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T O M E XII. — No 3                               i3 m e Année.\n\n\n\n\n  JEUNE\n                  BELGIQUE\n                                    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOM MAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 150, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 172, "fin_caractere_exclue": 1707, "texte": "SOM    MAIRE:\n      José-Maria de Hérédia . . . . * . . . .          ALBERT GIRAUD.\n      Les Masques                                      ALBERT ARNAY.\n      Gisèle                                           ARTHUR DUPONT.\n      Menus propos                               . .   IWAN GILKIN.\n      Une âme au loin                                  JOSÉ HENNEBICQ.\n      Plainte au soleil                                MARCEL FLEURY.\n      Atalante à Calydon (trad. de P . Tiberghien) .   A.-C. SWINBURNE.\n      A la mémoire de Charles De Coster . . .           LA JEUNE BELGIQUE.\n      Chronique artistique :\n        Le Voorwaarts; Le Sillon ; Les XX.       . .   ERNEST VERLANT.\n      Chronique littéraire :\n         I. La Terre promise et Cosmopolis. — II.\n            L'Amant des roses ; le Marquis joué ;\n            Bains de sons; l'Hypnotisme    . . . .      ALBERT GIRAUD.\n      Memento                                           NEMO.\n\n\n         REDACTION                                              BRUXELLES\n!0, SUE D E L A   LIMITE,   BRUXELLES.                   PAUL   LACOMBLEZ,          ÉDITEUR\n                                                                3I, rue des Paroissiens\n                                                                      PARIS\n    PRIX DU NUMÉRO                                     CHAMUEL,     LIBRAIRE-ÉDITEUR.\n                                                             29, rue de Trévise\n         fr. 0-75.\n                                                                        l893\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L I B R A I R I E P A U L", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 151, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 408, "fin_caractere_exclue": 1142, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                              PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n  Fondateur         : MAX W A L L E R MAURICE W A R L O M O N T )\n                            Directeur : IWAN GILKIN.\n                   Rédaction : 110, rue de la Limite, Bruxelles.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                     des Capu­\ncines, 16, à Paris\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom­\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n   A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée-d'Antin.\n    1 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L I B R A I R I E P A U L", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 151, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1142, "fin_caractere_exclue": 2132, "texte": "L I B R A I R I E P A U L ,            L A C O M B L E Z\n                     rue des Paroissiens, à Bruxelles\n\n\n                           V I E N N E N T DE PARAITRE :\n                                     MAX ELSKAMP\n\n             DOMENICAL.\n                  Poésies, 1 volume in-16 raisin. Prix : 2 francs.\n  II a été tiré quelques exemplaires sur hollande à 5 francs.\n\n                               STÉPHANE      MALLARMÉ\n\n   V I L L I E R S D E L'ISLE-ADAM\nUn volume petit in-16, avec portrait de Vdliers, gravé par Desboutin.\n                           Prix : 3 francs.\n  Tirage sur hollande, avec 2 portraits, bistre et sanguine, à fr. 7 50. — Tirage sur\njapon, à grandes marges, avec 2 portraits, 15 francs.\n\n            PORTRAITS ET SILHOUETTES\n                    par le baron P. DE HAULLEVILLE\n\n                   Vient de paraître chez DEMAN, à Bruxelles\n          TÉNÈBRES\n                                  par IWAN GILKIN\n                               PRIX    : 1 5 FRANCS\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 133, "page_fin": 134, "titre_corps": "José-Maria de Hérédia", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "JOSÉ MARIA DE HÉRÉDIA", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 152, "page_imprimee": 133, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 2013, "texte": "JOSÉ-MARIA DE HÉRÉDIA\n                               Le Parnasse où, le soir, las d'un vol    immortel,\n                               Se pose, et d'où s'envole, à l'aurore,   Pégase!\n\n\n\n                                  Ce nom héroïque, couleur d'or et de bronze,\n                                   rayonne enfin sur une œuvre qui lui ressem­\n                                   ble : Les Trophées.\n                                     Trop certain de sa gloire pour en être\n                                  soucieux, M. José-Maria de Hérédia se com­\n                                   plut longtemps à être ignoré de la foule et\n                                   célèbre pour une élite. Ce bel exemple de\n                                  fierté qu'il donna, pendant vingt ans, aux\n                                  bâcleurs de livres pour qui la notoriété via­\n               gère est la digne couronne d'une journalière prostitution de\n               l'esprit, j'ai pu le déplorer autrefois, comme tous ceux qui\n               ne connaissaient M. de Hérédia que par ses poèmes du Par­\n               nasse contemporain. Mais aujourd'hui, je lui en sais gré : car\n               son œuvre éclate, comme une fanfare de soleil, dans le morne\n               et malsain brouillard amassé par une génération poétique qui\n               se condamne elle-même au désordre, à l'anarchie et au néant.\n               Je suis loin de penser, certes, qu'en retardant jusqu'en 1893\n               la publication de ses Trophées, M. de Hérédia ait cédé à\n                l'esprit de calcul — la splendeur de son œuvre défend le poète\n                contre un tel soupçon — et cependant je ne serais pas surpris\n                qu'il eût été encouragé dans son attitude hautaine par une\nmystérieuse intuition. C'est bien aujourd'hui, en effet, au moment où la\npoésie française est en proie aux helminthes de la décomposition, que devait\n                                                                             9\n"}, {"page_pdf": 153, "page_imprimee": 134, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "                                  -   134   -\n\nparaître ce livre; c'est bien aujourd'hui, au milieu du bredouillage, sénile\net puéril à la fois, d'une tourbe d'écrivailleurs hybrides, trop poètes pour\nêtre prosateurs, et trop prosateurs pour être poètes, à l'heure où les grands\nnoms du Parnasse sont blasphémés par de malfaisants grimauds qui n'ont\njamais lu Leconte de Lisle et qui, s'ils le lisaient, seraient incapables de le\ncomprendre, c'est bien aujourd'hui que M. de Hérédia devait rompre son\nvœu de silence. C'est la revanche du Parnasse, et ce ne sera point la der­\nnière. Si elle est trop amère pour les poètes de demain, que l'un d'entre\neux se dévoue ! Qu'il diffère de quatre lustres seulement la publication de\nsa plus chère œuvre, — et nous verrons si elle possède la vertu des sonnets\nde M. de Hérédia !\n    Dans une épître liminaire adressée à Leconte de Lisle, M. de Hérédia\n s'exprime ainsi :\n    « Un à un, vous les avez vus naître, ces poèmes. Ils sont comme des\n chaînons qui nous rattachent au temps déjà lointain où vous enseigniez\n aux jeunes poètes, avec les règles et les subtils secrets de notre art, l'amour\n de la poésie pure et du pur langage français. Je vous suis plus redevable\n que tout autre : vous m'avez jugé digne de l'honneur de votre amitié. J'ai\n pu, au cours d'une longue intimité, comprendre mieux l'excellence de vos\n préceptes et de vos conseils, la beauté de votre exemple. Et mon titre le\n plus sûr à quelque gloire, sera d'avoir été votre élève bien-aimé. »\n    L'hommage est digne de celui qui le rend et de celui qui le reçoit. Aussi\n j'espère que les poètes futurs, lorsqu'ils renoueront, grâce à l'exemple de\n M. de Hérédia, les fortes et belles traditions du Parnasse, se. ressouvien­\n dront de ses paroles, et que l'un d'eux, ne ressemblant pas plus à l'auteur\n des Trophées que l'auteur des Trophées à l'auteur de Kaïn, mais amou­\n reux comme eux de « la poésie pure et du pur langage français », inscrira,\n avec la même affection respectueuse, au fronton d'une œuvre lyrique égale­\n ment resplendissante, le nom glorieux de M. José-Maria de Hérédia.\n    Notre chronique littéraire du mois d'avril devant être consacrée aux\n  Trophées, je me borne à saluer ici l'apparition d'un beau livre, et j'offre\n à M. José-Maria de Hérédia, au nom de la Jeune Belgique, un lointain\n tribut de reconnaissance et d'admiration.\n                                                        ALBERT GIRAUD"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 135, "page_fin": 135, "titre_corps": "Les Masques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Arnay", "ancre_debut": "LES MASQUES", "ancre_fin": "ALBERT ARNAY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 154, "page_imprimee": 135, "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 1344, "texte": "LES MASQUES\nLes masques, les masques\nAux ronrons heurtés des tambours de basque\nTracent de minces sillons...\nDéçus et fanés sous la fine pluie maussade\nMollement ils vont,\nPonctuant le trille à la cantonade\nD'une enfant prodigue aux gestes légers\nQue l'on veut aimer.\n\nLes masques — oh ! blancs, rouges, verts, bleus, jaunes,\nSe traînent perclus parmi le brouillard\nDu soir traquenard ;\nLes voici Eves sans pommes, aphones faunes,\nLes voici folies sans une folie,\nSans être jolies\nSous leurs maladroits airs d'homme.\n\nLes masques et ces cris — ruts impatients d'être,\nDésir de s'instaurer le berger de ce soir\nSans escalader de fenêtre...\nEt leurs rauques sons de cor d'après boire,\nExpirant brisés comme une détresse\nQue la nuit hostile étouffe et délaisse!\n\nLes masques falots au loin évoluent,\nBroyés par la main de fer\nDe l'ennui surgi du plaisir amer ;\nEt leur triste joie, ah! leur joie ne sait\nS'avérer enfin et factice sue\nEt n'est plus l'accorte qui se haussait,\nElançant son rire vif, dans les atellanes.\n\nEt l'on est las soi-même et l'on a des lianes\nDe torpeur en soi-même et des désirs de mort\nAnnulant tout nouvel effort...\nEt l'on a peur de la rancœur\nComme une fleur de boue éclose au fond du cœur\nEn ce soir de boue et de torts!\n                                          ALBERT ARNAY"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 136, "page_fin": 137, "titre_corps": "Gisèle", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur Dupont", "ancre_debut": "GISÈLE", "ancre_fin": "ARTHUR DUPONT", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "MENUS PROPOS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 155, "page_imprimee": 136, "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 1388, "texte": "GISÈLE\nGisèle est cette fée aux sourires peureux\nQui marche dans la nuit, pensive et diaphane,\nSi frêle qu'un baiser de la brise profane\nLa blanche majesté de ses bras vaporeux.\n\nSes linons près de terre ont des glissements d'anges\nQue nulle âme jamais ne suivit pas à pas,\nEt dans ses yeux penchés sur la route, très bas,\nSommeillent doucement des visions étranges.\n\n— « A quoi rêver ainsi, seule par les chemins,\nDans les soirs où surgissent de vaines étoiles?\nPourquoi les pleurs à tes yeux tissent-ils des voiles,\nEt se courbe ta tête et se joignent tes mains ?\n\n« Gisèle, réponds-moi, pauvre fleur douloureuse,\nQuel souffle a dispersé tes rêves d'autrefois ?\nQuelle main trop injuste et trop rude à la fois\nA porté l'amertume à ta lèvre rieuse ? »\n\n— « Pourquoi me demander le secret de mon cœur?\nLaissez mon cœur souffrir ses peines primitives ;\nMalgré vous se cloront les pâles sensitives,\nMalgré vous survivra mon antique douleur.\n\n« Mais il me sera doux de savoir, ô poète,\nQu'il est encor sur terre un règne de pitié ! »\n— « Oh! dis-moi ton chagrin, j'en prendrai la moitié !\nLe soir, dans mes deux mains, tu poseras ta tête\n\n« Et nous nous aimerons de ce puissant amour\nQui pousse les souffrants, les faibles l'un vers l'autre ;\nDésormais un bonheur pieux sera le nôtre,\nUn bonheur ignorant de la nuit et du jour.\n"}, {"page_pdf": 156, "page_imprimee": 137, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 756, "texte": "                                  -   137     -\n\n   « Enfant, nous marcherons dans le soleil des plaines,\n   Royaume populeux des fruits et des oiseaux,\n   Nous boirons notre image à l'onde des ruisseaux\n   Où les liserons blancs naîtront sous nos haleines ;\n\n   « A tes cheveux légers je planterai ces fleurs\n   Et tu m'apparaîtras alors, à la vesprée,\n   Ainsi qu'un firmament de grâce diaprée\n   Où règneraient en paix des astres de pâleurs ! »\n\n   Mais Gisèle a passé devant moi sans répondre :\n   J'ai vu ses grands yeux bleus s'éteindre dans la nuit\n   Et son corps, plus rapide qu'un oiseau qui fuit,\n   Effleurer d'un adieu mon rêve qui s'effondre !\n\n                                                      ARTHUR      DUPONT\n\n\n\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 137, "page_fin": 141, "titre_corps": "Menus propos", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "MENUS PROPOS", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "UNE AME AU LOIN", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 156, "page_imprimee": 137, "debut_caractere": 756, "fin_caractere_exclue": 1557, "texte": "MENUS PROPOS\n            I1 n'y a pas de forme sans fond, pas plus qu'il n'y a de couleur\n             sans substance colorée.\n\n                Quand nous disons : « Soignez la forme ! » les sourds com­\nprennent mal et prétendent que nous avons dit : « Négligez le fond ! » —\nQue leur sottise retombe sur leur tête.\n\n  Corneille a écrit :\n           Que vouliez-vous qu'il fît contre trois ? — Qu'il mourût!\n  Substituez à ce vers le bout de dialogue suivant :\n                                      JULIE\n           Que vouliez-vous qu'il fit contre trois?\n\n                             L E VIEIL H O R A C E\n                                                     Nom d'un chien !\n           Qu'il se laissât périr s'il n'était propre à rien !\n  La pensée est la même ; la forme seule diffère : jugez !\n"}, {"page_pdf": 157, "page_imprimee": 138, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1696, "texte": "                                — 138 —\n\n\n  Une pensée médiocre, joliment exprimée, restera certes une pensée\nmédiocre : du moins sera-t-elle dorée d'un léger reflet de beauté. Une\ngrande pensée stupidement exprimée, cela ne peut pas même se concevoir,\ncar la pensée ne peut se manifester que dans la mesure de sa forme. Pré­\ntendre qu'une pensée peut être belle sous une forme médiocre ou mal\nvenue, c'est admettre que la Vénus de Milo peut être bossue ou boiteuse.\nVous figurez-vous une belle pensée informe?\n\n\n  L'art est la matrice des formes. Les pensées, petites ou grandes, ne sont\nque la matière qu'on y verse.\n\n  L'équilibre, la proportion, voilà la loi éternelle. Donner une forme\ngrande à une pensée petite, une forme petite à une pensée qui veut être\ngrande, c'est rater l'œuvre d'art que l'on souhaite faire.\n\n   L'obscurité, le crépuscule, l'énigme, le mystère peuvent être l'objet de\nl'œuvre d'art au même titre que les révélations nettes de la lumière. Ici\nencore, approprie la forme à la substance. Et toi, bon critique, ne va pas\nreprocher au mystère de n'être pas clair : tu finirais par faire rire les\nsphynx.\n\n   Les larmes ne deviennent immortelles que lorsqu'un parfait magicien les\ncristallise en irréprochables diamants.\n\n  Le sourire de la Joconde brille à travers les âges parce qu'une main\nsavante l'a retracé sur la toile. Si la main eût tremblé, elle eût gâté son\nouvrage.\n\n  Le cœur doit échauffer le cerveau, non le brûler.\n\n   Veux-tu faire un chef-d'œuvre en peignant ta maîtresse? Il faut que\nd'avance tu aimes mieux le portrait que l'original.\n\n\n  Si tu ne préfères pas sincèrement l'art à l'amour, tu seras peut-être Don\nJuan, tu ne seras jamais Michel-Ange.\n"}, {"page_pdf": 158, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1828, "texte": "                                 -   139   -\n\n   Sais-tu incarner dans ton œuvre la beauté? Il suffit : tu as, par là-même,\nfait acte de science et de vertu.\n\n   Les mêmes gens qui définissent doctement le Beau et l'appellent « la\nSplendeur du Vrai » ou « la Splendeur du Bien », ne cessent de crier au\njeune artiste : « Méfie-toi de la splendeur, imprudent! Ne t'occupe du Bien\net du Vrai que dans leur état le plus ordinaire ; s'ils s'avisent de devenir\nsplendides, nous ne les reconnaissons plus. »\n  — Dors en paix, bon jeune homme ; leur définition ne vaut rien et leur\nconseil pas davantage.\n\n  A chacun son métier. Ne demande pas à ton curé une opinion d'artiste;\nce n'est pas à Alfred de Musset que tu demanderais l'extrême-onction.\n\n\n  L'art aussi a ses souverains pontifes : ils s'appellent Homère, Dante,\nLéonard, Shakespeare, Wagner         Et dans leur église, le seul droit d'un\nLéon X est de se taire et d'admirer.\n\n\n  M. Tartempion peut être cité, selon la nature de l'affaire, devant le juge\ncivil, le juge criminel ou le juge de commerce. L'œuvre d'art peut être citée\nau tribunal du Beau, au tribunal du Vrai ou au tribunal du Bien: le pre­\nmier seul rendra un jugement artistique.\n\n\n  Pour une belle âme, rien de meilleur que la beauté.\n\n   Mieux vaut rendre belles de petites idées en les revêtant d'une forme\nartistique que d'estropier de grandes pensées en les déformant par de\npiètres expressions.\n\n  Si tu as une âme d'artiste, la jambe d'une belle statue grecque éveillera\nen toi d'aussi profonds sentiments et d'aussi hautes pensées que la lecture\nde Platon ou de Sophocle.\n\n Si tu fais un seul mauvais vers pour plaire au pape, à l'empereur ou à\nRavachol, tu n'es qu'un misérable.\n\n\n Ai-je conseillé au jeune artiste l'art immoral? Tartufe l'affirme. Tartufe\nment, même lorsqu'il croit ce qu'il dit.\n"}, {"page_pdf": 159, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1772, "texte": "                                    — 140 —\n\n\n\n   Ne l'oublie point : Comme tout homme, l'artiste est tenu par sa cons­\ncience; s'il croit pécher, il pèche.\n   Mais qui es-tu, toi qui prétends sonder les cœurs et les reins des prêtres de\nla Beauté?\n\n   Sache-le donc : La morale est un élément de l'esthétique : l'a vaillance, la\ngénérosité, la bonté excitent l'admiration; la lâcheté, la trahison, la vio­\nlence répugnent. Vois donc ce que tu veux faire.\n   Toi qui prétends nous montrer l'image du monde, mélange savamment\nle bien et le mal.\n                                      **\n   L'art commence où l'action cesse. Ce n'est point dans les combats que\nnos sauvages aïeux ornaient leurs armes. Et réciproquement l'art cesse où\ncommence l'action.\n   Rappelle-toi cela quand les idéalistes de l'action te parleront d'art social.\n\n\n  Il n'est point de grand homme pour son valet de chambre, dit le pro­\nverbe. Si tu approches un grand homme, sois son disciple, non son valet.\nSouviens-toi de cet autre proverbe :\n                Et lorsque sur quelqu'un on prétend se régler,\n                C'est par les beaux côtés qu'il lui faut ressembler.\n\n\n\n   Les fils de Gribouille s'enferment dans les ténèbres pour ne point voir les\ntaches du soleil.\n\n Sache comprendre la nature et n'en reproduis les phénomènes qu'en y\nmontrant leur loi.\n\n  Le grand art réalise à sa manière le grand œuvre : c'est l'alchimie des\nbelles formes; il en extrait la quintessence.\n\n\n   La Nature et l'Art sont pareils au grand sphynx de granit, qui est immo­\nbile et muet. Mais s'il ne dit rien au commun des hommes, le sphynx parle\naux initiés et se révèle à eux dans la mesure de leur intelligence.\n\n\n   La loi fondamentale de l'art c'est l'harmonie, et l'harmonie, c'est l'équi­\nlibre vivant.\n"}, {"page_pdf": 160, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 517, "texte": "                                141\n\n\n\n Pour construire ton œuvre, opère comme un bon architecte et sache\nmanier en maître le compas, l'équerre et le niveau.\n\n\n  Peux-tu imaginer ce fruit de chair humaine, — un cœur, — qui aurait\npour noyau solide la raison. C'est à cela que doit ressembler l'œuvre d'art.\n\n\n   Entre l'homme de génie et la femme il y a une inimitié éternelle, car il\nn'a pas besoin d'elle pour créer sa prostérité.\n                                                     IWAN GILKIN\n\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 141, "page_fin": 141, "titre_corps": "Une âme au loin", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "José Hennebicq", "ancre_debut": "UNE AME AU LOIN", "ancre_fin": "JOSÉ HENNEBICQ", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 160, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 517, "fin_caractere_exclue": 1430, "texte": "UNE AME AU LOIN\n    Je devine en vos yeux des douceurs de pardon\n    Et votre âme lointaine est comme une aube claire!\n    N'est-ce pas votre voix qui tinte d'abandon,\n    Cette cloche dolente et si lente et si chère?\n\n    Ou n'est-ce pas un glas, vous mourez-vous au loin,\n    Très seule dans la nuit comme une âme en détresse?\n    Ou n'est-ce pas mon cœur se plaignant sans témoin\n    Cette cloche dolente et lente en sa tristesse?\n\n   Vos mains ont eu pour moi des gestes de bonté\n   — Ah! cette nuit pourquoi mon âme est-elle en peine?\n   Et vos lèvres m'ont dit des verbes de clarté.\n   Ou serait-ce un appel, cette cloche incertaine?\n\n   Et me réclamez-vous, je ne sais où, là-bas?\n   Est-ce au ciel ou sur terre, êtes-vous morte ou vive?\n   Ce soir morne, pourquoi mon cœur est-il si las,\n   Cette cloche pourquoi bat-elle à la dérive?\n\n                                                   J O S É HENNEBICQ."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 142, "page_fin": 142, "titre_corps": "Plainte au soleil", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Marcel Fleury", "ancre_debut": "PLAINTE AU SOLEIL", "ancre_fin": "MARCEL FLEURY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 161, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 1624, "texte": "PLAINTE AU SOLEIL\nOh! pourquoi revenir, soleil des temps meilleurs,\nBaigner mes derniers jours de sereines splendeurs,\nEt rallumer au ciel tes pourpres rutilantes\nLorsque je veux méteindre en les ombres silentes?\nNe pouvais-tu laisser à l'enfant qui meurt seul\nL'hiver qui lui tissait un candide linceul?\nTa gloire d'or sourit trop tôt sur ma fenêtre :\nA tes chaudes ardeurs mon corps se sent renaître,\nEt lui qui lentement s'endormait dans la mort\nVoici que tes baisers le réveillent encor !\n\nJe suis comme un enfant sorti de trop beaux songes,\nA qui le rêve a murmuré ses doux mensonges;\nComme un enfant au cœur fleuri d'illusions,\nQue bercent chaque soir de tendres visions;\nComme un très simple enfant qui croit à sa chimère\nEt pour qui l'heure du réveil est bien amère !...\nCar déjà s'en venait vers mon délaissement\nCelle que m'annonçait un long pressentiment,\nCelle dont mes désirs appellent l'hyménée :\nLa mort, à qui je sais ma langueur destinée!\nDéjà l'ombre et l'oubli, comme un épais bandeau,\nS'étendaient sur mes yeux; et, las de leur fardeau,\nMes bras meurtris volaient vers ma libératrice,\nDont je buvais la froide haleine avec délice...\nA des accords de songe, à des accords si doux\nQu'ils eussent fait tomber les anges à genoux,\nMon âme, en la candeur des chastetés premières,\nS endormait loin du faste éclatant des lumières,\nDans l'extase sans nom du suprême sommeil...\n\nOh! pourquoi m'arracher à mon rêve, ô soleil,\nEn m'ôtant ces trésors si chers à mon envie?\nHélas! je veux mourir — et tu me rends la vie!\n                                        MARCEL FLEURY"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 143, "page_fin": 150, "titre_corps": "Atalante à Calydon", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A. C. Swinburne", "ancre_debut": "ATALANTE A CALYDON", "ancre_fin": "P TIBERGHIEN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "A la mémoire de Charles De Coster", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 162, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 62, "fin_caractere_exclue": 3219, "texte": "ATALANTE A CALYDON\n                                      ARGUMENT\n\n   Althée, reine de Calydon, fille de Thestius et d'Eurythémis, étant grosse de Méléagre,\nson premier-né, rêva qu'elle accouchait d'un tison ardent; et à la naissance de son fils,\nvinrent les trois Parques qui lui prophétisèrent les trois choses suivantes : Il aurait en ses\nmains une grande vigueur, sa vie serait heureuse et il cesserait de vivre quand le tison,\nqui en ce moment était dans le foyer, serait consumé; c'est pourquoi Althée saisit le tison\net le conserva près d'elle. Et l'enfant devenu homme s'embarqua avec Jason pour chercher\nla toison d'or et acquit une grande gloire parmi tous les vivants; quand les tribus du\nNord et de l'Occident portèrent la guerre en Etolie, il combattit leur armée et la dispersa.\nMais Artémis, ayant d'abord poussé ces tribus à la guerre contre Œneus, roi de Calydon,\nparce qu'il avait sacrifié à tous les dieux, l'exceptant seule et oubliant de l'honorer, Arte-\nmis fut encore plus irritée à cause de la destruction de cette armée, et envoya au pays de\nCalydon un sanglier qui tuait beaucoup d'hommes et dévastait tous les champs; mais\npersonne ne pouvait le tuer, et beaucoup marchèrent contre lui et périrent. Alors tous les\nchefs de la Grèce furent assemblés et parmi eux une vierge, Atalante, fille de Jasius l'Ar­\n cadien; pour l'amour d'elle, Artemis permit que le sanglier fût tué, car elle favorisait\ngrandement la vierge; et Méléagre, l'ayant achevé, en donna la dépouille à Atalante,\nmontrant ainsi l'excès de son amour ; mais les frères d'Althée, sa mère, Toxeus et Plexip­\npus, et tels autres, mécontents que la vierge seule emportât la gloire où beaucoup avaient\nsupporté la peine, dressèrent une embûche pour lui enlever la dépouille; mais Méléagre\nles combattit et les tua ; quand Althée, leur sœur, les vit et qu'elle sut qu'ils avaient été\ntués par son fils, elle fut affolée de colère et de chagrin ; et prenant le tison, par lequel\nétait mesurée la vie de son fils, le jeta sur le feu ; et à mesure qu'il se consumait, la vie\nde Méléagre se consumait aussi; si bien qu'ayant été ramené à la demeure de son père,\nil mourut en peu de temps ; et après lui sa mère ne put résister longtemps à la douleur;\nainsi finit-il et ainsi finit cette chasse.\n\n                                    PERSONNAGES :\n      LE CHEF DES CHASSEURS                          TOXEUS\n      LE CHŒUR                                       PLEXIPPUS\n      ALTHÉE                                         LE HÉRAUT\n      MÉLÉAGRE                                       LE MESSAGER\n      ŒNEUS                                          SECOND MESSAGER\n      ATALANTE\n\n                          ATALANTE A CALYDON\n   LE CHEF DES CHASSEURS. — Vierge, maîtresse des mois et des astres\nrefermés maintenant dans les champs du ciel défleuris ; divinité que tous\nles dieux aiment triplement, triple en ta déité complexe : lumière pour les\nmorts et pour les heures obscures ; pied agile du matin sur les collines ; et\npour tous les êtres farouches et rapides qui rugissent et rôdent, bras mor­\ntel, aux traits plus doux que la neige ou que le sommeil; écoute, mainte-\n"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2970, "texte": "                                     — 144 —\n\nnant, et protège-nous, et ne lève pas une main violente, mais sois propice\net bonne comme le rayon de ton œil qui se cache puis se montre dans le\nciel; car toute la nuit, au milieu des chiens du roi et des chasseurs, j'ai tra­\nvaillé et je t'ai adorée ; et l'homme ne verra pas de plus beaux limiers ni\nd'épieux à la pointe plus mortelle; mais la fin est encore hors d'atteinte,\nentre les mains et sur les genoux des dieux. O soleil à la belle face, tuant\nles astres et les rosées, et les songes et la désolation de la nuit, lève-toi, brille,\nétends la main, à l'aide de ton arc atteins la hauteur la plus sombre du ciel\ntremblant; brûle et brise l'ombre autour de ta route, et perce-la de traits\nnombreux; agite ta chevelure comme la flamme au-dessus de l'écorce sans\néclat qui fut la lune; que tes yeux remplissent le monde, que tes lèvres\ns'embrasent de rayons rapides ; que la terre rie, et que la longue mer, ardente\nsous tes pieds, rie par tout le rugissement et le bouillonnement desflotset\npar l'écume, en étincelles rougissantes et en fleurs fuyantes secouées aux mains\net soufflées aux lèvres des nymphes fendant la vague errante, de leur sein\nou de leur chevelure aux tresses épaisses chargées de sel, toute d'or ou de\nneige frissonnante immaculée ; et autour de toi tous les vents ailés et\ntoutes les sources du monde des eaux; chaque corne d'Acheloüs, et le vert\nEvénus, époux de la mer resserrée. Car tu viens au bon moment.\n   Viens aussi, toi sa sœur jumelle, vierge Artémis, et donne à nos épieux\nleur proie, la peau du sanglier envoyé contre nous par ta colère pour\nnotre faute, à cause des autels privés de sang, de vin et de feu ; mais main­\ntenant, consume-le ; car ton sacrifice brille ardent, et la fumée monte dans\nl'aurore; et une vierge, rose virginale entre toutes tes filles, l'Arcadienne\nAtalante, à l'âme neigeuse, belle comme la neige, rapide comme le vent, du\nLadon et du Ménalus bien boisé, par les collines solides et la mer écumante\na été amenée par toi, ainsi que des rois armés, des héros, la couronne des\nhommes, semblables à des dieux dans la bataille. De plus, de tout le pays\nétolien, — depuis le pâturage Lelantien plein de fleurs, jusqu'au champ\nfertile que le fils de Zeus gagna sur le fleuve rugissant et sur la mer labo­\nrieuse, quand le dieu furieux recula dans ses détours et s'enfuit, quand il\nécumait et s'amoindrissait, et quand ses flots irrités découvraient des terres\nbrillantes fumant sous le soudain soleil, — ces vierges, au lever du jour,\nt'apportent les fraîches guirlandes, et leurs chevelures plus douces, boucles\nluxuriantes pareilles à des fleurs mêlées aux fleurs, des offrandes pures et\ndes hymnes chastes ; mais le temps me sépare de ces choses. Ne m'en\ndonne pas moins protection et honneur ; donne à mes chiens la vitesse,\n aux épieux une pointe aiguë, et la chance à la main de chacun.