{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Septembre 1893", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 366, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 198, "texte": "Septembre                  1893.            TOME XII. — No 9                 13me                Année.\n\n\n\n\nA\n       JEUNE\n                      BELGIQUE\n                                            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 366, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 198, "fin_caractere_exclue": 1686, "texte": "SOMMAIRE:\n          Le Sacre de Ponce-Pilate                     J. V A N D E R B R U G G H E N .\n          Vers                                         ALBERT ARNAY.\n          Le Mouvement                 flamand         LA DIRECTION.\n          Pierrot et l'Ane                             ALBERT GIRAUD.\n          Atalante à Calydon (trad. de P. Tiberghien)\n            (suite)                                    A.-C. SWINBURNE.\n          Rimes d'ombre .                              IWAN GILKIN.\n          Littérature russe : Poésies de Tutchew. Tra­\n            duction de                                 LÉOPOLD W A L L N E R .\n          Chronique littéraire :\n            I. Le Docteur Pascal. — II. Valbert ;\n               Vathek                             ALBERT GIRAUD.\n          Memento                                 NEMO.\n\n\n\n\n            RÉDACTION                                                  BRUXELLES\n110, R U E D E L A L I M I T E ,   BRUXELLES.                   PAUL   LACOMBLEZ,          ÉDITEUR\n                                                                       3I, rue des Paroissiens\n                                                                             PARIS\n      PRIX DU NUMÉRO                                         CHAMUEL,     LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                   29, rue de Trévise\n                 fr. 0-75.\n                                                                               1893\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 367, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 392, "fin_caractere_exclue": 1115, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                             PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n  Fondateur        : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                           Directeur : IWAN GILKIN.\n                  Rédaction : 110, rue de la Limite, Bruxelles.\n                7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard               des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom­\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée-d'Antin.\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 367, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1115, "fin_caractere_exclue": 1939, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n\n                          V I E N N E N T D E PARAITRE :\n\n QUELQU'UN D'AUJOURD'HUI\n                                 par H E N R Y MAUBEL\n\n\n      Histoire des Lettres belges d'expression française\n                              par FRANCIS N A U T E T\n\n\nSTANCES DOBBES\n                Commentaire sacerdotal du T a r o t\n                                  par IWAN GILKIN\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 329, "page_fin": 331, "titre_corps": "Le Sacre de Ponce-Pilate", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jules Vander Brugghen", "ancre_debut": "LE SACRE DE PONCE PILATE", "ancre_fin": "JULES VANDER BRUGGHEN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS 1 Et l un des fous chante", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 368, "page_imprimee": 329, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 1857, "texte": "LE SACRE DE PONCE-PILATE\n\n\n                                   'un des principaux sacrificateurs venait de\n                               terminer, contre Jésus, une énergique accusa­\n                               tion soulignée par les cris approbatifs de la\n                               foule, et s'étant majestueusement assis, il\n                               attendit, au milieu des hurlements sourds, que\n                                  le juge répondît.\n                                        Les soldats, robustes et farouches, la\n                                       lance au poing, maintenaient à grand'-\n                 peine la populace houleuse et irritée.\n                   Jésus debout, les mains liées, le visage serein auréolé du\n                 roux de ses cheveux flottants, regardait Ponce-Pilate et\n                 celui-ci sur son escabeau, les mains appuyées sur ses genoux\n                 écartés, demeurait morne, indécis et muet, les yeux atta­\n                 chés au sol avec une nerveuse obstination. Il n'osait lever\n               le regard ni sur l'accusateur fiévreux, ni sur l'assistance im­\n               patiente et vindicative, ni sur Jésus, dont l'air doux et tran­\n               quille l'avait déconcerté déjà. Et ce pendant que tous les\n               yeux s'attachaient sur lui, une grande lâcheté l'oppressait,\n               la perplexité l'étourdissait, le livrait sans volonté à cette\n               cohue frémissante de colère qui l'apostrophait, l'assaillait de\nplaisanteries amères et cruelles, le taxait de pusillanimité à cause de son\nsilence prolongé. Et Ponce-Pilate, immobile toujours, gardait son attitude\nprostrée, courbait la tête sous les injures qu'il n'avait pas le courage de\nréprimer, abdiquant ainsi son autorité devant le peuple grondeur qui impo­\nsait son vouloir au maître.\n"}, {"page_pdf": 369, "page_imprimee": 330, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2752, "texte": "                                    -   330    -\n\n    Et les clameurs croissaient en intensité d'instant en instant ; des voix\naiguës de femmes et d'enfants dominaient en l'explosion de ce délire furieux.\n    Ponce-Pilate se sentait assommé par ce bruit ininterrompu, son jugement\nl'abandonnait, ses pensées se troublaient. Il souhaitait une pluie de feu sur\nla Judée, afin d'échapper aux injonctions du peuple. Et son silence perdu­\nrait. Et au milieu des vociférations stridentes demandant la mort de Jésus\net des cris de délivrance pour le brigand Barabbas, l'accusateur se pencha\nvers Ponce-Pilate et dit : « Tu trembles pour la vie d'un homme qui blas­\nphème le dieu des juifs et insulte César! Que pense le peuple de toi? Hâte-\ntoi de lui donner le spectacle qu'il te réclame, ou veux-tu que cette meute\navide de sang t'accuse et se jette sur toi? L'heure est venue de te rendre\npopulaire. Qu'as-tu fait déjà? Rien ! Allons ! va ! le marché est à vil prix... »\n   Tandis que cet homme parlait, Ponce-Pilate avait regardé Jésus à la\ndérobée et tressailli.\n   Puis s'étant levé, blême et tremblant, il demanda à Jésus : « Es-tu le roi\ndes Juifs? » Et Jésus répondit : « Tu le dis. »\n   A cette réponse faite d'une voix ferme et douce, une longue huée retentit.\nLa foule criait : « Ote, ôte ! crucifie-le ! » Et les sacrificateurs et les scribes\net les huissiers disaient : « Nous n'avons d'autre roi que César ! »\n    Et un grand trouble avait pénétré l'âme du juge, car, tout à coup, la\nprescience que la condamnation du Fils de Marie était l'irrémissible\ndéchéance des juifs lui était venue. Comme s'il lisait dans l'avenir, il vit le\njudaïsme sombrer et s'engloutir sous les flots vivaces et envahisseurs de la\ndoctrine nouvelle. Il prévoyait que l'agonie des croyances du moment com­\nmencerait avec celle de Jésus et que celui-ci naîtrait universellement à\nl'instant de sa mort.\n   Un terrible combat se livrait en lui. Il eût voulu tergiverser encore,\nretarder l'instant suprême, ne pas prononcer la sentence que témérairement\nles juifs réclamaient. Mais la réponse de Jésus le déroutait, le forçait à se\nrendre.\n   Et la foule criait toujours; et les sacrificateurs renforçaient sa colère; et\nquelques hommes montés sur les épaules d'autres hommes protestaient\nd'une voix dominatrice et violente. Et tous applaudissaient et criaient encore\net plus fort toujours...\n    Or, pendant ce tumulte de voix et de gestes, les regards de Jésus et ceux\nde Ponce-Pilate se rencontrèrent et, dans les prunelles limpides et bleues du\nRénovateur, le juge lut un ordre impérieux, marqué d'une ironie cinglante,\ns'imposant à son esprit, le subjuguant. Et peu à peu, comme envoûté par\nces prunelles limpides et bleues et si douces pourtant qui semblaient lui\n"}, {"page_pdf": 370, "page_imprimee": 331, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1132, "texte": "                                    — 331 —\n\n dire : « Lâche! tu n'oses donc pas me condamner? » Ponce-Pilate partagea\n la haine de la foule. C'est en vain qu'il tenta de se soustraire à l'énergie\n fascinatrice qui lui commandait de livrer Jésus. Oh! lutte désespérée et\nimpuissante contre la foule qui réclamait l'homme et l'homme qui disait :\n « Condamne! » Et Ponce-Pilate, hors de lui, subissant le choc de ces\nvolontés réunies, succomba à l'irrésistible tentation et abandonna le Sauveur\naux mains des juifs...\n   Alors le Procurateur de la Judée, accablé de sa décision, irrévocable\ndésormais, conscient de l'épouvantable crime qu'il permettait, retomba\nlourdement sur le siège judicial.\n   Mais soudain il se redressa et, regardant Jésus qu'on emmenait, il mur­\nmura d'une voix sourde, empreinte d'une âpre joie de châtiment : « Ton\nsang retombera sur leur race maudite que j'exècre maintenant. » Et le\nRédempteur, dont le visage reflétait une solennelle béatitude, s'étant\nretourné, répondit par un sourire intraduisible.\n                                         JULES VANDER BRUGGHEN\n\n\n\n\n                                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 331, "page_fin": 333, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Arnay", "ancre_debut": "VERS 1 Et l un des fous chante", "ancre_fin": "ALBERT ARNAY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 370, "page_imprimee": 331, "debut_caractere": 1132, "fin_caractere_exclue": 1977, "texte": "VERS (1)\n                                               Et l'un des fous chante,\n                                           Lorsque le matin touche sa raison,\n                                           Un chant que l'heure indulgente\n                                               Restitue à sa raison.\n        Au bord fleuri de cette eau,\n        Dans un calme paysage\n        Que nul hiver agressif jamais ne ravage,\n        Vous trouverez mon château.\n\n        Il est tout d'or clair et de pierreries,\n        Mon joli château,\n        Et sa flèche fine s'incline pour que rient,\n        Comme un visage d'enfant, les regards de l'eau.\n\n        Il est au bonheur comme la nature\n        Qui l'entoure et qui lui f ait\n        Des couronnes de jasmin, des nids de verdure\n        Et des parterres   d'œillets.\n (1) D'un volume en préparation.\n"}, {"page_pdf": 371, "page_imprimee": 332, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1200, "texte": "                     — 332 —\n\nPuis des carillons légers sonnent aux terrasses,\nSonnent légers dans le vent,\nAfin que tous ceux qui viennent ou passent,\nS'arrêtent rêveurs en y   arrivant.\n\nMais n'y entrez pas, fillette ingénue,\nVos roses s'y   flétriraient...\nMais n'y entrer pas, rieuse inconnue,\nVos beaux yeux y pleureraient.\n\nAu dedans plus rien n'arrive\nDes liesses d'alentour,\nAu dedans rien ne s'avive\nDes bonnes clartés du jour.\n\nL'air est lourd, rien ne répète\nA l'écho muet des phrases d'amour\nEt l'horloge du bonheur soudain s'y arrête\nToujours, pour toujours!\n\n\n                                     Et de l'horizon\n                                     Une voix répond.\n\nL'ombre seule ici hasarde\nSa présence, à pas de loup ;\nC'est le carrefour des suicidés où\nNul passant jamais ne s'attarde.\n\nLa peur seule sur la bruyère\nChevrote ses sanglots\nAutour des mares en caillots;\nEt seule la nuit la douleur des mères\nS'agenouille et prie au pied des calvaires\nLe Christ et ses angelots.\nLe soleil pourtant eut des heures d'épopée\nEn cette aridité sans fin\nQuand, au cliquetis des lourdes épées,\nLes cors annonçaient — solennels — les toasts de vin\nOctroyant aux preux des préséances vantées.\n"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "                        — 333 —\n\n  Et sur la froide lande ouverte à tous les vents\n  Dormait une ville au calme de ses canaux\n  Et de ses chemins où de belles dames claires\n  Souriaient et se penchaient aux fleurs printanières\n  Du matin levant,\n  Aux phrases en fleurs de leurs damoiseaux.\n\n  Et c'était loin des négoces\n  Les violons doux des festins de noces,\n  Et c'était le rire ému des soirs sans langueurs\n  Et sans courtisanes —\n  Ce rire qu'un oiselet solitaire glane\n  Lorsqu'il chante au ras du carrefour de la peur !\n\n\n                               Mais une autre voix encore\n                       Chante dans la triste cour, que le soleil dore\n                                D'un rais de matin...\n                       Une voix craintive, au timbre enfantin :\n\n— Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien?\n— La fée erre à la fontaine\n  En cueillant des marjolaines\n  De ses doigts prestes et fins.\n\n— Anne, ma sœur Anne, le temps s'enfuit...\n— Je ne vois, au clair de lune,\n  Que des ombres sur les dunes\n  Et des folles et des fous qui rient sans bruit.\n\n— Anne, ma sœur Anne, aux grèves des mers\n  N'est-il point de barque ou de canot qui amarre?\n— Je ne vois rien que les phares\n  Au plus loin des mers.\n\n— Anne, ma sœur Anne, ah! l'heure a sonné\n  Du destin inéluctable :\n  N'entends-tu point sur le sable\n  Quelque pas pressé?...\n                                           A L B E R T ARNAY"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 334, "page_fin": 337, "titre_corps": "Le Mouvement flamand", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Direction", "ancre_debut": "LE MOUVEMENT FLAMAND", "ancre_fin": "LA DIRECTION", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PIERROT ET L ANE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "LE MOUVEMENT FLAMAND\n              I1 existe en Belgique un puissant courant d'opinion, qui porte\n               le nom de « mouvement flamand ». Infime et obscur à sa\n               source, ce courant n'a cessé de croître en importance et en\n               impétuosité : la récente évolution politique qui vient de\ntransformer notre Constitution oligarchique en une démocratie radicale, va\ndécupler sa force et faire du petit cours d'eau capricieux et tapageur UN\ntorrent redoutable. Il y a là un danger sérieux sur lequel nous avons le\ndevoir d'attirer l'attention de nos jeunes écrivains et du public.\n   Deux races habitent le sol belge : les Wallons, d'origine celtique, les\nFlamands, de souche germanique. Les deux races, quoique réunies parfois\nsous un même sceptre, ne se sont jamais mêlées. Il est vrai de dire que,\navant la Révolution française, elles eurent parfois un même souverain,\nmais jamais elles ne subirent le même gouvernement. La conquête fran­\nçaise, en détruisant les gouvernements locaux et les coutumes particulières,\nprépara l'unité du futur royaume. Cette unité fut réalisée une première fois\nen 1815, quand les provinces belges et hollandaises furent réunies pour\nformer le royaume des Pays-Bas. Dans ce nouvel Etat, la race flamande\nl'emportait de beaucoup en nombre sur la race wallonne. Le roi, mal\nconseillé, chercha à écraser cette dernière. La langue néerlandaise lui fut\nimposée sans ménagement. On essaya de flandriciser le pays wallon comme\naujourd'hui on russifie les provinces baltiques. Telle fut la cause profonde\nde la révolution de 1830. Le reste, le mécontentement de la noblesse et du\nclergé catholique, ne fut qu'une cause accessoire. Bruxelles, ville mixte,\noù, malgré l'usage de la langue flamande, les idées françaises ont toujours\nété en honneur, se souleva ainsi que le pays wallon, tandis que les Flandres\nne suivirent le mouvement qu'avec mollesse, par religion plutôt que par\npatriotisme, et, longtemps même après la fondation du royaume de Belgique,\nelles restèrent secrètement dévouées à la maison d'Orange.\n   Après l'établissement du régime nouveau, il y eut une réaction nécessaire\ncontre les excès du « flamingantisme ». La langue française devint, de fait,\nla langue officielle et toutes les idées, toutes les nouvelles, toute la science\net toute la littérature dont se nourrirent — oh ! sans excès ! — les nouveaux\ncitoyens belges, furent empruntées à la France. On lut ses livres et ses\njournaux; on alla jusqu'à les contrefaire. Peu à peu cependant une\n« personnalité » belge se formait, grossière et ignorante, d'abord, — peu à\n"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2853, "texte": "                                      — 335 —\n\n\n  peu dégrossie et instruite par des hommes d'une réelle valeur, qui, au lieu\n d'aller briller à l'étranger, consacrèrent leurs forces obscurément à tenter\n l'éducation de leur pays. Tâche ingrate et qui mériterait une reconnaissance\n dont nos compatriotes ne paraissent pas encore être capables.\n    Ainsi se constituait lentement une élite intellectuelle, appelée à former\n progressivement un public civilisé, instruit et lettré. Ce travail s'accom­\n plissait nécessairement en français, le français étant la langue officielle, la\n langue de la cour, de la haute société, de la grande et de la petite bour­\n geoisie, aussi bien dans les provinces flamandes que dans les provinces\n wallonnes. D'ailleurs, tandis que la langue flamande ne nous eût mis en\n communication qu'avec la minuscule Hollande, par la langue française,\n nous nous trouvions en rapport intellectuel avec le monde entier (i).\n    Par malheur, tandis que de ce côté tout marchait à souhait, quoique\n avec une lenteur parfois exaspérante, le bas peuple flamand avait des sujets\nde mécontentement. L'usage exclusif du français comme langue officielle\nen matière administrative et judiciaire, dans un pays où les masses popu­\nlaires ne parlaient guère que le flamand, avait suscité de nombreux abus.\nIl y avait là une « plate-forme » toute prête pour les tribuns populaires et\npour les braillards non moins que pour les âmes généreuses. De justes\nrevendications se firent entendre, auxquelles se mêlèrent aussitôt les\nbruyantes déclamations des nombreux farceurs qui demandaient aux\nrevendications flamingantes des bénéfices, des places ou un bon petit\ncommerce.\n    Le « mouvement flamand » eut ses ligues, ses meetings, ses journaux, son\nacadémie (2) et ses cavalcades. Le but avéré que poursuit le parti est exposé\npar sa devise : In Vlaanderen Vlaamsch ! « En Flandre, le flamand ! » Il\ns'agit en effet de faire parler le flamand par tous les habitants des Flandres,\nde rendre à cette langue la primauté prétendument usurpée par la langue\nfrançaise ; on demande que l'enseignement moyen et l'enseignement supé­\nrieur soient flandricisés : au collège, à l'athénée, à l'université, les cours\ndevraient être donnés en flamand. Ce n'est pas tout : ces jours derniers un\ncongrès flamingant, siégeant à Bruges, proposait d'exiger de tous les\ndéputés flamands qu'ils parlassent le flamand à la Chambre.\n\n\n   (1) Il est à remarquer qu'aucun de nos savants ne s'est avisé de publier en flamand.\nC'est en français que sont écrits les ouvrages de MM. Van Beneden, Thonissen, Laurent,\nGevaerl, Reusens et de tant d'autres Flamands.\n   (2) Son académie! Voilà une chose qu'il ne fallait accorder à aucun prix. En fondant\nl'académie flamande, le gouvernement reconnaissait le flamand comme langue officielle,\nau même titre que la langue française.\n"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2782, "texte": "                                      — 336 —\n\n   Il est facile de deviner où l'on va. Si ce mouvement n'est pas enrayé,\nc'est à la destruction de notre nationalité que nous marcherons. La partie\nwallonne du pays, dont on connaît la gallophilie, se donnerait sans répu­\ngnance à la France; la partie flamande irait probablement s'incorporer à la\nHollande. Les chefs du mouvement flamand n'ont jamais caché le peu de\ncas qu'ils font de l'intégrité du royaume. Ils sont Flamands, ils ne sont\npas Belges.\n    Qu'on ne nous taxe ni de pessimisme ni d'exagération. Lorsque l'on\npourra faire ses études en flamand et exercer les professions libérales et les\nhautes fonctions publiques sans devoir recourir à l'usage du français, on\ncessera de parler le français en pays flamand; plus de lien moral donc entre\nnos provinces flamandes et nos provinces wallonnes. Quand les lois seront\nfaites par des chambres bilingues, où les Flamands posséderont une majo­\nrité formidable, les populations belges qui parlent le français se trouveront\npresque en pays ennemi et tourneront leurs regards vers le sud. Des liens\nmoraux et intellectuels les uniront étroitement aux Français, tandis que\nles Flamands ne seront plus pour eux que des étrangers plus ou moins\nhostiles (1).\n    On eût évité peut-être tous ces périls si le gouvernement avait écrasé le\nparti flamingant dans l'œuf : il fallait se hâter de donner satisfaction aux\n justes griefs et repousser avec fermeté les prétentions exagérées; il fallait\n ne point permettre aux partis politiques de se servir de la question flamande\n comme d'un tremplin électoral et, au besoin, recourir à des lois répressives.\n Maintenant il est bien tard pour parer au danger. C'est toujours une faute\n lourde pour les gouvernements de laisser se développer ces querelles de\n races.\n    En Bohême, les Tchèques ont fait leur mouvement national ; au début,\n ils n'en voulaient qu'à la prépondérance des Allemands, puis ils se sont mis\n à réclamer leur autonomie, aujourd'hui ils insultent l'Empereur et le parti\n jeune tchèque est en passe de devenir une redoutable faction antidynastique\n et révolutionnaire. Les événements suivront la même marche chez nous :\n il n'y a pas deux logiques.\n\n\n   (1) Et le fédéralisme? Le fédéralisme ne sera qu'un remède illusoire, une solution\nprovisoire. La confédération helvétique s'est formée par agglomération, la nôtre se for­\nmerait par scission. Le mouvement se poursuivrait dans le même sens, jusqu'à la sépa­\nration complète. D'ailleurs, l'une des parties fédérées n'aurait plus avec l'autre aucun\nlien sympathique; elle n'éprouverait à son égard que de l'aversion et de la rancune,\ntandis que toutes les sympathies iraient vers une nation voisine. Dans ces conditions, Il\nconfédération n'aurait pas la vie longue.\n"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 928, "texte": "                                -   337 —\n\n   En quoi tout cela concerne-t-il les écrivains belges ? En ceci.\n   En faisant fleurir les lettres françaises en Belgique, nous resserrions le\nlien intellectuel et moral qui fait l'unité du royaume; tout en affermissant\nnotre nationalité, nous travaillions aussi à faire de notre pays une impor­\ntante province littéraire de la France. Mais si nous avons à craindre que ce\nlien ne soit détruit et que nous n'en soyons réduits à être les écrivains de\nla petite Wallonie, laquelle ne tarderait guère à être politiquement absorbée\npar la France, quel avantage trouverons-nous à rester claquemurés dans\nun pays sans avenir? Ne vaut-il pas mieux dès à présent nous adresser au\npublic français et tenter la fortune à Paris?\n   Telle est la question qui va s'imposer bientôt aux méditations de nos\namis.\n                                                     L A DIRECTION\n\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 337, "page_fin": 337, "titre_corps": "Pierrot et l’Âne", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "PIERROT ET L ANE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 928, "fin_caractere_exclue": 1753, "texte": "PIERROT ET L'ANE\n        Fatigué d'Eliane et las de Lélio,\n        Las d'Arlequin et de Colombine et d'Aminthe,\n        Pierrot, dans la forêt couleur d'or et d'absinthe,\n        Pour bercer sa douleur compose un fabliau.\n\n        Ses beaux amis l'ont fui dans les Iles vermeilles,\n        Là-bas, vers les palais qu'il a songes pour eux.\n        L'Ane seul est reste' fidèle au malheureux\n        Dont il rhythme les vers en battant des oreilles.\n\n        Et la bête levant sur le blanc révolté\n        Des regards ignorants où la toute Bonté\n        S'allume au clair foyer d'une âme sans envie,\n\n        Pierrot réconforté plonge ses yeux rêveurs\n        Dans le ciel baptismal de ces grands yeux sauveurs\n        Et s'y lave le cœur des hontes de la vie.\n\n                                                    ALBERT GIRAUD"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 338, "page_fin": 346, "titre_corps": "Atalante à Calydon (suite)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A.-C. Swinburne", "ancre_debut": "ATALANTE A CALYDON", "ancre_fin": "P TIBERGHIEN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "RIMES D OMBRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 2629, "texte": "ATALANTE A CALYDON\n                                    (Suite.)\n\n               LE HÉRAUT. — A quelque distance vers le nord, où commen­\n                cent les fougères, à l'ouest de la chaîne rétrécie des collines\n                guerrières dont les ruisseaux saignèrent quand ton fils frappa\n                l'Acarnanie, là tous s'arrêtèrent et royalement rangés, d'un\nœil attentif examinèrent les épieux et les chiens; Laertes l'insulaire, le\njeune Gérennien Nestor, Panopeus, et Cepheus et Ancaeus, les plus vigou­\nreux, tous Arcadiens ; puis, vue à regret par ceux-ci, l'Arcadienne Ata-\nlante, avec deux chiens allongeant la laisse, sous les narines et sous le\nfront faisant briller leurs dents découvertes et leurs yeux étincelants; mais\nsur sa blanche épaule résonnaient les flèches emplumées, et l'arc brillait à\nson côté; près d'elle, Méléagre, glorieux parmi tous les autres hommes,\npareil au soleil de printemps, qui, frappant la branche, en fait jaillir les\nfeuilles et les fleurs dans le monde entier; puis Iphiclès, et le suivant, celui\nqui frappa le taureau biforme, Pirithoüs ; et le divin Eurytion, et AEacides,\nconsacré aux dieux ; ensuite son frère Télamon, et, voyant et oracle des\nvisions et de la vérité, l'Argien Amphiaraus ; et la force quadruple de ta\nrace, les fils de ta mère et ceux de ta sœur ; et Jason revenu récemment du\nrugissement de l'écume lointaine ; et Dryas, frère jumeau de la guerre, fleur\nde la bataille éclatante, le glaive et l'homme brillants; et Idas, et Lynceus\nà l'œil perçant, et Admètus marié deux fois, et Hippasus et Hyleus, aux\ngrands cœurs. Ayant fait halte, ils firent sonner les cors, puis chevauchèrent\nà travers les bois et les terres dévastées, coupées par les rivières orageuses,\nplus loin que les ifs et que la lourde chevelure des pins, jusqu'à l'endroit\noù la rosée est plus abondante sous les chênes, par un chemin, puis par un\nautre ; mais cherchant en haut et en bas, ils ne voyaient ni ne sentaient\naucune trace; et l'un, Plexippus, dit : « Aide-nous, ou ne nous aide pas,\nArtemis, nos mains viriles enlèveront la peau de ton sanglier. » Mais en\nparlant, il s'interrompit, et ne dit pas ce qu'il voulait ; car il se trouvait\ndevant un marais, dont la vase verte secouait au soleil mille roseaux inac-\ncordables ; et au milieu de la multitude des fleurs humides, la masse aveugle\nde la bête immense dormait d'un sommeil nourri de visions violentes; et la\nvoyant, il frémit dans tous ses membres d'un âpre désir de louanges, et\nlança un double trait, et manqua la bête ; car trop ardent d'esprit, et plus\n"}, {"page_pdf": 378, "page_imprimee": 339, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3018, "texte": "                                  — 33o —\n\n faible que sa volonté, son grand désir le troublait ; de sorte que sa main\n trahît son zèle; et le trait traversant les roseaux, dans le tronc d'un tamaris\n vibra et se fixa ; alors tous s'arrêtèrent, sauf l'Arcadienne Atalante : de ses\n côtes s'élancèrent ses chiens, fatiguant la laisse, et ils s'échappèrent et leurs\n pieds plongeant firent rejaillir l'eau ; mais elle, ayant dit : « Je la lance en\n ton nom, favorise-la, déesse », tendit l'arc et lâcha la flèche; la corde sou­\n daine résonna et s'élança, et l'air humide siffla, et les plumes moites des\n roseaux muets ondulèrent comme une vague que le vent ne pousse plus.\n Mais le sanglier souleva à demi de la vase et du limon son flanc raide, fré­\n missant autour de la blessure barbelée, plein de rage; et lançant des regards\n furieux, ses soies effrayantes hérissées, il plongea, et les chiens se crampon­\n nèrent à lui, et les fleurs vertes et blanches étaient rougies et écrasées tout\n autour de leur passage; et chargeant, sa défense frappa Hyleus; et la mort\n âpre saisit soudain son âme, et un sommeil violent étendit la nuit sur ses\nyeux. Alors Peleus, avec un vigoureux effort de la main et du cœur, tira;\n mais sa flèche oblique glissa et frappa son compagnon d'enfance, son cher\ncompatriote, et l'atteignit sous le bras gauche, tandis qu'il ajustait aussi un\ntrait; et le sang éclatant jaillit écumant, et entraînés en arrière par le poids\ndes armes retentissantes, les membres morts d'Eurytion en tombant réson­\nnèrent durement. Ensuite, un plus heureux tira, le devin cadméen Amphia­\nraus; car son trait sacré perça le cercle rouge de l'un des yeux dévorants,\nsous le front sauvage du sanglier sanguinaire, plus sanglant maitenant de\nl'homme tué; mais ainsi blessé, il bondit aussitôt et se dressant, poussa\nun cri semblable au tonnerre et au rugissement des torrents d'hiver qui\nmêlent leur écume à la mer plus jaune ; et comme une tour qui s'écroule\ndans les flammes pendant le combat, avec les ruines de ses murs et tous\nses archers, et qui brise sous elle la fleur de fer de la guerre, écrasant les\nmembres carbonisés et les armes fondues des hommes, ainsi, à travers les\nbranches brisées et les ronces rougies, résonnait et craquait l'ardeur de ses\npieds; et il piétinait, l'ayant lancé de côté par ses défenses, le corps à la\nlourde vigueur d'Ancasus, trop lent à se mouvoir ; et comme se dispersent\nlesfloconsde neige aux faibles ailes, tous les muscles durs de ses membres\npalpitants éclataient, et la chair déchirée retombait de tous côtés, et le sang\npleuvait, avec des fragments rouges qui n'étaient plus d'un homme. Alors\ntous les héros, respirant péniblement, regardaient et ne frappaient pas;\nmais Méléagre, mais ton fils, au milieu de la route impétueuse du fléau\ns'approchant, était enraciné comme un rocher, beau, les lèvres serrées farou­\nches, l'œil clair, les membres aux muscles élastiques ramassés, le menton\nramené obliquement vers la gorge tendue, grave, tous les nerfs tendus,\n"}, {"page_pdf": 379, "page_imprimee": 340, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2934, "texte": "                                    — 340 —\n\nsemblable à un dieu ; et il dirigeait vers la gauche son épieu bien taillé,\nle serrant à l'endroit où le frêne est le plus noueux, et il frappa, sans lancer\nson arme, le sanglier monstrueux dans le creux le plus velu de la peau, sous\nla dernière côte, à travers la chair et les os, profondément ; et profondément\nfrappée, et à mort, la pesante horreur, avec ses flèches pendantes, sauta et\nretomba, furieusement, et de sa gueule sortit l'écume de la dernière fureur\nde sa vie. Et tous, regardant, louaient les dieux d'un cœur plus libre, Zeus\net tous les dieux, mais surtout Artemis ; mais Méléagre fit aiguiser les cou­\nteaux pour écorcher, et fit enlever et étendre la splendeur de la dépouille;\net échauffés et horribles, après le travail tous s'assirent et respirèrent,\nburent et se réjouirent, et lavèrent la sueur pénible de leurs fronts plus\ncalmes. Car beaucoup de doux gazon croissait là, plus haut que les roseaux\net bon pour le sommeil; et toutes les plantes les plus sacrées, le narcisseet\nle mélilot rampant, et tous les beaux feuillages et toutes les bellesfleursqui\ncroissent où les boutons de violettes, cachés par les hyacinthes plus lourdes,\nfleurissent et brûlent; et le feu des fleurs jaunes, et la lumière des lys, et les\nfeuilles que craint le pied du faune et que connaît la dryade ; l'olivier et le\nlierre, et le peuplier consacré veillaient sur mainte fontaine. Là, mainte­\nnant, ils se reposent; mais le roi m'a ordonné d'apporter la bonne nouvelle,\nafin de réjouir cette ville et toi-même. C'est pourquoi sois joyeuse et vous\n tous rendez grâces, car tout le chagrin de Calydon est tombé.