{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Novembre 1894", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 452, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "Novembre 1894.                         TOME XIII.           -N°11            14me              Année.\n\n\n\n\n  JEUNE\n                   BELGIQUE\n                                          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 452, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 184, "fin_caractere_exclue": 1548, "texte": "SOMMAIRE:\n\n       La Musique du braconnier                             LOUIS DELATTRE.\n       Vers                                                 VALÈRE G I L L E .\n       Royauté                                              JOSEPH DESGENÊTS.\n       Vers                                                 MAURICE CARTUYVELS.\n       Vers                                                 JEAN DELVILLE.\n       D'après Wiertz                                       ANDRÉ RUIJTERS.\n       Chronique littéraire :\n           Hors du siècle                                   IWAN G I I N .\n       Chronique théâtrale                                  V. G.\n       Memento                                 .    .   .   NEMO.\n\n\n\n\n          REDACTION                                                      BRUXELLES\n 4,RUEV A N D E R L I N D E N ,   BRUXELLES.                        PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                        31, rue des Paroissiens\n\n                                                                             PARIS\n   PRIX DU NUMÉRO                                              CHAMUEL,         LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                          29, rue de Trévise\n        fr. 0-75.\n                                                                                1894\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 453, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 373, "fin_caractere_exclue": 1124, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n   Fondateur       : MAX W A L L E R (MAURICE                WARLOMONT)\n              Directeur : ALBERT GIRAUD, 4, rue Vanderlinden.\nSecrétaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n               7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                  des   Capu­\ncines, 16, à Paris.\n\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, Marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 453, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1124, "fin_caractere_exclue": 1578, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 407, "page_fin": 413, "titre_corps": "La Musique du braconnier", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Delattre", "ancre_debut": "LA MUSIQUE DU BRACONNIER", "ancre_fin": "LOUIS DELATTRE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 454, "page_imprimee": 407, "debut_caractere": 2, "fin_caractere_exclue": 1917, "texte": "LA MUSIQUE DU BRACONNIER\n\n                                  Une douzaine de malades occupaient l'hôpi-\n                                  tal d'une ville de province; bâtiment déla-\n                                  bré aux murs lézardés, qui paraissait rongé\n                                  des maladies qu'il avait abritées, et com-\n                                  mandait la vallée où la rivière, issue de\n                                  l'ouest, s'enroulait au pied d'une colline\n                                  pour fuir vers l'orient, miroitante par cet\n                                  après-midi d'été.\n                                     Ces pauvres gens venaient, de préférence,\n                 traîner leurs pas ennuyés sous le mur qui leur cachait l'es-\n                 pace plein de soleil et où courait le vent, comme se collent\n                 au couvercle de leur prison et se serrent aux fissures, plus\n                 près du jour, les hannetons, qu'en mai, nourrissent les\n                 enfants.\n                    Quelquefois, s'aidant des épaules d'un compagnon et\n                 s'appuyant aux aspérités des briques, l'un d'eux passait la\n                 tête au-dessus du faîte des clôtures. Le souffle du large cares-\n                 sait son front ; et il disait, à ceux restés à terre, ce qu'il\n                 voyait :\n                    — Une charrette roule sur la route. Le pont de la rivière\n                 est tourné ; un bateau vient; le cheval de halagé ne tire plus\n                 et la corde fouette l'eau qui s'éparpille. Et par là, tous les\ntoits luisent d'un côté ; les rouges, de tuiles, sont plus gais, et les bleus,\nd'ardoises, plus jolis. Ils descendent en sautant jusqu'à la rivière; je vois\nl'ombre d'un nuage qui galope sur eux.... Ah! elle est loin déjà. Les chemi-\n                                                                        28\n"}, {"page_pdf": 455, "page_imprimee": 408, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "                                 — 408 —\n\n nées sont culottées de suie et brunes. Comme elles sont sérieuses ! C'est\npar là que la maison prend haleine dans le ciel ; à présent elles travaillent\net fument pour le repas de midi... Je voudrais bien manger les légumes de\nmon jardin, que ma femme aurait cuits... Voilà des pigeons bleus et blancs\nqui approchent; mais ils s'en retournent; ils se perchent sur un pignon...\n   Après, quand le spectateur sautait à terre, il conservait longtemps,\naux pommettes, deux plaques rouges animées et les yeux brillants.\n   Et ce mur que tous, à certains jours, auraient voulu franchir, était écla-\nboussé de rouges blessures : les cassures fraîches des briques où les plus\nvaillants avaient écorché leurs doigts en tentant l'escalade.\n   Durant la journée, les hommes vaguaient, silencieux, dans le jardin, un\ncarré de gazon pelé. Ils étaient vêtus de pantalons hors de mesures flottant,\nà plis lourds, sur leurs jambes maigres, et de courtes vestes sans poches.\nIls ne savaient donc où mettre leurs mains, ni ne pouvaient emporter sur\neux aucun objet familier, comme le canif à manche de bois ou le petit étui\nà chiques.\n   Parmi eux, les houilleurs s'asseyaient sur leurs talons durant des heures\net pensaient à leurs pinsons tchiripant dans les cages accrochées aux murs\ndu coron. Leurs visages pâles d'anémiés étaient tatoués des bleus\nd'anciennes plaies de la fosse; ils étaient secoués de toux violentes et cra-\nchaient du charbon. On reconnaissait aussi les verriers décharnés et\npoussifs qui semblaient avoir soufflé leurs poumons devant les fours\nchauffés à blanc.\n   Un grand malingre, qui toussait sans répit, se prétendait au mieux quand\nil pouvait, de la fenêtre, suivre dans la cour de service, sur la pelouse aux\npissenlits d'or, les lavandières étendant les linges humides. Il comptait les\ncarrés des draps de lit, les taches rondes des bonnets de femme et les longs\nserpents que traçaient les bandes à pansement. Et le front collé à la vitre,\nil ne perdait pas un mouvement des commères aux va-et-vient affairés et\nminutieux.\n   Les plus valides se disputaient le moindre passe-temps : à qui manierait\nla hachette pour fendre le bois des cuisines, à qui tiendrait la boîte aux\noutils de l'infirmier qui chassait un clou dans une porte.\n   Car, coupées seulement de la hâtive visite du médecin, ici, les journées\nd'été à se traîner dans le soleil étaient si lentes, qu'il y avait des hommes\ndont l'apathie seule empêchait la guérison, des malades d'être malades,\nmourants et indolents. Ils pensaient, ceux-là, à peine à eux-mêmes; ils ne\nse parlaient, ne se plaignaient, ni ne s'enquéraient de leurs maux l'un à\nl'autre.\n"}, {"page_pdf": 456, "page_imprimee": 409, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2713, "texte": "                                    — 409 —\n\n   Mais l'infirmier avait pour cette poignée de misérables perdus dans\nl'hôpital, une compassion inaccoutumée, comme les plus rogues surveillants\nrelâchent leur rigueur près des collégiens abandonnés, au pensionnat,\ndurant les vacances. Même, il leur apporta, un jour, l'accordéon de sa\nmaison.\n   Cet accordéon était très volumineux ; développé, il emplissait vos deux\nbras; et il était très lourd. Sur la plaque brune des touches, une délicate\nmarqueterie en bois d'olivier doré dessinait des bouquets de fleurons, des\nguirlandes et une bordure guillochée. Les soufflets souples et puissants\nétaient à coins de basane verte. L'infirmier le serrait dans une boîte qui,\nelle-même, était déjà très belle.\n  Il l'avait acheté, malgré les criailleries de sa femme, à la boutique de\n« la Jambe de Bois », dans la rue Neuve : une agréable rue de cafés-concerts\net de magasins à évents bariolés et éclatants. (Elle semble faire toujours la\nnoce et les ouvriers du faubourg, à casquettes somptueuses, pantoufles\nbrodées et foulards de couleurs tendres, y traînent, les lundis, heureux\nautant qu'à la foire, en fumant dans des pipes d'écume blanche à bout\nd'ambre.)\n  Et pour écouter l'accordéon, les malades se réunissaient, après le souper,\ndans un coin de la cour où étaient scellées, au mur, quelques planches en\nguise de bancs, parmi des fioles à potions cassées et des débris de pots à\nonguents.\n   Alors, la nuit tiède était pleine de rumeurs arrivant par-dessus les clô-\ntures : rires ardents et étouffés, des rires comme des soupirs, de couples\ncourant s'aimer sur les talus des remparts bù l'herbe est haute; et\nclairs chants des rondes d'enfants ballants et jouant, dans l'ombre, des jeux\nsi doux, que leurs pommettes brûlent en leurs visages moites et roses. (Ils\nne veulent plus s'en retourner quand les mères, les cherchant, les appel-\nlent; pour les ramener, elles les traînent par les poignets; et ils montent se\ncoucher en écoutant encore les rires des gens devisant sur les seuils !)\n   Un vieux houilleur jouait de l'instrument. Il avait un visage blafard où\nle nez cassé et déjeté et la barbe de bouc presque verte rendaient plus\nterne encore l'expression de ses yeux d'un bleu fade, sans cesse trem-\nblotant dans leurs orbites, comme des mains qui ont trop travaillé. Il\ns'accroupissait, et le corps contourné, l'oreille penchée sur les touches, il\ntirait, des soufflets, de longues plaintes criardes et caressantes, ainsi que\ndes doléances de pleureuses villageoises. Ses sourcils 'restaient remontés,\nl'angle de ses paupières tiré, sa bouche bée; il était semblable à un de ces\ntout vieux qui perdent le sens et que leurs enfants font taire, par honte.\n"}, {"page_pdf": 457, "page_imprimee": 410, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2642, "texte": "                                    — 410—\n\n   Pour les malades, c'étaient eux-mêmes qui pleuraient dans cette histoire\nque l'ancien rabâchait; chacun y écoutait la mélopée de sa vie rythmée,\nlà, ainsi qu'au clic-clac d'un berceau frappant le plancher. Cependant que\nleurs âmes vagissaient des mots vagues et câlins de nourrice et s'endor-\nmaient tout doucement, à la façon des petits enfants que l'on plaint et\ncaresse, les rêves heureux relevaient le coin de leurs bouches séchées par la\nfièvre; pour eux s'arrêtait le temps, la barque entre les roseaux, dans une\nanse où le courant meurt. Et ces simples rendaient grâce au musicien avec\ndes regards de malades auxquels on tend le verre d'eau fraîche...\n   Un soir, un jeune imprudent passa ses doigts dans les tirants de l'accor-\ndéon. « Il voulait voir! » Et il riait. Mais dans ses mains l'instrument,\ntout à coup, rendit un si terrible son, un si effrayant soupir, que tous se\nregardèrent et qu'il courut se cacher, décontenancé, au dernier rang des\nauditeurs dont la moue lui exprimait assez la désapprobation.\n\n\n                                         II\n\n    Cependant, à Fontaine, on arrêta enfin le Pi. Une brigade de gendarmes\n avait cerné le bois où il gîtait ; et traqué par les taillis et les fosses abandon.\n nées, forcé comme une bête sauvage, le brigand, à bout de force, était\nvenu s'affaler sous le pont du chemin de fer. Il semblait se rendre, mais\npendant qu'on le garrottait, il assomma encore un homme.\n    On le coucha dans un tombereau; et ainsi qu'on fait du bétail qui se\n refuse de sortir de l'étable pour la boucherie, on le charria à la prison de la\nville. Par les chemins où il passait, les enfants pleuraient pour que leur\nmère les prit dans leurs bras et leur fît voir dans la voiture, par-\ndessus les ridelles, le braconnier ligoté et ensanglanté, accroupi comme\nun fauve. Tel, les gendarmes semblaient le craindre encore; car il y a de\nces vaincus terribles qu'il faut tuer : ils reviennent toujours à la charge, et\nils effraient le vainqueur lâche. L'attelage résonnait sur les pierres, et les\nlongs sabres battaient les éperons avec un bruit si émouvant qu'on ne\npouvait s'empêcher de les suivre.\n    A l'entrée de Monceau, quelle émotion quand surgit la femme du Pi!\nElle s'arracha à l'étreinte de ceux qui voulaient la retenir ; elle bondit dans\nle chariot; et, à même la bouche du braconnier ligoté, elle vida une pleine\nbouteille de genièvre. Enfin les gendarmes la jetèrent à bas ; mais le cortège\nl'applaudit, et elle suivit, en vociférant des injures et des imprécations,\njusque sous le porche de la prison.\n    — Comme elle reste fidèle au Pi !\n"}, {"page_pdf": 458, "page_imprimee": 411, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2636, "texte": "                                   —   411   —\n\n   — C'est vrai, qu'ils s'aiment bien !\n   — Moi, je sais qu'elle n'a pas manqué un seul jour, depuis un an, de\n porter la soupe à son homme, aujourd'hui à Forchies, demain à Leernes,\nsuivant sa cachette. Elle le trouvait toujours malgré les gardes.\n   — Elle rapportait, du bois, les lièvres qu'il avait tués. Même, je lui en\nachetai un qui pesait six livres, pour trois francs ; ce n'est que le prix du\nlard! Tout compte fait, pourtant, ça revient encore cher, vous savez,\nvoisine, parce que du lièvre on s'en dégoûte vite, et on ne sait tout\nmanger.\n   — Quelle diablesse ! Voisine, on dit qu'elle retournait au bois, la nuit,\npar tous les temps, pour aimer son homme!\n   — Ah! c'est bien sûr pour la punir que les gendarmes la laissent courir,\nelle, tandis que le Pi est arrêté !\n   ... Or, dans sa lutte d'un jour entier, dans sa rage d'être pris, le bracon-\nnier s'était fait de si cruelles blessures, qu'il dût, de sa prison, passer bientôt\nà l'hôpital.\n   Il y entra soutenu par l'infirmier, un crapoussin aux yeux vairons\nétonnés et clignotants, au visage couturé par la petite vérole, qu'on gardait,\nsi paresseux qu'il fût, parce qu'il avait, chaque année, au moins une maladie\nnouvelle, caractérisée aussi nettement qu'en un traité de pathologie. Dans\nla chambre puante de faguenas, le Pi rappelait un arbre renversé dont\nle feuillage, tantôt encore frémissant dans le vent, serait, à présent, aplati\ndans la boue du fossé, quelque chose de vivant écrasé.\n   On l'étendit dans un lit où les autres malades vinrent le voir, avec les\ncoins de la bouche tirés en le sourire silencieux et inquiet qu'ils auraient eu\ndevant quelque bête encagée. Puis, son histoire courut d'un lit à l'autre,\nmais je ne sais qui la conta le premier.\n   Oui, à présent, la grosse tête ronde du brigand creusait l'oreiller profon-\ndément, hirsute comme l'échiné d'un- sanglier. Dans cette boule de soies\nbretaudée, il n'y avait que son front et ses pommettes qui montrassent un\npeu de peau, rougie d'ailleurs et râpée par les bises. Il se taisait absolument;\npour distinguer qu'il vivait, il fallait s'approcher et regarder, au fond des\ntrous de ses orbites, pétiller ses yeux vifs qui suivaient tous vos mouve-\nments\n   Malgré l'inquiétude qui les agitait autant que des yeux de rats pris au\npiège, on pouvait saisir encore leurs beautés diverses. Ils avaient la scléro-\ntique d'un blanc bleuâtre et l'iris d'un gris pigmenté de brun tabac. De\nsorte, qu'à la fois, ces yeux étaient gais autant que les lapins broutant le\nthym sauvage de la clairière, au petit matin ; et alâcres et pétillants de vie\n"}, {"page_pdf": 459, "page_imprimee": 412, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2897, "texte": "                                  — 412 —\n\nainsi que des chevreaux qui s'ébrouent par les taillis et dont la tache\nblanche de la queue bondit. Et les regards de ce brigand, voyez donc, ont\naussi la caresse délicate du friselis des bouleaux chuchotant au tendre avril.\n— Il y avait dans ces prunelles toute la vie, la joie et la rudesse sauvage de\nla forêt pour qui savait y plonger. Mais ces trop faibles malades n'auraient\npu en tirer cela ; les yeux du Pi les suivaient avec une agitation hostile.\n   Quelquefois il crachait très loin des jets de salive qui sifflaient entre ses\nincisives.\n   Au soir, dès qu'il percevait, dans la cour, geindre l'accordéon du houil-\nleur, il s'agitait dans son lit. Etait-ce d'entendre, sur cette couche d'hôpital,\nla musique qui l'égayait jadis aux ducasses, qui l'inquiétait; l'harmonica,\nd'après les parties de bouloir, quand on buvait la bière blanche et mousseuse\ndes jours de fête? Ou, devant les fenêtres au large sur le ciel libre, cette\nlâche complainte pleureuse exaspérait-elle sa captivité?\n    Le Pi put se lever. Il descendit dans la cour, alla vers le groupe de musi-\nciens ; puis, sans mot dire, ni lever les yeux sur les hommes qui l'entou-\nraient, il prit l'accordéon des mains du houilleur et s'assit sur le banc.\n    Il joua d'abord des notes violentes, sans suite, qui ressemblaient aux sou-\nbresauts d'une poitrine longuement étreinte, dilatée enfin ; et aux cris des\nbêtes sortant de l'érable, au printemps, quand la neige fondue montre les\nvertes plaques d'herbe renaissante (les vaches mettent la tête sur la haie\nclaire mouchetée de bourgeons et mugissent). Après, l'accordéon se mit à\nchanter à tue-tête; il était sauvagement joyeux; il montrait des hommes\naux soirs d'ivresse aveugle, à l'heure où ils veulent se battre. I1 se calma;\nalors lentement, en se balançant, se levèrent des choses étranges que les\nmalades ne comprenaient pas. C'étaient les soupirs d'aise de la plaine\nendormie qu'entendent ceux qui, la tête sur les épis sentant déjà le blé\nnouveau, suivirent des yeux le chariot de David roulant dans le ciel, le\ntimon en haut; puis les silences figeant la forêt quand point l'aube, ces\nextatiques silences où, dans une seconde, vont crier les convulsions du ciel\nen feu qui s'ouvre; les rumeurs des arbres parlant dans le vent, qui\ncraquent, s'arc-boutent et triomphent dans la tempête ; les tumultes susci-\ntant le souvenir des luttes sauvages, de l'ivresse du danger, de ces divins\nmoments d'émotion où l'on s'excite aux propres bruits de son cœur. Ces\nchoses ruisselaient étrangement de l'accordéon du coureur des bois, ainsi que\nd'une source difficile à boucher qui écume et bouillonne dans l'étreinte des\ndoigts. Et les malades, l'un sur l'autre, reculaient et piétinaient; et, l'âme\nsaoule de ce trop de vie, tordaient leurs bras électrisés et bientôt lassés, en\n criant sourdement comme lorsqu'on est malheureux.\n"}, {"page_pdf": 460, "page_imprimee": 413, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2180, "texte": "                                  -   413   -\n\n\n    Enfin le Pi, s'arrêtant de jouer, détacha ses doigts des lanières et jeta\n l'instrument. Il n'y eut que lui et le houilleur asthmatique au visage blanc\n impassible, qui dormirent, cette nuit-là. Jusqu'à l'aube, lafièvreremua les\n autres ; harassés de fatigue, ils soupiraient très haut.\n    Le braconnier, heureusement, quitta l'hôpital ce jour même. Avec quelle\navidité les malades s'élancèrent, le soir venu, vers le vieux houilleur pour\nque sa musique lénifiât enfin leurs inquiétudes si rudement, hier, réveillées\npar le brutal intrus!\n    L'ancien, il versait de l'eau tiède sur leurs paupières et le sommeil reve-\nnait.\n    Il dodelinait sa tête placide, les yeux bridés, la bouche ouverte; il ne\npensait ni à hier où le vent de vie avait soufflé, ni à aujourd'hui, ni à jamais.\nComme l'eau coule, même si ce n'est qu'un tout mince filet, jusqu'en le lit\nvaseux des rivières desséchées, il jouait sa musique. La voix du piaulant\naccordéon devenait la voix essentielle de ces hommes; et certes elle disait,\npeut-être sans qu'ils le sussent :\n    — Ah laissez-nous, vous autres! Passez; laissez-nous aller où l'eau nous\nporte. Nos yeux sont clos ; nos pouces plies sur nos paumes, à la manière\ndes petits enfants qui dorment. Le courant descend doucement; nous n'y\nrésistons pas. Ne nous le faites pas remonter.\n    Les autres, sans doute, hochaient la tête :\n   — Laissez-nous. Ne criez pas si haut près de nous !\n    Et l'instrument si durement traité hier geint et souffle, tousse et bégaie :\n    — Eux, ils vous soulèvent et vous excitent. Mais vous retombez; votre\npaix, après, elle est perdue; et vous êtes plus malheureux... Qu'ils nous\nlaissent.\n    Ainsi, l'été durant, s'endormirent les malades, heureux enfin, dans les\nflots de la musique fade et tiède. Ils défendirent qu'aucun autre que le vieux\nhouilleur touchât à l'accordéon. Sinon, ils bougonrlaient, mâchonnaient\ndes injures confuses, comme les hommes qu'on vient, en pleine nuit, éveiller\ndans leur lit, et qui se retournent alors vers le mur, en cachant à la lumière\nleurs yeux fermés.\n                                                      LOUIS DELATTRE"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 414, "page_fin": 417, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "VERS LA MUSE TRAGIQUE", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ROYAUTÉ", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 461, "page_imprimee": 414, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 1362, "texte": "VERS\n           LA MUSE TRAGIQUE\n\nNe pleure plus, enfant, la jeune et claire Hellade,\nSes triomphes sacrés, ses danses et ses jeux,\nSes jardins d'oliviers, le gymnase et le stade\nEt ses golfes d'azur et son ciel lumineux.\n\nPourquoi rêver encore une terre bénie\nOù dans une aube d'or passent les Immortels,\nOit, le cœur enivré d'une intime harmonie,\nLes éphèbes heureux vont parer les autels.\n\nUn siècle est né, plus beau de son destin tragique,\nMêlant confusément l'horreur et la splendeur ;\nTransforme, ô révolté! dans ton cerveau magique\nLa laideur et le mal en joyaux de douleur.\n\nLaisse à l'antique race impassible et sereine\nLe calme et le repos qui ne sont dus qu'aux morts;\nUn vertige de vie et de vengeance entraîne\nVers d'autres toisons d'or les damnés et les forts.\n\nPourrais-tu désormais, ô bel oiseau d'orages!\nPlaner tranquillement dans un ciel calme et pur\nEt, bercé par la brise indolente des plages,\nSans un rêve, dormir dans l'immuable azur?\n\nIl faut à ton esprit qui s'irrite et s'élance,\nA ton cœur en délire, à tes sens ébranlés,\nLes désirs surhumains, l'orgueil et la souffrance\nEt les espoirs amers des sombres exilés.\n\nBrise la lyre d'or aux sons graves; oublie\nL'hymne paisible et doux de la pure Beauté ;\nRegarde! la Matière à l'Idéal s'allie,\nEt l'ombre de la nuit lutte avec la clarté.\n"}, {"page_pdf": 462, "page_imprimee": 415, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1534, "texte": "                   — 415 —\n\nO terreur, ô splendeur! Prends, le glaive et ranime\nLe combat éternel de l'Ange et du Démon,\nEscalade le ciel, ou bien roule a l'abîme;\nQue la lumière d'or jaillisse du limon!\n\nEt fais alors surgir dans de vibrants poèmes\nLes visions d'effroi qui hantent ton cerveau,\nTes sublimes espoirs, tes douloureux blasphèmes;\nO Poète! voici que naît un art nouveau.\n\nAdore-moi! Je suis le crime et la folie,\nLa baroque gaîté, la vengeance ou l'ennui;\nVeux-tu vivre et souffrir ? Bois donc jusqu'à la lie\nLe vin miraculeux que je t'offre aujourd'hui.\n\nGrise-toi de parfums, grise-toi de musiques;\nLaisse aux songeurs oisifs l'art immobile et froid;\nQue Von entende encor les clameurs prophétiques!\nLes morts se lèveront de leur sépulcre étroit.\n\nVa! tu réveilleras le monde par ton verbe.\nA la face des dieux, du ciel épouvanté\nLance, fier exilé, comme un défi superbe,\nTes rêves monstrueux, en pleurant la Beauté\n\n\n                  STÉRILITÉ\n\nFol amoureux ! ce soir tes longues confidences,\nTes espoirs, tes élans, ta foi m'ont attristé\nComme l'azur puissant d'un trop beau jour d'été\nOu les mensonges d'or des horizons immenses.\n\nNe m'as-tu pas compris? En vain tu rallumais\nLe désir dans un cœur orphelin qui s'exile;\nJe pleure, hélas! songeant à ma force inutile,\nTes pays qui me sont interdits à jamais.\n\nToi ! ta vie est ta joie : en ta voix forte et chaude\nJ'écoutais les splendeurs de l'orage et du cor,\nTandis que s'allumaient des bouquets d'éclairs d'or\nDans le ciel enflammé de tes yeux      d'émeraude.\n"}, {"page_pdf": 463, "page_imprimee": 416, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1403, "texte": "                   — 416 —\n\nTu rêvais, triomphant, de splendides châteaux,\nDes lacs étincelants, des forêts enchantées,\nD'héro'iques combats, des victoires fêtées\nEt des banquets dans des palais orientaux;\n\n Tu voyais, enlacés dans une tendre extase,\nIvres de l'air léger, du ciel sonore et pur,\nLes amants traverser des clairières d'azur\nPleines d'oiseaux de feu, d'opale et de topaze.\n\nIls t'appellent là-bas; suis-les, va conquérir\n Ton rêve où resplendit l'idéale contrée!\nTa volonté magique en toi-même la crée;\nCrois et désire, ô toi qui peux encore souffrir!\n\nQue le souffle embaumé de ton âme féconde\nFasse éclore au soleil tes songes parfumés !\nPoursuis, ô jeune fou! tes mirages aimés,\nTu seras le vainqueur et le maître du monde.\n\nMais pourquoi réveiller mes espoirs d'autrefois?\nMon stérile cerveau n'engendre plus la vie,\nEt le métal rouillé de ce cœur qui t'envie\nNe vibrera jamais à l'écho de ta voix.\n\n\n\n              POST-SCRIPTUM\n\n     Verhaeren, Maus, Edmond Picard,\n    Je vous présente l'Arc moderne.\n    Ils sont souples, car d'un écart\n     Verhaeren, Maus, Edmond Picard\n    Passent de Kahn au grand Aicard.\n    L'Art moderne est pris pour lanterne.\n     Verhaeren, Maus, Edmond Picard,\n    Je vous présente l'Art moderne.\n\n    Comme les Grâces ils sont trois,\n    — Ravi, Maeterlinck les embrasse, —\n    Ils sont trois criant sur les toits,\n     Comme les Grâces ils sont trois\n"}, {"page_pdf": 464, "page_imprimee": 417, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 712, "texte": "                                 — 417 —\n\n               Ayant plus d'avis à la fois.\n               Le choix donc seul vous embarrasse.\n               Comme les Grâces ils sont trois,\n               — Ravi, Maeterlinck les embrasse.\n\n               Pour avoir quelquefois raison\n               Picard a dit tout et le reste,\n               Verhaeren finit l'oraison.\n               Pour avoir quelquefois raison\n               Il faut bien qu'on dise oui et non\n               Et Maus, très prudent, fait un geste.\n               Pour avoir quelquefois raison\n               Picard a dit tout et le reste.\n\n                                                        VALÈRE G I L L E\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 417, "page_fin": 423, "titre_corps": "Royauté", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Joseph Desgenêts", "ancre_debut": "ROYAUTÉ", "ancre_fin": "JOSEPH DESGENÊTS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS LA DERNIERE AVENTURE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 464, "page_imprimee": 417, "debut_caractere": 712, "fin_caractere_exclue": 2159, "texte": "ROYAUTÉ\n                                                          POUR IWAN GILKIN\n\n\n              L'incomparable splendeur du palais était justement renommée.