{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "septembre 1894", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 368, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 178, "texte": "septembre 1894.                        T O M E XIII. — N° 9             14me               Année.\n\n\n\n\nLA\n  JEUNE\n                BELGIQUE\n                                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 368, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 178, "fin_caractere_exclue": 1845, "texte": "SOMMAIRE:\n       L'Ombre gardienne                   , . •            FERNAND S E V E R I N .\n       Cabotins                                             VICTOR REMOUCHAMPS.\n       Lointains                                            ALBER JHOUNEY.\n       La littérature belge à l'étranger (suite et\n         fin)                                               LÉOPOLD WALLNER.\n       Départ                                               LÉON HENNEBICQ.\n       Le père Caillou .                                    SANDER PlERRON.\n       Désespoir . .                           . .          EMILE DE SARTORIUS.\n       Octave Pirmez                                        JEAN DELVILLE.\n       Odelette pour célébrer la décadence.         .   .   TOTO. ..\n       Chronique littéraire :\n         Poèmes sans rimes; L'Arche;    Nouvelles\n           Kermesses ; Contes de mon village ; Le\n           Congo                                            ARNOLD     GOFFIN.\n       Memento                                              NEMO.\n\n\n\n\n         REDACTION                                                     BRUXELLES\n4 RUE VAN DER LIN DEN , B R U X E L L E S .                      PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                     31, rue des Paroissiens\n                                                                          PARIS\n    PRIX DU NUMÉRO                                            C H A M U E L , LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                         29, rue de Trévise\n              fr. 0-75.\n                                                                            1894\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 369, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 377, "fin_caractere_exclue": 1114, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n   Fondateur : M A X W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n          Directeur : ALBERT GIRAUD, 4, rue Vanderlinden.\n Secrétaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n               7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n\n\n\n   GIL BLAS, journal quotidien français, boulevard                        des Capu­\ncines, 16, à Paris.\n\n\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 3i, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, Marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 369, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1114, "fin_caractere_exclue": 1568, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 331, "page_fin": 332, "titre_corps": "L’Ombre gardienne", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Severin", "ancre_debut": "L OMBRE GARDIENNE", "ancre_fin": "FERNAND SEVERIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CABOTINS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 370, "page_imprimee": 331, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 1481, "texte": "L'OMBRE GARDIENNE\n                                              Carissimae...\n\nIl m'est doux de penser, en ces heures de nuit,\nQu'une amie est au loin, dont le rêve me suit.\nMême absente et lointaine, elle m'est tutélaire;\nOn foule sans effroi les chemins qu'elle éclaire :\nElle va, je la suis; et, seule, au fond du soir,\nElle dresse pour moi la lampe de l'espoir.\nS'il est d'amers instants où, malgré tant de grâce,\nL'âme, comme autrefois, défaille, faible et lasse,\nElle s'arrête alors et, tournant à demi,\nVers celui qui la suit, son doux visage ami,\nDans l'ombre de la vie et l'inconnu des routes,\nSon regard plein de foi dissipe tous les doutes.\n\nSa puissance adorable est faite de douceur :\nEn subissant la reine or. croit aimer la sœur.\nQuel que soit son vouloir, il semble, tant la chère\nSait voiler à nos yeux ce qu'il a de sévère,\nQue l'on cède soi-même au meilleur de ses vœux;\nCar son sourire seul, sans un mot, dit : « Je veux. »\nTout ce qui provient d'elle est, comme elle, céleste!\nSa parole, sa voix, son sourire, son geste\nProjettent dans le cœur un souverain rayon;\nOn sent au fond de soi comme une éclosion :\nFeuille à feuille, en silence, au gré de sa parole,\nLa fleur du pur amour entrouvre sa corolle;\nIl s'éveille, dans l'âme heureuse, un renouveau\nSi profond, qu'il allie à son parfum nouveau\n Tout l'arome envolé de la candeur ancienne'.\n                                                      2\n                                                       3\n"}, {"page_pdf": 371, "page_imprimee": 332, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 652, "texte": "                                 — 332     -\n\n         Même absente, elle est là! Tel qu'une ombre gardienne\n         Attentive au danger que nous ne voyons pas,\n         Son souvenir voilé veille sur tous mes pas,\n         Ange, elle vie conduit, reine, elle me protège;\n         Si j'ai franchi l'obstacle et déjoué le piège,\n         C'est que partout, comblé de ce présent divin\n         Que d'autres, moins heureux, implorèrent en vain,\n         Je sens à mes côtés sa présence fidèle;\n         Et je ne suis pas seul, bien que je sois loin d'elle.\n                                                   FERNAND SEVERIN\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 332, "page_fin": 333, "titre_corps": "Cabotins", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Victor Remouchamps", "ancre_debut": "CABOTINS", "ancre_fin": "VICTOR REMOUCHAMPS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 371, "page_imprimee": 332, "debut_caractere": 652, "fin_caractere_exclue": 1974, "texte": "CABOTINS\n                                         « Mon cher Remouchamps, nous n'avons\n                                           pas le même Idéal ! ! » X. Y. Z.\n\n             Je le crois bien que nous n'avons pas le même Idéal ! Vous\n              n'êtes, franchement, pas dégoûtés !\n                  Vous estimez la Vie assez belle sans le Rêve. Laissez-nous\n              donc tranquilles et ne venez pas opposer à nos chimériques\nvisions vos réalités d'Épinal...\n   Vous êtes orgueilleux comme des enfants malades qui jouent à la\nroyauté.\n   Que savez-vous du Beau? L'avez-vous jamais éprouvée cette angoisse\ndes harmonies suprêmes qui nous ronge l'âme à nous autres? Vous vous\ncontentez de la terre parce que vous êtes des impuissants, parce que vous\nne savez pas créer, parce que l'Ombre et le Silence — ces deux infinis de\nl'Idée — vous épouvantent...\n   Vous préférez un Idéal facile et quotidien qui vous permette de croire à\nvos maîtresses et d'exalter vos petites langueurs! Et puis, ô vertige! vous\ncélébrez ingénument de prochaines apothéoses...\n   Vous n'aurez jamais vos statues de marbre que dans votre cercueil!\n\n\n   Je les ai trop connus, vos pareils.\n   Ils s'épuisent en vains orgueils pour que leur nom vole un jour sur les\nlèvres des hommes... Ils ont des visions vermeilles de résurrections auro-\n"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2244, "texte": "                                 — 333 —\n\nraies. Leurs ténèbres sont hantées de palmes et de statues. La Postérité\nreconnaissante les baise au front comme une esclave. Ils se voient en bronze\ndans leurs miroirs... Ils saluent Gœthe et Shakespeare fraternellement...\nIls croient qu'il suffit, pour cela, de sertir quelques gemmes et de perler\nquelques gammes... Ils ont des candeurs d'un provincialisme effrayant :\nnulle idée des harmonies, des proportions, des perspectives.\n\n                                     ***\n   Ils pensent que le monde entier est haletant devant leur rêve et que leur\ninsomnie empêche les étoiles de dormir...\n   L'admiration des hommes bientôt ne leur suffisant plus, ils créent quel-\nques dieux chargés de vivre en leur extase. L'univers roule en leur orbite,\nleur faisant la seule auréole qui soit digne d'eux.\n   Ils ne sauraient monter assez haut... Ils ont retrouvé — comme il conve-\nnait — l'échelle de Jacob. Mais ils réclament quelques échelons. Ils se\nsentent prisonniers de l'infini, exigeant plus que l'infini.\n   Chacun d'eux voudrait être l'Unique.\n   Ce sont les cabotins de l'Idéal... Ils s'entourent d'enfants de chœur qui\nles encensent le long de l'asphalte, imperturbablement. Ils fondent des\nreligions et des dîners. Ils sont merveilleux de puffisme inconscient parfois\net lilial. Un sourire d'eux rend illustre, et leurs mots sont recueillis comme\ndes Bibles...\n   Ils croient tous en leur génie. Il faut toujours croire à son génie. Jogand\ny croyait, et c'est ce qui lui a permis de devenir Léo Taxil.\n\n\n   Leur originalité consiste à déformer uniquement le Réel. Ils ne sauraient\npenser selon leur âme transcendentale. Ont-ils une âme transcendentale?\nIls n'ont, d'ailleurs, pas le loisir de songer à leur âme, ni là force, ni le\nsecret.\n   Ils sont superficiels à crier grâce.\n   La vraie originalité humaine serait de comprendre la vie. Ils laissent ce\npédantisme aux philosophes et n'aspirent qu'à surprendre... Toujours le\nmême système.\n   Ce sont les faussaires ingénus— roués quelquefois — des Idées.\n   Epris de seules verroteries, quand vient la mort ils font flamboyer dans\nle ciel des paradis pour rastaquouères...\n                                               V I C T O R REMOUCHAMPS"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 334, "page_fin": 334, "titre_corps": "Lointains", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Alber Jhouney", "ancre_debut": "LOINTAINS", "ancre_fin": "ALBER JHOUNEY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La littérature belge à l étranger", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 873, "texte": "LOINTAINS\n          Ils vivent seuls au plus lointain des solitudes,\n          Ardentes d'infini, terribles de beauté;\n          Et rien d'eux vers le monde aux sèches turpitudes,\n          Que les torrents de l'éternelle charité.\n\n          Délivrés de la chair, les pleines certitudes\n          De leur amour pour Dieu brûlant hors du désir\n          Animent de tendresse heureuse leurs études,\n          Et l'Or du Vrai se change en fluide Elixir.\n\n          Tel plane sans appui l'astre au lent vol robuste,\n          Tels dans l'Indémontrable ils aiment s'affermir.\n          Quand ils mourront, glacés dans l'agonie auguste,\n          Sur leurs lèvres de neige on entendra frémir\n\n          Ce grand baiser de Dieu qu'est le râle d'un            juste...\n\n                                                        ALBER JHOUNEY\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 334, "page_fin": 340, "titre_corps": "La Littérature belge à l’étranger (suite et fin)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "L. Wallner", "ancre_debut": "La littérature belge à l étranger", "ancre_fin": "L WALLNER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 873, "fin_caractere_exclue": 1745, "texte": "La littérature belge à l'étranger.\n                                 (Suite et fin.)\n\n            Le cadre de ce compte rendu, dois-je le répéter, ne permet pas\n             de m'étendre comme je l'aurais voulu. Je résumerai donc,\n             passerai même (et souvent à contre-cœur) une foule d'aperçus\n             caractéristiques. C'est que devant notre esprit surgit, comme\nun domaine presque inexploré, le pays mystérieux symbolisé par les vers\nde Maeterlinck :\n                 O plongeur à jamais sous la cloche.'\n\n                 Et tant d'êtres étranges à travers les parois !\n                 Et tout attouchement à jamais interdit !\n                 Lorsqu'il y a tant de vie en l'eau claire au dehors.\n\n   Il a cru être « à jamais sous la cloche » au début de son évolution poé-\ntique, lorsqu'il cherchait sa voie sous l'influence de Baudelaire. Maeterlinck\n"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2668, "texte": "                                     — 335 —\n\npart ainsi d'une espèce d'égotisme poétique pour, guidé par le sentiment\nde pitié envers les souffrants et les déshérités, aboutir promptement (car\ndéjà dans les Serres chaudes) vers une espèce d'altruisme. Comme chez\ntoutes les natures douées et profondes, ce processus ne s'oppère pas en lui\nsans douleur ni difficulté :\n                         Mon âme est triste à la fin,\n                         Elle est triste enfin d'être lasse,\n                         Elle est lasse enfin d'être en vain !\n\n   « Un instant de calme, une goutte de rosée fortifiante, et le poète ira\nplus loin. »\n   M. Przesmycki croit que les Serres chaudes resteront peut-être la seule\nmanifestation de poésie purement lyrique de Maeterlinck, qui, depuis qu'il\na abordé le théâtre, lui est resté fidèle, en créant la Princesse Maleine\nd'abord, ensuite l'Intruse, les Aveugles, les Sept Princesses, enfin Pelléas et\nMélisande (1). M. Miriam se demande quelle est la cause de cette évolu-\ntion? « Il est probable, se répond-il, que l'auteur a jugé, non sans raison,\nque l'éternelle antithèse entre le côté limité, temporel de la nature humaine\net le côté essentiel, infini, que les collisions incessantes entre ces deux anta-\ngonismes (collisions se produisant sous mille formes et combinaisons qu'offre\nla variété des manifestations des existences éternelle et sensuelle) peuvent\nmieux être rendues sous la forme dramatique que sous aucune autre: épique\nou lyrique. Car cette première permet l'expression la plus large possible\ndes luttes, surtout intérieures » ... « Peut-être, ajoute-t-il, est-ce une pro-\npension plus grande vers la poésie dramatique qui l'a poussé dans cette\nvoie? »\n   Il me semble qu'il y aurait lieu d'admettre les deux causes : la propen-\nsion autant que les convictions acquises, lesquelles, en un temps déterminé,\nseraient venues se donner la main pour opérer en lui cette volte-face.\n   M. Miriam a étudié avec soin les écrits philosophiques et esthétiques de\nMaeterlinck et s'est bien pénétré de leur doctrine. -\n   En comparant les déductions qui en ressortent aux surprenants résultats\nde la psychologie expérimentale moderne, il est parvenu à constater entre\neux une parfaite identité. Que Maeterlinck y soit arrivé par le moyen de\nla spéculation indépendante, ou par celui de lectures et de recherches, cela\nn'a aucune importance dans l'espèce. Car il ne s'agit pas encore en ce cas\nd'innover, de créer quoi que ce soit dans le domaine philosophique ou scien-\n\n  (1) Et nous savons que depuis lors il n'est pas resté, non plus, en chemin, comme le\ntémoignent ses trois productions dramatiques récemment parues.\n"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3130, "texte": "                                      — 336 —\n\ntifique, mais bien de se tenir à la hauteur ultime de la science du siècle et\nd'introduire consciemment dans la poésie dramatique les prémices d'une\ncosmogonie dont l'aurore vient de poindre à peine — l'aurore du mysticisme\nscientifique qui, à l'aide de l'expérience, découvre et prouve le côté mysté-\nrieux, infini en toute chose, depuis le minéral jusqu'à l'homme. Le mysti-\ncisme scientifique qui s'appuie sur les lois de la nature découvertes par une\ninvestigation séculaire, ruine toute idée de l'intervention miraculeuse dans\nle temps et l'espace, et se voit d'accord avec la théorie monistique puisqu'il\nconstate dans toutes les choses de l'univers un fond commun et éternel;\nil détruit le matérialisme qui confond le réel et le vrai avec le tangible et\nce qui ne peut être saisi que par le sens. De toutes les données d'une impor-\ntance capitale qui nous montrent en quoi consiste l'évolution du mysticisme\nmoderne et vers quoi celle-ci tend avec force et une sûreté garantie par les\nfaits observés, il résulte avec évidence que la nature humaine possède deux\nfaces : l'une tournée vers le monde extérieur communiquant avec lui à\nl'aide des sens, et l'autre encore si mystérieuse pouvant se manifester durant\ncertains états exceptionnels : dans les états hypnotiques et somnambu-\nliques, dans les pressentiments, le rêve, la télépathie, dans certains signes\net gestes symboliques de la nature animée ou inanimée qui environne\nl'homme de toute part. C'est une science au berceau, grosse d'avenir; elle\nconcilie le phénomène avec le noumen et prouve que la métaphysique n'est\npas, comme l'enseignaient les philosophes idéalistes allemands, en dehors\nde notre aperception (1). M. Miriam fait à cette occasion plusieurs cita-\ntions, qu'il ne serait pas difficile d'étendre à l'infini, et entres autres une\ntirée de la Theologia Deutsch de Martin Luther. Elle me paraît si\ncurieuse que je ne puis m'empêcher de la reproduire à cette place :\n« . . . Car l'âme créée de l'homme a deux yeux. Le premier œil a la faculté de\n\n\n   (1) En cela les philosophes idéalistes de l'Allemagne ont montré beaucoup de tact et\nde sagesse. Étant parvenus par voie de pure spéculation philosophique à la conviction\nque l'homme possède en lui une parcelle de l'absolu, ils n'osaient affirmer autrement\nl'existence de cet absolu. Pouvaient-ils espérer que peu de temps après eux la science\nexpérimentale viendrait confirmer leurs assertions spéculatives ? L'idéalisme n'est donc\npas ruiné par le mysticisme scientifique. Au contraire, il doit, en un certain sens, être\nconsidéré comme le précurseur de ce dernier. Je ne puis, par conséquent, approuver le\njugement trop sévère que porte M. Miriam à l'égard des philosophes idéalistes (Fichte,\nSchelling, Hegel) qui, en substance, ne veulent affirmer autre chose que ce qu'affirme le\nmysticisme basé sur l'observation. M. Miriam. qui connaît parfaitement les œuvres philo-\nsophiques de Wronsky, sait fort bien que le grand penseur polonais est parti du point\naboutissant de l'idéalisme allemand pour échafauder sa vaste et encore si ignorée syn-\nthèse.\n"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2706, "texte": "                                  — 337 —\n\n« regarder dans l'éternité et l'autre dans le temps et la création. Les deux\n« yeux ne peuvent agir à la fois ; si l'âme doit regarder avec l'œil droit\n« dans l'éternité, l'œil gauche pendant ce temps doit cesser toute fonction\n« comme s'il était mort. Par contre, quand l'œil gauche commencera ses\n« fonctions vers l'extérieur, vers le temps et la création, il empêchera par\n« là même l'action de l'œil droit. Celui donc qui veut posséder l'œil\n« droit doit renoncer à l'autre. Car personne ne peut servir deux seigneurs\n« à la fois. »\n   Le mysticisme de la secte pythagoricienne et de l'école d'Alexandrie,\nl'ascétisme de l'Inde, de l'Egypte et du moyen-âge sont là pour prouver\nquelle force acquiert cet œil droit, pour parler avec Luther, lorsqu'il est\nconstamment tourné vers l'infini; mais ce qu'il y voit dépend de l'époque,\nde la race, du degré de civilisation. De nos jours enfin, où la connaissance\ndes lois de la nature s'enrichit de découvertes incessantes, cette vue est\nparvenue à s'affranchir de l'attirail mythologique ou fantastique, à contem-\npler les choses de l'au-delà avec l'œil scrutateur du savant respectueux.\nMais le poète aussi se penche avec un saint effroi au-dessus de l'abîme de\nl'éternité, car lui aussi l'avait pressenti et découvert de par la force de son\nintuition et de son imagination créatrice.\n   J'ai l'air à mon tour de m'étendre tout au long, de m'égarer dans des\ndigressions. Il n'en est rien. Ce qui précède est un trait de lumière qui\nnous montrera l'activité actuelle de Maeterlinck sous son vrai jour.\n   M. Miriam, étudiant à fond les poésies dramatiques de l'auteur des\nAveugles, y découvre trois données essentielles :\n   La première, c'est la lutte entre les volontés individuelles et les passions.\nCette donnée, cela va sans dire, est commune à toutes les productions\ndramatiques.\n   La deuxième et la troisième donnée constituent la vraie originalité du\ntalent de Maeterlinck; de plus leur emploi, dit M. Miriam, est une inno-\nvation dont les résultats deviendront incalculables dans l'avenir.\n   La deuxième donnée consiste dans le choix des personnages du drame\n chez qui l'élément transcendantal s'affirme au détriment de celui des sens,\n chez qui par conséquent l'aperception interne s'est développée au détriment\n du vouloir vivre.\n   En cela déjà Maeterlinck se distingue de Shakespeare, car dans les\n drames de ce grand dramaturge la première donnée est dominante; la lutte\n des volontés et des passions y atteint des proportions colossales ; c'est le\n  vouloir vivre et s'affirmer dans toute sa grandeur. Soutenir que l'élément\n transcendantal ne se rencontre guère chez certains personnages du drame\n"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2643, "texte": "                                 — 338 —\n\nshakespearien serait une contre-vérité. Mais cet élément s'y devine ou ne\ns'y rencontre qu'aux hasards de la route, vu que dans l'application de cette\ndeuxième donnée Shakespeare n'a été qu'obscurément guidé par son instinct\ngénial et divinatoire.\n   La troisième donnée c'est le rôle que joue la nature dans les drames de\nMaurice Maeterlinck. Avant lui ce rôle était secondaire : celui des décors,\ndu fond, du feu de Bengale et autres éclairages ; la nature y reflétait les\npassions humaines et grondait et s'apaisait avec elles. Maeterlinck lui\nassigne un rôle actif, indépendant de l'homme, toutefois en corrélation\nintime avec lui. Dans ses drames la nature agit symboliquement avant ou\naprès les actions des personnages.\n   La théorie monistique qui voit un fond commun dans toutes les mani-\nfestations de l'univers, justifie et rend nécessaire même l'introduction de\ncette troisième donnée dans la dramaturgie moderne. En effet, la nature\nambiante et l'homme réagissent sans cesse l'un sur l'autre; une foule de ces\nréactions nous sont encore inconnues.\n   Selon M. Miriam, l'introduction de cette troisième donnée dans la poésie\ndramatique amène une réforme de la plus haute importance, car\nl'ancienne dramaturgie, celle avant Maeterlinck, ne s'occupait que de\nl'homme pris individuellement, elle le considérait comme un petit monde\nà part, sans lien, en quelque sorte, avec le reste de l'univers. Comparant la\nréforme de H. Taine apportée dans l'ancienne critique artistique, laquelle\nanalysait, étudiait chaque œuvre d'art sans lien avec le milieu et la race où\nelle naquit, M. Miriam croit découvrir entre les réformes respectives de\nTaine et de Maeterlinck des analogies très grandes et d'un mérite d'égale\nvaleur. Allant plus loin, M. Przesmycki voit en Maeterlinck un hardi archi-\ntecte qui, par sa réforme et ses réalisations, a posé la base d'un futur drame\ncosmique lequel, aujourd'hui, pourrait encore nous paraître presque impos-\nsible.\n   Tout ceci n'est que le quoi de l'esthétique de Maeterlinck. Procédant\ntoujours par voie déductive, — du général au particulier, de l'idée à sa\nréalisation, — M. Miriam arrive au comment, à l'analyse de l'œuvre de son\npoète et aux procédés qui lui ont permis de rendre, dans ses drames,\nl'expression adéquate à l'idée.\n   M. Miriam s'attache avec un soin particulier à l'analyse de la Princesse\nMaleine, œuvre où Maeterlinck subit sans conteste l'influence de Shakes-\npeare tout en y affirmant déjà son originalité qui ira en s'accentuant dans\nles œuvres suivantes.\n   Nous voici arrivés en un point où je me vois obligé de rectifier certaines\n"}, {"page_pdf": 378, "page_imprimee": 339, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2908, "texte": "                                  — 339 —\n\n\nassertions trop absolues de M. Przesmycki concernant les dites réformes de\nMaeterlinck. Si dans Shakespeare la plupart des personnages regardent en\neffet plus de l'œil gauche que de l'œil droit, en est-il ainsi des autres\nauteurs dramatiques. Par exemple, dans Manfred et dans Caïn de Byron,\ndans Jeanne d'Arc (Die Jungfrau von Orléans) de Schiller, et dans\nl'immense, l'incommensurable Faust de Gœthe?! Chez tous ces person-\nnages l'élément transcendantal est plus fortement développé que le sensuel,\net même lorsqu'il y a lutte entre les deux c'est le premier qui triomphe. Il est\nvrai qu'aucun de ces auteurs n'a su se débarrasser de l'attirail fantastique\nou mythologique, mais il est nécessaire d'ajouter que cet attirail n'est point\nl'effet de la crédulité : c'est du symbolisme — vieux jeu — si l'on veut.\n    J'attire ici l'attention sur l'étonnant poète qui a nom Nicolaus Lenau,\ndont le mysticisme a beaucoup d'analogie avec celui de Maeterlinck. Par\nexemple, dans certaines pièces de poésie, entre autres dans les Waldlieder\net dans son poème extraordinaire intitulé : Die Marionetten (les Marion-\nnettes), écrit avant 1843 et où le premier tableau s'ouvre par une scène\nsymbolique de la nature et où le dernier tableau reproduit la même scène,\nla mettant en parfaite corrélation avec les terribles et mystérieux événe-\nments du drame. Tout cela me paraît fort curieux.\n    Il ne faut surtout pas oublier Edgar Poe. Citerai-je certaines de ses nou-\nvelles où l'au-delà joue un si grand rôle? Morella, Ligeia, Metzgerenstein,\nles Souvenirs de M. Auguste Bedloe, les Révélations magnétiques... Poe,\nqui dans son admirable roman cosmique Eureka a exposé la doctrine\nmonistique, comprit, et bien avant Maeterlinck, la corrélation métaphysique\nqui existe entre l'homme et la nature. A cet effet, je ne citerai que le titre\nde la délicieuse nouvelle intitulée L'Ile de la Fée. Je ne veux point amoin-\ndrir le mérite de Maeterlinck, mais tâcher de remettre toute chose à sa\n place, de rendre, pour parler avec l'Évangile, à César ce qui revient\n à César. J'insiste sur l'immense influence qu'a exercé Edgard Poe, grâce\n à Baudelaire, sur la pléiade poétique belge, influence très légitime due\n autant à son génie qu'à la hauteur et la nouveauté de ses vues, et j'essaie de\n montrer une filiation qui me paraît assez directe.\n     La théorie théâtrale de Maeterlinck nous est bien connue. Selon sa con-\n ception, les poèmes dramatiques de sa création doivent être joués par des\n marionnettes. Et c'est très logique, car à quelle autre espèce d'acteur con-\n fierait-on les rôles des personnages dont le vouloir vivre, pour parler avec\n Schopenhauer, est réduit au minimum. « Ces petites âmes embryonnaires »,\n comme les appelle Mirbeau, sont des irréductibles de l'abstraction psycho­\n  logique, et à des êtres pareils conviennent et la langue que met dans leur\n"}, {"page_pdf": 379, "page_imprimee": 340, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2399, "texte": "                                  — 340 —\n\nbouche Maeterlinck et le jeu des fantoches : une langue d'une simplicité,\nd'une naïveté extrême, hérissée de répétitions, très suggestionnante et inter-\nrompue « par des blocs de silence » ; un jeu des inanimés, des imperson­\nnels qui seul peut ne pas substituer quelque chose d'une individualité\nétrangère à celle de personnages élémentaires du drame.\n   Une atmosphère légendaire est aussi l'une des conditions indispensables\nà de pareilles poésies dramatiques : un temps et un lien idéal, le plus rap-\nproché du métaphysique, lui, qui est toujours à l'état latent et en nous et\nen toute chose.\n   « Un grand artiste, simple jusqu'au fond du cœur, est celui qui conserve,\ndit Guyau, à l'égard du monde une certaine éternelle nouveauté du cœur,\nune certaine éternelle fraîcheur d'impressions... »\n   Toujours recommencer la vie, voici ce qui serait l'idéal de l'artiste.\n« Maeterlinck, conclut M. Miriam, possède sans doute cette éternelle\nenfance du cœur. Du reste, il a pénétré dans des domaines tout à fait neufs,\nqui avaient dû produire sur lui un étonnement bien autrement grand que\ncelui lorsqu'il se sentit un jour d'être le citoyen de ce monde. Cette éternelle\njeunesse du cœur est prouvée par le fait que non seulement dans la Prin­\ncesse Maleine, mais aussi dans ses suivantes créations il a su conserver\nintact sa simplicité et son naturel vraiment admirables. »\n   Je passe et le parallèle entre Eschyle, Sophocle et Maeterlinck, et celui\nentre Maeterlinck et les primitifs.\n   Ne pouvant relater ici que la substance des idées que M. Przesmycki\ns'était fait à propos de son auteur de prédilection, je n'effleure même pas\nsa dissertation sur le beau, quoiqu'elle soit d'un grand intérêt.\n   Dans le livre qui nous occupe, bien que la Princesse Maleine soit\nanalysée et commentée en détail, cependant M. Miriam n'en donne pas la\ntraduction, pour des raisons qui, nul doute, devaient lui avoir paru on ne\npeut plus motivées.\n   En finissant ce petit travail, j'exprime pour la deuxième fois mon admi-\nration pour la remarquable œuvre de critique et d'adaptation de M. Miriam,\net ne puis que souhaiter aux jeunes et talentueux écrivains belges d'être\ntoujours commentés et introduits dans le monde des littératures étrangères\npar des hommes d'une aussi exceptionnelle valeur.\n\n                                                           L. WALLNER"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 341, "page_fin": 341, "titre_corps": "Départ", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Hennebicq", "ancre_debut": "DÉPART", "ancre_fin": "LÉON HENNEBICQ", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LE PÈRE CAILLOU", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 380, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 75, "fin_caractere_exclue": 936, "texte": "DÉPART\n        Avec tes yeux pareils à des miroirs d'amour\n        Dont un souffle invisible a terni l'eau funèbre\n        Et remué, comme un soupir d'âme et de jour,\n        Le royaume des invulnérables ténèbres.\n\n        Madone au front plus blanc qu'un nuage de mai,\n        Toi pour qui j'ai quitté le vain orgueil des livres,\n        Je t'adore. Mon âme a peur. Les deux sont ivres,\n        L'heure fatale en mon cœur de bronze a sonné.\n\n        Viens! le voilier de cuivre attend, qu'un souffle emporte.\n        Viens! des chevaux ailés piaffent à ma porte,\n        L'orient élargit ses vantaux embrasés.\n\n        Le jour divin ruisselle et la dernière étoile.\n        Vierge mystérieuse, en la paix de son voile\n        Fermera ses yeux d'or à nos premiers baisers.\n\n                                                   LÉON HENNEBICQ.\n\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 341, "page_fin": 346, "titre_corps": "Le Père Caillou", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Sander Pierron", "ancre_debut": "LE PÈRE CAILLOU", "ancre_fin": "23 juin 1S94", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 380, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 936, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "LE PERE CAILLOU\n                                              A M. EVARISTE VAN EEPOEL\n\n\n             Madameke Ruelle était une très vieille petite femme, alerte\n               comme une fourmi malgré son grand âge; elle portait les\n               cheveux à l'ancienne mode, des bandeaux qui se perdaient\n               sous un bonnet blanc, bien repassé, se confondant aux tempes\navec des boucles d'argent épaisses et tremblotantes. La figure effilée prenait\ndans ce cadre une carnation de pâle oxyde. Le dos ne s'était point voûté ;\nmadameke Ruelle gardait toujours la tête infléchie, une tête fluette et ridée,\nincrustée de deux yeux vifs dont les années n'avaient point tari la malice.\n   Elle habitait une chaumière au bout du faubourg, à quelques minutes\ndu hameau d'Osseghem. La maisonnette vétusté, bien antérieure peut-\nêtre au clocher même, était fort distante de la grand'route et s'élevait\n"}, {"page_pdf": 381, "page_imprimee": 342, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2963, "texte": "                                  -   342    -\n\n\n entre l'école et la ferme des Vermieren. L'habitation ne présentait pas\n d'étage ; son toit de chaume, délabré çà et là, accusait une ligne capricieuse.\n Dans la façade, près de la porte basse à auvent, une croisée étroite était\n percée; un pavement de briques, que le va-et-vient des sabots et des souliers\n à clous de fer avait raviné d'un double sillon très rouge, carrelait le seuil.\n A gauche, dans le corridor aux murs jaunis à la chaux, on distinguait les\n premières traverses d'une échelle conduisant aux combles.