{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "TOME XIII", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 154, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 178, "texte": "TOME XIII. — N° 3                           i4 me Année.\n\n\n\n\nA\n  JEUNE\n                 BELGIQUE\n                                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 154, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 178, "fin_caractere_exclue": 1787, "texte": "SOMMAIRE:\n      Le Vers libre                                     IWAN GlLKIN.\n       L'Enfant à la panthère                      . . VALÈRE GlLLE.\n      Ex-voto de pierre bleue. . . . . . .             LOUIS DELATTRE.\n      Sonnets                                          MAURICE CARTUYVELS.\n      Au Jardin de sérénité . . . . . . .              MAURICE DES OMBIAUX.\n       Soirs d'hiver                                    LUCIEN DE BUSSCHER.\n       Notes sur les Primitifs d'Espagne. (Frag­\n           ment)                                        JULES DESTRÉE.\n       Le Mouvement littéraire en Italie (suite) .      A.    SANTE-MART0RELLI.\n       Chronique littéraire :\n        Légendes flamandes ; Vieux Saxe ; Contes\n           à soi-même ; Ésotérisme et socialisme ;\n           L'Aînée; Rêves des heures lentes; Une\n           Ame wallonne; Par les Routes; Re­\n           vanche d'amour; Harald Roi . . . ARNOLD GOFFIN.\n       Memento                                     NEMO.\n\n\n\n           REDACTION                                                BRUXELLES\n HUE V A N D E R L I N D E N ,   BRUXELLES.                    PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                    3i,me des Paroissiens\n                                                                         PARIS\n    PRIX DU NUMÉRO                                           C H A M U E L , LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                        at), rue de Trévise\n         fr. 0-75.\n                                                                            1894\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 155, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 384, "fin_caractere_exclue": 1125, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n   Fondateur      : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n              Directeur : ALBERT GIRAUD, 4, rue Vanderlinden.\nSecrétaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n               7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                  des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 3i, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, Marché Saint-Jacques.\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 155, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1125, "fin_caractere_exclue": 1579, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19. boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 137, "page_fin": 140, "titre_corps": "Le Vers libre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "LE VERS LIBRE", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L ENFANT A LA PANTHÈRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 156, "page_imprimee": 137, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 1695, "texte": "LE VERS LIBRE(I\n\n\n\n                                La mélopée (le vers libre de la jeune école\n                              française) a-t-elle une valeur intrinsèque comme\n                              principe de versification?\n                                 La mélopée n'a pas encore eu la chance de\n                              voir ses règles clairement exposées. M. Kahn\n                                 a dit : « Qu'est-ce qu'un vers? C'est un arrêt\n                                    simultané de la pensée et de la forme de\n                                      la pensée. » — Il est évident que cette\n                 définition ne vaut rien. Elle peut servir à définir la phrase\n                 tout aussi bien et même beaucoup mieux.\n                    Interrogeons M. Vielé-Griffin, le meilleur théoricien du\n                 groupe. Il nous apprendra peu de choses. Les exposés qu'il\n                 a publiés dans les Entretiens politiques et littéraires\n                 peuvent se résumer en quelques points.\n                   Les règles posées par M. Vielé-Griffin se divisent en\n                deux catégories. Les règles de la première catégorie con-\n                cernent la forme extérieure du pseudo vers libre, c'est-à-dire\n                sa longueur, son commencement et sa fin. Les règles de la\n                seconde catégorie concernent la facture intérieure du vers.\n                   Première catégorie, forme extérieure du vers. — Selon\nM. Vielé Griffin  on va à la ligne, c'est-à-dire on termine un prétendu vers\n\n  (1) Fragment d'une conférence sur Théodore de Banville faite au « Cercle artistique\net littéraire de Bruxelles ».\n"}, {"page_pdf": 157, "page_imprimee": 138, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2537, "texte": "                                  — 138 —\n\nlibre « à chaque complément de l'idée », dit-il. Cette façon de parler est\nabsolument impropre. M. Vielé-Griffin ne parvient pas à dire ce qu'il veut\ndire, — c'est le cas de la plupart des vers-libristes.\n   M. Vielé-Griffin a voulu dire ceci : On va à la ligne après chaque sub-\ndivision de la phrase. Voici l'exemple qu'il donne lui même, en écrivant\nen vers libres une phrase en prose de Fléchier (pas moyen de mieux\nmontrer que la prose et le pseudo vers libre c'est la même chose). Voici\nla phrase :\n                       Mais rien n'était si formidable.\n                       Que de voir toute l'Allemagne,\n                       Ce grand et vaste corps\n                       Composé de tant de peuples\n                       Et de nations différentes,\n                       Déployer tous ses étendards\n                       Et marcher vers nos frontières\n                       Pour nous accabler par la force,\n                       Après nous avoir effrayés par la multitude.\n\n   Inutile d'ajouter- que, si vous ouvrez un recueil de vers de soi-disant vers\nde M. Vielé-Griffin, vous constatez aussitôt qu'il viole cette première\nrègle avec une majestueuse sérénité. Ainsi, il lui arrive fréquemment\nd'aller à la ligne là où la phrase n'est nullement subdivisée. Pourquoi?\nVers libre et mystère.\n   Seconde catégorie de règles, concernant la facture intérieure du vers. —\nCes règles se ramènent à deux points :\n   i° L'emploi de l'allitération ;\n   2° L'emploi d'une sorte de rime pauvre, fréquemment réduite à l'asson-\nnance. Il va sans dire que lorsque le poète polymorphe ne trouve pas même\nune assonnance, il s'en passe triomphalement. Il en est absolument de\nmême de l'allitération, qui, dans les vers de ces messieurs, tantôt apparaît,\ntantôt disparaît, selon leur bon plaisir ou au petit bonheur de la trouvaille.\n   Voilà donc le système de prétendue versification que l'on veut opposer\nà la versification française, claire, précise, solide et souple, parfaitement\ncapable d'ailleurs de répondre à tous les besoins modernes.\n   Ces petites lignes inégales, réglées par les suspensions de la phrase, plus\nou moins assonnantes entre elles et établies sur une sorte de musique\nintérieure qui a pour base l'allitération, voilà ce que l'on oppose au vers\nde Ronsard, de Corneille, de Racine, de La Fontaine, de Hugo, de\nLeconte de Lisle, de Baudelaire et de Verlaine.\n   Il faut autre chose pour réussir.\n   Le vers polymorphe, en tant que vers, n'existe pas. Ce n'est pas même\n"}, {"page_pdf": 158, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2832, "texte": "                                  — 139 —\n\nune forme hermaphrodite. Si l'on y veut voir de la prose, c'est de mauvaise\nprose. Si l'on y veut voir des vers, on cherche midi à quatorze heures : il\nn'y a pas de vers dans le vers polymorphe.\n    Quelques versificateurs se sont mis, un beau jour, à réinventer la prose;\net ils l'ont réinventée fort mal, sans parvenir à se débarrasser des asson-\nnances et des allitérations, arrière-faix de leur ancien métier. Vous remar-\nquerez que les poètes polymorpheux écrivent en prose aussi mal qu'en vers.\nJe suis bien fâché d'en parler si brutalement, mais devant les cohortes de\nsottises et d'erreurs qui assaillent aujourd'hui le Parnasse français, il n'y a\npas deux attitudes à prendre : Il faut combattre, il faut faire face à l'ennemi\net frapper fort.\n    L'heure est venue de sonner le ralliement de tous ceux qui haïssent le\ndésordre et l'anarchie intellectuelle. C'est la poésie française, depuis Ron-\nsard jusqu'à Verlaine, que l'on tente de ruiner. Et ce qu'on veut lui substi-\ntuer n'est ni viable ni même vivant. Ce n'est plus l'évolution dont Verlaine\na été le dernier conducteur, c'est la révolution que l'on prêche. Et que l'on\ny songe bien : le désordre dans la forme de la pensée, c'est aussi le désordre\ndans la pensée même. Jamais on n'a osé imprimer tant de sottises, d'âne-\nries, de niaiseries nauséabondes. Ma parole, — tenez, je me fâche, — c'est\nà vingt-cinq ans, à présent, que l'on est gaga!\n    Je me fâche : j'ai tort. Si Théodore de Banville était encore en ce monde,\nil se bornerait sans doute à sourire ; il regarderait les vers polymorphes,\nles vers libres et autres chinoiseries antirythmiques d'un œil plein d'ironie\net de pitié, mais il ne se fâcherait pas Son expérience lui avait appris que\n si les sottises se succèdent avec une effroyable abondance et une incroyable\n rapidité, aucune d'elles n'a la vie longue. Elles ressemblent à ces champi-\n gnons bizarres, que le vulgaire appelle « vesse de loup », qui poussent en\n une nuit et dont l'énormité dépasse celle du plus gros potiron; mais ils se\n réduisent bientôt en poussière. Leur boursouflure rentre dans le néant.\n     Si je n'ai pas imité la douceur et la sérénité de Banville, c'est que je n'ai\n pu m'empêcher de songer au mal que font dans notre pays certaines mau-\n vaises prédications et certains mauvais exemples.\n     Nous autres Belges, nous n'avons guère brillé dans les lettres françaises,\n en poésie surtout, parce que nous possédions mal les formes du langage et\n de la versification.\n     J'ai l'honneur d'appartenir au petit groupe d'hommes qui, tout jeunes,\n vers 1882, essayèrent de relever en Belgique le culte des lettres et de doter\n  leur pays de quelques ouvrages en bons, vers, ou, tout au moins, de mon-\n  trer aux jeunes hommes, des générations suivantes comment on apprend\n"}, {"page_pdf": 159, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1791, "texte": "                                  — 140 —\n\nson métier et comment on devient un bon ouvrier. Nous ne pouvions faire\nplus : c'est la Providence seule qui donne le génie.\n  Les jardins poétiques que nous avions ensemencés commençaient à\nporter quelques fleurs lorsqu'un vent pernicieux, venu de France, vint\nmenacer nos naissantes cultures. Nous avions rétabli le culte de la forme;\non nous prêchait la dissolution de la forme; nous avions combattu l'amor-\nphisme académique : nous sommes envahis par l'amorphisme décadent.\n   Pour vaincre les difficultés de la forme exacte, il faut beaucoup travailler;\nla jeunesse est naturellement paresseuse. Pour penser avec précision, il faut\nbeaucoup d'attention; le sentimentalisme vague est plus commode;\najoutons que le tempérament belge, plus apte à produire, en peinture,\ndes coloristes que des dessinateurs ; plus fertile, s'il s'agit de musique, en\nharmonistes qu'en mélodistes et en contrepointistes, est particulièrement\npeu productif lorsqu'il s'agit de pensées nettes et de formes précises\n   La paresse des natures lymphatiques et des cerveaux rêveurs, enclins\nau mysticisme et aux imaginations vagues, a besoin, chez nous, d'être\ncombattue avec énergie. Aussi est-ce avec un chagrin profond et une\nvéritable colère que nous entendons prêcher à la jeunesse, en face de nous,\ndes doctrines qui tendent à favoriser nos vices nationaux et à ruiner l'édi-\nfice poétique que nous avions commencé d'élever à la gloire de la patrie.\n   Mais, grâce à Dieu, mes amis et moi nous sommes jeunes encore et nous\nsaurons combattre pour défendre la cause du bon sens contre la folie, du\nsavoir contre l'ignorance, de l'art et de la beauté contre les difformités ridi-\ncules.\n                                                           IWAN GILKIN\n\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 140, "page_fin": 144, "titre_corps": "L’Enfant à la panthère", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "L ENFANT A LA PANTHÈRE", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "EX VOTO DE PIERRE BLEUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 159, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1791, "fin_caractere_exclue": 2261, "texte": "L'ENFANT A LA PANTHÈRE\n                                       I\n                   A travers les hauts dahlias,\n                   Hardi, svelte et fier il bondit,\n                   Broyant les fleurs entre ses bras,\n                   Semant les gerbes qu'il brandit,\n\n                    Et de sa chevelure noire\n                    Les sequins d'or et les coraux\n                    Roulent sur sa gorge d'ivoire\n                    Dans les feux brisés des joyaux.\n"}, {"page_pdf": 160, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1054, "texte": "             —141      -\n\nIl glisse, s'élance et serpente\nPlus câlin en son ondoiement\nQue la panthère caressante\nQui le suit amoureusement.\n\nMais d'un bond plus souple et plus    noble\nIl a franchi la haie en fleurs\nEt s'est jeté dans le vignoble\nLes yeux perfides et vainqueurs.\n\nSoudain, brusquement comme un dard,\nIl s'arrête, tressaille et vibre\nEt dans le f eu de son regard\nDanse son cœur farouche et libre;\n\nAinsi qu'une écharpe de soie\nSes reins enfantins et nerveux\nOndulent d'amour et de joie\nA ses plaisirs   capricieux.\n\nMais voici qu'autour d'une vigne\nIl s'est enroulé mince et fort,\nRiant d'une ivresse maligne,\nArrachant les pampres qu'il mord;\n\nEt s'égayant de ce pillage,\nEnflammé d'écume vermeille,\nDe ses dents blanches il saccage\nLes grappes mûres de la treille.\n\n\n                  II\n\nO vipère de mon désir !\nO bouche infidèle et farouche,\nBaiser qu'en vain je veux saisir\nEt qui poursuit et f uit ma bouche!\n\nTriomphe de mon cœur altier,\nJ'ai d'un geste sûr et vengeur\nPercé d'une flèche d'acier\nL'espiègle et méchant maraudeur.\n"}, {"page_pdf": 161, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1042, "texte": "            — 142 —\n\nDieu cruel! ses beaux yeux d'or\nA jamais maintenant glacés\nTressaillent, palpitent encor\nPareils à des oiseaux blessés.\n\nSes lèvres, l'arc de ses caprices,\nSes lèpres d'amour qui, par jeu,\nPour mon tourment et mes délices\nMe lançaient leurs baisers de feu,\n\nNul hardi vouloir désormais\nNe les tendra tout embrasées,\nSes lèvres fières que j'aimais\nMon fol orgueil les a brisées.\n\nO crépuscule merveilleux\nOù s'empourpre son agonie,\nSur son visage douloureux\nTombe une tristesse infinie!\n\n\n\n                III\n\nMais que dieu de flammes m'embrase\nEt me transporte et m éblouit?\nO ciel d'éclairs! en mon extase\nMon cœur en feu s'épanouit.\n\nUn esprit divin me pénètre :\nf aperçois un enfant nouveau,\nJe me reconnais en son être,\nCest lui qui devient mon bourreau.\n\nQu'ai-je fait? O mon martyr, vois!\nC'est toi, cruel, qui me tortures,\nMa voix sanglote par ta voix,\nMon sang coule de tes blessures;\n\nMon cœur tordu comme une torche\nA brûlé mon orgueil méchant,\nEt maintenant mon front s'écorche\nA tes pieds lavés de mon sang.\n"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1063, "texte": "            -   143   -\n\nMa poitrine est lé tabernacle\nOù trône un démon radieux;\nQu'il accomplisse le miracle,\nQue mes yeux dévorent les cieux!\n\nCar dans l'audace de mes fièvres,\nDamné, par moi-même puni,\nJe veux assouvir sur tes lèvres\nMa soif atroce d'infini.\n\n\n                IV\n\n\nA moi la suprême vendange!\nTes chairs seront les chasselas\nCar ton sang divin je le change\nEn vins de rose et de lilas.\n\nEbloui d'éclairs comme un dieu,\nJ'ai, sous mes altières morsures,\nFait jaillir des liqueurs, de feu\nDes fruits meurtris de tes blessures.\n\nEnfer ! Une ivresse plus haute\nPour tous mes désirs attisés\nEmbrase mon cœur qui sursaute\nSous les fers rouges des baisers,\n\nQue tes larmes, que ta salive\nSoient l'huile sacrée et bénie\nSur ce brasier où se ravive\nTa miraculeuse agonie!\n\nA mes tempes tresse la ronce,\nBroie en tes mains mes mains captives,\nDéchire ma poitrine, enfonce\nTes ongles fous dans mes chairs vives;\n\nPuis désespère mes prières,\nPuis console de tes paroles;\nMords l'amour sur mes lèvres      fières,\nMords la mort, sur mes lèvres     folles.\n"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 519, "texte": "                                 - 144 —\n\n                   Vois! mon sang jaillit à son tour\n                   Et se mêle à ton sang divin :\n                   Nous sommes le thyrse d'amour\n                   De notre triomphal destin.\n\n                   Vertige d'astres et de flammes,\n                   Chants célestes de royauté!\n                   Les cieux d'or s'abîment : nos âmes\n                   S'unissent pour l'éternité.\n                                                        VALÈRE GILLE\n\n\n\n\n      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 144, "page_fin": 148, "titre_corps": "Ex-voto de pierre bleue", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Delattre", "ancre_debut": "EX VOTO DE PIERRE BLEUE", "ancre_fin": "Louis DELATTRE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SONNETS RICHELIEU", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 163, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 519, "fin_caractere_exclue": 2109, "texte": "EX-VOTO DE PIERRE BLEUE\n                                                   A Mlle LOUISE ALLARD\n\n\n             Quand j'eus neuf ans, me raconta mon ami Louis-Jean, le soir\n              de la Saint-Nicolas que nous mangions des spikelaus de\n              Bruxelles et des couques de Dinant et humions une crême de\n              cassis, chef-d'œuvre d'une vieille tante qui, concentrant l'expé-\nrience de plusieurs géne'rations gourmandes, arrêta au juste la proportion\nde ses ingrédients, groseilles, vanille, sucre, cannelle et rendit décisif son\ntriomphe par l'audacieuse adjonction du clou de girofle; quand j'eus neuf\nans, on m'envoya aux leçons de catéchisme qui se donnaient, tous les\nmatins, à la paroisse Saint-Vaast.\n   Cette année-là me fut agréable entre les autres de mon enfance. Que mes\nnouvelles connaissances théologiques eussent fait, en moi, tellement fleurir\nla beauté surnaturelle de la grâce, non ; mais je voyais mon tour arriver de\nporter, au prochain printemps, un pantalon comme un homme, une veste\nà pointe en queue de hanneton, un brassard de satin frangé d'or, et aussi de\nrecevoir les cadeaux des communiants.\n   Tu sais bien qu'on apprend le catéchisme le soir, après l'école, quand\nla lampe allumée est sur la table. La grande sœur pose le livret scellé du\nchapeau et du trémail cardinalices sur son devantier, et en pelotonnant\nl'écheveau de laine écarté sur tes mains, elle te questionne. La laine bruit\ndans les doigts agiles, et l'enfant récite les grands mots : « Les justes sont\nresplendissants, subtils et impassibles... » La grand'mère approuve de la\n"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2621, "texte": "                                  -145      -\n\ntête. « Ainsi soit-il, s'il plaît à Dieu, dit-elle. Il va pleuvoir, ma prise est\ntrop moite. »\n   T u sais aussi que le catéchisé qui a besoin de tout son temps, ne fait plus\nles « commissions » du ménage, comme de quérir, à la boulangerie, « le\npain rassis, cuit sur le carreau » et de redemander, pour la centième fois,\nau cordonnier, ces bottines que le paresseux n'achève jamais : « Faut les\nrendre ainsi, mammère l'a dit... Elle n'a plus rien à mettre aux pieds, qu'elle\na encore dit. » Non, le gamin apprend sa leçon; il devient si sage! Les mots\npieux qu'il répète, à la longue lénifient son âme et la parfument d'une\nétrange religiosité. Souviens-toi du minuscule autel dressé, au mois de mai,\nen un coin secret de la maison ; souviens-toi du « mois de Marie » fleuri,\nsur la nappe de cuisine : les bougies colerettées de bobèches entaillées\ndans les guirlandes multicolores de la dernière ducasse, le brin de buis et\nl'eau bénite en la chope à bière, les vases dé verre argenté garnis des roses\nfripées des vieux chapeaux de femme...\n\n                                      ***\n   Avec moi, venait au catéchisme Mélie. Ah! Mélie! C'était une fillette de\nmon âge. Ses cheveux blond-jaune coupés à la garçon se hérissaient sous\nun peigne rond, et sa bouche était le plus souvent barbouillée de jus de\nréglisse. Elle portait un tablier de cotonnade d'un bleu lavé et clair, de la\ncouleur de ses yeux, et dont les manches, en serrant ses poignets, rougis-\nsaient ses menottes potelées. Son souvenir m'est joli encore comme lavue\nd'un jardinet de village sous la rosée du matin. Quand M. le curé l'admo-\nnestait pour quelque gaminerie : d'avoir fait claquer trop clair ses sabots\nen prenant sa place à l'église ou laissé roulotter ses billes sur les dalles,\nMélie levait sur lui les pervenches de ses yeux, et souriait, et tirait sa lèvre\navec ses doigts, sans mot dire.\n   — Quelle enfant! répétait souvent M. le curé. Mélie, vous êtes un garçon\nmanqué !\n   Ma camarade savait glisser sur les « sclides » de neige durcie, plus agile-\nment qu'aucun de ces garçons de riches, pâles et geignards. Je lui avais\nappris à se lancer aussi à la croupade, et à filer ainsi très loin, d'un coup\nde talon, sur la glace frayée. Et dans l'appentis du charron où nous nous\nbalancions sur les planches, cria-t-elle aucune fois : « J'ai peur! » ou\n « C'est trop haut! »... Aux maraudes, je t'assure qu'elle faisait le guet mieux\nqu'un gamin à la trouée de la haie, et qu'ensemble nous ne fûmes jamais\npris.\n   Mais M. le curé qui catéchisait les fillettes n'appréciait rien de cela; et\n"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "                                  — 146 —\n\nMélie, à la leçon, vaguait sans cesse dans les dernières places avec les plus\nstupides. Ma vanité d'enfant en souffrait quelquefois pour elle.\n\n\n\n   Il arrivait que des matins, las d'attendre le maître devant la porte close\nde l'église, les garçons, en troupe, l'allaient chercher chez lui. Nous, c'était\nle vicaire qui nous instruisait. Dans la venelle aboutissant à l'église et for-\nmée, tout d'un côté, des murs clôturant les jardins de la rue contigue', sa\nmaison n'était pas loin. Elle était si basse qu'on voyait, par-dessus son toit,\nles ormes, d'ailleurs énormes, tlu rempart voisin. Je frappais l'huis de mon\nsabot et criais par le judas :\n   — Monsieur le vicaire, Monsieur le vicaire, il est temps pour le caté-\nchisme .. chîme... chîme!...\n   Le vicaire arrivait tout de suite en essuyant le café de sa bouche, et nous\nsouriant et nous disant :\n   — Bonjour ! Bonjour mes petits pierrots !\n   Malgré sa soutane et qu'il n'eût pas de barbe, il ressemblait à nos grands\nfrères et nous l'aimions beaucoup. Nous l'entourions en marchant jusqu'à\nl'église, et Mélie, qui s'était jointe à la bande des garçons, portait la clef\nmassive. La serrure grinçait, les battants résonnaient, et nous entrions, ces\nmatins-là, sous le portail de pierres grises effritées, comme des oiseaux des\njardins d'à côté.\n   Au contraire de ces leçons, comme étaient pénibles celles où nous ins-\npectait le vieux curé maussade; et que cet office où nous devions assister,\nsilencieux et immobiles, les filles à gauche, les garçons à droite du chœur,\nétait long. De ma chaise, je regardais la demoiselle ridée et jaune qui porte\nune capeline et a le nez si long; elle lit, sans une seconde de cesse, en un\nlivre qui déborde de signets et de carrés de papiers d'indulgences. Le sacris-\ntain, de ses yeux, nous cloue à notre place ; à peine osons-nous étirer notre\njambe quand elle est engourdie ; mais je remarque bien que lui se baisse de\nminute en minute sous son lutrin et bourre son nez de tabac.\n   Que le temps dure! Je suis, des regards, la roupie descendant sur la lèvre\ndu Blanc, mon voisin; elle ne tombe jamais, si près qu'elle paraisse de le\nfaire, parce qu'il la rattrape au dernier moment, en reniflant. Le Saint-\nNicolas, sur sa console, étend vers moi ses deux doigts qui bénissent; il est\ncoiffé d'une chape, qui ressemble, me dis-je, aux serviettes pliées et dressées\nsur les assiettes. Sa crosse a été cassée ; je vois la plaque de fer suturant les\ndeux bouts. A ses pieds, dans un baquet, des enfants accroupis tendent les\nmains vers lui. Les trouvant glanant aux champs, un méchant boucher les\n"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 147, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2679, "texte": "                                  — 147 —\n\navait tués, en menus morceaux coupés et mis au saloir. Saint Nicolas passa\npar là, et mit ses doigts sur le bord du cuveau; les petits garçons sortirent\ntout vivants et coururent à leur maison; et le boucher, confondu, se repentit.\n   La messe continue. Mélie près de la colonne est bien tranquille; accoudée\nau dossier de sa chaise, elle est occupée à crachoter en visant le sabot de la\nfillette qui la précède.\n\n                                      ***\n   Le grand concours était proche qui devait nous assigner notre place dans\nla file pour aller recevoir l'hostie. Mélie, avec des sauts de joie, m'avait\nraconté que si elle parvenait à franchir le dernier banc au catéchisme, sa\ntante Marie-Flipotte lui donnerait, pour la cérémonie, un chapeau garni\nde plumes frisées comme en ont les dames. Et ces plumes frisées la trans-\nportaient :\n   — Je saurai le catéchisme entier, je passerai la première, je dirai l'Acte\nde foi, et j'aurai le chapeau avec des plumes frisées de toutes les couleurs!\n   Le dimanche vint donc, où, après les vêpres, le curé questionna les\nfillettes. Celle qui répondait mieux, il la faisait passer devant l'autre.\n   — Ah ! disais-je, m'adressant à la statue qui dominait ma place, bon patron\nqui fis ressusciter les enfants tués et mis au sel par le méchant boucher,\nsaint Nicolas, fais que Mélie regagne des places assez pour que sa tante\n Marie-Flipotte lui donne le chapeau à plumes frisées ! Bon saint Nicolas,\nc'est pour Mélie, là, au dernier banc et presque la dernière, que je te prie.\n Elle est si gentille; elle jette des pierres comme un garçon, et ne rapporte\njamais aux maîtres. Cher saint Nicolas, c'est elle la plus jolie et la plus\ndélurée, fais la passer au moins à l'autre banc ! Elle a la peau si rose et\nsentant si bon le lait, saint Nicolas!...\n   M. le curé arriva à Mélie. Je la voyais tremblante; elle tirait nerveuse-\nment sa lèvre de ses doigts. Il demanda, lisant sur le catéchisme :\n   — Comment vous préparerez-vous à la mort?\n   — Je me hâterai, commença la petite fille, de... de...\n   Mais c'était fini, les mots ne venaient plus Les plumes frisées multico-\n lores, j'en suis sûr, éclatèrent alors devant les yeux de Mélie, car les larmes\n montèrent, emplirent ses paupières et se mirent à goutter sur le tablier de\n mon amie qui ne sut plus dire un mot de la réponse. Ah! comment\n aussi pouvoir se rappeler tout à coup ce qu'il faudra faire quand on sera\n pour mourir?... M. le curé passa aux suivantes; elles dirent comment on\n se prépare correctement à la mort, et Mélie de place en place, ah! ma\n pauvre Mélie! de place en place, arriva la dernière. Que j'étais triste!\n"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 148, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1639, "texte": "                                 — 148 —\n\n  La leçon finie, je courus à ma compagne. Elle ne voulait pas se consoler.\nElle répétait à toutes mes paroles :\n  — Oui, mais je n'aurai pas, de ma tante Marie-Flipotte, le chapeau à\nplumes frisées...