{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Novembre 1893", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 442, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 167, "texte": "Novembre 1893.                  TOME XII. — N° 11                             13me Année.\n\n\n\n\nLA\n     JEUNE\n                 BELGIQUE\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 442, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 167, "fin_caractere_exclue": 1450, "texte": "SOMMAIRE:\n       Le Banquet Eekhoud                           IWAN GILKIN.\n       Le Procès Lemonnier                           ALBERT GIRAUD.\n       La Dame de grâce                           . FERNAND SEVERIN.\n       Vieux Cœur (suite et           fin)           LOUIS DELATTRE.\n       Atalante à Calydon (trad. de P. Tiberghien)\n         (suite)                                    A.-C. SWINBURNE.\n       Ford-Madox Brown                             OLIVIER-G. DESTRÉE.\n       Chronique musicale                        ERNEST CLOSSON.\n       Chronique littéraire :\n        Sueur de Sang ; Bulletin de la Société\n          d'études sur la Question Louis XVII . JULES DESTRÉE.\n       Memento                                  NEMO.\n\n\n\n\n         REDACTION                                        BRUXELLES\n110, RUE DE LA LIMITE, BRUXELLES.                     PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                          3I, rue des Paroissiens\n                                                                PARIS\n     PRIX DU NUMÉRO                                 CHAMUEL, LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                            29, me de Trévise\n            fr. 0-75.\n                                                                  1893\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 443, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 386, "fin_caractere_exclue": 1111, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                             PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n  Fondateur        : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                           Directeur : IWAN GILKIN.\n                  Rédaction : 110, rue de la Limite, Bruxelles.\n                7 francs p a r an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                   des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom­\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, Marché Saint-Jacques.\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 443, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1111, "fin_caractere_exclue": 1935, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n\n                          V I E N N E N T D E PARAITRE :\n\n QUELQU'UN D'AUJOURD'HUI\n                                 par HENRY MAUBEL\n\n      Histoire des Lettres belges d'expression française\n                              par F R A N C I S N A U T E T\n\n\nSTANCES DORÉES\n                Commentaire sacerdotal du T a r o t\n                                 par IWAN GILKIN\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 397, "page_fin": 399, "titre_corps": "Le Banquet Eekhoud", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "LE BANQUET EEKHOUD", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LE PROCÈS LEMONNIER", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 444, "page_imprimee": 397, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1933, "texte": "LE BANQUET EEKHOUD\n\n                                  Une belle et glorieuse journée ! Le 28 octo­\n                                  bre 1893 un banquet de plus de deux cents\n                                 couverts, offert par la Revue Rouge à\n                                 M. Georges Eekhoud, réunissait dans les\n                                 salons du Grand Hôtel, à Bruxelles, des\n                                 hommes de lettres, des peintres, des sculp­\n                                 teurs, des musiciens, tous heureux d'accla­\n                                 mer un jeune écrivain belge dont les rares\n                                 mérites avaient su forcer les suffrages du\n                monde officiel lui-même. La présence, à la table d'honneur,\n                de M. Le Jeune, ministre de la justice, et de M. Buls,\n                bourgmestre de la capitale, accentuait encore la significa­\n                tion de cette belle fête.\n                   On connaît les principes de la Jeune Belgique à l'égard\n                des concours officiels, des prix, des couronnes et des\n                distinctions publiques offertes à la littérature. Ces prix et\n                ces couronnes, nous n'en sommes point partisans, nous\n                demandons leur suppression, parce que nous les croyons\n                plus nuisibles qu'utiles au développement de l'art littéraire\n                dans notre pays. Mais, en attendant qu'on les supprime,\n                nous ne pouvons que nous réjouir lorsqu'un heureux destin\n                veut qu'ils soient décernés à de véritables artistes Voilà\npourquoi, si la Jeune Belgique n'a pris aucune part à l'organisation du\nbanquet offert à l'un de ses plus brillants écrivains, pas plus qu'elle n'avait,\ncinq ans plus tôt, cru devoir fêter Camille Lemonnier, qui avait obtenu\n                                                                      25\n"}, {"page_pdf": 445, "page_imprimee": 398, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2977, "texte": "                                         — 398 —\n\nle même prix, tous les frères d'armes de Georges Eekhoud ont pourtant\njoint leurs acclamations à celles des deux cents convives qui célébraient la\nbelle victoire remportée par un jeune écrivain sur les répugnances et les\nhostilités, si longtemps irréductibles, du monde académique, qui est censé\nreprésenter l'art de notre pays.\n   Cette belle fête a vivement impressionné notre presse artistique et litté­\nraire ; nous n'en voulons pour preuve que l'article enthousiaste de l'Art\nmoderne, où nous trouvons ces caractéristiques déclarations :\n\n   Banquet Lemonnier, banquet Eekhoud ! Mêmes fêtes, mêmes sympathies, mêmes sou­\nvenirs. Seulement, à Lemonnier le banquet fut offert parce que le prix quinquennal lui\nfut refusé, à Eekhoud parce qu'il lui fut donné. Au bout de dix ans la protestation s'est\nchangée en acclamation.\n   Ce n'est point l'art qui a changé : la même intransigeance, la même indifférence vis-à-vis\ndu succès, la même probité, la même indépendance vis-à-vis de tout ce qui n'est pas lui-\nmême, le caractérise aujourd'hui comme jadis. Eekhoud et Lemonnier sont au même\ntitre des écrivains fiers et entiers.\n   Si donc la situation a changé, c'est parce que ceux qui repoussaient Lemonnier ont\npeu à peu été convertis; c'est parce qu'ils ont examiné, c'est parce qu'ils ont compris.\n   L'honneur de les avoir conquis rejaillit donc sur tout notre mouvement littéraire\ndevenu depuis dix ans indiscutable, triomphant, irréductible. Il n'a plus été possible de\nlui être injuste et l'on est allé vers lui, alors qu'il n'avait pas fait un pas pour aller vers\nn'importe qui.\n\n  Nous ne citerons pas, après tant de journaux et de revues, les artistes de\nmarque qui ont assisté au banquet. La liste des souscripteurs comprend\ntout ce que la Belgique compte d'amis dévoués des lettres. Mais il faut\nnoter, parmi les toasts et les discours, les vers vibrants de M. Emile Ver­\nhaeren, le discours admirable de M. Camille Lemonnier, enfin le toast de\nM. Georges Eekhoud d'où nous extrayons ces passages caractéristiques:\n\n   I1 ne s'agit point de la glorification d'un seul homme, d'un écrivain qui s'appelle\nGeorges Eekhoud. Quel que soit le mérite que vous voulez bien accorder à son œuvre,\ncette œuvre ne représente qu'une faible partie du monument superbe qu'une pléiade\nd'écrivains, auxquels Charles De Coster, Octave Pirmez et André Van Hasselt servirent\nde précurseurs, est en train d'élever sur le sol littéraire de Belgique, ce sol ingrat,\nstérile, qu'on aurait pu croire indéfrichable, A JAMAIS MAUDIT PAR LA POÉSIE. Oui, on\naurait pu croire que, férocement jalouse des sublimes amants que la Peinture et la\nMusique, ses soeurs, avaient toujours rencontrés en notre pays, la Poésie avait résolu de\nne plus les leur disputer.\n\n\n\n   Messieurs, ce que j'en dis suffit pour vous indiquer la vraie signification de cette\n brillante fête. C'est l'avènement du règne de la poésie et de la littérature que nous célé-\n"}, {"page_pdf": 446, "page_imprimee": 399, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1741, "texte": "                                     — 390 —\n\nbrons ici. Et c'est au nom de mes frères d'armes, c'est au nom de la pléiade des écrivains\nde la Jeune Belgique, honorés en ma personne, par vos sympathies et vos applaudisse­\nments, que je vous remercie du fond de l'âme.\n  Messieurs, buvons aux bons écrivains, aux poètes de Belgique, à nos aînés, à ceux qui\nnous suivent, aux jeunes si enthousiastes et si fiers, prêts à marcher à de nouvelles con­\nquêtes, buvons à l'avenir littéraire de la Belgique, buvons à l'Art jeune.\n\n   Lorsque, au mois de janvier dernier, le directeur de la Jeune Belgique\njugea nécessaire d'ouvrir une campagne de résistance contre certaines\nthéories et certaines écoles qu'il estime, en âme et conscience, contraires au\ngénie des lettres françaises et funestes pour les jeunes écrivains de notre\npays, M. Eekhoud ne crut pas pouvoir partager la responsabilité de cette\nattitude et renonça à faire partie du comité qui possède et dirige notre\nrevue. Mais il n'a pas pour cela renoncé à être des nôtres. Si quelques-uns\nont un instant pu le croire, les vibrantes déclarations de notre ami, dans\ncet inoubliable banquet, ont dû les détromper. Au milieu de son triomphe,\nGeorges Eekhoud ne s'est souvenu que d'une chose : c'est qu'il était et qu'il\nreste toujours notre frère d'armes. Cette large et généreuse solidarité, qui\nn'a jamais cessé d'unir les meilleurs d'entre nous, Georges Eekhoud l'a\nproclamée en termes chaleureux, qui ont profondément ému ses amis.\n   Puissent ces nobles sentiments de fraternité, qui font la force et qui sont\nl'honneur de notre génération littéraire de 1880, servir d'exemple à ceux qui\nnous suivent!\n                                                        IWAN GILKIN\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 399, "page_fin": 400, "titre_corps": "Le Procès Lemonnier", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "LE PROCÈS LEMONNIER", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA DAME DE GRACE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 446, "page_imprimee": 399, "debut_caractere": 1741, "fin_caractere_exclue": 2487, "texte": "LE PROCÈS LEMONNIER\n             Poursuivi devant la Cour d'assises du Brabant pouravoir outragé\n              les mœurs par une périphrase, M. Camille Lemonnier a été\n              acquitté. Ce dénouement était prévu et désiré par tous. Puis­\n              sent les applaudissements qui l'ont accueilli corriger le zèle des\nentrepreneurs de poursuites !\n   M. Camille Lemonnier est acquitté. Il devait l'être. Le condamner eût\nété inique Le jury, en épargnant cette iniquité à la Cour, a donné un aver­\ntissement au parquet.\n   Choisir dans une œuvre de trente volumes une étude de douze pages, et,\ndans cette étude de douze pages, un substantif et un adjectif, brandir ces\ndeux mots pour hypnotiser le jury c'est un procédé contre lequel on ne\n"}, {"page_pdf": 447, "page_imprimee": 400, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1803, "texte": "                                  — 400 —\n\nsaurait s'élever avec assez d'énergie. Peut-être accusait-on ainsi à Car­\nthage! Mais nous ne sommes pas à Carthage et nous espérons, pour\nl'honneur de notre pays, qu'on n'accusera plus jamais un écrivain de cette\nmanière-là.\n   L'affront qu'on a voulu infliger à M. Camille Lemonnier, nous l'avons\ncruellement ressenti, nous tous qui assistions, le cœur contracté et la gorge\nserrée, à ce lamentable, à cet humiliant spectacle. Un de nos aînés, un des\nmeilleurs d'entre nous, un de ceux qui honorent une patrie ingrate a été\ntraité et rudoyé comme un malfaiteur. Voilà ce qu'il oubliera peut-être;\nvoilà ce que nous, nous n'oublierons jamais.\n    Il ne nous convient pas d'insister autrement sur cette méprise, qui fut\ntriste pour nous malgré l'acquittement triomphal de M. Camille Lemon­\n nier. Mais la signification de cette journée ne serait pas complète, si nous\n ne rappelions pas que les écrivains cités à la requête de la défense, et parmi\n lesquels toutes les écoles et toutes les tendances étaient représentées, furent\n unanimes à protester contre les poursuites. Cette unanimité a son élo­\n quence Elle prouve que si les luttes littéraires, l'inévitable conflit des tem­\n péraments et le choc fatal des esthétiques semblent parfois nous diviser\n profondément, nous nous retrouverons toujours lorsqu'il s'agira de défendre\n ou de glorifier, dans la personne d'un artiste, un reflet du Dieu que nous\n servons.\n    Me Edmond Picard était à la barre pour M. Camille Lemonnier. Il a\n été, dans ce procès, la Voix de tous, émue, indignée, vengeresse. Qu'il\n reçoive ici, par-dessus nos dissentiments esthétiques, l'hommage unanime\n et reconnaissant qui lui est dû.\n                                                         ALBERT GIRAUD\n\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 400, "page_fin": 401, "titre_corps": "La Dame de grâce", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "LA DAME DE GRACE", "ancre_fin": "FERNAND SEVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VIEUX CŒUR", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 447, "page_imprimee": 400, "debut_caractere": 1803, "fin_caractere_exclue": 2270, "texte": "LA DAME DE GRACE\n        « Chacun marche ici-bas vêtu d'un lin céleste!\n        La plupart l'ont flétri, d'autres l'ont déchiré.\n        Si loin qu'il soit allé dans le chemin funeste,\n        Tel qui se croit perdu n'est jamais qu'égaré.\n\n        Car l'homme a ses instants d'ombre et de solitude :\n        On est las : toute chair défaille sous l'effort...\n        Veille ! dit une voix. Vaine sollicitude !\n        Lorsque le soir est là, le plus zélé s'endort...\n"}, {"page_pdf": 448, "page_imprimee": 401, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1210, "texte": "                               — 401 —\n\n     Puisque tu m'as donné ce nom de Béatrice,\n     Au nom du ciel, et de la grâce, et de l'Amour,\n     Je veux être avec toi comme une ombre propice\n     Et, du fond de ta nuit, te guider jusqu'au jour !\n\n     Si celui que j'aimais, tardif à se connaître,\n     Retombe, par faiblesse, au péché familier,\n     Je lui rappellerai l'ange qu'il se doit d'être;\n     Si son âme s'endort, je viendrai l'éveiller.\n\n     Je prendrai, sache-le, pour parler à mon frère,\n     Cette voix sans merci que chacun porte en soi;\n     Quoi qu'il doive en coûter à ton âme encor fière.\n     Tu seras mieux toi-même en acceptant ma loi.\n\n     Nous errons en pleurant dans l'ombre de la terre :\n     Nous n'avons pour chercher le but mystérieux,\n     Qu'un jour qui nous aveugle autant qu'il nous éclaire;\n     La mort, quand elle vient, dessille tous les yeux!\n\n     Préviens, si tu m'en crois, cette heure irréparable'.\n     Un jour tu m'avoueras que je parlais en sœur,\n     Et, réunis enfin sur le seuil adorable,\n     Ton cœur, meurtri par moi, bénira ma douceur! »\n\n                                               F E R N A N D SEVERIN\n  1er novembre 1893.\n\n\n\n\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 401, "page_fin": 410, "titre_corps": "Vieux Cœur (suite et fin)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Delattre", "ancre_debut": "VIEUX CŒUR", "ancre_fin": "Louis DELATTRE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 448, "page_imprimee": 401, "debut_caractere": 1210, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "VIEUX CŒUR\n                             [Suite et fin.)\n\n                                  III\n  Péchant de Leernes, c'est, tout au-dessus de la côte qui va dégringoler\ndans la Sambre, quelques métairies blanches à toits de chaume, à volets\net portes peints de ce vert plat des aquarelles anglaises qui est aussi la\ncouleur de nos prairies fraîchement fauchées. Des sentes pavées de grès\nblanc courent de l'une à l'autre en contournant les haies de clôture. Ainsi,\nvous travaillez au jardin à éclaircir vos oignons : clic ! clac ! C'est une\n"}, {"page_pdf": 449, "page_imprimee": 402, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2741, "texte": "                                   — 402 —\n\nménagère passant dans le sentier ; vous levez les yeux ; le visage curieux\nde la voisine est souriant dans la charmille, le visage rose entre les feuilles.\n    Là, les vergers sont couverts d'une herbe longue, épaisse et d'un vert\ntrès foncé. Les pommiers, aux troncs trapus et penchés, ont de grosses\ntêtes arrondies en dômes. Dans leurs clôtures de feuillage, à certaine heure,\nquand tombe la brume des soirs d'automne, ces vergers, comme des choses\nrobustes et gracieuses, emplissent le passant d'une volupté particulière,\nainsi que feraient des musiques de trombones, moelleuses et pourtant\nvigoureuses.\n    Le grand chemin d'Hourpes passe à l'écart. Les promeneurs à parasols\n rouges et à paniers de provisions, ni non plus les papiers sales, n'entrent\n donc point dans Péchant.\n    Le censier Clarent y retrouva vide sa maison, louée jusqu'alors. Il fit\n couvrir d'un lait de chaux les murs et le pignon aigu qu'on voit de loin;\n le couvreur vint resserrer le chaume du toit et le renforcer d'un glui long\n et épais. La vieille demeure fut toute rajeunie.\n     Ici, Frémiée, pour dormir, avait une chambre regardant le jardin et le\n bois. Au matin, les oiseaux l'éveillaient au premier soleil; parfois il faisait\n tout gris encore que déjà elle entendait les hulottes et les chevèches crier.\n  Ce qui l'amusait beaucoup, car elle aimait tout ce qui vit.\n     De nouvelles occupations l'aidèrent à oublier la ferme. Elle devint en\n  quelques semaines la femme de la maison, une vraie femme qui rangea le\n  ménage et sut couper proprement les tartines avec un grand couteau, en\n  appuyant le pain sur sa poitrine. Par son activité et sa bonne humeur, on\n  peut dire que l'enfant raisonnait le vieillard.\n     Le bonhomme en avait besoin; dans le repos forcé dont il n'avait pas\n  coutume, il se rongeait. Il tournait dans les chambres, les bras ballants,\n  ne sachant que faire de ses mains. Souvent la pensée du changement de sa\n  vie, à la faveur d'une sensibilité étrange autant que nouvelle chez ce vieux\n  fruste, l'émouvait jusqu'aux larmes.\n      Un soir, il était assis sur le banc de sa porte et regardait les feuilles des\n  peupliers commençant de jaunir et de sentir l'automne, car elles tombent\n  les premières. La brume d'une fin de septembre donnait à l'air cette sono­\n  rité particulière où les cris et les bruits des champs sont si froids et mats.\n  Des arondes en gazouillant s'alignaient sur le levier dressé en 1 air d'une\n  pompe; dans quelques jours elles allaient partir. Elles, elles s'en vont et\n  reviennent, et elles sont toujours jeunes. Est-ce qu'il y a de vieilles hiron­\n   delles? — Et l'âme simple de l'ancien s'embuait de la tristesse ambiante\n   des choses.\n"}, {"page_pdf": 450, "page_imprimee": 403, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2268, "texte": "                                — 403 —\n\n  Frémiée, à point nommé, est à la fenêtre de sa chambre, d'où, se pen­\nchant, elle surplombe le banc de pa Glarent pour décrocher du mur la\ncage au pinson. Le grand vent fait voleter ses cheveux noirs sur son\nvisage.\n  — Brr, la méchante bise ! dit-elle. Rentre, mon mouchon. Le soleil s'en\nva, tu sais ! Mais tu ne dois rien craindre près de moi, pinson ; au cœur\nde l'hiver même, tu auras chaud!\n  Pa Clarent tourne la tête et lève les yeux vers l'enfant. Les soies de ses\nmoustaches tremblent, il cligne les yeux très vite et dit :\n  — Ah! petite Frémiée! Petite Frémiée!\n  Et il rit; et il est heureux.\n\n\n                                    IV\n\n   L'hiver, Péchant assoupi sous la neige, Frémiée passait devant les\nétables, dont on sent au visage la buée chaude, pour aller à la cahute des\nsabotiers. La porte en était toujours ouverte; le feu de bois dansait, haut\net clair, mais non plus gai que les deux Drienne qui sabotaient là.\n   — Nous n'avons plus de cotrets, disait-elle. Il faudrait bien que vous\nm'en donniez !\n   — Le tas est là, Frémiée. Puises-y tant et plus, répondait un des gars.\n   Jean Drienne dégrossissait les tronçons de bouleau à la hachette sur le\nmassif tronchet; Pierre, au couteau fixé par un bout dans la table, taillait\nle sabot, ce qui est l'ouvrage le plus délicat.\n   Quand Frémiée était là, Pierre y mettait tant de célérité qu'elle s'écriait\nà tout coup :\n   — On dirait que c'est facile ; tu y tailles comme dans du beurre !\n   — Eh Frémiée ! c'est que mon couteau a bon fil.\n   Puis au vilebrequin il creusait le bloc. En une heure, du bouleau informe,\nsortaient deux jolis sabots légers. Ne les entendait-on pas sonner et fringuer\nsur la route gelée ?\n   — Où vont-ils, ceux-là ?\n   — C'est vrai que ce serait drôle s'ils nous revenaient dire ce qu'ils ont\nfait, ce qu'ils ont vu, où ils ont couru! Hé! hé! Mais les petits sabots de\nl'an passé sont en morceaux dans le fossé et ne reviennent pas ! Bast ! c'est\npeut-être mieux ainsi. Je ne voudrais savoir ce qu'ils pensent que de deux\nsabots... que je connais, Frémiée...\n   — Peut-être est-ce facile à deviner, Pierre !\n   Et la jolie fille brune s'en va, poussant la charge de copeaux de bouleau\nà l'odeur fade et un peu vanillée.\n"}, {"page_pdf": 451, "page_imprimee": 404, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2427, "texte": "                                  — 404 —\n\n   Elle revenait souvent. Le vieux frère riait de l'embarras toujours nou­\nveau du cadet quand entrait « petite Frémiée » ; mais il ne se moquait pas\ntrop des jeunes gens, parce que, sans peut-être qu'eux-mêmes le sussent,\nlui voyait bien qu'il s'aimaient.\n   Pourtant, que les chansons qu'il chantait lui paraissaient plus tendres\nquand il les chantait devant Frémiée, cela Pierre le savait bien. Et Frémiée\nsavait bien que son rêve était délicieusement bercé par la complainte du\njeune homme, alors qu'assise devant la lucarne, elle restait à laisser courir\nson cœur, sans rien voir des champs blanchis de neige ni des bois noirs ;\n cela, elle le savait bien !\n\n                                        V\n\n    Le pa Clarent est près de l'âtre, dans son tricot de laine et ses sabots;\nil a lu la gazette et vient de la reposer pliée sur la cheminée. En allumant\nsa pipe, il pense vaguement à ces nouvelles disparates, et que le monde est\nfou de s'occuper de tant de choses. Il jette une bûche au feu, et le coque­\nmar se met à chanter.\n    Frémiée est assise au jour de la fenêtre, elle coud et tire son aiguille à\npetits coups réguliers et vifs. La maison est propre comme un écu.\nPa Clarent se dit qu'ici l'hiver même est bon.\n    — Et qui fait tout cela; se demande-t-il aussi. Ah! qui fait tout cela ?\n    — Pa Clarent? Pa Clarent? Est-ce que cela m'ira bien? Vois, c'est un\nnouveau col; il doit tomber autour du cou, comme cela... Est-ce joli?\n    — Oui que c'est bien, tchiote Frémiée; oui que tu es belle ainsi! Tu es\n une vraie demoiselle, que je te dis! Les nièces Colson, quand elles venaient\nen vacances à la ferme, n'avient pas plus bel air. Ce que tu fais, tchiote,\n c'est toujours plus beau !\n    — Ah! mon bon pa Clarent !\n    Et Frémiée, pour embrasser le vieillard, se lève et vient vers l'âtre. Elle\n a dix-sept ans, et toujours ses lèvres rouges et ses grands yeux graves et\n doux; mais quelque chose de nouveau anime ces belles joues rondes et\n pâles. Non, ce n'est plus là la maigriette noiraude, le minon de la ferme\n Colson,\n    Elle était devenue tout à coup comme une rose très rouge, parfumée et\n éclatante; ses cheveux noirs étaient comme un casque. Comment le charme\n si discret et partial de ce pays augmentait-il encore celui de celte enfant\n trouvée sur la route d'un village lointain? Ils étaient, l'un autant que\n l'autre, beaux, sérieux et gracieux.\n"}, {"page_pdf": 452, "page_imprimee": 405, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2683, "texte": "                                 — 405 —\n\n    Elle n'était pourtant pas une paysanne. Dans ce hameau perdu, elle\n'avait des trouvailles de parures près desquelles les journaux de modes\n n'eussent été que de fades recettes. Qui lui avait appris à enrouler les mêches\n de ses cheveux et les faire retomber au long de ses tempes pour ne laisser,\n ainsi, qu'entrevoir la grâce de son visage pâle dans ses cheveux sombres?\n    Ces choses, avec toutes les autres, si pa Clarent ne les comprenait pas\n ou n'y pensait pas, il les voyait, il les adorait, comme on aime la vie, sans\n devoir y songer. Leur attrait le pénétrait et réchauffait son sang. Et son\n âme, dont jusqu'alors, certainement, la plus grande joie avait été l'exalta­\n tion orgiaque d'un retour de chasse, ou même la vue soudaine d'un per­\n dreau au bout du fusil, dans un guéret mouillé de rosée, au vent du\n matin, cette âme gourde de paysan, par un phénomène aussi curieux et\n aussi naturel que la refioraison de la Saint-Martin, renaissait au clair soleil\n des yeux de cette enfant. Oui, sous les paroles caressantes de ces lèvres\n rouges, le cœur ridé et noueux s'ouvrait et fleurissait. Et, miracle des\n miracles, la pudeur parait encore ces fleurs hivernales de la plus tendre buée !\n    Vieillesse, « jalouse écorce, pourquoi recouvrir si vite » ce cœur qui n'est\n pas mort?.. Quoi? Qu'il est trop tard?. . Ah! écorce, c'est que vous êtes\n jalouse ! Vieillesse, vous êtes jalouse de la douceur terrible de cet amour\n sans espoir, de cet amour sans la volonté ni le désir d'aucun espoir!\n\n\n                                      VI\n\n   Un matin, en se levant, pa Clarent vit la neige qui fondait ; le toit\ndégouttait sur les pierres du seuil ; par delà les haies, la terre noire des jar­\ndins apparaissait. Les poules picoraient et caquetaient, guillerettes. C'était\nla fin de février ; le soleil jaunissait enfin et un vent plus doux s'était mis\nà souffler pour réveiller peu à peu les arbres endormis.\n   — C'est le printemps qui revient! Il revient encore! cria le vieux. Fré­\nmiée, va donc sous la haie; je parie qu'il y a déjà de ces violettes, qu'enfant,\nje cueillais pour la Saint-Thomas.\n   La jeune fille rapporta bientôt plein les mains de tiges boutonnées dont\nelle faisait fondre la neige sous son haleine.\n   — Tu vois, pa Clarent, un peu de chaleur les ouvrira. Eh ! je vais faire\navancer le printemps!\n   C'est vrai que le sourire de ses dents blanches et la rose mouillée de sa\nbouche, c'était du printemps — et qu'elle aurait fait reculer l'hiver!\n   Bientôt le vieux entreprit de bêcher une dernière fois les parterres. Il\nvoulait, pour Frémiée, un jardin qui ne serait qu'une fleur, qui rirait, qui\n"}, {"page_pdf": 453, "page_imprimee": 406, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2493, "texte": "                                     — 406 —\n\nchanterait, près de la forêt, par mille couleurs éclatantes. Quand avril se\nmontra, l'enclos était prêt à recevoir le soleil.\n   Une pluie de bourgeons mouchetait les arbres, dont les troncs noirs et\nhumides luisaient. Les portes au large ouvertes laissaient entrer l'invincible\nespérance de la vie nouvelle, et enivrer bêtes et gens. Le vieux coq perché\nsur le volet de l'étable, s'il n'avait été de la fête, lui aussi, dites, est-ce qu'il\nl'aurait claironnée de si éclatante, de si triomphale voix?\n   A présent, Clarent gratte ses sabots sur le seuil, car Frémiée, comme une\nvraie ménagère, gronde si l'on souille les miroitantes pierres bleues du par­\nquet. Donc, il frotte, frotte ses semelles au torchon de paille. Heu! heu! les\ntravaux du jardin ont endolori ses reins, mais comme les fleurs vont pous­\nser dans cette fine terre de bruyère; comme « l'enfant » sera contente!\n   Frémiée vient pendre à la porte la cage du pinson. Eperdu, l'oiseau\nsautille et s'égosille. Elle regarde la cage et chante d'une voix flûtée, sur\nun air qui veut être mélancolique, mais, dans sa bouche, sourit à la\nmanière d'une guillée d'avril :\n                     J'ai bien nourri, sept ans, un joli geai\n                              En ma gayole,\n                     Et quand ce vint au premier jour de mai.\n                              Mon joli geai s'envole !\n\n   — Quoi? Quoi? Que dis-tu, fillette, demande le vieillard.\n   — C'est une nouvelle chanson, mon pa. Est-elle jolie?.. C'est Pierre\nDrienne qui me l'apprit hier; je la chante déjà toute seule!\n   Clarent reste la tête levée vers Frémiée au pinson, et il frotte machinale­\nment ses sabots. Comme son cœur bat quand il répond :\n   — Ah donc! Tu chantes les chansons de Pierre Drienne, alors?\n   Et il sourit ; oui, il sourit.\n   — C'est qu'il les chante si bien,pa Clarent! Et toutes; il les sait quasi­\nment toutes !\n   — C'est vrai aussi que Pierre Drienne n'est pas une bête..., achèvera\nClarent. Puis il rentre dans la maison.\n   Qu'avait-il pensé? Qu'est ce qu'ora a à battre ainsi dans le vieux coffre?\nQu'est-ce donc qu'on s'était figuré?\n   — Rien! Rien! Il est bien content que c'est Pierre qui aura le jardin\nfleuri de l'orée du bois; et pour lui, il le fera encore plus beau, certes.\n   Il s'assied sous le manteau de la cheminée en regardant danser les\nflammes.\n   La voix flûtée qui veut être triste chante dans la maison :\n                              Mon joli geai s'envole !