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T O M E XII. — N° 8                                13 me Année.\n\n\n\n\nLA\n   JEUNE\n                BELGIQUE\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 330, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 171, "fin_caractere_exclue": 1872, "texte": "SOMMAIRE:\n        En Béotie. . . . ■                       . .    LA JEUNE BELGIQUE.\n        Le Prix quinquennal . . . . . . . .             LA JEUNE BELGIQUE.\n        Déprécation magique . . . . . . . . . .         IWAN GILKIN.\n        Consolatrix                                 .   O.-GEORGES D E S T R É E : .\n        Hélène (suite)                                  ARNOLD G O F F I N .\n        L'Album à Toto. Pêche à la ligne . . .          TOTO.\n        Une Conversion. Lettre de M. Jean Delville.     LA DIRECTION.\n        Chronique musicale                              ERNEST CLOSSON.\n        Chronique littéraire :\n          I. Premières Poésies ; Les Chants de la\n             Nuit ; Les Baisers morts ; Toute la\n            Lyre; La Chanson panthéiste. — II.\n             Contes et Souvenirs ; Les Aspirations;\n             Le Bestiaire ; La Duchesse de Malfi; El\n             Moghreb al Aksa; La Vie artistique .       ALBERT GIRAUD.\n        La Réforme de l'orthographe                     ETHELRRED VAZY.\n        Memento                                  . .    NEMO.\n\n\n\n\n             REDACTION                                            BRUXELLES\n110, RUE DE LA LIMITE, BRUXELLES.                           PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                  3I, rue des Paroissiens\n                                                                       PARIS\n      PRIX DU NUMÉRO                                     C H A M U E L , LIBRAIRE- É D I T E U R\n                                                                    29, rue de Trévîse\n               fr. 0-75.\n                                                                          1893\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "V I E N N E N T D E PARAITRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 331, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 383, "fin_caractere_exclue": 1112, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                          PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur      : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                      Directeur : IWAN GILKIN.\n               Rédaction : 110, rue de la Limite, Bruxelles.\n             7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard               des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom­\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n   A Paris : Chez Bailly, n , rue de la Chaussée-d'Antin.\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "V I E N N E N T D E PARAITRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 331, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1112, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "V I E N N E N T D E PARAITRE :\n\n QUELQU'UN D'AUJOURD'HUI\n                              par HENRY MAUBEL\n\n\n\n      Histoire des Lettres belges d'expression française\n                          par F R A N C I S N A U T E T\n\n\n\nSTANCES DOBÉES\n             Commentaire sacerdotal du T a r o t\n                              par IWAN GILKIN\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 297, "page_fin": 298, "titre_corps": "En Béotie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Direction", "ancre_debut": "EN BÉOTIE", "ancre_fin": "LA DIRECTION", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LE PRIX QUINQUENNAL", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 332, "page_imprimee": 297, "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1747, "texte": "EN BÉOTIE !...\n\n\n                                         Les amateurs de vélocipédie ont orga­\n                                       nisé une course de bicyclettes entre\n                                      Paris et Bruxelles. C'est leur droit. Ils\n                                      ont raison de s'amuser et de convoquer\n                                les badauds à les venir admirer : nous n'y\n                                contredisons point.\n                                  M. Carnot, président de la République fran­\n                          çaise, et S. M. Léopold II, roi des Belges, se sont\n                 empressés d'offrir des prix aux vainqueurs. Nous admet­\n                 tons volontiers que l'on prime les jarrets et les pédales et\n                 que les chefs d'Etat rendent au « pneu » l'hommage qui lui\n                 est dû.\n                    Mais ce n'est pas tout. Le roi des Belges est allé en per­\n                 sonne recevoir le vainqueur à l'arrivée. Le vainqueur se\n                 faisant attendre, Sa Majesté s'est retirée en exprimant son\n                 profond regret de ne pouvoir attendre davantage (Louis XIV\n                 est bien mort) et Elle a promis de recevoir le cycliste primé\n                 au palais de Bruxelles.\n                    Sa Majesté a tenu parole. Elle a reçu le vainqueur dans\nses salons avec le cérémonial consacré aux hommes illustres.\n   Il y a en Belgique d'autres concours et d'autres vainqueurs. Le prix\nquinquennal de littérature, — un prix du Roi, s. v. p. ! — à été remporté\nil y a cinq ans par M. Camille Lemonnier, — cette année par M. Georges\nEekhoud.\n                                                                     19\n"}, {"page_pdf": 333, "page_imprimee": 298, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 633, "texte": "                                  — 298 —\n\n   M. Lemonnier n'a été ni attendu dans un lieu public par une tête cou­\nronnée ni reçu au palais du Roi. Il est à présent traduit en cour d'assises\npour avoir écrit en français ce que tous les journaux avaient raconté en\npatois.\n   Le bicycliste primé est invité chez le Roi; M. Lemonnier est poursuivi\npar le procureur du même Roi.\n   Il est vrai que la littérature est un travail de la tête et le cyclisme un\ntravail des pieds.\n   Nous livrons ces simples rapprochements aux réflexions de nos amis.\n\n                                                          L A DIRECTION\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 298, "page_fin": 299, "titre_corps": "Le Prix quinquennal", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "LE PRIX QUINQUENNAL", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "DÉPRÉCATION MAGIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 333, "page_imprimee": 298, "debut_caractere": 633, "fin_caractere_exclue": 2212, "texte": "LE PRIX QUINQUENNAL\n              L'un de nos meilleurs écrivains vient d'obtenir le prix quinquennal\n               de littérature. Nos cordiales félicitations à M. Georges\n               Eekhoud. Si nous n'aimons guère les concours, les prix, les\n               lauriers et les couronnes, dont nous n'avons cessé de demander\nla suppression, il nous plaît pourtant de voir que les prix, en attendant\nqu'on les abolisse, sont à présent octroyés à des écrivains de mérite..\n   M. Lemonnier, M. Maeterlinck, M. Eekhoud ont été couronnés. Grâce\nà de tels noms, les partisans des concours peuvent aujourd'hui invoquer,\nen faveur de leur maintien, des circonstances atténuantes.\n   Constatons aussi que le monde officiel a été forcé de changer d'attitude\nà notre égard. Malgré la mauvaise volonté et l'esprit de dénigrement dont\nil fit preuve lors de nos débuts, le voici forcé de décerner ses distinctions\net ses récompenses à des écrivains qui sont sortis du sein de cette Jeune\nBelgique tant conspuée.\n    Le jury qui a couronné M. Georges Eekhoud se composait de\nMM. Fétis, conservateur en chef de la bibliothèque royale ; abbé Stiernet,\nprofesseur à l'Institut Saint-Louis de Bruxelles ; chanoine de Groetars,\nprofesseur à l'université de Louvain; Kurth et Wilmotte, professeurs à\nl'université de Liège ; Discailles, professeur à l'université de Gand ; Perga­\n meni, professeur à l'université de Bruxelles. Aucun de ces messieurs n'ap­\n partient, ni de près ni de loin, à notre « petite chapelle ».\n    La Nouvelle Carthage de M. G. Eekhoud a obtenu cinq suffrages\n contre deux.\n"}, {"page_pdf": 334, "page_imprimee": 299, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 541, "texte": "                                — 299 —\n\n  La Jeune Belgique ne peut que répéter ce qu'elle publiait en 1888, au\nsujet du prix décerné à M. Lemonnier : « Nous félicitons M. Eekhoud, de\nqui la réputation reçoit ainsi la consécration de la foule. Quant à nous,\nnous l'admirions avant, nous l'admirons après : il n'y a qu'un prix quin­\nquennal de plus. »\n  C'est d'ailleurs le jury surtout qui mérite des félicitations : nous ne lui\nmarchandons point les nôtres.\n                                               LA J E U N E BELGIQUE\n\n\n\n\n        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 299, "page_fin": 300, "titre_corps": "Déprécation magique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "DÉPRÉCATION MAGIQUE", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CONSOLATRIX", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 334, "page_imprimee": 299, "debut_caractere": 541, "fin_caractere_exclue": 1506, "texte": "DÉPRÉCATION MAGIQUE\n                 Dans le caveau tendu de noir\n                 Les flammes du réchaud consument\n                 Les funèbres parfums qui fument\n                 Devant le haut et noir miroir.\n\n                 Malheur à celui dont     l'offense\n                 A mérité le châtiment!\n                 Voici qu'irrévocablement\n                 Ma voix prononce la sentence.\n\n                 Rouet divin du Devenir,\n                 Qui f ormes et transformes l'être\n                 Aux pieds de l'éternel Peut-Être\n                 Qui crée en rêvant l'avenir,\n\n                 Forces qui pétrissez les mondes,\n                 Nombres dont le rythme fatal\n                 De l'immense océan vital\n                 Pousse les ondes sur les ondes,\n\n                 Que tout ce qui doit être, soit\n                 Et que le destin s'accomplisse!\n                 Que de la faute la justice\n                 Jaillisse comme un glaive droit!\n"}, {"page_pdf": 335, "page_imprimee": 300, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 944, "texte": "                                  — 300 —\n\n                 Que les fleurs noires de t'abîme\n                 S'épanouissent dans la nuit!\n                 Loin du pardon, qui tremble et fuit,\n                 Que le crime suive le crime!\n\n                 Qu'on fasse encore ce qu'on a fait !\n                 Traître, trahis! Meurtrier,     tue!\n                 Que le forfait se perpétue !\n                 Qu'il soit la cause et soit l'effet !\n\n                 Qu'ainsi les coupables eux-mêmes\n                 Sur leur front maudit par les dieux\n                 Des quatre coins des vastes cieux\n                 Attirent les foudres suprêmes!\n\n                 — Dans le caveau tendu de noir\n                 Les flammes du réchaud consument\n                 Les funèbres parfums qui fument\n                 Devant le haut et noir miroir.\n                                                          IWAN GILKIN\n\n\n\n\n                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 300, "page_fin": 302, "titre_corps": "Consolatrix", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Olivier-Georges Destrée", "ancre_debut": "CONSOLATRIX", "ancre_fin": "OLIVIER GEORGES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "HÉLÈNE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 335, "page_imprimee": 300, "debut_caractere": 944, "fin_caractere_exclue": 1887, "texte": "CONSOLATRIX\n             Assis devant la fenêtre large ouverte, regardant le soir qui\n              tombait, le jeune homme repassait en son esprit les doulou­\n              reux événements de sa journée; les ténèbres de la nuit reflétées\n              par ses yeux descendaient lentement en son âme, et une seule\net toujours même pensée gonflait son cœur de tristesse.\n   « Hélas, hélas, dit-il enfin, cette femme ne m'aime pas, aucune femme\n« ne m'a jamais aimé, et nulle femme sans doute ne m'aimera comme\n« j'eusse tant souhaité être aimé; pourquoi donc, ô Dieu, avoir mis en\n« mon cœur cet amour qui me brûle et me consume, et que nulle fontaine\n« n'est destinée à rafraîchir, pourquoi m'as-tu mené, Seigneur, parmi des\n« étrangers, et pourquoi m'avoir envoyé sur la terre, moi qui ne puis vivre\n« sans amour, et qu'un amer destin condamnait à vivre isolé ? »\n   Et à la pensée de cet isolement, une telle douleur le saisit, que des san-\n"}, {"page_pdf": 336, "page_imprimee": 301, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "                                 — 301 —\n\nglots l'étreignirent à la gorge et que des larmes abondantes jaillirent de ses\nyeux.\n   Mais au même instant, dans la chambre, une ombre se glissa, légère,\nvêtue de noir, l'ombre attristée de sa mère morte depuis longtemps. Elle\ns'avança sans bruit dans la chambre et elle se tint debout, auprès de son\nfauteuil, anxieusement penchée vers lui; elle écarta les mains qui voilaient\nses yeux gonflés de larmes, et doucement deux fois elle l'appela par son\nnom, disant :\n   « Mon enfant, pourquoi m'oublies-tu? Regarde-moi, reconnais-moi, je\nsuis ta mère bien-aimée; je t'ai donné la vie, ô mon enfant, et quand tu\nvins au monde, je priai ardemment le Seigneur, la Vierge et tous les saints\npour qu'une vie heureuse et longue te fût donnée, et je priai aussi pour que\ntoute grande douleur te fût épargnée même au prix de mes souffrances et\nmême au prix de ma vie tout entière. Et ma prière fut agréable à Dieu, et\nil m'accorda plus que je n'avais osé demander, car il me fut donné de te\nvoir grandir heureux et fort pendant toute l'insouciante et belle saison de\nta première enfance. Et comme je t'ai aimé tu t'en souviens encore, ô mon\ncher fils, et il n'y a pas de plus grand ni de plus doux amour sur la terre.\nCar tu étais tout mon orgueil et toute ma joie, bel enfant souriant que je\nportais avec fierté dans le berceau caressant de mes bras ; et j'ai baisé tant\ndefoiston visage à ta bouche, que tes lèvres ont pour toujours gardé l'em­\npreinte et la forme de mes lèvres et qu'aucun autre baiser ne pourra plus\nmaintenant les faire changer; alors, à la moindre crainte, au moindre léger\nchagrin tu te réfugiais en hâte dans le sûr refuge de mes bras, te cachant la\ntête en mon sein ; de tes deux petits bras tu m'enlaçais follement, fébrile­\nment le cou et jamais collier ne me parut plus beau ni plus doux à porter.\n Et si je mourus depuis pour les autres, toi, ô mon enfant, tu sais que je\nne t'ai point quitté, car les mères mortes jeunes et dont les prières furent\nexaucées, reviennent au près de leurs enfants toute leur vie, et toute leur vie\nles protègent et les veillent, ayant pris la place de leur ange gardien. Ainsi\nil me fut permis de t'apparaître parfois lorsque tes nuits et ton esprit étaient\n troublés et toujours, tu le sais, ces visions t'ont été utiles et bienfaisantes.\n Or, maintenant, ne pleure plus, ne déplore plus, ô cœur aimant, l'ardent\n amour qui est en toi, pensant que cet amour ne t'est point retourné; car il\n n'est point d'amour profond, dévoué, absolu qui n'engendre tôt ou tard un\n semblable amour. Mais bien plutôt réjouis-toi de ce qu'un pareil amour t'a\n été accordé, qui te permet d'aimer et de sentir plus vivement que les autres\n et qui te fait goûter doublement en ceux que tu aimes et en toi les joies et\n les bonheurs de la vie. Rappelle-toi aussi, ô mon enfant, qu'il n'est pas de\n"}, {"page_pdf": 337, "page_imprimee": 302, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 947, "texte": "                                   — 302 —\n\n\nbonheur sans peine, non plus que de belles roses sans épines. Mais la fleur\nreste à qui veut bien se blesser pour la cueillir, et le bonheur acquis s'aug­\nmente au souvenir des peines qu'on a eues à l'obtenir. »\n   Elle dit et le jeune homme sentit son cœur s'apaiser à ces douces paroles;\net tandis qu'y réfléchissant encore, et les pesant en son esprit il tenait les\nyeux fixés en terre, il lui sembla qu'un doux baiser pareil à ceux que jadis\nil sentait en ses rêves d'enfant, lui effleurait le front et relevant ses yeux\nreconnaissants il ne vit plus à ses côtés l'ombre chère, mais devant lui,\npar la fenêtre, le ciel que la nuit avait obscurci, et les étoiles qui s'y levaient\nradieuses et claires, scintillaient, ranimant en son cœur les fraîches fleurs\nde la douce Espérance.\n                                            O L I V I E R - G E O R G E S DESTRÉE\n\n\n\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 302, "page_fin": 310, "titre_corps": "Hélène (suite)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "HÉLÈNE", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L ALBUM A TOTO", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 337, "page_imprimee": 302, "debut_caractere": 947, "fin_caractere_exclue": 2313, "texte": "HÉLÈNE\n                                      (Suite.)\n\n             J'aime ! je suis aimé! L'adorable niaiserie éternelle de cette\n               formule, — dénonciatrice, au tréfond, d'un assez humiliant\n               triomphe, — grisait cependant Delzire jusqu'à l'aberration,\n               fomentait en lui une tourbillonnante ardeur jeune, dont il\ns'ignorait posséder encore l'aptitude; galvanisait, coordonnait d'éparses\nidées embryonnaires, efficaces, hautement, à cette heure, et significatives.\nLa stupeur ravie de cette convalescence, arrachée à la claustration plain­\ntive, à la misanthropie studieuse et malingre de sa chambre, pour se voir,\nsoudain, transférée au grand air enivrant, parmi les- bois et les eaux et y\ndécouvrir la saveur, jusqu'alors calomniée, de la vie! — Hélène, oui,—\nmiraculeux et visible symbole; instrument, tout à la fois et essentielle\nimage de sa rédemption; — Hélène incarnait tout cela...\n\n   Delzire ignorait les voies mitoyennes d'une félicité sage et tempérée : des\nalternatives antagonistes de prostration atroce et de fortitude forcenée; l'ha­\nbitude, devenue mécanique, de spéculer ses sensations et ses pressentiments\njusqu'à leurs conséquences ultimes lui affadissaient singulièrement les faits,\npour offensifs et funestes qu'ils fussent.\n   La préconception d'un plaisir en constituait ainsi, pour lui, l'unique et\n"}, {"page_pdf": 338, "page_imprimee": 303, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2849, "texte": "                                 — 303 —\n\nintégrale réalité. Où trouver, d'ailleurs, le point stable, l'équilibre inacces­\nsibles à l'ordinaire outrance de ses déductions et de sa conduite?\n   Sans transition, il transformait son ascétique sobriété, sa Spartiate\nhygiène en une orgiaque sensualité, désespérée, presque, et anémique,\ninsalace, même, à la fin, si la douleur n'en devenait l'incendiaire ferment.\nIl se géhennait, ensuite, d'intransigeantes et barbares rigueurs, mortifiait,\nobstinément, sa paresse, son ineptie physique, son penchant à la flânerie\ncérébrale; se contrariait de réitérées et pénibles victoires sur son inclina­\ntion nonchalante et irrésolue. Dans cette humeur, il ne tolérait aucune ni\nla moindre infraction aux procédurières et strictes disciplines promulguées,\ntellement il redoutait voir s'invétérer, introduite par la brèche initiale, une\ncontagieuse impéritie. La plus courte relâche aux disproportionnés labeurs\n prescrits l'excitait, bourrelé de remords, à la mésestime et au décourage­\n ment de lui-même ; et vexé, il abdiquait la régie de sa trop débile existence,\nla laissait dériver à une oisiveté farouche et empoisonnée.\n   Des maux assujettissants, cause d'une onéreuse déperdition d'énergie,\nauraient pu excuser quelque indulgence pour des lacunes de volonté; mais,\nbien au contraire, Delzire croyait salutaire et thérapeutique une règle\nétroite et que le travail tenace, cette dépense quotidienne et utile de persé­\nvérance, le distrairait, seul, de sa maladie, le préserverait d'en devenir la\nproie et l'otage, car, si rien ne balançait sa morbifique influence, elle usur­\nperait toute son attention, le métamorphoserait en un quinteux et ridicule\nvalétudinaire, esclave contrefait par le joug ignominieux de méprisables\nsouffrances corporelles.\n   Son actuelle bienveillance envers lui-même l'émerveillait et la bénignité\nde cet incorruptible et vigilant censeur, l'inquisiteur puritain sous la férule\nduquel il gémissait et dont, pourtant, sauf de brèves escapades, la tyrannie\nlui était devenue nécessaire et chère. Parfois, en effet, infligeait-il à son\nconfesseur occulte, le repentir anticipé et la pénitence d'une faute projetée,\naheurté à la commettre, si sa perpétration lui semblait, et au delà, compen­\nsatrice du probable dommage moral; mais, cette fois, la voix bourrue réfré­\nnait ses avis coutumiers, le rogue et prosaïque témoin, corrompu, peut-être,\npar le sourire d'Hélène renonçait à ses vaticinations austères et à célébrer\nle charme saint de l'abstention et de la quiétude.\n\n  Sa fenêtre ouverte sur le parc, à l'orée d'une sapinière dont les noirs fûts\ncalcinés effluaient leurs odoriférantes résines, sous l'effervescence sombre\ndu firmament nocturne, Delzire, accablé de la découverte, enfin, et de la\nconscience d'une raison d'être ; et que cette trop récente révélation, Tins-\n"}, {"page_pdf": 339, "page_imprimee": 304, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2857, "texte": "                                   — 304 —\n\ntinctif effroi de la sentir mieux qu'éphémère, énervaient, ne se résolvait\npoint à se coucher, dans le dépit enfantin d'abdiquer, une période, la\nnotion vivante de sa joie.\n   Une œuvre violente et célèbre trouait le velours usé de la tapisserie:\nune tête décharnée d'excentrique rancœur, amaigrie par quelque incom­\npréhensible transe et dont les yeux ternes, vitreux, tout à la fois,\net stupéfiés, dilatés par l'habitude de la fièvre et de la pensée démesurée,\ntranspercent, d'outre en outre, l'âme interdite du spectateur du fixe regard\nstagnant d'une peine que son intensité ne console plus; le navrement\ninflexible et auguste dont de si fiers yeux, embusqués au fond de leur orbite\ncave, expriment l'étendue, que leur inépuisable et aride rayon stérilise,\nfauche toute velléité d'insouciance et de libre arbitre.\n    Mais, ce dessin inouï, admiré jadis de toute la similitude de ses propres\nmeurtrissures, miroir sublimatoire où, désappointé du bonheur et de l'am­\n bition même du bonheur, il cherchait son personnel reflet pathétisé; —\n cette image, signe, jusqu'alors, magnifique et poignant, suggestif hiéro­\n glyphe d'années maladives et aimées, requérante plutôt de sa vertu com­\n mémorative, à la longue, que pour sa foncière intensité plastique, — la\n voici se définir, à présent, ainsi qu'un simple funambulisme d'artiste, réduit\n à sa nébuleuse éloquence naturelle, au conspect duquel pouvait frémir son\n tact esthétique, — et dissonant, non seulement à la série actuelle de ses\n rêves, mais — tellement Delzire avait changé d'intransigeance! — à toute\n conception exacte et saine de la vie !...\n    Les désolés traducteurs de semblables cataclysmes psychiques les con­\n crètent sous des métaphores trop inappréciables à l'intuition d'un auditoire\n quelconque, même affiné, — à n'importe quelle vision étrangère, gouvernée\n par un mécanisme logique et non exclusivement passionnel. Cette litho­\n graphie, géniale pour ceux-là, uniquement, susceptibles de parfaire de leur\n mentale substance, de leur souffrance, l'intention spécifique de l'inventeur,\n se réalise donc selon l'exacte mesure de cette capacité de collaboration.\n Phénomène exigé, certes, par tout ouvrage d'art, mais, croirait-on, dans la\n proportion inverse à sa virtuelle intellectualité.\n    Botticelli, Vinci s'installent en rois invincibles et sacrés, subjuguent et\n envoûtent les cerveaux ; de leur burin volontaire, sous leur pinceau thau­\n maturgique, du fond d'une captivante et méditative patrie, des visages ont\n surgi, — archanges, déesses, patriciennes, — dont les yeux scrutateurs ou\n extatiques, humiliés et éblouis, les lèvres ensorcelées ou implorantes, l'indi­\n cible et voltigeant sourire déconcertent, au travers les siècles, le contem­\n plateur et l'intimident... Il se laisse guider par ces mystagogues picturaux\n"}, {"page_pdf": 340, "page_imprimee": 305, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2816, "texte": "                                 — 305 —\n\net se subordonne; sa famille cérébrale s'est enrichie d'un nouvel et synthé­\ntique personnage, d'un témoin de sa pensée, inépuisable abréviation de\ntous les problèmes ambigus, des pâlissants logogriphes qui l'abattent et\nl'exhaussent.