\n  Et quoi que je disse, en vérité j'en étais aussi chagrin qu'elle.\n\n                                     ***\n   Tu le vois, saint Nicolas, acheva Louis-Jean, cette fois-là tu oublias deux\nenfants pourtant bien sages, à leur manière. Tu n'eus cure de Mélie qui\naimait à courir dans les champs autant que les petits glaneurs que tu sau-\nvas, mais ne savait comment il faut s'y prendre pour mourir ; et tu n'écou-\ntas pas ma prière. Je m'aventure à t'en faire la remontrance.\n   Cependant, grand saint, je te prie de recevoir l'hommage que je t'offre ici\nde ce souvenir. Il est vrai que mon offrande est maigre. Percluse et fruste,\nla statuette que je te dédie, et gauche autant que les guilloches entaillées\nsur la jambette des vachers. Mais j'espère qu'un autre jeune homme que je\nconnais, un plus adroit, t'offrira un ex-voto fleuri de sculptures délicates\net flatteuses, comme il fit à saint Hubert, dont l'image, en sa nichette, du\ncoin de la maison Colas regarde les bois, au Fond-des-Vaux de Leernes.\n   Je te prie aussi, dit mon ami pour finir, de penser bénévolement à mon\npetit cousin Baudouin. Il a besoin d'un cheval pommelé qui ait une crinière\nflottante et des étriers sonnants. Puis, son sabre de l'an passé est devenu\ntrop court, et il en voudrait un qui coupât, saint Nicolas.\n                                                     Louis    DELATTRE\n\n\n\n\n                            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 148, "page_fin": 149, "titre_corps": "Sonnets", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Cartuyvels", "ancre_debut": "SONNETS RICHELIEU", "ancre_fin": "MAURICE CARTUYVELS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 167, "page_imprimee": 148, "debut_caractere": 1639, "fin_caractere_exclue": 2167, "texte": "SONNETS\n                               RICHELIEU\n            On voit, sous les lambris, des mantelets d'abbés\n            Que frôlent des pourpoints de velours jaune et mauve.\n            Une douceur quasi féminine d'alcôve\n            Filtre languissamment par les rideaux tombés;\n\n            Et celui devant qui les plus fiers sont courbés,\n            Le cardinal, contemple, inclinant son front chauve,\n            Le dos souple d'un grand lévrier au poil fauve\n            Qu'il effleure, en rêvant, de ses ongles bombés.\n"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 149, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1017, "texte": "                   — 149 —\n\nComme lui fuselé, frémissant et flexible,\nLes mouvements parés d'une grâce indicible,\nAu prélat cauteleux ce chien mince est pareil!\n\nEt, la croupe allongée en courbes indolentes,\nSon muffle doux, que crispe un reste de sommeil.\nDécouvre brusquement des gencives sanglantes\n\n\n ELAGABALE SACRIFIANT AU SOLEIL\n\nSous la pourpre romaine et le fin cachemire,\nSalué par les fleurs et le buccin brutal,\nIl s'avance, le mol enfant oriental,\nLe prêtre efféminé du culte de Palmyre!\n\nSon beau corps embaumé de benjoin et de myrrhe,\nCaressé d'un nuage odorant de santal,\nIl foule aux pieds les dieux de marbre et de métal\nAux cris du peuple roi qui l'acclame et l'admire!\n\nLa vestale à l'autel lui présente l'encens,\nLes cils tremblants baissés et la joue écarlate\nUne clameur immense et triomphante éclate!\n\nLui ne voit que la vierge aux charmes rougissants,\nEt regarde, l'œil mort, la paupière mi-close,\nLa gaze transparente aviver la chair rose.\n\n                                MAURICE CARTUYVELS"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 150, "page_fin": 152, "titre_corps": "Au Jardin de sérénité", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Des Ombiaux", "ancre_debut": "AU JARDIN DE SÉRÉNITÉ", "ancre_fin": "MAURICE DES OMBIAUX", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOIRS D HIVER", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 169, "page_imprimee": 150, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 2394, "texte": "AU JARDIN DE SÉRÉNITÉ\n              Au beau jardin où nous nous aimâmes tout l'été, je suis revenu\n               après une longue absence pendant laquelle j'ai fui, vers les\n               paysages accoutumés de mon enfance, la tristesse et l'amer-\n               tume d'une rupture, ah ! si cruelle.\n   Je fus chercher, lorsque la très chère me quitta, un dictame et une eau de\nJouvence, dans les campagnes, les bois et les sources de mon riant pays,\ncar aurais-je pu vivre encore seul et blessé au milieu de toutes les choses\nimprégnées du doux parfum de son amour.\n   La terre natale dorlota son enfant malade et les grands chênes majes-\ntueux de force et d'orgueil étendant les bras comme pour donner au monde\nla confiance de leur calme, les grands chênes dont je suis le frère dégénéré,\nsoudèrent une énergie brisée, mirent un baume sur une plaie vive et sai-\ngnante.\n   C'est alors seulement que je pus revenir vers vous, ô beau jardin, inquiet\nde sentir peut-être la blessure se rouvrir, voir vos feuilles jaunir aux extré-\nmités des grands arbres verts.\n   Vous eûtes encore, par un pâle soleil d'automne qui avivait la rouille et\nl'or de vos frondaisons, la beauté langoureuse et troublante, le long gémis-\nsement des choses qui vont finir.\n   Puis les feuilles qui chuchotaient naguère au bruit de nos baisers fris-\nsonnèrent au bout des branches, coururent en bruissant dans les allées\ntristes et couvrirent d'un manteau mordoré les bassins où se mirait un ciel\nd'azur traversé de nuages.\n   Bientôt elles se mêleront à l'argile et au sable en un terreau fertile qui\nfera pousser au printemps prochain une végétation luxuriante, comme du\nterreau bleu que formèrent les floraisons fanées de notre amour, vient\nd'éclore une ombre dont le charme et l'arôme sont pour moi d'un plus\ngrand prix que toutes les exquises réalités qui m'enivrèrent au beau jardin\noù nous nous aimâmes.\n   Orchidée croissant parmi les choses mortes, lorsque les larmes sont taries\net les regrets épuisés, fleur de rêve, illusion plus chère que tous les biens\npalpables du monde, tu entres dans les bocages élyséens du souvenir où se\npromènent les ombres heureuses de celles qui fleurirent mon existence.\n   Ainsi ton ombre m'est précieuse tandis qu'est déchue pour toi toute ten-\ndresse, car la blessure faite par ta bouche rouge et ta trahison est désor-\n"}, {"page_pdf": 170, "page_imprimee": 151, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "                                   — 151 —\n\nmais cicatrisée et le vin de tes lèvres étant tari, mon cœur est comme un\nflacon dont le parfum s'est évaporé.\n    Je puis maintenant contempler, dans le parc de mes songes, ton pur\nvisage, chaque pli de tes lèvres veloutées, chaque frisson d'amour de tes\npaupières aux longs cils, la moire de tes tempes tremblantes, la blancheur\nrosée et diaphane de ta gorge.\n    Je puis penser sans regrets aux moments que nous passâmes ensemble.\nIls fuient certes bien doux et cependant quelque chose que je n'aurais pu\ndéfinir me manquait, tandis que tu buvais, l'âme radieuse, la précieuse\nessence, jusqu'à vider bientôt l'ineffable et divine coupe et m'abandonner\nquand je t'aimais toujours.\n     Il me manquait alors quelque chose, mais maintenant que je considère\nces heureux jours, je ressens un bonheur complet, une joie sans bornes, car\ntu es non seulement l'admirable et langoureuse créature dont les baisers\nm'enivraient follement, tu incarnes encore des choses bien plus belles\nqui m'attiraient autant que toi et qui n'étaient pas en toi. Ton souvenir se\nmêle à celui d'une magnifique nature, de fleurs prestigieuses et troublantes,\nde musiques dont je ne puis me rappeler les accords sans être pénétré d'une\némotion intense.\n     Puisque tu es entrée dans le passé et que tu es revêtue de sa splendeur, tu\n ne peux plus compter dans le présent, car s'il advenait à ma faiblesse de te\nvoir encore autrement qu'à travers la brume argentée du temps, une des\n chères ombres qui se promènent aux bocages élyséens du souvenir, dans\n la lumière bleue que la lune projette à travers les feuillages verdoyants, dis-\n paraîtrait à jamais devant une certitude sacrilège.\n     Au beau jardin où vont dans un léger brouillard bleui par les clartés\n lunaires, souriantes et graves, avec des gestes harmonieux et pleins d'onc-\n tion, les ombres de celles qui fleurirent ma vie, tu t'avances sous les char-\n milles aux accents berceurs d'une lente mélodie éolienne et vaporeuse\n comme les soupirs d'amour des fleurs, des arbres, des fontaines et des\n nuages merveilleux.\n     Tu est belle comme la voie lactée des nuits transparentes et constellées\n de juin, lorsque le parfum des tilleuls fleuris embaume les parcs où les\n choses murmurent de doux secrets.\n     Sur ta robe s'épanouissent tour à tour les pervenches et les églantines, et\n les roses trémières aux couleurs exquisement tendres. Il y en a de blanches\n vaguement irisées et d'autres mauves, violettes et lilas qui blanchissent à\n  l'extrémité des pétales.\n      Des fleurs t'enguirlandent aux tons de vieil or, de soies fanées, d'anciennes\n"}, {"page_pdf": 171, "page_imprimee": 152, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1619, "texte": "                                 — 152 —\n\ntapisseries et de cachemires orientaux, et ta chevelure dénouée est parée\ndes étoiles qui scintillaient comme des diamants dans les branches des\narbres noirs ; et lorsque tu cherches ton image souriante dans la limpidité\nbleue des bassins, les nénuphars croissent à la surface des eaux sous tes\nregards fleuris.\n    Ah ! dis-moi, le culte que j'eus pour toi, qu'est-il auprès de celui que\nsuscita ton ombre heureuse? Biens présents et palpables, vous ne serez\njamais que de pâles fantômes auprès des charmantes illusions du passé.\n    Ce que nous aimons en vous, c'est seulement la flamme mystérieuse qui\nbrillera dans votre ombre.\n    Ombres de ce que nous aimions et avons aimé ! Nous vivons avec des\nombres et parmi des ombres. Ce sont des ombres que nous étreignons en\nl'ivresse de nos cœurs, ombres, mais combien chères. Fiancées, aïeules,\nsœurs, mère, trésors charmants et divins que la fatalité ou la nature nous\ndonna, puis nous reprit avec une implacable indifférence, baisers, caresses,\nconsolations, joies folles et joies bénies, nous n'avons sous l'éternité de\nl'azur immuable embrassé que des ombres, mais combien elles sont douces\net meilleures que les réalités de la vie, dans les bocages élyséens du souve-\nnir baignés d'une lumière suave et vaporeuse où elles vont légères et graves,\nsouriantes et silencieuses avec des gestes harmonieux, aux accents ber-\nceurs d'une lente mélodie éolienne d'une bienheureuse et infinie sérénité,\n                                             M A U R I C E D E S OMBIAUX\n    Bruxelles, octobre 1893.\n\n\n\n\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 152, "page_fin": 153, "titre_corps": "Soirs d’hiver", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Lucien de Busscher", "ancre_debut": "SOIRS D HIVER", "ancre_fin": "LUCIEN DE BUSSCHER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Notes sur les Primitifs", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 171, "page_imprimee": 152, "debut_caractere": 1619, "fin_caractere_exclue": 2326, "texte": "SOIRS D'HIVER\n                                                          A IWAN GlLKIN\n\n\n             Il est des soirs d'hiver remplis d'un charme étrange.\n             Le ciel, qu'on dirait peint par quelque mauvais ange,\n             Roule en son azur clair, tels d'antiques velours,\n             Les flocons éclatants des ronds nuages lourds.\n             Les regards de la lune errent sur les masures\n             Où l'on vend pour de l'or les savantes luxures\n             Et les charmes fardés des tragiques catins.\n             Ces soirs ont des rayons plus doux que les matins\n             Et des rayons plus purs que l'aurore vermeille.\n             Par les gels glorieux, quand la ville sommeille,\n"}, {"page_pdf": 172, "page_imprimee": 153, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 965, "texte": "                                — 153 —\n\n          Avec nies bons amis, les astres et le vent,\n          Vers les louches quartiers je vais flâner souvent.\n          J'écoute la chanson des errants pitoyables.\n          Je vois auprès des maigres filles, de grands diables\n          Suivre d'un œil mauvais les tranquilles passants,\n          Grelotter et crisper parfois leurs poings puissants.\n          L'orgue aux rauques clairons prélude dans les bouges\n          Qui fixent le faubourg de leurs prunelles rouges.\n           Voici chanter au loin la voix d'un lent minuit\n          Dans le songe superbe et grave de la nuit.\n          La bise a des sanglots dans les arbres sans feuille.\n          Le Vice seul est Dieu.\n                                  La ville se recueille\n          Et moi je vais, rêvant de strophes et de vers,\n          De poèmes divins, grands comme l'univers\n                                              LUCIEN DE BUSSCHER\n\n\n\n\n      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 153, "page_fin": 156, "titre_corps": "Notes sur les Primitifs d’Espagne : Les Italiens", "titre_sommaire": "Notes sur les Primitifs d’Espagne (fragment)", "rubrique": "", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "Notes sur les Primitifs", "ancre_fin": "JULES DESTRÉE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Le Mouvement littéraire en Italie", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 172, "page_imprimee": 153, "debut_caractere": 965, "fin_caractere_exclue": 2167, "texte": "Notes sur les Primitifs d'Espagne.\n                               (Fragment.)\n\n                           LES     ITALIENS\n   ... Il ne faut pas chercher en Espagne de notables Primitifs italiens : je\ncrois qu'on n'en pourrait citer dix que difficilement. Même en ce nombreux\net complet Musée du Prado, ils ne sont que quelques-uns.\n   Ce qui triomphe là, et avec un éclat comparable seulement à celui\nde la ville patrie, c'est la peinture vénitienne. C'est TITIEN avec\nquarante-deux toiles d'une fraîcheur et d'une somptuosité sans égalés,\nparmi lesquelles ces impérieux et justement célèbres Portraits de Charles\nQuint; c'est TINTORET avec trente-trois œuvres, dont une série dé sujets\nbibliques, d'assez petites dimensions, peintes en une. gamme vieux rouge\ntrès séduisante, avec des personnages profilés sur un seul plan, très en\ncadre, sortes d'illustrations d'un accent tout moderne; c'est VÉRONÈSE\navec vingt-six tableaux, dont un surprenant bijou : Moïse sauvé du Nil,\ntoute une fête de costumes et de paysage, tel un Watteau, des chatoiements\nde velours aux bleus profonds, des oranges savoureux, un ciel aux nuages\nmoelleux et des robes et des coiffures dont l'allure s'apparente d'une façon\n"}, {"page_pdf": 173, "page_imprimee": 154, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2850, "texte": "                                  -    154   -\n\n\nassez inattendue auxmodes du XVIIIe siècle; c'est LORENZO LOTTO avec ses\nFiancés, le PORDENONE, DEL PIOMBO, le GlORGIONE; c'est TlEPOLO\navec de curieuses décorations de piété élégante, d'une légèreté de biscuit,\ntoutes blanches et roses, un peu théâtrales, mais claires, fraîches et distin-\nguées; c'est encore T H É O P O C O P U L O , dit el Greco, cet outrancier sombre,\nqui s'en est venu mourir à Tolède et semble appartenir plutôt à l'école\nespagnole, et dont les portraits roides, aux faces pointues et blêmes, sont si\nétrangement farouches !\n   Tous sont à Madrid de si supérieure qualité qu'il paraît presque impos-\nsible de les bien apprécier sans les y aller voir. Avec ces maîtres, — dégrin-\ngolons l'escalier, — les écoles romaine, bolonaise, napolitaine encom-\nbrent également les cimaises du Prado. A constater leur pullulement, on\ns'étonne davantage de l'absence complète de ces exquises fleurs d'art qui,\naux XIVe et XVe siècles, surgirent des parterres divins de l'Ombrie et de la\nToscane pous griser l'âme humaine de parfums éternels. Dans tous les\nautres domaines, dans tous les pays et tous les âges, l'Espagne a récolté\navec profusion ; l'extraordinaire richesse de ses glanages ne rend que plus\nsensible son dédain pour les Primitifs d'Italie.\n   Manifestement, elle n'en a pas voulu. Depuis des siècles, ses rois, son\npeuple, ses artistes, ses esthètes sont restés sans sympathie pour les maîtres\nde Florence. Ni influences ni acquisitions. Et cela depuis toujours. Ni\njadis ni maintenant, alors qu'ils s'approvisionnaient de Titien et de\nRubens splendides, ils n'ont pensé à disputer à l'Angleterre un Boticelli\nou un della Francesca. Ni jadis ni maintenant leurs peintres n'ont un instant\nsongé à reprendre le développement esthétique au point où il fut inter-\nrompu par Raphaël et ses tristes continuateurs. Ce n'est pas un hasard, cette\nindigence en œuvres de la première renaissance italienne, mais le symptôme\ntrès net de l'incompréhension de ces œuvres par le goût espagnol.\n   Le fait est patent. Mais comment l'expliquer? La théorie déterministe\nmise en honneur par Taine se trouve ici à court. Voici deux peuples\njumeaux, issus certainement d'ancêtres communs, parlant deux langues\npresque identiques, ayant grandi sous le même climat et sur des sols sen-\nsiblement pareils, ayant pratiqué la même religion et des gouvernements\n analogues, et voici diverger totalement leurs expressions esthétiques, à ce\n point qu'il y a entre elles indifférence, presque hostilité !\n   L'art espagnol à son début se tourne vers l'art flamand; ce qui, histori-\n quement s'explique tout d'abord assez, mais reste pourtant, au point de vue\n de la psychologie populaire, obscur : car comment un même idéal a-t-il\n pu naître et grandir en deux nations aussi dissemblables, aussi séparées\n"}, {"page_pdf": 174, "page_imprimee": 155, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2876, "texte": "                                 — 155 —\n\npar la race, la langue, les mœurs, le caractère, les conditions et la concep-\ntion même de la vie? C'est pourtant ce qui est arrivé. L'influence flamande\nne peut s'attribuer au seul motif des relations politiques : ce qui décida\nl'art espagnol à la suivre dès son origine, c'est qu'il retrouvait en elle les\nqualités sensuelles de réalisme, de vie et de couleur qu'il apprécia toujours\nau-dessus de toutes autres, au temps de Berruguete comme à ceux de\nVelasquez, de Goya ou de Fortuny. Ce sont ces mêmes qualités sensuelles\nqui dictèrent au goût espagnol ses choix, qui lui firent réunir une aussi\ncopieuse et éblouissante collection de Rubens et de Vénitiens. En revanche,\nil n'y a pas de Primitif italien au Prado, de même que dans toute l'histoire\nde l'art espagnol, il n'y a pas un seul peintre mystique et idéaliste. Ces\nchoses se tiennent.\n    Voilà le problème un peu précisé, mais toujours inexpliqué. J'avoue,\nd'ailleurs, que je n'y ai point trouvé de solution entièrement satisfaisante\n et j'indique, aux curieux qui me proposeraient quelque réponse, le com-\n plément de l'énigme : comment se fait-il que l'art des Primitifs italiens,\n incompris et dédaigné en Espagne où toutes les circonstances semblaient\n le devoir favoriser, ait été accueilli avec un si clairvoyant enthousiasme,\n une si chaude ferveur dans la moderne Angleterre où certes tous les\n facteurs de l'ambiance : et la race, et le climat, et la religion, et les mœurs\n ne pouvaient faire présager semblable phénomène. Pourquoi n'y a-t-il pas\n de Primitifs au Prado et y en a-t-il tant à la National Gallery? Pourquoi\n est-ce dans les brouillards de Londres, au pays du gin et des salutistes, que\n de notre temps s'épanouit une école d'art d'une pureté et d'une noblesse\n exquises, continuant directement les Primitifs, alors que l'art espagnol\n agonise lamentablement, voué à l'évocation de mélodramatiques anecdotes\n d'histoire ou à la traduction d'observations contemporaines en criardes et\n  papillotantes couleurs, clinquant pris 'pour de la richesse?\n   Oh ! ce qu'elles sont loin l'une de l'autre, l'âme espagnole et l'âme floren-\ntine : on en a l'impression complète devant l'admirable ANGELICO qui, en\nce Musée de Madrid, est seul à remémorer Florence !\n   C'est une Annonciation, un grand retable presque carré, d'environ deux\nmètres de côté, une des œuvres les plus pures et les mieux conservées qui\nnous soient restées du Beato de Fiesole. Dans la partie droite, un ange\nchasse du paradis terrestre Adam et Eve dont le péché originel pèsera sur\nl'humanité jusqu'au jour de Rédemption. Et c'est ce jour, qu'après ce passé\n de faute, à côté de cette primordiale défaillance, ce jour où cette fois la\n Femme ne sera plus vaincue par la Chair, que vient annoncer, sous un\n clair et lumineux portique au plafond d'azur étoile d'or, l'ange, autrefois\n"}, {"page_pdf": 175, "page_imprimee": 156, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1533, "texte": "                                   — 156 —\n\nministre des colères, aujourd'hui prometteur de pardons. La Vierge écoute\navec humilité le messager aux ailes de lumière et vers elle, des splendeurs\nd'en haut, un rayon descend, qui confirme la salutation de Gabriel.\n   Dans la Prédelle, cinq scènes de la vie de la Vierge : Les Fiançailles, la\nVisitation, la Naissance du Christ, la Circoncision, et la Mort de Marie,\n   Ah! que ces blancs et que ces roses, et ces bleus de ciel et ces ors,\nsemblent étranges en ce milieu ! Comme les plus chaudes, les plus délec-\ntables colorations des Velasquez ou des Ribera paraissent violentes, gros-\nsières et triviales en comparaison de ces couleurs naïves et simples, de ces\ncouleurs de clarté et de suavité.! Comme leurs œuvres les plus intenses\nsemblent matérielles, brutales, tourmentées à côté de la sérénité et de la\npaix des lignes candides et calmes ! Comme leur religion paraît fétichiste\net cruelle, confrontée avec ce radieux poème d'amour et de bonheur ! De\nce grand panneau montent de douces hymnes, de mystiques concerts de\npiété, de quiétude, d'ineffable bonté. Et je comprends qu'il n'en perçoive\npas la céleste harmonie, le peuple qui a pour fêtes essentielles d'écœurantes\ntueries de chevaux et de taureaux, le peuple dont le réalisme sombre\nimagina de prier d'atroces images du Christ hideusement supplicié, cou-\nronné d'épines dans de vrais cheveux, saignant par ses plaies du vrai sang\nmal séché!...\n                                                      JULES DESTRÉE\n\n\n\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 156, "page_fin": 160, "titre_corps": "Le Mouvement littéraire en Italie (suite)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Antonio Sante-Martorelli", "ancre_debut": "Le Mouvement littéraire en Italie", "ancre_fin": "ANTONIO SANTE MARTORELLI", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 175, "page_imprimee": 156, "debut_caractere": 1533, "fin_caractere_exclue": 2284, "texte": "Le Mouvement littéraire en Italie (1).\n                                         III\n             L'œuvre que je vais juger aujourd'hui ne rappelle pas celle des\n               précédents poètes. Guido Mazzoni se distingue nettement de\n               d'Annunzio et de Marradi par une sorte de calme intime et\n               sévère — souvent trop sévère — qu'il garde dans tous ses vers\navec un soin scrupuleux. Il ne rit jamais; au contraire, il pense toujours et\nl'obsession de la pensée se communique aux lecteurs qui, parfois, en sont\nterriblement fatigués.\n   Son activité littéraire ne date pas de loin ; mais il n'y a qu'un très petit\nnombre de poètes qui ont, comme lui, obtenu tout de suite la faveur du\n\n  (1) Voir le numéro de décembre 1893.\n"}, {"page_pdf": 176, "page_imprimee": 157, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2880, "texte": "                                  -   157   -\n\npublic et des gens lettrés. Carducci même, en son temps, n'a pas joui d'une\nplus heureuse fortune.\n   Ne fût-ce que les premières poésies de Mazzoni avaient le don superbe\nde l'originalité? Pas du tout, selon moi : s'il y avait quelque mérite dans\nun tel début, peut-être faut-il le chercher dans la forme neuve, tout à fait\ninconnue, du livre. Celui-ci, sans doute, parut sous un astre très favorable.\nLes jeunes poètes d'alors imitaient jusqu'au plagiat les Odes barbares et\nchantaient mélancoliquement leurs amours hystériques. Chez plusieurs\nécrivains sensuels la poésie était dégénérée en pornographie plus ou moins\nvoilée. Les muses fréquentaient librement les cabarets. Or, le livre de Maz-\nzoni sembla s'opposer, et vraiment s'opposa, à tout ce genre immoral qui\nmanquait, en outre, d'une base artistique, et montra aux Italiens, sous une\nstrophe ample et souple, la fleur charmante d'une pensée délicate, ingénu-\nment interprétée, sans transports impérieux de haine et d'amour, en un\nmot, tranquille. Comme on n'avait admiré rien de tout cela auparavant,\nl'apparition sembla étrange, le plaisir de la nouveauté éclata.\n    La place prise, Guido Mazzoni l'a gardée à jamais parce que vraiment\nsa poésie a de la vigueur et une puissance très remarquables. Son dernier\nvolume intitulé Voci della vita (Bologna, Zanichelli, 1893) contient des\npages qui, quant à l'art et l'inspiration, se rapprochent beaucoup de celles\nde M. Zanella. Le poète, du reste, révélait jadis un merveilleux penchant\npour la méthode de l'écrivain de Vicence: mais aujourd'hui je trouve qu'il\na fait de réels progrès sur cette route et qu'il joue bien le rôle de successeur.\n    Le génie large de M. Zanella ne pouvait pas rester infécond, ne devait\npas mourir sans laisser derrière soi un sillon lumineux, suivant lequel on\npût marcher sans obstacles directement au divin Parnasse. En fait, l'in-\nfluence de Zanella sur nos poètes a été plus forte qu'on ne le soupçon-\n nait. Notre auteur en semble un disciple bien digne. Il ne l'imite point,\n c'est vrai, mais il faut reconnaître que tous ses principes poétiques, Mazzoni\n les a tirés de là et que toutes ses odes et ses ballades rappellent parfaitement\n le genre du poète de l'Asticchiello.\n    Giacomo Zanella a trouvé, certainement, l'inspiration de ses vers dans des\n poésies anglaises et américaines. Il a traduit, par exemple, Eveline de\n  Longfellow. Toutefois, nous qui avons dans notre pays un soleil splendide\n et une richesse, une beauté infinie de villes et de campagnes, nous n'aimons\n guère le silence mélancolique ou le brouillard triste du Septentrion.\n     Mazzoni, heureusement, l'a compris; et sa poésie domestique respire\n  souvent la joie, le bonheur de vivre et, quand le poète abandonne la maison\n  et se promène dans les jardins ou dans les prés, alors les couplets brillent\n"}, {"page_pdf": 177, "page_imprimee": 158, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2626, "texte": "                                 — 158 —\n\nde magique splendeur et un souffle léger de vie pénètre jusqu'aux racines\ndes cœurs arides comme la lymphe vivifiante qui perce la moelle des\narbres.\n   Par ce que j'ai dit, on voit aisément que l'œuvre de Guido Mazzoni n'est\npas grande; mais il n'est pas mal ici de rappeler les paroles d'un écrivain\ngrec : « Le bien ne se trouve point dans le grand, mais le grand dans le\nbien. »\n                                      IV\n   C'est une affirmation de tous les jours et de tous les lieux, que la poésie\nest un souffle divin, rien qu'un souffle; mais je ne saurais louer aucun\nde nos poètes qui l'ait montré, en effet, mieux que M. JEAN PASCOLI.\nCe jeune homme, né à Livourne, la ville cosmopolite, la ville des mar-\nchands, a écrit quelques petits livres où dominent complètement les pensées\nbrèves et fugitives. Il semble qu'il se soit dit : La poésie est un simple\nmoment; arrêter ce moment destiné à passer vite, voilà l'art. Ainsi, comme\nconséquence de cette opinion, tous les vers de Pascoli durent à peine un\ninstant : l'image, miraculeusement fixée, perfectionne le cadre, toute chose\nest arrêtée, aussitôt le morceau finit.