{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Décembre 1892. TOME XI", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAI RE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 473, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 194, "texte": "Décembre 1892.                        TOME XI. — N° 12                   12me                  Année.\n\n\n\n\nLA\n        JEUNE\n                      BELGIQUE\n                                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAI RE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 473, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 194, "fin_caractere_exclue": 1659, "texte": "SOMMAI RE:\n\n            Un théâtre lyrique historique                  L A JEUNE BELGIQUE.\n            Réveil                                         FERNAND S E V E R I N .\n\n            Les Aigles                                     MAURICE DESOMBIAUX.\n            La Monparonne (Suite et              fin)      HUNTLEY SULLY.\n            Petites études de poétique française. II. Le\n              rythme.       .   . '                        IWAN GILKIN.\n            Chronique artistique                           ERNEST VERLANT.\n            Chronique littéraire :\n              Le Salut par les Juifs.        . . . . . .   J. D.\n               Les Livres                                  ALBERT GIRAUD.\n            Memento                                        NEMO.\n            Table des matières.\n\n\n              RÉDACTION                                                 BRUXELLES\n 110,   R U E DE LA   LIMITE,   BRUXELLES.                         PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                       3 I , rue des Paroissiens\n                                                                            PARIS\n         PRIX DU NUMÉRO                                         LIBRAIRIE DE l'Art       Indépendant\n                                                                   11, rue de la Chaussée-d'Antin\n              fr. 0-75.\n                                                                                1892\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L I B R A I R I E PAUL", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 474, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 406, "fin_caractere_exclue": 1125, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n   Fondateur     : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                         Directeur : IWAN GILKIN.\n                Rédaction : 110, rue de la Limite, Bruxelles.\n              7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                     des Capu-\ncines, 16, à Paris.\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom­\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée-dAntin.\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L I B R A I R I E PAUL", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 474, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1125, "fin_caractere_exclue": 2059, "texte": "L I B R A I R I E       PAUL         L A C O M B L E Z\n                 rue des Paroissiens, à Bruxelles\n                       V I E N N E N T D E PARAITRE :\n                                 MAX ELSKAMP\n\n\n                  Poésies, 1 volume in-16 raisin. Prix : 2 francs.\n  II a été lire quelques exemplaires sur hollande à 5 francs.\n\n                            STÉPHANE        MALLARMÉ.\n\n   V I L L I E R S D E L'ISLE-ADAM\nUn volume petit in-16, avec portrait de Villiers, gravé par Desboutin.\n                           Prix : 3 francs.\n  Tirage sur hollande, avec 2 portraits, bistre et sanguine, à fr. 7-50. — Tirage sur\njapon, à grandes marges, avec 2 portraits, 15 francs.\n\n\n            PORTRAITS ET SILHOUETTES\n                     par le baron P. DE HAULEVILLE\n\n                   Vient de paraître chez DEM AN, à Bruxelles\n\n                                par IWAN GILKIN\n                            PRIX      : 1 0 FRANCS\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 425, "page_fin": 427, "titre_corps": "Un Théâtre lyrique historique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "Un théâtre lyrique historique", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 475, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 1804, "texte": "Un théâtre lyrique historique\n\n\n                                I1 est avéré, n'est-ce pas, que dans les actuelles\n                               conditions d'administration du Théâtre de la\n                               Monnaie, le rôle artistique que la Belgique\n                                   avait à prendre, demeure abandonné. Ce\n                              n'est qu'un retard peut-être, mais les circons­\n                              tances favorables qui s'offraient ne s'offriront\n                                pas toujours.\n                                   Il y a quinze ans, l'émigration française\n                                avait fait du Théâtre de la Monnaie le théâ­\n               tre des refusés ; un peu plus tard, ce théâtre, surmontant\n               les routines, avait accueilli, le premier en pays de langue\n               française, l'œuvre de Wagner.\n                  A ces époques, du reste, l'animation régnait. On exécu­\n               tait superbement les oratorios de Brahms, Schumann,\n               Mendelssohn, Saint-Saëns, et personne ne songeait à trou­\n               ver cela « crevant ».\n                  On écoutait, on discutait; ces exécutions étaient des\n             solennités musicales auxquelles on assistait avec respect. Qui\n             ne se souvient de l'émotionnante audition du Requiem de\n           Brahms ? Ces auditions avec celles du Conservatoire entrete­\n           naient la culture, élargissaient et approfondissaient les vues.\nLeur suppression est peut-être une des causes de l'avortement de ce mou­\nvement musical dont les débuts avaient été si spontanés, si généreux.\n  Le mouvement wagnérien, pour peu qu'on puisse encore employer cette\n                                                                        28\n"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2859, "texte": "                                  — 426 —\n\n\n expression à la veille de la vulgarisation de Parsifal, n'a pas eu ici son\nexpansion complète. Au moment où Bruxelles allait offrir un centre d'inter­\nprétation française à l'œuvre de Wagner et à tout le drame lyrique restauré\npar lui, le mouvement a dévié. On a repris des choses comme le Pardon\nde Ploërmel, et le Théâtre de la Monnaie est redevenu une petite station\nde la banlieue esthétique où les trains internationaux ne s'arrêtent plus.\n   Autour de cette station maintenant, c'est le silence; le wagnérisme, ce\n« suffrage universel » de l'esthétique publique, comme on l'appelait derniè­\nrement, a eu sa réaction. On a inscrit le nom de Wagner au répertoire; le\npublic pratique et commerçant que la petite station dessert, est retombé\ndans son marasme. Il s'y enfonce.\n   Pour ce public, le wagnérisme n'était qu'une manifestation de la rue;\nl'agitation a cessé et, comme l'initiation n'était pas complète, la masse est\nrevenue à ses amours faciles. Qu'a-t-on éduqué ? Des oreilles, rien de plus.\n Le public a pris de ce côté de nouvelles habitudes ; son ouïe s'est blasée\nsur l'audition des harmonies et des orchestrations nouvelles. Il n'entend\nplus, c'est pour cela qu'il se tait ; car n'entendre que par l'oreille, c'est la\npire des surdités.\n   Nous voilà donc loin du drame lyrique, car modifier des sonorités et\nenrichir l'orchestre, c'est, à peu de chose près, continuer Meyerbeer. Ce qui\ns'est produit ici ce n'est pas un recul, c'est un déboîtement. Il arrive que\nl'esprit des enfants se dérobe à une démonstration trop précipitée. Trente\nans de propagande n'ont pas suffi à démontrer l'esprit de l'œuvre de Wagner\nà la foule. Le saut était trop brusque et la démonstration péchait par ses\nprémices. La foule ne voit rien au delà des richesses matérielles que le\nthéâtre lyrique a amassées depuis le commencement de ce siècle, pour sa\ncorruption. La démonstration est à recommencer d'un peu plus haut, c'est-\nà-dire des points de vue pris par Wagner lui-même chez les auteurs anciens.\nC'est pourquoi la fondation d'un théâtre lyrique historique serait oppor­\ntune. Ce théâtre rendrait un peu de champ aux conceptions ; il ferait\nmoduler la pensée en reproduisant des œuvres inconnues, ou oubliées,\nd'époques passées où les ressources matérielles étaient moindres, mais\nl'esprit plus pur et plus élevé. Il nous ramènerait passagèrement à un art\nplus sobre et plus abstrait. L'œuvre de ce théâtre serait un succédané\nlogique ou, pour mieux dire, le corollaire de ce qu'on a appelé le wagné­\nrisme. Ce n'est qu'en s'appuyant sur les classiques que Wagner a pu donner\ncette prodigieuse extension vers l'avenir au théâtre lyrique. Il est allé avec\ndes richesses merveilleuses rejoindre ce théâtre au point de la lignée marqué\npar Gluck. A la rigueur, on pourrait dire qu'il n'a fait que corriger une\n"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1650, "texte": "                                  — 427 —\n\ndéviation en reconnaissant en plein classicisme ses premiers ancêtres. Pour\nbien le comprendre et profiter de son œuvre, il faut que nous reconnaissions\nà notre tour les précurseurs; il faut que nous fassions nos humanités\nlyriques. Le temps d'arrêt que nous subissons est favorable à une revue\nhistorique qui remettrait bien des idées à leur place exacte et éclairerait\nde lumière vraie la pauvre et vulgaire musique que des gens au goût désor­\nbité nous donnent pour de la musique de maîtres.\n   Pour préciser, voici ce que nous proposons : une entreprise par patronats\nsous la direction artistique d'un musicien ; une seule représentation de\nchaque pièce, sur un petit théâtre. Pas de troupe permanente; les artistes\nchoisis spécialement pour les rôles à créer. L'orchestre et les chœurs se recru­\nteraient facilement. On représenterait des œuvres de Monteverde, Scarlatti,\nPergolèse, Cimarosa, Paisiello, Lulli, Rameau, Gossec, Grétry, Méhul,\ndes œuvres de Hœndel et de quelques compositeurs qui entretinrent la scène\nallemande jusqu'à Mozart. Si l'essai réussissait, on aborderait ensuite des\nœuvres plus développées telles que celles de Gluck, de Spontini, de Beethoven.\nOn nous objectera que la Monnaie va monter Orphée. Quand même la\nMonnaie inscrirait réellement à son programme plusieurs œuvres de Gluck,\ncela n'empêcherait pas la réalisation du programme préliminaire que nous\nvenons d'esquisser et, du reste, ce que nous proposons c'est une campagne\nd'art méthodique et suivie, dégagée de tout intérêt commercial.\n\n                                                    LA J E U N E B E L G I Q U E"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 428, "page_fin": 429, "titre_corps": "Réveil", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "RÉVEIL", "ancre_fin": "FERNAND SEVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LES AIGLES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 478, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 1302, "texte": "RÉVEIL\n\nUn cor, ce soir d'été, chantait dans les bois verts !\n\nQue l'Idéal est loin! Que ces jours sont amers!\nJ'ai dénoué soudain l'étreinte commencée;\nMon cœur, ainsi touché dans sa fierté passée,\nS'est détourné de toi pour entendre à loisir\nCette haleine orageuse où chantait son désir!\n\n\nCar tu m'avais en vain soufflé ton indolence !\nIl suffit qu'une voix, seule dans le silence,\nRéveillant tout à coup mon rêve puéril,\nÉclaire autour de moi tout le deuil de l'exil,\nNon, je ne suis pas f ait pour ce bonheur inerte!\nMon rêve d'autrefois remplit la forêt verte;\nGrandi chez les plus vils, né parmi les meilleurs,\nJe m'en souviens enfin, ma patrie est ailleurs !\n\n\nLongtemps j'aurai subi cette ombre que la femme\nJette, quand elle veut, devant les yeux de l'âme;\nIvre de ta jeunesse éphémère, hanté\nDu fantôme menteur de ta vaine beauté,\nMon cœur distrait par toi du seul soin qui l'élève.\nA désappris bientôt ses regrets et son rêve.\nTu m'avais désarmé, je n'étais plus mon roi !\nQuel espoir exhalai-je, en ces jours pleins de toi,\nDont tes baisers trop doux n'aient étouffé la plainte ?\nQuel geste ai-je tenté, libre de ton étreinte,\nDont tes bras souverains n'aient vaincu la fierté?\nQuel regard orgueilleux, que tes yeux n'aient dompté'!\n"}, {"page_pdf": 479, "page_imprimee": 429, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 657, "texte": "                       — 429 —\n\nMais enfin, malgré toi, je renais à moi-même!\nUn chant s'est élevé de ce pays suprême\nOù la fleur de ma gloire est à cueillir encor,\nEt la voix orageuse et plaintive du cor\nEclate longuement dans la forêt troublée.\nComme le premier cri d'une âme réveillée!\nJe men vais donc        Pour toi, dont l'énervant amour\nA ura retardé trop ce grand, ce noble jour,\nO reine d'un moment! Si ton cœur resté tendre,\nAffligé d'un destin qu'il ne saurait comprendre,\nMalgré tout mon dédain me poursuit de son deuil,\nQue mon erreur au moins te reste pour orgueil!\n\n                                       FERNAND SEVERIN\n\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 429, "page_fin": 430, "titre_corps": "Les Aigles", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Desombiaux", "ancre_debut": "LES AIGLES", "ancre_fin": "MAURICE DESOMBIAU", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 479, "page_imprimee": 429, "debut_caractere": 657, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "LES AIGLES\n    Quelle nuit étendit sa moire sur leurs ailes?\n    Quel noir souterrain se referma sur eux?\n    Pourquoi, las de l'azur, les aigles majestueux\n    Ont-ils fui les caravelles\n    De blancs nuages flottant au ciel?\n\n    Aveuglés d'ombre, les contemplateurs du soleil\n    Enveloppés des ténèbres de la terre,\n    Sur le roc crispent leurs serres\n    Et sous les voûtes battent des ailes\n    Pour retourner vers les hautes demeures.\n\n\n    O là-bas, quand ils planaient dans l'immensité\n    De l'espace ! quand ils passaient,\n    Les yeux en flammes, dans les profondeurs\n    De l'Ether, parmi des flottes de soleil,\n    Tout noirs dans la lave du soleil!\n"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 430, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 901, "texte": "                   — 430 —\n\nQuand, frissonnants, ils contemplaient\nLes mondes tournoyer dans l'infini béant,\nEt, de leur trône au ciel, qu'ils voyaient\nDes planètes précipitées dans le néant\nComme de mauvais anges chassés par Dieu,\nLoin de la lumière irradiante.\nTandis que de grands serpents de feu,\nPassaient annonciateurs de désastres'.\n\nMaintenant ayant fui la vue des astres\nEt le firmament à la tunique d'or\nEt l'éclatant Hèlios d'or,\nIls sont tombés dans les antres où la nuit noire\nEtend pour jamais sur leurs ailes sa moire.\n\nEt leurs serres griffent les murs,\nEt leurs becs frappent le roc dur.\nPuis reprenant leur vol, éperdus,\n Vers les hauteurs natales perdues,\n Vers les vagabondes nues,\nIls se cognent aux voûtes, ils retombent déchus.\nCes orgueilleux contemplateurs de l'infini\nTerrassés dans le silence et l'angoisse de la nuit.\n\n                               M A U R I C E DESOMBIAU"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 431, "page_fin": 436, "titre_corps": "La Monparonne (suite et fin)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Sully Huntley", "ancre_debut": "LA MONPARONNE", "ancre_fin": "SULLY HUNTLEY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 481, "page_imprimee": 431, "debut_caractere": 70, "fin_caractere_exclue": 2615, "texte": "LA MONPARONNE\n                                 (Suite et fin.)\n\n               Fatiguée, haletante, elle gagnait alors les hauts plateaux où\n                ondule à l'infini, vers les forêts de l'horizon, une mer de\n                bruyères rousses et de genêts d'or. Chaque jour, instinctive­\n                ment, comme poussée par un besoin maladif de s'enfoncer au\nparfond de ses souffrances, elle s'en revenait paître là ses troupeaux.\n   C'était le coin de terre désormais mémorable où son fils s'était arraché\nd'elle, la déchirant d'adieux ; c'était l'immensité bonne versant les nostalgies\npropices aux cœurs doux. Là, les yeux pouvaient se perdre au ciel gris\nbleu, sur des vols de geais, de corneilles empennées de deuil, d'échassiers\nmigrateurs! Là, les yeux pouvaient errer sur des balancements de chênes\nfrêles hérissant, de loin en loin, la plaine comme des mâts de navires perdus\nau large!\n   La Monparonne s'affalait, les regards fixes, se rappelant. Par ici, il\ns'était départi, se dandinant en une allure dégagée, sa blouse neuve se\ngondolant comme sous un vent d'espoir, sa casquette chiffonnée de chic\nsur la hennette. Les mains à l'aise dans ses larges grègues de velours, lui­\nsantes ainsi que des terres labourées d'automne, il avait foulé ces bruyères\nmêmes, l'air gaillard et résolu comme un saint conquérant sur les images\ndes paroissiens. Puis, dévalant les pentes là-bas, il avait décru aux pro­\nfondeurs, avait reparu déjà diminué, gravissant un raidillon à l'horizon.\nEt voilà !... tout s'était effacé, s'était brouillé sous un grand voile de larmes.\nLes bois, là-bas, dansaient, les plateaux flambaient sous des lumières trem­\nblantes; les choses, autour d'elle, tournaient, tournaient... Elle n'avait plus\nsu ni quoi ni qu'est-ce, sinon qu'il lui était ravi, qu'elle ne pouvait plus le\ncouver désormais, qu'il ne lui serait plus donné jamais de lui arranger une\nvie belle comme un chemin bordé de vives haies, un jour de procession\nfleurie ; et non plus de lui acquérir, à la foire de mai, de flambants sarreaux,\nde chauds corselets de laine; non plus de lui serrer en la poche, parfois,\nune boursette de sous clairs, de quoi faire le faraud aux jeux de quilles, et\nle pendard, les dimanches, avec les filles!\n   Où donc était-il à cette heure? Routant vers quelles misères? Vers quels\ngouffres de plaisirs qui ne sont que menteries ? Vers quelle vie de propre-\nà-rien qui rend à la parfin l'âme amère? Bien sûr, la mort de ses autres\npetits, vers qui s'égarait souvent sa souvenance, ne l'avait pas torturée de\n"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 432, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2784, "texte": "                                  — 432 —\n\nla sorte ! De les savoir non loin d'elle, couchés en le cimetière ensaulé, une\ngrande paix était, tout en elle, descendue. Les âmes de ses petits ne l'avaient-\nelles pas toujours accompagnée, mêlées ainsi aux alentours? Ah ! leurs voix\nchantaient en les angelus sereins, leur essence planait en l'arôme des\nbruyères, ils erraient, le soir, sur les versants, en caressants effluves et\nlégères flammes bleues ; et elle les respirait en les brises passantes. Mais de\nlui, de l'ingrat parti en perdition, savait-elle une miette quelque chose ! Les\nvilles maudites, les grandes gueuses de villes avaient happé son fils, et,\ncomme des machines terribles, elles auraient vite fini de le broyer, de le lui\nrendre supplicié et blême, tel le christ là-bas au calvaire des quatre chemins.\nOui, oui, grand saint Roch et son bon chien, de son gars il en adviendrait\nainsi que de bravement d'autres ! On le ferait souffrir; on le lui rapporterait\nun jour, à moitié trépassé, les yeux ternis de larmes, la face ratatinée d'an­\ngoisses, comme une bancetée de pommes que l'on sèche au placard, durant\nl'hiver, au-dessus des taques des cheminées !\n\n\n\n   Les villes ! Ses inquiétudes les évoquaient terribles, cerclées de murs\njusqu'aux nuées, avec des rues où ne régnait jamais le clair, avec des perfi­\ndies embusquées partout, comme des chenapans, le couteau à la poigne.\nElles se glissaient à pas de velours derrière les naïvetés, les innocences, les\nconfiances ; elles les torturaient, les poignardaient sans que personne se\nretournât jamais vers leurs plaintes; et les villes emportaient, comme au\nlarge de grandes eaux, en leurs rumeurs houleuses, les cris de victimes\nsans nombre.\n   Ah ! qu'elle s'acharnait donc, la Monparonne moult à plaindre, à débrouil­\nler quand même, à travers ses notions confuses, la présente existence de\nson gars ! Elle ne pouvait mie se ravoir de ses idées fixes, de ses hallucina­\ntions. Sans trêve, ses alarmes bâtissaient les décors lugubres, à perte de vue\nrenouvelés, en des chaos de ténèbres traversés de visions d'épouvante. Elle\n marchait en ses cauchemars de même que par une plaine sombre, par une\n plaine longue comme une nuit d'agonie. Certains jours, sa tête lui marto­\n quait plus fort qu'un merlin sur l'enclume des marchaux. Elle sentait la\n démence monter, monter, l'envahissant, l'excitant à la méchanceté sans motifs\nenvers les gens, les bêtes. Ses gorets, elle les gaulait à tout bout de champ\ncomme les recueilleurs de faînes gaulent les hêtres aux bois d'automne!\n Sur ses gadelettes, elle berdouchait ainsi qu'un batteur en grange sur les\ngerbées de seigle ! Ses gadelettes, dont elle s'ingéniait autrefois à dompter les\n caprices par ses huchements maternels, irrésistibles ! Ses gadelettes qu'elle\n"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2885, "texte": "                                   — 433 —\n\n fleurissait jadis en signe de contentement et de triomphe, dont elle ornai\nles cornes de bouquets de genêts, en un orgueil naif de pastourelle, fière de\n rentrer de la pâture, à la vesprée, avec des troupeaux ayant la panse ronde\n comme des calebasses pleines !\n    Et à toute occasion, elle éclaboussait les gens de ses mauvaisetés, de ses\ndevises hargneuses, surtout les beaux fameux qui reviennent tous les ans\n aux vacances, faisant les crânes, écrasant les simples de leur importance.\nCeux-là, comme elle les conservait en haine, les soupçonnant d'avoir\ndébauché son gars, de lui avoir fait bourdonner la tête de leurs idées! Ils\nlui avaient vanté, assurément, l'existence merveilleuse des cités, aux fêtes\n perpétuelles, quantes coups plus fertiles en attraits que celles d'ici ! Et lui,\n comme un simple sansonnet aux pièges couverts de sorbes, il s'était laissé\nencercler aux bricoles de leurs conseils. Aussi, avec qu'elle joie mauvaise\n elle les agrippait maintenant, ces savants discoureux-là ! Elle les houspillait,\nles étrillait, les rôtissait sur la claie de ses sarcasmes, comme on grille les\npourceaux, avec des torches de chaume, l'hiver, devant les porches de neige.\nD'une voix âpre et mordante, elle leur jappait aux oreilles. « En voilà\nencore un, ravisez-le, un de ces puants fades, plus crottés que mon\npanais! Qu'as-tu appris dedans tes livres, eh donc, le beau glorioleux? A\ndégosiller des fables, des menteries? Quoi? Un loriot des bruyères en conte\nbien plus que toi, mon vesseux!... » Elle s'acharnait derrière eux, les cri­\nblant de sotteries, s'essouffiant à leurs trousses quand ils s'ensauvaient,\nsecoués de rires, pour les salir de bousse, de crottin, de piles de guinguer­\nlettes.\n   A la ducasse, c'était la même affaire. Près du vieux carrousel rudimen­\ntaire qui revenait aimé et fidèle, chaque année, avec ses bons chevaux de\nbois aux têtes ahuries, elle s'improvisait gardienne de vertus pour faire\nenrager ces grands diveux de citadins. Les boules de verre éblouissaient de\nfeux muticolores les belles garses appétissantes comme des tourteaux bru­\nnis au beurre. Les drapeaux orfévris, clinquants de paillettes, les glaces\nmiroitantes tourbillonnaient au-dessus de leur tête, étourdissant les inno­\ncentes de vertiges. L'orgue leur fondait le cœur de désirs de voyages, de\ndéparts vers des inconnus d'ivresse. Elles étaient prêtes à s'abandonner, se\nrenversant déjà avec une vague douceur au-dedans d'elles, aimant rester\nlongtemps ainsi, entre les bras de leurs beaux crevés. Mais la Monparonne\nveillait. Ne pouvant les reluquer de la sorte, sans qu'une grande colère\nbouillonnât en sa tête, elle brayait : « Eh ! la Jacqueline, baille-toi bonne\ngarde, ma garcette ! Ce Saint-Joseph là est revenu au pays avec un tas de\nporcelleries en sa mallette ! Gare les promesses des quatre jeudis de ces gens-\n"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2774, "texte": "                                   -   434           -\n\nlà, sans foi ni loi! » Enfin, elle n'avait pas de cesse qu'elle n'eût empêché,\npar des manèges ingénieux, les entretiens trop langoureux, les embrassades\ntrop expressives, les étreintes trop dangereuses, partout où elle pouvait\npromener sa surveillance, à la danse sur le terreau, aux tourniquets,\npartout !\n   Et les amoureux penauds et vergogneux s'effaraient comme des moineaux\nsans queue; ils riaient parfois, mais du gros des dents, avec, derrière leurs\nefforts aux bonnes contenances, des rages sourdes, des méditations sour­\nnoises de vengeance.