\n    Redon, lui, en proie à un songe qui le fuit et le nargue, hanté de cauche­\nmars élémentaires et nomades, charbonne, d'une main cataleptique, une\nobtuse esquisse, décalque, délimite de traits écrasés et d'ombre le contour\nmouvant de son inspiration, insoucieux de dégager la statue du monolithe\nqui l'étouffe, de transcrire la stéganographie où, d'ailleurs, l'absolu chef-\nd'œuvre, imperfectible, désormais, est lisible pour lui. Canevas que chaque\nindividu remplit d'après la richesse de sa sensibilité ou de sa fantaisie;\n œuvre manifestement infirme, invertébrée, puisqu'elle s'adapte à chacun,\n se conforme à ses admirateurs, jusqu'à propager en ceux-ci la fatuité d'y\n déchiffrer la vulgarité embellie, la mesquinerie sublimée de leurs émotions\n avortées; au lieu de violemment les déprendre d'eux-mêmes, dociles aux obsé­\n dants et tyranniques prestiges de l'évocateur. Infériorité flagrante d'une esthé­\n tique dont les plus sûrs recours s'adressent non à l'intellect, mais au cœur,\n à la chair, insuffisante à s'élucider elle-même : fleur à la merci du climat\n favorable ou adverse et fécondée par le vent qui passe. Spécieuse beauté\n créée, toute, de sympathie coïncidente et hasardeuse, sans contexture\n indiscutable et indépendante de l'applaudissement ou du blâme; satellite\n obnubilé des âmes ; fuligineux miroir où le caprice atrabilaire ou souffre­\n teux des uns configurera le monde difforme et magique, la théorie lugubre,\n  l'ordonnance saturnienne de leur pensée; — les autres, de fongibles\n  ébauches, des fumées suffoquantes et houleuses... Malfaisant haschich qui\n  boursoufle les ulcères irrités et les gangrènes de notre amour-propre;\n  offusque la mâle et sereine perspective de la scène tragique de notre ridicule\n  silhouette, étriquée et bouffie. Nulle, en résumé, la valeur subjective d'une\n  œuvre semblable, car elle n'existe qu'en s'abdiquant. « Et cette tendance\n  m'y paraît spéciale, à enjôler les imaginations, au lieu de loyalement les\n  conquérir, les ranger à la suprématie lyrique d'irréductibles et nobles con­\n  ceptions, dont il faut s'assimiler l'intégrité ou les rejeter absolument,\n   puisque l'on ne peut y mirer avec complaisance sa petite âme quotidienne\n   et maniaque... »\n      Cette course élastique et un peu cabrée de son esprit assoupli amusait\n Delzire; l'encore neuve, et comme à jamais inopinée surprise de son bon­\n heur, semblait le radieux commentaire de tous ses actes, l'espèce de magnifiant\n halo sur lequel ils se détachaient : luminosités fluides, harmonies continues,\n"}, {"page_pdf": 341, "page_imprimee": 306, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2769, "texte": "                                   — 306 —\n\npluies constellées parmi l'horizon doux et sombre de sa pensée; trame\nfugitive où s'ourdissait la broderie erratique et fastueuse de ses songes...\n\n    Les yeux fixes, il regardait toujours le cadre maléfique, ou plutôt l'astra­\ngale discursive que son incohérente et vagabonde réflexion en faisait jaillir,\nlorsque, à l'effusion balsamique subitement attisée encore, de la chambre,\nau magnétisme soudain d'une subtile influence, véhiculé par l'atmosphère,\nqu'il respirait, et dont sa vie accélérée empruntait un haut relief ineffable,\nDelzire supputa moins qu'il ne perçut l'approche de quelqu'un, exorable\net tendre...\n    Timorée, et presque aussitôt évaporée comme affligeante d'infatuation,\nl'idée précaire émergea qu'Hélène, peut être... Conjecture torpide, résor­\nbée de suite, fondue, comme un rapide arc-en-ciel utopique, dans l'éther\nélyséen, le tourbillon extasié et rhythmique où il marchait...\n    L'espoir le retint immobile, aussi, de perpétuer le charme, l'ambiguë\ndouceur intermédiaire de cette minute, — le bénéfice d'un doute exquis\nqu'aucune certitude jamais n'équivaudrait... Il aurait adoré Hélène, après\ncette si pure audace, de disparaître, en laissant derrière elle seulement le\ndélicieux sillage et la fragrance de son passage...' A quoi bon d'explicites\nmanifestations et des paroles, redoutables, toujours, superfétatives? et\npayer d'une rançon désenchantée le sentiment suave que le facile mutisme\nfaisait si beau?\n    La semi-volontaire perplexité de Delzire qu'un mouvement aurait termi­\nnée et dont il prolongeait l'affre sournoise, l'envoûtait d'une stupéfiante\net graduelle anesthésie, berçait la somnolence de ses yeux des figurations\nincantatoires d'un crépuscule alangui et changeant, propice à l'impulsive\nméditation que la pénombre, peu à peu accrue, attriste et dramatise, le\nconduisait, enfin, à l'abandon passif, aux sophistiques injonctions d'un\négoïsme artificieux...\n    L'âme enfantine du poète, accaparée toute et pavoisée d'idées et d'images,\nn'offre qu'une passagère et fuyante prise à la morsure de tangibles désirs,\nde pondérables envies, et transporte ses nostalgies et ses aspirations sur des\nchoses inconsistantes dont nul, judicieux et posé, ne comprend la possibilité\nd'ambitionner, avec une telle et si assidue véhémence, la stérile possession...\n    L'un peu égale tendresse d'Hélène, jusqu'alors, sa confiance découra­\ngeante ne l'avaient-elles souvent irrité, comme si l'appréhension perpé­\ntuelle, et l'instabilité étaient un des caractères vitaux de la passion, la\nnécessaire sensation de sa continuité, et la preuve, à chaque instant percep­\ntible, de sa toujours égale ferveur... Pourtant, voici comment il en saluait\n le premier et irrécusable témoignage !...\n"}, {"page_pdf": 342, "page_imprimee": 307, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2825, "texte": "                                  — 307 —\n\n  Mais, à la véridique clarté d'une illumination intime, le mauvais chemin\nparcouru dévoila ses pièges et ses embûches, et, délivré de lui-même et de\nsa pusillanimité, Delzire sentit sourdre et filtrer dans ses veines le sang\nprécipité d'une presque douloureuse béatitude...\n\n    Appuyée à la muraille, contre le vibrant velours griffé des tentures,\ndebout, modeste et jolie, en sa large robe blanche, à longs plis, chastes et\ndroits, Hélène!... Un doigt sur les lèvres, — pour intimer le silence ou indé­\ncision ? — avec une physionomie essoufflée de mystère, mutinée et tendre, et\nle sourire résolu du défi, éclipsé, quelquefois, par l'éphémère reflet d'une\n pudique crainte effarouchée, — elle attendait...\n     Sa personne fragile, accompagnée d'un frais arôme de lavande; la grâce\n négligente de sa coiffure de nuit et l'inaltérable naïveté de son front poli,\n ridé légèrement de sa hardiesse irréfléchie, jurent d'un si angélique aban­\n don, que Delzire la contemple sans mot dire... Comment accueillir une\n tellement vaillante et insolite démarche? de quelles phrases, du plus imper­\n turbable naturel, assonantes, malgré cela, à l'imprévue circonstance, sans\n en marquer la vaguement illicite témérité, sinon par un accent plus pénétré,\n où l'onction se pressentirait d'une gratitude sous-entendue; de quelles\n paroles hautes et très simples la saluer?\n     Hélène, entretemps, gauchement s'avançait un fauteuil, s'y laissait\n  choir, terrassée à l'aspect, dérobé auparavant de l'enfiévrée exécution de\n  son projet, précis, à cette heure, et vertigineux, du péril où son cœur\n  insensé l'a mise... Le frigide abord, aussi, l'abord de son ami l'accable et\n  la visible hésitation réfractée en ses manières compassées, le probable et\n  légitime étonnement affligé, le naissant mépris engendrés chez lui par\n  l'effronterie d'une pareille visite, si attardée, et antipathique à sa sensitive\n  délicatesse.\n      L'extraordinaire situation perdurait; mille pensées, dissolvantes et\n   cruelles, leur dardaient l'esprit ; tous deux épiaient le mot réciproque qui,\n   substituant aux larves ombrageuses dont ils se vénéficiaient, la claire réalité\n   épanouie, leur dicterait l'entretien inspiré, enjoué tout à la fois, et solennel,\n   sans réticences ni ambages, irrévocable et bref, que l'éventualité énonçait.\n. Mais, à interroger leurs visages, ils reflétaient l'un pour l'autre la gêne,\n   seulement, et l'expectation, colères chez Delzire, honteuses et grosses de\n   sanglots chez Hélène, prostrée de l'effort accompli et anéantie.\n      Exaspéré de sa lâcheté et nerveux, Delzire parcourait la salle, jetant de\n   rapides regards clandestins sur la jeune fille qui, la tête basse, en proie à la\n    somnolente atonie, suite de cette projection énorme de vouloir, et immo-\n"}, {"page_pdf": 343, "page_imprimee": 308, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2809, "texte": "                                   — 308 —\n\nbilisée par la catastrophe entr'aperçue, imminente, sans conteste, quoique\nincompréhensible, — que son premier pas déterminerait, — scrutait\nde ses yeux agrandis la cohue profuse de visions contradictoires dont son\ncerveau hypertrophié était le théâtre.\n   Troublée de la subreptice surveillance de Delzire, timidement, elle se\nmit à feuilleter un volume ouvert sur la table. Delzire se rapprocha, appuya\nla main au dossier du fauteuil, penché comme pour participer à sa lecture.,,\nElle ne discernait pas un des vers auxquels elle feignait de se rendre atten­\ntive ; les lignes imprimées reculaient devant son regard fixe, s'infléchissaient\nparmi les brouillards cabalistiques de flageolantes et dérisoires perspec­\ntives... Dans le silence haletant, tout près d'elle, à coups sourds et reten­\ntissants, elle entendait battre le pouls de Delzire; interdite, courbaturée de\nterrifique catalepsie, comme si, fuyant quelque péril prochain, elle avait\nsenti ses membres envahis et ses articulations pétrifiées de l'engourdisse­\nment hagard de la panique, vainement elle tentait de distinguer, au milieu\nde la multiple clameur effarée de ses sensations, un signal raisonnable pour\nguider sa conduite ..\n   — Transfigurée par sa dévotion exclusive, et instruite, une inquiétante\ndivination, un sens vibratoire lui vinrent, lucides au point de lui reconsti­\ntuer le cours sinueux et contrarié des volitions spirituelles de Delzire, et\nqui rendirent sa compassion plus compréhensive du chagrin et du scrupule,\nque son attitude envers elle lui dénonçait. Les assoupissantes monitions de\nM me d'Isoeil aidant, sa momentanée intuition s'oblitérait, se démontrait\nmensongère, même, et décevante: la nuit énorme, accrue de l'intense lueur\naussitôt évanouie, se refermait et l'initiale défiance d'Hélène devant les\nmodes et l'erratique génie de cette affection ravivait ses aiguillons.\n   Mais de sa remittente clairvoyance, un sillon persistait en son imagina­\ntion, semblable à une trajectoire de poussière ignée et fulgurante; la source\nignorée d'elle-même, le germe d'autres, impatientes idées, superlatives et si\naltières, — incompatibles à l'allure calme de son intelligence journalière;—\nincitations étrangères dont, le sang-froid revenu, l'effervescent reflet dans\nsa mémoire l'épouvantait.\n   Investie, à ce moment, de son aléatoire perspicuité, elle subissait, par\nune sorte d'intussusception morale, les soupçons, les questions dont Delzire\nse bouleversait et la chaîne rompue, à chaque instant, et reforgée où il\néperdait sa raison.\n   L'intolérable de ce terrible tête-à-tête, aggravé de leur menaçante proxi­\nmité, allait enfin aboutir à l'instinctive retraite aveugle de la visiteuse,\nlorsque Delzire, contrit de l'irrémédiable perte de cette heure décisive, pré-\n"}, {"page_pdf": 344, "page_imprimee": 309, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2721, "texte": "                                — 309 —\n\nvint le mouvement d'Hélène, lui saisit la main et la porta à ses lèvres... Et\ntandis que, retombée sur son siège, elle se cachait la face de ses mains\ntremblantes, Delzire défaillant, atterré comme d'un sacrilège, murmurait :\n   — Me pardonneras-tu? Depuis si longtemps j'étais l'âpre et douloureux\npossédé des choses que je n'osais t'exprimer...\n   — (Oh ! oui, longtemps ! si les songes sont mieux qu'un leurre, l'ironique\nmirage de notre volonté obscure... Et depuis cette préfiguration hallucinée\nde la scène actuelle, aux moments qui semblaient incliner au dénouement\nprédit, quelle folie hantée 'm'asservissait, délirante de l'appréhension de\nvoir Delzire en pénétrer le motif; expectative tellement intolérable que,\npour forcer l'événement, m'évader de cet inextricable dédale fréquenté par la\ndémence, j'ai familiarisé ma faiblesse avec l'extravagance de cette soirée!...)\n   — Inaccessible de ta gaîté, même, et de ta douceur, ta seule venue,\naujourd'hui, m'a enhardi... Car, n'ignorais-je point — et maintenant plus\nque jamais! — l'accueil réservé à cet aveu, dont ta mémoire peut-être ne\nvoudra rien retenir... Hélas! tu ne réponds pas! Je te prie, rends-moi tes\nyeux charitables, ou me résignerai-je à croire t'avoir blessée?\n   — (Oh! rêve, présage échu dès lors qu'il se formulait, et qui a usurpé\ndans mon avenir le caractère, la somptueuse splendeur triste, et irrévocable,\nd'une réminiscence !\n   Prophétie minutieuse jusqu'à m'astreindre à la rauque et délicieuse\nangoisse qui, en effet, m'exalte; balsamique souvenir préconçu, beau sur­\ntout de son profil perdu, et que son incarnation déçoit... La gorge con­\nsumée, alors déjà je tentais une inutile réplique, — néfaste, même, puisque\njamais la grâce ne descendra sur moi, ni la puissance, d'articuler des\n discours analogues, si soumis et prosternés...\n   L'orgueil d'être adulée implique-t-il donc l'ingratitude ou si un tel amour\n exclut toute récompense possible ?...\n   Seconde vue inconsciente et maudite, avide de se vérifier et provocatrice\n de l'impatience qui m'ardait d'en ressaisir le chimérique enivrement; la\n fortune m'a satisfaite, tout à la fois, et frustrée; spoliée de la langueur,\n désormais, et de mon souvenir et de mon espérance, je porte mon bonheur\n avec les couleurs du deuil et salue son avènement de condoléances\n résignées...)\n    — Ce mutisme, c'est donc l'implacable interprète d'un malentendu trop\n évident, enfin, et dur? Sois indulgente, alors, pour mon audace téméraire et\n la présomption de ma crédulité... A quoi bon, t'importuner, encore, et solli­\n citer l'explication d'une inexpugnable rancune?\n    — (Non! laisse d'insister! Quelle vengeance et pourquoi?... Très sim-\n"}, {"page_pdf": 345, "page_imprimee": 310, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "                                   — 310 —\n\nplement, mon voeu exaucé me désoriente, et la vertu primitive, l'aptitude\nfuture à une existence affranchie, dont mes souhaits fallacieux nous\nvoyaient investis... L'entière insuffisance m'appartient, au reste, d'y hausser\nma faiblesse et je me sens morfondue...\n  Ah ! créature d'une noblesse si innée qu'elle présume communiquer son\ncourage natal aux indignes et aux infirmes ; tu m'as créée, mise au monde\nde la réflexion et la première expérience stérilise et dessèche en moi le fort\ndévouement ingénu, l'effusion juvénile où m'aurait, jadis, entraîné la tou­\nchante et discrète prétention d'un amour, secrètement ambitionné et qui,\ncependant, se présente dans l'appareil des suppliants... L'inertie et le\nmarasme gagnent sur moi et m'endurcissent... L'hippogriffe qui étonnait\nde son vol les avenues éblouissantes de l'horizon était donc, lui aussi, fabu­\nleux!...)\n  — Hélène?...\n  — Tais-toi! j'ai peur!...\n       (A suivre.)                                      ARNOLD GOFFIN\n\n\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 310, "page_fin": 311, "titre_corps": "L’Album à Toto : Pêche à la ligne", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Toto", "ancre_debut": "L ALBUM A TOTO", "ancre_fin": "TOTO", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 345, "page_imprimee": 310, "debut_caractere": 1053, "fin_caractere_exclue": 1705, "texte": "L'ALBUM A TOTO\n                          P Ê C H E A LA LIGNE\n\n                 Dans tes yeux, dans ce lac charmant\n                 Où, t'a-t-on dit, s'ébat le cygne\n                 De ton âme, moi, simplement\n                 Je voudrais pêcher à la ligne\n\n                 Les dorades et les cyprins,\n                 Les beaux poissons dorés sur tranche\n                 De tes pensers mutins, gamins,\n                 Qui sournoisement font la planche.\n\n                 A l'ombre chaude de tes cils\n                 Ce serait si doucement bête\n                 D'attendre les goujons subtils\n                 Comme un bourgeois un jour de fête.\n"}, {"page_pdf": 346, "page_imprimee": 311, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 698, "texte": "              — 311 —\n\nJe jetterais tous mes bonbons\nPour amorcer les épinoches\nQu'accompagnent de vieux barbons\nLes yeux graves à leurs bamboches.\n\nFrétillant, tournoyant, glissant,\nVoici le beau monde aquatique\nQui s'en vient faire son Longchamp\nA la pose, en robe électrique.\n\nMais mon plus fol, plus doux     plaisir,\nEn des attentes subreptices,\nSerait sous les mousses saisir\nLes anguilles de tes caprices\n\nQui dans tes yeux, où le héron\nDe ta tristesse bâille et rôde,\nEtincellent comme un frisson\nDe diamant et d'émeraude.\n\nEt le soir, amoureusement,\nSans qu'un argousin m'importune,\nJe pécherais au ver luisant\nSous l'ombre rose de la lune.\n                                            TOTO"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 312, "page_fin": 312, "titre_corps": "Une conversion : Lettre de M. 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Je me conforme d'autant plus au résultat rythmique de cette\ncorrection que, depuis la parution prématurée de ces sonnets, je les ai moi-\nmême rectifiés, m'étant soumis à l'admirable formule du vers classique,\ngrâce à la lecture du Traité de Banville. J'ignorais la mécanique versifica­\ntoire et je m'entêtais à ne vouloir y être initié. La licence est presque\ntoujours le châtiment de l'ignorance; voilà pourquoi je fus un des nom­\nbreux pensionnaires de l'hôtel Rambouillet! Je m'en suis évadé comme on\ns'évade d'un mauvais lieu, jurant, mais un peu tard, qu'on ne m'y pren­\ndrait plus.\n   Vous le voyez, je mets mon cœur à nu, comme dirait M. Candide.\nPourvu que M. Giraud n'aille pas y piquer les sadiques coups d'épingles\nde son sarcasme ! Ce serait peu paternel, attendu que l'enfant prodigue,\naprès avoir rôdé dans les sentiers remplis d'ivresse du vers libre et des\nHorizons hantés, vient de retrouver la grande et claire route qui mène au\nfoyer du Parnasse, là où M. Giraud est Père.\n   En publiant, Monsieur le Directeur, la présente confession au confes­\nsionnal de la Jeune Belgique, vous m'aideriez beaucoup, j'espère, à rece­\nvoir l'absolution de mes péchés littéraires.\n                                                      JEAN DELVILLE\n\n   Nous félicitons M. Delville de sa conversion. Nous le félicitons plus\nencore de sa franchise et de son courage.\n   Puisse sa confession faire réfléchir quelques jeunes hommes bien doués\nmais mal instruits et obstinés dans leur ignorance; puisse-t-elle surtout\naider au salut de ceux qui sont les innocentes et aveugles victimes des pré­\ndicateurs du désordre et de l'amorphisme.\n   Quant aux sarcasmes de M. Giraud et des autres « Pères » de la Jeune\nBelgique, que M. Delville se rassure et que nul autre ne craigne. La Jeune\nBelgique ressemble un peu au ciel, où, dit-on, il y a plus de joie pour un\npécheur qui se convertit que pour dix justes qui font leur salut.\n                                                        L A DIRECTION"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 313, "page_fin": 314, "titre_corps": "Chronique musicale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ernest Closson", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "ERNEST CLOSSON", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 348, "page_imprimee": 313, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 3015, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n               Une toute petite chronique estivale, presque rien...\n                   Le Waux-Hall, et rien que le Waux-Hall, où l'on va,\n                machinalement, entendre les « concerts extraordinaires », qui\n                le sont parfois si extraordinairement peu. Quelques-uns à\nretenir cependant, entre autres ceux dirigés par Th. Ysaye, le chef de l'ad­\nmirable quatuor qui porte son nom. Je mentionnerai particulièrement deux\nséances marquantes, fécondes en rapprochements curieux, qui se sont suc­\ncédées à quelques semaines de distance : deux festivals, consacrés, le premier\naux jeunes musiciens belges, le second à la jeune école française.\n    Un fait curieux et unanimement constaté, est l'énorme, l'indéniable\nsupériorité des premiers sur les seconds. Je n'y mets cependant aucun\nchauvinisme ridicule, et il est probable que M. Ysaye, extrêmement épris\ndes jeunes français, n'avait composé son programme que d'oeuvres de\nchoix.\n   Alors, quoi? Eh! eh! la conclusion n'est pas à notre désavantage!\n   Toujours est-il que, parmi les œuvres de nos jeunes, — d'un talent\nnécessairement inégal, — pas une oeuvre faible n'a été entendue. Il y avait\ndes compositions de Jehin, de Greef, Dubois, Mortelmans, un fragment\ntrès intéressant de la Suite Wallonne, de Th. Ysaye, une Fantaisie sur\ndeux thèmes angevins, de Lekeu, profondément poétique et finement\norchestrée, deux parties des impressionnantes Scènes Hindoues, de Raway,\nle Chasseur maudit, le vigoureux poème symphonique de C. Franck, et la\nrobuste Fantaisie sur des thèmes canadiens, de Gilson. Œuvres remar­\nquables, curieusement différentes de caractère, les unes bien flamandes en\nleur rutilante santé et leur harmonisation plantureuse, — comme chez\nde Greef et Gilson, — les autres plutôt délicates, d'une grâce légère et pétu­\nlante, vraiment wallonnes celles-là ; mais, chez toutes indistinctement, une\n inspiration réelle et abondante, la netteté des formes, la sûreté des\n développements, et, par-dessus tout, l'intégrité consciente et délibérée du\n style, quel qu'il soit, adopté par l'auteur.\n    C'est précisément en quoi péchaient la plupart des œuvres interprétées\n au festival français. Une absence complète de style, ou plutôt un chaos de\n styles, un manque total de l'homogénéité, de l'unité qui donne à l'œuvre\n cette atmosphère qui lui est propre, qui en soude les diverses parties, qui la\n tient ensemble enfin ! Du Wagner, du Gounod, — oui! — du Franck\n mal pastiché, un heurt d'écoles, un corps à corps de réminiscences, donnant\n quoi? des œuvres? — Des bribes et des lambeaux !\n    C'est ce qui m'a surtout frappé dans le fameux Poème de l'Amour et de\n la Mer, de Chausson, délicieusement chanté par M. Demest. Cela commen­\n çait bien, en une note tendre et idyllique ; mais bientôt, les Nibelungen\n  et Parsifal arrivèrent tout doucement, pour sévir bientôt avec fureur, ame-\n                                                                      20\n"}, {"page_pdf": 349, "page_imprimee": 314, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2290, "texte": "                                 -   314    -\n\nnant rapidement l'auteur à l'apogée des dissonnances cruelles, des transi­\ntions impossibles, à une bizarre marqueterie de phrases jetées au hasard,\npour finir presque vulgairement. Cela ne vaut pas Viviane, du même! Je\nne parlerai pas de la banale ouverture de Gwendoline, indigne de la belle\nœuvre qu'elle précède, des insipides Airs de danses, de Castillon, et de la\nSuite en style ancien (?) de A. Magnard, franchement mauvaise celle-là.\nDeux œuvres seulement vraiment bien venues : le Camp de Wallenstein,\nde d'Indy, — bien connu de tous, — et une mélodie de Duparc : Phydilé,\nd'un sentiment pénétrant et d'une exquise fraîcheur, d'ailleurs d'une belle\nligne et d'une grande harmonie de formes.\n   Mais, en résumé, quelle pauvreté, quelle indigence pénible, et quelle\nanémie en cette jeune école française, réputée si vivace et si fertile! Une\nscience consommée, une connaissance approfondie de toutes les recettes\nharmoniques, un charmant coloris orchestral, de la distinction parfois\nénormément, mais la forme, et le fond, et l'idée, L'IDÉE ! Hélas ! rien, ou\npeu de chose...\n\n\n   Il me revient de différents côtés que ma dernière chronique a scandalisé\nquelques-uns de nos amis, qui me considèrent désormais comme un sot\nconservateur venant perfidement pousser à la réaction au centre même du\ngroupe progressiste.\n   Ceci me fait de la peine.\n   J'avais pris la liberté grande d'émettre une critique partielle concernant\nCésar Franck, lui contestant une personnalité véritable, dont une grande\noriginalité harmonique lui tient lieu. Mais il paraît que l'on ne peut\ntoucher, même de loin, au chef de la jeune école française moderne, sans\nque l'on paraisse le rejeter complètement.\n   Sans vouloir discuter ma première assertion, dont il me paraît puéril de\nprouver la véracité, je tiens à rassurer les farouches admirateurs du maître\nliégeois contre mes sentiments prétendument réactionnaires dans le milieu\nvivace de la Jeune Belgique. Je connais presque toutes les œuvres de Franck,\nje l'admire de très longue date déjà, et peut-être beaucoup mieux qu'eux...\n   Serait-ce que je l'admire comme un grand artiste, sans l'adorer comme\nun fétiche des bords du Lomami ?