\n   ALTHÉE. — Louez les dieux, car ce qu'ils ont donné est bon, et ce qui\nsera, ils le cachent jusqu'à leur heure. Tu nous a dit beaucoup de bien, et\nune chose douloureuse, et tu les as bien dites ; mais laissons toutes les choses\ntristes, jusqu'à ce qu'on ait, devant les dieux propices, brûlé le sacrifice et\nversé le vin floral. Montrez-vous bons, ô dieux, et favorables; car nous\nne vous louons pas d'un cœur faux ni d'une bouche flatteuse lorsque vous\nêtes cléments, mais par des prières de nos âmes pures.\n   LE HÉRAUT. — Tu as bien prié; quiconque ne les craint pas, mais dans\nla prospérité enfle son cœur, par une chose nouvelle, à l'improviste, sera\ndétruit.\n   LE CHŒUR. — Oh si maintenant moi aussi je pouvais être auprès des\nsources profondes et des flots, auprès des fleuves des antiques collines, où\ntous les lieux couverts de tendre verdure portent des fleurs s'attachant au\ngazon, des fruits stériles et de belles herbes, ou bien les sombres boutons\ndu lierre qui divisent ta chevelure jaune, Bacchus, et ses feuilles qui se\nbalancent autour de ta peau de faon, effleurant les épaules nues d'un dieu,\ndouces comme la neige ; là, l'année est douce et la terre est pleine de sources\ncachées, et les heures ferventes aux joues de rose, qui unissent l'aurore au\n"}, {"page_pdf": 380, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2989, "texte": "                                 -   341    -\n\nmilieu du jour, y passent sans soleil, pâles dans l'ombre des feuillages et\ndans l'atmosphère mystérieuse, pâles comme l'herbe ou les fleurs tardives,\nou comme les pâles anneaux moites de la vigne sauvage couverts de rosée\nsous la lune; et tout le jour le rossignol dort, et toute la nuit il chante; là,\ndans les fraîches retraites écartées, que ne trouble aucun œil étranger, ni\naucun pied, ni aucune approche d'ailes, aucun vent ni aucun cbant, ô reine,\ntoi la plus sacrée, fleur la plus blanche entre toutes choses, aux tresses\nallongées indociles, au sein splendide brillant soudain, inconnu sauf des\nvierges; là tu as coutume d'entrer, là tes divins membres rapides, et l'or\nabondant de ta chevelure virginale dénouée brillent, baignés dans les eaux\npures, et à tes côtés brillent tes vierges, dans les bois humides ou dans les\nfougères sans fleurs des collines où abondent les sources, hors de la vue de\ntous les hommes ; ou plus bas, près des étangs qui voient tous leurs bords\nrevêtus d'une guirlande de lys innombrables, d'où l'abeille à la ceinture\nd'or fuit à travers les roseaux en fleur et va tourmenter la violette blanche,\nou la violette sombre, belles comme celles qui dans les années lointaines, de\nleurs boutons restés brillants, et de leurs petites feuilles humides de la rosée\nchaude des larmes, des larmes d'une mère dans l'extrême détresse, cachè­\nrent les membres de Jamus, né du sang de ton frère ; car son cœur eut pitié\nde son fils, de même que ton propre cœur a maintenant pitié de nous; le\ntien, ô déesse, tournant vers nous son front bienveillant et irréprochable ;\nvoyant assez de maux, assez de vies desséchées comme sèchent les feuilles\nconsumées par le soleil ; voyant morts assez de chasseurs, assez de ruines\nde toute notre année, les troupeaux massacrés et les moissons dispersées,\ntant de bergers frappés, les fruits et les toisons brûlés ensemble et une longue\nsuccession de jours mortels.\n   Pourtant, avec des lèvres révérencieuses et avec crainte, nous nous tour­\nnons vers toi, et nous te louons pour ce beau temps qui vient nous conso­\nler, et pour la prospérité renaissante. Car fréquemment, lorsque tout l'air\nsans souffle, comme une eau limpide brille, et que les hommes ne craignent\npoint, le sort, sans tonnerre, soudain éclate et apporte la mort.\n   Vous les grands dieux, vous donnez la joie avec le chagrin, le bon avec\nle mauvais, et vous courbez tout l'orgueil des vivants, et la plus haute pros­\npérité; comme autrefois vous domptiez, dès longtemps, dans l'ancien temps,\nplus d'un homme grand et fort, et tout ce qui existait. Mais toi, douce déesse,\nagis autrement ; écoute toutes nos prières, entends tous nos soupirs ; nous\nt'en supplions par ta lumière, par ton arc, par tes doux yeux, et par le\nroyaume de la nuit, sois favorable et bonne ; par tes traits et ta puissance,\net par Orion renversé, par la vierge qui fait ta joie, par la ceinture indisso­\nluble et la chevelure sacrée.\n"}, {"page_pdf": 381, "page_imprimee": 342, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2253, "texte": "                                 — 342 —\n\n   U N MESSAGER. — Vierges, si vous voulez chanter encore, changez votre\nchant, courbez-vous, criez et pleurez de pitié. Est-ce le temps de chanter!\nNon, mais de répandre la poussière et les cendres, de déchirer ses vêtements\net de se frapper la poitrine.\n   LE CHŒUR. — Quelle nouvelle chose est, comme un loup, aux aguets\nderrière tes paroles ? Quelle langue de serpent entre tes lèvres? Quel feu\ndans tes yeux?\n   LE MESSAGER. — Menez-moi devant la reine, et je parlerai.\n   LE CHŒUR. — Voici qu'elle vient, comme si l'offrande de reconnais­\nsance était faite.\n   L E MESSAGER. — Offrande stérile pour un don amer.\n   ALTHÉE. — Quels sont ceux-ci, portés sur des branches, la face cou­\nverte ? Vivants, ils n'étaient point vils ; mais tués, de tels honneurs leur\nsont dus s'il en est encore dans la mort.\n   LE MESSAGER.— Reine, ce sont tes deux frères, les fils de ta mère.\n   ALTHÉE. — Déposez les morts jusqu'à ce que j'aie vu leur sang, si vrai­\nment c'est le mien ; et je pleurerai.\n   LE MESSAGER. — Pleure si tu veux, car ceux-ci ne pleureront plus.\n   ALTHÉE. — O frères, ô fils de mon père, par moi bien aimés et bien\nhonorés, je pleurerais des larmes plus précieuses que le sang précieux tiré\nde vous, si je ne savais pas que vous n'êtes point mécontents; et que tués,\nvous ne dormez pas d'un sommeil honteux, car certes, mon fils vous a vengés,\n   LE MESSAGER. — Non, ô reine! ta propre race se serait-elle détruite\nelle-même?\n   ALTHÉE. — Ta parole double engendre une double mort.\n   LE MESSAGER. — Apprends donc ceci simplement : ils tombèrent frappés\npar une seule main.\n   ALTHÉE. — Que murmures-tu de ta bouche ambiguë ?\n   LE MESSAGER. — Tués par la main de ton fils. Ces mots sont-ils si\ndifficiles?\n   ALTHÉE. — Notre temps est venu sur nous ; le voici.\n   LE CHŒUR. — O misérable, dépouillée par ta propre main.\n   ALTHÉE. — Sorti de ce ventre, ne fus-tu pas nommé Méléagre?\n   L E CHŒUR. — Il a produit pour toi un chasseur cruel.\n   ALTHÉE. — Né flamme, ne devais-tu pas dévorer?\n   L E CHŒUR. — Le feu que tu allumas te consumera-t-il toi-même?\n   ALTHÉE. — Mes rêves sont tombés sur moi ; brûle aussi, toi.\n   L E CHŒUR. — Ce n'est pas sans Dieu que les visions naissent et\nmeurent.\n"}, {"page_pdf": 382, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2781, "texte": "                                  — 343 —\n\n    ALTHÉE. — Les dieux sont nombreux autour de moi; je suis seule.\n    LE CHŒUR. — Elle gémit comme des hommes, luttant contre des dieux\n plus forts.\n    ALTHÉE. — Ils me déchirent, ils me divisent, ils me détruisent.\n    LE CHŒUR. — Ou comme une femme en travail pour d'étranges nais­\n sances.\n   ALTHÉE. — Ils sont forts, ils sont forts; je suis brisée et ils l'emportent.\n    LE CHŒUR. — Le dieu est grand qui est contre elle; elle mourra.\n   ALTHÉE. — Oui, mais pas maintenant; car mon cœur est grand aussi.\nJe voudrais que je ne fusse point ici à la vue du soleil. Mais toi, dis tout ce\nque tu as vu, et je mourrai.\n   LE MESSAGER. — O reine, car tu t'es soutenue royalement, un petit\nmot peut tenir tant d'infortune. Pendant le partage de la dépouille san­\nglante, ces hommes, tes frères, se querellant, firent enlever la hure et l'hor­\nreur de la peau, pour qu'elles restassent dans Calydon, merveilles vénérées ;\net plusieurs les appuyaient; mais ton fils, de ses grandes mains saisissant\ntoute cette charge de poils, jeta le monceau mort, bruissant et affaissé,\ndevant les pieds féminins, en disant : « A toi cette dépouille, vierge, et non\nà moi ! Ta propre main pour toi-même a moissonné, et Dieu te donne toute\ncette gloire. » Elle, à ces mots, rit, comme lorsque l'aurore ayant touché\nla nuit sacrée, le ciel voit rire et rougir et s'ouvrir les lèvres obscures et les\npaupières virginales du soleil, et les seins chauds et lents du matin se sou­\nlever, fertiles, et rougis par la flamme des heures que la lampe éclaire, et\nune ondulation virginale de chevelure brillante colorer les nuages ; ainsi elle\nrit d'un cœur pur, éclairée d'une lente rougeur jusqu'à ses cheveux tressés,\net rose et froide comme l'aurore même, dorée et divine, chastement avec des\nlèvres chastes, d'un faible rire grave; et tous restèrent paisibles, et elle\npassa près d'eux. Alors une voix cria : « Les Arcadiens ne nous railleront-\nils pas, disant qu'une femme nous a dépouillés tous? » Et tous chevau­\nchèrent vers elle, violemment, et firent tomber de sa chevelure la fraîche\ncouronne; et ils allaient lui arracher la dépouille, et allaient ainsi la\ndéshonorer; mais Méléagre, comme un lion familier qui s'irrite, s'élance\ncontre eux, les sépare, et de mêm qeue le feu fend le bois, il les divise\net les repousse; mais elle ne leva pas la main pour frapper; et cet\nhomme-ci d'abord, Plexippus, s'écriant : a Ceci pour l'amour de vous,\nchère Atalante ! » courut à Méléagre, qui, levant l'épieu, lui transperça la\njoue. Alors Toxeus vint à son secours, muet ; mais son épieu parlait : mots\nvains et violents, sans fruits ; car la terre le sentit tomber, lui aussi, percé\nde part en part ; et l'écume de son cheval blanchit la face de ton fils, le\n"}, {"page_pdf": 383, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "                                   — 344 —\n\nmeurtrier. Et ceux-ci tués, tous se turent, immobiles ; mais Œneus ordonna\nde les porter ici, eux que le ciel fit orgueilleux dans leur mort, et insensés;\ncar ils méprisèrent le sort et tombèrent. Et tous passèrent, et elle, digne\nd'être honorée, fut honorée par tous les hommes, étant révérée par le ciel,\n   ALTHÉE. — Que dites-vous, femmes? Tout ceci n'est-il pas bien fait?\n    LE CHŒUR. — Nulle action n'est bonne que Dieu n'y ait part.\n   ALTHÉE. — Mais point de part ici ; vous n'avez rien de commun avec\nceux-ci, mes frères nés; vous ne les connaissez pas, comme moi qui étais\nleur sœur, victime que leur mort a tuée. Je voudrais être morte pour eux,\ncar cet homme mort s'est promené avec moi, enfant près d'une enfant, et sa\nmain tendre et son bras se faisaient le faible soutien de mon pied plus\nfaible encore ; il me tenait et me conduisait doucement, et me montrait l'or\net l'acier, et les formes brillantes du miroir, et des couronnes claires,\net toutes les belles choses; et il lançait des lances légères, et m'apportait de\njeunes chiens se pressant à mes pieds, et jetant leurs têtes familières contre\nma poitrine de petite fille, et m'amusant par leurs grands yeux. Et ces\njours s'en allèrent, et ceux-ci sont amers, et je suis une reine stérile, une\n sœur misérable, une créature de douleur, mère de nombreuses malédic­\n tions ; et elle aussi, ma sœur Léda, là-bas au-delà des mers, ses beaux\n fruits autour d'elle, et son seigneur irréprochable me maudiront, disant:\n « C'est un chagrin et non un fils, sœur, qui a été porté par toi, ou plutôt\n un feu brûlant, un tison consumant ta propre âme et la mienne. »\n    Mais vous, fils de Thestius, réjouissez-vous, car vous aurez pour le feu\ndes funérailles un bois comme aucun roi n'en a ; et une flamme qui, une\nfois éteinte, ne sera pas ravivée par l'huile, ni rallumée par le souffle, ni\nrafraîchie par le vin ; plus précieuse que l'or fin, et que de nombreuses vies\nd'hommes errants.\n    L E CHŒUR. — O reine, tu as encore avec toi des objets dignes de ton\namour : ton époux, et la grande force de ton fils.\n    ALTHÉE. — Qui me donnera des frères tandis que je suis vivante?Qui\nles portera? Qui les mettra au monde pour remplacer ceux-ci? Nos pères\n et nos frères ne- sont-ils pas unis dans notre cœur ? Aucun homme leur\nest-il comparable? Et les miens ne sont-ils pas ici, tués? N'avons-nous pas\n été élevés ensemble, lui et moi, nourris de fleurs comme les abeilles se nour­\n rissent, avec le lait maternel pour miel? Et cet homme-ci, mort aussi,\n l'épieu de mon fils entre les côtes, ne nous a-t-il pas vus, nés après lui, rire\n les lèvres pleines, ne riait-il pas à notre rire, par amour? Alors il n'y avait\n pas au monde de fils, ni d'épieus, ni de femmes au pouvoir mortel, mais\n les dieux nous laissaient vivre des jours purs de tout ceci. Je voudrais être\n"}, {"page_pdf": 384, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3056, "texte": "                                  — 345 —\n\n morte non mariée, et n'avoir pas enfanté de glaive pour le tourment du\n monde ; car ceux-ci qui me disaient autrefois de douces paroles et qui m'ai­\n maient, ne me parleront plus, ne m'aimeront ni ne me regarderont plus ; et\n de toute ma vie, je ne les entendrai ni ne les verrai vivants. Et moi-même,\n vivante, comment vivrai-je désormais? Avec mon fils, comment vivrai-je\n cette vie : savoir ce qui a été, désirer ce qui ne sera pas, chercher des regards\n morts, écouter des lèvres mortes, et tuer mon propre cœur à me les rappeler;\n et de ces yeux qui voient leur meurtrier vivant, pleurer, et me tordre les mains\nqui le prendront par la main? Comment supporter mes songes qui me feront\nentendre des voix trompeuses, sentir les baisers de bouches trompeuses,\net le son imaginaire des pieds qui ne marcheront plus? Puis m'éveiller et\nn'entendre peut-être que leurs propres chiens, dans un sommeil misérable\npleurant les maîtres morts; voir leurs épieus, leurs lits, leurs sièges, et\ntout ce qui fut à eux, et le lieu de leur vie, et ne pas les voir eux-\nmêmes ? Les chiens et les chevaux vont gémir, languir avec des yeux\nétranges, dresser leurs oreilles affamées, mourir de faim, le cœur défaillant\npour leurs chers maîtres, et moi, je ne m'en soucierai point? Et ces créa­\ntures aveugles abandonneraient la vie par amour, et je vivrais? Certes, la\nmort est quelquefois meilleure que la vie ; la mort est préférable pour lui,\npour eux et pour moi ; car si les dieux les avaient frappés, il se pourrait\nque je l'endurasse ; s'ils étaient tombés dans la guerre, ou par les embûches\net les couteaux d'une mort secrète, frappés dormants par des mains merce­\nnaires, cela aussi, j'aurais forcé mon âme à le souffrir ; ou bien cette\nchasse, si elle les avait fait tomber, sous la défense ou sous la dent, déchirés,\nsanglants, foulés, brisés ; car toutes les morts, honorables ou vengées d'un\npied facile et suivies de la main des dieux rapides, toutes, sauf celle-ci, sont\ntolérables; mais n'ayant pas combattu pour leur doux pays, ne s'étant pas\nsacrifiés, les voici morts ; sinon je n'aurais pas répandu tout mon cœur\npar mes yeux ; mais me hâtant, j'aurais, comme il est juste, tué leur meur­\ntrier en expiation, ou j'aurais jonché de fleurs leur bûcher, et suspendu\ndes couronnes sur leur tombe, et chanté leur mémoire, et j'aurais vu leur\ngloire plus enflammée que leurs cendres; car toutes les vierges, tous les\nhommes seraient venus ici, et des lèvres pures, des chants seraient tombés\nsur eux, et des larmes des yeux héroïques ; et leur mort aurait été une vie\nimmortelle ; mais maintenant, ce n'est point par une main mercenaire, ni\npar le glaive étranger, c'est par leurs propres parents qu'ils sont tombés,\npendant la paix, après un grand péril, sans amis au milieu des amis, par\ndes mains haïssables qu'ils aimaient ; et comment mes mains toucheront-\nelles ces mains, revenues rougies, mais non par la guerre, ces mains fatales\n                                                                        22\n"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1459, "texte": "                                  — 346 —\n\nde la vendange des veines des hommes, des hommes morts, mes frères!\nPourront-elles, ces mains, se laver, non point des taches de fête d'un vin\nsans joie, et tenant ma main, mêler leur sang avec moi, tandis que mon\nsang les souille? Comment pourrai-je dire « fils » moi qui ne suis pas sœur!\nLa nuit et le jour, ne serons-nous pas assis, nous haïssant l'un l'autre, et\npensant des pensées détestables? Ne vivrons-nous pas, lesyeux baissés par\nla honte, humiliés, marchant lentement d'un pied craintif, chacun de nous\nsans paroles de reproche, chacun de nous coupable sans être accusé, et\nsans un mot outragés l'un par l'autre? Et je te laisserais vivre, je te verrais\nvigoureux, je m'entendrais louer par les hommes à cause de toi, alors que\ntu n'as pas voulu laisser vivre ceux-ci, que nul ne louera jamais? Ceux-ci\nseraient morts, sans être pleurés ni secourus, et tout cela à cause de toi!\nVivants, ils étaient doux pour moi, et mon cœur qui les désirait, et qui\nalors était satisfait, est maintenant affamé ; et ces morts me manqueront\ntoujours jusqu'au jour de ma mort. Car toutes les choses et tous les\nhommes peuvent renaître; oui, les dieux peuvent prendre et donnerfilspour\nfils, mais jamais plus ils ne rendent le frère ou la sœur.\n\n  (A continuer.)                                    A . - C . SWINBURNE\n                                              (Traduction de P. TIBERGHIEN.)\n\n\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 346, "page_fin": 347, "titre_corps": "Rimes d’ombre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "RIMES D OMBRE", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 385, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 1459, "fin_caractere_exclue": 1989, "texte": "RIMES D'OMBRE\n                           I\n                                   FATUM\n\n         Aimerons-nous toujours ce qui nous f ait souffrir,\n         Les cœurs capricieux, les candeurs éternelles\n         Et l'alcool meurtrier des amours éternelles ?\n         — Nous adorons les dieux parce qu'ils font mourir.\n\n         Ta beauté me torture et je ne puis te fuir,\n         Ange mystérieux des hontes fraternelles,\n         Sombre et terrible fleur des ténèbres charnelles,\n         Morne comme une plaie impossible à guérir.\n"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1281, "texte": "                      — 347 —\n\nJ'attire les serpents dont je crains la morsure;\nJe rampe dans les puits où me guette la peur ;\nf aiguise les couteaux qui perceront mon cœur.\n\nAh ! j'ai reçu la vie ainsi qu'une blessure\nDont les lèvres jamais ne se doivent fermer.\nEt je hurle à la mort lorsque je veux aimer.\n\n\n                          II\n\n                HALLUCINATION\n\nQuelqu'un a dévissé le sommet de ma tête;\nMon cerveau rouge luit comme une horrible bête.\n\nSac vineux d'une pieuvre énorme, il s'arrondit,\nIl palpite, il s'agite et tout à coup bondit,\n\n Traînant de longs filets de nerfs tentaculaires,\nIl nage, peuplant l'air de suçoirs circulaires.\n\nIl nage éperdument, menaçant, triomphant,\nDans les lieux fréquentés par la femme et l'enfant.\n\nSes lourds et sombres yeux, tout de braise et de soie,\nBrillent hideusement lorsque passe ' une proie.\n\nMalheur aux jeunes fronts fiers, rêveurs et pensifs :\nLa bête les enlace en ses nœuds convulsifs.\n\nElle a faim de la pulpe où saignent les idées\nEt son bec dur se plaît aux têtes bien vidées.\n\nElle dévore tout : rêves, craintes, désirs,\nLa neige des vertus et le feu des plaisirs.\n\nEt, le repas fini, la monstrueuse bête\nRentre, pour digérer et dormir, dans ma tête.\n\n                                              IWAN GILKIN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 348, "page_fin": 349, "titre_corps": "Littérature russe : Poésies de Tutchew (suite)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "L. 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Paris, Charpentier. — Valbert, par TÉODOR DE\n          WYZEWA. Paris, Perrin. — Vathek, par BECKFORD. Paris, Perrin.\n\n\n                                        I\n\n               M. Emile Zola vient de publier le vingtième et dernier volume\n                de son histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second\n                 Empire. Le Docteur Pascal clôt et résume la série des\n                Rougon-Macquart. Ce roman final contient deux œuvres\nsuperposées : une étude soi-disant scientifique donnant les conclusions de\nl'auteur, et une étude de passion, qui n'a qu'un rapport très arbitraire avec\nla première. Dans l'une, le docteur Pascal expose ses théories sur l'héré­\ndité ; dans l'autre, M. Zola raconte les amours incestueuses de Pascal\nRougon et de sa nièce Clotilde.\n    L'étude de passion est à la fois banale et répugnante. C'est sale, ça prend\nde la place, et ça manque complètement d'intérêt. Pascal Rougon, qui a\nsoixante ans, devient un jour l'amant de sa nièce, qui a vingt-cinq ans, et\nqu'il a élevée comme si elle était sa fille. Cette dernière circonstance ajoute\nune ordure et une invraisemblance de plus à l'histoire ordurière et invrai­\nsemblable de cette coucherie, à laquelle les amants préludent par d'inter­\nminables discussions religieuses et scientifiques. Car si Clotilde, au point\nde vue de la science, est l'élève docile et passive du docteur, elle combat,\nde toutes ses forces de chrétienne et de catholique, l'incrédulité et l'athéisme\nde son oncle Pascal. La polémique religieuse à laquelle se livrent les futurs\namants est d'ailleurs un chapitre d'une drôlerie inconsciente, où l'on ne sait\nce qu'il faut admirer le plus, les lieux communs à la Homais du libre-\npenseur ou les extravagances de la prétendue dévote.\n    Clotilde s'offre à son oncle parce que, à la suite du colloque religieux,\nle docteur, entraîné par l'espoir de la convaincre à ses théories scientifiques,\nlui révèle, en lui montrant le fameux arbre généalogique, les hontes et les\nmisères des Rougon-Macquart. Dans la Faute de l'abbé Mouret, il y a\n aussi un arbre entremetteur; mais c'est un arbre réel. Dans le Docteur\nPascal, l'arbre entremetteur est sur le papier. La pauvrette, un instant\n terrifiée, a quelques songeries sous cet arbre allégorique, puis, prenant\n héroïquement son parti, elle y grimpe, oblige son oncle à y grimper avec\n elle, et, sur la plus haute branche, ils s'empressent, pour obliger M. Zola,\n de faire un petit Rougon qui réhabilitera'la famille.\n    Pourquoi Clotilde agit-elle ainsi? M. Zola néglige de nous l'apprendre.\n Quant à moi, je renonce à deviner. Cette jeune fille pieuse qui, brusque­\n ment initiée aux stupres et aux crimes de sa famille, — une famille\n d'Atrides bourgeois, — rompt avec ses idées religieuses pour devenir la\n"}, {"page_pdf": 390, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3358, "texte": "                                — 351 —\n\n concubine de son oncle, et pour ajouter un édifiant chapitre à l'histoire,\nsuffisamment édifiante pourtant, des Rougon-Macquart, est une créature\n incompréhensible, une poupée qui dit « mon maître » et « mon oncle »,\n lorsque M. Zola presse le ressort. Si elle était vivante, elle irait frapper à\nla porte d'un couyent. M. Zola nous l'exhibe frappant à la porte de la\n chambre à coucher de son oncle. L'arbre généalogique fait de ces miracles.\n   J'ai signalé les chapitres consacrés aux discussions scientifiques et reli­\ngieuses entre Clotilde et Pascal Rougon. Ils possèdent une vis comica peu\nordinaire, et j'en recommande la lecture aux mélancoliques. Toutefois, j'ai\npeur qu'ils ne soient éclipsés, à ce point de vue, par l'étonnant récit de la\nmort d'Antoine Macquart, Cette'« crapule d'oncle », comme dit son neveu\n Pascal, meurt de combustion spontanée. Le vieil ivrogne s'endort la pipe à\nla bouche. La pipe tombe, le tabac enflammé se répand, et l'oncle brûle.\nFélicité Rougon voit Antoine s'allumer, mais elle se garde bien de l'éteindre.\nLorsque Pascal pénètre dans la bastide de l'ivrogne, il ne reste rien de\nl'oncle, sinon sa pipe, restée ironiquement intacte Et le docteur s'écrie,\n« en élargissant la scène de son geste vaste » — procédé économique que\nje signale en passant aux directeurs de théâtre — : « Moi, je la trouve\nsuperbe, cette mort, pour ce vieux bandit d'oncle, qui a mené, mon Dieu !\non peut bien le dire à cette heure, une existence peu catholique... Et le\nvoilà qui meurt royalement, comme le prince des ivrognes, flambant de\nlui-même, se consumant dans le bûcher embrasé de son propre corps! ..\nVois-tu cela?... Être ivre et ne pas sentir qu'on brûle, s'allumer soi-même\ncomme un feu de la Saint-Jean (sic), se perdre en fumée, jusqu'au dernier\nos!... Hein? Vois-tu l'oncle parti pour l'espace, d'abord répandu aux quatre\ncoins de cette pièce, dissous dans l'air et flottant, baignant tous les objets\nqui lui ont appartenu, puis s'échappant en une poussière de nuée par cette\nfenêtre, lorsque je l'ai ouverte, s'envolant en plein ciel, emplissant l'hori­\nzon... Mais c'est une mort admirable! disparaître, ne rien laisser de soi,\nun petit tas de cendre et une pipe, à côté!... »\n   N'est-ce pas adorable de lyrisme? Et cette apologie de l'auto-crémation\ninvolontaire n'est-elle pas une des pages les plus étourdissantes de M. Emile\nZola?\n   Mais j'ai hâte d'en venir à la partie doctrinale de l'œuvre, digne assuré­\nment de la partie romanesque. La partie doctrinale, envisagée dans son\nensemble, a l'air d'une immense étude sur M. Zola, étude que personne ne\ns'est encore avisé d'écrire selon le désir de M. Zola, et que M. Zola, pour\nsupprimer tout intermédiaire, aurait pris le parti d'écrire lui-même. Lucul­\nlus y traite royalement Lucullus.\n   M.Zola s'y contredit avec la grâce qui lui est particulière. « Oui, se fait-\nil dire par Pascal, cela est aussi scientifique que possible... Je n'ai mis là\nque les membres de la famille, et j'aurais dû donner une part égale aux\nconjoints, aux pères et aux mères, venus du dehors, dont le sang s'est\nmêlé au nôtre et l'a dès lors modifié... N'est-ce pas beau, un pareil ensem­\nble, un document si définitif et si total, où il n'y a pas un trou? On dirait\nune expérience de cabinet, un problème posé et résolu au tableau noir!... »\n"}, {"page_pdf": 391, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3230, "texte": "                                 — 352 —\n\n   Un beau document définitif et total, en effet, qui est cependant incom­\nplet! Un beau problème, en vérité, mais dont l'auteur reconnaît avoir\nnégligé l'une des données ! I1 aurait dû dresser l'arbre des conjoints, mais\nil ne l'a pas fait. Voilà une belle expérience! Voilà une magnifique solution\nqui ne résoud rien du tout !\n   D'où vient le contrebandier Macquart, l'amant d'Adélaïde Fouque? Où\nest son arbre? Quelle part d'hérédité apporte-t-il à Ursule et à Antoine\nMacquart, ses enfants? Où est l'arbre du premier Rougon, le « lourd et\nplacide jardinier » ? Où sont les arbres de Justine Mégot, de Rosalie\nChavaille, de Renée Béraud, du père inconnu d'Angélique Rougon, etc.!\nOù enfin celui d'Adélaïde Fouque, et de quel droit M. Zola dit-il que\ntoutes les misères de la famille sortent de « la lésion nerveuse première »\nde cette détraquée? L'hérédité n'existait donc pas avant elle?\n   C'est ce que M. Zola appelle un document « sans trou ». Et cependant,\nil reconnaît que « les éléments nouveaux apportés par les conjoints, les\naccidents et la variété infinie des mélanges doivent très rapidement effacer\nles caractères particuliers, de façon à ramener l'individu au type générait.\nMais Adélaïde Fouque, telle que M. Zola nous la dépeint, n'est pas ramenée\nau type général, puisque c'est une détraquée. D'autre part, les derniers\nrejetons de la famille, Louis Coupeau, Jacques-Louis Lantier et Charles\nRougon, ne s'y ramènent pas davantage. Reste l'enfant inconnu, lefilsde\nPascal et de Clotilde, que ses parents se représentent comme un rédempteur,\nmais que nous ne connaîtrons jamais que par ses vagissements du dernier\nchapitre. M. Zola n'ose pas même nous le montrer, et nous ignorerons\ntoujours s'il est ramené au type général. Où est la conclusion, s'il vous\nplaît?\n   Si M. Zola inclinait vers l'hypothèse de l'enfant rédempteur, elle serait\nd'ailleurs peu acceptable. L'enfant inconnu naît d'un vieillard, déjà malade\nau moment de la conception. Il serait surprenant, on en conviendra, que\nl'enfant d'un vieillard malade fût un modèle d'équilibre moral et physique.\n Cet enfant tardif, ce vieillard l'a de sa nièce! Et sur la tête de ces amants\nincestueux plane la redoutable hérédité d'une race épuisée !\n   M. Zola nous la baille belle, avec son roman expérimental. Rien n'est\n moins probant, rien n'est moins scientifique que cette lourde série de\n romans physiologiques, dont l'argumentation incohérente n'est pas même\n capable de résister à quelques questions posées par un enfant d'intelligence\n moyenne. L'expérimentation de M. Zola ne prouve rien, car ses documents\n sont incomplets et contradictoires. Ils seraient inattaquables qu'ils ne\n démontreraient rien encore, car il n'est pas scientifique de conclure d'un\n seul cas particulier au général. Au point de vue doctrinal, le Docteur\n Pascal achève la banqueroute intellectuelle de M. Emile Zola.