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L. WALLNER.\n          La Blessure étoilée                            ALBERT GIRAUD.\n          Chronique littéraire :\n           Pages de Charité; Eleusis ; Le Bosquet de\n              Psyché ; Sept essais d'Emerson ; L'An­\n              tre des nymphes de Porphyre ; Vistas ;\n              Gueule-Rouge                             ARNOLD GOFFIN.\n          Chronique musicale . . . . . . . .           ERNEST CLOSSON.\n          Notes pour une histoire de l'esprit belge. . LA JEUNE BELGIQUE.\n          Memento                                      NEMO.\n\n\n\n\n            RED ACTION                                                  BRUXELLES\n4, RUE V A N D E R L I N D E N ,     BRUXELLES.                PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                   3 I , rue des Paroissiens\n                                                                    PARIS\n      PRIX DU NUMÉRO                                        CHAMUEL, LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                      29, rue de Trévise\n                  fr. 0-75.                                                 —\n                                                                            1894\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 263, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 415, "fin_caractere_exclue": 1175, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                              PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n    Fondateur       : MAX W A L L E R (MAURICE                 WARLOMONT)\n                Directeur : ALBERT GIRAUD, 4, rue Vanderlinden.\n Secrétaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n                7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n    GIL BLAS, journal quotidien français,                  boulevard    des Capu­\n cines, 16, à Paris.\n\n\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\n blez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\n Istace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n   A Anvers : Chez Smeding, 44, Marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 263, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1175, "fin_caractere_exclue": 1629, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 233, "page_fin": 238, "titre_corps": "Le Stryge", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Eekhoud", "ancre_debut": "LE STRYGE", "ancre_fin": "GEORGES EEKHOUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SONNETS LA SOURCE MAGIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 264, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1878, "texte": "LE STRYGE\n\n\n                                     Les deux êtres élus, les deux amants excep-\n                                  tionnels qui se chérissaient plus que jamais\n                                  humains ne s'étaient adorés, se serraient\n                                  mutuellement les mains, en proie à une extase\n                                  hypnotisante, se surprenant dans les regards\n                                    des ferveurs et des piétés qu'aucune onction,\n                                       aucune caresse n'eût pu traduire.\n                                           — O ma sève et mon sang, prononça\n                   l'un des amoureux ; que ne puis-je m'exhaler entièrement\n                   vers toi ! J'abdique, je me renie, je me suicide, mais unique-\n                   ment pour revivre et germer en ta personne...\n                      Béatifié, trop éperdu, il se sent défaillir, il succombe au\n                   cuisant délice. Son être désagrégé, en partie dissous, flotte\n                  dans l'éther bercé sur des ondes de musique et de lumière.\n                  Malgré la sensation d'inaltérable sécurité et de bien-être\n              i absolu qu'il éprouvait, le sentiment de la terre et des hommes\n                subsistait en sa nouvelle forme.\n                  Quelqu'un d'indispensable lui manquait et comme un\n              , convalescent.échappé à la mort regretterait le délire et la fièvre,\n                  présent, ravi dans les sphères apaisées il souffrait de la\nnostalgie terrestre, et peut-être n'avait-il jamais apprécié à ce point le charme\nde la révolte et des persécutions.\n   Flamme d'amour séparée de son aliment et de son cierge, il persistait à\njeter dans les espaces sacrés sa lueur profane.\n                                                                         16\n"}, {"page_pdf": 265, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2873, "texte": "                                  — 234 —\n\n    Et dans l'harmonie des sphères, il démêla des chœurs qui l'exhortaient :\n    — O toi, disaient ces voix occultes, pourquoi ce regret, pourquoi haleter\naprès ton esclavage, tes guenilles et ta poussière! Tu chérissais la vie, te\nvoilà transporté à ses sources, c'est toi qui la dispenseras avec nous à la\ncréation entière ; tu vivras dans l'éternité et dans l'infini ! Autrefois tu\nagrandissais l'objet de tes désirs, tu confondais orgueilleusement tes ché-\ntives postulations avec les affinités de la nature... Ne rêvais-tu pas de\nt'éperdre dans le tout immense, de t'y fondre, de vibrer avec les fluides\nélémentaires! Et voilà qu'à présent mêlé à ce chœur, à ce faisceau des\nforces impérissables, tu te désoles et cherches à t'en séparer ; tu voudrais\nrecouvrer cette fallacieuse individualité, ton dérisoire microcosme!... Plus\nrien ne devrait te préoccuper. Les causes et les lois te sont révélées. Tu\nparticipes de la sagesse éternelle. Tu t'assimiles les destinées. Tu crées.\nAllons, déprends-toi de cette pensée servile, oublie les mirages et les infini-\nment petits de l'existence terrestre. Exulte, épanche-toi, voici ton vrai\ncommencement !\n    Mais lui : « O principe et durée des choses, ton bonheur est peut-être\ntrop fort et trop majestueux pour moi. Pardonne... Mon excuse la voici:\n Les chrétiens, la plus intéressante et la plus noble des sectes qui t'adorent,\n m'ont appris qu'un Dieu, un fils qu'ils t'attribuent, ô Créateur, fatigué de la\n paix et de l'ordre des empyrées sublimes, peut-être même honteux de ce\n bonheur sans revers, voulut goûter aux maux et aux souffrances du monde\n d'où je viens, et, sous prétexte de racheter les hommes à la damnation, il\n s'incarna dans leur substance, il rechercha et subit les voluptés de l'amour\n et du sacrifice. Ne t'étonne pas alors, ô bienfaiteur excessif, de ma subite\n ingratitude... Laisse-toi fléchir, accorde-moi de déchoir, de reprendre place\n sur la planète misérable mais pathétique, parmi ces hommes incapables de\n félicité, mais dont la détresse manque à l'auréole de tes anges et a fait de\n Jésus le plus touchant de tes Dieux!... »\n     Le Tout-Puissant continuait à parler en lui, mais une douceur plus\n attendrie se manifestait dans le chœur universel :\n     « J'exaucerai ton vœu impie; je réunirai à nouveau les atomes fragiles\n qui composèrent ton corps et j'y rappellerai ce feu follet que les humains\n appellent leur âme, mais tu renaîtras en un pays moins sombre et moins\n rude que celui où tu vécus d'abord; je te destine pour nouvelle patrie une\n de ces contrées du Midi ensoleillé où rares sont les épouvantails et les cau-\n chemars, où les esprits eurythmiques ne se créent point de chimères, où la\n grâce et la symétrie rassurent la pensée inquiète, une de ces contrées qui\n rendirent moins sinistre à Jésus sa descente sur la Terre...\n"}, {"page_pdf": 266, "page_imprimee": 235, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2855, "texte": "                                  — 235 —\n\n   — Oh non, Divinité, c'est aux mêmes rivages que je voudrais revivre,\nlà-bas, à l'extrême nord, que voilent et drapent presque toujours des cata-\nractes de nuées, près du large fleuve reptilien et de l'océan qui rongent la\nglèbe et l'accablent de leurs brutales caresses. Là, chez un peuple de\ntaciturnes, épris de la violence, dans la charnue et marâtre patrie, auprès\nde frères farouches et sombres qui sont autant de Caïns, laisse-moi rouvrir\nmes blessures, ô mon Dieu ! Là, conjurée par la rigueur des éléments, par\nles insultes et les ironies de la matière, par l'intensité même du désespoir,\nsurgit la beauté étrange et poignante qui m'obséda jusque dans la paix de\nton ciel. De ce marais humain, de la bourbe odieusement pharisienne\ns'élève comme d'un fumier une floraison admirable, des âmes capables\nd'héroïsmes et de vertus fabuleuses, logées dans des corps dignes de toutes\nles dévotions artistes. O pays des morales acharnées sur les plastiques\nathlètes, où j'ai goûté la tendresse virile et tragique qui brave les déchéances\net qui s'enorgueillit de son anathème!..\n   Nous n'eûmes pas besoin de beaucoup de paroles pour nous comprendre,\nl'accord était complet comme sous les horizons pesants le contact des\nrivières goulues et des nuées qui les allaitent de leurs mamelles de neige!\nMon amour fut un long martyre et je n'étais jamais plus près de la mort et\nde la ruine que lorsque je pantelais de tendresse! Un concert d'envieux, de\ncastrats et de brutes, les embûches sans cesse semées sous nos pas, les sar-\ncasmes, les blasphèmes, les crachats, les mépris de la tourbe raisonnable\ncorsaient et avivaient cette union véhémente, l'exaltaient à la hauteur d'une\nreligion persécutée, d'une cause juste confessée sous les couperets et les\ncanons des fusils!\n   Dans cette contrée maligne la chair souvent contrariée, à la fois exigeante\net peureuse, se soulage jusqu'au paroxysme; mais caressante et fidèle comme\nles bons chiens, servante du génie qu'elle vénère sans le comprendre, elle\nsaigne, se révolte et s'immole pour sa plus grande gloire. Elle rend l'art\nrobuste, la poésie intense, l'amour démesuré et vertigineux!\n   Exauce cette prière, ô Vertu, et si tu ne veux me rendre ma complète\nforme humaine, ce corps que décourageaient mes rêves trop surhumains,\nau moins que ton souffle rassemble mes atomes et les chasse dans cette\ncontrée de dilection, vers cette à la fois subversive et matérielle patrie. Que\nfluide ou éther je me mêle aux pâmoisons des créatures aimées, que je sois\nl'essence de leurs baisers et le dictame de leurs messes! A l'heure des\néglogues laisse-moi vaguer parmi l'or pâle des genêts et la lie de vin des\nbruyères ! Mais je hanterai surtout les ambiances de mon idole; qu'elle me\n respire comme l'encens, comme les effluves balsamiques d'un matin de\n printemps !\n"}, {"page_pdf": 267, "page_imprimee": 236, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2860, "texte": "                                  — 236 —\n\n    Il est là-bas un tout petit coin dans les sablons diffamés, près d'un\nindigent bouquet d'arbres, non loin d'une venne où les funèbres lavandières\ndu crépuscule tordent leurs brouillards ensanglantés de soleil. Nulle part,\nau dire des ostensibles vivants, on n'existe plus dénué, plus contraint, plus\nmisérable ! Mais nulle partie n'ouïs silence plus musical, écho d'angelus\naussi compatissant à tes damnés! Nulle part les yeux humains dévoilent\nmystères si aimantés et se conjurent plus fraternellement et plus amoureu-\nsement en un furtif éclair. Et les bouches gourmandes de l'adolescence y\nfleurent l'arôme de la fraise sauvage, et les bras jalousent les enlacements\ndes chèvrefeuilles ! Nulle part haines et fanatismes plus implacables ne\ndéterminent si frénétiques explosions de tendresse ; tellement que ces\napothéoses amoureuses y sont incendiaires comme des représailles! Là se\nconsommèrent des apostasies telles que les satans, blasés, comme moi, de\ntes paradis, n'osèrent les attenter !\n    Combien de fois mourant d'angoisses, horriblement séduit par le suicide,\nnon suffoqué mais saturé d'amour, possédé par tous les succubes de l'ima-\ngination, il suffit d'une approche ou d'une rencontre bienvoulue pour me\nréconcilier avec l'espoir.\n   Mais je fus jaloux et orgueilleux de mon supplice le jour où m'apparut\nl'être fatal. Il me suffit d'une minute de sa présence, d'une simple intonation\nde sa voix âpre et câline, de sa voix miraculeuse que rendent espièglement\nrauque l'essaim des baisers enfermés dans sa gorge! Voix cruelle et balsa-\nmique! Voix de prophète-enfant, miséricordieuse menace qui me navra de\ndélices !... O ne détournez pas ce calice de moi, Seigneur ! Dussé-je ne plus\nen vider que la lie, mais que ce soit en ces Pâques de bourreaux et de mar-\ntyrs où les pires iniquités s'expient et se rachètent en des enfers d'amour\nfurieux et tellement dévorateurs que l'on dirait plutôt les paradis de la haine!\n   Quel duo lancinant se chantèrent nos deux âmes ! Sublimes égoïstes, le\nmonde gravitait autour de notre amour! Nous nous aimions en l'univers\nentier. La charité suave comme les nuits de juillet envahissait nos cœurs\nconstellés de prières. Les êtres ingrats et les choses rebutées s'illuminaient\net se réchauffaient aux irradiations de notre incandescente tendresse, une\nfélicité panthéiste, une communion totale faisait de notre amour le reflet ou\nmieux le foyer d'une éternelle jeunesse. Jamais, rapportant toute la beauté\net la vie à notre passion, nous ne connûmes la satiété : les renouveaux de la\nnature alimentaient les bûchers de nos sacrifices. Tout ce que l'art glorifie,\ntout ce que la justice exalte, les aspirations des apôtres, les mirages des\npoètes, tout se sublimait en notre communion.\n   Et cet amour était ineffablement douloureux, semblable à une précieuse\n"}, {"page_pdf": 268, "page_imprimee": 237, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2880, "texte": "                                  — 237 —\n\net veloutée soirée d'automne, il s'y mêlait une appréhension de fragilité; il\ny courait un frisson de mauvais présage ; en humant les fruits mûrs il nous\nprenait l'indicible peur des feuilles mortes!\n   Pourrions-nous, demain, ne plus être l'un pour l'autre le seul miroir où\nchacun se voyait transfiguré par une idolâtrie qui devait te rendre jaloux, ô\nMaître des Religions ! Ces alternatives d'absolue confiance et de doute, ces\nnuées inquiétantes offusquant le soleil, ne rendaient notre possession que\nplus exaspérée. Nous fûmes, à deux, le sexe, la race, la patrie! Sur nos lèvres\ntoujours rapprochées nous surprenions mutuellement le bouquet principal\ndes paysages favoris, les fragrances des sureaux, des houblonnières ou des\nrésineuses fouées, nos chairs avaient été pétries et modelées dans l'argile du\nterroir et c'était à nos yeux très septentrionaux que s'éclairait le ciel de\nnos préférences. Dans sa voix espiègle, mais samaritaine, sourdaient les\nplus tendres inflexions des voix éphémères et mémorables; ses attitudes\nrépétaient celles des passants regrettés, des copieux vagabonds, des réfrac-\ntaires héroïques ! Nous nous résumions l'âme et l'écorce de la patrie, l'esprit\ndes révoltes et des subversions salutaires! Non, les larmes de gratitude des\nmendiants ou des malades extatiques n'avaient point la corrosive douceur\nde ses effusions ! Et c'est au plus fort de ces épanchements que tu me rap-\npelas et me fis mourir à ses pieds!... »\n   Celui qui interrompit la nostalgique confidence de l'exilé était le choeur\nmême du Destin ; il promulguait :\n   « O si tu l'aimais à ce point, ne demande pas à renaître ! Tu as connu\ntous les poisons, tu bus à maint calice de douleur au temps des pires\népreuves, mais frileux amant qui tremblais à l'approche des feuilles mortes,\nd'autres ont mangé de ces fruits succulents qui te grisaient de leur saveur et\nde leur parfum ! Crois-nous, âme fidèle, subtil ravisseur des feux qui firent\nde ta vie terrestre une continuelle agonie sur le bûcher des relaps et des\nsacrilèges, — crois-nous, ne ressuscite plus là-bas, et... pour l'infidèle... »\n    La commotion fut si forte, le coup déchaîné si formidable, la douleur du\npatient si compressive. qu'au lieu de se dissoudre ses éléments se contrac-\ntèrent et que par la force de son désir éperdu il se trouva subitement sur le\nsol natal, dans la lumière, dans la vie.\n    Et devant lui s'avançait la créature tant adorée, la Beauté patriale, la\nsynthèse suprême de tout ce qu'il aurait voulu chérir, de tout ce qu'il avait\nregretté ou espéré. Elle le regarda triste et repentie, triste comme la vierge\n coupable pendant une minute de sommeil ou de folie, pitoyable comme le\n crime inconscient et fatal. Elle lui avait fait tant de mal, elle lui en ferait\n encore peut-être, elle se parjurerait souvent; mais, en cette minute elle\n"}, {"page_pdf": 269, "page_imprimee": 238, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "                                  — 238 —\n\nl'aimait autant qu'aux plus cuisants périodes de leur conjonction ; et il ne\nput lui en vouloir, et quand leurs lèvres se touchèrent, il y goûta, surcroît\nd'infernale volupté, le baiser de tous ceux qu'elle avait possédés.\n   Avide et bourrelé, il se clouait à cette chair d'opprobre, comme un\nrédempteur à sa croix, il s'y était cloué pour jamais et il ne s'en détacherait\nque lorsque cette terre périrait par l'eau, ou plutôt par le feu !\n\n                                                    G E O R G E S EEKHOUD\n\n\n\n\n                             "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 238, "page_fin": 239, "titre_corps": "Sonnets", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "SONNETS LA SOURCE MAGIQUE", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La littérature belge à l étranger", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 269, "page_imprimee": 238, "debut_caractere": 592, "fin_caractere_exclue": 1695, "texte": "SONNETS\n                         LA SOURCE MAGIQUE\n\n          Dans le bois vaporeux où rêvent les gazelles\n          Dort la source magique en son lit de rocaille ;\n          Dans son azur limpide, au souffle qui l'écaille,\n          S'allument des joyaux pailletés d'étincelles.\n\n          L'onde a cristallisé de ses splendides sels\n          Les débris de l'automne : il semble qu'un vitrail\n          Y vive, reflétant un buisson de corail,\n          Fleuri de doux saphirs et de rubis cruels.\n\n          Tel, mon cerveau transforme en vaines pierreries,\n          O Nature! tes fruits et tes roses pourries,\n          Et me rend pour jamais un vaniteux     Tantale.\n\n          Des rameaux desséchés de la réalité,\n          Vil mensonge, je fais des gerbes de cristal\n          Pour tromper l'Idéal dont mon cœur est hanté.\n\n\n                                    L'ART\n\n         Et que vouloir encor? nous avons trop songé:\n         O monde! tu n'es plus que l'ombre de nos rêves,\n         Qu'importent tes jardins où fleurissent les sèves,\n         Notre désir, sans force, en lui-même est plongé.\n"}, {"page_pdf": 270, "page_imprimee": 239, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 655, "texte": "                                 — 239 —\n\n        Cherche un champ désormais qui ne soit ravagé!\n        L'esprit a consumé la terre; sur les grèves\n        J'ai vu passer les flots des apparences brèves,\n        J'ai pénétré la vie, et je hais ce que j'ai.\n\n        Seul, Art, flambeau sacré, radieuse lumière,\n        Fais resplendir en nous, dans leur beauté première,\n        Ces multiples et vains reflets de l'Idéal;\n\n        Et toi, sache y trouver, Poète, qui devines\n        L'originel éclat du paradis natal,\n        Du moins l'illusion des essences divines.\n\n                                                        VALÈRE G I L L E\n\n\n\n\n        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 239, "page_fin": 247, "titre_corps": "La Littérature belge à l’étranger", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "L. 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Quand on se souvient que la Jeune Belgique\nn'a célébré qu'en 1893 sa dixième année d'existence, quand on songe à ce\nqu'elle fut jadis à ses débuts et à ce qu'elle est devenue maintenant, en dépit\ndes railleries et du mépris des imbéciles, n'est-on pas en droit de se réjouir\npleinement, d'être convaincu de la valeur des écrivains qui la représentent?\n   Afin d'avoir mes coudées franches, je prie le lecteur de considérer le pré-\nsent compte rendu comme émanant d'une initiative privée.\n   Au surplus, d'origine étrangère, je suis assez bien placé, grâce à ma\nconnaissance des langues slaves et germanique, pour rendre quelques légers\nservices à un mouvement d'art qui possède toutes mes sympathies, et\n vis-à-vis duquel je suis dans une situation analogue à peu près, et toute\n distance gardée d'ailleurs, à celle qu'occupe à son égard M. Miriam (Zenon\n Przesmycki), le très distingué poète polonais auquel on a consacré ici, au\n mois de janvier passé, une courte notice biographique suivie de quelques-\n uns de ses charmants petits poèmes transposés par moi en langue française.\n"}, {"page_pdf": 271, "page_imprimee": 240, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2761, "texte": "                                   — 240 —\n\n\n Ces quelques spécimens ont montré que M. Miriam est un frère d'armes\n des écrivains de la pléiade belge, que son idéal poétique est le même que\n le leur.\n    Il le prouve aujourd'hui (c'est là la raison de ce compte rendu) et\n d'une autre façon encore, très flatteuse pour les lettres belges, par la traduc-\n tion des poèmes dramatiques de Maurice Maeterlinck sous le titre suivant:\n Titre spécial. MAURICE MAETERLINCK. Choix d'écrits dramatiques:\n L'Intruse, les Aveugles, les Sept Princesses, Pélléas et Mélisande. Tra­\n duction précédée d'une introduction critique et faite avec l'autorisation\n de l'auteur par Zenon Przesmycki (Miriam).\n    Titre général. Bibliothèque des plus belles créations de la littérature\n européenne (Littérature belge).\n    L'apparition du dit volume est donc importante à plusieurs titres, car\n ce fait indique non seulement qu'à l'étranger cette littérature a su attirer sur\n elle l'attention des esprits éminents, mais aussi qu'elle a pris déjà son rang\n au programme du concert européen poétique. Sa diffusion n'est par consé-\n quent qu'une question de jours. Cette littérature affirme ainsi sa vitalité et\n accuse une physionomie sut generis. Cela est hors de doute ! La poésie\n belge (et c'est de celle-ci qu'il est question en ce moment) ne l'aurait-on\n pas confondue à l'étranger avec la littérature française contemporaine, ou\n même ignorée, si dans ses créations ne vibrait pas une note particulière\n témoignant du talent original de ses poètes, et si elle ne reflétait pas son\n pays?\n   Je me hâte de dire que la tâche considérable que s'est imposée M. Miriam\ndans le dit volume a été accomplie par lui avec une maîtrise incontestable:\nsa traduction en polonais des poèmes dramatiques de Maeterlinck ne les\ntrahit aucunement — elle est parfaite. Il en est de même en ce qui concerne\nles quelques poésies tirées des Serres chaudes. J'ai comparé point par\npoint les originaux à la traduction rimée des poésies de Maeterlinck, citées\ndans l'introduction critique de M. Miriam [Oraison, Oraison nocturne,\nReflets, Feuillage du cœur), et ne me lasse pas d'admirer avec quel talent\nl'écrivain polonais a su trouver des équivalents rythmiques. Certes, de\npareilles traductions enrichissent la litte'rature du pays où elles se montrent.\n   D'après ce qui vient d'être constaté, il serait curieux au plus haut point\nde connaître l'opinion d'un artiste et penseur comme M. Miriam concer-\nnant la valeur des écrivains belges de l'époque actuelle. Cette curiosité est\npleinement satisfaite par la lecture de son introduction écrite d'après toutes\nles règles de l'art de la critique moderne. Visiblement M. Miriam est\nun disciple de Taine quant à la méthode. Pour étudier un poète comme\n"}, {"page_pdf": 272, "page_imprimee": 241, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2762, "texte": "                                      — 241 —\n\n Maeterlinck il s'est vu obligé (et avec quel plaisir!) d'étudier tout d'abord\n le milieu dans lequel un auteur pareil pouvait naître et agir. La première\n partie de son travail est donc consacrée à l'étude de l'histoire des lettres\n belges depuis Van Hasselt, De Coster, Octave Pirmez jusqu'à nos jours,\n et à l'analyse de ses écrivains (des poètes seulement) de même qu'à leur clas-\n sification ; la deuxième partie à l'étude des écrits de Maeterlinck. Ici encore\n M. Przesmycki procède du général au particulier ; il expose et justifie\n d'abord la philosophie, ensuite l'esthétique et analyse enfin les procédés, la\n technique du poète gantois.\n    Pour atteindre le résultat désiré, M. Miriam a fait une enquête des plus\n minutieuses en s'entourant de matériaux excellents, de documents de pre-\n mière main. Du reste, Valère Gille lui avait fourni une partie de ces maté-\n riaux. C'est dire qu'il s'était adressé à bonne source.\n    M. Miriam raconte dans quel milieu hostile à son existence naquit le\nmouvement littéraire actuel et pour le prouver il cite les paroles de\n H.-M. Agricola (pseudonyme) (1), qui dépeignent on ne peut mieux le\n caractère apathique de la bourgeoisie belge, dont voici un petit échantillon\namusant dans sa vérité :\n   « Le Belge aime à bien manger et à mieux boire encore. Sur vingt habi-\ntants il y a un cabaret... Le Belge est un zwanzeur né. C'est une expression\npurement belge. Cela signifie : Celui qui se fiche de tout — des grandes et\ndes petites choses. Cette bonne zwanze est un principe vénéneux dans l'or-\nganisme social. Les plus grands élans se figent sous la glace de la zwanze,\nles plus hautes pensées périssent dans le gouffre de ce sempiternel désen-\nchantement critique... »etc.\n   C'est dans un milieu épais que naquit ce mouvement littéraire qui est en\nquelque sorte une violente protestation, le cri fier et beau de l'instinct\nde conservation d'une infime élite sociale contre ce milieu mortel.\n   L'auteur parle des divers organes qui tour à tour en furent l'expression :\nde l'Artiste, du Pif-Paf, du Rabelais, de la Semaine, de l'Art moderne,\nde la Jeune Revue, de la Jeune Belgique, de la Société nouvelle et de\nbien d'autres. Inutile, n'est-ce pas, de le suivre à travers tous les événe-\nments que nous connaissons fort bien, et qu'il expose à ses compatriotes\npour leur démontrer que la devise esthétique qui au début a servi de guide\nà cette élite intellectuelle et artistique au milieu de la forêt vierge de la\nbêtise routinière et de l'indifférence invétérée ne pouvait être que celle\n\n\n  (1) Henri Merzbach, écrivain et distingué poète, sympathique au mouvement littéraire\nbelge contemporain, comme le prouvent ses articles dans les journaux polonais.\n"}, {"page_pdf": 273, "page_imprimee": 242, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2788, "texte": "                                   — 242 —\n\nd'Edgar Poe, de Baudelaire, de Banville, de Leconte de Liste et de tous les\nparnassiens : l'Art pour l'Art.\n  Toute autre tendance en harmonie avec les intérêts ambiants aurait\ncompromis, ruiné ce mouvement naissant pour qui l'activité purement\nartistique servait de rempart, de muraille chinoise idéale contre les enva-\nhissements des barbares de toute provenance.\n   Bref, cette activité créatrice littéraire pleine d'énergie, d'élan et de sève a\npu non seulement se maintenir, mais se développer, s'épanouir et l'histoire\nreconnaissante cite déjà avec honneur les noms de Camille Lemonnier,\nVerhaeren, Edmond Picard, Max Waller, Georges Eekhoud, Gilkin, Van\nArenbergh, Giraud, Maeterlinck, Valère Gille, Maubel, bref les noms de\ntous ceux qui jadis comme aujourd'hui ont maintenu le drapeau de l'Art\nen prouvant par des œuvres de réelle valeur la raison d'être de ce drapeau.\nLes dissentiments qui ont partagé le groupe jadis si uni et compact en\nplusieurs clans distincts et même hostiles les uns envers les autres,\nM. Miriam les juge d'une façon très objective. Il parle aussi des démêlés\nentre l'Art moderne et la Jeune Belgique, et aussi de la dernière cam-\npagne de celle-ci, menée par Giraud et Gilkin « contre l'excessive anarchie\npoétique, qui se moque au nom de la sincérité de la pensée et des\nsentiments de toutes les règles du vers et de la langue et qui conduit au\nnon meilleur amorphisme académique ou décadent. Les initiateurs de cette\ncampagne font la garde autour de la langue française, laquelle en effet, —\ngrâce à l'incessante endosmose de la flamande, — se balance sans cesse\nau-dessus de l'abîme d'un patois bizarre pouvant facilement s'y engloutir ».\n   L'espace me manque pour suivre pas à pas mon auteur qui dans son\nintroduction critique, en un texte très serré, expose avec tant d'ordre et de\nméthode un très grand nombre de faits, d'aperçus, d'idées justes ou ingé-\nnieuses. Je ne puis donc les relater que sommairement.\n   En 1887 parut et non sans difficultés le Parnasse de la Jeune Belgique.\nauquel ni Rodenbach, ni Verhaeren, ni Georges Eekhoud ne collaborèrent\net c'est dommage, dit-il, « car sans cette lacune (et j'ai surtout en vue\nVerhaeren et Rodenbach) cette anthologie aurait présenté un tableau\ncomplet de l'activité créatrice poétique en Belgique. Mais telle quelle, c'est\nl'une des publications poétiques les plus curieuses, les plus précieuses qui\nont été publiées en Europe en ces dernières années ».\n   \" Elle représente en quelque sorte une galerie de tableaux poétiques... \"\n« Parmi les dix-huit collaborateurs de cette anthologie, ceux qui s'y sont\nmontrés de la façon la plus frappante, en premier lieu c'est Iwan Gilkin,\navec Albert Giraud et Emile Van Arenbergh d'un côté; c'est Théodore\n"}, {"page_pdf": 274, "page_imprimee": 243, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2808, "texte": "                                 — 243 —\n\nHannon et Max Waller de l'autre En deuxième lieu je placerais Grégoire\nLe Roy, Ch. Van Lerberghe et Maurice Maeterlinck en un groupe ; André\nFontainas, Fernand Severin, Valère Gille en un autre. Après eux viennent\nPaul Berlier, Garnir, Gillion, Lamber, Montenaeken, Lucien Solvay et\nHélène Swarth. »\n   Les origines et l'évolution du mouvement littéraire belge sont on ne\npeut mieux décrites par M. Miriam ; son enquête sérieuse lui a permis de\nvoir clair. Aussi ne partage-t-il pas l'avis de l'éminent poète tchèque,\nM. Vrchlicki qui, « dans son analyse, excellente d'ailleurs, du Parnasse de\nla Jeune Belgique, s'empresse d'attribuer à tous les poètes de cette pléiade\nune complète unité d'inspiration, et soutient, qu'en dehors quelques petites\nnuances, eux tous se meuvent dans les limites du monde baudelairien ».\n« Nous avons vu plus haut, ajoute-t-il, que c'est inexact. Baudelaire\nn'était pour la pléiade belge qu'un point de sortie, qu'un stimulant qui a\nréveillé des facultés héréditaires, lesquelles remontent peut-être jusqu'à Van\nEyck et Memling. Ce groupe embrouillé s'étant scindé par la suite en\nplusieurs parties, en branches séparées, celles-ci dans chacun de leurs\npoètes ou entre poètes reliées par une parenté interne, se sont développés\nsous l'influence d'aspirations individuelles ou de réactions locales et qui\nainsi ont produit des créations tout à fait personnelles, à peine reliées par\nun fil ténu à l'impulsion, à la source primitive. Au lieu de généralités,\ncontinue-t-il, voici d'ailleurs une revue succincte des individualités poéti-\nques qui jusqu'à ce jour sont parvenues à se dessiner nettement. »\n   M. Miriam commence par Georges Rodenbach « ce disciple du moder-\nnisme baudelairen, ce poète des élégances féminines, ce pupille des stations\nbalnéaires et des boulevards bruxellois, lequel, ayant enfin quitté les\nplaisirs du kursaal d'Ostende pour Memling, Van Eyck et les vieilles\nruelles de Bruges, s'est montré dans la Jeunesse blanche et dans Du silence\ncomme un poète original ayant retrouvé les accents des primitifs ». Depuis\nlors ce poète, dans une série d'œuvres en dégradation, n'a rien su ajouter\nà son bagage littéraire.