\n   LE CHŒUR. — Quand les limiers du printemps sont sur les traces de\n"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2774, "texte": "                                   -   145   -\n\n l'hiver, la mère des mois, dans les prés et dans la plaine, remplit les\n retraites ombreuses et fraîches du chuchotement des feuilles et du clapotis\n de la pluie; et le rossignol amoureux, au plumage brun lustré, oublie\n presque Itylus, les vaisseaux de Thrace et les faces étrangères, la veillée\n muette, et toute sa douleur.\n    Viens l'arc bandé et vidant ton carquois, vierge parfaite, reine de\nlumière, au bruit des vents et des rivières nombreuses, dans la clameur des\neaux, dans ta puissance ; attache tes sandales, ô toi la plus rapide, sur la\nsplendeur et la vitesse de tes pieds ; car le doux orient s'éveille, l'orient pâle\nfrissonne, autour des pieds du jour et des pieds de la nuit.\n    Où la trouverons-nous ? Comment chanter vers elle, entourer ses genoux\nde nos bras et l'étreindre? Oh ! si le cœur de l'homme, comme le feu, pou­\nvait jaillir vers elle, comme le feu, ou comme la force des eaux jaillissantes !\nCar les astres et les vents sont autour d'elle comme un vêtement, comme\nles chants du joueur de harpe; car les astres qui se sont levés et ceux qui\nsont tombés s'attachent à elle, et le vent du sud-ouest et le vent d'ouest\nchantent.\n    Car les pluies d'hiver et les ruines sont passées, avec la saison des neiges\net du mal ; les jours séparant l'amant de l'amante, la lumière qui recule, la\nnuit qui gagne le souvenir du passé est douleur oubliée, et les froids\nsont tués, et les fleurs engendrées, et sous bois, dans les abris verts, fleur à\nfleur le printemps commence.\n    Les fleuves gonflés passent sur la fleur des roseaux ; l'herbe épaisse arrête\nle pied du voyageur ; la douce flamme fraîche de la jeune année monte de la\nfeuille à la fleur, et de la fleur au fruit: et le fruit et la feuille sont comme\nl'or et le feu, et le chalumeau triomphe de la lyre, et le pied de corne d'un\nsatyre écrase l'enveloppe des châtaignes sur la racine du châtaignier.\n    Et Pan le jour, et Bacchus la nuit, aux pieds plus rapides que le chevreau\naux pieds rapides, suit en dansant et remplit de joie la Ménade et la Bassa­\nride; et douces comme des lèvres qui rient et se cachent, les feuilles riantes\ndes arbres séparent et dérobent à la vue, puis laissent voir le dieu poursui­\nvant, la vierge cachée.\n    Le lierre retombe avec la chevelure de la bacchante sur les sourcils et\ncache les yeux; la vigne sauvage en glissant laisse nue la poitrine éclatante que\nle soupir abaisse; la vigne sauvage glisse sous le poids de ses feuilles, mais\nle lierre couvert de baies saisit et étreint les membres qui brillent, les pieds\nqui effrayent le loup poursuivant, le faon fuyant.\n    ALTHÉE. — Pourquoi chantez-vous? Que chantez-vous?\n    LE CHŒUR.— Nous apportons des fleurs, et les lèvres pures qui plaisent\n"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2374, "texte": "                                  — 146 —\n\naux dieux, et les vêtements qui conviennent au culte ; de peur que le jour\nn'aigrisse tout son miel sur nos lèvres.\n    ALTHÉE. — Plus rapide que les rêves suivant les pieds fuyants du\nsommeil, la nuit, chienne noire, poursuit le jour, faon blanc ; espérez-vous\nramener la nuit par des prières ? Et quoique le printemps refoule en peu de\ntemps l'hiver, et les neiges qui poussent au mal tous les hommes, et la\nsaison de fer de la malédiction, je sais que le printemps sera rongé par la\npluie et que la tempête comme un feu dévorera le frêne des jours d'automne.\nJe m'émerveille que les hommes s'éveillent avec des prières, les hommes qui\nrêvent et qui meurent de leurs rêves ; un dieu, oui, le moindre de tous ces\nêtres appelés divins, est plus puissant que le sommeil et les veilles, et cepen­\ndant nous disons : « Peut-être par la prière un homme vaincra son dieu. »\n Mais si le sommeil est sans merci, et que les rêves de l'homme mordent\njusqu'au sang et brûlent jusqu'aux moelles, que fera cet homme étant\n éveillé? Par les dieux! il ne priera pas pour avoir de doux rêves, ayant une\n fois rêvé des choses plus amères que la mort.\n    LE CHŒUR.— Reine, qu'est-ce donc qui t'a brûlé le cœur? Car tes paroles\n vacillent comme la flamme sous le vent.\n    ALTHÉE. — Voici que vous parlez bien, ne sachant pas ce que vous\n dites; car tout mon sommeil est changé en feu, et tous mes rêves\n l'allument.\n     LE CHŒUR. — Pourtant il est bien d'être patient envers les dieux.\n     ALTHÉE. — Oui, de crainte qu'ils ne nous frappent de quelque fléau à\n quatre pieds.\n     L E CHŒUR. — Mais quand le temps est venu, ils nous découvrent le\n remède.\n     ALTHÉE. — Et leurs herbes de guérison empoisonnent notre sang.\n     L E CHŒUR. — Qu'est-ce qui t'a blessée, que tu sois jalouse de leurs\n voies.\n     ALTHÉE. — Et s'ils nous donnent des poisons comme vin?\n     LE CHŒUR. — Ils ont leur volonté; beaucoup de paroles ne la changent\n  point.\n     ALTHÉE. — Et s'ils nous donnent du fiel au lieu de lait, et pour prière\n  la malédiction?\n     LE CHŒUR. — Ne donnent-ils pas la vie et la fin de la vie?\n     ALTHÉE. — La guérison qu'ils donnent ne soulage pas. Voici, par déri­\n  sion, ils nous accordent un peu de pitié ; nous prions et nous pleurons, et\n  ils nous épargnent un instant; mais ensuite ils frappent et n'épargnent\n  personne.\n"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 147, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2666, "texte": "                                  — 147 —\n\n    LE CHŒUR. — Il obtient peu de louanges, celui qui parle mal des hauts\ndieux. Qu'ont-ils fait pour que tu les blasphèmes?\n   ALTHÉE. — D'abord, je ne louerai pas Artémis d'avoir dévasté ce pays,\nni pour les ravages du sanglier dont les dents, les crocs et les sabots\nfurieux bouleversent les verts pâturages, la grâce des blés sur pied, les\nprairies et les marais avec leurs sources et leurs feuilles non écloses, et les\ntroupeaux et les bêtes rapides, et tout ce qui broute l'herbe douce; pour\ntout cela je ne la loue pas ; ces choses se doivent-elles célébrer ?\n   LE CHŒUR. — Mais quand le roi sacrifia et donna à chacun des dieux\nson beau tribut de grain, de sang et de vin, elle ne fut pas honorée par le\nsang répandu ni par l'offrande brûlée, ni par le sel et le gâteau fendu ; c'est\npourquoi, irritée, elle affligea la contrée ; mais maintenant, elle nous délivre\ndu sort et de ses lourdes charges. Laquelle de ces deux choses ne serait pas\nbonne à honorer ? Une action juste considère toutes choses d'un œil sans\nreproche; et pitié n'est pas faute.\n   ALTHÉE. — Mais elle a envoyé une malédiction par-dessus toutes celles-\nlà, pour nous blesser en nous guérissant; elle a rallumé le feu où s'éteignait\nl'ancien feu ; et où le vent faiblissait, elle a soufflé sur nous un air plus\nmortel.\n    LE CHŒUR. — Quelle est la tempête qui tend ainsi notre voile?\n    ALTHÉE. — L'amour, funeste vent marin chargé de pluie et d'écume.\n    LE CHŒUR. — D'où vient-il? Sous quelle étoile orageuse est-il né?\n    ALTHÉE. — Il vient du sud, de la mer, à travers l'Evénus.\n    LE CHŒUR.— Comme un vent qui souffle, tes paroles vont vers l'Arcadie.\n    ALTHÉE. — Apres comme le nord soufflant quand les neiges sont\npassées.\n    LE CHŒUR.— Non; car cette vierge n'a pas été touchée par l'amour.\n    ALTHÉE. — Je voudrais qu'elle eût cherché l'amour dans un golfe de la\n mer froide ; ou dans les antres où des bêtes étranges sont aux aguets ; ou\n dans le feu, ou dans les neiges des hauteurs extrêmes, ou dans le pays de\n fer où il n'est pas de printemps ; là, je voudrais qu'elle eût cherché et trouvé\nl'amour, ou que jamais l'amour ne l'eût trouvée ici.\n    LE CHŒUR. — Elle est plus sainte que tous les jours et toutes les\n choses saintes, que l'eau répandue, ou que la fumée d'un feu parfait; chaste,\n vouée aux pures prières et remplie de pensées plus hautes que le ciel;\n vierge irréprochable, fer pur, façonné en glaive. Elle n'aime pas l'homme.\n Que serait l'amour pour une telle femme?\n    ALTHÉE. — Entendez-moi; je ne parle pas comme une lumière de\n sagesse, mais comme parle une reine au cœur troublé; souvent j'entends\n"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 148, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "                                  —   148   —\n\n\nmes frères se querellant dans le palais, et je n'en suis pas émue; et mon fils\nles gronde, et ces choses ne m'émeuvent nullement, car je sais que toujours\nil y aura des fous et des sages, et je me nourris de patience ; mais ceci vive­\nment m'émeut : pour les sages et pour les fous, l'amour est une même\nchose, une chose mauvaise, et change les paroles choisies et la sagesse en\nfeu et en air. Et à la fin, la joie ne viendra point, mais la douleur, les\nparoles âpres et le déchirement de l'âme, et des larmes fraîches naissant\ncomme des fleurs sur l'ancienne racine des larmes, naissant commme\ndes fruits sur l'ancienne fleur des larmes; des soupirs lamentables, et\nbeaucoup de chagrins renaissants. Ces choses sont parmi mes présages,\net moi-même j'en fais partie, et je ne sais comment ; mais dans les songes les\ndieux pèsent sur moi, et les destinées versent à travers mes paupières des\nflammes mêlées d'ombre, versent du feu à travers mes paupières mêlées par\nla nuit, et me brûlent jusqu'à m'aveugler, et éteignent en moi la vue, et obs­\ncurcissent mon âme clairvoyante par une vision ; voyant, je ne vois pas; j'en­\ntends, et entendre ne m'assiste pas ; tandis que mes yeux souillent les bro­\nderies délicates du lit, tirées autour de ma face afin que je puisse pleurer\nsans éveiller le roi ; et mes sourcils et mes lèvres tremblent et sanglotent\n dans le sommeil comme les flammes agiles qui palpitent, ou comme l'eau\nque la chaleur fait sangloter ; et les larmes gonflent ma poitrine, et souillent\nles beaux oreillers éclatants autour du roi, d'ondées stériles plus salées que\n la mer, tels sont les rêves qui me tourmentent! Car il y a longtemps, je\n rêvai que de mes entrailles sortaient un feu et un tison ; c'était avant que\n mon fils Méléagre, fleur splendide des champs de combat, ne vît la lumière\n quand il vint au monde en vagissant; mais il n'existait pas encore; et quand\n vint le temps, je vis mon fils, et mon cœur était grand; car jamais encore\n un enfant n'était né, aussi royalement vigoureux, jamais reine ne porta si\n noblement une créature aussi noble que l'était mon fils. Dieu m'envoya un\n tel enfant, et la grâce de le porter ainsi. Alors entrèrent trois femmes filant;\n chacune d'elles filait un fil, en disant : « Celui-ci pour la vigueur. Celui-\n ci pour le bonheur. » Et l'autre disait : « Jusqu'à ce que le tison du foyer\n soit consumé, cet homme verra de beaux jours et vivra. »\n   Et moi, saisissant une robe, je sautai du lit, et je retirai du foyer le\ntison, et je l'arrosai d'eau; et de mes pieds nus je piétinais la flamme, et\nj'écrasais dans mes mains nues l'étincelle sortant de l'étincelle frappée, et de\nmon souffle je les éteignis; car je pensais : « Celles-ci sont les plus hautes\ndestinées qui habitent avec nous, et leur vue nous accorde un peu\nde faveur, rien qu'un peu, et le reste nous manque, et le temps nous abat;\npourtant elles ont eu pitié de moi, ô fils, et de toi, plus pitoyable, de toi,\n"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 149, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3126, "texte": "                                  — 149 —\n\ncréature plus tendre qu'aucune fleur née d'une vivante plante de chair. « En\nmême temps, j'embrassais mon fils, et je le cachais de mes mains, et je le\ncouvrais de mes bras et de ma chevelure, et je pleurais, et je craignais de le\ntoucher de mes larmes, et je riais ; si frêle créature était cet homme, main­\ntenant si grand que les hommes rejettent la tête en arrière, quand ils voient\ndevant le soleil flamboyer l'homme armé sculpté sur son bouclier; quand\nils entendent le rire des clochettes le long de ses brassards résonner, comme\ndes oiseaux qui chantent ou comme le son des flûtes; et qu'ils aperçoivent,\ntrès haut, l'ombre pennée de chaque plume divisant la brillante lumière de\nl'airain, et rendant son casque pareil à une tempétueuse lune d'hiver, qui\nparaît à travers les nuées chassées comme un duvet, quand les vaisseaux\ndérivent et que les hommes luttent contre toute la mer, que les avirons se\nrompent, et que les proues plongent, buvant la mort Mais alors il n'était\npas plus grand que la main, et gémissait d'une voix inarticulée des paroles\nconfuses, et de ses lèvres aveugles et des doigts il me pressait le sein bien\nfort et, agitait follement ses mains et ses pieds, en murmurant; mais ces\nfemmes grises à la chevelure liée, qui effrayent les dieux, ne l'effrayaient\npas; il riait en les regardant, et tendait les mains pour palper et tirer la\nquenouille et le fil intangibles; mais elles passèrent, et je cachai le tison, et\nje ris aussi, ayant du ciel ce que je voulais. Mais maintenant je ne sais plus\nsi les dieux nous ont conduits ici à droite ou à gauche ; car de nouveau je\nrêvai, et je vis le tison noir éclater en flammes comme une branche éclate\n en fleurs, et je vis la flamme se faner comme une fleur, et la mort vint, et\n ses lèvres sèches soufflèrent les cendres noires dans mon sein ; et l'amour\n piétinait les braises, et les écrasait sous ses pieds rapides. Ceci encore me\n serre le cœur : ce n'est pas pour moi, ce n'est pas pour moi seule ni pour\n mon fils, ô jeunes filles, que les dieux ont fait la vie, et le désir de vivre,\n l'amour et l'aversion du cœur ; mais pour tous le soleil brille, et le vent\n souffle jusqu'à la nuit. Et quand vient la nuit, le vent tombe ainsi que le\n soleil, et ensuite il n'est plus de lumière ni de tempête, il n'y a plus que le\n sommeil et l'oubli profond des choses. Il y a des années que la connais­\n sance des dieux me vint des hautes paroles de la très sage Eurythémis, ma\n mère, qui les voyait de ses yeux vivants, et en parlait de ses lèvres, comme\n si sur terre elle eût été séparée de la chair, du souffle et du sang corruptibles;\n le temps lui donna de tels dons, et une âme qui en fut digne, et un visage égal\n pour toutes choses; et elle parlait ainsi. Mais que les heures rapides tissent\n ou détissent, intolérables ou joyeuses, je m'en vais, pleine de mon âme,\n  parfaite en moi-même, me suffisant à moi-même et suffisant aux miens ; et\n  quel que soit le lot que les dieux prennent et nous jettent, nous l'accepte-\n                                                                           10\n"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 150, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 407, "texte": "                                 150\n\nrons: et beaucoup le porteront en même temps. Et maintenant, avant que\nceux-ci ne s'assemblent pour la chasse, je vais armer mon fils, puis je l'amè­\nnerai, de crainte que l'amour ou la colère d'un homme ne le blesse.\n  (A continuer.)                                  A. C. SWINBURNE\n                                              (Traduction   de P. TIBERGHIEN)\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 150, "page_fin": 150, "titre_corps": "À la mémoire de Charles De Coster", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "A la mémoire de Charles De Coster", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 169, "page_imprimee": 150, "debut_caractere": 407, "fin_caractere_exclue": 1493, "texte": "A la mémoire de Charles De Coster.\n             Comme nous l'avons annoncé dans notre livraison de février,\n               l'éditeur Paul Lacomblez, qui continue à bien mériter des\n               lettres belges, a réimprimé la Légende dUlenspiegel.\n                 Le chef-d'œuvre de Charles De Coster — la Bible de l'esprit\nflamand — est donc enfin accessible à tous les lecteurs.\n   Cette réédition précède l'inauguration du monument qui va être élevé\nprochainement, sur une place publique d'Ixelles, au grand méconnu dont\nla Jeune Belgique a été la première à célébrer le génie.\n   Nous ne savons pas encore si le comité organisateur aura recours à une\nsouscription publique.\n   Quelle que soit sa décision, nous sommes convaincus que nos abonnés\net nos lecteurs répondront dignement à son initiative.\n   Charles De Coster a droit à ce mélancolique hommage posthume, car,\ncomme l'a écrit M. Camille Lemonnier, ce bel et probe écrivain connut\n« l'absolu de l'isolement et de la déréliction ».\n                                                      LA J E U N E BELGIQUE\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 150, "page_fin": 151, "titre_corps": "Chronique artistique : Le Voorwaarts", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Ernest Verlant", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "se renforce et prédomine", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Un nouveau cercle d artistes", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 169, "page_imprimee": 150, "debut_caractere": 1493, "fin_caractere_exclue": 2149, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n               Le Voorwaarts.     — Le Sillon. — Les XX.\n\n            La plupart des membres du Voorwaarts tiennent la promesse\n              de leur devise : En Avant ! Leur cercle prospère d'année en\n              année davantage. Cette fois encore, à côté de méritoires paysa­\n              ges de MM. Van Doren, Hoorickx, Middeleer, Rimbout,\nDelgouffre, de portraits minutieusement étudiés et harmonisés de M. Jules\nDu Jardin, de natures mortes séduisantes de M. Blieck, de dessins péné­\ntrants de M. Ottevaere et de M. Colmant surtout, ce sont les envois de\nM. Gilsoul et de M. Laermans qui ont principalement attiré l'attention.\n"}, {"page_pdf": 170, "page_imprimee": 151, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "                                  — 151 —\n\n    M. Gilsoul a gardé l'amour flamand de la grasse et onctueuse pâte, des\ntons brillants, riches et solides. Les recherches de plein soleil et de plein\nété des peintres contemporains le tentent peu; il préfère l'automne, le\ncrépuscule et la nuit. Tantôt les oppositions brusques l'intéressent, et il\nétoile de lumières soudaines les ombres solennelles de ses parcs nocturnes\n(la Fêle au château), ou il exalte vers les rouges et les ors, les verts\nstridents, trop stridents peut-être, de son Harmonie automnale ; tantôt,\nbaissant le ton, il instrumente des musiques plus recueillies, comme en son\nDomaine seigneurial aux calmes et lentes lignes, ou en son Coin paisible,\nd'un sentiment si juste et si doux. Une marine d'un mouvement superbe,\nla Lame, morceau plein de science et de fougue, de force et d'emportement,\nrattache nettement M. Gilsoul à la tradition de Courbet.\n    M. Laermans qui, l'an dernier, semblait sollicité à la fois par la compo­\nsition allégorique, par l'étude réaliste de la lumière, par l'observation\ninterprétative des types villageois, s'est consacré cette année exclusivement\nà ses paysanneries, où il apporte une vision neuve. Qu'elle renferme un\ngrossissement, une accentuation caricaturale, on ne peut le nier.\n M. Laermans voit surtout dans le paysan les déformations professionnelles,\nles tares, les anomalités infligées à l'être humain par les travaux excessifs,\npar la pauvreté, par le régime malsain, par l'assujettissement nécessaire\naux instincts primitifs. Il les saisit d'un œil perspicace, il les groupe, il les\n accuse, il en fait le caractère dominateur de ses tableaux. Mais il n'y met\n pas, ou c'est bien malgré lui, pensons-nous, l'élément soit comique, soit\n féroce que cherchent les caricaturistes et qu'ils soulignent dans leurs\n légendes, non plus que la bonne humeur gouailleuse et somme toute\n détachée, ordinaire aux vieux Flamands et aux vieux Hollandais qui ont\n peint les mœurs populaires. Son rustre grotesque est en même temps\n douloureux, sans qu'il grimace sa douleur, et la tristesse qui s'en dégage,\n il en est lui-même inconscient. L'effet total n'est pas un effet de bouffon­\n nerie, mais de détresse, auquel contribue le parti pris des colorations\n uniformément grises, bleues, plombées, crépusculaires, qui enveloppent les\n personnages d'une atmosphère morne. Dans chacune des œuvres de\n  M. Laermans ces remarques peuvent se vérifier; mais les plus significatives\n et les plus complètes nous semblent être les Autorités du Village, la Prière,\n  une Nuée inquiétante, avec leurs attitudes, leurs gestes, leurs airs de tête\n absolument pris sur le vif, et surtout le Soir, où l'impression mélancolique\n  se renforce et prédomine.\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 151, "page_fin": 152, "titre_corps": "Chronique artistique : Le Sillon", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Ernest Verlant", "ancre_debut": "Un nouveau cercle d artistes", "ancre_fin": "sortira victorieux", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Si elle n est pas rétrospective", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 170, "page_imprimee": 151, "debut_caractere": 2742, "fin_caractere_exclue": 3278, "texte": "Un nouveau cercle d'artistes nous est né, Le Sillon, dont la première\nexposition, toute modeste, n'a cependant pas manqué d'intérêt. La plupart\ndes exposants sont inconnus et tout jeunes, et leur jeunesse se marque\nplutôt par la timidité que par l'audace. Faisons le vœu que ce sillon ne soit\npas une ornière et que le bon grain y germe dru : le titre même du cercle\nnous impose ces métaphores.\n  Beaucoup plus d'études que d'œuvres naturellement. Mais déjà se\ndistinguent divers débutants de talent : M. Georges Bernier, le plus formé\n"}, {"page_pdf": 171, "page_imprimee": 152, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 779, "texte": "                                  — 152 —\n\n\nde tous, animalier et paysagiste, dont le coloris a quelque chose de la\nrobuste franchise des Verwée, des Stobbaerts, des Verheyden ; Mme Jenny\nBernier-Hoppe, avec des fleurs, des natures mortes et une Tête d'étude\nextrêmement gracieuse; M. Gustave Stevens, qui expose des nus trop\nsommaires, de jolis paysages, et un profil charmant; puis d'autres encore,\nMM. Bartholomé, Cuvelier, De Ligne, Janssens, Verdussen, pour ne citer\nque ceux qui nous paraissent le mieux doués. Ajoutons M. Hankar pour\nses ferronneries d'art, M Weygers pour ses sculptures expressives,\nM. Coulon pour ses dessins allégoriques un peu nébuleux où MM Willette,\nRops et Ensor se mêlent dans une lutte dont il faut espérer que M. Coulon\nsortira victorieux.\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 152, "page_fin": 154, "titre_corps": "Chronique artistique : Les XX", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Ernest Verlant", "ancre_debut": "Si elle n est pas rétrospective", "ancre_fin": "ERNEST VERLANT", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 171, "page_imprimee": 152, "debut_caractere": 779, "fin_caractere_exclue": 3206, "texte": "Si elle n'est pas rétrospective et décennale, comme nous l'eussions voulu,\nla dixième exposition annuelle des XX n'en est pas moins très curieuse et,\ngrâce en partie à l'appoint des invités, elle renouvelle encore une fois\nl'intérêt qui n'a cessé de s'attacher à leur Salon. En exposant leurs propres\nœuvres, les XX n'ont jamais négligé de suivre avec une sincère sympathie\nle mouvement qui emporte l'art contemporain, et de présenter un aperçu\néclectique et mouvant de tout ce qui surgit, dans n'importe quelle\ndirection, de plus individuel et de plus original.\n    Un effort considérable se porte actuellement vers l'art décoratif, ou vers\nl'art appliqué aux objets usuels : meubles, ustensiles, céramiques, vitraux,\nparavents, affiches, étoffes brodées, illustrations de livres. On dirait que les\npeintres sont fatigués de produire des tableaux de chevalet; certains même\nn'admettent plus guère que le tableau de chevalet ait droit à l'existence et\npuisse être conçu isolément, abstraction faite d'un ensemble ornemental\nprévu, d'un éclairage donné. Sans aller jusque-là, on doit se souvenir, en\nexaminant certaines œuvres, que leur effet total est lié à leur mise en place\net à leur destination.\n    Il en est ainsi, par exemple, de l'une des principales curiosités du Salon,\nla série de huit cartons de verrières, peints par M. Albert Besnard, pour\n l'Ecole de Pharmacie de Paris. Telle qu'elle se présente, sans la transparence\n de la lumière qui doit se fondre à ses couleurs, l'œuvre apparaît déjà très\n belle, à la fois gaie et somptueuse. La faune et la flore en ont fourni les\néléments, composés et ordonnés par un inventeur subtil, suivant un goût de\nmise en scène ici vaguement, là décidément japonais. Quelle exquise et rare\nharmonie dans le panneau des citronniers et des orangers; quel superbe jet\nde dessin, quelle majesté mâle dans le fier nid d'aigles qu'enveloppe la gloire\ndu soleil couchant sur la mer !\n    Les étains ciselés de M. Alexandre Charpentier, des pots, des cendriers,\n des couvercles de coffrets, sa terre cuite la Sonate, son papier gaufré\nProgramme du Théâtre Libre, son Dos de violon, où se déroule une\n guirlande de petites danseuses, tout cela est d'un art élégant et souple,\n palpitant de vie nerveuse, qu'on retrouve exaspéré dans un bas-relief :\n Gomorrhe, encore confus et enfermé dans sa gangue, dirait-on.\n    Un autre décorateur de grand mérite, c'est M. de Toulouse-Lautrec, qui\n"}, {"page_pdf": 172, "page_imprimee": 153, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3222, "texte": "                                  — 153 —\n\n\npoursuit ses études de filles, toutes puantes de céruse, de fard, de sueurs et\nde rogommes. Deux affiches, étonnantes de force synthétique et d'âpreté :\nLe Divan japonais, et Aristide Bruant, avec son écharpe rouge, son air\nde grand seigneur de la canaille, d'ironique empereur des gigolettes et\ndes marlous.\n    Deux paravents : l'un, aux lignes archaïques et rigides, bizarrement\ngriffonné d'inscriptions sans valeur décorative, inutiles donc, de M. Emile\nBernard; l'autre, joli, doux et clair, de Mlle Boch : des paysans aux\nouvrages, un village de dunes blondes et la rentrée des pêcheurs. Mlle Boch\nexpose encore un paysage de fleurs et une délicate impression, Pendant\nl'Elévation, où l'heure chaude, le soleil qui monte évoquent du silence de\ndimanche et du recueillement.\n    Pareillement, outre des paysages, les uns pointillés, l'autre vermiculé ou\nplutôt fait comme de laines versicolores qui s'emmêlent, M. Henry Van de\nVelde apporte une œuvre décorative. A la distance voulue, ses paysages sont\ntrès justes et très fins ; mais pour sa Broderie tout le recul possible est insuf­\nfisant. Les déformations ou les simplifications choquent, et les teintes\nsavamment juxtaposées ne se fondent pas. Au fond du chœur d'une église\nl'effet serait peut-être bon, et le rythme des lignes inclinées se dégagerait.\n    M. Lemmen ne semble pas avoir peint cette année et nous ne pouvons\nle lui reprocher, quand nous examinons, non pas tant ses Soleils et ses\nJardins où nous sentons trop le trait lourd et écrasé propre à Van Gogh,\nmais ses projets d'illustrations et de titres, dont nous avons déjà loué, à leur\npremière exposition, à l'Association pour l'art d'Anvers, le goût ingénieux,\nla grâce rare, le personnel arrangement.\n    Sa véritable voie, M. Finch l'a sans doute trouvée dans l'art industriel.\nJamais nous n'avons vu de lui rien d'aussi réussi dans son genre que sa belle\n Table à thé dont les émaux grand feu ont un éclat magnifique.\n    Les quatre derniers artistes que nous avons cités, sans délaisser le néo­\n impressionnisme, se préoccupent beaucoup plus pour le moment de l'effet\n décoratif des lignes. La peinture au pointillé conserve ses adeptes les plus\n convaincus dans le technique Signac, d'ailleurs intéressé aussi par les\n arabesques, et dans M. Van Rysselberghe dont toute l'exposition frappe\n par un tel ensemble de qualités qu'on en arrive à oublier son procédé\n spécial.\n    Dans ses deux portraits de M. Emile Verhaeren, M. Van Rysselberghe\n se montre notateur infiniment scrupuleux et pénétrant, maître d'un dessin\n analytique très serré, expert à choisir l'attitude et l'habitude caractéristiques.\n  Le portrait peint de M. Verhaeren, et un autre portrait, une jeune fille en\n robe de velours vert, chantent et vibrent à merveille. Rien de plus délicate­\n ment aérien que les colorations blondes qui enveloppent le doux paysage des\n rives de l'Escaut : Après le brouillard. A signaler enfin une eau-forte très\n adroite, bien que ce soit un début, où une Loïe Fuller allonge ses grâces\n  serpentines.\n     Deux néo-impressionnistes nouveaux à Bruxelles, MM. Petitjean et\n  Cross : l'un imite Puvis de Chavannes, l'autre s'applique à reproduire\n"}, {"page_pdf": 173, "page_imprimee": 154, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3291, "texte": "                                 -   154   -\n\nexactement d'arides plages méridionales. M. Vogels est toujours le beau\npeintre instinctif que l'on sait; M. Dario de Regoyos a de petites annota­\ntions, dont l'une, Calle de Alcala, très charmante; M. Van Strydonck\nenvoie des Indes un paysage sans intérêt.\n    M Wilson Steer. qui exposa aux XX des choses ravissantes, est assez\nmaigrement représenté par un portrait qui a l'air d'un Whistler médiocre.\nUn peintre écossais, M. Hornel, pousse le tachisme à la dernière limite\nsupportable; mais ses couleurs de gemmes, de soie ou d'ailes de papillon\nsont d'une éclatante splendeur. Puis vient un grand nom dans l'art bri­\ntannique, Ford-Madox Brown, représenté par un doux portrait au pastel,\napparenté aux tendres visions de Rossetti, et par les dessins de deux de ses\noeuvres les plus célèbres, Le Roi Lear partageant son royaume et Roméo et\nJuliette au balcon. L'intensité de l'expression dramatique et l'originale\ninvention des moindres détails s'y accompagne malheureusement de\nquelque romantisme théâtral.\n    Toujours aussi amusante, l'exposition de M Ensor, avec des spécimens\n de ses divers genres habituels, entre autres une caricature enragée, les\n Mauvais Médecins, et un tableau de fleurs, d'une fraîcheur, d'une légèreté\n de nuances vaporeuses qu'il n'a jamais dépassée. Comme M. Ensor,\n Mlle Holeman est frappée surtout par le côté baroque des choses; son\n instinct du dessin et ses jolies trouvailles d'harmonies sourdes sont d'une\n artiste, indiscutablement; par malheur, sa fantaisie ne se gouverne pas\n encore et s'abandonne à l'incohérence.\n    Nous n'insisterons pas sur M. Thorn Prikker qui applique une chimé­\n rique théorie de lignes abstraites, ni sur M. Doudelet. transcripteur appliqué\n et superficiel de métaphores à faire peur, ni sur Mme Jacquemin dont l'art\n visionnaire semble, contradiction singulière, enfermé dans une formule.