\n               On vantait en tout lieu ses portiques grandioses et ses gigan-\n               tesques colonnades taillées dans les plus beaux marbres de\n               Paros. L'ivoire des balustrades et l'or des statues étaient\nd'une inestimable valeur; les lambris chatoyaient de pierreries et par les\njours de soleil clair les perles et la nacre y scintillaient de mille éclats\nmystérieux. On citait partout ses métopes comme de vrais prodiges d'art et\nses acanthes comme de rares chefs-d'œuvre. De somptueuses draperies aux\nnuances changeantes tombaient, en larges plis ; des chaînes d'argent et d'or\nétaient prêtes à les relever et à les tendre contre les flamboiements des trop\nbrûlants soleils.\n   Rien n'était prodigieux comme l'opulente majesté des appartements. Les\ndragons et les chimères n'en protégeaient point l'entrée et les visiteurs\nétaient accueillis par des merveilles d'art, par des statues d'une grâce sou-\nriante, exhaussées sur des colonnettes harmonieusement peintes. Dans des\nbrasiers artistement ouvrés et des cassolettes d'or fumaient doucement, du\nlever au coucher du soleil, les myrrhes et les cinnamomes.\n   Des tentures attiraient les regards par leur richesse éclatante ; des étoffes\nbrodées par des mains d'une habileté sans égale recouvraient les sièges;\n"}, {"page_pdf": 465, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2833, "texte": "                                  — 418 —\n\n elles brillaient à la lumière, évoquant les terres lointaines d'où elles avaient\n été rapportées, de par delà les océans et les mers. Des gemmes et des joyaux\nfascinaient les yeux.\n    Devant le palais fameux un vaste jardin étalait sa luxuriante végétation.\n Des allées d'acacias, de lauriers-roses et de sycomores conduisaient aux\n célèbres portiques dont la marmoréenne blancheur apâlissait les frondai-\n sons environnantes. Nulle contrée n'avait de plus belles floraisons et l'on\n venait de très loin admirer ses hêtres et ses chênes, vrais colosses imposants\n et dominateurs. Des venelles où flottait l'arome de fleurs rares sillonnaient\nle jardin, des ponts sautaient des ruisseaux clairs, des jets d'eau montaient,\nhauts et rapides, et retombaient en des vasques de marbre rose Tout près\n du palais un lac donnait un peu de fraîcheur, aux jours de grande chaleur.\n Et dans ce milieu à la fois désert et habité, parmi le gazouillement des\n oiseaux et la chanson du vent dans les feuillées, la Vénus Anadyomène\n aurait pu naître.\n    Là-bas s'étendait la mer céruléenne, non loin du palais, et le murmure\n des vagues se percevait, même par les temps de vent léger. De la terrasse\non voyait ses ondes bleues, miroitant sous le soleil ; on distinguait le mou-\nvement des vagues, à l'infini, éparpillant des blancheurs d'écume jaillis-\nsante; on sentait l'air Vivifiant du large et au loin on voyait les barques\ns'enfoncer dans le ciel.\n    Dans ce palais de légende régnait, entouré de toutes les dignités et de\ntous les honneurs, un roi adolescent. Jamais il n'avait à penser aux intérêts\nde son peuple : des ministres intègres géraient les affaires du pays, à la\nsatisfaction de tous. Ils auraient courbé l'échiné au moindre désir royal;\nleurs vies dépendaient d'un regard, d'un geste et leur soumission était telle\nque jamais une parole de révolte n'était venue à leurs lèvres, que jamais ils\nn'avaient failli à leur devoir. Ils étaient les fidèles acclamateurs d'un\ndiadème nimbé d'admiration, symbole d'une puissance souveraine.\n    Les esclaves du jeune roi avaient été choisis parmi les hommes les mieux\nfaits et les femmes les plus belles du pays. On avait voulu flatter sa jeunesse\nen l'entourant de femmes désirables entre toutes ; elles se soumettaient à ses\nconvoitises non parce qu'elles le trouvaient beau et fier, mais vaincues plu-\ntôt par la vénération dont il était l'objet de la part de milliers et de milliers\nd'hommes. Pas une n'aurait osé lui refuser le secret de ses chairs de vierge\net toutes étaient soucieuses de le lui révéler.\n    Les prêtres, les hiérophantes et tous les sacrificateurs se prosternaient\ndevant lui ; les philosophes, les artistes et les poètes lui faisaient hommage\nde leurs travaux; les soldats se seraient enfoncés un glaive meurtrier au\n"}, {"page_pdf": 466, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2778, "texte": "                                 — 419 —\n\ncœur plutôt que de lui désobéir; il ne pouvait se montrer sans qu'on\nl'acclamât et à son approche les buccins éclataient en sonneries triomphales,\nles trompettes déchiraient les airs de leurs appels sonores.\n   ... Mais le jeune roi ne connaissait pas les jours heureux. Le bonheur\ndevait, pensait-il, résider ailleurs que dans ce palais aux richesses sans\nnombre; il soupçonnait l'inanité des honneurs et des louanges et bien qu'il\nn'eût aucune charge à supporter, bien que ses ministres ne lui eussent\njamais donné les moindres inquiétudes, la royauté lui apparaissait comme\nun lamentable fardeau.\n   L'ennui se lisait au fond de ses yeux, par moment un sourire de tristesse\nénigmatique plissait ses lèvres et il semblait perdu, au milieu de l'admira-\ntion qui montait vers lui. Les hymnes que tout un peuple soumis entonnait\nen son honneur ne faisaient que l'attrister jusqu'au fond de l'âme...\n   Il avait tenté dé dissiper ses mélancolies :\n   Des festins somptueux rassemblaient alors les grands de la contrée. Les\nmets les plus exquis alternaient avec les fruits les plus rares, rapportés des\nterres lointaines, par les navigateurs aventureux. Les femmes se faisaient\nbelles, éparpillaient les fleurs en leurs toisons pendantes : les brunes mon-\ntraient leur prédilection pour les lotus bleus et les blancs nénuphars, les\nblondes se paraient de roses vives et d'hyacinthes. Toutes rivalisaient de\ngoût et de luxe : des étoffes tissées d'or tombaient gracieusement et faisaient\npressentir des corps aux formes harmonieuses; des bagues incrustées de\npierreries attiraient les yeux sur des mains d'une blancheur de lait, aux\nongles teints de henné; le bistre agrandissait les yeux où l'ivresse ne tardait\npas à mettre l'appel des désirs d'amour.\n   Les lyres vibraient sous les plectres d'or, les poètes chantaient la splen-\ndeur du festin et la générosité royale; les sistres battaient en cadence, les\njoueurs de flûtes et de psaltérions brodaient des rythmes gracieux tandis\nque les danseuses marchaient des pas triomphaux. Sous leurs gazes cons-\ntellées de perles et de coraux éclataient la beauté de leurs chairs; leurs\njoues s'illuminaient et dans l'animation de la danse leurs seins semblaient\nse dresser, victorieux et fiers ; leurs cheveux s'enroulaient à leurs cous, puis\nse déroulaient en ondes frémissantes tandis que les fleurs des thyrses et des\nguirlandes qu'elles balançaient s'en allaient joncher les tapis, aux pieds des\nconvives, allanguis sur les moelleuses toisons de brebis qui recouvraient les\npériclinia...\n   Dans l'allégresse s'abolissait un instant le morne ennui du jeune roi, au\nbruit des harmonies endormeuses, à l'arome capiteux des fleurs, aux coupes\nde nectar, aux séductrices caresses des femmes...\n"}, {"page_pdf": 467, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2643, "texte": "                                   — 420 —\n\n     Le lendemain il souffrait des libations et des ivresses de la veille et irré-\n  missiblement son cœur s'ouvrait à l'ennui. Il avait encore les oreilles\n  vibrantes de chants, les yeux pleins de la magnificence du festin, il avait\n  encore sur les chairs l'empreinte des mains féminines, qu'il en avait déjà\n  des regrets et qu'il se sentait pollué à jamais.\n     Et les jours se succédaient, monotones et longs, toujours les mêmes\n  offrandes et les mêmes honneurs arrivaient jusqu'à lui, en son palais de\n  féerie; il soupçonnait la vanité de la gloire et l'inanité de la puissance et\n l'ennui était toujours plus lent à s'évanouir.\n     Un matin il voulut qu'un combat de bêtes eût lieu dans les arènes et,\n  escorté de cavaliers armés d'étincelants boucliers et de lances jetant de vifs\n éclairs, il s'y était rendu, salué d'unanimes clameurs de joie.\n     Le peuple s'agitait au passage du cortège, chacun désirait voir le jeune\n  roi qui s'avançait sur un coursier plus noir que l'ébène, se cabrant, affolé\n par le bruit des musiques et les vivats de la foule. Des mains se tendaient\n  vers lui, dans un prodigieux enthousiasme; de jeunes femmes venaient\n mettre, insoucieuses des chevaux surexcités, leurs lèvres aux pans de son\n pourpre manteau.\n    A l'approche des arènes, le tumulte grandissait, la cohue était plus, forte\n et plus aussi se célébrait la gloire du magnanime souverain, dispensateur\n des plaisirs et des joies populaires.\n    Les immenses arènes tremblèrent d'acclamations frénétiques quand le\n cortège apparut, rutilant et scintillant sous le soleil, et que les buccins\n sonnèrent l'arrivée du roi.\n    Du fond des souterrains où dans leurs prisons les fauves attendaient le\n signal du combat, monta un long rugissement qui domina les cris de la\n foule...\n    Le jeune roi donna, de sa dextre où chatoyaient des bagues, le signal du\n combat. Un mouvement se fit parmi les spectateurs...\n    Lentement deux tigres entrèrent dans l'arène et leurs yeux étonnés regar-\ndèrent les milliers de personnes qui s'étageaient autour d'eux Ils étaient\néblouis, au sortir de leurs cages sombres, par les rayons abondants du\nsoleil qui se réverbérait sur le sable de l'arène. Ils se couchèrent et d'un\nmouvement uniforme se léchèrent les pattes, insoucieux des regards\nbraqués sur eux.\n    Une panthère aux tavelures bien marquées se silhouetta tout à coup à\nl'extrémité opposée de la piste. La lumière trop vive la mit un instant en\narrêt, les pattes de devant allongées, la queue battant ses flancs à grands\ncoups réguliers, et avant qu'elle eut pu apercevoir les deux tigres qui\n"}, {"page_pdf": 468, "page_imprimee": 421, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2858, "texte": "                                   —   421   —\n\n soudain s'étaient levés, trois antilopes légères, aux cornes solides et effilées,\n sautaient, apeurées, dans l'arène. A la vue des fauves prêts à bondir, elles\n se pressèrent les unes contre les autres et leurs grands yeux humides sem-\n blaient implorer la clémence.\n    La panthère miaula et, l'instinct la reprenant à la vue de ces proies\nfaciles, en quelques bonds gracieux qui firent l'admiration du peuple\nrassemblé, elle fût au milieu de l'arène, à la poursuite des antilopes terrifiées\nqui, dans leur course folle, s'en allaient donner des coups de cornes déses-\npérés sur les grandes portes fermant les issues. Les deux tigres ouvraient\nleur gueule et on eût dit qu'ils riaient d'un rire effrayant et sinistre. Les\nantilopes, pourchassées par la panthère, passèrent près d'eux et tout à\ncoup, comme réveillés, dans un élan vertigineux qui soulevait le sable sous\nleurs pattes, ils se rapprochèrent du groupe qui tournait désespérément\nautour de l'arène.\n   De toutes les poitrines sortirent d'approbatives exclamations. Tous les\nyeux s'illuminèrent et parmi les spectateurs conviés à cet extraordinaire\nfête il en était beaucoup dont la joie était devenue du délire.\n   Dans sa loge, entouré de ses ministres en costume de grand apparat, le\njeune roi avait quitté son trône et s'était levé pour mieux suivre les\nmoindres péripéties de ce combat actuellement inégal...\n   Mais l'antilope la plus rapide, celle qui avait pris l'avance, tomba\nsoudain, les jarrets cassés de fatigue; les deux autres sautèrent par-dessus\nelle et, traquées sans merci, surexcitées par la course, se sentant près d'être\nperdues, faisaient un suprême effort L'un des tigres s'était jeté à la gorge\nde la bête vaincue et lui avait planté ses dents dans les chairs. Le sang\ncoulait sur le sable et le fauve se dressait, fier de sa force et de sa victoire.\n   Les deux autres antilopes faiblissaient, mais elles couraient toujours, la\nbave glissant de leurs bouches dont la langue pendait, mais, quand le tour\nde l'arène fut près d'être terminé, et qu'elles arrivèrent près de leur com-\npagne à moitié éventrée et qu'elles virent là, devant elles, le tigre les hypno-\ntisant de ses yeux phosphorescents, le frisson de la mort courut par leur\ncorps et, épouvantées, elles s'arrêtèrent brusquement sans songer aux deux\nfauves qui les poursuivaient impitoyablement... Elles étaient perdues...\n   D'éclatantes trompettes annoncèrent le départ du roi et le peuple enthou-\nsiasmé acclama celui qui l'avait convié à une aussi grande joie. Longtemps\nles cris retentirent et se répercutèrent aux lointains horizons.\n   Mais à peine le jeune roi était-il revenu en son palais merveilleux qu'il\ny retrouvait les mélancolies coutumières. Il en était irrévocablement\nfrappé et croyait à la malédiction des dieux. Il immolait alors de jeunes\n"}, {"page_pdf": 469, "page_imprimee": 422, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2713, "texte": " agneaux sur les autels sacrés et les idoles étaient ornées de pampres et de\n fleurs.\n     Il s'oubliait un moment en de vaines distractions mais des soupirs de\n regret sortaient de sa poitrine dès qu'il se retrouvait seul avec ses pensées.\n Il devait exister d'autres joies sur la terre, des joies rassérénantes et plus\n nobles! L'injustice incompréhensible de la destinée lui semblait tous les\n jours plus grande, plus inexorable et cette idée envahissante dominait son\n esprit. Il aurait voulu à présent expier les forfaits qu'il avait commis, grisé\n par sa puissance absolue, pour leurrer son ennui.\n     Il vivait au milieu de femmes divinement belles et il ne connaissait point\n les charmes de l'amour! Il n'avait qu'un signe à faire pour que celle qu'il\n désirait s'offrît à lui, se soumît à ses caprices les 'plus insensés. Mais en\n était-il une qui l'aimait d'amour et dont les transports étaient sincères?\n  Nulle jalousie ne les séparait : il le savait et il n'en comprenait que mieux\n la fausseté de leurs paroles et de leurs étreintes...\n     Le soir commençait à envelopper d'ombres le jardin et le palais et sur la\n terrasse le jeune roi écoutait les derniers bruits de la ville qui s'endormait,\n là-bas. C'était l'heure mystérieuse où l'amour est la plus ineffable des choses\n et comme il pressentait que pas un cœur ne s'ouvrirait pour lui qui avait\n besoin d'être aimé, il pleura de grosses larmes...\n     Puis, calmé, il fit réveiller ses rameurs favoris et après leur avoir dit son\n intention d'aller en mer, par ce soir prestigieux où flottait dans le vent le\n parfum des floraisons, ils descendirent ensemble sur la grève où sa barque\n de prédilection était amarrée.\n     Les rameurs furent vite à leur banc et de leurs grosses mains rugueuses\n ils saisirent les grandes rames qui se mirent à frapper l'onde. Comme le\n vent était favorable on hissa les voiles et sur la mer qu'illuminait la lune\n et les étoiles la barque royale fuyait au large.\n     Il se sentait purifié. Il écoutait la cantilène des vagues et c'était la pre-\n mière fois, lui semblait-il, qu'elles chantaient ainsi. Ce n'étaient plus des\n hymnes en son honneur! C'était la grande voix des espaces mystérieux et\n» sans fin!\n    C'était l'oubli de tout, le renoncement aux plaisirs illusoires, aux gloires\n vaines et trompeuses; il se sentait affranchi et sa joie était plus immense\n que la mer. Jamais plus il ne reverrait le rivage de ses pères, jamais plus il\n  n'y reviendrait. Le bonheur n'est pas là, pensait-il, et son cœur s'exaltait\n dans la joie.\n     Il abandonnait, sans remords comme sans regrets, son palais fabuleux\n dont, là-bas, les rayons de lune éclairaient le marbre blanc et les célèbres\n portiques...\n"}, {"page_pdf": 470, "page_imprimee": 423, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 431, "texte": "                                — 423 —\n\n  Il combla d'or ses rameurs et le seul esclave qu'il avait avec lui, et pre-\nnant, d'un geste fatidique, son brillant diadème, il le jeta dans la mer...\n  Et maintenant la barque appareillait sans crainte vers un pays inconnu\noù il croyait qu'étaient l'amour, le salut et l'espoir...\n                                                 JOSEPH    DESGENÊTS\n\n\n\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": 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valenciennes,\n        Les fleurs couleur de neige aux fleurs couleur de sang !\n\n        Or, sur la nappe, on a brodé les Evangiles,\n        La cour rit et babille, et Louis, au milieu,\n        Caresse sa maîtresse en lui parlant de Dieu ;\n        Le roi cause gaiement; la femme est ivre un peu;\n        Un peuple d'échansons et de valets agiles\n        Mêle dans les cristaux clairs, sonnants et fragiles,\n        Les vins couleur de pourpre aux vins couleur de feu!\n\n        Comme il a su tromper les ennuis d'un long règne,\n        Ce roi de soixante ans qui n'est bon qu'à l'amour,\n        Qui sur ses sens brûlants a bercé tour à tour\n        Châteauroux à l'œil noir, Du Barry,     Pompadour,\n        Sans que sa chair en feu s'assouvisse ou s'éteigne\n        Et promené sans fin sa volupté qui saigne\n        Des veux couleur de nuit aux yeux couleur de jour!\n\n        Et l'on se donte, avec un plairsir véitable,\n        Le caprice du roi pour la fille d'étable\n        Jetée au lit de force, hier, par un valet,\n        Et les cris de l'enfant que le roi violait\n                                                                     2\n                                                                         9'\n"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "                     — 424 —\n\nLe récit égayait les femmes et mêlait,\nDans un éclat de rire illuminant la table,\nLes dents couleur de perle aux dents couleur de lait!\n\nLes draps fins de ta couche, aux odeurs de verveines,\nRoi! ne recevront plus la vierge aux plaintes vaines\nPrès de qui tu dormais, hier, les sens repus :\nElle est morte; elle avait tous les sangs corrompus!\nEt le baiser donné par l'enfant qui n'est plus\nDéjà change en secret dans tes royales veines\nTon sang couleur de rose en sang couleur de pus!\n\nDemain, sur ton front froid', baisé par la vérole,\nLes boutons de la mort ouvriront leur corolle,\nLe drap des vidangeurs te prendra dans ses plis,\nEt tes fils baisseront leurs yeux soudain pâlis,\nSachant qu'on fait payer — aux jours où dans Paris\nLe peuple se relève et reprend la parole —\nLes rois couleur de boue aux rois couleur de lys!\n\n\n               AU MUSÉE ANCIEN\n\nAux corps rouges, charnus et musculeux, que signe\nLa peinture flamande au contour un peu dur.\nOù la chair fraîche en fleur a l'éclat du fruit mûr,\nTu préférais Florence et l'onduleuse ligne\n\nDu Corrège, et l'Albane où dans un val obscur,\nDes adolescents nus ont des blancheurs de cygne,\nEt, dans le cadre étroit d'où leurs mains nous font signe,\nCes christs en cheveux blonds, au regard noir et pur!\n\nVoici les Hollandais dorés, au dessin sûr,\nCroquant d'un crayon vif quelque scène maligne;\nUn rayon de soleil glissant parmi la vigne\nVient détailler les tons effacés d'un vieux mur.\n\nPlus tard, tu délaissais Ruysdael et sa marine\nPour les tumultueux cauchemars de Goya!\nJordaens, fauve et joufflu, quelque temps t'égaya\n"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 495, "texte": "                                   -   425     -\n\n          D'émotion, d'amour, ta lèvre et ta narine\n          Ne palpiteront plus au charme du Vinci! ....\n          Mais ta jupe frôleuse a laissé par ici\n\n          Ton reflet, ton parfum traîner sur chaque chose,\n          Et le ciel de ton œil dans le ciel que voici :\n          Un beau soir de Watteau, mélancolique et rose.\n                                                   M A U R I C E CARTUYTELS\n\n\n\n\n                                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 425, "page_fin": 427, 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      reçoive le clair don de l'astre et du flambeau,\n          comme un marbre éternel palpite à la lumière.\n\n          Et mitré de peûsée, ô mage aux verbes sûrs,\n          conquérant de la nuit, debout sur la matière,\n          dresse ton trône d'or au seuil des temps futurs.\n\n                              T Ê T E D'OMBRE\n\n          Plus sombre que la nuit, plus triste que la mort,\n          masque pétri d'horreur par des mains ténébreuses,\n          la Bêtise au front lourd, sur ses lèvres heureuses,\n          laisse le mal poser son vieux serpent qui mord.\n\n\n(1) Extraits d'un livre à paraître : Vers l'Or de la Lumière.\n"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1364, "texte": "                    426 —\n\n\nCar n'est-il pas écrit sur le livre invisible\noù Sathan a tracé d'un long doigt tortueux\nles signes incompris, brûlants et sulfureux,\nque l'amour est l'amant de la Bête risible!\n\nAu fond de l'œil impur fermentent les instincts,\ncuves du sang promis aux immondes festins\ndans l'énorme sabbat des larves érotiques.\n\n— En accouplant le vice à la stupidité,\nSathan, sorcier fatal des rêves sabbatiques,\néternellement rit dans ce masque hébété!\n\n\n\n          LA PRIÈRE D'UN MAGE\n\nMon âme est devant vous comme un aigle altéré,\nô, vous, Dieu de Lumière où convergent les mondes!\nJe viens, atome obscur, des géhennes profondes\noù l'Erreur et l'Humain réunis ont erré.\n\nLes faux dieux teints de sang et les vapeurs immondes\nde l'argile instinctif par l'enfer généré\nroulent, forces du mal, sous mon vol éthéré,\naux tragiques chaos des choses infécondes.\n\nO, vous, Dieu des Splendeurs dont l'idéal sourit\nà la beauté des corps et celle de l'esprit,\ndans le pétrissement de nos germes informes,\n\nhors du nombre et du temps, parmi      l'illimité,\nvous êtes l'essence immortelle des formes,\net la Terre un soupir de votre éternité!\n\n\n                  SPLENDOR\n\nLa Lumière et l'Esprit et la Vie éternelle,\npleins des reflets divins et des verbes sacrés,\npalpitent dans l'aurore énigmatique et belle,\nsous l'immense regard de mes yeux      altérés.\n"}, {"page_pdf": 474, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 542, "texte": "                    — 427    -\n\n0 clair vol enchanté des âmes en les sphères!\nô rayonnements d'or d'une splendeur sans fin!\nmon cœur pousse vers vous, loin des ombres amères,\nle grand cri de ma soif et le cri de ma faim.\n\nJe suis le mendiant idéal au front pâle,\nqui regarde passer dans la fête lustrale\nles anges de magie et d'immortalité,\n\net qui voit à travers l'espoir de sa prière\njaillir du sein fécond de l'unique Beauté\n la Vie éternelle et l'Esprit et la Lumière!\n\n                                        JEAN   DELVILLE\n\n\n\n\n        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": 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Roulant,\nroulés, vaincus et les membres luxés d'entorses,\nils tombent maintenant au gouffre violent!\n\nAh! Rage! Désespoir! Honte de la défaite!\nle corps écartelé d'avoir failli du faîte,\ntordu, broyé, rompu, la peau rouge d'accrocs,\n\nLe rude éboulement que flagelle la foudre\ns'écroule avec fracas vers l'embûche des rocs\noù les ventres sanglants s'en iront se découdre!\n\n                                       ANDRÉ RUIJTERS"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 428, "page_fin": 431, "titre_corps": "Chronique littéraire : Hors du siècle", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Au prochain numéro", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 475, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 2925, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  Hors du Siècle, tome II, par ALBERT GIRAUD. I vol., chez Lacomblez, éditeur,\n                                  à Bruxelles.\n\n\n              Voici un livre singulier, le plus singulier de tous ceux qu'a publiés\n               le poète Albert Giraud, qui fut toujours fidèle au précepte\n               d'Edgar Poe, recommandant à l'artiste de pimenter la Beauté\n               d'un grain d'étrangeté. Ce livre porte bien son titre : Hors\ndu Siècle! Il soulève le lecteur hors de la vie quotidienne de ce temps et\nl'entraîne tantôt dans le faste auguste des siècles passés, tantôt dans les\néblouissantes magies du rêve poétique, sans lieu ni date, comme faisait ce\nmerveilleux tapis d'Orient, brodé de fleurs féeriques, où les princes des\nMille et une Nuits s'asseyaient, en fumant leur houka, lorsqu'ils voulaient\nvoyager à travers le temps et l'espace avec la rapidité de la foudre et la\nmoelleuse douceur du vol de l'hirondelle.\n   La première partie, Sous la Couronne, nous transporte dans la France\ndes Valois, sous les règnes de Charles IX et de Henri III. C'est la tragique\nfin d'une race royale. L'un de ces princes se meurt lentement et doulou-\nreusement d'une maladie mystérieuse; l'autre s'effondre dans les vices\ndébilitants, comme si les os amollis ne pouvaient plus porter le poids de\nsa chair. Autour d'eux passent, dans la pénombre, les silhouettes de Louis\nde Condé, d'Henri de Béarn, de Catherine de Médicis et de toute cette\néquivoque et brillante jeunesse qui para la cour des Valois expirants\ncomme une corbeille de fleurs funéraires, narcotiques et vénéneuses.\n   Dans les vers étincelants de ces poèmes on retrouve le coloris ardent,\nimpétueux et voluptueux qui caractérisait le premier volume de Hors du\nSiècle. Le peintre merveilleux qu'est M. Albert Giraud, y fait ruisseler\ntoutes les richesses de-son opulente palette; et les somptuosités qu'il pro-\ndigue sont plus variées, plus vives et plus délicates, plus fiéres et plus\nsensuelles que jamais. Toutefois, le sentiment qui le domine n'est plus tout\nà fait le même; malgré les clairons et leurs fanfares saluant les splendeurs\nde la Renaissance, la rêverie nostalgique du poète ne sonne plus aussi\nfranchement l'orgueil de la vie et la joie farouche des instincts indomptés.\n   La deuxième partie du livre, Devant le Sphynx, vient accentuer et\npréciser cette note nouvelle. On n'en peut plus douter : le poète a eu beau\nsortir violemment de son siècle et s'asseoir, vêtu de pourpre et couronné\nd'or, aux féeriques banquets des Dernières fêtes, ses grandes espérances\nsont déçues, ses larges orgueils sont abattus, son cœur sauvage et magni-\nfique a reçu une profonde blessure. Tout le livre exhale une tristesse poi-\ngnante : la plupart de ces admirables-poèmes sont des hymnes douloureux\nqui respirent le découragement, l'épuisement, et, par une dernière convul-\n"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 429, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3348, "texte": "                                   — 429 —\n\n  sion de la volonté, l'impuissance préméditée, le mépris de la vie, la rési-\n  gnation ironique et presque blasphématoire devant les chutes fatales et les\n  irrémédiables trahisons du Destin. Sous la Couronne incarne ce tragique\n  idéal dans un monde historique; Devant le Sphynx le transpose, plus\n  général, plus large, plus palpitant encore, dans le royaume de l'imagina-\n  tion.\n     En sortant du siècle, le poète a tourné le dos à la vie. C'est en vain qu'il\n  a demandé son idéal aux siècles passés; ceux-ci, bien qu'ils fussent nimbés\n  de lueurs dorées par la magie du temps, ont mal répondu à l'appel pas-\n  sionné qui les évoquait de leur sépulcre. Les siècles morts ne valent guère\n  mieux que ce siècle de cuivre et de plomb, d'où le poète s'est évadé avec\n  des cris de douleur et de révolte. En vain il a suivi son rêve et pénétré au\n  cœur de cette merveilleuse Renaissance, où il croyait entrevoir l'Eldorado\n de ses songes; les princes de ces mirages historiques, les Charles IX et les\n Henri III, surgissent du passé comme des ombres évoquées par un puissant\n nécroman, mais combien différents de ce qu'attendait ce cœur impatient!