{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1893-02-n2", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-02-n2-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "février 1893. 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TOME XII. — No 2                                  13 me Année.\n\n\n\n\nLA\n     JEUNE\n                   BELGIQUE\n                                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-02-n2-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMM A I R E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 188, "fin_caractere_exclue": 1395, "texte": "SOMM A I R E :\n        Symptômes de réaction                                IWAN GILKIN.\n        Un incident                                         L A DIRECTION.\n         Le locataire                                       HUBERT S T I E R M E T .\n        Chronique musicale                                  ERNEST       CLOSSON.\n\n         Petites correspondances                           ■***\n         Memento                                            NEMO.\n\n\n\n\n           REDACTION                                               BRUXELLES\n110, RUE D E LA L l M I T E ,   BRUXELLES.                   PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                 3I, rue des P a r o i s s i e n s\n                                                                        PARIS\n     PRIX DU NUMÉRO                                       C H A M U E L , L I B R A I R E — ÉDITEUR\n                                                                     29, rue de T r é v ï s e\n          fr. 0-75.\n                                                                          1893\n\n\n\n\n                                                                                                       I\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-02-n2-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L I B R A I R E PAUL", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 368, "fin_caractere_exclue": 1100, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                              PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n  Fondateur         : M A X W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                            Directeur : IWAN GILKIN.\n                   Rédaction : 110, rue de la Limite, Bruxelles.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n   A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée-d'Antin.\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-02-n2-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L I B R A I R E PAUL", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1100, "fin_caractere_exclue": 2093, "texte": "L I B R A I R E                      PAUL         L A C O M B L E Z\n                            rue des Paroissiens, à Bruxelles\n                           V I E N N E N T DE PARAITRE :\n                                     MAX ELSKAMP\n\n\n                  Poésies, 1 volume in-16 raisin. Prix : 2 francs.\n  Il a été tiré quelques exemplaires sur hollande à 5 francs.\n\n                               STÉPHANE        MALLARMÉ\n\n   VILLIERS D E L'ISLE-ADAM\nUn volume petit in-16, avec portrait de Villiers, gravé par Desboutin.\n                           Prix : 3 francs.\n  Tirage sur hollande, avec 2 portraits, bistre et sanguine, à fr. 7-50. — Tirage sur\njapon, à grandes marges, avec 2 portraits, 15 francs.\n\n             PORTRAITS ET SILHOUETTES\n                     par le baron P. DE HAULLEVILLE\n\n                   Vient de paraître chez DEMAN, à Bruxelles\n\n          T É N E B R E S\n                                   par IWAN GILKIN\n                                  PRIX    15    FRANCS\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-02-n2-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 101, "page_fin": 107, "titre_corps": "Symptômes de réaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "SYMPTOMES DE RÉACTION", "ancre_fin": "ADOLPHE RETTÉ", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "UN INCIDENT", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": 101, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1645, "texte": "SYMPTOMES DE RÉACTION\n\n\n\n                                          Dans notre dernier numéro nous nous\n                                        élevions contre l'amorphisme décadent,\n                                        évolutif, symbolique, etc., que l'on subs­\n                                  titue tout doucement à notre vieil ennemi\n                                  l'amorphisme académique, nous proclamions\n                                de nouveau le culte de la forme et l'excellence\n                            de la formule l'Art pour l'Art et nous disions :\n                  « Nous ne craignons pas d'affirmer que la réaction est pro­\n                  chaine ; on en aperçoit déjà les prodromes. Proclamer cette\n                  réaction ce n'est pas reculer dans le passé, c'est marcher\n                  vers l'avenir. »\n                    Au moment même où paraissaient ces lignes, plusieurs\n                  revues françaises apportaient des preuves à l'appui de notre\n                  affirmation.\n                    Voici un fragment d'un remarquable article de M. Ca­\n                  mille Mauclair, dans le MERCURE DE FRANCE de février\n                  1893 :\n\n   Ce même sot, et d'autres, invectivant « la littérature fondée sur la vie artificielle du\ncerveau, des nerfs, et non sur la vie profonde du cœur », me feraient désirer violemment\nl'état d'âme d'un matérialiste intransigeant. Qu'eussiez-vous dit, Cabanis, de celte\nnuance? Et vous, Edgar Poe, Baudelaire, comme vous auriez souri de mépris à entendre\nproposer d'écrire les livres avec le cœur! Je respire là le relent de la fainéantise, de la\n"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 102, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3615, "texte": "                                        —    102   —\n\n lutte renoncée avec l'expression rebelle, de la diarrhée sentimentale excusant sa syntaxe\n par son émotion, et tout le drapé du demi-romantisme se dépenaille en ma rêverie,\n hantée du spectre hâve de Musset. Ceux-là nous incriminent d'avoir respectueusement\n scruté la pensée des autres, ils raillent nos intelligences « meublées », eux qui jugèrent\n plus simple d'ériger la leur en exemple, parfaite dès l'origine certes! suivant leur goût.\n Mais cette pâleur sur le manuscrit surchargé, cette aile chimérique insaisie au delà du\n cercle d'or de la lampe, et aussi cette fierté de n'offrir de soi que le suprême, en leur\n âme grossière que tout d'elle-même ravit, les conçoivent-ils?\n\n\n\n    Minute surprenante, où le nom d' « intellectuel » est devenu un signe de dépréciation\n sur les lèvres de jeunes hommes qui s'immiscent à la littérature ! Ils seront des \" senti­\n mentaux \", paraît-il : ô fauteurs des romances de 1840, piétinerons-nous le souvenir de\n Baudelaire et de Flaubert, pauvres « bûcheurs ». pour revenir à vous? Ceux-là n'ont\n jamais soupçonné ce que le génie quasi-fabuleux d'un Verlaine recèle de patient labeur,\n de science orchestrale, de respect du mot. d'amour illimité de l'écriture : vers faciles,\n disent-ils, et naturellement produits par l'inspiration. Bons naïfs, comparons, voulez-\n vous, l'esthétique de Sagesse et celle de Jocelyn ?\n    Intellectuels. Le mot garde tout de même sa noblesse et sa valeur d'art. Dans ce temps\n où le PANMUFLISME          prédit par notre ami Flaubert contamine tels nouveaux venus,\nfuturs parlementaires prônant Vogué ou INSULTEURS            DES MAITRES          D'HIER,\n notre groupe obstiné demeure, amants de la vie cérébrale. Le génie d'un Gœthe, d'un\n Mallarmé ou d'un Carlyle nous émeut. Le cœur, ce cœur, le vôtre dont vous parlez,\n gardez-le et créez ce que vous pourrez avec ce viscère encombrant. Nous prétendons\n exalter autrement le nôtre, et nous ne faisons pas, comme vous, des livres avec les\n petites frasques de la vie privée.\n   Le cœur, votre cœur? Vous dites cela comme certaines gens disent : j'ai mal au cœur.\nVous n'avez qu'une indigestion, c'est du ventre que vous souffrez. Vos racontars d'amou­\nrettes contrariées, c'est la littérature des commis amoureux, ce sont les vers de potaches.\nVotre idéalité déguise un onanisme, votre philanthropie un désir de parvenir,.\n   Nous avons appris dans Fichte et dans Emerson un autre idéalisme que celui des\nromances. Le don du style, le goût esthétique est notre défense : il vous serait commode\nde la ruiner en la proclamant illusoire et négligeable. Mais peut-être faudra-t-il du temps.\nLa passion héroïque de Villiers, le sentiment de Verlaine, nous les glorifions, nous n'en\nvoulons point d'autres, nous les avons et les gardons contre vous, malgré vos ingérences\net vos poses.\n\n\n\n   Littérature, maladie triste. On a l'art comme on a la fièvre chronique. Cela ne concède\nnul droit, nulle revendication, nul mérite : c'est un état dont on souffre, et voilà tout.\nEux, paradant, et pareils à des femmes imitant avec plaisir la mièvrerie des convales­\ncences, étalent leur sentiment, se disent inspirés... Pauvres au souffle court! Leur manie\nest fatigante. Ceux-là seuls, bien rares, qui savent le secret d'une page d'art, peuvent\ndire ce que sont le sentiment et l'inspiration, la mince valeur de ces mots vides; je les\nprononce : Sentimentalisme et flânerie.\n  La passion! Mais ce sont les seuls intellectuels qui peuvent l'exprimer! Si le cerveau\nne concentrait pas dans l'œuvre les désarrois des sens, où serait l'œuvre?\n"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 103, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3196, "texte": "                                        — 103 —\n\n   Est-ce que l'Amour est en dehors du paroxysme du moi?\n  Et ce mépris de la forme au profit du fond ! Suprême incarnation d'une cuistrerie\nnormalienne ignorante et ennemie de l'art! Le charme mystérieux qui allie au mot bien\nserti musicalement dans le vers sa plus exacte signification, ils ne le sauront jamais. En\nart, ils ont inventé cela, le fond distinct de la forme : étranges dessinateurs, sculpteurs\nabsurdes! « Il faut savoir son métier et réfléchir, il ne s'agit pas de lever les yeux au\nciel et de répéter qu'on a une âme pour faire une bonne chose. » Qui dit cela ? PUVIS\nDE       CHAVANNES.\n\n\n De son côté l'ERMITAGE, dans son numéro de janvier 1893, n'est pas\nmoins significatif. Voici ce qu'on lit dans un article intitulé : Petites\nVariations d'art :\n   L'art ne consiste pas dans l'émotion, dans le frisson, dans l'intense, il consiste, partiel­\nlement encore, dans le rendu de l'émotion, du frisson, de l'intense, ce qui n'est pas la\nmême chose. Pas plus qu'on n'est dessinateur si on ne sait dessiner, on n'est écrivain si\non ne sait écrire. Et il n'est pas commode d'écrire. Si la vie était l'art, tout être vivant\nserait artiste. Le poète le plus attendrissant a certainement moins souffert d'amour que\nl'obscur jouvenceau qui se loge une balle dans la tête. Et si le poète nous attendrit, c'est\nparce que son émotion a cessé et qu'il a pu écrire ses Nuits ou ses Elégies. Il n'y a rien\nde plus vivant qu'un moulage sur modèle, une photographie instantanée, une lettre\nd'amour authentique, même d'homme d'esprit, Benjamin Constant, il n'y a rien de moins\nartistique.\n   Conclusion : L'art n'est donc pas la vie seule, pas plus qu'il n'est la vérité seule. 11 est\nla vérité choisie, la vie exprimée esthétiquement. Mais si sans vie et sans vérité, il n'y a\nqu'oeuvres ratées, sans choix et sans expression il n'y a pas d'œuvre d'art. C. q. f. d.\n\n\n\n   Enfin, dans le numéro de février 1893 de la REVUE DES REVUES,\nM. George Barlow, qui poursuit sa très intéressante étude du Mouvement\nlittéraire en Angleterre, signale des maux analogues à ceux qui nous\nmenacent, et s'écrie :\n   Si des poèmes comme The Light of the World sont mis au jour, ce n'est pas par\nvéritable amour de l'art, et ce n'est pas non plus sous l'action de la triomphante impul­\nsion poétique qui a produit The Revolt of Islam, de Shelley, Childe-Harold de Byron,\n The ode on the Intimations of Immortality, de Wordsworth. Non, comme je le disais en\ncommençant, il faut que nous écrivions aujourd'hui avec un but moral défini; il faut que\nl'instinct de moralité gouverne nos poètes, aussi sûrement que l'instinct matériel gouverne\nnos marchands. Il faut que nos poèmes soient falsifiés de matière didactique aussi fata­\nlement — et aussi désastreusement— que notre café est falsifié de chicorée, notre porto\nde bois de Campêche et notre beurre de saindoux. Si un écrivain dramatique écrit une\npièce, c'est pour chatouiller les préférences des « Dieux » tonnants du balcon, avec\nl'éternelle histoire du méchant Squire, de l'innocente fille de village et du vertueux\nlaboureur ; et si quelque poète se met à chanter, il faut qu'il le fasse, non pas comme un\n"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 104, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2882, "texte": "                                     — 104 —\n\npoète couronné par les muses sur l'Hélicon, mais comme M. William Morris, notre\nlauréat socialiste, acclamé et éclaboussé d'éloges par la foule tapageuse de Trafalgar\nSquare.\n\n    Cela ne fait que commencer, mais cela ira rinforzando. Peut-être\nverrons-nous les éternels suiveurs qui ont été naturalistes après coup, puis\ndécadents après coup, évolutifs après coup, symbolistes après coup, poin­\ntillistes après coup, etc., etc., être un beau jour, — ô jour trois fois\nheureux, — pris d'une crise de réaction classique après coup! Mais qu'ils\nveulent bien ne pas oublier alors qu'aujourd'hui nous leur montrons le\nchemin et qu'ils nous combattent.\n                                                         IWAN GILKIN\n\n\n  Au moment de mettre sous presse, LA P L U M E du 1er février 1893\nnous apporte un article de M. A D O L P H E RETTÉ. Nous le repro­\nduisons en entier : il est intitulé L'ART ET L'ANARCHIE.\n\n                                          I\n   Un penchant singulier se donne carrière actuellement dans la littérature,\n penchant qui se porte sur le socialisme et sur l'anarchie — surtout sur\nl'anarchie. M. Alphonse Germain, dans un admirable article (Ermitage de\n novembre 92 a fort bien relevé ce qu'une telle tendance, chez certains\npoètes et prosateurs de notre génération, comportait de pose inconsciente,\nd'affectation puérile et d'illogisme esthétique. Il a dit en substance : « Si\nvous êtes réellement convaincus, ce n'est point par vos écrits plus ou moins\nélégants, et qu'ils ne peuvent comprendre, que vous servirez les prolétaires,\nc'est par la parole et par l'action, c'est en vous mêlant à eux, en vivant de\nleur vie. » Cette très nette et parfaitement exacte déclaration permet de\nplacer la question des rapports de l'art avec la sociologie sur son véritable\nterrain et de parer d'avance a plusieurs malentendus fâcheux qui ne\nmanqueraient pas de se produire si le dilettantisme sociologique devait se\npropager ainsi qu'il menace de le faire. Il y a donc lieu de poser à nos fan­\nfarons d'anarchie le dilemme suivant : Ou vous êtes des anarchistes sincères\net dans ce cas votre devoir est de vous donner entièrement à vos doctrines\net de les mettre en pratique, dans la mesure de vos forces jusqu'à leurs plus\nextrêmes conséquences, y compris la propagande par le fait; vos écrits\nseront des écrits de combat destinés au peuple, lui parlant sa langue ; et\nalors, vous serez des sociologues militants — vous ne sauriez être des\nartistes. Ou vous êtes des artistes et dans ce cas votre devoir unique est de\nvouer votre vie à la défense et à la glorification de l'Art. Il n'existe pas de\ncompromis possible. Les servants de l'Art ont pour mission exclusive de\nsauvegarder la tradition d'Idéal, d'exalter la Beauté une et toujours inté­\ngrale, hormis toutes contingences matérielles, toutes évolutions sociales,\n"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": 105, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3359, "texte": "                                  105\n\n\ntoutes distinctions d'époques littéraires. Il a fallu les lamentables confusions\nd'idées qui font du XIXe siècle le siècle du néant philosophique par excel­\nlence, il a fallu l'advenue au pouvoir d'une basse médiocratie, pourrie de\npositivisme, imbue de la folie du progrès, poursuivant de sa rage envieuse\nau nom d'on ne sait quel abominable et sacrilège principe d'égalité, toute\nsupériorité intellectuelle ou morale, il a fallu la burlesque éducation qui en\ndécoula pour que cette antinomie monstrueuse, l'Art social, ait pu se sou­\ntenir sans qu'il en fût fait dédaigneusement et à jamais justice par ceux de\nqui c'était le rôle, par les poètes.\n                                        II\n   L'Art pur, l'Art vrai, l'Art qui \" n'a d'autre but que soi-même \" exige\ntoutes nos pensées, toute notre abnégation Jamais, peut-être, il n'a subi\nautant d'outrages qu'au temps présent. Nos anarchistes de lettres le savent\naussi bien que nous : le bourgeois contemporain déteste l'Artiste d'une\nhaine qui, pour se dissimuler souvent sous des dehors d'ironique bienveil­\nlance, n'en est pas moins fondamentale — instinctive... une haine de\nVentre à Cerveau. L'Artiste a-t-il jamais espéré du bourgeois la moindre\nadmiration, moins encore, la moindre déférence? N'est-il pas le paria dont\non se garde de crainte qu'il ne communique cette lèpre : la Pensée? Il s'en\nest peu soucié, content d'écrire pour ses pairs et d'en recueillir le suffrage.\n   Le bourgeois, après quelque effarouchement, provenant bien plus de son\nhorreur de toute nouveauté que d'un scrupule de morale, s'est rué à la litté­\nrature qui lui convenait, une littérature grossière n'exaltant, sous couleur\nde précision documentaire et scientifique, que les instincts bas, les sensa­\ntions brutes, les exceptions pathologiques, les faits médiocres, inventant\nune humanité à l'image des porcs — je veux dire la littérature naturaliste.\nDans ce miroir fangeux la foule trouva de quoi se mirer, elle put regarder\nen bas, délivrée enfin, par les soins des écrivains réalistes, de cet azur\nimportun vers où un obscur respect l'incitait jadis, malgré tout, à lever\nquelquefois les yeux. Le principal coupable — très inconscient car dénué\nde toute aspiration haute — fut, on ne saurait trop le répéter, M. Emile Zola.\nIl a mésusé de l'Art et d'autant plus gravement qu'il possédait des dons\nartistiques d'ordre très inférieur, il est vrai, mais indéniables. M. Zola a\ntous les succès d'argent et de notoriété qu'on peut souhaiter; M Zola voit\nà ses pieds les journaux qui le conspuaient naguère ; il préside la Société\ndes Gens de Lettres ; il sera de l'Académie. Mais M. Zola a rabaissé l'Art au\nrang d'un catalogue des fonctions animales. Aussi, ce qui lui est sans\ndoute bien indifférent, n'a-t-il pas notre estime et ne l'aura-t-il jamais.\n   Quant à la sorte de faveur dont jouit le réalisme, elle est plus apparente\nque réelle : le bourgeois n'y a cherché que les immondices — qui s'y\ntrouvent. Pour preuve, la survente constante du plus malpropre des livres,\nNana, et le succès scatologique de ce puant cloaque La Terre. Enfin, et\nc'est là que réside la condamnation absolue du réalisme, cette école n'a pas\nproduit un seul poète — elle ne pouvait essentiellement pas en produire.\n Les poètes vivaient leur rêve à l'écart et maintenaient, en vue de quelques-\n"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": 106, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3231, "texte": "                                   — 106 —\n\nuns, la notion de Beauté, peu curieux qu'ils étaient du marais démocra­\ntique ambiant.\n   Si nul d'entre les poètes ne s'est jamais préoccupé des intérêts sociaux de\nla Bourgeoisie, combien devront-ils se garder plus soigneusement de se\ncommettre, en tant que poètes, au service du peuple. Le bourgeois est une\nbête maligne, un être de proie retors et corrompu. Le peuple est une brute\nmassive et qui souffre, d'autant plus dangereuse qu'elle est lasse de souffrir.\nSon effroyable malheur n'a d'égal que son effroyable bêtise. Si l'on doit\ncompatir à l'un, on doit aussi se garder de l'autre. Donc, encore une fois,\nanarchistes littéraires, vouez votre existence, et votre fortune si vous en\navez, à le soulager, à l'instruire selon sa rudimentaire intelligence, sauvez-\nle des sinistres imbéciles — bourgeois en germe ou bourgeois aigris — qui\nprétendent le guider, ce sera bien, ce sera beau, ce sera évangélique —\nmais ne compromettez pas l'Art dans cet apostolat. Car sachez-le — et vous\nle savez depuis Proudhon — la société qu'ils rêvent, la société dont nous\nmenace l'imminent bouleversement qui donnera le pouvoir au Quatrième\nEtat, prohibera toute supériorité même intellectuelle, surtout intellectuelle,\nn'admettra que l'Art utile. Quiconque tentera de s'élever au-dessus de\nl'égalité, de la bêtise régnantes sera poursuivi avec une haine mille fois\nplus violente que l'animosité dissimulée et raffinée des bourgeois contre les\nArtistes — la haine de Caliban tout-puissant contre Ariel.\n   Est-ce à dire que le temps où nous vivons soit préférable? Assurément\nnon : le mal vient de loin ; il date, pour nous, de cette horrible époque :\nla Révolution française; dès lors une étrange fatalité a poussé à la destruc­\ntion de toute tradition, de toute croyance, de tout Idéal désintéressé; de\npar une logique démoniaque, le désastre s'est aggravé rapidement : le\nculte prédomine, universel, de la satisfaction des appétits et du bien-être\nmatériel — hormis toute Idée pure, toute aspiration vers En-Haut. Aujour­\nd'hui le niveau intellectuel va s'abaissant davantage encore. La comédie\naryenne est jouée. Voici se lever l'aurore noire des temps maudits : nous\nsubirons le règne des prolétaires, puis viendra l'invasion des barbares... et\nnotre civilisation sera anéantie.\n                                       III\n   Or, peut-on admettre un instant que la mission des poètes soit de hâter\nce désolant destin ? Qui l'osera soutenir de ceux qu'une vocation supérieure\nvoue à l'Art? S'il en existe quelques-uns, ce sont ou des enfants incons­\ncients qui s'amusent d'une mode —et il faut les plaindre, ou des pharisiens,\ndes marchands du Temple — et il faut les mépriser. Le devoir des poètes\nest d'affirmer l'aristocratie de l'Idée, la seule légitime, car les Artistes sont\nles Aristes. Indifférents au succès passager, méprisant la notoriété tempo­\nrelle et la vaine acclamation de la foule aussi bien que ses huées, ils se\ncloîtreront dans l'Art. Ils seront les chevaliers du Graal de Beauté et garde­\nront des sectaires du Ventre l'arche sainte du Rêve.\n   Et ils prieront Notre Père qui est aux cieux.\n   On les bafouera, on les persécutera ; ils erreront honnis et vaincus, don\n"}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": 107, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 488, "texte": "                                        —    107 —\n\n\nQuichottes opprimés par un sanhédrin de Sanchos Panças... Qu'importe :\nles sociétés s'écroulent, les peuples disparaissent — l'Avenir lointain leur\nappartient et ils légueront à la Pensée future — eux seuls puisque l'Eglise\nn'est plus qu'une ruine habitée par les pires Médiocres — le patrimoine\nd'Idéal de l'humanité.\n                                                                ADOLPHE        RETTÉ\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-02-n2-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 107, "page_fin": 110, "titre_corps": "Un incident", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Direction", "ancre_debut": "UN INCIDENT", "ancre_fin": "On est prié d apprendre à lire", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 122, "page_imprimee": 107, "debut_caractere": 488, "fin_caractere_exclue": 2732, "texte": "UN INCIDENT\n  M. Georges Eekhoud nous adresse la lettre suivante :\n\n       A Monsieur le Directeur de LA JEUNE BELGIQUE.\n              MONSIEUR,\n\n   Une partie des « Déclarations » publiées dans votre numéro de janvier 1893 étant\nincompatibles avec mes convictions artistiques et révélant un esprit d'intolérance et\nd'exclusivisme que notre revue n'avait jamais montré jusqu'à présent, je me vois con­\ntraint, à mon grand regret, après douze ans de solidarité et d'étroite communion\nlittéraires, de vous envoyer ma démission de membre du comité de la Jeune Belgique.\n   Agréez, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma cordiale estime.\n                                                                  GEORGES EEKHOUD.\n\n\n Cette lettre, d'une si grande austérité administrative était heureusement\nmitigée par le billet suivant, qui se trouvait sous la même enveloppe :\n  « Veux-tu. mon cher Iwan, insérer dans le prochain numéro de la Jeune Belgique la\npetie déclaration ci-incluse ? Il va sans dire que si je n'admets pas tes théories ou plutôt\nque si je n'admets pas que tu imposes tes théories à tous les artistes (1), j'éprouve toujours\npour ton art, pour ton œuvre une sincère admiration. J'espère aussi que, malgré nos diver­\ngences d'idées en ce qui concerne le rôle de l'artiste et la nature de l'œuvre d'art, nous\nresterons amis et que ton impassibilité et ma sensibilité ne nous empêcheront pas\nd'entretenir les meilleurs rapports.\n                                                                         Bien à toi,\n                                                                          GEORGES.\n   P. S. — Le numéro est superbe. Toutes mes félicitations I Mais le petit memento à\nl'adresse de De Molder me gâte un peu cette livraison modèle. »\n\n  Nous remercions M. Eekhoud de ses sentiments cordiaux. Les nôtres\nsont réciproques.\n  Et maintenant, discutons.\n  La Jeune Belgique appartient en commun à MM. Albert Giraud,\nGeorges Eekhoud, Henry Maubel, Francis Nautet et Iwan Gilkin\n\n  (1) M. Eekhoud me prend sans doute pour l'Empereur de la Chine; je n'ai pas encore\ntrouvé le moyen d'imposer mes théories ni à tous les artistes ni même à un seul. Les lois\ndu pays ne me permettent pas de faire couper la tête aux récalcitrants.\n"}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": 108, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3217, "texte": "                                       — 108 —\n\n    Chacun des propriétaires a le droit d'insérer dans la revue, sous sa\n signature, tel article qu'il lui plaira.\n    En publiant sous ma signature de directeur de la revue mon opinion sur\n le mouvement littéraire en Belgique, je n'ai donc fait qu'user de mon droit.\n M. Eekhoud avait le loisir de me contredire. Il a préféré mettre fin un\n peu brusquement à notre « solidarité » et à notre « étroite communion\n artistique ».\n    Mais il y a plus, mes « Déclarations » de janvier 1893 ne sont point des\n nouveautés. Je n'ai fait qu'y affirmer, une fois de plus, ce qui a toujours été\n notre programme commun Et M. Eekhoud, loin d'en combattre les idées,\n les approuvait.\n    En effet, tout article signé la Jeune Belgique est, avant sa publication,\n lu et approuvé par les propriétaires de la revue; seul, M. Nautet, retenu par\n ses occupations, n'a pu régulièrement participer à ces petites cérémonies.\n Comparons donc mes « Déclarations » de janvier avec quelques articles\n signés la Jeune Belgique, lus et approuvés par M. Eekhoud.\n    Dans mes « Déclarations », je constatais que la jeune littérature subit\n une crise pernicieuse; j'affirmais à nouveau la nécessité du culte de la\nforme et l'excellence de la formule : l'Art pour l'Art; enfin, je prédisais\n une réaction prochaine contre l'amorphisme décadent, symboliste, etc., et\n j'ajoutais: « Proclamer cette réaction, ce n'est pas reculer dans le passé,\n c'est marcher vers l'avenir. »\n    Or, deux mois auparavant, dans notre numéro d'octobre-novembre 1892,\n on lit :\n   Ayons la franchise de le dire : toutes les vieilles hérésies relèvent la tête.\n   Comme en 1880, les De Monge — nos Brunelière — excommunient les Baudelaire et\nles Barbey d'Aurevilly au nom de la religion et de la morale.\n   Avant 1880. nos écrivains étaient parqués en deux camps : le camp catholique et le\ncamp libéral. Aujourd'hui, on se met à parler d'art démocratique et d'art réactionnaire.\n   Avant 1880, on exigeait de notre littérature qu'elle fût nationale, c'est-à-dire belge,\nbelge jusqu'à la platitude et jusqu'au néant. Aujourd'hui, on se divise en Flamands et\nWallons, et l'on se fourre de nouveau, d'une autre manière, le clocher dans l'oeil.\n   Eh bien, si les vieux Doudous recommencent leurs promenades dans notre littérature,\nils seront reçus comme il y a douze ans.\n   Ceci n'est qu'un simple avertissement.\n L'article est signé la Jeune Belgique, c'est-à-dire MM. Giraud, Nautet,\nMaubel, Gilkin et Eekhoud.\n Dans l'article « Au lecteur » qui ouvre l'année 1892, on lit :\n  Les bigots n'ont pas été moins malmenés que les cuistres. Au congrès catholique de\nMalines une généreuse jeunesse a déchiré le petit Syllabus antilittéraire que tentaient\nde fulminer contre nous les derniers jansénistes de l'Université de Louvain. Elle n'a pu\nempêcher toutes les sottises, mais du moins, grâce à ses efforts, le Congrès, sollicité de\ncondamner la formule « l'Art pour l'Art », écarta la question.\n  Et plus loin :\n  La Jeune Belgique profite de l'occasion pour rappeler qu'elle est et demeure étrangère\nà toute espèce de parti politique.\n  Son unique charte, c'est la formule : « l'Art pour l'Art ». C'est assez dire qu'elle\n"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": 109, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3877, "texte": "                                        109\n\n\nn'entend pas plus aujourd'hui qu'autrefois admettre n'importe quelle théorie d'art social,\npolitique, philosophique ou confessionnel. Il va de soi que chacun de nos collaborateurs\ngarde le droit de professer en son nom personnel telle opinion qu'il lui plaira.\n\n   Cet article est signé la Jeune Belgique, c'est-à-dire MM. Giraud,\nNautet, Mauhel, Gilkin et Eekhoud.\n   En tête de notre n° 9 du tome X (septembre 1891) on lisait, dans un article\nintitulé : L'Art pour l'Art au Congrès de Matines :\n   On se rappelle la vigoureuse campagne que la Jeune Belgique mena, plusieurs années\ndurant, envers et contre tous, en faveur de la formule : L'ART POUR L'ART. Cette formule\nfut notre cri de ralliement. Elle signifiait que nous voulions être artistes, rien qu'artistes.\nElle signifiait encore que dans ses travaux d'art l'artiste doit poursuivre avant tout son\nidéal artistique. Elle écartait les prétentions funestes des stériles théoriciens qui veulent\nréduire l'art à n'être que l'humble valet d'une doctrine quelconque. Elle mettait donc l'art\net l'artiste en liberté. A chacun sa foi, ses croyances, ses opinions, à chacun son tempé­\nrament ou sa personnalité, mais à l'aspirant artiste cette règle salutaire : «Avant tout,\ndans ton labeur, la recherche passionnée et désintéressée de la Beauté telle que tu la sou­\nhaites. Et que ce souhait soit sincère. Cherche à réaliser la Beauté qui attire véritable­\nment ton cœur, et accomplis cette réalisation selon ta nature personnelle et tes forces\nparticulières. »\n   On se demande, en vérité, à quelles doctrines, à quelle religion celte formule pourrait\nporter atteinte. N'est-ce point l'absolue liberté pour chacun? Mais nous repoussons\ncomme mortelles pour l'art et l'artiste les doctrines qui prétendent imposer à celui-ci la\npréoccupation dominante de faire un prêche ou une démonstration. Qu'à l'heure du\ntravail, le Vrai, le Bien et le Beau restent chacun dans leur domaine, et la besogne sera\nbien faite. Nous ririons bien du savant qui serait plus préoccupé de faire beau que de\nfaire vrai. Et qui donc oserait combattre les formules : la Science pour la Science? ou :\nla Vertu pour la Vertu?\n   Notre formule, dont on peut ne se point préoccuper en d'autres pays, où elle est pra­\ntiquée sans soulever de contestation, était et est encore en Belgique d'une importance\ncapitale.\n   Nous avions à retirer l'art du gouffre de l'utilitarisme; nous avions à émanciper l'artiste\net le public, à débarrasser l'esthétique de l'un et de l'autre de tout doctrinarisme étranger\nà l'art, à rendre à la forme le culte nécessaire. Ce n'est que par la plus insigne mauvaise\nfoi ou la plus complète inintelligence de notre formule que l'on a pu nous accuser de\ndéclarer la guerre à une Idée quelconque, — religieuse, philosophique, scientifique ou\nsociale. Nous ne combattons même aucune forme en soi, mais seulement les applications\nmaladroites qu'on en peut faire, et surtout les œuvres informes. Voilà pourquoi dans\nnotre république littéraire, on voit vivre côte à côte, sur le terrain de l'art, des chrétiens\nsincères et de parfaits libres-penseurs, des adeptes de telle ou telle philosophie où d'irré­\nprochables sceptiques, qui demanderaient volontiers si le mot philosophie s'écrit avec\ndeux f.\n\n   Cet article, signé la Jeune Belgique, a donc été lu et approuvé par\nM. Georges Eekhoud.\n   Il y a mieux encore. Interviewé par la Nation, M. Georges Eekhoud a\nfait lui-même les déclarations suivantes :\n  « L'art pour l'art est une formule générale donnant satisfaction à tous les genres\nde talent. Je puis faire de l'art dit social, je puis me rallier à n'importe quel système\nphilosophique, je puis être socialiste, républicain, aristocrate, athée, croyant, — question\nsecondaire! — Barbey d'Aurevilly, le catholique intransigeant, a fait de l'art, tout comme\nHomère, le païen.\n"}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": 110, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3439, "texte": "                                        110\n\n\n  Il y a chez nous des convervateurs et des anarchistes, des gallophiles et des germanis­\nsimes, des poètes ne rimant qu'en alexandrins, d'autres prêchant le vers libre. Mais tous\naiment et respectent sincèrement l'art, tous ont horreur de la platitude, de la vulgarité,\ndu débraillé et du « laisser-aller » littéraire; tous savent se tenir et entretiennent l'un\npour l'autre une loyale estime. »\n\n   Ou cela ne veut rien dire, ou cela signifie que M. Eekhoud partage nos\nidées sur la nécessité d'une bonne forme littéraire et sur la valeur de la for­\nmule l'Art pour l'Art.