\n De plus en plus, M. Toorop s'adonne au rébus composite et poursuit\n des recherches absolument opposées à sa nature foncière, énergique et\n barbare.\n     Une vision gothique appliquée au paysage moderne, un sens spécial du\n mystère, une transposition dans l'étrangeté, avec cela une science rigou­\n reuse de la forme et l'emploi raisonné des systèmes de lignes en vue d'un\n effet à intensifier, tels apparaissent les caractères fondamentaux des œuvres\n de M. Degouve de Nuncques, auxquelles nous voudrions nous arrêter, et\n particulièrement au Paysage brabançon, au Hibou, au Portrait de\n Henry De Groux, au Hameau, si la place ne nous manquait.\n     Il nous en reste tout juste assez pour signaler une alléchante collection\n de Rops, qui n'expose pas, mais qu'on expose; la Salutation angélique un\n peu maniérée et l'exquise Aurore enfantine, avec ses beaux yeux clairs\n d'innocence et d'ingénuité, de M. Frédéric; un buste vivant et palpitant de\n  César Franck, signé Rodin ; d'élégantes figures de M. Du Bois ; l'Adolescence\n  et de fines esquisses de lions, promesses de belles œuvres, de M. Gaspar;\n  enfin un bas-relief en pâte de verre nuancée de M. Cros, Léthé, une tête\n  archaïque et naïve, qui semble un fragment retrouvé en Grèce sur un tom­\n  beau de jeune fille, avec une épitaphe de l'Anthologie.\n                                                     E R N E S T VERLANT"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 155, "page_fin": 159, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Terre promise et Cosmopolis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "le souple esprit", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "II L Amant des roses", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 174, "page_imprimee": 155, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 2812, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                       I\n\n            La Terre promise et Cosmopolis, par M. PAUL BOURGET.\n\n\n                C'est un point de doctrine pour tous les coryphées, grands,\n                 moyens et petits, qui chantent à pleine voix, en France et chez\n                 nous, devant les innovateurs du dernier bateau, la retentis­\n                 sante Marseillaise des imbéciles, que M. Paul Bourget est un\npauvre snob, un confiseur de romans à l'usage des belles mondaines, un être\nintermédiaire entre Octave Feuillet et M. Ohnet.\n    Il est vrai que ce snob a écrit les Essais de psychologie contemporaine,\nune œuvre de haute critique intellectuelle et morale, la seule digne, en\nFrance, d'être citée après les magistrales études de Taine sur Dickens et\nsur Balzac. Mais que leur importe? Pour les coryphées tumultueux dont\nil s'agit, Taine lui-même n'est qu'un normalien, c'est-à-dire un esprit\nprofondément méprisable. M. Bourget et Taine sont enveloppés ainsi\ndans une haine commune qui, reconnaissons-le à leur honneur, est parfai­\ntement méritée.\n    On comprend sans peine, en effet, le motif de ces édifiantes rancunes.\n La consigne de nos convulsionnaires est de représenter les plus grands et\n les plus purs poètes dont s'honore la France, Leconte de Lisle, par\n exemple, comme de pitoyables rimeurs dénués de toute inspiration et de\n toute personnalité. L'auteur des Poèmes barbares est dénoncé par eux, aux\n débutants crédules, comme le type détestable de ces rhéteurs, volontairement\n isolés du mouvement social et de la vie contemporaine, qui fondèrent jadis\n l'école parnassienne. Or, M. Paul Bourget a eu l'audace impardonnable\n d'écrire, dans le deuxième volume des Essais depsychologie, une admirable et\n définitive étude sur le poète de Kaïn. Il a démontré à nos véhéments criticules,\n aux adorateurs du tendre oignon qui fait pleurer, que Leconte de Lisle\n a exprimé, dans une forme plastique incomparable, avec une sensibilité\n  merveilleuse et une intelligence sympathique analogue à celle de Taine,\n  toutes les hypothèses de la science et tous les rêves de la philosophie\n  de son siècle. De pareilles démonstrations, quand elles ont l'éclat que sait\n  leur donner M. Paul Bourget, assurent nécessairement à leur auteur le\n  ressentiment de ceux qui sont incapables de les comprendre et dont elles\n  contrarient les incohérentes vaticinations.\n     Je serais désolé que l'on prît ces lignes pour un plaidoyer. M. Paul\n   Bourget n'a pas besoin d'être défendu. Elles ne sont, dans ma pensée,\n   qu'une protestation obligée contre ce que je déteste de toutes les forces de\n   mon âme : l'injustice ignorante et passionnée.\n      M Paul Bourget vient de publier, coup sur coup, la Terre Promise et\n"}, {"page_pdf": 175, "page_imprimee": 156, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3220, "texte": "                                  — 156 —\n\n Cosmopolis, deux romans fort dissemblables qui méritent d'attirer, à des\ntitres divers, l'attention de la critique.\n   L'évolution littéraire de M. Paul Bourget est intéressante. D'abord\npoète d'analyse, tenté à la fois par des confessions d'âmes et par le décor\nfourmillant de la vie moderne, il se révéla soudain par des études de psy­\nchologie aiguë où il confessait des oeuvres célèbres scrutées à la lumière de\nleur époque et de leur milieu. Chose piquante, le poète d'Edel et des Aveux,\nqui visait à l'énergie et n'y atteignait guère, se manifesta tout à coup\ncomme un critique doué de fermeté et de force. Le succès des Essais de\npsychologie fut éclatant et décisif, et l'on put croire que M. Paul Bourget,\ns'étant enfin rencontré lui-même, continuerait à marcher, en triomphateur,\ndans la voie féconde qu'il venait de s'ouvrir. Il n'en fut rien, car M. Paul\nBourget est avant tout un inapaisé et un nostalgique. De même qu'en lui\nle poète avait donné le jour au critique, le critique eut pour continuateur\nun romancier. Et l'on vit M. Paul Bourget, tout en publiant d'autres\nétudes littéraires, remarquables encore, mais déjà plus hésitantes et presque\ndésenchantées, s'essayer à la nouvelle de longue haleine et au roman con­\ntemporain.\n   Le romancier n'eut pas immédiatement, et malgré des progrès incon­\ntestables, n'a pas encore, je pense, la maîtrise du critique. Certes, il faut\nlouer, dans les premiers romans de M. Paul Bourget, le charme, la déli­\ncatesse et parfois même la profondeur de l'analyse. Mais le poète contra­\nriait souvent l'observateur, et le critique paralysait la volonté du romancier.\nIl semblait que M. Paul Bourget eût une tendance fâcheuse à immobiliser\nses personnages afin de procéder plus sûrement à leur autopsie morale,\nquitte, l'opération terminée, à précipiter, non sans maladresse, les péri­\npéties de l'action interrompue. L'intention de s'inspirer des procédés de\nla Comédie humaine était évidente, mais la parenté intellectuelle avec\nl'auteur de la Chartreuse de Parme était évidente aussi. Bref, maint petit\nroman de M. Paul Bourget se manifesta sous les apparences composites,\nmais personnelles, d'un hommage posthume que Stendhal rendrait à\nBalzac.\n   Le Disciple, André Cornélis et Mensonges, œuvres de valeur très iné­\ngale, nous montrent cependant M. Paul Bourget en passe de dégeler ses\npersonnages et de les exposer plus directement aux flammes de l'action et\nde la vie. Cosmopolis est l'aboutissement logique de cette lutte intérieure,\ntandis que Un Cœur de femme, une nouvelle qui pourrait bien être un\npetit chef-d'œuvre, et la Terre promise, un beau et noble roman, m'appa­\nraissent comme le couronnement mélancolique de l'Irréparable, de Cruelle\nEnigme et d'Un Crime d'amour.\n   Résumer le sujet de la Terre promise serait une besogne ingrate. Mieux\nvaut formuler, en quelques mots, le double problème sentimental que\nM. Paul Bourget propose à ses personnages. Francis Nayrac, à la veille\nde son mariage, se retrouve en présence d'une ancienne maîtresse. Cette\nmaîtresse, qu'il a crue indigne, et qui fut, dans la faute, irréprochable, est\naccompagnée d'une petite fille. 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Paul Bourget l'a gradué avec un\nart délicat et charmant. Mais cette délicatesse n'empêche pas le penseur de\nprononcer des sentences définitives sur la vanité des liaisons coupables,\net ce charme n'empêche pas le moraliste d'écrire, sans nulle prétention au\nsermon, et sous couleur d'expliquer ses personnages, une psychologie du\nmauvais amour plus terrifiante et plus cruelle que tous les anathèmes\nlancés contre le péché de luxure par les plus inexorables docteurs de la foi.\nEt c'est l'originalité de ce roman, qu'il enveloppe ces maximes impi­\ntoyables et presque protestantes dans une douce et mélancolique atmosphère\nde jeunesse et de volupté. Nous voilà loin, heureusement, des épopées por­\ncines de M. Zola et de ses disciples. Je défie ces grossiers enlumineurs, non\npas d'écrire un roman semblable, mais de l'imaginer, et de le comprendre!\n    Cosmopolis est une œuvre d'ambition plus haute. M. Paul Bourget s'est\n flatté, cette fois, d'abandonner le quatuor pour la symphonie. Intrigue\nviolente et compliquée, personnages nombreux et disparates, décor somp­\ntueux et attirant, il a tout disposé de manière à émouvoir profondément les\nlecteurs. Et cependant, malgré les efforts souvent heureux de M. Paul\n Bourget, je doute que Cosmopolis ait la même fortune littéraire que la\n Terre promise.\n    Dans la pensée de M. Paul Bourget, Cosmopolis est avant tout un roman\n de mœurs. C'est, dit-il dans sa dédicace au comte Primoli, « le contraste\n entre les allures un peu incohérentes des errants de la haute vie et le carac­\n tère de pérennité empreint partout dans la grande cité des Césars et des\n Papes qui m'a fait choisir ce lieu où les moindres coins parlent d'un passé\n séculaire pour y évoquer quelques représentants du genre d'existence le\n plus moderne, et aussi le plus momentané. »\n    Les héros de M. Bourget sont des Cosmopolitains, et le but du roman­\n cier, c'est de montrer en eux, malgré leurs apparences trompeuses, la per­\n manence de la race. Il suffit d'un choc passionnel pour que le Cosmopolitain\n surgisse à tous les yeux dans la nudité primitive de son tempérament et de\n sa race. « Mme Steno, dit Dorsenne au marquis de Montfanon, s'est, en\n effet, conduite, vis-à-vis de ses deux amants, comme une Vénitienne du\n temps de l'Arétin ; Chapron, avec tout le dévouement aveugle du descen­\n dant d'une race opprimée, sa sœur, avec la férocité scélérate d'une révoltée\n qui secoue enfin le joug; Haffner et Ardéa ont montré à nu deux âmes\n détestables, l'une d'infâme usurier à moitié Allemand, à moitié Hollandais,\n"}, {"page_pdf": 177, "page_imprimee": 158, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3298, "texte": "                                 — 158 —\n\n l'autre de gentilhomme dégradé, en qui revit quelque ancien condottiere;\nGorka a été brave et insensé comme toute la Pologne, sa femme implacable\net loyale comme toute l'Angleterre; Maitland continue d'être positif, insen­\nsible et volontaire au milieu de tout cela, comme toute l'Amérique, et la\npauvre Alba a fini comme son vrai père... »\n    Malheureusement pour M. Paul Bourget, il tient un peu trop le pro­\nblème pour démontré, et il s'en faut qu'il ait réalisé, de manière à légitimer\ncette conclusion d'épilogue, le programme ardu de sa dédicace.\n    Et d'abord, le contraste entre les Cosmopolitains et le caractère pérennel\nde Rome ne s'impose guère. Les descriptions de M. Paul Bourget, dans\n Cosmopolis, sont loin de valoir celles des Sensations d'Italie. Le lecteur\ncomprend vite que le drame pourrait se passer à Paris, à Londres, ou à\nVienne, et les panoramas de M. Paul Bourget n'ont pas assez de relief pour\nretenir l'attention On peut donc dire que dans Cosmopolis le décor et le\nmilieu sont réduits à leur expression la plus simple.\n    L'étude de moeurs aussi m'a un peu déçu. Je vois bien, parmi les acteurs\nde M. Paul Bourget, des héros de la haute vie, de sang disparate et\nde nationalité diverse; mais des étrangers, des voyageurs de toutes les\nparties du monde, réunis à Rome, ne sont pas nécessairement des Cosmo­\npolitains. Des nombreux personnages rassemblés par M. Paul Bourget, je\nne vois guère que le baron Haffner et l'écrivain Dorsenne qui soient de\nvrais citoyens de Cosmopolis Or, par une étrange ironie, ces deux Cos­\nmopolitains avérés sont semblables à eux-mêmes depuis le début jusqu'au\ndénouement de l'œuvre. Quant aux autres, ils sont de Cosmopolis autant\nqu'une héroïne des Chroniques italiennes de Beyle ou qu'un poldérien des\nKermesses de M. Georges Eekhoud. Le marquis de Montfanon, le vieux\nzouave pontifical, est-il un Cosmopolitain parce qu'il achève sa vie à Rome,\nlui qui représente avec une familière grandeur les antiques traditions cheva­\nleresques de sa caste et de son pays? Catherine Steno, la Dogaresse, est-elle\nune fille de Cosmopolis, parce que, née à Venise, elle a un palais à Rome?\nMaud Gorka, Gorka lui-même, et Ardea, et Maitland, et les Chapron,\nn'obéissent-ils point, aveuglément, aux conseils muets de leur sang et de\nleur espèce? Et puisque M. Paul Bourget ne nous les a pas montrés ces\nCosmopolitains, sous les deux aspects qu'il nous annonçait ; puisqu'il ne\nnous a pas fait assister à leur métamorphose, puisque nous ne voyons pas\nl'être primitif sortir de l'être emprunté, on est en droit de conclure que\nl'étude de mœurs est un peu superficielle, et que, si, comme l'avance M.Paul\nBourget, elle était condamnée à l'être, l'apparence superficielle des Cosmo­\npolitains est par trop superficiellement caractérisée. Au fond, le plus Cos­\nmopolitain de ces personnages cosmopolites, c'aurait dû être le romancier\nDorsenne. car celui-là est un Cosmopolitain de tête et de cœur. Et cepen­\ndant Dorsenne, le plus effacé de tous les protagonistes du roman, n'est\nqu'une manière d'écrivain français qui prend des notes en vue d'une étude\nde psychologie.\n    Mais Cosmopolis, loin d'être un roman de mœurs, est avant tout un\nroman de caractères et un roman de passion. Or, si M. Paul Bourget\n"}, {"page_pdf": 178, "page_imprimee": 159, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2077, "texte": "                                   —   159 —\n\n paraissait désigné, naturellement, pour décrire les mœurs de Cosmopolis,\n personne ne prévoyait, je suppose, qu'il pût nous offrir un roman d'aven­\n tures savamment ordonné, d'un intérêt pathétique soutenu, et mêlant aux\n péripéties d'un drame poignant de fines et profondes analyses de caractères.\n Eh bien! c'est l'imprévu qui est arrivé, c'est l'invraisemblable qui s'est fait\nvrai. Non seulement Cosmopolis est un roman dramatique, mais les\npseudo-cosmopolitains qui s'y agitent sont, pour la plupart, des person­\nnages très vivants, dont les gestes sont éclairés d'une parfaite lueur d'évi­\ndence. Notez, je vous prie, qu'ils sont dissemblables et nombreux, que\n l'intrigue qui les rassemble a des liens très embrouillés, que M. Paul\n Bourget ne semble point, cette fois, — exception faite pour Dorsenne, —\navoir créé ses héros à sa ressemblance, et confessez avec moi que Cosmo­\npolis est l'œuvre la plus déconcertante de son auteur. Rappelez-vous les\npersonnages les plus caractéristiques d'André Cornélis et de Mensonges :\nils paraîtront pâles à côté du marquis de Montfanon — une espèce de\nBarbey d'Aurevilly manchot — et de la comtesse Sténo, une patricienne\ndont la tranquille audace amoureuse eût comblé de joie un Mérimée ou un\nStendhal.\n    Certes, M. Paul Bourget a dû faire un effort pour soutenir un pareil\nsujet. Mais il n'en est pas trop la cariatide, et cette grande victoire indécise\nme paraît en annoncer une définitive, que cet écrivain intellectuel et volon­\ntaire, doublé d'un poète qui n'est pas endormi, me paraît capable de rem­\nporter J'avoue cependant ma prédilection pour la Terre promise, et je ne\npuis m'empêcher de penser que cette œuvre-là se rattache directement, mal­\ngré sa mélancolie pessimiste, au roman sentimental du XVIIeet du XVIIIesiècle,\nau roman qui ne démontrait rien pour mieux montrer tout, et dont les lourdes\nmachines romantico-naturalistes n'ont réussi qu'à mettre en lumière, par\nle contraste, la force sans effort et le souple esprit.\n\n                                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 159, "page_fin": 160, "titre_corps": "Chronique littéraire : L’Amant des roses", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "II L Amant des roses", "ancre_fin": "irréprochables tétins", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "M Charles Frappart n a point", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 178, "page_imprimee": 159, "debut_caractere": 2077, "fin_caractere_exclue": 3058, "texte": "II\nL'Amant des roses, par M. GEORGES TOUCHARD. — Le Marquis joué,       par CHARLES\n  FRAPPART. — Bains de sons, par I'OUVREUSE DU CIRQUE D'ÉTÉ — L'Hypnotisme,   par\n  HENRI NIZET.\n\n    Deux jeunes poètes, dont les noms riment toujours ensemble au som­\n maire des nouvelles revues, MM. Georges Touchard et Charles Frappart,\n — la consonne d'appui, s'il vous plaît! — publient en même temps, chez\n l'éditeur Moens-Galas, l'un, l'Amant des roses, et l'autre, le Marquis\njoué.\n    L'Amant des roses est un recueil d'odelettes anacréontiques facilement,\n trop facilement rimées, et qui dénotent, sinon chez l'amoureux, du moins\n chez le poète, la plus printanière des candeurs. 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Charles Frappart n'a point de théories sur les tétins. Il se contente\nde faire dialoguer en un coin de parc, au crépuscule, après la gavotte d'un\nbal champêtre, Léandre, la marquise et le marquis, qui est... ce que vous\nsavez. Ce marivaudage n'est pas méchant. M. 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Henri Nizet, un prosateur qui\nprophétise le crépuscule des poètes.\n   Je veux bien; mais alors, à quoi verra-t-on que M. Nizet est un prosa­\nteur?\n                                                              A L B E R T GIRAUD"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-017", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 161, "page_fin": 164, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "NEMO", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 86, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 150, "texte": "Notre ami et collaborateur M. Jules             initie"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 185, "fin_caractere_exclue": 243, "texte": "Destrée a fait, au Cercle des Conférences         paysans,"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 274, "fin_caractere_exclue": 331, "texte": "populaires de Charleroi, une conférence           dépeint"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 365, "fin_caractere_exclue": 418, "texte": "sur Paul Verlaine.                                une"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 458, "fin_caractere_exclue": 516, "texte": "Le Journal de Charleroi nous apprend            l'écrivain"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 548, "fin_caractere_exclue": 603, "texte": "que le succès de l'orateur a été grand.           même."}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 609, "fin_caractere_exclue": 645, "texte": "Malheureusement, après avoir cité la"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 701, "fin_caractere_exclue": 759, "texte": "Chanson d'Automne, lue par le conféren­           assister"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 791, "fin_caractere_exclue": 849, "texte": "cier :                                            d'abord."}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 867, "fin_caractere_exclue": 885, "texte": "Les sanglots longs"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 964, "fin_caractere_exclue": 975, "texte": "Des violons"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1058, "fin_caractere_exclue": 1070, "texte": "De l'automne"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1084, "fin_caractere_exclue": 1101, "texte": "Plissent mon cœur"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1179, "fin_caractere_exclue": 1193, "texte": "D'une longueur"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1274, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "Monotone,"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1358, "fin_caractere_exclue": 1400, "texte": "le reporter du Journal de Charleroi impute"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1451, "fin_caractere_exclue": 1494, "texte": "à M. Jules Destrée la réflexion que voici :"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1550, "fin_caractere_exclue": 1594, "texte": "« Dans cette pièce, Verlaine s'est affranchi"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1639, "fin_caractere_exclue": 1684, "texte": "des règles de la prosodie : c'est un novateur"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1698, "fin_caractere_exclue": 1742, "texte": "de ce genre de « versification libre » qui a"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1788, "fin_caractere_exclue": 1830, "texte": "été poussé à l'excès par quelques mystifi­"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1884, "fin_caractere_exclue": 1922, "texte": "cateurs, mais qui a produit des chefs-"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1976, "fin_caractere_exclue": 1986, "texte": "d'œuvre. »"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2043, "fin_caractere_exclue": 2079, "texte": "Affranchi des règles de la prosodie?"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2083, "fin_caractere_exclue": 2113, "texte": "On apprend tous les jours !..."}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2309, "fin_caractere_exclue": 2345, "texte": "M Henry Maubel vient de terminer une"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2400, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "monographie scénique en trois actes, sous"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2487, "fin_caractere_exclue": 2514, "texte": "ce titre : L'eau et le vin."}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2723, "fin_caractere_exclue": 2751, "texte": "On lit dans la Revue Rouge :"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2755, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "« L'orthographe, la grammaire et la syn­"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2797, "fin_caractere_exclue": 2837, "texte": "taxe sont connaissances indispensables à"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2873, "fin_caractere_exclue": 2903, "texte": "quiconque se pique d'écrire. «"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2970, "fin_caractere_exclue": 3006, "texte": "On lit dans le même numéro les miri­"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 3063, "fin_caractere_exclue": 3089, "texte": "fiques phrases que voici :"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 3157, "fin_caractere_exclue": 3197, "texte": "« La Jeune Belgique prétend qu'il faille"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 3215, "fin_caractere_exclue": 3253, "texte": "suivre certaines conventions en art. »"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 3311, "fin_caractere_exclue": 3346, "texte": "M Dans le premier chapitre, Eekhoud"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 3405, "fin_caractere_exclue": 3445, "texte": "nous transporte dans les campagnes, nous"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 151, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "aux habitudes et aux coutumes des"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 244, "fin_caractere_exclue": 273, "texte": "nous décrit leurs mœurs, nous"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 332, "fin_caractere_exclue": 364, "texte": "les paysages avec une adresse et"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 419, "fin_caractere_exclue": 455, "texte": "connaissance qui feraient croire que"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 517, "fin_caractere_exclue": 547, "texte": "les a vécues et observées lui-"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 604, "fin_caractere_exclue": 605, "texte": "»"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 659, "fin_caractere_exclue": 700, "texte": "« ... Dans ce cadre étrange, il nous fait"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 760, "fin_caractere_exclue": 790, "texte": "à l'éclosion d'un être, enfant"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 850, "fin_caractere_exclue": 853, "texte": ". »"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 908, "fin_caractere_exclue": 950, "texte": "« ... La ville de Londres, avec son peuple"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1002, "fin_caractere_exclue": 1044, "texte": "malheureux, buveur, batailleur, mais spec­"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1122, "fin_caractere_exclue": 1165, "texte": "tateur assidu des scènes à la mode, specta­"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1217, "fin_caractere_exclue": 1260, "texte": "teur aussi difficile que peu besogneux... »"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1315, "fin_caractere_exclue": 1357, "texte": "« Certaines descriptions sont inoubliables"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1409, "fin_caractere_exclue": 1450, "texte": "et impressionnent sincèrement le lecteur,"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1502, "fin_caractere_exclue": 1546, "texte": "peu habitué de délecter des œuvres critiques"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1598, "fin_caractere_exclue": 1638, "texte": "aussi profondes et aussi grandement con­"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1690, "fin_caractere_exclue": 1697, "texte": "çues. »"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1752, "fin_caractere_exclue": 1787, "texte": "C'est ce que la Revue Rouge appelle"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1839, "fin_caractere_exclue": 1882, "texte": "« faire claquer au vent la masse d'un éten­"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 1934, "fin_caractere_exclue": 1974, "texte": "dard dont nous ne connaissions point les"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2027, "fin_caractere_exclue": 2039, "texte": "couleurs ! »"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2168, "fin_caractere_exclue": 2208, "texte": "Lire la remarquable livraison de février"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2260, "fin_caractere_exclue": 2305, "texte": "de la Société Nouvelle, qui contient la suite"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2357, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "de la traduction de la Duchesse de Malfi,"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2450, "fin_caractere_exclue": 2485, "texte": "par M. Georges Eekhoud, des vers de"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2537, "fin_caractere_exclue": 2574, "texte": "M. Henri de Régnier, et des études de"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2626, "fin_caractere_exclue": 2659, "texte": "MM. Nikitine, James Van Drunen et"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2711, "fin_caractere_exclue": 2718, "texte": "Maubel."}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2849, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "Un bon point au Sénat."}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2925, "fin_caractere_exclue": 2965, "texte": "M. le comte Goblet d'Alviella a prononcé"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 3017, "fin_caractere_exclue": 3061, "texte": "un excellent discours sur l'organisation des"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 3113, "fin_caractere_exclue": 3153, "texte": "Musées et sur la décoration du Palais de"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 3205, "fin_caractere_exclue": 3213, "texte": "Justice."}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 3267, "fin_caractere_exclue": 3307, "texte": "De son côté, M. Lammens a révélé l'exis­"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 3359, "fin_caractere_exclue": 3403, "texte": "tence d'un petit pot aux roses de 37,000 fr."}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 3455, "fin_caractere_exclue": 3496, "texte": "qui exhale une odeur des plus enivrantes."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 102, "texte": "Voici, d'après les Annales         parlemen­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 147, "fin_caractere_exclue": 182, "texte": "taires, le discours de M. Lammens :"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 236, "fin_caractere_exclue": 277, "texte": "« Le gouvernement, tout en reconnaissant,"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 314, "fin_caractere_exclue": 358, "texte": "dans une certaine mesure, l'insuffisance des"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 406, "fin_caractere_exclue": 453, "texte": "crédits des lettres, des sciences et des beaux-"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 496, "fin_caractere_exclue": 542, "texte": "arts, se déclare dans l'impossibilité de faire"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 584, "fin_caractere_exclue": 628, "texte": "droit aux réclamations, faute de ressources."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 638, "fin_caractere_exclue": 677, "texte": "En présence de cette situation, je suis"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 724, "fin_caractere_exclue": 764, "texte": "étonné de voir régulièrement inscrite au"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 795, "fin_caractere_exclue": 833, "texte": "budget une somme de 37,000 francs pour"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 888, "fin_caractere_exclue": 929, "texte": "encouragement à la littérature et à l'art"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 978, "fin_caractere_exclue": 1019, "texte": "dramatique. En économisant sur ce crédit,"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1067, "fin_caractere_exclue": 1106, "texte": "on trouverait facilement des ressources"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1156, "fin_caractere_exclue": 1194, "texte": "pour d'autres manifestations de l'art."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1249, "fin_caractere_exclue": 1289, "texte": "Personne ne me contredira quand je dirai"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1332, "fin_caractere_exclue": 1374, "texte": "que l'organisation actuelle des encourage­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1418, "fin_caractere_exclue": 1458, "texte": "ments à l'art dramatique n'a produit que"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1471, "fin_caractere_exclue": 1494, "texte": "des résultats négatifs."