\n    Littérairement, l'œuvre porte, comme il est juste, la peine des préoccu­\n pations scientifiques de l'auteur. M. Zola n'a pas renoncé à sa lourde phrase\n monotone, qui coule comme un fleuve aux ondes épaisses. Le limon\n augmente de livre en livre, et le style, qui eut parfois de la force, devient\n boueux.\n"}, {"page_pdf": 392, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1188, "texte": "                                  — 353 —\n\n    « Ah! l'animalité, s'exclame quelque part Pascal Rougon, tout ce qui se\ntraîne et tout ce qui se lamente au-dessous de l'homme, quelle place d'une\nsympathie immense il faudrait lui faire, dans une histoire de la vie! »\nM. Zola applique ces paroles à l'animalité des animaux. Cette sympathie\ndont il parle, qu'il éprouve quelquefois et qui lui a inspiré, de-ci de-là, une\npage émue, il a eu tort de l'étendre à l'animalité... humaine. Il n'a vu\nqu'elle ; son regard ne s'élève pas plus haut que le nombril de ses person­\nnages, et la place qu'il a faite à la bête, parlante ou non, est plus grande\nqu'il le croit. L'odeur animale qui se dégage de ses romans est d'ailleurs\nfaite pour flatter la grande majorité des narines contemporaines. C'est à\nelle d'une part, et à la médiocrité du style, de l'autre, que M. Emile Zola\ndoit le succès et la célébrité. La gloire durable s'acquiert à la façon d'un\nFlaubert, d'un Leconte de Lisle ou d'un Taine. M. Emile Zola est l'élu\nd'une espèce de plébiscite de toutes les ignorances et de toutes les médio­\ncrités. C'est le vrai romancier du suffrage universel.\n\n\n                                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 353, "page_fin": 354, "titre_corps": "Chronique littéraire : Valbert", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "II L auteur de Valbert", "ancre_fin": "comme tout le monde", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Aussi m en voudrais je si je le comparais", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 392, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1188, "fin_caractere_exclue": 3168, "texte": "II\n\n    L'auteur de Valbert ou les Récits d'un jeune homme, M. Téodor de\nWyzewa, n'est pas le romancier du suffrage universel. Comme Valbert,\nson héros, M. de Wyzewa est un intellectuel, et la patrie des intellectuels,\nc'est la solitude. Ce n'est pas à dire, pourtant, qu'il n'aime pas à s'expatrier.\nMais il le fait intellectuellement, et aux yeux de la foule, les intellectuels\ndemeurent invisibles. L'anneau de Gygès s'élargit pour eux : au lieu de\nl'avoir au doigt, ils le portent autour de leur vie. Ils ont beau se mêler à\nl'action, leur action n'est pas aperçue. Tout au plus peuvent-ils commu­\nniquer leur pensée à des êtres plus sentimentaux et plus instinctifs, qui sont\nleurs intermédiaires auprès de la masse.\n   M. de Wyzewa a-t-il trouvé, ou trouvera-t-il ces intermédiaires, je\nl'ignore. Ce qui est certain, c'est qu'après quelques tentatives littéraires peu\nconsistantes, il s'est proclamé chrétien. J'ai dit naguère, ici même, ce que\nje pense de ce christianisme-là. M. Téodor de Wyzewa s'est converti sur le\nchemin de Bayreuth. Il est résulté de cette conversion des contes qui ne\nme paraissent pas toujours édifiants, et qui auraient eu quelque succès\nauprès des hommes sensibles du XVIIIe siècle. Je ne voudrais pas raviver\nla querelle que j'ai cherchée à M. de Wyzewa. Je me contenterai de faire\nremarquer que cet intellectuel est en pleine révolte contre l'intellectualité.\nLa pensée, selon lui, est un poison qui engendre l'égoïsme. Il faut s'abêtir,\nselon le conseil de Pascal, afin de revenir à la compassion et à l'amour.\n   Je ne discute point, je constate. Au fond, je crois que M. de Wyzewa est\nun sophiste très évangélique. Comme le dit fort bien M. Pierre Quillard\ndans le Mercure de France, « à supposer que la compassion puisse donner\nà un pur niais la science de l'humanité souffrante, il ne s'ensuivrait pas que\nla sottise fût la condition nécessaire de cette vertu ».\n   Quoi qu'il en soit, de pareilles prédications ne sont pas de celles qui,\n"}, {"page_pdf": 393, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1555, "texte": "                                  — 354 —\n\nactuellement en France, rendent célèbre le prédicateur. Quant aux esprits\nd'élite, ils se réservent, et M. de Wyzewa ne pourrait pas les en blâmer. Il\na montré, certes, une très vive intelligence; sa culture est, je pense, réelle\net profonde ; mais il a déjà eu tant d'avatars, il a montré tant de mobilité,\nde souplesse, et parfois d'ironie voilée! Le plus exquis chef-d'œuvre de\nde M. Téodor de Wyzewa, c'est d'avoir passé, sans transition, de la Revue\nindépendante et de la Vogue au Figaro et à la Revue des Deux-Mondes,\net de n'y avoir pas détonné. Ecrire les Contes chrétiens et Valbert, après\navoir été le commentateur et l'admirateur exclusif de M. Stéphane Mal­\nlarmé, cela n'est pas non plus à la portée d'un être banal. Mais tout cela\nest d'un esprit qui inquiète un peu, et cette inquiétude, on dirait que M. de\nWyzewa, loin de vouloir la dissiper, s'ingénie à l'entretenir. Cet évangéliste\nconnaît Renan, et on le soupçonne de dilettantisme.\n    Valbert sera lu avec intérêt par tous ceux qui suivent le curieux mouve­\nment de renaissance religieuse qui se produit aujourd'hui, en France et\nailleurs, parmi la jeunesse lettrée. Peut-être seront-ils un peu déçus ; mais\nsi Valbert ne leur paraît pas très convaincant, ils trouveront dans ses récits\nune curieuse psychologie de la race slave.\n    Le roman de M. Téodor de Wyzewa est écrit élégamment et négligem­\n ment, avec plus de négligence que d'élégance, à la façon des contes du\n XVIIIe siècle dont les auteurs écrivaient... comme tout le monde. 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Voici un conte oriental qu'un écrivain\n anglais du XVIIIe siècle, le fils du lord-maire Beckford, écrivit en français,\n pour se divertir. Or, il se trouve que ce divertissement, qui coûta trois\n jours de travail à l'auteur, est un des chefs-d'œuvre de la littérature légère\n du XVIIIe siècle. Plus coloré que les Mémoires d'Hamilton, il est tout aussi\n français. Je vais sans doute choquer, encore une fois, de considérables\n marchands de pathos, mais que m'importe ! Vathek prendra place définiti­\n vement dans les bonnes bibliothèques, celles qui contiennent seulement\n les quelques livres qui dispensent de lire tous les autres.\n    Il faut savoir gré à M. Stéphane Mallarmé d'avoir rendu Vathek au\n public pour lequel il fut écrit.\n                                                        ALBERT GIRAUD\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 355, "page_fin": 360, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "sacrilège", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 87, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 152, "texte": "L'EXOTISME LITTÉRAIRE. —       Au   mois   de     fiés,"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 192, "fin_caractere_exclue": 250, "texte": "juin dernier, dans un article intitulé Pelléas      j'irai"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 344, "fin_caractere_exclue": 352, "texte": "Valkyrie"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 388, "fin_caractere_exclue": 449, "texte": "et Mélisande à Paris, nous écrivions :              faisaient"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 486, "fin_caractere_exclue": 546, "texte": "«S'il en est autrement, si la tradition          patriotisme"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 578, "fin_caractere_exclue": 635, "texte": "nationale est affaiblie, si l'esprit national est   sard."}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 675, "fin_caractere_exclue": 734, "texte": "endormi, le contact de l'art étranger sera          tenant,"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 770, "fin_caractere_exclue": 825, "texte": "dangereux et pourra même devenir mortel.            nos"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 865, "fin_caractere_exclue": 924, "texte": "Au lieu d'enrichir la littérature nationale de      nommer,"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 961, "fin_caractere_exclue": 1018, "texte": "sentiments nouveaux et d'idées nouvelles            toute"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1052, "fin_caractere_exclue": 1112, "texte": "en les acclimatant, en les adaptant au génie        Schumann"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1145, "fin_caractere_exclue": 1199, "texte": "propre de la race, c'est celui-ci que l'on          et"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1242, "fin_caractere_exclue": 1296, "texte": "violente; 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Mauclair vient de publier dans le               voir"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4139, "fin_caractere_exclue": 4194, "texte": "Mercure de France (septembre) à propos             d'un"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4286, "fin_caractere_exclue": 4291, "texte": "d'une"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4331, "fin_caractere_exclue": 4386, "texte": "de Sollness le constructeur, le dernier drame      dans"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4429, "fin_caractere_exclue": 4482, "texte": "d'Ibsen :                                          il"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4529, "fin_caractere_exclue": 4582, "texte": "« Depuis quelques années, nous avons            après"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4622, "fin_caractere_exclue": 4679, "texte": "été pris entre trois colosses : Tolstoï,           lisent"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4716, "fin_caractere_exclue": 4776, "texte": "Wagner, Ibsen. Et malgré les cris, cela est        émouvoir,"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4815, "fin_caractere_exclue": 4878, "texte": "inéluctable. Il faut que cela triomphe : nous      abstractions"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4910, "fin_caractere_exclue": 4965, "texte": "en serons broyés ou nous en serons vivi­          mêlée"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 153, "fin_caractere_exclue": 191, "texte": "selon la pureté des natures. Pour moi,"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 251, "fin_caractere_exclue": 290, "texte": "vers le Nord avec joie. 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Tous"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 826, "fin_caractere_exclue": 864, "texte": "pères spirituels, ceux que je viens de"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 925, "fin_caractere_exclue": 960, "texte": "et Carlyle, et Hegel, et Fichte, et"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1019, "fin_caractere_exclue": 1051, "texte": "la musique, de Bach à Wagner, de"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1113, "fin_caractere_exclue": 1144, "texte": "à Borodine,tous sont étrangers:"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1200, "fin_caractere_exclue": 1241, "texte": "Rossetti et Swinburne,et encore Nietzsche"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1297, "fin_caractere_exclue": 1330, "texte": "tous! Donnez-nous autre chose que"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1390, "fin_caractere_exclue": 1420, "texte": "Vogué et Coppée — ou renoncez-"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1479, "fin_caractere_exclue": 1516, "texte": "et nous crierons vers le Septentrion,"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1572, "fin_caractere_exclue": 1604, "texte": "moins pour « mourir en beauté »."}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1702, "fin_caractere_exclue": 1743, "texte": "Ecoutez ces cris : et Nous nions l'esprit"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1807, "fin_caractere_exclue": 1837, "texte": "Tous nos pères spirituels sont"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 1902, "fin_caractere_exclue": 1933, "texte": ". Nous crierons vers le Septen­"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2036, "fin_caractere_exclue": 2043, "texte": "!!... »"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2099, "fin_caractere_exclue": 2135, "texte": "Est-ce que vraiment nous exagérions?"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2191, "fin_caractere_exclue": 2233, "texte": "D'autres jeunes écrivains français voient,"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2292, "fin_caractere_exclue": 2326, "texte": "nous, le danger. Nous n'en voulons"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2384, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "preuve qu'un excellent article de"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2518, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "Rebell, publié dans l'Ermitage du mois"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2612, "fin_caractere_exclue": 2648, "texte": "septembre. Par malheur, M. Rebell ne"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2704, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "borne point à énoncer quelques vérités"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2805, "fin_caractere_exclue": 2839, "texte": "excellentes, il les fait servir de"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 2947, "fin_caractere_exclue": 2977, "texte": "à un éloge de M. Moréas auquel"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3035, "fin_caractere_exclue": 3072, "texte": "ne pouvons nous associer. Mais négli­"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3131, "fin_caractere_exclue": 3166, "texte": "la queue de l'article, — desinit in"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3227, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "— et reproduisons-en l'excellente"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3357, "fin_caractere_exclue": 3368, "texte": "que voici :"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3424, "fin_caractere_exclue": 3461, "texte": "« Nos poètes ont beau dédaigner toute"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3521, "fin_caractere_exclue": 3557, "texte": "simple et prétendre ne s'occuper que"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3613, "fin_caractere_exclue": 3655, "texte": "l'Idée pure, leur idée est faite ainsi que"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3715, "fin_caractere_exclue": 3753, "texte": "les autres idées de représentations de"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3814, "fin_caractere_exclue": 3847, "texte": "Or, comme cette représentation de"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 3907, "fin_caractere_exclue": 3943, "texte": "est chez eux très limitée, qu'ils ne"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4008, "fin_caractere_exclue": 4038, "texte": "point les champs ni ne veulent"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4096, "fin_caractere_exclue": 4137, "texte": "les villes, comme ils méprisent le détail"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4195, "fin_caractere_exclue": 4233, "texte": "paysage aussi bien que les complexités"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4292, "fin_caractere_exclue": 4329, "texte": "âme et que, par principe, l'intuition"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4387, "fin_caractere_exclue": 4427, "texte": "leurs vers doit remplacer toute science,"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4483, "fin_caractere_exclue": 4524, "texte": "leur arrive de refaire sans cesse les uns"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4583, "fin_caractere_exclue": 4620, "texte": "les autres la même synthèse; ils réa­"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4680, "fin_caractere_exclue": 4714, "texte": "ainsi une poésie qui, loin de nous"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4777, "fin_caractere_exclue": 4813, "texte": "nous rappellerait plutôt les froides"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4879, "fin_caractere_exclue": 4907, "texte": "de Guillaume de Lorris. Leur"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 4966, "fin_caractere_exclue": 5004, "texte": "d'images produit sur nous l'effet d'un"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 99, "texte": "bariolage de couleurs : elle nous éblouit"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 153, "fin_caractere_exclue": 197, "texte": "sans nous laisser une impression d'ensemble,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 248, "fin_caractere_exclue": 292, "texte": "de telle sorte qu'il serait aisé, sans nuire"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 339, "fin_caractere_exclue": 373, "texte": "poème, de changer de place un vers"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 377, "fin_caractere_exclue": 402, "texte": "même une strophe entière."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 476, "fin_caractere_exclue": 516, "texte": "Un tel mépris des lois de la composition"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 566, "fin_caractere_exclue": 606, "texte": "s'accompagne fatalement d'un mépris pour"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 664, "fin_caractere_exclue": 703, "texte": "l'art d'écrire. Du moment que la poésie"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 754, "fin_caractere_exclue": 798, "texte": "une vision particulière, un rêve où l'auteur"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 799, "fin_caractere_exclue": 838, "texte": "recrée pour lui seul le monde au hasard"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 893, "fin_caractere_exclue": 934, "texte": "sa fantaisie, sans s'occuper si ses idées"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 987, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "se groupent logiquement, sans considérer"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1083, "fin_caractere_exclue": 1127, "texte": "l'exactitude des rapports, il semble naturel"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1181, "fin_caractere_exclue": 1222, "texte": "qu'il se préoccupe peu de la langue. Paul"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1223, "fin_caractere_exclue": 1269, "texte": "Verlaine d'ailleurs n'a-t-il pas mis la poésie"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1319, "fin_caractere_exclue": 1360, "texte": "en dehors de la littérature? Que le poète"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1414, "fin_caractere_exclue": 1461, "texte": "soit musicien et qu'il « suggère » cela suffit."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1510, "fin_caractere_exclue": 1548, "texte": "Aussi me suis-je souvent demandé pour­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1601, "fin_caractere_exclue": 1642, "texte": "quoi les symbolistes employaient des mots"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1694, "fin_caractere_exclue": 1740, "texte": "français : ils eussent témoigné de plus d'ori­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1741, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "ginalité en se servant de termes qu'eux seuls"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1835, "fin_caractere_exclue": 1851, "texte": "eussent compris."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1934, "fin_caractere_exclue": 1975, "texte": "S'ils étaient encore réellement des musi­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2020, "fin_caractere_exclue": 2063, "texte": "ciens ! mais leur musique est bien étrange."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2114, "fin_caractere_exclue": 2157, "texte": "Ils ont voulu innover — avec leur seul ins­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2207, "fin_caractere_exclue": 2245, "texte": "tinct d'homme de génie pour guide. Ils"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2249, "fin_caractere_exclue": 2291, "texte": "disaient : « Voici un rythme neuf qui doit"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2341, "fin_caractere_exclue": 2386, "texte": "être beau, puisque je l'ai découvert. » C'est"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2410, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "ainsi que les enfants étalent de l'encre sur"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2455, "fin_caractere_exclue": 2494, "texte": "du papier et s'émerveillent ensuite des"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2495, "fin_caractere_exclue": 2531, "texte": "bizarres dessins qu'ils ont obtenus."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2535, "fin_caractere_exclue": 2575, "texte": "Mais cette poésie de hasard, dédaigneuse"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2623, "fin_caractere_exclue": 2662, "texte": "de toute tradition parce qu'aventurière"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2715, "fin_caractere_exclue": 2757, "texte": "sans race, qui n'a point découvert de nou­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2758, "fin_caractere_exclue": 2801, "texte": "velle beauté ni créé pour les intellectuels"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2855, "fin_caractere_exclue": 2898, "texte": "de féconds enthousiasmes, cette poésie lar­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2948, "fin_caractere_exclue": 2990, "texte": "moyante de Pierre ou de Paul ne durera pas"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3042, "fin_caractere_exclue": 3086, "texte": "plus que la sensibilité maladive, l'imagina­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3137, "fin_caractere_exclue": 3182, "texte": "tion affolée qu'elle reflète. Et si un moment"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3183, "fin_caractere_exclue": 3227, "texte": "elle s'impose au public ahuri qui la confon­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3281, "fin_caractere_exclue": 3322, "texte": "dra avec celle de M. de Montesquiou, elle"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3375, "fin_caractere_exclue": 3414, "texte": "ne peut prétendre conquérir des esprits"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3470, "fin_caractere_exclue": 3513, "texte": "amoureux de noblesse souriante et de beauté"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3564, "fin_caractere_exclue": 3608, "texte": "simple, qui n'estiment point une œuvre d'art"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3609, "fin_caractere_exclue": 3652, "texte": "à la frayeur ni à l'étonnement qu'elle leur"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3704, "fin_caractere_exclue": 3710, "texte": "causé."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3796, "fin_caractere_exclue": 3841, "texte": "Il est nécessaire d'entretenir cette aversion"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3886, "fin_caractere_exclue": 3923, "texte": "qui commence à se manifester chez les"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3943, "fin_caractere_exclue": 3981, "texte": "hommes de goût. Leur indulgence a jus­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3982, "fin_caractere_exclue": 4025, "texte": "qu'ici autorisé les pires excentricités. Le"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4074, "fin_caractere_exclue": 4115, "texte": "symbolisme a été dans l'histoire de notre"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4170, "fin_caractere_exclue": 4211, "texte": "poésie une singerie d'enfant qui a failli"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4248, "fin_caractere_exclue": 4292, "texte": "détruire toute grâce naturelle. Quelle peine"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4341, "fin_caractere_exclue": 4384, "texte": "ont pris tous ces poètes pour ne pas écrire"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4385, "fin_caractere_exclue": 4431, "texte": "en français. 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C'est la thèse même que nous"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4924, "fin_caractere_exclue": 4963, "texte": "développions dans notre article du mois"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4993, "fin_caractere_exclue": 5029, "texte": "juin. M. Rebell dit encore très bien"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 109, "fin_caractere_exclue": 152, "texte": "« Balayons loin de notre intelligence cette"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 204, "fin_caractere_exclue": 246, "texte": "énorme bêtise : L'art n'a pas de patrie! -"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 293, "fin_caractere_exclue": 338, "texte": "au   L'art est l'apanage de certains peuples;"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 374, "fin_caractere_exclue": 376, "texte": "ou"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 428, "fin_caractere_exclue": 472, "texte": "l'Italie et la France ont hérité de ce génie"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 524, "fin_caractere_exclue": 565, "texte": "admirable de la Grèce dont s'inspirèrent,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 617, "fin_caractere_exclue": 663, "texte": "sans être infidèles d'ailleurs à celui de leur"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 704, "fin_caractere_exclue": 753, "texte": "est        nation, un Keats, un Goethe. Mais lors"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 839, "fin_caractere_exclue": 892, "texte": "de         même que le génie gréco-latin serait infé­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 944, "fin_caractere_exclue": 986, "texte": "rieur, nous n'en serions pas moins obligés"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1038, "fin_caractere_exclue": 1082, "texte": "de nous en tenir à lui en acceptant ses qua­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1134, "fin_caractere_exclue": 1180, "texte": "lités et ses défauts, car le renier, ce serait"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1274, "fin_caractere_exclue": 1318, "texte": "renier notre race et par là-même notre indi­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1370, "fin_caractere_exclue": 1413, "texte": "vidualité. Sans parler des influences héré­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1465, "fin_caractere_exclue": 1506, "texte": "ditaires, l'usage du français, la lecture"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1558, "fin_caractere_exclue": 1600, "texte": "depuis l'enfance de livres écrits en cette"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1652, "fin_caractere_exclue": 1693, "texte": "langue ont donné à notre pensée certaines"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1792, "fin_caractere_exclue": 1834, "texte": "formes qu'elle gardera toujours : que nous"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1886, "fin_caractere_exclue": 1930, "texte": "l'alimentions parfois de la pensée allemande"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1982, "fin_caractere_exclue": 2019, "texte": "ou anglaise, je l'admets, mais encore"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2071, "fin_caractere_exclue": 2113, "texte": "devons-nous faire nôtres les éléments nou­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2165, "fin_caractere_exclue": 2206, "texte": "veaux que nous y introduisons et répudier"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2246, "fin_caractere_exclue": 2248, "texte": "se"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2300, "fin_caractere_exclue": 2340, "texte": "ceux qui ne se prêteraient point à celle"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2392, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "transformation. »"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2586, "fin_caractere_exclue": 2622, "texte": "LES AFFICHES. — Tous nos compliments"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2663, "fin_caractere_exclue": 2714, "texte": "et         à l'administration des chemins de fer de"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2809, "fin_caractere_exclue": 2854, "texte": "l'Etat, qui a eu l'heureuse idée de mettre au"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2906, "fin_caractere_exclue": 2947, "texte": "concours le projet d'affiche-réclame pour"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2999, "fin_caractere_exclue": 3041, "texte": "la ligne Ostende-Douvres et qui a organisé"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3093, "fin_caractere_exclue": 3136, "texte": "une exposition très intéressante des envois"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3234, "fin_caractere_exclue": 3280, "texte": "qu'elle a reçus. Les artistes seront certaine­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3332, "fin_caractere_exclue": 3374, "texte": "ment reconnaissants à cette administration"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3426, "fin_caractere_exclue": 3469, "texte": "des procédés corrects et courtois, sur les­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3521, "fin_caractere_exclue": 3563, "texte": "quels plusieurs comités d'exposition pour­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3653, "fin_caractere_exclue": 3703, "texte": "a      raient utilement se régler. Nous les recom­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3755, "fin_caractere_exclue": 3792, "texte": "mandons particulièrement au comité de"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3844, "fin_caractere_exclue": 3885, "texte": "l'Exposition    Universelle d'Anvers pour"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3937, "fin_caractere_exclue": 3942, "texte": "1894."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4036, "fin_caractere_exclue": 4073, "texte": "Ce comité met au concours une affiche"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4125, "fin_caractere_exclue": 4169, "texte": "qui doit avoir la dimension réglementaire de"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4221, "fin_caractere_exclue": 4247, "texte": "80 centimètres sur 1m, 15."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4302, "fin_caractere_exclue": 4340, "texte": "Or, pour un projet de cette dimension,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4436, "fin_caractere_exclue": 4479, "texte": "voici les conditions généreuses et aimables"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4519, "fin_caractere_exclue": 4542, "texte": "ne          du comité :"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4597, "fin_caractere_exclue": 4637, "texte": "La Société anonyme de l'Exposition d'An­"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4689, "fin_caractere_exclue": 4734, "texte": "vers en 1894 fera choix, avant le 31 juillet,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4786, "fin_caractere_exclue": 4828, "texte": "de trois projets auxquels seront accordés,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4880, "fin_caractere_exclue": 4923, "texte": "d'après ordre de mérite, des primes de 300,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4964, "fin_caractere_exclue": 4992, "texte": "de         150 et 50 francs."