nDes désirs lui frôlant la, main.\n\nSplendeur ses doigts de nixe ou d'ange,\nSveltes à ne tenir d'anneau,\nAinsi sur son œil dont l'étrange\nLueur est comme au fond de l'eau.\n\nEst-ce Mai fol ou prompt automne\nQuand, il semblerait sans raison,\nSon âme d'enfant qui s'étonne\nEveille à sa lèvre un rayon?\n"}, {"page_pdf": 379, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 528, "texte": "                                    — 336 —\n\n                Si pâle! en ses toilettes claires,\n                Leurre inconscient d'un bonheur\n                Qui jamais de vives torchères\n                N'illuminera sa langueur.\n\n                Et que songeuse à la croisée,\n                Parmi les fleurs, sous ses regards\n                Captifs de la gloire irisée\n                Qu'intronisent les cieux hagards !\n                                                           ALBERT ARNAY\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 336, "page_fin": 340, "titre_corps": "Oaristos", "titre_sommaire": "Oarystos", "rubrique": "", "signature_source": "Eugène de Castro", "ancre_debut": "OARISTOS", "ancre_fin": "Traduit du portugais par J I", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LE JUBILÉ", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 379, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 528, "fin_caractere_exclue": 1535, "texte": "OARISTOS (1)\n                                         I\nTriomphal, vespéral, minéralement rouge,\nEn la diaphane paix d'un couchant d'octobre,\nLe soleil, enguenillant l'encens des espaces,\nMarche à la mort à pas lents,\nComme les bandes de musiciens qui vont jouant dans les enterrements...\nSurgissant derrière les montagnes en pic (pointues),\nLa lune fatale, la lune aux mains belles,\nDentellière de l'azur, fait en un tissu d'étoiles,\nUn mouchoir blanc, un mouchoir très blanc et brillant,\nPour faire signe au soleil, son roux amant\n\nSur le brumal jardin       tombent des pénombres        lentes.\n\nDans des vases de porcelaine les fleurs somnolentes,\nSont des berceaux balançant le dormir des insectes;\nL'âme d'un ruisseau entre les adiantes et les fougères\nSoupireuse, murmure en grelots     d'argent;\nLa vieille Niobé pleure au loin une cascade ;\nResplendissent des tournesols comme de fauves custodes ;\n\n (1) Oaristos, poésies, par Eugène de Castro, — 1 vol. in-8°, Coïmbre, chez M. d'Al-\nmeida-Cabral.\n"}, {"page_pdf": 380, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1755, "texte": "                             — 337 —\n\nChante un aulète en très dolentes monodies\nEt à fleur d'un lac où le soleil tombe en dorés rayons,\nEt où passent des légions de poissons écarlates,\nA fleur d'un lac d'azur entouré de buis,\nSymbolique, royal, s'élève un jet d'eau,\nComme une grande fleur de cristal qui chante!\n\nAujourd'hui je viens chanter en vers noble et auguste,\nSes algides dédains, aussi froids qu'un tombeau,\nEt son corps qui est la quintessence, le comble\nDe la sveltesse, de la fraîcheur, de la grâce féminine.\n\nFleur bizarre que j'ai vue à l'heure vespérale,\nFleur marcescente que je suis constamment,\nFleur que je regarde sans cesse, comme un styliste ancien,\nQui regarde le soleil doré, debout, sur une colonne,\nFleur de brunes mains, de chevelure brune,\nJe mets à tes genoux ce livre imparfait,\nMais qui montre assez et clairement,\nQu'il vît un grand amour cramponné en mon sein,\nComme la perle astrale vit cramponnée à l'huître.\n\n    Ce fut en une heure ainsi calme, crépusculaire,\n    Au long de cette avenue profonde et rameuse,\n    Que, hautaine, impériale, dans un rugissement de soie,\n    J'ai vu pour la première fois l'Elue de mon âme,\n    La grande Fleur subtile, incomparable, aime,\n    La plus Grande, la plus Belle, la plus Aimée, l'Unique!\n\n    Elle venait glorieuse et triste, enveloppée d'une noire tunique,\n    Qui traînait par terre en plis onduleux,\n    Elle avait dans sa calme démarche l'élégance des serpents,\n    La légèreté d'un spectre et la grâce d'une amphore,\n    Et ainsi, comme dans un coup une blanche poudre de camphre,\n    Son regard faisait souffrir, regard profond.\n\n    J'étais en ce temps-là un grand vagabond,\n    Malheureux misanthrope, veuf d'illusions.\n    Le sinistre fracas des mondaines passions\n"}, {"page_pdf": 381, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1696, "texte": "                           -   338 -\n\n  N'arrivait plus depuis longtemps à mes oreilles lasses;\n  L'égoisme, le grand roi, m'avait ceint en ses bras;\n  Je n'avais pitié de personne, de personne j'étais  jaloux...\n  Contemplant de loin la sordide bataille,\n  L'effrénée bataille que nous appelons vie,\n  J'allais, étranger à tout et le front haut,\n  Vaincu, mais hautain et fort dans mon orgueil.\n Le doute funeste, ardent soleil de juillet,\n Avait brûlé, rudement, la fleur de ma croyance;\n En mon sein régnait la froide       indifférence;\n Le wagon de mes rêves avait déraillé;\n Mes jours étaient mauvais, très longs, moroses,\n Ma jeunesse était une ruine.\n Mais à la voir surgir triomphalement froide\n Gracile comme une fleur, triste comme un soupir,\n Ma poitrine retrouva sa vigueur perdue,\n J'étais tout content et joyeux comme un roi.\n Et plein de surprise, je restai, étonné,\nA regarder son profil et la grâce de son col,\nPlein d'admiration, comme un homme du pôle\nLorsque, après avoir enduré les revers\nD'une nuit cruelle et froide de six mois,\nIl voit surgir, parmi la neige, le soleil avec des lueurs rousse:\n\nAugurai, le vent, en de funèbres     hurlements,\nTraînait par terre des millions de feuilles mortes,\nEt l'obscurité dense ouvrait les portes très fortes\nDu château de la Peur et de      l'Hallucination!\n\nLe ciel resplendissait comme la queue d'un paon.\n\nEt la grande Fleur passait,     imperturbablement,\nAvec sa face vacillante et son regard blanc,\nHiératique, rappelant les mystiques images,\nPendant que mes yeux suivaient comme en des pages,\nSa rythmique marche somnambule et morose...\n\nAinsi m'est apparu le Lys ténébreux,\nDont l'air dédaigneux me blesse et me vampirise,\n"}, {"page_pdf": 382, "page_imprimee": 339, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1446, "texte": "                           — 339 —\n\nCréature sphynxiale, triste comme Artémise,\nVindicative, féroce et belle comme Phasis,\nFleur dont le corps est l'oasis (aprilin) « d'avril »\nLe Caravansérail que, par les nuits folles,\nVont demandant en vain les longues caravanes,\nLes caravanes de mes désirs nomades,\nAinsi j'ai vu briller ses yeux   malfaisants,\nAinsi m'a ébloui la grâce de son buste!\n\n\n                               II\n\nJe vais chanter en vers mon Diamant      noir!\n\nD'abord je chanterai son aspect général;\nAprès je célébrerai ses charmes divers\nDe ses yeux à ses cheveux mortuaires;\nEnsuite, psychologue, je dirai comme Elle pense,\nEt enfin je dirai son Indifférence.\n\nFlexible comme un jonc et svelte comme un fuseau,\nSon corps nubile, en un dualisme confus,\nA la finesse du lys et là grâce des serpents;\nSuperbe et déliée avec sa démarche indolente\nQuand elle inarche elle rappelle une tulipe qui marche;\nLente et subtile, elle semble voltiger dans l'air,\n(Comme la tige d'une fleur), emportée par la brise ;\nIl suffit de la voir une fois pour que son image\nLégère, aussi légère que les parfums et les sons,\n Vibre en nous éternellement avec\nLa douceur nonpareille d'une voix qui s'éteint...\n\nMince et original son corps est.\n\n\n                               VI\n\n              La liliale Vierge Marie\n              Tous les soirs, au couchant,\n              Apparaît en la lune marcescente,\n              — Célestiale fenêtre froide.\n"}, {"page_pdf": 383, "page_imprimee": 340, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 615, "texte": "                                         — 340 —\n\n                      De cette fenêtre liquescente\n                      Elle voit tout, tout, et tout épie,\n                      La liliale Vierge Marie\n                      Tous les soirs, au couchant.\n\n                      Là vient la lune fugitive...\n                      Sois mon amie, ô Fleur dormante'.\n                      Ton air indifférente,\n                      Ton air déplairait,\n                      A la Liliale Vierge Marie.\n                                                   E U G È N E DE CASTRO\n    (Traduit   du portugais par J. I.)\n\n\n\n\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 340, "page_fin": 344, "titre_corps": "Le Jubilé de l’École Saint-Luc et la renaissance de l’Art chrétien en Belgique", "titre_sommaire": "Le Jubilé de l’École Saint-Luc et la renaissance de l’Art en Belgique", "rubrique": "", "signature_source": "J. 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Notre homme s'installait dans le monument et, achevant\nl'œuvre des ans, il ne le rendait au public que définitivement défiguré,\nméconnaissable; imaginez ce qu'eût été une édition de Shakespeare,\ncorrigée par un classique du XVIIIe siècle. Telle était l'œuvre de mutilation\naccomplie sous prétexte de restauration.\n   La même chose arrivait lorsqu'il s'agissait de construire une église.\nNotre architecte, tenu en haute estime par l'administration, arrivait toujours\nbon premier et, donnant libre carrière aux réminiscences romantiques de sa\njeunesse, il enfantait une cathédrale hérissée de pinacles, de clochetons,\ndécoupée d'ogives pointues, telle qu'on en voit sur les frontispices des livres\nde 1830; tous les détails, pris à part, étaient plus ou moins gothiques. Mais\nl'ensemble se rapprochait d'un monument du moyen-âge, autant qu'un\nthème médiocre d'un élève de troisième d'une harangue de Cicéron. L'art\n"}, {"page_pdf": 384, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2818, "texte": "                                    -   341   -\n\n  gothique était manié comme une langue morte ; le sentiment, cette seconde\n  intelligence, en était perdu.\n     Le public, pour autant qu'il s'intéressât à ces choses, se déclarait du reste\n  absolument satisfait. L'architecture et les arts décoratifs étaient morts\n  depuis si longtemps, qu'il était devenu complètement incompétent, et par\n  suite indifférent en ces questions. Le style gothique était jugé convenable\n peut-être pour les édifices religieux, mais triste, incommode, disons le mot,\n barbare. L'idée de l'appliquer aux maisons, à l'ameublement, aux besoins\n de la vie matérielle, eût semblé paradoxale, irréalisable.\n    Ainsi donc, point d'artistes pour former le goût public, point de public\n pour encourager et soutenir les artistes. Suivant toute apparence, il n'y\n avait point de raison pour que cet état de choses changeât. Il y avait bien\n chez nos voisins, en France, en Allemagne, en Angleterre surtout, un mou­\n vement qui se dessinait en faveur de l'étude approfondie des monuments\n artistiques du moyen-âge. Mais ce mouvement, bien qu'il eut fait surgir\ndes œuvres et des hommes remarquables, était ignoré dans notre pays.\n    C'est dans ces conditions, au milieu de l'inattention générale, que fut\nfondée, à Gand, l'Ecole Saint-Luc, d'où est sortie la renaissance de l'art\nchrétien en Belgique.\n    Nous disons à dessein l'art chrétien, parce que cette qualification, outre\nqu'elle exprime une vérité historique, marque bien, croyons-nous, l'esprit\nqui animait les fondateurs de l'Ecole Saint-Luc.\n    Ces fondateurs, c'étaient le comte de Hemptinne, le baron Béthune, le\n frère Marès, des écoles chrétiennes, et FI. van de Poele. Le but de leur\nécole était de faire revivre les anciennes traditions nationales, dans l'archi­\ntecture et dans tous les arts industriels, en créant toute une génération\nd'ouvriers artistes, pareils à ceux qui vivaient au moyen-âge et qui nous ont\nlégué tant d'œuvres admirables.\n    L'entreprise n'était pas petite. Depuis le moyen-âge, les conditions\ndu travail ont bien changé et ce changement se reflète nécessairement\ndans les produits ouvrés. Le contrat de patronnage, qui était l'école\nde l'apprenti, n'existe plus. Les corporations investies de monopoles,\ngardiennes des traditions, exigeant des « chefs-d'œuvre » pour ouvrir leurs\nportes, sont supprimées. Le progrès industriel a substitué presque partout\nle travail mécanique, anonyme et invariable, au travail manuel qui laissait\nle caractère individuel et la fantaisie de l'ouvrier marquer de son empreinte\nle moindre objet fabriqué. Enfin, ce n'était pas du côté de l'ouvrier seule­\nment, c'était, pour arriver au public, tout un mur de routine, de préjugés à\nrenverser.\n                                                                         22\n"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 342, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2803, "texte": "                                 — 342 —\n\n\" Ces difficultés n'arrêtèrent point les quatre réformateurs : l'école fut\n ouverte, modeste au début, car il ne fallait point compter sur les subsides\n officiels, et le tapage de la réclame moderne n'eût point été en harmonie\n avec cette œuvre qui cherchait plutôt à s'inspirer de l'esprit du passé.\n    Un programme était à créer. Dans les écoles professionnelles de l'Etat\net des communes, on formait les élèves d'après un patron uniforme, canon\ninflexible, aux formules immuables. Qu'il s'agît de former un sculpteur, un\nébéniste ou un orfèvre, les mêmes modèles étaient proposés, toute la géné­\nration artistique était formée dans le même moule. Quelques bustes d'après\nles antiques, quelques frises grecques, les proportions sacrées de Vitruve,\non ne sortait point de là. Enseignement purement abstrait, négligeant\nles conditions pratiques de l'exercice de l'art, comme préoccupations infé­\n rieures, capable seulement de produire des ambitieux et des déclassés.\n L'insuffisance de cette méthode éclate aux yeux. Il suffit de voir nos\nmonuments publics d'une si affligeante banalité, les gares de chemins de\nfer, bureaux de poste, hôpitaux d'il y a vingt ans, tous affichant les mêmes\nprétentions, exhalant le même ennui, paraissant également impropres\nà leur destination.\n    Pour inaugurer un programme rationnel, il suffisait presque d'aller à\n rebours de la marche universellement adoptée : au lieu de généraliser,\n spécialiser, au lieu de planer dans la théorie pure, former les élèves à la\n pratique quotidienne de leur future profession.\n - C'est de ces idées que l'on s'est inspiré à l'Ecole Saint-Luc. L'attention\ndes élèves est attirée sur les matériaux qu'ils auront à mettre en œuvre. Le\nbois, la pierre et le métal ont leurs propriétés distinctes; ils diffèrent par\nleur aspect, leur poids, leur force de résistance. Leur mode d'emploi doit\nêtre raisonné d'après ces propriétés. Une colonne en fer n'aura pas les\n dimensions d'une colonne en granit; le bois, fibreux et flexible, supportera\n certains efforts qui émietteraient la pierre. La logique dans le choix des\nmatériaux est donc une des premières conditions d'une bonne construction.\n Cette loi si simple est cependant très fréquemment méconnue. Des monu­\nments commencés récemment n'ont pu être achevés parceque l'on avait\nemployé des pierres légères et friables à la base, tandis que les pierres\nlourdes avaient été utilisées pour les parties supérieures. Ailleurs, le fer,\ndont l'emploi est indiqué lorsqu'il s'agit d'obtenir de grandes portées et une\ngrande légèreté, a été mis en œuvre pour imiter les assises massives de la\npierre. Ces injures au bon sens sont nécessairement des fautes contre\nl'esthétique.\n    Un monument ou un meuble doivent être exactement appropriés à leur\n"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2738, "texte": "                                  -   343   -\n\ndestination, être l'expression logique et rationnelle des services qu'ils sont\nappelés à rendre. Le beau est l'expression du vrai, et la vérité consiste ici\ndans cette convenance, cette adaptation parfaite en vue d'une utilité déter­\nminée.\n   Cet aphorisme aurait dû être médité par bien des architectes. Nous ne\nverrions pas tant d'édifices publics dont les aménagements intérieurs ont\nété complètement sacrifiés à la façade, au décor; des villas destinées à\nabriter des commerçants retirés, affecter l'extérieur de temples païens ; de\npseudo-châteaux forts faisant fonctions de stations de chemin de fer ou\nd'entrepôts de marchandises.\n   Tels sont les résultats inévitables des anciennes méthodes. Un lauréat\nd'Académie est mieux préparé à composer un arc de triomphe ou une façade\nde palais, qu'à dessiner une table ou une chaise; sa compétence ne s'étend\npas aux choses de la vie usuelle. Il existe, en fait, un divorce entre l'art,\nconsidéré comme un accessoire de luxe, et la vie réelle.\n   Cette démarcation qui n'a jamais existé aux époques possédant un art\npropre, né spontanément du caractère d'une race et d'une civilisation,\nl'Ecole Saint-Luc la biffe. Les élèves y apprennent à associer l'art aux plus\nsimples pratiques du métier. Avant de composer des projets de châteaux et\nde cathédrales, ils s'essaient à des sujets plus modestes et qu'ils se destinent\nà devenir forgerons, sculpteurs, architectes ou orfèvres, ils ne quittent les\nbancs que parfaitement au courant de tout ce qui concerne leur état.\n   Voilà vingt-cinq ans que cette généreuse entreprise est soutenue par l'infa­\ntigable dévouement de ses fondateurs. Il est permis de jeter un regard en\narrière sur le chemin parcouru. L'Ecole Saint-Luc de Gand compte près\nde 700 élèves ; elle a formé, dans toutes les branches des arts plastiques,\ndes ouvriers et des artistes de talent. Elle s'est affirmée par des travaux\nnombreux et remarquables. Ses architectes ont construit ou restauré une\nfoule de monuments ; ses sculpteurs, ses orfèvres, ses forgerons, ses menui­\nsiers, ses vitriers multiplient leurs produits.\n   Depuis les vitraux éclatants, les broderies chatoyantes, les bijoux somp­\ntueux, jusqu'aux dressoirs, aux bahuts sculptés, il n'est pas une partie du\nmobilier qui ne soit exécutée par des patrons habiles, capables de composer\nun modèle original et doué de ce cachet d'adaptation pratique si frappant\ndans les œuvres du moyen-âge.\n   Le mouvement, d'abord circonscrit à Gand, s'est propagé; des écoles\nSaint-Luc se sont fondées à Bruxelles, à Courtrai, à Tournai, à Liége et\nmême à Lille ; on y suit les mêmes méthodes et les mêmes préceptes, tout en\ntenant compte partout des nécessités locales.\n"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2122, "texte": "                                 — 344 —\n\n   Les préjugés qui, il y a vingt-cinq ans, maintenaient le public dans\nl'hostilité ou l'indifférence, se sont peu à peu évanouis.\n   Le classicisme survit encore dans les écoles officielles, mais il n'y règne\nplus exclusivement. On peut affirmer que l'exemple donné par l'Ecole Saint.\nLuc est pour une bonne part dans cet affranchissement : il a précédé et\npréparé la renaissance des arts industriels en Belgique.\n   A ce point de vue, les tendances de l'Ecole Saint-Luc ont une véritable\nportée sociale et pourraient, si elles étaient encouragées, exercer une heu­\nreuse influence sur la prospérité du pays. Nous sommes trop petits pour\npouvoir lutter contre nos voisins sur le terrain économique. Pendant que\nl'on discute le libre échange et les droits d'entrée, les Allemands nous\ninondent de leur pacotille, les Français nous accablent sous leurs tarifs.\nSi, au lieu de pasticher les modes françaises, de contrefaire l'article de\nParis, nos ouvriers s'abandonnaient davantage à leur inspiration person­\nnelle, et s'efforçaient de faire autre chose, nul doute que leur intelligence,\nleur honnêteté, leur patience, leur sens artistique, développés par l'instruc­\ntion professionnelle, donneraient à leurs produits une valeur qui les ferait\nrechercher à l'étranger. On est étonné de retrouver dans toute l'Europe,\ndepuis le midi de l'Espagne, jusque dans les petites villes du bord de la\nBaltique, des œuvres sorties du ciseau, du marteau ou du burin d'anciens\nartistes flamands. Il y a là une renommée et une position à reconquérir.\n   C'est le but que s'est proposé l'Ecole Saint-Luc, et nous croyons qu'elle\nn'a pas été inférieure à sa mission. Certes, il reste beaucoup à faire pour\nreprendre les positions perdues, mais l'élan est donné. L'Ecole Saint-Luc,\nqui célèbre en ce moment son jubilé par une exposition des plus intéres­\nsantes, a conservé malgré ses vingt-cinq années d'existence, la foi dans\nles principes et l'enthousiasme nécessaires pour développer et mener à\nbonne fin l'œuvre commencée.\n                                                               J. 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Les autorités constituées tiennent la main\nà ce que cette tradition ne se perde pas. De là le Salon d'Anvers. On\nvoudra bien relire le compte-rendu de celui de cette année dans les années\nantérieures de ce recueil.\n   En même temps que les échantillons de l'industrie susmentionnée, on\npeut voir en ce moment à Anvers plusieurs œuvres d'art. Nous nous bor­\nnerons à signaler, outre quelques bonnes toiles, la plupart déjà exhibées à\nBruxelles, de peintres classés qui figurent avec honneur dans toutes les\nexpositions, les productions des artistes étrangers ou belges qui par leur\nnouveauté ou par leur importance requièrent l'attention.\n   M. Lenbach, de Munich, triomphe facilement de tous les portraitistes\nassemblés, avec ses portraits vigoureusement, presque violemment expres­\nsifs, des fondateurs de l'unité allemande. Guillaume Ier, d'abord, ruiné\npar l'âge, presque cadavéreux, l'œil agrandi et fixe où s'évanouit la\nvolonté usée de vivre : non pas un empereur en représentation officielle,\nmais un vieillard déjà presque en allé, et les souvenirs d'une destinée\nséculaire et prodigieuse effacés dans l'obsession de la mort. Puis, c'est\nBismarck, sous un aspect familier et intime, toujours hérissé et rogue, et\nsurtout le maréchal de Moltke, dans ce pastel du dessin le plus net, le\nplus coupant, qui, avec la sobre condensation d'une formule mathéma­\ntique, détermine un crâne dur, plein de pensées obstinées, d'énergies\nà haute tension. M. Lenbach, dont la réputation retentît en Belgique\nen 1890, est un peintre médiocre, mais un évocateur puissant, qui enferme\nen des linéaments simplifiés les grands traits d'une physionomie mar­\nquante et en donne moins la transcription analytique qu'un résumé\nimaginatif.\n   M. Raffaëlli, dans ses Deux anciens, insiste plus sur le détail. Sur un\nfond paradoxalement clair et amusant de berge de Seine, se projettent deux\nfaces noires, fumées, boucanées, de vieux à barbe grise, l'air en-dessous,\nencore naïvement fûtés, mais matés tout de même : deux juifs certes,\nrancis en de malchanceux commerces, retirés dans la résignation après\ninfortune faite. Le dessin volontaire et serré de M. Raffaëlli s'affirme dans\nce morceau avec toute sa science et toute son intensité.\n   M. Fantin-Latour a envoyé deux petites fantaisies, Danses et Tentation\n"}, {"page_pdf": 389, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3300, "texte": "                                 — 346 —\n\nde saint Antoine, comme il en a fait beaucoup, croyons-nous, mais qui\nattirent par le gracieux développement de leurs lignes, la beauté de leur\nmodelé et la molle caresse de leur couleur vénitienne. De M. Sisley on\nremarque, caché dans un coin, le Coteau de Saint-Nicaise, un exquis\npaysage en harmonie douce où se joue une lumière blonde dans des cha­\ntoiements et des scintillements. C'est léger, gai, raffiné et absolument\nfrançais. Un autre paysage, d'une grande impression de nature, c'est la\nNeige vierge de M. Heymans, dont les recherches sont toujours intéres­\nsantes et qui aboutit fréquemment, comme ici, à saisir un état d'atmo­\nsphère unique dont il communique presque l'intégrale sensation.