\n   Chez M. Pascoli, donc, il n'y a que des paysages superbes et gracieux\nentrevus à demi, des tableaux pleins de charme campagnard avec des cases\nrustiques et d'amours à l'ombre des grands chênes, des croquis très vifs\nentremêlés des effets illusoires de la nature et retentissant des bruits du\njour. Mais tout cela demande un art si fin, si parfait qu'il est presque impos-\nsible d'obtenir toujours le but proposé. Toutefois, Jean Pascoli peut avec\nraison se vanter d'avoir poussé jusqu'aux plus lointaines limites le culte de\nl'art et du beau. Il est artiste dans le vrai sens du mot. Deux ou trois coups\nde plume vibres, décisifs, corrects : la scène est représentée sans qu'il y\nmanque les caractéristiques profondes du milieu et la spontanéité des\nchoses qui vivent.\n   Toute la finesse de la langue latine, qui possède en Pascoli un interprète\nincomparable, lui donne l'apparat artistique qu'il transmet dans ses vers.\nSon dernier volume, eu égard à l'art, on peut le dire parfait.\n   Assez souvent, comme Mazzoni, M. Pascoli aussi boit à la source iné-\npuisable de la poésie domestique ; il y montre une disposition très habile et\nune génialité très puissante. Mazzoni, si on le considère comme styliste,\nest certainement plus grand que lui ; mais Pascoli connaît mieux que\ncelui-ci le jeu de tirer parti de l'être intime, de saisir les motifs prédomi-\nnants de la terre et du ciel et se sert magiquement de l'art par lequel notre\ncœur s'émeut.\n"}, {"page_pdf": 178, "page_imprimee": 159, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2565, "texte": "                                   —159 —\n\n     D'une manière bien simple, sa poésie apporte le calme et la joie, le repos\n  et l'ivresse : elle ne lasse jamais la pensée et nous berce dans les plus déli-\n  cats des rhythmes avec une souplesse admirable.\n     Faut-il encore noter, à cause de l'extravagance du fait, que Pascoli n'est\n  pas trop estimé en Italie : je ne puis en deviner la raison, mais le fait est\n  vrai.\n     Ne serait-ce pas qu'il refuse de s'abaisser à la réclame des journaux et\n  des revues ainsi que font les autres ?\n     Quoi qu'il en soit, ses productions poétiques resteront, sans doute, dans\n  le domaine de la littérature et nous en verrons toujours la gloire, cette\n' gloire qui ne manque jamais aux vraies âmes de poète.\n\n\n                                        V\n\n    Plus capricieux que tout autre jeune ami du Parnasse, M. SEVERINO\n FERRARI a su mêler l'art délicieux d'écrire en vers avec la rigidité presque\n morne de la bibliophilie, à laquelle il a consacré beaucoup de temps et de\n soins méticuleux. La poudre des archives et des bibliothèques lui a donné\n une saveur d'antiquité tout à fait originale en lui offrant aussi les moyens\n de pénétrer au fond de la vie populaire italienne de jadis.\n    Il est permis de dire avec toute franchise qu'il a trouvé mieux dans les\n siècles passés, où les chevaliers combattaient pour les yeux d'une dame et en\n défense de droits sacrés, qu'en notre époque étouffée sous la boue des scan-\n dales et sous le fard de la banalité.\n    Le premier volume qu'il publia, si je ne me trompe, a été cette œuvre\n intitulée Bordatini où sont reproduits tous les beaux mètres et les joyeuses\n rimes du trecento et du quatrecento : beaucoup ont été tirés de Franco\n Sacchetti et de Agnolo Cini, nommé le Poliziano, écrivains qui lui sont\n familiers.\n   Ainsi Severino Ferrari a fait une neuve et glorieuse œuvre d'art, en\n  maniant, en s'assimilant le superbe héritage poétique de nos ancêtres, en\n  pénétrant même dans les profondeurs du cœur humain, surtout l'âme\n  populaire. De là le singulier charme du livre qui aujourd'hui est devenu\n  assez rare. Notre auteur a cultivé sans cesse les troubadours de Provence,\n  la terre où on a tant aimé, tant joui, tant souffert dans le moyen-âge, et\n  en a rapporté un esprit de chevalerie qui lui donne l'air dun page de la\n  cour de Raymond de Toulouse, amoureux de toutes les belles dames qu'il\n  voit passer devant lui. Il chante toujours l'amour éternel, la beauté de la\n  nature à chaque saison de l'année, la bonté et les yeux bleus de sa bien-\n"}, {"page_pdf": 179, "page_imprimee": 160, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1178, "texte": "                                     — 160 —\n\naimée, les tourments du mépris et de la jalousie. Il entend monter, à tra-\nvers l'espace, à travers le temps, dans les nuits silencieuses et azurées, la\nvoix du passé, de la vie disparue comme l'atome qui fuit sans retour.\n  Mais combien de fois l'effet voulu lui a-t-il manqué? Ce serait une assez\ninopportune analyse. Pourtant il faut bien avertir notre poète afin qu'il se\ngare soigneusement des lieux communs, des conceptions maintes fois\nhasardeuses et des vertiges de la nouveauté.\n  Avant que je finisse, c'est mon devoir de noter un autre livre de Severino\nFerrari, Il Mago, manifestation vigoureuse et fantastique d'une intelli-\ngence supérieure. Ici le poète glisse de pensée en pensée, d'idée en idée,\nd'image en image, presque en acrobate, cherchant surtout à étourdir le\nlecteur qui reste enchanté et qui subit le charme terrible et délicat à la fois\nde la magie.\n   Si je suis bien informé, M. Ferrari prépare actuellement d'autres vers,\nauxquels je souhaite un accueil heureux comme l'on peut amicalement le\ndésirer.\n                                         ANTONIO SANTE-MARTORELLI\n  Sienne, février.\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 160, "page_fin": 161, "titre_corps": "Chronique littéraire : Légendes flamandes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "chiffler etc", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 179, "page_imprimee": 160, "debut_caractere": 1178, "fin_caractere_exclue": 2633, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n   Légendes flamandes, par CH 'DECOSTER (Bruxelles, Lacomblez).— Vieux Saxe, par\nHENRI MAZEL (Paris, Girard).— Contes à soi-même, par HENRI DE RÉGNIER (Paris, Librairie\nde l'Art indépendant). — Esoterisme et socialisme, par ALBER JHOUNEY (Paris, Comptoir\nd'édition). — L'Aînée; Rêves des heures lentes, par CHARLES BUET (Gand, Siffer). —\nUneAme wallonne, par A DAXHELET (Bruges, Popp).—Par les Routes..., par J.DESGENAIS\n(Malines, Godenne).— Revanche d'amour, par M. DE CATERS (Paris, Flammarion). —\nHarald Roi, par J. BOSIERS (Bruxelles, Lacomblez).\n\n    « C'est dans la langue de Rabelais queM. Decoster à écrit ses Légendes »,\nassure M. Deschanel, et sous la plume de ce lettré, une si hardie et témé-\nraire affirmation fait une exorbitante figure! En réalité, l'entreprise serait\nardue, même à M. Deschanel, de fixer la date linguistique des Légendes,\naucune règle n'ayant régi le choix hétéroclite de Decoster parmi les formes\nsuccessives du français, non plus, d'ailleurs, que son orthographe arbitraire:\nson procédé ressort à un archaïsme postiche et inflige une véritable tare à\nson œuvre.\n   Quant au style, à la technique volontairement puérile de la période,\nl'élision des articles, — artifices trop faciles de naïveté, — cette sorte d'absence\nde perspective dans la phrase qui, figée, prend la roideur gothique des\neffigies cernées de plomb d'un vitrail, ce sont de flagrants parachronismes,\naussi, et plus graves encore.\n"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2631, "texte": "                                    — 161 —\n\n    Un idiome s'organise lui-même, s'épanouit et s'affine; chacun de ses\nâges représente l'emblême corrélatif et spontané du siècle auquel il servit\nd'interprête; un être à un degré défini de son évolution, indissoluble et\nlogique; et, évidemment, l'image qui amalgame des traits empruntés à des\nphases éloignées de sa croissance, n'en restitue qu'une physionomie déna-\nturée (1).\n    Or, l'inesthétique ambition de Decoster se résumerait ainsi : peindre, à\nl'aide de mots d'une désuétude indécise, appareillés selon la primaire\nsyntaxe du XIVe siècle, et en français, les Flamands — choses et gens —\ndu déclin du XVIe siècle! Le dialecte de Calvin, de Montaigne, d'Amyot et\nde Du Bellay, adolescent vigoureux, tout de jeune verdeur et de juvénile\neffronterie, ferait, certes, une nique gouailleuse à son fantôme minable et\nblafard des Légendes!\n    En adoptant le ton monotonement candide et ébahi des chroniques,\nDecoster visait à imprimer à ses récits l'accent d'ingénuité et de bonhomie,\nspécifique, à ses yeux, de la période qu'il voulait illustrer; mais l'incohé-\nrente vétusté composite de son vocabulaire, cet outil impropre et dur, gau-\nchissant la main de l'ouvrier, rétrécirent son initiative, par leurs insuffi-\nsances, l'inclinèrent à stéréotyper ses inventions, à se satisfaire de poncifs\n factices et conventionnels.\n    L'objectif de l'écrivain était de recréer l'atmosphère de simplesse pieuse\net joviale, de malice matoise et débonnaire, caractères plus ou moins\nauthentiques de ce bun vieux temps-là ; et indubitablement, la grammaire\net le lexique actuels offraient, à foison, les éléments susceptibles d'en trans-\nposer l'émerveillante impression, dans l'expressif et magnifique langage de\nla légende.\n    Si l'on songe alors qu'il s'agit de légendes flamandes ! comment ne point\n se rappeler les inflexions incisives et savoureuses du très moderne français\n de M. Georges Eekhoud? certaines Kermesses où l'âme, vraiment, l'âme\n populaire flamande se traduit passionnément et qui réduisent les contes de\n Decoster au rang d'une ingénieuse imagerie décolorée.\n    Cependant, l'auteur d'Uylenspiegel possédait le sens et la sensibilité\n profonde de la fable ; Sire Halewyn en témoigne, et ce fait étrange, sur-\n tout, que, malgré le glaçant préjugé pittoresque incarné par ce livre,\n l'absurde vernis simili-romantique dont se revêtent ses tableaux, — l'artiste\n triomphe de lui-même, très souvent, et victorieux de sa préconception\n erronée, en distrait le lecteur pour lui communiquer une émotion durable\n et belle.\n                                         ***\n    "}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2932, "fin_caractere_exclue": 3372, "texte": "(1) Decoster emploie concurremment tous jours et toujours; cettuy et ce, celui-ci;\nvolentiers et volontiers, etc., incompatibles et qui devraient se frapper d'exclusion\nmutuelle. 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Enfin, — archéologie\nexpéditive! — il éclope les vocables existants ou en fabrique qu'aucun glossaire\nn'admettrait : plaudir, animant, surorer,/ureusement, éclater, tabuster, menaceusement,\nchiffler, etc.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 161, "page_fin": 162, "titre_corps": "Chronique littéraire : Vieux Saxe", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Ce siècle dont Paul Verlaine", "ancre_fin": "on était épuisé de larmes", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Sa voix me semblait venir de moi même", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 180, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 2631, "fin_caractere_exclue": 2932, "texte": "Ce siècle, dont Paul Verlaine réinventa la spécieuse féerie lyrique, l'ado-\n rable métaphore mensongère, que le perspicace burin de Rops résuma en\n une série d'eaux-fortes où l'égoïste étourderie, l'aride et fragile élégance,\n le vice maniéré du temps se configurent dans la posture cynique de sa\n\n\n  "}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "                                  —   162   —\n\n\nfoncière bestialité, — M. Mazel en tente aujourd'hui une restauration d'un\nautre genre, plus véridique — et moins vraie.\n   Ces jolis titres poudrés, le Galant stratagème, l'Heure du Berger, la\nPrécaution dangereuse, étiquettent des pastels de teintes un peu crues et\ntranchées, sur lesquels les années n'ont point passé leur estompe pour en\névaporer les contours, en nuer les couleurs. Les âmes galantes de M. Mazel\nusent, parfois, de singulières mignardises; ses très délurées ingénues com-\nmettent d'inconcevables et scabreux quiproquos... C'est le danger des\npastiches de cette sorte : ils requièrent un tact minutieux, l'inspiration\nérudite et le loisir de la frivolité, tellement qu'une réussite semble toujours\nun prodige délicat et unique.\n   Les premières scènes du recueil paraissent, dans la pensée de l'auteur, le\nprélude contrasté, simplement, et le prologue de la Surprise de l'amour et\ndes Funérailles d'un siècle, d'une valeur fort supérieure, dramatiques, et\noù l'action se répercute en un dialogue nerveux et retors.\n   Si le style de M. Mazel manque, quelquefois, du pur aloi contemporain,\nil a saisi, néanmoins, les traits essentiels de ce siècle libertin, tour à tour,\net liberticide, et qui envisageait la vie ainsi qu'une intrigue divulguée, à\nlaquelle le goût suprême prohibait de vouer le plus volage intérêt; de ce\nmonde, décor décrépit que le premier courant d'air effondrera, comme la\ndroiture et la claire loyauté de la Silvia de la Surprise de l'amour suffisent\npour déconcerter l'imbroglio où, déjà, on l'espérait compromise.\n   La vogue vint sur le tard, du naturel et de la sensibilité : on pleura à la\nfureur, — rustique attendrissement, amour de la chose publique, ou même,\nvertuosité! Heureusement! car, à l'échéance scélérate, — les Funérailles\nd'un siècle; — lorsque, la pastorale et l'idylle dépassées, Trianon ayant servi\nd'antichambre à la Conciergerie, Estelle et Némorin, dépoitraillés, soudain,\net hurlants, révélèrent des personnages inattendus ! — on était épuisé de\nlarmes et on ne se trouva plus que de la fierté!\n                                       **\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 162, "page_fin": 163, "titre_corps": "Chronique littéraire : Contes à soi-même", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Sa voix me semblait venir de moi même", "ancre_fin": "commentaire mélodique", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "M Alber Jhouney réunit", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 181, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 2161, "fin_caractere_exclue": 3557, "texte": "Sa voix me semblait venir de moi-même, et comme si c'eût été au\nfond de moi qu'il parlât... » Et c'est de cette voix là, en effet, uniforme et\nlointaine, que semblent émis ces Contes à soi-même, monologue, désin-\ntéressé de l'auditeur, de quelque somnambulique vagabond nocturne,\nentré chez vous par hasard, et dont sa propre confidence détache des\nlimbes et précise en lui, au fur et à mesure qu'il l'énonce, le visionnaire\nsouvenir... Et le narrateur parle, comme à la cantonnade de son extase,\ns'ausculte en des personnages, se suscite parmi des cités, des paysages,\ntourbillonnant polyorama, mobiles aspects de sa pensée, dont il finit par\nne se sentir plus être lui-même que l'ombre désabusée... Le poète écoute\nson évanescente rêverie, l'attise et l'élucide à la formuler : — au travers de\nchatoyantes et déductrices images se la métamorphose : Paladins, languis-\nsantes châtelaines, blondes et tristes courtisanes, — médiums de sa per-\nplexité, hérauts pathétiques de ses effusions ombrageuses; nobles incarna-\ntions, parées toutes de grâce incisive et mélancolique, qui hantent l'horizon\nde sa méditation, le saluent en passant de paroles inouïes et familières.\nCar, pour celui qui ne craint point en affronter l'inquiétant mystère, le\nrêve acquiert la transparence de l'impartial miroir sublimatoire où,\ndépouillée d'apparat et de superbe, bientôt se réfléchit sa conscience\ninconnue ..\n"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1215, "texte": "                                   — 163 —\n\n   Folle, paradoxale ou profonde, l'évagation de l'artiste le transporte —\nacteur, tout à la fois et témoin — au milieu de la sombre fête du monde,\ndans la chère solitude d'une province excentrique, entre les drèves et les\nquinconces de quelque parc, splendide ruine symétrique que l'automne et la\nnostalgie hallucinent et le passage d'Eurydice! Prince aventurier, dont la\ndouce campagne et la lisière songeuse des forêts considèrent décroître à\nl'orient l'escorte équestre ; ou fantaisiste trouvère, le conteur s'équipe pour\nde chevaleresques pèlerinages, la conquête d'une fleur, d'un sourire, — ou\nd'un regret.\n   On a assimilé la prose de M. de Régnier à celles de M. Mallarmé, para-\ndigmes, comme on sait, hiérotypes de toute œuvre valide, désormais! Le\ndur émail de la phrase céramique de M. Mallarmé, sa mosaïque laborieuse\nne trouvent aucune analogie dans les Contes à soi-même; la période de\nM. de Régnier, ondoyante et pittoresque, habile aux demi-teintes, excelle sur-\ntout à suivre le méandre, l'indécis erratisme de ces soliloques sentimentaux,\nsinués par le décor ou la saison, symphonies dont ils simulent, alors,\nl'insidieux commentaire mélodique...\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 163, "page_fin": 164, "titre_corps": "Chronique littéraire : Ésotérisme et socialisme", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "M Alber Jhouney réunit", "ancre_fin": "quelque noble créature", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "M Charles Buet conserve", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 182, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 1215, "fin_caractere_exclue": 3460, "texte": "M. Alber Jhouney réunit, sous le titre d'Esotérisme et socialisme, quatre\nlectures faites à l'hôtel des sociétés savantes à Paris, — très clair et logique\nexposé de la doctrine ésotérique, telle que la conçoivent de lucides esprits,\n— désaffublée des oripeaux charlatanesques, dont les époptes tarasconais et\nles Chaldéens du boulevard la travestirent. L'initiation, en somme, con-\nsisterait en un syncrétisme qui, empruntant à chaque métaphysique, sacrée\nou profane, l'aspect de la vérité qu'elle exprima, renouant la tradition\nrationnelle et divine, ordonne ainsi une ontologie, soumise à l'harmonie,\nhypothèse étayée de preuves absolues et empiriques, les récentes enquêtes\nde la science consacrées aux phénomènes ecténiques, notamment.\n   Après le brahmanisme et le saniassisme, M. Jhouney adopte la théorie\nde la transmigration : les âmes, émanées du Verbe-Lumière à l'état de\ngerme innocent, conquièrent, au cours cyclique de leurs métempsycoses,\nconscience de plus en plus sublimée d'elles-mêmes, jusqu'à l'heure où\nl'équilibre de leur dualité physique et morale, rompu au profit de leur\npersonnalité spirituelle, les rend aptes à se confondre dans la perfection\nthéandrique. Le Christ, seul, âme naturellement divine, échappe à\ncette psychogonie. Reproche singulier dans la bouche d'un adepte,\n M. Jhouney inculpe l'Eglise catholique, prédicatrice, d'ailleurs, fidèle des\nenseignements du Christ, d'en avoir voilé, l'essence, de sa théologie! Le\ndogme, sans doute, s'exagéra un peu et se roidit contre les aberrations des\n gnostiques, l'illumisme sensuel des mystiques, les perversions de la foi per-\n sonnelle; mais, c'était embaumer le Christ pour le garantir d'une dévotion\n destructive ; et, au reste, les rites formels, tout à la fois, et symboliques, les\n merveilleuses liturgies romaines manifestent, si l'on veut, l'apparence céré-\n monielle, exotérique, la splendide image visible de son culte temporel : Le\n Sinaï n'est pas accessible à la multitude.\n   Que toutes les énergies donc, conclut M. Jhouney, les inspirations et les\n croyances, — la science, l'art, les Eglises, — s'orientent vers le but unique,\n se syndiquent dans le dévouement et l'abnégation pour réaliser le Christ,\n résoudre pacifiquement le problème social.\n"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 643, "texte": "                                     — 164 —\n\n   Rêve généreux et grandiose et utopique, car comment instaurer la hié-\nrarchie au moment où la notion même de la subordination paraît détruite?\nlorsque le siècle est menacé de l'outrageuse dictature des âmes instinc-\ntives?\n   On ne crée point une conviction; tout au plus peut-on en développer les\ngermes sympathiques préexistants. Si donc, la substantielle et souvent\npersuasive éloquence, l'enthousiasme pur de ce livre échouent auprès de la\nmajorité des lecteurs, au moins fixeront-ils' l'aspiration hésitante ou égarée\nde quelque noble créature.\n                                     *\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-03-n3-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 164, "page_fin": 164, "titre_corps": "Chronique littéraire : L’Aînée", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "M Charles Buet conserve", "ancre_fin": "humble et modeste héroïne", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Rêves des heures lentes visions", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 183, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 643, "fin_caractere_exclue": 1217, "texte": "M. Charles Buet conserve le secret des contes romantiques, savamment\n pittoresques et pourtant simples ; il reste élégiaque avec impunité et sans\nprovoquer au sourire. Le snobisme sceptique de l'heure exalte encore son\n spiritualisme, car il en a plus que la bravoure, la coquetterie! 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Daxhelet exile son Ame wallonne parmi les crics et les grues d'Anvers\noù elle s'étiole et meurt — de la poitrine. L'auteur présume tellement\nde l'inédit de cette nouvelle, que le simple énoncé lui en paraît doué d'un\nrelief surabondant ; et c'est dommage, car certaines pages font regretter la\ngalopante nostalgie de son personnage, abrégée, par conséquent, et super-\nficielle. 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Desgenais, aussi, quelquefois; il\ns'en va, alors, et s'en revient avec une gerbe de proses champêtres : Par les\nroutes, aussi vertes et non moins tendres que la couverture sous laquelle il\nnous les offre... 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Chainaye a montré le rôle que le mer-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2234, "fin_caractere_exclue": 2280, "texte": "veilleux a joué de tout temps dans l'histoire,"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2324, "fin_caractere_exclue": 2366, "texte": "dans l'art, dans toutes les manifestations"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2412, "fin_caractere_exclue": 2451, "texte": "de l'âme humaine. Le positivisme absolu"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2494, "fin_caractere_exclue": 2539, "texte": "n'existe pas. Le libre penseur, le sceptique,"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2580, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "sacrifie malgré lui à ce besoin de merveil-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2667, "fin_caractere_exclue": 2709, "texte": "leux, de surnaturel inné dans l'homme. Qui"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2748, "fin_caractere_exclue": 2789, "texte": "n'est pas religieux est souvent supersti-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2832, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "tieux. Croire à quelque chose est un besoin !"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2919, "fin_caractere_exclue": 2961, "texte": "A défaut de dieux on se crée des fétiches."}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3006, "fin_caractere_exclue": 3046, "texte": "L'Art n'est-il pas un de ces dieux ? Et,"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3098, "fin_caractere_exclue": 3143, "texte": "aujourd'hui, le nombre croissant de « petites"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3186, "fin_caractere_exclue": 3231, "texte": "chapelles », dont chacune a ses pontifes, ses"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3278, "fin_caractere_exclue": 3320, "texte": "images, ses grands prêtres, ne révèle-t-il"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3365, "fin_caractere_exclue": 3407, "texte": "pas ce besoin de religion, de croyance, de"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3452, "fin_caractere_exclue": 3496, "texte": "fanatisme, inséparable de la nature humaine?"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3540, "fin_caractere_exclue": 3577, "texte": "Parlant ensuite du génie fantastique,"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3622, "fin_caractere_exclue": 3659, "texte": "M. Chainaye a opposé les poètes de la"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3704, "fin_caractere_exclue": 3745, "texte": "famille des Hoffmann, des Baudelaire, des"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3790, "fin_caractere_exclue": 3834, "texte": "Edgar Poe et de tant d'autres, qui ont cher-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3877, "fin_caractere_exclue": 3921, "texte": "ché leurs sujets et puisé leurs inspirations"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3964, "fin_caractere_exclue": 4009, "texte": "en des choses réelles et tangibles, aux Zola,"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4048, "fin_caractere_exclue": 4093, "texte": "aux Daudet et aux écrivains dits naturalistes"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4135, "fin_caractere_exclue": 4179, "texte": "qui se contentent de décrire et de narrer la"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4223, "fin_caractere_exclue": 4267, "texte": "vie et le monde extérieurs, tout ce que per-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4312, "fin_caractere_exclue": 4358, "texte": "çoivent leurs sens grossiers, leur esprit pro-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4401, "fin_caractere_exclue": 4442, "texte": "saïque réfractaire aux spéculations géné-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4480, "fin_caractere_exclue": 4512, "texte": "reuses, aux aspirations idéales."}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4667, "fin_caractere_exclue": 4706, "texte": "M. Hector Chainaye a dit sa conférence,"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4725, "fin_caractere_exclue": 4771, "texte": "très littéraire sans être apprêtée, avec beau-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 166, "fin_caractere_exclue": 210, "texte": "coup d'aisance, de naturel et ce ton de sin-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 258, "fin_caractere_exclue": 300, "texte": "cérité et de conviction, de sympathie pour"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 348, "fin_caractere_exclue": 391, "texte": "les choses dites, qui ajoute tant de charme"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 439, "fin_caractere_exclue": 479, "texte": "aux conférences, nous dirons même qui en"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 527, "fin_caractere_exclue": 560, "texte": "fait souvent le charme principal."}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 653, "fin_caractere_exclue": 693, "texte": "Nous trouvons dans le Journal de Bruxel­"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 741, "fin_caractere_exclue": 785, "texte": "les, sous la signature de M. Ernest Verlant,"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 833, "fin_caractere_exclue": 871, "texte": "l'article suivant sur la conférence de"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 960, "fin_caractere_exclue": 976, "texte": "M. Iwan Gilkin :"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 1027, "fin_caractere_exclue": 1061, "texte": "M. Iwan Gilkin a parlé, avec grand"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 1107, "fin_caractere_exclue": 1148, "texte": "succès, de l'œuvre lyrique de Théodore de"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 1191, "fin_caractere_exclue": 1233, "texte": "Banville. Le pouvoir d'illusion qui trans-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 1277, "fin_caractere_exclue": 1321, "texte": "forme dans l'esprit du souriant poète la vie"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 1366, "fin_caractere_exclue": 1407, "texte": "réelle en une fête féerique, en une sorte"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 1451, "fin_caractere_exclue": 1495, "texte": "d'opéra idéal, son optimisme foncier, excep-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 1542, "fin_caractere_exclue": 1582, "texte": "tionnel chez les romantiques, son hellé-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 1669, "fin_caractere_exclue": 1707, "texte": "nisme, sa joie lyrique, poussée au pa-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 1749, "fin_caractere_exclue": 1791, "texte": "roxysme, la jeunesse éternelle de ses yeux"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 1839, "fin_caractere_exclue": 1880, "texte": "d'enfant devant la beauté des choses, son"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 1928, "fin_caractere_exclue": 1969, "texte": "hyperbolisme, sa fantaisie funambulesque,"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2017, "fin_caractere_exclue": 2061, "texte": "M. Gilkin a analysé tous ces traits caracté-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2107, "fin_caractere_exclue": 2150, "texte": "ristiques avec une grande précision, en les"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2192, "fin_caractere_exclue": 2233, "texte": "illustrant d'exemples habilement choisis."