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 5030, "fin_caractere_exclue": 5083, "texte": ":                Ces projets primés appartiendront en"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 102, "texte": "pleine et entière propriété à la Société de      à"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 205, "texte": "l'Exposition qui pourra les modifier, les         l'illusion"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 239, "fin_caractere_exclue": 295, "texte": "utiliser et les reproduire dans telles condi­     quinze"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 329, "fin_caractere_exclue": 372, "texte": "tions qu'elle jugera convenir à son service"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 423, "fin_caractere_exclue": 475, "texte": "de publicité (exposition, distribution, repro­    il"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 519, "fin_caractere_exclue": 560, "texte": "duction sur format réduit ou non, en Bel­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 614, "fin_caractere_exclue": 668, "texte": "gique et à l'étranger, en tel nombre, en telle    lant"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 706, "fin_caractere_exclue": 747, "texte": "langue et sous quelque forme que ce soit)"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 765, "fin_caractere_exclue": 806, "texte": "et sans autre redevance que le montant de"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 857, "fin_caractere_exclue": 912, "texte": "la prime une fois payée.                          donne"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 999, "fin_caractere_exclue": 1003, "texte": "nous"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1135, "fin_caractere_exclue": 1177, "texte": "L'Art moderne a publié un « Hommage temps,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1216, "fin_caractere_exclue": 1259, "texte": "à Victor Hugo » dont le grand poète eût les"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1299, "fin_caractere_exclue": 1353, "texte": "été médiocrement flatté.                          sens"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1391, "fin_caractere_exclue": 1447, "texte": "Voici quelques pierres détachées de ce         l'accuser"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1482, "fin_caractere_exclue": 1534, "texte": "monument :                                        et"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1578, "fin_caractere_exclue": 1626, "texte": "« Il (Hugo) héritait d'une langue neutre traire,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1663, "fin_caractere_exclue": 1715, "texte": "que les Baour et les Viennet et les Delille, siècle,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1752, "fin_caractere_exclue": 1803, "texte": "sous prétexte de correction, de grammaire Lorsqu'il"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1841, "fin_caractere_exclue": 1890, "texte": "et de syntaxe, stérilisaient opiniâtrement... pas"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1981, "fin_caractere_exclue": 1985, "texte": "mot,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2026, "fin_caractere_exclue": 2073, "texte": "On la disait très française, bien qu'elle n'eut"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2124, "fin_caractere_exclue": 2129, "texte": "lupté"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2169, "fin_caractere_exclue": 2213, "texte": "aucun caractère... Hugo la prit, la cassa et"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2264, "fin_caractere_exclue": 2271, "texte": "cation,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2308, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "la broya. »"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2323, "fin_caractere_exclue": 2362, "texte": "Celui qui a écrit ces lignes possède le"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2416, "fin_caractere_exclue": 2462, "texte": "génie de l'inexactitude. Ce n'est nullement de"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2504, "fin_caractere_exclue": 2551, "texte": "sous prétexte de grammaire, de syntaxe et neur."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2586, "fin_caractere_exclue": 2633, "texte": "de correction que les néo-classiques stérili­ «"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2670, "fin_caractere_exclue": 2720, "texte": "sèrent la langue. C'est la recherche du mot Racine"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2761, "fin_caractere_exclue": 2807, "texte": "noble et de la périphrase, le souci, poussé la"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2846, "fin_caractere_exclue": 2894, "texte": "à l'excès, de ne plus exprimer que par des Souza"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2932, "fin_caractere_exclue": 2975, "texte": "termes généraux les aspects généraux de que"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3016, "fin_caractere_exclue": 3073, "texte": "l'humanité et du monde qui fit aboutir la lit­ romantique"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3190, "fin_caractere_exclue": 3239, "texte": "térature classique au règne des Campistron XVIIe,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3275, "fin_caractere_exclue": 3322, "texte": "et des Viennet. Aussi les romantiques cul­ amis"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3360, "fin_caractere_exclue": 3404, "texte": "tivèrent-ils avant tout le mot propre, le et"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3493, "fin_caractere_exclue": 3495, "texte": "de"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3532, "fin_caractere_exclue": 3574, "texte": "terme pittoresque, ce que Boileau appelait"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3624, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "acceptèrent,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3667, "fin_caractere_exclue": 3714, "texte": "le style bas. Et s'ils se révoltèrent contre la"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3764, "fin_caractere_exclue": 3772, "texte": "fameuses"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3803, "fin_caractere_exclue": 3844, "texte": "tragédie racinienne et la règle des trois"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3845, "fin_caractere_exclue": 3886, "texte": "unités, c'est afin de pouvoir montrer sur"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3941, "fin_caractere_exclue": 3982, "texte": "les planches des héros moins abstraits et"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4034, "fin_caractere_exclue": 4087, "texte": "plus individuels.                                sion"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4131, "fin_caractere_exclue": 4182, "texte": "Si les taupes faisaient de la critique litté­ pieds"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4219, "fin_caractere_exclue": 4272, "texte": "raire, elles y verraient plus clair que l'Art syllabe"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4286, "fin_caractere_exclue": 4326, "texte": "moderne! Et à coup sûr, elles se souvien"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4361, "fin_caractere_exclue": 4400, "texte": "draient du vers fameux de Victor Hugo :"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4502, "fin_caractere_exclue": 4505, "texte": "des"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4548, "fin_caractere_exclue": 4592, "texte": "Guerre à la rhétorique et paix à la syntaxe!"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4642, "fin_caractere_exclue": 4650, "texte": "milliard"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4688, "fin_caractere_exclue": 4736, "texte": "Notre critique continue en ces termes :       de"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4746, "fin_caractere_exclue": 4784, "texte": "« La prosodie classique, il en viola 1"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4836, "fin_caractere_exclue": 4897, "texte": "règles grâce au déplacement de la césure         l'initiative"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "l'introduction de l'enjambement qui donne"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 206, "fin_caractere_exclue": 238, "texte": "d'un vers de treize, quatorze ou"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 296, "fin_caractere_exclue": 328, "texte": "pieds dont la rime ne tombe même"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 379, "fin_caractere_exclue": 422, "texte": "pas sur la syllabe terminale; la grammaire,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 476, "fin_caractere_exclue": 518, "texte": "la fouetta, changeant les auxiliaires, em­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 569, "fin_caractere_exclue": 613, "texte": "ployant activement les verbes neutres, acco­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 669, "fin_caractere_exclue": 705, "texte": "deux substantifs pour former un seul"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 756, "fin_caractere_exclue": 764, "texte": "mot... »"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 819, "fin_caractere_exclue": 856, "texte": "Que le critique de l'Art moderne nous"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 913, "fin_caractere_exclue": 948, "texte": "des exemples de ce qu'il avance, et"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1004, "fin_caractere_exclue": 1041, "texte": "lui promettons qu'on rira. Assurément"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1092, "fin_caractere_exclue": 1131, "texte": "Hugo, comme tous les poètes de tous les"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1178, "fin_caractere_exclue": 1215, "texte": "ne s'est pas fait scrupule d'employer"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1260, "fin_caractere_exclue": 1298, "texte": "mots transformés par l'usage dans leur"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1354, "fin_caractere_exclue": 1387, "texte": "détourné ou nouveau, mais quant à"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1450, "fin_caractere_exclue": 1481, "texte": "d'avoir bouleversé la grammaire"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1535, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "la syntaxe, halte-là! Hugo fut, au con­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1627, "fin_caractere_exclue": 1662, "texte": "un des meilleurs grammairiens de ce"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1716, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "et sa syntaxe est quasi impeccable."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1804, "fin_caractere_exclue": 1840, "texte": "écrit « le Lion Océan », il n'accole"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1891, "fin_caractere_exclue": 1930, "texte": "deux substantifs pour en former un seul"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1986, "fin_caractere_exclue": 2025, "texte": "à la façon de Laforgue inventant « vio-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2130, "fin_caractere_exclue": 2168, "texte": "» : il fait simplement une personnifi­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2272, "fin_caractere_exclue": 2307, "texte": "ce qui était vieux comme le soleil."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2374, "fin_caractere_exclue": 2415, "texte": "En ce qui concerne la prosodie, l'aveugle"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2463, "fin_caractere_exclue": 2503, "texte": "l'Art moderne mérite un flageolet d'hon­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2552, "fin_caractere_exclue": 2585, "texte": "M. Catulle Mendès a dit un jour :"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2634, "fin_caractere_exclue": 2669, "texte": "Les pires audaces de Hugo sont dans"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2721, "fin_caractere_exclue": 2760, "texte": "! » Les classiques, en effet, connurent"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2808, "fin_caractere_exclue": 2845, "texte": "césure mobile et l'enjambement. M. de"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2895, "fin_caractere_exclue": 2931, "texte": "a prouvé, d'une manière irréfutable,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2976, "fin_caractere_exclue": 3015, "texte": "toutes les combinaisons de l'alexandrin"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3074, "fin_caractere_exclue": 3092, "texte": "se retrouvent    e"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3171, "fin_caractere_exclue": 3189, "texte": "dans les poètes du"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3240, "fin_caractere_exclue": 3274, "texte": "duXVIeet du XV siècle. Hugo et ses"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3323, "fin_caractere_exclue": 3359, "texte": "les reçurent de leurs prédécesseurs,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3405, "fin_caractere_exclue": 3443, "texte": "— chose piquante — tout en s'inspirant"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3496, "fin_caractere_exclue": 3531, "texte": "Ronsard et d'Agrippa d'Aubigné, ils"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3637, "fin_caractere_exclue": 3666, "texte": "sans velléité de révolte, les"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3773, "fin_caractere_exclue": 3802, "texte": "règles imposées par Malherbe."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3898, "fin_caractere_exclue": 3940, "texte": "Quand on est taupe, c'est pour longtemps !"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3994, "fin_caractere_exclue": 4033, "texte": "Reste « l'enjambement qui donne l'illu­"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4088, "fin_caractere_exclue": 4127, "texte": "d'un vers de treize, quatorze ou quinze"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4183, "fin_caractere_exclue": 4218, "texte": "dont la rime ne tombe pas même à la"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4273, "fin_caractere_exclue": 4285, "texte": "terminale »."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4339, "fin_caractere_exclue": 4360, "texte": "Ça, c'est le bouquet!"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4414, "fin_caractere_exclue": 4452, "texte": "On pourrait aussi concevoir la Légende"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4506, "fin_caractere_exclue": 4543, "texte": "Siècles comme un seul vers libre d'un"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4651, "fin_caractere_exclue": 4684, "texte": "de pieds et qui n'aurait pas même"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4737, "fin_caractere_exclue": 4742, "texte": "rime."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4796, "fin_caractere_exclue": 4835, "texte": "Que le critique de l'Art moderne prenne"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4898, "fin_caractere_exclue": 4931, "texte": "d'une pareille réédition des Con-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "templations. Du coup, il aura Victor Hugo"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 122, "fin_caractere_exclue": 158, "texte": "comme précurseur et comme père. Amen"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 373, "fin_caractere_exclue": 411, "texte": "M. Camille Lemonnier, qui feint d'être"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 461, "fin_caractere_exclue": 503, "texte": "colère contre M. Anatole France, développe"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 552, "fin_caractere_exclue": 589, "texte": "dans Gil Blas la proposition suivante"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 641, "fin_caractere_exclue": 678, "texte": "« Nous ne sommes pas vingt dans Paris"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 733, "fin_caractere_exclue": 768, "texte": "comprendre cette chose, le Style. »"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 822, "fin_caractere_exclue": 851, "texte": "Attention à l'appel nominal !"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 912, "fin_caractere_exclue": 949, "texte": "« Edmond de Goncourt, Léon Bloy, Sté­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 999, "fin_caractere_exclue": 1039, "texte": "phane Mallarmé, Saint-Pol Roux le Magni­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1092, "fin_caractere_exclue": 1132, "texte": "fique, Pierre Louijs, André Gide, Retté,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1184, "fin_caractere_exclue": 1227, "texte": "Tailhade, Mauclair, Verhaeren, Maeterlinck,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1274, "fin_caractere_exclue": 1312, "texte": "Mockel, Raymond Nyst et Camille Lemon­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1341, "fin_caractere_exclue": 1348, "texte": "nier. »"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1435, "fin_caractere_exclue": 1453, "texte": "En tout, quatorze."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1527, "fin_caractere_exclue": 1563, "texte": "C'est beaucoup, mais il y a quelques"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1613, "fin_caractere_exclue": 1643, "texte": "figurants dans ce cortège-là !"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1704, "fin_caractere_exclue": 1738, "texte": "Dans le même article, M. Lemonnier"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1786, "fin_caractere_exclue": 1826, "texte": "certifie que Hugo et Flaubert « créèrent"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1879, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "des langues », et il décrète que le style"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1946, "fin_caractere_exclue": 1985, "texte": "peut être « elliptique ou longitudinal,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2038, "fin_caractere_exclue": 2072, "texte": "pénombral ou translucide, expansif"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2126, "fin_caractere_exclue": 2139, "texte": "subreptice »."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2203, "fin_caractere_exclue": 2242, "texte": "On nous assure que ces diverses procla­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2291, "fin_caractere_exclue": 2336, "texte": "mations ont produit de l'effet sur les boule­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2378, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "vards."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2457, "fin_caractere_exclue": 2494, "texte": "Que les Parisiens ne s'y trompent pas"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2498, "fin_caractere_exclue": 2538, "texte": "sous ses apparences souvent emphatiques,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2577, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "M. Camille Lemonnier cache un Braban­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2653, "fin_caractere_exclue": 2694, "texte": "çon, volontiers goguenard, et qui n'a pas"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2740, "fin_caractere_exclue": 2780, "texte": "renoncé aux mystifications bruxelloises."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2833, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "Le _Brabançon a fait une sortie, voilà"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2873, "fin_caractere_exclue": 2879, "texte": "tout !"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3126, "fin_caractere_exclue": 3165, "texte": "Notre sympathique collaborateur M.Geor­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3213, "fin_caractere_exclue": 3253, "texte": "ges Kaiser ayant exprimé le désir de con"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3298, "fin_caractere_exclue": 3342, "texte": "sacrer un article au drame anti-esclavagiste"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3385, "fin_caractere_exclue": 3427, "texte": "de M. le chevalier Descamps-David, Africa,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3477, "fin_caractere_exclue": 3515, "texte": "nous nous sommes incliné. Malheureuse­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3567, "fin_caractere_exclue": 3609, "texte": "ment, jusqu'à ce jour, notre ami a négligé"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3659, "fin_caractere_exclue": 3702, "texte": "de nous envoyer son article. Nous le préve­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3723, "fin_caractere_exclue": 3759, "texte": "nons charitablement que s'il ne fait"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3815, "fin_caractere_exclue": 3856, "texte": "diligence, notre prochain numéro contien­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3904, "fin_caractere_exclue": 3947, "texte": "dra une étude préventive sur certain Voyage"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3999, "fin_caractere_exclue": 4011, "texte": "au Canada..."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 121, "texte": "LE MACAQUE FLAMBOYANT"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 159, "fin_caractere_exclue": 201, "texte": "!                         Proses de joie :"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 273, "fin_caractere_exclue": 274, "texte": "I"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 326, "fin_caractere_exclue": 369, "texte": "« Malgré le charme et l'émotion des récits,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 412, "fin_caractere_exclue": 460, "texte": "en    dès qu'on se retire du séducteur entraine­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 509, "fin_caractere_exclue": 551, "texte": "ment, il faut bien reprendre cependant les"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 590, "fin_caractere_exclue": 640, "texte": ":         sentiments et la nature pour l'excessive"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 679, "fin_caractere_exclue": 732, "texte": "à         puérilité dont l'auteur parfois les trahit."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 781, "fin_caractere_exclue": 818, "texte": "Mais l'œuvre d'Eugène Demolder, je la"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 867, "fin_caractere_exclue": 908, "texte": "louangerais sans cette remarque, si je ne"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 957, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "me tenais obligé en ce journal et partout"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1047, "fin_caractere_exclue": 1091, "texte": "de faire acte d'ambassadeur pour l'austérité"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1140, "fin_caractere_exclue": 1183, "texte": "des légendes, de la nature et de la pensée,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1232, "fin_caractere_exclue": 1273, "texte": "aussitôt que je vois leur essence dévoyée"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1322, "fin_caractere_exclue": 1340, "texte": "ou bien oubliée »."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1405, "fin_caractere_exclue": 1431, "texte": "(Le Mouvement littéraire.)"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1483, "fin_caractere_exclue": 1523, "texte": "A peine retiré du séducteur entraînement"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1572, "fin_caractere_exclue": 1612, "texte": "de ces phrases, nous nous demandons s'il"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1661, "fin_caractere_exclue": 1700, "texte": "est équitable de reprendre cette pauvre"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1749, "fin_caractere_exclue": 1785, "texte": "Nature sous prétexte que M. Demolder"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1834, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "l'aurait trahie puérilement. C'est tout sim­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1927, "fin_caractere_exclue": 1945, "texte": "plement révoltant."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1997, "fin_caractere_exclue": 2037, "texte": "Nous expliquerons cette citation du Mou­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2073, "fin_caractere_exclue": 2125, "texte": "ou           vement littéraire lorsque nous l'aurons"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2174, "fin_caractere_exclue": 2199, "texte": "comprise, mais pas avant."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2252, "fin_caractere_exclue": 2290, "texte": "Il serait inutile de chercher à nous y"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2339, "fin_caractere_exclue": 2377, "texte": "contraindre, même si nous recevions 1e"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2426, "fin_caractere_exclue": 2453, "texte": "carte de visite que voici :"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2495, "fin_caractere_exclue": 2496, "texte": ":"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2547, "fin_caractere_exclue": 2576, "texte": "ELIPHAS-NEPOMUCENE PITANCHARD"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2641, "fin_caractere_exclue": 2652, "texte": "Ambassadeur"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2709, "fin_caractere_exclue": 2738, "texte": "pour l'austérité des légendes"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2821, "fin_caractere_exclue": 2829, "texte": "PATHMOS."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2941, "fin_caractere_exclue": 2943, "texte": "II"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2994, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "« ... Je me rappelle les polémiques de"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3081, "fin_caractere_exclue": 3123, "texte": "plume qui suivirent cette mémorable soirée"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3172, "fin_caractere_exclue": 3212, "texte": "et la scission, bien nette désormais, du"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3261, "fin_caractere_exclue": 3297, "texte": "mouvement littéraire en Belgique. La"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3346, "fin_caractere_exclue": 3384, "texte": "réalité en est aujourd'hui de ceux qui"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3433, "fin_caractere_exclue": 3476, "texte": "avancent et de ceux qui restent surplace. \""}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3554, "fin_caractere_exclue": 3566, "texte": "(Le Peuple.)"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3618, "fin_caractere_exclue": 3658, "texte": "La réalité en est de cela, parfaitement."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3710, "fin_caractere_exclue": 3722, "texte": "Continuons :"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3760, "fin_caractere_exclue": 3814, "texte": "pas           « ... Et c'est cette existence du paria,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3863, "fin_caractere_exclue": 3903, "texte": "toujours uniforme de monotonie souffrait"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3952, "fin_caractere_exclue": 3998, "texte": "et d'inespoir, et c'est cette existence surhu­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4047, "fin_caractere_exclue": 4088, "texte": "maine, avec ses révoltes et ses clameurs,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4137, "fin_caractere_exclue": 4180, "texte": "ses rages et ses malédictions, que chantent"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4229, "fin_caractere_exclue": 4274, "texte": "fièrement ces livres ... »            (Idem.)"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "Aux lecteurs qui trouveraient cet extrait"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 197, "texte": "uniforme de monotonie, nous conseillons,        sous"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 291, "texte": "sans aucun inespoir, l'usage des phrases        lignes"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 304, "fin_caractere_exclue": 315, "texte": "que voici :"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 392, "fin_caractere_exclue": 444, "texte": "« ... Le Cycle Patibulaire, où SA MORBI­      contre"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 480, "fin_caractere_exclue": 530, "texte": "DESSE APPARAÎT DANS TOUTE SON ÉTRANGE           me"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 563, "fin_caractere_exclue": 575, "texte": "PUISSANCE. »"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 659, "fin_caractere_exclue": 710, "texte": "La puissance de cette morbidesse est un      Gilkin"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 745, "fin_caractere_exclue": 799, "texte": "étrange phénomène, en effet.                    poètes"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 840, "fin_caractere_exclue": 894, "texte": "Voici le bouquet :                           Parnasse."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 900, "fin_caractere_exclue": 942, "texte": "« ... Il s'en continue fièrement sa route,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 943, "fin_caractere_exclue": 985, "texte": "parmi les derniers venus et leur influe le"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 986, "fin_caractere_exclue": 1021, "texte": "souffle de la victoire prochaine. »"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1079, "fin_caractere_exclue": 1131, "texte": "Ah! si au lieu de s'en continuer, il leur    Peuple,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1164, "fin_caractere_exclue": 1223, "texte": "influait un peu de grammaire, de syntaxe et     littérature"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1252, "fin_caractere_exclue": 1312, "texte": "d'orthographe, ça serait assurément moins       Weustenraad."