\n                                                      ERNEST CLOSSON"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 315, "page_fin": 316, "titre_corps": "Chronique littéraire : Premières Poésies", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "bibliothèques de province", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 350, "page_imprimee": 315, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 2408, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  Premières Poésies, par VILLIERS DE L'ISLE-ADAM. Bruxelles, Lacomblez.— Les Chants\nde la Nuit, par ANDRÉ YEBEL. Paris, Librairie de l'Art indépendant. — Les Baisers\nmorts, par PAUL VÉROLA. Paris, Bibliothèque artistique et littéraire. — Toute la Lyre,\npar VICTOR HUGO. Paris, Hetzel. — La Chanson panthéiste, par MARC AMANIEUX. Paris,\nOllendorf. — Contes et Souvenirs, par LÉOPOLD COUROUBLE. Bruxelles, Lacomblez. —.\nLes Aspirations, par VICTOR REMOUCHAMPS. Paris, Vanier. — Le Bestiaire, par CAMILLE\nLEMONNIER. Paris, Savine. — La Duchesse de Malfi, par GEORGES EEKHOUD. Bruxelles,\nMonnom. — El Maghreb al Aksa, par EDMOND PICARD. Bruxelles, Lacomblez. — La\nVie artistique, par GUSTAVE GEFFROY. Paris, Dentu.\n\n\n                                         I\n\n             L'éditeur Paul Lacomblez a eu l'idée d'ouvrir sa petite collection\n              des poètes aux Premières poésies de Villiers de l'Isle-Adam.\n              Les fanatiques de Villiers s'en réjouiront; quant aux lettrés et\n              aux curieux, ils liront ce livre avec une désillusion salutaire.\nLes uns et les autres sauront gré à l'éditeur.\n  On ne connaît guère, de Villiers rimeur, que la gerbe de poèmes insérée\ndans les Contes cruels. Voici un gros volume qui contient des milliers de\nvers, et dont pas un n'est d'un poète.\n  Je cite, sans choisir, car le choix est impossible :\n\n                                    GUITARE\n\n                                         I\n                      Voici l'heure des sérénades\n                      Où brille, loin des colonnades,\n                      Au cristal du fleuve changeant,\n                               L'astre d'argent :\n                      L'Espagne, dans ces nuits divines,\n                      N'écoute plus les mandolines ;\n                      Bien de beaux yeux vont se fermer !\n                            — Il faut aimer.\n\n                                        II\n                      Demain, tu pourras, jeune fille,\n                      Danser ta folle séguidille\n                      Et mettre des fleurs, si tu veux,\n                               Dans tes cheveux...\n                      Mais, ce soir, puisque la gitane\n                      Suspend sa guitare au platane,\n                      Laissons là nos résilles d'or...\n                            — Aimons encor!\n"}, {"page_pdf": 351, "page_imprimee": 316, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3044, "texte": "                                   — 316 —\n\n\n                                        III\n                      Les vents, qui sur les ondes passent,\n                      Aux ombres de ceux qui s'enlacent\n                      Mêlent les feuillages légers\n                               Des orangers...\n                      Si, près du fleuve monotone,\n                      Ils doivent faner, à l'automne,\n                      Les orangers et les amours,\n                            — Aimons toujours!\n\n    Il serait puéril de continuer à citer. Pour quiconque sait lire, l'épreuve\nest faite : Villiers de l'Isle-Adam n'était pas un poète, s'il m'est encore per­\nmis d'employer ce terme dans son sens exact. Villiers ne pense pas en vers :\nil pense en prose. Le mètre n'est pour lui qu'une contrainte inutile, une\ngymnastique qui déforme. Ou bien il s'étourdit l'oreille avec les plus lamen­\ntables lieux communs du romantisme, ou bien il cherche péniblement des\nrimes pour des morceaux de prose estropiée. Ce livre est au pied de la\nlettre, non pas mauvais, non pas médiocre, mais inexistant.\n    C'est que la poésie et la prose sont deux formes expressives aussi étran­\ngères l'une à l'autre que le français et l'allemand, et ces formes correspon­\ndent à des manières de penser et de sentir qui sont non moins différentes\net contradictoires. Certes, on pourrait citer des hommes de génie ou de\ntalent qui furent à la fois poètes et prosateurs ; mais il est rare qu'ils aient\njoué des deux instruments avec une perfection égale. Les uns sont avant\ntout poètes, les autres, avant tout, prosateurs. D'ailleurs, les exemples de\ncette double faculté sont très rares et l'on peut considérer ceux qui en jouis­\n sent comme des êtres exceptionnels.\n    Tel n'était pas — nos citations le démontrent — le cas de Villiers. Mais\n il ne s'agit pas seulement d'un phénomène d'impuissance rhythmique. S'il\n en était ainsi, le cas ne serait guère intéressant. Chacun sait, en effet, que\n Rousseau, Chateaubriand, Balzac et Barbey d'Aurevilly ont écrit de fort\n méchants vers. Tout méchants qu'ils sont, cependant, ils annoncent par­\n fois, en un éclair, l'écrivain de génie. On reconnaît le grand prosateur sous\n son vêtement d'emprunt, et l'on devine sa force à voir l'embarras de son\n geste et de sa démarche.\n     Ici, rien de pareil. Le fond est aussi banal que la forme. Rien de celui\n qui fut Villiers, le beau Villiers des Contes cruels, ne se lève derrière ces\n vers traînants et pâteux. Pas une expression personnelle, pas une image\n originale, pas un signe, pas un cri. Et, pour achever de dérouter le lecteur,\n la langue de ces poèmes est non seulement vulgaire et plate, mais impropre\n et incorrecte. Je parie que si ces vers étaient anonymes, on les prendrait\n  pour le premier et le dernier livre d'un fils de famille échauffé par des\n  lectures romanesques. Villiers dut avoir, de 1856 à 1860, deux ou trois\n  mille contemporains qui rimaient aussi mal que lui, et dont les alexandrins\n  dorment dans la paix des bibliothèques de province."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 317, "page_fin": 317, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Chants de la Nuit", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "Je ne sais si M André Yebel", "ancre_fin": "scande bien mal le français", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "M Paul Vérola lui", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 352, "page_imprimee": 317, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 500, "texte": "Je ne sais si M. André Yebel, l'auteur des Chants de la Nuit, nous\ndonnera plus tard quelques beaux morceaux de prose; je le lui souhaite de\ntout mon cœur. En attendant que mon souhait se réalise, je livre à mes\nlecteurs l'alexandrin suivant :\n            Qu'entends-je ? Qu'entends-je?   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Paul Vérola, lui, connaît son métier. Les Baisers morts — sans\ndoute j'étonnerais le poète en lui disant que cette association de mots est\ndans Béranger — révèlent un bon ouvrier porté vers des formes compli­\nquées. La plus grande partie de l'œuvre se compose de sonnets accouplés.\nL'harmonie de ces sonnets accouplés, M. Paul Vérola le reconnaît, est un\npeu vague. 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Huret leur profond\nmépris pour le grand lyrique, et si la plupart des convives s'étaient épargné\nle ridicule de saluer le poète de la Fin de Satan comme leur précurseur.\n   Ces manifestations me paraissent d'autant plus équivoques qu'elles ont\néclaté à propos de Toute la Lyre, dont la dernière série n'ajoutera rien à\nla gloire de Victor Hugo. Ah ! si l'on avait célébré, même par une pro­\nsaïque levée de fourchettes, l'apparition de ce chef-d'œuvre qui s'appelle\nla Fin de Satan, j'applaudirais avec enthousiasme! Mais il s'agit d'un\ngroupe de poèmes dont les uns ne sont pas inédits, dont les autres ne sont\nque des « états » imparfaits ou affaiblis de certains poèmes que nous\nadmirons, et dont l'ensemble, je l'avoue, ne me paraît pas porter profon­\ndément la griffe du lion. Bref, les novateurs ont trop mal — ou trop bien !\n— choisi le moment de se réconcilier avec le grand Mort.\n   Le fragment le plus curieux de cette œuvre disparate est assurément le\nlong poème en strophes de cinq pieds intitulé : Coups de Clairon. C'est\nun tour de force rhythmique, un des plus retentissants morceaux de, bra­\nvoure qui aient été chantés par Victor Hugo.\n   Je n'en dirais pas plus long si je n'étais obsédé, depuis quelque temps,\npar une idée un peu ironique. C'est contre l'alexandrin, contre la strophe\ngrégorienne de quatre vers, contre la forme de prédilection des poètes par­\nnassiens que les novateurs sont partis en guerre. Ils étouffent de tous leurs\npoumons, assurent-ils, dans les mètres où se joue la puissante pensée de\n Leconte de Lisle, où saignent harmonieusement la mélancolie d'Alfred de\nVigny et la désespérance de Baudelaire. Ils veulent une liberté plus grande,\n des formes plus variées et plus souples, des aspects prosodiques moins\n"}, {"page_pdf": 353, "page_imprimee": 318, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1768, "texte": "                                 — 318 —\n\nmonotones et moins réguliers. C'est pour réaliser ce vouloir qu'ils tentent\nde détruire toute forme, toute prosodie et tout rhythme. Les malheureux!\nQue ne relisaient-ils, avant de s'armer du marteau des iconoclastes, l'œuvre\ncomplète de Victor Hugo ! Ce qu'ils désirent vaguement, ce qu'ils cherchent\nà tâtons dans l'obscurité, se trouve là, en pleine lumière, réalisé par un\nmaître, à la portée de tous les poètes de bonne volonté. Si l'on en excepte\nles poèmes à forme fixe, le sonnet, la ballade, le triolet et le rondel, -\noiseaux merveilleux que Théodore de Banville nous a rapportés des Iles —\nil n'est pas de combinaison de rhythme, de trouvailles métriques, il n'est\npas de strophe, c'est-à-dire de geste lyrique, qui ne se trouve dans Hugo.\n Il n'y avait qu'à les prendre, — et il ne fallait même pas se baisser pour\ncela!\n    Qu'on me comprenne bien : je ne prétends point que les successeurs de\n Hugo aient eu tort de délaisser ses rhythmes. L'idéal plastique et philoso­\n phique de Leconte de Lisle a son expression naturelle dans l'alexandrin\n sculptural, aux mouvements rares et nobles, et la psychologie douloureuse\n de Baudelaire s'accomode admirablement de la strophe paresseuse et con­\n templative. Mais les lyriques qui ne se réclament ni du poète de Kaïn ni du\n poète des Fleurs du mal, ceux qu'une imagination plus bondissante et\n moins profonde incline à des œuvres plus jaillissantes et plus fougueuses,\n sont inexcusables de chercher dans les poètes anglo-saxons, au détriment\n de la poésie française, le secret des problèmes rhythmiques résolus journel­\n lement, pendant soixante années, par le maître incontesté des chanteurs\n français.\n    Leur seule excuse, c'est qu'ils ne l'ont même pas lu.\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 318, "page_fin": 318, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Chanson panthéiste", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "Quelqu un qui l a lu certes", "ancre_fin": "bon élève de Victor Hugo", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "II Un prosateur nous est né", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 353, "page_imprimee": 318, "debut_caractere": 1768, "fin_caractere_exclue": 2747, "texte": "Quelqu'un qui l'a lu, certes, et bien lu, mais un peu trop littéralement\n peut-être, c'est l'auteur de la Chanson Panthéiste, M. Marc Amanieux.\n    Qu'on en juge par cette strophe :\n                — Moi, le champ, je vous dis, habitants des cités,\n                Que vous les ignorez, mes bonheurs abrités\n                         Par de tutélaires  ramures,\n                Mes paysages faits avec de vrais roseaux,\n                Mes silences troublés par des fuites d'oiseaux,\n                         Tous mes rayons, tous mes murmures !\n\n  La Chanson Panthéiste abonde en moments de ce genre, et — ce qui\nvaut encore mieux — renferme quelques poèmes d'une belle venue, où la\nhauteur de l'inspiration est servie par une forme prosodique savante et\ncolorée. Sans doute, la veine de M. Amanieux n'est pas très personnelle;\nmais, ma foi ! par le temps qui court, c'est presque une originalité que d'être\nun bon élève de Victor Hugo !\n\n                                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-014", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 318, "page_fin": 319, "titre_corps": "Chronique littéraire : Contes et Souvenirs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "II Un prosateur nous est né", "ancre_fin": "plus de talent que cet avocat", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Au lieu d être comme M Courouble", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 353, "page_imprimee": 318, "debut_caractere": 2747, "fin_caractere_exclue": 3021, "texte": "II\n    Un prosateur nous est né, qui s'appelle M. Léopold Courouble, et qui\n publie chez l'éditeur Paul Lacomblez, sous le pavillon d'une préface à la\n fois impertinente et timide, écrite par son meilleur ami, un alerte et frin­\n gant volume intitulé : Contes et Souvenirs.\n"}, {"page_pdf": 354, "page_imprimee": 319, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1353, "texte": "                                 — 319 —\n\n   M. Courouble est un fantaisiste qui laisse courir sa phrase à plume que\nveux-tu, et qui a raison. Sa phrase aime à jouer avec l'idée comme un\njeune chat avec une pelote. Elle perd parfois son temps, mais sans cesser\nd'être élégante et rapide. M. Courouble confesse, dans sa préface, que son\nstyle est chargé et d'une tenue peu latine. En est-il bien sûr? Il me semble\nque la plume des Contes et Souvenirs a parfois des airs de plume en exil et\nqu'elle a trempé, naguère, dans l'encre de France. Sa fantaisie n'a rien de\nbelge, et je l'en félicite de tout cœur. Même quand il risque des Contes\nbruxellois, il conserve son verbe qui danse, et sa phrase qui semble faite\nd'éclats de rire peu flatteurs pour ses personnages. Je confesse cependant\nque j'aime mieux les Contes de Pâques, les Contes de Noël ainsi que Mes\nPrisons, où le morceau intitulé Sarah Bernhardt me plaît plus que je ne\nsaurais le dire dans une chronique à bâtons rompus. Les pages consacrées\naux enfants ont un charme discret auquel Max Waller n'eût pas été insen­\nsible. Je gage, d'ailleurs, que si notre cher Siebel avait lu ce livre, il dirait\nà M. Léopold Courouble : « J'avais lu dans la Réforme, comme tout le\nmonde, les chroniques de Me Chamaillac : elles ne sont pas mal. Mais vous\navez beaucoup plus de talent que cet avocat! »\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-015", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 319, "page_fin": 319, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Aspirations", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "Au lieu d être comme M Courouble", "ancre_fin": "naturellement musicale", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ce n est point de musique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 354, "page_imprimee": 319, "debut_caractere": 1353, "fin_caractere_exclue": 2374, "texte": "Au lieu d'être, comme M. Courouble, un fantaisiste, M. Victor Remou­\nchamps apparaît comme un songeur aux songeries sévères. Son recueil de\npoèmes en prose : Les Aspirations, révèle un idéal austère et se rattache,\npar sa couleur et par ses tendances, aux idées qui travaillent les nouvelles\ngénérations.\n   Dans le poème baptisé Les Barbaries futures, l'auteur décrit avec une\nfièvre haineuse le monde de « l'impérieuse, absolue et horrible action ». Le\nculte qui règne, c'est celui du positivisme en philosophie, et celui du\nréalisme en art. La Boue énorme triomphe. C'est pourquoi « une généra­\ntion mystique s'épanouit, amoureuse de toutes les vieilles illusions\nbafouées », et qui, croyant aux lointaines délices, « bénit le mensonge des\nlégendes ».\n   M. Remouchamps appartient à cette génération, dont il célèbre la\nnoblesse et la grâce maladives. Ses aspirations sont celles de la plupart des\njeunes âmes de ce déclin de siècle, et l'écrivain les exprime en une langue\n fière et douce, naturellement musicale.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-016", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 319, "page_fin": 319, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Bestiaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "Ce n est point de musique", "ancre_fin": "a banni de son Bestiaire la miséricorde et la charité", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 354, "page_imprimee": 319, "debut_caractere": 2374, "fin_caractere_exclue": 3113, "texte": "Ce n'est point de musique que s'occupe, dans le Bestiaire, M. Camille\n Lemonnier. Vous pensez bien qu'il s'agit de la bête humaine, dont un\n amant de la Beauté célèbre la tragique laideur. Cette série de contes noirs,\n noirs jusque dans le rire de la parodie, laisse une impression, assurément\n voulue, de malaise et de dégoût. M. Camille Lemonnier prend un âpre\n plaisir à étaler les manies, les ridicules, les perversions et les crimes d'une\n sorte de personnage multiforme qui est le héros de l'œuvre et l'incarnation\n des hontes, physiques et morales, de l'humanité. L'atmosphère de ce livre\n volontaire est froide et cruelle. Pour réaliser un rêve passager, M. 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Il s'agit de la Duchesse de Malfi, l'orageux drame\nde Webster traduit par M. Georges Eekhoud, des savoureux récits de\nvoyage que M. Edmond Picard intitule El Moghreb al Aksa, et de la\ndeuxième série de la Vie Artistique de M. Gustave Geffroy.\n   Dans Au siècle de Shakespeare, M. Georges Eekhoud nous a déjà con­\nfessé, avec la franchise intransigeante qu'on lui connaît, sa dévotion pour\nles sombres et tumultueux dramaturges anglais qui brillent en pléiade\nautour du grand Will. Il les aime à cause de leur crudité, de leur férocité,\nde leur âpre odeur animale ; il les adore dans ce qu'ils ont de gigantesque­\nment informe, d'inachevé et de bégayant. Webster surtout le charme par\nun déroulement insatiablement funèbre d'épouvantements et d'horreurs,\nPeut-être l'arrière-pensée de M. Georges Eekhoud est-elle d'égaler Webster\net ses rivaux à l'astre central dont ils ne sont que les satellites. S'il en était\nainsi, il me permettrait de ne point partager son opinion. Sans doute, il y\na dans le dialogue de la Duchesse de Malfi de superbes éclairs de poésie;\nmais le drame ne s'élève guère au-dessus d'un fait-divers macabre et san­\nglant. Il y a plus d'art dans les Chroniques italiennes de Beyle que dans\ncette succession de meurtres et de cauchemars. La psychologie des person­\nnages est nulle, l'action s'agite sur place. On dirait des figures de cire\nmontrées, à coups de baguette, par un forain naturellement éloquent. Je\nn'en sais pas moins gré à M. Georges Eekhoud d'avoir consacré ses trop\nrares loisirs à la traduction de cette œuvre à la fois inconnue et célèbre. Sa\nversion a de la force et du mouvement.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-018", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 320, "page_fin": 320, "titre_corps": "Chronique littéraire : El Moghreb al Aksa", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "Dans El Moghreb al Aksa", "ancre_fin": "son entêtement habituels", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La deuxième série de la Vie artistique ne le cède", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 355, "page_imprimee": 320, "debut_caractere": 1845, "fin_caractere_exclue": 3037, "texte": "Dans El Moghreb al Aksa, M. Edmond Picard a cherché et trouvé une\nsorte de pittoresque violent et neuf. On le sait, l'auteur du Juré ne dédaigne\npas d'étonner. Aussi a-t-il été ravi de l'heureuse fortune qui lui a permis de\nvisiter un pays fermé aux Européens. La joie qu'il éprouve, une joie\nenfantine d'homme mûr en vacances et en rupture d'Europe, se commu­\nnique à sa phrase, qui va, vient, court, s'arrête, s'extasie et se retourne pour\nnous dire : « Ah! si vous aviez vu ce que j'ai vu ! » Cette joie de contempler\ndes spectacles interdits a certes contribué à l'animation du style, qui est\nprodigue de couleurs imprévues et d'accidents inattendus.\n   M. Picard a-t-il vu le Maroc tel qu'il est? Question oiseuse, dont la\nsolution, si elle était possible, ne nous intéresserait point. Je constate sim­\nplement que le Maroc de M. Picard ne ressemble guère à celui de M. Loti.\nLa comparaison est intéressante, et je l'indique, en passant, aux amateurs.\nCe qu'il faut signaler aussi, dans le livre de M. Picard, c'est le germe de\ncertaines théories, scientifiquement audacieuses, et historiquement para­\ndoxales, qu'il a développées depuis avec sa crânerie et son entêtement\nhabituels.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-019", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 320, "page_fin": 321, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Vie artistique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "La deuxième série de la Vie artistique ne le cède", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Au prochain numéro", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 355, "page_imprimee": 320, "debut_caractere": 3037, "fin_caractere_exclue": 3263, "texte": "La deuxième série de la Vie artistique ne le cède en rien à la première.\nJ'ai déjà eu l'occasion de rendre hommage au talent de M. Gustave Geffroy.\nC'est une intelligence pénétrante servie par un écrivain à la fois robuste et\n"}, {"page_pdf": 356, "page_imprimee": 321, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 242, "texte": "                                 — 321 —\n\ndélicat, dont le style se colore à la lumière des œuvres aimées. L'éloge n'est\npas mince, et j'éprouve du plaisir à le répéter.\n                                                       ALBERT GIRAUD\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-020", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 321, "page_fin": 322, "titre_corps": "La Réforme de l’orthographe", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ethelred Vazy", "ancre_debut": "La Réforme de l Orthographe", "ancre_fin": "ETHELRED VAZY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 356, "page_imprimee": 321, "debut_caractere": 367, "fin_caractere_exclue": 2122, "texte": "La Réforme de l'Orthographe\n   M. Gréard, grand maître de l'Université de France et académicien\nfrançais, promoteur de la nouvelle réforme de l'orthographe, a reçu, nous\ndit-on, les lettres suivantes (N. B. M. Gréard est le porte-voix des « pho­\nnétistes », qui veulent réduire l'orthographe à figurer exactement la pro­\nnonciation) :\n                                       I\n                            Marreceille, le vinguetroi marsse de l'agne procègne.\n\n        CERRE MOCIEU GREYARRE,\n   Surre le borre de la merre ou feleurri l'oragnezé, riingn n'égalle vottere\ngloirrre. Vous ékelipecé, bagasse, Cézarre et l'illucetre Pommepée. Eke­\nrirre selogne ke l'ogne parrele, selogne ke l'ogne peronnonnece, terounne\nde l'errre, tout è la. Perremetté moi de vou zammeberassé\n                                          Vottere cerrevitteurre,\n                                 LÉOGNE DUVALLÉ D'ARREMAGNAKKE\n\n                                      II\n                                                         Ichoir, che vonit chuyé.\n  Mochieu, chi ch'è chinchèreman ke vou cherchia jà chinplifia la fran­\nchia, je vou félichitt. Voui, la prononchiachion, voilà lortograf.\n                                                         Chalu,\n                                                 MORICH PINDÉPICH\n                                      III\n                                                     Popringue, le tresse julieye.\n         MOCIEUW,\n  J'eye tejour etèye trèye genèye d'ortegrafièye le francèye san fotte. Ça\nmankèye de sinplistèye. Avec votr refôrem, je pourèye ekrir desormèye san\nm'eskintèye. Mercie. Mèye je doie fèr atachion de ne paie melèye l'axan\nflaman. Ça ne srèye pa bow.\n                                                    VAN KLOUTENBOUM\n"}, {"page_pdf": 357, "page_imprimee": 322, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "                                     322\n\n\n   D'autre part, on nous assure que l'étranger ne reste pas insensible aux\nattentions de M. Gréard, qui désire rendre le français plus accessible aux\namateurs exotiques. Il nous revient qu'un éditeur anglais et un libraire alle­\nmand préparent des éditions nouvelles des classiques français, dont l'ortho­\ngraphe sera mise en rapport avec la prononciation de leurs compatriotes\nrespectifs. Imminent ainsi un Racine pour Anglo-Saxons et un La Fontaine\npour Teutons.\n   Cy les quatre premiers vers d'Athalie (teutche) :\n                 Fwi, ché fien tan zon dampl atôré l'Edernl\n                 Ché fien zélon l'ouçaj andic et zôlnl\n                 Zélbré afec fou le vameus chiourné\n                 Où zur lé mon Zina la lwa nou fu tôné.\n  Passons au début de la fable la Cigale et la Fourmi (ingliche) :\n                        Le cigl éan channté\n                             Tow l'été\n                        Se treuvé for depiourveu\n                        Kan le bése fiou véniou.