}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2281, "fin_caractere_exclue": 2323, "texte": "Mais, outre l'excellence de son exposition"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2367, "fin_caractere_exclue": 2411, "texte": "critique, il faut louer l'exquise convenance"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2452, "fin_caractere_exclue": 2493, "texte": "des images harmonieuses par lesquelles il"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2540, "fin_caractere_exclue": 2579, "texte": "a su manifester l'essence même du génie"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2624, "fin_caractere_exclue": 2666, "texte": "banvillien. Le poète n'a pas seulement été"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2710, "fin_caractere_exclue": 2747, "texte": "commenté avec une respectueuse clair-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2790, "fin_caractere_exclue": 2831, "texte": "voyance; dans une gloire olympienne, il a"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2878, "fin_caractere_exclue": 2918, "texte": "revécu un instant, évoqué par l'art d'un"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 2962, "fin_caractere_exclue": 3005, "texte": "autre poète, vraiment digne de le célébrer."}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3056, "fin_caractere_exclue": 3097, "texte": "Mais le sujet de la conférence de M. Gil-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3144, "fin_caractere_exclue": 3185, "texte": "kin était double. A propos de Théodore de"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3232, "fin_caractere_exclue": 3277, "texte": "Banville, qui eut l'orgueil d'être un parfait"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3321, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "ouvrier du vers, qui ressuscita et rajeunit"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3408, "fin_caractere_exclue": 3451, "texte": "les formes anciennes, les rythmes négligés,"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3497, "fin_caractere_exclue": 3536, "texte": "qui concentra la théorie de la métrique"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3578, "fin_caractere_exclue": 3621, "texte": "française dans un profond traité technique,"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3660, "fin_caractere_exclue": 3703, "texte": "M. Gilkin a pensé qu'il était bon de parler"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3746, "fin_caractere_exclue": 3789, "texte": "de la récente crise du vers français, pour-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3835, "fin_caractere_exclue": 3876, "texte": "suivant la croisade qu'il a énergiquement"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 3922, "fin_caractere_exclue": 3963, "texte": "entreprise dans la Jeune Belgique et ail-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4010, "fin_caractere_exclue": 4047, "texte": "leurs, naguère à la tribune du Cercle"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4094, "fin_caractere_exclue": 4134, "texte": "Léon XIII, ou ici même, contre les nova-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4180, "fin_caractere_exclue": 4222, "texte": "teurs et les anarchistes du vers libre. Au"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4268, "fin_caractere_exclue": 4311, "texte": "risque de se faire appeler arriéré par ceux"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4359, "fin_caractere_exclue": 4400, "texte": "qui pensent que tout l'intérêt d'une idée"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4443, "fin_caractere_exclue": 4479, "texte": "consiste dans sa nouveauté supposée,"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4527, "fin_caractere_exclue": 4571, "texte": "M. Gilkin s'est élevé contre les révolution-"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4619, "fin_caractere_exclue": 4663, "texte": "naires avec la franchise la plus nette et la"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4707, "fin_caractere_exclue": 4724, "texte": "plus catégorique."}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 4775, "fin_caractere_exclue": 4811, "texte": "Nous ne pouvons entrer dans tous les"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "détails de son argumentation touffue. Bor-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 142, "fin_caractere_exclue": 183, "texte": "nons-nous à en dresser une sommaire table"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 232, "fin_caractere_exclue": 276, "texte": "des matières. M. Gilkin a traité successive-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 325, "fin_caractere_exclue": 367, "texte": "ment de l'importance de la forme e« art et"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 368, "fin_caractere_exclue": 412, "texte": "de son union indissoluble avec le fond, dont"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 444, "fin_caractere_exclue": 488, "texte": "elle constitue la garantie, car la beauté du"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 533, "fin_caractere_exclue": 574, "texte": "fond ne peut apparaître que dans la forme"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 621, "fin_caractere_exclue": 663, "texte": "belle; — de l'invention arbitraire du pré-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 710, "fin_caractere_exclue": 751, "texte": "tendu vers libre, amorphe, informe, prôné"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 805, "fin_caractere_exclue": 845, "texte": "par des poètes à la pensée chaotique, en"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 898, "fin_caractere_exclue": 942, "texte": "opposition avec le vers traditionnel, histo-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 943, "fin_caractere_exclue": 985, "texte": "rique, qui s'est développé lentement comme"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1034, "fin_caractere_exclue": 1077, "texte": "un organisme vivant; — de l'inutilité d'une"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1128, "fin_caractere_exclue": 1167, "texte": "réforme, rien ne démontrant que le vers"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1216, "fin_caractere_exclue": 1257, "texte": "classique perfectionné par Victor Hugo et"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1314, "fin_caractere_exclue": 1359, "texte": "ses successeurs ne soit apte, entre les mains"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1407, "fin_caractere_exclue": 1451, "texte": "d'un poète savant, à exprimer les sentiments"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1501, "fin_caractere_exclue": 1541, "texte": "les plus compliqués des contemporains et"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1596, "fin_caractere_exclue": 1636, "texte": "les nuances les plus délicate; — des dé-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1683, "fin_caractere_exclue": 1724, "texte": "fauts de la réforme proposée, qui n'a pas"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1763, "fin_caractere_exclue": 1809, "texte": "de principe fixe, qui n'a d'autre règle que le"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1854, "fin_caractere_exclue": 1898, "texte": "bon plaisir et le petit bonheur, — et aussi,"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1943, "fin_caractere_exclue": 1987, "texte": "en passant, de la part de responsabilité qui"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2035, "fin_caractere_exclue": 2079, "texte": "incombe, dans cette affaire, à Verlaine pour"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2125, "fin_caractere_exclue": 2169, "texte": "ses négligences et pour les louanges dont il"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2216, "fin_caractere_exclue": 2256, "texte": "a comblé Corbière et Rimbaud, à Laforgue"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2309, "fin_caractere_exclue": 2349, "texte": "pour ses réjouissantes, mais dangereuses"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2403, "fin_caractere_exclue": 2414, "texte": "gamineries."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2588, "fin_caractere_exclue": 2629, "texte": "De l'anarchie intellectuelle d'à présent,"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2679, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "M. Gilkin ne peut s'empêcher de parler avec"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2773, "fin_caractere_exclue": 2815, "texte": "indignation, sans pouvoir imiter, comme il"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2864, "fin_caractere_exclue": 2908, "texte": "l'a fait remarquer, l'ironique douceur et la"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2956, "fin_caractere_exclue": 3000, "texte": "sérénité de Banville. C'est que, poète belge"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3016, "fin_caractere_exclue": 3057, "texte": "lui-même et justement désireux de relever"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3114, "fin_caractere_exclue": 3159, "texte": "le culte des lettres dans ce pays qui a tardé"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3207, "fin_caractere_exclue": 3250, "texte": "si longtemps à apprécier et à connaître les"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3299, "fin_caractere_exclue": 3342, "texte": "formes rigoureuses du langage et de la ver-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3391, "fin_caractere_exclue": 3435, "texte": "sification, M. Gilkin a le sentiment profond"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3484, "fin_caractere_exclue": 3526, "texte": "du mal causé chez nous, plus qu'en France,"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3569, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "par des doctrines qui tendent à favoriser"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3629, "fin_caractere_exclue": 3670, "texte": "nos vices nationaux et à ruiner l'édifice"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3722, "fin_caractere_exclue": 3766, "texte": "poétique qui commence à s'élever. Il n'avait"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3814, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "pas besoin de s'excuser d'avoir plaidé sa"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3907, "fin_caractere_exclue": 3945, "texte": "cause avec un peu d'emportement; quand"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4002, "fin_caractere_exclue": 4045, "texte": "il s'agit de combattre des idées fausses et"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4096, "fin_caractere_exclue": 4134, "texte": "malsaines et qu'on sait en même temps,"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4187, "fin_caractere_exclue": 4229, "texte": "comme lui, conserver son impartialité vis-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4277, "fin_caractere_exclue": 4321, "texte": "à-vis des hommes de talent qu'elles égarent,"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4333, "fin_caractere_exclue": 4377, "texte": "la colère est une généreuse et virile vertu."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4381, "fin_caractere_exclue": 4418, "texte": "Et nous y applaudissons de tout cœur,"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4473, "fin_caractere_exclue": 4499, "texte": "avec son auditoire d'hier."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4751, "fin_caractere_exclue": 4788, "texte": "Au prochain numéro le compte rendu de"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4789, "fin_caractere_exclue": 4834, "texte": "la lecture faite à Bruxelles par notre ami et"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4835, "fin_caractere_exclue": 4869, "texte": "collaborateur M. Henri de Régnier."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 5109, "fin_caractere_exclue": 5146, "texte": "Notre collaborateur M. Ernest Closson"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 5198, "fin_caractere_exclue": 5240, "texte": "publie dans le Guide musical du 28 janvier"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 5291, "fin_caractere_exclue": 5336, "texte": "un article des plus instructifs intitulé « La"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "Technique dans l'Art », que nous ne recom-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 191, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "mandons pas seulement aux musiciens. Nos"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 281, "fin_caractere_exclue": 324, "texte": "abonnés liront avec intérêt le préambule de"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 417, "fin_caractere_exclue": 443, "texte": "cet article, ainsi conçu :"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 495, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "L'art traverse en ce moment une crise"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 582, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "curieuse, inquiétante; un mouvement se"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 670, "fin_caractere_exclue": 709, "texte": "dessine qui semble emporter de nombreux"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 759, "fin_caractere_exclue": 804, "texte": "groupes d'artistes, qui, de peur d'être taxés"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 854, "fin_caractere_exclue": 897, "texte": "de trembleurs et de réactionnaires, se sont"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 992, "fin_caractere_exclue": 1033, "texte": "mis à la remorque de la triomphante pous-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1083, "fin_caractere_exclue": 1127, "texte": "sée du modernisme et de la vérité artistique"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1177, "fin_caractere_exclue": 1215, "texte": "dont Wagner a été le génial promoteur."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1265, "fin_caractere_exclue": 1313, "texte": "Qu'adviendra-t-il, cette crise une fois passée !"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1363, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "— car le moment sera bientôt venu, du train"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1456, "fin_caractere_exclue": 1500, "texte": "dont vont les choses, où les modernes Icares"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1550, "fin_caractere_exclue": 1595, "texte": "se brûleront les ailes. Une réaction, évidem-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1645, "fin_caractere_exclue": 1682, "texte": "ment. Mais qui pourrait en déterminer"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1732, "fin_caractere_exclue": 1762, "texte": "actuellement les conséquences?"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1814, "fin_caractere_exclue": 1853, "texte": "Aussi n'avons-nous pas à nous en préoc-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 1903, "fin_caractere_exclue": 1942, "texte": "cuper pour le moment. 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Avec une"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2541, "fin_caractere_exclue": 2584, "texte": "logique singulière, le mouvement s'est pro-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2634, "fin_caractere_exclue": 2678, "texte": "pagé parmi les arts d'après l'ordre de leurs"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2728, "fin_caractere_exclue": 2772, "texte": "relations plus ou moins étroites avec la vie"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2822, "fin_caractere_exclue": 2863, "texte": "intensive elle-même, et d'après la mesure"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 2913, "fin_caractere_exclue": 2955, "texte": "de leurs moyens d'expression subjective de"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3005, "fin_caractere_exclue": 3015, "texte": "la nature."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3068, "fin_caractere_exclue": 3113, "texte": "La littérature et la poésie d'abord, la pein-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3163, "fin_caractere_exclue": 3206, "texte": "ture ensuite, et enfin la musique s'engagè-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3256, "fin_caractere_exclue": 3298, "texte": "rent dans cette voie, mais en un espace de"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3348, "fin_caractere_exclue": 3390, "texte": "temps relativement si court, pour une évo-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3440, "fin_caractere_exclue": 3483, "texte": "lution aussi grave, que l'on pourrait pres-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3533, "fin_caractere_exclue": 3568, "texte": "que considérer leur mouvement comme"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3618, "fin_caractere_exclue": 3628, "texte": "simultané."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3681, "fin_caractere_exclue": 3721, "texte": "De l'ensemble des doctrines professées —"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3771, "fin_caractere_exclue": 3813, "texte": "et proférées — par le groupe, deux surtout"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3863, "fin_caractere_exclue": 3906, "texte": "se détachent, très caractéristiques : d'une"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 3956, "fin_caractere_exclue": 4001, "texte": "part la négation de la forme et l'insouciance"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4051, "fin_caractere_exclue": 4095, "texte": "du style (amorphisme); de l'autre, le dédain"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4145, "fin_caractere_exclue": 4186, "texte": "de la science musicale ou même la contes-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4236, "fin_caractere_exclue": 4276, "texte": "tation de sa nécessité (agnoscisme déca-"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4326, "fin_caractere_exclue": 4332, "texte": "dent)."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4430, "fin_caractere_exclue": 4472, "texte": "A la suite d'un oubli dont la rédaction de"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4522, "fin_caractere_exclue": 4565, "texte": "la revue n'est pas responsable, le poème de"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4615, "fin_caractere_exclue": 4654, "texte": "notre collaborateur M. Maurice Dullaert"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4704, "fin_caractere_exclue": 4747, "texte": "n'a pas figuré au sommaire du mois dernier."}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4887, "fin_caractere_exclue": 4923, "texte": "Notre collaborateur M. Alber Jhouney"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4973, "fin_caractere_exclue": 5013, "texte": "demande à son tour un erratum... Dans le"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 5063, "fin_caractere_exclue": 5106, "texte": "poème intitulé : Vision d'un matin d'hiver,"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 5156, "fin_caractere_exclue": 5197, "texte": "il faut lire : « Brûle rouge au milieu du"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 5247, "fin_caractere_exclue": 5290, "texte": "grand disque d'opale » et non « Brûle rouge"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 5340, "fin_caractere_exclue": 5380, "texte": "et au milieu. . », comme on l'a imprimé."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 233, "fin_caractere_exclue": 268, "texte": "Le poète des Trophées ayant été élu"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 325, "fin_caractere_exclue": 366, "texte": "membre de l'Académie française, nous pré-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 416, "fin_caractere_exclue": 460, "texte": "sentons nos félicitations à M. de Heredia et"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 508, "fin_caractere_exclue": 529, "texte": "surtout à l'Institut."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 596, "fin_caractere_exclue": 636, "texte": "L'Indépendance belge est, comme on sait,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 639, "fin_caractere_exclue": 684, "texte": "un journal très littéraire et qui ne permet à"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 687, "fin_caractere_exclue": 731, "texte": "personne d'être plus littéraire qu'elle. Ses"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 781, "fin_caractere_exclue": 821, "texte": "moyens lui permettent cette ambition. On"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 874, "fin_caractere_exclue": 918, "texte": "en jugera par l'appréciation suivante de son"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 965, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "correspondant parisien :"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1058, "fin_caractere_exclue": 1099, "texte": "« M. de Heredia, dont je ne veux pas dire"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1146, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "de mal, bien qu'il se soit fait naturaliser"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1239, "fin_caractere_exclue": 1281, "texte": "Français onze mois seulement avant sa can-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1422, "fin_caractere_exclue": 1463, "texte": "didature, et qui n'est qu'un succédané de"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1538, "fin_caractere_exclue": 1579, "texte": "M. Victor Hugo, a été élu dès son appari-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1581, "fin_caractere_exclue": 1601, "texte": "tion à l'Institut. »"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1606, "fin_caractere_exclue": 1642, "texte": "M. de Heredia un succédané de Victor"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1643, "fin_caractere_exclue": 1666, "texte": "Hugo!! C'est inattendu."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1757, "fin_caractere_exclue": 1796, "texte": "Le jour où le correspondant parisien de"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1870, "fin_caractere_exclue": 1912, "texte": "l'Indépendance voudra se faire naturaliser"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2006, "fin_caractere_exclue": 2016, "texte": "Béotien..."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2168, "fin_caractere_exclue": 2204, "texte": "La Jeune Belgique offre en prime les"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2351, "fin_caractere_exclue": 2391, "texte": "œuvres complètes du prochain académicien"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2446, "fin_caractere_exclue": 2491, "texte": "à celui de ses lecteurs qui retiendra les six"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2540, "fin_caractere_exclue": 2581, "texte": "vers suivants de M. de Montesquiou-Fezen-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2629, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "sac :"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2729, "fin_caractere_exclue": 2766, "texte": "Phlox, Melacocarpus, Pentsemon, Ixia,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2822, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "Agave, Schizanthus, Thlaspi, Collinsia,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2916, "fin_caractere_exclue": 2955, "texte": "Epacris, Ixiora, Brachicome, Rhodanthe,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2980, "fin_caractere_exclue": 3018, "texte": "Centrenthus, Areca, Tegeles, Muscaris,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3071, "fin_caractere_exclue": 3106, "texte": "Messenbrianthemum et Strutiopteris,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3113, "fin_caractere_exclue": 3152, "texte": "Arthurium, Rhapis, Arecas et Limnanthe."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3363, "fin_caractere_exclue": 3399, "texte": "M. Elisée Reclus ayant assisté à une"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3456, "fin_caractere_exclue": 3499, "texte": "conférence de la Section d'art de la Maison"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3552, "fin_caractere_exclue": 3590, "texte": "du peuple, le journal Le Peuple publie"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3637, "fin_caractere_exclue": 3663, "texte": "l'entrefilet q u e voici :"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3813, "fin_caractere_exclue": 3853, "texte": "« Quelques pseudo anarchistes, rapins et"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3943, "fin_caractere_exclue": 3987, "texte": "écrivailleurs de mauvais aloi.ont cru devoir"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4029, "fin_caractere_exclue": 4072, "texte": "souligner la manifestation de sympathie qui"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4093, "fin_caractere_exclue": 4137, "texte": "a accueilli Elisée Reclus à la Section d'art"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4283, "fin_caractere_exclue": 4320, "texte": "par les cris de : Vive l'anarchie ! »"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4374, "fin_caractere_exclue": 4413, "texte": "C'est donc cet auditoire-là, composé de"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4463, "fin_caractere_exclue": 4505, "texte": "rapins et d'écrivailleurs de mauvais aloi,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4536, "fin_caractere_exclue": 4576, "texte": "que l'on nous représentait, hier encore,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4723, "fin_caractere_exclue": 4764, "texte": "comme l'idéal de l'auditoire compnéhensif"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4816, "fin_caractere_exclue": 4831, "texte": "et respectueux?"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "Tous nos compliments ; la colère du"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 229, "texte": "Peuple nous donne trop bellement raison"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 280, "fin_caractere_exclue": 323, "texte": "pour que nous ne persistions pas dans notre"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 374, "fin_caractere_exclue": 414, "texte": "répugnance pour les étranges mixtures de"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 465, "fin_caractere_exclue": 506, "texte": "littérature et de politique que l'on nous"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 557, "fin_caractere_exclue": 589, "texte": "recommande depuis quelque temps!"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 738, "fin_caractere_exclue": 778, "texte": "Le rapport fait au nom du jury chargé de"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 829, "fin_caractere_exclue": 872, "texte": "décerner le prix quinquennal de littérature"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 923, "fin_caractere_exclue": 963, "texte": "française vient de paraître au Moniteur."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1014, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "Nous apprécierons prochainement l'œuvre"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1104, "fin_caractere_exclue": 1144, "texte": "de M. Wilmotte. Constatons dès à présent"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1195, "fin_caractere_exclue": 1237, "texte": "que ce document considérable est la consé-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1288, "fin_caractere_exclue": 1330, "texte": "cration officielle, obtenue sans avoir été"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1381, "fin_caractere_exclue": 1420, "texte": "demandée, du mouvement littéraire fondé"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1514, "fin_caractere_exclue": 1536, "texte": "par la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1720, "fin_caractere_exclue": 1752, "texte": "Le Macaque flamboyant continue à"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1847, "fin_caractere_exclue": 1869, "texte": "prospérer en Belgique."