\n Eux aussi, ils ont l'âme rongée des nostalgies qui nous dévorent, et de nos\n désirs impossibles et de nos vœux stériles ! Ils portent au flanc nos bles-\n sures: ils se meurent de la même vanité des choses et de la même maladive\n imagination du passé. Qu'est-ce que Henri III, sinon une reproduction\n infime de Néron? Qu'est-ce que Charles IX, sinon une pauvre image de\nl'empereur Claude, remplaçant par la puérile passion de la chasse et de la\nforge à domicile l'hystérie de l'éloquence et de la jurisprudence et soumis\nau génie politique de sa mère comme l'autre le fut au despotisme de sa\nredoutable épouse? Eux aussi, ils avaient situé leur idéal dans les lointains\nde l'histoire, et ils tendaient les fibres de leur cœur vers les empereurs de\nRome comme vers eux-mêmes s'élance le rêve du poète de Hors du siècle.\n    Ah! les désirs inassouvis, les essors brisés, les espérances déçues! Vanité\ndes vanités! Les songes poétiques nous trompent comme la vie! L'idéal\nnous déçoit non moins que nos intérêts pratiques ! La noblesse de notre\nimagination n'aboutit pas, — pas toujours, du moins, — à la sérénité de\nl'esprit et à la paix du cœur ! Alors, des lèvres qui n'ont baisé que des\népines, s'élève ce cri déchirant : « A quoi bon? A quoi bon? Puisque rien\nne vaudra jamais rien! »\n   Ce n'est point le scepticisme philosophique qui s'accommode souvent\nd'une acceptation un peu épicurienne de la vie, mais c'est la noire et amère\ndésespérance du cœur qui s'enivre de sa désolation. L'âme a exploré les\npassions: elle n'y a trouvé que des sépulcres blanchis et elle s'assoit au\nbord des fosses vides, pleurant et se lamentant, sans écouter les voix angé-\nliques qui murmurent : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui\nqui est vivant? Il n'est pas ici, il est ressuscité. »\n   Tels sont les sentiments qu'a exprimé en vers admirables le poète Albert\nGiraud. Son art savant et souple n'a plus besoin d'éloges. Nous nous bor-\nnerons à remarquer la grande convenance de certains traits et de maints\nconcetti, qui trouvent dans la couleur locale et historique non pas une\nexcuse mais une impérieuse raison d'être. Leur justification psychologique\n"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 430, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3196, "texte": "                                  — 430 —\n\nn'est pas moins fondée : on y doit voir le jeu aristocratique et dédaigneux\nd'un esprit désabusé qui méprise le soi-disant sérieux de la vie parce qu'il\nen a sondé le néant.\n   Rien ne marque mieux la douleur sans espoir qui caractérise ce nihi-\nlisme fleuri que la dernière pièce du volume, Le Réveil ingénu. Le presti-\ngieux peintre de Hors du Siècle y a peint un saint François d'Assise, non\nle saint François de l'histoire ni de la légende, mais celui qui seul pouvait\nnaître dans ce livre étrange de luxe désespéré et de désespérance luxueuse :\npar un beau soir voluptueux, par un soir de jeunesse et d'orgie, l'adolescent\nprédestiné est tout à coup saisi par la main divine. Au milieu des chants\net des rires, il se tait; ses amis s'étonnent et s'effraient de voir naître sur\nsa bouche un sourire inconnu ; quant au saint, il ne voit plus en eux que\n « des spectres mensongers ».\n              Et sans les reconnaître, — hélas! la vie est   morte.—\n              Se réveille en sursaut parmi des étrangers.\n\n    Il se réveille parmi des étrangers ! Lui aussi, son rêve le jette hors du\nsiècle ! — Hors du Siècle, c'est sa devise, comme c'est la devise du poète,\ncomme c'est la devise de son Charles IX, de son Henri III, de ses deux\njeunes hommes qui se partagent le Glaive et la Rose, du martyr qui reçoit\nla Blessure étoilée. Et hors du siècle comme dans le siècle il n'y a que\ndéception et désolation. Ainsi se répercute d'écho en écho la lugubre réson-\nnance du thème de ce livre.\n    Ici, pour plusieurs personnes, une question se pose : Le poète de Hors\ndu Siècle se rappellera-t-il que saint François, en s'éloignant du monde, ne\ns'est pas contenté de se réveiller parmi des étrangers? Sorti du siècle, il\nrapporta à celui-ci la croix sacrée, et, incarnée en lui jusqu'aux plaies et à\nl'effusion du sang, — la passion divine, la vivante et complète Imitation de\nJésus-Christ. Les héros du poète iront-ils jusque-là? Descendront-ils de\nl'Olympe pour monter au Calvaire? M. Giraud, qui connaît la grande\n valeur esthétique du mystère, a posé la question et l'a abandonnée dans\n l'incertitude. Et pour augmenter encore la dramatique angoisse de ces\n douteuses ténèbres, il y fait passer, comme de pâles et lointains éclairs, des\n ricanements assourdis et des haleines sulfureuses. Mais ses vipères ne\n glissent que sous des fleurs et tous ses blasphèmes s'épanouissent en\n buissons de roses.\n     Dans tout ce que nous venons de dire, le poète seul est mis en cause; il\n va de soi que la personne de M. Giraud demeure tout à fait étrangère à ces\n considérations. C'est un point sur lequel il faut insister en ce temps de\n reportage et de fumisterie. La personnalité littéraire d'un poète est, non\n pas quelquefois, mais presque toujours, très différente de sa personnalité\n civile, physique et vulgaire. Le plus souvent l'œuvre d'un artiste n'est ni\n parallèle, ni identique à sa vie réelle, mais elle en est plutôt complémen-\n taire. Il met dans son rêve tout ce qu'il ne peut pas réaliser dans l'existence\n et il complète, il achève ainsi sa personnalité et sa vie.\n     Quoi qu'il en soit, et sans vouloir le moins du monde mettre en cause\n"}, {"page_pdf": 478, "page_imprimee": 431, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1727, "texte": "                                  -   431    -\n\n\nla personne de M. Giraud, je voudrais marquer le subjectivisme foncier\nde son brillant talent.\n   Ce que je désire indiquer, c'est le processus de la formation des 'poèmes\nde M. Giraud. M. Paul Bourget a dit de Leconte de Lisle : « Il a su passer\nde l'idée à l'image, ou, pour parler d'une façon plus ordinaire, de la critique\nà la création. » On pourrait dire de l'art de M. Giraud tout le contraire :\nil passe plutôt de l'image à l'idée. Il cherche avant tout à transporter dans\nun poème une sensation toute vive, un sentiment tout frémissant, et ce\nn'est qu'en le transcrivant qu'il découvre et note les idées auxquelles ces sen-\nsations et ces sentiments sont intimement liés. Peu importe qu'il trouve\nces sentiments dans ses lectures, dans ses rêveries ou dans les incidents de\nsa vie; les sentiments constituent la matière première de ses ouvrages. Il\na beau choisir des milieux historiques et mettre en scène mille et un person-\nnages : ce sont là les déguisements du Moi, et le carnaval de la personna-\nlité poétique, contre-partie de ces poèmes, subjectifs seulement en appa-\nrence, où parfois un artiste se fait le porte-voix un et multiple de tous les\ncris de la nature, dont il réalise en son âme les innombrables avatars.\n   Mais, encore un coup, en parlant du subjectivisme de M. Giraud nous\nn'entendons signaler que son attitude artistique. Si, en lui, le poète est\npassionné et s'il peint avant tout des sentiments, ceux qui connaissent\nl'homme savent combien il est réfléchi, prudent, éclectique et doucement\nsceptique, en attendant la foi nouvelle, qui, sans doute, l'attend aussi.\n\n                                                           IWAN GILKIN\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 432, "page_fin": 432, "titre_corps": "Chronique théâtrale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "V. 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Laissant\naux politiciens démocrates et aux esthètes, amis du proudhonisme en litté-\nrature, le drame aux préoccupations moralisatrices et sociales, les artistes\nn'ont eu à applaudir que l'Annabella de John Ford, heureusement adoptée\npar Maurice Maeterlinck.\n   Georges Eekhoud, le premier chez nous, il y a quelque temps déjà, a\nétudié l'admirable pléiade shakespearienne et traduit la Duchesse de Malfi;\nmais plus heureux que lui, M. Maeterlinck a vu représenter son protégé.\n   Chose assez curieuse, si peut-être aucune époque littéraire, le règne de\nLouis XIV excepté, n'a été aussi étudiée, aussi fouillée, tant en Angleterre\npar Lamb, Drake, Gifford, Hartley Coleridge, le biographe de Ford, qu'en\nAllemagne par Klein, Ludw. Tieck et en France par Chasles, Taine,\nMézières, E. Lafond, etc., etc , il n'existe pourtant aucune traduction\ncomplète des œuvres dramatiques des poètes du règne d'Elisabeth. A peine\npeut-on citer quelques pièces de Ben Jonson et de Beaumont et Fletcher\ndans les Chefs-d'œuvre du Théâtre étranger. La traduction la plus\nimportante est due à E. Lafond, qui publia en 1865, sous ce titre général :\nLes Contemporains de Shakespeare, des drames et comédies de Ben Jon-\nson, Massinger, Beaumont et Fletcher, Webster et Ford, entre autres,\nCœur brisé et 'T is a pity she is a whore, que Maeterlinck intitule Anna-\nbella selon la dénomination de Taine.\n   La pièce de Ford, un esthète du temps, qui partageait sa vie entre l'étude\njuridique et le théâtre, est assez connue et a suscité assez de querelles au\npoint de vue moral, pour que nous nous dispensions d'en faire l'analyse.\n   L'interprétation, à notre avis, a été très fausse. M. Lugné-Poe, en place\nde traduire un caractère maladif et exalté, une sorte de fou furieux, a fait de\nGiovanni un fatal rêveur, agissant dans une atmosphère de songes, comme\nun simple personnage du traducteur. Il s'est complu en des poses hiéra-\ntiques, se souvenant trop de l'esthétique malarméenne, de l'attitude et\ndu beau geste sur fond d'or. 11 n'a été que le héron de cette pièce outran-\ncière.\n   Ajoutons que .le drame a été fortement applaudi, qu'on a réclamé l'au-\nteur, et que ni Ford ni M. Maeterlinck ne se sont présentés à la rampe.\n                                                                  V. 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De Burlet, ministre de l'intérieur"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 560, "fin_caractere_exclue": 598, "texte": "et des beaux-arts, la nomination d'une"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 702, "fin_caractere_exclue": 743, "texte": "commission destinée à rechercher pourquoi"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 803, "fin_caractere_exclue": 839, "texte": "MM. 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Georges Ro-"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 1502, "fin_caractere_exclue": 1542, "texte": "denbach, qui a, comme on sait, adopté la"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 1602, "fin_caractere_exclue": 1637, "texte": "ville de Bruges, soit né à Tournai."}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 1700, "fin_caractere_exclue": 1721, "texte": "Cela n'est pas juste."}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 1919, "fin_caractere_exclue": 1958, "texte": "On se rappelle le vers de Victor Hugo :"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 2035, "fin_caractere_exclue": 2088, "texte": "Même quand l'oiseau marche on sent qu'il a des ailes."}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 2196, "fin_caractere_exclue": 2236, "texte": "Cet alexandrin qui s'applique à la prose"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 2337, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "dansante de certains poètes, trouve sa"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 2435, "fin_caractere_exclue": 2481, "texte": "contre-partie dans le vers suivant, qui décrit"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 2541, "fin_caractere_exclue": 2585, "texte": "fort heureusement les rêveries versifiées de"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 2645, "fin_caractere_exclue": 2666, "texte": "certains stagiaires :"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 2726, "fin_caractere_exclue": 2777, "texte": "Même quand le veau vole on sent qu'il a des pattes."}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 2884, "fin_caractere_exclue": 2925, "texte": "L'abondance des sottises de l'Art moderne"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 2985, "fin_caractere_exclue": 3026, "texte": "nous oblige à remettre au prochain numéro"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 3086, "fin_caractere_exclue": 3127, "texte": "la chronique littéraire de M. Arnold Gof-"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 3187, "fin_caractere_exclue": 3228, "texte": "fin et la chronique musicale de M. Ernest"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 3288, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "Closson."}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 3360, "fin_caractere_exclue": 3399, "texte": "Ci une parodie du Voile, tirée des Gri­"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 3459, "fin_caractere_exclue": 3501, "texte": "maces de Paris, la revue de fin d'année de"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 3561, "fin_caractere_exclue": 3591, "texte": "MM. Courteline et Marsolleau :"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 3668, "fin_caractere_exclue": 3683, "texte": "M. JEAN (seul)."}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 3743, "fin_caractere_exclue": 3792, "texte": "Quel temps!... Le vent d'hiver comme un orgue mo-"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 3896, "fin_caractere_exclue": 3901, "texte": "dule,"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 77, "fin_caractere_exclue": 129, "texte": "E t la pltiir au carreau tambourine. — G u d u l e !"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 209, "fin_caractere_exclue": 216, "texte": "Gudule!"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 345, "fin_caractere_exclue": 392, "texte": "(Il va à la fenêtre dont il soulevé le rideau.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 479, "fin_caractere_exclue": 518, "texte": "Elle est dehors, qui cueille le persil."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 603, "fin_caractere_exclue": 647, "texte": "(Un temps. Silence. Coup d e cloche au loin."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 718, "fin_caractere_exclue": 765, "texte": "A h ! j'avais bien besoin d'introduire un souci"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 825, "fin_caractere_exclue": 862, "texte": "D a n s ma vie hier encore si calme !"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 965, "fin_caractere_exclue": 1030, "texte": "(II soupire.)                        Quel temps b l ê m e ! . , ."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1092, "fin_caractere_exclue": 1204, "texte": "H u i t jours qu'elle est entrée, ot huit jours que j e                                                 M. JEAN."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1260, "fin_caractere_exclue": 1271, "texte": "[l'aime!..."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1279, "fin_caractere_exclue": 1319, "texte": "(Long silence. Coup d e cloche au loin.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1406, "fin_caractere_exclue": 1475, "texte": "O h ! voir ses p i e d s ! . . . Savoir la couleur dont ils s o n t ;"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1530, "fin_caractere_exclue": 1579, "texte": "N e plus sentir l'obstacle irritant d'un chausson"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1641, "fin_caractere_exclue": 1688, "texte": "S e dresser comme un mur entre eux et mon envie"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1823, "fin_caractere_exclue": 1858, "texte": "D e les voir tels que Dieu les fit."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1958, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "(Coup d e cloche.)              Dix ans d e vie"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2090, "fin_caractere_exclue": 2153, "texte": "P o u r voir ses p i e d s ! Mais non, l'obstacle a b s u r d e"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2277, "fin_caractere_exclue": 2285, "texte": "[est là."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2286, "fin_caractere_exclue": 2335, "texte": "J e me butte au chausson qui me crie : Halte-là !"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2424, "fin_caractere_exclue": 2448, "texte": "N o i r ennui d'exister!"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2552, "fin_caractere_exclue": 2597, "texte": "(Coup d e cloche.) E t toujours cette cloche!"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2650, "fin_caractere_exclue": 2696, "texte": "(Entre Gudulo, tenant dans les mains un énorme"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2774, "fin_caractere_exclue": 2790, "texte": "pot d e fleurs.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3049, "fin_caractere_exclue": 3056, "texte": "GUDULE."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3158, "fin_caractere_exclue": 3218, "texte": "Monsieur J e a n , j e r a p p o r t e un pot d'aristoloche."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3444, "fin_caractere_exclue": 3452, "texte": "M. JEAN,"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3594, "fin_caractere_exclue": 3635, "texte": "Bien ! Merci ! Mettez ça sur le fourneau."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3732, "fin_caractere_exclue": 3782, "texte": "(Gudule n'hésite pas u n e minute et va déposer le"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3791, "fin_caractere_exclue": 3838, "texte": "pot sur les genoux du compère, dont l'ahurisse-"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3847, "fin_caractere_exclue": 3871, "texte": "sement est sans bornes.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3901, "fin_caractere_exclue": 3913, "texte": "M. J E A N ."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3958, "fin_caractere_exclue": 3965, "texte": "Faut-il"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4040, "fin_caractere_exclue": 4089, "texte": "Q u e j e sois distingué d'âme et d'esprit subtil"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4212, "fin_caractere_exclue": 4268, "texte": "P o u r qu'un rien me dessèche et que tout me décharne ?"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4275, "fin_caractere_exclue": 4292, "texte": "(Coup de cloche.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4518, "fin_caractere_exclue": 4561, "texte": "G U D U L E (avec u n e infinie tristesse)."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4562, "fin_caractere_exclue": 4607, "texte": "Comme deux canots parallèles sur la M a r n e"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4734, "fin_caractere_exclue": 4786, "texte": "L'on va, l'on vit. A l'aube, on prend ses chocolats."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4858, "fin_caractere_exclue": 4897, "texte": "P u i s on déjeune! et puis l'on dîne.'"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4989, "fin_caractere_exclue": 5006, "texte": "(Coup de cloche.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5126, "fin_caractere_exclue": 5149, "texte": "M . J E A N (exaspéré)."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5264, "fin_caractere_exclue": 5279, "texte": "Encore ce glas."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5346, "fin_caractere_exclue": 5393, "texte": "G U D U L E (avec u n e mélancolie croissante)."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5455, "fin_caractere_exclue": 5475, "texte": "E t puis l'on soupe,"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5596, "fin_caractere_exclue": 5623, "texte": "M . J E A N (à la fenêtre)."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5644, "fin_caractere_exclue": 5702, "texte": "Il pleut! il p l e u t ! B r u g e s - l a - D o u c h e !"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5731, "fin_caractere_exclue": 5738, "texte": "GUDULE."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5825, "fin_caractere_exclue": 5861, "texte": "L e soir tombe. On allume une lampe."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5971, "fin_caractere_exclue": 5993, "texte": "M . J E A N (lugubre)."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6128, "fin_caractere_exclue": 6142, "texte": "On la mouche 1"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6192, "fin_caractere_exclue": 6210, "texte": "(Coup d e cloche.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6333, "fin_caractere_exclue": 6340, "texte": "GUDULE."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6430, "fin_caractere_exclue": 6481, "texte": "On retire sa coiffe, et sa j u p e , et ses b a s ,"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6563, "fin_caractere_exclue": 6585, "texte": "E t ses sous-pieds!..."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6696, "fin_caractere_exclue": 6735, "texte": "M . J E A N (lui saisissant les mains)."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6810, "fin_caractere_exclue": 6845, "texte": "Oh ! oui ! — N e m'interrompez pas!"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 158, "fin_caractere_exclue": 208, "texte": "C'est pour vos pieds q u e j e vous adore, Gudule."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 290, "fin_caractere_exclue": 337, "texte": "E n t r e mille roseaux, au pied du mont Adule,"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 419, "fin_caractere_exclue": 466, "texte": "Vos pieds sous le boisseau, mystérieux, cachés,"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 548, "fin_caractere_exclue": 595, "texte": "Vers qui mes yeux éternellement sont penchés..."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 701, "fin_caractere_exclue": 717, "texte": "(Avec autorité.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 799, "fin_caractere_exclue": 824, "texte": "M o n t r e z vos pieds !"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 913, "fin_caractere_exclue": 957, "texte": "(Gudule hoche négativement la tête, avec «ne"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1049, "fin_caractere_exclue": 1091, "texte": "désespérance qui va toujours grandissant.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1366, "fin_caractere_exclue": 1405, "texte": "Pourquoi ? Mais pourquoi donc? Torture!"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1503, "fin_caractere_exclue": 1529, "texte": "G U D U L E {simplement);."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1611, "fin_caractere_exclue": 1640, "texte": "Vous le voulez? C'est bien..."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1773, "fin_caractere_exclue": 1822, "texte": "(Elle soulève le bord de sa j u p e et montre son"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 1945, "fin_caractere_exclue": 1951, "texte": "pied.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2065, "fin_caractere_exclue": 2089, "texte": "Voici mon pied, naturel,"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2171, "fin_caractere_exclue": 2224, "texte": "On en voit la couleur p a r les t r o u s de mon bas."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2367, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "M . J E A N (qui s'est baissé vers le pied de Gudule, se"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2526, "fin_caractere_exclue": 2548, "texte": "redresse brusquement.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2630, "fin_caractere_exclue": 2642, "texte": "Ah ! b a h !"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2753, "fin_caractere_exclue": 2764, "texte": "(Très sec,)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2858, "fin_caractere_exclue": 2891, "texte": "Vous aurez vos huit jours demain!"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3020, "texte": "(Avec un geste autoritaire.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3150, "fin_caractere_exclue": 3157, "texte": "Rabats!"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3247, "fin_caractere_exclue": 3286, "texte": "R a b a t s ta jup', Gudul', ça y est !"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3376, "fin_caractere_exclue": 3415, "texte": "J'ai vu ton pied : j'sais comme il est."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3539, "fin_caractere_exclue": 3593, "texte": "(Il sort en levant les b r a s au ciel. Gudule sort de"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3683, "fin_caractere_exclue": 3726, "texte": "l'autre côté en pleurant dans son tablier.)"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 3998, "fin_caractere_exclue": 4039, "texte": "L'ombre du D r Emile Valentin nous envoie"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4171, "fin_caractere_exclue": 4211, "texte": "une œuvre posthume intitulée Rédemption,"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4350, "fin_caractere_exclue": 4387, "texte": "poème antiesclavagiste en six chants."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4472, "fin_caractere_exclue": 4506, "texte": "Un examen préparatoire nous permet"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4689, "fin_caractere_exclue": 4733, "texte": "d'affirmer que ce poème antiesclavagiste est"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4815, "fin_caractere_exclue": 4857, "texte": "cependant soumis à l'esclavage de la rime."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 4942, "fin_caractere_exclue": 4981, "texte": "Notre infatigable préposé aux œuvres en"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5063, "fin_caractere_exclue": 5104, "texte": "vers, M. Iwan Gilkin, nous dira le reste."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5189, "fin_caractere_exclue": 5226, "texte": "En attendant, nous chanterons avec la"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5308, "fin_caractere_exclue": 5340, "texte": "douce mais incohérente Ophélie :"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5440, "fin_caractere_exclue": 5454, "texte": "Voici le matin"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5554, "fin_caractere_exclue": 5577, "texte": "D e saint Valentin !..."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5787, "fin_caractere_exclue": 5824, "texte": "Notre collaborateur l'excellent poète"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 5906, "fin_caractere_exclue": 5948, "texte": "Alber Jhouney, malgré sa belle écriture de"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6030, "fin_caractere_exclue": 6072, "texte": "mage, est en butte aux fantaisies les plus"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6154, "fin_caractere_exclue": 6186, "texte": "regrettables de nos typographes."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6270, "fin_caractere_exclue": 6309, "texte": "Dans son poème Lointains il faut lire :"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6407, "fin_caractere_exclue": 6429, "texte": "les pleines certitudes"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6515, "fin_caractere_exclue": 6562, "texte": "D e leur amour, par Dieu brûlant hors du désir,"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6644, "fin_caractere_exclue": 6684, "texte": "et non pour Dieu, ainsi que nous l'avons"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6766, "fin_caractere_exclue": 6785, "texte": "erronément imprimé."}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 6870, "fin_caractere_exclue": 6906, "texte": "Nous supplions nos typographes de ne"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 68, "fin_caractere_exclue": 112, "texte": "plus s'acharner sur les vers de notre colla-"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 173, "fin_caractere_exclue": 212, "texte": "borateur, et de ne pas nous condamner à"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 265, "fin_caractere_exclue": 291, "texte": "l'erratamanie perpétuelle."