\n\n                                       * ■ \" ' * -\n\n\n\n\n    Ils se vengeaient, en effet, les marauds, bêtes et cruels, de quelle façon\nlâche ! Guettant les jours favorables où la Monparonne était douce, où elle\nerrait comme une somnambule, berdellant, à part elle, de pauvres et trem­\n blantes choses, ils se coalisaient pour leurs exploits sauvages. Quand elle\npassait, à l'heure de la sonre, enfoncée en ses imaginations pareillement à\nun qui, n'étant pas de chez nous, se serait égaré à la nuit close dans les tour­\n bières des fagnes, ils prenaient un gros plaisir, les stupides ronge-cœur, à la\n lapider d'injures forcenées, à déchaîner aux cottes de la pauvresse des cha­\nrivaris formidables. De leurs abois, de leurs miaulements, de leurs lapées\nde chaudrons, ils effrayaient ses bêtes. Elles caracolaient, éperdues, par les\nsemailles et la Monparonne gibaudait derrière elles par les champs comme\nune génisse maigre que les taons font biser au temps des chaleurs. Elle cou­\nraillait de-ci, de-là, à droite et à gauche, titubant, tirant la jambe, s'essouf­\nflant à rassembler sa troupe éparpillée. Bientôt, elle était à moitié trépassée,\nhors d'haleine comme une gade gonflée de trèfle, tirant la langue ainsi\nqu'une pauvre chienne possédée de mâle rage. Et les bourreaux continuaient\nleurs avanies; leurs manigances duraient, duraient au long du chemin\namer, par de raides dévallées, par des montées lépreuses et rousses\nempierrées de cailloux pointus, plus arides qu'un calvaire, jusqu'aux pla­\nteaux accoutumés de pâture libre !\n   Là, les mauvais gueux la laissaient enfin. Et là, il faisait clair, lumineux,\nreposant, avec du vent au large, rendant pareilles les pensées à des viviers\nsous le ciel bleu. Mais la Monparonne était en un tel état de lassitude qu'elle\nne prenait plus garde aux choses d'alentour ; vannée de forces, elle laissait\nses bêtes à l'abandon; écroulée comme une sachée de loques, elle glissait au\nsommeil lourd et noir. Et le soleil dévallait, dorant les chênaies et les chau­\nmines fumaient pour l'ultime repas au loin, dans la vesprée, au-dessus des\nvergers; et les bêtes se lamentaient, s'encourant inquiètes, en larges taches\n"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2678, "texte": "                                   — 435 —\n\nmouvantes, par la plaine noyée d'ombre, et la Monparonne dormait,\ndormait...\n   Alors, des cortèges arrivaient du village, houleux et menaçants, à la\nrecherche de la lamentable pastourelle. On l'assommait à nouveau d'impré­\ncations. « Vieille truie! Hope! Hope! Elle brandevine à cette heure\ncomme un carioleux; elle est saoule autant qu'une vieille gade dans les\nluzernes ! » De son réveil étonné, de son ahurissement, de ses yeux hagards\ndevant la nuitée établie sous le ciel déjà clair-de-luné, allumé de frissonne­\nments d'étoiles, quels bons amusements c'étaient, mes compères ! Quelles\nrigolades spirituelles ! Quels tressautements de bedaines ! Comme ils\ns'esclaffaient, les lourdauds jovials qui l'avaient écrasée, tout à l'heure, de\nleurs persécutions ineptes ! Ne faut-il se distraire une miette tant qu'on\nest sur terre, eh donc ? Qu'elle fût demain sans moyens de gagner sa\npâtée; qu'on lui retirât, pour sa négligence, la garde des troupeaux; peu\nleur importait bien aux gros gars mafflus ayant deux doigts de lard ! Peu\nleur importait aux compères ayant la panse ronde, et censes cossues, et\nbeaux jours de froment au soleil !... « Du reste, qu'elle crève, la vieille\nbique; elle devient, à la parfin, trop effrontée, trop grincheuse, trop mau­\nvaise gale ! Qu'elle s'en aille, n'étant plus bonne à rien ! Qu'on la nourrisse\nde charités s'il le faut, mais qu'elle s'en aille ! » Ils parlaient ainsi, ceux-là\nde la vie exubérante, ceux-là que la sève grise. Ils étaient les nouveaux, les\njeunes cœurs, ceux de la génération fraîche. Place à eux, alors ! La Mon­\nparonne avait été joyeuse dans le temps ? Possible ! Elle avait fait rire\nleurs pères, ils étaient redevables à sa gaîté, peut-être, d'un sang clair,\ntout épuré d'humeurs ? Possible encore ! Mais aujourd'hui, ce n'était pas\nleur faute si elle s'aigrissait comme du vieux brandevin de pimprenelle !\n Qu'elle s'en allât, qu'elle s'en allât ! Les déchus, les blêmis, les éclopés, les\ntordus comme des troncs de pommiers, qu'ils disparussent, hein, balayés\npar le torrent dès bonnes pétulances ! .,\n   Et un jour proche elle disparut en effet selon le désir de ces braves gens-là\nqui lui avaient fait retirer la garde des bêtes, la laissant plus minable qu'un\npauvre joueur de turlutaine qui, n'ayant pas battu recette de tout un jour,\ncontemple désespérément le ciel, au bord d'un fossé pelé, à la tombée de\nl'ombre !\n\n\n\n   Elle disparut, gagnant les bois, sa tête lui berloquant de même qu'une\ncloche qui sonne le jour des morts. Elle s'en allait, là-bas, devers d'autres\nvillages plus hospitaliers, devers les Famennes qui sont de douces retirées\naux pauvres.\n"}, {"page_pdf": 486, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2549, "texte": "                                  — 436 —\n\n    Cependant les choses du chemin lui étaient tristes immensément. Les\n fenêtres des dernières cahutes avaient des regards implorants. Les rochers,\n aux fronts sévères, aux faces frustes s'adoucissaient d'une pitié humaine.\n Et les paysages qui lui avaient été familiers semblaient s'émouvoir de son\n exil. Plus loin, les surgeons des buissons se détendaient comme des tiges\n d'acier, l'encerclant au passage. Plus loin encore, les bruyères enchevê­\n traient ses pas de lianes souples comme des couleuvres. En une vaste\n conspiration la nature se soulevait pour elle, s'efforçant de la retenir. Mais\n elle passait. C'en était fait, c'en était fait ! de ses souvenances de quarante\nans, de ses longues gardes immobiles, appuyée sur sa gaule, devant les\n solitudes recueillies ; des longs aguets devant les mystères des êtres, des\nchoses ! Elle allait, elle allait vitement, sans plus regarder en arrière, sans\nplus s'attarder aux appels des voix qui se levaient derrière elle, plaintives,\nimplorantes. Elle s'enfonçait en les chênaies, quérant la paix des combes\nprofondes.\n    Et la forêt, pour elle, s'enflait de symphonies sauvages, puissantes et\ntouffues. Le frisselis des feuilles enveloppait de fioritures caressantes un\nthème de tristesse infinie déroulé par les cimes lentes. La forêt chantait à\nla Monparonne le poème des souffrances éternelles, la conviant à mêler ses\ndouleurs aux siennes, afin qu'elles s'atténuassent, de jour en jour plus dif­\nfuses, fondues peu à peu en leurs grandes voix !\n   Et arriva-t-elle aux pays meilleurs ! Gagna-t-elle sa vie en chantant aux\ngens de là-bas, de sa voix aux notes fêlées, aux notes trouées désormais\ncomme des orbites de trépassés, des chansons plus douces que des soirs de\nmoissons :\n                       J'ai plein, Madame, des fraises...\n                       A l'coupette, Monsieur le curé!...\n\n  Et des chansons mélancolieuses ainsi que les sonnailles en les vallées\nperdues :\n                       T'en souvient-il, 0 ma bonne Marie...\n\n   Les gens delà les vaux qui sont timides et doux, et pleins d'honnêtetés,\nlui baillèrent-ils toujours l'aumône nécessaire à ses jours : un hochon de\npain bis, une bonne couenne de lard, et parfois, comme un régal, un mor­\nceau de la dépouille d'un marcassin ? Dieu l'ait-il voulu pour toi, la Mon­\nparonne, ô pauvre déchue, dont je me suis toujours souvenu ; bonne Monpa­\nronne d'autrefois, plus gaie qu'une fête de Pâques !\n\n                                                            SULLY   HUNTLEY"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 437, "page_fin": 439, "titre_corps": "Petites études de poétique française : II. 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Un troisième mouvement se révèle dans la marche.\n   Chacun de ces mouvements se réduit, en dernière analyse, à un mouve­\nment de va et vient semblable aux oscillations du pendule. Il se décompose\nen un premier mouvement qui est ramené à son point de départ par un\ncontre-mouvement compensateur, afin de recommencer indéfiniment le\nmême jeu.\n   La régularité de ces mouvements s'explique par la loi du moindre effort.\nC'est un fait qu'il faut à nos muscles moins d'effort pour répéter régulière­\nment un mouvement toujours identique que pour exécuter un mouvement\néquivalent d'une manière irrégulière. Essayez de marcher en ne faisant que\ndes pas absolument irréguliers; un parcours de cent mètres effectué dans\nces conditions causera beaucoup plus de fatigue et nécessitera beaucoup\nplus d'effort que si l'on avait parcouru la même distance au pas gymnasti­\nque ou, tout simplement, au pas ordinaire. Chaque fois qu'un homme est\nspontanément porté à répéter un même geste ou un même cri, c'est spon­\ntanément aussi que cette répétition est régulière. .\n   Sous le coup d'une émotion vive et agréable, l'homme simple et les ani­\nmaux supérieurs se sentent poussés à exécuter plusieurs fois de suite un\nensemble de sons et de gestes. Le chien, heureux de revoir son maître,\nagite la queue en mesure et émet des aboiements joyeux, d'une sonorité\npresque identique, à des intervalles à peu près égaux. Le sauvage pousse\ndes cris cadencés, réitère plusieurs fois la même exclamation et se met à\ndanser, c'est-à-dire à mouvoir les bras, les jambes, la tête et tout le corps\nd'une manière régulière. Dans l'opuscule intitulé Origine et fonctions de\nla musique, Herbert Spencer dit à ce propos :\n   « Les actions que nous fait faire un sentiment puissant tendent à prendre\n« une allure rythmée; pourquoi? Cela n'est pas facile à dire; mais elles y\n« tendent, il y en a diverses preuves. Ainsi le corps se balance d'avant en\n« arrière dans la souffrance ou le chagrin ; dans la souffrance ou l'agitation,\n« c'est la jambe. Danser, c'est encore une action rythmée qui est naturelle\n« dans les moments d'émotion forte. La parole acquiert par l'effet de l'exci­\n« tation un certain rythme : il est aisé de s'en apercevoir en écoutant un\n« orateur dans les grands moments de son discours. La poésie, qui est une\n"}, {"page_pdf": 488, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3278, "texte": "                                 — 438 —\n\n« sorte de discours plus capable de rendre les émotions, montre ce même\n« besoin du rythme dans tout son développement. Et si nous nous rappe­\nlons que la danse, la poésie et la musique sont nées ensemble, sont à\n« l'origine les parties constituantes d'un même tout, il est clair que le mou­\n    vement fait en mesure, qui se retrouve dans chacune des trois, suppose\n« une action rythmée du corps entier, l'appareil vocal compris et qu'ainsi\n« le rythme de la musique n'est qu'un résultat plus subtil et plus complexe\n« de la relation entre l'excitation mentale et celle des muscles. »\n    Le rythme est donc un fait physiologique ; il est inhérent aux fonctions\nde certains organes ; il se manifeste en des formes plus accusées sous\nl'impulsion de certaines émotions physiques ou morales. Au moment où\nArchimède trouva la solution de son fameux problème, son cœur a\ncertainement battu plus vite et lorsqu'il se mit à courir nu par les rues de\nSyracuse en criant : « Eurêka ! eurêka ! » ses pas et ses cris étaient rythmés\npar son émotion.\n    On peut s'expliquer ces faits en considérant que la grande quantité\nd'énergie accumulée soudainement par l'émotion cherche à se décharger et\nne trouve point d'issue plus commode que les mouvements musculaires les\nplus habituels. Ces mouvements sont ici sans but externe. Ils diffèrent du\nmouvement que fait le bras pour atteindre ou pour écarter un objet, du mou­\nvement que fait la jambe pour porter le corps vers un lieu déterminé ou pour\nl'en éloigner. C'est le mouvement pour le mouvement. On peut dire que ces\nmouvements n'ont d'autre but qu'eux-mêmes ; ils sont déterminés par la loi\ndu moindre effort qui met en jeu les muscles les plus entraînés, qui déter­\nmine et limite leur action par la moyenne de l'effort correspondant au degré\nd'intensité de l'énergie à dépenser et qui, limitant cette action à cette\nmoyenne, la ramène aussitôt à son point de départ et la reproduit indéfini­\nment jusqu'à ce que la fatigue ou une nouvelle émotion vienne l'arrêter ou\nla modifier.\n    Ces mouvements n'ont d'autre utilité que de nous procurer un bien-être\nen nous débarrassant d'un excès d'énergie. Ils cessent d'eux-mêmes lorsque\n cet excès est dissipé.\n    Les rythmes perçus au dehors trouvent dansnotre organisme un écho.\n Non seulement l'audition d'un morceau de musique fortement rythmé, —\n une valse, une marche militaire, — produit en nous des émotions qui tendent\n à se traduire par des gestes appropriés, mais on a observé que le cœur\n ressent une propension à régler ses battements sur les rythmes perçus par\n l'oreille. Il y a là une sorte de suggestion, productive d'un bien-être ou\n d'un malaise. Qui ne s'est senti pris d'une vague angoisse en entendant\n le débit précipité et saccadé d'un orateur trop passionné? Que de sentiments\n variés ne peut-on provoquer par les divers rythmes selon lesquels on frappe\n un instrument de percussion, le tambour, par exemple, ou les casta­\n gnettes? Certains rythmes produisent ainsi une sensation de plaisir, d'autres\n une sensation de peine. Il est donc possible au moyen du rythme seul de\n susciter des émotions.\n     Mais il y a plus. Nous allons voir que le rythme ne produit pas seulement\n des effets physiologiques et sentimentaux.\n"}, {"page_pdf": 489, "page_imprimee": 439, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2264, "texte": "                                      — 439 —\n\n   Selon Schopenhauer (Suppléments, XXXIX) le rythme est dans le temps\nce que la symétrie est dans l'espace, c'est-à-dire une division en parties\négales et correspondantes, qui se subdivisent à leur tour en parties secon­\ndaires.\n   Le rythme et la symétrie sont des manifestations de l'ordre. Le rythme\nn'est autre chose que l'ordre appliqué aux sons. Et qu'est-ce que l'ordre ?\nC'est une synthèse de parties équilibrées entre elles et reliées les unes aux\nautres par une même unité; c'est, selon l'antique et toujours véridique\nformule, « l'unité dans la variété ». Quand l'ordre se manifeste directement\npar la connaissance intuitive, il prend le nom d'harmonie.\n   Si l'ordre affecte la sensibilité, il cause à l'homme un ineffable plaisir,\ncar dans le sentiment de l'ordre l'homme reconnaît la loi profonde et\nmystérieuse de l'univers : c'est l'essence du plan du monde, c'est la loi\nprimordiale de l'Etre qui se révèle à lui (1). « Rien n'existe qu'à sa place\net selon sa loi », tel est le principe qui s'affirme chaque fois que se perçoit\nl'ordre. Et chaque fois que l'homme perçoit ce principe, il en éprouve un\nsentiment extraordinaire de plaisir et de confiance. Aussi l'homme supé­\nrieur cherche-t-il à imprimer à ses créations le cachet de l'ordre. L'ordre est\nla marque suprême de l'esprit humain, la signature de l'intelligence\ncréatrice.\n   La versification rend l'ordre sensible. Grâce à elle l'ordre frappe la sensi­\nbilité en même temps que l'entendement perçoit le sens \"des mots et des\nphrases.\n   On a divisé les sons en unités simples et en groupes d'unités ou unités\ncomposées. Un groupement régulier d'unités composées au premier degré\ndétermine les unités composées du deuxième degré, et ainsi de suite.\n   En français, l'unité simple, c'est la syllable, sans distinction de longue\nou de brève, de faible ou de forte, et sans excepter les syllabes muettes (si\nce n'est à la fin du vers).\n   Mais ces unités simples n'ont d'importance que par leur groupement. Les\ngroupes irréguliers, qui ne se balancent qu'à peu près, c'est la prose. Les\n groupes réguliers, construits sur des plans fixes, constituent les vers.\n\n                                                                   IWAN GILKIN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 440, "page_fin": 442, "titre_corps": "Chronique artistique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ernest Verlant", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "ERNEST VERLANT", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTERAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 490, "page_imprimee": 440, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 2984, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n   Première    exposition   du cercle « Pour       l'Art   ». — Expositions\n                               particulières.\n\n              Semblable au phénix, voici que l'Essor renaît de ses cendres,\n                purifié de sa vieillesse. Pour l'Art s'essaie à voler, ce qui vaut\n               mieux que de réussir à ramper. Espérons qu'il aura le coup\n               d'aile assez vigoureux pour rompre toutes laisses et échapper\n aux oiseleurs qui lui préparent une volière et lui dressent en piédestal un\n perchoir blasonné de pantacles.\n   Les formes d'art les plus récentes et les plus en vogue sollicitent les\nmembres du nouveau cercle, depuis le néo-impressionnisme, dernier abou­\ntissement du réalisme, jusqu'à l'art de synthèse et de songe qui s'y oppose\npar réaction et attire à lui tous les nouveaux venus.\n   M. Delville, qui n'est pas de ceux-ci, s'entraîne de plus en plus de ce côté.\nUne imagination vive et hardie, hantée de visions funèbres, la science du\ndessin expressif, manifestée dans la Camarde. dans l'Idole de perversité,\ndans un profil de femme d'un beau caractère, telles sont ses qualités qui\ndans ses grandes compositions, peu cohérentes et pauvrement peintes, ne\nse retrouvent pas au même degré. Parfois ses préoccupations de symboliste\ndéclaré, qu'il aime à souligner d'un gros trait, l'induisent en des erreurs de\ngoût telles que son portrait de jeune fille, dont le maniérisme trop explicite\ns'accuse encore par comparaison avec le Portrait noir et violet, non moins\noriginal, mais plus simple et plus vivant.\n   Si M. Delville fait encore penser à Odilon Redon, M. Jacque, lui, est\nabsorbé presque tout entier par Gustave Moreau et par Burne Jones, tandis\nque M. Ciamberlani, épris de la grandeur sereine de Puvis de Chavannes,\nen va rechercher le secret chez les Florentins.\n   Deux débutants : un peintre, M. Fabry, qui fera des œuvres, pensons-\nnous, un sculpteur, M. Rousseau, qui en montre déjà d'étonnantes.\nM. Fabry ne se contente pas de résumer la nature, il va jusqu'à la violenter.\nMais il fixe d'un art subtil certaines de ses figures, que de graves harmonies\nde fresques immobilisent dans leur mystère et dans leur accablement.\nM. Rousseau se montre en possession d'un métier admirable de souplesse.\nLe modelé de son torse Puberté a le frémissement de la vie jeune et ardente,\nses figurines allongées une grâce onduleuse, et son Homme à la branche\nde chêne une ampleur épique. La nouveauté de la conception égale la per­\nfection du travail dans le groupe intitulé Greffeur d'idéal, qui représente\nun artiste fièrement acharné à son œuvre douloureuse; nous espé­\nrons que M. Rousseau le reprendra dans de plus grandes dimensions. Il\nsurgit depuis quelques années en Belgique, à n'en pas douter, une nouvelle\ngénération de sculpteurs qui réalise un art neuf quoique teinté d'archaïsme,\nplus libre, plus vivant, plus affiné, plus nerveux. M. Rousseau y figurera\n"}, {"page_pdf": 491, "page_imprimee": 441, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3057, "texte": "                                 — 441 —\n\nen bon rang, ainsi que M. Braecke, dont les œuvres récentes marquent\nautant de pas en avant.\n    M. Thys expose un excellent vitrail : une gracieuse figure blanche qui\ns'érige comme un lys au milieu d'une guirlande de lys. La tonalité est\ncharmante et le sertissage des lignes de plomb très bien entendu.\n    Les tableaux et les dessins de M. Hannotiau qui évoquent en des sites\nbrugeois l'âme d'une vieille ville déchue, solitaire et prosternée, se situent\nsur les confins de la réalité et du rêve. Nous y choisirons la Vesprée\nflamande, d'un beau caractère, Notre-Dame, d'un aspect saisissant, avec\nla masse terrifiante de sa tour et son ciel balafré de tragiques éclairs de\nlumières, et, dans une tout autre note, un intérieur en teintes vives dont la\ncouleur chatoyante s'unit, comme dans un De Braekeleer, à un sentiment\nd'intimité recueillie.\n    Parmi les artistes qui s'appliquent à transcrire la nature directement, les\nplus intéressants sont M. Lynen, observateur avisé et amusé, illustrateur\nverveux, M. Coppens, dont les fluides marines lumineuses, les clairs minuits\nlunaires manifestent les décisifs progrès, M. Dardenne, qui a une exposi­\ntion abondante et variée : des paysages vifs et sonores, ou d'une douceur\ngrise comme celui qui encadre dans un coin des dunes flamandes une Fuite\nen Egypte d'Yperdamme, des illustrations, des gais croquis d'une jolie grâce\ngrêle.\n    Les invités sont peu marquants. L'Erraticité de M. Chabas, où la vie\nhumaine est symbolisée par une foule myriadaire noyée dans un nuage\njaune, vert et bleu, groupe des nymphes banales dont le type ne convient\npas plus que la couleur. Celle de M. Séon vaut mieux, encore qu'elle soit\nbien mince. Sa Douleur rappelle agréablement Puvis de Chavannes ; quant\nà sa Chimère, le peintre l'a douée d'un visage terriblement vulgaire et n'a\nrien ajouté à un modèle mal choisi. L'Etude de M. Filliger est un beau\nmorceau, noble et superbe de lignes. Une des curiosités de l'exposition, les\n architectures de M. Trachsel, abstraites et géométriques, d'aucune matière,\n d'aucun climat, d'aucune humanité, des architectures d'ingénieur militaire,\n de constructeur de cuirassés, d'entrepreneur de monuments funèbres, cons­\n tituent, selon nous, des tentatives avortées : à force de réduire les éléments\n suggestifs, l'auteur de ces épures bizarres ne suggérerait plus rien du tout\n s'il n'avait eu le soin et l'inconséquence d'appeler la couleur à son secours.\n     L'ordonnance de ce premier salon du cercle Pour l'Art est irréprochable\n et calquée sur celle des expositions des XX, qui les premiers ont organisé\n chez nous des ensembles attrayants et rationnels.\n\n\n  Nous ne pouvons, faute de place, mieux faire que de signaler brièvement,\nparmi les récentes expositions particulières :\n  A la Galerie moderne, celle de M. Willem Delsaux : de fines et sincères\nnotations de paysages, d'eaux et de ciels zélandais, un peu lourdes parfois,\nmais vivantes et spontanées.\n  Au Cercle artistique, des œuvres de M. Frans Binjé, peintre robuste,\n"}, {"page_pdf": 492, "page_imprimee": 442, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 883, "texte": "                                    — 442 —\n\npoète délicat, qui a su se conquérir une des premières places parmi nos\npaysagistes de l'heure présente, en se développant avec franchise selon la\nlogique de son tempérament.\n   Puis deux expositions posthumes : l'exposition de l'œuvre de Camille\nVan Camp, au Musée moderne, attristante pour les amis de l'homme bien­\nveillant et compréhensif que fut Van Camp, car elle montra comment, se\ncherchant toujours hors de soi, il échoua à se trouver jamais; puis l'expo­\nsition Joseph Stevens, à la Galerie du Congrès, à propos de laquelle il nous\neût plu d'étudier ce grand peintre, si les circonstances avaient permis aux\norganisateurs de rassembler ses toiles qui comptent et ne les avaient forcés\nde se rabattre sur celles qui font nombre sans compter.\n                                                          ERNEST VERLANT\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 442, "page_fin": 443, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Salut par les Juifs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "J. 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Le Révélateur duGlobe, le Désespéré,\n Colomb devant les Taureaux, indiquaient ces préoccupations à plus d'un\nendroit. Déchiffrer le sens mystérieux caché sous la succession en apparence\nchaotique des événements, dégager le symbolisme de l'histoire, prouver\nqu'elle signifie quelque chose, certes, c'est là un noble vouloir, hasardeux,\nmais très plausible, en somme, attendu que l'explication par le hasard n'est\nqu'une explication par ignorance. Mais si l'on peut admettre la vraisem­\nblance de la vérité de ces conceptions grandioses que d'autres, d'ailleurs,\neurent avant Léon Bloy, il faut avouer que jamais jusqu'ici elles n'engen­\ndrèrent de bien incontestables démonstrations. Quand un esprit de quelque\nampleur veut s'essayer à l'éclaircissement de ce cryptogramme sept fois\nenchevêtré, c'est toujours un intéressant spectacle que le voir jongler avec\nles conjectures et les éventualités, résumer le passé en grandes lignes som­\nmaires et synthétiques, jeter çà et là des lumières éblouissantes et furtives,\ndécouvrir l'abîme de l'avenir, tirer l'horoscope des peuples avec aisance et\ndextérité. J'aime à suivre des yeux cette haute voltige intellectuelle dès\nqu'elle est exécutée avec art, mais mon intelligence ne s'en satisfait point\net reste absolument réfractaire à la conviction.\n"}, {"page_pdf": 493, "page_imprimee": 443, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1915, "texte": "                                      — 443 —\n\n   Le Salut par les Juifs est l'exposé, en périodes grandiloquentes, de cette\nthèse : que la persistance de la race juive, et sa domination par l'argent sont\nvoulues par la Providence, afin d'engendrer, quand l'abomination sera à\nson comble, le Paraclet définitivement rédempteur. « La Passion recom­\nmencera au carrefour et à l'ombilic de tous les peuples et les sages appren\ndront que Dieu n'a pas fermé ses fontaines, mais que l'Evangile de sang\nqu'ils croyaient la fin des révélations était à son tour, comme un Ancien\nTestament, chargé d'annoncer le consolateur de FEU ».\n   J'avoue mon incompétence absolue pour apprécier cette opinion au\npoint de vue catholique ; mais l'argument de texte, la phrase de l'Evan­\ngile : Salus ex Judeis est, me paraît faible, étant donné que PAR ne\ntraduit qu'imparfaitement ex, lequel exprime plus précisément la prove­\nnance, l'extraction : Le salut vient du milieu des juifs, Jésus est né parmi\nles juifs. L'autre raison, la spirituelle, que le Paraclet doit naître parmi\nles juifs à cause de leur abjection même, me semble surtout une séduisante\nantithèse.