{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Décembre 1894", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 488, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 171, "texte": "Décembre 1894.                 T O M E XIII. — N° 12                             14 me Année.\n\n\n\n\nLA\n    JEUNE\n                 BELGIQUE\n                                  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 488, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 171, "fin_caractere_exclue": 1627, "texte": "SOMMAIRE:\n        Le Cerisier             fleuri           IWAN GILKIN.\n        Comment Anselme fut puni de ses forfaits\n          par le grand saint Ursmer              MAURICE DES OMBIAUX.\n        Vers                                     VALÈRE GILLE.\n        Allaitement                              MAURICE CARTUYVELS.\n        Vers                                     ARTHUR DUPONT.\n         Chronique littéraire :\n           Chants de la pluie et du soleil ; Notes\n             d'être; Le Bonheur irréel; Contes et\n             Légendes ; Notre Art de France ; Pro­\n            pos de littérature ; Uidéoréalisme de\n             quelques écrivains                    ARNOLD GOFFIN.\n         Chronique musicale . . . . . . . .            ERNEST CLOSSON.\n         Memento                                       NEMO.\n         Table des matières.\n\n\n\n\n           REDACTION                                             BRUXELLES\n  4, RUE VANDERLINDEN, BRUXELLES.                           PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                31, rue des Paroissiens\n                                                                      PARIS\n       PRIX DU NUMÉRO                                    C H A M U E L , LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                    29, rue de Trévise\n                 fr. 0-75.\n                                                                        1894\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 489, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 374, "fin_caractere_exclue": 1125, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n   Fondateur       : MAX W A L L E R (MAURICE                WARLOMONT)\n              Directeur : ALBERT GIRAUD, 4, rue Vanderlinden.\nSecrétaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n               7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                  des   Capu­\ncines, 16, à Paris.\n\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, Marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 489, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1125, "fin_caractere_exclue": 1580, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E L A P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 439, "page_fin": 443, "titre_corps": "Le Cerisier fleuri", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "LE CERISIER FLEURI", "ancre_fin": "IWAN GlLKlN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 490, "page_imprimee": 439, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 791, "texte": "LE CERISIER FLEURI\n               LA C O U P E\n\n      Prends ce lingot, ciseleur,\n      Et dans l'argent brillant creuse\n      Une coupe bienheureuse\n      Pareille à la rose en fleur.\n\n      N'y grave ni la grande Ourse\n      Dans les cieux éblouissants\n      Ni les flots retentissants\n         Où les nefs bercent leur course.\n\n      Mais la vigne et ses sarments\n      Et les raisins mûrs que foule\n      Une jeune et tendre foule\n      De poètes et d'amants.\n\n      Que leur danse agile presse\n      Dans la coupe un fus doré!\n      Moi, gaîment je mêlerai\n      Mon ivresse à leur ivresse.\n\n\n      LES BRANCHES DE LILAS\n\nUn ami m'a donné des branches odorantes\n        De lilas bleu, de lilas blanc,\nDont la grâce voisine et les douceurs parentes\n        Diffèrent en se ressemblant :\n"}, {"page_pdf": 491, "page_imprimee": 440, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1141, "texte": "                — 440 —\n\nEmblême délicat d'une amitié parfaite\n         Où, sombre ou lumineux, chacun\nLaisse fleurir son cœur que les Muses en fête\n         Parfument d'un même parfum.\n\n\n          L'HIVER DU C Œ U R\n\n    Ah! qui me rendra les beaux jours,\n    Les jours des premières amours?\n    Ah! qui me rendra, fût-ce une heure,\n         Le bonheur que je pleure?\n\n    Tombez, blanches fleurs des pommiers'.\n    Envolez-vous, joyeux    ramiers!\n    Fleurs, baisers, printemps jeune et tendre,\n         Que pourriez-vous me rendre?\n\n    Il est passé, l'été brûlant,\n    Qui dessécha mon cœur -dolent.\n    Hélas! voilà le sombre automne\n        Et l'amour m'abandonne.\n\n    Voilà l'hiver et ses frimas,\n    La neige tombe sous mes pas,\n    La neige tombe sur mon âme.\n        Meurs donc, dernière flamme !\n\n\n  CHANSONNETTES ALLEMANDES\n\n\n\n    Des lumières et des fraîcheurs\n    Dans les prés verts dansent et glissent.\n    C'est avril. Les petites fleurs\n    Joyeusement    s'épanouissent.\n\n    Mon âme, que le gai printemps\n    Effleure aussi du bout des ailes,\n    Sous les cieux bleus et palpitants\n    Voudrait s'épanouir comme elles.\n"}, {"page_pdf": 492, "page_imprimee": 441, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1016, "texte": "            — 441 —\n\n\n\nDans mon cœur, comme un pinson,\nChante, chante une chanson\n        Mignonne ;\nPrends ton vol, ô ma chanson,\nEt de buisson en buisson\n        Résonne !\nVole au bocage où t'attend\nDans l'ombre un peuple éclatant\n         De roses.\nVers elles va-t'en, va-t'en!\nVa! tu dois leur dire tant\n         De choses!\n\n                3\n\nMa bien-aimée a des yeux bleus,\nSi bleus, si doux et si candides\nQu'on croirait voir deux coins des cieux\nRéfléchis au fond d'eaux limpides.\nMa bien-aimée a des yeux bleus,\nSi bleus, si doux et si candides\nQue mon pauvre cœur amoureux\nS'est noyé dans leurs eaux perfides.\n\n                4\nEntends-tu ce que prés d'ici\nChante un oiseau de sa voix tendre'!\nHélas! tu l'entends bien aussi\nMais tu ne veux pas me comprendre.\n\n                5\nNe me dis pas que tu m'aimes,\nEmbrasse-moi seulement,\nPuis, va-t'en! Mes lèvres blêmes\nSavent que ta bouche ment.\nNe me dis pas que tu m'aimes,\nEmbrasse-moi seulement !\nCherchons les baisers suprêmes\nOù l'on expire en aimant.\n"}, {"page_pdf": 493, "page_imprimee": 442, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1112, "texte": "                  442\n\n\n\n Quand se quittent deux amants.\n Accablés par leurs tourments,\n Ils se tiennent par la main\n Pleurant, soupirant sans fin.\n\n Nous, nous n'avons pas pleuré,\n Nous n'avons pas soupiré;\n Les larmes et les regrets\n Ne nous sont venus qu'après.\n\n\n   CHANSONNETTE ANTIQUE\n\n        Moelleusement couché\n        Sous un chêne penché,\n   Soulevant ma coupe d'ivoire\nEn l'honneur des dieux je veux rire et boire.\n\n        L'Amour adolescent\n        L'aile au vent, et troussant\n    Sa robe d'un cordon de soie,\nViendra me servir, tout rose de joie.\n\n        Le temps ailé s'enfuit\n        Comme un char dans la nuit;\n    Et quand nos os gisent sous terre\nNous ne sommes plus qu'un peu de poussière.\n\n          A quoi bon parfumer\n          Les tombes et semer\n    Sur le sol mou du cimetière\nD'inutiles fleurs dont nul n'a que faire'!\n\n         Couronne-moi plutôt\n         D'ache, de mélilot\n    Et de roses pendant ma vie\nEt va, jeune Amour, quérir mon amie!\n\n       Je veux goûter l'oubli,\n       L'oubli du noir souci,\n   Avant que, blême, je me mêle\nAux danses des morts fleuris d'asphodèle.\n"}, {"page_pdf": 494, "page_imprimee": 443, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1484, "texte": "                    — 443 —\n\n\n                 APHORISMES\n          Reste calme, ce n'est rien.\n          A quoi bon ce fol émoi?\n          Rien n'existe hors de toi\n          Qu'autant que tu le veux bien.\n          Chaque homme rêve le monde\n          Selon sa propre puissance.\n          Le monde est sa connaissance\n          Plus ou moins haute et profonde.\n          Se connaître afin de voir\n          Le secret de l'univers\n          A la fois un et divers,\n          C'est la fleur du grand savoir.\n          Une même force, en somme,\n          Vit dans toute créature.\n          Le noyau de la nature\n          N'est-il pas au cœur de l'homme?\n\n\n    LA CHANSON DES TÈTES BLANCHES\n\n          (UNE JEUNE FEMME PARLE :) .\n\nNos têtes deviendront ensemble, disiez-vous.\nBlanches comme la neige aux montagnes glacées,\nBlanches comme la lune au ciel nocturne et doux.\nJe l'apprends aujourd'hui : vous avez deux pensées!\nEt c'est pourquoi je rais me séparer de vous\nUne dernière fois je remplirai mon verre\nDu vin familial dont le vôtre est rempli;\nPuis, je m'embarquerai, je quitterai la terre\nOù vous ne verrez plus pencher mon front pâli,\nEt mon triste vaisseau franchira l'onde amère\nJeunes filles qui vous mariez, vous pleurez!\nNe versez point des pleurs, pourtant, si cette fête\n Vous donne un noble époux tel que vous l'espérez,\nDont la tête blanchisse auprès de votre tête\nEt qui jusqu'à la mort garde ses vœux sacrés.\n                                            IWAN GlLKlN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 444, "page_fin": 449, "titre_corps": "Comment Anselme fut puni de ses forfaits par le grand saint Ursmer", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Desombiaux", "ancre_debut": "Comment Anselme fut puni", "ancre_fin": "MAURICE DESOMBIAUX", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS LA VIE ILLUSOIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 495, "page_imprimee": 444, "debut_caractere": 45, "fin_caractere_exclue": 2331, "texte": "Comment Anselme fut puni de ses forfaits\n    par le grand saint Ursmer.\n                                                       A   Mme   JULES DESTRÉE\n\n\n               Le château de Grigniart, perché sur un rocher inaccessible au\n                 confluent de la Sambre et du ruisseau de Bienne lez-Happart,\n                à une demi-lieue de Lobbes, devait encore une fois devenir\n                la terreur des bons religieux, disciples de Mgr saint Ursmer,\nqu'une fois déjà leur bienheureux patron avait délivrés d'un méchant sei-\ngneur, cause de bien des tourments.\n   C'était au temps de Baudouin le-Vieil, comte de Hainaut. Un des barons\nde ce prince avait fait de Grigniart, ancien oppidum gaulois, place forte des\nGrudiens depuis longtemps abandonnée, le manoir redoutable au large\nfossé et aux murs crénelés, à l'abri desquels il pouvait entasser tout ce\nqu'il pillait dans le pays de Liége, le comté de Namur et voire la Lorraine,\naussi bien que dans ses alentours.\n   Aucun bateau, même de l'abbaye, ne passait sur la Sambre sans lui payer\nun tribut élevé ou sans être fortement rançonné par lui. Il poussa l'inso-\nlence jusqu'à baptiser les tours de son repaire des noms des provinces dont\nil avait tiré l'argent nécessaire à la construction.\n   Ceux de Lobbes, à l'extrémité du pays de Liége et aux confins du Hai-\nnaut, sans protection, étaient réduits à une très dure nécessité et contraints\nde prendre la fuite à chaque alarme, afin de préserver leur vie des caprices\nsanguinaires de ce baron féroce, ou de la colère de ceux qui venaient inuti-\nlement assiéger son antre, pour se venger de ses rapines.\n   Bien souvent ce fauve, dont l'impiété était aussi grande que la rapacité,\nenlevait aux pauvres religieux jusqu'aux choses les plus indispensables de\nla vie. Mais ils auraient supporté allègrement ces privations pour mériter\ndavantage les faveurs célestes, si jour et nuit, le son des trompettes ne les\neut distrait du recueillement qui convient aux méditations pieuses,\nn'avait troublé le service divin et par conséquent diminué notablement\nla révérence due aux saints.\n    Les prières, à la fin, furent exaucées et les bienheureux saints Pierre et\nUrsmer, ne pouvant souffrir davantage ces outrages et injures, se dispo-\nsèrent à secourir leurs bons serviteurs.\n"}, {"page_pdf": 496, "page_imprimee": 445, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2818, "texte": "                                  — 445 —\n\n    Une nuit que tout était silence et que l'insigne larron, dégénéré de sa\n noblesse, veillait sur sa couche combinant de nouveaux forfaits pour le\nlendemain, les saints patrons lui apparurent, le regardant d'une face sérieuse\net pleine de menaces. Le confesseur tenait une javeline très effilée avec\nlaquelle il allait porter un coup mortel à ce mauvais, lorsque l'apôtre saint\n Pierre l'empêcha de le toucher et retenant sa main, lui dit ces paroles :\n « Pardonne-lui, mon frère, pardonne-lui, octroie-lui cette grâce en consi-\ndération de ce qu'il a pris la peine d'aller à Rome visiter le lieu de ma sépul-\nture. Mais qu'il se garde de demeurer ici à l'avenir et de molester ultérieu-\nrement nos fidèles serviteurs. S'il ne se comporte pas plus honnêtement,\nle supplice qui lui est à présent différé, ne lui sera pas épargné. »\n   Ces paroles prononcées, les bienheureux disparurent, laissant le seigneur\nà moitié mort de frayeur et d'épouvante. Quand il fut revenu de son pre-\nmier effroi, il abandonna sa couche avec hâte, emplit la demeure de ses\ncris, troussa bagages, sauta en selle et s'enfuit, suivi de la bande désor-\ndonnée de ses reîtres éperdus.\n   Il brûla les lieues traversant Buvrinnes et Binche, sans s'arrêter jusqu'à\nMons où son destrier, de fatigue, s'abattit sous lui. Quand il fut arrivé\nauprès du comte Baudouin le Vieil, il lui raconta par le menu, en présence\nde ses chevaliers, la vision dont il avait été aussi ému. On eût dit Hélio-\ndore narrant sa flagellation et le mauvais traitement qu'il avait reçu lors-\nqu'il s'était avisé de mettre la main sur les trésors des veuves et des orphe-\nlins conservés dans le temple de Jérusalem, disant à tous qu'il devait la vie\nau grand prêtre Onias qui avait prié pour lui. Celui-ci publiait qu'il\ntenait la vie, vraiment, du souverain pontife saint Pierre qui avait empêché\nsaint Ursmer d'exercer la justice divine. Il se fût bien gardé de retourner\nencore dans ce manoir visité par les saints; il y eût plutôt envoyé ses enne-\nmis pour les y voir punis et châtiés comme il l'avait été.\n   Tous ceux qui avaient entendu ces merveilles en étaient demeurés éton-\nnés, et, depuis lors, personne n'avait eu l'audace de s'emparer du château\nhanté. Il resta donc à l'abandon, tombant peu à peu en ruines.\n   On le considérait maintenant comme tout à fait inoffensif. Aussi, quelle\nne fut pas la stupeur des bons religieux et des habitants de Lobbes, lors-\nqu'on apprit qu'une troupe de mauvais gueux s'y étaient réfugiés et for-\ntifiés.\n   Un nommé Anselme, ancien reître du baron, gibier de potence qu'il\navait flairée plusieurs fois, avec une douzaine de compagnons du grand che-\nmin s'en était emparé, y avait donné asile à tous les vagabonds et rôdeurs\ndu pays et formé de la sorte une bande redoutable.\n"}, {"page_pdf": 497, "page_imprimee": 446, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2699, "texte": "                                 — 446 —\n\n   Après avoir causé de très grands et très notables dommages à l'abbaye,\npour mettre le comble aux outrages, ils pillèrent le village de Strée, qui\nappartenait au monastère et, sans aucun égard pour le lieu sacré, prirent\nle principal fermier dans l'église. Ce fermier avait la charge de fournir\ntoutes choses nécessaires pour la nourriture des religieux durant le mois\nde mai suivant ; car il y avait alors un tel ordre dans le monastère, que\ndouze des principaux tenanciers étaient obligés de bailler tous les vivres\nnécessaires pour l'entretien du couvent, chacun à son mois.\n   Le prélat, troublé par ces mauvaises nouvelles, enfourcha sa mule et,\nsuivi de quelques religieux, s'en alla au château de Grigniart, où le fer-\nmier était captif.\n   Là, il fit une sérieuse remontrance et réprimande au ravisseur; mais ce\nfut en vain. L'abbé et ses moines furent contraints de se retirer sous les\nrailleries et les blasphèmes des pillards.\n   A la fin, ne sachant plus où donner de la tête, ils eurent recours à saint\n Ursmer, se remémorant toutes les faveurs et les secours dont il les avait\ngratifiés en de telles occurrences.\n   On se mit à le prier avec ferveur. Le dernier jour d'avril, de grand matin,\nreligieux et chanoines retournèrent au château de Grigniart, portant en\npompe solennelle les reliques de leur bienheureux patron.\n   Le pillard s'était réveillé aux chants liturgiques, il était descendu à la\nporte du château pour écouter la requête de l'abbé, prêt déjà à l'accabler de\nses sarcasmes impies, mais à la vue de la châsse, se sentit troublé, perdit\nla tête et se mit à trembler de tous les membres comme frappé d'une fièvre\nmaligne. Il était tellement dépouillé de sa volonté, qu'on le contraignit à\ndélivrer son prisonnier, à restituer ce qu'il lui avait dérobé et à partir sur\nle champ du manoir dont il s'était emparé.\n   Ce ne fut qu'une heure après avoir quitté le château que les brigands\nrecouvrirent leurs sens et comprirent ce qui s'était passé. Ils voulurent\nrevenir sur leurs pas, mais les religieux avaient laissé une bonne garde à\nGrigniart et ils ne purent y rentrer.\n   La bande se dispersa bientôt non sans avoir rossé Anselme, son ancien\nchef, parce qu'il n'avait pas su résister aux objurgations des religieux pro-\ntégés par les reliques de Mgr saint Ursmer.\n   Les uns se firent dépêcher par les paysans d'alentour du château de\nBeaumont qui se vengèrent de leurs rapines, les autres redevinrent les\nfamiliers de la grand'route pour détrousser les voyageurs. Quant à\nAnselme, après avoir pris le temps de se faire oublier, il reparut à Thuin.\n   Il s'y tint coi pendant quelque temps, ayant tous les dehors d'une vie\n"}, {"page_pdf": 498, "page_imprimee": 447, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2710, "texte": "                                  — 447 —\n\nhonnête. Il s'était fait marchand ambulant pour rôder dans les villages\nvoisins et y guetter les bonnes occasions de rapine. Il feignait de besogner\ntrès durement pour éloigner de lui les soupçons des gens de justice.\n    C'était un très joyeux compère, habile à se faufiler dans la confiance de\nses concitoyens; aussi, au bout de peu de temps, ayant endormi la défiance\nde tous, il se mit à recommencer ses larcins et scélératesses d'autrefois.\n    Des vols se commettaient partout sans que l'on pût deviner celui qui les\nperpétrait.\n    Comment soupçonner un homme dont la vie était si tranquille et si\noccupée par le travail. Plusieurs innocents furent condamnés, mais les\nvols, loin de cesser, continuèrent de plus belle. Les églises mêmes ne\nfurent plus respectées : des objets sacrés et des ornements précieux disparu-\nrent. Or, il advint qu'un jour dans la chapelle du château de Thuin,\nlaquelle avait été élevée en l'honneur du grand saint Ursmer, le larron\ns'introduisit nuitamment par une fenêtre de la sacristie et fit main basse sur\nle calice, le saint ciboire, l'ostensoire et divers ornements gemmés de rubis,\nd'améthystes et de topazes.\n    Il se fait que l'on avait mis là, pour être descendu le lendemain dans\nune petite cave voisine, la provision annuelle du vin destiné au saint sacri-\nfice de la messe. .\n    Notre homme eut tôt fait d'enlever la bonde du quarteau et se mit en\ndevoir, en soûlard qu'il était, de se vider dans le gosier de copieuses\nrasades de ce vin jeune et plein de force. Il plongeait le calice consacré\ndans le fût, l'emplissait à pleins bords et le vidait d'un trait. Le liquide\nruisselait vraiment dans son estomac, il était sucré et parfumé et remplissait\nde joie le drille qui riait d'aise et buvait si goulûment que le vin lui coulait\nsur les joues par les commissures des lèvres.\n    Le bonhomme, après s'être bien gorgé de cette boisson, eut l'idée sau-\ngrenue d'en offrir à saint Ursmer et à sainte Brigitte, dont les statues\n avaient chacune leur autel dans la chapelle. Il s'en alla à tâtons dans\n l'église à leur recherche.\n     Mais le grand saint patron ne lui permit pas ce sacrilège.\n     Les fumées du vin lui montèrent au cerveau et tout se mit à tourner\n autour de lui. En même temps il se sentit brûlé au-dedans, d'un feu intense.\n     Dans son ivresse, il s'imagina qu'il se trouvait au milieu des flammes,\n que tout son corps flambait ; il voulait se sauver mais ne trouvait plus\n d'issue, trébuchait et dégringolait dans les bancs, renversait les chaises.\n  Le feu qui le dévorait devenait plus intense et le faisait hurler. Il criait\n comme un damné, il vociférait, blasphémait, implorait, appelait au\n"}, {"page_pdf": 499, "page_imprimee": 448, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2687, "texte": "                                  -   448    -\n\n secours. Mais le silence seul succédait à ses cris et l'épouvantait; à la fin il\n sentit dans sa main la corde de la cloche à laquelle il se suspendit pour\n sonner, sonner éperdument. La cloche affolée se mit à bondir dans sa tou-\nrelle. Les sons s'en échappaient comme des volées d'oiseaux lugubres pour\ns'éparpiller sur toute la ville. Le veilleur de la tour, croyant à un péril,\ncorna aussitôt. Puis le tocsin fit entendre sa voix sinistre et bientôt toutes\nles cloches de la ville lui répondirent Mais c'était celle de la chapelle qui\ndominait les clameurs de bronze ; elle faisait un vacarme d'enfer, le soûlard\ncramponné à sa corde était soulevé à deux mètres du sol, retombait puis\nrebondissait, emporté par une extraordinaire furie, écumant, fou.\n    Les Thudiniens, réveillés en sursaut par ce bruit, crurent sans doute que\nleur dernière heure sonnait. Depuis les invasions des Normands on n'avait\nplus eu de nuit aussi tourmentée.\n    Quand la première stupeur se fut un peu dissipée et que, réunis dans la\ncour du château et la grand'rue, les hommes en armes se demandèrent le\npéril qui menaçait la ville, le veilleur désigna la chapelle comme ayant\ndonné l'alarme et la continuant avec une frénésie inquiétante.\n    Comme on se dirigeait vers le lieu consacré à saint Ursmer, une certaine\naccalmie commença de se produire. La cloche maintenant hoquetait\ncomme un homme ivre et les intervalles devenaient de plus en plus longs.\nEn même temps l'on entendait de longs hurlements et comme des râles.\n    Quand ils eurent ouvert les portes de la chapelle, ils virent à la lueur des\nflambeaux, le forcené qui continuait à se démener autant que la fatigue et\nl'ivresse le lui permettaient encore.\n    — Au feu, au feu, criait-il avec égarement et hébétude aux arrivants.\n    — Où est le feu, lui dirent-ils.\n    — Ne voyez-vous donc pas que je brûle, les flammes m'entourent, me\nmordent, j'ai des charbons enflammés dans tout le corps.\n    On eut beaucoup de peine à l'arracher à la corde. On vit alors l'église en\ndésordre, les objets sacrés dispersés sur les dalles et les marches de l'autel,\nles bancs et les chaises renversés, le calice déformé, car dans ses titubations\nAnselme avait marché dessus, le quarteau vide et le vin à terre.\n    Alors, tout s'expliqua. On se saisit du sacrilège et on l'envoya dans une\nbasse fosse cuver le vin destiné au saint sacrifice, dont il s'était aussi ample-\nment gorgé.\n    On instruisit contre lui et l'on découvrit l'innombrable série de ses\ncrimes.\n    Le tribunal ecclésiastique le condamna à être brûlé vif.\n    Mais après qu'il eut été roué publiquement sur la cour de la paroisse, le\n"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 449, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1145, "texte": "                                 — 449 —\n\nbon abbé de Lobbes, Dom Adelard, intercéda pour lui en raison de son\nrepentir et on se contenta de le brancher à un des arbres qui entouraient\nle château, à la place où fut plus tard le jeu de saint Laurent, car les envi-\nrons étaient peu sûrs, la ville fermée et l'on ne tenait pas à aller jusqu'au\ngibet à mi-chemin de Thuin et de Gozée, où était dressée en permanence\nla potence du bailliage.\n   Ce fut un grand exemple pour la population et un miracle de plus qui\ns'ajouta au livre d'or de Mgr saint Ursmer.\n   Le bienheureux patron de Lobbes, on le sait, ne les épargna jamais pour\nprotéger ses fidèles serviteurs et les garantir des méchants. C'est ce qui\ndonna à son monastère une gloire et un éclat qui se répandirent dans l'Occi-\ndent pendant plusieurs siècles.