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1313, "fin_caractere_exclue": 1346, "texte": "fier, mais ce serait plus utile 1"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1350, "fin_caractere_exclue": 1390, "texte": "Sait-on que le colonel Ramollot a remar­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1391, "fin_caractere_exclue": 1433, "texte": "quablement défini ce jargon en s'écriant :"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1469, "fin_caractere_exclue": 1511, "texte": "« Ne songez pas à ce que je dis 1 Songez à"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1558, "fin_caractere_exclue": 1611, "texte": "ce que je veux dire ! »                          man,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1699, "fin_caractere_exclue": 1701, "texte": "de"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1794, "fin_caractere_exclue": 1796, "texte": "du"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1837, "fin_caractere_exclue": 1892, "texte": "A propos du deuxième volume de l'His­ Jeunes-Néerlande,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1918, "fin_caractere_exclue": 1975, "texte": "toire des Lettres belges de M. Francis Nau- Jeunes-France"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2003, "fin_caractere_exclue": 2059, "texte": "tet, on lit dans la Liberté :                   'Congrès"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2099, "fin_caractere_exclue": 2144, "texte": "« Rien n'est dangereux comme d'écrire assises"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2176, "fin_caractere_exclue": 2231, "texte": "de l'actuel. « L'histoire a sa perspective », a adressé"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2266, "fin_caractere_exclue": 2309, "texte": "dit Macaulay; pour estimer les hommes et un"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2350, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "les livres, il faut un certain recul dans le temps"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2436, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "temps, sans quoi l'on est exposé à prendre n'avons"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2522, "fin_caractere_exclue": 2579, "texte": "une colline pour une taupinière, et récipro­ méritons-les"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2611, "fin_caractere_exclue": 2656, "texte": "quement. Ce n'est pas précisément ce qui sant"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2693, "fin_caractere_exclue": 2745, "texte": "arrive à M. Nautet, mais il n'a pas plus que résumer"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2780, "fin_caractere_exclue": 2829, "texte": "tout autre échappé aux difficultés d'appré­ raire"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2871, "fin_caractere_exclue": 2920, "texte": "cier de très près le décor intellectuel d'une Or,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2961, "fin_caractere_exclue": 3010, "texte": "époque; peut-être s'est-il un peu laissé aller ni"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3052, "fin_caractere_exclue": 3095, "texte": "à admirer des détails qui, à la distance de"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3096, "fin_caractere_exclue": 3140, "texte": "quelques années, feront l'effet d'un coin de"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3192, "fin_caractere_exclue": 3240, "texte": "miniature perdu dans une fresque panora­ liques,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3280, "fin_caractere_exclue": 3331, "texte": "mique. C'était d'ailleurs dans sa mission et maçons"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3368, "fin_caractere_exclue": 3416, "texte": "nul n'oserait s'aventurer à prédistinguer ce dès"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3454, "fin_caractere_exclue": 3505, "texte": "qui sera ou ne sera pas oublié demain... génération"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3540, "fin_caractere_exclue": 3592, "texte": "si du reste quelque chose de ce qui s'est fait idéal"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3612, "fin_caractere_exclue": 3650, "texte": "chef nous doit ne pas être oublié... »"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3754, "fin_caractere_exclue": 3765, "texte": "d'ailleurs,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3799, "fin_caractere_exclue": 3847, "texte": "Cette excellente Liberté ne perd pas son puisque"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3884, "fin_caractere_exclue": 3933, "texte": "temps : elle n'a pas six mois d'existence et Dieu"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3951, "fin_caractere_exclue": 3994, "texte": "elle est déjà aimable pour les écrivains de"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4086, "fin_caractere_exclue": 4099, "texte": "son pays !..."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4149, "fin_caractere_exclue": 4151, "texte": "un"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4193, "fin_caractere_exclue": 4244, "texte": "Petite précoce, va !                          Dieu,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4333, "fin_caractere_exclue": 4340, "texte": "d'avoir"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "On lit dans le Mouvement         Littéraire,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 198, "fin_caractere_exclue": 236, "texte": "la signature de M. José Hennebicq, les"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 292, "fin_caractere_exclue": 303, "texte": "que voici :"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 355, "fin_caractere_exclue": 389, "texte": "« La réaction de la Jeune Belgique"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 445, "fin_caractere_exclue": 479, "texte": "l'envahissante manie du vers libre"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 531, "fin_caractere_exclue": 562, "texte": "semble nécessaire et opportune."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 614, "fin_caractere_exclue": 655, "texte": "En partant en guerre contre l'amorphisme,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 711, "fin_caractere_exclue": 744, "texte": "et Giraud ont fait leur devoir de"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 836, "texte": ": ils ont bien mérité de l'Art et du"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 895, "fin_caractere_exclue": 896, "texte": "»"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1038, "fin_caractere_exclue": 1075, "texte": "M. Célestin Demblon continue, dans le"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1132, "fin_caractere_exclue": 1163, "texte": "son intéressante Histoire de la"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1224, "fin_caractere_exclue": 1251, "texte": "belge. Il en est à Théodore"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1458, "fin_caractere_exclue": 1464, "texte": ">    ■"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1521, "fin_caractere_exclue": 1557, "texte": "EN HOLLANDE. — Un certain M. Schaep­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1612, "fin_caractere_exclue": 1649, "texte": "qui cumule les professions de prêtre,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1702, "fin_caractere_exclue": 1744, "texte": "député et de versificateur de l'autre côté"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1797, "fin_caractere_exclue": 1833, "texte": "Moerdyck, a bien voulu s'occuper des"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1893, "fin_caractere_exclue": 1917, "texte": "des Jeunes-Belgique, des"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1976, "fin_caractere_exclue": 2002, "texte": "et des Jeunes-Allemagne au"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2060, "fin_caractere_exclue": 2095, "texte": "littéraire qui a tenu récemment ses"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2145, "fin_caractere_exclue": 2175, "texte": "en Hollande. Ce M. Schaepman a"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2232, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "aux jeunes écrivains de tout pays"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2310, "fin_caractere_exclue": 2349, "texte": "reproche qui émouvait déjà les abbés du"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2401, "fin_caractere_exclue": 2435, "texte": "du roi Salomon. Il paraît que nous"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2487, "fin_caractere_exclue": 2521, "texte": "pas d'idéal, d'où il suit que nous"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2580, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "galères. Le raisonnement puis­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2657, "fin_caractere_exclue": 2692, "texte": "de l'honorable M. Schaepman peut se"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2746, "fin_caractere_exclue": 2779, "texte": "comme suit : « La jeunesse litté­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2830, "fin_caractere_exclue": 2870, "texte": "est matérialiste ; elle n'a pas d'idéal."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2921, "fin_caractere_exclue": 2960, "texte": "sans idéal on ne peut rien faire de bon"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3011, "fin_caractere_exclue": 3051, "texte": "de beau, car l'Idéal c'est Dieu I » Ouf!"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3148, "fin_caractere_exclue": 3191, "texte": "Ce reproche-là, tous les sacristains catho­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3241, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "protestants, juifs ou libéraux francs-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3332, "fin_caractere_exclue": 3367, "texte": "le fulminent avec une égale énergie"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3417, "fin_caractere_exclue": 3453, "texte": "qu'ils se trouvent en présence d'une"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3506, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "artistique et littéraire qui a un"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3593, "fin_caractere_exclue": 3611, "texte": "différent du leur."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3664, "fin_caractere_exclue": 3704, "texte": "Car il y a idéal et idéal, comme il y a,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3766, "fin_caractere_exclue": 3795, "texte": "idée de Dieu et idée de Dieu,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3848, "fin_caractere_exclue": 3883, "texte": "le Dieu d'un Turc diffère un peu du"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3934, "fin_caractere_exclue": 3950, "texte": "d'un catholique."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4047, "fin_caractere_exclue": 4085, "texte": "Or, si M. Schaepman a le droit d'avoir"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4152, "fin_caractere_exclue": 4189, "texte": "certain idéal et une certaine idée de"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4245, "fin_caractere_exclue": 4283, "texte": "Paul et Jacques ont non moins le droit"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4341, "fin_caractere_exclue": 4376, "texte": "un autre idéal et une autre idée de"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 97, "texte": "Dieu ; ils ont même le droit d'avoir pour"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 151, "fin_caractere_exclue": 193, "texte": "idéal la négation de toute espèce de Dieu."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 244, "fin_caractere_exclue": 281, "texte": "Chacun a son idéal plus ou moins bien"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 337, "fin_caractere_exclue": 379, "texte": "construit, plus ou moins raisonnable, plus"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 408, "fin_caractere_exclue": 448, "texte": "ou moins probable. L'idéal de M. Schaep­"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 503, "fin_caractere_exclue": 548, "texte": "man doit être très étriqué, puisqu'il n'admet"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 604, "fin_caractere_exclue": 646, "texte": "point que les autres hommes aient un autre"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 682, "fin_caractere_exclue": 726, "texte": "idéal et qu'il déclare avec une réjouissante"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 775, "fin_caractere_exclue": 818, "texte": "fatuité que hors l'idéal Schaepman il n'est"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 854, "fin_caractere_exclue": 868, "texte": "point d'idéal."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 955, "fin_caractere_exclue": 991, "texte": "Laissons ce bon M. Schaepman dans sa"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1048, "fin_caractere_exclue": 1090, "texte": "schaepmannerie et saluons-le avec toute la"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1147, "fin_caractere_exclue": 1186, "texte": "déférence due aux gens qui croient être"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1236, "fin_caractere_exclue": 1277, "texte": "Dieu-le-Père ou simplement Dieu-le-Saint-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1332, "fin_caractere_exclue": 1366, "texte": "Esprit. Amen. L'incident est clos."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1398, "fin_caractere_exclue": 1440, "texte": "N. B. Celui qui écrit ces lignes n'est pas"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1441, "fin_caractere_exclue": 1483, "texte": "matérialiste pour un sou. Il professe même"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1484, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "une véritable horreur à l'endroit du maté­"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1527, "fin_caractere_exclue": 1569, "texte": "rialisme, ce qui ne l'empêche nullement de"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1624, "fin_caractere_exclue": 1665, "texte": "tolérer le matérialisme de sa belle-mère."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1923, "fin_caractere_exclue": 1935, "texte": "Les Revues :"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1989, "fin_caractere_exclue": 2031, "texte": "Lire dans la Revue Bleue, afin de détester"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2032, "fin_caractere_exclue": 2073, "texte": "davantage l'abominable pays du porc salé,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2074, "fin_caractere_exclue": 2111, "texte": "Trois jours à Chicago, par M. Maurice"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2112, "fin_caractere_exclue": 2120, "texte": "Bouchor."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2124, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "Le Réveil publie un beau numéro"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2156, "fin_caractere_exclue": 2201, "texte": "triple, très touffu et très encombré, où l'on"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2202, "fin_caractere_exclue": 2241, "texte": "remarque des proses de MM. Henri Mazel,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2302, "fin_caractere_exclue": 2346, "texte": "Arnold Goffin, Fernand Severin, etc., et des"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2397, "fin_caractere_exclue": 2435, "texte": "vers de MM. Paul Alériel, Georges Mar­"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2497, "fin_caractere_exclue": 2530, "texte": "low, Henri de Régnier, etc., etc."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2590, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "A savourer, dans la Revue         Blanche,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2633, "fin_caractere_exclue": 2675, "texte": "l'incantation suivante de M. Romain Coolus"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2679, "fin_caractere_exclue": 2726, "texte": "Tes lourds yeux indécis, indécents, indicibles,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2728, "fin_caractere_exclue": 2768, "texte": "Tes yeux luxuriants, luxurieux, de luxe,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2770, "fin_caractere_exclue": 2812, "texte": "Tes yeux malévolents, hantés de maléfices,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2814, "fin_caractere_exclue": 2859, "texte": "Vouleurs de mort, ordonnateurs de sacrifices,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2861, "fin_caractere_exclue": 2912, "texte": "Tes yeux pers, pires, verts et pervers, aux intimes"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2914, "fin_caractere_exclue": 2954, "texte": "Corruptions, dont je contamine les miens"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2956, "fin_caractere_exclue": 2990, "texte": "Caravanes de lents rêves bohémiens"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3035, "texte": "Qui procèdent ainsi qu'un peuple en agonie,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 3037, "fin_caractere_exclue": 3081, "texte": "J'égrène leur déroute au long des insomnies,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 3083, "fin_caractere_exclue": 3131, "texte": "Tes yeux lourds, indécis, indécents, indicibles,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 3133, "fin_caractere_exclue": 3176, "texte": "Tes yeux inaccédés, tes yeux inaccessibles,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 3178, "fin_caractere_exclue": 3218, "texte": "Tes yeux rôdés d'énigmatiques sortilèges"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 3220, "fin_caractere_exclue": 3264, "texte": "Je m'en clame l'esclave triste et sacrilège."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 113, "fin_caractere_exclue": 150, "texte": "Dans le Mercure, des vers de M.Albert"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 206, "fin_caractere_exclue": 243, "texte": "Samain, un article sur Maupassant par"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 299, "fin_caractere_exclue": 336, "texte": "M. Mallarmé, et un dessin original de"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 392, "fin_caractere_exclue": 407, "texte": "Henry de Groux."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 465, "fin_caractere_exclue": 502, "texte": "Lire dans les Entretiens, qui tombent"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 558, "fin_caractere_exclue": 603, "texte": "dans l'occultisme et la politique, l'amusante"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 659, "fin_caractere_exclue": 681, "texte": "coquille du sommaire :"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 739, "fin_caractere_exclue": 774, "texte": "ISIS : L E GOUVERNEMENT DES MAGES.-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 830, "fin_caractere_exclue": 853, "texte": "Le culte de la Boule !!"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 912, "fin_caractere_exclue": 951, "texte": "L'Ermitage,  toujours intéressant, con­"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1007, "fin_caractere_exclue": 1047, "texte": "tient des poèmes de MM. Merill, Michelet"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1103, "fin_caractere_exclue": 1146, "texte": "et Remouchamps, et des réflexions curieuses"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1202, "fin_caractere_exclue": 1235, "texte": "de Saint-Antoine sur Victor Hugo."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1294, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "Plus de nouvelles de Floréal ni de la"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1387, "fin_caractere_exclue": 1394, "texte": "Nervie."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1585, "fin_caractere_exclue": 1623, "texte": "Le Théâtre de la Monnnie a rouvert ses"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1679, "fin_caractere_exclue": 1723, "texte": "portes. Débuts brillants : La représentation"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1779, "fin_caractere_exclue": 1823, "texte": "d'Aida a été particulièrement satisfaisante."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1879, "fin_caractere_exclue": 1919, "texte": "Est-ce enfin un renouveau artistique qui"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1975, "fin_caractere_exclue": 1985, "texte": "s'annonce?"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2260, "fin_caractere_exclue": 2301, "texte": "En l'absence de M. Iwan Gilkin, directeur"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2357, "fin_caractere_exclue": 2396, "texte": "de la Jeune Belgique, M. Albert Girauda"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2452, "fin_caractere_exclue": 2496, "texte": "bien voulu se charger de diriger la publica­"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2552, "fin_caractere_exclue": 2586, "texte": "tion du prochain numéro (octobre)."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2676, "fin_caractere_exclue": 2677, "texte": ":"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-09-n9-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ ÉDITEUR DE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 400, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1404, "texte": "LACOMBLEZ\n    ÉDITEUR           DE    « LA     JEUNE        BELGIQUE           »\n                       31, rue des Paroissiens, 31\n                               BRUXELLES\n\n\n                 VIENNENT          DE PARAITRE          :\n\n                         Max E L S K A M P\nSALUTATIONS, DONT D'ANGÉLIQUES\n                 un volume in-8°, sur papier de Hollande\n    avec frontispice de HENRY VAN DE VELDE. — Prix : fr. 3-50\n\n\n              V I L L I E R S D E L'ISLE-ADAM\n\n P R E M I È R E S POÉSIES\n    un volume de la Petite Collection des Poètes, beau vélin, fr. 3-50\nExemplaires numérotés : sur japon impérial                       20 francs.\n   Id.         id.        sur hollande Van Gelder. . . .          8 id.\n\n                            SOUS PRESSE :\n                        Edmond PICARD\n\nEL MOGHREB AL AKSA\n                   Une mission belge au Maroc\n\n                        Charles S L U Y T S\n\n            NOTES D'ÊTRE\n                             volume de luxe\n\n\n                        E N PRÉPARATION\n         pour paraître dans la Petite Collection des Poètes :\n\n La Quenouille et la Besace, de MAURICE MAETERLINCK,\n           Sous la Couronne, d'ALBERT GIRAUD,\net des volumes de FERNAND SEVERIN, GRÉGOIRE LE ROY, etc.\n                        En formats divers :\n   des œuvres d'EDMOND PICARD, GEORGES EEKHOUD,\n                       ALBERT GIRAUD, etc.\n"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1733, "texte": "                             EN          VENTE\n\n  à la librairie P A U L L A C O M B L E Z\n                         BRUXELLES\n\n\n\nP A U L BOURGET : Un Scrupule,    in-32 illustré . . fr.                    2 »\nCHARLES D E COSTER : La Légende d'Ulenspiegel           .                   5 »\nANATOLE FRANCE : La Rôtisserie de la Reine Pé­\n    dauque                                                                  3 50\nBaron DE HAULLEVILLE : Portraits et Silhouettes,\n    2e série                                                                3 50\nIBSEN : Les Prétendants à la couronne. Les Guerriers\n    à Helgoland                                                             3 50\nLEDRAIN : La Bible, VIII : Job. Les Psaumes.        . .                     3 50\nP I E R R E LOTI : L'Exilée                                                 3 50\nA D . R E T T É : Une Belle Dame passa                                      3 50\nVERHAEREN : Les Campagnes hallucinées . . . .                               5 »\nVERLAINE : Mes Prisons                                                      3 50\nVIELÉ-GRIFFIN : La Chevauchée d'Yeldis         . . . .                      3 50\nVILLIERS DE L'ISLE-ADAM : Nouveaux Contes cruels\n     et Propos d'au-delà....'.                                              3 ;50\n\n\n\n          Dépôt des Revues Françaises :\n            La Plume, fr. o-50; franco, fr. 0-55\n      Le Mercure de France, 1 franc ; franco, fr. 1-25\n             L'Ermitage, fr. 0-60; franco, fr. 0-65\n Les Entretiens politiques et littéraires, fr. 0-60; franco, fr. 0-65\n\n\n      Demandez le Catalogue complet de l'Editeur\n                Paul L A C O M B L E Z .\n\n               Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom,32, rue île l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 366, "texte": "Septembre                  1893.            TOME XII. — No 9                 13me                Année.\n\n\n\n\nA\n       JEUNE\n                      BELGIQUE\n                                            SOMMAIRE:\n          Le Sacre de Ponce-Pilate                     J. V A N D E R B R U G G H E N .\n          Vers                                         ALBERT ARNAY.\n          Le Mouvement                 flamand         LA DIRECTION.\n          Pierrot et l'Ane                             ALBERT GIRAUD.\n          Atalante à Calydon (trad. de P. Tiberghien)\n            (suite)                                    A.-C. SWINBURNE.\n          Rimes d'ombre .                              IWAN GILKIN.\n          Littérature russe : Poésies de Tutchew. Tra­\n            duction de                                 LÉOPOLD W A L L N E R .\n          Chronique littéraire :\n            I. Le Docteur Pascal. — II. Valbert ;\n               Vathek                             ALBERT GIRAUD.\n          Memento                                 NEMO.\n\n\n\n\n            RÉDACTION                                                  BRUXELLES\n110, R U E D E L A L I M I T E ,   BRUXELLES.                   PAUL   LACOMBLEZ,          ÉDITEUR\n                                                                       3I, rue des Paroissiens\n                                                                             PARIS\n      PRIX DU NUMÉRO                                         CHAMUEL,     LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                   29, rue de Trévise\n                 fr. 0-75.\n                                                                               1893\n"}, {"page_pdf": 367, "texte": "     BELGIQUE\n\n\n\n\n                                                                       BELGIQUE\n                                   N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                               JEUNE\n                  JEUNE\n                            LA\n\n\n\n\n                                                          LA\n                                   N E CRAINS\n         Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                             PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n  Fondateur        : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                           Directeur : IWAN GILKIN.\n                  Rédaction : 110, rue de la Limite, Bruxelles.\n                7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard               des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom­\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Paris : Chez Bailly, 11, rue de la Chaussée-d'Antin.\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n\n                          V I E N N E N T D E PARAITRE :\n\n QUELQU'UN D'AUJOURD'HUI\n                                 par H E N R Y MAUBEL\n\n\n      Histoire des Lettres belges d'expression française\n                              par FRANCIS N A U T E T\n\n\nSTANCES DOBBES\n                Commentaire sacerdotal du T a r o t\n                                  par IWAN GILKIN\n"}, {"page_pdf": 368, "texte": "   LE SACRE DE PONCE-PILATE\n\n\n                                   'un des principaux sacrificateurs venait de\n                               terminer, contre Jésus, une énergique accusa­\n                               tion soulignée par les cris approbatifs de la\n                               foule, et s'étant majestueusement assis, il\n                               attendit, au milieu des hurlements sourds, que\n                                  le juge répondît.\n                                        Les soldats, robustes et farouches, la\n                                       lance au poing, maintenaient à grand'-\n                 peine la populace houleuse et irritée.\n                   Jésus debout, les mains liées, le visage serein auréolé du\n                 roux de ses cheveux flottants, regardait Ponce-Pilate et\n                 celui-ci sur son escabeau, les mains appuyées sur ses genoux\n                 écartés, demeurait morne, indécis et muet, les yeux atta­\n                 chés au sol avec une nerveuse obstination. Il n'osait lever\n               le regard ni sur l'accusateur fiévreux, ni sur l'assistance im­\n               patiente et vindicative, ni sur Jésus, dont l'air doux et tran­\n               quille l'avait déconcerté déjà. Et ce pendant que tous les\n               yeux s'attachaient sur lui, une grande lâcheté l'oppressait,\n               la perplexité l'étourdissait, le livrait sans volonté à cette\n               cohue frémissante de colère qui l'apostrophait, l'assaillait de\nplaisanteries amères et cruelles, le taxait de pusillanimité à cause de son\nsilence prolongé. Et Ponce-Pilate, immobile toujours, gardait son attitude\nprostrée, courbait la tête sous les injures qu'il n'avait pas le courage de\nréprimer, abdiquant ainsi son autorité devant le peuple grondeur qui impo­\nsait son vouloir au maître.\n"}, {"page_pdf": 369, "texte": "                                    -   330    -\n\n    Et les clameurs croissaient en intensité d'instant en instant ; des voix\naiguës de femmes et d'enfants dominaient en l'explosion de ce délire furieux.\n    Ponce-Pilate se sentait assommé par ce bruit ininterrompu, son jugement\nl'abandonnait, ses pensées se troublaient. Il souhaitait une pluie de feu sur\nla Judée, afin d'échapper aux injonctions du peuple. Et son silence perdu­\nrait. Et au milieu des vociférations stridentes demandant la mort de Jésus\net des cris de délivrance pour le brigand Barabbas, l'accusateur se pencha\nvers Ponce-Pilate et dit : « Tu trembles pour la vie d'un homme qui blas­\nphème le dieu des juifs et insulte César! Que pense le peuple de toi? Hâte-\ntoi de lui donner le spectacle qu'il te réclame, ou veux-tu que cette meute\navide de sang t'accuse et se jette sur toi? L'heure est venue de te rendre\npopulaire. Qu'as-tu fait déjà? Rien ! Allons ! va ! le marché est à vil prix... »\n   Tandis que cet homme parlait, Ponce-Pilate avait regardé Jésus à la\ndérobée et tressailli.\n   Puis s'étant levé, blême et tremblant, il demanda à Jésus : « Es-tu le roi\ndes Juifs? » Et Jésus répondit : « Tu le dis. »\n   A cette réponse faite d'une voix ferme et douce, une longue huée retentit.\nLa foule criait : « Ote, ôte ! crucifie-le ! » Et les sacrificateurs et les scribes\net les huissiers disaient : « Nous n'avons d'autre roi que César ! »\n    Et un grand trouble avait pénétré l'âme du juge, car, tout à coup, la\nprescience que la condamnation du Fils de Marie était l'irrémissible\ndéchéance des juifs lui était venue. Comme s'il lisait dans l'avenir, il vit le\njudaïsme sombrer et s'engloutir sous les flots vivaces et envahisseurs de la\ndoctrine nouvelle. Il prévoyait que l'agonie des croyances du moment com­\nmencerait avec celle de Jésus et que celui-ci naîtrait universellement à\nl'instant de sa mort.\n   Un terrible combat se livrait en lui. Il eût voulu tergiverser encore,\nretarder l'instant suprême, ne pas prononcer la sentence que témérairement\nles juifs réclamaient. Mais la réponse de Jésus le déroutait, le forçait à se\nrendre.\n   Et la foule criait toujours; et les sacrificateurs renforçaient sa colère; et\nquelques hommes montés sur les épaules d'autres hommes protestaient\nd'une voix dominatrice et violente. Et tous applaudissaient et criaient encore\net plus fort toujours...