\n"}, {"page_pdf": 454, "page_imprimee": 407, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2411, "texte": "                                — 407 —\n\n\n\n                                    VII\n\n\n   Boudait exploitait les coupes décennales du bois de la Sambre, et par\néquipes de deux, les bûcherons engagés étaient éparpillés par toute son\nétendue. Les jeunes arbres à terre, l'écorce des chênes arrachée par lan­\nguettes, ils se mettaient à fagoter.\n    Pierre Drienne, à la bonne saison, fermait sa hutte et allait bûcher.\nSouvent Frémiée venait le voir à l'œuvre; elle ne le trouvait jamais plus\nbeau qu'à ses fagots.\n    A travers le bois clairsemé où seuls se dressent les chênes baliveaux ou\npérots, de la hauteur, on voit la vallée d'Hourpes, la Sambre qui tourne\ndans les prairies basses, et le versant opposé étalé. Les houles bleues des\nfumées de fours à coke animent l'horizon d'un côté ; de l'autre, des ruines\nroses et grises entourent une chapelle neuve. Les vieillards d'un hospice\nvaguent à petits pas dans les jardins; aux repas, une cloche les rappelle.\n    Le bûcheron, au pied d'un arbre, a allumé un feu de broutilles où\ncuisent les pommes de terre de son dîner; la fumée, portée par un vent\nléger, dessine un tortueux serpent qui rampe très loin. Un chaland passe\nsur la rivière; les fers des chevaux de halage sonnent; aux coudes de l'eau\nle gouvernail geint.\n    Mais Frémiée est là ! Du sommet de la montagne, elle crie puis s'élance\n dans le sentier zigzaguant. Un buisson la cache un instant; puis elle se\n découvre. Elle franchit d'un bond les arbres couchés. Et la voilà ! Ses yeux\n luisent; ses lèvres tremblent de la course. Elle pose les deux mains sur\n sa gorge frémissante et dit : Ah ! et reprend haleine ; et l'on voit ses dents.\n C'est Atalante, c'est la jeune femme légère à la course et qui passait sa\n vie dans la forêt, toujours armée!\n    — Ah Pierre ! Ah Pierre !\n    A présent, comme la cognée va dans la main du jeune homme! Elle ne\n s'y reprend jamais ; les débris giclent ; le genou qui tient tout est ferme\n comme un roc. Le tas est vite sur le chantier, les rins et les menues\n branches. Le levier est relevé. Hop ! Hardi ! Pierre bondit et pose le pied\n sur le fagot. Les muscles se gonflent. Comme il tire à lui le levier, l'abaisse,\n l'écrase sous ses genoux et le terrasse! Ces cheveux épais, ce visage rose au\n  long nez droit, cette lèvre charnue et fendue comme une cerise d'espalier,\n  ce cou vigoureux et svelte, tout cela n'est-il pas d'un jeune dieu; il se rue\n"}, {"page_pdf": 455, "page_imprimee": 408, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2313, "texte": "                                  — 408 —\n\nau combat. Ou n'est-ce pas Méléagre égorgeant le monstre de Calydon enfin\nmaîtrisé? Sans doute il va retirer, noires du sang horrible, ses mains de la\ngorge béante; il va rejeter la dépouille hérissée aux pieds d'Atalante...\n   Et la joie de leur force, de leur jeunesse, de leur beauté, est divine et\nillumine le bois silencieux.\n   — Dis-moi donc de m'en aller, Pierre! Pa Clarent voudra m'attendre\npour manger, il prendra faim le bon pa. Est-ce qu'il est tard?... Eh! là-bas,\nle train entre dans la montagne. Ecoute, on l'entend ronfler dans la terre!\nIl va loin, dis-moi? A Paris! Tu dis à Paris?... Le voilà, il est sorti!\nComme il galope !\n   Et la jeune fille bat des mains en répétant :\n   — Il va à Paris !\n\n                                     VIII\n\n    Quand Frémiée demanda :\n    — Pa Clarent, veux-tu bien que je me marie avec Pierre Drienne?\n    Le vieillard l'embrassa sur les cheveux. Ses bons yeux clairs durent se\nfermer quelques instants; mais c'est sa pipe un peu juteuse qui le fit tousser\net embarrassa sa langue, lorsqu'il répondit :\n   — Oui, petite Frémiée. Je suis... J.e suis bien content de vous accorder.\n    Ce fut lui qui leva tous les scrupules de la mère Drienne qu'effarouchait\nl'origine inconnue de la fiancée.\n   — Mère Drienne, répliqua Clarent, Frémiée, on peut l'appeler ma fille,\nquasiment, puisqu'elle m'appelle son pa, et que je l'ai vue toute petite.\nL'acquêt du pa Clarent est à elle. Tout est à Frémiée, à ma petite Frémiée.\nAh mère Drienne! On ne sait combien on les aime, ces enfants, qu'en les\nperdant. Elle s'en va, ma fille qui ragaillardissait mes derniers jours!...\nNotre temps est fini, mère Drienne, fini, fini...\n   Les jeunes gens furent vite mariés.\n   — Nous allons dorloter notre pa Clarent, disaient-ils. Plus tard ils\najoutaient :\n   — C'est lui qui sera son parrain, c'est sûr.!\n   Je ne puis pas dire qu'il rappelât de quelque façon el perro del hortelano\nqui ne mange ni ne laisse manger et cependant le vieux qui jadis vivait à\ndemi heureux rien que de se sentir près du trésor qu'il n'aurait voulu\nprendre et n'espérait pas, à présent, la pensée qu'un cœur l'avait conquis\npar l'amour éventait entièrement la saveur de sa vie.\n   Jamais il n'avait espéré rien, ni désiré rien de cette enfant aujourd'hui\n"}, {"page_pdf": 456, "page_imprimee": 409, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2525, "texte": "                                 —   409   —\n\ndans les bras du gars. Le vague amour du vieillard pudique et chaste, s'il\nse repliait à cette heure, et se recroquevillait faute d'objet, c'était par pur\ninstinct. La réflexion n'avait pas à intervenir pour laisser la mort reprendre\nle terrain surpris. Telle, et par un pareil phénomène, la plante languissant\ndans les ténèbres rampe vers le soupirail lumineux. Déjà le jet exsangue\njaunit et reverdit d'espoir; mais le trou de soleil tout à coup s'est bouché ;\nla plante s'arrête, elle a perdu son chemin. Où allait-elle, que voulait-elle?\nLigne à ligne, depuis bien des jours, elle montait vers la clarté; le soleil la\ntirait du cachot. A présent qu'il se cache, la plante s'affaisse et se remet à\nmourir — triste et sans haine.\n    Hélas! le vieux bonhomme, lui, se redressa encore! Il ne voulait pas\nmourir, il ne voulait pas tomber ainsi. Il irait jusqu'au bout.\n    Il prit donc sa place de père entière et chaque jour; il eût deux enfants.\n Il recula sa chaise pour qu'on pût se mettre sous l'âtre à trois.\n    Si le jeune homme vif et fougueux, l'espace d'une seconde, élevait la voix,\nprêt à s'emporter, Clarent disait avec douceur :\n    — Les enfants, les enfants, de la patience!\n    Alors Pierre redevenait doux et Frémiée heureuse. Ainsi des autres fonc­\ntions paternelles : car il ne recula devant aucune. Il n'eut jamais peur de\nvoir, de près, ces jeunes gens s'aimer. Il les aida tous les jours à s'aimer\n mieux.\n    L'homme simple qu'on aurait plaint, quand la passion l'étreignait et\n qu'il mettait toute la force de sa vie à arrêter sa vie, peut-être, aujourd'hui,\n l'eût-on trouvé sublime, tant son sacrifice était actif, et saignant, et pante­\n lant, et de toutes les heures Le vieux cœur ne savait pas s'éteindre, ne\n savait pas se taire. Cependant les chansons commençaient à troubler l'âme\n honnête. Il faudrait donc le briser?\n\n\n                                      IX\n\n   La semaine où Clarent mourut, il étonna le hameau par sa verdeur et sa\ngaîté éclatante. Il avait retrouvé dans un coffre l'antique habit de velours à\ncôtes qu'il revêtait aux anciens jours de chasse. Cette veste rude qui san­\nglait son torse lui rappela son passé de force et de labeur.\n   Quels retours des chasses où Colson et les hobereaux voisins l'admet­\ntaient pour la beauté de « son fusil » ! Quels soupers ! Les carniers ren­\nversés dans la cuisine de la ferme. Les convives ivres de fatigue et de\nbourgogne dans la salle à manger saccagée. Les servantes dépoitraillées\n"}, {"page_pdf": 457, "page_imprimee": 410, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1670, "texte": "                                 — 410 —\n\nentre les hommes ! Et quels hommes ! L'un enumérait ses treize bâtards ; un\nautre, aux tourne-brides, buvait le genièvre dans les chopes ; et celui-là, à\ncinquante ans, faisait renâcler de douleur un cheval dans l'étreinte de ses\ngenoux!\n   Les souvenirs l'exaltaient. Il alla deux fois à la chasse cette semaine-\nlà. Frémiée lui laçait ses guêtres, ainsi que j'adis, à la ferme. Il criait en\nfrappant le sol du pied, avec pétulance :\n   — A revoir, Frémiée !\n   Le dimanche, les jeunes hommes de Hameau jouèrent à la balle dans le\npré Colas qui était fauché. Un éteuf mal lancé fut discuté. Clarent alla au\n« tamis » pour montrer « le coup » ; fit les deux pas et livra la balle avec\ntant d'adresse qu'elle dépassa la limite du plus fort joueur. Frémiée, qui\nétait là, cria :\n   — Eh les jeunes hommes ! Mon pa Clarent vous bat! C'est lui le plus\njeune !\n   Lui le plus jeune... Ah ! c'est pour cela qu'il voulait s'arrêter.\n   On le trouva mort dans le bois voisin. Son fusil baignait dans une flaque\nde sang. Il avait les mains pleines de bruyères fleuries.\n   Il avait soixante-sept ans.\n   Frémiée pleura son pa Clarent, à chaudes larmes et bien longtemps, son\nbon pa Clarent.\n   Jamais elle ne sut que le censier était mort pour elle. Et ainsi, quoique\nsanglant, le sacrifice du vieux cœur fut aussi pudique que son amour.\n\n\n                                      X\n\n  Heine-Apollôn dit : « Quand le cœur est brisé dans la poitrine, les chan­\nsons s'en vont. » Mon humble Flip Clarent de Péchant brisa le sien, lui,\npour que ses chansons s'en allassent.\n                                                     Louis   DELATTRE"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 411, "page_fin": 417, "titre_corps": "Atalante à Calydon (suite)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A.-C. 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Cette chose émeut plus que toutes choses, plus que\ntonfilsmême : l'affection qui t'attache à lui; et il t'honorera, toi et tes\nentrailles qui l'ont porté, et les seins qu'il connaissait ; et pour l'amour de\ntoi, il aura plus de vénération pour tous ses dieux.\n    ALTHÉE. — Mais les dieux me donnèrent aussi ces frères ; et mon fils,\nsans vénérer ses dieux ni mon propre cœur, ni les anciennes années douces,\nni toutes les choses vénérables, mais cruel, et rapace comme une bête, les\nenleva pour les tuer ; oui, et elle, elle, la femme étrange, elle la fleur, le\nglaive, rouge du sang versé, fleur mortelle aux hommes, adorable,\ndétestable, elle-même a vu de ses yeux étranges, et s'est réjouie de ses lèvres\nétranges, ayant vu ceux-ci, les miens, tués par le mien, et moi devenue\nmisérable au delà de toutes les misères, une douleur entre toutes les femmes\n du monde, un nom fait pour être lavé des larmes de tous les hommes.\n    LE CHŒUR. — Affermis ton esprit ; celui-ci n'est-il pas dieu, aussi, le\n hasard, et la roue de toutes les nécessités ? De dures choses nous sont venues\n des dieux sévères; ne les en blâmons pas, de crainte de maux plus grands.\n    ALTHÉE. — Mon esprit est fort contre lui-même, et à cause de ces choses,\n je crie à ma propre âme qu'elle endure l'outrage, et les jours douleureux,\n et la vie, et cette inexpiable impuissance. Je suis faible, faible et honteuse;\n l'air que je respire, ces choses monstrueuses et les dieux violents me rendent\n honteuse. Qu'est-ce qui m'apaisera ? Qu'est-ce qui me guérira ? Qu'est-ce qui\n rendra la vigueur aux pieds, la lumière à la face? Quelle herbe me cal­\n mera? Qu'est-ce qui me fortifiera ? Qu'est-ce qui me soulagera? Quelle chose\n étrange, mangée ou bue, ô grands dieux, me fera semblable à vous ou aux\n  bêtes qui se repaissent, qui tuent et déchirent, et satisfont leur cœur? Car\n vous nous les montrez ; et à nous, inférieurs à elles, il ne nous est pas donné\n  de vivre comme toutes ces créatures, qui toute leur vie se conduisent sui­\n  vant leur propre nature, se réjouissant comme celui qui agit bien ; mais\n"}, {"page_pdf": 459, "page_imprimee": 412, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2809, "texte": "                                     — 412 —\n\n nous agissons mal, pleurant ou riant, nous à qui manquent la vue, la con­\n naissance, la lumière de la face et la pureté du cœur ; et les mains nous font\n défaut, et l'esprit ; et chaque jour nous faisons le mal, nous avons faim ; et nous\n mourons dans 1 orgueil; car vous nous avez donné la folie et non la santé,\n et des péchés dont nous ne connaissons rien, et pour lesquels vous nous\n donnez la mort, et la destruction soudaine et inattendue. Que dirons-nous\n maintenant ? Que deviendrons-nous ?\n    LE CHŒUR. — Hélas ! Car tous ces maux, tous les hommes les subis­\n sent.\n    ALTHÉE. — C'est pourquoi je ne veux pas, ô dieux, que ces deux-ci\n meurent comme des chiens, mangés par les choses rampantes, abominables\n et dégoûtants ; quoique morts, ils seront honorés, ils auront la flamme\n funéraire qui souffle les cendres des hommes dans la face de leurs ennemis,\n aveuglant les yeux qui les haïssaient ; de crainte que les hommes ne disent :\n « Les voici couchés ; vivants, ils avaient de nombreux parents, et aucun\n de ceux-ci n'a pitié d'eux, nul ne les regarde gisants, nul n'est blessé au\n cœur, nul n'a l'esprit ému pour eux, nus et tués, abhorrés, avilis, et qu'au­\n cune larme ne console. » Et dans l'ombre, s'afflige Eurythemis, écoutant\n comment ceux ci, ses fils, descendent vers elle, non ensevelis, non vengés,\n comme des hommes sans famille, tandis qu'une reine était leur sœur. La\n honte en serait plus grande que ma douleur. Et pourtant je ne sais quelle\n sera l'expiation ; car l'amour de mon fils, amour nouveau né d'une mère\n nouvellement mère, amour qui grandit depuis la douce enfance jusqu'à l'âge\n viril, d'abord doux comme 1 enfant, puis fort comme l'homme, — pourtant\n un seul et même amour, — lutte avec moi, et n'est point aisé à combattre; cet\namour est profond, et naturel au sang de l'homme, et beaucoup de larmes ne\nl'effacent point. Pourtant ni ceux-ci ne me blâmeront, quoique je meure, ni\nelle, dans le monde stérile, avec tous ses morts, ma mère, parmi les pâles\ntroupes tombées comme les feuilles, les foules des morts, éloignées du soleil;\net étant reine, elle ne me laissera pas manquer de quelque amère consolation,\nde quelque pauvre louange, pour avoir, moi sa fille, agi en reine et suivant la\njustice ; et bien que mon propre feu me brûle aussi, ma mère sera honorée,\net ceux-ci, ses fils, quoique morts, le seront aussi. Mais tout ce que veulent\nles dieux, ils le font entièrement; et nous faisons, non pas tout ce que nous\nvoudrions, mais pourtant quelque chose : et nous avons une liberté : vivre,\naccomplir des actions justes et mourir.\n   L E CHŒUR. — Elle parle en paroles terribles et tourne des yeux rapides\net enflammés, incertaine, contre elle-même, et murmure comme celui qui\nrêvant, parle avec la mort.\n"}, {"page_pdf": 460, "page_imprimee": 413, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2553, "texte": "                                  — 413 —\n\n    ALTHÉE. — Car l'injuste meurt aussi, et tous les hommes le haïssent,\net lui-même déteste l'injustice et voit son propre déshonneur intolérable.\n Pour moi, étant juste, faisant justice sur moi-même, je tue ma propre âme,\net nul homme ne me fera honte. Car nul n'empêchera, nul ne blâmera, la\nchose faite, ce que nul ne m'a contrainte à faire; ainsi sera-t-il Hélas! Hélas!\npour les choses qui doivent être ainsi! Malheur à moi, qui suis marquée pour\nles faire et les subir, choisie et contrainte de choisir, et de me faire à moi-\nmême ma propre blessure, à travers ma propre chair, jusqu'au cœur violem­\nment frappé ; dévastatrice et dévastée, ruine dangereuse tombée sur mon\npropre fils. Hélas, hélas ! sur moi comme sur ceux-ci, hélas ! Car ce qui\ndoit être est déjà, et ma main est pleine de l'acte et pleins de sang sont mes\nyeux, qui ne verront jamais, qui ne toucheront rien que le sang non étan-\nché et le feu inextinguible.\n   LE CHŒUR. — Que veux-tu faire? Qu'as-tu? La demeure est dangereu­\nsement ébranlée; y veux-tu porter le feu ?\n   ALTHÉE. — Le feu dans les toits et le feu aux linteaux. Voyez-vous les\ntileuses qui se dressent, entre les portes, là? Et le sang ruisselle de leurs mains\net du fil, et souille le seuil et la robe et moi-même, marquée, en entrant,\npar les soudaines gouttes de sang de la mort.\n   LE CHŒUR. — Hélas, le temps est plus fort que les hommes forts, le\nsort est plus fort que tous les dieux ; et ils se sont appesantis sur nous.\n   ALTHÉE. — Il y a peu de temps, j'étais joyeuse, et maintenant jamais\nplus je ne serai joyeuse ni triste.\n   LE CHŒUR. — Entre deux joies, une douleur grandit inaperçue.\n   ALTHÉE. — Encore un peu de temps et je rirai, puis je ne pleurerai ni\nne rirai jamais plus.\n   LE CHŒUR. — Que dirons nous? Les paroles sont des épines pour la\ndouleur Contiens-toi un peu et crains les dieux.\n   ALTHÉE. — La crainte mourut quand ceux-ci furent tués, et je suis\npareille à une morte, et la crainte est au vivant ; ceux-ci ne craignent per­\nsonne.\n   LE CHŒUR. — Pour l'amour d'eux, aie pitié de tous.\n   ALTHÉE. — C'en est fait maintenant; reculerai-je mon jour?\n   LE CHŒUR. — Une fin est venue, une fin ! Ceci vient de Dieu.\n   ALTHÉE. — Je suis feu, je me brûle moi-même; gardez-vous du feu.\n   LE CHŒUR. — La demeure est détruite, détruite! Elle ne subsistera\npas.\n   ALTHÉE. — Malheur, malheur à qui détruit ; les verges la frappèrent\nautrefois, et voici la hache.\n                                                                         26\n"}, {"page_pdf": 461, "page_imprimee": 414, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2874, "texte": "                                 —414—\n    LE CHŒUR. — Ce n'est point en fendant la terre, ni en entr'ouvant la\nmer, ni par les terribles présages de naissance, ni par les rêves fuyants\nde la mort prochaine, ni par le dénouement de la ceinture du vaste monde\net par une vigueur plus grande donnée au corps de la nuit, et le bruit\ndu tonnerre dans les oreilles des hommes, et la flamme de l'éclair devant\nles yeux des hommes, que la destinée, mère des désirs et des craintes, vint\napporter aux hommes la loi des larmes; mais soudain, difforme, sans\npère, et jaillie de la nuit, elle brilla, Elle, sans corps, sans nom, en des\njours passés et oubliés; et lorsqu'elle vint, autour d'elle les cieux reten­\ntirent comme des cymbales entrechoquées, et se dévoilèrent; les nuages et\nles grands astres, les tonnerres et les neiges, les champs bleus et tristes et\nles troupeaux de l'air, la vie qui respire, la vie qui croît, tous les vents,\ntoutes les flammes, ce qui brûle et ce qui souffle, tous la connurent; car\nelle est grande, la fille du sort, la mère de la mort, la sœur de la douleur;\nfardeau pour toute la vie qu'aucune main d'homme n'allège; aucun dieu\nmême ne peut rendre plus léger le destin ; borne aperçue en travers de la\nroute où marche un peuple comme un autre y marcha ; mauvais sceptre,\nmauvais bâton, que nous fit pour appui, que nous fit pour fléau l'amère\njalousie de Dieu.\n    Car la mort est profonde comme la mer, et le destin est comme les\nvagues. Les vagues auront-elles pitié de toi ? Le vent du sud t'offrira-t-il\n son amour? Prendras-tu la nuit pour le jour, et l'obscurité pour la lumière\n de ta route, jusqu'à ce que tu dises en ton cœur : « Assez? » Vois! tu es\n plus que belle, tu es plus que sage; la douceur du printemps est en ta\n chevelure, la lumière en tes yeux; la lumière du printemps est en tes yeux,\n et ses bruits en tes oreilles; pourtant ton cœur se charge de soupirs, et\n tes paupières sont lourdes de larmes. Couvriras-tu d'or ta chevelure, et\n d'argent tes pieds? As-tu pris la pourpre pour t'en revêtir? As-tu fait ta\n bouche plus douce? Vois! Quand ta face sera dépouille'e, celui qui t'aimait\n te haïra; ta face ne sera plus belle, quand ton destin s'accomplira. Car ta\n vie tombera comme une feuille, et sera versée comme la pluie; et le voile\n de ta tête sera le chagrin, et ta couronne sera la souffrance.\n    ALTHÉE. — Vous qui gémissez, vous qui chantez, cessez jusqu'à ce que\n je sois venue parmi vous. Cachez vos larmes, petites pleureuses, et vos\n lèvres riantes, rieuses d'un moment; voici mes yeux aux larmes plus\n abondantes que les pluies, et ma bouche, qui rit comme les dieux rient de\n nous. Nous appartenons au destin; pourtant le destin est à nous pour le\n  temps d'un souffle; oui, il est à moi, le destin est fait mien à jamais; il\n  est mon fils, mon époux, mon frère. Vous, dieux forts, faites-moi place; je\n"}, {"page_pdf": 462, "page_imprimee": 415, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2421, "texte": "                                -   415   -\n\nsuis comme l'un de vous, donnant et prenant la vie. Toi, vieille terre, qui\na fait et défait l'homme ; toi dont la bouche est rouge des fruits de tes\npropres entrailles, regarde de quelles lèvres et de quel aliment je nourris et\nremplis mon corps : de la chair même faite de mon corps. Vois ! Afin\nd'éteindre ce feu que j'allumai, je le brûle par le feu ; oui, par la flamme\nj'en brûle jusqu'à la poussière et jusqu'à la cendre.\n   LE CHŒUR. — Femme, quel est ce feu qui te brûle?\n   ALTHÉE. — Oui, jusqu'aux os, jusqu'au sang, je brûle toute.\n   LE CHŒUR. — Car ta face et ta chevelure sont comme un seul feu.\n   ALTHÉE. — Comme une langue de feu palpitante qui lêche la poussière.\n   LE CHŒUR. — Et tes yeux caves brillent et brûlent.\n   ALTHÉE. — D'une flamme que la main ou 1'encens n'alimente pas.\n   LE CHŒUR. — Je crains tes yeux tremblants.\n   ALTHÉE. — Ce n'est pas d'amour qu'ils tremblent, ni de crainte.\n   LE CHŒUR. — Et ta bouche frémissante comme un oiseau blessé.\n   ALTHÉE. — Non, comme les lèvres de la fiancée, quand le fiancé les\nbaise.\n   LE CHŒUR. — Dis-nous plutôt quelle est cette chose que tu as faite?\n   ALTHÉE. — Voyez, je suis silencieuse; que vos yeux parlent pour moi.\n   LE CHŒUR. — Je vois un faible feu, dont la lueur vient de la salle.\n   ALTHÉE. — Regardez attentivement, tendez les yeux avec effort, jusqu'à\nce que les paupières retombent fatiguées.\n   LE CHŒUR. — Des piliers sont rougis au bas du vestibule vacillant.\n   ALTHÉE. — Tendez vos cous comme font les oiseaux; criez, piaillez\ncomme eux.\n   LE CHŒUR. — Et je vois un long tison noircissant; et de la poussière\nblanche.\n   ALTHÉE. — O enfants, qu'est cela que vous voyez? Vos yeux sont plus\naveugles que la face de la nuit au coucher de la lune. C'est mon fils, ma\nchair, le fruit de ma vie, mon travail, et pendant une année le fardeau de\nmon ventre, Méléagre, flamme allumée par mes mains, et par mes mains\néteinte; c'est lui que vous voyez.\n   LE CHŒUR. — O dieux! Quelle parole est sortie de ta bouche?\n   ALTHÉE. —J'ai fait cela, je l'ai dit, et je meurs.\n   LE CHŒUR. — La mort se tient sur le seuil de tes lèvres, et dans ta\nbouche, la mort a élevé sa demeure.\n   ALTHÉE. — O mort, un instant, un court instant, douce mort, pour\nvoir le tison se consumer et mourir.\n   LE CHŒUR. — Elle vacille comme un roseau sous le vent, et s'attache\nau sol par des pieds chancelants.\n"}, {"page_pdf": 463, "page_imprimee": 416, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2775, "texte": "                                    — 416 —\n\n   ALTHÉE. — Filles, je veux dire une chose, et puis je me tairai. Moi qui\nai fait ceci, je ne veux ni pleurer ni gémir; vous, gémissez et pleurez. Je\nn'invoquerai pas les dieux; invoquez-les. Je n'aurai pas pitié de l'homme;\nmontrez-vous pitoyables Je ne sais que je vis qu'en sentant le feu\nsur ma face, et sur ma joue la brûlure d'un tison. Oui, la fumée me\nmord ; oui, je bois la vapeur, par mes narines, par mes paupières et par\nmes lèvres insatiables et impatientes; et mes mains brûlent, et le feu se\nnourrit de mes yeux; je chancelle, comme si j'étais ivre de la vie, comme si\nj'y puisais la joie de l'ivresse; pourtant, quoique folle de joie, je déteste ma\nlongue vie, et le reflet du sang versé me rougit. Voyez, en moi s'allument\nles flammes qui s'évanouissent en lui ; je suis gonflée par l'épuisement de ses\nveines, je suis inondée du flot qui l'abandonne; mes yeux allumés brûlent\ndu feu déclinant qui abandonne ses paupières pâlissantes; ma joue est\nlumineuse de sang parce que sa face est de cendre.\n   Pourtant, ô enfant, mon fils, mon premier-né et le plus beau, ô douce\nbouche, doux yeux, qui buviez ma vie et suciez mon sein, qui brilliez et me\nfendiez le cœur, ô doux genoux grimpants, doux pieds qui me fouliez ten­\ndrement, joues chaudes de baisers légers, ô enfant, enfant, qu'avons-nous\nfait l'un et l'autre? J'aimais ton poids s'attachant à moi, fardeau de beauté,\nô fils, ton front dans ton berceau, et tes si douces lèvres aimantes,\nta chevelure florale, tes petits yeux brillants et toute ta jolie gloire ; de mes\nmains, délicatement je te nourrissais, ma langue parlait tendrement, disant:\n« Vraiment, au temps voulu par Dieu, d'après l'aspect de tes petits mem­\nbres, mon fils, je ferai de toi un royal guerrier, un chef superbe; et\nj'entendrai dire avant de mourir : « Elle a porté le plus beau glaive du\nmonde, n Hélas! Hélas! Toute ma vie tourne autour de moi; je suis\nséparée de moi-même, mon nom a disparu ; mon nom qui était bienfaisant\nest changé, mon nom est une brûlure. Maintenant, bien que mes yeux\natteignent la fin de toutes ces choses-ci, mes lèvres ne s'ouvriront pas\njusqu'à ce que je meure.\n   L E D E M I - C H Œ U R . — Elle a rempli la ville de soupirs, et de larmes les\nchemins de la ville; elle s'est levée, elle a ceint ses flancs, elle a orné sa face\ncomme la face d'une fiancée; elle pleurait, et elle était sans pitié; elle trem­\nblait, et ne ressentait aucune crainte.\n   L E DEMI-CHŒUR — Ses yeux étaient clairs comme le soleil, son front\nétait frais comme le jour; elle s'est ceinte d'une ceinture d'or, ses robes\nétaient variées; mais les jours de sa gloire sont passés, et la louange lui est\nenlevée.\n   L E DEMI-CHŒUR. — Car elle étendit les mains vers le feu, de sa\n"}, {"page_pdf": 464, "page_imprimee": 417, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "                                 — 417 —\nbouche elle l'attisa; comme la bouche du joueur de flûte était sa bouche;\navec la force d'un violent désir, elle souffla l'haleine de la flamme.\n   LE DEMI-CHŒUR. — Elle étendit les mains vers le bois, elle prit le feu\ndans ses mains ; comme celle qui est près de la mort, elle était haletante\nd'un souffle étrange, elle ouvrait les lèvres jusqu'à saigner, elle souffla et\nalluma le tison.\n     (A continuer.)                              A.-C. SWINBURNE\n                                             (Traduction   de P. TIBERGHIEN.)\n\n\n\n\n              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 417, "page_fin": 419, "titre_corps": "Ford-Madox Brown", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Olivier-Georges Destrée", "ancre_debut": "FORD MADOX BROWN", "ancre_fin": "OLIVIER GEORGES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE MUSICALE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 464, "page_imprimee": 417, "debut_caractere": 592, "fin_caractere_exclue": 2462, "texte": "FORD-MADOX BROWN\nL'             Angleterre a perdu, le mois passé, une de ses plus illustres et\n                de ses plus hautes personnalités artistiques. Le peintre Ford-\n                Madox Brown est mort à Londres, alors qu'il se reposait à\n                peine de l'achèvement complet de son œuvre principale, la\ndécoration à fresque de l'hôtel de ville de Manchester. C'était l'un des plus\nremarquables peintres de l'école anglaise contemporaine et l'un de ceux\ndont la personnalité était la mieux tranchée.\n    La couleur de ses tableaux spécialement était en général plus harmo­\nnieuse et belle que celle des autres peintres anglais contemporains, et il\nétait, je pense, en partie redevable de cette supériorité à son éducation pre­\nmière qui s'était faite à Anvers, dans l'atelier du baron Wappers, au temps\noù l'école d'Anvers était florissante. D'Anvers, Ford-Madox Brown avait\nété continuer ses études à Paris où il avait vu Delacroix et les peintres de\nl'école romantique, et après quelques voyages et le séjour en Italie néces­\nsaire à tout artiste, il était venu se fixer en Angleterre. Les tendances de\nces diverses écoles de peinture qu'il avait étudiées avaient eu naturellement\nleur influence sur les œuvres de jeunesse de Ford-Madox Brown. mais en\nartiste bien doué qu'il était il n'avait pris de chaque école que ce qu'il y\navait trouvé de bon, et son originalité avait été plutôt développée qu'amoin­\ndrie par la diversité des influences qui avaient agi sur elle. Il prétendit\ntoujours se tenir à l'écart de tout groupement artistique, et voulut comme\nil le dit lui-même dans le catalogue de son exposition de 1865 « peindre ce\nqu'il voyait absolument sans aucun égard à l'art d'aucune période ou\nd'aucun pays ». Même sous la bannière des peintres préraphaélites qui\ntous furent ses amis, et dont le plus illustre, Dante-Gabriel Rossetti, fut\n"}, {"page_pdf": 465, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "                                   -   418    -\n\n\nmême quelque temps son élève, il n'avait pas voulu s'enrégimenter, et tout\nen marquant une vive sympathie pour les efforts de ce groupe, il n'avait pas\nfait partie de la Confrérie préraphaélite comme on le croit généralement.\n    L'exposition la plus importante de ses oeuvres eut lieu en 1865 et com­\nprenait ses deux tableaux les plus célèbres, Work et The last of England,\nce dernier souvent reproduit par la photographie et maintenant au Musée\nde Birmingham. Ford-Madox Brown ne se confina pas exclusivement dans\nla peinture des sujets de « genre » ; les sujets religieux, les sujets d'histoire,\nle portrait, le paysage, l'art industriel l'intéressaient au même titre et dans\nchacune de ces branches d'art il produisit des œuvres maîtresses.\n     Les sujets tirés de la lecture des poètes semblent pourtant l'avoir requis\nd'une façon particulière; il avait peint pendant sa jeunesse plusieurs\ntableaux d'après des œuvres de Byron et notamment son Manfred, un de\n ses premiers tableaux, et une Parisina. Les drames de Shakespeare lui\n avaient aussi fourni le sujet de nombreux tableaux, et entre autres le Roi\nLear qu'il avait illustré d'une série de seize dessins, et d'après lequel il\n avait peint en outre trois de ses plus importants tableaux parmi lesquels\n le tableau justement célèbre du Roi Lear partageant son royaume.