\n   L'œuvre la plus regardée, la plus critiquée et la plus louée de l'expo­\nsition est le triptyque de M. Frédéric : Le peuple verra un jour le lever\ndu soleil. Par une fusion de réalisme et d'archaïsme, où se mêlent géné­\nralement des préoccupations de symbolisme, par un coloris spécial, plat,\nà la gamme courte, aux notes heurtées, d'un timbre assez aigre, M. Frédéric\ns'est composé une originalité qui frappe à première vue ; en tout cas, il a\nle mérite, rare chez nous et même ailleurs, d'être curieux, hardi, vivant,\nen quête d'invention. Son triptyque renferme une idée assez banale qui\nlui a valu immédiatement les sympathies chaleureuses de la presse démo­\ncratique; mais la traduction au moins en est dépourvue de banalité. Au\npanneau de gauche, sous un couchant de terreur et d'apocalypse, une\ntrombe grise enveloppe une ville gothique; trois enfants nus s'avancent\ndans des ronces qui déchirent cruellement leurs jeunes chairs innocentes et\nrépandent leur sang vermeil sur le rouge sanglant des feuillages rouilles.\nAu centre, des enfants, des femmes, des vieillards, peinent à des labeurs\nde Sisyphe sous un ciel de flamme. Mais le panneau de droite s'emplit\nd'une allégresse de printemps et d'Eden ; parmi les fleurs, joyeuse comme\nl'aurore qui éclaire la route, une bande de cinq enfants, les bras entre­\ncroisés, va d'un pas rythmique, vers l'horizon serein. Les deux panneaux\nextrêmes sont les plus réussis, et même celui du milieu est inutile, ne\nfaisant que répéter plus faiblement le premier. Ce qui nous séduit le plus,\nc'est le paysage enchanté, l'harmonieuse composition des groupes et l'ex­\npression de ces visages d'enfants, de bonne et simple candeur, étonnés de\nleur souffrance et de leur joie.\n  Dans le compartiment de sculpture, nous ne mentionnerons qu'une\nœuvre, qui laisse loin derrière elle toutes les autres. C'est une statuette de\nbronze, un Christ de M. Constantin Meunier. Anguleux, décharné, le\ncorps incliné comme la tête dans une attitude d'abattement qui fait penser\nau Christ de la Passion de Dürer, c'est bien le Fils de l'Homme courbé\nsous le poids des péchés des hommes, un Christ d'Ecce homo, à qui les\nanges n'apporteront point le calice du réconfort et qui mourra en implorant\nvainement son Père. Mais si la Divinité est absente de ce bronze, toute la\nmisère de l'Humanité y saigne et y palpite.\n  Un salon spécial, consacré à feu Verlat, renferme une grande quantité\nde tableaux de ce peintre inégal et inquiet, qui, avec de remarquables\ndons naturels, ne laisse pas une œuvre décisive. Plein de verve et\n"}, {"page_pdf": 390, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1273, "texte": "                                      -   347   -\n\nd'entrain, adroit comme pas un, comme un de ces singes qu'il peignit\nsouvent et qui sont, par le coloris apparenté à Leys et à Teniers, ce qu'il\na fait de mieux, il essaya de tout, sans montrer nulle part une vraie origi­\nnalité. Il va de Courbet à Cabanel et revient à Courbet, pour exagérer\nencore sa brutalité. Doué du sens du réel et du mouvement, ce fut avant\ntout un peintre d'animaux et si les animaux savaient peindre, ils ne se\npeindraient pas mieux. Mais ils ne peindraient probablement pas de\ntableaux historiques et religieux, et Verlaten a peint : c'est là son infério­\nrité. Avilissant l'auguste drame évangélique, il s'est figuré le retracer en\nmettant en scène, sous prétexte d'exactitude, la plus basse canaille des pays\nd'Orient où il avait inutilement promené ses yeux. Accablé toute sa vie de\ncommandes, de médailles, de décorations, Verlat a provisoirement à\nAnvers le renom d'un grand artiste. Tout mort qu'il est et quelques qua­\nlités que cette promotion définitive lui confère, Verlat n'en est pas moins,\nselon nous, un virtuose creux. Des élèves issus de lui, nous ne dirons rien :\nils ne sont pas même morts.\n                                                    E R N E S T VERLANT\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 347, "page_fin": 350, "titre_corps": "Chronique littéraire : Contes d’Yperdamme", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "Cela ne vaut il pas mieux que des adjectifs", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "J ai agité beaucoup de théories", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 390, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 1273, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n       Contes d'Yperdamme, par EUGÈNE DEMOLDER. Bruxelles, Lacomblez. —\n            Chansons d'Amant, par GUSTAVE KAHN. Bruxelles, Lacomblez.\n\n\n              Notre collaborateur M. Francis Nautet, dans une curieuse et\n               vivante étude sur les sources du sentiment littéraire en Bel­\n               gique (1), consacre à l'auteur de l'Evangile d'Yperdamme, les\n               lignes un peu paradoxales que voici :\n   « Les contes que vient d'écrire M. Eugène Demolder démontrent qu'on\npeut exploiter le passé et faire fructifier, dans le vieux champ moissonné,\ndes semences attardées. Seulement ces sortes d'œuvres n'impliquent jamais\nun mouvement producteur suivi, sans cesse en veine de fécondités nou­\nvelles. Elles n'ouvrent la voie à personne, sont en dehors du courant\nnormal qui fait les liaisons littéraires entre les différentes générations,\nenfin, elles ne servent que ceux-là qui ont su recréer des aspects archaïques\navec l'imagination exacte d'un Leys ou les couleurs intenses d'un\nDemolder. Aussi, si le cas pris en particulier n'est pas un obstacle artisti­\nque, au contraire, il est une négation dans le sens d'une tendance vivante\net juvénile. »\n   Une envie me prend, malgré les idées ingénieuses qu'elles remuent, ou à\n\n  (1) Voir la Société Nouvelle du 30 juillet.\n"}, {"page_pdf": 391, "page_imprimee": 348, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3276, "texte": "                                  — 348 —\n\n cause de ces idées mêmes, de contredire les affirmations de M. Francis\n Nautet.\n    Et d'abord, parce qu'il a plu à M. Eugène Demolder d'écrire, d'après\n les vieux maîtres néerlandais, quelques mystères ou quelques paraboles\n évangéliques, est-il bien exact de dire qu'il se réfugie dans le passé? Assuré­\nment, pour les derniers survivants du naturalisme, — pour les Cambronne\n du carré de Médan — ni saint Pierre, ni Jaire, ni Marie-Magdeleine ne\n sont des personnages contemporains. M. Paul Alexis ne les a jamais ren­\n contrés. Mais l'idée de ces personnages, historiques ou légendaires, leur a\n survécu. Elle existe dans nos cerveaux, et au point de vue artistique, il\n n'est rien de plus contemporain que les êtres qui se meuvent dans notre\n pensée. Si je colore l'un de ces personnages à la lueur de mon imagi­\n nation, il est beaucoup plus moderne et plus vivant pour moi que tel\n personnage contemporain dont je ne m'occupe guère. Et si je le repré­\n sente comme je le vois dans mon esprit, je communique cette représen­\n tation à mes lecteurs, qui se mettent à voir comme je vois.\n    Les vieux peintres néerlandais ont agi de la même manière que M. Eugène\n Demolder. Ils ont écrit sur la toile, avec des couleurs, leur idée de l'Evan­\n gile et leur version du drame du Calvaire. Et en agissant ainsi, ils étaient\n loin d'exploiter le passé. Bien au contraire : ils revêtaient leur concept des\n formes et des couleurs mêmes de leur temps. M. Eugène Demolder n'a pas\n fait autre chose. Il anachronise comme eux, avec la même naïveté et le\n même plaisir. Il leur doit certes beaucoup, mais pas autant qu'on pourrait\n le croire. Les tableaux des vieux maîtres lui ont ouvert les yeux et déclos\n l'imagination. Ils l'ont révélé à lui-même. Il s'y est retrouvé, après des\n siècles, comme à une espèce de rendez-vous oublié. De même qu'eux, il a\npromené Jésus et les apôtres dans des décors contemporains, décrits avec\n la langue et les procédés artistiques d'aujourd'hui. Et, — dût-on m'accuser\n à mon tour de paradoxe — quand bien même M. Eugène Demolder se fût\n contenté de transposer les toiles des vieux maîtres, il serait encore injuste\n de parler d'un retour au passé, puisque ces tableaux existent dans nos\n Musées, qu'ils sont contemporains de notre admiration et de notre curiosité,\net que leur réflexion dans notre esprit se fait de la même manière et selon\nles mêmes lois que la répercussion de n'importe quel drame de la rue ou\ndu foyer.\n    Loin d'être « une négation dans le sens d'une tendance vivante et juvé­\nnile », l'œuvre de M. Eugène Demolder m'apparaît comme le symptôme\nd'un mouvement intellectuel et comme une preuve du développement de\nnotre goût et de nos mœurs littéraires.\n    La littérature, en Belgique, est encore très jeune. Ecrire son histoire,\ncomme le dit excellemment M. Francis Nautet, c'est écrire l'histoire d'hier\net d'aujourd'hui. L'imagination créatrice, chez nous, était, depuis des\nsiècles, tournée vers la peinture et vers la musique. Ces deux arts, plus con­\nformes aux qualités et aux défauts de notre race, aspirèrent et engloutirent\nlongtemps toutes nos forces. Depuis une vingtaine d'années, ce mouve­\nment d'absorption s'est rallenti et affaibli. On a vu apparaître, non plus\n"}, {"page_pdf": 392, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3375, "texte": "                                  — 349     -\n\nquelques écrivains isolés, mais des générations successives de romanciers,\nde poètes, de conteurs, de critiques et d'essayistes. Et chacun d'eux, à sa\nmanière, a fait oeuvre d'imagination et d'invention littéraires, à la fois\ndans le fond et dans la forme. Seulement tous ont gardé quelque chose des\npeintres et des musiciens, des amateurs de peinture et de musique dont ils\nsont issus. C'est ainsi qu'un poète wallon, M. Albert Mockel, incline encore\nfortement vers la musique et vers des applications de la musique; c'est\nainsi que M. Eugène Demolder demande le prétexte de ses contes aux\nvieux tableaux de Jan Steen et de Breughel.\n   L'apparition de ces écrivains nostalgiques d'harmonie ou de couleur est\nà mes yeux la meilleure démonstration d'un commencement de vitalité\nlittéraire. Et, si l'on se rappelle que Charles De Coster commit la faute\nd'enfermer son admirable Légende d'Ulenspiegel sous la triple serrure\narchaïque de la langue du XVIe siècle, il faut non seulement féliciter\nM. Eugène Demolder d'avoir évité un pastiche auquel l'exemple de Charles\nDe Coster et la nature de son sujet eussent pu le pousser, mais il faut\nattribuer cette preuve de goût à raffinement de notre sensibilité, à l'exis­\ntence, encore embryonnaire mais certaine, d'une tradition littéraire.\n   Qu'on ne s'y trompe d'ailleurs pas. M. Eugène Demolder n'est point un\npeintre qui écrit. C'est un écrivain sorti d'une race de peintres, mais c'est\nun écrivain qui met en œuvre des procédés et des artifices purement litté­\nraires. Remarquons en passant que les rares peintres qui manient la plume\nne sont guère coloristes dans leur écriture sur le papier — voir Eugène\nDelacroix — et que les écrivains au verbe le plus pictural — Théophile\nGautier, par exemple — sont souvent des peintres sans couleur et sans\nvirtuosité. On conclut trop vite de la ressemblance des effets à l'identité des\ncauses. Un peintre rubénien n'écrira pas une phrase colorée parce qu'il y\nentrechoquera des termes de couleur ou des expressions d'atelier, et de\nmême, un écrivain coloriste n'atteindra pas au coloris parce qu'il mêlera\nsur sa palette ou sur sa toile de peintre, selon ses recettes d'antithèse litté­\nraire, les couleurs qu'il évoque ailleurs au moyen des mots. Pour réaliser\ndes effets de couleur, des oppositions et des mariages de tons, l'écrivain doit\nchercher des moyens équivalents aux moyens du peintre, employer des\nartifices de plume en correspondance avec les artifices du pinceau. C'est ce\nque M. Eugène Demolder a parfaitement deviné et compris. C'est par des\nprocédés de style, par des mélanges de vocables, par une espèce de ligne de\nla phrase, qu'il donne l'illusion du dessin et de la couleur. Les mots\nimmédiatement représentatifs ne sont pas chez lui les plus évocateurs, et\npourraient parfois être supprimés. C'est par l'expression qu'il arrive au\ncoloris, par l'emploi du mot concret, du verbe à la fois précis et imagé, par\nle choix des détails caractéristiques qui suggèrent la tonalité sans la\nnommer. Chacune de ses phrases se grave dans la mémoire par un de ces\naccidents heureux, qui sont une espèce de ponctuation pittoresque, une\nmanière de typographie sensuelle des choses.\n  Telle est cette oeuvre, d'une veine si flamande sous la forme française,\nqui met M. Eugène Demolder en belle place parmi nos prosateurs, et dont\n"}, {"page_pdf": 393, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 471, "texte": "                                 — 350 —\n\nles défauts, l'engorgement des comparaisons et l'équilibre instable de la\ncomposition, sont les défauts mêmes des qualités de notre race. Non seule­\nment les Contes d'Yperdamme nous procurent un plaisir esthétique, mais\nils précisent une date de notre renaissance artistique. C'est pourquoi la\ncritique s'en empare et vide, autour de ces récits savoureux, d'amicales\nquerelles. Cela ne vaut-il pas mieux que des adjectifs?\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 350, "page_fin": 352, "titre_corps": "Chronique littéraire : Chansons d’Amant", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "J ai agité beaucoup de théories", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 393, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 471, "fin_caractere_exclue": 3012, "texte": "J'ai agité beaucoup de théories à propos de l'œuvre de M. Eugène\nDemolder, qui a les théories en horreur. Par esprit de compensation con­\ntradictoire, je ne théoriserai pas autour du livre de M. Gustave Kahn, pour\nqui la théorie est une espèce d'élément.\n   M. Gustave Kahn définit le vers : « Un arrêt simultané de la pensée et\nde la forme de la pensée ». Une strophe est, à ses yeux, « le développe­\nment par une phrase en vers d'un point complet de l'idée ». Un poème est,\npar conséquent, « la mise en situation par ses facettes prismatiques, qui\nsont les strophes, de l'idée tout entière qu'on a voulu évoquer ». M. Kahn,\nconséquent avec lui-même, considère naturellement l'ancien vers — celui\nqu'on faisait avant lui — comme « une ligne de prose coupée par une\nrime régulière», tandis que le vers nouveau « doit exister en lui-même par des\nallitérations de voyelles et de consonnes parentes ». Ajoutez à cela que le\nvers libre autorise toutes les combinaisons imaginables, et même les\nautres, puisqu'il y a « autant de formes de vers qu'il y a de nombres pre­\nmiers », et vous aurez, réduites en formules, la poétique et la prosodie de\nM. Gustave Kahn.\n   Les lecteurs de la Jeune Belgique sont bien heureux : ils ne connaissent\nM. Gustave Kahn que par ses poèmes, dont ils apprécient la saveur et\nl'originalité. Ils sont trop habitués aux théories — on leur en a beaucoup\nservi — pour ne pas être devenus sceptiques. Comme ils s'intéressent égale­\nment aux différentes manifestations d'art que la Jeune Belgique couvre de\nson pavillon, ils ont fini par attacher plus d'importance à l'application\nqu'au principe, au poème qu'à la poétique, à la fleur et aux fruits qu'aux\npropos du jardinier.\n   Je les imite. Je n'entends pas discuter les théories de M. Gustave Kahn.\nJe les crois excellentes, — pour lui — qu'elles aient ou non précédé son\nœuvre. Si c'est à cause d'elles qu'il a écrit Chansons d'Amant, admirons\nces chansons-là. S'il a formulé son système d'après les Chansons d'Amant,\nadmirons-les encore, et disons aux théories, comme Rosine à Basile :\n« Buona sera, allez-vous coucher! »\n   Chansons d'Amant révèle un poète très singulier, dont la singularité ne\nse connaît peut-être qu'à demi. C'est qu'en effet, malgré toutes ses procla­\nmations, M. Gustave Kahn est une âme primesautière. Pour lui l'idée\npoétique ne vit que par des travestissements d'images, et le poème n'est\nqu'une traduction personnelle et momentanée des impressions de joie ou\nde tristesse que la réalité allume dans le somptueux palais de notre cerveau.\n"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3249, "texte": "                                  — 351 —\n\nChez l'auteur de Chansons d'Amant, les sensations et les sentiments se\nsuccèdent, se pressent et se bousculent avec une fébrilité caractéristique.\nToute idée se résoud en image, et les images s'appellent, se groupent et se\nmettent en marche, comme une caravane, vers une idée nouvelle, qui est le\npoint de départ d'une autre caravane, chargée d'autres richesses. L'imagi­\nnation de M. Kahn est à la fois opulente et vagabonde. Ces deux faces de\nson talent sont admirablement exprimées dans le titre de son premier livre :\nles Palais nomades, qui pourrait aussi couvrir le deuxième. Des palais,\ncertes, des palais d'architecture composite, débordants de trésors étonnés\nd'être réunis, des bazars d'orient où se déverse le luxe errant, clinquant et\nbizarre des Bohémiens. Mais aussi des palais qui marchent, qui roulent,\nqui volent, qui s'arrêtent sur un signe de leur prince et qui changent de\nphysionomie au seul désir de leur capricieux habitant. Je ne connais point\nde poèmes qui expriment avec plus de naturelle éloquence la volupté du\nvoyage, la rancœur des adieux et la fatalité des migrations.\n   Cette poésie, essentiellement sémite, et, plus que sémite, peut-être\nmongole, est, dans l'acception exacte du mot, une poésie de primitif.\nQuand on gratte l'enveloppe cosmopolite qui la recouvre, on trouve une\nespèce de barbare, qui jongle avec les images, un virtuose d'habileté\nnative, un tzigane dont l'oreille finement sauvage boit, comme un breu­\nvage amer et doux, les folles tempêtes que son archet capricant déchaîne.\nRessusciter, en des rapsodies fantasques, les milliers de rêves nostalgiques\nqui dorment informulés dans la foule anonyme des âmes, tel est, me\nsemble-t-il, le but que se propose M. Gustave Kahn. N'est-il pas naturel,\ndès lors, qu'il ait été se retremper dans les sources vives des ballades\npopulaires? Et devons-nous être surpris s'il lâche, tout à coup, dans la litté­\nrature contemporaine, si vieille de richesses patriciennes, un peuple jeune\net neuf de chansons?\n   La poésie de M. Gustave Kahn est, — faut-il le dire? — en révolte, en\nrévolte instinctive et raisonnée, contre l'art classique, contre l'art grec et\nl'art latin, c'est-à-dire, en dépit des alliages, contre l'art français lui-même.\nIl hait l'harmonie, la symétrie, les ordonnances savantes, la règle inflexible\net les mille ressources qu'elle cache sous sa rigueur. Il déteste la Beauté\naryenne, et s'il la blasphème sans cesse, elle et ceux qui la servent, c'est\nqu'il y est porté par une impulsion de sa nature, par un atavisme irréduc­\ntible, contre lesquels aucun raisonnement, aucune culture, si éclectique\nqu'elle soit, ne peuvent prévaloir. Cette poésie-là, en dehors de son mérite\nesthétique, présente cette particularité qu'elle incarne, à pleins vers et à\nstrophe que veux-tu, un des aspects éternels de la guerre des races.\n   C'est assez dire que j'ai retrouvé, dans Chansons d'Amant, le poète des\nPalais nomades. Ces chansons diffèrent cependant des palais par un accent\nplus intime, plus pénétrant et plus recueilli. Leur luxe composite allume\ntous ses feux vers une seule iconostase.\n   Nos lecteurs jugeront de la sincérité de ces chansons par le charmant et\nmélancolique sonnet que voici :\n"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1927, "texte": "                                   — 352 —\n\n        Je t'apporte, ami, mon cœur meurtri\n        Le sillon des pas sur mon corps et sur mon âme\n        La grâce déjà promise, départie et reprise\n        Et la caravane des triomphes que ta pensée blâme.\n\n       Je te donne, amie, mes lèvres vieillies,\n       Les rides de mon front découronné par d'autres\n       Et le banquet d'un cœur oh l'on attendit l'hôte,\n       L'hôte inconnu porteur de joies épanouies.\n\n       Je t'apporte, ami, la brève compagnie\n       D'un cœur en oubli, d'un cœur en folies, d'un cœur en   voyage\n       Paré pour des minutes vers les baisers du mage.\n\n       Je t'apporte, amie, la triste solitude\n       D'un cœur en soupçons, d'un cœur en souffrance, dun cœur en débris\n       Dont les préludes de fête et les bruits de bal sont enfuis.\n\n   J'aurais bien quelques réserves à faire sur maints vers par trop longs,\net sur certains mots de science rébarbative qui font étrange figure dans ces\npoèmes spontanés, mais ces chicanes m'entraîneraient loin, du côté de la\nthéorie au bois dormant. Ne l'éveillons pas !\n   Je ne sais si la poétique de M. Gustave Kahn sera universellement\nadmise, et si sa prosodie remplacera ce qu'il appelle la prosodie officielle.\nJ'en doute. Je pense qu'il attribue à la forme et au bois de son violon, ainsi\nqu'aux crins de son archet, les vertus personnelles du violoniste. Quoi qu'il\nen soit, M. Gustave Kahn a introduit le Lied dans la poésie française.\nQu'on suive son exemple on qu'on ne le suive pas, cette conquête, si j'ose\nimiter son langage, est une jolie plume à son chapeau.\n   Telle est mon opinion sur un artiste singulier, dont j'estime le talent,\nmais dont je déteste les tendances. J'ai dit, sincèrement, ce que je pense de\nson œuvre, comment et sous quelle lumière je la vois. Cela ne vaut-il pas\nmieux que des théories?\n                                                            A L B E R T GIRAUD"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1891-09-n9-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1891-001-010_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1891-001-010_f.pdf", "ocr_sha256": "24d754622cb32f12675b4f8d52090086637bdb0a93d337353c62c9b1424dbc62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 353, "page_fin": 356, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Enfant", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 85, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 134, "texte": "La Société des gens de lettres fait de"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 184, "fin_caractere_exclue": 225, "texte": "nouveau parler d'elle. 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Emile"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2787, "fin_caractere_exclue": 2829, "texte": "Zola déclare que les anarchistes ne recon­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2921, "fin_caractere_exclue": 2965, "texte": "naissent aucune propriété et qu'il est into­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3059, "fin_caractere_exclue": 3101, "texte": "lérable pour un lettré d'être dévalisé par"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3192, "fin_caractere_exclue": 3229, "texte": "eux. 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Hyménée ! Notre ami Emile"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1342, "fin_caractere_exclue": 1378, "texte": "Verhaeren épouse Mlle Marthe Massin."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1428, "fin_caractere_exclue": 1472, "texte": "M. Orner Coppens, l'un des peintres les plus"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1522, "fin_caractere_exclue": 1563, "texte": "remarqués de l'Essor, et qui est aussi un"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1613, "fin_caractere_exclue": 1649, "texte": "de nos bons amis, épouse Mlle Hélène"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1699, "fin_caractere_exclue": 1737, "texte": "Gheude. Félicitations et nos meilleurs"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1787, "fin_caractere_exclue": 1803, "texte": "vœux de bonheur."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1939, "fin_caractere_exclue": 1972, "texte": "Au Congrès de Malines. — Les bons"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2029, "fin_caractere_exclue": 2070, "texte": "congresseux ont voté quelques jolies sot­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2120, "fin_caractere_exclue": 2161, "texte": "tises, sur lesquelles nous reviendrons en"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2211, "fin_caractere_exclue": 2253, "texte": "temps et lieu. Sur la proposition de notre"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2303, "fin_caractere_exclue": 2347, "texte": "excellent oncle Léon de Monge,ils ont décidé"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2397, "fin_caractere_exclue": 2438, "texte": "de répudier certains écrivains qui « com­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2488, "fin_caractere_exclue": 2531, "texte": "promettent et déshonorent » les catholiques"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2581, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "belges. Ces quelques écrivains sont : Ver­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2673, "fin_caractere_exclue": 2713, "texte": "laine, Barbey d'Aurevilly, Baudelaire et"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2768, "fin_caractere_exclue": 2786, "texte": "Joséphin Péladan !"