\n   Ici finit cette très véridique histoire tirée des gestes des abbés de Lobbes,\ndes tables de la seigneurie de Beaumont, des chroniques de la ville et du\nchapitre de Thuin ainsi que des annales de la principauté de Liége.\n                                              M A U R I C E DES OMBIAUX\n\n\n\n\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 449, "page_fin": 451, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "VERS LA VIE ILLUSOIRE", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ALLAITEMENT", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 500, "page_imprimee": 449, "debut_caractere": 1145, "fin_caractere_exclue": 2044, "texte": "VERS\n                          LA VIE ILLUSOIRE\n        J'ai pour toi, bel enfant, un amour très bigarre\n        Dont tu ne connais point le douloureux émoi,\n        Un amour maternel et dont je suis avare\n        Et qui ranime encore un fol espoir en moi.\n\n        Tu m'es la source claire et fraîche où je m'abreuve,\n        Le parfum qui fait naître un beau rêve divin,\n        Le miroir où je vois mon âme jeune et neuve\n        Oubliant que la vie est un mensonge vain.\n\n        Force vivifiante, ô ma fidèle image!\n        O flamme de ma flamme! 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Sois le livre\nOù je lis le roman nouveau de mon destin.\nSi je n'ai désormais la vanité de vivre,\nVis pour moi, va cueillir mon tragique butin\n\nMais surtout fais-moi croire à tes désirs superbes.\nEt laisse moi glaner dans ta riche moisson\nLes trop rares épis qui tombent de tes gerbes,\nQuand tu rentres le soir en chantant ta chanson.\n\nVoilà, voilà pourquoi, mon fier enfant, je t'aime!\nAccueille un cœur soumis; et daigne encore offrir\nAu pauvre mendiant d'amour cette suprême\nEt lâche illusion de vivre et de souffrir.\n\n\n                POST-SCRIPTUM\n                    (VILLANELLE)\n\n                             Pourquoi est-ce à Gand, et non ailleurs,\n                          (Bruges eût semblé mieux indiqué) que surgit\n                          cette trinité de poètes...? etc.\n                                                 (ART MODERNE.)\n\n         Mais pourquoi sont-ils nés à Gand?\n         Bruges eût mieux fait leur affaire;\n         L.e mystère est extravagant.\n\n         On voit le jour à Quévaucamp,\n         A Cul-des-Sarts, au Campinaire,\n         Mais pourquoi sont-ils nés à Gand ?\n\n         Faut-il être assez intrigant,\n         C'était pour mieux se contrefaire!\n         Le mystère est extravagant.\n"}, {"page_pdf": 502, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 738, "texte": "                       -   451   -\n\n          A Tournai, bien plus élégant,\n          Rodenbach naît et le profère.\n          Mais pourquoi sont-ils nés à Gand?\n          Est-ce moins dur, moins fatigant,\n          Est-ce pour contenter leur père?\n          Le mystère est extravagant.\n          Les concevez-vous se liguant\n          Pour ennuyer l'histoire austère?\n          Mais pourquoi sont-ils nés à Gand?\n          L'Art moderne frissonne quand\n          Il songe à ce qu'ils ont dû faire.\n          Le mystère est extravagant.\n          Si leur père avait mis un gant...?\n          A tous les échos j'en réfère :\n          Mais pourquoi sont-ils nés à Gand?\n                                           VALÈRE GILLE\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 451, "page_fin": 451, "titre_corps": "Allaitement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Cartuyvels", "ancre_debut": "ALLAITEMENT", "ancre_fin": "MAURICE CARTUYVELS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 502, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 738, "fin_caractere_exclue": 1650, "texte": "ALLAITEMENT\nPressant son fils charmant sur sa poitrine blonde,\nDouble calice rose où le lait tiède abonde!\nDerrière un frais rideau de sapins toujours vert,\nLa jeune mère avec ivresse a découvert\nLes rondeurs de sa gorge et ses reins jusqu'aux hanches;\nEt tous deux, la Beauté délicate aux chairs blanches,\nEt l'enfant, transparent de la nuque à l'orteil,\nBaignent dans les rayons ruisselants du soleil.\nOn dirait, l'enfant nu que la lumière dore,\nUn bijou de corail traversé par l'aurore!\nSes petits doigts, de nacre et de rayons pétris,\nS'ouvrent d'aise, et, ravi, poussant de légers cris,\nSaluant la splendeur du beau jour qu'il admire,\nPour la première fois, il éclate de rire;\nFrêle rire emperlé de. notes de cristal!\nEt les bois verdissants et le clair ciel natal\nEt la mère inclinée, écoutent, ô merveille!\nTinter le carillon de l'âme qui s'éveille.\n                                     MAURICE CARTUYVELS"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": 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"signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "aussi souple et varié que l âme humaine", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Les Contes et légendes de M Paul Germain", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 505, "page_imprimee": 454, "debut_caractere": 62, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n   Chants de la pluie et du soleil, par HUGUES REBELL. Paris, Charles. — Notes d'être,\npar CH. SLUYTS. Lacomblez. — Le Bonheur irréel, par F. ROUSSEL. « Le Réveil », Gand.\n— Contes et Légendes, par L. GERMAIN. — Notre Art de France, par ALPH. GERMAIN.\nParis, Girard. — Propos de littérature, par Alb. MOCKEL. — L'Idéoréalisme de quelques\nécrivains, par HENRY MAUBEL. Paris, librairie de l'Art indépendant.\n\n\n\n               Aucune pensée vague, certes, nulle inquiétude bourrelante,\n                indécise aspiration douloureuse, et chère d'être douloureuse,\n                langueur hautaine et taciturne, dont la fièvre consume, à la\n                fois, et enivre, — ne tourmentent l'énergique esprit où ger-\nmèrent ces Chants de la pluie et du soleil ; peut-être, aussi, de tels émois\nne résistent-ils point chez lui à la contemplation, actuelle ou remémorée,\nde quelque simple et beau paysage...\n   — Faust s'exclame : « Si je pouvais, Nature, être seulement un homme\ndevant toi ! », c'est-à-dire : dépouiller ma pensée sophistiquée, répudier l'ata-\nvisme intellectuel de siècles de réflexion creuse et chagrine, reparaître l'être\nrécent, merveilleux d'ignorance et de vitalité, tout vibrant de la violence\nradieuse et de la nouveauté de la vie ; l'hôte splendide et nu des édens pre-\nmiers, dont l'existence participait de celle de son habitacle, les forêts, les\nlacs et les fleuves, à leur unisson, sous leur influence et celle des météores;\nanimal effrayé, joyeux ou sanguinaire selon la rigueur ou la sérénité du\nciel, la saison bienveillante ou malévole...\n   — L'inspiration panthéiste, d'une sapidité singulière et robuste, des\nChants de la pluie et du soleil, encore qu'elle célèbre en mainte page\nsaillante la naïve beauté impudique de la nature, la férocité innocente des\nbêtes, la fauve effronterie, la cabriolante et un peu farouche expansion d'un\nSiegfried, — sert plutôt de substruction, de thème générateur, diversifié\nincessamment et renouvelé, au rêve eurhythmique de M. Rebell.\n   Le poète s'associe au dithyrambe dionysiaque, se précipite sur les traces\neffrénées de la triétérie ; mais, de préférence, suit la théorie délienne, entonne\nle paean magnifique et guerrier. Sa vénération se retourne vers le paga-\nnisme hellénique, en salue les artistes qui émerveillèrent la terre et l'huma-\nnité de leur propre apothéose; ou s'exalte devant les éblouissants vestiges\nde ses édifices, le fronton doré du temple de Poséidon à Pœstum :\n   « O saintes murailles! Vous avez bravé les âges de grossièreté pour\napprendre à notre siècle misérable la Beauté morte dont il n'a même plus\ngardé le souvenir. Vous donc qui gémissez en songeant aux formes pures\nde l'Ellade, approchez à cette révélation de l'esprit devant les calmes mer-\nveilles de la nature; venez voir comme le soleil du matin fait de nobles\nombres aux temples antiques et comme les ciels du soir sont beaux entre\nleurs colonnes ! »\n"}, {"page_pdf": 506, "page_imprimee": 455, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2119, "texte": "                                   -   455    -\n\n     Son culte esthétique fomente son aversion virulente des démagogies nive-\n  leuses que la Beauté, à l'égal de toute supériorité, exaspèrent; sa voix pré-\n  dit et conjure « le tyran beau et fort », le héros qui conciliera, impérieu-\n  sement, les inconscients vouloirs populaires. L'austérité revêche, le cant du\n protestantisme l'encolèrent, aussi ; la malgrâce maussade, la raison icono-\n claste de cette hérésie, de celte religion laïque, néfaste à l'art plastique\n germanique. L'Église nous imposa le joug de l'humilité, sépara l'homme\n de son principe ; par crainte et horreur de trop séduisantes idoles, avilit et\n poursuivit de ses anathèmes la nature féconde ; mais, la pompe symbolique\n de ses rites et de ses sanctuaires, la généreuse effervescence et la piété où\n elle entretint les âmes, firent-elles point jaillir, durant des siècles, une\n inouïe floraison d'extatiques chefs-d'œuvre?\n    L'amour, l'instinct, la pensée, — la charité, la foi, l'espérance païennes!\n — pondérés devraient nous régir; mais quand même! la haute souffrance\n de la vie et du désir assombrirait notre enthousiasme comme celui du\n poète des Chants de la pluie et du soleil; — car la pensée s'abuse elle-\n même; l'instinct est un aveugle ivre et l'amour un des masques, à peine\n fardés, de la Mort!\n    Les poèmes de M. Rebell alternent l'emploi d'une prose sobre et forte, en\nrelief plus qu'en couleur, et très euphonique, avec celui du vers libre : —\n « Le vers classique qui exige la simplification et la synthèse, se fût mal\naccommodé de la plupart des sujets que j'avais à traiter, explique-t-ii...\nToutefois, je ne voudrais point que l'abandon d'une forme consacrée par\ndes œuvres admirables fit croire chez moi à quelque ridicule dédain. Ayant\nà exprimer des idées toutes particulières, je me suis cru autorisé à user de\nrhythmes libres, mais, dans la majorité des cas, le vers classique demeure\nl'instrument préférable et, comme l'ont prouvé les maîtres de notre poésie,\nil est aussi souple et varié que l'âme humaine... »\n\n                                       ***\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 455, "page_fin": 455, "titre_corps": "Chronique littéraire : Contes et Légendes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Les Contes et légendes de M Paul Germain", "ancre_fin": "somptueux décors sombres", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Les Notes d être de M Sluyts", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 506, "page_imprimee": 455, "debut_caractere": 2119, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "Les Contes et légendes de M. Paul Germain narrent de juvéniles\nhistoires romanesques, habitées par de verbeux trouvères, des poètes\ngéniaux et désespérés, de désinvoltes califes barbus, dont l'aventure, le sui-\ncide ou l'experte férocité se dramatisent en de somptueux décors sombres...\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 455, "page_fin": 455, "titre_corps": "Chronique littéraire : Notes d’être", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Les Notes d être de M Sluyts", "ancre_fin": "la rocaille du style", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Plus habiles les pages souples", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 506, "page_imprimee": 455, "debut_caractere": 2409, "fin_caractere_exclue": 3014, "texte": "Les Notes d'être de M. Sluyts outrent un peu la contorsion; peut-être,\nd'ailleurs, leur préciosité obscure et embrouillée est-elle encore trop claire...\nLe profil du miroir où le psychologue anversois réfléchit ses postulations\nsemble légèrement ondulé et l'image qu'il renvoie, bizarre plutôt qu'ori-\nginale : — Sous les madrigaux qui flandricisent, la rude afféterie du terroir,\ncependant, malgré « d'inutiles à énumérer » gaucheries et l'amphigouri aux\naudaces souvent incorrectes de M. Sluyts, de temps à autre une sensibilité\nse décèle, vive et rare, enganguée à moitié dans la rocaille du style.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 455, "page_fin": 456, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Bonheur irréel", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Plus habiles les pages souples", "ancre_fin": "en froisser les pétales", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ces dernières années ont remis", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 506, "page_imprimee": 455, "debut_caractere": 3014, "fin_caractere_exclue": 3382, "texte": "Plus habiles, les pages souples de M. F. Roussel : Le Bonheur irréel. Sa\nfantaisie mièvre aime s'évaporer en « songeuses et belles enfants » dont les\ndiaphanes mains méditatives émeuvent, emmi la beauté « nuitale » des\nboudoirs parfumés et soyeux, les « mélancolieux » claviers d'ivoire... La\n                                                                        31\n"}, {"page_pdf": 507, "page_imprimee": 456, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 404, "texte": "                                 — 456 ~~\n\nfioriture, quelquefois, surcharge la mélodie conductrice, à la manière du\nlogogriphe calligraphique qui titre le volume! Jolis feuillets distingués, en\nsomme, d'une imagination aimable et fine, d'une sensualité discrète qui\nrespire l'effluence odorante de la fleur, sans en ébouriffer et en froisser les\npétales!...\n                                      ***\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 456, "page_fin": 457, "titre_corps": "Chronique littéraire : Notre Art de France", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Ces dernières années ont remis", "ancre_fin": "cette excellente étude", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Cette sentence de la sagesse", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 507, "page_imprimee": 456, "debut_caractere": 404, "fin_caractere_exclue": 3158, "texte": "Ces dernières années ont remis en honneur l'étude des origines littéraires\nde la France, frappées, jusqu'alors, du même sot mépris qui enveloppait\nTentière production artistique médiéviste, qualifiée même, pour marquer sa\nbarbarie et sa maladresse, de gothique. Le romantisme commença de\ndessiller les yeux, glorifia les surprenantes merveilles, ignorées quoique\névidentes, des cloîtres et des cathédrales : — phares ajourés qui, depuis « les\nténèbres du moyen-âge », érigeaient sur l'indifférence d'une civilisation\nétrangère, l'hyperbole incomprise de leurs rosaces et de leurs vitraux.\n   La Renaissance, en Italie, regreffa, pour ainsi dire, la tradition ; l'esthé-\ntique restaurée appartenait, en effet, à l'antique et légitime héritage du\npays. La restriction de l'exubérance inventive, la servilité imitatrice qu'elle\nsuscita en France furent, au contraire, funestes : — l'art autochthone, dis-\nciple timide, d'abord, de l'art latin, peu à peu émancipé, et parvenu enfin à\nune maturité admirable, — expressif et subtil interprète de sa race, — se vit\ntout à coup remis en tutelle. Les conséquences irrémédiables de cet événe-\nment nous affectent encore, engendrent l'absurdité composite, la discor-\ndante laideur des bâtisses modernes.\n   « L'art, dit excellemment M. Alphonse Germain, est comme une religion\ndont on changerait, d'âge en âge, les rites, sans toucher au dogme. » Les\nrites, ici, séculairement transformés, vigoureuse et naïve expression de l'âme\nfrançaise, succombèrent à l'engouement, à la déférence fétichiste pour le\ncanon du culte mort d'une autre contrée !\n   — Le temple grec, dans l'eumétrie de ses lignes, restitue l'image musicale\nde l'équilibre sublime ; ses strophes lumineuses de colonnes modulent le\nchœur égal, profond, aux inflexions exaltantes, l'ode fière de la cité victo-\nrieuse.\n   L'église, elle, sert d'écrin au tabernacle, s'épanouit autour de l'autel, son\norgane essentiel, sacrifie sa figure externe à la magnificence intime du\nsanctuaire ; et, pour contrebuter les audaces frêles de ses coupoles, la témé-\nrité de ses nefs, s'alourdit d'arçs-boutants enchevêtrés. L'architecture\ngothique fixa, il semble, le verbe monumental du catholicisme. L'initiale\ndévotion, au moins, du christianisme chanta ces cantiques de pierre, se\ncristallisa visiblement dans ces cryptes, dans la structure orante, les mem-\nbres élancés de ces édifices; et la ferveur, inspiratrice de cette modénature,\nlui imprima le caractère adéquat qui en fit l'insigne singulier et comme la\nformule nécessaire de l'art religieux. La foi et l'archaïsme ont fini par\ns'impliquer à nos yeux.\n   William Morris prêche à ses compatriotes le retour à l'art septentrional\nprimitif, que ses matériaux, l'appareil de sa construction approprient au\n"}, {"page_pdf": 508, "page_imprimee": 457, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 781, "texte": "                                  — 457 —\n\nclimat, aux paysages insulaires. M. Alphonse Germain repousse, égale-\nment, le pastiche infertile perpétué jusqu'ici, veut que la plastique française\nrecueille le legs des ancêtres, retrempe son anémie aux sources authen-\ntiques du génie indigète, au pieux et patient réalisme des ymagiers et des\niconoplastes des XIIIe, XIVe et XVe siècles, des sculpteurs prestigieux du\nportail et des gargouilles de Notre-Dame, des émailleurs et des mosaïstes\nde la Sainte-Chapelle...\n   L'ardeur de sa thèse incline parfois l'auteur à d'injustes appréciations\nsur l'art grec, boutades qui, au surplus, n'enlèvent rien de sa rare valeur à\nNotre art de France, à l'extraordinaire rectitude de pensée et de raison qui\nanime cette excellente étude.\n\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 457, "page_fin": 459, "titre_corps": "Chronique littéraire : L’Idéoréalisme de quelques écrivains", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Cette sentence de la sagesse", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ACCUSÉS DE RÉCEPTION", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 508, "page_imprimee": 457, "debut_caractere": 781, "fin_caractere_exclue": 2956, "texte": "Cette sentence de la sagesse hindoue, éclose aux lèvres de quelque Çra-\n mana sur les rives sacrées du Gange : — Tal twam asil (cette chose, c'est\n toi !) résume l'intégrale philosophie de l'idéo-réalisme, indiscutable, à cet\négard, et immémoriale. Le dissentiment se restreint aux conséquences spé-\ncieuses du précepte, à la manière dont ses prosélytes transposent leur vision,\naiguë, plus ou moins, et lucide, du monde. Représenter un individu par\nles spéciales minutes suggestives de sa vie ; abréger significativement les\nchoses, les réduire à leurs lignes essentielles; subsumer une idée en son\nentéléchie; — c'a été, en somme, le rôle éternel de l'art. Les chances\nd'incompréhension dépassèrent, toujours, celles de l'admiration ; mais\njamais, peut-être, des artistes n'éliminèrent plus soigneusement la vanité\nd'être entendus! La moindre divergence entre l'écrivain, et le lecteur, la\ndiverse acception des phénomènes définis stériliseront l'entrevue, provo-\nqueront le premier au mépris, le second à la dérision, également iniques.\n   Mais, en vérité, parmi les oeuvres disparates des adeptes, — miroirs\népais et limpides dans lesquels les effigies apparues se margent d'un prisme;\ngrossières vitres étamées où l'incohérence bosselée grimace, d'embryon-\nnaires cauchemars! — fort peu répliquent au système, tel du moins que\nles nuées dont MM. Gide et Mauclair voilent leurs oracles permettent de\nle définir. A présumer d'après les incertaines analogies des ouvrages cités\npar M. Henry Maubel, — le poème idéo-réaliste deviendrait l'espèce de\nlibretto extemporané auquel le lyrisme latent du lecteur ferait orchestra-\ntion méditative et commentaire; l'artiste, au lieu de créer, de captiver ou\nde subjuguer l'attention, induirait d'un imprécis geste musurgique, un\nordre vague de songerie ; ferait refluer l'âme vers elle-même ; indirectement,\nlui apprendrait qu'elle s'ignore, et ses ressources.\n   Mais, sauf une prédestination miraculeuse, une initiation se présuppose,\nlongue et compliquée, pour devenir seulement accessible à de tels conseils.\nLoyalement, M. Gide inscrit aux pages liminaires de son livre : — « J'écris\nceci pour ceux qui ont déjà compris ! »\n   "}, {"page_pdf": 509, "page_imprimee": 458, "debut_caractere": 2190, "fin_caractere_exclue": 3170, "texte": "Ce jardin de l'âme contemplative, l'oratoire fleuri de Psyché, dont le\n poète de Tel qu'en songe célébrait le charme métaphorique. M. Henry\n Maubel en a parlé, au même public, mais d'un autre ton, avec son accou-\ntumée éloquence, le tour incisif de ses courtes phrases acérées et nettes.\n   Il faut se développer par la prière, la lecture; la méditation, — dans la\nsolitude et le silence; s'enseigner et se comprendre soi-même et sa volonté.\nVouloir, surtout, puisque le désir crée son objet; — mais non vers le siècle,\nle provisoire, — vers l'immuable, pour la perfection. Car « l'isolement\nmatériel n'engendre que paresse, curiosité, gloriole, si nous ne possédons\nen nous-mêmes la solitude de l'esprit. »\n   Les Entretiens spirituels d'Ignace de Loyola avaient supérieurement\nfrayé cette voie, pour les fins les plus hautes ; mais le fondateur du Gésu\nemployait cette discipline à dompter les caractères ; elle sera efficace sur-\ntout, maintenant, à en fortifier la débilité !\n"}, {"page_pdf": 510, "page_imprimee": 459, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1610, "texte": "                                  — 459 —\n\n   Baudelaire s'assignait ce programme : « Être un grand homme et un saint\npour soi-même. » Les artisans de la pensée se sont d'ailleurs et la plupart,\nnon pas assujettis, ce qui supposerait une gêne, mais adonnés à cette\nhygiène intellectuelle, par vocation innée et passion. Parcelles de sa person-\nnalité, filles de sa partialité et de son amour, parées de tous les prestiges et\ndes joyaux de son imagination, les créations de l'artiste émanent, selon la\nbelle expression de M. Rebell, du « dieu qui est en lui » ; et ce dieu aussi\nest exigeant et jaloux, et réclame un culte absolu et sans partage!\n   Cette étude ou cette culture de soi acquièrent leur prix et leur fruit, de\nleur exercice spontané : — Stendhal, malgré l'acuité de son analyse, sem-\nblerait émoussé à côté de M. Barrès, si l'excitation méthodique de celui-ci,\nla forfanterie de son flegme, son asthmatique psychologie ne décelaient une\nincurable sécheresse et, presque, une incapacité d'émotion.\n   La formelle allure égotiste de cette « psychothérapie », cet émoustille-\nment systématique de sa fébrilité, ce flirt avec une poupée manquent d'en-\nvergure, décidément, et de flamme. Pour minime que soit « Petite\nsecousse », elle s'exagère encore! Le corset de cette malingre caillette limite\nl'orbe de ses gestes et constitue aussi toute sa carrure !\n   L'œuvre, toujours, témoigne son origine ; mais elle n'a d'action réelle\nque dans la mesure où l'ouvrier s'y est abdiqué lui-même, transfiguré,\ngénéreusement, et exalté...\n                                                       ARNOLD GOFFIN\n\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 457, "page_fin": 458, "titre_corps": "Chronique littéraire : Propos de littérature", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "M Mockel fort judicieusement", "ancre_fin": "entre MM Vielé Griffin et de Régnier", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ce jardin de l âme", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 508, "page_imprimee": 457, "debut_caractere": 2956, "fin_caractere_exclue": 3171, "texte": "M. Mockel, fort judicieusement, objecte : — « L'art est subjectif, mais\nobjectif aussi; sans cela pourquoi ne point songer seulement, pourquoi\nécrire, peindre, sculpter? une œuvre trop exclusivement objective n'ac-\n"}, {"page_pdf": 509, "page_imprimee": 458, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2187, "texte": "                                 — 458 —\n\nquerra jamais la suprême beauté, celle qui naît de l'harmonie, du parfait\néquilibre, celle qui fait d'une statue ou d'un poème un être distinct de son\nauteur, vivant d'une vie surnaturelle et qui se suffit à soi-même. » — Il\nreproche aux écrits de M. Vielé-Griffin de manquer précisément un peu\n« des qualités objectives des justes bornes et de l'harmonie » auxquelles\n« l'on dirait que les conceptions de M. de Régnier se prêtent d'elles-mêmes ».