\n   Mais si je ne me déclare pas convaincu, je ne veux méconnaître la grande\nallure esthétique de ce volume par lequel Bloy s'apparente aux prophètes\net qui le montre capable de plus hautes besognes que les coutumiers déver­\nsements d'ordures lyriques sur ses contemporains.\n   Le livre abonde en images pompeuses, en épithètes magnifiques, en\nphrases opulentes ; il réjouira ceux qu'écœure la banalité nauséeuse des\njournaux et des proses publiques : les dernières pages surtout, qui planent\nsi bellement, car je trouve que l'éreintement de Drumont, au début, eût\ngagné à être réservé à quelque périodique et ne pas amoindrir de sa contin­\ngence la fière unité d'un livre se voulant absolu.\n                                                                     J. D.\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 443, "page_fin": 449, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Livres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "Les Amants de Taillemark", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 493, "page_imprimee": 443, "debut_caractere": 1915, "fin_caractere_exclue": 3217, "texte": "Les Amants de Taillemark,par MAURICE DESOMBIAUX, Bruxelles. Monnom. —Le Livre\ndu jugement, par ALBER JHOUNEY. Paris, Comptoir d'édition. — Vers et Prose, par\nSTÉPHANE MALLARMÉ. Paris, Perrin. — Noëlsjin-de-siecle,    par T H . HANNON et A. LYNEN.\nBruxelles, Lacomblez. — Bobin, par FERNAND BAUDOUX. Paris, Savine. — Mon Amant,\npar HENRY KISTEMAECKERS fils. Paris, Marpon et Flammarion. — L'Ennemi des lois, par\nMAURICE BARRES, Paris, Perrin. — Les Disciples d'Emmaûs,    par THÉODORE DE WYZEWA,\nParis, Perrin, — L'Etui de nacre, par ANATOLE FRANCE. Paris, Calmann-Lévy. — La\nTerre promise, par PAUL BOURGET. Paris, Lemerre.\n\n   Parmi les écrivains de la dernière génération qui ont, à des titres divers,\nattiré l'attention de la critique, M. Maurice Desombiaux s'est affirmé comme\nun des fidèles du poème en prose. Mais si les Chants des jours lointains et\nVers de l'espoir prouvent qu'il a cultivé, non sans quelque honneur, ce\ngenre ambigu et perfide, M. Maurice Desombiaux ne paraît pas encore sûr\nd'avoir trouvé la voie qui lui convient. Il hésite, et ses hésitations sont inté­\nressantes. Après avoir tâté du poème en prose, il a essayé du poème en vers,\nréguliers d'abord, irréguliers ensuite, et le voici maintenant qui nous\napporte un drame légendaire en trois actes, Les Amants de Taillemark.\n"}, {"page_pdf": 494, "page_imprimee": 444, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3416, "texte": "                                    -   444 —\n\n       Je dis un drame légendaire, quoique le sujet soit emprunté à l'histoire,\n    parce que l'action se passe dans une Ardenne selon le cœur du poète, dans\n    une de ces provinces chimériques où les écrivains d'aujourd'hui aiment à\n    transplanter les fleurs oubliées des anciennes chroniques.\n       L'argument du drame est fort simple. Le vieux duc de Taillemark est\n    affligé de l'inimitié qui règne entre sa jeune femme Etgive et le prince\n    Rodolphe, l'aîné des fils qu'il a eus d'un premier mariage. Or, le sentiment\n    que le vieux duc, et le prince et la duchesse eux-mêmes prennent pour de la\n    haine, c'est un amour maladif et frénétique, un effroyable incendie charnel\n   qui, longtemps couvé, éclate enfin avec rage. Etgive et Rodolphe suc­\n   combent et le vieux duc, averti par la dénonciation d'une camériste, livre au\n    bourreau les amants incestueux.\n       On s'est amusé à rapprocher ce drame — tiré de la même chronique ita­\n   lienne que la Parisina de Byron — d'une foule d'œuvres disparates qu'il\n   est inutile d'énumérer. Le jeu est trop enfantin, car le sujet des Amants de\n    Taillemark est un des cinq ou six thèmes éternels qui résument la psycho­\n   logie de l'amour et auxquels on peut ramener toutes les tragédies érotiques.\n   Au lieu de consulter le Bottin des chefs-d'œuvre, examinons plutôt le drame\n   de M. Maurice Desombiaux.\n      Il appartient évidemment par sa forme — à part une ou deux scènes\n   accessoires — à un genre dédaigneux de toute action, extérieure ou inté­\n  rieure, en un mot, à cette espèce de théâtre qu'on pourrait appeler le\n   théâtre immobile, et qui a son expression la plus complète dans les\n  Mystères et les Autos sacramentales. Imaginez des personnages de vitrail,\n  éclairés de feux légendaires, se mouvant dans un décor fabuleux où leur\n  geste se fige en une attitude caractéristique. Ils ne parlent pas, ils se\n  chantent, ou plutôt, c'est M. Maurice Desombiaux qui les chante, qui les\n  chante en prose poétique, et qui, selon moi, a le tort de ne pas les chanter\n  en vers.\n      Cependant, ma critique principale ne vise pas le choix de la forme. On a\n  beau faire du théâtre immobile, du vitrail chantant, lorsqu'on s'attaque à\n  ce redoutable lieu commun passionnel : l'amour s'exprimant par la haine,\n la haine se résolvant en amour, il faut au moins nous montrer la transmu­\n tation des monstres. Or, M. Maurice Desombiaux escamote la métamor­\n phose : il se contente de nous annoncer qu'elle est accomplie. Ce tour de\n gobelet nous vaut, il est vrai, un duo d'inceste, d'une belle envolée lyrique,\n mais qui ne suffit pas à cacher le vice capital de l'œuvre. Ce que M. Mau­\n rice Desombiaux nous devait, c'était de plonger la torche dans l'âme de ses\n personnages, afin de les éclairer psychologiquement.\n     On m'objectera peut-être que, dans ce cas, le drame n'eût plus été du\n théâtre immobile, et que M. Maurice Desombiaux eût risqué de briser ses\n vitraux chantants. Il se peut faire, et je ne nie point qu'il n'en fût résulté\nquelque désaccord de forme. Mais le trou, le trou qui se creuse à la place\nde la scène principale du drame, le trou eût été bouché.\n     Cette critique formulée, je n'ai plus qu'à louer la musique, c'est-à-dire\nles phrases sonores et bien armées que M. Maurice Desombiaux a prêtées,\nsans compter, en poète prodigue, aux Amants de Taillemark.\n"}, {"page_pdf": 495, "page_imprimee": 445, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3142, "texte": "                                   — 445 —\n\n\n\n\n    Un de nos collaborateurs français, M. Alber Jhouney, le poète de\n l'Etoile sainte et des Lys noirs, publie la troisième partie de son Livre du\n Jugement. Après avoir chanté la Création et la Chute, il célèbre aujour­\n d'hui la Rédemption.\n    M. Alber Jhouney appartenant à l'école ésotérique, et le Livre du Juge-\n ment étant une épopée initiatique, j'ai presque envie de me récuser. Je n'ai\n à connaître ici, en effet, que du mérite littéraire des oeuvres, et non des\n doctrines ésotériques qu'elles peuvent recéler.\n    M. Alber Jhouney a, d'ailleurs, exposé lui-même, en une longue pré­\n face, ses idées sur l'épopée initiatique et sur le symbole. J'y renvoie les\n spécialistes. Il me sera permis toutefois de détacher de cette étude intéres­\n sante deux fragments remarquables, dont la portée est purement littéraire\n et que j'engage fort certains jeunes poètes à méditer.\n    En quelques phrases lumineuses, M. Alber Jhouney apprend aux sym­\n bolistes, qui l'ignorent profondément, le sens exact du terme symbole :\n    « Le symbole initiatique, dit-il, est l'expression figurée, mais non arbi-\n traire, de vérités religieuses, morales, philosophiques, physiques même,\n dont il forme l'incarnation. Osiris, mort et ressuscité, est un symbole ini­\ntiatique parce qu'il représente, concentrée en une seule image, toute une\n série de vérités : i° Dieu émanant le monde, puis le rappelant à lui; 20 les\ncycles de l'évolution, tour à tour descendante et réascentionnelle ; 3° la révo­\n lution des âmes, allant de Dieu au monde, et du monde retournant à Dieu;\n4 0 la mission des justes et des héros manifestant le Divin par leur sacrifice ;\n 5° l'enseignement du vrai par son adaptation à l'intelligence inférieure;\n6° la volonté, perfectionnée par ses épreuves dans la sphère matérielle,\ntransfigurée dans la sphère idéale ; 7 0 la course quotidienne ou annuelle du\nsoleil, de la lumière à l'ombre, puis de l'ombre à la lumière, de l'été à\nl'hiver, puis de l'hiver à l'été, etc. Un symbole initiatique doit, par consé­\nquent, offrir un lien naturel avec une série de vérités. »\n    M. Alber Jhouney exprime ensuite, avec éloquence, les analogies de la\npoésie française avec la grande sculpture :\n    « L'idéal, dit-il, l'enferme en des limites, étroites en apparence, de\nlumière et de majesté. Mais, de même qu'un sculpteur profond, dans les\nbornes que la noblesse de son art lui impose, sait découvrir l'originalité\ndélicate et intime, l'originalité dans la beauté même, et dépasse ainsi, de\ntoute la hauteur de l'absolu, les originalités de barbarie, de contorsions et\nde laideur, ainsi le poète doit s'élever, en demeurant soumis à cette har-\nmonie austère de France, jusqu'aux découvertes pures et nobles, dont la\nnouveauté n'attire pas les yeux grossiers et plaît au sourire silencieux des\nvierges de Léonard, des statues impérissables et des saints recueillis dans\nleur mélodieuse béatitude. »\n   Voilà de hautes et nobles paroles, qu'on ne nous fait plus assez entendre,\net auxquelles j'applaudis avec bonheur.\n    M. Alber Jhouney reste fidèle à cette harmonie austère dont il parle\n"}, {"page_pdf": 496, "page_imprimee": 446, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "                                  — 446 —\n\nmagnifiquement et peut-être y resterait-il plus fidèle encore, si la partie\ndoctrinale de son épopée ne l'entraînait pas, de-ci, de-là, à des concessions\nregrettables. Quoi qu'il en soit, mainte page de l'œuvre s'éclaire d'un rayon\nde la vraie Beauté. L'éloge n'est pas mince lorsqu'il s'adresse à un poème\népique racontant la vie de Jésus et qui fut écrit après la Fin de Satan.\n\n\n    « Afin d'obvier à des déprédations et souhaitant se mettre en rapport\naisé avec le lettré amateur de publications courantes », M. Stéphane Mal­\nlarmé publie chez Perrin un Florilège de vers et de prose qui, selon le\npoète, « peut suffire au public comme inciter chez lui la curiosité d'ouvrages\nluxueux complets ».\n   Ce Florilège, orné d'une lithographie de Whistler, contient, parmi d'autres\npoèmes célèbres, les joyaux de prédilection qui s'appellent Apparition,\nSoupir, les Fleurs, le Cygne et Brise marine. Je déplore l'absence du chef\nd'œuvre intitulé Cette nuit. Quelques traductions de Poe, des extraits de\nPages et de Villiers de l'Isle-Adam complètent ce petit recueil, auquel la\nlibrairie Perrin voulut apporter des soins, un peu aveugles, je crois, car\nj'ai noté un alexandrin de onze pieds et cette étrange variante :\n\n                       C'est en héros effarouché\n                       S'il a du talent nu touché\n                       Quelque gazon de territoire.\n\n  Je préfère talon, et M. Mallarmé est de mon avis, probablement.\n  Le hasard, qui est malicieux, me force à rapprocher du Florilège de\nM. Stéphane Mallarmé un Christmas-Album, dû à la complicité de\nM. A. Lynen et de M. Théo Hannon : Noëls fin-de-siècle. Le pétulant\npoète des Rimes de joie s'y retrouve en strophes tortillées et nerveuses, en\nconcetti imprévus, en vers chatoyants et gaillards. M. A. Lynen a illustré\nchaque Noël d'un petit dessin très apéritif.\n  N. B. L'album est écrit pour les enfants bien sages, — deux fois majeurs.\n\n\n   Bobin, de M. Fernand Baudoux, un poète repenti devenu romancier,\nnous promet un observateur attiré par les milieux excentriques et peu\nconnus. C'est une histoire de cirque, racontée d'après les règles de l'esthé­\ntique naturaliste, mais avec une sobriété fort méritoire, ma foil par le\ntemps qui court. Ajoutons que M. Fernand Baudoux sait dresser un per­\nsonnage et lui donner le souffle vital. Brabandès, Gagignol, Belle et Bobin\nvalent mieux que les grossières marionnettes naturalistes. Tout au plus\npourrait-on leur reprocher quelques discours trop corrects et trop fleuris.\nEn somme, Bobin est un fort honnête roman, que l'on peut recommander\nsans se compromettre.\n   J'en dis autant de Mon Amant, le roman psychologique de M. Henry\nKistemaeckers fils. L'auteur a pris la précaution de nous avertir que son\n"}, {"page_pdf": 497, "page_imprimee": 447, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3159, "texte": "                                  — 447 —\n\nœuvre est psychologique, au rebours sans doute de la précédente, Lit de\nCabot, qui ne boudait point le naturalisme.\n   M. Henry Kistemaeckers a fait une tentative assurément très louable, et\nce n'est pas moi qui lui reprocherai sa conversion au roman psychologique.\nMais il me permettra de le lui dire : ce n'est pas à vingt ans qu'on écrit un\nroman d'analyse. Mon Amant, malgré son déploiement de psychologie, est\nune œuvre beaucoup plus jeune et plus inexpérimentée que Lit de Cabot,\noù les faits et gestes des comédiens de petite ville étaient racontés avec viva­\ncité et avec justesse, par un témoin dispensé de toute invention. Dans son\nroman psychologique, au contraire, M. Henry Kistemaeckers fils a inventé,\nun peu naïvement. Il inventera vrai, plus tard.\n\n\n   M. Maurice Barrès, lui aussi, se targue modestement, — cet accouple­\nment de mots pourrait contenir la caractéristique de l'écrivain, — M. Mau­\nrice Barrès se targue d'avoir écrit un livret sentimental et de nous apporter\nquelque lumière sur la sensibilité contemporaine, qui eût été incompréhen­\nsible, affirme-t-il, pour nos pères et nos grands-pères. Tel est le but qu'il a\npoursuivi en composant l'Ennemi des lois.\n   Les phénomènes de sensibilité qu'il nous décrit, M. Maurice Barrès\nprétend les avoir observés. Il nous donne son héros, le sociologue André\nMaltère, et ses deux héroïnes, Mlle Claire Pichon-Picard et la princesse\nMarina, comme des êtres réels, et non comme des automates ingénieux\nchargés de Vaucansonner ses idées. Je pense que M. Barrès nous en fait\naccroire. Son André Maltère, un réformateur platonique qui se livre à une\nardente propagande révolutionnaire pour le simple plaisir d'avoir des idées\nnettes, sa Claire Pichon-Picard, une grande vierge émancipée qui traverse\nl'action, — et la vie d'André Maltère, — le crayon derrière l'oreille, dési­\nreuse seulement que l'on réponde à ses questionnaires sur la société de\nl'avenir, pareille à une fille de doctrinaire ralliée aux idées nouvelles, —\nM lle Dufaure, si l'on veut ! — et même sa Marina, ce joli animal plein de\nsensualité aristocratique, ne sont pas même des candidats à la vie. Leur\nexistence est hypothétique, et leurs aventures relèvent de la féerie, d'une\nféerie austère et, selon la charmante expression de Banville, d'une féerie\nlaïque, c'est-à-dire — sans fées. M. Maurice Barrès professe certaines idées\nsur le pacte social. Ces idées, il les prête à trois poupées selon son esprit, et\nlorsque ces trois poupées mettent ces idées en pratique, — M. Maurice\nBarrès attribue cette mise en pratique à un état de sensibilité déterminé.\nC'est la pratique des joueurs de marionnettes !\n   Quelles sont ces idées?\n   Que les lois ont été nécessaires, mais qu'elles ne le sont plus. « Au\ncommencement, dit André Maltère, nos aïeux en usèrent comme béquilles.\nElles les soutinrent jusqu'au point où nous sommes. Rejetons maintenant\ncet appareil désormais superflu et gênant. Les dogmes et les codes nous ont\nmis dans le sang la pitié et la justice. Aujourd'hui que nous nous en sommes\nassimilés la meilleure part, ils ne font plus que nous embarrasser de leurs\n"}, {"page_pdf": 498, "page_imprimee": 448, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3273, "texte": "                                  -   448   -\n\nformules. » Retournons donc à la nature ; n'écoutons plus que notre ins­\ntinct, et imitons ce qu'il y a de meilleur dans l'homme : le chien.\n   En vertu de ces principes, André Maltère, après avoir professé ses doctrines\nrévolutionnaires pour le plaisir d'avoir des idées nettes, et Claire Pinchon-\nPicard, après avoir épousé André Maltère pour mener à bien une enquête\nsur le mouvement social, et la petite princesse, après avoir été, d'abord par\njeu, puis par amour, la maîtresse d'André Maltère, se retirent à la cam­\npagne, dans un phalanstère où tout est commun, les doctrines sentimen­\ntales, les repas, le gîte et le reste. Et voilà comment Fourrier sort de\nJean-Jacques, avec un faux air de Rétif de la Bretonne.\n   Si Voltaire revenait, il écrirait à M. Maurice Barrès : « Votre Ennemi\ndes lois est ravissant; il me donne envie de marcher à quatre pattes. »\n   C'est l'apothéose du chien.\n   M. Théodor de Wyzewa, dans ses contes chrétiens, Le Baptême de Jésus\net Les Disciples d'Emmaüs, arrive, par un chemin différent, à une conclu­\nsion semblable. Lorsque après avoir gâché leur vie pour avoir mal inter­\nprété les paroles du Christ, Cléophas et Siméon découvrent la communauté\nfondée par Alphée, l'humble valet d'auberge qui les a comprises, ils s'aper­\nçoivent que le bonheur est dans le plaisir. Chacun se choisit le travail qui\nlui convient, chacun y travaille aussi longtemps qu'il lui convient, ou ne\ntravaille pas du tout. Le bonheur, s'est d'avoir des désirs qu'on peut tou­\njours satisfaire. L'amour est libre, et cette liberté supprime les concupiscences\ndéfendues. Apprendre, c'est oublier, et penser, c'est s'abrutir. Il n'y a pas\nd'écoles, sauf celles où l'on donne l'exemple de la douceur et de la sensibi­\nlité. Les livres sont remplacés par des lèvres roses et par des bras tendres.\nIl n'y a pas d'art: c'est la nature qui est la vraie, la seule œuvre d'art.\n   Telle est l'organisation de cette petite communauté exemplaire, qui ne\npratique aucun culte religieux, mais qui se laisse baptiser de bonne\ngrâce par les apôtres, et qui construit même une église, où l'on célèbre les\nlouanges de Dieu sur les modes variés du plain-chant, <c pour consoler les\nvieillards, pour faire pleurer les jeunes filles et pour amuser les enfants ».\nEt la vie continua, nous dit l'auteur, « tranquille et douce, comme par le\npassé n.\n   Nous voilà bien près du phalanstère de M. Maurice Barrès. Marina et\nClaire étonneraient peut-être dans le village d'Alphée, mais ils ne scanda­\nliseraient guère cette Thélème où, pendant le repas, devant les étrangers,\ncomme dans les tableaux de Jordaens, le mari caresse sa jeune femme. Il\ny a place pour les héros de M. Barrès dans le village de M. Théodor de\nWyzewa.\n   La même sensibilité se retrouve dans les Disciples d'Emmaiis et dans\nl'Ennemi des lois. Mais M. de Wyzewa et M. Barrés s'abuseraient étran­\ngement s'ils nous donnaient cette sensibilité comme un phénomène de\nnotre temps. Cette sensibilité, c'est celle de Rousseau, de Bernardin de\nSaint-Pierre, de Chaumette; c'est celle des bucoliques et des pastorales qui\nprécédèrent la Terreur. Les toiles de Greuze sont l'expression plastique\nde cette crise universelle, et le personnage dominant dans la littérature\n"}, {"page_pdf": 499, "page_imprimee": 449, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2170, "texte": "                                   — 449 —\n\nd'aujourd'hui, c'est de nouveau l'amant de la nature, c'est « l'homme sen­\nsible » de la fin du XVIIIe siècle. Peut-être les Barrès et les Wyzewa d'alors\nétaient-ils moins préoccupés d'Ignace de Loyola et de l'Evangile, tandis\nque nos Bernardin de Saint-Pierre et nos Rousseau font des conversions\nretentissantes. Grâce à eux, le diable, un de ces jours, fera sa première\ncommunion. Malheureusement pour les uns et pour les autres, de telles\nœuvres, quand elles ne sont pas un rêve poétique, apparaissent comme un\nhommage que la fantaisie d'un temps blasé rend à la vertu, ou, ce qui est\npire, comme le libertinage zézayant d'un vieillard tombé en enfance. Au\nfond, pour le chrétien qui croit à la tache originelle, ou pour le penseur\nconvaincu de la perversité naturelle de l'homme, ces prédications semblent\nmonstrueuses. Je suis prêt à admettre, si l'on veut, que chez des êtres\nexceptionnels, une sensibilité affinée puisse, dans certaines circonstances,\ntenir lieu de moralité, mais je n'aime pas que sous prétexte de nous bâtir\nune Salente, on prenne un caniche pour législateur. C'est très bien de prêcher\nla pitié et le renoncement, mais il ne faut pas remplacer l'amour par la\nchiennerie.\n   Si mes lecteurs pensent comme moi, je les engage à se consoler de\nM. Barrès et de M. de Wyzewa en lisant l'Etui de nacre et la Terre pro-\nmise. M. Anatole France et M. Paul Bourget sont en ce moment, selon la\nvieille expression française, fort « aboyés ». Il n'en est pas moins vrai qu'en ce\ntemps d'anarchie littéraire, la belle prose cristalline de M. France est un\nexcellent contre-poison, et que, devant les étranges prédicateurs d'aujour­\nd'hui, il y a un noble courage à étudier, comme le fait M. Bourget, les\nmystérieux problèmes de la responsabilité et les cas de conscience les plus\ndélicats de la vie morale. L'espace me manque pour analyser ces deux\nœuvres. Mais j'ai déjà proclamé mon admiration pour M. Anatole France,\net Cosmopolis, qui verra le jour à l'heure où paraîtra cette chronique, me\npermettra de m'acquitter envers M. Paul Bourget.\n                                                        ALBERT GIRAUD"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 450, "page_fin": 452, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "poste", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 106, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 138, "texte": "LE MACAQUE FLAMBOYANT (Suite)."}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 324, "fin_caractere_exclue": 361, "texte": "Des lettres parisiennes de M. 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Deibier est un locataire et un"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 614, "fin_caractere_exclue": 654, "texte": "voisin modèle : voilà dix-neuf ans qu'il"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 716, "fin_caractere_exclue": 758, "texte": "habitait, 3, rue Vicq-d'Azir, au troisième"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 812, "fin_caractere_exclue": 856, "texte": "étage, sans déranger personne, sauf qu'il se"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 947, "fin_caractere_exclue": 996, "texte": "levait parfois un peu tôt pour,'« ses affaires »,"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1102, "fin_caractere_exclue": 1142, "texte": "comme il dit par un charmant euphémisme."}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1203, "fin_caractere_exclue": 1246, "texte": "Assez casanier, pour le reste, et s'amusant"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1306, "fin_caractere_exclue": 1352, "texte": "chez lui avec des tortues, il en a trois, dont"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1412, "fin_caractere_exclue": 1452, "texte": "l'une vient manger dans sa main, presque"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1526, "fin_caractere_exclue": 1568, "texte": "comme des Esseintes, sauf qu'il n'a pas le"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1746, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "moyen d'incruster de pierreries la cara­"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1849, "fin_caractere_exclue": 1867, "texte": "pace de la sienne."}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1953, "fin_caractere_exclue": 1991, "texte": "« ... M. Deibler gardera sa légendaire"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2055, "fin_caractere_exclue": 2093, "texte": "redingote noire boutonnée, constamment"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2165, "fin_caractere_exclue": 2208, "texte": "nettoyée de son sang par les benzines, pour"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2269, "fin_caractere_exclue": 2313, "texte": "laquelle il demanda un jour le ruban d'offi­"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2481, "fin_caractere_exclue": 2497, "texte": "cier d'académie."}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2605, "fin_caractere_exclue": 2646, "texte": "« ...Est-ce que vraiment le poète du Vase"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2647, "fin_caractere_exclue": 2690, "texte": "brisé, qui, las d'une réputation gracieuse,"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2691, "fin_caractere_exclue": 2735, "texte": "avait écrit la Justice, le Bonheur, s'enfon-"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2737, "fin_caractere_exclue": 2777, "texte": "çant dans les plus haut problèmes philo­"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2861, "fin_caractere_exclue": 2903, "texte": "sophiques, y aurait perdu la raison, comme"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2986, "fin_caractere_exclue": 3028, "texte": "ces aéronautes du Zénith qu'il a célébrés,"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3030, "fin_caractere_exclue": 3071, "texte": "morts de s'être élancés trop haut et qui,"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3128, "fin_caractere_exclue": 3170, "texte": "jetant leurs corps comme dernier lest à la"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3230, "fin_caractere_exclue": 3274, "texte": "terre, ont continué l'ascension tout seuls ?"