\n   Emile Verhaeren, « l'un des plus originaux et des plus puissants poètes\nde la Belgique contemporaine, s'est affirmé dans son petit volume : Fla­\nmandes, publié il y a dix ans, comme un peintre d'une force incomparable,\nsachant peindre en couleurs éblouissantes le côté sensuel de l'existence »,\nle priapeum flamand. « Sans parler de la probable influence du natura-\nlisme français, ce qui l'a poussé dans cette voie c'est son tempérament\nhéréditaire de peintre, grâce auquel il est devenu un des coloristes les plus\nvigoureux et les plus enragés. Ce tempérament lui est resté, mais l'évolution\n"}, {"page_pdf": 275, "page_imprimee": 244, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2802, "texte": "                                 — 244 —\n\ncommença de suite : depuis les bords primitifs de la sensualité humaine\njusqu'aux sommets ultimes du spiritualisme, jusqu'aux domaines du rêve\net de l'hallucination...\n   « De ce poète optique qui ne connaît pas les larmes de la douleur, mais\nen connaît les morsures », M. Miriam suit attentivement l'évolution,\nlaquelle va du désenchantement jusqu'au réveil de la foi chrétienne, mais\nensuite avec un retour vers le cycle sombre des Soirs et des Flambeaux\nnoirs. Il ne partage pas l'avis d'Albert Giraud au sujet de cette dernière\nœuvre, car, lui, y découvre un recul du talent de Verhaeren ; au contraire,\nselon M. Przesmycki, « c'est là une évolution qui continue toujours, et qui\ntémoigne chez ce poète de l'énergie de ses forces, de l'abondance de ses\nsèves créatrices ».\n   « Emile Van Ar'enbergh, relié à Baudelaire par le fil de la forme, c'est\ndéjà un pur spiritualiste. Il n'a point publié, que je sache, un volume\nà part de ses œuvres, mais sa fière apostrophe à l'océan et une série de\nsonnets qui se trouvent dans le Parnasse, caractérisent suffisamment son\nactivité créatrice. C'est le poète de l'idée.... »\n   « Tout lecteur le moins familiarisé avec les choses de la poésie, dit M. Mi-\nriam, sera frappé en lisant le Parnasse de la Jeune Belgique par la décou-\nvertede deux catégories extrêmes de création poétique: d'un côté par le sen-\nsualisme, les impressions plastiques, l'observation du monde externe, le\nmodernisme, l'exotisme, le raffinement des sens ; d'un autre, par le spiritua-\nlisme, la vision des époques passées ou des mondes supra-sensibles, le\nmysticisme, la soif des profondeurs insondables et des perspectives inex-\nplorées. Dans la première catégorie domine Théodore Hannon, le maître de\nl'observation mordante et sceptique, du raffinement des sens... l'ennemi de\ntoute banalité... poète d'une plasticité et d'un coloris incomparables, jon-\ngleur de rimes.... Autour de lui se groupent Paul Lamber, Lucien Solvay,\nLéon Montenaeken, Octave Gillion, Paul Berlier et Hélène Swartz. »\n   « Sur la route limitrophe de ces deux catégories se tiennent d'un côté\nMax Waller, d'un autre Iwan Gilkin. Max Waller a l'air d'appartenir, au\npremier coup d'œil, à la catégorie précitée et même de la clore. Mais en\nregardant de plus près, nous découvrons dans chacun de ces trilles de flûte\njetés avec tant de bravoure, une grande profondeur d'âme ; sous chaque\nexplosion du rire, une larme cachée; sous chaque coup de fouet de la satire,\nune goutte de sang du poète lui-même. Cette réunion du rire et des larmes,\ncette gaîté du gamin et de la mélancolie du rêveur, c'était là sans doute le\nfruit d'une enfance passée en Allemagne.... C'est une des plus originales\npersonnalités poétiques de la Jeune Belgique, et sa Flûte à Siebel est le\n"}, {"page_pdf": 276, "page_imprimee": 245, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2835, "texte": "                                  — 245 —\n\nseul livre de poésies en Europe pouvant rivaliser sans crainte avec les lieds\nde Heine de la meilleure époque créatrice de ce poète, »\n   « Iwan Gilkin, ce poète des consciences et des hyperestésies, ce médecin\ndes âmes, appartient essentiellement au deuxième groupe, à celui des spiri-\ntualistes, mais comme observateur attentif et sagace de la flore vénimeuse\ndes grandes cités, auscultant la corruption, comme peintre des bizarreries et\nd'horreurs fascinatrices, il est le foyer reliant cette dernière catégorie à la\npremière. Le signe caractéristique de ses poésies dans la Damnation de\nl'artiste (la première partie d'une trilogie) est une curiosité passionnée, je\ndirai plus, féroce de l'état interne des âmes et des consciences... Lors de\nl'apparition de ce volume, personne, sauf Nautet et Giraud, ne s'était aperçu\nde la différence qui essentiellement distingue la création poétique de Gilkin\nde celle de Baudelaire... Gilkin passe parmi ses compagnons pour l'une des\nnatures les plus fondamentalement artistiques, d'une telle sûreté de juge-\nment esthétique qu'on pourrait l'appeler expert en matière d'art. C'est avant\ntout le poète de la pensée, mais les images, rythmes, contours semblent\nnaître dans son cerveau en même temps que l'idée mère II n'attache aucune\nimportance à la vaine virtuosité, aux fioritures sans but et à toute la flore\ndes phrases inconscientes d'elles-mêmes. Il recueille despotiquement les\nmots qui lui paraissent nécessaires pour produire l'impression artistique\net les triture savamment avec une patiente brutalité, jusqu'à en voir jaillir\nun torrent d'étincelles... Amant de la clarté et de la concision, il sait trouver\ndes mariages de mots et des alliances de sons qui sont le témoignage d'une\nextraordinaire concentration d'esprit... »\n   « Après la Damnation de l'artiste Gilkin se sépare définitivement de la\npsychologie poétique. Dans la deuxième partie du cycle, éditée en 1892, la\ncuriosité hystérique cède la place au silence hermétique, au retour sur soi-\nmême; l'enquête psychologique à la contemplation interne philosophique;\nl'observation à la métaphysique; les images de corruption à l'horizon large\ndes mondes de la pensée et des problèmes éternels... »\n   L'œuvre de Gilkin tend vers la Rédemption messianique.\n   « Le caractère de l'activité créatrice de Fernand Severin rappelle immé-\ndiatement les traditions lamartiniennes et — au delà — l'époque de la\ngrande déclamation de Racine. Il ne possède pas la forme riche et écla-\ntante de ses compagnons, son vers se développe largement, mais simple-\nment et parfois avec monotonie... » A cause de cela la puissance du détail\ns'amoindrit et aussi le relief et le charme artistique, mais la largeur\nd'inspiration en profite, la douceur du lyrisme, et même l'intensité de\ntoute l'œuvre. »\n"}, {"page_pdf": 277, "page_imprimee": 246, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2698, "texte": "                                  — 246 —\n\n     « A côté d'Arenbergh et de Severin il faut placer André Fontainas, ce\n poète du printemps, des aurores, des fraîcheurs, des parfums, cet artiste\n exquis; et à côté d'eux Valère Gille, ce chantre des lumières atténuées,\n des aromates narcotiques et des amours peu communes, ce maître accompli\n sous le rapport formel... »\n     « Je dois mentionner le nom de Garnir à qui son talent semblait pro-\n mettre un avenir poétique. »\n    M. Miriam consacre quelques mots sous renvoi à Albert Mockel, à\n Gérardy, à Rassenfosse, à Fernand Roussel, à Max Elskamp, à Fernand\n Baudoux, à Delville, à Donnay, à Dupont, à Arnay, à Boels.\n    « Les quatre poètes qui restent, dit M. Miriam, je les ai laissés exprès\n pour la fin : Albert Giraud et les trois Gantois : Le Roy, Van Lerbergheet\n Maeterlinck, car ils ont beaucoup de choses communes entre eux. Tous\n sont des visionnaires « chacun à sa façon ». Le Roy conjure dans des\n strophes d'une merveilleuse douceur et mélancolie les visions attendris-\n santes des années enfuies... Van Lerberghe, dans un langage symbo-\nlique, évoque des visions d'amour d'antan et des amours extraordinaires...\n Dans Solyane (fragment) à la richesse flamande des tons s'allie la\nnoblesse et la grande distinction de quelques préraphaélites anglais.\n M. Miriam donne ici l'analyse de les Flaireurs de Van Lerberghe, œuvre\ndans l'appréciation de laquelle il est d'accord avec Giraud, et qui selon lui\nindique l'étroite parenté spirituelle qui lie Van Lerberghe à Maeterlinck,\n    Ne pouvant publier en une seule fois ce long compte rendu, je me vois\nobligé de demander pour le reste l'hospitalité dans le numéro prochain, où\nil ne sera question que de Maeterlinck, vu que sur cent vingt-deux pages\nde cette introduction quatre-vingt-sept pages sont consacrées à l'analyse\nde l'œuvre de l'auteur des Aveugles.\n    Je m'arrête par conséquent à Albert Giraud, « ce poète-peintre de la\nlumière avant tout, mais qui sait employer également bien, quand il le\nfaut, les tons sombres, lourds, pleins de puissance et d'intensité. Son\nPortrait de reître accuse une maîtrise qui rappelle les chefs-d'œuvre de\nRembrandt et de Van Dyck. »\n    Ici M. Miriam passe en revue l'activité créatrice de ce poète depuis son\nPierrot lunaire jusqu'aux Dernières Fêtes. « Nous le rencontrerons\ntoujours, conclut-il, au milieu des somptuosités picturales des époques\npassées, où tout — et le crime et l'héroïsme — accusait une teinte plus\nchaude, un élan plus fou. Mais au-dessus de ces visions magiques et\néblouissantes plane sans cesse quelque chose comme une ombre de mélan-\ncolie inguérissable, qui est le résultat de la conviction de l'infériorité de\n"}, {"page_pdf": 278, "page_imprimee": 247, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1314, "texte": "                                       -   247 —\n\ntoute réalisation en comparaison des désirs et nostalgies qui l'avaient\ncréée... Giraud est un des plus grands poètes du groupe de ceux qui prirent\npart au Parnasse. »\n  Gomme on voit, l'introduction critique de M. Miriam c'est jusqu'à\nprésent le travail le plus considérable qui ait été publié à l'étranger sur la\npoésie contemporaine belge.\n  Comme c'est aux autres de lui exprimer leurs chaleureux remerciements\nautant pour sa brillante étude que pour sa vaillante propagande, qu'il me\nsoit permis, pour démontrer que je l'ai lu avec attention, de faire quelques\nobservations.\n   D'abord, il oublie de constater la grande influence qu'a exercée Victor\nHugo sur la pléiade; ensuite, il n'a qu'effleuré à peine celles de Poe (dont\nprocède directement Baudelaire), de Schopenhauer, de Flaubert et de\nTaine. Poe surtout et Schopenhauer avaient longtemps tenu ces jeunes\nâmes sous leur joug tyrannique et le mélange de spiritualisme sombre et de\npanthéisme décevant que l'on trouve dans leurs œuvres doit être en\ngrande partie attribué à l'étude et à l'inspiration de ces penseurs puissants et\nétranges. Il en est de même en ce qui concerne le symbolisme grandiose de\nRichard Wagner (1).\n                                                                    L. WALLNER"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 248, "page_fin": 248, "titre_corps": "La Blessure étoilée", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "LA BLESSURE ÉTOILÉE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 279, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "LA BLESSURE ÉTOILÉE\nLa Douleur qui vient à ma rencontre est si belle\nAvec sa bouche pâle et ses grands yeux     cernés,\nQue mon étrange espoir, à genoux devant elle,\nLui dit : « Béni le ciel dont vous m'illuminez !\n\n« Longtemps je vous ai vue, à travers ma folie\nEt les sombres festins où mon cœur se ruait,\nA pas mystérieux, ardente et recueillie,\nErrer à l'horizon comme un éclair muet.\n\n« Vous regardiez de loin mûrir ma destinée,\nComme un fruit étranger sous des deux ennemis;\nUne invisible main vers moi vous a menée:\nDe toute éternité je vous étais promis.\n\n« Gloire à vous, qui portez les pinces et les verges,\nLes brodequins cruels et le glaive irrité!\nJe vous salue, ô vierge, entre toutes les vierges,\nEt j'attends mon supplice avec avidité ! »\n\n— « Savez-vous, ô mon fils, répond de sa voix lente\nLa pâle vierge aux yeux de cendre, savez-vous\nQue ce n'est rien d'offrir sa poitrine sanglante\nAux caresses du glaive impitoyable et doux ? »\n\n— « J'embrasserai le glaive avec reconnaissance;\nMais je vois dans vos mains l'aube d'un nouveau jour,\nEt je tends, pour payer ma seconde naissance,\nMon misérable amour en offrande à l'Amour ! »\n\n— La vierge me regarde un instant sous son voile,\nSourit, puis brusquement saisit d'un bras vainqueur\nLe glaive au fil duquel brille une blanche étoile,\nEt plante d'un seul coup l'étoile dans mon cœur.\n\n                                         ALBERT GIRAUD"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 249, "page_fin": 250, "titre_corps": "Chronique littéraire : Pages de Charité", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "ambitions lyriques futures", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "II Des poètes gent naïve", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 280, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 3116, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  Pages   de charité,   par SANDER PIERRON, préface de GEORGES EEKHOUD (Bruxelles,\nLacomblez). — Eleusis, par CAMILLE MAUCLAIR. (Paris, Perrin). — Le Bosquet de\nPsyché, par HENRI DE RÉGNIER (Bruxelles, Lacomblez). — Sept essais d'Emerson, pré-\nface de M. MAETERLINCK (Bruxelles, Lacomblez). — L'Antre des Nymphes de Porphyre,\ntraduction de M. PIERRE QUILLARD (Librairie de l'Art indépendant). — Vistas, par WIL-\nLIAM SHARP (Derby, Regent library). — Gueule-Rouge, par M. RENARD (Bruxelles, Kiste-\nmaeckers).\n\n                                          I\n\n   « On songe à des tiédeurs d'équinoxe, à la pâleur fébrile des saisons\ntransitionnaires, aux aubes équivoques du mois d'avril » et cette phrase\nincisive de la généreuse et vibrante préface de M. Georges Eekhoud définit\nexcellemment l'impression d'une des Pages de charité de M. Pierron:\nl'histoire d'un maladif enfant précoce, en proie à une consomption presque\nintellectuelle, aux incitations prématurées d'une puissance phrénique,\nembryonnaire encore, mais qu'un avenir, refusé à sa débilité, ferait éclore...\nQuelque chose, parfois, analogue à la constriction intimidée de son gar-\nçonnet, embarrasse la narration de M. Pierron, entrave d'une subite et\nombrageuse pudeur les récits de ses personnages ou les relègue, tout à coup,\nà un silence timoré : la diction entrecoupée d'un adolescent qui, à s'aperce-\nvoir trop assidûment écouté, baisse les yeux sous le regard fixe de l'audi-\nteur, rougit et balbutie...\n   Le premier livre ! c'est l'inaugurable ivresse, vraiment, des heures d'initia-\ntion et de véhémence spirituelles, l'ardeur inassouvie de connaître, la hâte\nde posséder ce personnel logis, par la fenêtre duquel, au travers les vitres\nsombres ou claires, on regardera passer la vie: époque combattue de déli-\nbérations et de controverses, acharnée à la poursuite de décevantes certitudes,\nrépudiées, souvent, avant d'être atteintes... Huitième sacrement, le conte\nfinal du volume, et le meilleur, répercute l'angoisse et le déboire de cette\ncourse après soi-même, de cette extatique et douloureuse incubation de\nl'artiste. La parole des interlocuteurs emprunte le timbre grave d'une\nopiniâtreté surtendue: l'accent solennel d'une probe conviction qui veut\nvaincre les obstacles, non les esquiver; car la ruse, ici, se dupe elle-même;\nla difficulté éludée subsiste, se dissimule et conspire la ruine des habiles.\n   La même prédisposition qui conduisit M. Sander Pierron à solliciter\nl'amitié et les conseils du sûr et sévère artiste du Cycle patibulaire l'a pré-\nservé de l'épidémie amphigourique ambiante.\n   La volonté délibérée, l'application d'une conscience juste et délicate,\ninaccessible aux sophismes frauduleux, distinguent son œuvre initiale;\néloge peu banal, puisque la plupart des débutants actuels et même quelques\nmaîtres parvenus, se constituant une hétéroclite originalité, à l'aide unique-\n ment de leurs ignorances, réforment, alors, édictent des règlements propor-\n                                                                            17\n"}, {"page_pdf": 281, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 219, "texte": "                                   —   250   —\n\n\ntionnés à la taille de leur littérature et destinés à servir de charte perdurable\net de parangon aux ambitions lyriques futures!\n                                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 250, "page_fin": 255, "titre_corps": "Chronique littéraire : Éleusis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "II Des poètes gent naïve", "ancre_fin": "n exauceront sans doute pas", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La studieuse habitude enfiévrée et méditative", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 281, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 219, "fin_caractere_exclue": 3142, "texte": "II\n    Des poètes — gent naïve — chantaient, jusqu'à présent, insoucieux des\n métaphysiques, concentrant leur effort à moduler avec passion et magnifi-\n cence sous la dictée, selon l'inflexion, épique ou élégiaque, rêveuse ou\n décise, de leur génie. Leur œuvre devenait ainsi la représentation successive\n et concrète, d'une rigoureuse sincérité, de leur physionomie intellectuelle;\n car maille à maille, notre pensée tisse un réseau discontinu, — canevas sur\n lequel parfois s'enlève, éblouissant filigrane, poème, la fleur triste ou\n éclatante de notre exaltation. La broderie, quelquefois, pâlit, s'enchevêtre,\n mais à une investigation perspicace, le trajet du fil, laine ou soie, ne peut\n échapper.\n    Le poète jaillit, s'engendre, se surajoute tous les jours à lui-même. Une\n préconception évidente guide ses travaux, lui découvre les formules, les\n rubriques personnelles, adaptées à la spéciale structure de son art ; docile\n aux règles primordiales, en dehors desquelles il n'existe ni solidité ni\n beauté, il ignore le compas rigide et l'équerre d'un canon philosophique\n décrété par quelque amateur théoricien.\n    Des professeurs et des scoliastes sévirent, toujours, variété d'archimimes,\n pour consacrer les artistes défunts, mensurer leurs effusions, en extraire\n des codes tyranniques ; mais, malgré eux, chacun édifiait à ses risques, selon\n son audace réfléchie ou sa témérité, d'après un ordre composite, souvent,\n pastiche ou, même, à l'aide de matériaux ramassés dans les ruines ; sur son\n propre terrain, cependant, avec l'orientation qui lui plaisait, sans que\n des édiles éleusiaques vinssent le contraindre à un alignement, promener\nleur niveau sur son architectonique...\n    — Les heures d'inspiration sont comme les orages cérébraux qui, nourris\n de fluide épars, de l'effervescence résorbée de la pensée, de réflexion\ndiffuse, se condensent, soudain, en l'éclair fulgurant qui nous illumine, à\nla fois, et nous épouvante. Le cerveau a ses saisons, ses féconds équinoxes,\nses solstices arides, déterminés par sa latitude intellectuelle; il quintessencie\n d'après sa méthode obscure et singulière et la logique de son idiosyncrasie :\nun concours de tout lui-même, spirituel et sentimental.\n    La forme et le moment de ces météores, de cette efflorescence, sont hors\nde notre pouvoir ; mais il nous appartient d'influencer leur fréquence et\nleur intensité, par l'initiative de nos études, de notre labeur, de nos mœurs.\nC'est, j'imagine, ce qu'entend M. Maeterlinck dans son aphorisme de la\npréface d'Emerson :\n    « Le dernier d'entre nous ne peut faire le moindre geste, sans tenir\ncompte de l'âme et des royaumes spirituels où elle règne, sur le sommet de\nla montagne, où tous nos gestes sont reproduits et acquièrent leur significa-\ntion. »\n    L'œuvre, de plus, doit répondre aux exigences implicites de la vitalité, —\ncomme une plante à celles de l'atmosphère qu'elle parfume; — respecter,\n"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3112, "texte": "                                  — 25l    —\n\n\ndonc, la langue où elle s'incarne et sa syntaxe, puisque l'une et l'autre\nrésultent de la collaboration de la race et des siècles, poursuivirent à\ntravers le temps une évolution identique à celle dont l'écrivain devient le\ntransitoire et sensitif théâtre.\n   A un point d'intersection le rayon de la vision du poète rencontre les\nbrouillards de la réalité contemporaine; sa clairvoyance égoïste s'aimante\nalors et s'amplifie... Homère, Eschyle, Sophocle, sont-ils point les épo-\nnymes, les témoins éternels de la Grèce victorieuse? l'Italie s'appelle-\nt-elle point Dante?, et l'Angleterre, Shakespeare?\n   Aussi, l'artiste vrai possède-t-il le tact et la conscience de cette coordina-\ntion de phénomènes ; il discerne n'être que le précaire missionnaire d'une\ntradition esthétique, et ses hardiesses n'enfreignent jamais la rigueur fonda-\nmentale de ses lois. L'extravagance s'excuse, des iconodules, incohérents-\nnés, auxquels la ferveur ne peut venir d'une religion, dont ils ne soupçonnent\npas même la possibilité; sacrilège que l'ignorance du profanateur inno-\ncente !\n   Certaine beauté barbare et violente se modèlera, peut-être, de leurs\nmains effrénées, mais inféconde, fatalement, et d'une vogue éphémère:\ndépense inconcevable d'énergie déréglée ; incompréhensibles entassements\nmégalithiques; amusantes verroteries coloriées; fleurs de serre postiches,\nsans patrie, produits d'une culture facétieuse ou maniaque.\n                                      . * *\n   Sur les confins de l'enceinte, en deçà du sillon sacré encore, M. Mallarmé\ns'érigea un palais, minuscule, si l'on veut, mais de proportions tellement\néquilibrées qu'il ne semble pas exigu ; un palais très pur de lignes, dont la\npolychromie s'apparie au sobre paysage, aux lagunes translucides qui\nl'encadrent et d'où des horizons sinueux, le Temple, se découvrent, —\net la mer...\n   La douce sérénité des fresques, cernées de marbre ou de rares porce-\nlaines ; de luisantes majoliques historiées ; les dures boiseries damas-\nquinées d'argent sertissant le biseau aigu et prismatique de maint étrange\nmiroir halluciné; toute la gloire brille là, artificielle, d'un décor où le\nmétal, la joaillerie et les cristaux concertent une splendeur inconnue...\n   Quelques visiteurs admis à parcourir cet étonnant édicule, où la pratique\nminutieuse d'un génial orfèvre, d'un obstiné miniaturiste rivalisait la pein-\nture et la statuaire, en emportèrent la superstition d'une beauté imprévue,\nréminiscence chryséléphantine, qui, sans braver les préjugés de l'harmonie,\nl'ordre virtuel, amalgamait les disparates, rénovait les perspectives inté-\nrieures, le meuble, la parure ornementale et l'arabesque du monument.\n   Et, peu à peu, la renommée se propageant du somptueux ermitage,\nvolontairement étroit et excentrique, le sentier de la solitude sous le\npiétinement de la foule se fraya, grande voirie d'un incessant pèlerinage,\n tumultueux et criard...\n    Des hordes de jeunes gens consumés de vague littérature, dévots intran-\n sigeants d'une vérité non révélée encore ; insurgés par vocation contre les\n"}, {"page_pdf": 283, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3205, "texte": "                                         — 252 —\n\n\n antiques disciplines et que l'impuissante langueur rongeait d'une fictive\noriginalité, d'une paradoxale poésie où se réduiraient à un monstrueux\nunisson tous les timbres hétérogènes de leurs esprits désaccordés, accla-\nmèrent Mallarmé.\n   La fantasque conception du parfait poète servit de noyau à une Poétique,\nstratification d'abstruses absurdités; laminée par les intellects cubiques de\npédagogues anarchistes, elle se décomposa en théorèmes abrupts, en\naxiomes et en déconcertants corollaires.\n   — Des générations de curètes se démenèrent, chacune explorant un site\nillustre du Parnasse, où porter la sape et la mine : le vers porphyrisé,\ntamisé, suivant des systèmes neufs et infaillibles, ne livra plus la moindre\npépite; et l'entreprise laissa seulement à ses promoteurs désappointés le\ntorticolis gratuit et la courbature ! Mais, des failles du mont outragé, du\nsol fouillé, le contage déterré s'élança, pestilence vengeresse ! de la fièvre\nmaligne et de la folie...\n   — Un posthume respect, la survivante vénération du langage sauvegar-\ndaient, dans la débâcle, la valeur intrinsèque des vocables, leur emploi\ndéfini... Abus d'un autre âge, résidu d'une liturgie périmée, desquels les\nultimes onomaturges firent table rase : — Subalterne l'importance du\nlexique ! Sans proscrire une hasardeuse coïncidence entre la fantaisie du\nbarde et les mots choisis pour en inoculer l'enchantement au lecteur, l'écœu-\nrante vulgarité de tels moyens répugnera désormais aux adeptes sérieux !...\n\n   M. Mauclair, le dernier psychodidacte, se réclame avec un éclectisme\nlégèrement ébouriffant de Plotin et de Schelling, de Schopenhauer, « son\nmaître », et de Hegel (1), et de Nietzsche! et classe ses ratiocinations philo-\nsophales sous l'invocation d'Eleusis! Sa doctrine se résumerait approxi-\nmativement ainsi :\n   L'homme naît intelligent du rhythme et de l'harmonie. L'esprit, alimenté\nde notions provenues par les sens et interprétées selon son envergure, se\nconsidère dans les choses, c'est-à-dire perçoit du monde cela seulement que\nsa nature originelle, développée empiriquement, lui en dévoile. L'univers,\npar conséquent, gravite autour de chaque être, — anthropocentrique ; - et\nquoique celui-ci envisage — son apparente personnalité physique, même, —\nrien autre ne peut le frapper que sa propre idée extériorisée, émanation\nobjective, consubstantielle à lui-même. « Ces choses, sans doute, insinue\njudicieusement M. Mauclair, ces choses furent incluses en d'anciens\nesprits... »\n   L'amplitude de réfringence, le foyer limpide ou trouble, le champ plane,\nconcave ou convexe de notre miroir déterminent nos concepts, la contexture\nde notre intellectualité, marqués, évidemment, des tares et des défectuosités\n\n   (1) « La fausse sagesse hégélienne est tout à fait cette meule qui tournait dans la tête de\nl'écolier de Faust. Pour abrutir à dessein un jeune homme et le rendre à jamais incapable\nde penser, il n'est pas de moyen plus éprouvé que l'étude assidue de Hegel; des bille-\nvesées creuses et vides passeront à ses yeux pour de profondes pensées... Schelling,\n« hâbleur effronté et fanfaron ». (SCHOPENHAUER, De la quadruple racine, etc.)\n"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 253, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3087, "texte": "                                      — 253 —\n\ndu cristal, intermédiaire entre les contingences et nous, entre notre soi et le\nmoi qui lui sert d'hypostase sublunaire. Médium chanceux, d'ailleurs,\ncar « nous marchons continuellement à côté de nous-mêmes sans arriver à\nnous saisir ».\n   M. Mauclair emprunte à Hegel l'étiquette de son système : Idéoréalisme,\net le parabolise sous les espèces plastiques de Narcisse admirant sa gracilité,\nla gravité adolescente de son geste dans le courant du ruisseau, onduleux\nmiroir liquide, où tout fuit hormis son spectre enfantin. Mais Narcisse,\nbientôt, se conquiert lui-même, comprend, à la fin, son moi flâneur et\ntangible, n'être qu'un succédané charnel et infidèle de son soi hyperphy-\nsique, vers lequel, dès lors, il aspire et s'exalte par l'art et le rêve : ses sensa-\ntions transmuées en notions aboutissent à la synthèse : « Narcisse est mort,\nAdonis et Vénus de lui-même (1) ! »\n\n\n   « Le mystère qui gît dans un objet vient de nous, car nous sommes les\nauteurs de l'obscurité du monde » puisque « les objets, intrinsèquement\nconsidérés comme distincts de leur notion pure, constituent des symboles\ndont le sens réside en notre sensibilité et, en quelque sorte, l'écriture du\nmonde. »\n   « L'art est une sensibilité; il n'y a jamais eu qu'un mot essentiel :\nsentir, et le poète doit être non compris, mais senti. » Au lieu de retracer\nl'aspect abstrait de son illusion, le poète la transcrira dans l'écriture du\nmonde, afin qu'elle parvienne au lecteur comme toutes les apparences, par\nl'entremise de ses sens. Il procédera donc par allusion, d'autant plus que\n« l'image n'est pas l'objet, mais une conséquence intellectuelle de l'objet ».\nNam Deus est quod imago docet : sed non est Deus ipso.\n   L'apagogie se prouve ainsi et l'inanité du qualificatif « symboliste » pour\nspécifier une prétendue école : chacun lit « l'écriture du monde » avec ses\npropres yeux, selon une symbologie myope ou presbyte, mais autonome,\nabsolument. « Nous sommes les frères d'une certaine écriture du monde »\naffirme logiquement M. Mauclair; et aussi : « Ce qui est fondé sur la sensi-\nbilité individuelle ne se démontre pas. »\n\n  (1) Je rends grâce au mannequin didactique d'Eleusis qui m'a incité à réentendre un\nautre Narcisse, Citharède, celui-là! Et voyez! la même flamme sur laquelle M. Mauclair\nmet mijoter son hochepot sophistiqué, à l'incantation du poète de Pierrot         Narcisse\njaillit et s'élance en gerbes éblouissantes, traverse la scène de somptueuses et subtiles\nlueurs fluides!\n   Eliane, Arlequin, minutes enivrées du songe de Pierrot, aspects de lui-même, illusoires\net délicieux, s'obombrent, soudain, au reflet furtivement apparu...\n                    Plus lointain qu'un espoir et plus pur qu'un regret...\n   — Et l'obsession disparue, la trouble langueur...\n                                   ... la chimérique envie\n                     De vivre à pleine bouche et d'observer la vie...\n   Meurtri mais vainqueur, Pierrot se relève et salue son avènement :\n                     Oui, je me suis tué : mais comme je vais vivre!\n"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 254, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3337, "texte": "                                        — 254 —\n\n   Vide en elle-même, mais emblématique des associations d'idées que les\nobjets évoqués excitent, « l'écriture du monde trouvera dans l'art un déter-\nminateur de sa morphologie et de la musique de ses vocables ». Au reste,\n« peut-être, toute morphologie gît-elle dans l'imagination... »\n   L'œuvre se résoudra en une façon de marqueterie, semble-t-il, mosaïque\nd'allusions imagées que le lecteur — à moins d'une inespérable congruité!\n— saisira en raison de la similarité de son miroir avec celui de l'auteur!\nde leur courbe plus ou moins corrélative.\n   Cette dissection de la pensée, ce recours à sa multiple origine sensorielle,\nqui désagrège le complexe alliage de faits dont se coagule une idée, un\nsouvenir, etc. (1), pour en signaler un seul, élu comme symbole, cette synec-\ndoque idéographique, cette analyse, en somme, qui écarte la totalité de\nses éléments sauf un, M. Mauclair la désigne sous le nom de synthèse! —\n« ce qui tend au simple » par opposition, précisément, à l'analyse. Invalidé,\nle dictionnaire régnant, véritable catalogue de notions, dont chaque mot\nest comme la fleur haute et fière, l'épanouissement d'une germination\nmillénaire : « L'art synthétique cueille de chaque terme l'efflorescence musi-\ncale à l'effet d'en nimber le sens littéral ; d'effacer ce que celui-ci à de trop\nrugueux. »\n   Ce vers de Mallarmé, par exemple, suscité par la musique de\nWagner (?) :\n                     Trompettes tout haut d'or pâmé sur les vélins\n« juxtapose les idées de chant guerrier, d'altitude, de magnificence, de\nvolupté et de toucher délicat et spécial, — synthèse ! — entrechoquées en\nun luxe d'émotions simultanées, où rien de précis ne se dessine, pas plus en\nla pensée de l'auteur qu'en celle de ceux qui se substituent à lui en le lisant».\n   Le menu d'un banquet ou une carte d'échantillons « juxtaposent » des\nsuggestions aussi connexes...