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 699, "fin_caractere_exclue": 738, "texte": "Un de nos collaborateurs, qui ressemble"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 798, "fin_caractere_exclue": 841, "texte": "au petit navire, parce qu'il a beaucoup na-"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 900, "fin_caractere_exclue": 941, "texte": "vigué, nous communique les vers suivants,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 999, "fin_caractere_exclue": 1043, "texte": "rimes à Boston par un mulâtre, et intitulés,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1095, "fin_caractere_exclue": 1135, "texte": "dans l'idiome cher à l'Art moderne, « le"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1195, "fin_caractere_exclue": 1212, "texte": "Race Problème » :"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1400, "fin_caractere_exclue": 1441, "texte": "Il y a des mulâtres françaises, a 1' état"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1444, "fin_caractere_exclue": 1479, "texte": "De Louisiane, avec un grand éclat :"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1548, "fin_caractere_exclue": 1592, "texte": "Aussi, en même, sont beaucoup de beaux noirs"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1651, "fin_caractere_exclue": 1703, "texte": "Qui faire, pouf tout le monde, ses tristes devoirs :"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1753, "fin_caractere_exclue": 1793, "texte": "Les sujettes de 1' ancien royaume paon ;"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1897, "fin_caractere_exclue": 1932, "texte": "Le puissant regale cour de Pharaon,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1934, "fin_caractere_exclue": 1972, "texte": "Il y a aussi, un rang de Vierges purs,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2038, "fin_caractere_exclue": 2076, "texte": "Avec jeunesse, et homme, avec âge mur."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2112, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "Le noir cuisinier et le casserole,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2213, "fin_caractere_exclue": 2253, "texte": "Dit aux voyageurs, je suis Vrai créole :"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2360, "fin_caractere_exclue": 2393, "texte": "Si vous avez, jamais, le café bu,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2395, "fin_caractere_exclue": 2437, "texte": "Cessez quand 1' africaine le donne a vous."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2498, "fin_caractere_exclue": 2538, "texte": "Allez au marche, de votre salle de bain,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2575, "fin_caractere_exclue": 2613, "texte": "Et voyez la de l'afrique, le bon pain."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2675, "fin_caractere_exclue": 2714, "texte": "La dame noir donne a vous gombo filet ;"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2716, "fin_caractere_exclue": 2761, "texte": "'Ecrites le vitement, dans votre beau billet,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2841, "fin_caractere_exclue": 2879, "texte": "Et, elle vous donnerait, avec bon gré,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2946, "fin_caractere_exclue": 2986, "texte": "Un grand gâteau, de blanc et neigeux riz"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3048, "fin_caractere_exclue": 3095, "texte": "Les mulâtres, et les noirs, sont dans les rues,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3097, "fin_caractere_exclue": 3137, "texte": "Couvertes de sombreros, et bonnets tous,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3139, "fin_caractere_exclue": 3175, "texte": "Avec le porte monnaie, et panniere ;"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3177, "fin_caractere_exclue": 3215, "texte": "Approchant 1'église, en cette maniere."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3381, "fin_caractere_exclue": 3434, "texte": "Votre fils, ma chere, qu'est ce que je faire, pour le"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3585, "fin_caractere_exclue": 3592, "texte": "[même :"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3641, "fin_caractere_exclue": 3678, "texte": "L' envoyez, a Paris école militaire :"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3746, "fin_caractere_exclue": 3792, "texte": "Faites la, de lui, un soldat, brave et claire."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3832, "fin_caractere_exclue": 3877, "texte": "C'en est fait, dit'il faites un soldat brave."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3879, "fin_caractere_exclue": 3923, "texte": "C'en était fait par commande, d'une esclave."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3925, "fin_caractere_exclue": 3965, "texte": "(Mais une esclave, devient sultana mère,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3967, "fin_caractere_exclue": 4006, "texte": "Dédaignant elle, honneurs de pays père)"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4008, "fin_caractere_exclue": 4046, "texte": "Alexandre a 1' école, bientôt partit :"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4112, "fin_caractere_exclue": 4152, "texte": "Bientôt, de la, comme soldat, il sortit."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4154, "fin_caractere_exclue": 4190, "texte": "General Division, Napoleon, le fit :"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4254, "fin_caractere_exclue": 4294, "texte": "C'en était fait, sur la terre de Russie."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4357, "fin_caractere_exclue": 4397, "texte": "Le Race Problème fait partie d'un groupe"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4452, "fin_caractere_exclue": 4490, "texte": "de poèmes symboliques qui porteront ce"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4552, "fin_caractere_exclue": 4597, "texte": "litre simpliste : Les Banlieues    superféta­"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4657, "fin_caractere_exclue": 4664, "texte": "toires."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 5011, "fin_caractere_exclue": 5062, "texte": "Nous recevons de la Société             coopérative"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 5111, "fin_caractere_exclue": 5143, "texte": "artistique, la lettre suivante ;"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 172, "texte": "Bruxelles, le 10 novembre 1894."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 242, "fin_caractere_exclue": 264, "texte": "MONSIEUR LE DIRECTEUR,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 354, "fin_caractere_exclue": 392, "texte": "Nous avons été heureux d'apprendre que"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 452, "fin_caractere_exclue": 494, "texte": "M. de Burlet n'avait accordé sa protection"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 554, "fin_caractere_exclue": 596, "texte": "à aucune société ayant pour objet la cons-"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 656, "fin_caractere_exclue": 696, "texte": "truction, à Bruxelles, d'un « Temple des"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 756, "fin_caractere_exclue": 797, "texte": "Arts ». C'est ce qui ressort d'une lettre"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 857, "fin_caractere_exclue": 899, "texte": "adressée par M. le ministre des beaux-arts"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 959, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "à la Société coopérative artistique, en"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1058, "fin_caractere_exclue": 1094, "texte": "réponse à notre lettre du 8 octobre."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1157, "fin_caractere_exclue": 1194, "texte": "Nous exposerons notre projet de cons-"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1254, "fin_caractere_exclue": 1294, "texte": "truction d'un palais des arts et métiers"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1354, "fin_caractere_exclue": 1397, "texte": "industriels à M. de Burlet et nous espérons"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1501, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "que celui-ci l'examinera avec bienveillance."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1608, "fin_caractere_exclue": 1648, "texte": "La plus élémentaire courtoisie nous com-"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1708, "fin_caractere_exclue": 1750, "texte": "mande de porter la réponse du Ministre des"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1853, "fin_caractere_exclue": 1894, "texte": "beaux-arts à la connaissance des artistes"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 1992, "fin_caractere_exclue": 2035, "texte": "puisque nous avons livré notre protestation"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2095, "fin_caractere_exclue": 2110, "texte": "à la publicité."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2173, "fin_caractere_exclue": 2211, "texte": "Veuillez donc bien, Monsieur le direc-"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2313, "fin_caractere_exclue": 2358, "texte": "teur, insérer cette lettre dans votre journal"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2453, "fin_caractere_exclue": 2496, "texte": "et croyez à nos remercîments et à nos meil-"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2556, "fin_caractere_exclue": 2573, "texte": "leurs sentiments."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2636, "fin_caractere_exclue": 2673, "texte": "Au nom du Comité de la Société coopé­"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2821, "fin_caractere_exclue": 2839, "texte": "rative artistique."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 2903, "fin_caractere_exclue": 2944, "texte": "Leff. de Secrétaire,     Le    Président,"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3010, "fin_caractere_exclue": 3046, "texte": "JOSÉ HENNEBICQ..     ALPHONSE MOTTE."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3238, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "Nous sommes dès à présent autorisés à"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3335, "fin_caractere_exclue": 3379, "texte": "faire connaître à nos lecteurs que notre ami"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3494, "fin_caractere_exclue": 3536, "texte": "Destrée est décidé à présenter, dans quel-"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3596, "fin_caractere_exclue": 3639, "texte": "ques jours, un projet de loi réclamant pour"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3699, "fin_caractere_exclue": 3744, "texte": "la Jeune Belgique la personnification civile."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 3807, "fin_caractere_exclue": 3830, "texte": "On nous doit bien cela."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4069, "fin_caractere_exclue": 4110, "texte": "Un de nos écrivains les plus en vue, dans"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4212, "fin_caractere_exclue": 4252, "texte": "un discours prononcé à l'inauguration de"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4312, "fin_caractere_exclue": 4353, "texte": "l'Université nouvelle, a déclaré que nous"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4413, "fin_caractere_exclue": 4451, "texte": "entrons dans « un nouveau moyen-âge »."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4514, "fin_caractere_exclue": 4551, "texte": "Nous n'avons pas oublié le personnage"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4611, "fin_caractere_exclue": 4656, "texte": "de Ponson du Terrail, qui s'écriait avec con-"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4716, "fin_caractere_exclue": 4755, "texte": "viction : « Nous autres, gens du moyen-"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4815, "fin_caractere_exclue": 4824, "texte": "âge!... »"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4887, "fin_caractere_exclue": 4928, "texte": "L'écrivain dont il s'agit a réédité cette"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 4988, "fin_caractere_exclue": 5008, "texte": "exclamation célèbre."}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 5070, "fin_caractere_exclue": 5110, "texte": "Seulement, il a traduit le cri de Ponson"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 5170, "fin_caractere_exclue": 5205, "texte": "dans l'idiôme de Stéphane Mallarmé,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 252, "fin_caractere_exclue": 291, "texte": "M. Emile Zola, qui fait les délices des"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 347, "fin_caractere_exclue": 388, "texte": "Romains, a fait de nombreuses confidences"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 441, "fin_caractere_exclue": 467, "texte": "aux interviewers du Tibre."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 542, "fin_caractere_exclue": 582, "texte": "Il a déclaré qu'avant de venir à Rome il"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 635, "fin_caractere_exclue": 678, "texte": "avait déjà amassé tous les documents néces-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 829, "fin_caractere_exclue": 848, "texte": "saires à son roman."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 933, "fin_caractere_exclue": 973, "texte": "L'abbé Vertot s'est rendu célèbre par un"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1024, "fin_caractere_exclue": 1050, "texte": "procédé de la même espèce."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1228, "fin_caractere_exclue": 1268, "texte": "Les Italiens n'en sont pas moins enchan-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1326, "fin_caractere_exclue": 1370, "texte": "tés, et leurs poètes célèbrent en vers fran-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1423, "fin_caractere_exclue": 1463, "texte": "çais les louanges du fameux documenteur."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1615, "fin_caractere_exclue": 1657, "texte": "Voici, à titre de curiosité, le sonnet que"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1707, "fin_caractere_exclue": 1747, "texte": "M. Guido Menasci dédie à M. Zola dans la"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1808, "fin_caractere_exclue": 1818, "texte": "Fanfulla :"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1923, "fin_caractere_exclue": 1930, "texte": "L'ŒUVRE"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1999, "fin_caractere_exclue": 2012, "texte": "A EMILE ZOLA."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2067, "fin_caractere_exclue": 2113, "texte": "Vers le maître serein qui poursuivait sa route"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2167, "fin_caractere_exclue": 2212, "texte": "la jeunesse a tourné bien souvent le regard ;"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2264, "fin_caractere_exclue": 2308, "texte": "car nous n'avons jamais vu se lever, bagard,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2361, "fin_caractere_exclue": 2403, "texte": "de vos pages d'amour le fantôme du doute ;"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2553, "fin_caractere_exclue": 2603, "texte": "car vous nous avez dit : ce fardeau qu'on redoute,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2699, "fin_caractere_exclue": 2746, "texte": "est l'accomplissement sain et doux d'un devoir."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2850, "fin_caractere_exclue": 2894, "texte": "Vivre! Tout ce bonheur est en notre pouvoir,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2998, "fin_caractere_exclue": 3039, "texte": "et le rêveur lassé n'aura que la déroute."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3143, "fin_caractere_exclue": 3184, "texte": "Pourtant, au cœur épris du rêve indéfini,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3242, "fin_caractere_exclue": 3278, "texte": "hanté par le désir de l'azur infini,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3338, "fin_caractere_exclue": 3381, "texte": "à la place des Dieux — leur pâle crépuscule"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3436, "fin_caractere_exclue": 3480, "texte": "dans un lointain brumeux de légende récule —"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3499, "fin_caractere_exclue": 3546, "texte": "montrez, dans la splendeur d'un œuvre solennel,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3595, "fin_caractere_exclue": 3637, "texte": "tous les humains unis d'un lien fraternel."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3741, "fin_caractere_exclue": 3779, "texte": "Nous espérons que M. Zola, pour ne pas"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3838, "fin_caractere_exclue": 3876, "texte": "demeurer en reste de politesse, écrira"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3938, "fin_caractere_exclue": 3959, "texte": "désormais en italien."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4141, "fin_caractere_exclue": 4177, "texte": "La Jeune Belgique envoie un salut de"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4178, "fin_caractere_exclue": 4219, "texte": "bienvenue à deux nouveaux organes univer-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4275, "fin_caractere_exclue": 4320, "texte": "sitaires : L'Escholier de Bruxelles et l'Etu­"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4373, "fin_caractere_exclue": 4390, "texte": "diant de Louvain."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4630, "fin_caractere_exclue": 4668, "texte": "Un jeune poète, M. André Yébel, publie"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4713, "fin_caractere_exclue": 4754, "texte": "dans différentes revues une série de dis-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4796, "fin_caractere_exclue": 4830, "texte": "tiques dont l'union fait Laforgue."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 5065, "fin_caractere_exclue": 5102, "texte": "La Jeune Belgique ayant annoncé, sans"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 5149, "fin_caractere_exclue": 5192, "texte": "rire, que M. Jules Destrée, de concert avec"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 5238, "fin_caractere_exclue": 5281, "texte": "M. Maurice Barrès, s'occupe de la formation"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 112, "fin_caractere_exclue": 152, "texte": "d'un groupe européen de députés littéra-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 208, "fin_caractere_exclue": 249, "texte": "teurs, notre excellent confrère M. Eugène"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 305, "fin_caractere_exclue": 346, "texte": "Landoy publie à ce propos dans le Précur­"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 402, "fin_caractere_exclue": 440, "texte": "seur, dont aucune Salomé ne demande la"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 496, "fin_caractere_exclue": 539, "texte": "tête, les graves considérations que voici :"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 598, "fin_caractere_exclue": 634, "texte": "Nous ne savons ce que ce groupe pro-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 690, "fin_caractere_exclue": 732, "texte": "duira, surtout avec le concours de M. Mau-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 788, "fin_caractere_exclue": 828, "texte": "rice Barrès, cet ironiste pincé. Nous ne"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 884, "fin_caractere_exclue": 929, "texte": "voyons pas bien non plus la littérature déca-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 985, "fin_caractere_exclue": 1023, "texte": "dente défendue par des élus du peuple,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1079, "fin_caractere_exclue": 1122, "texte": "alors qu'on ne cesse de nous dire que cette"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1178, "fin_caractere_exclue": 1224, "texte": "littérature ne s'adresse qu'à de rares invités"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1280, "fin_caractere_exclue": 1325, "texte": "Au point de vue littéraire, M. Destrée et ses"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1381, "fin_caractere_exclue": 1422, "texte": "amis ont horreur du « bourgeois », c'est-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1478, "fin_caractere_exclue": 1514, "texte": "à-dire du philistin. Mais comment de"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1570, "fin_caractere_exclue": 1611, "texte": "simples ouvriers parviendraient-ils à les"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1667, "fin_caractere_exclue": 1706, "texte": "comprendre, et comment le pauvre peuple"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1762, "fin_caractere_exclue": 1807, "texte": "encouragerait-il une littérature dont le sens"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1863, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "et l'utilité même lui échappent complète-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 1960, "fin_caractere_exclue": 1965, "texte": "ment?"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2024, "fin_caractere_exclue": 2064, "texte": "Mais patience. Anseele est à la Chambre,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2120, "fin_caractere_exclue": 2164, "texte": "lui aussi, et ce citoyen décidé, qui ne con-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2220, "fin_caractere_exclue": 2261, "texte": "naît que la « grosse ouvrage ». a déclaré"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2317, "fin_caractere_exclue": 2358, "texte": "dans un discours célèbre que les artistes"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2414, "fin_caractere_exclue": 2456, "texte": "étaient des fainéants et des parasites. Ce"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2512, "fin_caractere_exclue": 2550, "texte": "n'est pas à lui qu'il faudra parler de"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2659, "fin_caractere_exclue": 2696, "texte": "petits sonnets musqués ou de rondeaux"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2802, "fin_caractere_exclue": 2847, "texte": "aristocratiques, rimés pour une élite, c'est-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 2950, "fin_caractere_exclue": 2995, "texte": "à-dire une caste. Et. qu'est-ce que c'est que"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3095, "fin_caractere_exclue": 3140, "texte": "ces gens qui écrivent l'Art et la Littérature"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3196, "fin_caractere_exclue": 3239, "texte": "avec une majuscule? II y aura donc toujours"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3295, "fin_caractere_exclue": 3335, "texte": "des Bastilles à démolir ?          E. L."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3394, "fin_caractere_exclue": 3433, "texte": "Un bon point pour notre confrère Eugène"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3489, "fin_caractere_exclue": 3496, "texte": "Landoy."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3555, "fin_caractere_exclue": 3592, "texte": "On nous assure que le corps des ingé-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3693, "fin_caractere_exclue": 3738, "texte": "nieurs, ému, à juste titre, par cet accident,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3794, "fin_caractere_exclue": 3837, "texte": "a mis à l'étude la confection d'un appareil"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3893, "fin_caractere_exclue": 3937, "texte": "destiné à protéger les ponts contre les cri-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 3993, "fin_caractere_exclue": 4037, "texte": "tiques qui ont la manie de vouloir y couper."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4096, "fin_caractere_exclue": 4137, "texte": "Cet appareil s'appellerait le paralandoy."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4236, "fin_caractere_exclue": 4274, "texte": "Il se confirme que M. Léon Dierx pose-"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4330, "fin_caractere_exclue": 4372, "texte": "rait sa candidature au siège de Leconte de"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4428, "fin_caractere_exclue": 4434, "texte": "Lisle,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4492, "fin_caractere_exclue": 4528, "texte": "M. Catulle Mendès publie à ce propos"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4584, "fin_caractere_exclue": 4626, "texte": "dans l'Echo de Paris l'odelette suivante :"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4684, "fin_caractere_exclue": 4712, "texte": "Elle fut haute et méritoire,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4770, "fin_caractere_exclue": 4795, "texte": "La tâche des Parnassiens!"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4853, "fin_caractere_exclue": 4887, "texte": "Nous sommes tranquilles. La gloire"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 4949, "fin_caractere_exclue": 4971, "texte": "Reconnaîtra les siens."}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 5029, "fin_caractere_exclue": 5061, "texte": "Parmi ceux que raillait la pègre"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 5119, "fin_caractere_exclue": 5148, "texte": "Des bas échotiers dénigrants,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 5206, "fin_caractere_exclue": 5237, "texte": "Nul qui ne fût artiste intègre,"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 5299, "fin_caractere_exclue": 5327, "texte": "Et quelques-uns sont grands."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 82, "texte": "Ni l'amour, ni cette faunesse,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 135, "fin_caractere_exclue": 163, "texte": "La Luxure aux rieuses dents,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 215, "fin_caractere_exclue": 245, "texte": "Ne prirent, toute, la jeunesse"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 295, "fin_caractere_exclue": 319, "texte": "Même des moins prudents."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 366, "fin_caractere_exclue": 398, "texte": "La plupart, aux temples qu'évite"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 444, "fin_caractere_exclue": 468, "texte": "La multitude sans souci,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 523, "fin_caractere_exclue": 554, "texte": "Courbait des genoux de lévite !"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 607, "fin_caractere_exclue": 630, "texte": "Et les plus fous aussi."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 676, "fin_caractere_exclue": 707, "texte": "Dans les descentes de Courtille"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 747, "fin_caractere_exclue": 783, "texte": "Portaient, sous les plumets mouvants"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 828, "fin_caractere_exclue": 858, "texte": "Et le masque et la cannetille,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 910, "fin_caractere_exclue": 935, "texte": "De graves cœurs fervents."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 976, "fin_caractere_exclue": 1008, "texte": "Tous, le talon sur la couleuvre,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1052, "fin_caractere_exclue": 1078, "texte": "Sans ouïr le rire daubeur,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1126, "fin_caractere_exclue": 1161, "texte": "Mettaient à l'âpre mur de l'œuvre -"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1207, "fin_caractere_exclue": 1227, "texte": "L'échelle du labeur!"