\n    Devant la chaumine, au centre de la place inondée de soleil, poussait un\n haut tilleul, aussi rond et aussi joufflu qu'une pomme mûre. Cet arbre,\n de linde, ainsi que nous l'appelions, projetait une ombre discrète et\n sereine, piquée de pierreries que les rayons du soleil chassaient au travers\n des feuillages. La pénombre s'étendait en cercle jusqu'à la maisonnette et\n dessinait dans le gazon la silhouette d'une immense couronne. Les jours\n de congé, après nos baguenaudes et nos baignades frétillantes dans l'Etang\n du Moulin du baron Villegas, nous allions nous étendre sous le « linde »,\n et l'herbe nous paraissait plus tendre que la couchette la plus douce et la\n plus moelleuse. Il est vrai que nous contemplions le ciel et le jeu des nuages\n et que le parfum des camomilles saturait l'air et nos coeurs enfantins.\n    Au début du printemps notre tilleul avait un aspect étrange; on l'émon-\ndait régulièrement vers la fin de février ; la moindre branche tombait alors\nsous le coup sec et impitoyable du courcet. L'arbre apparaissait comme un\nbizarre fantôme; les loupes innombrables du tronc rigide contractaient\nl'allure de fatals masques auxquels nos imaginations naïves prêtaient des\ngrimaces horribles et fantastiques lorsque, le soir, la lune toute blanche,\nen caressant la maisonnette calme, découpait le profil dur du solitaire.\n    Des branchettes droites et minces naissaient au sommet et se couvraient\nbientôt d'un feuillage sombre ayant des tons de vieux velours. Lorsque\nnous supposions madameke Ruelle occupée ou absente, nous grimpions à\nl'arbre avec des cabrioles et des culbutes qui nous faisaient rire follement;\nmais nous persévérions et, en nous aidant des genoux et des épaules des\nnôtres, les premières loupes étaient bientôt enfourchées ; de là nous gagnions\naisément le cœur du « linde » dont la verdure serrée nous abritait contre\ntout regard. Puis nous arrachions de flexibles baguettes, choisies sans\ndéfauts, destinées à arrondir à merveille les joues de nos cerfs-volants.\n   Chaque jour, fillettes et gamins dansaient des rondes ingénues autour\ndu tilleul et chantaient gaîment. Les jupes claires et les tabliers de coutil\nfrétillaient et battaient des ailes ainsi que des papillons. Le vieux Core-\nman, de sa forge, en face, souriait à nos évolutions folâtres et disait à ses\nfrappeurs — deux bons et vivants drilles — en nous montrant du bout de\n"}, {"page_pdf": 382, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2857, "texte": "                                  -   343   -\n\nson marteau : « Regardez, voilà le siècle qui batifole autour du tilleul ! »\n   Et il disait vrai le bon forgeron, car quand nous étions vingt nous\navions peine à atteindre cent ans en additionnant nos âges. La pensée de\nCoreman s'attristait en songeant que sa vieille âme paisible, brûlée par les\nannées qui passèrent devant sa forge, eût pu, sans difficultés, égrener le\nchapelet des printemps de nos vingt petits cœurs réunis.\n   Devant la fenêtre basse de madameke Ruelle s'étalaient des friandises,\ndes « boules » et des caramels aux formes drôles, bariolés de couleurs dis-\nparates et criardes. Nous faisions notre choix sous l'auvent de toile rayée,\npuis nous nous engouffrions dans la boutique que nous emplissions de notre\nallégresse et de nos transports.\n   Madameke Ruelle avait une rude besogne à servir impartialement et à\ncontenter notre marmaille ; tandis qu'en échange de notre cens elle nous\ndonnait des bonbons enveloppés dans un cornet de papier brun, d'autres\nfouillaient dans les corbeilles et les platines de zinc espérant y découvrir un\nsucre nouveau\n   Parfois, au fond de la cuisine, nous apercevions le père Ruelle, buvant\nson café en mangeant d'épais briquets de pain bis. Ruelle était maçon et\nnous lui donnions le nom de « Papa caillou ». Il ne se fâchait pas quand\nnous l'appelions ainsi; il se contentait de nous râper un moment le menton\ndans sa main durillonnée en disant d'une voix dure : « Ah, les gamins ! »\nC'étaient les seuls mots qu'il nous adressait jamais, les seules syllabes qui,\ndevant nous, sortirent de sa grosse bouche rouge, aux lèvres plissées d'un\ncontinuel et mélancolique sourire. La douleur muette qui se lisait dans ses\ntraits calmes provenait sans doute du caractère acariâtre de sa femme;\n« papa caillou » était fort malheureux, bien souvent des disputes surgis-\nsaient entre son épouse et lui. Au bruit de l'altercation, nous nous serrions\nsur le seuil pour écouter la voix criarde et aiguë de madameke Ruelle fai-\nsant des reproches à son homme; celui-ci bougonnait, disait deux mots\nlents, sans volonté, puis se taisait. Seules les phrases perçantes et grièches\nde la petite vieille s'entendaient encore...\n   Nous autres, nous croyions « papa caillou » un peu toqué. C'était un\nbonhomme de taille moyenne, à la chevelure neigeuse, aux yeux tristes et\nfatigués, des yeux ayant la nuance des briques, comme si, à force de les\nregarder, leurs tons s'y étaient décalqués désormais. Nous nous moquions\nde la façon étrange et monotone dont le père Ruelle déambulait dans la\nvenelle et sur la route des Quatre-Vents. Savions-nous ce qu'était la\ntristesse? Les larmes mêmes nous les trouvions joyeuses. L'univers cares-\nsait nos œuvres ainsi qu'un éperdu sourire et les rayons du soleil fixaient\n nos prunelles comme des regards de bonheur et d'insouciance.\n"}, {"page_pdf": 383, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2781, "texte": "                                  — 344 —\n\n     Chaque matin, avant de me rendre en classe, je dirigeais mes pas vers\n l'étang. J'aimais le calme et la solitude de ses bords resplendissants de rosée\n matinale. Le paysage entier formait une merveilleuse rivière de pierreries\n magiques que le lac sertissait d'une reine-émeraude. Je m'asseyais sur le\n bord du ruisseau. Longuement j'y restais accroupi dans l'herbe fraîche et\n parfumée.\n    Devant l'éclusette, l'eau venant de l'étang moutonnait et se couvrait d'une\n écume caressante. Par-dessus les barreaux de fer rouillé des poissons plon-\n geaient drôlement, démenant une seconde leur corps d'argent dans la chute\n mignonne. Étourdis ils s'immobilisaient durant un instant, puis, les\n écailles pailletant sous l'azur du ciel, leurs nageoires lorées battaient avec\n une nouvelle vivacité. Et mes rires, mes exclamations brisaient le calme\n enchanteur et immuable et se répercutaient en échos attendris derrière le\n castel de Villegas.\n    Un jour, avant sept heures, je gagnais mon endroit favori. Le soleil du\n matin tamisait les ambiances d'une gaze féerique et le bleu de l'infini sem-\n blait plus pur que du cristal. Au coude de la route je découvris la place, à\n gauche la maisonnette de madameke Ruelle, la ferme des Vermieren,\nl'école; à droite la forge de Coreman, le cabaret de l'Arbre d'Or.\n    Sous le tilleul j'aperçus quelques camarades, la tête levée, le nez vers le\nciel, semblant scruter l'intérieur de l'arbre. J'étais intrigué. Que faisaient-\nils là, contrairement à leur habitude, de si grand matin? Et pourquoi cette\nfaçon anormale d'indiquer de la main le sommet du feuillage? Je fus bien-\ntôt parmi les nôtres, le regard perdu dans les branches. Au milieu des\nfeuilles je distinguai d'abord une paire de gros souliers éclaboussés de\nsable et de mortier à travers lesquels d'énormes clous de fer poussaient leur\ntête polie, puis un pantalon taché de chaux, un tablier de grossière toile\ngrise que je connaissais fort bien. Le long de la cuisse gauche le bras pen-\ndait immobile, montrant une main pote et crispée; la verdure serrée empê-\nchait de voir l'autre bras.\n   — « Papa caillou! » m'écriai-je, en regardant mes amis.\n    Q.ue faisait-il donc là-haut, dans cette posture impassible? En riant nous\nl'interpellâmes : point de réponse. Plaisantait-il, à présent, avait-il enterré\ndésormais sa mélancolie et sa tristesse ? C'était un tour, pour sûr, qu'il nous\njouait ! Si seulement nous avions aperçu son visage. Mais il se cachait, il\ndérobait sa figure à nos regards, peut-être pour que nous ne le vissions point\nse rire de notre étonnement! C'est à peine si nous devinions quelques\nanneaux de sa chaîne de montre dont le cuivre usé brillait parmi les feuilles\nsombres où perlait la sueur de la sève.\n"}, {"page_pdf": 384, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "                                  — 345 —\n\n   Au bout de cinq minutes notre bande se trouvait au complet. Nous\nétions quelque peu fatigués de tenir la tête levée, et le cou nous faisait mal.\nA la longue une légère inquiétude serra nos cœurs intrigués. De temps à\nautre les jambes bougeaient doucement et le bras semblait balancer. Nous\nnous regardâmes : de nos gorges, tout à coup, sortit un grand éclat de rire\nqui fit frissonner l'herbe et effraya les ramiers ; et, soudain, nos mains\ns'unirent et nos jambes encore engourdies s'échevelèrent dans une de ces\nrondes folles qui égayaient le village et faisaient battre le cœur des mamans\nderrière les rideaux de toile. A présent nous chantions allègres, oubliant\nmême « papa caillou » qui persistait à ne pas bouger.\n   Au bruit de nos chansons quelques seuils se garnirent. Baesine Vermie-\nren, la tête enveloppée dans un madras jaune à fleurs violettes, apparut sur\nle pas de sa porte. Elle s'avança vers notre groupe tandis que nous chan-\ntions les strophes d'une chanson enivrante, une chanson qui berçait un jeu\nde mode seulement vers la fin de juin, lorsque les fleurs de la pomme de\nterre perdent leurs pétales et font place à d'innombrables fruits servant de\nprojectiles à nos catapultes :\n\n                             Pataten-bollen,\n                             Den boom af       bollen...\n\n   Mais voilà que soudain la baesine se voile le visage, relève ensuite la\ntête, toute pâle, les yeux comme effrayés, hagards. Et elle se met à faire\nde grands signes à ses voisines, en faisant claquer son mouchoir rouge dans\nl'air. En voyant arriver tout ce monde nous arrêtons notre danse, mais les\nmains restent unies et nous formons toujours autour du « linde » un cercle\nde joues roses.\n   — Et « papa caillou », dort-il donc que tout ce bruit le laisse impas-\nsible? Peut-être veut-il partager son premier éclat de rire avec tout le\nvillage !\n   Voici maintenant Coreman traînant ses pas lourds, suivi des deux frap-\npeurs.\n   Notre cercle se défit pour leur livrer passage; nous portions les\nregards sur les groupes qui entouraient l'arbre. Le silence était suprême,\non entendait voler les oiseaux, un grillon chantait près du mur; on perce-\nvait le battement des cœurs formant comme une chaîne de sons discrets et\namortis.\n   Les femmes et les hommes se signèrent, quelques vieilles tirèrent leur\nmouchoir et s'en tapotèrent les cils.\n    Coreman nous regardait avec des reproches dans ses yeux vides, il délia\n"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1300, "texte": "                                  — 346 —\n\n son tablier de cuir et nous en fouailla le dos à grands coups. Nous étions\n dispersés; nous entendîmes le vieux forgeron nous dire la gorge serrée-\n mais plutôt parlait-il pour lui-même : « Ne venez plus danser sous le\n tilleul, mes enfants, car désormais ce serait autour de la mort que dan-\n serait le siècle de vos âmes unies ! «\n    Au coin de la route et du beekkant nous arrêtâmes nos pas. Tout le\nvillage maintenant s'ameutait sur la place. Quelques retardataires accou-\nraient des ruelles voisines ; le curé Aendenboom s'amenait là-bas, appuyé\nsur son « pied de chêne ».\n    La foule s'ouvrit et nous distinguâmes le corps immobile de « papa\ncaillou » que les deux frappeurs portaient lentement vers la maisonnette\nde madameke Ruelle, en tenant leur casquette serrée sous le bras. Toutes\nles têtes se baissaient, découvertes, ainsi que les épis d'un champ que caresse\nla rafale...\n    La foule se dispersa. Sur le seuil des portes les paysannes bruyamment\ns'entretenaient\n    Dans l'air calme la cloche de l'école se mit à tinter tels dés échos de\nglas très funèbres, et au lieu de prendre le chemin de la classe, nous cou-\nrûmes vers l'Etang du Moulin...\n\n                                                      SANDER P I E R R O N\n   23 juin 1S94."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 347, "page_fin": 347, "titre_corps": "Désespoir", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Émile de Sartorius", "ancre_debut": "DESESPOIR", "ancre_fin": "EMILE DE SARTORIUS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "OCTAVE PIRMEZ", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 386, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 73, "fin_caractere_exclue": 991, "texte": "DESESPOIR\n            Dans le grand Sahara, le sable inexorable,\n            Travaillant sans relâche, emplit l'immensité,\n            Et d'un linceul mouvant couvre la nudité\n            Du sol, enseveli sous le poids qui l'accable.\n\n            Triste comme la mer, le désert insondable,\n            Par le souffle puissant du simoun agité,\n            Semble se plaindre au ciel de son aridité\n            Et maudire le sort à jamais implacable.\n\n            Le vide et le silence, images du néant,\n            Rendent plus vaste encore le désert effrayant.\n            Mais plus triste je suis., plus lourde est ma souffrance,\n\n            Plus vaste est le désert du monde où je vis seul,\n            Et plus âpre est le vent qui roule le linceul\n            Sous lequel git mon cœur, mort à toute espérance.'\n\n                                                      E M I L E DE SARTORIUS\n\n\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 347, "page_fin": 348, "titre_corps": "Octave Pirmez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Delville", "ancre_debut": "OCTAVE PIRMEZ", "ancre_fin": "JEAN DELVILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 386, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 991, "fin_caractere_exclue": 1866, "texte": "OCTAVE PIRMEZ\n  Nous recevons de M. Jean Delville la lettre suivante :\n\n       MON CHER DIRECTEUR,\n\n\n   Faites, je vous prie, l'honneur de donner, au nom de la gloire légitime du Maître,\nl'hospitalité à ces quelques lignes, que l'un de ses admirateurs vous offre pour la Jeune\nBelgique. Voici :\n   Dans votre dernier numéro, vous rappeliez la commémoration De Coster. J'y lus, avec\nun sentiment mêlé de joie et de mélancolie, le nom du grand oublié d'Acoz : « Le monu-\nment De Coster appelle celui de Pirmez ! »\n   En vérité, ce cri oblige et correspond non pas seulement à l'humble et obscur désir\nque j'ose exprimer ici, mais, j'en suis convaincu, à celui de cent autres voix intimes et\nprotestataires contre l'oubli ambiant — si belge! — qui semble vouloir ensevelir l'Œuvre\naprès l'homme.\n                                                                               24\n"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 348, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3953, "texte": "                                        — 348 —\n\n   En effet, tous les lettrés sérieux savent que s'il est parmi la littérature de Belgique un\nesprit digne de recevoir la forme posthume et consécratoire du génie, s'il est un écrivain\ndont l'effigie mériterait d'être frappée au sceau des plus légitimes glorifications, comme\ncelle des plus beaux penseurs, c'est Octave Pirmez. N'a-t-il pas laissé une œuvre de la\nplus haute noblesse littéraire, d'une intellectualité puissante, et dont la silencieuse\nsuprématie resplendit aux altitudes ignorées de la littérature belge? Avec des livres\ncomme ses Feuillées, Jours de solitude, Remo, Heures de philosophie, en France, s'il\navait été Français, Pirmez serait célèbre. Dans notre pays, s'il avait été un turbulent\nphraseur de subtilités creuses, il figurerait parmi la hottée de sinistres fusains d'une\ngalerie officielle où la célébrité est presque compromettante! Mais il a, pareil aux forts,\naux grands, négligé sa gloire; cette âme supérieure avait la répugnance de la popularité\net savait se consoler des seules choses de l'infini. « Es-tu chagrin, tourmenté par les\nhommes et les choses, disait-il, jette hardiment ta pensée dans l'espace et dans l'éternité;\ncontemple l'univers immense, et considère le point imperceptible que tu y formes avec\ntout ce qui t'entoure. Ecoute la cloche : elle t'annonce que le temps infatigable roule\ntoutes choses en son linceul, et que bientôt toi-même tu seras roulé dans l'oubli et l'éternel\nmutisme, »\n   C'était, vous le savez mieux encore que moi, un poète, un penseur de race. Peladan,\nqui — quoi qu'on en dise ! — ne se trompe jamais sur la qualité psychique d'un être et\nqui déchiffre de suite l'arcane cérébral d'un intellectuel, nous dit un jour, à Paris, sa\nhaute estime pour Pirmez : Il le considérait comme étant « la seule tête des lettres\nbelges ». Pour ceux qui connaissent Peladan, autrement que par l'infâme ratatouille\nd'idioties où les gazettes triturent sa personnalité, cette appréciation est significative,\ndoublement.\n   Mais pourquoi insister sur la valeur de Pirmez, dans une revue où l'on a la pudeur de\nne pas oublier ce grand mort. Il importe avant tout — c'est le but de la présente —\nd'insister avec force sur l'idée du monument, puisque, en Belgique, il est nécessaire\nd'être atteint, à certaines heures suprêmes, de statumanie, afin d'un peu sauver de l'oubli\nceux dont la destinée n'est pas d'être les premiers venus et qui ont droit à un peu\nd'immortalité dans un pays où la mort des artistes n'est pas même ce soleil nouveau fai­\nsant s'épanouir les fleurs de leur cerveau, comme dit Baudelaire.\n   Et si l'officialité, elle, n'a pas le temps de s'intéresser à cette bagatelle que l'on nomme\nun écrivain, préoccupée qu'elle est, la bonne ménagère, bien plus de soupe politique que\nde beau langage, pourquoi, nous, les obscurs, les damnés, les inutiles, ne prendrions\nnous pas la revanche ?\n   Pourquoi — c'est ici surtout que j'insiste — la Jeune Belgique ne prendrait-elle pas\nl'initiative de cette lutte héroïque contre l'oubli d'une nation trop béotienne pour com-\nprendre son devoir? Les frais? Ouvrez une souscription et réclamez un subside de l'État.\n11 n'est pas nécessaire d'édifier un monument aux proportions aussi orgueilleuses que\ncoûteuses, et je suis persuadé que l'un de nos jeunes statuaires mettrait généreusement\nson talent au service d'une aussi noble intention. La figure de Pirmez est assez éloquente\npour tenter le ciseau d'un artiste. Le marbre et le bronze attendent, je crois, avec impa-\ntience pour faire revivre, glorieusement, le solitaire oublié d'Acoz, et bientôt, espérons-\nle, le monument s'édifiera, souvenir respectueux et triomphant pour quelques-uns,\nparmi la paludéenne indifférence du marécage national. Et ce sera toujours cela de fait\npour la gloire et la mémoire de ce pur, de ce grand : Octave Pirmez,\n                                                                          JEAN DELVILLE"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 349, "page_fin": 350, "titre_corps": "Odelette pour célébrer la décadence", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Toto", "ancre_debut": "ODELETTE", "ancre_fin": "TOTO", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 388, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 918, "texte": "ODELETTE\nPOUR C É L É B R E R LA DÉCADENCE\n\n\n     Voici la fin, dansons en chœur\n             des rondes;\n     Tout est au mieux dans le meilleur\n             des mondes.\n\n     Baisant de Camille adore'\n              la mule,\n     Voici ce qu'Edmond inspiré\n             formule :\n\n     « Brisez tout; l'art grec est trop   vieux.\n              Immense\n     un nouveau cycle radieux\n              commence.\n\n     Les temps sont proches : Lemonnier\n             va dire\n     du bien de ses amis, dernier\n             délire !\n\n     Bien loin Gauguin relégua les\n              barbares :\n     Sculptez des noix et des galets\n              bizarres.\n\n     Leconte de Lisle n'est qu'un\n              vieux bonze,\n     Allez offrir à ce Lebrun\n               un bronze.\n\n    Plus malin, je découvre en Ghil\n             sous roche\n    le génie inconnu, dès qu'il\n             approche.\n"}, {"page_pdf": 389, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 898, "texte": "                                   — 350 —\n\n                       Raymond    Nyst à Flaubert reprend\n                               l'empire ;\n                       Nous avions déjà, mais plus grand,\n                               Shakspire,\n\n                       Et Bebiesko, qui plus est;\n                               J'oublie\n                       Antonin Claude à qui Musset\n                                s'allie.\n\n                       En avant! Du neuf! Seul le neuf\n                                est digne.\n                       O jeunesse ! Je couve un œuf\n                                de cygne. »\n\n                       Tel il convertit l'univers\n                                et glose,\n                       Et les avocats font des vers\n                                en prose.\n                                                                      TOTO\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 350, "page_fin": 352, "titre_corps": "Chronique littéraire : Poèmes sans rimes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "délicat et sévère", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L artisan athlétique de Happe Chair", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 389, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 898, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  Poèmes sans rimes, d'Olivier-G. DESTRÉE. Londres, imprimé pour fauteur sur les\npresses de Chiswick. — L'Arche, par CAMILLE LEMONNIER. Paris. Dentu. — Nouvelles\nKermesses, par GEORGES EEKHOUD, édition définitive. Contes de mon village, par Louis\nDELATTRE, seconde édition. Bruxelles, Lacomblez. — Le Congo, par ALBERT CHAPAUX.\nBruxelles, Rozez.\n\n\n\n              Eternel étonné, le poète se découvre, chaque matin, renouvelé\n               dans les choses, toujours miraculeuses et neuves : Tel site\n               radieux, la noble et opulente symétrie d'un décor concrètent,\n               soudain, sa paresseuse préconception ; et il leur voue une\nfallacieuse gratitude pour l'avoir incliné à des paroles dont, en somme,\nils furent seulement le prétexte fortuit! Et. ici, son ingénuité atteint cette\nperfection qu'il se l'illusionne inhérente, non à lui-même, mais aux objets\nenvisagés; tellement que son indolente condescendance à l'inspiration\ntyrannique récuse toute suggestion réflexe, entachée, évidemment, à\nsingularité et excessive.\n"}, {"page_pdf": 390, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3309, "texte": "                                   — 351 —\n\n    L'outrance implique, à ses yeux, une irréfragable barbarie; et offre un\n moyen d'originalité factice trop facile et général pour n'exciter point son\n scrupule. Zeuxis, ainsi, retira avec colère une toile exposée dont les Athé-\nniens louaient l'étrangeté.\n    Bientôt, au demeurant, nulle conception ne hantera plus l'artiste, hétéro-\ngène à son préjugé cérébral, à son aptitude rhétorique. 11 prohibera, finale-\nment, la passion active qui convulsé et gesticule; la supportera, à peine,\nrévolue, ayant abouti à une espèce de sérénité tragique : Aux affres d'Ham-\nlet, à la transe d'Othello, il préférera la douceur de cette tendre Antigone\nrésignée, Cordélia, ou la soumission désespérée d'Ophélie, sa parure mor-\ntuaire d'herbes folles et de fleurs naïves; — à Cassandre, Andromaque; —\naux cailloux et aux ronces ensanglantés du Calvaire, le ciel immense et\nl'azur, les délicieux chantres archangéliques de la Résurrection. La douleur\nlui apparaîtra surtout ornementale ; plausible accessoire du drame; élément\nde beauté pathétique, susceptible de s'exprimer par des attitudes décoratives\net mesurées ; manifestée sous son aspect absolu, en la sculpturale théorie\nd'un chœur funéraire, accompagnant le récitatif dorien de sa plainte, d'évo-\nlutions rituelles.\n   L'œil volontairement optimiste du poète se délecte à la splendeur prime-\nsautière, au superficiel apparat du monde; à cette parure vernale dont\nl'artificieuse Nature travestit l'aridité ou la tristesse de la terre, et d'autant\nplus luxuriante qu'elle dissimule de charniers, nourrie et nuancée de la\nsubstance des ancêtres !\n   Cet idéal proscrit toute action : ses tableaux et ses personnages, en\neffet, saisis, dès l'abord, dans leur primeur fragile, sous l'aspect de leur\nplus parfaite magnificence, décherraient à la moindre mutation de leur\ncaractère initial. De là une certaine uniformité d'invention ; un poncif de\ncandeur patricienne et d'élégance qui modèle et limite l'effusion de l'artiste.\n   Une monotonie, à la longue, émane, et émousse l'admiration, des sym-\nphosia ferventes de Burne Jones, des cortèges hyperduliques de l'Angelico;\nparoxysmes humains ou paradisiaques, ineffables, mais dont le génial\ninterprète plastique n'atteignit, forcément, et ne transcrivit qu'une fois\nl'intégral et effervescent prodige... Ether divin, — « dolce color d'oriental\nzaffiro » — trop longtemps fixé, qui, après avoir illuminé, éblouit et\naveugle! Les yeux nostalgiques devront se déprendre du charme qui les\nfascina pour, humblement, se rabaisser vers la Terre, car la Princesse\nEndormie ne commencera d'exister, et son palais de cristal fluide, sous les\neaux, qu'à l'instant où la songerie aventurière du prince énamouré l'induira\nà troubler leur torpeur fabuleuse!\n   Et, au surplus, la fiction coïncide avec la sagesse pessimiste et sauvegarde\nle paladin de sa vague velléité profanatrice, en le réveillant! Quelque ondine\nlacustre, sinon, ou quelque hamadryade l'eut, sans doute, exhorté : « Que\nla certitude te suffise, beau prince, de la vertu de ton talisman ! Em-\n baume l'intact souvenir de cette vision irrésolue qu'aucun mortel, poète\nmême ou magicien, n'est digne ni capable de vivre! Cette innocente Epi-\n ménide ne se ranimerait que pour vieillir; et qui sait? ayant tout appris\n"}, {"page_pdf": 391, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "                                  — 352 —\n\npendant ce silence séculaire, renaîtrait-elle d'une loquacité redoutable, et\nsavante!... Laisse la donc, vivante effigie immaculée, sur le socle de son\néternité: sa suavité appartient, toute, au marbre ensorcelé; et le baiser qui\nlui transfuserait ton ardeur te désenchanterait, — car les siècles lui ont com-\nmuniqué, avec la posture, l'âme glacée d'une statue!... Chevalier généreux,\nméfie-toi, désormais, de la surface perfide des étangs sylvestres qui séduit\nle passant et l'abuse du mirage de sa propre figure embellie!... »\n   D'autres spectacles attirent l'espérance inassouvie du prince et du poète,\nles rivages païens du perpétuel primevère, le littoral de la mer glorieuse d'où\nVénus surgit, sous ces « flottantes couronnes d'ailes frémissantes », ces\nmêmes auréoles ailées dont le Beato nimbe l'Assomption de ses Vierges! La\nverdure moite et lustrée des campagnes insulaires, la fine arête nerveuse des\ncollines florentines, la Toscane sinueuse et pétrée les regardent chevaucher\nde compagnie, jumeaux à l'âme sensitive, ravis par la pureté adorable des\nchoses. Leur juvénile allégresse ne se ternit d'aucune flétrissante philosophie;\nrebelle à l'analyse, rien n'en diminue, n'en transgresse l'imperturbable magni-\ntude. « L'horloge de fer » de la réflexion ne sonne jamais en cette contrée ély-\nséenne, mais seulement le timbre fluide des cloches argentines de Fiesole;\nses habitants bénis n'exagèrent, peut-être, que la bénévolence et la crédu-\nlité de leur joie : — c'est la patrie prédestinée de la légende et du merveil-\nleux!...\n    Les poèmes de M.Olivier-G. Destrée retracent dans une forme passion-\nnément simple, avec un coloris vivace, genuine, les émotions de ses nobles\npériégètes. Ambitieux de grâce spontanée, surtout, et de native éloquence,\nle dandysme intellectuel de l'auteur des Poèmes sans rimes poursuit celte\nharmonie qui unit les teintes somptueuses et profondes à la sobriété expres-\nsive des lignes. La plupart de ses proses — et notamment la Princesse\nendormie, Maison paternelle et les Triomphes, — répondent étroitement\nau dessein prémédité de l'écrivain et brillent de la beauté puérile et extasiée\nqu'il leur avait rêvée.\n   M. Herbert-P. Horne a ordonné aux Poèmes sans rimes un costume\nstrictement apparié à l'œuvre qu'il revêt; — typographie, lettrines, frontis-\npice, d'un goût exquis, délicat et sévère.\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 352, "page_fin": 353, "titre_corps": "Chronique littéraire : L’Arche", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "L artisan athlétique de Happe Chair", "ancre_fin": "cependant pavoisé", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L éditeur Lacomblez complète", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 391, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 2400, "fin_caractere_exclue": 3166, "texte": "L'artisan athlétique de Happe-Chair, le peintre à fresques des Possédés,\nde la Fin des Bourgeois accorde, parfois, une trève à ses labeurs grandioses\net, pour se délasser, s'installe à l'établi de l'orfèvre, cisèle de surprenantes\njoailleries, d'un art patient et ingénieux, enchâsse quelque rare chrysolithe,\nsertit quelque impérial camée ; ou, saisissant la loupe du miniaturiste, il\nrésume, dans l'étroite perspective d'une nouvelle, d'un conte, son amour et\nsa science de la couleur. Par récréation, aussi, afin de distraire sa pensée\nd'autres et plus absorbants travaux, n'a-t-il point taillé dans le buis, enlu-\nminé et verni maints jouets paradoxaux et drôles? Des mêmes mains éner-\ngiques qui défient la tempête et subjuguent la rafale, les marins construi-\n"}, {"page_pdf": 392, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1996, "texte": "                                  — 353 —\n\nsent de frêles et minimes navires, cambrent la flexible armature, compli-\nquent le réseau délié et ténu de leur gréement impalpable...\n   L'Arche est le produit d'une de ces remittences du maître styliste; un\nrelais sur la route principale de son œuvre. Repos créateur, toujours, sem-\nblable à ceux que s'accordait Balzac, dans l'intervalle de ses fulgurants\nchefs-d'œuvre, pour esquisser de rapides et merveilleux épisodes, — pierres\nqui, plus tard, étayaient et rejointoyaient les assises cyclopéennes de la\nComédie humaine.\n   — Aux confins de la capitale où s'agite la convulsive légion des\ncréatures de Lemonnier, — Claudine Lamour, les Lupar, Lépervié,\nRakma, etc.— êtres morbides doués d'un si spécial relief, — presque dans la\nbanlieue, le romancier installe, cette fois, une famille désemparée par\nquelque bourrasque financière, résignée à sa récente médiocrité, mais\nvictime, encore, de la fièvre intrigante de son chef, un de ces aigrefins,\nhabiles toujours et toujours dupés aux jeux louches du hasard et qui\naffrontent, sans cesse, une chance constamment adverse.\n   Et c'est le Journal des doutes, des angoisses et des humiliations de la\nfemme ; et aussi, le cahier confidentiel des félicités de la mère, de cette\nmaman qui, le cœur piétiné sous les ignominieuses réalités, amaigri par\nl'appréhension pire de désastres inconnus, continue de sourire à la quié-\ntude, au tranquille bonheur de ses enfants. Un courage anime ces pages,\nexalté et un peu tremblant; une persévérante et virile volonté, mais infléchie\nde sollicitude tutélaire et de haute pitié féminine...\n   On dirait, cette petite maison ornée de verdure et fleurie, l'asile précaire\nd'un cataclysme, en partie subi, et dont, frémissant, l'on attend le coup\nsuprême ;— au milieu de la mer déserte et mauvaise,le radeau, épave de plus\nen plus disloquée que, chaque jour, il faut radouber et reconquérir — et,\ncependant, pavoisé!...\n\n                                      ***\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 353, "page_fin": 353, "titre_corps": "Chronique littéraire : Nouvelles Kermesses", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "L éditeur Lacomblez complète", "ancre_fin": "les imminentes Communions subversives", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Les Contes de mon village début", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 392, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 1996, "fin_caractere_exclue": 3007, "texte": "L'éditeur Lacomblez complète, peu à peu, sa collection en réimprimant\nles principaux ouvrages, tirés, naguère, à petit nombre et devenus introu-\nvables, de nos écrivains notables. Il republie ainsi, aujourd'hui, les Nou­\nvelles Kermesses et les Contes de mon village. Il suffira de signaler la\nréapparition de ces beaux livres aux lecteurs de la Jeune.\n   Outre leur mérite propre, les Nouvelles Kermesses présentent ce particu-\nlier intérêt de dater de la.phase intermédiaire de l'art de M. Georges Eek-\nhoud, de marquer l'heure d'une crise décisive et féconde, du climax où son\ntalent, l'anormale vigueur d'observation et de concept, dénoncés par ses\ntravaux antérieurs, atteignirent leur entière et plantureuse maturité. Les Las\nd'aller, les Vachers du Meer pronostiquent déjà la subtile violence,\nl'intensité clairvoyante, l'insolite acuité, cette motilité extrême de la sensa-\ntion qui embrasent et accentuent les prestigieux feuillets du Cycle patibu­\n laire et les imminentes Communions subversives.