\n   Non sans raison, M. Mauclair gourmande la propension des Fran-\nçais à brouiller la valeur exacte des termes ; il vante « le critique qui sait\ndire ce qu'il faut avec des mots justes ». Malheureusement, le censeur lui-\nmême s'insoucie de définir sa terminologie fort capricieuse; certains\nvocables sous sa plume subissent des phases comme la lune, et graduelle-\nment s'obscurcissent à graviter au travers l'argumentation d'Eleusis. Com-\nment, sinon, une synthèse pourrait-elle être sentie? Le «maître» de M. Mau-\nclair, Arthur Schopenhauer, se serait, indubitablement, réjoui de ce parfait\nsidéroxylon !\n   Son Narcisse, « Jésus païen » — « figuration contingente du SOI, la\nforme humaine qui le manifeste ou son symbole » — épris, d'abord, de son\nenveloppe terrestre, de l'attrait merveilleux du monde, par étapes et une\nsorte d'autogenèse, naît à lui-même, assimile l'âme divine « qu'il côtoyait «\njusque-là, et du coup, se disproportionne à toute œuvre d'art, hors de sa\n\n  (1) La priorité de l'idéoréalisme appartiendrait peut être, elle aussi, aux frères de Gon-\ncourt ! leur œuvre se conglomérant, presque, selon la synthèse protoplasme de M. Mauclair.\nLeurs études sur la Société française, notamment, — chantiers amusants et pittoresques\noù ils amenèrent à pied-d'œuvre et inventorièrent, pêle-mêle, les éléments d'une Histoire,\nqu'il reste loisible au lecteur d'appareiller selon ses goûts et opinions !...\n"}, {"page_pdf": 286, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1953, "texte": "                                   — 255      -\n\nportée, dorénavant, l'écriture du monde s'adressant aux yeux de la sensibi-\nlité que sa métempsycose a aveuglés : Narcisse s'est « libéré de lui-même »\nmais de l'Art, également, par surcroît!...\n   M. Mauclair parle d'un ton ravi de « l'écriture qui est silencieuse, qui\ntraduit une pensée, non une voix ». On présumerait cependant que les carac-\ntères graphiques (appelés plus loin « du son fixé »), transposent une version\nde la pensée, médiate, à l'inverse de la parole, élocution directe du verbe,\nautrement mystérieuse et troublante, susceptible d'inflexions et de nuances\ninterdites au manuscrit.\n   Sainement, l'auteur d'Eleusis nargue les imitations risibles du Graal,\ndu Cygne, du Dragon, de l'engin du drame wagnérien, symboles accom-\nplis, effigies définitives, étrangers, forcément, et oppressifs pour celui qui\nles emprunte. Néanmoins, ces tropes, lieux-communs miraculeux,\ninsignes connus, stabiliseraient l'assiette des constructions éleusiaques,\nserviraient de repères et d'utiles pilotis aux labyrinthes de brume, enlisés\nau milieu des marécages périlleux de l'écriture du monde : M. Mauclair\nrecourt bien, lui, à Narcisse, poncif mythologique et à cet « ustensile »,\nle chêne Ygdrasil, e t c . .\n   Pour assurer, en dépit d'une postérité négligente, la perpétuité de leur\nKa, de leur double, les Egyptiens de l'ancien Empire faisaient escorter leur\ncadavre momifié, dans le mastaba où on l'insérait, d'innombrables simu-\nlacres d'eux-mêmes, sculptés ou peints, admirables et voués à une obscurité\ninfinie. L'art préconisé par M. Mauclair est cryptographique, aussi; à sa\nsuite, peut-être, nos modernes hiérogrammates traceront d'un pinceau\nsubtil, sur les parvis de la maison de leur âme divine, et en belle calli-\ngraphie versicolore, une pétition à l'Immortalité, que l'avenir et les Cham-\npollions futurs n'exauceront sans doute pas!...\n                                       ***\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 255, "page_fin": 256, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Bosquet de Psyché", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "La studieuse habitude enfiévrée et méditative", "ancre_fin": "naturelles aux bons poètes", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Somnambuliques funambules", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 286, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 1953, "fin_caractere_exclue": 3282, "texte": "La studieuse habitude enfiévrée et méditative de notre vie, les fastes de\nnotre mémoire, les livres chers, compagnons assidus et discrets, élèvent\nautour de nous les murailles d'un idéal habitacle; oratoire jaloux, sourd\naux clameurs du siècle; cloître invisible, hanté de fantômes songeurs, sous\nles arceaux duquel de propices revenants s'entrecroisent, et des ombres\napaisées...\n                         Profils de tendresse et d'azur,\n                 Aimés avant de vivre, et morts avant de naître...\n   A l'égal de la foudre qui fréquente, de préférence, les sommets, le rêve,\nl'inspiration descendent sur ceux-là, plutôt, qui ont fait la moitié du che-\nmin... Et les désintéressés, surtout, affranchis du désir et du vouloir, n'en\nsollicitent jamais vainement le réconfortant sortilège : car Psyché ne s'unit\nà l'Eros divin que lorsqu'il a renversé son flambeau...\n   Sûre égide donnée aux âmes, seulement, capables d'abnégation et\nd'affronter le silence, le face-à-face avec elles-mêmes; pourquoi, en effet, cher-\ncher le frais et calme refuge d'une oasis, si le désert est au-dedans de nous?\n   M. de Régnier célèbre le doux et noble charme de cette solitude, pour lui\nfamilière, en paroles pesées, vraiment, au poids du sanctuaire : La culture\ndu soi, l'hygiène mentale du thérapeute Mauclair, se sont enrichies à tran-\n"}, {"page_pdf": 287, "page_imprimee": 256, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 321, "texte": "                                    — 256     -\n\n siter par le Bosquet de Psyché, d'une parure paradoxale et chimérique, y ont\n acquis, avec le prestige de vivifiantes images, cette logique enthousiaste,\n la persuasive et légère éloquence, naturelles aux bons poètes...\n\n                                         ***\n     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 256, "page_fin": 257, "titre_corps": "Chronique littéraire : Sept essais d’Emerson", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Somnambuliques funambules", "ancre_fin": "Le sens des phrases a plus d un sexe", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L aube avant courrière", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 287, "page_imprimee": 256, "debut_caractere": 321, "fin_caractere_exclue": 3355, "texte": "Somnambuliques funambules, automates disloqués, jouets d'un régis-\n  seur occulte, tapi sous le cintre, les héros de M. Maeterlinck manifestent\n  le geste humain du mystère. Leurs physionomies pétrifiées par le maléfice,\n  leurs soubresauts, la monotonie saccadée de leurs plaintes ahuries décèlent,\n  avec une démonstrative évidence, l'intervention terrestre de l'invisible\n  mysturge anonyme qui, derrière l'orageuse nuée sillonnée de présages et de\n  sinistres prophéties, siège au ténébreux et glacial antipode de la région ensor-\n  celée où Maleine et Hjalmar végètent...\n     Le haut et expressif relief, l'insolite éclat de ce théâtre commentent à\n  merveille la conception mystique du dramaturge; l'abscond et un peu\n  augurai exposé qu'il publie, aujourd'hui, sous prétexte de prolégomènes\n  aux Essais d'Emerson, accumule, au contraire, une nébulosité contra-\n  dictoire et ambiguë ; tellement qu'on suspecterait l'écrivain d'une super-\n  cherie dialectique et d'invoquer, pour avérer l'existence du mystère, le\n  témoignage de l'obscurité !... Ou le vertige et l'incohérence châtièrent-ils sa\n  velléité d'exotérisme !\n     Il enseigne, par exemple, « qu'il faut vivre même sans actions, sans\n pensées, sans lumières, parce que votre vie, malgré tout, est incompré-\n hensible et divine » ; d'ailleurs, « il n'y a ni grande, ni petite vie et l'action\n de Régulus ou de Léonidas n'a aucune importance lorsque je la compare\n à un moment de l'existence secrète de mon âme » — qui « vit seule au fond\n de nous une vie qu'elle ne dit pas » — car « nous marchons accablés sous\n son poids et il n'y a pas de proportion entre elle et nous ».\n     M. Maeterlinck reconnaît en Carlyle « qui fait passer comme des éclairs,\n les seuls moments héroïques de notre être, sur le fond d'ombre et d'orage\n d'un inconnu sans cesse monstrueux » — « le frère spirituel d'Emerson » ;\n celui-ci « ne nous conduit pas du côté des abîmes », étant « le sage des\n jours ordinaires ; et les jours ordinaires sont, en somme, la substance de\nnotre être » — quoique, en définitive, « il n'existe point d'heures sans\nmiracles intimes et sans significations ineffables ».\n    A dire vrai, Emerson se dessine ainsi qu'une sorte d'optimiste rationnel\net raisonneur, Pangloss moins récréatif, bardé d'expérience et de sens com-\nmun, d'un terrifiant méthodisme ! Son flegme, constitué d'un florissant\namour-propre professoral et américain, — self-reliancé! — ne se déconcerte\njamais ; il transporte dans ses périples éthiques ou métalogiques ce spécial\nsang-froid du touriste anglo-saxon qui assied son pliant devant les monts\nacrocéraunes pour, d'abord, les cadastrer! ou grave la trade-mark desa\nmanufacturée sur la dernière assise de la pyramide de mykerinus !\n    Compensation, le chapitre capital du volume, nous montre le monde\noscillant entre les forces et les résistances, les énergies centripètes et cen-\ntrifuges, dynamiques et statiques; actions et réactions répercutées en tous\nles domaines... Et le bon Emerson guide, au travers son Sahara apodic-\n"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1812, "texte": "                                   -   257   -\n\n\ntique, sans mirages, hélas ! des caravanes de preuves, partagées en files fasti-\nidieuses et parallèles...\n   Cette dualité, à laquelle nous devons plusieurs cosmogonies, préoccupa\njadis un vieux nabi, moins vite satisfait qu'Emerson, sans doute, de la\nbalance et qui dissimule à peine un scepticisme vaguement sardonique :\n— « Au jour du bien, use du bien et au jour de l'adversité, prends-y garde ;\ncar Dieu a fait l'un à l'opposite de l'autre, afin que l'homme ne trouve rien\nà redire après lui. » (Ecclés., VII, 14.)\n   M. Maeterlinck considère, apparemment, Emerson ainsi qu'une compen­\nsation de Carlyle ; c'est le seul et plausible motif de l'accolade de ces deux\nnoms dans sa préface...\n   Certains apophthegmes de l'essayiste et de son introducteur viennent\nen collision : M. Maeterlinck prononce : « Le héros a besoin de l'appro-\nbation de l'homme ordinaire... » — « Le héros, riposte Emerson, est mal\ncompris, mais il ne peut s'arrêter pour démêler les sottises des gens!... »\n   Ou même, ce bilan de profits et pertes, Emerson le transporte dans ses\ndéductions personnelles : — « Tout homme renferme et est la vérité même\nqu'articule un homme éloquent, mais en l'homme éloquent, à cause de cela\nmême qu'il peut l'articuler, il semble que cette vérité réside déjà moins. »\nRemarque piquante, fortifiée bientôt de cette autre, plus décisive : « Le\npoète est celui qu'aucune faiblesse ou infirmité n'empêche d'arriver à\nexprimer l'homme entier » car « l'homme n'est qu'une moitié de lui-même,\nl'autre moitié est son expression ! »\n   L'hybridisme de ces opinions se conjuguera aisément en une synthèse\népicène, si l'on se remémore le menu propos de M. Maeterlinck : « Le sens\ndes phrases a plus d'un sexe ! »\n                                      ***\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 257, "page_fin": 258, "titre_corps": "Chronique littéraire : L’Antre des Nymphes de Porphyre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "L aube avant courrière", "ancre_fin": "lustré de leur sève", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "M William Sharp auteur", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 1812, "fin_caractere_exclue": 3118, "texte": "L'aube avant-courrière, le vague symptôme du christianisme éclaire,\nradieuse lueur intermittente, certains passages de cette curieuse scolie à\nquelques vers de l'Odyssée : L'Antre des Nymphes fantaisie eschatologique,\ndont M. Pierre Quillard a voulu transférer en un français solide et souple\nl'argumentation spécieuse.\n   Aux yeux de Porphyre, les tribulations nautiques d'Ulysse allégorisent le\npériple planétaire de l'âme : Ayant apaisé les dieux marins « par les peines\net les souffrances des mendiants, lutté contre les passions », il doit « se\ntransformer entièrement afin de tout reconquérir »... et quoique « porté\nenfin chez des peuples à l'abri de toute tempête », il ne se rachètera du\nnaufrage « que le jour où, ayant échappé définitivement aux flots, il\ndeviendra ignorant des choses de la mer et de la matière... »\n   L'herméneutique de Porphyre semble, trop souvent, le jeu d'une imagi-\nnation captieuse, très aiguisée, mais dupée, par de fortuites paronomases ;\nque l'étiquette des choses fascine plutôt que leur essence ; éprise du super-\nficiel syncrétisme qui concilie les entités et les mythes les plus antagonistes...\nFacile logographie qui fait songer au patient et opiniâtre travail du rubri-\ncateur inscrivant le Ciel, la Terre et l'Enfer dans la majuscule onciale d'un\nmissel !...\n"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 345, "texte": "                                  — 258     -\n\n    Echo puérilisé du jardin d'Académos et du Lycée; l'œuvre entier de cette\n Byzance du paganisme, Alexandrie, est de la complexion infirme du lierre,\n insinuant parasite du chêne homérique et de l'olivier platonicien et tout\n lustré de leur sève...\n                                       ***\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 258, "page_fin": 258, "titre_corps": "Chronique littéraire : Vistas", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "M William Sharp auteur", "ancre_fin": "derisoirement", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Gueule rouge désigne", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 345, "fin_caractere_exclue": 2019, "texte": "M. William Sharp, auteur d'une récente étude sur les écrivains belges\n parue dans TheNineteenth Century, doit être revenu de cette incursion con-\ntinentale, envoûté par le système dramatique de MM. Vanlerberghe et\n Maeterlinck, ou plutôt — à se fier au choix des épigraphes de ses poèmes!\n— ébloui des mécaniques contrefaçons fomentées par le succès de la Princesse\nMaleine. La conformité reste apparente, il va sans dire; les imitateurs exa-\ngèrent pieusement les défauts de ce théâtre, la posture clonique des acteurs,\nl'émission intermittente et réitérée d'insignifiantes paroles, etc., scrupuleu-\nsement calquent ce qui leur y est accessible, la facture ; mais l'illusion\nmagnifique et changeante ne se plagie pas, qui émane des Flaireurs ou de\n la Princesse Maleine.\n    Vistas comprend une dizaine de poèmes en prose dialoguée : Finis,\nconfabulation entre deux lémures et leurs âmes latitantes; querelle dans\nles espaces interférés, résolue par la belliqueuse âme féminine qui étrangle\nl'âme adversaire « à deux mains » ! La Passion dupère Hilarion, scandée\nde cette psalmodie de Rimbaud : Elle est retrouvée. Quoi! L'Eternité! et,\nenfin, la Naissance d'une âme :\n   « Qui frappe? — Personne ne frappe! — Qui frappe? — Il n'y a per-\nsonne... Qui est venu, à présent? — Personne...\n   — C'est la fin...\n   « L'AUTRE. — C'est le commencement de la fin... »\n   Conversation entrecoupée d'un monsieur avec sa femme en gésine, un\nprêtre et une sœur de la Merci, énormément effrayés, tous, et déconcertés,\nsurtout, par l'intrusion de l'AUTRE, la larve, la chrysalide présomptive qui,\ndes limbes maternels, répercute leurs doléances, à la cantonnade, derisoi-\nrement!...\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 258, "page_fin": 258, "titre_corps": "Chronique littéraire : Gueule-Rouge", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Gueule rouge désigne", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Reçu L Arche", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 289, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 2019, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "Gueule rouge désigne la mine Carnivore, la fosse sarcophage, hantée par\nle follet effroyable du grisou.; l'opprimant organisme broyeur d'hommes,\ntout ruisselant de sueur et de sang, atroce et épique...\n   Telle l'idée neuve d'un Roman naturaliste de mœurs ouvrières, signé\nMary Renard, auquel l'éditeur Kistemaekers a fait graver un superbe com.\nmentaire sur bois.\n                                                     ARNOLD GOFFIN\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 259, "page_fin": 260, "titre_corps": "Chronique musicale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ernest Closson", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "ERNEST CLOSSON", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 3038, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n               La saison musicale a été close de la manière la plus brillante\n                par les Concerts populaires. Grâce au Choral mixte, la jeune\n                société habilement dirigée par MM. Soubre et Carpay, Joseph\n                Dupont se trouve en mesure de nous donner d'excellentes\ninterprétations d'œuvres d'ensemble choral et instrumental. C'est ainsi que\nnous avons pu entendre, aux troisième et quatrième concerts, la Rédemp­\ntion de César Franck et la Damnation de Faust de Berlioz.\n   La Rédemption, écrite depuis plus de vingt ans, ne porte pas ce cachet\nd'originalité extrême qui distingue les œuvres postérieures du maître fran-\nçais ; mais on n'en devinerait pas moins son auteur à cette candeur, à cette\npiété naïve et cette délicatesse éthérée qui est la caractéristique de toutes\nses œuvres. Si quelques taches déparent la partition que l'on nous a fait\nentendre, c'est précisément à cause de l'impossibilité, chez l'auteur, de\ns'abstraire de ces sentiments et de redescendre sur terre alors même que la\nsituation dramatique l'exige. Perdu dans son rêve idéal et dans sa contem-\nplation des formes vagues et indécises, il s'efforce en vain et à regret vers\nl'expression des passions brutales et la pompe réelle et brillante des\ntriomphes ; son âme candide d'enfant pieux s'en effraie et son génie\n manque de l'objectivité nécessaire pour exprimer ce qu'il ne sent pas lui-\n même. Aussi, quels contrastes entre certaines parties ! Autant les chœurs\n d'anges sont éthérés, immatériels, les récits de l'Archange larges et solen-\n nels, — classiques dans toute l'acception du terme, — autant les chœurs\n d'hommes, les hymnes triomphales paraissent débiles, convenues et sans\n conviction.\n    Quelle différence entre cette œuvre purement spirituelle et les réalités\n robustes de la fête des Maîtres-Chanteurs qui terminaient le concert! Ici,\n des flots de vie qui coulent impétueusement; on est tout saisi de cette exu-\n bérance et de cette plantureuse santé, de la grandeur de tels fragments —\n comme l'admirable choral — de l'humour de tels autres — comme le petit\n épisode orchestral des fifres et des instruments d'enfants, — de l'habileté de\n facture et de l'audace qui accumule insouciamment les effets les plus gran-\n dioses sans crainte de les voir s'annihiler l'un l'autre.\n     Exécution vraiment remarquable et digne des œuvres interprétées.\n     La Damnation de Faust, la vaste partition qui remplissait à elle seule le\n programme du quatrième concert, avait attiré un public plus nombreux\n encore. Il semble que les œuvres de Berlioz, bien que datant déjà de loin,\n présentent toujours l'attrait curieux d'un art exceptionnel.\n     Berlioz, autrefois si conspué par ses compatriotes, — qui ont une\n  manière à eux de ne pas honorer le génie naissant de leurs musiciens\n  illustres et de découvrir de grands talents là où il n'y en a pas, — Berlioz\n  est aujourd'hui entré dans le classicisme romantique; sans songer à se\n"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3474, "texte": "                                 260\n\n\nreporter à l'époque de leur création, on s'étonne de l'effroi que provoquaient\nses œuvres parmi ses contemporains, alors qu'aujourd'hui quelques-uns ne\nse gênent pas pour les qualifier de banales. L'œuvre de Berlioz provoque\ntoujours de singulières divergences d'opinion, et son génie compte encore\nbien des détracteurs. La cause en réside évidemment dans l'inégalité des\ncréations de Berlioz, dans sa personnalité mélodique étrange et parfois\nbizarre, dans la sincérité profonde et rude de son art, où règne un superbe\ndédain des conventions et des effets chers au public.\n  A tous points de vue, la Damnation est l'une des œuvres les plus remar-\nquables de Berlioz; à côté de pages faibles, il eu est, et c'est le grand\nnombre, qui sont absolument admirables et font de l'ouvrage un véritable\nchef-d'œuvre. Telles sont : la scène pastorale de la première partie, avec la\nronde des paysans; le chant de Pâques, la valse des sylphes, le chœur de\nsoldats et d'étudiants, la ballade du Roi de Thulé, l'invocation à la\nNature, etc., etc. Je dois avouer que la fameuse course à l'Abîme m'a\nlégèrement déçu, ainsi que les scènes dans l'Enfer et le Paradis; pour ces\ndeux dernières surtout, la réalisation est certainement au-dessous de ce que\nl'auteur a rêvé. 11 semble souvent, chez Berlioz, que l'inspiration le trahisse\nau moment le plus décisif, et que l'acuité même de ses sensations poétiques\nen étouffe l'expression. N'est-ce pas à Wagner qu'il écrivait : « Que je vous\n envie de pouvoir écrire en face des splendeurs de la nature !... »\n   L'exécution à la répétition générale avait été assez médiocre. Au concert\nmême, elle a été vraiment supérieure. M. Demest a chanté le rôle de Faust\n— cependant trop élevé pour lui, — avec une chaleur et un style merveil-\nleux et impeccables. Mme Auguez de Montaland nous a donné une inter-\nprétation très délicate et très poétique du rôle de Marguerite; M. Auguez\n(Méphistophéles) détonnait un peu dans l'ensemble, grâce à un style assez\nplat et un accent qui sentait son Midi d'une lieue ; on pensait involontaire-\nment à Tartarin chantant le duo de Robert le Diable dans la pharmacie\nBézuquet. L'orchestre a été excellent, ainsi que les chœurs.\n   La fin de la première partie a été marquée par une manifestation monstre\nen l'honneur de Joseph Dupont; les bravos et les cris ne cessaient de\nretentir avec enthousiasme pendant qu'une quantité de palmes et de\ncouronnes arrivaient processionnellement au pupitre de l'éminent chef.\n   Le public saisissait avec empressement l'occasion de protester contre les\nmachinations vexatoires ourdies contre les Concerts populaires par les\nlocataires habituels de la maison, machinations trop connues dans le public\net trop discutées en ces dernières semaines pour qu'il soit nécessaire de reve-\nnir ici sur ces choses édifiantes. Outre ce souci bien naturel de témoigner\nsa solidarité à la cause des Concerts populaires, le public payait là un juste\ntribut d'hommages à Joseph Dupont, auquel il est redevable de la plus\ngrande partie de son éducation artistique ; une bonne part de ces remercie-\nments est due à l'organisateur des Populaires, au deus ex machina,\n M. L. D'Aoust, l'homme actif et dévoué, toujours sur la brèche au moment\n des difficultés et des complications, mais toujours disparu lorsque, la vic-\n toire remportée, les bravos éclatent et les couronnes tombent.\n                                                      E R N E S T CLOSSON"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 261, "page_fin": 262, "titre_corps": "Notes pour une histoire de l’esprit belge", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "Notes pour une histoire", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 292, "page_imprimee": 261, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 2466, "texte": "Notes pour une histoire de l'esprit belge.\n               Lamunicipalité d'Ixelles a pris l'initiative d'ériger un monu-\n                ment à la mémoire de Charles De Coster, l'auteur de la\n                Légende d'Ulenspiegel. L'inauguration de ce monument, dû\n                au ciseau de M. Samuel, aura lieu le 22 juillet. M. le bourg-\nmestre d'Ixelles a eu l'excellente idée de faire de cette cérémonie une fête\nlittéraire et d'en confier l'organisation à un comité d'écrivains (1). C'est une\ninnovation, en Belgique, et nous adressons au maïeur ixellois nos plus\nchaudes félicitations.\n   Toutefois, il s'est passé au cours des réunions du comité un incident\nque nous croyons devoir signaler.\n   Dans la première séance, à laquelle le directeur de la Jeune Belgique,\nempêché, n'assistait point, il avait été décidé, sur la proposition de\nM. Maus, critique d'art à l'Art moderne, qu'il n'y aurait qu'un seul\ndiscours et que ce discours serait prononcé par M. Camille Lemonnier.\n   La Jeune Belgique estima qu'elle avait à joindre sa voix à celle de\nM. Lemonnier. S'il existe aujourd'hui une activité littéraire dans notre\npays, si Charles De Coster jouit d'une gloire posthume que va consacrer\nun monument, c'est à la Jeune Belgique surtout qu'on le doit.\n   C'est elle qui a groupé les jeunes écrivains belges et qui les a menés à la\nbataille contre l'indifférence publique et les railleries bourgeoises. On n'a\npas oublié la surprise et l'émotion dont tressaillit le public lorsqu'elle orga-\nnisa le banquet Lemonnier. En ce temps-là, l'Art moderne nous admirait,\nnous encourageait, nous comparaît aux généraux imberbes de la Répu-\nblique et M. Picard tenait à honneur de collaborer à notre revue.\n   C'est pour ces motifs que, dans la seconde réunion du comité, M. Giraud,\ndirecteur de la Jeune Belgique, demanda à parler au nom de ses amis et\nfrères d'armes après M. Lemonnier. Celui-ci combattit cette motion et,\n\n\n\n  (1) Ce comité, composé par M. Lemonnier, comprend MM. E. Leemans, bourgmestre\nd'Ixelles, F. Baudoux, Peter Benoit, F. Brouez, Ch. Buis, membre de la Chambre des\nreprésentants; E. Demolder, Hector Denis, J. Dillens, L. Dommartin, G. Eekhoud,\nIw. Gilkin, A. Giraud, Greyson, H. Krains, Lacomblez, C. Lemonnier, Am. Lynen,\nM. Maeterlinck, H. Maubel, O. Maus, H. Mellery, C. Meunier, F. Nautet, R. Nyst,\nH. Pergameni, E. Picard, Ch. Potvin, F. Rops, E. Smits, E. Verhaeren et Van Arenbergh.\n"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1558, "texte": "                                      262\n\n\npour la raison un peu trop administrative « que l'on ne pouvait revenir\nsur une résolution prise », la motion fut rejetée.\n   Dès le lendemain, M. Lemonnier parut se raviser; à sa demande expresse,\nle comité fut convoqué d'urgence : il s'agissait de voter sur une proposition\nde M. Lemonnier, tendant à donner satisfaction au vœu de la Jeune Bel­\ngique.\n   On devait croire que M. Lemonnier avait de puissants motifs de changer\nd'avis, qu'il défendrait chaleureusement sa nouvelle proposition et qu'il\nprierait ses amis personnels de l'appuyer. Il n'en fut rien. M. Lemonnier\nse contenta de formuler sa proposition, il ne fit pas le moindre effort pour\nla défendre et ses amis, MM. Maus et Picard, la combattirent vivement et\nparvinrent à la faire rejeter. Au vote, M. Lemonnier s'abstint.\n   En conséquence, M. Lemonnier parlera seul. Grâce à l'opposition de\nM. Lemonnier et de ses amis la Jeune Belgique ne parlera pas.\n   Le procédé est assurément bizarre. S'il s'agissait d'en arriver là, il était\ninutile que l'on proposât de revenir sur un premier refus, à moins qu'on ne\nvoulut l'accentuer.\n   Dans ces conditions, les Jeunes-Belgique avaient les meilleures raisons\ndu monde de se retirer du comité. S'ils ne le font pas, c'est pour ne point\ndésobliger la municipalité ixelloise et ne point décourager les autorités qui\nvoudraient imiter sa très louable initiative.\n   Le public littéraire appréciera la moralité de l'incident.\n\n                                                  LA J E U N E B E L G I Q U E"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-014", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 263, "page_fin": 266, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "chronique artistique", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 94, "fin_caractere_exclue": 101, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 105, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "M. 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Certes, notre émotivité, comme"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3427, "fin_caractere_exclue": 3470, "texte": "l'émotivité française, a la soudaineté fou-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3524, "fin_caractere_exclue": 3562, "texte": "droyante qui est le noble stigmate des"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3564, "fin_caractere_exclue": 3607, "texte": "vieilles races; mais vous ne découvrirez en"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3665, "fin_caractere_exclue": 3710, "texte": "elle ni la teinte érotique qu'elle revêt chez"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3757, "fin_caractere_exclue": 3799, "texte": "les dégénérés, ni le trait purement senso-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3853, "fin_caractere_exclue": 3900, "texte": "riel qui a hâté, par l'usure d'esprit, la déca-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3950, "fin_caractere_exclue": 3992, "texte": "dence du réalisme. Un replis d'idée ou, si"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3994, "fin_caractere_exclue": 4039, "texte": "l'on veut garder l'ordinaire terminologie, un"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4071, "fin_caractere_exclue": 4113, "texte": "reflet d'âme se dérobe quasi toujours der-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4117, "fin_caractere_exclue": 4167, "texte": "(1) Pour les chercheurs, pour ceux qui douteraient"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4209, "fin_caractere_exclue": 4261, "texte": "aussi, je citerai les mémoires des docteurs De Smeth"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4302, "fin_caractere_exclue": 4354, "texte": "et Semai sur la mélancolie, le livre de Paulhan : Le"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4355, "fin_caractere_exclue": 4401, "texte": "nouveau mysticisme, et de très belles pages de"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4456, "fin_caractere_exclue": 4506, "texte": "M. Nordau, Dégénérescence (II, 20 et suivants) sur"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4507, "fin_caractere_exclue": 4518, "texte": "l'égotisme."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 157, "fin_caractere_exclue": 198, "texte": "rière l'image physique que la sensation a"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 254, "fin_caractere_exclue": 296, "texte": "évoquée, et c'est bien là le « tréfonds de"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 352, "fin_caractere_exclue": 394, "texte": "psychologie » dont j'ai, dans le Moniteur,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 450, "fin_caractere_exclue": 489, "texte": "trop brièvement noté la nécessité orga-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 545, "fin_caractere_exclue": 551, "texte": "nique."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 610, "fin_caractere_exclue": 648, "texte": "C'est convenu : les écrivains français"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 704, "fin_caractere_exclue": 744, "texte": "d'origine flamande sont des marchands de"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 839, "texte": "pathos; ils manquent de « droiture » et"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 895, "fin_caractere_exclue": 935, "texte": "sont des dégénérés. Les Wallons, au con-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 991, "fin_caractere_exclue": 1032, "texte": "traire, écrivent comme M. Anatole France;"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1088, "fin_caractere_exclue": 1136, "texte": "ils sont droits, légers, subtils et parfaits, et"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1192, "fin_caractere_exclue": 1232, "texte": "ils sont assis à la droite de leur Père,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1288, "fin_caractere_exclue": 1329, "texte": "M. Wilmotte, dont l'oeil impartial brille"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1385, "fin_caractere_exclue": 1413, "texte": "dans le triangle symbolique."