\n    Or, pendant ce tumulte de voix et de gestes, les regards de Jésus et ceux\nde Ponce-Pilate se rencontrèrent et, dans les prunelles limpides et bleues du\nRénovateur, le juge lut un ordre impérieux, marqué d'une ironie cinglante,\ns'imposant à son esprit, le subjuguant. Et peu à peu, comme envoûté par\nces prunelles limpides et bleues et si douces pourtant qui semblaient lui\n"}, {"page_pdf": 370, "texte": "                                    — 331 —\n\n dire : « Lâche! tu n'oses donc pas me condamner? » Ponce-Pilate partagea\n la haine de la foule. C'est en vain qu'il tenta de se soustraire à l'énergie\n fascinatrice qui lui commandait de livrer Jésus. Oh! lutte désespérée et\nimpuissante contre la foule qui réclamait l'homme et l'homme qui disait :\n « Condamne! » Et Ponce-Pilate, hors de lui, subissant le choc de ces\nvolontés réunies, succomba à l'irrésistible tentation et abandonna le Sauveur\naux mains des juifs...\n   Alors le Procurateur de la Judée, accablé de sa décision, irrévocable\ndésormais, conscient de l'épouvantable crime qu'il permettait, retomba\nlourdement sur le siège judicial.\n   Mais soudain il se redressa et, regardant Jésus qu'on emmenait, il mur­\nmura d'une voix sourde, empreinte d'une âpre joie de châtiment : « Ton\nsang retombera sur leur race maudite que j'exècre maintenant. » Et le\nRédempteur, dont le visage reflétait une solennelle béatitude, s'étant\nretourné, répondit par un sourire intraduisible.\n                                         JULES VANDER BRUGGHEN\n\n\n\n\n                                   VERS (1)\n                                               Et l'un des fous chante,\n                                           Lorsque le matin touche sa raison,\n                                           Un chant que l'heure indulgente\n                                               Restitue à sa raison.\n        Au bord fleuri de cette eau,\n        Dans un calme paysage\n        Que nul hiver agressif jamais ne ravage,\n        Vous trouverez mon château.\n\n        Il est tout d'or clair et de pierreries,\n        Mon joli château,\n        Et sa flèche fine s'incline pour que rient,\n        Comme un visage d'enfant, les regards de l'eau.\n\n        Il est au bonheur comme la nature\n        Qui l'entoure et qui lui f ait\n        Des couronnes de jasmin, des nids de verdure\n        Et des parterres   d'œillets.\n (1) D'un volume en préparation.\n"}, {"page_pdf": 371, "texte": "                     — 332 —\n\nPuis des carillons légers sonnent aux terrasses,\nSonnent légers dans le vent,\nAfin que tous ceux qui viennent ou passent,\nS'arrêtent rêveurs en y   arrivant.\n\nMais n'y entrez pas, fillette ingénue,\nVos roses s'y   flétriraient...\nMais n'y entrer pas, rieuse inconnue,\nVos beaux yeux y pleureraient.\n\nAu dedans plus rien n'arrive\nDes liesses d'alentour,\nAu dedans rien ne s'avive\nDes bonnes clartés du jour.\n\nL'air est lourd, rien ne répète\nA l'écho muet des phrases d'amour\nEt l'horloge du bonheur soudain s'y arrête\nToujours, pour toujours!\n\n\n                                     Et de l'horizon\n                                     Une voix répond.\n\nL'ombre seule ici hasarde\nSa présence, à pas de loup ;\nC'est le carrefour des suicidés où\nNul passant jamais ne s'attarde.\n\nLa peur seule sur la bruyère\nChevrote ses sanglots\nAutour des mares en caillots;\nEt seule la nuit la douleur des mères\nS'agenouille et prie au pied des calvaires\nLe Christ et ses angelots.\nLe soleil pourtant eut des heures d'épopée\nEn cette aridité sans fin\nQuand, au cliquetis des lourdes épées,\nLes cors annonçaient — solennels — les toasts de vin\nOctroyant aux preux des préséances vantées.\n"}, {"page_pdf": 372, "texte": "                        — 333 —\n\n  Et sur la froide lande ouverte à tous les vents\n  Dormait une ville au calme de ses canaux\n  Et de ses chemins où de belles dames claires\n  Souriaient et se penchaient aux fleurs printanières\n  Du matin levant,\n  Aux phrases en fleurs de leurs damoiseaux.\n\n  Et c'était loin des négoces\n  Les violons doux des festins de noces,\n  Et c'était le rire ému des soirs sans langueurs\n  Et sans courtisanes —\n  Ce rire qu'un oiselet solitaire glane\n  Lorsqu'il chante au ras du carrefour de la peur !\n\n\n                               Mais une autre voix encore\n                       Chante dans la triste cour, que le soleil dore\n                                D'un rais de matin...\n                       Une voix craintive, au timbre enfantin :\n\n— Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien?\n— La fée erre à la fontaine\n  En cueillant des marjolaines\n  De ses doigts prestes et fins.\n\n— Anne, ma sœur Anne, le temps s'enfuit...\n— Je ne vois, au clair de lune,\n  Que des ombres sur les dunes\n  Et des folles et des fous qui rient sans bruit.\n\n— Anne, ma sœur Anne, aux grèves des mers\n  N'est-il point de barque ou de canot qui amarre?\n— Je ne vois rien que les phares\n  Au plus loin des mers.\n\n— Anne, ma sœur Anne, ah! l'heure a sonné\n  Du destin inéluctable :\n  N'entends-tu point sur le sable\n  Quelque pas pressé?...\n                                           A L B E R T ARNAY\n"}, {"page_pdf": 373, "texte": "                                   -   334 —\n\n\n\n\n       LE MOUVEMENT FLAMAND\n              I1 existe en Belgique un puissant courant d'opinion, qui porte\n               le nom de « mouvement flamand ». Infime et obscur à sa\n               source, ce courant n'a cessé de croître en importance et en\n               impétuosité : la récente évolution politique qui vient de\ntransformer notre Constitution oligarchique en une démocratie radicale, va\ndécupler sa force et faire du petit cours d'eau capricieux et tapageur UN\ntorrent redoutable. Il y a là un danger sérieux sur lequel nous avons le\ndevoir d'attirer l'attention de nos jeunes écrivains et du public.\n   Deux races habitent le sol belge : les Wallons, d'origine celtique, les\nFlamands, de souche germanique. Les deux races, quoique réunies parfois\nsous un même sceptre, ne se sont jamais mêlées. Il est vrai de dire que,\navant la Révolution française, elles eurent parfois un même souverain,\nmais jamais elles ne subirent le même gouvernement. La conquête fran­\nçaise, en détruisant les gouvernements locaux et les coutumes particulières,\nprépara l'unité du futur royaume. Cette unité fut réalisée une première fois\nen 1815, quand les provinces belges et hollandaises furent réunies pour\nformer le royaume des Pays-Bas. Dans ce nouvel Etat, la race flamande\nl'emportait de beaucoup en nombre sur la race wallonne. Le roi, mal\nconseillé, chercha à écraser cette dernière. La langue néerlandaise lui fut\nimposée sans ménagement. On essaya de flandriciser le pays wallon comme\naujourd'hui on russifie les provinces baltiques. Telle fut la cause profonde\nde la révolution de 1830. Le reste, le mécontentement de la noblesse et du\nclergé catholique, ne fut qu'une cause accessoire. Bruxelles, ville mixte,\noù, malgré l'usage de la langue flamande, les idées françaises ont toujours\nété en honneur, se souleva ainsi que le pays wallon, tandis que les Flandres\nne suivirent le mouvement qu'avec mollesse, par religion plutôt que par\npatriotisme, et, longtemps même après la fondation du royaume de Belgique,\nelles restèrent secrètement dévouées à la maison d'Orange.\n   Après l'établissement du régime nouveau, il y eut une réaction nécessaire\ncontre les excès du « flamingantisme ». La langue française devint, de fait,\nla langue officielle et toutes les idées, toutes les nouvelles, toute la science\net toute la littérature dont se nourrirent — oh ! sans excès ! — les nouveaux\ncitoyens belges, furent empruntées à la France. On lut ses livres et ses\njournaux; on alla jusqu'à les contrefaire. Peu à peu cependant une\n« personnalité » belge se formait, grossière et ignorante, d'abord, — peu à\n"}, {"page_pdf": 374, "texte": "                                      — 335 —\n\n\n  peu dégrossie et instruite par des hommes d'une réelle valeur, qui, au lieu\n d'aller briller à l'étranger, consacrèrent leurs forces obscurément à tenter\n l'éducation de leur pays. Tâche ingrate et qui mériterait une reconnaissance\n dont nos compatriotes ne paraissent pas encore être capables.\n    Ainsi se constituait lentement une élite intellectuelle, appelée à former\n progressivement un public civilisé, instruit et lettré. Ce travail s'accom­\n plissait nécessairement en français, le français étant la langue officielle, la\n langue de la cour, de la haute société, de la grande et de la petite bour­\n geoisie, aussi bien dans les provinces flamandes que dans les provinces\n wallonnes. D'ailleurs, tandis que la langue flamande ne nous eût mis en\n communication qu'avec la minuscule Hollande, par la langue française,\n nous nous trouvions en rapport intellectuel avec le monde entier (i).\n    Par malheur, tandis que de ce côté tout marchait à souhait, quoique\n avec une lenteur parfois exaspérante, le bas peuple flamand avait des sujets\nde mécontentement. L'usage exclusif du français comme langue officielle\nen matière administrative et judiciaire, dans un pays où les masses popu­\nlaires ne parlaient guère que le flamand, avait suscité de nombreux abus.\nIl y avait là une « plate-forme » toute prête pour les tribuns populaires et\npour les braillards non moins que pour les âmes généreuses. De justes\nrevendications se firent entendre, auxquelles se mêlèrent aussitôt les\nbruyantes déclamations des nombreux farceurs qui demandaient aux\nrevendications flamingantes des bénéfices, des places ou un bon petit\ncommerce.\n    Le « mouvement flamand » eut ses ligues, ses meetings, ses journaux, son\nacadémie (2) et ses cavalcades. Le but avéré que poursuit le parti est exposé\npar sa devise : In Vlaanderen Vlaamsch ! « En Flandre, le flamand ! » Il\ns'agit en effet de faire parler le flamand par tous les habitants des Flandres,\nde rendre à cette langue la primauté prétendument usurpée par la langue\nfrançaise ; on demande que l'enseignement moyen et l'enseignement supé­\nrieur soient flandricisés : au collège, à l'athénée, à l'université, les cours\ndevraient être donnés en flamand. Ce n'est pas tout : ces jours derniers un\ncongrès flamingant, siégeant à Bruges, proposait d'exiger de tous les\ndéputés flamands qu'ils parlassent le flamand à la Chambre.\n\n\n   (1) Il est à remarquer qu'aucun de nos savants ne s'est avisé de publier en flamand.\nC'est en français que sont écrits les ouvrages de MM. Van Beneden, Thonissen, Laurent,\nGevaerl, Reusens et de tant d'autres Flamands.\n   (2) Son académie! Voilà une chose qu'il ne fallait accorder à aucun prix. En fondant\nl'académie flamande, le gouvernement reconnaissait le flamand comme langue officielle,\nau même titre que la langue française.\n"}, {"page_pdf": 375, "texte": "                                      — 336 —\n\n   Il est facile de deviner où l'on va. Si ce mouvement n'est pas enrayé,\nc'est à la destruction de notre nationalité que nous marcherons. La partie\nwallonne du pays, dont on connaît la gallophilie, se donnerait sans répu­\ngnance à la France; la partie flamande irait probablement s'incorporer à la\nHollande. Les chefs du mouvement flamand n'ont jamais caché le peu de\ncas qu'ils font de l'intégrité du royaume. Ils sont Flamands, ils ne sont\npas Belges.\n    Qu'on ne nous taxe ni de pessimisme ni d'exagération. Lorsque l'on\npourra faire ses études en flamand et exercer les professions libérales et les\nhautes fonctions publiques sans devoir recourir à l'usage du français, on\ncessera de parler le français en pays flamand; plus de lien moral donc entre\nnos provinces flamandes et nos provinces wallonnes. Quand les lois seront\nfaites par des chambres bilingues, où les Flamands posséderont une majo­\nrité formidable, les populations belges qui parlent le français se trouveront\npresque en pays ennemi et tourneront leurs regards vers le sud. Des liens\nmoraux et intellectuels les uniront étroitement aux Français, tandis que\nles Flamands ne seront plus pour eux que des étrangers plus ou moins\nhostiles (1).\n    On eût évité peut-être tous ces périls si le gouvernement avait écrasé le\nparti flamingant dans l'œuf : il fallait se hâter de donner satisfaction aux\n justes griefs et repousser avec fermeté les prétentions exagérées; il fallait\n ne point permettre aux partis politiques de se servir de la question flamande\n comme d'un tremplin électoral et, au besoin, recourir à des lois répressives.\n Maintenant il est bien tard pour parer au danger. C'est toujours une faute\n lourde pour les gouvernements de laisser se développer ces querelles de\n races.\n    En Bohême, les Tchèques ont fait leur mouvement national ; au début,\n ils n'en voulaient qu'à la prépondérance des Allemands, puis ils se sont mis\n à réclamer leur autonomie, aujourd'hui ils insultent l'Empereur et le parti\n jeune tchèque est en passe de devenir une redoutable faction antidynastique\n et révolutionnaire. Les événements suivront la même marche chez nous :\n il n'y a pas deux logiques.\n\n\n   (1) Et le fédéralisme? Le fédéralisme ne sera qu'un remède illusoire, une solution\nprovisoire. La confédération helvétique s'est formée par agglomération, la nôtre se for­\nmerait par scission. Le mouvement se poursuivrait dans le même sens, jusqu'à la sépa­\nration complète. D'ailleurs, l'une des parties fédérées n'aurait plus avec l'autre aucun\nlien sympathique; elle n'éprouverait à son égard que de l'aversion et de la rancune,\ntandis que toutes les sympathies iraient vers une nation voisine. Dans ces conditions, Il\nconfédération n'aurait pas la vie longue.\n"}, {"page_pdf": 376, "texte": "                                -   337 —\n\n   En quoi tout cela concerne-t-il les écrivains belges ? En ceci.\n   En faisant fleurir les lettres françaises en Belgique, nous resserrions le\nlien intellectuel et moral qui fait l'unité du royaume; tout en affermissant\nnotre nationalité, nous travaillions aussi à faire de notre pays une impor­\ntante province littéraire de la France. Mais si nous avons à craindre que ce\nlien ne soit détruit et que nous n'en soyons réduits à être les écrivains de\nla petite Wallonie, laquelle ne tarderait guère à être politiquement absorbée\npar la France, quel avantage trouverons-nous à rester claquemurés dans\nun pays sans avenir? Ne vaut-il pas mieux dès à présent nous adresser au\npublic français et tenter la fortune à Paris?\n   Telle est la question qui va s'imposer bientôt aux méditations de nos\namis.\n                                                     L A DIRECTION\n\n\n\n\n               PIERROT ET L'ANE\n        Fatigué d'Eliane et las de Lélio,\n        Las d'Arlequin et de Colombine et d'Aminthe,\n        Pierrot, dans la forêt couleur d'or et d'absinthe,\n        Pour bercer sa douleur compose un fabliau.\n\n        Ses beaux amis l'ont fui dans les Iles vermeilles,\n        Là-bas, vers les palais qu'il a songes pour eux.\n        L'Ane seul est reste' fidèle au malheureux\n        Dont il rhythme les vers en battant des oreilles.\n\n        Et la bête levant sur le blanc révolté\n        Des regards ignorants où la toute Bonté\n        S'allume au clair foyer d'une âme sans envie,\n\n        Pierrot réconforté plonge ses yeux rêveurs\n        Dans le ciel baptismal de ces grands yeux sauveurs\n        Et s'y lave le cœur des hontes de la vie.\n\n                                                    ALBERT GIRAUD\n"}, {"page_pdf": 377, "texte": "                                  — 338 —\n\n\n\n\n           ATALANTE A CALYDON\n                                    (Suite.)\n\n               LE HÉRAUT. — A quelque distance vers le nord, où commen­\n                cent les fougères, à l'ouest de la chaîne rétrécie des collines\n                guerrières dont les ruisseaux saignèrent quand ton fils frappa\n                l'Acarnanie, là tous s'arrêtèrent et royalement rangés, d'un\nœil attentif examinèrent les épieux et les chiens; Laertes l'insulaire, le\njeune Gérennien Nestor, Panopeus, et Cepheus et Ancaeus, les plus vigou­\nreux, tous Arcadiens ; puis, vue à regret par ceux-ci, l'Arcadienne Ata-\nlante, avec deux chiens allongeant la laisse, sous les narines et sous le\nfront faisant briller leurs dents découvertes et leurs yeux étincelants; mais\nsur sa blanche épaule résonnaient les flèches emplumées, et l'arc brillait à\nson côté; près d'elle, Méléagre, glorieux parmi tous les autres hommes,\npareil au soleil de printemps, qui, frappant la branche, en fait jaillir les\nfeuilles et les fleurs dans le monde entier; puis Iphiclès, et le suivant, celui\nqui frappa le taureau biforme, Pirithoüs ; et le divin Eurytion, et AEacides,\nconsacré aux dieux ; ensuite son frère Télamon, et, voyant et oracle des\nvisions et de la vérité, l'Argien Amphiaraus ; et la force quadruple de ta\nrace, les fils de ta mère et ceux de ta sœur ; et Jason revenu récemment du\nrugissement de l'écume lointaine ; et Dryas, frère jumeau de la guerre, fleur\nde la bataille éclatante, le glaive et l'homme brillants; et Idas, et Lynceus\nà l'œil perçant, et Admètus marié deux fois, et Hippasus et Hyleus, aux\ngrands cœurs. Ayant fait halte, ils firent sonner les cors, puis chevauchèrent\nà travers les bois et les terres dévastées, coupées par les rivières orageuses,\nplus loin que les ifs et que la lourde chevelure des pins, jusqu'à l'endroit\noù la rosée est plus abondante sous les chênes, par un chemin, puis par un\nautre ; mais cherchant en haut et en bas, ils ne voyaient ni ne sentaient\naucune trace; et l'un, Plexippus, dit : « Aide-nous, ou ne nous aide pas,\nArtemis, nos mains viriles enlèveront la peau de ton sanglier. » Mais en\nparlant, il s'interrompit, et ne dit pas ce qu'il voulait ; car il se trouvait\ndevant un marais, dont la vase verte secouait au soleil mille roseaux inac-\ncordables ; et au milieu de la multitude des fleurs humides, la masse aveugle\nde la bête immense dormait d'un sommeil nourri de visions violentes; et la\nvoyant, il frémit dans tous ses membres d'un âpre désir de louanges, et\nlança un double trait, et manqua la bête ; car trop ardent d'esprit, et plus\n"}, {"page_pdf": 378, "texte": "                                  — 33o —\n\n faible que sa volonté, son grand désir le troublait ; de sorte que sa main\n trahît son zèle; et le trait traversant les roseaux, dans le tronc d'un tamaris\n vibra et se fixa ; alors tous s'arrêtèrent, sauf l'Arcadienne Atalante : de ses\n côtes s'élancèrent ses chiens, fatiguant la laisse, et ils s'échappèrent et leurs\n pieds plongeant firent rejaillir l'eau ; mais elle, ayant dit : « Je la lance en\n ton nom, favorise-la, déesse », tendit l'arc et lâcha la flèche; la corde sou­\n daine résonna et s'élança, et l'air humide siffla, et les plumes moites des\n roseaux muets ondulèrent comme une vague que le vent ne pousse plus.\n Mais le sanglier souleva à demi de la vase et du limon son flanc raide, fré­\n missant autour de la blessure barbelée, plein de rage; et lançant des regards\n furieux, ses soies effrayantes hérissées, il plongea, et les chiens se crampon­\n nèrent à lui, et les fleurs vertes et blanches étaient rougies et écrasées tout\n autour de leur passage; et chargeant, sa défense frappa Hyleus; et la mort\n âpre saisit soudain son âme, et un sommeil violent étendit la nuit sur ses\nyeux. Alors Peleus, avec un vigoureux effort de la main et du cœur, tira;\n mais sa flèche oblique glissa et frappa son compagnon d'enfance, son cher\ncompatriote, et l'atteignit sous le bras gauche, tandis qu'il ajustait aussi un\ntrait; et le sang éclatant jaillit écumant, et entraînés en arrière par le poids\ndes armes retentissantes, les membres morts d'Eurytion en tombant réson­\nnèrent durement. Ensuite, un plus heureux tira, le devin cadméen Amphia­\nraus; car son trait sacré perça le cercle rouge de l'un des yeux dévorants,\nsous le front sauvage du sanglier sanguinaire, plus sanglant maitenant de\nl'homme tué; mais ainsi blessé, il bondit aussitôt et se dressant, poussa\nun cri semblable au tonnerre et au rugissement des torrents d'hiver qui\nmêlent leur écume à la mer plus jaune ; et comme une tour qui s'écroule\ndans les flammes pendant le combat, avec les ruines de ses murs et tous\nses archers, et qui brise sous elle la fleur de fer de la guerre, écrasant les\nmembres carbonisés et les armes fondues des hommes, ainsi, à travers les\nbranches brisées et les ronces rougies, résonnait et craquait l'ardeur de ses\npieds; et il piétinait, l'ayant lancé de côté par ses défenses, le corps à la\nlourde vigueur d'Ancasus, trop lent à se mouvoir ; et comme se dispersent\nlesfloconsde neige aux faibles ailes, tous les muscles durs de ses membres\npalpitants éclataient, et la chair déchirée retombait de tous côtés, et le sang\npleuvait, avec des fragments rouges qui n'étaient plus d'un homme. Alors\ntous les héros, respirant péniblement, regardaient et ne frappaient pas;\nmais Méléagre, mais ton fils, au milieu de la route impétueuse du fléau\ns'approchant, était enraciné comme un rocher, beau, les lèvres serrées farou­\nches, l'œil clair, les membres aux muscles élastiques ramassés, le menton\nramené obliquement vers la gorge tendue, grave, tous les nerfs tendus,\n"}, {"page_pdf": 379, "texte": "                                    — 340 —\n\nsemblable à un dieu ; et il dirigeait vers la gauche son épieu bien taillé,\nle serrant à l'endroit où le frêne est le plus noueux, et il frappa, sans lancer\nson arme, le sanglier monstrueux dans le creux le plus velu de la peau, sous\nla dernière côte, à travers la chair et les os, profondément ; et profondément\nfrappée, et à mort, la pesante horreur, avec ses flèches pendantes, sauta et\nretomba, furieusement, et de sa gueule sortit l'écume de la dernière fureur\nde sa vie. Et tous, regardant, louaient les dieux d'un cœur plus libre, Zeus\net tous les dieux, mais surtout Artemis ; mais Méléagre fit aiguiser les cou­\nteaux pour écorcher, et fit enlever et étendre la splendeur de la dépouille;\net échauffés et horribles, après le travail tous s'assirent et respirèrent,\nburent et se réjouirent, et lavèrent la sueur pénible de leurs fronts plus\ncalmes. Car beaucoup de doux gazon croissait là, plus haut que les roseaux\net bon pour le sommeil; et toutes les plantes les plus sacrées, le narcisseet\nle mélilot rampant, et tous les beaux feuillages et toutes les bellesfleursqui\ncroissent où les boutons de violettes, cachés par les hyacinthes plus lourdes,\nfleurissent et brûlent; et le feu des fleurs jaunes, et la lumière des lys, et les\nfeuilles que craint le pied du faune et que connaît la dryade ; l'olivier et le\nlierre, et le peuplier consacré veillaient sur mainte fontaine. Là, mainte­\nnant, ils se reposent; mais le roi m'a ordonné d'apporter la bonne nouvelle,\nafin de réjouir cette ville et toi-même. C'est pourquoi sois joyeuse et vous\n tous rendez grâces, car tout le chagrin de Calydon est tombé.\n   ALTHÉE. — Louez les dieux, car ce qu'ils ont donné est bon, et ce qui\nsera, ils le cachent jusqu'à leur heure. Tu nous a dit beaucoup de bien, et\nune chose douloureuse, et tu les as bien dites ; mais laissons toutes les choses\ntristes, jusqu'à ce qu'on ait, devant les dieux propices, brûlé le sacrifice et\nversé le vin floral. Montrez-vous bons, ô dieux, et favorables; car nous\nne vous louons pas d'un cœur faux ni d'une bouche flatteuse lorsque vous\nêtes cléments, mais par des prières de nos âmes pures.\n   LE HÉRAUT. — Tu as bien prié; quiconque ne les craint pas, mais dans\nla prospérité enfle son cœur, par une chose nouvelle, à l'improviste, sera\ndétruit.\n   LE CHŒUR. — Oh si maintenant moi aussi je pouvais être auprès des\nsources profondes et des flots, auprès des fleuves des antiques collines, où\ntous les lieux couverts de tendre verdure portent des fleurs s'attachant au\ngazon, des fruits stériles et de belles herbes, ou bien les sombres boutons\ndu lierre qui divisent ta chevelure jaune, Bacchus, et ses feuilles qui se\nbalancent autour de ta peau de faon, effleurant les épaules nues d'un dieu,\ndouces comme la neige ; là, l'année est douce et la terre est pleine de sources\ncachées, et les heures ferventes aux joues de rose, qui unissent l'aurore au\n"}, {"page_pdf": 380, "texte": "                                 -   341    -\n\nmilieu du jour, y passent sans soleil, pâles dans l'ombre des feuillages et\ndans l'atmosphère mystérieuse, pâles comme l'herbe ou les fleurs tardives,\nou comme les pâles anneaux moites de la vigne sauvage couverts de rosée\nsous la lune; et tout le jour le rossignol dort, et toute la nuit il chante; là,\ndans les fraîches retraites écartées, que ne trouble aucun œil étranger, ni\naucun pied, ni aucune approche d'ailes, aucun vent ni aucun cbant, ô reine,\ntoi la plus sacrée, fleur la plus blanche entre toutes choses, aux tresses\nallongées indociles, au sein splendide brillant soudain, inconnu sauf des\nvierges; là tu as coutume d'entrer, là tes divins membres rapides, et l'or\nabondant de ta chevelure virginale dénouée brillent, baignés dans les eaux\npures, et à tes côtés brillent tes vierges, dans les bois humides ou dans les\nfougères sans fleurs des collines où abondent les sources, hors de la vue de\ntous les hommes ; ou plus bas, près des étangs qui voient tous leurs bords\nrevêtus d'une guirlande de lys innombrables, d'où l'abeille à la ceinture\nd'or fuit à travers les roseaux en fleur et va tourmenter la violette blanche,\nou la violette sombre, belles comme celles qui dans les années lointaines, de\nleurs boutons restés brillants, et de leurs petites feuilles humides de la rosée\nchaude des larmes, des larmes d'une mère dans l'extrême détresse, cachè­\nrent les membres de Jamus, né du sang de ton frère ; car son cœur eut pitié\nde son fils, de même que ton propre cœur a maintenant pitié de nous; le\ntien, ô déesse, tournant vers nous son front bienveillant et irréprochable ;\nvoyant assez de maux, assez de vies desséchées comme sèchent les feuilles\nconsumées par le soleil ; voyant morts assez de chasseurs, assez de ruines\nde toute notre année, les troupeaux massacrés et les moissons dispersées,\ntant de bergers frappés, les fruits et les toisons brûlés ensemble et une longue\nsuccession de jours mortels.\n   Pourtant, avec des lèvres révérencieuses et avec crainte, nous nous tour­\nnons vers toi, et nous te louons pour ce beau temps qui vient nous conso­\nler, et pour la prospérité renaissante. Car fréquemment, lorsque tout l'air\nsans souffle, comme une eau limpide brille, et que les hommes ne craignent\npoint, le sort, sans tonnerre, soudain éclate et apporte la mort.\n   Vous les grands dieux, vous donnez la joie avec le chagrin, le bon avec\nle mauvais, et vous courbez tout l'orgueil des vivants, et la plus haute pros­\npérité; comme autrefois vous domptiez, dès longtemps, dans l'ancien temps,\nplus d'un homme grand et fort, et tout ce qui existait. Mais toi, douce déesse,\nagis autrement ; écoute toutes nos prières, entends tous nos soupirs ; nous\nt'en supplions par ta lumière, par ton arc, par tes doux yeux, et par le\nroyaume de la nuit, sois favorable et bonne ; par tes traits et ta puissance,\net par Orion renversé, par la vierge qui fait ta joie, par la ceinture indisso­\nluble et la chevelure sacrée.\n"}, {"page_pdf": 381, "texte": "                                 — 342 —\n\n   U N MESSAGER. — Vierges, si vous voulez chanter encore, changez votre\nchant, courbez-vous, criez et pleurez de pitié. Est-ce le temps de chanter!\nNon, mais de répandre la poussière et les cendres, de déchirer ses vêtements\net de se frapper la poitrine.\n   LE CHŒUR. — Quelle nouvelle chose est, comme un loup, aux aguets\nderrière tes paroles ? Quelle langue de serpent entre tes lèvres? Quel feu\ndans tes yeux?\n   LE MESSAGER. — Menez-moi devant la reine, et je parlerai.\n   LE CHŒUR. — Voici qu'elle vient, comme si l'offrande de reconnais­\nsance était faite.\n   L E MESSAGER. — Offrande stérile pour un don amer.\n   ALTHÉE. — Quels sont ceux-ci, portés sur des branches, la face cou­\nverte ? Vivants, ils n'étaient point vils ; mais tués, de tels honneurs leur\nsont dus s'il en est encore dans la mort.\n   LE MESSAGER.— Reine, ce sont tes deux frères, les fils de ta mère.\n   ALTHÉE. — Déposez les morts jusqu'à ce que j'aie vu leur sang, si vrai­\nment c'est le mien ; et je pleurerai.\n   LE MESSAGER. — Pleure si tu veux, car ceux-ci ne pleureront plus.\n   ALTHÉE. — O frères, ô fils de mon père, par moi bien aimés et bien\nhonorés, je pleurerais des larmes plus précieuses que le sang précieux tiré\nde vous, si je ne savais pas que vous n'êtes point mécontents; et que tués,\nvous ne dormez pas d'un sommeil honteux, car certes, mon fils vous a vengés,\n   LE MESSAGER. — Non, ô reine! ta propre race se serait-elle détruite\nelle-même?\n   ALTHÉE. — Ta parole double engendre une double mort.\n   LE MESSAGER. — Apprends donc ceci simplement : ils tombèrent frappés\npar une seule main.\n   ALTHÉE. — Que murmures-tu de ta bouche ambiguë ?\n   LE MESSAGER. — Tués par la main de ton fils. Ces mots sont-ils si\ndifficiles?\n   ALTHÉE. — Notre temps est venu sur nous ; le voici.\n   LE CHŒUR. — O misérable, dépouillée par ta propre main.\n   ALTHÉE. — Sorti de ce ventre, ne fus-tu pas nommé Méléagre?\n   L E CHŒUR. — Il a produit pour toi un chasseur cruel.\n   ALTHÉE. — Né flamme, ne devais-tu pas dévorer?\n   L E CHŒUR. — Le feu que tu allumas te consumera-t-il toi-même?\n   ALTHÉE. — Mes rêves sont tombés sur moi ; brûle aussi, toi.\n   L E CHŒUR. — Ce n'est pas sans Dieu que les visions naissent et\nmeurent.\n"}, {"page_pdf": 382, "texte": "                                  — 343 —\n\n    ALTHÉE. — Les dieux sont nombreux autour de moi; je suis seule.\n    LE CHŒUR. — Elle gémit comme des hommes, luttant contre des dieux\n plus forts.\n    ALTHÉE. — Ils me déchirent, ils me divisent, ils me détruisent.\n    LE CHŒUR. — Ou comme une femme en travail pour d'étranges nais­\n sances.\n   ALTHÉE. — Ils sont forts, ils sont forts; je suis brisée et ils l'emportent.\n    LE CHŒUR. — Le dieu est grand qui est contre elle; elle mourra.\n   ALTHÉE. — Oui, mais pas maintenant; car mon cœur est grand aussi.\nJe voudrais que je ne fusse point ici à la vue du soleil. Mais toi, dis tout ce\nque tu as vu, et je mourrai.