\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 353, "page_fin": 354, "titre_corps": "Chronique littéraire : Contes de mon village", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Les Contes de mon village début", "ancre_fin": "tragique et familière", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ce fut une décisive épreuve", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 392, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 3007, "fin_caractere_exclue": 3077, "texte": "Les Contes de mon village, début de M. Louis Delattre, qu'une frater-\n"}, {"page_pdf": 393, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 514, "texte": "                                 - 3 5 4 -\n\nnelle préface de M. Georges Eekhoud présenta au public lettré, possèdent\nla fraîche saveur acide d'un fruit croquant et vert. La réalité vivace pétille\nen ces pages agiles : la Voisine, le Grand frère, et la finesse, une\nmanière de naïveté narquoise, de sentimentalité goguenarde, de tendre\ngouaillerie ; d'autres — Pierre de la Baraque, la P'tite Flippine — illus-\ntrent d'humbles et inoubliables héros, profilés d'une plume plus grave, —\ntragique et familière.\n\n\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-014", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 354, "page_fin": 355, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Congo", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Ce fut une décisive épreuve", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Aux prochains numéros", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 393, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 514, "fin_caractere_exclue": 2952, "texte": "Ce fut une décisive épreuve et péremptoire pour l'esprit national, cette\nœuvre du Congo parvenue, malgré bien des hostilités et des traverses, à\nune vitalité désormais certaine. Les sarcasmes acrimonieux et la risée,\nsalaire habituel, en cette bienveillante patrie, de toute initiative désinté-\nressée ou trop altière pour la j'udiciaire publique, saluèrent, dès l'origine,\nl'entreprise royale ; et, en cette occasion, la dénigrante huée, le ricanement\nde la haineuse médiocratie s'exacerbèrent encore, de l'affreuse éventualité\nprédite, de la possible compromission, grâce à la politique coloniale, de la\nchère intégrité de nos finances !\n    Redoutable aléa! Le pays, peut-être, brusquement arraché à sa sieste\nauguste, verrait fondre les monstrueuses et suintantes bajoues, fruits rubi-\nconds d'une prospérité et d'une somnolence jubilaires; sa pensée aiguil-\nlonnée se soustrairait aux polémiques soporeuses dont on l'a, savamment,\nabêtie, échapperait à l'envoûtement des sublimes campagnes électorales,\ndes joutes attiques des meetings! Le pouacreux cabaret, dont la fétide\nodeur d'enfermé, les aigres relents moisis étaient devenus l'atmosphère et la\ncondition de notre vie, voici qu'on prétend l'aérer, scandaleusement en\nouvrir les fenêtres sur le large !\n   • Les victimes du climat et de la guerre servirent d'arguments sinistres aux\nsensibles philanthropes, ennemis du Congo : — les territoires, pourtant,\nne se subjuguent pas comme le peuple souverain — avec des bavardages\ndéclamatoires !\n    Alors même qu'elle se démontrerait onéraire pour la métropole, cette\npossession africaine ne resterait-elle point d'un prix moral inestimable ?\nCarrière, enfin, aux énergies; horizon ouvert à la témérité et à l'héroïsme;\nchamp d'exercice aux audacieux; école de crânerie et d'intrépidité où les\ncœurs s'élargiront et les intelligences; concurrence avec l'étranger, salutaire\nau tempérament émasculé par le houblon, à la lymphe de la pléthorique et\ncasanière Belgique...\n    Certes, il est louable de manger de la terre natale; point jusqu'à l'indi-\ngestion, pourtant! Le fier geste de communion des Klauwaerts empruntait,\nd'ailleurs, sa signification épique de la conjoncture et, très évidemment,\nmessied au moderne garde-civique décoré du Mérite industriel ou agri-\ncole !...\n    On connaissait vaguement, d'après les notions éparses et fragmentaires\n fournies par les quotidiens, dénaturées, trop souvent, ou falsifiées, la belle\n"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 716, "texte": "                                — 355 —\n\nsérie de campagnes de nos officiers dans la région de la rivière Zaïre; le\nrécit bien coordonné, et éclairé de judicieuses réflexions, de M. Albert\nChapaux renferme l'historique complet de la conquête, depuis les explora-\ntions préalables jusqu'aux dernières défaites des déprédateurs arabes.\nD'abondantes illustrations, des aperçus concis et clairs sur la constitution\ndiplomatique et politique, l'ethnographie, les richesses géologiques, la\nfaune, la flore, l'hygiène, etc., de la contrée, complètent le volume remar-\nquable de M. Chapaux, qui constitue, ainsi, une excellente encyclopédie\ncongolaise.\n                                                     ARNOLD GOFFIN\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-015", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 356, "page_fin": 362, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "recrée la vie", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 104, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "Le numéro belge de la Nouvelle Revue"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 278, "fin_caractere_exclue": 320, "texte": "internationale a fait sensation. 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Hallaux, Coomans et de Haulleville"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1000, "fin_caractere_exclue": 1040, "texte": "sur le mouvement littéraire en Belgique."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1180, "fin_caractere_exclue": 1223, "texte": "M. Hallaux a répondu qu'il n'a pas le temps"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1275, "fin_caractere_exclue": 1314, "texte": "de se tenir au courant; M. Coomans, qui"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1315, "fin_caractere_exclue": 1358, "texte": "est retombé en nourrice, a déclaré que cent"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1493, "fin_caractere_exclue": 1538, "texte": "jeunes-belgique viennent d'être décorés (sic)"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1594, "fin_caractere_exclue": 1636, "texte": "et M. de Haulleville s'est exprimé ainsi :"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1698, "fin_caractere_exclue": 1734, "texte": "Très remarquable ce mouvement, d'au-"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1782, "fin_caractere_exclue": 1819, "texte": "tnnt plus remarquable que le pays est"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1874, "fin_caractere_exclue": 1916, "texte": "bilingue. C'est une difficulté que d'avoir"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1969, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "deux langues, car il y a, forcement, une"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2059, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "déperdition de forces. Ces deux langues,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2100, "fin_caractere_exclue": 2139, "texte": "allemande et romane, existèrent de tout"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2192, "fin_caractere_exclue": 2228, "texte": "temps... depuis la chute de l'Empire"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2292, "fin_caractere_exclue": 2333, "texte": "romain, époque reculée de leur formation."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2375, "fin_caractere_exclue": 2420, "texte": "Dès le XVe siècle, il y eut des littérateurs."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2465, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "Philippe de Commines et Froissart, pour"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2557, "fin_caractere_exclue": 2600, "texte": "ne parler que des plus célèbres, sont de ce"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2646, "fin_caractere_exclue": 2654, "texte": "pays-ci."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2739, "fin_caractere_exclue": 2778, "texte": "Aujourd'hui des hommes très distingués,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2837, "fin_caractere_exclue": 2883, "texte": "très fins, sont à la tête de la jeune littéra-"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2925, "fin_caractere_exclue": 2964, "texte": "ture. J'admire sans restriction Gilkin,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3020, "fin_caractere_exclue": 3060, "texte": "Giraud, Séverin et d'autres... Verbaeren"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3102, "fin_caractere_exclue": 3144, "texte": "fait quelquefois des vers de treize pieds,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3193, "fin_caractere_exclue": 3235, "texte": "mais ça m'est égal, je ne me préoccupe que"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3236, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "du rythme et de l'idée. S'ils étaient fran-"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3336, "fin_caractere_exclue": 3378, "texte": "çais, ceux dont je viens de vous citer les"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3439, "fin_caractere_exclue": 3473, "texte": "noms feraient du bruit, je vous en"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3540, "fin_caractere_exclue": 3548, "texte": "réponds."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3846, "fin_caractere_exclue": 3897, "texte": "M. Verhaeren publie dans la                 Société"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3948, "fin_caractere_exclue": 3977, "texte": "nouvelle le poème que voici :"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4069, "fin_caractere_exclue": 4076, "texte": "LA TÈTE"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4149, "fin_caractere_exclue": 4183, "texte": "La couronne grande de nuit et d'or"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4254, "fin_caractere_exclue": 4294, "texte": "Pesait si lourdement sur la tête de cire"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4356, "fin_caractere_exclue": 4390, "texte": "Qu'avec son poids de siècles morts"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4461, "fin_caractere_exclue": 4491, "texte": "Elle semblait broyer l'Empire."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4593, "fin_caractere_exclue": 4620, "texte": "Le pâle émail des yeux usés"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4696, "fin_caractere_exclue": 4720, "texte": "S'était fendu en agonies"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4797, "fin_caractere_exclue": 4821, "texte": "Minuscules mais infinies"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4825, "fin_caractere_exclue": 4857, "texte": "Sous les sourcils tranquillisés."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 164, "fin_caractere_exclue": 191, "texte": "La tête avait été d'éclair,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 251, "fin_caractere_exclue": 277, "texte": "Avant que les pâles années"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 380, "fin_caractere_exclue": 408, "texte": "N'eussent rivé les destinées"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 468, "fin_caractere_exclue": 500, "texte": "Sur ce bloc mort de morne chair."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 605, "fin_caractere_exclue": 637, "texte": "Les crins encor étaient ardents,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 697, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "Mais la colossale mâchoire"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 783, "fin_caractere_exclue": 813, "texte": "Mi-ouverte, laissait la gloire"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 873, "fin_caractere_exclue": 904, "texte": "Tomber morte d'entre les dents."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 964, "fin_caractere_exclue": 999, "texte": "Depuis des temps qu'on ne sait pas,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1059, "fin_caractere_exclue": 1089, "texte": "La couronne violemment cruelle"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1149, "fin_caractere_exclue": 1179, "texte": "De sa poussée indiscontinuelle"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1239, "fin_caractere_exclue": 1274, "texte": "Ployait le front toujours plus las."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1374, "fin_caractere_exclue": 1400, "texte": "Les astuces, les perfidies"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1460, "fin_caractere_exclue": 1492, "texte": "Louchaient en ces joyaux taillés"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1552, "fin_caractere_exclue": 1593, "texte": "Et les meurtres, les sangs, les incendies"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1653, "fin_caractere_exclue": 1694, "texte": "Semblaient reluire entre ces ors caillés."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1754, "fin_caractere_exclue": 1781, "texte": "L'âme dos races redoutables"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1841, "fin_caractere_exclue": 1873, "texte": "Dardait ainsi ses vieux forfaits"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 1933, "fin_caractere_exclue": 1968, "texte": "Sur sa propre tête qu'elle écrasait"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2028, "fin_caractere_exclue": 2058, "texte": "Sous les passés incommutables."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2159, "fin_caractere_exclue": 2191, "texte": "Couronne et tête étaient placées"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2251, "fin_caractere_exclue": 2291, "texte": "— Couronne ardente et tête héréditaire —"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2351, "fin_caractere_exclue": 2371, "texte": "En un logis de verre"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2431, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "Au fond d'un hall, dans un musée."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2524, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "L'œuvre s'y achevait définitive."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2616, "fin_caractere_exclue": 2645, "texte": "Un vieux gardien vêtu de noir"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2705, "fin_caractere_exclue": 2735, "texte": "Veillait obstinément sans voir"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2795, "fin_caractere_exclue": 2836, "texte": "Que cette mort s'accomplissait impérative"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2896, "fin_caractere_exclue": 2924, "texte": "Selon la loi d'inflexibilité"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 2984, "fin_caractere_exclue": 3019, "texte": "D'une force qui se détruit soi-même"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3079, "fin_caractere_exclue": 3101, "texte": "Avec colère et cruauté"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3161, "fin_caractere_exclue": 3192, "texte": "Et qui s'embaume en un emblème."}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3295, "fin_caractere_exclue": 3335, "texte": "Depuis des temps que nous ne savons pas,"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3392, "fin_caractere_exclue": 3438, "texte": "indiscontinuel est un mot pas français, fabri-"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3495, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "qué par un Apache en délire, et qui signifie"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3596, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "la même chose que continuel.' Depuis des"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3693, "fin_caractere_exclue": 3740, "texte": "temps qu'on ne sait pas, le passé a pour carac-"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3797, "fin_caractere_exclue": 3843, "texte": "téristique d'être incommutable.        Quant à"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 3900, "fin_caractere_exclue": 3947, "texte": "l'expression tête héréditaire, elle trahitvrai-"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4004, "fin_caractere_exclue": 4048, "texte": "ment trop la pensée du poète. Il n'a évidem-"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4105, "fin_caractere_exclue": 4145, "texte": "ment pas voulu dire que tous les membres"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4202, "fin_caractere_exclue": 4250, "texte": "de la famille impériale dont il s'agit n'avaient"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4307, "fin_caractere_exclue": 4352, "texte": "qu'une seule tête, qu'ils se passaient à tour"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4409, "fin_caractere_exclue": 4457, "texte": "de rôle, — mais il le dit... Voilà ce qui arrive"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4548, "fin_caractere_exclue": 4589, "texte": "lorsqu'on se moque du sens des mots et de"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4646, "fin_caractere_exclue": 4692, "texte": "la propriété des termes et lorsqu'on se flatte"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4749, "fin_caractere_exclue": 4793, "texte": "de cultiver ses défauts. Le talent meurt, et"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 4878, "fin_caractere_exclue": 4918, "texte": "cette mort s'accomplit impérative, selon"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 75, "fin_caractere_exclue": 116, "texte": "la loi d'inflexibilité d'une force qui se"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 117, "fin_caractere_exclue": 159, "texte": "détruit soi-même avec colère et cruauté et"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 160, "fin_caractere_exclue": 188, "texte": "qui s'embaume en un emblème."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 192, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "Dans un autre poème intitulé La Bourse,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 292, "fin_caractere_exclue": 334, "texte": "où les cariatides du monument lèvent « des"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 403, "fin_caractere_exclue": 443, "texte": "coffres-forts dédicatoires », nous avons"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 513, "fin_caractere_exclue": 556, "texte": "admiré les couplets suivants, consacrés aux"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 624, "fin_caractere_exclue": 668, "texte": "opérations financières auxquelles se livrent"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 731, "fin_caractere_exclue": 766, "texte": "« de carnassiers bourgeois monumen-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 808, "fin_caractere_exclue": 849, "texte": "taux », dont les têtes sont « chavirées »"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 945, "fin_caractere_exclue": 964, "texte": "par les faillites :"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1092, "fin_caractere_exclue": 1117, "texte": "Tels jours, à tel moment,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1212, "fin_caractere_exclue": 1237, "texte": "La fièvre encore augmente"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1332, "fin_caractere_exclue": 1354, "texte": "Et pénètre le monument"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1453, "fin_caractere_exclue": 1480, "texte": "Et dans les murs fermente :"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1575, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "On croît la voir se raviver aux lampes"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1694, "fin_caractere_exclue": 1720, "texte": "Immobiles comme des hampes"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1811, "fin_caractere_exclue": 1841, "texte": "Et se couler de rampe en rampe"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1902, "fin_caractere_exclue": 1925, "texte": "Et s'ameuter et éclater"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2030, "fin_caractere_exclue": 2058, "texte": "Et crépiter sur les palliers"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2156, "fin_caractere_exclue": 2185, "texte": "Et les marbres des escaliers."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2279, "fin_caractere_exclue": 2301, "texte": "Une fureur réenflammée"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2400, "fin_caractere_exclue": 2426, "texte": "Au mirage d'un pâle espoir"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2523, "fin_caractere_exclue": 2551, "texte": "S'élève alors de l'entonnoir"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2643, "fin_caractere_exclue": 2663, "texte": "De bruit et de fumée"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2764, "fin_caractere_exclue": 2804, "texte": "Où l'on se bat. à coups de vols, en bas."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2887, "fin_caractere_exclue": 2934, "texte": "Langues lèches, regards aigus, gestes inverses,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3005, "fin_caractere_exclue": 3061, "texte": "Et cervelles, qu'en tourbillons, les millions traversent"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3073, "fin_caractere_exclue": 3112, "texte": "Echangent là leur peur et leur terreur."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3194, "fin_caractere_exclue": 3219, "texte": "La bâte y simule l'audace"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3316, "fin_caractere_exclue": 3344, "texte": "Et les audaces se dépassent;"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3433, "fin_caractere_exclue": 3469, "texte": "Des doigts grattent sur des ardoises"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3550, "fin_caractere_exclue": 3582, "texte": "L'affolement de leurs angoisses;"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3669, "fin_caractere_exclue": 3703, "texte": "Cyniquement, tel escompte l'éclair"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3790, "fin_caractere_exclue": 3824, "texte": "Qui tue un peuple au bout du monde"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3909, "fin_caractere_exclue": 3953, "texte": "Dans l'or et dans le sang qui se confondent;"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4029, "fin_caractere_exclue": 4059, "texte": "Les chimères volent au clair ;"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4156, "fin_caractere_exclue": 4188, "texte": "Marchés conclus, marchés rompus,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4270, "fin_caractere_exclue": 4307, "texte": "Luttent et s'entrebutent en disputes,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4390, "fin_caractere_exclue": 4430, "texte": "L'air brûle — et les chiffres paradoxaux"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4512, "fin_caractere_exclue": 4551, "texte": "En paquets pleins, en lourds trousseaux"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4631, "fin_caractere_exclue": 4668, "texte": "Sont répétés et cahotés, et ballottés"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4752, "fin_caractere_exclue": 4781, "texte": "Et s'effarent en des bagarres"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4877, "fin_caractere_exclue": 4911, "texte": "Jusqu'à ce que leurs sommes lasses"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4997, "fin_caractere_exclue": 5017, "texte": "Masses contre masses"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5122, "fin_caractere_exclue": 5133, "texte": "Se cassent."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5250, "fin_caractere_exclue": 5323, "texte": "M a n i e r l ' h a r m o n i e i m i t a t i v e , r é d u i t e p o u r"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5491, "fin_caractere_exclue": 5552, "texte": "ainsi d i r e à l ' o n o m a t o p é e , a v e c la frénésie"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5675, "fin_caractere_exclue": 5729, "texte": "d'un N y a m - N y a m q u i a b u d e l'alcool, voilà"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5776, "fin_caractere_exclue": 5831, "texte": "le t r i o m p h e d e la n o u v e l l e p o é s i e ."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5900, "fin_caractere_exclue": 5956, "texte": "Et d i r e qu'il y a d e p a r n o t r e petit m o n d e"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6000, "fin_caractere_exclue": 6057, "texte": "littéraire, u n e t r e n t a i n e d e s n o b s p o u r"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6303, "fin_caractere_exclue": 6368, "texte": "lesquels de p a r e i l l e s a b e r r a t i o n s s o n t l'in-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6410, "fin_caractere_exclue": 6429, "texte": "dice du g é n i e !"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6535, "fin_caractere_exclue": 6588, "texte": "Ce q u ' o n rira d e t o u t cela, p l u s t a r d !"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6656, "fin_caractere_exclue": 6716, "texte": "Q u a n t à n o u s , n o u s l ' e n t e n d o n s déjà, le"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6884, "fin_caractere_exclue": 6945, "texte": "terrible, l ' i m p l a c a b l e , le final éclat d e rire !"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 256, "fin_caractere_exclue": 291, "texte": "L'Art moderne ayant donné une forme"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 357, "fin_caractere_exclue": 402, "texte": "définitive et lapidaire à toutes les sottises"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 468, "fin_caractere_exclue": 512, "texte": "proférées par la « basse critique » au sujet"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 578, "fin_caractere_exclue": 623, "texte": "de Leconte de Lisle, s'est attiré, de la part"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 689, "fin_caractere_exclue": 730, "texte": "du Journal de Bruxelles, la jolie riposte"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 796, "fin_caractere_exclue": 807, "texte": "que voici :"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 925, "fin_caractere_exclue": 944, "texte": "L'ANARCHIE POÉTIQUE"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1046, "fin_caractere_exclue": 1090, "texte": "Point d'ordre sans liberté, point de liberté"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1169, "fin_caractere_exclue": 1211, "texte": "sans ordre! Voilà une vérité vieille comme"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1290, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "le monde, si connue, si souvent démontrée"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1410, "fin_caractere_exclue": 1452, "texte": "que l'on est un peu honteux de la formuler"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1531, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "de nouveau. C'est comme si l'on disait à un"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1653, "fin_caractere_exclue": 1693, "texte": "homme raisonnable : Monsieur, permettez-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1772, "fin_caractere_exclue": 1810, "texte": "moi de vous apprendre que deux et deux"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1889, "fin_caractere_exclue": 1901, "texte": "font quatre."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 1983, "fin_caractere_exclue": 2029, "texte": "Il se fait pourtant que cette vérité si claire"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2108, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "et si indiscutable est aujourd'hui niée effron-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2234, "fin_caractere_exclue": 2278, "texte": "tément par des bavards qui s'intitulent pen-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2357, "fin_caractere_exclue": 2399, "texte": "seurs. Ils courent les places publiques en"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2478, "fin_caractere_exclue": 2522, "texte": "criant : Liberté! liberté! Mais leurs décla-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2601, "fin_caractere_exclue": 2642, "texte": "mations libérales cachent mal leur esprit"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2721, "fin_caractere_exclue": 2763, "texte": "despotique, et la liberté qu'ils réclament"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2842, "fin_caractere_exclue": 2886, "texte": "n'est que la liberté d'établir la domination"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 2965, "fin_caractere_exclue": 3004, "texte": "tyrannique de leurs caprices et de leur"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3062, "fin_caractere_exclue": 3072, "texte": "ignorance."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3154, "fin_caractere_exclue": 3193, "texte": "L'univers entier est régi par des lois."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3272, "fin_caractere_exclue": 3315, "texte": "Toute chose a sa loi, le monde intellectuel"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3394, "fin_caractere_exclue": 3432, "texte": "comme le monde physique, le langage de"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3511, "fin_caractere_exclue": 3549, "texte": "chaque peuple comme le corps de chaque"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3628, "fin_caractere_exclue": 3668, "texte": "individu. Les hommes peuvent mal connaî-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3747, "fin_caractere_exclue": 3789, "texte": "tre ces lois et les mal formuler; d'autres"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3868, "fin_caractere_exclue": 3908, "texte": "hommes viendront qui serreront la vérité"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 3987, "fin_caractere_exclue": 4028, "texte": "de plus près. Mais quand un homme affirme"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4107, "fin_caractere_exclue": 4155, "texte": "a priori qu'il n'y a pas de lois, on peut affir-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4234, "fin_caractere_exclue": 4269, "texte": "mer aussitôt que cet homme est fou."}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4351, "fin_caractere_exclue": 4389, "texte": "Aujourd'hui cependant les prêcheurs de"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4468, "fin_caractere_exclue": 4511, "texte": "l'anarchie obtiennent la sympathie de beau-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4590, "fin_caractere_exclue": 4630, "texte": "coup de gens, la bienveillance sceptique"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4709, "fin_caractere_exclue": 4751, "texte": "d'un plus grand nombre encore. S'il s'agit"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4830, "fin_caractere_exclue": 4876, "texte": "de politique, d'attentats contre les personnes"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 4955, "fin_caractere_exclue": 4996, "texte": "et les propriétés, des crimes récents ont"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5075, "fin_caractere_exclue": 5121, "texte": "excité l'indignation générale. Mais s'il n'est"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5200, "fin_caractere_exclue": 5245, "texte": "question que de l'anarchie intellectuelle, on"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5324, "fin_caractere_exclue": 5364, "texte": "peut y aller gaiement. En matière d'art,"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5443, "fin_caractere_exclue": 5489, "texte": "surtout, le désordre est à la mode ; il est de"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5631, "fin_caractere_exclue": 5673, "texte": "bon ton de déclarer les lois périmées, les"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5730, "fin_caractere_exclue": 5774, "texte": "règles abolies. Il paraît que lois et règles"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5853, "fin_caractere_exclue": 5895, "texte": "ont fait leur temps et que l'heure a sonné"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 5957, "fin_caractere_exclue": 5998, "texte": "qui va rendre le chaos aimable, la patau-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6136, "fin_caractere_exclue": 6179, "texte": "geade galante, l'incongruité délicate et le"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6258, "fin_caractere_exclue": 6301, "texte": "pataquès scientifique. Pour les spectateurs"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6369, "fin_caractere_exclue": 6408, "texte": "un peu goguenards de la comédie humaine"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6487, "fin_caractere_exclue": 6530, "texte": "il est toujours plaisant d'entendre prophé-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6609, "fin_caractere_exclue": 6651, "texte": "tiser avec un majestueux aplomb ces trans-"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6717, "fin_caractere_exclue": 6758, "texte": "cendantes sottises et de voir les gogos y"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6837, "fin_caractere_exclue": 6881, "texte": "ouvrir leurs oreilles toutes grandes afin de"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 6946, "fin_caractere_exclue": 6963, "texte": "n'en rien perdre."