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1472, "fin_caractere_exclue": 1511, "texte": "L'auteur de ces extraordinaires procla-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1567, "fin_caractere_exclue": 1605, "texte": "mations — qui deviennent rageuses — ne"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1700, "fin_caractere_exclue": 1740, "texte": "se doute pas de la force comique qu'il y"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1796, "fin_caractere_exclue": 1835, "texte": "dépose. M. Wilmotte, hier encore philo-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1891, "fin_caractere_exclue": 1933, "texte": "logue paisible, a pris tout à coup le mors"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2033, "fin_caractere_exclue": 2071, "texte": "aux dents. Les théories artistiques de"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2127, "fin_caractere_exclue": 2167, "texte": "M. Mockel, d'ailleurs mal comprises, lui"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2223, "fin_caractere_exclue": 2262, "texte": "ont servi de gingembre. Et le voilà qui"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2318, "fin_caractere_exclue": 2360, "texte": "s'emballe et galope en rond, vertigineuse-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2457, "fin_caractere_exclue": 2497, "texte": "ment, dans l'ombre restreinte du clocher"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2553, "fin_caractere_exclue": 2559, "texte": "natal."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2618, "fin_caractere_exclue": 2654, "texte": "C'est à la fois comique et touchant."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2757, "fin_caractere_exclue": 2796, "texte": "Cet excellent M. Wilmotte, qui, à force"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2852, "fin_caractere_exclue": 2890, "texte": "de brouter le Roman de la Rose par les"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2946, "fin_caractere_exclue": 2988, "texte": "racines, de tirer par la queue le Roman du"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3044, "fin_caractere_exclue": 3084, "texte": "Renard et d'épousseter, avec son plumeau"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3184, "fin_caractere_exclue": 3225, "texte": "de professeur, le Poème moral, a perdu le"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3281, "fin_caractere_exclue": 3324, "texte": "sens des choses, revient d'une extrême pro-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3380, "fin_caractere_exclue": 3425, "texte": "vince. Il s'abuse étrangement s'il croit que,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3481, "fin_caractere_exclue": 3522, "texte": "pour mériter des éloges rédigés en patois"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3618, "fin_caractere_exclue": 3663, "texte": "mixte, les écrivains belges vont jouer au jeu"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3719, "fin_caractere_exclue": 3755, "texte": "du méchant Flamand et du bon Wallon."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3811, "fin_caractere_exclue": 3851, "texte": "C'est aussi vieux et aussi oublié que la"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3907, "fin_caractere_exclue": 3948, "texte": "guerre de la Vache et que la querelle des"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4048, "fin_caractere_exclue": 4069, "texte": "Awans en des Waroux !"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4172, "fin_caractere_exclue": 4208, "texte": "Dans le même numéro de la Revue Wal­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4264, "fin_caractere_exclue": 4301, "texte": "lonne, sous une rubrique qui « marque"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4410, "fin_caractere_exclue": 4455, "texte": "une intention d'hospitalité littéraire», nous"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4562, "fin_caractere_exclue": 4603, "texte": "avons trouvé des vers du Flamand dégénéré"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "qui s'appelle Verhaeren, et l'annonce de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 181, "texte": "pages inédites dues aux dégénérés qui"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 238, "fin_caractere_exclue": 278, "texte": "signent Eekhoud, Maeterlinck et Van Ler-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 329, "fin_caractere_exclue": 336, "texte": "berghe."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 421, "fin_caractere_exclue": 458, "texte": "L'article de M. Wilmotte, que M. Ver-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 509, "fin_caractere_exclue": 545, "texte": "haeren ignorait, nous en sommes con-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 601, "fin_caractere_exclue": 645, "texte": "vaincu, accentue « l'intention d'hospitalité"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 691, "fin_caractere_exclue": 737, "texte": "littéraire » proclamée par la revue liégeoise."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 787, "fin_caractere_exclue": 817, "texte": "Les Ecossais vont être jaloux."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1062, "fin_caractere_exclue": 1101, "texte": "On lit dans la Nervie les strophes sui-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1150, "fin_caractere_exclue": 1178, "texte": "vantes de M. Albert Mockel :"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1349, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "Là-bas, un étang sous les arbres"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1389, "fin_caractere_exclue": 1413, "texte": "En son impure profondeur"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1486, "fin_caractere_exclue": 1507, "texte": "Garde la divine lueur"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1579, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "Que poursuit le geste des marbres."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1672, "fin_caractere_exclue": 1703, "texte": "Selon le cours morne de l'heure"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1766, "fin_caractere_exclue": 1792, "texte": "Lefleuveau limon vil épars"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1800, "fin_caractere_exclue": 1831, "texte": "Recueille encore en ses regards"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1891, "fin_caractere_exclue": 1922, "texte": "Le message ailé qui l'effleure,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1985, "fin_caractere_exclue": 2013, "texte": "Et l'opaque cristal s'avive,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2060, "fin_caractere_exclue": 2085, "texte": "' Pierrerie, iris radial,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2183, "fin_caractere_exclue": 2205, "texte": "Quand fulgure mémorial"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2213, "fin_caractere_exclue": 2241, "texte": "Un signe à sa face gélive..."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2293, "fin_caractere_exclue": 2330, "texte": "Ces strophes gélives, qui seraient du"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2331, "fin_caractere_exclue": 2372, "texte": "pathos si elles émanaient d'un poète fla-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2373, "fin_caractere_exclue": 2415, "texte": "mand, attestent évidemment la légèreté, la"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2466, "fin_caractere_exclue": 2508, "texte": "transparente clarté, la musicalité propres"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2556, "fin_caractere_exclue": 2598, "texte": "à la race wallonne, sans compter le « tré-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2640, "fin_caractere_exclue": 2684, "texte": "fonds de psychologie » révélé par M. W i l -"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2731, "fin_caractere_exclue": 2739, "texte": "motte..."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2886, "fin_caractere_exclue": 2926, "texte": "Voici comment un écrivain français né en"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2972, "fin_caractere_exclue": 3012, "texte": "Wallonnie, M. Jules Destrée, apprécie le"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3066, "fin_caractere_exclue": 3090, "texte": "vertigo de M. Wilmotte :"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3161, "fin_caractere_exclue": 3201, "texte": "« On s'est amusé, en ces temps derniers,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3217, "fin_caractere_exclue": 3258, "texte": "à découvrir l'âme wallonne... Et bien que"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3259, "fin_caractere_exclue": 3302, "texte": "cette distinction entre Flamands et Wallons"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3303, "fin_caractere_exclue": 3346, "texte": "fût, en réalité, assez puérile à propos des"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3486, "fin_caractere_exclue": 3530, "texte": "jeunes écrivains de Belgique, elle rencontra"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3622, "fin_caractere_exclue": 3661, "texte": "quelque crédit. Comme en ce pays de peu"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3730, "fin_caractere_exclue": 3773, "texte": "d'étendue et de complexité relative, on est"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3774, "fin_caractere_exclue": 3817, "texte": "presque plus vite renseigné sur les person-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3960, "fin_caractere_exclue": 4005, "texte": "nes que sur les œuvres, il ne fut point m a -"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4053, "fin_caractere_exclue": 4098, "texte": "laisé d'établir de péremptoires atavismes, de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4149, "fin_caractere_exclue": 4188, "texte": "retrouver Rubens en M. Lemonnier, Mern-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4242, "fin_caractere_exclue": 4286, "texte": "ling en M. Maeterlinck, Breughel en M. E u -"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4432, "fin_caractere_exclue": 4467, "texte": "gène Demolder et Plantin en M. Edm."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4522, "fin_caractere_exclue": 4562, "texte": "Deman ! Jeu aimable auquel on se complut"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4613, "fin_caractere_exclue": 4629, "texte": "dans les salons."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "« Certaines individualités pourtant furent"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 237, "texte": "rebelles à ces classifications perspicaces :"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 287, "fin_caractere_exclue": 328, "texte": "les douces proses mélancoliques du rêveur"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 378, "fin_caractere_exclue": 417, "texte": "d'Acoz, d'Octave Pirmez, restèrent, par"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 467, "fin_caractere_exclue": 508, "texte": "exemple, sans ancêtres supposables ; mais"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 558, "fin_caractere_exclue": 600, "texte": "la devination des critiques en discerna la"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 650, "fin_caractere_exclue": 690, "texte": "mélodieuse eurythmie et ce souci musical"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 740, "fin_caractere_exclue": 783, "texte": "fut déclaré propre à « l'âme wallonne ». En"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 833, "fin_caractere_exclue": 876, "texte": "cette voie on eût bientôt fait de découvrir"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 926, "fin_caractere_exclue": 970, "texte": "les mânes de Grétry dissimulés sous l'aspect"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1020, "fin_caractere_exclue": 1059, "texte": "contemporain de M. Albert Mockel... Na-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1109, "fin_caractere_exclue": 1149, "texte": "guère encore, un professeur ingénieux, —"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1199, "fin_caractere_exclue": 1245, "texte": "qu'il est donc curieux de voir de tels esprits"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1295, "fin_caractere_exclue": 1341, "texte": "fins et pénétrants accepter docilement la fri-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1431, "fin_caractere_exclue": 1478, "texte": "volité d'idées toutes faites et superficielles!"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1528, "fin_caractere_exclue": 1571, "texte": "— M. Maurice Wilmotte, montait sur les hau-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1621, "fin_caractere_exclue": 1664, "texte": "teurs d'Esneux pour donner un avis officiel"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1714, "fin_caractere_exclue": 1758, "texte": "sur la jeune littérature belge. Cela lui fut"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1842, "fin_caractere_exclue": 1883, "texte": "reproché — avec plus de cruauté peut-être"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1933, "fin_caractere_exclue": 1977, "texte": "qu'il ne convenait— et je ne veux pas insis-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2027, "fin_caractere_exclue": 2055, "texte": "ter sur cette mésaventure. »"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2137, "fin_caractere_exclue": 2175, "texte": "M. Wilmotte ayant insisté lui-même, on"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2255, "fin_caractere_exclue": 2288, "texte": "ne nous accusera plus de cruauté."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2425, "fin_caractere_exclue": 2465, "texte": "Un de nos collaborateurs les plus étour-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2515, "fin_caractere_exclue": 2555, "texte": "dis ayant commis l'imprudence de déposer"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2605, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "le rapport de M. Wilmotte dans une"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2689, "fin_caractere_exclue": 2730, "texte": "armoire neuve, s'est aperçu, le lendemaim"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2780, "fin_caractere_exclue": 2808, "texte": "qu'elle sentait le renfermé."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2934, "fin_caractere_exclue": 2971, "texte": "On nous assure que M. Wilmotte met la"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3021, "fin_caractere_exclue": 3065, "texte": "dernière main à un important travail destiné"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3115, "fin_caractere_exclue": 3157, "texte": "à démontrer que Dieu le père est d'origine"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3207, "fin_caractere_exclue": 3216, "texte": "wallonne."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3354, "fin_caractere_exclue": 3394, "texte": "L'Echo de Paris publie en feuilleton une"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3444, "fin_caractere_exclue": 3485, "texte": "nouvelle tranche du Journal des Goncourl."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3582, "fin_caractere_exclue": 3621, "texte": "Ci un extrait qui découragera pour tou-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3711, "fin_caractere_exclue": 3729, "texte": "jours la parodie :"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3826, "fin_caractere_exclue": 3865, "texte": "Mercredi, 19 février. — Avoir en porte-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3915, "fin_caractere_exclue": 3959, "texte": "feuille la Patrie en danger, cette pièce, la"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4009, "fin_caractere_exclue": 4052, "texte": "première pièce vraiment documentée histori-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4102, "fin_caractere_exclue": 4148, "texte": "quement sur la Révolution, cette pièce dont le"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4198, "fin_caractere_exclue": 4241, "texte": "premier acte est une mise en scène si révé-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4291, "fin_caractere_exclue": 4336, "texte": "latrice du XVIIIe siècle, cette pièce dont le"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4386, "fin_caractere_exclue": 4431, "texte": "cinquième acte, par le tragique de la vie des"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4481, "fin_caractere_exclue": 4521, "texte": "prisons d'alors, est plus dramatique que"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4571, "fin_caractere_exclue": 4612, "texte": "les tableaux les plus dramatiques de Sha-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4662, "fin_caractere_exclue": 4707, "texte": "kespeare, — et l'avoir en portefeuille, cette"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 94, "texte": "pièce au su de tous les directeurs, en quête"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 144, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "d'une pièce pour l'anniversaire de 1789,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 233, "fin_caractere_exclue": 272, "texte": "sans qu'aucun songe à vous la demander,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 324, "fin_caractere_exclue": 354, "texte": "c'est vraiment pas de chance !"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 688, "fin_caractere_exclue": 714, "texte": "Diable-aucorps et mystère."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 783, "fin_caractere_exclue": 826, "texte": "On lit dans l'alerte journal de Charles Vos"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 872, "fin_caractere_exclue": 890, "texte": "l'avis que voici :"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 977, "fin_caractere_exclue": 991, "texte": "AVIS A M. FLON"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1057, "fin_caractere_exclue": 1096, "texte": "Ne plus employer la formule : L'opinion"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1147, "fin_caractere_exclue": 1191, "texte": "publique, je m'en fous, qui est ma propriété"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1240, "fin_caractere_exclue": 1279, "texte": "exclusivement depuis dix ans. En cas de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1330, "fin_caractere_exclue": 1373, "texte": "récidive, je me verrais forcé de vous pour-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1416, "fin_caractere_exclue": 1438, "texte": "suivre en contrefaçon."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1621, "fin_caractere_exclue": 1635, "texte": "LÉON DARDENNE."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1728, "fin_caractere_exclue": 1770, "texte": "Dis donc, Léon, il y a plus de dix ans que"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1817, "fin_caractere_exclue": 1845, "texte": "la Jeune Belgique existe!..."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2176, "fin_caractere_exclue": 2217, "texte": "Interviewé sur l'anarchie, le Sar Péladan"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2264, "fin_caractere_exclue": 2296, "texte": "a fait la déclaration suivante :"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2445, "fin_caractere_exclue": 2479, "texte": "On juge et on condamne comme sains"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2539, "fin_caractere_exclue": 2580, "texte": "d'esprit les anarchistes qui, à mon avis,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2630, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "sont des fous. Par contre, il arrive souvent"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2720, "fin_caractere_exclue": 2761, "texte": "que l'on prend pour des fous des gens qui"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2811, "fin_caractere_exclue": 2857, "texte": "ont toute leur cervelle. Ainsi, il est d'usage"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2892, "fin_caractere_exclue": 2930, "texte": "de me considérer comme un détraqué. Eh"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2988, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "bien! je vous assure, Monsieur, que je ne le"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3077, "fin_caractere_exclue": 3106, "texte": "suis pas le moins du monde..."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3349, "fin_caractere_exclue": 3387, "texte": "On a joué au Théâtre du Parc Babylone,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3435, "fin_caractere_exclue": 3471, "texte": "tragédie wagnérienne du Sar Péladan."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3529, "fin_caractere_exclue": 3571, "texte": "Voici comment notre collaborateur M. E r -"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3617, "fin_caractere_exclue": 3660, "texte": "nest Verlant apprécie l'œuvre dans le Jour­"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3775, "fin_caractere_exclue": 3793, "texte": "nal de Bruxelles :"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3873, "fin_caractere_exclue": 3909, "texte": "Si le programme même ne prenait soin"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3961, "fin_caractere_exclue": 4003, "texte": "de nous en avertir, on reconnaîtrait aisé-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4053, "fin_caractere_exclue": 4097, "texte": "ment que « cette tragédie a les trois carac-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4148, "fin_caractere_exclue": 4194, "texte": "tères du genre : 1° la dignitédes personnages;"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4245, "fin_caractere_exclue": 4291, "texte": "2° l'élévation constante dulangage; 3 0 l'abs-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4308, "fin_caractere_exclue": 4347, "texte": "traction du sujet ». Le sujet est d'une"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4396, "fin_caractere_exclue": 4439, "texte": "grande noblesse; c'est une synthèse immense"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4440, "fin_caractere_exclue": 4483, "texte": "et majestueuse. Quant au langage, il est en"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4521, "fin_caractere_exclue": 4563, "texte": "effet élevé, constamment tendu, parfois un"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4564, "fin_caractere_exclue": 4605, "texte": "peu sibillin ou tout au contraire péchant"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4606, "fin_caractere_exclue": 4646, "texte": "par un excès de développements de rhéto-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4695, "fin_caractere_exclue": 4716, "texte": "rique et de truismes."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4720, "fin_caractere_exclue": 4759, "texte": "La brièveté n'en est guère le caractère"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4808, "fin_caractere_exclue": 4851, "texte": "distinctif, et la monotonie des intonations"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4898, "fin_caractere_exclue": 4938, "texte": "chez les acteurs d'hier n'était pas pour"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4981, "fin_caractere_exclue": 5023, "texte": "rendre la représentation de Babylone moins"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5024, "fin_caractere_exclue": 5034, "texte": "fatigante."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5131, "fin_caractere_exclue": 5170, "texte": "La pièce ayant été présentée, pour être"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5215, "fin_caractere_exclue": 5257, "texte": "refusée, à la Comédie-Française, M. Clare-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5304, "fin_caractere_exclue": 5346, "texte": "tie écrivait à l'auteur : « Votre style se"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5389, "fin_caractere_exclue": 5428, "texte": "déroule avec la majesté d'un manteau de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "pourpre. J'ai pris à vos longues tirades aux"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 232, "texte": "cadences harmonieuses un plaisir que le"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 282, "fin_caractere_exclue": 323, "texte": "public, en son impatience, ne partagerait"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 373, "fin_caractere_exclue": 415, "texte": "pas. 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Les autres vous"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 921, "fin_caractere_exclue": 963, "texte": "contesteraient. » Ce jugement est plein de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1013, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "sagesse. Nous ajouterons même qu'à notre"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1103, "fin_caractere_exclue": 1146, "texte": "avis Babylone serait beaucoup plus intéres-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1196, "fin_caractere_exclue": 1239, "texte": "sante à lire qu'à voir jouer. Mais M. Péla-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1289, "fin_caractere_exclue": 1329, "texte": "dan, qui tient à propager ses pensées en"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1379, "fin_caractere_exclue": 1415, "texte": "organisant beaucoup de bruit, n'a pu"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1465, "fin_caractere_exclue": 1505, "texte": "admettre ce point de vue et a fait jouer"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1555, "fin_caractere_exclue": 1595, "texte": "diverses fois son drame à Paris, au Dôme"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1685, "fin_caractere_exclue": 1724, "texte": "central du Champ de Mars et tout récem-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1774, "fin_caractere_exclue": 1816, "texte": "ment à l'Ambigu. Ces tentatives de peuvent"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1866, "fin_caractere_exclue": 1898, "texte": "avoir qu'un succès de curiosité."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1951, "fin_caractere_exclue": 1991, "texte": "D'abord, il est difficile de trouver des"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2041, "fin_caractere_exclue": 2080, "texte": "acteurs convenables Ceux d'hier ont dé-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2130, "fin_caractere_exclue": 2173, "texte": "ployé beaucoup de vaillance, mais ils lais-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2223, "fin_caractere_exclue": 2263, "texte": "saient tous énormément à désirer, notam-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2313, "fin_caractere_exclue": 2352, "texte": "ment l'acteur chargé, lourdement chargé"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2402, "fin_caractere_exclue": 2442, "texte": "du rôle de Mérodack, M. Hattier, dont la"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2492, "fin_caractere_exclue": 2538, "texte": "voix a des sécheresses et la diction de graves"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2588, "fin_caractere_exclue": 2629, "texte": "défectuosités. Seule M lle Lara a réalisé"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2679, "fin_caractere_exclue": 2719, "texte": "plastiquement, sinon dramatiquement, son"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2769, "fin_caractere_exclue": 2810, "texte": "personnage de Samsina, et elle y a obtenu"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2860, "fin_caractere_exclue": 2891, "texte": "des applaudissements très vifs."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2944, "fin_caractere_exclue": 2987, "texte": "D'autre part, les décors et les accessoires"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3037, "fin_caractere_exclue": 3076, "texte": "rendaient la représentation par moments"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3126, "fin_caractere_exclue": 3164, "texte": "ridicule. Les colonnades ioniques évo-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3214, "fin_caractere_exclue": 3254, "texte": "quaient mal les palais de la Babylone du"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3304, "fin_caractere_exclue": 3346, "texte": "VIIe siècle. Au second acte les signes des"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3396, "fin_caractere_exclue": 3434, "texte": "dieux faisaient vaguement penser à des"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3484, "fin_caractere_exclue": 3526, "texte": "préparatifs d'illumination. Enfin la méta-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3576, "fin_caractere_exclue": 3616, "texte": "morphose du Tau changé en Croix a déplo-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3666, "fin_caractere_exclue": 3681, "texte": "rablement raté."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3734, "fin_caractere_exclue": 3774, "texte": "Néanmoins le public a écouté avec atten-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3824, "fin_caractere_exclue": 3869, "texte": "tion et la soirée s'est passée dans le calme."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3919, "fin_caractere_exclue": 3960, "texte": "Vers minuit et quart seulement tout s'est"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4010, "fin_caractere_exclue": 4052, "texte": "soudainement gâté. Des spectateurs enthou-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4102, "fin_caractere_exclue": 4147, "texte": "siastes ont injurié d'autres spectateurs dont"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4197, "fin_caractere_exclue": 4244, "texte": "l'état d'âme était différent. Mais cela n'a pas"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4294, "fin_caractere_exclue": 4307, "texte": "d'importance."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4359, "fin_caractere_exclue": 4395, "texte": "Mais nous ne saurons jamais pourquoi"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4489, "fin_caractere_exclue": 4520, "texte": "cette tragédie est wagnérienne."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4657, "fin_caractere_exclue": 4694, "texte": "Un jeune poète néerlandais, M. Willem"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4766, "fin_caractere_exclue": 4807, "texte": "Kloos, converti par M. Paul Verlaine à la"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4857, "fin_caractere_exclue": 4897, "texte": "poésie française, publie, dans De Nieuwe"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4947, "fin_caractere_exclue": 4980, "texte": "Gids, les deux sonnets suivants :"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5080, "fin_caractere_exclue": 5128, "texte": "Pour noire cher maître à tons, P.      Verlaine."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5181, "fin_caractere_exclue": 5214, "texte": "0 ma trop courte et délicate vie,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5267, "fin_caractere_exclue": 5303, "texte": "O ma triste âme, que saurais-tu dire"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5356, "fin_caractere_exclue": 5388, "texte": "A celui qui, impudemment de pire"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5441, "fin_caractere_exclue": 5486, "texte": "En pire, désirerait lui, pour la triste envie"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 95, "texte": "De pouvoir être lui, lui seul, l'empire"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 134, "texte": "Absolument — non pas, la fausse lie"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 138, "fin_caractere_exclue": 170, "texte": "De toute cette trop étrange vie,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 174, "fin_caractere_exclue": 206, "texte": "Vie? Mais non, délicieux délire."