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 1966, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "Voici quelques extraits d'un article de"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2067, "fin_caractere_exclue": 2105, "texte": "critique artistique paru dans la grave"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2156, "fin_caractere_exclue": 2165, "texte": "Liberté :"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2219, "fin_caractere_exclue": 2257, "texte": "A cette heure de l'histoire où le tout"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2308, "fin_caractere_exclue": 2350, "texte": "manifeste une passion idéale pour la m a -"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2401, "fin_caractere_exclue": 2445, "texte": "tière, où de grands désirs s'étiolent, où de"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2496, "fin_caractere_exclue": 2539, "texte": "puissantes volontés s'abaissent, où de purs"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2590, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "espoirs éclosent, il semble curieux de"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2679, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "stagner un instant devant ces esprits nébu-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2773, "fin_caractere_exclue": 2815, "texte": "leux qui s'en retournent vers le passé par"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2866, "fin_caractere_exclue": 2909, "texte": "les rites intellectuels dont l'essence même"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 2960, "fin_caractere_exclue": 2973, "texte": "les fortifie."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3027, "fin_caractere_exclue": 3064, "texte": "Ces esprits sont nombreux. En opposi-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3157, "fin_caractere_exclue": 3199, "texte": "tion au chiffre total des populations, ils"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3250, "fin_caractere_exclue": 3268, "texte": "sont quelques-uns."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3323, "fin_caractere_exclue": 3359, "texte": "Le groupe Kvmris, le groupe magique,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3410, "fin_caractere_exclue": 3455, "texte": "se tient en dehors des luttes qui furent sus-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3506, "fin_caractere_exclue": 3551, "texte": "citées il y a quelque temps et qui subsistent"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3602, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "encore au cœur de la Rose + Croix."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3684, "fin_caractere_exclue": 3722, "texte": "Papus et Péladan, les deux prêtres qui"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3768, "fin_caractere_exclue": 3810, "texte": "perduraient la doctrine de Chrétien Rosen-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3899, "fin_caractere_exclue": 3942, "texte": "kreuz, certain jour se chamaillèrent, bana-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 3988, "fin_caractere_exclue": 4028, "texte": "lement, vulgairement, comme les quelcon-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4073, "fin_caractere_exclue": 4092, "texte": "ques de l'humanité."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4146, "fin_caractere_exclue": 4190, "texte": "Une scission se fit, cruelle. Le sâr Péladan"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4241, "fin_caractere_exclue": 4282, "texte": "fonda une nouvelle Rose + Croix à côté de"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4333, "fin_caractere_exclue": 4370, "texte": "l'ancienne, la vraie, l'impérissable."}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4424, "fin_caractere_exclue": 4462, "texte": "Cependant, chacune d'elles conserva un"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4513, "fin_caractere_exclue": 4535, "texte": "caractère particulier;"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4589, "fin_caractere_exclue": 4631, "texte": "Papus influala vulgarisation à son groupe,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4682, "fin_caractere_exclue": 4722, "texte": "alors que la Rose + Croix péladane à la-"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4773, "fin_caractere_exclue": 4815, "texte": "quelle s'ajoutèrent le Temple et le Graal,"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 4866, "fin_caractere_exclue": 4903, "texte": "s'idéalisait par son côté esthétique."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 41, "texte": "La Jeune Belgique, qui « perdure » les"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 91, "fin_caractere_exclue": 134, "texte": "doctrines de Max Waller, croit devoir » in-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 187, "fin_caractere_exclue": 227, "texte": "fluer » la vulgarisation à ce magnifique"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 283, "fin_caractere_exclue": 326, "texte": "groupe de phrases. Elle espère que les lec-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 354, "fin_caractere_exclue": 394, "texte": "teurs qui s'en esbaudiront ne seront pas"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 447, "fin_caractere_exclue": 491, "texte": "« en opposition au chiffre total des popula-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 539, "fin_caractere_exclue": 582, "texte": "tions » et elle les invite à « stagner » un"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 631, "fin_caractere_exclue": 661, "texte": "instant devant ces merveilles."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 917, "fin_caractere_exclue": 954, "texte": "Le Réveil de Gand, qui nous paraît un"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1012, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "peu abymé — où il a du Jénart il y a tou-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1095, "fin_caractere_exclue": 1136, "texte": "jours du plaisir — a compris un calembour"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1184, "fin_caractere_exclue": 1226, "texte": "qui traînait dans notre numéro de février."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1433, "fin_caractere_exclue": 1471, "texte": "L'abondance des matières nous oblige à"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1522, "fin_caractere_exclue": 1567, "texte": "remettre au numéro d'avril la suite d'Hélène,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1616, "fin_caractere_exclue": 1659, "texte": "notre chronique musicale et notre chronique"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1709, "fin_caractere_exclue": 1720, "texte": "artistique."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1994, "fin_caractere_exclue": 2031, "texte": "La Jeune Belgique prie ses abonnés et"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2085, "fin_caractere_exclue": 2132, "texte": "ses lecteurs de faire bon accueil à la liste de"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2175, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "souscription ouverte en faveur de la Coopé­"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2268, "fin_caractere_exclue": 2309, "texte": "rative artistique, fondée à Bruxelles, le"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2363, "fin_caractere_exclue": 2402, "texte": "27 février 1894, par MM. Jean Delville,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2454, "fin_caractere_exclue": 2494, "texte": "artiste peintre, Alphonse Motte, chef de"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2545, "fin_caractere_exclue": 2589, "texte": "bureau à la caisse d'épargne et de retraite,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2604, "fin_caractere_exclue": 2647, "texte": "Jules Dujardin, artiste peintre, etc., etc."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2695, "fin_caractere_exclue": 2735, "texte": "Le minimum de la part à souscrire est de"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2785, "fin_caractere_exclue": 2826, "texte": "25 francs. Les souscriptions doivent être"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2878, "fin_caractere_exclue": 2923, "texte": "adressées au local de la société, 12, rue aux"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2972, "fin_caractere_exclue": 2989, "texte": "Choux, Bruxelles."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3248, "fin_caractere_exclue": 3286, "texte": "Nous avons reçu d'intéressants numéros"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3334, "fin_caractere_exclue": 3376, "texte": "de II Vero,où notre collaborateur M. Fran-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3417, "fin_caractere_exclue": 3456, "texte": "cesco Accinelli continue à traduire nos"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3499, "fin_caractere_exclue": 3546, "texte": "poètes, et de la Nuova Gazetta      Internatio­"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3587, "fin_caractere_exclue": 3620, "texte": "nale, dirigée par M. G. Gramegna."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3680, "fin_caractere_exclue": 3716, "texte": "Nous souhaitons aussi la bienvenue à"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3762, "fin_caractere_exclue": 3801, "texte": "Durendal, la nouvellle revue catholique"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3834, "fin_caractere_exclue": 3879, "texte": "d'art et de littérature, qui compte parmi ses"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3925, "fin_caractere_exclue": 3967, "texte": "collaborateurs MM. Hoornaert, Demade, Bor-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3987, "fin_caractere_exclue": 4031, "texte": "deaux, Moeller, etc., et nous lui souhaitons"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 4032, "fin_caractere_exclue": 4056, "texte": "longue et vaillante vie."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 4162, "fin_caractere_exclue": 4203, "texte": "Le Mouvement littéraire est devenu intel­"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 4262, "fin_caractere_exclue": 4270, "texte": "lectuel."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 90, "texte": "Dans le numéro où le Mouvement litté-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 186, "texte": "raire s'est intellectualisé, M. Raymond Nyst,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 282, "texte": "sous prétexte de critique artistique, a écrit"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 333, "fin_caractere_exclue": 353, "texte": "la phrase suivante :"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 407, "fin_caractere_exclue": 446, "texte": "« Plus raisonnables, dans une direction"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 497, "fin_caractere_exclue": 538, "texte": "analogue, que la Jeune Belgique, ils (les"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 589, "fin_caractere_exclue": 630, "texte": "XX) ont compris que leur tâche en le sens"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 681, "fin_caractere_exclue": 725, "texte": "qu'ils avaient tenu était terminée, qu'il ne"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 776, "fin_caractere_exclue": 820, "texte": "leur restait plus qu'à se redire académique-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 871, "fin_caractere_exclue": 914, "texte": "ment et vainement, ou bien qu'à toute force"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 965, "fin_caractere_exclue": 1011, "texte": "il fallait pousser plus avant et s'étendre au-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1062, "fin_caractere_exclue": 1094, "texte": "delà de ce qui était accompli. »"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1148, "fin_caractere_exclue": 1183, "texte": "Passons sur le macaque — le macaque"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1234, "fin_caractere_exclue": 1273, "texte": "sent toujours le hareng — et enlevons à"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1324, "fin_caractere_exclue": 1367, "texte": "M. Nyst quelques-unes des illusions qui lui"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1418, "fin_caractere_exclue": 1430, "texte": "sont chères."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1484, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "L'exemple de la transformation des XX"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1572, "fin_caractere_exclue": 1615, "texte": "est fort maladroitement choisi, puisque les"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1666, "fin_caractere_exclue": 1708, "texte": "peintres qui sont les héros du Salon de la"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1759, "fin_caractere_exclue": 1800, "texte": "Libre Esthétique ne sont ni des jeunes du"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1851, "fin_caractere_exclue": 1896, "texte": "dernier bateau à palette ni des imitateurs de"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1947, "fin_caractere_exclue": 1991, "texte": "Signac. 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Nyst appelle « pousser plus"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2504, "fin_caractere_exclue": 2544, "texte": "avant », nous le félicitons de sa clair-"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2595, "fin_caractere_exclue": 2603, "texte": "voyance."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2655, "fin_caractere_exclue": 2692, "texte": "Quant à la Jeune Belgique, elle reste"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2741, "fin_caractere_exclue": 2784, "texte": "ouverte à tous les jeunes écrivains belges,"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2833, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "sans distinction d'école, qui ont l'ambition"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 2926, "fin_caractere_exclue": 2971, "texte": "d'être des écrivains français. 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Raymond Nyst, et"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3457, "fin_caractere_exclue": 3498, "texte": "tant que certains de nos aînés (1) seront"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3547, "fin_caractere_exclue": 3586, "texte": "assez oublieux de ce qu'ils doivent aus"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3635, "fin_caractere_exclue": 3677, "texte": "artistes futurs pour encourager et gonfler"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3717, "fin_caractere_exclue": 3761, "texte": "de pareils trayeurs de vaches espagnoles, la"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3802, "fin_caractere_exclue": 3833, "texte": "Jeune Belgique n'abdiquera pas."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3885, "fin_caractere_exclue": 3924, "texte": "Les personnages qu'elle gêne peuvent se"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 3968, "fin_caractere_exclue": 3986, "texte": "le tenir pour dit."}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 4111, "fin_caractere_exclue": 4158, "texte": "(1) M. 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Prix : 2 francs.\n\n               Hector V A N D O O R S L A E R\n       STTIR, L'ESCAUT\n               Avec préface d'EDMOND PICARD\n  Un volume in-18 jésus                                     fr. 3 5o\n\n                    Arthur D A X H E L E T\n      NOUVELLES DE WALLONIE\n    PAGES DE TENDRESSE VAGUE\n Chaque volume, sur papier de Hollande                      fr. 3 5o\n\n                 P O U R PARAITRE FIN MARS :\n                     Sander P I E R R O N\n\n   PAGES DE CHARITE\n              Avec préface de GEORGES EEKHOUD\n Un volume in-18 jésus                                      fr. 3 5o\n\n              Dernières publications :\nS E P T ESSAIS D'EMERSON, traduits par I. Will, avec\n  préface de Maurice Maeterlinck                     fr. 3 5o\nCH. D E COSTER : Légendes flamandes, avec préface\n  d'Emile Deschanel                                      3 5o\nJEANNE TORDEUS : Manuel de prononciation, nou-\n  velle édition, avec préface d'Edouard Thierry . . 2 »\nEDMOND PICARD : Scènes de la Vie judiciaire . . .        4 »\n        —           El Moghreb al Aksa : une mission\n                       belge au Moroc                    4 »\n        —           Vie Simple                           3 »\nGEORGES EEKHOUD : La Nouvelle Carthage, édition\n  définitive                                             4 »\n"}, {"page_pdf": 189, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1303, "texte": "                            EN         VENTE\n\n   à la librairie P A U L L A C O M B L E Z\n                        BRUXELLES\n\n\n\nGÉRARD    HAUPTMANN        : L'Assomption     d'Hannele\n   Mattern, drame de rêve                               fr. 1 »\nJEAN RICHEPIN : Mes Paradis, poésies                        3 5o\nBARBEY D'AUREVILLY : Mémoires historiques et litté­\n   raires .                                                 3 5o\nP A U L BOURGET : Cosmopolis, édition à                     3 5o\nW I L L Y (L'Ouvreuse) : Rythmes et rires . . . . .         3 5o\nMAURICE BARRÉS : Une journée parlementaire         . .      2 »\nF. BRUNETIERE : E Évolution de la poésie lyrique au\n   XIXe siècle. Tome I er                                   3 5o\nCAMILLE LEMONNIER : L'Arche,             journal d'une\n   maman                                                    3 5o\nELIPHAS LÉVI : Le Livre           des Splendeurs          . . . .    7 »\n\n\n\n         Dépôt des Revues Françaises :\n             La Plume, fr. o-5o; franco, fr. o-55\n     Le Mercure de France, 1 franc ; franco, fr. i-25\n           L'Ermitage,        fr. 0-80 ; franco, fr. o-go\n\n\n\n     Demandez le Catalogue complet de l'Editeur\n                     Paul L A C O M B L E Z .\n\n\n              Bruxelles.— Imprimerie V'Monnom,32, ruederindubtrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 154, "texte": "(S 1894-                                TOME XIII. — N° 3                           i4 me Année.\n\n\n\n\nA\n  JEUNE\n                 BELGIQUE\n                                         SOMMAIRE:\n      Le Vers libre                                     IWAN GlLKIN.\n       L'Enfant à la panthère                      . . VALÈRE GlLLE.\n      Ex-voto de pierre bleue. . . . . . .             LOUIS DELATTRE.\n      Sonnets                                          MAURICE CARTUYVELS.\n      Au Jardin de sérénité . . . . . . .              MAURICE DES OMBIAUX.\n       Soirs d'hiver                                    LUCIEN DE BUSSCHER.\n       Notes sur les Primitifs d'Espagne. (Frag­\n           ment)                                        JULES DESTRÉE.\n       Le Mouvement littéraire en Italie (suite) .      A.    SANTE-MART0RELLI.\n       Chronique littéraire :\n        Légendes flamandes ; Vieux Saxe ; Contes\n           à soi-même ; Ésotérisme et socialisme ;\n           L'Aînée; Rêves des heures lentes; Une\n           Ame wallonne; Par les Routes; Re­\n           vanche d'amour; Harald Roi . . . ARNOLD GOFFIN.\n       Memento                                     NEMO.\n\n\n\n           REDACTION                                                BRUXELLES\n HUE V A N D E R L I N D E N ,   BRUXELLES.                    PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                    3i,me des Paroissiens\n                                                                         PARIS\n    PRIX DU NUMÉRO                                           C H A M U E L , LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                        at), rue de Trévise\n         fr. 0-75.\n                                                                            1894\n"}, {"page_pdf": 155, "texte": "                                                                            BELGIQUE\n   BELGIQUE\n                                N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                                  JEUNE\n               JEUNE\n                       LA\n\n\n\n\n                                                             LA\n                                N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n   Fondateur      : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n              Directeur : ALBERT GIRAUD, 4, rue Vanderlinden.\nSecrétaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n               7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                  des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 3i, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, Marché Saint-Jacques.\n\n\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19. boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}, {"page_pdf": 156, "texte": "                  LE VERS LIBRE(I\n\n\n\n                                La mélopée (le vers libre de la jeune école\n                              française) a-t-elle une valeur intrinsèque comme\n                              principe de versification?\n                                 La mélopée n'a pas encore eu la chance de\n                              voir ses règles clairement exposées. M. Kahn\n                                 a dit : « Qu'est-ce qu'un vers? C'est un arrêt\n                                    simultané de la pensée et de la forme de\n                                      la pensée. » — Il est évident que cette\n                 définition ne vaut rien. Elle peut servir à définir la phrase\n                 tout aussi bien et même beaucoup mieux.\n                    Interrogeons M. Vielé-Griffin, le meilleur théoricien du\n                 groupe. Il nous apprendra peu de choses. Les exposés qu'il\n                 a publiés dans les Entretiens politiques et littéraires\n                 peuvent se résumer en quelques points.\n                   Les règles posées par M. Vielé-Griffin se divisent en\n                deux catégories. Les règles de la première catégorie con-\n                cernent la forme extérieure du pseudo vers libre, c'est-à-dire\n                sa longueur, son commencement et sa fin. Les règles de la\n                seconde catégorie concernent la facture intérieure du vers.\n                   Première catégorie, forme extérieure du vers. — Selon\nM. Vielé Griffin  on va à la ligne, c'est-à-dire on termine un prétendu vers\n\n  (1) Fragment d'une conférence sur Théodore de Banville faite au « Cercle artistique\net littéraire de Bruxelles ».\n"}, {"page_pdf": 157, "texte": "                                  — 138 —\n\nlibre « à chaque complément de l'idée », dit-il. Cette façon de parler est\nabsolument impropre. M. Vielé-Griffin ne parvient pas à dire ce qu'il veut\ndire, — c'est le cas de la plupart des vers-libristes.\n   M. Vielé-Griffin a voulu dire ceci : On va à la ligne après chaque sub-\ndivision de la phrase. Voici l'exemple qu'il donne lui même, en écrivant\nen vers libres une phrase en prose de Fléchier (pas moyen de mieux\nmontrer que la prose et le pseudo vers libre c'est la même chose). Voici\nla phrase :\n                       Mais rien n'était si formidable.\n                       Que de voir toute l'Allemagne,\n                       Ce grand et vaste corps\n                       Composé de tant de peuples\n                       Et de nations différentes,\n                       Déployer tous ses étendards\n                       Et marcher vers nos frontières\n                       Pour nous accabler par la force,\n                       Après nous avoir effrayés par la multitude.\n\n   Inutile d'ajouter- que, si vous ouvrez un recueil de vers de soi-disant vers\nde M. Vielé-Griffin, vous constatez aussitôt qu'il viole cette première\nrègle avec une majestueuse sérénité. Ainsi, il lui arrive fréquemment\nd'aller à la ligne là où la phrase n'est nullement subdivisée. Pourquoi?\nVers libre et mystère.\n   Seconde catégorie de règles, concernant la facture intérieure du vers. —\nCes règles se ramènent à deux points :\n   i° L'emploi de l'allitération ;\n   2° L'emploi d'une sorte de rime pauvre, fréquemment réduite à l'asson-\nnance. Il va sans dire que lorsque le poète polymorphe ne trouve pas même\nune assonnance, il s'en passe triomphalement. Il en est absolument de\nmême de l'allitération, qui, dans les vers de ces messieurs, tantôt apparaît,\ntantôt disparaît, selon leur bon plaisir ou au petit bonheur de la trouvaille.\n   Voilà donc le système de prétendue versification que l'on veut opposer\nà la versification française, claire, précise, solide et souple, parfaitement\ncapable d'ailleurs de répondre à tous les besoins modernes.\n   Ces petites lignes inégales, réglées par les suspensions de la phrase, plus\nou moins assonnantes entre elles et établies sur une sorte de musique\nintérieure qui a pour base l'allitération, voilà ce que l'on oppose au vers\nde Ronsard, de Corneille, de Racine, de La Fontaine, de Hugo, de\nLeconte de Lisle, de Baudelaire et de Verlaine.\n   Il faut autre chose pour réussir.\n   Le vers polymorphe, en tant que vers, n'existe pas. Ce n'est pas même\n"}, {"page_pdf": 158, "texte": "                                  — 139 —\n\nune forme hermaphrodite. Si l'on y veut voir de la prose, c'est de mauvaise\nprose. Si l'on y veut voir des vers, on cherche midi à quatorze heures : il\nn'y a pas de vers dans le vers polymorphe.\n    Quelques versificateurs se sont mis, un beau jour, à réinventer la prose;\net ils l'ont réinventée fort mal, sans parvenir à se débarrasser des asson-\nnances et des allitérations, arrière-faix de leur ancien métier. Vous remar-\nquerez que les poètes polymorpheux écrivent en prose aussi mal qu'en vers.\nJe suis bien fâché d'en parler si brutalement, mais devant les cohortes de\nsottises et d'erreurs qui assaillent aujourd'hui le Parnasse français, il n'y a\npas deux attitudes à prendre : Il faut combattre, il faut faire face à l'ennemi\net frapper fort.\n    L'heure est venue de sonner le ralliement de tous ceux qui haïssent le\ndésordre et l'anarchie intellectuelle. C'est la poésie française, depuis Ron-\nsard jusqu'à Verlaine, que l'on tente de ruiner. Et ce qu'on veut lui substi-\ntuer n'est ni viable ni même vivant. Ce n'est plus l'évolution dont Verlaine\na été le dernier conducteur, c'est la révolution que l'on prêche. Et que l'on\ny songe bien : le désordre dans la forme de la pensée, c'est aussi le désordre\ndans la pensée même. Jamais on n'a osé imprimer tant de sottises, d'âne-\nries, de niaiseries nauséabondes. Ma parole, — tenez, je me fâche, — c'est\nà vingt-cinq ans, à présent, que l'on est gaga!\n    Je me fâche : j'ai tort. Si Théodore de Banville était encore en ce monde,\nil se bornerait sans doute à sourire ; il regarderait les vers polymorphes,\nles vers libres et autres chinoiseries antirythmiques d'un œil plein d'ironie\net de pitié, mais il ne se fâcherait pas Son expérience lui avait appris que\n si les sottises se succèdent avec une effroyable abondance et une incroyable\n rapidité, aucune d'elles n'a la vie longue. Elles ressemblent à ces champi-\n gnons bizarres, que le vulgaire appelle « vesse de loup », qui poussent en\n une nuit et dont l'énormité dépasse celle du plus gros potiron; mais ils se\n réduisent bientôt en poussière. Leur boursouflure rentre dans le néant.\n     Si je n'ai pas imité la douceur et la sérénité de Banville, c'est que je n'ai\n pu m'empêcher de songer au mal que font dans notre pays certaines mau-\n vaises prédications et certains mauvais exemples.\n     Nous autres Belges, nous n'avons guère brillé dans les lettres françaises,\n en poésie surtout, parce que nous possédions mal les formes du langage et\n de la versification.\n     J'ai l'honneur d'appartenir au petit groupe d'hommes qui, tout jeunes,\n vers 1882, essayèrent de relever en Belgique le culte des lettres et de doter\n  leur pays de quelques ouvrages en bons, vers, ou, tout au moins, de mon-\n  trer aux jeunes hommes, des générations suivantes comment on apprend\n"}, {"page_pdf": 159, "texte": "                                  — 140 —\n\nson métier et comment on devient un bon ouvrier. Nous ne pouvions faire\nplus : c'est la Providence seule qui donne le génie.