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 101, "texte": "Depuis longtemps l'Art moderne s'est fait"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 155, "fin_caractere_exclue": 197, "texte": "une spécialité de la propagande anarchiste"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 254, "fin_caractere_exclue": 300, "texte": "dans le domaine de l'art et de la littérature."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 350, "fin_caractere_exclue": 393, "texte": "Il confond l'anarchie avec la modernité, et"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 448, "fin_caractere_exclue": 494, "texte": "si son titre répondait à la réalité il devrait"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 540, "fin_caractere_exclue": 580, "texte": "s'intituler non plus l'Art moderne, mais"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 631, "fin_caractere_exclue": 672, "texte": "l'Art anarchique. Seulement, les quelques"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 725, "fin_caractere_exclue": 767, "texte": "artistes habitués à peser le sens des mots"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 822, "fin_caractere_exclue": 863, "texte": "éclateraient de rire; car ils se demande-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 920, "fin_caractere_exclue": 963, "texte": "raient comment l'art, qui est une synthèse,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1011, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "c'est-à-dire un ensemble ordonné, pourrait"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1072, "fin_caractere_exclue": 1113, "texte": "être anarchique, c'est-à-dire désordonné!"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1165, "fin_caractere_exclue": 1205, "texte": "Une synthèse sans ordre!! Il y a de quoi"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1258, "fin_caractere_exclue": 1301, "texte": "tordre d'hilarité un obélisque et retourner"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1320, "fin_caractere_exclue": 1362, "texte": "une pyramide d'Egypte : on verrait le pré-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1416, "fin_caractere_exclue": 1457, "texte": "tendu tombeau de Chéops faire le poirier!"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1516, "fin_caractere_exclue": 1554, "texte": "Tout récemment, à propos de la mort de"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1611, "fin_caractere_exclue": 1655, "texte": "l'illustre Leconte de Lisle, l'Art moderne a"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1703, "fin_caractere_exclue": 1744, "texte": "proclamé du haut de son perchoir de caca-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1798, "fin_caractere_exclue": 1842, "texte": "toès que la poésie prosodique avait fait son"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1893, "fin_caractere_exclue": 1939, "texte": "temps et que l'avenir était au vers libre. (Le"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1986, "fin_caractere_exclue": 2027, "texte": "vers libre, c'est la prose des épitaphes,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2060, "fin_caractere_exclue": 2103, "texte": "divisée en lignes inégales. Ça se trouve au"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2155, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "cimetière et ça ne sert qu'aux morts.) 11"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2252, "fin_caractere_exclue": 2296, "texte": "paraît, d'après l'Art moderne, que le susdit"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2354, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "vers libre « gagne, gagne, va. circule et"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2434, "fin_caractere_exclue": 2475, "texte": "s'élève, pareil au chant de l'alouette »."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2531, "fin_caractere_exclue": 2569, "texte": "Quand l'Art moderne trouve une oie qui"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2592, "fin_caractere_exclue": 2636, "texte": "sort de l'œuf, il la proclame alouette et il"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2690, "fin_caractere_exclue": 2733, "texte": "s'imagine qu'il a renouvelé l'ornithologie."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2769, "fin_caractere_exclue": 2807, "texte": "Mais poursuivons et voyons pour quelle"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2866, "fin_caractere_exclue": 2907, "texte": "cause le vers libre (la prose d'épitaphe)"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2962, "fin_caractere_exclue": 3007, "texte": "gagne, circule, vole et l'emporte sur le vers"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3032, "fin_caractere_exclue": 3071, "texte": "prosodique. L'Art moderne va nous l'ap-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3126, "fin_caractere_exclue": 3168, "texte": "prendre. Le vers prosodique, affirme-t-il,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3226, "fin_caractere_exclue": 3266, "texte": "« a tout dit de ce qu'il pouvait dire »."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3289, "fin_caractere_exclue": 3299, "texte": "Vraiment??"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3369, "fin_caractere_exclue": 3409, "texte": "Et la prose? N'aurait-elle pas aussi dit"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3462, "fin_caractere_exclue": 3505, "texte": "tout ce qu'elle pouvait dire? Elle est bien"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3506, "fin_caractere_exclue": 3552, "texte": "vieille, la pauvre prose. Elle doit être pres-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3573, "fin_caractere_exclue": 3585, "texte": "que périmée."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3661, "fin_caractere_exclue": 3698, "texte": "L'Art moderne en conviendra peut-être"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3751, "fin_caractere_exclue": 3792, "texte": "un jour. Alors, tandis qu'il recommandera"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3846, "fin_caractere_exclue": 3886, "texte": "aux poètes de se passer de la rime et du"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3887, "fin_caractere_exclue": 3931, "texte": "rythme, il prescrira aux prosateurs de scan-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3982, "fin_caractere_exclue": 4024, "texte": "der leurs phrases par groupes réguliers de"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4076, "fin_caractere_exclue": 4113, "texte": "douze syllabes, chacun de ces groupes"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4168, "fin_caractere_exclue": 4208, "texte": "rimant avec un groupe voisin. Feu Racine"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4264, "fin_caractere_exclue": 4307, "texte": "avait le pressentiment de cette prose quand"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4308, "fin_caractere_exclue": 4321, "texte": "il écrivait :"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4486, "fin_caractere_exclue": 4534, "texte": "Oui, je viens dans son temple adorer l'Eternel !"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4581, "fin_caractere_exclue": 4625, "texte": "Je viens, selon l'usage antique et solennel,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4627, "fin_caractere_exclue": 4664, "texte": "Célébrer avec vous la fameuse journée"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4721, "fin_caractere_exclue": 4764, "texte": "Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4866, "fin_caractere_exclue": 4899, "texte": "Dès que l'Art moderne voudra bien"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4900, "fin_caractere_exclue": 4943, "texte": "signaler cette prose nouvelle, rythmique et"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4997, "fin_caractere_exclue": 5040, "texte": "mélodieuse, elle « gagnera, gagnera, volera"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 5094, "fin_caractere_exclue": 5137, "texte": "et circulera ». Ainsi, grâce aux apporteurs"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 5191, "fin_caractere_exclue": 5234, "texte": "de neuf, on aura de la prose en vers et des"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 5284, "fin_caractere_exclue": 5327, "texte": "vers en prose et il n'y aura de changés que"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 5328, "fin_caractere_exclue": 5369, "texte": "les noms : de quoi il conviendra de louer"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 5420, "fin_caractere_exclue": 5460, "texte": "hautement l'Art moderne et les puissants"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 5513, "fin_caractere_exclue": 5540, "texte": "inventeurs qui l'inspirent."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 112, "fin_caractere_exclue": 152, "texte": "Ce n'est pas tout. L'Art moderne prévoit"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 206, "fin_caractere_exclue": 251, "texte": "aussi que sa prose d'épitaphe (le vers libre)"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 305, "fin_caractere_exclue": 347, "texte": "rendra vraisemblablement à la langue fran-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 401, "fin_caractere_exclue": 445, "texte": "çaise a le rythme scandé en faisant renaître"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 499, "fin_caractere_exclue": 537, "texte": "invinciblement les syllabes longues et"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 591, "fin_caractere_exclue": 629, "texte": "brèves perdues au moment où le latin a"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 683, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "subi les transformations du moyen âge et"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 777, "fin_caractere_exclue": 820, "texte": "où les poètes à demi sauvages ne trouvèrent"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 874, "fin_caractere_exclue": 918, "texte": "d'autre correctif à cette disposition que la"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 972, "fin_caractere_exclue": 1009, "texte": "monotonie et le charme enfantin de la"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1063, "fin_caractere_exclue": 1070, "texte": "rime »."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1127, "fin_caractere_exclue": 1162, "texte": "L'Art moderne a dû pêcher ces idées"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1216, "fin_caractere_exclue": 1256, "texte": "phénoménales au fin fond de son puits de"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1310, "fin_caractere_exclue": 1318, "texte": "science."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1375, "fin_caractere_exclue": 1414, "texte": "Le français est né du latin précisément"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1468, "fin_caractere_exclue": 1510, "texte": "par la perte des longues et des brèves. On"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1564, "fin_caractere_exclue": 1609, "texte": "peut penser s'il sera facile de lui rendre ce"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1663, "fin_caractere_exclue": 1701, "texte": "qu'il a dû perdre pour venir au monde!"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1755, "fin_caractere_exclue": 1796, "texte": "Autant vaudrait conseiller aux rédacteurs"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1850, "fin_caractere_exclue": 1891, "texte": "de l'Art moderne de reprendre leur cordon"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 1945, "fin_caractere_exclue": 1984, "texte": "ombilical et de se nourrir désormais au"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2038, "fin_caractere_exclue": 2058, "texte": "moyen de cet organe."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2115, "fin_caractere_exclue": 2153, "texte": "Et pourtant le français scandé existe!"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2207, "fin_caractere_exclue": 2250, "texte": "C'est le français que parlent les Allemands"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2304, "fin_caractere_exclue": 2352, "texte": "et les Anglais et qui fait rire à gorge déployée"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2406, "fin_caractere_exclue": 2432, "texte": "le public des vaudevilles."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2489, "fin_caractere_exclue": 2529, "texte": "Voilà la dernière nouveauté de l'Art mo­"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2583, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "derne !"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2647, "fin_caractere_exclue": 2688, "texte": "La ponn roi Dacoberte, il a miss sa pann-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2742, "fin_caractere_exclue": 2763, "texte": "talonn à l'enfertt!!!"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2820, "fin_caractere_exclue": 2864, "texte": "Il y a ainsi de graves revues de littérature"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 2918, "fin_caractere_exclue": 2960, "texte": "et d'art qui réinventent solennellement le"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3014, "fin_caractere_exclue": 3030, "texte": "patois alsacien."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3087, "fin_caractere_exclue": 3124, "texte": "Et elles déclarent avec ingénuité que"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3177, "fin_caractere_exclue": 3224, "texte": "c'est à ce patois-là que doit aboutir leur vers"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3278, "fin_caractere_exclue": 3284, "texte": "libre."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3341, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "Bien obligé, vraiment !"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3421, "fin_caractere_exclue": 3461, "texte": "Il nous reste à glaner dans l'article de"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3558, "fin_caractere_exclue": 3572, "texte": "l'Art moderne."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3629, "fin_caractere_exclue": 3656, "texte": "Voici quelques beaux épis :"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3712, "fin_caractere_exclue": 3750, "texte": "« La France ne va-t-elle plus avoir de"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3803, "fin_caractere_exclue": 3845, "texte": "grands poètes? Quelle puérilité ! Comme si"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 3939, "fin_caractere_exclue": 3981, "texte": "la poésie, comme l'Art tout entier, fleuve"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4034, "fin_caractere_exclue": 4075, "texte": "immense, pouvait tarir. Comme si aux eaux"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4128, "fin_caractere_exclue": 4167, "texte": "roulant leur courant ne succéderont pas"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4220, "fin_caractere_exclue": 4263, "texte": "inépuisablement d'autres eaux, avec l'abon-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4360, "fin_caractere_exclue": 4400, "texte": "dance et la pérennité du Nil, du Danube,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4453, "fin_caractere_exclue": 4484, "texte": "du Mississipi, des Amazones ! »"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4541, "fin_caractere_exclue": 4579, "texte": "Ces métaphores fluviales sont vraiment"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4678, "fin_caractere_exclue": 4719, "texte": "très démonstratives. Nous pourrions citer"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4817, "fin_caractere_exclue": 4862, "texte": "une série de fleuves taris ou ensablés ; mais"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 4952, "fin_caractere_exclue": 4996, "texte": "ce sont là jeux d'avocat. La poésie ! hélas!"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 5049, "fin_caractere_exclue": 5093, "texte": "ne s'est nullement engagée à couler éternel-"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 5146, "fin_caractere_exclue": 5190, "texte": "lement, avec l'abondance des Amazones (sic)."}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 5243, "fin_caractere_exclue": 5283, "texte": "Elle a cessé de couler, en France, après"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 5380, "fin_caractere_exclue": 5419, "texte": "Louis XIV, pendant plus d'un siècle. Si"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 5472, "fin_caractere_exclue": 5512, "texte": "l'Art moderne avait vécu en ce temps-là,"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 5565, "fin_caractere_exclue": 5611, "texte": "il eût bien souffert. Il est vrai qu'il eût pu"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "se consoler en prenant parti pour le vers"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 94, "fin_caractere_exclue": 135, "texte": "arythmique de l'économiste Turgot et pour"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 176, "texte": "les vers blancs du prosateur Voltaire !"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 233, "fin_caractere_exclue": 270, "texte": "« La poésie doit naître d'une émotion"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 323, "fin_caractere_exclue": 367, "texte": "fortement ressentie, S'EXPRIMANT SUR L'HEURE"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 386, "fin_caractere_exclue": 428, "texte": "au moyen de la musicalité des phrases... »"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 483, "fin_caractere_exclue": 523, "texte": "Voilà du nouveau 1 Défense aux poètes de"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 572, "fin_caractere_exclue": 619, "texte": "laisser reposer leur émotion ! Il faut l'expri-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 646, "fin_caractere_exclue": 684, "texte": "mer sur l'heure, au moyen des mots qui"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 738, "fin_caractere_exclue": 761, "texte": "surgissent à l'esprit !"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 833, "fin_caractere_exclue": 870, "texte": "Dans ce cas, pour les personnes d'une"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1012, "fin_caractere_exclue": 1051, "texte": "éducation un peu négligée, le plus beau"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1097, "fin_caractere_exclue": 1138, "texte": "poéme se résumerait, superbement et laco-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1184, "fin_caractere_exclue": 1224, "texte": "niquement, dans la musicalité d'un « nom"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1362, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "de Dieu » retentissant !"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1453, "fin_caractere_exclue": 1491, "texte": "L'Art moderne appelle Leconte de Lisle"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1536, "fin_caractere_exclue": 1577, "texte": "le dernier des grands poètes prosodiques."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1714, "fin_caractere_exclue": 1760, "texte": "Il le sait, il en est sûr. Demandez-lui qui le"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1809, "fin_caractere_exclue": 1851, "texte": "lui a dit. Il répondra : « C'est mon petit"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1896, "fin_caractere_exclue": 1938, "texte": "doigt! » Le doigt qu'il se met dans l'œil."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2063, "fin_caractere_exclue": 2104, "texte": "Nous voudrions faire la connaissance d'un"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2105, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "poète non prosodique. C'est comme si l'on"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2196, "fin_caractere_exclue": 2236, "texte": "disait» un Absalon dénué de cheveux » ou"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2371, "fin_caractere_exclue": 2414, "texte": "un avocat belge qui ne s'occupe pas de lit-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2454, "fin_caractere_exclue": 2493, "texte": "térature. Un grand poète non prosodique"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2541, "fin_caractere_exclue": 2584, "texte": "c'est tout simplement, lorsqu'il est grand,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2726, "fin_caractere_exclue": 2746, "texte": "un grand prosateur !"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3109, "fin_caractere_exclue": 3141, "texte": "M. Paul Hymans, dans une oraison"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3185, "fin_caractere_exclue": 3226, "texte": "funèbre prononcée au nom du Cercle Artis­"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3364, "fin_caractere_exclue": 3409, "texte": "tique et Littéraire (!!!), a commis la phrase"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3456, "fin_caractere_exclue": 3466, "texte": "suivante :"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3560, "fin_caractere_exclue": 3603, "texte": "C'est une consolation de savoir qu'il s'est"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3652, "fin_caractere_exclue": 3694, "texte": "éteint presque sans souffrances dans cette"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3735, "fin_caractere_exclue": 3778, "texte": "paisible demeure, entouré des siens, de ses"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3813, "fin_caractere_exclue": 3859, "texte": "livres, des cadres qui lui rappelaient de pré-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3906, "fin_caractere_exclue": 3953, "texte": "cieuses amitiés, de tout ce qu'il aimait enfin,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3996, "fin_caractere_exclue": 4039, "texte": "de tout ce qui a rempli et charmé son exis-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4086, "fin_caractere_exclue": 4092, "texte": "tence."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4176, "fin_caractere_exclue": 4188, "texte": "Des cadres!!"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4271, "fin_caractere_exclue": 4312, "texte": "Cadres pour tableaux,       probablement."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4359, "fin_caractere_exclue": 4388, "texte": "Bon Marollien chasse de race."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4556, "fin_caractere_exclue": 4585, "texte": "Hérédité, voilà de tes coups!"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4928, "fin_caractere_exclue": 4966, "texte": "Notre collaborateur M. Gustave Stevens"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 5012, "fin_caractere_exclue": 5053, "texte": "vient d'épouser Mme V e Weiler, née Over-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 5101, "fin_caractere_exclue": 5106, "texte": "loop."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 5296, "fin_caractere_exclue": 5336, "texte": "La Jeune Belgique présente ses félicita-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 5382, "fin_caractere_exclue": 5405, "texte": "tions aux jeunes époux."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 229, "texte": "Nous croyons devoir reproduire l'article"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 280, "fin_caractere_exclue": 319, "texte": "consacré naguère à Leconte de Lisle par"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 368, "fin_caractere_exclue": 383, "texte": "Louis Veuillot."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 437, "fin_caractere_exclue": 477, "texte": "Voici cette page tristement inoubliable,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 524, "fin_caractere_exclue": 569, "texte": "qui fait pendant à l'inqualifiable article de"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 620, "fin_caractere_exclue": 643, "texte": "Vallès sur Baudelaire :"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 697, "fin_caractere_exclue": 735, "texte": "M. Leconte de Lisle, poète savant, des"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 786, "fin_caractere_exclue": 827, "texte": "plus connus comme ignoré, publie une lon-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 871, "fin_caractere_exclue": 915, "texte": "gue pièce de gros et forts vers, intitulée :"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 966, "fin_caractere_exclue": 1009, "texte": "Kain (par un K). I1 s'agit du premier Caïn."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1052, "fin_caractere_exclue": 1094, "texte": "Son peti-filsTroppmann lui rend une actua-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1139, "fin_caractere_exclue": 1182, "texte": "lité que le poète a saisie pour le chanter."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1225, "fin_caractere_exclue": 1267, "texte": "Car M. Leconte chante Caïn. Toute la pièce"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1318, "fin_caractere_exclue": 1360, "texte": "est en son honneur; Kain nous est présenté"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1411, "fin_caractere_exclue": 1448, "texte": "comme un fort digne homme, vengeur de"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1492, "fin_caractere_exclue": 1534, "texte": "la raison et de la dignité du genre humain"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1578, "fin_caractere_exclue": 1622, "texte": "contre le cruel et caprieux Iaveh, ci-devant"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1673, "fin_caractere_exclue": 1712, "texte": "Jéhovah. Ne croyez pas que l'on veuille"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1761, "fin_caractere_exclue": 1808, "texte": "plaisanter ! Tout cela est fort sérieux, témoin"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1852, "fin_caractere_exclue": 1895, "texte": "le K.. M. Leconte de Lisle, érudit grave et"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 1946, "fin_caractere_exclue": 1989, "texte": "poète austère, ne rit point. 11 paraît même"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2040, "fin_caractere_exclue": 2058, "texte": "incapable de rire."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2158, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "En philosophie comme en poésie, c'est"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2237, "fin_caractere_exclue": 2277, "texte": "un chef d'école, un pontife. Au Parnasse"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2328, "fin_caractere_exclue": 2370, "texte": "contemporain, passage Choiseul, on le con-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2415, "fin_caractere_exclue": 2453, "texte": "sidère beaucoup. Quarante-neuf enfants"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2494, "fin_caractere_exclue": 2540, "texte": "d'Apollon, garçons, filles et vénérables, gar-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2585, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "nissent ce Parnasse, tous grands rimeurs et"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2679, "fin_caractere_exclue": 2725, "texte": "la plupart pareils au pullus onagri de l'Ecri-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2776, "fin_caractere_exclue": 2817, "texte": "ture, le petit de l'onagre qui dresse son"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2868, "fin_caractere_exclue": 2912, "texte": "oreille pointue vers le ciel et qui dit : Je"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 2963, "fin_caractere_exclue": 3009, "texte": "suis libre !... Nulle part ne sont plus dédai-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3060, "fin_caractere_exclue": 3104, "texte": "gnés le Dieu des chrétiens et le Boileau des"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3142, "fin_caractere_exclue": 3184, "texte": "Français. Dans cette fière volière, M. Le-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3227, "fin_caractere_exclue": 3271, "texte": "conte de Lisle tient rang de coq [ou kok !)."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3322, "fin_caractere_exclue": 3363, "texte": "11 a plus de grec, plus d'hébreu, plus de"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3410, "fin_caractere_exclue": 3455, "texte": "sanskrit, il distribue le k avec plus d'abon-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3506, "fin_caractere_exclue": 3555, "texte": "dance, il fait avec plus de facilité le vers dif-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3604, "fin_caractere_exclue": 3650, "texte": "ficile, et la flèche de son esprit frappe plus"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3695, "fin_caractere_exclue": 3733, "texte": "avant au cœur de Iaveh ! Heureux oncle"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3779, "fin_caractere_exclue": 3811, "texte": "Kaïn, d'avoir trouvé cet Homère!"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3866, "fin_caractere_exclue": 3904, "texte": "Pour qui n'a pas pratiqué beaucoup les"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 3954, "fin_caractere_exclue": 3994, "texte": "œuvres de M. Leconte, ce nouvel ouvrage,"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4040, "fin_caractere_exclue": 4084, "texte": "qui ne diffère en rien des précédents, n'est"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4135, "fin_caractere_exclue": 4170, "texte": "pas précisément ce que l'on appelle"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4221, "fin_caractere_exclue": 4265, "texte": "ennuyeux. Il y a vraiment de la surprise. On"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4313, "fin_caractere_exclue": 4356, "texte": "se trouve en plein baroque, mais ce baroque"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4408, "fin_caractere_exclue": 4455, "texte": "simule l'étrange et l'éclatant. Il semble qu'on"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4507, "fin_caractere_exclue": 4550, "texte": "n'a jamais rien vu ni entendu de pareil : à"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4602, "fin_caractere_exclue": 4642, "texte": "chaque instant, des mots inouïs éclatent"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4694, "fin_caractere_exclue": 4731, "texte": "comme de monstrueux pétards. On croit"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4783, "fin_caractere_exclue": 4825, "texte": "qu'il va arriver quelque chose. Rien n'ar-"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4877, "fin_caractere_exclue": 4922, "texte": "rive. Ce char attelé de vingt paires de bœufs"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 4967, "fin_caractere_exclue": 5009, "texte": "est chargé d'une plume que le vent enlève;"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 5054, "fin_caractere_exclue": 5098, "texte": "ces soleils et ces volcans concentrent leurs"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 5150, "fin_caractere_exclue": 5193, "texte": "feux pour couver un œuf qui n'éclôt pas. Il"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 5245, "fin_caractere_exclue": 5290, "texte": "n'y a rien. Vous cassez l'œuf, il était vide."}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 5337, "fin_caractere_exclue": 5379, "texte": "Otez vos yeux du verre grossissant, faites"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 5431, "fin_caractere_exclue": 5476, "texte": "taire l'orchestre endiablé qui vous assourdit"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "et prenez la réalité cachée dans la boîte"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 147, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "magique : vous avez en main une image"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 241, "fin_caractere_exclue": 285, "texte": "d'Epinal grossièrement dessinée et coloriée,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 328, "fin_caractere_exclue": 368, "texte": "l'équivalent comme art et comme littéra-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 422, "fin_caractere_exclue": 462, "texte": "ture de l'histoire du Juif-Errant, moins"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 519, "fin_caractere_exclue": 565, "texte": "toutefois la sincérité du sentiment et l'ingé-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 613, "fin_caractere_exclue": 626, "texte": "nuité du ton."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 709, "fin_caractere_exclue": 749, "texte": "Chez ceux de ces précieux et de ces raf-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 842, "texte": "finés qui ont ou qui auraient du mérite et"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 896, "fin_caractere_exclue": 939, "texte": "parfois un mérite assez grand, on rencontre"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 994, "fin_caractere_exclue": 1038, "texte": "des défauts de touche qui étonnent. 