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1569, "fin_caractere_exclue": 1609, "texte": "Il existe actuellement quatre comités de"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1652, "fin_caractere_exclue": 1691, "texte": "lecture et des commissions provinciales"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1738, "fin_caractere_exclue": 1781, "texte": "chargées d'assister aux représentations. On"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1820, "fin_caractere_exclue": 1860, "texte": "devine ce que doivent coûter ces rouages"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1900, "fin_caractere_exclue": 1939, "texte": "compliqués, ces jetons de présence, ces"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1981, "fin_caractere_exclue": 2026, "texte": "frais de correspondance, de déplacement, etc."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2056, "fin_caractere_exclue": 2093, "texte": "La pièce approuvée par les comités et"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2142, "fin_caractere_exclue": 2179, "texte": "commissions a droit à une prime de 40"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2223, "fin_caractere_exclue": 2264, "texte": "250 francs pour les cinq premières repré­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2309, "fin_caractere_exclue": 2347, "texte": "sentations, puis à une demi-prime pour"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2393, "fin_caractere_exclue": 2434, "texte": "chaque nouvelle série de cinq représenta­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2474, "fin_caractere_exclue": 2512, "texte": "tions, pourvu que ces dernières soient"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2531, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "données dans une autre localité."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2624, "fin_caractere_exclue": 2665, "texte": "Résultat surprenant et d'un haut comique!"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2712, "fin_caractere_exclue": 2757, "texte": "Maint cabaret de village ou de banlieue s'est"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2803, "fin_caractere_exclue": 2846, "texte": "transformé en salle de représentation et la"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2892, "fin_caractere_exclue": 2937, "texte": "manne des subsides s'est émiettée à l'infini."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2983, "fin_caractere_exclue": 3025, "texte": "Grâce à ce régime, il existe, le croiriez-"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3070, "fin_caractere_exclue": 3112, "texte": "vous, 0,8 théâtres officiellement reconnus"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3158, "fin_caractere_exclue": 3195, "texte": "en Belgique. Il y en a à Erbs-Querbs,"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3243, "fin_caractere_exclue": 3285, "texte": "Montaigu, à Brecht, à Blaesvelt, à Corten­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3333, "fin_caractere_exclue": 3372, "texte": "bergh, Maeseyck en compte trois ; Moll,"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3416, "fin_caractere_exclue": 3457, "texte": "Gheel et Hoogstraeten chacun deux. (Hila­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3490, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "rité.) Cela vous édifiera sur l'importance de"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3582, "fin_caractere_exclue": 3626, "texte": "tous ces temples de      Melpomène.(Nouveaux"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3673, "fin_caractere_exclue": 3716, "texte": "rires.) Que dire des Corneille, des Shakes­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3767, "fin_caractere_exclue": 3809, "texte": "peare que l'on joue sur ces scènes subven­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3855, "fin_caractere_exclue": 3898, "texte": "tionnées? A part quelques honorables excep­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3940, "fin_caractere_exclue": 3984, "texte": "tions, il vaut mieux ne pas tirer de l'oubli"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4003, "fin_caractere_exclue": 4040, "texte": "les noms que nous révèle chaque année"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4097, "fin_caractere_exclue": 4106, "texte": "Moniteur."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4193, "fin_caractere_exclue": 4232, "texte": "Nous restons, malgré tous les subsides,"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4278, "fin_caractere_exclue": 4321, "texte": "tributaires de l'étranger en matière drama­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 146, "texte": "tique et ce n'est pas par cette distribution"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 194, "fin_caractere_exclue": 232, "texte": "aveugle de subsides qu'on parviendra à"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 280, "fin_caractere_exclue": 313, "texte": "fonder jamais un théâtre belge. »"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 364, "fin_caractere_exclue": 405, "texte": "Inutile d'ajouter que ces prétendus théâ­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 453, "fin_caractere_exclue": 495, "texte": "tres sont des foyers de propagande électo­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 543, "fin_caractere_exclue": 583, "texte": "rale, alimentés par le budget des Beaux-"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 631, "fin_caractere_exclue": 636, "texte": "Arts."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 687, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "Voici en quels termes M. De Burlet a"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 771, "fin_caractere_exclue": 793, "texte": "répondu à M. Lammens :"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 844, "fin_caractere_exclue": 887, "texte": "« Chaque année, le Moniteur publie la liste"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 935, "fin_caractere_exclue": 976, "texte": "des sociétés dramatiques qui ont reçu des"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1024, "fin_caractere_exclue": 1065, "texte": "encouragements de l'Etat. La dernière est"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1113, "fin_caractere_exclue": 1154, "texte": "de novembre 1892, et l'honorable sénateur"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1202, "fin_caractere_exclue": 1244, "texte": "me semble l'avoir attentivement parcourue."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1295, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "Mon attention a déjà été appelée sur"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1375, "fin_caractere_exclue": 1417, "texte": "les inconvénients signalés par l'honorable"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1459, "fin_caractere_exclue": 1470, "texte": "M. Lammens."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1522, "fin_caractere_exclue": 1564, "texte": "L'émiettement des subsides, qu'il critique"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1610, "fin_caractere_exclue": 1651, "texte": "avec tant de bon sens, est la conséquence"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1692, "fin_caractere_exclue": 1737, "texte": "d'une organisation déjà ancienne, puisqu'elle"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1782, "fin_caractere_exclue": 1819, "texte": "résulte de la combinaison, notamment,"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1861, "fin_caractere_exclue": 1899, "texte": "d'arrêtés royaux du 31 mars 1860 et du"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1940, "fin_caractere_exclue": 1980, "texte": "24 décembre 1883, ce dernier contresigné"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2027, "fin_caractere_exclue": 2051, "texte": "par M. Rolin-Jaequemyns."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2103, "fin_caractere_exclue": 2141, "texte": "Toute cette matière est réglementée de"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2180, "fin_caractere_exclue": 2222, "texte": "à la manière la plus minutieuse : l'examen"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2265, "fin_caractere_exclue": 2308, "texte": "des pièces de théâtre, les représentations,"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2348, "fin_caractere_exclue": 2392, "texte": "la mise en scène, les dimensions du théâtre,"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2435, "fin_caractere_exclue": 2473, "texte": "des décors, du rideau, tout est prévu,"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2513, "fin_caractere_exclue": 2529, "texte": "codifié, tarifé."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2581, "fin_caractere_exclue": 2619, "texte": "Dans ces conditions, le ministre a, en"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2666, "fin_caractere_exclue": 2710, "texte": "quelque sorte, les mains liées et il ne peut"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2758, "fin_caractere_exclue": 2801, "texte": "guère que ratifier les propositions qui lui"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2847, "fin_caractere_exclue": 2890, "texte": "sont faites par les comités et commissions."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2942, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "Ces comités remplissent, du reste, leur"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3026, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "tâche avec zèle et avec un véritable souci"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3113, "fin_caractere_exclue": 3156, "texte": "d'impartialité; mais, sous peine de chômer,"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3196, "fin_caractere_exclue": 3241, "texte": "à la littérature dramatique produisant peu de"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3286, "fin_caractere_exclue": 3331, "texte": "chefs-d'œuvre dans notre pays, ils se croient"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3373, "fin_caractere_exclue": 3414, "texte": "obligés à une indulgence et à une condes­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3458, "fin_caractere_exclue": 3488, "texte": "cendance peut-être excessives."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3540, "fin_caractere_exclue": 3580, "texte": "Le tarif des primes semble établi en vue"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3627, "fin_caractere_exclue": 3670, "texte": "de cet endettement des subsides, assez con­"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3717, "fin_caractere_exclue": 3764, "texte": "traire à l'esprit des encouragements officiels."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3816, "fin_caractere_exclue": 3853, "texte": "D'après ce tarif, un ouvrage en un ou"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3899, "fin_caractere_exclue": 3937, "texte": "deux actes n'a droit qu'à une prime de"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 3985, "fin_caractere_exclue": 4000, "texte": "40 à 60 francs."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4041, "fin_caractere_exclue": 4094, "texte": "le          Le taux des primes est calculé d'après le"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4144, "fin_caractere_exclue": 4187, "texte": "nombre d'actes, ce qui est, à mon avis, une"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4233, "fin_caractere_exclue": 4275, "texte": "base d'appréciation difficile à justifier."}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 4328, "fin_caractere_exclue": 4368, "texte": "L'article 1er du règlement de 1883 porte"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "que les subsides sont payés pour chacune"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 188, "texte": "des cinq premières représentations dans la que,"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 226, "fin_caractere_exclue": 282, "texte": "localité où l'ouvrage a été monté la première nistration"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 317, "fin_caractere_exclue": 371, "texte": "fois, mais l'article 2 ajoute que :               sant"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 411, "fin_caractere_exclue": 460, "texte": "•s Lorsque, après avoir été joué pour la subsides"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 497, "fin_caractere_exclue": 542, "texte": "première fois sur un théâtre en Belgique, une"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 569, "fin_caractere_exclue": 613, "texte": "l'ouvrage est transporté sur une scène d'une"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 661, "fin_caractere_exclue": 710, "texte": "autre localité du pays, il est accordé pour l'une"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 749, "fin_caractere_exclue": 799, "texte": "chacune des cinq premières représentations, espèce"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 838, "fin_caractere_exclue": 880, "texte": "dans chaque ville ou commune, un subside —"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 923, "fin_caractere_exclue": 973, "texte": "égal à la moitié de celui qui a été accordé à ment"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1010, "fin_caractere_exclue": 1064, "texte": "ces ouvrages en vertu de l'article 1er. »        toute"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1111, "fin_caractere_exclue": 1156, "texte": "Cette disposition est critiquable et ne sens,"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1188, "fin_caractere_exclue": 1215, "texte": "tient pas compte des faits."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1286, "fin_caractere_exclue": 1328, "texte": "11 est certain qu'un opéra, qui suppose le"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1374, "fin_caractere_exclue": 1415, "texte": "des chœurs, un orchestre, une machination"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1457, "fin_caractere_exclue": 1499, "texte": "compliquée, une quantité d'accessoires, ne"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1528, "fin_caractere_exclue": 1571, "texte": "peut être facilement transporté d'une scène"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1622, "fin_caractere_exclue": 1666, "texte": "à une autre, et que, en pratique, par consé­"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1712, "fin_caractere_exclue": 1755, "texte": "quent, le droit à la prime se trouve épuisé"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1798, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "après cinq représentations."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1894, "fin_caractere_exclue": 1932, "texte": "Une comédie, au contraire, après avoir"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1980, "fin_caractere_exclue": 2024, "texte": "été jouée à Bruxelles, peut facilement, et à"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2070, "fin_caractere_exclue": 2112, "texte": "peu de frais, être montée successivement à"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2154, "fin_caractere_exclue": 2191, "texte": "Ixelles, à Schaerbeek et même à Erps-"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2247, "fin_caractere_exclue": 2288, "texte": "Querbs, où il y a, paraît-il, un théâtre."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2336, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "[Hilarité ) Elle peut même être jouée à"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2424, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "Gheel, où M. Lammens nous a dit qu'il y"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2510, "fin_caractere_exclue": 2538, "texte": "a une scène subventionnée..."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2591, "fin_caractere_exclue": 2626, "texte": "M. Lammens. — Il y en a même deux !"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2687, "fin_caractere_exclue": 2725, "texte": "M. Dupont. — Pour les aliénés des deux"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2771, "fin_caractere_exclue": 2798, "texte": "sexes. (Nouvelle hilarité.)"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2871, "fin_caractere_exclue": 2914, "texte": "M. de Burlet, ministre de l'intérieur et de"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2956, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "l'instruction publique. — Chaque déplace­"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3041, "fin_caractere_exclue": 3083, "texte": "ment donne ouverture, pendant trois ans, à"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3131, "fin_caractere_exclue": 3165, "texte": "une nouvelle série de cinq primes."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3232, "fin_caractere_exclue": 3271, "texte": "C'est ainsi que le Testament de l'Oncle"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3308, "fin_caractere_exclue": 3349, "texte": "Turlupin ou telle autre comédie du réper­"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3353, "fin_caractere_exclue": 3392, "texte": "toire subsidié pourrait loucher plus de"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3396, "fin_caractere_exclue": 3436, "texte": "primes que Richilde, l'opéra de M. Emile"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3534, "fin_caractere_exclue": 3542, "texte": "Mathieu."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3644, "fin_caractere_exclue": 3682, "texte": "11 importe cependant que, lorsqu'on se"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3784, "fin_caractere_exclue": 3824, "texte": "trouve en présence de telle oeuvre d'une"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3920, "fin_caractere_exclue": 3963, "texte": "réelle valeur, on puisse lui accorder mieux"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4051, "fin_caractere_exclue": 4085, "texte": "que les sommes dérisoires du tarif"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4173, "fin_caractere_exclue": 4211, "texte": "Tout cela est mis à l'étude et je suis"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4215, "fin_caractere_exclue": 4257, "texte": "charmé de trouver un appui dans les obser­"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4262, "fin_caractere_exclue": 4305, "texte": "vations de l'honorable membre. Il ne s'agit"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4310, "fin_caractere_exclue": 4348, "texte": "pas de bouleverser radicalement ce qui"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4409, "fin_caractere_exclue": 4450, "texte": "existe, mais d'améliorer graduellement ce"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4498, "fin_caractere_exclue": 4533, "texte": "qui est défectueux dans le système."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "L'honorable membre a exprimé l'opinion"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 225, "texte": "vraisemblablement, les frais d'admi­"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 283, "fin_caractere_exclue": 316, "texte": "nécessités par les études condui­"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 372, "fin_caractere_exclue": 406, "texte": "à l'octroi et à la répartition des"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 461, "fin_caractere_exclue": 496, "texte": "étaient assez élevés et absorbaient"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 543, "fin_caractere_exclue": 568, "texte": "partie notable du crédit."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 623, "fin_caractere_exclue": 660, "texte": "Lorsqu'une question est soulevée dans"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 711, "fin_caractere_exclue": 748, "texte": "ou l'autre Chambre, je ne vois aucune"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 837, "texte": "de difficulté, en ce qui me concerne,"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 881, "fin_caractere_exclue": 922, "texte": "bien au contraire, — à dire très sincère­"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 974, "fin_caractere_exclue": 1008, "texte": "et très complètement à l'assemblée"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1065, "fin_caractere_exclue": 1105, "texte": "la vérité sur la situation. C'est, à mon"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1157, "fin_caractere_exclue": 1186, "texte": "la plus saine des politiques."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1241, "fin_caractere_exclue": 1280, "texte": "Il résulte donc de mes informations que"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1329, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "crédit de 37,000 francs dont il a été parlé"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1416, "fin_caractere_exclue": 1455, "texte": "sert à payer les jetons de présence des"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1500, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "quatre comités de lecture."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1581, "fin_caractere_exclue": 1620, "texte": "Cela coûte environ 3,500 francs par an;"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1667, "fin_caractere_exclue": 1710, "texte": "les appointements des secrétaires du comité"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1756, "fin_caractere_exclue": 1795, "texte": "coûtent environ 3,000 francs par an, et"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1847, "fin_caractere_exclue": 1888, "texte": "ensuite les frais de voyage et de séjour,"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1933, "fin_caractere_exclue": 1977, "texte": "lorsqu'il s'agit d'assister à l'audition des"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2025, "fin_caractere_exclue": 2067, "texte": "pièces sur les scènes dramatiques, donnent"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2113, "fin_caractere_exclue": 2151, "texte": "lieu aussi à une dépense assez élevée."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2207, "fin_caractere_exclue": 2244, "texte": "Il y a donc environ 10,000 francs sur"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2289, "fin_caractere_exclue": 2333, "texte": "37,000 qui sont absorbés par les frais d'ad­"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2376, "fin_caractere_exclue": 2421, "texte": "ministration : il reste ainsi 25,000 à 26,000"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2464, "fin_caractere_exclue": 2507, "texte": "francs affectés aux subsides aux auteurs et"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2559, "fin_caractere_exclue": 2584, "texte": "aux sociétés dramatiques."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2640, "fin_caractere_exclue": 2680, "texte": "Seulement, il y a toute une organisation"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2726, "fin_caractere_exclue": 2768, "texte": "qui fonctionne, depuis longtemps, en vertu"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2820, "fin_caractere_exclue": 2864, "texte": "d'arrêtés royaux et je ne puis que promettre"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2915, "fin_caractere_exclue": 2953, "texte": "à M. Lammens d'examiner la question en"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 2998, "fin_caractere_exclue": 3037, "texte": "tenant sérieusement compte des observa­"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3084, "fin_caractere_exclue": 3127, "texte": "tions qu'il a faites, et cela avec la ferme"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3179, "fin_caractere_exclue": 3225, "texte": "intention de faite disparaître les singulières"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3272, "fin_caractere_exclue": 3304, "texte": "anomalies qui peuvent exister. »"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3493, "fin_caractere_exclue": 3530, "texte": "Le gouvernement n'est pas encore par­"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3595, "fin_caractere_exclue": 3637, "texte": "venu à constituer le jury du concours pour"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3735, "fin_caractere_exclue": 3780, "texte": "le prix quinquennal de littérature française."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 3881, "fin_caractere_exclue": 3916, "texte": "Il paraît que M. Gustave Frédérix a"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4016, "fin_caractere_exclue": 4047, "texte": "refusé de faire partie du jury."}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4142, "fin_caractere_exclue": 4165, "texte": "La fin du monde, quoi !"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4362, "fin_caractere_exclue": 4404, "texte": "Un des plus grands écrivains de ce siècle,"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4451, "fin_caractere_exclue": 4493, "texte": "Hippolyte-Adolphe Taine, est mort à Paris,"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 4547, "fin_caractere_exclue": 4557, "texte": "le 5 mars."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 95, "texte": "La Jeune Belgique lui consacrera pro­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 117, "texte": "chainement une étude."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 228, "texte": "En attendant, nos lecteurs liront avec"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 275, "fin_caractere_exclue": 317, "texte": "intérêt le passage suivant d'un article de"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 366, "fin_caractere_exclue": 385, "texte": "M. Maurice Barrès :"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 461, "fin_caractere_exclue": 503, "texte": "« On ne comprendrait pas le sens de la vie"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 546, "fin_caractere_exclue": 589, "texte": "de M. Taine, si l'on ne posait tout d'abord"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 642, "fin_caractere_exclue": 681, "texte": "et très fortement que la passion de cet"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 735, "fin_caractere_exclue": 773, "texte": "homme fut de voir clair. 11 s'appliqua"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 828, "fin_caractere_exclue": 872, "texte": "classer les faits sous un autre fait dont on"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 921, "fin_caractere_exclue": 963, "texte": "put déduire leur nature, leurs rapports et"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1013, "fin_caractere_exclue": 1031, "texte": "leurs changements."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1094, "fin_caractere_exclue": 1135, "texte": "Chaque groupe de faits a sa cause : cette"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1136, "fin_caractere_exclue": 1176, "texte": "cause est un fait. M. Taine ne vécut que"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1177, "fin_caractere_exclue": 1218, "texte": "pour saisir la cause ordonnatrice dans la"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1219, "fin_caractere_exclue": 1261, "texte": "multitude des faits que nous classons sous"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1312, "fin_caractere_exclue": 1358, "texte": "les noms de littérature anglaise, civilisation"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1403, "fin_caractere_exclue": 1446, "texte": "italienne, révolution française, etc., etc."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1499, "fin_caractere_exclue": 1533, "texte": "Cet homme est admirable, pour nous"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1592, "fin_caractere_exclue": 1635, "texte": "avoir présenté, sous vingt-cinq formes, une"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1680, "fin_caractere_exclue": 1716, "texte": "même méthode de raisonner et de com­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1769, "fin_caractere_exclue": 1777, "texte": "prendre."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1870, "fin_caractere_exclue": 1913, "texte": "Il fut notre professeur d'analyse. Et notre"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1914, "fin_caractere_exclue": 1955, "texte": "éducation, il la commença dès son premier"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1956, "fin_caractere_exclue": 2000, "texte": "livre, quand il s'appliqua à nous faire voir"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2050, "fin_caractere_exclue": 2092, "texte": "que chez les « philosophes classiques » de"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2146, "fin_caractere_exclue": 2188, "texte": "ce siècle, chez MM. Cousin, Royer-Collard,"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2240, "fin_caractere_exclue": 2280, "texte": "Jouffroy, Maine de Biran, la méthode est"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2332, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "nulle, et qu'en même temps il nous invitait"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2427, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "à reprendre la tradition des Condillac et des"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2621, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "Cabanis tonifiée par une féconde méditation"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2713, "fin_caractere_exclue": 2753, "texte": "de l'Ethique de Spinoza et de la Logique"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2772, "fin_caractere_exclue": 2781, "texte": "de Hegel."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2869, "fin_caractere_exclue": 2906, "texte": "Et quand il nous promena ensuite dans"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3050, "fin_caractere_exclue": 3092, "texte": "l'histoire de la pensée anglaise, dans les"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3142, "fin_caractere_exclue": 3180, "texte": "musées italiens, dans la vie privée de"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3236, "fin_caractere_exclue": 3280, "texte": "Thomas Graindorge, etc., etc., c'était moins"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3331, "fin_caractere_exclue": 3371, "texte": "encore pour nous renseigner sur tous ces"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3423, "fin_caractere_exclue": 3464, "texte": "instants de la civilisation que pour nous"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3613, "fin_caractere_exclue": 3634, "texte": "enseigner à analyser."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3707, "fin_caractere_exclue": 3747, "texte": "M. Taine, c'est notre professeur de psy­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3797, "fin_caractere_exclue": 3836, "texte": "chologie, le père vénéré des analystes."