\n                        Pâ le piou petit morciow\n                        De moûtch o de vêrmçow.\n                          El allé créé fémine\n                          Ché le fiormi, se voésine...\n   Hep, hep, messieurs les académinomd'unchien ! En route pour l'avenir!\n\n                                                       ETHELRED VAZY"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-021", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 323, "page_fin": 328, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "PYRAMIDE", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 358, "page_imprimee": 323, "debut_caractere": 85, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 358, "page_imprimee": 323, "debut_caractere": 95, "fin_caractere_exclue": 149, "texte": "LE MONT BLANC JUGÉ PAR M. 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Charles Sluyts, dans les Entretiens"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2493, "fin_caractere_exclue": 2539, "texte": "politiques et littéraires, cette phrase sibyl­"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2581, "fin_caractere_exclue": 2587, "texte": "line :"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2677, "fin_caractere_exclue": 2713, "texte": "« Aussi pour des raisons autres, les"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2760, "fin_caractere_exclue": 2806, "texte": "initiateurs de l'Association pour        l'Art"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2852, "fin_caractere_exclue": 2876, "texte": "valurent des insultes. »"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2947, "fin_caractere_exclue": 2986, "texte": "Encore un écrivain qui aurait dû entrer"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 3029, "fin_caractere_exclue": 3048, "texte": "dans la diplomatie."}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 3300, "fin_caractere_exclue": 3335, "texte": "Dans le même numéro des Entretiens,"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 3375, "fin_caractere_exclue": 3416, "texte": "M. Gabriel Mourey découvre que « le Verbe"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 3464, "fin_caractere_exclue": 3481, "texte": "seul est Dieu I »"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 3553, "fin_caractere_exclue": 3590, "texte": "Il nous semble que nous avons déjà lu"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 3637, "fin_caractere_exclue": 3681, "texte": "cela quelque part; mais dans les Entretiens,"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 3729, "fin_caractere_exclue": 3744, "texte": "ça semble neuf."}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "L'Art moderne parle avec un intelligent"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 201, "fin_caractere_exclue": 234, "texte": "du « crottin de Francisque Sarcey"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 288, "fin_caractere_exclue": 307, "texte": "d'Anatole France »."}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 527, "fin_caractere_exclue": 569, "texte": "A l'occasion des Fêtes nationales, M. Ray­"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 625, "fin_caractere_exclue": 658, "texte": "Nyst a hué le conseil communal de"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 712, "fin_caractere_exclue": 750, "texte": "ville de Bruxelles, du seuil idéal des"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 809, "fin_caractere_exclue": 844, "texte": "d'art qui attendent, du seuil mémo­"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 901, "fin_caractere_exclue": 937, "texte": "de l'Histoire des grands peuples, du"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 994, "fin_caractere_exclue": 1017, "texte": "solitaire de la Pensée."}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 1119, "fin_caractere_exclue": 1157, "texte": "M. Daruty de Grandpré donne à la Plume"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 1211, "fin_caractere_exclue": 1253, "texte": "1 e r août une très intéressante étude sur"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 1341, "fin_caractere_exclue": 1368, "texte": "Baudelaire et Jeanne Duval."}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 1516, "fin_caractere_exclue": 1553, "texte": "A propos de l'article de M. Téodor de"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 1601, "fin_caractere_exclue": 1640, "texte": "Wyzewa, reproduit dans notre précédente"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 1680, "fin_caractere_exclue": 1723, "texte": "chronique littéraire, il n'est pas inutile,"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 1761, "fin_caractere_exclue": 1802, "texte": "croyons-nous, de rappeler l'attention sur"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 1842, "fin_caractere_exclue": 1884, "texte": "cette admirable page d'Ozanam, qui sert de"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 1932, "fin_caractere_exclue": 1970, "texte": "conclusion à son étude sur les Sources"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2024, "fin_caractere_exclue": 2046, "texte": "de la Divine Comédie ."}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2097, "fin_caractere_exclue": 2137, "texte": "« Il nous semble que le premier trait du"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2185, "fin_caractere_exclue": 2226, "texte": "génie, ce n'est pas d'être neuf, comme le"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2274, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "veulent quelques-uns : c'est bien plutôt"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2362, "fin_caractere_exclue": 2405, "texte": "d'être antique, de travailler sur quelques-"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2451, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "uns de ces sujets qui ne cessèrent jamais"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2540, "fin_caractere_exclue": 2580, "texte": "de toucher les hommes. 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Je vis au Musée de Naples une"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 2769, "fin_caractere_exclue": 2807, "texte": "statue antique de femme couchée sur le"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 2874, "fin_caractere_exclue": 2917, "texte": "dos, offrant au regard l'enchantement divin"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 2984, "fin_caractere_exclue": 3024, "texte": "de ses deux jeunes seins de marbre blanc"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 3091, "fin_caractere_exclue": 3135, "texte": "et leurs fraises : les passants, admirateurs"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 3202, "fin_caractere_exclue": 3241, "texte": "polissons, n'ont pu, depuis des décades"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 3308, "fin_caractere_exclue": 3353, "texte": "d'années, résister à la tentation de caresser"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 3420, "fin_caractere_exclue": 3461, "texte": "ces jeunes seins divins et leur ont donné"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 3528, "fin_caractere_exclue": 3568, "texte": "une incomparable teinte de vieil ivoire."}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 3684, "fin_caractere_exclue": 3719, "texte": "Partout où se frotte la nonchalante"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 3761, "fin_caractere_exclue": 3762, "texte": ":"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 3829, "fin_caractere_exclue": 3868, "texte": "paresse des mains et des corps, l'œuvre"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 3975, "fin_caractere_exclue": 4013, "texte": "d'art prend ainsi des tons imprévus et"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 4123, "fin_caractere_exclue": 4168, "texte": "superbes. C'est vrai pour les vieux bois, les"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 4281, "fin_caractere_exclue": 4323, "texte": "vieux cuirs comme pour les métaux. Il fau­"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 4413, "fin_caractere_exclue": 4456, "texte": "drait convier les gamins et les gavroches à"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 4523, "fin_caractere_exclue": 4565, "texte": "les lustrer de leurs frôlements joueurs au"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 4632, "fin_caractere_exclue": 4675, "texte": "lieu d'instiguer les agents de police, mal­"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 4742, "fin_caractere_exclue": 4783, "texte": "heureux instruments de variées bêtises, à"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 4849, "fin_caractere_exclue": 4891, "texte": "fondre sur eux (?) en oiseaux de proie dès"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 4934, "fin_caractere_exclue": 5000, "texte": "à                       qu'ils (?) enfourchent un lion ou grimpent"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 5067, "fin_caractere_exclue": 5109, "texte": "sur un héros, inaltérables du reste, comme"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 5176, "fin_caractere_exclue": 5222, "texte": "leur (?) gloire, vu la solidité de la matière."}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 5356, "fin_caractere_exclue": 5391, "texte": "C'est convenu : quand les gamins de"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 5459, "fin_caractere_exclue": 5499, "texte": "Bruxelles auront appris, dans les écoles"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 5610, "fin_caractere_exclue": 5654, "texte": "officielles, à jouer de l'accordéon et de la"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 5760, "fin_caractere_exclue": 5803, "texte": "flûte en fer blanc afin d'ajouter un charme"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 5871, "fin_caractere_exclue": 5910, "texte": "esthétique au paysage, ils frôleront la"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "queue des lions de Simonis, afin de la cou­"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 92, "fin_caractere_exclue": 135, "texte": "vrir d'un enduit séducteur, et leur sommeil"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 136, "fin_caractere_exclue": 178, "texte": "manipulera les statues, lesquelles acquer­"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 227, "fin_caractere_exclue": 278, "texte": "ront seulement alors leur complète valeur        A."}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 321, "fin_caractere_exclue": 373, "texte": "esthétique.                                      Par"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 413, "fin_caractere_exclue": 453, "texte": "Il est regrettable qu'il n'y ait plus de"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 501, "fin_caractere_exclue": 552, "texte": "Priape dans nos jardins. Les « ketjes »          de"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 594, "fin_caractere_exclue": 644, "texte": "seraient invités à le polir !                    2"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 656, "fin_caractere_exclue": 692, "texte": "Il est vrai qu'il y a Manneken-Pis !"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 790, "fin_caractere_exclue": 803, "texte": "souscripteur."}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 807, "fin_caractere_exclue": 841, "texte": "L'Art moderne annonce que la Revue"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 842, "fin_caractere_exclue": 883, "texte": "rouge organise un banquet en l'honneur de"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 924, "fin_caractere_exclue": 976, "texte": "M.Georges Eekhoud. Font partie du comité : Brussels."}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 989, "fin_caractere_exclue": 1028, "texte": "MM.Verhaeren, Demolder, Sander Pierron,"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1029, "fin_caractere_exclue": 1050, "texte": "Paul Sainte-Brigitte."}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1192, "fin_caractere_exclue": 1197, "texte": "nommé"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1280, "fin_caractere_exclue": 1285, "texte": "revue"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1325, "fin_caractere_exclue": 1361, "texte": "Au prochain salon de peinture seront"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1362, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "exposés les tableaux des jeunes peintres qui"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1407, "fin_caractere_exclue": 1449, "texte": "concourent pour le prix Godecharles. Espé­"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1450, "fin_caractere_exclue": 1489, "texte": "rons que le jury chargé d'encourager un"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1527, "fin_caractere_exclue": 1567, "texte": "effort artistique, ne confondra point sa"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1617, "fin_caractere_exclue": 1671, "texte": "mission avec celle des bureaux de bien­          cesse"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1711, "fin_caractere_exclue": 1769, "texte": "faisance : c'est un reproche que, paraît-il,     messieurs"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1803, "fin_caractere_exclue": 1859, "texte": "on s'est cru parfois en droit de lui adresser.   grandes"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1943, "fin_caractere_exclue": 1945, "texte": "la"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2035, "fin_caractere_exclue": 2038, "texte": "sur"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2077, "fin_caractere_exclue": 2128, "texte": "CROQUIS DE PLAGE       :    Blankenberghe,     XIX°"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2167, "fin_caractere_exclue": 2221, "texte": "Heyst, Wenduyne, Knocke, Le Coq-sur-             voici"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2224, "fin_caractere_exclue": 2238, "texte": "Mer, par Mars."}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2322, "fin_caractere_exclue": 2365, "texte": "Mars vient de faire paraître à la librairie"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2414, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "d'art Dietrich et C ie , Bruxelles et Blanken­   tainement"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2505, "fin_caractere_exclue": 2557, "texte": "berghe, un nouvel album d'aquarelles déli­       et,"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2596, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "cieuses et de spirituels croquis, soulignés"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2687, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "de légendes.                                     jamais"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2777, "fin_caractere_exclue": 2829, "texte": "Titre : CROQUIS DE PLAGE :         Blanken­    comme"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2868, "fin_caractere_exclue": 2919, "texte": "berghe, Heyst, Wenduyne,         Knocke, Le      ou"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2958, "fin_caractere_exclue": 3012, "texte": "Coq-sur-Mer.                                     onze,"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 3051, "fin_caractere_exclue": 3094, "texte": "C'est très vu, très observé; cela fourmille"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 3122, "fin_caractere_exclue": 3167, "texte": "descènes réjouissantes, de réflexions drôles,"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 3168, "fin_caractere_exclue": 3210, "texte": "de types familiers, présentés en une série"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 3259, "fin_caractere_exclue": 3304, "texte": "de tableaux bien vivants, dans lesquels l'ar­"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 3354, "fin_caractere_exclue": 3397, "texte": "tiste, qui les connaît à fond, retrace avec"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 3448, "fin_caractere_exclue": 3499, "texte": "joie, et vous fait aimer les côtés séduisants    dû"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 3538, "fin_caractere_exclue": 3580, "texte": "de la vie balnéaire sur le littoral belge."}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 3630, "fin_caractere_exclue": 3668, "texte": "Ce nouvel album de Mars, en vente chez"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 3720, "fin_caractere_exclue": 3764, "texte": "tous les libraires, est habillé d'un élégant"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 3810, "fin_caractere_exclue": 3854, "texte": "cartonnage. Comme ses aînés, il sera bientôt"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 3903, "fin_caractere_exclue": 3961, "texte": "dans toutes les mains.                           s'accorde"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 187, "fin_caractere_exclue": 226, "texte": "Pour paraître prochainement, chez L. et"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 279, "fin_caractere_exclue": 320, "texte": "Goden ne, imprimeurs-éditeurs, à Malines,"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 374, "fin_caractere_exclue": 410, "texte": "les Routes..., par Joseph Desgenêts."}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 462, "fin_caractere_exclue": 500, "texte": "Un volume de proses, in-16, sur papier"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 553, "fin_caractere_exclue": 593, "texte": "luxe, caractères elzéviriens, au prix de"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 645, "fin_caractere_exclue": 652, "texte": "francs."}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 705, "fin_caractere_exclue": 740, "texte": "Le volume sera envoyé franco à tout"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 887, "fin_caractere_exclue": 923, "texte": "Thomas Brown, religionis medicorurn,"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 977, "fin_caractere_exclue": 988, "texte": "— Aow yes !"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1102, "fin_caractere_exclue": 1142, "texte": "Notre confrère André Lenéka vient d'être"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1198, "fin_caractere_exclue": 1230, "texte": "rédacteur en chef de Mascarille,"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1286, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "littéraire, artistique et théâtrale."}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1505, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "SYMPTOMES DE RÉACTION"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1579, "fin_caractere_exclue": 1616, "texte": "La réaction que nous avons prédite ne"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1672, "fin_caractere_exclue": 1710, "texte": "de s'accentuer. M. Brunetière, sur qui"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1770, "fin_caractere_exclue": 1802, "texte": "les symbolistes avaient fondé de"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1860, "fin_caractere_exclue": 1893, "texte": "espérances, vient de publier dans"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1946, "fin_caractere_exclue": 1985, "texte": "Revue Bleue la conclusion de ses études"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2039, "fin_caractere_exclue": 2074, "texte": "l'évolution de la poésie lyrique au"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 2129, "fin_caractere_exclue": 2166, "texte": "siècle. 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Témoins : MM. Paul"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 3464, "fin_caractere_exclue": 3500, "texte": "Dubois, Hector Monnom, Théo Van Rys-"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 138, "texte": "selberghe et Iwan Gilkin. La Jeune Bel­"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 232, "texte": "gique présente aux jeunes époux ses félici­"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 283, "fin_caractere_exclue": 314, "texte": "tations et ses vœux de bonheur."}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 430, "fin_caractere_exclue": 465, "texte": "Une amusante fantaisie empruntée au"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 516, "fin_caractere_exclue": 538, "texte": "poète Amédée Pommier :"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 604, "fin_caractere_exclue": 615, "texte": "LA PYRAMIDE"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 690, "fin_caractere_exclue": 691, "texte": "A"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 766, "fin_caractere_exclue": 768, "texte": "Ta"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 842, "fin_caractere_exclue": 846, "texte": "Cime"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 919, "fin_caractere_exclue": 926, "texte": "Sublime"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 996, "fin_caractere_exclue": 1004, "texte": "Monument"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 1072, "fin_caractere_exclue": 1085, "texte": "Qui fièrement"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 1152, "fin_caractere_exclue": 1169, "texte": "Lèves tes assises"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 1234, "fin_caractere_exclue": 1254, "texte": "Les ombres indécises"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 1317, "fin_caractere_exclue": 1341, "texte": "Des vieux jours évanouis"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 1403, "fin_caractere_exclue": 1432, "texte": "Les spectres des rois enfouis"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 1491, "fin_caractere_exclue": 1525, "texte": "Dans les ténèbres de leurs cryptes"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 1581, "fin_caractere_exclue": 1615, "texte": "Ce monde géant de l'antique Egypte"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 1670, "fin_caractere_exclue": 1710, "texte": "Apparaît : mais le nom du grand Napoléon"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 1763, "fin_caractere_exclue": 1805, "texte": "Rayonnant au milieu d'obscurs hiéroglyphes"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 1857, "fin_caractere_exclue": 1903, "texte": "Eclipse Pharaons, rois grecs, romains caliphes"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 1954, "fin_caractere_exclue": 2002, "texte": "Comme un soleil qui brille au faite du Panthéon."}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 2056, "fin_caractere_exclue": 2097, "texte": "Le jour où, fatigués de confondre la poé­"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 2148, "fin_caractere_exclue": 2192, "texte": "sie avec la musique, nos jeunes novateurs la"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 2243, "fin_caractere_exclue": 2287, "texte": "confondront avec l'architecture, cette pyra­"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 2338, "fin_caractere_exclue": 2357, "texte": "mide pourra servir."}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 2411, "fin_caractere_exclue": 2450, "texte": "Seulement, ils la mettront la pointe en"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 2501, "fin_caractere_exclue": 2536, "texte": "bas, parce que c'est plus original."}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 2722, "fin_caractere_exclue": 2763, "texte": "M. Francesco Accinelli, le délicat lettré"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 2856, "fin_caractere_exclue": 2894, "texte": "qui nous honore de sa collaboration, a"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 2988, "fin_caractere_exclue": 3031, "texte": "publié dansune revue italienne, les Abruzzi"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 3125, "fin_caractere_exclue": 3169, "texte": "dei giovani, une belle traduction de l'Amour"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 3261, "fin_caractere_exclue": 3286, "texte": "d'Hôpital, d'Iwan Gilkin."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-08-n8-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ ÉDITEUR DE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 364, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1419, "texte": "LACOMBLEZ\n    ÉDITEUR           DE      « LA    JEUNE       BELGIQUE           »\n                       31, rue des Paroissiens, 31\n                               BRUXELLES\n\n\n                 VIENNENT            DE PARAITRE         :\n\n                          Max E L S K A M P\nSALUTATIONS, DONT D'ANGÉLIQUES\n                 un volume in--8°, sur papier de Hollande\n    avec frontispice de HENRY VAN DE VELDE. — Prix : fr. 3-50\n\n\n              V I L L I E R S D E L'ISLE-ADAM\n\n PREMIÈRES POÉSIES\n     un volume de la Petite Collection des Poètes, beau vélin, fr. 3-50\nExemplaires numérotés : sur japon impérial                        20 francs.\n    Id.         id.        sur hollande Van Gelder. . . .           8 id.