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 210, "fin_caractere_exclue": 241, "texte": "O l'Imagination, terrible telle"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 301, "fin_caractere_exclue": 341, "texte": "Qu'elle puisse être dans sa forte fougue"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 387, "fin_caractere_exclue": 421, "texte": "De voir en soi-même la pure extase"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 476, "fin_caractere_exclue": 507, "texte": "D'être une âme durement rebelle"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 594, "fin_caractere_exclue": 634, "texte": "O, mais rebelle à tous ce tas de bougres"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 638, "fin_caractere_exclue": 677, "texte": "Pour qui la mort est une morte phrase !"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 718, "fin_caractere_exclue": 726, "texte": "Au même."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 730, "fin_caractere_exclue": 771, "texte": "Oh, le doux bonheur d'être une fois sage,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 822, "fin_caractere_exclue": 856, "texte": "Sage et puis d'une volonté suprême"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 951, "fin_caractere_exclue": 992, "texte": "De régner, moi, Roi seul, dans un extrême"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 996, "fin_caractere_exclue": 1033, "texte": "Moment de vouloir et de pouvoir, Mage"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1130, "fin_caractere_exclue": 1170, "texte": "Inconscient, tout blanc, qui de lui-même"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1219, "fin_caractere_exclue": 1253, "texte": "Tue son sort superbe, quoique rage"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1310, "fin_caractere_exclue": 1346, "texte": "Autour de lui l'inéluctable orage..."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1405, "fin_caractere_exclue": 1441, "texte": "Inéluctable? oh non, sinon que blême"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1472, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "Moi-même, je me perdrais dans la crainte"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1605, "fin_caractere_exclue": 1642, "texte": "Des hommes et des choses, de ce monde"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1646, "fin_caractere_exclue": 1680, "texte": "Terriblement infâme. O tas immonde"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1775, "fin_caractere_exclue": 1818, "texte": "En ce beau monde, qu'il veut perdre et puis"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1866, "fin_caractere_exclue": 1902, "texte": "Savoir ne voudra jamais que je suis,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1923, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "Pauvre moi, suis l'Universelle Plainte."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2012, "fin_caractere_exclue": 2051, "texte": "Une précieuse recrue pour les étrangers"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2098, "fin_caractere_exclue": 2137, "texte": "qui sont en train de réformer la langue"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2190, "fin_caractere_exclue": 2201, "texte": "française !"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2267, "fin_caractere_exclue": 2299, "texte": "A ce numéro est joint — pour nos"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2300, "fin_caractere_exclue": 2336, "texte": "abonnés seulement — une eau-forte de"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2337, "fin_caractere_exclue": 2355, "texte": "M. A. Rassenfosse."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2361, "fin_caractere_exclue": 2399, "texte": "L'abondance des matières nous oblige à"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2400, "fin_caractere_exclue": 2442, "texte": "différer la publication de notre chronique"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2443, "fin_caractere_exclue": 2487, "texte": "artistique et des traductions des sonnets de"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2488, "fin_caractere_exclue": 2508, "texte": "M, Sante-Martorelli."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 259, "fin_caractere_exclue": 297, "texte": "M. Jules Destrée publie dans la Nervie"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 348, "fin_caractere_exclue": 383, "texte": "une intéressante étude sur M. Louis"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 434, "fin_caractere_exclue": 472, "texte": "Delattre. Nous reproduirons prochaine-"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 558, "fin_caractere_exclue": 590, "texte": "ment un fragment de cette étude."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 779, "fin_caractere_exclue": 818, "texte": "Le Voile, un acte en vers de M. Georges"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 907, "fin_caractere_exclue": 947, "texte": "Rodenbach, a été joué à la Comédie-Fran-"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1084, "fin_caractere_exclue": 1126, "texte": "çaise. C'est, comme on l'a dit, le premier"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1177, "fin_caractere_exclue": 1215, "texte": "Belge qui force la porte de la maison."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1268, "fin_caractere_exclue": 1306, "texte": "M. Rodenbach a été beaucoup interviewé"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1357, "fin_caractere_exclue": 1401, "texte": "naturellement. Il a déclaré qu'il est origi-"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1452, "fin_caractere_exclue": 1468, "texte": "naire de Bruges."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1565, "fin_caractere_exclue": 1601, "texte": "Les vrais compatriotes du poète, les"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1731, "fin_caractere_exclue": 1771, "texte": "Tournaisiens, sont allés manifester leur"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1822, "fin_caractere_exclue": 1862, "texte": "dépit à la deuxième représentation de la"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1913, "fin_caractere_exclue": 1919, "texte": "pièce."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1972, "fin_caractere_exclue": 2008, "texte": "Interrogé sur le mérite de l'auteur,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2059, "fin_caractere_exclue": 2097, "texte": "M. Edmond de Goncourt, qui déteste les"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2148, "fin_caractere_exclue": 2189, "texte": "poètes, a déclaré que M. Rodenbach est le"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2240, "fin_caractere_exclue": 2261, "texte": "meilleur d'entre eux."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ EDITEUR DE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 298, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2038, "texte": "LACOMBLEZ\n     É D I T E U R D E « LA J E U N E B E L G I Q U E »\n                        31, rue des Paroissiens, 31\n                                 BRUXELLES\n\n\n        V I E N N E N T             D E     P A R A I T R E              :\n                VILLIERS           DE L'ISLE-ADAM\n\n                        MORGANE\n   Drame en 5 actes et en prose. Un volume in-8°. Prix : 5 francs.\n\n\n            SUR L E S GOLFES\n                       Naples et Salerne\n                  (JOURNAL D'UNE IGNORANTE)\n              Un volume petit in-12. Prix : fr. 1-50.\nDu même auteur : SIX M O I S E N I T A L I E , Journal d'une ignorante.\n              Un volume grand in-12. Prix : fr. 3-50.\n           Cet ouvrage vient d'être couronné par l'Académie française.\n\n\n        POUR      PARAITRE         TRÈS     PROCHAINEMENT :\n                          LOUIS DELATTRE\n\n    CONTES DE MON VILLAGE\n         Nouvelle édition. Un volume in-18 Jésus. Prix : fr. 3-50.\n               DU MÊME AUTEUR, EN PRÉPARATION :\nLES MIROIRS DE SON CŒUR,\n                             SOUS PRESSE :\n                        GEORGES         EEKHOUD\n\nNOUVELLES                                   KERMESSES\n        Edition définitive. Un volume in-18 jésus. Prix : fr. 3-50.\n\n\n                           En vente :\nJUDITH GAUTIER : Iskender, un volume in-18 jésus . . . fr.                   3 50\nDE GONCOURT : L'Italie d'hier,         id.                                   3 50\nMAETERLINCK : Alladine et Palomides, etc                                     3 50\nL. TAILHADE : Vitraux                                                        2 00\n      —        Le Jardin des Rêves                                           3 50\nTHEURIET : Jardin d'Automne                                                  3 00\nMUNTZ : La fin de la Renaissance (Italie), en séries à. . . .                0 50\nMASPERO : Histoire ancienne des peuples de l'Orient, en séries à             0 50\nLA PLUME : N° spécial illustré, consacré à l'œuvre de Grasset .              1 50\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-06-n6-206", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Catalogue de la librairie Paul Lacomblez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ EDITEUR 3", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 299, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 5779, "texte": "LACOMBLEZ\n                                            ÉDITEUR\n         3i, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES\n\n                                  L i v r e s de fonds.\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et                      —      Sorella                  fr.    2 50\n  roses                                fr. 3 50     Itiberê da Cunha (J.). Préludes . . .        3 »\nBrabant (V.). Notes de voyage . . .          1 »    Jenart (Aug.). Le Barbare                    2 »\nBloy(Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 »         Jeune Belgique (Le Parnasse de la). .        7 50\n   Les 3 premiers numéros ensemble 1 »              Journal d'une ignorante : Sur les Golfes     1 50\nBosiers'E.). Harald-Roi                      2 «    Justus Severus Africus                       1 »\nCarnet de chasse illustré                   15 »    Kahn (Gustave). Chansons d'amant         .   3 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 »                   —      Les Palais nomades . .          3 50\nCourouble (L.). Contes et souvenirs. . 3 50         Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .        2 »\nCudell (Ch.). Printemps sombre. . . 2 »                   —      Loth et ses filles . . .        2 »\nDa Costa (G ). Grammaire en porte-                  Landoy (Eug.). Evocations                    3 50\n  feuille                    0                 50         —      Maître Martin . . . .           0 50\nDaxhelet (A ) Pages de tendresse vague 3 50         Lautréamont (comte de). Les Chants de\n     —         Nouvelles de Wallonie . 3 50            Maldoror                                  3 50\nDe Coster (Ch.). La Légende d'Ulen-                 Lemonnier (C). Paroles pour Georges\n          spiegel                            5 »       Eekhoud                                    050\n     —          Légendes flamandes . . 3 50         Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50                     (L'Intruse, Les Aveugles.       3 »\nDelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50               —      La Princesse Maleine. .         3 50\nDe Haulleville (baron P.). En vacances. 3 50              —      Serres chaudes . . . .          3 »\n     —       Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »           —       L'Ornement des noces spi-\nDemolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                              rituelles                    4 »\n     —          Impressions d'Art.        . 3 »           —      Les Sept Princesses . .         2 »\n     —          James Ensor . . . .          3 «          —      Pelléas et Mélisande . .        3 50\nDe Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 »                          (Voir Emerson.)\nDe Régnier. Le Bosquet de Psyché . 2 »              Mallarmé. Villiers de l'IsIe-Adam . .        3 »\nDe Tallenay (J.). L'Invisible . . . .        3 50   Maubel (Henri). Miette                       2 50-\nDesombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »                 — Etude de jeune fille .               3 50\nDestrée (Jules). Journal des Destrée . 1        »         —      Quelqu'un d'aujourd'hui.        3 50\nDulac (Paul). Vingt-cinq sonnets . . 1 50           Picard (E.). El Moghreb al Aksa . .          4 »\nDupont (A.). L'Envol des rêves . . .         2 »          —      Scènes de la vie judiciaire     4 »\nEekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50                —      Vie simple                      3 »\n     —         La Nouvelle Carthage. . 4 »          Pierron (Sander). Pages de Charité      .    3 50\n     —         Les Fusillés de Malines . 3 50       Pléiade (La). Première année (188g) .        3 »\n     —         Au siècle de Shakespeare. 3 »        Poe (Edgar). Poésies complètes.              2 »\n     —         Kees Doorik                   3 50   Rodenbach Le Foyer et les champs .           1 »\n     —         Kermesses                     5 »    Rommelaere J.). Ma semaine, 1882-83.         2 »\nElskamp (Max). Dominical      . . . .       2   »   Severin (Fernand) Le Lys                     2 »\n     —      Salutations, dont d'angé-                       —           Le Don d'enfance .       2 »\n  liques                              3 50          Sigogne (E.). Contes merveilleux        .    3 »\nEmerson. Sept Essais, avec préface de               Sluyts(Ch.). L Appel des voix . . .          2 »\n  Maeterlinck                         3 50                —      Notes d'être                    3 »\nGarnir (Geonges). Les Charneux. . . 3 50            Tordeus (J.). Manuel de prononciation        2 »\n     —      Contes à Marjolaine . . 3 50 Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut. . . 3 50\nGilkin (Iwan). Stances dorées . . . 1 » Van Lerberghe (Ch.). Les Flaireurs. . 1 »\nGille(Valère) Le Château des merveilles     2 »     Verhaeren (E.). Les Apparus dans mes\nGiraud (Albert). Hors du siècle . . .       3 50                      chemins               2 »\n      —       Pierrot lunaire . . . .       2 »          —         Les Moines               3 »\n      —       Pierrot Narcisse . . .        2 »     Villiers de l'Isle-Adam. Premières Poé-\n      —       Dernières Fêtes. . . .        2 »        sies                          . . .  3 50\n     —        Le Scribe                     1 «                    Morgane                  5 »\nHannon (Théo). Noëls fin de siècle .    .   3   »   Waller (Max). La Flûte à Siebel. .      3 50\n    —      Au pays de Manneken-Pis 4 »                   —         Daisy                    3 »\nHanneuse (0.). La Reine Aléna. . (souscrit)         X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé)\n\n              Dépôt des Revues Françaises\n             La Plume, fr. o-50; franco, fr. 0-55\n       Le Mercure de France, 1 franc ; franco, fr. 1-25\n           L'Ermitage, fr. 0-80; franco, fr. 0-90\n                     Bruxelles. — Imprimerie V' Monnom,32, rue del'ïndustrie\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 262, "texte": "Juin 1894                          TOME XIII. — N° 6                                 14 me Année.\n\n\n\n\nLA\n    JEUNE\n                    BELGIQUE\n                                    SOMMAIRE:\n          Le Stryge                                      GEORGES EEKHOUD.\n          Sonnets                                        VALÈRE G I L L E .\n          La Littérature belge à l'étranger.   .   .   . L. WALLNER.\n          La Blessure étoilée                            ALBERT GIRAUD.\n          Chronique littéraire :\n           Pages de Charité; Eleusis ; Le Bosquet de\n              Psyché ; Sept essais d'Emerson ; L'An­\n              tre des nymphes de Porphyre ; Vistas ;\n              Gueule-Rouge                             ARNOLD GOFFIN.\n          Chronique musicale . . . . . . . .           ERNEST CLOSSON.\n          Notes pour une histoire de l'esprit belge. . LA JEUNE BELGIQUE.\n          Memento                                      NEMO.\n\n\n\n\n            RED ACTION                                                  BRUXELLES\n4, RUE V A N D E R L I N D E N ,     BRUXELLES.                PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                   3 I , rue des Paroissiens\n                                                                    PARIS\n      PRIX DU NUMÉRO                                        CHAMUEL, LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                      29, rue de Trévise\n                  fr. 0-75.                                                 —\n                                                                            1894\n"}, {"page_pdf": 263, "texte": "     BELGIQUE\n\n\n\n\n                                                                            BELGIOUE\n                                   NE     CRAINS\n\n\n\n                 JEUNE\n\n\n\n\n                                                                    JEUNE\n                         LA\n\n\n\n\n                                                               LA\n                                   NE     CRAINS\n            Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                              PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n    Fondateur       : MAX W A L L E R (MAURICE                 WARLOMONT)\n                Directeur : ALBERT GIRAUD, 4, rue Vanderlinden.\n Secrétaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n                7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n    GIL BLAS, journal quotidien français,                  boulevard    des Capu­\n cines, 16, à Paris.\n\n\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\n blez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\n Istace, Galeries Saint-Hubert.\n   A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n   A Anvers : Chez Smeding, 44, Marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}, {"page_pdf": 264, "texte": "                         LE STRYGE\n\n\n                                     Les deux êtres élus, les deux amants excep-\n                                  tionnels qui se chérissaient plus que jamais\n                                  humains ne s'étaient adorés, se serraient\n                                  mutuellement les mains, en proie à une extase\n                                  hypnotisante, se surprenant dans les regards\n                                    des ferveurs et des piétés qu'aucune onction,\n                                       aucune caresse n'eût pu traduire.\n                                           — O ma sève et mon sang, prononça\n                   l'un des amoureux ; que ne puis-je m'exhaler entièrement\n                   vers toi ! J'abdique, je me renie, je me suicide, mais unique-\n                   ment pour revivre et germer en ta personne...\n                      Béatifié, trop éperdu, il se sent défaillir, il succombe au\n                   cuisant délice. Son être désagrégé, en partie dissous, flotte\n                  dans l'éther bercé sur des ondes de musique et de lumière.\n                  Malgré la sensation d'inaltérable sécurité et de bien-être\n              i absolu qu'il éprouvait, le sentiment de la terre et des hommes\n                subsistait en sa nouvelle forme.\n                  Quelqu'un d'indispensable lui manquait et comme un\n              , convalescent.échappé à la mort regretterait le délire et la fièvre,\n                  présent, ravi dans les sphères apaisées il souffrait de la\nnostalgie terrestre, et peut-être n'avait-il jamais apprécié à ce point le charme\nde la révolte et des persécutions.\n   Flamme d'amour séparée de son aliment et de son cierge, il persistait à\njeter dans les espaces sacrés sa lueur profane.\n                                                                         16\n"}, {"page_pdf": 265, "texte": "                                  — 234 —\n\n    Et dans l'harmonie des sphères, il démêla des chœurs qui l'exhortaient :\n    — O toi, disaient ces voix occultes, pourquoi ce regret, pourquoi haleter\naprès ton esclavage, tes guenilles et ta poussière! Tu chérissais la vie, te\nvoilà transporté à ses sources, c'est toi qui la dispenseras avec nous à la\ncréation entière ; tu vivras dans l'éternité et dans l'infini ! Autrefois tu\nagrandissais l'objet de tes désirs, tu confondais orgueilleusement tes ché-\ntives postulations avec les affinités de la nature... Ne rêvais-tu pas de\nt'éperdre dans le tout immense, de t'y fondre, de vibrer avec les fluides\nélémentaires! Et voilà qu'à présent mêlé à ce chœur, à ce faisceau des\nforces impérissables, tu te désoles et cherches à t'en séparer ; tu voudrais\nrecouvrer cette fallacieuse individualité, ton dérisoire microcosme!... Plus\nrien ne devrait te préoccuper. Les causes et les lois te sont révélées. Tu\nparticipes de la sagesse éternelle. Tu t'assimiles les destinées. Tu crées.\nAllons, déprends-toi de cette pensée servile, oublie les mirages et les infini-\nment petits de l'existence terrestre. Exulte, épanche-toi, voici ton vrai\ncommencement !\n    Mais lui : « O principe et durée des choses, ton bonheur est peut-être\ntrop fort et trop majestueux pour moi. Pardonne... Mon excuse la voici:\n Les chrétiens, la plus intéressante et la plus noble des sectes qui t'adorent,\n m'ont appris qu'un Dieu, un fils qu'ils t'attribuent, ô Créateur, fatigué de la\n paix et de l'ordre des empyrées sublimes, peut-être même honteux de ce\n bonheur sans revers, voulut goûter aux maux et aux souffrances du monde\n d'où je viens, et, sous prétexte de racheter les hommes à la damnation, il\n s'incarna dans leur substance, il rechercha et subit les voluptés de l'amour\n et du sacrifice. Ne t'étonne pas alors, ô bienfaiteur excessif, de ma subite\n ingratitude... Laisse-toi fléchir, accorde-moi de déchoir, de reprendre place\n sur la planète misérable mais pathétique, parmi ces hommes incapables de\n félicité, mais dont la détresse manque à l'auréole de tes anges et a fait de\n Jésus le plus touchant de tes Dieux!... »\n     Le Tout-Puissant continuait à parler en lui, mais une douceur plus\n attendrie se manifestait dans le chœur universel :\n     « J'exaucerai ton vœu impie; je réunirai à nouveau les atomes fragiles\n qui composèrent ton corps et j'y rappellerai ce feu follet que les humains\n appellent leur âme, mais tu renaîtras en un pays moins sombre et moins\n rude que celui où tu vécus d'abord; je te destine pour nouvelle patrie une\n de ces contrées du Midi ensoleillé où rares sont les épouvantails et les cau-\n chemars, où les esprits eurythmiques ne se créent point de chimères, où la\n grâce et la symétrie rassurent la pensée inquiète, une de ces contrées qui\n rendirent moins sinistre à Jésus sa descente sur la Terre...\n"}, {"page_pdf": 266, "texte": "                                  — 235 —\n\n   — Oh non, Divinité, c'est aux mêmes rivages que je voudrais revivre,\nlà-bas, à l'extrême nord, que voilent et drapent presque toujours des cata-\nractes de nuées, près du large fleuve reptilien et de l'océan qui rongent la\nglèbe et l'accablent de leurs brutales caresses. Là, chez un peuple de\ntaciturnes, épris de la violence, dans la charnue et marâtre patrie, auprès\nde frères farouches et sombres qui sont autant de Caïns, laisse-moi rouvrir\nmes blessures, ô mon Dieu ! Là, conjurée par la rigueur des éléments, par\nles insultes et les ironies de la matière, par l'intensité même du désespoir,\nsurgit la beauté étrange et poignante qui m'obséda jusque dans la paix de\nton ciel. De ce marais humain, de la bourbe odieusement pharisienne\ns'élève comme d'un fumier une floraison admirable, des âmes capables\nd'héroïsmes et de vertus fabuleuses, logées dans des corps dignes de toutes\nles dévotions artistes. O pays des morales acharnées sur les plastiques\nathlètes, où j'ai goûté la tendresse virile et tragique qui brave les déchéances\net qui s'enorgueillit de son anathème!..\n   Nous n'eûmes pas besoin de beaucoup de paroles pour nous comprendre,\nl'accord était complet comme sous les horizons pesants le contact des\nrivières goulues et des nuées qui les allaitent de leurs mamelles de neige!\nMon amour fut un long martyre et je n'étais jamais plus près de la mort et\nde la ruine que lorsque je pantelais de tendresse! Un concert d'envieux, de\ncastrats et de brutes, les embûches sans cesse semées sous nos pas, les sar-\ncasmes, les blasphèmes, les crachats, les mépris de la tourbe raisonnable\ncorsaient et avivaient cette union véhémente, l'exaltaient à la hauteur d'une\nreligion persécutée, d'une cause juste confessée sous les couperets et les\ncanons des fusils!\n   Dans cette contrée maligne la chair souvent contrariée, à la fois exigeante\net peureuse, se soulage jusqu'au paroxysme; mais caressante et fidèle comme\nles bons chiens, servante du génie qu'elle vénère sans le comprendre, elle\nsaigne, se révolte et s'immole pour sa plus grande gloire. Elle rend l'art\nrobuste, la poésie intense, l'amour démesuré et vertigineux!\n   Exauce cette prière, ô Vertu, et si tu ne veux me rendre ma complète\nforme humaine, ce corps que décourageaient mes rêves trop surhumains,\nau moins que ton souffle rassemble mes atomes et les chasse dans cette\ncontrée de dilection, vers cette à la fois subversive et matérielle patrie. Que\nfluide ou éther je me mêle aux pâmoisons des créatures aimées, que je sois\nl'essence de leurs baisers et le dictame de leurs messes! A l'heure des\néglogues laisse-moi vaguer parmi l'or pâle des genêts et la lie de vin des\nbruyères ! Mais je hanterai surtout les ambiances de mon idole; qu'elle me\n respire comme l'encens, comme les effluves balsamiques d'un matin de\n printemps !\n"}, {"page_pdf": 267, "texte": "                                  — 236 —\n\n    Il est là-bas un tout petit coin dans les sablons diffamés, près d'un\nindigent bouquet d'arbres, non loin d'une venne où les funèbres lavandières\ndu crépuscule tordent leurs brouillards ensanglantés de soleil. Nulle part,\nau dire des ostensibles vivants, on n'existe plus dénué, plus contraint, plus\nmisérable ! Mais nulle partie n'ouïs silence plus musical, écho d'angelus\naussi compatissant à tes damnés! Nulle part les yeux humains dévoilent\nmystères si aimantés et se conjurent plus fraternellement et plus amoureu-\nsement en un furtif éclair. Et les bouches gourmandes de l'adolescence y\nfleurent l'arôme de la fraise sauvage, et les bras jalousent les enlacements\ndes chèvrefeuilles ! Nulle part haines et fanatismes plus implacables ne\ndéterminent si frénétiques explosions de tendresse ; tellement que ces\napothéoses amoureuses y sont incendiaires comme des représailles! Là se\nconsommèrent des apostasies telles que les satans, blasés, comme moi, de\ntes paradis, n'osèrent les attenter !\n    Combien de fois mourant d'angoisses, horriblement séduit par le suicide,\nnon suffoqué mais saturé d'amour, possédé par tous les succubes de l'ima-\ngination, il suffit d'une approche ou d'une rencontre bienvoulue pour me\nréconcilier avec l'espoir.\n   Mais je fus jaloux et orgueilleux de mon supplice le jour où m'apparut\nl'être fatal. Il me suffit d'une minute de sa présence, d'une simple intonation\nde sa voix âpre et câline, de sa voix miraculeuse que rendent espièglement\nrauque l'essaim des baisers enfermés dans sa gorge! Voix cruelle et balsa-\nmique! Voix de prophète-enfant, miséricordieuse menace qui me navra de\ndélices !... O ne détournez pas ce calice de moi, Seigneur ! Dussé-je ne plus\nen vider que la lie, mais que ce soit en ces Pâques de bourreaux et de mar-\ntyrs où les pires iniquités s'expient et se rachètent en des enfers d'amour\nfurieux et tellement dévorateurs que l'on dirait plutôt les paradis de la haine!\n   Quel duo lancinant se chantèrent nos deux âmes ! Sublimes égoïstes, le\nmonde gravitait autour de notre amour! Nous nous aimions en l'univers\nentier. La charité suave comme les nuits de juillet envahissait nos cœurs\nconstellés de prières. Les êtres ingrats et les choses rebutées s'illuminaient\net se réchauffaient aux irradiations de notre incandescente tendresse, une\nfélicité panthéiste, une communion totale faisait de notre amour le reflet ou\nmieux le foyer d'une éternelle jeunesse. Jamais, rapportant toute la beauté\net la vie à notre passion, nous ne connûmes la satiété : les renouveaux de la\nnature alimentaient les bûchers de nos sacrifices. Tout ce que l'art glorifie,\ntout ce que la justice exalte, les aspirations des apôtres, les mirages des\npoètes, tout se sublimait en notre communion.\n   Et cet amour était ineffablement douloureux, semblable à une précieuse\n"}, {"page_pdf": 268, "texte": "                                  — 237 —\n\net veloutée soirée d'automne, il s'y mêlait une appréhension de fragilité; il\ny courait un frisson de mauvais présage ; en humant les fruits mûrs il nous\nprenait l'indicible peur des feuilles mortes!\n   Pourrions-nous, demain, ne plus être l'un pour l'autre le seul miroir où\nchacun se voyait transfiguré par une idolâtrie qui devait te rendre jaloux, ô\nMaître des Religions ! Ces alternatives d'absolue confiance et de doute, ces\nnuées inquiétantes offusquant le soleil, ne rendaient notre possession que\nplus exaspérée. Nous fûmes, à deux, le sexe, la race, la patrie! Sur nos lèvres\ntoujours rapprochées nous surprenions mutuellement le bouquet principal\ndes paysages favoris, les fragrances des sureaux, des houblonnières ou des\nrésineuses fouées, nos chairs avaient été pétries et modelées dans l'argile du\nterroir et c'était à nos yeux très septentrionaux que s'éclairait le ciel de\nnos préférences. Dans sa voix espiègle, mais samaritaine, sourdaient les\nplus tendres inflexions des voix éphémères et mémorables; ses attitudes\nrépétaient celles des passants regrettés, des copieux vagabonds, des réfrac-\ntaires héroïques ! Nous nous résumions l'âme et l'écorce de la patrie, l'esprit\ndes révoltes et des subversions salutaires! Non, les larmes de gratitude des\nmendiants ou des malades extatiques n'avaient point la corrosive douceur\nde ses effusions ! Et c'est au plus fort de ces épanchements que tu me rap-\npelas et me fis mourir à ses pieds!... »\n   Celui qui interrompit la nostalgique confidence de l'exilé était le choeur\nmême du Destin ; il promulguait :\n   « O si tu l'aimais à ce point, ne demande pas à renaître ! Tu as connu\ntous les poisons, tu bus à maint calice de douleur au temps des pires\népreuves, mais frileux amant qui tremblais à l'approche des feuilles mortes,\nd'autres ont mangé de ces fruits succulents qui te grisaient de leur saveur et\nde leur parfum ! Crois-nous, âme fidèle, subtil ravisseur des feux qui firent\nde ta vie terrestre une continuelle agonie sur le bûcher des relaps et des\nsacrilèges, — crois-nous, ne ressuscite plus là-bas, et... pour l'infidèle... »\n    La commotion fut si forte, le coup déchaîné si formidable, la douleur du\npatient si compressive. qu'au lieu de se dissoudre ses éléments se contrac-\ntèrent et que par la force de son désir éperdu il se trouva subitement sur le\nsol natal, dans la lumière, dans la vie.\n    Et devant lui s'avançait la créature tant adorée, la Beauté patriale, la\nsynthèse suprême de tout ce qu'il aurait voulu chérir, de tout ce qu'il avait\nregretté ou espéré. Elle le regarda triste et repentie, triste comme la vierge\n coupable pendant une minute de sommeil ou de folie, pitoyable comme le\n crime inconscient et fatal. Elle lui avait fait tant de mal, elle lui en ferait\n encore peut-être, elle se parjurerait souvent; mais, en cette minute elle\n"}, {"page_pdf": 269, "texte": "                                  — 238 —\n\nl'aimait autant qu'aux plus cuisants périodes de leur conjonction ; et il ne\nput lui en vouloir, et quand leurs lèvres se touchèrent, il y goûta, surcroît\nd'infernale volupté, le baiser de tous ceux qu'elle avait possédés.