\n   LE MESSAGER. — O reine, car tu t'es soutenue royalement, un petit\nmot peut tenir tant d'infortune. Pendant le partage de la dépouille san­\nglante, ces hommes, tes frères, se querellant, firent enlever la hure et l'hor­\nreur de la peau, pour qu'elles restassent dans Calydon, merveilles vénérées ;\net plusieurs les appuyaient; mais ton fils, de ses grandes mains saisissant\ntoute cette charge de poils, jeta le monceau mort, bruissant et affaissé,\ndevant les pieds féminins, en disant : « A toi cette dépouille, vierge, et non\nà moi ! Ta propre main pour toi-même a moissonné, et Dieu te donne toute\ncette gloire. » Elle, à ces mots, rit, comme lorsque l'aurore ayant touché\nla nuit sacrée, le ciel voit rire et rougir et s'ouvrir les lèvres obscures et les\npaupières virginales du soleil, et les seins chauds et lents du matin se sou­\nlever, fertiles, et rougis par la flamme des heures que la lampe éclaire, et\nune ondulation virginale de chevelure brillante colorer les nuages ; ainsi elle\nrit d'un cœur pur, éclairée d'une lente rougeur jusqu'à ses cheveux tressés,\net rose et froide comme l'aurore même, dorée et divine, chastement avec des\nlèvres chastes, d'un faible rire grave; et tous restèrent paisibles, et elle\npassa près d'eux. Alors une voix cria : « Les Arcadiens ne nous railleront-\nils pas, disant qu'une femme nous a dépouillés tous? » Et tous chevau­\nchèrent vers elle, violemment, et firent tomber de sa chevelure la fraîche\ncouronne; et ils allaient lui arracher la dépouille, et allaient ainsi la\ndéshonorer; mais Méléagre, comme un lion familier qui s'irrite, s'élance\ncontre eux, les sépare, et de mêm qeue le feu fend le bois, il les divise\net les repousse; mais elle ne leva pas la main pour frapper; et cet\nhomme-ci d'abord, Plexippus, s'écriant : a Ceci pour l'amour de vous,\nchère Atalante ! » courut à Méléagre, qui, levant l'épieu, lui transperça la\njoue. Alors Toxeus vint à son secours, muet ; mais son épieu parlait : mots\nvains et violents, sans fruits ; car la terre le sentit tomber, lui aussi, percé\nde part en part ; et l'écume de son cheval blanchit la face de ton fils, le\n"}, {"page_pdf": 383, "texte": "                                   — 344 —\n\nmeurtrier. Et ceux-ci tués, tous se turent, immobiles ; mais Œneus ordonna\nde les porter ici, eux que le ciel fit orgueilleux dans leur mort, et insensés;\ncar ils méprisèrent le sort et tombèrent. Et tous passèrent, et elle, digne\nd'être honorée, fut honorée par tous les hommes, étant révérée par le ciel,\n   ALTHÉE. — Que dites-vous, femmes? Tout ceci n'est-il pas bien fait?\n    LE CHŒUR. — Nulle action n'est bonne que Dieu n'y ait part.\n   ALTHÉE. — Mais point de part ici ; vous n'avez rien de commun avec\nceux-ci, mes frères nés; vous ne les connaissez pas, comme moi qui étais\nleur sœur, victime que leur mort a tuée. Je voudrais être morte pour eux,\ncar cet homme mort s'est promené avec moi, enfant près d'une enfant, et sa\nmain tendre et son bras se faisaient le faible soutien de mon pied plus\nfaible encore ; il me tenait et me conduisait doucement, et me montrait l'or\net l'acier, et les formes brillantes du miroir, et des couronnes claires,\net toutes les belles choses; et il lançait des lances légères, et m'apportait de\njeunes chiens se pressant à mes pieds, et jetant leurs têtes familières contre\nma poitrine de petite fille, et m'amusant par leurs grands yeux. Et ces\njours s'en allèrent, et ceux-ci sont amers, et je suis une reine stérile, une\n sœur misérable, une créature de douleur, mère de nombreuses malédic­\n tions ; et elle aussi, ma sœur Léda, là-bas au-delà des mers, ses beaux\n fruits autour d'elle, et son seigneur irréprochable me maudiront, disant:\n « C'est un chagrin et non un fils, sœur, qui a été porté par toi, ou plutôt\n un feu brûlant, un tison consumant ta propre âme et la mienne. »\n    Mais vous, fils de Thestius, réjouissez-vous, car vous aurez pour le feu\ndes funérailles un bois comme aucun roi n'en a ; et une flamme qui, une\nfois éteinte, ne sera pas ravivée par l'huile, ni rallumée par le souffle, ni\nrafraîchie par le vin ; plus précieuse que l'or fin, et que de nombreuses vies\nd'hommes errants.\n    L E CHŒUR. — O reine, tu as encore avec toi des objets dignes de ton\namour : ton époux, et la grande force de ton fils.\n    ALTHÉE. — Qui me donnera des frères tandis que je suis vivante?Qui\nles portera? Qui les mettra au monde pour remplacer ceux-ci? Nos pères\n et nos frères ne- sont-ils pas unis dans notre cœur ? Aucun homme leur\nest-il comparable? Et les miens ne sont-ils pas ici, tués? N'avons-nous pas\n été élevés ensemble, lui et moi, nourris de fleurs comme les abeilles se nour­\n rissent, avec le lait maternel pour miel? Et cet homme-ci, mort aussi,\n l'épieu de mon fils entre les côtes, ne nous a-t-il pas vus, nés après lui, rire\n les lèvres pleines, ne riait-il pas à notre rire, par amour? Alors il n'y avait\n pas au monde de fils, ni d'épieus, ni de femmes au pouvoir mortel, mais\n les dieux nous laissaient vivre des jours purs de tout ceci. Je voudrais être\n"}, {"page_pdf": 384, "texte": "                                  — 345 —\n\n morte non mariée, et n'avoir pas enfanté de glaive pour le tourment du\n monde ; car ceux-ci qui me disaient autrefois de douces paroles et qui m'ai­\n maient, ne me parleront plus, ne m'aimeront ni ne me regarderont plus ; et\n de toute ma vie, je ne les entendrai ni ne les verrai vivants. Et moi-même,\n vivante, comment vivrai-je désormais? Avec mon fils, comment vivrai-je\n cette vie : savoir ce qui a été, désirer ce qui ne sera pas, chercher des regards\n morts, écouter des lèvres mortes, et tuer mon propre cœur à me les rappeler;\n et de ces yeux qui voient leur meurtrier vivant, pleurer, et me tordre les mains\nqui le prendront par la main? Comment supporter mes songes qui me feront\nentendre des voix trompeuses, sentir les baisers de bouches trompeuses,\net le son imaginaire des pieds qui ne marcheront plus? Puis m'éveiller et\nn'entendre peut-être que leurs propres chiens, dans un sommeil misérable\npleurant les maîtres morts; voir leurs épieus, leurs lits, leurs sièges, et\ntout ce qui fut à eux, et le lieu de leur vie, et ne pas les voir eux-\nmêmes ? Les chiens et les chevaux vont gémir, languir avec des yeux\nétranges, dresser leurs oreilles affamées, mourir de faim, le cœur défaillant\npour leurs chers maîtres, et moi, je ne m'en soucierai point? Et ces créa­\ntures aveugles abandonneraient la vie par amour, et je vivrais? Certes, la\nmort est quelquefois meilleure que la vie ; la mort est préférable pour lui,\npour eux et pour moi ; car si les dieux les avaient frappés, il se pourrait\nque je l'endurasse ; s'ils étaient tombés dans la guerre, ou par les embûches\net les couteaux d'une mort secrète, frappés dormants par des mains merce­\nnaires, cela aussi, j'aurais forcé mon âme à le souffrir ; ou bien cette\nchasse, si elle les avait fait tomber, sous la défense ou sous la dent, déchirés,\nsanglants, foulés, brisés ; car toutes les morts, honorables ou vengées d'un\npied facile et suivies de la main des dieux rapides, toutes, sauf celle-ci, sont\ntolérables; mais n'ayant pas combattu pour leur doux pays, ne s'étant pas\nsacrifiés, les voici morts ; sinon je n'aurais pas répandu tout mon cœur\npar mes yeux ; mais me hâtant, j'aurais, comme il est juste, tué leur meur­\ntrier en expiation, ou j'aurais jonché de fleurs leur bûcher, et suspendu\ndes couronnes sur leur tombe, et chanté leur mémoire, et j'aurais vu leur\ngloire plus enflammée que leurs cendres; car toutes les vierges, tous les\nhommes seraient venus ici, et des lèvres pures, des chants seraient tombés\nsur eux, et des larmes des yeux héroïques ; et leur mort aurait été une vie\nimmortelle ; mais maintenant, ce n'est point par une main mercenaire, ni\npar le glaive étranger, c'est par leurs propres parents qu'ils sont tombés,\npendant la paix, après un grand péril, sans amis au milieu des amis, par\ndes mains haïssables qu'ils aimaient ; et comment mes mains toucheront-\nelles ces mains, revenues rougies, mais non par la guerre, ces mains fatales\n                                                                        22\n"}, {"page_pdf": 385, "texte": "                                  — 346 —\n\nde la vendange des veines des hommes, des hommes morts, mes frères!\nPourront-elles, ces mains, se laver, non point des taches de fête d'un vin\nsans joie, et tenant ma main, mêler leur sang avec moi, tandis que mon\nsang les souille? Comment pourrai-je dire « fils » moi qui ne suis pas sœur!\nLa nuit et le jour, ne serons-nous pas assis, nous haïssant l'un l'autre, et\npensant des pensées détestables? Ne vivrons-nous pas, lesyeux baissés par\nla honte, humiliés, marchant lentement d'un pied craintif, chacun de nous\nsans paroles de reproche, chacun de nous coupable sans être accusé, et\nsans un mot outragés l'un par l'autre? Et je te laisserais vivre, je te verrais\nvigoureux, je m'entendrais louer par les hommes à cause de toi, alors que\ntu n'as pas voulu laisser vivre ceux-ci, que nul ne louera jamais? Ceux-ci\nseraient morts, sans être pleurés ni secourus, et tout cela à cause de toi!\nVivants, ils étaient doux pour moi, et mon cœur qui les désirait, et qui\nalors était satisfait, est maintenant affamé ; et ces morts me manqueront\ntoujours jusqu'au jour de ma mort. Car toutes les choses et tous les\nhommes peuvent renaître; oui, les dieux peuvent prendre et donnerfilspour\nfils, mais jamais plus ils ne rendent le frère ou la sœur.\n\n  (A continuer.)                                    A . - C . SWINBURNE\n                                              (Traduction de P. TIBERGHIEN.)\n\n\n\n\n                     RIMES D'OMBRE\n                           I\n                                   FATUM\n\n         Aimerons-nous toujours ce qui nous f ait souffrir,\n         Les cœurs capricieux, les candeurs éternelles\n         Et l'alcool meurtrier des amours éternelles ?\n         — Nous adorons les dieux parce qu'ils font mourir.\n\n         Ta beauté me torture et je ne puis te fuir,\n         Ange mystérieux des hontes fraternelles,\n         Sombre et terrible fleur des ténèbres charnelles,\n         Morne comme une plaie impossible à guérir.\n"}, {"page_pdf": 386, "texte": "                      — 347 —\n\nJ'attire les serpents dont je crains la morsure;\nJe rampe dans les puits où me guette la peur ;\nf aiguise les couteaux qui perceront mon cœur.\n\nAh ! j'ai reçu la vie ainsi qu'une blessure\nDont les lèvres jamais ne se doivent fermer.\nEt je hurle à la mort lorsque je veux aimer.\n\n\n                          II\n\n                HALLUCINATION\n\nQuelqu'un a dévissé le sommet de ma tête;\nMon cerveau rouge luit comme une horrible bête.\n\nSac vineux d'une pieuvre énorme, il s'arrondit,\nIl palpite, il s'agite et tout à coup bondit,\n\n Traînant de longs filets de nerfs tentaculaires,\nIl nage, peuplant l'air de suçoirs circulaires.\n\nIl nage éperdument, menaçant, triomphant,\nDans les lieux fréquentés par la femme et l'enfant.\n\nSes lourds et sombres yeux, tout de braise et de soie,\nBrillent hideusement lorsque passe ' une proie.\n\nMalheur aux jeunes fronts fiers, rêveurs et pensifs :\nLa bête les enlace en ses nœuds convulsifs.\n\nElle a faim de la pulpe où saignent les idées\nEt son bec dur se plaît aux têtes bien vidées.\n\nElle dévore tout : rêves, craintes, désirs,\nLa neige des vertus et le feu des plaisirs.\n\nEt, le repas fini, la monstrueuse bête\nRentre, pour digérer et dormir, dans ma tête.\n\n                                              IWAN GILKIN\n"}, {"page_pdf": 387, "texte": "                                  — 348 —\n\n\n\n\n              LITTÉRATURE RUSSE\n                   POÉSIES DE T U T C H E W (suite).\n\n                                       XVI\n                                 Les    larmes.\n   Mes amis, j'aime à caresser des yeux — ou la pourpre des vins scintil­\nlants, — ou le rubis aromatique des fruits entre les feuilles.\n   J'aime à voir la création — plongée dans le printemps — quand le monde\ns'est endormi dans les parfums, — et qu'il sourit à travers le rêve.\n   J'aime le visage de la beauté — quand il est enflammé par l'air printanier\n— qui soulève tantôt la soie de ses boucles, — tantôt s'enfonce avec\nvolupté dans les fossettes de ses joues !\n   Mais que sont tous les charmes de la reine de Paphos, le jus de la treille,\nle parfum des roses — auprès de toi, sainte fontaine des larmes, — rosée\nde la divine aurore !...\n   Le rayon céleste joue en elles, — et, se réfractant à travers les gouttes de\nfeu, — dessine des arcs-en-ciel vivants — sur les nuages orageux de l'exis­\ntence.\n   Et à peine, ô ange des pleurs, touches-tu — de tes ailes les yeux des mor­\ntels, — que déjà le brouillard est dissipé par les larmes — et que le ciel des\nvisions séraphiques se déploie — tout à coup devant nos regards éblouis.\n\n                                       XVII\n\n   Je traversais les champs de la Livonie. — Autour de moi tout était si\nmorne: le fond incolore des cieux, la terre sablonneuse, — tout cela rendait\nmon âme pensive... — Je songeais au passé de cette triste terre, — à cette\népoque sombre et sanglante— quand ses fils, prosternés dans la poussière,\n— baisaient l'éperon du chevalier. — En te contemplant, toi, fleuve\ndésert — et toi, forêt riveraine, — vous, pensais-je, vous êtes venus de loin,\n— ô vous — les compagnons de ce passé.\n   Certes, à vous seuls il a été donné — d'arriver jusqu'à moi des bords de\nce monde trépassé...\n   Ah, si je pouvais obtenir de vous — une réponse, ne fût-ce qu'à une seule\nde mes questions !...\n"}, {"page_pdf": 388, "texte": "                                   — 349 —\n\n   Mais sur les temps de jadis, ton monde, ô nature, — se tait avec un sou­\nrire équivoque et mystérieux : — Semblable en cela à l'adolescent, témoin\ndes sortilèges nocturnes, — et qui garde sur eux, durant le jour, un silence\nobstiné.\n                                    XVIII\n                              Le    Printemps.\n                                      1\n\n   Si lourde que soit la main du sort ; — si décevante que soit l'illusion ; —\nsi profondes que soient les rides qui labourent le front; — si ulcéré le cœur;\n— et si sévère l'épreuve à laquelle on est soumis, — qui est-ce qui résiste\ndevant le souffle — et la première rencontre du printemps?\n                                      2\n\n   Le printemps, lui, ignore votre existence, — la vôtre, celle de la tristesse\net du mal; — dans son regard brille l'immortalité, — et sur son front il n'y\na point de rides. — Soumis uniquement à ses propres lois, — il descend, à\nl'heure convenue, vers nous, — lumineux, indifférent et bienheureux, —\nainsi qu'il convient aux divinités.\n                                      3\n  Il fait pleuvoir des fleurs sur la terre, — il est frais comme le tout pre­\nmier printemps, — et, en existait-il un autre avant lui, il l'ignore complè­\ntement. — Dans le ciel flottent beaucoup de nuages, — mais ces nuages\nsont à lui, — car il ne trouve nulle part les traces — de l'existence des\nrenouveaux évanouis.\n                                        4\n   Les roses soupirent-elles après le passé ; — le rossignol chante-t-il en son\nhonneur; — l'aurore verse-t-elle sur le passé ses larmes odoriférantes ; —\net la terreur d'une fin inéluctable — fait-elle tomber de l'arbre une feuille\nseulement? — Non, leur vie, comme l'océan sans bornes, — est toute\nrépandue dans le présent !\n                                        5\n   Jouet et victime de la vie particulière, — viens ça et répudie la tromperie\ndes sentiments ; — jette-toi, courageux et autoritaire, — dans cette mer\nvivifiante ! — Viens, viens laver ta poitrine de martyr — dans cette onde\néthérée ; — Viens participer, ne fut-ce qu'un instant, à la vie universelle et\ndivine!\n                                  Traduit du russe par L. WALLNER\n"}, {"page_pdf": 389, "texte": "                                  — 35o —\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\nLe Docteur Pascal, par EMILE ZOLA. Paris, Charpentier. — Valbert, par TÉODOR DE\n          WYZEWA. Paris, Perrin. — Vathek, par BECKFORD. Paris, Perrin.\n\n\n                                        I\n\n               M. Emile Zola vient de publier le vingtième et dernier volume\n                de son histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second\n                 Empire. Le Docteur Pascal clôt et résume la série des\n                Rougon-Macquart. Ce roman final contient deux œuvres\nsuperposées : une étude soi-disant scientifique donnant les conclusions de\nl'auteur, et une étude de passion, qui n'a qu'un rapport très arbitraire avec\nla première. Dans l'une, le docteur Pascal expose ses théories sur l'héré­\ndité ; dans l'autre, M. Zola raconte les amours incestueuses de Pascal\nRougon et de sa nièce Clotilde.\n    L'étude de passion est à la fois banale et répugnante. C'est sale, ça prend\nde la place, et ça manque complètement d'intérêt. Pascal Rougon, qui a\nsoixante ans, devient un jour l'amant de sa nièce, qui a vingt-cinq ans, et\nqu'il a élevée comme si elle était sa fille. Cette dernière circonstance ajoute\nune ordure et une invraisemblance de plus à l'histoire ordurière et invrai­\nsemblable de cette coucherie, à laquelle les amants préludent par d'inter­\nminables discussions religieuses et scientifiques. Car si Clotilde, au point\nde vue de la science, est l'élève docile et passive du docteur, elle combat,\nde toutes ses forces de chrétienne et de catholique, l'incrédulité et l'athéisme\nde son oncle Pascal. La polémique religieuse à laquelle se livrent les futurs\namants est d'ailleurs un chapitre d'une drôlerie inconsciente, où l'on ne sait\nce qu'il faut admirer le plus, les lieux communs à la Homais du libre-\npenseur ou les extravagances de la prétendue dévote.\n    Clotilde s'offre à son oncle parce que, à la suite du colloque religieux,\nle docteur, entraîné par l'espoir de la convaincre à ses théories scientifiques,\nlui révèle, en lui montrant le fameux arbre généalogique, les hontes et les\nmisères des Rougon-Macquart. Dans la Faute de l'abbé Mouret, il y a\n aussi un arbre entremetteur; mais c'est un arbre réel. Dans le Docteur\nPascal, l'arbre entremetteur est sur le papier. La pauvrette, un instant\n terrifiée, a quelques songeries sous cet arbre allégorique, puis, prenant\n héroïquement son parti, elle y grimpe, oblige son oncle à y grimper avec\n elle, et, sur la plus haute branche, ils s'empressent, pour obliger M. Zola,\n de faire un petit Rougon qui réhabilitera'la famille.\n    Pourquoi Clotilde agit-elle ainsi? M. Zola néglige de nous l'apprendre.\n Quant à moi, je renonce à deviner. Cette jeune fille pieuse qui, brusque­\n ment initiée aux stupres et aux crimes de sa famille, — une famille\n d'Atrides bourgeois, — rompt avec ses idées religieuses pour devenir la\n"}, {"page_pdf": 390, "texte": "                                — 351 —\n\n concubine de son oncle, et pour ajouter un édifiant chapitre à l'histoire,\nsuffisamment édifiante pourtant, des Rougon-Macquart, est une créature\n incompréhensible, une poupée qui dit « mon maître » et « mon oncle »,\n lorsque M. Zola presse le ressort. Si elle était vivante, elle irait frapper à\nla porte d'un couyent. M. Zola nous l'exhibe frappant à la porte de la\n chambre à coucher de son oncle. L'arbre généalogique fait de ces miracles.\n   J'ai signalé les chapitres consacrés aux discussions scientifiques et reli­\ngieuses entre Clotilde et Pascal Rougon. Ils possèdent une vis comica peu\nordinaire, et j'en recommande la lecture aux mélancoliques. Toutefois, j'ai\npeur qu'ils ne soient éclipsés, à ce point de vue, par l'étonnant récit de la\nmort d'Antoine Macquart, Cette'« crapule d'oncle », comme dit son neveu\n Pascal, meurt de combustion spontanée. Le vieil ivrogne s'endort la pipe à\nla bouche. La pipe tombe, le tabac enflammé se répand, et l'oncle brûle.\nFélicité Rougon voit Antoine s'allumer, mais elle se garde bien de l'éteindre.\nLorsque Pascal pénètre dans la bastide de l'ivrogne, il ne reste rien de\nl'oncle, sinon sa pipe, restée ironiquement intacte Et le docteur s'écrie,\n« en élargissant la scène de son geste vaste » — procédé économique que\nje signale en passant aux directeurs de théâtre — : « Moi, je la trouve\nsuperbe, cette mort, pour ce vieux bandit d'oncle, qui a mené, mon Dieu !\non peut bien le dire à cette heure, une existence peu catholique... Et le\nvoilà qui meurt royalement, comme le prince des ivrognes, flambant de\nlui-même, se consumant dans le bûcher embrasé de son propre corps! ..\nVois-tu cela?... Être ivre et ne pas sentir qu'on brûle, s'allumer soi-même\ncomme un feu de la Saint-Jean (sic), se perdre en fumée, jusqu'au dernier\nos!... Hein? Vois-tu l'oncle parti pour l'espace, d'abord répandu aux quatre\ncoins de cette pièce, dissous dans l'air et flottant, baignant tous les objets\nqui lui ont appartenu, puis s'échappant en une poussière de nuée par cette\nfenêtre, lorsque je l'ai ouverte, s'envolant en plein ciel, emplissant l'hori­\nzon... Mais c'est une mort admirable! disparaître, ne rien laisser de soi,\nun petit tas de cendre et une pipe, à côté!... »\n   N'est-ce pas adorable de lyrisme? Et cette apologie de l'auto-crémation\ninvolontaire n'est-elle pas une des pages les plus étourdissantes de M. Emile\nZola?\n   Mais j'ai hâte d'en venir à la partie doctrinale de l'œuvre, digne assuré­\nment de la partie romanesque. La partie doctrinale, envisagée dans son\nensemble, a l'air d'une immense étude sur M. Zola, étude que personne ne\ns'est encore avisé d'écrire selon le désir de M. Zola, et que M. Zola, pour\nsupprimer tout intermédiaire, aurait pris le parti d'écrire lui-même. Lucul­\nlus y traite royalement Lucullus.\n   M.Zola s'y contredit avec la grâce qui lui est particulière. « Oui, se fait-\nil dire par Pascal, cela est aussi scientifique que possible... Je n'ai mis là\nque les membres de la famille, et j'aurais dû donner une part égale aux\nconjoints, aux pères et aux mères, venus du dehors, dont le sang s'est\nmêlé au nôtre et l'a dès lors modifié... N'est-ce pas beau, un pareil ensem­\nble, un document si définitif et si total, où il n'y a pas un trou? On dirait\nune expérience de cabinet, un problème posé et résolu au tableau noir!... »\n"}, {"page_pdf": 391, "texte": "                                 — 352 —\n\n   Un beau document définitif et total, en effet, qui est cependant incom­\nplet! Un beau problème, en vérité, mais dont l'auteur reconnaît avoir\nnégligé l'une des données ! I1 aurait dû dresser l'arbre des conjoints, mais\nil ne l'a pas fait. Voilà une belle expérience! Voilà une magnifique solution\nqui ne résoud rien du tout !\n   D'où vient le contrebandier Macquart, l'amant d'Adélaïde Fouque? Où\nest son arbre? Quelle part d'hérédité apporte-t-il à Ursule et à Antoine\nMacquart, ses enfants? Où est l'arbre du premier Rougon, le « lourd et\nplacide jardinier » ? Où sont les arbres de Justine Mégot, de Rosalie\nChavaille, de Renée Béraud, du père inconnu d'Angélique Rougon, etc.!\nOù enfin celui d'Adélaïde Fouque, et de quel droit M. Zola dit-il que\ntoutes les misères de la famille sortent de « la lésion nerveuse première »\nde cette détraquée? L'hérédité n'existait donc pas avant elle?\n   C'est ce que M. Zola appelle un document « sans trou ». Et cependant,\nil reconnaît que « les éléments nouveaux apportés par les conjoints, les\naccidents et la variété infinie des mélanges doivent très rapidement effacer\nles caractères particuliers, de façon à ramener l'individu au type générait.\nMais Adélaïde Fouque, telle que M. Zola nous la dépeint, n'est pas ramenée\nau type général, puisque c'est une détraquée. D'autre part, les derniers\nrejetons de la famille, Louis Coupeau, Jacques-Louis Lantier et Charles\nRougon, ne s'y ramènent pas davantage. Reste l'enfant inconnu, lefilsde\nPascal et de Clotilde, que ses parents se représentent comme un rédempteur,\nmais que nous ne connaîtrons jamais que par ses vagissements du dernier\nchapitre. M. Zola n'ose pas même nous le montrer, et nous ignorerons\ntoujours s'il est ramené au type général. Où est la conclusion, s'il vous\nplaît?\n   Si M. Zola inclinait vers l'hypothèse de l'enfant rédempteur, elle serait\nd'ailleurs peu acceptable. L'enfant inconnu naît d'un vieillard, déjà malade\nau moment de la conception. Il serait surprenant, on en conviendra, que\nl'enfant d'un vieillard malade fût un modèle d'équilibre moral et physique.\n Cet enfant tardif, ce vieillard l'a de sa nièce! Et sur la tête de ces amants\nincestueux plane la redoutable hérédité d'une race épuisée !\n   M. Zola nous la baille belle, avec son roman expérimental. Rien n'est\n moins probant, rien n'est moins scientifique que cette lourde série de\n romans physiologiques, dont l'argumentation incohérente n'est pas même\n capable de résister à quelques questions posées par un enfant d'intelligence\n moyenne. L'expérimentation de M. Zola ne prouve rien, car ses documents\n sont incomplets et contradictoires. Ils seraient inattaquables qu'ils ne\n démontreraient rien encore, car il n'est pas scientifique de conclure d'un\n seul cas particulier au général. Au point de vue doctrinal, le Docteur\n Pascal achève la banqueroute intellectuelle de M. Emile Zola.\n    Littérairement, l'œuvre porte, comme il est juste, la peine des préoccu­\n pations scientifiques de l'auteur. M. Zola n'a pas renoncé à sa lourde phrase\n monotone, qui coule comme un fleuve aux ondes épaisses. Le limon\n augmente de livre en livre, et le style, qui eut parfois de la force, devient\n boueux.\n"}, {"page_pdf": 392, "texte": "                                  — 353 —\n\n    « Ah! l'animalité, s'exclame quelque part Pascal Rougon, tout ce qui se\ntraîne et tout ce qui se lamente au-dessous de l'homme, quelle place d'une\nsympathie immense il faudrait lui faire, dans une histoire de la vie! »\nM. Zola applique ces paroles à l'animalité des animaux. Cette sympathie\ndont il parle, qu'il éprouve quelquefois et qui lui a inspiré, de-ci de-là, une\npage émue, il a eu tort de l'étendre à l'animalité... humaine. Il n'a vu\nqu'elle ; son regard ne s'élève pas plus haut que le nombril de ses person­\nnages, et la place qu'il a faite à la bête, parlante ou non, est plus grande\nqu'il le croit. L'odeur animale qui se dégage de ses romans est d'ailleurs\nfaite pour flatter la grande majorité des narines contemporaines. C'est à\nelle d'une part, et à la médiocrité du style, de l'autre, que M. Emile Zola\ndoit le succès et la célébrité. La gloire durable s'acquiert à la façon d'un\nFlaubert, d'un Leconte de Lisle ou d'un Taine. M. Emile Zola est l'élu\nd'une espèce de plébiscite de toutes les ignorances et de toutes les médio­\ncrités. C'est le vrai romancier du suffrage universel.\n\n\n                                      II\n\n    L'auteur de Valbert ou les Récits d'un jeune homme, M. Téodor de\nWyzewa, n'est pas le romancier du suffrage universel. Comme Valbert,\nson héros, M. de Wyzewa est un intellectuel, et la patrie des intellectuels,\nc'est la solitude. Ce n'est pas à dire, pourtant, qu'il n'aime pas à s'expatrier.\nMais il le fait intellectuellement, et aux yeux de la foule, les intellectuels\ndemeurent invisibles. L'anneau de Gygès s'élargit pour eux : au lieu de\nl'avoir au doigt, ils le portent autour de leur vie. Ils ont beau se mêler à\nl'action, leur action n'est pas aperçue. Tout au plus peuvent-ils commu­\nniquer leur pensée à des êtres plus sentimentaux et plus instinctifs, qui sont\nleurs intermédiaires auprès de la masse.\n   M. de Wyzewa a-t-il trouvé, ou trouvera-t-il ces intermédiaires, je\nl'ignore. Ce qui est certain, c'est qu'après quelques tentatives littéraires peu\nconsistantes, il s'est proclamé chrétien. J'ai dit naguère, ici même, ce que\nje pense de ce christianisme-là. M. Téodor de Wyzewa s'est converti sur le\nchemin de Bayreuth. Il est résulté de cette conversion des contes qui ne\nme paraissent pas toujours édifiants, et qui auraient eu quelque succès\nauprès des hommes sensibles du XVIIIe siècle. Je ne voudrais pas raviver\nla querelle que j'ai cherchée à M. de Wyzewa. Je me contenterai de faire\nremarquer que cet intellectuel est en pleine révolte contre l'intellectualité.\nLa pensée, selon lui, est un poison qui engendre l'égoïsme. Il faut s'abêtir,\nselon le conseil de Pascal, afin de revenir à la compassion et à l'amour.\n   Je ne discute point, je constate. Au fond, je crois que M. de Wyzewa est\nun sophiste très évangélique. Comme le dit fort bien M. Pierre Quillard\ndans le Mercure de France, « à supposer que la compassion puisse donner\nà un pur niais la science de l'humanité souffrante, il ne s'ensuivrait pas que\nla sottise fût la condition nécessaire de cette vertu ».\n   Quoi qu'il en soit, de pareilles prédications ne sont pas de celles qui,\n"}, {"page_pdf": 393, "texte": "                                  — 354 —\n\nactuellement en France, rendent célèbre le prédicateur. Quant aux esprits\nd'élite, ils se réservent, et M. de Wyzewa ne pourrait pas les en blâmer. Il\na montré, certes, une très vive intelligence; sa culture est, je pense, réelle\net profonde ; mais il a déjà eu tant d'avatars, il a montré tant de mobilité,\nde souplesse, et parfois d'ironie voilée! Le plus exquis chef-d'œuvre de\nde M. Téodor de Wyzewa, c'est d'avoir passé, sans transition, de la Revue\nindépendante et de la Vogue au Figaro et à la Revue des Deux-Mondes,\net de n'y avoir pas détonné. Ecrire les Contes chrétiens et Valbert, après\navoir été le commentateur et l'admirateur exclusif de M. Stéphane Mal­\nlarmé, cela n'est pas non plus à la portée d'un être banal. Mais tout cela\nest d'un esprit qui inquiète un peu, et cette inquiétude, on dirait que M. de\nWyzewa, loin de vouloir la dissiper, s'ingénie à l'entretenir. Cet évangéliste\nconnaît Renan, et on le soupçonne de dilettantisme.\n    Valbert sera lu avec intérêt par tous ceux qui suivent le curieux mouve­\nment de renaissance religieuse qui se produit aujourd'hui, en France et\nailleurs, parmi la jeunesse lettrée. Peut-être seront-ils un peu déçus ; mais\nsi Valbert ne leur paraît pas très convaincant, ils trouveront dans ses récits\nune curieuse psychologie de la race slave.\n    Le roman de M. Téodor de Wyzewa est écrit élégamment et négligem­\n ment, avec plus de négligence que d'élégance, à la façon des contes du\n XVIIIe siècle dont les auteurs écrivaient... comme tout le monde. Aussi\n m'en voudrais-je si je le comparais, ne fût-ce qu'un instant, à la petite\n merveille qui s'appelle Vathek. Voici un conte oriental qu'un écrivain\n anglais du XVIIIe siècle, le fils du lord-maire Beckford, écrivit en français,\n pour se divertir. Or, il se trouve que ce divertissement, qui coûta trois\n jours de travail à l'auteur, est un des chefs-d'œuvre de la littérature légère\n du XVIIIe siècle. Plus coloré que les Mémoires d'Hamilton, il est tout aussi\n français. Je vais sans doute choquer, encore une fois, de considérables\n marchands de pathos, mais que m'importe ! Vathek prendra place définiti­\n vement dans les bonnes bibliothèques, celles qui contiennent seulement\n les quelques livres qui dispensent de lire tous les autres.\n    Il faut savoir gré à M. Stéphane Mallarmé d'avoir rendu Vathek au\n public pour lequel il fut écrit.