\n\n                              SOUS PRESSE :\n                         Edmond PICARD\n\nEL MOGHREB AL AKSA\n                   Une mission belge au Maroc\n\n                         Charles S L U Y T S\n\n            N O T E S D'ÊTRE\n                              volume de luxe\n\n\n                         EN    PRÉPARATION\n          pour paraître dans la Petite Collection des Poètes :\n\n La Quenouille et la Besace, de MAURICE MAETERLINCK,\n           Sous la Couronne, d'ALBERT GIRAUD,\net des volumes de FERNAND SEVERIN, GRÉGOIRE LE ROY, etc.\n\n                         En formats divers :\n   des œuvres d'EDMOND PICARD, GEORGES EEKHOUD,\n                        ALBERT GIRAUD, etc.\n"}, {"page_pdf": 365, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1705, "texte": "                               EN         VENTE\n\n   à la librairie P A U L L A C O M B L E Z\n                          BRUXELLES\n\n\n\nP A U L BOURGET : Un Scrupule,    in-32 illustré . . fr.                  2 »\nCHARLES D E COSTER : La Légende d'Ulenspiegel .                           5 »\nANATOLE FRANCE : La Rôtisserie de la Reine Pé­\n    dauque                                                                3 50\nBaron DE HAULLEVILLE : Portraits et Silhouettes,\n    2 e série                                                             3 50\nIBSEN : Les Prétendants à la couronne. Les Guerriers\n    à Helgoland                                                           3 50\nLEDRAIN : La Bible, VLLL : Job. Les Psaumes.       . .                    3 50\nP I E R R E LOTI : LExilée .                                              3 50\nA D . R E T T É : Une Belle Dame passa                                    3 50\nVERHAEREN : Les Campagnes hallucinées . . . .                             5 »\nVERLAINE : Mes Prisons                                                    3 50\nVIELÉ-GRIFFIN : La Chevauchée d'Yeldis        . . . .                     3 50\nVILLIERS DE L'ISLE-ADAM : Nouveaux Contes cruels\n    et Propos d'au-delà                                                   3 50\n\n\n\n         Dépôt des Revues Françaises :\n              La Plume, fr. 0-50; franco, fr. 0-55\n     Le Mercure de France, 1 franc ; franco, fr. 1-25\n            L'Ermitage, fr. 0-60 ; franco, fr. 0-65\nLes Entretiens politiques et littéraires, fr. 0-60; franco fr. 0-65\n\n\n     Demandez le Catalogue complet de l'Editeur\n               Paul L A C O M B L E Z .\n\n              Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom,32, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 330, "texte": "Août 1893.                       T O M E XII. — N° 8                                13 me Année.\n\n\n\n\nLA\n   JEUNE\n                BELGIQUE\n                                 SOMMAIRE:\n        En Béotie. . . . ■                       . .    LA JEUNE BELGIQUE.\n        Le Prix quinquennal . . . . . . . .             LA JEUNE BELGIQUE.\n        Déprécation magique . . . . . . . . . .         IWAN GILKIN.\n        Consolatrix                                 .   O.-GEORGES D E S T R É E : .\n        Hélène (suite)                                  ARNOLD G O F F I N .\n        L'Album à Toto. Pêche à la ligne . . .          TOTO.\n        Une Conversion. Lettre de M. Jean Delville.     LA DIRECTION.\n        Chronique musicale                              ERNEST CLOSSON.\n        Chronique littéraire :\n          I. Premières Poésies ; Les Chants de la\n             Nuit ; Les Baisers morts ; Toute la\n            Lyre; La Chanson panthéiste. — II.\n             Contes et Souvenirs ; Les Aspirations;\n             Le Bestiaire ; La Duchesse de Malfi; El\n             Moghreb al Aksa; La Vie artistique .       ALBERT GIRAUD.\n        La Réforme de l'orthographe                     ETHELRRED VAZY.\n        Memento                                  . .    NEMO.\n\n\n\n\n             REDACTION                                            BRUXELLES\n110, RUE DE LA LIMITE, BRUXELLES.                           PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                  3I, rue des Paroissiens\n                                                                       PARIS\n      PRIX DU NUMÉRO                                     C H A M U E L , LIBRAIRE- É D I T E U R\n                                                                    29, rue de Trévîse\n               fr. 0-75.\n                                                                          1893\n"}, {"page_pdf": 331, "texte": "      BELGIQUE\n\n\n\n\n                                                                       BELGIQUE\n                                N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                               JEUNE\n                 JEUNE\n\n\n\n\n                                                          LA\n                         LA\n                                N E CRAINS\n         Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                          PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur      : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                      Directeur : IWAN GILKIN.\n               Rédaction : 110, rue de la Limite, Bruxelles.\n             7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard               des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom­\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n   A Paris : Chez Bailly, n , rue de la Chaussée-d'Antin.\n\n\n                     V I E N N E N T D E PARAITRE :\n\n QUELQU'UN D'AUJOURD'HUI\n                              par HENRY MAUBEL\n\n\n\n      Histoire des Lettres belges d'expression française\n                          par F R A N C I S N A U T E T\n\n\n\nSTANCES DOBÉES\n             Commentaire sacerdotal du T a r o t\n                              par IWAN GILKIN\n"}, {"page_pdf": 332, "texte": "                      EN BÉOTIE !...\n\n\n                                         Les amateurs de vélocipédie ont orga­\n                                       nisé une course de bicyclettes entre\n                                      Paris et Bruxelles. C'est leur droit. Ils\n                                      ont raison de s'amuser et de convoquer\n                                les badauds à les venir admirer : nous n'y\n                                contredisons point.\n                                  M. Carnot, président de la République fran­\n                          çaise, et S. M. Léopold II, roi des Belges, se sont\n                 empressés d'offrir des prix aux vainqueurs. Nous admet­\n                 tons volontiers que l'on prime les jarrets et les pédales et\n                 que les chefs d'Etat rendent au « pneu » l'hommage qui lui\n                 est dû.\n                    Mais ce n'est pas tout. Le roi des Belges est allé en per­\n                 sonne recevoir le vainqueur à l'arrivée. Le vainqueur se\n                 faisant attendre, Sa Majesté s'est retirée en exprimant son\n                 profond regret de ne pouvoir attendre davantage (Louis XIV\n                 est bien mort) et Elle a promis de recevoir le cycliste primé\n                 au palais de Bruxelles.\n                    Sa Majesté a tenu parole. Elle a reçu le vainqueur dans\nses salons avec le cérémonial consacré aux hommes illustres.\n   Il y a en Belgique d'autres concours et d'autres vainqueurs. Le prix\nquinquennal de littérature, — un prix du Roi, s. v. p. ! — à été remporté\nil y a cinq ans par M. Camille Lemonnier, — cette année par M. Georges\nEekhoud.\n                                                                     19\n"}, {"page_pdf": 333, "texte": "                                  — 298 —\n\n   M. Lemonnier n'a été ni attendu dans un lieu public par une tête cou­\nronnée ni reçu au palais du Roi. Il est à présent traduit en cour d'assises\npour avoir écrit en français ce que tous les journaux avaient raconté en\npatois.\n   Le bicycliste primé est invité chez le Roi; M. Lemonnier est poursuivi\npar le procureur du même Roi.\n   Il est vrai que la littérature est un travail de la tête et le cyclisme un\ntravail des pieds.\n   Nous livrons ces simples rapprochements aux réflexions de nos amis.\n\n                                                          L A DIRECTION\n\n\n\n\n           LE PRIX QUINQUENNAL\n              L'un de nos meilleurs écrivains vient d'obtenir le prix quinquennal\n               de littérature. Nos cordiales félicitations à M. Georges\n               Eekhoud. Si nous n'aimons guère les concours, les prix, les\n               lauriers et les couronnes, dont nous n'avons cessé de demander\nla suppression, il nous plaît pourtant de voir que les prix, en attendant\nqu'on les abolisse, sont à présent octroyés à des écrivains de mérite..\n   M. Lemonnier, M. Maeterlinck, M. Eekhoud ont été couronnés. Grâce\nà de tels noms, les partisans des concours peuvent aujourd'hui invoquer,\nen faveur de leur maintien, des circonstances atténuantes.\n   Constatons aussi que le monde officiel a été forcé de changer d'attitude\nà notre égard. Malgré la mauvaise volonté et l'esprit de dénigrement dont\nil fit preuve lors de nos débuts, le voici forcé de décerner ses distinctions\net ses récompenses à des écrivains qui sont sortis du sein de cette Jeune\nBelgique tant conspuée.\n    Le jury qui a couronné M. Georges Eekhoud se composait de\nMM. Fétis, conservateur en chef de la bibliothèque royale ; abbé Stiernet,\nprofesseur à l'Institut Saint-Louis de Bruxelles ; chanoine de Groetars,\nprofesseur à l'université de Louvain; Kurth et Wilmotte, professeurs à\nl'université de Liège ; Discailles, professeur à l'université de Gand ; Perga­\n meni, professeur à l'université de Bruxelles. Aucun de ces messieurs n'ap­\n partient, ni de près ni de loin, à notre « petite chapelle ».\n    La Nouvelle Carthage de M. G. Eekhoud a obtenu cinq suffrages\n contre deux.\n"}, {"page_pdf": 334, "texte": "                                — 299 —\n\n  La Jeune Belgique ne peut que répéter ce qu'elle publiait en 1888, au\nsujet du prix décerné à M. Lemonnier : « Nous félicitons M. Eekhoud, de\nqui la réputation reçoit ainsi la consécration de la foule. Quant à nous,\nnous l'admirions avant, nous l'admirons après : il n'y a qu'un prix quin­\nquennal de plus. »\n  C'est d'ailleurs le jury surtout qui mérite des félicitations : nous ne lui\nmarchandons point les nôtres.\n                                               LA J E U N E BELGIQUE\n\n\n\n\n        DÉPRÉCATION MAGIQUE\n                 Dans le caveau tendu de noir\n                 Les flammes du réchaud consument\n                 Les funèbres parfums qui fument\n                 Devant le haut et noir miroir.\n\n                 Malheur à celui dont     l'offense\n                 A mérité le châtiment!\n                 Voici qu'irrévocablement\n                 Ma voix prononce la sentence.\n\n                 Rouet divin du Devenir,\n                 Qui f ormes et transformes l'être\n                 Aux pieds de l'éternel Peut-Être\n                 Qui crée en rêvant l'avenir,\n\n                 Forces qui pétrissez les mondes,\n                 Nombres dont le rythme fatal\n                 De l'immense océan vital\n                 Pousse les ondes sur les ondes,\n\n                 Que tout ce qui doit être, soit\n                 Et que le destin s'accomplisse!\n                 Que de la faute la justice\n                 Jaillisse comme un glaive droit!\n"}, {"page_pdf": 335, "texte": "                                  — 300 —\n\n                 Que les fleurs noires de t'abîme\n                 S'épanouissent dans la nuit!\n                 Loin du pardon, qui tremble et fuit,\n                 Que le crime suive le crime!\n\n                 Qu'on fasse encore ce qu'on a fait !\n                 Traître, trahis! Meurtrier,     tue!\n                 Que le forfait se perpétue !\n                 Qu'il soit la cause et soit l'effet !\n\n                 Qu'ainsi les coupables eux-mêmes\n                 Sur leur front maudit par les dieux\n                 Des quatre coins des vastes cieux\n                 Attirent les foudres suprêmes!\n\n                 — Dans le caveau tendu de noir\n                 Les flammes du réchaud consument\n                 Les funèbres parfums qui fument\n                 Devant le haut et noir miroir.\n                                                          IWAN GILKIN\n\n\n\n\n                      CONSOLATRIX\n             Assis devant la fenêtre large ouverte, regardant le soir qui\n              tombait, le jeune homme repassait en son esprit les doulou­\n              reux événements de sa journée; les ténèbres de la nuit reflétées\n              par ses yeux descendaient lentement en son âme, et une seule\net toujours même pensée gonflait son cœur de tristesse.\n   « Hélas, hélas, dit-il enfin, cette femme ne m'aime pas, aucune femme\n« ne m'a jamais aimé, et nulle femme sans doute ne m'aimera comme\n« j'eusse tant souhaité être aimé; pourquoi donc, ô Dieu, avoir mis en\n« mon cœur cet amour qui me brûle et me consume, et que nulle fontaine\n« n'est destinée à rafraîchir, pourquoi m'as-tu mené, Seigneur, parmi des\n« étrangers, et pourquoi m'avoir envoyé sur la terre, moi qui ne puis vivre\n« sans amour, et qu'un amer destin condamnait à vivre isolé ? »\n   Et à la pensée de cet isolement, une telle douleur le saisit, que des san-\n"}, {"page_pdf": 336, "texte": "                                 — 301 —\n\nglots l'étreignirent à la gorge et que des larmes abondantes jaillirent de ses\nyeux.\n   Mais au même instant, dans la chambre, une ombre se glissa, légère,\nvêtue de noir, l'ombre attristée de sa mère morte depuis longtemps. Elle\ns'avança sans bruit dans la chambre et elle se tint debout, auprès de son\nfauteuil, anxieusement penchée vers lui; elle écarta les mains qui voilaient\nses yeux gonflés de larmes, et doucement deux fois elle l'appela par son\nnom, disant :\n   « Mon enfant, pourquoi m'oublies-tu? Regarde-moi, reconnais-moi, je\nsuis ta mère bien-aimée; je t'ai donné la vie, ô mon enfant, et quand tu\nvins au monde, je priai ardemment le Seigneur, la Vierge et tous les saints\npour qu'une vie heureuse et longue te fût donnée, et je priai aussi pour que\ntoute grande douleur te fût épargnée même au prix de mes souffrances et\nmême au prix de ma vie tout entière. Et ma prière fut agréable à Dieu, et\nil m'accorda plus que je n'avais osé demander, car il me fut donné de te\nvoir grandir heureux et fort pendant toute l'insouciante et belle saison de\nta première enfance. Et comme je t'ai aimé tu t'en souviens encore, ô mon\ncher fils, et il n'y a pas de plus grand ni de plus doux amour sur la terre.\nCar tu étais tout mon orgueil et toute ma joie, bel enfant souriant que je\nportais avec fierté dans le berceau caressant de mes bras ; et j'ai baisé tant\ndefoiston visage à ta bouche, que tes lèvres ont pour toujours gardé l'em­\npreinte et la forme de mes lèvres et qu'aucun autre baiser ne pourra plus\nmaintenant les faire changer; alors, à la moindre crainte, au moindre léger\nchagrin tu te réfugiais en hâte dans le sûr refuge de mes bras, te cachant la\ntête en mon sein ; de tes deux petits bras tu m'enlaçais follement, fébrile­\nment le cou et jamais collier ne me parut plus beau ni plus doux à porter.\n Et si je mourus depuis pour les autres, toi, ô mon enfant, tu sais que je\nne t'ai point quitté, car les mères mortes jeunes et dont les prières furent\nexaucées, reviennent au près de leurs enfants toute leur vie, et toute leur vie\nles protègent et les veillent, ayant pris la place de leur ange gardien. Ainsi\nil me fut permis de t'apparaître parfois lorsque tes nuits et ton esprit étaient\n troublés et toujours, tu le sais, ces visions t'ont été utiles et bienfaisantes.\n Or, maintenant, ne pleure plus, ne déplore plus, ô cœur aimant, l'ardent\n amour qui est en toi, pensant que cet amour ne t'est point retourné; car il\n n'est point d'amour profond, dévoué, absolu qui n'engendre tôt ou tard un\n semblable amour. Mais bien plutôt réjouis-toi de ce qu'un pareil amour t'a\n été accordé, qui te permet d'aimer et de sentir plus vivement que les autres\n et qui te fait goûter doublement en ceux que tu aimes et en toi les joies et\n les bonheurs de la vie. Rappelle-toi aussi, ô mon enfant, qu'il n'est pas de\n"}, {"page_pdf": 337, "texte": "                                   — 302 —\n\n\nbonheur sans peine, non plus que de belles roses sans épines. Mais la fleur\nreste à qui veut bien se blesser pour la cueillir, et le bonheur acquis s'aug­\nmente au souvenir des peines qu'on a eues à l'obtenir. »\n   Elle dit et le jeune homme sentit son cœur s'apaiser à ces douces paroles;\net tandis qu'y réfléchissant encore, et les pesant en son esprit il tenait les\nyeux fixés en terre, il lui sembla qu'un doux baiser pareil à ceux que jadis\nil sentait en ses rêves d'enfant, lui effleurait le front et relevant ses yeux\nreconnaissants il ne vit plus à ses côtés l'ombre chère, mais devant lui,\npar la fenêtre, le ciel que la nuit avait obscurci, et les étoiles qui s'y levaient\nradieuses et claires, scintillaient, ranimant en son cœur les fraîches fleurs\nde la douce Espérance.\n                                            O L I V I E R - G E O R G E S DESTRÉE\n\n\n\n\n                                HÉLÈNE\n                                      (Suite.)\n\n             J'aime ! je suis aimé! L'adorable niaiserie éternelle de cette\n               formule, — dénonciatrice, au tréfond, d'un assez humiliant\n               triomphe, — grisait cependant Delzire jusqu'à l'aberration,\n               fomentait en lui une tourbillonnante ardeur jeune, dont il\ns'ignorait posséder encore l'aptitude; galvanisait, coordonnait d'éparses\nidées embryonnaires, efficaces, hautement, à cette heure, et significatives.\nLa stupeur ravie de cette convalescence, arrachée à la claustration plain­\ntive, à la misanthropie studieuse et malingre de sa chambre, pour se voir,\nsoudain, transférée au grand air enivrant, parmi les- bois et les eaux et y\ndécouvrir la saveur, jusqu'alors calomniée, de la vie! — Hélène, oui,—\nmiraculeux et visible symbole; instrument, tout à la fois et essentielle\nimage de sa rédemption; — Hélène incarnait tout cela...\n\n   Delzire ignorait les voies mitoyennes d'une félicité sage et tempérée : des\nalternatives antagonistes de prostration atroce et de fortitude forcenée; l'ha­\nbitude, devenue mécanique, de spéculer ses sensations et ses pressentiments\njusqu'à leurs conséquences ultimes lui affadissaient singulièrement les faits,\npour offensifs et funestes qu'ils fussent.\n   La préconception d'un plaisir en constituait ainsi, pour lui, l'unique et\n"}, {"page_pdf": 338, "texte": "                                 — 303 —\n\nintégrale réalité. Où trouver, d'ailleurs, le point stable, l'équilibre inacces­\nsibles à l'ordinaire outrance de ses déductions et de sa conduite?\n   Sans transition, il transformait son ascétique sobriété, sa Spartiate\nhygiène en une orgiaque sensualité, désespérée, presque, et anémique,\ninsalace, même, à la fin, si la douleur n'en devenait l'incendiaire ferment.\nIl se géhennait, ensuite, d'intransigeantes et barbares rigueurs, mortifiait,\nobstinément, sa paresse, son ineptie physique, son penchant à la flânerie\ncérébrale; se contrariait de réitérées et pénibles victoires sur son inclina­\ntion nonchalante et irrésolue. Dans cette humeur, il ne tolérait aucune ni\nla moindre infraction aux procédurières et strictes disciplines promulguées,\ntellement il redoutait voir s'invétérer, introduite par la brèche initiale, une\ncontagieuse impéritie. La plus courte relâche aux disproportionnés labeurs\n prescrits l'excitait, bourrelé de remords, à la mésestime et au décourage­\n ment de lui-même ; et vexé, il abdiquait la régie de sa trop débile existence,\nla laissait dériver à une oisiveté farouche et empoisonnée.\n   Des maux assujettissants, cause d'une onéreuse déperdition d'énergie,\nauraient pu excuser quelque indulgence pour des lacunes de volonté; mais,\nbien au contraire, Delzire croyait salutaire et thérapeutique une règle\nétroite et que le travail tenace, cette dépense quotidienne et utile de persé­\nvérance, le distrairait, seul, de sa maladie, le préserverait d'en devenir la\nproie et l'otage, car, si rien ne balançait sa morbifique influence, elle usur­\nperait toute son attention, le métamorphoserait en un quinteux et ridicule\nvalétudinaire, esclave contrefait par le joug ignominieux de méprisables\nsouffrances corporelles.\n   Son actuelle bienveillance envers lui-même l'émerveillait et la bénignité\nde cet incorruptible et vigilant censeur, l'inquisiteur puritain sous la férule\nduquel il gémissait et dont, pourtant, sauf de brèves escapades, la tyrannie\nlui était devenue nécessaire et chère. Parfois, en effet, infligeait-il à son\nconfesseur occulte, le repentir anticipé et la pénitence d'une faute projetée,\naheurté à la commettre, si sa perpétration lui semblait, et au delà, compen­\nsatrice du probable dommage moral; mais, cette fois, la voix bourrue réfré­\nnait ses avis coutumiers, le rogue et prosaïque témoin, corrompu, peut-être,\npar le sourire d'Hélène renonçait à ses vaticinations austères et à célébrer\nle charme saint de l'abstention et de la quiétude.\n\n  Sa fenêtre ouverte sur le parc, à l'orée d'une sapinière dont les noirs fûts\ncalcinés effluaient leurs odoriférantes résines, sous l'effervescence sombre\ndu firmament nocturne, Delzire, accablé de la découverte, enfin, et de la\nconscience d'une raison d'être ; et que cette trop récente révélation, Tins-\n"}, {"page_pdf": 339, "texte": "                                   — 304 —\n\ntinctif effroi de la sentir mieux qu'éphémère, énervaient, ne se résolvait\npoint à se coucher, dans le dépit enfantin d'abdiquer, une période, la\nnotion vivante de sa joie.\n   Une œuvre violente et célèbre trouait le velours usé de la tapisserie:\nune tête décharnée d'excentrique rancœur, amaigrie par quelque incom­\npréhensible transe et dont les yeux ternes, vitreux, tout à la fois,\net stupéfiés, dilatés par l'habitude de la fièvre et de la pensée démesurée,\ntranspercent, d'outre en outre, l'âme interdite du spectateur du fixe regard\nstagnant d'une peine que son intensité ne console plus; le navrement\ninflexible et auguste dont de si fiers yeux, embusqués au fond de leur orbite\ncave, expriment l'étendue, que leur inépuisable et aride rayon stérilise,\nfauche toute velléité d'insouciance et de libre arbitre.\n    Mais, ce dessin inouï, admiré jadis de toute la similitude de ses propres\nmeurtrissures, miroir sublimatoire où, désappointé du bonheur et de l'am­\n bition même du bonheur, il cherchait son personnel reflet pathétisé; —\n cette image, signe, jusqu'alors, magnifique et poignant, suggestif hiéro­\n glyphe d'années maladives et aimées, requérante plutôt de sa vertu com­\n mémorative, à la longue, que pour sa foncière intensité plastique, — la\n voici se définir, à présent, ainsi qu'un simple funambulisme d'artiste, réduit\n à sa nébuleuse éloquence naturelle, au conspect duquel pouvait frémir son\n tact esthétique, — et dissonant, non seulement à la série actuelle de ses\n rêves, mais — tellement Delzire avait changé d'intransigeance! — à toute\n conception exacte et saine de la vie !...\n    Les désolés traducteurs de semblables cataclysmes psychiques les con­\n crètent sous des métaphores trop inappréciables à l'intuition d'un auditoire\n quelconque, même affiné, — à n'importe quelle vision étrangère, gouvernée\n par un mécanisme logique et non exclusivement passionnel. Cette litho­\n graphie, géniale pour ceux-là, uniquement, susceptibles de parfaire de leur\n mentale substance, de leur souffrance, l'intention spécifique de l'inventeur,\n se réalise donc selon l'exacte mesure de cette capacité de collaboration.\n Phénomène exigé, certes, par tout ouvrage d'art, mais, croirait-on, dans la\n proportion inverse à sa virtuelle intellectualité.\n    Botticelli, Vinci s'installent en rois invincibles et sacrés, subjuguent et\n envoûtent les cerveaux ; de leur burin volontaire, sous leur pinceau thau­\n maturgique, du fond d'une captivante et méditative patrie, des visages ont\n surgi, — archanges, déesses, patriciennes, — dont les yeux scrutateurs ou\n extatiques, humiliés et éblouis, les lèvres ensorcelées ou implorantes, l'indi­\n cible et voltigeant sourire déconcertent, au travers les siècles, le contem­\n plateur et l'intimident... Il se laisse guider par ces mystagogues picturaux\n"}, {"page_pdf": 340, "texte": "                                 — 305 —\n\net se subordonne; sa famille cérébrale s'est enrichie d'un nouvel et synthé­\ntique personnage, d'un témoin de sa pensée, inépuisable abréviation de\ntous les problèmes ambigus, des pâlissants logogriphes qui l'abattent et\nl'exhaussent.