\n     Pour moi, le plus dramatique, le plus saisissant, le plus beau, à tous les\n points de vue, des tableaux de Ford-Madox Brown, et l'un des plus beaux\n tableaux modernes que je connaisse est le Roméo et Juliette que M. James\n Leathart avait prêté au Musée de Birmingham, lors de l'inauguration de\n la nouvelle salle de ce musée consacrée en grande partie aux peintures\n préraphaélites. Le tableau, inspiré par les vers connus du grand drama­\n turge anglais, et merveilleusement en harmonie avec eux, représente les\n adieux de Juliette et de Roméo au balcon, au moment où les amoureux\n échangent avant de se quitter leur suprême et dernier baiser. Le poème\n tout entier de Shakespeare revit en ce tableau : il y a dans l'étreinte\n ardente de ce sombre Roméo une grandeur de passion qui doit toucher\n tous les cœurs, et la Juliette pâmée, la tête rejetée en arrière, ses blonds\n cheveux dénoués, les yeux clos, et tout le visage comme auréolé\n  d'amour et de l'éclat du jour naissant, est si belle et si vraie dans le geste\n  qu'elle fait pour retenir son amant, qu'elle est comme une statue de\n l'Amour même, inoubliable pour tous ceux qui l'ont vue. L'échelle de soie\n  pend au balcon, et à droite de la maison s'aperçoit la ville éclairée des\n  premières lueurs du jour.\n     Indépendamment de la série des peintures à fresques qu'il exécuta pour\n  l'hôtel de ville de Manchester, Ford-Madox Brown laisse un nombre de\n  tableaux considérable et certes, quand des spécimens bien choisis de ses\n"}, {"page_pdf": 466, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 377, "texte": "                                 — 419 —\n\nœuvres auront été recueillis et seront exposés à la National Gallery, il\napparaîtra à tous comme ayant été l'un des peintres les mieux doués de\nl'école anglaise contemporaine et l'un des esprits les plus distingués et les\nplus élevés de ce temps.\n                                           OLIVIER-GEORGES        DESTRÉE\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 419, "page_fin": 422, "titre_corps": "Chronique musicale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ernest Closson", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "ERNEST CLOSSON", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 466, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 377, "fin_caractere_exclue": 2437, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n              Connaissez-vous, dans le premier volume des Mémoires d'Hector\n               Berlioz, les quelques pages consacrées par le terrible critique\n               du Journal des Débats aux concours du prix de Rome?\n                 A relire. Avec quelle verve impitoyable il vous arrange cette\ninstitution, ce record de l'inspiration obligatoire de telle date à telle autre,\ncet usage barbare qui consiste à lancer à la tête d'une dizaine de malheureux,\ndoués chacun d'un tempérament évidemment autre que celui de son voisin,\nun poème plus ou moins saugrenu, tantôt shakespearien, tantôt dantesque\nou homérique, — n'importe, mais commençant régulièrement par un lever\nou un coucher de soleil :\n                       Le soleil venait à     peine...\nOU\n                       Déjà l'astre   du   jour...\n\n  Le poème avec lequel les aspirants à notre prix de Rome avaient été mis\naux prises cette année, pour ne point commencer par faire luire l'astre du\njour, n'en était pas moins banal, très classiquement.\n  Cela s'appelait Lady Macbeth, et contenait des vers comme ceci :\n               Quoi, près de toi, le vieux roi, seul obstacle.'\n               Ecarte-le, c'est la fin du miracle...\n\n   Comme on le sait, c'est M. Louis Mortelmans, d'Anvers, qui a remporté\nla timbale. L'œuvre a été exécutée à l'Académie, le 29 octobre, après un\ndiscours de M. Ad. Samuel, sur l'Art libre et l'Enseignement de la musi­\nque, où le directeur du Conservatoire de Gand, mentant à ce titre qui\npromettait des surprises, s'est borné à énoncer quelques lieux communs, et\nà tourner autour de son sujet avec une prudence et une habileté bien\nacadémiques.\n   Je me vois forcé à le confesser avec un grand et sincère regret,\nl'œuvre de M. Mortelmans m'a assez fortement déçu. Non que je me fusse\ncréé trop d'illusions sur ce qu'il y avait à tirer d'un poème imposé, et d'un\npoème aussi lourd, aussi terne que Lady Macbeth. Mais je m'attendais à\ntrouver, je l'avoue, un peu plus d'inspiration, d'originalité, de verdeur,\ndans cette partition d'un jeune.\n"}, {"page_pdf": 467, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3004, "texte": "                                        — 420 —\n\n   Je ne connaissais M. Mortelmans que par quelques petites compositions\ntrès distinguées, très délicates, singulièrement éloignées de la robustesse fla­\nmande et, chose curieuse chez un Flamand, fortement influencées de Grieg.\nMalheureusement, aucune des qualités notées dans ces courtes inspirations\nne s'est représentée, à mon sens, dans la cantate couronnée. Je conviens avec\ngrand plaisir que M. Mortelmans manie l'orchestre avec facilité, et applaudis\nvolontiers quelques timbres et quelques sonorités bien trouvées. Je conviens\nque le choeur des soldats, au commencement de la seconde partie, a une\nassez belle allure, vigoureuse et martiale. Mais on cherche vainement, dans\ntout cela, un moment d'émotion et de chaleur véritable ; il n'y en a pas.\nVisiblement, l'auteur n'a pu échauffer son inspiration à cette rhétorique\nmorne et froide. Il fait un regrettable emploi de toutes sortes de procédés\ndevenus insupportables depuis qu'on les a entendus se traîner dans tous les\nmélodrames : progressions interminables de septièmes diminuées, gammes\nchromatiques ascendantes et descendantes dans les bois, etc. La partie\nvocale, surtout, présente fort peu d'intérêt; ces récitatifs, très courts, se\nsuccédant sans interruption aucune, précipitant des bribes de phrases les\nunes sur les autres, essoufflent l'attention de l'auditeur, ne lui permettent\npas de respirer, de se ressaisir un moment, de sentir enfin et de s'émo­\ntionner.\n   A la fin de la seconde partie, lorsque, le meurtre consommé, Lady\nMacbeth rejoint son époux, celui-ci s'écrie :\n                    Horreur!    de sang ta main est pleine.'\n\n  Et Lady Macbeth :\n                    Je suis    reine!\n\n   M. Mortelmans n'a pas deviné, là, le seul effet peut-être à tirer de son\npoème; il n'a pas senti l'énorme élision qui accolait ces deux phrases et,\nmaladroitement, il les rejoint dans une expression musicale presque iden­\ntique. Je ne parlerai que pour mémoire des réminiscences wagnériennes qui\ndésormais foisonnent dans tous les coins de la littérature musicale contem­\nporaine, ainsi que d'irrépressibles champignons en une cave humide : récits\nd'Amfortas deParsifal, « Mon Dieu, prenez pitié...», méditations de Mime\nde Siegfried, « Sans défense!., la nuit!.. », thème du chevalier au Cygne de\nLohengrin, « O grand Macbeth, salut ! », etc. L'orchestre, remarquablement\ndirigé par l'auteur, a fort bien marché, et les interprètes, l'admirable\ncontralto qui est Mme Soetens-Flament, M. Fontaine et M. X... ont fait\nde leur mieux.\n\n   Il me faut, à votre grand déplaisir, vous parler du Théâtre de la Monnaie,\noù le répertoire s'en tient très prudemment, quoique nous soyons en\nnovembre, aux pièces d'ouverture Oh! cette présentation des artistes, dans\ndes rôles ad hoc, où l'abonné peut les attendre, à tel passage épineux, pour\nles juger et comparer ensuite avec l'autre, vous savez bien, l'autre...\n    Parmi les nouveaux venus, M. Cossira, le ténor, vient en première ligne;\n"}, {"page_pdf": 468, "page_imprimee": 421, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3253, "texte": "                               — 421 —\n\nc'est l'étoile masculine de la troupe, — une ancienne connaissance d'ailleurs.\nSon art peut se résumer en un mot : il chante outrageusement bien, il en\nest agaçant. Ce n'est plus un artiste lyrique, c'est tout bonnement un\nchanteur. Le jeu n'existe pas, ou peu s'en faut. Passe encore, tout cela\ndans une œuvre d'esthétique de second ordre, comme les Huguenots, Aida\nou la Juive; mais, dans Lohengrin ! M. Cossira nous a servi un Lohengrin\nprétentieux, à cinq cents lieues de son personnage, chantant ses admirables\nrécitatifs avec le sans-gêne candide d'un homme qui ignore les recomman­\ndations expresses énoncées par Wagner sur la nécessité de suivre rigoureuse­\nment la métrique déterminée par lui, s'asseyant avec complaisance sur les\nnotes favorables à son admirable organe. Quelle différence avec Seguin, qui\nreprenait le rôle de Frédéric ! Quelle autre allure cela vous prend tout de\nsuite, quelle impression de grandeur, de majesté, quelle saisissante vérité\ndans l'accent dramatique !\n   Mlle Tanésy, une nouvelle venue également, s'est produite jusqu'ici dans\nAida, la Juive et les Huguenots. Excellente impression; voix généreuse et\nsympathique, technique consciencieuse et solide, jeu suffisant. A côté d'elle\nMlle De Noce a fait plaisir, grand plaisir même : vocalisation légère et très\nnette, voix pure et fraîche, tout en dehors. J'aime moins Mlle Horwitz, qui\na chanté Rosine et Lakmé; dans ce dernier rôle surtout, elle m'a paru\nsingulièrement molle, atone; accentuation et prononciation absolument\n nulles, jeu lent et languissant, voix traînante et larmoyante... Et M me de\nNuovina, qui a repris ses rôles d'Eisa et de Marguerite avec son autorité\n de grande artiste; et M. Massart, qui a fait une rentrée assez froide dans le\n Prophète et dans Faust; et les autres encore ..\n   Hélas, mes frères, quand donc aurai-je la joie de vous narrer par le\n menu quelque première vraiment intéressante, quelque tentative hautement\n artistique?\n   Depuis des années nous nous traînons dans un cercle lamentable de\n banalités, de trivialités; des œuvres ressassées, réentendues mille fois, des\n œuvres d'art de trente-sixième ordre reviennent obstinément devant nous.\n Que font donc nos directeurs? Pensent-ils leurrer éternellement le public\n artistique avec cet énorme « bateau » de Tristan et Yseult, si ancien déjà\n qu'il serait temps de le radouber? En attendant, nous aurons une reprise\n de Werther, l'une des plus tristes platitudes produites ces dernières années,\n etSapho, de Gounod... Misère!\n    Dire que tant d'œuvres intéressantes appellent notre attention au dehors !\n Phryné, de Saint-Saëns, et toutes les autres partitions du maître français;\n Falstaff, de Verdi ; le Diable à la maison, de Gœtz; le Barbier de Bagdad,\n de Pierre Cornélius ; la Vie pour le Czar, de Glinka ; les opéras de\n Tschaïkowsky, ceux de Rubinstein; Tannhduser, d'un nommé Wagner,\n — on prétend que c'est une œuvre remarquable; les œuvres lyriques de\n Berlioz; celles de Smetana, Rimsky Korsakow, Goldmark, August Enna.\n\n  Non, tenez, j'aime mieux vous parler d'autre chose. On est heureux de\nconstater que, si MM. Stoumon et Calabrési se croisent les bras, dans\nleur entourage, au moins, on ne reste pas inactif.\n"}, {"page_pdf": 469, "page_imprimee": 422, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2072, "texte": "                                     — 422 —\n\n   Je veux parler d'une tentative extrêmement intéressante de M. Louis\nBarwolf, l'excellent violoncelliste de Torchestre de la Monnaie. M. Barwolf\na fait une messe... avec Lohengrin.\n   Oui, Monsieur, avec Lohengrin.\n   Il est évident que, étant donné le mysticisme profond, le caractère essen­\ntiellement religieux de cette musique, la tentative ne pouvait qu'être cou­\nronnée d'un plein succès. Il est même étonnant qu'on n'y ait pas songé\nplus tôt, et que Wagner lui-même... Nul doute que si l'auteur des Nibelun\ngen, qui aimait tant les « arrangements », se trouvait encore en vie, il\nn'enverrait à l'ingénieux arrangeur une lettre flatteuse, dont celui-ci eût pu\npublier le fac-similé en tête de la partition. (Je me souviens avoir vu, un\njour, une messe de ce genre, arrangée, par un nommé Auge, d'après toutes\nespèces de fragments pris dans des œuvres de Rossini ; en tête de la parti­\ntion, une lettre des plus aimables du rusé Italien.)\n   Mais j'espère que ce n'est, de la part de M. Barwolf, qu'un premier pas\ndans la voie nouvelle qu'il a ouverte à l'art. Voici d'ailleurs quelques\nindications qui pourraient peut-être lui être utiles ; je les lui donne pour\nrien.\n   Il y aurait donc : un Miserere à tirer de la Marche funèbre de Siegfried;\nune superbe messe des morts d'après le troisième acte de Tristan; un\nremarquable Tantum ergo dans le prélude de Parsifal; un joli Ave Maria\nd'après le Chant du Printemps de la Valkyrie; enfin, un Venite adoremus\nd'après le Chant de concours de Walther, et un Te Deum, absolument\ncolossal, sur l'Entrée des Dieux au Walhall!\n   C'est égal, je donnerais volontiers la tête de M. Auge pour me payer\ncelle du bonhomme Wagner écoutant son Lohengrin accomodé en messe.\n   Comment les héritiers et les éditeurs peuvent-ils permettre pareilles\ndéprédations ?\n   Ce serait le cas d'appliquer à l'art la boutade de Victor Hugo sur les\nconstitutions :\n  DÉFENSE DE DÉPOSER DES ARRANGEMENTS LE LONG DES CHEFS-\nD'ŒUVRE.\n                                     ERNEST CLOSSON\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 422, "page_fin": 423, "titre_corps": "Chronique littéraire : Sueur de sang", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "dures lyriques", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Bulletin de la Société d Etudes", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 469, "page_imprimee": 422, "debut_caractere": 2072, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n        Sueur de sang, par LÉON BLOY, I vol., fr. 3-50, chez Dentu, à Paris.\n  Ce volume est pavoisé d'originalités : un portrait au miel de l'auteur par\nCharles Cain, trois dessins épiques et sombres de Henry De Groux, une\ndédicace flamboyante à Bazaine, une préface où dans un fracas de textes\nsacrés, éclate cette opinion que « la France est tellement le premier des\npeuples que tous les autres quels qu'ils soient doivent s'estimer honorable­\nment partagés lorsqu'ils sont admis à manger le pain de ses chiens. Quand\n"}, {"page_pdf": 470, "page_imprimee": 423, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2015, "texte": "                                — 423 —\n\nelle est heureuse, le reste du monde est suffisamment heureux, dût-il payer\nce bonheur de la servitude et de l'extermination ».\n   Trois cent cinquante-cinq pages sont consacrées à la traduction de cette\nthèse en trente récits mélodramatiques. Y est relaté, avec une satisfaction\norgueilleuse, le massacre d'un nombre considérable de Prussiens, par le fer,\nle feu, la corde, le lupanar ou la trahison. On les grille dans des incendies,\non les fusille à bout portant, on les tasse dans des puits ; il y a même — et\nceci est, n'est-ce pas? tout à fait savoureux — un conte où l'on en mange!\nM. Chauvin, Paul Déroulède ou Mme Adam n'eussent peut-être pas osé\naller jusque-là, mais M. Léon Bloy n'est pas de ceux qui s'arrêtent à\nmi-route.\n   Il va toujours à l'outrance, jusqu'au bout. Ce patriotisme de sauvage\nqui le fait trépigner autour des cadavres ennemis avec des vociférations\nd'allégresse, laisse une impression pénible. La guerre qu'il nous montre est\nd'une horreur si boursouflée que toute illusion d'héroïsme s'en bannit. Ce\nne sont plus que de répugnantes boucheries que les opulences du style ne\n parviennent pas à élever à la vie esthétique.\n   Une telle accumulation de paradoxales monstruosités lasse vite ; l'assai­\n sonnement confortable des épithètes grandiloquentes est vraiment la seule\n chose délectable dans ces épisodes si volontairement, grossièrement et\n constamment tendus vers l'épouvantable et l'abject.\n   Çà et là quelques tragiques visions d'effroi, des descriptions violentes et\n tumultueuses, des phrases martelées puissamment, en nombre assez grand\n pour récompenser ceux qui liront le volume, mais point assez à coup sûr\n pour égaler l'œuvre à ses devancières, pour être digne tout à fait de l'his­\n torien de Christophe Colomb et de Marie-Antoinette, du prophète du Salut\npar les Juifs, du magnifique joaillier de malédictions qui expectorait si\n copieusement sur ses contemporains de merveilleux feux d'artifice d'or­\n dures lyriques.\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 423, "page_fin": 423, "titre_corps": "Chronique littéraire : Bulletin de la Société d’études sur la question Louis XVII", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "Bulletin de la Société d Etudes", "ancre_fin": "JULES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 470, "page_imprimee": 423, "debut_caractere": 2015, "fin_caractere_exclue": 2904, "texte": "Bulletin de la Société d'Etudes sur la Question Louis XVII. — Mensuel, à Paris,\n                                   rue Favart, 6.\n  L'histoire courante enseigne que Louis XVII est mort au Temple, mais\ncette thèse n'est pas généralement admise. Pour tout esprit impartial, il\napparaît, au contraire, infiniment probable que le jeune dauphin s'est évadé\net a reparu plus tard en la personne de Naundorf. Ce Bourbon, officielle­\nment reconnu en Hollande, mais contesté en France, a suscité de tenaces\npartisans. Ce sont eux surtout qui publient un très intéressant bulletin\nmensuel, où sont examinées, dans un impartial esprit de recherche de la\nvérité, les pièces ou les études se rapportant à cette question, qui, même\npour la simple curiosité, reste l'une des plus attachantes et des plus étranges\ndes temps modernes.\n                                                          JULES DESTRÉE"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 424, "page_fin": 428, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Frédérix", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 87, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 136, "texte": "On lit dans le Journal, à propos d'un"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 188, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "incident qui a fait du bruit dans la presse"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 285, "fin_caractere_exclue": 330, "texte": "anglaise, les réflexions suivantes de M. 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Rollinat, sacré na­"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 781, "fin_caractere_exclue": 818, "texte": "guère grand poète par feu Albert Wolf"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 869, "fin_caractere_exclue": 908, "texte": "dans le Figaro, et auquel un plébiscite"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 959, "fin_caractere_exclue": 999, "texte": "organisé par Mme Sarah Bernhardt faillit"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 1050, "fin_caractere_exclue": 1094, "texte": "faire attribuer la succession de Baudelaire?"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 1148, "fin_caractere_exclue": 1187, "texte": "M. Rollinat sévit encore dans le Figaro"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 1285, "fin_caractere_exclue": 1302, "texte": "et dans Gil Blas."}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 1399, "fin_caractere_exclue": 1439, "texte": "Voici l'une de ses dernières opérations:"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 1549, "fin_caractere_exclue": 1565, "texte": "DANS UNE CUISINE"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 1627, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "Avec une morne indolence,"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 1714, "fin_caractere_exclue": 1747, "texte": "Quelques mouches viennent et vont"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 1809, "fin_caractere_exclue": 1841, "texte": "En zigzags, des murs au plafond."}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 1898, "fin_caractere_exclue": 1939, "texte": "Leurs bourdonnements pleins de somnolence"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 2001, "fin_caractere_exclue": 2029, "texte": "Endorment la cuisine, y font"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 2091, "fin_caractere_exclue": 2118, "texte": "L'ébahissement plus profond"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 2180, "fin_caractere_exclue": 2207, "texte": "Et plus magique le silence."}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 2262, "fin_caractere_exclue": 2305, "texte": "Or, tout en voisinant sur un plancher moisi"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 2362, "fin_caractere_exclue": 2401, "texte": "A ce tout petit ronflement des mouches,"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 2463, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "Le grand couteau dit au fusil"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 2543, "fin_caractere_exclue": 2593, "texte": "Qui laisse voir le rond cuivré de ses cartouches :"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 2684, "fin_caractere_exclue": 2738, "texte": "« Toujours trancher du lard, des viandes, ça me fâche!"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 2841, "fin_caractere_exclue": 2876, "texte": "Au lieu d'entrer dans du pain rond,"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 2970, "fin_caractere_exclue": 3017, "texte": "Je voudrais m'enfoncer dans le cou du patron..."}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 3068, "fin_caractere_exclue": 3120, "texte": "Par ses propres mains. Oui! mais... il est bien trop"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 3217, "fin_caractere_exclue": 3225, "texte": "[lâche !"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 3276, "fin_caractere_exclue": 3327, "texte": "Le fusil lui répond : « Perdrix, caille ou bécasse,"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 3389, "fin_caractere_exclue": 3418, "texte": "Lièvre, toujours même gibier!"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 3469, "fin_caractere_exclue": 3519, "texte": "Cest le maître qu'un jour je voudrais foudroyer..."}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 3570, "fin_caractere_exclue": 3620, "texte": "Oui! mais... il a bien trop de prudence àlachasse!"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 3671, "fin_caractere_exclue": 3715, "texte": "Du fond de son panier, un champignon hideux,"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 3766, "fin_caractere_exclue": 3818, "texte": "Un cèpe énorme dit : « Eh bien ! mieux que vous deux"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 3917, "fin_caractere_exclue": 3958, "texte": "Je saurai le tuer, moi, humble friandise!"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 4020, "fin_caractere_exclue": 4055, "texte": "Il me croit bon : Je suis mauvais !"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 4117, "fin_caractere_exclue": 4151, "texte": "Et, sans qu'il s'en doute, je vais"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 4202, "fin_caractere_exclue": 4250, "texte": "Pouvoir l'empoisonner, grâce à sa gourmandise! »"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 4370, "fin_caractere_exclue": 4395, "texte": "L A POÉSIE FRANCO-RUSSE :"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 4440, "fin_caractere_exclue": 4487, "texte": "!       Une enfant de Parmain, âgée de dix ans,"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 4538, "fin_caractere_exclue": 4577, "texte": "Eugénie Boiguet, a envoyé aux écolières"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 4628, "fin_caractere_exclue": 4669, "texte": "du gymnase des filles de Kalouga un poème"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "ntitulé : « A nos petites camarades russes. »"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 135, "fin_caractere_exclue": 174, "texte": "Une élève de ce gymnase, M lle Anna son"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 212, "fin_caractere_exclue": 259, "texte": "Botcharof, ne connaissant point l'adresse sages"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 299, "fin_caractere_exclue": 345, "texte": "de sa jeune amie de France, nous prie de ments"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 349, "fin_caractere_exclue": 389, "texte": "lui faire parvenir la réponse suivante :"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 391, "fin_caractere_exclue": 423, "texte": "RÉPONSE A PETITE EUGÉNIE BOIGUET"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 521, "fin_caractere_exclue": 541, "texte": "Petite aimable amie,"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 549, "fin_caractere_exclue": 594, "texte": "Merci de ton poème. Les vents            ciel"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 640, "fin_caractere_exclue": 684, "texte": "Chère Eugénie,                           par"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 718, "fin_caractere_exclue": 740, "texte": "M'ont jetée au-devant."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 809, "fin_caractere_exclue": 852, "texte": "Chères lignes, je les presse             si"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 902, "fin_caractere_exclue": 946, "texte": "A mon cœur sans cesse,                   une"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 995, "fin_caractere_exclue": 1017, "texte": "Je te vois sans cesse,"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1025, "fin_caractere_exclue": 1067, "texte": "Chère Française.                         «"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1107, "fin_caractere_exclue": 1131, "texte": "Comme la voix des cieux,"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1200, "fin_caractere_exclue": 1246, "texte": "Appellant d'amour sans excuse            quons"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1292, "fin_caractere_exclue": 1348, "texte": "J'entends ton bègue gracieux,            tapie-Tronquet,"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1380, "fin_caractere_exclue": 1437, "texte": "Adressé à l'écolière russe.              artiste-peintre,"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1472, "fin_caractere_exclue": 1518, "texte": "Du Grand Peuple fille!                   cant."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1526, "fin_caractere_exclue": 1553, "texte": "Habitante de Parmain ville,"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1561, "fin_caractere_exclue": 1586, "texte": "Prends pour réponse aise,"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1654, "fin_caractere_exclue": 1697, "texte": "Mon brûlant baise.                       de"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1743, "fin_caractere_exclue": 1767, "texte": "Ta main je serre, Aimée!"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1775, "fin_caractere_exclue": 1803, "texte": "Crions-nous avec les aînés :"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1811, "fin_caractere_exclue": 1844, "texte": "\" Vive la France! Vive la Russie!"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1852, "fin_caractere_exclue": 1880, "texte": "Vive l'Union franco-russe! \""}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1959, "fin_caractere_exclue": 1989, "texte": "ANNA BOTCHAROF.         quable"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2028, "fin_caractere_exclue": 2083, "texte": "Si Anna Botcharof veut s'appliquer, elle      Décadence"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2108, "fin_caractere_exclue": 2148, "texte": "pourra bientôt publier d'excellents vers"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2149, "fin_caractere_exclue": 2194, "texte": "libres dans les petites revues d'avant-garde."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2368, "fin_caractere_exclue": 2416, "texte": "Un critique de très haut vol, M. G. d'Azam­ sons"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2457, "fin_caractere_exclue": 2506, "texte": "buja, assure que « les décadents entrelacent rang"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2545, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "des rimes féminines avec d'autres rimes souci"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2630, "fin_caractere_exclue": 2679, "texte": "féminines, ou des masculines avec des mas­ livre,"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2716, "fin_caractere_exclue": 2774, "texte": "culines ».                                     modernistes"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2807, "fin_caractere_exclue": 2853, "texte": "Le Courrier de Bruxelles a eu la primeur assez"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2889, "fin_caractere_exclue": 2941, "texte": "de cette révélation.                           rance"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3023, "fin_caractere_exclue": 3030, "texte": "valeur."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3110, "fin_caractere_exclue": 3145, "texte": "La douce Revue Blanche, dont l'aède"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3146, "fin_caractere_exclue": 3186, "texte": "Romain' Coolus est le plus bel ornement,"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3187, "fin_caractere_exclue": 3226, "texte": "parle de « la pléiade trop nombreuse de"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3315, "fin_caractere_exclue": 3345, "texte": "poètes résidant en Belgique »."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3393, "fin_caractere_exclue": 3398, "texte": "pavés"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3410, "fin_caractere_exclue": 3447, "texte": "Combien qu' nous pouvons être, m'sieu"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3541, "fin_caractere_exclue": 3550, "texte": "Muhlfeld?"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3598, "fin_caractere_exclue": 3600, "texte": "Le"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3684, "fin_caractere_exclue": 3691, "texte": "Eekhoud"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3774, "fin_caractere_exclue": 3776, "texte": "le"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3800, "fin_caractere_exclue": 3839, "texte": "Lire, dans les Entretiens politiques et"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3841, "fin_caractere_exclue": 3886, "texte": "littéraires, un article de M .Georges Eekhoud"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3888, "fin_caractere_exclue": 3930, "texte": "sur deux peintres brabançons : MM. Gilsoul"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3932, "fin_caractere_exclue": 3943, "texte": "etLaermans."