\nCe dernier, naturellement poète, obéit franchement à sa native propension\net ses inspirations se conforment, sans contrainte ni violence, à une règle\npréfigurée et féconde. Malgré les réticences de M. Mockel, il apparaît que\nle vers, traditionnel ou libre, n'était pas l'indispensable outil de l'art de\nM. Vielé-Griffin.\n   Le poète pense par images ; l'idée, le plus souvent, surgit associée à la\nforme jumelle qui l'incarne et l'illumine. Mais l'allégorie, froide, prémé-\nditée, ressort plutôt de la virtuosité; le symbole plus instinctif appartient\nmieux à l'effusion inspirée, au délire lvrique. L'aède, prétendait Platon,\nabandonne, en même temps que le trépied visionnaire, le sens des paroles\nqu'il a proférées!\n   Certes, toute cérébration reste mystérieuse et inanalysable pour le patient\nlui-même, aussi bien que les contigences, adverses ou favorables, qui la\nprovoquèrent. « De très insignifiantes circonstances inspirent quelquefois\nses meilleures œuvres au poète. » (Gœthe.)\n   L'idée, ressort abstrait d'une œuvre, se dissimule si parfaitement, par-\nfois, sous les apparences qui la magnifient, que l'auteur la découvre après\nles stades fiévreux de l'élaboration ..\n   — Les Propos de littérature, de M. Albert Mockel, soulèvent ainsi\nmille questions passionnantes de spéculation critique, irrésolues par leur\nnature même, mais auxquelles, au moins, il est utile d'essayer une réponse.\nLui-même en offre, hypothèses hardies ou trouvailles ingénieuses, au cours\nde cette exégèse, dont les chapitres théoriques et techniques corrigent\nleur aridité par un brillant parallèle, aux illustrations heureuses, entre\nMM. Vielé-Griffin et de Régnier.\n                                     ***\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 460, "page_fin": 464, "titre_corps": "Chronique musicale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ernest Closson", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "ERNEST CLOSSON", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 511, "page_imprimee": 460, "debut_caractere": 62, "fin_caractere_exclue": 3099, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n   Samson et Dalila à la Monnaie a été le premier événement théâtral de\nla saison. Non pas que l'œuvre éveille un intérêt d'actualité etde nouveauté\ncomme les derniers opéras à tapage de Massenet, Bruneau, etc. Mais, chez\nnous, une haute estime, une sorte de respect et de confiance entoure le nom\nde Saint-Saëns, peut-être plus sincèrement apprécié chez nous qu'en France.\nEn France, la personnalité sobre et discrète de Saint-Saëns, son aristocra-\ntisme dédaigneux des gros effets et des goûts du public, ne pouvaient plaire\ngrandement. Autant ses œuvres théâtrales sont-elles appréciées des artistes\n(Gounod publia sur Henry VIII une brochure enthousiaste), autant elles\nlaissaient le grand public froid et presque hostile. En Allemagne, où l'on\nne prise guère les fadeurs gracieuses de toute la kyrielle des imitateurs de\nGounod, ni les excentricités de la jeune école, l'art de Saint-Saëns est très\napprécié et obtient grand succès. On connaît le mot de Hans de Bulow,\nqui disait de Saint-Saëns qu'il était le premier des compositeurs allemands\ncontemporains. En fin de compte, on a tant répété au public français que\nSaint-Saëns était un grand maître, qu'il a fini par se croire positivement\népris de sa musique, et il lui a vissé dans la tête l'auréole de la célébrité. Ce\nqui n'empêche que, in petto, on préférera toujours, à l'Académie de musique,\nHamlet, Faust ou autre chose.\n   Il en est autrement chez nous. Au point de vue musical, notre situation\ngéographique et les conditions ethnographiques de notre population nous\nont fait une sorte de dualisme esthétique. Très rapprochés des élégances et\ndes raffinements de l'art français, nous apprécions parfaitement la saine\nrobustesse et le travail consciencieux de la musique allemande. De là, rien\nd'étonnant à ce qu'un compositeur dont l'art fond harmonieusement ces\ndeux tendances soit le bienvenu chez nous (1).\n   Aussi, Samson et Dalila a parfaitement réussi. Je ne dis pas que l'œuvre\na fait fureur ; jamais un opéra de Saint-Saëns, avec sa beauté classique et\nun peu froide, n'excitera l'enthousiasme de la masse. Mais la grande partie\ndu public a compris cette beauté, résidant en une forme et une ligne admi-\nrables, une pureté de style inaltérable et la perfection des moindres détails.\nPar-ci par-là, il y a bien des choses un peu surannées, même pour l'époque\nde la création de l'œuvre ; mais cela ne fait qu'attester davantage sa parfaite\nsincérité artistique. A côté de cela, que de belles pages ! Les chœurs des\nHébreux, avec le délicieux chœur de jeunes filles au premier acte, les airs\nde ballets, tous les airs de Dalila, depuis « Printemps qui commence » au\npremier acte, jusqu'aux railleries du troisième acte, le grand duo du second\nacte, la scène de Samson tournant la meule...\n\n  (1) Cependant, le seul opéra de Saint-Saëns donné à la Monnaie fut le Timbre d'argent,\nreprésenté avec grand succès en 1879 avec MM. Rodier, Soulacroix, Lefèvre, Mmes Vail-\nlant, Lonati et Viale. L'œuvre ne fut plus reprise depuis, on ne sait pourquoi.\n"}, {"page_pdf": 512, "page_imprimee": 461, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3112, "texte": "                                       — 461 —\n\n   L'interprétation, au Théâtre de la Monnaie, a été satisfaisante, — sauf\npour la mise en scène, comme toujours déplorable. M lle Armand, comme\njeu et comme interprétation, est une admirable Dalila; mais cette voix,\ndevenue complètement hétérogène, est désastreuse! M. Cossira fait Samson\ncomme il a fait Tristan, comme il fait tous ses autres rôles, correctement,\nmais sans jamais parvenir à donner à aucun une physionomie.\n                                          ***\n    C'est le vaillant Quatuor Crickboom, Angenot, Miry et Gillet, avec\n MlleLouisa Merck, qui a ouvert la saison des concerts consacrés, l'un aux\n classiques, l'autre aux modernes. Interprétation impeccable du Treizième\n Quatuor de Beethoven et de la Sonate en mi bémol pour piano et violon,\n du même, par M. Crickboom et M lle Merck, puis exécution chaleureuse et\n mouventée du Quatuor à cordes de Schumann. Le Quatuor à cordes de Grieg\n n'est certes pas ce que celui-ci a fait de meilleur. Surtout au point de vue de\n la musique de chambre proprement dite, on dirait plutôt d'une grande fan-\nfaisie où des rythmes de danses populaires et des harmonisations « à la\n Grieg » habillent quelques thèmes d'inspiration assez courte. La Sonate\nde Saint-Saëns pour violoncelle et piano, magistralement enlevée par\n M. Gillet et M lle Merck, est d'une inspiration plus virile et d'une conception\nautrement ferme.\n    L'intérêt de la première séance résidait surtout dans le Quatuor\n inachevé (1) de Guillaume Lekeu pour piano et cordes. Plus on entend de\ncet artiste, plus on déplore sa mort prématurée et l'on admire son talent.\n Par exemple, il n'y faut pas chercher une forme bien nette et un plan fer-\nmement conçu, comme dans Saint-Saëns; on doit aussi discuter certaines\nrecherches de sonorités ahurissantes et, en plusieurs endroits, des accumu-\nlations d'harmonies hétérogènes qui, dans un mouvement rapide, s'en-\ntassent et s'enchevêtrent en une confusion discordante, quoi qu'en dise mon\nexcellent ami Crickboom. Mais, incontestablement, l'artiste, jeune encore,\nserait revenu en arrière. Ce qui lui serait resté, c'est son métier étonnant,\nsa nature de poète. La personnalité fine et attendrie qui se dégage déjà de\nses premières œuvres n'aurait fait que s'accuser davantage et l'art belge\naurait, j'en suis convaincu, compté un maître de plus. Il y a dans\nce Quatuor des choses d'une grandeur et d'un emportement admirables,\net, surtout, des passages d'une tendresse et d'une mélancolie qui arrache-\nrait des larmes aux plus indifférents. Aussi, l'œuvre, interprétée avec cha-\nleur, enthousiasme et passion, avec une très grande délicatesse de nuances,\na été fortement acclamée.\n    La salle de l'antique hôtel de Ravenstein (complètement gâtée, soit dit\nen passant, par la cruelle lumière blanche des « becs Auer » que l'on y a\ninstallés) était bondée. Ces deux séances n'ont fait qu'établir plus fortement\n\n\n  (1) La première partie est intégralement de la main de Lekeu. La mort l'a surpris avant\nqu'il pût terminer la seconde, dont Vincent d'Indy a écrit une quarantaine de mesures.\n"}, {"page_pdf": 513, "page_imprimee": 462, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2928, "texte": "                                  — 462 —\n\nla réputation des jeunes quartettistes et de leur collaboratrice MIle Louisa\nMerck. Ce qui leur manque encore ne s'acquiert que par de longues années\nde coude à coude : c'est un sentiment à la fois homogène et spontané,\nsubstitué à la seule autorité du chef, cependant indispensable pendant les\npremières années pour l'unité de l'interprétation. En attendant, on doit\nlouer la remarquable technique et l'exactitude méticuleuse de chacun des\nexécutants. Tout spécialement, le jeu de Mlle Merck, autrefois un peu ner-\nveux et variable, a énormément gagné, tant, en virtuosité proprement dite\nqu'en fermeté et en égalité dans l'interprétation.\n\n                                       ***\n    A la séance publique de l'Académie (classe des Beaux-Arts), on a entendu\n la cantate Macbeth de M. Lunssens, second prix au grand concours de\n composition musicale de 1893. Un jeune aussi, M. Lunssens, un très jeune\n même, — et avec cela terriblement ferré sur la musique. Ceux qui connais-\n saient l'auteur avaient confiance, et cette confiance a été pleinement justi-\n fiée. La Macbeth de M. Lunssens a paru supérieure à celle de M. Mortel-\n mans, qui avait remporté la palme. La conception dramatique est plus\n profonde, l'accent plus sincère, l'idée plus prime-sautière, l'harmonisation\n plus intéressante, l'orchestration plus riche. Du commencement à la fin de\nla cantate, l'intérêt reste puissant. Par exemple, une mélodique heurtée,\nassez courte, et surtout une écriture excentrique dans les parties vocales,\nqui ne le sont que modérément. Se méfier des moder'nes, et se dire que\nleurs artifices harmoniques peuvent parfaitement s'allier à une partie vocale\ncohérente et bien dessinée, si pas véritablement mélodique. M. Lunssens,\nqui dirigeait, a fait preuve d'une fougue et d'une exubérance incroyables.\n    Pour finir, je n'étonnerai personne en disant que M. Lunssens, pas\n« poseur » du tout, et fréquentant peu les « milieux artistiques », a vu\nla presse quotidienne accueillir son œuvre avec un scepticisme goguenard\net une indifférence — feinte ou réelle — peu encourageante.\n    I1 est juste d'ajouter que M. Lunssens est Belge, — et qu'il est jeune.\nAlors...\n\n\n   L'Octuor vocal (direction M. Soubre), a donné à la Grande-Harmonie\nson audition annuelle de musique ancienne, avec le concours de\nMM. Agniez et Kéfer. Cette excellente association a fait dans les derniers\ntemps de grands progrès; on a fortement goûté les morceaux de musique\nsacrée et profane des XVe, XVIe et XVIIe siècles, très bien interprétés par le\npetit ensemble mixte. M. E. Agniez a fait entendre des pièces pour la viole\nd'amour, dont les sept cordes ne semblaient aucunement gêner l'habile\nvioloniste. Enfin, pour que rien ne détonnât au milieu de cet archaïsme,\nM. Kéfer a joué sur le clavecin un fragment de Bach et des pièces d'anciens\nclavecinistes flamands.\n\n                                     ***\n"}, {"page_pdf": 514, "page_imprimee": 463, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3163, "texte": "                                 — 463 —\n\n   La société allemande Deutscher Gesang Verein a donné son premier\nconcert de cet hiver, sous la direction de M. L. Wallner, notre excellent\ncollaborateur et ami. Depuis qu'il en a pris la direciion, M. Wallner a fait\nfaire à la société des progrès énormes, tant sous le rapport de l'ensemble\nque sous celui du caractère artistique. L'interprétation a été, dans les\nLiebeslieder-Walzer de Brahms, d'une intensité de sentiment et d'une\nvariété d'expression remarquables ; ces merveilleux petits poèmes ont été le\nclou de la soirée. On a applaudi également de vieux chants populaires\nnéerlandais arrangés à quatre voix d'hommes, et un chœur de Rheinberger,\nLockung, agréable de couleur et d'une jolie, sonorité. Les solistes étaient\nM. Ed. Jacobs, le violoncelliste favori du public, et Mlle von Wenz, une\ncoloratur-sängerin (vocaliste), qui s'est livrée à une débauche de trilles,\narpèges et roucoulades variées. Ceux qui aiment ça ont dû se trémousser\nd'aise dans leur stalle. L'auditoire a fait fête à M. Wallner, dont ce succès\ncouronnait à juste titre l'opiniâtre et patient labeur.\n   Pendant que j'en suis à parler de M. Wallner, je rappellerai les instruc-\ntives conférences du Cours de l'histoire du piano et de sa littérature, dont\nil vient de reprendre la série chez Mlle Desmet, rue de la Presse, 45. Le\nsavant conférencier, toujours aidé de Mlle Heberechts, pianiste, s'occupera\ncette année des écoles contemporaines.\n\n\n\n   Le programme du premier Concert populaire resplendissait d'éclectisme:\ndu classique, du russe, du français, du Wagner; toute la lyre !\n   L'ouverture du Songe d'une Nuit d'été de Mendelssohn a été merveil-\nleusement détaillée, comme il fallait s'y attendre avec ce quatuor hors\nligne qui fait la gloire de l'orchestre des Populaires. Le scherzo surtout\nétait une véritable dentelle ; quelques attaques hésitantes des bois dans les\npremiers accords. La Symphonie de Vincent d'Indy sur un thème monta-\ngnard français, pour orchestre et piano (remarquez l'inversion de l'habi-\ntuelle formule) est une oeuvre bien française, délicate, gracieuse, très\nimprégnée de poésie, comme toutes les oeuvres du jeune musicien français,\nun rêveur, un poète dans toute la force du terme : bien que parfaitement\nclassique, le plan de l'œuvre ne paraît pas nettement établi, à cause d'un\nprocédé d'instrumentation qui fait passer un thème de l'un à l'autre instru-\nment, ce qui produit à première vue l'effet d'une mosaïque de fragments\nhétérogènes. On a surtout goûté le finale, superbe d'allure et de couleurs.\n   M. Philipp, auquel la Symphonie de Vincent d'Indy n'avait laissé qu'un\nrôle très modeste, s'est rattrapé dans la Fantaisie de M. Bernard pour piano\net orchestre (a. piano, b. orchestre). M. Philipp joint à un mécanisme très\nsérieux cette féminine élégance, ce sentiment distingué et discret, presque\ntimide, qui caractérise en général les pianistes français. On l'a beaucoup\napplaudi, mais non cette ' Fantaisie de Bernard, une œuvre indigeste,\npénible, d'une lourdeur vulgaire. Lui serait-elle dédiée, par hasard?\n   Une petite merveille, ce Conte féerique de Rimsky-Korsakow, illustra-\n"}, {"page_pdf": 515, "page_imprimee": 464, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2501, "texte": "                                       — 464 —\n\n  tion musicale du prologue de Russlan et Ludmila de Poushkine (1).\n  Rimsky-Korsakow, l'un des chefs de la jeune école russe, peut être consi-\n déré comme l'orchestrateur le plus adroit et le plus original de tous les com-\n positeurs contemporains. Ce Conte féerique, dont l'argument, des plus\n ingrats, obligeait l'auteur à une juxtaposition de petits tableaux musicaux\n sans lien ni suite, est vraiment exquis de grâce, de poésie et d'esprit, avec\n des trouvailles de timbres et de sonorités. MM. Marchot et Anthony ont\n joué les soli dans la perfection. Espérons que les Concerts populaires nous\n donneront encore des œuvres de Rimsky, par exemple les admiiables\n Pâques russes, tant applaudies il y a quelques années.\n    On a encore entendu l'entr'acte-épithalame de Grvendoline, une délicate\n page de Chabrier où se manifestent curieusement les trois écoles qui, dans\n les dernières années, influencèrent simultanément la personnalité délicate\n mais incertaine de Chabrier : l'école mélodique de Gounod et Bizet, la\n recherche de sonorités et d'harmonies de la jeune école française, avec les\n formules wagnériennes des « retards montants », etc. (A certains points de\n vue, cet entr'acte de Gwendoline est une véritable pastiche de Tristan et\n Iseult.)\n    L'ouverture de Tannhàuser, vigoureusement enlevée, terminait ce beau\n concert, qui a valu à Joseph Dupont et à ses excellents artistes les applau-\n dissements les plus mérités.\n                                        ***\n     Le Théâtre de la Monnaie a monté deux nouveaux opéras de Massenet.\n Il est difficile de juger des œuvres d'une inexistence artistique avérée, quand\n elles n'ont même pas pour excuse la jeunesse, l'inexpérience ou la naïveté\n de l'auteur. Toute cette quantité d'opéras dont Massenet encombre « le\nmarché », Esclarmonde, Thaïs, le Mage, le Portrait de Manon, la Navar-\nraise, toute cette production malsaine, poussive, sans sincérité et sans viri-\nlité, toutes œuvres à peine apparues, sitôt oubliées, rappellent irrésisti-\nblement la réponse de Berlioz à Panseron qui, dans un concert, après\nl'exécution d'une sienne composition, s'approcrnnt de l'auteur des\n Troyens :\n    « Hé bien, Monsieur Berlioz, qu'en pensez-vous?\n    — Je n'en pense rien, Monsieur Panseron.\n    — Et pourquoi cela, s'il vous plaît?\n    — Parce que, pour en penser quelque chose, je devrais y penser ! »\n                                                                 E R N E S T CLOSSON"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-014", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": 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Iwan Gilkin a été nommé direc-"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 139, "fin_caractere_exclue": 182, "texte": "teur de la Jeune Belgique      pour l'année"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 322, "fin_caractere_exclue": 363, "texte": "Nous recevons de feu le docteur Yalentin,"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 412, "fin_caractere_exclue": 449, "texte": "Champs-Elysées, 69, le prospectus que"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 498, "fin_caractere_exclue": 505, "texte": "voici :"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 608, "fin_caractere_exclue": 618, "texte": "NOVA VERBA"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 713, "fin_caractere_exclue": 752, "texte": "L'instant nous paraît venu de reprendre"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 801, "fin_caractere_exclue": 811, "texte": "la parole."}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 864, "fin_caractere_exclue": 905, "texte": "I1 y a quinze ans, le Journal des Gens de"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 954, "fin_caractere_exclue": 997, "texte": "lettres belges a — le premier — « poussé le"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 1046, "fin_caractere_exclue": 1091, "texte": "cri de guerre, clamé le branle-bras, sonné le"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 1140, "fin_caractere_exclue": 1183, "texte": "glas des réputations usurpées, la réhabili-"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 1232, "fin_caractere_exclue": 1276, "texte": "tation de nos gloires méconnues, et l'avène-"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 1325, "fin_caractere_exclue": 1367, "texte": "ment glorieux d'une génération nouvelle »."}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 1416, "fin_caractere_exclue": 1460, "texte": "(Journal des Gens de lettres belges, 3 e an-"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 1509, "fin_caractere_exclue": 1520, "texte": "née, n° 7.)"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 1572, "fin_caractere_exclue": 1604, "texte": "Les faits nous ont donné raison."}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 1656, "fin_caractere_exclue": 1693, "texte": "Charles De Coster, que certains mêmes"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 1742, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "de nos gouvernants ignoraient, a aujourd'hui"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 1835, "fin_caractere_exclue": 1875, "texte": "son monument. Van Hasselt et Octave Pir-"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 1959, "fin_caractere_exclue": 1999, "texte": "mez l'auront bientôt. Camille Lemonnier,"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 2048, "fin_caractere_exclue": 2085, "texte": "Godefroid Kurth, Georges Eekhoud sont"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 2134, "fin_caractere_exclue": 2174, "texte": "célèbres. Il ne dépendra pas de nous que"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 2223, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "Benoît Quinet et Coomans n'obtiennent jus-"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 2314, "fin_caractere_exclue": 2326, "texte": "tice demain."}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 2378, "fin_caractere_exclue": 2416, "texte": "Emile Verhaeren, le Verhaeren des Fla­"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 2465, "fin_caractere_exclue": 2505, "texte": "mandes et des Moines, Georges Rodenbach,"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 2554, "fin_caractere_exclue": 2591, "texte": "Albert Giraud, Iwan Gilkin, Emile Van"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 2640, "fin_caractere_exclue": 2681, "texte": "Arenbergh, Valère Gille, Fernand Séverin,"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 2730, "fin_caractere_exclue": 2769, "texte": "chez nos poètes ; Edmond Picard, Octave"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 2818, "fin_caractere_exclue": 2857, "texte": "Maus, Francis Nautet, Pol Demade, Louis"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 2906, "fin_caractere_exclue": 2949, "texte": "Delattre, chez nos prosateurs, ne sont plus"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 2998, "fin_caractere_exclue": 3042, "texte": "à discuter. Ils brillent au premier rang, et"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 3091, "fin_caractere_exclue": 3134, "texte": "quelques autres les suivent non sans éclat."}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 3183, "fin_caractere_exclue": 3225, "texte": "Ils ont largement tenu leurs promesses, et"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 3274, "fin_caractere_exclue": 3317, "texte": "si, comme on l'a dit, notre esprit national"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 3366, "fin_caractere_exclue": 3408, "texte": "n'était en vérité l'esprit de dénigrement,"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 3457, "fin_caractere_exclue": 3500, "texte": "nous serions tous d'accord sur ces noms-là."}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 3552, "fin_caractere_exclue": 3592, "texte": "Autour d'eux, et aussi en province, nous"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 3641, "fin_caractere_exclue": 3683, "texte": "ne manquons plus d'écoles d'application où"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 3732, "fin_caractere_exclue": 3772, "texte": "de nombreux sous-lieutenants' de lettres"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 3821, "fin_caractere_exclue": 3844, "texte": "bataillent avec ardeur."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "Nous avons enfin des littérateurs qui écri-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 149, "fin_caractere_exclue": 191, "texte": "vent avec une verve et un esprit bien per-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 240, "fin_caractere_exclue": 277, "texte": "sonnels, et qui écrivent en français."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 302, "fin_caractere_exclue": 339, "texte": "Il n'y en a pas encore beaucoup, nous"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 395, "fin_caractere_exclue": 437, "texte": "l'accordons, mais il y en a. Et le bon ton"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 489, "fin_caractere_exclue": 534, "texte": "n'est plus de les ignorer ou d'en parler avec"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 564, "fin_caractere_exclue": 607, "texte": "un indulgent sourire. Il faut tout au moins"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 660, "fin_caractere_exclue": 702, "texte": "feindre de les connaître. Ils ont droit de"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 756, "fin_caractere_exclue": 787, "texte": "cité et ils trouvent de l'écho."