\n   On se demande comment ces idées, qui n'étaient ni exclusives ni intolé­\nrantes avant notre numéro de janvier 1893, sont devenues révélatrices d'un\n« esprit d'intolérance et d'exclusivisme » dans ce numéro de janvier 1893.\n   Si M. Eekhoud n'a pas d'autre raison de mettre fin à une « solidarité » et\nune « étroite communion artistique » de douze années, il faut reconnaître\nque cette solidarité et cette étroite communion n'étaient plus très solides.\n   M. G. Eekhoud se retourne et prétend que nous avons tourné.\n   Le public ne s'y trompera pas. Nous n'en voulons pour preuve que le\nlangage de la Nation qui, à ce point de vue, apprécie en ces termes nos\n« Déclarations » de janvier 1893 :\n   La Jeune Belgique achève sa douzième année, ce qui devient grave pour une Revue\nque son titre condamne à rester toujours jeune. C'est presque l'âge de la maturité, et la\nquestion se pose de savoir si les idées au nom desquelles on a engagé le combat aux jours\nbrillants, mais téméraires peut-être, du début, sont restées celles de l'âge de raison. La\nJeune Belgique a deviné que ce point d'interrogation pourrait se dresser dans l'esprit de\nses lecteurs et elle n'a pas voulu le laisser sans réponse. Elle profite de l'occasion que lui\noffre sa douzième année d'existence pour affirmer à nouveau sa foi artistique, et ce n'est\npas sans fierté, qu'après cette carrière déjà longue, elle vient déclarer aujourd'hui que\nsa foi ne s'est point attiédie et que son drapeau reste toujours tel qu'elle l'a déployé le\npremier jour.\n   C'est le principe de « l'art pour l'art » qui a retenti comme la sonnerie du clairon du\ndépart; et après douze ans de campagne, c'est de la même formule que la Jeune Belgique\nse réclame avec la hautaine intransigeance des purs croyants qui se subordonnent eux-\nmêmes, sans marchander, à leur foi, et qui rapportent bien sincèrement à la vertu de\nleur dogme tout ce qui s'est fait autour d'eux depuis qu'ils ont planté leur étendard au\ngrand soleil. Nous applaudissons, quant à nous, à ces dogmatismes, si absolus qu'ils\nparaissent, à la condition qu'ils enfantent des œuvres. Et la Jeune Belgique est une\nœuvre, et elle-même a inspiré des œuvres et a été le berceau de leur éclosion.\n\n  On le voit, nous restons fidèles à notre programme. Nous en avons\néprouvé la valeur et nous avons confiance en l'avenir.\n\n                                                             LA D I R E C T I O N (1)\n\n\n\n\n   (1) Il importe de mettre fin à un malentendu propagé grâce à de mauvais dictionnaires:\nles articles signés la Direction émanent du directeur et marquent l'orientation, la direc­\ntion qu'il compte donner à la revue dans la limite de ses pouvoirs. La Direction signifie\nla Direction et non pas la Rédaction, ni les propriétaires, ni n'importe quelle autre chose.\nOn est prié d'apprendre à lire."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-02-n2-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 111, "page_fin": 119, "titre_corps": "Le Locataire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Hubert Stiernet", "ancre_debut": "LE LOCATAIRE", "ancre_fin": "HUBERT STIERNET", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": 111, "debut_caractere": 75, "fin_caractere_exclue": 2538, "texte": "LE LOCATAIRE (1)\n              Depuis deux ans, la veuve vivait avec son père. Son existence\n                s'étirait en interminables broderies faites de plus de soupirs\n                que de points, à côté de ce grand vieillard devenu sourd, ne\n                parlant presque pas, ne remuant pas, rentrant doucement dans\nla terre. Certaines heures où s'exaspérait sa nervosité lui donnaient la sen­\nsation d'être enfermée vive dans un tombeau. Sans prévision de tendresses\nprochaines, elle mettait tout son temps à vieillir, prenant le pas de celui\ndont le terme était proche.\n    Puis, un jour, le fils d'un ancien ami du père, nouvellement arrivé en la\nlocalité, vint leur faire visite. Cet incident banal fut un événement dans la\nvie de ces oubliés. Le visiteur, un grand garçon pâle aux yeux de rêveur,\nrevint et, dans l'intimité de la maison de silence, s'ébaucha le roman de\nleurs amours. L'ère heureuse qui suivit ne lui laissa pas l'occasion de se\ndemander comment celle qu'on appelait « la froide, la sévère », qui avait\ncru voir, il y avait trois ans à peine, s'évanouir à jamais toutes les joies,\nressuscita en son cœur cette floraison d'amour.\n    Les sens émoussés du vieux parurent s'apercevoir du changement survenu\ndans sa fille, et son attitude vis-à-vis d'André, ses regards lentement\ndétournés leur prouvèrent combien est vivace chez un père cette faculté de\nlire dans le cœur de son enfant. Un sentiment d'égoïsme avait peut-être\naidé à cette découverte : il s'était senti volé d'une partie de l'amour qui\nétait autrefois tout à lui et qu'il ne retrouva intégral que lorsque son corps\nrefroidi ne pouvait plus jouir de la consolante atmosphère. Si peu de place\nqu'il tînt, ne devait-il pas être une gêne pour une passion exclusive? Lui\ndisparu, et ce fut tôt, les amants, libres de toute entrave, ne se trouvèrent\ncependant pas plus heureux : les heures insondables de délices où l'être\nfulgurant triomphe sans penser, — l'éperdue et toujours un peu brutale\nprise de possession de la ville qui a résisté, — étaient passées; la demeure\ndevenue familière, le coudoiement journalier du mobilier témoin d'autres\namours, firent lever, ironique, au cœur d'André le regret torturant de\nl'irréparable. Toutes les joies vécues s'effacèrent sous le corrosif puissant\nde l'étrange jalousie posthume et tout ce qui retenait dans la maison le\n\n\n  (1) Extrait des Contes au Perron, un volume à paraître fin février, chez Charles Vo\néditeur. Bruxelles.\n"}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": 112, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2640, "texte": "                                   —   112   —\n\n\nsouvenir du défunt mari d'Eliane... lui fut occasion de torture et le\nrendit presque méchant. Après des crises de joie, il invoqua, pour le\nnarguer, le fantôme du maître d'antan, et prédit à la pauvre femme, qui\navait commencé par en rire et fini par en pleurer, de terribles confronta­\ntions pour l'autre monde. Ces troublants fantômes, sans cesse agités\ndevant ses yeux, effrayèrent peu à peu son esprit assez faible et des\nscrupules qu'elle n'aurait point soupçonnés lui naquirent; elle s'en voulut\nde sa conduite; souvent elle s'éveilla le matin, les idées en déroute, ayant\nrêvé que l'autre lui reprochait son infidélité. Des fois qu'elle se trouva\nseule devant le portrait du mort, elle eut de terrifiantes hallucinations :\nl'image se détachait, devenait chair et os et s'avançait vers elle, menaçante.\nElle fit disparaître les cadres, mais, malgré cette précaution, et bien qu'André,\nsorti de cette période de passion ombrageuse, ne la tourmentât plus, il\nresta au fond de l'âme de la veuve quelque chose d'indécis, une vague\nfrayeur qu'elle éloignait le plus possible de sa pensée.\n\n\n\n   — Voilà ! dit-elle avec un mouvement indiquant la satisfaction de la\nbesogne accomplie, à mille, nous ferons une croix!\n   Elle avait achevé sa lettre en réponse à une demande d'appartement qu'elle\nvenait de lire à la quatrième page du journal.\n   Lui, qui s'était complu à l'admirer, le buste penché sur la table, de la\nlumière plein les vaporeux cheveux blonds qui encadraient ses traits régu­\nliers et réfléchis, se souleva de son fauteuil et regarda l'adresse. Mais,\naussitôt, l'expression de sa figure changea :\n   — Tu lui écris donc maintenant? ricana-t-il.\n   Il fallut à Eliane un instant pour saisir...\n   — Méchant !\n   Les signes tracés sur l'enveloppe lui apparurent cependant tout autres.\nC'étaient précisément les initiales de son mari. Rougissante, elle reprit le\njournal et s'assura qu'elle ne s'était point trompée. Puis, elle eut l'impres­\nsion que ce n'était pas elle qui avait formé ces caractères. Ils étaient étalés\nsi grassement au milieu du rectangle blanc, bien à l'aise, comme des gens\nqui se trouvent chez eux. Ils accaparaient les regards, violemment, tenace­\nment. L'homme détourna la tête. Il leur sembla à tous deux qu'il y avait\nquelque chose de changé depuis que ces lettres existaient là, dans la\n maison; de ces quelques traits de plume, de ce peu d'encre s'essora une\narmée d'êtres invisibles qui transforma l'atmosphère de la salle et, pour ce\n soir, les joies et les doux propos s'envolèrent encore, un hôte occulte rôdant\n obstinément autour des pensées.\n"}, {"page_pdf": 128, "page_imprimee": 113, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2501, "texte": "                                   —   113   —\n\n\n\n\n   Entre chien et loup, elle rêvassait seule : à cette heure, les bouffées de\ncrépuscule qui jaillissent des coins, noient les meubles et, dans un cercle\nétroit, vous enferment avec vos chimères.\n   Le timbre résonna clair, enfonçant un dard aigu et douloureux dans\ncette grande masse de silence et d'ombres molles.\n   Quand elle eut ouvert, elle resta sans voix, devant un homme d'assez\nforte corpulence, et dut tendre tous ses nerfs pour ne point défaillir.\nDans la demi-obscurité, était-ce une apparition? Cette figure noiraude\net imberbe, ce front assez dégarni, ce maintien... En un instant, et quoi­\nqu'elle n'eût plus pensé à la lettre de la veille, les paroles d'André et la coïn­\ncidence importune de l'adresse lui ressauterent à la mémoire. Le simple fait\ny prit soudain une signification qui éclata dans sa cervelle à la façon de ces\ncartouches d'apparence anodines et qui détonnent avec une terrible violence.\n   L'arrivant parut s'amuser de cet accueil et, sur sa face, glissa le sourire\nmalicieux d'un homme qui s'attendait à l'effet qu'il produit. Elle ne com­\nprit rien des paroles qu'il prononça ; cependant, elle fut persuadée qu'il\nvenait pour le second et appela d'une voix étranglée la servante.\n   — C'est pour l'appartement... conduisez Monsieur.\n   Elle se laissa tomber sur un canapé en proie à une intraduisible émotion.\nLa frayeur lui ôtait toute réflexion ; elle écouta vaguement, semblable à une\nfolle, les pas qui montaient lentement et faisaient gémir l'escalier. Peu à\npeu, elle se raffermit : cet homme était un étranger envers qui rien\nne l'obligeait ; elle l'éloignerait par des conditions inacceptables. Cependant\ncette ressemblance, ce bizarre concours de circonstances l'obsédèrent.\n   L'inconnu descendit, entra, bien qu'il n'en fût pas prié et, avec le même\nsourire, déclara l'appartement de son goût, la situation bien saine, la vue\nagréable. Ses propos agacèrent la veuve, dont l'âme entière se réfugia\ncomme derrière un abri, en sa résolution de refuser, car elle éprouvait inté­\nrieurement une espèce de résistance mal définie qui luttait contre sa\nvolonté et la menaçait. Elle se leva fiévreusement :\n   — Monsieur est seul?\n   — Oui, Madame; mais j'ai été marié. — Il dit ces derniers mots en\nhésitant et accentuant son sourire.\n   — Je voudrais quelqu'un qui ne rentrât pas du jour, qui n'amenât pas\nde connaissances...\n   — Bien, Madame ; je pars le' matin, je rentre le soir, je ne reçois per­\nsonne.\n"}, {"page_pdf": 129, "page_imprimee": 114, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2597, "texte": "                                  —   114   —\n\n\n    Il paraissait heureux de pouvoir accepter tout ce qu'elle exigeait et conti­\nnuait à sourire finement sans hausser la voix qu'il avait pateline et douce,\ntandis qu'elle sentait s'accroître son trouble à mesure qu'elle perdait ses\nchances de dire non et qu'elle souffrait cette douleur d'un enlisement dont\nla fatalité se manifeste. Elle enfonçait, enfonçait... et ses paroles sortaient\npar groupes rapides, saccadés, semblables aux derniers bataillons qui se\nsacrifient éperdument avant la défaite.\n   Sans transition, elle dit :\n   — C'est cinquante francs...\n   Ce prix très élevé fut cependant, malgré elle, moindre que celui qu'elle\ns'était promis de demander. Il répondit :\n   •— Bien, Madame, souriant, et continua : Je viendrai loger ce soir.\n    Il lui tendit sa carte :\n   — J'ai l'honneur, Madame, d'être votre homonyme, bien que je ne sois\npas votre parent, je pense.\n   Le sourire brilla singulièrement.\n   — J'avais donné mes initiales à l'annonce. Au revoir, Madame, au\nrevoir..., votre serviteur...\n    Elle n'avait point trouvé un mot à répondre, abasourdie de ce qu'elle\nentendait, subjuguée, malgré ses résolutions, par cet être équivoque qui\ns'imposait, vaincue par elle ne savait quoi, remuée par ce continuel et\ngênant sourire dont l'étrange lueur lui emplissait les yeux. Un vent de folie\nlui passa dans la tête, elle perdit l'exacte notion des événements. Bientôt\ncette extrême agitation s'apaisa, mais la réflexion ne ramena pourtant point\nla sérénité.\n    Peu instruite, elle abritait, dans un coin de son cerveau, un reste ancien\nde superstitions et d'histoires de revenants, dont l'éveil puissant fut tout à\ncoup très propice à son épouvante. Les incidents les plus précis prirent une\ntournure indécise; elle ne se rendit plus compte de la simplicité du système\nde correspondance par les journaux. Son imagination enjamba les intermé­\ndiaires les plus vulgaires, sauta d'un fait à un autre, négligeant de les rat­\ntacher naturellement, et aperçut tout disposé par une puissance occulte en\nvue d'un but spécial de punition. Dans les vaticinations extraordinaires\nd'André, dans les jalousies effroyables où il s'enfonçait naguère, à plaisir\neût-on dit, pour exaspérer sadiquement sa volupté, elle reconnut mainte­\nnant les excitations d'un esprit en courroux dont la trame mystérieusement\nourdie allait se resserrer autour d'elle avec l'atrocité impitoyable du fer des\ninquisiteurs cerclant la tête des martyrs. L'annonce devint un piège qu'on\nlui avait tendu ; sa lettre, portant les initiales de son mari, une missive\n"}, {"page_pdf": 130, "page_imprimee": 115, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "                                 — 115 —\n\nlancée à l'inconnu, destinée à être lue dans un monde de spectres d'où sortait\ncertes cet homme sous le regard duquel elle avait eu conscience qu'elle\nrentrait en puissance de mari et que ses amours revêtiraient, dès ce jour, le\ncaractère de l'adultère.\n\n\n   Quoiqu'il parvînt parfois, comme en ce moment, à lui faire oublier ses\nterreurs dont intérieurement il s'avouait la première cause, le mal avait pro­\nfondément enraciné. C'était André, maintenant, qui ne concevait plus les\nvisions pourtant devinées présentes devant les prunelles effarées d'Eliane.\nLes premiers jours, il est vrai, il appela le nouveau-venu « le maître », le\nplaignit de « sa résurrection intempestive » ; mais, bientôt, il cessa ses rail­\nleries, effrayé des ravages moraux causés chez sa maîtresse par ce locataire\nqui le déconcertait un peu lui-même,\n   Le personnage n'était sûrement troublant. Sa mince garde-robe qui tenait\ntout entière dans une petite valise, lui donnait l'apparence d'un homme\narrivé pour une tâche momentanée. Toujours de même habillé, l'éternel\nsourire indéfini aux lèvres, il glissait silencieux dans l'escalier, le corridor.\nSans qu'on eût entendu tourner la clef dans la serrure, le matin, avant\nl'éveil de la maison, il disparaissait, se rendant à ses occupations. Il rentrait\nà une heure indéterminée, variant chaque jour, au crépuscule, dans la\nsoirée. Sa face sans cesse entrevue au milieu de l'ombre, en emprunta un\ncaractère de fluidité énervante et se fixa à peine dans l'œil, par cette même\nindécision qui dérobe à la mémoire les têtes de songe surgies aux heures de\nfièvre.\n   Son salut à André et à la servante était un murmure; sa voix ne sortait\nbien précise que quand il apercevait la veuve. Alors, il articulait clairement,\naprès madame, le nom de famille qui était aussi le sien. Quoiqu'elle tînt les\nveux baissés le plus possible, elle se sentait enveloppée du sourire : son\ncorps se glaçait, elle hâtait le pas et disait adieu à sa quiétude pour le\ntemps qu'il restait dans la maison. Un vague ennui la mina; elle maigrit;\ntout éveillée, elle fut agitée par des cauchemars suivis de lassitude et de\nlarmes secrètes. Elle évita visiblement ses rencontres : le hasard la con­\ntraria et, sans bruit de pas avertisseurs, replanta maintes fois devant elle la\ntète à la satanique grimace.\n   Cette peur continuelle se tranforma en maladie; la femme, connaissant\nà son dépérissement une cause d'un ordre spécial, refusa d'abord le secours\ndu médecin. Son état se traduisit vis-à-vis d'André par une froideur exces­\nsive qui toucha à l'aversion ; elle parla de repentir, de séparation. Puis,\n"}, {"page_pdf": 131, "page_imprimee": 116, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2935, "texte": "                                    —    116   —\n\n\n\n\nsoudain, son isolement voulu lui pesa, elle se rejeta dans des élans de pas­\nsion extrême, pleins de cette fureur extérieure qui dénote une faiblesse au-\ndedans. Sa folie des sentiments et des sens ressembla au tapage que font,\nle soir, pour se rassurer, les enfants peureux ; elle se rua à l'amour comme\non se précipite à embrasser avec rage un cadavre qui effraye. Rien ne lui\nrendit le repos.\n     Pendant un de ses rares moments de calme, elle tenta de guérir sa crainte\npar le raisonnement et appela à son aide tout son bon sens. Hélas! tant\nde points d'interrogation hérissaient la personnalité du locataire, que la\nlogique de la pauvre femme, incapable de se soutenir longtemps, sombra\net fut derechef emportée par le courant débordé de l'imagination. Elle avait\n pourtant, un jour, résolu de soulever un coin du voile mystérieux qui lui\n dérobait son bourreau, et de chercher à savoir la nature de ses occupations,\n le lieu où il passait sa journée. Ce matin, elle se leva très tôt, le guetta et\n sortit quelques instants après lui, se promettant bien de ne point le perdre.\n Il marcha posément, le regard à terre, et ne s'aperçut nullement qu'elle le\n suivait. Elle régla son pas sur le sien : la curiosité éveillée et le fouet de\n l'air du matin l'électrisaient ; un épais brouillard ouatait l'atmosphère.\n Eliane se ressouvint qu'une fois, dans les premiers mois de son mariage, à\n peu près par un temps semblable, mais à la brune, aiguillonnée par un fol\n accès de jalousie, elle avait ainsi filé son mari; elle se reporta dix ans en\n arrière : cette jalousie ! quel tourment ! Des sentiments morts ressuscitèrent\n passagèrement dans son cœur; elle s'interrogea: Comment une infidélité\n peut-elle se pardonner? Et tout à coup, la sensation de la pointe aiguë sur\n laquelle elle s'enferrait la secoua d'un frisson : si la jalousie survit, elle com­\n prenait la justice de son supplice...\n     Mais quoi... le locataire n'est plus devant elle ! La rue a bifurqué, la\n veuve pense qu'il a pris l'autre direction pendant sa courte inattention ; elle\n rebrousse chemin, avec la certitude de le retrouver... Il a disparu. Trop\n épouvantée pour ressentir du dépit, elle regagna sa demeure, convaincue\n qu'elle luttait contre l'insaisissable. Les alternatives de paix et d'excitation\n se succédèrent, ces dernières plus fréquentes et meurtrières.\n     Ce soir, elle paraissait victorieuse du mal et souriait. La soie rose de\n l'abat-jour plaquée de dentelles faisait aux rayons de moelleuses gaines\n  d'ombre fine, et, dans cette clarté susurrante, après s'être tout redit, ils\n  s'aimaient silencieusement. Rien ne bougeait dans la maison où ils se\n  trouvaient seuls. Doucement, il l'attira et il l'embrassa longuement.\n  Un léger bruit dirigea leur regard vers l'entrée. . Ils s'éloignèrent instinc­\n  tivement l'un de l'autre, frappés de stupeur : dans l'entrebâillement de\n"}, {"page_pdf": 132, "page_imprimee": 117, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2769, "texte": "                                 — 117 —\n\nla porte, de son sourire coutumier prenant possession de toute la salle\nse montrait la tête du locataire I La veuve poussa un cri et sa figure fut\nd'une pâleur de cercueil. L'intrus s'excusa, réclamant sa bougie oubliée\npar la domestique. Ils le prièrent d'entrer et ne se doutèrent même pas de\nleurs paroles, tant ils s'effrayaient. L'homme fit quelques pas, parla de ce\nmauvais temps pendant lequel on est si bien chez soi ; il souriait toujours\net les tenait sous le joug de ce sourire. Tout à l'aise, dans un mouvement\nde reconnaissance familière, il promena ses yeux autour de lui. Sa grande\ntaille emplissait la chambre et dominait de toute sa hauteur les deux amants\natterrés, humbles et sans voix en face de cette attitude, dont l'inconvenance\npour eux se transformait en un droit mystérieux et terrible. Le locataire\ns'appuya sur le marbre de la cheminée, à bout de propos, eût-on dit, en\ncherchant dans les objets voisins, à la manière des paysans. Sa main passa\nsur un vase dont on avait enlevé à dessein un petit ornement afin de le\nrendre pareil à l'autre endommagé par accident : il remarqua qu'il n'avait\npoint toujours été comme cela. — Les vases venaient de la belle-mère de la\nveuve. — Puis, il laissa tomber négligemment :\n    — Cette pendule est déjà bien vieille !\n    Eliane se figura qu'il soupirait sans interrompre son sourire. Une\n griffe de fer se referma sur son cœur ; elle allait se trouver mal, lorsque\n l'homme se plaignit de devoir ressortir encore ce soir et la délivra de cette\n cruelle oppression. Il monta à son appartement pour redescendre et partir.\n Mais, dans la salle, subsista la gêne mal définie, pourtant intense que sa\n présence y avait apportée.\n    Quand il entra, ils étaient couchés depuis une heure; une pensée de\n glace mettait entre eux la distance des pôles et les tenait éveillés. Au grin­\n cement de la clef du locataire, la femme tressauta :\n    — Le voilà !\n     — Oui, répondit aussitôt André. Et ces syllabes brèves paraissaient\n trahir une conversation dès longtemps commencée, sans vocables.\n     Les pas montèrent lentement avec des soupirs. Sur le palier devant leur\n  porte, le locataire s'arrêta ; un rayon de lumière passa comme un regard\n  dans la serrure. La femme serra convulsivement son corps froid contre\n  André dont elle saisit le bras ; sa respiration fut coupée, elle murmura :\n     — Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pardon !\n     Le locataire continua son ascension et bientôt tout bruit s'éteignit.\n     Longtemps ils restèrent agités, se retournant, remuant, sans parvenir à\n  s'endormir. A la fin, le sommeil vint à l'homme; la veuve aussi parut\n  assoupie. Soudain, elle s'écria :\n                                                                        8\n"}, {"page_pdf": 133, "page_imprimee": 118, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2521, "texte": "                                  — 118 —\n\n  — André! André!\n   — Quoi !\n  — Le vois-tu? André! — Mon Dieu! Mon Dieu! Pardon! —André,\nchasse-le! Tue-le!\n   Dans les brumes du demi-sommeil, elle avait eu une apparition épouvan­\ntable : son mari s'était dressé devant elle, irrité, la transperçant cruellement\nd'un regard fixe, sans une parole.\n   Il ne put la calmer.\n\n\n   La veuve ne quitte plus son lit, en proie à un mal étrange qui désoriente\nles médecins. Muette, de crainte peut-être de paroles qui révéleraient la\nnature de ses souffrances, les yeux constamment grands ouverts et fixes,\nimmobile obstinément, c'est une extatique occupée d'un monde intangible.\n Elle ne se plaint point, ne demande rien, refuse toute nourriture ; parfois,\nles mains jointes à se crisper, elle remue fiévreusement les lèvres et prie à\nhaute voix. Les joues se creusent, les prunelles deviennent extraordinaires\nau fond des orbites, son corps, d'une maigreur excessive, se marque à peine\nsous les couvertures. La laisse-t-on seule un instant, aussitôt éclatent des\ncris insensés, et sa sœur qui est venue la soigner, la retrouve en des atti­\ntudes d'horreur, la tête détournée, repoussant du geste des êtres qu'on ne\nvoit point. Les questions qu'on lui adresse demeurent sans réponse. Le\ncrépuscule lui cause des crises dont elle sort pour se plonger la face en ses\nlinges pendant des heures entières. Puis, soudain, elle saisit la garde par la\nmain et, sans un mot, la dévisage.\n   La voilà bien tranquille..., mais, quelqu'un descend l'escalier avec pré­\ncaution ; il est sept heures du matin : les bras de la pauvre s'accrochent,\nraidis, à sa couche ; elle soulève la tête et cloue de ses regards épouvantés\ncette porte qu'elle craint de voir ouvrir par un fantôme. Les pas descendent\ntoujours..., c'est tout. La tête retombe en arrière sur l'oreiller, les bras se\ndistendent, la face, du rouge pourpre passe au pâle livide et se couvre de\nsueurs ; survient un état d'abattement pareil à celui qu'amène un danger\nimminent miraculeusement éloigné. L'accès renaîtra le soir, quand la porte\nextérieure s'ouvrira et que les pas étouffés remonteront de la même cadence\nlente, les pas cruels qui piétinent cette misérable vie.\n   Puisque le moindre bruit l'agite, la maison se fera absolument muette,\nles pas se tairont dans l'escalier. Rien n'y fait. A certains moments, la\nveuve rentre en sa fébrilité excessive : ses membres inertes tendent à se\nrompre, son corps tremble, ses prunelles se dilatent, et brûlent, et fixent\nl'entrée.,..\n"}, {"page_pdf": 134, "page_imprimee": 119, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "                                  —   119   —\n\n\n    Les pas montent l'escalier, mais si doucement... L'oreille saine et atten­\ntive de la sœur ne perçoit aucun bruit.\n    Dans les premiers jours qu'elle resta alitée, André demanda à la voir;\non le fit entrer sans prévenir celle qui avait été sa maîtresse. Son apparition\ncausa un effet inattendu ; comme si Satan en personne se fût montré, la\nveuve se retourna violemment vers la ruelle du lit en criant d'une voix que\nla peur rendait rauque :\n   — Sortez, sortez ! Je ne veux plus vous voir !\n    Depuis tout un long mois, elle subissait un martyre et personne n'en\nsoupçonnait l'horreur. L'entourage désespérait de guérir cette affection\nindéterminée dont la marche déjouait tous les traitements. La science,\ndevinant la patiente liguée contre elle avec la maladie, se déclarait impuis­\nsante et ne cherchait point au delà du corps. La fin approchait sûrement\net emporterait cette parcelle d'impénétrable dans l'impénétrable mystère.\nLe pauvre organisme, aux forces sucées par de ténébreux vampires,\nagonisait; l'esprit, traîné par de vindicatifs revenants le long d'un calvaire\ndouloureux, se dresserait, éclatant de folie, pour l'essor éternel. La mai­\ngreur et la faiblesse de la moribonde lui donnaient l'aspect d'un cadavre ;\net ce cadavre étonnait, quand il ouvrait des yeux vivants qui ne pouvaient\nvraisemblablement lui appartenir. Dans les veines vidées c'était de la\nfrayeur qu'on voyait rouler.\n    Un jour, la sœur, à qui le locataire s'enquérait souvent de l'état de la\nveuve, lui demanda s'il ne désirait pas lui faire visite. Il accepta avec\nempressement.\n    La nuit commençait à tomber lorsqu'il pénétra dans la chambre. La\nmourante n'avait plus bougé durant vingt-quatre heures. Un violent trem­\n blement la secoua aussitôt ; elle poussa un cri étranglé qui fit frissonner les\nassistants. D'un mouvement rapide qu'on l'eût crue incapable d'accomplir,\nelle se mit sur son séant..., puis, les mains jointes tendues en avant, les\ncheveux noirs flottant en désordre, dans un geste d'apparition, elle s'élança\nvers l'homme :\n    — Pardon!... Pardon!...\n    Sa tête s'affaissa sur l'épaule, mais, ses yeux glauques énormes où la\n mort avait figé de l'épouvante, restèrent désespérément accrochés au sou­\n rire énigmatique du locataire.\n                                                    HUBERT STIERNET"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-02-n2-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 120, "page_fin": 123, "titre_corps": "Chronique musicale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ernest Closson", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "ERNEST CLOSSON", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PETITES CORRESPONDANCES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 135, "page_imprimee": 120, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2914, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n               L'Association des Artistes-Musiciens donnait, le 14 janvier der­\n                nier, son premier concert à la Monnaie.\n                   Ces séances tournent un peu à l'exhibition. L'année dernière,\n                à pareille époque, on nous montrait Mlle A. Holmès ; cette fois,\nc'est M. Tschaïkowsky que l'on avait fait venir. Le moindre défaut de ce\nsystème est de nous donner des séances consacrées tout entières — ou à peu\nprès — à un seul auteur; or, alors même qu'on l'applique à l'œuvre d'un\ngrand maître, ce système constitue déjà une maladresse; mais lorsqu'il\ns'agit d'un maître de second ordre, on risque fort de compromettre de la sorte\ntout un concert. On ne peut se le dissimuler, Tschaïkowsky est un de ces\nmaîtres de second, et même de troisième ordre; en le jugeant en regard de\nce qu'il nous a fait entendre aux Artistes-Musiciens, je dirais même pis.\n   Mais le célèbre compositeur russe semblait avoir choisi à dessein ses pro­\nductions les plus faibles. C'est vraiment une tendance bizarre, et que l'on\nn'oserait dénoncer, tant elle paraît invraisemblable, si l'on n'avait si souvent\nl'occasion d'en faire la remarque : un auteur composant lui-même le pro­\ngramme d'une exécution de ses œuvres, choisit presque régulièrement les\nmoins estimables. Peut-être est-ce qu'il a moins souvent l'occasion de les\nentendre? ou peut-être aussi se sent-il animé de ce sentiment de tendresse\npréférée des mères pour leurs enfants rachitiques?\n   Toujours est-il que dans le programme plantureux du concert du\n 14 janvier, pas une œuvre, pas une note, pas une mesure à retenir : une\nmonotonie désolante, énorme, insurmontable, se dégageait de tout cela ; du\ntravail, suffisamment; de la recherche, beaucoup trop; mais pas l'ombre\nd'une véritable inspiration.\n   La 3 e suite d'orchestre était quelconque, banale ; le 2e concerto de piano,\n— admirablement joué par Franz Rummel, — d'une longueur intermi­\nnable; les airs de ballet de Casse-noisette, mignards et puérils avec leur\norchestration drôlichonne; l'ouverture 1812, qui terminait le concert,\nfranchement détestable. Néanmoins, le public, bon enfant, séduit proba­\nblement par la « tête sympathique » de Tschaïkowsky, a décerné à celui-ci\nplusieurs ovations...\n   On s'attendait cependant à mieux ; les auditeurs, pris individuellement,\nétaient déçus. Heureusement, le programme du prochain concert de l'Asso­\nciation, la Cloche, de Vincent d'Indy, nous garantit, cette fois, une soirée\nintéressante.\n   A la première séance de musique de chambre du vaillant et juvénile\nquatuor Crickboom, Angenot, Hans et Gillet, consacrée aux maîtres\nrusses (encore !), nous avons pu apprécier Tschaïkowsky dans une de ses\nœuvres les plus magistrales : le quatuor en mi bémol mineur. Voilà vraiment\nune composition admirable, d'un bout à l'autre : abondance mélodique\n"}, {"page_pdf": 136, "page_imprimee": 121, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3147, "texte": "                                      121\n\n\nextraordinaire, inspiration facile et constante, ingéniosité des dévelop­\npements, travail des différentes voix du quatuor, d'un enchevêtrement inex­\ntricable, tout est à retenir, tout serait à citer; à tirer hors pair, cependant,\nl'Andante funèbre e doloroso, saisissamment évocatif et émouvant.\n   Comme intermède, quatre mélodies de modernes russes gentiment\nchantées par Mlle Van Hoof.\n   La séance se terminait par le quatuor en ré de Borodine, tout différent\nde celui de Tschaïkowsky. Ici, pas de complication, pas de recherches\ncontrapontiques : du classicisme dans la modernité. Mais quelle admirable\npureté de lignes! Quel sentiment élevé! et quel style, et quelle forme! Et\ndire qu'il en est auxquels Borodine « ne parle pas » !\n   Les tout jeunes artistes du quatuor Crickboom ont donné de ces deux\nœuvres magistrales une interprétation digne des plus grands éloges ; on\nsent que l'étincelle sacrée les anime, ceux-là; c'est de l'art vrai, et du plus\npur. Leur chef surtout, M. Crickboom, manifeste un tempérament\nexceptionnel; il est digne de M. Ysaye, le grand artiste qui l'a formé, et\ncelui-ci peut être fier de son élève.\n\n   Depuis quelques semaines, il est impossible de feuilleter une revue ou\nd'ouvrir un journal sans tomber sur l'article Werther. C'est un cauchemar,\nune obsession. A lire tout ce fatras, on dirait véritablement que l'on se\ntrouve en présence d'une de ces œuvres qui font époque dans l'art, qui\nmarquent définitivement la caractéristique d'une période : Eh bien, allez-y\nvoir.\n   Le côté amusant de cette débauche werthérienne, c'est la stupéfiante\ncontradiction qui s'y manifeste. Oncques n'ai vu pareil désarroi parmi les\nprinces de la critique ; il n'y a point deux opinions qui se ressemblent :\nil n'est cependant pas possible, que diable! qu'il y en ait trente-six qui\ndonnent la note juste?\n   Parmi les articles les plus cocasses, il y a celui, trouvé dans je ne sais\nplus quel grand journal français, — on sait s'ils sont joyeux, les critiques\ndes grands journaux français! — qui s'étend gravement sur la sincérité\nexceptionnelle de la nouvelle œuvre de M. Massenet.