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 94, "fin_caractere_exclue": 132, "texte": "Le pince-sans-rire Jules Bois poursuit"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 175, "fin_caractere_exclue": 211, "texte": "étude sur « le Commerce amoureux des"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 260, "fin_caractere_exclue": 298, "texte": "avec les dames et demoiselles des élé­"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 346, "fin_caractere_exclue": 348, "texte": "»."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 475, "fin_caractere_exclue": 513, "texte": "On nous communique le « Bulletin offi­"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 595, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "de l'Académie contemporaine », fondée"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 685, "fin_caractere_exclue": 710, "texte": "M. A. Bocq (de Lezneval)."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 762, "fin_caractere_exclue": 801, "texte": "On est nommé officier de cette Académie"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 853, "fin_caractere_exclue": 894, "texte": "l'on paie un droit d'entrée de 25 francs,"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 947, "fin_caractere_exclue": 987, "texte": "fois donnés, et l'on reçoit sur-le-champ"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1068, "fin_caractere_exclue": 1099, "texte": "le grand et le petit insigne »."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1151, "fin_caractere_exclue": 1192, "texte": "Parmi les derniers officiers, nous remar­"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1247, "fin_caractere_exclue": 1284, "texte": ": M. Binet, fabricant d'huile, M. La-"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1349, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "publiciste, M. Pommade,"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1438, "fin_caractere_exclue": 1464, "texte": "et M Chirau-Lecerf, fabri­"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1605, "fin_caractere_exclue": 1646, "texte": "Le « Bulletin » offre en prime du cognac,"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1698, "fin_caractere_exclue": 1735, "texte": "la musique et des objets de toilette."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1895, "fin_caractere_exclue": 1934, "texte": "L'Ermitage publie la suite de la remar­"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 1990, "fin_caractere_exclue": 2025, "texte": "étude du D r Fortuné Mazel sur « la"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2084, "fin_caractere_exclue": 2107, "texte": "religieuse en France »."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2245, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "On lit dans l'Art moderne :"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2323, "fin_caractere_exclue": 2364, "texte": "« M. Paul Sainte-Brigitte, dont les Chan­"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2417, "fin_caractere_exclue": 2456, "texte": "tristes sont le début littéraire, prend"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2507, "fin_caractere_exclue": 2544, "texte": "parmi les jeunes écrivains qui ont le"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2591, "fin_caractere_exclue": 2629, "texte": "et la dignité de leur art. Son premier"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2680, "fin_caractere_exclue": 2715, "texte": "très remarqué et dont les tendances"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2775, "fin_caractere_exclue": 2803, "texte": "ont même eu l'honneur d'être"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2854, "fin_caractere_exclue": 2888, "texte": "âprement combattues, donne l'espé­"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 2942, "fin_caractere_exclue": 2975, "texte": "d'un homme de lettres de sérieuse"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3031, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "»"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3083, "fin_caractere_exclue": 3106, "texte": "Mes petits sont mignons"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3277, "fin_caractere_exclue": 3314, "texte": "On a trouvé sur la voie publique deux"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3399, "fin_caractere_exclue": 3406, "texte": "d'ours."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3498, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "Le premier porte l'inscription suivante :"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3601, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "Dante belge. On lit sur le second :"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3692, "fin_caractere_exclue": 3726, "texte": "n'est pas un intellectuel : l'Idée"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3777, "fin_caractere_exclue": 3796, "texte": "préoccupe fort peu."}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 3981, "fin_caractere_exclue": 4020, "texte": "Le peintre attitré de la banlieue pari-"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 99, "texte": "sienne, M. Raffaëlli, vient de faire le portrait"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 147, "fin_caractere_exclue": 171, "texte": "de M. Georges Rodenbach."}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 434, "fin_caractere_exclue": 475, "texte": "Multatuli est à la mode. On en a mis par­"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 527, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "tout."}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 595, "fin_caractere_exclue": 635, "texte": "Ce Batave eut d'ailleurs de l'esprit, ce"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 687, "fin_caractere_exclue": 728, "texte": "que la génération nouvelle devrait blâmer"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 783, "fin_caractere_exclue": 794, "texte": "sévèrement."}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 881, "fin_caractere_exclue": 918, "texte": "On en peut juger par ces deux pensées"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 974, "fin_caractere_exclue": 1008, "texte": "ce Un cavalier tomba de son cheval"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1063, "fin_caractere_exclue": 1104, "texte": "depuis lors celui qui tombe de son cheval"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1161, "fin_caractere_exclue": 1181, "texte": "s'intitule cavalier."}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1259, "fin_caractere_exclue": 1297, "texte": "ee Quand un coureur se casse la jambe,"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1351, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "il y a bal paré chez les culs-de-jatte. »"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1637, "fin_caractere_exclue": 1675, "texte": "M. Remy de Gourmont s'obstine à écrire"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1728, "fin_caractere_exclue": 1739, "texte": "des drames."}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2013, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "Lire dans le Mercure de France une inté­"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2196, "fin_caractere_exclue": 2234, "texte": "ressante étude de M. Edmond Barthélemy"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2324, "fin_caractere_exclue": 2367, "texte": "sur « les Cycles germaniques et Scandinaves"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2458, "fin_caractere_exclue": 2497, "texte": "dans la Tétralogie de Richard Wagner »."}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2777, "fin_caractere_exclue": 2817, "texte": "Le Drapeau rentre dans le Magasin litté­"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2908, "fin_caractere_exclue": 2914, "texte": "raire."}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3105, "fin_caractere_exclue": 3138, "texte": "La Plume insère un poème-roman de"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3183, "fin_caractere_exclue": 3228, "texte": "M. Maurice Du Plessys, intitulé : ee Alcandre"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3275, "fin_caractere_exclue": 3297, "texte": "ranimé par la Flûte. »"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3369, "fin_caractere_exclue": 3406, "texte": "Le romanisme consiste, comme on sait,"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3452, "fin_caractere_exclue": 3489, "texte": "à remplacer les e muets par des apos­"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3540, "fin_caractere_exclue": 3548, "texte": "trophes."}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3816, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "La Nervie publie un intéressant numéro,"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3947, "fin_caractere_exclue": 3988, "texte": "dans lequel nous remarquons un article de"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4081, "fin_caractere_exclue": 4122, "texte": "M. Jules Destrée sur Léon Bloy et de bons"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4212, "fin_caractere_exclue": 4250, "texte": "vers de MM. Victor Remouchamps et Paul"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4340, "fin_caractere_exclue": 4348, "texte": "Alériel."}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4492, "fin_caractere_exclue": 4532, "texte": "M. Emile Verhaeren écrit dans le Peuple:"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4536, "fin_caractere_exclue": 4573, "texte": "ee La Revue Rouge ne prend point pour"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4625, "fin_caractere_exclue": 4665, "texte": "elle la formule : l'Art pour l'Art. Elle"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4713, "fin_caractere_exclue": 4756, "texte": "repousse l'étroitesse de ces trois mots qui"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4799, "fin_caractere_exclue": 4843, "texte": "firent voici trente ou quarante ans se pâmer"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4888, "fin_caractere_exclue": 4927, "texte": "de grands poètes et délirer de nombreux"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4969, "fin_caractere_exclue": 5008, "texte": "critiques. Ceux-là crurent étayer leurs"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 146, "texte": "oeuvres sur ces trois petits bâtons, minces"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 199, "fin_caractere_exclue": 238, "texte": "comme des allumettes, mais leurs œuvres"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 291, "fin_caractere_exclue": 333, "texte": "n'eurent jamais besoin que du tronc solide"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 386, "fin_caractere_exclue": 430, "texte": "et ramu de leur génie. L'art pour l'art peut"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 483, "fin_caractere_exclue": 526, "texte": "être remisé dans la tour d'ivoire comme une"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 579, "fin_caractere_exclue": 591, "texte": "antiquaille."}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 647, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "Le poète plonge dans la vie totale bien"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 739, "fin_caractere_exclue": 782, "texte": "trop profondément pour qu'il écrive (tapies"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 834, "fin_caractere_exclue": 877, "texte": "une formule et s'inquiète d'autre chose que"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 919, "fin_caractere_exclue": 970, "texte": ":         de s'exprimer et d'exprimer en même temps"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1009, "fin_caractere_exclue": 1062, "texte": ":            le monde, Rires, larmes, rages, espoirs,"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1114, "fin_caractere_exclue": 1160, "texte": "désespoirs, pitiés, charités, haines, égoîsmes"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1212, "fin_caractere_exclue": 1255, "texte": "vices, vertus, foi, doute, ardeurs, peines,"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1307, "fin_caractere_exclue": 1350, "texte": "craintes, angoisses, terreurs, tout cela se"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1402, "fin_caractere_exclue": 1439, "texte": "mêle en lui, se combat en lui, s'unit"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1491, "fin_caractere_exclue": 1537, "texte": "parfois en lui, tout cela, suivant les heures,"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1589, "fin_caractere_exclue": 1634, "texte": "est tour à tour vainqueur ou vaincu, et c'est"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1686, "fin_caractere_exclue": 1727, "texte": "tout cela — que la cause d'émotion vienne"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1779, "fin_caractere_exclue": 1824, "texte": "du dedans de lui ou du dehors — qu'il reflète"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1876, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "et qu'il traduit. Et traduisant cela, il est"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 1972, "fin_caractere_exclue": 2008, "texte": "l'écho du monde, qui n'est que cela."}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2059, "fin_caractere_exclue": 2103, "texte": "Si dans ses instants de sérénité et de joie,"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2150, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "le poète érige en son œuvre ce qu'on est con­"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2281, "fin_caractere_exclue": 2323, "texte": "venu d'appeler la beauté, c'est-à-dire une"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2414, "fin_caractere_exclue": 2457, "texte": "image grave, simple et régulière, sacrez-le"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2544, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "artiste de l'art pour l'art, qu'importe ! s'il"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2637, "fin_caractere_exclue": 2679, "texte": "décrit des tempêtes d'âmes, s'il pleure et"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2726, "fin_caractere_exclue": 2772, "texte": "crie, s'il grince et se flagelle, nommez-le un"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2864, "fin_caractere_exclue": 2907, "texte": "romantique, qu'importe ! s'il se penche sur"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 2961, "fin_caractere_exclue": 3008, "texte": "la misère, s'il aime et guérit des plaies, s'il"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3055, "fin_caractere_exclue": 3101, "texte": "secourt de sa bonté les errants, les flagellés"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3139, "fin_caractere_exclue": 3182, "texte": "et les pauvres, appelez-le écrivain social,"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3229, "fin_caractere_exclue": 3274, "texte": "qu'importe encore ! Dans les trois cas, il ne"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3321, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "fait que s'écouter lui-même, il ne fait que"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3407, "fin_caractere_exclue": 3451, "texte": "subir la minute d'ivresse qui le transporte,"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3490, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "il est aussi sincère et aussi vrai qu'il est pos­"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3586, "fin_caractere_exclue": 3633, "texte": "sible de l'être et toute théorie que vous bâti­"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3680, "fin_caractere_exclue": 3721, "texte": "rez sur ses oeuvres, tout précepte auquel"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3768, "fin_caractere_exclue": 3812, "texte": "vous voudrez qu'il obéisse, toute esthétique"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 3902, "fin_caractere_exclue": 3946, "texte": "que vous prétendrez lui assigner, lui paraî­"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4035, "fin_caractere_exclue": 4080, "texte": "tra tyrannique ou ridicule. L'art ne doit pas"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4169, "fin_caractere_exclue": 4211, "texte": "être ceci ou cela, ni que ceci ou cela; il"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4297, "fin_caractere_exclue": 4339, "texte": "est trop large pour s'enclore au moins au­"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4395, "fin_caractere_exclue": 4437, "texte": "jourd'hui en n'importe quelle formule don­"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4484, "fin_caractere_exclue": 4488, "texte": "née."}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4582, "fin_caractere_exclue": 4624, "texte": "Au reste, les plus clairs représentants de"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4666, "fin_caractere_exclue": 4712, "texte": "la doctrine de l'art pour l'art ont cassé leur"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4757, "fin_caractere_exclue": 4798, "texte": "programme, dès qu'il les gênait. Dans les"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4844, "fin_caractere_exclue": 4887, "texte": "Vieux de la Vieille, Gautier ne prêche-t-il"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 4928, "fin_caractere_exclue": 4968, "texte": "pas le patriotisme, dans les Femmes dam­"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 5009, "fin_caractere_exclue": 5053, "texte": "nées, Baudelaire ne se transforme-t-il point"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 102, "texte": "en justicier et en moraliste ? Le « descendez, damnées"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 135, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "descendez, lamentables victimes », n'est-il avant"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 225, "fin_caractere_exclue": 277, "texte": "pas d'un prédicateur? Les Idylles           prus­ M."}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 314, "fin_caractere_exclue": 356, "texte": "siennes, de Théodore de Banville, ne sont-"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 398, "fin_caractere_exclue": 450, "texte": "elles pas chauvines ? »                           Et"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 496, "fin_caractere_exclue": 539, "texte": "En écrivant ces lignes, M. Verhaeren contre"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 577, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "démontre qu'il n'a jamais rien compris à la proclamées?"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 633, "fin_caractere_exclue": 678, "texte": "formule contre laquelle il ferraille. Il sem­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 726, "fin_caractere_exclue": 775, "texte": "ble croire que la formule l'Art pour l'Art lement"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 809, "fin_caractere_exclue": 855, "texte": "exclut certains sujets, certains sentiments et"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 856, "fin_caractere_exclue": 898, "texte": "certaines idées C'est une profonde erreur,"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 899, "fin_caractere_exclue": 933, "texte": "doublée d'une confusion enfantine."}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 992, "fin_caractere_exclue": 1037, "texte": "Voici ce que la Jeune Belgique disait Krains,"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1072, "fin_caractere_exclue": 1126, "texte": "dans son numéro de septembre 1891 :               vent"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1170, "fin_caractere_exclue": 1217, "texte": "«Cette formule fut notre cri de rallie­ haeren,"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1255, "fin_caractere_exclue": 1305, "texte": "ment. Elle signifiait que nous voulions être vains"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1308, "fin_caractere_exclue": 1355, "texte": "artistes, rien qu'artistes. Elle signifiait en­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1401, "fin_caractere_exclue": 1446, "texte": "core que dans ses travaux d'art, l'artiste le"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1485, "fin_caractere_exclue": 1536, "texte": "doit poursuivre avant tout et au-dessus de artistes"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1569, "fin_caractere_exclue": 1617, "texte": "tout son idéal artistique. Elle écartait les des"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1655, "fin_caractere_exclue": 1709, "texte": "prétentions funestes des stériles théoriciens théories"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1745, "fin_caractere_exclue": 1794, "texte": "qui veulent réduire l'art à n'être que l'hum­ mal"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1828, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "ble valet d'une doctrine quelconque. Elle engendré"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1914, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "mettait donc l'art et l'artiste en liberté. A et"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2006, "fin_caractere_exclue": 2055, "texte": "chacun sa foi, ses croyances, ses opinions, genre"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2094, "fin_caractere_exclue": 2137, "texte": "à chacun son tempérament et sa personna­ De"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2177, "fin_caractere_exclue": 2231, "texte": "lité, mais à l'aspirant artiste cette règle salu­ sent"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2270, "fin_caractere_exclue": 2315, "texte": "taire : Avant tout, dans ton labeur, la liser"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2353, "fin_caractere_exclue": 2405, "texte": "recherche passionnée et désintéressée de la grimaces"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2440, "fin_caractere_exclue": 2489, "texte": "Beauté telle que tu la souhaites. Et que ce giner"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2528, "fin_caractere_exclue": 2574, "texte": "souhait soit sincère. Cherche à réaliser la de"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2613, "fin_caractere_exclue": 2661, "texte": "Beauté qui attire véritablement ton cœur, peuple"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2698, "fin_caractere_exclue": 2740, "texte": "et accomplis cette réalisation selon ta de"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2783, "fin_caractere_exclue": 2830, "texte": "nature personnelle et tes forces particu­ créer"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2864, "fin_caractere_exclue": 2911, "texte": "lières. Ce n'est que par la plus insigne nobles"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2945, "fin_caractere_exclue": 2996, "texte": "mauvaise foi ou la plus complète inintelli­ sèdent,"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3030, "fin_caractere_exclue": 3076, "texte": "gence que l'on a pu nous accuser de dé­ qu'ils"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3112, "fin_caractere_exclue": 3158, "texte": "clarer la guerre à une idée quelconque, auquel"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3193, "fin_caractere_exclue": 3240, "texte": "religieuse, philosophique, scientifique ou rien"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3277, "fin_caractere_exclue": 3333, "texte": "sociale. »                                       valeur,"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3419, "fin_caractere_exclue": 3426, "texte": "morale;"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3465, "fin_caractere_exclue": 3506, "texte": "Ainsi définie, conclut M. Francis Nautet,"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3557, "fin_caractere_exclue": 3567, "texte": "métaphore."}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3599, "fin_caractere_exclue": 3640, "texte": "«la formule est inattaquable, de tous les"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3691, "fin_caractere_exclue": 3694, "texte": "aux"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3733, "fin_caractere_exclue": 3772, "texte": "temps et de toutes les modes, même pour"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3823, "fin_caractere_exclue": 3825, "texte": "de"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3867, "fin_caractere_exclue": 3907, "texte": "des époques de très grande passion fana­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3958, "fin_caractere_exclue": 3971, "texte": "sentimentales"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4002, "fin_caractere_exclue": 4044, "texte": "tique où régneraient de puissants exclusi-"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4095, "fin_caractere_exclue": 4099, "texte": "vent"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4142, "fin_caractere_exclue": 4151, "texte": "vismes. »"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4202, "fin_caractere_exclue": 4207, "texte": "homme"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4248, "fin_caractere_exclue": 4289, "texte": "M. Verhaeren use donc du procédé com­ les"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4329, "fin_caractere_exclue": 4373, "texte": "mode qui consiste à prêter à son contra­ des"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4415, "fin_caractere_exclue": 4461, "texte": "dicteur, pour mieux le combattre, des idées de"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4503, "fin_caractere_exclue": 4555, "texte": "qu'il n'a jamais exprimées.                      ver"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4597, "fin_caractere_exclue": 4632, "texte": "Les Vieux de la Vieille, les Femmes"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 134, "texte": "et les Idylles prussiennes sont"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 185, "fin_caractere_exclue": 224, "texte": "tout des oeuvres d'art, et nous défions"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 278, "fin_caractere_exclue": 313, "texte": "Verhaeren de soutenir le contraire."}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 357, "fin_caractere_exclue": 397, "texte": "Que signifient donc tous ces mots creux?"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 451, "fin_caractere_exclue": 492, "texte": "quelle est cette rage de théoriser à vide"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 540, "fin_caractere_exclue": 576, "texte": "des théories que personne n'a jamais"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 685, "fin_caractere_exclue": 725, "texte": "De pareilles polémiques ne sont pas seu­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 776, "fin_caractere_exclue": 808, "texte": "stériles : elles sont navrantes."}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 951, "fin_caractere_exclue": 988, "texte": "Les réflexions suivantes de M. Hubert"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1038, "fin_caractere_exclue": 1071, "texte": "dans la Société Nouvelle, ne peu­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1127, "fin_caractere_exclue": 1166, "texte": "manquer, après cette citation deM. Ver­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1218, "fin_caractere_exclue": 1254, "texte": "de frapper vivement les jeunes écri­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1306, "fin_caractere_exclue": 1307, "texte": ":"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1360, "fin_caractere_exclue": 1400, "texte": "« M. Paul Sainte-Brigitte est tombé dans"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1447, "fin_caractere_exclue": 1484, "texte": "travers où versent souvent les jeunes"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1537, "fin_caractere_exclue": 1568, "texte": "qui s'emballent ingénument pour"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1618, "fin_caractere_exclue": 1654, "texte": "théories qu'ils comprennent mal. Les"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1710, "fin_caractere_exclue": 1744, "texte": "des naturalistes et des réalistes,"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1795, "fin_caractere_exclue": 1827, "texte": "comprises et mal appliquées, ont"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1879, "fin_caractere_exclue": 1913, "texte": "cette kyrielle de romans vulgaires"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 1963, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "grossiers dont la saleté a rejailli sur le"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2056, "fin_caractere_exclue": 2093, "texte": "entier, qu'elle a presque discrédité."