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3988, "fin_caractere_exclue": 4028, "texte": "Je m'arrête encore dans ce raccourci que"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4080, "fin_caractere_exclue": 4122, "texte": "j'essaye de tracer de l'influence de Taine"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4173, "fin_caractere_exclue": 4217, "texte": "sur la pensée française. Je la sens si vive­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4246, "fin_caractere_exclue": 4288, "texte": "ment, celte influence, je lui garde, à cet"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4338, "fin_caractere_exclue": 4380, "texte": "illustre mort, une si vive reconnaissance!"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4432, "fin_caractere_exclue": 4474, "texte": "Ne lui devons-nous pas, entre autres bien-"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4614, "fin_caractere_exclue": 4661, "texte": "faits, le meilleur de Paul Bourget, le meilleur"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4704, "fin_caractere_exclue": 4745, "texte": "de Vogué aussi. Ah ! Renan mort, que nous"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4776, "fin_caractere_exclue": 4793, "texte": "reste-t-il donc !"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 150, "fin_caractere_exclue": 185, "texte": "En résumé, nous expliquons M. Taine"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 274, "texte": "tout entier comme étant l'homme de la"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 326, "fin_caractere_exclue": 365, "texte": "méthode dite l'analyse. Nous l'admirons"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 417, "fin_caractere_exclue": 456, "texte": "comme un type, parce qu'il a manifesté,"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 508, "fin_caractere_exclue": 545, "texte": "plus qu'aucun homme de notre connais­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 597, "fin_caractere_exclue": 641, "texte": "sance, ce don singulier qu'on appelle l'ima­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 693, "fin_caractere_exclue": 734, "texte": "gination philosophique. Et nous le remer­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 774, "fin_caractere_exclue": 827, "texte": "à           cions, parce qu'il nous a appris, grâce à"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 879, "fin_caractere_exclue": 920, "texte": "cette méthode et grâce à son enthousiasme"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 972, "fin_caractere_exclue": 1012, "texte": "contagieux, à aimer toutes les formes de"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1064, "fin_caractere_exclue": 1089, "texte": "l'intelligence humaine. »"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1273, "fin_caractere_exclue": 1311, "texte": "M. Paul Verlaine a fait une tournée de"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1363, "fin_caractere_exclue": 1402, "texte": "conférences en Belgique. Notre collabo­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1454, "fin_caractere_exclue": 1494, "texte": "rateur M. Valère Gille nous avait promis"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1546, "fin_caractere_exclue": 1591, "texte": "un article sur les lectures de Pauvre Lélian."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1645, "fin_caractere_exclue": 1679, "texte": "Au moment de mettre sous presse la"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1731, "fin_caractere_exclue": 1768, "texte": "prose gracieuse mais tardive de notre"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 1820, "fin_caractere_exclue": 1865, "texte": "excellent collaborateur nous a fait défaut..."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2010, "fin_caractere_exclue": 2049, "texte": "Infortunés poètes! Quand nous discutons"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2101, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "entre nous, entre gens du métier, la techni­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2197, "fin_caractere_exclue": 2239, "texte": "que de notre art, nous sommes déjà loin de"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2291, "fin_caractere_exclue": 2331, "texte": "nous entendre. Mais quand les prosateurs"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2383, "fin_caractere_exclue": 2426, "texte": "s'en mêlent, plus moyen de voir où l'on va."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2481, "fin_caractere_exclue": 2522, "texte": "Voici, par exemple, ce que, dans l'Avenir"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2574, "fin_caractere_exclue": 2620, "texte": "social, au cours d'un très intéressant article"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2672, "fin_caractere_exclue": 2712, "texte": "sur P. Verlaine, affirme M. H. Carton de"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2764, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "Wiart :"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2826, "fin_caractere_exclue": 2864, "texte": "« En 1865, il donna à l'impression son"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 2916, "fin_caractere_exclue": 2954, "texte": "premier livre : les Poèmes saturniens,"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3006, "fin_caractere_exclue": 3049, "texte": "recueil de vers déjà anciens, faits pour la"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3101, "fin_caractere_exclue": 3141, "texte": "plupart dans son pupitre de rhétoricien."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3194, "fin_caractere_exclue": 3235, "texte": "Verlaine s'y révélait déjà poète indépen­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3287, "fin_caractere_exclue": 3330, "texte": "dant des conventions prosodiques alors uni­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3382, "fin_caractere_exclue": 3422, "texte": "versellement admises, seulement soucieux"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3474, "fin_caractere_exclue": 3517, "texte": "de sincérité et d'humanité. Aussi ne fit-on"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3569, "fin_caractere_exclue": 3611, "texte": "à ce livre, qui parut en même temps que le"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3663, "fin_caractere_exclue": 3702, "texte": "Reliquaire de Coppée, l'honneur de s'en"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3754, "fin_caractere_exclue": 3795, "texte": "occuper un peu que pour renvoyer l'auteur"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3847, "fin_caractere_exclue": 3890, "texte": "au bon français, à la syntaxe, au bon sens,"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 3942, "fin_caractere_exclue": 3983, "texte": "à toutes ces bonnes choses dont les Pont-"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4035, "fin_caractere_exclue": 4078, "texte": "martin d'alors; se croyaient— en vertu d'on"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4130, "fin_caractere_exclue": 4171, "texte": "ne sait quel mandat mystique — les repré­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4223, "fin_caractere_exclue": 4244, "texte": "sentants autorisés. »"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4299, "fin_caractere_exclue": 4337, "texte": "Dans les Poèmes saturniens, Verlaine a"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4389, "fin_caractere_exclue": 4430, "texte": "scrupuleusement observé la technique par­"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4482, "fin_caractere_exclue": 4527, "texte": "nassienne; il n'y a point trace, dans tout le"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4579, "fin_caractere_exclue": 4612, "texte": "volume, du moindre manquement aux"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4664, "fin_caractere_exclue": 4702, "texte": "« conventions prosodiques » dont parle"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4755, "fin_caractere_exclue": 4774, "texte": "M. Carton de Wiart."}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 4861, "fin_caractere_exclue": 4866, "texte": "NEMO."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-03-n3-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Catalogue de la librairie Paul Lacomblez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Paul LACOMBLEZ É D I T E U R", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 184, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 5603, "texte": "Paul LACOMBLEZ\n     É D I T E U R D E « LA J E U N E B E L G I Q U E »\n                             31, rue des Paroissiens, 31\n                                     BRUXELLES\n\n                      Catalogue des livres de fonds :\nBAUDOUX Fernand)     .   . Rythmes vieux, gris et roses, un volume in-16. . fr. 3 50\nBLOY (Léon)                Le Pal, la collection complète 4 nos) très rare . . .      4 »\n                               Les trois premiers numéros, ensemble .          . . 1 »\nBRABANT (Victor) . . .     Notes de voyage, un volume in-18 Jésus                     1 »\nCHAINAYE (Hector) . .      L'Ame des choses                                    . . 3 »\nCUDELL (Ch.)               Printemps sombre, nouvelle, un volume in-18 jésus . 2 »\nDA COSTA. . . .            Grammaire en portefeuille, broch format de poche . 0 50\nDELATTRE (Louis) . . .     Contes de mon village, avec une introduction de\n                               Georges Eekhoud, un volume in-18                       3 »\nDE HAULLEVILLE (Baron P.) En vacances, un volume in-18 Jésus                          3 50\nDELVILLE (Jean) . . . .     Les Horizons hantes, poésies, un vol in-16 Jésus. . 3 »\nDE MESNIL DE VOLKRANGE Un voyage de noces, suivi d'une étude sur « L'art de\n        (Baron).               la ciselure et le Narcisse de Gemito », un volume\n                               in-18 Jésus                                            1 »\nDEMOLDER (Eugène) . .      Contes d'Yperdamme, un volume in-18 Jésus . . .            3 »\n       —                   Impressions d'Art, un volume in-8°                         3 »\n       —                   James Ensor, plaquette de luxe grand in-8° avec le\n                               dessin d'Ensor : Mort mystique d'un théologien . 3 »\n                           (Il a été tiré 6 exempl. sur Japon impérial a 12 francs.\nDESOMBIAUX (Maurice) .     Vers de l'Espoir, un volume in-18 Jésus                    2 »\nDESTRÉE (Jules). . . .     Journal des Destrée, une plaquette in-18 Jésus . . 1 »\nDULAC (Paul)               Vingt-cinq Sonnets, un volume in-16 Jésus. . . .           1 50\n                           (Il a ele tiré 1 exemplaire sur Japon des manufactures\n                               Impériale et 9 exempl. sur Hollande Van Gelder).\nDUPONT (Arthur) . . .      L'Envol des Rêves, poésies, un vol. in-16 raisin . . 2 »\nKEKHOUD (Georges). . .      Nouvelles Kermesses, avec frontispice de Léon Dar-\n                               denne, 1 volume in-8° (quelques exemplaires) . . 7 50\n       —                    La Nouvelle Cartilage, un volume in-18                    3 50\n       —                    Les Fusilles de Malines, un volume in 18 . . . .          3 50\n       —                    Kees Do irik — Kermesses — Les Milices de saint\n                               François (épuisés).\nELSKAMP (Max) . . . .      Dominical, poésies, un volume in-16 raisin . . . .          2 »\nFRÈRES (Adolphe) . .        Ames fidèl s au m) stère, un volume in-16 . . . .         2 50\nGARNIR Georges) . . .       Les Charneux, mœurs wallonnes, un vol in-18 Jésus 3 50\nGIRAUD (Albert). . . .      Hors du Siècle, poésies, un volume in-8' . .           - 3 50\n        —                   Pierrot lun ure, poesies, un volume petit in-12. . . 2 »\n       —                    Pierrot Narcisse, un volume in-16 raisin                   2 »\n                            (Il a été tiré 3 exemplaires sur Japon Impérial et\n                                8 exempl. sur Hollande Van Gelder).\n                            Derniè es fêtes, poésies, un volume in-16, raisin . . 2 »\n                            (Il a été tire 15 exempl. sur Japon des manufactures\n                                Impériales et 10 exempl. sur Hollande Van Gelder).\n ITIBERÊ DA CUNHA (J.). .  Préludes, poésies ; un vol. in—16 raisin                    3 »\n JENART(Aug.) . . . .      Le Barbare, poème-drame en prose, un volume in-18. 2 »\n JEUNE BELGIQUE (Le Parnasse de la), pièces diverses de dix-huit poêles belges, un\n                                fort volume in 8°                                     7 50\n KAHN (Gustave) . . . .     Chansons d'amant, poèmes, un volume in-16 raisin . 3 50\n       —                     Les Palais nomades, poèmes, un volume in-18.               350\n LACOMBLEZ (Paul) . . .     Jeunes filles, une plaquette in-16                         2 »\n       —                    Loth et ses filles, un volume in-16 raisin                 2 »\n                            (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon Impérial et\n                                15 exemplair 5 sur Hollande Van Gelder.\n LAUTRÉAMONT (Comte de)     Les Chants de Maldoror, un volume in-18 . . . . 3 50\n MAETERLINCK (Maurice) .     Les Aveugles (L'Intruse. Les Aveugles), un vol in-18. 3 »\n        —                   La Princesse Maleine, un volume in-18                      3 50\n        —                    Serres chaudes, un volume in-18                           3 »\n                             (Il a été tiré de chaque ouvrage 3 exemplaires sur\n                                Japon à 15 francs et 7 sur Hollande à 6 francs .\n        —                    L'Ornement des noces spirituelles, par Ruysbroeck\n                                l'Admirable, précédé d'une Introduction, un vol.\n                                in-18 .                                                4 »\n                             (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon des manufac­\n                                 tures Impériales et 25 exemplaires sur Hollande\n                                 Van Gelder).\n"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5159, "texte": "MAETERLINCK (Maurice) .       Les Sept Princesses, un volume in-18 . . . . fr.            2 »\n                               (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon Impérial et\n                                   25 exemplaires sur Hollande Van Gelder)\n      —                        Pelléas et Mélisande, un vol. in-18                        3 50\nMALLARMÉ (Stéphane) .          Villiers de l'Isle-Adam, un volume petit raisin in-16,\n                                  avec un portrait de Villiers, gravé par Desboutin.\n                              (Il a été tiré 10 exempl. sur japon à 15 fr., et 25 sur\n                                  hollande à fr. 7.50 avec le portrait en double état).\nMAUBEL (Henry) . . .           Max Waller, une plaquette in-8° (épuisé).\n      —                       Miette, un volume in-16                                     2 50\n      —                        Etude de jeune fille-, un volume in-18                     2 »\n      —                        Une mesure pour rien, comédie, in-8°                       2 »\nPLÉIADE (La), journal littéraire mensuel.\n                              Première année ( 1889), les douze numéros . . . .           3 »\n                              Chaque numéro séparément                                    0 30\n                              Seconde année, les douze numéros (très rare) . . .          5 »\nPOE (Edgar)                    Poésies complètes, traduction de G. Mourey, 1 vol.\n                                  in-18                                                   2 »\nSEVERIN (Fernand) . . .       Le Lys, poésies, avec une eau-forte de Henry De\n                                  Groux, un volume in-16                                  2 »\n                              (Il a été tiré 5 exempl. sur Japon et 25 sur Hollande).\n      —                       Le Don d'Enfance, poème:. : un volume in-16 raisin .        2 »\n                             (Il s été tiré 8 exempl, sur Japon et 32 sur Hollande).\nSLUYTS (Charles) . . .         L'appel des voix, poésies, un volume grand in-16. .        2 »\n                              (Il a été tiré 1 exempl. sur Japon et 25 sur Hollande).\nTORDEUS (Jeanne), professeur au Conservatoire de Bruxelles. — Manuel de pro­\n                                  nonciation, un volume in-18 Jésus       . . .       .   2 50\nVAN LERBERGHE (Charles).       Les Flaireurs, drame, une plaquette grand in-16 . .        1 »\n                              (Il a été tiré 25 exemplaires sur Hollande à 2 francs).\nVERHAEREN (Emile). .            Les Apparus dans mes chemins, poésies, 1 volume\n                                  in 16 raisin                                            2 »\n                              (Il a été tiré quelques exemplaires sur Japon et sur\n                                  Hollande Van Gelder).\n      —                       Les Moines, poésies, un volume in-18                        3 »\nWALLER (Max) . . . .          La Flûte à Siebel, un vol. in-8°, papier vergé . . .        3 50\n                              (Il a été tiré 75 exempl. sur impérial VanGelder à 10 fr.\n      —                       Daisy, roman, un volume in-18 Jésus                         3 »\n                               Volumes en commission :\nGILKIN (Iwan) . . . .           La Damnation de l'Artiste, poésies                    15 »\n     —                          Ténèbres, poésies                                     15 »\nLE ROY (Grégoire). . .          Mon coeur pleure d'autrefois, un volume in-8\", avec\n                                  un frontispice de Fernand Khnopff                   10 »\nNYST (Raymond)         .   .    Volume ayant pour titre une épigraphe, avec un fron- ,\n                                  tispice colorié et un dessin de Nestor Outer . . .   5 »\n       —                        La Création du Diable, un volume in-18, sur papier\n                                  de Hollande, avec une eau-forte deWilly Schlobach. 3 50\nSAROLÉA (Ch.) . . .             Henrik Ibsen, avec portrait, un volume in-16 . . .     2 »\nVERHAEREN (Emile). .       .    Les Soirs (épuisé).\n      —                         Les Débâcles, poésies, un vol. in-8° sur Hollande . . 12 »\n      —                         Les Flambeaux noirs, poèmes. in-8° sur Hollande. . 12 »\n\n  L a J e u n e B e l g i q u e (130 année), Revue mensuelle de littérature et d'art.\n  Abonnements : Belgique, 7 francs par an; Union postale, 8.50. — Le numéro 75 cen­\ntimes. Chacune des années précédentes : 10 francs.\n  L a Société Nouvelle (9e année), Revue internationale (Sociologie, Arts, Sciences et\nLettres).\n  Abonnements : Belgique et France, 12 francs par an; Union postale, 15 fr. — Le\nnuméro : fr. 1.25.\n\n                               A LA MÊME LIBRAIRIE :\n Les œuvres de Baudelaire, Barrés, Bloy, Bourget, Corbière, Dostoïewsky, Heine,\nHuysmans, Ibsen, Laforgue, C. Lemonnier, Mallarmé, Péladan, Poe, de Régnier,\nRodenbach, Tolstoï, Verlaine, Vielé-Griffin, Villiers de l'Isle-Adam, etc., etc.\n\n\n A partir de 3o francs, les achats peuvent se régler en 10 paie­\nments mensuels.\n                    Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 32, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 150, "texte": "Mars 1893.                       T O M E XII. — No 3                               i3 m e Année.\n\n\n\n\n  JEUNE\n                  BELGIQUE\n                                    SOM    MAIRE:\n      José-Maria de Hérédia . . . . * . . . .          ALBERT GIRAUD.\n      Les Masques                                      ALBERT ARNAY.\n      Gisèle                                           ARTHUR DUPONT.\n      Menus propos                               . .   IWAN GILKIN.\n      Une âme au loin                                  JOSÉ HENNEBICQ.\n      Plainte au soleil                                MARCEL FLEURY.\n      Atalante à Calydon (trad. de P . Tiberghien) .   A.-C. SWINBURNE.\n      A la mémoire de Charles De Coster . . .           LA JEUNE BELGIQUE.\n      Chronique artistique :\n        Le Voorwaarts; Le Sillon ; Les XX.       . .   ERNEST VERLANT.\n      Chronique littéraire :\n         I. La Terre promise et Cosmopolis. — II.\n            L'Amant des roses ; le Marquis joué ;\n            Bains de sons; l'Hypnotisme    . . . .      ALBERT GIRAUD.\n      Memento                                           NEMO.\n\n\n         REDACTION                                              BRUXELLES\n!0, SUE D E L A   LIMITE,   BRUXELLES.                   PAUL   LACOMBLEZ,          ÉDITEUR\n                                                                3I, rue des Paroissiens\n                                                                      PARIS\n    PRIX DU NUMÉRO                                     CHAMUEL,     LIBRAIRE-ÉDITEUR.\n                                                             29, rue de Trévise\n         fr. 0-75.\n                                                                        l893\n"}, {"page_pdf": 151, "texte": "                                                                             BELGIQUE\n      BELGIQUE\n                                  N E CRAINS\n\n\n\n\n                   JEUNE\n\n\n\n\n                                                                     JEUNE\n                                                                LA\n                             LA\n                                  N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                              PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n  Fondateur         : MAX W A L L E R MAURICE W A R L O M O N T )\n                            Directeur : IWAN GILKIN.\n                   Rédaction : 110, rue de la Limite, Bruxelles.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                     des Capu­\ncines, 16, à Paris\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom­\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n   A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée-d'Antin.\n    1 L I B R A I R I E P A U L ,            L A C O M B L E Z\n                     rue des Paroissiens, à Bruxelles\n\n\n                           V I E N N E N T DE PARAITRE :\n                                     MAX ELSKAMP\n\n             DOMENICAL.\n                  Poésies, 1 volume in-16 raisin. Prix : 2 francs.\n  II a été tiré quelques exemplaires sur hollande à 5 francs.\n\n                               STÉPHANE      MALLARMÉ\n\n   V I L L I E R S D E L'ISLE-ADAM\nUn volume petit in-16, avec portrait de Vdliers, gravé par Desboutin.\n                           Prix : 3 francs.\n  Tirage sur hollande, avec 2 portraits, bistre et sanguine, à fr. 7 50. — Tirage sur\njapon, à grandes marges, avec 2 portraits, 15 francs.\n\n            PORTRAITS ET SILHOUETTES\n                    par le baron P. DE HAULLEVILLE\n\n                   Vient de paraître chez DEMAN, à Bruxelles\n          TÉNÈBRES\n                                  par IWAN GILKIN\n                               PRIX    : 1 5 FRANCS\n"}, {"page_pdf": 152, "texte": "       JOSÉ-MARIA DE HÉRÉDIA\n                               Le Parnasse où, le soir, las d'un vol    immortel,\n                               Se pose, et d'où s'envole, à l'aurore,   Pégase!\n\n\n\n                                  Ce nom héroïque, couleur d'or et de bronze,\n                                   rayonne enfin sur une œuvre qui lui ressem­\n                                   ble : Les Trophées.\n                                     Trop certain de sa gloire pour en être\n                                  soucieux, M. José-Maria de Hérédia se com­\n                                   plut longtemps à être ignoré de la foule et\n                                   célèbre pour une élite. Ce bel exemple de\n                                  fierté qu'il donna, pendant vingt ans, aux\n                                  bâcleurs de livres pour qui la notoriété via­\n               gère est la digne couronne d'une journalière prostitution de\n               l'esprit, j'ai pu le déplorer autrefois, comme tous ceux qui\n               ne connaissaient M. de Hérédia que par ses poèmes du Par­\n               nasse contemporain. Mais aujourd'hui, je lui en sais gré : car\n               son œuvre éclate, comme une fanfare de soleil, dans le morne\n               et malsain brouillard amassé par une génération poétique qui\n               se condamne elle-même au désordre, à l'anarchie et au néant.\n               Je suis loin de penser, certes, qu'en retardant jusqu'en 1893\n               la publication de ses Trophées, M. de Hérédia ait cédé à\n                l'esprit de calcul — la splendeur de son œuvre défend le poète\n                contre un tel soupçon — et cependant je ne serais pas surpris\n                qu'il eût été encouragé dans son attitude hautaine par une\nmystérieuse intuition. C'est bien aujourd'hui, en effet, au moment où la\npoésie française est en proie aux helminthes de la décomposition, que devait\n                                                                             9\n"}, {"page_pdf": 153, "texte": "                                  -   134   -\n\nparaître ce livre; c'est bien aujourd'hui, au milieu du bredouillage, sénile\net puéril à la fois, d'une tourbe d'écrivailleurs hybrides, trop poètes pour\nêtre prosateurs, et trop prosateurs pour être poètes, à l'heure où les grands\nnoms du Parnasse sont blasphémés par de malfaisants grimauds qui n'ont\njamais lu Leconte de Lisle et qui, s'ils le lisaient, seraient incapables de le\ncomprendre, c'est bien aujourd'hui que M. de Hérédia devait rompre son\nvœu de silence. C'est la revanche du Parnasse, et ce ne sera point la der­\nnière. Si elle est trop amère pour les poètes de demain, que l'un d'entre\neux se dévoue ! Qu'il diffère de quatre lustres seulement la publication de\nsa plus chère œuvre, — et nous verrons si elle possède la vertu des sonnets\nde M. de Hérédia !\n    Dans une épître liminaire adressée à Leconte de Lisle, M. de Hérédia\n s'exprime ainsi :\n    « Un à un, vous les avez vus naître, ces poèmes. Ils sont comme des\n chaînons qui nous rattachent au temps déjà lointain où vous enseigniez\n aux jeunes poètes, avec les règles et les subtils secrets de notre art, l'amour\n de la poésie pure et du pur langage français. Je vous suis plus redevable\n que tout autre : vous m'avez jugé digne de l'honneur de votre amitié. J'ai\n pu, au cours d'une longue intimité, comprendre mieux l'excellence de vos\n préceptes et de vos conseils, la beauté de votre exemple. Et mon titre le\n plus sûr à quelque gloire, sera d'avoir été votre élève bien-aimé. »\n    L'hommage est digne de celui qui le rend et de celui qui le reçoit. Aussi\n j'espère que les poètes futurs, lorsqu'ils renoueront, grâce à l'exemple de\n M. de Hérédia, les fortes et belles traditions du Parnasse, se. ressouvien­\n dront de ses paroles, et que l'un d'eux, ne ressemblant pas plus à l'auteur\n des Trophées que l'auteur des Trophées à l'auteur de Kaïn, mais amou­\n reux comme eux de « la poésie pure et du pur langage français », inscrira,\n avec la même affection respectueuse, au fronton d'une œuvre lyrique égale­\n ment resplendissante, le nom glorieux de M. José-Maria de Hérédia.\n    Notre chronique littéraire du mois d'avril devant être consacrée aux\n  Trophées, je me borne à saluer ici l'apparition d'un beau livre, et j'offre\n à M. José-Maria de Hérédia, au nom de la Jeune Belgique, un lointain\n tribut de reconnaissance et d'admiration.\n                                                        ALBERT GIRAUD\n"}, {"page_pdf": 154, "texte": "                     — 135 —\n\n\n\n\n           LES MASQUES\nLes masques, les masques\nAux ronrons heurtés des tambours de basque\nTracent de minces sillons...\nDéçus et fanés sous la fine pluie maussade\nMollement ils vont,\nPonctuant le trille à la cantonade\nD'une enfant prodigue aux gestes légers\nQue l'on veut aimer.\n\nLes masques — oh ! blancs, rouges, verts, bleus, jaunes,\nSe traînent perclus parmi le brouillard\nDu soir traquenard ;\nLes voici Eves sans pommes, aphones faunes,\nLes voici folies sans une folie,\nSans être jolies\nSous leurs maladroits airs d'homme.\n\nLes masques et ces cris — ruts impatients d'être,\nDésir de s'instaurer le berger de ce soir\nSans escalader de fenêtre...\nEt leurs rauques sons de cor d'après boire,\nExpirant brisés comme une détresse\nQue la nuit hostile étouffe et délaisse!\n\nLes masques falots au loin évoluent,\nBroyés par la main de fer\nDe l'ennui surgi du plaisir amer ;\nEt leur triste joie, ah! leur joie ne sait\nS'avérer enfin et factice sue\nEt n'est plus l'accorte qui se haussait,\nElançant son rire vif, dans les atellanes.\n\nEt l'on est las soi-même et l'on a des lianes\nDe torpeur en soi-même et des désirs de mort\nAnnulant tout nouvel effort...\nEt l'on a peur de la rancœur\nComme une fleur de boue éclose au fond du cœur\nEn ce soir de boue et de torts!\n                                          ALBERT ARNAY\n"}, {"page_pdf": 155, "texte": "                           — 136 —\n\n\n\n\n                        GISÈLE\nGisèle est cette fée aux sourires peureux\nQui marche dans la nuit, pensive et diaphane,\nSi frêle qu'un baiser de la brise profane\nLa blanche majesté de ses bras vaporeux.\n\nSes linons près de terre ont des glissements d'anges\nQue nulle âme jamais ne suivit pas à pas,\nEt dans ses yeux penchés sur la route, très bas,\nSommeillent doucement des visions étranges.\n\n— « A quoi rêver ainsi, seule par les chemins,\nDans les soirs où surgissent de vaines étoiles?\nPourquoi les pleurs à tes yeux tissent-ils des voiles,\nEt se courbe ta tête et se joignent tes mains ?\n\n« Gisèle, réponds-moi, pauvre fleur douloureuse,\nQuel souffle a dispersé tes rêves d'autrefois ?\nQuelle main trop injuste et trop rude à la fois\nA porté l'amertume à ta lèvre rieuse ? »\n\n— « Pourquoi me demander le secret de mon cœur?\nLaissez mon cœur souffrir ses peines primitives ;\nMalgré vous se cloront les pâles sensitives,\nMalgré vous survivra mon antique douleur.\n\n« Mais il me sera doux de savoir, ô poète,\nQu'il est encor sur terre un règne de pitié ! »\n— « Oh! dis-moi ton chagrin, j'en prendrai la moitié !\nLe soir, dans mes deux mains, tu poseras ta tête\n\n« Et nous nous aimerons de ce puissant amour\nQui pousse les souffrants, les faibles l'un vers l'autre ;\nDésormais un bonheur pieux sera le nôtre,\nUn bonheur ignorant de la nuit et du jour.