\n   Ah! ah! la sincérité de M. Massenet! Ah! le bon billet! Mais il n'en a\npas, de la sincérité! Tout ce que vous voulez, technique, habileté, senti­\nment, je le veux, inspiration quelquefois, soit, mais sincérité, ah ! non ! Il\nn'est pas possible au contraire, même dans les œuvres les mieux venues de\nl'auteur d'Hérodiade, de démêler avec certitude la part de l'inspiration, du\nsentiment, de celle du procédé, du truc; chez lui, l'un ne vient pas sans\nl'autre. Quelle belle étude il y aurait à faire, pour un critique d'art, — un\ncritique, hélas! qui aurait le temps... — sur le procédé de M. Massenet! Il\ntient tout entier, là, dans le creux de la main : ce sont toujours les mêmes\nformules, diversement présentées, administrées avec discernement et habi­\nleté. Il y en a un, de procédé, qui est débiné depuis longtemps, et sur lequel\n les princes déjà cités sont d'accord (faut-il que ce soit vrai !) : c'est ce que\nl'on pourrait appeler la grosse caisse sentimentale, comme la chanson-\n"}, {"page_pdf": 137, "page_imprimee": 122, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "                                   —    122 —\n\nnette : dès que la situation se complique, on crève tambours, grosse caisse\net timbales. Mais que d'autres! que d'autres...\n   Ce qui a si cruellement troublé la clairvoyance de la critique, c'est la\nsimplicité de la contexture musicale, la naïveté mélodique de Werther; de\nlà à la sincérité, il n'y avait qu'un pas ; on l'a fait. Truc encore !\n   Pour mieux pénétrer dans cette atmosphère douce et calme du roman\nde Gœthe (pauvre Gœthe ! il peut aller rejoindre Gustave Flaubert\nparmi les martyrs de la persécution dramatico-lyrique), M. Massenet\ns'efforce vainement vers une simplicité, une candeur qu'il ne saurait\natteindre; il est l'homme des voluptés, des pâmoisons musicales, et il ne\npeut en aucune façon rendre la pureté des amours platoniques; ce n'est pas\naprès avoir chanté Esclarmonde qu'on peut faire vivre Charlotte, c'est\navant. Une bonne preuve de ce que j'avance, c'est que la meilleure partie de\nl'œuvre est le troisième acte, où la passion s'exaspère et atteint son\nparoxysme. A citer, là, l'épisode des lettres, moins mauvais, et le lied\nd'Ossian, plutôt bien (malgré une fâcheuse similitude des premières mesures\navec... Ta-ra-ra-boom de ay).\n   J'aurais voulu vous parler en détail de Ja partition de Werther; mais,\nvraiment, je ne m'en sens pas le courage, et, pour tout dire, je n'en vois\npas la nécessité. Totalement dénuée de véritable inspiration, je ne crois pas\nque la partition de Werther reste. L'élément vital fait défaut. C'est de\nl'art si on veut, mais ce n'est pas de l'ART... Je suis sorti de là l'esprit désen­\nchanté, l'âme vide et froide...\n   J'aime mieux me tourner vers cette autre figure de désespéré, — combien\nplus imposante! — Manfred, illuminée par Schumann du flambeau\nde son génie. Ah ! la suprême et délectable jouissance ! Nous l'avons\nrevu, ce Manfred merveilleux, incarné par ce merveilleux artiste qui est\nMounet-Sully. Ce commentaire musical est vraiment un absolu chef-\nd'œuvre. Comment est-il possible de réaliser ce miracle d'expression, tour à\ntour douloureuse, sombre, attendrie, suppliante, par des moyens si simples,\ndes harmonies si rudimentaires, un plan si clair, si net, des formes si clas­\nsiques et si sévères ; un maître moderne, voulant rendre l'impression formi­\ndable, les épouvantements de l'hymne des génies d'Arimane, n'eût pas\nmanqué d'écrire un morceau torturé et tourmenté, où toutes les disson­\nnances de l'enfer se seraient donné rendez-vous, Ici, au contraire, cette\nimpression est obtenue, et à un degré extraordinaire, par des moyens génia­\nlement puérils : une suite presque ininterrompue de consonnances.\n   Cette vaste composition était précédée de la symphonie en ut (deuxième),\nde Schumann. Un chef-d'œuvre aussi, celle-là. Très intéressante au point\nde vue de l'orchestration qui, — pour les chercheurs de petites bêtes, —\nrenferme quelques taches légères. Remarqué, par exemple, que le joli trait\ndescendant des violons, dans le Scherzo, qui ressort particulièrement\nlorsque, dans le développement, il se présente seul, est au début complète­\nment noyé dans les sonorités abusives des cuivres et des bois.\n   Mais je m'arrête vite; vis-à-vis de génies tels que Schumann, lorsque la\ncritique hasarde quelques observations, mêmes fondées, elle se sent presque\n"}, {"page_pdf": 138, "page_imprimee": 123, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 782, "texte": "                                — 123 —\n\n\nrougir d'avoir osé toucher à la majesté du culte que la postérité leur a voué\nà bon droit; c'est comme un sacrilège que l'on viendrait de commettre.\n   Ce concert du Conservatoire a laissé à tous les auditeurs une profonde\nimpression; la plupart sont sortis brisés, à bout de forces; on n'entend pas\nimpunément les accents de Schumann dans Manfred. Cette musique\nétrange ne se laisse pas objectivement admirer, comme on a pu le faire\npour le Messie, par exemple ; elle surprend, elle entre au plus profond du\ncœur, elle le déchire de sa plainte amère et douloureuse, elle jette l'âme,\npour un instant, dans la plus noire et la plus cuisante nostalgie d'idéal.\n                                                    E R N E S T CLOSSON\n\n\n\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-02-n2-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 123, "page_fin": 125, "titre_corps": "Petites correspondances", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "N. D. L. 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J'en laisse la\ndiscussion « aux intéressés », comme disait l'un de nous.\n   Quant aux admonitions relatives à la discipline littéraire, elles ont été\ncommentées par certains journaux d'une façon ambiguë.\n   Le Journal de Bruxelles qui a bien voulu reproduire une grande partie\nde ce manifeste, dit en note : « Tandis que la plupart des jeunes revues se\nprécipitent un peu pêle-mêle vers les nouveautés, la Jeune Belgique, nous\nle constatons avec plaisir, prend parti pour la réaction. »\n   Si cela signifie que nous rappelons à l'étude du' style les débutants qui\nont le charabia trop spontané, tant mieux !\n   Si cela signifie que nous nous fixerons académiquement à telle forme,\nsans nous soucier désormais de l'incessante évolution, tant pis! et je pro­\nteste vivement !\n                                                      H E N R Y MAUBEL\n                                         II\n          MON CHER D I R E C T E U R ,\n    Les « Déclarations » parues dans la Jeune Belgique du mois de janvier\n n'ayant été signées que par vous seul, je vous prie de faire savoir aux lec­\n teurs de notre revue que j'approuve, sans l'ombre d'aucune restriction, les\n"}, {"page_pdf": 139, "page_imprimee": 124, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2825, "texte": "                                   — 124 —\n\nthéories artistiques que vous y avez exprimées et qui sont d'ailleurs con­\nformes à notre programme de 1881. Quant à la proposition d'accentuer le\ncaractère traditionnel et régulier de notre critique, tout en publiant des\nmorceaux de littérature nouvelle, non seulement j'y adhère, mais je ne\nvous cache point que si cette proposition n'avait pas été formulée, j'aurais,\nà mon tour, dénoncé le traité d'alliance.\n   Je ne suis hostile, en principe, à aucune tentative nouvelle. Je me réserve\nde les examiner, en toute liberté, au fur, à mesure qu'elles se produiront.\nMais en ce qui concerne la maladroite imitation des modes littéraires pari­\nsiennes, je me joins à vous pour la condamner.\n   Il serait bizarre que, dans une revue fondée par nous, le directeur et le\ncritique littéraire n'eussent plus le droit d'émettre leur opinion. J'ai comme\nvous, la conviction que la littérature belge est en danger, et qu'il faut la\ndéfendre contre les barbares. Et comme vous, j'ai trop le sentiment de ma\nresponsabilité pour consentir à mariner dans un éclectisme sans force et\nsans dignité.\n   Jamais, sous aucun prétexte, je ne voudrais que la Jeune Belgique encou­\nrageât, même par son silence, les manifestations de snobisme que l'on se\ntargue d'abriter sous son pavillon. Je n'entends pas, quant à moi, que mon\nnom figure sur le pavillon qui couvre une telle marchandise, et j'ai trop le\nrespect des poètes futurs pour prêter les mains à une pareille tromperie.\n  Je tiens à proclamer très haut qu'à des exceptions très exceptionnelles, et\nque j'ai signalées dans mes chroniques, je considère les poètes du dernier\nbateau comme passibles d'Uccle, de Charenton ou de Bedlam.\n   Je ne puis évidemment pas les empêcher de pousser l'individualisme\njusqu'à Evere, mais je ne veux pas qu'ils se réclament de moi en entrant où\nvous savez. Je n'interdis à personne de prêcher l'Evangile de Binche, mais\nce ne sera jamais en mon nom qu'on le prêchera.\n   Bien à vous.\n                                                         ALBERT GIRAUD\n                                       III\n   M. Firmin Vanden Bosch, rédacteur en chef du Drapeau, nous adresse\nla lettre suivante :\n          M O N CHER CONFRÈRE,\n   La Jeune Belgique, en son premier numéro de cette année, mêle le nom\ndu Drapeau à de vives et amères récriminations contre les tendances\nartistiques de la jeunesse belge.\n   A vous croire, « nous enfreignons la saine discipline artistique », « nous\nrelevons les tristes drapeaux que vous avez foulés aux pieds », « nous prê­\nchons l'art social chrétien », « nous substituons l'utilitarisme à l'art pur »,\n« nous livrons la littérature à ses éternels ennemis » — les politiciens et les\ncancres !\n   Un réquisitoire alors?\n   Souffrez que le Drapeau présente très brièvement sa défense.\n"}, {"page_pdf": 140, "page_imprimee": 125, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2457, "texte": "                                 —     125 —\n\n\n   En vérité, notre situation est étrange ; tandis que vous nous reprochez\nde subordonner l'art à nos idées politiques, nos amis politiques, au contraire,\nnous font un grief de nous insurger contre la « littérature traditionnelle du\nparti ».\n   Ils ont raison et vous avez tort.\n   Dès son apparition, le Drapeau s'est posé en revue de combat, j'allais\nécrire de révolte contre tout cela dont certains voulaient faire le programme\nlittéraire officiel des catholiques, inspiré de systématiques admirations\nclassiques et de systématiques dédains de la modernité.\n   A ce programme, fétiche vénéré, nous avons opposé la liberté de l'art,\nle droit et le devoir pour l'artiste d'être de son temps et de s'en approprier\nles formes littéraires.\n   Barbey d'Aurévilly, Villiers de l'Isle Adam, Paul Verlaine, — ces maîtres\nqui donnèrent à l'idée chrétienne sa plus haute expression artistique, —\nnous les avons placés au faîte de nos admirations.\n   Cela nous a valu même, vous vous en souvenez, d'être insinués « porno-\ngraphes » par les politiciens qui firent de la littérature au Congrès de\nMalines.\n   Convenez que nous avons une singulière façon de livrer Samson aux\nciseaux de Dalila !\n   Si vous voulez bien dorénavant nous lire plus attentivement, vous con­\nviendrez en toute loyauté avoir manqué de justice à l'égard de frères\nd'armes, qui combattent, encore que sous un drapeau différent, les mêmes\nennemis que vous.\n   Votre devise — un peu amendée — est la nôtre : Ne crains... fors\nDieu.\n  En toute confraternité artistique.\n                                               FIRMIN VANDEN BOSCH\n                                           Rédacteur en chef du    Drapeau.\n\n   La protestation du Drapeau l'honore et nous enchante ; — puisque nous\neussions été désolés d'avoir raison, il nous est bien permis, n'est-ce pas,\nd'être charmés d'avoir fait erreur, — encore que cette erreur fût assez expli­\ncable; n'insistons pas, nous sommes trop heureux de nous être trompés.\n   Il est donc entendu que le Drapeau a été et demeure un défenseur con­\nvaincu de la formule l'Art pour l'Art, qu'il ne délivrera pas un certificat\nartistique à un ouvrage catholique parce que catholique et ne critiquera\npas esthétiquement un livre hétérodoxe parce que hétérodoxe.\n   Nous voilà d'accord. Et nous nous félicitons d'avoir provoqué cette\nexplication.\n                                                           N. D. L. D."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-02-n2-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 126, "page_fin": 132, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Eugénie", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 92, "fin_caractere_exclue": 99, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "L'abondance des matières nous force à"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 198, "fin_caractere_exclue": 235, "texte": "remettre au numéro suivant le compte-"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 289, "fin_caractere_exclue": 331, "texte": "rendu d'une foule de livres. 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Voici comment il expose son opi­"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 1397, "fin_caractere_exclue": 1403, "texte": "nion :"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 1495, "fin_caractere_exclue": 1538, "texte": "« Mais depuis que l'art vrai existe, il n'a"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 1588, "fin_caractere_exclue": 1635, "texte": "vécu, il ne s'est fait éternel que par l'intui­"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 1686, "fin_caractere_exclue": 1730, "texte": "tion qu'il avait du milieu dans lequel il se"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 1762, "fin_caractere_exclue": 1803, "texte": "manifestait, et auquel il donnait, par la"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 1863, "fin_caractere_exclue": 1907, "texte": "splendeur de ses révélations, une conscience"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 1958, "fin_caractere_exclue": 2000, "texte": "plus haute de lui-même! 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Un mot de"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2686, "fin_caractere_exclue": 2695, "texte": "réponse !"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2785, "fin_caractere_exclue": 2822, "texte": "Nous n'entendons point par art social"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2877, "fin_caractere_exclue": 2919, "texte": "l'art qui peint, directement ou indirecte­"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2969, "fin_caractere_exclue": 3006, "texte": "ment, l'époque qui le produit, encore"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3061, "fin_caractere_exclue": 3107, "texte": "moins l'art qui s'efforce de peindre le passé."}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3151, "fin_caractere_exclue": 3193, "texte": "Par ces mots, nous entendons l'art à thèse"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3245, "fin_caractere_exclue": 3291, "texte": "sociale, l'art qui conduit à une action, l'art"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3341, "fin_caractere_exclue": 3382, "texte": "qui plaide en faveur d'un régime nouveau;"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3435, "fin_caractere_exclue": 3480, "texte": "en réalité, ce n'est q'une application parti­"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3534, "fin_caractere_exclue": 3580, "texte": "culière de l'art à thèse en général, que cette"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3630, "fin_caractere_exclue": 3675, "texte": "thèse soit politique, sociale, philosophique,"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3723, "fin_caractere_exclue": 3766, "texte": "religieuse, etc. Autre chose est de peindre"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3820, "fin_caractere_exclue": 3861, "texte": "d'une manière désintéressée et objective,"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3912, "fin_caractere_exclue": 3957, "texte": "indifférente donc, le milieu où s'agite telle"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4005, "fin_caractere_exclue": 4046, "texte": "ou telle controverse, autre chose est d'y"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4098, "fin_caractere_exclue": 4140, "texte": "prendre position et de faire de son art un"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4158, "fin_caractere_exclue": 4199, "texte": "instrument de démonstration ou de persua­"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4252, "fin_caractere_exclue": 4295, "texte": "sion, d'avoir un but intéressé, de se faire"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4351, "fin_caractere_exclue": 4392, "texte": "acteur dans une querelle d'idées (au lieu"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4447, "fin_caractere_exclue": 4495, "texte": "d'en rester le spectateur) et d'utiliser son art"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4537, "fin_caractere_exclue": 4576, "texte": "comme une arme ou un outil afin de con­"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4596, "fin_caractere_exclue": 4639, "texte": "tribuer au succès de l'un des belligérants."}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4691, "fin_caractere_exclue": 4732, "texte": "Voltaire, Alexandre Dumas fils, Ibsen ont"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 105, "fin_caractere_exclue": 147, "texte": "fait de l'art social. Dans ses Châtiments,"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 200, "fin_caractere_exclue": 243, "texte": "Victor Hugo a fait de l'art politique. Mais"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 296, "fin_caractere_exclue": 341, "texte": "l'intérêt social ou politique de ces ouvrages"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 394, "fin_caractere_exclue": 438, "texte": "s'éteint lorsque l'objet de leurs thèses est"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 491, "fin_caractere_exclue": 535, "texte": "sorti de l'actualité. Les drames qui avaient"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 588, "fin_caractere_exclue": 631, "texte": "pour but de prouver l'excellence du divorce"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 684, "fin_caractere_exclue": 727, "texte": "sont devenus sans objet du jour où la loi a"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 780, "fin_caractere_exclue": 825, "texte": "établi le divorce. Les pièces dirigées contre"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 878, "fin_caractere_exclue": 920, "texte": "Napoléon III ont, à ce point de vue, perdu"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 973, "fin_caractere_exclue": 1011, "texte": "tout intérêt depuis que cet empereur a"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1064, "fin_caractere_exclue": 1105, "texte": "perdu son trône ; on ne les juge plus que"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1158, "fin_caractere_exclue": 1194, "texte": "sur la somme plus ou moins grande de"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1247, "fin_caractere_exclue": 1289, "texte": "beauté artistique qui s'y trouve réalisée;"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1342, "fin_caractere_exclue": 1374, "texte": "leur valeur politique est morte."}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1431, "fin_caractere_exclue": 1467, "texte": "Quant aux nombreux exemples que cite"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1520, "fin_caractere_exclue": 1566, "texte": "la Nation, ils sont invoqués bien à la légère."}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1619, "fin_caractere_exclue": 1659, "texte": "Homère a célébré l'héroïsme des Grecs et"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1712, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "des Troyens : nous n'apercevons ni dans"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1804, "fin_caractere_exclue": 1847, "texte": "l'Iliade ni dans l'Odyssée la moindre thèse"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1900, "fin_caractere_exclue": 1946, "texte": "sociale. 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Est-ce que son Œdipe-Roi"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2186, "fin_caractere_exclue": 2226, "texte": "plaide pour ou contre la monarchie, pour"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2279, "fin_caractere_exclue": 2303, "texte": "ou contre la république?"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2360, "fin_caractere_exclue": 2399, "texte": "Shakespeare a vécu sous les règnes tra­"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2452, "fin_caractere_exclue": 2494, "texte": "giques d'Elisabeth et de Jacques 1 er , au"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2547, "fin_caractere_exclue": 2588, "texte": "temps où l'Angleterre était en proie à la"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2641, "fin_caractere_exclue": 2685, "texte": "terrible lutte des protestants et des catho­"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2738, "fin_caractere_exclue": 2780, "texte": "liques, — où le bourreau fonctionnait sans"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2833, "fin_caractere_exclue": 2876, "texte": "relâche, — au temps où toute l'Europe était"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2929, "fin_caractere_exclue": 2968, "texte": "déchirée comme l'Angleterre par la même"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3021, "fin_caractere_exclue": 3060, "texte": "querelle religieuse. Lisez les nombreux"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3113, "fin_caractere_exclue": 3149, "texte": "drames et les nombreuses comédies de"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3202, "fin_caractere_exclue": 3244, "texte": "Shakespeare : il semble ignorer ces événe­"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3297, "fin_caractere_exclue": 3340, "texte": "ments. C'est à peine si une tradition assez"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3393, "fin_caractere_exclue": 3433, "texte": "vague nous le donne comme un catholique."}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3490, "fin_caractere_exclue": 3532, "texte": "Est-il vrai, d'autre part, que Shakespeare"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3585, "fin_caractere_exclue": 3628, "texte": "n'a « jamais songé à faire de l'art? » Nous"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3681, "fin_caractere_exclue": 3721, "texte": "engageons ceux qui doutent de ses préoc­"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3774, "fin_caractere_exclue": 3818, "texte": "cupations artistiques à relire son septante-"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3871, "fin_caractere_exclue": 3910, "texte": "sixième sonnet : ils y verront que Sha­"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 3963, "fin_caractere_exclue": 4003, "texte": "kespeare parle de ses procédés poétiques"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4056, "fin_caractere_exclue": 4097, "texte": "et les oppose à ceux des novateurs de son"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4150, "fin_caractere_exclue": 4156, "texte": "temps."}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4213, "fin_caractere_exclue": 4250, "texte": "Le côté « social » d'Andromaque et du"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4304, "fin_caractere_exclue": 4349, "texte": "Cid ne nous paraît pas très visible, non plus"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4402, "fin_caractere_exclue": 4445, "texte": "que les problèmes sociaux agités dans M. de"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4498, "fin_caractere_exclue": 4535, "texte": "Pourceaugnac ou dans le Malade imagi­"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4588, "fin_caractere_exclue": 4594, "texte": "naire."}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4651, "fin_caractere_exclue": 4689, "texte": "Tandis que les canons français procla­"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 4742, "fin_caractere_exclue": 4781, "texte": "maient par toute l'Europe les droits de"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "l'homme, la fin des monarchies de droit"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "divin et la substitution de la bourgeoisie à"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 280, "texte": "la noblesse comme classe dirigeante, Gœthe,"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 328, "fin_caractere_exclue": 368, "texte": "au milieu de l'Allemagne ravagée, compo­"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 424, "fin_caractere_exclue": 467, "texte": "sait tranquillement son Divan oriental : il"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 516, "fin_caractere_exclue": 559, "texte": "avait une manière à lui de comprendre l'art"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 610, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "social!..."}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 705, "fin_caractere_exclue": 745, "texte": "L'art social existe assurément et a pro­"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 767, "fin_caractere_exclue": 808, "texte": "duit certaines œuvres d'une incontestable"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 857, "fin_caractere_exclue": 897, "texte": "valeur. 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Lemonnier a traité dans ses derniers"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2544, "fin_caractere_exclue": 2582, "texte": "romans des questions sociales; mais le"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2635, "fin_caractere_exclue": 2677, "texte": "minimum de salaire, l'assurance contre les"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2723, "fin_caractere_exclue": 2766, "texte": "accidents du travail, n'y sont pas précisé­"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2807, "fin_caractere_exclue": 2848, "texte": "ment exposés ni discutés, non plus que le"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2896, "fin_caractere_exclue": 2939, "texte": "collectivisme des socialistes allemands, ni"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2990, "fin_caractere_exclue": 3028, "texte": "le système des anarchistes. Est-ce que"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3081, "fin_caractere_exclue": 3120, "texte": "M. Khnopff fait de la peinture sociale?"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3176, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "Est-ce que M. Tinel fait de la musique"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3262, "fin_caractere_exclue": 3308, "texte": "sociale? Si l'art social triomphe, c'est assu­"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3321, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "rément au delà des frontières, dans un pays"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3412, "fin_caractere_exclue": 3448, "texte": "dont nous n'avons pas encore entendu"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3503, "fin_caractere_exclue": 3510, "texte": "parler."}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3777, "fin_caractere_exclue": 3813, "texte": "Le Soir, le Journal de Bruxelles, la"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3866, "fin_caractere_exclue": 3908, "texte": "Nation et sans doute d'autres gazettes qui"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3950, "fin_caractere_exclue": 3992, "texte": "ne nous ont pas été envoyées ont reproduit"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 4040, "fin_caractere_exclue": 4084, "texte": "et discuté nos « Déclarations ». Nous les en"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 4129, "fin_caractere_exclue": 4153, "texte": "remercions cordialement."}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 4201, "fin_caractere_exclue": 4245, "texte": "A LA REVUE ROUGE.        Pas   contente   de"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 4246, "fin_caractere_exclue": 4287, "texte": "nous, la jeunissime Revue Rouge; nous lui"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "avons fait bobo et elle pleure de petites"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 192, "fin_caractere_exclue": 236, "texte": "choses vagues et inexactes telles que ceci :"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 286, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "« Un roman de psychologie, d'observation,"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 377, "fin_caractere_exclue": 423, "texte": "c'est de l'art social. » Fichtre! à ce compte-"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 473, "fin_caractere_exclue": 515, "texte": "là la Princesse de Clèves et Manon Lescaut"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 565, "fin_caractere_exclue": 609, "texte": "c'est de l'art social; et tous les romans de"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 659, "fin_caractere_exclue": 701, "texte": "M. P. Bourget, art social! Nous ne nous en"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 751, "fin_caractere_exclue": 766, "texte": "doutions guère."}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 819, "fin_caractere_exclue": 856, "texte": "L'art social de M. Verhaeren nous est"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 906, "fin_caractere_exclue": 950, "texte": "inconnu. S'agit-il de ses Flamandes ? de ses"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1000, "fin_caractere_exclue": 1039, "texte": "Moines? de ses Débâcles? Une démonstra­"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1089, "fin_caractere_exclue": 1136, "texte": "tion, s. v. p. — Cladet a fait de l'art social."}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1186, "fin_caractere_exclue": 1234, "texte": "Quand il faisait de l'art tout court, il a écrit"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1284, "fin_caractere_exclue": 1325, "texte": "le Bouscassié et l'Homme de la Croix-aux-"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1375, "fin_caractere_exclue": 1417, "texte": "bœufs; son art social lui a fait commettre"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1467, "fin_caractere_exclue": 1504, "texte": "Kerkadec garde- barrière, qui est une"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1554, "fin_caractere_exclue": 1571, "texte": "œuvre lamentable."}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1624, "fin_caractere_exclue": 1658, "texte": "La Revue Rouge nous envoie ce pavé"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1708, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "d'ourson mal léché : « Les malédictions des"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1801, "fin_caractere_exclue": 1844, "texte": "rimailleurs d'alexandrins et des pédagogues"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1894, "fin_caractere_exclue": 1938, "texte": "du Parnasse n'entraveront pas notre essor. »"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1988, "fin_caractere_exclue": 2026, "texte": "Volez, pintades, allez y gaîment ! Les"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2076, "fin_caractere_exclue": 2118, "texte": "rimailleurs Giraud, Gilkin, Severin, Gille"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2168, "fin_caractere_exclue": 2207, "texte": "et leurs amis vous contemplent avec une"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2257, "fin_caractere_exclue": 2275, "texte": "sincère curiosité."}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2328, "fin_caractere_exclue": 2363, "texte": "Un mot encore. Vous dites : « Quand"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2413, "fin_caractere_exclue": 2457, "texte": "Walter de Stolzing se fait vieux, il devient"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2507, "fin_caractere_exclue": 2543, "texte": "Beckmesser. » Nous vous recommandons"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2593, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "instamment l'étude de la psychologie pra­"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2684, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "tique : elle vous apprendra qu'on naît"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2772, "fin_caractere_exclue": 2806, "texte": "Beckmesser. Quant aux Wagner, tout"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2856, "fin_caractere_exclue": 2895, "texte": "comme les Homère et les Eschyle, ils ne"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 2945, "fin_caractere_exclue": 2989, "texte": "vieillissent jamais. Les petits maîtres eux-"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3039, "fin_caractere_exclue": 3080, "texte": "mêmes, les Anacréon et les Méléagre, gar­"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3130, "fin_caractere_exclue": 3175, "texte": "dent l'éternelle jeunesse. Méfiez-vous ; vous"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3225, "fin_caractere_exclue": 3261, "texte": "prenez les Wiertz pour des Walter de"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3311, "fin_caractere_exclue": 3320, "texte": "Stolzing."}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3373, "fin_caractere_exclue": 3411, "texte": "Les nouveautés dont se targue la Revue"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3461, "fin_caractere_exclue": 3502, "texte": "Rouge nous semblent un peu vieilles. Pour"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3552, "fin_caractere_exclue": 3594, "texte": "être neuf, il faut trouver autre chose que"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3644, "fin_caractere_exclue": 3686, "texte": "l'art social, renouvelé des grecs comme le"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3736, "fin_caractere_exclue": 3774, "texte": "jeu de l'oie, prêché de nos jours avec"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3824, "fin_caractere_exclue": 3865, "texte": "quelque éloquence par le nommé Proud'hon,"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 3915, "fin_caractere_exclue": 3949, "texte": "— et pratiqué par Pierre Dupont! !"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 4002, "fin_caractere_exclue": 4039, "texte": "Enfin vous invoquez l'ombre de Victor"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 4089, "fin_caractere_exclue": 4128, "texte": "Hugo en faveur du vers libre. 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Allons, les bugles, courage !"