\n    Redon, lui, en proie à un songe qui le fuit et le nargue, hanté de cauche­\nmars élémentaires et nomades, charbonne, d'une main cataleptique, une\nobtuse esquisse, décalque, délimite de traits écrasés et d'ombre le contour\nmouvant de son inspiration, insoucieux de dégager la statue du monolithe\nqui l'étouffe, de transcrire la stéganographie où, d'ailleurs, l'absolu chef-\nd'œuvre, imperfectible, désormais, est lisible pour lui. Canevas que chaque\nindividu remplit d'après la richesse de sa sensibilité ou de sa fantaisie;\n œuvre manifestement infirme, invertébrée, puisqu'elle s'adapte à chacun,\n se conforme à ses admirateurs, jusqu'à propager en ceux-ci la fatuité d'y\n déchiffrer la vulgarité embellie, la mesquinerie sublimée de leurs émotions\n avortées; au lieu de violemment les déprendre d'eux-mêmes, dociles aux obsé­\n dants et tyranniques prestiges de l'évocateur. Infériorité flagrante d'une esthé­\n tique dont les plus sûrs recours s'adressent non à l'intellect, mais au cœur,\n à la chair, insuffisante à s'élucider elle-même : fleur à la merci du climat\n favorable ou adverse et fécondée par le vent qui passe. Spécieuse beauté\n créée, toute, de sympathie coïncidente et hasardeuse, sans contexture\n indiscutable et indépendante de l'applaudissement ou du blâme; satellite\n obnubilé des âmes ; fuligineux miroir où le caprice atrabilaire ou souffre­\n teux des uns configurera le monde difforme et magique, la théorie lugubre,\n  l'ordonnance saturnienne de leur pensée; — les autres, de fongibles\n  ébauches, des fumées suffoquantes et houleuses... Malfaisant haschich qui\n  boursoufle les ulcères irrités et les gangrènes de notre amour-propre;\n  offusque la mâle et sereine perspective de la scène tragique de notre ridicule\n  silhouette, étriquée et bouffie. Nulle, en résumé, la valeur subjective d'une\n  œuvre semblable, car elle n'existe qu'en s'abdiquant. « Et cette tendance\n  m'y paraît spéciale, à enjôler les imaginations, au lieu de loyalement les\n  conquérir, les ranger à la suprématie lyrique d'irréductibles et nobles con­\n  ceptions, dont il faut s'assimiler l'intégrité ou les rejeter absolument,\n   puisque l'on ne peut y mirer avec complaisance sa petite âme quotidienne\n   et maniaque... »\n      Cette course élastique et un peu cabrée de son esprit assoupli amusait\n Delzire; l'encore neuve, et comme à jamais inopinée surprise de son bon­\n heur, semblait le radieux commentaire de tous ses actes, l'espèce de magnifiant\n halo sur lequel ils se détachaient : luminosités fluides, harmonies continues,\n"}, {"page_pdf": 341, "texte": "                                   — 306 —\n\npluies constellées parmi l'horizon doux et sombre de sa pensée; trame\nfugitive où s'ourdissait la broderie erratique et fastueuse de ses songes...\n\n    Les yeux fixes, il regardait toujours le cadre maléfique, ou plutôt l'astra­\ngale discursive que son incohérente et vagabonde réflexion en faisait jaillir,\nlorsque, à l'effusion balsamique subitement attisée encore, de la chambre,\nau magnétisme soudain d'une subtile influence, véhiculé par l'atmosphère,\nqu'il respirait, et dont sa vie accélérée empruntait un haut relief ineffable,\nDelzire supputa moins qu'il ne perçut l'approche de quelqu'un, exorable\net tendre...\n    Timorée, et presque aussitôt évaporée comme affligeante d'infatuation,\nl'idée précaire émergea qu'Hélène, peut être... Conjecture torpide, résor­\nbée de suite, fondue, comme un rapide arc-en-ciel utopique, dans l'éther\nélyséen, le tourbillon extasié et rhythmique où il marchait...\n    L'espoir le retint immobile, aussi, de perpétuer le charme, l'ambiguë\ndouceur intermédiaire de cette minute, — le bénéfice d'un doute exquis\nqu'aucune certitude jamais n'équivaudrait... Il aurait adoré Hélène, après\ncette si pure audace, de disparaître, en laissant derrière elle seulement le\ndélicieux sillage et la fragrance de son passage...' A quoi bon d'explicites\nmanifestations et des paroles, redoutables, toujours, superfétatives? et\npayer d'une rançon désenchantée le sentiment suave que le facile mutisme\nfaisait si beau?\n    La semi-volontaire perplexité de Delzire qu'un mouvement aurait termi­\nnée et dont il prolongeait l'affre sournoise, l'envoûtait d'une stupéfiante\net graduelle anesthésie, berçait la somnolence de ses yeux des figurations\nincantatoires d'un crépuscule alangui et changeant, propice à l'impulsive\nméditation que la pénombre, peu à peu accrue, attriste et dramatise, le\nconduisait, enfin, à l'abandon passif, aux sophistiques injonctions d'un\négoïsme artificieux...\n    L'âme enfantine du poète, accaparée toute et pavoisée d'idées et d'images,\nn'offre qu'une passagère et fuyante prise à la morsure de tangibles désirs,\nde pondérables envies, et transporte ses nostalgies et ses aspirations sur des\nchoses inconsistantes dont nul, judicieux et posé, ne comprend la possibilité\nd'ambitionner, avec une telle et si assidue véhémence, la stérile possession...\n    L'un peu égale tendresse d'Hélène, jusqu'alors, sa confiance découra­\ngeante ne l'avaient-elles souvent irrité, comme si l'appréhension perpé­\ntuelle, et l'instabilité étaient un des caractères vitaux de la passion, la\nnécessaire sensation de sa continuité, et la preuve, à chaque instant percep­\ntible, de sa toujours égale ferveur... Pourtant, voici comment il en saluait\n le premier et irrécusable témoignage !...\n"}, {"page_pdf": 342, "texte": "                                  — 307 —\n\n  Mais, à la véridique clarté d'une illumination intime, le mauvais chemin\nparcouru dévoila ses pièges et ses embûches, et, délivré de lui-même et de\nsa pusillanimité, Delzire sentit sourdre et filtrer dans ses veines le sang\nprécipité d'une presque douloureuse béatitude...\n\n    Appuyée à la muraille, contre le vibrant velours griffé des tentures,\ndebout, modeste et jolie, en sa large robe blanche, à longs plis, chastes et\ndroits, Hélène!... Un doigt sur les lèvres, — pour intimer le silence ou indé­\ncision ? — avec une physionomie essoufflée de mystère, mutinée et tendre, et\nle sourire résolu du défi, éclipsé, quelquefois, par l'éphémère reflet d'une\n pudique crainte effarouchée, — elle attendait...\n     Sa personne fragile, accompagnée d'un frais arôme de lavande; la grâce\n négligente de sa coiffure de nuit et l'inaltérable naïveté de son front poli,\n ridé légèrement de sa hardiesse irréfléchie, jurent d'un si angélique aban­\n don, que Delzire la contemple sans mot dire... Comment accueillir une\n tellement vaillante et insolite démarche? de quelles phrases, du plus imper­\n turbable naturel, assonantes, malgré cela, à l'imprévue circonstance, sans\n en marquer la vaguement illicite témérité, sinon par un accent plus pénétré,\n où l'onction se pressentirait d'une gratitude sous-entendue; de quelles\n paroles hautes et très simples la saluer?\n     Hélène, entretemps, gauchement s'avançait un fauteuil, s'y laissait\n  choir, terrassée à l'aspect, dérobé auparavant de l'enfiévrée exécution de\n  son projet, précis, à cette heure, et vertigineux, du péril où son cœur\n  insensé l'a mise... Le frigide abord, aussi, l'abord de son ami l'accable et\n  la visible hésitation réfractée en ses manières compassées, le probable et\n  légitime étonnement affligé, le naissant mépris engendrés chez lui par\n  l'effronterie d'une pareille visite, si attardée, et antipathique à sa sensitive\n  délicatesse.\n      L'extraordinaire situation perdurait; mille pensées, dissolvantes et\n   cruelles, leur dardaient l'esprit ; tous deux épiaient le mot réciproque qui,\n   substituant aux larves ombrageuses dont ils se vénéficiaient, la claire réalité\n   épanouie, leur dicterait l'entretien inspiré, enjoué tout à la fois, et solennel,\n   sans réticences ni ambages, irrévocable et bref, que l'éventualité énonçait.\n. Mais, à interroger leurs visages, ils reflétaient l'un pour l'autre la gêne,\n   seulement, et l'expectation, colères chez Delzire, honteuses et grosses de\n   sanglots chez Hélène, prostrée de l'effort accompli et anéantie.\n      Exaspéré de sa lâcheté et nerveux, Delzire parcourait la salle, jetant de\n   rapides regards clandestins sur la jeune fille qui, la tête basse, en proie à la\n    somnolente atonie, suite de cette projection énorme de vouloir, et immo-\n"}, {"page_pdf": 343, "texte": "                                   — 308 —\n\nbilisée par la catastrophe entr'aperçue, imminente, sans conteste, quoique\nincompréhensible, — que son premier pas déterminerait, — scrutait\nde ses yeux agrandis la cohue profuse de visions contradictoires dont son\ncerveau hypertrophié était le théâtre.\n   Troublée de la subreptice surveillance de Delzire, timidement, elle se\nmit à feuilleter un volume ouvert sur la table. Delzire se rapprocha, appuya\nla main au dossier du fauteuil, penché comme pour participer à sa lecture.,,\nElle ne discernait pas un des vers auxquels elle feignait de se rendre atten­\ntive ; les lignes imprimées reculaient devant son regard fixe, s'infléchissaient\nparmi les brouillards cabalistiques de flageolantes et dérisoires perspec­\ntives... Dans le silence haletant, tout près d'elle, à coups sourds et reten­\ntissants, elle entendait battre le pouls de Delzire; interdite, courbaturée de\nterrifique catalepsie, comme si, fuyant quelque péril prochain, elle avait\nsenti ses membres envahis et ses articulations pétrifiées de l'engourdisse­\nment hagard de la panique, vainement elle tentait de distinguer, au milieu\nde la multiple clameur effarée de ses sensations, un signal raisonnable pour\nguider sa conduite ..\n   — Transfigurée par sa dévotion exclusive, et instruite, une inquiétante\ndivination, un sens vibratoire lui vinrent, lucides au point de lui reconsti­\ntuer le cours sinueux et contrarié des volitions spirituelles de Delzire, et\nqui rendirent sa compassion plus compréhensive du chagrin et du scrupule,\nque son attitude envers elle lui dénonçait. Les assoupissantes monitions de\nM me d'Isoeil aidant, sa momentanée intuition s'oblitérait, se démontrait\nmensongère, même, et décevante: la nuit énorme, accrue de l'intense lueur\naussitôt évanouie, se refermait et l'initiale défiance d'Hélène devant les\nmodes et l'erratique génie de cette affection ravivait ses aiguillons.\n   Mais de sa remittente clairvoyance, un sillon persistait en son imagina­\ntion, semblable à une trajectoire de poussière ignée et fulgurante; la source\nignorée d'elle-même, le germe d'autres, impatientes idées, superlatives et si\naltières, — incompatibles à l'allure calme de son intelligence journalière;—\nincitations étrangères dont, le sang-froid revenu, l'effervescent reflet dans\nsa mémoire l'épouvantait.\n   Investie, à ce moment, de son aléatoire perspicuité, elle subissait, par\nune sorte d'intussusception morale, les soupçons, les questions dont Delzire\nse bouleversait et la chaîne rompue, à chaque instant, et reforgée où il\néperdait sa raison.\n   L'intolérable de ce terrible tête-à-tête, aggravé de leur menaçante proxi­\nmité, allait enfin aboutir à l'instinctive retraite aveugle de la visiteuse,\nlorsque Delzire, contrit de l'irrémédiable perte de cette heure décisive, pré-\n"}, {"page_pdf": 344, "texte": "                                — 309 —\n\nvint le mouvement d'Hélène, lui saisit la main et la porta à ses lèvres... Et\ntandis que, retombée sur son siège, elle se cachait la face de ses mains\ntremblantes, Delzire défaillant, atterré comme d'un sacrilège, murmurait :\n   — Me pardonneras-tu? Depuis si longtemps j'étais l'âpre et douloureux\npossédé des choses que je n'osais t'exprimer...\n   — (Oh ! oui, longtemps ! si les songes sont mieux qu'un leurre, l'ironique\nmirage de notre volonté obscure... Et depuis cette préfiguration hallucinée\nde la scène actuelle, aux moments qui semblaient incliner au dénouement\nprédit, quelle folie hantée 'm'asservissait, délirante de l'appréhension de\nvoir Delzire en pénétrer le motif; expectative tellement intolérable que,\npour forcer l'événement, m'évader de cet inextricable dédale fréquenté par la\ndémence, j'ai familiarisé ma faiblesse avec l'extravagance de cette soirée!...)\n   — Inaccessible de ta gaîté, même, et de ta douceur, ta seule venue,\naujourd'hui, m'a enhardi... Car, n'ignorais-je point — et maintenant plus\nque jamais! — l'accueil réservé à cet aveu, dont ta mémoire peut-être ne\nvoudra rien retenir... Hélas! tu ne réponds pas! Je te prie, rends-moi tes\nyeux charitables, ou me résignerai-je à croire t'avoir blessée?\n   — (Oh! rêve, présage échu dès lors qu'il se formulait, et qui a usurpé\ndans mon avenir le caractère, la somptueuse splendeur triste, et irrévocable,\nd'une réminiscence !\n   Prophétie minutieuse jusqu'à m'astreindre à la rauque et délicieuse\nangoisse qui, en effet, m'exalte; balsamique souvenir préconçu, beau sur­\ntout de son profil perdu, et que son incarnation déçoit... La gorge con­\nsumée, alors déjà je tentais une inutile réplique, — néfaste, même, puisque\njamais la grâce ne descendra sur moi, ni la puissance, d'articuler des\n discours analogues, si soumis et prosternés...\n   L'orgueil d'être adulée implique-t-il donc l'ingratitude ou si un tel amour\n exclut toute récompense possible ?...\n   Seconde vue inconsciente et maudite, avide de se vérifier et provocatrice\n de l'impatience qui m'ardait d'en ressaisir le chimérique enivrement; la\n fortune m'a satisfaite, tout à la fois, et frustrée; spoliée de la langueur,\n désormais, et de mon souvenir et de mon espérance, je porte mon bonheur\n avec les couleurs du deuil et salue son avènement de condoléances\n résignées...)\n    — Ce mutisme, c'est donc l'implacable interprète d'un malentendu trop\n évident, enfin, et dur? Sois indulgente, alors, pour mon audace téméraire et\n la présomption de ma crédulité... A quoi bon, t'importuner, encore, et solli­\n citer l'explication d'une inexpugnable rancune?\n    — (Non! laisse d'insister! Quelle vengeance et pourquoi?... Très sim-\n"}, {"page_pdf": 345, "texte": "                                   — 310 —\n\nplement, mon voeu exaucé me désoriente, et la vertu primitive, l'aptitude\nfuture à une existence affranchie, dont mes souhaits fallacieux nous\nvoyaient investis... L'entière insuffisance m'appartient, au reste, d'y hausser\nma faiblesse et je me sens morfondue...\n  Ah ! créature d'une noblesse si innée qu'elle présume communiquer son\ncourage natal aux indignes et aux infirmes ; tu m'as créée, mise au monde\nde la réflexion et la première expérience stérilise et dessèche en moi le fort\ndévouement ingénu, l'effusion juvénile où m'aurait, jadis, entraîné la tou­\nchante et discrète prétention d'un amour, secrètement ambitionné et qui,\ncependant, se présente dans l'appareil des suppliants... L'inertie et le\nmarasme gagnent sur moi et m'endurcissent... L'hippogriffe qui étonnait\nde son vol les avenues éblouissantes de l'horizon était donc, lui aussi, fabu­\nleux!...)\n  — Hélène?...\n  — Tais-toi! j'ai peur!...\n       (A suivre.)                                      ARNOLD GOFFIN\n\n\n\n\n                     L'ALBUM A TOTO\n                          P Ê C H E A LA LIGNE\n\n                 Dans tes yeux, dans ce lac charmant\n                 Où, t'a-t-on dit, s'ébat le cygne\n                 De ton âme, moi, simplement\n                 Je voudrais pêcher à la ligne\n\n                 Les dorades et les cyprins,\n                 Les beaux poissons dorés sur tranche\n                 De tes pensers mutins, gamins,\n                 Qui sournoisement font la planche.\n\n                 A l'ombre chaude de tes cils\n                 Ce serait si doucement bête\n                 D'attendre les goujons subtils\n                 Comme un bourgeois un jour de fête.\n"}, {"page_pdf": 346, "texte": "              — 311 —\n\nJe jetterais tous mes bonbons\nPour amorcer les épinoches\nQu'accompagnent de vieux barbons\nLes yeux graves à leurs bamboches.\n\nFrétillant, tournoyant, glissant,\nVoici le beau monde aquatique\nQui s'en vient faire son Longchamp\nA la pose, en robe électrique.\n\nMais mon plus fol, plus doux     plaisir,\nEn des attentes subreptices,\nSerait sous les mousses saisir\nLes anguilles de tes caprices\n\nQui dans tes yeux, où le héron\nDe ta tristesse bâille et rôde,\nEtincellent comme un frisson\nDe diamant et d'émeraude.\n\nEt le soir, amoureusement,\nSans qu'un argousin m'importune,\nJe pécherais au ver luisant\nSous l'ombre rose de la lune.\n                                            TOTO\n"}, {"page_pdf": 347, "texte": "                                 — 312 —\n\n\n\n\n                  UNE CONVERSION\n             Nous avous reçu la lettre suivante, que nous publions avec un\n              légitime plaisir :\n\n                 M O N S I E U R L E DIRECTEUR D E LA J E U N E BELGIQUE,\n\n   La correction infligée par l'un des vôtres à l'un de mes sonnets libres\nparu dans le Mouvement littéraire est, en effet, une expérience concluante,\nje l'avoue. Je me conforme d'autant plus au résultat rythmique de cette\ncorrection que, depuis la parution prématurée de ces sonnets, je les ai moi-\nmême rectifiés, m'étant soumis à l'admirable formule du vers classique,\ngrâce à la lecture du Traité de Banville. J'ignorais la mécanique versifica­\ntoire et je m'entêtais à ne vouloir y être initié. La licence est presque\ntoujours le châtiment de l'ignorance; voilà pourquoi je fus un des nom­\nbreux pensionnaires de l'hôtel Rambouillet! Je m'en suis évadé comme on\ns'évade d'un mauvais lieu, jurant, mais un peu tard, qu'on ne m'y pren­\ndrait plus.\n   Vous le voyez, je mets mon cœur à nu, comme dirait M. Candide.\nPourvu que M. Giraud n'aille pas y piquer les sadiques coups d'épingles\nde son sarcasme ! Ce serait peu paternel, attendu que l'enfant prodigue,\naprès avoir rôdé dans les sentiers remplis d'ivresse du vers libre et des\nHorizons hantés, vient de retrouver la grande et claire route qui mène au\nfoyer du Parnasse, là où M. Giraud est Père.\n   En publiant, Monsieur le Directeur, la présente confession au confes­\nsionnal de la Jeune Belgique, vous m'aideriez beaucoup, j'espère, à rece­\nvoir l'absolution de mes péchés littéraires.\n                                                      JEAN DELVILLE\n\n   Nous félicitons M. Delville de sa conversion. Nous le félicitons plus\nencore de sa franchise et de son courage.\n   Puisse sa confession faire réfléchir quelques jeunes hommes bien doués\nmais mal instruits et obstinés dans leur ignorance; puisse-t-elle surtout\naider au salut de ceux qui sont les innocentes et aveugles victimes des pré­\ndicateurs du désordre et de l'amorphisme.\n   Quant aux sarcasmes de M. Giraud et des autres « Pères » de la Jeune\nBelgique, que M. Delville se rassure et que nul autre ne craigne. La Jeune\nBelgique ressemble un peu au ciel, où, dit-on, il y a plus de joie pour un\npécheur qui se convertit que pour dix justes qui font leur salut.\n                                                        L A DIRECTION\n"}, {"page_pdf": 348, "texte": "                                313\n\n\n\n          CHRONIQUE MUSICALE\n               Une toute petite chronique estivale, presque rien...\n                   Le Waux-Hall, et rien que le Waux-Hall, où l'on va,\n                machinalement, entendre les « concerts extraordinaires », qui\n                le sont parfois si extraordinairement peu. Quelques-uns à\nretenir cependant, entre autres ceux dirigés par Th. Ysaye, le chef de l'ad­\nmirable quatuor qui porte son nom. Je mentionnerai particulièrement deux\nséances marquantes, fécondes en rapprochements curieux, qui se sont suc­\ncédées à quelques semaines de distance : deux festivals, consacrés, le premier\naux jeunes musiciens belges, le second à la jeune école française.\n    Un fait curieux et unanimement constaté, est l'énorme, l'indéniable\nsupériorité des premiers sur les seconds. Je n'y mets cependant aucun\nchauvinisme ridicule, et il est probable que M. Ysaye, extrêmement épris\ndes jeunes français, n'avait composé son programme que d'oeuvres de\nchoix.\n   Alors, quoi? Eh! eh! la conclusion n'est pas à notre désavantage!\n   Toujours est-il que, parmi les œuvres de nos jeunes, — d'un talent\nnécessairement inégal, — pas une oeuvre faible n'a été entendue. Il y avait\ndes compositions de Jehin, de Greef, Dubois, Mortelmans, un fragment\ntrès intéressant de la Suite Wallonne, de Th. Ysaye, une Fantaisie sur\ndeux thèmes angevins, de Lekeu, profondément poétique et finement\norchestrée, deux parties des impressionnantes Scènes Hindoues, de Raway,\nle Chasseur maudit, le vigoureux poème symphonique de C. Franck, et la\nrobuste Fantaisie sur des thèmes canadiens, de Gilson. Œuvres remar­\nquables, curieusement différentes de caractère, les unes bien flamandes en\nleur rutilante santé et leur harmonisation plantureuse, — comme chez\nde Greef et Gilson, — les autres plutôt délicates, d'une grâce légère et pétu­\nlante, vraiment wallonnes celles-là ; mais, chez toutes indistinctement, une\n inspiration réelle et abondante, la netteté des formes, la sûreté des\n développements, et, par-dessus tout, l'intégrité consciente et délibérée du\n style, quel qu'il soit, adopté par l'auteur.\n    C'est précisément en quoi péchaient la plupart des œuvres interprétées\n au festival français. Une absence complète de style, ou plutôt un chaos de\n styles, un manque total de l'homogénéité, de l'unité qui donne à l'œuvre\n cette atmosphère qui lui est propre, qui en soude les diverses parties, qui la\n tient ensemble enfin ! Du Wagner, du Gounod, — oui! — du Franck\n mal pastiché, un heurt d'écoles, un corps à corps de réminiscences, donnant\n quoi? des œuvres? — Des bribes et des lambeaux !\n    C'est ce qui m'a surtout frappé dans le fameux Poème de l'Amour et de\n la Mer, de Chausson, délicieusement chanté par M. Demest. Cela commen­\n çait bien, en une note tendre et idyllique ; mais bientôt, les Nibelungen\n  et Parsifal arrivèrent tout doucement, pour sévir bientôt avec fureur, ame-\n                                                                      20\n"}, {"page_pdf": 349, "texte": "                                 -   314    -\n\nnant rapidement l'auteur à l'apogée des dissonnances cruelles, des transi­\ntions impossibles, à une bizarre marqueterie de phrases jetées au hasard,\npour finir presque vulgairement. Cela ne vaut pas Viviane, du même! Je\nne parlerai pas de la banale ouverture de Gwendoline, indigne de la belle\nœuvre qu'elle précède, des insipides Airs de danses, de Castillon, et de la\nSuite en style ancien (?) de A. Magnard, franchement mauvaise celle-là.\nDeux œuvres seulement vraiment bien venues : le Camp de Wallenstein,\nde d'Indy, — bien connu de tous, — et une mélodie de Duparc : Phydilé,\nd'un sentiment pénétrant et d'une exquise fraîcheur, d'ailleurs d'une belle\nligne et d'une grande harmonie de formes.\n   Mais, en résumé, quelle pauvreté, quelle indigence pénible, et quelle\nanémie en cette jeune école française, réputée si vivace et si fertile! Une\nscience consommée, une connaissance approfondie de toutes les recettes\nharmoniques, un charmant coloris orchestral, de la distinction parfois\nénormément, mais la forme, et le fond, et l'idée, L'IDÉE ! Hélas ! rien, ou\npeu de chose...\n\n\n   Il me revient de différents côtés que ma dernière chronique a scandalisé\nquelques-uns de nos amis, qui me considèrent désormais comme un sot\nconservateur venant perfidement pousser à la réaction au centre même du\ngroupe progressiste.\n   Ceci me fait de la peine.\n   J'avais pris la liberté grande d'émettre une critique partielle concernant\nCésar Franck, lui contestant une personnalité véritable, dont une grande\noriginalité harmonique lui tient lieu. Mais il paraît que l'on ne peut\ntoucher, même de loin, au chef de la jeune école française moderne, sans\nque l'on paraisse le rejeter complètement.\n   Sans vouloir discuter ma première assertion, dont il me paraît puéril de\nprouver la véracité, je tiens à rassurer les farouches admirateurs du maître\nliégeois contre mes sentiments prétendument réactionnaires dans le milieu\nvivace de la Jeune Belgique. Je connais presque toutes les œuvres de Franck,\nje l'admire de très longue date déjà, et peut-être beaucoup mieux qu'eux...\n   Serait-ce que je l'admire comme un grand artiste, sans l'adorer comme\nun fétiche des bords du Lomami ?\n                                                      ERNEST CLOSSON\n"}, {"page_pdf": 350, "texte": "                                   — 315 —\n\n\n\n\n         CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  Premières Poésies, par VILLIERS DE L'ISLE-ADAM. Bruxelles, Lacomblez.— Les Chants\nde la Nuit, par ANDRÉ YEBEL. Paris, Librairie de l'Art indépendant. — Les Baisers\nmorts, par PAUL VÉROLA. Paris, Bibliothèque artistique et littéraire. — Toute la Lyre,\npar VICTOR HUGO. Paris, Hetzel. — La Chanson panthéiste, par MARC AMANIEUX. Paris,\nOllendorf. — Contes et Souvenirs, par LÉOPOLD COUROUBLE. Bruxelles, Lacomblez. —.\nLes Aspirations, par VICTOR REMOUCHAMPS. Paris, Vanier. — Le Bestiaire, par CAMILLE\nLEMONNIER. Paris, Savine. — La Duchesse de Malfi, par GEORGES EEKHOUD. Bruxelles,\nMonnom. — El Maghreb al Aksa, par EDMOND PICARD. Bruxelles, Lacomblez. — La\nVie artistique, par GUSTAVE GEFFROY. Paris, Dentu.\n\n\n                                         I\n\n             L'éditeur Paul Lacomblez a eu l'idée d'ouvrir sa petite collection\n              des poètes aux Premières poésies de Villiers de l'Isle-Adam.\n              Les fanatiques de Villiers s'en réjouiront; quant aux lettrés et\n              aux curieux, ils liront ce livre avec une désillusion salutaire.\nLes uns et les autres sauront gré à l'éditeur.\n  On ne connaît guère, de Villiers rimeur, que la gerbe de poèmes insérée\ndans les Contes cruels. Voici un gros volume qui contient des milliers de\nvers, et dont pas un n'est d'un poète.