\n"}, {"page_pdf": 156, "texte": "                                  -   137     -\n\n   « Enfant, nous marcherons dans le soleil des plaines,\n   Royaume populeux des fruits et des oiseaux,\n   Nous boirons notre image à l'onde des ruisseaux\n   Où les liserons blancs naîtront sous nos haleines ;\n\n   « A tes cheveux légers je planterai ces fleurs\n   Et tu m'apparaîtras alors, à la vesprée,\n   Ainsi qu'un firmament de grâce diaprée\n   Où règneraient en paix des astres de pâleurs ! »\n\n   Mais Gisèle a passé devant moi sans répondre :\n   J'ai vu ses grands yeux bleus s'éteindre dans la nuit\n   Et son corps, plus rapide qu'un oiseau qui fuit,\n   Effleurer d'un adieu mon rêve qui s'effondre !\n\n                                                      ARTHUR      DUPONT\n\n\n\n\n                    MENUS PROPOS\n            I1 n'y a pas de forme sans fond, pas plus qu'il n'y a de couleur\n             sans substance colorée.\n\n                Quand nous disons : « Soignez la forme ! » les sourds com­\nprennent mal et prétendent que nous avons dit : « Négligez le fond ! » —\nQue leur sottise retombe sur leur tête.\n\n  Corneille a écrit :\n           Que vouliez-vous qu'il fît contre trois ? — Qu'il mourût!\n  Substituez à ce vers le bout de dialogue suivant :\n                                      JULIE\n           Que vouliez-vous qu'il fit contre trois?\n\n                             L E VIEIL H O R A C E\n                                                     Nom d'un chien !\n           Qu'il se laissât périr s'il n'était propre à rien !\n  La pensée est la même ; la forme seule diffère : jugez !\n"}, {"page_pdf": 157, "texte": "                                — 138 —\n\n\n  Une pensée médiocre, joliment exprimée, restera certes une pensée\nmédiocre : du moins sera-t-elle dorée d'un léger reflet de beauté. Une\ngrande pensée stupidement exprimée, cela ne peut pas même se concevoir,\ncar la pensée ne peut se manifester que dans la mesure de sa forme. Pré­\ntendre qu'une pensée peut être belle sous une forme médiocre ou mal\nvenue, c'est admettre que la Vénus de Milo peut être bossue ou boiteuse.\nVous figurez-vous une belle pensée informe?\n\n\n  L'art est la matrice des formes. Les pensées, petites ou grandes, ne sont\nque la matière qu'on y verse.\n\n  L'équilibre, la proportion, voilà la loi éternelle. Donner une forme\ngrande à une pensée petite, une forme petite à une pensée qui veut être\ngrande, c'est rater l'œuvre d'art que l'on souhaite faire.\n\n   L'obscurité, le crépuscule, l'énigme, le mystère peuvent être l'objet de\nl'œuvre d'art au même titre que les révélations nettes de la lumière. Ici\nencore, approprie la forme à la substance. Et toi, bon critique, ne va pas\nreprocher au mystère de n'être pas clair : tu finirais par faire rire les\nsphynx.\n\n   Les larmes ne deviennent immortelles que lorsqu'un parfait magicien les\ncristallise en irréprochables diamants.\n\n  Le sourire de la Joconde brille à travers les âges parce qu'une main\nsavante l'a retracé sur la toile. Si la main eût tremblé, elle eût gâté son\nouvrage.\n\n  Le cœur doit échauffer le cerveau, non le brûler.\n\n   Veux-tu faire un chef-d'œuvre en peignant ta maîtresse? Il faut que\nd'avance tu aimes mieux le portrait que l'original.\n\n\n  Si tu ne préfères pas sincèrement l'art à l'amour, tu seras peut-être Don\nJuan, tu ne seras jamais Michel-Ange.\n"}, {"page_pdf": 158, "texte": "                                 -   139   -\n\n   Sais-tu incarner dans ton œuvre la beauté? Il suffit : tu as, par là-même,\nfait acte de science et de vertu.\n\n   Les mêmes gens qui définissent doctement le Beau et l'appellent « la\nSplendeur du Vrai » ou « la Splendeur du Bien », ne cessent de crier au\njeune artiste : « Méfie-toi de la splendeur, imprudent! Ne t'occupe du Bien\net du Vrai que dans leur état le plus ordinaire ; s'ils s'avisent de devenir\nsplendides, nous ne les reconnaissons plus. »\n  — Dors en paix, bon jeune homme ; leur définition ne vaut rien et leur\nconseil pas davantage.\n\n  A chacun son métier. Ne demande pas à ton curé une opinion d'artiste;\nce n'est pas à Alfred de Musset que tu demanderais l'extrême-onction.\n\n\n  L'art aussi a ses souverains pontifes : ils s'appellent Homère, Dante,\nLéonard, Shakespeare, Wagner         Et dans leur église, le seul droit d'un\nLéon X est de se taire et d'admirer.\n\n\n  M. Tartempion peut être cité, selon la nature de l'affaire, devant le juge\ncivil, le juge criminel ou le juge de commerce. L'œuvre d'art peut être citée\nau tribunal du Beau, au tribunal du Vrai ou au tribunal du Bien: le pre­\nmier seul rendra un jugement artistique.\n\n\n  Pour une belle âme, rien de meilleur que la beauté.\n\n   Mieux vaut rendre belles de petites idées en les revêtant d'une forme\nartistique que d'estropier de grandes pensées en les déformant par de\npiètres expressions.\n\n  Si tu as une âme d'artiste, la jambe d'une belle statue grecque éveillera\nen toi d'aussi profonds sentiments et d'aussi hautes pensées que la lecture\nde Platon ou de Sophocle.\n\n Si tu fais un seul mauvais vers pour plaire au pape, à l'empereur ou à\nRavachol, tu n'es qu'un misérable.\n\n\n Ai-je conseillé au jeune artiste l'art immoral? Tartufe l'affirme. Tartufe\nment, même lorsqu'il croit ce qu'il dit.\n"}, {"page_pdf": 159, "texte": "                                    — 140 —\n\n\n\n   Ne l'oublie point : Comme tout homme, l'artiste est tenu par sa cons­\ncience; s'il croit pécher, il pèche.\n   Mais qui es-tu, toi qui prétends sonder les cœurs et les reins des prêtres de\nla Beauté?\n\n   Sache-le donc : La morale est un élément de l'esthétique : l'a vaillance, la\ngénérosité, la bonté excitent l'admiration; la lâcheté, la trahison, la vio­\nlence répugnent. Vois donc ce que tu veux faire.\n   Toi qui prétends nous montrer l'image du monde, mélange savamment\nle bien et le mal.\n                                      **\n   L'art commence où l'action cesse. Ce n'est point dans les combats que\nnos sauvages aïeux ornaient leurs armes. Et réciproquement l'art cesse où\ncommence l'action.\n   Rappelle-toi cela quand les idéalistes de l'action te parleront d'art social.\n\n\n  Il n'est point de grand homme pour son valet de chambre, dit le pro­\nverbe. Si tu approches un grand homme, sois son disciple, non son valet.\nSouviens-toi de cet autre proverbe :\n                Et lorsque sur quelqu'un on prétend se régler,\n                C'est par les beaux côtés qu'il lui faut ressembler.\n\n\n\n   Les fils de Gribouille s'enferment dans les ténèbres pour ne point voir les\ntaches du soleil.\n\n Sache comprendre la nature et n'en reproduis les phénomènes qu'en y\nmontrant leur loi.\n\n  Le grand art réalise à sa manière le grand œuvre : c'est l'alchimie des\nbelles formes; il en extrait la quintessence.\n\n\n   La Nature et l'Art sont pareils au grand sphynx de granit, qui est immo­\nbile et muet. Mais s'il ne dit rien au commun des hommes, le sphynx parle\naux initiés et se révèle à eux dans la mesure de leur intelligence.\n\n\n   La loi fondamentale de l'art c'est l'harmonie, et l'harmonie, c'est l'équi­\nlibre vivant.\n"}, {"page_pdf": 160, "texte": "                                141\n\n\n\n Pour construire ton œuvre, opère comme un bon architecte et sache\nmanier en maître le compas, l'équerre et le niveau.\n\n\n  Peux-tu imaginer ce fruit de chair humaine, — un cœur, — qui aurait\npour noyau solide la raison. C'est à cela que doit ressembler l'œuvre d'art.\n\n\n   Entre l'homme de génie et la femme il y a une inimitié éternelle, car il\nn'a pas besoin d'elle pour créer sa prostérité.\n                                                     IWAN GILKIN\n\n\n\n\n               UNE AME AU LOIN\n    Je devine en vos yeux des douceurs de pardon\n    Et votre âme lointaine est comme une aube claire!\n    N'est-ce pas votre voix qui tinte d'abandon,\n    Cette cloche dolente et si lente et si chère?\n\n    Ou n'est-ce pas un glas, vous mourez-vous au loin,\n    Très seule dans la nuit comme une âme en détresse?\n    Ou n'est-ce pas mon cœur se plaignant sans témoin\n    Cette cloche dolente et lente en sa tristesse?\n\n   Vos mains ont eu pour moi des gestes de bonté\n   — Ah! cette nuit pourquoi mon âme est-elle en peine?\n   Et vos lèvres m'ont dit des verbes de clarté.\n   Ou serait-ce un appel, cette cloche incertaine?\n\n   Et me réclamez-vous, je ne sais où, là-bas?\n   Est-ce au ciel ou sur terre, êtes-vous morte ou vive?\n   Ce soir morne, pourquoi mon cœur est-il si las,\n   Cette cloche pourquoi bat-elle à la dérive?\n\n                                                   J O S É HENNEBICQ.\n"}, {"page_pdf": 161, "texte": "                       —   142 —\n\n\n\n\n       PLAINTE AU SOLEIL\nOh! pourquoi revenir, soleil des temps meilleurs,\nBaigner mes derniers jours de sereines splendeurs,\nEt rallumer au ciel tes pourpres rutilantes\nLorsque je veux méteindre en les ombres silentes?\nNe pouvais-tu laisser à l'enfant qui meurt seul\nL'hiver qui lui tissait un candide linceul?\nTa gloire d'or sourit trop tôt sur ma fenêtre :\nA tes chaudes ardeurs mon corps se sent renaître,\nEt lui qui lentement s'endormait dans la mort\nVoici que tes baisers le réveillent encor !\n\nJe suis comme un enfant sorti de trop beaux songes,\nA qui le rêve a murmuré ses doux mensonges;\nComme un enfant au cœur fleuri d'illusions,\nQue bercent chaque soir de tendres visions;\nComme un très simple enfant qui croit à sa chimère\nEt pour qui l'heure du réveil est bien amère !...\nCar déjà s'en venait vers mon délaissement\nCelle que m'annonçait un long pressentiment,\nCelle dont mes désirs appellent l'hyménée :\nLa mort, à qui je sais ma langueur destinée!\nDéjà l'ombre et l'oubli, comme un épais bandeau,\nS'étendaient sur mes yeux; et, las de leur fardeau,\nMes bras meurtris volaient vers ma libératrice,\nDont je buvais la froide haleine avec délice...\nA des accords de songe, à des accords si doux\nQu'ils eussent fait tomber les anges à genoux,\nMon âme, en la candeur des chastetés premières,\nS endormait loin du faste éclatant des lumières,\nDans l'extase sans nom du suprême sommeil...\n\nOh! pourquoi m'arracher à mon rêve, ô soleil,\nEn m'ôtant ces trésors si chers à mon envie?\nHélas! je veux mourir — et tu me rends la vie!\n                                        MARCEL FLEURY\n"}, {"page_pdf": 162, "texte": "                                       — 143 —\n\n\n\n            ATALANTE A CALYDON\n                                      ARGUMENT\n\n   Althée, reine de Calydon, fille de Thestius et d'Eurythémis, étant grosse de Méléagre,\nson premier-né, rêva qu'elle accouchait d'un tison ardent; et à la naissance de son fils,\nvinrent les trois Parques qui lui prophétisèrent les trois choses suivantes : Il aurait en ses\nmains une grande vigueur, sa vie serait heureuse et il cesserait de vivre quand le tison,\nqui en ce moment était dans le foyer, serait consumé; c'est pourquoi Althée saisit le tison\net le conserva près d'elle. Et l'enfant devenu homme s'embarqua avec Jason pour chercher\nla toison d'or et acquit une grande gloire parmi tous les vivants; quand les tribus du\nNord et de l'Occident portèrent la guerre en Etolie, il combattit leur armée et la dispersa.\nMais Artémis, ayant d'abord poussé ces tribus à la guerre contre Œneus, roi de Calydon,\nparce qu'il avait sacrifié à tous les dieux, l'exceptant seule et oubliant de l'honorer, Arte-\nmis fut encore plus irritée à cause de la destruction de cette armée, et envoya au pays de\nCalydon un sanglier qui tuait beaucoup d'hommes et dévastait tous les champs; mais\npersonne ne pouvait le tuer, et beaucoup marchèrent contre lui et périrent. Alors tous les\nchefs de la Grèce furent assemblés et parmi eux une vierge, Atalante, fille de Jasius l'Ar­\n cadien; pour l'amour d'elle, Artemis permit que le sanglier fût tué, car elle favorisait\ngrandement la vierge; et Méléagre, l'ayant achevé, en donna la dépouille à Atalante,\nmontrant ainsi l'excès de son amour ; mais les frères d'Althée, sa mère, Toxeus et Plexip­\npus, et tels autres, mécontents que la vierge seule emportât la gloire où beaucoup avaient\nsupporté la peine, dressèrent une embûche pour lui enlever la dépouille; mais Méléagre\nles combattit et les tua ; quand Althée, leur sœur, les vit et qu'elle sut qu'ils avaient été\ntués par son fils, elle fut affolée de colère et de chagrin ; et prenant le tison, par lequel\nétait mesurée la vie de son fils, le jeta sur le feu ; et à mesure qu'il se consumait, la vie\nde Méléagre se consumait aussi; si bien qu'ayant été ramené à la demeure de son père,\nil mourut en peu de temps ; et après lui sa mère ne put résister longtemps à la douleur;\nainsi finit-il et ainsi finit cette chasse.\n\n                                    PERSONNAGES :\n      LE CHEF DES CHASSEURS                          TOXEUS\n      LE CHŒUR                                       PLEXIPPUS\n      ALTHÉE                                         LE HÉRAUT\n      MÉLÉAGRE                                       LE MESSAGER\n      ŒNEUS                                          SECOND MESSAGER\n      ATALANTE\n\n                          ATALANTE A CALYDON\n   LE CHEF DES CHASSEURS. — Vierge, maîtresse des mois et des astres\nrefermés maintenant dans les champs du ciel défleuris ; divinité que tous\nles dieux aiment triplement, triple en ta déité complexe : lumière pour les\nmorts et pour les heures obscures ; pied agile du matin sur les collines ; et\npour tous les êtres farouches et rapides qui rugissent et rôdent, bras mor­\ntel, aux traits plus doux que la neige ou que le sommeil; écoute, mainte-\n"}, {"page_pdf": 163, "texte": "                                     — 144 —\n\nnant, et protège-nous, et ne lève pas une main violente, mais sois propice\net bonne comme le rayon de ton œil qui se cache puis se montre dans le\nciel; car toute la nuit, au milieu des chiens du roi et des chasseurs, j'ai tra­\nvaillé et je t'ai adorée ; et l'homme ne verra pas de plus beaux limiers ni\nd'épieux à la pointe plus mortelle; mais la fin est encore hors d'atteinte,\nentre les mains et sur les genoux des dieux. O soleil à la belle face, tuant\nles astres et les rosées, et les songes et la désolation de la nuit, lève-toi, brille,\nétends la main, à l'aide de ton arc atteins la hauteur la plus sombre du ciel\ntremblant; brûle et brise l'ombre autour de ta route, et perce-la de traits\nnombreux; agite ta chevelure comme la flamme au-dessus de l'écorce sans\néclat qui fut la lune; que tes yeux remplissent le monde, que tes lèvres\ns'embrasent de rayons rapides ; que la terre rie, et que la longue mer, ardente\nsous tes pieds, rie par tout le rugissement et le bouillonnement desflotset\npar l'écume, en étincelles rougissantes et en fleurs fuyantes secouées aux mains\net soufflées aux lèvres des nymphes fendant la vague errante, de leur sein\nou de leur chevelure aux tresses épaisses chargées de sel, toute d'or ou de\nneige frissonnante immaculée ; et autour de toi tous les vents ailés et\ntoutes les sources du monde des eaux; chaque corne d'Acheloüs, et le vert\nEvénus, époux de la mer resserrée. Car tu viens au bon moment.\n   Viens aussi, toi sa sœur jumelle, vierge Artémis, et donne à nos épieux\nleur proie, la peau du sanglier envoyé contre nous par ta colère pour\nnotre faute, à cause des autels privés de sang, de vin et de feu ; mais main­\ntenant, consume-le ; car ton sacrifice brille ardent, et la fumée monte dans\nl'aurore; et une vierge, rose virginale entre toutes tes filles, l'Arcadienne\nAtalante, à l'âme neigeuse, belle comme la neige, rapide comme le vent, du\nLadon et du Ménalus bien boisé, par les collines solides et la mer écumante\na été amenée par toi, ainsi que des rois armés, des héros, la couronne des\nhommes, semblables à des dieux dans la bataille. De plus, de tout le pays\nétolien, — depuis le pâturage Lelantien plein de fleurs, jusqu'au champ\nfertile que le fils de Zeus gagna sur le fleuve rugissant et sur la mer labo­\nrieuse, quand le dieu furieux recula dans ses détours et s'enfuit, quand il\nécumait et s'amoindrissait, et quand ses flots irrités découvraient des terres\nbrillantes fumant sous le soudain soleil, — ces vierges, au lever du jour,\nt'apportent les fraîches guirlandes, et leurs chevelures plus douces, boucles\nluxuriantes pareilles à des fleurs mêlées aux fleurs, des offrandes pures et\ndes hymnes chastes ; mais le temps me sépare de ces choses. Ne m'en\ndonne pas moins protection et honneur ; donne à mes chiens la vitesse,\n aux épieux une pointe aiguë, et la chance à la main de chacun.\n   LE CHŒUR. — Quand les limiers du printemps sont sur les traces de\n"}, {"page_pdf": 164, "texte": "                                   -   145   -\n\n l'hiver, la mère des mois, dans les prés et dans la plaine, remplit les\n retraites ombreuses et fraîches du chuchotement des feuilles et du clapotis\n de la pluie; et le rossignol amoureux, au plumage brun lustré, oublie\n presque Itylus, les vaisseaux de Thrace et les faces étrangères, la veillée\n muette, et toute sa douleur.\n    Viens l'arc bandé et vidant ton carquois, vierge parfaite, reine de\nlumière, au bruit des vents et des rivières nombreuses, dans la clameur des\neaux, dans ta puissance ; attache tes sandales, ô toi la plus rapide, sur la\nsplendeur et la vitesse de tes pieds ; car le doux orient s'éveille, l'orient pâle\nfrissonne, autour des pieds du jour et des pieds de la nuit.\n    Où la trouverons-nous ? Comment chanter vers elle, entourer ses genoux\nde nos bras et l'étreindre? Oh ! si le cœur de l'homme, comme le feu, pou­\nvait jaillir vers elle, comme le feu, ou comme la force des eaux jaillissantes !\nCar les astres et les vents sont autour d'elle comme un vêtement, comme\nles chants du joueur de harpe; car les astres qui se sont levés et ceux qui\nsont tombés s'attachent à elle, et le vent du sud-ouest et le vent d'ouest\nchantent.\n    Car les pluies d'hiver et les ruines sont passées, avec la saison des neiges\net du mal ; les jours séparant l'amant de l'amante, la lumière qui recule, la\nnuit qui gagne le souvenir du passé est douleur oubliée, et les froids\nsont tués, et les fleurs engendrées, et sous bois, dans les abris verts, fleur à\nfleur le printemps commence.\n    Les fleuves gonflés passent sur la fleur des roseaux ; l'herbe épaisse arrête\nle pied du voyageur ; la douce flamme fraîche de la jeune année monte de la\nfeuille à la fleur, et de la fleur au fruit: et le fruit et la feuille sont comme\nl'or et le feu, et le chalumeau triomphe de la lyre, et le pied de corne d'un\nsatyre écrase l'enveloppe des châtaignes sur la racine du châtaignier.\n    Et Pan le jour, et Bacchus la nuit, aux pieds plus rapides que le chevreau\naux pieds rapides, suit en dansant et remplit de joie la Ménade et la Bassa­\nride; et douces comme des lèvres qui rient et se cachent, les feuilles riantes\ndes arbres séparent et dérobent à la vue, puis laissent voir le dieu poursui­\nvant, la vierge cachée.\n    Le lierre retombe avec la chevelure de la bacchante sur les sourcils et\ncache les yeux; la vigne sauvage en glissant laisse nue la poitrine éclatante que\nle soupir abaisse; la vigne sauvage glisse sous le poids de ses feuilles, mais\nle lierre couvert de baies saisit et étreint les membres qui brillent, les pieds\nqui effrayent le loup poursuivant, le faon fuyant.\n    ALTHÉE. — Pourquoi chantez-vous? Que chantez-vous?\n    LE CHŒUR.— Nous apportons des fleurs, et les lèvres pures qui plaisent\n"}, {"page_pdf": 165, "texte": "                                  — 146 —\n\naux dieux, et les vêtements qui conviennent au culte ; de peur que le jour\nn'aigrisse tout son miel sur nos lèvres.\n    ALTHÉE. — Plus rapide que les rêves suivant les pieds fuyants du\nsommeil, la nuit, chienne noire, poursuit le jour, faon blanc ; espérez-vous\nramener la nuit par des prières ? Et quoique le printemps refoule en peu de\ntemps l'hiver, et les neiges qui poussent au mal tous les hommes, et la\nsaison de fer de la malédiction, je sais que le printemps sera rongé par la\npluie et que la tempête comme un feu dévorera le frêne des jours d'automne.\nJe m'émerveille que les hommes s'éveillent avec des prières, les hommes qui\nrêvent et qui meurent de leurs rêves ; un dieu, oui, le moindre de tous ces\nêtres appelés divins, est plus puissant que le sommeil et les veilles, et cepen­\ndant nous disons : « Peut-être par la prière un homme vaincra son dieu. »\n Mais si le sommeil est sans merci, et que les rêves de l'homme mordent\njusqu'au sang et brûlent jusqu'aux moelles, que fera cet homme étant\n éveillé? Par les dieux! il ne priera pas pour avoir de doux rêves, ayant une\n fois rêvé des choses plus amères que la mort.\n    LE CHŒUR.— Reine, qu'est-ce donc qui t'a brûlé le cœur? Car tes paroles\n vacillent comme la flamme sous le vent.\n    ALTHÉE. — Voici que vous parlez bien, ne sachant pas ce que vous\n dites; car tout mon sommeil est changé en feu, et tous mes rêves\n l'allument.\n     LE CHŒUR. — Pourtant il est bien d'être patient envers les dieux.\n     ALTHÉE. — Oui, de crainte qu'ils ne nous frappent de quelque fléau à\n quatre pieds.\n     L E CHŒUR. — Mais quand le temps est venu, ils nous découvrent le\n remède.\n     ALTHÉE. — Et leurs herbes de guérison empoisonnent notre sang.\n     L E CHŒUR. — Qu'est-ce qui t'a blessée, que tu sois jalouse de leurs\n voies.\n     ALTHÉE. — Et s'ils nous donnent des poisons comme vin?\n     LE CHŒUR. — Ils ont leur volonté; beaucoup de paroles ne la changent\n  point.\n     ALTHÉE. — Et s'ils nous donnent du fiel au lieu de lait, et pour prière\n  la malédiction?\n     LE CHŒUR. — Ne donnent-ils pas la vie et la fin de la vie?\n     ALTHÉE. — La guérison qu'ils donnent ne soulage pas. Voici, par déri­\n  sion, ils nous accordent un peu de pitié ; nous prions et nous pleurons, et\n  ils nous épargnent un instant; mais ensuite ils frappent et n'épargnent\n  personne.\n"}, {"page_pdf": 166, "texte": "                                  — 147 —\n\n    LE CHŒUR. — Il obtient peu de louanges, celui qui parle mal des hauts\ndieux. Qu'ont-ils fait pour que tu les blasphèmes?\n   ALTHÉE. — D'abord, je ne louerai pas Artémis d'avoir dévasté ce pays,\nni pour les ravages du sanglier dont les dents, les crocs et les sabots\nfurieux bouleversent les verts pâturages, la grâce des blés sur pied, les\nprairies et les marais avec leurs sources et leurs feuilles non écloses, et les\ntroupeaux et les bêtes rapides, et tout ce qui broute l'herbe douce; pour\ntout cela je ne la loue pas ; ces choses se doivent-elles célébrer ?\n   LE CHŒUR. — Mais quand le roi sacrifia et donna à chacun des dieux\nson beau tribut de grain, de sang et de vin, elle ne fut pas honorée par le\nsang répandu ni par l'offrande brûlée, ni par le sel et le gâteau fendu ; c'est\npourquoi, irritée, elle affligea la contrée ; mais maintenant, elle nous délivre\ndu sort et de ses lourdes charges. Laquelle de ces deux choses ne serait pas\nbonne à honorer ? Une action juste considère toutes choses d'un œil sans\nreproche; et pitié n'est pas faute.\n   ALTHÉE. — Mais elle a envoyé une malédiction par-dessus toutes celles-\nlà, pour nous blesser en nous guérissant; elle a rallumé le feu où s'éteignait\nl'ancien feu ; et où le vent faiblissait, elle a soufflé sur nous un air plus\nmortel.\n    LE CHŒUR. — Quelle est la tempête qui tend ainsi notre voile?\n    ALTHÉE. — L'amour, funeste vent marin chargé de pluie et d'écume.\n    LE CHŒUR. — D'où vient-il? Sous quelle étoile orageuse est-il né?\n    ALTHÉE. — Il vient du sud, de la mer, à travers l'Evénus.\n    LE CHŒUR.— Comme un vent qui souffle, tes paroles vont vers l'Arcadie.\n    ALTHÉE. — Apres comme le nord soufflant quand les neiges sont\npassées.\n    LE CHŒUR.— Non; car cette vierge n'a pas été touchée par l'amour.\n    ALTHÉE. — Je voudrais qu'elle eût cherché l'amour dans un golfe de la\n mer froide ; ou dans les antres où des bêtes étranges sont aux aguets ; ou\n dans le feu, ou dans les neiges des hauteurs extrêmes, ou dans le pays de\n fer où il n'est pas de printemps ; là, je voudrais qu'elle eût cherché et trouvé\nl'amour, ou que jamais l'amour ne l'eût trouvée ici.\n    LE CHŒUR. — Elle est plus sainte que tous les jours et toutes les\n choses saintes, que l'eau répandue, ou que la fumée d'un feu parfait; chaste,\n vouée aux pures prières et remplie de pensées plus hautes que le ciel;\n vierge irréprochable, fer pur, façonné en glaive. Elle n'aime pas l'homme.\n Que serait l'amour pour une telle femme?\n    ALTHÉE. — Entendez-moi; je ne parle pas comme une lumière de\n sagesse, mais comme parle une reine au cœur troublé; souvent j'entends\n"}, {"page_pdf": 167, "texte": "                                  —   148   —\n\n\nmes frères se querellant dans le palais, et je n'en suis pas émue; et mon fils\nles gronde, et ces choses ne m'émeuvent nullement, car je sais que toujours\nil y aura des fous et des sages, et je me nourris de patience ; mais ceci vive­\nment m'émeut : pour les sages et pour les fous, l'amour est une même\nchose, une chose mauvaise, et change les paroles choisies et la sagesse en\nfeu et en air. Et à la fin, la joie ne viendra point, mais la douleur, les\nparoles âpres et le déchirement de l'âme, et des larmes fraîches naissant\ncomme des fleurs sur l'ancienne racine des larmes, naissant commme\ndes fruits sur l'ancienne fleur des larmes; des soupirs lamentables, et\nbeaucoup de chagrins renaissants. Ces choses sont parmi mes présages,\net moi-même j'en fais partie, et je ne sais comment ; mais dans les songes les\ndieux pèsent sur moi, et les destinées versent à travers mes paupières des\nflammes mêlées d'ombre, versent du feu à travers mes paupières mêlées par\nla nuit, et me brûlent jusqu'à m'aveugler, et éteignent en moi la vue, et obs­\ncurcissent mon âme clairvoyante par une vision ; voyant, je ne vois pas; j'en­\ntends, et entendre ne m'assiste pas ; tandis que mes yeux souillent les bro­\nderies délicates du lit, tirées autour de ma face afin que je puisse pleurer\nsans éveiller le roi ; et mes sourcils et mes lèvres tremblent et sanglotent\n dans le sommeil comme les flammes agiles qui palpitent, ou comme l'eau\nque la chaleur fait sangloter ; et les larmes gonflent ma poitrine, et souillent\nles beaux oreillers éclatants autour du roi, d'ondées stériles plus salées que\n la mer, tels sont les rêves qui me tourmentent! Car il y a longtemps, je\n rêvai que de mes entrailles sortaient un feu et un tison ; c'était avant que\n mon fils Méléagre, fleur splendide des champs de combat, ne vît la lumière\n quand il vint au monde en vagissant; mais il n'existait pas encore; et quand\n vint le temps, je vis mon fils, et mon cœur était grand; car jamais encore\n un enfant n'était né, aussi royalement vigoureux, jamais reine ne porta si\n noblement une créature aussi noble que l'était mon fils. Dieu m'envoya un\n tel enfant, et la grâce de le porter ainsi. Alors entrèrent trois femmes filant;\n chacune d'elles filait un fil, en disant : « Celui-ci pour la vigueur. Celui-\n ci pour le bonheur. » Et l'autre disait : « Jusqu'à ce que le tison du foyer\n soit consumé, cet homme verra de beaux jours et vivra. »\n   Et moi, saisissant une robe, je sautai du lit, et je retirai du foyer le\ntison, et je l'arrosai d'eau; et de mes pieds nus je piétinais la flamme, et\nj'écrasais dans mes mains nues l'étincelle sortant de l'étincelle frappée, et de\nmon souffle je les éteignis; car je pensais : « Celles-ci sont les plus hautes\ndestinées qui habitent avec nous, et leur vue nous accorde un peu\nde faveur, rien qu'un peu, et le reste nous manque, et le temps nous abat;\npourtant elles ont eu pitié de moi, ô fils, et de toi, plus pitoyable, de toi,\n"}, {"page_pdf": 168, "texte": "                                  — 149 —\n\ncréature plus tendre qu'aucune fleur née d'une vivante plante de chair. « En\nmême temps, j'embrassais mon fils, et je le cachais de mes mains, et je le\ncouvrais de mes bras et de ma chevelure, et je pleurais, et je craignais de le\ntoucher de mes larmes, et je riais ; si frêle créature était cet homme, main­\ntenant si grand que les hommes rejettent la tête en arrière, quand ils voient\ndevant le soleil flamboyer l'homme armé sculpté sur son bouclier; quand\nils entendent le rire des clochettes le long de ses brassards résonner, comme\ndes oiseaux qui chantent ou comme le son des flûtes; et qu'ils aperçoivent,\ntrès haut, l'ombre pennée de chaque plume divisant la brillante lumière de\nl'airain, et rendant son casque pareil à une tempétueuse lune d'hiver, qui\nparaît à travers les nuées chassées comme un duvet, quand les vaisseaux\ndérivent et que les hommes luttent contre toute la mer, que les avirons se\nrompent, et que les proues plongent, buvant la mort Mais alors il n'était\npas plus grand que la main, et gémissait d'une voix inarticulée des paroles\nconfuses, et de ses lèvres aveugles et des doigts il me pressait le sein bien\nfort et, agitait follement ses mains et ses pieds, en murmurant; mais ces\nfemmes grises à la chevelure liée, qui effrayent les dieux, ne l'effrayaient\npas; il riait en les regardant, et tendait les mains pour palper et tirer la\nquenouille et le fil intangibles; mais elles passèrent, et je cachai le tison, et\nje ris aussi, ayant du ciel ce que je voulais. Mais maintenant je ne sais plus\nsi les dieux nous ont conduits ici à droite ou à gauche ; car de nouveau je\nrêvai, et je vis le tison noir éclater en flammes comme une branche éclate\n en fleurs, et je vis la flamme se faner comme une fleur, et la mort vint, et\n ses lèvres sèches soufflèrent les cendres noires dans mon sein ; et l'amour\n piétinait les braises, et les écrasait sous ses pieds rapides. Ceci encore me\n serre le cœur : ce n'est pas pour moi, ce n'est pas pour moi seule ni pour\n mon fils, ô jeunes filles, que les dieux ont fait la vie, et le désir de vivre,\n l'amour et l'aversion du cœur ; mais pour tous le soleil brille, et le vent\n souffle jusqu'à la nuit. Et quand vient la nuit, le vent tombe ainsi que le\n soleil, et ensuite il n'est plus de lumière ni de tempête, il n'y a plus que le\n sommeil et l'oubli profond des choses. Il y a des années que la connais­\n sance des dieux me vint des hautes paroles de la très sage Eurythémis, ma\n mère, qui les voyait de ses yeux vivants, et en parlait de ses lèvres, comme\n si sur terre elle eût été séparée de la chair, du souffle et du sang corruptibles;\n le temps lui donna de tels dons, et une âme qui en fut digne, et un visage égal\n pour toutes choses; et elle parlait ainsi. Mais que les heures rapides tissent\n ou détissent, intolérables ou joyeuses, je m'en vais, pleine de mon âme,\n  parfaite en moi-même, me suffisant à moi-même et suffisant aux miens ; et\n  quel que soit le lot que les dieux prennent et nous jettent, nous l'accepte-\n                                                                           10\n"}, {"page_pdf": 169, "texte": "                                 150\n\nrons: et beaucoup le porteront en même temps. Et maintenant, avant que\nceux-ci ne s'assemblent pour la chasse, je vais armer mon fils, puis je l'amè­\nnerai, de crainte que l'amour ou la colère d'un homme ne le blesse.