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 879, "fin_caractere_exclue": 919, "texte": "Si nous n'en sommes qu'à la Lyre du Par­"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 920, "fin_caractere_exclue": 964, "texte": "nasse, c'est pas une raison pour en rester à"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1009, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "la grosse ophicléide duXVIesiècle. Hop, là !"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1101, "fin_caractere_exclue": 1142, "texte": "Un petit temps de galop, s'il vous plaît."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1167, "fin_caractere_exclue": 1210, "texte": "Peut-être bien que dans un demi-siècle vous"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1272, "fin_caractere_exclue": 1313, "texte": "rattraperez l'abbé Delille, en évoluant à"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1364, "fin_caractere_exclue": 1378, "texte": "toute vitesse."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1839, "fin_caractere_exclue": 1876, "texte": "Les Jeunes-Belgique ont beaucoup con­"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1877, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "férencié depuis quelques semaines. M. Geor­"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2048, "fin_caractere_exclue": 2086, "texte": "ges Eekhoud a initié de nombreux audi­"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2169, "fin_caractere_exclue": 2209, "texte": "toires aux drames d'Ibsen et de Webster,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2253, "fin_caractere_exclue": 2294, "texte": "M. Maurice Desombiaux et M. Albert Giraud"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2338, "fin_caractere_exclue": 2379, "texte": "ont parlé à Charleroi, l'un de la chanson"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2423, "fin_caractere_exclue": 2470, "texte": "populaire, l'autre de l'évolution littéraire en"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2594, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "Belgique, M. Léopold Wallner a continué,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2635, "fin_caractere_exclue": 2678, "texte": "chez Mlle Desmeth, ses intéressantes leçons"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2726, "fin_caractere_exclue": 2768, "texte": "sur l'histoire du clavecin et du piano, et"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2800, "fin_caractere_exclue": 2841, "texte": "M. Ernest Verlant, à la tribune du Cercle"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2842, "fin_caractere_exclue": 2885, "texte": "artistique de Bruxelles, a combattu, victo­"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2886, "fin_caractere_exclue": 2927, "texte": "rieusement, les absurdes théories de Lom­"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2975, "fin_caractere_exclue": 3002, "texte": "broso sur l'homme de génie."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3148, "fin_caractere_exclue": 3187, "texte": "Reçu : Les Contes à Marjolaine de notre"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3188, "fin_caractere_exclue": 3228, "texte": "ami et collaborateur Georges Garnir, les"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3280, "fin_caractere_exclue": 3321, "texte": "Bains de Sons de cette petite peste d'Ou­"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3370, "fin_caractere_exclue": 3409, "texte": "vreuse du Cirque d'Eté, un livre exquis"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3435, "fin_caractere_exclue": 3474, "texte": "pour lequel nous avons commandé un étui"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3517, "fin_caractere_exclue": 3549, "texte": "en bois de calembour, etc., etc."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3552, "fin_caractere_exclue": 3581, "texte": "Patience et longueur de temps"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3860, "fin_caractere_exclue": 3898, "texte": "M. Célestin Demblon continue, tous les"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3899, "fin_caractere_exclue": 3943, "texte": "mardis, dans le Peuple, son « Histoire de la"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3944, "fin_caractere_exclue": 3970, "texte": "Littérature en Belgique »."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3973, "fin_caractere_exclue": 3998, "texte": "Il en est à Lesbroussart."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "Un gros événement de librairie qui est"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 236, "texte": "aussi un gros événement littéraire : L'édi­"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 287, "fin_caractere_exclue": 325, "texte": "teur Paul Lacomblez publie une édition"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 376, "fin_caractere_exclue": 417, "texte": "nouvelle in-8°, à 5 francs, de la Légende"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 468, "fin_caractere_exclue": 483, "texte": "d'Uylenspiegel."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 537, "fin_caractere_exclue": 575, "texte": "Cette publication opportune coïncidera"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 626, "fin_caractere_exclue": 663, "texte": "donc avec l'érection du monument à la"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 714, "fin_caractere_exclue": 752, "texte": "mémoire de Charles De Coster, qui aura"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 803, "fin_caractere_exclue": 832, "texte": "lieu prochainement à Ixelles."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 972, "fin_caractere_exclue": 1008, "texte": "De M. Eugène Thébault, dans la Revue"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1059, "fin_caractere_exclue": 1100, "texte": "indépendante, quelques vers à l'usage des"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1151, "fin_caractere_exclue": 1166, "texte": "spleenétiques :"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1217, "fin_caractere_exclue": 1271, "texte": "« ... Le jeune homme à peu près moral de ces temps-ci,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1322, "fin_caractere_exclue": 1363, "texte": "Ramier sentimental de fades tourterelles,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1414, "fin_caractere_exclue": 1454, "texte": "Mâle navrant, si fier d'un sexe rétréci,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1505, "fin_caractere_exclue": 1550, "texte": "Sait-il, le mutilé qui s'est plumé les ailes,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1601, "fin_caractere_exclue": 1644, "texte": "Le sarcasme insultant par les forêts clamé,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1695, "fin_caractere_exclue": 1740, "texte": "Lorsqu'il ose, exhibant sa tare devant elles,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1791, "fin_caractere_exclue": 1835, "texte": "Vanter le Mysticisme au monde inanimé ?... »"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1939, "fin_caractere_exclue": 1965, "texte": "« ... Dans le lit suprême,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2028, "fin_caractere_exclue": 2047, "texte": "Sur le dos couchés,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2149, "fin_caractere_exclue": 2168, "texte": "Les puceaux fauchés"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2231, "fin_caractere_exclue": 2252, "texte": "A l'âge où l'on aime,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2315, "fin_caractere_exclue": 2337, "texte": "S'éplorent, oh ! oui :"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2400, "fin_caractere_exclue": 2422, "texte": "Frustrés de l'étreinte"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2485, "fin_caractere_exclue": 2508, "texte": "Des filles sans feinte,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2571, "fin_caractere_exclue": 2593, "texte": "Ils n'ont pas joui ! »"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2687, "fin_caractere_exclue": 2725, "texte": "Cela s'appelle le Poème du piano ou le"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2776, "fin_caractere_exclue": 2799, "texte": "chevalier des touches I"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2938, "fin_caractere_exclue": 2974, "texte": "Lire dans le même numéro de la Revue"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3025, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "indépendante l'étude de M. L.-X. de Ricard:"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3119, "fin_caractere_exclue": 3143, "texte": "Parnasse et Parnassiens."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3241, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "M. Marcel Batillat vient d'inventer le"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3330, "fin_caractere_exclue": 3369, "texte": "mot ultrême, composé ingénieux d'ultime"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3420, "fin_caractere_exclue": 3434, "texte": "et de suprême."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3488, "fin_caractere_exclue": 3516, "texte": "Le suite au prochain numéro."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3635, "fin_caractere_exclue": 3675, "texte": "A paru chez Paul Lacomblez, à Bruxelles,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3726, "fin_caractere_exclue": 3766, "texte": "et chez Chamuel, à Paris, un Commentaire"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3817, "fin_caractere_exclue": 3857, "texte": "sacerdotal du Tarot, par M. Iwan Gilkin."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4025, "fin_caractere_exclue": 4062, "texte": "Pour paraître prochainement chez Paul"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4115, "fin_caractere_exclue": 4126, "texte": "Lacomblez :"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 4181, "fin_caractere_exclue": 4219, "texte": "Premières poésies du comte Villiers de"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 86, "texte": "l'IsIe-Adam, dans la petite collection des"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 164, "fin_caractere_exclue": 205, "texte": "poètes, à fr. 3.50. Il sera tiré quelques"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 206, "fin_caractere_exclue": 248, "texte": "exemplaires sur hollande à 7 francs et sur"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 294, "fin_caractere_exclue": 312, "texte": "japon à 20 francs."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 382, "fin_caractere_exclue": 420, "texte": "Le second volume des Portraits et Sil­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 461, "fin_caractere_exclue": 503, "texte": "houettes de M. le baron Prosper de Haulle­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 550, "fin_caractere_exclue": 556, "texte": "ville."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 638, "fin_caractere_exclue": 677, "texte": "La Quenouille et la Besace, par Maurice"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 716, "fin_caractere_exclue": 758, "texte": "Maeterlinck, dans la petite collection des"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 804, "fin_caractere_exclue": 845, "texte": "Poètes, à 3 francs. 11 sera tiré quelques"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 886, "fin_caractere_exclue": 928, "texte": "exemplaires sur hollande à 6 francs et sur"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 978, "fin_caractere_exclue": 996, "texte": "japon à 20 francs."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1069, "fin_caractere_exclue": 1108, "texte": "Salutations, dont d'angéliques, par Max"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1153, "fin_caractere_exclue": 1196, "texte": "Elskamp, dans la petite collection des poè­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1206, "fin_caractere_exclue": 1251, "texte": "tes, à fr. 3 50. Tirage sur hollande avec des"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1294, "fin_caractere_exclue": 1330, "texte": "ornements en couleur de Henry Van de"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1373, "fin_caractere_exclue": 1379, "texte": "Velde."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1645, "fin_caractere_exclue": 1683, "texte": "L'Académie française, tel est le titre"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1725, "fin_caractere_exclue": 1768, "texte": "d'une nouvelle revue, dirigée par M. Saint-"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1815, "fin_caractere_exclue": 1855, "texte": "Georges de Bouhélier, et dont le premier"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1888, "fin_caractere_exclue": 1931, "texte": "numéro contient de beaux vers de M. Edouard"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1958, "fin_caractere_exclue": 1964, "texte": "Dubus."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2054, "fin_caractere_exclue": 2092, "texte": "Voici la proclamation de l'un des qua­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2135, "fin_caractere_exclue": 2142, "texte": "rante :"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2230, "fin_caractere_exclue": 2270, "texte": "« En vérité, le style n'est qu'un détail"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2314, "fin_caractere_exclue": 2357, "texte": "typographique; et de même la joliesse plas­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2398, "fin_caractere_exclue": 2438, "texte": "tique des choses demeure une convention."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2481, "fin_caractere_exclue": 2519, "texte": "La différencie chaque tempérament. Les"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2631, "fin_caractere_exclue": 2667, "texte": "Hottentots mésestiment évidemment la"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2711, "fin_caractere_exclue": 2749, "texte": "Vénus grecque. Les Chinois ni les Tar­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2794, "fin_caractere_exclue": 2838, "texte": "tares ne s'accordent sur l'esthétique objec­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2880, "fin_caractere_exclue": 2925, "texte": "tive. Les climats diversifient les caractères"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2931, "fin_caractere_exclue": 2956, "texte": "de cette beauté physique."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3027, "fin_caractere_exclue": 3063, "texte": "Alors pourquoi tant prendre soin, de"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3110, "fin_caractere_exclue": 3146, "texte": "qui est si mobile et si changeant? »"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3199, "fin_caractere_exclue": 3241, "texte": "C'est convenu, le style n'est qu'un détail"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3285, "fin_caractere_exclue": 3327, "texte": "typographique, la Vénus Hottentote vaut la"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3369, "fin_caractere_exclue": 3410, "texte": "Vénus de Milo, et quant à la langue elle-"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3452, "fin_caractere_exclue": 3496, "texte": "même, chacun doit se forger la sienne, selon"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3523, "fin_caractere_exclue": 3566, "texte": "son caprice et sa fantaisie. Le triomphe de"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3614, "fin_caractere_exclue": 3659, "texte": "l'individualisme, quoi ! Piano à queue signi­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3707, "fin_caractere_exclue": 3751, "texte": "fiera dindon, incohérence, harmonie, et tout"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3795, "fin_caractere_exclue": 3839, "texte": "le monde aura du génie et du talent, excepté"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3885, "fin_caractere_exclue": 3910, "texte": "les écrivains qui en ont."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3964, "fin_caractere_exclue": 4005, "texte": "A quand la création d'un syndicat pour la"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4051, "fin_caractere_exclue": 4086, "texte": "reconstruction de la tour de Babel?"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 139, "fin_caractere_exclue": 163, "texte": "SALON DE LA ROSE † CROIX"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 256, "fin_caractere_exclue": 293, "texte": "Secrétariat  : Du 15 décembre au15fé­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 341, "fin_caractere_exclue": 378, "texte": "vrier, à Nîmes, 10, rue de la Vierge;"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 421, "fin_caractere_exclue": 460, "texte": "ensuite : à Paris, 2, rue de Commaille."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 511, "fin_caractere_exclue": 549, "texte": "Au nom du saint Esprit — son serviteur"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 597, "fin_caractere_exclue": 634, "texte": "le Grand Maître de la Rose † Croix du"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 678, "fin_caractere_exclue": 715, "texte": "Temple et du Graal — à tous artistes,"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 759, "fin_caractere_exclue": 803, "texte": "peintres, statuaires, ciseleurs, graveurs et"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 846, "fin_caractere_exclue": 885, "texte": "ouvriers d'art — Les invitons au second"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 929, "fin_caractere_exclue": 977, "texte": "SALON       de la ROSE † CROIX qui aura lieu, du"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1025, "fin_caractere_exclue": 1065, "texte": "1er au 30 avril 1893, au Palais du Champ"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1109, "fin_caractere_exclue": 1152, "texte": "de Mars (Dôme central et galerie des Trente"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1197, "fin_caractere_exclue": 1205, "texte": "mètres)."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1256, "fin_caractere_exclue": 1293, "texte": "Selon la théorie esthétique contenue:"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1331, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "1° en la Règle du second salon de la Rose"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1420, "fin_caractere_exclue": 1461, "texte": "† Croix ; 2° aux Constitutions de l'Ordre"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1509, "fin_caractere_exclue": 1550, "texte": "laïque de la Rose † Croix du Temple et du"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1598, "fin_caractere_exclue": 1641, "texte": "Graal; 3° dans l'Art idéaliste et mystique,"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1684, "fin_caractere_exclue": 1724, "texte": "doctrine des Rose † Croix; 4° en Comment"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1769, "fin_caractere_exclue": 1814, "texte": "on devient artiste, troisième traité de l'Am­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1856, "fin_caractere_exclue": 1887, "texte": "phithéâtre des sciences mortes."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1938, "fin_caractere_exclue": 1957, "texte": "Nous vous exhortons"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2008, "fin_caractere_exclue": 2049, "texte": "A aider par l'envoi des œuvres idéalistes"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2093, "fin_caractere_exclue": 2134, "texte": "notre effort de Beauté, vous redisant que"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2182, "fin_caractere_exclue": 2225, "texte": "le fait d'exposer à la Rose † Croix ne vous"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2271, "fin_caractere_exclue": 2312, "texte": "solidarise aucunement avec l'Ordre et que"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2358, "fin_caractere_exclue": 2396, "texte": "vous serez simplement son invité. Nous"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2439, "fin_caractere_exclue": 2479, "texte": "vous notifions ces dates et ces règles :"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2530, "fin_caractere_exclue": 2568, "texte": "DATES. — Visite aux œuvres : Du 20 fé­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2628, "fin_caractere_exclue": 2630, "texte": "er"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2668, "fin_caractere_exclue": 2709, "texte": "vrier a u 1 mars L. L. S. S. les artistes"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2750, "fin_caractere_exclue": 2793, "texte": "recevront la visite du Sar qui invitera les"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2839, "fin_caractere_exclue": 2879, "texte": "œuvres conformes à l'orthodoxie de l'Or­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2926, "fin_caractere_exclue": 2930, "texte": "dre."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2981, "fin_caractere_exclue": 3022, "texte": "Il est loisible à tout artiste ou ouvrier"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3064, "fin_caractere_exclue": 3109, "texte": "ce d'art de demander une visite pourvu que sa"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3157, "fin_caractere_exclue": 3194, "texte": "lettre parvienne avant le 25 février."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3245, "fin_caractere_exclue": 3284, "texte": "ETRANGER ET PROVINCE. — L. L. S. S. les"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3328, "fin_caractere_exclue": 3368, "texte": "artistes de l'étranger et de la province"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3411, "fin_caractere_exclue": 3451, "texte": "devront adresser avant le 25 février une"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3497, "fin_caractere_exclue": 3521, "texte": "photographie des œuvres."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3572, "fin_caractere_exclue": 3613, "texte": "Faute d'avoir demandé la visite ou envoyé"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3660, "fin_caractere_exclue": 3706, "texte": "la photographie, l'artiste s'expose à un juge­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3752, "fin_caractere_exclue": 3794, "texte": "ment qui peut être un refus, auquel cas il"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3840, "fin_caractere_exclue": 3883, "texte": "devra faire reprendre son envoi, huit jours"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3931, "fin_caractere_exclue": 3959, "texte": "après notification du refus."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4010, "fin_caractere_exclue": 4050, "texte": "ENVOI. — Toute œuvre devra être adressée"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4098, "fin_caractere_exclue": 4139, "texte": "FRANCO, au Grand Maître de la Rose†Croix,"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4187, "fin_caractere_exclue": 4226, "texte": "Palais du Champ de Mars (Dôme central),"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4274, "fin_caractere_exclue": 4280, "texte": "PARIS."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4330, "fin_caractere_exclue": 4369, "texte": "DATE D'ENVOI, — Les œuvres peuvent être"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "envoyées dès le 10 mars : le dernier délai"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 171, "texte": "est fixé au 20 mars inclus."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 274, "texte": "Elles doivent être accompagnées d'une"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 331, "fin_caractere_exclue": 375, "texte": "déclaration de leur titre sans épigraphe, et"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 425, "fin_caractere_exclue": 457, "texte": "du nom et domicile de l'artiste."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 520, "fin_caractere_exclue": 559, "texte": "RESPONSABILITÉ. — L'ordre décline toute"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 613, "fin_caractere_exclue": 657, "texte": "responsabilité pécuniaire en cas de perte ou"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 706, "fin_caractere_exclue": 715, "texte": "d'avarie."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 801, "fin_caractere_exclue": 846, "texte": "CATALOGUE ILLUSTRÉ. —       L.   L.   S.   S."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 891, "fin_caractere_exclue": 929, "texte": "doivent envoyer en même temps que leur"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 986, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "œuvre, un dessin partiel ou quelque étude"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1078, "fin_caractere_exclue": 1117, "texte": "préparatoire, exécutée à la plume ou au"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1171, "fin_caractere_exclue": 1210, "texte": "crayon noir sur papier très blanc, sans"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1263, "fin_caractere_exclue": 1305, "texte": "mine de plomb ni lavis. Ces dessins seront"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1353, "fin_caractere_exclue": 1397, "texte": "rendus à leurs auteurs mais ils doivent être"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1451, "fin_caractere_exclue": 1464, "texte": "très soignés."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1547, "fin_caractere_exclue": 1584, "texte": "RÉCLAMATIONS.— L'Ordre n'admet aucune"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1637, "fin_caractere_exclue": 1678, "texte": "sorte de réclamation ; l'artiste exposant"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1732, "fin_caractere_exclue": 1761, "texte": "souscrit d'avance à la règle."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1828, "fin_caractere_exclue": 1869, "texte": "Selon la possibilité les œuvres de chaque"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1870, "fin_caractere_exclue": 1912, "texte": "artiste seront groupées ou même isolées en"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1913, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "un panneau."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1928, "fin_caractere_exclue": 1965, "texte": "DATES.— Le 25 mars seulement L.L.S.S."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2011, "fin_caractere_exclue": 2056, "texte": "les artistes exposants seront admis à visiter"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2103, "fin_caractere_exclue": 2147, "texte": "le Salon et à retirer leur carte permanente."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2183, "fin_caractere_exclue": 2225, "texte": "Le 26 et le 27. MM. de la presse entreront"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2272, "fin_caractere_exclue": 2310, "texte": "dès le matin et retireront leur carte."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2388, "fin_caractere_exclue": 2426, "texte": "Le 28 mars aura lieu le vernissage par"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2427, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "invitations, de midi à 6 h. du soir."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2467, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "Adresser toute demande d'informations"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2505, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "au secrétariat."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2602, "fin_caractere_exclue": 2638, "texte": "Nous espérons fermement cette année,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2690, "fin_caractere_exclue": 2736, "texte": "que les efforts de tous mériteront le suffrage"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2778, "fin_caractere_exclue": 2788, "texte": "des Anges."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2842, "fin_caractere_exclue": 2884, "texte": "Edicté à Paris, sous la Rose Crucifère, le"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2928, "fin_caractere_exclue": 2969, "texte": "8 décembre de l'an 1892 de la Rédemption."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3035, "fin_caractere_exclue": 3062, "texte": "Le Grand Maître de l'Ordre,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3130, "fin_caractere_exclue": 3141, "texte": "SAR PELADAN"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3288, "fin_caractere_exclue": 3324, "texte": "N.-B. — La geste esthétique comporte"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3349, "fin_caractere_exclue": 3391, "texte": "un théâtre où seront célébrées la tragédie"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3478, "fin_caractere_exclue": 3519, "texte": "du «Sar Merodack, et le Mystère du Graal»"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3574, "fin_caractere_exclue": 3615, "texte": "les artistes et ouvriers d'art sont priés"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3676, "fin_caractere_exclue": 3708, "texte": "d'offrir leur concours bénévole."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3776, "fin_caractere_exclue": 3815, "texte": "Le Ve fascicule de la Rose † Croix, qui"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3964, "fin_caractere_exclue": 4004, "texte": "paraîtra le 1er mars, contiendra le pro­"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4062, "fin_caractere_exclue": 4101, "texte": "gramme détaillé de la geste esthétique."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4448, "fin_caractere_exclue": 4484, "texte": "M. René Ghil adresse un manifeste au"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4550, "fin_caractere_exclue": 4592, "texte": "Mouvement littéraire. Ce document contient"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "naturellement la liste des œuvres passées,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 194, "fin_caractere_exclue": 233, "texte": "présentes et futures du Dieu le Père de"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 284, "fin_caractere_exclue": 330, "texte": "Tourcoing,et l'assurance qu'il ne s'est jamais"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 381, "fin_caractere_exclue": 424, "texte": "tant admiré. Mais le passage vraiment inté­"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 475, "fin_caractere_exclue": 516, "texte": "ressant de la lettre est une énumération,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 567, "fin_caractere_exclue": 612, "texte": "par rang d'âge, des jeunes Trônes et des pué­"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 663, "fin_caractere_exclue": 705, "texte": "riles Dominations à qui incombe le soin de"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 756, "fin_caractere_exclue": 798, "texte": "chanter évolutivement les louages du Père."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 849, "fin_caractere_exclue": 890, "texte": "Le moins vieux des Trônes, Trône cadet, a"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 941, "fin_caractere_exclue": 985, "texte": "dix-huit ans. Ce serait fort bien si M. René"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1036, "fin_caractere_exclue": 1077, "texte": "Ghil n'en tirait prétexte pour médire des"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1128, "fin_caractere_exclue": 1170, "texte": "revues dont les rédacteurs sont des Mathu­"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1221, "fin_caractere_exclue": 1262, "texte": "salem de trente printemps. Aussi avertis­"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1313, "fin_caractere_exclue": 1352, "texte": "sons-nous le Dieu le Père de Tourcoing,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1403, "fin_caractere_exclue": 1450, "texte": "dont le paradis est à Melle, qu'il est cruelle­"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1501, "fin_caractere_exclue": 1543, "texte": "ment distancé par la Jeune Belgique. Notre"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1594, "fin_caractere_exclue": 1636, "texte": "collaborateur Suave Pinolet a en ce moment"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1687, "fin_caractere_exclue": 1731, "texte": "la plus précoce des rougeoles, et Télesphore"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1782, "fin_caractere_exclue": 1824, "texte": "Tabibitte est en passe de faire ses dents."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1978, "fin_caractere_exclue": 2010, "texte": "Une définition de M. René Ghil :"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2063, "fin_caractere_exclue": 2102, "texte": "« L'immortalité, c'est de vivre dans la"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2153, "fin_caractere_exclue": 2179, "texte": "reconnaissance d'autrui. »"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2232, "fin_caractere_exclue": 2271, "texte": "Aux grands hommes évolutifs, toutes les"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2361, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "rates reconnaissantes !"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2558, "fin_caractere_exclue": 2598, "texte": "La Flandre libérale a deux critiques, un"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2649, "fin_caractere_exclue": 2689, "texte": "qui signe, et l'autre, qui ne signe pas."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2740, "fin_caractere_exclue": 2777, "texte": "L'autre vient de découvrir un poète :"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2828, "fin_caractere_exclue": 2838, "texte": "M. Ketels."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2892, "fin_caractere_exclue": 2927, "texte": "Ce poète a commis un volume de vers"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2978, "fin_caractere_exclue": 3019, "texte": "intitulé Rhythmes gris et roses. Ce titre"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3070, "fin_caractere_exclue": 3108, "texte": "appartient, croyons-nous, à M. Baudoux"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3159, "fin_caractere_exclue": 3200, "texte": "l'auteur de Bobin. Heureusement, les vers"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3251, "fin_caractere_exclue": 3284, "texte": "n'appartiennent pas à M. Baudoux."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3338, "fin_caractere_exclue": 3348, "texte": "Exemples :"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3454, "fin_caractere_exclue": 3477, "texte": "AUX RICHES (Fragments)."