}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2138, "fin_caractere_exclue": 2176, "texte": "même, les derniers symbolistes parais­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2232, "fin_caractere_exclue": 2269, "texte": "n'avoir eu d'autre but que de ridicu­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2316, "fin_caractere_exclue": 2352, "texte": "leur école, à force d'obscurités, de"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2406, "fin_caractere_exclue": 2439, "texte": "et d'incohérences. Va-t-on s'ima­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2490, "fin_caractere_exclue": 2527, "texte": "maintenant que, si quelques écrivains"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2575, "fin_caractere_exclue": 2612, "texte": "talent ont incliné sur les misères du"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2662, "fin_caractere_exclue": 2697, "texte": "leur grand cœur généreux, il suffit"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2741, "fin_caractere_exclue": 2782, "texte": "s'inspirer de sentiments charitables pour"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2831, "fin_caractere_exclue": 2863, "texte": "une œuvre d'art ? Les sentiments"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2912, "fin_caractere_exclue": 2944, "texte": "font honneur à ceux qui les pos­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 2997, "fin_caractere_exclue": 3029, "texte": "mais c'est une hérésie de croire"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3077, "fin_caractere_exclue": 3111, "texte": "sont doués d'un charme intrinsèque"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3159, "fin_caractere_exclue": 3191, "texte": "la forme qui les exprime ne peut"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3241, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "ajouter. Une pensée généreuse a sa"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3334, "fin_caractere_exclue": 3368, "texte": "mais, toute nue, elle relève de la"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3427, "fin_caractere_exclue": 3461, "texte": "en art, elle ne vaut pas une belle"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3568, "fin_caractere_exclue": 3598, "texte": "M. Jules Simon raconte parfois"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3695, "fin_caractere_exclue": 3732, "texte": "lecteurs du Matin, d'une voix blanche"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3826, "fin_caractere_exclue": 3866, "texte": "nourrice attendrie, de petites histoires"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 3972, "fin_caractere_exclue": 4000, "texte": "et moralisatrices, qui prou­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4100, "fin_caractere_exclue": 4140, "texte": "que ce vieillard a du coeur et qu'il est"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4208, "fin_caractere_exclue": 4243, "texte": "de bien ; cela transporte peut-être"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4290, "fin_caractere_exclue": 4327, "texte": "membres des sociétés Franklin et ceux"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4374, "fin_caractere_exclue": 4413, "texte": "ligues antialcooliques, mais ce sont là"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4462, "fin_caractere_exclue": 4501, "texte": "mauvaises pierres de touche pour éprou­"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 4556, "fin_caractere_exclue": 4592, "texte": "des œuvres d'art. La charité de Dos-"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 101, "texte": "toïevsky paraîtrait anormale et monstrueuse"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 153, "fin_caractere_exclue": 196, "texte": "à ces âmes fades. C'est que l'artiste et le"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 243, "fin_caractere_exclue": 284, "texte": "poète voient les misères du monde de plus"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 300, "fin_caractere_exclue": 340, "texte": "haut que les autres hommes, sous un jour"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 341, "fin_caractere_exclue": 386, "texte": "différent et d'un point de vue plus voisin de"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 521, "fin_caractere_exclue": 564, "texte": "la vérité éternelle. Lorsqu'elle descend de"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 614, "fin_caractere_exclue": 655, "texte": "ces hauteurs, la charité n'est plus qu'un"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 704, "fin_caractere_exclue": 749, "texte": "sentiment vulgaire, qui peut inciter le bour­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 793, "fin_caractere_exclue": 830, "texte": "geois à ouvrir son porte-monnaie pour"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 979, "fin_caractere_exclue": 1019, "texte": "octroyer deux sous à un pauvre, mais qui"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1069, "fin_caractere_exclue": 1113, "texte": "n'est plus digne d'inspirer un vrai poète. »"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1159, "fin_caractere_exclue": 1198, "texte": "On ne saurait mieux dire. On s'imagine,"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1250, "fin_caractere_exclue": 1295, "texte": "en effet, aujourd'hui, qu'il suffit de s'ins­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1437, "fin_caractere_exclue": 1479, "texte": "pirer de sentiments charitables pour créer"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1506, "fin_caractere_exclue": 1548, "texte": "une œuvre d'art, et des articles pareils à"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1549, "fin_caractere_exclue": 1589, "texte": "celui de M. Verhaeren convient les débu­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1590, "fin_caractere_exclue": 1626, "texte": "tants à cette plaisante imagination."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1878, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "Le vendredi 10 novembre M. Jean Del­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1937, "fin_caractere_exclue": 1980, "texte": "ville a donné, à la Société Pour l'Art, une"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1981, "fin_caractere_exclue": 2021, "texte": "très intéressante conférence sur Comment"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2022, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "on devient Mage du Sar Péladan."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2365, "fin_caractere_exclue": 2403, "texte": "Notre article sur le mouvement flamand"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2404, "fin_caractere_exclue": 2446, "texte": "a exaspéré quelques flamingants à crète et"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2447, "fin_caractere_exclue": 2489, "texte": "à toupet. L'Escaut (bard) déclare avec une"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2632, "fin_caractere_exclue": 2676, "texte": "désinvolture exquise que l'on ne discute pas"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2722, "fin_caractere_exclue": 2760, "texte": "de semblables infamies. — Pardon, cher"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2813, "fin_caractere_exclue": 2857, "texte": "confrère, l'infamie consiste non pas à révé­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2993, "fin_caractere_exclue": 3037, "texte": "ler les choses dont nous parlons, mais à les"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3088, "fin_caractere_exclue": 3094, "texte": "faire."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3274, "fin_caractere_exclue": 3309, "texte": "Le mouvement flamand (suite). — Une"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3364, "fin_caractere_exclue": 3406, "texte": "assemblée de flamingants qui s'intitule le"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3454, "fin_caractere_exclue": 3495, "texte": "« Volksraad » a décidé que le peuple fla­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3552, "fin_caractere_exclue": 3592, "texte": "mand devait exiger de ses députés qu'ils"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3642, "fin_caractere_exclue": 3685, "texte": "prissent l'engagement de s'exprimer en fla­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3736, "fin_caractere_exclue": 3754, "texte": "mand à la Chambre."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3928, "fin_caractere_exclue": 3964, "texte": "Les petits événements que nous avons"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4023, "fin_caractere_exclue": 4056, "texte": "prédits se dérouleront peu à peu."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4210, "fin_caractere_exclue": 4249, "texte": "Doux flamingants !— Quelques follicules"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4303, "fin_caractere_exclue": 4347, "texte": "flamands émettent le voeu de voir les jeunes"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4394, "fin_caractere_exclue": 4437, "texte": "écrivains belges qui pratiquent la littéra­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4485, "fin_caractere_exclue": 4523, "texte": "ture française, émigrer au plus tôt en"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4581, "fin_caractere_exclue": 4588, "texte": "France."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4646, "fin_caractere_exclue": 4688, "texte": "Les bons apôtres ! leur littérature crain­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4742, "fin_caractere_exclue": 4778, "texte": "drait-elle le voisinage de la nôtre?"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 5022, "fin_caractere_exclue": 5064, "texte": "Le lundi 13 novembre, au Cercle Léon XIII,"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 5102, "fin_caractere_exclue": 5147, "texte": "M. le D r Verriest, professeur à l'Université"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 5193, "fin_caractere_exclue": 5232, "texte": "de Louvain, a donné une conférence d'un"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 151, "texte": "haut intérêt. Sujet : Les bases physiologi­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 202, "fin_caractere_exclue": 242, "texte": "ques du langage rythmé. — Nous y revien­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 293, "fin_caractere_exclue": 299, "texte": "drons."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 394, "fin_caractere_exclue": 428, "texte": "La Jeune Belgique en Angleterre. —"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 479, "fin_caractere_exclue": 520, "texte": "Aucune revue, aucun journal belge n'a cru"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 571, "fin_caractere_exclue": 613, "texte": "devoir signaler à ses lecteurs l'important"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 664, "fin_caractere_exclue": 703, "texte": "article que M. W. Sharp a consacré à la"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 754, "fin_caractere_exclue": 792, "texte": "Jeune Belgique dans la Ninetecnth Cen-"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 843, "fin_caractere_exclue": 885, "texte": "tury. Les succès remportés par l'art belge"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 936, "fin_caractere_exclue": 978, "texte": "à l'étranger semblent n'intéresser que mé­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1029, "fin_caractere_exclue": 1068, "texte": "diocrement notre presse nationale. Dans"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1119, "fin_caractere_exclue": 1155, "texte": "notre prochain numéro nous donnerons"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1206, "fin_caractere_exclue": 1249, "texte": "quelques extraits de cet article dont l'au­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1300, "fin_caractere_exclue": 1345, "texte": "teur a droit à la reconnaissance de tous ceux"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1396, "fin_caractere_exclue": 1436, "texte": "qui s'intéressent à la renommée de notre"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1487, "fin_caractere_exclue": 1505, "texte": "jeune littérature."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1643, "fin_caractere_exclue": 1681, "texte": "Nous publierons prochainement d'excel­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1732, "fin_caractere_exclue": 1780, "texte": "lentes notes sur la jeune littérature italienne,"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1831, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "dues à la plume du distingué poète M. Santé"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 1925, "fin_caractere_exclue": 1936, "texte": "Martorelli."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2074, "fin_caractere_exclue": 2115, "texte": "La Revue des Revues, dont le succès, bien"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2166, "fin_caractere_exclue": 2207, "texte": "légitime, va toujours croissant, paraîtra"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2258, "fin_caractere_exclue": 2301, "texte": "deux fois par mois à partir du 1 er janvier"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2352, "fin_caractere_exclue": 2361, "texte": "prochain."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2501, "fin_caractere_exclue": 2540, "texte": "Dans les numéros d'octobre et de novem­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2591, "fin_caractere_exclue": 2631, "texte": "bre de la Revue des Revues, M. Knut Han­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2682, "fin_caractere_exclue": 2721, "texte": "sum a publié une étude sur le mouvement"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2772, "fin_caractere_exclue": 2812, "texte": "littéraire en Norwège. Les jugements que"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2863, "fin_caractere_exclue": 2900, "texte": "M. Knut Hansum porte sur son illustre"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 2951, "fin_caractere_exclue": 2992, "texte": "compatriote Henrik Ibsen sont singulière­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3043, "fin_caractere_exclue": 3087, "texte": "ment âpres. « Dominé par le besoin de rêver,"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3137, "fin_caractere_exclue": 3182, "texte": "« dit le critique, il (Ibsen) aime à s'expri­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3232, "fin_caractere_exclue": 3271, "texte": "« mer en termes obscurs, en énigmes; il"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3321, "fin_caractere_exclue": 3363, "texte": "« possède la faculté du poète anglais John"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3413, "fin_caractere_exclue": 3453, "texte": "« Browning, de parler d'une façon incom­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3507, "fin_caractere_exclue": 3551, "texte": "préhensible. Il écrit, pour ainsi dire, avec"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3601, "fin_caractere_exclue": 3641, "texte": "« des signes hermétiques et chaque signe"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3694, "fin_caractere_exclue": 3735, "texte": "peut signifier au moins dix choses diffé­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3789, "fin_caractere_exclue": 3832, "texte": "rentes. Il dit quelque part qu'écrire c'est"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3882, "fin_caractere_exclue": 3925, "texte": "« entrer en jugement dernier avec soi-même."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 3975, "fin_caractere_exclue": 4022, "texte": "« Après tout, cela ne doit pas être trop diffi­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4076, "fin_caractere_exclue": 4115, "texte": "cile de dire de telles profondeurs. » —"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4166, "fin_caractere_exclue": 4206, "texte": "M. Knut Hansum parle ensuite du « pathos"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4256, "fin_caractere_exclue": 4302, "texte": "fastueux » d'Ibsen. Enfin il dit : «Au théâtre"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4352, "fin_caractere_exclue": 4393, "texte": "« royal de Copenhague, l'on s'esclaffe de"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4443, "fin_caractere_exclue": 4484, "texte": "« rire aux premières. Mais qu'on lise ses"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4534, "fin_caractere_exclue": 4580, "texte": "« derniers trois ou cinq actes et l'on se tord"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4630, "fin_caractere_exclue": 4642, "texte": "« d'ennui. »"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4696, "fin_caractere_exclue": 4741, "texte": "Il se peut, en effet, qu'Ibsen soit un esprit"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4791, "fin_caractere_exclue": 4833, "texte": "plus trouble que profond. Mais c'est égal!"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4883, "fin_caractere_exclue": 4923, "texte": "Il nous semble que M. Knut Hansum oublie"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 4973, "fin_caractere_exclue": 5020, "texte": "trop qu'il avait à présenter à un public étran­"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 5070, "fin_caractere_exclue": 5101, "texte": "ger la littérature de son pays."}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 5155, "fin_caractere_exclue": 5192, "texte": "Est-ce que Knut Hansum, en norwégien,"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 5242, "fin_caractere_exclue": 5264, "texte": "signifierait Frédérix?"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1893-11-n11-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1893-001-012_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1893-001-012_f.pdf", "ocr_sha256": "ebc86b36a957874d07e6dc948452cd7369bf8fc872efb7f0c1cf77fb5f376e62", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ ÉDITEUR DE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 476, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1725, "texte": "LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR          DE    « LA J E U N E       BELGIQUE           »\n                       31, rue des Paroissiens, 31\n                                BRUXELLES\n\n\n                  VIENNENT         DE PARAITRE          :\n                         Edmond PICARD\n\nEL MOGHREB AL AKSA\n                    Une mission belge au Maroc\n      Un fort volume in-18 Jésus                              4 francs.\n\n                SCÈNES DE LA VIE JUDICIAIRE\nParadoxe sur l'Avocat. — La Forge Roussel.— L'Amiral. — Mon Oncle\n        le Jurisconsulte. — La Veillée de l'Huissier. — Le Juré.\n    Un fort volume in-18 Jésus                             4 francs.\n\n                       Georges E E K H O U D\n            LA NOUVELLE CARTHAGE\nL    Nouvelle Carthage. — Les Emigrants. — Contumace. — La Bourse.\n         — Le Carnaval. — La Cartoucherie. — Episodes inédits.\n      Edition définitive, un vol. in-8° très compact. . 4 francs.\n\n                         Charles SLUYTS\n             NOTES                      D'ÊTRE\n    Un vol. petit in-16, sur papier de Hollande Van Gelder.     3 francs.\n\n                         Ernest BOSIERS\n         HARALD                                         ROI\n                          Drame en neuf scènes.\n    Un volume in-8°                                             2 francs.\n                         Justus S E V E R U S\n                  AFRIGÜS\nO T J L EGÉNIER                  E      C       O       M       P         E   N   S\n                   Drame nègre en un acte et en vers.\n      Une plaquette in-18 Jésus                               1 franc.\n\n                            SOUS PRESSE :\n      Emile S I G O G N E : C O N T E S M E R V E I L L E U X\n"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1411, "texte": "                              EN         VENTE\n\n   à la librairie P A U L L A C O X M B L E Z\n                         BRUXELLES\n\n\n\nMAX ELSKAMP : Salutations      dont d'Angéliques . .                     3 50\nVILLIERS DE L'ISLE-ADAM : Premières poésies.     . .                     3 50\nCHARLES D E COSTER : La Légende d'Ulenspiegel       .                    5 »\nComte LÉON TOLSTOÏ : Le Salut est en vous . . .                          3 50\nE D . SCHURÉ : Les Grands Initiés. Esquisse de l'his­\n   toire secrète des Religions : Rama, Krishna, Her­\n   mès, Moïse, Orphée, Pythagore, Platon, Jésus.\n   Edition à                                                             3 50\nLÉON BLOY : Sueur de sang, avec trois dessins origi­\n  naux de Henry De Groux, et portrait de Léon Bloy\n  par Charles Cain .                                                     3 50\nJEAN MORÉAS : Le Pèlerin passionné, édition refon­\n  due, comprenant plusieurs poèmes nouveaux .                            3 50\n\n\n\n\n         Dépôt des Revues Françaises :\n              La Plume, fr. 0-50; franco, fr. 0-55\n     Le Mercure de France, 1 franc; franco, fr. 1-25\n            L'Ermitage, fr. 0-60 ; franco, fr. 0-65\nLes Entretiens politiques et littéraires, fr. 0-60; franco, fr. 1-65\n\n\n\n     Demandez le Catalogue complet de l'Editeur\n               Paul LACOMBLEZ.\n\n\n              Bruxelles. — Imprimerie VeMonnom,32, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 442, "texte": "Novembre 1893.                  TOME XII. — N° 11                             13me Année.\n\n\n\n\nLA\n     JEUNE\n                 BELGIQUE\n                                 SOMMAIRE:\n       Le Banquet Eekhoud                           IWAN GILKIN.\n       Le Procès Lemonnier                           ALBERT GIRAUD.\n       La Dame de grâce                           . FERNAND SEVERIN.\n       Vieux Cœur (suite et           fin)           LOUIS DELATTRE.\n       Atalante à Calydon (trad. de P. Tiberghien)\n         (suite)                                    A.-C. SWINBURNE.\n       Ford-Madox Brown                             OLIVIER-G. DESTRÉE.\n       Chronique musicale                        ERNEST CLOSSON.\n       Chronique littéraire :\n        Sueur de Sang ; Bulletin de la Société\n          d'études sur la Question Louis XVII . JULES DESTRÉE.\n       Memento                                  NEMO.\n\n\n\n\n         REDACTION                                        BRUXELLES\n110, RUE DE LA LIMITE, BRUXELLES.                     PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                          3I, rue des Paroissiens\n                                                                PARIS\n     PRIX DU NUMÉRO                                 CHAMUEL, LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                            29, me de Trévise\n            fr. 0-75.\n                                                                  1893\n"}, {"page_pdf": 443, "texte": "     BELGIQUE\n\n\n\n\n                                                                           BELGIQUE\n                                  N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                                   JEUNE\n                  JEUNE\n\n\n\n\n                                                              LA\n                            LA\n                   N E CRAINS\n        Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                             PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n  Fondateur        : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n                           Directeur : IWAN GILKIN.\n                  Rédaction : 110, rue de la Limite, Bruxelles.\n                7 francs p a r an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                   des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom­\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, Marché Saint-Jacques.\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n\n                          V I E N N E N T D E PARAITRE :\n\n QUELQU'UN D'AUJOURD'HUI\n                                 par HENRY MAUBEL\n\n      Histoire des Lettres belges d'expression française\n                              par F R A N C I S N A U T E T\n\n\nSTANCES DORÉES\n                Commentaire sacerdotal du T a r o t\n                                 par IWAN GILKIN\n"}, {"page_pdf": 444, "texte": "        LE BANQUET EEKHOUD\n\n                                  Une belle et glorieuse journée ! Le 28 octo­\n                                  bre 1893 un banquet de plus de deux cents\n                                 couverts, offert par la Revue Rouge à\n                                 M. Georges Eekhoud, réunissait dans les\n                                 salons du Grand Hôtel, à Bruxelles, des\n                                 hommes de lettres, des peintres, des sculp­\n                                 teurs, des musiciens, tous heureux d'accla­\n                                 mer un jeune écrivain belge dont les rares\n                                 mérites avaient su forcer les suffrages du\n                monde officiel lui-même. La présence, à la table d'honneur,\n                de M. Le Jeune, ministre de la justice, et de M. Buls,\n                bourgmestre de la capitale, accentuait encore la significa­\n                tion de cette belle fête.\n                   On connaît les principes de la Jeune Belgique à l'égard\n                des concours officiels, des prix, des couronnes et des\n                distinctions publiques offertes à la littérature. Ces prix et\n                ces couronnes, nous n'en sommes point partisans, nous\n                demandons leur suppression, parce que nous les croyons\n                plus nuisibles qu'utiles au développement de l'art littéraire\n                dans notre pays. Mais, en attendant qu'on les supprime,\n                nous ne pouvons que nous réjouir lorsqu'un heureux destin\n                veut qu'ils soient décernés à de véritables artistes Voilà\npourquoi, si la Jeune Belgique n'a pris aucune part à l'organisation du\nbanquet offert à l'un de ses plus brillants écrivains, pas plus qu'elle n'avait,\ncinq ans plus tôt, cru devoir fêter Camille Lemonnier, qui avait obtenu\n                                                                      25\n"}, {"page_pdf": 445, "texte": "                                         — 398 —\n\nle même prix, tous les frères d'armes de Georges Eekhoud ont pourtant\njoint leurs acclamations à celles des deux cents convives qui célébraient la\nbelle victoire remportée par un jeune écrivain sur les répugnances et les\nhostilités, si longtemps irréductibles, du monde académique, qui est censé\nreprésenter l'art de notre pays.\n   Cette belle fête a vivement impressionné notre presse artistique et litté­\nraire ; nous n'en voulons pour preuve que l'article enthousiaste de l'Art\nmoderne, où nous trouvons ces caractéristiques déclarations :\n\n   Banquet Lemonnier, banquet Eekhoud ! Mêmes fêtes, mêmes sympathies, mêmes sou­\nvenirs. Seulement, à Lemonnier le banquet fut offert parce que le prix quinquennal lui\nfut refusé, à Eekhoud parce qu'il lui fut donné. Au bout de dix ans la protestation s'est\nchangée en acclamation.\n   Ce n'est point l'art qui a changé : la même intransigeance, la même indifférence vis-à-vis\ndu succès, la même probité, la même indépendance vis-à-vis de tout ce qui n'est pas lui-\nmême, le caractérise aujourd'hui comme jadis. Eekhoud et Lemonnier sont au même\ntitre des écrivains fiers et entiers.\n   Si donc la situation a changé, c'est parce que ceux qui repoussaient Lemonnier ont\npeu à peu été convertis; c'est parce qu'ils ont examiné, c'est parce qu'ils ont compris.\n   L'honneur de les avoir conquis rejaillit donc sur tout notre mouvement littéraire\ndevenu depuis dix ans indiscutable, triomphant, irréductible. Il n'a plus été possible de\nlui être injuste et l'on est allé vers lui, alors qu'il n'avait pas fait un pas pour aller vers\nn'importe qui.\n\n  Nous ne citerons pas, après tant de journaux et de revues, les artistes de\nmarque qui ont assisté au banquet. La liste des souscripteurs comprend\ntout ce que la Belgique compte d'amis dévoués des lettres. Mais il faut\nnoter, parmi les toasts et les discours, les vers vibrants de M. Emile Ver­\nhaeren, le discours admirable de M. Camille Lemonnier, enfin le toast de\nM. Georges Eekhoud d'où nous extrayons ces passages caractéristiques:\n\n   I1 ne s'agit point de la glorification d'un seul homme, d'un écrivain qui s'appelle\nGeorges Eekhoud. Quel que soit le mérite que vous voulez bien accorder à son œuvre,\ncette œuvre ne représente qu'une faible partie du monument superbe qu'une pléiade\nd'écrivains, auxquels Charles De Coster, Octave Pirmez et André Van Hasselt servirent\nde précurseurs, est en train d'élever sur le sol littéraire de Belgique, ce sol ingrat,\nstérile, qu'on aurait pu croire indéfrichable, A JAMAIS MAUDIT PAR LA POÉSIE. Oui, on\naurait pu croire que, férocement jalouse des sublimes amants que la Peinture et la\nMusique, ses soeurs, avaient toujours rencontrés en notre pays, la Poésie avait résolu de\nne plus les leur disputer.\n\n\n\n   Messieurs, ce que j'en dis suffit pour vous indiquer la vraie signification de cette\n brillante fête. C'est l'avènement du règne de la poésie et de la littérature que nous célé-\n"}, {"page_pdf": 446, "texte": "                                     — 390 —\n\nbrons ici. Et c'est au nom de mes frères d'armes, c'est au nom de la pléiade des écrivains\nde la Jeune Belgique, honorés en ma personne, par vos sympathies et vos applaudisse­\nments, que je vous remercie du fond de l'âme.\n  Messieurs, buvons aux bons écrivains, aux poètes de Belgique, à nos aînés, à ceux qui\nnous suivent, aux jeunes si enthousiastes et si fiers, prêts à marcher à de nouvelles con­\nquêtes, buvons à l'avenir littéraire de la Belgique, buvons à l'Art jeune.\n\n   Lorsque, au mois de janvier dernier, le directeur de la Jeune Belgique\njugea nécessaire d'ouvrir une campagne de résistance contre certaines\nthéories et certaines écoles qu'il estime, en âme et conscience, contraires au\ngénie des lettres françaises et funestes pour les jeunes écrivains de notre\npays, M. Eekhoud ne crut pas pouvoir partager la responsabilité de cette\nattitude et renonça à faire partie du comité qui possède et dirige notre\nrevue. Mais il n'a pas pour cela renoncé à être des nôtres. Si quelques-uns\nont un instant pu le croire, les vibrantes déclarations de notre ami, dans\ncet inoubliable banquet, ont dû les détromper. Au milieu de son triomphe,\nGeorges Eekhoud ne s'est souvenu que d'une chose : c'est qu'il était et qu'il\nreste toujours notre frère d'armes. Cette large et généreuse solidarité, qui\nn'a jamais cessé d'unir les meilleurs d'entre nous, Georges Eekhoud l'a\nproclamée en termes chaleureux, qui ont profondément ému ses amis.\n   Puissent ces nobles sentiments de fraternité, qui font la force et qui sont\nl'honneur de notre génération littéraire de 1880, servir d'exemple à ceux qui\nnous suivent!\n                                                        IWAN GILKIN\n\n\n\n\n           LE PROCÈS LEMONNIER\n             Poursuivi devant la Cour d'assises du Brabant pouravoir outragé\n              les mœurs par une périphrase, M. Camille Lemonnier a été\n              acquitté. Ce dénouement était prévu et désiré par tous. Puis­\n              sent les applaudissements qui l'ont accueilli corriger le zèle des\nentrepreneurs de poursuites !