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1274, "fin_caractere_exclue": 1307, "texte": "Et maintenant, encor, sans trêve,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1360, "fin_caractere_exclue": 1385, "texte": "Leur cœur de foi alimenté"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1437, "fin_caractere_exclue": 1468, "texte": "Se balance, encensoir qui rêve,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1520, "fin_caractere_exclue": 1543, "texte": "Vers ton autel, Beauté!"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1588, "fin_caractere_exclue": 1622, "texte": "Glatigny, roi pour qui les souches"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1669, "fin_caractere_exclue": 1696, "texte": "Sont des chevets délicieux,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1744, "fin_caractere_exclue": 1775, "texte": "Ghaute les roses et les bouches"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1829, "fin_caractere_exclue": 1854, "texte": "Et les cieux et les yeux."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1902, "fin_caractere_exclue": 1935, "texte": "Coppée au cœur doux qui s'incline"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1985, "fin_caractere_exclue": 2016, "texte": "Ordonne au deuil du tsar rêvant"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2063, "fin_caractere_exclue": 2091, "texte": "La clémence pour l'orpheline"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2148, "fin_caractere_exclue": 2173, "texte": "Dont le' père est vivant."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2216, "fin_caractere_exclue": 2246, "texte": "Mallarmé, que l'espoir consume"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2292, "fin_caractere_exclue": 2320, "texte": "De l'aube au delà du tunnel,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2365, "fin_caractere_exclue": 2390, "texte": "Allume une lampe de brume"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2453, "fin_caractere_exclue": 2475, "texte": "Vers le songe éternel."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2521, "fin_caractere_exclue": 2554, "texte": "Villiers, volcan d'ombres, émeute"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2597, "fin_caractere_exclue": 2626, "texte": "De rouges laves dans I'éther,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2673, "fin_caractere_exclue": 2701, "texte": "Soumet à la raison de Gcethe"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2754, "fin_caractere_exclue": 2775, "texte": "Les rêves de Richter."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2827, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "Silvestre, qu'étonnent les voiles,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2904, "fin_caractere_exclue": 2930, "texte": "Dans les roses de Firdouçi"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2978, "fin_caractere_exclue": 3011, "texte": "Frète un ballon vers les étoiles,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 3063, "fin_caractere_exclue": 3085, "texte": "Et vers la lune aussi."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 3132, "fin_caractere_exclue": 3158, "texte": "Mérat, que les Parisiennes"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 3211, "fin_caractere_exclue": 3242, "texte": "Suivent, guette un baiser rival"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 3288, "fin_caractere_exclue": 3325, "texte": "Dans les caresses, sœurs des siennes,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 3372, "fin_caractere_exclue": 3393, "texte": "De l'onde à Bougival."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 134, "texte": "Prudhomme, tendre à qui transgresse"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 182, "fin_caractere_exclue": 214, "texte": "L'horrible loi du sort bourreau,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 262, "fin_caractere_exclue": 289, "texte": "Parle de Toujours à Lucrèce"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 341, "fin_caractere_exclue": 364, "texte": "Dans la langue de Maro."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 413, "fin_caractere_exclue": 443, "texte": "Son cœur vierge de pâquerette,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 491, "fin_caractere_exclue": 522, "texte": "Verlaine l'offre, un peu fatal,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 570, "fin_caractere_exclue": 602, "texte": "A la vierge en plâtre, discrète,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 654, "fin_caractere_exclue": 674, "texte": "Du mur de l'hôpital."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 723, "fin_caractere_exclue": 746, "texte": "Loyola-Thérèse, Anatole"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 794, "fin_caractere_exclue": 827, "texte": "France, près de Renan qu'il vaut,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 875, "fin_caractere_exclue": 904, "texte": "Fait de doux tropes une étole"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 956, "fin_caractere_exclue": 974, "texte": "A son doute dévot,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1023, "fin_caractere_exclue": 1051, "texte": "Et, dans le Jardin d'Épicure"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1099, "fin_caractere_exclue": 1125, "texte": "Qui va de Chypre à Tahiti,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1173, "fin_caractere_exclue": 1202, "texte": "Offre sous un myrthe une cure"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1255, "fin_caractere_exclue": 1272, "texte": "A Satan converti."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1321, "fin_caractere_exclue": 1359, "texte": "Sur les clairs ciels d'or qu'il écrase"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1407, "fin_caractere_exclue": 1436, "texte": "Se rue, et rue, à hue, à dia,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1484, "fin_caractere_exclue": 1515, "texte": "Dans des braises de chrysoprase"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1567, "fin_caractere_exclue": 1586, "texte": "Ce Pégase, Heredia!"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1635, "fin_caractere_exclue": 1668, "texte": "Moi, poète et non pas le moindre,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1716, "fin_caractere_exclue": 1743, "texte": "En un poème encor sans pair"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1791, "fin_caractere_exclue": 1824, "texte": "J'ai vu frémir, rosir et poindre,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1877, "fin_caractere_exclue": 1900, "texte": "Comme une aube, Vesper!"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 1949, "fin_caractere_exclue": 1984, "texte": "Et toi, Dierx, âme blanche et haute"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2032, "fin_caractere_exclue": 2062, "texte": "Comme l'aigle blanche du ciel,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2110, "fin_caractere_exclue": 2143, "texte": "Côtoyeur des beaux gouffres, hôte"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2195, "fin_caractere_exclue": 2214, "texte": "Du jour torrentiel."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2263, "fin_caractere_exclue": 2291, "texte": "Rayonnant marin qui déferles"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2339, "fin_caractere_exclue": 2364, "texte": "Avec un flot jamais amer,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2412, "fin_caractere_exclue": 2448, "texte": "Plongeur profond, trouveur de perles"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2500, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "Dans la céleste mer."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2568, "fin_caractere_exclue": 2596, "texte": "Écouteur du lointain silence"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2644, "fin_caractere_exclue": 2672, "texte": "Et des vagues sur les récifs"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2720, "fin_caractere_exclue": 2748, "texte": "Et du vaste vent qui balance"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2800, "fin_caractere_exclue": 2826, "texte": "Les grands arbres pensifs."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2874, "fin_caractere_exclue": 2903, "texte": "Escaladeur d'astres en astres"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 2951, "fin_caractere_exclue": 2977, "texte": "Vers la fin de l'illimité,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 3025, "fin_caractere_exclue": 3058, "texte": "Jureur que, malgré les désastres,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 3110, "fin_caractere_exclue": 3130, "texte": "L'ombre n'a pas été."}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 3179, "fin_caractere_exclue": 3210, "texte": "Provocateur des nuits premières"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 3258, "fin_caractere_exclue": 3287, "texte": "Où le noir était fait de feu,"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 3335, "fin_caractere_exclue": 3367, "texte": "Témoin de l'aube et des lumières"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 3419, "fin_caractere_exclue": 3442, "texte": "Pures, témoin de Dieu !"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 78, "texte": "Toi, Dierx, un nimbe t'environne"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 118, "fin_caractere_exclue": 150, "texte": "Que jamais les ans n'éteindront;"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 191, "fin_caractere_exclue": 219, "texte": "Et nous avons une couronne :"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 268, "fin_caractere_exclue": 294, "texte": "La splendeur de ton front."}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 333, "fin_caractere_exclue": 362, "texte": "Nul, mon ami, ne te surpasse."}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 407, "fin_caractere_exclue": 441, "texte": "D'autres gloires ont eu leur tour!"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 483, "fin_caractere_exclue": 513, "texte": "Ton âme contient plus d'espace"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 556, "fin_caractere_exclue": 581, "texte": "Et ton cœur plus d'amour."}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 622, "fin_caractere_exclue": 652, "texte": "Toute la vie en ton cœur libre"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 698, "fin_caractere_exclue": 733, "texte": "Se plaint comme le vent des bois..."}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 775, "fin_caractere_exclue": 812, "texte": "Ah ! que tu souffres ! ton vers vibre"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 852, "fin_caractere_exclue": 871, "texte": "D'universels abois."}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 918, "fin_caractere_exclue": 947, "texte": "Tu te penches vers le vertige"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 990, "fin_caractere_exclue": 1012, "texte": "De l'inexorable chaos,"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1060, "fin_caractere_exclue": 1090, "texte": "Et tu plains tout, sonore tige"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1133, "fin_caractere_exclue": 1155, "texte": "Des lointains philaos."}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1199, "fin_caractere_exclue": 1237, "texte": "Tu sais qu'âpre ou bon, ivre ou sobre."}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1271, "fin_caractere_exclue": 1297, "texte": "L'homme que le mal a tenté"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1348, "fin_caractere_exclue": 1384, "texte": "Voit toujours dans le Soir d'octobre"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1424, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "Mourir la Nuit d'été."}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 88, "fin_caractere_exclue": 117, "texte": "Sur le chemin montant du rêve"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 160, "fin_caractere_exclue": 190, "texte": "Tu trouves, au tournant béant,"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 233, "fin_caractere_exclue": 263, "texte": "La fleur où la route s'achève,"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 310, "fin_caractere_exclue": 331, "texte": "La vaine fleur Néant."}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 375, "fin_caractere_exclue": 406, "texte": "La fleur vide d'où nous encense"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 449, "fin_caractere_exclue": 482, "texte": "— O deuil, qu'on ne peut apaiser!"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 525, "fin_caractere_exclue": 551, "texte": "L'oubli de la réminiscence"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 598, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "Du plus ancien baiser!"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 664, "fin_caractere_exclue": 697, "texte": "Je t'aime autant que je t'admire;"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 740, "fin_caractere_exclue": 774, "texte": "Mon Dierx! Pardonne-moi. J'ai tort"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 817, "fin_caractere_exclue": 847, "texte": "J'ai fait de la commune myrrhe"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 895, "fin_caractere_exclue": 916, "texte": "Un parfum qui se tord"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 960, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "Vers les alcôves, en fumée..."}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1032, "fin_caractere_exclue": 1059, "texte": "A cause que j'aime les vers"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1102, "fin_caractere_exclue": 1128, "texte": "Tu m'absous de la renommée"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1175, "fin_caractere_exclue": 1197, "texte": "Et des contes pervers."}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1241, "fin_caractere_exclue": 1270, "texte": "Merci ! dans les universelles"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1313, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "Ombres, j'aurais du moins, demain,"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1390, "fin_caractere_exclue": 1419, "texte": "Une joie, une gloire : celles"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 1466, "fin_caractere_exclue": 1488, "texte": "D'avoir serré ta main."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-11-n11-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ ÉDITEUR D", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 486, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1380, "texte": "LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR          DE LA J E U N E          BELGIQUE\n                     31, rue des Paroissiens, 31\n                             BRUXELLES\n\n\n\n                    VIENT DE PARAITRE\n                                DANS LA\n\n PETITE           COLLECTION                LES POÈTES\n\n                     A L B E R T GIRAUD\n\nH O R S DU S I È C L E\n                                  II\n       Sous la Couronne. — Devant le Sphynx.\n  Un volume sur papier de luxe, titre en couleur. Prix : 3 francs.\n             Restent quelques exemplaires Van Gelder,\n      sous couverture parchemin à                  5 francs.\n\n\n          POUR PARAITRE LE 5 NOVEMBRE\n                     LOUIS DELATTRE\n\n Les Miroirs de Jeunesse\n              Un volume in-18 jésus. Prix : fr. 3-50.\nQuelques exemplaires sur hollande Van Gelder sous parchemin à fr. 7-50.\n\n                EN     P R É P A R A T I O N         :\n\n\n                     NOVALIS\n   Traduction précédée d'une étude, par MAURICE MAETERLINCK.\n\n\n\n                         En vente :\nBARRÉS (M.): Du Sang, de la Volupté et de la Mort. . . . fr. 3 50\nBRUNETIÈRE (G.) : L'Evolution de la poésie lyrique en France\n   au XIXe siècle. Tome II                                   3 50\nGEFFROY (G.) : Le Cœur et l'Esprit                           3 50\nVERLAINE : Epigrammes                                        3 60\n"}, {"page_pdf": 487, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1755, "texte": "LAFORGUE (JULES) : Moralités légendaires. Tirage de luxe . fr. 6 00\n              —          Poésies complètes (y compris Derniers\n       Vers).Tirage de luxe                                         6 00\n M A L L A R M É (STÉPHANE) : La Musique et les Lettres .   . . .  200\n ROSNY (J.-H.) : L'Indomptée                                        3 50\n\"VERLAINE (P.) : Epigrammes, avec frontispice de Cazal . . .        3 50\n VIELÉ-GRIFFIN :                             πάλαι                  2 00\n LAFENESTRE (G.) : Catalogue illustré des Musées de Florence.\n       Un fort volume relié                                        10 00\n L'YMAGIER, n° 1. Publication trimestrielle in-8°, publiant dès\n       images et des études sur les imagiers anciens et nouveaux .  3 50\n\n\n                     PRIME AUX ABONNÉS\n                                         DE LA\n\n\nJEUNE BELGIQUE\n         QUATRE FILS AYMON\n                  Un superbe volume in-4 0 de 240 pages\n                                     ILLUSTRÉ\n   A CHAQUE PAGE DE COMPOSITIONS EN COULEUR\n                                           PAR\n\n                             GRASSET\n Ce magnifique ouvrage, é d i t é à 1 0 0 f r a n c s , sera fourni à nos abonnés\n                      par l'éditeur P . LACOMBLEZ\n\n             au prix de SOIXANTE FRANCS comptant\n                       OU 65 FRANCS PAYABLES :\n    25 fr. en souscrivant ; 20 fr. le1erdécembre et 20 fr. le 1er janvier.\n\n\n            Dépôt des Revues Françaises :\n             La Plume, fr. 0-50; franco, fr. 0-55\n       Le Mercure de France, 1 franc; franco, fr. 1-25\n           L'Ermitage, fr. 0-80 ; franco, fr. 0-90\n               L'Ymagier,  3-50; franco, 3-60\n                  Bruxelles. — Imprimerie Ve Monnom, 32, rue de l'Industrie\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 452, "texte": "Novembre 1894.                         TOME XIII.           -N°11            14me              Année.\n\n\n\n\n  JEUNE\n                   BELGIQUE\n                                          SOMMAIRE:\n\n       La Musique du braconnier                             LOUIS DELATTRE.\n       Vers                                                 VALÈRE G I L L E .\n       Royauté                                              JOSEPH DESGENÊTS.\n       Vers                                                 MAURICE CARTUYVELS.\n       Vers                                                 JEAN DELVILLE.\n       D'après Wiertz                                       ANDRÉ RUIJTERS.\n       Chronique littéraire :\n           Hors du siècle                                   IWAN G I I N .\n       Chronique théâtrale                                  V. G.\n       Memento                                 .    .   .   NEMO.\n\n\n\n\n          REDACTION                                                      BRUXELLES\n 4,RUEV A N D E R L I N D E N ,   BRUXELLES.                        PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                        31, rue des Paroissiens\n\n                                                                             PARIS\n   PRIX DU NUMÉRO                                              CHAMUEL,         LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                          29, rue de Trévise\n        fr. 0-75.\n                                                                                1894\n"}, {"page_pdf": 453, "texte": "                                                                            BELGIQUE\n   BELGIQUE                      N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                                  JEUNE\n               JEUNE\n                       LA\n\n\n\n\n                                                             LA\n                                N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n   Fondateur       : MAX W A L L E R (MAURICE                WARLOMONT)\n              Directeur : ALBERT GIRAUD, 4, rue Vanderlinden.\nSecrétaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n               7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                  des   Capu­\ncines, 16, à Paris.\n\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, Marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}, {"page_pdf": 454, "texte": "  LA MUSIQUE DU BRACONNIER\n\n                                  Une douzaine de malades occupaient l'hôpi-\n                                  tal d'une ville de province; bâtiment déla-\n                                  bré aux murs lézardés, qui paraissait rongé\n                                  des maladies qu'il avait abritées, et com-\n                                  mandait la vallée où la rivière, issue de\n                                  l'ouest, s'enroulait au pied d'une colline\n                                  pour fuir vers l'orient, miroitante par cet\n                                  après-midi d'été.\n                                     Ces pauvres gens venaient, de préférence,\n                 traîner leurs pas ennuyés sous le mur qui leur cachait l'es-\n                 pace plein de soleil et où courait le vent, comme se collent\n                 au couvercle de leur prison et se serrent aux fissures, plus\n                 près du jour, les hannetons, qu'en mai, nourrissent les\n                 enfants.\n                    Quelquefois, s'aidant des épaules d'un compagnon et\n                 s'appuyant aux aspérités des briques, l'un d'eux passait la\n                 tête au-dessus du faîte des clôtures. Le souffle du large cares-\n                 sait son front ; et il disait, à ceux restés à terre, ce qu'il\n                 voyait :\n                    — Une charrette roule sur la route. Le pont de la rivière\n                 est tourné ; un bateau vient; le cheval de halagé ne tire plus\n                 et la corde fouette l'eau qui s'éparpille. Et par là, tous les\ntoits luisent d'un côté ; les rouges, de tuiles, sont plus gais, et les bleus,\nd'ardoises, plus jolis. Ils descendent en sautant jusqu'à la rivière; je vois\nl'ombre d'un nuage qui galope sur eux.... Ah! elle est loin déjà. Les chemi-\n                                                                        28\n"}, {"page_pdf": 455, "texte": "                                 — 408 —\n\n nées sont culottées de suie et brunes. Comme elles sont sérieuses ! C'est\npar là que la maison prend haleine dans le ciel ; à présent elles travaillent\net fument pour le repas de midi... Je voudrais bien manger les légumes de\nmon jardin, que ma femme aurait cuits... Voilà des pigeons bleus et blancs\nqui approchent; mais ils s'en retournent; ils se perchent sur un pignon...\n   Après, quand le spectateur sautait à terre, il conservait longtemps,\naux pommettes, deux plaques rouges animées et les yeux brillants.\n   Et ce mur que tous, à certains jours, auraient voulu franchir, était écla-\nboussé de rouges blessures : les cassures fraîches des briques où les plus\nvaillants avaient écorché leurs doigts en tentant l'escalade.\n   Durant la journée, les hommes vaguaient, silencieux, dans le jardin, un\ncarré de gazon pelé. Ils étaient vêtus de pantalons hors de mesures flottant,\nà plis lourds, sur leurs jambes maigres, et de courtes vestes sans poches.\nIls ne savaient donc où mettre leurs mains, ni ne pouvaient emporter sur\neux aucun objet familier, comme le canif à manche de bois ou le petit étui\nà chiques.\n   Parmi eux, les houilleurs s'asseyaient sur leurs talons durant des heures\net pensaient à leurs pinsons tchiripant dans les cages accrochées aux murs\ndu coron. Leurs visages pâles d'anémiés étaient tatoués des bleus\nd'anciennes plaies de la fosse; ils étaient secoués de toux violentes et cra-\nchaient du charbon. On reconnaissait aussi les verriers décharnés et\npoussifs qui semblaient avoir soufflé leurs poumons devant les fours\nchauffés à blanc.\n   Un grand malingre, qui toussait sans répit, se prétendait au mieux quand\nil pouvait, de la fenêtre, suivre dans la cour de service, sur la pelouse aux\npissenlits d'or, les lavandières étendant les linges humides. Il comptait les\ncarrés des draps de lit, les taches rondes des bonnets de femme et les longs\nserpents que traçaient les bandes à pansement. Et le front collé à la vitre,\nil ne perdait pas un mouvement des commères aux va-et-vient affairés et\nminutieux.\n   Les plus valides se disputaient le moindre passe-temps : à qui manierait\nla hachette pour fendre le bois des cuisines, à qui tiendrait la boîte aux\noutils de l'infirmier qui chassait un clou dans une porte.\n   Car, coupées seulement de la hâtive visite du médecin, ici, les journées\nd'été à se traîner dans le soleil étaient si lentes, qu'il y avait des hommes\ndont l'apathie seule empêchait la guérison, des malades d'être malades,\nmourants et indolents. Ils pensaient, ceux-là, à peine à eux-mêmes; ils ne\nse parlaient, ne se plaignaient, ni ne s'enquéraient de leurs maux l'un à\nl'autre.\n"}, {"page_pdf": 456, "texte": "                                    — 409 —\n\n   Mais l'infirmier avait pour cette poignée de misérables perdus dans\nl'hôpital, une compassion inaccoutumée, comme les plus rogues surveillants\nrelâchent leur rigueur près des collégiens abandonnés, au pensionnat,\ndurant les vacances. Même, il leur apporta, un jour, l'accordéon de sa\nmaison.\n   Cet accordéon était très volumineux ; développé, il emplissait vos deux\nbras; et il était très lourd. Sur la plaque brune des touches, une délicate\nmarqueterie en bois d'olivier doré dessinait des bouquets de fleurons, des\nguirlandes et une bordure guillochée. Les soufflets souples et puissants\nétaient à coins de basane verte. L'infirmier le serrait dans une boîte qui,\nelle-même, était déjà très belle.\n  Il l'avait acheté, malgré les criailleries de sa femme, à la boutique de\n« la Jambe de Bois », dans la rue Neuve : une agréable rue de cafés-concerts\net de magasins à évents bariolés et éclatants. (Elle semble faire toujours la\nnoce et les ouvriers du faubourg, à casquettes somptueuses, pantoufles\nbrodées et foulards de couleurs tendres, y traînent, les lundis, heureux\nautant qu'à la foire, en fumant dans des pipes d'écume blanche à bout\nd'ambre.)\n  Et pour écouter l'accordéon, les malades se réunissaient, après le souper,\ndans un coin de la cour où étaient scellées, au mur, quelques planches en\nguise de bancs, parmi des fioles à potions cassées et des débris de pots à\nonguents.\n   Alors, la nuit tiède était pleine de rumeurs arrivant par-dessus les clô-\ntures : rires ardents et étouffés, des rires comme des soupirs, de couples\ncourant s'aimer sur les talus des remparts bù l'herbe est haute; et\nclairs chants des rondes d'enfants ballants et jouant, dans l'ombre, des jeux\nsi doux, que leurs pommettes brûlent en leurs visages moites et roses. (Ils\nne veulent plus s'en retourner quand les mères, les cherchant, les appel-\nlent; pour les ramener, elles les traînent par les poignets; et ils montent se\ncoucher en écoutant encore les rires des gens devisant sur les seuils !)\n   Un vieux houilleur jouait de l'instrument. Il avait un visage blafard où\nle nez cassé et déjeté et la barbe de bouc presque verte rendaient plus\nterne encore l'expression de ses yeux d'un bleu fade, sans cesse trem-\nblotant dans leurs orbites, comme des mains qui ont trop travaillé. Il\ns'accroupissait, et le corps contourné, l'oreille penchée sur les touches, il\ntirait, des soufflets, de longues plaintes criardes et caressantes, ainsi que\ndes doléances de pleureuses villageoises. Ses sourcils 'restaient remontés,\nl'angle de ses paupières tiré, sa bouche bée; il était semblable à un de ces\ntout vieux qui perdent le sens et que leurs enfants font taire, par honte.