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 854, "fin_caractere_exclue": 879, "texte": "C'est un progrès immense."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 946, "fin_caractere_exclue": 983, "texte": "Malheureusement notre snobisme panur-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1018, "fin_caractere_exclue": 1063, "texte": "gien n'a fait que changer d'objet. Plus d'une"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1113, "fin_caractere_exclue": 1153, "texte": "bonne volonté s'égare. Au cynique dédain"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1209, "fin_caractere_exclue": 1250, "texte": "d'autrefois, succèdent des engoûments qui"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1302, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "n'ont pas le sens commun. Et personne, ou"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1394, "fin_caractere_exclue": 1426, "texte": "presque personne, n'ose le dire."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1489, "fin_caractere_exclue": 1519, "texte": "Et bien, nous le dirons, nous!"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1551, "fin_caractere_exclue": 1588, "texte": "Et surtout nous prouverons nos dires."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1646, "fin_caractere_exclue": 1685, "texte": "Assez d'affirmations gratuites, de com-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1740, "fin_caractere_exclue": 1783, "texte": "mode goguenardise, d'appréciations au petit"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1836, "fin_caractere_exclue": 1882, "texte": "bonheur !... Assez de « ah ! » et de « oh ! »,"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1932, "fin_caractere_exclue": 1978, "texte": "d'yeux blancs, de fronts plissés et de narines"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2023, "fin_caractere_exclue": 2067, "texte": "palpitantes!... De tels « états d'âme » sont"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2117, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "tout de pose et d'hypocrisie."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2213, "fin_caractere_exclue": 2247, "texte": "Des preuves! toujours des preuves."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2307, "fin_caractere_exclue": 2347, "texte": "La preuve est la terreur des snobs. Elle"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2397, "fin_caractere_exclue": 2442, "texte": "suffit à les méduser, et pour cause : quatre-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2493, "fin_caractere_exclue": 2535, "texte": "vingt-quinze fois sur cent, ils sont d'une"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2590, "fin_caractere_exclue": 2631, "texte": "stupéfiante ignorance, et les cinq autres"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2680, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "sont des couards, esclaves de leur milieu."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2779, "fin_caractere_exclue": 2821, "texte": "Nous le leur ferons voir, et nous espérons"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2869, "fin_caractere_exclue": 2916, "texte": "rullierainsi les bons esprits qui, trop occupés"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2962, "fin_caractere_exclue": 3005, "texte": "d'autres soins, ont eu peut-être le tort de"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3054, "fin_caractere_exclue": 3097, "texte": "prendre distraitement pour un corps d'élite"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3151, "fin_caractere_exclue": 3193, "texte": "l'ataxique et bêlant défilé des malades de"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3208, "fin_caractere_exclue": 3246, "texte": "Max Nordau sous leur houppelande d'hô-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3306, "fin_caractere_exclue": 3312, "texte": "pital."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3393, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "De longue date nous connaissons l'im-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3457, "fin_caractere_exclue": 3502, "texte": "pertinence d'une partie de la jeune critique."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3503, "fin_caractere_exclue": 3541, "texte": "Nous savons son vocabulaire poissard :"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3542, "fin_caractere_exclue": 3587, "texte": "« Pions! cuistres! gâteux ! idiots ! vieilles"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3634, "fin_caractere_exclue": 3673, "texte": "badernes! perruqueux! académiciens! ga-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3725, "fin_caractere_exclue": 3768, "texte": "gas ! Homais! cantate! style pompier! vieux"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3821, "fin_caractere_exclue": 3862, "texte": "jeu 1830! » Pions, surtout! Pions, encore"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3905, "fin_caractere_exclue": 3946, "texte": "et toujours!... et c'est à peu près tout."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3950, "fin_caractere_exclue": 3987, "texte": "C'est de l'indigence. C'est un bagage"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3988, "fin_caractere_exclue": 4029, "texte": "loqueteux tout simplement. Nous l'augmen-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 4030, "fin_caractere_exclue": 4070, "texte": "terons avec générosité, nous renipperons"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 4071, "fin_caractere_exclue": 4112, "texte": "même charitablement ses possesseurs, s'il"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 4113, "fin_caractere_exclue": 4124, "texte": "le faut...'"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 4128, "fin_caractere_exclue": 4170, "texte": "Si peu terribles que soient ces gros mots,"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 148, "texte": "il est maintenant établi qu'ils suffisent, quand"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 199, "fin_caractere_exclue": 239, "texte": "on est en nombre, pour régner au pays de"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 290, "fin_caractere_exclue": 298, "texte": "Panurge."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 353, "fin_caractere_exclue": 394, "texte": "Ils ont suffi tout au moins pour y égarer"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 445, "fin_caractere_exclue": 488, "texte": "l'opinion et pour y imposer des admirations"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 539, "fin_caractere_exclue": 563, "texte": "absolument injustifiées."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 618, "fin_caractere_exclue": 659, "texte": "C'est contre ce snobisme-là que nous vou-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 710, "fin_caractere_exclue": 755, "texte": "lons réagir. Ce sera notre objectif principal"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 806, "fin_caractere_exclue": 850, "texte": "en « rentrant dans l'arène » un peu en oncle"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 901, "fin_caractere_exclue": 942, "texte": "Fouettard pour les uns, en Statue du Com-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 993, "fin_caractere_exclue": 1017, "texte": "mandeur pour les autres."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1072, "fin_caractere_exclue": 1112, "texte": "La Jeune Belgique, après quelques attra-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1163, "fin_caractere_exclue": 1208, "texte": "pades qui ne lui ont pas été inutiles et dont"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1259, "fin_caractere_exclue": 1301, "texte": "elle se souvient toujours, a conduit jadis"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1352, "fin_caractere_exclue": 1393, "texte": "nos funérailles. 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Nos meilleurs critiques de"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2354, "fin_caractere_exclue": 2396, "texte": "prose, — nous le démontrerons, — sont, sur"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2447, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "ce terrain-là, d'une regrettable incompétence"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2547, "fin_caractere_exclue": 2589, "texte": "Et maintenant il nous reste à saluer ceux."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2640, "fin_caractere_exclue": 2679, "texte": "de nos confrères belges que nous allons"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2730, "fin_caractere_exclue": 2775, "texte": "combattre : ils auraient tort de ne pas voir,"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2826, "fin_caractere_exclue": 2868, "texte": "dans nos assauts les plus vigoureux et les"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 2919, "fin_caractere_exclue": 2961, "texte": "plus répétés, autant de marques d'une par-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3012, "fin_caractere_exclue": 3053, "texte": "ticulière estime et d'un sincère intérêt."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3108, "fin_caractere_exclue": 3150, "texte": "Nous ne croiserons pas le fer avec tout le"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3201, "fin_caractere_exclue": 3207, "texte": "monde."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3269, "fin_caractere_exclue": 3305, "texte": "Le Directeur-Rédacteur      en chef,"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3371, "fin_caractere_exclue": 3389, "texte": "Dr EMILE VALENTIN."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3442, "fin_caractere_exclue": 3456, "texte": "Décembre 1894."}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3595, "fin_caractere_exclue": 3633, "texte": "Nous ne croyons pas pouvoir mieux ter-"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3684, "fin_caractere_exclue": 3724, "texte": "miner l'année qu'en conviant nos abonnés"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3775, "fin_caractere_exclue": 3820, "texte": "et nos lecteurs à pousser un zut retentissant"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 3871, "fin_caractere_exclue": 3904, "texte": "en l'honneur de l'Art    moderne."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-015", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 467, "page_fin": 470, "titre_corps": "Table alphabétique des matières", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "TABLE ALPHABÉTIQUE", "ancre_fin": "Maïkoff", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 518, "page_imprimee": 467, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2299, "texte": "TABLE                 ALPHABÉTIQUE\n                          DES   MATIÈRES\n                CONTENUES DANS LE TOME TREIZIÈME DE\n\n                        LA JEUNE      BELGIQUE\n\n\n           Arnay (Albert).                   Delville (Jean).\nVers                            58 Le Glaive des dieux . . . .             83\n                                   Octave Pirmez                          347\n         Chainaye (Hector).\n                                   Imperator                              425\nL'Hôtellerie de l'amour. . 60, 106 Tête d'ombre                           425\n       Gartuyvels (Maurice).       La Prière d'un mage. . . .             426\n                                   Splendor                               426\nSonnets :\n La Jeunesse d'Athènes . .      66       Desombiaux (Maurice).\n  Richelieu                    148 Comment Notre-Dame de La\n Elagabale                     149   Vaux                                  66\n  La Mère des Gracques . . 221 Au jardin de sérénité          . .         150\n Salamine . .                  221 Aux cabarets de la Sambre. .           301\n La dernière aventure du           Comment Anselme fut puni\n    roi Louis XV . . . . 423            de ses forfaits par le grand\n  A u Musée ancien . . . .      424     saint Ursmer                      444\n  Allaitement                   431\n                                                Desgenêts (Joseph).\n          Closson (Ernest).           Royauté                             417\nChronique musicale 90, 130, 194, 259          Destrée (Jules).\n                                460 Notes sur les Primitifs d'Espa-\nBibliographie musicale. . 94, 400    gne. . . .        81, 153, 222, 314\n       De Busscher (Lucien).                Dullaert  (Maurice).\nSoirs d'hiver                   152   Pour une que je sais.   .   .   .   122\n                                                 Dupont (Arthur).\n          Delattre (Louis).\n                                      Le Rêve déçu                        452\nAu Rendez-vous des Wallons. 37\n                                 Palais mystique                          453\nEx-voto de pierre bleue. . . 144\nLes Bons Aoûterons. . . . 201            Eekhoud (Georges).\nLa Musique du braconnier . 407 Climatérie                                   7\n"}, {"page_pdf": 519, "page_imprimee": 468, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3285, "texte": "                                        — 468 -\n\nLe Stryge                               233      La Chanson des têtes blan­\nLe Coq rouge.     . . . . .             263      ches                               443\n                                              L e Banquet                           383\n       Fierens-Gevaert (H.).\n                                              C h r o n i q u e littéraire. 123,224,428\nLe Rêve de Fra Angelico .           .   292\n           Gilkin (Iwan).                                  Gille (Valère).\nSatan :                                      Le Corsaire                            43\n  Narcisse                               22 Les Lèvres                              46\n  Le Dieu noir                           2 3 Les Ruines                             47\n  Regret                                 24 L'Enfant à la panthère . . .           140\nPetites chansons :                           L'Aurore                              177\n  Noël                                   25   Sonnets :\n  Les Poètes                             25     La Source magique . . .            238\n  Le Nénuphar                            26     L'Art                              238\n  La Joie .           . . .              26   Bonheur d'automne .                  284\n  L'Aubépine.      . . . .               27   Pervigilium veneris .                286\n  Le Départ . . . . . .                  28   Odelettes arlequines :\n  Les Yeux                               28\n  Chanson mystique . . .                 29     Propagande par le fait\nLe Vers libre . . . . . .               137     La Lyre       . . . .\n                                                Odelette pour conspua le\nLe Cerisier fleuri :                               moyen-âge     . . .   390\n  Réfraction                     169            Boniment . .             390\n  Lâcheté.   . .       .    .   .170          La Muse tragique . .       414\n  Crise                          170          Stérilité                  415\n  Sagesse . .          . . . .   170          Post-scriptum. . .         416\n  A Jeanne                       171          La Vie illusoire . . .     449\n  Devant le vin                  172          Post-scriptum . . .        450\n  Au bord du lac       . . . . 172            Chronique théâtrale. .     432\n  Rupture                        173\n                                                          Giraud (Albert).\n  Les Iris                       174\n  L'Acacia rose.       .     . . 277          A nos lecteurs                  5\n  Romance                        278          Epigraphe romantique . . .     72\n  La Fiancée                     278          La Tentation de Sandro Botti-\n  Le Vin                         279            celli                       211\n  En Bateau                      279          La Blessure étoilée . . . .   248\n  La Coupe                       439          Fichez-nous la paix ! . . . 289\n  Les Branches de lilas . . 439\n                                           Goffln (Arnold).\n  L'Hiver du c œ u r . . . . 440\n  Chansonnettes allemandes . 440 Hélène ^suite). . . 30,178,214\n  Chansonnette    antique       .   . 442 Chronique littéraire . 86, 113, 160\n  Aphorismes,                         443                   249,350,393,454\n"}, {"page_pdf": 520, "page_imprimee": 469, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2898, "texte": "                                       469 —\n\n         Hennebicq (Léon).                 Sonnet                            183\nDépart                               341               Maubel (Henry).\n            Huber (E.-J.).                 A ceux de la Jeune Belgique . 282\nChanson                              183\nLa Mort et le Temps .                183      Miriam (Zenon Przesmycki).\nLe Temps                             184   Les Soirs dans les montagnes.      75\n                                           Le Sonnet                          77\n         Jeune Belgique (la).\n                                           Prologue                           78\nEncore le prix quinquennal .         174   Épilogue                           79\nNotes pour une histoire de\n  l'esprit belge                     261                    Nemo.\nLe Monument Decoster. .              280   Memento . . 99, 134, 165, 198,\n         Jhouney (Alber).                    230, 263, 325, 354, 402, 433, 465\n\nLe Renoncement des rois . .                      Remouchamps (Victor).\n                                     119\nVision d'un matin d'hiver .          120   Légende                            85\nSensation d'automne                  120   Cabotins                          332\nEn marche vers la seconde\n  mort                                           Rossetti (Dante-Gabriel).\nAux délivrés                         121\n                                           Ave                               319\nLointains .                          334               Ruijters (André).\n             Joukovski.                    Communion                         386\nLa Nuit                              184   D'après Wiertz                    427\nLa Mer                               184\n                                                       Samain (Albert).\nL'Approche du printemps .        .   i85\n                                           Sonnet                            113\n            Keats (John).\nLa Cigale et le Grillon .    .       321            Sante-Martorelli (A.).\n\n          Krains (Hubert).                 Le Mouvement littéraire en\n                                             Italie                          156\nLes Saltimbanques        . . . .      49\n              Maïkoff.                                 Sartorius (E. de).\n\nL'Art                                185   Désespoir                         347\nL'Ange et le Démon.                  186             Severin (Fernand).\nChanson hébraïque .                  186\nLa Mère et les Enfants               186   L'Ombre heureuse . . . .     36\nAnacréon     . . . .                 186   Au jardin du Souvenir . . . 105\nLa Source du rocher                  187   L'Ombre gardienne . . . . 331\n\n         Marlow (Georges).                             Pierron (Sander).\nFragments                             79   Le Père Caillou                   341\n"}, {"page_pdf": 521, "page_imprimee": 470, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 611, "texte": "                                  — 570\n\n         Tibergnien (Paul).                      Viane (Charles).\n(Voir Keats et Rosselli.)               La Rue                           83\n                                        Coin de bois au printemps    .   84\n               Toto.\nOdelette pour célébrer la déca-   349           Wallner (Léopold).\n dence.                               La Littérature belge à l'étran-\n         Verlant (Ernest).              ger                       239, 334\nLeconte de Lisle . . .        . 267   (Voir Huber,    Joukovski    et\nChronique artistique 94, 125,188, 322   Maïkoff  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ ÉDITEUR D", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 522, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR          D E LA J E U N E B E L G I Q U E\n                     31, rue des Paroissiens, 31\n                              BRUXELLES\n\n\n\n                VIENNENT DE PARAITRE\n                      A D O L P H E BOSCHOT\n\n    FAÜNESSES ET BACCHANTES\n                               (SONNETS)\n          Un volume in-16 raisin, simili-japon. Prix: fr. 1-50.\n\n                 MATIN D'AUTOMNE\n                                (POÈME)\n        Un volume in-16 raisin, simili-japon. Prix : fr. 1-50.\n               DU MÊME AUTEUR (sous presse)\n\n  RÊVES BLANCS\n                               (POÈMES)\n\n\n                       En vente :\n                     LOUIS DELATTRE\n  Les Miroirs de Jeunesse\n               Un volume in-18 jésus. Prix : fr. 3-50.\n\n                     ALBERT GIRAUD\nH O R S DU SIÈCLE\n                                   II\n      Sous laCouronne. — Devant le Sphynx.\n        Un volume in-16 raisin, simili-japon. Prix : 3 francs.\n\nBLOY (LÉON) : Histoires désobligeantes                  fr. 3 00\nDIERX (LÉON) : Œuvres complètes, tome          1er          6 00\nFERRERO : Les Lois psychologiques du Symbolisme . . . .     5 00\nFRANCE (ANATOLE) : Le Jardin                  dEpicure            3 50\nLEMONNIER (CAMILLE) : L'Ironique amour             3              50\nSCHURÉ (ED.) : Richard Wagner, son œuvre et son idée. . .         3 50\nVERHAEREN (EMILE) : Almanach, Cahier de vers ornementé\n  par Théo Van Rysselberghe                                       5 00\nVERLAINE : Dédicaces. Edition complète                            3 50\nL'Évangile de l'enfance de N. S. Jésus-Christ, traduit par\n  CATULLE MENDÈS, illustré par Carlos Schwabe                     20 00\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-206", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Catalogue de la librairie Paul Lacomblez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ EDITEUR", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 523, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 5985, "texte": "LACOMBLEZ\n                                         EDITEUR\n       31, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES\n                  Livres de fonds.\nBaudoux (F.)- Rythmes vieux, gris et              Hanneuse (0 ). La Reine Aléna . . (souscrit)\n   roses                               fr. 3 50        —      Sorella                       2 50\nBrabant (V.). Notes de voyage . . . 1 « Itiberê da Cunha (J.). Préludes . . fr. 3 »\nBloy (Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 » Jenart (Aug.). Le Barbare                      2 »\n   Les 3 premiers numéros ensemble 1 » Jeune Belgique (Le Parnasse de la). . 7 50\nBoschot (A). Faunesses et bacchantes. 1 50 Journal d'une ignorante: Sur les Golfes 1 50\n              Matin d'automne . . .         1 50 Justus Severus. Africus                    1 »\nBosiers (E.). Harald-Roi . . . . .          2 » Kahn (Gustave). Chansons d'amant . . 3 50\nCarnet de chasse illustré                  15 »         —      Les Palais nomades . . 3 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 » Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .               2 »\nCourouble (L.). Contes et souvenirs. . 3 50             —      Loth et ses filles . . .     2 »\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 » Landoy (Eug.). Evocations                           3 50\nDa Costa (G.) Grammaireen portefeuille 0 50             —      Maître Martin . . . . 0 50\nDaxhelet (A ) Pages de tendresse vague 3 50 Lautréamont (comte de). Les Chants de\n      —       Nouvelles de Wallonie . 3 50           Maldoror. ,                            3 50\nDe Coster (Ch.). La Légende d'Ulen-               Lemonnier (C.) Paroles pour Georges\n          spiegel                           5 »         —       Eekhoud            0           50\n      —        Légendes flamandes . . 3 50              —      Discours d'inauguration\n                  (Voir Lemonnier.)                  du monument Ch. De Coster, avec\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50         extraits d'« Ulenspiegel » et por-\n      —      Les Miroirs de jeunesse . 