\n  Les jardins poétiques que nous avions ensemencés commençaient à\nporter quelques fleurs lorsqu'un vent pernicieux, venu de France, vint\nmenacer nos naissantes cultures. Nous avions rétabli le culte de la forme;\non nous prêchait la dissolution de la forme; nous avions combattu l'amor-\nphisme académique : nous sommes envahis par l'amorphisme décadent.\n   Pour vaincre les difficultés de la forme exacte, il faut beaucoup travailler;\nla jeunesse est naturellement paresseuse. Pour penser avec précision, il faut\nbeaucoup d'attention; le sentimentalisme vague est plus commode;\najoutons que le tempérament belge, plus apte à produire, en peinture,\ndes coloristes que des dessinateurs ; plus fertile, s'il s'agit de musique, en\nharmonistes qu'en mélodistes et en contrepointistes, est particulièrement\npeu productif lorsqu'il s'agit de pensées nettes et de formes précises\n   La paresse des natures lymphatiques et des cerveaux rêveurs, enclins\nau mysticisme et aux imaginations vagues, a besoin, chez nous, d'être\ncombattue avec énergie. Aussi est-ce avec un chagrin profond et une\nvéritable colère que nous entendons prêcher à la jeunesse, en face de nous,\ndes doctrines qui tendent à favoriser nos vices nationaux et à ruiner l'édi-\nfice poétique que nous avions commencé d'élever à la gloire de la patrie.\n   Mais, grâce à Dieu, mes amis et moi nous sommes jeunes encore et nous\nsaurons combattre pour défendre la cause du bon sens contre la folie, du\nsavoir contre l'ignorance, de l'art et de la beauté contre les difformités ridi-\ncules.\n                                                           IWAN GILKIN\n\n\n\n       L'ENFANT A LA PANTHÈRE\n                                       I\n                   A travers les hauts dahlias,\n                   Hardi, svelte et fier il bondit,\n                   Broyant les fleurs entre ses bras,\n                   Semant les gerbes qu'il brandit,\n\n                    Et de sa chevelure noire\n                    Les sequins d'or et les coraux\n                    Roulent sur sa gorge d'ivoire\n                    Dans les feux brisés des joyaux.\n"}, {"page_pdf": 160, "texte": "             —141      -\n\nIl glisse, s'élance et serpente\nPlus câlin en son ondoiement\nQue la panthère caressante\nQui le suit amoureusement.\n\nMais d'un bond plus souple et plus    noble\nIl a franchi la haie en fleurs\nEt s'est jeté dans le vignoble\nLes yeux perfides et vainqueurs.\n\nSoudain, brusquement comme un dard,\nIl s'arrête, tressaille et vibre\nEt dans le f eu de son regard\nDanse son cœur farouche et libre;\n\nAinsi qu'une écharpe de soie\nSes reins enfantins et nerveux\nOndulent d'amour et de joie\nA ses plaisirs   capricieux.\n\nMais voici qu'autour d'une vigne\nIl s'est enroulé mince et fort,\nRiant d'une ivresse maligne,\nArrachant les pampres qu'il mord;\n\nEt s'égayant de ce pillage,\nEnflammé d'écume vermeille,\nDe ses dents blanches il saccage\nLes grappes mûres de la treille.\n\n\n                  II\n\nO vipère de mon désir !\nO bouche infidèle et farouche,\nBaiser qu'en vain je veux saisir\nEt qui poursuit et f uit ma bouche!\n\nTriomphe de mon cœur altier,\nJ'ai d'un geste sûr et vengeur\nPercé d'une flèche d'acier\nL'espiègle et méchant maraudeur.\n"}, {"page_pdf": 161, "texte": "            — 142 —\n\nDieu cruel! ses beaux yeux d'or\nA jamais maintenant glacés\nTressaillent, palpitent encor\nPareils à des oiseaux blessés.\n\nSes lèvres, l'arc de ses caprices,\nSes lèpres d'amour qui, par jeu,\nPour mon tourment et mes délices\nMe lançaient leurs baisers de feu,\n\nNul hardi vouloir désormais\nNe les tendra tout embrasées,\nSes lèvres fières que j'aimais\nMon fol orgueil les a brisées.\n\nO crépuscule merveilleux\nOù s'empourpre son agonie,\nSur son visage douloureux\nTombe une tristesse infinie!\n\n\n\n                III\n\nMais que dieu de flammes m'embrase\nEt me transporte et m éblouit?\nO ciel d'éclairs! en mon extase\nMon cœur en feu s'épanouit.\n\nUn esprit divin me pénètre :\nf aperçois un enfant nouveau,\nJe me reconnais en son être,\nCest lui qui devient mon bourreau.\n\nQu'ai-je fait? O mon martyr, vois!\nC'est toi, cruel, qui me tortures,\nMa voix sanglote par ta voix,\nMon sang coule de tes blessures;\n\nMon cœur tordu comme une torche\nA brûlé mon orgueil méchant,\nEt maintenant mon front s'écorche\nA tes pieds lavés de mon sang.\n"}, {"page_pdf": 162, "texte": "            -   143   -\n\nMa poitrine est lé tabernacle\nOù trône un démon radieux;\nQu'il accomplisse le miracle,\nQue mes yeux dévorent les cieux!\n\nCar dans l'audace de mes fièvres,\nDamné, par moi-même puni,\nJe veux assouvir sur tes lèvres\nMa soif atroce d'infini.\n\n\n                IV\n\n\nA moi la suprême vendange!\nTes chairs seront les chasselas\nCar ton sang divin je le change\nEn vins de rose et de lilas.\n\nEbloui d'éclairs comme un dieu,\nJ'ai, sous mes altières morsures,\nFait jaillir des liqueurs, de feu\nDes fruits meurtris de tes blessures.\n\nEnfer ! Une ivresse plus haute\nPour tous mes désirs attisés\nEmbrase mon cœur qui sursaute\nSous les fers rouges des baisers,\n\nQue tes larmes, que ta salive\nSoient l'huile sacrée et bénie\nSur ce brasier où se ravive\nTa miraculeuse agonie!\n\nA mes tempes tresse la ronce,\nBroie en tes mains mes mains captives,\nDéchire ma poitrine, enfonce\nTes ongles fous dans mes chairs vives;\n\nPuis désespère mes prières,\nPuis console de tes paroles;\nMords l'amour sur mes lèvres      fières,\nMords la mort, sur mes lèvres     folles.\n"}, {"page_pdf": 163, "texte": "                                 - 144 —\n\n                   Vois! mon sang jaillit à son tour\n                   Et se mêle à ton sang divin :\n                   Nous sommes le thyrse d'amour\n                   De notre triomphal destin.\n\n                   Vertige d'astres et de flammes,\n                   Chants célestes de royauté!\n                   Les cieux d'or s'abîment : nos âmes\n                   S'unissent pour l'éternité.\n                                                        VALÈRE GILLE\n\n\n\n\n      EX-VOTO DE PIERRE BLEUE\n                                                   A Mlle LOUISE ALLARD\n\n\n             Quand j'eus neuf ans, me raconta mon ami Louis-Jean, le soir\n              de la Saint-Nicolas que nous mangions des spikelaus de\n              Bruxelles et des couques de Dinant et humions une crême de\n              cassis, chef-d'œuvre d'une vieille tante qui, concentrant l'expé-\nrience de plusieurs géne'rations gourmandes, arrêta au juste la proportion\nde ses ingrédients, groseilles, vanille, sucre, cannelle et rendit décisif son\ntriomphe par l'audacieuse adjonction du clou de girofle; quand j'eus neuf\nans, on m'envoya aux leçons de catéchisme qui se donnaient, tous les\nmatins, à la paroisse Saint-Vaast.\n   Cette année-là me fut agréable entre les autres de mon enfance. Que mes\nnouvelles connaissances théologiques eussent fait, en moi, tellement fleurir\nla beauté surnaturelle de la grâce, non ; mais je voyais mon tour arriver de\nporter, au prochain printemps, un pantalon comme un homme, une veste\nà pointe en queue de hanneton, un brassard de satin frangé d'or, et aussi de\nrecevoir les cadeaux des communiants.\n   Tu sais bien qu'on apprend le catéchisme le soir, après l'école, quand\nla lampe allumée est sur la table. La grande sœur pose le livret scellé du\nchapeau et du trémail cardinalices sur son devantier, et en pelotonnant\nl'écheveau de laine écarté sur tes mains, elle te questionne. La laine bruit\ndans les doigts agiles, et l'enfant récite les grands mots : « Les justes sont\nresplendissants, subtils et impassibles... » La grand'mère approuve de la\n"}, {"page_pdf": 164, "texte": "                                  -145      -\n\ntête. « Ainsi soit-il, s'il plaît à Dieu, dit-elle. Il va pleuvoir, ma prise est\ntrop moite. »\n   T u sais aussi que le catéchisé qui a besoin de tout son temps, ne fait plus\nles « commissions » du ménage, comme de quérir, à la boulangerie, « le\npain rassis, cuit sur le carreau » et de redemander, pour la centième fois,\nau cordonnier, ces bottines que le paresseux n'achève jamais : « Faut les\nrendre ainsi, mammère l'a dit... Elle n'a plus rien à mettre aux pieds, qu'elle\na encore dit. » Non, le gamin apprend sa leçon; il devient si sage! Les mots\npieux qu'il répète, à la longue lénifient son âme et la parfument d'une\nétrange religiosité. Souviens-toi du minuscule autel dressé, au mois de mai,\nen un coin secret de la maison ; souviens-toi du « mois de Marie » fleuri,\nsur la nappe de cuisine : les bougies colerettées de bobèches entaillées\ndans les guirlandes multicolores de la dernière ducasse, le brin de buis et\nl'eau bénite en la chope à bière, les vases dé verre argenté garnis des roses\nfripées des vieux chapeaux de femme...\n\n                                      ***\n   Avec moi, venait au catéchisme Mélie. Ah! Mélie! C'était une fillette de\nmon âge. Ses cheveux blond-jaune coupés à la garçon se hérissaient sous\nun peigne rond, et sa bouche était le plus souvent barbouillée de jus de\nréglisse. Elle portait un tablier de cotonnade d'un bleu lavé et clair, de la\ncouleur de ses yeux, et dont les manches, en serrant ses poignets, rougis-\nsaient ses menottes potelées. Son souvenir m'est joli encore comme lavue\nd'un jardinet de village sous la rosée du matin. Quand M. le curé l'admo-\nnestait pour quelque gaminerie : d'avoir fait claquer trop clair ses sabots\nen prenant sa place à l'église ou laissé roulotter ses billes sur les dalles,\nMélie levait sur lui les pervenches de ses yeux, et souriait, et tirait sa lèvre\navec ses doigts, sans mot dire.\n   — Quelle enfant! répétait souvent M. le curé. Mélie, vous êtes un garçon\nmanqué !\n   Ma camarade savait glisser sur les « sclides » de neige durcie, plus agile-\nment qu'aucun de ces garçons de riches, pâles et geignards. Je lui avais\nappris à se lancer aussi à la croupade, et à filer ainsi très loin, d'un coup\nde talon, sur la glace frayée. Et dans l'appentis du charron où nous nous\nbalancions sur les planches, cria-t-elle aucune fois : « J'ai peur! » ou\n « C'est trop haut! »... Aux maraudes, je t'assure qu'elle faisait le guet mieux\nqu'un gamin à la trouée de la haie, et qu'ensemble nous ne fûmes jamais\npris.\n   Mais M. le curé qui catéchisait les fillettes n'appréciait rien de cela; et\n"}, {"page_pdf": 165, "texte": "                                  — 146 —\n\nMélie, à la leçon, vaguait sans cesse dans les dernières places avec les plus\nstupides. Ma vanité d'enfant en souffrait quelquefois pour elle.\n\n\n\n   Il arrivait que des matins, las d'attendre le maître devant la porte close\nde l'église, les garçons, en troupe, l'allaient chercher chez lui. Nous, c'était\nle vicaire qui nous instruisait. Dans la venelle aboutissant à l'église et for-\nmée, tout d'un côté, des murs clôturant les jardins de la rue contigue', sa\nmaison n'était pas loin. Elle était si basse qu'on voyait, par-dessus son toit,\nles ormes, d'ailleurs énormes, tlu rempart voisin. Je frappais l'huis de mon\nsabot et criais par le judas :\n   — Monsieur le vicaire, Monsieur le vicaire, il est temps pour le caté-\nchisme .. chîme... chîme!...\n   Le vicaire arrivait tout de suite en essuyant le café de sa bouche, et nous\nsouriant et nous disant :\n   — Bonjour ! Bonjour mes petits pierrots !\n   Malgré sa soutane et qu'il n'eût pas de barbe, il ressemblait à nos grands\nfrères et nous l'aimions beaucoup. Nous l'entourions en marchant jusqu'à\nl'église, et Mélie, qui s'était jointe à la bande des garçons, portait la clef\nmassive. La serrure grinçait, les battants résonnaient, et nous entrions, ces\nmatins-là, sous le portail de pierres grises effritées, comme des oiseaux des\njardins d'à côté.\n   Au contraire de ces leçons, comme étaient pénibles celles où nous ins-\npectait le vieux curé maussade; et que cet office où nous devions assister,\nsilencieux et immobiles, les filles à gauche, les garçons à droite du chœur,\nétait long. De ma chaise, je regardais la demoiselle ridée et jaune qui porte\nune capeline et a le nez si long; elle lit, sans une seconde de cesse, en un\nlivre qui déborde de signets et de carrés de papiers d'indulgences. Le sacris-\ntain, de ses yeux, nous cloue à notre place ; à peine osons-nous étirer notre\njambe quand elle est engourdie ; mais je remarque bien que lui se baisse de\nminute en minute sous son lutrin et bourre son nez de tabac.\n   Que le temps dure! Je suis, des regards, la roupie descendant sur la lèvre\ndu Blanc, mon voisin; elle ne tombe jamais, si près qu'elle paraisse de le\nfaire, parce qu'il la rattrape au dernier moment, en reniflant. Le Saint-\nNicolas, sur sa console, étend vers moi ses deux doigts qui bénissent; il est\ncoiffé d'une chape, qui ressemble, me dis-je, aux serviettes pliées et dressées\nsur les assiettes. Sa crosse a été cassée ; je vois la plaque de fer suturant les\ndeux bouts. A ses pieds, dans un baquet, des enfants accroupis tendent les\nmains vers lui. Les trouvant glanant aux champs, un méchant boucher les\n"}, {"page_pdf": 166, "texte": "                                  — 147 —\n\navait tués, en menus morceaux coupés et mis au saloir. Saint Nicolas passa\npar là, et mit ses doigts sur le bord du cuveau; les petits garçons sortirent\ntout vivants et coururent à leur maison; et le boucher, confondu, se repentit.\n   La messe continue. Mélie près de la colonne est bien tranquille; accoudée\nau dossier de sa chaise, elle est occupée à crachoter en visant le sabot de la\nfillette qui la précède.\n\n                                      ***\n   Le grand concours était proche qui devait nous assigner notre place dans\nla file pour aller recevoir l'hostie. Mélie, avec des sauts de joie, m'avait\nraconté que si elle parvenait à franchir le dernier banc au catéchisme, sa\ntante Marie-Flipotte lui donnerait, pour la cérémonie, un chapeau garni\nde plumes frisées comme en ont les dames. Et ces plumes frisées la trans-\nportaient :\n   — Je saurai le catéchisme entier, je passerai la première, je dirai l'Acte\nde foi, et j'aurai le chapeau avec des plumes frisées de toutes les couleurs!\n   Le dimanche vint donc, où, après les vêpres, le curé questionna les\nfillettes. Celle qui répondait mieux, il la faisait passer devant l'autre.\n   — Ah ! disais-je, m'adressant à la statue qui dominait ma place, bon patron\nqui fis ressusciter les enfants tués et mis au sel par le méchant boucher,\nsaint Nicolas, fais que Mélie regagne des places assez pour que sa tante\n Marie-Flipotte lui donne le chapeau à plumes frisées ! Bon saint Nicolas,\nc'est pour Mélie, là, au dernier banc et presque la dernière, que je te prie.\n Elle est si gentille; elle jette des pierres comme un garçon, et ne rapporte\njamais aux maîtres. Cher saint Nicolas, c'est elle la plus jolie et la plus\ndélurée, fais la passer au moins à l'autre banc ! Elle a la peau si rose et\nsentant si bon le lait, saint Nicolas!...\n   M. le curé arriva à Mélie. Je la voyais tremblante; elle tirait nerveuse-\nment sa lèvre de ses doigts. Il demanda, lisant sur le catéchisme :\n   — Comment vous préparerez-vous à la mort?\n   — Je me hâterai, commença la petite fille, de... de...\n   Mais c'était fini, les mots ne venaient plus Les plumes frisées multico-\n lores, j'en suis sûr, éclatèrent alors devant les yeux de Mélie, car les larmes\n montèrent, emplirent ses paupières et se mirent à goutter sur le tablier de\n mon amie qui ne sut plus dire un mot de la réponse. Ah! comment\n aussi pouvoir se rappeler tout à coup ce qu'il faudra faire quand on sera\n pour mourir?... M. le curé passa aux suivantes; elles dirent comment on\n se prépare correctement à la mort, et Mélie de place en place, ah! ma\n pauvre Mélie! de place en place, arriva la dernière. Que j'étais triste!\n"}, {"page_pdf": 167, "texte": "                                 — 148 —\n\n  La leçon finie, je courus à ma compagne. Elle ne voulait pas se consoler.\nElle répétait à toutes mes paroles :\n  — Oui, mais je n'aurai pas, de ma tante Marie-Flipotte, le chapeau à\nplumes frisées...\n  Et quoi que je disse, en vérité j'en étais aussi chagrin qu'elle.\n\n                                     ***\n   Tu le vois, saint Nicolas, acheva Louis-Jean, cette fois-là tu oublias deux\nenfants pourtant bien sages, à leur manière. Tu n'eus cure de Mélie qui\naimait à courir dans les champs autant que les petits glaneurs que tu sau-\nvas, mais ne savait comment il faut s'y prendre pour mourir ; et tu n'écou-\ntas pas ma prière. Je m'aventure à t'en faire la remontrance.\n   Cependant, grand saint, je te prie de recevoir l'hommage que je t'offre ici\nde ce souvenir. Il est vrai que mon offrande est maigre. Percluse et fruste,\nla statuette que je te dédie, et gauche autant que les guilloches entaillées\nsur la jambette des vachers. Mais j'espère qu'un autre jeune homme que je\nconnais, un plus adroit, t'offrira un ex-voto fleuri de sculptures délicates\net flatteuses, comme il fit à saint Hubert, dont l'image, en sa nichette, du\ncoin de la maison Colas regarde les bois, au Fond-des-Vaux de Leernes.\n   Je te prie aussi, dit mon ami pour finir, de penser bénévolement à mon\npetit cousin Baudouin. Il a besoin d'un cheval pommelé qui ait une crinière\nflottante et des étriers sonnants. Puis, son sabre de l'an passé est devenu\ntrop court, et il en voudrait un qui coupât, saint Nicolas.\n                                                     Louis    DELATTRE\n\n\n\n\n                            SONNETS\n                               RICHELIEU\n            On voit, sous les lambris, des mantelets d'abbés\n            Que frôlent des pourpoints de velours jaune et mauve.\n            Une douceur quasi féminine d'alcôve\n            Filtre languissamment par les rideaux tombés;\n\n            Et celui devant qui les plus fiers sont courbés,\n            Le cardinal, contemple, inclinant son front chauve,\n            Le dos souple d'un grand lévrier au poil fauve\n            Qu'il effleure, en rêvant, de ses ongles bombés.\n"}, {"page_pdf": 168, "texte": "                   — 149 —\n\nComme lui fuselé, frémissant et flexible,\nLes mouvements parés d'une grâce indicible,\nAu prélat cauteleux ce chien mince est pareil!\n\nEt, la croupe allongée en courbes indolentes,\nSon muffle doux, que crispe un reste de sommeil.\nDécouvre brusquement des gencives sanglantes\n\n\n ELAGABALE SACRIFIANT AU SOLEIL\n\nSous la pourpre romaine et le fin cachemire,\nSalué par les fleurs et le buccin brutal,\nIl s'avance, le mol enfant oriental,\nLe prêtre efféminé du culte de Palmyre!\n\nSon beau corps embaumé de benjoin et de myrrhe,\nCaressé d'un nuage odorant de santal,\nIl foule aux pieds les dieux de marbre et de métal\nAux cris du peuple roi qui l'acclame et l'admire!\n\nLa vestale à l'autel lui présente l'encens,\nLes cils tremblants baissés et la joue écarlate\nUne clameur immense et triomphante éclate!\n\nLui ne voit que la vierge aux charmes rougissants,\nEt regarde, l'œil mort, la paupière mi-close,\nLa gaze transparente aviver la chair rose.\n\n                                MAURICE CARTUYVELS\n"}, {"page_pdf": 169, "texte": "                                 — 150 —\n\n\n\n         AU JARDIN DE SÉRÉNITÉ\n              Au beau jardin où nous nous aimâmes tout l'été, je suis revenu\n               après une longue absence pendant laquelle j'ai fui, vers les\n               paysages accoutumés de mon enfance, la tristesse et l'amer-\n               tume d'une rupture, ah ! si cruelle.\n   Je fus chercher, lorsque la très chère me quitta, un dictame et une eau de\nJouvence, dans les campagnes, les bois et les sources de mon riant pays,\ncar aurais-je pu vivre encore seul et blessé au milieu de toutes les choses\nimprégnées du doux parfum de son amour.\n   La terre natale dorlota son enfant malade et les grands chênes majes-\ntueux de force et d'orgueil étendant les bras comme pour donner au monde\nla confiance de leur calme, les grands chênes dont je suis le frère dégénéré,\nsoudèrent une énergie brisée, mirent un baume sur une plaie vive et sai-\ngnante.\n   C'est alors seulement que je pus revenir vers vous, ô beau jardin, inquiet\nde sentir peut-être la blessure se rouvrir, voir vos feuilles jaunir aux extré-\nmités des grands arbres verts.\n   Vous eûtes encore, par un pâle soleil d'automne qui avivait la rouille et\nl'or de vos frondaisons, la beauté langoureuse et troublante, le long gémis-\nsement des choses qui vont finir.\n   Puis les feuilles qui chuchotaient naguère au bruit de nos baisers fris-\nsonnèrent au bout des branches, coururent en bruissant dans les allées\ntristes et couvrirent d'un manteau mordoré les bassins où se mirait un ciel\nd'azur traversé de nuages.\n   Bientôt elles se mêleront à l'argile et au sable en un terreau fertile qui\nfera pousser au printemps prochain une végétation luxuriante, comme du\nterreau bleu que formèrent les floraisons fanées de notre amour, vient\nd'éclore une ombre dont le charme et l'arôme sont pour moi d'un plus\ngrand prix que toutes les exquises réalités qui m'enivrèrent au beau jardin\noù nous nous aimâmes.\n   Orchidée croissant parmi les choses mortes, lorsque les larmes sont taries\net les regrets épuisés, fleur de rêve, illusion plus chère que tous les biens\npalpables du monde, tu entres dans les bocages élyséens du souvenir où se\npromènent les ombres heureuses de celles qui fleurirent mon existence.\n   Ainsi ton ombre m'est précieuse tandis qu'est déchue pour toi toute ten-\ndresse, car la blessure faite par ta bouche rouge et ta trahison est désor-\n"}, {"page_pdf": 170, "texte": "                                   — 151 —\n\nmais cicatrisée et le vin de tes lèvres étant tari, mon cœur est comme un\nflacon dont le parfum s'est évaporé.\n    Je puis maintenant contempler, dans le parc de mes songes, ton pur\nvisage, chaque pli de tes lèvres veloutées, chaque frisson d'amour de tes\npaupières aux longs cils, la moire de tes tempes tremblantes, la blancheur\nrosée et diaphane de ta gorge.\n    Je puis penser sans regrets aux moments que nous passâmes ensemble.\nIls fuient certes bien doux et cependant quelque chose que je n'aurais pu\ndéfinir me manquait, tandis que tu buvais, l'âme radieuse, la précieuse\nessence, jusqu'à vider bientôt l'ineffable et divine coupe et m'abandonner\nquand je t'aimais toujours.\n     Il me manquait alors quelque chose, mais maintenant que je considère\nces heureux jours, je ressens un bonheur complet, une joie sans bornes, car\ntu es non seulement l'admirable et langoureuse créature dont les baisers\nm'enivraient follement, tu incarnes encore des choses bien plus belles\nqui m'attiraient autant que toi et qui n'étaient pas en toi. Ton souvenir se\nmêle à celui d'une magnifique nature, de fleurs prestigieuses et troublantes,\nde musiques dont je ne puis me rappeler les accords sans être pénétré d'une\némotion intense.\n     Puisque tu es entrée dans le passé et que tu es revêtue de sa splendeur, tu\n ne peux plus compter dans le présent, car s'il advenait à ma faiblesse de te\nvoir encore autrement qu'à travers la brume argentée du temps, une des\n chères ombres qui se promènent aux bocages élyséens du souvenir, dans\n la lumière bleue que la lune projette à travers les feuillages verdoyants, dis-\n paraîtrait à jamais devant une certitude sacrilège.\n     Au beau jardin où vont dans un léger brouillard bleui par les clartés\n lunaires, souriantes et graves, avec des gestes harmonieux et pleins d'onc-\n tion, les ombres de celles qui fleurirent ma vie, tu t'avances sous les char-\n milles aux accents berceurs d'une lente mélodie éolienne et vaporeuse\n comme les soupirs d'amour des fleurs, des arbres, des fontaines et des\n nuages merveilleux.\n     Tu est belle comme la voie lactée des nuits transparentes et constellées\n de juin, lorsque le parfum des tilleuls fleuris embaume les parcs où les\n choses murmurent de doux secrets.\n     Sur ta robe s'épanouissent tour à tour les pervenches et les églantines, et\n les roses trémières aux couleurs exquisement tendres. Il y en a de blanches\n vaguement irisées et d'autres mauves, violettes et lilas qui blanchissent à\n  l'extrémité des pétales.\n      Des fleurs t'enguirlandent aux tons de vieil or, de soies fanées, d'anciennes\n"}, {"page_pdf": 171, "texte": "                                 — 152 —\n\ntapisseries et de cachemires orientaux, et ta chevelure dénouée est parée\ndes étoiles qui scintillaient comme des diamants dans les branches des\narbres noirs ; et lorsque tu cherches ton image souriante dans la limpidité\nbleue des bassins, les nénuphars croissent à la surface des eaux sous tes\nregards fleuris.\n    Ah ! dis-moi, le culte que j'eus pour toi, qu'est-il auprès de celui que\nsuscita ton ombre heureuse? Biens présents et palpables, vous ne serez\njamais que de pâles fantômes auprès des charmantes illusions du passé.\n    Ce que nous aimons en vous, c'est seulement la flamme mystérieuse qui\nbrillera dans votre ombre.\n    Ombres de ce que nous aimions et avons aimé ! Nous vivons avec des\nombres et parmi des ombres. Ce sont des ombres que nous étreignons en\nl'ivresse de nos cœurs, ombres, mais combien chères. Fiancées, aïeules,\nsœurs, mère, trésors charmants et divins que la fatalité ou la nature nous\ndonna, puis nous reprit avec une implacable indifférence, baisers, caresses,\nconsolations, joies folles et joies bénies, nous n'avons sous l'éternité de\nl'azur immuable embrassé que des ombres, mais combien elles sont douces\net meilleures que les réalités de la vie, dans les bocages élyséens du souve-\nnir baignés d'une lumière suave et vaporeuse où elles vont légères et graves,\nsouriantes et silencieuses avec des gestes harmonieux, aux accents ber-\nceurs d'une lente mélodie éolienne d'une bienheureuse et infinie sérénité,\n                                             M A U R I C E D E S OMBIAUX\n    Bruxelles, octobre 1893.\n\n\n\n\n                       SOIRS D'HIVER\n                                                          A IWAN GlLKIN\n\n\n             Il est des soirs d'hiver remplis d'un charme étrange.\n             Le ciel, qu'on dirait peint par quelque mauvais ange,\n             Roule en son azur clair, tels d'antiques velours,\n             Les flocons éclatants des ronds nuages lourds.\n             Les regards de la lune errent sur les masures\n             Où l'on vend pour de l'or les savantes luxures\n             Et les charmes fardés des tragiques catins.\n             Ces soirs ont des rayons plus doux que les matins\n             Et des rayons plus purs que l'aurore vermeille.\n             Par les gels glorieux, quand la ville sommeille,\n"}, {"page_pdf": 172, "texte": "                                — 153 —\n\n          Avec nies bons amis, les astres et le vent,\n          Vers les louches quartiers je vais flâner souvent.\n          J'écoute la chanson des errants pitoyables.\n          Je vois auprès des maigres filles, de grands diables\n          Suivre d'un œil mauvais les tranquilles passants,\n          Grelotter et crisper parfois leurs poings puissants.\n          L'orgue aux rauques clairons prélude dans les bouges\n          Qui fixent le faubourg de leurs prunelles rouges.\n           Voici chanter au loin la voix d'un lent minuit\n          Dans le songe superbe et grave de la nuit.\n          La bise a des sanglots dans les arbres sans feuille.\n          Le Vice seul est Dieu.\n                                  La ville se recueille\n          Et moi je vais, rêvant de strophes et de vers,\n          De poèmes divins, grands comme l'univers\n                                              LUCIEN DE BUSSCHER\n\n\n\n\n      Notes sur les Primitifs d'Espagne.\n                               (Fragment.)\n\n                           LES     ITALIENS\n   ... Il ne faut pas chercher en Espagne de notables Primitifs italiens : je\ncrois qu'on n'en pourrait citer dix que difficilement. Même en ce nombreux\net complet Musée du Prado, ils ne sont que quelques-uns.