\n  Je cite, sans choisir, car le choix est impossible :\n\n                                    GUITARE\n\n                                         I\n                      Voici l'heure des sérénades\n                      Où brille, loin des colonnades,\n                      Au cristal du fleuve changeant,\n                               L'astre d'argent :\n                      L'Espagne, dans ces nuits divines,\n                      N'écoute plus les mandolines ;\n                      Bien de beaux yeux vont se fermer !\n                            — Il faut aimer.\n\n                                        II\n                      Demain, tu pourras, jeune fille,\n                      Danser ta folle séguidille\n                      Et mettre des fleurs, si tu veux,\n                               Dans tes cheveux...\n                      Mais, ce soir, puisque la gitane\n                      Suspend sa guitare au platane,\n                      Laissons là nos résilles d'or...\n                            — Aimons encor!\n"}, {"page_pdf": 351, "texte": "                                   — 316 —\n\n\n                                        III\n                      Les vents, qui sur les ondes passent,\n                      Aux ombres de ceux qui s'enlacent\n                      Mêlent les feuillages légers\n                               Des orangers...\n                      Si, près du fleuve monotone,\n                      Ils doivent faner, à l'automne,\n                      Les orangers et les amours,\n                            — Aimons toujours!\n\n    Il serait puéril de continuer à citer. Pour quiconque sait lire, l'épreuve\nest faite : Villiers de l'Isle-Adam n'était pas un poète, s'il m'est encore per­\nmis d'employer ce terme dans son sens exact. Villiers ne pense pas en vers :\nil pense en prose. Le mètre n'est pour lui qu'une contrainte inutile, une\ngymnastique qui déforme. Ou bien il s'étourdit l'oreille avec les plus lamen­\ntables lieux communs du romantisme, ou bien il cherche péniblement des\nrimes pour des morceaux de prose estropiée. Ce livre est au pied de la\nlettre, non pas mauvais, non pas médiocre, mais inexistant.\n    C'est que la poésie et la prose sont deux formes expressives aussi étran­\ngères l'une à l'autre que le français et l'allemand, et ces formes correspon­\ndent à des manières de penser et de sentir qui sont non moins différentes\net contradictoires. Certes, on pourrait citer des hommes de génie ou de\ntalent qui furent à la fois poètes et prosateurs ; mais il est rare qu'ils aient\njoué des deux instruments avec une perfection égale. Les uns sont avant\ntout poètes, les autres, avant tout, prosateurs. D'ailleurs, les exemples de\ncette double faculté sont très rares et l'on peut considérer ceux qui en jouis­\n sent comme des êtres exceptionnels.\n    Tel n'était pas — nos citations le démontrent — le cas de Villiers. Mais\n il ne s'agit pas seulement d'un phénomène d'impuissance rhythmique. S'il\n en était ainsi, le cas ne serait guère intéressant. Chacun sait, en effet, que\n Rousseau, Chateaubriand, Balzac et Barbey d'Aurevilly ont écrit de fort\n méchants vers. Tout méchants qu'ils sont, cependant, ils annoncent par­\n fois, en un éclair, l'écrivain de génie. On reconnaît le grand prosateur sous\n son vêtement d'emprunt, et l'on devine sa force à voir l'embarras de son\n geste et de sa démarche.\n     Ici, rien de pareil. Le fond est aussi banal que la forme. Rien de celui\n qui fut Villiers, le beau Villiers des Contes cruels, ne se lève derrière ces\n vers traînants et pâteux. Pas une expression personnelle, pas une image\n originale, pas un signe, pas un cri. Et, pour achever de dérouter le lecteur,\n la langue de ces poèmes est non seulement vulgaire et plate, mais impropre\n et incorrecte. Je parie que si ces vers étaient anonymes, on les prendrait\n  pour le premier et le dernier livre d'un fils de famille échauffé par des\n  lectures romanesques. Villiers dut avoir, de 1856 à 1860, deux ou trois\n  mille contemporains qui rimaient aussi mal que lui, et dont les alexandrins\n  dorment dans la paix des bibliothèques de province.\n\n                                         * *\n"}, {"page_pdf": 352, "texte": "                                  - 3 1 7 -\n\n\n  Je ne sais si M. André Yebel, l'auteur des Chants de la Nuit, nous\ndonnera plus tard quelques beaux morceaux de prose; je le lui souhaite de\ntout mon cœur. En attendant que mon souhait se réalise, je livre à mes\nlecteurs l'alexandrin suivant :\n            Qu'entends-je ? Qu'entends-je?   C'est la voix de Solon?\n\n   J'ignore si c'est la voix de Solon, mais ce dont je suis sûr, c'est que\nc'est la voix de quelqu'un qui scande bien mal le français.\n   M. Paul Vérola, lui, connaît son métier. Les Baisers morts — sans\ndoute j'étonnerais le poète en lui disant que cette association de mots est\ndans Béranger — révèlent un bon ouvrier porté vers des formes compli­\nquées. La plus grande partie de l'œuvre se compose de sonnets accouplés.\nL'harmonie de ces sonnets accouplés, M. Paul Vérola le reconnaît, est un\npeu vague. C'est mon avis, et j'estime que l'effet obtenu n'est pas en pro­\nportion avec la difficulté vaincue.\n   Je donnerais gros pour que ces sonnets accouplés se contentassent d'être\nlibertins.\n\n\n   L'apparition de la dernière oeuvre posthume de Victor Hugo, Toute la\nLyre, a donné lieu à des manifestations qui seraient touchantes si les\njeunes rimeurs français n'avaient confié naguère à M. Huret leur profond\nmépris pour le grand lyrique, et si la plupart des convives s'étaient épargné\nle ridicule de saluer le poète de la Fin de Satan comme leur précurseur.\n   Ces manifestations me paraissent d'autant plus équivoques qu'elles ont\néclaté à propos de Toute la Lyre, dont la dernière série n'ajoutera rien à\nla gloire de Victor Hugo. Ah ! si l'on avait célébré, même par une pro­\nsaïque levée de fourchettes, l'apparition de ce chef-d'œuvre qui s'appelle\nla Fin de Satan, j'applaudirais avec enthousiasme! Mais il s'agit d'un\ngroupe de poèmes dont les uns ne sont pas inédits, dont les autres ne sont\nque des « états » imparfaits ou affaiblis de certains poèmes que nous\nadmirons, et dont l'ensemble, je l'avoue, ne me paraît pas porter profon­\ndément la griffe du lion. Bref, les novateurs ont trop mal — ou trop bien !\n— choisi le moment de se réconcilier avec le grand Mort.\n   Le fragment le plus curieux de cette œuvre disparate est assurément le\nlong poème en strophes de cinq pieds intitulé : Coups de Clairon. C'est\nun tour de force rhythmique, un des plus retentissants morceaux de, bra­\nvoure qui aient été chantés par Victor Hugo.\n   Je n'en dirais pas plus long si je n'étais obsédé, depuis quelque temps,\npar une idée un peu ironique. C'est contre l'alexandrin, contre la strophe\ngrégorienne de quatre vers, contre la forme de prédilection des poètes par­\nnassiens que les novateurs sont partis en guerre. Ils étouffent de tous leurs\npoumons, assurent-ils, dans les mètres où se joue la puissante pensée de\n Leconte de Lisle, où saignent harmonieusement la mélancolie d'Alfred de\nVigny et la désespérance de Baudelaire. Ils veulent une liberté plus grande,\n des formes plus variées et plus souples, des aspects prosodiques moins\n"}, {"page_pdf": 353, "texte": "                                 — 318 —\n\nmonotones et moins réguliers. C'est pour réaliser ce vouloir qu'ils tentent\nde détruire toute forme, toute prosodie et tout rhythme. Les malheureux!\nQue ne relisaient-ils, avant de s'armer du marteau des iconoclastes, l'œuvre\ncomplète de Victor Hugo ! Ce qu'ils désirent vaguement, ce qu'ils cherchent\nà tâtons dans l'obscurité, se trouve là, en pleine lumière, réalisé par un\nmaître, à la portée de tous les poètes de bonne volonté. Si l'on en excepte\nles poèmes à forme fixe, le sonnet, la ballade, le triolet et le rondel, -\noiseaux merveilleux que Théodore de Banville nous a rapportés des Iles —\nil n'est pas de combinaison de rhythme, de trouvailles métriques, il n'est\npas de strophe, c'est-à-dire de geste lyrique, qui ne se trouve dans Hugo.\n Il n'y avait qu'à les prendre, — et il ne fallait même pas se baisser pour\ncela!\n    Qu'on me comprenne bien : je ne prétends point que les successeurs de\n Hugo aient eu tort de délaisser ses rhythmes. L'idéal plastique et philoso­\n phique de Leconte de Lisle a son expression naturelle dans l'alexandrin\n sculptural, aux mouvements rares et nobles, et la psychologie douloureuse\n de Baudelaire s'accomode admirablement de la strophe paresseuse et con­\n templative. Mais les lyriques qui ne se réclament ni du poète de Kaïn ni du\n poète des Fleurs du mal, ceux qu'une imagination plus bondissante et\n moins profonde incline à des œuvres plus jaillissantes et plus fougueuses,\n sont inexcusables de chercher dans les poètes anglo-saxons, au détriment\n de la poésie française, le secret des problèmes rhythmiques résolus journel­\n lement, pendant soixante années, par le maître incontesté des chanteurs\n français.\n    Leur seule excuse, c'est qu'ils ne l'ont même pas lu.\n    Quelqu'un qui l'a lu, certes, et bien lu, mais un peu trop littéralement\n peut-être, c'est l'auteur de la Chanson Panthéiste, M. Marc Amanieux.\n    Qu'on en juge par cette strophe :\n                — Moi, le champ, je vous dis, habitants des cités,\n                Que vous les ignorez, mes bonheurs abrités\n                         Par de tutélaires  ramures,\n                Mes paysages faits avec de vrais roseaux,\n                Mes silences troublés par des fuites d'oiseaux,\n                         Tous mes rayons, tous mes murmures !\n\n  La Chanson Panthéiste abonde en moments de ce genre, et — ce qui\nvaut encore mieux — renferme quelques poèmes d'une belle venue, où la\nhauteur de l'inspiration est servie par une forme prosodique savante et\ncolorée. Sans doute, la veine de M. Amanieux n'est pas très personnelle;\nmais, ma foi ! par le temps qui court, c'est presque une originalité que d'être\nun bon élève de Victor Hugo !\n\n                                        II\n    Un prosateur nous est né, qui s'appelle M. Léopold Courouble, et qui\n publie chez l'éditeur Paul Lacomblez, sous le pavillon d'une préface à la\n fois impertinente et timide, écrite par son meilleur ami, un alerte et frin­\n gant volume intitulé : Contes et Souvenirs.\n"}, {"page_pdf": 354, "texte": "                                 — 319 —\n\n   M. Courouble est un fantaisiste qui laisse courir sa phrase à plume que\nveux-tu, et qui a raison. Sa phrase aime à jouer avec l'idée comme un\njeune chat avec une pelote. Elle perd parfois son temps, mais sans cesser\nd'être élégante et rapide. M. Courouble confesse, dans sa préface, que son\nstyle est chargé et d'une tenue peu latine. En est-il bien sûr? Il me semble\nque la plume des Contes et Souvenirs a parfois des airs de plume en exil et\nqu'elle a trempé, naguère, dans l'encre de France. Sa fantaisie n'a rien de\nbelge, et je l'en félicite de tout cœur. Même quand il risque des Contes\nbruxellois, il conserve son verbe qui danse, et sa phrase qui semble faite\nd'éclats de rire peu flatteurs pour ses personnages. Je confesse cependant\nque j'aime mieux les Contes de Pâques, les Contes de Noël ainsi que Mes\nPrisons, où le morceau intitulé Sarah Bernhardt me plaît plus que je ne\nsaurais le dire dans une chronique à bâtons rompus. Les pages consacrées\naux enfants ont un charme discret auquel Max Waller n'eût pas été insen­\nsible. Je gage, d'ailleurs, que si notre cher Siebel avait lu ce livre, il dirait\nà M. Léopold Courouble : « J'avais lu dans la Réforme, comme tout le\nmonde, les chroniques de Me Chamaillac : elles ne sont pas mal. Mais vous\navez beaucoup plus de talent que cet avocat! »\n   Au lieu d'être, comme M. Courouble, un fantaisiste, M. Victor Remou­\nchamps apparaît comme un songeur aux songeries sévères. Son recueil de\npoèmes en prose : Les Aspirations, révèle un idéal austère et se rattache,\npar sa couleur et par ses tendances, aux idées qui travaillent les nouvelles\ngénérations.\n   Dans le poème baptisé Les Barbaries futures, l'auteur décrit avec une\nfièvre haineuse le monde de « l'impérieuse, absolue et horrible action ». Le\nculte qui règne, c'est celui du positivisme en philosophie, et celui du\nréalisme en art. La Boue énorme triomphe. C'est pourquoi « une généra­\ntion mystique s'épanouit, amoureuse de toutes les vieilles illusions\nbafouées », et qui, croyant aux lointaines délices, « bénit le mensonge des\nlégendes ».\n   M. Remouchamps appartient à cette génération, dont il célèbre la\nnoblesse et la grâce maladives. Ses aspirations sont celles de la plupart des\njeunes âmes de ce déclin de siècle, et l'écrivain les exprime en une langue\n fière et douce, naturellement musicale.\n   Ce n'est point de musique que s'occupe, dans le Bestiaire, M. Camille\n Lemonnier. Vous pensez bien qu'il s'agit de la bête humaine, dont un\n amant de la Beauté célèbre la tragique laideur. Cette série de contes noirs,\n noirs jusque dans le rire de la parodie, laisse une impression, assurément\n voulue, de malaise et de dégoût. M. Camille Lemonnier prend un âpre\n plaisir à étaler les manies, les ridicules, les perversions et les crimes d'une\n sorte de personnage multiforme qui est le héros de l'œuvre et l'incarnation\n des hontes, physiques et morales, de l'humanité. L'atmosphère de ce livre\n volontaire est froide et cruelle. Pour réaliser un rêve passager, M. Camille\n Lemonnier a banni de son Bestiaire la miséricorde et la charité.\n"}, {"page_pdf": 355, "texte": "                                   — 320 —\n\n\n   Je dois me borner à signaler ici, dans cette chronique surchargée et qui\ns'allonge désespérément, trois œuvres qui, à des titres divers, mériteraient\nune étude particulière. Il s'agit de la Duchesse de Malfi, l'orageux drame\nde Webster traduit par M. Georges Eekhoud, des savoureux récits de\nvoyage que M. Edmond Picard intitule El Moghreb al Aksa, et de la\ndeuxième série de la Vie Artistique de M. Gustave Geffroy.\n   Dans Au siècle de Shakespeare, M. Georges Eekhoud nous a déjà con­\nfessé, avec la franchise intransigeante qu'on lui connaît, sa dévotion pour\nles sombres et tumultueux dramaturges anglais qui brillent en pléiade\nautour du grand Will. Il les aime à cause de leur crudité, de leur férocité,\nde leur âpre odeur animale ; il les adore dans ce qu'ils ont de gigantesque­\nment informe, d'inachevé et de bégayant. Webster surtout le charme par\nun déroulement insatiablement funèbre d'épouvantements et d'horreurs,\nPeut-être l'arrière-pensée de M. Georges Eekhoud est-elle d'égaler Webster\net ses rivaux à l'astre central dont ils ne sont que les satellites. S'il en était\nainsi, il me permettrait de ne point partager son opinion. Sans doute, il y\na dans le dialogue de la Duchesse de Malfi de superbes éclairs de poésie;\nmais le drame ne s'élève guère au-dessus d'un fait-divers macabre et san­\nglant. Il y a plus d'art dans les Chroniques italiennes de Beyle que dans\ncette succession de meurtres et de cauchemars. La psychologie des person­\nnages est nulle, l'action s'agite sur place. On dirait des figures de cire\nmontrées, à coups de baguette, par un forain naturellement éloquent. Je\nn'en sais pas moins gré à M. Georges Eekhoud d'avoir consacré ses trop\nrares loisirs à la traduction de cette œuvre à la fois inconnue et célèbre. Sa\nversion a de la force et du mouvement.\n   Dans El Moghreb al Aksa, M. Edmond Picard a cherché et trouvé une\nsorte de pittoresque violent et neuf. On le sait, l'auteur du Juré ne dédaigne\npas d'étonner. Aussi a-t-il été ravi de l'heureuse fortune qui lui a permis de\nvisiter un pays fermé aux Européens. La joie qu'il éprouve, une joie\nenfantine d'homme mûr en vacances et en rupture d'Europe, se commu­\nnique à sa phrase, qui va, vient, court, s'arrête, s'extasie et se retourne pour\nnous dire : « Ah! si vous aviez vu ce que j'ai vu ! » Cette joie de contempler\ndes spectacles interdits a certes contribué à l'animation du style, qui est\nprodigue de couleurs imprévues et d'accidents inattendus.\n   M. Picard a-t-il vu le Maroc tel qu'il est? Question oiseuse, dont la\nsolution, si elle était possible, ne nous intéresserait point. Je constate sim­\nplement que le Maroc de M. Picard ne ressemble guère à celui de M. Loti.\nLa comparaison est intéressante, et je l'indique, en passant, aux amateurs.\nCe qu'il faut signaler aussi, dans le livre de M. Picard, c'est le germe de\ncertaines théories, scientifiquement audacieuses, et historiquement para­\ndoxales, qu'il a développées depuis avec sa crânerie et son entêtement\nhabituels.\n   La deuxième série de la Vie artistique ne le cède en rien à la première.\nJ'ai déjà eu l'occasion de rendre hommage au talent de M. Gustave Geffroy.\nC'est une intelligence pénétrante servie par un écrivain à la fois robuste et\n"}, {"page_pdf": 356, "texte": "                                 — 321 —\n\ndélicat, dont le style se colore à la lumière des œuvres aimées. L'éloge n'est\npas mince, et j'éprouve du plaisir à le répéter.\n                                                       ALBERT GIRAUD\n\n  Au prochain numéro : Le Docteur Pascal, Vathek, Valbert, Pages de\nJoie, la Ronde du Trouvère et le Livre qui pue.\n\n\n\n\n       La Réforme de l'Orthographe\n   M. Gréard, grand maître de l'Université de France et académicien\nfrançais, promoteur de la nouvelle réforme de l'orthographe, a reçu, nous\ndit-on, les lettres suivantes (N. B. M. Gréard est le porte-voix des « pho­\nnétistes », qui veulent réduire l'orthographe à figurer exactement la pro­\nnonciation) :\n                                       I\n                            Marreceille, le vinguetroi marsse de l'agne procègne.\n\n        CERRE MOCIEU GREYARRE,\n   Surre le borre de la merre ou feleurri l'oragnezé, riingn n'égalle vottere\ngloirrre. Vous ékelipecé, bagasse, Cézarre et l'illucetre Pommepée. Eke­\nrirre selogne ke l'ogne parrele, selogne ke l'ogne peronnonnece, terounne\nde l'errre, tout è la. Perremetté moi de vou zammeberassé\n                                          Vottere cerrevitteurre,\n                                 LÉOGNE DUVALLÉ D'ARREMAGNAKKE\n\n                                      II\n                                                         Ichoir, che vonit chuyé.\n  Mochieu, chi ch'è chinchèreman ke vou cherchia jà chinplifia la fran­\nchia, je vou félichitt. Voui, la prononchiachion, voilà lortograf.\n                                                         Chalu,\n                                                 MORICH PINDÉPICH\n                                      III\n                                                     Popringue, le tresse julieye.\n         MOCIEUW,\n  J'eye tejour etèye trèye genèye d'ortegrafièye le francèye san fotte. Ça\nmankèye de sinplistèye. Avec votr refôrem, je pourèye ekrir desormèye san\nm'eskintèye. Mercie. Mèye je doie fèr atachion de ne paie melèye l'axan\nflaman. Ça ne srèye pa bow.\n                                                    VAN KLOUTENBOUM\n"}, {"page_pdf": 357, "texte": "                                     322\n\n\n   D'autre part, on nous assure que l'étranger ne reste pas insensible aux\nattentions de M. Gréard, qui désire rendre le français plus accessible aux\namateurs exotiques. Il nous revient qu'un éditeur anglais et un libraire alle­\nmand préparent des éditions nouvelles des classiques français, dont l'ortho­\ngraphe sera mise en rapport avec la prononciation de leurs compatriotes\nrespectifs. Imminent ainsi un Racine pour Anglo-Saxons et un La Fontaine\npour Teutons.\n   Cy les quatre premiers vers d'Athalie (teutche) :\n                 Fwi, ché fien tan zon dampl atôré l'Edernl\n                 Ché fien zélon l'ouçaj andic et zôlnl\n                 Zélbré afec fou le vameus chiourné\n                 Où zur lé mon Zina la lwa nou fu tôné.\n  Passons au début de la fable la Cigale et la Fourmi (ingliche) :\n                        Le cigl éan channté\n                             Tow l'été\n                        Se treuvé for depiourveu\n                        Kan le bése fiou véniou.\n                        Pâ le piou petit morciow\n                        De moûtch o de vêrmçow.\n                          El allé créé fémine\n                          Ché le fiormi, se voésine...\n   Hep, hep, messieurs les académinomd'unchien ! En route pour l'avenir!\n\n                                                       ETHELRED VAZY\n"}, {"page_pdf": 358, "texte": "                                         — 323 —\n\n\n\n\n                                MEMENTO\n  LE MONT BLANC JUGÉ PAR M. PERRICHON :              sur tout pour pouvoir résister, s'il le fallait,\n   « Il restera de l'œuvre immense de Hugo           dix ans. Tel un navigateur qui tente la navi­\nun tout petit livre de choix, quelques vers          gation dans les régions polaires.\npeut-être, qui attesteront auprès des géné­             Premier point : il fallait galvaniser les\nrations futures la gloire du Grand Poète et          auteurs belges, leur donner confiance en\nl'honneur de noire siècle. »                         eux-mêmes, leur faire espérer qu'un jour\n   C'est signé Franz Foulon et c'est extrait         on les comprendrait, on les lirait, on les\nde Feuille d'Echos, nouvelle revue belge             achèterait. Car ils étaient là-dessus d'un\nillustrée.                                           scepticisme incommensurable.\n                                                        D'abord ils ne bougèrent pas. Ils en\n                                                     avaient eu tant de ces espoirs sans suite.\n    L'Art moderne consacre a notre vaillant L'apathie du goût dans le public leur avait\néditeur et ami Paul Lacomblez l'article sui­ donné l'apathie de la crédulité. Niente da\nvant, que nous contresignons avec plaisir : fare, était leur maxime. Ils écrivaient pour\n                                                     eux et quelques amis, et le surplus des\n    « La première publication de Paul Lacom­ lecteurs ils l'envoyaient au diable. Ce fut la\nblez fut le Lys de Fernand Séverin. Timide période des œuvres tirées à un dédaigneux\nencore, et croyant à la vertu de la parisine, petit nombre d'exemplaires.\nil avait cru bien faire en accolant à son nom,           Paul Lacomblez lança alors à ses frais\nsur la couverture, celui du fameux Lemerre. une revue : La Pléiade. Il y écrivit\nDétail typique, peignant bien l'état des lui-même. On ricana, on goguenarda, on\nesprits à cette époque, il y eut quelqu'un zwanza naturellement, on blagua l'éditeur-\ndans la presse belge qui trouva moyen, dans artiste. Mais Maeterlinck vint, Van Ler­\nun compte rendu, de louanger Lemerre et berghe aussi, L. Delattre : les Contes, les\nde ne pas même nommer Lacomblez. C'était Aveugles, les Flaireurs furent édités.\n encourageant pour un début! mais c'était                Au bout de deux ans, Paul Lacomblez\n dans les habitudes et dans l'ordre.                  s'était imposé. La librairie appliquée aux\n     Sauf quelques camarades, le nouvel édi­ livres des auteurs belges prenait corps.\n teur n'avait personne autour de lui. On s'en Mais que la vente était encore pénible!\n défiait, naturellement, quand on ne le pre­ Que de rebuffades subies, de plaisanteries\n nait pas pour un fou ! Publier des livres idiotes entendues, d'âneries, de mufleries,\n belges, presque toujours à ses frais ! pensez de snoberies! Que d'imbéciles à flanquer à\n donc!                                                la porte! Quelle exacerbation du système\n     Il était fort abattu. Il fallait choisir. Aban­ nerveux, jusqu'à la souffrance.\n donner la partie pour ne plus s'occuper que             L'Art moderne avait, le premier, exulté\n de grosse librairie commerciale, à l'instar la Princesse Maleine. Vox clamavit in\n de tous les autres; ou lâcher la clientèle deserto! Un an après paraît, dans le Figaro,\n vulgaire, liquider à perte la marchandise l'article célèbre de Mirbeau. Le coup de\n courante et se jeter à corps perdu où l'appe­ fouet fut formidable et, de sa cinglure,\n  laient ses goûts et son instinct.                   fit sauter sur ses jambes le public belge\n     C'est ce qu'il fit, le téméraire ! II y mit endormi. Il y eut un polémiculage inter­\n  tout son avoir. Il y mit toutes ses forces, minable. L'attention était forcée. Le service\n   faisant tout lui-même, se sevrant de vacances, rendu fut immense et vraiment l'article fut\n   se sevrant de plaisirs, économisant, liardant une date.\n"}, {"page_pdf": 359, "texte": "                                          — 324 —\n\n   Désormais, il y a en Belgique attention         et du temps, on arrivera à quelques cen­\npour la littérature nationale. Les profes­         taines; mais il faudra encore beaucoup de\nsionnels sont conquis et peu à peu les             patience.\nnon-professionnels se gagnent. Avec une               Ce à quoi il faut viser principalement et\nextrême lenteur, oui, mais incessamment.           constamment, c'est à créer, après une\nLa tache d'huile.                                  \" littérature belge \" qui existe désormais\n   Incessamment aussi Paul Lacomblez tra­          très spéciale, très locale, très déterminée,\nvaille. Il recrute dans la bourgeoisie si          très elle-même, un public national, un\nlongtemps réfractaire, il propagande, il           marché intérieur, pour employer le mot\npersuade, il dit combien il est idiot d'ignorer    commercial. Il faut tout faire pour arriver\nce qui se fait chez nous, si abondamment,          à cela I Et surtout se grouper pour impres­\nsi brillamment. Puis sa vitrine flamboie,          sionner le public et les pouvoirs publics par\nattire, arrête, hypnotise le passant qui           la mise en masse, la concentration de notre\napprend à retenir tous ces noms de compa­          production intellectuelle. »\ntriotes.\n   Une autre arme, c'est son catalogue\nrépandu partout et qu'il tient avec soin à            Un artiste de talent, M. Philippe Zilcken,\njour. C'est là une grande force, sans compter      vient de découvrir Félicien Rops.\nles milliers de couvertures en circulation\nqui véhiculent au verso les noms et les\nouvrages de nos auteurs.\n                                                     On nous apprend de Gand, place Saint-\n   A l'étranger, Paul Lacomblez a des              Bavon, qu'il y a eu un échange de regards\ncorrespondants directs à Berlin, Leipzig,          entre un casier et un charbonnier.\nPrague, Genève, Londres, New-York, et\n                                                     Résultat :\ndans les principales villes de la Hollande,\n                                                                Un charbonnier, du siège\noù le mouvement littéraire moderne est                         Où l'air piquant l'assiège,\ndiligemment suivi.                                  A plongé son regard sans fiel dans mon coupé :\n   Malgré tout, on achète peu. Il y a mal­          Ce regard du pauvre homme inconnu m'a frappé;\nheureusement une tendance générale en               Tout mortel est égal à moi par la nature,\n                                                               Prince, poète, chiffonnier :\nlibrairie à ne plus accepter de livres en           Dans les conventions je suis mal prisonnier...\ndépôt, aussi bien ceux venant de France             Affectueusement, du fond de la voiture,\nque d'ailleurs. Mais les maisons importantes        J'ai dirigé mes yeux vers ceux du charbonnier.\nnous connaissent enfin, ont en mains nos\ncatalogues, peuvent renseigner leurs clients,\net savent où se renseigner au besoin.                D'un poète de la même école, cette ado­\n   Quant à Paris, la vente de nos livres, en       rable chute de sonnet:\ndehors des lettrés et des artistes qui nous                              et l'on voyait tout près,\nobservent et qui nous aiment, est pour              Sur le ciel du couchant, plein de rouges blessures,\nainsi dire nulle : nous y sommes noyés              Le vérificateur des poids et des mesures\ndans les immenses tas de publications fon-          Et l'inspecteur en chef des eaux et des forêts.\ngibles que les libraires retournent aux édi­\nteurs sans les avoir mises en montre. Mau­\nvais état des affaires, protectionnisme ou            Le Magasin littéraire publie l'avis que\nrivalité littéraire, nous avons là tout contre     voici :\nnous... jusqu'à nouvel ordre.                         « Le poète Benoît Quinet mériterait d'être\n   En résumé, le plus fort est fait, l'attention   mieux connu de la génération actuelle. Son\nest éveillée, la librairie belge existe. On        œuvre considérable est tout entière de l'ins­\nvendait autrefois une demi-douzaine d'ex­          piration la plus haute et de la plus absolue\nemplaires de nos meilleurs auteurs : on en         sincérité. Le talent du poète a bien servi\nvend maintenant (en dehors des amis)               chez lui l'âme du fervent chrétien et de\nquelques douzaines. Avec de l'entêtement           l'ardent patriote. La Science est la dernière\n"}, {"page_pdf": 360, "texte": "                                           — 325 —\n\nproduction de cette plume vibrante; c'est           L'Art moderne parle avec un intelligent\nun poème lyrique ayant par endroits des           mépris du « crottin de Francisque Sarcey\nallures de véritable épopée. La fausse et         et d'Anatole France ».\nvaine science, en révolte contre Dieu, y est\ncombattue et défaite par la vraie science,\nadoratrice du Créateur. Nous recomman­\ndons vivement ce volume à tous les amis\nde la littérature catholique. D'intéressants        A l'occasion des Fêtes nationales, M. Ray­\nappendices augmentent la portée de l'œuvre        mond Nyst a hué le conseil communal de\nau point de vue scientifique et doctrinal.)'      la ville de Bruxelles, du seuil idéal des\n   Nous attendons les appendices en nous          temples d'art qui attendent, du seuil mémo­\ngargarisant avec le plus beau vers de l'au­       rable de l'Histoire des grands peuples, du\nteur :                                            seuil solitaire de la Pensée.\n  Et la peste se mit dans les pommes de terre 1\n\n                                                    M. Daruty de Grandpré donne à la Plume\n                                                  du 1 e r août une très intéressante étude sur\n  La Revue rouge, que nous taquinons\n                                                  Baudelaire et Jeanne Duval.\nsouvent, — pour son plus grand bien, —\npublie d'intéressantes lettres de Baudelaire\net de Bürger.\n                                                 A propos de l'article de M. Téodor de\n                                               Wyzewa, reproduit dans notre précédente\n  Notre sympathique confrère M. Eugène chronique littéraire, il n'est pas inutile,\nDemolder prépare une série de petits croyons-nous, de rappeler l'attention sur\npoèmes en vers polymorphes intitulée : cette admirable page d'Ozanam, qui sert de\nAccordéons.                                    conclusion à son étude sur les Sources\n   On assure que ce nouveau livre exhalera poétiques de la Divine Comédie .\nun capiteux parfum de sincérité.                  « Il nous semble que le premier trait du\n                                               génie, ce n'est pas d'être neuf, comme le\n                                               veulent quelques-uns : c'est bien plutôt\n                                               d'être antique, de travailler sur quelques-\n   De M. Charles Sluyts, dans les Entretiens uns de ces sujets qui ne cessèrent jamais\npolitiques et littéraires, cette phrase sibyl­ de toucher les hommes. Il n'est pas vrai\nline :                                         que l'art n'intéresse que par l'imprévu. Rien\n   « Aussi pour des raisons autres, les n'est plus prévu que les passions, les situa­\ninitiateurs de l'Association pour        l'Art tions, les pensées, qui depuis vingt siècles\nvalurent des insultes. »                       remplissent le théâtre : ce sont deux lieux-\n   Encore un écrivain qui aurait dû entrer communs usés par tous les poètes, l'amour\ndans la diplomatie.                            et la mort, qui restent encore en possession\n                                               de remuer les cœurs et de tirer les larmes.\n                                               Rien ne se répète comme l'éloquence :\n   Dans le même numéro des Entretiens, Bossuet n'a pas un mouvement qu'il ne\n M. Gabriel Mourey découvre que « le Verbe doive aux Pères de l'Eglise. Il y a six cents\n seul est Dieu I »                             ans que la peinture produit des chefs-\n    Il nous semble que nous avons déjà lu d'œuvre sans sortir des christs, des vierges\n cela quelque part; mais dans les Entretiens, et des saintes familles. L'art, au contraire,\n ça semble neuf.                                ne veut donner ses peines qu'à une matière\n                                               qui les vaille. Il la lui faut durable, éprou­\n                                                vée, ancienne par conséquent. Comme il\n                                                prend le marbre dans le rocher aussi vieux\n"}, {"page_pdf": 361, "texte": "                                                      — 326 —\n\nque la terre, il choisit le texte de l'épopée                        LE MACAQUE FLAMBOYANT\ndans les plus vieilles traditions des peuples ;\n                                                                                PROSES DE JOIE\net, s'il en est quelqu'une qui remonte aux\npremiers jours du monde, c'est celle qu'il                          On lit dans l'Art moderne :\npréfère, puisqu'elle tient davantage de l'Eter­                     « J'ai chez moi une figurine d'un de nos\nnité.                                                            jeunes, Gaspar, coulée en bronze, simple\n    Que reste-t-il donc au génie, et par où                      et belle, dont j'ai fait un presse-papier,\nsort-il de la foule ? Il y touche par l'emprunt                  quoiqu'un peu lourd. Je la prends par la\ndu sujet, qui appartient à tout le monde;                        tête, la manie, la déplace, la reprend,\nil en sort par le travail, qui est à lui, et par                 laissant à sa surface la grasse chaleur de la\nl'inspiration, qu'il tient de Dieu.                              main : elle est devenue d'une merveilleuse\n    Le génie ne peut rien de plus. Il n'a pas                    patine, luisante et douce et molle, par la\nmission, quoi qu'on ait dit, de créer, d'in­                     caresse sans cesse renouvelée. Elle est\ntroduire des idées dans le monde. Il y trouve                    pareille maintenant, quant à la fleur de ses\ntout ce qu'il faut d'idées pour les esprits,                     surfaces, aux statues de la renaissance dans\ncomme tout ce qu'il faut de lumière pour                         les carrefours des villes d'Italie, qu'on frôle\n les yeux : mais il les trouve flottantes, nua­                  incessamment, qu'on polit, que les mains\n geuses, en tourbillon et en désordre. La                        des lazaroni, et leurs sommeils et leurs\n hardiesse est d'arrêter chez soi, au passage,                   appuis, manipulent sans cesse et rendent si\n ces pensées fugitives, de percer leur nuage,                    harmonieusement brillantes et moelleu­\n de saisir au vif les beautés qu'elles recèlent,                  sèment glacées. Allez voir les queues des\n de les fixer enfin, en les enchaînant, en y                      lions de Simonis au pied de la colonne du\n mettant l'ordre, en les forçant de se produire                   Congrès, que les gamins frôlent sans relâche\n par les œuvres. Je crois voir l'originalité                      dans leurs jeux : elles ont le même enduit\n souveraine dans cette force d'un grand esprit                    séducteur. Je vis au Musée de Naples une\n qui soumet ses idées, les fait obéir, et en                      statue antique de femme couchée sur le\n obtient tout ce qu'elles peuvent : en sorte                      dos, offrant au regard l'enchantement divin\n que le dernier secret du génie comme de la                       de ses deux jeunes seins de marbre blanc\n vertu serait encore de se rendre maître de                       et leurs fraises : les passants, admirateurs\n soi. Si l'homme, d'après les philosophies,                       polissons, n'ont pu, depuis des décades\n  est un abrégé de l'univers, il ne se montre                     d'années, résister à la tentation de caresser\n jamais si puissant que lorsqu'il maîtrise cet                    ces jeunes seins divins et leur ont donné\n univers intérieur, ce tumulte orageux de                         une incomparable teinte de vieil ivoire.\n sentiments et de pensées qu'il porte en lui.\n                                                                     Partout où se frotte la nonchalante\n  Dieu s'est réservé le pouvoir de créer :\n                                                                  paresse des mains et des corps, l'œuvre\n mais il a communiqué aux grands hommes\n                                                                  d'art prend ainsi des tons imprévus et\n ce second trait de sa loute-puissance, de\n                                                                  superbes. C'est vrai pour les vieux bois, les\n  mettre l'unité dans le nombre et l'harmonie\n                                                                  vieux cuirs comme pour les métaux. Il fau­\n  dans la confusion. »\n                                                                  drait convier les gamins et les gavroches à\n                                                                  les lustrer de leurs frôlements joueurs au\n                                                                  lieu d'instiguer les agents de police, mal­\n   On lit dans le Drapeau :                                       heureux instruments de variées bêtises, à\n   « Et maintenant que le dégoût me prend                        fondre sur eux (?) en oiseaux de proie dès\n parfois et que je trouve un âpre plaisir à                       qu'ils (?) enfourchent un lion ou grimpent\n redire cet admirable vers du glorieux poète                      sur un héros, inaltérables du reste, comme\n Verlaine :                                                       leur (?) gloire, vu la solidité de la matière.\n   L a chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres...\n                                                                      C'est convenu : quand les gamins de\n                                                                   Bruxelles auront appris, dans les écoles\n   Heureusement, Verlaine est glorieux par\n                                                                   officielles, à jouer de l'accordéon et de la\n d'autres vers que ceux de Mallarmé !\n                                                                   flûte en fer blanc afin d'ajouter un charme\n                                                                   esthétique au paysage, ils frôleront la\n"}, {"page_pdf": 362, "texte": "                                       — 327 —\n\nqueue des lions de Simonis, afin de la cou­\nvrir d'un enduit séducteur, et leur sommeil\nmanipulera les statues, lesquelles acquer­         Pour paraître prochainement, chez L. et\nront seulement alors leur complète valeur        A. Goden ne, imprimeurs-éditeurs, à Malines,\nesthétique.                                      Par les Routes..., par Joseph Desgenêts.\n  Il est regrettable qu'il n'y ait plus de         Un volume de proses, in-16, sur papier\nPriape dans nos jardins. Les « ketjes »          de luxe, caractères elzéviriens, au prix de\nseraient invités à le polir !                    2 francs.\n   Il est vrai qu'il y a Manneken-Pis !             Le volume sera envoyé franco à tout\n                                                 souscripteur.\n\n  L'Art moderne annonce que la Revue\nrouge organise un banquet en l'honneur de    Thomas Brown, religionis medicorurn,\nM.Georges Eekhoud. Font partie du comité : Brussels. — Aow yes !\nMM.Verhaeren, Demolder, Sander Pierron,\nPaul Sainte-Brigitte.\n                                                   Notre confrère André Lenéka vient d'être\n                                                 nommé rédacteur en chef de Mascarille,\n                                                 revue littéraire, artistique et théâtrale.\n  Au prochain salon de peinture seront\nexposés les tableaux des jeunes peintres qui\nconcourent pour le prix Godecharles. Espé­\nrons que le jury chargé d'encourager un                SYMPTOMES DE RÉACTION\neffort artistique, ne confondra point sa            La réaction que nous avons prédite ne\nmission avec celle des bureaux de bien­          cesse de s'accentuer. M. Brunetière, sur qui\nfaisance : c'est un reproche que, paraît-il,     messieurs les symbolistes avaient fondé de\non s'est cru parfois en droit de lui adresser.   grandes espérances, vient de publier dans\n                                                 la Revue Bleue la conclusion de ses études\n                                                 sur l'évolution de la poésie lyrique au\n  CROQUIS DE PLAGE       :    Blankenberghe,     XIX° siècle. On y lit les déclarations que\nHeyst, Wenduyne, Knocke, Le Coq-sur-             voici :\nMer, par Mars.                                      « Pour ce qui est d'abord de la question de\n  Mars vient de faire paraître à la librairie    forme, l'effort des Parnassiens ne sera cer­\nd'art Dietrich et C ie , Bruxelles et Blanken­   tainement pas perdu, ni même leur exemple\nberghe, un nouvel album d'aquarelles déli­       et, en dépit de quelques novateurs, je ne\ncieuses et de spirituels croquis, soulignés      pense pas que l'on réussisse à substituer\nde légendes.                                     jamais le vers blanc au vers rimé; ni,\n  Titre : CROQUIS DE PLAGE :         Blanken­    comme type du vers français, le décasyllabe\nberghe, Heyst, Wenduyne,         Knocke, Le      ou quelque vers impair que ce soit, — de\nCoq-sur-Mer.                                     onze, de treize, de quinze syllabes, — à\n   C'est très vu, très observé; cela fourmille   notre ancien alexandrin.\ndescènes réjouissantes, de réflexions drôles,\nde types familiers, présentés en une série          Nous ne voyons pas non plus qu'un vrai\nde tableaux bien vivants, dans lesquels l'ar­    poète ait jamais souffert de la contrainte de\ntiste, qui les connaît à fond, retrace avec      la rime; et pour quelques sacrifices qu'il a\njoie, et vous fait aimer les côtés séduisants    dû parfois lui faire, — comme aussi bien\nde la vie balnéaire sur le littoral belge.       les Grecs ou les Anglais à la mesure, —\n   Ce nouvel album de Mars, en vente chez        que de services en revanche ne lui a-t-elle\ntous les libraires, est habillé d'un élégant     pas rendus? Tel est, du moins, l'avis de\ncartonnage. Comme ses aînés, il sera bientôt     tous les maîtres, et Ronsard, sur ce point,\ndans toutes les mains.                           s'accorde avec Malherbe, lequel ne pense\n"}, {"page_pdf": 363, "texte": "                                        — 328 —\n\npas autrement que Sainte-Beuve, dans la           selberghe et Iwan Gilkin. La Jeune Bel­\npièce que je vous ai citée :                      gique présente aux jeunes époux ses félici­\n          Rime, l'unique harmonie                 tations et ses vœux de bonheur.\n          Du vers....\nou que Banville dans son Petit traité de\npoésie. Qu'importe après cela l'opinion de          Une amusante fantaisie empruntée au\nquelques prosateurs ? En français, nous           poète Amédée Pommier :\nl'avons déjà dit, — dans une langue où le                        LA PYRAMIDE\nvocabulaire de la poésie ne diffère pas                                   A\nsubstantiellement de celui de la prose, —                                 Ta\n                                                                         Cime\nsi la rime n'est pas l'unique génératrice du                            Sublime\nvers, il semble bien que l'imagination de la                         Monument\nrime soit le premier don du poète, son                             Qui fièrement\naptitude originelle, la faculté qu'il apporte                     Lèves tes assises\n                                                                Les ombres indécises\nen naissant. »                                                Des vieux jours évanouis\n                                                             Les spectres des rois enfouis\n                                                          Dans les ténèbres de leurs cryptes\n                                                       Ce monde géant de l'antique Egypte\n   On lit dans la Réforme :                           Apparaît : mais le nom du grand Napoléon\n                                                    Rayonnant au milieu d'obscurs hiéroglyphes\n   L'Art moderne montre fort justement ce          Eclipse Pharaons, rois grecs, romains caliphes\nqu'il y a d'exagéré dans les triomphes            Comme un soleil qui brille au faite du Panthéon.\nd'André, le pédaleur émérite que le roi a            Le jour où, fatigués de confondre la poé­\nreçu l'autre jour. Georges Eekhoud, dit-il,       sie avec la musique, nos jeunes novateurs la\nle récent lauréat du prix quinquennal de          confondront avec l'architecture, cette pyra­\nlittérature, l'auteur de dix belles œuvres, n'a   mide pourra servir.\npas eu ce royal honneur; et l'Art moderne            Seulement, ils la mettront la pointe en\nfinit par demander qu'on le décore. Qu'a fait     bas, parce que c'est plus original.\nnotre ami Eekhoud pour qu'on veuille ainsi\nl'abreuver de vaines officialités? Laissons à\nCésar ce qui appartient à César, à M. Fran­\n                                                    M. Francesco Accinelli, le délicat lettré\nçois Coppée l'Académie, aux gens affligés\n                                                  qui nous honore de sa collaboration, a\n de décorations leurs étalages de ferblan­\n                                                  publié dansune revue italienne, les Abruzzi\nterie, et à l'artiste l'orgueil de son art\n                                                  dei giovani, une belle traduction de l'Amour\n dépouillé des mesquines et sottes ambi­\n                                                  d'Hôpital, d'Iwan Gilkin.\ntions.\n\n\n\n\n   Le 9 août a été célébré à Saint-Josse-ten-\n Noode (Bruxelles), le mariage de notre\n ami, le peintre Georges Lemmen, avec\n Mlle Aline Maréchal. Témoins : MM. Paul\n Dubois, Hector Monnom, Théo Van Rys-\n"}, {"page_pdf": 364, "texte": "                P a u l LACOMBLEZ\n    ÉDITEUR           DE      « LA    JEUNE       BELGIQUE           »\n                       31, rue des Paroissiens, 31\n                               BRUXELLES\n\n\n                 VIENNENT            DE PARAITRE         :\n\n                          Max E L S K A M P\nSALUTATIONS, DONT D'ANGÉLIQUES\n                 un volume in--8°, sur papier de Hollande\n    avec frontispice de HENRY VAN DE VELDE. — Prix : fr. 3-50\n\n\n              V I L L I E R S D E L'ISLE-ADAM\n\n PREMIÈRES POÉSIES\n     un volume de la Petite Collection des Poètes, beau vélin, fr. 3-50\nExemplaires numérotés : sur japon impérial                        20 francs.\n    Id.         id.        sur hollande Van Gelder. . . .           8 id.\n\n                              SOUS PRESSE :\n                         Edmond PICARD\n\nEL MOGHREB AL AKSA\n                   Une mission belge au Maroc\n\n                         Charles S L U Y T S\n\n            N O T E S D'ÊTRE\n                              volume de luxe\n\n\n                         EN    PRÉPARATION\n          pour paraître dans la Petite Collection des Poètes :\n\n La Quenouille et la Besace, de MAURICE MAETERLINCK,\n           Sous la Couronne, d'ALBERT GIRAUD,\net des volumes de FERNAND SEVERIN, GRÉGOIRE LE ROY, etc.\n\n                         En formats divers :\n   des œuvres d'EDMOND PICARD, GEORGES EEKHOUD,\n                        ALBERT GIRAUD, etc.\n"}, {"page_pdf": 365, "texte": "                               EN         VENTE\n\n   à la librairie P A U L L A C O M B L E Z\n                          BRUXELLES\n\n\n\nP A U L BOURGET : Un Scrupule,    in-32 illustré . . fr.                  2 »\nCHARLES D E COSTER : La Légende d'Ulenspiegel .                           5 »\nANATOLE FRANCE : La Rôtisserie de la Reine Pé­\n    dauque                                                                3 50\nBaron DE HAULLEVILLE : Portraits et Silhouettes,\n    2 e série                                                             3 50\nIBSEN : Les Prétendants à la couronne. Les Guerriers\n    à Helgoland                                                           3 50\nLEDRAIN : La Bible, VLLL : Job. Les Psaumes.       . .                    3 50\nP I E R R E LOTI : LExilée .                                              3 50\nA D . R E T T É : Une Belle Dame passa                                    3 50\nVERHAEREN : Les Campagnes hallucinées . . . .                             5 »\nVERLAINE : Mes Prisons                                                    3 50\nVIELÉ-GRIFFIN : La Chevauchée d'Yeldis        . . . .                     3 50\nVILLIERS DE L'ISLE-ADAM : Nouveaux Contes cruels\n    et Propos d'au-delà                                                   3 50\n\n\n\n         Dépôt des Revues Françaises :\n              La Plume, fr. 0-50; franco, fr. 0-55\n     Le Mercure de France, 1 franc ; franco, fr. 1-25\n            L'Ermitage, fr. 0-60 ; franco, fr. 0-65\nLes Entretiens politiques et littéraires, fr. 0-60; franco fr. 0-65\n\n\n     Demandez le Catalogue complet de l'Editeur\n               Paul L A C O M B L E Z .\n\n              Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom,32, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1893-08-01", "preuve": "Août 1893, numéro 8, couverture PDF 330 ; aucun jour imprimé."}}