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3528, "fin_caractere_exclue": 3573, "texte": "Là, des amas d'argent, des écrins merveilleux"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3624, "fin_caractere_exclue": 3675, "texte": "Qu'emplissent des bijoux, les fruits de l'opulence."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3726, "fin_caractere_exclue": 3772, "texte": "De l'or partout ! De l'or ! O métal précieux !"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3823, "fin_caractere_exclue": 3867, "texte": "Or infâme ! Or hideux!... Sonore purulence !"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3918, "fin_caractere_exclue": 3963, "texte": "Riches, vous en avez tout plein votre gousset"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4014, "fin_caractere_exclue": 4061, "texte": "De cet or monstrueux enfantant tous les crimes."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4112, "fin_caractere_exclue": 4156, "texte": "Vous en avez tout plein vos coffres à secret"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4207, "fin_caractere_exclue": 4254, "texte": "Et c'est pour cela seul que vous êtes aux cimes"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4305, "fin_caractere_exclue": 4348, "texte": "De la société. — Certes, vous êtes grands ;"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4399, "fin_caractere_exclue": 4446, "texte": "Arrêtez-vous ; sinon, vous trouerez les nuées :"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4497, "fin_caractere_exclue": 4549, "texte": "Car rien n'est impossible à ceux qui sont puissants."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4600, "fin_caractere_exclue": 4644, "texte": "Non, jamais jusqu'à vous les sinistres buées"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 100, "texte": "D e l'aurore écarlate, annonçant le soleil"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 162, "fin_caractere_exclue": 203, "texte": "De la liberté, non, ces ardentes effluves"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 255, "fin_caractere_exclue": 308, "texte": "N e vous ont point atteint... Quand un pauvre, pareil"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 353, "fin_caractere_exclue": 399, "texte": "A quelque maigre chien, sortant d e ces etuves"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 450, "fin_caractere_exclue": 503, "texte": "Qu'on appelle mansarde, hélas! vous tend la m a i n ;"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 546, "fin_caractere_exclue": 598, "texte": "Que ne crachez-vous donc sur ce b r a s qui supplie,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 642, "fin_caractere_exclue": 685, "texte": "Que n e calottez-vous ce gueusard d e gamin"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 740, "fin_caractere_exclue": 790, "texte": "Qui marmotte très bas : Monsieur j e vous en prie,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 836, "fin_caractere_exclue": 887, "texte": "J'ai si faim, j ' a i si froid, et maman va mourir!"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 933, "fin_caractere_exclue": 983, "texte": "Riches, si j'étais vous, j e pendrais aux potences"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1036, "fin_caractere_exclue": 1082, "texte": "Ce tas de loqueteux, les y laissant pourrir..."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1184, "fin_caractere_exclue": 1233, "texte": "J e danserais autour des infernales d a n s e s ;"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1332, "fin_caractere_exclue": 1374, "texte": "J e rirais aux éclats des rires dédaigneux"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1375, "fin_caractere_exclue": 1421, "texte": "E t puis, dans une orgie étonnante et lubrique"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1471, "fin_caractere_exclue": 1519, "texte": "Où vers les seins tout nus s'égareront vos yeux,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1573, "fin_caractere_exclue": 1621, "texte": "Où dans des coupes d'or pleines d'un vin antique"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1622, "fin_caractere_exclue": 1669, "texte": "S'abreuveront, qui sait, vos femmes aujourd'hui"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1769, "fin_caractere_exclue": 1822, "texte": "Et leurs amants demain ; eh ! bien, dans cette orgie,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1866, "fin_caractere_exclue": 1915, "texte": "Riches, je maudirais toujours, encore, o h ! oui,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1964, "fin_caractere_exclue": 1984, "texte": "Encor les malheureux"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1989, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "Et cette perle :"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2028, "fin_caractere_exclue": 2035, "texte": "EUGÉNIE"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2044, "fin_caractere_exclue": 2073, "texte": "Voulez-vous que j e m'ingénie"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2082, "fin_caractere_exclue": 2108, "texte": "A chanter votre joli nom ?"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2117, "fin_caractere_exclue": 2149, "texte": "A h ! quand on s'appelle Eugénie"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2158, "fin_caractere_exclue": 2187, "texte": "On n e peut pas répondre non."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2196, "fin_caractere_exclue": 2231, "texte": "Ces trois syllabes sont charmantes,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2240, "fin_caractere_exclue": 2269, "texte": "C'est si facile à prononcer ;"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2278, "fin_caractere_exclue": 2316, "texte": "C'est le parfum des fleurs d e menthes"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2325, "fin_caractere_exclue": 2363, "texte": "C'est presqu'aussi doux qu'un baiser !"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 121, "fin_caractere_exclue": 161, "texte": "Quand on le dit sous u n g r a n d arbre"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 225, "fin_caractere_exclue": 254, "texte": "I l ruisselle dans les échos,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 318, "fin_caractere_exclue": 352, "texte": "Et jusqu'aux bonshommes d e marbre"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 416, "fin_caractere_exclue": 449, "texte": "Qui vous ont des frissons au dos,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 513, "fin_caractere_exclue": 545, "texte": "Quand il repasse dans vos rêves,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 609, "fin_caractere_exclue": 641, "texte": "L a nuit, au profond du sommeil,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 705, "fin_caractere_exclue": 739, "texte": "C'est un fin clapotis de grèves..."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 803, "fin_caractere_exclue": 835, "texte": "C'est un clair rayon de soleil !"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 899, "fin_caractere_exclue": 932, "texte": "E t maintenant j e vais vous dire"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 996, "fin_caractere_exclue": 1035, "texte": "Pourquoi j'ai fait ces vers très fous ;"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1146, "fin_caractere_exclue": 1183, "texte": "A h ! mon Dieu, que vous allez rire :"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1297, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "Là... j e suis amoureux d e vous !"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1433, "fin_caractere_exclue": 1470, "texte": "« Nous ne nous proposons pas, évidem­"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1527, "fin_caractere_exclue": 1572, "texte": "ment, dit le critique de la Flandre libérait,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1726, "fin_caractere_exclue": 1768, "texte": "de reproduire dans nos colonnes toutes les"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1825, "fin_caractere_exclue": 1865, "texte": "poésies que renferme ce petit recueil. »"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1924, "fin_caractere_exclue": 1963, "texte": "Vous gênez pas, M'sieu, vous gênez pas!"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-02-n2-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Catalogue de la librairie Paul Lacomblez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Paul LACOMBLEZ ÉDITEUR DE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 148, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 5658, "texte": "Paul LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR                 DE   « LA       JEUNE          BELGIQUE               »\n                              31, rue des Paroissiens, 31\n                                       BRUXELLES\n\n\n                       Catalogue des livres de fonds :\nBAUDOUX Fernand)      .   . Rythmes vieux, gris et roses, un volume in-16. . fr. 3 50\nBLoy (Léon)                  Le Pal. la collection complète (4 n os ) très rare . . .   4 »\n                                 Les trois premiers numéros, ensemble . . . .            1 »\n  BRABANT (Victor) . . .    Notes de voyage, un volume in-18 Jésus                      1 »\n CHAINAYE (Hector) . . .    L'Ame des choses                                       . . 3 »\n CUDELL (Ch.)               Printemps sombre, nouvelle, un volume in-18 jèsus . 2 »\n  DA COSTA                  Grammaire en portefeuille, broch format de poche . 0 50\n  DELATTRE (Louis) . . .    Contes de mon village, avec une introduction de\n                                Georges Eekhoud, un volume in-18                        3 »\n DE HAULLEviLLE (Baron P.) En vacances, un volume in-18 Jésus                           3 50\n DELVILLE (Jean) . . . .     Les Horizons hantés, poésies, un vol in-16 Jésus. . 3 »\n DE MESNIL DE VOLKRANGE Un voyage de noces, suivi d'une étude sur « L'art de\n         (Baron).               la ciselure et le Narcisse de Gemito », un volume\n                                in-18 Jésus                                             1 »\n DEMOLDER (Eugène) . .      Contes d'Yperdamme, un volume in-18 Jésus . . .             3 »\n        —                   Impressions d'Art, un volume in-8°                          3 »\n       —                    James Ensor, plaquette de luxe grand in-8° avec le\n                                dessin d'Ensor : Mort mystique d'un théologien . 3 »\n                            (Il a été tiré 6 exempl. sur Japon impérial à 12 francs).\n DESOMBIAUX (Maurice) .    Vers de l'Espoir, un volume in-18 Jésus                      2 »\n DESTRÉE (Jules). . . .    Journal des Destrée, une plaquette in-18 Jésus . . 1 »\n DULAC (Paul)               Vingt-cinq Sonnets, un volume in-16 Jésus. . . .            1 50\n                            (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon des manufactures\n                                Impériales et 9 exempl. sur Hollande Van Gelder).\n DUPONT (Arthur)       . .  L'Envol des Rêves, poésies, un vol. in-16 raisin . . 2 »\n EEKHOUD (Georges). . .     Nouvelles Kermesses, avec frontispice de Léon Dar-\n                               denne, 1 volume in-8° (quelques exemplaires) . . 7 50\n       —                    La Nouvelle Carthage, un volume in-18                       3 50\n       —                    Les Fusillés de Malines, un volume in 18 . . . .           3 50\n       —                    Kees Doorik — Kermesses — Les Milices de saint\n                                François (épuisés).\n ELSKAMP (Max) . . . .     Dominical, poésies, un volume in-16 raisin . . . .           2 »\n FRÈRES (Adolphe) . .      Ames fidèles au mystère, un volume in-16 . . . .            2 50\nGARNIR (Georges) . . .      Les Charneux, mœurs wallonnes, un vol in-18 Jésus 3 50\nGtRAi'D (Albert). . . .     Hors du Siècle, poésies, un volume in-8° . . . . 3 50\n                           Pierrot lunaire, poésies, un volume petit in-12. . . 2 »\n       —                    Pierrot Narcisse, un volume in-16 raisin                   2 »\n                           (Il a été tiré 3 exemplaires sur Japon Impérial et\n                               8 exempl. sur Hollande Van Gelder).\n       —                   Dernières fêtes, poésies, un volume in-16, raisin . . 2 »\n                           (Il a été tiré 15 exempl. sur Japon des manufactures\n                               Impériales et 10 exempl. sur Hollande Van Gelder).\n ITIBERÊ DA CUNHA (J.).    Préludes, poésies ; un vol. in-i6 raisin                    3 »\nJENART (Aug.) . . . .       Le Barbare, poème-drame en prose, un volume in-18. 2 »\nJEUNE BELGIQUE (Le Parnasse de la), pièces diverses de dix-huit poètes belges, un\n                               fort volume in-8°                                       7 50\n KAHN (Gustave) . . . .    Chansons d'amant, poèmes, un volume in-16 raisin . 3 50\n       —                   Les Palais nomades, poèmes, un volume in-18. . . 3 50\nLACOMBLEZ (Paul) . . .     Jeunes filles, une plaquette in-16                          2 »\n       —                   Loth et ses filles, un volume in-16 raisin                  2 »\n                           (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon Impérial et\n                               15 exempl,\" res sur Hollande Van Gelder.\nLAUTRÉAMONT (Comte de)     Les Chants de Maldoror, un volume in-18 . . . .             3 50\nMAETERLINCK (Maurice) .    Les Aveugles, (L'Intruse. Les Aveugles),un vol. in-18. 3 »\n       —                   La Princesse Maleine, un volume in-18                       3 50\n       —                   Serres chaudes, un volume in-18                             3 »\n                           (Il a été tiré de chaque ouvrage 3 exemplaires sur\n                              Japon à 15 francs et 7 sur Hollande à 6 francs).\n       —                   L'Ornement des noces spirituelles, par Ruysbroeck\n                               l'Admirable, précédé d'une Introduction, un vol.\n                               in-18                                                   4 »\n                           (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon des manufac­\n                               tures I periales et 25 exemplaires sur Hollande\n                               Van Ge der).\n"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5184, "texte": "MAETERLINCK (Maurice) .       Les Sept Princesses, un volume in-18                         2 »\n                              (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon Impérial et\n                                  25 exemplaires sur Hollande Van Gelder)\n      —                       Pelléas et Mélisande, un vol. in-18                          3 50\nMALLARMÉ (Stéphane) . .        Villiers de l'Isle-Adam, un volume petit raisin in-16,\n                                  avec un portrait de Villiers, gravé par Desboutin.\n                              (Il a été tiré 10 exempl. sur japon à 15 fr., et 25 sur\n                                  hollande à fr. 7.50 avec le portrait en double état).\nMAUBEL (Henry) . . .           Max Waller, une plaquette in-8° (épuisé).\n      —                       Miette, un volume in-16                               fr.    2 50\n      —                       Etude de jeune fille, un volume in-18                        2 »\n      —                       Une mesure pour rien, comédie, in-8°                         2 »\nPLÉIADE (La), journal littéraire mensuel.\n                              Première année (1889), les douze numéros . . . .             3 »\n                              Chaque numéro séparément                                     0 30\n                              Seconde année, les douze numéros (très rare) . .             5 »\nPOE (Edgar)                    Poésies complètes, traduction de G. Mourey, 1 vol.\n                                  in-18                                                    2 »\nSEVERIN (Fernand) . . .       Le Lys, poésies, avec une eau-forte de Henry De\n                                  Groux, un volume in-16 . .                               2 »\n                              (Il a été tiré 5 exempl. sur Japon et 25 sur Hollande).\n      —                       Le Don d'Enfance, poèmes : un volume in-16 raisin .          2\n                              (La a été tiré 8 exempl. sur Japon et 32 sur Hollande).\nSLUYTS (Charles)      . .      L'appel des voix, poésies, un volume grand in-16. .         2 »\n                              (I1 a été tiré 1 exempl. sur Japon et 25 sur Hollande).\nTORDEUS (Jeanne), professeur au Conservatoire de Bruxelles. — Manuel de pro­\n                                  nonciation, un volume in-18 Jésus        . . .       .   2 50\nVAN LERBERGHE (Charles).       Les Flaireurs, drame, une plaquette grand in-16 . .         1 »\n                              (Il a été tiré 25 exemplaires sur Hollande à 2 francs).\nVERHAEREN (Emile). . .          Les Apparus dans mes chemins, poésies, 1 volume\n                                  in 16 raisin                                             2 »\n                               (Il a été tiré quelques exemplaires sur Japon et sur\n                                   Hollande Van Gelder).\n      —                        Les Moines, poésies, un volume in-18                        3 »\nWALLER (Max)                   La Flûte à Siebel, un vol. in-8°, papier vergé . . .        3 50\n                               (Il a été tiré 75 exempl. sur impérial VanGelder à 10 fr.\n      —                        Daisy, roman, un volume in-18 Jésus                         3 »\n                                 Volumes en commission :\nGILKIN (Iwan) . . . .             La Damnation de l'Artiste, poésies                   15 »\n     —                            Ténèbres, poésies                                    15 »\nLE ROY (Grégoire). . .            Mon cœur pleure d'autrefois, un volume in-8\", avec\n                                    un frontispice de Fernand Khnopff                  10 »\nNYST (Raymond)       .   .   .    Volume ayant pour titre une épigraphe, avec un fron­\n                                    tispice colorié et un dessin de Nestor Outer . . . 5 »\n       —                          La Création du Diable, un volume in-18, sur papier\n                                    de Hollande, avecune eau-forte deWilly Schlobach. 3 50\nSAROLÉA (Ch.) . . .               Henrik Ibsen, avec portrait, un volume in-16 . . . 2 »\nVERHAEREN (Emile). .         .    Les Soirs (épuisé).\n      —                           Les Débâcles, poésies, un vol. in-8° sur Hollande. . 12 »\n      —                           Les Flambeaux noirs, poèmes, in-8° sur Hollande. . 12 »\n\n  L a J e u n e Belgique (13° année), Revue mensuelle de littérature et d'art.\n  Abonnements : Belgique, 7 francs par an; Union postale, 8.50. — Le numéro 75 cen­\ntimes. Chacune des années précédentes : 10 francs.\n  L a Société Nouvelle (9e année), Revue internationale (Sociologie, Arts, Sciences et\nLettres).\n  Abonnements: Belgique et France, 12 francs par an; Union postale, 15 fr. — Le\nnuméro : fr. 1.25.\n\n                                 A LA MÊME LIBRAIRIE :\n Les œuvres de Baudelaire, Barrès, Bloy, Bourget, Corbière, Dostoïewsky, Heine,\nHuysmans, Ibsen, Laforgue, C. Lemonnier, Mallarmé, Péladan, Poe, de Régnier,\nRodenbach, Tolstoï, Verlaine, Vielé-Griffin, Villiers de l'Isle-Adam, etc., etc.\n\n\n A partir de 30 francs, les achats peuvent se régler en 10 paie­\nments mensuels.\n                     Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 32, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 114, "texte": "février 1893.                         TOME XII. — No 2                                  13 me Année.\n\n\n\n\nLA\n     JEUNE\n                   BELGIQUE\n                                         SOMM A I R E :\n        Symptômes de réaction                                IWAN GILKIN.\n        Un incident                                         L A DIRECTION.\n         Le locataire                                       HUBERT S T I E R M E T .\n        Chronique musicale                                  ERNEST       CLOSSON.\n\n         Petites correspondances                           ■***\n         Memento                                            NEMO.\n\n\n\n\n           REDACTION                                               BRUXELLES\n110, RUE D E LA L l M I T E ,   BRUXELLES.                   PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                 3I, rue des P a r o i s s i e n s\n                                                                        PARIS\n     PRIX DU NUMÉRO                                       C H A M U E L , L I B R A I R E — ÉDITEUR\n                                                                     29, rue de T r é v ï s e\n          fr. 0-75.\n                                                                          1893\n\n\n\n\n                                                                                                       I\n"}, {"page_pdf": 115, "texte": "                                                                         BELGIQUE\n      BELGIQUE\n                                    N E CRAINS\n\n\n\n\n                   JEUNE\n\n\n\n\n                                                                 JEUNE\n                                                            LA\n                             LA     N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                              PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n  Fondateur         : M A X W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                            Directeur : IWAN GILKIN.\n                   Rédaction : 110, rue de la Limite, Bruxelles.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n   A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée-d'Antin.\n\n    L I B R A I R E                      PAUL         L A C O M B L E Z\n                            rue des Paroissiens, à Bruxelles\n                           V I E N N E N T DE PARAITRE :\n                                     MAX ELSKAMP\n\n\n                  Poésies, 1 volume in-16 raisin. Prix : 2 francs.\n  Il a été tiré quelques exemplaires sur hollande à 5 francs.\n\n                               STÉPHANE        MALLARMÉ\n\n   VILLIERS D E L'ISLE-ADAM\nUn volume petit in-16, avec portrait de Villiers, gravé par Desboutin.\n                           Prix : 3 francs.\n  Tirage sur hollande, avec 2 portraits, bistre et sanguine, à fr. 7-50. — Tirage sur\njapon, à grandes marges, avec 2 portraits, 15 francs.\n\n             PORTRAITS ET SILHOUETTES\n                     par le baron P. DE HAULLEVILLE\n\n                   Vient de paraître chez DEMAN, à Bruxelles\n\n          T É N E B R E S\n                                   par IWAN GILKIN\n                                  PRIX    15    FRANCS\n"}, {"page_pdf": 116, "texte": "       SYMPTOMES DE RÉACTION\n\n\n\n                                          Dans notre dernier numéro nous nous\n                                        élevions contre l'amorphisme décadent,\n                                        évolutif, symbolique, etc., que l'on subs­\n                                  titue tout doucement à notre vieil ennemi\n                                  l'amorphisme académique, nous proclamions\n                                de nouveau le culte de la forme et l'excellence\n                            de la formule l'Art pour l'Art et nous disions :\n                  « Nous ne craignons pas d'affirmer que la réaction est pro­\n                  chaine ; on en aperçoit déjà les prodromes. Proclamer cette\n                  réaction ce n'est pas reculer dans le passé, c'est marcher\n                  vers l'avenir. »\n                    Au moment même où paraissaient ces lignes, plusieurs\n                  revues françaises apportaient des preuves à l'appui de notre\n                  affirmation.\n                    Voici un fragment d'un remarquable article de M. Ca­\n                  mille Mauclair, dans le MERCURE DE FRANCE de février\n                  1893 :\n\n   Ce même sot, et d'autres, invectivant « la littérature fondée sur la vie artificielle du\ncerveau, des nerfs, et non sur la vie profonde du cœur », me feraient désirer violemment\nl'état d'âme d'un matérialiste intransigeant. Qu'eussiez-vous dit, Cabanis, de celte\nnuance? Et vous, Edgar Poe, Baudelaire, comme vous auriez souri de mépris à entendre\nproposer d'écrire les livres avec le cœur! Je respire là le relent de la fainéantise, de la\n"}, {"page_pdf": 117, "texte": "                                        —    102   —\n\n lutte renoncée avec l'expression rebelle, de la diarrhée sentimentale excusant sa syntaxe\n par son émotion, et tout le drapé du demi-romantisme se dépenaille en ma rêverie,\n hantée du spectre hâve de Musset. Ceux-là nous incriminent d'avoir respectueusement\n scruté la pensée des autres, ils raillent nos intelligences « meublées », eux qui jugèrent\n plus simple d'ériger la leur en exemple, parfaite dès l'origine certes! suivant leur goût.\n Mais cette pâleur sur le manuscrit surchargé, cette aile chimérique insaisie au delà du\n cercle d'or de la lampe, et aussi cette fierté de n'offrir de soi que le suprême, en leur\n âme grossière que tout d'elle-même ravit, les conçoivent-ils?\n\n\n\n    Minute surprenante, où le nom d' « intellectuel » est devenu un signe de dépréciation\n sur les lèvres de jeunes hommes qui s'immiscent à la littérature ! Ils seront des \" senti­\n mentaux \", paraît-il : ô fauteurs des romances de 1840, piétinerons-nous le souvenir de\n Baudelaire et de Flaubert, pauvres « bûcheurs ». pour revenir à vous? Ceux-là n'ont\n jamais soupçonné ce que le génie quasi-fabuleux d'un Verlaine recèle de patient labeur,\n de science orchestrale, de respect du mot. d'amour illimité de l'écriture : vers faciles,\n disent-ils, et naturellement produits par l'inspiration. Bons naïfs, comparons, voulez-\n vous, l'esthétique de Sagesse et celle de Jocelyn ?\n    Intellectuels. Le mot garde tout de même sa noblesse et sa valeur d'art. Dans ce temps\n où le PANMUFLISME          prédit par notre ami Flaubert contamine tels nouveaux venus,\nfuturs parlementaires prônant Vogué ou INSULTEURS            DES MAITRES          D'HIER,\n notre groupe obstiné demeure, amants de la vie cérébrale. Le génie d'un Gœthe, d'un\n Mallarmé ou d'un Carlyle nous émeut. Le cœur, ce cœur, le vôtre dont vous parlez,\n gardez-le et créez ce que vous pourrez avec ce viscère encombrant. Nous prétendons\n exalter autrement le nôtre, et nous ne faisons pas, comme vous, des livres avec les\n petites frasques de la vie privée.\n   Le cœur, votre cœur? Vous dites cela comme certaines gens disent : j'ai mal au cœur.\nVous n'avez qu'une indigestion, c'est du ventre que vous souffrez. Vos racontars d'amou­\nrettes contrariées, c'est la littérature des commis amoureux, ce sont les vers de potaches.\nVotre idéalité déguise un onanisme, votre philanthropie un désir de parvenir,.\n   Nous avons appris dans Fichte et dans Emerson un autre idéalisme que celui des\nromances. Le don du style, le goût esthétique est notre défense : il vous serait commode\nde la ruiner en la proclamant illusoire et négligeable. Mais peut-être faudra-t-il du temps.\nLa passion héroïque de Villiers, le sentiment de Verlaine, nous les glorifions, nous n'en\nvoulons point d'autres, nous les avons et les gardons contre vous, malgré vos ingérences\net vos poses.\n\n\n\n   Littérature, maladie triste. On a l'art comme on a la fièvre chronique. Cela ne concède\nnul droit, nulle revendication, nul mérite : c'est un état dont on souffre, et voilà tout.\nEux, paradant, et pareils à des femmes imitant avec plaisir la mièvrerie des convales­\ncences, étalent leur sentiment, se disent inspirés... Pauvres au souffle court! Leur manie\nest fatigante. Ceux-là seuls, bien rares, qui savent le secret d'une page d'art, peuvent\ndire ce que sont le sentiment et l'inspiration, la mince valeur de ces mots vides; je les\nprononce : Sentimentalisme et flânerie.\n  La passion! Mais ce sont les seuls intellectuels qui peuvent l'exprimer! Si le cerveau\nne concentrait pas dans l'œuvre les désarrois des sens, où serait l'œuvre?\n"}, {"page_pdf": 118, "texte": "                                        — 103 —\n\n   Est-ce que l'Amour est en dehors du paroxysme du moi?\n  Et ce mépris de la forme au profit du fond ! Suprême incarnation d'une cuistrerie\nnormalienne ignorante et ennemie de l'art! Le charme mystérieux qui allie au mot bien\nserti musicalement dans le vers sa plus exacte signification, ils ne le sauront jamais. En\nart, ils ont inventé cela, le fond distinct de la forme : étranges dessinateurs, sculpteurs\nabsurdes! « Il faut savoir son métier et réfléchir, il ne s'agit pas de lever les yeux au\nciel et de répéter qu'on a une âme pour faire une bonne chose. » Qui dit cela ? PUVIS\nDE       CHAVANNES.\n\n\n De son côté l'ERMITAGE, dans son numéro de janvier 1893, n'est pas\nmoins significatif. Voici ce qu'on lit dans un article intitulé : Petites\nVariations d'art :\n   L'art ne consiste pas dans l'émotion, dans le frisson, dans l'intense, il consiste, partiel­\nlement encore, dans le rendu de l'émotion, du frisson, de l'intense, ce qui n'est pas la\nmême chose. Pas plus qu'on n'est dessinateur si on ne sait dessiner, on n'est écrivain si\non ne sait écrire. Et il n'est pas commode d'écrire. Si la vie était l'art, tout être vivant\nserait artiste. Le poète le plus attendrissant a certainement moins souffert d'amour que\nl'obscur jouvenceau qui se loge une balle dans la tête. Et si le poète nous attendrit, c'est\nparce que son émotion a cessé et qu'il a pu écrire ses Nuits ou ses Elégies. Il n'y a rien\nde plus vivant qu'un moulage sur modèle, une photographie instantanée, une lettre\nd'amour authentique, même d'homme d'esprit, Benjamin Constant, il n'y a rien de moins\nartistique.\n   Conclusion : L'art n'est donc pas la vie seule, pas plus qu'il n'est la vérité seule. 11 est\nla vérité choisie, la vie exprimée esthétiquement. Mais si sans vie et sans vérité, il n'y a\nqu'oeuvres ratées, sans choix et sans expression il n'y a pas d'œuvre d'art. C. q. f. d.\n\n\n\n   Enfin, dans le numéro de février 1893 de la REVUE DES REVUES,\nM. George Barlow, qui poursuit sa très intéressante étude du Mouvement\nlittéraire en Angleterre, signale des maux analogues à ceux qui nous\nmenacent, et s'écrie :\n   Si des poèmes comme The Light of the World sont mis au jour, ce n'est pas par\nvéritable amour de l'art, et ce n'est pas non plus sous l'action de la triomphante impul­\nsion poétique qui a produit The Revolt of Islam, de Shelley, Childe-Harold de Byron,\n The ode on the Intimations of Immortality, de Wordsworth. Non, comme je le disais en\ncommençant, il faut que nous écrivions aujourd'hui avec un but moral défini; il faut que\nl'instinct de moralité gouverne nos poètes, aussi sûrement que l'instinct matériel gouverne\nnos marchands. Il faut que nos poèmes soient falsifiés de matière didactique aussi fata­\nlement — et aussi désastreusement— que notre café est falsifié de chicorée, notre porto\nde bois de Campêche et notre beurre de saindoux. Si un écrivain dramatique écrit une\npièce, c'est pour chatouiller les préférences des « Dieux » tonnants du balcon, avec\nl'éternelle histoire du méchant Squire, de l'innocente fille de village et du vertueux\nlaboureur ; et si quelque poète se met à chanter, il faut qu'il le fasse, non pas comme un\n"}, {"page_pdf": 119, "texte": "                                     — 104 —\n\npoète couronné par les muses sur l'Hélicon, mais comme M. William Morris, notre\nlauréat socialiste, acclamé et éclaboussé d'éloges par la foule tapageuse de Trafalgar\nSquare.\n\n    Cela ne fait que commencer, mais cela ira rinforzando. Peut-être\nverrons-nous les éternels suiveurs qui ont été naturalistes après coup, puis\ndécadents après coup, évolutifs après coup, symbolistes après coup, poin­\ntillistes après coup, etc., etc., être un beau jour, — ô jour trois fois\nheureux, — pris d'une crise de réaction classique après coup! Mais qu'ils\nveulent bien ne pas oublier alors qu'aujourd'hui nous leur montrons le\nchemin et qu'ils nous combattent.\n                                                         IWAN GILKIN\n\n\n  Au moment de mettre sous presse, LA P L U M E du 1er février 1893\nnous apporte un article de M. A D O L P H E RETTÉ. Nous le repro­\nduisons en entier : il est intitulé L'ART ET L'ANARCHIE.\n\n                                          I\n   Un penchant singulier se donne carrière actuellement dans la littérature,\n penchant qui se porte sur le socialisme et sur l'anarchie — surtout sur\nl'anarchie. M. Alphonse Germain, dans un admirable article (Ermitage de\n novembre 92 a fort bien relevé ce qu'une telle tendance, chez certains\npoètes et prosateurs de notre génération, comportait de pose inconsciente,\nd'affectation puérile et d'illogisme esthétique. Il a dit en substance : « Si\nvous êtes réellement convaincus, ce n'est point par vos écrits plus ou moins\nélégants, et qu'ils ne peuvent comprendre, que vous servirez les prolétaires,\nc'est par la parole et par l'action, c'est en vous mêlant à eux, en vivant de\nleur vie. » Cette très nette et parfaitement exacte déclaration permet de\nplacer la question des rapports de l'art avec la sociologie sur son véritable\nterrain et de parer d'avance a plusieurs malentendus fâcheux qui ne\nmanqueraient pas de se produire si le dilettantisme sociologique devait se\npropager ainsi qu'il menace de le faire. Il y a donc lieu de poser à nos fan­\nfarons d'anarchie le dilemme suivant : Ou vous êtes des anarchistes sincères\net dans ce cas votre devoir est de vous donner entièrement à vos doctrines\net de les mettre en pratique, dans la mesure de vos forces jusqu'à leurs plus\nextrêmes conséquences, y compris la propagande par le fait; vos écrits\nseront des écrits de combat destinés au peuple, lui parlant sa langue ; et\nalors, vous serez des sociologues militants — vous ne sauriez être des\nartistes. Ou vous êtes des artistes et dans ce cas votre devoir unique est de\nvouer votre vie à la défense et à la glorification de l'Art. Il n'existe pas de\ncompromis possible. Les servants de l'Art ont pour mission exclusive de\nsauvegarder la tradition d'Idéal, d'exalter la Beauté une et toujours inté­\ngrale, hormis toutes contingences matérielles, toutes évolutions sociales,\n"}, {"page_pdf": 120, "texte": "                                  105\n\n\ntoutes distinctions d'époques littéraires. Il a fallu les lamentables confusions\nd'idées qui font du XIXe siècle le siècle du néant philosophique par excel­\nlence, il a fallu l'advenue au pouvoir d'une basse médiocratie, pourrie de\npositivisme, imbue de la folie du progrès, poursuivant de sa rage envieuse\nau nom d'on ne sait quel abominable et sacrilège principe d'égalité, toute\nsupériorité intellectuelle ou morale, il a fallu la burlesque éducation qui en\ndécoula pour que cette antinomie monstrueuse, l'Art social, ait pu se sou­\ntenir sans qu'il en fût fait dédaigneusement et à jamais justice par ceux de\nqui c'était le rôle, par les poètes.