\n   M. Camille Lemonnier est acquitté. Il devait l'être. Le condamner eût\nété inique Le jury, en épargnant cette iniquité à la Cour, a donné un aver­\ntissement au parquet.\n   Choisir dans une œuvre de trente volumes une étude de douze pages, et,\ndans cette étude de douze pages, un substantif et un adjectif, brandir ces\ndeux mots pour hypnotiser le jury c'est un procédé contre lequel on ne\n"}, {"page_pdf": 447, "texte": "                                  — 400 —\n\nsaurait s'élever avec assez d'énergie. Peut-être accusait-on ainsi à Car­\nthage! Mais nous ne sommes pas à Carthage et nous espérons, pour\nl'honneur de notre pays, qu'on n'accusera plus jamais un écrivain de cette\nmanière-là.\n   L'affront qu'on a voulu infliger à M. Camille Lemonnier, nous l'avons\ncruellement ressenti, nous tous qui assistions, le cœur contracté et la gorge\nserrée, à ce lamentable, à cet humiliant spectacle. Un de nos aînés, un des\nmeilleurs d'entre nous, un de ceux qui honorent une patrie ingrate a été\ntraité et rudoyé comme un malfaiteur. Voilà ce qu'il oubliera peut-être;\nvoilà ce que nous, nous n'oublierons jamais.\n    Il ne nous convient pas d'insister autrement sur cette méprise, qui fut\ntriste pour nous malgré l'acquittement triomphal de M. Camille Lemon­\n nier. Mais la signification de cette journée ne serait pas complète, si nous\n ne rappelions pas que les écrivains cités à la requête de la défense, et parmi\n lesquels toutes les écoles et toutes les tendances étaient représentées, furent\n unanimes à protester contre les poursuites. Cette unanimité a son élo­\n quence Elle prouve que si les luttes littéraires, l'inévitable conflit des tem­\n péraments et le choc fatal des esthétiques semblent parfois nous diviser\n profondément, nous nous retrouverons toujours lorsqu'il s'agira de défendre\n ou de glorifier, dans la personne d'un artiste, un reflet du Dieu que nous\n servons.\n    Me Edmond Picard était à la barre pour M. Camille Lemonnier. Il a\n été, dans ce procès, la Voix de tous, émue, indignée, vengeresse. Qu'il\n reçoive ici, par-dessus nos dissentiments esthétiques, l'hommage unanime\n et reconnaissant qui lui est dû.\n                                                         ALBERT GIRAUD\n\n\n\n\n               LA DAME DE GRACE\n        « Chacun marche ici-bas vêtu d'un lin céleste!\n        La plupart l'ont flétri, d'autres l'ont déchiré.\n        Si loin qu'il soit allé dans le chemin funeste,\n        Tel qui se croit perdu n'est jamais qu'égaré.\n\n        Car l'homme a ses instants d'ombre et de solitude :\n        On est las : toute chair défaille sous l'effort...\n        Veille ! dit une voix. Vaine sollicitude !\n        Lorsque le soir est là, le plus zélé s'endort...\n"}, {"page_pdf": 448, "texte": "                               — 401 —\n\n     Puisque tu m'as donné ce nom de Béatrice,\n     Au nom du ciel, et de la grâce, et de l'Amour,\n     Je veux être avec toi comme une ombre propice\n     Et, du fond de ta nuit, te guider jusqu'au jour !\n\n     Si celui que j'aimais, tardif à se connaître,\n     Retombe, par faiblesse, au péché familier,\n     Je lui rappellerai l'ange qu'il se doit d'être;\n     Si son âme s'endort, je viendrai l'éveiller.\n\n     Je prendrai, sache-le, pour parler à mon frère,\n     Cette voix sans merci que chacun porte en soi;\n     Quoi qu'il doive en coûter à ton âme encor fière.\n     Tu seras mieux toi-même en acceptant ma loi.\n\n     Nous errons en pleurant dans l'ombre de la terre :\n     Nous n'avons pour chercher le but mystérieux,\n     Qu'un jour qui nous aveugle autant qu'il nous éclaire;\n     La mort, quand elle vient, dessille tous les yeux!\n\n     Préviens, si tu m'en crois, cette heure irréparable'.\n     Un jour tu m'avoueras que je parlais en sœur,\n     Et, réunis enfin sur le seuil adorable,\n     Ton cœur, meurtri par moi, bénira ma douceur! »\n\n                                               F E R N A N D SEVERIN\n  1er novembre 1893.\n\n\n\n\n                       VIEUX CŒUR\n                             [Suite et fin.)\n\n                                  III\n  Péchant de Leernes, c'est, tout au-dessus de la côte qui va dégringoler\ndans la Sambre, quelques métairies blanches à toits de chaume, à volets\net portes peints de ce vert plat des aquarelles anglaises qui est aussi la\ncouleur de nos prairies fraîchement fauchées. Des sentes pavées de grès\nblanc courent de l'une à l'autre en contournant les haies de clôture. Ainsi,\nvous travaillez au jardin à éclaircir vos oignons : clic ! clac ! C'est une\n"}, {"page_pdf": 449, "texte": "                                   — 402 —\n\nménagère passant dans le sentier ; vous levez les yeux ; le visage curieux\nde la voisine est souriant dans la charmille, le visage rose entre les feuilles.\n    Là, les vergers sont couverts d'une herbe longue, épaisse et d'un vert\ntrès foncé. Les pommiers, aux troncs trapus et penchés, ont de grosses\ntêtes arrondies en dômes. Dans leurs clôtures de feuillage, à certaine heure,\nquand tombe la brume des soirs d'automne, ces vergers, comme des choses\nrobustes et gracieuses, emplissent le passant d'une volupté particulière,\nainsi que feraient des musiques de trombones, moelleuses et pourtant\nvigoureuses.\n    Le grand chemin d'Hourpes passe à l'écart. Les promeneurs à parasols\n rouges et à paniers de provisions, ni non plus les papiers sales, n'entrent\n donc point dans Péchant.\n    Le censier Clarent y retrouva vide sa maison, louée jusqu'alors. Il fit\n couvrir d'un lait de chaux les murs et le pignon aigu qu'on voit de loin;\n le couvreur vint resserrer le chaume du toit et le renforcer d'un glui long\n et épais. La vieille demeure fut toute rajeunie.\n     Ici, Frémiée, pour dormir, avait une chambre regardant le jardin et le\n bois. Au matin, les oiseaux l'éveillaient au premier soleil; parfois il faisait\n tout gris encore que déjà elle entendait les hulottes et les chevèches crier.\n  Ce qui l'amusait beaucoup, car elle aimait tout ce qui vit.\n     De nouvelles occupations l'aidèrent à oublier la ferme. Elle devint en\n  quelques semaines la femme de la maison, une vraie femme qui rangea le\n  ménage et sut couper proprement les tartines avec un grand couteau, en\n  appuyant le pain sur sa poitrine. Par son activité et sa bonne humeur, on\n  peut dire que l'enfant raisonnait le vieillard.\n     Le bonhomme en avait besoin; dans le repos forcé dont il n'avait pas\n  coutume, il se rongeait. Il tournait dans les chambres, les bras ballants,\n  ne sachant que faire de ses mains. Souvent la pensée du changement de sa\n  vie, à la faveur d'une sensibilité étrange autant que nouvelle chez ce vieux\n  fruste, l'émouvait jusqu'aux larmes.\n      Un soir, il était assis sur le banc de sa porte et regardait les feuilles des\n  peupliers commençant de jaunir et de sentir l'automne, car elles tombent\n  les premières. La brume d'une fin de septembre donnait à l'air cette sono­\n  rité particulière où les cris et les bruits des champs sont si froids et mats.\n  Des arondes en gazouillant s'alignaient sur le levier dressé en 1 air d'une\n  pompe; dans quelques jours elles allaient partir. Elles, elles s'en vont et\n  reviennent, et elles sont toujours jeunes. Est-ce qu'il y a de vieilles hiron­\n   delles? — Et l'âme simple de l'ancien s'embuait de la tristesse ambiante\n   des choses.\n"}, {"page_pdf": 450, "texte": "                                — 403 —\n\n  Frémiée, à point nommé, est à la fenêtre de sa chambre, d'où, se pen­\nchant, elle surplombe le banc de pa Glarent pour décrocher du mur la\ncage au pinson. Le grand vent fait voleter ses cheveux noirs sur son\nvisage.\n  — Brr, la méchante bise ! dit-elle. Rentre, mon mouchon. Le soleil s'en\nva, tu sais ! Mais tu ne dois rien craindre près de moi, pinson ; au cœur\nde l'hiver même, tu auras chaud!\n  Pa Clarent tourne la tête et lève les yeux vers l'enfant. Les soies de ses\nmoustaches tremblent, il cligne les yeux très vite et dit :\n  — Ah! petite Frémiée! Petite Frémiée!\n  Et il rit; et il est heureux.\n\n\n                                    IV\n\n   L'hiver, Péchant assoupi sous la neige, Frémiée passait devant les\nétables, dont on sent au visage la buée chaude, pour aller à la cahute des\nsabotiers. La porte en était toujours ouverte; le feu de bois dansait, haut\net clair, mais non plus gai que les deux Drienne qui sabotaient là.\n   — Nous n'avons plus de cotrets, disait-elle. Il faudrait bien que vous\nm'en donniez !\n   — Le tas est là, Frémiée. Puises-y tant et plus, répondait un des gars.\n   Jean Drienne dégrossissait les tronçons de bouleau à la hachette sur le\nmassif tronchet; Pierre, au couteau fixé par un bout dans la table, taillait\nle sabot, ce qui est l'ouvrage le plus délicat.\n   Quand Frémiée était là, Pierre y mettait tant de célérité qu'elle s'écriait\nà tout coup :\n   — On dirait que c'est facile ; tu y tailles comme dans du beurre !\n   — Eh Frémiée ! c'est que mon couteau a bon fil.\n   Puis au vilebrequin il creusait le bloc. En une heure, du bouleau informe,\nsortaient deux jolis sabots légers. Ne les entendait-on pas sonner et fringuer\nsur la route gelée ?\n   — Où vont-ils, ceux-là ?\n   — C'est vrai que ce serait drôle s'ils nous revenaient dire ce qu'ils ont\nfait, ce qu'ils ont vu, où ils ont couru! Hé! hé! Mais les petits sabots de\nl'an passé sont en morceaux dans le fossé et ne reviennent pas ! Bast ! c'est\npeut-être mieux ainsi. Je ne voudrais savoir ce qu'ils pensent que de deux\nsabots... que je connais, Frémiée...\n   — Peut-être est-ce facile à deviner, Pierre !\n   Et la jolie fille brune s'en va, poussant la charge de copeaux de bouleau\nà l'odeur fade et un peu vanillée.\n"}, {"page_pdf": 451, "texte": "                                  — 404 —\n\n   Elle revenait souvent. Le vieux frère riait de l'embarras toujours nou­\nveau du cadet quand entrait « petite Frémiée » ; mais il ne se moquait pas\ntrop des jeunes gens, parce que, sans peut-être qu'eux-mêmes le sussent,\nlui voyait bien qu'il s'aimaient.\n   Pourtant, que les chansons qu'il chantait lui paraissaient plus tendres\nquand il les chantait devant Frémiée, cela Pierre le savait bien. Et Frémiée\nsavait bien que son rêve était délicieusement bercé par la complainte du\njeune homme, alors qu'assise devant la lucarne, elle restait à laisser courir\nson cœur, sans rien voir des champs blanchis de neige ni des bois noirs ;\n cela, elle le savait bien !\n\n                                        V\n\n    Le pa Clarent est près de l'âtre, dans son tricot de laine et ses sabots;\nil a lu la gazette et vient de la reposer pliée sur la cheminée. En allumant\nsa pipe, il pense vaguement à ces nouvelles disparates, et que le monde est\nfou de s'occuper de tant de choses. Il jette une bûche au feu, et le coque­\nmar se met à chanter.\n    Frémiée est assise au jour de la fenêtre, elle coud et tire son aiguille à\npetits coups réguliers et vifs. La maison est propre comme un écu.\nPa Clarent se dit qu'ici l'hiver même est bon.\n    — Et qui fait tout cela; se demande-t-il aussi. Ah! qui fait tout cela ?\n    — Pa Clarent? Pa Clarent? Est-ce que cela m'ira bien? Vois, c'est un\nnouveau col; il doit tomber autour du cou, comme cela... Est-ce joli?\n    — Oui que c'est bien, tchiote Frémiée; oui que tu es belle ainsi! Tu es\n une vraie demoiselle, que je te dis! Les nièces Colson, quand elles venaient\nen vacances à la ferme, n'avient pas plus bel air. Ce que tu fais, tchiote,\n c'est toujours plus beau !\n    — Ah! mon bon pa Clarent !\n    Et Frémiée, pour embrasser le vieillard, se lève et vient vers l'âtre. Elle\n a dix-sept ans, et toujours ses lèvres rouges et ses grands yeux graves et\n doux; mais quelque chose de nouveau anime ces belles joues rondes et\n pâles. Non, ce n'est plus là la maigriette noiraude, le minon de la ferme\n Colson,\n    Elle était devenue tout à coup comme une rose très rouge, parfumée et\n éclatante; ses cheveux noirs étaient comme un casque. Comment le charme\n si discret et partial de ce pays augmentait-il encore celui de celte enfant\n trouvée sur la route d'un village lointain? Ils étaient, l'un autant que\n l'autre, beaux, sérieux et gracieux.\n"}, {"page_pdf": 452, "texte": "                                 — 405 —\n\n    Elle n'était pourtant pas une paysanne. Dans ce hameau perdu, elle\n'avait des trouvailles de parures près desquelles les journaux de modes\n n'eussent été que de fades recettes. Qui lui avait appris à enrouler les mêches\n de ses cheveux et les faire retomber au long de ses tempes pour ne laisser,\n ainsi, qu'entrevoir la grâce de son visage pâle dans ses cheveux sombres?\n    Ces choses, avec toutes les autres, si pa Clarent ne les comprenait pas\n ou n'y pensait pas, il les voyait, il les adorait, comme on aime la vie, sans\n devoir y songer. Leur attrait le pénétrait et réchauffait son sang. Et son\n âme, dont jusqu'alors, certainement, la plus grande joie avait été l'exalta­\n tion orgiaque d'un retour de chasse, ou même la vue soudaine d'un per­\n dreau au bout du fusil, dans un guéret mouillé de rosée, au vent du\n matin, cette âme gourde de paysan, par un phénomène aussi curieux et\n aussi naturel que la refioraison de la Saint-Martin, renaissait au clair soleil\n des yeux de cette enfant. Oui, sous les paroles caressantes de ces lèvres\n rouges, le cœur ridé et noueux s'ouvrait et fleurissait. Et, miracle des\n miracles, la pudeur parait encore ces fleurs hivernales de la plus tendre buée !\n    Vieillesse, « jalouse écorce, pourquoi recouvrir si vite » ce cœur qui n'est\n pas mort?.. Quoi? Qu'il est trop tard?. . Ah! écorce, c'est que vous êtes\n jalouse ! Vieillesse, vous êtes jalouse de la douceur terrible de cet amour\n sans espoir, de cet amour sans la volonté ni le désir d'aucun espoir!\n\n\n                                      VI\n\n   Un matin, en se levant, pa Clarent vit la neige qui fondait ; le toit\ndégouttait sur les pierres du seuil ; par delà les haies, la terre noire des jar­\ndins apparaissait. Les poules picoraient et caquetaient, guillerettes. C'était\nla fin de février ; le soleil jaunissait enfin et un vent plus doux s'était mis\nà souffler pour réveiller peu à peu les arbres endormis.\n   — C'est le printemps qui revient! Il revient encore! cria le vieux. Fré­\nmiée, va donc sous la haie; je parie qu'il y a déjà de ces violettes, qu'enfant,\nje cueillais pour la Saint-Thomas.\n   La jeune fille rapporta bientôt plein les mains de tiges boutonnées dont\nelle faisait fondre la neige sous son haleine.\n   — Tu vois, pa Clarent, un peu de chaleur les ouvrira. Eh ! je vais faire\navancer le printemps!\n   C'est vrai que le sourire de ses dents blanches et la rose mouillée de sa\nbouche, c'était du printemps — et qu'elle aurait fait reculer l'hiver!\n   Bientôt le vieux entreprit de bêcher une dernière fois les parterres. Il\nvoulait, pour Frémiée, un jardin qui ne serait qu'une fleur, qui rirait, qui\n"}, {"page_pdf": 453, "texte": "                                     — 406 —\n\nchanterait, près de la forêt, par mille couleurs éclatantes. Quand avril se\nmontra, l'enclos était prêt à recevoir le soleil.\n   Une pluie de bourgeons mouchetait les arbres, dont les troncs noirs et\nhumides luisaient. Les portes au large ouvertes laissaient entrer l'invincible\nespérance de la vie nouvelle, et enivrer bêtes et gens. Le vieux coq perché\nsur le volet de l'étable, s'il n'avait été de la fête, lui aussi, dites, est-ce qu'il\nl'aurait claironnée de si éclatante, de si triomphale voix?\n   A présent, Clarent gratte ses sabots sur le seuil, car Frémiée, comme une\nvraie ménagère, gronde si l'on souille les miroitantes pierres bleues du par­\nquet. Donc, il frotte, frotte ses semelles au torchon de paille. Heu! heu! les\ntravaux du jardin ont endolori ses reins, mais comme les fleurs vont pous­\nser dans cette fine terre de bruyère; comme « l'enfant » sera contente!\n   Frémiée vient pendre à la porte la cage du pinson. Eperdu, l'oiseau\nsautille et s'égosille. Elle regarde la cage et chante d'une voix flûtée, sur\nun air qui veut être mélancolique, mais, dans sa bouche, sourit à la\nmanière d'une guillée d'avril :\n                     J'ai bien nourri, sept ans, un joli geai\n                              En ma gayole,\n                     Et quand ce vint au premier jour de mai.\n                              Mon joli geai s'envole !\n\n   — Quoi? Quoi? Que dis-tu, fillette, demande le vieillard.\n   — C'est une nouvelle chanson, mon pa. Est-elle jolie?.. C'est Pierre\nDrienne qui me l'apprit hier; je la chante déjà toute seule!\n   Clarent reste la tête levée vers Frémiée au pinson, et il frotte machinale­\nment ses sabots. Comme son cœur bat quand il répond :\n   — Ah donc! Tu chantes les chansons de Pierre Drienne, alors?\n   Et il sourit ; oui, il sourit.\n   — C'est qu'il les chante si bien,pa Clarent! Et toutes; il les sait quasi­\nment toutes !\n   — C'est vrai aussi que Pierre Drienne n'est pas une bête..., achèvera\nClarent. Puis il rentre dans la maison.\n   Qu'avait-il pensé? Qu'est ce qu'ora a à battre ainsi dans le vieux coffre?\nQu'est-ce donc qu'on s'était figuré?\n   — Rien! Rien! Il est bien content que c'est Pierre qui aura le jardin\nfleuri de l'orée du bois; et pour lui, il le fera encore plus beau, certes.\n   Il s'assied sous le manteau de la cheminée en regardant danser les\nflammes.\n   La voix flûtée qui veut être triste chante dans la maison :\n                              Mon joli geai s'envole !\n"}, {"page_pdf": 454, "texte": "                                — 407 —\n\n\n\n                                    VII\n\n\n   Boudait exploitait les coupes décennales du bois de la Sambre, et par\néquipes de deux, les bûcherons engagés étaient éparpillés par toute son\nétendue. Les jeunes arbres à terre, l'écorce des chênes arrachée par lan­\nguettes, ils se mettaient à fagoter.\n    Pierre Drienne, à la bonne saison, fermait sa hutte et allait bûcher.\nSouvent Frémiée venait le voir à l'œuvre; elle ne le trouvait jamais plus\nbeau qu'à ses fagots.\n    A travers le bois clairsemé où seuls se dressent les chênes baliveaux ou\npérots, de la hauteur, on voit la vallée d'Hourpes, la Sambre qui tourne\ndans les prairies basses, et le versant opposé étalé. Les houles bleues des\nfumées de fours à coke animent l'horizon d'un côté ; de l'autre, des ruines\nroses et grises entourent une chapelle neuve. Les vieillards d'un hospice\nvaguent à petits pas dans les jardins; aux repas, une cloche les rappelle.\n    Le bûcheron, au pied d'un arbre, a allumé un feu de broutilles où\ncuisent les pommes de terre de son dîner; la fumée, portée par un vent\nléger, dessine un tortueux serpent qui rampe très loin. Un chaland passe\nsur la rivière; les fers des chevaux de halage sonnent; aux coudes de l'eau\nle gouvernail geint.\n    Mais Frémiée est là ! Du sommet de la montagne, elle crie puis s'élance\n dans le sentier zigzaguant. Un buisson la cache un instant; puis elle se\n découvre. Elle franchit d'un bond les arbres couchés. Et la voilà ! Ses yeux\n luisent; ses lèvres tremblent de la course. Elle pose les deux mains sur\n sa gorge frémissante et dit : Ah ! et reprend haleine ; et l'on voit ses dents.\n C'est Atalante, c'est la jeune femme légère à la course et qui passait sa\n vie dans la forêt, toujours armée!\n    — Ah Pierre ! Ah Pierre !\n    A présent, comme la cognée va dans la main du jeune homme! Elle ne\n s'y reprend jamais ; les débris giclent ; le genou qui tient tout est ferme\n comme un roc. Le tas est vite sur le chantier, les rins et les menues\n branches. Le levier est relevé. Hop ! Hardi ! Pierre bondit et pose le pied\n sur le fagot. Les muscles se gonflent. Comme il tire à lui le levier, l'abaisse,\n l'écrase sous ses genoux et le terrasse! Ces cheveux épais, ce visage rose au\n  long nez droit, cette lèvre charnue et fendue comme une cerise d'espalier,\n  ce cou vigoureux et svelte, tout cela n'est-il pas d'un jeune dieu; il se rue\n"}, {"page_pdf": 455, "texte": "                                  — 408 —\n\nau combat. Ou n'est-ce pas Méléagre égorgeant le monstre de Calydon enfin\nmaîtrisé? Sans doute il va retirer, noires du sang horrible, ses mains de la\ngorge béante; il va rejeter la dépouille hérissée aux pieds d'Atalante...\n   Et la joie de leur force, de leur jeunesse, de leur beauté, est divine et\nillumine le bois silencieux.\n   — Dis-moi donc de m'en aller, Pierre! Pa Clarent voudra m'attendre\npour manger, il prendra faim le bon pa. Est-ce qu'il est tard?... Eh! là-bas,\nle train entre dans la montagne. Ecoute, on l'entend ronfler dans la terre!\nIl va loin, dis-moi? A Paris! Tu dis à Paris?... Le voilà, il est sorti!\nComme il galope !\n   Et la jeune fille bat des mains en répétant :\n   — Il va à Paris !\n\n                                     VIII\n\n    Quand Frémiée demanda :\n    — Pa Clarent, veux-tu bien que je me marie avec Pierre Drienne?\n    Le vieillard l'embrassa sur les cheveux. Ses bons yeux clairs durent se\nfermer quelques instants; mais c'est sa pipe un peu juteuse qui le fit tousser\net embarrassa sa langue, lorsqu'il répondit :\n   — Oui, petite Frémiée. Je suis... J.e suis bien content de vous accorder.\n    Ce fut lui qui leva tous les scrupules de la mère Drienne qu'effarouchait\nl'origine inconnue de la fiancée.\n   — Mère Drienne, répliqua Clarent, Frémiée, on peut l'appeler ma fille,\nquasiment, puisqu'elle m'appelle son pa, et que je l'ai vue toute petite.\nL'acquêt du pa Clarent est à elle. Tout est à Frémiée, à ma petite Frémiée.\nAh mère Drienne! On ne sait combien on les aime, ces enfants, qu'en les\nperdant. Elle s'en va, ma fille qui ragaillardissait mes derniers jours!...\nNotre temps est fini, mère Drienne, fini, fini...\n   Les jeunes gens furent vite mariés.\n   — Nous allons dorloter notre pa Clarent, disaient-ils. Plus tard ils\najoutaient :\n   — C'est lui qui sera son parrain, c'est sûr.!\n   Je ne puis pas dire qu'il rappelât de quelque façon el perro del hortelano\nqui ne mange ni ne laisse manger et cependant le vieux qui jadis vivait à\ndemi heureux rien que de se sentir près du trésor qu'il n'aurait voulu\nprendre et n'espérait pas, à présent, la pensée qu'un cœur l'avait conquis\npar l'amour éventait entièrement la saveur de sa vie.\n   Jamais il n'avait espéré rien, ni désiré rien de cette enfant aujourd'hui\n"}, {"page_pdf": 456, "texte": "                                 —   409   —\n\ndans les bras du gars. Le vague amour du vieillard pudique et chaste, s'il\nse repliait à cette heure, et se recroquevillait faute d'objet, c'était par pur\ninstinct. La réflexion n'avait pas à intervenir pour laisser la mort reprendre\nle terrain surpris. Telle, et par un pareil phénomène, la plante languissant\ndans les ténèbres rampe vers le soupirail lumineux. Déjà le jet exsangue\njaunit et reverdit d'espoir; mais le trou de soleil tout à coup s'est bouché ;\nla plante s'arrête, elle a perdu son chemin. Où allait-elle, que voulait-elle?\nLigne à ligne, depuis bien des jours, elle montait vers la clarté; le soleil la\ntirait du cachot. A présent qu'il se cache, la plante s'affaisse et se remet à\nmourir — triste et sans haine.\n    Hélas! le vieux bonhomme, lui, se redressa encore! Il ne voulait pas\nmourir, il ne voulait pas tomber ainsi. Il irait jusqu'au bout.\n    Il prit donc sa place de père entière et chaque jour; il eût deux enfants.\n Il recula sa chaise pour qu'on pût se mettre sous l'âtre à trois.\n    Si le jeune homme vif et fougueux, l'espace d'une seconde, élevait la voix,\nprêt à s'emporter, Clarent disait avec douceur :\n    — Les enfants, les enfants, de la patience!\n    Alors Pierre redevenait doux et Frémiée heureuse. Ainsi des autres fonc­\ntions paternelles : car il ne recula devant aucune. Il n'eut jamais peur de\nvoir, de près, ces jeunes gens s'aimer. Il les aida tous les jours à s'aimer\n mieux.\n    L'homme simple qu'on aurait plaint, quand la passion l'étreignait et\n qu'il mettait toute la force de sa vie à arrêter sa vie, peut-être, aujourd'hui,\n l'eût-on trouvé sublime, tant son sacrifice était actif, et saignant, et pante­\n lant, et de toutes les heures Le vieux cœur ne savait pas s'éteindre, ne\n savait pas se taire. Cependant les chansons commençaient à troubler l'âme\n honnête. Il faudrait donc le briser?\n\n\n                                      IX\n\n   La semaine où Clarent mourut, il étonna le hameau par sa verdeur et sa\ngaîté éclatante. Il avait retrouvé dans un coffre l'antique habit de velours à\ncôtes qu'il revêtait aux anciens jours de chasse. Cette veste rude qui san­\nglait son torse lui rappela son passé de force et de labeur.\n   Quels retours des chasses où Colson et les hobereaux voisins l'admet­\ntaient pour la beauté de « son fusil » ! Quels soupers ! Les carniers ren­\nversés dans la cuisine de la ferme. Les convives ivres de fatigue et de\nbourgogne dans la salle à manger saccagée. Les servantes dépoitraillées\n"}, {"page_pdf": 457, "texte": "                                 — 410 —\n\nentre les hommes ! Et quels hommes ! L'un enumérait ses treize bâtards ; un\nautre, aux tourne-brides, buvait le genièvre dans les chopes ; et celui-là, à\ncinquante ans, faisait renâcler de douleur un cheval dans l'étreinte de ses\ngenoux!\n   Les souvenirs l'exaltaient. Il alla deux fois à la chasse cette semaine-\nlà. Frémiée lui laçait ses guêtres, ainsi que j'adis, à la ferme. Il criait en\nfrappant le sol du pied, avec pétulance :\n   — A revoir, Frémiée !\n   Le dimanche, les jeunes hommes de Hameau jouèrent à la balle dans le\npré Colas qui était fauché. Un éteuf mal lancé fut discuté. Clarent alla au\n« tamis » pour montrer « le coup » ; fit les deux pas et livra la balle avec\ntant d'adresse qu'elle dépassa la limite du plus fort joueur. Frémiée, qui\nétait là, cria :\n   — Eh les jeunes hommes ! Mon pa Clarent vous bat! C'est lui le plus\njeune !\n   Lui le plus jeune... Ah ! c'est pour cela qu'il voulait s'arrêter.\n   On le trouva mort dans le bois voisin. Son fusil baignait dans une flaque\nde sang. Il avait les mains pleines de bruyères fleuries.\n   Il avait soixante-sept ans.\n   Frémiée pleura son pa Clarent, à chaudes larmes et bien longtemps, son\nbon pa Clarent.\n   Jamais elle ne sut que le censier était mort pour elle. Et ainsi, quoique\nsanglant, le sacrifice du vieux cœur fut aussi pudique que son amour.\n\n\n                                      X\n\n  Heine-Apollôn dit : « Quand le cœur est brisé dans la poitrine, les chan­\nsons s'en vont. » Mon humble Flip Clarent de Péchant brisa le sien, lui,\npour que ses chansons s'en allassent.\n                                                     Louis   DELATTRE\n"}, {"page_pdf": 458, "texte": "                                 —   411     —\n\n\n\n\n         ATALANTE A CALYDON\n                                  (Suite.)\n\n    LE CHŒUR. — Non, car le fils est tout près de ton cœur, plein de ton\nlait, chaud de tes entrailles ; il épuise ta vie, et le sang de ta vie, et tout ton\nfruit; il te mange et te boit, comme celui qui rompt le pain et mange, qui\nfoule les grappes et boit ; il est toi-même, une part de toi ; et s'il ne mange\npas, ta chair ne languit-elle pas? Ou s'il ne boit pas, tes lèvres ne sont-\nelles pas mortes de soif? Cette chose émeut plus que toutes choses, plus que\ntonfilsmême : l'affection qui t'attache à lui; et il t'honorera, toi et tes\nentrailles qui l'ont porté, et les seins qu'il connaissait ; et pour l'amour de\ntoi, il aura plus de vénération pour tous ses dieux.\n    ALTHÉE. — Mais les dieux me donnèrent aussi ces frères ; et mon fils,\nsans vénérer ses dieux ni mon propre cœur, ni les anciennes années douces,\nni toutes les choses vénérables, mais cruel, et rapace comme une bête, les\nenleva pour les tuer ; oui, et elle, elle, la femme étrange, elle la fleur, le\nglaive, rouge du sang versé, fleur mortelle aux hommes, adorable,\ndétestable, elle-même a vu de ses yeux étranges, et s'est réjouie de ses lèvres\nétranges, ayant vu ceux-ci, les miens, tués par le mien, et moi devenue\nmisérable au delà de toutes les misères, une douleur entre toutes les femmes\n du monde, un nom fait pour être lavé des larmes de tous les hommes.\n    LE CHŒUR. — Affermis ton esprit ; celui-ci n'est-il pas dieu, aussi, le\n hasard, et la roue de toutes les nécessités ? De dures choses nous sont venues\n des dieux sévères; ne les en blâmons pas, de crainte de maux plus grands.\n    ALTHÉE. — Mon esprit est fort contre lui-même, et à cause de ces choses,\n je crie à ma propre âme qu'elle endure l'outrage, et les jours douleureux,\n et la vie, et cette inexpiable impuissance. Je suis faible, faible et honteuse;\n l'air que je respire, ces choses monstrueuses et les dieux violents me rendent\n honteuse. Qu'est-ce qui m'apaisera ? Qu'est-ce qui me guérira ? Qu'est-ce qui\n rendra la vigueur aux pieds, la lumière à la face? Quelle herbe me cal­\n mera? Qu'est-ce qui me fortifiera ? Qu'est-ce qui me soulagera? Quelle chose\n étrange, mangée ou bue, ô grands dieux, me fera semblable à vous ou aux\n  bêtes qui se repaissent, qui tuent et déchirent, et satisfont leur cœur? Car\n vous nous les montrez ; et à nous, inférieurs à elles, il ne nous est pas donné\n  de vivre comme toutes ces créatures, qui toute leur vie se conduisent sui­\n  vant leur propre nature, se réjouissant comme celui qui agit bien ; mais\n"}, {"page_pdf": 459, "texte": "                                     — 412 —\n\n nous agissons mal, pleurant ou riant, nous à qui manquent la vue, la con­\n naissance, la lumière de la face et la pureté du cœur ; et les mains nous font\n défaut, et l'esprit ; et chaque jour nous faisons le mal, nous avons faim ; et nous\n mourons dans 1 orgueil; car vous nous avez donné la folie et non la santé,\n et des péchés dont nous ne connaissons rien, et pour lesquels vous nous\n donnez la mort, et la destruction soudaine et inattendue. Que dirons-nous\n maintenant ? Que deviendrons-nous ?\n    LE CHŒUR. — Hélas ! Car tous ces maux, tous les hommes les subis­\n sent.