3 50          trait de Ch. De Coster . . .          .050\nDelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50 Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\n De Haulleville (baron P.). En vacances. 3 50                   (L'Intruse, Les Aveugles. 3 »\n      —      Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »         —       La Princesse Maleine. . 3 50\n      — J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                        —       Serres chaudes . . . .      3 »\n                talat chez les Civilisés. 4 »           —       L'Ornement des noces spi-\n Demolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                            rituelles                4 »\n      —         Impressions d'Art. . . 3 »              —       Les Sept Princesses . . 2 «\n      —         James Ensor . . . .         3 »         —       Pelléas et Mélisande . . 3 50\n De Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 »                        (Voir Emerson.)\n De Régnier. Le Bosquet de Psyché . 2 » Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam . . 3 »\n De Tallenay (J.). L'Invisible . . . . 3 50 Maubel (Henri). Miette                           2 50\n Desombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »              —       Etude de jeune fille -. . 3 50\n Destrée (Jules). Journal des Destrée        1 »        —       Quelqu'un d'aujourd'hui. 3 50\n Dulac (Paul). Vingt-cinq sonnets . . 1 50 Picard (E.). El Moghreb al Aksa . . 4 »\n Dupont (A.). L'Envol des rêves . . .        2 »        —       Scènes de la vie judiciaire 4 »\n Eekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50             —       Vie simple . . '. . . 3 »\n       —       La Nouvelle Carthage. . 4 » Pierron (Sander). Pages de Charité                3 50\n       —       Les Fusillés de Malines . 3 50 Pléiade (La). Première année (1889) . 3 »\n       —       Au siècle de Shakespeare. 3 » Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n       —       Kees Doorik                   3 50 Rodenbach. Le Foyer et les champs . 1 »\n       —       Kermesses                     5 » Rommelaere (J.). Ma semaine, 1892-93. 2 »\n Elskamp (Max). Dominical . . . .            2 «        —        Ma semaine, 1894 . . .      2 »\n       —       Salutations, dont d'angé-           Severin (Fernand). Le Lys                 2 »\n    liques                                   3 50          —           Le Don d'enfance . 2 »\n Emerson. Sept Essais, avec préface de             Sigogne (E.). Contes merveilleux . . 3 »\n    Maeterlinck . . . . . . . .              3 50 Sluyts(Ch.). L'Appel des voix . . .        2 »\n Garnir (Georges). Les Charneux. . . 3 50                —       Notes d'être                3 »\n       —       Contes à Marjolaine           3 50 Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 >>\n Gilkin (Iwan). Stances dorées . . . 1 » Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut. . . 3 50\n Gille(Valère) Le Château des merveilles 2 » Van Lerberghe (Ch.). Les Flaireurs . . 1 »\n Giraud (Albert). Hors du siècle . . .       3 50 Verhaeren (E.). Les Apparus dans mes\n       —       Hors du siècle II : Sous                             chemins                  2 »\n                  la Couronne. Devant le                —        Les Moines                  3 »\n                  Sphynx                     3 00 Villiers de l'Isle-Adam. Premières Poé-\n       —       Pierrot lunaire . . . .       2 »      sies                                   3 50\n       —       Pierrot Narcisse . . . 2 »                —       Morgane                     5 »\n       —       Dernières Fêtes. . . . 2 » Waller (Max). La Flûte à Siebel. . . 3 50\n       —       Le Scribe                        1        —       Daisy                       3 »\n Hannon (Théo). Noëls fin de siècle . . 3 » X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé).\n       —       Au pays de Manneken-Pis 4 «\n\n              Dépôt des Revues Françaises :\n   La Plume, fr. 0-50; franco, fr. 0-55.— Le Mercure de\nFrance, 1 franc; franco, fr. 1-25.—L'Ermitage, fr. 0-80;\nfranco, fr. 0-90. —L'Ymagier, 3-50; franco, 3-60.\n                     Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 32, rue de l'Industrie\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1894-12-n12-207", "volume": "ELB-ULB-516421-1894-001-013_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1894-001-013_f.pdf", "ocr_sha256": "a55d3d23f013e8ea477ecf49308afef987cfbb42907badab2a7070ba1702ee5c", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE paraissant", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 525, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 1421, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE\nparaissant le 5 de chaque mois en livraisons formant, par an, un volume\n                            d'environ 500 pages,\n         avec frontispice, titre, couverture et table des matières.\n\n                  PRIX D'ABONNEMENT :\n  BELGIQUE. . 7 fr. par an. — ÉTRANGER. . fr. 8-50 par an.\n\n\n\n   La Jeune Belgique, principal organe de la jeune littérature dans notre\npays, entre aujourd'hui dans sa quatorzième année. Plus unie, plus décidée\net plus ferme que jamais, elle continuera la lutte qu'elle a entreprise en\nconservant à son blason ces deux mots de combat : NE CRAINS.\n\n\n        Fondateur : MAX WALLER (MAURICE WARLOMONT)\nDirecteur ; ALBERT GIRAUD. — Administrateur : HUBERT VAN DIJK\n         Secrétaire de la rédaction ; MAURICE DESOMBIAUX\n\n\n\n           PRINCIPAUX COLLABORATEURS :\n   Albert Arnay, Maurice Cartuyvels, Hector Chainaye, Ernest Closson,\nLucien De Busscher, Louis Delattre, Jean Delville, Maurice Desombiaux,\nJoseph Desgenêts, Jules Destrée, Maurice Dullaert, Arthur Dupont,\nGeorges Eekhoud, H. Fierens-Gevaert, Iwan Gilkin, Valère Gille, Albert\nGiraud, Arnold Goffin, Léon Hennebicq, C.-J. Huber, Alber Jhouney,\nHubert Krains, Georges Marlow, Henry Maubel, Miriam (Zenon\nPrzesmycki), Sander Pierron, Victor Remouchamps, André Ruyters,\nAlbert Samain, A. Sante-Martorelli, E. de Sartorius, Fernand Severin,\nPaul Tiberghien, Toto, Ernest Verlant, Charles Viane, Léopold Wallner,\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 488, "texte": "Décembre 1894.                 T O M E XIII. — N° 12                             14 me Année.\n\n\n\n\nLA\n    JEUNE\n                 BELGIQUE\n                                  SOMMAIRE:\n        Le Cerisier             fleuri           IWAN GILKIN.\n        Comment Anselme fut puni de ses forfaits\n          par le grand saint Ursmer              MAURICE DES OMBIAUX.\n        Vers                                     VALÈRE GILLE.\n        Allaitement                              MAURICE CARTUYVELS.\n        Vers                                     ARTHUR DUPONT.\n         Chronique littéraire :\n           Chants de la pluie et du soleil ; Notes\n             d'être; Le Bonheur irréel; Contes et\n             Légendes ; Notre Art de France ; Pro­\n            pos de littérature ; Uidéoréalisme de\n             quelques écrivains                    ARNOLD GOFFIN.\n         Chronique musicale . . . . . . . .            ERNEST CLOSSON.\n         Memento                                       NEMO.\n         Table des matières.\n\n\n\n\n           REDACTION                                             BRUXELLES\n  4, RUE VANDERLINDEN, BRUXELLES.                           PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                31, rue des Paroissiens\n                                                                      PARIS\n       PRIX DU NUMÉRO                                    C H A M U E L , LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                    29, rue de Trévise\n                 fr. 0-75.\n                                                                        1894\n"}, {"page_pdf": 489, "texte": "                                                                            BELGIQUE\n   BELGIQUE                      NE CRAINS\n\n\n\n\n                                                                  JEUNE\n               JEUNE\n\n\n\n\n                                                             LA\n                       LA\n\n\n                                N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                            PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n   Fondateur       : MAX W A L L E R (MAURICE                WARLOMONT)\n              Directeur : ALBERT GIRAUD, 4, rue Vanderlinden.\nSecrétaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n               7 francs par an — Union postale, fr. 8-5o.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                  des   Capu­\ncines, 16, à Paris.\n\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, Marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E L A P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}, {"page_pdf": 490, "texte": "LE CERISIER FLEURI\n               LA C O U P E\n\n      Prends ce lingot, ciseleur,\n      Et dans l'argent brillant creuse\n      Une coupe bienheureuse\n      Pareille à la rose en fleur.\n\n      N'y grave ni la grande Ourse\n      Dans les cieux éblouissants\n      Ni les flots retentissants\n         Où les nefs bercent leur course.\n\n      Mais la vigne et ses sarments\n      Et les raisins mûrs que foule\n      Une jeune et tendre foule\n      De poètes et d'amants.\n\n      Que leur danse agile presse\n      Dans la coupe un fus doré!\n      Moi, gaîment je mêlerai\n      Mon ivresse à leur ivresse.\n\n\n      LES BRANCHES DE LILAS\n\nUn ami m'a donné des branches odorantes\n        De lilas bleu, de lilas blanc,\nDont la grâce voisine et les douceurs parentes\n        Diffèrent en se ressemblant :\n"}, {"page_pdf": 491, "texte": "                — 440 —\n\nEmblême délicat d'une amitié parfaite\n         Où, sombre ou lumineux, chacun\nLaisse fleurir son cœur que les Muses en fête\n         Parfument d'un même parfum.\n\n\n          L'HIVER DU C Œ U R\n\n    Ah! qui me rendra les beaux jours,\n    Les jours des premières amours?\n    Ah! qui me rendra, fût-ce une heure,\n         Le bonheur que je pleure?\n\n    Tombez, blanches fleurs des pommiers'.\n    Envolez-vous, joyeux    ramiers!\n    Fleurs, baisers, printemps jeune et tendre,\n         Que pourriez-vous me rendre?\n\n    Il est passé, l'été brûlant,\n    Qui dessécha mon cœur -dolent.\n    Hélas! voilà le sombre automne\n        Et l'amour m'abandonne.\n\n    Voilà l'hiver et ses frimas,\n    La neige tombe sous mes pas,\n    La neige tombe sur mon âme.\n        Meurs donc, dernière flamme !\n\n\n  CHANSONNETTES ALLEMANDES\n\n\n\n    Des lumières et des fraîcheurs\n    Dans les prés verts dansent et glissent.\n    C'est avril. Les petites fleurs\n    Joyeusement    s'épanouissent.\n\n    Mon âme, que le gai printemps\n    Effleure aussi du bout des ailes,\n    Sous les cieux bleus et palpitants\n    Voudrait s'épanouir comme elles.\n"}, {"page_pdf": 492, "texte": "            — 441 —\n\n\n\nDans mon cœur, comme un pinson,\nChante, chante une chanson\n        Mignonne ;\nPrends ton vol, ô ma chanson,\nEt de buisson en buisson\n        Résonne !\nVole au bocage où t'attend\nDans l'ombre un peuple éclatant\n         De roses.\nVers elles va-t'en, va-t'en!\nVa! tu dois leur dire tant\n         De choses!\n\n                3\n\nMa bien-aimée a des yeux bleus,\nSi bleus, si doux et si candides\nQu'on croirait voir deux coins des cieux\nRéfléchis au fond d'eaux limpides.\nMa bien-aimée a des yeux bleus,\nSi bleus, si doux et si candides\nQue mon pauvre cœur amoureux\nS'est noyé dans leurs eaux perfides.\n\n                4\nEntends-tu ce que prés d'ici\nChante un oiseau de sa voix tendre'!\nHélas! tu l'entends bien aussi\nMais tu ne veux pas me comprendre.\n\n                5\nNe me dis pas que tu m'aimes,\nEmbrasse-moi seulement,\nPuis, va-t'en! Mes lèvres blêmes\nSavent que ta bouche ment.\nNe me dis pas que tu m'aimes,\nEmbrasse-moi seulement !\nCherchons les baisers suprêmes\nOù l'on expire en aimant.\n"}, {"page_pdf": 493, "texte": "                  442\n\n\n\n Quand se quittent deux amants.\n Accablés par leurs tourments,\n Ils se tiennent par la main\n Pleurant, soupirant sans fin.\n\n Nous, nous n'avons pas pleuré,\n Nous n'avons pas soupiré;\n Les larmes et les regrets\n Ne nous sont venus qu'après.\n\n\n   CHANSONNETTE ANTIQUE\n\n        Moelleusement couché\n        Sous un chêne penché,\n   Soulevant ma coupe d'ivoire\nEn l'honneur des dieux je veux rire et boire.\n\n        L'Amour adolescent\n        L'aile au vent, et troussant\n    Sa robe d'un cordon de soie,\nViendra me servir, tout rose de joie.\n\n        Le temps ailé s'enfuit\n        Comme un char dans la nuit;\n    Et quand nos os gisent sous terre\nNous ne sommes plus qu'un peu de poussière.\n\n          A quoi bon parfumer\n          Les tombes et semer\n    Sur le sol mou du cimetière\nD'inutiles fleurs dont nul n'a que faire'!\n\n         Couronne-moi plutôt\n         D'ache, de mélilot\n    Et de roses pendant ma vie\nEt va, jeune Amour, quérir mon amie!\n\n       Je veux goûter l'oubli,\n       L'oubli du noir souci,\n   Avant que, blême, je me mêle\nAux danses des morts fleuris d'asphodèle.\n"}, {"page_pdf": 494, "texte": "                    — 443 —\n\n\n                 APHORISMES\n          Reste calme, ce n'est rien.\n          A quoi bon ce fol émoi?\n          Rien n'existe hors de toi\n          Qu'autant que tu le veux bien.\n          Chaque homme rêve le monde\n          Selon sa propre puissance.\n          Le monde est sa connaissance\n          Plus ou moins haute et profonde.\n          Se connaître afin de voir\n          Le secret de l'univers\n          A la fois un et divers,\n          C'est la fleur du grand savoir.\n          Une même force, en somme,\n          Vit dans toute créature.\n          Le noyau de la nature\n          N'est-il pas au cœur de l'homme?\n\n\n    LA CHANSON DES TÈTES BLANCHES\n\n          (UNE JEUNE FEMME PARLE :) .\n\nNos têtes deviendront ensemble, disiez-vous.\nBlanches comme la neige aux montagnes glacées,\nBlanches comme la lune au ciel nocturne et doux.\nJe l'apprends aujourd'hui : vous avez deux pensées!\nEt c'est pourquoi je rais me séparer de vous\nUne dernière fois je remplirai mon verre\nDu vin familial dont le vôtre est rempli;\nPuis, je m'embarquerai, je quitterai la terre\nOù vous ne verrez plus pencher mon front pâli,\nEt mon triste vaisseau franchira l'onde amère\nJeunes filles qui vous mariez, vous pleurez!\nNe versez point des pleurs, pourtant, si cette fête\n Vous donne un noble époux tel que vous l'espérez,\nDont la tête blanchisse auprès de votre tête\nEt qui jusqu'à la mort garde ses vœux sacrés.\n                                            IWAN GlLKlN\n"}, {"page_pdf": 495, "texte": "                                 — 444 —\n\n\n\n\nComment Anselme fut puni de ses forfaits\n    par le grand saint Ursmer.\n                                                       A   Mme   JULES DESTRÉE\n\n\n               Le château de Grigniart, perché sur un rocher inaccessible au\n                 confluent de la Sambre et du ruisseau de Bienne lez-Happart,\n                à une demi-lieue de Lobbes, devait encore une fois devenir\n                la terreur des bons religieux, disciples de Mgr saint Ursmer,\nqu'une fois déjà leur bienheureux patron avait délivrés d'un méchant sei-\ngneur, cause de bien des tourments.\n   C'était au temps de Baudouin le-Vieil, comte de Hainaut. Un des barons\nde ce prince avait fait de Grigniart, ancien oppidum gaulois, place forte des\nGrudiens depuis longtemps abandonnée, le manoir redoutable au large\nfossé et aux murs crénelés, à l'abri desquels il pouvait entasser tout ce\nqu'il pillait dans le pays de Liége, le comté de Namur et voire la Lorraine,\naussi bien que dans ses alentours.\n   Aucun bateau, même de l'abbaye, ne passait sur la Sambre sans lui payer\nun tribut élevé ou sans être fortement rançonné par lui. Il poussa l'inso-\nlence jusqu'à baptiser les tours de son repaire des noms des provinces dont\nil avait tiré l'argent nécessaire à la construction.\n   Ceux de Lobbes, à l'extrémité du pays de Liége et aux confins du Hai-\nnaut, sans protection, étaient réduits à une très dure nécessité et contraints\nde prendre la fuite à chaque alarme, afin de préserver leur vie des caprices\nsanguinaires de ce baron féroce, ou de la colère de ceux qui venaient inuti-\nlement assiéger son antre, pour se venger de ses rapines.\n   Bien souvent ce fauve, dont l'impiété était aussi grande que la rapacité,\nenlevait aux pauvres religieux jusqu'aux choses les plus indispensables de\nla vie. Mais ils auraient supporté allègrement ces privations pour mériter\ndavantage les faveurs célestes, si jour et nuit, le son des trompettes ne les\neut distrait du recueillement qui convient aux méditations pieuses,\nn'avait troublé le service divin et par conséquent diminué notablement\nla révérence due aux saints.\n    Les prières, à la fin, furent exaucées et les bienheureux saints Pierre et\nUrsmer, ne pouvant souffrir davantage ces outrages et injures, se dispo-\nsèrent à secourir leurs bons serviteurs.\n"}, {"page_pdf": 496, "texte": "                                  — 445 —\n\n    Une nuit que tout était silence et que l'insigne larron, dégénéré de sa\n noblesse, veillait sur sa couche combinant de nouveaux forfaits pour le\nlendemain, les saints patrons lui apparurent, le regardant d'une face sérieuse\net pleine de menaces. Le confesseur tenait une javeline très effilée avec\nlaquelle il allait porter un coup mortel à ce mauvais, lorsque l'apôtre saint\n Pierre l'empêcha de le toucher et retenant sa main, lui dit ces paroles :\n « Pardonne-lui, mon frère, pardonne-lui, octroie-lui cette grâce en consi-\ndération de ce qu'il a pris la peine d'aller à Rome visiter le lieu de ma sépul-\nture. Mais qu'il se garde de demeurer ici à l'avenir et de molester ultérieu-\nrement nos fidèles serviteurs. S'il ne se comporte pas plus honnêtement,\nle supplice qui lui est à présent différé, ne lui sera pas épargné. »\n   Ces paroles prononcées, les bienheureux disparurent, laissant le seigneur\nà moitié mort de frayeur et d'épouvante. Quand il fut revenu de son pre-\nmier effroi, il abandonna sa couche avec hâte, emplit la demeure de ses\ncris, troussa bagages, sauta en selle et s'enfuit, suivi de la bande désor-\ndonnée de ses reîtres éperdus.\n   Il brûla les lieues traversant Buvrinnes et Binche, sans s'arrêter jusqu'à\nMons où son destrier, de fatigue, s'abattit sous lui. Quand il fut arrivé\nauprès du comte Baudouin le Vieil, il lui raconta par le menu, en présence\nde ses chevaliers, la vision dont il avait été aussi ému. On eût dit Hélio-\ndore narrant sa flagellation et le mauvais traitement qu'il avait reçu lors-\nqu'il s'était avisé de mettre la main sur les trésors des veuves et des orphe-\nlins conservés dans le temple de Jérusalem, disant à tous qu'il devait la vie\nau grand prêtre Onias qui avait prié pour lui. Celui-ci publiait qu'il\ntenait la vie, vraiment, du souverain pontife saint Pierre qui avait empêché\nsaint Ursmer d'exercer la justice divine. Il se fût bien gardé de retourner\nencore dans ce manoir visité par les saints; il y eût plutôt envoyé ses enne-\nmis pour les y voir punis et châtiés comme il l'avait été.\n   Tous ceux qui avaient entendu ces merveilles en étaient demeurés éton-\nnés, et, depuis lors, personne n'avait eu l'audace de s'emparer du château\nhanté. Il resta donc à l'abandon, tombant peu à peu en ruines.\n   On le considérait maintenant comme tout à fait inoffensif. Aussi, quelle\nne fut pas la stupeur des bons religieux et des habitants de Lobbes, lors-\nqu'on apprit qu'une troupe de mauvais gueux s'y étaient réfugiés et for-\ntifiés.\n   Un nommé Anselme, ancien reître du baron, gibier de potence qu'il\navait flairée plusieurs fois, avec une douzaine de compagnons du grand che-\nmin s'en était emparé, y avait donné asile à tous les vagabonds et rôdeurs\ndu pays et formé de la sorte une bande redoutable.\n"}, {"page_pdf": 497, "texte": "                                 — 446 —\n\n   Après avoir causé de très grands et très notables dommages à l'abbaye,\npour mettre le comble aux outrages, ils pillèrent le village de Strée, qui\nappartenait au monastère et, sans aucun égard pour le lieu sacré, prirent\nle principal fermier dans l'église. Ce fermier avait la charge de fournir\ntoutes choses nécessaires pour la nourriture des religieux durant le mois\nde mai suivant ; car il y avait alors un tel ordre dans le monastère, que\ndouze des principaux tenanciers étaient obligés de bailler tous les vivres\nnécessaires pour l'entretien du couvent, chacun à son mois.\n   Le prélat, troublé par ces mauvaises nouvelles, enfourcha sa mule et,\nsuivi de quelques religieux, s'en alla au château de Grigniart, où le fer-\nmier était captif.\n   Là, il fit une sérieuse remontrance et réprimande au ravisseur; mais ce\nfut en vain. L'abbé et ses moines furent contraints de se retirer sous les\nrailleries et les blasphèmes des pillards.\n   A la fin, ne sachant plus où donner de la tête, ils eurent recours à saint\n Ursmer, se remémorant toutes les faveurs et les secours dont il les avait\ngratifiés en de telles occurrences.\n   On se mit à le prier avec ferveur. Le dernier jour d'avril, de grand matin,\nreligieux et chanoines retournèrent au château de Grigniart, portant en\npompe solennelle les reliques de leur bienheureux patron.\n   Le pillard s'était réveillé aux chants liturgiques, il était descendu à la\nporte du château pour écouter la requête de l'abbé, prêt déjà à l'accabler de\nses sarcasmes impies, mais à la vue de la châsse, se sentit troublé, perdit\nla tête et se mit à trembler de tous les membres comme frappé d'une fièvre\nmaligne. Il était tellement dépouillé de sa volonté, qu'on le contraignit à\ndélivrer son prisonnier, à restituer ce qu'il lui avait dérobé et à partir sur\nle champ du manoir dont il s'était emparé.\n   Ce ne fut qu'une heure après avoir quitté le château que les brigands\nrecouvrirent leurs sens et comprirent ce qui s'était passé. Ils voulurent\nrevenir sur leurs pas, mais les religieux avaient laissé une bonne garde à\nGrigniart et ils ne purent y rentrer.\n   La bande se dispersa bientôt non sans avoir rossé Anselme, son ancien\nchef, parce qu'il n'avait pas su résister aux objurgations des religieux pro-\ntégés par les reliques de Mgr saint Ursmer.\n   Les uns se firent dépêcher par les paysans d'alentour du château de\nBeaumont qui se vengèrent de leurs rapines, les autres redevinrent les\nfamiliers de la grand'route pour détrousser les voyageurs. Quant à\nAnselme, après avoir pris le temps de se faire oublier, il reparut à Thuin.\n   Il s'y tint coi pendant quelque temps, ayant tous les dehors d'une vie\n"}, {"page_pdf": 498, "texte": "                                  — 447 —\n\nhonnête. Il s'était fait marchand ambulant pour rôder dans les villages\nvoisins et y guetter les bonnes occasions de rapine. Il feignait de besogner\ntrès durement pour éloigner de lui les soupçons des gens de justice.\n    C'était un très joyeux compère, habile à se faufiler dans la confiance de\nses concitoyens; aussi, au bout de peu de temps, ayant endormi la défiance\nde tous, il se mit à recommencer ses larcins et scélératesses d'autrefois.\n    Des vols se commettaient partout sans que l'on pût deviner celui qui les\nperpétrait.\n    Comment soupçonner un homme dont la vie était si tranquille et si\noccupée par le travail. Plusieurs innocents furent condamnés, mais les\nvols, loin de cesser, continuèrent de plus belle. Les églises mêmes ne\nfurent plus respectées : des objets sacrés et des ornements précieux disparu-\nrent. Or, il advint qu'un jour dans la chapelle du château de Thuin,\nlaquelle avait été élevée en l'honneur du grand saint Ursmer, le larron\ns'introduisit nuitamment par une fenêtre de la sacristie et fit main basse sur\nle calice, le saint ciboire, l'ostensoire et divers ornements gemmés de rubis,\nd'améthystes et de topazes.\n    Il se fait que l'on avait mis là, pour être descendu le lendemain dans\nune petite cave voisine, la provision annuelle du vin destiné au saint sacri-\nfice de la messe. .