\n                                        II\n   L'Art pur, l'Art vrai, l'Art qui \" n'a d'autre but que soi-même \" exige\ntoutes nos pensées, toute notre abnégation Jamais, peut-être, il n'a subi\nautant d'outrages qu'au temps présent. Nos anarchistes de lettres le savent\naussi bien que nous : le bourgeois contemporain déteste l'Artiste d'une\nhaine qui, pour se dissimuler souvent sous des dehors d'ironique bienveil­\nlance, n'en est pas moins fondamentale — instinctive... une haine de\nVentre à Cerveau. L'Artiste a-t-il jamais espéré du bourgeois la moindre\nadmiration, moins encore, la moindre déférence? N'est-il pas le paria dont\non se garde de crainte qu'il ne communique cette lèpre : la Pensée? Il s'en\nest peu soucié, content d'écrire pour ses pairs et d'en recueillir le suffrage.\n   Le bourgeois, après quelque effarouchement, provenant bien plus de son\nhorreur de toute nouveauté que d'un scrupule de morale, s'est rué à la litté­\nrature qui lui convenait, une littérature grossière n'exaltant, sous couleur\nde précision documentaire et scientifique, que les instincts bas, les sensa­\ntions brutes, les exceptions pathologiques, les faits médiocres, inventant\nune humanité à l'image des porcs — je veux dire la littérature naturaliste.\nDans ce miroir fangeux la foule trouva de quoi se mirer, elle put regarder\nen bas, délivrée enfin, par les soins des écrivains réalistes, de cet azur\nimportun vers où un obscur respect l'incitait jadis, malgré tout, à lever\nquelquefois les yeux. Le principal coupable — très inconscient car dénué\nde toute aspiration haute — fut, on ne saurait trop le répéter, M. Emile Zola.\nIl a mésusé de l'Art et d'autant plus gravement qu'il possédait des dons\nartistiques d'ordre très inférieur, il est vrai, mais indéniables. M. Zola a\ntous les succès d'argent et de notoriété qu'on peut souhaiter; M Zola voit\nà ses pieds les journaux qui le conspuaient naguère ; il préside la Société\ndes Gens de Lettres ; il sera de l'Académie. Mais M. Zola a rabaissé l'Art au\nrang d'un catalogue des fonctions animales. Aussi, ce qui lui est sans\ndoute bien indifférent, n'a-t-il pas notre estime et ne l'aura-t-il jamais.\n   Quant à la sorte de faveur dont jouit le réalisme, elle est plus apparente\nque réelle : le bourgeois n'y a cherché que les immondices — qui s'y\ntrouvent. Pour preuve, la survente constante du plus malpropre des livres,\nNana, et le succès scatologique de ce puant cloaque La Terre. Enfin, et\nc'est là que réside la condamnation absolue du réalisme, cette école n'a pas\nproduit un seul poète — elle ne pouvait essentiellement pas en produire.\n Les poètes vivaient leur rêve à l'écart et maintenaient, en vue de quelques-\n"}, {"page_pdf": 121, "texte": "                                   — 106 —\n\nuns, la notion de Beauté, peu curieux qu'ils étaient du marais démocra­\ntique ambiant.\n   Si nul d'entre les poètes ne s'est jamais préoccupé des intérêts sociaux de\nla Bourgeoisie, combien devront-ils se garder plus soigneusement de se\ncommettre, en tant que poètes, au service du peuple. Le bourgeois est une\nbête maligne, un être de proie retors et corrompu. Le peuple est une brute\nmassive et qui souffre, d'autant plus dangereuse qu'elle est lasse de souffrir.\nSon effroyable malheur n'a d'égal que son effroyable bêtise. Si l'on doit\ncompatir à l'un, on doit aussi se garder de l'autre. Donc, encore une fois,\nanarchistes littéraires, vouez votre existence, et votre fortune si vous en\navez, à le soulager, à l'instruire selon sa rudimentaire intelligence, sauvez-\nle des sinistres imbéciles — bourgeois en germe ou bourgeois aigris — qui\nprétendent le guider, ce sera bien, ce sera beau, ce sera évangélique —\nmais ne compromettez pas l'Art dans cet apostolat. Car sachez-le — et vous\nle savez depuis Proudhon — la société qu'ils rêvent, la société dont nous\nmenace l'imminent bouleversement qui donnera le pouvoir au Quatrième\nEtat, prohibera toute supériorité même intellectuelle, surtout intellectuelle,\nn'admettra que l'Art utile. Quiconque tentera de s'élever au-dessus de\nl'égalité, de la bêtise régnantes sera poursuivi avec une haine mille fois\nplus violente que l'animosité dissimulée et raffinée des bourgeois contre les\nArtistes — la haine de Caliban tout-puissant contre Ariel.\n   Est-ce à dire que le temps où nous vivons soit préférable? Assurément\nnon : le mal vient de loin ; il date, pour nous, de cette horrible époque :\nla Révolution française; dès lors une étrange fatalité a poussé à la destruc­\ntion de toute tradition, de toute croyance, de tout Idéal désintéressé; de\npar une logique démoniaque, le désastre s'est aggravé rapidement : le\nculte prédomine, universel, de la satisfaction des appétits et du bien-être\nmatériel — hormis toute Idée pure, toute aspiration vers En-Haut. Aujour­\nd'hui le niveau intellectuel va s'abaissant davantage encore. La comédie\naryenne est jouée. Voici se lever l'aurore noire des temps maudits : nous\nsubirons le règne des prolétaires, puis viendra l'invasion des barbares... et\nnotre civilisation sera anéantie.\n                                       III\n   Or, peut-on admettre un instant que la mission des poètes soit de hâter\nce désolant destin ? Qui l'osera soutenir de ceux qu'une vocation supérieure\nvoue à l'Art? S'il en existe quelques-uns, ce sont ou des enfants incons­\ncients qui s'amusent d'une mode —et il faut les plaindre, ou des pharisiens,\ndes marchands du Temple — et il faut les mépriser. Le devoir des poètes\nest d'affirmer l'aristocratie de l'Idée, la seule légitime, car les Artistes sont\nles Aristes. Indifférents au succès passager, méprisant la notoriété tempo­\nrelle et la vaine acclamation de la foule aussi bien que ses huées, ils se\ncloîtreront dans l'Art. Ils seront les chevaliers du Graal de Beauté et garde­\nront des sectaires du Ventre l'arche sainte du Rêve.\n   Et ils prieront Notre Père qui est aux cieux.\n   On les bafouera, on les persécutera ; ils erreront honnis et vaincus, don\n"}, {"page_pdf": 122, "texte": "                                        —    107 —\n\n\nQuichottes opprimés par un sanhédrin de Sanchos Panças... Qu'importe :\nles sociétés s'écroulent, les peuples disparaissent — l'Avenir lointain leur\nappartient et ils légueront à la Pensée future — eux seuls puisque l'Eglise\nn'est plus qu'une ruine habitée par les pires Médiocres — le patrimoine\nd'Idéal de l'humanité.\n                                                                ADOLPHE        RETTÉ\n\n\n\n\n                           UN INCIDENT\n  M. Georges Eekhoud nous adresse la lettre suivante :\n\n       A Monsieur le Directeur de LA JEUNE BELGIQUE.\n              MONSIEUR,\n\n   Une partie des « Déclarations » publiées dans votre numéro de janvier 1893 étant\nincompatibles avec mes convictions artistiques et révélant un esprit d'intolérance et\nd'exclusivisme que notre revue n'avait jamais montré jusqu'à présent, je me vois con­\ntraint, à mon grand regret, après douze ans de solidarité et d'étroite communion\nlittéraires, de vous envoyer ma démission de membre du comité de la Jeune Belgique.\n   Agréez, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma cordiale estime.\n                                                                  GEORGES EEKHOUD.\n\n\n Cette lettre, d'une si grande austérité administrative était heureusement\nmitigée par le billet suivant, qui se trouvait sous la même enveloppe :\n  « Veux-tu. mon cher Iwan, insérer dans le prochain numéro de la Jeune Belgique la\npetie déclaration ci-incluse ? Il va sans dire que si je n'admets pas tes théories ou plutôt\nque si je n'admets pas que tu imposes tes théories à tous les artistes (1), j'éprouve toujours\npour ton art, pour ton œuvre une sincère admiration. J'espère aussi que, malgré nos diver­\ngences d'idées en ce qui concerne le rôle de l'artiste et la nature de l'œuvre d'art, nous\nresterons amis et que ton impassibilité et ma sensibilité ne nous empêcheront pas\nd'entretenir les meilleurs rapports.\n                                                                         Bien à toi,\n                                                                          GEORGES.\n   P. S. — Le numéro est superbe. Toutes mes félicitations I Mais le petit memento à\nl'adresse de De Molder me gâte un peu cette livraison modèle. »\n\n  Nous remercions M. Eekhoud de ses sentiments cordiaux. Les nôtres\nsont réciproques.\n  Et maintenant, discutons.\n  La Jeune Belgique appartient en commun à MM. Albert Giraud,\nGeorges Eekhoud, Henry Maubel, Francis Nautet et Iwan Gilkin\n\n  (1) M. Eekhoud me prend sans doute pour l'Empereur de la Chine; je n'ai pas encore\ntrouvé le moyen d'imposer mes théories ni à tous les artistes ni même à un seul. Les lois\ndu pays ne me permettent pas de faire couper la tête aux récalcitrants.\n"}, {"page_pdf": 123, "texte": "                                       — 108 —\n\n    Chacun des propriétaires a le droit d'insérer dans la revue, sous sa\n signature, tel article qu'il lui plaira.\n    En publiant sous ma signature de directeur de la revue mon opinion sur\n le mouvement littéraire en Belgique, je n'ai donc fait qu'user de mon droit.\n M. Eekhoud avait le loisir de me contredire. Il a préféré mettre fin un\n peu brusquement à notre « solidarité » et à notre « étroite communion\n artistique ».\n    Mais il y a plus, mes « Déclarations » de janvier 1893 ne sont point des\n nouveautés. Je n'ai fait qu'y affirmer, une fois de plus, ce qui a toujours été\n notre programme commun Et M. Eekhoud, loin d'en combattre les idées,\n les approuvait.\n    En effet, tout article signé la Jeune Belgique est, avant sa publication,\n lu et approuvé par les propriétaires de la revue; seul, M. Nautet, retenu par\n ses occupations, n'a pu régulièrement participer à ces petites cérémonies.\n Comparons donc mes « Déclarations » de janvier avec quelques articles\n signés la Jeune Belgique, lus et approuvés par M. Eekhoud.\n    Dans mes « Déclarations », je constatais que la jeune littérature subit\n une crise pernicieuse; j'affirmais à nouveau la nécessité du culte de la\nforme et l'excellence de la formule : l'Art pour l'Art; enfin, je prédisais\n une réaction prochaine contre l'amorphisme décadent, symboliste, etc., et\n j'ajoutais: « Proclamer cette réaction, ce n'est pas reculer dans le passé,\n c'est marcher vers l'avenir. »\n    Or, deux mois auparavant, dans notre numéro d'octobre-novembre 1892,\n on lit :\n   Ayons la franchise de le dire : toutes les vieilles hérésies relèvent la tête.\n   Comme en 1880, les De Monge — nos Brunelière — excommunient les Baudelaire et\nles Barbey d'Aurevilly au nom de la religion et de la morale.\n   Avant 1880. nos écrivains étaient parqués en deux camps : le camp catholique et le\ncamp libéral. Aujourd'hui, on se met à parler d'art démocratique et d'art réactionnaire.\n   Avant 1880, on exigeait de notre littérature qu'elle fût nationale, c'est-à-dire belge,\nbelge jusqu'à la platitude et jusqu'au néant. Aujourd'hui, on se divise en Flamands et\nWallons, et l'on se fourre de nouveau, d'une autre manière, le clocher dans l'oeil.\n   Eh bien, si les vieux Doudous recommencent leurs promenades dans notre littérature,\nils seront reçus comme il y a douze ans.\n   Ceci n'est qu'un simple avertissement.\n L'article est signé la Jeune Belgique, c'est-à-dire MM. Giraud, Nautet,\nMaubel, Gilkin et Eekhoud.\n Dans l'article « Au lecteur » qui ouvre l'année 1892, on lit :\n  Les bigots n'ont pas été moins malmenés que les cuistres. Au congrès catholique de\nMalines une généreuse jeunesse a déchiré le petit Syllabus antilittéraire que tentaient\nde fulminer contre nous les derniers jansénistes de l'Université de Louvain. Elle n'a pu\nempêcher toutes les sottises, mais du moins, grâce à ses efforts, le Congrès, sollicité de\ncondamner la formule « l'Art pour l'Art », écarta la question.\n  Et plus loin :\n  La Jeune Belgique profite de l'occasion pour rappeler qu'elle est et demeure étrangère\nà toute espèce de parti politique.\n  Son unique charte, c'est la formule : « l'Art pour l'Art ». C'est assez dire qu'elle\n"}, {"page_pdf": 124, "texte": "                                        109\n\n\nn'entend pas plus aujourd'hui qu'autrefois admettre n'importe quelle théorie d'art social,\npolitique, philosophique ou confessionnel. Il va de soi que chacun de nos collaborateurs\ngarde le droit de professer en son nom personnel telle opinion qu'il lui plaira.\n\n   Cet article est signé la Jeune Belgique, c'est-à-dire MM. Giraud,\nNautet, Mauhel, Gilkin et Eekhoud.\n   En tête de notre n° 9 du tome X (septembre 1891) on lisait, dans un article\nintitulé : L'Art pour l'Art au Congrès de Matines :\n   On se rappelle la vigoureuse campagne que la Jeune Belgique mena, plusieurs années\ndurant, envers et contre tous, en faveur de la formule : L'ART POUR L'ART. Cette formule\nfut notre cri de ralliement. Elle signifiait que nous voulions être artistes, rien qu'artistes.\nElle signifiait encore que dans ses travaux d'art l'artiste doit poursuivre avant tout son\nidéal artistique. Elle écartait les prétentions funestes des stériles théoriciens qui veulent\nréduire l'art à n'être que l'humble valet d'une doctrine quelconque. Elle mettait donc l'art\net l'artiste en liberté. A chacun sa foi, ses croyances, ses opinions, à chacun son tempé­\nrament ou sa personnalité, mais à l'aspirant artiste cette règle salutaire : «Avant tout,\ndans ton labeur, la recherche passionnée et désintéressée de la Beauté telle que tu la sou­\nhaites. Et que ce souhait soit sincère. Cherche à réaliser la Beauté qui attire véritable­\nment ton cœur, et accomplis cette réalisation selon ta nature personnelle et tes forces\nparticulières. »\n   On se demande, en vérité, à quelles doctrines, à quelle religion celte formule pourrait\nporter atteinte. N'est-ce point l'absolue liberté pour chacun? Mais nous repoussons\ncomme mortelles pour l'art et l'artiste les doctrines qui prétendent imposer à celui-ci la\npréoccupation dominante de faire un prêche ou une démonstration. Qu'à l'heure du\ntravail, le Vrai, le Bien et le Beau restent chacun dans leur domaine, et la besogne sera\nbien faite. Nous ririons bien du savant qui serait plus préoccupé de faire beau que de\nfaire vrai. Et qui donc oserait combattre les formules : la Science pour la Science? ou :\nla Vertu pour la Vertu?\n   Notre formule, dont on peut ne se point préoccuper en d'autres pays, où elle est pra­\ntiquée sans soulever de contestation, était et est encore en Belgique d'une importance\ncapitale.\n   Nous avions à retirer l'art du gouffre de l'utilitarisme; nous avions à émanciper l'artiste\net le public, à débarrasser l'esthétique de l'un et de l'autre de tout doctrinarisme étranger\nà l'art, à rendre à la forme le culte nécessaire. Ce n'est que par la plus insigne mauvaise\nfoi ou la plus complète inintelligence de notre formule que l'on a pu nous accuser de\ndéclarer la guerre à une Idée quelconque, — religieuse, philosophique, scientifique ou\nsociale. Nous ne combattons même aucune forme en soi, mais seulement les applications\nmaladroites qu'on en peut faire, et surtout les œuvres informes. Voilà pourquoi dans\nnotre république littéraire, on voit vivre côte à côte, sur le terrain de l'art, des chrétiens\nsincères et de parfaits libres-penseurs, des adeptes de telle ou telle philosophie où d'irré­\nprochables sceptiques, qui demanderaient volontiers si le mot philosophie s'écrit avec\ndeux f.\n\n   Cet article, signé la Jeune Belgique, a donc été lu et approuvé par\nM. Georges Eekhoud.\n   Il y a mieux encore. Interviewé par la Nation, M. Georges Eekhoud a\nfait lui-même les déclarations suivantes :\n  « L'art pour l'art est une formule générale donnant satisfaction à tous les genres\nde talent. Je puis faire de l'art dit social, je puis me rallier à n'importe quel système\nphilosophique, je puis être socialiste, républicain, aristocrate, athée, croyant, — question\nsecondaire! — Barbey d'Aurevilly, le catholique intransigeant, a fait de l'art, tout comme\nHomère, le païen.\n"}, {"page_pdf": 125, "texte": "                                        110\n\n\n  Il y a chez nous des convervateurs et des anarchistes, des gallophiles et des germanis­\nsimes, des poètes ne rimant qu'en alexandrins, d'autres prêchant le vers libre. Mais tous\naiment et respectent sincèrement l'art, tous ont horreur de la platitude, de la vulgarité,\ndu débraillé et du « laisser-aller » littéraire; tous savent se tenir et entretiennent l'un\npour l'autre une loyale estime. »\n\n   Ou cela ne veut rien dire, ou cela signifie que M. Eekhoud partage nos\nidées sur la nécessité d'une bonne forme littéraire et sur la valeur de la for­\nmule l'Art pour l'Art.\n   On se demande comment ces idées, qui n'étaient ni exclusives ni intolé­\nrantes avant notre numéro de janvier 1893, sont devenues révélatrices d'un\n« esprit d'intolérance et d'exclusivisme » dans ce numéro de janvier 1893.\n   Si M. Eekhoud n'a pas d'autre raison de mettre fin à une « solidarité » et\nune « étroite communion artistique » de douze années, il faut reconnaître\nque cette solidarité et cette étroite communion n'étaient plus très solides.\n   M. G. Eekhoud se retourne et prétend que nous avons tourné.\n   Le public ne s'y trompera pas. Nous n'en voulons pour preuve que le\nlangage de la Nation qui, à ce point de vue, apprécie en ces termes nos\n« Déclarations » de janvier 1893 :\n   La Jeune Belgique achève sa douzième année, ce qui devient grave pour une Revue\nque son titre condamne à rester toujours jeune. C'est presque l'âge de la maturité, et la\nquestion se pose de savoir si les idées au nom desquelles on a engagé le combat aux jours\nbrillants, mais téméraires peut-être, du début, sont restées celles de l'âge de raison. La\nJeune Belgique a deviné que ce point d'interrogation pourrait se dresser dans l'esprit de\nses lecteurs et elle n'a pas voulu le laisser sans réponse. Elle profite de l'occasion que lui\noffre sa douzième année d'existence pour affirmer à nouveau sa foi artistique, et ce n'est\npas sans fierté, qu'après cette carrière déjà longue, elle vient déclarer aujourd'hui que\nsa foi ne s'est point attiédie et que son drapeau reste toujours tel qu'elle l'a déployé le\npremier jour.\n   C'est le principe de « l'art pour l'art » qui a retenti comme la sonnerie du clairon du\ndépart; et après douze ans de campagne, c'est de la même formule que la Jeune Belgique\nse réclame avec la hautaine intransigeance des purs croyants qui se subordonnent eux-\nmêmes, sans marchander, à leur foi, et qui rapportent bien sincèrement à la vertu de\nleur dogme tout ce qui s'est fait autour d'eux depuis qu'ils ont planté leur étendard au\ngrand soleil. Nous applaudissons, quant à nous, à ces dogmatismes, si absolus qu'ils\nparaissent, à la condition qu'ils enfantent des œuvres. Et la Jeune Belgique est une\nœuvre, et elle-même a inspiré des œuvres et a été le berceau de leur éclosion.\n\n  On le voit, nous restons fidèles à notre programme. Nous en avons\néprouvé la valeur et nous avons confiance en l'avenir.\n\n                                                             LA D I R E C T I O N (1)\n\n\n\n\n   (1) Il importe de mettre fin à un malentendu propagé grâce à de mauvais dictionnaires:\nles articles signés la Direction émanent du directeur et marquent l'orientation, la direc­\ntion qu'il compte donner à la revue dans la limite de ses pouvoirs. La Direction signifie\nla Direction et non pas la Rédaction, ni les propriétaires, ni n'importe quelle autre chose.\nOn est prié d'apprendre à lire.\n"}, {"page_pdf": 126, "texte": "                                     —    111   —\n\n\n\n\n                     LE LOCATAIRE (1)\n              Depuis deux ans, la veuve vivait avec son père. Son existence\n                s'étirait en interminables broderies faites de plus de soupirs\n                que de points, à côté de ce grand vieillard devenu sourd, ne\n                parlant presque pas, ne remuant pas, rentrant doucement dans\nla terre. Certaines heures où s'exaspérait sa nervosité lui donnaient la sen­\nsation d'être enfermée vive dans un tombeau. Sans prévision de tendresses\nprochaines, elle mettait tout son temps à vieillir, prenant le pas de celui\ndont le terme était proche.\n    Puis, un jour, le fils d'un ancien ami du père, nouvellement arrivé en la\nlocalité, vint leur faire visite. Cet incident banal fut un événement dans la\nvie de ces oubliés. Le visiteur, un grand garçon pâle aux yeux de rêveur,\nrevint et, dans l'intimité de la maison de silence, s'ébaucha le roman de\nleurs amours. L'ère heureuse qui suivit ne lui laissa pas l'occasion de se\ndemander comment celle qu'on appelait « la froide, la sévère », qui avait\ncru voir, il y avait trois ans à peine, s'évanouir à jamais toutes les joies,\nressuscita en son cœur cette floraison d'amour.\n    Les sens émoussés du vieux parurent s'apercevoir du changement survenu\ndans sa fille, et son attitude vis-à-vis d'André, ses regards lentement\ndétournés leur prouvèrent combien est vivace chez un père cette faculté de\nlire dans le cœur de son enfant. Un sentiment d'égoïsme avait peut-être\naidé à cette découverte : il s'était senti volé d'une partie de l'amour qui\nétait autrefois tout à lui et qu'il ne retrouva intégral que lorsque son corps\nrefroidi ne pouvait plus jouir de la consolante atmosphère. Si peu de place\nqu'il tînt, ne devait-il pas être une gêne pour une passion exclusive? Lui\ndisparu, et ce fut tôt, les amants, libres de toute entrave, ne se trouvèrent\ncependant pas plus heureux : les heures insondables de délices où l'être\nfulgurant triomphe sans penser, — l'éperdue et toujours un peu brutale\nprise de possession de la ville qui a résisté, — étaient passées; la demeure\ndevenue familière, le coudoiement journalier du mobilier témoin d'autres\namours, firent lever, ironique, au cœur d'André le regret torturant de\nl'irréparable. Toutes les joies vécues s'effacèrent sous le corrosif puissant\nde l'étrange jalousie posthume et tout ce qui retenait dans la maison le\n\n\n  (1) Extrait des Contes au Perron, un volume à paraître fin février, chez Charles Vo\néditeur. Bruxelles.\n"}, {"page_pdf": 127, "texte": "                                   —   112   —\n\n\nsouvenir du défunt mari d'Eliane... lui fut occasion de torture et le\nrendit presque méchant. Après des crises de joie, il invoqua, pour le\nnarguer, le fantôme du maître d'antan, et prédit à la pauvre femme, qui\navait commencé par en rire et fini par en pleurer, de terribles confronta­\ntions pour l'autre monde. Ces troublants fantômes, sans cesse agités\ndevant ses yeux, effrayèrent peu à peu son esprit assez faible et des\nscrupules qu'elle n'aurait point soupçonnés lui naquirent; elle s'en voulut\nde sa conduite; souvent elle s'éveilla le matin, les idées en déroute, ayant\nrêvé que l'autre lui reprochait son infidélité. Des fois qu'elle se trouva\nseule devant le portrait du mort, elle eut de terrifiantes hallucinations :\nl'image se détachait, devenait chair et os et s'avançait vers elle, menaçante.\nElle fit disparaître les cadres, mais, malgré cette précaution, et bien qu'André,\nsorti de cette période de passion ombrageuse, ne la tourmentât plus, il\nresta au fond de l'âme de la veuve quelque chose d'indécis, une vague\nfrayeur qu'elle éloignait le plus possible de sa pensée.\n\n\n\n   — Voilà ! dit-elle avec un mouvement indiquant la satisfaction de la\nbesogne accomplie, à mille, nous ferons une croix!\n   Elle avait achevé sa lettre en réponse à une demande d'appartement qu'elle\nvenait de lire à la quatrième page du journal.\n   Lui, qui s'était complu à l'admirer, le buste penché sur la table, de la\nlumière plein les vaporeux cheveux blonds qui encadraient ses traits régu­\nliers et réfléchis, se souleva de son fauteuil et regarda l'adresse. Mais,\naussitôt, l'expression de sa figure changea :\n   — Tu lui écris donc maintenant? ricana-t-il.\n   Il fallut à Eliane un instant pour saisir...\n   — Méchant !\n   Les signes tracés sur l'enveloppe lui apparurent cependant tout autres.\nC'étaient précisément les initiales de son mari. Rougissante, elle reprit le\njournal et s'assura qu'elle ne s'était point trompée. Puis, elle eut l'impres­\nsion que ce n'était pas elle qui avait formé ces caractères. Ils étaient étalés\nsi grassement au milieu du rectangle blanc, bien à l'aise, comme des gens\nqui se trouvent chez eux. Ils accaparaient les regards, violemment, tenace­\nment. L'homme détourna la tête. Il leur sembla à tous deux qu'il y avait\nquelque chose de changé depuis que ces lettres existaient là, dans la\n maison; de ces quelques traits de plume, de ce peu d'encre s'essora une\narmée d'êtres invisibles qui transforma l'atmosphère de la salle et, pour ce\n soir, les joies et les doux propos s'envolèrent encore, un hôte occulte rôdant\n obstinément autour des pensées.\n"}, {"page_pdf": 128, "texte": "                                   —   113   —\n\n\n\n\n   Entre chien et loup, elle rêvassait seule : à cette heure, les bouffées de\ncrépuscule qui jaillissent des coins, noient les meubles et, dans un cercle\nétroit, vous enferment avec vos chimères.\n   Le timbre résonna clair, enfonçant un dard aigu et douloureux dans\ncette grande masse de silence et d'ombres molles.\n   Quand elle eut ouvert, elle resta sans voix, devant un homme d'assez\nforte corpulence, et dut tendre tous ses nerfs pour ne point défaillir.\nDans la demi-obscurité, était-ce une apparition? Cette figure noiraude\net imberbe, ce front assez dégarni, ce maintien... En un instant, et quoi­\nqu'elle n'eût plus pensé à la lettre de la veille, les paroles d'André et la coïn­\ncidence importune de l'adresse lui ressauterent à la mémoire. Le simple fait\ny prit soudain une signification qui éclata dans sa cervelle à la façon de ces\ncartouches d'apparence anodines et qui détonnent avec une terrible violence.\n   L'arrivant parut s'amuser de cet accueil et, sur sa face, glissa le sourire\nmalicieux d'un homme qui s'attendait à l'effet qu'il produit. Elle ne com­\nprit rien des paroles qu'il prononça ; cependant, elle fut persuadée qu'il\nvenait pour le second et appela d'une voix étranglée la servante.\n   — C'est pour l'appartement... conduisez Monsieur.\n   Elle se laissa tomber sur un canapé en proie à une intraduisible émotion.\nLa frayeur lui ôtait toute réflexion ; elle écouta vaguement, semblable à une\nfolle, les pas qui montaient lentement et faisaient gémir l'escalier. Peu à\npeu, elle se raffermit : cet homme était un étranger envers qui rien\nne l'obligeait ; elle l'éloignerait par des conditions inacceptables. Cependant\ncette ressemblance, ce bizarre concours de circonstances l'obsédèrent.\n   L'inconnu descendit, entra, bien qu'il n'en fût pas prié et, avec le même\nsourire, déclara l'appartement de son goût, la situation bien saine, la vue\nagréable. Ses propos agacèrent la veuve, dont l'âme entière se réfugia\ncomme derrière un abri, en sa résolution de refuser, car elle éprouvait inté­\nrieurement une espèce de résistance mal définie qui luttait contre sa\nvolonté et la menaçait. Elle se leva fiévreusement :\n   — Monsieur est seul?\n   — Oui, Madame; mais j'ai été marié. — Il dit ces derniers mots en\nhésitant et accentuant son sourire.\n   — Je voudrais quelqu'un qui ne rentrât pas du jour, qui n'amenât pas\nde connaissances...\n   — Bien, Madame ; je pars le' matin, je rentre le soir, je ne reçois per­\nsonne.\n"}, {"page_pdf": 129, "texte": "                                  —   114   —\n\n\n    Il paraissait heureux de pouvoir accepter tout ce qu'elle exigeait et conti­\nnuait à sourire finement sans hausser la voix qu'il avait pateline et douce,\ntandis qu'elle sentait s'accroître son trouble à mesure qu'elle perdait ses\nchances de dire non et qu'elle souffrait cette douleur d'un enlisement dont\nla fatalité se manifeste. Elle enfonçait, enfonçait... et ses paroles sortaient\npar groupes rapides, saccadés, semblables aux derniers bataillons qui se\nsacrifient éperdument avant la défaite.\n   Sans transition, elle dit :\n   — C'est cinquante francs...\n   Ce prix très élevé fut cependant, malgré elle, moindre que celui qu'elle\ns'était promis de demander. Il répondit :\n   •— Bien, Madame, souriant, et continua : Je viendrai loger ce soir.\n    Il lui tendit sa carte :\n   — J'ai l'honneur, Madame, d'être votre homonyme, bien que je ne sois\npas votre parent, je pense.\n   Le sourire brilla singulièrement.\n   — J'avais donné mes initiales à l'annonce. Au revoir, Madame, au\nrevoir..., votre serviteur...\n    Elle n'avait point trouvé un mot à répondre, abasourdie de ce qu'elle\nentendait, subjuguée, malgré ses résolutions, par cet être équivoque qui\ns'imposait, vaincue par elle ne savait quoi, remuée par ce continuel et\ngênant sourire dont l'étrange lueur lui emplissait les yeux. Un vent de folie\nlui passa dans la tête, elle perdit l'exacte notion des événements. Bientôt\ncette extrême agitation s'apaisa, mais la réflexion ne ramena pourtant point\nla sérénité.\n    Peu instruite, elle abritait, dans un coin de son cerveau, un reste ancien\nde superstitions et d'histoires de revenants, dont l'éveil puissant fut tout à\ncoup très propice à son épouvante. Les incidents les plus précis prirent une\ntournure indécise; elle ne se rendit plus compte de la simplicité du système\nde correspondance par les journaux. Son imagination enjamba les intermé­\ndiaires les plus vulgaires, sauta d'un fait à un autre, négligeant de les rat­\ntacher naturellement, et aperçut tout disposé par une puissance occulte en\nvue d'un but spécial de punition. Dans les vaticinations extraordinaires\nd'André, dans les jalousies effroyables où il s'enfonçait naguère, à plaisir\neût-on dit, pour exaspérer sadiquement sa volupté, elle reconnut mainte­\nnant les excitations d'un esprit en courroux dont la trame mystérieusement\nourdie allait se resserrer autour d'elle avec l'atrocité impitoyable du fer des\ninquisiteurs cerclant la tête des martyrs. L'annonce devint un piège qu'on\nlui avait tendu ; sa lettre, portant les initiales de son mari, une missive\n"}, {"page_pdf": 130, "texte": "                                 — 115 —\n\nlancée à l'inconnu, destinée à être lue dans un monde de spectres d'où sortait\ncertes cet homme sous le regard duquel elle avait eu conscience qu'elle\nrentrait en puissance de mari et que ses amours revêtiraient, dès ce jour, le\ncaractère de l'adultère.\n\n\n   Quoiqu'il parvînt parfois, comme en ce moment, à lui faire oublier ses\nterreurs dont intérieurement il s'avouait la première cause, le mal avait pro­\nfondément enraciné. C'était André, maintenant, qui ne concevait plus les\nvisions pourtant devinées présentes devant les prunelles effarées d'Eliane.\nLes premiers jours, il est vrai, il appela le nouveau-venu « le maître », le\nplaignit de « sa résurrection intempestive » ; mais, bientôt, il cessa ses rail­\nleries, effrayé des ravages moraux causés chez sa maîtresse par ce locataire\nqui le déconcertait un peu lui-même,\n   Le personnage n'était sûrement troublant. Sa mince garde-robe qui tenait\ntout entière dans une petite valise, lui donnait l'apparence d'un homme\narrivé pour une tâche momentanée. Toujours de même habillé, l'éternel\nsourire indéfini aux lèvres, il glissait silencieux dans l'escalier, le corridor.\nSans qu'on eût entendu tourner la clef dans la serrure, le matin, avant\nl'éveil de la maison, il disparaissait, se rendant à ses occupations. Il rentrait\nà une heure indéterminée, variant chaque jour, au crépuscule, dans la\nsoirée. Sa face sans cesse entrevue au milieu de l'ombre, en emprunta un\ncaractère de fluidité énervante et se fixa à peine dans l'œil, par cette même\nindécision qui dérobe à la mémoire les têtes de songe surgies aux heures de\nfièvre.\n   Son salut à André et à la servante était un murmure; sa voix ne sortait\nbien précise que quand il apercevait la veuve. Alors, il articulait clairement,\naprès madame, le nom de famille qui était aussi le sien. Quoiqu'elle tînt les\nveux baissés le plus possible, elle se sentait enveloppée du sourire : son\ncorps se glaçait, elle hâtait le pas et disait adieu à sa quiétude pour le\ntemps qu'il restait dans la maison. Un vague ennui la mina; elle maigrit;\ntout éveillée, elle fut agitée par des cauchemars suivis de lassitude et de\nlarmes secrètes. Elle évita visiblement ses rencontres : le hasard la con­\ntraria et, sans bruit de pas avertisseurs, replanta maintes fois devant elle la\ntète à la satanique grimace.\n   Cette peur continuelle se tranforma en maladie; la femme, connaissant\nà son dépérissement une cause d'un ordre spécial, refusa d'abord le secours\ndu médecin. Son état se traduisit vis-à-vis d'André par une froideur exces­\nsive qui toucha à l'aversion ; elle parla de repentir, de séparation. Puis,\n"}, {"page_pdf": 131, "texte": "                                    —    116   —\n\n\n\n\nsoudain, son isolement voulu lui pesa, elle se rejeta dans des élans de pas­\nsion extrême, pleins de cette fureur extérieure qui dénote une faiblesse au-\ndedans. Sa folie des sentiments et des sens ressembla au tapage que font,\nle soir, pour se rassurer, les enfants peureux ; elle se rua à l'amour comme\non se précipite à embrasser avec rage un cadavre qui effraye. Rien ne lui\nrendit le repos.