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3337, "fin_caractere_exclue": 3374, "texte": "Heureux d'apprendre que des Esseintes"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3434, "fin_caractere_exclue": 3474, "texte": "mangeait dans la main de Deibler, que le"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3537, "fin_caractere_exclue": 3576, "texte": "bourreau a demandé le ruban violet pour"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3638, "fin_caractere_exclue": 3681, "texte": "sa redingote, et qu'un aéronaute, pour con­"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3738, "fin_caractere_exclue": 3782, "texte": "tinuer son ascension, n'a qu'à se jeter par­"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3838, "fin_caractere_exclue": 3873, "texte": "dessus bord, — passons à la poésie."}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3939, "fin_caractere_exclue": 3976, "texte": "Ci quelques vers de M. Georges Roden­"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4037, "fin_caractere_exclue": 4055, "texte": "bach, déjà nommé :"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4244, "fin_caractere_exclue": 4296, "texte": "Dans l'air moite et fiévreux des serres, s'abritant."}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4298, "fin_caractere_exclue": 4343, "texte": "Toute une orfèvrerie, un trésor d'orchidées :"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4397, "fin_caractere_exclue": 4442, "texte": "Prismes devenus fleurs ; flammes consolidées,"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4500, "fin_caractere_exclue": 4545, "texte": "Forme où déjà le Rêve est moins inconsistant."}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4590, "fin_caractere_exclue": 4644, "texte": "Fleurs sans famille, et qu'on dirait tout à coups nées"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4690, "fin_caractere_exclue": 4733, "texte": "D'un inceste, de quelque amour trop anormal"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4735, "fin_caractere_exclue": 4773, "texte": "D'une rose nubile et d'un vague animal"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4809, "fin_caractere_exclue": 4849, "texte": "Qui s'aimèrent en de coupables hyménées,"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 165, "fin_caractere_exclue": 214, "texte": "Tant elles sont entre les deux, comme aux confins"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 273, "fin_caractere_exclue": 320, "texte": "D'une fleur neuve et d'un insecte qui se fripe,"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 379, "fin_caractere_exclue": 418, "texte": "Déjà plus papillon et pas encor tulipe."}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 479, "fin_caractere_exclue": 517, "texte": "Enfin, pour les amateurs, ce sonnet du"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 576, "fin_caractere_exclue": 613, "texte": "même poète et que nous avons retrouvé"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 672, "fin_caractere_exclue": 715, "texte": "dans une collection de la Plage, le journal"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 774, "fin_caractere_exclue": 811, "texte": "balnéaire fondé par Emile Verhaeren :"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 930, "fin_caractere_exclue": 946, "texte": "COUPS D'EVENTAIL"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1055, "fin_caractere_exclue": 1101, "texte": "Quand vous trônez parmi votre cour de galants,"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1160, "fin_caractere_exclue": 1202, "texte": "Jouez de l'éventail à votre gré, coquette;"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1261, "fin_caractere_exclue": 1305, "texte": "Car ce frêle éventail est comme une raquette"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1364, "fin_caractere_exclue": 1411, "texte": "Pour repousser leurs cœurs moins lourds que des"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1516, "fin_caractere_exclue": 1525, "texte": "[volants."}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1584, "fin_caractere_exclue": 1634, "texte": "Oh ! comme il est joli dans vos doigts indolents !"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1693, "fin_caractere_exclue": 1745, "texte": "Sujet tendre : Pierrot, blanc comme un lis, muguette"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1804, "fin_caractere_exclue": 1848, "texte": "Et menace du poing la lune dont l'œil guette"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 1907, "fin_caractere_exclue": 1949, "texte": "Colombine qui fuit dans sa robe à volants."}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2008, "fin_caractere_exclue": 2054, "texte": "Mais le trouble d'avoir cet éventail augmente,"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2113, "fin_caractere_exclue": 2163, "texte": "Car vous sentez comme un souffle de bouche aimante"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2222, "fin_caractere_exclue": 2268, "texte": "Qui vous court sur la joue à chaque battement."}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2327, "fin_caractere_exclue": 2374, "texte": "Et quand un aveu brusque et que rien ne présage"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2433, "fin_caractere_exclue": 2480, "texte": "Vous fait rougir, alors votre éventail charmant"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2556, "fin_caractere_exclue": 2601, "texte": "Sert de feuille de vigne à votre pur visage !"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2839, "fin_caractere_exclue": 2859, "texte": "Fleurs de critique :"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 2965, "fin_caractere_exclue": 2984, "texte": "De l'Indépendance :"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3090, "fin_caractere_exclue": 3126, "texte": "« Mais en même temps que Baudelaire,"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3185, "fin_caractere_exclue": 3228, "texte": "voici qu'on veut aussi camper sur une place"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3287, "fin_caractere_exclue": 3332, "texte": "publique Barbey d'Aurevilly, et c'est ici que"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3391, "fin_caractere_exclue": 3432, "texte": "l'ère des difficultés commence. De quelle"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3491, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "façon le sculpteur concevra-t-il son modèle?"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3594, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "Ne devra-t-il pas avoir recours au procédé"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3695, "fin_caractere_exclue": 3736, "texte": "renouvelé des Grecs et employer le marbre"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3795, "fin_caractere_exclue": 3835, "texte": "colorié pour représenter un écrivain qui"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3894, "fin_caractere_exclue": 3934, "texte": "disait de lui-même avec quelque fierté :"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 3993, "fin_caractere_exclue": 4034, "texte": "« Le visage humain est fait pour être ma­"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4093, "fin_caractere_exclue": 4136, "texte": "quillé. Je fais mieux que me teindre, je me"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4195, "fin_caractere_exclue": 4242, "texte": "peins. » Et quelle attitude prêtera l'artiste à"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4355, "fin_caractere_exclue": 4395, "texte": "ce fringant paladin catholique auquel ce"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4455, "fin_caractere_exclue": 4498, "texte": "Baudelaire, dont je parle plus haut, disait"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4557, "fin_caractere_exclue": 4588, "texte": "un jour avec une douce ironie :"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4651, "fin_caractere_exclue": 4688, "texte": "— Vous devez' vous confesser le poing"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4793, "fin_caractere_exclue": 4807, "texte": "sur la hanche."}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 4870, "fin_caractere_exclue": 4912, "texte": "Enfin, comment le sculpteur habillera-t-i|"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "son modèle s'il a quelque souci de l'exacti­"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 189, "texte": "tude historique? Lui campera-t-il sur la tête"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 280, "texte": "le chapeau aux ailes fortement recourbées ?"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 299, "fin_caractere_exclue": 343, "texte": "Laissera-t-il entrevoir la présence discrète"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 391, "fin_caractere_exclue": 431, "texte": "du corset sur lequel se moulait, dit-on,"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 480, "fin_caractere_exclue": 524, "texte": "l'altière redingote de l'auteur des Diaboli-"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 573, "fin_caractere_exclue": 616, "texte": "ques? Lui mettra-t-il aux doigts des bagues"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 617, "fin_caractere_exclue": 659, "texte": "en pierres précieuses... fausses? Retrous­"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 660, "fin_caractere_exclue": 699, "texte": "sera-t-il les manches de la chemise sur"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 755, "fin_caractere_exclue": 799, "texte": "celles du vêtement? Dieu sait si j'admire le"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 851, "fin_caractere_exclue": 893, "texte": "talent de Barbey d'Aurevilly et si je com­"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 944, "fin_caractere_exclue": 983, "texte": "prends le pieux culte voué à sa mémoire"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1031, "fin_caractere_exclue": 1072, "texte": "par quelques fidèles, mais je ne peux pas"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1123, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "me le représenter inspirant un statuaire, dût"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1255, "fin_caractere_exclue": 1296, "texte": "tout le génie d'un Mercié, d'un Falguière"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1297, "fin_caractere_exclue": 1339, "texte": "ou d'un Dubois s'atteler à cette étonnante"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1340, "fin_caractere_exclue": 1350, "texte": "besogne. »"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1452, "fin_caractere_exclue": 1489, "texte": "La même Indépendance, qui ne peut pas"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1530, "fin_caractere_exclue": 1570, "texte": "se représenter un d'Aurevilly en bronze,"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1571, "fin_caractere_exclue": 1611, "texte": "appelle Charles De Coster un pasticheur."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1615, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "Che volete! Tout le monde ne peut pas"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1746, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "être Henry Fouquier, ni son fils Marcel, ni"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1883, "fin_caractere_exclue": 1908, "texte": "même M. Charles Tardieu !"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2188, "fin_caractere_exclue": 2224, "texte": "Notre ami et collaborateur M. Joseph"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2248, "fin_caractere_exclue": 2288, "texte": "Nève vient d'être nommé chef de division"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2289, "fin_caractere_exclue": 2331, "texte": "au ministère de l'intérieur. Félicitations"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2332, "fin_caractere_exclue": 2342, "texte": "cordiales."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2618, "fin_caractere_exclue": 2658, "texte": "Les macrobites de la Galette ont exprimé"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2707, "fin_caractere_exclue": 2752, "texte": "leurs idées sur la littérature contemporaine."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2803, "fin_caractere_exclue": 2816, "texte": "Echantillon :"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2865, "fin_caractere_exclue": 2905, "texte": "« La passion de connaître, de dire et de"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2956, "fin_caractere_exclue": 3004, "texte": "savoir la réalité, se répandait dans la littéra­"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3051, "fin_caractere_exclue": 3094, "texte": "ture et dans les arts. Les romanciers, à la"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3146, "fin_caractere_exclue": 3188, "texte": "suite de Flaubert, s'abstenaient avec soin"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3205, "fin_caractere_exclue": 3248, "texte": "d'apprécier les actes de leurs personnages,"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3298, "fin_caractere_exclue": 3340, "texte": "devenaient d'impassibles montreurs d'âmes,"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3381, "fin_caractere_exclue": 3426, "texte": "laissant aux lecteurs le soin de sentir et de"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3427, "fin_caractere_exclue": 3433, "texte": "juger."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3437, "fin_caractere_exclue": 3473, "texte": "Le théâtre suivait le livre dans ses"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3474, "fin_caractere_exclue": 3482, "texte": "audaces."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3569, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "Les poètes proclamaient la supériorité de"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3643, "fin_caractere_exclue": 3686, "texte": "la forme sur le fond, affichaient avec Gau­"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3740, "fin_caractere_exclue": 3784, "texte": "tier, Baudelaire, Leconte de Lisle le mépris"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3826, "fin_caractere_exclue": 3862, "texte": "de ce qui n'était pas image, rime ou"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3920, "fin_caractere_exclue": 3930, "texte": "cadence. »"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "Maître Martin, l'opéra MM. J. Blockx et"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 236, "texte": "E. Landoy, a été représenté avec succès à"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 288, "fin_caractere_exclue": 298, "texte": "Bruxelles."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 352, "fin_caractere_exclue": 390, "texte": "On s'accorde à proclamer que le succès"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 442, "fin_caractere_exclue": 479, "texte": "eût été un triomphe si le compositeur"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 531, "fin_caractere_exclue": 572, "texte": "n'avait pas été trahi par le librettiste."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 714, "fin_caractere_exclue": 754, "texte": "Le premier concert populaire a été bril­"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 806, "fin_caractere_exclue": 850, "texte": "lant. Le chœur hollandais, sous la direction"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 902, "fin_caractere_exclue": 943, "texte": "de M. de Lange, a merveilleusement chanté"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 995, "fin_caractere_exclue": 1030, "texte": "les œuvres de Du Fay, d'Okeghem, de"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1082, "fin_caractere_exclue": 1122, "texte": "Josquin des Prés et de Roland de Lattre."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1223, "fin_caractere_exclue": 1254, "texte": "M. Joseph Dupont a été acclamé."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1405, "fin_caractere_exclue": 1448, "texte": "Le sar Péladan a parlé au Cercle     artis-"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1500, "fin_caractere_exclue": 1529, "texte": "tique et au salon Pour l'Art."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1707, "fin_caractere_exclue": 1745, "texte": "Mlle Eugénie Meuris, du Théâtre-Libre,"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1841, "fin_caractere_exclue": 1882, "texte": "a lu, au salon Pour l'Art, avec un succès"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 1960, "fin_caractere_exclue": 2001, "texte": "mérité, des œuvres de MM. Severin, Demol­"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2053, "fin_caractere_exclue": 2093, "texte": "der, Eekhoud, Rodenbach, Gilkin, Giraud,"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2145, "fin_caractere_exclue": 2185, "texte": "Maeterlinck, Le Roy,Verhaeren, Lemonnier"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2237, "fin_caractere_exclue": 2247, "texte": "et Picard."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2386, "fin_caractere_exclue": 2426, "texte": "Notre ami et collaborateur Léopold Wall­"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2478, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "ner fait cet hiver, au cours de musique de"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2572, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "Mlle Desmeth, une série de conférences sur"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2666, "fin_caractere_exclue": 2706, "texte": "les maîtres du clavecin et du piano. Ces"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2758, "fin_caractere_exclue": 2799, "texte": "conférences sont accompagnées d'auditions"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2851, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "musicales."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 2916, "fin_caractere_exclue": 2955, "texte": "M. Léopold Wallner a passé en revue les"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3007, "fin_caractere_exclue": 3050, "texte": "œuvres les plus caractéristiques de Fresco­"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3102, "fin_caractere_exclue": 3145, "texte": "baldi, de Pasquini, de Rossi, de Purcell et"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3197, "fin_caractere_exclue": 3204, "texte": "de Ame."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3259, "fin_caractere_exclue": 3297, "texte": "L'intérêt de ce programme était doublé"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3349, "fin_caractere_exclue": 3380, "texte": "par la science du conférencier."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3528, "fin_caractere_exclue": 3565, "texte": "A recommander le Manuel de Prononcia-"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3617, "fin_caractere_exclue": 3642, "texte": "tion de M lle J. Tordeus."}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3697, "fin_caractere_exclue": 3739, "texte": "Ce petit livre sera très utile, non seule­"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3791, "fin_caractere_exclue": 3825, "texte": "ment aux membres de la Chambre des"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3877, "fin_caractere_exclue": 3919, "texte": "représentants, mais encore aux jeunes poè­"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 3971, "fin_caractere_exclue": 4012, "texte": "tes qui riment comme ils prononcent: mal."}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 97, "texte": "Un journal illustré, Flirt, vient de paraître"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 137, "texte": "sous la direction de M.Henry Kistemaec­"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 228, "fin_caractere_exclue": 270, "texte": "kers fils. Il a bonne mine et contient une"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 359, "fin_caractere_exclue": 395, "texte": "piquante composition de M. Léon Dar­"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 488, "fin_caractere_exclue": 494, "texte": "denne."}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 591, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "Chez Knoetig, en une édition de très cor­"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 679, "fin_caractere_exclue": 720, "texte": "recte apparence, M.Jules Du Jardin réunit"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 770, "fin_caractere_exclue": 812, "texte": "en volume divers articles et études d'art."}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 857, "fin_caractere_exclue": 901, "texte": "Tout n'est pas, dans ces pages, d'égal et de"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 902, "fin_caractere_exclue": 944, "texte": "notable intérêt : bien des choses décentes"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 945, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "dans les revues passagères sembleront, en la"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 990, "fin_caractere_exclue": 1036, "texte": "gravité d'un livre, contingentes et insipides."}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1082, "fin_caractere_exclue": 1119, "texte": "Mais M. Du Jardin qui se révèle comme"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1173, "fin_caractere_exclue": 1216, "texte": "un esprit curieux, très ouvert et très com­"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1269, "fin_caractere_exclue": 1309, "texte": "préhensif, alerte, laborieux, chercheur,"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1363, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "sollicité par les orientations diverses des"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1454, "fin_caractere_exclue": 1494, "texte": "esthétiques contemporaires, a plus d'une"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1548, "fin_caractere_exclue": 1594, "texte": "fois, sur les sujets que l'on discute au temps"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1638, "fin_caractere_exclue": 1681, "texte": "présent, dit plus et mieux que les superfi­"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1733, "fin_caractere_exclue": 1778, "texte": "ciels babillages des reporters investis de la"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1830, "fin_caractere_exclue": 1873, "texte": "critique d'art. Le vingtisme,le mysticisme,"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1926, "fin_caractere_exclue": 1968, "texte": "l'égotisme, le japonisme, l'hermétisme, et"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2017, "fin_caractere_exclue": 2060, "texte": "autres ismes à la mode, lui ont permis plus"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2109, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "d'un trait juste, plus d'un aperçu pénétrant."}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2199, "fin_caractere_exclue": 2239, "texte": "Des études sur des récents : Meissonier,"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2294, "fin_caractere_exclue": 2333, "texte": "Crabeels, Isid. Meyers, L. Delbeke, Jan"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2350, "fin_caractere_exclue": 2391, "texte": "Stobbaerts, et sur ces éternels : les Van"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2443, "fin_caractere_exclue": 2481, "texte": "Eyck et Memling, sont intéressantes et"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2533, "fin_caractere_exclue": 2577, "texte": "personnelles. C'est de la digne et conscien­"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2626, "fin_caractere_exclue": 2666, "texte": "cieuse critique de bonne volonté, récon­"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2684, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "fortante pour quiconque à la nausée des"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2724, "fin_caractere_exclue": 2765, "texte": "banalités que fluent les journaux sur les"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2766, "fin_caractere_exclue": 2779, "texte": "œuvres d'art."}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2785, "fin_caractere_exclue": 2819, "texte": "Dans l'Art moderne notre ami Jules"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2820, "fin_caractere_exclue": 2862, "texte": "Destrée continue ses études sur les Primi­"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2863, "fin_caractere_exclue": 2910, "texte": "tifs italiens. Ont paru des articles sur Oriolo"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2911, "fin_caractere_exclue": 2947, "texte": "et sur l'Inconnu du Musée Staedel de"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2948, "fin_caractere_exclue": 2958, "texte": "Francfort."}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2963, "fin_caractere_exclue": 2998, "texte": "Nous prions nos abonnés de réserver"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 3031, "fin_caractere_exclue": 3057, "texte": "d'abonnement, qui viennent"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 227, "texte": "L'abondance des matières nous force à"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 321, "fin_caractere_exclue": 358, "texte": "remettre au prochain numéro le compte"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 446, "fin_caractere_exclue": 487, "texte": "rendu de plusieurs livres, parmi lesquels"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 545, "fin_caractere_exclue": 585, "texte": "nous citerons Campagnole, de M. P. Caso."