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 2882, "fin_caractere_exclue": 2920, "texte": "On nous assure que notre aimable oncle"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3015, "fin_caractere_exclue": 3058, "texte": "est très monté contre Tabibitte et qu'il le"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3151, "fin_caractere_exclue": 3191, "texte": "secouera d'importance ainsi que Pinolet."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3279, "fin_caractere_exclue": 3323, "texte": "La Très-jeune Belgique ne se tient pas d'an­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3417, "fin_caractere_exclue": 3460, "texte": "goisse. Mais Tabibitte est capable de vomir"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3537, "fin_caractere_exclue": 3577, "texte": "des flots d'encre, au respectable nez de"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3671, "fin_caractere_exclue": 3711, "texte": "notre bon oncle : Luther jetait bien son"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3802, "fin_caractere_exclue": 3830, "texte": "encrier à la tête du diable."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3971, "fin_caractere_exclue": 4010, "texte": "Le Précurseur d'Anvers publie un feuil­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 4060, "fin_caractere_exclue": 4105, "texte": "leton en vers, consacré à la glorification de"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 106, "texte": "Verlat et à l'excommunication de l'école"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 164, "fin_caractere_exclue": 176, "texte": "bruxelloise."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 236, "fin_caractere_exclue": 250, "texte": "Échantillons :"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 336, "fin_caractere_exclue": 383, "texte": "« Ce sont ces murs fameux, où rayonnait naguère"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 435, "fin_caractere_exclue": 479, "texte": "Des maîtres d'autrefois l'éclatante lumière,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 542, "fin_caractere_exclue": 563, "texte": "Vibrants de souvenir."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 600, "fin_caractere_exclue": 648, "texte": "Il en sort comme un suint d'effluves immortelles"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 649, "fin_caractere_exclue": 694, "texte": "Et le maître nouveau, déployant là ses ailes,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 747, "fin_caractere_exclue": 773, "texte": "Les étend sans faiblir ! »"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 840, "fin_caractere_exclue": 878, "texte": "Oh! ce suint tellement abondant que le"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 938, "fin_caractere_exclue": 981, "texte": "mot effluve en change de sexe, et ces ailes"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1038, "fin_caractere_exclue": 1081, "texte": "déployées qui ne faiblissent pas en s'êten­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1140, "fin_caractere_exclue": 1145, "texte": "dant!"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1222, "fin_caractere_exclue": 1272, "texte": "« Rubens est notre phare. En faudrait-il un autre?"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1325, "fin_caractere_exclue": 1376, "texte": "De l'art flamand il est le cœur, l'âme, l'apôtre. »"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1425, "fin_caractere_exclue": 1466, "texte": "Ce phare-cceur, ce phare-âme et ce phare-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1525, "fin_caractere_exclue": 1560, "texte": "apôtre nous paraissent pharamineux."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1625, "fin_caractere_exclue": 1667, "texte": "Le génie de Verlat en un seul alexandrin :"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1723, "fin_caractere_exclue": 1775, "texte": "« Quelle patte et quel œil dans ce multiple monde! »"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1928, "fin_caractere_exclue": 1952, "texte": "La patte est dans l'œil!"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2054, "fin_caractere_exclue": 2100, "texte": "« Laissons-les se bercer d'une folle espérance"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2101, "fin_caractere_exclue": 2143, "texte": "Et forger en Brabant un argot à la France,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2230, "fin_caractere_exclue": 2259, "texte": "Qu'ils comprennent entre eus,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2320, "fin_caractere_exclue": 2369, "texte": "Et demander la mer aux brins de leur prairie... »"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2425, "fin_caractere_exclue": 2466, "texte": "La mer aux brins de prairie, ça doit être"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2521, "fin_caractere_exclue": 2536, "texte": "l'amer Cresson!"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2593, "fin_caractere_exclue": 2642, "texte": "« Et Sneyders, Fijt, Segers, où l'argile se nomme"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2704, "fin_caractere_exclue": 2733, "texte": "Dans sa fougue ou son fard..."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2801, "fin_caractere_exclue": 2848, "texte": "Van Uden, Neefs, Wildens, Coques qu'un fin jour"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2911, "fin_caractere_exclue": 2922, "texte": "[dore... »]"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3029, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "L'argile fardée, et Coques qu'un fin..."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3134, "fin_caractere_exclue": 3174, "texte": "Coques qu'un fin ! Coques qu'un fin ! Ça"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3233, "fin_caractere_exclue": 3271, "texte": "remplace les cailloux de Démosthènes !"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3321, "fin_caractere_exclue": 3361, "texte": "L'auteur de ces merveilles signe: Edmond"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3423, "fin_caractere_exclue": 3427, "texte": "H..."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3527, "fin_caractere_exclue": 3564, "texte": "M. Edmond Haraucourt serait-il devenu"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3630, "fin_caractere_exclue": 3641, "texte": "Anversois ?"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3897, "fin_caractere_exclue": 3914, "texte": "Grande nouvelle :"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4001, "fin_caractere_exclue": 4042, "texte": "Les Petites Affiches publient les statuts"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4093, "fin_caractere_exclue": 4135, "texte": "du « Salon de la Rose + Croix », fondé par"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4168, "fin_caractere_exclue": 4208, "texte": "le Sâr Mérodack Baladan, le grand-prieur"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4266, "fin_caractere_exclue": 4306, "texte": "Antoine de la Rochefoucauld, les comman­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4368, "fin_caractere_exclue": 4408, "texte": "deurs Elémir Bourges, de Larmandie, Gary"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4472, "fin_caractere_exclue": 4511, "texte": "de Lacroze et trois encore pseudonymes."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4578, "fin_caractere_exclue": 4617, "texte": "Ci le programme, publié par le Sâr dans"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4679, "fin_caractere_exclue": 4690, "texte": "le Figaro :"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4784, "fin_caractere_exclue": 4829, "texte": "« L'artiste et le public n'ont pas à se d e ­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4880, "fin_caractere_exclue": 4918, "texte": "mander ce que médite le Temple, ce que"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4981, "fin_caractere_exclue": 5018, "texte": "prépare la Rose Croix : simplement la"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 5080, "fin_caractere_exclue": 5119, "texte": "manifestation victorieuse des Normes de"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 125, "fin_caractere_exclue": 163, "texte": "la Beauté que depuis douze années nous"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 223, "fin_caractere_exclue": 233, "texte": "proférons."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 297, "fin_caractere_exclue": 335, "texte": "Le Salon de la Rose Croix sera un tem­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 395, "fin_caractere_exclue": 434, "texte": "ple dédié à l'Art-Dieu, avec les chefs-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 494, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "d'œuvre pour dogmes et pour saints les"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 592, "fin_caractere_exclue": 599, "texte": "génies."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 711, "fin_caractere_exclue": 737, "texte": "Suit la liste des invités."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 837, "texte": "Au dessus de toute école, sans préfé­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 897, "fin_caractere_exclue": 937, "texte": "rence technique, admettant aussi bien le"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 997, "fin_caractere_exclue": 1037, "texte": "mélange optique que la méthode italienne"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1097, "fin_caractere_exclue": 1139, "texte": "d'un Desboutins; la Rose Croix n'exige que"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1199, "fin_caractere_exclue": 1221, "texte": "l'idéalité des œuvres."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1284, "fin_caractere_exclue": 1324, "texte": "Parmi les quatre-vingts artistes choisis"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1384, "fin_caractere_exclue": 1422, "texte": "déjà et presque tous adhérents à cette"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1482, "fin_caractere_exclue": 1524, "texte": "heure, il suffit de citer : le grand Puvis"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1584, "fin_caractere_exclue": 1622, "texte": "de Chavannes, Dagnan-Bouveret, Merson,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1682, "fin_caractere_exclue": 1722, "texte": "Henri Martin, Apian(Jean), Odilon Redon,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1782, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "Knopff, Point-Séon, Filiger, de Eguzsguiza,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 1885, "fin_caractere_exclue": 1925, "texte": "Anquetin. Les statuaires Dampt, Marquest"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2012, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "de Vasselot, Pezieux, Astruc, le composi­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2203, "fin_caractere_exclue": 2221, "texte": "teur Erick-Saties."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2284, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "Nous irons h Londres inviter Burne-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2379, "fin_caractere_exclue": 2421, "texte": "Jones, Watts et les cinq pré-raphaëlistes;"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2481, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "nous convierons les Allemands Lenhbardt"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2580, "fin_caractere_exclue": 2592, "texte": "et Bœckling."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2656, "fin_caractere_exclue": 2696, "texte": "L'ordre procède par invitations : et les"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2756, "fin_caractere_exclue": 2800, "texte": "invités n'ont qu'à observer la règle d'idéa­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2860, "fin_caractere_exclue": 2865, "texte": "lité."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 2986, "fin_caractere_exclue": 3026, "texte": "Elle bannit toute représentation contem­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3086, "fin_caractere_exclue": 3131, "texte": "poraine, rustique, militaire; les fleurs, les"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3191, "fin_caractere_exclue": 3232, "texte": "animaux, le genre comme l'histoire, et le"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3292, "fin_caractere_exclue": 3318, "texte": "portrait comme le paysage."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3382, "fin_caractere_exclue": 3422, "texte": "Mais accueille toute allégorie, légende,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3482, "fin_caractere_exclue": 3524, "texte": "le mysticisme et le mythe, et même la tête"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3584, "fin_caractere_exclue": 3629, "texte": "d'expression si elle est noble, ou l'étude du"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3689, "fin_caractere_exclue": 3706, "texte": "nu s'il est beau."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3770, "fin_caractere_exclue": 3808, "texte": "Car il faut faire BEAU, pour entrer au"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3868, "fin_caractere_exclue": 3893, "texte": "Salon de la Rose Croix. »"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 3957, "fin_caractere_exclue": 3997, "texte": "En somme, un « à l'instar » du Salon des"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4057, "fin_caractere_exclue": 4092, "texte": "XX, organisé par un Octave Maus qui"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4152, "fin_caractere_exclue": 4167, "texte": "serait du midi."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4231, "fin_caractere_exclue": 4265, "texte": "Malheureusement, MM. Puvis de Cha­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4325, "fin_caractere_exclue": 4367, "texte": "vannes et Dagnan-Bouveret, un peu effrayés"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4427, "fin_caractere_exclue": 4471, "texte": "par la rhétorique du Sâr, lui ont fait assa­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4531, "fin_caractere_exclue": 4574, "texte": "voir qu'ils retiraient leur pinceau du jeu."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4638, "fin_caractere_exclue": 4678, "texte": "D'autre part lés Rose + Croix d'en face,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4738, "fin_caractere_exclue": 4780, "texte": "c'est-à-dire MM.StanislasdeGuaîta, Jacques"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4840, "fin_caractere_exclue": 4879, "texte": "Papus, F.-Ch. Barlet, Paul Adam, Lucien"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 4939, "fin_caractere_exclue": 4980, "texte": "Lejay et Oswald Wirth protestent avec une"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 5040, "fin_caractere_exclue": 5079, "texte": "véhémence ésotérique contre les préten­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 5139, "fin_caractere_exclue": 5176, "texte": "tions du Sâr, qu'ils tiennent pour un"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 88, "texte": "« Panurge de l'occultisme », mettent le"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 140, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "public en garde contre toute confusion entre"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 229, "fin_caractere_exclue": 271, "texte": "les Rose + Croix authentiques et le Fonta-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 304, "fin_caractere_exclue": 345, "texte": "narose j Croix Péladan, et terminent leur"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 399, "fin_caractere_exclue": 438, "texte": "bulle en appelant le Sâr, sérieusement,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 494, "fin_caractere_exclue": 514, "texte": "« un bon fumiste » ."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 555, "fin_caractere_exclue": 577, "texte": "Les choses en sont là."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 665, "fin_caractere_exclue": 667, "texte": "**"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 731, "fin_caractere_exclue": 772, "texte": "Les marmitons qui ont fait naguère inter­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 816, "fin_caractere_exclue": 857, "texte": "dire Lohengrin,      ont recommencé leurs"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 909, "fin_caractere_exclue": 951, "texte": "exploits. Les éditeurs de musique de Paris"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1002, "fin_caractere_exclue": 1042, "texte": "se sont coalisés pour fermer l'Opéra aux"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1092, "fin_caractere_exclue": 1131, "texte": "œuvres de Wagner, qui, non seulement au"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1189, "fin_caractere_exclue": 1229, "texte": "point de vue artistique, mais surtout au"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1284, "fin_caractere_exclue": 1327, "texte": "point de vue commercial, sont incompatibles"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1340, "fin_caractere_exclue": 1383, "texte": "avec les œuvres des Massenet et des Godard."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1427, "fin_caractere_exclue": 1469, "texte": "Résultat de cette coalition : naissance de"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1513, "fin_caractere_exclue": 1557, "texte": "plusieurs journaux de circonstance, destinés"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1581, "fin_caractere_exclue": 1627, "texte": "à induire les Parisiens en stupidité. Les dits"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1662, "fin_caractere_exclue": 1703, "texte": "journaux, rédigés par des emballeurs, ont"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1732, "fin_caractere_exclue": 1773, "texte": "annoncé successivement l'arrivée d'un ba­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1823, "fin_caractere_exclue": 1861, "texte": "taillon sacré de 200 Prussiens chargés"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1915, "fin_caractere_exclue": 1957, "texte": "d'égayer les entr'actes en criant : « Vive"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2002, "fin_caractere_exclue": 2043, "texte": "Guillaume II ! », et le séjour à Paris de"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2093, "fin_caractere_exclue": 2111, "texte": "Mme Cosima Wagner."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2162, "fin_caractere_exclue": 2200, "texte": "L'immonde journal qui répand ces igno­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2201, "fin_caractere_exclue": 2240, "texte": "minies s'appelle : la Patrie en Danger."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2244, "fin_caractere_exclue": 2284, "texte": "Voici, car il faut que ces choses soient"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2335, "fin_caractere_exclue": 2377, "texte": "consignées dans les archives de la sottise"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2429, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "humaine, l'article que cette infâme feuille"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2499, "fin_caractere_exclue": 2537, "texte": "de chou consacre à Mme Cosima Wagner :"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2595, "fin_caractere_exclue": 2636, "texte": "« Hier, déguisé en ouvrier, nous avons pu"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2685, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "nous glisser dans les couloirs (de l'Opéra),"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2845, "fin_caractere_exclue": 2885, "texte": "et ce que nous avons vu nous a tellement"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2938, "fin_caractere_exclue": 2980, "texte": "surpris que nous n'aurions rien osé affir­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3030, "fin_caractere_exclue": 3074, "texte": "mer de ce qui se passe, si nous n'avions vu,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3123, "fin_caractere_exclue": 3139, "texte": "de nos yeux vu !"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3310, "fin_caractere_exclue": 3344, "texte": "Depuis quand Mme Wagner est-elle à"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3398, "fin_caractere_exclue": 3436, "texte": "Paris? Nous ne le savons pas au juste."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3494, "fin_caractere_exclue": 3529, "texte": "Ce que nous pouvons affirmer, c'est"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3568, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "qu'elle y est depuis trois jours au moins."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3754, "fin_caractere_exclue": 3780, "texte": "La police ne l'ignore pas."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3845, "fin_caractere_exclue": 3869, "texte": "Le gouvernement le sait."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3932, "fin_caractere_exclue": 3973, "texte": "Mais Paris n'a pas été mis dans la confi­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4020, "fin_caractere_exclue": 4041, "texte": "dence et pour cause !"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4204, "fin_caractere_exclue": 4244, "texte": "Dès son arrivée à Paris, la veuve Wagner"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4296, "fin_caractere_exclue": 4340, "texte": "s'est rendue chez M. Ritt. Celui-ci a aussi­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4386, "fin_caractere_exclue": 4430, "texte": "tôt conféré avec M. Gailhard ; puis les deux"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4479, "fin_caractere_exclue": 4523, "texte": "directeurs ont rendu compte de cette arrivée"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4566, "fin_caractere_exclue": 4607, "texte": "au ministre des affaires étrangères et au"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4659, "fin_caractere_exclue": 4676, "texte": "préfet de police."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "Le résultat de ces conciliabules a été"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 228, "texte": "que l'arrivée de la veuve Wagner serait"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 278, "fin_caractere_exclue": 303, "texte": "tenue absolument secrète."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 356, "fin_caractere_exclue": 398, "texte": "La veuve de l'insulteur a donc été instal­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 448, "fin_caractere_exclue": 493, "texte": "lée à l'Opéra dont elle ne sort ni le jour ni"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 543, "fin_caractere_exclue": 551, "texte": "la nuit."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 604, "fin_caractere_exclue": 644, "texte": "Elle habite la loge d'un des directeurs."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 697, "fin_caractere_exclue": 727, "texte": "Elle y mange et elle y couche."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 781, "fin_caractere_exclue": 815, "texte": "Les artistes eux-mêmes ignorent sa"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 865, "fin_caractere_exclue": 908, "texte": "présence ; seuls, les directeurs, M. Lamou­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 958, "fin_caractere_exclue": 1001, "texte": "reux et quelques initiés sont au courant..."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1054, "fin_caractere_exclue": 1091, "texte": "Ainsi donc, voilà où nous en sommes !"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1144, "fin_caractere_exclue": 1188, "texte": "La femme de celui qui é c r i i t la Capitu-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1238, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "lation vient assister au triomphe de l'insul­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1333, "fin_caractere_exclue": 1339, "texte": "teur !"