\n    Notre homme eut tôt fait d'enlever la bonde du quarteau et se mit en\ndevoir, en soûlard qu'il était, de se vider dans le gosier de copieuses\nrasades de ce vin jeune et plein de force. Il plongeait le calice consacré\ndans le fût, l'emplissait à pleins bords et le vidait d'un trait. Le liquide\nruisselait vraiment dans son estomac, il était sucré et parfumé et remplissait\nde joie le drille qui riait d'aise et buvait si goulûment que le vin lui coulait\nsur les joues par les commissures des lèvres.\n    Le bonhomme, après s'être bien gorgé de cette boisson, eut l'idée sau-\ngrenue d'en offrir à saint Ursmer et à sainte Brigitte, dont les statues\n avaient chacune leur autel dans la chapelle. Il s'en alla à tâtons dans\n l'église à leur recherche.\n     Mais le grand saint patron ne lui permit pas ce sacrilège.\n     Les fumées du vin lui montèrent au cerveau et tout se mit à tourner\n autour de lui. En même temps il se sentit brûlé au-dedans, d'un feu intense.\n     Dans son ivresse, il s'imagina qu'il se trouvait au milieu des flammes,\n que tout son corps flambait ; il voulait se sauver mais ne trouvait plus\n d'issue, trébuchait et dégringolait dans les bancs, renversait les chaises.\n  Le feu qui le dévorait devenait plus intense et le faisait hurler. Il criait\n comme un damné, il vociférait, blasphémait, implorait, appelait au\n"}, {"page_pdf": 499, "texte": "                                  -   448    -\n\n secours. Mais le silence seul succédait à ses cris et l'épouvantait; à la fin il\n sentit dans sa main la corde de la cloche à laquelle il se suspendit pour\n sonner, sonner éperdument. La cloche affolée se mit à bondir dans sa tou-\nrelle. Les sons s'en échappaient comme des volées d'oiseaux lugubres pour\ns'éparpiller sur toute la ville. Le veilleur de la tour, croyant à un péril,\ncorna aussitôt. Puis le tocsin fit entendre sa voix sinistre et bientôt toutes\nles cloches de la ville lui répondirent Mais c'était celle de la chapelle qui\ndominait les clameurs de bronze ; elle faisait un vacarme d'enfer, le soûlard\ncramponné à sa corde était soulevé à deux mètres du sol, retombait puis\nrebondissait, emporté par une extraordinaire furie, écumant, fou.\n    Les Thudiniens, réveillés en sursaut par ce bruit, crurent sans doute que\nleur dernière heure sonnait. Depuis les invasions des Normands on n'avait\nplus eu de nuit aussi tourmentée.\n    Quand la première stupeur se fut un peu dissipée et que, réunis dans la\ncour du château et la grand'rue, les hommes en armes se demandèrent le\npéril qui menaçait la ville, le veilleur désigna la chapelle comme ayant\ndonné l'alarme et la continuant avec une frénésie inquiétante.\n    Comme on se dirigeait vers le lieu consacré à saint Ursmer, une certaine\naccalmie commença de se produire. La cloche maintenant hoquetait\ncomme un homme ivre et les intervalles devenaient de plus en plus longs.\nEn même temps l'on entendait de longs hurlements et comme des râles.\n    Quand ils eurent ouvert les portes de la chapelle, ils virent à la lueur des\nflambeaux, le forcené qui continuait à se démener autant que la fatigue et\nl'ivresse le lui permettaient encore.\n    — Au feu, au feu, criait-il avec égarement et hébétude aux arrivants.\n    — Où est le feu, lui dirent-ils.\n    — Ne voyez-vous donc pas que je brûle, les flammes m'entourent, me\nmordent, j'ai des charbons enflammés dans tout le corps.\n    On eut beaucoup de peine à l'arracher à la corde. On vit alors l'église en\ndésordre, les objets sacrés dispersés sur les dalles et les marches de l'autel,\nles bancs et les chaises renversés, le calice déformé, car dans ses titubations\nAnselme avait marché dessus, le quarteau vide et le vin à terre.\n    Alors, tout s'expliqua. On se saisit du sacrilège et on l'envoya dans une\nbasse fosse cuver le vin destiné au saint sacrifice, dont il s'était aussi ample-\nment gorgé.\n    On instruisit contre lui et l'on découvrit l'innombrable série de ses\ncrimes.\n    Le tribunal ecclésiastique le condamna à être brûlé vif.\n    Mais après qu'il eut été roué publiquement sur la cour de la paroisse, le\n"}, {"page_pdf": 500, "texte": "                                 — 449 —\n\nbon abbé de Lobbes, Dom Adelard, intercéda pour lui en raison de son\nrepentir et on se contenta de le brancher à un des arbres qui entouraient\nle château, à la place où fut plus tard le jeu de saint Laurent, car les envi-\nrons étaient peu sûrs, la ville fermée et l'on ne tenait pas à aller jusqu'au\ngibet à mi-chemin de Thuin et de Gozée, où était dressée en permanence\nla potence du bailliage.\n   Ce fut un grand exemple pour la population et un miracle de plus qui\ns'ajouta au livre d'or de Mgr saint Ursmer.\n   Le bienheureux patron de Lobbes, on le sait, ne les épargna jamais pour\nprotéger ses fidèles serviteurs et les garantir des méchants. C'est ce qui\ndonna à son monastère une gloire et un éclat qui se répandirent dans l'Occi-\ndent pendant plusieurs siècles.\n   Ici finit cette très véridique histoire tirée des gestes des abbés de Lobbes,\ndes tables de la seigneurie de Beaumont, des chroniques de la ville et du\nchapitre de Thuin ainsi que des annales de la principauté de Liége.\n                                              M A U R I C E DES OMBIAUX\n\n\n\n\n                                 VERS\n                          LA VIE ILLUSOIRE\n        J'ai pour toi, bel enfant, un amour très bigarre\n        Dont tu ne connais point le douloureux émoi,\n        Un amour maternel et dont je suis avare\n        Et qui ranime encore un fol espoir en moi.\n\n        Tu m'es la source claire et fraîche où je m'abreuve,\n        Le parfum qui fait naître un beau rêve divin,\n        Le miroir où je vois mon âme jeune et neuve\n        Oubliant que la vie est un mensonge vain.\n\n        Force vivifiante, ô ma fidèle image!\n        O flamme de ma flamme! En elle je revis;\n        Tu m'exaltes, je vais refaire le voyage\n        Que j'entrepris jadis, les yeux fiers et ravis.\n\n        Ignore qu'en t'aimant c'est moi-même que j'aime.\n        Pourtant à mes yeux seuls je souris dans tes yeux,\n        C'est ma propre prière et mon propre blasphème\n        Qui jaillissent soudain de ton cœur orageux.\n"}, {"page_pdf": 501, "texte": "                     — 450 —\n\nEn toi j'ai retrouvé mes anciennes pensées,\nMes rêves ingénus, mes espoirs d'autrefois,\nMes doutes, mes remords, mes ardeurs dépensées;\nMon enfance fleurit une seconde fois.\n\nEffrayé de la mort et de la solitude\nMon esprit, grave et doux, te surveille et te suit\nEt te cache, anxieux, plein de sollicitude\nL'avenir désolé, la douleur et la nuit.\n\nQue ta jeunesse chante en mon cœur! Sois le livre\nOù je lis le roman nouveau de mon destin.\nSi je n'ai désormais la vanité de vivre,\nVis pour moi, va cueillir mon tragique butin\n\nMais surtout fais-moi croire à tes désirs superbes.\nEt laisse moi glaner dans ta riche moisson\nLes trop rares épis qui tombent de tes gerbes,\nQuand tu rentres le soir en chantant ta chanson.\n\nVoilà, voilà pourquoi, mon fier enfant, je t'aime!\nAccueille un cœur soumis; et daigne encore offrir\nAu pauvre mendiant d'amour cette suprême\nEt lâche illusion de vivre et de souffrir.\n\n\n                POST-SCRIPTUM\n                    (VILLANELLE)\n\n                             Pourquoi est-ce à Gand, et non ailleurs,\n                          (Bruges eût semblé mieux indiqué) que surgit\n                          cette trinité de poètes...? etc.\n                                                 (ART MODERNE.)\n\n         Mais pourquoi sont-ils nés à Gand?\n         Bruges eût mieux fait leur affaire;\n         L.e mystère est extravagant.\n\n         On voit le jour à Quévaucamp,\n         A Cul-des-Sarts, au Campinaire,\n         Mais pourquoi sont-ils nés à Gand ?\n\n         Faut-il être assez intrigant,\n         C'était pour mieux se contrefaire!\n         Le mystère est extravagant.\n"}, {"page_pdf": 502, "texte": "                       -   451   -\n\n          A Tournai, bien plus élégant,\n          Rodenbach naît et le profère.\n          Mais pourquoi sont-ils nés à Gand?\n          Est-ce moins dur, moins fatigant,\n          Est-ce pour contenter leur père?\n          Le mystère est extravagant.\n          Les concevez-vous se liguant\n          Pour ennuyer l'histoire austère?\n          Mais pourquoi sont-ils nés à Gand?\n          L'Art moderne frissonne quand\n          Il songe à ce qu'ils ont dû faire.\n          Le mystère est extravagant.\n          Si leur père avait mis un gant...?\n          A tous les échos j'en réfère :\n          Mais pourquoi sont-ils nés à Gand?\n                                           VALÈRE GILLE\n\n\n\n            ALLAITEMENT\nPressant son fils charmant sur sa poitrine blonde,\nDouble calice rose où le lait tiède abonde!\nDerrière un frais rideau de sapins toujours vert,\nLa jeune mère avec ivresse a découvert\nLes rondeurs de sa gorge et ses reins jusqu'aux hanches;\nEt tous deux, la Beauté délicate aux chairs blanches,\nEt l'enfant, transparent de la nuque à l'orteil,\nBaignent dans les rayons ruisselants du soleil.\nOn dirait, l'enfant nu que la lumière dore,\nUn bijou de corail traversé par l'aurore!\nSes petits doigts, de nacre et de rayons pétris,\nS'ouvrent d'aise, et, ravi, poussant de légers cris,\nSaluant la splendeur du beau jour qu'il admire,\nPour la première fois, il éclate de rire;\nFrêle rire emperlé de. notes de cristal!\nEt les bois verdissants et le clair ciel natal\nEt la mère inclinée, écoutent, ô merveille!\nTinter le carillon de l'âme qui s'éveille.\n                                     MAURICE CARTUYVELS\n"}, {"page_pdf": 503, "texte": "                   — 452 —\n\n\n\n\n                  VERS\n             LE RÊVE       DÉÇU\n\nGisèle, j'ai perçu cette nuit dans un rêve\nLe cantique éploré que disait votre cœur;\nPar ma fenêtre ouverte il venait de la drève\nOù vous cachiez vos pas dans la mousse et les fleurs.\n\nEt la phrase arrivait si douce à mon oreille,\nSi jeune et si sereine en la tiédeur du soir,\nQu'on eût dit le reflet de votre âme vermeille\nBeau comme une prière aux pieds d'un reposoir.\n\nMes yeux sans s'être ouverts vous ont vue et suivie\nAu fil de l'avenue où votre corps glissait,\nFantôme parfumé revenant à la vie,\nEntre les rayons bleus que la lune tissait.\n\nOh! vous m'apparaissiez ainsi toute Lumière!\nLa rosée en cristaux perlait sur vos cheveux\nEt la chaste douleur de votre âme en prière\nAllumait des tisons mystiques à vos yeux.\n\nVous étiez belle, ô fée, apparition vaine,\nD'une étrange beauté qui berçait mon désir\nEt mon sang bondissait, emporté dans mes veines.\nComme un cheval fougueux qu'on ne peut ressaisir.\n\nJe vous eus désirée, amoureuse inconnue,\nDans l'enlacement pur de mes bras soucieux,\nVotre tête enfantine et votre gorge nue\nDormant sur mon épaule à la garde des dieux.\n\nPourtant votre regard était plein de tristesse\nEt votre robe blanche aux gerbes de lys blonds\nSemblait être un suaire où de folles promesses\nEt des baisers anciens reposaient inféconds.\n"}, {"page_pdf": 504, "texte": "                   — 453 —\n\nAlors je me suis dit que, nouvelle Ophélie,\nPeut-être vous vaguiez au hasard du chemin,\nCherchant, pour y noyer une amère folie,\nLe lac perfide et clair où vous iriez demain.\n\nLes bras chargés de fleurs et le sourire aux lèvres\n— Ce sourire attristant de la folle d'amour! —\nOublier à jamais les regrets et les fièvres\nD'un bonheur qui naquit et mourut en un jour.\n\nEt je voulus savoir quelle était votre peine;\nDans mon rêve enflammé je m'approchai de vous...\nHélas! vous n'étiez plus qu'une ombre très lointaine\nEt mon espoir vaincu vous suivit à genoux!\n\n\n             PALAIS MYSTIQUE\n\nJ'ai bâti pour mon âme un palais taciturne\nDans un site sévère où des fleurs sans parfums\nPâlissent dès l'aurore et dans la paix nocturne\nSèment aux gazons roux leurs pétales défaits.\nJ'ai bâti ce palais sans portes ni fenêtres,\n\nDebout dans l'eau fidèle et calme d'un étang,\nOù règnent, ignorés sous l'ombrage des hêtres,\nDeux cygnes gardiens comme des anges blancs.\n\nJ'ai condamné les ponts et j'ai barré les drèves;\nRien ne troublera plus le repos de mes rêves\nGisant évanouis sur le marbre vermeil :\n\nCar ce temple mystique est une vaste tombe :\nEspoirs et souvenirs, éternelle hécatombe,\nY dorment confondus dans le même sommeil.\n\n                                    ARTHUR      DUPONT\n"}, {"page_pdf": 505, "texte": "                                     -   454 -\n\n\n\n\n           CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n   Chants de la pluie et du soleil, par HUGUES REBELL. Paris, Charles. — Notes d'être,\npar CH. SLUYTS. Lacomblez. — Le Bonheur irréel, par F. ROUSSEL. « Le Réveil », Gand.\n— Contes et Légendes, par L. GERMAIN. — Notre Art de France, par ALPH. GERMAIN.\nParis, Girard. — Propos de littérature, par Alb. MOCKEL. — L'Idéoréalisme de quelques\nécrivains, par HENRY MAUBEL. Paris, librairie de l'Art indépendant.\n\n\n\n               Aucune pensée vague, certes, nulle inquiétude bourrelante,\n                indécise aspiration douloureuse, et chère d'être douloureuse,\n                langueur hautaine et taciturne, dont la fièvre consume, à la\n                fois, et enivre, — ne tourmentent l'énergique esprit où ger-\nmèrent ces Chants de la pluie et du soleil ; peut-être, aussi, de tels émois\nne résistent-ils point chez lui à la contemplation, actuelle ou remémorée,\nde quelque simple et beau paysage...\n   — Faust s'exclame : « Si je pouvais, Nature, être seulement un homme\ndevant toi ! », c'est-à-dire : dépouiller ma pensée sophistiquée, répudier l'ata-\nvisme intellectuel de siècles de réflexion creuse et chagrine, reparaître l'être\nrécent, merveilleux d'ignorance et de vitalité, tout vibrant de la violence\nradieuse et de la nouveauté de la vie ; l'hôte splendide et nu des édens pre-\nmiers, dont l'existence participait de celle de son habitacle, les forêts, les\nlacs et les fleuves, à leur unisson, sous leur influence et celle des météores;\nanimal effrayé, joyeux ou sanguinaire selon la rigueur ou la sérénité du\nciel, la saison bienveillante ou malévole...\n   — L'inspiration panthéiste, d'une sapidité singulière et robuste, des\nChants de la pluie et du soleil, encore qu'elle célèbre en mainte page\nsaillante la naïve beauté impudique de la nature, la férocité innocente des\nbêtes, la fauve effronterie, la cabriolante et un peu farouche expansion d'un\nSiegfried, — sert plutôt de substruction, de thème générateur, diversifié\nincessamment et renouvelé, au rêve eurhythmique de M. Rebell.\n   Le poète s'associe au dithyrambe dionysiaque, se précipite sur les traces\neffrénées de la triétérie ; mais, de préférence, suit la théorie délienne, entonne\nle paean magnifique et guerrier. Sa vénération se retourne vers le paga-\nnisme hellénique, en salue les artistes qui émerveillèrent la terre et l'huma-\nnité de leur propre apothéose; ou s'exalte devant les éblouissants vestiges\nde ses édifices, le fronton doré du temple de Poséidon à Pœstum :\n   « O saintes murailles! Vous avez bravé les âges de grossièreté pour\napprendre à notre siècle misérable la Beauté morte dont il n'a même plus\ngardé le souvenir. Vous donc qui gémissez en songeant aux formes pures\nde l'Ellade, approchez à cette révélation de l'esprit devant les calmes mer-\nveilles de la nature; venez voir comme le soleil du matin fait de nobles\nombres aux temples antiques et comme les ciels du soir sont beaux entre\nleurs colonnes ! »\n"}, {"page_pdf": 506, "texte": "                                   -   455    -\n\n     Son culte esthétique fomente son aversion virulente des démagogies nive-\n  leuses que la Beauté, à l'égal de toute supériorité, exaspèrent; sa voix pré-\n  dit et conjure « le tyran beau et fort », le héros qui conciliera, impérieu-\n  sement, les inconscients vouloirs populaires. L'austérité revêche, le cant du\n protestantisme l'encolèrent, aussi ; la malgrâce maussade, la raison icono-\n claste de cette hérésie, de celte religion laïque, néfaste à l'art plastique\n germanique. L'Église nous imposa le joug de l'humilité, sépara l'homme\n de son principe ; par crainte et horreur de trop séduisantes idoles, avilit et\n poursuivit de ses anathèmes la nature féconde ; mais, la pompe symbolique\n de ses rites et de ses sanctuaires, la généreuse effervescence et la piété où\n elle entretint les âmes, firent-elles point jaillir, durant des siècles, une\n inouïe floraison d'extatiques chefs-d'œuvre?\n    L'amour, l'instinct, la pensée, — la charité, la foi, l'espérance païennes!\n — pondérés devraient nous régir; mais quand même! la haute souffrance\n de la vie et du désir assombrirait notre enthousiasme comme celui du\n poète des Chants de la pluie et du soleil; — car la pensée s'abuse elle-\n même; l'instinct est un aveugle ivre et l'amour un des masques, à peine\n fardés, de la Mort!\n    Les poèmes de M. Rebell alternent l'emploi d'une prose sobre et forte, en\nrelief plus qu'en couleur, et très euphonique, avec celui du vers libre : —\n « Le vers classique qui exige la simplification et la synthèse, se fût mal\naccommodé de la plupart des sujets que j'avais à traiter, explique-t-ii...\nToutefois, je ne voudrais point que l'abandon d'une forme consacrée par\ndes œuvres admirables fit croire chez moi à quelque ridicule dédain. Ayant\nà exprimer des idées toutes particulières, je me suis cru autorisé à user de\nrhythmes libres, mais, dans la majorité des cas, le vers classique demeure\nl'instrument préférable et, comme l'ont prouvé les maîtres de notre poésie,\nil est aussi souple et varié que l'âme humaine... »\n\n                                       ***\n   Les Contes et légendes de M. Paul Germain narrent de juvéniles\nhistoires romanesques, habitées par de verbeux trouvères, des poètes\ngéniaux et désespérés, de désinvoltes califes barbus, dont l'aventure, le sui-\ncide ou l'experte férocité se dramatisent en de somptueux décors sombres...\n   Les Notes d'être de M. Sluyts outrent un peu la contorsion; peut-être,\nd'ailleurs, leur préciosité obscure et embrouillée est-elle encore trop claire...\nLe profil du miroir où le psychologue anversois réfléchit ses postulations\nsemble légèrement ondulé et l'image qu'il renvoie, bizarre plutôt qu'ori-\nginale : — Sous les madrigaux qui flandricisent, la rude afféterie du terroir,\ncependant, malgré « d'inutiles à énumérer » gaucheries et l'amphigouri aux\naudaces souvent incorrectes de M. Sluyts, de temps à autre une sensibilité\nse décèle, vive et rare, enganguée à moitié dans la rocaille du style.\n   Plus habiles, les pages souples de M. F. Roussel : Le Bonheur irréel. Sa\nfantaisie mièvre aime s'évaporer en « songeuses et belles enfants » dont les\ndiaphanes mains méditatives émeuvent, emmi la beauté « nuitale » des\nboudoirs parfumés et soyeux, les « mélancolieux » claviers d'ivoire... La\n                                                                        31\n"}, {"page_pdf": 507, "texte": "                                 — 456 ~~\n\nfioriture, quelquefois, surcharge la mélodie conductrice, à la manière du\nlogogriphe calligraphique qui titre le volume! Jolis feuillets distingués, en\nsomme, d'une imagination aimable et fine, d'une sensualité discrète qui\nrespire l'effluence odorante de la fleur, sans en ébouriffer et en froisser les\npétales!...\n                                      ***\n   Ces dernières années ont remis en honneur l'étude des origines littéraires\nde la France, frappées, jusqu'alors, du même sot mépris qui enveloppait\nTentière production artistique médiéviste, qualifiée même, pour marquer sa\nbarbarie et sa maladresse, de gothique. Le romantisme commença de\ndessiller les yeux, glorifia les surprenantes merveilles, ignorées quoique\névidentes, des cloîtres et des cathédrales : — phares ajourés qui, depuis « les\nténèbres du moyen-âge », érigeaient sur l'indifférence d'une civilisation\nétrangère, l'hyperbole incomprise de leurs rosaces et de leurs vitraux.\n   La Renaissance, en Italie, regreffa, pour ainsi dire, la tradition ; l'esthé-\ntique restaurée appartenait, en effet, à l'antique et légitime héritage du\npays. La restriction de l'exubérance inventive, la servilité imitatrice qu'elle\nsuscita en France furent, au contraire, funestes : — l'art autochthone, dis-\nciple timide, d'abord, de l'art latin, peu à peu émancipé, et parvenu enfin à\nune maturité admirable, — expressif et subtil interprète de sa race, — se vit\ntout à coup remis en tutelle. Les conséquences irrémédiables de cet événe-\nment nous affectent encore, engendrent l'absurdité composite, la discor-\ndante laideur des bâtisses modernes.\n   « L'art, dit excellemment M. Alphonse Germain, est comme une religion\ndont on changerait, d'âge en âge, les rites, sans toucher au dogme. » Les\nrites, ici, séculairement transformés, vigoureuse et naïve expression de l'âme\nfrançaise, succombèrent à l'engouement, à la déférence fétichiste pour le\ncanon du culte mort d'une autre contrée !\n   — Le temple grec, dans l'eumétrie de ses lignes, restitue l'image musicale\nde l'équilibre sublime ; ses strophes lumineuses de colonnes modulent le\nchœur égal, profond, aux inflexions exaltantes, l'ode fière de la cité victo-\nrieuse.\n   L'église, elle, sert d'écrin au tabernacle, s'épanouit autour de l'autel, son\norgane essentiel, sacrifie sa figure externe à la magnificence intime du\nsanctuaire ; et, pour contrebuter les audaces frêles de ses coupoles, la témé-\nrité de ses nefs, s'alourdit d'arçs-boutants enchevêtrés. L'architecture\ngothique fixa, il semble, le verbe monumental du catholicisme. L'initiale\ndévotion, au moins, du christianisme chanta ces cantiques de pierre, se\ncristallisa visiblement dans ces cryptes, dans la structure orante, les mem-\nbres élancés de ces édifices; et la ferveur, inspiratrice de cette modénature,\nlui imprima le caractère adéquat qui en fit l'insigne singulier et comme la\nformule nécessaire de l'art religieux. La foi et l'archaïsme ont fini par\ns'impliquer à nos yeux.\n   William Morris prêche à ses compatriotes le retour à l'art septentrional\nprimitif, que ses matériaux, l'appareil de sa construction approprient au\n"}, {"page_pdf": 508, "texte": "                                  — 457 —\n\nclimat, aux paysages insulaires. M. Alphonse Germain repousse, égale-\nment, le pastiche infertile perpétué jusqu'ici, veut que la plastique française\nrecueille le legs des ancêtres, retrempe son anémie aux sources authen-\ntiques du génie indigète, au pieux et patient réalisme des ymagiers et des\niconoplastes des XIIIe, XIVe et XVe siècles, des sculpteurs prestigieux du\nportail et des gargouilles de Notre-Dame, des émailleurs et des mosaïstes\nde la Sainte-Chapelle...\n   L'ardeur de sa thèse incline parfois l'auteur à d'injustes appréciations\nsur l'art grec, boutades qui, au surplus, n'enlèvent rien de sa rare valeur à\nNotre art de France, à l'extraordinaire rectitude de pensée et de raison qui\nanime cette excellente étude.\n\n\n    Cette sentence de la sagesse hindoue, éclose aux lèvres de quelque Çra-\n mana sur les rives sacrées du Gange : — Tal twam asil (cette chose, c'est\n toi !) résume l'intégrale philosophie de l'idéo-réalisme, indiscutable, à cet\négard, et immémoriale. Le dissentiment se restreint aux conséquences spé-\ncieuses du précepte, à la manière dont ses prosélytes transposent leur vision,\naiguë, plus ou moins, et lucide, du monde. Représenter un individu par\nles spéciales minutes suggestives de sa vie ; abréger significativement les\nchoses, les réduire à leurs lignes essentielles; subsumer une idée en son\nentéléchie; — c'a été, en somme, le rôle éternel de l'art. Les chances\nd'incompréhension dépassèrent, toujours, celles de l'admiration ; mais\njamais, peut-être, des artistes n'éliminèrent plus soigneusement la vanité\nd'être entendus! La moindre divergence entre l'écrivain, et le lecteur, la\ndiverse acception des phénomènes définis stériliseront l'entrevue, provo-\nqueront le premier au mépris, le second à la dérision, également iniques.\n   Mais, en vérité, parmi les oeuvres disparates des adeptes, — miroirs\népais et limpides dans lesquels les effigies apparues se margent d'un prisme;\ngrossières vitres étamées où l'incohérence bosselée grimace, d'embryon-\nnaires cauchemars! — fort peu répliquent au système, tel du moins que\nles nuées dont MM. Gide et Mauclair voilent leurs oracles permettent de\nle définir. A présumer d'après les incertaines analogies des ouvrages cités\npar M. Henry Maubel, — le poème idéo-réaliste deviendrait l'espèce de\nlibretto extemporané auquel le lyrisme latent du lecteur ferait orchestra-\ntion méditative et commentaire; l'artiste, au lieu de créer, de captiver ou\nde subjuguer l'attention, induirait d'un imprécis geste musurgique, un\nordre vague de songerie ; ferait refluer l'âme vers elle-même ; indirectement,\nlui apprendrait qu'elle s'ignore, et ses ressources.