\n    ALTHÉE. — C'est pourquoi je ne veux pas, ô dieux, que ces deux-ci\n meurent comme des chiens, mangés par les choses rampantes, abominables\n et dégoûtants ; quoique morts, ils seront honorés, ils auront la flamme\n funéraire qui souffle les cendres des hommes dans la face de leurs ennemis,\n aveuglant les yeux qui les haïssaient ; de crainte que les hommes ne disent :\n « Les voici couchés ; vivants, ils avaient de nombreux parents, et aucun\n de ceux-ci n'a pitié d'eux, nul ne les regarde gisants, nul n'est blessé au\n cœur, nul n'a l'esprit ému pour eux, nus et tués, abhorrés, avilis, et qu'au­\n cune larme ne console. » Et dans l'ombre, s'afflige Eurythemis, écoutant\n comment ceux ci, ses fils, descendent vers elle, non ensevelis, non vengés,\n comme des hommes sans famille, tandis qu'une reine était leur sœur. La\n honte en serait plus grande que ma douleur. Et pourtant je ne sais quelle\n sera l'expiation ; car l'amour de mon fils, amour nouveau né d'une mère\n nouvellement mère, amour qui grandit depuis la douce enfance jusqu'à l'âge\n viril, d'abord doux comme 1 enfant, puis fort comme l'homme, — pourtant\n un seul et même amour, — lutte avec moi, et n'est point aisé à combattre; cet\namour est profond, et naturel au sang de l'homme, et beaucoup de larmes ne\nl'effacent point. Pourtant ni ceux-ci ne me blâmeront, quoique je meure, ni\nelle, dans le monde stérile, avec tous ses morts, ma mère, parmi les pâles\ntroupes tombées comme les feuilles, les foules des morts, éloignées du soleil;\net étant reine, elle ne me laissera pas manquer de quelque amère consolation,\nde quelque pauvre louange, pour avoir, moi sa fille, agi en reine et suivant la\njustice ; et bien que mon propre feu me brûle aussi, ma mère sera honorée,\net ceux-ci, ses fils, quoique morts, le seront aussi. Mais tout ce que veulent\nles dieux, ils le font entièrement; et nous faisons, non pas tout ce que nous\nvoudrions, mais pourtant quelque chose : et nous avons une liberté : vivre,\naccomplir des actions justes et mourir.\n   L E CHŒUR. — Elle parle en paroles terribles et tourne des yeux rapides\net enflammés, incertaine, contre elle-même, et murmure comme celui qui\nrêvant, parle avec la mort.\n"}, {"page_pdf": 460, "texte": "                                  — 413 —\n\n    ALTHÉE. — Car l'injuste meurt aussi, et tous les hommes le haïssent,\net lui-même déteste l'injustice et voit son propre déshonneur intolérable.\n Pour moi, étant juste, faisant justice sur moi-même, je tue ma propre âme,\net nul homme ne me fera honte. Car nul n'empêchera, nul ne blâmera, la\nchose faite, ce que nul ne m'a contrainte à faire; ainsi sera-t-il Hélas! Hélas!\npour les choses qui doivent être ainsi! Malheur à moi, qui suis marquée pour\nles faire et les subir, choisie et contrainte de choisir, et de me faire à moi-\nmême ma propre blessure, à travers ma propre chair, jusqu'au cœur violem­\nment frappé ; dévastatrice et dévastée, ruine dangereuse tombée sur mon\npropre fils. Hélas, hélas ! sur moi comme sur ceux-ci, hélas ! Car ce qui\ndoit être est déjà, et ma main est pleine de l'acte et pleins de sang sont mes\nyeux, qui ne verront jamais, qui ne toucheront rien que le sang non étan-\nché et le feu inextinguible.\n   LE CHŒUR. — Que veux-tu faire? Qu'as-tu? La demeure est dangereu­\nsement ébranlée; y veux-tu porter le feu ?\n   ALTHÉE. — Le feu dans les toits et le feu aux linteaux. Voyez-vous les\ntileuses qui se dressent, entre les portes, là? Et le sang ruisselle de leurs mains\net du fil, et souille le seuil et la robe et moi-même, marquée, en entrant,\npar les soudaines gouttes de sang de la mort.\n   LE CHŒUR. — Hélas, le temps est plus fort que les hommes forts, le\nsort est plus fort que tous les dieux ; et ils se sont appesantis sur nous.\n   ALTHÉE. — Il y a peu de temps, j'étais joyeuse, et maintenant jamais\nplus je ne serai joyeuse ni triste.\n   LE CHŒUR. — Entre deux joies, une douleur grandit inaperçue.\n   ALTHÉE. — Encore un peu de temps et je rirai, puis je ne pleurerai ni\nne rirai jamais plus.\n   LE CHŒUR. — Que dirons nous? Les paroles sont des épines pour la\ndouleur Contiens-toi un peu et crains les dieux.\n   ALTHÉE. — La crainte mourut quand ceux-ci furent tués, et je suis\npareille à une morte, et la crainte est au vivant ; ceux-ci ne craignent per­\nsonne.\n   LE CHŒUR. — Pour l'amour d'eux, aie pitié de tous.\n   ALTHÉE. — C'en est fait maintenant; reculerai-je mon jour?\n   LE CHŒUR. — Une fin est venue, une fin ! Ceci vient de Dieu.\n   ALTHÉE. — Je suis feu, je me brûle moi-même; gardez-vous du feu.\n   LE CHŒUR. — La demeure est détruite, détruite! Elle ne subsistera\npas.\n   ALTHÉE. — Malheur, malheur à qui détruit ; les verges la frappèrent\nautrefois, et voici la hache.\n                                                                         26\n"}, {"page_pdf": 461, "texte": "                                 —414—\n    LE CHŒUR. — Ce n'est point en fendant la terre, ni en entr'ouvant la\nmer, ni par les terribles présages de naissance, ni par les rêves fuyants\nde la mort prochaine, ni par le dénouement de la ceinture du vaste monde\net par une vigueur plus grande donnée au corps de la nuit, et le bruit\ndu tonnerre dans les oreilles des hommes, et la flamme de l'éclair devant\nles yeux des hommes, que la destinée, mère des désirs et des craintes, vint\napporter aux hommes la loi des larmes; mais soudain, difforme, sans\npère, et jaillie de la nuit, elle brilla, Elle, sans corps, sans nom, en des\njours passés et oubliés; et lorsqu'elle vint, autour d'elle les cieux reten­\ntirent comme des cymbales entrechoquées, et se dévoilèrent; les nuages et\nles grands astres, les tonnerres et les neiges, les champs bleus et tristes et\nles troupeaux de l'air, la vie qui respire, la vie qui croît, tous les vents,\ntoutes les flammes, ce qui brûle et ce qui souffle, tous la connurent; car\nelle est grande, la fille du sort, la mère de la mort, la sœur de la douleur;\nfardeau pour toute la vie qu'aucune main d'homme n'allège; aucun dieu\nmême ne peut rendre plus léger le destin ; borne aperçue en travers de la\nroute où marche un peuple comme un autre y marcha ; mauvais sceptre,\nmauvais bâton, que nous fit pour appui, que nous fit pour fléau l'amère\njalousie de Dieu.\n    Car la mort est profonde comme la mer, et le destin est comme les\nvagues. Les vagues auront-elles pitié de toi ? Le vent du sud t'offrira-t-il\n son amour? Prendras-tu la nuit pour le jour, et l'obscurité pour la lumière\n de ta route, jusqu'à ce que tu dises en ton cœur : « Assez? » Vois! tu es\n plus que belle, tu es plus que sage; la douceur du printemps est en ta\n chevelure, la lumière en tes yeux; la lumière du printemps est en tes yeux,\n et ses bruits en tes oreilles; pourtant ton cœur se charge de soupirs, et\n tes paupières sont lourdes de larmes. Couvriras-tu d'or ta chevelure, et\n d'argent tes pieds? As-tu pris la pourpre pour t'en revêtir? As-tu fait ta\n bouche plus douce? Vois! Quand ta face sera dépouille'e, celui qui t'aimait\n te haïra; ta face ne sera plus belle, quand ton destin s'accomplira. Car ta\n vie tombera comme une feuille, et sera versée comme la pluie; et le voile\n de ta tête sera le chagrin, et ta couronne sera la souffrance.\n    ALTHÉE. — Vous qui gémissez, vous qui chantez, cessez jusqu'à ce que\n je sois venue parmi vous. Cachez vos larmes, petites pleureuses, et vos\n lèvres riantes, rieuses d'un moment; voici mes yeux aux larmes plus\n abondantes que les pluies, et ma bouche, qui rit comme les dieux rient de\n nous. Nous appartenons au destin; pourtant le destin est à nous pour le\n  temps d'un souffle; oui, il est à moi, le destin est fait mien à jamais; il\n  est mon fils, mon époux, mon frère. Vous, dieux forts, faites-moi place; je\n"}, {"page_pdf": 462, "texte": "                                -   415   -\n\nsuis comme l'un de vous, donnant et prenant la vie. Toi, vieille terre, qui\na fait et défait l'homme ; toi dont la bouche est rouge des fruits de tes\npropres entrailles, regarde de quelles lèvres et de quel aliment je nourris et\nremplis mon corps : de la chair même faite de mon corps. Vois ! Afin\nd'éteindre ce feu que j'allumai, je le brûle par le feu ; oui, par la flamme\nj'en brûle jusqu'à la poussière et jusqu'à la cendre.\n   LE CHŒUR. — Femme, quel est ce feu qui te brûle?\n   ALTHÉE. — Oui, jusqu'aux os, jusqu'au sang, je brûle toute.\n   LE CHŒUR. — Car ta face et ta chevelure sont comme un seul feu.\n   ALTHÉE. — Comme une langue de feu palpitante qui lêche la poussière.\n   LE CHŒUR. — Et tes yeux caves brillent et brûlent.\n   ALTHÉE. — D'une flamme que la main ou 1'encens n'alimente pas.\n   LE CHŒUR. — Je crains tes yeux tremblants.\n   ALTHÉE. — Ce n'est pas d'amour qu'ils tremblent, ni de crainte.\n   LE CHŒUR. — Et ta bouche frémissante comme un oiseau blessé.\n   ALTHÉE. — Non, comme les lèvres de la fiancée, quand le fiancé les\nbaise.\n   LE CHŒUR. — Dis-nous plutôt quelle est cette chose que tu as faite?\n   ALTHÉE. — Voyez, je suis silencieuse; que vos yeux parlent pour moi.\n   LE CHŒUR. — Je vois un faible feu, dont la lueur vient de la salle.\n   ALTHÉE. — Regardez attentivement, tendez les yeux avec effort, jusqu'à\nce que les paupières retombent fatiguées.\n   LE CHŒUR. — Des piliers sont rougis au bas du vestibule vacillant.\n   ALTHÉE. — Tendez vos cous comme font les oiseaux; criez, piaillez\ncomme eux.\n   LE CHŒUR. — Et je vois un long tison noircissant; et de la poussière\nblanche.\n   ALTHÉE. — O enfants, qu'est cela que vous voyez? Vos yeux sont plus\naveugles que la face de la nuit au coucher de la lune. C'est mon fils, ma\nchair, le fruit de ma vie, mon travail, et pendant une année le fardeau de\nmon ventre, Méléagre, flamme allumée par mes mains, et par mes mains\néteinte; c'est lui que vous voyez.\n   LE CHŒUR. — O dieux! Quelle parole est sortie de ta bouche?\n   ALTHÉE. —J'ai fait cela, je l'ai dit, et je meurs.\n   LE CHŒUR. — La mort se tient sur le seuil de tes lèvres, et dans ta\nbouche, la mort a élevé sa demeure.\n   ALTHÉE. — O mort, un instant, un court instant, douce mort, pour\nvoir le tison se consumer et mourir.\n   LE CHŒUR. — Elle vacille comme un roseau sous le vent, et s'attache\nau sol par des pieds chancelants.\n"}, {"page_pdf": 463, "texte": "                                    — 416 —\n\n   ALTHÉE. — Filles, je veux dire une chose, et puis je me tairai. Moi qui\nai fait ceci, je ne veux ni pleurer ni gémir; vous, gémissez et pleurez. Je\nn'invoquerai pas les dieux; invoquez-les. Je n'aurai pas pitié de l'homme;\nmontrez-vous pitoyables Je ne sais que je vis qu'en sentant le feu\nsur ma face, et sur ma joue la brûlure d'un tison. Oui, la fumée me\nmord ; oui, je bois la vapeur, par mes narines, par mes paupières et par\nmes lèvres insatiables et impatientes; et mes mains brûlent, et le feu se\nnourrit de mes yeux; je chancelle, comme si j'étais ivre de la vie, comme si\nj'y puisais la joie de l'ivresse; pourtant, quoique folle de joie, je déteste ma\nlongue vie, et le reflet du sang versé me rougit. Voyez, en moi s'allument\nles flammes qui s'évanouissent en lui ; je suis gonflée par l'épuisement de ses\nveines, je suis inondée du flot qui l'abandonne; mes yeux allumés brûlent\ndu feu déclinant qui abandonne ses paupières pâlissantes; ma joue est\nlumineuse de sang parce que sa face est de cendre.\n   Pourtant, ô enfant, mon fils, mon premier-né et le plus beau, ô douce\nbouche, doux yeux, qui buviez ma vie et suciez mon sein, qui brilliez et me\nfendiez le cœur, ô doux genoux grimpants, doux pieds qui me fouliez ten­\ndrement, joues chaudes de baisers légers, ô enfant, enfant, qu'avons-nous\nfait l'un et l'autre? J'aimais ton poids s'attachant à moi, fardeau de beauté,\nô fils, ton front dans ton berceau, et tes si douces lèvres aimantes,\nta chevelure florale, tes petits yeux brillants et toute ta jolie gloire ; de mes\nmains, délicatement je te nourrissais, ma langue parlait tendrement, disant:\n« Vraiment, au temps voulu par Dieu, d'après l'aspect de tes petits mem­\nbres, mon fils, je ferai de toi un royal guerrier, un chef superbe; et\nj'entendrai dire avant de mourir : « Elle a porté le plus beau glaive du\nmonde, n Hélas! Hélas! Toute ma vie tourne autour de moi; je suis\nséparée de moi-même, mon nom a disparu ; mon nom qui était bienfaisant\nest changé, mon nom est une brûlure. Maintenant, bien que mes yeux\natteignent la fin de toutes ces choses-ci, mes lèvres ne s'ouvriront pas\njusqu'à ce que je meure.\n   L E D E M I - C H Œ U R . — Elle a rempli la ville de soupirs, et de larmes les\nchemins de la ville; elle s'est levée, elle a ceint ses flancs, elle a orné sa face\ncomme la face d'une fiancée; elle pleurait, et elle était sans pitié; elle trem­\nblait, et ne ressentait aucune crainte.\n   L E DEMI-CHŒUR — Ses yeux étaient clairs comme le soleil, son front\nétait frais comme le jour; elle s'est ceinte d'une ceinture d'or, ses robes\nétaient variées; mais les jours de sa gloire sont passés, et la louange lui est\nenlevée.\n   L E DEMI-CHŒUR. — Car elle étendit les mains vers le feu, de sa\n"}, {"page_pdf": 464, "texte": "                                 — 417 —\nbouche elle l'attisa; comme la bouche du joueur de flûte était sa bouche;\navec la force d'un violent désir, elle souffla l'haleine de la flamme.\n   LE DEMI-CHŒUR. — Elle étendit les mains vers le bois, elle prit le feu\ndans ses mains ; comme celle qui est près de la mort, elle était haletante\nd'un souffle étrange, elle ouvrait les lèvres jusqu'à saigner, elle souffla et\nalluma le tison.\n     (A continuer.)                              A.-C. SWINBURNE\n                                             (Traduction   de P. TIBERGHIEN.)\n\n\n\n\n              FORD-MADOX BROWN\nL'             Angleterre a perdu, le mois passé, une de ses plus illustres et\n                de ses plus hautes personnalités artistiques. Le peintre Ford-\n                Madox Brown est mort à Londres, alors qu'il se reposait à\n                peine de l'achèvement complet de son œuvre principale, la\ndécoration à fresque de l'hôtel de ville de Manchester. C'était l'un des plus\nremarquables peintres de l'école anglaise contemporaine et l'un de ceux\ndont la personnalité était la mieux tranchée.\n    La couleur de ses tableaux spécialement était en général plus harmo­\nnieuse et belle que celle des autres peintres anglais contemporains, et il\nétait, je pense, en partie redevable de cette supériorité à son éducation pre­\nmière qui s'était faite à Anvers, dans l'atelier du baron Wappers, au temps\noù l'école d'Anvers était florissante. D'Anvers, Ford-Madox Brown avait\nété continuer ses études à Paris où il avait vu Delacroix et les peintres de\nl'école romantique, et après quelques voyages et le séjour en Italie néces­\nsaire à tout artiste, il était venu se fixer en Angleterre. Les tendances de\nces diverses écoles de peinture qu'il avait étudiées avaient eu naturellement\nleur influence sur les œuvres de jeunesse de Ford-Madox Brown. mais en\nartiste bien doué qu'il était il n'avait pris de chaque école que ce qu'il y\navait trouvé de bon, et son originalité avait été plutôt développée qu'amoin­\ndrie par la diversité des influences qui avaient agi sur elle. Il prétendit\ntoujours se tenir à l'écart de tout groupement artistique, et voulut comme\nil le dit lui-même dans le catalogue de son exposition de 1865 « peindre ce\nqu'il voyait absolument sans aucun égard à l'art d'aucune période ou\nd'aucun pays ». Même sous la bannière des peintres préraphaélites qui\ntous furent ses amis, et dont le plus illustre, Dante-Gabriel Rossetti, fut\n"}, {"page_pdf": 465, "texte": "                                   -   418    -\n\n\nmême quelque temps son élève, il n'avait pas voulu s'enrégimenter, et tout\nen marquant une vive sympathie pour les efforts de ce groupe, il n'avait pas\nfait partie de la Confrérie préraphaélite comme on le croit généralement.\n    L'exposition la plus importante de ses oeuvres eut lieu en 1865 et com­\nprenait ses deux tableaux les plus célèbres, Work et The last of England,\nce dernier souvent reproduit par la photographie et maintenant au Musée\nde Birmingham. Ford-Madox Brown ne se confina pas exclusivement dans\nla peinture des sujets de « genre » ; les sujets religieux, les sujets d'histoire,\nle portrait, le paysage, l'art industriel l'intéressaient au même titre et dans\nchacune de ces branches d'art il produisit des œuvres maîtresses.\n     Les sujets tirés de la lecture des poètes semblent pourtant l'avoir requis\nd'une façon particulière; il avait peint pendant sa jeunesse plusieurs\ntableaux d'après des œuvres de Byron et notamment son Manfred, un de\n ses premiers tableaux, et une Parisina. Les drames de Shakespeare lui\n avaient aussi fourni le sujet de nombreux tableaux, et entre autres le Roi\nLear qu'il avait illustré d'une série de seize dessins, et d'après lequel il\n avait peint en outre trois de ses plus importants tableaux parmi lesquels\n le tableau justement célèbre du Roi Lear partageant son royaume.\n     Pour moi, le plus dramatique, le plus saisissant, le plus beau, à tous les\n points de vue, des tableaux de Ford-Madox Brown, et l'un des plus beaux\n tableaux modernes que je connaisse est le Roméo et Juliette que M. James\n Leathart avait prêté au Musée de Birmingham, lors de l'inauguration de\n la nouvelle salle de ce musée consacrée en grande partie aux peintures\n préraphaélites. Le tableau, inspiré par les vers connus du grand drama­\n turge anglais, et merveilleusement en harmonie avec eux, représente les\n adieux de Juliette et de Roméo au balcon, au moment où les amoureux\n échangent avant de se quitter leur suprême et dernier baiser. Le poème\n tout entier de Shakespeare revit en ce tableau : il y a dans l'étreinte\n ardente de ce sombre Roméo une grandeur de passion qui doit toucher\n tous les cœurs, et la Juliette pâmée, la tête rejetée en arrière, ses blonds\n cheveux dénoués, les yeux clos, et tout le visage comme auréolé\n  d'amour et de l'éclat du jour naissant, est si belle et si vraie dans le geste\n  qu'elle fait pour retenir son amant, qu'elle est comme une statue de\n l'Amour même, inoubliable pour tous ceux qui l'ont vue. L'échelle de soie\n  pend au balcon, et à droite de la maison s'aperçoit la ville éclairée des\n  premières lueurs du jour.\n     Indépendamment de la série des peintures à fresques qu'il exécuta pour\n  l'hôtel de ville de Manchester, Ford-Madox Brown laisse un nombre de\n  tableaux considérable et certes, quand des spécimens bien choisis de ses\n"}, {"page_pdf": 466, "texte": "                                 — 419 —\n\nœuvres auront été recueillis et seront exposés à la National Gallery, il\napparaîtra à tous comme ayant été l'un des peintres les mieux doués de\nl'école anglaise contemporaine et l'un des esprits les plus distingués et les\nplus élevés de ce temps.\n                                           OLIVIER-GEORGES        DESTRÉE\n\n\n\n\n          CHRONIQUE MUSICALE\n              Connaissez-vous, dans le premier volume des Mémoires d'Hector\n               Berlioz, les quelques pages consacrées par le terrible critique\n               du Journal des Débats aux concours du prix de Rome?\n                 A relire. Avec quelle verve impitoyable il vous arrange cette\ninstitution, ce record de l'inspiration obligatoire de telle date à telle autre,\ncet usage barbare qui consiste à lancer à la tête d'une dizaine de malheureux,\ndoués chacun d'un tempérament évidemment autre que celui de son voisin,\nun poème plus ou moins saugrenu, tantôt shakespearien, tantôt dantesque\nou homérique, — n'importe, mais commençant régulièrement par un lever\nou un coucher de soleil :\n                       Le soleil venait à     peine...\nOU\n                       Déjà l'astre   du   jour...\n\n  Le poème avec lequel les aspirants à notre prix de Rome avaient été mis\naux prises cette année, pour ne point commencer par faire luire l'astre du\njour, n'en était pas moins banal, très classiquement.\n  Cela s'appelait Lady Macbeth, et contenait des vers comme ceci :\n               Quoi, près de toi, le vieux roi, seul obstacle.'\n               Ecarte-le, c'est la fin du miracle...\n\n   Comme on le sait, c'est M. Louis Mortelmans, d'Anvers, qui a remporté\nla timbale. L'œuvre a été exécutée à l'Académie, le 29 octobre, après un\ndiscours de M. Ad. Samuel, sur l'Art libre et l'Enseignement de la musi­\nque, où le directeur du Conservatoire de Gand, mentant à ce titre qui\npromettait des surprises, s'est borné à énoncer quelques lieux communs, et\nà tourner autour de son sujet avec une prudence et une habileté bien\nacadémiques.\n   Je me vois forcé à le confesser avec un grand et sincère regret,\nl'œuvre de M. Mortelmans m'a assez fortement déçu. Non que je me fusse\ncréé trop d'illusions sur ce qu'il y avait à tirer d'un poème imposé, et d'un\npoème aussi lourd, aussi terne que Lady Macbeth. Mais je m'attendais à\ntrouver, je l'avoue, un peu plus d'inspiration, d'originalité, de verdeur,\ndans cette partition d'un jeune.\n"}, {"page_pdf": 467, "texte": "                                        — 420 —\n\n   Je ne connaissais M. Mortelmans que par quelques petites compositions\ntrès distinguées, très délicates, singulièrement éloignées de la robustesse fla­\nmande et, chose curieuse chez un Flamand, fortement influencées de Grieg.\nMalheureusement, aucune des qualités notées dans ces courtes inspirations\nne s'est représentée, à mon sens, dans la cantate couronnée. Je conviens avec\ngrand plaisir que M. Mortelmans manie l'orchestre avec facilité, et applaudis\nvolontiers quelques timbres et quelques sonorités bien trouvées. Je conviens\nque le choeur des soldats, au commencement de la seconde partie, a une\nassez belle allure, vigoureuse et martiale. Mais on cherche vainement, dans\ntout cela, un moment d'émotion et de chaleur véritable ; il n'y en a pas.\nVisiblement, l'auteur n'a pu échauffer son inspiration à cette rhétorique\nmorne et froide. Il fait un regrettable emploi de toutes sortes de procédés\ndevenus insupportables depuis qu'on les a entendus se traîner dans tous les\nmélodrames : progressions interminables de septièmes diminuées, gammes\nchromatiques ascendantes et descendantes dans les bois, etc. La partie\nvocale, surtout, présente fort peu d'intérêt; ces récitatifs, très courts, se\nsuccédant sans interruption aucune, précipitant des bribes de phrases les\nunes sur les autres, essoufflent l'attention de l'auditeur, ne lui permettent\npas de respirer, de se ressaisir un moment, de sentir enfin et de s'émo­\ntionner.\n   A la fin de la seconde partie, lorsque, le meurtre consommé, Lady\nMacbeth rejoint son époux, celui-ci s'écrie :\n                    Horreur!    de sang ta main est pleine.'\n\n  Et Lady Macbeth :\n                    Je suis    reine!\n\n   M. Mortelmans n'a pas deviné, là, le seul effet peut-être à tirer de son\npoème; il n'a pas senti l'énorme élision qui accolait ces deux phrases et,\nmaladroitement, il les rejoint dans une expression musicale presque iden­\ntique. Je ne parlerai que pour mémoire des réminiscences wagnériennes qui\ndésormais foisonnent dans tous les coins de la littérature musicale contem­\nporaine, ainsi que d'irrépressibles champignons en une cave humide : récits\nd'Amfortas deParsifal, « Mon Dieu, prenez pitié...», méditations de Mime\nde Siegfried, « Sans défense!., la nuit!.. », thème du chevalier au Cygne de\nLohengrin, « O grand Macbeth, salut ! », etc. L'orchestre, remarquablement\ndirigé par l'auteur, a fort bien marché, et les interprètes, l'admirable\ncontralto qui est Mme Soetens-Flament, M. Fontaine et M. X... ont fait\nde leur mieux.\n\n   Il me faut, à votre grand déplaisir, vous parler du Théâtre de la Monnaie,\noù le répertoire s'en tient très prudemment, quoique nous soyons en\nnovembre, aux pièces d'ouverture Oh! cette présentation des artistes, dans\ndes rôles ad hoc, où l'abonné peut les attendre, à tel passage épineux, pour\nles juger et comparer ensuite avec l'autre, vous savez bien, l'autre...\n    Parmi les nouveaux venus, M. Cossira, le ténor, vient en première ligne;\n"}, {"page_pdf": 468, "texte": "                               — 421 —\n\nc'est l'étoile masculine de la troupe, — une ancienne connaissance d'ailleurs.\nSon art peut se résumer en un mot : il chante outrageusement bien, il en\nest agaçant. Ce n'est plus un artiste lyrique, c'est tout bonnement un\nchanteur. Le jeu n'existe pas, ou peu s'en faut. Passe encore, tout cela\ndans une œuvre d'esthétique de second ordre, comme les Huguenots, Aida\nou la Juive; mais, dans Lohengrin ! M. Cossira nous a servi un Lohengrin\nprétentieux, à cinq cents lieues de son personnage, chantant ses admirables\nrécitatifs avec le sans-gêne candide d'un homme qui ignore les recomman­\ndations expresses énoncées par Wagner sur la nécessité de suivre rigoureuse­\nment la métrique déterminée par lui, s'asseyant avec complaisance sur les\nnotes favorables à son admirable organe. Quelle différence avec Seguin, qui\nreprenait le rôle de Frédéric ! Quelle autre allure cela vous prend tout de\nsuite, quelle impression de grandeur, de majesté, quelle saisissante vérité\ndans l'accent dramatique !\n   Mlle Tanésy, une nouvelle venue également, s'est produite jusqu'ici dans\nAida, la Juive et les Huguenots. Excellente impression; voix généreuse et\nsympathique, technique consciencieuse et solide, jeu suffisant. A côté d'elle\nMlle De Noce a fait plaisir, grand plaisir même : vocalisation légère et très\nnette, voix pure et fraîche, tout en dehors. J'aime moins Mlle Horwitz, qui\na chanté Rosine et Lakmé; dans ce dernier rôle surtout, elle m'a paru\nsingulièrement molle, atone; accentuation et prononciation absolument\n nulles, jeu lent et languissant, voix traînante et larmoyante... Et M me de\nNuovina, qui a repris ses rôles d'Eisa et de Marguerite avec son autorité\n de grande artiste; et M. Massart, qui a fait une rentrée assez froide dans le\n Prophète et dans Faust; et les autres encore ..\n   Hélas, mes frères, quand donc aurai-je la joie de vous narrer par le\n menu quelque première vraiment intéressante, quelque tentative hautement\n artistique?\n   Depuis des années nous nous traînons dans un cercle lamentable de\n banalités, de trivialités; des œuvres ressassées, réentendues mille fois, des\n œuvres d'art de trente-sixième ordre reviennent obstinément devant nous.\n Que font donc nos directeurs? Pensent-ils leurrer éternellement le public\n artistique avec cet énorme « bateau » de Tristan et Yseult, si ancien déjà\n qu'il serait temps de le radouber? En attendant, nous aurons une reprise\n de Werther, l'une des plus tristes platitudes produites ces dernières années,\n etSapho, de Gounod... Misère!\n    Dire que tant d'œuvres intéressantes appellent notre attention au dehors !\n Phryné, de Saint-Saëns, et toutes les autres partitions du maître français;\n Falstaff, de Verdi ; le Diable à la maison, de Gœtz; le Barbier de Bagdad,\n de Pierre Cornélius ; la Vie pour le Czar, de Glinka ; les opéras de\n Tschaïkowsky, ceux de Rubinstein; Tannhduser, d'un nommé Wagner,\n — on prétend que c'est une œuvre remarquable; les œuvres lyriques de\n Berlioz; celles de Smetana, Rimsky Korsakow, Goldmark, August Enna.\n\n  Non, tenez, j'aime mieux vous parler d'autre chose. On est heureux de\nconstater que, si MM. Stoumon et Calabrési se croisent les bras, dans\nleur entourage, au moins, on ne reste pas inactif.\n"}, {"page_pdf": 469, "texte": "                                     — 422 —\n\n   Je veux parler d'une tentative extrêmement intéressante de M. Louis\nBarwolf, l'excellent violoncelliste de Torchestre de la Monnaie. M. Barwolf\na fait une messe... avec Lohengrin.\n   Oui, Monsieur, avec Lohengrin.\n   Il est évident que, étant donné le mysticisme profond, le caractère essen­\ntiellement religieux de cette musique, la tentative ne pouvait qu'être cou­\nronnée d'un plein succès. Il est même étonnant qu'on n'y ait pas songé\nplus tôt, et que Wagner lui-même... Nul doute que si l'auteur des Nibelun\ngen, qui aimait tant les « arrangements », se trouvait encore en vie, il\nn'enverrait à l'ingénieux arrangeur une lettre flatteuse, dont celui-ci eût pu\npublier le fac-similé en tête de la partition. (Je me souviens avoir vu, un\njour, une messe de ce genre, arrangée, par un nommé Auge, d'après toutes\nespèces de fragments pris dans des œuvres de Rossini ; en tête de la parti­\ntion, une lettre des plus aimables du rusé Italien.)\n   Mais j'espère que ce n'est, de la part de M. Barwolf, qu'un premier pas\ndans la voie nouvelle qu'il a ouverte à l'art. Voici d'ailleurs quelques\nindications qui pourraient peut-être lui être utiles ; je les lui donne pour\nrien.\n   Il y aurait donc : un Miserere à tirer de la Marche funèbre de Siegfried;\nune superbe messe des morts d'après le troisième acte de Tristan; un\nremarquable Tantum ergo dans le prélude de Parsifal; un joli Ave Maria\nd'après le Chant du Printemps de la Valkyrie; enfin, un Venite adoremus\nd'après le Chant de concours de Walther, et un Te Deum, absolument\ncolossal, sur l'Entrée des Dieux au Walhall!\n   C'est égal, je donnerais volontiers la tête de M. Auge pour me payer\ncelle du bonhomme Wagner écoutant son Lohengrin accomodé en messe.\n   Comment les héritiers et les éditeurs peuvent-ils permettre pareilles\ndéprédations ?\n   Ce serait le cas d'appliquer à l'art la boutade de Victor Hugo sur les\nconstitutions :\n  DÉFENSE DE DÉPOSER DES ARRANGEMENTS LE LONG DES CHEFS-\nD'ŒUVRE.\n                                     ERNEST CLOSSON\n\n\n\n\n         CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n        Sueur de sang, par LÉON BLOY, I vol., fr. 3-50, chez Dentu, à Paris.\n  Ce volume est pavoisé d'originalités : un portrait au miel de l'auteur par\nCharles Cain, trois dessins épiques et sombres de Henry De Groux, une\ndédicace flamboyante à Bazaine, une préface où dans un fracas de textes\nsacrés, éclate cette opinion que « la France est tellement le premier des\npeuples que tous les autres quels qu'ils soient doivent s'estimer honorable­\nment partagés lorsqu'ils sont admis à manger le pain de ses chiens. Quand\n"}, {"page_pdf": 470, "texte": "                                — 423 —\n\nelle est heureuse, le reste du monde est suffisamment heureux, dût-il payer\nce bonheur de la servitude et de l'extermination ».