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1392, "fin_caractere_exclue": 1426, "texte": "La femme Wagner vient applaudir le"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1476, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "Lohengrin dans la ville même que son"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1562, "fin_caractere_exclue": 1580, "texte": "homme villipenda 1"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1633, "fin_caractere_exclue": 1661, "texte": "C'est une femme, dira-t-on !"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1714, "fin_caractere_exclue": 1731, "texte": "Non, disons-nous."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1784, "fin_caractere_exclue": 1822, "texte": "C'est la femelle de l'insulteur. Et sa"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1872, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "présence chez nous est encore une insulte."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1967, "fin_caractere_exclue": 2001, "texte": "Comme nous aurions crié : « Sus au"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2051, "fin_caractere_exclue": 2092, "texte": "mâle», nous crions: « Sus à la femelle, à"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2142, "fin_caractere_exclue": 2158, "texte": "l'insulteuse ! »"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2294, "fin_caractere_exclue": 2334, "texte": "On lit dans la Chronique, sous la signa­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2384, "fin_caractere_exclue": 2428, "texte": "ture de l'onagre, l'étonnant article biblio­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2478, "fin_caractere_exclue": 2498, "texte": "graphique qui suit :"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2551, "fin_caractere_exclue": 2591, "texte": "« Les Bons Parents, par Hubert Krains; à"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2641, "fin_caractere_exclue": 2684, "texte": "la librairie Alfred Castaigne, Montagne-aux"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2734, "fin_caractere_exclue": 2751, "texte": "Herbes-Potagères."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2805, "fin_caractere_exclue": 2844, "texte": "Le volume contient quatre nouvelles. La"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2894, "fin_caractere_exclue": 2937, "texte": "première, les Bons Parents, est importante,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2987, "fin_caractere_exclue": 3029, "texte": "intéressante, vigoureuse d'exécution comme"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3079, "fin_caractere_exclue": 3122, "texte": "un tableau d'Impens. Les trois autres, sur­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3172, "fin_caractere_exclue": 3216, "texte": "tout les deux dernières, sont plus faibles :"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3266, "fin_caractere_exclue": 3306, "texte": "Le Bonheur des autres et la Cité mercan-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3356, "fin_caractere_exclue": 3397, "texte": "tile appartiennent au genre quasi fantas­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3447, "fin_caractere_exclue": 3490, "texte": "tique, avec un fond d'ironie cruelle qui ne"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3540, "fin_caractere_exclue": 3567, "texte": "produit pas l'effet désiré."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3620, "fin_caractere_exclue": 3657, "texte": "M. Krains paraît avoir le tempérament"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3707, "fin_caractere_exclue": 3750, "texte": "d'un réaliste observateur; si ce volume est"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3800, "fin_caractere_exclue": 3841, "texte": "un début, il est plein de promesses. Nous"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3891, "fin_caractere_exclue": 3928, "texte": "le recommandons à nos confrères de la"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3978, "fin_caractere_exclue": 4019, "texte": "presse, dont l'aide est indispensable aux"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4069, "fin_caractere_exclue": 4108, "texte": "hommes de lettres comme aux peintres et"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4158, "fin_caractere_exclue": 4200, "texte": "aux musiciens. Ce sont ceux-ci qu'on choie"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4250, "fin_caractere_exclue": 4295, "texte": "avant tout : Ce n'est pas juste. L'auteur des"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4345, "fin_caractere_exclue": 4385, "texte": "Bons Parents ne demande qu'un peu d'aide"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4435, "fin_caractere_exclue": 4478, "texte": "pour sortir de l'ombre. »                R."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4531, "fin_caractere_exclue": 4565, "texte": "Savourons! M. R., de la Chronique,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4615, "fin_caractere_exclue": 4658, "texte": "estime que le livre de M. Hubert Krains est"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4708, "fin_caractere_exclue": 4749, "texte": "un bon livre, et il sait que l'auteur des"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 84, "texte": "Bons Parents « ne demande qu'un peu"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 142, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "d'aide pour sortir de l'ombre ». Aussi il lui"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 200, "fin_caractere_exclue": 243, "texte": "consacre 2 0 lignes ! Et il le recommande à"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 244, "fin_caractere_exclue": 274, "texte": "ses confrères de la presse ! !"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 278, "fin_caractere_exclue": 318, "texte": "S'il se l'était recommandé un peu à lui-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 367, "fin_caractere_exclue": 403, "texte": "même, — l'onagre n'eût pas mal fait."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 464, "fin_caractere_exclue": 507, "texte": "II est vrai que 20 lignes de cet extraordi­"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 556, "fin_caractere_exclue": 595, "texte": "naire pisse-froid, — cela mène à tout !"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 828, "fin_caractere_exclue": 861, "texte": "M. Edmond C , de la Galette, rend"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 916, "fin_caractere_exclue": 955, "texte": "compte tout à coup de Miette, par Henry"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1006, "fin_caractere_exclue": 1044, "texte": "Maubel (1890), des Aveugles de Maeter­"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1071, "fin_caractere_exclue": 1095, "texte": "linck (1890), etc., etc."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1163, "fin_caractere_exclue": 1196, "texte": "Un prix de lenteur à M. Edmond C."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1255, "fin_caractere_exclue": 1294, "texte": "Son article, d'ailleurs aimable, débute"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1344, "fin_caractere_exclue": 1382, "texte": "ainsi : \" On pense, quand viennent les"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1436, "fin_caractere_exclue": 1478, "texte": "vacances, aux livres négligés au temps des"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1529, "fin_caractere_exclue": 1569, "texte": "occupations absorbantes. C'est le moment"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1614, "fin_caractere_exclue": 1654, "texte": "de signaler quelques volumes récents...\""}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1677, "fin_caractere_exclue": 1716, "texte": "Oui, c'est le moment, parce que si vous"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1717, "fin_caractere_exclue": 1761, "texte": "aviez encore attendu un peu, ils ne seraient"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1762, "fin_caractere_exclue": 1775, "texte": "plus récents!"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1830, "fin_caractere_exclue": 1863, "texte": "Quand on songe que le même M. Ed­"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1916, "fin_caractere_exclue": 1951, "texte": "mond C. s'abîme le tempérament pour"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2008, "fin_caractere_exclue": 2046, "texte": "rendre compte le lendemain matin de la"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2098, "fin_caractere_exclue": 2130, "texte": "reprise du plus plat vaudeville?"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2193, "fin_caractere_exclue": 2233, "texte": "Ah! nous avons une belle critique litté­"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2281, "fin_caractere_exclue": 2288, "texte": "raire !"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2552, "fin_caractere_exclue": 2594, "texte": "Citons, à propos du prix de lenteur obtenu"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2642, "fin_caractere_exclue": 2682, "texte": "par M. Edmond C , une anecdote qu'Albert"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2737, "fin_caractere_exclue": 2779, "texte": "Giraud raconte aux jeunes écrivains dénués"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2831, "fin_caractere_exclue": 2843, "texte": "de patience."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2846, "fin_caractere_exclue": 2882, "texte": "Pierrot Lunaire parut au mois d'août"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2883, "fin_caractere_exclue": 2927, "texte": "1884. Trois mois après, Giraud, dépliant par"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2928, "fin_caractere_exclue": 2968, "texte": "hasard l'Echo du Parlement (mort depuis,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3016, "fin_caractere_exclue": 3062, "texte": "hélas !) y trouva un article sur... le Scribe,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3106, "fin_caractere_exclue": 3131, "texte": "paru en janvier 1883! ! !"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3338, "fin_caractere_exclue": 3375, "texte": "L'Indépendance belge, par la plume de"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3376, "fin_caractere_exclue": 3417, "texte": "M. Charles Tardieu, donne du « décadent »"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3418, "fin_caractere_exclue": 3433, "texte": "à Gustave Kahn."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3436, "fin_caractere_exclue": 3474, "texte": "On est au courant, ou on ne l'est pas,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3475, "fin_caractere_exclue": 3485, "texte": "marquise !"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3490, "fin_caractere_exclue": 3529, "texte": "Le « Carnet du liseur » de Georges Eek-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3530, "fin_caractere_exclue": 3569, "texte": "houd, dans l'Etoile belge, s'occupe des"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "Contes d'Yperdamme       et des    Chansons"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 191, "fin_caractere_exclue": 199, "texte": "d'Amant."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 327, "fin_caractere_exclue": 366, "texte": "Le mercredi, 2 septembre, a été célébré"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 416, "fin_caractere_exclue": 460, "texte": "en l'église de la Trinité à Saint-Gilles, en"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 510, "fin_caractere_exclue": 555, "texte": "présence d'un concours très select d'artistes"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 605, "fin_caractere_exclue": 642, "texte": "et de dames, le mariage de M. Camille"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 692, "fin_caractere_exclue": 736, "texte": "Gurickx, l'excellent pianiste, professeur au"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 786, "fin_caractere_exclue": 824, "texte": "Conservatoire royal de Bruxelles, avec"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 874, "fin_caractere_exclue": 915, "texte": "Mlle Marie Gendebien, fille de M. F. Gen-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 965, "fin_caractere_exclue": 1005, "texte": "debien, inspecteur-général honoraire des"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1055, "fin_caractere_exclue": 1070, "texte": "chemins de fer."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1123, "fin_caractere_exclue": 1159, "texte": "Pendant la cérémonie religieuse on a"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1209, "fin_caractere_exclue": 1251, "texte": "entendu une Bénédiction        pour orgue,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1301, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "chœurs et soli, composée par le marié; une"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1393, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "transposition pour violon du « Preislied »"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1485, "fin_caractere_exclue": 1528, "texte": "des Maîtres-Chanteurs, jouée par M. Achille"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1578, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "Lerminiaux et la marche nuptiale de"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1663, "fin_caractere_exclue": 1673, "texte": "Lohengrin."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1814, "fin_caractere_exclue": 1826, "texte": "Les Revues :"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1879, "fin_caractere_exclue": 1915, "texte": "Lire dans la Plume du 1er septembre,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1965, "fin_caractere_exclue": 2007, "texte": "les curieux médaillons consacrés aux pein­"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2057, "fin_caractere_exclue": 2097, "texte": "tres chromo-luminaristes, néo-tradition-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2147, "fin_caractere_exclue": 2189, "texte": "nistes et indépendants, dans le Mercure de"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2239, "fin_caractere_exclue": 2280, "texte": "France, les traductions de Carducci et de"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2330, "fin_caractere_exclue": 2367, "texte": "Guido Mazzoni, dans la Revue indépen-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2417, "fin_caractere_exclue": 2460, "texte": "dante, une série d'articles tressés en cou­"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2510, "fin_caractere_exclue": 2549, "texte": "ronne, autour du front de René Ghil, et"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2599, "fin_caractere_exclue": 2641, "texte": "dans les Entretiens, des notes inédites de"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2691, "fin_caractere_exclue": 2736, "texte": "Jules Laforgue, et un article de M. F. Vielé-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2786, "fin_caractere_exclue": 2830, "texte": "Grifïin sur le récent livre de Gustave Kahn."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2980, "fin_caractere_exclue": 3015, "texte": "Un groupe de jeunes écrivains vient"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3065, "fin_caractere_exclue": 3105, "texte": "d'accoucher du n° 1 d'une revue titrée :"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3155, "fin_caractere_exclue": 3173, "texte": "la Libre critique."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3226, "fin_caractere_exclue": 3266, "texte": "Les parents se portent bien. 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Vingt-cinq Sonnets, un volume in-16 Jésus. . . .                       1 50\n                               (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon des manufactures\n                                  Impériales et 9 exempl. sur Hollande Van Gelder).\nEEKHOUD (Georges). . .         Nouvelles Kermesses, avec frontispice de Léon Dar-\n                                  denne, 1 volume in-8° (quelques exemplaires) . . 7 50\n      —                        La Nouvelle Carthage, un volume in-18                                  3 50\n      —                         Les Fusillés de Malines, un volume in-18 . . . .                      3 50\nGILKIN (Iwan) . . . .           La Damnation de l'artiste                                            15 »\nGIRAUD ( A l b e r t ) . . . .  Hors du Siècle, poésies, un volume in-8° . . . .                      3 50\n      —                        Pierrot lunaire, poésies, un volume petit in-12. . . 2 »\n      —                         Pierrot Narcisse, un volume in-16 raisin                              2 »\n                               (II a été tiré 5 exemplaires sur Hollande Van Gelder).\n      —                        Dernières fêtes, poésies, un volume in-i6, raisin . . 2 »\n                               (Il a été tiré 15 exempl. sur Japon des manufactures\n                                  Impériales et to exempl. sur Hollande Van Gelder).\nGOFFIN (Arnold). . . . Journal dAndré (1885) (épuisé).\n      —                        Delzire Moris (1887) (épuisé)                                          3 »\n      —                        Impressions et Sensations (1888;                                       3 »\n      —                        Maxime (1890)                                                          3 »\nITIBERÊ DA CUNHA (J.). .       Préludes, poésies ; un vol. in-16 raisin                               3 »\nJENART (Aug.) . . . .          Le Barbare, poème-drame en prose, un volume in-18. 2 »\nJEUNE BELGIQUE (Le Parnasse de la), pièces diverses de dix-huit poètes belges, un\n                                  fort volume in-8°                                               - 7 50\nKAHN (Gustave) . . . .         Chansons d'amant, poèmes, un volume in-16 raisin . 3 50\nLACOMBLEZ (Paul) . . .         Un Baptême, pièce à dire pour jeunes filles. . . . 0 25\n      —                        Les Confitures, monologue pour jeunes filles . . .                     1 »\n      —                        Pensionnaires,                  id.                      . . .         1 »\n      —                        Romanesque!...                  id.                      . . . 0 75\n      —                        Skating,                        id.                      . . . 0 75\n      —                        Jeunes filles, monologues et pièces à dire                             2 »\nLAVACHERY (Alfred). . .        Contes et Nouvelles, avec illustrations de L. Bauës.\n                                  E. Berchmans, E. de Baré, E. Delpérée, etc., un\n                                  volume grand in-8° carré                                            5 »\nLAZARE (Bernard) . . .         Les Quatre faces, plaquette a n t i - p a r n a s s i e n n e . . . 1 »\nLEMONNIER (Camille) . .        En Brabant, contes, un volume in-18                                    060\n      —                        Les bons amis, conte,           id.                  0                   60\n      —                        Trois contes,                   id.                  0                   60\n      —                        Les Charniers (Sedan),          id.                                    3 50\n      —                        Ceux de la Glèbe (la Genèse, la Glèbe, les Concu­\n                                  bins, etc.), 1 volume in-18                                         3 5°\n      —                        En Allemagne, 1 volume in-18                                           3 50\n      —                        Happe-Chair,              id.                                          3 50\n      —                        L'Hystérique,             id.                                          3 50\n      —                        Madame Lupar,             id.                                           350\n      —                        Le Mort, nouvelles,       id.                                          1 25\n      —                        Un Mâle, avec dessin de X. Mellery, 1 volume in-18. 3 50\n      —                        Thérèse Monique, 1 volume in-18                                       3 50\nLE ROY (Grégoire). . .         Mon cœur pleure d'autrefois, un volume in-8\" avec\n                                  un frontispice de Fernand KhnopfF. . . . . .                      10 »\nMAETERLINCK (Maurice) .        Les Aveugles (L'Intruse. Les Aveugles),un vol.in-18. 3 »\n      —                        La Princesse Maleine, un volume in-18                                 3 50\n      —                        Serres chaudes, un volume in-18                                       3 »\n                               (Il a été tiré de chaque ouvrage 3 exemplaires sur\n                                  Japon à 15 francs et 7 exemplaires sur Hollande à\n                                  fr. 6-00).\n"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5039, "texte": "  MAETERLINCK (Maurice) .       L'Ornement des noces spirituelles, par Ruysbroeck\n                                     l'Admirable, traduit du flamand sur les textes au­\n                                     thentiques retrouvés au cloître du Val-Vert, et\n                                     précédé d'une Introduction, un vol. in-18. . . . 4 00\n                                 (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon des manufac­\n                                     tures Impériales et 25 exemplaires sur Hollande\n                                     Van Gelder).\n  MAUBEL (Henry) . . .           Max Waller, une plaquette in-8° (épuisé) . . . .           1 »\n        —                       Miette, un volume in-16                                     2 50\n  NAUTET (Francis) . . . Notes sur la littérature moderne, deux séries. Chaque\n                                     série en un volume in-16                               3 50\n  NYST (Raymond) . . . Volume ayant pour titre une épigraphe, avec un fron­\n                                     tispice colorié et un dessin de Nestor Outer . . .     5 »\n        —                 .      La Création du Diable, un volume in-18, sur papier\n         . .                          de Hollande, avec une eau forte de Willy Schlobach. 3 50\n  PLÉIADE (La), journal littéraire mensuel.\n                                 Première année (1889), les douze numéros . . . .           3 »\n            . . . .              Chaque numéro séparément                                . 0 30\n                                Seconde année, les douze numéros (très rare) . . .          5 »\n  RODENBACH (Georges) . .        L'Art en exil, roman, un volume in-18                      3 50\n        —                        L'Hiver mondain, poésies, un vol. in-18 (épuisé) . . 5 »\n        —                       La Jeunesse blanche, id.               id.      . . . .     3 »\n                                La Mer élégante,            id.        id.    (épuisé) . . 3 »\n        —         .             Du silence,                 id. un volume in-16 . . .       1 50\n        — .                     Les tristesses,             id. un volume in-18 . . .       3 »\n        — .          .          Le Règne du Silence, poème, un volume in-18. . . 3 50\n  SEVERIN (Fernand) . . .        Le Lys, poésies, avec une eau-forte de Henry De\n                                     Groux, un volume in-16 . .                             2 »\n                               (11 a été tiré 5 exemplaires sur Japon et 25 exem­\n                                     plaires sur Hollande).\n        — .                     Le Don d'Enfance, poèmes ; un volume in-16 raisin . 2 »\n                                (II a été tiré 8 exemplaires sur Japon et 32 exem­\n                                     plaires sur Hollande).\n' SLUYTS (Charles) . . .         L'appel des voix, poésies, un volume grand in-16. . 2 »\n                                (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon et 25 exem­\n                                     plaires sur Hollande).\n  VAN LERBERGHE (Charles).       Les Flaireurs, drame, une plaquette grand in-16 . . 1 »\n                                (Il a été tiré 25 exemplaires sur Hollande à 2 francs).\n  VERHAEREN (Emile). . .         Les Soirs (épuisé).\n        —                       Les Débâcles, poésies, un volume in-8° sur papier de\n                               . Hollande. .                                               