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Ils riment pour dire"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1752, "fin_caractere_exclue": 1794, "texte": "ce qui leur passe par la tête; mais ce qui"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1847, "fin_caractere_exclue": 1891, "texte": "leur passe par la tête, ils ne le savent pas"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 1942, "fin_caractere_exclue": 1947, "texte": "bien."}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2036, "fin_caractere_exclue": 2073, "texte": "Rien de moins clair pour eux que leur"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 2131, "fin_caractere_exclue": 2169, "texte": "propre pensée. 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Pour"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 5023, "fin_caractere_exclue": 5065, "texte": "former l'homme, il façonne un peu de cette"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 5122, "fin_caractere_exclue": 5171, "texte": "argile qu'il vient de créer, il donne un souffle,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 5218, "fin_caractere_exclue": 5264, "texte": "et, la création étant complète, il rentre dans"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 5265, "fin_caractere_exclue": 5308, "texte": "son repos, parfaitement maître de son œuvre"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 146, "texte": "tout entière. 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Roorda; Géo-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 4149, "fin_caractere_exclue": 4194, "texte": "graphie et histoire de la géographie, M. Eli-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 4276, "fin_caractere_exclue": 4321, "texte": "sée Reclus ; Sociologie générale élémentaire,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 4374, "fin_caractere_exclue": 4415, "texte": "M. De Greef; Cours approfondi de sociolo-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 4468, "fin_caractere_exclue": 4509, "texte": "gie, M. De Greef ; Statistique, M. Vinck;"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 4562, "fin_caractere_exclue": 4602, "texte": "Sociologie économique, M.Vandervelde; La"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 4655, "fin_caractere_exclue": 4700, "texte": "question sociale, M. Brouez ; Sociologie cri-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 4753, "fin_caractere_exclue": 4793, "texte": "minelle, M Fiamingo; Les finances publi-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 4889, "fin_caractere_exclue": 4930, "texte": "ques, M Richald ; Philosophie des mythes,"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 4983, "fin_caractere_exclue": 5022, "texte": "M. Elie Reclus; Histoire économique des"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 5075, "fin_caractere_exclue": 5121, "texte": "juifs d'occident depuis la dispersion, M. Ber-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 5174, "fin_caractere_exclue": 5217, "texte": "nard Lazare ; Histoire de l'éloquence fran-"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 5317, "fin_caractere_exclue": 5361, "texte": "çaise, M.Cocq; Histoire de l'art, MM, Picard"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "et Verhaeren ; Histoire de la musique, M. Kuf-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 181, "texte": "ferath; L'art néerlandais, M. Brans; Les"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 234, "fin_caractere_exclue": 278, "texte": "peintres primitifs italiens, M. Destrée; Les"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 326, "fin_caractere_exclue": 369, "texte": "arts industriels et d'ornementation, M. van"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 418, "fin_caractere_exclue": 427, "texte": "de Velde."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 483, "fin_caractere_exclue": 527, "texte": "Il est inexact, comme l'ont affirmé certains"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 571, "fin_caractere_exclue": 616, "texte": "journaux, que les délicates fonctions d'appa-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 756, "fin_caractere_exclue": 800, "texte": "riteur en chef aient été confiées à M. Maus."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1138, "fin_caractere_exclue": 1180, "texte": "On lit dans les journaux l'entrefilet sui-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1228, "fin_caractere_exclue": 1269, "texte": "vant, que nous reproduisons. — faut-il le"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1414, "fin_caractere_exclue": 1444, "texte": "dire? — sous toutes réserves :"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1514, "fin_caractere_exclue": 1550, "texte": "Il a paru, en Angleterre, un nouveau"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1603, "fin_caractere_exclue": 1646, "texte": "livre de M. Ruskin, intitulé : Lettres à un"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1693, "fin_caractere_exclue": 1736, "texte": "ami de collège. Le célèbre critique d'art a"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1785, "fin_caractere_exclue": 1826, "texte": "coutume d'ahurir les lecteurs ingénus par"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1875, "fin_caractere_exclue": 1916, "texte": "des jugements violents et singuliers, des"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1967, "fin_caractere_exclue": 2004, "texte": "dithyrambes imprévus et des anathèmes"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2035, "fin_caractere_exclue": 2079, "texte": "bizarres, qu'il énonce d'ailleurs de omni re"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2123, "fin_caractere_exclue": 2169, "texte": "scibili et du ton le plus absolu, le plus cou-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2170, "fin_caractere_exclue": 2213, "texte": "pant et le plus agressif. 11 a depuis long-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2240, "fin_caractere_exclue": 2281, "texte": "temps poussé cette manière d'écrire à une"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2326, "fin_caractere_exclue": 2367, "texte": "telle perfection, que l'on pouvait douter"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2415, "fin_caractere_exclue": 2458, "texte": "qu'il se surpassât jamais lui-même. 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On y apprend coup sur"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2764, "fin_caractere_exclue": 2810, "texte": "coup qu'Aristote est « une cervelle d'idiot »,"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2856, "fin_caractere_exclue": 2898, "texte": "que Turner est « l'épitome de l'art », que"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2899, "fin_caractere_exclue": 2942, "texte": "« les chevaux sont la perdition de l'Angle-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 2986, "fin_caractere_exclue": 3026, "texte": "terre », que les lacs du Cumberland sont"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3066, "fin_caractere_exclue": 3108, "texte": "« des bourbiers à cochons », que les Fran-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3153, "fin_caractere_exclue": 3197, "texte": "çais sont « des polissons à favoris noirs »,"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3244, "fin_caractere_exclue": 3282, "texte": "que manger du fromage de Neuchâtel est"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3330, "fin_caractere_exclue": 3370, "texte": "une forme de la béatitude, que Pétrarque"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3408, "fin_caractere_exclue": 3448, "texte": "était pareil « à un boucher jouant Jules"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3498, "fin_caractere_exclue": 3536, "texte": "César à Astley », que Rome est un trou"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3581, "fin_caractere_exclue": 3622, "texte": "plein d'immondices, que l'Eden était pour"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3667, "fin_caractere_exclue": 3709, "texte": "nos premiers parents « une habitation mes-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 3728, "fin_caractere_exclue": 3768, "texte": "quine, un jardin de pépiniériste ». 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Ruskin, avec les qualités et les défauts"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 4160, "fin_caractere_exclue": 4202, "texte": "qui lui ont donné, pendant vingt-cinq ans,"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 4246, "fin_caractere_exclue": 4286, "texte": "une si puissante action sur l'esthétique"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 4331, "fin_caractere_exclue": 4340, "texte": "anglaise."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 4703, "fin_caractere_exclue": 4741, "texte": "Nous adressons nos compliments de con-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 4881, "fin_caractere_exclue": 4926, "texte": "doléance à notre collaborateur Accinelli, qui"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 4973, "fin_caractere_exclue": 4997, "texte": "vient de perdre sa mère."}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 5414, "fin_caractere_exclue": 5454, "texte": "M. Charles Morice a publié dans le Jour­"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 5497, "fin_caractere_exclue": 5542, "texte": "nal, sous le titre « Zola et l'Inconnu », une"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 139, "texte": "conversation sans doute imaginaire, mais"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 232, "texte": "si vraisemblable, qui montre merveilleuse-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 283, "fin_caractere_exclue": 324, "texte": "ment la grossièreté d'esprit du romancier"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 375, "fin_caractere_exclue": 416, "texte": "de Médan et dont voici un fragment carac-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 467, "fin_caractere_exclue": 479, "texte": "téristique :"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 533, "fin_caractere_exclue": 570, "texte": "Dans le symbolisme, je démêle d'abord"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 621, "fin_caractere_exclue": 663, "texte": "l'impulsion fatale, très humaine, qui fait"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 714, "fin_caractere_exclue": 755, "texte": "qu'une génération nouvelle veut créer une"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 806, "fin_caractere_exclue": 851, "texte": "expression nouvelle de la vie. 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Ensuite, je dois"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1088, "fin_caractere_exclue": 1133, "texte": "ajouter — et j'y prends plaisir car j'aime la"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1184, "fin_caractere_exclue": 1226, "texte": "vie dans son avenir comme dans son présent"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1277, "fin_caractere_exclue": 1317, "texte": "— que toute une carrière immense s'offre"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1368, "fin_caractere_exclue": 1412, "texte": "aux écrivains de demain : l'inconnu, le mys-"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1463, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "tère, l'énigme de la vie, l'infini que le fini"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1560, "fin_caractere_exclue": 1601, "texte": "masque et dont nous autres, naturalistes,"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1652, "fin_caractere_exclue": 1692, "texte": "nous n'avons pas assez tenu compte, sans"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1743, "fin_caractere_exclue": 1784, "texte": "doute parce que nous venions au lendemain"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 1835, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "des excès idéalistes du romantisme. 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B. — A la rigueur nous nous conten-"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 4119, "fin_caractere_exclue": 4137, "texte": "terions de Thomas."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-09-n9-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ ÉDITEUR D", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 402, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1363, "texte": "LACOMBLEZ\n       ÉDITEUR         D E LA J E U N E           BELGIQUE\n                     31, rue des Paroissiens, 31\n\n\n                              BRUXELLES\n\n\n           POUR PARAITRE LE1erOCTOBRE\n                                 DANS LA\n  P E T I T E    COLLECTION                   DES       P O E T E S\n\n                     A L B E R T GIRAUD\n\nHORS                       DU              SIÈCLE\n                                   II\n       Sous la C o u r o n n e . — Devant le Sphynx.\n  Un volume sur papier de luxe, titre en couleurs. Prix : 3 francs.\n          Il a été tiré quelques exemplaires sans parchemin :\n      Sur royal Van Gelder à                             5 francs.\n      Sur japon des Manufactures Impériales . .         12 »\n\n\n           POUR PARAITRE LE 15 OCTOBRE\n\n                    LOUIS DELATTRE\n\n  Les Miroirs de Jeunesse\n              Un volume in-18 Jésus. Prix :fr.3-50.\nQuelques exemplaire sur hollande Van Gelder sans parchemin à fr. 7-50.\n\n\n                         En vente :\n                 RICHARD              W A G N E R\n\n\n L'ANNEAU DU NIBELUNG\n                   L. P. DE BRINN' GAUBART\n      Avant-propos — Traduction — Annotation philologique.\n                     EDMOND BARTHÉLÉMY\n         Étude critique — Commentaire musicographique.\n               Un fort volume in-8°. 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Rythmes vieux, gris et               Itiberê da Cunha (J.). Préludes .     . fr.   3 »\n  roses .                              fr. 3 50    Jenart (Aug.). Le Barbare                     2 »\nBrabant (V.). Notes de voyage . . . 1 »            Jeune Belgique (Le Parnasse de la). .         7 50\nBloy(Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 »        Journal d'une ignorante: Sur les Golfes       1 50\n   Les 3 premiers numéros ensemble 1 »             Justus Severus Africus                        1 »\nBosiers E.). Harald-Roi                     2 »    Kahn (Gustave). Chansons d ' a m a n t . .    3 50\nCarnet de chasse illustré .       . . . 15 »            —      Les Palais nomades .          . 3 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 »            Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .      2 »\nCourouble (L.). Contes et souvenir?. . 3 50             —         Loth et ses filles . . .    2 »\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 »            Landoy (Eug.). Evocations                  3 50\nDaCosta(G.) Grammaire en portefeuille 0 50               —        Maître Martin . . . . 0 50\nDaxhelet(A ) Pages de tendresse vague 3 50         Lautréamont (comte de). Les Chants de\n      —       Nouvelles de Wallonie . 3 50           Maldoror                                 3 50\nDe Coster (Ch.). La Légende d'Ulen-                Lemonnier (C). Paroles pour Georges\n          spiegel                           5 »         —         Eekhoud             0         50\n      —         Légendes flamandes . 3 50                —        Discours d'inauguration\n                  (Voir Lemonnier.)                  du monument Ch. De Coster, avec\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50          extraits d'« Ulenspiegel » et por-\n      —       Les Miroirs de son Cœur. 3 50           trait de Ch. De Coster . . . . 0 50\npelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50        Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\nDe Haulleville (baron P.). En vacances. 3 50                      (L'Intruse, Les Aveugles. 3 »\n      —      Portraits et silhouettes, 2V. 7 »           —        La Princesse Maleine. . 3 50\n      —      J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                    —        Serres chaudes . . . .      3 »\n                talat chez les Civilisés. 4 »            —        L'Ornement des noces spi-\nDemolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                               rituelles                4 »\n      —         Impressions d'Art. . . 3 »               —        Les Sept Princesses . . 2 »\n      —         James Ensor . .           . 3 »          —        Pelléas et Mélisande .      3 50\nDe Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 »                           (Voir Emerson.)\nDe Régnier. Le Bosquet de Psyché . 2 »             Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam .        3 \"\nDe Tallenay (J.). L'Invisible .             3 50   Maubel (Henri). Miette                     2 50\nDesombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »                —        Etude de jeune fille . . 3 50\nDestrée (Jules). Journal des Destrée        1 »          —        Quelqu'un d'aujourd'hui . 3 50\nDulac (Paul). Vingt-cinq sonnets          . 1 50   Picard (E.). El Moghreb al Aksa . '. 4 »\n Dupont (A.). L'Envol des rêves . . . 2 »                —        Scènes de la vie judiciaire 4 »\nEekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50               —        Vie simple                  3 »\n      —        La Nouvelle Carthage. . 4 »         Pierron (Sander). Pages de Charité         3 50\n      —        Les Fusillés de Malines . 3 50      Pléiade (La). Première année (1889) . 3 »\n       —       Au siècle de Shakespeare. 3 »       Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n      —        Kees Dooril:                 3 50   Rodenbach Le Foyer et les champs . 1 »\n       —       Kermesses                    5 \"    Rommelaere J.\\ Ma semaine, 1892-93. 2 »\n Elskamp (Max). Dominical . . . .           2 »          —        Ma semaine, 1894 . . .      2 »\n       —       Salutations, dont d'angé-           Severin (Fernand) Le Lys                   2 \"\n    liques .                                3 50            —            Le Don d'enfance     2 »\n Emerson. Sept Essais, avec préface de             Sigogne (E.). Contes merveilleux         . 3 »\n    Maeterlinck                             3 50   Sluyts(Ch.). L Appel des voix . . . 2 \"\n Garnir (Georges). Les Char neux .          3 50         —        Notes d'être                3 »\n       —       Contes à Marjolaine          3 50   Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 \"\n Gilkin (Iwan). Stances dorées . . . 1 »           Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut. . . 3 50\n Gille (Valère) Le Château des merveilles 2 »      Van Lerberghe (Ch.). Les Flaireurs . . 1      »\n Giraud (Albert). Hors du siècle . . .      3 50   Verhaeren (E.;. Les Apparus dans mes\n       —       Pierrot lunaire . . . .      2 »                      chemins                  2 «\n       —       Pierrot Narcisse . . . 2 »                —        Les Moines                  3 »\n       —       Dernières Fêtes.       . . 2 »      Villiers de l'Isle-Adam. Premières Poé-\n       —       Le Scribe                     1 »      sies.                                   3 50\n Hannon (Théo). Noëls fin de siècle . . 3 »              —        M organe                    5 \"\n       —       Au pays de Manneken-Pis 4 »         Waller (Max). La Flûte à Siebel. . . 3 50\n Hanneuse (0 ). La Reine Aléna. . (souscrit)             —        Daisy                       3 »\n       —       Sorello                      2 50   X. Y. Religion et progrès ... . . (épuisé)\n\n              Dépôt des Revues Françaises :\n              La Plume, fr. 0-50; franco, fr. 0-55\n        Le Mercure de France, 1 franc ; franco, fr. 1-25\n            L'Ermitage, fr. 0-80 ; franco, fr. 0-90\n                     Bruxelles. — Imprimerie Ve M'onnom,32, rue de l'Industrie\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 368, "texte": "septembre 1894.                        T O M E XIII. — N° 9             14me               Année.\n\n\n\n\nLA\n  JEUNE\n                BELGIQUE\n                                        SOMMAIRE:\n       L'Ombre gardienne                   , . •            FERNAND S E V E R I N .\n       Cabotins                                             VICTOR REMOUCHAMPS.\n       Lointains                                            ALBER JHOUNEY.\n       La littérature belge à l'étranger (suite et\n         fin)                                               LÉOPOLD WALLNER.\n       Départ                                               LÉON HENNEBICQ.\n       Le père Caillou .                                    SANDER PlERRON.\n       Désespoir . .                           . .          EMILE DE SARTORIUS.\n       Octave Pirmez                                        JEAN DELVILLE.\n       Odelette pour célébrer la décadence.         .   .   TOTO. ..\n       Chronique littéraire :\n         Poèmes sans rimes; L'Arche;    Nouvelles\n           Kermesses ; Contes de mon village ; Le\n           Congo                                            ARNOLD     GOFFIN.\n       Memento                                              NEMO.\n\n\n\n\n         REDACTION                                                     BRUXELLES\n4 RUE VAN DER LIN DEN , B R U X E L L E S .                      PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                     31, rue des Paroissiens\n                                                                          PARIS\n    PRIX DU NUMÉRO                                            C H A M U E L , LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                         29, rue de Trévise\n              fr. 0-75.\n                                                                            1894\n"}, {"page_pdf": 369, "texte": "                                                                            BELGIQUE\n    BELGIQUE                     N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                                  JEUNE\n               JEUNE\n\n\n\n\n                                                             LA\n                       LA\n\n\n                                 N E CRAINS\n           Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n   Fondateur : M A X W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n          Directeur : ALBERT GIRAUD, 4, rue Vanderlinden.\n Secrétaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n               7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n\n\n\n   GIL BLAS, journal quotidien français, boulevard                        des Capu­\ncines, 16, à Paris.\n\n\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 3i, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, Marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}, {"page_pdf": 370, "texte": "    L'OMBRE GARDIENNE\n                                              Carissimae...\n\nIl m'est doux de penser, en ces heures de nuit,\nQu'une amie est au loin, dont le rêve me suit.\nMême absente et lointaine, elle m'est tutélaire;\nOn foule sans effroi les chemins qu'elle éclaire :\nElle va, je la suis; et, seule, au fond du soir,\nElle dresse pour moi la lampe de l'espoir.\nS'il est d'amers instants où, malgré tant de grâce,\nL'âme, comme autrefois, défaille, faible et lasse,\nElle s'arrête alors et, tournant à demi,\nVers celui qui la suit, son doux visage ami,\nDans l'ombre de la vie et l'inconnu des routes,\nSon regard plein de foi dissipe tous les doutes.\n\nSa puissance adorable est faite de douceur :\nEn subissant la reine or. croit aimer la sœur.\nQuel que soit son vouloir, il semble, tant la chère\nSait voiler à nos yeux ce qu'il a de sévère,\nQue l'on cède soi-même au meilleur de ses vœux;\nCar son sourire seul, sans un mot, dit : « Je veux. »\nTout ce qui provient d'elle est, comme elle, céleste!\nSa parole, sa voix, son sourire, son geste\nProjettent dans le cœur un souverain rayon;\nOn sent au fond de soi comme une éclosion :\nFeuille à feuille, en silence, au gré de sa parole,\nLa fleur du pur amour entrouvre sa corolle;\nIl s'éveille, dans l'âme heureuse, un renouveau\nSi profond, qu'il allie à son parfum nouveau\n Tout l'arome envolé de la candeur ancienne'.\n                                                      2\n                                                       3\n"}, {"page_pdf": 371, "texte": "                                 — 332     -\n\n         Même absente, elle est là! Tel qu'une ombre gardienne\n         Attentive au danger que nous ne voyons pas,\n         Son souvenir voilé veille sur tous mes pas,\n         Ange, elle vie conduit, reine, elle me protège;\n         Si j'ai franchi l'obstacle et déjoué le piège,\n         C'est que partout, comblé de ce présent divin\n         Que d'autres, moins heureux, implorèrent en vain,\n         Je sens à mes côtés sa présence fidèle;\n         Et je ne suis pas seul, bien que je sois loin d'elle.\n                                                   FERNAND SEVERIN\n\n\n\n\n                           CABOTINS\n                                         « Mon cher Remouchamps, nous n'avons\n                                           pas le même Idéal ! ! » X. Y. Z.\n\n             Je le crois bien que nous n'avons pas le même Idéal ! Vous\n              n'êtes, franchement, pas dégoûtés !\n                  Vous estimez la Vie assez belle sans le Rêve. Laissez-nous\n              donc tranquilles et ne venez pas opposer à nos chimériques\nvisions vos réalités d'Épinal...\n   Vous êtes orgueilleux comme des enfants malades qui jouent à la\nroyauté.\n   Que savez-vous du Beau? L'avez-vous jamais éprouvée cette angoisse\ndes harmonies suprêmes qui nous ronge l'âme à nous autres? Vous vous\ncontentez de la terre parce que vous êtes des impuissants, parce que vous\nne savez pas créer, parce que l'Ombre et le Silence — ces deux infinis de\nl'Idée — vous épouvantent...\n   Vous préférez un Idéal facile et quotidien qui vous permette de croire à\nvos maîtresses et d'exalter vos petites langueurs! Et puis, ô vertige! vous\ncélébrez ingénument de prochaines apothéoses...\n   Vous n'aurez jamais vos statues de marbre que dans votre cercueil!\n\n\n   Je les ai trop connus, vos pareils.\n   Ils s'épuisent en vains orgueils pour que leur nom vole un jour sur les\nlèvres des hommes... Ils ont des visions vermeilles de résurrections auro-\n"}, {"page_pdf": 372, "texte": "                                 — 333 —\n\nraies. Leurs ténèbres sont hantées de palmes et de statues. La Postérité\nreconnaissante les baise au front comme une esclave. Ils se voient en bronze\ndans leurs miroirs... Ils saluent Gœthe et Shakespeare fraternellement...\nIls croient qu'il suffit, pour cela, de sertir quelques gemmes et de perler\nquelques gammes... Ils ont des candeurs d'un provincialisme effrayant :\nnulle idée des harmonies, des proportions, des perspectives.\n\n                                     ***\n   Ils pensent que le monde entier est haletant devant leur rêve et que leur\ninsomnie empêche les étoiles de dormir...\n   L'admiration des hommes bientôt ne leur suffisant plus, ils créent quel-\nques dieux chargés de vivre en leur extase. L'univers roule en leur orbite,\nleur faisant la seule auréole qui soit digne d'eux.\n   Ils ne sauraient monter assez haut... Ils ont retrouvé — comme il conve-\nnait — l'échelle de Jacob. Mais ils réclament quelques échelons. Ils se\nsentent prisonniers de l'infini, exigeant plus que l'infini.\n   Chacun d'eux voudrait être l'Unique.\n   Ce sont les cabotins de l'Idéal... Ils s'entourent d'enfants de chœur qui\nles encensent le long de l'asphalte, imperturbablement. Ils fondent des\nreligions et des dîners. Ils sont merveilleux de puffisme inconscient parfois\net lilial. Un sourire d'eux rend illustre, et leurs mots sont recueillis comme\ndes Bibles...\n   Ils croient tous en leur génie. Il faut toujours croire à son génie. Jogand\ny croyait, et c'est ce qui lui a permis de devenir Léo Taxil.\n\n\n   Leur originalité consiste à déformer uniquement le Réel. Ils ne sauraient\npenser selon leur âme transcendentale. Ont-ils une âme transcendentale?\nIls n'ont, d'ailleurs, pas le loisir de songer à leur âme, ni là force, ni le\nsecret.\n   Ils sont superficiels à crier grâce.\n   La vraie originalité humaine serait de comprendre la vie. Ils laissent ce\npédantisme aux philosophes et n'aspirent qu'à surprendre... Toujours le\nmême système.\n   Ce sont les faussaires ingénus— roués quelquefois — des Idées.\n   Epris de seules verroteries, quand vient la mort ils font flamboyer dans\nle ciel des paradis pour rastaquouères...\n                                               V I C T O R REMOUCHAMPS\n"}, {"page_pdf": 373, "texte": "                           LOINTAINS\n          Ils vivent seuls au plus lointain des solitudes,\n          Ardentes d'infini, terribles de beauté;\n          Et rien d'eux vers le monde aux sèches turpitudes,\n          Que les torrents de l'éternelle charité.\n\n          Délivrés de la chair, les pleines certitudes\n          De leur amour pour Dieu brûlant hors du désir\n          Animent de tendresse heureuse leurs études,\n          Et l'Or du Vrai se change en fluide Elixir.\n\n          Tel plane sans appui l'astre au lent vol robuste,\n          Tels dans l'Indémontrable ils aiment s'affermir.\n          Quand ils mourront, glacés dans l'agonie auguste,\n          Sur leurs lèvres de neige on entendra frémir\n\n          Ce grand baiser de Dieu qu'est le râle d'un            juste...\n\n                                                        ALBER JHOUNEY\n\n\n\n\n          La littérature belge à l'étranger.\n                                 (Suite et fin.)\n\n            Le cadre de ce compte rendu, dois-je le répéter, ne permet pas\n             de m'étendre comme je l'aurais voulu. Je résumerai donc,\n             passerai même (et souvent à contre-cœur) une foule d'aperçus\n             caractéristiques. C'est que devant notre esprit surgit, comme\nun domaine presque inexploré, le pays mystérieux symbolisé par les vers\nde Maeterlinck :\n                 O plongeur à jamais sous la cloche.'\n\n                 Et tant d'êtres étranges à travers les parois !\n                 Et tout attouchement à jamais interdit !\n                 Lorsqu'il y a tant de vie en l'eau claire au dehors.\n\n   Il a cru être « à jamais sous la cloche » au début de son évolution poé-\ntique, lorsqu'il cherchait sa voie sous l'influence de Baudelaire. Maeterlinck\n"}, {"page_pdf": 374, "texte": "                                     — 335 —\n\npart ainsi d'une espèce d'égotisme poétique pour, guidé par le sentiment\nde pitié envers les souffrants et les déshérités, aboutir promptement (car\ndéjà dans les Serres chaudes) vers une espèce d'altruisme. Comme chez\ntoutes les natures douées et profondes, ce processus ne s'oppère pas en lui\nsans douleur ni difficulté :\n                         Mon âme est triste à la fin,\n                         Elle est triste enfin d'être lasse,\n                         Elle est lasse enfin d'être en vain !\n\n   « Un instant de calme, une goutte de rosée fortifiante, et le poète ira\nplus loin. »\n   M. Przesmycki croit que les Serres chaudes resteront peut-être la seule\nmanifestation de poésie purement lyrique de Maeterlinck, qui, depuis qu'il\na abordé le théâtre, lui est resté fidèle, en créant la Princesse Maleine\nd'abord, ensuite l'Intruse, les Aveugles, les Sept Princesses, enfin Pelléas et\nMélisande (1). M. Miriam se demande quelle est la cause de cette évolu-\ntion? « Il est probable, se répond-il, que l'auteur a jugé, non sans raison,\nque l'éternelle antithèse entre le côté limité, temporel de la nature humaine\net le côté essentiel, infini, que les collisions incessantes entre ces deux anta-\ngonismes (collisions se produisant sous mille formes et combinaisons qu'offre\nla variété des manifestations des existences éternelle et sensuelle) peuvent\nmieux être rendues sous la forme dramatique que sous aucune autre: épique\nou lyrique. Car cette première permet l'expression la plus large possible\ndes luttes, surtout intérieures » ... « Peut-être, ajoute-t-il, est-ce une pro-\npension plus grande vers la poésie dramatique qui l'a poussé dans cette\nvoie? »\n   Il me semble qu'il y aurait lieu d'admettre les deux causes : la propen-\nsion autant que les convictions acquises, lesquelles, en un temps déterminé,\nseraient venues se donner la main pour opérer en lui cette volte-face.\n   M. Miriam a étudié avec soin les écrits philosophiques et esthétiques de\nMaeterlinck et s'est bien pénétré de leur doctrine. -\n   En comparant les déductions qui en ressortent aux surprenants résultats\nde la psychologie expérimentale moderne, il est parvenu à constater entre\neux une parfaite identité. Que Maeterlinck y soit arrivé par le moyen de\nla spéculation indépendante, ou par celui de lectures et de recherches, cela\nn'a aucune importance dans l'espèce. Car il ne s'agit pas encore en ce cas\nd'innover, de créer quoi que ce soit dans le domaine philosophique ou scien-\n\n  (1) Et nous savons que depuis lors il n'est pas resté, non plus, en chemin, comme le\ntémoignent ses trois productions dramatiques récemment parues.