\n  (A continuer.)                                  A. C. SWINBURNE\n                                              (Traduction   de P. TIBERGHIEN)\n\n\n\n\n   A la mémoire de Charles De Coster.\n             Comme nous l'avons annoncé dans notre livraison de février,\n               l'éditeur Paul Lacomblez, qui continue à bien mériter des\n               lettres belges, a réimprimé la Légende dUlenspiegel.\n                 Le chef-d'œuvre de Charles De Coster — la Bible de l'esprit\nflamand — est donc enfin accessible à tous les lecteurs.\n   Cette réédition précède l'inauguration du monument qui va être élevé\nprochainement, sur une place publique d'Ixelles, au grand méconnu dont\nla Jeune Belgique a été la première à célébrer le génie.\n   Nous ne savons pas encore si le comité organisateur aura recours à une\nsouscription publique.\n   Quelle que soit sa décision, nous sommes convaincus que nos abonnés\net nos lecteurs répondront dignement à son initiative.\n   Charles De Coster a droit à ce mélancolique hommage posthume, car,\ncomme l'a écrit M. Camille Lemonnier, ce bel et probe écrivain connut\n« l'absolu de l'isolement et de la déréliction ».\n                                                      LA J E U N E BELGIQUE\n\n\n\n\n          CHRONIQUE ARTISTIQUE\n               Le Voorwaarts.     — Le Sillon. — Les XX.\n\n            La plupart des membres du Voorwaarts tiennent la promesse\n              de leur devise : En Avant ! Leur cercle prospère d'année en\n              année davantage. Cette fois encore, à côté de méritoires paysa­\n              ges de MM. Van Doren, Hoorickx, Middeleer, Rimbout,\nDelgouffre, de portraits minutieusement étudiés et harmonisés de M. Jules\nDu Jardin, de natures mortes séduisantes de M. Blieck, de dessins péné­\ntrants de M. Ottevaere et de M. Colmant surtout, ce sont les envois de\nM. Gilsoul et de M. Laermans qui ont principalement attiré l'attention.\n"}, {"page_pdf": 170, "texte": "                                  — 151 —\n\n    M. Gilsoul a gardé l'amour flamand de la grasse et onctueuse pâte, des\ntons brillants, riches et solides. Les recherches de plein soleil et de plein\nété des peintres contemporains le tentent peu; il préfère l'automne, le\ncrépuscule et la nuit. Tantôt les oppositions brusques l'intéressent, et il\nétoile de lumières soudaines les ombres solennelles de ses parcs nocturnes\n(la Fêle au château), ou il exalte vers les rouges et les ors, les verts\nstridents, trop stridents peut-être, de son Harmonie automnale ; tantôt,\nbaissant le ton, il instrumente des musiques plus recueillies, comme en son\nDomaine seigneurial aux calmes et lentes lignes, ou en son Coin paisible,\nd'un sentiment si juste et si doux. Une marine d'un mouvement superbe,\nla Lame, morceau plein de science et de fougue, de force et d'emportement,\nrattache nettement M. Gilsoul à la tradition de Courbet.\n    M. Laermans qui, l'an dernier, semblait sollicité à la fois par la compo­\nsition allégorique, par l'étude réaliste de la lumière, par l'observation\ninterprétative des types villageois, s'est consacré cette année exclusivement\nà ses paysanneries, où il apporte une vision neuve. Qu'elle renferme un\ngrossissement, une accentuation caricaturale, on ne peut le nier.\n M. Laermans voit surtout dans le paysan les déformations professionnelles,\nles tares, les anomalités infligées à l'être humain par les travaux excessifs,\npar la pauvreté, par le régime malsain, par l'assujettissement nécessaire\naux instincts primitifs. Il les saisit d'un œil perspicace, il les groupe, il les\n accuse, il en fait le caractère dominateur de ses tableaux. Mais il n'y met\n pas, ou c'est bien malgré lui, pensons-nous, l'élément soit comique, soit\n féroce que cherchent les caricaturistes et qu'ils soulignent dans leurs\n légendes, non plus que la bonne humeur gouailleuse et somme toute\n détachée, ordinaire aux vieux Flamands et aux vieux Hollandais qui ont\n peint les mœurs populaires. Son rustre grotesque est en même temps\n douloureux, sans qu'il grimace sa douleur, et la tristesse qui s'en dégage,\n il en est lui-même inconscient. L'effet total n'est pas un effet de bouffon­\n nerie, mais de détresse, auquel contribue le parti pris des colorations\n uniformément grises, bleues, plombées, crépusculaires, qui enveloppent les\n personnages d'une atmosphère morne. Dans chacune des œuvres de\n  M. Laermans ces remarques peuvent se vérifier; mais les plus significatives\n et les plus complètes nous semblent être les Autorités du Village, la Prière,\n  une Nuée inquiétante, avec leurs attitudes, leurs gestes, leurs airs de tête\n absolument pris sur le vif, et surtout le Soir, où l'impression mélancolique\n  se renforce et prédomine.\n\n  Un nouveau cercle d'artistes nous est né, Le Sillon, dont la première\nexposition, toute modeste, n'a cependant pas manqué d'intérêt. La plupart\ndes exposants sont inconnus et tout jeunes, et leur jeunesse se marque\nplutôt par la timidité que par l'audace. Faisons le vœu que ce sillon ne soit\npas une ornière et que le bon grain y germe dru : le titre même du cercle\nnous impose ces métaphores.\n  Beaucoup plus d'études que d'œuvres naturellement. Mais déjà se\ndistinguent divers débutants de talent : M. Georges Bernier, le plus formé\n"}, {"page_pdf": 171, "texte": "                                  — 152 —\n\n\nde tous, animalier et paysagiste, dont le coloris a quelque chose de la\nrobuste franchise des Verwée, des Stobbaerts, des Verheyden ; Mme Jenny\nBernier-Hoppe, avec des fleurs, des natures mortes et une Tête d'étude\nextrêmement gracieuse; M. Gustave Stevens, qui expose des nus trop\nsommaires, de jolis paysages, et un profil charmant; puis d'autres encore,\nMM. Bartholomé, Cuvelier, De Ligne, Janssens, Verdussen, pour ne citer\nque ceux qui nous paraissent le mieux doués. Ajoutons M. Hankar pour\nses ferronneries d'art, M Weygers pour ses sculptures expressives,\nM. Coulon pour ses dessins allégoriques un peu nébuleux où MM Willette,\nRops et Ensor se mêlent dans une lutte dont il faut espérer que M. Coulon\nsortira victorieux.\n\n    Si elle n'est pas rétrospective et décennale, comme nous l'eussions voulu,\nla dixième exposition annuelle des XX n'en est pas moins très curieuse et,\ngrâce en partie à l'appoint des invités, elle renouvelle encore une fois\nl'intérêt qui n'a cessé de s'attacher à leur Salon. En exposant leurs propres\nœuvres, les XX n'ont jamais négligé de suivre avec une sincère sympathie\nle mouvement qui emporte l'art contemporain, et de présenter un aperçu\néclectique et mouvant de tout ce qui surgit, dans n'importe quelle\ndirection, de plus individuel et de plus original.\n    Un effort considérable se porte actuellement vers l'art décoratif, ou vers\nl'art appliqué aux objets usuels : meubles, ustensiles, céramiques, vitraux,\nparavents, affiches, étoffes brodées, illustrations de livres. On dirait que les\npeintres sont fatigués de produire des tableaux de chevalet; certains même\nn'admettent plus guère que le tableau de chevalet ait droit à l'existence et\npuisse être conçu isolément, abstraction faite d'un ensemble ornemental\nprévu, d'un éclairage donné. Sans aller jusque-là, on doit se souvenir, en\nexaminant certaines œuvres, que leur effet total est lié à leur mise en place\net à leur destination.\n    Il en est ainsi, par exemple, de l'une des principales curiosités du Salon,\nla série de huit cartons de verrières, peints par M. Albert Besnard, pour\n l'Ecole de Pharmacie de Paris. Telle qu'elle se présente, sans la transparence\n de la lumière qui doit se fondre à ses couleurs, l'œuvre apparaît déjà très\n belle, à la fois gaie et somptueuse. La faune et la flore en ont fourni les\néléments, composés et ordonnés par un inventeur subtil, suivant un goût de\nmise en scène ici vaguement, là décidément japonais. Quelle exquise et rare\nharmonie dans le panneau des citronniers et des orangers; quel superbe jet\nde dessin, quelle majesté mâle dans le fier nid d'aigles qu'enveloppe la gloire\ndu soleil couchant sur la mer !\n    Les étains ciselés de M. Alexandre Charpentier, des pots, des cendriers,\n des couvercles de coffrets, sa terre cuite la Sonate, son papier gaufré\nProgramme du Théâtre Libre, son Dos de violon, où se déroule une\n guirlande de petites danseuses, tout cela est d'un art élégant et souple,\n palpitant de vie nerveuse, qu'on retrouve exaspéré dans un bas-relief :\n Gomorrhe, encore confus et enfermé dans sa gangue, dirait-on.\n    Un autre décorateur de grand mérite, c'est M. de Toulouse-Lautrec, qui\n"}, {"page_pdf": 172, "texte": "                                  — 153 —\n\n\npoursuit ses études de filles, toutes puantes de céruse, de fard, de sueurs et\nde rogommes. Deux affiches, étonnantes de force synthétique et d'âpreté :\nLe Divan japonais, et Aristide Bruant, avec son écharpe rouge, son air\nde grand seigneur de la canaille, d'ironique empereur des gigolettes et\ndes marlous.\n    Deux paravents : l'un, aux lignes archaïques et rigides, bizarrement\ngriffonné d'inscriptions sans valeur décorative, inutiles donc, de M. Emile\nBernard; l'autre, joli, doux et clair, de Mlle Boch : des paysans aux\nouvrages, un village de dunes blondes et la rentrée des pêcheurs. Mlle Boch\nexpose encore un paysage de fleurs et une délicate impression, Pendant\nl'Elévation, où l'heure chaude, le soleil qui monte évoquent du silence de\ndimanche et du recueillement.\n    Pareillement, outre des paysages, les uns pointillés, l'autre vermiculé ou\nplutôt fait comme de laines versicolores qui s'emmêlent, M. Henry Van de\nVelde apporte une œuvre décorative. A la distance voulue, ses paysages sont\ntrès justes et très fins ; mais pour sa Broderie tout le recul possible est insuf­\nfisant. Les déformations ou les simplifications choquent, et les teintes\nsavamment juxtaposées ne se fondent pas. Au fond du chœur d'une église\nl'effet serait peut-être bon, et le rythme des lignes inclinées se dégagerait.\n    M. Lemmen ne semble pas avoir peint cette année et nous ne pouvons\nle lui reprocher, quand nous examinons, non pas tant ses Soleils et ses\nJardins où nous sentons trop le trait lourd et écrasé propre à Van Gogh,\nmais ses projets d'illustrations et de titres, dont nous avons déjà loué, à leur\npremière exposition, à l'Association pour l'art d'Anvers, le goût ingénieux,\nla grâce rare, le personnel arrangement.\n    Sa véritable voie, M. Finch l'a sans doute trouvée dans l'art industriel.\nJamais nous n'avons vu de lui rien d'aussi réussi dans son genre que sa belle\n Table à thé dont les émaux grand feu ont un éclat magnifique.\n    Les quatre derniers artistes que nous avons cités, sans délaisser le néo­\n impressionnisme, se préoccupent beaucoup plus pour le moment de l'effet\n décoratif des lignes. La peinture au pointillé conserve ses adeptes les plus\n convaincus dans le technique Signac, d'ailleurs intéressé aussi par les\n arabesques, et dans M. Van Rysselberghe dont toute l'exposition frappe\n par un tel ensemble de qualités qu'on en arrive à oublier son procédé\n spécial.\n    Dans ses deux portraits de M. Emile Verhaeren, M. Van Rysselberghe\n se montre notateur infiniment scrupuleux et pénétrant, maître d'un dessin\n analytique très serré, expert à choisir l'attitude et l'habitude caractéristiques.\n  Le portrait peint de M. Verhaeren, et un autre portrait, une jeune fille en\n robe de velours vert, chantent et vibrent à merveille. Rien de plus délicate­\n ment aérien que les colorations blondes qui enveloppent le doux paysage des\n rives de l'Escaut : Après le brouillard. A signaler enfin une eau-forte très\n adroite, bien que ce soit un début, où une Loïe Fuller allonge ses grâces\n  serpentines.\n     Deux néo-impressionnistes nouveaux à Bruxelles, MM. Petitjean et\n  Cross : l'un imite Puvis de Chavannes, l'autre s'applique à reproduire\n"}, {"page_pdf": 173, "texte": "                                 -   154   -\n\nexactement d'arides plages méridionales. M. Vogels est toujours le beau\npeintre instinctif que l'on sait; M. Dario de Regoyos a de petites annota­\ntions, dont l'une, Calle de Alcala, très charmante; M. Van Strydonck\nenvoie des Indes un paysage sans intérêt.\n    M Wilson Steer. qui exposa aux XX des choses ravissantes, est assez\nmaigrement représenté par un portrait qui a l'air d'un Whistler médiocre.\nUn peintre écossais, M. Hornel, pousse le tachisme à la dernière limite\nsupportable; mais ses couleurs de gemmes, de soie ou d'ailes de papillon\nsont d'une éclatante splendeur. Puis vient un grand nom dans l'art bri­\ntannique, Ford-Madox Brown, représenté par un doux portrait au pastel,\napparenté aux tendres visions de Rossetti, et par les dessins de deux de ses\noeuvres les plus célèbres, Le Roi Lear partageant son royaume et Roméo et\nJuliette au balcon. L'intensité de l'expression dramatique et l'originale\ninvention des moindres détails s'y accompagne malheureusement de\nquelque romantisme théâtral.\n    Toujours aussi amusante, l'exposition de M Ensor, avec des spécimens\n de ses divers genres habituels, entre autres une caricature enragée, les\n Mauvais Médecins, et un tableau de fleurs, d'une fraîcheur, d'une légèreté\n de nuances vaporeuses qu'il n'a jamais dépassée. Comme M. Ensor,\n Mlle Holeman est frappée surtout par le côté baroque des choses; son\n instinct du dessin et ses jolies trouvailles d'harmonies sourdes sont d'une\n artiste, indiscutablement; par malheur, sa fantaisie ne se gouverne pas\n encore et s'abandonne à l'incohérence.\n    Nous n'insisterons pas sur M. Thorn Prikker qui applique une chimé­\n rique théorie de lignes abstraites, ni sur M. Doudelet. transcripteur appliqué\n et superficiel de métaphores à faire peur, ni sur Mme Jacquemin dont l'art\n visionnaire semble, contradiction singulière, enfermé dans une formule.\n De plus en plus, M. Toorop s'adonne au rébus composite et poursuit\n des recherches absolument opposées à sa nature foncière, énergique et\n barbare.\n     Une vision gothique appliquée au paysage moderne, un sens spécial du\n mystère, une transposition dans l'étrangeté, avec cela une science rigou­\n reuse de la forme et l'emploi raisonné des systèmes de lignes en vue d'un\n effet à intensifier, tels apparaissent les caractères fondamentaux des œuvres\n de M. Degouve de Nuncques, auxquelles nous voudrions nous arrêter, et\n particulièrement au Paysage brabançon, au Hibou, au Portrait de\n Henry De Groux, au Hameau, si la place ne nous manquait.\n     Il nous en reste tout juste assez pour signaler une alléchante collection\n de Rops, qui n'expose pas, mais qu'on expose; la Salutation angélique un\n peu maniérée et l'exquise Aurore enfantine, avec ses beaux yeux clairs\n d'innocence et d'ingénuité, de M. Frédéric; un buste vivant et palpitant de\n  César Franck, signé Rodin ; d'élégantes figures de M. Du Bois ; l'Adolescence\n  et de fines esquisses de lions, promesses de belles œuvres, de M. Gaspar;\n  enfin un bas-relief en pâte de verre nuancée de M. Cros, Léthé, une tête\n  archaïque et naïve, qui semble un fragment retrouvé en Grèce sur un tom­\n  beau de jeune fille, avec une épitaphe de l'Anthologie.\n                                                     E R N E S T VERLANT\n"}, {"page_pdf": 174, "texte": "                                 —   155 —\n\n\n\n\n         CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                       I\n\n            La Terre promise et Cosmopolis, par M. PAUL BOURGET.\n\n\n                C'est un point de doctrine pour tous les coryphées, grands,\n                 moyens et petits, qui chantent à pleine voix, en France et chez\n                 nous, devant les innovateurs du dernier bateau, la retentis­\n                 sante Marseillaise des imbéciles, que M. Paul Bourget est un\npauvre snob, un confiseur de romans à l'usage des belles mondaines, un être\nintermédiaire entre Octave Feuillet et M. Ohnet.\n    Il est vrai que ce snob a écrit les Essais de psychologie contemporaine,\nune œuvre de haute critique intellectuelle et morale, la seule digne, en\nFrance, d'être citée après les magistrales études de Taine sur Dickens et\nsur Balzac. Mais que leur importe? Pour les coryphées tumultueux dont\nil s'agit, Taine lui-même n'est qu'un normalien, c'est-à-dire un esprit\nprofondément méprisable. M. Bourget et Taine sont enveloppés ainsi\ndans une haine commune qui, reconnaissons-le à leur honneur, est parfai­\ntement méritée.\n    On comprend sans peine, en effet, le motif de ces édifiantes rancunes.\n La consigne de nos convulsionnaires est de représenter les plus grands et\n les plus purs poètes dont s'honore la France, Leconte de Lisle, par\n exemple, comme de pitoyables rimeurs dénués de toute inspiration et de\n toute personnalité. L'auteur des Poèmes barbares est dénoncé par eux, aux\n débutants crédules, comme le type détestable de ces rhéteurs, volontairement\n isolés du mouvement social et de la vie contemporaine, qui fondèrent jadis\n l'école parnassienne. Or, M. Paul Bourget a eu l'audace impardonnable\n d'écrire, dans le deuxième volume des Essais depsychologie, une admirable et\n définitive étude sur le poète de Kaïn. Il a démontré à nos véhéments criticules,\n aux adorateurs du tendre oignon qui fait pleurer, que Leconte de Lisle\n a exprimé, dans une forme plastique incomparable, avec une sensibilité\n  merveilleuse et une intelligence sympathique analogue à celle de Taine,\n  toutes les hypothèses de la science et tous les rêves de la philosophie\n  de son siècle. De pareilles démonstrations, quand elles ont l'éclat que sait\n  leur donner M. Paul Bourget, assurent nécessairement à leur auteur le\n  ressentiment de ceux qui sont incapables de les comprendre et dont elles\n  contrarient les incohérentes vaticinations.\n     Je serais désolé que l'on prît ces lignes pour un plaidoyer. M. Paul\n   Bourget n'a pas besoin d'être défendu. Elles ne sont, dans ma pensée,\n   qu'une protestation obligée contre ce que je déteste de toutes les forces de\n   mon âme : l'injustice ignorante et passionnée.\n      M Paul Bourget vient de publier, coup sur coup, la Terre Promise et\n"}, {"page_pdf": 175, "texte": "                                  — 156 —\n\n Cosmopolis, deux romans fort dissemblables qui méritent d'attirer, à des\ntitres divers, l'attention de la critique.\n   L'évolution littéraire de M. Paul Bourget est intéressante. D'abord\npoète d'analyse, tenté à la fois par des confessions d'âmes et par le décor\nfourmillant de la vie moderne, il se révéla soudain par des études de psy­\nchologie aiguë où il confessait des oeuvres célèbres scrutées à la lumière de\nleur époque et de leur milieu. Chose piquante, le poète d'Edel et des Aveux,\nqui visait à l'énergie et n'y atteignait guère, se manifesta tout à coup\ncomme un critique doué de fermeté et de force. Le succès des Essais de\npsychologie fut éclatant et décisif, et l'on put croire que M. Paul Bourget,\ns'étant enfin rencontré lui-même, continuerait à marcher, en triomphateur,\ndans la voie féconde qu'il venait de s'ouvrir. Il n'en fut rien, car M. Paul\nBourget est avant tout un inapaisé et un nostalgique. De même qu'en lui\nle poète avait donné le jour au critique, le critique eut pour continuateur\nun romancier. Et l'on vit M. Paul Bourget, tout en publiant d'autres\nétudes littéraires, remarquables encore, mais déjà plus hésitantes et presque\ndésenchantées, s'essayer à la nouvelle de longue haleine et au roman con­\ntemporain.\n   Le romancier n'eut pas immédiatement, et malgré des progrès incon­\ntestables, n'a pas encore, je pense, la maîtrise du critique. Certes, il faut\nlouer, dans les premiers romans de M. Paul Bourget, le charme, la déli­\ncatesse et parfois même la profondeur de l'analyse. Mais le poète contra­\nriait souvent l'observateur, et le critique paralysait la volonté du romancier.\nIl semblait que M. Paul Bourget eût une tendance fâcheuse à immobiliser\nses personnages afin de procéder plus sûrement à leur autopsie morale,\nquitte, l'opération terminée, à précipiter, non sans maladresse, les péri­\npéties de l'action interrompue. L'intention de s'inspirer des procédés de\nla Comédie humaine était évidente, mais la parenté intellectuelle avec\nl'auteur de la Chartreuse de Parme était évidente aussi. Bref, maint petit\nroman de M. Paul Bourget se manifesta sous les apparences composites,\nmais personnelles, d'un hommage posthume que Stendhal rendrait à\nBalzac.\n   Le Disciple, André Cornélis et Mensonges, œuvres de valeur très iné­\ngale, nous montrent cependant M. Paul Bourget en passe de dégeler ses\npersonnages et de les exposer plus directement aux flammes de l'action et\nde la vie. Cosmopolis est l'aboutissement logique de cette lutte intérieure,\ntandis que Un Cœur de femme, une nouvelle qui pourrait bien être un\npetit chef-d'œuvre, et la Terre promise, un beau et noble roman, m'appa­\nraissent comme le couronnement mélancolique de l'Irréparable, de Cruelle\nEnigme et d'Un Crime d'amour.\n   Résumer le sujet de la Terre promise serait une besogne ingrate. Mieux\nvaut formuler, en quelques mots, le double problème sentimental que\nM. Paul Bourget propose à ses personnages. Francis Nayrac, à la veille\nde son mariage, se retrouve en présence d'une ancienne maîtresse. Cette\nmaîtresse, qu'il a crue indigne, et qui fut, dans la faute, irréprochable, est\naccompagnée d'une petite fille. Francis Nayrac, à cause de certaines cir-\n"}, {"page_pdf": 176, "texte": "                                 —   157   —\n\n\nconstances, que M. Paul Bourget a rendues vraisemblables, découvre qu'il\nest le père de cette enfant. Dans le trouble où cette apparition soudaine l'a\njeté, il a menti à sa fiancée. La vérité se fait jour ; et Francis Nayrac\nrenonce au bonheur pour assumer sa responsabilité paternelle, tandis que\nsa fiancée, blessée dans son amour par ce mensonge presque machinal,\nrenonce à son tour à l'union promise. Ces deux thèmes, l'éveil du sentiment\npaternel et l'empoisonnement d'une âme virginale par le venin du men­\nsonge, M. Paul Bourget les a développés avec un bonheur égal. L'action\ndu roman, tout intérieure, se déroule dans un adorable paysage sicilien, dont\nla tranquille splendeur éclaire de terribles angoisses. Ce lent et long récit ne\nsemble ni trop lent ni trop long, car M. Paul Bourget l'a gradué avec un\nart délicat et charmant. Mais cette délicatesse n'empêche pas le penseur de\nprononcer des sentences définitives sur la vanité des liaisons coupables,\net ce charme n'empêche pas le moraliste d'écrire, sans nulle prétention au\nsermon, et sous couleur d'expliquer ses personnages, une psychologie du\nmauvais amour plus terrifiante et plus cruelle que tous les anathèmes\nlancés contre le péché de luxure par les plus inexorables docteurs de la foi.\nEt c'est l'originalité de ce roman, qu'il enveloppe ces maximes impi­\ntoyables et presque protestantes dans une douce et mélancolique atmosphère\nde jeunesse et de volupté. Nous voilà loin, heureusement, des épopées por­\ncines de M. Zola et de ses disciples. Je défie ces grossiers enlumineurs, non\npas d'écrire un roman semblable, mais de l'imaginer, et de le comprendre!\n    Cosmopolis est une œuvre d'ambition plus haute. M. Paul Bourget s'est\n flatté, cette fois, d'abandonner le quatuor pour la symphonie. Intrigue\nviolente et compliquée, personnages nombreux et disparates, décor somp­\ntueux et attirant, il a tout disposé de manière à émouvoir profondément les\nlecteurs. Et cependant, malgré les efforts souvent heureux de M. Paul\n Bourget, je doute que Cosmopolis ait la même fortune littéraire que la\n Terre promise.\n    Dans la pensée de M. Paul Bourget, Cosmopolis est avant tout un roman\n de mœurs. C'est, dit-il dans sa dédicace au comte Primoli, « le contraste\n entre les allures un peu incohérentes des errants de la haute vie et le carac­\n tère de pérennité empreint partout dans la grande cité des Césars et des\n Papes qui m'a fait choisir ce lieu où les moindres coins parlent d'un passé\n séculaire pour y évoquer quelques représentants du genre d'existence le\n plus moderne, et aussi le plus momentané. »\n    Les héros de M. Bourget sont des Cosmopolitains, et le but du roman­\n cier, c'est de montrer en eux, malgré leurs apparences trompeuses, la per­\n manence de la race. Il suffit d'un choc passionnel pour que le Cosmopolitain\n surgisse à tous les yeux dans la nudité primitive de son tempérament et de\n sa race. « Mme Steno, dit Dorsenne au marquis de Montfanon, s'est, en\n effet, conduite, vis-à-vis de ses deux amants, comme une Vénitienne du\n temps de l'Arétin ; Chapron, avec tout le dévouement aveugle du descen­\n dant d'une race opprimée, sa sœur, avec la férocité scélérate d'une révoltée\n qui secoue enfin le joug; Haffner et Ardéa ont montré à nu deux âmes\n détestables, l'une d'infâme usurier à moitié Allemand, à moitié Hollandais,\n"}, {"page_pdf": 177, "texte": "                                 — 158 —\n\n l'autre de gentilhomme dégradé, en qui revit quelque ancien condottiere;\nGorka a été brave et insensé comme toute la Pologne, sa femme implacable\net loyale comme toute l'Angleterre; Maitland continue d'être positif, insen­\nsible et volontaire au milieu de tout cela, comme toute l'Amérique, et la\npauvre Alba a fini comme son vrai père... »\n    Malheureusement pour M. Paul Bourget, il tient un peu trop le pro­\nblème pour démontré, et il s'en faut qu'il ait réalisé, de manière à légitimer\ncette conclusion d'épilogue, le programme ardu de sa dédicace.\n    Et d'abord, le contraste entre les Cosmopolitains et le caractère pérennel\nde Rome ne s'impose guère. Les descriptions de M. Paul Bourget, dans\n Cosmopolis, sont loin de valoir celles des Sensations d'Italie. Le lecteur\ncomprend vite que le drame pourrait se passer à Paris, à Londres, ou à\nVienne, et les panoramas de M. Paul Bourget n'ont pas assez de relief pour\nretenir l'attention On peut donc dire que dans Cosmopolis le décor et le\nmilieu sont réduits à leur expression la plus simple.\n    L'étude de moeurs aussi m'a un peu déçu. Je vois bien, parmi les acteurs\nde M. Paul Bourget, des héros de la haute vie, de sang disparate et\nde nationalité diverse; mais des étrangers, des voyageurs de toutes les\nparties du monde, réunis à Rome, ne sont pas nécessairement des Cosmo­\npolitains. Des nombreux personnages rassemblés par M. Paul Bourget, je\nne vois guère que le baron Haffner et l'écrivain Dorsenne qui soient de\nvrais citoyens de Cosmopolis Or, par une étrange ironie, ces deux Cos­\nmopolitains avérés sont semblables à eux-mêmes depuis le début jusqu'au\ndénouement de l'œuvre. Quant aux autres, ils sont de Cosmopolis autant\nqu'une héroïne des Chroniques italiennes de Beyle ou qu'un poldérien des\nKermesses de M. Georges Eekhoud. Le marquis de Montfanon, le vieux\nzouave pontifical, est-il un Cosmopolitain parce qu'il achève sa vie à Rome,\nlui qui représente avec une familière grandeur les antiques traditions cheva­\nleresques de sa caste et de son pays? Catherine Steno, la Dogaresse, est-elle\nune fille de Cosmopolis, parce que, née à Venise, elle a un palais à Rome?\nMaud Gorka, Gorka lui-même, et Ardea, et Maitland, et les Chapron,\nn'obéissent-ils point, aveuglément, aux conseils muets de leur sang et de\nleur espèce? Et puisque M. Paul Bourget ne nous les a pas montrés ces\nCosmopolitains, sous les deux aspects qu'il nous annonçait ; puisqu'il ne\nnous a pas fait assister à leur métamorphose, puisque nous ne voyons pas\nl'être primitif sortir de l'être emprunté, on est en droit de conclure que\nl'étude de mœurs est un peu superficielle, et que, si, comme l'avance M.Paul\nBourget, elle était condamnée à l'être, l'apparence superficielle des Cosmo­\npolitains est par trop superficiellement caractérisée. Au fond, le plus Cos­\nmopolitain de ces personnages cosmopolites, c'aurait dû être le romancier\nDorsenne. car celui-là est un Cosmopolitain de tête et de cœur. Et cepen­\ndant Dorsenne, le plus effacé de tous les protagonistes du roman, n'est\nqu'une manière d'écrivain français qui prend des notes en vue d'une étude\nde psychologie.\n    Mais Cosmopolis, loin d'être un roman de mœurs, est avant tout un\nroman de caractères et un roman de passion. Or, si M. Paul Bourget\n"}, {"page_pdf": 178, "texte": "                                   —   159 —\n\n paraissait désigné, naturellement, pour décrire les mœurs de Cosmopolis,\n personne ne prévoyait, je suppose, qu'il pût nous offrir un roman d'aven­\n tures savamment ordonné, d'un intérêt pathétique soutenu, et mêlant aux\n péripéties d'un drame poignant de fines et profondes analyses de caractères.\n Eh bien! c'est l'imprévu qui est arrivé, c'est l'invraisemblable qui s'est fait\nvrai. Non seulement Cosmopolis est un roman dramatique, mais les\npseudo-cosmopolitains qui s'y agitent sont, pour la plupart, des person­\nnages très vivants, dont les gestes sont éclairés d'une parfaite lueur d'évi­\ndence. Notez, je vous prie, qu'ils sont dissemblables et nombreux, que\n l'intrigue qui les rassemble a des liens très embrouillés, que M. Paul\n Bourget ne semble point, cette fois, — exception faite pour Dorsenne, —\navoir créé ses héros à sa ressemblance, et confessez avec moi que Cosmo­\npolis est l'œuvre la plus déconcertante de son auteur. Rappelez-vous les\npersonnages les plus caractéristiques d'André Cornélis et de Mensonges :\nils paraîtront pâles à côté du marquis de Montfanon — une espèce de\nBarbey d'Aurevilly manchot — et de la comtesse Sténo, une patricienne\ndont la tranquille audace amoureuse eût comblé de joie un Mérimée ou un\nStendhal.\n    Certes, M. Paul Bourget a dû faire un effort pour soutenir un pareil\nsujet. Mais il n'en est pas trop la cariatide, et cette grande victoire indécise\nme paraît en annoncer une définitive, que cet écrivain intellectuel et volon­\ntaire, doublé d'un poète qui n'est pas endormi, me paraît capable de rem­\nporter J'avoue cependant ma prédilection pour la Terre promise, et je ne\npuis m'empêcher de penser que cette œuvre-là se rattache directement, mal­\ngré sa mélancolie pessimiste, au roman sentimental du XVIIeet du XVIIIesiècle,\nau roman qui ne démontrait rien pour mieux montrer tout, et dont les lourdes\nmachines romantico-naturalistes n'ont réussi qu'à mettre en lumière, par\nle contraste, la force sans effort et le souple esprit.\n\n                                       II\nL'Amant des roses, par M. GEORGES TOUCHARD. — Le Marquis joué,       par CHARLES\n  FRAPPART. — Bains de sons, par I'OUVREUSE DU CIRQUE D'ÉTÉ — L'Hypnotisme,   par\n  HENRI NIZET.\n\n    Deux jeunes poètes, dont les noms riment toujours ensemble au som­\n maire des nouvelles revues, MM. Georges Touchard et Charles Frappart,\n — la consonne d'appui, s'il vous plaît! — publient en même temps, chez\n l'éditeur Moens-Galas, l'un, l'Amant des roses, et l'autre, le Marquis\njoué.