10 »\n                                Les Flambeaux noirs, poèmes, in-8° sur papier de\n                                     Hollande                                              10 »\n        — _                     Les Moines, poésies, un volume in-18 Jésus . . .            3 »\n  WALLER (Max) . . . .          La Flûte à Siebel, un vol. in-8°, papier vergé . . . 5 »\n                                ( l i a été tiré 75.exemplaires sur papier impérial Van\n                                     Gelder à 10 francs).\n                                Les autres ouvrages de Max Waller sont épuisés.\n\n\n\n                            A LA MÊME LIBRAIRIE :\n   Les ouvrages des collaborateurs français de la Jeune Belgique, Léon Bloy, Henri de\n Régnier, J.-K. Huysmans, Stéphane Mallarmé, Francis Vieié-Griffin, Paul Verlaine, etc.\n   L'éditeur P a u l Lacomblez prie les j e u n e s écrivains b e l g e s , désireux de voir\n leur nom figurer dans son catalogue, de se mettre en r a p p o r t avec lui et de lui\n donner en dépôt quelques exemplaires de leurs ouvrages.\n\n\n    La librairie P. Lacomblez ouvrira un compte à toute personne notoirement solvable,\n pour la fourniture des ouvrages portés au catalogue ci-dessus et, en général, de toute la\n librairie littéraire.\n    Ces comptes pourront être soldés en dix paiements mensuels, dont le premier s'effec­\n tuera à la livraison des volumes.\n    11 sera répondu à route demande de renseignements bibliographiques accompagnée\n d'un timbre pour la réponse.\n\n\n                     Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 32, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 366, "texte": "Septembre 1891.                             TOME X. — N° 9                11me                  Année.\n\n\n\n\nLA\n      JEUNE\n                    BELGIQUE\n                                            SOMMAIRE:\n          L'Art pour l'Art au Congrès de Malines.         .   LA JEUNE BELGIQUE.\n           Poèmes                                             FERNAND SEVERIN.\n          Vers de l'Espoir                             MAURICE DESOMBIAUX.\n          Album-Blâttchen                      . . . A. ARNAY.\n          Oarystos                                     E. DE CASTRO.\n          Le Jubilé de l'Ecole Saint-Luc et la renais­\n            sance de l'Art en Belgique                 J. NÈVE.\n           Chronique artistique :\n             Le Salon d'Anvers                                E. VERLANT.\n          Chronique littéraire :\n           Contes d'Yperdamme.              — Chansons d'A-\n             mant                                             ALBERT GIRAUD.\n          Memento                                             NEMO.\n\n\n\n\n            REDACTION                                                  BRUXELLES\n 64, R U E P O T A G È R E ,   BRUXELLES.                       PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                    01, rue dos Paroissiens\n                                                                           PARIS\n       PRIX DU NUMÉRO                                          LIBRAIRIE DE VArt        Indépendant\n                                                                   11, rue de la Chaussée d'Antin\n                 fr. 0-75.\n                                                                              1891\n"}, {"page_pdf": 367, "texte": "     BELGIQUE\n                  JEUNE        N E CRAINS\n\n                          LA\n\n\n\n\n                               N E CRAINS\n\n        Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n\n  Fondateur       ; MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n\n                          Directeur : IWAN GILKIN.\n                    Rédaction : 64, rue Potagère, Bruxelles.\n                7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard       des Capu-\ncines, 16, à Paris.\n\n\n\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 3i, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n   A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée dAntin.\n"}, {"page_pdf": 368, "texte": "                 L'ART POUR L'ART\n           AU      CONGRES              DE      MALINES\n\n\n                              'On se rappelle la vigoureuse campagne que\n                                 la Jeune Belgique mena, plusieurs années\n                                 durant, envers et contre tous, en faveur de\n                                 la formule : L'ART POUR L'ART. Cette for­\n                                 mule fut notre cri de ralliement. Elle signi­\n                                 fiait que nous voulions être artistes, rien\n                                 qu'artistes. Elle signifiait encore que dans\n                                 ses travaux d'art l'artiste doit poursuivre\n                 avant tout et au dessus de tout son idéal artistique. Elle\n                 écartait les prétentions funestes des stériles théoriciens\n                qui veulent réduire l'art à n'être que l'humble valet d'une\n                 doctrine quelconque. Elle mettait donc l'art et l'artiste\n                 en liberté. A chacun sa foi, ses croyances, ses opinions,\n                à chacun son tempérament ou sa personnalité, mais à\n                 l'aspirant artiste cette règle salutaire : « Avant tout, dans\n                 ton labeur, la recherche passionnée et désintéressée de la\n                 Beauté telle que tu la souhaites. Et que ce souhait soit\n                 sincère. Cherche à réaliser la Beauté qui attire véritable­\n                 ment ton cœur, et accomplis cette réalisation selon ta\nnature personnelle et tes forces particulières. »\n  On se demande, en vérité, à quelles doctrines, à quelle religion cette\nformule pourrait porter atteinte. N'est-ce point l'absolue liberté pour\nchacun? Mais nous repoussions comme mortelles pour l'art et l'artiste les\n"}, {"page_pdf": 369, "texte": "                                 — 326 —\n\ndoctrines qui prétendent imposer à celui-ci la préoccupation dominante\nde faire un prêche ou une démonstration. Qu'à l'heure du travail, le\nVrai, le Bien et le Beau restent chacun dans leur domaine, et la besogne\nsera bien faite. Nous ririons bien du savant qui serait plus préoccupé de\nfaire beau que de faire vrai. Et qui donc oserait combattre les formules :\nla Science pour la Science ? ou : la Vertu pour la Vertu ?\n   Notre formule, dont on peut ne se point préoccuper en d'autres pays,\noù elle est pratiquée sans soulever de contestation, était et est encore en\nBelgique d'une importance capitale.\n   Nous avions à retirer l'art du gouffre de l'utilitarisme ; nous avions à\némanciper l'artiste et le public, à débarrasser l'esthétique de l'un et de\nl'autre de tout doctrinarisme étranger à l'art, à rendre à la forme le culte\nnécessaire. Ce n'est que par la plus insigne mauvaise foi ou la plus com­\nplète intelligence de notre formule que l'on a pu nous accuser de déclarer\nla guerre à une Idée quelconque, — religieuse, philosophique, scientifique\nou sociale. Nous ne combattons même aucune forme en soi, mais seulement\nles applications maladroites qu'on en peut faire, et surtout les oeuvres\ninformes. Voilà pourquoi dans notre république littéraire, on voit vivre\ncôte à côte, sur le terrain de l'art, des chrétiens sincères et de parfaits\nlibres-penseurs, des adeptes de telle ou telle philosophie ou d'irréprochables\nsceptiques, qui demanderaient volontiers si le mot philosophie s'écrit avec\ndeux ƒ .\n   Eh bien, notre formule vient de remporter, en Belgique, un éclatant\ntriomphe.\n   Seuls, nos frères, les artistes catholiques, étaient, en réalité, maintenus\nsous le joug doctrinaire. Ils viennent de s'en affranchir avec éclat, au Con­\ngrès de Malines. Embusqué au fond de l'Université de Louvain, le profes­\nseur Léon de Monge, grand-prêtre du jansénisme littéraire en notre pays,\navait rédigé, entre autres sottises, cette proposition, que le Congrès de\nMalines était appelé à voter et à transformer en règle de conduite pour les\ncatholiques belges : « La théorie l'Art pour l'Art est une théorie immorale. »\nNé malin, et créant un nouveau vaudeville, M. le professeur de Monge\ns'abstint de paraître en personne au Congrès de Malines. Il déposa pieuse­\nment sa petite formule dans les bras de M. le professeur Kurth, qui se\ntrouva quelque peu embarrassé du cadeau. Très spirituellement, M. le pro­\nfesseur Kurth profita de certaines circonstances favorables pour ajourner la\ndiscussion.\n   Cet ajournement fut, de fait, transformé en enterrement de première\nclasse.\n"}, {"page_pdf": 370, "texte": "                                          —\n                                 — 327\n\n   Le Congrès de Malines a donc écarté la question. Il a REFUSÉ DE\nCONDAMNER la formule : l'Art pour l'Art.\n   Jeunes artistes catholiques, vous voilà débarrassés d'une cruelle entrave.\n   Certes, le Congrès de Malines n'est pas un concile. Mais il est un assez\nexact thermomètre de l'opinion des catholiques belges. Eh bien, la jeunesse\na montré là qu'elle était avec nous. Elle s'est défendue vaillamment, contre\nd'obliques adversaires. C'est pour nous et notre influence un beau triomphe.\nEt au nom de l'art dans notre patrie, nous nous en déclarons fiers et\nheureux.\n\n                                                 LA   J E U N E BELGIQUE\n\n\n\n\n                           POEMES\n                             LA BÉATRICE\n                                                        A GUSTAVE STEVENS\n    « T'aimer! Oh! seulement caresser d'une haleine\n    Ce cœur mal rassuré qui tremble comme un faon!\n    Ne t'appeler, enfin, ma dame ni ma reine,\n    Mais une enfant encore et toujours une enfant!\n\n    Ou, plutôt, revoyant la forêt maternelle,\n    T'en faire dame et reine, en ses aubes d'avril,\n    Et, brisant pour toi seule un feuillage si frêle,\n    Ceindre ton front d'enfant d'un bandeau puéril ! »\n\n    O noces! Vœu divin d'une âme tout humaine!\n    Ainsi, malgré la vie et, comme des passants,\n    Oublieux des adieux suprêmes qu'elle amène,\n    Nous avions trop mêlé nos destins innocents.\n\n    Ephémères! Mais Dieu nous enviait ces heures!\n    Ce soir même, là haut, la sœur au doux regard,\n    Seule aux balcons fleuris de ses claires demeures.\n    Pleure un bonheur nouveau dont je n'ai point ma part.\n"}, {"page_pdf": 371, "texte": "                          — 328 —\n\nJe ne pensais à toi qu'en de bonnes pensées;\nTu le sais, ô ma sœur céleste, et vous ses yeux,\nVous le savez, et vous qu'un pur trouble a pressées,\nSes mains, joyaux perdus dont elle accroît les cieux!\n\nMinistres sans détours de l'âme à jamais chère,\nContempler-moi ! Guidez d'un geste l'exilé\nQui la cherche en vain seul dans l'ombre de la terre,\nMontrez-lui le chemin vers le seuil étoile.\n\nQue l'ineffable enfant soit votre Béatrice,\nO mon âme toujours errante, et toi, mon cœur!\nL'âtre réconfortant, la clarté protectrice,\nEt le guide et le but, aux sentiers de l'erreur.\n\n\n                          AMOUR\n\n— Je me remets, Seigneur, en vos mains tutélaires,\nEt voyez combien seul, et combien alarmé!\nConfiant dans vos dons, j'ai visité mes frères :\nPardonnez-moi, mon Dieu, s'ils ne m'ont pas aimé.\n\nQue sais-je? Ils m'ont parlé de haine et de colère...\nO vous qui savez tout, quel langage est le leur'!\nMon âme, en ce pays, est-elle une étrangère ?\nOu m'avez-vous fait don d'une rare candeur?\n\nHélas! car je ne sais qu'aimer! Qu'il vous souvienne\nMon Dieu, de vos présents célestes, et voyez!\nDe grâce, enseignez-moi la colère et la haine,\nQue j'aie enfin ma part à ces dons oubliés.\n\n— O candeur'. Je t'absous, enfant, de ton offense.\nMais à quoi boni Moi-même, ignoré-je mes dons?\nTant ce cœur où les cieux ont mis leur innocence\nS'il ignore l'offense, ignore les pardons!\n\nRecherche le méchant'. Aime-le pour lui-même.\nLivre-toi! Ne sois point avare de ton cœur;\n"}, {"page_pdf": 372, "texte": "                                  — 329 —\n\n     Et si l'infortuné se dérobe à qui l'aime,\n     Fais-toi jusqu'à son âme un chemin de douceur.\n\n     Aime! Car ta richesse est dans ton indigence !\n     Aime! Et si ton cœur saigne, ô mon fils, aime encore!\n     Et sache que leur haine et leur indifférence\n     Sont des présents royaux dont s'accroît ton trésor.\n                                                     FERNAND SEVERIN\n\n\n\n\n                  VERS DE L'ESPOIR\n                                 CALVAIRE\n\n   Les Notres-Dames en robes blanches et couronnes de lauriers dans les\nboîtes vitrées et grillées, sur les arbres, au long des chemins, aux carre­\nfours, et les paysans en veste rouge, voûtés par le labeur, qui s'arrêtent, se\nsignent, les yeux pleins de prières, s'éloignent et disparaissent par les\nsentes..;\n   Le Calvaire dans la campagne. Trois vieux troncs rabougris et de torses\nbranches mortes aux ramures noires en cette rose fin de jour. D'informes\nescaliers vers un crucifié aux bras tendus comme pour étreindre, à son der­\nnier souffle, l'immensité de la plaine qui commence à se voiler d'ombres\nbleues aux horizons. Les pieds crispés sous l'effort stérile et, lassée, la tête\nchue sur la poitrine osseuse.\n   Des pèlerins se raidissant sous la fatigue pour des oraisons et des oraisons\nencore. Des femmes égrenant des chapelets pour des neuvaines et des mur­\nmures de voix implorantes mêlés au frisselis des feuillages proches.\n   Des chaumières lointaines où sont les simples ne pénétrant rien au delà\nde la vie ordinaire qui finit chaque soir et chaque matin recommence en\nson cycle mélancolique, où l'on fredonne toujours la même chanson mono­\ntone comme une antienne.\n   Un paysage où les rêves s'en vont par les routes grises dans les bois et\nles champs de labour.\n   Et tout ce qu'il y a de nous-mêmes et d'amer pour nous-mêmes en cette\névocation.\n   N'est-ce pas nous, en l'agonie de notre espérance qui jette son râle sur\nnotre vie, n'est-ce pas nous qui allons par tous les calvaires humbles, dans\n"}, {"page_pdf": 373, "texte": "                                  — 330 —\n\nles campagnes désolées, en proie à d'idéales mais irrémissibles tristesses\nuser, de nos genoux écorchés, les pierres, implorant, pour les péchés que\nnous n'avons pas commis, d'impossibles pardons.\n   Et tout ce qu'il y a de nous-mêmes sous les capes des femmes recueillies,\nsous les cagoules des pénitents et sur la face irréparablement douloureuse\ndu grand crucifié.\n   Oh ! pourquoi pas la vie abstraite de cette angoisse incessante qui nous\nmord à la gorge, la vie tranquille des simples avec du ciel bleu et un peu\nde paradis dans le cœur.\n\n                               POSSESSION\n\n    Dans la chambre aux épais rideaux soigneusement baissés, à la lueur\n de la veilleuse dont la flamme semble répandre de la nuit en sa persistante\n fixité, sa jeune tête appuyée sur mon bras, un frisson parcourut son som­\nmeil et elle eut un cri d'angoisse.\n    Moi-même je venais d'être brusquement réveillé.\n    — Il y a quelque chose qui s'est approché de nous, regarde, oh ! regarde\n dans les plis des rideaux, je sens encore un frôlement velouté d'ailes mau­\nvaises.\n    Mais il n'y a rien que la veilleuse répandant une anxieuse nuit sur les\nmeubles.\n    Inquiet moi-même, je calmai sa chimérique terreur, et nous bûmes à nos\nlèvres avides l'enchantement vermeil de 1a vie, l'ivresse de l'amour et le\nsommeil, un bleu et lourd sommeil revint poser nos têtes sur le moite oreiller\ndes bras...\n   — Ah! cette fois, il m'a touchée; j'ai positivement senti des mains,\nd'osseuses mains sur ma chair et des ongles qui voulaient y mettre une\nempreinte.\n    Et moi aussi, j'avais vu des mains, de sournoises mains s'avancer vers\nmoi et, dans les plis des rideaux, des yeux brillants et noirs guettaient une\nproie.\n    Mais le fantôme disparut par l'ivresse de nos baisers qui tiédissaient\ncependant, car il y avait un voile sur nos bouches et nos lèvres semblaient\nmoins promptes aux caresses, fatiguées déjà !\n    Et un léger sommeil revint, un sommeil brûlant de fièvre, les bras\nremuèrent pour échapper à l'ankylose.\n   Mais ce fut encore le sommeil...\n    Un râle d'épouvante sortit de sa gorge, elle guttura quelques sons d'hor-\n"}, {"page_pdf": 374, "texte": "                                   - 331 —\n\nreur, et ses yeux grands ouverts et fixes comme dans la folie, regardèrent\nmes yeux terrifiés.\n   — Il a passé entre nous, il a dénoué l'étreinte de nos bras et j'ai senti, sur\nma face, un immonde baiser.\n   Ah ! moi aussi j'avais senti sur mon visage le contact de lèvres impures\net il y avait encore une agitation dans les plis des rideaux.\n   Et encore une fois nos bouches voulurent s'unir, mais nos lèvres étaient\nfroides comme si la peur avait sucé tout notre sang, nos étreintes étaient\nmolles malgré tous nos efforts, la chimère avait laissé une aile entre nous.\n   La pâle veilleuse répandait une nuit sépulcrale en son immobilité et nos\nfigures anxieuses interrogeaient le silence, mais rien que l'halètement de\nnos poitrines oppressées ne répondait.\n   L'amer regret de nos rêves d'or flottait en obsession autour de nous.\n   — Quel air sinistre ont les meubles de cette chambre !\n   — Il y a des nuits qui bouleversent des vies.\n  — Écarte, arrache les rideaux des fenêtres, qu'un peu de ciel entre ici,\néteins cette veilleuse ténébreuse, il y a de la mort qui est venue dans cette\nchambre, il y a de la mort désormais en nous-mêmes.\n\n\n                                  MUTISME\n\n   Alors, vous m'aimez ?\n   Ainsi, après quelques brèves phrases réciproques, brusquement saisi\npar l'expression d'une inattendue pensée, j'avais employé ce vocable banal\ncomme un poteau de grand'route.\n   Simplement, sans l'assaisonnement de l'usuel persil, elle me répondit :\n« oui ».\n   Oui, il y avait la volonté de finir une longue et inutile attente et le dédain\nd'un cœur fier, l'inconscient dédain de la phraséologie nécessaire aux cabo­\ntins, aux personnages d'opérettes que, presque tous, nous sommes.\n   Depuis que je la connaissais il y avait de la joie dans tout son être. Ses\nparoles étaient du rire, du rire enfantin content de la vie, un rire où il y\navait des gerbes de fleurs printanières.\n   C'était si doux, si calme, si plein de caresses que je revivais une nouvelle\njeunesse auprès de cette enfant.\n   Oui ! et un baiser qui depuis longtemps était sur nos bouches, scella cette\npromesse d'avenir.\n   Plus rien ne reste en nos âmes que les pleines tristes et désolées et vides\ncomme le grand ciel que pas un chant n'égaie.\n"}, {"page_pdf": 375, "texte": "                                  — 332 —\n\n\n                               PÉNITENTES\n\n   O la vieille et froide chapelle dans la cathédrale gothique où prient des\nfemmes en manteaux noirs !\n   Des colonnes de pierre fruste et le crépuscule à travers un vitrail sur\nlequel un prince courbe d'effroi la tête devant la malédiction des prêtres en\nrobes écarlates, en habits pontificaux joaillés de pierreries.\n   L'ombre qui se fait au dehors autour des gargouilles sur les dentelles des\nogives, tombe, sinistre et tragique, en la crypte où s'immobilise une flamme\ndans le cercle de verre rouge de la lampe d'argent.\n   Du silence et du silence ; la grande cathédrale dort, et ses gigantesques\narceaux disparaissent dans le noir. A peine voit-on encore là haut, par\nune lumière blanche attardée dans le dôme, la complication des voûtes.\n   Furtives, ayant peur du bruit de leurs pas, elles sont venues une à une\ns'agenouiller devant le confessionnal.\n   La chape sur la tête, la chape dont les plis sont comme les rayons d'une\nroue, elles prient fiévreusement, désespérément.\n   Seule, la blancheur de leurs mains jointes dépasse des longs manteaux\nnoirs tombant tous suivant les mêmes plis qui se cassent aux genoux sur\nles dalles ; et toutes les têtes drapées de noir sont penchées en la même atti­\ntude de douloureux et profond recueillement.\n   Et tombe la nuit plus noire, des immenses colonnes qui montent éternel­\nlement maintenant.\n   Du confessionnal où l'on entend de temps en temps un chuchottement,\nil y en a une qui se lève parfois et, plus furtive encore qu'en sa venue, elle\npasse sans voir la mendiante bossue, accroupie contre la balustrade de pierre\net de fer qui sépare la chapelle du pourtour du chœur et va se prostrer\ndevant les stations du Calvaire.\n   Et rêve, énorme, le chœur désert en ses escaliers et ses colonnes de\nmarbre drapées de bannières.\n   Et rêvent les stalles de chêne aux bras sculptés de chimères et de bêtes\nfauves, écussonnées aux armes des chevaliers de la Toison d'Or.'\n   Et toujours, en la vieille et froide chapelle où, sous la veilleuse immobile,\nvaguement luit, dans l'or d'un tableau, un Saint-Georges entouré de por­\ntraits de moines et de reines, prient les pénitentes.\n   Seule la blancheur de leurs mains jointes dépasse des longs manteaux\nnoirs tombant tous suivant les mêmes plis qui se cassent aux genoux sur les\ndalles, et toujours les têtes drapées de noir sont penchées en la même atti­\ntude de douleur.\n                                              M A U R I C E DESOMBIAUX\n"}, {"page_pdf": 376, "texte": "                 — 333 —\n\n\n\n\n ALBUM-BLÄTTCHEN\n                      I\n                                      A CELLE D'UN SOIR\n\nD'un souris fin, sous ses cheveux\nNaissants que maint caprice frise,\nElle n'élude les aveux\nQui la lutinent comme brise.\n\nSimple, et pourtant à proclamer\nPlus riche en ses moindres allures\nQue telles qui, voulant charmer,\nS'inquiètent de leurs parures.\n\nEt cygne se vouant aux deux\nMalgré le sort qui l'en exile,\nLorsque son col délicieux\nS'avère d'un détour docile.\n\nD'où, trésor à l'ombre des cils\nQu'on ne sait quel vertige incline,\nSessorent ses regards subtils\nDont l'éclair langoureux câline?\n\nEt toute, en le loquace ennui\nDe cette foule de dimanche,\nComme, à ne cueillir, dans la nuit\nUne fleur d'elle même blanche!\n\n                     II\n                                      A Mlle LUCE N..\n\nLes servants des dames d'amour,\nNonpareils joyaux de l'histoire,\nN'aimèrent joue au plus clair jour\nQue vôtre dont ne cherchez gloire.\n"}, {"page_pdf": 377, "texte": "                   — 334 —\n\n Et de vos yeux, où les lilas\n S'entrouvrent  d'une destinée\n Dont votre espoir n'est encor las,\n Qui donc connut la grâce innée?\n\n Il n'est matin à vous pareil\n Si, la main à la chevelure\n Dans une extase de réveil,\n Vous laissez prédire un moment\n Vos lèvres la saveur future\n De ce qui vous sacre à présent.\n\n\n                      III\n                                      POUR   MADELINE\n\nFée en quelque vieille légende\nQue sa candeur ignore encor,\nElle est celle par qui la lande\nSenguirlande de moissons d'or.\n\nElle est, d'un geste à ne pas dire\nLes espoirs choyés par son cœur,\nCelle prompte à faire sourire\nComme aurore toute rancœur.\n\nNul printemps parmi les ramures\nQui se grise d'une chanson\nN'épèle les vierges murmures\nDes nids de sa jeune saison.\n\nElle est furtive, ainsi que d'ailes\nA peine à se mirer un peu\nAu mensonge d'eaux moins fidèles\nQue ses yeux au mirage bleu.\n\nMais que suscite son enfance\nD'un bonheur toujours au matin\nQuand sa chevelure s'élance —\nSoudain envol vers le lointain\"!\n"}, {"page_pdf": 378, "texte": "                 — 335 —\n\n\n                     IV\n                                       A M™   LÉON   S.-..\n\nVous eussiez au temps de Watteau,\nPar vos prestes afféteries,\nAffolé plus d'un damoiseau\nEn des décors de bergeries.\n\nEt votre esprit, en ce boudoir\nAvec lui tant de connivence,\nVous dirai-je qu'il n'aura d'hoir\nPour moi — d'où que vienne l'absence?\n\nMais c'est vous voir, en l'insouci\nDe séduire, avancer sereine\nQu'il faudrait mieux que ces vers-ci\nPour attester vos airs de reine.\n\nAh! la musique que décèle\nRien qu'un soupir de votre voix...\nEt d'elle à mon cœur se révèle\nL'avril en liesse des bois!\n\n\n                     V\n                                       POUR UNE PÂLOTTE\n\nElle vers qui les tourterelles\nD'amour palpiteront    demain...\nO l'ignorante en ses dentelles\nDes désirs lui frôlant la, main.\n\nSplendeur ses doigts de nixe ou d'ange,\nSveltes à ne tenir d'anneau,\nAinsi sur son œil dont l'étrange\nLueur est comme au fond de l'eau.