}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 640, "fin_caractere_exclue": 678, "texte": "Vient de paraître le premier numéro de"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 729, "fin_caractere_exclue": 769, "texte": "Blätter für die Kunst, une superbe revue"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 820, "fin_caractere_exclue": 856, "texte": "dont nous reparlerons prochainement."}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1043, "fin_caractere_exclue": 1081, "texte": "Un éditeur de Charleroi, M. Henry Qui­"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1132, "fin_caractere_exclue": 1172, "texte": "net, vient de publier, dans une brochure"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1223, "fin_caractere_exclue": 1268, "texte": "très élégante (1 franc), les fables en patois"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1319, "fin_caractere_exclue": 1362, "texte": "du notaire Piérard qui s'étaient conservées"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1413, "fin_caractere_exclue": 1453, "texte": "dans le pays depuis de nombreuses années"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1504, "fin_caractere_exclue": 1547, "texte": "par la seule tradition orale et qui sont de"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1598, "fin_caractere_exclue": 1637, "texte": "bien savoureux morceaux de poésie popu­"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 1688, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "laire. 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Lemoine a entouré ces intéressantes"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2159, "fin_caractere_exclue": 2198, "texte": "piécettes d'analyses et de commentaires"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2249, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "dont l'utilité n'était pas absolument démon­"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2344, "fin_caractere_exclue": 2349, "texte": "trée."}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2403, "fin_caractere_exclue": 2442, "texte": "On nous annonce que notre collaborateur"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2493, "fin_caractere_exclue": 2532, "texte": "Maurice Desombiaux va éditer à son tour"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2583, "fin_caractere_exclue": 2625, "texte": "les œuvres d'un autre poète carolorégien :"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2676, "fin_caractere_exclue": 2683, "texte": "Bernus."}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 2999, "fin_caractere_exclue": 3025, "texte": "bon accueil aux quittances"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 3058, "fin_caractere_exclue": 3082, "texte": "d'être mises à la poste."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Table des matières", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "TABLE A L P H A B E T I Q U E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 503, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "TABLE A L P H A B E T I Q U E\n                        DES MATIÈRES\n              CONTENUES DANS LE TOME ONZIÈME DE\n\n                      LA JEUNE         BELGIQUE\n\n\n\n         Accinelli (François).        Littérature anglaise :\nLa Danse des Rythmes. . . 245           Trois ombres                  69\n           Arnay (Albert).              Adieu                         70\nVers :                                  Trois poèmes de Keats . . 153\n   Coin d'âme                    56   Chronique littéraire . .   183,411\n  Sujet de foire                 56   Chansons d'amour . . . . 213\n  Envoi                          57   Dialogue                       289\nLes Labyrinthes tutélaires :          Poèmes en prose :\n  Prélude                       115     Le Triomphe de l'Amour . 378\nLa Belle qu'une barque amène. 309       Le Triomphe de laPauvreté.   385\nPoèmes                          390           Eekhoud (Georges).\n         Demolder (Eugène).           Fragments :\nLa Cité morte dans l'or. . .     22     Banlieue                         13\nLa Parabole des Vierges . . 137         Le Fossé                         14\nChœur d'anges                   229   Quelques scènes d'Ibsen . . 148\n       Desombiaux (Maurice).          La Mort de l'évêque Nicolas, 207, 233\nLied                             65   L'Honneur de Luttérath . . 261\nChronique du règne de Maho­           La Tentation de Minerve . . 366\n  met II                        197            Pontainas (André).\nMon cœur dans la caverne de\n                                      Les Vergers illusoires . . .    54\n  la Haine                      23o\n                                      Epilogue                       136\nLes Aigles                      429\n                                      Chronique littéraire . . . . 1 8 2\n           Destrée (Jules).\nPrières d'après les Primitifs .  67              Garnir (Georges).\nChronique littéraire. . . 8 7 , 442   L'Apôtre                         272\nCroquis judiciaires . . . .     275               Gilkin (Iwan).\n     Destrée (Olivier-Georges).       Rimes :\nMaison paternelle . . . .        52     Lumen                           70\n"}, {"page_pdf": 504, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3462, "texte": "                                      — 454 —\n\n    Pays de Rêve                           71     Mers                         . . 167\n    Arbre de Jessé                         72           Hérold (A.-Ferdinand).\n    Le Possédé                             74\n                                               La Vierge dans la Tour. . .            57\n    Transfiguration . . . .                75\n    Jettatura                            139            Itibéré da Cunha (J.).\n Chronique t h é â t r a l e . . . . 184 Le Modèle                                    68\n Vocation                                243             Jeune Belgique (La)\n Chronique l i t t é r a i r e . . . . 255\n                                               Au lecteur                              5\n Satan :\n                                               La directiongénéraledes Beaux-\n   Hymne à Satan . . . .                 284     Arts                               101\n   Le Te Deum du Pauvre               . 287 Questions du jour . . . .               361\n L'Invasion des Barbares . . 304 Un Théâtre lyrique historique 425\n Petites études de poétique fran­\n   çaise                                 334               Kahn (Gustave).\n   I I . — L e rythme.           . . 437       Vers  :\n                                                 Chanson de Mendiant . . 45\n              Gille (Valère).                    Le Chef sanglant.       . . .       47\n Vers :                                          Le Héraut                           47\n   Pour une châsse . . . .                37     Ancienne chanson . . .              49\n   Fleur d'Hiver                          39 Vers                                  364\n   Légende                                40    Image                              366\n   Vers                                 232\n                                                          Krains (Hubert).\n   Le Château des Merveilles. 232\n   Réveil                               232 Un Réveillon                             40\n   Veillée                              233                Maubel (Henry).\n  Nativité                           , 376 Fragment                                  59\n            Giraud (Albert).                  Fragment                            133\n                                              Croquis                              328\nLe Beau roi Charles IX . .                 9\nChronique littéraire, 79, 156, 176,                       Quillard (Pierre)\n  219, 249,311, 346, 413, 443.                Par l'Automnale Nuit . . .            64\nL'Adoration des Mages. . . 203\n                                                       Rahlenbeck (Gustave).\nLettre à M. Anatole France . 246\nLe Réveil du Roi                        274 Donneurs d'Aumônes . . . 332\nSoirs Valésiens :                                       Régnier (Henri de).\n  Le Prince au vitrail.         . . 402 Tel qu'en Songe (extrait) . .               36\n  Jalousie                              404\n                                                         Severin (Fernand).\n             Goffin (Arnold).                 Templa Serena . . . . .               51\nAvènement                                49 Chronique l i t t é r a i r e . . . .   85\nProses lyriques :                             Poèmes :\n  Statuette             1                65     L'Ile heureuse                    168\n  Le Paladin                            166     Doux pays                         169\n"}, {"page_pdf": 505, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1596, "texte": "                                — 455 —\n\n  L'Absent                       170 Henri De Braekeleer . . .          107\n  Bonheur                        325\n                                           Vielé-Griffin (Francis).\n  La Dame d'autrefois.     .   . 326\nRéveil                           428 L'Etape                             20\n         Stevens (Gustave).                   Wallner (Léopold).\nRegrets lointains                120 Littérature russe :\n          Sully (Huntley).             Poésies de Tutchew . . . 141\nLa Monparonne . . .         406, 431   Chansons populaires de la\n                                          Petite-Russie    . . . . 172\n       Tabibitte (Télesphore).\n                                       Poésies de Pouchkine        . . 216\nRenéghilade tertiaire . . . 225\n                                       Poésies de Lermontoff . . 217\n         Tardieu (Charles).          Le premier récit du podiatchy\nLettre                           126   de Schtchedrine     . . . .       290\n         Verhaeren (Emile).          Littérature  hongroise  :\n                                       Poésies d''Alexandre Petœfi. 394\nLes Rideaux                       17\nAu Carrefour de la Mort . . 104\n                                                       ***\nVers                             330\n                                     La réponse de M. Tardieu. .          95\n         Verlant (Ernest).           Chronique t h é â t r a l e . . . . 224\nChronique artistique. 88,123,189, Memento, 96, 130 161, 195, 226,\n  248, 318, 342, 440.                  258, 320, 354, 421, 450.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1892-12-n12-206", "volume": "ELB-ULB-516421-1892-001-011_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1892-001-011_f.pdf", "ocr_sha256": "043ce084666280501887467735afb70df6194bd0774044251a8d6b50fefaae4b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "EN SOUSCRIPTION CHEZ", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 507, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 726, "texte": "EN        SOUSCRIPTION\n                               CHEZ\n\n  E.   DEMAN,             LIBRAIRE A             BRUXELLES\n\n\n\n              TÉNÈBRES\n                       par Iwan GILKIN\n\n UN    VOLUME         GR.     IN-8, COUVERTURE                 OR\n\n                 avec frontispice par ODILON REDON.\n\n\n\n\nTirage unique à 150 exemplaires numérotés à la presse\n         DONT 110 SEULEMENT POUR LE COMMERCE\n\n             Ces HO exemplaires répartis comme suit :\n\n100 Sur papier de Hollande Van Gelder                 PRIX 15 FRANCS\n 10 Sur papier du Japon Impérial                      PRIX 30 FRANCS\n\n\n\n\n  N. B. — Une remise de 10 % sera faite en faveur des\nsouscriptions qui nous parviendront avant le 1er Juin.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 473, "texte": "Décembre 1892.                        TOME XI. — N° 12                   12me                  Année.\n\n\n\n\nLA\n        JEUNE\n                      BELGIQUE\n                                        SOMMAI RE:\n\n            Un théâtre lyrique historique                  L A JEUNE BELGIQUE.\n            Réveil                                         FERNAND S E V E R I N .\n\n            Les Aigles                                     MAURICE DESOMBIAUX.\n            La Monparonne (Suite et              fin)      HUNTLEY SULLY.\n            Petites études de poétique française. II. Le\n              rythme.       .   . '                        IWAN GILKIN.\n            Chronique artistique                           ERNEST VERLANT.\n            Chronique littéraire :\n              Le Salut par les Juifs.        . . . . . .   J. D.\n               Les Livres                                  ALBERT GIRAUD.\n            Memento                                        NEMO.\n            Table des matières.\n\n\n              RÉDACTION                                                 BRUXELLES\n 110,   R U E DE LA   LIMITE,   BRUXELLES.                         PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                       3 I , rue des Paroissiens\n                                                                            PARIS\n         PRIX DU NUMÉRO                                         LIBRAIRIE DE l'Art       Indépendant\n                                                                   11, rue de la Chaussée-d'Antin\n              fr. 0-75.\n                                                                                1892\n"}, {"page_pdf": 474, "texte": "                                                                             BELGIQUE\n       BELGIQUE\n                                  N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                                     JEUNE\n                   JEUNE\n\n\n\n\n                                                                LA\n                           LA\n                                 N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n   Fondateur     : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                         Directeur : IWAN GILKIN.\n                Rédaction : 110, rue de la Limite, Bruxelles.\n              7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                     des Capu-\ncines, 16, à Paris.\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom­\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée-dAntin.\n\n    L I B R A I R I E       PAUL         L A C O M B L E Z\n                 rue des Paroissiens, à Bruxelles\n                       V I E N N E N T D E PARAITRE :\n                                 MAX ELSKAMP\n\n\n                  Poésies, 1 volume in-16 raisin. Prix : 2 francs.\n  II a été lire quelques exemplaires sur hollande à 5 francs.\n\n                            STÉPHANE        MALLARMÉ.\n\n   V I L L I E R S D E L'ISLE-ADAM\nUn volume petit in-16, avec portrait de Villiers, gravé par Desboutin.\n                           Prix : 3 francs.\n  Tirage sur hollande, avec 2 portraits, bistre et sanguine, à fr. 7-50. — Tirage sur\njapon, à grandes marges, avec 2 portraits, 15 francs.\n\n\n            PORTRAITS ET SILHOUETTES\n                     par le baron P. DE HAULEVILLE\n\n                   Vient de paraître chez DEM AN, à Bruxelles\n\n                                par IWAN GILKIN\n                            PRIX      : 1 0 FRANCS\n"}, {"page_pdf": 475, "texte": "          Un théâtre lyrique historique\n\n\n                                I1 est avéré, n'est-ce pas, que dans les actuelles\n                               conditions d'administration du Théâtre de la\n                               Monnaie, le rôle artistique que la Belgique\n                                   avait à prendre, demeure abandonné. Ce\n                              n'est qu'un retard peut-être, mais les circons­\n                              tances favorables qui s'offraient ne s'offriront\n                                pas toujours.\n                                   Il y a quinze ans, l'émigration française\n                                avait fait du Théâtre de la Monnaie le théâ­\n               tre des refusés ; un peu plus tard, ce théâtre, surmontant\n               les routines, avait accueilli, le premier en pays de langue\n               française, l'œuvre de Wagner.\n                  A ces époques, du reste, l'animation régnait. On exécu­\n               tait superbement les oratorios de Brahms, Schumann,\n               Mendelssohn, Saint-Saëns, et personne ne songeait à trou­\n               ver cela « crevant ».\n                  On écoutait, on discutait; ces exécutions étaient des\n             solennités musicales auxquelles on assistait avec respect. Qui\n             ne se souvient de l'émotionnante audition du Requiem de\n           Brahms ? Ces auditions avec celles du Conservatoire entrete­\n           naient la culture, élargissaient et approfondissaient les vues.\nLeur suppression est peut-être une des causes de l'avortement de ce mou­\nvement musical dont les débuts avaient été si spontanés, si généreux.\n  Le mouvement wagnérien, pour peu qu'on puisse encore employer cette\n                                                                        28\n"}, {"page_pdf": 476, "texte": "                                  — 426 —\n\n\n expression à la veille de la vulgarisation de Parsifal, n'a pas eu ici son\nexpansion complète. Au moment où Bruxelles allait offrir un centre d'inter­\nprétation française à l'œuvre de Wagner et à tout le drame lyrique restauré\npar lui, le mouvement a dévié. On a repris des choses comme le Pardon\nde Ploërmel, et le Théâtre de la Monnaie est redevenu une petite station\nde la banlieue esthétique où les trains internationaux ne s'arrêtent plus.\n   Autour de cette station maintenant, c'est le silence; le wagnérisme, ce\n« suffrage universel » de l'esthétique publique, comme on l'appelait derniè­\nrement, a eu sa réaction. On a inscrit le nom de Wagner au répertoire; le\npublic pratique et commerçant que la petite station dessert, est retombé\ndans son marasme. Il s'y enfonce.\n   Pour ce public, le wagnérisme n'était qu'une manifestation de la rue;\nl'agitation a cessé et, comme l'initiation n'était pas complète, la masse est\nrevenue à ses amours faciles. Qu'a-t-on éduqué ? Des oreilles, rien de plus.\n Le public a pris de ce côté de nouvelles habitudes ; son ouïe s'est blasée\nsur l'audition des harmonies et des orchestrations nouvelles. Il n'entend\nplus, c'est pour cela qu'il se tait ; car n'entendre que par l'oreille, c'est la\npire des surdités.\n   Nous voilà donc loin du drame lyrique, car modifier des sonorités et\nenrichir l'orchestre, c'est, à peu de chose près, continuer Meyerbeer. Ce qui\ns'est produit ici ce n'est pas un recul, c'est un déboîtement. Il arrive que\nl'esprit des enfants se dérobe à une démonstration trop précipitée. Trente\nans de propagande n'ont pas suffi à démontrer l'esprit de l'œuvre de Wagner\nà la foule. Le saut était trop brusque et la démonstration péchait par ses\nprémices. La foule ne voit rien au delà des richesses matérielles que le\nthéâtre lyrique a amassées depuis le commencement de ce siècle, pour sa\ncorruption. La démonstration est à recommencer d'un peu plus haut, c'est-\nà-dire des points de vue pris par Wagner lui-même chez les auteurs anciens.\nC'est pourquoi la fondation d'un théâtre lyrique historique serait oppor­\ntune. Ce théâtre rendrait un peu de champ aux conceptions ; il ferait\nmoduler la pensée en reproduisant des œuvres inconnues, ou oubliées,\nd'époques passées où les ressources matérielles étaient moindres, mais\nl'esprit plus pur et plus élevé. Il nous ramènerait passagèrement à un art\nplus sobre et plus abstrait. L'œuvre de ce théâtre serait un succédané\nlogique ou, pour mieux dire, le corollaire de ce qu'on a appelé le wagné­\nrisme. Ce n'est qu'en s'appuyant sur les classiques que Wagner a pu donner\ncette prodigieuse extension vers l'avenir au théâtre lyrique. Il est allé avec\ndes richesses merveilleuses rejoindre ce théâtre au point de la lignée marqué\npar Gluck. A la rigueur, on pourrait dire qu'il n'a fait que corriger une\n"}, {"page_pdf": 477, "texte": "                                  — 427 —\n\ndéviation en reconnaissant en plein classicisme ses premiers ancêtres. Pour\nbien le comprendre et profiter de son œuvre, il faut que nous reconnaissions\nà notre tour les précurseurs; il faut que nous fassions nos humanités\nlyriques. Le temps d'arrêt que nous subissons est favorable à une revue\nhistorique qui remettrait bien des idées à leur place exacte et éclairerait\nde lumière vraie la pauvre et vulgaire musique que des gens au goût désor­\nbité nous donnent pour de la musique de maîtres.\n   Pour préciser, voici ce que nous proposons : une entreprise par patronats\nsous la direction artistique d'un musicien ; une seule représentation de\nchaque pièce, sur un petit théâtre. Pas de troupe permanente; les artistes\nchoisis spécialement pour les rôles à créer. L'orchestre et les chœurs se recru­\nteraient facilement. On représenterait des œuvres de Monteverde, Scarlatti,\nPergolèse, Cimarosa, Paisiello, Lulli, Rameau, Gossec, Grétry, Méhul,\ndes œuvres de Hœndel et de quelques compositeurs qui entretinrent la scène\nallemande jusqu'à Mozart. Si l'essai réussissait, on aborderait ensuite des\nœuvres plus développées telles que celles de Gluck, de Spontini, de Beethoven.\nOn nous objectera que la Monnaie va monter Orphée. Quand même la\nMonnaie inscrirait réellement à son programme plusieurs œuvres de Gluck,\ncela n'empêcherait pas la réalisation du programme préliminaire que nous\nvenons d'esquisser et, du reste, ce que nous proposons c'est une campagne\nd'art méthodique et suivie, dégagée de tout intérêt commercial.\n\n                                                    LA J E U N E B E L G I Q U E\n"}, {"page_pdf": 478, "texte": "                       — 428 —\n\n\n\n\n                     RÉVEIL\n\nUn cor, ce soir d'été, chantait dans les bois verts !\n\nQue l'Idéal est loin! Que ces jours sont amers!\nJ'ai dénoué soudain l'étreinte commencée;\nMon cœur, ainsi touché dans sa fierté passée,\nS'est détourné de toi pour entendre à loisir\nCette haleine orageuse où chantait son désir!\n\n\nCar tu m'avais en vain soufflé ton indolence !\nIl suffit qu'une voix, seule dans le silence,\nRéveillant tout à coup mon rêve puéril,\nÉclaire autour de moi tout le deuil de l'exil,\nNon, je ne suis pas f ait pour ce bonheur inerte!\nMon rêve d'autrefois remplit la forêt verte;\nGrandi chez les plus vils, né parmi les meilleurs,\nJe m'en souviens enfin, ma patrie est ailleurs !\n\n\nLongtemps j'aurai subi cette ombre que la femme\nJette, quand elle veut, devant les yeux de l'âme;\nIvre de ta jeunesse éphémère, hanté\nDu fantôme menteur de ta vaine beauté,\nMon cœur distrait par toi du seul soin qui l'élève.\nA désappris bientôt ses regrets et son rêve.\nTu m'avais désarmé, je n'étais plus mon roi !\nQuel espoir exhalai-je, en ces jours pleins de toi,\nDont tes baisers trop doux n'aient étouffé la plainte ?\nQuel geste ai-je tenté, libre de ton étreinte,\nDont tes bras souverains n'aient vaincu la fierté?\nQuel regard orgueilleux, que tes yeux n'aient dompté'!\n"}, {"page_pdf": 479, "texte": "                       — 429 —\n\nMais enfin, malgré toi, je renais à moi-même!\nUn chant s'est élevé de ce pays suprême\nOù la fleur de ma gloire est à cueillir encor,\nEt la voix orageuse et plaintive du cor\nEclate longuement dans la forêt troublée.\nComme le premier cri d'une âme réveillée!\nJe men vais donc        Pour toi, dont l'énervant amour\nA ura retardé trop ce grand, ce noble jour,\nO reine d'un moment! Si ton cœur resté tendre,\nAffligé d'un destin qu'il ne saurait comprendre,\nMalgré tout mon dédain me poursuit de son deuil,\nQue mon erreur au moins te reste pour orgueil!\n\n                                       FERNAND SEVERIN\n\n\n\n\n                LES AIGLES\n    Quelle nuit étendit sa moire sur leurs ailes?\n    Quel noir souterrain se referma sur eux?\n    Pourquoi, las de l'azur, les aigles majestueux\n    Ont-ils fui les caravelles\n    De blancs nuages flottant au ciel?\n\n    Aveuglés d'ombre, les contemplateurs du soleil\n    Enveloppés des ténèbres de la terre,\n    Sur le roc crispent leurs serres\n    Et sous les voûtes battent des ailes\n    Pour retourner vers les hautes demeures.\n\n\n    O là-bas, quand ils planaient dans l'immensité\n    De l'espace ! quand ils passaient,\n    Les yeux en flammes, dans les profondeurs\n    De l'Ether, parmi des flottes de soleil,\n    Tout noirs dans la lave du soleil!\n"}, {"page_pdf": 480, "texte": "                   — 430 —\n\nQuand, frissonnants, ils contemplaient\nLes mondes tournoyer dans l'infini béant,\nEt, de leur trône au ciel, qu'ils voyaient\nDes planètes précipitées dans le néant\nComme de mauvais anges chassés par Dieu,\nLoin de la lumière irradiante.\nTandis que de grands serpents de feu,\nPassaient annonciateurs de désastres'.\n\nMaintenant ayant fui la vue des astres\nEt le firmament à la tunique d'or\nEt l'éclatant Hèlios d'or,\nIls sont tombés dans les antres où la nuit noire\nEtend pour jamais sur leurs ailes sa moire.\n\nEt leurs serres griffent les murs,\nEt leurs becs frappent le roc dur.\nPuis reprenant leur vol, éperdus,\n Vers les hauteurs natales perdues,\n Vers les vagabondes nues,\nIls se cognent aux voûtes, ils retombent déchus.\nCes orgueilleux contemplateurs de l'infini\nTerrassés dans le silence et l'angoisse de la nuit.\n\n                               M A U R I C E DESOMBIAU\n"}, {"page_pdf": 481, "texte": "                                   -   431   -\n\n\n\n\n                   LA MONPARONNE\n                                 (Suite et fin.)