\n"}, {"page_pdf": 375, "texte": "                                      — 336 —\n\ntifique, mais bien de se tenir à la hauteur ultime de la science du siècle et\nd'introduire consciemment dans la poésie dramatique les prémices d'une\ncosmogonie dont l'aurore vient de poindre à peine — l'aurore du mysticisme\nscientifique qui, à l'aide de l'expérience, découvre et prouve le côté mysté-\nrieux, infini en toute chose, depuis le minéral jusqu'à l'homme. Le mysti-\ncisme scientifique qui s'appuie sur les lois de la nature découvertes par une\ninvestigation séculaire, ruine toute idée de l'intervention miraculeuse dans\nle temps et l'espace, et se voit d'accord avec la théorie monistique puisqu'il\nconstate dans toutes les choses de l'univers un fond commun et éternel;\nil détruit le matérialisme qui confond le réel et le vrai avec le tangible et\nce qui ne peut être saisi que par le sens. De toutes les données d'une impor-\ntance capitale qui nous montrent en quoi consiste l'évolution du mysticisme\nmoderne et vers quoi celle-ci tend avec force et une sûreté garantie par les\nfaits observés, il résulte avec évidence que la nature humaine possède deux\nfaces : l'une tournée vers le monde extérieur communiquant avec lui à\nl'aide des sens, et l'autre encore si mystérieuse pouvant se manifester durant\ncertains états exceptionnels : dans les états hypnotiques et somnambu-\nliques, dans les pressentiments, le rêve, la télépathie, dans certains signes\net gestes symboliques de la nature animée ou inanimée qui environne\nl'homme de toute part. C'est une science au berceau, grosse d'avenir; elle\nconcilie le phénomène avec le noumen et prouve que la métaphysique n'est\npas, comme l'enseignaient les philosophes idéalistes allemands, en dehors\nde notre aperception (1). M. Miriam fait à cette occasion plusieurs cita-\ntions, qu'il ne serait pas difficile d'étendre à l'infini, et entres autres une\ntirée de la Theologia Deutsch de Martin Luther. Elle me paraît si\ncurieuse que je ne puis m'empêcher de la reproduire à cette place :\n« . . . Car l'âme créée de l'homme a deux yeux. Le premier œil a la faculté de\n\n\n   (1) En cela les philosophes idéalistes de l'Allemagne ont montré beaucoup de tact et\nde sagesse. Étant parvenus par voie de pure spéculation philosophique à la conviction\nque l'homme possède en lui une parcelle de l'absolu, ils n'osaient affirmer autrement\nl'existence de cet absolu. Pouvaient-ils espérer que peu de temps après eux la science\nexpérimentale viendrait confirmer leurs assertions spéculatives ? L'idéalisme n'est donc\npas ruiné par le mysticisme scientifique. Au contraire, il doit, en un certain sens, être\nconsidéré comme le précurseur de ce dernier. Je ne puis, par conséquent, approuver le\njugement trop sévère que porte M. Miriam à l'égard des philosophes idéalistes (Fichte,\nSchelling, Hegel) qui, en substance, ne veulent affirmer autre chose que ce qu'affirme le\nmysticisme basé sur l'observation. M. Miriam. qui connaît parfaitement les œuvres philo-\nsophiques de Wronsky, sait fort bien que le grand penseur polonais est parti du point\naboutissant de l'idéalisme allemand pour échafauder sa vaste et encore si ignorée syn-\nthèse.\n"}, {"page_pdf": 376, "texte": "                                  — 337 —\n\n« regarder dans l'éternité et l'autre dans le temps et la création. Les deux\n« yeux ne peuvent agir à la fois ; si l'âme doit regarder avec l'œil droit\n« dans l'éternité, l'œil gauche pendant ce temps doit cesser toute fonction\n« comme s'il était mort. Par contre, quand l'œil gauche commencera ses\n« fonctions vers l'extérieur, vers le temps et la création, il empêchera par\n« là même l'action de l'œil droit. Celui donc qui veut posséder l'œil\n« droit doit renoncer à l'autre. Car personne ne peut servir deux seigneurs\n« à la fois. »\n   Le mysticisme de la secte pythagoricienne et de l'école d'Alexandrie,\nl'ascétisme de l'Inde, de l'Egypte et du moyen-âge sont là pour prouver\nquelle force acquiert cet œil droit, pour parler avec Luther, lorsqu'il est\nconstamment tourné vers l'infini; mais ce qu'il y voit dépend de l'époque,\nde la race, du degré de civilisation. De nos jours enfin, où la connaissance\ndes lois de la nature s'enrichit de découvertes incessantes, cette vue est\nparvenue à s'affranchir de l'attirail mythologique ou fantastique, à contem-\npler les choses de l'au-delà avec l'œil scrutateur du savant respectueux.\nMais le poète aussi se penche avec un saint effroi au-dessus de l'abîme de\nl'éternité, car lui aussi l'avait pressenti et découvert de par la force de son\nintuition et de son imagination créatrice.\n   J'ai l'air à mon tour de m'étendre tout au long, de m'égarer dans des\ndigressions. Il n'en est rien. Ce qui précède est un trait de lumière qui\nnous montrera l'activité actuelle de Maeterlinck sous son vrai jour.\n   M. Miriam, étudiant à fond les poésies dramatiques de l'auteur des\nAveugles, y découvre trois données essentielles :\n   La première, c'est la lutte entre les volontés individuelles et les passions.\nCette donnée, cela va sans dire, est commune à toutes les productions\ndramatiques.\n   La deuxième et la troisième donnée constituent la vraie originalité du\ntalent de Maeterlinck; de plus leur emploi, dit M. Miriam, est une inno-\nvation dont les résultats deviendront incalculables dans l'avenir.\n   La deuxième donnée consiste dans le choix des personnages du drame\n chez qui l'élément transcendantal s'affirme au détriment de celui des sens,\n chez qui par conséquent l'aperception interne s'est développée au détriment\n du vouloir vivre.\n   En cela déjà Maeterlinck se distingue de Shakespeare, car dans les\n drames de ce grand dramaturge la première donnée est dominante; la lutte\n des volontés et des passions y atteint des proportions colossales ; c'est le\n  vouloir vivre et s'affirmer dans toute sa grandeur. Soutenir que l'élément\n transcendantal ne se rencontre guère chez certains personnages du drame\n"}, {"page_pdf": 377, "texte": "                                 — 338 —\n\nshakespearien serait une contre-vérité. Mais cet élément s'y devine ou ne\ns'y rencontre qu'aux hasards de la route, vu que dans l'application de cette\ndeuxième donnée Shakespeare n'a été qu'obscurément guidé par son instinct\ngénial et divinatoire.\n   La troisième donnée c'est le rôle que joue la nature dans les drames de\nMaurice Maeterlinck. Avant lui ce rôle était secondaire : celui des décors,\ndu fond, du feu de Bengale et autres éclairages ; la nature y reflétait les\npassions humaines et grondait et s'apaisait avec elles. Maeterlinck lui\nassigne un rôle actif, indépendant de l'homme, toutefois en corrélation\nintime avec lui. Dans ses drames la nature agit symboliquement avant ou\naprès les actions des personnages.\n   La théorie monistique qui voit un fond commun dans toutes les mani-\nfestations de l'univers, justifie et rend nécessaire même l'introduction de\ncette troisième donnée dans la dramaturgie moderne. En effet, la nature\nambiante et l'homme réagissent sans cesse l'un sur l'autre; une foule de ces\nréactions nous sont encore inconnues.\n   Selon M. Miriam, l'introduction de cette troisième donnée dans la poésie\ndramatique amène une réforme de la plus haute importance, car\nl'ancienne dramaturgie, celle avant Maeterlinck, ne s'occupait que de\nl'homme pris individuellement, elle le considérait comme un petit monde\nà part, sans lien, en quelque sorte, avec le reste de l'univers. Comparant la\nréforme de H. Taine apportée dans l'ancienne critique artistique, laquelle\nanalysait, étudiait chaque œuvre d'art sans lien avec le milieu et la race où\nelle naquit, M. Miriam croit découvrir entre les réformes respectives de\nTaine et de Maeterlinck des analogies très grandes et d'un mérite d'égale\nvaleur. Allant plus loin, M. Przesmycki voit en Maeterlinck un hardi archi-\ntecte qui, par sa réforme et ses réalisations, a posé la base d'un futur drame\ncosmique lequel, aujourd'hui, pourrait encore nous paraître presque impos-\nsible.\n   Tout ceci n'est que le quoi de l'esthétique de Maeterlinck. Procédant\ntoujours par voie déductive, — du général au particulier, de l'idée à sa\nréalisation, — M. Miriam arrive au comment, à l'analyse de l'œuvre de son\npoète et aux procédés qui lui ont permis de rendre, dans ses drames,\nl'expression adéquate à l'idée.\n   M. Miriam s'attache avec un soin particulier à l'analyse de la Princesse\nMaleine, œuvre où Maeterlinck subit sans conteste l'influence de Shakes-\npeare tout en y affirmant déjà son originalité qui ira en s'accentuant dans\nles œuvres suivantes.\n   Nous voici arrivés en un point où je me vois obligé de rectifier certaines\n"}, {"page_pdf": 378, "texte": "                                  — 339 —\n\n\nassertions trop absolues de M. Przesmycki concernant les dites réformes de\nMaeterlinck. Si dans Shakespeare la plupart des personnages regardent en\neffet plus de l'œil gauche que de l'œil droit, en est-il ainsi des autres\nauteurs dramatiques. Par exemple, dans Manfred et dans Caïn de Byron,\ndans Jeanne d'Arc (Die Jungfrau von Orléans) de Schiller, et dans\nl'immense, l'incommensurable Faust de Gœthe?! Chez tous ces person-\nnages l'élément transcendantal est plus fortement développé que le sensuel,\net même lorsqu'il y a lutte entre les deux c'est le premier qui triomphe. Il est\nvrai qu'aucun de ces auteurs n'a su se débarrasser de l'attirail fantastique\nou mythologique, mais il est nécessaire d'ajouter que cet attirail n'est point\nl'effet de la crédulité : c'est du symbolisme — vieux jeu — si l'on veut.\n    J'attire ici l'attention sur l'étonnant poète qui a nom Nicolaus Lenau,\ndont le mysticisme a beaucoup d'analogie avec celui de Maeterlinck. Par\nexemple, dans certaines pièces de poésie, entre autres dans les Waldlieder\net dans son poème extraordinaire intitulé : Die Marionetten (les Marion-\nnettes), écrit avant 1843 et où le premier tableau s'ouvre par une scène\nsymbolique de la nature et où le dernier tableau reproduit la même scène,\nla mettant en parfaite corrélation avec les terribles et mystérieux événe-\nments du drame. Tout cela me paraît fort curieux.\n    Il ne faut surtout pas oublier Edgar Poe. Citerai-je certaines de ses nou-\nvelles où l'au-delà joue un si grand rôle? Morella, Ligeia, Metzgerenstein,\nles Souvenirs de M. Auguste Bedloe, les Révélations magnétiques... Poe,\nqui dans son admirable roman cosmique Eureka a exposé la doctrine\nmonistique, comprit, et bien avant Maeterlinck, la corrélation métaphysique\nqui existe entre l'homme et la nature. A cet effet, je ne citerai que le titre\nde la délicieuse nouvelle intitulée L'Ile de la Fée. Je ne veux point amoin-\ndrir le mérite de Maeterlinck, mais tâcher de remettre toute chose à sa\n place, de rendre, pour parler avec l'Évangile, à César ce qui revient\n à César. J'insiste sur l'immense influence qu'a exercé Edgard Poe, grâce\n à Baudelaire, sur la pléiade poétique belge, influence très légitime due\n autant à son génie qu'à la hauteur et la nouveauté de ses vues, et j'essaie de\n montrer une filiation qui me paraît assez directe.\n     La théorie théâtrale de Maeterlinck nous est bien connue. Selon sa con-\n ception, les poèmes dramatiques de sa création doivent être joués par des\n marionnettes. Et c'est très logique, car à quelle autre espèce d'acteur con-\n fierait-on les rôles des personnages dont le vouloir vivre, pour parler avec\n Schopenhauer, est réduit au minimum. « Ces petites âmes embryonnaires »,\n comme les appelle Mirbeau, sont des irréductibles de l'abstraction psycho­\n  logique, et à des êtres pareils conviennent et la langue que met dans leur\n"}, {"page_pdf": 379, "texte": "                                  — 340 —\n\nbouche Maeterlinck et le jeu des fantoches : une langue d'une simplicité,\nd'une naïveté extrême, hérissée de répétitions, très suggestionnante et inter-\nrompue « par des blocs de silence » ; un jeu des inanimés, des imperson­\nnels qui seul peut ne pas substituer quelque chose d'une individualité\nétrangère à celle de personnages élémentaires du drame.\n   Une atmosphère légendaire est aussi l'une des conditions indispensables\nà de pareilles poésies dramatiques : un temps et un lien idéal, le plus rap-\nproché du métaphysique, lui, qui est toujours à l'état latent et en nous et\nen toute chose.\n   « Un grand artiste, simple jusqu'au fond du cœur, est celui qui conserve,\ndit Guyau, à l'égard du monde une certaine éternelle nouveauté du cœur,\nune certaine éternelle fraîcheur d'impressions... »\n   Toujours recommencer la vie, voici ce qui serait l'idéal de l'artiste.\n« Maeterlinck, conclut M. Miriam, possède sans doute cette éternelle\nenfance du cœur. Du reste, il a pénétré dans des domaines tout à fait neufs,\nqui avaient dû produire sur lui un étonnement bien autrement grand que\ncelui lorsqu'il se sentit un jour d'être le citoyen de ce monde. Cette éternelle\njeunesse du cœur est prouvée par le fait que non seulement dans la Prin­\ncesse Maleine, mais aussi dans ses suivantes créations il a su conserver\nintact sa simplicité et son naturel vraiment admirables. »\n   Je passe et le parallèle entre Eschyle, Sophocle et Maeterlinck, et celui\nentre Maeterlinck et les primitifs.\n   Ne pouvant relater ici que la substance des idées que M. Przesmycki\ns'était fait à propos de son auteur de prédilection, je n'effleure même pas\nsa dissertation sur le beau, quoiqu'elle soit d'un grand intérêt.\n   Dans le livre qui nous occupe, bien que la Princesse Maleine soit\nanalysée et commentée en détail, cependant M. Miriam n'en donne pas la\ntraduction, pour des raisons qui, nul doute, devaient lui avoir paru on ne\npeut plus motivées.\n   En finissant ce petit travail, j'exprime pour la deuxième fois mon admi-\nration pour la remarquable œuvre de critique et d'adaptation de M. Miriam,\net ne puis que souhaiter aux jeunes et talentueux écrivains belges d'être\ntoujours commentés et introduits dans le monde des littératures étrangères\npar des hommes d'une aussi exceptionnelle valeur.\n\n                                                           L. WALLNER\n"}, {"page_pdf": 380, "texte": "                                -   341   -\n\n\n\n                            DÉPART\n        Avec tes yeux pareils à des miroirs d'amour\n        Dont un souffle invisible a terni l'eau funèbre\n        Et remué, comme un soupir d'âme et de jour,\n        Le royaume des invulnérables ténèbres.\n\n        Madone au front plus blanc qu'un nuage de mai,\n        Toi pour qui j'ai quitté le vain orgueil des livres,\n        Je t'adore. Mon âme a peur. Les deux sont ivres,\n        L'heure fatale en mon cœur de bronze a sonné.\n\n        Viens! le voilier de cuivre attend, qu'un souffle emporte.\n        Viens! des chevaux ailés piaffent à ma porte,\n        L'orient élargit ses vantaux embrasés.\n\n        Le jour divin ruisselle et la dernière étoile.\n        Vierge mystérieuse, en la paix de son voile\n        Fermera ses yeux d'or à nos premiers baisers.\n\n                                                   LÉON HENNEBICQ.\n\n\n\n\n                LE PERE CAILLOU\n                                              A M. EVARISTE VAN EEPOEL\n\n\n             Madameke Ruelle était une très vieille petite femme, alerte\n               comme une fourmi malgré son grand âge; elle portait les\n               cheveux à l'ancienne mode, des bandeaux qui se perdaient\n               sous un bonnet blanc, bien repassé, se confondant aux tempes\navec des boucles d'argent épaisses et tremblotantes. La figure effilée prenait\ndans ce cadre une carnation de pâle oxyde. Le dos ne s'était point voûté ;\nmadameke Ruelle gardait toujours la tête infléchie, une tête fluette et ridée,\nincrustée de deux yeux vifs dont les années n'avaient point tari la malice.\n   Elle habitait une chaumière au bout du faubourg, à quelques minutes\ndu hameau d'Osseghem. La maisonnette vétusté, bien antérieure peut-\nêtre au clocher même, était fort distante de la grand'route et s'élevait\n"}, {"page_pdf": 381, "texte": "                                  -   342    -\n\n\n entre l'école et la ferme des Vermieren. L'habitation ne présentait pas\n d'étage ; son toit de chaume, délabré çà et là, accusait une ligne capricieuse.\n Dans la façade, près de la porte basse à auvent, une croisée étroite était\n percée; un pavement de briques, que le va-et-vient des sabots et des souliers\n à clous de fer avait raviné d'un double sillon très rouge, carrelait le seuil.\n A gauche, dans le corridor aux murs jaunis à la chaux, on distinguait les\n premières traverses d'une échelle conduisant aux combles.\n    Devant la chaumine, au centre de la place inondée de soleil, poussait un\n haut tilleul, aussi rond et aussi joufflu qu'une pomme mûre. Cet arbre,\n de linde, ainsi que nous l'appelions, projetait une ombre discrète et\n sereine, piquée de pierreries que les rayons du soleil chassaient au travers\n des feuillages. La pénombre s'étendait en cercle jusqu'à la maisonnette et\n dessinait dans le gazon la silhouette d'une immense couronne. Les jours\n de congé, après nos baguenaudes et nos baignades frétillantes dans l'Etang\n du Moulin du baron Villegas, nous allions nous étendre sous le « linde »,\n et l'herbe nous paraissait plus tendre que la couchette la plus douce et la\n plus moelleuse. Il est vrai que nous contemplions le ciel et le jeu des nuages\n et que le parfum des camomilles saturait l'air et nos coeurs enfantins.\n    Au début du printemps notre tilleul avait un aspect étrange; on l'émon-\ndait régulièrement vers la fin de février ; la moindre branche tombait alors\nsous le coup sec et impitoyable du courcet. L'arbre apparaissait comme un\nbizarre fantôme; les loupes innombrables du tronc rigide contractaient\nl'allure de fatals masques auxquels nos imaginations naïves prêtaient des\ngrimaces horribles et fantastiques lorsque, le soir, la lune toute blanche,\nen caressant la maisonnette calme, découpait le profil dur du solitaire.\n    Des branchettes droites et minces naissaient au sommet et se couvraient\nbientôt d'un feuillage sombre ayant des tons de vieux velours. Lorsque\nnous supposions madameke Ruelle occupée ou absente, nous grimpions à\nl'arbre avec des cabrioles et des culbutes qui nous faisaient rire follement;\nmais nous persévérions et, en nous aidant des genoux et des épaules des\nnôtres, les premières loupes étaient bientôt enfourchées ; de là nous gagnions\naisément le cœur du « linde » dont la verdure serrée nous abritait contre\ntout regard. Puis nous arrachions de flexibles baguettes, choisies sans\ndéfauts, destinées à arrondir à merveille les joues de nos cerfs-volants.\n   Chaque jour, fillettes et gamins dansaient des rondes ingénues autour\ndu tilleul et chantaient gaîment. Les jupes claires et les tabliers de coutil\nfrétillaient et battaient des ailes ainsi que des papillons. Le vieux Core-\nman, de sa forge, en face, souriait à nos évolutions folâtres et disait à ses\nfrappeurs — deux bons et vivants drilles — en nous montrant du bout de\n"}, {"page_pdf": 382, "texte": "                                  -   343   -\n\nson marteau : « Regardez, voilà le siècle qui batifole autour du tilleul ! »\n   Et il disait vrai le bon forgeron, car quand nous étions vingt nous\navions peine à atteindre cent ans en additionnant nos âges. La pensée de\nCoreman s'attristait en songeant que sa vieille âme paisible, brûlée par les\nannées qui passèrent devant sa forge, eût pu, sans difficultés, égrener le\nchapelet des printemps de nos vingt petits cœurs réunis.\n   Devant la fenêtre basse de madameke Ruelle s'étalaient des friandises,\ndes « boules » et des caramels aux formes drôles, bariolés de couleurs dis-\nparates et criardes. Nous faisions notre choix sous l'auvent de toile rayée,\npuis nous nous engouffrions dans la boutique que nous emplissions de notre\nallégresse et de nos transports.\n   Madameke Ruelle avait une rude besogne à servir impartialement et à\ncontenter notre marmaille ; tandis qu'en échange de notre cens elle nous\ndonnait des bonbons enveloppés dans un cornet de papier brun, d'autres\nfouillaient dans les corbeilles et les platines de zinc espérant y découvrir un\nsucre nouveau\n   Parfois, au fond de la cuisine, nous apercevions le père Ruelle, buvant\nson café en mangeant d'épais briquets de pain bis. Ruelle était maçon et\nnous lui donnions le nom de « Papa caillou ». Il ne se fâchait pas quand\nnous l'appelions ainsi; il se contentait de nous râper un moment le menton\ndans sa main durillonnée en disant d'une voix dure : « Ah, les gamins ! »\nC'étaient les seuls mots qu'il nous adressait jamais, les seules syllabes qui,\ndevant nous, sortirent de sa grosse bouche rouge, aux lèvres plissées d'un\ncontinuel et mélancolique sourire. La douleur muette qui se lisait dans ses\ntraits calmes provenait sans doute du caractère acariâtre de sa femme;\n« papa caillou » était fort malheureux, bien souvent des disputes surgis-\nsaient entre son épouse et lui. Au bruit de l'altercation, nous nous serrions\nsur le seuil pour écouter la voix criarde et aiguë de madameke Ruelle fai-\nsant des reproches à son homme; celui-ci bougonnait, disait deux mots\nlents, sans volonté, puis se taisait. Seules les phrases perçantes et grièches\nde la petite vieille s'entendaient encore...\n   Nous autres, nous croyions « papa caillou » un peu toqué. C'était un\nbonhomme de taille moyenne, à la chevelure neigeuse, aux yeux tristes et\nfatigués, des yeux ayant la nuance des briques, comme si, à force de les\nregarder, leurs tons s'y étaient décalqués désormais. Nous nous moquions\nde la façon étrange et monotone dont le père Ruelle déambulait dans la\nvenelle et sur la route des Quatre-Vents. Savions-nous ce qu'était la\ntristesse? Les larmes mêmes nous les trouvions joyeuses. L'univers cares-\nsait nos œuvres ainsi qu'un éperdu sourire et les rayons du soleil fixaient\n nos prunelles comme des regards de bonheur et d'insouciance.\n"}, {"page_pdf": 383, "texte": "                                  — 344 —\n\n     Chaque matin, avant de me rendre en classe, je dirigeais mes pas vers\n l'étang. J'aimais le calme et la solitude de ses bords resplendissants de rosée\n matinale. Le paysage entier formait une merveilleuse rivière de pierreries\n magiques que le lac sertissait d'une reine-émeraude. Je m'asseyais sur le\n bord du ruisseau. Longuement j'y restais accroupi dans l'herbe fraîche et\n parfumée.\n    Devant l'éclusette, l'eau venant de l'étang moutonnait et se couvrait d'une\n écume caressante. Par-dessus les barreaux de fer rouillé des poissons plon-\n geaient drôlement, démenant une seconde leur corps d'argent dans la chute\n mignonne. Étourdis ils s'immobilisaient durant un instant, puis, les\n écailles pailletant sous l'azur du ciel, leurs nageoires lorées battaient avec\n une nouvelle vivacité. Et mes rires, mes exclamations brisaient le calme\n enchanteur et immuable et se répercutaient en échos attendris derrière le\n castel de Villegas.\n    Un jour, avant sept heures, je gagnais mon endroit favori. Le soleil du\n matin tamisait les ambiances d'une gaze féerique et le bleu de l'infini sem-\n blait plus pur que du cristal. Au coude de la route je découvris la place, à\n gauche la maisonnette de madameke Ruelle, la ferme des Vermieren,\nl'école; à droite la forge de Coreman, le cabaret de l'Arbre d'Or.\n    Sous le tilleul j'aperçus quelques camarades, la tête levée, le nez vers le\nciel, semblant scruter l'intérieur de l'arbre. J'étais intrigué. Que faisaient-\nils là, contrairement à leur habitude, de si grand matin? Et pourquoi cette\nfaçon anormale d'indiquer de la main le sommet du feuillage? Je fus bien-\ntôt parmi les nôtres, le regard perdu dans les branches. Au milieu des\nfeuilles je distinguai d'abord une paire de gros souliers éclaboussés de\nsable et de mortier à travers lesquels d'énormes clous de fer poussaient leur\ntête polie, puis un pantalon taché de chaux, un tablier de grossière toile\ngrise que je connaissais fort bien. Le long de la cuisse gauche le bras pen-\ndait immobile, montrant une main pote et crispée; la verdure serrée empê-\nchait de voir l'autre bras.\n   — « Papa caillou! » m'écriai-je, en regardant mes amis.\n    Q.ue faisait-il donc là-haut, dans cette posture impassible? En riant nous\nl'interpellâmes : point de réponse. Plaisantait-il, à présent, avait-il enterré\ndésormais sa mélancolie et sa tristesse ? C'était un tour, pour sûr, qu'il nous\njouait ! Si seulement nous avions aperçu son visage. Mais il se cachait, il\ndérobait sa figure à nos regards, peut-être pour que nous ne le vissions point\nse rire de notre étonnement! C'est à peine si nous devinions quelques\nanneaux de sa chaîne de montre dont le cuivre usé brillait parmi les feuilles\nsombres où perlait la sueur de la sève.\n"}, {"page_pdf": 384, "texte": "                                  — 345 —\n\n   Au bout de cinq minutes notre bande se trouvait au complet. Nous\nétions quelque peu fatigués de tenir la tête levée, et le cou nous faisait mal.\nA la longue une légère inquiétude serra nos cœurs intrigués. De temps à\nautre les jambes bougeaient doucement et le bras semblait balancer. Nous\nnous regardâmes : de nos gorges, tout à coup, sortit un grand éclat de rire\nqui fit frissonner l'herbe et effraya les ramiers ; et, soudain, nos mains\ns'unirent et nos jambes encore engourdies s'échevelèrent dans une de ces\nrondes folles qui égayaient le village et faisaient battre le cœur des mamans\nderrière les rideaux de toile. A présent nous chantions allègres, oubliant\nmême « papa caillou » qui persistait à ne pas bouger.\n   Au bruit de nos chansons quelques seuils se garnirent. Baesine Vermie-\nren, la tête enveloppée dans un madras jaune à fleurs violettes, apparut sur\nle pas de sa porte. Elle s'avança vers notre groupe tandis que nous chan-\ntions les strophes d'une chanson enivrante, une chanson qui berçait un jeu\nde mode seulement vers la fin de juin, lorsque les fleurs de la pomme de\nterre perdent leurs pétales et font place à d'innombrables fruits servant de\nprojectiles à nos catapultes :\n\n                             Pataten-bollen,\n                             Den boom af       bollen...\n\n   Mais voilà que soudain la baesine se voile le visage, relève ensuite la\ntête, toute pâle, les yeux comme effrayés, hagards. Et elle se met à faire\nde grands signes à ses voisines, en faisant claquer son mouchoir rouge dans\nl'air. En voyant arriver tout ce monde nous arrêtons notre danse, mais les\nmains restent unies et nous formons toujours autour du « linde » un cercle\nde joues roses.\n   — Et « papa caillou », dort-il donc que tout ce bruit le laisse impas-\nsible? Peut-être veut-il partager son premier éclat de rire avec tout le\nvillage !\n   Voici maintenant Coreman traînant ses pas lourds, suivi des deux frap-\npeurs.\n   Notre cercle se défit pour leur livrer passage; nous portions les\nregards sur les groupes qui entouraient l'arbre. Le silence était suprême,\non entendait voler les oiseaux, un grillon chantait près du mur; on perce-\nvait le battement des cœurs formant comme une chaîne de sons discrets et\namortis.\n   Les femmes et les hommes se signèrent, quelques vieilles tirèrent leur\nmouchoir et s'en tapotèrent les cils.\n    Coreman nous regardait avec des reproches dans ses yeux vides, il délia\n"}, {"page_pdf": 385, "texte": "                                  — 346 —\n\n son tablier de cuir et nous en fouailla le dos à grands coups. Nous étions\n dispersés; nous entendîmes le vieux forgeron nous dire la gorge serrée-\n mais plutôt parlait-il pour lui-même : « Ne venez plus danser sous le\n tilleul, mes enfants, car désormais ce serait autour de la mort que dan-\n serait le siècle de vos âmes unies ! «\n    Au coin de la route et du beekkant nous arrêtâmes nos pas. Tout le\nvillage maintenant s'ameutait sur la place. Quelques retardataires accou-\nraient des ruelles voisines ; le curé Aendenboom s'amenait là-bas, appuyé\nsur son « pied de chêne ».\n    La foule s'ouvrit et nous distinguâmes le corps immobile de « papa\ncaillou » que les deux frappeurs portaient lentement vers la maisonnette\nde madameke Ruelle, en tenant leur casquette serrée sous le bras. Toutes\nles têtes se baissaient, découvertes, ainsi que les épis d'un champ que caresse\nla rafale...\n    La foule se dispersa. Sur le seuil des portes les paysannes bruyamment\ns'entretenaient\n    Dans l'air calme la cloche de l'école se mit à tinter tels dés échos de\nglas très funèbres, et au lieu de prendre le chemin de la classe, nous cou-\nrûmes vers l'Etang du Moulin...\n\n                                                      SANDER P I E R R O N\n   23 juin 1S94.\n"}, {"page_pdf": 386, "texte": "                                    347\n\n\n\n\n                             DESESPOIR\n            Dans le grand Sahara, le sable inexorable,\n            Travaillant sans relâche, emplit l'immensité,\n            Et d'un linceul mouvant couvre la nudité\n            Du sol, enseveli sous le poids qui l'accable.\n\n            Triste comme la mer, le désert insondable,\n            Par le souffle puissant du simoun agité,\n            Semble se plaindre au ciel de son aridité\n            Et maudire le sort à jamais implacable.\n\n            Le vide et le silence, images du néant,\n            Rendent plus vaste encore le désert effrayant.\n            Mais plus triste je suis., plus lourde est ma souffrance,\n\n            Plus vaste est le désert du monde où je vis seul,\n            Et plus âpre est le vent qui roule le linceul\n            Sous lequel git mon cœur, mort à toute espérance.'\n\n                                                      E M I L E DE SARTORIUS\n\n\n\n\n                     OCTAVE PIRMEZ\n  Nous recevons de M. Jean Delville la lettre suivante :\n\n       MON CHER DIRECTEUR,\n\n\n   Faites, je vous prie, l'honneur de donner, au nom de la gloire légitime du Maître,\nl'hospitalité à ces quelques lignes, que l'un de ses admirateurs vous offre pour la Jeune\nBelgique. Voici :\n   Dans votre dernier numéro, vous rappeliez la commémoration De Coster. J'y lus, avec\nun sentiment mêlé de joie et de mélancolie, le nom du grand oublié d'Acoz : « Le monu-\nment De Coster appelle celui de Pirmez ! »\n   En vérité, ce cri oblige et correspond non pas seulement à l'humble et obscur désir\nque j'ose exprimer ici, mais, j'en suis convaincu, à celui de cent autres voix intimes et\nprotestataires contre l'oubli ambiant — si belge! — qui semble vouloir ensevelir l'Œuvre\naprès l'homme.\n                                                                               24\n"}, {"page_pdf": 387, "texte": "                                        — 348 —\n\n   En effet, tous les lettrés sérieux savent que s'il est parmi la littérature de Belgique un\nesprit digne de recevoir la forme posthume et consécratoire du génie, s'il est un écrivain\ndont l'effigie mériterait d'être frappée au sceau des plus légitimes glorifications, comme\ncelle des plus beaux penseurs, c'est Octave Pirmez. N'a-t-il pas laissé une œuvre de la\nplus haute noblesse littéraire, d'une intellectualité puissante, et dont la silencieuse\nsuprématie resplendit aux altitudes ignorées de la littérature belge? Avec des livres\ncomme ses Feuillées, Jours de solitude, Remo, Heures de philosophie, en France, s'il\navait été Français, Pirmez serait célèbre. Dans notre pays, s'il avait été un turbulent\nphraseur de subtilités creuses, il figurerait parmi la hottée de sinistres fusains d'une\ngalerie officielle où la célébrité est presque compromettante! Mais il a, pareil aux forts,\naux grands, négligé sa gloire; cette âme supérieure avait la répugnance de la popularité\net savait se consoler des seules choses de l'infini. « Es-tu chagrin, tourmenté par les\nhommes et les choses, disait-il, jette hardiment ta pensée dans l'espace et dans l'éternité;\ncontemple l'univers immense, et considère le point imperceptible que tu y formes avec\ntout ce qui t'entoure. Ecoute la cloche : elle t'annonce que le temps infatigable roule\ntoutes choses en son linceul, et que bientôt toi-même tu seras roulé dans l'oubli et l'éternel\nmutisme, »\n   C'était, vous le savez mieux encore que moi, un poète, un penseur de race. Peladan,\nqui — quoi qu'on en dise ! — ne se trompe jamais sur la qualité psychique d'un être et\nqui déchiffre de suite l'arcane cérébral d'un intellectuel, nous dit un jour, à Paris, sa\nhaute estime pour Pirmez : Il le considérait comme étant « la seule tête des lettres\nbelges ». Pour ceux qui connaissent Peladan, autrement que par l'infâme ratatouille\nd'idioties où les gazettes triturent sa personnalité, cette appréciation est significative,\ndoublement.