\n     Pendant un de ses rares moments de calme, elle tenta de guérir sa crainte\npar le raisonnement et appela à son aide tout son bon sens. Hélas! tant\nde points d'interrogation hérissaient la personnalité du locataire, que la\nlogique de la pauvre femme, incapable de se soutenir longtemps, sombra\net fut derechef emportée par le courant débordé de l'imagination. Elle avait\n pourtant, un jour, résolu de soulever un coin du voile mystérieux qui lui\n dérobait son bourreau, et de chercher à savoir la nature de ses occupations,\n le lieu où il passait sa journée. Ce matin, elle se leva très tôt, le guetta et\n sortit quelques instants après lui, se promettant bien de ne point le perdre.\n Il marcha posément, le regard à terre, et ne s'aperçut nullement qu'elle le\n suivait. Elle régla son pas sur le sien : la curiosité éveillée et le fouet de\n l'air du matin l'électrisaient ; un épais brouillard ouatait l'atmosphère.\n Eliane se ressouvint qu'une fois, dans les premiers mois de son mariage, à\n peu près par un temps semblable, mais à la brune, aiguillonnée par un fol\n accès de jalousie, elle avait ainsi filé son mari; elle se reporta dix ans en\n arrière : cette jalousie ! quel tourment ! Des sentiments morts ressuscitèrent\n passagèrement dans son cœur; elle s'interrogea: Comment une infidélité\n peut-elle se pardonner? Et tout à coup, la sensation de la pointe aiguë sur\n laquelle elle s'enferrait la secoua d'un frisson : si la jalousie survit, elle com­\n prenait la justice de son supplice...\n     Mais quoi... le locataire n'est plus devant elle ! La rue a bifurqué, la\n veuve pense qu'il a pris l'autre direction pendant sa courte inattention ; elle\n rebrousse chemin, avec la certitude de le retrouver... Il a disparu. Trop\n épouvantée pour ressentir du dépit, elle regagna sa demeure, convaincue\n qu'elle luttait contre l'insaisissable. Les alternatives de paix et d'excitation\n se succédèrent, ces dernières plus fréquentes et meurtrières.\n     Ce soir, elle paraissait victorieuse du mal et souriait. La soie rose de\n l'abat-jour plaquée de dentelles faisait aux rayons de moelleuses gaines\n  d'ombre fine, et, dans cette clarté susurrante, après s'être tout redit, ils\n  s'aimaient silencieusement. Rien ne bougeait dans la maison où ils se\n  trouvaient seuls. Doucement, il l'attira et il l'embrassa longuement.\n  Un léger bruit dirigea leur regard vers l'entrée. . Ils s'éloignèrent instinc­\n  tivement l'un de l'autre, frappés de stupeur : dans l'entrebâillement de\n"}, {"page_pdf": 132, "texte": "                                 — 117 —\n\nla porte, de son sourire coutumier prenant possession de toute la salle\nse montrait la tête du locataire I La veuve poussa un cri et sa figure fut\nd'une pâleur de cercueil. L'intrus s'excusa, réclamant sa bougie oubliée\npar la domestique. Ils le prièrent d'entrer et ne se doutèrent même pas de\nleurs paroles, tant ils s'effrayaient. L'homme fit quelques pas, parla de ce\nmauvais temps pendant lequel on est si bien chez soi ; il souriait toujours\net les tenait sous le joug de ce sourire. Tout à l'aise, dans un mouvement\nde reconnaissance familière, il promena ses yeux autour de lui. Sa grande\ntaille emplissait la chambre et dominait de toute sa hauteur les deux amants\natterrés, humbles et sans voix en face de cette attitude, dont l'inconvenance\npour eux se transformait en un droit mystérieux et terrible. Le locataire\ns'appuya sur le marbre de la cheminée, à bout de propos, eût-on dit, en\ncherchant dans les objets voisins, à la manière des paysans. Sa main passa\nsur un vase dont on avait enlevé à dessein un petit ornement afin de le\nrendre pareil à l'autre endommagé par accident : il remarqua qu'il n'avait\npoint toujours été comme cela. — Les vases venaient de la belle-mère de la\nveuve. — Puis, il laissa tomber négligemment :\n    — Cette pendule est déjà bien vieille !\n    Eliane se figura qu'il soupirait sans interrompre son sourire. Une\n griffe de fer se referma sur son cœur ; elle allait se trouver mal, lorsque\n l'homme se plaignit de devoir ressortir encore ce soir et la délivra de cette\n cruelle oppression. Il monta à son appartement pour redescendre et partir.\n Mais, dans la salle, subsista la gêne mal définie, pourtant intense que sa\n présence y avait apportée.\n    Quand il entra, ils étaient couchés depuis une heure; une pensée de\n glace mettait entre eux la distance des pôles et les tenait éveillés. Au grin­\n cement de la clef du locataire, la femme tressauta :\n    — Le voilà !\n     — Oui, répondit aussitôt André. Et ces syllabes brèves paraissaient\n trahir une conversation dès longtemps commencée, sans vocables.\n     Les pas montèrent lentement avec des soupirs. Sur le palier devant leur\n  porte, le locataire s'arrêta ; un rayon de lumière passa comme un regard\n  dans la serrure. La femme serra convulsivement son corps froid contre\n  André dont elle saisit le bras ; sa respiration fut coupée, elle murmura :\n     — Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pardon !\n     Le locataire continua son ascension et bientôt tout bruit s'éteignit.\n     Longtemps ils restèrent agités, se retournant, remuant, sans parvenir à\n  s'endormir. A la fin, le sommeil vint à l'homme; la veuve aussi parut\n  assoupie. Soudain, elle s'écria :\n                                                                        8\n"}, {"page_pdf": 133, "texte": "                                  — 118 —\n\n  — André! André!\n   — Quoi !\n  — Le vois-tu? André! — Mon Dieu! Mon Dieu! Pardon! —André,\nchasse-le! Tue-le!\n   Dans les brumes du demi-sommeil, elle avait eu une apparition épouvan­\ntable : son mari s'était dressé devant elle, irrité, la transperçant cruellement\nd'un regard fixe, sans une parole.\n   Il ne put la calmer.\n\n\n   La veuve ne quitte plus son lit, en proie à un mal étrange qui désoriente\nles médecins. Muette, de crainte peut-être de paroles qui révéleraient la\nnature de ses souffrances, les yeux constamment grands ouverts et fixes,\nimmobile obstinément, c'est une extatique occupée d'un monde intangible.\n Elle ne se plaint point, ne demande rien, refuse toute nourriture ; parfois,\nles mains jointes à se crisper, elle remue fiévreusement les lèvres et prie à\nhaute voix. Les joues se creusent, les prunelles deviennent extraordinaires\nau fond des orbites, son corps, d'une maigreur excessive, se marque à peine\nsous les couvertures. La laisse-t-on seule un instant, aussitôt éclatent des\ncris insensés, et sa sœur qui est venue la soigner, la retrouve en des atti­\ntudes d'horreur, la tête détournée, repoussant du geste des êtres qu'on ne\nvoit point. Les questions qu'on lui adresse demeurent sans réponse. Le\ncrépuscule lui cause des crises dont elle sort pour se plonger la face en ses\nlinges pendant des heures entières. Puis, soudain, elle saisit la garde par la\nmain et, sans un mot, la dévisage.\n   La voilà bien tranquille..., mais, quelqu'un descend l'escalier avec pré­\ncaution ; il est sept heures du matin : les bras de la pauvre s'accrochent,\nraidis, à sa couche ; elle soulève la tête et cloue de ses regards épouvantés\ncette porte qu'elle craint de voir ouvrir par un fantôme. Les pas descendent\ntoujours..., c'est tout. La tête retombe en arrière sur l'oreiller, les bras se\ndistendent, la face, du rouge pourpre passe au pâle livide et se couvre de\nsueurs ; survient un état d'abattement pareil à celui qu'amène un danger\nimminent miraculeusement éloigné. L'accès renaîtra le soir, quand la porte\nextérieure s'ouvrira et que les pas étouffés remonteront de la même cadence\nlente, les pas cruels qui piétinent cette misérable vie.\n   Puisque le moindre bruit l'agite, la maison se fera absolument muette,\nles pas se tairont dans l'escalier. Rien n'y fait. A certains moments, la\nveuve rentre en sa fébrilité excessive : ses membres inertes tendent à se\nrompre, son corps tremble, ses prunelles se dilatent, et brûlent, et fixent\nl'entrée.,..\n"}, {"page_pdf": 134, "texte": "                                  —   119   —\n\n\n    Les pas montent l'escalier, mais si doucement... L'oreille saine et atten­\ntive de la sœur ne perçoit aucun bruit.\n    Dans les premiers jours qu'elle resta alitée, André demanda à la voir;\non le fit entrer sans prévenir celle qui avait été sa maîtresse. Son apparition\ncausa un effet inattendu ; comme si Satan en personne se fût montré, la\nveuve se retourna violemment vers la ruelle du lit en criant d'une voix que\nla peur rendait rauque :\n   — Sortez, sortez ! Je ne veux plus vous voir !\n    Depuis tout un long mois, elle subissait un martyre et personne n'en\nsoupçonnait l'horreur. L'entourage désespérait de guérir cette affection\nindéterminée dont la marche déjouait tous les traitements. La science,\ndevinant la patiente liguée contre elle avec la maladie, se déclarait impuis­\nsante et ne cherchait point au delà du corps. La fin approchait sûrement\net emporterait cette parcelle d'impénétrable dans l'impénétrable mystère.\nLe pauvre organisme, aux forces sucées par de ténébreux vampires,\nagonisait; l'esprit, traîné par de vindicatifs revenants le long d'un calvaire\ndouloureux, se dresserait, éclatant de folie, pour l'essor éternel. La mai­\ngreur et la faiblesse de la moribonde lui donnaient l'aspect d'un cadavre ;\net ce cadavre étonnait, quand il ouvrait des yeux vivants qui ne pouvaient\nvraisemblablement lui appartenir. Dans les veines vidées c'était de la\nfrayeur qu'on voyait rouler.\n    Un jour, la sœur, à qui le locataire s'enquérait souvent de l'état de la\nveuve, lui demanda s'il ne désirait pas lui faire visite. Il accepta avec\nempressement.\n    La nuit commençait à tomber lorsqu'il pénétra dans la chambre. La\nmourante n'avait plus bougé durant vingt-quatre heures. Un violent trem­\n blement la secoua aussitôt ; elle poussa un cri étranglé qui fit frissonner les\nassistants. D'un mouvement rapide qu'on l'eût crue incapable d'accomplir,\nelle se mit sur son séant..., puis, les mains jointes tendues en avant, les\ncheveux noirs flottant en désordre, dans un geste d'apparition, elle s'élança\nvers l'homme :\n    — Pardon!... Pardon!...\n    Sa tête s'affaissa sur l'épaule, mais, ses yeux glauques énormes où la\n mort avait figé de l'épouvante, restèrent désespérément accrochés au sou­\n rire énigmatique du locataire.\n                                                    HUBERT STIERNET\n"}, {"page_pdf": 135, "texte": "                                      120\n\n\n\n\n            CHRONIQUE MUSICALE\n               L'Association des Artistes-Musiciens donnait, le 14 janvier der­\n                nier, son premier concert à la Monnaie.\n                   Ces séances tournent un peu à l'exhibition. L'année dernière,\n                à pareille époque, on nous montrait Mlle A. Holmès ; cette fois,\nc'est M. Tschaïkowsky que l'on avait fait venir. Le moindre défaut de ce\nsystème est de nous donner des séances consacrées tout entières — ou à peu\nprès — à un seul auteur; or, alors même qu'on l'applique à l'œuvre d'un\ngrand maître, ce système constitue déjà une maladresse; mais lorsqu'il\ns'agit d'un maître de second ordre, on risque fort de compromettre de la sorte\ntout un concert. On ne peut se le dissimuler, Tschaïkowsky est un de ces\nmaîtres de second, et même de troisième ordre; en le jugeant en regard de\nce qu'il nous a fait entendre aux Artistes-Musiciens, je dirais même pis.\n   Mais le célèbre compositeur russe semblait avoir choisi à dessein ses pro­\nductions les plus faibles. C'est vraiment une tendance bizarre, et que l'on\nn'oserait dénoncer, tant elle paraît invraisemblable, si l'on n'avait si souvent\nl'occasion d'en faire la remarque : un auteur composant lui-même le pro­\ngramme d'une exécution de ses œuvres, choisit presque régulièrement les\nmoins estimables. Peut-être est-ce qu'il a moins souvent l'occasion de les\nentendre? ou peut-être aussi se sent-il animé de ce sentiment de tendresse\npréférée des mères pour leurs enfants rachitiques?\n   Toujours est-il que dans le programme plantureux du concert du\n 14 janvier, pas une œuvre, pas une note, pas une mesure à retenir : une\nmonotonie désolante, énorme, insurmontable, se dégageait de tout cela ; du\ntravail, suffisamment; de la recherche, beaucoup trop; mais pas l'ombre\nd'une véritable inspiration.\n   La 3 e suite d'orchestre était quelconque, banale ; le 2e concerto de piano,\n— admirablement joué par Franz Rummel, — d'une longueur intermi­\nnable; les airs de ballet de Casse-noisette, mignards et puérils avec leur\norchestration drôlichonne; l'ouverture 1812, qui terminait le concert,\nfranchement détestable. Néanmoins, le public, bon enfant, séduit proba­\nblement par la « tête sympathique » de Tschaïkowsky, a décerné à celui-ci\nplusieurs ovations...\n   On s'attendait cependant à mieux ; les auditeurs, pris individuellement,\nétaient déçus. Heureusement, le programme du prochain concert de l'Asso­\nciation, la Cloche, de Vincent d'Indy, nous garantit, cette fois, une soirée\nintéressante.\n   A la première séance de musique de chambre du vaillant et juvénile\nquatuor Crickboom, Angenot, Hans et Gillet, consacrée aux maîtres\nrusses (encore !), nous avons pu apprécier Tschaïkowsky dans une de ses\nœuvres les plus magistrales : le quatuor en mi bémol mineur. Voilà vraiment\nune composition admirable, d'un bout à l'autre : abondance mélodique\n"}, {"page_pdf": 136, "texte": "                                      121\n\n\nextraordinaire, inspiration facile et constante, ingéniosité des dévelop­\npements, travail des différentes voix du quatuor, d'un enchevêtrement inex­\ntricable, tout est à retenir, tout serait à citer; à tirer hors pair, cependant,\nl'Andante funèbre e doloroso, saisissamment évocatif et émouvant.\n   Comme intermède, quatre mélodies de modernes russes gentiment\nchantées par Mlle Van Hoof.\n   La séance se terminait par le quatuor en ré de Borodine, tout différent\nde celui de Tschaïkowsky. Ici, pas de complication, pas de recherches\ncontrapontiques : du classicisme dans la modernité. Mais quelle admirable\npureté de lignes! Quel sentiment élevé! et quel style, et quelle forme! Et\ndire qu'il en est auxquels Borodine « ne parle pas » !\n   Les tout jeunes artistes du quatuor Crickboom ont donné de ces deux\nœuvres magistrales une interprétation digne des plus grands éloges ; on\nsent que l'étincelle sacrée les anime, ceux-là; c'est de l'art vrai, et du plus\npur. Leur chef surtout, M. Crickboom, manifeste un tempérament\nexceptionnel; il est digne de M. Ysaye, le grand artiste qui l'a formé, et\ncelui-ci peut être fier de son élève.\n\n   Depuis quelques semaines, il est impossible de feuilleter une revue ou\nd'ouvrir un journal sans tomber sur l'article Werther. C'est un cauchemar,\nune obsession. A lire tout ce fatras, on dirait véritablement que l'on se\ntrouve en présence d'une de ces œuvres qui font époque dans l'art, qui\nmarquent définitivement la caractéristique d'une période : Eh bien, allez-y\nvoir.\n   Le côté amusant de cette débauche werthérienne, c'est la stupéfiante\ncontradiction qui s'y manifeste. Oncques n'ai vu pareil désarroi parmi les\nprinces de la critique ; il n'y a point deux opinions qui se ressemblent :\nil n'est cependant pas possible, que diable! qu'il y en ait trente-six qui\ndonnent la note juste?\n   Parmi les articles les plus cocasses, il y a celui, trouvé dans je ne sais\nplus quel grand journal français, — on sait s'ils sont joyeux, les critiques\ndes grands journaux français! — qui s'étend gravement sur la sincérité\nexceptionnelle de la nouvelle œuvre de M. Massenet.\n   Ah! ah! la sincérité de M. Massenet! Ah! le bon billet! Mais il n'en a\npas, de la sincérité! Tout ce que vous voulez, technique, habileté, senti­\nment, je le veux, inspiration quelquefois, soit, mais sincérité, ah ! non ! Il\nn'est pas possible au contraire, même dans les œuvres les mieux venues de\nl'auteur d'Hérodiade, de démêler avec certitude la part de l'inspiration, du\nsentiment, de celle du procédé, du truc; chez lui, l'un ne vient pas sans\nl'autre. Quelle belle étude il y aurait à faire, pour un critique d'art, — un\ncritique, hélas! qui aurait le temps... — sur le procédé de M. Massenet! Il\ntient tout entier, là, dans le creux de la main : ce sont toujours les mêmes\nformules, diversement présentées, administrées avec discernement et habi­\nleté. Il y en a un, de procédé, qui est débiné depuis longtemps, et sur lequel\n les princes déjà cités sont d'accord (faut-il que ce soit vrai !) : c'est ce que\nl'on pourrait appeler la grosse caisse sentimentale, comme la chanson-\n"}, {"page_pdf": 137, "texte": "                                   —    122 —\n\nnette : dès que la situation se complique, on crève tambours, grosse caisse\net timbales. Mais que d'autres! que d'autres...\n   Ce qui a si cruellement troublé la clairvoyance de la critique, c'est la\nsimplicité de la contexture musicale, la naïveté mélodique de Werther; de\nlà à la sincérité, il n'y avait qu'un pas ; on l'a fait. Truc encore !\n   Pour mieux pénétrer dans cette atmosphère douce et calme du roman\nde Gœthe (pauvre Gœthe ! il peut aller rejoindre Gustave Flaubert\nparmi les martyrs de la persécution dramatico-lyrique), M. Massenet\ns'efforce vainement vers une simplicité, une candeur qu'il ne saurait\natteindre; il est l'homme des voluptés, des pâmoisons musicales, et il ne\npeut en aucune façon rendre la pureté des amours platoniques; ce n'est pas\naprès avoir chanté Esclarmonde qu'on peut faire vivre Charlotte, c'est\navant. Une bonne preuve de ce que j'avance, c'est que la meilleure partie de\nl'œuvre est le troisième acte, où la passion s'exaspère et atteint son\nparoxysme. A citer, là, l'épisode des lettres, moins mauvais, et le lied\nd'Ossian, plutôt bien (malgré une fâcheuse similitude des premières mesures\navec... Ta-ra-ra-boom de ay).\n   J'aurais voulu vous parler en détail de Ja partition de Werther; mais,\nvraiment, je ne m'en sens pas le courage, et, pour tout dire, je n'en vois\npas la nécessité. Totalement dénuée de véritable inspiration, je ne crois pas\nque la partition de Werther reste. L'élément vital fait défaut. C'est de\nl'art si on veut, mais ce n'est pas de l'ART... Je suis sorti de là l'esprit désen­\nchanté, l'âme vide et froide...\n   J'aime mieux me tourner vers cette autre figure de désespéré, — combien\nplus imposante! — Manfred, illuminée par Schumann du flambeau\nde son génie. Ah ! la suprême et délectable jouissance ! Nous l'avons\nrevu, ce Manfred merveilleux, incarné par ce merveilleux artiste qui est\nMounet-Sully. Ce commentaire musical est vraiment un absolu chef-\nd'œuvre. Comment est-il possible de réaliser ce miracle d'expression, tour à\ntour douloureuse, sombre, attendrie, suppliante, par des moyens si simples,\ndes harmonies si rudimentaires, un plan si clair, si net, des formes si clas­\nsiques et si sévères ; un maître moderne, voulant rendre l'impression formi­\ndable, les épouvantements de l'hymne des génies d'Arimane, n'eût pas\nmanqué d'écrire un morceau torturé et tourmenté, où toutes les disson­\nnances de l'enfer se seraient donné rendez-vous, Ici, au contraire, cette\nimpression est obtenue, et à un degré extraordinaire, par des moyens génia­\nlement puérils : une suite presque ininterrompue de consonnances.\n   Cette vaste composition était précédée de la symphonie en ut (deuxième),\nde Schumann. Un chef-d'œuvre aussi, celle-là. Très intéressante au point\nde vue de l'orchestration qui, — pour les chercheurs de petites bêtes, —\nrenferme quelques taches légères. Remarqué, par exemple, que le joli trait\ndescendant des violons, dans le Scherzo, qui ressort particulièrement\nlorsque, dans le développement, il se présente seul, est au début complète­\nment noyé dans les sonorités abusives des cuivres et des bois.\n   Mais je m'arrête vite; vis-à-vis de génies tels que Schumann, lorsque la\ncritique hasarde quelques observations, mêmes fondées, elle se sent presque\n"}, {"page_pdf": 138, "texte": "                                — 123 —\n\n\nrougir d'avoir osé toucher à la majesté du culte que la postérité leur a voué\nà bon droit; c'est comme un sacrilège que l'on viendrait de commettre.\n   Ce concert du Conservatoire a laissé à tous les auditeurs une profonde\nimpression; la plupart sont sortis brisés, à bout de forces; on n'entend pas\nimpunément les accents de Schumann dans Manfred. Cette musique\nétrange ne se laisse pas objectivement admirer, comme on a pu le faire\npour le Messie, par exemple ; elle surprend, elle entre au plus profond du\ncœur, elle le déchire de sa plainte amère et douloureuse, elle jette l'âme,\npour un instant, dans la plus noire et la plus cuisante nostalgie d'idéal.\n                                                    E R N E S T CLOSSON\n\n\n\n\n    PETITES CORRESPONDANCES\n                                         I\n         MON CHER GILKIN,\n  Le manifeste que la Jeune Belgique a publié en tête de son dernier\nnuméro avait pour but principal de rappeler le principe d'art sur lequel\nnous sommes d'accord. « L'art pour l'art » cela ne signifie pas la virtuosité\nde la forme sans fonds, mais l'art sans autre but que lui même, l'art absolu !\n  Cette déclaration essentielle était accompagnée de quelques observations\nsur les nouvelles formes que tend à prendre le vers français. J'en laisse la\ndiscussion « aux intéressés », comme disait l'un de nous.\n   Quant aux admonitions relatives à la discipline littéraire, elles ont été\ncommentées par certains journaux d'une façon ambiguë.\n   Le Journal de Bruxelles qui a bien voulu reproduire une grande partie\nde ce manifeste, dit en note : « Tandis que la plupart des jeunes revues se\nprécipitent un peu pêle-mêle vers les nouveautés, la Jeune Belgique, nous\nle constatons avec plaisir, prend parti pour la réaction. »\n   Si cela signifie que nous rappelons à l'étude du' style les débutants qui\nont le charabia trop spontané, tant mieux !\n   Si cela signifie que nous nous fixerons académiquement à telle forme,\nsans nous soucier désormais de l'incessante évolution, tant pis! et je pro­\nteste vivement !\n                                                      H E N R Y MAUBEL\n                                         II\n          MON CHER D I R E C T E U R ,\n    Les « Déclarations » parues dans la Jeune Belgique du mois de janvier\n n'ayant été signées que par vous seul, je vous prie de faire savoir aux lec­\n teurs de notre revue que j'approuve, sans l'ombre d'aucune restriction, les\n"}, {"page_pdf": 139, "texte": "                                   — 124 —\n\nthéories artistiques que vous y avez exprimées et qui sont d'ailleurs con­\nformes à notre programme de 1881. Quant à la proposition d'accentuer le\ncaractère traditionnel et régulier de notre critique, tout en publiant des\nmorceaux de littérature nouvelle, non seulement j'y adhère, mais je ne\nvous cache point que si cette proposition n'avait pas été formulée, j'aurais,\nà mon tour, dénoncé le traité d'alliance.\n   Je ne suis hostile, en principe, à aucune tentative nouvelle. Je me réserve\nde les examiner, en toute liberté, au fur, à mesure qu'elles se produiront.\nMais en ce qui concerne la maladroite imitation des modes littéraires pari­\nsiennes, je me joins à vous pour la condamner.\n   Il serait bizarre que, dans une revue fondée par nous, le directeur et le\ncritique littéraire n'eussent plus le droit d'émettre leur opinion. J'ai comme\nvous, la conviction que la littérature belge est en danger, et qu'il faut la\ndéfendre contre les barbares. Et comme vous, j'ai trop le sentiment de ma\nresponsabilité pour consentir à mariner dans un éclectisme sans force et\nsans dignité.\n   Jamais, sous aucun prétexte, je ne voudrais que la Jeune Belgique encou­\nrageât, même par son silence, les manifestations de snobisme que l'on se\ntargue d'abriter sous son pavillon. Je n'entends pas, quant à moi, que mon\nnom figure sur le pavillon qui couvre une telle marchandise, et j'ai trop le\nrespect des poètes futurs pour prêter les mains à une pareille tromperie.\n  Je tiens à proclamer très haut qu'à des exceptions très exceptionnelles, et\nque j'ai signalées dans mes chroniques, je considère les poètes du dernier\nbateau comme passibles d'Uccle, de Charenton ou de Bedlam.\n   Je ne puis évidemment pas les empêcher de pousser l'individualisme\njusqu'à Evere, mais je ne veux pas qu'ils se réclament de moi en entrant où\nvous savez. Je n'interdis à personne de prêcher l'Evangile de Binche, mais\nce ne sera jamais en mon nom qu'on le prêchera.\n   Bien à vous.\n                                                         ALBERT GIRAUD\n                                       III\n   M. Firmin Vanden Bosch, rédacteur en chef du Drapeau, nous adresse\nla lettre suivante :\n          M O N CHER CONFRÈRE,\n   La Jeune Belgique, en son premier numéro de cette année, mêle le nom\ndu Drapeau à de vives et amères récriminations contre les tendances\nartistiques de la jeunesse belge.\n   A vous croire, « nous enfreignons la saine discipline artistique », « nous\nrelevons les tristes drapeaux que vous avez foulés aux pieds », « nous prê­\nchons l'art social chrétien », « nous substituons l'utilitarisme à l'art pur »,\n« nous livrons la littérature à ses éternels ennemis » — les politiciens et les\ncancres !\n   Un réquisitoire alors?\n   Souffrez que le Drapeau présente très brièvement sa défense.\n"}, {"page_pdf": 140, "texte": "                                 —     125 —\n\n\n   En vérité, notre situation est étrange ; tandis que vous nous reprochez\nde subordonner l'art à nos idées politiques, nos amis politiques, au contraire,\nnous font un grief de nous insurger contre la « littérature traditionnelle du\nparti ».\n   Ils ont raison et vous avez tort.\n   Dès son apparition, le Drapeau s'est posé en revue de combat, j'allais\nécrire de révolte contre tout cela dont certains voulaient faire le programme\nlittéraire officiel des catholiques, inspiré de systématiques admirations\nclassiques et de systématiques dédains de la modernité.\n   A ce programme, fétiche vénéré, nous avons opposé la liberté de l'art,\nle droit et le devoir pour l'artiste d'être de son temps et de s'en approprier\nles formes littéraires.\n   Barbey d'Aurévilly, Villiers de l'Isle Adam, Paul Verlaine, — ces maîtres\nqui donnèrent à l'idée chrétienne sa plus haute expression artistique, —\nnous les avons placés au faîte de nos admirations.\n   Cela nous a valu même, vous vous en souvenez, d'être insinués « porno-\ngraphes » par les politiciens qui firent de la littérature au Congrès de\nMalines.\n   Convenez que nous avons une singulière façon de livrer Samson aux\nciseaux de Dalila !\n   Si vous voulez bien dorénavant nous lire plus attentivement, vous con­\nviendrez en toute loyauté avoir manqué de justice à l'égard de frères\nd'armes, qui combattent, encore que sous un drapeau différent, les mêmes\nennemis que vous.\n   Votre devise — un peu amendée — est la nôtre : Ne crains... fors\nDieu.\n  En toute confraternité artistique.\n                                               FIRMIN VANDEN BOSCH\n                                           Rédacteur en chef du    Drapeau.\n\n   La protestation du Drapeau l'honore et nous enchante ; — puisque nous\neussions été désolés d'avoir raison, il nous est bien permis, n'est-ce pas,\nd'être charmés d'avoir fait erreur, — encore que cette erreur fût assez expli­\ncable; n'insistons pas, nous sommes trop heureux de nous être trompés.\n   Il est donc entendu que le Drapeau a été et demeure un défenseur con­\nvaincu de la formule l'Art pour l'Art, qu'il ne délivrera pas un certificat\nartistique à un ouvrage catholique parce que catholique et ne critiquera\npas esthétiquement un livre hétérodoxe parce que hétérodoxe.\n   Nous voilà d'accord. Et nous nous félicitons d'avoir provoqué cette\nexplication.\n                                                           N. D. L. D.\n"}, {"page_pdf": 141, "texte": "                                          —     126 —\n\n\n\n\n                                  MEMENTO\n  L'abondance des matières nous force à             sophes qui précèdent les artistes, et l'on ne\nremettre au numéro suivant le compte-               comprend les marbres des Grecs et leur\nrendu d'une foule de livres. Que les écri­          architecture que parce qu'on a relu Platon\nvains chevelus nous le pardonnent.                  et Aristote. Sinon, pourquoi, pendant tant\n                                                    de siècles, le Parthénon serait-il resté\n                                                    lettre close pour l'intelligence de tous,\n                                                    artistes et poètes?\n   M. Arnould, dans la Nation, consacre à              Tout l'art de Shakespeare est social.\nnotre manifeste du mois de janvier un article       Après les Grecs, c'est le plus grand art\nsympathique, pour lequel nous lui adres­            connu. Toute l'histoire anglaise, tout le\nsons de chaleureux remerciements. Toute­            peuple anglais revivent, et presque sans\nfois nous ne sommes nullement d'accord.             préoccupation d'art, dans l'œuvre surhu­\nM. Arnould nous reproche de décrier l'art           maine de Shakespeare. Il n'a jamais songé\nsocial. Voici comment il expose son opi­            « à faire de l'art », il n'a songé qu'à mettre\nnion :                                              en mouvement tous les ressorts des actions\n   « Mais depuis que l'art vrai existe, il n'a      et des passions de son temps et de son peu­\nvécu, il ne s'est fait éternel que par l'intui­     ple, et c'est pour cela qu'il a fait du grand\ntion qu'il avait du milieu dans lequel il se        art, de l'art immortel.\nmanifestait, et auquel il donnait, par la              Tout l'art français duXVIIèsiècle est social.\nsplendeur de ses révélations, une conscience        Il n'y a pas moyen de comprendre une seule\nplus haute de lui-même! Et c'est pour cela          des tragédies de Corneille et de Racine, une\nque les peuples étaient à genoux devant             seule des comédies de Molière, si on les\nl'art et en faisaient leur religion : l'art révé­   sépare du milieu où elles sont nées et pour\nlait au peuple, au milieu duquel il éclatait        lequel elles ont été écrites.\ncomme un prodige de génie, les profon­                 L'art allemand duXVIIIesiècle est social.\ndeurs de son âme dans le crime et dans              Le Faust de Gœthe, ce n'est pas de l'art\nl'héroïsme, dans l'horreur et dans le               pour l'art, c'est la philosophie et la vie dra­\nsublime, et l'art le conquérait, parce qu'il        matisées, avec la philosophie dominant la\ns'identifiait à lui ; il était absolument, irré­    vie. Et dans notre siècle, il n'y a qu'un\nmédiablement social.                                artiste qui domine tout, parce qu'il est\n   Tout l'art grec est social, depuis Homère        exclusivement social, c'est Balzac. Celui-là,\njusqu'aux tragiques et jusque Aristophane.          avec Shakespeare, ne songeait pas non plus\nToute la société grecque, histoire, poli­           à faire de l'art ni à raffiner sur la forme. Il\ntique, mœurs, religion, respire dans l'art          songeait à décrire, à reproduire, vivante et\ngrec, qui n'est que le rayonnement et l'illu­       palpitante, la vie de la société qu'il voyait,\nmination idéale de ce peuple tout entier.           et c'est pour cela que lui aussi, le social, a\n   Tout l'art catholique est social. Une            construit l'œuvre à côté de laquelle le\ncathédrale du moyen-âge, c'est la foi popu­         romantisme d'alors et le Parnasse d'aujour­\nlaire toute brûlante dressée debout et esca­        d'hui battent de l'aile, essoufflés et criards,\nladant le ciel.                                     comme des corbeaux ou des moineaux\n    Tout l'art de la Renaissance est social.        autour de la haute tour immuable.\n 11 éclate triomphant avec le renouveau des           En regard de Balzac, il n'y a qu'un\nidées, et la forme antique ne renaît qu'avec        colosse encore, c'est Hugo; mais lui aussi\n la pensée de l'antiquité. Ce sont les philo­       est social, incompréhensible si on le sépare\n"}, {"page_pdf": 142, "texte": "                                                127\n\nnon seulement de son époque, mais du                fait de l'art social. Dans ses Châtiments,\nmoment historique précis où il a conçu et           Victor Hugo a fait de l'art politique. Mais\nréalisé chacune de ses oeuvres. Et qui              l'intérêt social ou politique de ces ouvrages\nencore, des vrais, des grands n'est pas             s'éteint lorsque l'objet de leurs thèses est\nsocial? Est-ce Byron avec son Don Juan ?            sorti de l'actualité. Les drames qui avaient\nEst-ce Henri Heine? Est-ce Lamartine ou             pour but de prouver l'excellence du divorce\nMusset? Qui donc?                                   sont devenus sans objet du jour où la loi a\n   Mais quel vrai écrivain, quel véritable          établi le divorce. Les pièces dirigées contre\nartiste pourrait donc ne pas avoir toutes           Napoléon III ont, à ce point de vue, perdu\nses fibres plongeant dans la société qui l'en­      tout intérêt depuis que cet empereur a\ntoure, et dans l'évolution en laquelle il           perdu son trône ; on ne les juge plus que\nn'est qu'un grain de sable, de cette société        sur la somme plus ou moins grande de\ntout entière? Où donc puiserait-il la vie? et       beauté artistique qui s'y trouve réalisée;\nquelle œuvre peut subsister si on ne lui            leur valeur politique est morte.\nsouffle la vie? Que la Jeune Belgique                   Quant aux nombreux exemples que cite\nabandonne cette stérile formule de l'art            la Nation, ils sont invoqués bien à la légère.\npour l'art qui ne rime à rien et qui n'a pas        Homère a célébré l'héroïsme des Grecs et\nde sens. L'art est social, puisque tout ce          des Troyens : nous n'apercevons ni dans\nqui est humain est social, que rien de ce           l'Iliade ni dans l'Odyssée la moindre thèse\nqu'a fait l'humanité n'a encore pu se mettre        sociale. Parle-t-il de l'esclavage? de la con­\nen dehors d'une société et sans faire corps         dition des femmes? de la lutte des classes?