\n\nEst-ce Mai fol ou prompt automne\nQuand, il semblerait sans raison,\nSon âme d'enfant qui s'étonne\nEveille à sa lèvre un rayon?\n"}, {"page_pdf": 379, "texte": "                                    — 336 —\n\n                Si pâle! en ses toilettes claires,\n                Leurre inconscient d'un bonheur\n                Qui jamais de vives torchères\n                N'illuminera sa langueur.\n\n                Et que songeuse à la croisée,\n                Parmi les fleurs, sous ses regards\n                Captifs de la gloire irisée\n                Qu'intronisent les cieux hagards !\n                                                           ALBERT ARNAY\n\n\n\n\n                           OARISTOS (1)\n                                         I\nTriomphal, vespéral, minéralement rouge,\nEn la diaphane paix d'un couchant d'octobre,\nLe soleil, enguenillant l'encens des espaces,\nMarche à la mort à pas lents,\nComme les bandes de musiciens qui vont jouant dans les enterrements...\nSurgissant derrière les montagnes en pic (pointues),\nLa lune fatale, la lune aux mains belles,\nDentellière de l'azur, fait en un tissu d'étoiles,\nUn mouchoir blanc, un mouchoir très blanc et brillant,\nPour faire signe au soleil, son roux amant\n\nSur le brumal jardin       tombent des pénombres        lentes.\n\nDans des vases de porcelaine les fleurs somnolentes,\nSont des berceaux balançant le dormir des insectes;\nL'âme d'un ruisseau entre les adiantes et les fougères\nSoupireuse, murmure en grelots     d'argent;\nLa vieille Niobé pleure au loin une cascade ;\nResplendissent des tournesols comme de fauves custodes ;\n\n (1) Oaristos, poésies, par Eugène de Castro, — 1 vol. in-8°, Coïmbre, chez M. d'Al-\nmeida-Cabral.\n"}, {"page_pdf": 380, "texte": "                             — 337 —\n\nChante un aulète en très dolentes monodies\nEt à fleur d'un lac où le soleil tombe en dorés rayons,\nEt où passent des légions de poissons écarlates,\nA fleur d'un lac d'azur entouré de buis,\nSymbolique, royal, s'élève un jet d'eau,\nComme une grande fleur de cristal qui chante!\n\nAujourd'hui je viens chanter en vers noble et auguste,\nSes algides dédains, aussi froids qu'un tombeau,\nEt son corps qui est la quintessence, le comble\nDe la sveltesse, de la fraîcheur, de la grâce féminine.\n\nFleur bizarre que j'ai vue à l'heure vespérale,\nFleur marcescente que je suis constamment,\nFleur que je regarde sans cesse, comme un styliste ancien,\nQui regarde le soleil doré, debout, sur une colonne,\nFleur de brunes mains, de chevelure brune,\nJe mets à tes genoux ce livre imparfait,\nMais qui montre assez et clairement,\nQu'il vît un grand amour cramponné en mon sein,\nComme la perle astrale vit cramponnée à l'huître.\n\n    Ce fut en une heure ainsi calme, crépusculaire,\n    Au long de cette avenue profonde et rameuse,\n    Que, hautaine, impériale, dans un rugissement de soie,\n    J'ai vu pour la première fois l'Elue de mon âme,\n    La grande Fleur subtile, incomparable, aime,\n    La plus Grande, la plus Belle, la plus Aimée, l'Unique!\n\n    Elle venait glorieuse et triste, enveloppée d'une noire tunique,\n    Qui traînait par terre en plis onduleux,\n    Elle avait dans sa calme démarche l'élégance des serpents,\n    La légèreté d'un spectre et la grâce d'une amphore,\n    Et ainsi, comme dans un coup une blanche poudre de camphre,\n    Son regard faisait souffrir, regard profond.\n\n    J'étais en ce temps-là un grand vagabond,\n    Malheureux misanthrope, veuf d'illusions.\n    Le sinistre fracas des mondaines passions\n"}, {"page_pdf": 381, "texte": "                           -   338 -\n\n  N'arrivait plus depuis longtemps à mes oreilles lasses;\n  L'égoisme, le grand roi, m'avait ceint en ses bras;\n  Je n'avais pitié de personne, de personne j'étais  jaloux...\n  Contemplant de loin la sordide bataille,\n  L'effrénée bataille que nous appelons vie,\n  J'allais, étranger à tout et le front haut,\n  Vaincu, mais hautain et fort dans mon orgueil.\n Le doute funeste, ardent soleil de juillet,\n Avait brûlé, rudement, la fleur de ma croyance;\n En mon sein régnait la froide       indifférence;\n Le wagon de mes rêves avait déraillé;\n Mes jours étaient mauvais, très longs, moroses,\n Ma jeunesse était une ruine.\n Mais à la voir surgir triomphalement froide\n Gracile comme une fleur, triste comme un soupir,\n Ma poitrine retrouva sa vigueur perdue,\n J'étais tout content et joyeux comme un roi.\n Et plein de surprise, je restai, étonné,\nA regarder son profil et la grâce de son col,\nPlein d'admiration, comme un homme du pôle\nLorsque, après avoir enduré les revers\nD'une nuit cruelle et froide de six mois,\nIl voit surgir, parmi la neige, le soleil avec des lueurs rousse:\n\nAugurai, le vent, en de funèbres     hurlements,\nTraînait par terre des millions de feuilles mortes,\nEt l'obscurité dense ouvrait les portes très fortes\nDu château de la Peur et de      l'Hallucination!\n\nLe ciel resplendissait comme la queue d'un paon.\n\nEt la grande Fleur passait,     imperturbablement,\nAvec sa face vacillante et son regard blanc,\nHiératique, rappelant les mystiques images,\nPendant que mes yeux suivaient comme en des pages,\nSa rythmique marche somnambule et morose...\n\nAinsi m'est apparu le Lys ténébreux,\nDont l'air dédaigneux me blesse et me vampirise,\n"}, {"page_pdf": 382, "texte": "                           — 339 —\n\nCréature sphynxiale, triste comme Artémise,\nVindicative, féroce et belle comme Phasis,\nFleur dont le corps est l'oasis (aprilin) « d'avril »\nLe Caravansérail que, par les nuits folles,\nVont demandant en vain les longues caravanes,\nLes caravanes de mes désirs nomades,\nAinsi j'ai vu briller ses yeux   malfaisants,\nAinsi m'a ébloui la grâce de son buste!\n\n\n                               II\n\nJe vais chanter en vers mon Diamant      noir!\n\nD'abord je chanterai son aspect général;\nAprès je célébrerai ses charmes divers\nDe ses yeux à ses cheveux mortuaires;\nEnsuite, psychologue, je dirai comme Elle pense,\nEt enfin je dirai son Indifférence.\n\nFlexible comme un jonc et svelte comme un fuseau,\nSon corps nubile, en un dualisme confus,\nA la finesse du lys et là grâce des serpents;\nSuperbe et déliée avec sa démarche indolente\nQuand elle inarche elle rappelle une tulipe qui marche;\nLente et subtile, elle semble voltiger dans l'air,\n(Comme la tige d'une fleur), emportée par la brise ;\nIl suffit de la voir une fois pour que son image\nLégère, aussi légère que les parfums et les sons,\n Vibre en nous éternellement avec\nLa douceur nonpareille d'une voix qui s'éteint...\n\nMince et original son corps est.\n\n\n                               VI\n\n              La liliale Vierge Marie\n              Tous les soirs, au couchant,\n              Apparaît en la lune marcescente,\n              — Célestiale fenêtre froide.\n"}, {"page_pdf": 383, "texte": "                                         — 340 —\n\n                      De cette fenêtre liquescente\n                      Elle voit tout, tout, et tout épie,\n                      La liliale Vierge Marie\n                      Tous les soirs, au couchant.\n\n                      Là vient la lune fugitive...\n                      Sois mon amie, ô Fleur dormante'.\n                      Ton air indifférente,\n                      Ton air déplairait,\n                      A la Liliale Vierge Marie.\n                                                   E U G È N E DE CASTRO\n    (Traduit   du portugais par J. I.)\n\n\n\n\nLE JUBILÉ DE L'ÉCOLE SAINT-LUC\n                                          ET LA\n\n\n      RENAISSANCE DE L'ART CHRÉTIEN EN BELGIQUE\n\n   Il y a vingt-cinq ans, lorsqu'un monument gothique tombait en ruine, et\nqu'on se décidait à le restaurer, — ce qui n'arrivait pas toujours, — on\nconfiait cette besogne délicate à un architecte officiel, c'est-à-dire à un\nartiste sorti des académies de l'État où il avait appris les proportions des\ncolonnes ioniennes et corinthiennes et dessiné un certain nombre de fois\nle Parthénon. Notre homme s'installait dans le monument et, achevant\nl'œuvre des ans, il ne le rendait au public que définitivement défiguré,\nméconnaissable; imaginez ce qu'eût été une édition de Shakespeare,\ncorrigée par un classique du XVIIIe siècle. Telle était l'œuvre de mutilation\naccomplie sous prétexte de restauration.\n   La même chose arrivait lorsqu'il s'agissait de construire une église.\nNotre architecte, tenu en haute estime par l'administration, arrivait toujours\nbon premier et, donnant libre carrière aux réminiscences romantiques de sa\njeunesse, il enfantait une cathédrale hérissée de pinacles, de clochetons,\ndécoupée d'ogives pointues, telle qu'on en voit sur les frontispices des livres\nde 1830; tous les détails, pris à part, étaient plus ou moins gothiques. Mais\nl'ensemble se rapprochait d'un monument du moyen-âge, autant qu'un\nthème médiocre d'un élève de troisième d'une harangue de Cicéron. L'art\n"}, {"page_pdf": 384, "texte": "                                    -   341   -\n\n  gothique était manié comme une langue morte ; le sentiment, cette seconde\n  intelligence, en était perdu.\n     Le public, pour autant qu'il s'intéressât à ces choses, se déclarait du reste\n  absolument satisfait. L'architecture et les arts décoratifs étaient morts\n  depuis si longtemps, qu'il était devenu complètement incompétent, et par\n  suite indifférent en ces questions. Le style gothique était jugé convenable\n peut-être pour les édifices religieux, mais triste, incommode, disons le mot,\n barbare. L'idée de l'appliquer aux maisons, à l'ameublement, aux besoins\n de la vie matérielle, eût semblé paradoxale, irréalisable.\n    Ainsi donc, point d'artistes pour former le goût public, point de public\n pour encourager et soutenir les artistes. Suivant toute apparence, il n'y\n avait point de raison pour que cet état de choses changeât. Il y avait bien\n chez nos voisins, en France, en Allemagne, en Angleterre surtout, un mou­\n vement qui se dessinait en faveur de l'étude approfondie des monuments\n artistiques du moyen-âge. Mais ce mouvement, bien qu'il eut fait surgir\ndes œuvres et des hommes remarquables, était ignoré dans notre pays.\n    C'est dans ces conditions, au milieu de l'inattention générale, que fut\nfondée, à Gand, l'Ecole Saint-Luc, d'où est sortie la renaissance de l'art\nchrétien en Belgique.\n    Nous disons à dessein l'art chrétien, parce que cette qualification, outre\nqu'elle exprime une vérité historique, marque bien, croyons-nous, l'esprit\nqui animait les fondateurs de l'Ecole Saint-Luc.\n    Ces fondateurs, c'étaient le comte de Hemptinne, le baron Béthune, le\n frère Marès, des écoles chrétiennes, et FI. van de Poele. Le but de leur\nécole était de faire revivre les anciennes traditions nationales, dans l'archi­\ntecture et dans tous les arts industriels, en créant toute une génération\nd'ouvriers artistes, pareils à ceux qui vivaient au moyen-âge et qui nous ont\nlégué tant d'œuvres admirables.\n    L'entreprise n'était pas petite. Depuis le moyen-âge, les conditions\ndu travail ont bien changé et ce changement se reflète nécessairement\ndans les produits ouvrés. Le contrat de patronnage, qui était l'école\nde l'apprenti, n'existe plus. Les corporations investies de monopoles,\ngardiennes des traditions, exigeant des « chefs-d'œuvre » pour ouvrir leurs\nportes, sont supprimées. Le progrès industriel a substitué presque partout\nle travail mécanique, anonyme et invariable, au travail manuel qui laissait\nle caractère individuel et la fantaisie de l'ouvrier marquer de son empreinte\nle moindre objet fabriqué. Enfin, ce n'était pas du côté de l'ouvrier seule­\nment, c'était, pour arriver au public, tout un mur de routine, de préjugés à\nrenverser.\n                                                                         22\n"}, {"page_pdf": 385, "texte": "                                 — 342 —\n\n\" Ces difficultés n'arrêtèrent point les quatre réformateurs : l'école fut\n ouverte, modeste au début, car il ne fallait point compter sur les subsides\n officiels, et le tapage de la réclame moderne n'eût point été en harmonie\n avec cette œuvre qui cherchait plutôt à s'inspirer de l'esprit du passé.\n    Un programme était à créer. Dans les écoles professionnelles de l'Etat\net des communes, on formait les élèves d'après un patron uniforme, canon\ninflexible, aux formules immuables. Qu'il s'agît de former un sculpteur, un\nébéniste ou un orfèvre, les mêmes modèles étaient proposés, toute la géné­\nration artistique était formée dans le même moule. Quelques bustes d'après\nles antiques, quelques frises grecques, les proportions sacrées de Vitruve,\non ne sortait point de là. Enseignement purement abstrait, négligeant\nles conditions pratiques de l'exercice de l'art, comme préoccupations infé­\n rieures, capable seulement de produire des ambitieux et des déclassés.\n L'insuffisance de cette méthode éclate aux yeux. Il suffit de voir nos\nmonuments publics d'une si affligeante banalité, les gares de chemins de\nfer, bureaux de poste, hôpitaux d'il y a vingt ans, tous affichant les mêmes\nprétentions, exhalant le même ennui, paraissant également impropres\nà leur destination.\n    Pour inaugurer un programme rationnel, il suffisait presque d'aller à\n rebours de la marche universellement adoptée : au lieu de généraliser,\n spécialiser, au lieu de planer dans la théorie pure, former les élèves à la\n pratique quotidienne de leur future profession.\n - C'est de ces idées que l'on s'est inspiré à l'Ecole Saint-Luc. L'attention\ndes élèves est attirée sur les matériaux qu'ils auront à mettre en œuvre. Le\nbois, la pierre et le métal ont leurs propriétés distinctes; ils diffèrent par\nleur aspect, leur poids, leur force de résistance. Leur mode d'emploi doit\nêtre raisonné d'après ces propriétés. Une colonne en fer n'aura pas les\n dimensions d'une colonne en granit; le bois, fibreux et flexible, supportera\n certains efforts qui émietteraient la pierre. La logique dans le choix des\nmatériaux est donc une des premières conditions d'une bonne construction.\n Cette loi si simple est cependant très fréquemment méconnue. Des monu­\nments commencés récemment n'ont pu être achevés parceque l'on avait\nemployé des pierres légères et friables à la base, tandis que les pierres\nlourdes avaient été utilisées pour les parties supérieures. Ailleurs, le fer,\ndont l'emploi est indiqué lorsqu'il s'agit d'obtenir de grandes portées et une\ngrande légèreté, a été mis en œuvre pour imiter les assises massives de la\npierre. Ces injures au bon sens sont nécessairement des fautes contre\nl'esthétique.\n    Un monument ou un meuble doivent être exactement appropriés à leur\n"}, {"page_pdf": 386, "texte": "                                  -   343   -\n\ndestination, être l'expression logique et rationnelle des services qu'ils sont\nappelés à rendre. Le beau est l'expression du vrai, et la vérité consiste ici\ndans cette convenance, cette adaptation parfaite en vue d'une utilité déter­\nminée.\n   Cet aphorisme aurait dû être médité par bien des architectes. Nous ne\nverrions pas tant d'édifices publics dont les aménagements intérieurs ont\nété complètement sacrifiés à la façade, au décor; des villas destinées à\nabriter des commerçants retirés, affecter l'extérieur de temples païens ; de\npseudo-châteaux forts faisant fonctions de stations de chemin de fer ou\nd'entrepôts de marchandises.\n   Tels sont les résultats inévitables des anciennes méthodes. Un lauréat\nd'Académie est mieux préparé à composer un arc de triomphe ou une façade\nde palais, qu'à dessiner une table ou une chaise; sa compétence ne s'étend\npas aux choses de la vie usuelle. Il existe, en fait, un divorce entre l'art,\nconsidéré comme un accessoire de luxe, et la vie réelle.\n   Cette démarcation qui n'a jamais existé aux époques possédant un art\npropre, né spontanément du caractère d'une race et d'une civilisation,\nl'Ecole Saint-Luc la biffe. Les élèves y apprennent à associer l'art aux plus\nsimples pratiques du métier. Avant de composer des projets de châteaux et\nde cathédrales, ils s'essaient à des sujets plus modestes et qu'ils se destinent\nà devenir forgerons, sculpteurs, architectes ou orfèvres, ils ne quittent les\nbancs que parfaitement au courant de tout ce qui concerne leur état.\n   Voilà vingt-cinq ans que cette généreuse entreprise est soutenue par l'infa­\ntigable dévouement de ses fondateurs. Il est permis de jeter un regard en\narrière sur le chemin parcouru. L'Ecole Saint-Luc de Gand compte près\nde 700 élèves ; elle a formé, dans toutes les branches des arts plastiques,\ndes ouvriers et des artistes de talent. Elle s'est affirmée par des travaux\nnombreux et remarquables. Ses architectes ont construit ou restauré une\nfoule de monuments ; ses sculpteurs, ses orfèvres, ses forgerons, ses menui­\nsiers, ses vitriers multiplient leurs produits.\n   Depuis les vitraux éclatants, les broderies chatoyantes, les bijoux somp­\ntueux, jusqu'aux dressoirs, aux bahuts sculptés, il n'est pas une partie du\nmobilier qui ne soit exécutée par des patrons habiles, capables de composer\nun modèle original et doué de ce cachet d'adaptation pratique si frappant\ndans les œuvres du moyen-âge.\n   Le mouvement, d'abord circonscrit à Gand, s'est propagé; des écoles\nSaint-Luc se sont fondées à Bruxelles, à Courtrai, à Tournai, à Liége et\nmême à Lille ; on y suit les mêmes méthodes et les mêmes préceptes, tout en\ntenant compte partout des nécessités locales.\n"}, {"page_pdf": 387, "texte": "                                 — 344 —\n\n   Les préjugés qui, il y a vingt-cinq ans, maintenaient le public dans\nl'hostilité ou l'indifférence, se sont peu à peu évanouis.\n   Le classicisme survit encore dans les écoles officielles, mais il n'y règne\nplus exclusivement. On peut affirmer que l'exemple donné par l'Ecole Saint.\nLuc est pour une bonne part dans cet affranchissement : il a précédé et\npréparé la renaissance des arts industriels en Belgique.\n   A ce point de vue, les tendances de l'Ecole Saint-Luc ont une véritable\nportée sociale et pourraient, si elles étaient encouragées, exercer une heu­\nreuse influence sur la prospérité du pays. Nous sommes trop petits pour\npouvoir lutter contre nos voisins sur le terrain économique. Pendant que\nl'on discute le libre échange et les droits d'entrée, les Allemands nous\ninondent de leur pacotille, les Français nous accablent sous leurs tarifs.\nSi, au lieu de pasticher les modes françaises, de contrefaire l'article de\nParis, nos ouvriers s'abandonnaient davantage à leur inspiration person­\nnelle, et s'efforçaient de faire autre chose, nul doute que leur intelligence,\nleur honnêteté, leur patience, leur sens artistique, développés par l'instruc­\ntion professionnelle, donneraient à leurs produits une valeur qui les ferait\nrechercher à l'étranger. On est étonné de retrouver dans toute l'Europe,\ndepuis le midi de l'Espagne, jusque dans les petites villes du bord de la\nBaltique, des œuvres sorties du ciseau, du marteau ou du burin d'anciens\nartistes flamands. Il y a là une renommée et une position à reconquérir.\n   C'est le but que s'est proposé l'Ecole Saint-Luc, et nous croyons qu'elle\nn'a pas été inférieure à sa mission. Certes, il reste beaucoup à faire pour\nreprendre les positions perdues, mais l'élan est donné. L'Ecole Saint-Luc,\nqui célèbre en ce moment son jubilé par une exposition des plus intéres­\nsantes, a conservé malgré ses vingt-cinq années d'existence, la foi dans\nles principes et l'enthousiasme nécessaires pour développer et mener à\nbonne fin l'œuvre commencée.\n                                                               J. NÈVE\n"}, {"page_pdf": 388, "texte": "                                 — 345 —\n\n\n\n\n         CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                        LE SALON D'ANVERS\n\n L\n             ne loi de notre histoire nationale veut qu'entre cent jeunes gens\n               nés et provignés sur l'emplacement dénommé Anvers, il y en\n               ait environ un qui, dûment reconnu inapte à toutdécrassement\n               d'âme, soit voué à l'application méthodique de pigments sur\ndes subjectiles, en commémoration de divers qui acquirent dans cet emploi\nquelque gloire en ce même lieu. Les autorités constituées tiennent la main\nà ce que cette tradition ne se perde pas. De là le Salon d'Anvers. On\nvoudra bien relire le compte-rendu de celui de cette année dans les années\nantérieures de ce recueil.\n   En même temps que les échantillons de l'industrie susmentionnée, on\npeut voir en ce moment à Anvers plusieurs œuvres d'art. Nous nous bor­\nnerons à signaler, outre quelques bonnes toiles, la plupart déjà exhibées à\nBruxelles, de peintres classés qui figurent avec honneur dans toutes les\nexpositions, les productions des artistes étrangers ou belges qui par leur\nnouveauté ou par leur importance requièrent l'attention.\n   M. Lenbach, de Munich, triomphe facilement de tous les portraitistes\nassemblés, avec ses portraits vigoureusement, presque violemment expres­\nsifs, des fondateurs de l'unité allemande. Guillaume Ier, d'abord, ruiné\npar l'âge, presque cadavéreux, l'œil agrandi et fixe où s'évanouit la\nvolonté usée de vivre : non pas un empereur en représentation officielle,\nmais un vieillard déjà presque en allé, et les souvenirs d'une destinée\nséculaire et prodigieuse effacés dans l'obsession de la mort. Puis, c'est\nBismarck, sous un aspect familier et intime, toujours hérissé et rogue, et\nsurtout le maréchal de Moltke, dans ce pastel du dessin le plus net, le\nplus coupant, qui, avec la sobre condensation d'une formule mathéma­\ntique, détermine un crâne dur, plein de pensées obstinées, d'énergies\nà haute tension. M. Lenbach, dont la réputation retentît en Belgique\nen 1890, est un peintre médiocre, mais un évocateur puissant, qui enferme\nen des linéaments simplifiés les grands traits d'une physionomie mar­\nquante et en donne moins la transcription analytique qu'un résumé\nimaginatif.\n   M. Raffaëlli, dans ses Deux anciens, insiste plus sur le détail. Sur un\nfond paradoxalement clair et amusant de berge de Seine, se projettent deux\nfaces noires, fumées, boucanées, de vieux à barbe grise, l'air en-dessous,\nencore naïvement fûtés, mais matés tout de même : deux juifs certes,\nrancis en de malchanceux commerces, retirés dans la résignation après\ninfortune faite. Le dessin volontaire et serré de M. Raffaëlli s'affirme dans\nce morceau avec toute sa science et toute son intensité.\n   M. Fantin-Latour a envoyé deux petites fantaisies, Danses et Tentation\n"}, {"page_pdf": 389, "texte": "                                 — 346 —\n\nde saint Antoine, comme il en a fait beaucoup, croyons-nous, mais qui\nattirent par le gracieux développement de leurs lignes, la beauté de leur\nmodelé et la molle caresse de leur couleur vénitienne. De M. Sisley on\nremarque, caché dans un coin, le Coteau de Saint-Nicaise, un exquis\npaysage en harmonie douce où se joue une lumière blonde dans des cha­\ntoiements et des scintillements. C'est léger, gai, raffiné et absolument\nfrançais. Un autre paysage, d'une grande impression de nature, c'est la\nNeige vierge de M. Heymans, dont les recherches sont toujours intéres­\nsantes et qui aboutit fréquemment, comme ici, à saisir un état d'atmo­\nsphère unique dont il communique presque l'intégrale sensation.\n   L'œuvre la plus regardée, la plus critiquée et la plus louée de l'expo­\nsition est le triptyque de M. Frédéric : Le peuple verra un jour le lever\ndu soleil. Par une fusion de réalisme et d'archaïsme, où se mêlent géné­\nralement des préoccupations de symbolisme, par un coloris spécial, plat,\nà la gamme courte, aux notes heurtées, d'un timbre assez aigre, M. Frédéric\ns'est composé une originalité qui frappe à première vue ; en tout cas, il a\nle mérite, rare chez nous et même ailleurs, d'être curieux, hardi, vivant,\nen quête d'invention. Son triptyque renferme une idée assez banale qui\nlui a valu immédiatement les sympathies chaleureuses de la presse démo­\ncratique; mais la traduction au moins en est dépourvue de banalité. Au\npanneau de gauche, sous un couchant de terreur et d'apocalypse, une\ntrombe grise enveloppe une ville gothique; trois enfants nus s'avancent\ndans des ronces qui déchirent cruellement leurs jeunes chairs innocentes et\nrépandent leur sang vermeil sur le rouge sanglant des feuillages rouilles.