\n   Mais pourquoi insister sur la valeur de Pirmez, dans une revue où l'on a la pudeur de\nne pas oublier ce grand mort. Il importe avant tout — c'est le but de la présente —\nd'insister avec force sur l'idée du monument, puisque, en Belgique, il est nécessaire\nd'être atteint, à certaines heures suprêmes, de statumanie, afin d'un peu sauver de l'oubli\nceux dont la destinée n'est pas d'être les premiers venus et qui ont droit à un peu\nd'immortalité dans un pays où la mort des artistes n'est pas même ce soleil nouveau fai­\nsant s'épanouir les fleurs de leur cerveau, comme dit Baudelaire.\n   Et si l'officialité, elle, n'a pas le temps de s'intéresser à cette bagatelle que l'on nomme\nun écrivain, préoccupée qu'elle est, la bonne ménagère, bien plus de soupe politique que\nde beau langage, pourquoi, nous, les obscurs, les damnés, les inutiles, ne prendrions\nnous pas la revanche ?\n   Pourquoi — c'est ici surtout que j'insiste — la Jeune Belgique ne prendrait-elle pas\nl'initiative de cette lutte héroïque contre l'oubli d'une nation trop béotienne pour com-\nprendre son devoir? Les frais? Ouvrez une souscription et réclamez un subside de l'État.\n11 n'est pas nécessaire d'édifier un monument aux proportions aussi orgueilleuses que\ncoûteuses, et je suis persuadé que l'un de nos jeunes statuaires mettrait généreusement\nson talent au service d'une aussi noble intention. La figure de Pirmez est assez éloquente\npour tenter le ciseau d'un artiste. Le marbre et le bronze attendent, je crois, avec impa-\ntience pour faire revivre, glorieusement, le solitaire oublié d'Acoz, et bientôt, espérons-\nle, le monument s'édifiera, souvenir respectueux et triomphant pour quelques-uns,\nparmi la paludéenne indifférence du marécage national. Et ce sera toujours cela de fait\npour la gloire et la mémoire de ce pur, de ce grand : Octave Pirmez,\n                                                                          JEAN DELVILLE\n"}, {"page_pdf": 388, "texte": "                — 349 —\n\n\n\n\n         ODELETTE\nPOUR C É L É B R E R LA DÉCADENCE\n\n\n     Voici la fin, dansons en chœur\n             des rondes;\n     Tout est au mieux dans le meilleur\n             des mondes.\n\n     Baisant de Camille adore'\n              la mule,\n     Voici ce qu'Edmond inspiré\n             formule :\n\n     « Brisez tout; l'art grec est trop   vieux.\n              Immense\n     un nouveau cycle radieux\n              commence.\n\n     Les temps sont proches : Lemonnier\n             va dire\n     du bien de ses amis, dernier\n             délire !\n\n     Bien loin Gauguin relégua les\n              barbares :\n     Sculptez des noix et des galets\n              bizarres.\n\n     Leconte de Lisle n'est qu'un\n              vieux bonze,\n     Allez offrir à ce Lebrun\n               un bronze.\n\n    Plus malin, je découvre en Ghil\n             sous roche\n    le génie inconnu, dès qu'il\n             approche.\n"}, {"page_pdf": 389, "texte": "                                   — 350 —\n\n                       Raymond    Nyst à Flaubert reprend\n                               l'empire ;\n                       Nous avions déjà, mais plus grand,\n                               Shakspire,\n\n                       Et Bebiesko, qui plus est;\n                               J'oublie\n                       Antonin Claude à qui Musset\n                                s'allie.\n\n                       En avant! Du neuf! Seul le neuf\n                                est digne.\n                       O jeunesse ! Je couve un œuf\n                                de cygne. »\n\n                       Tel il convertit l'univers\n                                et glose,\n                       Et les avocats font des vers\n                                en prose.\n                                                                      TOTO\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  Poèmes sans rimes, d'Olivier-G. DESTRÉE. Londres, imprimé pour fauteur sur les\npresses de Chiswick. — L'Arche, par CAMILLE LEMONNIER. Paris. Dentu. — Nouvelles\nKermesses, par GEORGES EEKHOUD, édition définitive. Contes de mon village, par Louis\nDELATTRE, seconde édition. Bruxelles, Lacomblez. — Le Congo, par ALBERT CHAPAUX.\nBruxelles, Rozez.\n\n\n\n              Eternel étonné, le poète se découvre, chaque matin, renouvelé\n               dans les choses, toujours miraculeuses et neuves : Tel site\n               radieux, la noble et opulente symétrie d'un décor concrètent,\n               soudain, sa paresseuse préconception ; et il leur voue une\nfallacieuse gratitude pour l'avoir incliné à des paroles dont, en somme,\nils furent seulement le prétexte fortuit! Et. ici, son ingénuité atteint cette\nperfection qu'il se l'illusionne inhérente, non à lui-même, mais aux objets\nenvisagés; tellement que son indolente condescendance à l'inspiration\ntyrannique récuse toute suggestion réflexe, entachée, évidemment, à\nsingularité et excessive.\n"}, {"page_pdf": 390, "texte": "                                   — 351 —\n\n    L'outrance implique, à ses yeux, une irréfragable barbarie; et offre un\n moyen d'originalité factice trop facile et général pour n'exciter point son\n scrupule. Zeuxis, ainsi, retira avec colère une toile exposée dont les Athé-\nniens louaient l'étrangeté.\n    Bientôt, au demeurant, nulle conception ne hantera plus l'artiste, hétéro-\ngène à son préjugé cérébral, à son aptitude rhétorique. 11 prohibera, finale-\nment, la passion active qui convulsé et gesticule; la supportera, à peine,\nrévolue, ayant abouti à une espèce de sérénité tragique : Aux affres d'Ham-\nlet, à la transe d'Othello, il préférera la douceur de cette tendre Antigone\nrésignée, Cordélia, ou la soumission désespérée d'Ophélie, sa parure mor-\ntuaire d'herbes folles et de fleurs naïves; — à Cassandre, Andromaque; —\naux cailloux et aux ronces ensanglantés du Calvaire, le ciel immense et\nl'azur, les délicieux chantres archangéliques de la Résurrection. La douleur\nlui apparaîtra surtout ornementale ; plausible accessoire du drame; élément\nde beauté pathétique, susceptible de s'exprimer par des attitudes décoratives\net mesurées ; manifestée sous son aspect absolu, en la sculpturale théorie\nd'un chœur funéraire, accompagnant le récitatif dorien de sa plainte, d'évo-\nlutions rituelles.\n   L'œil volontairement optimiste du poète se délecte à la splendeur prime-\nsautière, au superficiel apparat du monde; à cette parure vernale dont\nl'artificieuse Nature travestit l'aridité ou la tristesse de la terre, et d'autant\nplus luxuriante qu'elle dissimule de charniers, nourrie et nuancée de la\nsubstance des ancêtres !\n   Cet idéal proscrit toute action : ses tableaux et ses personnages, en\neffet, saisis, dès l'abord, dans leur primeur fragile, sous l'aspect de leur\nplus parfaite magnificence, décherraient à la moindre mutation de leur\ncaractère initial. De là une certaine uniformité d'invention ; un poncif de\ncandeur patricienne et d'élégance qui modèle et limite l'effusion de l'artiste.\n   Une monotonie, à la longue, émane, et émousse l'admiration, des sym-\nphosia ferventes de Burne Jones, des cortèges hyperduliques de l'Angelico;\nparoxysmes humains ou paradisiaques, ineffables, mais dont le génial\ninterprète plastique n'atteignit, forcément, et ne transcrivit qu'une fois\nl'intégral et effervescent prodige... Ether divin, — « dolce color d'oriental\nzaffiro » — trop longtemps fixé, qui, après avoir illuminé, éblouit et\naveugle! Les yeux nostalgiques devront se déprendre du charme qui les\nfascina pour, humblement, se rabaisser vers la Terre, car la Princesse\nEndormie ne commencera d'exister, et son palais de cristal fluide, sous les\neaux, qu'à l'instant où la songerie aventurière du prince énamouré l'induira\nà troubler leur torpeur fabuleuse!\n   Et, au surplus, la fiction coïncide avec la sagesse pessimiste et sauvegarde\nle paladin de sa vague velléité profanatrice, en le réveillant! Quelque ondine\nlacustre, sinon, ou quelque hamadryade l'eut, sans doute, exhorté : « Que\nla certitude te suffise, beau prince, de la vertu de ton talisman ! Em-\n baume l'intact souvenir de cette vision irrésolue qu'aucun mortel, poète\nmême ou magicien, n'est digne ni capable de vivre! Cette innocente Epi-\n ménide ne se ranimerait que pour vieillir; et qui sait? ayant tout appris\n"}, {"page_pdf": 391, "texte": "                                  — 352 —\n\npendant ce silence séculaire, renaîtrait-elle d'une loquacité redoutable, et\nsavante!... Laisse la donc, vivante effigie immaculée, sur le socle de son\néternité: sa suavité appartient, toute, au marbre ensorcelé; et le baiser qui\nlui transfuserait ton ardeur te désenchanterait, — car les siècles lui ont com-\nmuniqué, avec la posture, l'âme glacée d'une statue!... Chevalier généreux,\nméfie-toi, désormais, de la surface perfide des étangs sylvestres qui séduit\nle passant et l'abuse du mirage de sa propre figure embellie!... »\n   D'autres spectacles attirent l'espérance inassouvie du prince et du poète,\nles rivages païens du perpétuel primevère, le littoral de la mer glorieuse d'où\nVénus surgit, sous ces « flottantes couronnes d'ailes frémissantes », ces\nmêmes auréoles ailées dont le Beato nimbe l'Assomption de ses Vierges! La\nverdure moite et lustrée des campagnes insulaires, la fine arête nerveuse des\ncollines florentines, la Toscane sinueuse et pétrée les regardent chevaucher\nde compagnie, jumeaux à l'âme sensitive, ravis par la pureté adorable des\nchoses. Leur juvénile allégresse ne se ternit d'aucune flétrissante philosophie;\nrebelle à l'analyse, rien n'en diminue, n'en transgresse l'imperturbable magni-\ntude. « L'horloge de fer » de la réflexion ne sonne jamais en cette contrée ély-\nséenne, mais seulement le timbre fluide des cloches argentines de Fiesole;\nses habitants bénis n'exagèrent, peut-être, que la bénévolence et la crédu-\nlité de leur joie : — c'est la patrie prédestinée de la légende et du merveil-\nleux!...\n    Les poèmes de M.Olivier-G. Destrée retracent dans une forme passion-\nnément simple, avec un coloris vivace, genuine, les émotions de ses nobles\npériégètes. Ambitieux de grâce spontanée, surtout, et de native éloquence,\nle dandysme intellectuel de l'auteur des Poèmes sans rimes poursuit celte\nharmonie qui unit les teintes somptueuses et profondes à la sobriété expres-\nsive des lignes. La plupart de ses proses — et notamment la Princesse\nendormie, Maison paternelle et les Triomphes, — répondent étroitement\nau dessein prémédité de l'écrivain et brillent de la beauté puérile et extasiée\nqu'il leur avait rêvée.\n   M. Herbert-P. Horne a ordonné aux Poèmes sans rimes un costume\nstrictement apparié à l'œuvre qu'il revêt; — typographie, lettrines, frontis-\npice, d'un goût exquis, délicat et sévère.\n\n\n\n   L'artisan athlétique de Happe-Chair, le peintre à fresques des Possédés,\nde la Fin des Bourgeois accorde, parfois, une trève à ses labeurs grandioses\net, pour se délasser, s'installe à l'établi de l'orfèvre, cisèle de surprenantes\njoailleries, d'un art patient et ingénieux, enchâsse quelque rare chrysolithe,\nsertit quelque impérial camée ; ou, saisissant la loupe du miniaturiste, il\nrésume, dans l'étroite perspective d'une nouvelle, d'un conte, son amour et\nsa science de la couleur. Par récréation, aussi, afin de distraire sa pensée\nd'autres et plus absorbants travaux, n'a-t-il point taillé dans le buis, enlu-\nminé et verni maints jouets paradoxaux et drôles? Des mêmes mains éner-\ngiques qui défient la tempête et subjuguent la rafale, les marins construi-\n"}, {"page_pdf": 392, "texte": "                                  — 353 —\n\nsent de frêles et minimes navires, cambrent la flexible armature, compli-\nquent le réseau délié et ténu de leur gréement impalpable...\n   L'Arche est le produit d'une de ces remittences du maître styliste; un\nrelais sur la route principale de son œuvre. Repos créateur, toujours, sem-\nblable à ceux que s'accordait Balzac, dans l'intervalle de ses fulgurants\nchefs-d'œuvre, pour esquisser de rapides et merveilleux épisodes, — pierres\nqui, plus tard, étayaient et rejointoyaient les assises cyclopéennes de la\nComédie humaine.\n   — Aux confins de la capitale où s'agite la convulsive légion des\ncréatures de Lemonnier, — Claudine Lamour, les Lupar, Lépervié,\nRakma, etc.— êtres morbides doués d'un si spécial relief, — presque dans la\nbanlieue, le romancier installe, cette fois, une famille désemparée par\nquelque bourrasque financière, résignée à sa récente médiocrité, mais\nvictime, encore, de la fièvre intrigante de son chef, un de ces aigrefins,\nhabiles toujours et toujours dupés aux jeux louches du hasard et qui\naffrontent, sans cesse, une chance constamment adverse.\n   Et c'est le Journal des doutes, des angoisses et des humiliations de la\nfemme ; et aussi, le cahier confidentiel des félicités de la mère, de cette\nmaman qui, le cœur piétiné sous les ignominieuses réalités, amaigri par\nl'appréhension pire de désastres inconnus, continue de sourire à la quié-\ntude, au tranquille bonheur de ses enfants. Un courage anime ces pages,\nexalté et un peu tremblant; une persévérante et virile volonté, mais infléchie\nde sollicitude tutélaire et de haute pitié féminine...\n   On dirait, cette petite maison ornée de verdure et fleurie, l'asile précaire\nd'un cataclysme, en partie subi, et dont, frémissant, l'on attend le coup\nsuprême ;— au milieu de la mer déserte et mauvaise,le radeau, épave de plus\nen plus disloquée que, chaque jour, il faut radouber et reconquérir — et,\ncependant, pavoisé!...\n\n                                      ***\n   L'éditeur Lacomblez complète, peu à peu, sa collection en réimprimant\nles principaux ouvrages, tirés, naguère, à petit nombre et devenus introu-\nvables, de nos écrivains notables. Il republie ainsi, aujourd'hui, les Nou­\nvelles Kermesses et les Contes de mon village. Il suffira de signaler la\nréapparition de ces beaux livres aux lecteurs de la Jeune.\n   Outre leur mérite propre, les Nouvelles Kermesses présentent ce particu-\nlier intérêt de dater de la.phase intermédiaire de l'art de M. Georges Eek-\nhoud, de marquer l'heure d'une crise décisive et féconde, du climax où son\ntalent, l'anormale vigueur d'observation et de concept, dénoncés par ses\ntravaux antérieurs, atteignirent leur entière et plantureuse maturité. Les Las\nd'aller, les Vachers du Meer pronostiquent déjà la subtile violence,\nl'intensité clairvoyante, l'insolite acuité, cette motilité extrême de la sensa-\ntion qui embrasent et accentuent les prestigieux feuillets du Cycle patibu­\n laire et les imminentes Communions subversives.\n    Les Contes de mon village, début de M. Louis Delattre, qu'une frater-\n"}, {"page_pdf": 393, "texte": "                                 - 3 5 4 -\n\nnelle préface de M. Georges Eekhoud présenta au public lettré, possèdent\nla fraîche saveur acide d'un fruit croquant et vert. La réalité vivace pétille\nen ces pages agiles : la Voisine, le Grand frère, et la finesse, une\nmanière de naïveté narquoise, de sentimentalité goguenarde, de tendre\ngouaillerie ; d'autres — Pierre de la Baraque, la P'tite Flippine — illus-\ntrent d'humbles et inoubliables héros, profilés d'une plume plus grave, —\ntragique et familière.\n\n\n\n    Ce fut une décisive épreuve et péremptoire pour l'esprit national, cette\nœuvre du Congo parvenue, malgré bien des hostilités et des traverses, à\nune vitalité désormais certaine. Les sarcasmes acrimonieux et la risée,\nsalaire habituel, en cette bienveillante patrie, de toute initiative désinté-\nressée ou trop altière pour la j'udiciaire publique, saluèrent, dès l'origine,\nl'entreprise royale ; et, en cette occasion, la dénigrante huée, le ricanement\nde la haineuse médiocratie s'exacerbèrent encore, de l'affreuse éventualité\nprédite, de la possible compromission, grâce à la politique coloniale, de la\nchère intégrité de nos finances !\n    Redoutable aléa! Le pays, peut-être, brusquement arraché à sa sieste\nauguste, verrait fondre les monstrueuses et suintantes bajoues, fruits rubi-\nconds d'une prospérité et d'une somnolence jubilaires; sa pensée aiguil-\nlonnée se soustrairait aux polémiques soporeuses dont on l'a, savamment,\nabêtie, échapperait à l'envoûtement des sublimes campagnes électorales,\ndes joutes attiques des meetings! Le pouacreux cabaret, dont la fétide\nodeur d'enfermé, les aigres relents moisis étaient devenus l'atmosphère et la\ncondition de notre vie, voici qu'on prétend l'aérer, scandaleusement en\nouvrir les fenêtres sur le large !\n   • Les victimes du climat et de la guerre servirent d'arguments sinistres aux\nsensibles philanthropes, ennemis du Congo : — les territoires, pourtant,\nne se subjuguent pas comme le peuple souverain — avec des bavardages\ndéclamatoires !\n    Alors même qu'elle se démontrerait onéraire pour la métropole, cette\npossession africaine ne resterait-elle point d'un prix moral inestimable ?\nCarrière, enfin, aux énergies; horizon ouvert à la témérité et à l'héroïsme;\nchamp d'exercice aux audacieux; école de crânerie et d'intrépidité où les\ncœurs s'élargiront et les intelligences; concurrence avec l'étranger, salutaire\nau tempérament émasculé par le houblon, à la lymphe de la pléthorique et\ncasanière Belgique...\n    Certes, il est louable de manger de la terre natale; point jusqu'à l'indi-\ngestion, pourtant! Le fier geste de communion des Klauwaerts empruntait,\nd'ailleurs, sa signification épique de la conjoncture et, très évidemment,\nmessied au moderne garde-civique décoré du Mérite industriel ou agri-\ncole !...\n    On connaissait vaguement, d'après les notions éparses et fragmentaires\n fournies par les quotidiens, dénaturées, trop souvent, ou falsifiées, la belle\n"}, {"page_pdf": 394, "texte": "                                — 355 —\n\nsérie de campagnes de nos officiers dans la région de la rivière Zaïre; le\nrécit bien coordonné, et éclairé de judicieuses réflexions, de M. Albert\nChapaux renferme l'historique complet de la conquête, depuis les explora-\ntions préalables jusqu'aux dernières défaites des déprédateurs arabes.\nD'abondantes illustrations, des aperçus concis et clairs sur la constitution\ndiplomatique et politique, l'ethnographie, les richesses géologiques, la\nfaune, la flore, l'hygiène, etc., de la contrée, complètent le volume remar-\nquable de M. Chapaux, qui constitue, ainsi, une excellente encyclopédie\ncongolaise.\n                                                     ARNOLD GOFFIN\n\n\n  Aux prochains numéros : Contes et légendes, par P. Germain; le Bon­\nheur irréel, par F . Roussel; Notes d'Etre, par Ch. Sluyts; Notre Art de\nFrance, par Alphonse Germain. Paris, Girard ; l'Ideoréalisme de quelques\nécrivains, par Henry Maubel. Paris, librairie de l'Art indépendant;\nChants de la pluie et du soleil, par Hugues Rebell. Paris, Charles;\nPropos de littérature, par Albert Mockel, etc.\n"}, {"page_pdf": 395, "texte": "                                               — 356 —\n\n\n\n\n                                      MEMENTO\n   Le numéro belge de la Nouvelle Revue                    La tête avait été d'éclair,\n                                                           Avant que les pâles années\ninternationale a fait sensation. Parmi les\n                                                           N'eussent rivé les destinées\ncollaborateurs, nous avons remarqué Mes-                   Sur ce bloc mort de morne chair.\nsieurs Iwan Gilkin. E. Van Arenbergh, Valère\n                                                           Les crins encor étaient ardents,\nGille, Max Elskamp, Fernand Severin,                       Mais la colossale mâchoire\nLéon Hennebicq, Arnold Goffin, etc.                        Mi-ouverte, laissait la gloire\n   M. le vicomte du Fresnel a interviewé                   Tomber morte d'entre les dents.\nMM. Hallaux, Coomans et de Haulleville                     Depuis des temps qu'on ne sait pas,\nsur le mouvement littéraire en Belgique.                   La couronne violemment cruelle\n                                                           De sa poussée indiscontinuelle\nM. Hallaux a répondu qu'il n'a pas le temps                Ployait le front toujours plus las.\nde se tenir au courant; M. Coomans, qui\nest retombé en nourrice, a déclaré que cent                Les astuces, les perfidies\n                                                           Louchaient en ces joyaux taillés\njeunes-belgique viennent d'être décorés (sic)              Et les meurtres, les sangs, les incendies\net M. de Haulleville s'est exprimé ainsi :                 Semblaient reluire entre ces ors caillés.\n   Très remarquable ce mouvement, d'au-                    L'âme dos races redoutables\ntnnt plus remarquable que le pays est                      Dardait ainsi ses vieux forfaits\nbilingue. C'est une difficulté que d'avoir                 Sur sa propre tête qu'elle écrasait\ndeux langues, car il y a, forcement, une                   Sous les passés incommutables.\ndéperdition de forces. Ces deux langues,\nallemande et romane, existèrent de tout                    Couronne et tête étaient placées\ntemps... depuis la chute de l'Empire                       — Couronne ardente et tête héréditaire —\nromain, époque reculée de leur formation.                  En un logis de verre\n   Dès le XVe siècle, il y eut des littérateurs.           Au fond d'un hall, dans un musée.\nPhilippe de Commines et Froissart, pour                    L'œuvre s'y achevait définitive.\nne parler que des plus célèbres, sont de ce                Un vieux gardien vêtu de noir\npays-ci.                                                   Veillait obstinément sans voir\n   Aujourd'hui des hommes très distingués,                 Que cette mort s'accomplissait impérative\ntrès fins, sont à la tête de la jeune littéra-             Selon la loi d'inflexibilité\nture. J'admire sans restriction Gilkin,                    D'une force qui se détruit soi-même\nGiraud, Séverin et d'autres... Verbaeren                   Avec colère et cruauté\nfait quelquefois des vers de treize pieds,                 Et qui s'embaume en un emblème.\nmais ça m'est égal, je ne me préoccupe que\ndu rythme et de l'idée. S'ils étaient fran-                Depuis des temps que nous ne savons pas,\nçais, ceux dont je viens de vous citer les              indiscontinuel est un mot pas français, fabri-\nnoms feraient du bruit, je vous en                      qué par un Apache en délire, et qui signifie\nréponds.                                                la même chose que continuel.' Depuis des\n                                                        temps qu'on ne sait pas, le passé a pour carac-\n                                                        téristique d'être incommutable.        Quant à\n  M. Verhaeren publie dans la                 Société   l'expression tête héréditaire, elle trahitvrai-\nnouvelle le poème que voici :                           ment trop la pensée du poète. Il n'a évidem-\n                    LA TÈTE                             ment pas voulu dire que tous les membres\n   La couronne grande de nuit et d'or                   de la famille impériale dont il s'agit n'avaient\n   Pesait si lourdement sur la tête de cire             qu'une seule tête, qu'ils se passaient à tour\n   Qu'avec son poids de siècles morts                   de rôle, — mais il le dit... Voilà ce qui arrive\n   Elle semblait broyer l'Empire.\n                                                        lorsqu'on se moque du sens des mots et de\n   Le pâle émail des yeux usés                          la propriété des termes et lorsqu'on se flatte\n   S'était fendu en agonies                             de cultiver ses défauts. Le talent meurt, et\n   Minuscules mais infinies\n   Sous les sourcils tranquillisés.                     cette mort s'accomplit impérative, selon\n"}, {"page_pdf": 396, "texte": "                                                       -     357       -\n\n la loi d'inflexibilité d'une force qui se\ndétruit soi-même avec colère et cruauté et\nqui s'embaume en un emblème.\n   Dans un autre poème intitulé La Bourse,                         L'Art moderne ayant donné une forme\noù les cariatides du monument lèvent « des                       définitive et lapidaire à toutes les sottises\ncoffres-forts dédicatoires », nous avons                         proférées par la « basse critique » au sujet\nadmiré les couplets suivants, consacrés aux                      de Leconte de Lisle, s'est attiré, de la part\nopérations financières auxquelles se livrent                     du Journal de Bruxelles, la jolie riposte\n« de carnassiers bourgeois monumen-                              que voici :\ntaux », dont les têtes sont « chavirées »\n                                                                           L'ANARCHIE POÉTIQUE\npar les faillites :\n                                                                                 Point d'ordre sans liberté, point de liberté\n Tels jours, à tel moment,                                                    sans ordre! Voilà une vérité vieille comme\nLa fièvre encore augmente                                                     le monde, si connue, si souvent démontrée\nEt pénètre le monument                                                        que l'on est un peu honteux de la formuler\nEt dans les murs fermente :                                                   de nouveau. C'est comme si l'on disait à un\nOn croît la voir se raviver aux lampes                                        homme raisonnable : Monsieur, permettez-\nImmobiles comme des hampes                                                    moi de vous apprendre que deux et deux\nEt se couler de rampe en rampe                                                font quatre.\nEt s'ameuter et éclater                                                          Il se fait pourtant que cette vérité si claire\nEt crépiter sur les palliers                                                  et si indiscutable est aujourd'hui niée effron-\nEt les marbres des escaliers.                                                 tément par des bavards qui s'intitulent pen-\nUne fureur réenflammée                                                        seurs. Ils courent les places publiques en\nAu mirage d'un pâle espoir                                                    criant : Liberté! liberté! Mais leurs décla-\nS'élève alors de l'entonnoir                                                  mations libérales cachent mal leur esprit\nDe bruit et de fumée                                                          despotique, et la liberté qu'ils réclament\nOù l'on se bat. à coups de vols, en bas.                                      n'est que la liberté d'établir la domination\nLangues lèches, regards aigus, gestes inverses,                               tyrannique de leurs caprices et de leur\nEt cervelles, qu'en tourbillons, les millions traversent ignorance.\nEchangent là leur peur et leur terreur.                                          L'univers entier est régi par des lois.\nLa bâte y simule l'audace                                                     Toute chose a sa loi, le monde intellectuel\nEt les audaces se dépassent;                                                  comme le monde physique, le langage de\nDes doigts grattent sur des ardoises                                          chaque peuple comme le corps de chaque\nL'affolement de leurs angoisses;                                              individu. Les hommes peuvent mal connaî-\nCyniquement, tel escompte l'éclair                                            tre ces lois et les mal formuler; d'autres\nQui tue un peuple au bout du monde                                            hommes viendront qui serreront la vérité\nDans l'or et dans le sang qui se confondent;                                  de plus près. Mais quand un homme affirme\nLes chimères volent au clair ;                                                a priori qu'il n'y a pas de lois, on peut affir-\nMarchés conclus, marchés rompus,                                              mer aussitôt que cet homme est fou.\nLuttent et s'entrebutent en disputes,                                            Aujourd'hui cependant les prêcheurs de\nL'air brûle — et les chiffres paradoxaux                                      l'anarchie obtiennent la sympathie de beau-\nEn paquets pleins, en lourds trousseaux                                       coup de gens, la bienveillance sceptique\nSont répétés et cahotés, et ballottés                                         d'un plus grand nombre encore. S'il s'agit\nEt s'effarent en des bagarres                                                 de politique, d'attentats contre les personnes\nJusqu'à ce que leurs sommes lasses                                            et les propriétés, des crimes récents ont\nMasses contre masses                                                          excité l'indignation générale. Mais s'il n'est\nSe cassent.                                                                   question que de l'anarchie intellectuelle, on\n    M a n i e r l ' h a r m o n i e i m i t a t i v e , r é d u i t e p o u r peut y aller gaiement. En matière d'art,\n                                                                              surtout, le désordre est à la mode ; il est de\n ainsi d i r e à l ' o n o m a t o p é e , a v e c la frénésie\n                                                                              bon ton de déclarer les lois périmées, les\n d'un N y a m - N y a m q u i a b u d e l'alcool, voilà règles abolies. Il paraît que lois et règles\n le t r i o m p h e d e la n o u v e l l e p o é s i e .                      ont fait leur temps et que l'heure a sonné\n    Et d i r e qu'il y a d e p a r n o t r e petit m o n d e qui va rendre le chaos aimable, la patau-\n littéraire, u n e t r e n t a i n e d e s n o b s p o u r\n                                                                              geade galante, l'incongruité délicate et le\n                                                                              pataquès scientifique. Pour les spectateurs\n lesquels de p a r e i l l e s a b e r r a t i o n s s o n t l'in- un peu goguenards de la comédie humaine\n dice du g é n i e !                                                          il est toujours plaisant d'entendre prophé-\n    Ce q u ' o n rira d e t o u t cela, p l u s t a r d !                     tiser avec un majestueux aplomb ces trans-\n    Q u a n t à n o u s , n o u s l ' e n t e n d o n s déjà, le cendantes sottises et de voir les gogos y\n                                                                              ouvrir leurs oreilles toutes grandes afin de\n  terrible, l ' i m p l a c a b l e , le final éclat d e rire ! n'en rien perdre.\n"}, {"page_pdf": 397, "texte": "                                              — 358 —\n\n     Depuis longtemps l'Art moderne s'est fait           Ce n'est pas tout. L'Art moderne prévoit\n  une spécialité de la propagande anarchiste         aussi que sa prose d'épitaphe (le vers libre)\n  dans le domaine de l'art et de la littérature.     rendra vraisemblablement à la langue fran-\n  Il confond l'anarchie avec la modernité, et        çaise a le rythme scandé en faisant renaître\n  si son titre répondait à la réalité il devrait     invinciblement les syllabes longues et\n  s'intituler non plus l'Art moderne, mais           brèves perdues au moment où le latin a\n l'Art anarchique. Seulement, les quelques           subi les transformations du moyen âge et\n artistes habitués à peser le sens des mots          où les poètes à demi sauvages ne trouvèrent\n éclateraient de rire; car ils se demande-           d'autre correctif à cette disposition que la\n raient comment l'art, qui est une synthèse,         monotonie et le charme enfantin de la\n c'est-à-dire un ensemble ordonné, pourrait          rime ».\n être anarchique, c'est-à-dire désordonné!              L'Art moderne a dû pêcher ces idées\n  Une synthèse sans ordre!! Il y a de quoi           phénoménales au fin fond de son puits de\n tordre d'hilarité un obélisque et retourner         science.\n une pyramide d'Egypte : on verrait le pré-             Le français est né du latin précisément\n tendu tombeau de Chéops faire le poirier!           par la perte des longues et des brèves. On\n     Tout récemment, à propos de la mort de          peut penser s'il sera facile de lui rendre ce\n l'illustre Leconte de Lisle, l'Art moderne a        qu'il a dû perdre pour venir au monde!\n proclamé du haut de son perchoir de caca-           Autant vaudrait conseiller aux rédacteurs\n toès que la poésie prosodique avait fait son        de l'Art moderne de reprendre leur cordon\n temps et que l'avenir était au vers libre. (Le      ombilical et de se nourrir désormais au\n vers libre, c'est la prose des épitaphes,           moyen de cet organe.