\navec elle, et qu'un art qui voudrait être en        Et Sophocle ? Est-ce que son Œdipe-Roi\ndehors ou au-dessus de la société serait            plaide pour ou contre la monarchie, pour\nsimplement un art extra-humain, c'est-              ou contre la république?\nà-dire quelque chose qui ne serait pas, et              Shakespeare a vécu sous les règnes tra­\nque nous-mêmes, pauvres humains, ne                 giques d'Elisabeth et de Jacques 1 er , au\npourrions ni concevoir ni comprendre. »             temps où l'Angleterre était en proie à la\n   Ainsi s'exprime M. Arnould. Un mot de            terrible lutte des protestants et des catho­\nréponse !                                           liques, — où le bourreau fonctionnait sans\n    Nous n'entendons point par art social           relâche, — au temps où toute l'Europe était\nl'art qui peint, directement ou indirecte­          déchirée comme l'Angleterre par la même\nment, l'époque qui le produit, encore               querelle religieuse. Lisez les nombreux\nmoins l'art qui s'efforce de peindre le passé.      drames et les nombreuses comédies de\n Par ces mots, nous entendons l'art à thèse         Shakespeare : il semble ignorer ces événe­\nsociale, l'art qui conduit à une action, l'art      ments. C'est à peine si une tradition assez\nqui plaide en faveur d'un régime nouveau;           vague nous le donne comme un catholique.\n en réalité, ce n'est q'une application parti­          Est-il vrai, d'autre part, que Shakespeare\n culière de l'art à thèse en général, que cette     n'a « jamais songé à faire de l'art? » Nous\n thèse soit politique, sociale, philosophique,      engageons ceux qui doutent de ses préoc­\n religieuse, etc. Autre chose est de peindre        cupations artistiques à relire son septante-\n d'une manière désintéressée et objective,          sixième sonnet : ils y verront que Sha­\n indifférente donc, le milieu où s'agite telle      kespeare parle de ses procédés poétiques\n ou telle controverse, autre chose est d'y          et les oppose à ceux des novateurs de son\nprendre position et de faire de son art un          temps.\n instrument de démonstration ou de persua­              Le côté « social » d'Andromaque et du\n sion, d'avoir un but intéressé, de se faire         Cid ne nous paraît pas très visible, non plus\n acteur dans une querelle d'idées (au lieu          que les problèmes sociaux agités dans M. de\n d'en rester le spectateur) et d'utiliser son art   Pourceaugnac ou dans le Malade imagi­\n comme une arme ou un outil afin de con­            naire.\n tribuer au succès de l'un des belligérants.            Tandis que les canons français procla­\n Voltaire, Alexandre Dumas fils, Ibsen ont          maient par toute l'Europe les droits de\n"}, {"page_pdf": 143, "texte": "                                        —    128 —\n\nl'homme, la fin des monarchies de droit          avons fait bobo et elle pleure de petites\ndivin et la substitution de la bourgeoisie à     choses vagues et inexactes telles que ceci :\nla noblesse comme classe dirigeante, Gœthe,      « Un roman de psychologie, d'observation,\nau milieu de l'Allemagne ravagée, compo­         c'est de l'art social. » Fichtre! à ce compte-\nsait tranquillement son Divan oriental : il      là la Princesse de Clèves et Manon Lescaut\navait une manière à lui de comprendre l'art      c'est de l'art social; et tous les romans de\nsocial!...                                       M. P. Bourget, art social! Nous ne nous en\n   L'art social existe assurément et a pro­      doutions guère.\nduit certaines œuvres d'une incontestable           L'art social de M. Verhaeren nous est\nvaleur. Mais les plus grands artistes ne         inconnu. S'agit-il de ses Flamandes ? de ses\nl'ont pas abordé sans péril et il ne semble      Moines? de ses Débâcles? Une démonstra­\npas qu'ils y aient trouvé leurs plus belles      tion, s. v. p. — Cladet a fait de l'art social.\ninspirations. Nous maintenons que dans           Quand il faisait de l'art tout court, il a écrit\nl'art social l'élément social est dangereux      le Bouscassié et l'Homme de la Croix-aux-\npour l'élément artistique. Ce danger est         bœufs; son art social lui a fait commettre\nparticulièrement grave dans un pays où la        Kerkadec garde- barrière, qui est une\npolitique est plus prisée que l'art. Ne flat­    œuvre lamentable.\ntons pas nos mauvais penchants nationaux.           La Revue Rouge nous envoie ce pavé\n   L'Art moderne, reproduisant l'article de      d'ourson mal léché : « Les malédictions des\nM. Arnould,affirme que l'art social triomphe.    rimailleurs d'alexandrins et des pédagogues\nOù donc triomphe-t-il? Est-ce en Belgique?       du Parnasse n'entraveront pas notre essor. »\nEst-ce que, par hasard, M. Giraud ferait de      Volez, pintades, allez y gaîment ! Les\nl'art social? ou M. Severin? ou M. Maeter­       rimailleurs Giraud, Gilkin, Severin, Gille\nlinck? ou M. Valère Gille? ou M. Verhae­         et leurs amis vous contemplent avec une\nren? ou M. Gilkin ? Voilà pour les poètes.       sincère curiosité.\nEt chez les prosateurs, invoquera-t-on les          Un mot encore. Vous dites : « Quand\nnoms de M. Goffin ou de M. O.-G. Destrée ?       Walter de Stolzing se fait vieux, il devient\nM. Lemonnier a traité dans ses derniers          Beckmesser. » Nous vous recommandons\nromans des questions sociales; mais le           instamment l'étude de la psychologie pra­\nminimum de salaire, l'assurance contre les       tique : elle vous apprendra qu'on naît\naccidents du travail, n'y sont pas précisé­      Beckmesser. Quant aux Wagner, tout\nment exposés ni discutés, non plus que le        comme les Homère et les Eschyle, ils ne\ncollectivisme des socialistes allemands, ni      vieillissent jamais. Les petits maîtres eux-\nle système des anarchistes. Est-ce que           mêmes, les Anacréon et les Méléagre, gar­\nM. Khnopff fait de la peinture sociale?          dent l'éternelle jeunesse. Méfiez-vous ; vous\nEst-ce que M. Tinel fait de la musique           prenez les Wiertz pour des Walter de\nsociale? Si l'art social triomphe, c'est assu­   Stolzing.\nrément au delà des frontières, dans un pays         Les nouveautés dont se targue la Revue\ndont nous n'avons pas encore entendu             Rouge nous semblent un peu vieilles. Pour\nparler.                                          être neuf, il faut trouver autre chose que\n                                                 l'art social, renouvelé des grecs comme le\n                                                 jeu de l'oie, prêché de nos jours avec\n  Le Soir, le Journal de Bruxelles, la           quelque éloquence par le nommé Proud'hon,\nNation et sans doute d'autres gazettes qui       — et pratiqué par Pierre Dupont! !\nne nous ont pas été envoyées ont reproduit          Enfin vous invoquez l'ombre de Victor\net discuté nos « Déclarations ». Nous les en     Hugo en faveur du vers libre. Etes-vous\nremercions cordialement.                         complètement fous?\n\n\n  A LA REVUE ROUGE.        Pas   contente   de\nnous, la jeunissime Revue Rouge; nous lui          Dans le numéro funéraire des Ecrits\n"}, {"page_pdf": 144, "texte": "                                              129\n\npour l'Art (p. p. c.) le Dieu le Père de             Un gros événement de librairie qui est\nMelle nous appelle : « la poncive Jeune           aussi un gros événement littéraire : L'édi­\nBelgique! »                                       teur Paul Lacomblez publie une édition\n   Que son saint nom soit béni !                  nouvelle in-8°, à 5 francs, de la Légende\n   Nous ne sommes pourtant pas des resse­         d'Uylenspiegel.\nmeleurs de vieilles pantoufles, des appor­           Cette publication opportune coïncidera\nteurs de vieux neuf, des rempailleurs de Du       donc avec l'érection du monument à la\nBartas.                                           mémoire de Charles De Coster, qui aura\n   L'évolution des instrumentistes de Melle       lieu prochainement à Ixelles.\nretarde un peu. Allons, les bugles, courage !\nSi nous n'en sommes qu'à la Lyre du Par­\nnasse, c'est pas une raison pour en rester à        De M. Eugène Thébault, dans la Revue\nla grosse ophicléide duXVIesiècle. Hop, là !      indépendante, quelques vers à l'usage des\nUn petit temps de galop, s'il vous plaît.         spleenétiques :\nPeut-être bien que dans un demi-siècle vous       « ... Le jeune homme à peu près moral de ces temps-ci,\nrattraperez l'abbé Delille, en évoluant à         Ramier sentimental de fades tourterelles,\ntoute vitesse.                                    Mâle navrant, si fier d'un sexe rétréci,\n                                                  Sait-il, le mutilé qui s'est plumé les ailes,\n                                                  Le sarcasme insultant par les forêts clamé,\n                                                  Lorsqu'il ose, exhibant sa tare devant elles,\n                                                  Vanter le Mysticisme au monde inanimé ?... »\n   Les Jeunes-Belgique ont beaucoup con­\nférencié depuis quelques semaines. M. Geor­                   « ... Dans le lit suprême,\n                                                              Sur le dos couchés,\nges Eekhoud a initié de nombreux audi­\n                                                              Les puceaux fauchés\ntoires aux drames d'Ibsen et de Webster,                      A l'âge où l'on aime,\nM. Maurice Desombiaux et M. Albert Giraud                     S'éplorent, oh ! oui :\nont parlé à Charleroi, l'un de la chanson                     Frustrés de l'étreinte\npopulaire, l'autre de l'évolution littéraire en               Des filles sans feinte,\n                                                              Ils n'ont pas joui ! »\nBelgique, M. Léopold Wallner a continué,\nchez Mlle Desmeth, ses intéressantes leçons         Cela s'appelle le Poème du piano ou le\nsur l'histoire du clavecin et du piano, et        chevalier des touches I\nM. Ernest Verlant, à la tribune du Cercle\nartistique de Bruxelles, a combattu, victo­\nrieusement, les absurdes théories de Lom­           Lire dans le même numéro de la Revue\nbroso sur l'homme de génie.                       indépendante l'étude de M. L.-X. de Ricard:\n                                                  Parnasse et Parnassiens.\n\n\n  Reçu : Les Contes à Marjolaine de notre\nami et collaborateur Georges Garnir, les             M. Marcel Batillat vient d'inventer le\nBains de Sons de cette petite peste d'Ou­         mot ultrême, composé ingénieux d'ultime\nvreuse du Cirque d'Eté, un livre exquis           et de suprême.\npour lequel nous avons commandé un étui              Le suite au prochain numéro.\nen bois de calembour, etc., etc.\n  Patience et longueur de temps\n                                                     A paru chez Paul Lacomblez, à Bruxelles,\n                                                  et chez Chamuel, à Paris, un Commentaire\n                                                  sacerdotal du Tarot, par M. Iwan Gilkin.\n  M. Célestin Demblon continue, tous les\nmardis, dans le Peuple, son « Histoire de la\nLittérature en Belgique ».\n  Il en est à Lesbroussart.                           Pour paraître prochainement chez Paul\n                                                    Lacomblez :\n                                                      Premières poésies du comte Villiers de\n"}, {"page_pdf": 145, "texte": "                                       130\n\nl'IsIe-Adam, dans la petite collection des\n                                                    SALON DE LA ROSE † CROIX\npoètes, à fr. 3.50. Il sera tiré quelques\nexemplaires sur hollande à 7 francs et sur        Secrétariat  : Du 15 décembre au15fé­\njapon à 20 francs.                             vrier, à Nîmes, 10, rue de la Vierge;\n   Le second volume des Portraits et Sil­ ensuite : à Paris, 2, rue de Commaille.\nhouettes de M. le baron Prosper de Haulle­        Au nom du saint Esprit — son serviteur\nville.                                         le Grand Maître de la Rose † Croix du\n   La Quenouille et la Besace, par Maurice Temple et du Graal — à tous artistes,\nMaeterlinck, dans la petite collection des peintres, statuaires, ciseleurs, graveurs et\nPoètes, à 3 francs. 11 sera tiré quelques ouvriers d'art — Les invitons au second\nexemplaires sur hollande à 6 francs et sur SALON       de la ROSE † CROIX qui aura lieu, du\njapon à 20 francs.                             1er au 30 avril 1893, au Palais du Champ\n   Salutations, dont d'angéliques, par Max de Mars (Dôme central et galerie des Trente\nElskamp, dans la petite collection des poè­ mètres).\ntes, à fr. 3 50. Tirage sur hollande avec des     Selon la théorie esthétique contenue:\nornements en couleur de Henry Van de 1° en la Règle du second salon de la Rose\nVelde.                                         † Croix ; 2° aux Constitutions de l'Ordre\n                                               laïque de la Rose † Croix du Temple et du\n                                               Graal; 3° dans l'Art idéaliste et mystique,\n   L'Académie française, tel est le titre doctrine des Rose † Croix; 4° en Comment\nd'une nouvelle revue, dirigée par M. Saint- on devient artiste, troisième traité de l'Am­\nGeorges de Bouhélier, et dont le premier phithéâtre des sciences mortes.\nnuméro contient de beaux vers de M. Edouard       Nous vous exhortons\nDubus.                                            A aider par l'envoi des œuvres idéalistes\n    Voici la proclamation de l'un des qua­ notre effort de Beauté, vous redisant que\nrante :                                        le fait d'exposer à la Rose † Croix ne vous\n    « En vérité, le style n'est qu'un détail solidarise aucunement avec l'Ordre et que\n typographique; et de même la joliesse plas­ vous serez simplement son invité. Nous\n tique des choses demeure une convention. vous notifions ces dates et ces règles :\n La différencie chaque tempérament. Les           DATES. — Visite aux œuvres : Du 20 fé­\n                                                           er\nHottentots mésestiment évidemment la vrier a u 1 mars L. L. S. S. les artistes\n Vénus grecque. Les Chinois ni les Tar­ recevront la visite du Sar qui invitera les\ntares ne s'accordent sur l'esthétique objec­ œuvres conformes à l'orthodoxie de l'Or­\ntive. Les climats diversifient les caractères dre.\nde cette beauté physique.                         Il est loisible à tout artiste ou ouvrier\n    Alors pourquoi tant prendre soin, de ce d'art de demander une visite pourvu que sa\nqui est si mobile et si changeant? »           lettre parvienne avant le 25 février.\n    C'est convenu, le style n'est qu'un détail    ETRANGER ET PROVINCE. — L. L. S. S. les\ntypographique, la Vénus Hottentote vaut la artistes de l'étranger et de la province\nVénus de Milo, et quant à la langue elle- devront adresser avant le 25 février une\nmême, chacun doit se forger la sienne, selon photographie des œuvres.\n son caprice et sa fantaisie. Le triomphe de      Faute d'avoir demandé la visite ou envoyé\nl'individualisme, quoi ! Piano à queue signi­ la photographie, l'artiste s'expose à un juge­\nfiera dindon, incohérence, harmonie, et tout ment qui peut être un refus, auquel cas il\nle monde aura du génie et du talent, excepté devra faire reprendre son envoi, huit jours\n les écrivains qui en ont.                     après notification du refus.\n    A quand la création d'un syndicat pour la     ENVOI. — Toute œuvre devra être adressée\nreconstruction de la tour de Babel?            FRANCO, au Grand Maître de la Rose†Croix,\n                                               Palais du Champ de Mars (Dôme central),\n                                               PARIS.\n                                                 DATE D'ENVOI, — Les œuvres peuvent être\n"}, {"page_pdf": 146, "texte": "                                              131\n\nenvoyées dès le 10 mars : le dernier délai        naturellement la liste des œuvres passées,\nest fixé au 20 mars inclus.                       présentes et futures du Dieu le Père de\n   Elles doivent être accompagnées d'une          Tourcoing,et l'assurance qu'il ne s'est jamais\ndéclaration de leur titre sans épigraphe, et      tant admiré. Mais le passage vraiment inté­\ndu nom et domicile de l'artiste.                  ressant de la lettre est une énumération,\n   RESPONSABILITÉ. — L'ordre décline toute        par rang d'âge, des jeunes Trônes et des pué­\nresponsabilité pécuniaire en cas de perte ou      riles Dominations à qui incombe le soin de\nd'avarie.                                         chanter évolutivement les louages du Père.\n  CATALOGUE ILLUSTRÉ. —       L.   L.   S.   S.   Le moins vieux des Trônes, Trône cadet, a\ndoivent envoyer en même temps que leur            dix-huit ans. Ce serait fort bien si M. René\nœuvre, un dessin partiel ou quelque étude         Ghil n'en tirait prétexte pour médire des\npréparatoire, exécutée à la plume ou au           revues dont les rédacteurs sont des Mathu­\ncrayon noir sur papier très blanc, sans           salem de trente printemps. Aussi avertis­\nmine de plomb ni lavis. Ces dessins seront        sons-nous le Dieu le Père de Tourcoing,\nrendus à leurs auteurs mais ils doivent être      dont le paradis est à Melle, qu'il est cruelle­\ntrès soignés.                                     ment distancé par la Jeune Belgique. Notre\n   RÉCLAMATIONS.— L'Ordre n'admet aucune          collaborateur Suave Pinolet a en ce moment\nsorte de réclamation ; l'artiste exposant         la plus précoce des rougeoles, et Télesphore\nsouscrit d'avance à la règle.                     Tabibitte est en passe de faire ses dents.\n   Selon la possibilité les œuvres de chaque\nartiste seront groupées ou même isolées en\nun panneau.\n   DATES.— Le 25 mars seulement L.L.S.S.             Une définition de M. René Ghil :\nles artistes exposants seront admis à visiter       « L'immortalité, c'est de vivre dans la\nle Salon et à retirer leur carte permanente.      reconnaissance d'autrui. »\n   Le 26 et le 27. MM. de la presse entreront       Aux grands hommes évolutifs, toutes les\ndès le matin et retireront leur carte.\n                                                  rates reconnaissantes !\n   Le 28 mars aura lieu le vernissage par\ninvitations, de midi à 6 h. du soir.\n   Adresser toute demande d'informations\nau secrétariat.                                      La Flandre libérale a deux critiques, un\n   Nous espérons fermement cette année,           qui signe, et l'autre, qui ne signe pas.\nque les efforts de tous mériteront le suffrage    L'autre vient de découvrir un poète :\ndes Anges.                                        M. Ketels.\n   Edicté à Paris, sous la Rose Crucifère, le        Ce poète a commis un volume de vers\n8 décembre de l'an 1892 de la Rédemption.         intitulé Rhythmes gris et roses. Ce titre\n               Le Grand Maître de l'Ordre,        appartient, croyons-nous, à M. Baudoux\n                     SAR PELADAN                  l'auteur de Bobin. Heureusement, les vers\n                                                  n'appartiennent pas à M. Baudoux.\n   N.-B. — La geste esthétique comporte              Exemples :\nun théâtre où seront célébrées la tragédie\n                                                              AUX RICHES (Fragments).\ndu «Sar Merodack, et le Mystère du Graal»         Là, des amas d'argent, des écrins merveilleux\nles artistes et ouvriers d'art sont priés         Qu'emplissent des bijoux, les fruits de l'opulence.\nd'offrir leur concours bénévole.                  De l'or partout ! De l'or ! O métal précieux !\n   Le Ve fascicule de la Rose † Croix, qui        Or infâme ! Or hideux!... Sonore purulence !\n                                                  Riches, vous en avez tout plein votre gousset\nparaîtra le 1er mars, contiendra le pro­          De cet or monstrueux enfantant tous les crimes.\ngramme détaillé de la geste esthétique.           Vous en avez tout plein vos coffres à secret\n                                                  Et c'est pour cela seul que vous êtes aux cimes\n                                                  De la société. — Certes, vous êtes grands ;\n                                                  Arrêtez-vous ; sinon, vous trouerez les nuées :\n M. René Ghil adresse un manifeste au             Car rien n'est impossible à ceux qui sont puissants.\nMouvement littéraire. Ce document contient        Non, jamais jusqu'à vous les sinistres buées\n"}, {"page_pdf": 147, "texte": "                                                 — 132 —\n\nD e l'aurore écarlate, annonçant le soleil                     Quand on le dit sous u n g r a n d arbre\nDe la liberté, non, ces ardentes effluves                      I l ruisselle dans les échos,\nN e vous ont point atteint... Quand un pauvre, pareil          Et jusqu'aux bonshommes d e marbre\nA quelque maigre chien, sortant d e ces etuves                 Qui vous ont des frissons au dos,\nQu'on appelle mansarde, hélas! vous tend la m a i n ;          Quand il repasse dans vos rêves,\nQue ne crachez-vous donc sur ce b r a s qui supplie,           L a nuit, au profond du sommeil,\nQue n e calottez-vous ce gueusard d e gamin                    C'est un fin clapotis de grèves...\nQui marmotte très bas : Monsieur j e vous en prie,             C'est un clair rayon de soleil !\nJ'ai si faim, j ' a i si froid, et maman va mourir!            E t maintenant j e vais vous dire\nRiches, si j'étais vous, j e pendrais aux potences             Pourquoi j'ai fait ces vers très fous ;\nCe tas de loqueteux, les y laissant pourrir...\n                                                               A h ! mon Dieu, que vous allez rire :\nJ e danserais autour des infernales d a n s e s ;\n                                                               Là... j e suis amoureux d e vous !\nJ e rirais aux éclats des rires dédaigneux\nE t puis, dans une orgie étonnante et lubrique            « Nous ne nous proposons pas, évidem­\nOù vers les seins tout nus s'égareront vos yeux,        ment, dit le critique de la Flandre libérait,\nOù dans des coupes d'or pleines d'un vin antique\nS'abreuveront, qui sait, vos femmes aujourd'hui\n                                                        de reproduire dans nos colonnes toutes les\nEt leurs amants demain ; eh ! bien, dans cette orgie,   poésies que renferme ce petit recueil. »\nRiches, je maudirais toujours, encore, o h ! oui,         Vous gênez pas, M'sieu, vous gênez pas!\nEncor les malheureux\n\n   Et cette perle :\n                      EUGÉNIE\n        Voulez-vous que j e m'ingénie\n        A chanter votre joli nom ?\n        A h ! quand on s'appelle Eugénie\n        On n e peut pas répondre non.\n        Ces trois syllabes sont charmantes,\n        C'est si facile à prononcer ;\n        C'est le parfum des fleurs d e menthes\n        C'est presqu'aussi doux qu'un baiser !\n"}, {"page_pdf": 148, "texte": "                   Paul LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR                 DE   « LA       JEUNE          BELGIQUE               »\n                              31, rue des Paroissiens, 31\n                                       BRUXELLES\n\n\n                       Catalogue des livres de fonds :\nBAUDOUX Fernand)      .   . Rythmes vieux, gris et roses, un volume in-16. . fr. 3 50\nBLoy (Léon)                  Le Pal. la collection complète (4 n os ) très rare . . .   4 »\n                                 Les trois premiers numéros, ensemble . . . .            1 »\n  BRABANT (Victor) . . .    Notes de voyage, un volume in-18 Jésus                      1 »\n CHAINAYE (Hector) . . .    L'Ame des choses                                       . . 3 »\n CUDELL (Ch.)               Printemps sombre, nouvelle, un volume in-18 jèsus . 2 »\n  DA COSTA                  Grammaire en portefeuille, broch format de poche . 0 50\n  DELATTRE (Louis) . . .    Contes de mon village, avec une introduction de\n                                Georges Eekhoud, un volume in-18                        3 »\n DE HAULLEviLLE (Baron P.) En vacances, un volume in-18 Jésus                           3 50\n DELVILLE (Jean) . . . .     Les Horizons hantés, poésies, un vol in-16 Jésus. . 3 »\n DE MESNIL DE VOLKRANGE Un voyage de noces, suivi d'une étude sur « L'art de\n         (Baron).               la ciselure et le Narcisse de Gemito », un volume\n                                in-18 Jésus                                             1 »\n DEMOLDER (Eugène) . .      Contes d'Yperdamme, un volume in-18 Jésus . . .             3 »\n        —                   Impressions d'Art, un volume in-8°                          3 »\n       —                    James Ensor, plaquette de luxe grand in-8° avec le\n                                dessin d'Ensor : Mort mystique d'un théologien . 3 »\n                            (Il a été tiré 6 exempl. sur Japon impérial à 12 francs).\n DESOMBIAUX (Maurice) .    Vers de l'Espoir, un volume in-18 Jésus                      2 »\n DESTRÉE (Jules). . . .    Journal des Destrée, une plaquette in-18 Jésus . . 1 »\n DULAC (Paul)               Vingt-cinq Sonnets, un volume in-16 Jésus. . . .            1 50\n                            (Il a été tiré 1 exemplaire sur Japon des manufactures\n                                Impériales et 9 exempl. sur Hollande Van Gelder).\n DUPONT (Arthur)       . .  L'Envol des Rêves, poésies, un vol. in-16 raisin . . 2 »\n EEKHOUD (Georges). . .     Nouvelles Kermesses, avec frontispice de Léon Dar-\n                               denne, 1 volume in-8° (quelques exemplaires) . . 7 50\n       —                    La Nouvelle Carthage, un volume in-18                       3 50\n       —                    Les Fusillés de Malines, un volume in 18 . . . .           3 50\n       —                    Kees Doorik — Kermesses — Les Milices de saint\n                                François (épuisés).\n ELSKAMP (Max) . . . .     Dominical, poésies, un volume in-16 raisin . . . .           2 »\n FRÈRES (Adolphe) . .      Ames fidèles au mystère, un volume in-16 . . . .            2 50\nGARNIR (Georges) . . .      Les Charneux, mœurs wallonnes, un vol in-18 Jésus 3 50\nGtRAi'D (Albert). . . .     Hors du Siècle, poésies, un volume in-8° . . . . 3 50\n                           Pierrot lunaire, poésies, un volume petit in-12. . . 2 »\n       —                    Pierrot Narcisse, un volume in-16 raisin                   2 »\n                           (Il a été tiré 3 exemplaires sur Japon Impérial et\n                               8 exempl. sur Hollande Van Gelder).\n       —                   Dernières fêtes, poésies, un volume in-16, raisin . . 2 »\n                           (Il a été tiré 15 exempl. sur Japon des manufactures\n                               Impériales et 10 exempl. sur Hollande Van Gelder).\n ITIBERÊ DA CUNHA (J.).    Préludes, poésies ; un vol. in-i6 raisin                    3 »\nJENART (Aug.) . . . .       Le Barbare, poème-drame en prose, un volume in-18. 2 »\nJEUNE BELGIQUE (Le Parnasse de la), pièces diverses de dix-huit poètes belges, un\n                               fort volume in-8°                                       7 50\n KAHN (Gustave) . . . .    Chansons d'amant, poèmes, un volume in-16 raisin . 3 50\n       —                   Les Palais nomades, poèmes, un volume in-18. . . 3 50\nLACOMBLEZ (Paul) . . .     Jeunes filles, une plaquette in-16                          2 »\n       —                   Loth et ses filles, un volume in-16 raisin                  2 »\n                           (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon Impérial et\n                               15 exempl,\" res sur Hollande Van Gelder.\nLAUTRÉAMONT (Comte de)     Les Chants de Maldoror, un volume in-18 . . . .             3 50\nMAETERLINCK (Maurice) .    Les Aveugles, (L'Intruse. Les Aveugles),un vol. in-18. 3 »\n       —                   La Princesse Maleine, un volume in-18                       3 50\n       —                   Serres chaudes, un volume in-18                             3 »\n                           (Il a été tiré de chaque ouvrage 3 exemplaires sur\n                              Japon à 15 francs et 7 sur Hollande à 6 francs).\n       —                   L'Ornement des noces spirituelles, par Ruysbroeck\n                               l'Admirable, précédé d'une Introduction, un vol.\n                               in-18                                                   4 »\n                           (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon des manufac­\n                               tures I periales et 25 exemplaires sur Hollande\n                               Van Ge der).\n"}, {"page_pdf": 149, "texte": "MAETERLINCK (Maurice) .       Les Sept Princesses, un volume in-18                         2 »\n                              (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon Impérial et\n                                  25 exemplaires sur Hollande Van Gelder)\n      —                       Pelléas et Mélisande, un vol. in-18                          3 50\nMALLARMÉ (Stéphane) . .        Villiers de l'Isle-Adam, un volume petit raisin in-16,\n                                  avec un portrait de Villiers, gravé par Desboutin.\n                              (Il a été tiré 10 exempl. sur japon à 15 fr., et 25 sur\n                                  hollande à fr. 7.50 avec le portrait en double état).\nMAUBEL (Henry) . . .           Max Waller, une plaquette in-8° (épuisé).\n      —                       Miette, un volume in-16                               fr.    2 50\n      —                       Etude de jeune fille, un volume in-18                        2 »\n      —                       Une mesure pour rien, comédie, in-8°                         2 »\nPLÉIADE (La), journal littéraire mensuel.\n                              Première année (1889), les douze numéros . . . .             3 »\n                              Chaque numéro séparément                                     0 30\n                              Seconde année, les douze numéros (très rare) . .             5 »\nPOE (Edgar)                    Poésies complètes, traduction de G. Mourey, 1 vol.\n                                  in-18                                                    2 »\nSEVERIN (Fernand) . . .       Le Lys, poésies, avec une eau-forte de Henry De\n                                  Groux, un volume in-16 . .                               2 »\n                              (Il a été tiré 5 exempl. sur Japon et 25 sur Hollande).\n      —                       Le Don d'Enfance, poèmes : un volume in-16 raisin .          2\n                              (La a été tiré 8 exempl. sur Japon et 32 sur Hollande).\nSLUYTS (Charles)      . .      L'appel des voix, poésies, un volume grand in-16. .         2 »\n                              (I1 a été tiré 1 exempl. sur Japon et 25 sur Hollande).\nTORDEUS (Jeanne), professeur au Conservatoire de Bruxelles. — Manuel de pro­\n                                  nonciation, un volume in-18 Jésus        . . .       .   2 50\nVAN LERBERGHE (Charles).       Les Flaireurs, drame, une plaquette grand in-16 . .         1 »\n                              (Il a été tiré 25 exemplaires sur Hollande à 2 francs).\nVERHAEREN (Emile). . .          Les Apparus dans mes chemins, poésies, 1 volume\n                                  in 16 raisin                                             2 »\n                               (Il a été tiré quelques exemplaires sur Japon et sur\n                                   Hollande Van Gelder).\n      —                        Les Moines, poésies, un volume in-18                        3 »\nWALLER (Max)                   La Flûte à Siebel, un vol. in-8°, papier vergé . . .        3 50\n                               (Il a été tiré 75 exempl. sur impérial VanGelder à 10 fr.\n      —                        Daisy, roman, un volume in-18 Jésus                         3 »\n                                 Volumes en commission :\nGILKIN (Iwan) . . . .             La Damnation de l'Artiste, poésies                   15 »\n     —                            Ténèbres, poésies                                    15 »\nLE ROY (Grégoire). . .            Mon cœur pleure d'autrefois, un volume in-8\", avec\n                                    un frontispice de Fernand Khnopff                  10 »\nNYST (Raymond)       .   .   .    Volume ayant pour titre une épigraphe, avec un fron­\n                                    tispice colorié et un dessin de Nestor Outer . . . 5 »\n       —                          La Création du Diable, un volume in-18, sur papier\n                                    de Hollande, avecune eau-forte deWilly Schlobach. 3 50\nSAROLÉA (Ch.) . . .               Henrik Ibsen, avec portrait, un volume in-16 . . . 2 »\nVERHAEREN (Emile). .         .    Les Soirs (épuisé).\n      —                           Les Débâcles, poésies, un vol. in-8° sur Hollande. . 12 »\n      —                           Les Flambeaux noirs, poèmes, in-8° sur Hollande. . 12 »\n\n  L a J e u n e Belgique (13° année), Revue mensuelle de littérature et d'art.\n  Abonnements : Belgique, 7 francs par an; Union postale, 8.50. — Le numéro 75 cen­\ntimes. Chacune des années précédentes : 10 francs.\n  L a Société Nouvelle (9e année), Revue internationale (Sociologie, Arts, Sciences et\nLettres).\n  Abonnements: Belgique et France, 12 francs par an; Union postale, 15 fr. — Le\nnuméro : fr. 1.25.\n\n                                 A LA MÊME LIBRAIRIE :\n Les œuvres de Baudelaire, Barrès, Bloy, Bourget, Corbière, Dostoïewsky, Heine,\nHuysmans, Ibsen, Laforgue, C. Lemonnier, Mallarmé, Péladan, Poe, de Régnier,\nRodenbach, Tolstoï, Verlaine, Vielé-Griffin, Villiers de l'Isle-Adam, etc., etc.\n\n\n A partir de 30 francs, les achats peuvent se régler en 10 paie­\nments mensuels.\n                     Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 32, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1893-02-01", "preuve": "Février 1893, numéro 2, couverture PDF 114 ; aucun jour imprimé."}}