\n"}, {"page_pdf": 457, "texte": "                                    — 410—\n\n   Pour les malades, c'étaient eux-mêmes qui pleuraient dans cette histoire\nque l'ancien rabâchait; chacun y écoutait la mélopée de sa vie rythmée,\nlà, ainsi qu'au clic-clac d'un berceau frappant le plancher. Cependant que\nleurs âmes vagissaient des mots vagues et câlins de nourrice et s'endor-\nmaient tout doucement, à la façon des petits enfants que l'on plaint et\ncaresse, les rêves heureux relevaient le coin de leurs bouches séchées par la\nfièvre; pour eux s'arrêtait le temps, la barque entre les roseaux, dans une\nanse où le courant meurt. Et ces simples rendaient grâce au musicien avec\ndes regards de malades auxquels on tend le verre d'eau fraîche...\n   Un soir, un jeune imprudent passa ses doigts dans les tirants de l'accor-\ndéon. « Il voulait voir! » Et il riait. Mais dans ses mains l'instrument,\ntout à coup, rendit un si terrible son, un si effrayant soupir, que tous se\nregardèrent et qu'il courut se cacher, décontenancé, au dernier rang des\nauditeurs dont la moue lui exprimait assez la désapprobation.\n\n\n                                         II\n\n    Cependant, à Fontaine, on arrêta enfin le Pi. Une brigade de gendarmes\n avait cerné le bois où il gîtait ; et traqué par les taillis et les fosses abandon.\n nées, forcé comme une bête sauvage, le brigand, à bout de force, était\nvenu s'affaler sous le pont du chemin de fer. Il semblait se rendre, mais\npendant qu'on le garrottait, il assomma encore un homme.\n    On le coucha dans un tombereau; et ainsi qu'on fait du bétail qui se\n refuse de sortir de l'étable pour la boucherie, on le charria à la prison de la\nville. Par les chemins où il passait, les enfants pleuraient pour que leur\nmère les prit dans leurs bras et leur fît voir dans la voiture, par-\ndessus les ridelles, le braconnier ligoté et ensanglanté, accroupi comme\nun fauve. Tel, les gendarmes semblaient le craindre encore; car il y a de\nces vaincus terribles qu'il faut tuer : ils reviennent toujours à la charge, et\nils effraient le vainqueur lâche. L'attelage résonnait sur les pierres, et les\nlongs sabres battaient les éperons avec un bruit si émouvant qu'on ne\npouvait s'empêcher de les suivre.\n    A l'entrée de Monceau, quelle émotion quand surgit la femme du Pi!\nElle s'arracha à l'étreinte de ceux qui voulaient la retenir ; elle bondit dans\nle chariot; et, à même la bouche du braconnier ligoté, elle vida une pleine\nbouteille de genièvre. Enfin les gendarmes la jetèrent à bas ; mais le cortège\nl'applaudit, et elle suivit, en vociférant des injures et des imprécations,\njusque sous le porche de la prison.\n    — Comme elle reste fidèle au Pi !\n"}, {"page_pdf": 458, "texte": "                                   —   411   —\n\n   — C'est vrai, qu'ils s'aiment bien !\n   — Moi, je sais qu'elle n'a pas manqué un seul jour, depuis un an, de\n porter la soupe à son homme, aujourd'hui à Forchies, demain à Leernes,\nsuivant sa cachette. Elle le trouvait toujours malgré les gardes.\n   — Elle rapportait, du bois, les lièvres qu'il avait tués. Même, je lui en\nachetai un qui pesait six livres, pour trois francs ; ce n'est que le prix du\nlard! Tout compte fait, pourtant, ça revient encore cher, vous savez,\nvoisine, parce que du lièvre on s'en dégoûte vite, et on ne sait tout\nmanger.\n   — Quelle diablesse ! Voisine, on dit qu'elle retournait au bois, la nuit,\npar tous les temps, pour aimer son homme!\n   — Ah! c'est bien sûr pour la punir que les gendarmes la laissent courir,\nelle, tandis que le Pi est arrêté !\n   ... Or, dans sa lutte d'un jour entier, dans sa rage d'être pris, le bracon-\nnier s'était fait de si cruelles blessures, qu'il dût, de sa prison, passer bientôt\nà l'hôpital.\n   Il y entra soutenu par l'infirmier, un crapoussin aux yeux vairons\nétonnés et clignotants, au visage couturé par la petite vérole, qu'on gardait,\nsi paresseux qu'il fût, parce qu'il avait, chaque année, au moins une maladie\nnouvelle, caractérisée aussi nettement qu'en un traité de pathologie. Dans\nla chambre puante de faguenas, le Pi rappelait un arbre renversé dont\nle feuillage, tantôt encore frémissant dans le vent, serait, à présent, aplati\ndans la boue du fossé, quelque chose de vivant écrasé.\n   On l'étendit dans un lit où les autres malades vinrent le voir, avec les\ncoins de la bouche tirés en le sourire silencieux et inquiet qu'ils auraient eu\ndevant quelque bête encagée. Puis, son histoire courut d'un lit à l'autre,\nmais je ne sais qui la conta le premier.\n   Oui, à présent, la grosse tête ronde du brigand creusait l'oreiller profon-\ndément, hirsute comme l'échiné d'un- sanglier. Dans cette boule de soies\nbretaudée, il n'y avait que son front et ses pommettes qui montrassent un\npeu de peau, rougie d'ailleurs et râpée par les bises. Il se taisait absolument;\npour distinguer qu'il vivait, il fallait s'approcher et regarder, au fond des\ntrous de ses orbites, pétiller ses yeux vifs qui suivaient tous vos mouve-\nments\n   Malgré l'inquiétude qui les agitait autant que des yeux de rats pris au\npiège, on pouvait saisir encore leurs beautés diverses. Ils avaient la scléro-\ntique d'un blanc bleuâtre et l'iris d'un gris pigmenté de brun tabac. De\nsorte, qu'à la fois, ces yeux étaient gais autant que les lapins broutant le\nthym sauvage de la clairière, au petit matin ; et alâcres et pétillants de vie\n"}, {"page_pdf": 459, "texte": "                                  — 412 —\n\nainsi que des chevreaux qui s'ébrouent par les taillis et dont la tache\nblanche de la queue bondit. Et les regards de ce brigand, voyez donc, ont\naussi la caresse délicate du friselis des bouleaux chuchotant au tendre avril.\n— Il y avait dans ces prunelles toute la vie, la joie et la rudesse sauvage de\nla forêt pour qui savait y plonger. Mais ces trop faibles malades n'auraient\npu en tirer cela ; les yeux du Pi les suivaient avec une agitation hostile.\n   Quelquefois il crachait très loin des jets de salive qui sifflaient entre ses\nincisives.\n   Au soir, dès qu'il percevait, dans la cour, geindre l'accordéon du houil-\nleur, il s'agitait dans son lit. Etait-ce d'entendre, sur cette couche d'hôpital,\nla musique qui l'égayait jadis aux ducasses, qui l'inquiétait; l'harmonica,\nd'après les parties de bouloir, quand on buvait la bière blanche et mousseuse\ndes jours de fête? Ou, devant les fenêtres au large sur le ciel libre, cette\nlâche complainte pleureuse exaspérait-elle sa captivité?\n    Le Pi put se lever. Il descendit dans la cour, alla vers le groupe de musi-\nciens ; puis, sans mot dire, ni lever les yeux sur les hommes qui l'entou-\nraient, il prit l'accordéon des mains du houilleur et s'assit sur le banc.\n    Il joua d'abord des notes violentes, sans suite, qui ressemblaient aux sou-\nbresauts d'une poitrine longuement étreinte, dilatée enfin ; et aux cris des\nbêtes sortant de l'érable, au printemps, quand la neige fondue montre les\nvertes plaques d'herbe renaissante (les vaches mettent la tête sur la haie\nclaire mouchetée de bourgeons et mugissent). Après, l'accordéon se mit à\nchanter à tue-tête; il était sauvagement joyeux; il montrait des hommes\naux soirs d'ivresse aveugle, à l'heure où ils veulent se battre. I1 se calma;\nalors lentement, en se balançant, se levèrent des choses étranges que les\nmalades ne comprenaient pas. C'étaient les soupirs d'aise de la plaine\nendormie qu'entendent ceux qui, la tête sur les épis sentant déjà le blé\nnouveau, suivirent des yeux le chariot de David roulant dans le ciel, le\ntimon en haut; puis les silences figeant la forêt quand point l'aube, ces\nextatiques silences où, dans une seconde, vont crier les convulsions du ciel\nen feu qui s'ouvre; les rumeurs des arbres parlant dans le vent, qui\ncraquent, s'arc-boutent et triomphent dans la tempête ; les tumultes susci-\ntant le souvenir des luttes sauvages, de l'ivresse du danger, de ces divins\nmoments d'émotion où l'on s'excite aux propres bruits de son cœur. Ces\nchoses ruisselaient étrangement de l'accordéon du coureur des bois, ainsi que\nd'une source difficile à boucher qui écume et bouillonne dans l'étreinte des\ndoigts. Et les malades, l'un sur l'autre, reculaient et piétinaient; et, l'âme\nsaoule de ce trop de vie, tordaient leurs bras électrisés et bientôt lassés, en\n criant sourdement comme lorsqu'on est malheureux.\n"}, {"page_pdf": 460, "texte": "                                  -   413   -\n\n\n    Enfin le Pi, s'arrêtant de jouer, détacha ses doigts des lanières et jeta\n l'instrument. Il n'y eut que lui et le houilleur asthmatique au visage blanc\n impassible, qui dormirent, cette nuit-là. Jusqu'à l'aube, lafièvreremua les\n autres ; harassés de fatigue, ils soupiraient très haut.\n    Le braconnier, heureusement, quitta l'hôpital ce jour même. Avec quelle\navidité les malades s'élancèrent, le soir venu, vers le vieux houilleur pour\nque sa musique lénifiât enfin leurs inquiétudes si rudement, hier, réveillées\npar le brutal intrus!\n    L'ancien, il versait de l'eau tiède sur leurs paupières et le sommeil reve-\nnait.\n    Il dodelinait sa tête placide, les yeux bridés, la bouche ouverte; il ne\npensait ni à hier où le vent de vie avait soufflé, ni à aujourd'hui, ni à jamais.\nComme l'eau coule, même si ce n'est qu'un tout mince filet, jusqu'en le lit\nvaseux des rivières desséchées, il jouait sa musique. La voix du piaulant\naccordéon devenait la voix essentielle de ces hommes; et certes elle disait,\npeut-être sans qu'ils le sussent :\n    — Ah laissez-nous, vous autres! Passez; laissez-nous aller où l'eau nous\nporte. Nos yeux sont clos ; nos pouces plies sur nos paumes, à la manière\ndes petits enfants qui dorment. Le courant descend doucement; nous n'y\nrésistons pas. Ne nous le faites pas remonter.\n    Les autres, sans doute, hochaient la tête :\n   — Laissez-nous. Ne criez pas si haut près de nous !\n    Et l'instrument si durement traité hier geint et souffle, tousse et bégaie :\n    — Eux, ils vous soulèvent et vous excitent. Mais vous retombez; votre\npaix, après, elle est perdue; et vous êtes plus malheureux... Qu'ils nous\nlaissent.\n    Ainsi, l'été durant, s'endormirent les malades, heureux enfin, dans les\nflots de la musique fade et tiède. Ils défendirent qu'aucun autre que le vieux\nhouilleur touchât à l'accordéon. Sinon, ils bougonrlaient, mâchonnaient\ndes injures confuses, comme les hommes qu'on vient, en pleine nuit, éveiller\ndans leur lit, et qui se retournent alors vers le mur, en cachant à la lumière\nleurs yeux fermés.\n                                                      LOUIS DELATTRE\n"}, {"page_pdf": 461, "texte": "                   — 414 —\n\n\n\n\n                  VERS\n           LA MUSE TRAGIQUE\n\nNe pleure plus, enfant, la jeune et claire Hellade,\nSes triomphes sacrés, ses danses et ses jeux,\nSes jardins d'oliviers, le gymnase et le stade\nEt ses golfes d'azur et son ciel lumineux.\n\nPourquoi rêver encore une terre bénie\nOù dans une aube d'or passent les Immortels,\nOit, le cœur enivré d'une intime harmonie,\nLes éphèbes heureux vont parer les autels.\n\nUn siècle est né, plus beau de son destin tragique,\nMêlant confusément l'horreur et la splendeur ;\nTransforme, ô révolté! dans ton cerveau magique\nLa laideur et le mal en joyaux de douleur.\n\nLaisse à l'antique race impassible et sereine\nLe calme et le repos qui ne sont dus qu'aux morts;\nUn vertige de vie et de vengeance entraîne\nVers d'autres toisons d'or les damnés et les forts.\n\nPourrais-tu désormais, ô bel oiseau d'orages!\nPlaner tranquillement dans un ciel calme et pur\nEt, bercé par la brise indolente des plages,\nSans un rêve, dormir dans l'immuable azur?\n\nIl faut à ton esprit qui s'irrite et s'élance,\nA ton cœur en délire, à tes sens ébranlés,\nLes désirs surhumains, l'orgueil et la souffrance\nEt les espoirs amers des sombres exilés.\n\nBrise la lyre d'or aux sons graves; oublie\nL'hymne paisible et doux de la pure Beauté ;\nRegarde! la Matière à l'Idéal s'allie,\nEt l'ombre de la nuit lutte avec la clarté.\n"}, {"page_pdf": 462, "texte": "                   — 415 —\n\nO terreur, ô splendeur! Prends, le glaive et ranime\nLe combat éternel de l'Ange et du Démon,\nEscalade le ciel, ou bien roule a l'abîme;\nQue la lumière d'or jaillisse du limon!\n\nEt fais alors surgir dans de vibrants poèmes\nLes visions d'effroi qui hantent ton cerveau,\nTes sublimes espoirs, tes douloureux blasphèmes;\nO Poète! voici que naît un art nouveau.\n\nAdore-moi! Je suis le crime et la folie,\nLa baroque gaîté, la vengeance ou l'ennui;\nVeux-tu vivre et souffrir ? Bois donc jusqu'à la lie\nLe vin miraculeux que je t'offre aujourd'hui.\n\nGrise-toi de parfums, grise-toi de musiques;\nLaisse aux songeurs oisifs l'art immobile et froid;\nQue Von entende encor les clameurs prophétiques!\nLes morts se lèveront de leur sépulcre étroit.\n\nVa! tu réveilleras le monde par ton verbe.\nA la face des dieux, du ciel épouvanté\nLance, fier exilé, comme un défi superbe,\nTes rêves monstrueux, en pleurant la Beauté\n\n\n                  STÉRILITÉ\n\nFol amoureux ! ce soir tes longues confidences,\nTes espoirs, tes élans, ta foi m'ont attristé\nComme l'azur puissant d'un trop beau jour d'été\nOu les mensonges d'or des horizons immenses.\n\nNe m'as-tu pas compris? En vain tu rallumais\nLe désir dans un cœur orphelin qui s'exile;\nJe pleure, hélas! songeant à ma force inutile,\nTes pays qui me sont interdits à jamais.\n\nToi ! ta vie est ta joie : en ta voix forte et chaude\nJ'écoutais les splendeurs de l'orage et du cor,\nTandis que s'allumaient des bouquets d'éclairs d'or\nDans le ciel enflammé de tes yeux      d'émeraude.\n"}, {"page_pdf": 463, "texte": "                   — 416 —\n\nTu rêvais, triomphant, de splendides châteaux,\nDes lacs étincelants, des forêts enchantées,\nD'héro'iques combats, des victoires fêtées\nEt des banquets dans des palais orientaux;\n\n Tu voyais, enlacés dans une tendre extase,\nIvres de l'air léger, du ciel sonore et pur,\nLes amants traverser des clairières d'azur\nPleines d'oiseaux de feu, d'opale et de topaze.\n\nIls t'appellent là-bas; suis-les, va conquérir\n Ton rêve où resplendit l'idéale contrée!\nTa volonté magique en toi-même la crée;\nCrois et désire, ô toi qui peux encore souffrir!\n\nQue le souffle embaumé de ton âme féconde\nFasse éclore au soleil tes songes parfumés !\nPoursuis, ô jeune fou! tes mirages aimés,\nTu seras le vainqueur et le maître du monde.\n\nMais pourquoi réveiller mes espoirs d'autrefois?\nMon stérile cerveau n'engendre plus la vie,\nEt le métal rouillé de ce cœur qui t'envie\nNe vibrera jamais à l'écho de ta voix.\n\n\n\n              POST-SCRIPTUM\n\n     Verhaeren, Maus, Edmond Picard,\n    Je vous présente l'Arc moderne.\n    Ils sont souples, car d'un écart\n     Verhaeren, Maus, Edmond Picard\n    Passent de Kahn au grand Aicard.\n    L'Art moderne est pris pour lanterne.\n     Verhaeren, Maus, Edmond Picard,\n    Je vous présente l'Art moderne.\n\n    Comme les Grâces ils sont trois,\n    — Ravi, Maeterlinck les embrasse, —\n    Ils sont trois criant sur les toits,\n     Comme les Grâces ils sont trois\n"}, {"page_pdf": 464, "texte": "                                 — 417 —\n\n               Ayant plus d'avis à la fois.\n               Le choix donc seul vous embarrasse.\n               Comme les Grâces ils sont trois,\n               — Ravi, Maeterlinck les embrasse.\n\n               Pour avoir quelquefois raison\n               Picard a dit tout et le reste,\n               Verhaeren finit l'oraison.\n               Pour avoir quelquefois raison\n               Il faut bien qu'on dise oui et non\n               Et Maus, très prudent, fait un geste.\n               Pour avoir quelquefois raison\n               Picard a dit tout et le reste.\n\n                                                        VALÈRE G I L L E\n\n\n\n\n                           ROYAUTÉ\n                                                          POUR IWAN GILKIN\n\n\n              L'incomparable splendeur du palais était justement renommée.\n               On vantait en tout lieu ses portiques grandioses et ses gigan-\n               tesques colonnades taillées dans les plus beaux marbres de\n               Paros. L'ivoire des balustrades et l'or des statues étaient\nd'une inestimable valeur; les lambris chatoyaient de pierreries et par les\njours de soleil clair les perles et la nacre y scintillaient de mille éclats\nmystérieux. On citait partout ses métopes comme de vrais prodiges d'art et\nses acanthes comme de rares chefs-d'œuvre. De somptueuses draperies aux\nnuances changeantes tombaient, en larges plis ; des chaînes d'argent et d'or\nétaient prêtes à les relever et à les tendre contre les flamboiements des trop\nbrûlants soleils.\n   Rien n'était prodigieux comme l'opulente majesté des appartements. Les\ndragons et les chimères n'en protégeaient point l'entrée et les visiteurs\nétaient accueillis par des merveilles d'art, par des statues d'une grâce sou-\nriante, exhaussées sur des colonnettes harmonieusement peintes. Dans des\nbrasiers artistement ouvrés et des cassolettes d'or fumaient doucement, du\nlever au coucher du soleil, les myrrhes et les cinnamomes.\n   Des tentures attiraient les regards par leur richesse éclatante ; des étoffes\nbrodées par des mains d'une habileté sans égale recouvraient les sièges;\n"}, {"page_pdf": 465, "texte": "                                  — 418 —\n\n elles brillaient à la lumière, évoquant les terres lointaines d'où elles avaient\n été rapportées, de par delà les océans et les mers. Des gemmes et des joyaux\nfascinaient les yeux.\n    Devant le palais fameux un vaste jardin étalait sa luxuriante végétation.\n Des allées d'acacias, de lauriers-roses et de sycomores conduisaient aux\n célèbres portiques dont la marmoréenne blancheur apâlissait les frondai-\n sons environnantes. Nulle contrée n'avait de plus belles floraisons et l'on\n venait de très loin admirer ses hêtres et ses chênes, vrais colosses imposants\n et dominateurs. Des venelles où flottait l'arome de fleurs rares sillonnaient\nle jardin, des ponts sautaient des ruisseaux clairs, des jets d'eau montaient,\nhauts et rapides, et retombaient en des vasques de marbre rose Tout près\n du palais un lac donnait un peu de fraîcheur, aux jours de grande chaleur.\n Et dans ce milieu à la fois désert et habité, parmi le gazouillement des\n oiseaux et la chanson du vent dans les feuillées, la Vénus Anadyomène\n aurait pu naître.\n    Là-bas s'étendait la mer céruléenne, non loin du palais, et le murmure\n des vagues se percevait, même par les temps de vent léger. De la terrasse\non voyait ses ondes bleues, miroitant sous le soleil ; on distinguait le mou-\nvement des vagues, à l'infini, éparpillant des blancheurs d'écume jaillis-\nsante; on sentait l'air Vivifiant du large et au loin on voyait les barques\ns'enfoncer dans le ciel.\n    Dans ce palais de légende régnait, entouré de toutes les dignités et de\ntous les honneurs, un roi adolescent. Jamais il n'avait à penser aux intérêts\nde son peuple : des ministres intègres géraient les affaires du pays, à la\nsatisfaction de tous. Ils auraient courbé l'échiné au moindre désir royal;\nleurs vies dépendaient d'un regard, d'un geste et leur soumission était telle\nque jamais une parole de révolte n'était venue à leurs lèvres, que jamais ils\nn'avaient failli à leur devoir. Ils étaient les fidèles acclamateurs d'un\ndiadème nimbé d'admiration, symbole d'une puissance souveraine.\n    Les esclaves du jeune roi avaient été choisis parmi les hommes les mieux\nfaits et les femmes les plus belles du pays. On avait voulu flatter sa jeunesse\nen l'entourant de femmes désirables entre toutes ; elles se soumettaient à ses\nconvoitises non parce qu'elles le trouvaient beau et fier, mais vaincues plu-\ntôt par la vénération dont il était l'objet de la part de milliers et de milliers\nd'hommes. Pas une n'aurait osé lui refuser le secret de ses chairs de vierge\net toutes étaient soucieuses de le lui révéler.\n    Les prêtres, les hiérophantes et tous les sacrificateurs se prosternaient\ndevant lui ; les philosophes, les artistes et les poètes lui faisaient hommage\nde leurs travaux; les soldats se seraient enfoncés un glaive meurtrier au\n"}, {"page_pdf": 466, "texte": "                                 — 419 —\n\ncœur plutôt que de lui désobéir; il ne pouvait se montrer sans qu'on\nl'acclamât et à son approche les buccins éclataient en sonneries triomphales,\nles trompettes déchiraient les airs de leurs appels sonores.\n   ... Mais le jeune roi ne connaissait pas les jours heureux. Le bonheur\ndevait, pensait-il, résider ailleurs que dans ce palais aux richesses sans\nnombre; il soupçonnait l'inanité des honneurs et des louanges et bien qu'il\nn'eût aucune charge à supporter, bien que ses ministres ne lui eussent\njamais donné les moindres inquiétudes, la royauté lui apparaissait comme\nun lamentable fardeau.\n   L'ennui se lisait au fond de ses yeux, par moment un sourire de tristesse\nénigmatique plissait ses lèvres et il semblait perdu, au milieu de l'admira-\ntion qui montait vers lui. Les hymnes que tout un peuple soumis entonnait\nen son honneur ne faisaient que l'attrister jusqu'au fond de l'âme...\n   Il avait tenté dé dissiper ses mélancolies :\n   Des festins somptueux rassemblaient alors les grands de la contrée. Les\nmets les plus exquis alternaient avec les fruits les plus rares, rapportés des\nterres lointaines, par les navigateurs aventureux. Les femmes se faisaient\nbelles, éparpillaient les fleurs en leurs toisons pendantes : les brunes mon-\ntraient leur prédilection pour les lotus bleus et les blancs nénuphars, les\nblondes se paraient de roses vives et d'hyacinthes. Toutes rivalisaient de\ngoût et de luxe : des étoffes tissées d'or tombaient gracieusement et faisaient\npressentir des corps aux formes harmonieuses; des bagues incrustées de\npierreries attiraient les yeux sur des mains d'une blancheur de lait, aux\nongles teints de henné; le bistre agrandissait les yeux où l'ivresse ne tardait\npas à mettre l'appel des désirs d'amour.\n   Les lyres vibraient sous les plectres d'or, les poètes chantaient la splen-\ndeur du festin et la générosité royale; les sistres battaient en cadence, les\njoueurs de flûtes et de psaltérions brodaient des rythmes gracieux tandis\nque les danseuses marchaient des pas triomphaux. Sous leurs gazes cons-\ntellées de perles et de coraux éclataient la beauté de leurs chairs; leurs\njoues s'illuminaient et dans l'animation de la danse leurs seins semblaient\nse dresser, victorieux et fiers ; leurs cheveux s'enroulaient à leurs cous, puis\nse déroulaient en ondes frémissantes tandis que les fleurs des thyrses et des\nguirlandes qu'elles balançaient s'en allaient joncher les tapis, aux pieds des\nconvives, allanguis sur les moelleuses toisons de brebis qui recouvraient les\npériclinia...\n   Dans l'allégresse s'abolissait un instant le morne ennui du jeune roi, au\nbruit des harmonies endormeuses, à l'arome capiteux des fleurs, aux coupes\nde nectar, aux séductrices caresses des femmes...\n"}, {"page_pdf": 467, "texte": "                                   — 420 —\n\n     Le lendemain il souffrait des libations et des ivresses de la veille et irré-\n  missiblement son cœur s'ouvrait à l'ennui. Il avait encore les oreilles\n  vibrantes de chants, les yeux pleins de la magnificence du festin, il avait\n  encore sur les chairs l'empreinte des mains féminines, qu'il en avait déjà\n  des regrets et qu'il se sentait pollué à jamais.\n     Et les jours se succédaient, monotones et longs, toujours les mêmes\n  offrandes et les mêmes honneurs arrivaient jusqu'à lui, en son palais de\n  féerie; il soupçonnait la vanité de la gloire et l'inanité de la puissance et\n l'ennui était toujours plus lent à s'évanouir.\n     Un matin il voulut qu'un combat de bêtes eût lieu dans les arènes et,\n  escorté de cavaliers armés d'étincelants boucliers et de lances jetant de vifs\n éclairs, il s'y était rendu, salué d'unanimes clameurs de joie.\n     Le peuple s'agitait au passage du cortège, chacun désirait voir le jeune\n  roi qui s'avançait sur un coursier plus noir que l'ébène, se cabrant, affolé\n par le bruit des musiques et les vivats de la foule. Des mains se tendaient\n  vers lui, dans un prodigieux enthousiasme; de jeunes femmes venaient\n mettre, insoucieuses des chevaux surexcités, leurs lèvres aux pans de son\n pourpre manteau.\n    A l'approche des arènes, le tumulte grandissait, la cohue était plus, forte\n et plus aussi se célébrait la gloire du magnanime souverain, dispensateur\n des plaisirs et des joies populaires.\n    Les immenses arènes tremblèrent d'acclamations frénétiques quand le\n cortège apparut, rutilant et scintillant sous le soleil, et que les buccins\n sonnèrent l'arrivée du roi.\n    Du fond des souterrains où dans leurs prisons les fauves attendaient le\n signal du combat, monta un long rugissement qui domina les cris de la\n foule...\n    Le jeune roi donna, de sa dextre où chatoyaient des bagues, le signal du\n combat. Un mouvement se fit parmi les spectateurs...\n    Lentement deux tigres entrèrent dans l'arène et leurs yeux étonnés regar-\ndèrent les milliers de personnes qui s'étageaient autour d'eux Ils étaient\néblouis, au sortir de leurs cages sombres, par les rayons abondants du\nsoleil qui se réverbérait sur le sable de l'arène. Ils se couchèrent et d'un\nmouvement uniforme se léchèrent les pattes, insoucieux des regards\nbraqués sur eux.\n    Une panthère aux tavelures bien marquées se silhouetta tout à coup à\nl'extrémité opposée de la piste. La lumière trop vive la mit un instant en\narrêt, les pattes de devant allongées, la queue battant ses flancs à grands\ncoups réguliers, et avant qu'elle eut pu apercevoir les deux tigres qui\n"}, {"page_pdf": 468, "texte": "                                   —   421   —\n\n soudain s'étaient levés, trois antilopes légères, aux cornes solides et effilées,\n sautaient, apeurées, dans l'arène. A la vue des fauves prêts à bondir, elles\n se pressèrent les unes contre les autres et leurs grands yeux humides sem-\n blaient implorer la clémence.\n    La panthère miaula et, l'instinct la reprenant à la vue de ces proies\nfaciles, en quelques bonds gracieux qui firent l'admiration du peuple\nrassemblé, elle fût au milieu de l'arène, à la poursuite des antilopes terrifiées\nqui, dans leur course folle, s'en allaient donner des coups de cornes déses-\npérés sur les grandes portes fermant les issues. Les deux tigres ouvraient\nleur gueule et on eût dit qu'ils riaient d'un rire effrayant et sinistre. Les\nantilopes, pourchassées par la panthère, passèrent près d'eux et tout à\ncoup, comme réveillés, dans un élan vertigineux qui soulevait le sable sous\nleurs pattes, ils se rapprochèrent du groupe qui tournait désespérément\nautour de l'arène.\n   De toutes les poitrines sortirent d'approbatives exclamations. Tous les\nyeux s'illuminèrent et parmi les spectateurs conviés à cet extraordinaire\nfête il en était beaucoup dont la joie était devenue du délire.\n   Dans sa loge, entouré de ses ministres en costume de grand apparat, le\njeune roi avait quitté son trône et s'était levé pour mieux suivre les\nmoindres péripéties de ce combat actuellement inégal...\n   Mais l'antilope la plus rapide, celle qui avait pris l'avance, tomba\nsoudain, les jarrets cassés de fatigue; les deux autres sautèrent par-dessus\nelle et, traquées sans merci, surexcitées par la course, se sentant près d'être\nperdues, faisaient un suprême effort L'un des tigres s'était jeté à la gorge\nde la bête vaincue et lui avait planté ses dents dans les chairs. Le sang\ncoulait sur le sable et le fauve se dressait, fier de sa force et de sa victoire.\n   Les deux autres antilopes faiblissaient, mais elles couraient toujours, la\nbave glissant de leurs bouches dont la langue pendait, mais, quand le tour\nde l'arène fut près d'être terminé, et qu'elles arrivèrent près de leur com-\npagne à moitié éventrée et qu'elles virent là, devant elles, le tigre les hypno-\ntisant de ses yeux phosphorescents, le frisson de la mort courut par leur\ncorps et, épouvantées, elles s'arrêtèrent brusquement sans songer aux deux\nfauves qui les poursuivaient impitoyablement... Elles étaient perdues...