\n   Mais, sauf une prédestination miraculeuse, une initiation se présuppose,\nlongue et compliquée, pour devenir seulement accessible à de tels conseils.\nLoyalement, M. Gide inscrit aux pages liminaires de son livre : — « J'écris\nceci pour ceux qui ont déjà compris ! »\n   M. Mockel, fort judicieusement, objecte : — « L'art est subjectif, mais\nobjectif aussi; sans cela pourquoi ne point songer seulement, pourquoi\nécrire, peindre, sculpter? une œuvre trop exclusivement objective n'ac-\n"}, {"page_pdf": 509, "texte": "                                 — 458 —\n\nquerra jamais la suprême beauté, celle qui naît de l'harmonie, du parfait\néquilibre, celle qui fait d'une statue ou d'un poème un être distinct de son\nauteur, vivant d'une vie surnaturelle et qui se suffit à soi-même. » — Il\nreproche aux écrits de M. Vielé-Griffin de manquer précisément un peu\n« des qualités objectives des justes bornes et de l'harmonie » auxquelles\n« l'on dirait que les conceptions de M. de Régnier se prêtent d'elles-mêmes ».\nCe dernier, naturellement poète, obéit franchement à sa native propension\net ses inspirations se conforment, sans contrainte ni violence, à une règle\npréfigurée et féconde. Malgré les réticences de M. Mockel, il apparaît que\nle vers, traditionnel ou libre, n'était pas l'indispensable outil de l'art de\nM. Vielé-Griffin.\n   Le poète pense par images ; l'idée, le plus souvent, surgit associée à la\nforme jumelle qui l'incarne et l'illumine. Mais l'allégorie, froide, prémé-\nditée, ressort plutôt de la virtuosité; le symbole plus instinctif appartient\nmieux à l'effusion inspirée, au délire lvrique. L'aède, prétendait Platon,\nabandonne, en même temps que le trépied visionnaire, le sens des paroles\nqu'il a proférées!\n   Certes, toute cérébration reste mystérieuse et inanalysable pour le patient\nlui-même, aussi bien que les contigences, adverses ou favorables, qui la\nprovoquèrent. « De très insignifiantes circonstances inspirent quelquefois\nses meilleures œuvres au poète. » (Gœthe.)\n   L'idée, ressort abstrait d'une œuvre, se dissimule si parfaitement, par-\nfois, sous les apparences qui la magnifient, que l'auteur la découvre après\nles stades fiévreux de l'élaboration ..\n   — Les Propos de littérature, de M. Albert Mockel, soulèvent ainsi\nmille questions passionnantes de spéculation critique, irrésolues par leur\nnature même, mais auxquelles, au moins, il est utile d'essayer une réponse.\nLui-même en offre, hypothèses hardies ou trouvailles ingénieuses, au cours\nde cette exégèse, dont les chapitres théoriques et techniques corrigent\nleur aridité par un brillant parallèle, aux illustrations heureuses, entre\nMM. Vielé-Griffin et de Régnier.\n                                     ***\n   Ce jardin de l'âme contemplative, l'oratoire fleuri de Psyché, dont le\n poète de Tel qu'en songe célébrait le charme métaphorique. M. Henry\n Maubel en a parlé, au même public, mais d'un autre ton, avec son accou-\ntumée éloquence, le tour incisif de ses courtes phrases acérées et nettes.\n   Il faut se développer par la prière, la lecture; la méditation, — dans la\nsolitude et le silence; s'enseigner et se comprendre soi-même et sa volonté.\nVouloir, surtout, puisque le désir crée son objet; — mais non vers le siècle,\nle provisoire, — vers l'immuable, pour la perfection. Car « l'isolement\nmatériel n'engendre que paresse, curiosité, gloriole, si nous ne possédons\nen nous-mêmes la solitude de l'esprit. »\n   Les Entretiens spirituels d'Ignace de Loyola avaient supérieurement\nfrayé cette voie, pour les fins les plus hautes ; mais le fondateur du Gésu\nemployait cette discipline à dompter les caractères ; elle sera efficace sur-\ntout, maintenant, à en fortifier la débilité !\n"}, {"page_pdf": 510, "texte": "                                  — 459 —\n\n   Baudelaire s'assignait ce programme : « Être un grand homme et un saint\npour soi-même. » Les artisans de la pensée se sont d'ailleurs et la plupart,\nnon pas assujettis, ce qui supposerait une gêne, mais adonnés à cette\nhygiène intellectuelle, par vocation innée et passion. Parcelles de sa person-\nnalité, filles de sa partialité et de son amour, parées de tous les prestiges et\ndes joyaux de son imagination, les créations de l'artiste émanent, selon la\nbelle expression de M. Rebell, du « dieu qui est en lui » ; et ce dieu aussi\nest exigeant et jaloux, et réclame un culte absolu et sans partage!\n   Cette étude ou cette culture de soi acquièrent leur prix et leur fruit, de\nleur exercice spontané : — Stendhal, malgré l'acuité de son analyse, sem-\nblerait émoussé à côté de M. Barrès, si l'excitation méthodique de celui-ci,\nla forfanterie de son flegme, son asthmatique psychologie ne décelaient une\nincurable sécheresse et, presque, une incapacité d'émotion.\n   La formelle allure égotiste de cette « psychothérapie », cet émoustille-\nment systématique de sa fébrilité, ce flirt avec une poupée manquent d'en-\nvergure, décidément, et de flamme. Pour minime que soit « Petite\nsecousse », elle s'exagère encore! Le corset de cette malingre caillette limite\nl'orbe de ses gestes et constitue aussi toute sa carrure !\n   L'œuvre, toujours, témoigne son origine ; mais elle n'a d'action réelle\nque dans la mesure où l'ouvrier s'y est abdiqué lui-même, transfiguré,\ngénéreusement, et exalté...\n                                                       ARNOLD GOFFIN\n\n  ACCUSÉS DE R É C E P T I O N . — La Tétralogie de Richard Wagner,\npar MM. DE B R I N N ' GAUBAST et BARTHÉLÉMY. Paris, Dentu. — Le\nCœur et l'Esprit, par GUST. GEFFROY. Paris, Charpentier. — Les\nMiroirs de Jeunesse, par LOUIS DELATTRE. Bruxelles, Lacomblez. —\nMorgane, par VILLIERS DE L'ISLE-ADAM. Bruxelles, Lacomblez. —\nL'Ironique amour, par CAMILLE LEMONNIER. Paris, Dentu; etc.\n"}, {"page_pdf": 511, "texte": "                                     — 460 —\n\n\n\n\n             CHRONIQUE MUSICALE\n   Samson et Dalila à la Monnaie a été le premier événement théâtral de\nla saison. Non pas que l'œuvre éveille un intérêt d'actualité etde nouveauté\ncomme les derniers opéras à tapage de Massenet, Bruneau, etc. Mais, chez\nnous, une haute estime, une sorte de respect et de confiance entoure le nom\nde Saint-Saëns, peut-être plus sincèrement apprécié chez nous qu'en France.\nEn France, la personnalité sobre et discrète de Saint-Saëns, son aristocra-\ntisme dédaigneux des gros effets et des goûts du public, ne pouvaient plaire\ngrandement. Autant ses œuvres théâtrales sont-elles appréciées des artistes\n(Gounod publia sur Henry VIII une brochure enthousiaste), autant elles\nlaissaient le grand public froid et presque hostile. En Allemagne, où l'on\nne prise guère les fadeurs gracieuses de toute la kyrielle des imitateurs de\nGounod, ni les excentricités de la jeune école, l'art de Saint-Saëns est très\napprécié et obtient grand succès. On connaît le mot de Hans de Bulow,\nqui disait de Saint-Saëns qu'il était le premier des compositeurs allemands\ncontemporains. En fin de compte, on a tant répété au public français que\nSaint-Saëns était un grand maître, qu'il a fini par se croire positivement\népris de sa musique, et il lui a vissé dans la tête l'auréole de la célébrité. Ce\nqui n'empêche que, in petto, on préférera toujours, à l'Académie de musique,\nHamlet, Faust ou autre chose.\n   Il en est autrement chez nous. Au point de vue musical, notre situation\ngéographique et les conditions ethnographiques de notre population nous\nont fait une sorte de dualisme esthétique. Très rapprochés des élégances et\ndes raffinements de l'art français, nous apprécions parfaitement la saine\nrobustesse et le travail consciencieux de la musique allemande. De là, rien\nd'étonnant à ce qu'un compositeur dont l'art fond harmonieusement ces\ndeux tendances soit le bienvenu chez nous (1).\n   Aussi, Samson et Dalila a parfaitement réussi. Je ne dis pas que l'œuvre\na fait fureur ; jamais un opéra de Saint-Saëns, avec sa beauté classique et\nun peu froide, n'excitera l'enthousiasme de la masse. Mais la grande partie\ndu public a compris cette beauté, résidant en une forme et une ligne admi-\nrables, une pureté de style inaltérable et la perfection des moindres détails.\nPar-ci par-là, il y a bien des choses un peu surannées, même pour l'époque\nde la création de l'œuvre ; mais cela ne fait qu'attester davantage sa parfaite\nsincérité artistique. A côté de cela, que de belles pages ! Les chœurs des\nHébreux, avec le délicieux chœur de jeunes filles au premier acte, les airs\nde ballets, tous les airs de Dalila, depuis « Printemps qui commence » au\npremier acte, jusqu'aux railleries du troisième acte, le grand duo du second\nacte, la scène de Samson tournant la meule...\n\n  (1) Cependant, le seul opéra de Saint-Saëns donné à la Monnaie fut le Timbre d'argent,\nreprésenté avec grand succès en 1879 avec MM. Rodier, Soulacroix, Lefèvre, Mmes Vail-\nlant, Lonati et Viale. L'œuvre ne fut plus reprise depuis, on ne sait pourquoi.\n"}, {"page_pdf": 512, "texte": "                                       — 461 —\n\n   L'interprétation, au Théâtre de la Monnaie, a été satisfaisante, — sauf\npour la mise en scène, comme toujours déplorable. M lle Armand, comme\njeu et comme interprétation, est une admirable Dalila; mais cette voix,\ndevenue complètement hétérogène, est désastreuse! M. Cossira fait Samson\ncomme il a fait Tristan, comme il fait tous ses autres rôles, correctement,\nmais sans jamais parvenir à donner à aucun une physionomie.\n                                          ***\n    C'est le vaillant Quatuor Crickboom, Angenot, Miry et Gillet, avec\n MlleLouisa Merck, qui a ouvert la saison des concerts consacrés, l'un aux\n classiques, l'autre aux modernes. Interprétation impeccable du Treizième\n Quatuor de Beethoven et de la Sonate en mi bémol pour piano et violon,\n du même, par M. Crickboom et M lle Merck, puis exécution chaleureuse et\n mouventée du Quatuor à cordes de Schumann. Le Quatuor à cordes de Grieg\n n'est certes pas ce que celui-ci a fait de meilleur. Surtout au point de vue de\n la musique de chambre proprement dite, on dirait plutôt d'une grande fan-\nfaisie où des rythmes de danses populaires et des harmonisations « à la\n Grieg » habillent quelques thèmes d'inspiration assez courte. La Sonate\nde Saint-Saëns pour violoncelle et piano, magistralement enlevée par\n M. Gillet et M lle Merck, est d'une inspiration plus virile et d'une conception\nautrement ferme.\n    L'intérêt de la première séance résidait surtout dans le Quatuor\n inachevé (1) de Guillaume Lekeu pour piano et cordes. Plus on entend de\ncet artiste, plus on déplore sa mort prématurée et l'on admire son talent.\n Par exemple, il n'y faut pas chercher une forme bien nette et un plan fer-\nmement conçu, comme dans Saint-Saëns; on doit aussi discuter certaines\nrecherches de sonorités ahurissantes et, en plusieurs endroits, des accumu-\nlations d'harmonies hétérogènes qui, dans un mouvement rapide, s'en-\ntassent et s'enchevêtrent en une confusion discordante, quoi qu'en dise mon\nexcellent ami Crickboom. Mais, incontestablement, l'artiste, jeune encore,\nserait revenu en arrière. Ce qui lui serait resté, c'est son métier étonnant,\nsa nature de poète. La personnalité fine et attendrie qui se dégage déjà de\nses premières œuvres n'aurait fait que s'accuser davantage et l'art belge\naurait, j'en suis convaincu, compté un maître de plus. Il y a dans\nce Quatuor des choses d'une grandeur et d'un emportement admirables,\net, surtout, des passages d'une tendresse et d'une mélancolie qui arrache-\nrait des larmes aux plus indifférents. Aussi, l'œuvre, interprétée avec cha-\nleur, enthousiasme et passion, avec une très grande délicatesse de nuances,\na été fortement acclamée.\n    La salle de l'antique hôtel de Ravenstein (complètement gâtée, soit dit\nen passant, par la cruelle lumière blanche des « becs Auer » que l'on y a\ninstallés) était bondée. Ces deux séances n'ont fait qu'établir plus fortement\n\n\n  (1) La première partie est intégralement de la main de Lekeu. La mort l'a surpris avant\nqu'il pût terminer la seconde, dont Vincent d'Indy a écrit une quarantaine de mesures.\n"}, {"page_pdf": 513, "texte": "                                  — 462 —\n\nla réputation des jeunes quartettistes et de leur collaboratrice MIle Louisa\nMerck. Ce qui leur manque encore ne s'acquiert que par de longues années\nde coude à coude : c'est un sentiment à la fois homogène et spontané,\nsubstitué à la seule autorité du chef, cependant indispensable pendant les\npremières années pour l'unité de l'interprétation. En attendant, on doit\nlouer la remarquable technique et l'exactitude méticuleuse de chacun des\nexécutants. Tout spécialement, le jeu de Mlle Merck, autrefois un peu ner-\nveux et variable, a énormément gagné, tant, en virtuosité proprement dite\nqu'en fermeté et en égalité dans l'interprétation.\n\n                                       ***\n    A la séance publique de l'Académie (classe des Beaux-Arts), on a entendu\n la cantate Macbeth de M. Lunssens, second prix au grand concours de\n composition musicale de 1893. Un jeune aussi, M. Lunssens, un très jeune\n même, — et avec cela terriblement ferré sur la musique. Ceux qui connais-\n saient l'auteur avaient confiance, et cette confiance a été pleinement justi-\n fiée. La Macbeth de M. Lunssens a paru supérieure à celle de M. Mortel-\n mans, qui avait remporté la palme. La conception dramatique est plus\n profonde, l'accent plus sincère, l'idée plus prime-sautière, l'harmonisation\n plus intéressante, l'orchestration plus riche. Du commencement à la fin de\nla cantate, l'intérêt reste puissant. Par exemple, une mélodique heurtée,\nassez courte, et surtout une écriture excentrique dans les parties vocales,\nqui ne le sont que modérément. Se méfier des moder'nes, et se dire que\nleurs artifices harmoniques peuvent parfaitement s'allier à une partie vocale\ncohérente et bien dessinée, si pas véritablement mélodique. M. Lunssens,\nqui dirigeait, a fait preuve d'une fougue et d'une exubérance incroyables.\n    Pour finir, je n'étonnerai personne en disant que M. Lunssens, pas\n« poseur » du tout, et fréquentant peu les « milieux artistiques », a vu\nla presse quotidienne accueillir son œuvre avec un scepticisme goguenard\net une indifférence — feinte ou réelle — peu encourageante.\n    I1 est juste d'ajouter que M. Lunssens est Belge, — et qu'il est jeune.\nAlors...\n\n\n   L'Octuor vocal (direction M. Soubre), a donné à la Grande-Harmonie\nson audition annuelle de musique ancienne, avec le concours de\nMM. Agniez et Kéfer. Cette excellente association a fait dans les derniers\ntemps de grands progrès; on a fortement goûté les morceaux de musique\nsacrée et profane des XVe, XVIe et XVIIe siècles, très bien interprétés par le\npetit ensemble mixte. M. E. Agniez a fait entendre des pièces pour la viole\nd'amour, dont les sept cordes ne semblaient aucunement gêner l'habile\nvioloniste. Enfin, pour que rien ne détonnât au milieu de cet archaïsme,\nM. Kéfer a joué sur le clavecin un fragment de Bach et des pièces d'anciens\nclavecinistes flamands.\n\n                                     ***\n"}, {"page_pdf": 514, "texte": "                                 — 463 —\n\n   La société allemande Deutscher Gesang Verein a donné son premier\nconcert de cet hiver, sous la direction de M. L. Wallner, notre excellent\ncollaborateur et ami. Depuis qu'il en a pris la direciion, M. Wallner a fait\nfaire à la société des progrès énormes, tant sous le rapport de l'ensemble\nque sous celui du caractère artistique. L'interprétation a été, dans les\nLiebeslieder-Walzer de Brahms, d'une intensité de sentiment et d'une\nvariété d'expression remarquables ; ces merveilleux petits poèmes ont été le\nclou de la soirée. On a applaudi également de vieux chants populaires\nnéerlandais arrangés à quatre voix d'hommes, et un chœur de Rheinberger,\nLockung, agréable de couleur et d'une jolie, sonorité. Les solistes étaient\nM. Ed. Jacobs, le violoncelliste favori du public, et Mlle von Wenz, une\ncoloratur-sängerin (vocaliste), qui s'est livrée à une débauche de trilles,\narpèges et roucoulades variées. Ceux qui aiment ça ont dû se trémousser\nd'aise dans leur stalle. L'auditoire a fait fête à M. Wallner, dont ce succès\ncouronnait à juste titre l'opiniâtre et patient labeur.\n   Pendant que j'en suis à parler de M. Wallner, je rappellerai les instruc-\ntives conférences du Cours de l'histoire du piano et de sa littérature, dont\nil vient de reprendre la série chez Mlle Desmet, rue de la Presse, 45. Le\nsavant conférencier, toujours aidé de Mlle Heberechts, pianiste, s'occupera\ncette année des écoles contemporaines.\n\n\n\n   Le programme du premier Concert populaire resplendissait d'éclectisme:\ndu classique, du russe, du français, du Wagner; toute la lyre !\n   L'ouverture du Songe d'une Nuit d'été de Mendelssohn a été merveil-\nleusement détaillée, comme il fallait s'y attendre avec ce quatuor hors\nligne qui fait la gloire de l'orchestre des Populaires. Le scherzo surtout\nétait une véritable dentelle ; quelques attaques hésitantes des bois dans les\npremiers accords. La Symphonie de Vincent d'Indy sur un thème monta-\ngnard français, pour orchestre et piano (remarquez l'inversion de l'habi-\ntuelle formule) est une oeuvre bien française, délicate, gracieuse, très\nimprégnée de poésie, comme toutes les oeuvres du jeune musicien français,\nun rêveur, un poète dans toute la force du terme : bien que parfaitement\nclassique, le plan de l'œuvre ne paraît pas nettement établi, à cause d'un\nprocédé d'instrumentation qui fait passer un thème de l'un à l'autre instru-\nment, ce qui produit à première vue l'effet d'une mosaïque de fragments\nhétérogènes. On a surtout goûté le finale, superbe d'allure et de couleurs.\n   M. Philipp, auquel la Symphonie de Vincent d'Indy n'avait laissé qu'un\nrôle très modeste, s'est rattrapé dans la Fantaisie de M. Bernard pour piano\net orchestre (a. piano, b. orchestre). M. Philipp joint à un mécanisme très\nsérieux cette féminine élégance, ce sentiment distingué et discret, presque\ntimide, qui caractérise en général les pianistes français. On l'a beaucoup\napplaudi, mais non cette ' Fantaisie de Bernard, une œuvre indigeste,\npénible, d'une lourdeur vulgaire. Lui serait-elle dédiée, par hasard?\n   Une petite merveille, ce Conte féerique de Rimsky-Korsakow, illustra-\n"}, {"page_pdf": 515, "texte": "                                       — 464 —\n\n  tion musicale du prologue de Russlan et Ludmila de Poushkine (1).\n  Rimsky-Korsakow, l'un des chefs de la jeune école russe, peut être consi-\n déré comme l'orchestrateur le plus adroit et le plus original de tous les com-\n positeurs contemporains. Ce Conte féerique, dont l'argument, des plus\n ingrats, obligeait l'auteur à une juxtaposition de petits tableaux musicaux\n sans lien ni suite, est vraiment exquis de grâce, de poésie et d'esprit, avec\n des trouvailles de timbres et de sonorités. MM. Marchot et Anthony ont\n joué les soli dans la perfection. Espérons que les Concerts populaires nous\n donneront encore des œuvres de Rimsky, par exemple les admiiables\n Pâques russes, tant applaudies il y a quelques années.\n    On a encore entendu l'entr'acte-épithalame de Grvendoline, une délicate\n page de Chabrier où se manifestent curieusement les trois écoles qui, dans\n les dernières années, influencèrent simultanément la personnalité délicate\n mais incertaine de Chabrier : l'école mélodique de Gounod et Bizet, la\n recherche de sonorités et d'harmonies de la jeune école française, avec les\n formules wagnériennes des « retards montants », etc. (A certains points de\n vue, cet entr'acte de Gwendoline est une véritable pastiche de Tristan et\n Iseult.)\n    L'ouverture de Tannhàuser, vigoureusement enlevée, terminait ce beau\n concert, qui a valu à Joseph Dupont et à ses excellents artistes les applau-\n dissements les plus mérités.\n                                        ***\n     Le Théâtre de la Monnaie a monté deux nouveaux opéras de Massenet.\n Il est difficile de juger des œuvres d'une inexistence artistique avérée, quand\n elles n'ont même pas pour excuse la jeunesse, l'inexpérience ou la naïveté\n de l'auteur. Toute cette quantité d'opéras dont Massenet encombre « le\nmarché », Esclarmonde, Thaïs, le Mage, le Portrait de Manon, la Navar-\nraise, toute cette production malsaine, poussive, sans sincérité et sans viri-\nlité, toutes œuvres à peine apparues, sitôt oubliées, rappellent irrésisti-\nblement la réponse de Berlioz à Panseron qui, dans un concert, après\nl'exécution d'une sienne composition, s'approcrnnt de l'auteur des\n Troyens :\n    « Hé bien, Monsieur Berlioz, qu'en pensez-vous?\n    — Je n'en pense rien, Monsieur Panseron.\n    — Et pourquoi cela, s'il vous plaît?\n    — Parce que, pour en penser quelque chose, je devrais y penser ! »\n                                                                 E R N E S T CLOSSON\n\n  (1) Le sujet du Conte féerique de Rimsky était présenté au public de manière à faire\nnaître un doute sur le véritable argument du morceau. Le prologue de Russlan et Lud­\nmila se termine par ces vers :\n                                 ... et le chat savant\n                             m'a raconté ses histoires.\n                             Je m'en rappelle une : la voici :\n   On se demandait naturellement, n'étant pas averti qu'il s'agissait d'un prologue, si un\nrécit quelconque suivait réellement ces vers, et, dans ce cas, si le musicien avait voulu\nillustrer le prologue ou le récit qui suivait.\n"}, {"page_pdf": 516, "texte": "                                       — 465 —\n\n\n\n\n                                MEMENTO\n  Nous prions n o s a b o n n é s de réserver   teur de la Jeune Belgique      pour l'année\nbon accueil aux quittances d ' a b o n n e -\nment qui viennent d'être mises à l a\nposte.\n                                                  Nous recevons de feu le docteur Yalentin,\n                                                Champs-Elysées, 69, le prospectus que\n   Un bateau qui a navigué.                     voici :\n   Le Journal des Débats, la Galette de\n                                                              NOVA VERBA\nFrance, le Progrès de l'Est (de Nancy), le\nMessager de Toulouse, le Salut Public (de          L'instant nous paraît venu de reprendre\nLyon), l'Algemeen Handelsblad (d'Amster-        la parole.\ndam) et la Fanfulla (de Rome) ont repro-            I1 y a quinze ans, le Journal des Gens de\nduit avec des commentaires divers notre         lettres belges a — le premier — « poussé le\nannonce : « De la formation d'un groupe         cri de guerre, clamé le branle-bras, sonné le\neuropéen de députés littérateurs. »             glas des réputations usurpées, la réhabili-\n  La Galette de Charleroi, qui avait égale-     tation de nos gloires méconnues, et l'avène-\nment pris place dans ce yacht de plaisance,     ment glorieux d'une génération nouvelle ».\na éprouvé le besoin de faire connaître à ses    (Journal des Gens de lettres belges, 3 e an-\nlecteurs qu'elle ne croit pas que notre ami     née, n° 7.)\nJules Destrée, membre de la Chambre des            Les faits nous ont donné raison.\nreprésentants, réclame la personnification         Charles De Coster, que certains mêmes\ncivile pour la Jeuue Belgique.                  de nos gouvernants ignoraient, a aujourd'hui\n                                                son monument. Van Hasselt et Octave Pir-\n   Rien n'est cependant plus vrai.\n                                                mez l'auront bientôt. Camille Lemonnier,\n                                                Godefroid Kurth, Georges Eekhoud sont\n                                                célèbres. Il ne dépendra pas de nous que\n Notre ami et collaborateur Hubert Krains       Benoît Quinet et Coomans n'obtiennent jus-\npubliera prochainement un volume intitulé :     tice demain.\nContes lunatiques.                                 Emile Verhaeren, le Verhaeren des Fla­\n                                                mandes et des Moines, Georges Rodenbach,\n                                                Albert Giraud, Iwan Gilkin, Emile Van\n   La Jeune Belgique présente ses compli-       Arenbergh, Valère Gille, Fernand Séverin,\nments de condoléance à son collaborateur        chez nos poètes ; Edmond Picard, Octave\nM. A. Santé Martorelli, qui a perdu presque     Maus, Francis Nautet, Pol Demade, Louis\nsimultanément sa mère et sa sœur, et à son      Delattre, chez nos prosateurs, ne sont plus\ncollaborateur M. Hector Chainaye dont le        à discuter. Ils brillent au premier rang, et\nfrère est décédé à Liége le 13 décembre.        