\nAu centre, des enfants, des femmes, des vieillards, peinent à des labeurs\nde Sisyphe sous un ciel de flamme. Mais le panneau de droite s'emplit\nd'une allégresse de printemps et d'Eden ; parmi les fleurs, joyeuse comme\nl'aurore qui éclaire la route, une bande de cinq enfants, les bras entre­\ncroisés, va d'un pas rythmique, vers l'horizon serein. Les deux panneaux\nextrêmes sont les plus réussis, et même celui du milieu est inutile, ne\nfaisant que répéter plus faiblement le premier. Ce qui nous séduit le plus,\nc'est le paysage enchanté, l'harmonieuse composition des groupes et l'ex­\npression de ces visages d'enfants, de bonne et simple candeur, étonnés de\nleur souffrance et de leur joie.\n  Dans le compartiment de sculpture, nous ne mentionnerons qu'une\nœuvre, qui laisse loin derrière elle toutes les autres. C'est une statuette de\nbronze, un Christ de M. Constantin Meunier. Anguleux, décharné, le\ncorps incliné comme la tête dans une attitude d'abattement qui fait penser\nau Christ de la Passion de Dürer, c'est bien le Fils de l'Homme courbé\nsous le poids des péchés des hommes, un Christ d'Ecce homo, à qui les\nanges n'apporteront point le calice du réconfort et qui mourra en implorant\nvainement son Père. Mais si la Divinité est absente de ce bronze, toute la\nmisère de l'Humanité y saigne et y palpite.\n  Un salon spécial, consacré à feu Verlat, renferme une grande quantité\nde tableaux de ce peintre inégal et inquiet, qui, avec de remarquables\ndons naturels, ne laisse pas une œuvre décisive. Plein de verve et\n"}, {"page_pdf": 390, "texte": "                                      -   347   -\n\nd'entrain, adroit comme pas un, comme un de ces singes qu'il peignit\nsouvent et qui sont, par le coloris apparenté à Leys et à Teniers, ce qu'il\na fait de mieux, il essaya de tout, sans montrer nulle part une vraie origi­\nnalité. Il va de Courbet à Cabanel et revient à Courbet, pour exagérer\nencore sa brutalité. Doué du sens du réel et du mouvement, ce fut avant\ntout un peintre d'animaux et si les animaux savaient peindre, ils ne se\npeindraient pas mieux. Mais ils ne peindraient probablement pas de\ntableaux historiques et religieux, et Verlaten a peint : c'est là son infério­\nrité. Avilissant l'auguste drame évangélique, il s'est figuré le retracer en\nmettant en scène, sous prétexte d'exactitude, la plus basse canaille des pays\nd'Orient où il avait inutilement promené ses yeux. Accablé toute sa vie de\ncommandes, de médailles, de décorations, Verlat a provisoirement à\nAnvers le renom d'un grand artiste. Tout mort qu'il est et quelques qua­\nlités que cette promotion définitive lui confère, Verlat n'en est pas moins,\nselon nous, un virtuose creux. Des élèves issus de lui, nous ne dirons rien :\nils ne sont pas même morts.\n                                                    E R N E S T VERLANT\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n       Contes d'Yperdamme, par EUGÈNE DEMOLDER. Bruxelles, Lacomblez. —\n            Chansons d'Amant, par GUSTAVE KAHN. Bruxelles, Lacomblez.\n\n\n              Notre collaborateur M. Francis Nautet, dans une curieuse et\n               vivante étude sur les sources du sentiment littéraire en Bel­\n               gique (1), consacre à l'auteur de l'Evangile d'Yperdamme, les\n               lignes un peu paradoxales que voici :\n   « Les contes que vient d'écrire M. Eugène Demolder démontrent qu'on\npeut exploiter le passé et faire fructifier, dans le vieux champ moissonné,\ndes semences attardées. Seulement ces sortes d'œuvres n'impliquent jamais\nun mouvement producteur suivi, sans cesse en veine de fécondités nou­\nvelles. Elles n'ouvrent la voie à personne, sont en dehors du courant\nnormal qui fait les liaisons littéraires entre les différentes générations,\nenfin, elles ne servent que ceux-là qui ont su recréer des aspects archaïques\navec l'imagination exacte d'un Leys ou les couleurs intenses d'un\nDemolder. Aussi, si le cas pris en particulier n'est pas un obstacle artisti­\nque, au contraire, il est une négation dans le sens d'une tendance vivante\net juvénile. »\n   Une envie me prend, malgré les idées ingénieuses qu'elles remuent, ou à\n\n  (1) Voir la Société Nouvelle du 30 juillet.\n"}, {"page_pdf": 391, "texte": "                                  — 348 —\n\n cause de ces idées mêmes, de contredire les affirmations de M. Francis\n Nautet.\n    Et d'abord, parce qu'il a plu à M. Eugène Demolder d'écrire, d'après\n les vieux maîtres néerlandais, quelques mystères ou quelques paraboles\n évangéliques, est-il bien exact de dire qu'il se réfugie dans le passé? Assuré­\nment, pour les derniers survivants du naturalisme, — pour les Cambronne\n du carré de Médan — ni saint Pierre, ni Jaire, ni Marie-Magdeleine ne\n sont des personnages contemporains. M. Paul Alexis ne les a jamais ren­\n contrés. Mais l'idée de ces personnages, historiques ou légendaires, leur a\n survécu. Elle existe dans nos cerveaux, et au point de vue artistique, il\n n'est rien de plus contemporain que les êtres qui se meuvent dans notre\n pensée. Si je colore l'un de ces personnages à la lueur de mon imagi­\n nation, il est beaucoup plus moderne et plus vivant pour moi que tel\n personnage contemporain dont je ne m'occupe guère. Et si je le repré­\n sente comme je le vois dans mon esprit, je communique cette représen­\n tation à mes lecteurs, qui se mettent à voir comme je vois.\n    Les vieux peintres néerlandais ont agi de la même manière que M. Eugène\n Demolder. Ils ont écrit sur la toile, avec des couleurs, leur idée de l'Evan­\n gile et leur version du drame du Calvaire. Et en agissant ainsi, ils étaient\n loin d'exploiter le passé. Bien au contraire : ils revêtaient leur concept des\n formes et des couleurs mêmes de leur temps. M. Eugène Demolder n'a pas\n fait autre chose. Il anachronise comme eux, avec la même naïveté et le\n même plaisir. Il leur doit certes beaucoup, mais pas autant qu'on pourrait\n le croire. Les tableaux des vieux maîtres lui ont ouvert les yeux et déclos\n l'imagination. Ils l'ont révélé à lui-même. Il s'y est retrouvé, après des\n siècles, comme à une espèce de rendez-vous oublié. De même qu'eux, il a\npromené Jésus et les apôtres dans des décors contemporains, décrits avec\n la langue et les procédés artistiques d'aujourd'hui. Et, — dût-on m'accuser\n à mon tour de paradoxe — quand bien même M. Eugène Demolder se fût\n contenté de transposer les toiles des vieux maîtres, il serait encore injuste\n de parler d'un retour au passé, puisque ces tableaux existent dans nos\n Musées, qu'ils sont contemporains de notre admiration et de notre curiosité,\net que leur réflexion dans notre esprit se fait de la même manière et selon\nles mêmes lois que la répercussion de n'importe quel drame de la rue ou\ndu foyer.\n    Loin d'être « une négation dans le sens d'une tendance vivante et juvé­\nnile », l'œuvre de M. Eugène Demolder m'apparaît comme le symptôme\nd'un mouvement intellectuel et comme une preuve du développement de\nnotre goût et de nos mœurs littéraires.\n    La littérature, en Belgique, est encore très jeune. Ecrire son histoire,\ncomme le dit excellemment M. Francis Nautet, c'est écrire l'histoire d'hier\net d'aujourd'hui. L'imagination créatrice, chez nous, était, depuis des\nsiècles, tournée vers la peinture et vers la musique. Ces deux arts, plus con­\nformes aux qualités et aux défauts de notre race, aspirèrent et engloutirent\nlongtemps toutes nos forces. Depuis une vingtaine d'années, ce mouve­\nment d'absorption s'est rallenti et affaibli. On a vu apparaître, non plus\n"}, {"page_pdf": 392, "texte": "                                  — 349     -\n\nquelques écrivains isolés, mais des générations successives de romanciers,\nde poètes, de conteurs, de critiques et d'essayistes. Et chacun d'eux, à sa\nmanière, a fait oeuvre d'imagination et d'invention littéraires, à la fois\ndans le fond et dans la forme. Seulement tous ont gardé quelque chose des\npeintres et des musiciens, des amateurs de peinture et de musique dont ils\nsont issus. C'est ainsi qu'un poète wallon, M. Albert Mockel, incline encore\nfortement vers la musique et vers des applications de la musique; c'est\nainsi que M. Eugène Demolder demande le prétexte de ses contes aux\nvieux tableaux de Jan Steen et de Breughel.\n   L'apparition de ces écrivains nostalgiques d'harmonie ou de couleur est\nà mes yeux la meilleure démonstration d'un commencement de vitalité\nlittéraire. Et, si l'on se rappelle que Charles De Coster commit la faute\nd'enfermer son admirable Légende d'Ulenspiegel sous la triple serrure\narchaïque de la langue du XVIe siècle, il faut non seulement féliciter\nM. Eugène Demolder d'avoir évité un pastiche auquel l'exemple de Charles\nDe Coster et la nature de son sujet eussent pu le pousser, mais il faut\nattribuer cette preuve de goût à raffinement de notre sensibilité, à l'exis­\ntence, encore embryonnaire mais certaine, d'une tradition littéraire.\n   Qu'on ne s'y trompe d'ailleurs pas. M. Eugène Demolder n'est point un\npeintre qui écrit. C'est un écrivain sorti d'une race de peintres, mais c'est\nun écrivain qui met en œuvre des procédés et des artifices purement litté­\nraires. Remarquons en passant que les rares peintres qui manient la plume\nne sont guère coloristes dans leur écriture sur le papier — voir Eugène\nDelacroix — et que les écrivains au verbe le plus pictural — Théophile\nGautier, par exemple — sont souvent des peintres sans couleur et sans\nvirtuosité. On conclut trop vite de la ressemblance des effets à l'identité des\ncauses. Un peintre rubénien n'écrira pas une phrase colorée parce qu'il y\nentrechoquera des termes de couleur ou des expressions d'atelier, et de\nmême, un écrivain coloriste n'atteindra pas au coloris parce qu'il mêlera\nsur sa palette ou sur sa toile de peintre, selon ses recettes d'antithèse litté­\nraire, les couleurs qu'il évoque ailleurs au moyen des mots. Pour réaliser\ndes effets de couleur, des oppositions et des mariages de tons, l'écrivain doit\nchercher des moyens équivalents aux moyens du peintre, employer des\nartifices de plume en correspondance avec les artifices du pinceau. C'est ce\nque M. Eugène Demolder a parfaitement deviné et compris. C'est par des\nprocédés de style, par des mélanges de vocables, par une espèce de ligne de\nla phrase, qu'il donne l'illusion du dessin et de la couleur. Les mots\nimmédiatement représentatifs ne sont pas chez lui les plus évocateurs, et\npourraient parfois être supprimés. C'est par l'expression qu'il arrive au\ncoloris, par l'emploi du mot concret, du verbe à la fois précis et imagé, par\nle choix des détails caractéristiques qui suggèrent la tonalité sans la\nnommer. Chacune de ses phrases se grave dans la mémoire par un de ces\naccidents heureux, qui sont une espèce de ponctuation pittoresque, une\nmanière de typographie sensuelle des choses.\n  Telle est cette oeuvre, d'une veine si flamande sous la forme française,\nqui met M. Eugène Demolder en belle place parmi nos prosateurs, et dont\n"}, {"page_pdf": 393, "texte": "                                 — 350 —\n\nles défauts, l'engorgement des comparaisons et l'équilibre instable de la\ncomposition, sont les défauts mêmes des qualités de notre race. Non seule­\nment les Contes d'Yperdamme nous procurent un plaisir esthétique, mais\nils précisent une date de notre renaissance artistique. C'est pourquoi la\ncritique s'en empare et vide, autour de ces récits savoureux, d'amicales\nquerelles. Cela ne vaut-il pas mieux que des adjectifs?\n\n\n\n   J'ai agité beaucoup de théories à propos de l'œuvre de M. Eugène\nDemolder, qui a les théories en horreur. Par esprit de compensation con­\ntradictoire, je ne théoriserai pas autour du livre de M. Gustave Kahn, pour\nqui la théorie est une espèce d'élément.\n   M. Gustave Kahn définit le vers : « Un arrêt simultané de la pensée et\nde la forme de la pensée ». Une strophe est, à ses yeux, « le développe­\nment par une phrase en vers d'un point complet de l'idée ». Un poème est,\npar conséquent, « la mise en situation par ses facettes prismatiques, qui\nsont les strophes, de l'idée tout entière qu'on a voulu évoquer ». M. Kahn,\nconséquent avec lui-même, considère naturellement l'ancien vers — celui\nqu'on faisait avant lui — comme « une ligne de prose coupée par une\nrime régulière», tandis que le vers nouveau « doit exister en lui-même par des\nallitérations de voyelles et de consonnes parentes ». Ajoutez à cela que le\nvers libre autorise toutes les combinaisons imaginables, et même les\nautres, puisqu'il y a « autant de formes de vers qu'il y a de nombres pre­\nmiers », et vous aurez, réduites en formules, la poétique et la prosodie de\nM. Gustave Kahn.\n   Les lecteurs de la Jeune Belgique sont bien heureux : ils ne connaissent\nM. Gustave Kahn que par ses poèmes, dont ils apprécient la saveur et\nl'originalité. Ils sont trop habitués aux théories — on leur en a beaucoup\nservi — pour ne pas être devenus sceptiques. Comme ils s'intéressent égale­\nment aux différentes manifestations d'art que la Jeune Belgique couvre de\nson pavillon, ils ont fini par attacher plus d'importance à l'application\nqu'au principe, au poème qu'à la poétique, à la fleur et aux fruits qu'aux\npropos du jardinier.\n   Je les imite. Je n'entends pas discuter les théories de M. Gustave Kahn.\nJe les crois excellentes, — pour lui — qu'elles aient ou non précédé son\nœuvre. Si c'est à cause d'elles qu'il a écrit Chansons d'Amant, admirons\nces chansons-là. S'il a formulé son système d'après les Chansons d'Amant,\nadmirons-les encore, et disons aux théories, comme Rosine à Basile :\n« Buona sera, allez-vous coucher! »\n   Chansons d'Amant révèle un poète très singulier, dont la singularité ne\nse connaît peut-être qu'à demi. C'est qu'en effet, malgré toutes ses procla­\nmations, M. Gustave Kahn est une âme primesautière. Pour lui l'idée\npoétique ne vit que par des travestissements d'images, et le poème n'est\nqu'une traduction personnelle et momentanée des impressions de joie ou\nde tristesse que la réalité allume dans le somptueux palais de notre cerveau.\n"}, {"page_pdf": 394, "texte": "                                  — 351 —\n\nChez l'auteur de Chansons d'Amant, les sensations et les sentiments se\nsuccèdent, se pressent et se bousculent avec une fébrilité caractéristique.\nToute idée se résoud en image, et les images s'appellent, se groupent et se\nmettent en marche, comme une caravane, vers une idée nouvelle, qui est le\npoint de départ d'une autre caravane, chargée d'autres richesses. L'imagi­\nnation de M. Kahn est à la fois opulente et vagabonde. Ces deux faces de\nson talent sont admirablement exprimées dans le titre de son premier livre :\nles Palais nomades, qui pourrait aussi couvrir le deuxième. Des palais,\ncertes, des palais d'architecture composite, débordants de trésors étonnés\nd'être réunis, des bazars d'orient où se déverse le luxe errant, clinquant et\nbizarre des Bohémiens. Mais aussi des palais qui marchent, qui roulent,\nqui volent, qui s'arrêtent sur un signe de leur prince et qui changent de\nphysionomie au seul désir de leur capricieux habitant. Je ne connais point\nde poèmes qui expriment avec plus de naturelle éloquence la volupté du\nvoyage, la rancœur des adieux et la fatalité des migrations.\n   Cette poésie, essentiellement sémite, et, plus que sémite, peut-être\nmongole, est, dans l'acception exacte du mot, une poésie de primitif.\nQuand on gratte l'enveloppe cosmopolite qui la recouvre, on trouve une\nespèce de barbare, qui jongle avec les images, un virtuose d'habileté\nnative, un tzigane dont l'oreille finement sauvage boit, comme un breu­\nvage amer et doux, les folles tempêtes que son archet capricant déchaîne.\nRessusciter, en des rapsodies fantasques, les milliers de rêves nostalgiques\nqui dorment informulés dans la foule anonyme des âmes, tel est, me\nsemble-t-il, le but que se propose M. Gustave Kahn. N'est-il pas naturel,\ndès lors, qu'il ait été se retremper dans les sources vives des ballades\npopulaires? Et devons-nous être surpris s'il lâche, tout à coup, dans la litté­\nrature contemporaine, si vieille de richesses patriciennes, un peuple jeune\net neuf de chansons?\n   La poésie de M. Gustave Kahn est, — faut-il le dire? — en révolte, en\nrévolte instinctive et raisonnée, contre l'art classique, contre l'art grec et\nl'art latin, c'est-à-dire, en dépit des alliages, contre l'art français lui-même.\nIl hait l'harmonie, la symétrie, les ordonnances savantes, la règle inflexible\net les mille ressources qu'elle cache sous sa rigueur. Il déteste la Beauté\naryenne, et s'il la blasphème sans cesse, elle et ceux qui la servent, c'est\nqu'il y est porté par une impulsion de sa nature, par un atavisme irréduc­\ntible, contre lesquels aucun raisonnement, aucune culture, si éclectique\nqu'elle soit, ne peuvent prévaloir. Cette poésie-là, en dehors de son mérite\nesthétique, présente cette particularité qu'elle incarne, à pleins vers et à\nstrophe que veux-tu, un des aspects éternels de la guerre des races.\n   C'est assez dire que j'ai retrouvé, dans Chansons d'Amant, le poète des\nPalais nomades. Ces chansons diffèrent cependant des palais par un accent\nplus intime, plus pénétrant et plus recueilli. Leur luxe composite allume\ntous ses feux vers une seule iconostase.\n   Nos lecteurs jugeront de la sincérité de ces chansons par le charmant et\nmélancolique sonnet que voici :\n"}, {"page_pdf": 395, "texte": "                                   — 352 —\n\n        Je t'apporte, ami, mon cœur meurtri\n        Le sillon des pas sur mon corps et sur mon âme\n        La grâce déjà promise, départie et reprise\n        Et la caravane des triomphes que ta pensée blâme.\n\n       Je te donne, amie, mes lèvres vieillies,\n       Les rides de mon front découronné par d'autres\n       Et le banquet d'un cœur oh l'on attendit l'hôte,\n       L'hôte inconnu porteur de joies épanouies.\n\n       Je t'apporte, ami, la brève compagnie\n       D'un cœur en oubli, d'un cœur en folies, d'un cœur en   voyage\n       Paré pour des minutes vers les baisers du mage.\n\n       Je t'apporte, amie, la triste solitude\n       D'un cœur en soupçons, d'un cœur en souffrance, dun cœur en débris\n       Dont les préludes de fête et les bruits de bal sont enfuis.\n\n   J'aurais bien quelques réserves à faire sur maints vers par trop longs,\net sur certains mots de science rébarbative qui font étrange figure dans ces\npoèmes spontanés, mais ces chicanes m'entraîneraient loin, du côté de la\nthéorie au bois dormant. Ne l'éveillons pas !\n   Je ne sais si la poétique de M. Gustave Kahn sera universellement\nadmise, et si sa prosodie remplacera ce qu'il appelle la prosodie officielle.\nJ'en doute. Je pense qu'il attribue à la forme et au bois de son violon, ainsi\nqu'aux crins de son archet, les vertus personnelles du violoniste. Quoi qu'il\nen soit, M. Gustave Kahn a introduit le Lied dans la poésie française.\nQu'on suive son exemple on qu'on ne le suive pas, cette conquête, si j'ose\nimiter son langage, est une jolie plume à son chapeau.\n   Telle est mon opinion sur un artiste singulier, dont j'estime le talent,\nmais dont je déteste les tendances. J'ai dit, sincèrement, ce que je pense de\nson œuvre, comment et sous quelle lumière je la vois. Cela ne vaut-il pas\nmieux que des théories?\n                                                            A L B E R T GIRAUD\n"}, {"page_pdf": 396, "texte": "                                        — 353 —\n\n\n\n\n                                 MEMENTO\n   La Société des gens de lettres fait de        leur demandant très courtoisement l'auto­\nnouveau parler d'elle. La voilà en procès        risation de la reproduire.\ncontre la Révolte.                                  Ceux-ci l'ont accordée, cette autorisation,\n   La Révolte avait reproduit, après en          M. Zola, comme M. Paul Bonnetain, mais\navoir demandé et obtenu l'autorisation, des      le premier n'était pas alors membre de la\nextraits d'œuvres de MM. Zola, Bonnetain,        Société des gens de lettres qu'il préside\nde Maupassant, Courteline, etc. Ces mes­         aujourd'hui, et le second et tous ceux de\nsieurs avaient autorisé les reproductions à      ses confrères immatriculés comme lui,\ntitre gracieux, la Révolte étant pauvre.         chaussée d'Antin, contrevenaient, paraît-il,\nMais il paraît qu'une telle autorisation est     aux statuts de la Société. »\ncontraire aux statuts formels de la Société         Il est devenu pas mal bourgeois, le grand\ndes gens de lettres, statuts que chacun des      homme de Médan.\nmembres de la Société doit signer, et qui\nont un effet rétroactif !!!!\n   Cette jolie monstruosité, plusieurs de ces      Hyménée ! Hyménée ! Notre ami Emile\nmessieurs l'admettent. Ils permettent à la       Verhaeren épouse Mlle Marthe Massin.\nSociété des Gens de lettres de poursuivre        M. Orner Coppens, l'un des peintres les plus\nen leur nom la Révolte en paiement d'arti­       remarqués de l'Essor, et qui est aussi un\ncles, fragments, etc., dont ils avaient          de nos bons amis, épouse Mlle Hélène\nantérieurement autorisé la reproduction          Gheude. Félicitations et nos meilleurs\ngratuite.                                        vœux de bonheur.\n   Hâtons-nous de dire que M. Bonnetain a\nprotesté avec énergie, Mme de Peyrebrune\n                                                    Au Congrès de Malines. — Les bons\naussi.\n                                                 congresseux ont voté quelques jolies sot­\n   M. Zola s'est montré plus philosophe          tises, sur lesquelles nous reviendrons en\ndevant les agissements de la Société. Voici      temps et lieu. Sur la proposition de notre\ncomment le Figaro apprécie l'attitude du         excellent oncle Léon de Monge,ils ont décidé\nromancier millionnaire :                         de répudier certains écrivains qui « com­\n   « Tout de suite, il faut remarquer que        promettent et déshonorent » les catholiques\nla Révolte ne s'est approprié ces extraits       belges. Ces quelques écrivains sont : Ver­\nqu'avec l'autorisation de leurs auteurs.         laine, Barbey d'Aurevilly, Baudelaire et\n   Dans un interview de l'Eclair, M. Emile            Joséphin Péladan !\nZola déclare que les anarchistes ne recon­\n                                                    On nous assure que notre aimable oncle\nnaissent aucune propriété et qu'il est into­\n                                                 est très monté contre Tabibitte et qu'il le\nlérable pour un lettré d'être dévalisé par\n                                                 secouera d'importance ainsi que Pinolet.\neux. Ce disant, le puissant romancier\n                                                 La Très-jeune Belgique ne se tient pas d'an­\ndéplace la question et fait à la Révolte un\n                                                 goisse. Mais Tabibitte est capable de vomir\nbanal procès de tendances.\n                                                 des flots d'encre, au respectable nez de\n   Les théories anarchistes, en effet, sont\n                                                 notre bon oncle : Luther jetait bien son\ncomplètement étrangères au débat puisque\n                                                 encrier à la tête du diable.\nles rédacteurs de la Révolte, s'ils sont enne­\nmis de toute propriété en principe, ont,\ndans la pratique, reconnu le droit des              Le Précurseur d'Anvers publie un feuil­\nécrivains à la propriété de leur oeuvre en       leton en vers, consacré à la glorification de\n"}, {"page_pdf": 397, "texte": "                                                 -     354     -\n\nVerlat et à l'excommunication de l'école                   la Beauté que depuis douze années nous\nbruxelloise.                                               proférons.\n  Échantillons :                                               Le Salon de la Rose Croix sera un tem­\n« Ce sont ces murs fameux, où rayonnait naguère            ple dédié à l'Art-Dieu, avec les chefs-\nDes maîtres d'autrefois l'éclatante lumière,               d'œuvre pour dogmes et pour saints les\n         Vibrants de souvenir.                             génies.\nIl en sort comme un suint d'effluves immortelles\nEt le maître nouveau, déployant là ses ailes,                 Suit la liste des invités.