\n   D'éclatantes trompettes annoncèrent le départ du roi et le peuple enthou-\nsiasmé acclama celui qui l'avait convié à une aussi grande joie. Longtemps\nles cris retentirent et se répercutèrent aux lointains horizons.\n   Mais à peine le jeune roi était-il revenu en son palais merveilleux qu'il\ny retrouvait les mélancolies coutumières. Il en était irrévocablement\nfrappé et croyait à la malédiction des dieux. Il immolait alors de jeunes\n"}, {"page_pdf": 469, "texte": " agneaux sur les autels sacrés et les idoles étaient ornées de pampres et de\n fleurs.\n     Il s'oubliait un moment en de vaines distractions mais des soupirs de\n regret sortaient de sa poitrine dès qu'il se retrouvait seul avec ses pensées.\n Il devait exister d'autres joies sur la terre, des joies rassérénantes et plus\n nobles! L'injustice incompréhensible de la destinée lui semblait tous les\n jours plus grande, plus inexorable et cette idée envahissante dominait son\n esprit. Il aurait voulu à présent expier les forfaits qu'il avait commis, grisé\n par sa puissance absolue, pour leurrer son ennui.\n     Il vivait au milieu de femmes divinement belles et il ne connaissait point\n les charmes de l'amour! Il n'avait qu'un signe à faire pour que celle qu'il\n désirait s'offrît à lui, se soumît à ses caprices les 'plus insensés. Mais en\n était-il une qui l'aimait d'amour et dont les transports étaient sincères?\n  Nulle jalousie ne les séparait : il le savait et il n'en comprenait que mieux\n la fausseté de leurs paroles et de leurs étreintes...\n     Le soir commençait à envelopper d'ombres le jardin et le palais et sur la\n terrasse le jeune roi écoutait les derniers bruits de la ville qui s'endormait,\n là-bas. C'était l'heure mystérieuse où l'amour est la plus ineffable des choses\n et comme il pressentait que pas un cœur ne s'ouvrirait pour lui qui avait\n besoin d'être aimé, il pleura de grosses larmes...\n     Puis, calmé, il fit réveiller ses rameurs favoris et après leur avoir dit son\n intention d'aller en mer, par ce soir prestigieux où flottait dans le vent le\n parfum des floraisons, ils descendirent ensemble sur la grève où sa barque\n de prédilection était amarrée.\n     Les rameurs furent vite à leur banc et de leurs grosses mains rugueuses\n ils saisirent les grandes rames qui se mirent à frapper l'onde. Comme le\n vent était favorable on hissa les voiles et sur la mer qu'illuminait la lune\n et les étoiles la barque royale fuyait au large.\n     Il se sentait purifié. Il écoutait la cantilène des vagues et c'était la pre-\n mière fois, lui semblait-il, qu'elles chantaient ainsi. Ce n'étaient plus des\n hymnes en son honneur! C'était la grande voix des espaces mystérieux et\n» sans fin!\n    C'était l'oubli de tout, le renoncement aux plaisirs illusoires, aux gloires\n vaines et trompeuses; il se sentait affranchi et sa joie était plus immense\n que la mer. Jamais plus il ne reverrait le rivage de ses pères, jamais plus il\n  n'y reviendrait. Le bonheur n'est pas là, pensait-il, et son cœur s'exaltait\n dans la joie.\n     Il abandonnait, sans remords comme sans regrets, son palais fabuleux\n dont, là-bas, les rayons de lune éclairaient le marbre blanc et les célèbres\n portiques...\n"}, {"page_pdf": 470, "texte": "                                — 423 —\n\n  Il combla d'or ses rameurs et le seul esclave qu'il avait avec lui, et pre-\nnant, d'un geste fatidique, son brillant diadème, il le jeta dans la mer...\n  Et maintenant la barque appareillait sans crainte vers un pays inconnu\noù il croyait qu'étaient l'amour, le salut et l'espoir...\n                                                 JOSEPH    DESGENÊTS\n\n\n\n\n                                VERS\n       LA D E R N I E R E AVENTURE DU ROI LOUIS XV\n\n        Sous les plafonds du clair palais de Luciennes,\n        Avec ses favoris et ses musiciennes,\n        Qu'il est beau, le festin du roi riche et puissant !\n        Les murs sont blancs, vêtus d'un marbre éblouissant,\n        Et les femmes de cour, en cercle, vont tressant,\n        Le sein rose à demi hors des valenciennes,\n        Les fleurs couleur de neige aux fleurs couleur de sang !\n\n        Or, sur la nappe, on a brodé les Evangiles,\n        La cour rit et babille, et Louis, au milieu,\n        Caresse sa maîtresse en lui parlant de Dieu ;\n        Le roi cause gaiement; la femme est ivre un peu;\n        Un peuple d'échansons et de valets agiles\n        Mêle dans les cristaux clairs, sonnants et fragiles,\n        Les vins couleur de pourpre aux vins couleur de feu!\n\n        Comme il a su tromper les ennuis d'un long règne,\n        Ce roi de soixante ans qui n'est bon qu'à l'amour,\n        Qui sur ses sens brûlants a bercé tour à tour\n        Châteauroux à l'œil noir, Du Barry,     Pompadour,\n        Sans que sa chair en feu s'assouvisse ou s'éteigne\n        Et promené sans fin sa volupté qui saigne\n        Des veux couleur de nuit aux yeux couleur de jour!\n\n        Et l'on se donte, avec un plairsir véitable,\n        Le caprice du roi pour la fille d'étable\n        Jetée au lit de force, hier, par un valet,\n        Et les cris de l'enfant que le roi violait\n                                                                     2\n                                                                         9'\n"}, {"page_pdf": 471, "texte": "                     — 424 —\n\nLe récit égayait les femmes et mêlait,\nDans un éclat de rire illuminant la table,\nLes dents couleur de perle aux dents couleur de lait!\n\nLes draps fins de ta couche, aux odeurs de verveines,\nRoi! ne recevront plus la vierge aux plaintes vaines\nPrès de qui tu dormais, hier, les sens repus :\nElle est morte; elle avait tous les sangs corrompus!\nEt le baiser donné par l'enfant qui n'est plus\nDéjà change en secret dans tes royales veines\nTon sang couleur de rose en sang couleur de pus!\n\nDemain, sur ton front froid', baisé par la vérole,\nLes boutons de la mort ouvriront leur corolle,\nLe drap des vidangeurs te prendra dans ses plis,\nEt tes fils baisseront leurs yeux soudain pâlis,\nSachant qu'on fait payer — aux jours où dans Paris\nLe peuple se relève et reprend la parole —\nLes rois couleur de boue aux rois couleur de lys!\n\n\n               AU MUSÉE ANCIEN\n\nAux corps rouges, charnus et musculeux, que signe\nLa peinture flamande au contour un peu dur.\nOù la chair fraîche en fleur a l'éclat du fruit mûr,\nTu préférais Florence et l'onduleuse ligne\n\nDu Corrège, et l'Albane où dans un val obscur,\nDes adolescents nus ont des blancheurs de cygne,\nEt, dans le cadre étroit d'où leurs mains nous font signe,\nCes christs en cheveux blonds, au regard noir et pur!\n\nVoici les Hollandais dorés, au dessin sûr,\nCroquant d'un crayon vif quelque scène maligne;\nUn rayon de soleil glissant parmi la vigne\nVient détailler les tons effacés d'un vieux mur.\n\nPlus tard, tu délaissais Ruysdael et sa marine\nPour les tumultueux cauchemars de Goya!\nJordaens, fauve et joufflu, quelque temps t'égaya\n"}, {"page_pdf": 472, "texte": "                                   -   425     -\n\n          D'émotion, d'amour, ta lèvre et ta narine\n          Ne palpiteront plus au charme du Vinci! ....\n          Mais ta jupe frôleuse a laissé par ici\n\n          Ton reflet, ton parfum traîner sur chaque chose,\n          Et le ciel de ton œil dans le ciel que voici :\n          Un beau soir de Watteau, mélancolique et rose.\n                                                   M A U R I C E CARTUYTELS\n\n\n\n\n                                   VERS\n                              IMPERATOR (1)\n          Empereur de ton rêve et tyran de ta chair,\n          sois celui qui domine, ou sois celui qui dicte\n          les implacables lois de ta volonté stricte\n          sur ton beau front de bronze, avec un doigt de fer.\n\n          Elève d'un bras fort de statue impassible\n          le sceptre étincelant de ton esprit royal,\n          car pour dompter l'instinct et grandir l'idéal,\n          il faut que pour toi seul tu restes inflexible.\n\n          Que l'orgueil de ton cœur, au pur aspect du Beau,\n          reçoive le clair don de l'astre et du flambeau,\n          comme un marbre éternel palpite à la lumière.\n\n          Et mitré de peûsée, ô mage aux verbes sûrs,\n          conquérant de la nuit, debout sur la matière,\n          dresse ton trône d'or au seuil des temps futurs.\n\n                              T Ê T E D'OMBRE\n\n          Plus sombre que la nuit, plus triste que la mort,\n          masque pétri d'horreur par des mains ténébreuses,\n          la Bêtise au front lourd, sur ses lèvres heureuses,\n          laisse le mal poser son vieux serpent qui mord.\n\n\n(1) Extraits d'un livre à paraître : Vers l'Or de la Lumière.\n"}, {"page_pdf": 473, "texte": "                    426 —\n\n\nCar n'est-il pas écrit sur le livre invisible\noù Sathan a tracé d'un long doigt tortueux\nles signes incompris, brûlants et sulfureux,\nque l'amour est l'amant de la Bête risible!\n\nAu fond de l'œil impur fermentent les instincts,\ncuves du sang promis aux immondes festins\ndans l'énorme sabbat des larves érotiques.\n\n— En accouplant le vice à la stupidité,\nSathan, sorcier fatal des rêves sabbatiques,\néternellement rit dans ce masque hébété!\n\n\n\n          LA PRIÈRE D'UN MAGE\n\nMon âme est devant vous comme un aigle altéré,\nô, vous, Dieu de Lumière où convergent les mondes!\nJe viens, atome obscur, des géhennes profondes\noù l'Erreur et l'Humain réunis ont erré.\n\nLes faux dieux teints de sang et les vapeurs immondes\nde l'argile instinctif par l'enfer généré\nroulent, forces du mal, sous mon vol éthéré,\naux tragiques chaos des choses infécondes.\n\nO, vous, Dieu des Splendeurs dont l'idéal sourit\nà la beauté des corps et celle de l'esprit,\ndans le pétrissement de nos germes informes,\n\nhors du nombre et du temps, parmi      l'illimité,\nvous êtes l'essence immortelle des formes,\net la Terre un soupir de votre éternité!\n\n\n                  SPLENDOR\n\nLa Lumière et l'Esprit et la Vie éternelle,\npleins des reflets divins et des verbes sacrés,\npalpitent dans l'aurore énigmatique et belle,\nsous l'immense regard de mes yeux      altérés.\n"}, {"page_pdf": 474, "texte": "                    — 427    -\n\n0 clair vol enchanté des âmes en les sphères!\nô rayonnements d'or d'une splendeur sans fin!\nmon cœur pousse vers vous, loin des ombres amères,\nle grand cri de ma soif et le cri de ma faim.\n\nJe suis le mendiant idéal au front pâle,\nqui regarde passer dans la fête lustrale\nles anges de magie et d'immortalité,\n\net qui voit à travers l'espoir de sa prière\njaillir du sein fécond de l'unique Beauté\n la Vie éternelle et l'Esprit et la Lumière!\n\n                                        JEAN   DELVILLE\n\n\n\n\n        D'APRÈS WIERZ\nDes anges, des démons, des cuisses et des torses,\nun enchevêtrement terrible et pantelant,\ndes bras plies, des troncs crispés, des jambes torses,\ndes têtes et des cris blasphémant et hurlant.\n\nIls ont tenté, les fous ! fiers de leurs vaines forces,\nd'escalader le ciel. — Illusion! — Roulant,\nroulés, vaincus et les membres luxés d'entorses,\nils tombent maintenant au gouffre violent!\n\nAh! Rage! Désespoir! Honte de la défaite!\nle corps écartelé d'avoir failli du faîte,\ntordu, broyé, rompu, la peau rouge d'accrocs,\n\nLe rude éboulement que flagelle la foudre\ns'écroule avec fracas vers l'embûche des rocs\noù les ventres sanglants s'en iront se découdre!\n\n                                       ANDRÉ RUIJTERS\n"}, {"page_pdf": 475, "texte": "                                  -   428    -\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  Hors du Siècle, tome II, par ALBERT GIRAUD. I vol., chez Lacomblez, éditeur,\n                                  à Bruxelles.\n\n\n              Voici un livre singulier, le plus singulier de tous ceux qu'a publiés\n               le poète Albert Giraud, qui fut toujours fidèle au précepte\n               d'Edgar Poe, recommandant à l'artiste de pimenter la Beauté\n               d'un grain d'étrangeté. Ce livre porte bien son titre : Hors\ndu Siècle! Il soulève le lecteur hors de la vie quotidienne de ce temps et\nl'entraîne tantôt dans le faste auguste des siècles passés, tantôt dans les\néblouissantes magies du rêve poétique, sans lieu ni date, comme faisait ce\nmerveilleux tapis d'Orient, brodé de fleurs féeriques, où les princes des\nMille et une Nuits s'asseyaient, en fumant leur houka, lorsqu'ils voulaient\nvoyager à travers le temps et l'espace avec la rapidité de la foudre et la\nmoelleuse douceur du vol de l'hirondelle.\n   La première partie, Sous la Couronne, nous transporte dans la France\ndes Valois, sous les règnes de Charles IX et de Henri III. C'est la tragique\nfin d'une race royale. L'un de ces princes se meurt lentement et doulou-\nreusement d'une maladie mystérieuse; l'autre s'effondre dans les vices\ndébilitants, comme si les os amollis ne pouvaient plus porter le poids de\nsa chair. Autour d'eux passent, dans la pénombre, les silhouettes de Louis\nde Condé, d'Henri de Béarn, de Catherine de Médicis et de toute cette\néquivoque et brillante jeunesse qui para la cour des Valois expirants\ncomme une corbeille de fleurs funéraires, narcotiques et vénéneuses.\n   Dans les vers étincelants de ces poèmes on retrouve le coloris ardent,\nimpétueux et voluptueux qui caractérisait le premier volume de Hors du\nSiècle. Le peintre merveilleux qu'est M. Albert Giraud, y fait ruisseler\ntoutes les richesses de-son opulente palette; et les somptuosités qu'il pro-\ndigue sont plus variées, plus vives et plus délicates, plus fiéres et plus\nsensuelles que jamais. Toutefois, le sentiment qui le domine n'est plus tout\nà fait le même; malgré les clairons et leurs fanfares saluant les splendeurs\nde la Renaissance, la rêverie nostalgique du poète ne sonne plus aussi\nfranchement l'orgueil de la vie et la joie farouche des instincts indomptés.\n   La deuxième partie du livre, Devant le Sphynx, vient accentuer et\npréciser cette note nouvelle. On n'en peut plus douter : le poète a eu beau\nsortir violemment de son siècle et s'asseoir, vêtu de pourpre et couronné\nd'or, aux féeriques banquets des Dernières fêtes, ses grandes espérances\nsont déçues, ses larges orgueils sont abattus, son cœur sauvage et magni-\nfique a reçu une profonde blessure. Tout le livre exhale une tristesse poi-\ngnante : la plupart de ces admirables-poèmes sont des hymnes douloureux\nqui respirent le découragement, l'épuisement, et, par une dernière convul-\n"}, {"page_pdf": 476, "texte": "                                   — 429 —\n\n  sion de la volonté, l'impuissance préméditée, le mépris de la vie, la rési-\n  gnation ironique et presque blasphématoire devant les chutes fatales et les\n  irrémédiables trahisons du Destin. Sous la Couronne incarne ce tragique\n  idéal dans un monde historique; Devant le Sphynx le transpose, plus\n  général, plus large, plus palpitant encore, dans le royaume de l'imagina-\n  tion.\n     En sortant du siècle, le poète a tourné le dos à la vie. C'est en vain qu'il\n  a demandé son idéal aux siècles passés; ceux-ci, bien qu'ils fussent nimbés\n  de lueurs dorées par la magie du temps, ont mal répondu à l'appel pas-\n  sionné qui les évoquait de leur sépulcre. Les siècles morts ne valent guère\n  mieux que ce siècle de cuivre et de plomb, d'où le poète s'est évadé avec\n  des cris de douleur et de révolte. En vain il a suivi son rêve et pénétré au\n  cœur de cette merveilleuse Renaissance, où il croyait entrevoir l'Eldorado\n de ses songes; les princes de ces mirages historiques, les Charles IX et les\n Henri III, surgissent du passé comme des ombres évoquées par un puissant\n nécroman, mais combien différents de ce qu'attendait ce cœur impatient!\n Eux aussi, ils ont l'âme rongée des nostalgies qui nous dévorent, et de nos\n désirs impossibles et de nos vœux stériles ! Ils portent au flanc nos bles-\n sures: ils se meurent de la même vanité des choses et de la même maladive\n imagination du passé. Qu'est-ce que Henri III, sinon une reproduction\n infime de Néron? Qu'est-ce que Charles IX, sinon une pauvre image de\nl'empereur Claude, remplaçant par la puérile passion de la chasse et de la\nforge à domicile l'hystérie de l'éloquence et de la jurisprudence et soumis\nau génie politique de sa mère comme l'autre le fut au despotisme de sa\nredoutable épouse? Eux aussi, ils avaient situé leur idéal dans les lointains\nde l'histoire, et ils tendaient les fibres de leur cœur vers les empereurs de\nRome comme vers eux-mêmes s'élance le rêve du poète de Hors du siècle.\n    Ah! les désirs inassouvis, les essors brisés, les espérances déçues! Vanité\ndes vanités! Les songes poétiques nous trompent comme la vie! L'idéal\nnous déçoit non moins que nos intérêts pratiques ! La noblesse de notre\nimagination n'aboutit pas, — pas toujours, du moins, — à la sérénité de\nl'esprit et à la paix du cœur ! Alors, des lèvres qui n'ont baisé que des\népines, s'élève ce cri déchirant : « A quoi bon? A quoi bon? Puisque rien\nne vaudra jamais rien! »\n   Ce n'est point le scepticisme philosophique qui s'accommode souvent\nd'une acceptation un peu épicurienne de la vie, mais c'est la noire et amère\ndésespérance du cœur qui s'enivre de sa désolation. L'âme a exploré les\npassions: elle n'y a trouvé que des sépulcres blanchis et elle s'assoit au\nbord des fosses vides, pleurant et se lamentant, sans écouter les voix angé-\nliques qui murmurent : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui\nqui est vivant? Il n'est pas ici, il est ressuscité. »\n   Tels sont les sentiments qu'a exprimé en vers admirables le poète Albert\nGiraud. Son art savant et souple n'a plus besoin d'éloges. Nous nous bor-\nnerons à remarquer la grande convenance de certains traits et de maints\nconcetti, qui trouvent dans la couleur locale et historique non pas une\nexcuse mais une impérieuse raison d'être. Leur justification psychologique\n"}, {"page_pdf": 477, "texte": "                                  — 430 —\n\nn'est pas moins fondée : on y doit voir le jeu aristocratique et dédaigneux\nd'un esprit désabusé qui méprise le soi-disant sérieux de la vie parce qu'il\nen a sondé le néant.\n   Rien ne marque mieux la douleur sans espoir qui caractérise ce nihi-\nlisme fleuri que la dernière pièce du volume, Le Réveil ingénu. Le presti-\ngieux peintre de Hors du Siècle y a peint un saint François d'Assise, non\nle saint François de l'histoire ni de la légende, mais celui qui seul pouvait\nnaître dans ce livre étrange de luxe désespéré et de désespérance luxueuse :\npar un beau soir voluptueux, par un soir de jeunesse et d'orgie, l'adolescent\nprédestiné est tout à coup saisi par la main divine. Au milieu des chants\net des rires, il se tait; ses amis s'étonnent et s'effraient de voir naître sur\nsa bouche un sourire inconnu ; quant au saint, il ne voit plus en eux que\n « des spectres mensongers ».\n              Et sans les reconnaître, — hélas! la vie est   morte.—\n              Se réveille en sursaut parmi des étrangers.\n\n    Il se réveille parmi des étrangers ! Lui aussi, son rêve le jette hors du\nsiècle ! — Hors du Siècle, c'est sa devise, comme c'est la devise du poète,\ncomme c'est la devise de son Charles IX, de son Henri III, de ses deux\njeunes hommes qui se partagent le Glaive et la Rose, du martyr qui reçoit\nla Blessure étoilée. Et hors du siècle comme dans le siècle il n'y a que\ndéception et désolation. Ainsi se répercute d'écho en écho la lugubre réson-\nnance du thème de ce livre.\n    Ici, pour plusieurs personnes, une question se pose : Le poète de Hors\ndu Siècle se rappellera-t-il que saint François, en s'éloignant du monde, ne\ns'est pas contenté de se réveiller parmi des étrangers? Sorti du siècle, il\nrapporta à celui-ci la croix sacrée, et, incarnée en lui jusqu'aux plaies et à\nl'effusion du sang, — la passion divine, la vivante et complète Imitation de\nJésus-Christ. Les héros du poète iront-ils jusque-là? Descendront-ils de\nl'Olympe pour monter au Calvaire? M. Giraud, qui connaît la grande\n valeur esthétique du mystère, a posé la question et l'a abandonnée dans\n l'incertitude. Et pour augmenter encore la dramatique angoisse de ces\n douteuses ténèbres, il y fait passer, comme de pâles et lointains éclairs, des\n ricanements assourdis et des haleines sulfureuses. Mais ses vipères ne\n glissent que sous des fleurs et tous ses blasphèmes s'épanouissent en\n buissons de roses.\n     Dans tout ce que nous venons de dire, le poète seul est mis en cause; il\n va de soi que la personne de M. Giraud demeure tout à fait étrangère à ces\n considérations. C'est un point sur lequel il faut insister en ce temps de\n reportage et de fumisterie. La personnalité littéraire d'un poète est, non\n pas quelquefois, mais presque toujours, très différente de sa personnalité\n civile, physique et vulgaire. Le plus souvent l'œuvre d'un artiste n'est ni\n parallèle, ni identique à sa vie réelle, mais elle en est plutôt complémen-\n taire. Il met dans son rêve tout ce qu'il ne peut pas réaliser dans l'existence\n et il complète, il achève ainsi sa personnalité et sa vie.\n     Quoi qu'il en soit, et sans vouloir le moins du monde mettre en cause\n"}, {"page_pdf": 478, "texte": "                                  -   431    -\n\n\nla personne de M. Giraud, je voudrais marquer le subjectivisme foncier\nde son brillant talent.\n   Ce que je désire indiquer, c'est le processus de la formation des 'poèmes\nde M. Giraud. M. Paul Bourget a dit de Leconte de Lisle : « Il a su passer\nde l'idée à l'image, ou, pour parler d'une façon plus ordinaire, de la critique\nà la création. » On pourrait dire de l'art de M. Giraud tout le contraire :\nil passe plutôt de l'image à l'idée. Il cherche avant tout à transporter dans\nun poème une sensation toute vive, un sentiment tout frémissant, et ce\nn'est qu'en le transcrivant qu'il découvre et note les idées auxquelles ces sen-\nsations et ces sentiments sont intimement liés. Peu importe qu'il trouve\nces sentiments dans ses lectures, dans ses rêveries ou dans les incidents de\nsa vie; les sentiments constituent la matière première de ses ouvrages. Il\na beau choisir des milieux historiques et mettre en scène mille et un person-\nnages : ce sont là les déguisements du Moi, et le carnaval de la personna-\nlité poétique, contre-partie de ces poèmes, subjectifs seulement en appa-\nrence, où parfois un artiste se fait le porte-voix un et multiple de tous les\ncris de la nature, dont il réalise en son âme les innombrables avatars.\n   Mais, encore un coup, en parlant du subjectivisme de M. Giraud nous\nn'entendons signaler que son attitude artistique. Si, en lui, le poète est\npassionné et s'il peint avant tout des sentiments, ceux qui connaissent\nl'homme savent combien il est réfléchi, prudent, éclectique et doucement\nsceptique, en attendant la foi nouvelle, qui, sans doute, l'attend aussi.\n\n                                                           IWAN GILKIN\n\n\n\n   Au prochain numéro : Intermède lyrique, par J. de Tallenay; Sona­\ntines d'automne, par C. Mauclair; Floriane et Persigant, par F. Hérold;\nDaphné, par E. Signoret; Vespérales, par Tola Dorian; Epigrammes,\npar Paul Verlaine, etc., etc.\n"}, {"page_pdf": 479, "texte": "                                 -   432   -\n\n\n\n\n         CHRONIQUE THEATRALE\n             Nous ne parlerons ni des Joies du foyer, ni des Tisserands de\n               Hauptmann. Chacun sait aujourd'hui que la représentation de\n               cette dernière pièce, jouée ici à la veille de l'expérimentation\n               du suffrage universel, n'a été qu'une manœuvre électorale à\nlaquelle se sont bénévolement prêtes Antoine et ses compagnons. Laissant\naux politiciens démocrates et aux esthètes, amis du proudhonisme en litté-\nrature, le drame aux préoccupations moralisatrices et sociales, les artistes\nn'ont eu à applaudir que l'Annabella de John Ford, heureusement adoptée\npar Maurice Maeterlinck.\n   Georges Eekhoud, le premier chez nous, il y a quelque temps déjà, a\nétudié l'admirable pléiade shakespearienne et traduit la Duchesse de Malfi;\nmais plus heureux que lui, M. Maeterlinck a vu représenter son protégé.\n   Chose assez curieuse, si peut-être aucune époque littéraire, le règne de\nLouis XIV excepté, n'a été aussi étudiée, aussi fouillée, tant en Angleterre\npar Lamb, Drake, Gifford, Hartley Coleridge, le biographe de Ford, qu'en\nAllemagne par Klein, Ludw. Tieck et en France par Chasles, Taine,\nMézières, E. Lafond, etc., etc , il n'existe pourtant aucune traduction\ncomplète des œuvres dramatiques des poètes du règne d'Elisabeth. A peine\npeut-on citer quelques pièces de Ben Jonson et de Beaumont et Fletcher\ndans les Chefs-d'œuvre du Théâtre étranger. La traduction la plus\nimportante est due à E. Lafond, qui publia en 1865, sous ce titre général :\nLes Contemporains de Shakespeare, des drames et comédies de Ben Jon-\nson, Massinger, Beaumont et Fletcher, Webster et Ford, entre autres,\nCœur brisé et 'T is a pity she is a whore, que Maeterlinck intitule Anna-\nbella selon la dénomination de Taine.\n   La pièce de Ford, un esthète du temps, qui partageait sa vie entre l'étude\njuridique et le théâtre, est assez connue et a suscité assez de querelles au\npoint de vue moral, pour que nous nous dispensions d'en faire l'analyse.\n   L'interprétation, à notre avis, a été très fausse. M. Lugné-Poe, en place\nde traduire un caractère maladif et exalté, une sorte de fou furieux, a fait de\nGiovanni un fatal rêveur, agissant dans une atmosphère de songes, comme\nun simple personnage du traducteur. Il s'est complu en des poses hiéra-\ntiques, se souvenant trop de l'esthétique malarméenne, de l'attitude et\ndu beau geste sur fond d'or. 11 n'a été que le héron de cette pièce outran-\ncière.\n   Ajoutons que .le drame a été fortement applaudi, qu'on a réclamé l'au-\nteur, et que ni Ford ni M. Maeterlinck ne se sont présentés à la rampe.\n                                                                  V. G.\n"}, {"page_pdf": 480, "texte": "                                                 — 433 —\n\n\n\n\n                                        MEMENTO\n  Le Journal de Charleroi publie le poème\nsuivant :\n              SONNET SOCIALISTE\nVers l'immense inconnu, sous l'œil de Jéhova,                 On nous assure que la tribu des esthètes\nJuif errant rejeté dans le désert aride,                   intrigue beaucoup en ce moment pour obte-\nPoussant son vil troupeau que la faim rend avide,          nir de M. De Burlet, ministre de l'intérieur\nIsmaël le maudit droit devant lui s'en va.                 et des beaux-arts, la nomination d'une\nL'être qu'un jour Agar de son lait abreuva,\nCet enfant qu'Abraham voue à la Thébaïde,                  commission destinée à rechercher pourquoi\nRelève cependant un front fier, intrépide :                MM. Maurice Maeterlinck, Charles Van\nIl est_banni, mais libre ! I1 est libre! Hosanna!          Lerberghe et Grégoire Le Roy sont nés à\n                                                           Gand.\nDepuis lors ont passé quelques milliers d'années.\nAu fond du Sahara des sombres destinées,\nDes peuples tout entiers du monde ont disparu.\nLe citadin succède au pasteur patriarche.\n                                                              L'Art moderne semble trouver tout natu-\nMais s'il n'est plus nomade, une vois lui dit : Marche !\nMarche au progrès sans cesse, ou tu seras féru!            rel que notre compatriote M. Georges Ro-\n                                             ULME          denbach, qui a, comme on sait, adopté la\n   Il y a dans ces quatorze vers toute une                 ville de Bruges, soit né à Tournai.