\n   Ce qui triomphe là, et avec un éclat comparable seulement à celui\nde la ville patrie, c'est la peinture vénitienne. C'est TITIEN avec\nquarante-deux toiles d'une fraîcheur et d'une somptuosité sans égalés,\nparmi lesquelles ces impérieux et justement célèbres Portraits de Charles\nQuint; c'est TINTORET avec trente-trois œuvres, dont une série dé sujets\nbibliques, d'assez petites dimensions, peintes en une. gamme vieux rouge\ntrès séduisante, avec des personnages profilés sur un seul plan, très en\ncadre, sortes d'illustrations d'un accent tout moderne; c'est VÉRONÈSE\navec vingt-six tableaux, dont un surprenant bijou : Moïse sauvé du Nil,\ntoute une fête de costumes et de paysage, tel un Watteau, des chatoiements\nde velours aux bleus profonds, des oranges savoureux, un ciel aux nuages\nmoelleux et des robes et des coiffures dont l'allure s'apparente d'une façon\n"}, {"page_pdf": 173, "texte": "                                  -    154   -\n\n\nassez inattendue auxmodes du XVIIIe siècle; c'est LORENZO LOTTO avec ses\nFiancés, le PORDENONE, DEL PIOMBO, le GlORGIONE; c'est TlEPOLO\navec de curieuses décorations de piété élégante, d'une légèreté de biscuit,\ntoutes blanches et roses, un peu théâtrales, mais claires, fraîches et distin-\nguées; c'est encore T H É O P O C O P U L O , dit el Greco, cet outrancier sombre,\nqui s'en est venu mourir à Tolède et semble appartenir plutôt à l'école\nespagnole, et dont les portraits roides, aux faces pointues et blêmes, sont si\nétrangement farouches !\n   Tous sont à Madrid de si supérieure qualité qu'il paraît presque impos-\nsible de les bien apprécier sans les y aller voir. Avec ces maîtres, — dégrin-\ngolons l'escalier, — les écoles romaine, bolonaise, napolitaine encom-\nbrent également les cimaises du Prado. A constater leur pullulement, on\ns'étonne davantage de l'absence complète de ces exquises fleurs d'art qui,\naux XIVe et XVe siècles, surgirent des parterres divins de l'Ombrie et de la\nToscane pous griser l'âme humaine de parfums éternels. Dans tous les\nautres domaines, dans tous les pays et tous les âges, l'Espagne a récolté\navec profusion ; l'extraordinaire richesse de ses glanages ne rend que plus\nsensible son dédain pour les Primitifs d'Italie.\n   Manifestement, elle n'en a pas voulu. Depuis des siècles, ses rois, son\npeuple, ses artistes, ses esthètes sont restés sans sympathie pour les maîtres\nde Florence. Ni influences ni acquisitions. Et cela depuis toujours. Ni\njadis ni maintenant, alors qu'ils s'approvisionnaient de Titien et de\nRubens splendides, ils n'ont pensé à disputer à l'Angleterre un Boticelli\nou un della Francesca. Ni jadis ni maintenant leurs peintres n'ont un instant\nsongé à reprendre le développement esthétique au point où il fut inter-\nrompu par Raphaël et ses tristes continuateurs. Ce n'est pas un hasard, cette\nindigence en œuvres de la première renaissance italienne, mais le symptôme\ntrès net de l'incompréhension de ces œuvres par le goût espagnol.\n   Le fait est patent. Mais comment l'expliquer? La théorie déterministe\nmise en honneur par Taine se trouve ici à court. Voici deux peuples\njumeaux, issus certainement d'ancêtres communs, parlant deux langues\npresque identiques, ayant grandi sous le même climat et sur des sols sen-\nsiblement pareils, ayant pratiqué la même religion et des gouvernements\n analogues, et voici diverger totalement leurs expressions esthétiques, à ce\n point qu'il y a entre elles indifférence, presque hostilité !\n   L'art espagnol à son début se tourne vers l'art flamand; ce qui, histori-\n quement s'explique tout d'abord assez, mais reste pourtant, au point de vue\n de la psychologie populaire, obscur : car comment un même idéal a-t-il\n pu naître et grandir en deux nations aussi dissemblables, aussi séparées\n"}, {"page_pdf": 174, "texte": "                                 — 155 —\n\npar la race, la langue, les mœurs, le caractère, les conditions et la concep-\ntion même de la vie? C'est pourtant ce qui est arrivé. L'influence flamande\nne peut s'attribuer au seul motif des relations politiques : ce qui décida\nl'art espagnol à la suivre dès son origine, c'est qu'il retrouvait en elle les\nqualités sensuelles de réalisme, de vie et de couleur qu'il apprécia toujours\nau-dessus de toutes autres, au temps de Berruguete comme à ceux de\nVelasquez, de Goya ou de Fortuny. Ce sont ces mêmes qualités sensuelles\nqui dictèrent au goût espagnol ses choix, qui lui firent réunir une aussi\ncopieuse et éblouissante collection de Rubens et de Vénitiens. En revanche,\nil n'y a pas de Primitif italien au Prado, de même que dans toute l'histoire\nde l'art espagnol, il n'y a pas un seul peintre mystique et idéaliste. Ces\nchoses se tiennent.\n    Voilà le problème un peu précisé, mais toujours inexpliqué. J'avoue,\nd'ailleurs, que je n'y ai point trouvé de solution entièrement satisfaisante\n et j'indique, aux curieux qui me proposeraient quelque réponse, le com-\n plément de l'énigme : comment se fait-il que l'art des Primitifs italiens,\n incompris et dédaigné en Espagne où toutes les circonstances semblaient\n le devoir favoriser, ait été accueilli avec un si clairvoyant enthousiasme,\n une si chaude ferveur dans la moderne Angleterre où certes tous les\n facteurs de l'ambiance : et la race, et le climat, et la religion, et les mœurs\n ne pouvaient faire présager semblable phénomène. Pourquoi n'y a-t-il pas\n de Primitifs au Prado et y en a-t-il tant à la National Gallery? Pourquoi\n est-ce dans les brouillards de Londres, au pays du gin et des salutistes, que\n de notre temps s'épanouit une école d'art d'une pureté et d'une noblesse\n exquises, continuant directement les Primitifs, alors que l'art espagnol\n agonise lamentablement, voué à l'évocation de mélodramatiques anecdotes\n d'histoire ou à la traduction d'observations contemporaines en criardes et\n  papillotantes couleurs, clinquant pris 'pour de la richesse?\n   Oh ! ce qu'elles sont loin l'une de l'autre, l'âme espagnole et l'âme floren-\ntine : on en a l'impression complète devant l'admirable ANGELICO qui, en\nce Musée de Madrid, est seul à remémorer Florence !\n   C'est une Annonciation, un grand retable presque carré, d'environ deux\nmètres de côté, une des œuvres les plus pures et les mieux conservées qui\nnous soient restées du Beato de Fiesole. Dans la partie droite, un ange\nchasse du paradis terrestre Adam et Eve dont le péché originel pèsera sur\nl'humanité jusqu'au jour de Rédemption. Et c'est ce jour, qu'après ce passé\n de faute, à côté de cette primordiale défaillance, ce jour où cette fois la\n Femme ne sera plus vaincue par la Chair, que vient annoncer, sous un\n clair et lumineux portique au plafond d'azur étoile d'or, l'ange, autrefois\n"}, {"page_pdf": 175, "texte": "                                   — 156 —\n\nministre des colères, aujourd'hui prometteur de pardons. La Vierge écoute\navec humilité le messager aux ailes de lumière et vers elle, des splendeurs\nd'en haut, un rayon descend, qui confirme la salutation de Gabriel.\n   Dans la Prédelle, cinq scènes de la vie de la Vierge : Les Fiançailles, la\nVisitation, la Naissance du Christ, la Circoncision, et la Mort de Marie,\n   Ah! que ces blancs et que ces roses, et ces bleus de ciel et ces ors,\nsemblent étranges en ce milieu ! Comme les plus chaudes, les plus délec-\ntables colorations des Velasquez ou des Ribera paraissent violentes, gros-\nsières et triviales en comparaison de ces couleurs naïves et simples, de ces\ncouleurs de clarté et de suavité.! Comme leurs œuvres les plus intenses\nsemblent matérielles, brutales, tourmentées à côté de la sérénité et de la\npaix des lignes candides et calmes ! Comme leur religion paraît fétichiste\net cruelle, confrontée avec ce radieux poème d'amour et de bonheur ! De\nce grand panneau montent de douces hymnes, de mystiques concerts de\npiété, de quiétude, d'ineffable bonté. Et je comprends qu'il n'en perçoive\npas la céleste harmonie, le peuple qui a pour fêtes essentielles d'écœurantes\ntueries de chevaux et de taureaux, le peuple dont le réalisme sombre\nimagina de prier d'atroces images du Christ hideusement supplicié, cou-\nronné d'épines dans de vrais cheveux, saignant par ses plaies du vrai sang\nmal séché!...\n                                                      JULES DESTRÉE\n\n\n\n\n    Le Mouvement littéraire en Italie (1).\n                                         III\n             L'œuvre que je vais juger aujourd'hui ne rappelle pas celle des\n               précédents poètes. Guido Mazzoni se distingue nettement de\n               d'Annunzio et de Marradi par une sorte de calme intime et\n               sévère — souvent trop sévère — qu'il garde dans tous ses vers\navec un soin scrupuleux. Il ne rit jamais; au contraire, il pense toujours et\nl'obsession de la pensée se communique aux lecteurs qui, parfois, en sont\nterriblement fatigués.\n   Son activité littéraire ne date pas de loin ; mais il n'y a qu'un très petit\nnombre de poètes qui ont, comme lui, obtenu tout de suite la faveur du\n\n  (1) Voir le numéro de décembre 1893.\n"}, {"page_pdf": 176, "texte": "                                  -   157   -\n\npublic et des gens lettrés. Carducci même, en son temps, n'a pas joui d'une\nplus heureuse fortune.\n   Ne fût-ce que les premières poésies de Mazzoni avaient le don superbe\nde l'originalité? Pas du tout, selon moi : s'il y avait quelque mérite dans\nun tel début, peut-être faut-il le chercher dans la forme neuve, tout à fait\ninconnue, du livre. Celui-ci, sans doute, parut sous un astre très favorable.\nLes jeunes poètes d'alors imitaient jusqu'au plagiat les Odes barbares et\nchantaient mélancoliquement leurs amours hystériques. Chez plusieurs\nécrivains sensuels la poésie était dégénérée en pornographie plus ou moins\nvoilée. Les muses fréquentaient librement les cabarets. Or, le livre de Maz-\nzoni sembla s'opposer, et vraiment s'opposa, à tout ce genre immoral qui\nmanquait, en outre, d'une base artistique, et montra aux Italiens, sous une\nstrophe ample et souple, la fleur charmante d'une pensée délicate, ingénu-\nment interprétée, sans transports impérieux de haine et d'amour, en un\nmot, tranquille. Comme on n'avait admiré rien de tout cela auparavant,\nl'apparition sembla étrange, le plaisir de la nouveauté éclata.\n    La place prise, Guido Mazzoni l'a gardée à jamais parce que vraiment\nsa poésie a de la vigueur et une puissance très remarquables. Son dernier\nvolume intitulé Voci della vita (Bologna, Zanichelli, 1893) contient des\npages qui, quant à l'art et l'inspiration, se rapprochent beaucoup de celles\nde M. Zanella. Le poète, du reste, révélait jadis un merveilleux penchant\npour la méthode de l'écrivain de Vicence: mais aujourd'hui je trouve qu'il\na fait de réels progrès sur cette route et qu'il joue bien le rôle de successeur.\n    Le génie large de M. Zanella ne pouvait pas rester infécond, ne devait\npas mourir sans laisser derrière soi un sillon lumineux, suivant lequel on\npût marcher sans obstacles directement au divin Parnasse. En fait, l'in-\nfluence de Zanella sur nos poètes a été plus forte qu'on ne le soupçon-\n nait. Notre auteur en semble un disciple bien digne. Il ne l'imite point,\n c'est vrai, mais il faut reconnaître que tous ses principes poétiques, Mazzoni\n les a tirés de là et que toutes ses odes et ses ballades rappellent parfaitement\n le genre du poète de l'Asticchiello.\n    Giacomo Zanella a trouvé, certainement, l'inspiration de ses vers dans des\n poésies anglaises et américaines. Il a traduit, par exemple, Eveline de\n  Longfellow. Toutefois, nous qui avons dans notre pays un soleil splendide\n et une richesse, une beauté infinie de villes et de campagnes, nous n'aimons\n guère le silence mélancolique ou le brouillard triste du Septentrion.\n     Mazzoni, heureusement, l'a compris; et sa poésie domestique respire\n  souvent la joie, le bonheur de vivre et, quand le poète abandonne la maison\n  et se promène dans les jardins ou dans les prés, alors les couplets brillent\n"}, {"page_pdf": 177, "texte": "                                 — 158 —\n\nde magique splendeur et un souffle léger de vie pénètre jusqu'aux racines\ndes cœurs arides comme la lymphe vivifiante qui perce la moelle des\narbres.\n   Par ce que j'ai dit, on voit aisément que l'œuvre de Guido Mazzoni n'est\npas grande; mais il n'est pas mal ici de rappeler les paroles d'un écrivain\ngrec : « Le bien ne se trouve point dans le grand, mais le grand dans le\nbien. »\n                                      IV\n   C'est une affirmation de tous les jours et de tous les lieux, que la poésie\nest un souffle divin, rien qu'un souffle; mais je ne saurais louer aucun\nde nos poètes qui l'ait montré, en effet, mieux que M. JEAN PASCOLI.\nCe jeune homme, né à Livourne, la ville cosmopolite, la ville des mar-\nchands, a écrit quelques petits livres où dominent complètement les pensées\nbrèves et fugitives. Il semble qu'il se soit dit : La poésie est un simple\nmoment; arrêter ce moment destiné à passer vite, voilà l'art. Ainsi, comme\nconséquence de cette opinion, tous les vers de Pascoli durent à peine un\ninstant : l'image, miraculeusement fixée, perfectionne le cadre, toute chose\nest arrêtée, aussitôt le morceau finit.\n   Chez M. Pascoli, donc, il n'y a que des paysages superbes et gracieux\nentrevus à demi, des tableaux pleins de charme campagnard avec des cases\nrustiques et d'amours à l'ombre des grands chênes, des croquis très vifs\nentremêlés des effets illusoires de la nature et retentissant des bruits du\njour. Mais tout cela demande un art si fin, si parfait qu'il est presque impos-\nsible d'obtenir toujours le but proposé. Toutefois, Jean Pascoli peut avec\nraison se vanter d'avoir poussé jusqu'aux plus lointaines limites le culte de\nl'art et du beau. Il est artiste dans le vrai sens du mot. Deux ou trois coups\nde plume vibres, décisifs, corrects : la scène est représentée sans qu'il y\nmanque les caractéristiques profondes du milieu et la spontanéité des\nchoses qui vivent.\n   Toute la finesse de la langue latine, qui possède en Pascoli un interprète\nincomparable, lui donne l'apparat artistique qu'il transmet dans ses vers.\nSon dernier volume, eu égard à l'art, on peut le dire parfait.\n   Assez souvent, comme Mazzoni, M. Pascoli aussi boit à la source iné-\npuisable de la poésie domestique ; il y montre une disposition très habile et\nune génialité très puissante. Mazzoni, si on le considère comme styliste,\nest certainement plus grand que lui ; mais Pascoli connaît mieux que\ncelui-ci le jeu de tirer parti de l'être intime, de saisir les motifs prédomi-\nnants de la terre et du ciel et se sert magiquement de l'art par lequel notre\ncœur s'émeut.\n"}, {"page_pdf": 178, "texte": "                                   —159 —\n\n     D'une manière bien simple, sa poésie apporte le calme et la joie, le repos\n  et l'ivresse : elle ne lasse jamais la pensée et nous berce dans les plus déli-\n  cats des rhythmes avec une souplesse admirable.\n     Faut-il encore noter, à cause de l'extravagance du fait, que Pascoli n'est\n  pas trop estimé en Italie : je ne puis en deviner la raison, mais le fait est\n  vrai.\n     Ne serait-ce pas qu'il refuse de s'abaisser à la réclame des journaux et\n  des revues ainsi que font les autres ?\n     Quoi qu'il en soit, ses productions poétiques resteront, sans doute, dans\n  le domaine de la littérature et nous en verrons toujours la gloire, cette\n' gloire qui ne manque jamais aux vraies âmes de poète.\n\n\n                                        V\n\n    Plus capricieux que tout autre jeune ami du Parnasse, M. SEVERINO\n FERRARI a su mêler l'art délicieux d'écrire en vers avec la rigidité presque\n morne de la bibliophilie, à laquelle il a consacré beaucoup de temps et de\n soins méticuleux. La poudre des archives et des bibliothèques lui a donné\n une saveur d'antiquité tout à fait originale en lui offrant aussi les moyens\n de pénétrer au fond de la vie populaire italienne de jadis.\n    Il est permis de dire avec toute franchise qu'il a trouvé mieux dans les\n siècles passés, où les chevaliers combattaient pour les yeux d'une dame et en\n défense de droits sacrés, qu'en notre époque étouffée sous la boue des scan-\n dales et sous le fard de la banalité.\n    Le premier volume qu'il publia, si je ne me trompe, a été cette œuvre\n intitulée Bordatini où sont reproduits tous les beaux mètres et les joyeuses\n rimes du trecento et du quatrecento : beaucoup ont été tirés de Franco\n Sacchetti et de Agnolo Cini, nommé le Poliziano, écrivains qui lui sont\n familiers.\n   Ainsi Severino Ferrari a fait une neuve et glorieuse œuvre d'art, en\n  maniant, en s'assimilant le superbe héritage poétique de nos ancêtres, en\n  pénétrant même dans les profondeurs du cœur humain, surtout l'âme\n  populaire. De là le singulier charme du livre qui aujourd'hui est devenu\n  assez rare. Notre auteur a cultivé sans cesse les troubadours de Provence,\n  la terre où on a tant aimé, tant joui, tant souffert dans le moyen-âge, et\n  en a rapporté un esprit de chevalerie qui lui donne l'air dun page de la\n  cour de Raymond de Toulouse, amoureux de toutes les belles dames qu'il\n  voit passer devant lui. Il chante toujours l'amour éternel, la beauté de la\n  nature à chaque saison de l'année, la bonté et les yeux bleus de sa bien-\n"}, {"page_pdf": 179, "texte": "                                     — 160 —\n\naimée, les tourments du mépris et de la jalousie. Il entend monter, à tra-\nvers l'espace, à travers le temps, dans les nuits silencieuses et azurées, la\nvoix du passé, de la vie disparue comme l'atome qui fuit sans retour.\n  Mais combien de fois l'effet voulu lui a-t-il manqué? Ce serait une assez\ninopportune analyse. Pourtant il faut bien avertir notre poète afin qu'il se\ngare soigneusement des lieux communs, des conceptions maintes fois\nhasardeuses et des vertiges de la nouveauté.\n  Avant que je finisse, c'est mon devoir de noter un autre livre de Severino\nFerrari, Il Mago, manifestation vigoureuse et fantastique d'une intelli-\ngence supérieure. Ici le poète glisse de pensée en pensée, d'idée en idée,\nd'image en image, presque en acrobate, cherchant surtout à étourdir le\nlecteur qui reste enchanté et qui subit le charme terrible et délicat à la fois\nde la magie.\n   Si je suis bien informé, M. Ferrari prépare actuellement d'autres vers,\nauxquels je souhaite un accueil heureux comme l'on peut amicalement le\ndésirer.\n                                         ANTONIO SANTE-MARTORELLI\n  Sienne, février.\n\n\n\n\n           CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n   Légendes flamandes, par CH 'DECOSTER (Bruxelles, Lacomblez).— Vieux Saxe, par\nHENRI MAZEL (Paris, Girard).— Contes à soi-même, par HENRI DE RÉGNIER (Paris, Librairie\nde l'Art indépendant). — Esoterisme et socialisme, par ALBER JHOUNEY (Paris, Comptoir\nd'édition). — L'Aînée; Rêves des heures lentes, par CHARLES BUET (Gand, Siffer). —\nUneAme wallonne, par A DAXHELET (Bruges, Popp).—Par les Routes..., par J.DESGENAIS\n(Malines, Godenne).— Revanche d'amour, par M. DE CATERS (Paris, Flammarion). —\nHarald Roi, par J. BOSIERS (Bruxelles, Lacomblez).\n\n    « C'est dans la langue de Rabelais queM. Decoster à écrit ses Légendes »,\nassure M. Deschanel, et sous la plume de ce lettré, une si hardie et témé-\nraire affirmation fait une exorbitante figure! En réalité, l'entreprise serait\nardue, même à M. Deschanel, de fixer la date linguistique des Légendes,\naucune règle n'ayant régi le choix hétéroclite de Decoster parmi les formes\nsuccessives du français, non plus, d'ailleurs, que son orthographe arbitraire:\nson procédé ressort à un archaïsme postiche et inflige une véritable tare à\nson œuvre.\n   Quant au style, à la technique volontairement puérile de la période,\nl'élision des articles, — artifices trop faciles de naïveté, — cette sorte d'absence\nde perspective dans la phrase qui, figée, prend la roideur gothique des\neffigies cernées de plomb d'un vitrail, ce sont de flagrants parachronismes,\naussi, et plus graves encore.\n"}, {"page_pdf": 180, "texte": "                                    — 161 —\n\n    Un idiome s'organise lui-même, s'épanouit et s'affine; chacun de ses\nâges représente l'emblême corrélatif et spontané du siècle auquel il servit\nd'interprête; un être à un degré défini de son évolution, indissoluble et\nlogique; et, évidemment, l'image qui amalgame des traits empruntés à des\nphases éloignées de sa croissance, n'en restitue qu'une physionomie déna-\nturée (1).\n    Or, l'inesthétique ambition de Decoster se résumerait ainsi : peindre, à\nl'aide de mots d'une désuétude indécise, appareillés selon la primaire\nsyntaxe du XIVe siècle, et en français, les Flamands — choses et gens —\ndu déclin du XVIe siècle! Le dialecte de Calvin, de Montaigne, d'Amyot et\nde Du Bellay, adolescent vigoureux, tout de jeune verdeur et de juvénile\neffronterie, ferait, certes, une nique gouailleuse à son fantôme minable et\nblafard des Légendes!\n    En adoptant le ton monotonement candide et ébahi des chroniques,\nDecoster visait à imprimer à ses récits l'accent d'ingénuité et de bonhomie,\nspécifique, à ses yeux, de la période qu'il voulait illustrer; mais l'incohé-\nrente vétusté composite de son vocabulaire, cet outil impropre et dur, gau-\nchissant la main de l'ouvrier, rétrécirent son initiative, par leurs insuffi-\nsances, l'inclinèrent à stéréotyper ses inventions, à se satisfaire de poncifs\n factices et conventionnels.\n    L'objectif de l'écrivain était de recréer l'atmosphère de simplesse pieuse\net joviale, de malice matoise et débonnaire, caractères plus ou moins\nauthentiques de ce bun vieux temps-là ; et indubitablement, la grammaire\net le lexique actuels offraient, à foison, les éléments susceptibles d'en trans-\nposer l'émerveillante impression, dans l'expressif et magnifique langage de\nla légende.\n    Si l'on songe alors qu'il s'agit de légendes flamandes ! comment ne point\n se rappeler les inflexions incisives et savoureuses du très moderne français\n de M. Georges Eekhoud? certaines Kermesses où l'âme, vraiment, l'âme\n populaire flamande se traduit passionnément et qui réduisent les contes de\n Decoster au rang d'une ingénieuse imagerie décolorée.\n    Cependant, l'auteur d'Uylenspiegel possédait le sens et la sensibilité\n profonde de la fable ; Sire Halewyn en témoigne, et ce fait étrange, sur-\n tout, que, malgré le glaçant préjugé pittoresque incarné par ce livre,\n l'absurde vernis simili-romantique dont se revêtent ses tableaux, — l'artiste\n triomphe de lui-même, très souvent, et victorieux de sa préconception\n erronée, en distrait le lecteur pour lui communiquer une émotion durable\n et belle.\n                                         ***\n    Ce siècle, dont Paul Verlaine réinventa la spécieuse féerie lyrique, l'ado-\n rable métaphore mensongère, que le perspicace burin de Rops résuma en\n une série d'eaux-fortes où l'égoïste étourderie, l'aride et fragile élégance,\n le vice maniéré du temps se configurent dans la posture cynique de sa\n\n\n  (1) Decoster emploie concurremment tous jours et toujours; cettuy et ce, celui-ci;\nvolentiers et volontiers, etc., incompatibles et qui devraient se frapper d'exclusion\nmutuelle. Pourquoi suranner puisné et point ôter,étre, âme, etc.? Enfin, — archéologie\nexpéditive! — il éclope les vocables existants ou en fabrique qu'aucun glossaire\nn'admettrait : plaudir, animant, surorer,/ureusement, éclater, tabuster, menaceusement,\nchiffler, etc.\n"}, {"page_pdf": 181, "texte": "                                  —   162   —\n\n\nfoncière bestialité, — M. Mazel en tente aujourd'hui une restauration d'un\nautre genre, plus véridique — et moins vraie.\n   Ces jolis titres poudrés, le Galant stratagème, l'Heure du Berger, la\nPrécaution dangereuse, étiquettent des pastels de teintes un peu crues et\ntranchées, sur lesquels les années n'ont point passé leur estompe pour en\névaporer les contours, en nuer les couleurs. Les âmes galantes de M. Mazel\nusent, parfois, de singulières mignardises; ses très délurées ingénues com-\nmettent d'inconcevables et scabreux quiproquos... C'est le danger des\npastiches de cette sorte : ils requièrent un tact minutieux, l'inspiration\nérudite et le loisir de la frivolité, tellement qu'une réussite semble toujours\nun prodige délicat et unique.\n   Les premières scènes du recueil paraissent, dans la pensée de l'auteur, le\nprélude contrasté, simplement, et le prologue de la Surprise de l'amour et\ndes Funérailles d'un siècle, d'une valeur fort supérieure, dramatiques, et\noù l'action se répercute en un dialogue nerveux et retors.\n   Si le style de M. Mazel manque, quelquefois, du pur aloi contemporain,\nil a saisi, néanmoins, les traits essentiels de ce siècle libertin, tour à tour,\net liberticide, et qui envisageait la vie ainsi qu'une intrigue divulguée, à\nlaquelle le goût suprême prohibait de vouer le plus volage intérêt; de ce\nmonde, décor décrépit que le premier courant d'air effondrera, comme la\ndroiture et la claire loyauté de la Silvia de la Surprise de l'amour suffisent\npour déconcerter l'imbroglio où, déjà, on l'espérait compromise.\n   La vogue vint sur le tard, du naturel et de la sensibilité : on pleura à la\nfureur, — rustique attendrissement, amour de la chose publique, ou même,\nvertuosité! Heureusement! car, à l'échéance scélérate, — les Funérailles\nd'un siècle; — lorsque, la pastorale et l'idylle dépassées, Trianon ayant servi\nd'antichambre à la Conciergerie, Estelle et Némorin, dépoitraillés, soudain,\net hurlants, révélèrent des personnages inattendus ! — on était épuisé de\nlarmes et on ne se trouva plus que de la fierté!\n                                       **\n   « ... Sa voix me semblait venir de moi-même, et comme si c'eût été au\nfond de moi qu'il parlât... » Et c'est de cette voix là, en effet, uniforme et\nlointaine, que semblent émis ces Contes à soi-même, monologue, désin-\ntéressé de l'auditeur, de quelque somnambulique vagabond nocturne,\nentré chez vous par hasard, et dont sa propre confidence détache des\nlimbes et précise en lui, au fur et à mesure qu'il l'énonce, le visionnaire\nsouvenir... Et le narrateur parle, comme à la cantonnade de son extase,\ns'ausculte en des personnages, se suscite parmi des cités, des paysages,\ntourbillonnant polyorama, mobiles aspects de sa pensée, dont il finit par\nne se sentir plus être lui-même que l'ombre désabusée... Le poète écoute\nson évanescente rêverie, l'attise et l'élucide à la formuler : — au travers de\nchatoyantes et déductrices images se la métamorphose : Paladins, languis-\nsantes châtelaines, blondes et tristes courtisanes, — médiums de sa per-\nplexité, hérauts pathétiques de ses effusions ombrageuses; nobles incarna-\ntions, parées toutes de grâce incisive et mélancolique, qui hantent l'horizon\nde sa méditation, le saluent en passant de paroles inouïes et familières.\nCar, pour celui qui ne craint point en affronter l'inquiétant mystère, le\nrêve acquiert la transparence de l'impartial miroir sublimatoire où,\ndépouillée d'apparat et de superbe, bientôt se réfléchit sa conscience\ninconnue ..\n"}, {"page_pdf": 182, "texte": "                                   — 163 —\n\n   Folle, paradoxale ou profonde, l'évagation de l'artiste le transporte —\nacteur, tout à la fois et témoin — au milieu de la sombre fête du monde,\ndans la chère solitude d'une province excentrique, entre les drèves et les\nquinconces de quelque parc, splendide ruine symétrique que l'automne et la\nnostalgie hallucinent et le passage d'Eurydice! Prince aventurier, dont la\ndouce campagne et la lisière songeuse des forêts considèrent décroître à\nl'orient l'escorte équestre ; ou fantaisiste trouvère, le conteur s'équipe pour\nde chevaleresques pèlerinages, la conquête d'une fleur, d'un sourire, — ou\nd'un regret.\n   On a assimilé la prose de M. de Régnier à celles de M. Mallarmé, para-\ndigmes, comme on sait, hiérotypes de toute œuvre valide, désormais! Le\ndur émail de la phrase céramique de M. Mallarmé, sa mosaïque laborieuse\nne trouvent aucune analogie dans les Contes à soi-même; la période de\nM. de Régnier, ondoyante et pittoresque, habile aux demi-teintes, excelle sur-\ntout à suivre le méandre, l'indécis erratisme de ces soliloques sentimentaux,\nsinués par le décor ou la saison, symphonies dont ils simulent, alors,\nl'insidieux commentaire mélodique...