\n    L'Amant des roses est un recueil d'odelettes anacréontiques facilement,\n trop facilement rimées, et qui dénotent, sinon chez l'amoureux, du moins\n chez le poète, la plus printanière des candeurs. Nos lecteurs en jugeront\n par cette strophe d'un poème modestement intitulé Art poétique :\n                       Un oiseleur de belles filles\n                       N'est-il point poète, en effet?\n                       Aime les tétins sans chevilles :\n                       Ils valent plus d'un attifet.\n"}, {"page_pdf": 179, "texte": "                                    —   160    —\n\n\n  Je me permets de conseiller à cet oiseleur de belles filles de rimer des vers\npareils à d'irréprochables tétins.\n  M. Charles Frappart n'a point de théories sur les tétins. Il se contente\nde faire dialoguer en un coin de parc, au crépuscule, après la gavotte d'un\nbal champêtre, Léandre, la marquise et le marquis, qui est... ce que vous\nsavez. Ce marivaudage n'est pas méchant. M. Charles Frappart y fait\npreuve d'une certaine vivacité qui aurait du charme, s'il ne s'entêtait pas,\nsous prétexte de rendre naturel son dialogue, à écrire des alexandrins\napproximatifs.\n   Exemples :\n                Ah ! ces mots-ci, Léandre,    vous montrent    volage!\n\n                C'est l'union à l'amour d'un autre amour      égal.\n\n                Sont-ce point là, Madame,     des désirs tout innés ?\n   J'aime encore mieux les vers libres !\n   Il me reste à signaler Bains de sons, un alerte volume de critique musi­\ncale orné de deux mille et trois calembours (dans le texte) par l'Ouvreuse\ndu Cirque d'été, qui appelle gentiment M. Moréas « le Pèlerin pensionné»,\net, dans la Bibliothèque belge des connaissances modernes, une intéressante\nétude critique sur l'Hypnotisme, par M. Henri Nizet, un prosateur qui\nprophétise le crépuscule des poètes.\n   Je veux bien; mais alors, à quoi verra-t-on que M. Nizet est un prosa­\nteur?\n                                                              A L B E R T GIRAUD\n"}, {"page_pdf": 180, "texte": "                                        — 161 —\n\n\n\n\n                                  MEMENTO\n  Notre ami et collaborateur M. Jules             initie aux habitudes et aux coutumes des\nDestrée a fait, au Cercle des Conférences         paysans, nous décrit leurs mœurs, nous\npopulaires de Charleroi, une conférence           dépeint les paysages avec une adresse et\nsur Paul Verlaine.                                une connaissance qui feraient croire que\n  Le Journal de Charleroi nous apprend            l'écrivain les a vécues et observées lui-\nque le succès de l'orateur a été grand.           même. »\n   Malheureusement, après avoir cité la              « ... Dans ce cadre étrange, il nous fait\nChanson d'Automne, lue par le conféren­           assister à l'éclosion d'un être, enfant\ncier :                                            d'abord. . »\n             Les sanglots longs                       « ... La ville de Londres, avec son peuple\n             Des violons                           malheureux, buveur, batailleur, mais spec­\n             De l'automne\n             Plissent mon cœur                     tateur assidu des scènes à la mode, specta­\n             D'une longueur                        teur aussi difficile que peu besogneux... »\n             Monotone,                                « Certaines descriptions sont inoubliables\nle reporter du Journal de Charleroi impute         et impressionnent sincèrement le lecteur,\nà M. Jules Destrée la réflexion que voici :        peu habitué de délecter des œuvres critiques\n   « Dans cette pièce, Verlaine s'est affranchi    aussi profondes et aussi grandement con­\ndes règles de la prosodie : c'est un novateur      çues. »\nde ce genre de « versification libre » qui a          C'est ce que la Revue Rouge appelle\nété poussé à l'excès par quelques mystifi­         « faire claquer au vent la masse d'un éten­\n cateurs, mais qui a produit des chefs-            dard dont nous ne connaissions point les\n d'œuvre. »                                         couleurs ! »\n   Affranchi des règles de la prosodie?\n   On apprend tous les jours !...\n\n                                                     Lire la remarquable livraison de février\n                                                   de la Société Nouvelle, qui contient la suite\n   M Henry Maubel vient de terminer une            de la traduction de la Duchesse de Malfi,\n monographie scénique en trois actes, sous         par M. Georges Eekhoud, des vers de\n ce titre : L'eau et le vin.                       M. Henri de Régnier, et des études de\n                                                   MM. Nikitine, James Van Drunen et\n                                                   Maubel.\n\n   On lit dans la Revue Rouge :\n   « L'orthographe, la grammaire et la syn­\n taxe sont connaissances indispensables à            Un bon point au Sénat.\n quiconque se pique d'écrire. «                      M. le comte Goblet d'Alviella a prononcé\n    On lit dans le même numéro les miri­           un excellent discours sur l'organisation des\n fiques phrases que voici :                        Musées et sur la décoration du Palais de\n   « La Jeune Belgique prétend qu'il faille        Justice.\n suivre certaines conventions en art. »              De son côté, M. Lammens a révélé l'exis­\n   M Dans le premier chapitre, Eekhoud             tence d'un petit pot aux roses de 37,000 fr.\n nous transporte dans les campagnes, nous          qui exhale une odeur des plus enivrantes.\n"}, {"page_pdf": 181, "texte": "                                         —    162   —\n\n   Voici, d'après les Annales         parlemen­tique et ce n'est pas par cette distribution\ntaires, le discours de M. Lammens :            aveugle de subsides qu'on parviendra à\n   « Le gouvernement, tout en reconnaissant,   fonder jamais un théâtre belge. »\ndans une certaine mesure, l'insuffisance des      Inutile d'ajouter que ces prétendus théâ­\ncrédits des lettres, des sciences et des beaux-tres sont des foyers de propagande électo­\narts, se déclare dans l'impossibilité de faire rale, alimentés par le budget des Beaux-\ndroit aux réclamations, faute de ressources.   Arts.\n En présence de cette situation, je suis          Voici en quels termes M. De Burlet a\nétonné de voir régulièrement inscrite au       répondu à M. Lammens :\n budget une somme de 37,000 francs pour           « Chaque année, le Moniteur publie la liste\nencouragement à la littérature et à l'art      des sociétés dramatiques qui ont reçu des\n dramatique. En économisant sur ce crédit,     encouragements de l'Etat. La dernière est\n on trouverait facilement des ressources       de novembre 1892, et l'honorable sénateur\n pour d'autres manifestations de l'art.        me semble l'avoir attentivement parcourue.\n    Personne ne me contredira quand je dirai      Mon attention a déjà été appelée sur\nque l'organisation actuelle des encourage­ les inconvénients signalés par l'honorable\nments à l'art dramatique n'a produit que M. Lammens.\ndes résultats négatifs.                            L'émiettement des subsides, qu'il critique\n    Il existe actuellement quatre comités de avec tant de bon sens, est la conséquence\nlecture et des commissions provinciales d'une organisation déjà ancienne, puisqu'elle\nchargées d'assister aux représentations. On résulte de la combinaison, notamment,\ndevine ce que doivent coûter ces rouages d'arrêtés royaux du 31 mars 1860 et du\ncompliqués, ces jetons de présence, ces 24 décembre 1883, ce dernier contresigné\nfrais de correspondance, de déplacement, etc. par M. Rolin-Jaequemyns.\n    La pièce approuvée par les comités et          Toute cette matière est réglementée de\ncommissions a droit à une prime de 40 à la manière la plus minutieuse : l'examen\n250 francs pour les cinq premières repré­ des pièces de théâtre, les représentations,\nsentations, puis à une demi-prime pour la mise en scène, les dimensions du théâtre,\nchaque nouvelle série de cinq représenta­ des décors, du rideau, tout est prévu,\ntions, pourvu que ces dernières soient codifié, tarifé.\n données dans une autre localité.                  Dans ces conditions, le ministre a, en\n    Résultat surprenant et d'un haut comique! quelque sorte, les mains liées et il ne peut\n Maint cabaret de village ou de banlieue s'est guère que ratifier les propositions qui lui\n transformé en salle de représentation et la sont faites par les comités et commissions.\n manne des subsides s'est émiettée à l'infini.     Ces comités remplissent, du reste, leur\n Grâce à ce régime, il existe, le croiriez- tâche avec zèle et avec un véritable souci\n vous, 0,8 théâtres officiellement reconnus d'impartialité; mais, sous peine de chômer,\n en Belgique. Il y en a à Erbs-Querbs, à la littérature dramatique produisant peu de\n Montaigu, à Brecht, à Blaesvelt, à Corten­ chefs-d'œuvre dans notre pays, ils se croient\n bergh, Maeseyck en compte trois ; Moll, obligés à une indulgence et à une condes­\n Gheel et Hoogstraeten chacun deux. (Hila­ cendance peut-être excessives.\n rité.) Cela vous édifiera sur l'importance de     Le tarif des primes semble établi en vue\n tous ces temples de      Melpomène.(Nouveaux de cet endettement des subsides, assez con­\n  rires.) Que dire des Corneille, des Shakes­ traire à l'esprit des encouragements officiels.\n  peare que l'on joue sur ces scènes subven­       D'après ce tarif, un ouvrage en un ou\n tionnées? A part quelques honorables excep­ deux actes n'a droit qu'à une prime de\n  tions, il vaut mieux ne pas tirer de l'oubli 40 à 60 francs.\n  les noms que nous révèle chaque année le          Le taux des primes est calculé d'après le\n  Moniteur.                                      nombre d'actes, ce qui est, à mon avis, une\n     Nous restons, malgré tous les subsides, base d'appréciation difficile à justifier.\n  tributaires de l'étranger en matière drama­       L'article 1er du règlement de 1883 porte\n"}, {"page_pdf": 182, "texte": "                                        — 163 —\n\nque les subsides sont payés pour chacune             L'honorable membre a exprimé l'opinion\ndes cinq premières représentations dans la que, vraisemblablement, les frais d'admi­\nlocalité où l'ouvrage a été monté la première nistration nécessités par les études condui­\nfois, mais l'article 2 ajoute que :               sant à l'octroi et à la répartition des\n    •s Lorsque, après avoir été joué pour la subsides étaient assez élevés et absorbaient\npremière fois sur un théâtre en Belgique, une partie notable du crédit.\nl'ouvrage est transporté sur une scène d'une          Lorsqu'une question est soulevée dans\nautre localité du pays, il est accordé pour l'une ou l'autre Chambre, je ne vois aucune\nchacune des cinq premières représentations, espèce de difficulté, en ce qui me concerne,\ndans chaque ville ou commune, un subside — bien au contraire, — à dire très sincère­\négal à la moitié de celui qui a été accordé à ment et très complètement à l'assemblée\n ces ouvrages en vertu de l'article 1er. »        toute la vérité sur la situation. C'est, à mon\n     Cette disposition est critiquable et ne sens, la plus saine des politiques.\n tient pas compte des faits.                          Il résulte donc de mes informations que\n     11 est certain qu'un opéra, qui suppose le crédit de 37,000 francs dont il a été parlé\n des chœurs, un orchestre, une machination sert à payer les jetons de présence des\n compliquée, une quantité d'accessoires, ne quatre comités de lecture.\n peut être facilement transporté d'une scène          Cela coûte environ 3,500 francs par an;\n à une autre, et que, en pratique, par consé­ les appointements des secrétaires du comité\n quent, le droit à la prime se trouve épuisé coûtent environ 3,000 francs par an, et\n  après cinq représentations.                      ensuite les frais de voyage et de séjour,\n     Une comédie, au contraire, après avoir lorsqu'il s'agit d'assister à l'audition des\n  été jouée à Bruxelles, peut facilement, et à pièces sur les scènes dramatiques, donnent\n  peu de frais, être montée successivement à lieu aussi à une dépense assez élevée.\n  Ixelles, à Schaerbeek et même à Erps-                Il y a donc environ 10,000 francs sur\n  Querbs, où il y a, paraît-il, un théâtre. 37,000 qui sont absorbés par les frais d'ad­\n  [Hilarité ) Elle peut même être jouée à ministration : il reste ainsi 25,000 à 26,000\n  Gheel, où M. Lammens nous a dit qu'il y francs affectés aux subsides aux auteurs et\n  a une scène subventionnée...                     aux sociétés dramatiques.\n      M. Lammens. — Il y en a même deux !              Seulement, il y a toute une organisation\n      M. Dupont. — Pour les aliénés des deux qui fonctionne, depuis longtemps, en vertu\n  sexes. (Nouvelle hilarité.)                      d'arrêtés royaux et je ne puis que promettre\n      M. de Burlet, ministre de l'intérieur et de à M. Lammens d'examiner la question en\n  l'instruction publique. — Chaque déplace­ tenant sérieusement compte des observa­\n   ment donne ouverture, pendant trois ans, à tions qu'il a faites, et cela avec la ferme\n   une nouvelle série de cinq primes.              intention de faite disparaître les singulières\n      C'est ainsi que le Testament de l'Oncle anomalies qui peuvent exister. »\n   Turlupin ou telle autre comédie du réper­\n   toire subsidié pourrait loucher plus de\n   primes que Richilde, l'opéra de M. Emile\n                                                        Le gouvernement n'est pas encore par­\n   Mathieu.\n                                                    venu à constituer le jury du concours pour\n      11 importe cependant que, lorsqu'on se\n                                                    le prix quinquennal de littérature française.\n   trouve en présence de telle oeuvre d'une\n                                                        Il paraît que M. Gustave Frédérix a\n   réelle valeur, on puisse lui accorder mieux\n                                                    refusé de faire partie du jury.\n   que les sommes dérisoires du tarif\n                                                        La fin du monde, quoi !\n       Tout cela est mis à l'étude et je suis\n   charmé de trouver un appui dans les obser­\n    vations de l'honorable membre. Il ne s'agit\n    pas de bouleverser radicalement ce qui              Un des plus grands écrivains de ce siècle,\n    existe, mais d'améliorer graduellement ce Hippolyte-Adolphe Taine, est mort à Paris,\n    qui est défectueux dans le système.              le 5 mars.\n"}, {"page_pdf": 183, "texte": "                                          —    164 —\n\n    La Jeune Belgique lui consacrera pro­\nchainement une étude.                                 En résumé, nous expliquons M. Taine\n    En attendant, nos lecteurs liront avec         tout entier comme étant l'homme de la\nintérêt le passage suivant d'un article de         méthode dite l'analyse. Nous l'admirons\nM. Maurice Barrès :                                comme un type, parce qu'il a manifesté,\n    « On ne comprendrait pas le sens de la vie     plus qu'aucun homme de notre connais­\nde M. Taine, si l'on ne posait tout d'abord        sance, ce don singulier qu'on appelle l'ima­\net très fortement que la passion de cet            gination philosophique. Et nous le remer­\nhomme fut de voir clair. 11 s'appliqua à           cions, parce qu'il nous a appris, grâce à\nclasser les faits sous un autre fait dont on       cette méthode et grâce à son enthousiasme\nput déduire leur nature, leurs rapports et         contagieux, à aimer toutes les formes de\nleurs changements.                                 l'intelligence humaine. »\n    Chaque groupe de faits a sa cause : cette\ncause est un fait. M. Taine ne vécut que\npour saisir la cause ordonnatrice dans la\nmultitude des faits que nous classons sous            M. Paul Verlaine a fait une tournée de\nles noms de littérature anglaise, civilisation     conférences en Belgique. Notre collabo­\nitalienne, révolution française, etc., etc.        rateur M. Valère Gille nous avait promis\n    Cet homme est admirable, pour nous             un article sur les lectures de Pauvre Lélian.\navoir présenté, sous vingt-cinq formes, une          Au moment de mettre sous presse la\nmême méthode de raisonner et de com­               prose gracieuse mais tardive de notre\nprendre.                                           excellent collaborateur nous a fait défaut...\n    Il fut notre professeur d'analyse. Et notre\néducation, il la commença dès son premier\nlivre, quand il s'appliqua à nous faire voir          Infortunés poètes! Quand nous discutons\nque chez les « philosophes classiques » de         entre nous, entre gens du métier, la techni­\nce siècle, chez MM. Cousin, Royer-Collard,         que de notre art, nous sommes déjà loin de\nJouffroy, Maine de Biran, la méthode est           nous entendre. Mais quand les prosateurs\nnulle, et qu'en même temps il nous invitait        s'en mêlent, plus moyen de voir où l'on va.\nà reprendre la tradition des Condillac et des         Voici, par exemple, ce que, dans l'Avenir\n                                                   social, au cours d'un très intéressant article\nCabanis tonifiée par une féconde méditation        sur P. Verlaine, affirme M. H. Carton de\nde l'Ethique de Spinoza et de la Logique           Wiart :\nde Hegel.                                             « En 1865, il donna à l'impression son\n    Et quand il nous promena ensuite dans          premier livre : les Poèmes saturniens,\n                                                   recueil de vers déjà anciens, faits pour la\nl'histoire de la pensée anglaise, dans les         plupart dans son pupitre de rhétoricien.\nmusées italiens, dans la vie privée de              Verlaine s'y révélait déjà poète indépen­\nThomas Graindorge, etc., etc., c'était moins       dant des conventions prosodiques alors uni­\nencore pour nous renseigner sur tous ces           versellement admises, seulement soucieux\ninstants de la civilisation que pour nous          de sincérité et d'humanité. Aussi ne fit-on\n                                                   à ce livre, qui parut en même temps que le\n enseigner à analyser.                             Reliquaire de Coppée, l'honneur de s'en\n    M. Taine, c'est notre professeur de psy­       occuper un peu que pour renvoyer l'auteur\n chologie, le père vénéré des analystes.           au bon français, à la syntaxe, au bon sens,\n                                                   à toutes ces bonnes choses dont les Pont-\n    Je m'arrête encore dans ce raccourci que       martin d'alors; se croyaient— en vertu d'on\n j'essaye de tracer de l'influence de Taine        ne sait quel mandat mystique — les repré­\n sur la pensée française. Je la sens si vive­      sentants autorisés. »\n ment, celte influence, je lui garde, à cet           Dans les Poèmes saturniens, Verlaine a\nillustre mort, une si vive reconnaissance!         scrupuleusement observé la technique par­\n Ne lui devons-nous pas, entre autres bien-        nassienne; il n'y a point trace, dans tout le\n                                                   volume, du moindre manquement aux\n faits, le meilleur de Paul Bourget, le meilleur   « conventions prosodiques » dont parle\n de Vogué aussi. Ah ! Renan mort, que nous          M. Carton de Wiart.\n reste-t-il donc !                                                                    NEMO.\n"}, {"page_pdf": 184, "texte": "                  Paul LACOMBLEZ\n     É D I T E U R D E « LA J E U N E B E L G I Q U E »\n                             31, rue des Paroissiens, 31\n                                     BRUXELLES\n\n                      Catalogue des livres de fonds :\nBAUDOUX Fernand)     .   . Rythmes vieux, gris et roses, un volume in-16. . fr. 3 50\nBLOY (Léon)                Le Pal, la collection complète 4 nos) très rare . . .      4 »\n                               Les trois premiers numéros, ensemble .          . . 1 »\nBRABANT (Victor) . . .     Notes de voyage, un volume in-18 Jésus                     1 »\nCHAINAYE (Hector) . .      L'Ame des choses                                    . . 3 »\nCUDELL (Ch.)               Printemps sombre, nouvelle, un volume in-18 jésus . 2 »\nDA COSTA. . . .            Grammaire en portefeuille, broch format de poche . 0 50\nDELATTRE (Louis) . . .     Contes de mon village, avec une introduction de\n                               Georges Eekhoud, un volume in-18                       3 »\nDE HAULLEVILLE (Baron P.) En vacances, un volume in-18 Jésus                          3 50\nDELVILLE (Jean) . . . .     Les Horizons hantes, poésies, un vol in-16 Jésus. . 3 »\nDE MESNIL DE VOLKRANGE Un voyage de noces, suivi d'une étude sur « L'art de\n        (Baron).               la ciselure et le Narcisse de Gemito », un volume\n                               in-18 Jésus                                            1 »\nDEMOLDER (Eugène) . .      Contes d'Yperdamme, un volume in-18 Jésus . . .            3 »\n       —                   Impressions d'Art, un volume in-8°                         3 »\n       —                   James Ensor, plaquette de luxe grand in-8° avec le\n                               dessin d'Ensor : Mort mystique d'un théologien . 3 »\n                           (Il a été tiré 6 exempl. sur Japon impérial a 12 francs.\nDESOMBIAUX (Maurice) .     Vers de l'Espoir, un volume in-18 Jésus                    2 »\nDESTRÉE (Jules). . . .     Journal des Destrée, une plaquette in-18 Jésus . . 1 »\nDULAC (Paul)               Vingt-cinq Sonnets, un volume in-16 Jésus. . . .           1 50\n                           (Il a ele tiré 1 exemplaire sur Japon des manufactures\n                               Impériale et 9 exempl. sur Hollande Van Gelder).\nDUPONT (Arthur) . . .      L'Envol des Rêves, poésies, un vol. in-16 raisin . . 2 »\nKEKHOUD (Georges). . .      Nouvelles Kermesses, avec frontispice de Léon Dar-\n                               denne, 1 volume in-8° (quelques exemplaires) . . 7 50\n       —                    La Nouvelle Cartilage, un volume in-18                    3 50\n       —                    Les Fusilles de Malines, un volume in 18 . . . .          3 50\n       —                    Kees Do irik — Kermesses — Les Milices de saint\n                               François (épuisés).\nELSKAMP (Max) . . . .      Dominical, poésies, un volume in-16 raisin . . . .          2 »\nFRÈRES (Adolphe) . .        Ames fidèl s au m) stère, un volume in-16 . . . .         2 50\nGARNIR Georges) . . .       Les Charneux, mœurs wallonnes, un vol in-18 Jésus 3 50\nGIRAUD (Albert). . . .      Hors du Siècle, poésies, un volume in-8' . .           - 3 50\n        —                   Pierrot lun ure, poesies, un volume petit in-12. . . 2 »\n       —                    Pierrot Narcisse, un volume in-16 raisin                   2 »\n                            (Il a été tiré 3 exemplaires sur Japon Impérial et\n                                8 exempl. sur Hollande Van Gelder).\n                            Derniè es fêtes, poésies, un volume in-16, raisin . . 2 »\n                            (Il a été tire 15 exempl. sur Japon des manufactures\n                                Impériales et 10 exempl. sur Hollande Van Gelder).\n ITIBERÊ DA CUNHA (J.). .  Préludes, poésies ; un vol. in—16 raisin                    3 »\n JENART(Aug.) . . . .      Le Barbare, poème-drame en prose, un volume in-18. 2 »\n JEUNE BELGIQUE (Le Parnasse de la), pièces diverses de dix-huit poêles belges, un\n                                fort volume in 8°                                     7 50\n KAHN (Gustave) . . . .     Chansons d'amant, poèmes, un volume in-16 raisin . 3 50\n       —                     Les Palais nomades, poèmes, un volume in-18.               350\n LACOMBLEZ (Paul) . . .     Jeunes filles, une plaquette in-16                         2 »\n       —                    Loth et ses filles, un volume in-16 raisin                 2 »\n                            (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon Impérial et\n                                15 exemplair 5 sur Hollande Van Gelder.\n LAUTRÉAMONT (Comte de)     Les Chants de Maldoror, un volume in-18 . . . . 3 50\n MAETERLINCK (Maurice) .     Les Aveugles (L'Intruse. Les Aveugles), un vol in-18. 3 »\n        —                   La Princesse Maleine, un volume in-18                      3 50\n        —                    Serres chaudes, un volume in-18                           3 »\n                             (Il a été tiré de chaque ouvrage 3 exemplaires sur\n                                Japon à 15 francs et 7 sur Hollande à 6 francs .\n        —                    L'Ornement des noces spirituelles, par Ruysbroeck\n                                l'Admirable, précédé d'une Introduction, un vol.\n                                in-18 .                                                4 »\n                             (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon des manufac­\n                                 tures Impériales et 25 exemplaires sur Hollande\n                                 Van Gelder).\n"}, {"page_pdf": 185, "texte": "MAETERLINCK (Maurice) .       Les Sept Princesses, un volume in-18 . . . . fr.            2 »\n                               (Il a été tiré 5 exemplaires sur Japon Impérial et\n                                   25 exemplaires sur Hollande Van Gelder)\n      —                        Pelléas et Mélisande, un vol. in-18                        3 50\nMALLARMÉ (Stéphane) .          Villiers de l'Isle-Adam, un volume petit raisin in-16,\n                                  avec un portrait de Villiers, gravé par Desboutin.\n                              (Il a été tiré 10 exempl. sur japon à 15 fr., et 25 sur\n                                  hollande à fr. 7.50 avec le portrait en double état).\nMAUBEL (Henry) . . .           Max Waller, une plaquette in-8° (épuisé).\n      —                       Miette, un volume in-16                                     2 50\n      —                        Etude de jeune fille-, un volume in-18                     2 »\n      —                        Une mesure pour rien, comédie, in-8°                       2 »\nPLÉIADE (La), journal littéraire mensuel.\n                              Première année ( 1889), les douze numéros . . . .           3 »\n                              Chaque numéro séparément                                    0 30\n                              Seconde année, les douze numéros (très rare) . . .          5 »\nPOE (Edgar)                    Poésies complètes, traduction de G. Mourey, 1 vol.\n                                  in-18                                                   2 »\nSEVERIN (Fernand) . . .       Le Lys, poésies, avec une eau-forte de Henry De\n                                  Groux, un volume in-16                                  2 »\n                              (Il a été tiré 5 exempl. sur Japon et 25 sur Hollande).\n      —                       Le Don d'Enfance, poème:. : un volume in-16 raisin .        2 »\n                             (Il s été tiré 8 exempl, sur Japon et 32 sur Hollande).\nSLUYTS (Charles) . . .         L'appel des voix, poésies, un volume grand in-16. .        2 »\n                              (Il a été tiré 1 exempl. sur Japon et 25 sur Hollande).\nTORDEUS (Jeanne), professeur au Conservatoire de Bruxelles. — Manuel de pro­\n                                  nonciation, un volume in-18 Jésus       . . .       .   2 50\nVAN LERBERGHE (Charles).       Les Flaireurs, drame, une plaquette grand in-16 . .        1 »\n                              (Il a été tiré 25 exemplaires sur Hollande à 2 francs).\nVERHAEREN (Emile). .            Les Apparus dans mes chemins, poésies, 1 volume\n                                  in 16 raisin                                            2 »\n                              (Il a été tiré quelques exemplaires sur Japon et sur\n                                  Hollande Van Gelder).\n      —                       Les Moines, poésies, un volume in-18                        3 »\nWALLER (Max) . . . .          La Flûte à Siebel, un vol. in-8°, papier vergé . . .        3 50\n                              (Il a été tiré 75 exempl. sur impérial VanGelder à 10 fr.\n      —                       Daisy, roman, un volume in-18 Jésus                         3 »\n                               Volumes en commission :\nGILKIN (Iwan) . . . .           La Damnation de l'Artiste, poésies                    15 »\n     —                          Ténèbres, poésies                                     15 »\nLE ROY (Grégoire). . .          Mon coeur pleure d'autrefois, un volume in-8\", avec\n                                  un frontispice de Fernand Khnopff                   10 »\nNYST (Raymond)         .   .    Volume ayant pour titre une épigraphe, avec un fron- ,\n                                  tispice colorié et un dessin de Nestor Outer . . .   5 »\n       —                        La Création du Diable, un volume in-18, sur papier\n                                  de Hollande, avec une eau-forte deWilly Schlobach. 3 50\nSAROLÉA (Ch.) . . .             Henrik Ibsen, avec portrait, un volume in-16 . . .     2 »\nVERHAEREN (Emile). .       .    Les Soirs (épuisé).\n      —                         Les Débâcles, poésies, un vol. in-8° sur Hollande . . 12 »\n      —                         Les Flambeaux noirs, poèmes. in-8° sur Hollande. . 12 »\n\n  L a J e u n e B e l g i q u e (130 année), Revue mensuelle de littérature et d'art.\n  Abonnements : Belgique, 7 francs par an; Union postale, 8.50. — Le numéro 75 cen­\ntimes. Chacune des années précédentes : 10 francs.\n  L a Société Nouvelle (9e année), Revue internationale (Sociologie, Arts, Sciences et\nLettres).\n  Abonnements : Belgique et France, 12 francs par an; Union postale, 15 fr. — Le\nnuméro : fr. 1.25.\n\n                               A LA MÊME LIBRAIRIE :\n Les œuvres de Baudelaire, Barrés, Bloy, Bourget, Corbière, Dostoïewsky, Heine,\nHuysmans, Ibsen, Laforgue, C. Lemonnier, Mallarmé, Péladan, Poe, de Régnier,\nRodenbach, Tolstoï, Verlaine, Vielé-Griffin, Villiers de l'Isle-Adam, etc., etc.\n\n\n A partir de 3o francs, les achats peuvent se régler en 10 paie­\nments mensuels.\n                    Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 32, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1893-03-01", "preuve": "Mars 1893, numéro 3, couverture PDF 150 ; aucun jour imprimé."}}