\n   Avide et bourrelé, il se clouait à cette chair d'opprobre, comme un\nrédempteur à sa croix, il s'y était cloué pour jamais et il ne s'en détacherait\nque lorsque cette terre périrait par l'eau, ou plutôt par le feu !\n\n                                                    G E O R G E S EEKHOUD\n\n\n\n\n                             SONNETS\n                         LA SOURCE MAGIQUE\n\n          Dans le bois vaporeux où rêvent les gazelles\n          Dort la source magique en son lit de rocaille ;\n          Dans son azur limpide, au souffle qui l'écaille,\n          S'allument des joyaux pailletés d'étincelles.\n\n          L'onde a cristallisé de ses splendides sels\n          Les débris de l'automne : il semble qu'un vitrail\n          Y vive, reflétant un buisson de corail,\n          Fleuri de doux saphirs et de rubis cruels.\n\n          Tel, mon cerveau transforme en vaines pierreries,\n          O Nature! tes fruits et tes roses pourries,\n          Et me rend pour jamais un vaniteux     Tantale.\n\n          Des rameaux desséchés de la réalité,\n          Vil mensonge, je fais des gerbes de cristal\n          Pour tromper l'Idéal dont mon cœur est hanté.\n\n\n                                    L'ART\n\n         Et que vouloir encor? nous avons trop songé:\n         O monde! tu n'es plus que l'ombre de nos rêves,\n         Qu'importent tes jardins où fleurissent les sèves,\n         Notre désir, sans force, en lui-même est plongé.\n"}, {"page_pdf": 270, "texte": "                                 — 239 —\n\n        Cherche un champ désormais qui ne soit ravagé!\n        L'esprit a consumé la terre; sur les grèves\n        J'ai vu passer les flots des apparences brèves,\n        J'ai pénétré la vie, et je hais ce que j'ai.\n\n        Seul, Art, flambeau sacré, radieuse lumière,\n        Fais resplendir en nous, dans leur beauté première,\n        Ces multiples et vains reflets de l'Idéal;\n\n        Et toi, sache y trouver, Poète, qui devines\n        L'originel éclat du paradis natal,\n        Du moins l'illusion des essences divines.\n\n                                                        VALÈRE G I L L E\n\n\n\n\n        La littérature belge à l'étranger.\n              Tout mouvement artistique connaît une époque de luttes à\n               outrance, époque critique à laquelle succède ou une phase\n               de désespérance et de découragement, précurseurs d'arrêt et\n               de mort prochaine, ou bien une victoire et un triomphe défi-\nnitifs. Ce dernier cas s'applique au mouvement littéraire dû à l'activité de\nla pléiade des poètes belges. Quand on se souvient que la Jeune Belgique\nn'a célébré qu'en 1893 sa dixième année d'existence, quand on songe à ce\nqu'elle fut jadis à ses débuts et à ce qu'elle est devenue maintenant, en dépit\ndes railleries et du mépris des imbéciles, n'est-on pas en droit de se réjouir\npleinement, d'être convaincu de la valeur des écrivains qui la représentent?\n   Afin d'avoir mes coudées franches, je prie le lecteur de considérer le pré-\nsent compte rendu comme émanant d'une initiative privée.\n   Au surplus, d'origine étrangère, je suis assez bien placé, grâce à ma\nconnaissance des langues slaves et germanique, pour rendre quelques légers\nservices à un mouvement d'art qui possède toutes mes sympathies, et\n vis-à-vis duquel je suis dans une situation analogue à peu près, et toute\n distance gardée d'ailleurs, à celle qu'occupe à son égard M. Miriam (Zenon\n Przesmycki), le très distingué poète polonais auquel on a consacré ici, au\n mois de janvier passé, une courte notice biographique suivie de quelques-\n uns de ses charmants petits poèmes transposés par moi en langue française.\n"}, {"page_pdf": 271, "texte": "                                   — 240 —\n\n\n Ces quelques spécimens ont montré que M. Miriam est un frère d'armes\n des écrivains de la pléiade belge, que son idéal poétique est le même que\n le leur.\n    Il le prouve aujourd'hui (c'est là la raison de ce compte rendu) et\n d'une autre façon encore, très flatteuse pour les lettres belges, par la traduc-\n tion des poèmes dramatiques de Maurice Maeterlinck sous le titre suivant:\n Titre spécial. MAURICE MAETERLINCK. Choix d'écrits dramatiques:\n L'Intruse, les Aveugles, les Sept Princesses, Pélléas et Mélisande. Tra­\n duction précédée d'une introduction critique et faite avec l'autorisation\n de l'auteur par Zenon Przesmycki (Miriam).\n    Titre général. Bibliothèque des plus belles créations de la littérature\n européenne (Littérature belge).\n    L'apparition du dit volume est donc importante à plusieurs titres, car\n ce fait indique non seulement qu'à l'étranger cette littérature a su attirer sur\n elle l'attention des esprits éminents, mais aussi qu'elle a pris déjà son rang\n au programme du concert européen poétique. Sa diffusion n'est par consé-\n quent qu'une question de jours. Cette littérature affirme ainsi sa vitalité et\n accuse une physionomie sut generis. Cela est hors de doute ! La poésie\n belge (et c'est de celle-ci qu'il est question en ce moment) ne l'aurait-on\n pas confondue à l'étranger avec la littérature française contemporaine, ou\n même ignorée, si dans ses créations ne vibrait pas une note particulière\n témoignant du talent original de ses poètes, et si elle ne reflétait pas son\n pays?\n   Je me hâte de dire que la tâche considérable que s'est imposée M. Miriam\ndans le dit volume a été accomplie par lui avec une maîtrise incontestable:\nsa traduction en polonais des poèmes dramatiques de Maeterlinck ne les\ntrahit aucunement — elle est parfaite. Il en est de même en ce qui concerne\nles quelques poésies tirées des Serres chaudes. J'ai comparé point par\npoint les originaux à la traduction rimée des poésies de Maeterlinck, citées\ndans l'introduction critique de M. Miriam [Oraison, Oraison nocturne,\nReflets, Feuillage du cœur), et ne me lasse pas d'admirer avec quel talent\nl'écrivain polonais a su trouver des équivalents rythmiques. Certes, de\npareilles traductions enrichissent la litte'rature du pays où elles se montrent.\n   D'après ce qui vient d'être constaté, il serait curieux au plus haut point\nde connaître l'opinion d'un artiste et penseur comme M. Miriam concer-\nnant la valeur des écrivains belges de l'époque actuelle. Cette curiosité est\npleinement satisfaite par la lecture de son introduction écrite d'après toutes\nles règles de l'art de la critique moderne. Visiblement M. Miriam est\nun disciple de Taine quant à la méthode. Pour étudier un poète comme\n"}, {"page_pdf": 272, "texte": "                                      — 241 —\n\n Maeterlinck il s'est vu obligé (et avec quel plaisir!) d'étudier tout d'abord\n le milieu dans lequel un auteur pareil pouvait naître et agir. La première\n partie de son travail est donc consacrée à l'étude de l'histoire des lettres\n belges depuis Van Hasselt, De Coster, Octave Pirmez jusqu'à nos jours,\n et à l'analyse de ses écrivains (des poètes seulement) de même qu'à leur clas-\n sification ; la deuxième partie à l'étude des écrits de Maeterlinck. Ici encore\n M. Przesmycki procède du général au particulier ; il expose et justifie\n d'abord la philosophie, ensuite l'esthétique et analyse enfin les procédés, la\n technique du poète gantois.\n    Pour atteindre le résultat désiré, M. Miriam a fait une enquête des plus\n minutieuses en s'entourant de matériaux excellents, de documents de pre-\n mière main. Du reste, Valère Gille lui avait fourni une partie de ces maté-\n riaux. C'est dire qu'il s'était adressé à bonne source.\n    M. Miriam raconte dans quel milieu hostile à son existence naquit le\nmouvement littéraire actuel et pour le prouver il cite les paroles de\n H.-M. Agricola (pseudonyme) (1), qui dépeignent on ne peut mieux le\n caractère apathique de la bourgeoisie belge, dont voici un petit échantillon\namusant dans sa vérité :\n   « Le Belge aime à bien manger et à mieux boire encore. Sur vingt habi-\ntants il y a un cabaret... Le Belge est un zwanzeur né. C'est une expression\npurement belge. Cela signifie : Celui qui se fiche de tout — des grandes et\ndes petites choses. Cette bonne zwanze est un principe vénéneux dans l'or-\nganisme social. Les plus grands élans se figent sous la glace de la zwanze,\nles plus hautes pensées périssent dans le gouffre de ce sempiternel désen-\nchantement critique... »etc.\n   C'est dans un milieu épais que naquit ce mouvement littéraire qui est en\nquelque sorte une violente protestation, le cri fier et beau de l'instinct\nde conservation d'une infime élite sociale contre ce milieu mortel.\n   L'auteur parle des divers organes qui tour à tour en furent l'expression :\nde l'Artiste, du Pif-Paf, du Rabelais, de la Semaine, de l'Art moderne,\nde la Jeune Revue, de la Jeune Belgique, de la Société nouvelle et de\nbien d'autres. Inutile, n'est-ce pas, de le suivre à travers tous les événe-\nments que nous connaissons fort bien, et qu'il expose à ses compatriotes\npour leur démontrer que la devise esthétique qui au début a servi de guide\nà cette élite intellectuelle et artistique au milieu de la forêt vierge de la\nbêtise routinière et de l'indifférence invétérée ne pouvait être que celle\n\n\n  (1) Henri Merzbach, écrivain et distingué poète, sympathique au mouvement littéraire\nbelge contemporain, comme le prouvent ses articles dans les journaux polonais.\n"}, {"page_pdf": 273, "texte": "                                   — 242 —\n\nd'Edgar Poe, de Baudelaire, de Banville, de Leconte de Liste et de tous les\nparnassiens : l'Art pour l'Art.\n  Toute autre tendance en harmonie avec les intérêts ambiants aurait\ncompromis, ruiné ce mouvement naissant pour qui l'activité purement\nartistique servait de rempart, de muraille chinoise idéale contre les enva-\nhissements des barbares de toute provenance.\n   Bref, cette activité créatrice littéraire pleine d'énergie, d'élan et de sève a\npu non seulement se maintenir, mais se développer, s'épanouir et l'histoire\nreconnaissante cite déjà avec honneur les noms de Camille Lemonnier,\nVerhaeren, Edmond Picard, Max Waller, Georges Eekhoud, Gilkin, Van\nArenbergh, Giraud, Maeterlinck, Valère Gille, Maubel, bref les noms de\ntous ceux qui jadis comme aujourd'hui ont maintenu le drapeau de l'Art\nen prouvant par des œuvres de réelle valeur la raison d'être de ce drapeau.\nLes dissentiments qui ont partagé le groupe jadis si uni et compact en\nplusieurs clans distincts et même hostiles les uns envers les autres,\nM. Miriam les juge d'une façon très objective. Il parle aussi des démêlés\nentre l'Art moderne et la Jeune Belgique, et aussi de la dernière cam-\npagne de celle-ci, menée par Giraud et Gilkin « contre l'excessive anarchie\npoétique, qui se moque au nom de la sincérité de la pensée et des\nsentiments de toutes les règles du vers et de la langue et qui conduit au\nnon meilleur amorphisme académique ou décadent. Les initiateurs de cette\ncampagne font la garde autour de la langue française, laquelle en effet, —\ngrâce à l'incessante endosmose de la flamande, — se balance sans cesse\nau-dessus de l'abîme d'un patois bizarre pouvant facilement s'y engloutir ».\n   L'espace me manque pour suivre pas à pas mon auteur qui dans son\nintroduction critique, en un texte très serré, expose avec tant d'ordre et de\nméthode un très grand nombre de faits, d'aperçus, d'idées justes ou ingé-\nnieuses. Je ne puis donc les relater que sommairement.\n   En 1887 parut et non sans difficultés le Parnasse de la Jeune Belgique.\nauquel ni Rodenbach, ni Verhaeren, ni Georges Eekhoud ne collaborèrent\net c'est dommage, dit-il, « car sans cette lacune (et j'ai surtout en vue\nVerhaeren et Rodenbach) cette anthologie aurait présenté un tableau\ncomplet de l'activité créatrice poétique en Belgique. Mais telle quelle, c'est\nl'une des publications poétiques les plus curieuses, les plus précieuses qui\nont été publiées en Europe en ces dernières années ».\n   \" Elle représente en quelque sorte une galerie de tableaux poétiques... \"\n« Parmi les dix-huit collaborateurs de cette anthologie, ceux qui s'y sont\nmontrés de la façon la plus frappante, en premier lieu c'est Iwan Gilkin,\navec Albert Giraud et Emile Van Arenbergh d'un côté; c'est Théodore\n"}, {"page_pdf": 274, "texte": "                                 — 243 —\n\nHannon et Max Waller de l'autre En deuxième lieu je placerais Grégoire\nLe Roy, Ch. Van Lerberghe et Maurice Maeterlinck en un groupe ; André\nFontainas, Fernand Severin, Valère Gille en un autre. Après eux viennent\nPaul Berlier, Garnir, Gillion, Lamber, Montenaeken, Lucien Solvay et\nHélène Swarth. »\n   Les origines et l'évolution du mouvement littéraire belge sont on ne\npeut mieux décrites par M. Miriam ; son enquête sérieuse lui a permis de\nvoir clair. Aussi ne partage-t-il pas l'avis de l'éminent poète tchèque,\nM. Vrchlicki qui, « dans son analyse, excellente d'ailleurs, du Parnasse de\nla Jeune Belgique, s'empresse d'attribuer à tous les poètes de cette pléiade\nune complète unité d'inspiration, et soutient, qu'en dehors quelques petites\nnuances, eux tous se meuvent dans les limites du monde baudelairien ».\n« Nous avons vu plus haut, ajoute-t-il, que c'est inexact. Baudelaire\nn'était pour la pléiade belge qu'un point de sortie, qu'un stimulant qui a\nréveillé des facultés héréditaires, lesquelles remontent peut-être jusqu'à Van\nEyck et Memling. Ce groupe embrouillé s'étant scindé par la suite en\nplusieurs parties, en branches séparées, celles-ci dans chacun de leurs\npoètes ou entre poètes reliées par une parenté interne, se sont développés\nsous l'influence d'aspirations individuelles ou de réactions locales et qui\nainsi ont produit des créations tout à fait personnelles, à peine reliées par\nun fil ténu à l'impulsion, à la source primitive. Au lieu de généralités,\ncontinue-t-il, voici d'ailleurs une revue succincte des individualités poéti-\nques qui jusqu'à ce jour sont parvenues à se dessiner nettement. »\n   M. Miriam commence par Georges Rodenbach « ce disciple du moder-\nnisme baudelairen, ce poète des élégances féminines, ce pupille des stations\nbalnéaires et des boulevards bruxellois, lequel, ayant enfin quitté les\nplaisirs du kursaal d'Ostende pour Memling, Van Eyck et les vieilles\nruelles de Bruges, s'est montré dans la Jeunesse blanche et dans Du silence\ncomme un poète original ayant retrouvé les accents des primitifs ». Depuis\nlors ce poète, dans une série d'œuvres en dégradation, n'a rien su ajouter\nà son bagage littéraire.\n   Emile Verhaeren, « l'un des plus originaux et des plus puissants poètes\nde la Belgique contemporaine, s'est affirmé dans son petit volume : Fla­\nmandes, publié il y a dix ans, comme un peintre d'une force incomparable,\nsachant peindre en couleurs éblouissantes le côté sensuel de l'existence »,\nle priapeum flamand. « Sans parler de la probable influence du natura-\nlisme français, ce qui l'a poussé dans cette voie c'est son tempérament\nhéréditaire de peintre, grâce auquel il est devenu un des coloristes les plus\nvigoureux et les plus enragés. Ce tempérament lui est resté, mais l'évolution\n"}, {"page_pdf": 275, "texte": "                                 — 244 —\n\ncommença de suite : depuis les bords primitifs de la sensualité humaine\njusqu'aux sommets ultimes du spiritualisme, jusqu'aux domaines du rêve\net de l'hallucination...\n   « De ce poète optique qui ne connaît pas les larmes de la douleur, mais\nen connaît les morsures », M. Miriam suit attentivement l'évolution,\nlaquelle va du désenchantement jusqu'au réveil de la foi chrétienne, mais\nensuite avec un retour vers le cycle sombre des Soirs et des Flambeaux\nnoirs. Il ne partage pas l'avis d'Albert Giraud au sujet de cette dernière\nœuvre, car, lui, y découvre un recul du talent de Verhaeren ; au contraire,\nselon M. Przesmycki, « c'est là une évolution qui continue toujours, et qui\ntémoigne chez ce poète de l'énergie de ses forces, de l'abondance de ses\nsèves créatrices ».\n   « Emile Van Ar'enbergh, relié à Baudelaire par le fil de la forme, c'est\ndéjà un pur spiritualiste. Il n'a point publié, que je sache, un volume\nà part de ses œuvres, mais sa fière apostrophe à l'océan et une série de\nsonnets qui se trouvent dans le Parnasse, caractérisent suffisamment son\nactivité créatrice. C'est le poète de l'idée.... »\n   « Tout lecteur le moins familiarisé avec les choses de la poésie, dit M. Mi-\nriam, sera frappé en lisant le Parnasse de la Jeune Belgique par la décou-\nvertede deux catégories extrêmes de création poétique: d'un côté par le sen-\nsualisme, les impressions plastiques, l'observation du monde externe, le\nmodernisme, l'exotisme, le raffinement des sens ; d'un autre, par le spiritua-\nlisme, la vision des époques passées ou des mondes supra-sensibles, le\nmysticisme, la soif des profondeurs insondables et des perspectives inex-\nplorées. Dans la première catégorie domine Théodore Hannon, le maître de\nl'observation mordante et sceptique, du raffinement des sens... l'ennemi de\ntoute banalité... poète d'une plasticité et d'un coloris incomparables, jon-\ngleur de rimes.... Autour de lui se groupent Paul Lamber, Lucien Solvay,\nLéon Montenaeken, Octave Gillion, Paul Berlier et Hélène Swartz. »\n   « Sur la route limitrophe de ces deux catégories se tiennent d'un côté\nMax Waller, d'un autre Iwan Gilkin. Max Waller a l'air d'appartenir, au\npremier coup d'œil, à la catégorie précitée et même de la clore. Mais en\nregardant de plus près, nous découvrons dans chacun de ces trilles de flûte\njetés avec tant de bravoure, une grande profondeur d'âme ; sous chaque\nexplosion du rire, une larme cachée; sous chaque coup de fouet de la satire,\nune goutte de sang du poète lui-même. Cette réunion du rire et des larmes,\ncette gaîté du gamin et de la mélancolie du rêveur, c'était là sans doute le\nfruit d'une enfance passée en Allemagne.... C'est une des plus originales\npersonnalités poétiques de la Jeune Belgique, et sa Flûte à Siebel est le\n"}, {"page_pdf": 276, "texte": "                                  — 245 —\n\nseul livre de poésies en Europe pouvant rivaliser sans crainte avec les lieds\nde Heine de la meilleure époque créatrice de ce poète, »\n   « Iwan Gilkin, ce poète des consciences et des hyperestésies, ce médecin\ndes âmes, appartient essentiellement au deuxième groupe, à celui des spiri-\ntualistes, mais comme observateur attentif et sagace de la flore vénimeuse\ndes grandes cités, auscultant la corruption, comme peintre des bizarreries et\nd'horreurs fascinatrices, il est le foyer reliant cette dernière catégorie à la\npremière. Le signe caractéristique de ses poésies dans la Damnation de\nl'artiste (la première partie d'une trilogie) est une curiosité passionnée, je\ndirai plus, féroce de l'état interne des âmes et des consciences... Lors de\nl'apparition de ce volume, personne, sauf Nautet et Giraud, ne s'était aperçu\nde la différence qui essentiellement distingue la création poétique de Gilkin\nde celle de Baudelaire... Gilkin passe parmi ses compagnons pour l'une des\nnatures les plus fondamentalement artistiques, d'une telle sûreté de juge-\nment esthétique qu'on pourrait l'appeler expert en matière d'art. C'est avant\ntout le poète de la pensée, mais les images, rythmes, contours semblent\nnaître dans son cerveau en même temps que l'idée mère II n'attache aucune\nimportance à la vaine virtuosité, aux fioritures sans but et à toute la flore\ndes phrases inconscientes d'elles-mêmes. Il recueille despotiquement les\nmots qui lui paraissent nécessaires pour produire l'impression artistique\net les triture savamment avec une patiente brutalité, jusqu'à en voir jaillir\nun torrent d'étincelles... Amant de la clarté et de la concision, il sait trouver\ndes mariages de mots et des alliances de sons qui sont le témoignage d'une\nextraordinaire concentration d'esprit... »\n   « Après la Damnation de l'artiste Gilkin se sépare définitivement de la\npsychologie poétique. Dans la deuxième partie du cycle, éditée en 1892, la\ncuriosité hystérique cède la place au silence hermétique, au retour sur soi-\nmême; l'enquête psychologique à la contemplation interne philosophique;\nl'observation à la métaphysique; les images de corruption à l'horizon large\ndes mondes de la pensée et des problèmes éternels... »\n   L'œuvre de Gilkin tend vers la Rédemption messianique.\n   « Le caractère de l'activité créatrice de Fernand Severin rappelle immé-\ndiatement les traditions lamartiniennes et — au delà — l'époque de la\ngrande déclamation de Racine. Il ne possède pas la forme riche et écla-\ntante de ses compagnons, son vers se développe largement, mais simple-\nment et parfois avec monotonie... » A cause de cela la puissance du détail\ns'amoindrit et aussi le relief et le charme artistique, mais la largeur\nd'inspiration en profite, la douceur du lyrisme, et même l'intensité de\ntoute l'œuvre. »\n"}, {"page_pdf": 277, "texte": "                                  — 246 —\n\n     « A côté d'Arenbergh et de Severin il faut placer André Fontainas, ce\n poète du printemps, des aurores, des fraîcheurs, des parfums, cet artiste\n exquis; et à côté d'eux Valère Gille, ce chantre des lumières atténuées,\n des aromates narcotiques et des amours peu communes, ce maître accompli\n sous le rapport formel... »\n     « Je dois mentionner le nom de Garnir à qui son talent semblait pro-\n mettre un avenir poétique. »\n    M. Miriam consacre quelques mots sous renvoi à Albert Mockel, à\n Gérardy, à Rassenfosse, à Fernand Roussel, à Max Elskamp, à Fernand\n Baudoux, à Delville, à Donnay, à Dupont, à Arnay, à Boels.\n    « Les quatre poètes qui restent, dit M. Miriam, je les ai laissés exprès\n pour la fin : Albert Giraud et les trois Gantois : Le Roy, Van Lerbergheet\n Maeterlinck, car ils ont beaucoup de choses communes entre eux. Tous\n sont des visionnaires « chacun à sa façon ». Le Roy conjure dans des\n strophes d'une merveilleuse douceur et mélancolie les visions attendris-\n santes des années enfuies... Van Lerberghe, dans un langage symbo-\nlique, évoque des visions d'amour d'antan et des amours extraordinaires...\n Dans Solyane (fragment) à la richesse flamande des tons s'allie la\nnoblesse et la grande distinction de quelques préraphaélites anglais.\n M. Miriam donne ici l'analyse de les Flaireurs de Van Lerberghe, œuvre\ndans l'appréciation de laquelle il est d'accord avec Giraud, et qui selon lui\nindique l'étroite parenté spirituelle qui lie Van Lerberghe à Maeterlinck,\n    Ne pouvant publier en une seule fois ce long compte rendu, je me vois\nobligé de demander pour le reste l'hospitalité dans le numéro prochain, où\nil ne sera question que de Maeterlinck, vu que sur cent vingt-deux pages\nde cette introduction quatre-vingt-sept pages sont consacrées à l'analyse\nde l'œuvre de l'auteur des Aveugles.\n    Je m'arrête par conséquent à Albert Giraud, « ce poète-peintre de la\nlumière avant tout, mais qui sait employer également bien, quand il le\nfaut, les tons sombres, lourds, pleins de puissance et d'intensité. Son\nPortrait de reître accuse une maîtrise qui rappelle les chefs-d'œuvre de\nRembrandt et de Van Dyck. »\n    Ici M. Miriam passe en revue l'activité créatrice de ce poète depuis son\nPierrot lunaire jusqu'aux Dernières Fêtes. « Nous le rencontrerons\ntoujours, conclut-il, au milieu des somptuosités picturales des époques\npassées, où tout — et le crime et l'héroïsme — accusait une teinte plus\nchaude, un élan plus fou. Mais au-dessus de ces visions magiques et\néblouissantes plane sans cesse quelque chose comme une ombre de mélan-\ncolie inguérissable, qui est le résultat de la conviction de l'infériorité de\n"}, {"page_pdf": 278, "texte": "                                       -   247 —\n\ntoute réalisation en comparaison des désirs et nostalgies qui l'avaient\ncréée... Giraud est un des plus grands poètes du groupe de ceux qui prirent\npart au Parnasse. »\n  Gomme on voit, l'introduction critique de M. Miriam c'est jusqu'à\nprésent le travail le plus considérable qui ait été publié à l'étranger sur la\npoésie contemporaine belge.\n  Comme c'est aux autres de lui exprimer leurs chaleureux remerciements\nautant pour sa brillante étude que pour sa vaillante propagande, qu'il me\nsoit permis, pour démontrer que je l'ai lu avec attention, de faire quelques\nobservations.\n   D'abord, il oublie de constater la grande influence qu'a exercée Victor\nHugo sur la pléiade; ensuite, il n'a qu'effleuré à peine celles de Poe (dont\nprocède directement Baudelaire), de Schopenhauer, de Flaubert et de\nTaine. Poe surtout et Schopenhauer avaient longtemps tenu ces jeunes\nâmes sous leur joug tyrannique et le mélange de spiritualisme sombre et de\npanthéisme décevant que l'on trouve dans leurs œuvres doit être en\ngrande partie attribué à l'étude et à l'inspiration de ces penseurs puissants et\nétranges. Il en est de même en ce qui concerne le symbolisme grandiose de\nRichard Wagner (1).\n                                                                    L. WALLNER\n     (A    continuer.)\n\n\n\n\n  (1) Ce n'est pas non plus un fait sans signification que la richesse du vers et de la rime\nchez les poètes parnassiens coïncide avec l'opulence de l'orchestration wagnérienne.\n"}, {"page_pdf": 279, "texte": "                        — 248 —\n\n\n\n\n     LA BLESSURE ÉTOILÉE\nLa Douleur qui vient à ma rencontre est si belle\nAvec sa bouche pâle et ses grands yeux     cernés,\nQue mon étrange espoir, à genoux devant elle,\nLui dit : « Béni le ciel dont vous m'illuminez !\n\n« Longtemps je vous ai vue, à travers ma folie\nEt les sombres festins où mon cœur se ruait,\nA pas mystérieux, ardente et recueillie,\nErrer à l'horizon comme un éclair muet.\n\n« Vous regardiez de loin mûrir ma destinée,\nComme un fruit étranger sous des deux ennemis;\nUne invisible main vers moi vous a menée:\nDe toute éternité je vous étais promis.\n\n« Gloire à vous, qui portez les pinces et les verges,\nLes brodequins cruels et le glaive irrité!\nJe vous salue, ô vierge, entre toutes les vierges,\nEt j'attends mon supplice avec avidité ! »\n\n— « Savez-vous, ô mon fils, répond de sa voix lente\nLa pâle vierge aux yeux de cendre, savez-vous\nQue ce n'est rien d'offrir sa poitrine sanglante\nAux caresses du glaive impitoyable et doux ? »\n\n— « J'embrasserai le glaive avec reconnaissance;\nMais je vois dans vos mains l'aube d'un nouveau jour,\nEt je tends, pour payer ma seconde naissance,\nMon misérable amour en offrande à l'Amour ! »\n\n— La vierge me regarde un instant sous son voile,\nSourit, puis brusquement saisit d'un bras vainqueur\nLe glaive au fil duquel brille une blanche étoile,\nEt plante d'un seul coup l'étoile dans mon cœur.\n\n                                         ALBERT GIRAUD\n"}, {"page_pdf": 280, "texte": "                                     — 249 —\n\n\n\n\n           CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  Pages   de charité,   par SANDER PIERRON, préface de GEORGES EEKHOUD (Bruxelles,\nLacomblez). — Eleusis, par CAMILLE MAUCLAIR. (Paris, Perrin). — Le Bosquet de\nPsyché, par HENRI DE RÉGNIER (Bruxelles, Lacomblez). — Sept essais d'Emerson, pré-\nface de M. MAETERLINCK (Bruxelles, Lacomblez). — L'Antre des Nymphes de Porphyre,\ntraduction de M. PIERRE QUILLARD (Librairie de l'Art indépendant). — Vistas, par WIL-\nLIAM SHARP (Derby, Regent library). — Gueule-Rouge, par M. RENARD (Bruxelles, Kiste-\nmaeckers).\n\n                                          I\n\n   « On songe à des tiédeurs d'équinoxe, à la pâleur fébrile des saisons\ntransitionnaires, aux aubes équivoques du mois d'avril » et cette phrase\nincisive de la généreuse et vibrante préface de M. Georges Eekhoud définit\nexcellemment l'impression d'une des Pages de charité de M. Pierron:\nl'histoire d'un maladif enfant précoce, en proie à une consomption presque\nintellectuelle, aux incitations prématurées d'une puissance phrénique,\nembryonnaire encore, mais qu'un avenir, refusé à sa débilité, ferait éclore...\nQuelque chose, parfois, analogue à la constriction intimidée de son gar-\nçonnet, embarrasse la narration de M. Pierron, entrave d'une subite et\nombrageuse pudeur les récits de ses personnages ou les relègue, tout à coup,\nà un silence timoré : la diction entrecoupée d'un adolescent qui, à s'aperce-\nvoir trop assidûment écouté, baisse les yeux sous le regard fixe de l'audi-\nteur, rougit et balbutie...\n   Le premier livre ! c'est l'inaugurable ivresse, vraiment, des heures d'initia-\ntion et de véhémence spirituelles, l'ardeur inassouvie de connaître, la hâte\nde posséder ce personnel logis, par la fenêtre duquel, au travers les vitres\nsombres ou claires, on regardera passer la vie: époque combattue de déli-\nbérations et de controverses, acharnée à la poursuite de décevantes certitudes,\nrépudiées, souvent, avant d'être atteintes... Huitième sacrement, le conte\nfinal du volume, et le meilleur, répercute l'angoisse et le déboire de cette\ncourse après soi-même, de cette extatique et douloureuse incubation de\nl'artiste. La parole des interlocuteurs emprunte le timbre grave d'une\nopiniâtreté surtendue: l'accent solennel d'une probe conviction qui veut\nvaincre les obstacles, non les esquiver; car la ruse, ici, se dupe elle-même;\nla difficulté éludée subsiste, se dissimule et conspire la ruine des habiles.\n   La même prédisposition qui conduisit M. Sander Pierron à solliciter\nl'amitié et les conseils du sûr et sévère artiste du Cycle patibulaire l'a pré-\nservé de l'épidémie amphigourique ambiante.\n   La volonté délibérée, l'application d'une conscience juste et délicate,\ninaccessible aux sophismes frauduleux, distinguent son œuvre initiale;\néloge peu banal, puisque la plupart des débutants actuels et même quelques\nmaîtres parvenus, se constituant une hétéroclite originalité, à l'aide unique-\n ment de leurs ignorances, réforment, alors, édictent des règlements propor-\n                                                                            17\n"}, {"page_pdf": 281, "texte": "                                   —   250   —\n\n\ntionnés à la taille de leur littérature et destinés à servir de charte perdurable\net de parangon aux ambitions lyriques futures!\n                                         II\n    Des poètes — gent naïve — chantaient, jusqu'à présent, insoucieux des\n métaphysiques, concentrant leur effort à moduler avec passion et magnifi-\n cence sous la dictée, selon l'inflexion, épique ou élégiaque, rêveuse ou\n décise, de leur génie. Leur œuvre devenait ainsi la représentation successive\n et concrète, d'une rigoureuse sincérité, de leur physionomie intellectuelle;\n car maille à maille, notre pensée tisse un réseau discontinu, — canevas sur\n lequel parfois s'enlève, éblouissant filigrane, poème, la fleur triste ou\n éclatante de notre exaltation. La broderie, quelquefois, pâlit, s'enchevêtre,\n mais à une investigation perspicace, le trajet du fil, laine ou soie, ne peut\n échapper.\n    Le poète jaillit, s'engendre, se surajoute tous les jours à lui-même. Une\n préconception évidente guide ses travaux, lui découvre les formules, les\n rubriques personnelles, adaptées à la spéciale structure de son art ; docile\n aux règles primordiales, en dehors desquelles il n'existe ni solidité ni\n beauté, il ignore le compas rigide et l'équerre d'un canon philosophique\n décrété par quelque amateur théoricien.\n    Des professeurs et des scoliastes sévirent, toujours, variété d'archimimes,\n pour consacrer les artistes défunts, mensurer leurs effusions, en extraire\n des codes tyranniques ; mais, malgré eux, chacun édifiait à ses risques, selon\n son audace réfléchie ou sa témérité, d'après un ordre composite, souvent,\n pastiche ou, même, à l'aide de matériaux ramassés dans les ruines ; sur son\n propre terrain, cependant, avec l'orientation qui lui plaisait, sans que\n des édiles éleusiaques vinssent le contraindre à un alignement, promener\nleur niveau sur son architectonique...