\n\n               Fatiguée, haletante, elle gagnait alors les hauts plateaux où\n                ondule à l'infini, vers les forêts de l'horizon, une mer de\n                bruyères rousses et de genêts d'or. Chaque jour, instinctive­\n                ment, comme poussée par un besoin maladif de s'enfoncer au\nparfond de ses souffrances, elle s'en revenait paître là ses troupeaux.\n   C'était le coin de terre désormais mémorable où son fils s'était arraché\nd'elle, la déchirant d'adieux ; c'était l'immensité bonne versant les nostalgies\npropices aux cœurs doux. Là, les yeux pouvaient se perdre au ciel gris\nbleu, sur des vols de geais, de corneilles empennées de deuil, d'échassiers\nmigrateurs! Là, les yeux pouvaient errer sur des balancements de chênes\nfrêles hérissant, de loin en loin, la plaine comme des mâts de navires perdus\nau large!\n   La Monparonne s'affalait, les regards fixes, se rappelant. Par ici, il\ns'était départi, se dandinant en une allure dégagée, sa blouse neuve se\ngondolant comme sous un vent d'espoir, sa casquette chiffonnée de chic\nsur la hennette. Les mains à l'aise dans ses larges grègues de velours, lui­\nsantes ainsi que des terres labourées d'automne, il avait foulé ces bruyères\nmêmes, l'air gaillard et résolu comme un saint conquérant sur les images\ndes paroissiens. Puis, dévalant les pentes là-bas, il avait décru aux pro­\nfondeurs, avait reparu déjà diminué, gravissant un raidillon à l'horizon.\nEt voilà !... tout s'était effacé, s'était brouillé sous un grand voile de larmes.\nLes bois, là-bas, dansaient, les plateaux flambaient sous des lumières trem­\nblantes; les choses, autour d'elle, tournaient, tournaient... Elle n'avait plus\nsu ni quoi ni qu'est-ce, sinon qu'il lui était ravi, qu'elle ne pouvait plus le\ncouver désormais, qu'il ne lui serait plus donné jamais de lui arranger une\nvie belle comme un chemin bordé de vives haies, un jour de procession\nfleurie ; et non plus de lui acquérir, à la foire de mai, de flambants sarreaux,\nde chauds corselets de laine; non plus de lui serrer en la poche, parfois,\nune boursette de sous clairs, de quoi faire le faraud aux jeux de quilles, et\nle pendard, les dimanches, avec les filles!\n   Où donc était-il à cette heure? Routant vers quelles misères? Vers quels\ngouffres de plaisirs qui ne sont que menteries ? Vers quelle vie de propre-\nà-rien qui rend à la parfin l'âme amère? Bien sûr, la mort de ses autres\npetits, vers qui s'égarait souvent sa souvenance, ne l'avait pas torturée de\n"}, {"page_pdf": 482, "texte": "                                  — 432 —\n\nla sorte ! De les savoir non loin d'elle, couchés en le cimetière ensaulé, une\ngrande paix était, tout en elle, descendue. Les âmes de ses petits ne l'avaient-\nelles pas toujours accompagnée, mêlées ainsi aux alentours? Ah ! leurs voix\nchantaient en les angelus sereins, leur essence planait en l'arôme des\nbruyères, ils erraient, le soir, sur les versants, en caressants effluves et\nlégères flammes bleues ; et elle les respirait en les brises passantes. Mais de\nlui, de l'ingrat parti en perdition, savait-elle une miette quelque chose ! Les\nvilles maudites, les grandes gueuses de villes avaient happé son fils, et,\ncomme des machines terribles, elles auraient vite fini de le broyer, de le lui\nrendre supplicié et blême, tel le christ là-bas au calvaire des quatre chemins.\nOui, oui, grand saint Roch et son bon chien, de son gars il en adviendrait\nainsi que de bravement d'autres ! On le ferait souffrir; on le lui rapporterait\nun jour, à moitié trépassé, les yeux ternis de larmes, la face ratatinée d'an­\ngoisses, comme une bancetée de pommes que l'on sèche au placard, durant\nl'hiver, au-dessus des taques des cheminées !\n\n\n\n   Les villes ! Ses inquiétudes les évoquaient terribles, cerclées de murs\njusqu'aux nuées, avec des rues où ne régnait jamais le clair, avec des perfi­\ndies embusquées partout, comme des chenapans, le couteau à la poigne.\nElles se glissaient à pas de velours derrière les naïvetés, les innocences, les\nconfiances ; elles les torturaient, les poignardaient sans que personne se\nretournât jamais vers leurs plaintes; et les villes emportaient, comme au\nlarge de grandes eaux, en leurs rumeurs houleuses, les cris de victimes\nsans nombre.\n   Ah ! qu'elle s'acharnait donc, la Monparonne moult à plaindre, à débrouil­\nler quand même, à travers ses notions confuses, la présente existence de\nson gars ! Elle ne pouvait mie se ravoir de ses idées fixes, de ses hallucina­\ntions. Sans trêve, ses alarmes bâtissaient les décors lugubres, à perte de vue\nrenouvelés, en des chaos de ténèbres traversés de visions d'épouvante. Elle\n marchait en ses cauchemars de même que par une plaine sombre, par une\n plaine longue comme une nuit d'agonie. Certains jours, sa tête lui marto­\n quait plus fort qu'un merlin sur l'enclume des marchaux. Elle sentait la\n démence monter, monter, l'envahissant, l'excitant à la méchanceté sans motifs\nenvers les gens, les bêtes. Ses gorets, elle les gaulait à tout bout de champ\ncomme les recueilleurs de faînes gaulent les hêtres aux bois d'automne!\n Sur ses gadelettes, elle berdouchait ainsi qu'un batteur en grange sur les\ngerbées de seigle ! Ses gadelettes, dont elle s'ingéniait autrefois à dompter les\n caprices par ses huchements maternels, irrésistibles ! Ses gadelettes qu'elle\n"}, {"page_pdf": 483, "texte": "                                   — 433 —\n\n fleurissait jadis en signe de contentement et de triomphe, dont elle ornai\nles cornes de bouquets de genêts, en un orgueil naif de pastourelle, fière de\n rentrer de la pâture, à la vesprée, avec des troupeaux ayant la panse ronde\n comme des calebasses pleines !\n    Et à toute occasion, elle éclaboussait les gens de ses mauvaisetés, de ses\ndevises hargneuses, surtout les beaux fameux qui reviennent tous les ans\n aux vacances, faisant les crânes, écrasant les simples de leur importance.\nCeux-là, comme elle les conservait en haine, les soupçonnant d'avoir\ndébauché son gars, de lui avoir fait bourdonner la tête de leurs idées! Ils\nlui avaient vanté, assurément, l'existence merveilleuse des cités, aux fêtes\n perpétuelles, quantes coups plus fertiles en attraits que celles d'ici ! Et lui,\n comme un simple sansonnet aux pièges couverts de sorbes, il s'était laissé\nencercler aux bricoles de leurs conseils. Aussi, avec qu'elle joie mauvaise\n elle les agrippait maintenant, ces savants discoureux-là ! Elle les houspillait,\nles étrillait, les rôtissait sur la claie de ses sarcasmes, comme on grille les\npourceaux, avec des torches de chaume, l'hiver, devant les porches de neige.\nD'une voix âpre et mordante, elle leur jappait aux oreilles. « En voilà\nencore un, ravisez-le, un de ces puants fades, plus crottés que mon\npanais! Qu'as-tu appris dedans tes livres, eh donc, le beau glorioleux? A\ndégosiller des fables, des menteries? Quoi? Un loriot des bruyères en conte\nbien plus que toi, mon vesseux!... » Elle s'acharnait derrière eux, les cri­\nblant de sotteries, s'essouffiant à leurs trousses quand ils s'ensauvaient,\nsecoués de rires, pour les salir de bousse, de crottin, de piles de guinguer­\nlettes.\n   A la ducasse, c'était la même affaire. Près du vieux carrousel rudimen­\ntaire qui revenait aimé et fidèle, chaque année, avec ses bons chevaux de\nbois aux têtes ahuries, elle s'improvisait gardienne de vertus pour faire\nenrager ces grands diveux de citadins. Les boules de verre éblouissaient de\nfeux muticolores les belles garses appétissantes comme des tourteaux bru­\nnis au beurre. Les drapeaux orfévris, clinquants de paillettes, les glaces\nmiroitantes tourbillonnaient au-dessus de leur tête, étourdissant les inno­\ncentes de vertiges. L'orgue leur fondait le cœur de désirs de voyages, de\ndéparts vers des inconnus d'ivresse. Elles étaient prêtes à s'abandonner, se\nrenversant déjà avec une vague douceur au-dedans d'elles, aimant rester\nlongtemps ainsi, entre les bras de leurs beaux crevés. Mais la Monparonne\nveillait. Ne pouvant les reluquer de la sorte, sans qu'une grande colère\nbouillonnât en sa tête, elle brayait : « Eh ! la Jacqueline, baille-toi bonne\ngarde, ma garcette ! Ce Saint-Joseph là est revenu au pays avec un tas de\nporcelleries en sa mallette ! Gare les promesses des quatre jeudis de ces gens-\n"}, {"page_pdf": 484, "texte": "                                   -   434           -\n\nlà, sans foi ni loi! » Enfin, elle n'avait pas de cesse qu'elle n'eût empêché,\npar des manèges ingénieux, les entretiens trop langoureux, les embrassades\ntrop expressives, les étreintes trop dangereuses, partout où elle pouvait\npromener sa surveillance, à la danse sur le terreau, aux tourniquets,\npartout !\n   Et les amoureux penauds et vergogneux s'effaraient comme des moineaux\nsans queue; ils riaient parfois, mais du gros des dents, avec, derrière leurs\nefforts aux bonnes contenances, des rages sourdes, des méditations sour­\nnoises de vengeance.\n\n                                       * ■ \" ' * -\n\n\n\n\n    Ils se vengeaient, en effet, les marauds, bêtes et cruels, de quelle façon\nlâche ! Guettant les jours favorables où la Monparonne était douce, où elle\nerrait comme une somnambule, berdellant, à part elle, de pauvres et trem­\n blantes choses, ils se coalisaient pour leurs exploits sauvages. Quand elle\npassait, à l'heure de la sonre, enfoncée en ses imaginations pareillement à\nun qui, n'étant pas de chez nous, se serait égaré à la nuit close dans les tour­\n bières des fagnes, ils prenaient un gros plaisir, les stupides ronge-cœur, à la\n lapider d'injures forcenées, à déchaîner aux cottes de la pauvresse des cha­\nrivaris formidables. De leurs abois, de leurs miaulements, de leurs lapées\nde chaudrons, ils effrayaient ses bêtes. Elles caracolaient, éperdues, par les\nsemailles et la Monparonne gibaudait derrière elles par les champs comme\nune génisse maigre que les taons font biser au temps des chaleurs. Elle cou­\nraillait de-ci, de-là, à droite et à gauche, titubant, tirant la jambe, s'essouf­\nflant à rassembler sa troupe éparpillée. Bientôt, elle était à moitié trépassée,\nhors d'haleine comme une gade gonflée de trèfle, tirant la langue ainsi\nqu'une pauvre chienne possédée de mâle rage. Et les bourreaux continuaient\nleurs avanies; leurs manigances duraient, duraient au long du chemin\namer, par de raides dévallées, par des montées lépreuses et rousses\nempierrées de cailloux pointus, plus arides qu'un calvaire, jusqu'aux pla­\nteaux accoutumés de pâture libre !\n   Là, les mauvais gueux la laissaient enfin. Et là, il faisait clair, lumineux,\nreposant, avec du vent au large, rendant pareilles les pensées à des viviers\nsous le ciel bleu. Mais la Monparonne était en un tel état de lassitude qu'elle\nne prenait plus garde aux choses d'alentour ; vannée de forces, elle laissait\nses bêtes à l'abandon; écroulée comme une sachée de loques, elle glissait au\nsommeil lourd et noir. Et le soleil dévallait, dorant les chênaies et les chau­\nmines fumaient pour l'ultime repas au loin, dans la vesprée, au-dessus des\nvergers; et les bêtes se lamentaient, s'encourant inquiètes, en larges taches\n"}, {"page_pdf": 485, "texte": "                                   — 435 —\n\nmouvantes, par la plaine noyée d'ombre, et la Monparonne dormait,\ndormait...\n   Alors, des cortèges arrivaient du village, houleux et menaçants, à la\nrecherche de la lamentable pastourelle. On l'assommait à nouveau d'impré­\ncations. « Vieille truie! Hope! Hope! Elle brandevine à cette heure\ncomme un carioleux; elle est saoule autant qu'une vieille gade dans les\nluzernes ! » De son réveil étonné, de son ahurissement, de ses yeux hagards\ndevant la nuitée établie sous le ciel déjà clair-de-luné, allumé de frissonne­\nments d'étoiles, quels bons amusements c'étaient, mes compères ! Quelles\nrigolades spirituelles ! Quels tressautements de bedaines ! Comme ils\ns'esclaffaient, les lourdauds jovials qui l'avaient écrasée, tout à l'heure, de\nleurs persécutions ineptes ! Ne faut-il se distraire une miette tant qu'on\nest sur terre, eh donc ? Qu'elle fût demain sans moyens de gagner sa\npâtée; qu'on lui retirât, pour sa négligence, la garde des troupeaux; peu\nleur importait bien aux gros gars mafflus ayant deux doigts de lard ! Peu\nleur importait aux compères ayant la panse ronde, et censes cossues, et\nbeaux jours de froment au soleil !... « Du reste, qu'elle crève, la vieille\nbique; elle devient, à la parfin, trop effrontée, trop grincheuse, trop mau­\nvaise gale ! Qu'elle s'en aille, n'étant plus bonne à rien ! Qu'on la nourrisse\nde charités s'il le faut, mais qu'elle s'en aille ! » Ils parlaient ainsi, ceux-là\nde la vie exubérante, ceux-là que la sève grise. Ils étaient les nouveaux, les\njeunes cœurs, ceux de la génération fraîche. Place à eux, alors ! La Mon­\nparonne avait été joyeuse dans le temps ? Possible ! Elle avait fait rire\nleurs pères, ils étaient redevables à sa gaîté, peut-être, d'un sang clair,\ntout épuré d'humeurs ? Possible encore ! Mais aujourd'hui, ce n'était pas\nleur faute si elle s'aigrissait comme du vieux brandevin de pimprenelle !\n Qu'elle s'en allât, qu'elle s'en allât ! Les déchus, les blêmis, les éclopés, les\ntordus comme des troncs de pommiers, qu'ils disparussent, hein, balayés\npar le torrent dès bonnes pétulances ! .,\n   Et un jour proche elle disparut en effet selon le désir de ces braves gens-là\nqui lui avaient fait retirer la garde des bêtes, la laissant plus minable qu'un\npauvre joueur de turlutaine qui, n'ayant pas battu recette de tout un jour,\ncontemple désespérément le ciel, au bord d'un fossé pelé, à la tombée de\nl'ombre !\n\n\n\n   Elle disparut, gagnant les bois, sa tête lui berloquant de même qu'une\ncloche qui sonne le jour des morts. Elle s'en allait, là-bas, devers d'autres\nvillages plus hospitaliers, devers les Famennes qui sont de douces retirées\naux pauvres.\n"}, {"page_pdf": 486, "texte": "                                  — 436 —\n\n    Cependant les choses du chemin lui étaient tristes immensément. Les\n fenêtres des dernières cahutes avaient des regards implorants. Les rochers,\n aux fronts sévères, aux faces frustes s'adoucissaient d'une pitié humaine.\n Et les paysages qui lui avaient été familiers semblaient s'émouvoir de son\n exil. Plus loin, les surgeons des buissons se détendaient comme des tiges\n d'acier, l'encerclant au passage. Plus loin encore, les bruyères enchevê­\n traient ses pas de lianes souples comme des couleuvres. En une vaste\n conspiration la nature se soulevait pour elle, s'efforçant de la retenir. Mais\n elle passait. C'en était fait, c'en était fait ! de ses souvenances de quarante\nans, de ses longues gardes immobiles, appuyée sur sa gaule, devant les\n solitudes recueillies ; des longs aguets devant les mystères des êtres, des\nchoses ! Elle allait, elle allait vitement, sans plus regarder en arrière, sans\nplus s'attarder aux appels des voix qui se levaient derrière elle, plaintives,\nimplorantes. Elle s'enfonçait en les chênaies, quérant la paix des combes\nprofondes.\n    Et la forêt, pour elle, s'enflait de symphonies sauvages, puissantes et\ntouffues. Le frisselis des feuilles enveloppait de fioritures caressantes un\nthème de tristesse infinie déroulé par les cimes lentes. La forêt chantait à\nla Monparonne le poème des souffrances éternelles, la conviant à mêler ses\ndouleurs aux siennes, afin qu'elles s'atténuassent, de jour en jour plus dif­\nfuses, fondues peu à peu en leurs grandes voix !\n   Et arriva-t-elle aux pays meilleurs ! Gagna-t-elle sa vie en chantant aux\ngens de là-bas, de sa voix aux notes fêlées, aux notes trouées désormais\ncomme des orbites de trépassés, des chansons plus douces que des soirs de\nmoissons :\n                       J'ai plein, Madame, des fraises...\n                       A l'coupette, Monsieur le curé!...\n\n  Et des chansons mélancolieuses ainsi que les sonnailles en les vallées\nperdues :\n                       T'en souvient-il, 0 ma bonne Marie...\n\n   Les gens delà les vaux qui sont timides et doux, et pleins d'honnêtetés,\nlui baillèrent-ils toujours l'aumône nécessaire à ses jours : un hochon de\npain bis, une bonne couenne de lard, et parfois, comme un régal, un mor­\nceau de la dépouille d'un marcassin ? Dieu l'ait-il voulu pour toi, la Mon­\nparonne, ô pauvre déchue, dont je me suis toujours souvenu ; bonne Monpa­\nronne d'autrefois, plus gaie qu'une fête de Pâques !\n\n                                                            SULLY   HUNTLEY\n"}, {"page_pdf": 487, "texte": "                                 — 437 —\n\n\n\n    Petites études de poétique française\n                          II. — LE RYTHME\n\n              Aristide Quintilien dit que « le Rythme est un système de temps\n               disposés selon un certain ordre ».\n                  L'homme peut constater dans son propre corps des mouve­\n               ments rythmiques. C'est d'abord le mouvement des poumons ;\nla respiration soulève et abaisse la poitrine par alternances régulières. Un\nsecond mouvement rythmé se manifeste dans le battement du cœur. L'un\net l'autre varient selon les émotions, tantôt s'accélèrent et tantôt se ralen­\ntissent. Un troisième mouvement se révèle dans la marche.\n   Chacun de ces mouvements se réduit, en dernière analyse, à un mouve­\nment de va et vient semblable aux oscillations du pendule. Il se décompose\nen un premier mouvement qui est ramené à son point de départ par un\ncontre-mouvement compensateur, afin de recommencer indéfiniment le\nmême jeu.\n   La régularité de ces mouvements s'explique par la loi du moindre effort.\nC'est un fait qu'il faut à nos muscles moins d'effort pour répéter régulière­\nment un mouvement toujours identique que pour exécuter un mouvement\néquivalent d'une manière irrégulière. Essayez de marcher en ne faisant que\ndes pas absolument irréguliers; un parcours de cent mètres effectué dans\nces conditions causera beaucoup plus de fatigue et nécessitera beaucoup\nplus d'effort que si l'on avait parcouru la même distance au pas gymnasti­\nque ou, tout simplement, au pas ordinaire. Chaque fois qu'un homme est\nspontanément porté à répéter un même geste ou un même cri, c'est spon­\ntanément aussi que cette répétition est régulière. .\n   Sous le coup d'une émotion vive et agréable, l'homme simple et les ani­\nmaux supérieurs se sentent poussés à exécuter plusieurs fois de suite un\nensemble de sons et de gestes. Le chien, heureux de revoir son maître,\nagite la queue en mesure et émet des aboiements joyeux, d'une sonorité\npresque identique, à des intervalles à peu près égaux. Le sauvage pousse\ndes cris cadencés, réitère plusieurs fois la même exclamation et se met à\ndanser, c'est-à-dire à mouvoir les bras, les jambes, la tête et tout le corps\nd'une manière régulière. Dans l'opuscule intitulé Origine et fonctions de\nla musique, Herbert Spencer dit à ce propos :\n   « Les actions que nous fait faire un sentiment puissant tendent à prendre\n« une allure rythmée; pourquoi? Cela n'est pas facile à dire; mais elles y\n« tendent, il y en a diverses preuves. Ainsi le corps se balance d'avant en\n« arrière dans la souffrance ou le chagrin ; dans la souffrance ou l'agitation,\n« c'est la jambe. Danser, c'est encore une action rythmée qui est naturelle\n« dans les moments d'émotion forte. La parole acquiert par l'effet de l'exci­\n« tation un certain rythme : il est aisé de s'en apercevoir en écoutant un\n« orateur dans les grands moments de son discours. La poésie, qui est une\n"}, {"page_pdf": 488, "texte": "                                 — 438 —\n\n« sorte de discours plus capable de rendre les émotions, montre ce même\n« besoin du rythme dans tout son développement. Et si nous nous rappe­\nlons que la danse, la poésie et la musique sont nées ensemble, sont à\n« l'origine les parties constituantes d'un même tout, il est clair que le mou­\n    vement fait en mesure, qui se retrouve dans chacune des trois, suppose\n« une action rythmée du corps entier, l'appareil vocal compris et qu'ainsi\n« le rythme de la musique n'est qu'un résultat plus subtil et plus complexe\n« de la relation entre l'excitation mentale et celle des muscles. »\n    Le rythme est donc un fait physiologique ; il est inhérent aux fonctions\nde certains organes ; il se manifeste en des formes plus accusées sous\nl'impulsion de certaines émotions physiques ou morales. Au moment où\nArchimède trouva la solution de son fameux problème, son cœur a\ncertainement battu plus vite et lorsqu'il se mit à courir nu par les rues de\nSyracuse en criant : « Eurêka ! eurêka ! » ses pas et ses cris étaient rythmés\npar son émotion.\n    On peut s'expliquer ces faits en considérant que la grande quantité\nd'énergie accumulée soudainement par l'émotion cherche à se décharger et\nne trouve point d'issue plus commode que les mouvements musculaires les\nplus habituels. Ces mouvements sont ici sans but externe. Ils diffèrent du\nmouvement que fait le bras pour atteindre ou pour écarter un objet, du mou­\nvement que fait la jambe pour porter le corps vers un lieu déterminé ou pour\nl'en éloigner. C'est le mouvement pour le mouvement. On peut dire que ces\nmouvements n'ont d'autre but qu'eux-mêmes ; ils sont déterminés par la loi\ndu moindre effort qui met en jeu les muscles les plus entraînés, qui déter­\nmine et limite leur action par la moyenne de l'effort correspondant au degré\nd'intensité de l'énergie à dépenser et qui, limitant cette action à cette\nmoyenne, la ramène aussitôt à son point de départ et la reproduit indéfini­\nment jusqu'à ce que la fatigue ou une nouvelle émotion vienne l'arrêter ou\nla modifier.\n    Ces mouvements n'ont d'autre utilité que de nous procurer un bien-être\nen nous débarrassant d'un excès d'énergie. Ils cessent d'eux-mêmes lorsque\n cet excès est dissipé.\n    Les rythmes perçus au dehors trouvent dansnotre organisme un écho.\n Non seulement l'audition d'un morceau de musique fortement rythmé, —\n une valse, une marche militaire, — produit en nous des émotions qui tendent\n à se traduire par des gestes appropriés, mais on a observé que le cœur\n ressent une propension à régler ses battements sur les rythmes perçus par\n l'oreille. Il y a là une sorte de suggestion, productive d'un bien-être ou\n d'un malaise. Qui ne s'est senti pris d'une vague angoisse en entendant\n le débit précipité et saccadé d'un orateur trop passionné? Que de sentiments\n variés ne peut-on provoquer par les divers rythmes selon lesquels on frappe\n un instrument de percussion, le tambour, par exemple, ou les casta­\n gnettes? Certains rythmes produisent ainsi une sensation de plaisir, d'autres\n une sensation de peine. Il est donc possible au moyen du rythme seul de\n susciter des émotions.\n     Mais il y a plus. Nous allons voir que le rythme ne produit pas seulement\n des effets physiologiques et sentimentaux.\n"}, {"page_pdf": 489, "texte": "                                      — 439 —\n\n   Selon Schopenhauer (Suppléments, XXXIX) le rythme est dans le temps\nce que la symétrie est dans l'espace, c'est-à-dire une division en parties\négales et correspondantes, qui se subdivisent à leur tour en parties secon­\ndaires.\n   Le rythme et la symétrie sont des manifestations de l'ordre. Le rythme\nn'est autre chose que l'ordre appliqué aux sons. Et qu'est-ce que l'ordre ?\nC'est une synthèse de parties équilibrées entre elles et reliées les unes aux\nautres par une même unité; c'est, selon l'antique et toujours véridique\nformule, « l'unité dans la variété ». Quand l'ordre se manifeste directement\npar la connaissance intuitive, il prend le nom d'harmonie.\n   Si l'ordre affecte la sensibilité, il cause à l'homme un ineffable plaisir,\ncar dans le sentiment de l'ordre l'homme reconnaît la loi profonde et\nmystérieuse de l'univers : c'est l'essence du plan du monde, c'est la loi\nprimordiale de l'Etre qui se révèle à lui (1). « Rien n'existe qu'à sa place\net selon sa loi », tel est le principe qui s'affirme chaque fois que se perçoit\nl'ordre. Et chaque fois que l'homme perçoit ce principe, il en éprouve un\nsentiment extraordinaire de plaisir et de confiance. Aussi l'homme supé­\nrieur cherche-t-il à imprimer à ses créations le cachet de l'ordre. L'ordre est\nla marque suprême de l'esprit humain, la signature de l'intelligence\ncréatrice.\n   La versification rend l'ordre sensible. Grâce à elle l'ordre frappe la sensi­\nbilité en même temps que l'entendement perçoit le sens \"des mots et des\nphrases.\n   On a divisé les sons en unités simples et en groupes d'unités ou unités\ncomposées. Un groupement régulier d'unités composées au premier degré\ndétermine les unités composées du deuxième degré, et ainsi de suite.\n   En français, l'unité simple, c'est la syllable, sans distinction de longue\nou de brève, de faible ou de forte, et sans excepter les syllabes muettes (si\nce n'est à la fin du vers).\n   Mais ces unités simples n'ont d'importance que par leur groupement. Les\ngroupes irréguliers, qui ne se balancent qu'à peu près, c'est la prose. Les\n groupes réguliers, construits sur des plans fixes, constituent les vers.\n\n                                                                   IWAN GILKIN\n        (A suivre.)\n\n\n\n\n  (i) Pour l'objectivisle. — Aux yeux du subjectiviste l'ordre n'a pas une moindre\nimportance; c'est la loi primordiale de son propre esprit qui lui est révélée, c'est-à-dire\nle « principe de la raison suffisante », le miroir de l'univers.\n"}, {"page_pdf": 490, "texte": "                                   — 440 —\n\n\n           CHRONIQUE ARTISTIQUE\n   Première    exposition   du cercle « Pour       l'Art   ». — Expositions\n                               particulières.