quelques autres les suivent non sans éclat.\n                                                Ils ont largement tenu leurs promesses, et\n                                                si, comme on l'a dit, notre esprit national\n  Conformément au règlement, les proprié-       n'était en vérité l'esprit de dénigrement,\ntaires de notre revue se sont réunis dans le    nous serions tous d'accord sur ces noms-là.\ncourant du mois de décembre                        Autour d'eux, et aussi en province, nous\n   M. Albert Giraud ayant refusé, pour des      ne manquons plus d'écoles d'application où\nmotifs de santé, le renouvellement de son       de nombreux sous-lieutenants' de lettres\nmandat, M. Iwan Gilkin a été nommé direc-       bataillent avec ardeur.\n"}, {"page_pdf": 517, "texte": "                                         — 466 —\n\n   Nous avons enfin des littérateurs qui écri-    il est maintenant établi qu'ils suffisent, quand\nvent avec une verve et un esprit bien per-        on est en nombre, pour régner au pays de\nsonnels, et qui écrivent en français.             Panurge.\n   Il n'y en a pas encore beaucoup, nous              Ils ont suffi tout au moins pour y égarer\nl'accordons, mais il y en a. Et le bon ton        l'opinion et pour y imposer des admirations\nn'est plus de les ignorer ou d'en parler avec     absolument injustifiées.\nun indulgent sourire. Il faut tout au moins           C'est contre ce snobisme-là que nous vou-\nfeindre de les connaître. Ils ont droit de        lons réagir. Ce sera notre objectif principal\ncité et ils trouvent de l'écho.                   en « rentrant dans l'arène » un peu en oncle\n   C'est un progrès immense.                      Fouettard pour les uns, en Statue du Com-\n   Malheureusement notre snobisme panur-          mandeur pour les autres.\ngien n'a fait que changer d'objet. Plus d'une         La Jeune Belgique, après quelques attra-\nbonne volonté s'égare. Au cynique dédain          pades qui ne lui ont pas été inutiles et dont\nd'autrefois, succèdent des engoûments qui         elle se souvient toujours, a conduit jadis\nn'ont pas le sens commun. Et personne, ou         nos funérailles. Elle ne croyait pas sans\npresque personne, n'ose le dire.                  doute nous ménager une résurrection si...\n   Et bien, nous le dirons, nous!                 troublante.\n   Et surtout nous prouverons nos dires.              Une autre besogne encore nous sollicite.\n   Assez d'affirmations gratuites, de com-            Redescendu sur le pré, nous tirerons aussi\nmode goguenardise, d'appréciations au petit       l'épée pour la défense de la clarté française\nbonheur !... Assez de « ah ! » et de « oh ! »,    et des lois essentielles du vers, dont Albert\nd'yeux blancs, de fronts plissés et de narines    Giraud et Iwan Gilkin — on ne nous accu-\npalpitantes!... De tels « états d'âme » sont      sera pas de citer qui nous loue — demeurent\ntout de pose et d'hypocrisie.                     à peu près seuls dans notre pays les cham-\n   Des preuves! toujours des preuves.             pions autorisés. Nos meilleurs critiques de\n   La preuve est la terreur des snobs. Elle       prose, — nous le démontrerons, — sont, sur\nsuffit à les méduser, et pour cause : quatre-     ce terrain-là, d'une regrettable incompétence\nvingt-quinze fois sur cent, ils sont d'une            Et maintenant il nous reste à saluer ceux.\nstupéfiante ignorance, et les cinq autres         de nos confrères belges que nous allons\nsont des couards, esclaves de leur milieu.        combattre : ils auraient tort de ne pas voir,\n   Nous le leur ferons voir, et nous espérons     dans nos assauts les plus vigoureux et les\nrullierainsi les bons esprits qui, trop occupés   plus répétés, autant de marques d'une par-\nd'autres soins, ont eu peut-être le tort de       ticulière estime et d'un sincère intérêt.\nprendre distraitement pour un corps d'élite           Nous ne croiserons pas le fer avec tout le\nl'ataxique et bêlant défilé des malades de        monde.\nMax Nordau sous leur houppelande d'hô-                       Le Directeur-Rédacteur      en chef,\npital.                                                           Dr EMILE VALENTIN.\n   De longue date nous connaissons l'im-            Décembre 1894.\npertinence d'une partie de la jeune critique.\nNous savons son vocabulaire poissard :\n« Pions! cuistres! gâteux ! idiots ! vieilles        Nous ne croyons pas pouvoir mieux ter-\nbadernes! perruqueux! académiciens! ga-           miner l'année qu'en conviant nos abonnés\ngas ! Homais! cantate! style pompier! vieux       et nos lecteurs à pousser un zut retentissant\njeu 1830! » Pions, surtout! Pions, encore         en l'honneur de l'Art    moderne.\net toujours!... et c'est à peu près tout.\n   C'est de l'indigence. C'est un bagage\nloqueteux tout simplement. Nous l'augmen-\nterons avec générosité, nous renipperons\nmême charitablement ses possesseurs, s'il\nle faut...'\n   Si peu terribles que soient ces gros mots,\n"}, {"page_pdf": 518, "texte": "        TABLE                 ALPHABÉTIQUE\n                          DES   MATIÈRES\n                CONTENUES DANS LE TOME TREIZIÈME DE\n\n                        LA JEUNE      BELGIQUE\n\n\n           Arnay (Albert).                   Delville (Jean).\nVers                            58 Le Glaive des dieux . . . .             83\n                                   Octave Pirmez                          347\n         Chainaye (Hector).\n                                   Imperator                              425\nL'Hôtellerie de l'amour. . 60, 106 Tête d'ombre                           425\n       Gartuyvels (Maurice).       La Prière d'un mage. . . .             426\n                                   Splendor                               426\nSonnets :\n La Jeunesse d'Athènes . .      66       Desombiaux (Maurice).\n  Richelieu                    148 Comment Notre-Dame de La\n Elagabale                     149   Vaux                                  66\n  La Mère des Gracques . . 221 Au jardin de sérénité          . .         150\n Salamine . .                  221 Aux cabarets de la Sambre. .           301\n La dernière aventure du           Comment Anselme fut puni\n    roi Louis XV . . . . 423            de ses forfaits par le grand\n  A u Musée ancien . . . .      424     saint Ursmer                      444\n  Allaitement                   431\n                                                Desgenêts (Joseph).\n          Closson (Ernest).           Royauté                             417\nChronique musicale 90, 130, 194, 259          Destrée (Jules).\n                                460 Notes sur les Primitifs d'Espa-\nBibliographie musicale. . 94, 400    gne. . . .        81, 153, 222, 314\n       De Busscher (Lucien).                Dullaert  (Maurice).\nSoirs d'hiver                   152   Pour une que je sais.   .   .   .   122\n                                                 Dupont (Arthur).\n          Delattre (Louis).\n                                      Le Rêve déçu                        452\nAu Rendez-vous des Wallons. 37\n                                 Palais mystique                          453\nEx-voto de pierre bleue. . . 144\nLes Bons Aoûterons. . . . 201            Eekhoud (Georges).\nLa Musique du braconnier . 407 Climatérie                                   7\n"}, {"page_pdf": 519, "texte": "                                        — 468 -\n\nLe Stryge                               233      La Chanson des têtes blan­\nLe Coq rouge.     . . . . .             263      ches                               443\n                                              L e Banquet                           383\n       Fierens-Gevaert (H.).\n                                              C h r o n i q u e littéraire. 123,224,428\nLe Rêve de Fra Angelico .           .   292\n           Gilkin (Iwan).                                  Gille (Valère).\nSatan :                                      Le Corsaire                            43\n  Narcisse                               22 Les Lèvres                              46\n  Le Dieu noir                           2 3 Les Ruines                             47\n  Regret                                 24 L'Enfant à la panthère . . .           140\nPetites chansons :                           L'Aurore                              177\n  Noël                                   25   Sonnets :\n  Les Poètes                             25     La Source magique . . .            238\n  Le Nénuphar                            26     L'Art                              238\n  La Joie .           . . .              26   Bonheur d'automne .                  284\n  L'Aubépine.      . . . .               27   Pervigilium veneris .                286\n  Le Départ . . . . . .                  28   Odelettes arlequines :\n  Les Yeux                               28\n  Chanson mystique . . .                 29     Propagande par le fait\nLe Vers libre . . . . . .               137     La Lyre       . . . .\n                                                Odelette pour conspua le\nLe Cerisier fleuri :                               moyen-âge     . . .   390\n  Réfraction                     169            Boniment . .             390\n  Lâcheté.   . .       .    .   .170          La Muse tragique . .       414\n  Crise                          170          Stérilité                  415\n  Sagesse . .          . . . .   170          Post-scriptum. . .         416\n  A Jeanne                       171          La Vie illusoire . . .     449\n  Devant le vin                  172          Post-scriptum . . .        450\n  Au bord du lac       . . . . 172            Chronique théâtrale. .     432\n  Rupture                        173\n                                                          Giraud (Albert).\n  Les Iris                       174\n  L'Acacia rose.       .     . . 277          A nos lecteurs                  5\n  Romance                        278          Epigraphe romantique . . .     72\n  La Fiancée                     278          La Tentation de Sandro Botti-\n  Le Vin                         279            celli                       211\n  En Bateau                      279          La Blessure étoilée . . . .   248\n  La Coupe                       439          Fichez-nous la paix ! . . . 289\n  Les Branches de lilas . . 439\n                                           Goffln (Arnold).\n  L'Hiver du c œ u r . . . . 440\n  Chansonnettes allemandes . 440 Hélène ^suite). . . 30,178,214\n  Chansonnette    antique       .   . 442 Chronique littéraire . 86, 113, 160\n  Aphorismes,                         443                   249,350,393,454\n"}, {"page_pdf": 520, "texte": "                                       469 —\n\n         Hennebicq (Léon).                 Sonnet                            183\nDépart                               341               Maubel (Henry).\n            Huber (E.-J.).                 A ceux de la Jeune Belgique . 282\nChanson                              183\nLa Mort et le Temps .                183      Miriam (Zenon Przesmycki).\nLe Temps                             184   Les Soirs dans les montagnes.      75\n                                           Le Sonnet                          77\n         Jeune Belgique (la).\n                                           Prologue                           78\nEncore le prix quinquennal .         174   Épilogue                           79\nNotes pour une histoire de\n  l'esprit belge                     261                    Nemo.\nLe Monument Decoster. .              280   Memento . . 99, 134, 165, 198,\n         Jhouney (Alber).                    230, 263, 325, 354, 402, 433, 465\n\nLe Renoncement des rois . .                      Remouchamps (Victor).\n                                     119\nVision d'un matin d'hiver .          120   Légende                            85\nSensation d'automne                  120   Cabotins                          332\nEn marche vers la seconde\n  mort                                           Rossetti (Dante-Gabriel).\nAux délivrés                         121\n                                           Ave                               319\nLointains .                          334               Ruijters (André).\n             Joukovski.                    Communion                         386\nLa Nuit                              184   D'après Wiertz                    427\nLa Mer                               184\n                                                       Samain (Albert).\nL'Approche du printemps .        .   i85\n                                           Sonnet                            113\n            Keats (John).\nLa Cigale et le Grillon .    .       321            Sante-Martorelli (A.).\n\n          Krains (Hubert).                 Le Mouvement littéraire en\n                                             Italie                          156\nLes Saltimbanques        . . . .      49\n              Maïkoff.                                 Sartorius (E. de).\n\nL'Art                                185   Désespoir                         347\nL'Ange et le Démon.                  186             Severin (Fernand).\nChanson hébraïque .                  186\nLa Mère et les Enfants               186   L'Ombre heureuse . . . .     36\nAnacréon     . . . .                 186   Au jardin du Souvenir . . . 105\nLa Source du rocher                  187   L'Ombre gardienne . . . . 331\n\n         Marlow (Georges).                             Pierron (Sander).\nFragments                             79   Le Père Caillou                   341\n"}, {"page_pdf": 521, "texte": "                                  — 570\n\n         Tibergnien (Paul).                      Viane (Charles).\n(Voir Keats et Rosselli.)               La Rue                           83\n                                        Coin de bois au printemps    .   84\n               Toto.\nOdelette pour célébrer la déca-   349           Wallner (Léopold).\n dence.                               La Littérature belge à l'étran-\n         Verlant (Ernest).              ger                       239, 334\nLeconte de Lisle . . .        . 267   (Voir Huber,    Joukovski    et\nChronique artistique 94, 125,188, 322   Maïkoff  )\n"}, {"page_pdf": 522, "texte": "              P a u l LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR          D E LA J E U N E B E L G I Q U E\n                     31, rue des Paroissiens, 31\n                              BRUXELLES\n\n\n\n                VIENNENT DE PARAITRE\n                      A D O L P H E BOSCHOT\n\n    FAÜNESSES ET BACCHANTES\n                               (SONNETS)\n          Un volume in-16 raisin, simili-japon. Prix: fr. 1-50.\n\n                 MATIN D'AUTOMNE\n                                (POÈME)\n        Un volume in-16 raisin, simili-japon. Prix : fr. 1-50.\n               DU MÊME AUTEUR (sous presse)\n\n  RÊVES BLANCS\n                               (POÈMES)\n\n\n                       En vente :\n                     LOUIS DELATTRE\n  Les Miroirs de Jeunesse\n               Un volume in-18 jésus. Prix : fr. 3-50.\n\n                     ALBERT GIRAUD\nH O R S DU SIÈCLE\n                                   II\n      Sous laCouronne. — Devant le Sphynx.\n        Un volume in-16 raisin, simili-japon. Prix : 3 francs.\n\nBLOY (LÉON) : Histoires désobligeantes                  fr. 3 00\nDIERX (LÉON) : Œuvres complètes, tome          1er          6 00\nFERRERO : Les Lois psychologiques du Symbolisme . . . .     5 00\nFRANCE (ANATOLE) : Le Jardin                  dEpicure            3 50\nLEMONNIER (CAMILLE) : L'Ironique amour             3              50\nSCHURÉ (ED.) : Richard Wagner, son œuvre et son idée. . .         3 50\nVERHAEREN (EMILE) : Almanach, Cahier de vers ornementé\n  par Théo Van Rysselberghe                                       5 00\nVERLAINE : Dédicaces. Edition complète                            3 50\nL'Évangile de l'enfance de N. S. Jésus-Christ, traduit par\n  CATULLE MENDÈS, illustré par Carlos Schwabe                     20 00\n"}, {"page_pdf": 523, "texte": "                   Paul LACOMBLEZ\n                                         EDITEUR\n       31, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES\n                  Livres de fonds.\nBaudoux (F.)- Rythmes vieux, gris et              Hanneuse (0 ). La Reine Aléna . . (souscrit)\n   roses                               fr. 3 50        —      Sorella                       2 50\nBrabant (V.). Notes de voyage . . . 1 « Itiberê da Cunha (J.). Préludes . . fr. 3 »\nBloy (Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 » Jenart (Aug.). Le Barbare                      2 »\n   Les 3 premiers numéros ensemble 1 » Jeune Belgique (Le Parnasse de la). . 7 50\nBoschot (A). Faunesses et bacchantes. 1 50 Journal d'une ignorante: Sur les Golfes 1 50\n              Matin d'automne . . .         1 50 Justus Severus. Africus                    1 »\nBosiers (E.). Harald-Roi . . . . .          2 » Kahn (Gustave). Chansons d'amant . . 3 50\nCarnet de chasse illustré                  15 »         —      Les Palais nomades . . 3 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 » Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .               2 »\nCourouble (L.). Contes et souvenirs. . 3 50             —      Loth et ses filles . . .     2 »\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 » Landoy (Eug.). Evocations                           3 50\nDa Costa (G.) Grammaireen portefeuille 0 50             —      Maître Martin . . . . 0 50\nDaxhelet (A ) Pages de tendresse vague 3 50 Lautréamont (comte de). Les Chants de\n      —       Nouvelles de Wallonie . 3 50           Maldoror. ,                            3 50\nDe Coster (Ch.). La Légende d'Ulen-               Lemonnier (C.) Paroles pour Georges\n          spiegel                           5 »         —       Eekhoud            0           50\n      —        Légendes flamandes . . 3 50              —      Discours d'inauguration\n                  (Voir Lemonnier.)                  du monument Ch. De Coster, avec\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50         extraits d'« Ulenspiegel » et por-\n      —      Les Miroirs de jeunesse . 3 50          trait de Ch. De Coster . . .          .050\nDelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50 Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\n De Haulleville (baron P.). En vacances. 3 50                   (L'Intruse, Les Aveugles. 3 »\n      —      Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »         —       La Princesse Maleine. . 3 50\n      — J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                        —       Serres chaudes . . . .      3 »\n                talat chez les Civilisés. 4 »           —       L'Ornement des noces spi-\n Demolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                            rituelles                4 »\n      —         Impressions d'Art. . . 3 »              —       Les Sept Princesses . . 2 «\n      —         James Ensor . . . .         3 »         —       Pelléas et Mélisande . . 3 50\n De Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 »                        (Voir Emerson.)\n De Régnier. Le Bosquet de Psyché . 2 » Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam . . 3 »\n De Tallenay (J.). L'Invisible . . . . 3 50 Maubel (Henri). Miette                           2 50\n Desombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »              —       Etude de jeune fille -. . 3 50\n Destrée (Jules). Journal des Destrée        1 »        —       Quelqu'un d'aujourd'hui. 3 50\n Dulac (Paul). Vingt-cinq sonnets . . 1 50 Picard (E.). El Moghreb al Aksa . . 4 »\n Dupont (A.). L'Envol des rêves . . .        2 »        —       Scènes de la vie judiciaire 4 »\n Eekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50             —       Vie simple . . '. . . 3 »\n       —       La Nouvelle Carthage. . 4 » Pierron (Sander). Pages de Charité                3 50\n       —       Les Fusillés de Malines . 3 50 Pléiade (La). Première année (1889) . 3 »\n       —       Au siècle de Shakespeare. 3 » Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n       —       Kees Doorik                   3 50 Rodenbach. Le Foyer et les champs . 1 »\n       —       Kermesses                     5 » Rommelaere (J.). Ma semaine, 1892-93. 2 »\n Elskamp (Max). Dominical . . . .            2 «        —        Ma semaine, 1894 . . .      2 »\n       —       Salutations, dont d'angé-           Severin (Fernand). Le Lys                 2 »\n    liques                                   3 50          —           Le Don d'enfance . 2 »\n Emerson. Sept Essais, avec préface de             Sigogne (E.). Contes merveilleux . . 3 »\n    Maeterlinck . . . . . . . .              3 50 Sluyts(Ch.). L'Appel des voix . . .        2 »\n Garnir (Georges). Les Charneux. . . 3 50                —       Notes d'être                3 »\n       —       Contes à Marjolaine           3 50 Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 >>\n Gilkin (Iwan). Stances dorées . . . 1 » Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut. . . 3 50\n Gille(Valère) Le Château des merveilles 2 » Van Lerberghe (Ch.). Les Flaireurs . . 1 »\n Giraud (Albert). Hors du siècle . . .       3 50 Verhaeren (E.). Les Apparus dans mes\n       —       Hors du siècle II : Sous                             chemins                  2 »\n                  la Couronne. Devant le                —        Les Moines                  3 »\n                  Sphynx                     3 00 Villiers de l'Isle-Adam. Premières Poé-\n       —       Pierrot lunaire . . . .       2 »      sies                                   3 50\n       —       Pierrot Narcisse . . . 2 »                —       Morgane                     5 »\n       —       Dernières Fêtes. . . . 2 » Waller (Max). La Flûte à Siebel. . . 3 50\n       —       Le Scribe                        1        —       Daisy                       3 »\n Hannon (Théo). Noëls fin de siècle . . 3 » X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé).\n       —       Au pays de Manneken-Pis 4 «\n\n              Dépôt des Revues Françaises :\n   La Plume, fr. 0-50; franco, fr. 0-55.— Le Mercure de\nFrance, 1 franc; franco, fr. 1-25.—L'Ermitage, fr. 0-80;\nfranco, fr. 0-90. —L'Ymagier, 3-50; franco, 3-60.\n                     Bruxelles. — ImprimerieVeMonnom, 32, rue de l'Industrie\n"}, {"page_pdf": 524, "texte": ""}, {"page_pdf": 525, "texte": "     LA JEUNE BELGIQUE\nparaissant le 5 de chaque mois en livraisons formant, par an, un volume\n                            d'environ 500 pages,\n         avec frontispice, titre, couverture et table des matières.\n\n                  PRIX D'ABONNEMENT :\n  BELGIQUE. . 7 fr. par an. — ÉTRANGER. . fr. 8-50 par an.\n\n\n\n   La Jeune Belgique, principal organe de la jeune littérature dans notre\npays, entre aujourd'hui dans sa quatorzième année. Plus unie, plus décidée\net plus ferme que jamais, elle continuera la lutte qu'elle a entreprise en\nconservant à son blason ces deux mots de combat : NE CRAINS.\n\n\n        Fondateur : MAX WALLER (MAURICE WARLOMONT)\nDirecteur ; ALBERT GIRAUD. — Administrateur : HUBERT VAN DIJK\n         Secrétaire de la rédaction ; MAURICE DESOMBIAUX\n\n\n\n           PRINCIPAUX COLLABORATEURS :\n   Albert Arnay, Maurice Cartuyvels, Hector Chainaye, Ernest Closson,\nLucien De Busscher, Louis Delattre, Jean Delville, Maurice Desombiaux,\nJoseph Desgenêts, Jules Destrée, Maurice Dullaert, Arthur Dupont,\nGeorges Eekhoud, H. Fierens-Gevaert, Iwan Gilkin, Valère Gille, Albert\nGiraud, Arnold Goffin, Léon Hennebicq, C.-J. Huber, Alber Jhouney,\nHubert Krains, Georges Marlow, Henry Maubel, Miriam (Zenon\nPrzesmycki), Sander Pierron, Victor Remouchamps, André Ruyters,\nAlbert Samain, A. Sante-Martorelli, E. de Sartorius, Fernand Severin,\nPaul Tiberghien, Toto, Ernest Verlant, Charles Viane, Léopold Wallner,\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1894-12-01", "preuve": "Décembre 1894, numéro 12, couverture PDF 488 ; aucun jour imprimé."}}