\n    — Les heures d'inspiration sont comme les orages cérébraux qui, nourris\n de fluide épars, de l'effervescence résorbée de la pensée, de réflexion\ndiffuse, se condensent, soudain, en l'éclair fulgurant qui nous illumine, à\nla fois, et nous épouvante. Le cerveau a ses saisons, ses féconds équinoxes,\nses solstices arides, déterminés par sa latitude intellectuelle; il quintessencie\n d'après sa méthode obscure et singulière et la logique de son idiosyncrasie :\nun concours de tout lui-même, spirituel et sentimental.\n    La forme et le moment de ces météores, de cette efflorescence, sont hors\nde notre pouvoir ; mais il nous appartient d'influencer leur fréquence et\nleur intensité, par l'initiative de nos études, de notre labeur, de nos mœurs.\nC'est, j'imagine, ce qu'entend M. Maeterlinck dans son aphorisme de la\npréface d'Emerson :\n    « Le dernier d'entre nous ne peut faire le moindre geste, sans tenir\ncompte de l'âme et des royaumes spirituels où elle règne, sur le sommet de\nla montagne, où tous nos gestes sont reproduits et acquièrent leur significa-\ntion. »\n    L'œuvre, de plus, doit répondre aux exigences implicites de la vitalité, —\ncomme une plante à celles de l'atmosphère qu'elle parfume; — respecter,\n"}, {"page_pdf": 282, "texte": "                                  — 25l    —\n\n\ndonc, la langue où elle s'incarne et sa syntaxe, puisque l'une et l'autre\nrésultent de la collaboration de la race et des siècles, poursuivirent à\ntravers le temps une évolution identique à celle dont l'écrivain devient le\ntransitoire et sensitif théâtre.\n   A un point d'intersection le rayon de la vision du poète rencontre les\nbrouillards de la réalité contemporaine; sa clairvoyance égoïste s'aimante\nalors et s'amplifie... Homère, Eschyle, Sophocle, sont-ils point les épo-\nnymes, les témoins éternels de la Grèce victorieuse? l'Italie s'appelle-\nt-elle point Dante?, et l'Angleterre, Shakespeare?\n   Aussi, l'artiste vrai possède-t-il le tact et la conscience de cette coordina-\ntion de phénomènes ; il discerne n'être que le précaire missionnaire d'une\ntradition esthétique, et ses hardiesses n'enfreignent jamais la rigueur fonda-\nmentale de ses lois. L'extravagance s'excuse, des iconodules, incohérents-\nnés, auxquels la ferveur ne peut venir d'une religion, dont ils ne soupçonnent\npas même la possibilité; sacrilège que l'ignorance du profanateur inno-\ncente !\n   Certaine beauté barbare et violente se modèlera, peut-être, de leurs\nmains effrénées, mais inféconde, fatalement, et d'une vogue éphémère:\ndépense inconcevable d'énergie déréglée ; incompréhensibles entassements\nmégalithiques; amusantes verroteries coloriées; fleurs de serre postiches,\nsans patrie, produits d'une culture facétieuse ou maniaque.\n                                      . * *\n   Sur les confins de l'enceinte, en deçà du sillon sacré encore, M. Mallarmé\ns'érigea un palais, minuscule, si l'on veut, mais de proportions tellement\néquilibrées qu'il ne semble pas exigu ; un palais très pur de lignes, dont la\npolychromie s'apparie au sobre paysage, aux lagunes translucides qui\nl'encadrent et d'où des horizons sinueux, le Temple, se découvrent, —\net la mer...\n   La douce sérénité des fresques, cernées de marbre ou de rares porce-\nlaines ; de luisantes majoliques historiées ; les dures boiseries damas-\nquinées d'argent sertissant le biseau aigu et prismatique de maint étrange\nmiroir halluciné; toute la gloire brille là, artificielle, d'un décor où le\nmétal, la joaillerie et les cristaux concertent une splendeur inconnue...\n   Quelques visiteurs admis à parcourir cet étonnant édicule, où la pratique\nminutieuse d'un génial orfèvre, d'un obstiné miniaturiste rivalisait la pein-\nture et la statuaire, en emportèrent la superstition d'une beauté imprévue,\nréminiscence chryséléphantine, qui, sans braver les préjugés de l'harmonie,\nl'ordre virtuel, amalgamait les disparates, rénovait les perspectives inté-\nrieures, le meuble, la parure ornementale et l'arabesque du monument.\n   Et, peu à peu, la renommée se propageant du somptueux ermitage,\nvolontairement étroit et excentrique, le sentier de la solitude sous le\npiétinement de la foule se fraya, grande voirie d'un incessant pèlerinage,\n tumultueux et criard...\n    Des hordes de jeunes gens consumés de vague littérature, dévots intran-\n sigeants d'une vérité non révélée encore ; insurgés par vocation contre les\n"}, {"page_pdf": 283, "texte": "                                         — 252 —\n\n\n antiques disciplines et que l'impuissante langueur rongeait d'une fictive\noriginalité, d'une paradoxale poésie où se réduiraient à un monstrueux\nunisson tous les timbres hétérogènes de leurs esprits désaccordés, accla-\nmèrent Mallarmé.\n   La fantasque conception du parfait poète servit de noyau à une Poétique,\nstratification d'abstruses absurdités; laminée par les intellects cubiques de\npédagogues anarchistes, elle se décomposa en théorèmes abrupts, en\naxiomes et en déconcertants corollaires.\n   — Des générations de curètes se démenèrent, chacune explorant un site\nillustre du Parnasse, où porter la sape et la mine : le vers porphyrisé,\ntamisé, suivant des systèmes neufs et infaillibles, ne livra plus la moindre\npépite; et l'entreprise laissa seulement à ses promoteurs désappointés le\ntorticolis gratuit et la courbature ! Mais, des failles du mont outragé, du\nsol fouillé, le contage déterré s'élança, pestilence vengeresse ! de la fièvre\nmaligne et de la folie...\n   — Un posthume respect, la survivante vénération du langage sauvegar-\ndaient, dans la débâcle, la valeur intrinsèque des vocables, leur emploi\ndéfini... Abus d'un autre âge, résidu d'une liturgie périmée, desquels les\nultimes onomaturges firent table rase : — Subalterne l'importance du\nlexique ! Sans proscrire une hasardeuse coïncidence entre la fantaisie du\nbarde et les mots choisis pour en inoculer l'enchantement au lecteur, l'écœu-\nrante vulgarité de tels moyens répugnera désormais aux adeptes sérieux !...\n\n   M. Mauclair, le dernier psychodidacte, se réclame avec un éclectisme\nlégèrement ébouriffant de Plotin et de Schelling, de Schopenhauer, « son\nmaître », et de Hegel (1), et de Nietzsche! et classe ses ratiocinations philo-\nsophales sous l'invocation d'Eleusis! Sa doctrine se résumerait approxi-\nmativement ainsi :\n   L'homme naît intelligent du rhythme et de l'harmonie. L'esprit, alimenté\nde notions provenues par les sens et interprétées selon son envergure, se\nconsidère dans les choses, c'est-à-dire perçoit du monde cela seulement que\nsa nature originelle, développée empiriquement, lui en dévoile. L'univers,\npar conséquent, gravite autour de chaque être, — anthropocentrique ; - et\nquoique celui-ci envisage — son apparente personnalité physique, même, —\nrien autre ne peut le frapper que sa propre idée extériorisée, émanation\nobjective, consubstantielle à lui-même. « Ces choses, sans doute, insinue\njudicieusement M. Mauclair, ces choses furent incluses en d'anciens\nesprits... »\n   L'amplitude de réfringence, le foyer limpide ou trouble, le champ plane,\nconcave ou convexe de notre miroir déterminent nos concepts, la contexture\nde notre intellectualité, marqués, évidemment, des tares et des défectuosités\n\n   (1) « La fausse sagesse hégélienne est tout à fait cette meule qui tournait dans la tête de\nl'écolier de Faust. Pour abrutir à dessein un jeune homme et le rendre à jamais incapable\nde penser, il n'est pas de moyen plus éprouvé que l'étude assidue de Hegel; des bille-\nvesées creuses et vides passeront à ses yeux pour de profondes pensées... Schelling,\n« hâbleur effronté et fanfaron ». (SCHOPENHAUER, De la quadruple racine, etc.)\n"}, {"page_pdf": 284, "texte": "                                      — 253 —\n\ndu cristal, intermédiaire entre les contingences et nous, entre notre soi et le\nmoi qui lui sert d'hypostase sublunaire. Médium chanceux, d'ailleurs,\ncar « nous marchons continuellement à côté de nous-mêmes sans arriver à\nnous saisir ».\n   M. Mauclair emprunte à Hegel l'étiquette de son système : Idéoréalisme,\net le parabolise sous les espèces plastiques de Narcisse admirant sa gracilité,\nla gravité adolescente de son geste dans le courant du ruisseau, onduleux\nmiroir liquide, où tout fuit hormis son spectre enfantin. Mais Narcisse,\nbientôt, se conquiert lui-même, comprend, à la fin, son moi flâneur et\ntangible, n'être qu'un succédané charnel et infidèle de son soi hyperphy-\nsique, vers lequel, dès lors, il aspire et s'exalte par l'art et le rêve : ses sensa-\ntions transmuées en notions aboutissent à la synthèse : « Narcisse est mort,\nAdonis et Vénus de lui-même (1) ! »\n\n\n   « Le mystère qui gît dans un objet vient de nous, car nous sommes les\nauteurs de l'obscurité du monde » puisque « les objets, intrinsèquement\nconsidérés comme distincts de leur notion pure, constituent des symboles\ndont le sens réside en notre sensibilité et, en quelque sorte, l'écriture du\nmonde. »\n   « L'art est une sensibilité; il n'y a jamais eu qu'un mot essentiel :\nsentir, et le poète doit être non compris, mais senti. » Au lieu de retracer\nl'aspect abstrait de son illusion, le poète la transcrira dans l'écriture du\nmonde, afin qu'elle parvienne au lecteur comme toutes les apparences, par\nl'entremise de ses sens. Il procédera donc par allusion, d'autant plus que\n« l'image n'est pas l'objet, mais une conséquence intellectuelle de l'objet ».\nNam Deus est quod imago docet : sed non est Deus ipso.\n   L'apagogie se prouve ainsi et l'inanité du qualificatif « symboliste » pour\nspécifier une prétendue école : chacun lit « l'écriture du monde » avec ses\npropres yeux, selon une symbologie myope ou presbyte, mais autonome,\nabsolument. « Nous sommes les frères d'une certaine écriture du monde »\naffirme logiquement M. Mauclair; et aussi : « Ce qui est fondé sur la sensi-\nbilité individuelle ne se démontre pas. »\n\n  (1) Je rends grâce au mannequin didactique d'Eleusis qui m'a incité à réentendre un\nautre Narcisse, Citharède, celui-là! Et voyez! la même flamme sur laquelle M. Mauclair\nmet mijoter son hochepot sophistiqué, à l'incantation du poète de Pierrot         Narcisse\njaillit et s'élance en gerbes éblouissantes, traverse la scène de somptueuses et subtiles\nlueurs fluides!\n   Eliane, Arlequin, minutes enivrées du songe de Pierrot, aspects de lui-même, illusoires\net délicieux, s'obombrent, soudain, au reflet furtivement apparu...\n                    Plus lointain qu'un espoir et plus pur qu'un regret...\n   — Et l'obsession disparue, la trouble langueur...\n                                   ... la chimérique envie\n                     De vivre à pleine bouche et d'observer la vie...\n   Meurtri mais vainqueur, Pierrot se relève et salue son avènement :\n                     Oui, je me suis tué : mais comme je vais vivre!\n"}, {"page_pdf": 285, "texte": "                                        — 254 —\n\n   Vide en elle-même, mais emblématique des associations d'idées que les\nobjets évoqués excitent, « l'écriture du monde trouvera dans l'art un déter-\nminateur de sa morphologie et de la musique de ses vocables ». Au reste,\n« peut-être, toute morphologie gît-elle dans l'imagination... »\n   L'œuvre se résoudra en une façon de marqueterie, semble-t-il, mosaïque\nd'allusions imagées que le lecteur — à moins d'une inespérable congruité!\n— saisira en raison de la similarité de son miroir avec celui de l'auteur!\nde leur courbe plus ou moins corrélative.\n   Cette dissection de la pensée, ce recours à sa multiple origine sensorielle,\nqui désagrège le complexe alliage de faits dont se coagule une idée, un\nsouvenir, etc. (1), pour en signaler un seul, élu comme symbole, cette synec-\ndoque idéographique, cette analyse, en somme, qui écarte la totalité de\nses éléments sauf un, M. Mauclair la désigne sous le nom de synthèse! —\n« ce qui tend au simple » par opposition, précisément, à l'analyse. Invalidé,\nle dictionnaire régnant, véritable catalogue de notions, dont chaque mot\nest comme la fleur haute et fière, l'épanouissement d'une germination\nmillénaire : « L'art synthétique cueille de chaque terme l'efflorescence musi-\ncale à l'effet d'en nimber le sens littéral ; d'effacer ce que celui-ci à de trop\nrugueux. »\n   Ce vers de Mallarmé, par exemple, suscité par la musique de\nWagner (?) :\n                     Trompettes tout haut d'or pâmé sur les vélins\n« juxtapose les idées de chant guerrier, d'altitude, de magnificence, de\nvolupté et de toucher délicat et spécial, — synthèse ! — entrechoquées en\nun luxe d'émotions simultanées, où rien de précis ne se dessine, pas plus en\nla pensée de l'auteur qu'en celle de ceux qui se substituent à lui en le lisant».\n   Le menu d'un banquet ou une carte d'échantillons « juxtaposent » des\nsuggestions aussi connexes...\n   Non sans raison, M. Mauclair gourmande la propension des Fran-\nçais à brouiller la valeur exacte des termes ; il vante « le critique qui sait\ndire ce qu'il faut avec des mots justes ». Malheureusement, le censeur lui-\nmême s'insoucie de définir sa terminologie fort capricieuse; certains\nvocables sous sa plume subissent des phases comme la lune, et graduelle-\nment s'obscurcissent à graviter au travers l'argumentation d'Eleusis. Com-\nment, sinon, une synthèse pourrait-elle être sentie? Le «maître» de M. Mau-\nclair, Arthur Schopenhauer, se serait, indubitablement, réjoui de ce parfait\nsidéroxylon !\n   Son Narcisse, « Jésus païen » — « figuration contingente du SOI, la\nforme humaine qui le manifeste ou son symbole » — épris, d'abord, de son\nenveloppe terrestre, de l'attrait merveilleux du monde, par étapes et une\nsorte d'autogenèse, naît à lui-même, assimile l'âme divine « qu'il côtoyait «\njusque-là, et du coup, se disproportionne à toute œuvre d'art, hors de sa\n\n  (1) La priorité de l'idéoréalisme appartiendrait peut être, elle aussi, aux frères de Gon-\ncourt ! leur œuvre se conglomérant, presque, selon la synthèse protoplasme de M. Mauclair.\nLeurs études sur la Société française, notamment, — chantiers amusants et pittoresques\noù ils amenèrent à pied-d'œuvre et inventorièrent, pêle-mêle, les éléments d'une Histoire,\nqu'il reste loisible au lecteur d'appareiller selon ses goûts et opinions !...\n"}, {"page_pdf": 286, "texte": "                                   — 255      -\n\nportée, dorénavant, l'écriture du monde s'adressant aux yeux de la sensibi-\nlité que sa métempsycose a aveuglés : Narcisse s'est « libéré de lui-même »\nmais de l'Art, également, par surcroît!...\n   M. Mauclair parle d'un ton ravi de « l'écriture qui est silencieuse, qui\ntraduit une pensée, non une voix ». On présumerait cependant que les carac-\ntères graphiques (appelés plus loin « du son fixé »), transposent une version\nde la pensée, médiate, à l'inverse de la parole, élocution directe du verbe,\nautrement mystérieuse et troublante, susceptible d'inflexions et de nuances\ninterdites au manuscrit.\n   Sainement, l'auteur d'Eleusis nargue les imitations risibles du Graal,\ndu Cygne, du Dragon, de l'engin du drame wagnérien, symboles accom-\nplis, effigies définitives, étrangers, forcément, et oppressifs pour celui qui\nles emprunte. Néanmoins, ces tropes, lieux-communs miraculeux,\ninsignes connus, stabiliseraient l'assiette des constructions éleusiaques,\nserviraient de repères et d'utiles pilotis aux labyrinthes de brume, enlisés\nau milieu des marécages périlleux de l'écriture du monde : M. Mauclair\nrecourt bien, lui, à Narcisse, poncif mythologique et à cet « ustensile »,\nle chêne Ygdrasil, e t c . .\n   Pour assurer, en dépit d'une postérité négligente, la perpétuité de leur\nKa, de leur double, les Egyptiens de l'ancien Empire faisaient escorter leur\ncadavre momifié, dans le mastaba où on l'insérait, d'innombrables simu-\nlacres d'eux-mêmes, sculptés ou peints, admirables et voués à une obscurité\ninfinie. L'art préconisé par M. Mauclair est cryptographique, aussi; à sa\nsuite, peut-être, nos modernes hiérogrammates traceront d'un pinceau\nsubtil, sur les parvis de la maison de leur âme divine, et en belle calli-\ngraphie versicolore, une pétition à l'Immortalité, que l'avenir et les Cham-\npollions futurs n'exauceront sans doute pas!...\n                                       ***\n   La studieuse habitude enfiévrée et méditative de notre vie, les fastes de\nnotre mémoire, les livres chers, compagnons assidus et discrets, élèvent\nautour de nous les murailles d'un idéal habitacle; oratoire jaloux, sourd\naux clameurs du siècle; cloître invisible, hanté de fantômes songeurs, sous\nles arceaux duquel de propices revenants s'entrecroisent, et des ombres\napaisées...\n                         Profils de tendresse et d'azur,\n                 Aimés avant de vivre, et morts avant de naître...\n   A l'égal de la foudre qui fréquente, de préférence, les sommets, le rêve,\nl'inspiration descendent sur ceux-là, plutôt, qui ont fait la moitié du che-\nmin... Et les désintéressés, surtout, affranchis du désir et du vouloir, n'en\nsollicitent jamais vainement le réconfortant sortilège : car Psyché ne s'unit\nà l'Eros divin que lorsqu'il a renversé son flambeau...\n   Sûre égide donnée aux âmes, seulement, capables d'abnégation et\nd'affronter le silence, le face-à-face avec elles-mêmes; pourquoi, en effet, cher-\ncher le frais et calme refuge d'une oasis, si le désert est au-dedans de nous?\n   M. de Régnier célèbre le doux et noble charme de cette solitude, pour lui\nfamilière, en paroles pesées, vraiment, au poids du sanctuaire : La culture\ndu soi, l'hygiène mentale du thérapeute Mauclair, se sont enrichies à tran-\n"}, {"page_pdf": 287, "texte": "                                    — 256     -\n\n siter par le Bosquet de Psyché, d'une parure paradoxale et chimérique, y ont\n acquis, avec le prestige de vivifiantes images, cette logique enthousiaste,\n la persuasive et légère éloquence, naturelles aux bons poètes...\n\n                                         ***\n     Somnambuliques funambules, automates disloqués, jouets d'un régis-\n  seur occulte, tapi sous le cintre, les héros de M. Maeterlinck manifestent\n  le geste humain du mystère. Leurs physionomies pétrifiées par le maléfice,\n  leurs soubresauts, la monotonie saccadée de leurs plaintes ahuries décèlent,\n  avec une démonstrative évidence, l'intervention terrestre de l'invisible\n  mysturge anonyme qui, derrière l'orageuse nuée sillonnée de présages et de\n  sinistres prophéties, siège au ténébreux et glacial antipode de la région ensor-\n  celée où Maleine et Hjalmar végètent...\n     Le haut et expressif relief, l'insolite éclat de ce théâtre commentent à\n  merveille la conception mystique du dramaturge; l'abscond et un peu\n  augurai exposé qu'il publie, aujourd'hui, sous prétexte de prolégomènes\n  aux Essais d'Emerson, accumule, au contraire, une nébulosité contra-\n  dictoire et ambiguë ; tellement qu'on suspecterait l'écrivain d'une super-\n  cherie dialectique et d'invoquer, pour avérer l'existence du mystère, le\n  témoignage de l'obscurité !... Ou le vertige et l'incohérence châtièrent-ils sa\n  velléité d'exotérisme !\n     Il enseigne, par exemple, « qu'il faut vivre même sans actions, sans\n pensées, sans lumières, parce que votre vie, malgré tout, est incompré-\n hensible et divine » ; d'ailleurs, « il n'y a ni grande, ni petite vie et l'action\n de Régulus ou de Léonidas n'a aucune importance lorsque je la compare\n à un moment de l'existence secrète de mon âme » — qui « vit seule au fond\n de nous une vie qu'elle ne dit pas » — car « nous marchons accablés sous\n son poids et il n'y a pas de proportion entre elle et nous ».\n     M. Maeterlinck reconnaît en Carlyle « qui fait passer comme des éclairs,\n les seuls moments héroïques de notre être, sur le fond d'ombre et d'orage\n d'un inconnu sans cesse monstrueux » — « le frère spirituel d'Emerson » ;\n celui-ci « ne nous conduit pas du côté des abîmes », étant « le sage des\n jours ordinaires ; et les jours ordinaires sont, en somme, la substance de\nnotre être » — quoique, en définitive, « il n'existe point d'heures sans\nmiracles intimes et sans significations ineffables ».\n    A dire vrai, Emerson se dessine ainsi qu'une sorte d'optimiste rationnel\net raisonneur, Pangloss moins récréatif, bardé d'expérience et de sens com-\nmun, d'un terrifiant méthodisme ! Son flegme, constitué d'un florissant\namour-propre professoral et américain, — self-reliancé! — ne se déconcerte\njamais ; il transporte dans ses périples éthiques ou métalogiques ce spécial\nsang-froid du touriste anglo-saxon qui assied son pliant devant les monts\nacrocéraunes pour, d'abord, les cadastrer! ou grave la trade-mark desa\nmanufacturée sur la dernière assise de la pyramide de mykerinus !\n    Compensation, le chapitre capital du volume, nous montre le monde\noscillant entre les forces et les résistances, les énergies centripètes et cen-\ntrifuges, dynamiques et statiques; actions et réactions répercutées en tous\nles domaines... Et le bon Emerson guide, au travers son Sahara apodic-\n"}, {"page_pdf": 288, "texte": "                                   -   257   -\n\n\ntique, sans mirages, hélas ! des caravanes de preuves, partagées en files fasti-\nidieuses et parallèles...\n   Cette dualité, à laquelle nous devons plusieurs cosmogonies, préoccupa\njadis un vieux nabi, moins vite satisfait qu'Emerson, sans doute, de la\nbalance et qui dissimule à peine un scepticisme vaguement sardonique :\n— « Au jour du bien, use du bien et au jour de l'adversité, prends-y garde ;\ncar Dieu a fait l'un à l'opposite de l'autre, afin que l'homme ne trouve rien\nà redire après lui. » (Ecclés., VII, 14.)\n   M. Maeterlinck considère, apparemment, Emerson ainsi qu'une compen­\nsation de Carlyle ; c'est le seul et plausible motif de l'accolade de ces deux\nnoms dans sa préface...\n   Certains apophthegmes de l'essayiste et de son introducteur viennent\nen collision : M. Maeterlinck prononce : « Le héros a besoin de l'appro-\nbation de l'homme ordinaire... » — « Le héros, riposte Emerson, est mal\ncompris, mais il ne peut s'arrêter pour démêler les sottises des gens!... »\n   Ou même, ce bilan de profits et pertes, Emerson le transporte dans ses\ndéductions personnelles : — « Tout homme renferme et est la vérité même\nqu'articule un homme éloquent, mais en l'homme éloquent, à cause de cela\nmême qu'il peut l'articuler, il semble que cette vérité réside déjà moins. »\nRemarque piquante, fortifiée bientôt de cette autre, plus décisive : « Le\npoète est celui qu'aucune faiblesse ou infirmité n'empêche d'arriver à\nexprimer l'homme entier » car « l'homme n'est qu'une moitié de lui-même,\nl'autre moitié est son expression ! »\n   L'hybridisme de ces opinions se conjuguera aisément en une synthèse\népicène, si l'on se remémore le menu propos de M. Maeterlinck : « Le sens\ndes phrases a plus d'un sexe ! »\n                                      ***\n   L'aube avant-courrière, le vague symptôme du christianisme éclaire,\nradieuse lueur intermittente, certains passages de cette curieuse scolie à\nquelques vers de l'Odyssée : L'Antre des Nymphes fantaisie eschatologique,\ndont M. Pierre Quillard a voulu transférer en un français solide et souple\nl'argumentation spécieuse.\n   Aux yeux de Porphyre, les tribulations nautiques d'Ulysse allégorisent le\npériple planétaire de l'âme : Ayant apaisé les dieux marins « par les peines\net les souffrances des mendiants, lutté contre les passions », il doit « se\ntransformer entièrement afin de tout reconquérir »... et quoique « porté\nenfin chez des peuples à l'abri de toute tempête », il ne se rachètera du\nnaufrage « que le jour où, ayant échappé définitivement aux flots, il\ndeviendra ignorant des choses de la mer et de la matière... »\n   L'herméneutique de Porphyre semble, trop souvent, le jeu d'une imagi-\nnation captieuse, très aiguisée, mais dupée, par de fortuites paronomases ;\nque l'étiquette des choses fascine plutôt que leur essence ; éprise du super-\nficiel syncrétisme qui concilie les entités et les mythes les plus antagonistes...\nFacile logographie qui fait songer au patient et opiniâtre travail du rubri-\ncateur inscrivant le Ciel, la Terre et l'Enfer dans la majuscule onciale d'un\nmissel !...\n"}, {"page_pdf": 289, "texte": "                                  — 258     -\n\n    Echo puérilisé du jardin d'Académos et du Lycée; l'œuvre entier de cette\n Byzance du paganisme, Alexandrie, est de la complexion infirme du lierre,\n insinuant parasite du chêne homérique et de l'olivier platonicien et tout\n lustré de leur sève...\n                                       ***\n    M. William Sharp, auteur d'une récente étude sur les écrivains belges\n parue dans TheNineteenth Century, doit être revenu de cette incursion con-\ntinentale, envoûté par le système dramatique de MM. Vanlerberghe et\n Maeterlinck, ou plutôt — à se fier au choix des épigraphes de ses poèmes!\n— ébloui des mécaniques contrefaçons fomentées par le succès de la Princesse\nMaleine. La conformité reste apparente, il va sans dire; les imitateurs exa-\ngèrent pieusement les défauts de ce théâtre, la posture clonique des acteurs,\nl'émission intermittente et réitérée d'insignifiantes paroles, etc., scrupuleu-\nsement calquent ce qui leur y est accessible, la facture ; mais l'illusion\nmagnifique et changeante ne se plagie pas, qui émane des Flaireurs ou de\n la Princesse Maleine.\n    Vistas comprend une dizaine de poèmes en prose dialoguée : Finis,\nconfabulation entre deux lémures et leurs âmes latitantes; querelle dans\nles espaces interférés, résolue par la belliqueuse âme féminine qui étrangle\nl'âme adversaire « à deux mains » ! La Passion dupère Hilarion, scandée\nde cette psalmodie de Rimbaud : Elle est retrouvée. Quoi! L'Eternité! et,\nenfin, la Naissance d'une âme :\n   « Qui frappe? — Personne ne frappe! — Qui frappe? — Il n'y a per-\nsonne... Qui est venu, à présent? — Personne...\n   — C'est la fin...\n   « L'AUTRE. — C'est le commencement de la fin... »\n   Conversation entrecoupée d'un monsieur avec sa femme en gésine, un\nprêtre et une sœur de la Merci, énormément effrayés, tous, et déconcertés,\nsurtout, par l'intrusion de l'AUTRE, la larve, la chrysalide présomptive qui,\ndes limbes maternels, répercute leurs doléances, à la cantonnade, derisoi-\nrement!...\n\n   Gueule rouge désigne la mine Carnivore, la fosse sarcophage, hantée par\nle follet effroyable du grisou.; l'opprimant organisme broyeur d'hommes,\ntout ruisselant de sueur et de sang, atroce et épique...\n   Telle l'idée neuve d'un Roman naturaliste de mœurs ouvrières, signé\nMary Renard, auquel l'éditeur Kistemaekers a fait graver un superbe com.\nmentaire sur bois.\n                                                     ARNOLD GOFFIN\n\n   Reçu : L'Arche, de Camille Lemonnier; Chants de la pluie et du soleil,\npar M. Hugues Rebell; Propos de littérature, par M. A. Mockel; les\nPoèmes sans rimes, d'Olivier-Georges Destrée, imprimés sous la direction\net avec les sobres et magnifiques dessins de M. Herbert-E. Horne, aux\npresses de Chiswick, à Londres\n"}, {"page_pdf": 290, "texte": "                                 — 259 —\n\n\n\n\n           CHRONIQUE MUSICALE\n               La saison musicale a été close de la manière la plus brillante\n                par les Concerts populaires. Grâce au Choral mixte, la jeune\n                société habilement dirigée par MM. Soubre et Carpay, Joseph\n                Dupont se trouve en mesure de nous donner d'excellentes\ninterprétations d'œuvres d'ensemble choral et instrumental. C'est ainsi que\nnous avons pu entendre, aux troisième et quatrième concerts, la Rédemp­\ntion de César Franck et la Damnation de Faust de Berlioz.\n   La Rédemption, écrite depuis plus de vingt ans, ne porte pas ce cachet\nd'originalité extrême qui distingue les œuvres postérieures du maître fran-\nçais ; mais on n'en devinerait pas moins son auteur à cette candeur, à cette\npiété naïve et cette délicatesse éthérée qui est la caractéristique de toutes\nses œuvres. Si quelques taches déparent la partition que l'on nous a fait\nentendre, c'est précisément à cause de l'impossibilité, chez l'auteur, de\ns'abstraire de ces sentiments et de redescendre sur terre alors même que la\nsituation dramatique l'exige. Perdu dans son rêve idéal et dans sa contem-\nplation des formes vagues et indécises, il s'efforce en vain et à regret vers\nl'expression des passions brutales et la pompe réelle et brillante des\ntriomphes ; son âme candide d'enfant pieux s'en effraie et son génie\n manque de l'objectivité nécessaire pour exprimer ce qu'il ne sent pas lui-\n même. Aussi, quels contrastes entre certaines parties ! Autant les chœurs\n d'anges sont éthérés, immatériels, les récits de l'Archange larges et solen-\n nels, — classiques dans toute l'acception du terme, — autant les chœurs\n d'hommes, les hymnes triomphales paraissent débiles, convenues et sans\n conviction.\n    Quelle différence entre cette œuvre purement spirituelle et les réalités\n robustes de la fête des Maîtres-Chanteurs qui terminaient le concert! Ici,\n des flots de vie qui coulent impétueusement; on est tout saisi de cette exu-\n bérance et de cette plantureuse santé, de la grandeur de tels fragments —\n comme l'admirable choral — de l'humour de tels autres — comme le petit\n épisode orchestral des fifres et des instruments d'enfants, — de l'habileté de\n facture et de l'audace qui accumule insouciamment les effets les plus gran-\n dioses sans crainte de les voir s'annihiler l'un l'autre.\n     Exécution vraiment remarquable et digne des œuvres interprétées.\n     La Damnation de Faust, la vaste partition qui remplissait à elle seule le\n programme du quatrième concert, avait attiré un public plus nombreux\n encore. Il semble que les œuvres de Berlioz, bien que datant déjà de loin,\n présentent toujours l'attrait curieux d'un art exceptionnel.\n     Berlioz, autrefois si conspué par ses compatriotes, — qui ont une\n  manière à eux de ne pas honorer le génie naissant de leurs musiciens\n  illustres et de découvrir de grands talents là où il n'y en a pas, — Berlioz\n  est aujourd'hui entré dans le classicisme romantique; sans songer à se\n"}, {"page_pdf": 291, "texte": "                                 260\n\n\nreporter à l'époque de leur création, on s'étonne de l'effroi que provoquaient\nses œuvres parmi ses contemporains, alors qu'aujourd'hui quelques-uns ne\nse gênent pas pour les qualifier de banales. L'œuvre de Berlioz provoque\ntoujours de singulières divergences d'opinion, et son génie compte encore\nbien des détracteurs. La cause en réside évidemment dans l'inégalité des\ncréations de Berlioz, dans sa personnalité mélodique étrange et parfois\nbizarre, dans la sincérité profonde et rude de son art, où règne un superbe\ndédain des conventions et des effets chers au public.\n  A tous points de vue, la Damnation est l'une des œuvres les plus remar-\nquables de Berlioz; à côté de pages faibles, il eu est, et c'est le grand\nnombre, qui sont absolument admirables et font de l'ouvrage un véritable\nchef-d'œuvre. Telles sont : la scène pastorale de la première partie, avec la\nronde des paysans; le chant de Pâques, la valse des sylphes, le chœur de\nsoldats et d'étudiants, la ballade du Roi de Thulé, l'invocation à la\nNature, etc., etc. Je dois avouer que la fameuse course à l'Abîme m'a\nlégèrement déçu, ainsi que les scènes dans l'Enfer et le Paradis; pour ces\ndeux dernières surtout, la réalisation est certainement au-dessous de ce que\nl'auteur a rêvé. 11 semble souvent, chez Berlioz, que l'inspiration le trahisse\nau moment le plus décisif, et que l'acuité même de ses sensations poétiques\nen étouffe l'expression. N'est-ce pas à Wagner qu'il écrivait : « Que je vous\n envie de pouvoir écrire en face des splendeurs de la nature !... »\n   L'exécution à la répétition générale avait été assez médiocre. Au concert\nmême, elle a été vraiment supérieure. M. Demest a chanté le rôle de Faust\n— cependant trop élevé pour lui, — avec une chaleur et un style merveil-\nleux et impeccables. Mme Auguez de Montaland nous a donné une inter-\nprétation très délicate et très poétique du rôle de Marguerite; M. Auguez\n(Méphistophéles) détonnait un peu dans l'ensemble, grâce à un style assez\nplat et un accent qui sentait son Midi d'une lieue ; on pensait involontaire-\nment à Tartarin chantant le duo de Robert le Diable dans la pharmacie\nBézuquet. L'orchestre a été excellent, ainsi que les chœurs.