\n\n              Semblable au phénix, voici que l'Essor renaît de ses cendres,\n                purifié de sa vieillesse. Pour l'Art s'essaie à voler, ce qui vaut\n               mieux que de réussir à ramper. Espérons qu'il aura le coup\n               d'aile assez vigoureux pour rompre toutes laisses et échapper\n aux oiseleurs qui lui préparent une volière et lui dressent en piédestal un\n perchoir blasonné de pantacles.\n   Les formes d'art les plus récentes et les plus en vogue sollicitent les\nmembres du nouveau cercle, depuis le néo-impressionnisme, dernier abou­\ntissement du réalisme, jusqu'à l'art de synthèse et de songe qui s'y oppose\npar réaction et attire à lui tous les nouveaux venus.\n   M. Delville, qui n'est pas de ceux-ci, s'entraîne de plus en plus de ce côté.\nUne imagination vive et hardie, hantée de visions funèbres, la science du\ndessin expressif, manifestée dans la Camarde. dans l'Idole de perversité,\ndans un profil de femme d'un beau caractère, telles sont ses qualités qui\ndans ses grandes compositions, peu cohérentes et pauvrement peintes, ne\nse retrouvent pas au même degré. Parfois ses préoccupations de symboliste\ndéclaré, qu'il aime à souligner d'un gros trait, l'induisent en des erreurs de\ngoût telles que son portrait de jeune fille, dont le maniérisme trop explicite\ns'accuse encore par comparaison avec le Portrait noir et violet, non moins\noriginal, mais plus simple et plus vivant.\n   Si M. Delville fait encore penser à Odilon Redon, M. Jacque, lui, est\nabsorbé presque tout entier par Gustave Moreau et par Burne Jones, tandis\nque M. Ciamberlani, épris de la grandeur sereine de Puvis de Chavannes,\nen va rechercher le secret chez les Florentins.\n   Deux débutants : un peintre, M. Fabry, qui fera des œuvres, pensons-\nnous, un sculpteur, M. Rousseau, qui en montre déjà d'étonnantes.\nM. Fabry ne se contente pas de résumer la nature, il va jusqu'à la violenter.\nMais il fixe d'un art subtil certaines de ses figures, que de graves harmonies\nde fresques immobilisent dans leur mystère et dans leur accablement.\nM. Rousseau se montre en possession d'un métier admirable de souplesse.\nLe modelé de son torse Puberté a le frémissement de la vie jeune et ardente,\nses figurines allongées une grâce onduleuse, et son Homme à la branche\nde chêne une ampleur épique. La nouveauté de la conception égale la per­\nfection du travail dans le groupe intitulé Greffeur d'idéal, qui représente\nun artiste fièrement acharné à son œuvre douloureuse; nous espé­\nrons que M. Rousseau le reprendra dans de plus grandes dimensions. Il\nsurgit depuis quelques années en Belgique, à n'en pas douter, une nouvelle\ngénération de sculpteurs qui réalise un art neuf quoique teinté d'archaïsme,\nplus libre, plus vivant, plus affiné, plus nerveux. M. Rousseau y figurera\n"}, {"page_pdf": 491, "texte": "                                 — 441 —\n\nen bon rang, ainsi que M. Braecke, dont les œuvres récentes marquent\nautant de pas en avant.\n    M. Thys expose un excellent vitrail : une gracieuse figure blanche qui\ns'érige comme un lys au milieu d'une guirlande de lys. La tonalité est\ncharmante et le sertissage des lignes de plomb très bien entendu.\n    Les tableaux et les dessins de M. Hannotiau qui évoquent en des sites\nbrugeois l'âme d'une vieille ville déchue, solitaire et prosternée, se situent\nsur les confins de la réalité et du rêve. Nous y choisirons la Vesprée\nflamande, d'un beau caractère, Notre-Dame, d'un aspect saisissant, avec\nla masse terrifiante de sa tour et son ciel balafré de tragiques éclairs de\nlumières, et, dans une tout autre note, un intérieur en teintes vives dont la\ncouleur chatoyante s'unit, comme dans un De Braekeleer, à un sentiment\nd'intimité recueillie.\n    Parmi les artistes qui s'appliquent à transcrire la nature directement, les\nplus intéressants sont M. Lynen, observateur avisé et amusé, illustrateur\nverveux, M. Coppens, dont les fluides marines lumineuses, les clairs minuits\nlunaires manifestent les décisifs progrès, M. Dardenne, qui a une exposi­\ntion abondante et variée : des paysages vifs et sonores, ou d'une douceur\ngrise comme celui qui encadre dans un coin des dunes flamandes une Fuite\nen Egypte d'Yperdamme, des illustrations, des gais croquis d'une jolie grâce\ngrêle.\n    Les invités sont peu marquants. L'Erraticité de M. Chabas, où la vie\nhumaine est symbolisée par une foule myriadaire noyée dans un nuage\njaune, vert et bleu, groupe des nymphes banales dont le type ne convient\npas plus que la couleur. Celle de M. Séon vaut mieux, encore qu'elle soit\nbien mince. Sa Douleur rappelle agréablement Puvis de Chavannes ; quant\nà sa Chimère, le peintre l'a douée d'un visage terriblement vulgaire et n'a\nrien ajouté à un modèle mal choisi. L'Etude de M. Filliger est un beau\nmorceau, noble et superbe de lignes. Une des curiosités de l'exposition, les\n architectures de M. Trachsel, abstraites et géométriques, d'aucune matière,\n d'aucun climat, d'aucune humanité, des architectures d'ingénieur militaire,\n de constructeur de cuirassés, d'entrepreneur de monuments funèbres, cons­\n tituent, selon nous, des tentatives avortées : à force de réduire les éléments\n suggestifs, l'auteur de ces épures bizarres ne suggérerait plus rien du tout\n s'il n'avait eu le soin et l'inconséquence d'appeler la couleur à son secours.\n     L'ordonnance de ce premier salon du cercle Pour l'Art est irréprochable\n et calquée sur celle des expositions des XX, qui les premiers ont organisé\n chez nous des ensembles attrayants et rationnels.\n\n\n  Nous ne pouvons, faute de place, mieux faire que de signaler brièvement,\nparmi les récentes expositions particulières :\n  A la Galerie moderne, celle de M. Willem Delsaux : de fines et sincères\nnotations de paysages, d'eaux et de ciels zélandais, un peu lourdes parfois,\nmais vivantes et spontanées.\n  Au Cercle artistique, des œuvres de M. Frans Binjé, peintre robuste,\n"}, {"page_pdf": 492, "texte": "                                    — 442 —\n\npoète délicat, qui a su se conquérir une des premières places parmi nos\npaysagistes de l'heure présente, en se développant avec franchise selon la\nlogique de son tempérament.\n   Puis deux expositions posthumes : l'exposition de l'œuvre de Camille\nVan Camp, au Musée moderne, attristante pour les amis de l'homme bien­\nveillant et compréhensif que fut Van Camp, car elle montra comment, se\ncherchant toujours hors de soi, il échoua à se trouver jamais; puis l'expo­\nsition Joseph Stevens, à la Galerie du Congrès, à propos de laquelle il nous\neût plu d'étudier ce grand peintre, si les circonstances avaient permis aux\norganisateurs de rassembler ses toiles qui comptent et ne les avaient forcés\nde se rabattre sur celles qui font nombre sans compter.\n                                                          ERNEST VERLANT\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTERAIRE\n    Le Salut par les Juifs,   par LÉON BLOY. — Paris, librairie Adrien Demay,\n                               rue de Châteaudun, 21.\n\n               Le nouveau livre de Léon Bloy déconcertera fort, assurément,\n                ceux qui s'accoutumèrent à ne voir en lui qu'un exorbitant\n                imprécateur.\n                  Si, il y a quelques ans, dans l'une des premières études qui\nrompirent un silence prudemment concerté autour de ce redoutable éjacu­\nlateur d'exécrations et d'anathèmes, je pus le cataloguer « pamphlétaire », ce\nne fut pas toutefois sans signaler les curieuses ambitions qui orientaient son\nesprit versla philosophie et l'histoire. Le Révélateur duGlobe, le Désespéré,\n Colomb devant les Taureaux, indiquaient ces préoccupations à plus d'un\nendroit. Déchiffrer le sens mystérieux caché sous la succession en apparence\nchaotique des événements, dégager le symbolisme de l'histoire, prouver\nqu'elle signifie quelque chose, certes, c'est là un noble vouloir, hasardeux,\nmais très plausible, en somme, attendu que l'explication par le hasard n'est\nqu'une explication par ignorance. Mais si l'on peut admettre la vraisem­\nblance de la vérité de ces conceptions grandioses que d'autres, d'ailleurs,\neurent avant Léon Bloy, il faut avouer que jamais jusqu'ici elles n'engen­\ndrèrent de bien incontestables démonstrations. Quand un esprit de quelque\nampleur veut s'essayer à l'éclaircissement de ce cryptogramme sept fois\nenchevêtré, c'est toujours un intéressant spectacle que le voir jongler avec\nles conjectures et les éventualités, résumer le passé en grandes lignes som­\nmaires et synthétiques, jeter çà et là des lumières éblouissantes et furtives,\ndécouvrir l'abîme de l'avenir, tirer l'horoscope des peuples avec aisance et\ndextérité. J'aime à suivre des yeux cette haute voltige intellectuelle dès\nqu'elle est exécutée avec art, mais mon intelligence ne s'en satisfait point\net reste absolument réfractaire à la conviction.\n"}, {"page_pdf": 493, "texte": "                                      — 443 —\n\n   Le Salut par les Juifs est l'exposé, en périodes grandiloquentes, de cette\nthèse : que la persistance de la race juive, et sa domination par l'argent sont\nvoulues par la Providence, afin d'engendrer, quand l'abomination sera à\nson comble, le Paraclet définitivement rédempteur. « La Passion recom­\nmencera au carrefour et à l'ombilic de tous les peuples et les sages appren\ndront que Dieu n'a pas fermé ses fontaines, mais que l'Evangile de sang\nqu'ils croyaient la fin des révélations était à son tour, comme un Ancien\nTestament, chargé d'annoncer le consolateur de FEU ».\n   J'avoue mon incompétence absolue pour apprécier cette opinion au\npoint de vue catholique ; mais l'argument de texte, la phrase de l'Evan­\ngile : Salus ex Judeis est, me paraît faible, étant donné que PAR ne\ntraduit qu'imparfaitement ex, lequel exprime plus précisément la prove­\nnance, l'extraction : Le salut vient du milieu des juifs, Jésus est né parmi\nles juifs. L'autre raison, la spirituelle, que le Paraclet doit naître parmi\nles juifs à cause de leur abjection même, me semble surtout une séduisante\nantithèse.\n   Mais si je ne me déclare pas convaincu, je ne veux méconnaître la grande\nallure esthétique de ce volume par lequel Bloy s'apparente aux prophètes\net qui le montre capable de plus hautes besognes que les coutumiers déver­\nsements d'ordures lyriques sur ses contemporains.\n   Le livre abonde en images pompeuses, en épithètes magnifiques, en\nphrases opulentes ; il réjouira ceux qu'écœure la banalité nauséeuse des\njournaux et des proses publiques : les dernières pages surtout, qui planent\nsi bellement, car je trouve que l'éreintement de Drumont, au début, eût\ngagné à être réservé à quelque périodique et ne pas amoindrir de sa contin­\ngence la fière unité d'un livre se voulant absolu.\n                                                                     J. D.\n\n  Les Amants de Taillemark,par MAURICE DESOMBIAUX, Bruxelles. Monnom. —Le Livre\ndu jugement, par ALBER JHOUNEY. Paris, Comptoir d'édition. — Vers et Prose, par\nSTÉPHANE MALLARMÉ. Paris, Perrin. — Noëlsjin-de-siecle,    par T H . HANNON et A. LYNEN.\nBruxelles, Lacomblez. — Bobin, par FERNAND BAUDOUX. Paris, Savine. — Mon Amant,\npar HENRY KISTEMAECKERS fils. Paris, Marpon et Flammarion. — L'Ennemi des lois, par\nMAURICE BARRES, Paris, Perrin. — Les Disciples d'Emmaûs,    par THÉODORE DE WYZEWA,\nParis, Perrin, — L'Etui de nacre, par ANATOLE FRANCE. Paris, Calmann-Lévy. — La\nTerre promise, par PAUL BOURGET. Paris, Lemerre.\n\n   Parmi les écrivains de la dernière génération qui ont, à des titres divers,\nattiré l'attention de la critique, M. Maurice Desombiaux s'est affirmé comme\nun des fidèles du poème en prose. Mais si les Chants des jours lointains et\nVers de l'espoir prouvent qu'il a cultivé, non sans quelque honneur, ce\ngenre ambigu et perfide, M. Maurice Desombiaux ne paraît pas encore sûr\nd'avoir trouvé la voie qui lui convient. Il hésite, et ses hésitations sont inté­\nressantes. Après avoir tâté du poème en prose, il a essayé du poème en vers,\nréguliers d'abord, irréguliers ensuite, et le voici maintenant qui nous\napporte un drame légendaire en trois actes, Les Amants de Taillemark.\n"}, {"page_pdf": 494, "texte": "                                    -   444 —\n\n       Je dis un drame légendaire, quoique le sujet soit emprunté à l'histoire,\n    parce que l'action se passe dans une Ardenne selon le cœur du poète, dans\n    une de ces provinces chimériques où les écrivains d'aujourd'hui aiment à\n    transplanter les fleurs oubliées des anciennes chroniques.\n       L'argument du drame est fort simple. Le vieux duc de Taillemark est\n    affligé de l'inimitié qui règne entre sa jeune femme Etgive et le prince\n    Rodolphe, l'aîné des fils qu'il a eus d'un premier mariage. Or, le sentiment\n    que le vieux duc, et le prince et la duchesse eux-mêmes prennent pour de la\n    haine, c'est un amour maladif et frénétique, un effroyable incendie charnel\n   qui, longtemps couvé, éclate enfin avec rage. Etgive et Rodolphe suc­\n   combent et le vieux duc, averti par la dénonciation d'une camériste, livre au\n    bourreau les amants incestueux.\n       On s'est amusé à rapprocher ce drame — tiré de la même chronique ita­\n   lienne que la Parisina de Byron — d'une foule d'œuvres disparates qu'il\n   est inutile d'énumérer. Le jeu est trop enfantin, car le sujet des Amants de\n    Taillemark est un des cinq ou six thèmes éternels qui résument la psycho­\n   logie de l'amour et auxquels on peut ramener toutes les tragédies érotiques.\n   Au lieu de consulter le Bottin des chefs-d'œuvre, examinons plutôt le drame\n   de M. Maurice Desombiaux.\n      Il appartient évidemment par sa forme — à part une ou deux scènes\n   accessoires — à un genre dédaigneux de toute action, extérieure ou inté­\n  rieure, en un mot, à cette espèce de théâtre qu'on pourrait appeler le\n   théâtre immobile, et qui a son expression la plus complète dans les\n  Mystères et les Autos sacramentales. Imaginez des personnages de vitrail,\n  éclairés de feux légendaires, se mouvant dans un décor fabuleux où leur\n  geste se fige en une attitude caractéristique. Ils ne parlent pas, ils se\n  chantent, ou plutôt, c'est M. Maurice Desombiaux qui les chante, qui les\n  chante en prose poétique, et qui, selon moi, a le tort de ne pas les chanter\n  en vers.\n      Cependant, ma critique principale ne vise pas le choix de la forme. On a\n  beau faire du théâtre immobile, du vitrail chantant, lorsqu'on s'attaque à\n  ce redoutable lieu commun passionnel : l'amour s'exprimant par la haine,\n la haine se résolvant en amour, il faut au moins nous montrer la transmu­\n tation des monstres. Or, M. Maurice Desombiaux escamote la métamor­\n phose : il se contente de nous annoncer qu'elle est accomplie. Ce tour de\n gobelet nous vaut, il est vrai, un duo d'inceste, d'une belle envolée lyrique,\n mais qui ne suffit pas à cacher le vice capital de l'œuvre. Ce que M. Mau­\n rice Desombiaux nous devait, c'était de plonger la torche dans l'âme de ses\n personnages, afin de les éclairer psychologiquement.\n     On m'objectera peut-être que, dans ce cas, le drame n'eût plus été du\n théâtre immobile, et que M. Maurice Desombiaux eût risqué de briser ses\n vitraux chantants. Il se peut faire, et je ne nie point qu'il n'en fût résulté\nquelque désaccord de forme. Mais le trou, le trou qui se creuse à la place\nde la scène principale du drame, le trou eût été bouché.\n     Cette critique formulée, je n'ai plus qu'à louer la musique, c'est-à-dire\nles phrases sonores et bien armées que M. Maurice Desombiaux a prêtées,\nsans compter, en poète prodigue, aux Amants de Taillemark.\n"}, {"page_pdf": 495, "texte": "                                   — 445 —\n\n\n\n\n    Un de nos collaborateurs français, M. Alber Jhouney, le poète de\n l'Etoile sainte et des Lys noirs, publie la troisième partie de son Livre du\n Jugement. Après avoir chanté la Création et la Chute, il célèbre aujour­\n d'hui la Rédemption.\n    M. Alber Jhouney appartenant à l'école ésotérique, et le Livre du Juge-\n ment étant une épopée initiatique, j'ai presque envie de me récuser. Je n'ai\n à connaître ici, en effet, que du mérite littéraire des oeuvres, et non des\n doctrines ésotériques qu'elles peuvent recéler.\n    M. Alber Jhouney a, d'ailleurs, exposé lui-même, en une longue pré­\n face, ses idées sur l'épopée initiatique et sur le symbole. J'y renvoie les\n spécialistes. Il me sera permis toutefois de détacher de cette étude intéres­\n sante deux fragments remarquables, dont la portée est purement littéraire\n et que j'engage fort certains jeunes poètes à méditer.\n    En quelques phrases lumineuses, M. Alber Jhouney apprend aux sym­\n bolistes, qui l'ignorent profondément, le sens exact du terme symbole :\n    « Le symbole initiatique, dit-il, est l'expression figurée, mais non arbi-\n traire, de vérités religieuses, morales, philosophiques, physiques même,\n dont il forme l'incarnation. Osiris, mort et ressuscité, est un symbole ini­\ntiatique parce qu'il représente, concentrée en une seule image, toute une\n série de vérités : i° Dieu émanant le monde, puis le rappelant à lui; 20 les\ncycles de l'évolution, tour à tour descendante et réascentionnelle ; 3° la révo­\n lution des âmes, allant de Dieu au monde, et du monde retournant à Dieu;\n4 0 la mission des justes et des héros manifestant le Divin par leur sacrifice ;\n 5° l'enseignement du vrai par son adaptation à l'intelligence inférieure;\n6° la volonté, perfectionnée par ses épreuves dans la sphère matérielle,\ntransfigurée dans la sphère idéale ; 7 0 la course quotidienne ou annuelle du\nsoleil, de la lumière à l'ombre, puis de l'ombre à la lumière, de l'été à\nl'hiver, puis de l'hiver à l'été, etc. Un symbole initiatique doit, par consé­\nquent, offrir un lien naturel avec une série de vérités. »\n    M. Alber Jhouney exprime ensuite, avec éloquence, les analogies de la\npoésie française avec la grande sculpture :\n    « L'idéal, dit-il, l'enferme en des limites, étroites en apparence, de\nlumière et de majesté. Mais, de même qu'un sculpteur profond, dans les\nbornes que la noblesse de son art lui impose, sait découvrir l'originalité\ndélicate et intime, l'originalité dans la beauté même, et dépasse ainsi, de\ntoute la hauteur de l'absolu, les originalités de barbarie, de contorsions et\nde laideur, ainsi le poète doit s'élever, en demeurant soumis à cette har-\nmonie austère de France, jusqu'aux découvertes pures et nobles, dont la\nnouveauté n'attire pas les yeux grossiers et plaît au sourire silencieux des\nvierges de Léonard, des statues impérissables et des saints recueillis dans\nleur mélodieuse béatitude. »\n   Voilà de hautes et nobles paroles, qu'on ne nous fait plus assez entendre,\net auxquelles j'applaudis avec bonheur.\n    M. Alber Jhouney reste fidèle à cette harmonie austère dont il parle\n"}, {"page_pdf": 496, "texte": "                                  — 446 —\n\nmagnifiquement et peut-être y resterait-il plus fidèle encore, si la partie\ndoctrinale de son épopée ne l'entraînait pas, de-ci, de-là, à des concessions\nregrettables. Quoi qu'il en soit, mainte page de l'œuvre s'éclaire d'un rayon\nde la vraie Beauté. L'éloge n'est pas mince lorsqu'il s'adresse à un poème\népique racontant la vie de Jésus et qui fut écrit après la Fin de Satan.\n\n\n    « Afin d'obvier à des déprédations et souhaitant se mettre en rapport\naisé avec le lettré amateur de publications courantes », M. Stéphane Mal­\nlarmé publie chez Perrin un Florilège de vers et de prose qui, selon le\npoète, « peut suffire au public comme inciter chez lui la curiosité d'ouvrages\nluxueux complets ».\n   Ce Florilège, orné d'une lithographie de Whistler, contient, parmi d'autres\npoèmes célèbres, les joyaux de prédilection qui s'appellent Apparition,\nSoupir, les Fleurs, le Cygne et Brise marine. Je déplore l'absence du chef\nd'œuvre intitulé Cette nuit. Quelques traductions de Poe, des extraits de\nPages et de Villiers de l'Isle-Adam complètent ce petit recueil, auquel la\nlibrairie Perrin voulut apporter des soins, un peu aveugles, je crois, car\nj'ai noté un alexandrin de onze pieds et cette étrange variante :\n\n                       C'est en héros effarouché\n                       S'il a du talent nu touché\n                       Quelque gazon de territoire.\n\n  Je préfère talon, et M. Mallarmé est de mon avis, probablement.\n  Le hasard, qui est malicieux, me force à rapprocher du Florilège de\nM. Stéphane Mallarmé un Christmas-Album, dû à la complicité de\nM. A. Lynen et de M. Théo Hannon : Noëls fin-de-siècle. Le pétulant\npoète des Rimes de joie s'y retrouve en strophes tortillées et nerveuses, en\nconcetti imprévus, en vers chatoyants et gaillards. M. A. Lynen a illustré\nchaque Noël d'un petit dessin très apéritif.\n  N. B. L'album est écrit pour les enfants bien sages, — deux fois majeurs.\n\n\n   Bobin, de M. Fernand Baudoux, un poète repenti devenu romancier,\nnous promet un observateur attiré par les milieux excentriques et peu\nconnus. C'est une histoire de cirque, racontée d'après les règles de l'esthé­\ntique naturaliste, mais avec une sobriété fort méritoire, ma foil par le\ntemps qui court. Ajoutons que M. Fernand Baudoux sait dresser un per­\nsonnage et lui donner le souffle vital. Brabandès, Gagignol, Belle et Bobin\nvalent mieux que les grossières marionnettes naturalistes. Tout au plus\npourrait-on leur reprocher quelques discours trop corrects et trop fleuris.\nEn somme, Bobin est un fort honnête roman, que l'on peut recommander\nsans se compromettre.\n   J'en dis autant de Mon Amant, le roman psychologique de M. Henry\nKistemaeckers fils. L'auteur a pris la précaution de nous avertir que son\n"}, {"page_pdf": 497, "texte": "                                  — 447 —\n\nœuvre est psychologique, au rebours sans doute de la précédente, Lit de\nCabot, qui ne boudait point le naturalisme.\n   M. Henry Kistemaeckers a fait une tentative assurément très louable, et\nce n'est pas moi qui lui reprocherai sa conversion au roman psychologique.\nMais il me permettra de le lui dire : ce n'est pas à vingt ans qu'on écrit un\nroman d'analyse. Mon Amant, malgré son déploiement de psychologie, est\nune œuvre beaucoup plus jeune et plus inexpérimentée que Lit de Cabot,\noù les faits et gestes des comédiens de petite ville étaient racontés avec viva­\ncité et avec justesse, par un témoin dispensé de toute invention. Dans son\nroman psychologique, au contraire, M. Henry Kistemaeckers fils a inventé,\nun peu naïvement. Il inventera vrai, plus tard.\n\n\n   M. Maurice Barrès, lui aussi, se targue modestement, — cet accouple­\nment de mots pourrait contenir la caractéristique de l'écrivain, — M. Mau­\nrice Barrès se targue d'avoir écrit un livret sentimental et de nous apporter\nquelque lumière sur la sensibilité contemporaine, qui eût été incompréhen­\nsible, affirme-t-il, pour nos pères et nos grands-pères. Tel est le but qu'il a\npoursuivi en composant l'Ennemi des lois.\n   Les phénomènes de sensibilité qu'il nous décrit, M. Maurice Barrès\nprétend les avoir observés. Il nous donne son héros, le sociologue André\nMaltère, et ses deux héroïnes, Mlle Claire Pichon-Picard et la princesse\nMarina, comme des êtres réels, et non comme des automates ingénieux\nchargés de Vaucansonner ses idées. Je pense que M. Barrès nous en fait\naccroire. Son André Maltère, un réformateur platonique qui se livre à une\nardente propagande révolutionnaire pour le simple plaisir d'avoir des idées\nnettes, sa Claire Pichon-Picard, une grande vierge émancipée qui traverse\nl'action, — et la vie d'André Maltère, — le crayon derrière l'oreille, dési­\nreuse seulement que l'on réponde à ses questionnaires sur la société de\nl'avenir, pareille à une fille de doctrinaire ralliée aux idées nouvelles, —\nM lle Dufaure, si l'on veut ! — et même sa Marina, ce joli animal plein de\nsensualité aristocratique, ne sont pas même des candidats à la vie. Leur\nexistence est hypothétique, et leurs aventures relèvent de la féerie, d'une\nféerie austère et, selon la charmante expression de Banville, d'une féerie\nlaïque, c'est-à-dire — sans fées. M. Maurice Barrès professe certaines idées\nsur le pacte social. Ces idées, il les prête à trois poupées selon son esprit, et\nlorsque ces trois poupées mettent ces idées en pratique, — M. Maurice\nBarrès attribue cette mise en pratique à un état de sensibilité déterminé.\nC'est la pratique des joueurs de marionnettes !\n   Quelles sont ces idées?\n   Que les lois ont été nécessaires, mais qu'elles ne le sont plus. « Au\ncommencement, dit André Maltère, nos aïeux en usèrent comme béquilles.\nElles les soutinrent jusqu'au point où nous sommes. Rejetons maintenant\ncet appareil désormais superflu et gênant. Les dogmes et les codes nous ont\nmis dans le sang la pitié et la justice. Aujourd'hui que nous nous en sommes\nassimilés la meilleure part, ils ne font plus que nous embarrasser de leurs\n"}, {"page_pdf": 498, "texte": "                                  -   448   -\n\nformules. » Retournons donc à la nature ; n'écoutons plus que notre ins­\ntinct, et imitons ce qu'il y a de meilleur dans l'homme : le chien.\n   En vertu de ces principes, André Maltère, après avoir professé ses doctrines\nrévolutionnaires pour le plaisir d'avoir des idées nettes, et Claire Pinchon-\nPicard, après avoir épousé André Maltère pour mener à bien une enquête\nsur le mouvement social, et la petite princesse, après avoir été, d'abord par\njeu, puis par amour, la maîtresse d'André Maltère, se retirent à la cam­\npagne, dans un phalanstère où tout est commun, les doctrines sentimen­\ntales, les repas, le gîte et le reste. Et voilà comment Fourrier sort de\nJean-Jacques, avec un faux air de Rétif de la Bretonne.