\n\n\n   M. Alber Jhouney réunit, sous le titre d'Esotérisme et socialisme, quatre\nlectures faites à l'hôtel des sociétés savantes à Paris, — très clair et logique\nexposé de la doctrine ésotérique, telle que la conçoivent de lucides esprits,\n— désaffublée des oripeaux charlatanesques, dont les époptes tarasconais et\nles Chaldéens du boulevard la travestirent. L'initiation, en somme, con-\nsisterait en un syncrétisme qui, empruntant à chaque métaphysique, sacrée\nou profane, l'aspect de la vérité qu'elle exprima, renouant la tradition\nrationnelle et divine, ordonne ainsi une ontologie, soumise à l'harmonie,\nhypothèse étayée de preuves absolues et empiriques, les récentes enquêtes\nde la science consacrées aux phénomènes ecténiques, notamment.\n   Après le brahmanisme et le saniassisme, M. Jhouney adopte la théorie\nde la transmigration : les âmes, émanées du Verbe-Lumière à l'état de\ngerme innocent, conquièrent, au cours cyclique de leurs métempsycoses,\nconscience de plus en plus sublimée d'elles-mêmes, jusqu'à l'heure où\nl'équilibre de leur dualité physique et morale, rompu au profit de leur\npersonnalité spirituelle, les rend aptes à se confondre dans la perfection\nthéandrique. Le Christ, seul, âme naturellement divine, échappe à\ncette psychogonie. Reproche singulier dans la bouche d'un adepte,\n M. Jhouney inculpe l'Eglise catholique, prédicatrice, d'ailleurs, fidèle des\nenseignements du Christ, d'en avoir voilé, l'essence, de sa théologie! Le\ndogme, sans doute, s'exagéra un peu et se roidit contre les aberrations des\n gnostiques, l'illumisme sensuel des mystiques, les perversions de la foi per-\n sonnelle; mais, c'était embaumer le Christ pour le garantir d'une dévotion\n destructive ; et, au reste, les rites formels, tout à la fois, et symboliques, les\n merveilleuses liturgies romaines manifestent, si l'on veut, l'apparence céré-\n monielle, exotérique, la splendide image visible de son culte temporel : Le\n Sinaï n'est pas accessible à la multitude.\n   Que toutes les énergies donc, conclut M. Jhouney, les inspirations et les\n croyances, — la science, l'art, les Eglises, — s'orientent vers le but unique,\n se syndiquent dans le dévouement et l'abnégation pour réaliser le Christ,\n résoudre pacifiquement le problème social.\n"}, {"page_pdf": 183, "texte": "                                     — 164 —\n\n   Rêve généreux et grandiose et utopique, car comment instaurer la hié-\nrarchie au moment où la notion même de la subordination paraît détruite?\nlorsque le siècle est menacé de l'outrageuse dictature des âmes instinc-\ntives?\n   On ne crée point une conviction; tout au plus peut-on en développer les\ngermes sympathiques préexistants. Si donc, la substantielle et souvent\npersuasive éloquence, l'enthousiasme pur de ce livre échouent auprès de la\nmajorité des lecteurs, au moins fixeront-ils' l'aspiration hésitante ou égarée\nde quelque noble créature.\n                                     *\n\n    M. Charles Buet conserve le secret des contes romantiques, savamment\n pittoresques et pourtant simples ; il reste élégiaque avec impunité et sans\nprovoquer au sourire. Le snobisme sceptique de l'heure exalte encore son\n spiritualisme, car il en a plus que la bravoure, la coquetterie! Sous sa\n plume érudite et féconde s'évoquent des souvenirs, des récits remplis de\n belles figurations sereines et chrétiennes : l'Aînée, roman intime dont les\npéripéties se développent en un curieux milieu provincial, charmant cadre\nvieillot au portrait d'une humble et modeste héroïne; — Rêves des heures\nlentes, visions lénitives ou ensoleillées, — œuvres qui, après avoir enchanté\nl'irréprochable écrivain, lui vaudront le reconnaissant applaudissement de\n plus d'un ami inconnu.\n                                       ***\n   M. Daxhelet exile son Ame wallonne parmi les crics et les grues d'Anvers\noù elle s'étiole et meurt — de la poitrine. L'auteur présume tellement\nde l'inédit de cette nouvelle, que le simple énoncé lui en paraît doué d'un\nrelief surabondant ; et c'est dommage, car certaines pages font regretter la\ngalopante nostalgie de son personnage, abrégée, par conséquent, et super-\nficielle. Le mal du pays tourmente M. Desgenais, aussi, quelquefois; il\ns'en va, alors, et s'en revient avec une gerbe de proses champêtres : Par les\nroutes, aussi vertes et non moins tendres que la couverture sous laquelle il\nnous les offre... Revanche d'amour s'adresse, évidemment, à un public d'un\nautre étage! M. de Caters complique de noires intrigues, de convulsives\naventures, condimentées d'approximatifs incestes et d'adultères, entre diffé-\nrents individus vaguement collatéraux et d'une suffisante réalité, d'ailleurs.\nAussi innocemment pervers que les acteurs d'Harald roi, ils conservent\nsur ceux-ci ces avantages de ne point vivre « au début des temps historiques\nde leur pays » (1), de se provoquer sous des noms plus faciles à remuer que\nces immeubles : Thorbjarg, Hrolf, etc. et, enfin, de rester dans les bornes\ndu bavardage autorisé — et du ridicule !\n                                                           ARNOLD GOFFIN\n\n\n\n  (1) L'âge de l'épithète polie, apparemment : « Allez-donc 1 Chiennes de vaches! Cra-\npauds de chiens! Chameaux de chevaux! » (Scène III.)\n  Chameau ! ! ! le chameau des fjords !\n"}, {"page_pdf": 184, "texte": "                                          165 —\n\n\n\n\n                               MEMENTO\n  LES CONFÉRENCES DU MOIS :\n                                               coup d'aisance, de naturel et ce ton de sin-\n                                               cérité et de conviction, de sympathie pour\n   M. Hector Chainaye et M. Iwan Gilkin        les choses dites, qui ajoute tant de charme\nont fait une conférence au Cercle artistique   aux conférences, nous dirons même qui en\n                                               fait souvent le charme principal.\net littéraire de Bruxelles. Voici comment\nl'Etoile belge rend compte de la causerie de      Nous trouvons dans le Journal de Bruxel­\nM. Hector Chainaye :                           les, sous la signature de M. Ernest Verlant,\n                                               l'article suivant sur la conférence de\n   Le Fantastique dans la Littérature, tel\n était le litre de la conférence donnée ven- M. Iwan Gilkin :\n dredi, au Cercle artistique, par M. Hector       M. Iwan Gilkin a parlé, avec grand\n Chainaye. Sujet intéressant et abondant que succès, de l'œuvre lyrique de Théodore de\n notre confrère a traité avec beaucoup de Banville. Le pouvoir d'illusion qui trans-\nfinesse et de compétence, appartenant, lui forme dans l'esprit du souriant poète la vie\naussi, à la race des conteurs et des poètes réelle en une fête féerique, en une sorte\nexclusivement épris de rêves et de fantai- d'opéra idéal, son optimisme foncier, excep-\nsies. N'a-t-il pas écrit l'Ame des Choses, un tionnel chez les romantiques, son hellé-\ncharmant petit livre rempli de pressenti-\nments, de frileuses angoisses ou de divina- nisme, sa joie lyrique, poussée au pa-\ntions sympathiques, en présence du monde roxysme, la jeunesse éternelle de ses yeux\nocculte et invisible?                          d'enfant devant la beauté des choses, son\n                                               hyperbolisme, sa fantaisie funambulesque,\n                                               M. Gilkin a analysé tous ces traits caracté-\n   Dans la première partie de sa conférence, ristiques avec une grande précision, en les\nM. Chainaye a montré le rôle que le mer- illustrant d'exemples habilement choisis.\nveilleux a joué de tout temps dans l'histoire, Mais, outre l'excellence de son exposition\ndans l'art, dans toutes les manifestations critique, il faut louer l'exquise convenance\nde l'âme humaine. Le positivisme absolu des images harmonieuses par lesquelles il\nn'existe pas. Le libre penseur, le sceptique, a su manifester l'essence même du génie\nsacrifie malgré lui à ce besoin de merveil- banvillien. Le poète n'a pas seulement été\nleux, de surnaturel inné dans l'homme. Qui commenté avec une respectueuse clair-\nn'est pas religieux est souvent supersti- voyance; dans une gloire olympienne, il a\ntieux. Croire à quelque chose est un besoin ! revécu un instant, évoqué par l'art d'un\nA défaut de dieux on se crée des fétiches. autre poète, vraiment digne de le célébrer.\nL'Art n'est-il pas un de ces dieux ? Et,          Mais le sujet de la conférence de M. Gil-\naujourd'hui, le nombre croissant de « petites kin était double. A propos de Théodore de\nchapelles », dont chacune a ses pontifes, ses Banville, qui eut l'orgueil d'être un parfait\nimages, ses grands prêtres, ne révèle-t-il ouvrier du vers, qui ressuscita et rajeunit\npas ce besoin de religion, de croyance, de les formes anciennes, les rythmes négligés,\nfanatisme, inséparable de la nature humaine? qui concentra la théorie de la métrique\n   Parlant ensuite du génie fantastique, française dans un profond traité technique,\nM. Chainaye a opposé les poètes de la M. Gilkin a pensé qu'il était bon de parler\nfamille des Hoffmann, des Baudelaire, des de la récente crise du vers français, pour-\nEdgar Poe et de tant d'autres, qui ont cher- suivant la croisade qu'il a énergiquement\nché leurs sujets et puisé leurs inspirations entreprise dans la Jeune Belgique et ail-\nen des choses réelles et tangibles, aux Zola, leurs, naguère à la tribune du Cercle\naux Daudet et aux écrivains dits naturalistes Léon XIII, ou ici même, contre les nova-\nqui se contentent de décrire et de narrer la teurs et les anarchistes du vers libre. Au\nvie et le monde extérieurs, tout ce que per- risque de se faire appeler arriéré par ceux\nçoivent leurs sens grossiers, leur esprit pro- qui pensent que tout l'intérêt d'une idée\nsaïque réfractaire aux spéculations géné- consiste dans sa nouveauté supposée,\nreuses, aux aspirations idéales.               M. Gilkin s'est élevé contre les révolution-\n                                               naires avec la franchise la plus nette et la\n   M. Hector Chainaye a dit sa conférence, plus catégorique.\ntrès littéraire sans être apprêtée, avec beau-    Nous ne pouvons entrer dans tous les\n"}, {"page_pdf": 185, "texte": "                                         — 166 —\n\ndétails de son argumentation touffue. Bor-       Technique dans l'Art », que nous ne recom-\nnons-nous à en dresser une sommaire table        mandons pas seulement aux musiciens. Nos\ndes matières. M. Gilkin a traité successive-     abonnés liront avec intérêt le préambule de\nment de l'importance de la forme e« art et\nde son union indissoluble avec le fond, dont     cet article, ainsi conçu :\nelle constitue la garantie, car la beauté du       L'art traverse en ce moment une crise\nfond ne peut apparaître que dans la forme        curieuse, inquiétante; un mouvement se\nbelle; — de l'invention arbitraire du pré-       dessine qui semble emporter de nombreux\ntendu vers libre, amorphe, informe, prôné        groupes d'artistes, qui, de peur d'être taxés\npar des poètes à la pensée chaotique, en         de trembleurs et de réactionnaires, se sont\nopposition avec le vers traditionnel, histo-\nrique, qui s'est développé lentement comme       mis à la remorque de la triomphante pous-\nun organisme vivant; — de l'inutilité d'une      sée du modernisme et de la vérité artistique\nréforme, rien ne démontrant que le vers          dont Wagner a été le génial promoteur.\nclassique perfectionné par Victor Hugo et        Qu'adviendra-t-il, cette crise une fois passée !\nses successeurs ne soit apte, entre les mains    — car le moment sera bientôt venu, du train\nd'un poète savant, à exprimer les sentiments     dont vont les choses, où les modernes Icares\nles plus compliqués des contemporains et         se brûleront les ailes. Une réaction, évidem-\nles nuances les plus délicate; — des dé-         ment. Mais qui pourrait en déterminer\nfauts de la réforme proposée, qui n'a pas        actuellement les conséquences?\nde principe fixe, qui n'a d'autre règle que le     Aussi n'avons-nous pas à nous en préoc-\nbon plaisir et le petit bonheur, — et aussi,     cuper pour le moment. Le mouvement n'en\nen passant, de la part de responsabilité qui     existe pas moins, et il est intéressant de\nincombe, dans cette affaire, à Verlaine pour     chercher à caractériser quelques-unes de\nses négligences et pour les louanges dont il     ses tendances, comme il est utile de com-\na comblé Corbière et Rimbaud, à Laforgue         battre dans la mesure du possible certaines\npour ses réjouissantes, mais dangereuses         de ses aberrations, qui détournent et stéri-\ngamineries.                                      lisent tant de riches natures. Avec une\n                                                 logique singulière, le mouvement s'est pro-\n   De l'anarchie intellectuelle d'à présent,     pagé parmi les arts d'après l'ordre de leurs\nM. Gilkin ne peut s'empêcher de parler avec      relations plus ou moins étroites avec la vie\nindignation, sans pouvoir imiter, comme il       intensive elle-même, et d'après la mesure\nl'a fait remarquer, l'ironique douceur et la     de leurs moyens d'expression subjective de\nsérénité de Banville. C'est que, poète belge     la nature.\nlui-même et justement désireux de relever           La littérature et la poésie d'abord, la pein-\nle culte des lettres dans ce pays qui a tardé    ture ensuite, et enfin la musique s'engagè-\nsi longtemps à apprécier et à connaître les      rent dans cette voie, mais en un espace de\nformes rigoureuses du langage et de la ver-      temps relativement si court, pour une évo-\nsification, M. Gilkin a le sentiment profond     lution aussi grave, que l'on pourrait pres-\ndu mal causé chez nous, plus qu'en France,       que considérer leur mouvement comme\npar des doctrines qui tendent à favoriser        simultané.\nnos vices nationaux et à ruiner l'édifice           De l'ensemble des doctrines professées —\npoétique qui commence à s'élever. Il n'avait     et proférées — par le groupe, deux surtout\npas besoin de s'excuser d'avoir plaidé sa        se détachent, très caractéristiques : d'une\ncause avec un peu d'emportement; quand           part la négation de la forme et l'insouciance\nil s'agit de combattre des idées fausses et      du style (amorphisme); de l'autre, le dédain\nmalsaines et qu'on sait en même temps,           de la science musicale ou même la contes-\ncomme lui, conserver son impartialité vis-       tation de sa nécessité (agnoscisme déca-\nà-vis des hommes de talent qu'elles égarent,     dent).\nla colère est une généreuse et virile vertu.\n   Et nous y applaudissons de tout cœur,            A la suite d'un oubli dont la rédaction de\navec son auditoire d'hier.                       la revue n'est pas responsable, le poème de\n                                                 notre collaborateur M. Maurice Dullaert\n                                                 n'a pas figuré au sommaire du mois dernier.\n   Au prochain numéro le compte rendu de\nla lecture faite à Bruxelles par notre ami et\ncollaborateur M. Henri de Régnier.                  Notre collaborateur M. Alber Jhouney\n                                                 demande à son tour un erratum... Dans le\n                                                 poème intitulé : Vision d'un matin d'hiver,\n  Notre collaborateur M. Ernest Closson          il faut lire : « Brûle rouge au milieu du\npublie dans le Guide musical du 28 janvier       grand disque d'opale » et non « Brûle rouge\nun article des plus instructifs intitulé « La    et au milieu. . », comme on l'a imprimé.\n"}, {"page_pdf": 186, "texte": "                                         —. 167 —\n\n\n                                                    Tous nos compliments ; la colère du\n                                                  Peuple nous donne trop bellement raison\n   Le poète des Trophées ayant été élu            pour que nous ne persistions pas dans notre\n membre de l'Académie française, nous pré-        répugnance pour les étranges mixtures de\n sentons nos félicitations à M. de Heredia et     littérature et de politique que l'on nous\n surtout à l'Institut.                            recommande depuis quelque temps!\n\n\n    L'Indépendance belge est, comme on sait,\n  un journal très littéraire et qui ne permet à\n  personne d'être plus littéraire qu'elle. Ses       Le rapport fait au nom du jury chargé de\n  moyens lui permettent cette ambition. On        décerner le prix quinquennal de littérature\n en jugera par l'appréciation suivante de son     française vient de paraître au Moniteur.\n correspondant parisien :                         Nous apprécierons prochainement l'œuvre\n    « M. de Heredia, dont je ne veux pas dire     de M. Wilmotte. Constatons dès à présent\n de mal, bien qu'il se soit fait naturaliser      que ce document considérable est la consé-\n Français onze mois seulement avant sa can-       cration officielle, obtenue sans avoir été\n                                                  demandée, du mouvement littéraire fondé\n didature, et qui n'est qu'un succédané de\n                                                  par la Jeune Belgique.\n M. Victor Hugo, a été élu dès son appari-\n tion à l'Institut. »\n    M. de Heredia un succédané de Victor\nHugo!! C'est inattendu.\n                                                     Le Macaque flamboyant continue à\n    Le jour où le correspondant parisien de\n                                                  prospérer en Belgique.\nl'Indépendance voudra se faire naturaliser\n                                                     Voici quelques extraits d'un article de\nBéotien...\n                                                  critique artistique paru dans la grave\n                                                  Liberté :\n  La Jeune Belgique offre en prime les               A cette heure de l'histoire où le tout\n                                                  manifeste une passion idéale pour la m a -\nœuvres complètes du prochain académicien          tière, où de grands désirs s'étiolent, où de\nà celui de ses lecteurs qui retiendra les six     puissantes volontés s'abaissent, où de purs\nvers suivants de M. de Montesquiou-Fezen-         espoirs éclosent, il semble curieux de\nsac :                                             stagner un instant devant ces esprits nébu-\n      Phlox, Melacocarpus, Pentsemon, Ixia,       leux qui s'en retournent vers le passé par\n      Agave, Schizanthus, Thlaspi, Collinsia,     les rites intellectuels dont l'essence même\n      Epacris, Ixiora, Brachicome, Rhodanthe,     les fortifie.\n      Centrenthus, Areca, Tegeles, Muscaris,         Ces esprits sont nombreux. En opposi-\n      Messenbrianthemum et Strutiopteris,\n      Arthurium, Rhapis, Arecas et Limnanthe.     tion au chiffre total des populations, ils\n                                                  sont quelques-uns.\n\n                                                     Le groupe Kvmris, le groupe magique,\n   M. Elisée Reclus ayant assisté à une           se tient en dehors des luttes qui furent sus-\nconférence de la Section d'art de la Maison       citées il y a quelque temps et qui subsistent\ndu peuple, le journal Le Peuple publie            encore au cœur de la Rose + Croix.\nl'entrefilet q u e voici :                     Papus et Péladan, les deux prêtres qui\n                                             perduraient la doctrine de Chrétien Rosen-\n  « Quelques pseudo anarchistes, rapins et\n                                             kreuz, certain jour se chamaillèrent, bana-\nécrivailleurs de mauvais aloi.ont cru devoir lement, vulgairement, comme les quelcon-\nsouligner la manifestation de sympathie qui ques de l'humanité.\na accueilli Elisée Reclus à la Section d'art         Une scission se fit, cruelle. Le sâr Péladan\n                                                  fonda une nouvelle Rose + Croix à côté de\npar les cris de : Vive l'anarchie ! »             l'ancienne, la vraie, l'impérissable.\n   C'est donc cet auditoire-là, composé de           Cependant, chacune d'elles conserva un\nrapins et d'écrivailleurs de mauvais aloi,        caractère particulier;\nque l'on nous représentait, hier encore,             Papus influala vulgarisation à son groupe,\n                                                  alors que la Rose + Croix péladane à la-\ncomme l'idéal de l'auditoire compnéhensif         quelle s'ajoutèrent le Temple et le Graal,\net respectueux?                                   s'idéalisait par son côté esthétique.\n"}, {"page_pdf": 187, "texte": "   La Jeune Belgique, qui « perdure » les            Dans le numéro où le Mouvement litté-\ndoctrines de Max Waller, croit devoir » in-       raire s'est intellectualisé, M. Raymond Nyst,\nfluer » la vulgarisation à ce magnifique          sous prétexte de critique artistique, a écrit\ngroupe de phrases. Elle espère que les lec-       la phrase suivante :\nteurs qui s'en esbaudiront ne seront pas             « Plus raisonnables, dans une direction\n« en opposition au chiffre total des popula-      analogue, que la Jeune Belgique, ils (les\ntions » et elle les invite à « stagner » un       XX) ont compris que leur tâche en le sens\ninstant devant ces merveilles.                    qu'ils avaient tenu était terminée, qu'il ne\n                                                  leur restait plus qu'à se redire académique-\n                                                  ment et vainement, ou bien qu'à toute force\n  Le Réveil de Gand, qui nous paraît un           il fallait pousser plus avant et s'étendre au-\npeu abymé — où il a du Jénart il y a tou-         delà de ce qui était accompli. »\njours du plaisir — a compris un calembour            Passons sur le macaque — le macaque\nqui traînait dans notre numéro de février.        sent toujours le hareng — et enlevons à\n                                                  M. Nyst quelques-unes des illusions qui lui\n                                                  sont chères.\n  L'abondance des matières nous oblige à             L'exemple de la transformation des XX\nremettre au numéro d'avril la suite d'Hélène,     est fort maladroitement choisi, puisque les\nnotre chronique musicale et notre chronique       peintres qui sont les héros du Salon de la\nartistique.                                       Libre Esthétique ne sont ni des jeunes du\n                                                  dernier bateau à palette ni des imitateurs de\n                                                  Signac. Il est même intéressant de constater\n  La Jeune Belgique prie ses abonnés et           que le « pointillisme» intransigeant — qui\nses lecteurs de faire bon accueil à la liste de   correspond en littérature au vers poly-\nsouscription ouverte en faveur de la Coopé­       morpe irréductible — est en complète déca-\nrative artistique, fondée à Bruxelles, le         dence et presque abandonné de tous. Si c'est\n27 février 1894, par MM. Jean Delville,           là ce que M. Nyst appelle « pousser plus\nartiste peintre, Alphonse Motte, chef de          avant », nous le félicitons de sa clair-\nbureau à la caisse d'épargne et de retraite,      voyance.\nJules Dujardin, artiste peintre, etc., etc.        Quant à la Jeune Belgique, elle reste\n  Le minimum de la part à souscrire est de      ouverte à tous les jeunes écrivains belges,\n25 francs. Les souscriptions doivent être       sans distinction d'école, qui ont l'ambition\nadressées au local de la société, 12, rue aux   d'être des écrivains français. En présence du\nChoux, Bruxelles.                               débordement de sottises et du déluge de\n                                                patois qui déferlent sur notre pauvre litté-\n                                                rature, la Jeune Belgique se croit, plus que\n  Nous avons reçu d'intéressants numéros jamais, utile et nécessaire. Tant qu'il y aura\nde II Vero,où notre collaborateur M. Fran- des écrivains comme M. Raymond Nyst, et\ncesco Accinelli continue à traduire nos tant que certains de nos aînés (1) seront\npoètes, et de la Nuova Gazetta      Internatio­ assez oublieux de ce qu'ils doivent aus\nnale, dirigée par M. G. Gramegna.               artistes futurs pour encourager et gonfler\n  Nous souhaitons aussi la bienvenue à de pareils trayeurs de vaches espagnoles, la\nDurendal, la nouvellle revue catholique Jeune Belgique n'abdiquera pas.\nd'art et de littérature, qui compte parmi ses      Les personnages qu'elle gêne peuvent se\ncollaborateurs MM. Hoornaert, Demade, Bor- le tenir pour dit.\ndeaux, Moeller, etc., et nous lui souhaitons\nlongue et vaillante vie.\n\n\n                                                    (1) M. Lemonnier range M. Nyst parmi les quinze\n   Le Mouvement littéraire est devenu intel­      écrivains de ce temps qui savent ce que c'est que le\nlectuel.                                          style III\n"}, {"page_pdf": 188, "texte": "             Paul LACOMBLEZ\n   ÉDITEUR         D E « LA J E U N E B E L G I Q U E              »\n                   3 i , rue des Paroissiens, 3i\n                            BRUXELLES\n\n             VIENNENT           DE PARAITRE             :\n                    Henri de R É G N I E R\n\nLE BOSQUET DE PSYCHÉ\n           Un volume petit in-12, tirage à 25o exemplaires\n      sur papier de Hollande Van Gelder.        Prix : 2 francs.\n\n               Hector V A N D O O R S L A E R\n       STTIR, L'ESCAUT\n               Avec préface d'EDMOND PICARD\n  Un volume in-18 jésus                                     fr. 3 5o\n\n                    Arthur D A X H E L E T\n      NOUVELLES DE WALLONIE\n    PAGES DE TENDRESSE VAGUE\n Chaque volume, sur papier de Hollande                      fr. 3 5o\n\n                 P O U R PARAITRE FIN MARS :\n                     Sander P I E R R O N\n\n   PAGES DE CHARITE\n              Avec préface de GEORGES EEKHOUD\n Un volume in-18 jésus                                      fr. 3 5o\n\n              Dernières publications :\nS E P T ESSAIS D'EMERSON, traduits par I. Will, avec\n  préface de Maurice Maeterlinck                     fr. 3 5o\nCH. D E COSTER : Légendes flamandes, avec préface\n  d'Emile Deschanel                                      3 5o\nJEANNE TORDEUS : Manuel de prononciation, nou-\n  velle édition, avec préface d'Edouard Thierry . . 2 »\nEDMOND PICARD : Scènes de la Vie judiciaire . . .        4 »\n        —           El Moghreb al Aksa : une mission\n                       belge au Moroc                    4 »\n        —           Vie Simple                           3 »\nGEORGES EEKHOUD : La Nouvelle Carthage, édition\n  définitive                                             4 »\n"}, {"page_pdf": 189, "texte": "                            EN         VENTE\n\n   à la librairie P A U L L A C O M B L E Z\n                        BRUXELLES\n\n\n\nGÉRARD    HAUPTMANN        : L'Assomption     d'Hannele\n   Mattern, drame de rêve                               fr. 1 »\nJEAN RICHEPIN : Mes Paradis, poésies                        3 5o\nBARBEY D'AUREVILLY : Mémoires historiques et litté­\n   raires .                                                 3 5o\nP A U L BOURGET : Cosmopolis, édition à                     3 5o\nW I L L Y (L'Ouvreuse) : Rythmes et rires . . . . .         3 5o\nMAURICE BARRÉS : Une journée parlementaire         . .      2 »\nF. BRUNETIERE : E Évolution de la poésie lyrique au\n   XIXe siècle. Tome I er                                   3 5o\nCAMILLE LEMONNIER : L'Arche,             journal d'une\n   maman                                                    3 5o\nELIPHAS LÉVI : Le Livre           des Splendeurs          . . . .    7 »\n\n\n\n         Dépôt des Revues Françaises :\n             La Plume, fr. o-5o; franco, fr. o-55\n     Le Mercure de France, 1 franc ; franco, fr. i-25\n           L'Ermitage,        fr. 0-80 ; franco, fr. o-go\n\n\n\n     Demandez le Catalogue complet de l'Editeur\n                     Paul L A C O M B L E Z .\n\n\n              Bruxelles.— Imprimerie V'Monnom,32, ruederindubtrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1894-03-01", "preuve": "Mars 1894, numéro 3, couverture PDF 154, entre février et avril ; le signet du PDF renvoie à tort à avril."}}