\npoignée de vérités.                                           Cela n'est pas juste.\n   11 est incontestable, en effet, que la faim\nrend avide, que des peuples tout entiers ont\ndisparu et que le citadin a succédé au pas-\n                                                             On se rappelle le vers de Victor Hugo :\nteur patriarche.\n                                                           Même quand l'oiseau marche on sent qu'il a des ailes.\n   Mais ce citadin rimeur n'a pas de chance :\n                                                             Cet alexandrin qui s'applique à la prose\nil est à peine destitué de sa qualité de\nnomade qu'on lui crie de se mettre en                      dansante de certains poètes, trouve sa\nmarche!                                                    contre-partie dans le vers suivant, qui décrit\n   Ce n'était pas la peine de s'arrêter, on en             fort heureusement les rêveries versifiées de\nconviendra, et il y a de quoi être féru!                   certains stagiaires :\n                                                           Même quand le veau vole on sent qu'il a des pattes.\n\n\n   Le bruit court qu'lL va partir pour le\nCongo.                                                        L'abondance des sottises de l'Art moderne\n   Ce départ serait motivé par un ardent                   nous oblige à remettre au prochain numéro\ndésir, d'ailleurs fort logique, de comparer                la chronique littéraire de M. Arnold Gof-\nle petit nègre écrit en Belgique avec le petit             fin et la chronique musicale de M. Ernest\nnègre de la mère patrie.                                   Closson.\n\n\n   Aussi longtemps que les membres du                        Ci une parodie du Voile, tirée des Gri­\nSénat s'appelaient sénateurs tout court, IL                maces de Paris, la revue de fin d'année de\nne réussit point à se faire élire père cons-               MM. Courteline et Marsolleau :\ncrit.                                                                       M. JEAN (seul).\n  A présent qu'on les appelle provinciaux,                 Quel temps!... Le vent d'hiver comme un orgue mo-\nIL est élu tout de suite.                                                                              dule,\n"}, {"page_pdf": 481, "texte": "                                                                    — 434 —\n\nE t la pltiir au carreau tambourine. — G u d u l e !                             C'est pour vos pieds q u e j e vous adore, Gudule.\nGudule!                                                                          E n t r e mille roseaux, au pied du mont Adule,\n       (Il va à la fenêtre dont il soulevé le rideau.)                           Vos pieds sous le boisseau, mystérieux, cachés,\n            Elle est dehors, qui cueille le persil.                              Vers qui mes yeux éternellement sont penchés...\n       (Un temps. Silence. Coup d e cloche au loin.                                                      (Avec autorité.)\nA h ! j'avais bien besoin d'introduire un souci                                  M o n t r e z vos pieds !\nD a n s ma vie hier encore si calme !                                                   (Gudule hoche négativement la tête, avec «ne\n       (II soupire.)                        Quel temps b l ê m e ! . , .                   désespérance qui va toujours grandissant.)\nH u i t jours qu'elle est entrée, ot huit jours que j e                                                 M. JEAN.\n                                                       [l'aime!...\n       (Long silence. Coup d e cloche au loin.)                                               Pourquoi ? Mais pourquoi donc? Torture!\nO h ! voir ses p i e d s ! . . . Savoir la couleur dont ils s o n t ;                            G U D U L E {simplement);.\nN e plus sentir l'obstacle irritant d'un chausson                                Vous le voulez? C'est bien...\nS e dresser comme un mur entre eux et mon envie\n                                                                                    (Elle soulève le bord de sa j u p e et montre son\nD e les voir tels que Dieu les fit.\n                                                                                      pied.)\n      (Coup d e cloche.)              Dix ans d e vie                                                            Voici mon pied, naturel,\nP o u r voir ses p i e d s ! Mais non, l'obstacle a b s u r d e                  On en voit la couleur p a r les t r o u s de mon bas.\n                                                    [est là.\nJ e me butte au chausson qui me crie : Halte-là !                                M . J E A N (qui s'est baissé vers le pied de Gudule, se\nN o i r ennui d'exister!                                                                              redresse brusquement.)\n   (Coup d e cloche.) E t toujours cette cloche!                                 Ah ! b a h !\n       (Entre Gudulo, tenant dans les mains un énorme                                                         (Très sec,)\n         pot d e fleurs.)                                                                    Vous aurez vos huit jours demain!\n                                                                                                    (Avec un geste autoritaire.)\n                            GUDULE.                                                                                              Rabats!\nMonsieur J e a n , j e r a p p o r t e un pot d'aristoloche.                             R a b a t s ta jup', Gudul', ça y est !\n                                                                                         J'ai vu ton pied : j'sais comme il est.\n                            M. JEAN,\n                                                                                      (Il sort en levant les b r a s au ciel. Gudule sort de\nBien ! Merci ! Mettez ça sur le fourneau.                                                l'autre côté en pleurant dans son tablier.)\n     (Gudule n'hésite pas u n e minute et va déposer le\n        pot sur les genoux du compère, dont l'ahurisse-\n        sement est sans bornes.)\n\n                            M. J E A N .\n                                            Faut-il                                 L'ombre du D r Emile Valentin nous envoie\nQ u e j e sois distingué d'âme et d'esprit subtil\n                                                                                 une œuvre posthume intitulée Rédemption,\nP o u r qu'un rien me dessèche et que tout me décharne ?\n      (Coup de cloche.)                                                          poème antiesclavagiste en six chants.\n                                                                                    Un examen préparatoire nous permet\n           G U D U L E (avec u n e infinie tristesse).\nComme deux canots parallèles sur la M a r n e\n                                                                                 d'affirmer que ce poème antiesclavagiste est\nL'on va, l'on vit. A l'aube, on prend ses chocolats.                             cependant soumis à l'esclavage de la rime.\nP u i s on déjeune! et puis l'on dîne.'                                             Notre infatigable préposé aux œuvres en\n       (Coup de cloche.)                                                         vers, M. Iwan Gilkin, nous dira le reste.\n                     M . J E A N (exaspéré).                                        En attendant, nous chanterons avec la\n                                     Encore ce glas.                             douce mais incohérente Ophélie :\n     G U D U L E (avec u n e mélancolie croissante).                                               Voici le matin\nE t puis l'on soupe,                                                                               D e saint Valentin !...\n                  M . J E A N (à la fenêtre).\n                    Il pleut! il p l e u t ! B r u g e s - l a - D o u c h e !\n                            GUDULE.                                                 Notre collaborateur l'excellent poète\nL e soir tombe. On allume une lampe.                                             Alber Jhouney, malgré sa belle écriture de\n                      M . J E A N (lugubre).                                     mage, est en butte aux fantaisies les plus\n                                                       On la mouche 1            regrettables de nos typographes.\n     (Coup d e cloche.)                                                            Dans son poème Lointains il faut lire :\n                       GUDULE.                                                                   les pleines certitudes\nOn retire sa coiffe, et sa j u p e , et ses b a s ,                                  D e leur amour, par Dieu brûlant hors du désir,\nE t ses sous-pieds!...                                                           et non pour Dieu, ainsi que nous l'avons\n           M . J E A N (lui saisissant les mains).                               erronément imprimé.\n                        Oh ! oui ! — N e m'interrompez pas!                         Nous supplions nos typographes de ne\n"}, {"page_pdf": 482, "texte": "                                                 -       435     -\n\nplus s'acharner sur les vers de notre colla-                             Bruxelles, le 10 novembre 1894.\nborateur, et de ne pas nous condamner à                              MONSIEUR LE DIRECTEUR,\nl'erratamanie perpétuelle.\n                                                              Nous avons été heureux d'apprendre que\n                                                           M. de Burlet n'avait accordé sa protection\n                                                           à aucune société ayant pour objet la cons-\n                                                           truction, à Bruxelles, d'un « Temple des\n  Un de nos collaborateurs, qui ressemble                  Arts ». C'est ce qui ressort d'une lettre\nau petit navire, parce qu'il a beaucoup na-                adressée par M. le ministre des beaux-arts\nvigué, nous communique les vers suivants,                  à la Société coopérative artistique, en\nrimes à Boston par un mulâtre, et intitulés,               réponse à notre lettre du 8 octobre.\ndans l'idiome cher à l'Art moderne, « le                      Nous exposerons notre projet de cons-\nRace Problème » :                                          truction d'un palais des arts et métiers\n                                                           industriels à M. de Burlet et nous espérons\n  Il y a des mulâtres françaises, a 1' état\n  De Louisiane, avec un grand éclat :                      que celui-ci l'examinera avec bienveillance.\n  Aussi, en même, sont beaucoup de beaux noirs                La plus élémentaire courtoisie nous com-\n  Qui faire, pouf tout le monde, ses tristes devoirs :     mande de porter la réponse du Ministre des\n  Les sujettes de 1' ancien royaume paon ;\n                                                           beaux-arts à la connaissance des artistes\n  Le puissant regale cour de Pharaon,\n Il y a aussi, un rang de Vierges purs,                    puisque nous avons livré notre protestation\n  Avec jeunesse, et homme, avec âge mur.                   à la publicité.\n Le noir cuisinier et le casserole,                           Veuillez donc bien, Monsieur le direc-\n Dit aux voyageurs, je suis Vrai créole :\n                                                           teur, insérer cette lettre dans votre journal\n Si vous avez, jamais, le café bu,\n Cessez quand 1' africaine le donne a vous.                et croyez à nos remercîments et à nos meil-\n Allez au marche, de votre salle de bain,                  leurs sentiments.\n Et voyez la de l'afrique, le bon pain.                       Au nom du Comité de la Société coopé­\n La dame noir donne a vous gombo filet ;\n 'Ecrites le vitement, dans votre beau billet,\n                                                           rative artistique.\n Et, elle vous donnerait, avec bon gré,                        Leff. de Secrétaire,     Le    Président,\n Un grand gâteau, de blanc et neigeux riz                        JOSÉ HENNEBICQ..     ALPHONSE MOTTE.\n Les mulâtres, et les noirs, sont dans les rues,\n Couvertes de sombreros, et bonnets tous,\n Avec le porte monnaie, et panniere ;\n Approchant 1'église, en cette maniere.                       Nous sommes dès à présent autorisés à\n                                                           faire connaître à nos lecteurs que notre ami\n Votre fils, ma chere, qu'est ce que je faire, pour le\n                                                           Destrée est décidé à présenter, dans quel-\n                                                [même :    ques jours, un projet de loi réclamant pour\n L' envoyez, a Paris école militaire :                     la Jeune Belgique la personnification civile.\n Faites la, de lui, un soldat, brave et claire.               On nous doit bien cela.\n C'en est fait, dit'il faites un soldat brave.\n C'en était fait par commande, d'une esclave.\n (Mais une esclave, devient sultana mère,\n Dédaignant elle, honneurs de pays père)\n Alexandre a 1' école, bientôt partit :                       Un de nos écrivains les plus en vue, dans\n Bientôt, de la, comme soldat, il sortit.\n General Division, Napoleon, le fit :                      un discours prononcé à l'inauguration de\n C'en était fait, sur la terre de Russie.                  l'Université nouvelle, a déclaré que nous\n   Le Race Problème fait partie d'un groupe                entrons dans « un nouveau moyen-âge ».\nde poèmes symboliques qui porteront ce                        Nous n'avons pas oublié le personnage\nlitre simpliste : Les Banlieues    superféta­              de Ponson du Terrail, qui s'écriait avec con-\ntoires.                                                    viction : « Nous autres, gens du moyen-\n                                                           âge!... »\n                                                              L'écrivain dont il s'agit a réédité cette\n                                                           exclamation célèbre.\n  Nous recevons de la Société             coopérative        Seulement, il a traduit le cri de Ponson\nartistique, la lettre suivante ;                           dans l'idiôme de Stéphane Mallarmé,\n"}, {"page_pdf": 483, "texte": "                                                — 436 —\n\n                                                       d'un groupe européen de députés littéra-\n                                                       teurs, notre excellent confrère M. Eugène\n  M. Emile Zola, qui fait les délices des              Landoy publie à ce propos dans le Précur­\nRomains, a fait de nombreuses confidences              seur, dont aucune Salomé ne demande la\naux interviewers du Tibre.                             tête, les graves considérations que voici :\n  Il a déclaré qu'avant de venir à Rome il                Nous ne savons ce que ce groupe pro-\navait déjà amassé tous les documents néces-            duira, surtout avec le concours de M. Mau-\n                                                       rice Barrès, cet ironiste pincé. Nous ne\nsaires à son roman.                                    voyons pas bien non plus la littérature déca-\n   L'abbé Vertot s'est rendu célèbre par un            dente défendue par des élus du peuple,\nprocédé de la même espèce.                             alors qu'on ne cesse de nous dire que cette\n                                                       littérature ne s'adresse qu'à de rares invités\n   Les Italiens n'en sont pas moins enchan-            Au point de vue littéraire, M. Destrée et ses\ntés, et leurs poètes célèbrent en vers fran-           amis ont horreur du « bourgeois », c'est-\nçais les louanges du fameux documenteur.               à-dire du philistin. Mais comment de\n                                                       simples ouvriers parviendraient-ils à les\n   Voici, à titre de curiosité, le sonnet que          comprendre, et comment le pauvre peuple\nM. Guido Menasci dédie à M. Zola dans la               encouragerait-il une littérature dont le sens\nFanfulla :                                             et l'utilité même lui échappent complète-\n                  L'ŒUVRE                              ment?\n                                 A EMILE ZOLA.            Mais patience. Anseele est à la Chambre,\n  Vers le maître serein qui poursuivait sa route       lui aussi, et ce citoyen décidé, qui ne con-\n  la jeunesse a tourné bien souvent le regard ;        naît que la « grosse ouvrage ». a déclaré\n  car nous n'avons jamais vu se lever, bagard,         dans un discours célèbre que les artistes\n  de vos pages d'amour le fantôme du doute ;           étaient des fainéants et des parasites. Ce\n                                                       n'est pas à lui qu'il faudra parler de\n  car vous nous avez dit : ce fardeau qu'on redoute,\n                                                       petits sonnets musqués ou de rondeaux\n  est l'accomplissement sain et doux d'un devoir.\n                                                       aristocratiques, rimés pour une élite, c'est-\n  Vivre! Tout ce bonheur est en notre pouvoir,\n                                                       à-dire une caste. Et. qu'est-ce que c'est que\n  et le rêveur lassé n'aura que la déroute.\n                                                       ces gens qui écrivent l'Art et la Littérature\n  Pourtant, au cœur épris du rêve indéfini,            avec une majuscule? II y aura donc toujours\n  hanté par le désir de l'azur infini,                 des Bastilles à démolir ?          E. L.\n  à la place des Dieux — leur pâle crépuscule             Un bon point pour notre confrère Eugène\n  dans un lointain brumeux de légende récule —         Landoy.\n  montrez, dans la splendeur d'un œuvre solennel,         On nous assure que le corps des ingé-\n  tous les humains unis d'un lien fraternel.\n                                                       nieurs, ému, à juste titre, par cet accident,\n  Nous espérons que M. Zola, pour ne pas               a mis à l'étude la confection d'un appareil\ndemeurer en reste de politesse, écrira                 destiné à protéger les ponts contre les cri-\ndésormais en italien.                                  tiques qui ont la manie de vouloir y couper.\n                                                          Cet appareil s'appellerait le paralandoy.\n   La Jeune Belgique envoie un salut de\nbienvenue à deux nouveaux organes univer-                 Il se confirme que M. Léon Dierx pose-\nsitaires : L'Escholier de Bruxelles et l'Etu­          rait sa candidature au siège de Leconte de\ndiant de Louvain.                                      Lisle,\n                                                         M. Catulle Mendès publie à ce propos\n                                                       dans l'Echo de Paris l'odelette suivante :\n   Un jeune poète, M. André Yébel, publie                Elle fut haute et méritoire,\ndans différentes revues une série de dis-                La tâche des Parnassiens!\ntiques dont l'union fait Laforgue.                       Nous sommes tranquilles. La gloire\n                                                             Reconnaîtra les siens.\n                                                         Parmi ceux que raillait la pègre\n   La Jeune Belgique ayant annoncé, sans                 Des bas échotiers dénigrants,\nrire, que M. Jules Destrée, de concert avec              Nul qui ne fût artiste intègre,\nM. Maurice Barrès, s'occupe de la formation                  Et quelques-uns sont grands.\n"}, {"page_pdf": 484, "texte": "                                     -   437     -\n\nNi l'amour, ni cette faunesse,                 Prudhomme, tendre à qui transgresse\nLa Luxure aux rieuses dents,                   L'horrible loi du sort bourreau,\nNe prirent, toute, la jeunesse                 Parle de Toujours à Lucrèce\n     Même des moins prudents.                      Dans la langue de Maro.\n\nLa plupart, aux temples qu'évite               Son cœur vierge de pâquerette,\nLa multitude sans souci,                       Verlaine l'offre, un peu fatal,\nCourbait des genoux de lévite !                A la vierge en plâtre, discrète,\n    Et les plus fous aussi.                        Du mur de l'hôpital.\n\nDans les descentes de Courtille                Loyola-Thérèse, Anatole\nPortaient, sous les plumets mouvants           France, près de Renan qu'il vaut,\nEt le masque et la cannetille,                 Fait de doux tropes une étole\n     De graves cœurs fervents.                     A son doute dévot,\n\nTous, le talon sur la couleuvre,               Et, dans le Jardin d'Épicure\nSans ouïr le rire daubeur,                     Qui va de Chypre à Tahiti,\nMettaient à l'âpre mur de l'œuvre -            Offre sous un myrthe une cure\n    L'échelle du labeur!                            A Satan converti.\n\nEt maintenant, encor, sans trêve,              Sur les clairs ciels d'or qu'il écrase\nLeur cœur de foi alimenté                      Se rue, et rue, à hue, à dia,\nSe balance, encensoir qui rêve,                Dans des braises de chrysoprase\n    Vers ton autel, Beauté!                        Ce Pégase, Heredia!\n\nGlatigny, roi pour qui les souches             Moi, poète et non pas le moindre,\nSont des chevets délicieux,                    En un poème encor sans pair\nGhaute les roses et les bouches                J'ai vu frémir, rosir et poindre,\n    Et les cieux et les yeux.                       Comme une aube, Vesper!\n\nCoppée au cœur doux qui s'incline              Et toi, Dierx, âme blanche et haute\nOrdonne au deuil du tsar rêvant                Comme l'aigle blanche du ciel,\nLa clémence pour l'orpheline                   Côtoyeur des beaux gouffres, hôte\n    Dont le' père est vivant.                      Du jour torrentiel.\n\nMallarmé, que l'espoir consume                 Rayonnant marin qui déferles\nDe l'aube au delà du tunnel,                   Avec un flot jamais amer,\nAllume une lampe de brume                      Plongeur profond, trouveur de perles\n    Vers le songe éternel.                         Dans la céleste mer.\nVilliers, volcan d'ombres, émeute              Écouteur du lointain silence\nDe rouges laves dans I'éther,                  Et des vagues sur les récifs\nSoumet à la raison de Gcethe                   Et du vaste vent qui balance\n     Les rêves de Richter.                         Les grands arbres pensifs.\nSilvestre, qu'étonnent les voiles,             Escaladeur d'astres en astres\nDans les roses de Firdouçi                     Vers la fin de l'illimité,\nFrète un ballon vers les étoiles,              Jureur que, malgré les désastres,\n    Et vers la lune aussi.                         L'ombre n'a pas été.\n\nMérat, que les Parisiennes                     Provocateur des nuits premières\nSuivent, guette un baiser rival                Où le noir était fait de feu,\nDans les caresses, sœurs des siennes,          Témoin de l'aube et des lumières\n    De l'onde à Bougival.                          Pures, témoin de Dieu !\n"}, {"page_pdf": 485, "texte": "                                     — 438 —\n\nToi, Dierx, un nimbe t'environne          Sur le chemin montant du rêve\nQue jamais les ans n'éteindront;          Tu trouves, au tournant béant,\nEt nous avons une couronne :              La fleur où la route s'achève,\n    La splendeur de ton front.                La vaine fleur Néant.\n\nNul, mon ami, ne te surpasse.             La fleur vide d'où nous encense\nD'autres gloires ont eu leur tour!        — O deuil, qu'on ne peut apaiser!\nTon âme contient plus d'espace            L'oubli de la réminiscence\n    Et ton cœur plus d'amour.                 Du plus ancien baiser!\n\nToute la vie en ton cœur libre            Je t'aime autant que je t'admire;\nSe plaint comme le vent des bois...       Mon Dierx! Pardonne-moi. J'ai tort\nAh ! que tu souffres ! ton vers vibre     J'ai fait de la commune myrrhe\n    D'universels abois.                        Un parfum qui se tord\n\nTu te penches vers le vertige             Vers les alcôves, en fumée...\nDe l'inexorable chaos,                    A cause que j'aime les vers\nEt tu plains tout, sonore tige            Tu m'absous de la renommée\n    Des lointains philaos.                    Et des contes pervers.\n\nTu sais qu'âpre ou bon, ivre ou sobre.    Merci ! dans les universelles\nL'homme que le mal a tenté                Ombres, j'aurais du moins, demain,\nVoit toujours dans le Soir d'octobre      Une joie, une gloire : celles\n    Mourir la Nuit d'été.                     D'avoir serré ta main.\n"}, {"page_pdf": 486, "texte": "              Paul LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR          DE LA J E U N E          BELGIQUE\n                     31, rue des Paroissiens, 31\n                             BRUXELLES\n\n\n\n                    VIENT DE PARAITRE\n                                DANS LA\n\n PETITE           COLLECTION                LES POÈTES\n\n                     A L B E R T GIRAUD\n\nH O R S DU S I È C L E\n                                  II\n       Sous la Couronne. — Devant le Sphynx.\n  Un volume sur papier de luxe, titre en couleur. Prix : 3 francs.\n             Restent quelques exemplaires Van Gelder,\n      sous couverture parchemin à                  5 francs.\n\n\n          POUR PARAITRE LE 5 NOVEMBRE\n                     LOUIS DELATTRE\n\n Les Miroirs de Jeunesse\n              Un volume in-18 jésus. Prix : fr. 3-50.\nQuelques exemplaires sur hollande Van Gelder sous parchemin à fr. 7-50.\n\n                EN     P R É P A R A T I O N         :\n\n\n                     NOVALIS\n   Traduction précédée d'une étude, par MAURICE MAETERLINCK.\n\n\n\n                         En vente :\nBARRÉS (M.): Du Sang, de la Volupté et de la Mort. . . . fr. 3 50\nBRUNETIÈRE (G.) : L'Evolution de la poésie lyrique en France\n   au XIXe siècle. Tome II                                   3 50\nGEFFROY (G.) : Le Cœur et l'Esprit                           3 50\nVERLAINE : Epigrammes                                        3 60\n"}, {"page_pdf": 487, "texte": "LAFORGUE (JULES) : Moralités légendaires. Tirage de luxe . fr. 6 00\n              —          Poésies complètes (y compris Derniers\n       Vers).Tirage de luxe                                         6 00\n M A L L A R M É (STÉPHANE) : La Musique et les Lettres .   . . .  200\n ROSNY (J.-H.) : L'Indomptée                                        3 50\n\"VERLAINE (P.) : Epigrammes, avec frontispice de Cazal . . .        3 50\n VIELÉ-GRIFFIN :                             πάλαι                  2 00\n LAFENESTRE (G.) : Catalogue illustré des Musées de Florence.\n       Un fort volume relié                                        10 00\n L'YMAGIER, n° 1. Publication trimestrielle in-8°, publiant dès\n       images et des études sur les imagiers anciens et nouveaux .  3 50\n\n\n                     PRIME AUX ABONNÉS\n                                         DE LA\n\n\nJEUNE BELGIQUE\n         QUATRE FILS AYMON\n                  Un superbe volume in-4 0 de 240 pages\n                                     ILLUSTRÉ\n   A CHAQUE PAGE DE COMPOSITIONS EN COULEUR\n                                           PAR\n\n                             GRASSET\n Ce magnifique ouvrage, é d i t é à 1 0 0 f r a n c s , sera fourni à nos abonnés\n                      par l'éditeur P . 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