\n   Si Voltaire revenait, il écrirait à M. Maurice Barrès : « Votre Ennemi\ndes lois est ravissant; il me donne envie de marcher à quatre pattes. »\n   C'est l'apothéose du chien.\n   M. Théodor de Wyzewa, dans ses contes chrétiens, Le Baptême de Jésus\net Les Disciples d'Emmaüs, arrive, par un chemin différent, à une conclu­\nsion semblable. Lorsque après avoir gâché leur vie pour avoir mal inter­\nprété les paroles du Christ, Cléophas et Siméon découvrent la communauté\nfondée par Alphée, l'humble valet d'auberge qui les a comprises, ils s'aper­\nçoivent que le bonheur est dans le plaisir. Chacun se choisit le travail qui\nlui convient, chacun y travaille aussi longtemps qu'il lui convient, ou ne\ntravaille pas du tout. Le bonheur, s'est d'avoir des désirs qu'on peut tou­\njours satisfaire. L'amour est libre, et cette liberté supprime les concupiscences\ndéfendues. Apprendre, c'est oublier, et penser, c'est s'abrutir. Il n'y a pas\nd'écoles, sauf celles où l'on donne l'exemple de la douceur et de la sensibi­\nlité. Les livres sont remplacés par des lèvres roses et par des bras tendres.\nIl n'y a pas d'art: c'est la nature qui est la vraie, la seule œuvre d'art.\n   Telle est l'organisation de cette petite communauté exemplaire, qui ne\npratique aucun culte religieux, mais qui se laisse baptiser de bonne\ngrâce par les apôtres, et qui construit même une église, où l'on célèbre les\nlouanges de Dieu sur les modes variés du plain-chant, <c pour consoler les\nvieillards, pour faire pleurer les jeunes filles et pour amuser les enfants ».\nEt la vie continua, nous dit l'auteur, « tranquille et douce, comme par le\npassé n.\n   Nous voilà bien près du phalanstère de M. Maurice Barrès. Marina et\nClaire étonneraient peut-être dans le village d'Alphée, mais ils ne scanda­\nliseraient guère cette Thélème où, pendant le repas, devant les étrangers,\ncomme dans les tableaux de Jordaens, le mari caresse sa jeune femme. Il\ny a place pour les héros de M. Barrès dans le village de M. Théodor de\nWyzewa.\n   La même sensibilité se retrouve dans les Disciples d'Emmaiis et dans\nl'Ennemi des lois. Mais M. de Wyzewa et M. Barrés s'abuseraient étran­\ngement s'ils nous donnaient cette sensibilité comme un phénomène de\nnotre temps. Cette sensibilité, c'est celle de Rousseau, de Bernardin de\nSaint-Pierre, de Chaumette; c'est celle des bucoliques et des pastorales qui\nprécédèrent la Terreur. Les toiles de Greuze sont l'expression plastique\nde cette crise universelle, et le personnage dominant dans la littérature\n"}, {"page_pdf": 499, "texte": "                                   — 449 —\n\nd'aujourd'hui, c'est de nouveau l'amant de la nature, c'est « l'homme sen­\nsible » de la fin du XVIIIe siècle. Peut-être les Barrès et les Wyzewa d'alors\nétaient-ils moins préoccupés d'Ignace de Loyola et de l'Evangile, tandis\nque nos Bernardin de Saint-Pierre et nos Rousseau font des conversions\nretentissantes. Grâce à eux, le diable, un de ces jours, fera sa première\ncommunion. Malheureusement pour les uns et pour les autres, de telles\nœuvres, quand elles ne sont pas un rêve poétique, apparaissent comme un\nhommage que la fantaisie d'un temps blasé rend à la vertu, ou, ce qui est\npire, comme le libertinage zézayant d'un vieillard tombé en enfance. Au\nfond, pour le chrétien qui croit à la tache originelle, ou pour le penseur\nconvaincu de la perversité naturelle de l'homme, ces prédications semblent\nmonstrueuses. Je suis prêt à admettre, si l'on veut, que chez des êtres\nexceptionnels, une sensibilité affinée puisse, dans certaines circonstances,\ntenir lieu de moralité, mais je n'aime pas que sous prétexte de nous bâtir\nune Salente, on prenne un caniche pour législateur. C'est très bien de prêcher\nla pitié et le renoncement, mais il ne faut pas remplacer l'amour par la\nchiennerie.\n   Si mes lecteurs pensent comme moi, je les engage à se consoler de\nM. Barrès et de M. de Wyzewa en lisant l'Etui de nacre et la Terre pro-\nmise. M. Anatole France et M. Paul Bourget sont en ce moment, selon la\nvieille expression française, fort « aboyés ». Il n'en est pas moins vrai qu'en ce\ntemps d'anarchie littéraire, la belle prose cristalline de M. France est un\nexcellent contre-poison, et que, devant les étranges prédicateurs d'aujour­\nd'hui, il y a un noble courage à étudier, comme le fait M. Bourget, les\nmystérieux problèmes de la responsabilité et les cas de conscience les plus\ndélicats de la vie morale. L'espace me manque pour analyser ces deux\nœuvres. Mais j'ai déjà proclamé mon admiration pour M. Anatole France,\net Cosmopolis, qui verra le jour à l'heure où paraîtra cette chronique, me\npermettra de m'acquitter envers M. Paul Bourget.\n                                                        ALBERT GIRAUD\n"}, {"page_pdf": 500, "texte": "                                                — 450 —\n\n\n\n\n                                       MEMENTO\n LE MACAQUE FLAMBOYANT (Suite).                           Tant elles sont entre les deux, comme aux confins\n                                                          D'une fleur neuve et d'un insecte qui se fripe,\n   Des lettres parisiennes de M. Georges                  Déjà plus papillon et pas encor tulipe.\nRodenbach :                                                 Enfin, pour les amateurs, ce sonnet du\n   « ... M. Deibier est un locataire et un                même poète et que nous avons retrouvé\nvoisin modèle : voilà dix-neuf ans qu'il                  dans une collection de la Plage, le journal\nhabitait, 3, rue Vicq-d'Azir, au troisième                balnéaire fondé par Emile Verhaeren :\nétage, sans déranger personne, sauf qu'il se\n                                                                         COUPS D'EVENTAIL\nlevait parfois un peu tôt pour,'« ses affaires »,\n                                                          Quand vous trônez parmi votre cour de galants,\ncomme il dit par un charmant euphémisme.                  Jouez de l'éventail à votre gré, coquette;\nAssez casanier, pour le reste, et s'amusant               Car ce frêle éventail est comme une raquette\nchez lui avec des tortues, il en a trois, dont            Pour repousser leurs cœurs moins lourds que des\nl'une vient manger dans sa main, presque                                                                [volants.\ncomme des Esseintes, sauf qu'il n'a pas le                Oh ! comme il est joli dans vos doigts indolents !\n                                                          Sujet tendre : Pierrot, blanc comme un lis, muguette\nmoyen d'incruster de pierreries la cara­                  Et menace du poing la lune dont l'œil guette\npace de la sienne.                                        Colombine qui fuit dans sa robe à volants.\n   « ... M. Deibler gardera sa légendaire                 Mais le trouble d'avoir cet éventail augmente,\nredingote noire boutonnée, constamment                    Car vous sentez comme un souffle de bouche aimante\n nettoyée de son sang par les benzines, pour              Qui vous court sur la joue à chaque battement.\nlaquelle il demanda un jour le ruban d'offi­              Et quand un aveu brusque et que rien ne présage\n                                                          Vous fait rougir, alors votre éventail charmant\ncier d'académie.\n                                                          Sert de feuille de vigne à votre pur visage !\n   « ...Est-ce que vraiment le poète du Vase\nbrisé, qui, las d'une réputation gracieuse,\navait écrit la Justice, le Bonheur, s'enfon-\n çant dans les plus haut problèmes philo­\n                                                             Fleurs de critique :\n sophiques, y aurait perdu la raison, comme\n                                                             De l'Indépendance :\n ces aéronautes du Zénith qu'il a célébrés,\n morts de s'être élancés trop haut et qui,                   « Mais en même temps que Baudelaire,\n jetant leurs corps comme dernier lest à la               voici qu'on veut aussi camper sur une place\n terre, ont continué l'ascension tout seuls ?             publique Barbey d'Aurevilly, et c'est ici que\n    Heureux d'apprendre que des Esseintes                 l'ère des difficultés commence. De quelle\n mangeait dans la main de Deibler, que le                 façon le sculpteur concevra-t-il son modèle?\n bourreau a demandé le ruban violet pour                  Ne devra-t-il pas avoir recours au procédé\n sa redingote, et qu'un aéronaute, pour con­              renouvelé des Grecs et employer le marbre\n tinuer son ascension, n'a qu'à se jeter par­             colorié pour représenter un écrivain qui\n  dessus bord, — passons à la poésie.                     disait de lui-même avec quelque fierté :\n    Ci quelques vers de M. Georges Roden­                 « Le visage humain est fait pour être ma­\n  bach, déjà nommé :                                      quillé. Je fais mieux que me teindre, je me\n                                                          peins. » Et quelle attitude prêtera l'artiste à\n Dans l'air moite et fiévreux des serres, s'abritant.\n Toute une orfèvrerie, un trésor d'orchidées :            ce fringant paladin catholique auquel ce\n Prismes devenus fleurs ; flammes consolidées,             Baudelaire, dont je parle plus haut, disait\n Forme où déjà le Rêve est moins inconsistant.            un jour avec une douce ironie :\n Fleurs sans famille, et qu'on dirait tout à coups nées       — Vous devez' vous confesser le poing\n D'un inceste, de quelque amour trop anormal\n D'une rose nubile et d'un vague animal                    sur la hanche.\n Qui s'aimèrent en de coupables hyménées,                     Enfin, comment le sculpteur habillera-t-i|\n"}, {"page_pdf": 501, "texte": "                                           — 451\n\nson modèle s'il a quelque souci de l'exacti­          Maître Martin, l'opéra MM. J. Blockx et\ntude historique? Lui campera-t-il sur la tête      E. Landoy, a été représenté avec succès à\nle chapeau aux ailes fortement recourbées ?        Bruxelles.\nLaissera-t-il entrevoir la présence discrète         On s'accorde à proclamer que le succès\ndu corset sur lequel se moulait, dit-on,           eût été un triomphe si le compositeur\nl'altière redingote de l'auteur des Diaboli-       n'avait pas été trahi par le librettiste.\nques? Lui mettra-t-il aux doigts des bagues\nen pierres précieuses... fausses? Retrous­\nsera-t-il les manches de la chemise sur               Le premier concert populaire a été bril­\ncelles du vêtement? Dieu sait si j'admire le       lant. Le chœur hollandais, sous la direction\ntalent de Barbey d'Aurevilly et si je com­         de M. de Lange, a merveilleusement chanté\nprends le pieux culte voué à sa mémoire            les œuvres de Du Fay, d'Okeghem, de\npar quelques fidèles, mais je ne peux pas          Josquin des Prés et de Roland de Lattre.\nme le représenter inspirant un statuaire, dût\n                                                      M. Joseph Dupont a été acclamé.\ntout le génie d'un Mercié, d'un Falguière\nou d'un Dubois s'atteler à cette étonnante\nbesogne. »\n                                                      Le sar Péladan a parlé au Cercle     artis-\n   La même Indépendance, qui ne peut pas           tique et au salon Pour l'Art.\nse représenter un d'Aurevilly en bronze,\nappelle Charles De Coster un pasticheur.\n   Che volete! Tout le monde ne peut pas\n                                                      Mlle Eugénie Meuris, du Théâtre-Libre,\nêtre Henry Fouquier, ni son fils Marcel, ni\n                                                   a lu, au salon Pour l'Art, avec un succès\nmême M. Charles Tardieu !\n                                                   mérité, des œuvres de MM. Severin, Demol­\n                                                   der, Eekhoud, Rodenbach, Gilkin, Giraud,\n                                                   Maeterlinck, Le Roy,Verhaeren, Lemonnier\n  Notre ami et collaborateur M. Joseph             et Picard.\nNève vient d'être nommé chef de division\nau ministère de l'intérieur. Félicitations\ncordiales.                                            Notre ami et collaborateur Léopold Wall­\n                                                   ner fait cet hiver, au cours de musique de\n                                                   Mlle Desmeth, une série de conférences sur\n   Les macrobites de la Galette ont exprimé        les maîtres du clavecin et du piano. Ces\nleurs idées sur la littérature contemporaine.      conférences sont accompagnées d'auditions\n   Echantillon :                                   musicales.\n   « La passion de connaître, de dire et de           M. Léopold Wallner a passé en revue les\nsavoir la réalité, se répandait dans la littéra­   œuvres les plus caractéristiques de Fresco­\nture et dans les arts. Les romanciers, à la        baldi, de Pasquini, de Rossi, de Purcell et\nsuite de Flaubert, s'abstenaient avec soin         de Ame.\nd'apprécier les actes de leurs personnages,           L'intérêt de ce programme était doublé\ndevenaient d'impassibles montreurs d'âmes,         par la science du conférencier.\nlaissant aux lecteurs le soin de sentir et de\njuger.\n   Le théâtre suivait le livre dans ses\naudaces.                                              A recommander le Manuel de Prononcia-\n   Les poètes proclamaient la supériorité de       tion de M lle J. Tordeus.\nla forme sur le fond, affichaient avec Gau­           Ce petit livre sera très utile, non seule­\ntier, Baudelaire, Leconte de Lisle le mépris       ment aux membres de la Chambre des\nde ce qui n'était pas image, rime ou               représentants, mais encore aux jeunes poè­\ncadence. »                                         tes qui riment comme ils prononcent: mal.\n"}, {"page_pdf": 502, "texte": "                                         — 452 —\n\n  Un journal illustré, Flirt, vient de paraître\nsous la direction de M.Henry Kistemaec­\n                                                    L'abondance des matières nous force à\nkers fils. Il a bonne mine et contient une\n                                                  remettre au prochain numéro le compte\npiquante composition de M. Léon Dar­\n                                                  rendu de plusieurs livres, parmi lesquels\ndenne.\n                                                  nous citerons Campagnole, de M. P. Caso.\n\n\n   Chez Knoetig, en une édition de très cor­        Vient de paraître le premier numéro de\nrecte apparence, M.Jules Du Jardin réunit         Blätter für die Kunst, une superbe revue\nen volume divers articles et études d'art.        dont nous reparlerons prochainement.\nTout n'est pas, dans ces pages, d'égal et de\nnotable intérêt : bien des choses décentes\ndans les revues passagères sembleront, en la\ngravité d'un livre, contingentes et insipides.       Un éditeur de Charleroi, M. Henry Qui­\nMais M. Du Jardin qui se révèle comme             net, vient de publier, dans une brochure\nun esprit curieux, très ouvert et très com­       très élégante (1 franc), les fables en patois\npréhensif, alerte, laborieux, chercheur,          du notaire Piérard qui s'étaient conservées\nsollicité par les orientations diverses des       dans le pays depuis de nombreuses années\nesthétiques contemporaires, a plus d'une          par la seule tradition orale et qui sont de\nfois, sur les sujets que l'on discute au temps    bien savoureux morceaux de poésie popu­\nprésent, dit plus et mieux que les superfi­       laire. Pour qui n'est pas du terroir, il est\nciels babillages des reporters investis de la     difficile d'en apprécier la verve, l'humour et\ncritique d'art. Le vingtisme,le mysticisme,       l'esprit; mais ceux qui aiment le wallon, les\nl'égotisme, le japonisme, l'hermétisme, et        trouveront particulièrement délectables.\nautres ismes à la mode, lui ont permis plus       M. J. Lemoine a entouré ces intéressantes\nd'un trait juste, plus d'un aperçu pénétrant.     piécettes d'analyses et de commentaires\nDes études sur des récents : Meissonier,          dont l'utilité n'était pas absolument démon­\nCrabeels, Isid. Meyers, L. Delbeke, Jan           trée.\nStobbaerts, et sur ces éternels : les Van            On nous annonce que notre collaborateur\nEyck et Memling, sont intéressantes et            Maurice Desombiaux va éditer à son tour\npersonnelles. C'est de la digne et conscien­      les œuvres d'un autre poète carolorégien :\ncieuse critique de bonne volonté, récon­          Bernus.\nfortante pour quiconque à la nausée des\nbanalités que fluent les journaux sur les\nœuvres d'art.\n\n\n   Dans l'Art moderne notre ami Jules\nDestrée continue ses études sur les Primi­\ntifs italiens. Ont paru des articles sur Oriolo\net sur l'Inconnu du Musée Staedel de\nFrancfort.\n\n\n\n\nNous prions nos abonnés de réserver bon accueil aux quittances\n     d'abonnement, qui viennent d'être mises à la poste.\n"}, {"page_pdf": 503, "texte": "       TABLE A L P H A B E T I Q U E\n                        DES MATIÈRES\n              CONTENUES DANS LE TOME ONZIÈME DE\n\n                      LA JEUNE         BELGIQUE\n\n\n\n         Accinelli (François).        Littérature anglaise :\nLa Danse des Rythmes. . . 245           Trois ombres                  69\n           Arnay (Albert).              Adieu                         70\nVers :                                  Trois poèmes de Keats . . 153\n   Coin d'âme                    56   Chronique littéraire . .   183,411\n  Sujet de foire                 56   Chansons d'amour . . . . 213\n  Envoi                          57   Dialogue                       289\nLes Labyrinthes tutélaires :          Poèmes en prose :\n  Prélude                       115     Le Triomphe de l'Amour . 378\nLa Belle qu'une barque amène. 309       Le Triomphe de laPauvreté.   385\nPoèmes                          390           Eekhoud (Georges).\n         Demolder (Eugène).           Fragments :\nLa Cité morte dans l'or. . .     22     Banlieue                         13\nLa Parabole des Vierges . . 137         Le Fossé                         14\nChœur d'anges                   229   Quelques scènes d'Ibsen . . 148\n       Desombiaux (Maurice).          La Mort de l'évêque Nicolas, 207, 233\nLied                             65   L'Honneur de Luttérath . . 261\nChronique du règne de Maho­           La Tentation de Minerve . . 366\n  met II                        197            Pontainas (André).\nMon cœur dans la caverne de\n                                      Les Vergers illusoires . . .    54\n  la Haine                      23o\n                                      Epilogue                       136\nLes Aigles                      429\n                                      Chronique littéraire . . . . 1 8 2\n           Destrée (Jules).\nPrières d'après les Primitifs .  67              Garnir (Georges).\nChronique littéraire. . . 8 7 , 442   L'Apôtre                         272\nCroquis judiciaires . . . .     275               Gilkin (Iwan).\n     Destrée (Olivier-Georges).       Rimes :\nMaison paternelle . . . .        52     Lumen                           70\n"}, {"page_pdf": 504, "texte": "                                      — 454 —\n\n    Pays de Rêve                           71     Mers                         . . 167\n    Arbre de Jessé                         72           Hérold (A.-Ferdinand).\n    Le Possédé                             74\n                                               La Vierge dans la Tour. . .            57\n    Transfiguration . . . .                75\n    Jettatura                            139            Itibéré da Cunha (J.).\n Chronique t h é â t r a l e . . . . 184 Le Modèle                                    68\n Vocation                                243             Jeune Belgique (La)\n Chronique l i t t é r a i r e . . . . 255\n                                               Au lecteur                              5\n Satan :\n                                               La directiongénéraledes Beaux-\n   Hymne à Satan . . . .                 284     Arts                               101\n   Le Te Deum du Pauvre               . 287 Questions du jour . . . .               361\n L'Invasion des Barbares . . 304 Un Théâtre lyrique historique 425\n Petites études de poétique fran­\n   çaise                                 334               Kahn (Gustave).\n   I I . — L e rythme.           . . 437       Vers  :\n                                                 Chanson de Mendiant . . 45\n              Gille (Valère).                    Le Chef sanglant.       . . .       47\n Vers :                                          Le Héraut                           47\n   Pour une châsse . . . .                37     Ancienne chanson . . .              49\n   Fleur d'Hiver                          39 Vers                                  364\n   Légende                                40    Image                              366\n   Vers                                 232\n                                                          Krains (Hubert).\n   Le Château des Merveilles. 232\n   Réveil                               232 Un Réveillon                             40\n   Veillée                              233                Maubel (Henry).\n  Nativité                           , 376 Fragment                                  59\n            Giraud (Albert).                  Fragment                            133\n                                              Croquis                              328\nLe Beau roi Charles IX . .                 9\nChronique littéraire, 79, 156, 176,                       Quillard (Pierre)\n  219, 249,311, 346, 413, 443.                Par l'Automnale Nuit . . .            64\nL'Adoration des Mages. . . 203\n                                                       Rahlenbeck (Gustave).\nLettre à M. Anatole France . 246\nLe Réveil du Roi                        274 Donneurs d'Aumônes . . . 332\nSoirs Valésiens :                                       Régnier (Henri de).\n  Le Prince au vitrail.         . . 402 Tel qu'en Songe (extrait) . .               36\n  Jalousie                              404\n                                                         Severin (Fernand).\n             Goffin (Arnold).                 Templa Serena . . . . .               51\nAvènement                                49 Chronique l i t t é r a i r e . . . .   85\nProses lyriques :                             Poèmes :\n  Statuette             1                65     L'Ile heureuse                    168\n  Le Paladin                            166     Doux pays                         169\n"}, {"page_pdf": 505, "texte": "                                — 455 —\n\n  L'Absent                       170 Henri De Braekeleer . . .          107\n  Bonheur                        325\n                                           Vielé-Griffin (Francis).\n  La Dame d'autrefois.     .   . 326\nRéveil                           428 L'Etape                             20\n         Stevens (Gustave).                   Wallner (Léopold).\nRegrets lointains                120 Littérature russe :\n          Sully (Huntley).             Poésies de Tutchew . . . 141\nLa Monparonne . . .         406, 431   Chansons populaires de la\n                                          Petite-Russie    . . . . 172\n       Tabibitte (Télesphore).\n                                       Poésies de Pouchkine        . . 216\nRenéghilade tertiaire . . . 225\n                                       Poésies de Lermontoff . . 217\n         Tardieu (Charles).          Le premier récit du podiatchy\nLettre                           126   de Schtchedrine     . . . .       290\n         Verhaeren (Emile).          Littérature  hongroise  :\n                                       Poésies d''Alexandre Petœfi. 394\nLes Rideaux                       17\nAu Carrefour de la Mort . . 104\n                                                       ***\nVers                             330\n                                     La réponse de M. Tardieu. .          95\n         Verlant (Ernest).           Chronique t h é â t r a l e . . . . 224\nChronique artistique. 88,123,189, Memento, 96, 130 161, 195, 226,\n  248, 318, 342, 440.                  258, 320, 354, 421, 450.\n"}, {"page_pdf": 506, "texte": ""}, {"page_pdf": 507, "texte": "            EN        SOUSCRIPTION\n                               CHEZ\n\n  E.   DEMAN,             LIBRAIRE A             BRUXELLES\n\n\n\n              TÉNÈBRES\n                       par Iwan GILKIN\n\n UN    VOLUME         GR.     IN-8, COUVERTURE                 OR\n\n                 avec frontispice par ODILON REDON.\n\n\n\n\nTirage unique à 150 exemplaires numérotés à la presse\n         DONT 110 SEULEMENT POUR LE COMMERCE\n\n             Ces HO exemplaires répartis comme suit :\n\n100 Sur papier de Hollande Van Gelder                 PRIX 15 FRANCS\n 10 Sur papier du Japon Impérial                      PRIX 30 FRANCS\n\n\n\n\n  N. B. — Une remise de 10 % sera faite en faveur des\nsouscriptions qui nous parviendront avant le 1er Juin.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1892-12-01", "preuve": "Décembre 1892, numéro 12, couverture PDF 473 ; aucun jour imprimé."}}