\n   La fin de la première partie a été marquée par une manifestation monstre\nen l'honneur de Joseph Dupont; les bravos et les cris ne cessaient de\nretentir avec enthousiasme pendant qu'une quantité de palmes et de\ncouronnes arrivaient processionnellement au pupitre de l'éminent chef.\n   Le public saisissait avec empressement l'occasion de protester contre les\nmachinations vexatoires ourdies contre les Concerts populaires par les\nlocataires habituels de la maison, machinations trop connues dans le public\net trop discutées en ces dernières semaines pour qu'il soit nécessaire de reve-\nnir ici sur ces choses édifiantes. Outre ce souci bien naturel de témoigner\nsa solidarité à la cause des Concerts populaires, le public payait là un juste\ntribut d'hommages à Joseph Dupont, auquel il est redevable de la plus\ngrande partie de son éducation artistique ; une bonne part de ces remercie-\nments est due à l'organisateur des Populaires, au deus ex machina,\n M. L. D'Aoust, l'homme actif et dévoué, toujours sur la brèche au moment\n des difficultés et des complications, mais toujours disparu lorsque, la vic-\n toire remportée, les bravos éclatent et les couronnes tombent.\n                                                      E R N E S T CLOSSON\n"}, {"page_pdf": 292, "texte": "                                    — 261 —\n\n\n\n\nNotes pour une histoire de l'esprit belge.\n               Lamunicipalité d'Ixelles a pris l'initiative d'ériger un monu-\n                ment à la mémoire de Charles De Coster, l'auteur de la\n                Légende d'Ulenspiegel. L'inauguration de ce monument, dû\n                au ciseau de M. Samuel, aura lieu le 22 juillet. M. le bourg-\nmestre d'Ixelles a eu l'excellente idée de faire de cette cérémonie une fête\nlittéraire et d'en confier l'organisation à un comité d'écrivains (1). C'est une\ninnovation, en Belgique, et nous adressons au maïeur ixellois nos plus\nchaudes félicitations.\n   Toutefois, il s'est passé au cours des réunions du comité un incident\nque nous croyons devoir signaler.\n   Dans la première séance, à laquelle le directeur de la Jeune Belgique,\nempêché, n'assistait point, il avait été décidé, sur la proposition de\nM. Maus, critique d'art à l'Art moderne, qu'il n'y aurait qu'un seul\ndiscours et que ce discours serait prononcé par M. Camille Lemonnier.\n   La Jeune Belgique estima qu'elle avait à joindre sa voix à celle de\nM. Lemonnier. S'il existe aujourd'hui une activité littéraire dans notre\npays, si Charles De Coster jouit d'une gloire posthume que va consacrer\nun monument, c'est à la Jeune Belgique surtout qu'on le doit.\n   C'est elle qui a groupé les jeunes écrivains belges et qui les a menés à la\nbataille contre l'indifférence publique et les railleries bourgeoises. On n'a\npas oublié la surprise et l'émotion dont tressaillit le public lorsqu'elle orga-\nnisa le banquet Lemonnier. En ce temps-là, l'Art moderne nous admirait,\nnous encourageait, nous comparaît aux généraux imberbes de la Répu-\nblique et M. Picard tenait à honneur de collaborer à notre revue.\n   C'est pour ces motifs que, dans la seconde réunion du comité, M. Giraud,\ndirecteur de la Jeune Belgique, demanda à parler au nom de ses amis et\nfrères d'armes après M. Lemonnier. Celui-ci combattit cette motion et,\n\n\n\n  (1) Ce comité, composé par M. Lemonnier, comprend MM. E. Leemans, bourgmestre\nd'Ixelles, F. Baudoux, Peter Benoit, F. Brouez, Ch. Buis, membre de la Chambre des\nreprésentants; E. Demolder, Hector Denis, J. Dillens, L. Dommartin, G. Eekhoud,\nIw. Gilkin, A. Giraud, Greyson, H. Krains, Lacomblez, C. Lemonnier, Am. Lynen,\nM. Maeterlinck, H. Maubel, O. Maus, H. Mellery, C. Meunier, F. Nautet, R. Nyst,\nH. Pergameni, E. Picard, Ch. Potvin, F. Rops, E. Smits, E. Verhaeren et Van Arenbergh.\n"}, {"page_pdf": 293, "texte": "                                      262\n\n\npour la raison un peu trop administrative « que l'on ne pouvait revenir\nsur une résolution prise », la motion fut rejetée.\n   Dès le lendemain, M. Lemonnier parut se raviser; à sa demande expresse,\nle comité fut convoqué d'urgence : il s'agissait de voter sur une proposition\nde M. Lemonnier, tendant à donner satisfaction au vœu de la Jeune Bel­\ngique.\n   On devait croire que M. Lemonnier avait de puissants motifs de changer\nd'avis, qu'il défendrait chaleureusement sa nouvelle proposition et qu'il\nprierait ses amis personnels de l'appuyer. Il n'en fut rien. M. Lemonnier\nse contenta de formuler sa proposition, il ne fit pas le moindre effort pour\nla défendre et ses amis, MM. Maus et Picard, la combattirent vivement et\nparvinrent à la faire rejeter. Au vote, M. Lemonnier s'abstint.\n   En conséquence, M. Lemonnier parlera seul. Grâce à l'opposition de\nM. Lemonnier et de ses amis la Jeune Belgique ne parlera pas.\n   Le procédé est assurément bizarre. S'il s'agissait d'en arriver là, il était\ninutile que l'on proposât de revenir sur un premier refus, à moins qu'on ne\nvoulut l'accentuer.\n   Dans ces conditions, les Jeunes-Belgique avaient les meilleures raisons\ndu monde de se retirer du comité. S'ils ne le font pas, c'est pour ne point\ndésobliger la municipalité ixelloise et ne point décourager les autorités qui\nvoudraient imiter sa très louable initiative.\n   Le public littéraire appréciera la moralité de l'incident.\n\n                                                  LA J E U N E B E L G I Q U E\n"}, {"page_pdf": 294, "texte": "                                              — 263 —\n\n\n\n\n                                    MEMENTO\n   M. Maurice Wilmotte publie, dans la                 rière l'image physique que la sensation a\nRevue wallonne, une longue annexe du                   évoquée, et c'est bien là le « tréfonds de\n                                                       psychologie » dont j'ai, dans le Moniteur,\nRamayana dont il encombra récemment                    trop brièvement noté la nécessité orga-\nl'honnête Moniteur.                                    nique.\n   Nous ne perdrons pas notre temps à                     C'est convenu : les écrivains français\nexaminer en détail ce chef-d'œuvre de Que-             d'origine flamande sont des marchands de\nnast, qui débute par un boniment de librai-            pathos; ils manquent de « droiture » et\nrie pour finir par un réquisitoire contre nos          sont des dégénérés. Les Wallons, au con-\nécrivains français d'origine flamande.                 traire, écrivent comme M. Anatole France;\n   On appréciera la compétence littéraire en           ils sont droits, légers, subtils et parfaits, et\nmême temps que la politesse et le tact de              ils sont assis à la droite de leur Père,\nM. Wilmotte, en dégustant les phrases que              M. Wilmotte, dont l'oeil impartial brille\nvoici :                                                dans le triangle symbolique.\n    L'hérédité wallonne a toujours été saine ;            L'auteur de ces extraordinaires procla-\nelle n'a pas souffert des contacts impurs,             mations — qui deviennent rageuses — ne\nelle a, en revanche, toléré les fécon-\ndations du dehors. Ce peu de germain et ce             se doute pas de la force comique qu'il y\nmoins de celtique qui surnagent dans le moi            dépose. M. Wilmotte, hier encore philo-\nwallon contemporain ne troublent pas, je               logue paisible, a pris tout à coup le mors\nl'ai écrit ailleurs, la nappe large et pro-\nfonde de romanité qui alimente notre acti-             aux dents. Les théories artistiques de\nvité fonctionnelle. De là, dans la constitu-           M. Mockel, d'ailleurs mal comprises, lui\ntion des cerveaux et dans leurs associations           ont servi de gingembre. Et le voilà qui\nd'idées, une marque de droiture qu'il serait           s'emballe et galope en rond, vertigineuse-\nindiscret de demander aux écrivains fla-\nmands « d'expression française ». Chez                 ment, dans l'ombre restreinte du clocher\nnous, ni mysticisme opaque, ni subjecti-               natal.\nvisme aigu, ni pessimisme noir, aucun de                  C'est à la fois comique et touchant.\n ces déséquilibres que la science psycholo-\n gique (on l'ignore trop) a de vieille date               Cet excellent M. Wilmotte, qui, à force\n diagnostiqués, décrits et étiquetés d û -             de brouter le Roman de la Rose par les\n ment (1). Aucune de ces prédispositions               racines, de tirer par la queue le Roman du\n douloureuses (sinon par hérédité indivi-              Renard et d'épousseter, avec son plumeau\n duelle) qu'il faut chercher à la source du\n malaise moral, dont souffre l'art français et         de professeur, le Poème moral, a perdu le\n dont une partie de notre art subit la réaction        sens des choses, revient d'une extrême pro-\n morbide. Certes, notre émotivité, comme               vince. Il s'abuse étrangement s'il croit que,\n l'émotivité française, a la soudaineté fou-           pour mériter des éloges rédigés en patois\n droyante qui est le noble stigmate des\n vieilles races; mais vous ne découvrirez en           mixte, les écrivains belges vont jouer au jeu\n elle ni la teinte érotique qu'elle revêt chez         du méchant Flamand et du bon Wallon.\n les dégénérés, ni le trait purement senso-            C'est aussi vieux et aussi oublié que la\n riel qui a hâté, par l'usure d'esprit, la déca-       guerre de la Vache et que la querelle des\n dence du réalisme. Un replis d'idée ou, si\n l'on veut garder l'ordinaire terminologie, un         Awans en des Waroux !\n reflet d'âme se dérobe quasi toujours der-\n\n  (1) Pour les chercheurs, pour ceux qui douteraient     Dans le même numéro de la Revue Wal­\naussi, je citerai les mémoires des docteurs De Smeth   lonne, sous une rubrique qui « marque\net Semai sur la mélancolie, le livre de Paulhan : Le\nnouveau mysticisme, et de très belles pages de         une intention d'hospitalité littéraire», nous\nM. Nordau, Dégénérescence (II, 20 et suivants) sur\nl'égotisme.                                            avons trouvé des vers du Flamand dégénéré\n"}, {"page_pdf": 295, "texte": "                                        — 264 —\n\nqui s'appelle Verhaeren, et l'annonce de            « Certaines individualités pourtant furent\npages inédites dues aux dégénérés qui            rebelles à ces classifications perspicaces :\nsignent Eekhoud, Maeterlinck et Van Ler-         les douces proses mélancoliques du rêveur\nberghe.                                          d'Acoz, d'Octave Pirmez, restèrent, par\n   L'article de M. Wilmotte, que M. Ver-         exemple, sans ancêtres supposables ; mais\nhaeren ignorait, nous en sommes con-             la devination des critiques en discerna la\nvaincu, accentue « l'intention d'hospitalité     mélodieuse eurythmie et ce souci musical\nlittéraire » proclamée par la revue liégeoise.   fut déclaré propre à « l'âme wallonne ». En\n   Les Ecossais vont être jaloux.                cette voie on eût bientôt fait de découvrir\n                                                 les mânes de Grétry dissimulés sous l'aspect\n                                                 contemporain de M. Albert Mockel... Na-\n  On lit dans la Nervie les strophes sui-        guère encore, un professeur ingénieux, —\nvantes de M. Albert Mockel :                     qu'il est donc curieux de voir de tels esprits\n                                                 fins et pénétrants accepter docilement la fri-\n       Là-bas, un étang sous les arbres\n       En son impure profondeur                  volité d'idées toutes faites et superficielles!\n       Garde la divine lueur                     — M. Maurice Wilmotte, montait sur les hau-\n       Que poursuit le geste des marbres.        teurs d'Esneux pour donner un avis officiel\n       Selon le cours morne de l'heure           sur la jeune littérature belge. Cela lui fut\n       Lefleuveau limon vil épars\n       Recueille encore en ses regards           reproché — avec plus de cruauté peut-être\n       Le message ailé qui l'effleure,           qu'il ne convenait— et je ne veux pas insis-\n       Et l'opaque cristal s'avive,              ter sur cette mésaventure. »\n    ' Pierrerie, iris radial,\n                                                   M. Wilmotte ayant insisté lui-même, on\n       Quand fulgure mémorial\n       Un signe à sa face gélive...              ne nous accusera plus de cruauté.\n\n   Ces strophes gélives, qui seraient du\npathos si elles émanaient d'un poète fla-\nmand, attestent évidemment la légèreté, la          Un de nos collaborateurs les plus étour-\ntransparente clarté, la musicalité propres       dis ayant commis l'imprudence de déposer\nà la race wallonne, sans compter le « tré-       le rapport de M. Wilmotte dans une\nfonds de psychologie » révélé par M. W i l -     armoire neuve, s'est aperçu, le lendemaim\nmotte...                                         qu'elle sentait le renfermé.\n\n                                                                       *\n   Voici comment un écrivain français né en        On nous assure que M. Wilmotte met la\nWallonnie, M. Jules Destrée, apprécie le         dernière main à un important travail destiné\nvertigo de M. Wilmotte :                         à démontrer que Dieu le père est d'origine\n   « On s'est amusé, en ces temps derniers,      wallonne.\nà découvrir l'âme wallonne... Et bien que\ncette distinction entre Flamands et Wallons\nfût, en réalité, assez puérile à propos des        L'Echo de Paris publie en feuilleton une\n                                                 nouvelle tranche du Journal des Goncourl.\njeunes écrivains de Belgique, elle rencontra\n                                                   Ci un extrait qui découragera pour tou-\nquelque crédit. Comme en ce pays de peu\n                                                 jours la parodie :\nd'étendue et de complexité relative, on est\npresque plus vite renseigné sur les person-         Mercredi, 19 février. — Avoir en porte-\n                                                 feuille la Patrie en danger, cette pièce, la\nnes que sur les œuvres, il ne fut point m a -    première pièce vraiment documentée histori-\nlaisé d'établir de péremptoires atavismes, de    quement sur la Révolution, cette pièce dont le\nretrouver Rubens en M. Lemonnier, Mern-          premier acte est une mise en scène si révé-\nling en M. Maeterlinck, Breughel en M. E u -     latrice du XVIIIe siècle, cette pièce dont le\n                                                 cinquième acte, par le tragique de la vie des\ngène Demolder et Plantin en M. Edm.              prisons d'alors, est plus dramatique que\nDeman ! Jeu aimable auquel on se complut         les tableaux les plus dramatiques de Sha-\ndans les salons.                                 kespeare, — et l'avoir en portefeuille, cette\n"}, {"page_pdf": 296, "texte": "                                             265\n\npièce au su de tous les directeurs, en quête     pourpre. J'ai pris à vos longues tirades aux\nd'une pièce pour l'anniversaire de 1789,         cadences harmonieuses un plaisir que le\nsans qu'aucun songe à vous la demander,          public, en son impatience, ne partagerait\nc'est vraiment pas de chance !                   pas. J'entends le public ordinaire, le bon\n                                                 public qui (ce n'est pas moi qui le dis, mais\n                                                 Gœthe, un sûr juge) a toujours raison\n                                                 contre nous. Gardez Babylone pour les\n   Diable-aucorps et mystère.                    initiés, pour les raffinés, pour les curieux,\n   On lit dans l'alerte journal de Charles Vos   ceux-là vous applaudiront. Les autres vous\nl'avis que voici :                               contesteraient. » Ce jugement est plein de\n             AVIS A M. FLON                      sagesse. Nous ajouterons même qu'à notre\n   Ne plus employer la formule : L'opinion       avis Babylone serait beaucoup plus intéres-\npublique, je m'en fous, qui est ma propriété     sante à lire qu'à voir jouer. Mais M. Péla-\nexclusivement depuis dix ans. En cas de          dan, qui tient à propager ses pensées en\nrécidive, je me verrais forcé de vous pour-      organisant beaucoup de bruit, n'a pu\nsuivre en contrefaçon.                           admettre ce point de vue et a fait jouer\n                                                 diverses fois son drame à Paris, au Dôme\n                         LÉON DARDENNE.\n                                                 central du Champ de Mars et tout récem-\n   Dis donc, Léon, il y a plus de dix ans que    ment à l'Ambigu. Ces tentatives de peuvent\nla Jeune Belgique existe!...                     avoir qu'un succès de curiosité.\n                                                    D'abord, il est difficile de trouver des\n                                                 acteurs convenables Ceux d'hier ont dé-\n                                                 ployé beaucoup de vaillance, mais ils lais-\n  Interviewé sur l'anarchie, le Sar Péladan      saient tous énormément à désirer, notam-\na fait la déclaration suivante :                 ment l'acteur chargé, lourdement chargé\n                                                 du rôle de Mérodack, M. Hattier, dont la\n  On juge et on condamne comme sains             voix a des sécheresses et la diction de graves\nd'esprit les anarchistes qui, à mon avis,        défectuosités. Seule M lle Lara a réalisé\nsont des fous. Par contre, il arrive souvent     plastiquement, sinon dramatiquement, son\nque l'on prend pour des fous des gens qui        personnage de Samsina, et elle y a obtenu\nont toute leur cervelle. Ainsi, il est d'usage   des applaudissements très vifs.\nde me considérer comme un détraqué. Eh              D'autre part, les décors et les accessoires\nbien! je vous assure, Monsieur, que je ne le     rendaient la représentation par moments\nsuis pas le moins du monde...                    ridicule. Les colonnades ioniques évo-\n                                                 quaient mal les palais de la Babylone du\n                                                 VIIe siècle. Au second acte les signes des\n  On a joué au Théâtre du Parc Babylone,         dieux faisaient vaguement penser à des\ntragédie wagnérienne du Sar Péladan.             préparatifs d'illumination. Enfin la méta-\n  Voici comment notre collaborateur M. E r -     morphose du Tau changé en Croix a déplo-\nnest Verlant apprécie l'œuvre dans le Jour­      rablement raté.\n                                                    Néanmoins le public a écouté avec atten-\nnal de Bruxelles :                               tion et la soirée s'est passée dans le calme.\n   Si le programme même ne prenait soin          Vers minuit et quart seulement tout s'est\nde nous en avertir, on reconnaîtrait aisé-       soudainement gâté. Des spectateurs enthou-\nment que « cette tragédie a les trois carac-     siastes ont injurié d'autres spectateurs dont\ntères du genre : 1° la dignitédes personnages;   l'état d'âme était différent. Mais cela n'a pas\n2° l'élévation constante dulangage; 3 0 l'abs-   d'importance.\ntraction du sujet ». Le sujet est d'une            Mais nous ne saurons jamais pourquoi\ngrande noblesse; c'est une synthèse immense\net majestueuse. Quant au langage, il est en      cette tragédie est wagnérienne.\neffet élevé, constamment tendu, parfois un\npeu sibillin ou tout au contraire péchant\npar un excès de développements de rhéto-           Un jeune poète néerlandais, M. Willem\nrique et de truismes.\n   La brièveté n'en est guère le caractère       Kloos, converti par M. Paul Verlaine à la\ndistinctif, et la monotonie des intonations      poésie française, publie, dans De Nieuwe\nchez les acteurs d'hier n'était pas pour         Gids, les deux sonnets suivants :\nrendre la représentation de Babylone moins\nfatigante.                                              Pour noire cher maître à tons, P.      Verlaine.\n  La pièce ayant été présentée, pour être           0 ma trop courte et délicate vie,\nrefusée, à la Comédie-Française, M. Clare-          O ma triste âme, que saurais-tu dire\ntie écrivait à l'auteur : « Votre style se          A celui qui, impudemment de pire\ndéroule avec la majesté d'un manteau de             En pire, désirerait lui, pour la triste envie\n"}, {"page_pdf": 297, "texte": "                                              — 266\n\n   De pouvoir être lui, lui seul, l'empire\n   Absolument — non pas, la fausse lie\n   De toute cette trop étrange vie,\n   Vie? Mais non, délicieux délire.\n   O l'Imagination, terrible telle                  M. Jules Destrée publie dans la Nervie\n   Qu'elle puisse être dans sa forte fougue       une intéressante étude sur M. Louis\n   De voir en soi-même la pure extase             Delattre. Nous reproduirons prochaine-\n   D'être une âme durement rebelle\n                                                  ment un fragment de cette étude.\n   O, mais rebelle à tous ce tas de bougres\n   Pour qui la mort est une morte phrase !\n\n                                       Au même.\n   Oh, le doux bonheur d'être une fois sage,        Le Voile, un acte en vers de M. Georges\n   Sage et puis d'une volonté suprême\n                                                  Rodenbach, a été joué à la Comédie-Fran-\n   De régner, moi, Roi seul, dans un extrême\n   Moment de vouloir et de pouvoir, Mage\n                                                  çaise. C'est, comme on l'a dit, le premier\n   Inconscient, tout blanc, qui de lui-même       Belge qui force la porte de la maison.\n   Tue son sort superbe, quoique rage               M. Rodenbach a été beaucoup interviewé\n   Autour de lui l'inéluctable orage...           naturellement. Il a déclaré qu'il est origi-\n   Inéluctable? oh non, sinon que blême           naire de Bruges.\n   Moi-même, je me perdrais dans la crainte\n                                                    Les vrais compatriotes du poète, les\n   Des hommes et des choses, de ce monde\n   Terriblement infâme. O tas immonde\n                                                  Tournaisiens, sont allés manifester leur\n   En ce beau monde, qu'il veut perdre et puis    dépit à la deuxième représentation de la\n   Savoir ne voudra jamais que je suis,           pièce.\n   Pauvre moi, suis l'Universelle Plainte.          Interrogé sur le mérite de l'auteur,\n   Une précieuse recrue pour les étrangers        M. Edmond de Goncourt, qui déteste les\nqui sont en train de réformer la langue           poètes, a déclaré que M. Rodenbach est le\nfrançaise !                                       meilleur d'entre eux.\n\n\n\n  A ce numéro est joint — pour nos\nabonnés seulement — une eau-forte de\nM. A. Rassenfosse.\n\n\n   L'abondance des matières nous oblige à\ndifférer la publication de notre chronique\nartistique et des traductions des sonnets de\nM, Sante-Martorelli.\n"}, {"page_pdf": 298, "texte": "                Paul LACOMBLEZ\n     É D I T E U R D E « LA J E U N E B E L G I Q U E »\n                        31, rue des Paroissiens, 31\n                                 BRUXELLES\n\n\n        V I E N N E N T             D E     P A R A I T R E              :\n                VILLIERS           DE L'ISLE-ADAM\n\n                        MORGANE\n   Drame en 5 actes et en prose. Un volume in-8°. Prix : 5 francs.\n\n\n            SUR L E S GOLFES\n                       Naples et Salerne\n                  (JOURNAL D'UNE IGNORANTE)\n              Un volume petit in-12. Prix : fr. 1-50.\nDu même auteur : SIX M O I S E N I T A L I E , Journal d'une ignorante.\n              Un volume grand in-12. Prix : fr. 3-50.\n           Cet ouvrage vient d'être couronné par l'Académie française.\n\n\n        POUR      PARAITRE         TRÈS     PROCHAINEMENT :\n                          LOUIS DELATTRE\n\n    CONTES DE MON VILLAGE\n         Nouvelle édition. Un volume in-18 Jésus. Prix : fr. 3-50.\n               DU MÊME AUTEUR, EN PRÉPARATION :\nLES MIROIRS DE SON CŒUR,\n                             SOUS PRESSE :\n                        GEORGES         EEKHOUD\n\nNOUVELLES                                   KERMESSES\n        Edition définitive. Un volume in-18 jésus. Prix : fr. 3-50.\n\n\n                           En vente :\nJUDITH GAUTIER : Iskender, un volume in-18 jésus . . . fr.                   3 50\nDE GONCOURT : L'Italie d'hier,         id.                                   3 50\nMAETERLINCK : Alladine et Palomides, etc                                     3 50\nL. TAILHADE : Vitraux                                                        2 00\n      —        Le Jardin des Rêves                                           3 50\nTHEURIET : Jardin d'Automne                                                  3 00\nMUNTZ : La fin de la Renaissance (Italie), en séries à. . . .                0 50\nMASPERO : Histoire ancienne des peuples de l'Orient, en séries à             0 50\nLA PLUME : N° spécial illustré, consacré à l'œuvre de Grasset .              1 50\n"}, {"page_pdf": 299, "texte": "                     Paul LACOMBLEZ\n                                            ÉDITEUR\n         3i, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES\n\n                                  L i v r e s de fonds.\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et                      —      Sorella                  fr.    2 50\n  roses                                fr. 3 50     Itiberê da Cunha (J.). Préludes . . .        3 »\nBrabant (V.). Notes de voyage . . .          1 »    Jenart (Aug.). Le Barbare                    2 »\nBloy(Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 »         Jeune Belgique (Le Parnasse de la). .        7 50\n   Les 3 premiers numéros ensemble 1 »              Journal d'une ignorante : Sur les Golfes     1 50\nBosiers'E.). Harald-Roi                      2 «    Justus Severus Africus                       1 »\nCarnet de chasse illustré                   15 »    Kahn (Gustave). Chansons d'amant         .   3 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 »                   —      Les Palais nomades . .          3 50\nCourouble (L.). Contes et souvenirs. . 3 50         Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .        2 »\nCudell (Ch.). Printemps sombre. . . 2 »                   —      Loth et ses filles . . .        2 »\nDa Costa (G ). Grammaire en porte-                  Landoy (Eug.). Evocations                    3 50\n  feuille                    0                 50         —      Maître Martin . . . .           0 50\nDaxhelet (A ) Pages de tendresse vague 3 50         Lautréamont (comte de). Les Chants de\n     —         Nouvelles de Wallonie . 3 50            Maldoror                                  3 50\nDe Coster (Ch.). La Légende d'Ulen-                 Lemonnier (C). Paroles pour Georges\n          spiegel                            5 »       Eekhoud                                    050\n     —          Légendes flamandes . . 3 50         Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50                     (L'Intruse, Les Aveugles.       3 »\nDelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50               —      La Princesse Maleine. .         3 50\nDe Haulleville (baron P.). En vacances. 3 50              —      Serres chaudes . . . .          3 »\n     —       Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »           —       L'Ornement des noces spi-\nDemolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                              rituelles                    4 »\n     —          Impressions d'Art.        . 3 »           —      Les Sept Princesses . .         2 »\n     —          James Ensor . . . .          3 «          —      Pelléas et Mélisande . .        3 50\nDe Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 »                          (Voir Emerson.)\nDe Régnier. Le Bosquet de Psyché . 2 »              Mallarmé. Villiers de l'IsIe-Adam . .        3 »\nDe Tallenay (J.). L'Invisible . . . .        3 50   Maubel (Henri). Miette                       2 50-\nDesombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »                 — Etude de jeune fille .               3 50\nDestrée (Jules). Journal des Destrée . 1        »         —      Quelqu'un d'aujourd'hui.        3 50\nDulac (Paul). Vingt-cinq sonnets . . 1 50           Picard (E.). El Moghreb al Aksa . .          4 »\nDupont (A.). L'Envol des rêves . . .         2 »          —      Scènes de la vie judiciaire     4 »\nEekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50                —      Vie simple                      3 »\n     —         La Nouvelle Carthage. . 4 »          Pierron (Sander). Pages de Charité      .    3 50\n     —         Les Fusillés de Malines . 3 50       Pléiade (La). Première année (188g) .        3 »\n     —         Au siècle de Shakespeare. 3 »        Poe (Edgar). Poésies complètes.              2 »\n     —         Kees Doorik                   3 50   Rodenbach Le Foyer et les champs .           1 »\n     —         Kermesses                     5 »    Rommelaere J.). Ma semaine, 1882-83.         2 »\nElskamp (Max). Dominical      . . . .       2   »   Severin (Fernand) Le Lys                     2 »\n     —      Salutations, dont d'angé-                       —           Le Don d'enfance .       2 »\n  liques                              3 50          Sigogne (E.). Contes merveilleux        .    3 »\nEmerson. Sept Essais, avec préface de               Sluyts(Ch.). L Appel des voix . . .          2 »\n  Maeterlinck                         3 50                —      Notes d'être                    3 »\nGarnir (Geonges). Les Charneux. . . 3 50            Tordeus (J.). Manuel de prononciation        2 »\n     —      Contes à Marjolaine . . 3 50 Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut. . . 3 50\nGilkin (Iwan). Stances dorées . . . 1 » Van Lerberghe (Ch.). Les Flaireurs. . 1 »\nGille(Valère) Le Château des merveilles     2 »     Verhaeren (E.). Les Apparus dans mes\nGiraud (Albert). Hors du siècle . . .       3 50                      chemins               2 »\n      —       Pierrot lunaire . . . .       2 »          —         Les Moines               3 »\n      —       Pierrot Narcisse . . .        2 »     Villiers de l'Isle-Adam. Premières Poé-\n      —       Dernières Fêtes. . . .        2 »        sies                          . . .  3 50\n     —        Le Scribe                     1 «                    Morgane                  5 »\nHannon (Théo). Noëls fin de siècle .    .   3   »   Waller (Max). La Flûte à Siebel. .      3 50\n    —      Au pays de Manneken-Pis 4 »                   —         Daisy                    3 »\nHanneuse (0.). La Reine Aléna. . (souscrit)         X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé)\n\n              Dépôt des Revues Françaises\n             La Plume, fr. o-50; franco, fr. 0-55\n       Le Mercure de France, 1 franc ; franco, fr. 1-25\n           L'Ermitage, fr. 0-80; franco, fr. 0-90\n                     Bruxelles. — Imprimerie V' Monnom,32, rue del'ïndustrie\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1894-06-01", "preuve": "Juin 1894, numéro 6, couverture PDF 262 ; aucun jour imprimé."}}