\n                                                        ALBERT GIRAUD\n\n   Au prochain numéro : Pages de Joie, la Ronde du Trouvère, Idylles\njoyeuses, les Opales, Premières Poésies, Rêves des Heures lentes, Esoté­\nrisme et socialisme, Histoire des Lettres belges d'expression françaises\nle Pouah de Senteur.\n"}, {"page_pdf": 394, "texte": "                                          — 355 —\n\n\n\n\n                                 MEMENTO\n  L'EXOTISME LITTÉRAIRE. —       Au   mois   de     fiés, selon la pureté des natures. Pour moi,\njuin dernier, dans un article intitulé Pelléas      j'irai vers le Nord avec joie. Ah ! certes, la\n                                                     Valkyrie de-ci, Pelléas et Mélisande de-là,\net Mélisande à Paris, nous écrivions :              faisaient crier à l'invasion germanique le\n   «S'il en est autrement, si la tradition          patriotisme salarié de nos ordinaires Pes-\nnationale est affaiblie, si l'esprit national est   sard. Eh bien ! oui, c'est bien prouvé main­\nendormi, le contact de l'art étranger sera          tenant, nous nions l'esprit national. Tous\ndangereux et pourra même devenir mortel.            nos pères spirituels, ceux que je viens de\nAu lieu d'enrichir la littérature nationale de      nommer, et Carlyle, et Hegel, et Fichte, et\nsentiments nouveaux et d'idées nouvelles            toute la musique, de Bach à Wagner, de\nen les acclimatant, en les adaptant au génie        Schumann à Borodine,tous sont étrangers:\npropre de la race, c'est celui-ci que l'on          et Rossetti et Swinburne,et encore Nietzsche\nviolente; on lui impose des formes aux­             et tous! Donnez-nous autre chose que\nquelles il répugne en même temps que l'on           Dumas, Vogué et Coppée — ou renoncez-\nbrise les formes lentement élaborées par le         vous, et nous crierons vers le Septentrion,\ntravail vivant des siècles ; on infuse dans les     au moins pour « mourir en beauté ».\ncerveaux des sentiments qui en détruisent\nl'équilibre et la santé; on injecte dans les           Ecoutez ces cris : et Nous nions l'esprit\nv ines un sang qui empoisonnera tout                national!! Tous nos pères spirituels sont\nl'organisme; en place de substances assi­           étrangers!! . Nous crierons vers le Septen­\nmilables et fortifiantes, on jette dans les\nestomacs des matières toxiques dont l'effet         trion !!... »\nlent ou rapide sera infailliblement délé­              Est-ce que vraiment nous exagérions?\ntère.                                                  D'autres jeunes écrivains français voient,\n    Or, telle est aujourd'hui, en France, la        comme nous, le danger. Nous n'en voulons\nsituation. L'exotisme n'y est plus une              pour preuve qu'un excellent article de\ncuriosité normale et fortifiante ; c'est une\nmaladie qui ronge les forces propres des            M. Rebell, publié dans l'Ermitage du mois\nlettres françaises. On ne se borne pas à            de septembre. Par malheur, M. Rebell ne\nprendre connaissance de l'art étranger et. à        se borne point à énoncer quelques vérités\nen honorer les chefs-d'oeuvre; on se sert de        générales excellentes, il les fait servir de\nl'art étranger et de bien autre chose, hélas !\nque ses chefs-d'œuvre, pour attaquer ce qui         préface à un éloge de M. Moréas auquel\n fait la vie et la santé de l'art français. En      nous ne pouvons nous associer. Mais négli­\ncette occurence, la littérature française ne        geons la queue de l'article, — desinit in\nconquiert pas, elle est envahie. Voilà le           piscem, — et reproduisons-en l'excellente\n danger. Nous l'avons signalé à mainte\n reprise et nous estimons que ceux qui le           page que voici :\n signalent aujourd'hui en France accomplis­            « Nos poètes ont beau dédaigner toute\n sent un devoir. »                                  vision simple et prétendre ne s'occuper que\n    Au moment où paraissaient ces lignes,           de l'Idée pure, leur idée est faite ainsi que\n plusieurs personnes n'y voulurent voir             toutes les autres idées de représentations de\n                                                    choses. Or, comme cette représentation de\n qu'exagération et pessimisme. Nous prions          choses est chez eux très limitée, qu'ils ne\n ces bienveillants optimistes de lire ce que        connaissent point les champs ni ne veulent\n M. Mauclair vient de publier dans le               voir les villes, comme ils méprisent le détail\n Mercure de France (septembre) à propos             d'un paysage aussi bien que les complexités\n                                                    d'une âme et que, par principe, l'intuition\n de Sollness le constructeur, le dernier drame      dans leurs vers doit remplacer toute science,\n d'Ibsen :                                          il leur arrive de refaire sans cesse les uns\n    « Depuis quelques années, nous avons            après les autres la même synthèse; ils réa­\n été pris entre trois colosses : Tolstoï,           lisent ainsi une poésie qui, loin de nous\n Wagner, Ibsen. Et malgré les cris, cela est        émouvoir, nous rappellerait plutôt les froides\n inéluctable. Il faut que cela triomphe : nous      abstractions de Guillaume de Lorris. Leur\n  en serons broyés ou nous en serons vivi­          mêlée d'images produit sur nous l'effet d'un\n"}, {"page_pdf": 395, "texte": "                                          — 356        -\n\nbariolage de couleurs : elle nous éblouit          « Balayons loin de notre intelligence cette\nsans nous laisser une impression d'ensemble,       énorme bêtise : L'art n'a pas de patrie! -\n de telle sorte qu'il serait aisé, sans nuire au   L'art est l'apanage de certains peuples;\npoème, de changer de place un vers ou\nmême une strophe entière.                          l'Italie et la France ont hérité de ce génie\n   Un tel mépris des lois de la composition        admirable de la Grèce dont s'inspirèrent,\ns'accompagne fatalement d'un mépris pour           sans être infidèles d'ailleurs à celui de leur\nl'art d'écrire. Du moment que la poésie est        nation, un Keats, un Goethe. Mais lors\nune vision particulière, un rêve où l'auteur\nrecrée pour lui seul le monde au hasard de         même que le génie gréco-latin serait infé­\nsa fantaisie, sans s'occuper si ses idées          rieur, nous n'en serions pas moins obligés\nse groupent logiquement, sans considérer           de nous en tenir à lui en acceptant ses qua­\nl'exactitude des rapports, il semble naturel       lités et ses défauts, car le renier, ce serait\nqu'il se préoccupe peu de la langue. Paul\nVerlaine d'ailleurs n'a-t-il pas mis la poésie     renier notre race et par là-même notre indi­\nen dehors de la littérature? Que le poète          vidualité. Sans parler des influences héré­\nsoit musicien et qu'il « suggère » cela suffit.    ditaires, l'usage du français, la lecture\n   Aussi me suis-je souvent demandé pour­          depuis l'enfance de livres écrits en cette\nquoi les symbolistes employaient des mots          langue ont donné à notre pensée certaines\nfrançais : ils eussent témoigné de plus d'ori­\nginalité en se servant de termes qu'eux seuls      formes qu'elle gardera toujours : que nous\neussent compris.                                   l'alimentions parfois de la pensée allemande\n   S'ils étaient encore réellement des musi­       ou anglaise, je l'admets, mais encore\nciens ! mais leur musique est bien étrange.        devons-nous faire nôtres les éléments nou­\nIls ont voulu innover — avec leur seul ins­        veaux que nous y introduisons et répudier\ntinct d'homme de génie pour guide. Ils se\ndisaient : « Voici un rythme neuf qui doit         ceux qui ne se prêteraient point à celle\nêtre beau, puisque je l'ai découvert. » C'est      transformation. »\nainsi que les enfants étalent de l'encre sur\ndu papier et s'émerveillent ensuite des\nbizarres dessins qu'ils ont obtenus.\n   Mais cette poésie de hasard, dédaigneuse           LES AFFICHES. — Tous nos compliments\nde toute tradition parce qu'aventurière et         à l'administration des chemins de fer de\nsans race, qui n'a point découvert de nou­\nvelle beauté ni créé pour les intellectuels        l'Etat, qui a eu l'heureuse idée de mettre au\nde féconds enthousiasmes, cette poésie lar­        concours le projet d'affiche-réclame pour\nmoyante de Pierre ou de Paul ne durera pas         la ligne Ostende-Douvres et qui a organisé\nplus que la sensibilité maladive, l'imagina­       une exposition très intéressante des envois\ntion affolée qu'elle reflète. Et si un moment\nelle s'impose au public ahuri qui la confon­       qu'elle a reçus. Les artistes seront certaine­\ndra avec celle de M. de Montesquiou, elle          ment reconnaissants à cette administration\nne peut prétendre conquérir des esprits            des procédés corrects et courtois, sur les­\namoureux de noblesse souriante et de beauté        quels plusieurs comités d'exposition pour­\nsimple, qui n'estiment point une œuvre d'art\nà la frayeur ni à l'étonnement qu'elle leur a      raient utilement se régler. Nous les recom­\ncausé.                                             mandons particulièrement au comité de\n   Il est nécessaire d'entretenir cette aversion   l'Exposition    Universelle d'Anvers pour\nqui commence à se manifester chez les              1894.\nhommes de goût. Leur indulgence a jus­\nqu'ici autorisé les pires excentricités. Le           Ce comité met au concours une affiche\nsymbolisme a été dans l'histoire de notre          qui doit avoir la dimension réglementaire de\npoésie une singerie d'enfant qui a failli          80 centimètres sur 1m, 15.\ndétruire toute grâce naturelle. Quelle peine          Or, pour un projet de cette dimension,\nont pris tous ces poètes pour ne pas écrire\nen français. Il n'est que temps de se corriger     voici les conditions généreuses et aimables\nde ces grimaces dont notre art bientôt ne          du comité :\npourrait plus perdre l'habitude. »                    La Société anonyme de l'Exposition d'An­\n   — « Il ne s'agit pas d'absorber des ali­        vers en 1894 fera choix, avant le 31 juillet,\nments, mais de les digérer », dit encore           de trois projets auxquels seront accordés,\nM. Rebell. C'est la thèse même que nous            d'après ordre de mérite, des primes de 300,\ndéveloppions dans notre article du mois de         150 et 50 francs.\njuin. M. Rebell dit encore très bien :                Ces projets primés appartiendront en\n"}, {"page_pdf": 396, "texte": "                                        - 3 5 7 -\n\n pleine et entière propriété à la Société de      à l'introduction de l'enjambement qui donne\nl'Exposition qui pourra les modifier, les         l'illusion d'un vers de treize, quatorze ou\nutiliser et les reproduire dans telles condi­     quinze pieds dont la rime ne tombe même\ntions qu'elle jugera convenir à son service       pas sur la syllabe terminale; la grammaire,\nde publicité (exposition, distribution, repro­    il la fouetta, changeant les auxiliaires, em­\nduction sur format réduit ou non, en Bel­         ployant activement les verbes neutres, acco­\ngique et à l'étranger, en tel nombre, en telle    lant deux substantifs pour former un seul\nlangue et sous quelque forme que ce soit)         mot... »\net sans autre redevance que le montant de             Que le critique de l'Art moderne nous\nla prime une fois payée.                          donne des exemples de ce qu'il avance, et\n                                                  nous lui promettons qu'on rira. Assurément\n                                                  Hugo, comme tous les poètes de tous les\n   L'Art moderne a publié un « Hommage temps, ne s'est pas fait scrupule d'employer\nà Victor Hugo » dont le grand poète eût les mots transformés par l'usage dans leur\nété médiocrement flatté.                          sens détourné ou nouveau, mais quant à\n   Voici quelques pierres détachées de ce         l'accuser   d'avoir bouleversé la grammaire\nmonument :                                        et la syntaxe, halte-là! Hugo fut, au con­\n   « Il (Hugo) héritait d'une langue neutre traire, un des meilleurs grammairiens de ce\nque les Baour et les Viennet et les Delille, siècle, et sa syntaxe est quasi impeccable.\nsous prétexte de correction, de grammaire Lorsqu'il écrit « le Lion Océan », il n'accole\net de syntaxe, stérilisaient opiniâtrement... pas deux substantifs pour en former un seul\n                                                  mot, à la façon de Laforgue inventant « vio-\nOn la disait très française, bien qu'elle n'eut\n                                                  lupté » : il fait simplement une personnifi­\naucun caractère... Hugo la prit, la cassa et\n                                                  cation, ce qui était vieux comme le soleil.\nla broya. »\n   Celui qui a écrit ces lignes possède le            En ce qui concerne la prosodie, l'aveugle\ngénie de l'inexactitude. Ce n'est nullement de l'Art moderne mérite un flageolet d'hon­\nsous prétexte de grammaire, de syntaxe et neur. M. Catulle Mendès a dit un jour :\nde correction que les néo-classiques stérili­ « Les pires audaces de Hugo sont dans\nsèrent la langue. C'est la recherche du mot Racine ! » Les classiques, en effet, connurent\nnoble et de la périphrase, le souci, poussé la césure mobile et l'enjambement. M. de\nà l'excès, de ne plus exprimer que par des Souza a prouvé, d'une manière irréfutable,\ntermes généraux les aspects généraux de que toutes les combinaisons de l'alexandrin\nl'humanité et du monde qui fit aboutir la lit­ romantique se retrouvent    e\n                                                                              dans les poètes du\ntérature classique au règne des Campistron XVIIe, duXVIeet du XV siècle. Hugo et ses\net des Viennet. Aussi les romantiques cul­ amis les reçurent de leurs prédécesseurs,\ntivèrent-ils avant tout le mot propre, le et — chose piquante — tout en s'inspirant\n                                                 de Ronsard et d'Agrippa d'Aubigné, ils\nterme pittoresque, ce que Boileau appelait\n                                                 acceptèrent, sans velléité de révolte, les\nle style bas. Et s'ils se révoltèrent contre la\n                                                 fameuses règles imposées par Malherbe.\ntragédie racinienne et la règle des trois\nunités, c'est afin de pouvoir montrer sur            Quand on est taupe, c'est pour longtemps !\nles planches des héros moins abstraits et            Reste « l'enjambement qui donne l'illu­\nplus individuels.                                sion d'un vers de treize, quatorze ou quinze\n   Si les taupes faisaient de la critique litté­ pieds dont la rime ne tombe pas même à la\nraire, elles y verraient plus clair que l'Art syllabe terminale ».\nmoderne! Et à coup sûr, elles se souvien             Ça, c'est le bouquet!\ndraient du vers fameux de Victor Hugo :              On pourrait aussi concevoir la Légende\n                                                 des Siècles comme un seul vers libre d'un\n    Guerre à la rhétorique et paix à la syntaxe!\n                                                 milliard de pieds et qui n'aurait pas même\n   Notre critique continue en ces termes :       de rime.\n   « La prosodie classique, il en viola 1            Que le critique de l'Art moderne prenne\nrègles grâce au déplacement de la césure         l'initiative d'une pareille réédition des Con-\n"}, {"page_pdf": 397, "texte": "                                       — 358 —\n\ntemplations. Du coup, il aura Victor Hugo           LE MACAQUE FLAMBOYANT\ncomme précurseur et comme père. Amen !                         Proses de joie :\n                                                                       I\n                                                   « Malgré le charme et l'émotion des récits,\n   M. Camille Lemonnier, qui feint d'être en    dès qu'on se retire du séducteur entraine­\ncolère contre M. Anatole France, développe      ment, il faut bien reprendre cependant les\ndans Gil Blas la proposition suivante :         sentiments et la nature pour l'excessive\n« Nous ne sommes pas vingt dans Paris à         puérilité dont l'auteur parfois les trahit.\ncomprendre cette chose, le Style. »             Mais l'œuvre d'Eugène Demolder, je la\n   Attention à l'appel nominal !                louangerais sans cette remarque, si je ne\n   « Edmond de Goncourt, Léon Bloy, Sté­        me tenais obligé en ce journal et partout\nphane Mallarmé, Saint-Pol Roux le Magni­        de faire acte d'ambassadeur pour l'austérité\nfique, Pierre Louijs, André Gide, Retté,        des légendes, de la nature et de la pensée,\nTailhade, Mauclair, Verhaeren, Maeterlinck,     aussitôt que je vois leur essence dévoyée\nMockel, Raymond Nyst et Camille Lemon­          ou bien oubliée ».\nnier. »                                                         (Le Mouvement littéraire.)\n   En tout, quatorze.                              A peine retiré du séducteur entraînement\n   C'est beaucoup, mais il y a quelques         de ces phrases, nous nous demandons s'il\nfigurants dans ce cortège-là !                  est équitable de reprendre cette pauvre\n   Dans le même article, M. Lemonnier           Nature sous prétexte que M. Demolder\ncertifie que Hugo et Flaubert « créèrent        l'aurait trahie puérilement. C'est tout sim­\ndes langues », et il décrète que le style       plement révoltant.\npeut être « elliptique ou longitudinal,            Nous expliquerons cette citation du Mou­\npénombral ou translucide, expansif ou           vement littéraire lorsque nous l'aurons\nsubreptice ».                                   comprise, mais pas avant.\n   On nous assure que ces diverses procla­          Il serait inutile de chercher à nous y\nmations ont produit de l'effet sur les boule­   contraindre, même si nous recevions 1e\nvards.                                          carte de visite que voici :\n   Que les Parisiens ne s'y trompent pas :\n sous ses apparences souvent emphatiques,         ELIPHAS-NEPOMUCENE PITANCHARD\nM. Camille Lemonnier cache un Braban­                           Ambassadeur\nçon, volontiers goguenard, et qui n'a pas               pour l'austérité des légendes\n renoncé aux mystifications bruxelloises.                                         PATHMOS.\n   Le _Brabançon a fait une sortie, voilà\n tout !                                                              II\n                                                  « ... Je me rappelle les polémiques de\n                                                plume qui suivirent cette mémorable soirée\n  Notre sympathique collaborateur M.Geor­       et la scission, bien nette désormais, du\nges Kaiser ayant exprimé le désir de con        mouvement littéraire en Belgique. La\nsacrer un article au drame anti-esclavagiste    réalité en est aujourd'hui de ceux qui\nde M. le chevalier Descamps-David, Africa,      avancent et de ceux qui restent surplace. \"\nnous nous sommes incliné. Malheureuse­                                       (Le Peuple.)\nment, jusqu'à ce jour, notre ami a négligé         La réalité en est de cela, parfaitement.\nde nous envoyer son article. Nous le préve­        Continuons :\nnons charitablement que s'il ne fait pas           « ... Et c'est cette existence du paria,\ndiligence, notre prochain numéro contien­       toujours uniforme de monotonie souffrait\ndra une étude préventive sur certain Voyage     et d'inespoir, et c'est cette existence surhu­\nau Canada...                                    maine, avec ses révoltes et ses clameurs,\n                                                ses rages et ses malédictions, que chantent\n                                                fièrement ces livres ... »            (Idem.)\n"}, {"page_pdf": 398, "texte": "                                            359\n\n  Aux lecteurs qui trouveraient cet extrait        On lit dans le Mouvement         Littéraire,\nuniforme de monotonie, nous conseillons,        sous la signature de M. José Hennebicq, les\nsans aucun inespoir, l'usage des phrases        lignes que voici :\nque voici :                                        « La réaction de la Jeune Belgique\n  « ... Le Cycle Patibulaire, où SA MORBI­      contre l'envahissante manie du vers libre\nDESSE APPARAÎT DANS TOUTE SON ÉTRANGE           me semble nécessaire et opportune.\nPUISSANCE. »                                       En partant en guerre contre l'amorphisme,\n   La puissance de cette morbidesse est un      Gilkin et Giraud ont fait leur devoir de\nétrange phénomène, en effet.                    poètes : ils ont bien mérité de l'Art et du\n   Voici le bouquet :                           Parnasse. »\n   « ... Il s'en continue fièrement sa route,\nparmi les derniers venus et leur influe le\nsouffle de la victoire prochaine. »                 M. Célestin Demblon continue, dans le\n   Ah! si au lieu de s'en continuer, il leur    Peuple, son intéressante Histoire de la\ninfluait un peu de grammaire, de syntaxe et     littérature belge. Il en est à Théodore\nd'orthographe, ça serait assurément moins       Weustenraad.\nfier, mais ce serait plus utile 1\n   Sait-on que le colonel Ramollot a remar­\nquablement défini ce jargon en s'écriant :                         >    ■\n\n\n\n\n« Ne songez pas à ce que je dis 1 Songez à          EN HOLLANDE. — Un certain M. Schaep­\nce que je veux dire ! »                          man, qui cumule les professions de prêtre,\n                                                 de député et de versificateur de l'autre côté\n                                                 du Moerdyck, a bien voulu s'occuper des\n   A propos du deuxième volume de l'His­ Jeunes-Néerlande, des Jeunes-Belgique, des\ntoire des Lettres belges de M. Francis Nau- Jeunes-France et des Jeunes-Allemagne au\ntet, on lit dans la Liberté :                   'Congrès littéraire qui a tenu récemment ses\n   « Rien n'est dangereux comme d'écrire assises en Hollande. Ce M. Schaepman a\nde l'actuel. « L'histoire a sa perspective », a adressé aux jeunes écrivains de tout pays\ndit Macaulay; pour estimer les hommes et un reproche qui émouvait déjà les abbés du\nles livres, il faut un certain recul dans le temps du roi Salomon. Il paraît que nous\ntemps, sans quoi l'on est exposé à prendre n'avons pas d'idéal, d'où il suit que nous\nune colline pour une taupinière, et récipro­ méritons-les galères. Le raisonnement puis­\nquement. Ce n'est pas précisément ce qui sant de l'honorable M. Schaepman peut se\narrive à M. Nautet, mais il n'a pas plus que résumer comme suit : « La jeunesse litté­\ntout autre échappé aux difficultés d'appré­ raire est matérialiste ; elle n'a pas d'idéal.\ncier de très près le décor intellectuel d'une Or, sans idéal on ne peut rien faire de bon\népoque; peut-être s'est-il un peu laissé aller ni de beau, car l'Idéal c'est Dieu I » Ouf!\nà admirer des détails qui, à la distance de\nquelques années, feront l'effet d'un coin de        Ce reproche-là, tous les sacristains catho­\nminiature perdu dans une fresque panora­ liques, protestants, juifs ou libéraux francs-\nmique. C'était d'ailleurs dans sa mission et maçons le fulminent avec une égale énergie\nnul n'oserait s'aventurer à prédistinguer ce dès qu'ils se trouvent en présence d'une\nqui sera ou ne sera pas oublié demain... génération artistique et littéraire qui a un\nsi du reste quelque chose de ce qui s'est fait idéal différent du leur.\nchef nous doit ne pas être oublié... »              Car il y a idéal et idéal, comme il y a,\n                                                 d'ailleurs, idée de Dieu et idée de Dieu,\n   Cette excellente Liberté ne perd pas son puisque le Dieu d'un Turc diffère un peu du\ntemps : elle n'a pas six mois d'existence et Dieu d'un catholique.\nelle est déjà aimable pour les écrivains de\n                                                    Or, si M. Schaepman a le droit d'avoir\nson pays !...\n                                                 un certain idéal et une certaine idée de\n   Petite précoce, va !                          Dieu, Paul et Jacques ont non moins le droit\n                                                 d'avoir un autre idéal et une autre idée de\n"}, {"page_pdf": 399, "texte": "                                               — 360 —\n\nDieu ; ils ont même le droit d'avoir pour                Dans le Mercure, des vers de M.Albert\nidéal la négation de toute espèce de Dieu.             Samain, un article sur Maupassant par\nChacun a son idéal plus ou moins bien                  M. Mallarmé, et un dessin original de\nconstruit, plus ou moins raisonnable, plus             Henry de Groux.\nou moins probable. L'idéal de M. Schaep­                 Lire dans les Entretiens, qui tombent\nman doit être très étriqué, puisqu'il n'admet          dans l'occultisme et la politique, l'amusante\npoint que les autres hommes aient un autre             coquille du sommaire :\nidéal et qu'il déclare avec une réjouissante             ISIS : L E GOUVERNEMENT DES MAGES.-\nfatuité que hors l'idéal Schaepman il n'est            Le culte de la Boule !!\npoint d'idéal.                                            L'Ermitage,  toujours intéressant, con­\n   Laissons ce bon M. Schaepman dans sa                tient des poèmes de MM. Merill, Michelet\nschaepmannerie et saluons-le avec toute la             et Remouchamps, et des réflexions curieuses\ndéférence due aux gens qui croient être                de Saint-Antoine sur Victor Hugo.\nDieu-le-Père ou simplement Dieu-le-Saint-                 Plus de nouvelles de Floréal ni de la\nEsprit. Amen. L'incident est clos.                     Nervie.\n   N. B. Celui qui écrit ces lignes n'est pas\nmatérialiste pour un sou. Il professe même\nune véritable horreur à l'endroit du maté­\nrialisme, ce qui ne l'empêche nullement de                Le Théâtre de la Monnnie a rouvert ses\ntolérer le matérialisme de sa belle-mère.              portes. Débuts brillants : La représentation\n                                                       d'Aida a été particulièrement satisfaisante.\n                                                       Est-ce enfin un renouveau artistique qui\n   Les Revues :                                        s'annonce?\n   Lire dans la Revue Bleue, afin de détester\ndavantage l'abominable pays du porc salé,\nTrois jours à Chicago, par M. Maurice\nBouchor.\n   Le Réveil publie un beau numéro\ntriple, très touffu et très encombré, où l'on\nremarque des proses de MM. Henri Mazel,                   En l'absence de M. Iwan Gilkin, directeur\nArnold Goffin, Fernand Severin, etc., et des           de la Jeune Belgique, M. Albert Girauda\nvers de MM. Paul Alériel, Georges Mar­                 bien voulu se charger de diriger la publica­\nlow, Henri de Régnier, etc., etc.                      tion du prochain numéro (octobre).\n   A savourer, dans la Revue         Blanche,\nl'incantation suivante de M. Romain Coolus :\n Tes lourds yeux indécis, indécents, indicibles,\n Tes yeux luxuriants, luxurieux, de luxe,\n Tes yeux malévolents, hantés de maléfices,\n Vouleurs de mort, ordonnateurs de sacrifices,\n Tes yeux pers, pires, verts et pervers, aux intimes\n Corruptions, dont je contamine les miens\n Caravanes de lents rêves bohémiens\n Qui procèdent ainsi qu'un peuple en agonie,\n J'égrène leur déroute au long des insomnies,\n Tes yeux lourds, indécis, indécents, indicibles,\n Tes yeux inaccédés, tes yeux inaccessibles,\n Tes yeux rôdés d'énigmatiques sortilèges\n Je m'en clame l'esclave triste et sacrilège.\n"}, {"page_pdf": 400, "texte": "                P a u l LACOMBLEZ\n    ÉDITEUR           DE    « LA     JEUNE        BELGIQUE           »\n                       31, rue des Paroissiens, 31\n                               BRUXELLES\n\n\n                 VIENNENT          DE PARAITRE          :\n\n                         Max E L S K A M P\nSALUTATIONS, DONT D'ANGÉLIQUES\n                 un volume in-8°, sur papier de Hollande\n    avec frontispice de HENRY VAN DE VELDE. — Prix : fr. 3-50\n\n\n              V I L L I E R S D E L'ISLE-ADAM\n\n P R E M I È R E S POÉSIES\n    un volume de la Petite Collection des Poètes, beau vélin, fr. 3-50\nExemplaires numérotés : sur japon impérial                       20 francs.\n   Id.         id.        sur hollande Van Gelder. . . .          8 id.\n\n                            SOUS PRESSE :\n                        Edmond PICARD\n\nEL MOGHREB AL AKSA\n                   Une mission belge au Maroc\n\n                        Charles S L U Y T S\n\n            NOTES D'ÊTRE\n                             volume de luxe\n\n\n                        E N PRÉPARATION\n         pour paraître dans la Petite Collection des Poètes :\n\n La Quenouille et la Besace, de MAURICE MAETERLINCK,\n           Sous la Couronne, d'ALBERT GIRAUD,\net des volumes de FERNAND SEVERIN, GRÉGOIRE LE ROY, etc.\n                        En formats divers :\n   des œuvres d'EDMOND PICARD, GEORGES EEKHOUD,\n                       ALBERT GIRAUD, etc.\n"}, {"page_pdf": 401, "texte": "                             EN          VENTE\n\n  à la librairie P A U L L A C O M B L E Z\n                         BRUXELLES\n\n\n\nP A U L BOURGET : Un Scrupule,    in-32 illustré . . fr.                    2 »\nCHARLES D E COSTER : La Légende d'Ulenspiegel           .                   5 »\nANATOLE FRANCE : La Rôtisserie de la Reine Pé­\n    dauque                                                                  3 50\nBaron DE HAULLEVILLE : Portraits et Silhouettes,\n    2e série                                                                3 50\nIBSEN : Les Prétendants à la couronne. Les Guerriers\n    à Helgoland                                                             3 50\nLEDRAIN : La Bible, VIII : Job. Les Psaumes.        . .                     3 50\nP I E R R E LOTI : L'Exilée                                                 3 50\nA D . R E T T É : Une Belle Dame passa                                      3 50\nVERHAEREN : Les Campagnes hallucinées . . . .                               5 »\nVERLAINE : Mes Prisons                                                      3 50\nVIELÉ-GRIFFIN : La Chevauchée d'Yeldis         . . . .                      3 50\nVILLIERS DE L'ISLE-ADAM : Nouveaux Contes cruels\n     et Propos d'au-delà....'.                                              3 ;50\n\n\n\n          Dépôt des Revues Françaises :\n            La Plume, fr. o-50; franco, fr. 0-55\n      Le Mercure de France, 1 franc ; franco, fr. 1-25\n             L'Ermitage, fr. 0-60; franco, fr. 0-65\n Les Entretiens politiques et littéraires, fr. 0-60; franco, fr. 0-65\n\n\n      Demandez le Catalogue complet de l'Editeur\n                Paul L A C O M B L E Z .\n\n               Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom,32, rue île l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1893-09-01", "preuve": "Septembre 1893, numéro 9, couverture PDF 366 ; aucun jour imprimé."}}