\n         Les étend sans faiblir ! »                           Au dessus de toute école, sans préfé­\n  Oh! ce suint tellement abondant que le                   rence technique, admettant aussi bien le\nmot effluve en change de sexe, et ces ailes                mélange optique que la méthode italienne\ndéployées qui ne faiblissent pas en s'êten­                d'un Desboutins; la Rose Croix n'exige que\ndant!                                                      l'idéalité des œuvres.\n« Rubens est notre phare. En faudrait-il un autre?            Parmi les quatre-vingts artistes choisis\nDe l'art flamand il est le cœur, l'âme, l'apôtre. »        déjà et presque tous adhérents à cette\n  Ce phare-cceur, ce phare-âme et ce phare-                heure, il suffit de citer : le grand Puvis\napôtre nous paraissent pharamineux.                        de Chavannes, Dagnan-Bouveret, Merson,\n  Le génie de Verlat en un seul alexandrin :               Henri Martin, Apian(Jean), Odilon Redon,\n« Quelle patte et quel œil dans ce multiple monde! »       Knopff, Point-Séon, Filiger, de Eguzsguiza,\n                                                           Anquetin. Les statuaires Dampt, Marquest\n  La patte est dans l'œil!\n                                                           de Vasselot, Pezieux, Astruc, le composi­\n« Laissons-les se bercer d'une folle espérance\nEt forger en Brabant un argot à la France,\n                                                           teur Erick-Saties.\n        Qu'ils comprennent entre eus,                         Nous irons h Londres inviter Burne-\nEt demander la mer aux brins de leur prairie... »          Jones, Watts et les cinq pré-raphaëlistes;\n   La mer aux brins de prairie, ça doit être               nous convierons les Allemands Lenhbardt\nl'amer Cresson!                                            et Bœckling.\n« Et Sneyders, Fijt, Segers, où l'argile se nomme              L'ordre procède par invitations : et les\n       Dans sa fougue ou son fard...                       invités n'ont qu'à observer la règle d'idéa­\nVan Uden, Neefs, Wildens, Coques qu'un fin jour            lité.\n                                             [dore... »]\n                                                               Elle bannit toute représentation contem­\n  L'argile fardée, et Coques qu'un fin...                  poraine, rustique, militaire; les fleurs, les\n  Coques qu'un fin ! Coques qu'un fin ! Ça                 animaux, le genre comme l'histoire, et le\nremplace les cailloux de Démosthènes !                     portrait comme le paysage.\n  L'auteur de ces merveilles signe: Edmond                     Mais accueille toute allégorie, légende,\nH...                                                       le mysticisme et le mythe, et même la tête\n  M. Edmond Haraucourt serait-il devenu                    d'expression si elle est noble, ou l'étude du\nAnversois ?                                                nu s'il est beau.\n                                                               Car il faut faire BEAU, pour entrer au\n                                                           Salon de la Rose Croix. »\n   Grande nouvelle :                                           En somme, un « à l'instar » du Salon des\n   Les Petites Affiches publient les statuts               XX, organisé par un Octave Maus qui\ndu « Salon de la Rose + Croix », fondé par                 serait du midi.\nle Sâr Mérodack Baladan, le grand-prieur                       Malheureusement, MM. Puvis de Cha­\nAntoine de la Rochefoucauld, les comman­                   vannes et Dagnan-Bouveret, un peu effrayés\ndeurs Elémir Bourges, de Larmandie, Gary                   par la rhétorique du Sâr, lui ont fait assa­\nde Lacroze et trois encore pseudonymes.                    voir qu'ils retiraient leur pinceau du jeu.\n   Ci le programme, publié par le Sâr dans                     D'autre part lés Rose + Croix d'en face,\nle Figaro :                                                c'est-à-dire MM.StanislasdeGuaîta, Jacques\n   « L'artiste et le public n'ont pas à se d e ­           Papus, F.-Ch. Barlet, Paul Adam, Lucien\nmander ce que médite le Temple, ce que                     Lejay et Oswald Wirth protestent avec une\nprépare la Rose Croix : simplement la                      véhémence ésotérique contre les préten­\nmanifestation victorieuse des Normes de                    tions du Sâr, qu'ils tiennent pour un\n"}, {"page_pdf": 398, "texte": "                                        — 355 —\n\n« Panurge de l'occultisme », mettent le             Le résultat de ces conciliabules a été\npublic en garde contre toute confusion entre     que l'arrivée de la veuve Wagner serait\nles Rose + Croix authentiques et le Fonta-       tenue absolument secrète.\nnarose j Croix Péladan, et terminent leur           La veuve de l'insulteur a donc été instal­\nbulle en appelant le Sâr, sérieusement,          lée à l'Opéra dont elle ne sort ni le jour ni\n« un bon fumiste » .                             la nuit.\n   Les choses en sont là.                           Elle habite la loge d'un des directeurs.\n                    **                              Elle y mange et elle y couche.\n   Les marmitons qui ont fait naguère inter­         Les artistes eux-mêmes ignorent sa\ndire Lohengrin,      ont recommencé leurs        présence ; seuls, les directeurs, M. Lamou­\nexploits. Les éditeurs de musique de Paris       reux et quelques initiés sont au courant...\nse sont coalisés pour fermer l'Opéra aux            Ainsi donc, voilà où nous en sommes !\nœuvres de Wagner, qui, non seulement au             La femme de celui qui é c r i i t la Capitu-\npoint de vue artistique, mais surtout au         lation vient assister au triomphe de l'insul­\npoint de vue commercial, sont incompatibles      teur !\navec les œuvres des Massenet et des Godard.         La femme Wagner vient applaudir le\nRésultat de cette coalition : naissance de       Lohengrin dans la ville même que son\nplusieurs journaux de circonstance, destinés     homme villipenda 1\nà induire les Parisiens en stupidité. Les dits      C'est une femme, dira-t-on !\njournaux, rédigés par des emballeurs, ont           Non, disons-nous.\nannoncé successivement l'arrivée d'un ba­           C'est la femelle de l'insulteur. Et sa\ntaillon sacré de 200 Prussiens chargés           présence chez nous est encore une insulte.\nd'égayer les entr'actes en criant : « Vive          Comme nous aurions crié : « Sus au\nGuillaume II ! », et le séjour à Paris de        mâle», nous crions: « Sus à la femelle, à\nMme Cosima Wagner.                               l'insulteuse ! »\n   L'immonde journal qui répand ces igno­\nminies s'appelle : la Patrie en Danger.\n   Voici, car il faut que ces choses soient          On lit dans la Chronique, sous la signa­\nconsignées dans les archives de la sottise       ture de l'onagre, l'étonnant article biblio­\nhumaine, l'article que cette infâme feuille      graphique qui suit :\nde chou consacre à Mme Cosima Wagner :              « Les Bons Parents, par Hubert Krains; à\n   « Hier, déguisé en ouvrier, nous avons pu     la librairie Alfred Castaigne, Montagne-aux\nnous glisser dans les couloirs (de l'Opéra),     Herbes-Potagères.\n                                                     Le volume contient quatre nouvelles. La\net ce que nous avons vu nous a tellement         première, les Bons Parents, est importante,\nsurpris que nous n'aurions rien osé affir­       intéressante, vigoureuse d'exécution comme\nmer de ce qui se passe, si nous n'avions vu,     un tableau d'Impens. Les trois autres, sur­\nde nos yeux vu !                                 tout les deux dernières, sont plus faibles :\n                                                 Le Bonheur des autres et la Cité mercan-\n   Depuis quand Mme Wagner est-elle à            tile appartiennent au genre quasi fantas­\nParis? Nous ne le savons pas au juste.           tique, avec un fond d'ironie cruelle qui ne\n   Ce que nous pouvons affirmer, c'est           produit pas l'effet désiré.\nqu'elle y est depuis trois jours au moins.          M. Krains paraît avoir le tempérament\n                                                 d'un réaliste observateur; si ce volume est\n   La police ne l'ignore pas.                    un début, il est plein de promesses. Nous\n   Le gouvernement le sait.                      le recommandons à nos confrères de la\n   Mais Paris n'a pas été mis dans la confi­     presse, dont l'aide est indispensable aux\ndence et pour cause !                            hommes de lettres comme aux peintres et\n                                                 aux musiciens. Ce sont ceux-ci qu'on choie\n   Dès son arrivée à Paris, la veuve Wagner      avant tout : Ce n'est pas juste. L'auteur des\ns'est rendue chez M. Ritt. Celui-ci a aussi­     Bons Parents ne demande qu'un peu d'aide\ntôt conféré avec M. Gailhard ; puis les deux     pour sortir de l'ombre. »                R.\ndirecteurs ont rendu compte de cette arrivée        Savourons! M. R., de la Chronique,\nau ministre des affaires étrangères et au        estime que le livre de M. Hubert Krains est\npréfet de police.                                un bon livre, et il sait que l'auteur des\n"}, {"page_pdf": 399, "texte": "                                        — 356 —\n\nBons Parents « ne demande qu'un peu              Contes d'Yperdamme       et des    Chansons\nd'aide pour sortir de l'ombre ». Aussi il lui    d'Amant.\nconsacre 2 0 lignes ! Et il le recommande à\nses confrères de la presse ! !\n   S'il se l'était recommandé un peu à lui-         Le mercredi, 2 septembre, a été célébré\nmême, — l'onagre n'eût pas mal fait.             en l'église de la Trinité à Saint-Gilles, en\n   II est vrai que 20 lignes de cet extraordi­   présence d'un concours très select d'artistes\nnaire pisse-froid, — cela mène à tout !          et de dames, le mariage de M. Camille\n                                                 Gurickx, l'excellent pianiste, professeur au\n                                                 Conservatoire royal de Bruxelles, avec\n   M. Edmond C , de la Galette, rend             Mlle Marie Gendebien, fille de M. F. Gen-\ncompte tout à coup de Miette, par Henry          debien, inspecteur-général honoraire des\nMaubel (1890), des Aveugles de Maeter­           chemins de fer.\nlinck (1890), etc., etc.                            Pendant la cérémonie religieuse on a\n   Un prix de lenteur à M. Edmond C.             entendu une Bénédiction        pour orgue,\n   Son article, d'ailleurs aimable, débute       chœurs et soli, composée par le marié; une\nainsi : \" On pense, quand viennent les           transposition pour violon du « Preislied »\nvacances, aux livres négligés au temps des       des Maîtres-Chanteurs, jouée par M. Achille\noccupations absorbantes. C'est le moment         Lerminiaux et la marche nuptiale de\nde signaler quelques volumes récents...\"         Lohengrin.\n   Oui, c'est le moment, parce que si vous\naviez encore attendu un peu, ils ne seraient\nplus récents!                                       Les Revues :\n   Quand on songe que le même M. Ed­                Lire dans la Plume du 1er septembre,\nmond C. s'abîme le tempérament pour              les curieux médaillons consacrés aux pein­\nrendre compte le lendemain matin de la           tres chromo-luminaristes, néo-tradition-\nreprise du plus plat vaudeville?                 nistes et indépendants, dans le Mercure de\n   Ah! nous avons une belle critique litté­      France, les traductions de Carducci et de\nraire !                                          Guido Mazzoni, dans la Revue indépen-\n                                                 dante, une série d'articles tressés en cou­\n                                                 ronne, autour du front de René Ghil, et\n  Citons, à propos du prix de lenteur obtenu     dans les Entretiens, des notes inédites de\npar M. Edmond C , une anecdote qu'Albert         Jules Laforgue, et un article de M. F. Vielé-\nGiraud raconte aux jeunes écrivains dénués       Grifïin sur le récent livre de Gustave Kahn.\nde patience.\n  Pierrot Lunaire parut au mois d'août\n1884. Trois mois après, Giraud, dépliant par\nhasard l'Echo du Parlement (mort depuis,            Un groupe de jeunes écrivains vient\nhélas !) y trouva un article sur... le Scribe,   d'accoucher du n° 1 d'une revue titrée :\nparu en janvier 1883! ! !                        la Libre critique.\n                                                    Les parents se portent bien. Faisons des\n                                                 vœux pour l'Enfant.\n  L'Indépendance belge, par la plume de\nM. Charles Tardieu, donne du « décadent »\nà Gustave Kahn.\n  On est au courant, ou on ne l'est pas,\nmarquise !\n\n\n  Le « Carnet du liseur » de Georges Eek-\nhoud, dans l'Etoile belge, s'occupe des\n"}, {"page_pdf": 400, "texte": "                      Paul LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR                     DE « LA J E U N E                   BELGIQUE »\n                                   31, rue des Paroissiens\n                                            BRUXELLES.\n\n\n\nCatalogue des livres de fonds et en nombre d'auteurs belges :\nBAUDOUX (Fernand)         .   .Rythmes vieux, gris et roses, un volume in-16. . fr. 3 50\nCHAINAYE (Hector) .       .   .L'Ame des choses                                                   . 2 »\nDELATTRE (Louis) .        .   .Contes de mon village, avec une introduction de\n                                  Georges Eekhoud, un volume in-18                                    3 »\nDULAC (Paul). . . . .          Vingt-cinq Sonnets, un volume in-16 Jésus. . . .                       1 50\n                               (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon des manufactures\n                                  Impériales et 9 exempl. sur Hollande Van Gelder).\nEEKHOUD (Georges). . .         Nouvelles Kermesses, avec frontispice de Léon Dar-\n                                  denne, 1 volume in-8° (quelques exemplaires) . . 7 50\n      —                        La Nouvelle Carthage, un volume in-18                                  3 50\n      —                         Les Fusillés de Malines, un volume in-18 . . . .                      3 50\nGILKIN (Iwan) . . . .           La Damnation de l'artiste                                            15 »\nGIRAUD ( A l b e r t ) . . . .  Hors du Siècle, poésies, un volume in-8° . . . .                      3 50\n      —                        Pierrot lunaire, poésies, un volume petit in-12. . . 2 »\n      —                         Pierrot Narcisse, un volume in-16 raisin                              2 »\n                               (II a été tiré 5 exemplaires sur Hollande Van Gelder).\n      —                        Dernières fêtes, poésies, un volume in-i6, raisin . . 2 »\n                               (Il a été tiré 15 exempl. sur Japon des manufactures\n                                  Impériales et to exempl. sur Hollande Van Gelder).\nGOFFIN (Arnold). . . . Journal dAndré (1885) (épuisé).\n      —                        Delzire Moris (1887) (épuisé)                                          3 »\n      —                        Impressions et Sensations (1888;                                       3 »\n      —                        Maxime (1890)                                                          3 »\nITIBERÊ DA CUNHA (J.). .       Préludes, poésies ; un vol. in-16 raisin                               3 »\nJENART (Aug.) . . . .          Le Barbare, poème-drame en prose, un volume in-18. 2 »\nJEUNE BELGIQUE (Le Parnasse de la), pièces diverses de dix-huit poètes belges, un\n                                  fort volume in-8°                                               - 7 50\nKAHN (Gustave) . . . .         Chansons d'amant, poèmes, un volume in-16 raisin . 3 50\nLACOMBLEZ (Paul) . . .         Un Baptême, pièce à dire pour jeunes filles. . . . 0 25\n      —                        Les Confitures, monologue pour jeunes filles . . .                     1 »\n      —                        Pensionnaires,                  id.                      . . .         1 »\n      —                        Romanesque!...                  id.                      . . . 0 75\n      —                        Skating,                        id.                      . . . 0 75\n      —                        Jeunes filles, monologues et pièces à dire                             2 »\nLAVACHERY (Alfred). . .        Contes et Nouvelles, avec illustrations de L. Bauës.\n                                  E. Berchmans, E. de Baré, E. Delpérée, etc., un\n                                  volume grand in-8° carré                                            5 »\nLAZARE (Bernard) . . .         Les Quatre faces, plaquette a n t i - p a r n a s s i e n n e . . . 1 »\nLEMONNIER (Camille) . .        En Brabant, contes, un volume in-18                                    060\n      —                        Les bons amis, conte,           id.                  0                   60\n      —                        Trois contes,                   id.                  0                   60\n      —                        Les Charniers (Sedan),          id.                                    3 50\n      —                        Ceux de la Glèbe (la Genèse, la Glèbe, les Concu­\n                                  bins, etc.), 1 volume in-18                                         3 5°\n      —                        En Allemagne, 1 volume in-18                                           3 50\n      —                        Happe-Chair,              id.                                          3 50\n      —                        L'Hystérique,             id.                                          3 50\n      —                        Madame Lupar,             id.                                           350\n      —                        Le Mort, nouvelles,       id.                                          1 25\n      —                        Un Mâle, avec dessin de X. Mellery, 1 volume in-18. 3 50\n      —                        Thérèse Monique, 1 volume in-18                                       3 50\nLE ROY (Grégoire). . .         Mon cœur pleure d'autrefois, un volume in-8\" avec\n                                  un frontispice de Fernand KhnopfF. . . . . .                      10 »\nMAETERLINCK (Maurice) .        Les Aveugles (L'Intruse. Les Aveugles),un vol.in-18. 3 »\n      —                        La Princesse Maleine, un volume in-18                                 3 50\n      —                        Serres chaudes, un volume in-18                                       3 »\n                               (Il a été tiré de chaque ouvrage 3 exemplaires sur\n                                  Japon à 15 francs et 7 exemplaires sur Hollande à\n                                  fr. 6-00).\n"}, {"page_pdf": 401, "texte": "  MAETERLINCK (Maurice) .       L'Ornement des noces spirituelles, par Ruysbroeck\n                                     l'Admirable, traduit du flamand sur les textes au­\n                                     thentiques retrouvés au cloître du Val-Vert, et\n                                     précédé d'une Introduction, un vol. in-18. . . . 4 00\n                                 (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon des manufac­\n                                     tures Impériales et 25 exemplaires sur Hollande\n                                     Van Gelder).\n  MAUBEL (Henry) . . .           Max Waller, une plaquette in-8° (épuisé) . . . .           1 »\n        —                       Miette, un volume in-16                                     2 50\n  NAUTET (Francis) . . . Notes sur la littérature moderne, deux séries. Chaque\n                                     série en un volume in-16                               3 50\n  NYST (Raymond) . . . Volume ayant pour titre une épigraphe, avec un fron­\n                                     tispice colorié et un dessin de Nestor Outer . . .     5 »\n        —                 .      La Création du Diable, un volume in-18, sur papier\n         . .                          de Hollande, avec une eau forte de Willy Schlobach. 3 50\n  PLÉIADE (La), journal littéraire mensuel.\n                                 Première année (1889), les douze numéros . . . .           3 »\n            . . . .              Chaque numéro séparément                                . 0 30\n                                Seconde année, les douze numéros (très rare) . . .          5 »\n  RODENBACH (Georges) . .        L'Art en exil, roman, un volume in-18                      3 50\n        —                        L'Hiver mondain, poésies, un vol. in-18 (épuisé) . . 5 »\n        —                       La Jeunesse blanche, id.               id.      . . . .     3 »\n                                La Mer élégante,            id.        id.    (épuisé) . . 3 »\n        —         .             Du silence,                 id. un volume in-16 . . .       1 50\n        — .                     Les tristesses,             id. un volume in-18 . . .       3 »\n        — .          .          Le Règne du Silence, poème, un volume in-18. . . 3 50\n  SEVERIN (Fernand) . . .        Le Lys, poésies, avec une eau-forte de Henry De\n                                     Groux, un volume in-16 . .                             2 »\n                               (11 a été tiré 5 exemplaires sur Japon et 25 exem­\n                                     plaires sur Hollande).\n        — .                     Le Don d'Enfance, poèmes ; un volume in-16 raisin . 2 »\n                                (II a été tiré 8 exemplaires sur Japon et 32 exem­\n                                     plaires sur Hollande).\n' SLUYTS (Charles) . . .         L'appel des voix, poésies, un volume grand in-16. . 2 »\n                                (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon et 25 exem­\n                                     plaires sur Hollande).\n  VAN LERBERGHE (Charles).       Les Flaireurs, drame, une plaquette grand in-16 . . 1 »\n                                (Il a été tiré 25 exemplaires sur Hollande à 2 francs).\n  VERHAEREN (Emile). . .         Les Soirs (épuisé).\n        —                       Les Débâcles, poésies, un volume in-8° sur papier de\n                               . Hollande. .                                               10 »\n                                Les Flambeaux noirs, poèmes, in-8° sur papier de\n                                     Hollande                                              10 »\n        — _                     Les Moines, poésies, un volume in-18 Jésus . . .            3 »\n  WALLER (Max) . . . .          La Flûte à Siebel, un vol. in-8°, papier vergé . . . 5 »\n                                ( l i a été tiré 75.exemplaires sur papier impérial Van\n                                     Gelder à 10 francs).\n                                Les autres ouvrages de Max Waller sont épuisés.\n\n\n\n                            A LA MÊME LIBRAIRIE :\n   Les ouvrages des collaborateurs français de la Jeune Belgique, Léon Bloy, Henri de\n Régnier, J.-K. Huysmans, Stéphane Mallarmé, Francis Vieié-Griffin, Paul Verlaine, etc.\n   L'éditeur P a u l Lacomblez prie les j e u n e s écrivains b e l g e s , désireux de voir\n leur nom figurer dans son catalogue, de se mettre en r a p p o r t avec lui et de lui\n donner en dépôt quelques exemplaires de leurs ouvrages.\n\n\n    La librairie P. Lacomblez ouvrira un compte à toute personne notoirement solvable,\n pour la fourniture des ouvrages portés au catalogue ci-dessus et, en général, de toute la\n librairie littéraire.\n    Ces comptes pourront être soldés en dix paiements mensuels, dont le premier s'effec­\n tuera à la livraison des volumes.\n    11 sera répondu à route demande de renseignements bibliographiques accompagnée\n d'un timbre pour la réponse.\n\n\n                     Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 32, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1891-09-01", "preuve": "Septembre 1891, numéro 9, couverture PDF 366 ; aucun jour imprimé."}}