\n   Trois cent cinquante-cinq pages sont consacrées à la traduction de cette\nthèse en trente récits mélodramatiques. Y est relaté, avec une satisfaction\norgueilleuse, le massacre d'un nombre considérable de Prussiens, par le fer,\nle feu, la corde, le lupanar ou la trahison. On les grille dans des incendies,\non les fusille à bout portant, on les tasse dans des puits ; il y a même — et\nceci est, n'est-ce pas? tout à fait savoureux — un conte où l'on en mange!\nM. Chauvin, Paul Déroulède ou Mme Adam n'eussent peut-être pas osé\naller jusque-là, mais M. Léon Bloy n'est pas de ceux qui s'arrêtent à\nmi-route.\n   Il va toujours à l'outrance, jusqu'au bout. Ce patriotisme de sauvage\nqui le fait trépigner autour des cadavres ennemis avec des vociférations\nd'allégresse, laisse une impression pénible. La guerre qu'il nous montre est\nd'une horreur si boursouflée que toute illusion d'héroïsme s'en bannit. Ce\nne sont plus que de répugnantes boucheries que les opulences du style ne\n parviennent pas à élever à la vie esthétique.\n   Une telle accumulation de paradoxales monstruosités lasse vite ; l'assai­\n sonnement confortable des épithètes grandiloquentes est vraiment la seule\n chose délectable dans ces épisodes si volontairement, grossièrement et\n constamment tendus vers l'épouvantable et l'abject.\n   Çà et là quelques tragiques visions d'effroi, des descriptions violentes et\n tumultueuses, des phrases martelées puissamment, en nombre assez grand\n pour récompenser ceux qui liront le volume, mais point assez à coup sûr\n pour égaler l'œuvre à ses devancières, pour être digne tout à fait de l'his­\n torien de Christophe Colomb et de Marie-Antoinette, du prophète du Salut\npar les Juifs, du magnifique joaillier de malédictions qui expectorait si\n copieusement sur ses contemporains de merveilleux feux d'artifice d'or­\n dures lyriques.\n\n  Bulletin de la Société d'Etudes sur la Question Louis XVII. — Mensuel, à Paris,\n                                   rue Favart, 6.\n  L'histoire courante enseigne que Louis XVII est mort au Temple, mais\ncette thèse n'est pas généralement admise. Pour tout esprit impartial, il\napparaît, au contraire, infiniment probable que le jeune dauphin s'est évadé\net a reparu plus tard en la personne de Naundorf. Ce Bourbon, officielle­\nment reconnu en Hollande, mais contesté en France, a suscité de tenaces\npartisans. Ce sont eux surtout qui publient un très intéressant bulletin\nmensuel, où sont examinées, dans un impartial esprit de recherche de la\nvérité, les pièces ou les études se rapportant à cette question, qui, même\npour la simple curiosité, reste l'une des plus attachantes et des plus étranges\ndes temps modernes.\n                                                          JULES DESTRÉE\n"}, {"page_pdf": 471, "texte": "                                          — 424 —\n\n\n\n\n                                 MEMENTO\n    On lit dans le Journal, à propos d'un         courent, ou mieux si cette habitude d'en­\n incident qui a fait du bruit dans la presse      duire les toiles, si cette folie du blanc d'œuf\nanglaise, les réflexions suivantes de M. Mau­     disparaissait à la suite de ce désastre, la pu­\n rice Barrès :                                    blicité que nous lui donnons serait un ser­\n    « Est-il donc fatal, comme c'est le cas du    vice rendu au monde artistique. »\nVinci, que disparaissent par accident les\nprincipales œuvres de Burne Jones?\n    Il y a quelques mois, MM. Boussod et             Se rappelle-t-on M. Rollinat, sacré na­\nValadon ont demandé à l'illustre artiste que      guère grand poète par feu Albert Wolf\nle tableau L'Amour parmi les ruines leur          dans le Figaro, et auquel un plébiscite\n fût prêté pour une reproduction en cou­          organisé par Mme Sarah Bernhardt faillit\n leurs, spécialité qui a valu à leur maison       faire attribuer la succession de Baudelaire?\n une certaine réputation. Ils disaient néces­        M. Rollinat sévit encore dans le Figaro\nsaire que le tableau allât à Paris. On le per­\n                                                  et dans Gil Blas.\nmit, et chacun ayant pleine confiance dans\n                                                     Voici l'une de ses dernières opérations:\n la maison, pensa qu'elle prendrait tous les\nsoins nécessaires d'un tableau d'une aussi                      DANS UNE CUISINE\ngrande valeur.                                               Avec une morne indolence,\n                                                             Quelques mouches viennent et vont\n    Là-dessus on se trompait. Bien qu'il fût                 En zigzags, des murs au plafond.\névident que c'était peint à l'aquarelle et              Leurs bourdonnements pleins de somnolence\nbien qu'une fiche fût fixée au cadre pour                    Endorment la cuisine, y font\n                                                             L'ébahissement plus profond\nsignaler que la plus légère humidité endom­                  Et plus magique le silence.\nmagerait le tableau, MM. Boussod et Vala­             Or, tout en voisinant sur un plancher moisi\ndon eurent l'incroyable négligence de per­              A ce tout petit ronflement des mouches,\nmettre à un ignorant photographe de                          Le grand couteau dit au fusil\n                                                  Qui laisse voir le rond cuivré de ses cartouches :\ncouvrir toute la peinture avec du blanc\n                                                  « Toujours trancher du lard, des viandes, ça me fâche!\nd'oeuf! Sans doute dans la belle idée de\n                                                             Au lieu d'entrer dans du pain rond,\nla faire mieux sortir par la photographie!\n                                                  Je voudrais m'enfoncer dans le cou du patron...\n   Le résultat, c'est que toute la peinture       Par ses propres mains. Oui! mais... il est bien trop\nfut mêlée, les touches fines, les mains et                                                      [lâche !\nles figures brouillées : le tableau absolu­       Le fusil lui répond : « Perdrix, caille ou bécasse,\n                                                             Lièvre, toujours même gibier!\nment détruit.                                     Cest le maître qu'un jour je voudrais foudroyer...\n   MM. Boussod et Valadon admettent tout          Oui! mais... il a bien trop de prudence àlachasse!\nceci parce qu'ils ne sont pas gens à nier la      Du fond de son panier, un champignon hideux,\n                                                  Un cèpe énorme dit : « Eh bien ! mieux que vous deux\nvérité et parce qu'ils n'ont pas d'autre alter­\n                                                  Je saurai le tuer, moi, humble friandise!\nnative. Mais la chose monstrueuse est                        Il me croit bon : Je suis mauvais !\nqu'une maison de leur importance mette un                    Et, sans qu'il s'en doute, je vais\nemployé en position de commettre une              Pouvoir l'empoisonner, grâce à sa gourmandise! »\nerreur aussi irréparable.\n   On ne peut s'imaginer comment un pho­\ntographe ose toucher la surface d'une pein­         L A POÉSIE FRANCO-RUSSE :\nture qui lui est confiée pour la reproduire !       Une enfant de Parmain, âgée de dix ans,\nSi cette lamentable aventure pouvait mettre       Eugénie Boiguet, a envoyé aux écolières\nen garde les peintres contre lesdangers qu'ils    du gymnase des filles de Kalouga un poème\n"}, {"page_pdf": 472, "texte": "                                       — 425 —\n\nntitulé : « A nos petites camarades russes. » Le pince-sans-rire Jules Bois poursuit\n  Une élève de ce gymnase, M lle Anna son étude sur « le Commerce amoureux des\nBotcharof, ne connaissant point l'adresse sages avec les dames et demoiselles des élé­\nde sa jeune amie de France, nous prie de ments ».\nlui faire parvenir la réponse suivante :\n RÉPONSE A PETITE EUGÉNIE BOIGUET\n                                                   On nous communique le « Bulletin offi­\n       Petite aimable amie,\n       Merci de ton poème. Les vents            ciel de l'Académie contemporaine », fondée\n       Chère Eugénie,                           par M. A. Bocq (de Lezneval).\n       M'ont jetée au-devant.                      On est nommé officier de cette Académie\n       Chères lignes, je les presse             si l'on paie un droit d'entrée de 25 francs,\n       A mon cœur sans cesse,                   une fois donnés, et l'on reçoit sur-le-champ\n       Je te vois sans cesse,\n       Chère Française.                         « le grand et le petit insigne ».\n       Comme la voix des cieux,                    Parmi les derniers officiers, nous remar­\n       Appellant d'amour sans excuse            quons : M. Binet, fabricant d'huile, M. La-\n       J'entends ton bègue gracieux,            tapie-Tronquet, publiciste, M. Pommade,\n       Adressé à l'écolière russe.              artiste-peintre, et M Chirau-Lecerf, fabri­\n       Du Grand Peuple fille!                   cant.\n       Habitante de Parmain ville,\n       Prends pour réponse aise,                   Le « Bulletin » offre en prime du cognac,\n       Mon brûlant baise.                       de la musique et des objets de toilette.\n       Ta main je serre, Aimée!\n       Crions-nous avec les aînés :\n       \" Vive la France! Vive la Russie!\n       Vive l'Union franco-russe! \"               L'Ermitage publie la suite de la remar­\n                        ANNA BOTCHAROF.         quable étude du D r Fortuné Mazel sur « la\n  Si Anna Botcharof veut s'appliquer, elle      Décadence religieuse en France ».\npourra bientôt publier d'excellents vers\nlibres dans les petites revues d'avant-garde.\n                                                  On lit dans l'Art moderne :\n                                                  « M. Paul Sainte-Brigitte, dont les Chan­\n   Un critique de très haut vol, M. G. d'Azam­ sons tristes sont le début littéraire, prend\nbuja, assure que « les décadents entrelacent rang parmi les jeunes écrivains qui ont le\ndes rimes féminines avec d'autres rimes souci et la dignité de leur art. Son premier\nféminines, ou des masculines avec des mas­ livre, très remarqué et dont les tendances\nculines ».                                     modernistes ont même eu l'honneur d'être\n   Le Courrier de Bruxelles a eu la primeur assez âprement combattues, donne l'espé­\nde cette révélation.                           rance d'un homme de lettres de sérieuse\n                                               valeur. »\n                                                  Mes petits sont mignons\n   La douce Revue Blanche, dont l'aède\nRomain' Coolus est le plus bel ornement,\nparle de « la pléiade trop nombreuse de\n                                                  On a trouvé sur la voie publique deux\npoètes résidant en Belgique ».\n                                               pavés d'ours.\n   Combien qu' nous pouvons être, m'sieu\n                                                  Le premier porte l'inscription suivante :\n Muhlfeld?\n                                               Le Dante belge. On lit sur le second :\n                                               Eekhoud n'est pas un intellectuel : l'Idée\n                                               le préoccupe fort peu.\n   Lire, dans les Entretiens politiques et\n littéraires, un article de M .Georges Eekhoud\n sur deux peintres brabançons : MM. Gilsoul\n etLaermans.                                      Le peintre attitré de la banlieue pari-\n"}, {"page_pdf": 473, "texte": "                                          — 426 —\n\nsienne, M. Raffaëlli, vient de faire le portrait    oeuvres sur ces trois petits bâtons, minces\nde M. Georges Rodenbach.                            comme des allumettes, mais leurs œuvres\n                                                    n'eurent jamais besoin que du tronc solide\n                                                    et ramu de leur génie. L'art pour l'art peut\n   Multatuli est à la mode. On en a mis par­        être remisé dans la tour d'ivoire comme une\ntout.                                               antiquaille.\n   Ce Batave eut d'ailleurs de l'esprit, ce            Le poète plonge dans la vie totale bien\nque la génération nouvelle devrait blâmer           trop profondément pour qu'il écrive (tapies\nsévèrement.                                        une formule et s'inquiète d'autre chose que\n   On en peut juger par ces deux pensées :         de s'exprimer et d'exprimer en même temps\n   ce Un cavalier tomba de son cheval :            le monde, Rires, larmes, rages, espoirs,\ndepuis lors celui qui tombe de son cheval          désespoirs, pitiés, charités, haines, égoîsmes\ns'intitule cavalier.                               vices, vertus, foi, doute, ardeurs, peines,\n   ee Quand un coureur se casse la jambe,          craintes, angoisses, terreurs, tout cela se\nil y a bal paré chez les culs-de-jatte. »          mêle en lui, se combat en lui, s'unit\n                                                   parfois en lui, tout cela, suivant les heures,\n                                                   est tour à tour vainqueur ou vaincu, et c'est\n  M. Remy de Gourmont s'obstine à écrire           tout cela — que la cause d'émotion vienne\ndes drames.                                        du dedans de lui ou du dehors — qu'il reflète\n                                                   et qu'il traduit. Et traduisant cela, il est\n                                                   l'écho du monde, qui n'est que cela.\n\n   Lire dans le Mercure de France une inté­      Si dans ses instants de sérénité et de joie,\n                                              le poète érige en son œuvre ce qu'on est con­\nressante étude de M. Edmond Barthélemy\n                                              venu d'appeler la beauté, c'est-à-dire une\nsur « les Cycles germaniques et Scandinaves\n                                              image grave, simple et régulière, sacrez-le\ndans la Tétralogie de Richard Wagner ».\n                                              artiste de l'art pour l'art, qu'importe ! s'il\n                                              décrit des tempêtes d'âmes, s'il pleure et\n                                              crie, s'il grince et se flagelle, nommez-le un\n    Le Drapeau rentre dans le Magasin litté­\n                                              romantique, qu'importe ! s'il se penche sur\nraire.\n                                              la misère, s'il aime et guérit des plaies, s'il\n                                              secourt de sa bonté les errants, les flagellés\n   La Plume insère un poème-roman de et les pauvres, appelez-le écrivain social,\nM. Maurice Du Plessys, intitulé : ee Alcandre qu'importe encore ! Dans les trois cas, il ne\nranimé par la Flûte. »                        fait que s'écouter lui-même, il ne fait que\n    Le romanisme consiste, comme on sait, subir la minute d'ivresse qui le transporte,\nà remplacer les e muets par des apos­ il est aussi sincère et aussi vrai qu'il est pos­\ntrophes.                                      sible de l'être et toute théorie que vous bâti­\n                                              rez sur ses oeuvres, tout précepte auquel\n                                              vous voudrez qu'il obéisse, toute esthétique\n   La Nervie publie un intéressant numéro,\n                                              que vous prétendrez lui assigner, lui paraî­\ndans lequel nous remarquons un article de\n                                              tra tyrannique ou ridicule. L'art ne doit pas\nM. Jules Destrée sur Léon Bloy et de bons\n                                              être ceci ou cela, ni que ceci ou cela; il\nvers de MM. Victor Remouchamps et Paul\n                                              est trop large pour s'enclore au moins au­\nAlériel.\n                                              jourd'hui en n'importe quelle formule don­\n                                              née.\n   M. Emile Verhaeren écrit dans le Peuple:\n   ee La Revue Rouge ne prend point pour         Au reste, les plus clairs représentants de\nelle la formule : l'Art pour l'Art. Elle la doctrine de l'art pour l'art ont cassé leur\nrepousse l'étroitesse de ces trois mots qui programme, dès qu'il les gênait. Dans les\nfirent voici trente ou quarante ans se pâmer Vieux de la Vieille, Gautier ne prêche-t-il\nde grands poètes et délirer de nombreux pas le patriotisme, dans les Femmes dam­\ncritiques. Ceux-là crurent étayer leurs nées, Baudelaire ne se transforme-t-il point\n"}, {"page_pdf": 474, "texte": "                                          427\n\n\nen justicier et en moraliste ? Le « descendez, damnées et les Idylles prussiennes sont\ndescendez, lamentables victimes », n'est-il avant tout des oeuvres d'art, et nous défions\npas d'un prédicateur? Les Idylles           prus­ M. Verhaeren de soutenir le contraire.\nsiennes, de Théodore de Banville, ne sont- Que signifient donc tous ces mots creux?\nelles pas chauvines ? »                           Et quelle est cette rage de théoriser à vide\n   En écrivant ces lignes, M. Verhaeren contre des théories que personne n'a jamais\ndémontre qu'il n'a jamais rien compris à la proclamées?\nformule contre laquelle il ferraille. Il sem­       De pareilles polémiques ne sont pas seu­\nble croire que la formule l'Art pour l'Art lement stériles : elles sont navrantes.\nexclut certains sujets, certains sentiments et\ncertaines idées C'est une profonde erreur,\ndoublée d'une confusion enfantine.                  Les réflexions suivantes de M. Hubert\n   Voici ce que la Jeune Belgique disait Krains, dans la Société Nouvelle, ne peu­\ndans son numéro de septembre 1891 :               vent manquer, après cette citation deM. Ver­\n   «Cette formule fut notre cri de rallie­ haeren, de frapper vivement les jeunes écri­\nment. Elle signifiait que nous voulions être vains :\nartistes, rien qu'artistes. Elle signifiait en­     « M. Paul Sainte-Brigitte est tombé dans\ncore que dans ses travaux d'art, l'artiste le travers où versent souvent les jeunes\ndoit poursuivre avant tout et au-dessus de artistes qui s'emballent ingénument pour\ntout son idéal artistique. Elle écartait les des théories qu'ils comprennent mal. Les\nprétentions funestes des stériles théoriciens théories des naturalistes et des réalistes,\nqui veulent réduire l'art à n'être que l'hum­ mal comprises et mal appliquées, ont\nble valet d'une doctrine quelconque. Elle engendré cette kyrielle de romans vulgaires\nmettait donc l'art et l'artiste en liberté. A et grossiers dont la saleté a rejailli sur le\nchacun sa foi, ses croyances, ses opinions, genre entier, qu'elle a presque discrédité.\nà chacun son tempérament et sa personna­ De même, les derniers symbolistes parais­\nlité, mais à l'aspirant artiste cette règle salu­ sent n'avoir eu d'autre but que de ridicu­\ntaire : Avant tout, dans ton labeur, la liser leur école, à force d'obscurités, de\nrecherche passionnée et désintéressée de la grimaces et d'incohérences. Va-t-on s'ima­\nBeauté telle que tu la souhaites. Et que ce giner maintenant que, si quelques écrivains\nsouhait soit sincère. Cherche à réaliser la de talent ont incliné sur les misères du\nBeauté qui attire véritablement ton cœur, peuple leur grand cœur généreux, il suffit\net accomplis cette réalisation selon ta de s'inspirer de sentiments charitables pour\nnature personnelle et tes forces particu­ créer une œuvre d'art ? Les sentiments\nlières. Ce n'est que par la plus insigne nobles font honneur à ceux qui les pos­\nmauvaise foi ou la plus complète inintelli­ sèdent, mais c'est une hérésie de croire\ngence que l'on a pu nous accuser de dé­ qu'ils sont doués d'un charme intrinsèque\nclarer la guerre à une idée quelconque, auquel la forme qui les exprime ne peut\n religieuse, philosophique, scientifique ou rien ajouter. Une pensée généreuse a sa\n sociale. »                                       valeur, mais, toute nue, elle relève de la\n                                                  morale; en art, elle ne vaut pas une belle\n   Ainsi définie, conclut M. Francis Nautet,\n                                                  métaphore. M. Jules Simon raconte parfois\n«la formule est inattaquable, de tous les\n                                                  aux lecteurs du Matin, d'une voix blanche\ntemps et de toutes les modes, même pour\n                                                  de nourrice attendrie, de petites histoires\ndes époques de très grande passion fana­\n                                                  sentimentales et moralisatrices, qui prou­\n tique où régneraient de puissants exclusi-\n                                                  vent que ce vieillard a du coeur et qu'il est\n vismes. »\n                                                  homme de bien ; cela transporte peut-être\n    M. Verhaeren use donc du procédé com­ les membres des sociétés Franklin et ceux\n mode qui consiste à prêter à son contra­ des ligues antialcooliques, mais ce sont là\n dicteur, pour mieux le combattre, des idées de mauvaises pierres de touche pour éprou­\n qu'il n'a jamais exprimées.                      ver des œuvres d'art. La charité de Dos-\n    Les Vieux de la Vieille, les Femmes\n"}, {"page_pdf": 475, "texte": "                                        -       428    -\n\ntoïevsky paraîtrait anormale et monstrueuse       haut intérêt. Sujet : Les bases physiologi­\n à ces âmes fades. C'est que l'artiste et le      ques du langage rythmé. — Nous y revien­\npoète voient les misères du monde de plus         drons.\nhaut que les autres hommes, sous un jour\ndifférent et d'un point de vue plus voisin de        La Jeune Belgique en Angleterre. —\n                                                  Aucune revue, aucun journal belge n'a cru\nla vérité éternelle. Lorsqu'elle descend de       devoir signaler à ses lecteurs l'important\nces hauteurs, la charité n'est plus qu'un         article que M. W. Sharp a consacré à la\nsentiment vulgaire, qui peut inciter le bour­     Jeune Belgique dans la Ninetecnth Cen-\ngeois à ouvrir son porte-monnaie pour             tury. Les succès remportés par l'art belge\n                                                  à l'étranger semblent n'intéresser que mé­\noctroyer deux sous à un pauvre, mais qui          diocrement notre presse nationale. Dans\nn'est plus digne d'inspirer un vrai poète. »      notre prochain numéro nous donnerons\n   On ne saurait mieux dire. On s'imagine,        quelques extraits de cet article dont l'au­\nen effet, aujourd'hui, qu'il suffit de s'ins­     teur a droit à la reconnaissance de tous ceux\n                                                  qui s'intéressent à la renommée de notre\npirer de sentiments charitables pour créer        jeune littérature.\nune œuvre d'art, et des articles pareils à\ncelui de M. Verhaeren convient les débu­\ntants à cette plaisante imagination.                 Nous publierons prochainement d'excel­\n                                                  lentes notes sur la jeune littérature italienne,\n                                                  dues à la plume du distingué poète M. Santé\n   Le vendredi 10 novembre M. Jean Del­           Martorelli.\nville a donné, à la Société Pour l'Art, une\ntrès intéressante conférence sur Comment\non devient Mage du Sar Péladan.                     La Revue des Revues, dont le succès, bien\n                                                  légitime, va toujours croissant, paraîtra\n                                                  deux fois par mois à partir du 1 er janvier\n                                                  prochain.\n   Notre article sur le mouvement flamand\na exaspéré quelques flamingants à crète et\nà toupet. L'Escaut (bard) déclare avec une            Dans les numéros d'octobre et de novem­\n                                                  bre de la Revue des Revues, M. Knut Han­\ndésinvolture exquise que l'on ne discute pas      sum a publié une étude sur le mouvement\nde semblables infamies. — Pardon, cher            littéraire en Norwège. Les jugements que\nconfrère, l'infamie consiste non pas à révé­      M. Knut Hansum porte sur son illustre\n                                                  compatriote Henrik Ibsen sont singulière­\nler les choses dont nous parlons, mais à les      ment âpres. « Dominé par le besoin de rêver,\nfaire.                                           « dit le critique, il (Ibsen) aime à s'expri­\n                                                 « mer en termes obscurs, en énigmes; il\n  Le mouvement flamand (suite). — Une            « possède la faculté du poète anglais John\nassemblée de flamingants qui s'intitule le       « Browning, de parler d'une façon incom­\n« Volksraad » a décidé que le peuple fla­            préhensible. Il écrit, pour ainsi dire, avec\nmand devait exiger de ses députés qu'ils         « des signes hermétiques et chaque signe\nprissent l'engagement de s'exprimer en fla­         peut signifier au moins dix choses diffé­\nmand à la Chambre.                                   rentes. Il dit quelque part qu'écrire c'est\n                                                 « entrer en jugement dernier avec soi-même.\n  Les petits événements que nous avons           « Après tout, cela ne doit pas être trop diffi­\nprédits se dérouleront peu à peu.                    cile de dire de telles profondeurs. » —\n                                                  M. Knut Hansum parle ensuite du « pathos\n   Doux flamingants !— Quelques follicules       fastueux » d'Ibsen. Enfin il dit : «Au théâtre\nflamands émettent le voeu de voir les jeunes     « royal de Copenhague, l'on s'esclaffe de\nécrivains belges qui pratiquent la littéra­      « rire aux premières. Mais qu'on lise ses\nture française, émigrer au plus tôt en           « derniers trois ou cinq actes et l'on se tord\nFrance.                                          « d'ennui. »\n   Les bons apôtres ! leur littérature crain­        Il se peut, en effet, qu'Ibsen soit un esprit\ndrait-elle le voisinage de la nôtre?             plus trouble que profond. Mais c'est égal!\n                                                 Il nous semble que M. Knut Hansum oublie\n                                                 trop qu'il avait à présenter à un public étran­\n Le lundi 13 novembre, au Cercle Léon XIII,      ger la littérature de son pays.\nM. le D r Verriest, professeur à l'Université        Est-ce que Knut Hansum, en norwégien,\nde Louvain, a donné une conférence d'un          signifierait Frédérix?\n"}, {"page_pdf": 476, "texte": "                 Paul LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR          DE    « LA J E U N E       BELGIQUE           »\n                       31, rue des Paroissiens, 31\n                                BRUXELLES\n\n\n                  VIENNENT         DE PARAITRE          :\n                         Edmond PICARD\n\nEL MOGHREB AL AKSA\n                    Une mission belge au Maroc\n      Un fort volume in-18 Jésus                              4 francs.\n\n                SCÈNES DE LA VIE JUDICIAIRE\nParadoxe sur l'Avocat. — La Forge Roussel.— L'Amiral. — Mon Oncle\n        le Jurisconsulte. — La Veillée de l'Huissier. — Le Juré.\n    Un fort volume in-18 Jésus                             4 francs.\n\n                       Georges E E K H O U D\n            LA NOUVELLE CARTHAGE\nL    Nouvelle Carthage. — Les Emigrants. — Contumace. — La Bourse.\n         — Le Carnaval. — La Cartoucherie. — Episodes inédits.\n      Edition définitive, un vol. in-8° très compact. . 4 francs.\n\n                         Charles SLUYTS\n             NOTES                      D'ÊTRE\n    Un vol. petit in-16, sur papier de Hollande Van Gelder.     3 francs.\n\n                         Ernest BOSIERS\n         HARALD                                         ROI\n                          Drame en neuf scènes.\n    Un volume in-8°                                             2 francs.\n                         Justus S E V E R U S\n                  AFRIGÜS\nO T J L EGÉNIER                  E      C       O       M       P         E   N   S\n                   Drame nègre en un acte et en vers.\n      Une plaquette in-18 Jésus                               1 franc.\n\n                            SOUS PRESSE :\n      Emile S I G O G N E : C O N T E S M E R V E I L L E U X\n"}, {"page_pdf": 477, "texte": "                              EN         VENTE\n\n   à la librairie P A U L L A C O X M B L E Z\n                         BRUXELLES\n\n\n\nMAX ELSKAMP : Salutations      dont d'Angéliques . .                     3 50\nVILLIERS DE L'ISLE-ADAM : Premières poésies.     . .                     3 50\nCHARLES D E COSTER : La Légende d'Ulenspiegel       .                    5 »\nComte LÉON TOLSTOÏ : Le Salut est en vous . . .                          3 50\nE D . SCHURÉ : Les Grands Initiés. Esquisse de l'his­\n   toire secrète des Religions : Rama, Krishna, Her­\n   mès, Moïse, Orphée, Pythagore, Platon, Jésus.\n   Edition à                                                             3 50\nLÉON BLOY : Sueur de sang, avec trois dessins origi­\n  naux de Henry De Groux, et portrait de Léon Bloy\n  par Charles Cain .                                                     3 50\nJEAN MORÉAS : Le Pèlerin passionné, édition refon­\n  due, comprenant plusieurs poèmes nouveaux .                            3 50\n\n\n\n\n         Dépôt des Revues Françaises :\n              La Plume, fr. 0-50; franco, fr. 0-55\n     Le Mercure de France, 1 franc; franco, fr. 1-25\n            L'Ermitage, fr. 0-60 ; franco, fr. 0-65\nLes Entretiens politiques et littéraires, fr. 0-60; franco, fr. 1-65\n\n\n\n     Demandez le Catalogue complet de l'Editeur\n               Paul LACOMBLEZ.\n\n\n              Bruxelles. — Imprimerie VeMonnom,32, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1893-11-01", "preuve": "Novembre 1893, numéro 11, couverture PDF 442 ; aucun jour imprimé."}}