\n divisée en lignes inégales. Ça se trouve au            Et pourtant le français scandé existe!\n cimetière et ça ne sert qu'aux morts.) 11           C'est le français que parlent les Allemands\n paraît, d'après l'Art moderne, que le susdit        et les Anglais et qui fait rire à gorge déployée\n vers libre « gagne, gagne, va. circule et           le public des vaudevilles.\n s'élève, pareil au chant de l'alouette ».              Voilà la dernière nouveauté de l'Art mo­\n Quand l'Art moderne trouve une oie qui              derne !\n sort de l'œuf, il la proclame alouette et il           La ponn roi Dacoberte, il a miss sa pann-\n s'imagine qu'il a renouvelé l'ornithologie.         talonn à l'enfertt!!!\n     Mais poursuivons et voyons pour quelle             Il y a ainsi de graves revues de littérature\n cause le vers libre (la prose d'épitaphe)           et d'art qui réinventent solennellement le\n gagne, circule, vole et l'emporte sur le vers       patois alsacien.\n prosodique. L'Art moderne va nous l'ap-                Et elles déclarent avec ingénuité que\n prendre. Le vers prosodique, affirme-t-il,         c'est à ce patois-là que doit aboutir leur vers\n « a tout dit de ce qu'il pouvait dire ».            libre.\n    Vraiment??                                          Bien obligé, vraiment !\n    Et la prose? N'aurait-elle pas aussi dit            Il nous reste à glaner dans l'article de\ntout ce qu'elle pouvait dire? Elle est bien\nvieille, la pauvre prose. Elle doit être pres-      l'Art moderne.\nque périmée.                                            Voici quelques beaux épis :\n    L'Art moderne en conviendra peut-être              « La France ne va-t-elle plus avoir de\nun jour. Alors, tandis qu'il recommandera           grands poètes? Quelle puérilité ! Comme si\naux poètes de se passer de la rime et du\nrythme, il prescrira aux prosateurs de scan-        la poésie, comme l'Art tout entier, fleuve\nder leurs phrases par groupes réguliers de          immense, pouvait tarir. Comme si aux eaux\ndouze syllabes, chacun de ces groupes               roulant leur courant ne succéderont pas\nrimant avec un groupe voisin. Feu Racine            inépuisablement d'autres eaux, avec l'abon-\navait le pressentiment de cette prose quand\nil écrivait :                                       dance et la pérennité du Nil, du Danube,\n                                                    du Mississipi, des Amazones ! »\n Oui, je viens dans son temple adorer l'Eternel !       Ces métaphores fluviales sont vraiment\n Je viens, selon l'usage antique et solennel,\n Célébrer avec vous la fameuse journée              très démonstratives. Nous pourrions citer\n Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée.\n                                                    une série de fleuves taris ou ensablés ; mais\n   Dès que l'Art moderne voudra bien\nsignaler cette prose nouvelle, rythmique et         ce sont là jeux d'avocat. La poésie ! hélas!\nmélodieuse, elle « gagnera, gagnera, volera         ne s'est nullement engagée à couler éternel-\net circulera ». Ainsi, grâce aux apporteurs         lement, avec l'abondance des Amazones (sic).\nde neuf, on aura de la prose en vers et des         Elle a cessé de couler, en France, après\nvers en prose et il n'y aura de changés que\nles noms : de quoi il conviendra de louer           Louis XIV, pendant plus d'un siècle. Si\nhautement l'Art moderne et les puissants            l'Art moderne avait vécu en ce temps-là,\ninventeurs qui l'inspirent.                         il eût bien souffert. Il est vrai qu'il eût pu\n"}, {"page_pdf": 398, "texte": "                                         — 359 —\n\n se consoler en prenant parti pour le vers\n arythmique de l'économiste Turgot et pour\n les vers blancs du prosateur Voltaire !             Nous croyons devoir reproduire l'article\n   « La poésie doit naître d'une émotion          consacré naguère à Leconte de Lisle par\n   fortement ressentie, S'EXPRIMANT SUR L'HEURE Louis Veuillot.\n  au moyen de la musicalité des phrases... »         Voici cette page tristement inoubliable,\n     Voilà du nouveau 1 Défense aux poètes de qui fait pendant à l'inqualifiable article de\n  laisser reposer leur émotion ! Il faut l'expri- Vallès sur Baudelaire :\n  mer sur l'heure, au moyen des mots qui             M. Leconte de Lisle, poète savant, des\n  surgissent à l'esprit !                         plus connus comme ignoré, publie une lon-\n     Dans ce cas, pour les personnes d'une gue pièce de gros et forts vers, intitulée :\n                                                  Kain (par un K). I1 s'agit du premier Caïn.\n  éducation un peu négligée, le plus beau Son peti-filsTroppmann lui rend une actua-\n  poéme se résumerait, superbement et laco- lité que le poète a saisie pour le chanter.\n niquement, dans la musicalité d'un « nom Car M. Leconte chante Caïn. Toute la pièce\n                                                  est en son honneur; Kain nous est présenté\n de Dieu » retentissant !                         comme un fort digne homme, vengeur de\n    L'Art moderne appelle Leconte de Lisle la raison et de la dignité du genre humain\n le dernier des grands poètes prosodiques. contre le cruel et caprieux Iaveh, ci-devant\n                                                  Jéhovah. Ne croyez pas que l'on veuille\n Il le sait, il en est sûr. Demandez-lui qui le plaisanter ! Tout cela est fort sérieux, témoin\nlui a dit. Il répondra : « C'est mon petit le K.. M. Leconte de Lisle, érudit grave et\ndoigt! » Le doigt qu'il se met dans l'œil.        poète austère, ne rit point. 11 paraît même\n                                                  incapable de rire.\n    Nous voudrions faire la connaissance d'un\npoète non prosodique. C'est comme si l'on            En philosophie comme en poésie, c'est\ndisait» un Absalon dénué de cheveux » ou un chef d'école, un pontife. Au Parnasse\n                                                  contemporain, passage Choiseul, on le con-\nun avocat belge qui ne s'occupe pas de lit- sidère beaucoup. Quarante-neuf enfants\ntérature. Un grand poète non prosodique d'Apollon, garçons, filles et vénérables, gar-\nc'est tout simplement, lorsqu'il est grand, nissent ce Parnasse, tous grands rimeurs et\n                                                  la plupart pareils au pullus onagri de l'Ecri-\nun grand prosateur !                              ture, le petit de l'onagre qui dresse son\n                                                  oreille pointue vers le ciel et qui dit : Je\n                                                  suis libre !... Nulle part ne sont plus dédai-\n                                                  gnés le Dieu des chrétiens et le Boileau des\n    M. Paul Hymans, dans une oraison Français. Dans cette fière volière, M. Le-\nfunèbre prononcée au nom du Cercle Artis­ conte de Lisle tient rang de coq [ou kok !).\n                                                  11 a plus de grec, plus d'hébreu, plus de\ntique et Littéraire (!!!), a commis la phrase sanskrit, il distribue le k avec plus d'abon-\nsuivante :                                        dance, il fait avec plus de facilité le vers dif-\n    C'est une consolation de savoir qu'il s'est ficile, et la flèche de son esprit frappe plus\n éteint presque sans souffrances dans cette avant au cœur de Iaveh ! Heureux oncle\n paisible demeure, entouré des siens, de ses Kaïn, d'avoir trouvé cet Homère!\n livres, des cadres qui lui rappelaient de pré-       Pour qui n'a pas pratiqué beaucoup les\n cieuses amitiés, de tout ce qu'il aimait enfin, œuvres de M. Leconte, ce nouvel ouvrage,\n de tout ce qui a rempli et charmé son exis- qui ne diffère en rien des précédents, n'est\n tence.                                           pas précisément ce que l'on appelle\n     Des cadres!!                                 ennuyeux. Il y a vraiment de la surprise. On\n     Cadres pour tableaux,       probablement. se trouve en plein baroque, mais ce baroque\n  Bon Marollien chasse de race.                    simule l'étrange et l'éclatant. Il semble qu'on\n                                                   n'a jamais rien vu ni entendu de pareil : à\n     Hérédité, voilà de tes coups!                 chaque instant, des mots inouïs éclatent\n                                                   comme de monstrueux pétards. On croit\n                                                   qu'il va arriver quelque chose. Rien n'ar-\n                                                   rive. Ce char attelé de vingt paires de bœufs\n     Notre collaborateur M. Gustave Stevens est chargé d'une plume que le vent enlève;\n  vient d'épouser Mme V e Weiler, née Over- ces soleils et ces volcans concentrent leurs\n  loop.                                            feux pour couver un œuf qui n'éclôt pas. Il\n                                                   n'y a rien. Vous cassez l'œuf, il était vide.\n     La Jeune Belgique présente ses félicita- Otez vos yeux du verre grossissant, faites\n  tions aux jeunes époux.                          taire l'orchestre endiablé qui vous assourdit\n"}, {"page_pdf": 399, "texte": "                                           — 360 —\n\net prenez la réalité cachée dans la boîte           tout entière. Voilà ce que nous savons; il\nmagique : vous avez en main une image               est impossible de rester d'accord avec le\nd'Epinal grossièrement dessinée et coloriée,        bon sens en imaginant autre chose.\nl'équivalent comme art et comme littéra-               Quand la Bible dit que Dieu se reposa,\nture de l'histoire du Juif-Errant, moins            elle ne dit pas qu'il était fatigué. Qui put\ntoutefois la sincérité du sentiment et l'ingé-      faire un pareil ouvrage l'a dû faire sans\nnuité du ton.                                       fatigue, et c'est un contre-sens de nous\n   Chez ceux de ces précieux et de ces raf-         montrer le divin ouvrier haletant ou dans\nfinés qui ont ou qui auraient du mérite et          lui-même ou dans sa création, qui n'est pas\nparfois un mérite assez grand, on rencontre         lui et qui ne cesse pas d'être à lui. Gardant\ndes défauts de touche qui étonnent. Ils sont        encore l'ordre ou tombée en décadence,\nmaniérés, alambiqués et butors comme les            bénie ou maudite, il l'a contemplée avec la\nbarbares et les impuissants. Dans leur              même sérénité triomphante, assurée de la\nimmense vocabulaire, où ils reçoivent tous          ramener toujours à ses lois, qui, d'ailleurs,\nles mots, ils ne rencontrent pas le mot juste,      la dominent même lorsqu'elle croit désobéir.\nsoit que leur ignorance le dédaigne et              Mais la profonde pensée de notre savant\nl'écarté, soit que leur faible main échoue à        poète a besoin de comprendre ainsi la Bible\nle mettre en son lieu. Ils riment pour dire         et de nous montrer Dieu en face de l'homme\nce qui leur passe par la tête; mais ce qui          dans la situation de l'apprenti sorcier de\nleur passe par la tête, ils ne le savent pas        Goethe en face du démon qu'il a téméraire-\nbien.                                               ment évoqué. Il faut que Dieu devienne\n   Rien de moins clair pour eux que leur            faible parce qu'il est injuste, etquel'homme,\npropre pensée. De là des extravagances              s'étant affranchi de son joug, lui fasse expier\nd'images, des insuffisances et des pataquès         ses iniquités      »\ndans l'expression qui ne tardent pas à faire\nsourire le lecteur, d'abord abasourdi. Et il\ns'en va avant la fin, s'apercevant que tous\nces oripeaux descriptifs, ces tintamarres de\ncouleur et de lumière ne sont que le dégui-\nsement du vieil abbé Delille. Seulement,               On sait que l'incident Reclus a déterminé\nsous le fatras de ses périphrases, Jacques          la fondation d'une université nouvelle.\nDelille marchait d'un pas plus leste. L'épa-           L'entreprise étant entachée de politique,\ngneul de salon dont les petites pattes jolies\n                                                    nous n'avons pas à nous en occuper.\ncouraient sans broncher à travers les por-\ncelaines et secouaient par moments de jolies           Toutefois la création d'un Institut des\npetites perles fausses, est devenu un élé-          hautes études nous paraît devoir être encou-\nphant chargé d'une tour de guerre pleine            ragée. Si cet Institut ne devient pas le\nde soldats farouches et surtout bariolés. Il        « gueuloir » d'une certaine coterie, nous ne\nsimule bien la marche pesante, toutefois la\nterre ne tremble pas.                               demandons pas mieux que de le voir pros-\n   Et quelquefois, à travers le tumulte, un         pérer.\njappement qui n'échappait guère au Delille             Voici la liste des cours et des profes-\nnaturel, vient déranger extrêmement l'illu-         seurs :\nsion.                                                  Philosophie des sciences, M. de Brouc-\n  Voulant dépeindre la première activité            kere; Histoire et philosophie des sciences\ndes créatures, le poète n'y voit pas comme          mathématiques, M.Girard ; Sciences mathé-\nBossuet : « l'aimable simplicité du monde           matiques et physiques, M. Roorda; Géo-\nnaissant », mais un ouragan de vie qui              graphie et histoire de la géographie, M. Eli-\nembarrasse déjà le créateur.\n                                                    sée Reclus ; Sociologie générale élémentaire,\n         Dieu haletait dans sa création.            M. De Greef; Cours approfondi de sociolo-\n   Ce mot ridicule n'a pas sans doute échappé       gie, M. De Greef ; Statistique, M. Vinck;\nà l'auteur ; il l'a écrit de plein gré. En décri-   Sociologie économique, M.Vandervelde; La\nvant la création, il a voulu montrer qu'il ne       question sociale, M. Brouez ; Sociologie cri-\ncroit pas en Dieu, ou du moins qu'il a ses          minelle, M Fiamingo; Les finances publi-\nidées particulières sur Dieu. C'est ce que\nnous appelons le jappement de l'épagneul.           ques, M Richald ; Philosophie des mythes,\nPour créer le monde Dieu dit : Fiat ! Pour          M. Elie Reclus; Histoire économique des\nformer l'homme, il façonne un peu de cette          juifs d'occident depuis la dispersion, M. Ber-\nargile qu'il vient de créer, il donne un souffle,   nard Lazare ; Histoire de l'éloquence fran-\net, la création étant complète, il rentre dans\nson repos, parfaitement maître de son œuvre         çaise, M.Cocq; Histoire de l'art, MM, Picard\n"}, {"page_pdf": 400, "texte": "                                        — 361 —\n\n et Verhaeren ; Histoire de la musique, M. Kuf-   conversation sans doute imaginaire, mais\n ferath; L'art néerlandais, M. Brans; Les         si vraisemblable, qui montre merveilleuse-\n peintres primitifs italiens, M. Destrée; Les     ment la grossièreté d'esprit du romancier\n arts industriels et d'ornementation, M. van      de Médan et dont voici un fragment carac-\n de Velde.                                        téristique :\n   Il est inexact, comme l'ont affirmé certains      Dans le symbolisme, je démêle d'abord\njournaux, que les délicates fonctions d'appa-     l'impulsion fatale, très humaine, qui fait\n                                                  qu'une génération nouvelle veut créer une\nriteur en chef aient été confiées à M. Maus.      expression nouvelle de la vie. C'est l'expli-\n                                                  cation de l'originalité des recherches et\n                                                  l'excuse de leur outrance. Ensuite, je dois\n                                                  ajouter — et j'y prends plaisir car j'aime la\n    On lit dans les journaux l'entrefilet sui-    vie dans son avenir comme dans son présent\n vant, que nous reproduisons. — faut-il le        — que toute une carrière immense s'offre\n                                                  aux écrivains de demain : l'inconnu, le mys-\n dire? — sous toutes réserves :                   tère, l'énigme de la vie, l'infini que le fini\n    Il a paru, en Angleterre, un nouveau          masque et dont nous autres, naturalistes,\n livre de M. Ruskin, intitulé : Lettres à un      nous n'avons pas assez tenu compte, sans\nami de collège. Le célèbre critique d'art a       doute parce que nous venions au lendemain\ncoutume d'ahurir les lecteurs ingénus par         des excès idéalistes du romantisme. Les\ndes jugements violents et singuliers, des         symbolistes sont mystiques parce que nous\ndithyrambes imprévus et des anathèmes             sommes réalistes.\nbizarres, qu'il énonce d'ailleurs de omni re         — Personnellement, n'êtes-vous pas\nscibili et du ton le plus absolu, le plus cou-\npant et le plus agressif. 11 a depuis long- essentiellement mystique?\ntemps poussé cette manière d'écrire à une        — Sans doute! et romantique même, si\ntelle perfection, que l'on pouvait douter vous        voulez! Je procède de Hugo : on me\nqu'il se surpassât jamais lui-même. Il sem- l'a    beaucoup reproché et je ne l'ai jamais\n                                               contesté. Mais j'ai obéi comme Goncourt,\nble pourtant bien qu'il y soit parvenu dans comme Daudet, aux nécessités de l'heure.\nle présent volume. On y apprend coup sur On oubliait les faits, pour ne se préoccuper\ncoup qu'Aristote est « une cervelle d'idiot », que de leur interprétation, plastique... les\nque Turner est « l'épitome de l'art », que\n« les chevaux sont la perdition de l'Angle- faits? pourtant, toute la vie. Et quand je\nterre », que les lacs du Cumberland sont regarde au fond de moi-même, ce que je\n« des bourbiers à cochons », que les Fran- vois de plus essentiel, c'est l'amour de la\nçais sont « des polissons à favoris noirs », vie, — et voilà ce qui m'a permis de réaliser\nque manger du fromage de Neuchâtel est ma part de l'œuvre littéraire, qui devait cor-\nune forme de la béatitude, que Pétrarque respondre au besoin le plus général.\nétait pareil « à un boucher jouant Jules         — Outre ce sentiment de l'urgence histo-\nCésar à Astley », que Rome est un trou rique, n'y avait-il pas, dans votre effort,\nplein d'immondices, que l'Eden était pour une complication de théorie, de philosophie\nnos premiers parents « une habitation mes- acquise, apprise?\nquine, un jardin de pépiniériste ». On y         — Oui, j'ai appliqué à la littérature les\napprend beaucoup d'autres choses encore. principes positivistes. Je l'ai fait avec\nEt surtout, on y voit dans tout son jour la l'enthousiasme d'une conviction récente. Je\npersonnalité paradoxale et rageuse de ne crois peut-être plus à ces principes aussi\nM. Ruskin, avec les qualités et les défauts violemment que j'y croyais jadis. Je n'en\nqui lui ont donné, pendant vingt-cinq ans, suis pas moins sûr d'avoir eu raison à mon\nune si puissante action sur l'esthétique instant. Il y a de la vérité relative, même\nanglaise.                                      dans l'erreur d'une réaction. Je fus un peu\n                                               sectaire. Le naturalisme, s'il se juge au\n                                               passé, sera le premier à se reprocher d'avoir\n                                               limité, fermé l'horizon. C'est qu'on l'élargis-\n    Nous adressons nos compliments de con- sait      alors follement. Malherbe a fermé la\n                                               vis au lyrisme de Ronsard; il fallait aussi\n doléance à notre collaborateur Accinelli, qui assagir les.folles rêveries des disciples de\n vient de perdre sa mère.                      Lamartine et d'Hugo. Nous sommes réduits\n                                               au domaine des choses acquises, et c'est\n                                               pourquoi vous nous devez la possibilité\n                                               d'aller plus sûr et plus loin dans la voie\n                                               des conquêtes, des choses à acquérir.\n    M. Charles Morice a publié dans le Jour­ Remarquez-le, je ne crois pas avec Renan\n nal, sous le titre « Zola et l'Inconnu », une que, dans la société future, le poète ou\n"}, {"page_pdf": 401, "texte": "                                          — 362 —\n\nle grand artiste doive devenir une quantité            — Un fait divers, c'est de lit vie; est-ce\nde plus en plus négligeable, tandis que            de la littérature?\nle savant prendra une importance toujours             — Je n'en sais rien. Un fait divers, s'il\nprépondérante. Pour moi, le poète reste            parvient à m'émouvoir, me produit tout\net restera le pionnier de l'humanité. Le           l'effet que je crois devoir exiger de ce\nsavant suit, vérifie. Allez de l'avant, vous,      que j'étiquète très vaguement du mot lit-\npoètes; créez de la beauté nouvelle, em-           térature.\nployez les moyens que vous voudrez. Me                — Le poète est celui qui doue d'authenti-\ncomprenez-vous bien? J'admets absolument           cité la nature. Acceptez-vous cette définition\nque le peintre se serve, techniquement, de         de Stéphane Mallarmé?\ntous les procédés et de toutes les matières.          — Mais j'accepte tout! Je veux seulement\nQu'il peigne au fromage s'il veut, pourvu          être ému. Par exemple, je veux d'abord\nqu'il peigne bien ! Et vous autres, esthéti-       comprendre. Je ne suis pas du Nord, moi.\nsez à votre aise, symbolisez sans limite,          Je suis Français, je suis même Latin, Ita-\nfaites-moi de la prose rythmée, du vers            lien. L'autre soir, chez Daudet, on causait\nlibre, tout ce que vous voudrez, pourvu\n                                                   de l'œuvre de Tissot sur le Christ. Il y\nque vous parveniez à m'émouvoir. Dépas-\nsez-nous, envisagez la réalité sous un autre       avait là des .. symbolistes, je crois, qui ac-\nangle que le nôtre...                              cusaient Tissot de tuer la légende. Pour\n                                                   moi, je déclare que je dois à Tissot, à ce\n    — C'est-à-dire qu'il s'agit d'une concep-      qu'il a mis d'humanité et de vie dans la\n tion nouvelle de la beauté?                       légende, d'avoir compris le Christ. Ne me\n    — Ah ! voilà ce qui m'importe et ce que je     parlez pas de technique : je vous répondrai\n comprends le moins'. La beauté, je ne sais        par la vie.\n  pas ce que c'est. La vie! parlez-moi de la\n vie ! Je ne connais qu'elle, je ne crois qu'en\n elle ! et pourtant, je suis un artiste, moi\n aussi ! Tenez, avez-vous remarqué com-\n ment je compose mes livres? Tout le                  Les revues sont particulièrement intéres-\n monde devrait le voir, mais personne ne           santes, malgré les vacances. La Société\n me lit, quoique je tire à cent mille. Qui\n donc abusa jamais plus que moi du sym-            nouvelle a publié un numéro des plus remar-\n bole? Mes livres sont des labyrinthes où          quables. La Nervie se tient bien, et Stella.\n vous trouveriez, en y regardant de près,          une publication nouvelle, promet de nous\n des vestibules et des sanctuaires, des lieux      révéler quelques écrivains. Dans le dernier\n ouverts, des lieux secrets, des corridors\n sombres, des salles éclairées. Ce sont des        Art moderne, le bon Aryen qui touche à\n monuments : en un mot, ils sont « compo-          tout s'occupe, pour changer, du sémitisme\n sés ». Mais ce n'est pas dans une vue de          et ses théories de son homonyme M. Charles\n beauté. Il ne s'agit pour moi que de faire        Picard.\n vivant, et je sais bien que la vie recèle\ntoujours un mystère. C'est le mystère qui\n me sert de leitmotiv. J'ai procédé comme\n Wagner, sans beaucoup le connaître, au\n début, et je pense que, comme lui. c'est le         A signaler l'apparition d'un journal men-\n sentiment de la vie qui m'a conduit à ce\n procédé. J'utilise aussi les harmonies obte-      suel intitulé Le Cornélien moderne. Nous\n nues par le retour des phrases, et n'est-ce       attendons les corneilles, qui sont peut-être\n pas le meilleur moyen de donner un son à          encore en train d'abattre des noix.\nla signification muette des choses? Symbo-           N. B. — A la rigueur nous nous conten-\n liste ! Je crois bien que je le suis. Hélas! le\nprincipal reproche qu'on puisse me faire,          terions de Thomas.\nc'est que je suis même arrivé, dans cette\nvoie, au pur procédé. J'ai trop écrit, j'obéis\ninvolontairement aux habitudes de mon cer-\nveau... Mais de la beauté théorique, de l'es-\nthétique? Je ne m'en suis jamais soucié.\nPour moi, l'art n'est autre chose que la réa-\nlisation de la plus grande intensité de vie\npossible par n'importe quel moyen. J'écris\nmal? L'auteur de la Littérature de tout\nà l'heure a dit que j'écrivais en style de\njournalisme? Qu'es-ce que ça me fait, si je\nrecrée la vie, si j'écris vivant.\n"}, {"page_pdf": 402, "texte": "                P a u l LACOMBLEZ\n       ÉDITEUR         D E LA J E U N E           BELGIQUE\n                     31, rue des Paroissiens, 31\n\n\n                              BRUXELLES\n\n\n           POUR PARAITRE LE1erOCTOBRE\n                                 DANS LA\n  P E T I T E    COLLECTION                   DES       P O E T E S\n\n                     A L B E R T GIRAUD\n\nHORS                       DU              SIÈCLE\n                                   II\n       Sous la C o u r o n n e . — Devant le Sphynx.\n  Un volume sur papier de luxe, titre en couleurs. Prix : 3 francs.\n          Il a été tiré quelques exemplaires sans parchemin :\n      Sur royal Van Gelder à                             5 francs.\n      Sur japon des Manufactures Impériales . .         12 »\n\n\n           POUR PARAITRE LE 15 OCTOBRE\n\n                    LOUIS DELATTRE\n\n  Les Miroirs de Jeunesse\n              Un volume in-18 Jésus. Prix :fr.3-50.\nQuelques exemplaire sur hollande Van Gelder sans parchemin à fr. 7-50.\n\n\n                         En vente :\n                 RICHARD              W A G N E R\n\n\n L'ANNEAU DU NIBELUNG\n                   L. P. DE BRINN' GAUBART\n      Avant-propos — Traduction — Annotation philologique.\n                     EDMOND BARTHÉLÉMY\n         Étude critique — Commentaire musicographique.\n               Un fort volume in-8°. Prix : 6 francs.\n"}, {"page_pdf": 403, "texte": "                    Paul LACOMBLEZ\n                                          ÉDITEUR\n        31,    RUE       DES       PAROISSIENS,                     BRUXELLES\n\n                                 Livres de fonds.\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et               Itiberê da Cunha (J.). Préludes .     . fr.   3 »\n  roses .                              fr. 3 50    Jenart (Aug.). Le Barbare                     2 »\nBrabant (V.). Notes de voyage . . . 1 »            Jeune Belgique (Le Parnasse de la). .         7 50\nBloy(Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 »        Journal d'une ignorante: Sur les Golfes       1 50\n   Les 3 premiers numéros ensemble 1 »             Justus Severus Africus                        1 »\nBosiers E.). Harald-Roi                     2 »    Kahn (Gustave). Chansons d ' a m a n t . .    3 50\nCarnet de chasse illustré .       . . . 15 »            —      Les Palais nomades .          . 3 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 »            Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .      2 »\nCourouble (L.). Contes et souvenir?. . 3 50             —         Loth et ses filles . . .    2 »\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 »            Landoy (Eug.). Evocations                  3 50\nDaCosta(G.) Grammaire en portefeuille 0 50               —        Maître Martin . . . . 0 50\nDaxhelet(A ) Pages de tendresse vague 3 50         Lautréamont (comte de). Les Chants de\n      —       Nouvelles de Wallonie . 3 50           Maldoror                                 3 50\nDe Coster (Ch.). La Légende d'Ulen-                Lemonnier (C). Paroles pour Georges\n          spiegel                           5 »         —         Eekhoud             0         50\n      —         Légendes flamandes . 3 50                —        Discours d'inauguration\n                  (Voir Lemonnier.)                  du monument Ch. De Coster, avec\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50          extraits d'« Ulenspiegel » et por-\n      —       Les Miroirs de son Cœur. 3 50           trait de Ch. De Coster . . . . 0 50\npelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50        Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\nDe Haulleville (baron P.). En vacances. 3 50                      (L'Intruse, Les Aveugles. 3 »\n      —      Portraits et silhouettes, 2V. 7 »           —        La Princesse Maleine. . 3 50\n      —      J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                    —        Serres chaudes . . . .      3 »\n                talat chez les Civilisés. 4 »            —        L'Ornement des noces spi-\nDemolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                               rituelles                4 »\n      —         Impressions d'Art. . . 3 »               —        Les Sept Princesses . . 2 »\n      —         James Ensor . .           . 3 »          —        Pelléas et Mélisande .      3 50\nDe Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 »                           (Voir Emerson.)\nDe Régnier. Le Bosquet de Psyché . 2 »             Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam .        3 \"\nDe Tallenay (J.). L'Invisible .             3 50   Maubel (Henri). Miette                     2 50\nDesombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »                —        Etude de jeune fille . . 3 50\nDestrée (Jules). Journal des Destrée        1 »          —        Quelqu'un d'aujourd'hui . 3 50\nDulac (Paul). Vingt-cinq sonnets          . 1 50   Picard (E.). El Moghreb al Aksa . '. 4 »\n Dupont (A.). L'Envol des rêves . . . 2 »                —        Scènes de la vie judiciaire 4 »\nEekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50               —        Vie simple                  3 »\n      —        La Nouvelle Carthage. . 4 »         Pierron (Sander). Pages de Charité         3 50\n      —        Les Fusillés de Malines . 3 50      Pléiade (La). Première année (1889) . 3 »\n       —       Au siècle de Shakespeare. 3 »       Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n      —        Kees Dooril:                 3 50   Rodenbach Le Foyer et les champs . 1 »\n       —       Kermesses                    5 \"    Rommelaere J.\\ Ma semaine, 1892-93. 2 »\n Elskamp (Max). Dominical . . . .           2 »          —        Ma semaine, 1894 . . .      2 »\n       —       Salutations, dont d'angé-           Severin (Fernand) Le Lys                   2 \"\n    liques .                                3 50            —            Le Don d'enfance     2 »\n Emerson. Sept Essais, avec préface de             Sigogne (E.). Contes merveilleux         . 3 »\n    Maeterlinck                             3 50   Sluyts(Ch.). L Appel des voix . . . 2 \"\n Garnir (Georges). Les Char neux .          3 50         —        Notes d'être                3 »\n       —       Contes à Marjolaine          3 50   Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 \"\n Gilkin (Iwan). Stances dorées . . . 1 »           Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut. . . 3 50\n Gille (Valère) Le Château des merveilles 2 »      Van Lerberghe (Ch.). Les Flaireurs . . 1      »\n Giraud (Albert). Hors du siècle . . .      3 50   Verhaeren (E.;. Les Apparus dans mes\n       —       Pierrot lunaire . . . .      2 »                      chemins                  2 «\n       —       Pierrot Narcisse . . . 2 »                —        Les Moines                  3 »\n       —       Dernières Fêtes.       . . 2 »      Villiers de l'Isle-Adam. Premières Poé-\n       —       Le Scribe                     1 »      sies.                                   3 50\n Hannon (Théo). Noëls fin de siècle . . 3 »              —        M organe                    5 \"\n       —       Au pays de Manneken-Pis 4 »         Waller (Max). La Flûte à Siebel. . . 3 50\n Hanneuse (0 ). La Reine Aléna. . (souscrit)             —        Daisy                       3 »\n       —       Sorello                      2 50   X. Y. Religion et progrès ... . . (épuisé)\n\n              Dépôt des Revues Françaises :\n              La Plume, fr. 0-50; franco, fr. 0-55\n        Le Mercure de France, 1 franc ; franco, fr. 1-25\n            L'Ermitage, fr. 0-80 ; franco, fr. 0-90\n                     Bruxelles. — Imprimerie Ve M'onnom,32, rue de l'Industrie\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1894-09-01", "preuve": "Septembre 1894, numéro 9, couverture PDF 368 ; aucun jour imprimé."}}